Histoire
 
 
du
 
 
district de Liège
 
 
1889-1997



Marcel Kahne
 
 
 
 
Introduction 
 
1997. L’Église tout entière célèbre l’entrée des pionniers dans la vallée du Grand Lac Salé. Les pieux, les districts, les paroisses, les branches sont invités à tourner les regards non seulement vers ceux qui ont fait l’Église dans le désert, mais aussi vers leurs pionniers à eux, ceux qui ont été les premiers à accepter l’Évangile dans leur pays ou dans leur localité et vers ceux qui les ont suivis et qui ont bâti sur leurs fondations.
 
Dans le district de Liège, en particulier, cette commémoration revêtait une signification particulière, puisque ce district, un des plus anciens des pays francophones, a eu ses tout premiers baptêmes en 1889, il y a 108 ans. C’était l’occasion ou jamais d’en retracer l’histoire, d’une manière aussi détaillée que possible, avant que ne disparaissent les derniers témoins et les derniers documents de ce passé déjà lointain.
 
Comment les choses se sont-elles passées avant le début de ce siècle ? Avant et pendant la Première Guerre mondiale ? Pendant l’entre-deux-guerres ? Après la libération ? Et comment les choses ont-elles évolué au cours des quarante dernières années ? Chercher à le savoir, c’est se lancer dans une véritable exploration.
 
Il y avait, heureusement, L’Étoile depuis 1930, une mine d’informations. Une autre, gracieusement fournie par le département d’histoire de l’Église, contenant les notes portées par les secrétaires de la Mission française dans l’histoire de la Mission, a permis de situer avec précision bien des événements. Une liste des baptêmes effectués entre 1889 et 1930 et conservée providentiellement par une de nos familles a permis de faire un sort à des informations erronées que des notes historiques superficielles avaient perpétuées au cours des années.
 
Enfin, et surtout, il y a eu les souvenirs d’un petit nombre de vétérans qui ont permis de faire de cette histoire plus qu’une liste de faits et de dates et de lui donner une dimension humaine, grâce à des anecdotes, des tranches de vie et des témoignages personnels. Qu’ils soient tous remerciés pour leur collaboration.
 
Oui, il fallait la faire, cette histoire du district belge. En laisser disparaître les derniers témoins sans les interroger, laisser les documents dormir dans les archives, cela aurait été une négligence navrante. Il fallait la mettre entre les mains des saints d’aujourd’hui, en multiplier suffisamment les exemplaires pour qu’elle survive dans notre coeur et soit accessible aux générations futures.
 
De tout cela il y a aussi une leçon à tirer. Lorsqu’il n’y a pas d’écrits, les événements, les dates, les lieux deviennent vite flous et imprécis dans les mémoires. Ce n’est pas pour rien que l’Église demande à ses membres d’écrire leur histoire. C’est grâce aux journaux personnels et à l’histoire écrite au jour le jour que nous savons tant de choses sur le passé de l’Église. Tout ce que nous ne savons pas, qui aurait pu nous édifier, c’est ce qui n’a pas été écrit ou qui a été perdu. La présente histoire est faite de tout ce que nous avons pu trouver. Qu’aurait-elle été si l’on avait pu disposer d’écrits plus détaillés ou si tous ceux qui ont encore des souvenirs les avaient communiqués ? Une question qui nous interpelle personnellement : de quoi disposera la personne qui, dans cinquante ou cent ans, voudra prolonger la présente histoire ? La réponse est dans notre obéissance à ce que nous demandent les prophètes de Dieu.
 
Il reste un voeu à formuler : que ceux qui liront ce qui suit et chez qui cela réveillera des souvenirs prendront l’initiative de les mettre par écrit ou de les enregistrer, et de nous les communiquer, pour permettre la publication d’une histoire plus complète du district de Liège.
 
Marcel Kahne
 
 
 
Histoire du district de Liège
 
 
Les origines 
 
L’oeuvre missionnaire de l’Église commence en France avec l’arrivée de l’Anglais William Howell, envoyé en août 1849. Il ne fera qu’un converti, Augustus Saint d’Anna, au Havre. Le 6 avril 1850, six convertis français, sans doute des îles anglo-normandes,  organisent une branche à Boulogne-sur-Mer. Le 18 juin de la même année, John Taylor et Curtis E. Bolton arrivent sur le territoire français. Bolton a déjà vécu en France et connaît assez bien la langue, qu’il enseignait à Salt Lake City en 1848. Avec quelques autres missionnaires, ils finiront par ouvrir trois autres branches que Boulogne : Paris, Le Grand Lucé et Le Havre.
 
Le travail est ingrat : peu de personnes sont disposées à écouter. Bolton se lance dans la traduction du Livre de Mormon. Il fait une traduction partielle du 24 juillet au 1er octobre 1850. Deux Français, M. Wilhelm, un ancien Jésuite, puis Lazare Augé viendront l’aider. Finalement, Louis Bertrand, ancien journaliste au Populaire, propose ses services et, à partir du 7 juillet 1851, refait toute la traduction. Bolton lance aussi la publication de L’Étoile du Deseret. Elle paraîtra mensuellement du 29 mai 1851 à avril 1852. Elle s’adresse aux saints francophones de France, de Suisse et d’Italie.
 
Le succès missionnaire est limité et le prosélytisme devient bientôt impossible étant donné les tensions politiques croissantes. À la fin de 1855, tous les missionnaires, sauf Thomas Leiz, sont retirés de France. Le 10 décembre 1859, Louis Bertrand, qui avait émigré en Utah, est renvoyé comme président de mission. Il semble avoir travaillé seul et sans succès. Il retourne en Utah en juin 1864, considérant le mormonisme comme mort en France. La Mission française ne sera rouverte qu’en 1912.
 
 
L’oeuvre missionnaire en Belgique 
 
La première tentative de prêcher l’Évangile en Belgique est faite par Gustave Chaprix, converti belge de la branche de Paris, envoyé à Bruxelles par Louis Bertrand en 1861. Aucun succès n’est signalé. En 1868, le Suisse Octave Ursenbach (1832-1871) est envoyé à Anvers, où il ne rencontre aucun succès  ; de là il se rend à Liège, sans en rencontrer davantage et il écrira à trois reprises au président Albert Carrington pour obtenir la permission de retourner en Suisse, car il a le sentiment que rien n’est possible en Belgique.
 
Le premier missionnaire à faire un travail effectif est Micha Markow, Serbe converti à Constantinople en 1887. Il arrive dans la région d’Anvers en 1888, y commence le prosélytisme auprès des familles germanophones et baptise six membres de la famille Esselman. Avant de retourner en Turquie, il écrit au président de la Mission suisse-allemande pour annoncer les baptêmes. Trois missionnaires germanophones sont alors envoyés en Belgique. Ils ouvrent des branches à Bruxelles, Anvers et Liège, et il y a des convertis dès 1889.

Le relevé des baptêmes de l’époque montre que les premiers convertis de la région liégeoise sont Casper et Johannes Kuhlmann, baptisés le 10 novembre 1889 par J. J. Frederick. Ils ne restent pas à Liège, mais s’installent à Bruxelles. Vient ensuite la première famille à rester à Liège, Théodore et Alvina Isenburg (50 et 45 ans), baptisés le 26 mai 1890, leur fils Théodore (14 ans), baptisé trois jours plus tard et un deuxième fils, Louis (18 ans), l’année suivante, par J. J. Frederick  ; leur fille Mathilde sera baptisée en 1899. Comme beaucoup de convertis de l’époque, ils émigrent aux États-Unis, mais les parents reviendront plus tard. Théodore décède à Liège en 1917 et Alvina le 13 décembre 1933 à l’âge de 88 ans. L’Étoile, en signalant son décès, précise que c’est une soeur qui a passé toute sa vie à servir la « cause du Seigneur » et qui « a été un exemple de piété et de fidélité aux principes de l’Évangile restauré ». Elle « a eu la distinction d’être mariée au temple à Salt Lake City ».
 
En 1890, les missionnaires frappent chez les Wiart et guérissent un bébé de dix-huit mois souffrant d’une pneumonie. La soeur aînée, Marie, a neuf ans et est convertie. Elle sera baptisée en 1898 par A. C. Robinson, et restera fidèle toute sa vie.
 
De 1889 à 1895, huit autres baptêmes ont lieu à Schaerbeek et à Anvers. Les missionnaires s’appellent J. J. Frederick, C. Schneider, (1889), J. Grimm (1891), Gelderblom (1892), H. Debrij (1894).
 
Au commencement de 1891, une petite branche est créée à Liège où résident alors huit familles de saints (« History of the Liège Conference », dans History of the Netherlands Mission, compilée par Frank I. Kooyman).
 
À cause des difficultés de langue rencontrées par les missionnaires de langue allemande, les branches belges sont rattachées, en 1891, à la Mission néerlandaise, appelée pendant un temps Mission néerlando-belge.
 
En 1896, deux missionnaires hollandais, Jean-Baptiste Ripplinger et Frederick Pieper, qui parlent le français, travaillent dans la région de Liège. Ripplinger y fait la connaissance d’un groupe de baptistes, dont beaucoup semblent s’intéresser considérablement au mormonisme. Quinze à vingt de ces baptistes commencent  à voyager dans la région et donnent à frère Ripplinger l’occasion de tenir des réunions chez d’autres baptistes. Beaucoup de ceux qui l’entendent lui demandent de remettre son message à leur pasteur, sur quoi il rend visite au pasteur baptiste de Liège et lui témoigne de la véracité du mormonisme. Le pasteur rejette son témoignage et lui lance le défi de participer à un débat public. Le défi est relevé et des dispositions sont prises en vue d’une rencontre. Il est prévu, entre autres, que chacune des parties disposera d’un temps égal, mais une fois le débat entamé, le pasteur ne respecte pas la convention et ne laisse au missionnaire qu’une partie du temps qui lui est imparti. Ce geste incorrect lui vaut l’irritation de ses ouailles et lorsqu’il voit qu’il n’a plus la faveur de l’assemblée, il exige que l’on mette fin à la réunion et que les gens s’en aillent. L’auditoire refusant d’obtempérer, il leur dit que ceux qui resteront seront exclus de l’Église baptiste. Cette menace ne produit aucun effet, et l’auditoire reste pour écouter le message de Ripplinger.
 
Le succès des missionnaires auprès des baptistes de la région de Liège inquiète les pasteurs de l’Église baptiste ; ils envoient un prédicateur spécial prononcer un sermon contre les mormons. Informés de sa venue, Ripplinger et Pieper  assistent à la réunion, tenue chez l’un des baptistes. Les missionnaires étant présents, l’assemblée décide que le pasteur doit donner un temps égal aux mormons pour répondre à son discours, mais après plusieurs échanges, il fait un dernier discours sur le mormonisme et se hâte d’annoncer qu’il doit quitter la réunion. Irritée de le voir partir avant que les missionnaires aient pu réfuter ses arguments, la maîtresse de maison se lève, l’agrippe et le force à écouter les conclusions des missionnaires. À la fin de la réunion, plusieurs personnes expriment leur insatisfaction à l’égard de leur Église et, selon les missionnaires, un homme s’adresse au pasteur en ces termes :
 
Ce soir, vous avez essayé de nous montrer que les mormons sont les pires gens de la terre. D’autre part, il a été prouvé à suffisance par les Écritures et par d’autres faits que les Églises et les sectes sont dans l’erreur et ne sont pas de Dieu. Pour cette raison, nous ne souhaitons plus appartenir à aucune d’elles.
 
En entendant ces paroles, le pasteur tourne les talons et quitte la réunion, salué par les cris :
 
Vive les mormons !
 
Suite à ce succès, les missionnaires ont une centaine de personnes qui étudient l’Église, et des réunions se tiennent à St-Nicolas, à Ougrée, à Jehay et dans plusieurs autres localités des environs de Liège.
 
Il n’y a pas que les baptistes qui s’intéressent à l’Église. Un certain nombre de familles catholiques l’étudient aussi. En novembre 1896, Frederick Pieper baptise Bartholomëus Creuiwels, sa femme, Hubertine, et sa fille, Maria. Monsieur Creuiwels est un commerçant très influent à Liège et exerce aussi des fonctions en tant que laïc dans l’Église catholique. Sa conversion cause beaucoup de remous à Liège, et l’on raconte que même à Bruxelles un article a paru dans un journal exprimant le regret qu’une famille aussi respectable se soit laissée entraîner dans le mormonisme. Cette publicité cause pas mal d’agitation : beaucoup de personnes veulent en savoir plus et assistent aux réunions des mormons, mais cela augmente aussi fortement l’hostilité à leur égard.
 
Le 30 novembre 1896, plusieurs centaines de personnes se rassemblent devant la maison des Creuiwels. Ripplinger y tient une réunion, et la foule exige qu’il sorte. Il refuse. Certains, dans la foule, commencent alors à jeter des pierres contre la maison, mais sans grand dommage. La police arrive à ce moment-là et disperse la foule.
 
Les missionnaires continuent à avoir du succès et en août 1897 on loue une salle plus grande à Liège. Bien qu’elle puisse recevoir 125 personnes, il y en a parfois tant qui veulent assister que les missionnaires sont obligés d’imposer des tickets d’entrée.
 
La Belgique est un des rares pays à laisser les missionnaires libres d’exercer leur prosélytisme, mais l’agitation créée à Liège contre les mormons vaut à frère Ripplinger d’être convoqué à Bruxelles chez le ministre de la religion et de l’instruction publique. Celui-ci, veut, en effet, être informé de ce que les missionnaires font. À l’issue de l’entretien, ils sont autorisés à poursuivre leurs activités.
 
Malgré leur grand succès de foule, le nombre des conversions obtenues par les missionnaires est étonnamment maigre. Si l’on se base sur le relevé des baptêmes, Ripplinger n’aura baptisé que douze personnes en 1896 et Pieper treize. Le seul couple baptiste que nous savons avec certitude avoir été converti est le couple Camus et c’est apparemment chez eux qu’a eu lieu la confrontation avec le pasteur baptiste. Nous en savons plus grâce à un article d’Édouard Lambert, de Seraing, paru dans L’Étoile d’avril 1931, intitulé Biographie de soeur Évrard :
 
« La Mission française de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours peut certainement se vanter d’avoir parmi ses membres un pionnier de l’oeuvre en la personne de soeur Marie-Antoinette Évrard.

« Née en avril 1866, de parents catholiques, elle fut élevée dans cette religion et y demeura très fidèle à ses principes.

« À l’âge de vingt ans, elle épousa Émile Camus qui, lui aussi, était croyant au Christ.

« Étant chercheurs de vérité, tous deux, ils entrèrent à l’Église Baptiste et, pendant deux ans, furent de fervents adeptes de cette doctrine.

« Dieu, connaissant la sincérité de leur coeur, leur donna un moyen de progresser vers lui en leur envoyant frère Replinger, missionnaire de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.

« Touchés par la simplicité de ce missionnaire et de la doctrine qu’il enseignait, ils voulurent savoir où était la vérité et demandèrent une réunion contradictoire entre le pasteur baptiste et le missionnaire de l’Église de Christ.

« Frère Replinger, ne connaissant pas bien la langue française, pria frère Pieper, de la branche de Liège, d’assister à cette réunion. Celui-ci accepta l’invitation et la réunion eut lieu et, par la discussion qui s’ensuivit, frère et soeur Camus furent éclairés et ils comprirent où se trouvait le chemin qui conduit à la vie éternelle.

« Ils acceptèrent avec joie les principes qui leur furent enseignés dans l’Église de Jésus-Christ et, en 1896, ils eurent le bonheur d’être baptisés.

« À propos de cette ordonnance, il est bon de noter un fait qui s’est passé au moment du baptême. En ce temps-là, les baptêmes se faisaient la nuit, dans la Meuse, derrière la gare du Val St-Lambert. Au moment où l’on était réuni pour l’ordonnance, une troupe de personnes étrangères, venue on ne sait d’où, se mit à pousser des cris et à danser en rond.

« Nullement intimidé, frère Replinger ordonna aux néophytes de se préparer pour entrer dans l’eau et, s’avançant vers cette troupe, il dit d’une voix forte : ‘Au nom de Jésus-Christ, je vous ordonne de partir’ et, à l’instant même, ils s’enfuirent tous.

« Suivi par un  ami, M. Wiart, celui-ci est venu déclarer qu’ils avaient disparu, d’un coup, sans savoir où ils étaient allés...

« Reniée par son père à cause de sa foi, elle sut lui montrer sa résignation en priant le Seigneur afin qu’il lui ouvre les yeux et qu’il puisse reconnaître son erreur.

« À son lit de mort, elle fut auprès de lui, et, avant de mourir, il rendit témoignage du bien que l’Église pouvait faire.

« En 1922, elle perdit son premier mari, mais toujours forte dans son témoignage, elle se soumit avec résignation à la volonté du Seigneur.

« Par la suite, elle fit la connaissance et épousa, en secondes noces, Léopold Évrard.

« Par ses connaissances et ses exhortations, elle l’amena à l’Évangile et eut le bonheur de le voir baptisé membre de l’Église de Jésus-Christ.

« Depuis trente-cinq ans qu’elle est membre de l’Église, elle a toujours gardé un fervent témoignage de l’Évangile et soutient que jamais elle ne le reniera. » (L’Étoile, avril 1931, p. 91-92).
 
Le même jour (28 mai 1896) où il baptise les Camus, Ripplinger baptise aussi Victor Pirotte, de Villers-le-Bouillet. En juillet, c’est au tour de sa fille Clémence (14 ans) et elle sera suivie, en 1899, par Lambertine (14 ans), Clément (12 ans) et Alice (10 ans).
 
Victor Pirotte devient membre de la branche de Seraing et est ordonné ancien le 27 octobre 1896. Il semble avoir fait une mission locale de 1918 à 1920 au cours de laquelle il baptise et confirme 14 personnes. Lorsque la branche de Huy sera ouverte pendant quelques années à partir de 1967, ses deux filles Clémence (épouse Lizein) et Alice (épouse Évrard), qui ont épousé des non-membres mais qui ont toujours gardé le contact avec l’Église, pourront de nouveau assister, dans leur âge avancé, aux réunions jusqu’à leur décès.
 
Le 1er novembre 1897, la « conférence » (c’était ainsi qu’on appelait autrefois le district) de Liège est organisée avec Paul Roelofs comme président. Le même jour on organise la « conférence » de Bruxelles, mais celle-ci ne durera que jusqu’au 31 décembre 1904, date à laquelle elle est rattachée à la « conférence » de Liège.
 
Les missionnaires de cette fin de siècle s’appellent Albert C. Robinson, J. J. Alders, Frank W. Thatcher, Paul Roelofs, Arie Van de Graaff ; Milton L. Lee, J. Springer, Charles Wesson. À partir de 1900, les noms hollandais se raréfient.
 
Le 22 mars 1898, Paul Roelofs baptise un autre frère de Villers-le-Bouillet, Damien Joseph Dieu (52 ans). Il sera aussi membre de Seraing (L’Étoile, mai 1933, p. 117). Lorsqu’il décède en 1934, à l’âge de 90 ans, il est « le membre le plus âgé de l’Église en Belgique » (L’Étoile, mars 1934, p. 76).
 
Le nombre annuel des baptêmes dans la région de Liège, tel qu’il découle de la liste des baptêmes de 1896 à 1930, se présente comme suit :
 
Le nombre annuel des baptêmes dans la région de Liège, tel qu’il découle de la liste des baptêmes de 1896 à 1930, se présente comme suit :
 
1896    26
1897    13
1898    22
1899    13
1900    --
1901    4
1902    6
1903    8
1904    17
1905    30
1906    13
1907    19
1908    11
1909    15
1910    20
1911    14
1912    18
1913    25
1914    14
1915    --
1916    --
1917    --
1918    9
1919    5
1920    --
1921    17
1922    --
1923    30
1924    40 
1925    18
1926    12
1927    25
1928    25
1929    9
1930    16
 
Les baptêmes se font essentiellement au Val-Saint-Lambert, mais, en tous cas au siècle dernier, aussi à Jehay et à Jupille. L’émigration vers les États-Unis est importante. C’est ainsi que pour les années 1902 à 1904, 16 personnes partent.
 
Au début de 1903, il y a trois missionnaires dans la « conférence de Liège »  : Charles P. Beus, président de la « conférence », son compagnon, Perry G. Snow, et David P. Cheney, qui fait du prosélytisme à Verviers. Il y a, à ce moment-là, deux branches, Liège et Seraing. À Liège, on se réunit – depuis 1896, semble-t-il – au 9 Quai de l’Ourthe, à 19h30,  et à Seraing, au 197 Place St-Éloy, à 14h. Des cours bibliques se donnent le jeudi soir à Seraing chez soeur Wiart. Des réunions au foyer se tiennent le dimanche chez Victor Pirotte, à Villers-le-Bouillet – les missionnaires y vont deux fois par mois à partir de 1905 et constatent que « l’École du dimanche, qui est dirigée par frère Victor Pirotte, se porte bien » – et le mercredi soir, chez Alphonse Dieu, à St-Nicolas. En 1904 on les commence pour Liège, le lundi soir, chez Virginia Stoffel. Le premier lundi du mois, les réunions de la prêtrise locale se tiennent chez Émile Camus, à Seraing. La même année, on intègre la branche de Bruxelles à la « conférence » de Liège et dorénavant les missionnaires de Liège y organiseront des réunions mensuelles. Fin 1905, des réunions régulières commencent à être tenues à Schaerbeek. Fred U. Hodgson est envoyé à Herstal, où les réunions en salle commencent le 26 février 1905, et Radcliffe Q. Cannon à Flémalle-Haute. En novembre 1905, deux missionnaires commencent à travailler à Charleroi.
 
 
Aperçu de l’activité missionnaire
 
À l’époque, les règles missionnaires ne sont pas ce qu’elles sont maintenant. Cela ressort d’une réunion tenue le 21 août 1905, sous la présidence de Heber J. Grant, président de la Mission européenne.
 
« À cette réunion, les missionnaires de la conférence de Liège furent presque unanimes à dire qu’ils préféraient travailler seuls, et par conséquent furent affectés comme suit  : James W. Evans, John H. Taylor et Clawson Y. Cannon à Verviers, où ils vivront séparément. Fred W. Hodgson à Seraing, Lester N. Lambert à Flémalle, LeRoy G. Pickering au Val-St-Lambert, Ernest C. Rossiter à Herstal et Radcliffe Q. Cannon à Liège.

« Lundi, 4 septembre – Le président Joseph F. Barton Jr et James U. Evans sont partis faire un voyage dans le sud de la Belgique sans bourse ni sac. Ils sont revenus quatre jours plus tard, après avoir fait un voyage d’environ cent cinquante kilomètres et considèrent l’expérience comme bonne et les perspectives de faire du travail missionnaire sans argent, très favorables.

« Lundi, 18 septembre – Les frères Fred U. Hodgson et Ernest C. Rossiter sont partis pour un voyage sans bourse ni sac. Après une absence d’environ cinq jours, à distribuer des dépliants et à prêcher, ils sont revenus en considérant leur voyage comme réussi à tous points de vue. » (History of the Belgian District)
 
Le 20 février 1904 arrive Serge Ballif, un Suisse d’expression française, dont c’est la deuxième mission. Il devient président de la « conférence » de Liège. En 1907, il publie une deuxième édition de la traduction du Livre de Mormon par John Taylor et Curtis E. Bolton, « divisé[e] en chapitres et en versets, et pourvu[e] de renvois, d’après l’édition anglaise, par James L. Barker et Joseph E. Evans » ; et en 1908, un petit volume contenant 26 sections des Doctrine et Alliances. Ces deux ouvrages seront utilisés tels quels pendant près de soixante ans. 
 
L’édition de 1899 du recueil de cantiques publiée par le bureau de la Mission suisse étant épuisée, un nouveau recueil est créé par la Mission néerlando-belge et publié en 1907. L’ancien recueil comptait 80 cantiques, le nouveau en aura 61 de plus. Une trentaine de ces nouveaux cantiques sont traduits par Paul Roelofs. « De l’autre moitié du nombre des cantiques ajoutés nous sommes... redevables à une dame amie de la branche de Lausanne... qui a ainsi montré pour le succès de notre nouveau recueil un vif intérêt et un bienveillant empressement que nous avons appréciés sincèrement » (Préface du recueil).
 
Les saints de l’époque disposent aussi de l’ouvrage Une voix d’avertissement, de Parley P. Pratt, traduit par Louis Bertrand et publié à Neuchâtel en 1904.

 
Conversions du début du vingtième siècle
 
Certains noms que l’on voit apparaître sont ceux de familles qui vont faire souche dans l’Église ou rester fidèles jusqu’à leur mort. Par exemple, le couple François (1853) et Marie (1855) Nélissen, baptisés en 1904 et leurs enfants Marie (1874-1940, épouse Hasoppe) et Toussaint (1893), baptisés en 1903, et les enfants de Marie Hasoppe, Yvonne (1897), baptisée en 1906, Florentine (1900), baptisée en 1908 et Joseph (1902), baptisé en 1910.  Marie Joliet, de Herstal, décédée en 1939, à 64 ans, est baptisée en 1907 avec ses trois enfants, ainsi que Hubert Huysecom (1857), dont la femme, Augustine, sera baptisée en 1911. Maximilien et Émerence Renard sont baptisés en 1908 ainsi que Anne (1872) et Charles (1896) Horbach. Jeanne Roubinet (1878) est baptisée en 1909 ainsi que Hermine Cypers (1885) et Auguste Roubinet (1902) en 1910. Charles Devignez (1880) est baptisé en 1912. Jean (1873) et Julienne (1876) Jeuris et leurs enfants Héli (1901) et Henriette (1904) sont baptisés en 1913.
 
À propos de Maximilien et Émerence Renard, L’Étoile écrira ceci cinquante ans plus tard  :
 
« Maximilien et Émerence Renard, deux membres fidèles et connus des missionnaires depuis 1907 environ, ont été fêtés au cours d’une cérémonie très spéciale qui eut lieu à l’hôtel de ville de Seraing le 9 avril à l’occasion de leurs noces de diamant... Ce couple a six enfants et a toujours été très actif dans l’Église. Pendant la Première Guerre mondiale ils ont fait le trajet de Seraing à Liège à pied pour pouvoir assister aux réunions. Ils sont tous deux âgés de quatre-vingts et quatre-vingt-un an respectivement. Chaque dimanche on peut encore les voir à l'église de Seraing. Leur conversion à l’Église a été faite par les frères Diew et Pirotte qui travaillaient avec M. Renard dans une fabrique à Coeverill [Coquerill], au début du XXe siècle. » (L’Étoile, juin 1955, p. 115)
 
Selon un autre récit, Maximilien, ayant vu, en sortant de l’usine, deux jeunes Américains portant une affiche sur le dos avec une invitation aux réunions, qui se tiennent, en ce temps-là, rue du Bac, à Seraing, s’y rend et ira, dorénavant chaque dimanche, accompagné plus tard par sa femme, Émerence. Les Renard auront une grande famille, et quand l’un des siens est malade, Émerence n’appelle pas le docteur, mais demande aux anciens de lui imposer les mains. Elle rendra témoignage des guérisons opérées dans sa famille.
 
Il y a aussi Lambertine Lahon, mère de Henri Lahon. À l’occasion de son décès, L’Étoile de juillet 1948 fait ce commentaire qui en dit long sur les conditions dans lesquelles travaillaient alors les missionnaires et sur le courage de ces membres pionniers  :
 
« Il y a près d'un demi-siècle, alors que nos braves missionnaires étaient livrés à eux-mêmes et abandonnés de tous, elle n'hésita pas, de concert avec son admirable époux, à accueillir dans son foyer l'un de ces prêtres, dépouillé et en guenilles, qui se réfugiait la nuit sous une haie. En dépit de l'opposition religieuse de l'époque, le serviteur du Seigneur avait trouvé un foyer qui le nourrissait et lui procurait des vêtements au même titre qu'aux enfants de la famille. »
 
À l’occasion des noces d’or du couple Huysecom, Arthur Horbach écrit dans L’Étoile d’octobre 1930 :
 
« Malgré son âge déjà avancé, frère Huysecom est encore zélé pour l’Église et répond à tous les appels de sa prêtrise. Baptisé déjà avant la grande guerre, il a, pendant celle-ci, été l’un des dirigeants de l’Église et son oeuvre est encore dans la mémoire de tous les membres de cette époque ; tandis que soeur Huysecom n’a pas reculé devant le travail supplémentaire pour elle et a donné de bon coeur sa maison pour y faire des réunions pendant le temps que l’on manquait de local. Actuellement encore, elle est une femme courageuse et active. Elle fait partie de ces gens à qui il est impossible de ne rien faire, elle serait mal à son aise si elle devait un jour se tourner les pouces. Souhaitons qu’elle puisse trotter pendant longtemps, abeille d’une vieille ruche, et que frère Huysecom puisse concourir au succès de la branche de Liège qui vient d’être remise entre les mains de la prêtrise locale » (pages 5-6).
 
Augustine Huysecom décède en 1932 (L’Étoile, juin 1932, p. 139). À l’occasion du décès de frère Huysecom, John A. Widtsoe, président de la Mission européenne, fait cet éloge de lui :
 
« Il est né d’un père wallon et d’une mère flamande. L’instruction lui fut refusée. Très jeune, il a dû travailler dans la bure pour un maigre salaire. Néanmoins la nature l’avait bien doué, de corps et d’esprit. On lui accorda de la responsabilité et il reçut un modeste avancement. Il y avait en lui un travail spirituel, une hâte de connaître la vérité concernant la vie sur la terre et dans l’au-delà. Il s’unit à un groupe protestant – ce qui était un courageux pas dans son pays fortement catholique – et devint bientôt notoire parmi ses compagnons.

« Ensuite, il y a plus de vingt-cinq ans, alors qu’il était âgé de plus de cinquante ans, l’Évangile l’a trouvé. Un membre de l’Église, une soeur fidèle, lui en parla premièrement ; il s’y intéressa et bientôt la lumière l’éclaira. Il avait trouvé la vérité. Lorsqu’il se joignit à l’Église, ses anciens amis et compagnons lui tournèrent le dos. Huysecom était devenu fou ! Mais il n’a ni cédé, ni chancelé. Il avait trouvé la vérité.

« À partir de ce jour-là, l’Évangile est devenu son grand intérêt. Il a aidé la petite branche de Liège, toujours prêt à obéir aux appels qu’on lui faisait. Ses heures de loisir, il les a passées à rendre témoignage de la restauration de l’Évangile à ceux qui ne l’avaient pas encore entendu. Il découvrit les chercheurs de vérité ; il a distribué des brochures, a conversé et prié. Il devint un sincère disciple et travailleur dans l’Église. Pour être plus capable, il a appris l’art de la lecture et de l’écriture qui lui avaient été refusés dans sa jeunesse. L’esprit de l’Évangile d’avancement était sur lui... » (L’Étoile,  janvier 1932, p. 5-6).
 
 
Événements connus dans le district, 1906-1914
 
Les faits suivants sont tirés de l’histoire tenue par les secrétaires de mission :
 
District de Liège

Le 27 octobre 1907 a eu lieu la conférence semi-annuelle de la conférence de Liège. John H. Taylor, président de la conférence de Liège a donné les statistiques suivantes :

prêtrise locale :

anciens                                        2
prêtre                                           1
instructeurs                                 4
diacre                                          1
officiers et membres                 135
enfants de moins de 8 ans       17
émigrés                                       9
Total sans les missionnaires    142
 
Il fait aussi le rapport suivant sur les activités des missionnaires : tracts distribués : 66.443 - livres distribués : 755 - nombre de maisons d’étrangers [nom donné à l’époque aux non membres] visitées avec le premier tract : 22.728 - nombre de premières invitations : 1789 - conversations sur l’Évangile : 3962 - réunions tenues : 197 - Écoles du dimanche tenues : 65 - cours bibliques : 116 - réunions de prêtrise : 13 - baptêmes : 18 - enfants bénis : 6.
 
À la fin de l’année 1907, il ajoute cette précision : Dîmes reçues : Frs 2171, une augmentation de 514,84 Frs, augmentation d’un payeur de dîme - 22 baptêmes, une augmentation de 2.
 
Le 25 décembre 1910, le secrétaire de la Mission peut écrire : « L’année s’est terminée après avoir vu une année très réussie pour l’oeuvre du Seigneur dans la Conférence de Liège. Bien que les missionnaires aient été fortement handicapés par la langue française, la plupart étant nouveaux, ils ont réussi à baptiser 20 personnes. »
 
L’inscription du 7 mai 1911 révèle une situation que l’on retrouvera avec de légères variantes à chaque conférence de district jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale : « La conférence semi-annuelle de la Conférence de Liège a été tenue avec des réunions à Seraing l’après-midi et à Liège le soir... Il y avait 135 personnes à la réunion de Liège.
 
Le 22 février 1912, « des services de baptême ont été tenus à Liège. Plus de 150 personnes se sont assemblées pour assister à la cérémonie ; la plupart des gens étaient des investigateurs et des curieux, mais ils semblaient écouter avec une attention soutenue les discours prononcés. » On constate ici encore – et cela se confirmera pendant toute la période précédant la Deuxième Guerre mondiale – que les activités missionnaires suscitent une grande curiosité, sans jamais déboucher sur des conversions massives.
 
Le 15 octobre 1912, Rudger Clawson, président de la Mission européenne, rouvre la Mission française et appelle Edgard B. Brossard comme président de mission. Les branches de Lausanne, Genève, Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Paris et Lyon sont  détachées de la Mission suisse, les branches de Liège, Seraing, Verviers, Bruxelles et Lille sont détachées de la Mission des Pays-Bas et rattachées à la nouvelle mission. Le nombre des membres en Belgique s’élève alors à 176. Le total des membres de la Mission française est  de 403. La répartition est la suivante :
 
Branche                     adultes                 enfants de moins de huit ans
Lausanne                    52                        15
Neuchâtel                    41                        21
La Ch de Fond           41                         3
Genève                       16
Lyon                             8
Paris                            1
Liège                            62                        3
Seraing                        65                        12
Bruxelles                      21                         7
Lille                               22                         4
Verviers                        6
Total                             337                       66                         403
(L’Étoile, octobre 1960, p. 269)
 
Le nombre de missionnaires est de 29 (L’Étoile, juillet 1948, p. 26)
 
Le premier président de la nouvelle Mission fait le tour des branches et, le 20 janvier 1913, « Edgard B. Brossard, président de la Mission française, est arrivé... à Liège ; il était venu dans le but de rendre visite aux saints et à tous nos amis chez eux afin de se faire une idée de leur attitude vis-à-vis de l’Évangile. Cela a été une belle semaine pour lui car presque partout il a été accueilli par un grand repas et la courtoisie habituelle des gens. Il a rendu visite aux branches de Liège, Verviers et Seraing et s’en est montré très satisfait. »
 
Le président Brossard est remplacé, la même année, pour cause de maladie, par Benjamin Howells. Mais l’imminence de la guerre oblige les missionnaires à quitter l’Europe le 6 août 1914. La Mission française est fermée et le district belge retourne à la Mission hollandaise.
 
Branche de Liège

Dans toutes les branches les activités sont soumises à divers aléas et sont périodiquement interrompues. La Mission signale donc que le 10 octobre 1906 les cours bibliques reprennent à Liège, mais le 4 décembre 1906, les réunions sont supprimées à Liège : la maison du 4 rue Éracle est froide et la branche est obligée de déménager. Le 1er janvier un bail de trois ans est signé pour le rez-de-chaussée du 104, rue Jean d’Outremeuse, qui comportera une salle pour la branche et un logement pour les missionnaires.
 
À partir  du 19 février 1907, des cours de théologie hebdomadaires se donnent chez Alphonse Dieu à St-Nicolas et à partir du 6 mars chez les Huysecom à Liège. 
 
Une idée du succès obtenu (pas en baptêmes, malheureusement) est donnée par cette inscription en date du 25 juillet 1907 : « Une réunion spéciale a été tenue à la salle de Liège, 108 rue Jean d’Outremeuse... La réunion a été annoncée par la distribution de 3000 feuillets distribués la veille par les missionnaires. La salle de réunions était remplie, une cinquantaine de saints et soixante étrangers étant présents. Plus de 100 personnes étaient debout à l’extérieur près des fenêtres et des portes. »
 
Au début de 1908 il y a une tentative de faire du travail missionnaire à Chênée, mais aucun résultat n’est signalé.
 
Branche de Seraing

La Mission ne signale que deux événements à Seraing : le 4 octobre 1906, les cours bibliques hebdomadaires reprennent chez Florentine Pfannenstiel. Le 4 février 1911 la branche s’installe au 71 rue de la Glacière : « L’ancien local ne convenait plus pour y tenir des réunions. »
 
Branche de Verviers

Dès le début Verviers connaît une situation qui est restée inchangée aujourd’hui : déménagements fréquents et travail missionnaire quasiment sans succès. Les réunions en salle le dimanche soir commencent le 5 août 1906 au 4 place du Marché, puis, à partir du 4 novembre, au 74 rue de Gérarchamps, pour revenir, le 1er août 1910, au 43 place du Marché.
 
Le 28 août 1913, on trouve la note suivante dans l’histoire de la Mission : « Une conférence spéciale a été tenue à Verviers. Tout le monde a travaillé dur pour qu’il y ait une bonne assistance à cette réunion, car c’est là que nous avons eu beaucoup de mal à trouver des amis de l’Évangile ; la réunion a été un succès. » Mais en mai 1914 Verviers est fermé. Le matériel de la branche est envoyé à Liège, « après de gros efforts pendant la dernière année et demie pour maintenir la branche en vie ».
 
Branche de Bruxelles

Bruxelles et Anvers sont les deux localités où le travail missionnaire a réellement commencé. Les premiers membres de Bruxelles ont sans doute été les deux Kuhlmann mentionnés plus haut. Mais il faut attendre le 26 juillet 1907 pour avoir une information précise sur la branche : « Une réunion spéciale a eu lieu à la branche de Bruxelles... Trente saints et dix étrangers étaient présents. La réunion avait été annoncée par deux mille feuillets et des annonces dans les journaux. Un reporter du ‘Petit Bleu’ a interviewé le président Penrose après la réunion et, le lendemain matin, son journal publiait un compte rendu favorable. »
 
« Au cours du mois d’octobre (1907) les réunions à Bruxelles ont été perturbées par des étrangers et des ‘voyous’ au point que le gérant de la salle a exigé que la branche s’en aille. Ce qui a été fait et la dernière réunion du mois a été tenue dans la chambre des missionnaires. »
 
Branche de Lille

Deux missionnaires commencent le travail en août 1908 à Lille. Le 27 juin 1909, une réunion spéciale est organisée et précédée d’une bonne publicité. « Une salle de réunions protestante a été ouverte aux missionnaires et, à l’heure dite, une cinquantaine d’étrangers étaient présents... C’était sans nul doute la première réunion tenue par les missionnaires de notre Église en France depuis l’expulsion religieuse. » Le 10 octobre 1909, « huit baptêmes ont été faits à Lille, les premiers depuis que les missionnaires sont entrés dans cette ville il y a 14 mois ». Le 15 novembre 1909, une salle, située 41 rue Jeanne d’Arc, est louée pour trois ans et les réunions régulières commencent.
 
Le 15 mai 1913, lors de la création de la conférence de Paris, Lille est transférée du district de Liège au district de Paris.
 
Namur

Deux tentatives, l’une en  mai 1910, l’autre en mai 1914, sont faites pour lancer le travail missionnaire à Namur, mais sans succès.
 
 
La Première Guerre mondiale
 
Dans un article intitulé « L’histoire se répéta », Paul J. Devignez décrit comme suit la situation de l’époque :
 
« Les missionnaires étaient partis ! Ils reviendraient probablement sous peu et ces bons amis de Jésus et du Père Noël joueraient de nouveau avec les enfants sages de l’Église. Des grondements sourds et interminables se succèdent nuit et jour ; des hommes, des chevaux et des véhicules, dans un tintamarre étourdissant, se précipitent partout. Une rue du voisinage flambe et le pont venait de sauter, lorsque mes parents abandonnèrent la maison. Je revois, sur la route, mon père secourant des malheureux soldats blessés et épuisés qui s’efforcent de rejoindre les régiments en retraite.

« C’est la guerre, nous sommes en août 1914  ; j’aurai bientôt 5 ans.

« Jusqu’à l’anéantissement du dernier fort de Liège qui cloue l’envahisseur sur place, nous trouverons refuge dans les caves d’une famille mormone en compagnie de plusieurs saints. Les missionnaires ne sont plus là, mais l’Église doit subsister ! Le sacrifice sacré de ceux qui nous apportèrent la bonne nouvelle doit donner des fruits. Plus que jamais, les fidèles rechercheront le Seigneur et voudront, chaque sabbat, renouveler l’alliance ébauchée dans les eaux du baptême...

« Six hommes, six amis des missionnaires, méditent et prient ; la sainte prêtrise leur a été conférée, mais tout contact est désormais impossible avec les Autorités générales. L’heure est aux décisions et tout en se remettant entre les mains du Maître, les six frères s’engagent à veiller au bon maintien des activités de l’Église. À mon père, échoit l’honneur de coordonner les efforts et les initiatives.

« L’épreuve sera longue et dure...

« Que deviendrait-on sans le refuge bienfaisant de l’Église... ? Le réconfort et la consolation accueillent femmes et hommes dans les locaux de fortune où se tiennent les réunions, malgré l’interdiction occasionnelle de l’occupant... Les activités restent scrupuleusement conformes à l’organisation apportée par les missionnaires ; la moindre déviation vaudra du souci au réformateur conscient ou involontaire. On constate que les vicissitudes amplifient et hâtent l’assimilation de la volonté du Père et les membres fidèles connaîtront, au coeur de la tourmente, une félicité spirituelle qui transportera l’esprit dans l’exaltation. Les prières dégagent une sensation de force et de conviction tandis que la congrégation exécute les chants dans une ambiance de bonheur. Vraiment la foi est grande et l’on pense avec émotion à ces instants bénis issus de la douleur et réalisés par l’amour du Maître et du prochain, très vivace dans la peine.

« Le temps passait et après six longues années de séparation, mon père annonça le retour des missionnaires...

« Les six frères avaient mené leur tâche à bonne fin... »
(L’Étoile, février 1949, p. 23-25)
 
« Pendant la guerre 1914-18, la réunion de Sainte-Cène avait lieu au domicile de frère Huysecom, qui habitait rue Burenville à St-Nicolas. La famille Lahon, qui venait de St-Gilles, la famille Cypers, de Tilleur, la famille Renard, de Seraing, la famille Devignez, de Liège, effectuaient une heure de marche pour y assister. Les dirigeants étaient les frères Huysecom, Pléger, Jean Lahon, Renard, Charles Jean Devignez, Dieu, Lambert. Ces premiers membres étaient très humbles et leur foi était inébranlable. Ils étaient de condition modeste : mineurs, ouvriers d’usine, allumeur de réverbères, peintre. Ils commençaient leurs discours en français et les continuaient en wallon.  (Lettre de Joseph Devignez, 5 avril 1983)
 
L’article de John A. Widtsoe sur frère Huysecom donne encore cet aperçu de la vie au cours de la période 1914-1918 :
 
« Alors est venue la Grande Guerre. Les premiers coups de feu furent tirés à Liège. La vaillante défense par les forts de Liège détermina, comme chacun le sait, le cours de la guerre. Les missionnaires étaient restés pendant le premier bombardement, puis ils furent rappelés. Frère Huysecom, alors instructeur mais jeune dans l’Église, avec l’aide d’autres frères, diacres, également jeunes dans l’Église, a pris soin de la petite branche. On veilla sur chaque membre, on prit soin de chacun.

« Les armées passaient et repassaient dans la ville. Le son journalier du canon était le chant de la guerre, terrible et insensée. Les morts et les blessés étaient les témoins affreux des batailles sanglantes. En attendant, frère Huysecom veillait sur le troupeau de membres avec le soin d’un père. Une fois, alors que la nourriture était rare, il a abattu une vache, obtenue probablement au moyen de la guerre, a caché la carcasse et a distribué la viande selon les besoins parmi ses frères et ses soeurs. La viande était doublement savoureuse en ces jours de presque famine.

« Enfin, la guerre a cessé. Les quatre ans avaient paru une éternité à la ville qui avait été sous une discipline militaire constante. Quelque temps après, les missionnaires qui étaient revenus à Liège, trouvèrent la branche dans de saines conditions, les membres faisant leur devoir. Frère Huysecom, avec un profond soulagement, rendit sa charge et rendit compte de son oeuvre. Il est probable que, pendant la guerre, aucune  branche en  Europe ne fut tenue en si bonne union, ni si soigneusement surveillée. Il est retourné à son travail de la branche, sa distribution de brochures, sa prédication – toutes choses qu’il a continuées malgré son grand âge, jusqu’à présent.

« Nous discutions de tout cela  [alors qu’il était sur son lit de mort, en proie à de grandes souffrances]. Je lui ai dit combien l’Église appréciait ses efforts pendant les sombres années de guerre. « Oh ! répondit-il, ce n’était pas grand’chose ; j’ai fait tout ce que j’ai pu mais ce n’était pas grand’chose » (L’Étoile, janvier 1932, p. 5-6).

Quelques détails supplémentaires sont fournis par le secrétariat de la Mission hollandaise :
 
« 17 mai 1915 – « Une lettre du gouverneur général allemand de Belgique a été reçue au siège de la Mission des Pays-Bas disant qu’il serait impossible de donner suite à la demande des missionnaires d’entrer en Belgique.

« 25 mai 1915 – Le président LeGrand Richards a envoyé de l’argent à six familles de saints que les missionnaires avaient réussi à trouver à Bruxelles. Des efforts ont été faits pour trouver les saints de Liège.

« 11 nov 1917 – Une conférence de la Conférence de Liège a été tenue. Il n’y a eu qu’une seule session, mais il y a eu un excellent esprit, selon un rapport de frère Arthur Horbach. Depuis le début de la guerre, personne de Hollande n’a été autorisé à entrer en Belgique, de sorte que les affaires des Conférences de Bruxelles et de Liège ont été confiées aux mains des frères locaux. Le président de la Mission des Pays-Bas leur a envoyé mensuellement 65 florins ($26) qui, avec les dîmes recueillies, ont été distribués parmi les pauvres.

« 12 mai 1918 – Une conférence semi-annuelle de la Conférence de Liège a été tenue à Liège par les saints locaux... une seule réunion a été tenue, de 2h30 à 5 h. La prière a été offerte par Auguste Roubinet et la Sainte-Cène a été bénie par les frères Pirotte et Dieu. Frère Pirotte, qui dirigeait la réunion, a fait le discours d’ouverture, après quoi Arthur Horbach a présenté les autorités de l’Église et de la Mission au vote de soutien des membres... Étaient présents, 7 membres de la prêtrise, 31 membres et 12 non-membres. Les discours ont été faits par les frères Horbach, Devignez et Dieu et la prière de clôture a été faite par frère Huysecom.
 
Gary Chard ajoute que les membres belges ont réussi à faire quatorze convertis pendant la guerre.
 
 
Le district pendant l’entre-deux-guerres 
 
En septembre 1919, John A. Butterworth, président de la Mission des Pays-Bas, visite la région de Liège et rapporte que les affaires ont été bien tenues. Arthur Horbach, « qui a été secrétaire du district pendant toute la guerre », est son traducteur.
 
Le 28 novembre 1920, Alvin Smith Nelson arrive en mission et est envoyé à Liège comme président de district. Il s’installe, début janvier 1921, au 61 Quai d’Amercoeur, chez soeur Horbach. Comme il ne connaît pas le français, c’est Arthur Horbach qui traduit pour lui et s’occupe de beaucoup de choses. Il faudra, entre autres, apaiser l’opposition de certains membres « par un esprit d’humilité et par des prières ».
 
En février le président Nelson se rend à Bruxelles et s’efforce de retrouver et de rencontrer les anciens saints de la branche. Il n’a guère de succès, les membres étant très froids vis-à-vis de l’Église. Même frère Roderigo, qui est censé être le président de la branche, l’accueille très froidement. Les seules personnes que frère Nelson trouve et qui semblent intéressées sont François Bloemen et soeur Derette. Lorsqu’en octobre il passe de nouveau une journée à visiter les membres, il les trouve déprimés.
 
En mai, la conférence semi-annuelle à Liège réunit, au cours de deux sessions, l’après-midi et le soir, une centaine de personnes dont 40 non membres.
 
Entre-temps on cherche un nouveau local et après des mois on finit par en trouver un au 303 rue St-Léonard.
 
Deux conférences, tenues en septembre sous la présidence d’Orson F. Whitney, président de la Mission européenne, permettent de se compter : 150 personnes à Liège, 10 à Bruxelles.
 
À la fin du mois d’octobre, Alvin S. Nelson accompagne John P. Lillywhite, président de la Mission des Pays-Bas, à Villers-le-Bouillet, pour y visiter les frères Dieu et Pirotte et y trouvent de petites réunions au foyer bien organisées. À partir de 1923, frère Nelson leur rendra visite une fois par mois. Victor Pirotte décède le 13 mars 1925 après une longue maladie.
 
C’est aussi en 1921 que  le missionnaire Karl M. Richards baptise une partie des enfants de Charles Devignez : Paul (1910), Alphonse (1912) et Jeanne (1911), ainsi que les cinq personnes de la famille Cypers.
 
À la fin de 1921, les progrès sont évidents : la branche de Liège a une belle salle, les cours du mardi sont bien suivis, le moral des saints est excellent. Les membres sont visités régulièrement et les cours continuent à Seraing.
 
En 1922 on reprend l’oeuvre missionnaire à Seraing, mais on a un mal énorme à trouver un lieu de réunion ou un logement. Les saints sont visités régulièrement et beaucoup d’entre eux vont aux réunions à Liège. La solution est finalement trouvée pour les missionnaires lorsque la famille Micha, qui habite au  61, rue Fernand Nicolay, ayant perdu son fils unique, ouvre sa maison aux missionnaires en novembre. En décembre, on loue un local temporaire au 132 rue de l’Industrie, à Seraing.
 
Après des débuts difficiles, les missionnaires devant apprendre la langue et s’installer, l’année 1923 devient rentable. Les 16 et 17 juin 1923 a lieu une conférence de district sous la présidence de David O. McKay, président de la Mission européenne.
 
« À 9 heures, une centaine de personnes, parmi lesquelles le président et soeur McKay, se sont réunis au bord de la Meuse, au Pont-Neuf, pour assister au baptême de 15 personnes. Le temps était pluvieux et le ciel était sombre, mais dès que le premier candidat a été conduit dans l’eau, le décor a changé : les rayons du soleil ont illuminé l’événement, ce qui en a fait un tableau impressionnant... À la session du soir... il y avait 280 personnes présentes, la majorité non membres, ce qui en a fait une des conférences les plus grandes et les plus réussies jamais tenues dans la partie francophone de la Mission des Pays-Bas... Il y a eu quatre sessions en plus d’un service de baptême et d’une fête. La première a eu lieu à Seraing avec 203 personnes présentes. La deuxième était pour les membres de Liège, mais 31 bons amis étaient présents (l’assistance totale était de 112). La troisième était pour le public liégeois. 280 personnes étaient présentes. Le lundi matin s’est tenue la réunion missionnaire et le programme a été présenté le soir devant une assistance de 260 personnes.

« Ces chiffres sont significatifs : Il y a un peu plus de trente mois, deux missionnaires, Alvin S. Nelson et Karl M. Richards, étaient désignés comme premiers missionnaires pour rouvrir l’oeuvre parmi les Belges après la guerre. Ils durent surmonter de nombreuses difficultés, dont la moindre n’était pas d’apprendre la langue et de prendre la responsabilité complète de la relance des réunions régulières. L’oeuvre commença à Liège ; lorsque les réunions régulières du soir eurent été fixées, on commença l’École du dimanche et plus tard les cours sur le Livre de Mormon. Le travail de la première année et d’une partie de la deuxième année a été purement préparatoire –  la pose des fondements – mais il y eut un progrès lent et substantiel. Quelque 75 personnes étaient présentes à Liège à la conférence de novembre 1921. Il y en avait moins lors d’une réunion tenue le même jour à Seraing, la première depuis la guerre.

« Ainsi le nombre de présences à cette dernière conférence, tenue un an et demi plus tard, avec l’existence de deux branches fortes, montre un progrès notable. Quinze personnes ont été baptisées lors du service du dimanche matin. »
 
Le 20 août 1923, David O. McKay, président de la Mission européenne, décide de recommander à la Première Présidence la réorganisation de la Mission française. Celle-ci a lieu le 24 février 1924, lors d’une des sessions de la conférence tenue à Liège les 22-25 février. Russell M. Blood en est le président et son siège est à Genève. La conférence de Liège est détachée de la Mission des Pays-Bas et transférée à la nouvelle mission.
 
Les années 1923 et 1924, voient le baptême de personnes et de familles qui vont constituer une bonne partie du noyau actif et pionnier de l’Église : Joséphine Pholien, Aurore Horbach, les Kerkaert, Henri Lahon, les Ista, les Compère.
 
Dans une note rédigée à l’occasion de la composition de la présente histoire, Gaby Douhard, petite-fille de Jean-François et de Gabrielle Kerkaert, écrit :
 
« Mes grands-parents se sont toujours dévoués et ont travaillé pour l’Église et leur branche [Herstal]. J’ai vécu mon enfance et mon adolescence dans cette atmosphère, si bien qu’un jour à l’école l’Inspecteur des Écoles m’avait demandé de quelle religion je faisais partie et avec mon instinct d’enfant j’ai répondu de tout coeur : ‘À l’Église de mon grand-père.’  »
 
Le 24 février 1924, onze personnes sont baptisées, parmi lesquelles Henri Lahon, Françoise Ista et les enfants de celle-ci, Germaine et Armand. Il s’agit, selon un article paru dans The Children’s Friend de juin 1955 et reproduit dans L'Étoile d’octobre 1955, d’ « un baptême miraculeux » :
 
« Charles S. Hyde, ancien président de la Mission hollandaise, raconte l’expérience suivante et le président David O. McKay a témoigné ici de l’exactitude des événements.

« Une manifestation des plus remarquables de l’approbation de Dieu à l’égard de la cérémonie sacrée du baptême, accomplie par Ses serviteurs autorisés s’est produite lors de l’organisation officielle de la Mission française, à laquelle j’ai eu le privilège d’assister.
 
« Un service de baptême était prévu pour plusieurs néophytes et devait se dérouler au bord de la rivière, dans la cité de Liège, en février 1924. Outre ceux qui allaient recevoir le baptême et entrer dans l’Église, tous les anciens de la conférence étaient présents, et un grand nombre de frères venus en visite, y compris le président David O. McKay et moi-même.

« L’heure du service était fixée à dix heures du matin, le dimanche. C’était un jour froid d’hiver et il neigeait. Le moment approchait et j’éprouvais dans mon coeur l’appréhension que ce temps désagréable semblât bien peu encourageant pour accomplir le rite.

« À cause du temps peu clément et de l’eau glaciale, j’étais très préoccupé pour ceux qui allaient recevoir le baptême et aussi pour les anciens qui devaient officier. Mon plus grand souci concernait une dame de quatre-vingts ans [en fait, la personne la plus âgée à se faire baptiser ce jour-là était Marie Païafa, presque 68 ans]. Cette femme courageuse fut la première à recevoir le sacrement. Comme l’ancien la conduisait dans l’eau, la neige cessa de tomber. Au même moment un rayon de soleil perça les nuages et vint éclairer l’eau, où se tenaient l’officiant et la baptisée. Le soleil continua de luire pendant toute la durée de la cérémonie. Comme la dernière âme sortait de l’eau, les nuages se refermèrent et la neige fondue se remit à tomber.

« La vieille dame assura qu’elle ne sentait pas que l’eau fût froide et qu’elle tremblait seulement à cause de son respect pour le sacrement et pour l’alliance qu’elle venait de conclure avec Dieu. Et aucun des nouveaux baptisés, aucun des anciens qui officiaient, n’eurent à souffrir de s’être exposés aux frimas et plongés dans les eaux glacées.

« Par quelque intervention miraculeuse, ceux qui furent baptisés et les serviteurs de Dieu qui leur administrèrent le sacrement furent protégés de tout choc et de tout refroidissement causés par les éléments. Le rayon de soleil fut certainement considéré comme l’expression de l’approbation du Seigneur à l’occasion de la première cérémonie de baptême célébrée dans ce nouveau domaine de l’activité missionnaire  » (p. 190-191).
 
Françoise Ista, l’une des personnes baptisées lors de ce « baptême miraculeux », avait eu, dans sa jeunesse, des doutes au sujet des religions. Elle écoutait, raconte sa fille,
 
« les discussions entre son père, Jean-Baptiste Rulkin, et un neveu qui était prêtre catholique... Cependant il croyait en Dieu et priait matin et soir et avant les repas. Il était renommé pour son honnêteté. On parlait de lui en disant : le vieux ‘Brave Baptiste’ » (Lettre de Germaine Ista-Koncurat à l’auteur).
 
Françoise, influencée par son père, s’informe sur divers cultes, sans grand succès, jusqu’au jour où elle rencontre au marché une ancienne amie d’école. Elles en viennent à parler religion et son amie, Jeanne Roubinet, membre de l’Église, la persuade de recevoir les missionnaires. Elle sera baptisée avec ses enfants Germaine et Armand. Son mari ne sera baptisé que 44 ans plus tard, à l’âge de 80 ans, par son petit-fils devenu missionnaire. Le soir de son baptême,
 
« ...avant de se coucher, Maman eut une vision. Elle vit deux grands cercles de lumière et dans chacun le visage bien-aimé de son père, qui était décédé en 1909, et de son  oncle, Éléodore Lambou, beau-frère de mon grand-père. Le premier dit ces mots : ‘Eh mi, m’baptême, quand serece ?’ Puis la vision a disparu... Mon grand-père devenait mon pionnier ! Ma mère l’a suivi fidèlement en faisant le nécessaire pour envoyer son nom... dans le saint Temple ! »
 
Françoise paiera le prix de sa conversion. Sa mère était une fervente catholique ; ses soeurs et ses frères la blâment et l’accusent d’être une apostate, une hérétique, se moquent d’elle. Ils finiront par l’accepter « comme on pardonne à une coupable ».
 
Le sacrifice devait porter ses fruits plus tard, car dans une lettre adressée à l’auteur le 26 juin 1997, une de ses filles, Germaine Koncurat, écrit : « Ma mère était pour moi ma Pionnière. Le résultat de ses efforts est que ma soeur Josette Pirlot et moi-même avons été éclairées par cet évangile. Ma famille, enfants, petits-enfants, compte plus de 50 personnes dont la plus grande part sont fidèles à l’Église. Jusqu’à présent nous en avons eu 7 en mission, 3 fils et 4 petits-fils. »
 
Évoquant la vie à cette époque, Germaine Koncurat raconte :
 
« Nos réunions étaient... dans une simple salle dans le fond de la ville de Seraing. Je me souviens des membres qui bénissaient la Sainte-Cène, quatre membres de la prêtrise, très souvent des missionnaires, qui bénissaient et distribuaient le pain rompu à tous les membres, ensuite un grand verre d’eau qu’on passait de l’un à l’autre pour une petite gorgée chacun. »
 
« J’aimais beaucoup soeur Armance Collard [une soeur baptisée en 1911]... Cette personne enseigna toute sa vie... Elle n’avait jamais rencontré un saint qui l’aurait épousée, mais elle gagnait son pain humblement et soignait sa mère aveugle. De plus, elle éleva les enfants de sa soeur qui mourut assez jeune, Rachel et Sarah. Ces enfants étaient son foyer, mais tous les enfants de notre Église devinrent ses enfants. Pour moi, soeur Collard fut aussi un pionnier. »
 
« ... La famille la plus importante à mon coeur était la famille Hasoppe. Oh ! Ses enseignements [de frère Hasoppe] m’éclairaient. J’aimais l’entendre parler dans les classes et aux réunions. Il devint président de la branche pour de longues années, et parfois les membres après les réunions attendaient leur tour pour lui poser des questions. »
 
Les 16, 17 et 18 août 1924 a lieu une conférence de district, précédée, le 15, d’un service de baptême dans la Meuse, au cours duquel 25 personnes sont baptisées. « Malgré la pluie fine qui continua pendant le service, les 150 observateurs présents furent profondément impressionnés par la simplicité de la cérémonie et le bonheur qui s’exprimait sur le visage de ceux qui sortaient des eaux du baptême. Plus de 200 personnes étaient présentes [à la conférence], dont 55 des amis. Pendant la conférence, il fut annoncé que le nom de « Conférence de Liège » était changé en « Conférence belge ».
 
Une autre famille qui va faire souche dans l’Église, Lambert et Marie Petitjean et leurs deux filles, Antoinette et Rosine, de Herstal, se fait baptiser le 9 avril 1927. Le récit de cette conversion est un bel exemple de l’épanouissement que l’Évangile peut apporter dans la vie des gens qu’il touche. Marie – grand-mère de Gabriel Fraikin – écrit dans son histoire :
 
Voici comment nous fîmes connaissance du mormonisme. Une amie de ma voisine, Madame Kerkaert, nous ayant rendu plusieurs fois visite au cours de nos malheurs, nous demanda la permission d’amener chez nous des missionnaires. J’acceptai par politesse et aussi parce que je portais une grande affection à cette personne qui m’avait si souvent consolée dans mes peines. Elle était devenue pour moi une amie, elle avait des enfants à peu près du même âge que ma fille et habitait près de chez nous. Nous recevions donc les deux missionnaires, frère Roberts et frère Graham, jeunes gens américains, qui gagnèrent de suite notre amitié, tant ils inspiraient la confiance et l’honnêteté. Mon mari et moi-même attendions leurs fréquentes visites avec joie.

[Lors d’une de ces visites] frère Graham fit don à mon mari d’un Livre de Mormon, mais ne sachant presque pas lire, mon mari me demanda de lui lire à haute voix. Je lui répondis que je regrettais pour lui de refuser, parce que je ne pouvais lire un livre qui était contraire à ma religion. Mon mari, qui n’avait jamais suivi aucune religion, me répond : Eh bien, je le lirai moi-même, ce qui me fit rire parce qu’il n’avait jamais essayé de lire quoi que ce soit. Néanmoins ce livre ne le quittait plus. Il allait travailler à Liège, et pendant le trajet en tramway, il prenait son livre et essayait de lire. Quand il pouvait déchiffrer une phrase, il était bien content et il se sentait tenté de continuer, si bien qu’il n’avait plus de repos sans ce livre, pendant les heures de repas et le soir après journée, toujours il avait le Livre de Mormon ouvert, ce qui commença à m’intriguer, mais je n’avais jamais l’occasion de le regarder puisque mon mari le portait toujours sur lui, et je n’osais pas demander pour le lire à cause que j’avais refusé la première fois, mais quand les missionnaires nous rendaient visite, je l’entendais discuter du Livre de Mormon. Je fus très surprise de l’entendre lire. Peu à peu je m’y intéressai également ainsi que nos enfants. Je fus invitée à assister à une cérémonie de baptême par immersion. C’est ce qui me frappa le plus et me fit longtemps réfléchir qu’il est bien plus juste d’être baptisé lorsque l’on a la raison et que l’on comprend ce que l’on accepte que d’être baptisé enfant...

Le 9 avril 1927 nous nous faisions baptiser tous les quatre au Pont Neuf dans l’eau courante. Il faisait très froid ce jour-là. Frère Rossiter, président de la mission, adressa une fervente prière à Dieu, demandant que l’eau ne paraisse pas trop froide pour tous ceux qui y descendraient. J’avais peur pour ma petite fille Rosine, qui avait 8 ans, mais à ce moment j’ai eu confiance que Dieu exaucerait la prière de frère Rossiter. Aucun des neuf baptisés n’a eu ne serait-ce qu’un rhume.

 
Survol des événements du district dans les années 1920
 
Liège

La Société de secours est organisée en 1923 avec soeur Steven comme présidente. À une réunion de témoignages tenue le 4 mai 1924, il y a 115 personnes présentes.
 
Seraing

Selon Josette Pirlot, « au début les réunions se faisaient dans une scierie, et le dimanche matin, lorsque les membres arrivaient, ils devaient balayer la sciure, reculer les troncs d’arbres qui gênaient et les planches et s’asseoir sur certaines de celles-ci. »
 
La Société de secours est organisée en 1923 avec soeur Roubinet comme présidente. Le 2 janvier 1924, la branche déménage au 68 rue Jean de Seraing. « Madame Lahaut a fait preuve de beaucoup de considération en achetant un bâtiment expressément pour offrir un lieu de réunion à la branche. » À une réunion de témoignages tenue le 4 mai, il y a 58 personnes présentes, et lors de la conférence de branche du 2 novembre, il y a environ 200 présences. Des problèmes surgissent et le président de district, Alonzo P. Kesler, doit aller à Seraing pour rendre visite à quelques membres turbulents. Il a de longues conversations avec eux et espère que son intervention portera des fruits.
 
Lille

L’oeuvre missionnaire y reprend le 15 octobre 1923. « [Les missionnaires] ont trouvé les anciens saints bien disposés, mais affligés de l’apparente négligence dont ils ont fait l’objet, les missionnaires ayant disparu pendant dix ans sans visites ni nouvelles ». La situation reste inchangée, car au 23 novembre 1924, on compte deux membres, deux amis et trois missionnaires. Vu le manque de succès, la branche est fermée le 13 avril 1926 et ne sera rouverte que le 5 août 1930 pour être refermée le 8 février 1932 faute de missionnaires..
 
Bruxelles

Les missionnaires recommencent à y travailler à partir du 5 septembre 1923. En novembre, frère Bloemen se montre disposé à aider les missionnaires à rendre visite aux anciens amis et à trouver un local. Le 20 janvier 1924 a lieu la première réunion depuis la guerre. Elle se tient chez les missionnaires. 18 personnes sont présentes dont 9 sont des amis. À partir du 17 avril, les réunions se font au 295 rue des Coteaux. Le 29 novembre, à la conférence de branche, il y a 58 présences.
 
En juillet 1927, le rapport de la Mission signale que les choses vont bien à Bruxelles, précisant que « plusieurs vieux amis sont de plus en plus favorables à l’Évangile. Il faut beaucoup de temps pour convertir des amis à Bruxelles et, pour cette raison, il faut assurer le suivi et travailler avec eux patiemment et constamment pendant un certain temps, jusqu’à deux ans ou plus. On ne peut pas y ‘faire’ un ‘mormon’ en quelques mois. L’esprit des vieux saints aigris s’améliore graduellement aussi. »
 
En juin 1928, les réunions se font dans une salle au 206 rue des Palais, à Schaerbeek.
 
Charleroi

En novembre 1924, on essaie d’ouvrir Namur, mais on n’arrive qu’à y faire une famille amie. Le 14 octobre 1925, après des mois de travail vain, les missionnaires sont transférés à Charleroi. Le 15 janvier 1927 on met fin aux réunions en salle à cause du peu d’assistance, mais on les reprend en avril, car on a fait de nombreux amis et l’assistance augmente. Le 23 juillet 1927 ont lieu les deux premiers baptêmes jamais faits à Charleroi, ceux de Louis et Marie Dock. La cérémonie se fait en présence de 16 personnes et la première réunion de Sainte-Cène de la branche a lieu le lendemain, 24 juillet. En septembre est lancé un cours de théologie avec une assistance de 7 personnes et 3 missionnaires. Lors d’une conférence en date du 9 décembre 1928, il y a 13 personnes présentes.
 
Herstal

La branche se réunit d’abord Place Sainte-Foy, dans le quartier du nord, à Liège. Aucune date de début ou de fin n’a pu être trouvée, mais, selon le secrétariat de la mission,  après de longues recherches, elle trouve, en mai 1925, une salle et tient sa première réunion publique officielle au 129 rue Thiers des Monts. Le 5 février 1928, il y a 73 présences.
 
Selon des notes prises par Gabrielle Kerkaert, la Société de secours (« l’oeuvre de secours ») connaît des hauts et des bas à Herstal entre sa fondation  et la fin de 1929. L’ambiance régnant dans l’organisation est, de toute évidence, fortement influencée par la façon dont le missionnaire président de branche du moment gère les choses. Les soeurs n’ont pas d’autonomie et manifestent une tendance à abandonner l’oeuvre quand elles ne sont pas encadrées par un président de branche dynamique. Il est difficile d’organiser et de responsabiliser les soeurs.
 
En 1929, Alberte Vaes, grand-mère de Suzanne Vaes, épouse de Dario Tomaselli, est appelée comme présidente de la Société de secours, avec Gabrielle Kerkaert et Maria Gueurs comme conseillères et Lucie Gueurs comme secrétaire.
 
Verviers

À la date du 27 juillet 1927, le rapport de la Mission signale qu’on s’est mis à rechercher les membres de Verviers d’avant la guerre. Tous sont morts et les missionnaires ont du mal à trouver de nouveaux amis. Le 25 janvier 1928, on a enfin des perspectives de trouver une nouvelle salle et les réunions reprennent pour la première fois depuis la guerre le 26 février. Le dimanche, il y a 16 personnes, y compris les missionnaires.
 
En 1925, Ernest C. Rossiter, qui a été missionnaire en Belgique en 1908 et connaît le français, devient président de mission.
 
Quelques chiffres de la fin 1925 et de 1926 donnent une idée de l’évolution :

Le 25 décembre 1925 a lieu une fête de Noël de la conférence belge avec 200 personnes.

Les présences aux conférences de branche de 1926, dans l’ordre chronologique, sont :

Herstal      105
Seraing     108
Liège         130
Verviers      50
Huy              97
Charleroi    15
Bruxelles     56
 
Ce que ces chiffres représentent n’est malheureusement pas précisé. Il y a clairement un problème dans la définition du terme « conférence de branche », car le rapport de la Mission signale, tout de suite après, la fermeture temporaire de Huy, alors que son ouverture n’a jamais été annoncée. Verviers n’a jamais eu 50 membres. D’autre part le rapport indique que, le 15 août 1926, soit cinq semaines après la « conférence de branche », Charleroi tenait sa première réunion « depuis la guerre » (en fait aucun travail n’a été signalé à Charleroi avant la guerre). Un millier d’invitations sont distribuées, et 21 personnes assistent, dont 17 sont des amis.
 
À la conférence du district du 3 octobre 1926, il y a 229 présences, et le 19 décembre, lors d’une conférence de district avec James E. Talmage, il y en a 240.
 
Gabriel Fraikin écrit :
 
J’ai gardé un souvenir attachant de mes anciens frères et soeurs et des missionnaires de mon enfance. Nous avions du plaisir à nous rassembler le dimanche soir à tour de rôle chez un membre de la branche avec les missionnaires pour continuer à nous amuser et à nous instruire ensemble. En ce temps-là nous n’avions que la radio et les gens restaient plus volontiers à la maison. En outre, il n’y avait pas de voiture. Plusieurs missionnaires ont logé chez mes parents lors de leur mission, ce qui fait que nous étions très unis avec eux pour notre plus grand bien à tous. Le dimanche on commençait à 8 heures la prêtrise, à 9 heures les réunions de l’École du dimanche. La réunion durait jusqu’à 12 heures. On allait dîner et on revenait à 3 heures pour la Sainte-Cène, jusqu’à 4 h 30. Au départ, nous avions le Livre de Mormon, la Bible, les Doctrine et Alliances, puis les Articles de foi et la Perle de grand prix. Vers les années 30 [en 1936, voir plus loin], cela a changé : nous avons eu des manuels pour les diverses activités. On ne parlait pas de faire une mission pour les jeunes, on commençait à faire la généalogie, on ne parlait pas d’aller au temple, il n’y en avait pas encore. Les missionnaires étaient déjà nombreux... Nous étions plus proches l’un de l’autre et quand nous allions aux conférences à Liège, rue de Campine, il y avait parfois tant de monde que beaucoup restaient sur le trottoir parce qu’il n’y avait pas assez de place.
 
Selon Clément Gobin :
 
« J’ai connu l’Église à dix ans en 1925. Mes grands-parents maternels se sont joints à l’Église à la suite d’une guérison miraculeuse de mon grand-père (par l’imposition des mains). Eux-mêmes avaient connu les missionnaires grâce à la famille Compère, des voisins, qui tenaient des soirées d’étude de la bible et du Livre de Mormon dans une modeste maison d’ouvriers. Là se réunissaient une fois par semaine des amis et des connaissances de Herstal et de Liège. Plus de cinquante personnes furent baptisées grâce à l’enseignement reçu dans ces classes.

« Soeur Lamberty, qui a marqué la branche de Herstal de son empreinte, y a connu l’Église par ces réunions de foyer chez ceux qui devaient devenir mes beaux-parents [les Compère].

« Pour les réunions de Sainte-Cène, nous nous réunissions, de 18 à 19 heures 30, Place Sainte-Foy, à Liège, à la salle dénommée Poussart. C’était une grande salle de fêtes située derrière un café. Les murs étaient décorés de fresques inspirant la gaieté. Il y avait aussi une grande scène pour jouer des pièces de théâtre. Les membres de Liège, Herstal et Seraing s’y réunissaient.

« Cependant ce n’était pas le premier lieu connu. Il y avait eu, avant 1914, des assemblées Place du Congrès, et pendant la guerre 1914-18, les réunions avaient lieu à Burenville.

« Chez Poussart, les réunions eurent lieu quelques années de 1919 à 1925 environ. Pour ce qui est des classes de l’École du dimanche, elles se tenaient chez des membres qui habitaient les rues avoisinantes.

« À noter le dévouement des soeurs qui voulaient bien recevoir les membres dans leur foyer. Soeur Charlier, soeur Steven (première présidente de Société de secours que nous ayons connue, décédée en 1924 ou 1925), soeur Paiaffa, toutes sont à présent décédées, étant déjà âgées à l’époque.

« En 1926, les saints à Liège étaient installés rue Haute Sauvenière, ‘Aux Arcades’. Peu de souvenirs me sont restés de cette période. Je n’étais pas membre, j’ai, par moments, perdu l’Église de vue.

« En 1927, nouveau déménagement au café du Cadran à l’angle de la rue de l’Académie et de la rue Léon Mignon. Un escalier très raide nous conduisait au deuxième étage, dans des chambres aménagées pour la circonstance. Cela n’était pas facile pour les vieilles soeurs. Nous, les jeunes, cela nous amusait.

« En semaine, nous, les garçons, nous avions des activités limitées scoutes, nous allions à la Citadelle avec un missionnaire à la peau rouge (Elder Tanner), un magnifique athlète qui nous apprenait à faire des noeuds et plusieurs autres activités en plein air. Les filles restaient au local... 
 
« Je ne vous ai pas encore parlé des baptêmes. Je sais qu’il y en eut dans l’Ourthe et dans la Meuse, mais ceux dont je me souviens le mieux eurent lieu aux « Bains publics de la Natation », au Pont-Neuf  (actuellement le Pont Kennedy) à Liège. Là, j’ai vu briser la glace pour baptiser. Il fallait du courage et beaucoup de foi. (1925). » 
(Lettre du 5 mars 1984 à l’auteur)
 
Vu l’importance des branches de Liège et de Seraing (à Seraing on signale, le 2 octobre 1927, une assistance record de 70 personnes, contre 65 la semaine précédente) et l’inadéquation des locaux actuels, le président Ernest C. Rossiter demande à l’Église d’autoriser la construction de deux églises. La permission est accordée et l’argent pour l’achat des terrains est envoyé en septembre 1927. Le terrain de Seraing est acheté le 9 janvier 1928 et, le 30 du même mois, le premier coup de pioche pour l’église de Seraing est donné en la présence du président et de soeur Rossiter, des 15 missionnaires du district et de nombreux membres et amis.
 
Le président de mission et les missionnaires se mettent au travail. Les missionnaires sont appelés à travailler sur le terrain pendant 15 jours. Après la prière de dédicace du président Rossiter, on se met à l’ouvrage. Il faut dégager 500 m3 de terres pour atteindre le niveau de la rue. Beaucoup de saints et d’amis les aident. Les travaux doivent être interrompus à plusieurs reprises à cause des pluies, ce qui oblige les missionnaires de Liège, Seraing et Herstal à travailler une semaine de plus. En fait, au mois d’août, on les trouve toujours occupés à enlever les terres.
 
Le 8 avril 1928, on décide d’acheter le terrain de l’église de Liège, ce qui est fait le 7 mai. Le 25 juin, le contrat pour le gros oeuvre est signé pour la somme de 128 270 francs.
 
L’Église étant maintenant propriétaire, elle doit se constituer en ASBL. C’est chose faite le 26 juillet 1928.
 
 Les deux bâtiments seront terminés en 1930. Celui de Liège sera au 118 rue de Campine, celui de Seraing, au 77 rue de la Glacière. L’Étoile de décembre 1931 explique que pendant la construction, les membres de Liège sont obligés, leur bail du 303 rue St-Léonard, où ils sont depuis sept ans, étant terminé, de se loger pendant un an dans une salle au-dessus d’un café situé au Cadran et ils y sont si mal qu’il entrent dans la nouvelle église dès qu’elle est finie : « Peu de temps après, on faisait la première réunion dans le nouveau sanctuaire encore humide et froid, aux murs blanchis et nus. » Ceux de Seraing rencontrent le même problème, mais ne peuvent pas trouver de local provisoire, de sorte qu’un membre (Joseph Hasoppe) « offrit, pour faire les réunions, un hangar où il emmagasinait des pommes de terre.
 
« Cependant, il ne faut pas supposer que l’on restait inactif pendant la construction des deux églises ; au contraire, membres, missionnaires, amis, tous se sont mis au travail avec un dévouement qui dépasse les bornes. Ces personnes ont beaucoup contribué à la construction, soit par les travaux manuels, soit par les moyens pécuniaires. Elles se sont montrées semblables aux pionniers, ne permettant à qui que ce soit de les empêcher d’atteindre leur but si louable et, bien que l’on ait rencontré des obstacles énormes, leur persévérance et leur assiduité ont permis que cette oeuvre s’achève, malgré le temps qu’il a fallu et qui semblait infini » (p 288).
 
Lors de son séjour en Belgique en 1963 comme missionnaire bâtisseur, Joseph Hasoppe confiera à l’auteur qu’il était tellement enthousiaste pour la construction de son église, qu’il négligea totalement son commerce de pommes de terre et connut de ce fait une période de pauvreté.
 
Le piano de Liège sera acheté à soeur Hasoppe et payé grâce à des dons et à des ventes de la Société de secours.
 
L’Étoile de décembre 1931 porte un rédactionnel détaillé d’Arthur Horbach sur la dédicace des deux églises. Celle-ci a été sans cesse postposée, dans l’espoir qu’elle pourrait être faite par le président Heber J. Grant, qui avait manifesté l’intention de venir en Europe. Mais la maladie de soeur Grant l’en empêchera. La  dédicace des deux bâtiments est faite le 8 novembre 1931 par l’apôtre Widtsoe, « président des Missions européennes », à l’occasion de la conférence du district belge. La dédicace de Liège se fait le dimanche matin. « Les branches de Liège et de Seraing avaient préparé des choeurs et des solos de chant et d’harmonium qui ont été exécutés à la satisfaction de ceux en l’honneur de qui ils avaient été étudiés. » Étaient également présents : Golden J. Woolf, président de la Mission française et Frank J. Kooyman, président de la Mission néerlandaise. « De nombreux autres missionnaires ainsi que des membres de toutes les branches belges et quantité de personnes étrangères à l’Église formaient un auditoire des plus nombreux. » La réunion de dédicace à Liège dure de 10 heures à midi. Celle de Seraing se fera de 14h30 à 17 heures. Les deux réunions sont suivies par la conférence de district qui a lieu à 19h30.  (L’Étoile, p. 285-86)   

Josette Pirlot fait cette description du bâtiment de Seraing :
 
« C’était une très belle église. Il y avait d’abord une petite classe pour les enfants lorsque l’on entrait. Ensuite il y avait un petit hall qui prenait toute la largeur de la salle de réunion. Puis il y avait une petite séparation avec des portes. Ensuite la salle de réunion avec une grande estrade. C’était chauffé par des poêles à charbon. On ne se mettait pas au fond, parce qu’on aimait être près du poêle. En haut il y avait une salle des fêtes avec une scène, une très grande cuisine et je pense qu’il devait encore y avoir une autre classe à côté. »
 
Clément Gobin décrit comme suit la situation dans la nouvelle église de Liège :
 
« Les salles étaient chauffées par de gros foyers à charbon. Elles étaient éclairées par de grosses ampoules de 100 watts, hélas situées au plafond des salles à plus de quatre mètres de haut. L’éclairage était donc insuffisant. C’était quand même formidable de pouvoir nous réunir dans une église bien à nous, où nous pouvions adorer notre Seigneur à notre manière. »
 
Bien des années, plus tard, Clara Lodomez laissera cette description :
 
« L'église se trouvait rue de Campine, 118. La salle de culte était très grande et haute avec de grandes colonnes en marbre... non, c’était une imitation tellement bien faite qu’il fallait bien regarder pour s’apercevoir que c’était une peinture. En passant je pourrais dire que toutes ces peintures ont été peintes  par Joseph Devignez, peintre de son métier.

« Comme chauffage, des gros poêles à charbon, que des frères courageux venaient allumer plus tôt le matin afin qu’il fasse chaud quand les membres arriveraient. Et bien sûr la salle était très grande, celui qui était près du feu avait chaud, mais ceux qui étaient plus loin ne s’apercevaient guère de la chaleur. Après quelques années nous avons eu des poêles à mazout ! On ne peut pas dire que c’était beaucoup mieux, car ils dégageaient moins de chaleur et parfois une odeur de mazout ! En bas, nous avions la salle des fêtes avec une scène. Derrière le deuxième rideau les « acteurs » se déshabillaient et se préparaient pour la pièce, car on jouait souvent des pièces de théâtre. Parfois elles étaient écrites par monsieur Bia, ami de l’Église.

« Dans le coin, nous avions la cuisine, si petite que lorsqu’on était trois, il y avait une personne en trop !... Il y avait une cuisinière à charbon, pas de gaz. Une armoire blanche, mais elle n’avait pas de four et comme une partie de la cuisine était contre la terre (la rue étant en pente), nous avions assez bien d’humidité. Dans cette armoire, nous avions la vaisselle et les couverts ; bien sûr, ce n’était pas du luxe mais on était contents et bien heureux d’avoir une si belle église. Nous avions aussi une très grande marmite pour faire la soupe et deux ou trois autres plus petites en aluminium. Un grand bassin ovale en galvanisé qui servait à laver les légumes et faire la vaisselle. On ne possédait pas d’évier. C’est dans cette petite cuisine qu’on préparait les dîners de conférence » (L’Indispensable, journal de la paroisse de Liège, numéro d’avril-mai 1991).
 
Sous la présidence de Rulon Christensen, arrivé en 1928, L’Étoile du Deseret, créée par Curtis E. Bolton  en 1851, est de nouveau publiée mensuellement sous le nom L’Étoile et le Guide de la Mission française. Premier rédacteur : Lowell C. Lees. (L’Étoile, juin 1930, p. 8).  Elle paraît sous forme de stencils jusqu’en 1930 lorsqu’elle devient un magazine avec une couverture et un tirage de 500 exemplaires par mois. Elle est envoyée aux présidents de branche, qui se chargent de sa distribution. À partir de septembre 1937, elle sera directement envoyée aux abonnés.
 
P. Rulon Christensen, malade, doit rentrer aux États-Unis où il décède peu après. Il est remplacé, en décembre 1929, par Golden L. Woolf. Celui-ci ne dispose, à ce moment-là, que de 58 missionnaires. Il transfère le siège de la Mission à Paris.
 
Les statistiques de la Mission française pour 1929-31 donnent les chiffres suivants :
 
Total des membres         Enfants         Adultes         Prêtrise                     Missionnaires

 
1929    1930    1931          G     F             H     F             D     I     P     A             1929    1930    1931
 

 
645      671       729            35   29          152 435          21  14  26  127             60        71        73

En 1930, il y a 344 membres en Belgique, 280 en Suisse et 47 en France.
 
Parmi les personnes baptisées en 1930, il y a Léopoldine Vanhove. Née en 1879, à Lamine, elle perd sa mère à l’âge de quatre ans. Son père se remarie. Elle connaît une vie dure pendant son enfance, s’occupe des enfants nés des deux mariages, les voit mourir de la tuberculose. Elle se marie en 1901, mais perd quatre de ses huit enfants et la famille connaît les difficultés de la Première Guerre mondiale. Après le décès du fils aîné en 1927, elle décide de déménager. Elle s’installe brièvement à Ans et c’est là qu’elle rencontre les missionnaires, qui lui expliquent l’Évangile et l’oeuvre qui est possible pour ses chers disparus.
 
« Ce fut un rayon de soleil dans sa vie, écrit sa fille, Jeanne Barnich. C’était donc là que l’avait amenée le long cheminement de sa vie. Elle ne fut pas heureuse enfant, ni jeune fille, ni après. Mais à présent, elle avait compris. Elle avait une mission à accomplir... Avec l’aide de soeur Pholien, responsable à ce moment-là, elle se consacra à la recherche de ses familles. Très courageuse, elle alla de mairie en mairie et reçut souvent l’aide d’un employé communal, parfois un peu étonné, mais complaisant. Maman avait retrouvé une raison de vivre, sa santé s’améliora, son coeur était en paix, son expérience vivace... Son dernier fils décéda quatre mois avant sa mort. »
 
Soeur Barnich conclut : « Ceci est l’histoire d’un appel du Seigneur. Il y a 70 ans que deux jeunes gens apportèrent leur message évangélique à maman. Ans est située en dehors de la ville. Il est assez étonnant que les missionnaires aient prospecté à cet endroit et juste à ce moment-là. Elle fut la seule à recevoir et à accepter. Moi, je fus baptisée en 1931, mais l’appel fut pour maman. C’est elle qui paya le prix. »
 
Une autre conversion importante de cette époque est celle de Fortunée Lamberty, à Herstal. Elle commence à fréquenter l’Église en 1929 et dès 1930 elle est appelée comme secrétaire de la Société de secours. Elle est baptisée le 9 décembre 1932 et nommée présidente de la Société de secours, poste qu’elle remplira pendant sept ans. C’est le début d’une longue vie de dévouement ininterrompu à l’Eglise. Entre 1940 et 1958, elle est présidente de la généalogie, de nouveau présidente de Société de secours et en même temps  instructice à l’École du dimanche pour les adultes et chargée de préparer les leçons pour les « intermédiaires » et les enfants, surintendante de l’Ecole du dimanche de district et assistante du plan de sécurité. Dans son office, elle visite Charleroi, Verviers, Seraing, Liège, Bruxelles, Herstal. Par après, elle remplira des fonctions à la Société de secours jusqu’à la fin de sa vie. De 1955 à 1970, elle ira au temple chaque année et fera l’oeuvre par procuration pour 67 personnes.
 
Lina Tomaselli rend d’elle ce témoignage touchant :
 
Lorsque je suis devenue membre de l’Église en novembre 1962, la Société de secours se composait de quelques vieilles soeurs (trois exactement). En arrivant à ma première réunion, j’ai pensé : « Mais qu’est-ce que je viens faire ici ? » Soeur Lamberty, la présidente, m’a accueillie. Elle avait à l’époque environ 75 ans, ça me paraissait très vieux. Soeur Lamberty n’avait pas de conseillère et elle devait veiller à tout, même à l’enseignement de toutes les leçons.

J’ai été appelée comme conseillère et comme je ne connaissais rien, j’étais là sans rien faire et je ne lui étais d’aucune aide. Avec patience, elle a essayé de m’instruire...

Elle enseignait toutes les leçons, elle visitait les malades, les soignait, passant même des nuits auprès d’eux, elle faisait de la publicité pour l’Église et demandait de l’aide, même au-dehors, elle organisait des fêtes, des fancy-fairs et des soupers.

C’est en voyant tout ce qu’elle faisait que je suis arrivée sur le bon chemin.
Plus tard, lorsqu’elle a été relevée de son appel de présidente, la suivante, qui était soeur Gobin, l’a appelée comme première conseillère. Puis mon tour est venu d’être présidente et j’ai appelé soeur Lamberty pour être ma conseillère et toujours  elle m’a conseillée et guidée de tout son possible, elle a travaillé de tout son coeur jusqu’à un âge très avancé...

Un jour, elle avait 95 ans, elle s’est endormie sans souffrance et sans bruit.

Il y a plus de dix ans de cela, elle me manque toujours [1].
 
La croissance est rapide de 1929 à 1931 sous Golden L. Woolf. À partir de 1931, la crise économique provoque la diminution régulière des missionnaires, causant la fermeture de beaucoup de branches françaises. Mais la progression reste régulière en Belgique, comme le montrent les statistiques suivantes données au 1er janvier de l’année considérée :
 
 
                    1930         1931         1933         1934
 
Liège          103            111           142           131
 
Seraing       97              106           150           142
 
Herstal         34              42             51              53
 
Verviers       8                10             20              28
 
Charleroi     21               22            36              38
 
Bruxelles     31               33             31              35
 
Lille              s.obj.          0                8                --
 
TOTAL         294            324           438            428
 
 
Il n’y a pas de statistiques pour 1932, mais à la fin de l’année, la Mission signale qu’il y a eu 37 baptêmes en un an. « Les branches se sont complètement organisées dans tout le district et fonctionnent étonnamment bien. »
 
L’Étoile résume comme suit le mandat du président Woolf :
 
« [À son arrivée] la Mission avait une extension beaucoup moins vaste qu’à présent [juillet 1933]. Si en Suisse, et surtout en Belgique, il y avait plusieurs branches bien organisées, la France connaissait l’Évangile beaucoup moins. Les présidents Rossiter et Christensen avaient fait d’énergiques efforts d’organisation dans ce pays, mais l’oeuvre ici était encore à ses débuts.

« Dans leur première année de mission, le président et soeur Woolf virent le nombre de nos missionnaires se doubler, et même presque se tripler ; immédiatement ils se mirent à l’oeuvre pour étendre le champ de la mission et faire connaître notre message de tous les côtés. C’est ainsi que se forma le nouveau district bordelais et que s’accrurent les districts parisien, marseillais et lyonnais ; et que le zèle démontré dans les régions déjà organisées n’en a pas souffert est pleinement prouvé par le magnifique travail fait à Liège et à Seraing, où les premières de nos églises en mission ont été complétées et dédiées pendant le terme du président Woolf. L’année 1931 vit notre maximum d’activité et d’étendue. Depuis ce temps la crise s’est fait sentir, dans la Mission comme ailleurs, et une diminution rapide et sans arrêt dans le nombre de nos missionnaires n’a jamais cessé de préoccuper nos dirigeants.

« À présent, il y a moins de missionnaires dans la Mission qu’il n’y en a eu depuis des années, le président et soeur Woolf auront donc vu les deux situations extrêmes pendant le terme de leur mission. Cependant, malgré les grosses difficultés que présente cette perte constante de nos forces, l’état actuel des affaires accuse une très nette avance sur la situation d’il y a quatre ans, et si notre président a dû, bien à contre-coeur, fermer quelques-unes de nos branches, il y en a d’autres qui sont restées toujours ouvertes, et même dans les régions d’où les missionnaires ont été retirés nous avons de nombreux amis, là où jadis nous n’étions même pas connus. Aussi, dans bien des instances, les missionnaires locaux, qui ont répondu de si magnifique façon à l’appel qu’on leur a lancé, remplacent d’une manière très efficace les missionnaires américains absents.

« Un des faits les plus marquants dans la mission de frère et soeur Woolf est le progrès accompli dans l’organisation de la prêtrise et des organisations auxiliaires. En 1929 la prêtrise dans les branches de la Mission était un peu abandonnée à son sort. Certes, on l’encourageait autant que l’on pouvait, on insistait sur la nécessité de se réunir fréquemment pour étudier, mais aucune indication de ce que l’on devait étudier n’était donnée. Cette condition existait aussi dans toutes les organisations auxiliaires, et il n’était pas rare que les différentes branches d’un même district ne suivaient pas du tout les mêmes études. Aussi les études qu’on faisait étaient-elles souvent très peu appropriées. La littérature à la disposition de nos organisation était à peu près nulle.

« Dès le début de leur mission, frère et soeur Woolf travaillèrent à amender cette condition. Si on veut se convaincre du magnifique succès qui a couronné leurs efforts l’on n’a qu’à regarder le matériel actuellement disponible dans la mission. La prêtrise peut maintenant diriger ses efforts efficacement en étudiant les Études de la Prêtrise et La Surveillance de la Branche, études les mieux adaptées aux besoins de cette organisation de prime importance. Chaque année la Société d’Amélioration Mutuelle a eu un excellent cours d’études qui est demeuré une référence de premier ordre longtemps après que l’année d’étude s’est terminée. Les Articles de Foi remplissent le vide si longtemps senti dans l’École du dimanche, et en même temps qu’il sert comme texte pour cet auxiliaire si important dans la branche, ce livre est une aide des plus précieuses pour expliquer l’Évangile aux nouveaux amis de l’Église. Enfin notre Étoile même, d’une si grande utilité à toutes nos organisations et aux membres personnellement, doit son existence aux efforts du président et de soeur Woolf..

« Frère et soeur Woolf n’ont pas borné leurs efforts à faire publier des livres et des brochures pour être étudiés dans nos classes, mais ils se sont donné beaucoup de peine pour arriver à nous faire mieux connaître au monde en général. Depuis un an, il a été traduit et publié une nouvelle et très remarquable série de brochures écrites par le président Widtsoe. Ces brochures sont d’une grande utilité aux missionnaires pour les premiers contacts avec ceux qui deviendront plus tard des amis de l’Église. Ces publications mentionnées plus haut deviennent alors un moyen d’instruction efficace à ces personnes. Les efforts pour effacer la fausse impression des « mormons », qu’a une grande partie de la population par la lecture de Le Lac Salé et d’autres romans semblables, n’ont pas été ménagés, ainsi que témoigne la parution de la brochure « Ce que les autres disent des mormons », et surtout du nouvel article dans le dictionnaire Larousse. » (L’Étoile, juillet 1933, p. 161-163.)
 
Dès avant 1930, on envisage la création d’un nouveau livre de cantiques pour remplacer l’édition de 1904. Jethro  M. Hatchcock, missionnaire de Seraing, est chargé de préparer les cantiques qui y seront inclus. (L’Étoile, avril 1930, p. 8). Le livre sort en 1935.
 
Liège est la première branche à avoir un président local. C’est, en 1930, Charles Jean Devignez, baptisé en 1912. Il est veuf, père de cinq fils, Paul, Alphonse, Charles, Joseph et Denis, et d’une fille, Jeanne. Ses conseillers sont Jean Joseph Lahon et Hubert Huysecom. Il décède le 1er octobre 1931, après une longue maladie. Les missionnaires reprennent temporairement la présidence, jusqu’à ce qu’en 1932 Arthur Horbach lui succède. (Lettres de Joseph Devignez et Clément Gobin).
 
Il faut remarquer la lenteur avec laquelle on avançait alors les frères à la prêtrise. Ce n’est que le 10 novembre 1930 que sont ordonnés anciens de vieux routiers comme Hubert Huysecom (Liège), Maximilien Renard (Seraing), Jean Joseph Lahon (Liège) et Édouard Lambert (Seraing). Commentaire de Gabriel Fraikin :
 
Avant d’être baptisé, il fallait d’abord faire preuve de sincérité et de foi ; pour obtenir la prêtrise, il fallait attendre le bon plaisir de notre président de branche. Tout n’était pas automatique comme aujourd’hui, et je regrette ce temps pour ses aspects de discipline, de révérence et de respect.
 
En 1930, c’est le missionnaire George A. White qui est président du district belge. Toutes les branches, sauf Liège, sont présidées par des missionnaires. À Herstal, le président est A. James Martin, qui reviendra dans les années 1960 comme président de la Mission française de l’est et dans les années 1970 comme administrateur régional. C’est aussi à cette époque que Harold W. Lee, plus tard président de la Mission française, fait sa mission.
 
L’Étoile de février 1931 annonce : « Les missionnaires ont quitté la branche de Herstal le 1er janvier. Les officiers que l’on avait cités dans L’Étoile pour le mois de janvier feront tout le travail missionnaire. » (p. 33)

Dès cette époque, Lambertine Geurts, de Pontisse (Herstal), fait déjà du travail à sa façon. Le président Woolf fait d’elle cet éloge :
 
« Nous sommes heureux de publier dans L’Étoile [sa photo] avec la classe d’enfants qui se réunit chez elle tous les quinze jours pour écouter les leçons des saintes Écritures et apprendre les principes de l’Évangile Restauré. La classe, qui date déjà depuis deux ou trois ans [ceci apparaît dans le numéro de juillet 1933] a fait beaucoup de progrès.

« La famille Geurts, la seule famille ‘mormone’ à Pontisse, a été au commence-ment beaucoup critiquée à cause de leur religion. Heureusement leur vie de famille exemplaire a changé, avec le temps, tout cela. Maintenant les enfants du quartier, avec le consentement de leurs parents, font de la maison Geurts leur rendez-vous. La critique est remplacée par la confiance.

« Les missionnaires ont reçu bon accueil chez plusieurs parents de ces enfants, grâce à l’introduction de ceux-ci. Un membre de la classe – une jeune fille de douze ans – a désiré être baptisée. Avec la permission de ses parents, l’ordonnance a eu lieu le 27 mai à Liège. » (p. 171).
 
Dans son témoignage, qui suit cet article, soeur Geurts dit, entre autres :
 
« Étant membre et institutrice de l’École du dimanche des enfants, j’ai le bonheur de pouvoir les instruire... Nous avons classe tous les jours chez nous, à Pontisse, et là, nous avons le plaisir d’y voir une quinzaine d’enfants qui y viennent...  Lorsque je pense qu’au commencement, où mes parents allaient à l’église, eh bien, en ce moment-là j’assistais aux réunions, mais pas avec le but d’y aller apprendre ; mais, peu de temps après, lorsque j’ai vu le progrès, les témoignages des membres, l’esprit qui régnait parmi eux, alors j’ai senti en moi une voix qui me disait de suivre l’Évangile, d’étudier les bons principes qu’elle contenait, et c’est alors que je suis devenue une jeune ‘mormone’, mais avec une toute autre vie. »
 
En octobre 1931, les murs et le plafond de la salle de récréation de Liège sont peints et on y installe une avant-scène (L’Étoile, p. 243).
 
En 1931, la branche de Verviers se réunit 17 rue de la Station. Le 1er février 1932 commenceront les réunions de prêtrise.
 
En 1932, une présidence locale est appelée à Seraing : Président : Édouard Lambert, conseillers : Auguste Roubinet et Héli Jeuris. René Wanson est « employé de branche » (greffier). La conférence de branche du 27 mars 1932 donne une idée de l’ampleur de l’organisation locale. En plus de la présidence : Société de secours : Adeline Waschgau, « présidente honoraire » ; Palmyre Ovart, présidente, Barbe Hasoppe et Émerence Renard, conseillères ; Léonie Frinalf, secrétaire. Société d’Amélioration mutuelle : Joseph Waschgau, Léopold Ovart, Olga Jadoul, Olga Lergon. École du dimanche : Ismaël Cypers, Renier Frinay, Jean Lambert, Eva Martin. Société généalogique : Maximilien Renard, président, Guillemin Boonen, secrétaire. (L’Étoile, mai 1932, p. 117). 
 
À Herstal, les choses se présentent comme suit fin 1932 : Présidence de branche : Jean-François Kerkaert [2], Joseph Frédérick, Arnold Lamberty, apparemment ordonnés pour la circonstance respectivement ancien, ancien et instructeur. École du dimanche : Lambert Petitjean, Jean Horenbach, Nicolas Geurts, Germaine Kerkaert. S.A.M. : Valère Gérard, Armand Bréda, Yvonne Vandenbrock, Hubertine Gérard. Société de secours : Lambertine Lamberty, Gabrielle Kerkaert, soeur Knorren, Louise Dessart. Société généalogique : Mary Frédérick. (L’Étoile, janvier 1933, p. 12)
 
En 1932, Arthur Horbach lance un mensuel intitulé « L’Ère du Progrès », organe de la S.A.M. Il est assisté de Paul J. Devignez, et de Renée Ronval, une non membre. But : « la culture littéraire de ses membres et du goût pour la bonne lecture ». (L’Étoile, juillet 1932, p. 171).
 
Fin 1932, à Liège, Arthur Horbach est président avec comme conseillers Jean Joseph Lahon et Jacques d’Emal. Joseph T. Edmunds, qui sera en 1963 le premier président de la nouvelle Mission franco-belge, est président de branche à Bruxelles.
 
L’Étoile de juillet 1933 fait la description suivante de la présidence de la branche de Liège :

« Grâce au dévouement de chacun et à la bonne division des responsabilités de la présidence entre les trois membres, la direction de la branche de Liège devient de plus en plus efficace.

« Outre son office de président de branche, frère Arthur Horbach est le traducteur régulier de la Mission. Parmi ses traductions bien connues se trouvent : ‘Les Articles de Foi’, ‘La Théologie Rationnelle’, ‘Études de Prêtrise’, ‘L’Évangile et la Santé’, ‘Révélations modernes’, des dizaines de cantiques et d’articles sans nombre. Frère Horbach est un ‘mormon’ depuis sa jeunesse. Il a une connaissance profonde des principes de l’Évangile et un témoignage de leur véracité. Avec l’aide de son épouse et de sa mère, toutes les deux membres fidèles de l’Église, il est bien secondé chez lui à remplir les fonctions qui lui ont été désignées.

« Frère Jean-Joseph Lahon est bien connu par tous ceux qui connaissent la branche de Liège. Sa longue expérience dans l’Église et dans la présidence de la branche, son énergie comme travailleur et son assurance de la divinité de l’Église le qualifie admirablement pour son office. Frère Lahon est soutenu par des membres de sa famille qui sont parmi les plus actifs de la branche et de la Mission.

« En revenant en Belgique, après quelques années à Londres, frère Jacques d’Emal a apporté à la Mission française, et particulièrement à la branche de Liège, la foi et l’énergie d’un vrai saint des derniers jours qui veut aller de l’avant. Son expérience et sa bonne personnalité lui permettent de faire énormément de bien dans la branche. »
 
1932. La grande Dépression économique se fait durement sentir. Le nombre des missionnaires à plein temps décline rapidement. Ils sont encore 45 en 1933. Ils ne sont plus que 14 en 1934. Dès novembre 1932, John A. Widtsoe, président de la Mission européenne, lance un appel pour que les membres locaux, en particulier ceux qui sont réduits au chômage, aident à l’oeuvre missionnaire. Une quarantaine de missionnaires locaux répondent à l’appel (L’Étoile,  février 1933, p. 28). Quelques noms : Herstal : Gabrielle Kerkaert, Marie Bika, Louise Dessart, Élizébeth Knooren, Marie Frédérick, Pierre Frédérick, Marie Petitjean, Jean-Baptiste Horenbach. Liège : Marie Compère, Jeanne Vanhove, Léopoldine Vanhove, Joséphine Pholien, Victor Dussart, Jacques D’Emal, Jean-Joseph Lahon, Marthe Renson, Martha Godet, Laure Habrand, Virginie Godet, Joséphine Navez. Seraing : Édouard Lambert, Maximilien Renard, Joseph Renard, Émérence Renard, Simone Renard. René Wanson, Guillemine Boonen, Ismaël Cypers, Léon Jacques, Armand Ister, Ferdinande Grandjean. Verviers : Joseph et Marie Joenen.
 
En 1933, il y a, à Andenne, une soeur Céline Toonen, née en 1878 et baptisée en 1923,  qui « continue à tenir des réunions chez elle, avec l’aide des missionnaires, malgré une très vive opposition de la part de l’Église catholique qui a défendu à ses membres, non seulement d’assister aux réunions, mais même de lire l’affiche donnant des renseignements sur celles-ci et qui se trouve dans la fenêtre de soeur Toonen. » L’Église catholique n’aura pas à se faire de souci longtemps, car la soeur décède le 22 octobre 1934. L’Étoile de décembre 1934 fait ce commentaire : « Soeur Toonen a été une fidèle missionnaire à Andenne Seilles pendant plusieurs années et a fait beaucoup pour répandre l’Évangile » (p. 339).
 
Dans un numéro consacré à la Société de secours, Joséphine Pholien signale les activités suivantes à la Société de secours de Liège : « Quatre visiteuses enseignantes voyagent et visitent une fois par mois toutes les familles de l’Église, regardant ici et là si leur aide n’est pas nécessaire, aussi bien spirituellement que pécuniairement. Pour vous donner un aperçu de ce qu’on peut faire lorsqu’on travaille ensemble, je me permettrai de vous dire qu’en cinq mois il a été confectionné à la Société 188 pièces qui ont été vendues à une vente de charité, et qui ont produit un bénéfice assez considérable » (L’Étoile, mars 1933, p. 57).
 
En 1933, Édouard Lambert et Jean Bouvroy doivent travailler « pour assurer le bâtiment contre l’humidité. »
 
En 1933 apparaît la première mention d’officiers de district : « Soeur Gabrielle Kerkaert de Herstal et soeur Gertrude Glanzmann de Neuchâtel (Suisse), ont été désignées dirigeantes locales de la Société de secours dans leurs districts. Avec les nouvelles activités d’automne, elles ont commencé leurs activités, visitant les branches, aidant et encourageant le progrès de la Société » (L’Étoile, novembre 1933, p. 265).
 
Le 2 février 1934, Ileen Ann Waspe, du bureau de la Mission européenne à Londres, tient une conférence avec l’École du dimanche, la Société de secours et la SAM. Elle passe plusieurs jours dans le district, visitant toutes les branches pour stimuler les auxiliaires et se déclare heureuse de ce qu’elle a trouvé. Cette soeur missionnaire jouera un rôle très apprécié, comme le montre un article écrit au moment de son départ, le 29 décembre 1934 : « [Elle fut] directrice des Sociétés Auxiliaires Féminines des Missions Européennes. Ensuite, soeur Waspe a reçu un appel de venir en France où elle a continué son travail de directrice des Sociétés Auxiliaires de la Mission. C’est grâce aux efforts de cette soeur que la Société Primaire, dont nous sommes si fiers aujourd’hui fut commencée dans notre Mission » (L’Étoile, février 1935, p. 66). 
 
Le 11 février 1934, LeGrand Woolley est président de branche à Seraing avec Édouard Lambert comme premier conseiller et Joseph Hasoppe comme deuxième conseiller. Joseph Hasoppe deviendra président de branche le 9 juin 1935 et le restera jusque vers 1947. Il partira aux États-Unis en décembre 1948.
 
Au printemps 1934, la branche de Liège achète un « très bel harmonium. Tous les membres ont été encouragés de cette nouvelle emplette et les organisations de la branche se sont données la tâche de trouver le moyen pour payer le montant du prix d’achat » (L’Étoile, août 1934, p. 210).
 
Ben E. Rich, président de la branche de Verviers, écrit à L’Étoile qu’après avoir reçu la permission du commissaire de police, les missionnaires  ont organisé, le 12 août 1934, une réunion en plein air. « Après avoir  chanté un cantique, frère Alfred Jos. Bissel, qui était de passage, a fait un discours très inspiré, qui a tenu l’attention de plus de deux mille personnes pendant une heure. Nous reconnaissons  la main de Dieu dans cet événement... » (L’Étoile, septembre 1934).
 
Le 17 septembre, les missionnaires, sous la direction de Louis W. Booth, président du district, et Ernest K. Hill, du bureau de la mission, organisent une exposition sur le Livre de Mormon. Ils ont loué un magasin dans une des principales rues de Seraing et ils y ont créé des étalages attrayants. À l’intérieur du magasin, ils ont mis des vues sur les Indiens et la vie des pionniers en Amérique. L’exposition dure une semaine et des missionnaires sont présents toute la journée pour recevoir « les centaines de personnes qui s’informaient, pour distribuer nos brochures, répondre aux questions et expliquer l’évangile restauré ». L’exposition se terminera le samedi par une réunion publique à l’église de Seraing.
 
Dans un article envoyé à L’Étoile à propos de la conférence de district tenue les 6, 7 et 8 octobre, Arthur Horbach écrit :
 
« Les deux branches de Liège et de Seraing ont particulièrement été favorisées. L’exposition...  a été une excellente réclame, une  bonne préparation. Des centaines de personnes, avides de renseignements, sont venues pour voir et interroger ; voire même discuter amicalement de la religion avec les missionnaires. Le nombre de nos véritables antagonistes est relativement restreint à présent, et le mormonisme commence à être mieux connu en Belgique ; c’est-à-dire que petit à petit on s’en fait une meilleure opinion, une opinion plus propre, plus honorable, plus sérieuse ; et sans aucun doute cette exposition à Seraing et à Liège a amené plusieurs personnes aux réunions du 7 octobre. »
 
Le compte rendu de frère Horbach donne aussi une idée de ce qu’étaient les conférences de district : samedi 6, soirée « que nous pouvons, sans crainte de nous tromper, qualifier d’artistique ». Présences : cent personnes. Le lendemain, dimanche, 9h15 réunion de prêtrise sous la direction du président de mission. 10 heures, première réunion générale « ou conférence de l’École du dimanche » avec partie commune et séparation en classes. L’assistance y est presque aussi forte qu’aux autres réunions, à savoir celle de l’après-midi et celle du soir, où il y a 150 personnes.
 
Charles-Arthur Horbach décède peu après avoir écrit l’article ci-dessus. Paul J. Devignez fait de lui un éloge qui en dit long :

« Un deuil immense frappe les membres du district belge : frère Charles-Arthur Horbach n’est plus.

« Combien de regrets aura suscité le départ subit de ce grand homme qui ne comptait que des amis et des admirateurs. Peut-on s’imaginer un exemple plus beau du vrai prêtre de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours : chef de famille parfait, heureux ; père de la branche dont il avait la présidence ; intelligence supérieure ; morale élevée ; médiateur sage ; pédagogue puissant ; conducteur éclairé ; adepte fervent de la joie saine ; enfin, dans tous les domaines, ce président extraordinaire occupait un rang de premier ordre. Avec la même facilité il traduisait un livre, il exposait un cours, il était interprète, il dirigeait un choeur, il organisait une fête, il soulageait les malheureux ; et tout avait un éclat merveilleux. Ceci lui valut, d’ailleurs, les éloges d’un professeur de l’Université de Liège. En résumé, il était fécond.

« Il appliquait, de toute son âme, la doctrine qu’il a toujours défendue et pour le maintien de laquelle il ne craignit point de se joindre, au risque de sa vie,  à deux autres Anciens de Liège pendant les années sombres de la guerre 1914-1918. ...

« Son oeuvre fut hautement secondée par soeur Aurore Horbach : une mère exemplaire, une épouse vaillante et intelligente, à qui revient une grande part de notre admiration et de notre reconnaissance. » (L’Étoile décembre 1934, p. 317).
 
« Il mourut jeune, lui aussi, laissant une femme et trois filles. » (Lettre de Clément Gobin)
 
Les missionnaires font également l’exposition sur le Livre de Mormon à Verviers, après l’avoir faite à Seraing, Liège et Bruxelles. Des
 
« centaines de personnes... se sont présentées à l’exposition à Verviers pour se renseigner. On peut dire, sans craindre de se méprendre, que l’exposition à Verviers a eu du succès. Il a suffi de distribuer chaque jour de la semaine des milliers de brochures et de parler pendant des heures à ceux qui cherchaient la vérité pour se rendre compte de la réussite de cette exposition. Pour terminer ce projet, une conférence contradictoire a eu lieu samedi soir, le 10 novembre, sous les auspices du président du district belge, Louis W. Booth. Pendant deux heures et demie, beaucoup de personnes avaient l’occasion de s’informer des questions touchant l’organisation de l’Église et l’évangile qu’elle possède. Ceux qui étaient désignés pour répondre aux questions avaient la parole facile et les explications remarquables, deux signes qui nous indiquent que l’esprit du Seigneur a beaucoup inspiré la conférence » (L’Étoile, janvier 1935, p. 30).
 
Le 31 octobre 1934, Octave F. Ursenbach, fils du missionnaire mentionné au début de la présente histoire, arrive avec sa femme et sa fille. Il est appelé, le 15 novembre, comme président du district belge et de la branche de Liège, succédant à Louis W. Booth.
 
Selon Clément Gobin :
 
« La première Primaire fut également ouverte par ce même président, avec Aurore Horbach comme présidente.. [L’Étoile de novembre 1934 rapporte cependant : « Sous la direction des officiers de branche et  de frère Lincoln A. Wood, une section primaire a été organisée dans la branche de Herstal. Les réunions se font chez soeur Marie Frédérick. Les présences ont fortement augmenté et il y a actuellement 17 inscrits.]
 
Du 20 juin au 2 juillet 1935, se tient, à Liège, un congrès des présidents des missions européennes sous la direction du président Joseph F. Merrill. La liste des présidents de mission révèle l’extension des efforts de l’Église : missions britannique, tchécoslovaque, danoise, française, allemande-autrichienne, hollandaise, norvégienne, suisse-allemande, Syrie-Palestine, Afrique du Sud (empêchée). À cette occasion, les présidents de mission envoient au roi et à la reine la dépêche suivante :
 
« À leurs Majestés, le Roi et la Reine des Belges,
Palais Royal, Bruxelles
 
« Les présidents des Missions Européennes de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, réunis en congrès à Liège, se souviennent avec émotion de la visite faite par Sa Majesté le Roi Léopold et Son Auguste Père à Salt Lake-City ; ils expriment à vos Majestés leur reconnaissance de l’hospitalité accueillante qu’ils ont à leur tour reçus dans votre beau pays, et vous adressent l’hommage de leurs sentiments respectueux. »
 
À quoi le Palais royal répond :
 
« Le Roi et la Reine ont été particulièrement sensibles aux sentiments de sympathie que vous leur avez exprimés à l’occasion du Congrès des Missions Européennes de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, et leurs Majestés m’ont chargé de vous transmettre ainsi qu’à tous les Congressistes dont vous vous êtes fait l’interprète, leurs sincères remerciements.

« Secrétaire État Maison Roi » (L’Étoile, août 1935, p. 257-259)
 
Le même numéro signale l’ordination de Joseph Hasoppe comme ancien et la réorganisation de la présidence de la branche de Seraing avec Joseph Hasoppe comme président et Auguste Roubinet et Marcel Pléger comme conseillers.
 
À l’occasion des conférences annuelles de branche, tenues pendant les mois de juillet et août 1935, l’information suivante est donnée : « Les organisations des branches et des auxiliaires sont au complet, de sorte que nous nous attendons à ce que cet hiver marque une époque de grand progrès dans le district belge » (L’Étoile, septembre 1935, p. 287). Il n’en reste pas moins que le président de branche est toujours un missionnaire à Liège. Octave Ursenbach y est remplacé par Edward Perry comme président de branche. Il reste président du district. (L’Étoile, octobre 1935, p. 315.)
 
« Pendant le mois de novembre [1935] il y avait une grande activité dans le district. Grâce aux missionnaires, beaucoup de brochures ont été distribuées, beaucoup de contacts, de conversations et de visites ont été faits. Comme résultat, nous sommes heureux de constater qu’il y a un grand nombre de personnes qui s’intéressent à l’évangile ; plusieurs ont demandé le baptême. Vu les conditions favorables qui existent, on a fait bâtir un font baptismal dans l'église, à Liège. Il est construit en dalles blanches, au pied des escaliers du sous-sol. Bientôt on va l’inaugurer par le baptême de quelques personnes, qui sont préparées pour cette cérémonie. Sous la direction du président Ursenbach, les missionnaires L. E. Perry, Bernel Winter, Claude Robbins, Leslie C. Coombs, Boyd Van Noy et Floyd Burgi se sont mis aux travaux manuels pour aider à la construction de ce font baptismal et à la reconstruction du toit de l'église de Liège » (L’Étoile, décembre 1935, p. 367).
 
Le 1er décembre 1935, les fonts baptismaux de Liège sont dédicacés. L’Étoile de janvier 1936 consacre près de deux pages et une photo à l’événement :
 
« Le mois dernier a été un mois d’événements d’importance. Nous signalons comme le plus important l’inauguration des fonts baptismaux, installés dans le sous-sol de l'église à Liège, le 1er décembre 1935.

« La distinction a été réservée à Liège de posséder un des plus beaux fonts baptismaux, non seulement dans les missions européennes, mais dans l’Église entière. Ils ont été construits d’après les plans préparés par Octave F. Ursenbach, président du district belge. Celui-ci, avec l’aide des missionnaires Lorin Perry, Boyd van Noy, Claude Robbins, Bernel Winter et Floyd Burgi, [Le rédacteur omet ici le nom de Leslie C. Coombs, mais répare son erreur dans le numéro de février, ajoutant : « Ce frère  a été un des plus dévoués »] qui ont fait tout le travail manuel avec une énergie et un zèle admirables, a surveillé la construction de ce beau petit monument sacré.

« La construction est de béton armé, recouvert de dalles de porcelaine blanche. L’intérieur du bassin est tout blanc, à l’exception d’un petit filon noir. L’extérieur est orné de dalles noires et grises, arrangées en dessin de bon goût. Le représentant de la Société de laquelle proviennent les dalles, a été tellement impressionné de ce travail qu’il a fourni une bien meilleure qualité de matière qu’on avait fixé, sans augmentation de prix. Nous apprécions ces beaux gestes. Le travail des missionnaires a été fait avec une précision remarquable et nous les complimentons de leur belle contribution à la construction de ce beau monument, qui sera d’une importance incalculable pour la Belgique et la Mission française. Car pensons-y bien, c’est par cette porte, le baptême par immersion que maintes honnêtes âmes vont entrer dans le Royaume des Cieux. Le président Daniel J. Lang est venu de Paris pour participer à ce service, et c’est lui qui a prononcé la prière dédicatoire. Il y avait dix personnes qui ont reçu le baptême ce jour-là. Nous faisons remarquer que le nombre de personnes, reçues cette année dans l’Église, s’élève à vingt-neuf. Les Pathé Frères ont envoyé un de leurs représentants pour « tourner » cette cérémonie, dont le résultat paraîtra prochainement sur les écrans. Par ce moyen, des milliers de personnes pourront voir comment se fait un vrai baptême par immersion, pratiqué par l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.

« Pendant ce service on sentait une inspiration divine pénétrante et très remarquable. Parmi la grande assistance, il y avait beaucoup d’étrangers et de personnes qui ne font pas partie de l’Église ; tous ont prêté une attention remarquable aux discours des présidents Lang et Ursenbach. Ces derniers ont prononcé des discours avec une inspiration toute particulière au sujet du message de l’Église restaurée. La prière dédicatoire, prononcée par le président D. J. Lang était distincte, à propos, impressionnante et touchante, particulièrement lorsqu’il demandait au Seigneur de consoler le roi affligé Léopold et ses chers enfants, qui sont en deuil de leur belle reine et mère Astrid. Il priait aussi que le Seigneur préserve cet admirable petit pays héroïque et comble ses habitants de Ses bénédictions. Ce service était présidé par les présidents Daniel J. Lang et Octave F. Ursenbach et conduit par E. Lorin Perry, président de la branche de Liège.

« Pour commencer, le président Daniel J. Lang a baptisé François Tilleman ; ce dernier était donc la première personne baptisée dans les nouveaux fonts. Ensuite suivait sa femme, Rachel Tilleman, qui a été baptisée par le président Octave F. Ursenbach.

Il y avait d’autres baptêmes, comme suit :

Clémentine Luberton, baptisée par Bernel Winter, missionnaire.
Léopold Luberton, baptisé par Claude Robbins, missionnaire.
Renier d’Emal, baptisé par Jacques d’Emal, son père.
Zoé Krugen, baptisée par Floyd Burgi, missionnaire.
Nicole Schlatch, baptisée par Leslie Coombs, missionnaire.
Jean L. Maltas, baptisé par Larry Wilson, missionnaire.
Jean J. Kreugen, baptisé par Willard Nelson, missionnaire.
Arthur Boutet, baptisé par Lavern Peterson, missionnaire.

« Pour terminer le service, on a confirmé par l’imposition des mains toutes les personnes qui ont été baptisé[es]. Le premier décembre était un jour béni pour la Mission Française. L’inspiration de l’esprit de Dieu qui s’est fait sentir ce jour-là, restera longtemps dans la mémoire de ceux qui ont assisté à ce service mémorable, qui marque une époque importante dans les annales de l’Église, dans cette partie du vignoble du Seigneur » (p. 21-23).
 
Parlant des nouveaux fonts baptismaux, Clément Gobin nous ramène à une plus sobre réalité :
 
« Dans la nouvelle église de la rue de Campine, il y avait ce que l’on appelait des ‘fonts baptismaux’, un grand bassin de deux mètres de long sur un mètre quarante de large et un mètre cinquante de haut. Il n’y avait ni chauffe-eau ni arrivée d’eau. Il fallait chauffer l’eau dans des cuves et ensuite les verser dans le réservoir. La première cuve était refroidie quand la deuxième arrivait. Il fallait quatre à cinq heures pour préparer un bain avec suffisamment d’eau. »  

Directement après le compte rendu de l’inauguration des fonts baptismaux, L’Étoile nous ramène, elle aussi, à la réalité de tous les jours, en relatant :
 
« On a dû reconstruire la toiture de l'église à Liège, parce que l’ancienne était défectueuse. Cette fois-ci elle sera solide, grâce à la diligence du président Octave F. Ursenbach et des missionnaires, qui ont bien aidé à faire ces travaux qui se sont terminés pendant le mois de décembre. » Mais elle ajoute : « Nous sommes heureux de faire remarquer qu’il existe un excellent esprit parmi les missionnaires et les membres du district belge. Ce mois-ci a été très remarquable pour la quantité de recherches généalogiques faites et envoyées au Bureau. » (p. 23).
 
Et dans le numéro de février :
 
De ces branches [Herstal, Seraing, Liège et Verviers] nous recevons d’excellents rapports de progrès. Les Sociétés Auxiliaires fonctionnent très bien. Il y a une très bonne assistance au culte du dimanche et il y a un excellent esprit qui règne. Les églises de Seraing et de Liège ont été réparées et redécorées. On a rehaussé de 40 centimètres les estrades de ces églises et on a arrangé une garniture de rideaux en velours, suspendus à des barres d’airain, ce qui fait un effet très agréable. » (p. 57).
 
Ailleurs on lit : « Nous félicitons les membres de toute la Mission de leur fidélité. Nous avons reçu davantage de dons de jeûne et de dîme que l’année dernière, ce qui nous permet de faire de nouvelles publications. Nous signalons particulièrement le Nouveau Recueil de Cantiques, qui est actuellement en vente au prix de 15 frs belges, 10 frs français et 2 frs suisses. »
 
Le 1er mars 1936, Paul J. Devignez devient président du district belge en remplacement du missionnaire L. Edward Perry.  De son côté, James P. Condie, missionnaire, est remplacé comme président de la branche de Liège par Alphonse Rahir, qui prend pour conseillers Ladislas Jelinek et Henri Lahon. « Soeur Joséphine Pholien, membre très expérimentée dans les questions généalogiques et dans l’exécution du travail pour les morts, a été nommée surveillante de cet office pour le district belge » (L’Étoile, avril 1936, p. 115). René Bloemen succède à LaVern H. Peterson et devient le premier président local de la branche de Verviers, mais est remplacé l’année même, pour cause de départ, par LaSalle M. Bates. À Charleroi, Louis Dock devient président de branche le 12 avril 1936 et prend pour conseiller Edgard Mattens et comme secrétaire, son fils, Roger Dock. Le 21 avril, Willy Bloemen devient le premier président local de Bruxelles.
 
Au début de 1936, Daniel J. Lang termine sa mission et est remplacé par Octave Ursenbach. Celui-ci transfère le siège de la Mission française de Paris à Liège, au 65 rue de Campine (L’Étoile, avril 1936, p. 114) puisque pendant cette période 95% des conversions de la Mission française se font en Belgique. Il y restera jusqu’au 15 avril 1939, soit trois ans, puis sera de nouveau transféré à Paris sur décision de la Première Présidence.
 
À Verviers, les missionnaires La Vern H. Peterson et Thomas L. Boyle organisent « l’Équipe mormone de Balle au Panier » qui joue son premier match en février ou en mars 1936 et se fait battre de deux points par l’équipe locale. « Le jeu a provoqué un intérêt considérable parmi la jeune classe [la jeunesse] et a permis de franchir la barrière de l’opposition » (L’Étoile, mars 1936, p. 90). Le mouvement prend de l’ampleur et l’on constitue l’ « American Mormon Sporting Club » avec un personnel d’encadrement et des joueurs. Le premier match est joué le samedi 12 mars contre le Liège Sporting Club et perd par 28 à 36. La semaine suivante, elle rencontre une équipe du Bressoux Sporting Club, remporte un score de 63 à 8 et finit la journée en battant le Club Étoile.
 
« L’équipe mormone a attiré beaucoup l’attention et plusieurs articles favorables ont paru dans les journaux louant spécialement celle-ci pour son esprit sportif. La centralisation des missionnaires de Liège, Herstal et Seraing a rendu possible l’organisation de clubs de base-ball qui joueront en exhibition très prochainement » (L’Étoile, mai 1936, p. 146).
 
« Depuis l’organisation du club, ce que les mormons ont fait dans les annales du sport en Belgique est histoire. Dans le court espace de moins de trois mois l’équipe mormone a vaincu Bressoux, Basket Club Liégeois, R. F. C. Liégeois, Perchoir, Olympic Club Liégeois, Abraham, Sporting I, et pour finir, les champions de Belgique de 1934, 1935, 1936, l’Amical Club de Bruxelles. Toutes ces victoires ont été gagnées nettement et décisivement et nous n’avons reçu que de grands compliments sur notre façon de jouer. Aujourd’hui l’American Mormon Sporting Club possède la plus forte équipe de basket-ball en Belgique. Mais ce n’est pas la fin, seulement le commencement. Les missionnaires peuvent donner des instructions gratuites aux équipes belges et un de ces jours nous allons avoir le plaisir de voir une exhibition de base-ball Américain » (L’Étoile, juillet 1936, p. 198-99). Le samedi 19 septembre, à Bressoux, ...bat par 41 à 24 l’Union Saint-Gilloise.
 
« Trois excellents quatuors ont été organisés dans le district Liège-Seraing et leur musique suave et mélodieuse charme de nombreux auditeurs. » (L’Étoile, juin 1936, p. 176).
 
Les lieux de réunions continuent de se succéder. À  Bruxelles, c’est le 93 rue Pachéco et,  à partir de 1937, le 235 rue de la Chasse. À Verviers, en 1934, c’est le 11 rue Ortmans-Hauzeur, en  1937, le 9 rue Xhavée et en 1938, le 7 rue du Collège, au 1er étage.
 
En mai 1936, L’Étoile annonce l’arrivée de Gaston Chappuis, « fils de frère et soeur Henri Chappuis, de Lausanne (Suisse). Frère Chappuis vient de Salt Lake City qu’il a habité pendant onze ans, travaillant comme boulanger à l’hôpital de l’Église, et prenant aussi une part active dans les cercles de sports d’Utah, gagnant entr’autre le championnat de handball pour 1931, 1934 et 1936. Frère Chappuis sera de grand service au travail de la Mission car il a une bonne connaissance de français et d’anglais étant né en Suisse et maintenant citoyen naturalisé des É. U. » (L’Étoile, mai 1936, p. 146.) Il devient traducteur officiel de la mission. (L’Étoile, novembre 1936.)
 
Le 4 septembre 1936, le terrain de l’église de Herstal est acheté et la  construction commence le 15 septembre [3]. Gabriel Fraikin écrit :
 
Les frères et les soeurs n’étaient pas riches, c’étaient pour la plupart des ouvriers et des mineurs, mais ils ont donné des journées de travail pour construire l'église et les soeurs se sont dévouées pour les nourrir.
 
La salle de réunions et la salle de récréation seront complétées pour le 23 décembre.
 
Comme ce fut le cas pour Liège et Seraing, les membres de Herstal attendent leur nouvelle église avec impatience. Dans L’Étoile de janvier 1937, p. 22, on lit : « Herstal : Le local de réunions est devenu trop petit et les membres attendent impatiemment l’achèvement de la nouvelle église. Le toit est fini et c’est prochainement que les membres verront la réalisation de leur rêve longtemps chéri. Le président Kerkaert est diligent et efficace dans l’administration des affaires de la branche, et de leur côté les missionnaires Hart, Romney Cardons et Goodwin, ont plusieurs candidats prêts pour le baptême. »
 
 « Les membres comptent les jours en anticipation de l’achèvement de leur église, probablement autour du 10 février. Le chauffage central, une cuisinière électrique et de beaux bancs sont déjà sur pied. Cette branche, qui est l’organisation montrant le progrès le plus rapide dans la Mission, attend avec une anxiété légitime l’occupation de locaux plus vastes et adéquats » (L’Étoile, février 1937, p. 47).
 
Le 16 février, Richard R. Lyman, du Conseil des Douze, et président de la Mission européenne, fait un tour et visite Herstal le 16 février (L’Étoile, mars 1937, p. 69). « Les saints de la branche de Herstal se souviendront longtemps du dimanche 21 février 1937. Ce fut la première réunion officielle dans la nouvelle église. Le président de la branche, Jean Kerkaert, dirigeait la réunion. Les différents discours furent donnés dans l’ordre suivant : le président Kerkaert, Ismaël Cypers, de Seraing, l’ancien Gaston Chappuis, missionnaire, et O.-F. Ursenbach, président de la Mission. Le total des présents était de 84. » (Idem, p. 70).
 
C’est dans la nouvelle église qu’a lieu le Bal Vert et Or de cette année-là. « Herstal.  Succès complet du bal annuel vert et or du district belge. Plus de 300 personnes y assistaient. L’orchestre fut excellent mais l’espace limité. Ce fut une autre date mémorable dans les annales de l’S.A.M. belge » (L’Étoile, mars 37, p. 72). Le 25 avril, la branche organise une soirée dansante dans la salle de récréation de la nouvelle église. « Il y avait environ deux cents personnes et un orchestre de douze musiciens, » précise L’Étoile de juin 1937, p. 141.
 
Le bâtiment n’est toujours pas fini : « L'église est presque entièrement terminée, écrit L’Étoile, de mai 1937, p. 120, il ne manque en effet que les dernières retouches. On a cru tout d’abord que le bâtiment serait trop grand, mais l’assistance régulière prouve que ce n’est pas le cas. Des réunions spirituelles et des soirées pleines d’entrain démontrent que la branche possède un bon esprit. On annonce douze baptêmes pour la conférence de mai. »
 
La consécration du bâtiment aura lieu en juin avec l’arrivée du président Heber J. Grant, accompagné de son secrétaire, Joseph Anderson, de Hugh B. Brown, qui va présider la Mission britannique, et de plusieurs autres Autorités générales.
 
« Le dimanche 27 juin, le président visita tout d’abord les Écoles du dimanche des branches de Seraing et de Liège. L’après-midi à deux heures, première réunion officielle à l’église de Herstal en présence d’une assistance très nombreuse ; on comptait plus de deux cents personnes.. La salle avait été très artistiquement décorée pour l’occasion... Ceux qui parlèrent furent le président qui, après son discours, prononça la prière dédicatoire, président Richard R. Lyman, président Hugh B. Brown, président Ursenbach, frère Paul J. Devignez, président du district belge, et frère Jean Kerkaert, président de la branche de Herstal...

« À sept heures du soir, la salle de Liège était comble ; on comptait approximati-vement 250 personnes. La réunion était tenue sous les auspices du district et frère Devignez la présidait sous la direction de frère Grant. De même qu’à Herstal, le président Heber J. Grant, frères Lyman et Brown exhortèrent l’assemblée et leurs discours furent en tous points remarquables. » (L’Étoile, juillet 1937, p. 148)
 
Le président Grant fera un discours en deux parties, l’une s’adressant aux membres, l’autre aux nombreux non membres présents. Gabriel Fraikin n’avait que 7 ans à l’époque, mais il rapporte comme suit les paroles de ses parents :
 
Le président nous a demandé de faire des réserves de nourriture et d’autres produits de première nécessité parce que les temps allaient devenir très durs. C’est e que mes parents ont fait, et ils ont eu raison d’obéir : la guerre est arrivée en 1939. Il nous a dit aussi que si les petits enfants présents vivaient vieux assez, ils verraient la fin des temps. Dans ma jeunesse, je pensais que ce serait la venue de Jésus-Christ, mais par la suite, en lisant mes Écritures, j’ai compris ce qu’il voulait dire. Aujourd’hui j’ai 67 ans et je vois la fin des temps et se réaliser les prophéties, car elles s’accomplissent toujours...
 
Le 25 octobre 1936 a lieu une conférence de district, avec, le samedi, un service de baptême au cours duquel 15 personnes sont baptisées. Le nombre de personnes présentes à la conférence s’élève à 385.
 
À propos de ces conférences de district, Gabriel Fraikin écrit :
 
« La conférence commençait à 9 heures pour tous les membres et dès 8 heures pour la prêtrise, et durait jusqu’à 12 heures. Puis on allait manger tous ensemble dans la grande salle des fêtes en dessous de l'église. C’était une animation de grande fête. À 3 heures on reprenait la conférence jusqu’à 5 heures et on mangeait avant de partir, et comme dans ces cas tout le monde avait beaucoup de choses à se dire, l’heure avançait, il était 11 heures du soir, c’était la catastrophe : il n’y avait plus de trams pour rentrer, mais chacun était content de rentrer à pied. Mes parents, mon frère, moi et d’autres membres avec les missionnaires devions faire 8 km en pleine nuit. Mon père et les missionnaires nous portaient sur leurs épaules, et nous arrivions vers 2 h 30 du matin, toujours accompagnés des missionnaires, qui entre-temps avaient attrapé faim et demandaient à soeur Petitjean de faire des frites. Mais le dimanche suivant, chacun rendait un témoignage fervent de l’Évangile. »
 
Les leçons sont publiées dans L’Étoile jusqu’à la fin de 1936. À ce moment, des manuels séparés sont créés. L’Étoile consistera en « de courts articles, écrits et édités de la plume des autorités générales de l’Église ou d’autres écrivains, présentant un attrait spécial à ses lecteurs » (L’Étoile, septembre 1936, p. 237).
 
Au 31 décembre 1936, le district de Liège est complètement organisé, avec l’équipe suivante :
 
Paul J. Devignez, Liège, président de district
Auguste Roubinet, Seraing, 1er conseiller
René Bloemen, Verviers, 2e conseiller
Aurore Horbach, Liège, secrétaire
Paul J. Devignez, Liège, surintendant de la prêtrise
Gabrielle Kerkaert, Herstal, surintendante de la Société de secours
Armance Collard, Liège, surintendante de l’École du dimanche
Auguste Roubinet, Seraing, surintendant de la SAM
Flore Lahon, Liège, surintendante de la SAMJF
Joséphine Pholien, Liège, surintendante de la généalogie
Lambertine Guerts, Herstal, surintendante de la Primaire
 
L’Étoile de janvier 1937, p. 21, donne cette information significative : « L’organisation de la branche [de Liège] a été perfectionnée à tel point que des 27 officiers aucun ne possède deux offices.
 
« Seraing. Le 28 novembre la SAM a présenté une soirée tout en wallon. La vente de plus de 240 billets montre le succès de l’entreprise. La branche, sous la direction capable du président Joseph Hasoppe, progresse remarquablement. Les missionnaires Laude Robbins et Woodrow Scott annoncent des baptêmes dans un futur rapproché. »
 
En 1937, les missionnaires sont retirés de Verviers. Les frères de Liège y vont tour à tour.
 
L’en-tête de L’Étoile d’avril 1937 a un lettrage différent et le magazine précise, page 95, que le graphisme est de Joseph Devignez.
 
 « On est en train de réparer le toit de l’église de Seraing. Un toit semblable à celui qui fut construit sur l’édifice de Liège remplacera le toit actuel qui est de construction vicieuse » (L’Étoile, avril 1937). Le président Ursenbach note : « J’ai été obligé d’enlever le toit de l’église et d’en construire un nouveau en installant des fermes à l’américaine, travail pour lequel l’Église d’Utah m’a envoyé $1700 pour couvrir les dépenses. J’ai aussi reçu $500 pour construire un court de basket-ball à l’arrière du bâtiment, sur un terrain que nous avons dû acheter parce que l’Église empiétait sur la propriété de quelqu’un. » Il fait aussi l’évaluation suivante de la branche de Seraing :
 
« C’est la plus grande branche de l’Église dans la Mission française, avec environ 200 membres [en fait, la branche a eu au maximum 156 membres]. Ils se réunissent dans un édifice appartenant à l’Église, avec un étage, la salle culturelle se trouvant à l’étage. L'église est très imposante et les membres sont très éveillés et très progressistes dans les domaines esthétique, théâtral et spirituel. Joseph Hasoppe est président de branche. C’est un fonceur. Son métier : grossiste en pommes de terre. Les membres de la branche de Seraing sont alertes, progressistes, frugaux, industrieux et dévoués. »
 
L’Étoile ne fait pas beaucoup écho à la montée du nazisme et aux menaces de guerre, mais dans le numéro de juin 1937, elle publie un article de J. Reuben Clark intitulé : « Mise en garde contre des dangers imminents » :
 
« Que pouvons-nous faire en tant que peuple et en tant qu’individus pour nous préparer à confronter ce désastre imminent que Dieu dans sa sagesse ne détournera peut-être pas de nous ?
 
« Tout d’abord, et au-dessus de toutes autres considérations, nous devons vivre justement, craignant Dieu et gardant ses commandements, pour mériter ses bénédictions de droit et non par grâce seulement. C’est dans cette ligne de conduite que nous trouverons et le salut et le bonheur.

« Évitons les dettes comme la peste ; si vous êtes endettés, libérez-vous de suite. Si vous ne pouvez le faire aujourd’hui, que ce soit demain. Nous devons vivre strictement selon nos moyens et nous efforcer de faire quelques épargnes.

« Que tout chef de famille veille à ce qu’il y ait assez de vivres, de vêtements et, où cela est possible, de charbon pour un an à l’avance. Vous dont les revenus sont limités, achetez des vivres et des vêtements plutôt que des titres. Et vous qui avez des ressources plus amples et qui croyez savoir comment pourvoir à vos besoins, veillez à ne pas spéculer. Que la maison que vous habitez soit la vôtre, autant que cela est possible, et qu’elle soit libre de toute servitude. Si vous avez un bout de jardin, cultivez-le et si vous avez une ferme, travaillez-la » (p. 130).
 
L’Étoile de décembre 1937 annonce l’abandon de ce qui est pour nous une curiosité :  « Suite à une décision prise lors de la dernière conférence générale, les réunions de prêtrise ne seront plus incluses dans l'École du dimanche, mais se tiendront avant ou après celle-ci, au gré des membres. Il n'y aura plus de réunion de prêtrise le dimanche du jeûne, mais tous les officiers seront tenus à participer aux leçons de l'École du dimanche. Le changement est effectif à partir du premier janvier [1938]. » Le manuel de la Prêtrise sera « Les Articles de Foi ».
 
La branche de Herstal continue à manifester une bonne activité. L’Étoile de novembre 1937 écrit : « La branche a mis une autre soirée à son actif ; cette fois c’était une soirée artistique, tenue le 2 octobre. Il y en avait pour tous les goûts, depuis la musique jusqu’au burlesque. Une assistance d’environ 150 personnes s’en retourna très satisfaite. »
 
L’Étoile de décembre 1937 (dont la couverture est de Joseph Devignez) donne cette information encourageante :
 
« Les réunions mensuelles des officiers du district belge – comprenant les officiers des organisations auxiliaires des branches – continuent à prouver leur valeur ; les membres en retirent un grand bénéfice. La fréquentation est excellente ; elle dépasse régulièrement la centaine. Il y a une classe pour chacune des organisations auxiliaires. Ce mouvement est entièrement entre les mains des officiers de district. »
 
L’Étoile d’avril 1938 est tout aussi encourageante :
 
« La MISSION EN GÉNÉRAL – La somme totale des informations qui nous sont parvenues révèle une condition saine et prospère partout dans la Mission. On constate que les missionnaires sont plus actifs, les membres plus fidèles, avec un nombre toujours grandissant d’amis s’intéressant au message de l’Évangile. Il semble y avoir plus de cohésion, plus d’homogénéité dans le travail et plus de spiritualité » (p. 95)
 
« SERAING – C’est devant une salle archi-comble que sous les auspices de la S.A.M. a été présentée une opérette wallonne, qui fut très goûtée de l’assemblée. Ceci se passait le 14 mars et n’était qu’ « une des très nombreuses soirées théâtrales données par la branche pendant une saison marquée d’une grande activité » (p. 95)
 
En juin 1938, Oscar F. Ursenbach, président de la mission, est remplacé par Joseph E. Evans. À cette occasion,
 
« Le vendredi 8 juillet 1838, le district belge organisait, dans la salle des fêtes de Liège une soirée artistique à la double occasion des adieux au président O. F. Ursenbach et à la bienvenue au président Joseph E. Evans...

« Tout concourait à l’heureuse réalisation d’un événement inoubliable dans l’histoire mormone belge : une décoration cérémoniale, une assistance de quelque deux cents personnes, de l’ordre et de l’émotion. On ressentait une volonté commune de bien faire, ce qui d’ailleurs suscita chez les artistes des effets talentueux surprenants. D’emblée la première phase de la fête, créa, grâce aux dévoués Ismaël Cypers, Georgette Lahon, Sarah Collard, M. Dunn, Étienne Bruylants, l’ambiance désirée en développant l’amour du beau par l’art. L’habile régisseur, Joseph Hasoppe et une troupe du district, rappelèrent à l’auditoire les vertus du sacrifice et la grandeur de la justice immanente, par une interprétation vivante de MOONDYNE, pièce en trois actes et six tableaux de notre sympathique et vénéré dramaturge O. F. Ursenbach. » (L’Étoile. août 1938, p. 191).
 
 « Frère Sylvester Cannon, accompagné de soeur Cannon a visité le district belge de la Mission française les 16, 17 et 18 septembre. Frère Cannon avait déjà travaillé en qualité de missionnaire en Belgique, voici quelque 39 ans ; un seul des membres actuels l’avait connu à ce temps-là : l’ancien Jean Lahon, doyen des fidèles en Belgique » (L’Étoile, octobre 1938, p. 240).
 
Les 22-23 octobre, a lieu une conférence de district présidée par Joseph Evans, président de mission. Il y a, à cette occasion, sept nouveaux baptêmes et « un auditoire, variant de 110 à 130 personnes. Des membres n’avaient pas hésité à effectuer des déplacements de 30, 50, 100 et même 130 kilomètres ; tenant compte de l’état de fortune,
ces sacrifices suscitent une admiration profonde. L’impression générale est excellente ; nous avons assisté à un régal spirituel qui portera ses fruits » (L’Étoile, décembre 1938, p. 288.)
 
En 1938, le président Ursenbach introduit le plan de sécurité, ancêtre de notre programme actuel de production et de réserves au foyer, placé, en Belgique, sous la direction de Paul J. Devignez et de Joseph Hasoppe. Les membres locaux se mettent à élever qui des lapins, qui une chèvre, qui un porc. Les frères Devignez et Hasoppe font paraître, dans L’Étoile de novembre 1938, l’article suivant :
 
« LE PLAN DE SÉCURITÉ EN BELGIQUE
 
« L’essai tenté par le président O. F. Ursenbach a pleinement réussi et l’avenir, nonobstant les crises possibles, peut être envisagé avec confiance.

« Le Plan en Belgique et certainement dans la majeure partie de l’Europe, est viable. Par son intermédiaire, les saints des derniers jours peuvent prêcher, par l’exemple, les plus belles vertus chrétiennes : l’amour du Tout-Puissant, l’amour du prochain et leurs corollaires.

« De l’expérience vécue, au cours d’une activité d’un semestre, il ressort impérieusement que le succès de notre entreprise dépend de la générosité sous quelle que forme que ce soit, de nos membres. Dons en espèces, en nature, prestations gratuites de services divers constituent le carburant du Plan de Sécurité.

« Merci à tous de l’aide spontanément accordée depuis la constitution, vous nous avez permis de réaliser le travail résumé par le bilan suivant :
 
I. Bilan du premier exercice terminant au 1er octobre 1938.
 
ACTIF                                                                 PASSIF
Immobilisé                                                         Envers nous-mêmes
    Mobilier             671,20                                         Capital        5.688,20
Réalisable                                                         Envers les tiers
    Caisse               3.760,55                                     Dons            137,95
    Marchandises   679,35                                                              _______
Résultats
    Pertes                715,05
                                _______
 
Total                       5,826,15                                     Total             5.826,15
 

II. Décomposition du compte Pertes et Profits
 
DÉBIT                                                                 CRÉDIT
 
Charités effectuées     847,95                         Terrains (bénéfice exploit.)     244,25
Frais généraux             73,00                           Marchandises
Amortissements           75,00                           (plus-value inventaire)              36,65
                                        _____                         Pertes                                       715,05
                                                                                                                               ______
Total                               995,95                         Total                                         995,95
 
« Commentaires :
 
« Montant des charités effectuées en espèces et en marchandises : fr. 847,95.

« Nous avons payé 111 ½ heures de travail à fr. 4,00 l’heure.

« Par notre entremise, des travaux ont été effectués à Liège et à Herstal pour une somme de fr. 188,10.

« Depuis sa constitution, le Plan de Sécurité a payé, en marchandises, une somme totale de fr. 1.769,80.

« Ainsi que l’indique le compte Pertes et Profits, l’exploitation agricole a laissé un bénéfice de fr. 244,25 ; l’organisation est donc parfaitement viable. Le déficit est uniquement dû au chiffre des charités qui a dépassé dangereusement nos moyens.

« Un appel à l’aide de tous, termine les conclusions.

« Les Directeurs : Paul J. Devignez, Joseph Hasoppe. »
(L’Étoile, novembre 1938, p. 259, 262)
 
Au 1er janvier 1839, la direction du district se présente comme suit :
 
Paul J. Devignez, Liège, président de district
Auguste Roubinet, Seraing, 1er conseiller
Jacques Demal, Liège, 2e conseiller
Armance Collard, Liège, secrétaire
Georgette Lahon, Liège, surintendante de la Société de secours
Auguste Roubinet, Seraing, surintendant de la SAM
Joséphine Pholien, Liège, surintendante de la généalogie
Germaine Koncurat, Seraing, surintendante de la Primaire
 
L’Étoile de mars 1939 annonce le changement suivant : « Après une longue période de travail comme conseiller à la Présidence, frère Jacques d’Emal a reçu la démission honorable de ses fonctions. Ce membre très actif s’était spécialisé dans le relèvement des groupes menacés du point de vue spirituel et différentes branches ont bénéficié  de son dynamisme. Frère Ladislas Jelinek a été appelé à sa succession. Le nouveau collaborateur est un homme digne, versé dans l’Évangile et qui apportera une aide précieuse à l’oeuvre mormone en Belgique » (p. 37).

Un article de Paul J. Devignez dans L’Étoile d’avril 1939 donne une bonne idée de l’état de santé du district à la veille de la Deuxième Guerre mondiale :
 
 « Nos frères et nos soeurs possèdent-ils l’essentiel de la doctrine divine ?... leurs rapports entre eux, leurs contacts sociaux sont-ils empreints de peu ou de beaucoup d’amour ?... Désirant être fixés, à des intervalles courts et réguliers, le président de la Mission et l’exécutif du district belge, avaient décidé en décembre 1938, d’opérer un sondage sous forme de conférences de branche élaborées uniquement à l’aide d’éléments locaux, sans concours extérieur quelconque. Bruxelles, Charleroi, Herstal, Liège, Seraing et Verviers furent donc avisés, en conséquence. ... Un succès inespéré couronna les efforts des présidents et des membres ! C’est avec fierté et satisfaction que nous avons assisté à toutes ces réunions où l’esprit de l’Évangile, régna en abondance. Des sermons bien charpentés et riches en matière d’aliments spirituels, furent exposés, par jeunes et vieux, avec une élocution rarement connue, parmi nous. Aucune lecture n’était permise et tous, à notre admiration, respectèrent la consigne. Quel bel effort ! Quelle rude volonté... pour qui connaît la grande famille.

« L’organisation des activités était laissée à l’entière initiative des présidents de branche et variait évidemment selon la personnalité des dirigeants. Partout les détails comme les grandes lignes avaient été prévus, au grand profit de la marche générale. Les discours étaient généralement encadrés d’auditions musicales, imprégnées de recherche artistique, à la satisfaction commune. Dans toutes les salles l’ordre fut excellent.

« Les missionnaires et les officiers avaient effectué un travail de propagande réussi parmi des membres et des amis ; aussi, toutes les branches avaient réuni une assemblée fortement au-dessus de la moyenne. Bruxelles comptait une vingtaine de personnes et Verviers atteignait magnifiquement trente-neuf présences pour ne citer que deux groupes.

« Les saints du district sont armés, ils sont capables de hautes réalisations individuelles et collectives... «  (p. 85, 87)

Le 4 juin 1939 a lieu une conférence du district en présence de Joseph Fielding Smith et de sa femme, Jessie Evans. Il y a, comme d’habitude, trois réunions le dimanche, une  à  9h50 (103 personnes), une à 14h20 (140 personnes) et une à 17h30 (185 personnes) auxquelles viendra s’ajouter à 17 h une réunion spéciale séparée de la prêtrise et de la Société de secours.

 
La Deuxième Guerre mondiale
 
Quand l’Angleterre et la France déclarent la guerre à l’Allemagne (3 septembre 1939), tous les missionnaires s’en vont. Le journal de la Mission porte cette inscription en date du 23 septembre 1939 : « À cause de la guerre, la Première Présidence a ordonné que tous les missionnaires travaillant en Europe soient évacués en Amérique. Les missionnaires travaillant dans le district belge, ne pouvant obtenir de visa pour la France, ont pris place sur le navire Penland quittant ce jour Anvers. » Le président de mission, Joseph Evans, part le 22 octobre 1939 et il ne reste plus que Gaston Chappuis à Paris pour s’occuper du siège de la Mission et publier L’Étoile. Après avoir épousé, Flore Lahon, le 17 février 1940, avec la permission spéciale de la Première Présidence de se marier tout en étant missionnaire, il ferme la Mission en juin. Au moment de l’invasion, il fuit avec sa femme en Espagne, puis au Portugal et de là aux États-Unis.
 
Gabriel Fraikin écrit :
 
1939 est une triste année. Tous les missionnaires s’en retournent, et l’Église en Belgique est laissée entre les mains des dirigeants locaux, tous frères de la prêtrise pour qui j’ai gardé une grande admiration. Cette année-là [lors de la] conférence de district d’automne, le président nous a dit que ceux qui garderaient les lois de l’Évangile et serviraient pendant les troubles ne seraient jamais atteints. Je rends témoignage que c’est vrai, que rien n’est arrivé à aucun de ceux qui sont restés fidèles pendant toute la période de guerre.
 
En octobre 1939, Charles Devignez et un ami procèdent à des travaux d’amélioration et de décoration de l'église de Liège. Les travaux effectués à Seraing en font « une des plus belles de notre Église en Europe. L’entretien irréprochable de cette salle de culte... » (L’Étoile, octobre 1939)
 
En décembre 1939, des efforts sont faits à Verviers pour lui rendre sa vitalité d’autrefois. Le 10 décembre 1939, Paul J. Devignez appelle Jacques d’Emal comme président, avec Pierre Brouwers comme conseiller et soeur Brouwers comme secrétaire. Charles d’Emal est ordonné diacre, « la première fois que pareille cérémonie avait lieu à Verviers » (L’Étoile, février 1940). « Dans son allocution, frère Devignez a remercié soeur E. Villard pour sa bonne gestion des affaires de la branche en l’absence d’autorité locale. » L’Étoile de septembre 1939, avait annoncé le départ de soeur Emilie Villard, « dont les efforts magnifiques, malgré qu’elle n’est membre de l’Église que depuis quelques mois, ont beaucoup contribué à la reconstruction de la branche. »
 
En janvier 1940, Paul J. Devignez fait le tour des branches du district. Malgré le rappel de beaucoup de frères sous les armes, toutes les organisations fonctionnent. Il écrira plus tard :
 
« Après 1914, survint septembre 1939 qui déclencha l’infernale sarabande qui devait à nouveau ensanglanter l’humanité.

« Un parallèle frappant faisait de mon père et de moi des fils aînés qui eurent respectivement la charge de leurs frères et soeurs... Je repris, pendant la dernière guerre, le rôle qu’il avait joué à l’Église lors du conflit de 1914-18. » (« L’histoire se répéta », L’Étoile, février 1949, p. 25)
 
Le dernier numéro de L’Étoile paraît en avril 1940. Il n’y aura plus de publication avant janvier 1947.  
 
Au début de la guerre, il y a plus de quatre cents membres en Belgique et sept branches, presque toutes dirigées par des membres locaux expérimentés.[4] Paul Devignez est alors président de district avec Auguste Roubinet et Wladislas Jelinek comme conseillers . Son district se compose des branches de Liège, Seraing (président : Joseph Hasoppe), Herstal (Jean-François Kerkaert, Joseph Frédéric, et quand il n’y avait pas de président, Jacques Demal [5] dirigeait les réunions à Herstal), Verviers, Bruxelles (président : Willy Bloemen  une quinzaine de membres) et Charleroi.  Jusqu’en 1940 il envoie chaque mois un détenteur de la prêtrise tenir une réunion de Sainte-Cène à Bruxelles. Les membres ont fait d’importantes réserves de blé et de pommes de terre, plus un jardin qui fournit des légumes aux nécessiteux. Le plan de sécurité, mis en place plusieurs années auparavant, contient trois mille francs qui sont utilisés pour l’entraide. Les aliments devenant de plus en plus rares, on sert souvent des soupes gratuites à la fin des réunions.
 
Les Allemands confisquent les trois églises, mais les membres peuvent s’y réunir. Ils font de Paul Devignez le « Verwalter », responsable de l’entretien, de ces bâtiments considérés comme étant « propriété américaine ». ¨[La concierge de Liège, soeur Collard, signale que de temps à autre, en semaine, un individu vient fouiller les lieux. Parfois une distribution d’un kilo de froment par membre est effectuée. Les soeurs Georgette Lahon et Jeanne Cypers rendent visite aux membres de la ville de Gand. (Lettre de Joseph Devignez)
 
« Pendant la guerre 40-45, les Allemands occupaient tous les logis et locaux vides. Le président Kerkaert de Herstal a loué les locaux de l’étage à une société sportive. » (Notes de Pierre et Renée Sel).
 
À Seraing, plusieurs membres sont déportés dans les usines allemandes. Deux d’entre eux, Célestin Fort et Marcel Porigneaux, prennent contact avec des membres de l’Église en Allemagne et sont accueillis, selon Joseph Hasoppe, « comme l’enfant de la maison ». [Hasoppe, Oral History, Département d’Histoire de l’Église].
 
La vie du district continue. Le 29 août 1940, Paul J. Devignez écrit à Octave Ursenbach : « que la situation n’était pas encore alarmante, que la nourriture n’était plus abondante, mais que les membres étaient bénis et que le moral et le témoignage étaient excellents ».
 
Le 6 octobre 1940, à l’occasion de la conférence de district, cinq personnes sont baptisées. Lors du repas, on distribue aux membres de la soupe et des boissons gratuites. Malgré la difficulté de voyager, des membres de Verviers et de Bruxelles sont présents.
 
À la conférence de district du 8 juin 1941, onze baptêmes sont prévus, mais « les baptêmes ne purent être effectués avant la réunion parce qu’il fallait beaucoup de temps pour chauffer l’eau sur le poële pour remplir les fonts suffisamment ; il n’y avait pas de chauffage central dans l'église. Plus tard au cours de la guerre, il fallut baptiser les gens dans l’eau froide par manque de charbon... » On signale 125 personnes à la réunion du matin, 130 à la dernière réunion.
 
Lors de la conférence du 2 novembre, il y a un baptême et, comme présences, 72 et 147 personnes respectivement.
 
Le 20 novembre 1941, la présidence du district organise un congrès des organisations. Elle décide aussi d’acheter des pommes de terre et du grain pour l’hiver pour aider les membres nécessiteux.
 
Le 14 décembre, la présidence du district tient une réunion avec les présidences de branche. Etant donné l’état de guerre entre les États-Unis et l’Allemagne, il convient de décider de ce que l’on va faire au cas où les réunions seraient interdites par les Allemands. Par mesure de prudence, on laisse le stock de blé chez des membres des présidences de branche : pour Liège chez Henri Lahon, pour Seraing chez Auguste Roubinet, pour Herstal chez Jean Kerkaert. La responsabilité de la distribution des marchandises est confiée aux soeurs de la Société de secours.
 
Le 14 juin 1942, une conférence de district a lieu au cours de laquelle on fait deux baptêmes et aux sessions de laquelle assistent 80 et 106 personnes respectivement.
 
Le 22 mars 1942, 110 personnes assistent au congrès de la Société de secours.. Le 10 mai, il y a 142 personnes au congrès de l’École du dimanche. Le 16 août 78 personnes assistent au congrès de la SAM.
 
À la conférence de district du 18 octobre 1942, il y a 4 baptêmes, 95 personnes à la première session, 132 à la seconde. À celle du 27 juin 1943, il y a 4 baptêmes, et respectivement 95 et 128 présences. Le 31 octobre, 3 baptêmes, et 74 et 114 présences. À celle du 28 octobre 1945, 5 baptêmes, 93 et 117 présences. À la conférence du 10 novembre 1946, organisée sous la présidence de James L. Barker, il y a respectivement 108, 154 et 150 personnes présentes.
 
Le prosélytisme par les membres fait cinquante convertis. Beaucoup de ces convertis sont touchés par la fraternité et l’entraide existant parmi les saints.
 
Les hostilités n’empêchent pas les contacts entre saints des deux nations. Le secrétaire d’un général allemand, membre de l’Église, ainsi qu’un autre soldat au moins, assistent fréquemment aux réunions.
 
En France, il y a quelque 75 mormons. Un seul ancien actif et capable, Léon Fargier, de Valence. En Suisse, il y a 300 membres sous la direction de Robert Simond.
 
Germaine Koncurat nous donne une idée de ce que pouvaient être les réunions de l’Église à Seraing pendant la guerre :
 
« Dimanche 28 mai 1944. Nous sommes... allés à l’église, malgré le danger qui nous menace en chemin. Mais Dieu nous protège. J’ai emporté notre dîner dans la voiture de bébé, une voisine à qui nous avons prêché l’Évangile nous accompagnait ce matin.

« À la fin de l’école du dimanche l’alerte a sonné, les hommes étaient entrés dans la grande salle de l'église pour la réunion de prêtrise, les femmes attendaient leurs maris dans une autre salle. Les avions ont passé, la D.C.A. (défense contre avions) est entrée en action. Le président Hasoppe a fait descendre les soeurs, femmes et enfants, dans la cave de l’église. Moi-même avec mes trois petits enfants j’ai allaité mon bébé dans ce lieu.

« Les bombes sont tombées dans les régions voisines, les avions mitraillaient les postes de D.C.A. et les canons ripostaient.

« Là-haut dans l'église, le déplacement d’air causé par les bombes secouait violemment les fenêtres grandes ouvertes, les prêtres étaient en réunion spéciale, réunion de prière et de témoignage. Aucun d’eux ne cherchait à mettre sa vie à l’abri du danger, mais conserva son calme et sa confiance. Ils ont chanté pour finir le cantique « Doxologie » :

« Gloire à Dieu notre Créateur,
« Gloire à Christ notre Rédempteur,
« Gloire à l’Esprit consolateur,
« Louange et gloire au Dieu Sauveur ! »

« De la cave à charbon où nous étions réfugiées, nous entendions nos maris et nos frères chanter ce cantique sublime, accompagné du bruit des mitrailles et des obus. Quel réconfort cela nous donnait, la foi de nos frères sous la direction de cette âme noble qu’est notre président Hasoppe.

« L’après-midi encore une alerte pendant la réunion de Sainte-Cène, mais cette fois les femmes n’ont pas bougé de leurs bancs. »
(Book of Remembrance, Germaine Ista Koncurat)
 
Les bâtiments de l’Église n’échappent pas aux ravages de la guerre :
 
« 9 octobre 1944. Les bombes volantes, torpilles ou V1 ou V2 s’abattent sur Seraing et les environs... Notre église fut fortement endommagée par l’un de ces robots. » (Idem)
 
Gabriel Fraikin écrit :
 
À la fin de la guerre, les Allemands ont lancé des bombes volantes, comme on les appelait alors (par la suite V1 et V2). À cette époque, nous élevions, mon frère et moi, des moutons et des chèvres, que l’on conduisait aux champs tous les matins. Nous devions traverser la rue Jean-Michel Courard, longue de 300 mètres environ, où il y avait plusieurs familles de saints. Au moment où mon frère a pénétré dans la rue, une bombe volante est tombée dans la rue à 100 mètres de lui. Toute la rue a été dévastée. Beaucoup de morts et de blessés, mais, j’en rends témoignage, les maisons de frère Brouns et de frère Frédérick sont restées debout. Seuls dégâts apparents : toutes les vitres brisées. Mon frère et les bêtes ont été emportés par le souffle sans aucun dommage.
 
Le 12 novembre 1944, Dick Barnes, un militaire américain, écrit  la lettre suivante à David O. McKay. Après avoir donné la liste des branches, il dit :
 
« Il y a de belles assemblées dans chaque branche, environ 500 membres en tout. L’ancien président de la branche de Liège, Alphonse Rahir, a apparemment apostasié de l’Église pendant l’occupation, et on n’a pas pu l’amener aux réunions pendant un certain temps. Quand on lui a demandé d’être plus actif, il est devenu hostile. On a installé un nouveau président. Plus tard, Rahir a été tué par des patriotes belges comme collaborateur. Pas très joli pour un membre de l’Église, mais le fait est confirmé. La branche de Seraing est bien organisée et marche bien. À Bruxelles, les présences dépassent rarement 10. À Verviers, il y a généralement de 10 à 20 personnes, Herstal monte à 50, et il y a aussi une bonne assistance dans les branches de Seraing et de Liège. Aujourd’hui la branche de Seraing a eu son premier soldat américain en visite et en a fait un événement spécial. L’ancien président de la branche de Verviers a été emmené à Berlin dans un camp de travail, mais est revenu plus tard et est maintenant à Liège où il participe très activement à l’oeuvre de la prêtrise... Le président du district belge est Paul J. Devignez, 10 rue des Semailles, Grivegnée (Liège). C’était émouvant d’être avec lui et les autres à chanter de nouveau « Seigneur, merci pour le prophète » et les autres chants de l’Église. J’ai mal à la gorge ce soir tant j’ai chanté avec entrain. Cela m’a donné une nouvelle vigueur et un désir renouvelé de poursuivre et de continuer le dur travail ici... »
 
Le 2 mai 1945, l’église de Herstal est bombardée par les Allemands. Les dégâts s’élèvent à cinq mille francs. (Lemblé)

Le 14 juillet 1946, lors d’un congrès de la généalogie du district et en présence de 83 personnes, un discours est prononcé en l’honneur de Denis Devignez, tué à la guerre, qui reçut la médaille militaire, l’une des plus hautes décorations militaires pour actes de bravoure allant au-delà de l’appel du devoir.
 
 
L’après-guerre
 
La Mission française est de nouveau ouverte avec l’arrivée de James L. Barker et sa femme Kate, le 10 mai 1946. L’Étoile de mai 1950, pages 1-6, contient une rétrospective à ce sujet par Elayne Christensen. Le siège de la Mission est à Paris, 8 Place Malesherbes. La nourriture est rare et chère. Le local de la Mission n’est pas chauffé. L’appartement a de grandes pièces, des couloirs en marbre et de hauts plafonds. Tout le monde s’y enrhume. Le président Barker fait le rapport suivant en mai 1946 :
 
« Nous revenons du Sud de la France, où nous avons visité le district. Dans ce district, il n’y a pas encore de branches organisées, mais seulement des groupes de trois à neuf membres dans des villes éloignées les unes des autres. Le frère Léon Fargier, président du district, est le seul qui détienne la prêtrise. Il entretient une correspondance avec les autres membres en France, leur rendant visite régulièrement... Les membres ont porté témoignage de remarquables cas d’immunité pendant la guerre.

« En beaucoup d’endroits, les membres ont fait oeuvre de missionnaires. Par exemple à Grenoble, où il n’y a que trois soeurs, nous avons tenu une réunion où il y avait dix-huit personnes...

« Dans les trois districts bien organisés de Belgique, de Strasbourg et de Suisse, nous sommes très satisfaits du travail qui a été fait...

« Le président Robert Simond en Suisse et les présidents Paul Devignez et Joseph Hasoppe en Belgique se sont beaucoup dépensés à tenir des réunions et à faire des conversions quand c’était possible pendant la guerre.

« En Suisse, on a publié un Bulletin miméographié [stencilé] pour remplacer L’Étoile, il y eut cent cinquante exemplaires envoyés aux membres et aux amis. En Belgique on nous dit qu’il y a assez d’amis pour maintenir les missionnaires actifs pendant quelque temps. Nous avons bon espoir pour le succès de cette mission.

« C’est seulement le 6 septembre que onze missionnaires furent appelés pour travailler à la Mission française. Ils n’arrivèrent que le 16 novembre. Cinq de ces missionnaires furent attachés au bureau de la Mission ; les six autres furent envoyés pour faire oeuvre active à Liège, Seraing et Herstal, en Belgique.

« ... La situation politique en France était telle que l’oeuvre des missionnaires était menacée. Des troubles et des soulèvements sporadiques dans le pays semblaient indiquer que les missionnaires dussent se tenir toujours prêts à quitter la France le plus rapidement possible.

« Vers la fin de 1946, il y avait 13 branches complètes, 13 missionnaires, y compris le président et soeur Barker, et un total de 754 membres

« Au commencement de 1947, la publication de la revue L’Étoile fut reprise. Elle fut imprimée à l’imprimerie Richème, de Neuchâtel, Suisse...

« En mars, le président Barker écrivit : ‘Il y a encore des souvenirs de l’époque de guerre : des villages détruits, des carcasses de tanks défoncés, des débris de jeeps, de camions, d’avions, etc., dans les champs et sur les tas de rebuts. On voit encore des entassements d’obus le long des chemins...  Les maisons de quelques-uns de nos membres ont été partiellement ou complètement détruites. Les églises en Belgique ont été atteintes par les bombardements et ont grand besoin d’être réparées.’

« Grâce à l’arrivée d’un second groupe de missionnaires pour la Mission française en mai et juin, il fut possible d’ouvrir de nouvelles branches à Bruxelles, Mulhouse, Tours, Orléans et au Mans. Le rapport du président Barker à la première Présidence annonce :

«  ‘Il y a eu quatorze baptêmes dans le district de Belgique... Toutes les branches de la Mission sont entre les mains des membres locaux, sauf une seule...’

« Lorsque la majorité des membres de l’Église dans l’Utah célébrèrent le centenaire de l’arrivée des saints dans la vallée du Grand Lac Salé, les membres de la Mission française célébrèrent le même événement à la réunion plénière de la jeunesse à Liège, Belgique, les 15, 16 et 17 août [1947], sous la direction du président Barker avec l’aide de la S.A.M. sous la direction de soeur Winnifred Bowers, présidente de la S.A.M. de France.

« C’était la première fois que les membres de France, de Belgique et de Suisse se réunissaient en un seul groupe de saints des derniers jours. Le vendredi 15, on organisa une excursion dans les bois.

« Le samedi soir, il y eut une grande réunion avec buffet et souper. Une des premières réunions familiales organisées par la Mission Française eut lieu dans le Parc de la Citadelle à Liège. Dans l’esprit du centenaire, des membres racontèrent des incidents de la lutte pour l’établissement de l’Église dans leur pays. Il y eut à la conférence environ deux cents membres et amis...  [L’activité est organisée par Roger Dock, surintendant de la SAM du district belge et son comité : Rachel Momont, Joseph Frédérick, Henri Lahon et Georgette Lahon].

« En novembre 1947, l’hiver s’annonça si froid à Paris, que les membres du bureau de la Mission durent se transporter à Genève, Suisse, au Chalet Trafford sur la rive ouest du Lac Léman...

« À la fin de mars, il y avait 80 missionnaires... Aux environs du 30 juin, il y avait eu 16 baptêmes dans la Mission. Le nombre des missionnaires avait atteint 86 ; mais, en raison de l’émigration de nombreux membres à Sion, le nombre des membres était tombé à 774...  Le rapport pour la fin de 1948 annonce un total de 117 missionnaires...

« Pendant les premiers mois de l’année 1949, les Anciens Jay Welch et Clifford Barnes ont travaillé à préparer un nouveau livre d’hymnes en français, choisissant les meilleurs hymnes pour les mettre dans le nouveau recueil, et aussi traduisant et adaptant certains autres hymnes actuellement en usage dans l’Église. Ils ont travaillé avec des membres de l’Église en Suisse et en Belgique pour les traductions...

« Le nombre des missionnaires pour la Mission française était monté à 136 en septembre 1949. Il y avait plus de 12 missionnaires locaux. En Belgique, comme partout dans la Mission, les différentes organisations sont très bien dirigées. La Primaire est sous la direction de soeur Germaine Koncurat et de soeur Virginie Moyle ; elle fonctionne d’une manière remarquable. Soeur Koncurat avait maintenu le contact avec les enfants de la Primaire, même avant le retour des missionnaires ; c’est à elle qu’on doit l’allant et le succès de la Primaire en Belgique.
 
« Le samedi soir, 14 janvier 1950, alors que le président et soeur Barker faisaient une tournée avec le président et soeur Sonne, on reçut l’avis que le président Barker était démissionné et qu’il serait remplacé par le président Golden L. Woolf. »
 
Le recensement des membres de la Mission française, effectué le 1er janvier 1947, révèle qu’il y a 400 membres en Belgique (contre 282 en Suisse et 70 en France).
 
Le 20 mai 1947, le travail missionnaire reprend à Bruxelles, le 5 août, à Namur.
 
Le 1er novembre arrive un navire contenant 613 caisses de marchandises d’entraide, essentiellement de la nourriture. Elle sera distribuée par la Société de secours sous la direction de Joseph Hasoppe, président de Seraing. Les surplus sont entreposés à Liège et à Seraing.
 
« Je me souviens également des fêtes de Noël pendant et après la guerre. Les membres n’étaient pas riches et je sais que ma grand-mère [Gabrielle Kerkaert] allait collecter des aliments et des friandises dans les magasins du quartier afin de pouvoir les offrir aux membres âgés et aux enfants » (note de Gaby Douhard, de Herstal)       
 
« Peu après la libération, les mormons américains ont soutenu les membres européens en leur envoyant des vivres en boîtes. Soeur Lamberty, la doyenne en 1966, racontait que certains membres retournaient chez eux avec une brouette toute remplie de vivres et de vêtements. Beaucoup de personnes se sont jointes à l’Église pour participer au programme d’entraide. Après on ne les a plus vues » (note de Pierre et Renée Sel)
 
Gabriel Fraikin confirme :
 
Nous recevions des colis de nourriture et de vêtements du plan d’entraide de l’Église. C’était un peu tard parce que le travail avait repris à fond et l’on gagnait bien sa vie. N’empêche que les membres en avaient parlé autour d’eux, ce qui fait que la branche a été envahie par des gens qui prétendaient s’intéresser à l’Évangile. Les dirigeants de la branche leur ont expliqué que ces colis n’étaient que pour les membres de l’Église. Dès qu’ils l’ont su, ils sont tous partis.
 
Le 1er janvier 1948, le district compte 428 membres, 6 branches et 22 missionnaires. L’équipe dirigeante se présente comme suit :
 
Paul J. Devignez, président de district
Wladislaw Jelinek, 1er conseiller
Reed F. Mack, 2e conseiller
Andrée Hasoppe, secrétaire
Georgette Lahon, présidente de la Société de secours
Fortunée Lamberty, surintendant de l’École du dimanche
Roger Dock, surintendant de la SAM
Joséphine Pholien, surintendante de la généalogie
Germaine Koncurat, présidente de la Primaire
Jacques Demal, surintendant des réparations aux églises
 
En janvier 1948, un groupe de cinq jeunes gens rend visite à toutes les branches du district avec un programme très bien organisé et choisi spécialement pour cette occasion. Leur thème est le quatrième article de foi. Chacun d’eux a pris un point. Les jeunes en question sont Joseph Frédérick, 1er conseiller de la SAM de district, Joseph Cypers, président de la SAM de Liège, Andrée Hasoppe, secrétaire du district, Henriette Jelinek de la SAM de Liège, Rachel Momont, divers offices dont secrétaire de la branche de Liège.
 
« La Mission Française a vu tout récemment la nomination de deux missionnaires belges, soit : Joseph Hasoppe, l’ancien président de la branche de Seraing, et sa fille Andrée. Le président Hasoppe fonctionne comme conseiller du président Barker, dont le devoir consiste en bonne partie à surveiller les diverses branches de toute la mission. Sa fille fut nommée pour [l’]aider en qualité de secrétaire...

« Frère Hasoppe est né le 4 novembre 1902. À ce moment, depuis deux ans environ, sa mère avait été touchée par le message missionnaire. Il fut béni le 25 novembre 1902 par l’ancien C.-P. Beus... Son père ne devint jamais membre, mais il a toujours aimé l’Église et surtout les missionnaires. Sa mère et son oncle prêchèrent l’évangile à leur famille et, le 9 août 1904, ce même missionnaire baptisait la soeur de sa mère, Florentine Nélissen. Sa mère, malgré sa petite instruction, se distingua par de très grandes qualités, surtout par son grand coeur et son activité inlassable dans la Société de secours qu’elle  a présidée pendant de nombreuses années [6] ... Il fut ordonné ancien par le président O.-F. Ursenbach, le 9 juin 1935. Il s’est marié le 25 août 1925. Peu de temps après, il débutait dans une série de grandes activités dans l’Église. Le 9 juin 1935, il fut mis à part comme président de branche. Ce fut après avoir occupé ce poste pendant douze ans que président Barker l’appela comme conseiller à la présidence de la Mission Française. » (L’Étoile, février 1948, pp 22-23)
 
Le 3 février 1948, Joseph Hasoppe devient donc premier conseiller du président Barker. Il est mis à part par Alma Sonne, du Conseil des Douze. Il part aux États-Unis en octobre 1948 et est remplacé par Paul J. Devignez, qui part lui-même le 9 mars 1949.
 
En 1948, l’Église envoie 80 missionnaires en Europe francophone. Une mauvaise publicité dans la presse et des malentendus sur les mormons causent des ennuis avec les gouvernements français et belge. À Namur, par exemple, les autorités obligent les quatre  missionnaires à quitter la  Belgique quelques jours tous les deux mois pour obtenir le permis de résider en Belgique. Le président Barker fait alors des tournées, 70 conférences en tout, auxquelles il invite le public. Il parle ainsi tous les vingt jours pendant quatre ans. Ces conférences réussiront à améliorer l’image de l’Église. À l’époque, il y a beaucoup d’articles et de livres antimormons suite à l’affaire de Short Creek. Mais les conférences du président Barker contribuent fortement à changer les choses.
 
Le 14 février, le bal Vert et Or, animé par un groupe de cinq musiciens et tenu dans la salle de récréation de Herstal remise à neuf, réunit 150 personnes.
 
Le 11 février 1948, un effort spécial ayant été fait pour en assurer le succès, la conférence de district reçoit 133, 173 et 133 personnes respectivement, dont 103 investigateurs. Celle du 31 octobre voit 150 présences le samedi et le dimanche on doit installer des haut-parleurs dans la salle de récréation (L’Étoile, novembre 1948, p. 23). La conférence de district du 27 février 1949 reçoit près de 300 personnes.
 
Le 27 février 1949, Paul Devignez étant parti aux États-Unis, une nouvelle présidence de district est constituée avec Daniel Keeler comme président et Joseph Frédérick, fils, et Joseph Pulsipher comme conseillers.
 
L’émigration est presque impossible à évaluer. On sait que de 1850 à 1869, 32 convertis français ont émigré en Utah. En Belgique, il y aura plusieurs familles qui émigreront dès avant la Première Guerre mondiale, d’autres pendant l’entre-deux-guerres, comme les Dieu, Vernieuw, Jeuris (en Afrique), Lambert, et sans doute bien d’autres, et après la Deuxième Guerre mondiale, il y aura les familles Hasoppe, Koncurat, Roubinet, Cypers, Secrétin, Devignez (Paul), Jelinek, Godet, Dock, etc., etc.. Des jeunes filles épousent des missionnaires et les rejoignent aux États-Unis. Il semble que c’est surtout de Seraing que des gens soient partis. Certaines de ces familles renverront leurs enfants comme missionnaires (Dieu, Vernieuw, Lambert, Koncurat). L’Étoile signale déjà en mars 1930 l’arrivée, avec un groupe de missionnaires, de « Joseph Henry Lambert, anciennement d’Ougrée, Belgique, venu de West Point, Utah. » Pourtant, dès 1937, le président Ursenbach encourageait les membres à rester en Europe.
 
En 1948, Charles Cestre, professeur de littérature et de civilisation américaines à la Sorbonne, qui a fait des études en Utah (L’Étoile janvier 1932, p. 1) et qui a, en son temps, rédigé, pour l’Encyclopédie Larousse, un article favorable sur l’Église en remplacement de l’article diffamatoire de l’édition précédente, est engagé par l’Église pour traduire les Doctrine et Alliances. Sa traduction n’est néanmoins pas acceptable. En mars 1949, James L. Barker, président de la Mission française, rend visite, à Charleroi, à Roger Dock, qui est sur le point d’aller s’installer aux États-Unis, pour lui demander de traduire les Doctrine et Alliances et la Perle de grand prix. Il lui apporte aussi le manuscrit de Cestre, en lui disant que cette traduction représente « la version catholique des Doctrine et Alliances », qu’il vient de rejeter entièrement. Il lui dit : « Vous pouvez vous servir de ce manuscrit ou le jeter au panier, comme vous voudrez. » Roger Dock part aux États-Unis sans examiner le document. Plus tard, quand frère Dock est appelé comme traducteur par Gordon B. Hinckley, le président Barker réclame la traduction complète des Doctrine et Alliances et de la Perle de grand prix. Dock examine alors la traduction de Cestre et décide de l’ignorer complètement. Il fait une traduction fidèle, aidé par le président de la Mission française et un comité de réviseurs. Comme Roger Dock a de nombreuses autres traductions prioritaires à faire, le travail prendra plusieurs années, et les Doctrine et Alliances et la Perle de grand prix ne seront publiées qu’en 1958. (Lettre de Roger Dock à l’auteur, du 22 août 1983).
 
En mars 1948, L’Étoile annonce le décès, au Congo belge, de Héli Jeuris, qui dirigea la branche de Bruxelles lors du départ de Willy Bloemen en Utah. Il laisse une femme et un fils de 17 ans.
 
« Héli conquit son grade d’ingénieur à Liège et dirigea pendant plusieurs années une usine importante du bassin de la Meuse. Il entreprit en outre diverses affaires pour son compte et quelques années avant la dernière guerre, il s’installa dans l’Angola Portugais où un groupe international lui confia les pleins pouvoirs dans une plantation coloniale. C’est ici qu’il put donner la pleine mesure de son ingéniosité, de son intelligence remarquables ; il réussit à développer une exploitation renommée sur divers marchés européens.

« Il avait regagné l’Afrique Équatoriale pour un dernier stage et la famille entière fondait des espoirs pour une retraite en Sion. Le contact avec la Mission Sud-Africaine était établi.

« L’Église et le district belge en particulier perdent un pionnier éminent, un prêtre de choix animé d’une bonté peu commune et d’une foi basée sur le roc. Jeune, avant 1914 déjà, il remplissait des fonctions dans sa branche et pendant la Première Guerre mondiale, aidé de quelques fidèles intimes, il sut inculquer à la jeunesse d’alors le désir passionné du beau et du bon ainsi que l’amour de la Vérité. À son contact, le groupe d’adolescents qu’il instruisait bénéficia, en tant qu’ensemble, de l’épanouissement culturel et spirituel le plus radical constaté dans l’histoire du Mormonisme en Belgique, de 1900 à nos jours. Enfant, j’étais frappé par cet homme puissant et pacifique qui sait plaire aux petits ; son influence persista longtemps chez moi tant aux études qu’à l’Église. Les vieux membres l’aiment aussi et ils n’hésitent pas à l’incorporer dans leurs comités.

« L’adversité ne l’a certes pas épargné ; il connut même des heures bien sombres. À aucun moment, cependant, il ne perdit son calme ni sa confiance au Seigneur, il poursuivait sa route dans le silence des forts. » (Paul Devignez, président du district belge) (pp 23-24). Sa femme, Mariette, décédera le 25 novembre 1950.
 
À la fin du mois de mars 1948, il y a 80 missionnaires dans la Mission et l’on ouvre Nîmes et Montpellier. À la date du 30 juin 1948, on signale 16 baptêmes, 86 missionnaires, 774 membres... et de nombreuses émigrations. En juillet 1948, on compte 97 missionnaires dans 13 villes, mais, dit le président Barker, « les grandes villes du sud et du sud-est [de la France] restent intouchées. À l'heure actuelle, il est difficile de trouver des salles de réunion – tant de villes ont été détruites et les matériaux de construction sont pratiquement inexistants. » À la fin de 1948, il y a 117 missionnaires, et deux missionnaires à mi-temps, frère et soeur Fargier, de Valence.
 
L’Étoile d’octobre 1948 annonce l’ordination comme anciens de Moïse Stoumont et de Célestin Fort et annonce que, le 16 septembre , il y a eu, à Seraing, une fête à laquelle ont assisté une soixantaine de membres et amis. L’article ajoute :
 
« La branche de Liège vient d’être de nouveau éprouvée par la perte d’un vieux pionnier, l’Ancien Alexis Compère, qui  s’est éteint dans le calme promis aux fidèles. Ce brave frère laisse parmi les siens et les membres de la branche l’exemple de son désir permanent, parfois même acharné, de se rendre utile, en toutes circonstances, tant à la réalisation de ses fonctions à l’Église qu’au profit de tous ceux qui se trouvaient dans les difficultés. Aucune tâche aussi ingrate qu’elle fût jamais ne le rebuta et bien au contraire souvent il se plaignait qu’on n’avait pas suffisamment recours à lui. »
 
En avril 1949 sont appelés les premiers missionnaires locaux :

Seraing : Georges Aerts, Michel Pléger, frère Pléger (petit-fils du précédent), Marcel Koncurat, Moïse Stoumont, Maximilien Renard (fils)

Herstal : Marguerite Bertrand, Jean Kerkaert (petit-fils du président), Louis Brouns, Jackie Cypers, Célestin Fort.
 
En juillet, un nouveau comité de généalogie de district est créé, composé de Joséphine Pholien avec Jeanne Barnich, S’Zaindla Jelinek et Hena Jelinek.
 
« Un nouveau journal vient d’être publié à Liège sous le titre ‘Poil à Gratter’. Il ne relate en effet que des événements saillants de la communauté du district belge, vus sous un jour satirique par un membre clairvoyant. »

Malheureusement aucun numéro n’est parvenu jusqu’à nous.
 
En septembre 1949, il y a 136 missionnaires et 12 missionnaires locaux.
 
Le 2 décembre 1949 décède Louise Collard, baptisée en 1911,« une des plus anciennes parmi les membres de l’Église Mormone en Europe. Elle était depuis longtemps l’amie et la grand’mère des missionnaires. Soeur Collard est morte à l’âge de 90 ans et 4 mois. »
 
Divers efforts sont faits pour mieux faire connaître l’Église et une série d’articles favorables sur les mormons paraissent dans la presse française.
 
« C’est en 1949 et 1950 que l’Église reçoit la publicité la plus favorable qu’elle ait jamais eue en France et en Belgique. Au cours de ces années, le président Barker ressuscite ‘le prosélytisme par le basket-ball’ inauguré en 1937 par Octave Ursenbach. Une nouvelle équipe missionnaire fut organisée à Liège, et elle se mit à défier les clubs sportifs de la région. L’habileté des joueurs mormons attira rapidement l’attention des journalistes sportifs belges, et l’équipe devint célèbre dans tout le pays. Elle remporta victoire sur victoire, et sa renommée se répandit et beaucoup de journaux de France et de Belgique suivirent sa progression.

« Le plus grand match des missionnaires, celui qui reçut la plus grande publicité, fut sa rencontre à Bruxelles avec un groupe de joueurs belges de premier plan. Cette équipe comprenait trois membres de la délégation nationale olympique de basket-ball. Le match eut lieu à l’occasion de l’inauguration d’un nouveau complexe sportif, et attira une grande foule. Pour cette rencontre, les joueurs mormons réunirent leurs meilleurs joueurs, venus de toute la mission. Darrell Hafen, ancien joueur de la phénoménale équipe de l’Université d’Utah en 1944, se rendit de France à Bruxelles pour le match. De Suisse vint Morris Gardner, sportif célèbre de l’Université Brigham Young, accompagné d’un certain nombre d’autres basketteurs expérimentés.

« Après plusieurs jours d’entraînement, les missionnaires affrontèrent l’équipe bruxelloise. Le match eut lieu dans un stade comble, et les adversaires commencèrent par se mesurer avec prudence. Mais l’équipe mormone ne tarda pas à trouver la faille et se mit à faire une pluie de paniers. À un moment donné, Virgil Parker, un des joueurs mormons, en marquait tant, qu’un supporter tout excité dévala les gradins, se jeta au cou d’un des missionnaires et cria : ‘Qui avez-vous là-dedans pour faire tous ces paniers ? Joseph Smith ?’

« L’équipe mormone se montra un adversaire très habile et à la mi-temps elle avait une très large avance sur l’équipe adverse. Mais pendant la seconde mi-temps, la partie tourna à son désavantage, et pendant les quelques dernières minutes du match, l’équipe bruxelloise remonta à égalité puis prit la tête. L’auditoire devint frénétique en voyant l’équipe belge augmenter son avance de quatre points, et lorsque le match prit fin, la foule tout entière était debout. Ce final passionnant fit sensation dans les journaux belges, et en dépit du fait que les mormons avaient perdu le match, on les invita à jouer dans toute la Belgique et le nord de la France.
 
« Cette équipe remporta par la suite 90% de ses matches en 1950, et les articles de presse firent à l’Église beaucoup de publicité favorable et permirent aux missionnaires et à l’Église de se faire d’innombrables amis. Une preuve du profit que l’Église retira de ce type d’activité fut donnée par Lawrence Jeppson, qui raconte que pendant qu’il faisait du prosélytisme dans un quartier de Liège où l’équipe mormone avait joué plusieurs matches, il trouva les gens très amicaux et réceptifs à l’égard des missionnaires. À part cinq ou six personnes, tous écoutèrent avec intérêt ce que les missionnaires prêchaient, et un vieux monsieur accueillit les missionnaires en disant : ‘Ah, vous êtes les mormons, on vous tient en haute estime dans ce quartier’  » (Chard, p. 103-105).
 
En 1950, il y a 131 missionnaires et 829 membres dans la mission. En avril, le président Barker est remplacé par Golden J. Woolf.
 
Les familles Kerkaert et Linchet, avant leur départ pour Sion (19 mars 1950), offrent un harmonium à Herstal.
 
Dans le numéro de mai 1950, L’Étoile publie, sous le titre « Des Mères Mormonnes », le texte suivant :
 
« Une des mères les plus distinguées qu’on puisse trouver au monde, est à Seraing, Belgique. Soeur Germaine Ista Koncurat, mère de quatre enfants, dont l’aîné a onze ans et le plus jeune deux ans. Soeur Koncurat est membre actif de la branche de Seraing depuis 26 ans. Quand on lui a demandé le travail qu’elle a fait à la branche de Seraing, soeur Koncurat a dit :

« ‘J’ai eu depuis l’âge de 18 ans l’occasion de travailler dans chacune des organisations de l’Église comme secrétaire ou conseillère, ou encore monitrice des classes d’enfants, de jeunes gens et d’adultes, à l’École du dimanche, à la Société de secours et à la Primaire.’

« Soeur Koncurat ne parle pas volontiers de ce qu’elle fait, mais son oeuvre parle pour elle. Combien de jeunes enfants dont elle est devenue l’amie dévouée ? Sa maison leur est toujours ouverte, que ce soient les enfants de membres, ou d’amis, ou des enfants qui ont besoin d’affection. Comme il était approprié de la nommer présidente de la Primaire de Seraing, puis présidente de la Primaire du district belge !

« La peine qu’elle a prise pour guider les enfants lorsqu’ils ont donné des pièces ou des exécutions musicales a eu des résultats admirables. Grâce à ses efforts soutenus et à son dévouement la Primaire de Belgique est devenue la plus importante et la plus active de toute la Mission française. Elle a toujours donné son temps et sa peine avec générosité et désintéressement.

« En nous parlant des enfants et de la Primaire, soeur Koncurat s’est mise à évoquer sa propre enfance. Elle nous a dit : 
 
«  ‘Mon enfance s’est écoulée à Seraing, où je suis née en 1913 le 21 mars. Mes parents étaient d’humbles et rudes ouvriers. J’étais l’aînée de trois enfants ; ma soeur naquit lorsque j’étais âgée de 13 ans. Maman était une femme pieuse, honnête et aimante. Elle nous enseigna une partie de ce qu’elle recevait de vérité. Je me souviens de mille choses profondes qu’elle m’enseigna et de mes pensées d’alors. Maman connut une dame appelée Jeanne Roubinet. Cette personne enseigna l’évangile à maman aidée ensuite par les missionnaires. J’entrai dans les eaux du baptême le 24 février 1924, en même temps que ma mère et mon frère. C’était dans un bassin de natation à Liège...’

« Le travail qu’elle avait fait pour les enfants pendant plusieurs années avait donné à soeur Koncurat un grand amour des enfants. Après un an et demi de mariage, elle devint, avec orgueil, mère d’un enfant à elle, une petite fille qu’elle nomma Emmanuelle (née le 25 février 1939). Soeur Koncurat avait épousé Marc Koncurat le 21 août 1937. Elle dit :

«  ‘Tous les membres apportaient des fleurs de leur jardin. On avait garni l'église de blanc et de fleurs. Quand nous sommes entrés, il y avait de la musique et des sourires de bienvenue. Frère Joseph Hasoppe bénit notre union.’

« Son second enfant, le petit Pierre, naquit le [4] mai 1940. Le troisième, Joseph J. Marc, vint au monde six jours avant l’offensive de Von Rundstedt (22 déc. 1944).

« Au sujet de ce qui s’est passé pour elle et pour sa famille en Belgique pendant la guerre, soeur Koncurat dit :

«  ‘Je ne puis parler des miracles véritables qui se manifestèrent dans mon foyer, car il me faudrait employer trop de pages encore, ni de toutes les preuves qui ont continué à augmenter ma foi et mon témoignage. J’ai été particulièrement heureuse à plusieurs reprises de sentir l’affection de mes chers membres de l’Église.

«  ‘Chaque épreuve que j’ai subie a été une source de bénédictions même quand, une nuit de bombardement, alors que tous nous dormions, une bombe (robot) s’abattit à 20 mètres, brisant la maison où nous étions, mais notre vie fut épargnée et nous sommes sortis des décombres sains et saufs’
« Le quatrième enfant fit son apparition au foyer des Koncurat le 18 mai 1948, et fut appelé Jacques Michel Nephi.
 
«  ‘Je crois que le Seigneur m’a donné l’occasion de travailler dans la Primaire principalement afin d’être plus apte à enseigner mes propres enfants. Pour toutes les choses que j’ai eu l’occasion de faire au service de l’Église, j’ai été rétribuée en dons précieux.’

« Il est fort intéressant et très instructif de passer un après-midi au foyer des Koncurat. Le chaud accueil et le sourire de soeur Koncurat, sa bienveillance et sa charmante personnalité créent dans cette demeure une atmosphère d’affection et de charme. Un de ses plus chers désirs est que ses enfants reçoivent une bonne instruction.

« Elle leur inculque le goût d’apprendre et de se perfectionner. Emmanuelle joue déjà du violon accompagnée par son petit frère Pierre. Ils sont toujours prêts à recevoir. Les enfants, aussi bien que les parents, et surtout leur aimable mère, accueillent les visiteurs avec une grande cordialité. » (L’Étoile, mai 1950, p. 8-9).
 
Au moment de son départ pour les États-Unis, soeur Koncurat aura été l’âme de la Primaire pendant 15 ans. C’est ainsi, par exemple, qu’elle organise, le 9 octobre 1949, une conférence de la Primaire du district à laquelle participeront 27 enfants devant une assemblée de plus de cent personnes. 
 
« Les soeurs Germaine Koncurat et Virginia Moyle dirigent depuis un an les activités variées des enfants de la Primaire. Sur une scène spécialement dressée dans l'église de Liège, les enfants ont montré un tableau vivant sur le thème : ‘La vérité jaillira de la terre et la justice descendra du ciel.’ Le programme avait été composé par soeur Koncurat, qui s’occupe de l’éducation des enfants avec beaucoup de compétence en Belgique depuis 1937 » (L’Étoile, février 1950).
 
Encouragée par les missionnaires Daniel Keeler et Joseph Pulsipher et aidée par Virginia Moyle, soeur Koncurat écrit entièrement un programme de deux heures, composé, entre autres, d’une pièce de théâtre, « Le bonheur », adaptation de « l’Oiseau bleu » de Maeterlinck et d’un ballet, « Un jour d’été », dont la musique sera arrangée par un ancien missionnaire, Clifford Barnes. Le programme est présenté le 24 mai 1950 avec la participation de 24 enfants.
 
S’étant installée au Val-Potet, à trois quarts d’heure de l'église de Seraing, soeur Koncurat crée, en 1951-52, une Primaire de quartier pour les enfants (non membres) du voisinage. Ses trois premières réunions accueillent 27, 32 et 41 enfants.
 
« Les réunions étaient remplies d’Esprit et les enfants, malgré leur nombre, étaient dociles. Je leur enseignais la prière et le recueillement. Ensuite, avec l’aide des missionnaires, nous avons appris les chants de la Primaire, puis les petites leçons de la mission, spéciales pour les enfants.

« Après quatre ou cinq réunions, le nombre d’enfants diminua. J’en interrogeai quelques-uns pour en connaître la cause. Ils me rapportèrent que, fréquentant l’école catholique du Payrai, les religieuses leur interdisaient de se rendre chez moi, disant que les mormons étaient des incroyants. J’expliquai aux enfants que cette accusation était fausse puisque je leur enseignais la prière, et ils ont très bien compris. Ils ont rapporté ces choses à leurs parents, qui les ont invités à venir régulièrement chez moi.

« Par la suite, l’assistance est redevenue plus grande et j’ai toujours eu une moyenne de 25 enfants. Nous avons alors suivi les leçons régulièrement. Noël approchait et tous les enfants ont travaillé au programme, qui fut présenté à l’église. Après nous avons commencé le travail en vue de préparer la fête du printemps présentée par la Primaire, puis la conférence, enfin la fête des mères...

« La fête des mères au Val-Potet fut la dernière réunion de cette Primaire. Il y avait environ 25 enfants qui ont porté les cadeaux aux mamans le 11 mai 1952...

« Environ 9 mois se sont écoulés pour la Primaire du Val-Potet. J’ai rencontré beaucoup d’enthousiasme chez les petits, beaucoup de confiance chez les parents. La curiosité au sujet du mormonisme s’est éveillée, plusieurs ont assisté aux fêtes de Noël et de printemps, plusieurs m’ont posé des questions qui ont été pour moi un moyen de prêcher l’Évangile. »
 
 
La division du district belge
 
Le 15 octobre 1950, Golden L. Woolf divise le district belge, présidé depuis un certain temps par des missionnaires. Raison principale : la difficulté de diriger l’activité de 40 missionnaires dans un seul district.
 
Les trois-quarts des membres sont dans le district de Liège (Liège, Verviers, Seraing, Herstal). Le nouveau district a une présidence locale : Président : Joseph Frédérick, de Herstal, avec, comme conseillers, Alphonse Devignez et Louis Brouns.
 
Le quart restant va dans le district de Bruxelles (Bruxelles, Charleroi, Namur, Mons, Lille). Le nouveau district a une présidence semi-locale : Président : Vernon Rex Waltman, Willy Bloemen (de Bruxelles) et Joseph Dewal (de Charleroi).
 
En 1951, Moïse Stoumont est président à Seraing, appel auquel il a été mis à part par Joseph Frédérick, président du district, lequel part aux États-Unis le 24 février et est remplacé par Charles Devignez.
 
La Mission dispose, en 1951, d’un certain nombre de traducteurs :  O. Frieden, Fabio Cagli, Jeanie Rambeau, Jeanne Charrier, Janine Sorriaux. « Ils ont résolu un sérieux problème de traduction, qui vient de ce que l’Église donne la priorité à la traduction du texte complet des Doctrines et Alliances, de la Perle de grand prix, et du nouveau livre de cantiques » (L’Étoile, avril 1951).
 
Le 15 avril 1951 a lieu la conférence du district de Liège. La présidence du district est constituée de Charles Devignez, Alphonse Devignez et Louis Brouns.
 
« C’est la première conférence du district de Liège, car il y a à peine six mois, il n’existait qu’un seul district, le district belge, pour toute la Wallonie. L’ancien district est maintenant divisé en deux : le district de Liège et le district de Bruxelles. Cependant, le nombre de personnes présentes enregistré lors de la conférence du 15 avril, à Liège, s’élevait officiellement à 201, alors que l’on a compté 187 personnes lorsque les deux districts étaient réunis. » (L’Étoile, septembre 1951, p. 24)
 
Clara Lodomez raconte qu’au début des années 50, lorsqu’il y avait une conférence de district à Liège, ce qui était un événement important, puisque la présidence de la Mission y assistait, les soeurs de la branche de Liège servaient un repas complet.
 
« La maman de soeur Gobin était désignée pour aller au marché chercher tous les légumes. Comme c’était une bonne quantité, il était permis qu’elle prenne un taxi pour remonter les marchandises. Le vendredi on commençait à s’organiser pour mettre les tables, etc.. Le samedi, c’était le moment de préparer les légumes. On faisait la soupe dans une immense marmite... Et pour la suite du repas, tout était prêt le dimanche. On cuisait les pommes terre, et le reste du dimanche, ces soeurs dévouées le passaient dans la cuisine et cela à chaque conférence... Après nous avions la vaisselle à faire, on devait chauffer l’eau dans plusieurs marmites... c’était un grand travail, mais toutes, on était heureuses de le faire. il y avait un bon esprit.

« Un jour un président de mission, frère [Harold W.] Lee, a dit que dorénavant on ne ferait plus de dîner le jour de la conférence. Que les soeurs de la Société de secours ne profitaient pas de la conférence. Que chacun apporte son briquet. C’est alors que ces fameux dîners ont cessé... » (L’Indispensable, journal de la paroisse de Liège, août-septembre 1991)
 
Clara Lodomez, baptisée avec son mari et sa fille en 1950, et présidente de Société de secours pendant des années, nous laisse cette image de la vie dans l’Église dans les années 50 :
 
« Nous avions la réunion [d’arts ménagers] tous les mardis, c’était plutôt une réunion de travail, celui-ci consistait à confectionner des vêtements, des tricots, crochet, etc., et c’était pour alimenter la fancy-fair. Les objets vendus servaient pour la caisse de la Société de secours. Nous devions acheter tout ce qui était nécessaire pour la cuisine (vaisselle, couverts, verres, marmites, etc.) Peu à peu nous avons réussi à avoir tout ce qui était nécessaire pour cuisiner. C’est après plusieurs années que nous avons acheté d’abord une machine à coudre (non électrique). En octobre 1967 nous avons fait l’achat d’une machine à coudre électrique, celle que nous possédons toujours. En janvier 1975, nous avons acheté une marmite à pression.

« Les soeurs faisaient les visites deux par deux comme actuellement. Personne ne possédait de voiture. Nous faisions nos visites à pied, en tram, etc. Le président de district, Charles Devignez, avait une voiture ! C’était le seul. Après, frère Secrétin, de Seraing, a eu aussi une voiture. Donc les frères faisaient aussi leurs visites de la même façon... La secrétaire... était responsable de la caisse. Elle devait aussi écrire l’histoire de la Société de secours. On payait une cotisation annuelle de 24 francs. La moitié était pour la présidente de mission et l’autre pour la présidente de district. Cet argent aidait à payer ses déplacements. Bien sûr, ce n’était pas suffisant, mais le complément, elle le payait de sa poche. Elle devait visiter toutes les branches. Pour les frères, leurs réunions se tenaient dans une petite place, un genre de grenier... Et pourtant tous travaillaient selon leurs possibilités. Pouvions-nous imaginer que nous aurions un jour une nouvelle église ? et quelle église ! avec tant de confort ! » (L’Indispensable)
 
« Au début des années 1950, écrit Gaby Douhard, frère Brouns organisait des séances de cinéma une fois par semaine, ce qui amenait évidemment des membres et des voisins, vu qu’à l’époque ces personnes ne possédaient pas de poste de télévision et c’était surtout l’occasion de se retrouver dans une ambiance des plus cordiales. »
 
 
Les années 1950
 
À cause de la guerre de Corée, les 141 missionnaires de 1951 sont réduits à 95 en 1952. Les missionnaires font les frais d’un important sentiment anti-américain. Ils se font parfois accuser de lâcheté par des gens qui prétendent qu’ils partent en mission pour éviter d’être envoyés en Corée. Quand Harold W. Lee devient président de mission en 1953, il reste 48 missionnaires. Jusqu’en 1956, il y aura peu de prosélytisme. En 1957, le nombre des missionnaires passera à 130.

En 1952, l’Église achète à Zollikofen le terrain sur lequel sera construit le temple de Suisse. David O. McKay consacre le terrain en août 1953. Le 13 novembre 1954, Stephen L. Richards, de la Première Présidence, pose la pierre angulaire du temple où  seront enfermés livres, journaux et autres documents historiques.  Le temple achevé sera consacré le 11 septembre 1955 par David O. McKay.
 
En mai 1952, l’Église achète, à Paris, le 3 rue de Lota (16e arrondissement) qui devient le siège de la Mission française et le lieu de réunion des saints de Paris. Le bâtiment sera dédicacé le 4 septembre 1955 par le président David O. McKay. L’Église arrive à se faire reconnaître en France comme « association étrangère », ce qui met fin aux ennuis des missionnaires.
 
Les 29-30-31 juillet 1955 est organisée, à Paris, une grande Conférence de Jeunesse de toute la mission. L’autorité présidente est Spencer W. Kimball, du Conseil des Douze, qui à cette occasion prophétise que le jour viendra où il y aura des temples et des bâtiments de l’Église partout en Europe, prophétie aujourd’hui largement réalisée. C’est la première d’une longue série de conférences de jeunesse annuelles :
 
1956 : Paris
1957 : Lausanne
1958 : Bruxelles
1959 : Versailles, sur le thème « Louez l’Éternel », avec 200 acteurs et plus de 200 spectateurs
1960 : Lausanne,  Le Festival de la Nouvelle Ère, au Palais de Beaulieu, avec 300 personnes
1961 : Versailles
1962 : Nice, sur le thème : « La Vallée promise »
1963 : Liège, au Palais des Congrès, qui vient d’être achevé. Elle est pour la Mission française seulement, mais elle sera la plus grande de toutes : 410 membres, 255 missionnaires, 970 personnes à la première session du dimanche et  930 à la deuxième : 460 lits, 350 personnes à l’excursion, 450 au bal, 550 à la soirée théâtrale, elle est l’oeuvre de Lucien Daune, président de la branche de Liège. Grâce à lui, on pourra rembourser à l’Église tous les déficits des conférences passées
1964 : Liège, sur le thème « Louez l’Éternel » et sous la présidence de Mark E. Peterson, du Conseil des Douze
1965 : Strasbourg (Mission franco-belge)
1966 : Versailles
1967 : Westende
1968 : Grandvillard (conférence des trois missions)
 
Verviers est rouvert en septembre 1955. À cette occasion, une fête est organisée par Jean Matrige, président de la SAM de district.
 
Le 17 septembre 1955, le Choeur du Tabernacle vient se produire à Paris, au Palais de Chaillot.
 
Clément Gobin est président de branche à Liège de 1953 à 1958. Il raconte : 
 
« Je fus président de la branche de Liège à deux reprises et l’on me surnommait ‘le pingre’ parce que je veillais à la bonne bourse de l’Église. À l’apparition des néons, j’ai quand même transformé l’éclairage de l'église. C’était le soleil à côté de la lune. Le chauffage à charbon éliminé, c’était poussiéreux, sale, il fallait se trouver près des feux pour sentir la chaleur. Les premiers poëles à mazout firent donc leur apparition à l'église de Liège. C’étaient des poëles qui donnaient une chaleur d’atmosphère, mais pour cela il fallait que je les allume dès le samedi soir (près de deux heures à pied aller et retour de mon domicile).

«  ‘Le pingre’ a aussi fait installer un chauffe-eau pour les fonts baptismaux et ensuite fait rénover la décoration des deux grandes salles. Inutile de vous dire que Seraing et Herstal suivirent bientôt pour l’éclairage et le chauffage.

« Les activités du district : Les jours fériés, des excursions étaient organisées au niveau du district. Plus de cent personnes y participaient. Entre autres, nous avons fait la Vallée du Geer à pied. À Wandre, des compétitions sportives (sauts en hauteur et longueur, course, volley, etc). Les bois de Seraing ont été sillonnés.

« Tous les cinq août, pendant plusieurs années, on a organisé des concours inter branches et cela se faisait à Cointe.

« Une fois par mois, des réunions d’officiers avaient lieu au niveau du district.

« La littérature : Nos livres, nos manuels d’enseignement sont actuellement de la littérature parfaite : bien écrits, bien reliés. Imaginez-vous nos classes avec des feuilles volantes, mal imprimées, tapées à la machine en plusieurs exemplaires, et dont il fallait deviner les lettres. Ensuite des manuels reliés avec des agrafes, souvent perdant des feuilles... Il fallait se débrouiller. Souvent nos manuels arrivaient avec des retards de plusieurs mois. Tout se faisait au bureau de la mission.

« Aux réunions de SAM, le jeudi, nous avions un séminaire (leçon) et ensuite une activité (théâtre, sport, arts). Des pièces de théâtre étaient jouées à nos fêtes.

« ... Quand j’ai connu l’Église, la prêtrise était à 9 heures, l’école du dimanche de 10h à 11h30 ou midi, la réunion de Sainte-Cène à 18 heures. La plupart du temps on se déplaçait à pied. Personnellement, j’avais une heure le matin à l’aller et une heure à midi au retour, une heure le soir aller et une heure retour, soit quatre heures de marche le dimanche... »
 
En 1955, Harold W. Lee organise le premier collège des anciens de la mission.
 
Les missionnaires essaient de se faire connaître par le sport et par le chant et c’est ainsi qu’ils organisent en mars et en avril 1957 une tournée des « Basketeers mormons ». Ils organisent aussi un groupe chantant, les « Débonnaires », qui fait, lui aussi, une tournée et publie deux disques. Plus tard, ce sera le « Quatuor mormon », qui donne 38 concerts où des exposés se mêlent à la musique.
 
En 1957-1958, Milton L. Christensen devient président de mission. Suite à l’augmentation du nombre des missionnaires, le nombre de convertis est doublé : il passe à 214 en 1958. Il sera de 154 en 1959.
 
En 1957-58, huit jeunes femmes sont appelées en mission à plein temps, dont trois en Belgique : Anita Secrétin, Lucie Lodomez (1957-59) et Monique Jackson. Elles seront suivies, le 4 septembre 1959, par Jacqueline Didier. Elles auront été précédées par la toute première missionnaire belge connue, Ginette François, de Namur, en 1953, envoyée en Suisse. Elles seront les premières d’une centaines de missionnaires locaux à plein temps à partir de Belgique francophone entre 1953 et 1997 (voir la liste à la fin du présent ouvrage).
 
En novembre 1959, lorsque Edgard B. Brossard devient, pour la deuxième fois, président de mission, la Mission française compte 89 anciens, 210 autres frères, 37 branches, dont 11 ont un président local, et presque 2000 membres. Il y a 125 missionnaires en activité, dont 9 missionnaires locaux (L’Étoile, juin 1959, p. 105).
 
 
La Nouvelle Ère
 
1960 est une année à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de la mission. Les chiffres comparatifs de la Mission pour les années 1959 et 1960 sont éloquents :
 
                                                    Au 31 décembre 1959                     Au 31 décembre 1960
 
Membres                                   1909                                                    2811
Prêtrise d’Aaron                        221                                                     460
Prêtrise de Melchisédek            91                                                     124
Missionnaires                            130                                                     214
Baptêmes                                  144                                                     942
 
Que s’est-il passé ? En février 1960, il n’y avait encore que 6 baptêmes, mais dès mars il y en aura 122 (L’Étoile 110 ans, p. 167) et ce n’est qu’un début.
 
Dans L’Étoile de mai 1960, Edgard B. Brossard l’explique dans son éditorial :
 
« En 1958, le Temple de Londres fut dédié... Aux services de dédicace, le président David O. McKay fit la prophétie remarquable que cela était le commencement de la « Nouvelle Ère » en Europe pour la conversion des âmes honnêtes et dignes à l’Évangile de Jésus-Christ.

« Une autre borne dans le progrès de notre oeuvre missionnaire fut la préparation et la publication en août 1959 du plan missionnaire de la Mission française par le président Milton L. Christensen. Ce Plan apportait une méthode efficace pour présenter l’Évangile au porte à porte, aidait les missionnaires à expliquer en un français simple et clair.

« Puis en décembre 1959, le président Henry D. Moyle [de la Première Présidence] vint à Paris et renouvela la déclaration du président McKay que ceci était... une ‘Nouvelle Ère’ pour l’Église dans la Mission Française. »

« Au mois de mars de cette année 1960, 114 nouveaux convertis ont été baptisés... » (pages 89-90)
 
Relayant la prophétie du président McKay, le président Moyle avait fixé à 400 le nombre de baptêmes à atteindre en 1960 ; tout de suite après, il avait corrigé sa prophétie en affirmant que ce but pouvait être atteint pour le 4 juillet.
 
 
Effectivement, L’Étoile d’avril annonce : « La Mission française a eu 100 baptêmes depuis le commencement de l’année jusqu’au 21 mars 1960 » (p. 85). Le 4 juillet, lors d’une conférence spéciale à Bruxelles avec Alvin R. Dyer, président de la Mission européenne, on annonce que les 400 baptêmes sont atteints, 130 d’entre eux ayant été effectués pour le seul mois de juin. À la réception du télégramme lui annonçant que le but a été atteint au 4 juillet, le président Moyle réplique : « Félicitations, attends 800 pour la fin de l’année. » À la fin de l’année, il y aura eu un total de 942 baptêmes (L’Étoile 110 ans, p. 167).
 
Le 5 décembre 1960, 250 missionnaires et autres participants réunis dans le restaurant au premier étage de la Tour Eiffel avec le président Moyle reçoivent le défi d’atteindre 2400 baptêmes en 1961, car il y a 200 missionnaires dans la Mission (un baptême par missionnaire par mois). Ce but ne sera pas atteint.
 
Y a-t-il réellement eu une « Nouvelle Ère » dans l’oeuvre missionnaire ? Ce que l’on peut dire, à coup, sûr, c’est que cela a été une période où les portes se sont ouvertes. Le présent auteur a commencé sa mission en 1960 et il était clair que les missionnaires étaient accueillis partout. L’auteur a eu l’expérience de travailler une matinée entière dans un seul bâtiment, de donner la première leçon à cinq des six familles ainsi que deux défis de baptême. De petites branches telles que Charleroi (une trentaine de personnes), Reims (environ trente personnes), Strasbourg (à peine 15 personnes) et bien d’autres ont vu leur population augmenter rapidement à cent ou deux cents unités.
 
Quel a été l’impact de la « Nouvelle Ère » sur la Belgique et sur le district de Liège ? Si on s’en réfère aux listes de baptêmes publiées par L’Étoile entre février 1960, premier mois de la « Nouvelle Ère », et le numéro d’août 1962, dernier numéro de L’Étoile à publier ces listes, soit une période d’environ deux ans et demi, on obtient les chiffres suivants :
 
District de Bruxelles

Bruxelles      178
Charleroi      187
Mons              18
Namur            33
TOTAL         416
 
 
District de Liège

Herstal           25
Liège           136
Seraing         29
Verviers        29
TOTAL        219
 
Que reste-t-il de tous ces baptêmes ? Quand on parcourt les listes, on y retrouve, pour la région liégeoise, des noms tels que Coenen, Dachy, Daune, Delheusy, Lootens, Meekers, Sail, Spinette, Spychalla, Stryjak, Vaes et quelques autres, de personnes aujourd’hui encore actives, expatriées, en maison de retraite ou décédées. Les autres noms n’évoquent plus grand-chose, ce qui signifie que beaucoup de baptisés n’ont pas pu être retenus. 
 
L’acquis est cependant bien réel et le 15 janvier 1961, la Mission française est divisée avec la création de la Mission française de l’Est ; premier président : Henry D. Moyle, Jr. Les 275 missionnaires de l’ancienne Mission sont répartis comme suit : 125 pour la Mission française de l’est, 150 pour la Mission française. Le 1er octobre 1963 verra la création de la Mission franco-belge (renommée plus tard Mission belge de Bruxelles). Son premier président sera Joseph T. Edmunds. Il sera remplacé  en août 1966 par James M. Paramore auquel succédera en septembre 1969 Thomas H. Brown (voir la liste des présidents de mission à la fin du présent ouvrage).
 
La « Nouvelle Ère » est aussi une période de construction d’églises. En juillet 1960, Wendell B. Mendenhall, président du comité de construction de l’Église, lance pour l’Europe, l’Orient et l’Amérique du Sud un plan de construction d’églises basé sur l’expérience, couronnée de succès, faite dans les îles du Pacifique, celle des missionnaires bâtisseurs. Il portera sur la construction de 100 églises dans les cinq ans. La première dans la Mission française sera celle de Bruxelles. Au cours des conférences d’automne 1960, un appel est lancé aux volontaires pour devenir missionnaires bâtisseurs.
 
En Belgique, trois églises seront construites selon ce système :

Bruxelles : du 14 avril 1962 au 26 juin 1965. Consécration avril 1967.
Liège : d’octobre 1963 au 11 décembre 1965. Consécration septembre 1967.
Charleroi : d’octobre 1963 au 12 mars 1966.
 
À Seraing, le terrain est acheté le 29 juin 1963. La construction commence en automne 1969. Le bâtiment sera consacré en 1971 [7].
 
En vue de la construction de l’église de Grivegnée, le comité de construction suivant est mis en place :

Président : Lucien Daune, président de branche
Vice-présidents : Charles Didier et Sidney Sager, conseillers
Secrétaires : François Delheusy et M. Lelarge
Surveillant des missionnaires ouvriers : Chris Young
Surveillant des missionnaires à plein temps : R. Mac Intosh
Nourriture-cuisine-vêtements-lavage : Hortense Gobin
Travail volontaire : Gustave Paquay et Victor Dechesne
Contrôle de l’outillage : Jacques Demal
Coordonnateur du travail : Clément Gobin
Récréation des missionnaires ouvriers : Marie-Hélène Albert (SAM)
Bâtisseurs : Antoine Spychalla (Liège), Jacques Sordes (Paris), Christian Roux (Tours), Jean Charles Bertomen (Angers), Warren Dansie (Salt Lake City), Guy Bougeurelle (Paris), Peter Stom (Amsterdam)
 
Nancy Baret a fait comme suit l’historique de la construction du bâtiment de Liège :
 
« Janvier 1963, la présidence de la branche de Liège (Lucien Daune, Charles Didier, Sidney Sager) fait soutenir par la prêtrise le projet de construire une nouvelle église. En février est créé un fonds de construction [à l’époque, les membres locaux devaient, en effet, financer 20% des travaux] alimenté par un programme d’activités. En mars, l’engagement destiné au département des constructions de l’Église est signé sous la direction de Joseph Hasoppe, délégué du département, et frère Daune part à la recherche d’un terrain adéquat.. En avril, l’acte d’achat d’un terrain de 10 000 mètres carrés, situé avenue Joseph Wauters [maintenant avenue de la Grande Rôtisse], à Grivegnée, est passé à Bruxelles. Les plans établis par l’architecte Sam Paul, de Seraing, sont approuvés. En juin a lieu la cérémonie du premier coup de pioche en présence des autorités du district, de la Mission et du département des constructions. En octobre, arrive frère Young, surveillant de chantier. Les travaux commencent. D’octobre à décembre, le travail avance rapidement sous l’impulsion des présidences de branche et de district et grâce à la collaboration des membres, des missionnaires ouvriers et même des missionnaires à plein temps. Certains jours, il y a jusqu’à 80 personnes sur le chantier. Les missionnaires ouvriers travaillent jusqu’à dix heures par jour. Ils sont logés dans une maison louée par la branche, à deux pas du chantier, où ils sont soignés et dorlotés par frère et soeur Demal qui, malgré leur grand âge, s’en occupent nuit et jour. Au printemps 1964, les murs sont hauts et l’on parle déjà des travaux d’aménagement intérieurs. Le bâtiment sera prêt en octobre 1965, et l’on déménage tout ce qui se trouve rue de Campine. En novembre 1965, le bâtiment est inauguré en présence des autorités de la Mission et du district. 600 membres et amis assistent à la cérémonie. »
 
Clara Lodomez ajoute cette note :
 
« Des ouvriers bâtisseurs venaient travailler et un couple âgé, frère et soeur Demal, leur faisait le dîner. Chaque jour, frère Demal montait avec une petite charrette avec le dîner pour tous. Ils se sont bien dévoués. Les membres venaient aussi aider à la construction. Il y avait une bonne ambiance et on était heureux.

« Il y avait aussi des soeurs qui faisaient le linge des missionnaires ; je me souviens de soeur Cordonnier, qui partait avec un panier attaché à une sangle et le portait devant pour aller au lavoir ; elle était faible et malgré cela elle le faisait toujours. Des exemples de frères et de soeurs dévoués, j’en ai connu... et souvent c’étaient les plus humbles. »
 
En 1964, les deux districts sont présidés comme suit :

Liège : Alexandre Secrétin, Marcel Lodomez, Clément Gobin ; greffier : Joseph Deghaye

Charleroi : Polydore Keppens, Louis Percy, Joseph Lopez ; greffier : Pierre Cockx
 
Les présidences des branches de la région de Liège sont :

Liège : Lucien Daune, Charles Didier, Sidney Sager, Victor Dechesne
Herstal : missionnaire
Seraing : missionnaire
Verviers : missionnaire
 
En 1964, Marcel et Paulette Kahne, de Namur, viennent de se marier et font construire à Couthuin, entre Andenne et Huy. L’idée d’ouvrir Huy leur vient tout naturellement. Une enquête semble indiquer qu’il y a une quarantaine de familles membres de l’Église, mais non pratiquantes, dans la région. Le président de mission envoie deux de ses meilleurs missionnaires, les frères Doherty et Downs. D’emblée, ils feront une convertie, Marie Thonon, qui, apprenant leur existence, va les trouver pour être instruite. Les efforts auprès des familles non pratiquantes ne donneront malheureusement aucun résultat sauf chez les soeurs Clémence Lizein et Alice Évrard, les deux filles de Victor Pirotte, baptisées au siècle dernier. Le 21 juillet 1967 a lieu la fête d’ouverture de la branche de Huy. Président : Marcel Kahne. Un rez-de-chaussée commercial a été loué rue de Statte. Les membres viennent des deux districts pour soutenir l’événement. Trois cars arrivent dans le village de Couthuin et la journée est consacrée à des activités sur le terrain des Kahne. Pendant l’existence de la branche, c’est-à-dire jusqu’en octobre 1976, on baptisera la famille Lapagne, d’Amay, Serge Lizière, d’Andenne, Nelly Dormael , d’Ampsin, soeur Noël et soeur Damoiseaux, de Statte, Germaine Lallemand et Chantal Jacobs. À cause de l’insuffisance des baptêmes, le président de mission décidera de la fermeture après neuf ans, et les familles Kahne et Lapagne retournent à Namur. Les deux soeurs Pirotte et soeur Damoiseaux sont décédées entre-temps et soeur Thonon sera visitée jusqu’à ce que sa fille, non membre, fasse comprendre qu’il vaudrait mieux s’abstenir.
 
Le 1er mars 1967, le centre de distribution est ouvert à Liège. Alexandre Secrétin puis Charles Didier en seront les directeurs. On y trouve également Jean-Claude Dourte, Claude Ypersier, Pierre Sel et Anne Kaiser (Spychalla). Le centre sera fermé à la fin de 1969. Charles Didier est directeur du centre de distribution quand il est appelé, le 19 mars 1970, comme président de la « Mission franco-suisse » nouveau nom donné à la Mission française de l’est par la Première Présidence (L’Étoile, octobre 1970, p. 318).
 
La même année, Robert Vanvolcksom devient président de branche à Herstal. Il décide de remettre le bâtiment à neuf et, à sa demande, l’Eglise investit 600 000 francs dans les travaux de rénovation. On remplace l’électricité, la plomberie, le chauffage, la toiture, le plafonnage. On installe une nouvelle cuisine et toutes les peintures sont refaites. Les travaux dureront de fin 1967 à fin 1970.
 
En mars 1969, Marcel Kahne remplace Alexandre Secrétin comme président de district. Il prend comme conseillers Lucien Daune et Gustave Paquay. Jean-Claude Dourte est greffier. Alexandre Secrétin est appelé au poste de président des anciens de la mission, poste qu’avait rempli frère Kahne depuis 1962. Ses conseillers sont Yvon Vincent et Jean-Baptiste Leroy.
 
Le 19 août 1971, le concierge de l’église de Bruxelles veut réparer lui-même une fuite qui s’est produite dans le roofing du toit, afin d’éviter des frais à l’Église. Tandis qu’il travaille sur le toit avec son chalumeau, le feu se propage à son insu à l’intérieur. En très peu de temps le bâtiment flambe comme une torche. Il n’en restera que les murs. La communauté catholique locale aura un geste très généreux envers l’Église en mettant un chapiteau à la disposition des membres pendant les travaux de reconstruction, qui seront terminés en 1972.
 
En 1972, Lucien Daune quitte la présidence du district et devient président de la branche de Liège. Il aura pour tâches spéciales d’apurer la dette pour la construction de l’église de Liège, de vendre le bâtiment de la rue de Campine et de remettre la nouvelle église en état en vue de sa consécration. Celle-ci ne peut, en effet, avoir lieu que lorsque le bâtiment est entièrement payé (la quote-part locale étant de 20%) et dans un état d’entretien impeccable.

Au début de 1973, la branche de Liège est avisée de ce qu’il existe un reliquat de 128.000 frs à régler pour apurer le compte de la participation de la branche à la construction de l’église. Le 21 avril, la présidence lance un appel aux membres pour le règlement de cette dette ; un programme est mis sur pied et en cinq mois plus de 75 000 francs sont récoltés. Il y a aussi la vente de la rue de Campine qui traîne depuis des années. Le 8 octobre 1973, un acquéreur est trouvé et l’on signe la promesse d’achat. En mars 1974, l’acte de vente est passé à Bruxelles, ce qui permet à la branche d’apurer sa dette [8]. Au début de 1974, les travaux de remise en état du bâtiment sont entrepris avec l’aide de tous les membres. Le bâtiment est inspecté le 12 juin 1974 par les responsables régionaux de Francfort. Les Autorités générales donnent l’approbation pour la consécration en septembre 1974 et, le 15 septembre 1974, l’église est consacrée par Boyd K. Packer, du Conseil des Douze, devant une assemblée de 600 personnes.
 
Comme mentionné plus haut, lorsque la branche de Huy est fermée en octobre 1976, les membres retournent à Namur. La maison du 59 avenue de la Plante (Villa Georges), qui abrite à ce moment la branche, est vétuste. Le plancher qui soutient l’estrade est pourri et devient dangereux. En outre le local est devenu trop petit et l’on essaie vainement de trouver un terrain pour y bâtir une église  : les plans d’urbanisme de la Ville de Namur, conçus pour arrêter la prolifération des « grandes surfaces », empêchent tout achat de terrain pour une église dans un rayon raisonnablement accessible à tous, et l’on songe sérieusement à acheter un bâtiment à transformer. C’est alors que Paulette Kahne, qui se passionne pour tout ce qui est architecture, remarque, sur le chemin que la famille emprunte pour aller à l’église, une très belle villa, située en bordure de Meuse, au 548 chaussée de Liège. L’Église l’achètera en 1980 et la branche, devenue paroisse, y habitera jusqu’à ce que l’on découvre, à Erpent, un terrain situé dans un zoning auquel l’urbanisme n’a pas encore imposé de spécifications. Le premier coup de pelle est donné le 16 mars 1992 et le bâtiment est inauguré le 16 avril 1993.
 
 
Le pieu de Bruxelles
 
Le 20 octobre 1974, les districts de Bruxelles-Liège et de Charleroi, présidés respectivement par Marcel Kahne et Joseph Lopez, sont dissous et le district belge est reconstitué sous la présidence de Joseph Scheen (conseillers : Marcel Delogne, Armand Noé, greffier : Marcel Huybrechts) dans le but de préparer le pieu belge.
 
Le 20 février 1977, le pieu de Bruxelles, 813e pieu de l’Église, est organisé par l’apôtre Thomas S. Monson, avec comme présidence : Joseph Scheen, Marcel Kahne et Willy Dupuis. Patriarche : Marcel Delogne. Il se compose de six paroisses : Bruxelles 1, Charleroi, Herstal, Liège, Namur et S.H.A.P.E., et de cinq branches : Bruxelles 2 (branche américaine), Mons, Nivelles, Seraing, Verviers et une population de 2200 membres.
 
La nouvelle présidence s’attellera à plusieurs tâches essentielles : amener les épiscopats et les présidences de branche à une gestion compétente de leur intendance spirituelle, administra-tive et financière, élever le niveau de la spiritualité afin d’éliminer les occasions de conflit, et mettre sur pied un programme de pieu pour les jeunes afin de les garder dans l’Église, ce qui se fera grâce à la création d’un programme scout efficace, par l’organisation de conférences de jeunesse annuelles et d’un voyage annuel au temple pour les baptêmes par les jeunes.
 
Cette dernière initiative mérite une mention particulière à cause de son impact sur les jeunes qui y ont participé. Le projet consiste à passer une semaine entière au temple, départ le lundi, retour le samedi. Le logement est fourni par un bunker de l’armée suisse situé à cinq cents mètres du temple. Les jeunes l’occupent entièrement et exclusivement, ce qui permet une organisation interne sans faille. Le président de pieu et l’un de ses conseillers sont présents pendant toute la semaine. Une équipe de dirigeants dévoués s’occupe de l’organisation matérielle : il s’agit, en effet, de comprimer les prix sans nuire à la qualité de la nourriture. Celle-ci est achetée en Belgique (moins cher), embarquée dans le car et cuisinée dans le bunker. Les organisateurs : Jacqueline Dupuis (Charleroi), Angèle Scheen (Nivelles), le couple Adriaensens (Bruxelles) et d’autres en arriveront à calculer les achats à la pomme de terre près.
 
Les jeunes sont répartis en équipes et la journée est divisée de manière à ce que les jeunes ne soient jamais livrés à eux-mêmes : session de baptême, étude spirituelle, activités récréatives. Trois activités spéciales sont au programme : une soirée de talents, une excursion d’un jour et une soirée de témoignages au cours de laquelle les jeunes attesteront bien des fois que le séjour a donné le coup de pouce définitif à leur témoignage ou a été le quitte ou double de leur vie spirituelle.
 
Le voyage connaîtra d’année en année un succès grandissant. Sous le titre « 80 jeunes, 2400 baptêmes », le rapport suivant est fait d’un de ces voyages :
 
Une fois de plus, en août 1986, les jeunes du pieu de Bruxelles arrivent au temple de Zollikofen dans deux cars. Ils sont répartis en cinq groupes, chacun sous la surveillance d’un couple d’accompagnateurs. Le bilan de la semaine est très positif : deux mille quatre cents baptêmes pour ces quatre-vingts jeunes !

Chacune des six journées se partage en cinq activités : sport, discussion sur les Écritures, session de baptêmes pour les morts dans le temple, natation à la jolie petite plage du lac tout proche, et soirée [spirituelle], soirée de témoignage où, cette année, l’humour donnait le ton, et enfin, le vendredi, soirée de talents où les jeunes déchaînés applaudissent à tout rompre tous les numéros du programme. Les traits creusés de tous les organisateurs, et en particulier d’Angèle Scheen et de Michel Sautier, en disent long sur leur travail d’immense préparation et d’organisation.

Les cinq soeurs préposées à la cuisine, Alice Bastiaens, Patricia Coenen, Pascale Pirlet, Lina Tomaselli et Jacqueline Dupuis n’ont pas ménagé leurs efforts pour nourrir 110 personnes.

Les jeunes ont réservé un accueil chaleureux à un jeune Nantais de 23 ans, donnant ainsi le dernier coup de pouce avant son baptême. Leur spiritualité et leur respect dans ce saint lieu leur ont valu des compliments du président du temple.(L’Étoile, décembre 1986, « Vie de l’Église », p. 9)
 
Beaucoup de ces jeunes partiront plus tard en mission et se marieront au temple.
 
Une note intéressante à propos de ces départs en mission : comme ces jeunes ne bénéficient pas de la formation donnée au MTC (Missionary Training Center) de Provo, on crée, en 1984, au bureau de la mission, un « mini-MTC » où ils reçoivent une formation d’une semaine. Le centre sera cependant supprimé rapidement suite à l’ouverture d’un MTC officiel à côté du temple de Londres.
 
Une autre tâche essentielle sera entreprise par Joseph Scheen : la refonte de l’A.S.B.L., personne morale représentant légalement l’Église en Belgique, de manière à la rendre conforme à la loi belge et à la faire correspondre à la réalité du jour, notamment en ce qui concerne les intérêts et les droits sociaux du personnel de l’Église, tel que les concierges. C’est une entreprise complexe dont la réalisation prendra plusieurs années. Une autre bataille est engagée, avec le fisc cette fois. Celui-ci, en effet, se met peu à peu à grever les bâtiments de l’Église d’un précompte immobilier, alors qu’il s’agit de maisons de culte. Le fisc se montrera intraitable et harcelant et il faudra attendre le mandat du président Sautier pour que l’affaire se règle finalement devant les tribunaux à l’avantage de l’Église.
 
À partir du dimanche 4 mai 1980, les habitudes des saints de Belgique et du monde entier sont changées par l’introduction de l’horaire groupé. Alors que précédemment les réunions de prêtrise, de Société de secours et d’École du dimanche occupaient la matinée du dimanche et qu’il fallait revenir pour la réunion de Sainte-Cène dans le courant de l’après-midi ou en début de soirée, toutes les réunions sont dorénavant groupées en un bloc de trois heures afin de permettre aux saints de consacrer une partie plus importante du sabbat à leurs familles et aux activités spirituelles.
 
En avril 1982, les statistiques du pieu sont les suivantes :
 
Paroisse/branche             Inscrits             Présents à la Sainte-Cène
 
Bruxelles 1                            559                    105
Bruxelles 2                            153                    103
Charleroi                               662                    128
Charleville-Mézières            29                      13
Herstal                                   123                    53
Liège                                     396                    79
Mons                                      59                      32
Namur                                    183                    40
Nivelles                                  85                      62
Seraing                                 129                     42
S.H.A.P.E.                             91                      64
Verviers                                 39                      27

Détenteurs de la Prêtrise de Melchisédek :     233
Présents à la réunion de prêtrise :                     138 (59%)
Femmes :                                                             1144
Présentes à la Société de secours :                 193 (17%)
Présences à la Sainte-Cène :                             748 sur 2508, soit 30%.
 
Le 1er juillet 1985, le premier coup de pelle du temple de Friedrichsdorf, 41e temple de l’Église, est donné. Les membres du district du nouveau temple sont invités à participer à sa construction à raison de 5000 francs par famille. Consacré les 28-30 août 1987 par Ezra Taft Benson, ce temple représentera pour les Belges une réduction de trajet de 50% par rapport au temple de Zollikofen.
 
En novembre 1985, la paroisse de Bruxelles 1 est divisée pour permettre la création de la branche de Bruxelles-Louise. Celle-ci connaît un succès immédiat et un nombre de baptêmes important.
 
Suite à la diminution des présences et à des difficultés de gestion, Herstal redevient branche à la fin de l’année 1985.
 
En 1988, l’église de Liège fait l’objet d’importants travaux de rénovation. Les membres camperont dans un local situé en face jusqu’à la fin des travaux en avril 1989.
 
Des centres de généalogie et d’extraction sont créés successivement à Bruxelles, Namur, Charleroi et Liège. Ils connaissent un succès croissant, particulièrement auprès des chercheurs non-membres.
 
En février 1995, la branche de Herstal doit quitter le bâtiment de la Place des Volontaires, la plus vieille église encore existante, construite en 1936-37. Le bâtiment a déjà fait l’objet de rénovations. Dario Tomaselli s’est dépensé sans compter pour assurer son entretien, aidé par les autres membres. Mais l’église est vieille et a de nouveau besoin de réparations et les responsables des bâtiments ne sont pas certains qu’il vaille encore la peine de faire des frais. En attendant qu’une décision soit prise, la branche est transférée au 10 Louis Dermeuse, « une maison sans âme », comme l’écrit Lina Tomaselli.
 
 
Le retour du district de Liège 
 
Lorsque, le  4 mai 1991, Michel Sautier devient président du pieu, il s’attelle à deux tâches majeures : la liquidation du contentieux qui oppose l’Église au fisc en matière de taxation des biens immeubles – but finalement atteint en 1995 – et la division du pieu, non pour des raisons d’augmentation de la population, mais pour des raisons « stratégiques ». Il est, en effet, apparu que pour permettre la création du pieu de Lille, qui eut lieu le 17 janvier 1988, G. Perrin Walker, le président de mission de l’époque, avait concentré ses meilleurs missionnaires dans la région. Cette tactique avait provoqué un nombre appréciable de baptêmes associé à un effet boule de neige qui continuait à se faire sentir.

Frère Sautier veut renouveler l’expérience dans la région de La Louvière et, sur son incitation, le président de mission y fait une grande journée missionnaire au cours de laquelle on récolte un bon nombre de références. L’expérience reste malheureusement sans suite, les missionnaires n’étant pas implantés dans la région. Mais frère Sautier a dorénavant la vision de ce qui peut être réalisé. Dans un premier temps, il fallait diviser la grande paroisse de Charleroi et créer deux unités. Cela fait, il faut préparer la création d’un district, embryon d’un futur pieu de Liège. La branche de Liège est divisée et l’on crée, en 1994, la branche d’Ans, pour laquelle on loue et aménage une ancienne banque au 554 avenue de l’Yser. Dans la foulée, on redistribue la population locale en délimitant le territoire des unités en fonction des codes postaux. La mesure affaiblit considérablement la branche de Herstal, mais renforce celle de Seraing. Le pieu compte maintenant 14 unités – Bruxelles 1, Bruxelles international, Bruxelles-Louise, Charleroi 1, Charleroi 2, Namur, Nivelles, Mons, S.H.A.P.E., Ans, Herstal, Liège, Seraing et Verviers – et le président Sautier peut proposer la division du pieu, dorénavant constitué de 9 unités auxquelles viendrait s’ajouter La Louvière, pour former le district de Liège, un district de 5 branches auxquelles viendrait s’ajouter Huy.

La proposition est acceptée par les Autorités générales, et le district de Liège est créé le 27 novembre 1994 sous la direction de Dean L. Larsen, président de l’interrégion de l’Europe de l’Ouest. La présidence du district se composera de Marcel Kahne, président, et Jean-Louis Cuvelier et Jean-Luc Marichal, conseillers. Greffier administratif et financier : Gustave Paquay. Population inscrite : 984 ;  présences à la Sainte-Cène : 255. La frontière entre le pieu et le district sera constituée par la limite des provinces de Liège et de Luxembourg, à l’exception de l’enclave d’Andenne-Seilles et d’une autre située au nord de Marche, afin de permettre aux membres vivant dans la région d’aller à Marche le jour où une branche y serait ouverte. Le potentiel en dirigeants étant limité, le district sera organisé avec un personnel minimum :
 
président de mission de district : Dario Tomaselli (Herstal)
présidente de la Société de secours : Nicole Quarré (Ans)
président de la Primaire : Paulette Kahne (Huy)
présidente des Jeunes Filles : Odile Baret (Ans)
conseillère : Évelyne Denis (Verviers)
secrétaire : Michèle Baste (Herstal)
 
En attendant l’ouverture officielle de Huy, qui aura lieu le 15 septembre 1995, les membres de la région hutoise, qui fréquentaient la paroisse de Namur, seront transférés à Ans. Après des recherches infructueuses pour trouver un local à louer, on optera finalement pour une maison de maître qui vient d’être convertie en salons de réception, les « Salons Charlemagne », 37, Chaussée de Liège, et qui loue ses salles à la journée. La branche, étant le premier client, jouira de conditions exceptionnellement avantageuses. Le noyau de départ se compose de quatre familles et de deux personnes seules. Président de la branche : Lucien Lapagne. Huit personnes seront baptisées au cours des deux premières années.
 
Au cours de la première moitié de 1997, d’importants travaux de rénovation sont entrepris sur le bâtiment de Liège : remplacement des recouvrements de sol, peinture, électricité. À cette occasion, le fond du terrain, qui, depuis la construction de l’église, était resté en friche, est nivelé et aménagé en pelouse, ce qui embellit considérablement les locaux. Une antenne parabolique est installée sur le toit avec un système de projection sur grand écran, ce qui permettra au district de recevoir en direct la conférence générale, au même titre que les pieux. Précédemment, le district recevait, cinq semaines après la conférence, des cassettes qui étaient alors visionnées à l’aide d’une télévision.
 
À la fin de 1997, les chiffres de la population pratiquante et semi-pratiquante du district s’établissent comme suit :
 
Liège

Adultes            51
Primaire         12
Jeunes gens     4
Jeunes filles      4
Total                 71
Sainte-Cène : 73
 
Ans

Adultes             37
Primaire             6
Jeunes gens     4
Jeunes filles      5
Total                 52
Sainte-Cène :  41
 
Herstal

Adultes             21
Primaire             5
Jeunes gens      3
Jeunes filles       1
Total                  30
Sainte-Cène :   28
 
Seraing

Adultes             22
Primaire             7
Jeunes gens      2
Total                  31
Sainte-Cène :  28
 
Verviers

Adultes             22
Primaire           16
Jeunes gens      1
Total                 39
Sainte-Cène :  33
 
Huy

Adultes             12
Primaire             3
Jeunes gens      1
Total                 16
Sainte-Cène :  21
 
Les baptêmes sont rares, ceux qui restent fidèles le sont encore plus. De toute évidence, le district de Liège, autrefois prospère, est devenu une partie pauvre de la vigne. Mais ceux qui le font vivre aujourd’hui attendent avec confiance l’avènement de jours meilleurs. Ils persévéreront jusqu’à la fin.

 
APPENDICE
 
Le mardi 26 mai 1998, de 7 à 8 heures du matin, a eu lieu, dans le Parc de Tervuren, non loin du Palais des Colonies, la cérémonie officielle de consécration de la Belgique et du grand-duché de Luxembourg à l’œuvre missionnaire.
 
L’endroit choisi est situé au bout de la Blekerijdreef, dans une clairière à laquelle aboutissent douze chemins et au milieu de laquelle se trouvent trois gros rochers dont on dit qu’ils sont des morceaux d’une météorite qui a atterri dans un champ voisin et qu’on a transportés plus tard dans le parc.
 
Sont présents : Frère et sœur Jeffrey R. Holland, frère et sœur Charles Didier (interrégion de l’Europe de l’Est), le président et soeur Dieter Uchtdorf (interrégion de l’Europe de l’Ouest), le président et sœur H. Ray Hart (mission de Bruxelles), le président et sœur Hoyt W. Brewster (mission d’Amsterdam), le président et sœur Michel Sautier (pieu de Bruxelles), le président et sœur Jo Buysse (pieu d’Anvers), le président et sœur Marcel Kahne (district de Liège), frère et sœur Wilfried Decoo (Anvers), frère Keith Bishop (conseiller du président de mission) frère et sœur Gabriel Fraikin, frère Albert Mesotten, frère et sœur Armand Noé, frère et sœur Victor Verlinden, frère et sœur Patrick Geuens, frère et sœur Jorge Varela, et les missionnaires Jai D. Lebo, Bradford H. Johnson, Timothy D. Shadel, Dustin R. Michel, Aaron G. Shaw et Aaron K. Hawkins.
 
Programme
 
Cantique  : La première prière de Joseph Smith
Prière  : Charles Didier
Brèves interventions  : le président Uchtdorf et Charles Didier
Témoignages  : Michel Sautier et Johan Buysse, présidents de pieu
 
Observations préliminaires de Jeffrey R. Holland, du Conseil des Douze
 
Je vous remercie d’être tous là par cette belle matinée. Sœur Holland et moi, nous nous estimons heureux d’avoir fait un aussi grand voyage pour trouver tant d’amis. Un très bon esprit préside aux préparatifs de cette consécration. Notre cœur déborde quand nous sommes en la présence du Seigneur et en la présence de bonnes personnes. Nous savons, sœur Holland et moi, que nous sommes en la présence des deux ici aujourd’hui.
 
Nous sommes reconnaissants envers le président Uchtdorf, président de l’Interrégion de l’Europe de l’Ouest, qui a organisé cette consécration et a travaillé avec vous tous pour le faire. Nous l’aimons et il vous aime. Nous nous sentons également forts d’avoir frère sœur Charles Didier avec nous aujourd’hui. Je suis sûr que la foudre tomberait du ciel si nous devions consacrer la Belgique sans avoir les Didier avec nous.  Nous nous félicitons de voir réunis dans ce grand cercle les représentants de deux magnifiques pieux et de deux missions historiques. Nos chers amis, les présidents Ray Hart et Hoyt Brewster, présidant respectivement les missions de Bruxelles et d’Amsterdam et les présidents Michel Sautier et Johan Buysse, présidant respectivement les pieux de Bruxelles et d’Anvers.  Frères présidents, j’ai apprécié ce que vous avez dit tous les deux. Ce bel esprit commence notre activité de ce matin.
   
En prévision de cette consécration, j’ai lu un peu d de l’histoire de l’Europe, en particulier de celle de la Belgique. Bien entendu, une grande partie de l’histoire des générations actuelles parle de guerre. Cela nous brise le cœur qu’un petit pays comme la Belgique ait pu connaître tant de souffrances et d’effusion de sang, tant de difficultés dans lesquelles des personnes innocentes ont été gravement atteintes et des familles détruites. En lisant l’histoire de l’Eglise au cours de cette période, j’ai trouvé à maintes et maintes reprises des histoires remarquables où l’on voit les femmes faire en sorte que les choses continuent à marcher et brandir la bannière de la foi au pays. Parfois leurs maris et leurs fils étaient à la guerre, mais elles ont gardé la foi et leurs familles. Sœurs, ce matin, je pense à vous et à celles qui vous ont précédées. Consacrer un pays, chercher des promesses pour une ère nouvelle ne serait ni possible ni convenable s’il n’y avait pas à nos côtés des sœurs représentant toutes les sœurs qui, pendant tant d’années, ont tant donné pour protéger l’Eglise et pour servir le Seigneur. Lorsque notre bébé (ce n’est plus un bébé, mais il sera toujours notre bébé) est parti pour sa mission dans la République tchèque avec la première vague des missionnaires qui sont allés dans ce pays, ce qui restait des membres de l’Église d’avant le communisme et d’avant le nazisme, c’étaient essentiellement des sœurs, des femmes, dispersées dans tout le pays, qui lisaient leurs Ecritures et épargnaient leur dîme. Ainsi, sœurs, frères, merci. Je suis honoré.
 
Pourquoi cette consécration ? Nous avons essayé de découvrir, pays par pays, ceux où nous avons l’Église ouverte à l’œuvre missionnaire, mais qui n’ont pas été consacrés. Je suis certain que la Belgique et le Luxembourg ont été inclus dans beaucoup de bénédictions antérieures. Quand l’œuvre a commencé, cela s’est fait au départ sous la supervision de la vieille Mission des Pays-Bas. Des bénédictions ont certainement aussi été prononcées sur toute l’Europe. Je suis certain qu’il y a eu des bénédictions lorsque la Mission française a été créée. Il est certain que le Seigneur est attentif à vous et ce n’est pas comme si vous aviez été sans bénédictions.
 
Mais, comme vous le savez, les frères sont très soigneux en ce qui concerne les registres au siège de l’Église. On a récemment découvert que le Danemark et la Belgique, y compris le Luxembourg, étaient les deux endroits de l’Europe occidentale pour lesquels aucune prière de consécration officielle n’est enregistrée. C’est pourquoi, le président Monson sera dans une semaine au Danemark pour y faire une prière de consécration, et c’est à moi que revient cet honneur en Belgique. Nous allons associer aujourd’hui le Luxembourg à cette dernière bénédiction. La prière, à elle seule, ne va pas tout changer, mais nous croyons qu’elle aidera en tout et qu’elle sera une bénédiction pour tout le monde.  Telles sont notre foi et notre expérience, mais c’est malgré tout à nous qu’incombe le travail. Voilà donc pourquoi nous sommes ici. Je remercie tous ceux qui ont fait des préparatifs et tout le travail pour choisir un aussi bel emplacement. Je n’ai pas écrit de prière pour cette occasion. D’une manière générale, sauf pour les consécrations de temples, nous n’écrivons pas de prière de consécration à l’avance.
 
Deux observations  : Lorsque je vous inviterai à vous unir à nous dans la prière, je voudrais vraiment que cela soit littéral. Nous faisons cela ensemble. Nous sommes une petite poignée d’entre les saints de Dieu. Beaucoup d’entre vous représentent la tradition et l’histoire, le sacrifice de vous-mêmes et de vos ancêtres qui nous ont donné cette Église en Belgique et au Luxembourg. Je serai donc le porte-parole, mais je vous demande de prier. Nous ferons cela ensemble.
 
Deuxièmement, dans le même esprit dans lequel nous consacrons le pays, nous nous consacrons nous-mêmes à l’œuvre de l’Église et à l’édification du royaume. Lorsque le jour sera terminé et que l’œuvre nous attendra toujours, nous devrons nous-mêmes nous consacrer pour recevoir cette bénédiction. Dieu nous bénira en justice et nous donnera tout ce que nous demandons. Il fait ses miracles par l’intermédiaire de saints des derniers jours tout à fait ordinaires, tout comme vous et tout comme moi. Par la foi et la puissance céleste, il nous a rendus plus grands et meilleurs que nous le sommes. Unissez-vous maintenant à moi dans cette prière de consécration.
 
Prière
 
Notre Père céleste saint et bien-aimé. Nous nous sommes rassemblés ici par cette belle matinée belge dans un bosquet où chantent les oiseaux et où nous baignons dans une ambiance de révélation et d’espoir. Nous pensons aux choses merveilleuses qui se sont produites dans des bosquets, où les arbres ont été comme des cathédrales longtemps avant qu’il y ait des églises.  Nous commémorons ce matin ton apparition et celle de ton Fils à Joseph Smith, le prophète, dans un bosquet de ce genre, pour rétablir sur la terre la promesse de l’Evangile de Jésus-Christ avec sa grâce salvatrice et sa merveilleuse capacité de changer les vies. Par-dessus tout, toi et ton Fils, vous nous avez accordé le don de puissance de nous ressusciter d’entre les morts, de nous relever des transgressions du péché et de la captivité du tombeau, pour nous lever et vivre avec toi dans une vie parfaite, glorifiée, heureuse et sûre, avec nos enfants et les enfants de nos enfants jusqu’à la fin des temps. Nous sommes à peine capables d’exprimer les sentiments de notre cœur pour un tel Evangile, pour de tels privilèges et pour tant, tant de bénédictions, notamment la bénédiction d’être ici, de pouvoir nous réjouir et de penser à la croissance de l’Église dans les jours à venir.
 
Ceci est un beau pays et nous sommes dans un bel endroit. Les gens sont beaux et les visiteurs qui viennent ici sont beaux. Nous avons un mélange merveilleux de la population internationale de l’Église rassemblé dans ces pieux et ces missions. Mettant de côté l’hostilité passée et les siècles de difficultés qui ont existé dans tant de pays d’Europe, la Belgique et le Luxembourg qui ont tant souffert de beaucoup de ces moments sont maintenant de merveilleux symboles de la foi et de la fraternité de la prêtrise par lesquelles l’Evangile rétabli peut nous élever au-dessus des labeurs terrestres et nous tourner vers les possibilités célestes.
 
Avec de l’amour dans notre cœur et de l’amour pour toi, notre Dieu, nous sommes reconnaissants du pouvoir de ce pays, de sa situation stratégique, haut-lieu de l’organisation d’une nouvelle communauté européenne qui recèle de grandes promesses et qui sera une force économique et politique vitale dans le monde. Historiquement parlant, le siège de l’OTAN et des autres forces qui ont veillé à ce que le monde reste propice à la démocratie et à la prédication de l’Evangile a été centré ici. Nous prions, Père céleste, pour qu’en dépit des années difficiles du passé, ce jour marque une vision nouvelle de la vie en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en France, en Allemagne et dans tous les pays qui nous entourent dans l’œuvre que nous appelons l’Interrégion de l’Europe de l’Ouest de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.
 
Ce moment de consécration nous donne un grand courage. Il nous donne une raison de nous rappeler que même aux jours les plus sombres de la guerre et dans les souffrances personnelles les plus grandes, il y a une espérance d’avenir. Il y a, devant nous, la vie, la lumière et la gloire. Il y a la fraternité et la vérité. Il y a toujours de la puissance dans ton trône et de la grâce dans ta gloire. Comme nous t’aimons pour cela et le savourons dans notre vie !
 
Maintenant que ces pays évoluent pour devenir une force puissante dans une Europe unie, fasse, Père céleste, que l’Evangile de Jésus-Christ aille de l’avant en Belgique, au Luxembourg et dans cette nouvelle communauté européenne. Dans notre prière et cette consécration que nous faisons ici aujourd’hui, nous demandons que tu rattaches, que tu soudes, que tu relies inséparablement la puissance de l’Evangile à l’influence économique et politique qui sortira de la Belgique vers l’Europe et vers le monde entier. Nous pensons qu’il n’est pas mal, nous pensons qu’il n’est pas injuste de demander que le message de l’Evangile  joue un rôle central dans la nouvelle communauté européenne suite à notre prière d’aujourd’hui.
 
Tu sais que ton Église existe ici depuis plus d’un siècle et que les premiers missionnaires et les premiers saints ont donné tout ce qu’ils avaient pour édifier le royaume. Nous avons eu un bon début. Veuille dédier et consacrer leurs efforts et ajouter à cette fin cette prière de consécration pour un renouveau plus grand, un nouvel élan et des messages supplémentaires du ciel pour soutenir nos missionnaires et nos membres, l’enfant le plus jeune parmi nous et le membre le plus âgé vivant dans nos branches. Nous demandons que tous se sentent édifié par nos efforts d’aujourd’hui et sentent les effets de cette prière pour rendre ce pays beau et lumineux, rempli de promesse, rempli de gloire, édifiant sur son passé fort et courageux pour créer un avenir spirituel beau et efficace.
 
Père céleste, au nom du Seigneur Jésus-Christ, par la sainte autorité apostolique dont la réception m’a rempli du sentiment de ma petitesse, et agissant aujourd’hui directement à la demande du président Gordon B. Hinckley, prophète, voyant et révélateur, nous consacrons le royaume de Belgique et le grand-duché de Luxembourg à la prédication de l’Evangile et à l’établissement de l’Église, à l’édification de Sion jusqu’à ce que le Christ vienne, afin que ces pays, avec les autres pays autour d’eux, parviennent à pleine maturité et gloire. Nous demandons que l’Esprit du seigneur, ton Esprit, se déverse ici, que le pouvoir de la prêtrise, ta Prêtrise, soit manifeste afin que les saints puissent se lever, s’avancer et à être reçus par le Sauveur du monde, Seigneur des seigneurs et Roi des rois avec le pouvoir duquel nous prions aujourd’hui.
 
En bénissant et en consacrant ainsi le pays, nous bénissons les missionnaires, afin qu’ils soient fidèles et déterminés dans leur volonté de donner une espérance nouvelle et une vie nouvelle à ces gens. Nous bénissons ces deux excellents présidents de mission qui sont avec nous. Nous prions pour eux, pour leurs prédécesseurs et pour leurs successeurs. Nous te remercions pour le président Hart et le président Brewster et pour tous ceux qui ont œuvré à des époques beaucoup plus difficiles. Nous te remercions d’avance pour les autres qui viendront et poursuivront l’œuvre. Nous te remercions pour ces deux excellents présidents de pieu, le président Sautier et le président Buysse, qui représentent les assemblées de tout le pays jusqu’aux frontières nationales et au-delà. Nous te remercions pour leurs prédécesseurs et leurs successeurs et la foule de dirigeants de la prêtrise qui s’avanceront et oeuvreront d’une manière remarquable avec des épouses et des dirigeants d’auxiliaires merveilleux à leurs côtés. Nous prions pour tous et demandons une dotation spéciale sur nous pour que les membres et les missionnaires puissent travailler ensemble d’une manière tout à fait nouvelle et puissante pour unifier l’Église et apporté la puissance du Christ dans le cœur des néerlandophones, des francophones et de tous ceux qui auront un effet sur l’avenir spirituel de la Belgique et du Luxembourg.
 
Nous prions pour les enfants de l’Église, afin qu’ils soient protégés et exempts du mal, du péché et du sang de cette génération. Nous demandons qu’ils s’élèvent au-dessus de la pornographie et de la vulgarité, du mal et de l’influence destructrice qui peuvent tellement entourer nos enfants de l’Europe de l’Ouest. Élève-les et sauve-les, Père céleste. Serre nos enfants contre ta poitrine. Donne-leur la bénédiction de voir l’Église aller de l’avant d’une manière spectaculaire, décuplée, centuplée à cause de leur pureté et de leurs services.
 
Bénis les membres les plus âgés parmi nous, les braves pionniers qui sont réunis ici dans ce cercle et les autres plus âgés qui n’ont pas pu être ici. Bénis-les pour leur foi. Bénis-les pour leur volonté de pratiquer l’Evangile et de l’aimer, d’avoir été loyaux et fidèles dans la paix et dans la guerre, dans les bonnes et les mauvaises périodes, dans la famine et l’abondance. Bénis les bonnes personnes de partout dans ces pieux et ces missions pour leur fidélité et leur volonté d’être fidèles.
 
Maintenant, Père, nous demandons une bénédiction sur le roi, sur le gouvernement, sur l’économie. Nous demandons une bénédiction sur le pays, sur sa capacité d’être fertile et productif. Nous demandons une nation féconde et une période abondante en Belgique et au Luxembourg et sur tous les pays d’Europe de l’Ouest qui nous accompagnent. Nous savons comment y parvenir, nous savons que nous, qui sommes dans ce cercle, devons nous reconsacrer, que nous devons nous engager à faire nos meilleurs efforts pour nous renouveler, pour aller au temple et pour prendre la Sainte-Cène, pour payer notre dîme et nous humilier dans tous les aspects du service auquel nous sommes appelés. Puissions-nous redoubler d’efforts, renouveler notre énergie et nous reconsacrer tout comme nous avons reconsacré cette nation, ce pays, ces gens, et plaidons pour eux.
 
Rends-nous, Père céleste, plus que ce que nous sommes. Prends-nous avec nos limites et notre manque de capacité. Prends-nous et rends-nous plus forts. Élève-nous. Mets-nous sur le droit chemin. Aide-nous à nous repentir. Bénis nos efforts. Nous invoquons ces bénédictions et d’autres semblables sur chaque foyer, chaque famille, chaque paroisse, pieu et mission. La sainteté de cette matinée nous rappelle la première prière de Joseph Smith, que nous venons de chanter. Nous prions pour faire avancer cette œuvre et cette vision jusqu’à ce que le Sauveur soit nôtre et que nous soyons siens au grand jour millénaire. C’est dans ce but que nous consacrons ce pays et réaffirmons l’œuvre et le succès missionnaire de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, au nom sacré et saint du Seigneur Jésus-Christ. Amen.
 
Cantique  : Viens et suis-moi
 
Cette cérémonie est suivie, le soir, par une conférence à Bruxelles 1. Il y a environ 600 personnes présentes. Des discours sont prononcés par frère et sœur Didier, frère et sœur Uchtdorf, sœur Holland et frère Holland, qui laisse sa bénédiction apostolique.
 
Le 15 novembre 1999, la branche de Huy quitte les Salons Charlemagne, après avoir loué un bâtiment constitué de deux niveaux ayant précédemment servi de salle d’exposition pour des cuisines. Le bâtiment est situé au 74 de la rue des Vergiers, à Tihange et a été joliment aménagé par le service des bâtiments. A cette date, la population pratiquante est constituée d’une dizaine de personnes.
 
Constatant les difficultés rencontrées par les branches de Seraing et Herstal (population vieillissante, baptêmes rares, encadrement pratiquement nul, isolement des jeunes, qui abandonnent une Eglise où ils sont isolés et ne rencontrent pas d’amis), le président de district de l’époque demandait depuis deux ans la suppression de ces deux branches et leur fusion avec Liège et Ans. Il est finalement donné suite à cette demande en janvier 2000 et, le 26 mars, au cours de la conférence de district, Seraing, Herstal et Verviers sont supprimés et deux nouvelles branches sont créées, Liège 1 à Grivegnée et Liège 2 à Ans, les deux unités ayant la Meuse comme frontière commune. Les membres de Herstal, ainsi qu’une partie de ceux de Seraing, se retrouvent ainsi à Liège 2 et ceux de Verviers et l’autre partie de Seraing se retrouvent à Liège 1. Ce regroupement des forces permet d’avoir des Primaires, des groupes de jeunes gens et de jeunes filles, ainsi que de jeunes adultes plus étoffés et plus efficaces et un encadrement suffisant pour que l’Eglise marche bien. Jean-Paul Baar, anciennement de Verviers, devient président de la branche de Liège 1 et Jean-Louis Cuvelier reste président à Liège 2.
 
Le district de Liège ainsi recomposé est constitué de trois branches, Liège 1, Liège 2 et Huy et couvre le territoire de la province de Liège et d’une partie de la province de Luxembourg, le reste relevant du district de Metz.
 
 
Présidents de la Mission française
 
John Taylor (1850-51)
Curtis E. Bolton (1851-53)
Andrew L. Lamoreaux (1853-54)
William C. Dunbar (1854-56)
George L. Keaton (1856-58)
Mark Barnes (1858-59)
Louis Bertrand (1859-64)

Partie de la Mission anglaise (1864-1913)

Edgard B. Brossard  (1913-14)
Benjamin F. Howells (1914)
Russell H. Blood (1924-25)
Ernest C. Rossiter (1925-28)
Peter Rulon Christensen (1928-29)
Golden L. Woolf (1929-33)
Daniel J. Lang (1933-36)
Octave F. Ursenbach (1936-38)
Joseph E. Evans (1938-39)
James L. Barker (1946-50)
Golden L. Woolf (1950-53)
Harold W. Lee (1953-57)
Milton R. Christensen (1957-59)
Edgard B. Brossard (1959-61)
Rulon T. Hinckley (1961-63)
 

Présidents de la Mission franco-belge, plus tard belge de Bruxelles
 
Joseph T. Edmunds (1963-66)
James M. Paramore (1966-69)
Thomas H. Brown (1969-72)
Donald K. Barton (1972-75)
Virgil J. Parker (1975-78)
James S. Arrigona (1978-81)
C. Steven Hatch (1981-83)
Morris D. Gardner (1983-85)
G. Perrin Walker (1985-88)
Earl J. Roueche (1988-91)
Christopher Frogley (1991-94)
Justin R. Eccles (1994-97)
H. Ray Hart (1997-00)
Ronald T. Harrison (2000-)
 
Présidents locaux du district belge
 
1936-49 : Paul J. Devignez
———————————
1974-77 : Joseph Scheen
 
Présidents locaux du district de Liège
 
 
1950 : Joseph Frédérick
1951 : Charles Devignez
1957 : Alexandre Secrétin
1969-1974 : Marcel Kahne
———————————
1994 : Marcel Kahne
1999 : Michael Schuerch
 
 
Présidents du pieu de Bruxelles
 
1977 : Joseph Scheen
1983 : Willy Dupuis
1991 : Michel Sautier
1999 : Richard Van Hulst
  
 
Présidents de branche locaux
 
Ans

1994 : Michaël Schuerch
2000 : Fusion d’Ans avec Herstal et Seraing. Devient Liège 2
2000 : Jean-Louis Cuvelier
 
Herstal

1932 à 1950 : Jean-François Kerkaert
1967 à 1971 : Robert Vanvolcksom
1974 : Jean-Claude Dourte
1977 : Dario Tomaselli
1982 : Clément Gobin
1986 : Charles Walrant
1989 : Dario Tomaselli
1995 : Ronald Plasman
2000 : Fermeture de Herstal
  
Huy

1967 : Marcel Kahne
1969 : Pierre Henkinet
1974 : Lucien Lapagne
1995 : Lucien Lapagne
 
Liège

1930-31 : Charles Jean Devignez
1932 : Arthur Horbach
1936 : Alphonse Rahir
1949 : Henri Lahon
1949 : Joseph Devignez
1953 : Clément Gobin
1960 : Gustave Paquay
1963 : Lucien Daune
1965 : Charles Didier
1966 : Jean-Claude Dourte
1968 : Charles Didier
1970 : Richard Hubin
1972 : Philippe Massin
1972 : Lucien Daune
1974 : Henri Christiaen
1976 : Gustave Paquay
1978 : André Mochamps
1985 : Gustave Paquay
1993 : Patrick Geuens
1999 : René Montulet
2000 : Fusion de Liège avec Verviers et Seraing. Devient Liège 1.
2000 : Jean-Paul Baar
 
 
Seraing

1931-32 : Édouard Lambert
1935-47 : Joseph Hasoppe
1950-52 : Moïse Stoumont
1952-57 : Alexandre Secrétin
1959-60 : Armand Noé
1960-61 : Marcel Lodomez
1961- ? : Jacques Demal
                Célestin Fort
1969 ? : Daniel Mochamps
1975-78 : Armand Noé
1978-84 : Francis Keysers
1984-90 : Armand Noé
1990-98 : André Stoumont
1998-99 : René Geuens
2000 : Fermeture de Seraing
 
 
Verviers

1936 : René Bloemen
1939 : Jacques d’Emal
1969 ? : Philippe Dejardin
1976 : Marcel Gehlen
1982 : André Defauwes
1985 : Henri Sail
1991 : Claude Proumen
1992 : John Denis
2000 : Fermeture de Verviers
 
 
 
Missionnaires locaux [9]
 
Ginette François (de Namur) : Paris, 1953
Lucie Lodomez (de Liège) : Paris, août 1957
Monique Jackson (de Bruxelles) : Paris, 1957
Anita Secrétin (de Liège) : Paris, 1957
Francis Putman (de Bruxelles) : Paris (6 mois)
Jacqueline Didier (de Namur) : Paris, septembre 1959
Marcel Kahne (de Namur) : Paris, juillet 1960
Micheline Massard (de Herstal) : Paris, octobre 1960
Marie-Hélène Albert (de Herstal) : Genève, 1965
Marie-Claire Colassin (de Charleroi) : Française de l’Est, octobre 1966
Jacqueline Coenen (de Liège) : Londres sud, février 1968
Jacqueline Delbrouwire (de Liège) : Londres, 1968
Cornélia Tomaselli (de Herstal) : Firenze, décembre 1968
Marc Wiame (de Bruxelles) : Papeete, 1969
Lucy Smits (de Bruxelles) : Papeete, 1969
Lionel Maltère (de Charleroi) : Montréal, janvier 1970
Charles et Lucie Didier (de Liège) : Genève, juillet 1970
Viviane Delogne (de Charleroi) : Londres sud, septembre 1970
Marie-Louise Dirickx (de Liège) : Papeete, août 1971
Roger Maltère (de Charleroi) : Papeete, avril 1972
Claude Strubbe (de Liège) : Papeete, septembre 1972
Sidney et Anita Sager (de Liège) : Genève, juillet 1973
André Stoumont (de Seraing) : Londres, septembre 1973
Angeline Fontaine (de Herstal) : Montréal, janvier 1975
Théo Kool (de Liège) : Birmingham, octobre 1975
Paul Kool (de Liège) : Toronto, octobre 1976
Omer Pirlet (de Namur) : Genève, janvier 1977
Jeanine Daelman (de Liège) : Genève, février 1977
Marc Vannuvel (de Bruxelles) : Birmingham, février 1977
Nadine Sermeus (de Bruxelles) : Toulouse, février 1977
Alice Verfeuil (de Liège) : Paris, mars 1977
Serge Lizière (de Seraing) : Toulouse, mars 1977
Richard Vanhulst (de Charleroi) : Paris, juillet 1977
Marc Daelman (de Liège) : Paris, décembre 1977
Francine Decerf (de Liège) : Manchester, décembre 1977
Vincent Renard (de Mons) : Genève, janvier 1978
Françoise Jaumotte (de Namur) : Montréal, mars 1978
Kurt Walters (S.H.A.P.E.) : Londres Est, juin 1978
Patrick Vannuvel (de Bruxelles 1) : Bristol, août 1978
Jean-Luc De Ligne (de Bruxelles 1) : Londres, novembre 1978
Kurt McLaws (de Bruxelles 2) : Londres, novembre 1978
Alain Lambert (de Bruxelles 1) : Paris, janvier 1979
Timon L. Marshall (de Bruxelles 2) : Barcelone, juillet 1979
Anne-Marie Germeaux (de Nivelles) : Montréal, octobre 1979
Michael Schuerch (de Herstal) : Bruxelles, décembre 1979
Mathilde Debiscop (de Charleroi) : Temple suisse, janvier 1980
Marie-France Robaeys (de Nivelles) : Paris,  janvier 1980
Gerard K. Moffit (de Bruxelles 2) : Toulouse, août 1980
Scott Adams (de Bruxelles 2) : Barcelone, septembre 1980
Jean-Pierre Baret (de Liège) : Paris, novembre 1980
Marc De Ligne (de Bruxelles 1) : Birmingham, décembre 1980
Guy Hénoumont (de Verviers) : Toulouse, décembre 1980
Nancy Vetcour (de Liège) : Toulouse,  mars 1981
Davis Tilton (S.H.A.P.E.) : Japon,  juillet 1981
Hubert Dampt (de Charleville) : Bristol, mars 1982
Jean-Michel Dampt (de Charleville) : Leeds, mars 1982
Mbuy Nkitabungi (de Bruxelles 1) : Coventry, avril 1982
Anne Gilet (de Verviers) : Montréal, novembre 1982
Régine Pierret (de Namur) : Costa Rica, février 1983
Concetta Bellantoni (de Charleroi) : Paris, avril 1983
Louisette Van Daele (de Charleroi) : Genève, juin 1983
Dominique Scheen (de Nivelles) : Amsterdam, août 1983
Tony van Ghysegem (de Bruxelles 1) : Amsterdam, août 1983
Enver Kavak (de Bruxelles 1) : Paris, novembre 1983
René Montulet (de Liège) : île de la Réunion , décembre 1983
Thérèse Antoine (de Verviers) : Salt Lake City, novembre 1984
Gérald Kahne (de Namur) : Paris, novembre 1984
Christian Bertacchini (de Bruxelles 1) : Amsterdam, décembre 1984
Bruno Kahne (de Namur) : Salt Lake City Nord, juin 1986
Jean-Claude Welche (de Charleroi) : oct 1986
Pierre Cockx (de Charleroi) : Amsterdam, novembre 1986
Luc Desmedt (de Nivelles) : Paris/Bordeaux, décembre 1988
Anne-Mylène Coosnapa (de Bruxelles 1) : Paris/Réunion, décembre 1988
Daniel Desmedt (de  Nivelles) : Paris/Bordeaux, février 1989
Ralph Valette (de Liège) : Amsterdam, février 1989
Michel Adriaensen (de Bruxelles 1) : Paris/Réunion, 1989
Pascale Flamme (de Namur) : Bordeaux, mars 1989
Jean-Marc Selvon (de Namur) : Réunion
Antonius Renard (de Mons) : Pays-Bas, juin 1989
Michel Poulaert (de Bruxelles 1) : Pays-Bas, février 1990
Dominique Orsini (de Bruxelles 1) : Pays-Bas, février 1990
Todd Adams (de Bruxelles Int.)
Pierre Tousset (de Herstal) : Bristol, avril 1991
Fabienne Kahne (de Namur :  Bristol, août 1991
Frédérique Badoux (de Namur) : Arizona, avril 1992
Marie Knuts (de Bruxelles) : Marseille, juin 1992
Pierre Kahne (de Namur) : Marseille, juillet 1992
Catou Mahieu (de Charleroi) : Leeds, septembre 1992
Heather McArthur (de Bruxelles Int.) : Brésil, septembre 1992
Jean-Philippe Silvestrin (de Namur) : Paris, novembre 1992
Maxime/Louise Martin (de Bruxelles Louise) : Antilles, janvier 1993
Jean-Luc Marichal (de Liège) : Bordeaux, février 1993)
John Tomaselli (de Herstal) : Rome, avril 1993
Eddy Busquin (de Charleroi) : Marseille, août 1993
Ernese Noszek (de Bruxelles Louise) : Marseille, mars 1994
Rudy Lambé (de Namur) : Marseille, mars 1994
David Orsini (de Bruxelles 1) : Paris, mai 1994
Lara Blackmer (de Bruxelles Int.) : Marseille, juillet 1994
David Orsini (de Bruxelles 1) : Paris, mai 1994
Robert Wadsworth (de Bruxelles Int.) : Tokyo Nord, juillet 1994
Frank Potiez (de Bruxelles Louise) : Leeds, octobre 1994
Aphy Mputu (de Bruxelles 1) : Marseille, avril 1995
Nicolas Fiévet (de Namur) : Paris, mai 1995
Christian Mulholland (de Bruxelles Int.) : Zurich, septembre 1995
Xavier Istace (de Charleroi 1) : Floride, septembre 1995
Sophie Barthélemy (de Charleroi 1) : octobre 1995
Lawton Smith (S.H.A.P.E.) : Brésil, novembre 1995
Louise Martin (de Bruxelles Louise) : Athènes, septembre 1996
Maximo Martin (de Bruxelles Louise) : Athènes, septembre 1996
Loranna Kearsley (de Bruxelles Int.) : Toronto Ouest, février 1997
Christophe Depiesse (de Bruxelles 1[10]) : Paris, octobre 1997
Bernardin Moussa (de Bruxelles 1) : Londres Sud, octobre 1997
Antoine Fraikin (de Bruxelles 1) : Leeds, janvier 1998
Sandra De Vos (de Bruxelles 1) : Suva, Fiji, janvier 1998
Julienne Viegas (de Bruxelles 1) : Utah Temple Square, avril 1998
Bérénice Delrue (de Bruxelles 1) : Utah Temple Square, mai 1998
Seth Herway (de Bruxelles Int.) : Japon Fukuoka, juillet 1998
Jared Mulholland (de Bruxelles Int.) : Philippines, août 1998
 


Sources
 
Gary Ray Chard,  A History of the French Mission 1850-1960, Master’s Thesis, Utah State University, 1965
 
Gary Ray Chard, History of the Belgian District of the French Mission, Archives du département d’histoire de l’Église. Utilisé avec la permission de l’Église.
 
(« History of the Liège Conference », dans History of the Netherlands Mission, compilée par Frank I. Kooyman), Archives du département d’histoire de l’Église. Utilisé avec la permission de l’Église.
 
Liege Conference - History compiled by Frank I. Kooyman under the direction of Andrew Jenson, Archives du département d’histoire de l’Église. Utilisé avec la permission de l’Église.
 
Compte rendu dactylographié de l’interview de Joseph Hasoppe par Davis Bitton (30-1-1973), Département d’histoire de l’Église
 
Relevé des baptêmes de 1889 à 1930, en possession de la famille Marichal
 
James M. Paramore, 1969 Mission Report, document dactylographié.
 
Rapports historiques trimestriels de la branche de Herstal 1958-1971.
 
Jean Lemblé, Dieu et les Français, éditions Liahona, 1986
 
Correspondance de Joseph Devignez, Clément Gobin, Germaine Ista Koncurat, Roger Dock
 
Germaine Ista Koncurat, Book of Remembrance
 
Lina Tomaselli, Histoire de la Société de secours, Herstal
 
Interview enregistrée de Josette Pirlot
 
Notes de Nancy Baret, Gaby Douhard, Gabriel Fraikin, Clara Lodomez, Pierre et Renée Sel
 



[1]Fortunée Lamberty avait conservé toutes les Étoile depuis 1930. Sentant sa fin proche et souhaitant que sa collection soit conservée par quelqu’un qui en ferait bon usage, elle en fit don à l’auteur. Son voeu a été exaucé puisque c’est cette collection qui a servi à faire la présente histoire.

[2]La date de l’appel de Jean-François Kerkaert n’apparaît ni dans L’Étoile ni dans l’histoire de la mission. Des missionnaires sont mentionnés comme présidents de branche jusqu’en 1932. Mais en décembre 1932, le secrétaire de la Mission note : « Le district a connu un grand changement, la direction de trois branches ayant été confiée aux frères locaux. » Il est donc certain que frère Kerkaert a été nommé président au cours de l’année 1932.

[3]On raconte que les fonds pour la construction du bâtiment ont été offerts par Browning, actionnaire à la FN, inventeur du pistolet automatique qui porte son nom et descendant de l’armurier de Nauvoo, mais aucune confirmation de cela n’a pu être trouvée dans les textes de l’époque. D’après Joseph Devignez, Joseph T. Edmunds, premier président de la Mission franco-belge (1963-66), voulant en avoir le coeur net, s’informera auprès du bureau de l’historien de l’Église, mais recevra une réponse négative.

[4]Clément Gobin décrit avec humour certains frères de l’époque. À propos de frère Devignez et de frère Brouns, il écrit : « L’un avait fait les hautes études commerciales, l’autre était un mineur de fond. Paul Devignez faisait des discours impressionnants, frère Brouns, un garçon dévoué à cent pour cent, nous amusait avec son langage limité à son instruction. Il y eut beaucoup d’autres de ces hommes simples et sincères. Par exemple, Papa Lahon, dont l’expression favorite était  : ‘Que les ceusses et les celles qui n’ont pas compris se retirent.’ Frère Demal, père, avait une prédilection pour cette phrase qui était répétée dans chacun de ses discours  : ‘Nous sommes au dernier samedi de la dernière semaine.’ Inutile de vous dire que lorsque frère Demal faisait un discours, nous attendions cette citation avec impatience. »

[5] Lorsque Jacques d’Emal (ou Demal) est appelé comme président de la branche de Seraing, en juillet 1961, une notice biographique est insérée à son sujet dans le registre historique de la branche :
 
« Jacques D’Emal est né à Herve, dans la province de Liège, le 9 novembre 1883, fils aîné d’une nombreuse famille de religion catholique, religion qu’il abandonna après sa première communion.... La guerre de 1914 le surprit à Dunkerque... En 1917 il fut envoyé en Angleterre... Pendant le peu de temps qu’il revint au pays, il connut l’Église... il fut baptisé le 13 août 1923... Il fut, avant son retour en Angleterre, appelé à la Prêtrise d’Aaron, à l’office de diacre. [Il] repartit pour Londres... Il revint en Belgique avec sa famille [en 1930]... À la déclaration de la guerre [40-45, il] fut envoyé à Verviers comme président de branche... En 1941,  il fut envoyé à Pankoff, district de Berlin, par les autorités allemandes, d’où il revint six mois après. La situation trouble de cette période l’obligea à quitter Verviers, où il avait été nommé en 1939 commandant de la défense passive. Il revint à Liège, où sa vie fut d’une activité continuelle... En 1954 il partit avec soeur Demal rejoindre leur fille Yvonne à Salt Lake City. [Il y devient grand-prêtre, mais décide en juillet 1960 de revenir en Belgique, où il reprend son activité. Quand il est appelé comme président de la branche de Seraing, une branche qui a fortement décliné – 24 personnes à la réunion de Sainte-Cène – il a 78 ans]. »
 
[6] Dans une lettre à l’auteur, Germaine Koncurat écrit, à propos de la mère de Joseph Hasoppe, Marie Barbe Nélissen : « Je me souviens de son vibrant et sincère témoignage. Pour moi, elle était une femme modèle. »

[7]L’ancienne église sera rasée plus tard pour faire place au parking d’une grande surface.

[8]Le bâtiment sera utilisé comme temple maçonnique.

[9] Les recherches sur la période de 1989 à 1993 n’étaient pas terminées à la date de publication.

[10]Converti à Verviers.