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La
grandeur de Dieu
Jeffrey
R. Holland
du
Collège des douze apôtres
Parmi les nombreux objectifs magnifiques accomplis dans
la vie et le ministère du Seigneur Jésus-Christ, il est un grand
côté de sa mission qui n'est pas souvent reconnu. Ses disciples ne
le comprenaient pas complètement à son époque, et beaucoup, dans
la chrétienté actuelle, ne le saisissent toujours pas, mais le
Sauveur en personne en a parlé à maintes reprises et l'a mis en
lumière. Il s'agit de la grande vérité que, dans tout ce que Jésus
est venu dire et faire, y compris et surtout dans sa souffrance et
son sacrifice expiatoires, il nous montrait qui est Dieu, notre
Père éternel, à quel point il est complètement dévoué à ses
enfants, quels que soient leur époque et leur pays. En parole et
en action, Jésus essayait de nous révéler et de nous faire
connaître personnellement la véritable nature de son Père, notre
Père céleste.
Il l'a fait au moins en
partie parce qu'à cette époque comme à la nôtre, nous devons tous
mieux connaître Dieu pour l'aimer plus profondément et lui obéir
plus complètement. L'Ancien
et le Nouveau Testament déclarent : « Le premier de tous les
commandements [est :] Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout
ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta
force. C'est le premier et le plus grand commandement » (Marc
12:29-30 ; voir aussi Matthieu 22:3738 ; Deutéronome 6:5).
Il n'est alors pas étonnant que Joseph Smith, le
prophète, ait enseigné : « C'est le premier principe de l'Évangile
de connaître avec certitude la personnalité de Dieu... Je veux que
vous le connaissiez tous, et que vous le connaissiez bien » (History
of the Church, 6:305). Nous devons « avoir une idée correcte
de ses... perfections et de ses attributs... [de l'admiration
pour] l'excellence de [sa] personnalité » (Lectures on Faith,
1985, p. 38, 42). La première expression de notre déclaration de
foi est « nous croyons en Dieu, le Père éternel » (Premier article
de foi). C'est ce que Jésus a fait au plus haut point. Même quand
il énonçait son rôle unique dans le plan divin, le Sauveur a
insisté néanmoins sur ce préambule sous forme de prière : « Or, la
vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai
Dieu. » (Jean 17:3)
Après que les prophètes ont essayé pendant des siècles
d'enseigner la volonté et la voie du Père à la famille humaine,
généralement avec peu de succès, Dieu a envoyé sur terre, dans un
suprême effort pour que nous le connaissions, son Fils unique et
parfait, créé à sa propre ressemblance et à sa propre image, pour
vivre et mourir parmi les mortels dans les difficultés
quotidiennes de la vie.
Venir sur terre avec une telle responsabilité, se tenir
à la place d'Élohim, parler, juger, servir, aimer, avertir,
interdire et pardonner comme il le ferait, c'est un devoir si
grand et si écrasant que vous et moi nous ne pouvons le
comprendre. Mais par une loyauté et une détermination qui sont
caractéristiques d'un enfant de Dieu, Jésus pouvait le comprendre
et l'a compris. Puis, quand la louange et l'honneur ont commencé à
lui revenir, il a humblement rendu gloire au Père.
Il a dit gravement : « Le Père... fait les oeuvres. Le
Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit
faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait
pareillement. » (Jean 14:10 ; 5:19-20). Il a dit à une autre
occasion : « Je dis ce que j'ai vu chez mon Père... Je ne fais
rien de moi-même, mais... je parle selon ce que le Père m'a
enseigné... Je suis descendu du ciel pour faire, non pas ma
volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. » (Jean 8:38, 28
; 5:30 ; 6:38)
Je fais ma propre déclaration sincère sur Dieu, notre
Père éternel, ce matin parce que certaines personnes de notre
époque sont dans la détresse du fait de la mauvaise compréhension
qu'ils ont de lui. Il y a, entre autres, chez elles la tendance à
se sentir loin du Père et même à le sentir étranger, si tant est
qu'elles croient en lui. Et si les gens croient en lui, nombreux
sont ceux qui disent actuellement qu'ils se sentiraient bien dans
les bras de Jésus, mais ils sont mal à l'aise rien que d'envisager
de rencontrer le Père qu'ils jugent sévère (Voir William Barclay,
The Mind of Jesus, 1961, surtout le chapitre « Looking at
the Cross » pour avoir un commentaire de cette tendance moderne).
Par mauvaise analyse (et sûrement parfois par mauvaise traduction)
de la Bible, ces personnes considèrent que Dieu le Père et
Jésus-Christ opèrent très différemment, bien que dans l'Ancien
comme dans le Nouveau Testament, le Fils de Dieu fasse un avec le
Père, agissant, comme il le fait toujours, sous la direction du
Père qui est le même « hier, aujourd'hui et à jamais » (Par
exemple, 1 Néphi 10:18 ; 2 Néphi 27:23 ; Moroni 10:19 ; D&A
20:12).
Si nous réfléchissons à ces malentendus, nous
comprenons que l'une des merveilleuses contributions du Livre de
Mormon est sa conception uniforme, parfaitement cohérente de la
nature divine tout au long de ce livre majestueux. On n'y trouve
pas de fossé entre Malachie et Matthieu, il n'y a aucune pause
nécessaire pour faire la transition d'une conception dogmatique à
une autre, pas d'erreur de lecture sur Dieu qui, à chaque page de
ces annales, de leur début dans l'Ancien testament jusqu'à leur
fin dans le Nouveau Testament, agit sans retard, avec amour et
avec fidélité. Oui, dans un effort pour rendre au monde sa Bible
et, du même coup, une vision correcte de la Divinité, le Livre de
Mormon donne une vision uniforme de Dieu dans toute sa gloire et
sa bonté, dans toute sa richesse et sa complexité, notamment
démontrée par une apparition en personne de son Fils unique,
Jésus-Christ.
Nous sommes très reconnaissants de toutes les
Écritures, en particulier de celles du Rétablissement, qui nous
enseignent la majesté de chaque membre de la Divinité. Combien
nous serions heureux, par exemple, si le monde entier avait
connaissance du Père et l'acceptait tel qu'il est décrit avec tant
d'émotion dans la Perle de Grand Prix !
Lors d'une grande vision du genre humain et des cieux,
Hénoc, voyant les bénédictions et les difficultés de la condition
mortelle, tourne les regards vers le Père et est stupéfait de le
voir pleurer. Abasourdi et émerveillé devant l'être le plus
puissant de l'univers, il dit : « Comment se fait-il que tu peux
pleurer... Tu es juste...miséricordieux et bon à jamais ; la
paix... est la demeure de ton trône ; la miséricorde ira devant ta
face et n'aura pas de fin ; comment se fait-il que tu peux pleurer
? »
Contemplant les événements de presque chaque jour, Dieu
répond : « Regarde ceux-ci qui sont tes frères; ils sont l'oeuvre
de mes mains... je leur ai aussi donné le commandement de s'aimer
les uns les autres et de me choisir, moi, leur Père ; mais voici,
ils sont sans affection et ils haïssent leur propre sang... c'est
pourquoi, les cieux ne pleureraient-ils pas en voyant que ceux-ci
vont souffrir ? » (Moïse 7:29-33, 37)
Cette scène simple et poignante réussit mieux à
enseigner la vraie nature de Dieu que tous les traités
philosophiques. Elle nous aide aussi à bien mieux comprendre
l'épisode vivant de l'allégorie de l'olivier dans le Livre de
Mormon où, après avoir creusé, mis de l'engrais, arrosé, désherbé,
taillé, transplanté et greffé, le grand Seigneur de la vigne jette
sa bêche et son sécateur et pleure en s'écriant à qui veut bien
l'entendre : « Qu'aurais-je pu faire de plus pour ma vigne ? »
(Jacob 5:41 ; voir aussi les versets 47, 49)
Quelle image indélébile de l'engagement de Dieu dans
notre vie ! Quelle angoisse pour un Père de voir ses enfants ne
pas le choisir et ne pas choisir « l'Évangile de Dieu » (Romains
1:1) qu'il a envoyé ! Comme c'est facile d'aimer quelqu'un qui
nous aime d'un amour aussi unique !
Bien sûr, l'abandon au fil des siècles d'une foi en un
Père aussi parfait et aimant a été aggravé par les dogmes faits
par les hommes de générations qui se trompaient et décrivaient
Dieu comme inconnu et impossible à connaître, sans parties ni
passion, intangible, immatériel, simultanément partout et nulle
part. Cela ne décrit certainement pas l'Être que nous contemplons
par les yeux de ces prophètes. Et cela ne correspond pas non plus
au Jésus de Nazareth, doté du souffle de la vie, incarné, qui
était et est « le reflet de [son Père] » (Hébreux 1:3 ; voir aussi
2 Corinthiens 4:4 ; Colossiens 1:15).
En ce sens, Jésus est venu moins pour améliorer l'image
que Dieu a des hommes que pour améliorer la vision que les hommes
ont de Dieu, et pour les supplier d'aimer leur Père céleste comme
il les a toujours aimés et les aimera toujours. Ils ont eu
l'occasion de comprendre le plan de Dieu, la puissance de Dieu, la
Sainteté de Dieu, et même la colère et le jugement de Dieu. Mais
l'amour de Dieu, l'insondable profondeur de son dévouement à ses
enfants, ils ne l'ont pas connu pleinement... avant la venue du
Christ.
En nourrissant les affamés, en guérissant les malades,
en réprimandant l'hypocrisie, en prêchant en faveur de la foi, le
Christ nous montre la nature du Père, qui « est miséricordieux,
plein de grâce, lent à la colère, longanime et plein de bonté » (Lectures
on Faith, p. 42). Dans sa vie et surtout par sa mort, le
Christ déclarait : « C'est la compassion de Dieu que je vous
montre, ainsi que la mienne. » Dans la manifestation de la
sollicitude du Père parfait par son Fils parfait, dans leur
souffrance mutuelle et leur chagrin commun pour nos péchés et nos
douleurs, nous voyons le sens suprême de la déclaration suivante :
« Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique,
afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait
la vie éternelle. Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le
monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé
par lui. » (Jean 3:16-17)
Je rends personnellement témoignage aujourd'hui que
Dieu est un personnage distinct, vivant, qui connaît notre nom,
entend nos prières et y répond, et nous chérit éternellement comme
ses enfants d'esprit. Je témoigne que, au milieu des tâches
merveilleusement complexes de l'univers, il recherche notre
bonheur et notre sécurité avant toutes ses autres préoccupations
divines. Nous sommes créés à son image et à sa ressemblance
(Genèse 1:26-27 ; Moïse 2:26-27), et Jésus de Nazareth, son Fils
unique dans la chair, est venu ici-bas et est la parfaite
manifestation terrestre de sa grandeur. Outre le témoignage des
anciens, nous avons également le miracle moderne de Palmyra,
l'apparition de Dieu le Père et de son Fils bien-aimé, le Sauveur
du monde, au jeune prophète, Joseph Smith. Je témoigne de cette
apparition et je reprends les paroles du prophète pour dire, moi
aussi : « Notre Père céleste est plus libéral dans ses vues et
plus illimité dans sa miséricorde et ses bénédictions que nous ne
sommes disposés à le croire ou à l'apprendre... Dieu ne considère
pas le péché avec indulgence, mais... plus nous nous rapprochons
de notre Père céleste, plus nous sommes disposés à éprouver de la
compassion pour les âmes qui périssent, à les prendre sur nos
épaules et à jeter leurs péchés derrière notre dos. » (Enseignements
du prophète Joseph Smith, p. 207, 194)
Je témoigne que Dieu est de cette nature. Et dans
l'esprit du saint apostolat, je dis comme l'a dit l'un des hommes
qui détenaient cet office jadis : « Et cet amour consiste, non
point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu'il nous a
ainsi aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos
péchés. Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi
nous aimer les uns les autres » (1 Jean 4:10-11) et aimer Dieu à
jamais. Je prie pour cela. Au nom sacré de Jésus-Christ. Amen.
Discours prononcé au Centre de
conférence de Salt Lake City le 5 octobre 2003, au cours de la
conférence générale de l'Église de Jésus-Christ des Saints des
Derniers Jours
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