Condamnation
de la
maltraitance
des
enfants
Gordon B. Hinckley (1910-2008 )
1982 :
On nous a encouragés à
fortifier notre foyer, à renforcer l'Esprit du Seigneur dans ce foyer, à
cultiver l'appréciation, le respect et l'affection mutuels. Il est terrible
que nous entendions parler de temps en temps d'enfants maltraités. Il s'agit
d'un mal croissant dans le monde entier. L'autre jour, en y pensant, j'ai
ouvert Doctrine et Alliances et j'ai lu ces paroles que le Seigneur a
données par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith qui connaissait alors
le malheur et la solitude dans la prison de Liberty. Il a parlé de ceux qui
lèveraient la main contre l'Église, mais le Seigneur a parlé dans un sens
plus large de ceux qui maltraiteraient les enfants. Voici ce qu'il dit :
« Malheur à eux ! Parce qu'ils ont offensé mes petits enfants, ils seront
retranchés des ordonnances de sa maison. Leur panier ne sera pas rempli,
leurs maisons et leurs granges périront, et ils seront eux-mêmes méprisés
par ceux qui les ont flattés » (D&A 121:19-20). Quelle déclaration au sujet
de ceux qui offenseraient les petits enfants ! (L’Étoile, avril 1983,
p. 156)
1985 :
On dirait que, dans le monde entier, on maltraite de plus en
plus les enfants. Peut-être cela a-t-il toujours existé, mais cela n'a pas
reçu l'attention qu'on lui accorde actuellement. Je suis heureux que ce
fléau terrible soit conspué ; il règne trop chez nous. Pères, vous ne pouvez
pas maltraiter vos enfants sans offenser Dieu. L'homme qui a commis
l'inceste est indigne de détenir la prêtrise. Il est indigne d'être membre
de l'Église, et on doit le traiter comme tel. Tout homme qui bat ou
maltraite autrement ses enfants sera tenu responsable devant notre grand
juge à tous.
Comme il est beau le foyer où
vit un homme aux manières divines, qui aime ceux qu'il a la responsabilité
de nourrir et d'élever, qui leur donne l'exemple de l'intégrité et de la
bonté, qui enseigne l'industrie et la loyauté, sans gâter ses enfants en
leur cédant tous leurs caprices mais en leur donnant un plan de travail et
de service qui soutiendra leur vie entière. Heureux l'homme dont l'épouse
rayonne d'amour, de compassion, d'ordre, de bienfaisance paisible et dont
les enfants témoignent qu'ils s'apprécient, qu'ils honorent et respectent
leurs parents, communiquent avec eux et cherchent conseil auprès d'eux. Tous
ceux qui entretiennent dans leur cœur la résolution de faire ce qui plaira
à leur Père céleste peuvent obtenir ce genre de vie de famille. (L’Étoile,
juillet 1985, p. 47)
Il est si manifestement
évident que tout le bien et tout le mal que l'on trouve dans le monde
aujourd'hui sont les fruits doux et amers de l'éducation des enfants d'hier.
Tel que nous éduquons la nouvelle génération, tel sera le monde dans
quelques années. Si vous vous souciez de l'avenir, alors voyez aujourd'hui
l'éducation des enfants. Dans une grande mesure, la rudesse qui caractérise
tant de membres de notre société aujourd'hui provient de la rudesse
manifestée aux enfants il y a quelques années.
Garçons et filles, nous
aimions la paroisse où nous habitions. Il y avait toutes sortes de gens dans
cette paroisse-là, et je crois que je les connaissais tous, car les gens
changeaient rarement de domicile à cette époque. Je crois que je les aimais
tous, à la seule exception d'un homme. Je dois le confesser, je détestais
cet homme. Depuis ce temps-là, je me suis repenti de ce sentiment, mais
quand j'y songe, j'en ressens encore l'intensité. Ses jeunes fils étaient
nos amis, mais lui, je le considérais comme mon ennemi. Pourquoi cette
aversion ? Parce qu'il avait un tempérament très colérique qui éclatait à
la moindre provocation. Il abreuvait d'injures ses enfants et les frappait
d'une façon que je n'ai jamais oubliée.
C'était peut-être à cause du
foyer où j'avais grandi, où il y avait un père qui, par une sorte de
sérénité magique, pouvait punir ses enfants sans avoir recours à des
châtiments corporels, bien que de temps en temps nous l'ayons mérité. J'ai
vu les fruits du tempérament colérique de notre voisin se manifester dans
la vie agitée de ses enfants.
Je n'hésite pas à affirmer
qu'aucun homme professant être disciple du Christ et membre de cette Eglise
ne peut maltraiter ses enfants sans offenser Dieu, qui est leur Père, et
sans répudier les enseignements du Sauveur et de ses prophètes. C'est Jésus
lui-même qui a déclaré : « Si quelqu'un était une occasion de chute pour un
de ces petits… il serait avantageux pour lui qu'on suspende à son cou une
meule de moulin et qu'on le noie au fond de la mer » (Matthieu 18:6).
Brigham Young a dit :
« Élevez vos enfants dans l'amour et la crainte du Seigneur ; étudiez leur
mentalité et leur tempérament et traitez-les en conséquence, ne vous
laissant jamais aller à les discipliner sous le coup de la colère ;
enseignez-leur à vous aimer plutôt qu'à vous craindre » (Discours de
Brigham Young, p. 228).
La discipline dure et cruelle
mène inévitablement non pas à la réforme mais plutôt au ressentiment et à
l'amertume. Elle ne guérit rien. Elle ne fait qu'aggraver le problème. Elle
est inutile. Le Seigneur, en déterminant l'esprit dans lequel son Église
doit être gouvernée, nous a montré comment nous devons gouverner notre
foyer, par cette révélation :
« Aucun pouvoir, aucune
influence ne peuvent ou ne devraient être exercés ... autrement que par la
persuasion, la longanimité, la gentillesse, l'humilité et l'amour sincère ;
« Réprimandant avec sévérité,
sous l'inspiration du Saint-Esprit (et seulement alors, je pense), et
faisant preuve ensuite d'un redoublement d'amour envers celui que tu as
réprimandé, de peur qu'il ne croie que tu es son ennemi ;
« Afin qu'il sache que ta
fidélité est plus forte que les liens de la mort (D&A 121:41, 43-44).
Paul a écrit aux Éphésiens :
« Et vous, pères, n'irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les
corrigeant et en les avertissant selon le Seigneur» (Éphésiens 6:4).
Quand de petits problèmes
surgissent, ce qui est inévitable, maîtrisez-vous. Rappelez-vous la
sagesse que contient cet ancien proverbe : « Une réponse douce calme la
fureur » (Proverbes 15:1).
Il n'y a pas, dans le monde entier, de discipline comparable
à celle de l'amour. Son pouvoir magique est bien unique. (L’Étoile, octobre
1985, pp. 2-4)
1994 :
Il y a un phénomène
terrible, inexcusable et mauvais ; celui des mauvais traitements et des
sévices sexuels.
Il n'est pas nécessaire. Il est
injustifiable. Il est indéfendable.
Pour ce qui est des mauvais
traitements, je n'ai jamais admis le principe qu'une fessée évite d'avoir
des enfants gâtés. Je serai toujours reconnaissant à mon père de n'avoir
jamais levé la main sur ses enfants. Il avait le talent merveilleux de leur
faire savoir ce qui était attendu d'eux et leur donnait les encouragements
pour l'accomplir.
Je suis convaincu que les
pères violents font des fils violents. Je suis bien certain que de tels
châtiments, dans la plupart des cas, font plus de mal que de bien. Les
enfants n'ont pas besoin d'être battus. Ils ont besoin d'amour et
d'encouragement. Ils ont besoin de pères qu'ils peuvent regarder avec
respect plutôt qu'avec peur. Par-dessus tout, ils ont besoin d'exemple.
J'ai lu récemment une
biographie de George H. Brimhall, qui a été président de l'université
Brigham Young. À son sujet, quelqu'un a dit : « Il a élevé ses garçons avec
une canne …une canne à pêche ». Tout est dit.
Il y a aussi la terrible et
perverse pratique des sévices sexuels. Cela dépasse l'entendement. C'est une
offense à la décence qui devrait se trouver dans chaque homme et dans chaque
femme. C'est une violation de ce qui est sacré et divin. C'est destructeur
pour les enfants. C'est répréhensible et cela mérite la condamnation la plus
sévère.
Honte à tout homme ou à toute
femme qui a commis des sévices sexuels sur un enfant. En le faisant, le
coupable ne commet pas seulement le genre de blessure le plus grave, mais
il se condamne devant le Seigneur.
C'est le maître lui-même qui
a dit : « Mais, si quelqu'un scandalisait un de ces petits qui croient en
moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on suspendît à son cou une meule de
moulin, et qu'on le jetât au fond de la mer » (Matthieu 18:6). Comment
aurait-il pu parler en des termes plus forts ?
Quand le Seigneur ressuscité
est apparu sur le continent américain et a instruit le peuple, le récit déclare que
tandis qu'il leur parlait : « il pleura ...et il prit leurs petits enfants
un à un, et les bénit, et pria le Père pour eux. Et lorsqu'il eut fait cela,
il pleura de nouveau » (3 Néphi 17:21-22).
Il n'y a pas d'image plus
tendre et plus belle dans tous les écrits sacrés que ce langage simple
décrivant l'amour du Sauveur pour les petits enfants.
Parmi toutes les joies de la
vie, aucune n'est égale à celle que ressentent des parents heureux. Parmi
toutes les responsabilités avec lesquelles nous sommes aux prises, aucune
n'est aussi sérieuse. Élever des enfants dans une atmosphère d'amour, de
sécurité et de foi est la plus édifiante de toutes les épreuves. Le bon
résultat de tels efforts devient la compensation la plus satisfaisante de la
vie.
Joseph F. Smith a dit un
jour : « Après tout, la grandeur la plus véritable, c'est bien faire ce que
Dieu a voulu être le lot commun de toute l'humanité. Être bon père ou bonne
mère est plus grand que d'être bon général ou bon homme d'État. L'un est
d'une grandeur universelle et éternelle, l'autre est éphémère» (Doctrine
de l'Évangile, p. 285).
Je suis bien convaincu
qu'aucune autre expérience de la vie ne nous permet d'approcher davantage
des cieux que celle que vivent les parents et les enfants heureux.
Mon souhait - et j'aurais
aimé être plus éloquent pour l’exprimer - est que nous sauvions les enfants.
Trop d'entre eux dans ce monde vivent dans la souffrance et la peur, dans la
solitude et le désespoir. Les enfants ont besoin de la lumière du soleil.
Ils ont besoin d'être heureux. Ils ont besoin d'amour et de nourriture. Ils
ont besoin de gentillesse, de tendresse et d'affection. Chaque foyer, quel
que soit le prix de la maison, peut fournir un environnement d'amour qui
deviendra un environnement de salut.
Je vais vous lire une lettre
qui m'est parvenue l'autre jour. Elle parle du genre de foyer que j'ai à
l'esprit. Elle dit :
« Je voulais vous écrire pour
vous dire que la vie est bonne. Je suis assise, regardant par la fenêtre les
belles montagnes, le pommier dans le jardin chargé de fruits presque mûrs ;
deux colombes que nous avons nourries, observées tout l'été mangent sur une
mangeoire, et le temps s'est finalement rafraîchi.
« Mon mari et moi sommes
mariés depuis vingt-six ans, et nous avons cinq beaux enfants, deux gendres
et un foyer paisible et heureux. Je suis émerveillée par l'amour du Seigneur
dans notre vie. Il suit notre mariage et notre famille comme un fil. Je n'ai
pas de quoi me plaindre, et mes jeûnes sont presque tous des jeûnes de
reconnaissance.
« Mon mari est dans la
présidence de pieu et j'enseigne la classe de Doctrine de l'Évangile. Nous
avons toujours servi dans l'Église, et nous nous en réjouissons toujours.
Nous aimons l'Évangile, et c'est merveilleux d'observer nos enfants grandir
en faisant la même chose.
« En fait, je voulais
seulement vous dire que notre vie est pleine d'amour, de joie, de
satisfaction et de gratitude ».
Est-ce que cette image est
trop belle pour être vraie ? Celle qui a écrit ne le pense pas. Est-ce trop
idéaliste ? Je ne le pense pas. Je ne connais pas la taille de cette maison
ou de son jardin. Cela n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est l'esprit
dans ce foyer, le développement de l'amour d'un homme bon qui détient la
prêtrise de Dieu et d'une femme bonne dont le cœur est plein d'une véritable
affection et de gratitude, et d'enfants nés d'un bon mariage qui ont été
élevés dans un environnement paisible et où l'on prie.
Vous n'avez peut-être pas de
montagne à regarder là où vous demeurez. Vous n'avez peut-être pas de
pommier dans le jardin. Vous n'avez peut-être pas d'oiseaux à nourrir devant
vos fenêtres. Mais vous pouvez avoir en tant que mari et femme, père et mère
et enfants qui vivent ensemble l'amour, le respect, l'autodiscipline et la
prière, si vous le voulez bien.
La vieille forêt brûle et
meurt. Mais il y en a une nouvelle à ses racines, qui est pleine d'un
potentiel merveilleux. C'est une belle chose à regarder ; elle est destinée
à croître. C'est l'œuvre de Dieu, une partie de son plan divin.
Sauvez les enfants. Trop dans
ce monde souffrent et pleurent. Que Dieu nous aide à nous souvenir d'eux, à
les élever et les guider quand ils marchent sur des sentiers dangereux, à
prier pour eux, à les bénir, les aimer, les garder en sécurité jusqu'à ce
qu'ils puissent s'appuyer sur leur propre force. (L’Étoile, janvier
1995)
1998 :
Nous
condamnons avec force toute forme de sévices. Nous dénonçons les sévices
physiques, sexuels, verbaux et émotionnels à l'encontre du conjoint ou des
enfants. Notre Déclaration au monde à propos de la famille indique : « Le
mari et la femme ont la responsabilité solennelle de s'aimer et de se chérir
et d'aimer et de chérir leurs enfants ... Les parents ont le devoir sacré
d'élever leurs enfants dans l'amour et la droiture, de subvenir à leurs
besoins physiques et spirituels ... Les maris et les femmes (les mères et
les pères) seront responsables devant Dieu de la manière dont ils se seront
acquittés de ces obligations » (Déclaration au monde, 1995).
Nous faisons tout notre possible pour
éliminer ce terrible mal. Quand l'égalité est reconnue entre le mari et la
femme, quand il est reconnu que chaque enfant qui naît dans le monde est un
enfant de Dieu, alors il s'ensuit un plus grand sens de la responsabilité
d'élever, d'aider, d'aimer inconditionnellement ceux dont nous sommes
responsables.
L'homme qui fait subir des sévices à sa
femme ou à ses enfants n'est pas digne de détenir la prêtrise de Dieu.
L'homme qui fait subir des sévices à sa femme ou à ses enfants n'est pas
digne d'être considéré comme un bon membre de l'Église. Faire subir des
sévices à son conjoint et à ses enfants est une très grave offense devant
Dieu, et ceux qui le font doivent s'attendre à une action disciplinaire de
l'Église. L’Étoile, janvier 1999, pp. 84-85)
1999 :
Vous, hommes qui êtes mariés, vous avez la grande responsabilité d’être des
hommes bons et d’être de bons maris ! Ne maltraitez jamais votre femme. Ne
maltraitez jamais vos enfants. Mais prenez-les dans vos bras et faites leur
sentir votre amour, votre appréciation et votre respect. Soyez de bons
maris. Soyez de bons pères.
(L’Étoile, juin
1999, p. 4)
2007 :
Parents, faites
preuve d'une grande gentillesse envers vos enfants. Ils sont la génération
montante qui fera honneur à votre nom. (Le Liahona, mai 2007, p. 105)
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