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C'est quoi,
les mormons ?
Gordon B.
Hinckley (1910-2008)
Assistant des
Douze de 1958 à 1961
Membre du collège
des Douze de 1961 à 1981
Conseiller dans la
Première Présidence de 1981 à 1995
Président de
l’Église de 1995 à 2008
C’est quoi, les mormons ?
Cette question est
posée très sérieusement depuis plus d'un siècle. Au cours de toutes ces
années, on y a répondu de diverses manières. Les ouvrages qui ont été
écrits sur la question remplissent à eux seuls des mètres de rayons de
bibliothèque. C'est le sujet d'innombrables articles de magazines, de
feuilletons, de brochures et de discours. Dans les premiers temps de
l’Église, ces écrits et ces discours avaient surtout pour objectif de lui
porter préjudice car, le plus souvent, la question était posée dans un
esprit d'ironie et de médisance alimentés par l’ignorance et le fanatisme.
Fort heureusement, cela a changé. Une question posée honnêtement demande
une réponse honnête. C'est quoi, les mormons ? Qui
sont-ils ? Quelles sont leurs croyances ? Quel est leur
programme ? Comment sont-iIs
organisés ?
Qui sont-ils ?
Ils sont membres
de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Tout comme les convertis
de l'Église du Christ au premier siècle furent appelés chrétiens, de même,
au dix-neuvième siècle, ceux qui déclarèrent croire au Livre de Mormon
furent appelés mormons. Ce surnom est resté, et il ne semble pas qu'il soit
question de le changer, bien que, progressivement, il soit remplacé par le
terme saint des derniers jours. Cette expression aussi demande une
explication. Il ne faut pas comprendre le terme saint au sens que lui ont
donné la tradition et les pratiques du catholicisme romain, mais au sens
général, celui dans lequel Paul l'utilisait quand il écrivait à ceux qui
avaient accepté d'être membres de l'Église primitive. Car les mormons ne se
considèrent comme des saints que dans le sens où ils croient en
Jésus-Christ et sont membres de son Église.
Protestants ou catholiques ?
Comme ils ne sont
pas catholiques, on les range, en général, dans la catégorie des
protestants. En réalité, ils ne sont pas plus proches du protestantisme que
du catholicisme. On ne peut les rattacher à l'un ou à l'autre, ni
historiquement ni par la théologie ou les pratiques. Le mouvement n'est pas
issu d’une dissension avec une Église chrétienne déjà existante. Il ne
provient pas non plus d'un schisme au sein d'une Église. Nous parlerons de
ses origines plus en détail par la suite. Qu'il suffise de dire que sa
théologie, son organisation et ses pratiques sont, par de nombreux aspects,
totalement originales parmi les Églises chrétiennes d'aujourd'hui.
Qui sont ces gens ?
Ce sont des
enseignants, des fermiers, des artisans, des médecins, des banquiers, des
commerçants, etc. Ils couvrent toutes les branches du monde actif. On les
trouve aux postes de responsabilité du gouvernement, du monde de la finance
et de l'industrie. Leurs noms figurent dans les facultés de plusieurs
grandes universités américaines. On en trouve un pourcentage inhabituel
dans le Who's Who in America,
l’annuaire des gens importants ou célèbres en Amérique. Plus de cent mille
d'entre eux ont servi dans les forces armées pendant la Seconde Guerre
mondiale.
Ce sont des hommes
et des femmes comme les autres. Ils ne portent pas de vêtements
distinctifs, mais ils professent des croyances et accomplissent des choses
qui les distinguent des autres.
Où vivent-ils ?
Partout dans le monde.
On trouve des assemblées fortes de l'Église dans tous les États des
États-Unis et dans toutes les provinces du Canada. On en trouve dans tous
les États du Mexique, dans tous les pays d’Amérique centrale et dans tous
les pays d’Amérique du Sud. On en trouve en Australie, en Nouvelle-Zélande
et dans les îles d’Océanie. L’Église est bien
implantée dans les nations de l’orient. Elle est dans tous les pays
d’Europe occidentale et dans une grande partie d’Europe de l’Est ;
Elle est également fermement établie en Afrique. Elle s’étend à quelque 160
pays et compte plus de onze millions de croyants.
La doctrine
mormone est la même à Stockholm qu'à Salt Lake
City. Sa philosophie, ses enseignements, son organisation locale sont
semblables dans le monde entier. Cependant, comme on peut s’y attendre, les
programmes de l'Église sont mieux développés, et les fruits en sont plus
visibles dans les régions où il y a le plus de membres de l’Église et où
son action se poursuit depuis plus longtemps qu’ailleurs.
Depuis 2002, il y
la plus de membres de l’Église à l’extérieur qu’à l’intérieur États-Unis.
L’Église est, par le nombre de ses membres, la
cinquième religion des États-Unis. C’est dans l’État d’Utah qu’on en compte
le plus. On trouve cependant une assez grande population de saints des
derniers jours en Idaho, en Arizona, en Californie et dans d'autres États
de l'Ouest, et des assemblées nombreuses dans toutes les grandes villes et
dans la plupart des villes moyennes.
Parce que la
région qui est située entre les montagnes Rocheuses a été, à l'origine,
colonisée par les mormons, Salt Lake City est
appelée la ville mormone et l'Utah un État mormon. Mais ce sont les gens de
l'extérieur qui les appellent ainsi. Ceux qui y habitent, qu'ils soient ou
pas mormons, n'y pensent pas. Il n'y a pas de distinctions de classes ni
aucune trace de ségrégation religieuse. L'un des maires les plus respectés
de Salt Lake City était juif et il fut aussi l'un
des gouverneurs les plus remarquables de l'État.
Bien sûr, tous les
membres de l'Église ne sont pas pratiquants. Comme dans toute autre grande
organisation, il y en a qui ne sont membres que de nom. Cependant, et cela
plus qu'ailleurs, il y en a un grand nombre qui sont très pratiquants.
C'est un phénomène religieux moderne que de trouver une centaine de grandes
assemblées de l’Église qui se réunissent tous les dimanches dans une ville
de moins de 200 000 habitants.
Il y a des
localités où tant de personnes participent à la vie de l'Église, qu'il a
fallu les diviser en deux groupes ou davantage, qui tiennent leurs réunions
à tour de rôle dans un même bâtiment, le seul disponible. Plusieurs églises
mormones reçoivent trois paroisses de membres, chacune se composant
d'environ neuf cents personnes. Leurs réunions s’étalent depuis tôt le
dimanche matin jusqu'au soir tard, selon un emploi du temps soigneusement
établi. Des soirs de la semaine, ainsi que quelques après-midi, sont aussi
occupés par des activités de l'Église auxquelles les membres viennent en
nombre croissant. De nombreux projets de construction sont en cours de
réalisation pour remédier à ces conditions.
Comment l'Église est-elle organisée ?
Chaque membre de
l'Église appartient à une paroisse (dans les grands centres de population)
ou à une branche (dans les régions où la population est moindre). Les
branches, comme les paroisses, sont des unités de l'Église regroupant tous
les membres d'un secteur géographique précis.
Une paroisse
comprend en général de 450 à 1 200 membres. Dans des endroits comme Salt Lake City, le territoire de la paroisse peut ne
comprendre que trois ou quatre pâtés d’immeubles, tandis que dans les
régions rurales, il peut s’étendre sur de nombreux kilomètres carrés. En
général, chaque paroisse a son propre bâtiment qui comprend une chapelle,
des salles culturelles et des salles de classe. Cependant, comme cela a été
mentionné, il arrive souvent depuis ces dernières années que deux ou
plusieurs paroisses partagent un même bâtiment.
Plusieurs
paroisses forment une unité ecclésiastique plus grande appelée pieu. Un
pieu correspond en gros à un diocèse. Il y a dans l'Église plus de
vingt-six mille paroisses et branches groupées en plus de deux mille six
cent pieux. On trouve des pieux dans tous les États-Unis, dans les îles
Britanniques, en Europe, dans les îles du Pacifique, en Amérique centrale,
en Amérique du Sud, etc.
Dans les régions
où les membres de l’Église sont moins nombreux, plusieurs branches forment
un district et plusieurs districts forment une mission.
Et le clergé
mormon ? Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est différent de
ce que I’on connaît de nos jours. Il n’y a pas de ministère rémunéré ou
professionnel. Seule une centaine d’Autorités générales et les présidents
de mission reçoivent une indemnité pour vivre. Ajoutez à ceux-ci quelques
spécialistes et une équipe d'employés qui travaillent à plein temps pour
l'Église. Ce sont les seuls qui peuvent être classés comme personnel
rémunéré. Sur le terrain, les responsabilités sont assumées par l'ensemble
des membres qui non seulement ne reçoivent aucune rémunération mais encore
sacrifient généreusement, en plus de leur temps et de leurs talents, de
leur argent. Chaque paroisse est présidée par un évêque. Ce peut être un
avocat, un professeur, un commerçant, un artisan ou tout homme qui exerce
un métier honorable. Ce doit être un homme intègre, actif et dévoué à
l'Église. Il doit avoir une bonne réputation dans la collectivité où il
vit. Il a des responsabilités semblables à celles des pasteurs ou des
prêtres des autres Églises. Il prépare et dirige les services de culte,
bénit les malades, veille à ce que de l’aide soit apportée aux nécessiteux,
dirige les funérailles et a mille autres tâches qui viennent naturellement
s'ajouter lorsqu’on doit s'occuper du bien-être d'un groupe important de
personnes.
Comment peut-il
faire ceci tout en gagnant sa vie et celle de sa famille ? Il faut
bien admettre que c'est un lourd fardeau, mais qui est porté en général
avec joie. Cependant, il serait impossible à un homme de le porter tout
seul. La solution à ce problème, c'est l'organisation. Tous ceux qui sont
pratiquants et qui sont assez âgés pour participer à l’édification de
l’Église peuvent recevoir une responsabilité, si ce n’est plusieurs. En
général, on trouve le plus grand enthousiasme chez ceux qui en font le
plus. L’organisation qui rend possible cette œuvre fera l'objet d'une
explication dans les paragraphes suivants.
Quelles sont
leurs croyances ?
Les saints des
derniers jours ont pour doctrine religieuse toutes les doctrines fondamentales
et les principes de vie du Nouveau Testament. Ils enseignent la Règle d'Or,
la nécessité des oeuvres, de la foi, de la repentance, du baptême, de la
vertu et de l'honneur, la nécessité et l'efficacité de la prière. En cela,
ils peuvent n'apparaître que comme une Église de plus parmi les nombreuses
Églises chrétiennes.
Pourtant, ils ont
souvent été considérés comme des hérétiques. En effet, on ne trouve pas
dans leur théologie les croyances officielles des Églises romaine et
protestante. Et c’est bien normal puisque le mormonisme n’est issu d’aucune
Église actuelle.
Les enseignements
de la Bible sont complétés par ce que les saints des derniers jours
appellent la révélation moderne. C'est cette combinaison de la révélation
ancienne et moderne qui a donné au mouvement sa vigueur particulière et son
cachet.
Dieu et l'homme
Le premier
enseignement de l’Église, c'est la croyance en Dieu le Père, en son Fils
Jésus-Christ, et au Saint-Esprit. Mais la conception mormone ne se présente
pas sous forme de vagues croyances. Elle est simple et précise.
Dieu a la forme
d'un homme. C'est un personnage réel. Il parle et il a parlé à l'homme. Par
rapport aux normes humaines, il est tout-puissant et d'une sagesse infinie.
Mais il est également bon et compatissant. Il est le père des esprits de
tous les hommes et il porte à ses enfants l’intérêt et l'affection d'un
père. Son oeuvre et sa gloire, c'est leur bonheur éternel de l’humanité.
Jésus-Christ est
son Fils, engendré dans la chair. Il a vécu, il est mort, et il est
ressuscité au sens littéral du texte du Nouveau Testament. Il est le
Sauveur et le Rédempteur des hommes, conformément à un plan établi avant
que le monde ne fût créé. Mais c'est un être vivant, ayant une forme et une
personnalité distinctes. Le Saint-Esprit est un
personnage d'esprit, mais il a lui aussi une personnalité individuelle
distincte.
Ces trois
personnages constituent la divinité. La doctrine est explicite. Elle est le
résultat d'une expérience remarquable qui sera relatée ici. L'effet de
cette doctrine est puissant. Ceux qui l'ont acceptée prient Dieu comme
étant réellement une personne proche d'eux.
Et l'homme ?
L'homme est en
réalité un enfant de Dieu. Rien, dans l'univers, n'est plus important que
l’être humain. Son esprit fut engendré de Dieu ; en conséquence, tous
les êtres humains sont frères et sœurs au sens littéral du terme. Dans la
conception mormone, les expressions « paternité de Dieu » et
« fraternité humaine » prennent un sens plein et nouveau.
L'être humain est
la plus grande création de Dieu. C'est pour lui que le monde a été formé.
C'est son bonheur qui est le plus grand souci du Père. Mais Dieu n'a pas
fait de l'homme un pion. Il exhorte, il dirige mais ne force jamais.
L'homme est libre de choisir son chemin. Il n'y a rien, dans la théologie
mormone, qui ressemble à la doctrine de la prédestination. Le libre arbitre
est un don sacré accordé par Dieu. Voilà la réponse à la vieille
question : Si Dieu aime vraiment ses enfants, pourquoi permet-il la
guerre et le mal ? C'est parce qu'il ne veut pas violer le droit donné
à l'homme de choisir son chemin entre le bien et le mal, entre la vie et la
destruction.
Est-ce que Dieu
aide ceux qui le cherchent ? Oui, mais toutes les bénédictions sont
promises sous réserve d'obéissance à la loi. L'homme, par conséquent, doit
vivre selon les principes divins s'il veut avoir droit aux bénédictions de
Dieu. Seuls ceux qui le cherchent et veulent faire sa volonté sont en mesure de réclamer ses bénédictions.
Quelle est la durée de la vie ?
L'homme est un
être éternel. C'est en tant qu’individu, formé d'une substance spirituelle,
qu'il a vécu avant de venir sur la terre. C'est cette grande vérité que le
poète anglais William Wordsworth a exprimée en ces vers :
Notre naissance
n'est qu'un sommeil et un oubli
L'âme qui
s'élève avec nous, étoile de notre vie,
A pris
ailleurs son départ
Et vient de
bien loin ;
Nous n'avons
pas complètement oublié
Et nous ne
sommes pas entièrement nus,
C'est en
traînant des nuées de gloire que nous venons
De Dieu, qui
est notre foyer.
La vie sur terre,
dans un corps mortel, n'est qu'une étape dans la grande marche éternelle.
Ici, nous avons la possibilité de faire notre expérience, de nous
améliorer, de progresser. Et c'est sur la base de ce que nous croyons ici
que nous continuerons à vivre et à progresser dans la vie au-delà de la
tombe.
Dans la vie à
venir, nous ne serons pas arbitrairement divisés en deux groupes
fixes : ceux qui vivront au ciel et ceux qui vivront en enfer. Jésus a
déclaré : « II y a plusieurs demeures dans la maison de mon
Père ». Il y aura de nombreux degrés et paliers. Nous pourrons être
actifs et continuer à apprendre. Nous nous
connaîtrons là-bas, comme nous nous connaissons ici. Notre personnalité
sera la même. « Quel que soit le principe d'intelligence que nous
atteignions dans cette vie, il se lèvera avec nous dans la
résurrection ». « La gloire de Dieu, c'est l'intelligence ».
Ces phrases sont bien connues des saints des derniers jours. La vie a un
sens. Elle est un facteur de progression. Elle mène à la divinité. Il n'y a
rien, dans la philosophie des saints des derniers jours, qui ressemble à la
réincarnation, au nirvâna, à un paradis statique, ni à un enfer aux flammes
dévorantes. Le ciel, c'est le niveau atteint par les efforts faits pour
s'améliorer, s'accomplir. C'est l'endroit où se trouveront ceux qui ont
atteint leur but par l'obéissance aux commandements de Dieu.
La prêtrise
Dans le mormonisme,
la prêtrise a un sens à peu près semblable à celui qu'on lui donne dans les
autres Églises : le droit d'agir au nom de Dieu. Mais chez les saints
des derniers jours, elle n'est pas réservée à un petit nombre qui a reçu
une formation particulière dans des séminaires et des universités.
Chaque homme et
chaque garçon de plus de douze ans peut détenir la
prêtrise s'il se conforme aux principes de l'Église.
Il y a deux ordres
de la prêtrise : la prêtrise d'Aaron et la prêtrise de Melchisédek. La prêtrise d'Aaron s'occupe des affaires
temporelles de l'Église ; la prêtrise de Melchisédek,
qui est l'ordre le plus élevé, embrasse toute l'autorité de la prêtrise
d'Aaron et s'occupe surtout des affaires spirituelles.
À l'intérieur de
ces deux ordres, il y a différents degrés : diacres, instructeurs et
prêtres, dans la Prêtrise d'Aaron ; ancien, soixante-dix et grand-prêtre, dans la Prêtrise de Melchisédek.
Les garçons sont ordonnés diacres à douze ans, à condition qu'ils mènent
une vie conforme aux principes de l'Évangile. Au fur et à mesure qu'ils
avancent en âge, ils sont ordonnés aux divers offices de la prêtrise, selon
leur dignité. Chaque office comporte des responsabilités et des pouvoirs
particuliers. Parmi ceux-ci, il y a l'autorité de baptiser, d'administrer
la Sainte-Cène, de présider un groupe et, dans le
cas le plus élevé, de présider l'Église elle-même.
Si la prêtrise
confère l'autorité de gouverner l'Église et ses membres dans leurs
activités religieuses, la façon dont elle doit être exercée est clairement définie. La loi de l'Église, que les
saints des derniers jours croient être édictée par Dieu, est la
suivante : « Aucun pouvoir, aucune influence ne peuvent ou ne
devraient être exercés en vertu de la prêtrise autrement que par la persuasion,
par la longanimité, par la gentillesse et la douceur, et par l'amour
sincère, par la bonté et la connaissance pure qui élèveront
considérablement l'âme sans hypocrisie et sans fausseté ».
La révélation
Le principe de la
révélation moderne est fondamental dans la théologie mormone. « Nous
croyons tout ce que Dieu a révélé, tout ce qu'il révèle maintenant, et nous
croyons qu'il révélera encore beaucoup de choses grandes et importantes
concernant le royaume de Dieu ». Telle est l’affirmation officielle de
la doctrine.
Les juifs et les chrétiens affirment en général que Dieu
s'est révélé et a dirigé des hommes choisis dans les temps anciens. Le
mormonisme affirme que la nécessité d'être guidé par Dieu est aussi grande
dans le monde moderne, qui est complexe, qu'elle l'était à l'époque
relativement simple des Hébreux. Il est vrai que les vérités fondamentales
de l'Ancien et du Nouveau Testament doivent être appliquées de la même
façon qu'au temps où elles ont été prononcées. Cependant, la vie moderne
pose des problèmes qui étaient inconnus il y a plusieurs siècles. De plus,
quelques-uns des enseignements bibliques ont été interprétés de façons si
différentes que de nombreuses personnes ne savent plus qui croire.
Si Dieu a parlé
autrefois, est-il déraisonnable de croire qu'il peut parler à notre
époque ? Quel homme contesterait à Dieu le droit de s'exprimer ?
Le mormonisme affirme être la révélation moderne d'anciens
principes donnés par Dieu, confirmés et complétés par lui de nos jours.
Et la Bible ?
La Bible est la
parole de Dieu, écrite par les hommes. Elle est à la base des enseignements
mormons. Mais les saints des derniers jours reconnaissent que des erreurs
se sont glissées dans cet ouvrage sacré au cours de sa propagation. De
plus, ils ne le considèrent pas comme un guide complet. Les dizaines et les
dizaines de différentes organisations religieuses fondées sur la Bible et
les interprétations différentes des doctrines de base qui ont mené à la
création de centaines d’Églises différentes représentent un témoignage
évident que la Bible n'est pas suffisante.
Chez les saints
des derniers jours, trois livres saints complètent la Bible. Ils
constituent, avec la Bible, les ouvrages canoniques de l'Église. Ce
sont : le Livre de Mormon, les Doctrine et Alliances et la Perle de
Grand Prix. Les enseignements qu'ils contiennent confirment ceux de la
Bible. Ils affirment que les Écritures hébraïques sont de source divine et
éclairent de nombreuses doctrines qui y sont mentionnées et pour lesquelles
les hommes se disputent depuis des siècles.
Le mariage
Pour beaucoup de
gens, le mormonisme signifie une seule chose : la polygamie. On en a
fait des gorges chaudes dans tous les pays du monde, et ces histoires ont
été très populaires. Mais, comme peu à peu la réalité des faits a fini par
s'imposer, de tels écrits ont pratiquement disparu.
La vérité à ce
sujet est que le mormonisme affirme être le rétablissement de l'œuvre
que Dieu a accomplie à toutes les époques qui nous ont précédés, depuis le
commencement. L'Ancien Testament enseigne que les
patriarches, les hommes qui avaient la faveur de Dieu aux temps anciens,
avaient plusieurs femmes, et cela par ordre divin. Au cours du
développement de l'Église au XIXe siècle, il fut
révélé au chef de l'Église que cette pratique du mariage plural devait être
rétablie.
Ce fut un rude
choc à l'annonce de cette doctrine. La plupart des convertis au mormonisme
étaient d'anciens puritains de la Nouvelle-Angleterre. On raconte que peu
de temps après que Brigham Young ait eu connaissance
de cette doctrine, il dit, en voyant passer dans la rue un cortège funèbre,
qu'il prendrait bien volontiers la place de l'homme qui était dans le
cercueil plutôt que d'affronter la mise en application de cette doctrine.
Néanmoins, les
dirigeants de l’Église l'acceptèrent comme un commandement venu de Dieu. Et
ce ne fut pas facile. Seuls ceux qui avaient la foi la plus forte et qui
s'étaient montrés capables de subvenir aux besoins de plus d'une famille
furent autorisés à contracter le mariage plural. Il n'y eut jamais à aucune
époque plus de 3% des familles de l'Église qui fussent polygames. Cette
pratique était considérée comme un principe strictement religieux.
A la fin des
années 1880, le Congrès américain prit diverses mesures interdisant cette pratique
et, quand la Cour Suprême des États-Unis déclara que la loi était
constitutionnelle, l'Église manifesta sa volonté de s'y soumettre. Il ne
pouvait d’ailleurs pas en être autrement, l'un des enseignements de base de
l’Église étant l'obéissance à la loi du pays. Ceci se passait en 1890.
Depuis cette date, les officiers de l'Église n'ont jamais célébré de
mariage plural et les membres qui l'ont pratiqué ont été excommuniés.
Cependant, à cause de faux renseignements habilement colportés, de
nombreuses idées ridicules de cette pratique ont persisté et ont abîmé la
véritable image de la doctrine du mariage chez les saints des derniers
jours.
Le mariage, dans
la théologie mormone, est un contrat sacré, divinement ordonné. Par
l'autorité de la prêtrise, un homme et une femme sont unis pour être époux
et épouse légitimes, non seulement pour cette vie, mais encore pour
l'éternité. Ces mariages sont célébrés seulement dans les temples sacrés
(il y en a près de 120 de nos jours) et ne peuvent l'être que par ceux qui
en ont reçu l'autorité.
L'Église insiste beaucoup sur la sainteté du foyer et
enseigne que les enfants sont une bénédiction de Dieu. Il n'y a pas de
principe sur lequel les saints des derniers jours insistent davantage que
celui du caractère sacré de l'alliance du mariage. Dans la théologie
mormone, la gravité de l'adultère vient immédiatement après celle du
meurtre. L'Église enseigne une moralité stricte
et met tout en oeuvre pour montrer aux jeunes la nécessité de la pureté
morale et les bénédictions qu’elle engendre d'un mariage heureux.
La Parole de Sagesse
La théologie
mormone traite de sujets aussi éloignés que la nature du ciel et les
méfaits de l'alcool. C'est que, dans la philosophie de ce système, les deux
sont étroitement liés. Notre corps est sacré. L'homme est créé à l'image de
Dieu. Son énergie doit être utilisée pour l'amélioration de sa propre
condition, celle de ses proches et de son entourage. Son corps est le
tabernacle de son esprit et se lèvera avec lui dans la résurrection.
En résumé, le
corps humain est considéré comme sacré. C'est pourquoi on ne doit pas
détériorer et gaspiller sa santé. A la lumière de cette philosophie, les
membres de l'Église sont encouragés à s'abstenir d'alcool, de tabac et de
toute autre substance nocive qui porterait atteinte à leur santé et à leur
équilibre. L'effet de ces enseignements sur cent cinquante ans de mise en
pratique est démontré par la comparaison des statistiques de santé.
Etablies sur des moyennes de groupes, elles font ressortir que les mormons
vivent plus longtemps et ont une meilleure santé que les autres habitants
des États-Unis et des autres pays dont les statistiques ont été publiées
par la Ligue des Nations.
L'éducation
Selon la théologie
mormone, s’instruire est non seulement souhaitable mais encore nécessaire
dans la progression éternelle. Ce que nous apprenons ici, nous le
retiendrons et nous continuerons à apprendre dans le monde à venir. Il
faut rechercher la vérité - la vérité dans tous les domaines. Dans les tout
premiers temps de l'Église, Dieu révéla cette vérité : « II est
impossible à un homme d'être sauvé dans l'ignorance ». L'éducation,
avec tout ce qu'elle implique, est, par conséquent, une des préoccupations
de l'Église. Elle utilise une bonne partie de ses ressources pour patronner
des écoles. Elle encourage constamment les jeunes à pousser leurs études
aussi loin que possible et à leur donner une application concrète.
Cette philosophie
est sans aucun doute, dans une certaine mesure, à l’origine de la place que
tient l'État d'Utah dans le domaine de l'Education Nationale. Une étude (Rankings of the States, 1969,
NEA, Research Report 1969 R-1) montre que l’Utah
est en tête des États-Unis en ce qui concerne les résultats scolaires, le
niveau d’études et l’essor de la formation pour adultes.
Dès les premières
années de son installation en Utah, l'Église s'est déclarée pour un
enseignement laïc dans les écoles publiques. En même temps, elle reconnaît
le besoin d'une instruction religieuse en parallèle à la scolarité.
Pour répondre à ce
besoin, elle a établi des séminaires et des instituts de religion adaptés
aux lycéens et aux universitaires. Les étudiants y reçoivent des cours sur
l'Ancien et le Nouveau Testament, sur la doctrine et l'histoire de
l'Église. Il y a actuellement des séminaires qui fonctionnent en
partenariat avec les lycées dans tous les USA et dans de nombreux autres
pays. Il y a des instituts de religion partout aux États-Unis. Beaucoup
sont de beaux bâtiments adjacents aux universités.
De plus, l'Église
a fondé l'Université Brigham Young à Provo
(Utah), institution entièrement accréditée qui compte plus de 24 000
étudiants. Elle dirige aussi des écoles et des collèges en Idaho, à Hawaï,
en Nouvelle-Zélande, au Tonga, à Samoa, à Tahiti, au Mexique et au Chili.
Parlons argent
Il peut sembler
étrange de parler des opérations financières de l'Église en présentant sa
théologie. Mais l'argent est essentiel dans la gestion d'une organisation religieuse comme de toute autre
organisation et la façon dont cet argent est perçu est présentée, dans les
Écritures, comme principe religieux.
Il n'y a pas de
collecte dans les réunions de l’Église. La loi financière de l'Église,
c'est l'ancienne loi de la dîme. Les saints des derniers jours croient en
cette loi et l'acceptent comme commandement de Dieu. Chaque membre est
appelé à soutenir l'Église par un dixième de ses revenus. C'est un principe
religieux comme un autre.
Il n'y a cependant
pas obligation dans ce domaine. Un membre qui ne paie pas sa dîme n'est pas
excommunié. Il n'y a aucun rapport de publié à ce
sujet. Ceci reste strictement confidentiel entre la personne et son évêque.
Aucun officier de l'Église n’est autorisé à divulguer une information à ce
sujet à qui que ce soit.
La dîme ainsi
perçue alimente les fonds généraux de l'Église. L’argent est ensuite
redistribué selon les besoins. Parmi ceux-ci il y a l'édification et
l'entretien des bâtiments scolaires, des temples, des autres bâtiments de
l'Église et tout ce qui va avec.
L'argent utilisé
pour l'entraide ne vient pas de la dîme mais d'un autre fonds. Le premier
dimanche de chaque mois est un jour de jeûne. Ce jour-là, les membres de
l’Église sont appelés à s'abstenir de deux repas et à en verser la valeur
au fonds d’entraide destiné au secours aux pauvres. C’est à cette fin
exclusivement qu’est utilisée la totalité de l’argent ainsi recueilli, à
commencer par la localité dans laquelle il est recueilli. L'excédent, s'il
y en a, est reversé à un fonds commun dans lequel peuvent tirer les
paroisses qui n’ont pas de fonds suffisant.
Quel est leur programme ?
Par toutes ses
ramifications, l'organisation de l’Église paraît complexe. Mais pour ses
membres, pour qui elle fait partie de la vie de tous les jours, elle est à
la fois simple et efficace.
La meilleure façon
d'expliquer son programme est probablement de montrer quelle est son
incidence sur une famille type. Etant donné que c'est dans les zones
urbaines où la population de saints des derniers jours est la plus
importante, que le programme y est le mieux développé, nous prendrons
l'exemple d'une famille vivant dans un pieu de Salt Lake
City, sachant cependant que la situation est la même dans n'importe quel
pieu d'une région urbaine, ainsi que dans la plupart des pieux ruraux. Dans
l’exemple suivant, le nom de la famille, de la paroisse et du pieu sont fictifs, mais les situations correspondent à la
réalité.
Ainsi, la famille
Jones est composée du père, de la mère et de cinq enfants : Richard, 21 ans, Brigitte, 19 ans, Elisabeth, 16 ans, Thomas,
14 ans et Suzanne, 8 ans. M. Jones est expert comptable. Il fait aussi
partie d’une association d'action civique. Il pourrait être républicain ou
démocrate. La famille habite une maison confortable mais modeste.
Quelle importance l'Église a-t-elle dans leur vie ?
La famille Jones
appartient à la paroisse de Hill Height, l'une
des huit paroisses du pieu de Blue Ridge. Il y a 900 membres environ dans leur paroisse.
Ils parlent de leur paroisse comme ils parlent de leur maison. Ils ont
contribué à la construction du bâtiment, et tous les mois ils participent à
son entretien. Ils en ont la fierté du propriétaire. Ils s'y sentent chez
eux. Ils y vont très souvent, non seulement le dimanche, mais aussi dans la
semaine.
M. Jones est
conseiller dans l'épiscopat de la paroisse. L'épiscopat comprend un évêque
et deux conseillers. En langage d'affaires moderne, on pourrait dire que M.
Jones est un vice-président. Il est à ce poste depuis deux ans et pour une
période indéterminée ; il y restera jusqu'à ce que lui et les autres
soient relevés de leur poste par un vote de remerciement pour leur travail.
Trois autres hommes seront alors appelés à leur place.
Le programme du dimanche
Chez les Jones, le
dimanche matin, tout le monde se prépare à aller à l'église. L'aîné,
Richard, n'est pas à la maison. On parlera de lui après.
Toute la famille
arrive un peu avant 9 heures à l’église, et les membres de la famille se
répartissent dans les différentes réunions qui les concernent. Le père et
Thomas vont à la réunion de prêtrise, la mère et Brigitte à la réunion de
la Société de Secours, Elisabeth à la réunion des Jeunes Filles, et
Suzanne, la petite dernière, à la Primaire.
Thomas est diacre,
son père est grand-prêtre. Chacun d'eux
appartient à un collège, c'est-à-dire un groupe de personnes détenant le
même office dans la prêtrise. A l'ouverture de la réunion, les hommes et
les garçons sont ensemble pour chanter un cantique, prier et traiter des
affaires courantes. Puis ils se séparent en collèges pour la leçon.
Ce dimanche-là,
l'évêque fait une annonce d'ordre pratique qui concerne tous les hommes et
les garçons. Il leur dit que les trottoirs en ciment qui bordent l’église
sont très abîmés et que les massifs ont besoin d’être nettoyés et la
pelouse tondue. Remarquez comme le mormonisme s'occupe de questions
temporelles comme spirituelles ; c'est pourquoi, pour ceux qui sont
présents, la question de l’entretien des abords de l’église ne paraît pas
inappropriée au sein d’une réunion de prêtrise.
Selon l'évêque,
cette question a été préalablement examinée par un comité. Il demande qu'on
s'en occupe au plus vite. Il informe que frère Taylor (les mormons
s'appellent « frères ») prêtera son camion et sa bétonneuse jeudi
soir, si tous ceux qui le peuvent viennent l'aider. L'évêque fait remarquer
qu'en procédant ainsi, le travail peut être fait en une seule soirée.
Les garçons
apporteront des outils pour s'occuper de la pelouse et des massifs, les
hommes enlèveront l'ancien ciment, placeront les formes et feront les
nouveaux trottoirs. Les soeurs de la Société de Secours apporteront des
sandwiches et de la boisson.
Après avoir
présenté le projet, l'évêque demande si quelqu'un a des suggestions à
faire. Deux ou trois hommes prennent la parole pour souligner qu'il est
important de faire ce travail et exhortent les frères à soutenir ce projet.
Alors, selon l'habitude, on procède à un vote à main levée qui révèle
l’unanimité du soutien. Tout le monde est d'accord pour se retrouver le
jeudi suivant et travailler à l’entretien des abords de l’église.
Après avoir réglé
ce point pratique, ils se répartissent en collèges où chaque groupe
s'occupe de savoir comment va chacun de ses membres et étudie un sujet
prévu au calendrier. Dans de telles réunions de collège, on exprime la
fraternité dans sa meilleure application. On y reçoit une instruction
religieuse et des projets de service sont entrepris pour secourir les
paroissiens qui ont un ennui, prendre soin des veuves, soutenir la famille
d'un membre du collège décédé, etc. Cette réunion a lieu le dimanche, mais
a des répercutions sur toute la semaine.
Mme Jones et
Brigitte, pendant ce temps, sont à la réunion de la Société de Secours. La
Société de Secours, c'est l’organisation auxiliaire de l'Église pour les
femmes. C'est en fait, en Amérique, sur le plan national, la plus ancienne
association féminine, puisqu'elle a été fondée en 1842. Le programme de
cette réunion est presque identique à celui de la réunion de prêtrise, si
ce n’est que les femmes restent groupées.
Pendant ce temps, Elisabeth
assiste à la réunion des Jeunes Filles où elle reçoit un enseignement sur
l’Évangile, et la petite Suzanne est à la Primaire, l’organisation
auxiliaire de l'Église pour les enfants. Ceux-ci y reçoivent une
instruction religieuse, apprennent à s’exprimer devant leurs petits
camarades et à s’acquitter de diverses tâches.
À 10 heures,
pendant que Suzanne reste à la Primaire, les autres membres de la famille
assistent à l'École du Dimanche. C'est une réunion destinée à tous les
membres de l'Église de plus de douze ans. Il existe une classe pour chaque
groupe d'âges, chaque groupe ayant un programme d'étude de l’Évangile.
Après l’École du
Dimanche commence un service de culte auquel assiste toute la famille.
Brigitte et sa mère chantent au choeur de la paroisse et quelquefois, c'est
M. Jones qui dirige la réunion. Thomas, qui est diacre, distribue la Sainte-Cène à l’assemblée, avec d'autres garçons.
Chaque dimanche,
des orateurs différents parlent pendant le service de culte. L’occasion est
ainsi offerte à tous de préparer et d’adresser un discours à l'assistance.
Parfois, cette occasion est donnée à des visiteurs d'autres paroisses.
Parfois aussi, il y a un discours de cinq minutes donné par un des jeunes
de la paroisse. Brigitte, Elisabeth et Thomas ont ainsi déjà eu l'occasion
de faire un discours.
En fin
d’après-midi de ce dimanche-là, M. Jones et l'évêque vont à l'hôpital voir
un membre de la paroisse qui est gravement malade. C'est un des hôpitaux
patronnés par l'Église et ouverts aux malades de toutes les confessions. M.
Jones et l’évêque vont, par l'autorité de la prêtrise qu'ils détiennent,
imposer les mains au malade et prononcer une bénédiction.
En semaine
Le lundi soir, la famille
Jones reste chez elle. C'est le jour de la soirée familiale. Les autorités
de l'Église ont recommandé à toutes les familles de passer au moins un soir
de la semaine ensemble, pour favoriser et entretenir l'unité et l'amour
dans le foyer. Il n'y a pas de réunion ou d’activité de paroisse ce
jour-là, qui puisse interférer avec la soirée familiale.
Un soir de la
semaine, Elisabeth et Thomas vont participer aux activités des Jeunes Gens
et des Jeunes Filles. Elisabeth retrouve un groupe de jeunes filles de son
âge. Elles suivent différents cours, y compris de théâtre, d'art oratoire,
de danse et de musique. Thomas est scout ; il est fier de ce qu’il
réalise dans ce domaine. De toutes les organisations religieuses aux
États-Unis, l'Église est celle qui a le plus grand pourcentage de garçons
enrôlés dans le scoutisme (Thirty-four Annual Report, Boy Scouts of America,
p. 47). Dans les bâtiments de la paroisse, une salle est réservée aux
scouts et tous les garçons de douze ans et plus sont encouragés à devenir
scouts.
En semaine,
Brigitte et sa mère vont aussi à l’église pour la répétition du choeur, qui
dure une heure et demie. M. Jones, lui, assiste à une réunion de
l'épiscopat pour discuter de tous les problèmes inhérents au fonctionnement
de la paroisse.
Comme convenu, ce
jeudi soir, M. Jones et Thomas vont travailler sur le terrain de l'église. Mme Jones viendra un peu plus tard apporter les sandwiches et la
boisson. Tous ces hommes et ces garçons forment un groupe
intéressant ; ils sont tous en tenue de travail et passent un bon
moment ensemble. Il y a là, Nelson, le banquier ; Walker,
le dentiste ; Peterson, le contremaître de
fonderie ; Barkley, le mécanicien ;
Taylor, l'entrepreneur ; Meyers, le
professeur de philosophie, et de nombreux autres, de toutes les
professions.
Celui qui
supervise ce groupe est frère Barnum, un petit homme au large sourire, dont
le métier est la pose du ciment. Ce soir-Ià le ciment est coulé, les
pelouses sont tondues, les massifs sont taillés, les sandwiches sont mangés,
et tout le monde a passé un bon moment.
Le lendemain est
une soirée très attendue par Elisabeth. Le pieu de Blue
Ridge tient son grand bal de printemps. Toutes
les paroisses du pieu se réunissent six fois par an pour ces bals dans une
belle salle, avec un excellent orchestre. A regarder évoluer ces cinq cents
couples, ces jeunes filles en robes de soirée, on ne penserait jamais qu'il
s'agit du programme d'une Église. Le seul indice qui puisse le révéler,
c'est une prière pour ouvrir la soirée et le fait que personne ne fume ni
ne boit. La soirée est empreinte de dignité et de raffinement. Mais il n'y
a rien de morose ni de dévot chez ces danseurs. Ils sont en train de bien
s'amuser.
Le lendemain
samedi, dans l’après-midi, Thomas et son père vont au jardin de la paroisse
cultiver des petits pois pour le projet d'entraide. Avec cinquante autres
volontaires, ils ont vite fait. Mais il y aura encore du travail dans les
semaines à venir, car cette paroisse a reçu la tâche de fournir, entre
autres, 8 tonnes de petits pois écossés pour le programme d'entraide de
l'Église.
La plus grande
partie des besoins de ceux qu'il faut assister sont couverts par ce
programme, et cela grâce aux efforts combinés de la famille Jones et de
tous ceux qui s'associent à eux dans de nombreuses régions.
Voilà une semaine
bien chargée pour la famille Jones. Mais l'Église influe sur leur vie
encore par d'autres côtés.
Brigitte va à
l'université et, après les cours ou quand elle a une heure de libre, elle
va à l'institut de religion. C'est un centre tenu par l'Église qui a été
construit près du campus universitaire. Là, elle fait des connaissances et
assiste à un cours sur le Nouveau Testament, enseigné par un homme
qualifié.
Elle aurait pu
aller à l'Université Brigham Young à Provo, en
Utah, institution agréée par l’État et dirigée par l'Église, mais elle a
préféré l'université d'État pour pouvoir vivre chez elle.
Et Richard ?
Dans tout cela on
n'a pas parlé de Richard, l'aîné, le garçon de 21 ans. Il est en Angleterre
où il remplit une mission pour l'Église. Il a économisé de l'argent depuis
tout petit dans cet objectif. Quand l'évêque lui a parlé de partir en
mission, il a accepté avec enthousiasme. Quand ses économies ne suffiront
plus, son père pourvoira à ses besoins. Et si cela s’avère nécessaire, son
collège de prêtrise le soutiendra aussi.
Il est parti pour
deux ans prêcher l’Évangile, sans indemnisation de l'Église. Plus de
56 000 jeunes gens et jeunes filles sont, comme lui, dans le champ de
la mission. Lorsque Richard aura terminé sa mission, il retournera chez
lui. Il a l'intention, à ce moment-là, de terminer ses études de droit.
Telle est, de
façon abrégée, la relation qui existe entre l'Église de Jésus-Christ des
Saints des Derniers Jours et la famille Jones, à l’image des millions
d'autres familles membres de l’Église réparties dans toutes les parties du
monde. Le programme de l’Église est conçu pour répondre aux besoins
spirituels, intellectuels, sociaux et matériels de ses membres. Elle les
aide à devenir de meilleurs parents, de meilleurs enfants, de meilleurs
citoyens, de meilleurs voisins, de meilleurs amis.
Quelle est leur organisation ?
L'organisation de
l'Église existait déjà à l'époque du Nouveau Testament. D’un autre côté,
pour son efficacité d'action, on l'a souvent considérée comme résolument
moderne. Ces deux aspects ne sont pas contradictoires.
Les mormons
affirment que l'organisation fondamentale de l'Église de Jésus-Christ des
Saints des Derniers Jours est la même que celle de l'Église établie par le
Sauveur lui-même.
Dès le début de
son ministère, Jésus appela douze hommes qu'il ordonna à l’office d’apôtre.
Il leur donna le pouvoir de guérir les malades, de ressusciter les morts,
d'administrer les sacrements de l'Église, les ordonnances de l’Évangile.
« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement », leur
recommanda-t-il. Ensuite, ils furent envoyés vers les villes d'Israël pour
rendre témoignage de lui et de son royaume. Trois d'entre eux, Pierre,
Jacques et Jean apparaissent dans les Écritures comme les dirigeants,
surtout après la mort et la résurrection du Sauveur.
Le Seigneur appela
aussi les soixante-dix pour l'aider dans son oeuvre. Il les envoya deux par
deux avec l'autorité de parler en son nom. Leur ministère fut couronné de
succès puisqu'il nous est dit qu' « ils revinrent avec joie ».
Après la mort de
Jésus, cette oeuvre fut poursuivie par-delà les confins d'Israël jusqu'aux
villes de la Syrie, puis en Asie Mineure et, plus tard, en Grèce et à Rome.
La parole fut répandue de telle façon que Paul, quelque trente ans plus
tard, déclara que l'Évangile avait été prêché à toute créature sous les
cieux.
Comme différentes
branches de l'Église s'organisaient, des évêques et des anciens furent ordonnés
pour présider ces branches, et d'autres offices de la prêtrise furent
remplis. Paul parle très précisément des apôtres, des prophètes, des
évêques, des anciens, des évangélistes, des prêtres, des instructeurs, des
diacres et des pasteurs. Il souligne aussi la nécessité de ces divers
offices « pour le perfectionnement des Saints en vue de l'oeuvre du
ministère et de l'édification du corps de Christ, jusqu'à ce que nous
soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu,
à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ ».
Les Écritures mettent en évidence autre chose à propos des officiers de
l'Église. Jésus dit à ses apôtres : « Ce n'est pas vous qui
m'avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai
établis... » Paul développe cette idée en disant que « nul ne
s'attribue cette dignité s'il n'est appelé de Dieu comme le fut
Aaron... » En ce temps-là, les hommes de l'Église acceptaient et
recevaient des offices sans les avoir recherchés. Ils étaient choisis et
ordonnés par ceux qui avaient reçu l'autorité et le pouvoir du Seigneur.
Les saints des
derniers jours croient que cette organisation, avec ces offices, a été
rétablie sur la terre et que les hommes doivent recevoir et remplir ces
offices de la même manière que dans les temps anciens. Ils croient que dans
une telle organisation résident les clés et l’autorité pour une action
valide et efficace de l'Église.
Les officiers généraux
Il y a trois
niveaux d’administration dans l'Église de Jésus-Christ des Saints des
Derniers Jours : le niveau général, les pieux et les paroisses. Un conseil
de trois hommes compose la Première Présidence, qui préside l'Église au
niveau mondial. Il est composé du président de l’Église et de ses deux
conseillers. La Première Présidence est assistée par un collège de douze
hommes, les douze apôtres, dont la mission est d’être « les témoins
spéciaux du nom du Christ dans le monde entier ». Ils forment un
collège de voyageurs qui dirigent l’implantation et la croissance de
l’Église dans le monde entier. Le président de l'Église est choisi parmi
les douze apôtres.
Les collèges de
soixante-dix et l’épiscopat président complètent l’organisation des
officiers généraux de l’Église. Les soixante-dix ont la même responsabilité
que celle donnée aux soixante-dix que Jésus appela, à savoir : prêcher
l'Évangile.
Un épiscopat
président, formé de trois hommes, s'occupe des affaires temporelles de
l'Église. Aidés d'architectes, d'experts paysagistes, d'ingénieurs et
d'autres spécialistes, ils gèrent les bâtiments construits un peu partout
dans le monde et les autres constructions, dont l’investissement se chiffre
à des millions de dollars.
Mais l'épiscopat
président ne s'occupe pas seulement des affaires de nature temporelle. Ses
membres sont les dirigeants de la Prêtrise d'Aaron. A ce titre ils
supervisent plusieurs dizaines de milliers de collèges de garçons et de
jeunes gens ordonnés à la prêtrise.
Les membres de la
Première Présidence, du collège des douze apôtres, les présidents des
soixante-dix, les deux premiers collèges des soixante-dix et l’épiscopat
président composent le groupe des Autorités générales de l’Église.
En plus des
officiers généraux, il y a des bureaux généraux à la tête des organisations
auxiliaires et des programmes de l’Église. Ces bureaux supervisent le
travail des organisations et des programmes au niveau de l'Église tout
entière, en établissant des règles, en préparant des cours d'étude et en
dirigeant les activités en rendant visite aux groupes locaux. Les personnes
composant ces bureaux sont très qualifiées et soigneusement choisies pour
leurs compétences.
Le président de
l'Église est choisi par le collège des Douze au sein de celui-ci et soutenu
par une mainlevée de tous les membres de l’Église. Le principe du
consentement commun s'applique à tous les offices, à tous les niveaux de
l’Église. Le soutien des officiers de l’Église est à l'ordre du jour de
toutes les conférences générales et, une fois par an, à l’ordre du jour des
conférences de pieu et de paroisse.
Les officiers de pieu
Un pieu englobe
plusieurs paroisses et est présidé par trois hommes, le président et deux
conseillers. Ils sont assistés, eux aussi, par un conseil de douze hommes,
les membres du grand conseil du pieu.
Le bureau de pieu supervise
le travail des organisations auxiliaires des paroisses du pieu. Ce bureau
se compose des meilleurs instructeurs et administrateurs des diverses
paroisses. Au cours de leurs visites des paroisses, ils forment les
officiers de paroisse. Les officiers de paroisse sont ainsi constamment
soutenus dans leurs responsabilités, et leur enseignement gagne en
efficacité.
Les officiers de paroisse
Comme cela a déjà
été mentionné, l'unité locale de l'organisation de l'Église est la
paroisse. L'épiscopat, formé de trois hommes, est aidé par un ensemble
d'officiers et d'instructeurs. Le nombre de personnes qui reçoivent un
appel à servir dans l’Église est, dans une paroisse moyenne, d’environ deux
cents. Chacune d’elles a une responsabilité bien définie. Il serait
impossible à l'évêque et à ses conseillers de visiter le foyer de tous les
membres de la paroisse plus d'une fois par an. C’est pourquoi l'épiscopat
dispose d’un ensemble de collèges de la prêtrise parmi lesquels des frères
sont appelés à travailler comme instructeurs au foyer. Les instructeurs au
foyer rendent visite à chaque foyer de la paroisse au moins une fois par
mois. Ils forment des équipes de deux chargées de veiller au bien-être
temporel et spirituel de quelques familles. Lorsque l'épiscopat veut
transmettre un message à ces familles, il peut le faire par les
instructeurs au foyer. Ceux-ci sont attentifs aux besoins des familles
qu’ils visitent. Si une aide matérielle s’avère nécessaire, les
instructeurs au foyer en font immédiatement part à leurs dirigeants pour
que les mesures nécessaires soient prises.
Chaque collège de
la prêtrise est dirigé par un président et deux conseillers, assistés par
un secrétaire et des comités qui veillent à ce que le travail du collège
soit réalisé et à ce qu’il soit pourvu aux besoins des membres de la
paroisse.
Chaque
organisation auxiliaire est dirigée par une présidence de trois personnes,
un secrétaire, un directeur de la musique, un organiste et un groupe
d'instructeurs.
C'est dans
l'organisation démocratique de ces groupes que réside le génie du
mormonisme. Chaque membre de l'Église qui le désire et qui en est capable
reçoit une ou plusieurs tâches à remplir. Ainsi, au cours de sa vie, de
nombreuses possibilités se présentent à lui de servir dans l’Église, de se
découvrir des talents cachés et de les développer au profit des ses
semblables. Chacun qui le désire reçoit une responsabilité. En l’assumant
il développe ses capacités, accroît ses compétences, et s’accomplit au
service des autres. Et son attachement à la cause de l'Église grandit.
Avec le temps,
l’Église devient un vivier de dirigeants expérimentés. Soulignons qu’aucun
gain financier ne compense ces services. Ils impliquent, au contraire, un
sacrifice de temps et d'argent. Mais c’est alors qu’apparaît l’idéal du
service chrétien.
Ces hommes et ces
femmes qui remplissent les nombreuses obligations liées aux responsabilités
de l’Église sont des citoyens ordinaires. Leur capacité inhabituelle de
travail vient de leur foi en l'efficacité de l'Évangile de Jésus-Christ et
de leur volonté de le faire triompher.
Adapté de C’est quoi, les mormons ? mis à jour d'après Le Liahona, juillet 2002,
p. 4 et novembre 2003, pp. 4-5
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