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La France
LaRene Gaunt
Article rédigé en 1994 et paru dans L’Étoile de mai 1996
Presque partout sur les quelque 550 000 kilomètres carrés du territoire
métropolitain français, le sol sombre donne naissance à de la végétation. Des fleurs sauvages poussent dans les allées des Alpes et des Pyrénées, les coquelicots embrasent de
couleurs les collines ondoyantes, et les champs de lavande embaument l'air.
Ce pays qui ressemble à un jardin compte près de soixante millions
d'habitants. Environ vingt pour cent d'entre eux vivent dans la région parisienne, presque tous dans des appartements. Parmi les autres habitations de France, il y a les fermes
de pierre couvertes de lierre de Normandie, les chaumières des villages côtiers de pêcheurs, les maisons de torchis à toits de tuiles rouges de la Côte d'Azur et les chalets
des Alpes. Des châteaux séculaires subsistent dans toute la campagne française et rappellent la riche histoire du pays qui remonte aux environs du deuxième siècle avant
Jésus-Christ.
Comme des fleurs qui s'épanouissent année après année, les membres de
l'Église établissent et maintiennent l'Évangile. Les dirigeants d'aujourd'hui, qui, pour la plupart, sont entrés dans l'Église dans les années 1960, se considèrent comme la
première génération de membres de l’Église dans leur pays. Ils ont enfoncé profondément leurs racines dans l'Évangile, et des membres de l’Église de la deuxième et de la
troisième génération s'épanouissent maintenant.
Les liens entre trois familles de la première génération permettent de
dégager un modèle qui se répète dans toute la France. Les familles Simonet, Babin et Caussé se sont jointes à l'Église il y a de vingt-cinq à trente ans à Nancy, à Paris et à
Bordeaux. Une génération plus tard, leur influence se fait sentir dans plus d'une douzaine de régions.
Jacquie Simonet, de Nancy, est rentré chez lui un soir de 1969 et a trouvé
sa femme, Marie, en pleurs, un exemplaire de L'Étoile sur les genoux. Elle lui a dit doucement : « Je viens de lire un article sur le mariage éternel. Nous ne pourrons jamais
avoir ces bénédictions si tu ne te fais pas baptiser. »
Jacquie allait à l'église avec sa femme depuis quatre ans et il avait suivi
deux fois les leçons missionnaires. Il raconte : « Je ne m'étais pas fait baptiser parce que je fumais. J'ai été touché en parlant avec ma femme ce soir-là, et je me suis rendu
compte que je savais déjà que l'Évangile était vrai. J'aime ma femme et je savais que je voulais être avec elle pour l'éternité. Alors j'ai jeté mes cigarettes et je n'ai plus
jamais fumé. » Jacquie s'est fait baptiser, et l'année suivante, les Simonet ont été scellés au temple de Zollikofen (Suisse). Aujourd'hui, frère Simonet est président du pieu
de Bordeaux.
Les Simonet ont élevé cinq fils, une nièce et un neveu. À présent adultes,
ces enfants vivent à Paris, à Thoiry (près de Genève), à Bordeaux et aux États-Unis, et élèvent presque tous une troisième génération dans l'Église. Le neveu, Christian Soulé,
est conseiller dans la présidence du pieu de Paris.
En 1967 à Nancy, frère Simonet a baptisé une amie, Francine Babin, et ses
enfants. Son mari, Jean-Albert, s'est fait baptiser six mois plus tard. Frère Babin raconte : « Quand Francine a lu le Livre de Mormon, on aurait dit que le soleil avait
éclaté en elle. Elle est habituellement assez discrète, mais une fois que les missionnaires lui ont eu enseigné l'Évangile, elle ne pouvait pas s'empêcher d'en parler. »
Comme les enfants Simonet, les cinq enfants Babin sont des exemples de la
force que les membres de la deuxième génération apportent à l'Église. Ils élèvent leurs enfants et occupent des postes de dirigeants à Paris, à Versailles et à Mantes-la-Jolie.
Quand des membres de deux familles de saints des derniers jours pratiquants
se marient, la fondation de l'Évangile s'en trouve fortifiée. Valérie Babin a épousé Gérald Caussé, de la deuxième génération de membres de l'Église de Bordeaux. Gérald est conseiller du pieu
de Paris. Ses parents, Jean et Marie Caussé, se sont fait baptiser en 1963, et Jean Caussé est évêque de la paroisse d'Eysines.
Ainsi, l'influence de l'Évangile continue de s'étendre de famille en
famille, par conversions et par alliances, dans toute l'Église en France.
Semailles
Depuis le 18 juin 1850, date à laquelle John Taylor a organisé la première
mission en France, les missionnaires répandent les semences de l'Évangile. Peu à peu, ces semences germent et donnent des fleurs. La mission française a été la sixième à être
organisée dans l'Église, mais des restrictions gouvernementales, qui ont provoqué cinquante-sept ans de fermeture de la mission, et deux guerres mondiales ont ralenti la
croissance de l'Évangile. Malgré les difficultés, l'Église a survécu.
Richard M. Oveson, ancien président de la mission de Bordeaux, dit : « Après
la Deuxième Guerre mondiale, la plupart des membres de l'Église fidèles étaient des femmes seules âgées. D'autres étaient convertis et faisaient des sacrifices tout comme les
pionniers du début de l'Église en Amérique. Mais c'était encore le temps du rassemblement en Sion, et beaucoup d'entre eux allaient s'installer en Amérique. »
Parmi ceux qui sont restés en France, il y a Louis et Marie Gaston, de Nice.
En 1950, Louis, qui cherchait l'Église du Christ, assistait aux réunions de toutes les Églises locales. Cependant, c'est sa femme qui lui a parlé de l'Église de Jésus-Christ
des Saints des Derniers Jours après en avoir entendu parler par une amie au marché. Marie a été touchée quand elle a entendu les mots « l'Église de Jésus-Christ ». Ils lui ont
semblé vrais parce qu'elle avait souvent entendu Louis dire que l'Église de Jésus-Christ devait être sur la terre.
Les Gaston sont allés à l'église le dimanche suivant. Ce n'était
qu'une petite salle. En plus des Gaston et des missionnaires, il y avait deux autres membres. Louis a été touché quand il a entendu chaque membre rendre témoignage du Sauveur.
Après la réunion, sur le trottoir devant le bâtiment, il a dit, très ému, à sa famille : « C'est la véritable Église de Jésus-Christ. »
Le 22 décembre 1950, toute la famille s'est fait baptiser aux bains
turcs de Nice. Huit mois plus tard, Louis a été ordonné ancien et, à l'automne 1951, il a été appelé à servir comme président de branche. Il parlait de l'Évangile à tous ceux
qui entraient dans sa boutique de réparation de balances. Marie s'occupait de ceux qui étaient âgés, seuls ou malades. Son service et son esprit aimant ont également contribué
à la propagation de l'Évangile. Moins de deux ans plus tard, plus de cent personnes assistaient aux réunions de la branche de Nice.
Après la consécration du temple de Zollikofen (Suisse) en 1955 et du temple
de Londres en 1958, davantage de convertis ont commencé à rester en France au lieu d'émigrer en Amérique. Ces convertis, dont beaucoup étaient des étudiants et des jeunes, ont
constitué plus tard la fondation de l'Église en France et ont été responsables de l'implantation de l'Évangile dans le pays. En 1961, la mission française de l'est a été créée
à partir de la mission française et l'année suivante, la première église française a été consacrée à Nantes.
En 1970 et 1974, les limites des missions ont été modifiées, et au total
sept missions supplémentaires ont été créées à partir des missions française, française de l'est et franco-belge. Le 16 novembre 1975, avec environ 10.000 membres de l'Église
en France, le premier pieu français, le pieu de Paris, a été créé.
Aujourd'hui, la région parisienne reste un centre important de l'Église en
France, puisque 4000 des 26.000 membres de l’Église français y vivent. L'Évangile est également bien établi à l'extérieur de Paris. La croissance, lente mais régulière dans
toute la France, a permis l'établissement de sept pieux et de sept districts. Trois missions desservent la France exclusivement, et deux autres desservent des parties de la
France.
L'œuvre missionnaire incessante est le moteur de la croissance de l'Église
en France. Les missionnaires constatent que les Français attachent de la valeur à leur vie privée, et qu'il faut du temps pour établir des rapports de confiance avec les gens
qu'ils instruisent. Mais une fois que ces rapports ont été établis et que les personnes se sont fait baptiser, les membres français sont loyaux et engagés vis-à-vis de
l'Évangile.
C'est le cas de Robert Sorhaïtz. Élevé dans les Pyrénées, près de la
frontière espagnole, il est fier de son patrimoine basque. Mais ses traditions familiales ne lui ont pas facilité l'acquisition d'un témoignage. Il raconte : « J'ai eu du mal à
obtenir un témoignage. J'ai offert des fleurs à ma femme quand elle s'est fait baptiser, mais l'Évangile n'était pas pour moi. Nous sommes allés à l'église et nous avons prié
ensemble pendant trois ans. Puis un jour nous avons assisté au baptême d'un jeune homme. Je m'étais préparé et j'ai décidé de me faire baptiser, mais j'ai voulu faire une
surprise à ma femme. Je l'ai donc laissée seule dans la réunion et je suis allé trouver l'évêque. Il m'a accordé un entretien, j'ai mis les vêtements mouillés du jeune homme
qui venait de se faire baptiser et j'y suis allé. Ma femme s'est mise à pleurer de joie quand elle s'est rendu compte de ce qui arrivait. » Depuis, frère Sorhaïtz est dévoué à
l'Évangile et a été trois fois président de la branche de Bayonne (et président du district de Bordeaux
de 1985 à 1987, ndlr).
La vie à la française est un composé d'efforts pour parvenir à de grandes
réalisations et d'appréciation des plaisirs de la vie, de rencontres amicales et, paradoxalement, de réserve sur certains sujets. Les Français attachent de la valeur à
l'instruction et ont l'un des taux d'alphabétisation les plus élevés du monde. Les enfants peuvent être scolarisés à partir de l'âge de trois ans et vont à l'école de huit
heures du matin à dix-sept heures cinq jours par semaine. Les adultes aiment souvent converser avec des amis à la terrasse d'un café ou avec des membres de leur famille à
l'occasion d'un repas. Leurs repas de famille comportent bien souvent cinq plats, dont le fromage avec du pain frais et des fruits. Les Français apprécient les activités
intellectuelles et culturelles et aiment l'autonomie. En général l'attachement à la religion ne provoque pas l'admiration, et les questions religieuses sont considérées comme
étant une affaire personnelle. Cependant, quand ils sont touchés par l'Esprit, les Français embrassent l'Évangile avec dévouement et consécration.
Par exemple, le jour où deux missionnaires ont frappé à la porte de Jacques
Faudin, à Nîmes, le jeune homme, âgé alors de dix-huit ans, semblait peu destiné à devenir membre d'une Église. Il était athée et marxiste-léniniste. Il raconte : « Je n'ai
invité les missionnaires à entrer que pour argumenter avec eux et essayer de les convertir à l'athéisme. Mais après deux leçons, j'étais ébranlé. Ces missionnaires avaient une
force que je n'arrivais pas à définir. J'ai arrêté d'argumenter et j'ai commencé à remettre mon athéisme en cause. »
Cela a été le tournant pour Jacques. Il a décidé de chercher s'il y avait un
Dieu. Encore sceptique quand les missionnaires lui ont donné un exemplaire du Livre de Mormon, il a décidé de prouver qu'il n'était pas authentique. Il l'a étudié constamment
pendant deux semaines mais n'a trouvé aucune erreur.
Frère Faudin poursuit : « J'ai voulu avoir un témoignage spirituel. Dans mon
cœur, j'ai fait une alliance avec le Seigneur : s'il répondait à mes prières, je lui donnerais ma vie. Peu après, j'ai appris que Howard W. Hunter, alors membre du Collège des
Douze, venait consacrer une église à Marseille. Je suis allé à la réunion en jeûnant. Quand les missionnaires m'ont présenté à frère Hunter, je lui ai tendu mon programme et je
lui ai demandé s'il voulait bien m'y écrire quelque chose. Il m'a regardé droit dans les yeux puis a écrit : ‘ Vous obtiendrez un témoignage si vous exercez la foi et la
prière. ’ J'ai emporté le programme chez moi et j'ai lu les paroles de frère Hunter maintes et maintes fois. J'ai continué d'exercer ma foi et de prier. Puis, une nuit, après
avoir jeûné, j'ai reçu ma réponse. J'ai su sans aucun doute que Joseph Smith était un prophète et que le Livre de Mormon était vrai. Je me suis fait baptiser deux jours plus
tard, le 27 juillet 1968. »
Comme promis, frère Faudin a donné sa vie au Seigneur et a servi à de
nombreux postes de direction importants.
Des jeunes gens et des jeunes filles continuent à se joindre à l'Église
aujourd'hui comme dans les années 1960. De plus en plus de jeunes Français font une mission. Les garçons ont l'obligation de faire le service militaire pendant dix mois quand
ils ont dix-neuf ans. De plus certains établissements d'enseignement supérieur exigent plusieurs années consécutives d'étude. Pourtant, beaucoup de jeunes gens et de jeunes
filles sont disposés à faire les sacrifices nécessaires pour partir en mission.
Frédéric Babin et sa femme, Françoise, qui se sont connus au cours d'une
activité de l'Église dans les Alpes, ont établi un plan de six ans pour accomplir le service militaire pour Frédéric et les études et la mission pour tous les deux avant de se
marier. La plupart des couples ne sont pas aussi rigoureux dans leur planification, mais les résultats sont souvent les mêmes : le mariage est reporté jusqu'à l'âge de
vingt-cinq à trente ans.
Patrick Paoletti, membre de l’Église de la deuxième génération, qui est
maintenant président de la branche de Montpellier, n'a pas fait de mission. Il raconte : « Plus tard, je me suis rendu compte de la nécessité de faire une mission. C'est
pourquoi à présent j'encourage tous les jeunes de ma branche à en faire une. » Les exhortations puissantes de frère Paoletti à la réunion de Sainte-Cène font souvent appel à sa
propre histoire, qu'il raconte souvent les larmes aux yeux. Il dit : « Combien je regrette de n'être pas allé en mission ! Je veux que les jeunes de notre branche reçoivent les
bénédictions que j'ai manquées. » Cette branche de deux cents membres a actuellement neuf missionnaires à plein temps.
La croissance de l'Église en France découle également des efforts
missionnaires de ses membres. L'amitié sincère et l'exemple constant sont les facteurs les plus importants dans ce domaine. Galen S. Woolley, président de la mission de
Marseille, dit : « Les convertis les plus forts sont ceux dont les amis sont membres de l’Église. »
Les baptêmes à Salon-de-Provence, ville proche de Marseille, sont un exemple
de réussite d'activité missionnaire par les membres de l’Église, découlant de l'amitié sincère. Jacques et Mireille Roth vivent en haut d'une route sinueuse de montagne dans
une grande maison qui surplombe une vallée encaissée. Au cours des dix dernières années, des maisons se sont construites près de chez eux. Les Roth ont beaucoup fait pour se
lier avec leurs nouveaux voisins. À la suite de cela, plusieurs familles du quartier, cinquante-sept personnes au total, se sont jointes à l'Église. Frère Roth raconte :
« Quand le président Kimball nous a demandé de faire connaître l'Évangile à nos voisins, je l'ai pris au sérieux. Nous avons la bénédiction d'avoir d'excellents voisins, et
nous les aimons. Et c'est par amour que nous leur faisons connaître l'Évangile. »
Culture de jardins
En plus de l'œuvre missionnaire, l'établissement de pieux de l’Église a
permis de bien implanter l'Évangile en France. Grâce au service, les membres locaux de l’Église acquièrent des compétences de direction. La diversité des branches et des
paroisses de France est aussi grande que celle des jardins maraîchers avec leurs rangs bien sarclés de légumes ou les jardinières des balcons des appartements des villes avec
leur verdure, leurs couleurs et leurs parfums. Dans la région parisienne, la paroisse bien établie de Versailles et la branche énergique de Clichy donnent un aperçu de branches
et de paroisses semblables dans toute la France. Dans les régions moins urbanisées, l'Église est souvent moins bien implantée, comme c'est le cas à la branche de Montauban.
Versailles.
Jean-Luc Magré, employé d'IBM, est l'évêque de la paroisse de Versailles. Frère Magré et sa femme, Béatrice, ont quatre enfants. La paroisse de Versailles est l'une des plus
anciennes de France. Elle se réunit dans une église de briques rouges qui est également le centre de pieu du pieu de Paris. L'assiduité est élevée parmi les deux cent soixante
membres de la paroisse, dont de nombreux cadres japonais et américains et leur famille qui vivent temporairement dans la région. Beaucoup de dirigeants du pieu viennent de
cette paroisse.
Frère Magré dit : « Notre plus grande difficulté est de savoir ce que nous
pouvons faire aujourd'hui pour assurer la progression de demain. Nous sommes reconnaissants de la force que les membres de l’Église venus temporairement d'autres pays ajoutent
à notre paroisse, mais l'avenir de l'Église ici dépend de la force que nous apporterons aux Français. » Frère Magré, homme de vision qui sait trouver des solutions créatives
aux difficultés de sa paroisse, fait appel à des dirigeants locaux de la prêtrise comme bergers de petits groupes éparpillés sur tout le vaste territoire de la paroisse. Cela
unit les gens au sein des groupes et renforce leur témoignage en leur apportant l'Évangile.
Frère Magré ajoute : « Nous ne pouvons plus procéder comme nous le faisions
il y a vingt ans. Par exemple, la circulation routière est très dense ici, et souvent nos paroissiens ne rentrent pas du travail avant dix-neuf heures. Nous essayons de
regrouper les réunions pour gagner du temps. Nous faisons de notre mieux puis nous nous en remettons au Seigneur pour qu'il fasse le reste. »
Cécile Pelous, présidente de la Société de
secours de pieu, ajoute : « Même
ici où l'Église est bien établie, beaucoup de membres du pieu ont plusieurs appels (responsabilités ecclésiastiques, ndlr). Nous devons être créatifs pour nous partager entre
nos appels. À la Société de secours, l'un de nos buts est de fortifier les femmes par les visites d'enseignement. La force combinée des sœurs de la Société de
secours constitue
une grande puissance pour l'avancement de la cause de l'Évangile. »
Clichy.
Jusqu'à récemment, quand il a été appelé au sein de la présidence du pieu de Paris, Christian Soulé était président de la branche de Clichy. Ses conseillers et lui étaient
célibataires quand ils ont été appelés à ce poste. Ils sont tous mariés à présent, et deux des couples viennent d'avoir un bébé. Cette branche, qui est pleine de jeunesse,
d'énergie et de spiritualité, se réunit aux derniers étages d'un bâtiment rénové d'un quartier industriel de la ville. Au moins huit langues différentes sont parlées par les
membres de la branche, qui sont originaires de France, des Antilles, des États-Unis, de Suède, d'Allemagne, de la Trinité, d'Amérique du Sud et d’ailleurs. L'assistance à la
réunion de Sainte-Cène a doublé au cours de l'année passée.
« Je crois que le Seigneur a un dessein particulier pour nous, et que c'est
pour cela que nous grandissons aussi vite », dit frère Soulé. « Nous avons appris que quand nous obéissons, le Seigneur nous dit quoi faire. Nous ressentons son amour et nous
voulons faire sa volonté. Un jour, au cours d'une réunion d'affaires, je ne buvais pas. L'un de nos clients potentiels m'a dit : « Si vous ne buvez pas, nous ne faisons pas
affaire avec vous. » J'ai réfléchi un instant, puis je lui ai dit : « Je ne suis pas sûr de vouloir faire affaire avec quelqu'un qui pense que ce qu'il y a dans mon verre est
plus important que ce que je peux faire. » Je croyais qu'il était vexé, mais le lendemain il m'a appelé et m'a dit qu'il voulait faire affaire avec moi parce que je n'avais pas
peur de défendre mes convictions. Quand nous savons ce qui est bien, nous devons le faire, quelles que soient les conséquences. »
« Nous sommes unies », dit Marie-Christine Sillon, présidente de la Société
de secours. « Malgré les distances que nous devons parcourir, notre enseignement au foyer et nos visites d'enseignement progressent. Les membres de la branche se servent
mutuellement spontanément, sans qu'on le leur demande. »
Montauban.
Avec ses ponts en arc qui enjambent la Garonne, la pittoresque petite ville de Montauban est située au centre du Sud-ouest de la France. La branche est petite mais très
vivante. Elle compte environ trente-cinq membres pratiquants et quatre missionnaires à plein temps. Les membres de la branche se réunissent dans un bâtiment neuf et immaculé de
la rue principale de la ville. Comme c’est le cas dans de nombreuses petites branches, plusieurs familles constituent l’épine dorsale de la branche. À Montauban, il y a par
exemple les Van Tonder. Basil Van Tonder, de Springs, en Afrique du Sud, a rencontré Paulette, de France, au cours d'une activité de patinage de pieu, à Johannesburg. Ils se
sont mariés deux mois plus tard.
À présent parents de huit enfants, les Van Tonder ont vécu alternativement
en Afrique du Sud et en France. Chaleureux et pleins de spiritualité, ils communiquent généreusement l'Esprit aux autres. Basil est le président de branche, et sa famille et
lui font du pain, invitent les missionnaires à manger, s'occupent des personnes âgées et invitent d'autres personnes chez eux pour les vacances. Leur tendresse et leur
profondeur spirituelle se font sentir dans les réunions. Les gens de la ville aiment venir aux activités à l'église et ont décerné en 1992 une distinction de famille
remarquable de Montauban aux Van Tonder.
Mireille Van Tonder, dix-neuf ans, qui est présidente de la Société de
secours, dit : « Vu tout ce que j'ai à faire, mes amis me disent parfois qu'ils ne comprennent pas comment je peux dire que je suis libre. Mais je leur réponds que ce que je
fais n'est pas une obligation mais un besoin. »
Malgré la croissance apportée par l'œuvre missionnaire, la remotivation des
non-pratiquants est une grande priorité partout parmi les membres de la branche et les missionnaires.
Claude Gaston est devenu non pratiquant pendant qu’il était à l'armée. Bien
que marié à une sainte des derniers jours, il allait rarement à l'église. Il raconte : « Après la naissance de notre deuxième enfant, j'ai commencé à observer ma sœur et à
remarquer les bénédictions de l'Évangile dans sa famille. Ma femme, nos enfants, mon père et mon président de branche m'ont encouragé. Je pense que c'est mon orgueil qui
m'empêchait de revenir. » Enfin, au bout de neuf ans, Claude a recommencé à aller à l'église. Un an et demi plus tard, il a emmené sa famille se faire sceller au temple de
Zollikofen.
Frère Gaston, qui est aujourd'hui évêque de la paroisse de Vitrolles,
ajoute : « J'ai trouvé un grand équilibre et une grande stabilité en vivant selon l'Évangile. L'amour qui unit ma famille nous rend très heureux. Je suis convaincu que si je
n'étais pas redevenu pratiquant, ma famille se serait dispersée ».
Enfoncer ses racines
Les familles rencontrent d'énormes difficultés. À Paris et dans d'autres villes, le prix des logements pousse souvent les mères à travailler à
l'extérieur du foyer et les couples à limiter à deux le nombre de leurs enfants. Les familles de saints des derniers jours rencontrent les mêmes difficultés et font de grands
sacrifices quand la mère reste au foyer pour élever quatre ou cinq enfants.
Jean-Aimé Durand, président du pieu de Nice, et sa femme, Chantal, considèrent que c'est une grande bénédiction que d'avoir des enfants. Frère
Durand raconte : « Après notre baptême, nous avons décidé d'avoir d'autres enfants. Nous avons toujours été reconnaissants de cette décision. La lecture des Écritures, la
prière personnelle et en famille, la soirée familiale et l'assistance aux réunions de l'Église donnent aux enfants un bouclier de foi. Connaissant la vérité, ils ne sont pas
inquiets quand ils rencontrent de fausses doctrines. »
Sœur Durand acquiesce : « Les bénédictions de la prêtrise peuvent nous donner une protection, à nous et à nos enfants. L'Évangile a changé
totalement la façon dont je vois mes enfants. Je me rends compte qu'ils sont des enfants de notre Père céleste, et j'ai plus de respect pour eux et pour leurs idées. »
Les tentations abondent pour les enfants. Pourtant, Guillaume Lafargue, dix ans, d'Angoulême, dit : « Je ne fais pas de choses mauvaises parce que
j'ai fait une promesse quand je me suis fait baptiser. Je sais que je ne dois pas en faire. » Comme beaucoup d'autres enfants saints des derniers jours, il puise de la force
spirituelle dans l'Évangile et dans ses programmes. Les bénédictions patriarcales, le séminaire et les activités de l'Église sont de grandes sources de courage.
Frère Soulé dit : « Nous prions pour nos enfants. Nous avons de l'espoir pour eux. Pour l'une de nos activités des jeunes, nous avons fait des
sandwichs et nous les avons distribués à des sans-abri dans le métro. Nos jeunes parlent encore de la lumière dans les yeux des gens à qui ils ont donné à manger. »
Épanouissement
L'assiduité au temple est un but cher au cœur des membres de l’Église français. Ceux qui vivent à Paris et dans le nord de la France vont au
temple de Friedrichsdorf (Allemagne) ; les autres vont au temple de Zollikofen (dans la banlieue de Berne, en Suisse). La distance, le coût et le temps sont les principales
difficultés qu'ils rencontrent, cependant ils s'y rendent de une à trois fois par an - davantage quand ils habitent plus près.
« Le temple est un peu comme un coin des cieux sur la terre - il n'y a rien de plus élevé », dit Micheline David de la paroisse d'Eysines. « Quand
on commence à faire de la généalogie et l'œuvre du temple, c'est comme si l'on forgeait une chaîne d'amour. »
Certains membres sont servants du temple lors des voyages de pieu au temple. André et Alice Lafargue, de la paroisse d'Angoulême, sont servants du
temple depuis des années et aiment la généalogie. Sœur Lafargue dit : « Le voile est ténu quand on fait de la généalogie. Je prie pour recevoir de l'aide quand je collecte les
noms et les dates de mes ancêtres, et je ressens leur présence quand j'accomplis les ordonnances du temple pour eux. »
De plus en plus nombreux, et guidés par des dirigeants locaux forts, les membres de l'Église de France ont de bonnes raisons d'être optimistes.
Jacques Faudin dit : « J'ai confiance en l'avenir de l'Église dans mon pays. Je peux voir une progression. Même si c'est parfois difficile, les choses s'arrangeront parce que
l'Évangile est vrai. Dans cinq à dix ans, nous aurons en France beaucoup de membres de l’Église de la troisième et de la quatrième génération. Beaucoup de familles seront liées
par le mariage. Quand on a trois générations de membres de l’Église dans un pays, l'Évangile est solidement implanté. »
Comme les jardins maraîchers bien entretenus, les branches et les paroisses de France sont florissantes. Les dirigeants locaux et les
missionnaires à plein temps veillent avec soin aux besoins de chaque région comme le jardinier qui désherbe et arrose ses plants. Les membres de l’Église français qui sont
enracinés dans l'Évangile sont, par leur force et leur beauté, tout comme les robustes plants des jardins encore vivants dans la chaude lumière d'un coucher de soleil d'octobre
après avoir survécu à la chaleur de l'été et au gel de l'automne. Ils sont fermes dans l'Évangile, sachant qu'un jour nouveau, un autre printemps, une autre saison de
croissance s'annoncent.
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