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Guérisons
sur les rives du
Mississipi
Carter E. Grant
Historien
Vers la mi-juillet 1839, des milliers de saints
s’étaient réunis dans leur nouvelle patrie, les uns à Nauvoo, les autres à
Montrose sur la rive ouest du Mississipi. Mais avec l'arrivée du temps
chaud, hommes, femmes et enfants furent frappés de malaria, épidémie
commune le long du fleuve quand il faisait chaud. Lorsque Joseph et Emma
eurent rempli de malades leur maison et plusieurs tentes devant chez eux,
le prophète tomba malade lui-même.
Le matin du 22 juillet, la puissance du Seigneur
reposa sur le prophète. Il réprimanda tout d'abord sa propre maladie ;
puis il commanda aux malades de sa maison et devant sa maison au nom de
« Jésus-Christ de se lever et d'être guéris » (George Q. Cannon, Life of Joseph Smith the
Prophet, pp. 302, 303). « Parmi ce nombre,
raconte Wilford Woodruff,
il y avait Henry D. Sherwood, qui était sur le point de mourir. Joseph se
tint à l'entrée de sa tente et lui commanda au nom de Jésus-Christ de se
lever et de sortir de sa tente ; il obéit et fut guéri ». Des
familles entières, dont certaines étaient mourantes, furent guéries au nom
du Seigneur.
Frère Woodruff raconte
qu'après avoir guéri tous les malades du côté est du fleuve, le prophète
prit plusieurs frères et traversa pour se rendre à Montrose. « La
première maison où ils entrèrent était celle de Brigham
Young. Il était alors alité. Le prophète alla chez lui et le guérit, et ils
sortirent ensemble ». Les frères entrèrent ensuite chez Elijah Fordham. Il
« était mourant depuis une heure, et nous attendions à chaque instant
qu'il décédât... Quand nous entrâmes chez lui, le prophète Joseph se
dirigea vers Frère Fordham et lui prit la main
droite... Il vit que les yeux de Frère Fordham
étaient vitreux, et qu'il était incapable de parler et inconscient.
Lui ayant pris la main, il regarda le mourant et
dit : « Frère Fordham, ne me
reconnaissez-vous pas ? » Il n'y eut d'abord aucune réponse, mais nous
pûmes tous voir l'effet de l'Esprit de Dieu reposant sur l'homme affligé.
Joseph parla de nouveau : « Elijah, ne
me reconnaissez-vous pas ? » Dans un faible souffle, Frère Fordham répondit : « Oui ». Le prophète dit
alors : « N'avez-vous pas la foi d'être guéri ? » La
réponse, qui était un peu plus claire que précédemment, fut :
« Je crains qu'il ne soit trop tard. Si vous étiez venu plus tôt, je
pense que j'aurais pu l'être ». Il avait l'aspect d'un homme qui se
réveille de son sommeil ; c'était le sommeil de la mort. Joseph dit alors :
« Croyez-vous que Jésus est le Christ ? « Oui, Frère
Joseph », fut la réaction. Alors le prophète parla d'une voix haute,
comme dans la majesté de Jéhovah : « Elijah,
je te commande, au nom de Jésus de Nazareth, de te lever et d'être
guéri ».
Les paroles du prophète n'étaient pas comme les
paroles de l'homme, mais comme la voix de Dieu. Il me sembla que la maison
tremblait sur ses fondations. Elijah Fordham sauta à bas de son lit comme un homme
ressuscité des morts. Des couleurs saines envahirent son visage et la vie
se manifesta dans chaque acte. Ses pieds avaient été enveloppés de
cataplasmes de farine indienne. Il les arracha de ses pieds, en éparpilla
le contenu, puis demanda ses vêtements et les mit. Il demanda un bol de
pain et de lait et le mangea. Il mit alors son chapeau et nous suivit dans
la rue pour visiter d'autres malades » (Cowley, History
of Wilford Woodruff,
pp. 104, 105).
Bates Noble, qui devint plus tard évêque de la
cinquième paroisse de Nauvoo et conseiller de
l'évêque Edward Hunter de la Treizième Paroisse de Salt Lake
City, fut découvert mourant dans la vieille caserne de Montrose. Le
prophète entra dans la hutte et, prenant Bates par la main, dit :
« Frère Noble, il y a trop longtemps que vous me connaissez pour
rester ici cloué sur votre lit », et élevant la voix, il réprimanda la
maladie, disant : « Au nom de Jésus-Christ, lève-toi et
marche ! » Frère Noble sauta immédiatement à bas de son lit, mais
en essayant de s'habiller, il s'évanouit. Quand il reprit conscience, il
trouva à ses côtés le prophète, qui, au bout de quelques minutes,
dit : « Frère Noble, pourquoi as-tu douté ? » Il réprimanda
la maladie une seconde fois, et Frère Noble fut guéri en un instant »
(Andrew Jenson, Hist., Record, pp. 238,
239).
« Tandis qu'ils attendaient que le bac retournât
à Nauvoo, poursuit le journal de Frère Woodruff, un homme du monde ayant entendu parler des
miracles qui avaient été accomplis, se rendit auprès de Joseph, lui
demandant s'il ne pouvait pas venir guérir ses deux jumeaux qui étaient
tous deux malades et près de mourir. Ils se trouvaient à quelque trois
kilomètres de Montrose. Le prophète dit qu'il ne pouvait pas y aller ;
mais, après avoir marqué un temps d’arrêt, dit qu'il enverrait quelqu'un
guérir ses enfants. Il tira un mouchoir de poche en soie rouge de sa poche,
me le donna, me dit de leur essuyer le visage avec le mouchoir en les
administrant, et ils seraient guéris. Il me dit aussi : « Tant
que vous garderez ce mouchoir, il sera un lien entre vous et moi ».
J’accompagnai l'homme, fis ce que le prophète me commandait, et les enfants
furent guéris » (Cowley, op. cit, p. 106).
La famille Woodruff a encore ce mouchoir.
Source : Carter E. Grant,
The Kingdom of God Restored, Deseret Book, Salt Lake City, 1955,
chapitre 44
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