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La spiritualité
de Joseph Smith
Dean C. Jesse
Historien, institut Joseph Fielding Smith,
université Brigham Young
Certaines personnes ont toujours eu du mal à
reconnaître un prophète vivant. « Nous
savons que cet homme est un pécheur… un mangeur et un buveur… »,
affirmèrent les Juifs qui observaient Jésus. « Nous savons que Dieu a
parlé à Moïse ; mais celui-ci, nous ne savons d'où il est » (Matthieu
11:19 ; Jean 9:24, 29), proclamèrent-ils.
Cette difficulté existait aussi chez les contemporains
de Joseph Smith. Un de leurs problèmes était la difficulté d'appliquer leur
conception d’un prophète à une personnalité qui marchait, parlait et vivait
au milieu d'eux.
Un des traits de caractère qui semblait en
contradiction avec les idées préconçues de certains, c'était le caractère
amical de Joseph Smith. Même les membres de l'Église qui le rencontraient
pour la première fois étaient agréablement surpris de le découvrir aussi
aimable et joyeux. Voici ce qu'écrivit l’un d’entre eux qui, avant toute
chose à son arrivée à Kirtland, en Ohio, rendit
visite à Joseph : « Je le trouvai bizarre pour un prophète… Il ne me
sembla pas être exactement ce que j'attendais d'un prophète de Dieu.
Cependant, je ne trébuchai pas du tout. Je découvris que c'était un homme
amical, gai, agréable. Je ne pus m'empêcher de l'aimer » (Jonathan Crosby, A Biographical
Sketch of the Life of Jonathan Crosby Written by Himself, archives de l'Église, Salt Lake City). Un converti fit la remarque à un ami
d'Angleterre que Joseph Smith n'était pas « un homme sombre mais
plutôt le contraire. En vérité, certains ont douté à cause de son caractère
simple, sincère et joyeux, mais cela me le fait aimer davantage »
(John Needham à Thomas Ward, 7 juillet 1843).
La bonne humeur de Joseph Smith allait parfois au-delà
du sourire amical et de la poignée de mains cordiale. Il lui arrivait
d’engager son interlocuteur dans une épreuve espiègle de force physique. Un
homme qui vécut sa jeunesse à Nauvoo se rappela
que Joseph « avait fréquemment l'habitude de sortir de la maison pour
jouer à la balle avec nous, les garçons… Joseph obéissait toujours aux
règles. Il attrapait la balle jusqu'à son tour de prendre la batte. Alors,
comme il était très fort, il frappait la balle et l'envoyait si loin que
nous avions l'habitude de crier au garçon qui allait la chercher d'emporter
son repas avec lui. Cela faisait rire le prophète. Joseph était toujours de
bonne humeur et très amusant. Je l'ai vu, assis sur le tapis de son bureau,
se livrer au jeu du bâton (une épreuve de force) contre l’un ou l’autre
des officiers de police de Nauvoo » [les
adversaires, assis au sol face à face, semelles contre semelles, tiennent à
l'horizontale un bâton qui les sépare. Au signal, chacun des adversaires
tente de soulever l'autre en tirant vers soi le bâton. Se pratique dans le même esprit
qu'un bras de fer, ndlr] (Aroet Hale, First
Book or Journal of the life and
Travels of Aroet L.
Hale, archives de I’Église ).
Pour certains, le caractère sympathique de Joseph
Smith était pourtant un obstacle à leur foi. George A. Smith raconta qu'une
famille quitta l'Église parce qu'ils « avaient vraiment vu Joseph le
prophète descendre de la salle des traductions pour aller jouer avec les
enfants » (George A Smith, History of George A Smith, 24 mai 1833,
archives de I Église). Ezra Booth, ancien mormon dont les lettres, publiées
dans les journaux de l'Ohio, réveillèrent l'opposition à I’Église, plaida contre les qualités prophétiques de
Joseph Smith en se fondant sur sa « propension habituelle à plaisanter
et à rire » (Ezra Booth, Letter n° VII, Ohio Star, 24 novembre 1831). Et Thomas Ford,
le gouverneur de l'Illinois, pendant les dernières années de la vie de
Joseph Smith, écrivit : « Il ne faut pas supposer que le…
prophète… ait été quelqu'un de sombre et morne, avec une longue barbe, un
aspect sévère et une conduite réservée et sanctifiée : au contraire,
il était très frivole, jusqu'à jouer comme un jeune garçon » (Thomas
Ford, A History of Illinois, éd. Milo M. Quaife, Chicago, 1946).
Un jour où il faisait un discours aux saints de Nauvoo, Joseph reconnut qu'il était « enjoué et de
bonne humeur » (Réflexions de Joseph Smith rapportées par Wilford Woodruff dans son
journal le 27 mai 1843, History of the Church, 5:411. Enseignements du prophète Joseph
Smith, page 248) et il écrivit dans les pages de son histoire qu'il
avait été « coupable de légèreté et d'avoir tenu joyeuse
compagnie », ce qui, ajouta-t-il, « ne paraîtra pas étrange à
quiconque… connaît mon tempérament naturellement jovial » (Joseph
Smith History, volume A-1, archives de I’Église, page 133. Voir aussi History
of the Church 1:9,10 et Joseph Smith,
Histoire 1:28).
Alors que certains rejetèrent Joseph Smith parce qu'il
ne ressemblait pas à leur conception de la personnalité d'un prophète,
d'autres s'éloignèrent parce qu'ils ne voyaient pas la main de Dieu dans ce
qu'il faisait. En 1842, à Nauvoo, il dit à un
groupe d'immigrés qui venaient d'arriver que l'esprit de mécontentement naissait de la « négligence des conseils » et
qu'à leur arrivée chez les saints, beaucoup n'étaient pas satisfaits et
murmuraient parce « que tout n'était pas parfait ». À propos de
lui-même, Joseph leur dit qu'il n'était qu'un homme et qu'ils ne devaient
pas s'attendre à le voir parfait (History
of the Church, 5:181, et Enseignements du
prophète Joseph Smith, page 216). À ce sujet, il dit : « Bien
que j'agisse mal, je ne fais pas le mal que l'on m'accuse de faire :
le mal que je fais vient de la faiblesse de la nature humaine comme chez
les autres hommes. Personne ne vit sans défaut » (Discours de Joseph
Smith enregistré par Eliza R Snow, A Record of
the Organization and Proceedings of the Female Relief Society of Nauvoo, 31 août 1842, archives de l'Église. Voir
aussi Joseph Smith, History of the Church 5:140 et Enseignements du prophète
Joseph Smith, page 208).
Le penchant religieux de Joseph étaient
profondément ancré dans son héritage familial. Son foyer contribua d'une
manière significative au développement de sa nature spirituelle. Le
prophète résuma son héritage familial en écrivant qu'il était « né de
bons parents qui m'enseignèrent avec diligence la religion
chrétienne » (Joseph Smith, A History of the Life of Joseph Smith. Jr,
archives de I’Église). Il se souvint toute sa vie
des « tendres… paroles de ses parents » qui avaient été « inscrites
sur les tablettes de » son « cœur » (History of the
Church, 5:126).
Au sujet de la sévérité des épreuves qu’il vivait, il
déclara : « L'envie et la colère de l'homme ont été mon sort
ordinaire tous les jours de ma vie… Je suis habitué à nager en eau
profonde » (Doctrine et Alliances 127:2). Il ajouta :
« Si je n'avais pas vraiment entrepris cette œuvre et été appelé de
Dieu, je me retirerais. Mais je ne peux pas me retirer : je n'ai aucun
doute sur sa véracité » (Journal intime de Joseph Smith, 6 avril 1843,
archives de I’Église. Voir aussi History
of the Church, 5:336 et Enseignements du
prophète Joseph Smith, pp. 229-230).
Ses convictions furent mûries par le « temps et
l’expérience et des pensées circonspectes et graves et solennelles »
(Joseph Smith et d'autres personnes à Quincy,
Illinois, le 25 mars 1839, archives de I’Église. Aussi dans History of the
Church 3:295). Sa mère se rappelait que dans sa jeunesse, Joseph
« paraissait toujours réfléchir plus profondément que ne le font
habituellement les personnes de son âge au sujet de tout ce qui était de
nature religieuse » et qu'il était « très… porté à la réflexion
et à l'étude sérieuse » (Lucy Smith, Biographical
Sketches of Joseph Smith, manuscrit préparatoire, archives de l'Église,
pages 40, 43). Et son père fit cette remarque en prononçant sa bénédiction
patriarcale : « Tu as cherché à connaître [les voies du Seigneur]
et dès ton enfance tu as beaucoup médité sur les grands points de sa
loi » (Joseph Smith, père, Patriarcal Blessing Book n°1, page 3).
Dans un premier récit de la Première Vision, Joseph
donna plus de détails concernant la lutte qui précéda cet événement : les
recherches, les impressions solennelles et sérieuses, le souci de
l'humanité, l'assiduité envers les Écritures et les instructeurs, les
années de méditation, les enseignements des parents, le chagrin éprouvé à
cause du péché, la méditation sérieuse devant les œuvres de la nature et le
désir ardent de recevoir la miséricorde de Dieu parce qu'il n'y
« avait personne d'autre vers qui me tourner ». Il écrivit :
« J'eus l'esprit très angoissé car je pris
conscience de mes péchés et, en étudiant les Écritures, je découvris que
l'humanité n'allait pas au Seigneur mais qu'elle avait apostasié de la foi
véritable et vivante et qu'il n'y avait plus ni société ni culte basé sur
l'Évangile de Jésus-Christ selon le Nouveau Testament. Et je me mis à
pleurer mes péchés et les péchés du monde car j'appris dans les Écritures
que Dieu était le même hier, aujourd'hui et pour toujours, qu'il ne faisait
pas acception de personnes car il était Dieu. Car j'observai le soleil, ce
luminaire glorieux de la terre, et aussi la lune qui se déplaçaient avec
majesté dans les cieux et aussi les étoiles qui brillaient sur leur route
et la terre aussi sur laquelle je me tenais et les bêtes des champs et les
oiseaux du ciel et les poissons des eaux et également l'homme qui marchait
sur la face de la terre avec majesté et avec la force de la beauté dont la
puissance et l'intelligence pour gouverner ces choses qui sont si grandes
et merveilleuses, même à la ressemblance de celui qui les créa. Et lorsque
j'étudiai ces choses, mon cœur s'exclamait que le sage avait eu raison de
dire que celui qui dit en son cœur qu'il n'y a pas de Dieu est un fou. Mon
cœur s'écriait que tout, tout cela témoigne et est la preuve d'un pouvoir
tout-puissant et omniprésent, un être qui fait les lois et qui ordonne et
qui lie toutes les choses dans leurs limites, qui remplit l'éternité, qui
fut, est et sera d'éternité en éternité. Et après avoir étudié toutes ces
choses ainsi que le fait que cet être demandait à ceux qui l'adoraient de
l'adorer en esprit et en vérité, je suppliai le Seigneur de m'accorder sa
miséricorde, car je ne pouvais me tourner vers personne d'autre pour avoir
cette miséricorde (Joseph Smith, A History of the Life of Joseph Smith Jr,
pages 1-3).
Joseph Smith découvrit tôt dans la vie que « Dieu
a créé l'homme avec un esprit capable de s'instruire et des facultés qui
peuvent être développées proportionnellement à l'attention et à la
diligence accordées à la lumière que les cieux communiquent à son
esprit » (« The Elders
of the Church in Kirtland
to their Brethren Abroad », The
Evening and the Morning Star Il, Kirtland, Ohio, février 1834).
L’ « attention et… diligence » dont il fit
preuve lui-même ressortent dans l’abondance d’écrits religieux qu'il
produisit. La lecture au hasard de chapitres de son journal révèle qu'il
méditait constamment :
« (Je) revins à la maison, très fatigué (d'avoir)
chevauché sous la pluie. Ai passé le reste de la journée à lire et à
méditer » (Journal intime de Joseph Smith, 5 octobre 1835, archives de
I’Église. Aussi dans History of the Church, 2:287).
« (Dans l')après-midi,
ai rendu visite à mon père qui avait une forte fièvre… Ai passé le reste de
la journée à lire et à méditer » (Journal intime de Joseph Smith, 6
octobre 1835, archives de l'Église. Voir aussi History
of the Church, 2:288).
« À la maison. Ai passé (cette journée) à
m'efforcer de conserver la connaissance pour le bénéfice de mon appel. La
journée s'écoula très agréablement, ce pour quoi je remercie le Seigneur de
ses bénédictions pour mon âme, de sa grande miséricorde envers ma famille
pour avoir épargné notre vie. Ô, continue à prendre soin de moi et des
miens, au nom du Christ » (Journal intime de Joseph Smith, 21 décembre
1835, archives de l'Église. Voir aussi History
of the Church, 2:344).
« Ai poursuivi mon étude. Ô, puisse Dieu
m'accorder la connaissance et même les langues ; et me qualifier pour
honorer son nom pendant ma vie » (24 Journal intime de Joseph Smith,
22 décembre 1835, archives de l'Église. Voir aussi History
of the Church 2:344).
Joseph exprima ses sentiments à sa femme dans une
lettre écrite en 1832 de New York où il s'était rendu avec Newel K. Whitney pour acheter des produits pour le
magasin Whitney à Kirtland, dans l'Ohio. Il avait
passé du temps à se promener dans la « partie la plus splendide »
de la ville.
« Les bâtiments sont vraiment grands et
merveilleux au grand étonnement de tout observateur, et voici comment parle
mon cœur : le Dieu de toute la terre qui fit tout avec magnificence et
splendeur peut-il être mécontent des hommes à cause de toutes ces belles
inventions de leur part ? Je réponds non. C'est impossible en voyant
que ces œuvres ont pour but d’apporter du confort à l’homme, de le rendre
sage et heureux. Le Seigneur ne peut donc pas être mécontent de ces œuvres,
mais la colère du Seigneur est seulement allumée contre les hommes parce
qu'ils ne lui accordent pas la gloire ».
Il ajouta :
«Je revins à ma chambre pour méditer et me calmer
l'esprit. Et voici que les pensées de la maison, d'Emma (sa femme) et de
Julia (sa fille) m'emplissent l'esprit comme une inondation et j'aimerais
pendant un instant être avec elles. Mon cœur est plein de tous les
sentiments et de toute la tendresse d'un père et d'un mari… Et pourtant
quand je réfléchis à cette belle ville… mes entrailles sont remplies de
compassion envers eux et je suis décidé à élever la voix… et à confier
l'événement à Dieu ».
Puis il conclut :
« Je préfère lire et prier et communier avec le Saint-Esprit et t'écrire que marcher dans les rues et
voir la folie de l'homme » (Joseph à Emma Smith, le 13 octobre 1832,
Bibliothèque/archives, Communauté du Christ, Independence,
Missouri).
Au cours de son voyage avec frère Whitney, Joseph fut
gravement malade à cause d'un empoisonnement alimentaire qui faillit le
tuer. Voici ce qu'il écrivit à sa femme :
« Ma situation est très désagréable bien que je
m'efforce de m'en contenter avec l'aide du Seigneur. Presque tous les
jours, je me suis rendu dans un bosquet juste derrière la ville, où je peux
me retirer à la vue de tous les mortels et où je peux exprimer tous les
sentiments de mon cœur dans la méditation et la prière. J'ai rappelé dans
mon esprit tous les moments passés de ma vie et je reste à pleurer et à
verser des larmes de chagrin pour la folie que j'ai faite de laisser à
l'ennemi de mon âme tant de pouvoir sur moi comme je l'ai fait dans le
passé, mais Dieu est miséricordieux et il a oublié mes péchés, et je me
réjouis qu'il envoie le Consolateur vers tous ceux qui croient et
s'humilient devant lui » (Joseph Smith à Emma Smith, le 6 juin 1832,
archives de l'Église).
Les aspirations religieuses de Joseph Smith n'étaient
pas exclusivement dirigées vers son bénéfice et son bien-être. Il invoqua
fréquemment les puissances célestes pour ceux qui souffraient autour de
lui. Dans une de ses premières lettres à son frère Hyrum,
voici ce qu'écrivit Joseph :
« Ce matin après que l'on m'eut demandé de sortir
de mon lit dans la nuit pour parcourir une petite distance (afin de donner
une bénédiction à une sœur), je partis et eus une lutte horrible avec
Satan, mais il fut chassé par la puissance de Dieu et la femme a repris ses
esprits. Le Seigneur accomplit des merveilles dans ce pays » (Joseph
Smith à Hyrum Smith, le 3 mars 1831, Archives de
l'Église).
En octobre 1835, il fut appelé au chevet de sa
belle-sœur, Mary Bailey Smith, qui était couchée
pour accoucher « dans une situation très dangereuse ». Après
avoir envoyé son frère, Don Carlos, chercher le médecin, Joseph
« sortit dans le champ et s'inclina devant le Seigneur et fit appel à
lui dans une prière puissante en sa faveur ». Après quoi, « la
parole du Seigneur me parvint, me disant : ‘mon serviteur Frederick (le médecin) viendra et recevra la sagesse
nécessaire pour agir avec prudence, et ma servante accouchera d'un enfant
vivant et sera épargnée’ ». Le médecin arriva et l'enfant naquit en
toute sécurité et rapidement. « Et ce fut ainsi que ce que Dieu
m'avait manifesté s'accomplit dans tous ses détails » (Journal intime
de Joseph Smith, 27 octobre 1835, archives de I’Église. Voir aussi History of the
Church, 2:292,293).
La dominante religieuse de la vie de Joseph ne ressort
pas seulement dans ses écrits. Elle ressort également des écrits des
personnes qui le connurent. Charles Dana écrivit que sa femme tomba si
malade à Nauvoo qu'il craignit de la voir mourir.
Désespéré, il trouva « le courage d'aller chercher frère Joseph ».
Il trouva le prophète très occupé et se faisant du
souci au sujet de la perte d'un document important. Lorsque Joseph sortit
de la maison en compagnie de plusieurs autres personnes pour partir à la
recherche de l'objet manquant, Dana en profita « lorsqu'il passa la
barrière », pour dire : « Frère Joseph, voulez-vous aller
donner une bénédiction à ma femme ? » Il répondit en hâte :
« Je ne peux pas ! » Mais Charles le supplia, les larmes aux
yeux : « Frère Joseph, elle est si malade qu'elle en mourra peut-être ;
et je ne veux pas m'en séparer ».
Charles raconte :
« Il tourna la tête, vit mon visage et
répondit : ‘J'y serai bientôt’. Mon cœur en tressauta de joie et je me
hâtai de rentrer à la maison… Je venais juste d'y arriver quand frère
Joseph arriva à son tour… Il me demanda : ‘Depuis combien de temps
est-elle si malade ?’ Il marcha alors de long en large pendant
quelques minutes. Je me mis à craindre qu'il ne la considérât comme ayant
dépassé le stade de la guérison ; mais il finit par aller jusqu'au
feu, se chauffa les mains, ôta son manteau, alla jusqu'au lit, lui imposa
les mains et au milieu de sa bénédiction, il parut troublé ; la
maladie ou l'esprit du mal le saisit ; mais il le maîtrisa et prononça
de grandes bénédictions sur elle » (Charles R. Dana, An Abridged Account ot the Life : Travels Etc. of Elder Charles
R. Dana Written by Himself,
archives de l'Église).
Pendant l'été de 1837, après qu'il ait failli mourir
d'une grave maladie, le prophète reçut la visite de Mary Fielding qui
épousa plus tard Hyrum, le frère de Joseph. À
cette époque-là, l'antagonisme contre le prophète avait atteint des
proportions presque accablantes. Voici ce que Mary Fielding écrivit :
« Il ne se prend que pour une pauvre créature et
ne peut rien faire d'autre que ce que lui permet Dieu. Il paraît être très
heureux. Il nous parla un peu de la période pendant laquelle il fut malade.
Il dit que quand il (était) trop faible pour prier lui-même, l'ennemi
luttait contre lui. Cette lutte devint parfois si importante qu'il dut faire appel à sa femme ou à un ami pour prier pour
la victoire du bon esprit. Il reçut parfois la bénédiction de visions si
remplies de gloire qu'il en oubliait complètement les afflictions de son
corps. Le dimanche soir déjà mentionné, alors qu'il paraissait près de la
fin, frère Carter… et d'autres personnes se réunirent dans la maison du
Seigneur où il jeûnèrent et prièrent pour lui presque toute la nuit. Frère
Carter vit en vision une tombe ouverte pour le recevoir (le prophète)… mais
il vit la terre y retomber seule et remplir la tombe sans personne à
l'intérieur. À partir de ce (moment-là), il reprit rapidement des forces et
trois ou quatre jours plus tard, il put sortir.
Bien sûr, ceux qui l'aiment se réjouissent abondamment. Il dit qu'il restera
encore en place et que, bien que tant de personnes cherchent à le faire
assassiner, il accomplira l'œuvre que Dieu lui a confiée » (Mary
Fielding à Mercy Thompson, juillet 1837, archives de l'Église).
Son expérience religieuse, profonde et continue, est ce
qui ressort de façon dominante des documents historiques sur Joseph Smith.
Peu de temps avant sa mort, il expliqua qu'il se sentait « en
communion plus profonde avec Dieu et en meilleure situation (devant lui)
que jamais auparavant » (Rapport fait par William Clayton
du discours de Joseph Smith, 6 avril 1844, archives de l'Église. Voir aussi
History of the
Church, 6:288).
La spiritualité de Joseph Smith semble avoir été la
qualité dominante de sa vie. Alors qu'il reconnaissait avoir « les
défauts de la nature humaine » et être sujet aux imperfections, ses
faiblesses ne mirent pas fin au canal sensible de la communication
spirituelle.
Source : L’Étoile,
décembre 1984, pp. 15-30.
Mise à jour : 27 janvier 2005
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