Étude des
 
ARTICLES DE FOI
 
de l'Église de Jésus-Christ
des saints des derniers jours
 
 
James E. Talmage (1862-1933)
 
Président de l'université d'Utah de 1894 à 1897
Membre du Collège des Douze de 1911 à 1933
 
 
 
 
Note de la Rédaction : L'ÉTUDE DES ARTICLES DE FOI de James E. Talmage a été éditée pour la première fois en 1890. La traduction en français, par Arthur Horbach, a été éditée en 1931. Après avoir été révisée par Marcel Kahne, elle a été rééditée en 1962. L'édition que nous vous proposons est une révision de l'édition de 1962. Lorsque l'auteur cite les Écritures modernes, nous en donnons autant que possible la traduction de 1998.
 
 
Préface de l'auteur
Table des matières
Références scripturaires
 
 
ÉTUDE DES ARTICLES DE FOI
 
Examen des principes doctrinaux de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours
 
par James E. Talmage, membre du Collège des des douze apôtres de l'Église
 
 
PRÉFACE DE L'AUTEUR À LA PREMIÈRE ÉDITION FRANÇAISE
 
C'est une joie pour moi de savoir que les Articles de foi ont désormais accessibles aux personnes qui vivent dans les pays de langue française.
 
Cette édition du livre, la première en français, suit la seizième édition en anglais ; en outre, des traductions ont été publiées en allemand, en néerlandais, en japonais, etc.
 
Connaissant bien les nombreuses qualités des peuples de langue française - que je considère comme mes frères et mes sœurs dans la grande famille humaine, qui est la famille de Dieu - je suis certain que ceux qui liront honnêtement cette œuvre, en cherchant la vérité, l'examineront sincèrement et sans idée préconçue.
 
La rédaction de ce livre fut un travail de dévotion et un honneur pour l'auteur et ne fut entreprise en aucune manière en vue d'un gain matériel. Il donne, sous une forme concise, un sommaire partiel des principes doctrinaux et des buts de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours et est offert à ses lecteurs dans un esprit de persuasion fraternelle, afin qu'ils examinent pieusement son message.
 
De toute la ferveur de mon âme, je sens et je témoigne solennellement que cette Église est tout ce que son nom implique - l'Église de Jésus-Christ rétablie sur terre par la faveur divine et rétablie comme organisation parmi les hommes en accord strict avec les prédictions des anciens prophètes. Comme telle, l'Église proclame de nouveau l'Évangile du Christ qui accorde la rédemption de la mort à tous les hommes et le salut à toute âme qui voudra se soumettre aux conditions prescrites par le Rédempteur et Sauveur du genre humain.
 
Que le pouvoir du Saint-Esprit rende témoignage de la vérité des principes et de la doctrine exposés dans ce livre ! 
 
James E. Talmage
Salt Lake City, Utah,
Mai 1931
 
 
TABLE DES MATIÈRES
 
1. INTRODUCTION - Les Articles de foi.- La théologie. - La théologie et la religion. - Les Ouvrages Canoniques de l'Église. - Joseph Smith, le prophète. - Sa famille et sa jeunesse. - Sa recherche de la vérité et le résultat. - Visité par le Père éternel et son Fils Jésus-Christ. - Visitations angéliques. - Événements ultérieurs, le martyre. - Authenticité de sa mission. - Un vrai prophète.
 
2. DIEU ET LA SAINTE TRINITÉ - (Article 1) L'existence de Dieu. - Le témoignage de l'histoire et de la tradition. - Le témoignage de la raison humaine. - Le témoignage de la révélation directe. -La Divinité, une Trinité. - Unité de la Trinité. - Personnalité de chaque membre de la Divinité. - Quelques attributs divins. - Idolâtrie et athéisme. - Conception confessionnelle de la Divinité. - Dieu dans la nature.
 
3. LA TRANSGRESSION ET LA CHUTE - (Article 2) Le libre arbitre de l'homme. - La responsabilité de l'homme. - Le péché. - Le châtiment du péché, naturel et nécessaire. - Durée du châtiment. -Réfutation de la fausse doctrine du tourment sans fin. - Satan, sa position première et sa chute. - Nos premiers parents en Eden. - La tentation et la chute. - Sage choix d'Adam. - L'expulsion du jardin. L'Arbre de Vie gardé. -Résultats de la chute. - La chute prévue. - L'héritage béni de la mortalité.
 
4. L'EXPIATION ET LE SALUT - (Article 3) La réconciliation. - Nature de l'Expiation. - Un sacrifice vicarial. -Volontaire et inspiré par l'amour. - L'Expiation préordonnée et prédite. - Étendue de l'Expiation. - Le salut général. - Le salut individuel. - Le salut et l'exaltation. Les degrés de gloire. - Les royaumes céleste, terrestre et téleste.
 
5. LA FOI ET LA REPENTANCE - (Article 4) Nature de la Foi. - Comparaison entre la foi, la croyance et la connaissance. - La fondation de la foi. - La foi, principe de pouvoir. - Une condition d'une foi effective. - La foi essentielle au salut. - Un don de Dieu. - La foi et les oeuvres. - Nature de la repentance. - Conditions pour obtenir le pardon. - La repentance essentielle au salut. - La repentance, don de Dieu. - Il n'est pas toujours possible de se repentir. - Dangers de différer le jour. de la repentance. - La repentance au-delà du tombeau.
 
6. LE BAPTÊME - (Article 4) Nature de l'ordonnance. - Son établissement. - Le baptême d'Adam. - Le but du baptême. - Candidats éligibles. - Le baptême des petits enfants. -Histoire de cette pratique erronée. - Le pédo-baptême pas confirmé par la Bible et défendu par d'autres écritures. - Le baptême essentiel au salut. - Le baptême du Christ. « Pour accomplir toute justice ».
 
7. LE BAPTÊME - Suite - (Article 4) Importance d'une méthode correcte dans l'administration de l'ordonnance. -Dérivation du mot « baptiser ». L'immersion, mode véritable. - Symbolisme de l'immersion. - L'immersion, seul mode pratiqué dans les premiers jours. -Le baptême par immersion chez les Néphites. - Le baptême moderne. - Le « rebaptême » n'est pas une ordonnance distincte. - Les rebaptêmes rapportés dans l'Écriture sont peu nombreux et exceptionnels. - Le baptême pour les morts. Le ministère du Christ parmi les trépassés. - Les esprits en prison. - Oeuvre vicariale des vivants pour les morts. Le Message d'Élie. - Temples anciens et modernes.
 
8. LE SAINT-ESPRIT - (Article 4) Le Consolateur promis. - Le Saint-Esprit, membre de la Divinité. - Sa personnalité distincte. - Ses pouvoirs. Son rôle : officier pour l'Humanité. -À qui il est donné. Exemples exceptionnels de sa visitation avant le baptême. L'ordonnance qui le confère. - Le pouvoir de la prêtrise nécessaire. - Dons de l'Esprit.
 
9. L'ORDONNANCE DU REPAS DU SEIGNEUR - (Article 4) Institution de l'ordonnance parmi les Juifs. - Également parmi les Néphites. - Participants dignes de la Sainte-Cène. But de l'ordonnance. - Les emblèmes de la Sainte-Cène. Façon de l'administrer.
 
10. L'AUTORITÉ DANS LE MINISTÈRE - (Article 5) Hommes appelés de Dieu. - Exemples scripturaux. - Ordination au ministère. - L'imposition des mains par l'autorité. - Le sacrilège des essais de ministère sans autorité. Exemples de rétribution divine. - Instructeurs véritables et faux. - L'autorité divine à notre époque. Rétablissement de la Prêtrise d'Aaron par Jean-Baptiste. - Et de la Prêtrise de Melchisédek, par Pierre, Jacques et Jean. - Préordination d'hommes à une mission donnée. - Préordination du Christ. - Préexistence des esprits.
 
11. L'ÉGLISE ET LE PLAN DE SON ORGANISATION - (Article 6) L'Église primitive. - Apostasie depuis l'Église primitive. La grande apostasie prédite. - Rétablissement de l'Église. Plan de gouvernement dans l'Église rétablie. - Ordres et offices dans la prêtrise. - La Prêtrise d'Aaron, incluant la prêtrise lévitique. - L'ordre de Melchisédek. - Offices particuliers dans la prêtrise. - Diacres, instructeurs, prêtres, anciens, soixante-dix, grands-prêtres. - Patriarches ou évangélistes. - Apôtres. - L'épiscopat président. - Les organisations locales, pieux et paroisses. - La présidence de pieu. - Le grand conseil. - L'épiscopat de paroisse. Les Auxiliaires.
 
12. LES DONS SPIRITUELS - (Article 7) Caractéristiques de l'Église. - Nature de ces dons. - Les miracles. - Énumération partielle des dons. - Langues et interprétation. - Guérisons. -Visions et Rêves. - Prophéties. - Révélations. - Le témoignage des miracles West pas un guide infaillible. - Imitations de dons spirituels. Miracles accomplis par les mauvais esprits. - Les démons accomplissent des miracles. - Les dons spirituels aujourd'hui.
 
13. LA BIBLE - (Article 8) Le premier de nos Ouvrages Canoniques. - Le nom « Bible ». - L'Ancien Testament. - Son origine et son développement. - La langue de l'Ancien Testament. - La version des Septante. - Le Pentateuque. - Livres historiques. - Livres poétiques. - Livres des prophètes. - Les apocryphes. -Le Nouveau Testament. - Son origine et son authenticité. Classification de ses livres. - Premières versions de la Bible. - Versions modernes. - Réalité et authenticité. - Témoignage du Livre de Mormon concernant la Bible.
 
14. LE LIVRE DE MORMON - (Article 8) Description et origine. - Visitation de Moroni à Joseph Smith. . - La page de titre. - La nation néphite. - Les Jarédites. . - Les anciennes plaques. - Abrégé des plaques de Néphi, par Mormon. - La traduction du récit. - Classification et arrangement des livres. - Réalité du Livre de Mormon. - Témoignage des témoins.
 
15. LE LIVRE DE MORMON - Suite - (Article 8) Authenticité du Livre de Mormon. - Le Livre de Mormon et la Bible. - Ancienne prophétie accomplie par la parution du Livre de Mormon. -Harmonie du livre. - Les prophéties qu'il contient. - Preuves externes. -Preuves archéologiques de l'occupation reculée de l'Amérique. - Origine commune de toutes les « races » natives. - Comparaison entre la langue du Livre de Mormon et la langue des anciens d'Amérique.
 
16. LA RÉVÉLATION, PASSÉE, PRÉSENTE ET FUTURE - (Article 9) La révélation et l'inspiration. - Moyens de communication de Dieu. -Révélateurs d'autrefois. - Le Christ, un révélateur. - La doctrine de la révélation continue, scripturale et raisonnable. - Objections relevées et réponses. - La révélation des derniers jours. - Sans révélation, il ne peut. y avoir de véritable Église. - Révélations encore attendues.
 
17. LA DISPERSION D'ISRAËL - (Article 10) Israël. - Histoire brève de la nation. - La dispersion prédite. - Prophéties bibliques. - Prédictions du Livre de Mormon. - Accomplissement de ces terribles prophéties. - Sort du royaume d'Israël. - Dispersion de Juda. - Les tribus perdues.
 
18. LE RASSEMBLEMENT D'ISRAËL - (Article 10) Prédictions du rassemblement. - Prophéties dans la Bible et dans le Livre de Mormon. - La révélation moderne concernant le rassemblement. - Ampleur et but du rassemblement. - Israël, peuple choisi. - Toutes les nations bénies en Israël. - Rétablissement des dix tribus. - Sion doit être établie.
 
19. SION - (Article 10) Deux lieux de rassemblement désignés. - Jérusalem et la Nouvelle Jérusalem. - Signification de « Sion ». - La Sion d'Énoch. - Définition de « Sion » par le Seigneur. - La révélation moderne concernant Sion. - L'établissement différé. - Lieu central au Missouri. - La fondation de Sion dans les derniers jours.
 
20. LE RÈGNE DU CHRIST SUR LA TERRE - (Article 10) Comparaison entre le premier et le second avènement du Christ. -Prédictions de Sa seconde venue. - Description des signes. - Révélations modernes à ce sujet. - Époque précise inconnue. - Le règne du Christ. - Le royaume de Dieu. - Le royaume des cieux. - Royaume et Église. - Le millenium. - Le pouvoir de Satan sera retranché.
 
21. LA RÉGÉNÉRATION ET LA RÉSURRECTION - (Article 10) La terre sous la malédiction. - Régénération de la terre. - Absence de preuves du côté de la science. - Résurrection du corps. - Prédictions. - Deux résurrections générales. - La résurrection des justes. - Et celle des injustes. -La résurrection du Christ et celle qui suivit immédiatement. – La résurrection à la seconde venue du Christ. - Les païens à la première résurrection. - La résurrection après le millenium.
 
22. LA LIBERTÉ RELIGIEUSE ET LA TOLÉRANCE - (Article 11) Le culte. - La liberté du culte, un droit inaliénable. - L'intolérance est un péché. - La tolérance n'implique pas l'acceptation. - La responsabilité de l'homme. - Les résultats de ses actes. - Degrés de gloire prévus. - La gloire céleste. - La gloire terrestre. - La gloire téleste. - Gradation dans les royaumes. - Les fils de perdition.
 
23. LA SOUMISSION À L'AUTORITÉ SÉCULIÈRE - (Article 12) Reconnaissance scripturale des pouvoirs séculiers. - Exemple montré par le Christ et les apôtres. - Enseignements apostoliques. - Révélation moderne concernant le devoir envers les lois du pays. - Le peuple de Dieu doit être observateur de la loi. - Enseignements de l'Église aujourd’hui.
 
24. UNE RELIGION PRAGMATIQUE - (Article 13) La religion de la vie journalière. - Universalité de notre foi. - La bienveillance ordonnée. - Offrandes volontaires. - Le don du jeûne. - La dîme. - Consécration et intendance. - L'Ordre uni. - Ordre social dans l'Église. - Le mariage. Le mariage céleste. - Association illégale des sexes. - La sainteté du corps. - Le sabbat et les commandements concernant son observance.
 
 
RÉFÉRENCES SCRIPTURAIRES
 
Dans les « Références scripturaires » qui suivent les différents chapitres, un petit nombre seulement des passages relatifs au sujet sont assemblés. Les passages sont fréquemment condensés et ne sont par conséquent pas présentés comme des citations complètes ou exactes, leur but étant d'indiquer seulement le sujet de chaque citation. L'ordre dans lequel ils sont présentés a pour but de rendre l'étude plus facile, les Écritures ayant trait au même sujet étant groupées dans certains cas. Quand il n'est pas vraiment nécessaire de ranger les sujets les uns par rapport aux autres, les citations sont rangées dans l'ordre des ouvrages canoniques de l'Église 1. La Bible ; 2. Le Livre de Mormon ; 3. Les Doctrine et Alliances (D&A) 4. La Perle de grand prix (PGP)
 
 
CHAPITRE 1 : INTRODUCTION
 
Les Articles de foi de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours
 
1 Nous croyons en Dieu, le Père éternel, et en son Fils, Jésus-Christ, et au Saint-Esprit.
 
2 Nous croyons que les hommes seront punis pour leurs propres péchés, et non pour la transgression d'Adam.
 
3 Nous croyons que, grâce au sacrifice expiatoire du Christ, tout le genre humain peut être sauvé en obéissant aux lois et aux ordonnances de l'Évangile.
 
4 Nous croyons que les premiers principes et ordonnances de l'Évangile sont : premièrement la foi au Seigneur Jésus-Christ, deuxièmement le repentir, troisièmement le baptême par immersion pour la rémission des péchés, quatrièmement l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit.
 
5 Nous croyons que l'on doit être appelé de Dieu par prophétie, et par l'imposition des mains de ceux qui détiennent l'autorité, pour prêcher l'Évangile et en administrer les ordonnances.
 
6 Nous croyons à la même organisation que celle qui existait dans l'Église primitive, savoir : apôtres, prophètes, pasteurs, docteurs, évangélistes, etc.
 
7 Nous croyons au don des langues, de prophétie, de révélation, de vision, de guérison, d'interprétation des langues, etc.
 
8 Nous croyons que la Bible est la parole de Dieu dans la mesure où elle est traduite correctement ; nous croyons aussi que le Livre de Mormon est la parole de Dieu.
 
9 Nous croyons tout ce que Dieu a révélé, tout ce qu'il révèle maintenant, et nous croyons qu'il révélera encore beaucoup de choses grandes et importantes concernant le royaume de Dieu.
 
10 Nous croyons au rassemblement littéral d'Israël et au rétablissement des dix tribus. Nous croyons que Sion (la nouvelle Jérusalem) sera bâtie sur le continent américain, que le Christ régnera en personne sur la terre, que la terre sera renouvelée et recevra sa gloire paradisiaque.
 
11 Nous affirmons avoir le droit d'adorer le Dieu Tout-Puissant selon les inspirations de notre conscience et reconnaissons le même droit à tous les hommes : qu'ils adorent comme ils veulent, où ils veulent ou ce qu'ils veulent.
 
12 Nous croyons que nous devons nous soumettre aux rois, aux présidents, aux gouverneurs et aux magistrats, et que nous devons respecter, honorer et défendre la loi.
 
13 Nous croyons que nous devons être honnêtes, fidèles, chastes, bienveillants et vertueux, et que nous devons faire du bien à tous les hommes ; en fait, nous pouvons dire que nous suivons l'exhortation de Paul : nous croyons tout, nous espérons tout, nous avons supporté beaucoup et nous espérons être capables de supporter tout. Nous recherchons tout ce qui est vertueux ou aimable, tout ce qui mérite l'approbation ou est digne de louange. - Joseph Smith.
 
La théologie. - Le mot « théologie » est d'origine grecque ; il nous vient de theos, qui signifie Dieu, et logos - . traité, discours, signifiant donc, par dérivation, connaissance comparée de la Divinité ou science qui nous enseigne Dieu, impliquant également la relation qui existe entre lui et ses créatures. Le terme est d'usage ancien et son origine remonte à des sources païennes. Platon et Aristote disent de la théologie qu'elle est la doctrine de la Divinité et des choses divines.
 
Certains ont prétendu que les connaissances théologiques ne constituent pas, à proprement parler, un sujet que l'homme puisse soumettre à un traitement analytique ou à tout autre traitement scientifique ; que, étant donné que la vraie conception de la Divinité, qui constitue l'objet principal de la théologie, doit nécessairement être basée sur la révélation divine, nous ne pouvons que recevoir une telle connaissance quand elle nous est gracieusement offerte ; et qu'essayer d'en faire un examen critique par les pouvoirs faillibles du jugement humain équivaudrait à appliquer comme unité de mesure aux actes de Dieu, la sagesse tout à fait inadéquate de l'homme. Beaucoup de vérités sont au-delà de la portée de la raison humaine réduite à elle-même et il a été déclaré que les faits théologiques appartenaient à cette classe. Ceci n'est vrai que dans la mesure où la même classification est applicable à des vérités autres que théologiques dans l'acceptation restreinte du terme ; car toute vérité, étant éternelle, est supérieure à la raison en ce sens qu'elle est manifeste à la raison, mais West pas créée par elle. Cependant les vérités doivent être estimées et comparées par l'exercice de la raison.
 
Importance de l'étude de la théologie. - Pendant la courte durée de l'existence mortelle, il est impossible à l'homme d'explorer à fond une partie importante quelconque du vaste royaume de la connaissance. C’est pourquoi, il est du rôle de la sagesse de diriger nos efforts vers l'examen du domaine qui promet les résultats qui auront la plus grande valeur. Toute vérité est de valeur ; elle est même sans prix, lorsqu'elle est à sa place ; cependant, eu égard à leur application possible, certaines vérités ont une valeur incomparablement plus grande que d'autres. Il est essentiel au succès du marchand qu'il connaisse les principes du commerce ; il est exigé du marin qu'il soit au courant des lois de la navigation ; il est indispensable au fermier qu'il connaisse le rapport entre le sol et les moissons ; il est nécessaire à l'ingénieur et à l'astronome qu'ils comprennent les principes des mathématiques ; et, de même, il est essentiel au salut de chaque âme humaine, qui est à même de juger et de discerner, qu'elle ait une connaissance personnelle de Dieu. Pour cette raison, la valeur de la connaissance théologique ne devrait pas être sous-estimée et il est douteux que son importance puisse être surestimée.
 
Universalité de la théologie. - Les frontières ultimes de la science, si frontières il y a, sont au-delà de ce que l'homme est capable d'évaluer. La théologie traite de la Divinité, fontaine de la connaissance, source de la sagesse ; des preuves de l'existence d’un Être suprême et d'autres personnalités surnaturelles ; des conditions dans lesquelles et des moyens par lesquels la révélation divine est accordée ; des principes éternels qui gouvernent la création des mondes ; des lois de la nature dans toutes leurs manifestations variées. La théologie est, en tout premier lieu, la science qui traite de Dieu et de la religion ; elle présente, en bon ordre, les faits de la vérité observée et révélée et indique le moyen de les appliquer dans lès tâches de la vie. La théologie traite donc d'autres faits que de ceux que l'on appelle spécifiquement spirituels ; son domaine est celui de la vérité. Les recherches industrielles qui profitent à l'humanité, les arts qui plaisent et raffinent, les sciences qui développent et exaltent l'esprit - ce ne sont là que des fragments du volume de vérité grand, mais encore incomplet qui est venu sur terre d'une source d'approvisionnement éternel et infini. C'est pourquoi, une étude complète de la théologie embrasserait toutes les vérités connues. Dieu s'est constitué le grand maître ; par des manifestations personnelles ou par le ministère des serviteurs qu'il a établis, il instruit ses enfants mortels. Il apprit à Adam l'art de l'agriculture [1] et lui montra celui du tailleur [2]. Il instruisit Noé et Néphi dans la construction de vaisseaux [3] il enseigna à Léhi et à Néphi les arts de la navigation [4] ; et pour les guider sur l'eau, comme dans leurs déplacements sur la terre ferme, il leur prépara le Liahona [5], boussole mue par une influence plus efficace, pour lui faire remplir son rôle, que celle du magnétisme terrestre ; de plus, Moïse reçut des instructions divines en architecture [6].
 
La théologie et la religion, bien qu'apparentées, ne sont pas identiques. On peut être profondément versé en théologie et cependant avoir un caractère qui laisse à désirer au point de vue religieux et même moral. Si la théologie est la théorie, alors la religion est la pratique ; si la théologie est le précepte, la religion est l’exemple. Chacune doit être le complément de l'autre ; la connaissance théologique doit fortifier la foi et la pratique religieuses. Telle qu'elle est acceptée par les saints des derniers jours, la théologie comprend le plan de l’Évangile de Jésus-Christ dans son entièreté. En tant que science, la théologie concerne les connaissances classées ou comparées relatives aux rapports entre Dieu et l'homme, en premier lieu, parce qu'elle s'adresse à l'intellect ; tandis que la religion inclut l'application de cette connaissance ou croyance réelle, dans le cours de la vie de chaque individu.
 
Les Articles de foi. - Les croyances et les pratiques prescrites de la plupart des confessions religieuses sont présentées d'habitude sous forme de credo. Les saints des derniers jours ne proclament aucun credo de ce genre comme code complet de leur foi, car ils acceptent le principe de la révélation continue, qui est un trait essentiel de leur croyance. Joseph Smith, premier prophète divinement commissionné et premier président de l'Église de Jésus-Christ à notre époque, a présenté comme sommaire des principes doctrinaux de l'Église, les treize professions connues sous le nom d'« Articles de foi de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours ». Ceux-ci renferment des principes doctrinaux fondamentaux et caractéristiques de l'Évangile tel qu'il est enseigné par cette Église ; mais on ne doit pas les considérer comme un exposé de croyances complet, car, comme l'affirme l'article 9, « Nous croyons tout ce que Dieu a révélé, tout ce qu'il révèle maintenant et nous croyons qu'il révélera encore beaucoup de choses, grandes et importantes, concernant le royaume de Dieu. » Depuis l'époque de leur promulgation originelle, les Articles de foi ont été acceptés par les membres comme exposé faisant autorité ; et le 6 octobre 1890, les saints des derniers jours, assemblés en conférence générale, réadoptèrent les Articles comme guide [7]de leur foi et de leur conduite. Comme ces Articles de foi présentent des principes doctrinaux importants de l'Église dans un ordre systématique, ils s'offrent d'eux-mêmes comme plan commode pour l'étude de la théologie de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.
 
Les ouvrages canoniques de l'Église constituent l'autorité écrite de l'Église en matière de doctrine. Néanmoins, l'Église se tient prête à recevoir, par révélation divine, de nouvelles lumières et connaissances « concernant le royaume de Dieu ». Nous croyons que Dieu est aujourd'hui plus disposé que jamais à révéler sa volonté et ses desseins à l'homme, et qu'il le fait par l'intermédiaire des serviteurs qu'il a établis - les prophètes, voyants et révélateurs -investis, par ordination, de l'autorité de la sainte prêtrise. C'est pourquoi, nous nous reposons sur les enseignements des oracles vivants de Dieu, les estimant aussi valables que la doctrine de la parole écrite. Les ouvrages adoptés, par vote de l'Église, comme guides faisant autorité en matière de foi et de doctrine, sont au nombre de quatre : La Bible, le Livre de Mormon, les Doctrine et Alliances, et la Perle de grand prix [8]. De nombreux livres ont été et sont encore publiés par des officiers et des membres de l'Église et peuvent être approuvés par le peuple et les autorités ecclésiastiques ; mais les quatre publications citées sont les « Ouvrages Canoniques de l'Église » officiellement adoptés. Les Articles de foi peuvent être considérés comme un sommaire appréciable, quoique partiel des principes doctrinaux traités dans les livres canoniques qui font autorité.
 
 
JOSEPH SMITH, LE PROPHÈTE
 
Joseph Smith, dont le nom est attaché aux Articles de foi, est le prophète et révélateur par l'intermédiaire duquel l'Évangile de Jésus-Christ fut rétabli sur cette terre à notre époque de la dispensation de la plénitude des temps (expression tirée de Éphésiens 1:10 dans la version du roi Jacques, ndlr), déclarée et prédite par des prophètes anciens. La question de l'authenticité du mandat divin de cet homme est cruciale pour le monde aujourd'hui. Comme ses prétentions à une commission divine constituent la fondation de l'Église à notre époque, la superstructure ne peut pas être stable, si elle n'est pas fondée. Si, par contre, l'ordination qu'il affirme avoir reçue des mains de personnages divins a bien eu lieu, on n'aura pas besoin d'aller chercher plus loin la cause de la vitalité phénoménale et du développement continu de l'Église rétablie.
 
Les circonstances des rapports divins avec Joseph Smith, l'expansion merveilleuse de l’œuvre instaurée par ce prophète des derniers jours (« les derniers jours », expression scripturale ; voir Actes 2:17 ; 2 Tim. 3:1 ; 2 P. 3:3, ndlr), l'accomplissement, dont il a été l'instrument, d'un grand nombre des prédictions les plus importantes du passé et ses propres paroles prophétiques, réalisées littéralement, seront bientôt universellement reconnus comme preuves concluantes de la validité de son ministère [9]. Les prétentions exaltées présentées en sa faveur et en faveur de l’œuvre de sa vie, la renommée qui a fait connaître son nom, en bien ou en mal, parmi la plupart des nations civilisées de la terre, la stabilité du système religieux et social établi au dix-neuvième siècle qui doit son origine au ministère de cet homme, lui confèrent une importance individuelle qui réclame une considération sérieuse et impartiale.
 
Sa famille et sa jeunesse. - Joseph Smith, troisième fils et quatrième enfant d'une famille de dix, naquit le 23 décembre 1805, à Sharon, comté de Windsor, État de Vermont [10]. Il était le fils d'un couple de braves gens, Joseph et Lucy Mack Smith qui, bien que pauvres, vivaient heureux au milieu de leurs tableaux familiaux d'industrie et de frugalité. Lorsque le jeune Joseph eut dix ans, la famille quitta le Vermont et s'établit dans l'État de New York, tout d'abord à Palmyra et, plus tard, à Manchester. C'est en ce dernier endroit que le futur prophète devait passer la plupart des jours de sa jeunesse. Tout comme ses frères et sœurs, il ne reçut que peu d'instruction et les quelques rudiments d'une éducation simple qu'il put acquérir par une application sérieuse, il les dut surtout à ses parents qui avaient pour règle de consacrer une partie de leurs loisirs limités à l'éducation des plus jeunes membres du ménage.
 
Dans ses inclinations religieuses, la famille favorisait l'Église presbytérienne ; en fait, la mère et quelques-uns des enfants se rallièrent à cette Église ; mais Joseph, quoique favorablement impressionné, à un certain moment, par les méthodistes, s'abstint de se faire membre d'une Église, étant très perplexe au sujet des luttes et des dissensions qui se manifestaient parmi les Églises de l'époque. Il était en droit de s'attendre à ce qu'il y eût de l'unité et de l'harmonie dans l'Église du Christ ; cependant, il ne voyait, parmi les Églises en dispute, que de la confusion. Alors que Joseph était dans sa quinzième année, la région où il habitait vit s'élever une véritable tempête d'excitation religieuse violente. Celle-ci, commençant par les méthodistes, devint bientôt générale parmi toutes les confessions ; il y eut des réunions prolongées de « réveil religieux » et les manifestations déshonorantes de rivalité confessionnelle furent nombreuses et variées. Cet état de fait ajouta beaucoup à la détresse du jeune homme qui cherchait la vérité avec ardeur.
 
Sa recherche et le résultat. - Voici le propre récit de Joseph du cours que prirent ses actions [11] :
 
« Au milieu de cette guerre de paroles et de ce tumulte d'opinions, je me disais souvent : Que faut-il faire ? Lequel de tous ces partis a raison ? Ou ont-ils tous tort, autant qu'ils sont ? Si l'un d'eux a raison, lequel est-ce, et comment le saurai-je ?
 
« Tandis que j'étais travaillé par les difficultés extrêmes causées par les disputes de ces partis de zélateurs religieux, je lus, un jour, l'épître de Jacques, chapitre 1, verset 5, qui dit : Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée.
 
« Jamais aucun passage de l'Écriture ne toucha le cœur de l'homme avec plus de puissance que celui-ci ne toucha alors le mien. Il me sembla qu'il pénétrait avec une grande force dans toutes les fibres de mon cœur. J'y pensais constamment, sachant que si quelqu'un avait besoin que Dieu lui donne la sagesse, c'était bien moi ; car je ne savais que faire, et à moins de recevoir plus de sagesse que je n'en avais alors, je ne le saurais jamais, car les professeurs de religion des diverses confessions comprenaient si différemment les mêmes passages de l'Écriture que cela faisait perdre toute confiance de régler la question par un appel à la Bible.
 
« Enfin, j'en vins à la conclusion que je devais, ou bien rester dans les ténèbres et la confusion, ou bien suivre le conseil de Jacques, c'est-à-dire demander à Dieu. Je me décidai finalement à « demander à Dieu », concluant que s'il donnait la sagesse à ceux qui en manquaient, et la donnait libéralement et sans faire de reproche, je pouvais bien essayer.
 
« Ainsi donc, mettant à exécution ma détermination de demander à Dieu, je me retirai dans les bois pour tenter l'expérience. C'était le matin d'une belle et claire journée du début du printemps de mil huit cent vingt. C'était la première fois de ma vie que je tentais une chose pareille, car au milieu de toutes mes anxiétés, je n'avais encore jamais essayé de prier à haute voix.
 
« Après m'être retiré à l'endroit où je m'étais proposé, au préalable, de me rendre, ayant regardé autour de moi et me voyant seul, je m'agenouillai et me mis à exprimer à Dieu les désirs de mon cœur. À peine avais-je commencé que je fus saisi par une puissance qui me domina entièrement et qui eut sur moi une influence si étonnante que ma langue fut liée, de sorte que je ne pouvais pas parler. Des ténèbres épaisses m'environnèrent, et il me sembla un moment que j'étais condamné à une destruction soudaine.
 
« Mais comme je luttais de toutes mes forces pour implorer Dieu de me délivrer de la puissance de cet ennemi qui m'avait saisi et au moment même où j'étais prêt à sombrer dans le désespoir et à m'abandonner à la destruction — non à un anéantissement imaginaire, mais à la puissance d'un être réel du monde invisible qui possédait une puissance étonnante comme je n'en avais encore senti de pareille en aucun être — juste à cet instant de grande alarme, je vis, exactement au-dessus de ma tête, une colonne de lumière, plus brillante que le soleil, descendre peu à peu jusqu'à tomber sur moi.
 
« À peine était-elle apparue que je me sentis délivré de l'ennemi qui m'enserrait. Quand la lumière se posa sur moi, je vis deux Personnages dont l'éclat et la gloire défient toute description, et qui se tenaient au-dessus de moi dans les airs. L'un d'eux me parla, m'appelant par mon nom, et dit, en me montrant l'autre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoute-le !
 
« Mon but, en allant interroger le Seigneur, était de savoir laquelle des confessions avait raison, afin de savoir à laquelle je devais me joindre. C'est pourquoi, dès que je fus assez maître de moi pour pouvoir parler, je demandai aux Personnages qui se tenaient au-dessus de moi, dans la lumière, laquelle de toutes les confessions avait raison (car à l'époque, il ne m'était jamais venu à l'idée qu'elles étaient toutes dans l'erreur), et à laquelle je devais me joindre.
 
« Il me fut répondu de ne me joindre à aucune, car elles étaient toutes dans l'erreur ; et le Personnage qui me parlait dit que tous leurs credo étaient une abomination à ses yeux ; que ces docteurs étaient tous corrompus ; que : « ils s'approchent de moi des lèvres, mais leur cœur est éloigné de moi ; ils enseignent pour doctrine des commandements d'hommes, ayant une forme de piété, mais il en nient la puissance. » [11]
 
Une connaissance telle que celle qui avait été communiquée au cours de cette révélation sans précédent ne pouvait pas rester secrète dans le cœur du jeune homme. Il n'hésita pas à proclamer la glorieuse vérité, tout d'abord aux membres de sa famille, qui reçurent son témoignage avec respect, et ensuite aux ministres des Églises, qui avaient travaillé avec tant de diligence pour le convertir à leur croyance respective. À sa surprise, ces soi-disant docteurs du Christ, traitèrent ses déclarations avec le plus grand mépris, affirmant que le temps des révélations de Dieu était passé depuis longtemps et que la manifestation, si vraiment il en avait reçu une, était de Satan. Néanmoins, les ministres, avec une unité de but étrangement opposée à leur hostilité mutuelle première, mirent tout en oeuvre pour ridiculiser le jeune homme et dénoncer ses affirmations simples quoique solennelles. Le voisinage fut soulevé : une persécution cruelle et vindicative lui fut infligée, à lui et à sa famille ; on alla jusqu'à tirer sur lui dans l'intention de l'assassiner. À travers toutes ces vicissitudes, il fut préservé de toute blessure corporelle et, en dépit de l'opposition grandissante, il resta fidèle à son témoignage de la visite céleste [12]. Il continua, dans ces conditions pénibles, pendant trois ans, sans recevoir d'autre manifestation directe de la part d'êtres célestes, attendant, mais ne recevant jamais la lumière ni les instructions supplémentaires après lesquelles il soupirait. Il avait le sentiment vif de sa propre fragilité et était conscient de ses faiblesses d'homme. Il supplia le Seigneur, reconnaissant ses imperfections et implorant son secours.
 
Visitations angéliques. - La nuit du 21 septembre 1823, tandis qu'il priait pour obtenir le pardon de ses péchés et pour savoir ce qu'il devait faire dans la suite, il fut béni par une autre manifestation céleste. Dans sa chambre apparut une brillante lumière, au milieu de laquelle se tenait un personnage vêtu de blanc dont l'aspect était d'une pureté radieuse. Le visiteur céleste s'annonça comme étant Moroni, messager envoyé de la présence de Dieu, et se mit en devoir d'instruire le jeune homme de certains projets divins dans lesquels son entremise serait d'une grande importance. L'ange dit que Dieu avait une oeuvre à faire accomplir à Joseph et que son nom « serait connu en bien et en mal parmi toutes les nations, familles et langues, ou qu'on en dirait du bien et du mal parmi tous les peuples. Il dit qu'il existait, déposé en lieu sûr, un livre écrit sur des plaques d'or, donnant l'histoire des anciens habitants de ce continent et la source dont ils étaient issus. Il dit aussi qu'il contenait la plénitude de l'Évangile éternel, telle qu'elle avait été donnée par le Sauveur à ces anciens habitants. En outre, que deux pierres contenues dans des arcs d'argent - et ces pierres, fixées à un pectoral, constituaient ce qu'on appelle l'urim et le thummim - étaient déposées avec les plaques ; que la possession et l'utilisation de ces pierres étaient ce qui faisait les « voyants » dans les temps anciens ou passés ; et que Dieu les avait préparées en vue de la traduction du livre. »
 
L'ange visiteur, Moroni, répéta alors plusieurs prophéties qui se trouvent dans les anciennes Écritures ; quelques-unes des citations furent rendues avec des variantes du texte de la Bible. Des paroles de Malachie, les suivantes furent données, présentant des variantes, petites mais significatives, de la version biblique : « Car voici, le jour vient, ardent comme une fournaise. Tous les hautains et tous les méchants brûleront comme du chaume ; car ceux qui viennent les brûleront, dit l'Éternel des armées, et ils ne leur laisseront ni racine ni rameau ». Et, plus loin : « Voici, je vous révélerai la prêtrise par la main d'Élie le prophète avant que le jour de l'Éternel arrive, ce jour grand et redoutable ». Et il cita également le verset suivant de manière différente : « Et il implantera dans le cœur des enfants les promesses faites aux pères et le cœur des enfants se tournera vers leurs pères. S'il n'en était pas ainsi, la terre serait entièrement dévastée à sa venue » [13]. Entre autres Écritures, Moroni cita les prophéties d'Ésaïe relatives au rétablissement d'Israël dispersé et au règne promis de la justice sur la terre [14] disant que les prédictions étaient sur le point de s'accomplir ; également les paroles de Pierre aux Juifs au sujet du prophète dont Moïse avait dit qu'il serait suscité, expliquant que le prophète en question était Jésus-Christ et que le jour était proche où tous ceux qui rejetteraient les paroles du Sauveur seraient retranchés du milieu du peuple [15].
 
Ayant remis son message, l'ange s'en alla, la lumière dans la chambre semblant se condenser autour de sa personne et disparaître avec lui. Mais, au cours de la nuit, il revint deux fois et, à chaque visite, répéta ce qu'il avait dit lors de la première, avec des conseils auxquels il ajouta des avertissements concernant les tentations qui assailliraient le jeune homme dans l'accomplissement de sa mission. Le jour suivant, Moroni apparut de nouveau à Joseph, réitérant, une fois de plus, les instructions et les avertissements de la nuit précédente et lui disant de mettre son père au courant de tout ce qu'il avait vu et entendu. Ce que le jeune homme fit, et son père témoigna promptement que les communications étaient de Dieu.
 
Joseph se rendit alors à la colline qui lui avait été décrite dans la vision. Il reconnut l'endroit indiqué par l'ange et, après quelque effort, découvrit une boîte en pierre contenant les plaques et les autres objets dont Moroni avait parlé. Le messager se tint de nouveau à côté de lui et lui défendit de prendre le contenu de la boîte à ce moment-là, disant que quatre années devaient s'écouler avant que les plaques ne fussent remises à ses soins et qu'il serait de son devoir de visiter l'endroit chaque année à la même date. Lors de chacune de ces visites, l'ange instruisit le jeune homme plus complètement dans la grande oeuvre qui l'attendait.
 
Notre but actuel n'est pas de revoir en détail la vie et le ministère de Joseph Smith [16]. Ce qui a été dit plus haut concernant les premières scènes de la mission qui lui fut confiée par Dieu, se justifie par la grande importance que présente l'inauguration des derniers jours (voir l'expression « les derniers jours » dans Actes 2:17 ; 2 Tim. 3:1 ; 2 P. 3:3, ndlr) ou nouvelle dispensation de la providence divine, par son entremise.
 
La parution des plaques de leur lieu de repos séculaire, leur traduction par le pouvoir divin, et la publication du document sous le nom de Livre de Mormon recevront notre attention plus tard. Il suffit de dire ici que le texte ancien a été traduit, que le Livre de Mormon a été donné au monde et que le volume est accepté comme Écriture par les saints des derniers jours.
 
Événements ultérieurs : Le martyre. - En temps opportun, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours fut établie, la sainte prêtrise ayant été rétablie par l'ordination de Joseph Smith sous les mains de ceux qui avaient détenu les clefs de cette autorité dans le passé. L'organisation de l'Église, en tant que corps constitué, eut lieu le 6 avril 1830, à Fayette, dans l'État de New York, et les noms de six personnes seulement sont enregistrées dans la liste des participants actifs. À cette époque, il est vrai, bien plus que six personnes avaient adhéré à ce mouvement nouveau et sans précédent, mais, étant donné que les lois de l'État spécifiaient le nombre six comme minimum requis pour l'incorporation d'une société religieuse, il n'y eut que ce nombre qui prit officiellement part à la procédure légale. Et toutes ces personnes, sauf une, étaient relativement inconnues, on pourrait même dire obscures. Le nom de Joseph Smith le prophète avait déjà été entendu au-delà de la région où il vivait. Il était l'objet d'une notoriété rapidement grandissante, sinon d'une renommée enviable. Le Livre de Mormon, qui se présente comme une histoire des peuples aborigènes du continent occidental et, plus particulièrement, comme un récit des rapports de Dieu avec ces peuples, bref, les Écritures de ce qui devait être appelé plus tard le Nouveau Monde, avait déjà été traduit par lui et publié. C'est par allusion à la page de titre de ce livre que l'appellation « mormon », appliquée d'abord par dérision, comme sobriquet, est devenue une dénomination populaire de l'Église et de ses membres. Commençant par le petit nombre de membres mentionné plus haut, l'Église, du vivant de Joseph Smith, s'augmenta de plusieurs milliers de membres et sa croissance a continué, avec une rapidité et une permanence phénoménales, jusqu'aujourd'hui. Un par un, les pouvoirs et les autorités que possédait l'Église d'autrefois furent rétablis par l'intermédiaire de l'homme qui fut ordonné premier ancien de notre époque. Avec le développement de l'Église, la persécution augmenta et l'effet de l'opposition satanique atteignit son paroxysme le 27 juin 1844, dans le cruel martyre du prophète et de son frère Hyrum, alors patriarche de l'Église [17]. Les incidents qui conduisirent au vil meurtre de ces hommes à Carthage, en Illinois, où ils culminèrent, sont connus de tout le monde. Prophète et patriarche apposèrent le sceau sacré de leur sang au témoignage qu'ils avaient si vaillamment porté en faveur de la vérité, face à une persécution intolérante pendant presque un quart de siècle.
 
Authenticité de la mission de Joseph Smith. - Les preuves de la présence de l'autorité divine dans l’œuvre établie par Joseph Smith et du fait que les prétentions émises par l'homme et en sa faveur sont justifiées, peuvent être résumées comme suit :
 
1. Les anciennes prophéties se sont accomplies par le rétablissement de l'Évangile et le rétablissement de l'Église sur la terre par son intermédiaire.
 
2. Il reçut, par ordination et nomination directes, des mains de ceux qui détenaient le pouvoir dans le passé, l'autorité d'administrer les différentes ordonnances de la sainte prêtrise.
 
3. Les résultats de son ministère montrent qu'il possédait le pouvoir de véritable prophétie et d'autres dons spirituels.
 
4. La doctrine qu'il a proclamée est vraie et scripturale.
 
Chacune de ces catégories de preuves recevra notre attention et trouvera ample démonstration au cours de cette étude et, à cet endroit de nos recherches, nous n'en tenterons pas un examen détaillé ; cependant, quelques brèves illustrations seront citées [18].
 
1. L’œuvre de la vie de Joseph Smith atteste abondamment que les prophéties sont accomplies. Jean le Révélateur, dans sa vision prophétique de notre époque, comprit et prédit que l'Évangile serait de nouveau envoyé des cieux et rétabli sur terre par le ministère direct d'un ange, dans les derniers jours : « Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel, pour l'annoncer aux habitants de la terre, à toutes nations, à toutes tribus, à toutes langues et à tous peuples. Il disait d'une voix forte : Craignez Dieu, et donnez-lui gloire car l'heure de son jugement est venue ; et adorez celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources d'eaux » [19]. On peut voir un accomplissement partiel de cette prédiction dans la manifestation de l'ange Moroni à Joseph Smith, déjà décrite, par laquelle le rétablissement de l'Évangile fut annoncée et la réalisation rapide d'autres prophéties anciennes promises ; et des annales, dont il est dit, entre autres, qu'elles contiennent « la plénitude de l'Évangile éternel », tel qu'il fut donné par le Sauveur aux anciens habitants du continent occidental, furent confiées à ses soins pour être traduites et publiées parmi toutes nations, toutes langues et tous peuples. Un accomplissement supplémentaire se réalisa dans la visitation personnelle d'êtres ressuscités, qui avaient exercé leur ministère comme détenteurs de la sainte prêtrise pendant leur vie mortelle, cette prêtrise comprenant l'autorité et la vocation divine de prêcher l'Évangile et d'en administrer les ordonnances. Le reste de la prédiction de Jean concernant l'appel autorisé à la repentance et l'exécution du jugement de Dieu en préparation des scènes des derniers jours, est actuellement en cours d'accomplissement rapide et littéral.
 
Malachie prédit la venue d'Élie, spécialement commissionné du pouvoir d'inaugurer l’œuvre de coopération entre les pères et leurs enfants, et annonça que cette mission serait le préliminaire nécessaire à l'avènement du « jour de l'Éternel, ce jour grand et redoutable » [20]. L'ange Moroni confirma la véracité et la signification de cette prédiction vu la réitérant avec insistance, comme il a été dit plus haut. Joseph Smith et son compagnon dans le ministère, Oliver Cowdery, témoignèrent solennellement avoir été visités par Élie le prophète, dans le temple de Kirtland, en Ohio, le 3 avril 1836 ; au cours de cette visite, l'ancien prophète déclara au prophète des derniers jours que le jour dont avait parlé Malachie était arrivé. « C'est pourquoi », continua-t-il, « les clefs de cette dispensation sont remises entre vos mains ; et vous saurez par là que le jour de l'Éternel, ce jour grand et redoutable, est proche et même à la porte » [21]. Il a été expliqué que la nature particulière de l'union des pères et des enfants, sur laquelle Malachie, Moroni et Élie insistèrent beaucoup, comprend des ordonnances administrées par procuration, telles le baptême pour les morts qui ont quitté la terre sans la connaissance de l'Évangile ou sans avoir eu l'occasion de se conformer à ses lois et ordonnances. Dans l'enseignement et la pratique de cette doctrine, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours se trouve seule parmi toutes les Églises qui professent le christianisme.
 
Les anciennes Écritures abondent en prophéties concernant le rétablissement d'Israël dans les derniers jours et le rassemblement du peuple de parmi les nations et les pays dans lesquels il a été conduit ou chassé en châtiment de ses égarements [22]. Une telle prééminence et une telle importance sont attachées à cette oeuvre du rassemblement, dans les prédictions des temps anciens que, depuis l'époque de l'exode d'Israël, les derniers jours ont été considérés, dans les Écritures sacrées, comme étant nettement une époque de rassemblement. Le retour des tribus, après leur longue et grande dispersion, est représenté comme une oeuvre préliminaire à l'établissement du règne prédit de la justice, avec le Christ sur la terre comme Seigneur et Roi ; et son accomplissement est donné comme précurseur certain du millenium. Jérusalem doit être rétablie pour être la ville du grand Roi dans l'Ancien Monde, et Sion, ou la nouvelle Jérusalem, doit être bâtie dans le nouveau monde ; les tribus perdues doivent être ramenées du lieu de leur exil, dans le nord ; et la malédiction doit être enlevée d'Israël.
 
Dès les premiers jours de son ministère, Joseph Smith enseigna que la doctrine du rassemblement imposait actuellement un devoir à l'Église et cet aspect de l’œuvre des saints des derniers jours en est un des traits les plus caractéristiques. Joseph Smith et Oliver Cowdery affirment que l'autorité de poursuivre cette oeuvre a été donnée à l'Église, à travers eux, par Moïse, qui détenait l'autorité en tant que chef d'Israël, au cours de la période qu'on appelle mosaïque. Ils rendent leur témoignage de la façon suivante, dans la description des manifestations qui eurent lieu dans le temple de Kirtland, le 3 avril 1836 ; « Moïse apparut devant nous et nous remit les clefs pour rassembler Israël des quatre coins de la terre et pour ramener les dix tribus du pays du nord » [23]. Pour juger de l'ardeur avec laquelle cette oeuvre a été commencée et les progrès appréciables qui y ont déjà été faits, considérez les centaines de milliers d'individus appartenant aux familles d'Israël, déjà rassemblés dans les vallées des Montagnes Rocheuses, autour des temples du Seigneur établis actuellement ; et écoutez le psaume des armées d'Israël parmi les nations, chanté sur l'accompagnement d’œuvres effectives : « Venez, et montons à la montagne de l'Éternel, à la maison du Dieu de Jacob, afin qu'il nous enseigne ses voies, et que nous marchions dans ses sentiers, car de Sion sortira la loi et de Jérusalem, la parole de l'Éternel » [24].
 
L'apparition du Livre de Mormon est considérée par les saints des derniers jours comme un accomplissement direct de prophéties [25]. En prédisant l'humiliation d'Israël, à qui le pouvoir de la prêtrise avait été donné aux premiers jours, Ésaïe se fit la voix de la parole du Seigneur de cette manière : « Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, et les sons en seront étouffés par la poussière ; ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours » [26]. Le Livre de Mormon est vraiment la voix d'un peuple abaissé, parlant de la poussière, car c'est de la poussière que le Livre de Mormon fut littéralement tiré. Le volume est l'histoire d'une petite branche de la maison d'Israël, en fait une partie de la famille de Joseph, qui fut conduite, par un pouvoir miraculeux, dans le nouveau monde, six siècles avant l'ère chrétienne.
 
Par la bouche du prophète Ézéchiel, le Seigneur définit de la manière suivante leur rôle, qui était de rendre un témoignage parallèle à celui de Juda, lequel constitue une partie de la Bible : « Et toi, fils de l'homme, prends une pièce de bois et écris dessus : Pour Juda et pour les enfants d'Israël qui lui sont associés. Prends une autre pièce de bois et écris dessus : Pour Joseph, bois d'Éphraïm et de toute la maison d'Israël qui lui est associée. Rapproche-les l'une de l'autre pour en former une seule pièce, en sorte qu'elles soient unies dans ta main. Et lorsque les enfants de ton peuple te diront : Ne nous expliqueras-tu pas ce que cela signifie ? réponds-leur : Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel. ; voici je prendrai le bois de Joseph, qui est dans la main d'Éphraïm, et les tribus d'Israël qui lui sont associées, je les joindrai au bois de Juda et j'en formerai un seul bois, en sorte qu'ils ne soient qu'un dans ma main » [27]. Les versets suivants déclarent que le rassemblement et le rétablissement d'Israël suivront immédiatement les témoignages réunis des annales de Juda et de Joseph. Les deux récits sont devant le monde, unis dans leur témoignage de l'Évangile éternel et l’œuvre du rassemblement progresse de façon effective.
 
En outre, il est évident, selon les Écritures, que la nouvelle dispensation de l'Évangile dans les derniers jours doit être une dispensation de rétablissement et de restitution, en vérité, « une dispensation de la plénitude des temps » (voir Éphésiens 1:10 dans la version du roi Jacques, ndlr). Paul déclare que c'est le bon plaisir du Seigneur « lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre » [28]. Cette prédiction trouve un parallèle dans les paroles du prophète Néphi : « C'est pourquoi toutes les choses qui ont été révélées aux enfants des hommes seront dévoilées en ce temps-là » [29]. L'enseignement de Pierre est en accord avec ceci : « Repentez-vous et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur et qu'il envoie celui qui vous a été destiné, Jésus-Christ, que le ciel doit recevoir jusqu'aux temps du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la bouche de ses saints prophètes » [30].
 
Et voici que paraît Joseph Smith qui affirme que l'autorité lui a été donnée d'ouvrir la dispensation de la plénitude, de la restitution et du rétablissement ; et que, par son entremise, l'Église a été dotée de toutes les clefs et de tous les pouvoirs de la prêtrise, tels qu'ils furent détenus et exercés au cours des dispensations précédentes. C'est à l'Église que « le pouvoir de cette prêtrise a été donné pour les derniers jours et pour la dernière fois, dans ce qui est la dispensation de la plénitude des temps. Pouvoir que vous détenez conjointement avec tous ceux qui ont reçu une dispensation, à quelque époque que ce soit depuis le début de la création » [31]. L’œuvre universelle de l'Église dans son ministère d'aujourd'hui démontre suffisamment que cette dernière possède bien ces pouvoirs unifiés et combinés.
 
2. L'autorité de Joseph Smith lui fut conférée par le ministère direct d'êtres célestes dont chacun avait, autrefois, exercé le même pouvoir sur terre. Nous avons déjà vu comment l'ange Moroni, d'abord prophète mortel parmi les Néphites, transmit à Joseph la tâche de faire paraître au monde le livre que lui, Moroni, avait enterré plus de quatorze cents ans auparavant. Nous apprenons en outre que, le 15 mai 1829, la prêtrise inférieure ou Prêtrise d'Aaron, fut conférée à Joseph Smith et à Oliver Cowdery par Jean-Baptiste [32] lequel vint, dans son état immortalisé, avec -cet ordre particulier de la prêtrise, qui comprend les clefs du ministère d'anges, la doctrine de la repentance et du baptême pour la rémission des péchés. C'était le même Jean qui, comme la voix de celui qui crie dans le désert, prêcha la même doctrine et administra la même ordonnance en Judée comme précurseur immédiat du Messie. En remettant son message, Jean- Baptiste déclara qu'il agissait sous la direction de Pierre, Jacques et Jean, apôtres du Seigneur, dans les mains desquels reposaient les clefs de la prêtrise supérieure, ou Prêtrise de Melchisédek, qui serait donnée également en son temps. Cette promesse s'accomplit un mois plus tard, lorsque les apôtres susnommés visitèrent personnellement -Joseph Smith et Oliver Cowdery, et les ordonnèrent à l'apostolat [33] qui comprend tous les offices de l'ordre supérieur de la prêtrise et qui comporte l'autorité d'administrer toutes les ordonnances établies de l'Évangile.
 
Ensuite, quelque temps après que l'Église eût été dûment organisée, l'autorité nécessaire pour remplir certaines fonctions fut donnée ; dans chaque cas, le messager qui apportait la charge était celui qui avait le droit d'officier de la sorte en vertu de l'autorité qu'il avait détenue au cours de sa vie mortelle. Ainsi, comme nous l'avons vu, Moïse conféra l'autorité d'exécuter l’œuvre du rassemblement ; et Élie, qui, n'ayant pas goûté la mort, jouissait de rapports particuliers avec les vivants et les morts, remit l'autorité du ministère par procuration en faveur des disparus. À ces commissions divines s'ajoute celle donnée par Elias, qui apparut à Joseph Smith et à Oliver Cowdery et leur « remit la dispensation de l'Évangile d'Abraham » leur disant, comme il avait été dit à ce patriarche et à ses descendants dans les temps anciens, qu'en eux et en leur postérité toutes les générations après eux seraient bénies [34].
 
Il est donc évident que les prétentions que l'Église avance au sujet de son autorité sont complètes et cohérentes quant à la source des pouvoirs qu'elle professe avoir et aux procédés par lesquels ils ont de nouveau été remis sur la terre. L'Écriture et la révélation anciennes et modernes, soutiennent comme loi inaltérable le principe que personne ne peut déléguer à autrui une autorité qu'il ne possède pas lui-même.
 
3. Joseph Smith était un vrai prophète. - Aux jours de l'ancien peuple d'Israël, une méthode efficace fut prescrite pour éprouver les prétentions de quelqu'un qui se disait prophète : « Quand ce que dira le prophète n'aura pas lieu et n'arrivera pas, ce sera une parole que l'Éternel n'aura point dite. C'est par audace que le prophète l'aura dite : n'aie pas peur de lui » [35]. Réciproquement, si les paroles du prophète sont vérifiées par leur accomplissement, il y a là au moins une preuve qui laisse présumer de son appel divin. Parmi les nombreuses prédictions prononcées par Joseph Smith et déjà accomplies ou attendant le temps arrêté pour leur accomplissement, quelques citations suffiront.
 
Une des premières prophéties faites par son intermédiaire qui, bien que n'étant pas sa parole indépendante mais celle de l'ange Moroni, fut néanmoins donnée au monde par Joseph Smith, avait trait au Livre de Mormon, duquel l'ange dit :
 
« Les connaissances que contient ce livre parviendront à toutes les nations, langues et peuples sous les cieux » [36]. Cette déclaration fut faite quatre ans avant que l’œuvre de traduction ne débutât et quatorze ans avant que les anciens de l'Église ne commençassent leur oeuvre missionnaire dans les pays étrangers. Depuis cette époque, le Livre de Mormon a été publié en de nombreuses langues et l’œuvre de distribution dans le monde entier progresse toujours.
 
En août 1842, alors que l'Église subissait des persécutions en Illinois et que la partie ouest de ce qui forme maintenant les États-Unis d'Amérique n'était connue que très peu et ce, uniquement comme territoire d'une nation étrangère, Joseph Smith prophétisa « que les saints continueraient à souffrir beaucoup d'afflictions et seraient chassés dans les Montagnes Rocheuses », et que, tandis que beaucoup de ceux qui professaient alors fidélité à l'Église, apostasieraient et que d'autres, fidèles à leur témoignage, subiraient le sort des martyrs, certains vivraient pour « aider à établir des colonies, à construire des villes et pour voir les saints devenir un peuple puissant au milieu des Montagnes Rocheuses » [37]. L'accomplissement littéral de cette prédiction faite en 1842, et, pourrait-on ajouter, pressentie par une prophétie précédente en 1831 [38], l'une cinq ans et l'autre seize ans avant l'exode de l'Église vers l'Ouest, est attesté par l'histoire bien connue de l'établissement et du développement de cette région autrefois inhospitalière. Même les sceptiques et les adversaires avoués de l'Église proclament que l'établissement d'un grand État dans les vallées des Montagnes Rocheuses est un miracle.
 
Une prédiction remarquable concernant les affaires nationales américaines fut prononcée par Joseph Smith, le 25 décembre 1832 ; elle fut promulguée peu après parmi les membres de l'Église et fut prêchée par les anciens, mais elle ne fut imprimée qu'en 1851. La révélation dit, en partie, ce qui suit : « En vérité, ainsi dit le Seigneur, au sujet des guerres qui vont se produire, sous peu, en commençant par la révolte de la Caroline du Sud, et qui se solderont finalement par la mort et la misère de beaucoup d'âmes. Le jour viendra où la guerre se déversera sur toutes les nations en commençant par cet endroit. Car voici, les États du Sud seront divisés contre les États du Nord, et les États du Sud feront appel à d'autres nations, à savoir la nation de Grande-Bretagne... Et il arrivera, après de nombreux jours, que les esclaves, mobilisés et disciplinés pour la guerre, se dresseront contre leurs maîtres » [39].
 
Toute personne qui étudie l'histoire des États-Unis connaît les faits qui établissent l'accomplissement total de cette stupéfiante prophétie. En 1861, plus de vingt-huit ans après l'enregistrement de cette prophétie et dix ans après sa publication en Angleterre, la Guerre de Sécession éclata aux États-Unis en commençant par la Caroline du Sud. Les récits horribles de cette lutte fratricide confirment tristement la prédiction concernant « la mort et la misère de beaucoup d'âmes », quoique ceci n'en constituât qu'un accomplissement partiel. On sait que des esclaves désertèrent le Sud et s'enrôlèrent dans l'armée du Nard, et que les États confédérés sollicitèrent l'aide de la Grande-Bretagne. Bien qu'aucune alliance ouverte ne fût contractée entre les États du Sud et le gouvernement anglais, l'influence britannique donna des secours indirects et des encouragements substantiels au Sud et ceci d'une telle façon que cela produisit de graves complications internationales. Des vaisseaux furent construits et équipés dans des ports britanniques dans l'intérêt de la Confédération, et les résultats de cette violation des lois de la neutralité coûtèrent à la Grande-Bretagne la somme de quinze millions et demi de dollars, somme qui, à l'arbitrage de Genève, fut allouée aux États-Unis dans le règlement de l'affaire du navire « Alabama ». La Confédération avait envoyé des délégués en France et en Angleterre ; ces ambassadeurs furent pris de force, par des policiers des États-Unis, du vapeur anglais sur lequel ils s'étaient embarqués. Cet acte, que le gouvernement des États-Unis dut admettre comme ouvert, menaça, pendant un certain temps, de précipiter une guerre entre les États-Unis et la Grande-Bretagne.
 
Une étude soigneuse de la révélation et de la prophétie sur la guerre, donnée, comme nous l'avons dit, par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, le 25 décembre 1832, montre clairement que le conflit entre le Nord et le Sud en Amérique devait être, comme nous savons maintenant qu'il l'a été, seulement le commencement d'une nouvelle ère de luttes et d'effusion de sang. Les paroles du Seigneur prédisaient clairement la guerre « en commençant par la révolte de la Caroline du Sud », et déclaraient en outre : « Le jour viendra où la guerre se déversera sur toutes les nations, en commençant par cet endroit ». La Grande Guerre de 1914-1918 entortilla directement ou indirectement toutes les nations de la terre ; et le point de savoir comment elles ont pu se remettre des effets de ce formidable conflit, est un fait qui se situe au-delà de l’horizon de la vision humaine. Des nations ont été démembrées ou détruites ; des trônes sont tombés ; des couronnes royales ont perdu toute valeur autre que le prix sur le marché de leur or et de leurs pierres précieuses et, en même temps, de nouveaux gouvernements ont été créés et des nations ont vu le jour, littéralement nées en vingt-quatre heures. Les éléments mêmes sont en colère, ce que nous appelons les phénomènes de la nature dépassent, en furie destructrice, tout ce que l'homme ait enregistré et, en vérité, nous ne sommes pas encore arrivés à la fin. La parole du Seigneur, par l'intermédiaire de son prophète, Joseph Smith, n'a jamais été révoquée : « Et ainsi, les habitants de la terre se lamenteront à cause de l'épée et de l'effusion de sang ; et la famine, la peste, les tremblements de terre, le tonnerre du ciel ainsi que l'éclair foudroyant et vif feront sentir aux habitants de la terre la colère, l'indignation et la main vengeresse d'un Dieu Tout-Puissant, jusqu'à ce que la destruction décrétée ait mis complètement fin à toutes les nations. » [40]
 
La révélation citée, telle qu'elle fut donnée par l'intermédiaire de Joseph Smith, contenait d'autres prédictions dont certaines attendent encore leur accomplissement. Les preuves présentées suffisent pour démontrer non seulement que Joseph Smith est éminent parmi les hommes à cause du fait qu'il fut l'instrument de l'accomplissement des prophéties proclamées par les représentants du Seigneur dans les temps anciens, mais aussi que sa place parmi les prophètes est abondamment justifiée. Mais le don de prophétie si richement conféré à cet Elias des derniers jours, et exercé par lui si librement et cependant d'une manière infaillible, n'est qu'un des nombreux dons spirituels par lesquels il s'est distingué, en commun avec une foule d'autres hommes qui ont reçu la prêtrise à travers lui. Les Écritures déclarent que certains signes accompagneront l'Église du Christ, parmi lesquels les dons des langues, de guérison, de l'immunité devant la mort quand elle menace et le pouvoir de contrôler les mauvais esprits [41].
 
L'exercice de ces pouvoirs, duquel résulte ce que l'on appelle ordinairement les miracles, West, en aucune manière, une preuve infaillible d'autorité divine ; car, selon les textes, certains vrais prophètes n’ont accompli aucun prodige de ce genre, tandis qu'on a connu des hommes qui faisaient des miracles à l'instigation de mauvais esprits [42]. Néanmoins, la possession du pouvoir qu'implique l'accomplissement de miracles est une caractéristique essentielle de l'Église ; et lorsque de tels actes ont lieu pour réaliser des buts sacrés, ils prouvent et confirment l'existence de l'autorité divine. C'est pourquoi nous pouvons nous attendre à trouver, comme nous le trouvons, du reste, dans le ministère de Joseph Smith et dans celui de l'Église en général, le récit attesté de miracles, comprenant des manifestations de tous les dons de l'Esprit qui ont été promis [43].
 
4. La doctrine enseignée par Joseph Smith et par l'Église, de nos jours, est vraie et scripturale. Pour prouver cette affirmation, nous devons examiner les enseignements principaux de l'Église en ordre séparé.
 
[1] Gen. 2:8 ; PGP, Moïse 3:15.
[2] Gen. 3:21 ; PGP, Moïse 4:27.
[3] Gen. 6:14 ; 1 Néphi 17:8 ; 18. 1-4.
[4] 1 Néphi 18:12, 21. - 1 Néphi 16:10, 16, 26-30 ; 18:12, 21 ; Alma 37:38.
[5] Ex. chaps. 25, 26, 27.
[7] Voir note 1, à la fin du chapitre.
[8] Voir note 2, à la fin du chapitre. Gen. 2:8 ; PGP, Moïse 3:15 
[9] Voir note 3, à la fin du chapitre
[10] Voir note 4, à la fin du chapitre.
[11] PGP, Joseph Smith, Histoire, 10-19 ; Hist. of the Ch., vol. 1, p. 4.
[12] voir note 5, à la fin du chapitre.
[13] Voir Mal., chap. 4.
[14] Voir Es., chap. 11
[15] Voir Actes 3:22, 23.
[16] Voir note 6, à la fin du chapitre.
[17] Voir note 7, à la fin du chapitre.
[18] Voir note 8, à la fin du chapitre.
[19] Apo., 14:6, 7, voir note 9, à la fin du chapitre.
[20] Mal., 4:5, 6.
[21] D&A, 110:13-16.
[22] Voir chaps. 17, 18 du présent ouvrage.
[23] D&A 110: Il.
[24] Mich, 4:2.
[25] Voir chaps. 14 et 15 du présent ouvrage.
[26] Es. 29:4 ; voir aussi 2 Néphi 3:19.
[27] Ez. 37:16-19.
[28] Eph. 1:9, 10.
[29] 2 Néphi 30:18.
[30] Actes 3:19-21.
[31] D&A 112:30-32.
[32] D&A sec. 13.
[33] D&A 27:12.
[34] D&A 110:12.
[35] Deut. 18:21, 22.
[36] Times and Seasons, vol. 2, n° 13.
[37] Millennial Star, vol. 19, p. 630, et Hist. of the Ch., vol. 5, p. 85.
[38] D&A 49:24, 25.
[39] Voir PGP, édition britannique de 1851 et Millennial Star vol. 49, p. 396. - La prophétie fait maintenant partie des D&A, sec. 87.
[40] D&A 87:6.
[41] Marc 16:16-18 ; Luc 10:19, etc. ; D&A 84:65-72.
[42] Ex. 7:11, 22 ; 8:7, 18 ; Apo. 13:13-15 ; 16:13, 14.
[43] Voir chap. 12 du présent ouvrage.
 
 
NOTES DU CHAPITRE 1
 
1. Les Articles de foi datent du 1er mars 1841. Les Articles furent publiés dans l'Histoire de Joseph Smith, Millennial Star, vol. 19, p. 120, anis que dans Times and Seasons, vol. 3, p. 709. Comme il a été dit ailleurs, les Articles ont été officiellement adoptés par l'Église comme sommaire autorisé des fondements doctrinaux.
 
2. Les ouvrages canoniques de l'Église. - La Bible et le Livre de Mormon -les deux premiers des ouvrages canoniques de l'Église - sont traités dans les chapitres 13, 14 et 15 du présent ouvrage. Les Doctrine et Alliances sont un recueil des révélations modernes données à l'Église à notre époque. La Perle de grand prix comprend les visions et les écrits de Moïse révélés à Joseph Smith, le Livre d'Abraham - traduction de certains anciens papyrus par Joseph Smith - et quelques-uns des écrits de Joseph Smith. Ces livres ont été adoptés par les membres de l'Église, réunis en assemblée officielle, comme leurs Ouvrages Canoniques.
 
3. Hommage à Joseph Smith. - Bien que peu de personnes hors de l'Église aient eu beaucoup d'éloges à faire de ce prophète moderne, il est intéressant de noter qu'il existe quelques exceptions honorables à la règle. Josiah Quincy, Américain éminent, fit la connaissance de Joseph Smith peu de temps avant le martyre de ce dernier ; et, peu après le tragique événement, il écrivit : « Il n'est pas du tout impossible que quelque futur livre à l'usage de générations non encore nées, contienne une question de ce genre ci : Quel Américain historique du dix-neuvième siècle a exercé l'influence la plus puissante sur l'esprit de ses compatriotes ? Et il n'est pas du tout impossible que la réponse à cette question puisse être écrite comme ceci : Joseph Smith, le prophète mormon. Et cette réponse, aussi absurde qu'elle paraisse sans doute à la plupart des hommes qui vivent actuellement, sera peut-être un lieu commun évident à leurs descendants. L'histoire nous montre des surprises et des paradoxes aussi étonnants que celui-ci. L’homme qui établit une religion en ce siècle de libre débat, qui était et est encore aujourd'hui accepté par des centaines de milliers d’individus comme émissaire direct du Très-Haut - un être humain aussi, rare ne peut pas être expédié en abreuvant sa mémoire d'épithètes malsonnantes... Les questions les plus vitales que les Américains se posent aujourd'hui ont rapport à cet homme et à ce qu'il nous a laissé... Ce sont des questions brûlantes qui doivent accorder une place importante dans l’histoire du pays à cet homme hardi et résolu, à qui j'ai rendu visite à Nauvoo. Proclamant être un maître inspiré, Joseph Smith a fait face à une adversité comme peu d'hommes ont été appelés à en rencontrer, a joui d'une brève période d'une prospérité comme peu d'hommes en ont jamais atteint, et finalement quarante-trois jours après que je le vis, est allé allègrement à une mort de martyre. Lorsqu'il livra sa personne au gouverneur Ford, afin d'éviter l'effusion de sang, le prophète avait un pressentiment de ce qui l'attendait. « Je vais comme un agneau à J'abattoir », dit-il, « mais je suis aussi calme qu'un matin d'été. J'ai la conscience nette de toute offense et je mourrai innocent ». - Figures of the Past, par Josiah Quincy, p. 376.
 
4. La famille de Joseph Smith. - « Joseph Smith était d'humble naissance. Ses parents et ses ancêtres étaient des travailleurs, mais leur caractère était pieux et leur nom sans tache. Vers le milieu du dix-septième siècle, Robert Smith, un petit propriétaire décidé d'Angleterre, émigra dans le Nouveau-Monde, la terre promise. Avec sa femme, Mary, il s'établit à Essex, dans l'État de Massachusetts. Les nombreux descendants de ces dignes personnes se marièrent avec plusieurs des familles les plus loyales et les plus industrieuses de la Nouvelle-Angleterre. Samuel, le fils de Robert et de Mary, né le 26 janvier 1666, épousa Rébecca Curtis le 25 janvier 1707. Leur fils, le second Samuel, naquit le 26 janvier 1714 ; il épousa Priscilla Gould et fut le père d'Asaël, né le 1er mars 1744. Asaël Smith prit pour femme Mary Duty, et leur fils Joseph naquit le 12 juillet 1771. Le 24 janvier 1796, Joseph épousa Lucy Mack, à Tunbridge, dans l'État de Vermont. Elle naquit le 8 juillet 1776, et était fille de Salomon et de Lydia Mack, et la petite-fille d'Ebenezer Mack. » - The Life of Joseph Smith, the Prophet, par George Q. Cannon, chapitre 1. Joseph le prophète fut le troisième fils et le quatrième enfant de Joseph et de Lucy (Mack) Smith ; il naquit à Sharon, État de Vermont, le 23 décembre 1805.
 
5. Premières persécutions de Joseph Smith. - Le prophète écrivit ce qui suit concernant les persécutions de son adolescence, qui datent du moment où il parla pour la première fois de sa vision du Père et du Fils - « Je me fis sérieusement la réflexion alors, et je l'ai souvent faite depuis, qu'il était bien étrange qu'un garçon obscur, d'un peu plus de quatorze ans, qui, de surcroît, était condamné à la nécessité de gagner maigrement sa vie par son travail journalier, fût jugé assez important pour attirer l'attention des grands des confessions les plus populaires du jour, et ce, au point de susciter chez eux l'esprit de persécution et d'insulte le plus violent. Mais aussi étrange que cela fût, il en était ainsi, et ce fut souvent une cause de grand chagrin pour moi. Cependant, il n'en restait pas moins un fait que j'avais eu une vision. J'ai pensé depuis que je devais ressentir plus ou moins la même chose que Paul quand il se défendit devant le roi Agrippa et qu'il raconta la vision qu'il avait eue, lorsqu'il avait aperçu une lumière et entendu une voix ; et cependant, il y en eut peu qui le crurent ; les uns dirent qu'il était malhonnête, d'autres dirent qu'il était fou ; et il fut ridiculisé et insulté. Mais tout cela ne détruisait pas la réalité de sa vision. Il avait eu une vision, il le savait, et toutes les persécutions sous le ciel ne pouvaient faire qu'il en fût autrement. Et quand bien même on le persécuterait à mort, il savait néanmoins, et saurait jusqu'à son dernier soupir, qu'il avait vu une lumière et entendu une voix qui lui parlait ; et rien au monde n'aurait pu le faire penser ou croire autrement. Il en était de même pour moi. J'avais réellement vu une lumière, et au milieu de cette lumière, je vis deux Personnages, et ils me parlèrent réellement ; et quoique je fusse haï et persécuté pour avoir dit que j'avais eu cette vision, cependant c'était la vérité ; et tandis qu'on me persécutait, qu'on m'insultait et qu'on disait faussement toute sorte de mal contre moi pour l'avoir racontée, je fus amené à me dire en mon cœur : Pourquoi me persécuter parce que j'ai dit la vérité ? J'ai réellement eu une vision, et qui suis-je pour résister à Dieu ? » Perle de grand prix, Joseph Smith, Histoire, 23-25 ; Hist. of the Ch., vol. 1, p. 7.
 
6. Joseph Smith et l'Église rétablie. - Voir The Life of Joseph Smith, the Prophet, par George Q. Cannon. Voir aussi Divine Authority, or the Question, Was Joseph Smith Sent of God ? brochure par Orson Pratt ; Joseph Smith's Prophetic Calling ; Millennial Star, vol. 42, p. 164, 187, 195, 227. A New Witness for God, vol. 1, par B. H. Roberts. Essentials of Church History, par Joseph Fielding Smith ; A Brief History of the Church of Jesus-Christ of Latter-day Saints, par Edward H. Anderson.
 
7. Le sceau du martyre. - « La plus grande preuve de sincérité qu'un homme puisse donner à ses semblables - la meilleure preuve qu'il dit la vérité dans chaque cas donné - c'est qu'il persévère Jusqu'à la mort et scelle son témoignage de son sang... Ce genre de témoignage prit une si grande importance dans l'estimation de Paul, qu'il dit : Car là où il y a un testament, il est nécessaire que la mort du testataire soit constatée. Un testament, en effet, n'est valable qu'en cas de mort, puisqu'il n'a aucune force tant que le testateur vit ! (Héb. 9:16-17). À la lumière de ce principe, et lorsque l'importance du grand témoignage qu'il donna au monde est prise en considération, il n'y a pas à s'étonner que Joseph Smith fût appelé à apposer le grand sceau du martyre à l’œuvre de sa vie. On aurait pu se plaindre qu'il y avait quelque chose d'incomplet dans son oeuvre, si cela avait manqué. Mais il n'en est rien ; sa qualité de prophète fut arrondie en une plénitude totale lorsqu'il tomba martyr sous le feu meurtrier d'une populace, à Carthage, dans l'État d'Illinois ». - B. H. Roberts, dans A New Witness for God, p. 477-478.
 
8. Joseph Smith, un vrai prophète. - L'homme dont nous parlons, Joseph Smith, le prophète de l'Évangile du Christ dans les derniers jours, l'homme par qui fut ouverte la dispensation la plus récente de l’œuvre du Seigneur - une dispensation appelée nouvelle, quoique caractérisée par le rétablissement de l'autorité et des pouvoirs de toutes les dispensations précédentes - cet homme est de ceux que l'humanité ne peut oublier ni ignorer, quoi qu'elle fasse. Sa place dans l'histoire est assurée ; son oeuvre est reconnue comme celle d'une mission déléguée à lui seul... Un prophète ou un révélateur véritablement envoyé de Dieu détiendra le pouvoir et l'autorité d'instruire et d'administrer les ordonnances de l'Évangile du Christ. Nul envoyé de la cour des Cieux, nul ambassadeur du trône du Grand Roi, ne sera envoyé non pourvu des lettres de créance par lesquelles sa nomination est légalisée ; et un tel messager ne se présentera pas et ne fera pas valoir ses droits parmi les hommes sans être muni des insignes de son office. Dans l'exercice effectif de ses devoirs, le véritable prophète ne témoignera pas seulement en paroles qu'il a été désigné et ordonné par l'autorité, mais il montrera qu'il possède effectivement des dons spirituels et des pouvoirs particuliers qui appartiennent à l'office prophétique en les exerçant dûment quand les conditions l'exigent... Nous affirmons que par ce qui précède et par toute autre épreuve qui implique les signes caractéristiques essentiels et distinctifs de la vocation et de l'office glorieux de prophète, Joseph Smith, était un prophète du Dieu vivant. - D'un article par l'auteur dans l'Improvement Era, vol. 9, p. 155, auquel le lecteur est renvoyé.
 
9. Le rétablissement de l'Évangile. - Il est clair que la vision prophétique de Jean (Apo. 14:6, 7), relative au rétablissement de l'Évangile sur la terre, ne pouvait pas se rapporter aux annales de l'Évangile qui constituent la sainte Bible, car ces annales sont restées en la possession de l'humanité. Comme il est démontré dans le texte, on en trouve un accomplissement partiel dans la visitation de Moroni et la parution du Livre de Mormon, qui est pour nous dans les temps modernes, une nouvelle Écriture et une Écriture contenant un exposé plus complet de « l'Évangile éternel ». Cependant, un exposé de l'Évangile n'est pas l'Évangile lui-même. L'autorité pour administrer les ordonnances salvatrices de l'Évangile est essentielle pour qu'elles soient prêchées et administrées efficacement ; ladite autorité fut rétablie par Jean-Baptiste qui apporta la Prêtrise d'Aaron et par Pierre, Jacques et Jean qui apportèrent de nouveau sur la terre la Prêtrise de Melchisédek. Pour un commentaire sur Apo. 14:6, 7, voir The Great Apostasv, p. 168, par l'auteur.
 
 
CHAPITRE 2 : DIEU ET LA SAINTE TRINITÉ
 
ARTICLE 1. - Nous croyons en Dieu, le Père éternel, et en son Fils, Jésus-Christ, et au Saint-Esprit.
 
L'existence de Dieu. - Puisque la foi en Dieu constitue le fondement de la croyance et de la pratique religieuse et vu qu'il est essentiel de connaître les attributs et la nature de la Divinité pour manifester sa foi en elle d'une manière intelligente, ce sujet réclame la première place dans notre étude de la doctrine de l'Église.
 
L'existence de Dieu n'est guère matière à dispute rationnelle ; elle ne demande pas non plus de preuve par les faibles démonstrations de la logique de l'homme, car le fait est admis par la famille humaine, sans être pratiquement mis en doute, et la conscience d'une sujétion à un pouvoir suprême est un attribut inné de l'humanité. Les Écritures anciennes ne se consacrent pas à démontrer avant tout l'existence de Dieu ni à attaquer les sophismes de l'athéisme et de ce fait, nous pouvons déduire que les erreurs du doute se développèrent à une époque plus tardive. L'assentiment universel de l'humanité au sujet de l'existence de Dieu le confirme du moins fortement. Il y a, dans la nature humaine, une passion filiale qui lance ses feux vers le ciel. Chaque nation, chaque tribu, chaque individu soupire après quelque objet d'adoration. Il est de la nature de l'homme d'adorer ; son âme n'est satisfaite que lorsqu'elle trouve une divinité. Lorsque les hommes, par la transgression, tombèrent dans les ténèbres au sujet du Dieu vrai et vivant, ils se donnèrent d'autres divinités et c'est ainsi que naquirent les abominations de l'idolâtrie. Et cependant, même les plus révoltantes de ces pratiques témoignent de l'existence d'un Dieu, en montrant la passion héréditaire de l'homme pour le culte.
 
Les preuves sur lesquelles l'humanité base sa conviction de l'existence d'un Être suprême [1] peuvent être rangées, pour en faciliter l'étude, dans les trois catégories suivantes :
 
1. Le témoignage de l'histoire de la tradition.
 
2. Le témoignage de l'exercice de la raison humaine.
 
3. Le témoignage concluant de la révélation directe de Dieu.
 
1. L'Histoire et la tradition. - L'histoire écrite par l'homme et la tradition authentique transmise de génération en génération avant la date de tout écrit dont nous disposions actuellement, donnent des preuves que la Divinité existe réellement et qu'il y eut des rapports étroits et personnels entre Dieu et l'homme, aux premiers âges de l'existence humaine. Un des plus anciens écrits connus, la sainte Bible, nomme Dieu comme Créateur de toutes choses [2] et, de plus, déclare qu'il s'est révélé personnellement à nos premiers parents terrestres et à beaucoup d'autres personnages saints dans les premiers temps du monde. Adam et Ève entendirent sa voix [3] dans le Jardin et, même après leur transgression, ils continuèrent à prier Dieu et à lui offrir des sacrifices. Il est donc clair, qu'ils emportèrent, du Jardin, une connaissance personnelle de Dieu. Après leur expulsion, ils entendirent « la voix du Seigneur venant de la direction du Jardin d'Eden », mais ils ne le virent point ; et il leur donna des commandements auxquels ils obéirent. Alors, un ange se présenta devant Adam et le Saint-Esprit inspira l'homme et rendit témoignage du Père et du Fils [4].
 
Caïn et Abel apprirent à connaître Dieu, grâce aux enseignements de leurs parents aussi bien que par les manifestations qu'ils reçurent personnellement. Quand l'offrande d'Abel eut été acceptée et celle de Caïn rejetée, ce qui fut suivi du crime fratricide de Caïn, le Seigneur parla avec Caïn, et Caïn répondit au Seigneur [5]. Caïn dut donc emporter, d'Eden, au pays où il alla vivre, une connaissance personnelle de Dieu [6]. Adam vécut neuf cent trente ans et beaucoup d'enfants lui naquirent. Il les instruisit dans la crainte de Dieu et beaucoup d'entre eux reçurent des manifestations directes. Des descendants d'Adam, Seth, Énoch, Kénan, Mahalaléel, Jéred, Hénoc, Métuschélah, et Lémec, le père de Noé, chacun représentant une génération distincte, vécurent tous du vivant d'Adam. Noé naquit cent vingt-six ans seulement après la mort d'Adam et, de plus, il vécut presque six cents ans avec son père Lémec, par lequel il fut, sans aucun doute, instruit dans les traditions relatives aux manifestations personnelles de Dieu, que Lémec avait apprises de la bouche d'Adam. Par Noé et sa famille, une connaissance de Dieu, par tradition directe, fut transmise après le déluge et de plus, Noé reçut des communications directes de Dieu [7] et vécut assez longtemps pour instruire dix générations de ses descendants. Ensuite vint Abraham qui jouit aussi d'une communion personnelle avec Dieu [8] et, après lui, Isaac et Jacob ou Israël, parmi les descendants duquel le Seigneur accomplit de grands prodiges par l'intermédiaire de Moïse. Ainsi, n'y eût-il eu aucun récit écrit, la tradition aurait conservé et transmis la connaissance de Dieu.
 
Mais même si les récits de la plus ancienne communion personnelle de l'homme avec Dieu s'étaient estompés avec le temps et s'étaient affaiblis dans leurs effets, ils n’auraient pu que faire place à d'autres traditions fondées sur des manifestations ultérieures de la personne divine. Le Seigneur se fit connaître à Moïse, non seulement derrière le rideau de feu et l'écran de nuages [9] mais par une communion face à face, grâce à laquelle l'homme vit même « la représentation » de son Dieu [10]. Ce récit de communion directe entre Moïse et Dieu, à une partie de laquelle le peuple était autorisé à prendre part [11] dans la mesure où sa foi et sa pureté le permettaient, a été conservé par Israël à travers toutes les générations. Et d'Israël, les traditions de l'existence de Dieu se sont répandues dans le monde entier, de sorte que nous retrouvons des traces de cette ancienne connaissance même dans les mythologies perverties des nations païennes.
 
2. La raison humaine, se basant sur l'observation de la nature, déclare fortement l'existence de Dieu. L'esprit déjà imbu des vérités historiques de l'existence divine et de ses relations étroites avec l'homme, trouvera de tous côtés des preuves confirmatives dans la nature et même celui qui rejette le témoignage du passé et estime son propre jugement supérieur à la croyance commune des âges, ressent l'appel des preuves multiples de l'existence d'un but dans la nature. L'observateur est impressionné par l'ordre et le système manifeste de la création ; il note la succession régulière du jour et de la nuit, pourvoyant des périodes alternées de travail et de repos à l'homme, aux animaux et aux plantes ; la suite des saisons ayant, chacune, ses périodes plus longues d'activité et de récupération ; la dépendance mutuelle des animaux et des plantes ; le cycle de l'eau, de la mer aux nuages et, de nouveau, des nuages à la terre, avec ses effets bienfaisants. Quand l'homme se met en devoir d'examiner les choses de plus près, il découvre que, par l'étude et la recherche scientifique, ces preuves sont multipliées de nombreuses fois. Il peut apprendre les lois qui gouvernent la terre et les mondes qui lui sont associés dans leurs orbites, qui gardent les satellites subordonnés aux planètes et les planètes aux soleils ; il peut contempler les merveilles de l'anatomie des végétaux et des animaux ainsi que le mécanisme supérieur de son propre corps ; et comme ces appels à sa raison augmentent à chaque pas, sa perplexité concernant l'ordonnateur de tout cela fait place à l'adoration pour le Créateur dont la présence et le pouvoir sont ainsi proclamés avec tant de force ; et l'observateur devient un adorateur.
 
Partout dans la nature, il y a évidence de la cause et de l'effet ; de tous côtés, il y a démonstration de moyens adaptés à une fin. Mais de telles adaptations, écrit un penseur, « indiquent une invention dans un but donné et l'invention est une preuve d'intelligence et l'intelligence est l'attribut de l'esprit, et l'esprit intelligent qui construisit cet univers prodigieux c'est Dieu ». Admettre l'existence d'un dessinateur par la preuve que constitue le dessin, dire qu'il doit y avoir un inventeur dans un monde d'inventions intelligentes, croire en un être qui adapte, quand la vie de l'homme dépend directement des adaptations les plus parfaites qu'on puisse concevoir, n'est qu'admettre des vérités qui vont de soi. Le soin de prouver la non-existence de Dieu doit être laissé à celui qui met en doute la vérité solennelle que Dieu vit. « Chaque maison est construite par quelqu'un ; mais celui qui a construit toutes choses, c'est Dieu. » [12]. Si claire que soit la vérité ainsi exprimée, il y en a, parmi les hommes, quelques-uns qui professent mettre en doute les preuves de la raison et nier l'auteur de leur propre existence. Étrange, n'est-ce pas, que ça et là, quelqu'un qui trouve dans l'ingéniosité dont fait preuve la fourmi qui bâtit sa maison, dans l'architecture de la ruche et dans les myriades d'exemples de l'existence d'un instinct de l'ordre parmi les moindres créatures vivantes, une preuve d'intelligence dont l'homme peut s'inspirer et tirer profit, mettra cependant en doute l'opération de l'intelligence dans la création des mondes et la constitution de l'univers ? [13]
 
La perception de l'homme lui parle de sa propre existence ; son observation lui prouve l'existence d'autres êtres de son espèce et d'ordres innombrables d'êtres organisés. Nous en concluons qu'il a toujours dû exister quelque chose, car s'il y avait eu un temps de non-existence, une période de néant, l'existence n'aurait jamais pu commencer, car rien ne peut provenir de rien. L'existence éternelle de quelque chose est donc un fait incontestable et la question qui demande réponse est : Quelle est cette chose éternelle - cette existence qui n'a ni commencement ni fin ? La manière et l'énergie sont des réalités éternelles ; mais la matière, d'elle-même, n'est ni vitale, ni active, ni la force, intelligente par elle-même ; cependant la vitalité et l'activité caractérisent les choses vivantes et les effets de l'intelligence sont universellement présents. La nature n'est pas Dieu ; et prendre l'un pour l'autre, c'est appeler l'édifice architecte, l'ouvrage inventeur, le marbre sculpteur et la chose le pouvoir qui la fit. Le système de la nature est la manifestation d'un ordre qui dénote une intelligence directrice ; et cette intelligence est de nature éternelle, du même âge que l'existence elle-même. La nature elle-même est la déclaration d'un être supérieur dont elle exhibe la volonté et le but, dans ses aspects variés. Au-delà et au-dessus de la nature il y a le Dieu de la nature.
 
Bien que l'existence soit éternelle et que, par conséquent, il n'y ait jamais eu de commencement et qu'il n'y aura jamais de fin à l'être dans un sens relatif, chaque stade d'organisation doit avoir eu un commencement et, pour chaque phase de l'existence manifestée dans chacun des ordres innombrables de choses créées, il y a eu un premier comme il y aura un dernier ; quoique chaque fin ou consommation ne soit, dans la nature, qu'un autre commencement. Ainsi l'ingéniosité de l'homme a inventé des théories pour illustrer, sinon pour expliquer, une suite possible d'événements par lesquels la terre a été transformée d'un état de chaos à sa condition habitable actuelle ; mais, selon ces hypothèses, ce globe fut autrefois une sphère stérile, sur laquelle aucune des formes innombrables de la vie qui l'occupent maintenant n'aurait pu exister. Le théoricien doit donc admettre un commencement à la vie sur terre et un tel commencement n'est explicable que si l'on suppose un acte créateur, une génération spontanée ou un apport provenant du dehors de la terre. S'il admet que la vie a été introduite sur terre d'une autre sphère plus âgée, il ne fait que reculer les bornes de son enquête sur le commencement de la vie ; car expliquer l'origine d'un rosier qui se trouve dans notre jardin en disant qu'il fut transplanté sous forme de pousse provenant d'un rosier qui croissait ailleurs ne répond pas à la question de l'origine des roses. La science se trouve dans la nécessité d'attribuer un commencement aux phénomènes de la vie sur cette planète et admet que la terre a une durée limitée dans le cours de changement progressif actuel ; et il en va des corps célestes en général comme de la terre.
L'éternité de l'existence n'indique donc pas plus positivement l'existence d'un souverain éternel que la suite sans fin de changements dont chaque phase a un commencement et une fin. La génération des choses créées, le commencement d'un univers organisé, sont absolument inexplicables, si on suppose que des changements spontanés se sont produits dans la matière ou qu'il y a eu des opérations fortuites ou accidentelles de ses propriétés.
 
La raison humaine, si sujette à se tromper quand elle traite de questions de moindre importance, ne pourrait pas, d'elle-même, mener son possesseur à une connaissance convaincante de Dieu ; cependant l'exercice de la raison aidera l'homme dans sa recherche, fortifiant et confirmant l'instinct héréditaire qui le porte vers son Créateur [14].
 
« L'insensé dit en son cœur : Il n'y a point de Dieu » [15]. Dans ce passage, comme dans l'usage scriptural ailleurs, l'insensé [16] est un méchant qui a perdu sa sagesse en faisant le mal, jetant les ténèbres sur son esprit au lieu de la lumière et l'ignorance au lieu de la connaissance. Engagé dans une telle voie, l'esprit devient dépravé et incapable d'apprécier les arguments plus raffinés de la nature. Le pécheur volontaire devient sourd à la voix de l'intuition et de la raison dans les choses saintes, et perd la bénédiction de communier avec son Créateur, perdant ainsi les moyens les plus puissants de parvenir à une connaissance personnelle de Dieu.
 
3. La révélation donne à l'homme sa connaissance la plus sûre de Dieu. Les Écritures abondent en exemples où le Seigneur, plus particulièrement Jéhovah, s'est manifesté à ses prophètes dans les temps anciens comme dans les temps plus récents. Nous avons déjà noté que le fondement de nombreuses traditions qui se rapportent à l'existence et à la personnalité de Dieu est constituée par ses révélations de lui-même à Adam et à d'autres patriarches antédiluviens ; ensuite, à Noé, à Abraham, à Isaac, à Jacob et à Moïse. Un exemple brièvement mentionné dans la Genèse est celui d'Hénoc, le père de Métuschélah ; nous lisons de lui qu'il marcha avec Dieu [17] et, de plus, que le Seigneur se manifesta, de façon particulièrement distincte, à ce juste prophète [18], lui révélant le cours des événements jusqu'à l'époque du ministère prévu de Jésus dans la chair, le plan de salut par le sacrifice du Fils unique, et ce qui suivrait, jusqu'au jugement final.
 
Quant à Moïse, nous lisons qu'il entendit la voix de Dieu, qui lui parla du milieu du buisson ardent ' sur le mont Horeb, disant : « Je suis le Dieu de ton Père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage, car il craignait de regarder Dieu » [19]. Dieu apparut, dans une nuée, à Moïse et à Israël assemblés, accompagné du bruit terrifiant des tonnerres et des éclairs, sur le Sinaï : « Tu parleras ainsi aux enfants d'Israël : Vous avez vu que je vous ai parlé depuis les cieux. » [20]. Nous apprenons, au sujet d'une manifestation ultérieure : « Moïse monta avec Aaron, Nadab et Abihu, et soixante-dix anciens d'Israël. Ils virent le Dieu d'Israël ; sous ses pieds c'était comme un ouvrage de saphir transparent, comme le ciel lui-même dans sa pureté » [21].
 
Au temps de Josué et des Juges et au cours du règne des Rois, le Seigneur manifesta sa présence et son pouvoir à Israël. Ésaïe vit le Seigneur sur son trône, au milieu d'une compagnie glorieuse, et il s'écria : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j'habite au milieu d'un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le roi, l'Éternel des Armées » [22]. À une époque ultérieure, lorsque le Christ émergea des eaux du baptême, la voix du Père se fit entendre, déclarant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection » [23]. Et à l'occasion de la transfiguration de notre Seigneur, la même voix répéta ces mêmes paroles glorieuses et solennelles. » [24]. Tandis qu'Étienne subissait le martyre que ses compatriotes, cruels et fanatiques, lui infligeaient, les cieux furent ouverts et il vit « la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu » [25].
 
Le Livre de Mormon est rempli d'exemples de communications entre Dieu et son peuple, la plupart par des visions et par le ministère d'anges mais aussi par la manifestation directe de la présence divine. Ainsi, nous lisons qu'une colonie quitta la tour de Babel et se rendit sur le continent américain sous la conduite d'un homme, connu dans le récit sous le nom de frère de Jared. Au cours des préparatifs pour le voyage à travers l'Océan, cet homme pria pour que le Seigneur touchât du doigt et rendît ainsi lumineuses certaines pierres pour que les voyageurs eussent de la lumière dans leurs vaisseaux. En réponse à cette requête, le Seigneur étendit la main et toucha les pierres, révélant son doigt qui, à la grande surprise de l'homme, ressemblait à un doigt humain. Alors le Seigneur, heureux de voir la foi de l'homme, se rendit visible et montra au frère de Jared que l'homme avait été littéralement formé à l'image de son Créateur [26]. Aux Néphites, qui habitaient le continent occidental, le Christ se révéla après sa résurrection et son ascension. À ces brebis du troupeau de l'ouest, il rendit témoignage du mandat qu'il avait reçu du Père, montra les blessures de ses mains, de ses pieds et de son côté, et servit de nombreuses façons les multitudes croyantes [27].
 
Dieu s'est révélé à son peuple à notre époque. Grâce à sa foi et à la sincérité de ses intentions, Joseph Smith, bien qu'encore tout jeune, obtint personnellement une manifestation de la présence de Dieu, et même la bénédiction de voir, ensemble, le Père éternel et Jésus-Christ, le Fils. Son témoignage de l'existence de Dieu ne dépend pas de la tradition ni de déductions étudiées ; il déclara au monde que Dieu le Père et Jésus-Christ, le Fils, sont tous deux vivants, car il avait vu leurs personnes et entendu leur voix. En plus de la manifestation citée, Joseph Smith et son compagnon de service, Sidney Rigdon, affirment que, le 16 février 1832, ils virent le Fils de Dieu et conversèrent avec lui dans une vision céleste. Décrivant cette manifestation, ils disent ceci : « Et tandis que nous méditions ces choses, le Seigneur toucha les yeux de notre intelligence et ils furent ouverts, et la gloire du Seigneur resplendit tout à l'entour. Et nous vîmes la gloire du Fils, à la droite du Père, et reçûmes de sa plénitude. Nous vîmes les saints anges et ceux qui sont sanctifiés devant son trône, adorant Dieu et l'Agneau, qu'ils adorent pour toujours et à jamais. Et maintenant, après les nombreux témoignages qui ont été rendus de lui, voici le témoignage, le dernier de tous, que nous rendons de lui : Qu'il vit ! Car nous le vîmes, et ce à la droite de Dieu ; et nous entendîmes la voix rendre témoignage qu'il est le Fils unique du Père - que par lui, à travers lui et en lui, les mondes sont et furent créés, et que les habitants en sont des fils et des filles engendrés en Dieu » [28].
 
De nouveau, le 3 avril 1836, dans le temple de Kirtland, en Ohio, le Seigneur se manifesta à Joseph Smith et à Oliver Cowdery, qui décrivent l'événement comme suit : « Nous vîmes le Seigneur debout sur la balustrade de la chaire, devant nous ; sous ses pieds, il y avait un pavement d'or pur, d'une couleur semblable à l'ambre. Ses yeux étaient de flamme, ses cheveux étaient blancs comme la neige immaculée, son visage était plus brillant que l'éclat du soleil et sa voix était comme le bruit du déferlement des grandes eaux, savoir la voix de Jéhovah, disant : Je suis le premier et le dernier ; je suis celui qui vit, je suis celui qui a été immolé ; je suis votre avocat auprès du Père » [29].
 
La Divinité : La Trinité. - Trois personnages, composant le grand conseil président de l'univers, se sont révélés à l'homme : (1) Dieu, le Père éternel ; (2) son Fils Jésus-Christ et (3) le Saint-Esprit. Les récits acceptés des rapports divins avec l'homme démontrent que ces trois Êtres sont des individus séparés, physiquement distincts l'un de l'autre.
 
À l'occasion du baptême du Sauveur, Jean reconnut le signe du Saint-Esprit ; il vit devant lui, dans un corps de chair, le Christ auquel il venait d'administrer la sainte ordonnance et il entendit la voix du Père [30]. Les trois personnages de la Divinité étaient présents, se manifestant chacun d'une façon différente et chacun distinct des autres. Plus tard, le Sauveur promit à ses disciples que le Consolateur [31] qui est le Saint-Esprit, leur serait envoyé par son Père ; ici encore les trois membres de la Divinité sont définis séparément. Etienne, au moment de son martyre, fut béni du pouvoir de vision céleste et vit Jésus à la droite de Dieu [32]. Joseph Smith, alors qu'il invoquait le Seigneur en une ardente prière, vit le Père et le Fils debout au milieu d'une lumière qui dépassait en clarté celle du soleil et l'un d'eux déclara en montrant l'autre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoute-le ! » Chacun des membres de la Trinité est appelé Dieu [33] ; ensemble, ils constituent la Divinité.
 
Unité de la Divinité. - La Divinité est un type d'unité dans les attributs, les pouvoirs et les buts de ses membres. Jésus, alors qu'il se trouvait sur terre [34] se manifestant à ses serviteurs néphites [35] a témoigné souvent de l'union qui existait entre le Père et lui et entre eux et le Saint-Esprit. Rationnellement, on ne peut pas interpréter cela comme signifiant que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont un en substance et en personne ni que les noms représentent le même personnage sous différents aspects. Une seule référence suffira à prouver l'erreur de tout point de vue de ce genre. Immédiatement avant d'être trahi, Je Christ pria pour ses disciples, les Douze et les autres convertis, pour qu'ils fussent préservés dans leur union [36] « afin qu'ils soient parfaitement un » comme le Père et le Fils sont un. Nous ne pouvons pas supposer que le Christ pria pour que ses disciples perdissent leur individualité et ne devinssent qu'une personne, même si un changement aussi directement opposé à la nature eût été possible. Le Christ désirait que tous fussent unis de cœur, ayant la même volonté et le même but, car telle est l'unité qui existe entre son Père et lui, et entre eux et le Saint-Esprit.
 
Cette unité est un modèle de perfection ; la volonté de n'importe quel membre de la Trinité est la volonté des autres voyant, comme chacun d'eux le fait, avec l’œil de la perfection, ils voient et comprennent de la même façon. Dans n'importe quelle circonstance donnée, chacun agirait de la même manière, guidé par les mêmes principes de justice et d'équité infaillibles. L'unité de la Divinité dont les Écritures témoignent si abondamment, n'implique aucune union mystique de substance, ni aucune fusion contre nature et, par là, impossible de personnalités. Père, Fils et Saint-Esprit sont aussi distincts l'un de l'autre dans leur personne et leur individualité que trois personnages quelconques dans la mortalité. Cependant leur unité de but et d'action est telle que leurs décisions sont unanimes et leur volonté la volonté de Dieu. Même en apparence physique, le Père et le Fils sont semblables et c'est pourquoi, alors que Philippe l'importunait pour qu'il lui montrât le Père, le Christ lui parla en ces termes : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe ! Celui qui m'a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même, et le Père, qui demeure en moi, c'est lui qui fait les oeuvres. Croyez-moi, je suis dans le Père et le Père est en moi » [37].
 
Personnalité de chaque membre de la Divinité. Les preuves déjà présentées montrent clairement que le Père est un être personnel, possédant une forme définie, des parties corporelles et des passions spirituelles. Jésus-Christ, qui était avec le Père [38] en esprit, avant de venir habiter dans la chair et par qui les mondes furent créés [39] vécut, homme parmi les hommes, avec toutes les caractéristiques physiques d'un être humain ; après sa résurrection, il apparut sous la même forme [40] c'est sous cette forme qu'il monta aux cieux [41] et c'est sous cette forme qu'il se manifesta aux Néphites et aux prophètes modernes. Nous sommes assurés que le Christ était à l'image expresse de son Père [42] à l'image duquel l'homme aussi a été créé [43]. C'est pourquoi, nous savons que le Père et le Fils sont des hommes parfaits en forme et en stature : Chacun d'eux possède un corps tangible infiniment pur et parfait, revêtu d'une gloire transcendante, mais qui est néanmoins un corps de chair et d'os [44].
 
Le Saint-Esprit, appelé aussi Esprit et Esprit du Seigneur [45], Esprit de Dieu [46], Consolateur [47] et Esprit de Vérité [48], n'est pas revêtu d'un corps de chair et d'os, mais est un personnage d'esprit [49]. Nous savons cependant que l'Esprit s'est manifesté sous la forme d'un homme [50]. C'est par le ministère de l'Esprit que le Père et le Fils opèrent dans leurs communications avec les hommes [51] ; c'est par lui que la connaissance est communiquée [52] et c'est par lui que s'accomplissent les buts de la Divinité [53]. Le Saint-Esprit est le témoin du Père et du Fils [54] déclarant leurs attributs à l'homme et rendant témoignage des autres membres de la Divinité [55].
 
Quelques-uns des attributs divins. - Dieu est omniprésent - Il n'y a pas d'endroit de la création, si éloigné soit-il, dans lequel Dieu ne puisse pénétrer ; au moyen de l'Esprit, la Divinité est en communication directe avec toutes choses en tout temps. Il a été dit, pour cette raison, que Dieu est présent partout ; mais cela ne signifie pas que la personne même d'un membre quelconque de la Divinité puisse être physiquement présente en plus d'un lieu à la fois. Les sens de chaque membre de la Trinité sont doués d'une puissance infinie, leur esprit d'une capacité illimitée ; leur pouvoir de se transporter d'un lieu à l'autre sont infinis. Il est clair, cependant, que leur personne ne peut pas être en plus d'un endroit à la fois. Si nous admettons la personnalité de Dieu, nous sommes forcés d'accepter le fait qu'il est matériel ; en effet, un « être immatériel » - terme sans signification par lequel certains ont voulu désigner la condition de Dieu - ne peut pas exister, car l'expression elle-même est contradictoire en ses termes. Si Dieu possède une forme, cette forme est, nécessairement, de proportions déterminées et, par conséquent, de dimensions limitées dans l'espace. Il lui est donc impossible d'occuper, à la fois, plus d'un espace de mêmes dimensions et, pour cette raison, il n'est pas étonnant d'apprendre, par les Écritures, qu'il se meut d'un lieu à l'autre. C'est ainsi que nous lisons, en relation avec le récit de la tour de Babel : « L'Éternel [c'est-à-dire Jéhovah, le Fils] descendit pour voir la ville et la tour » [56]. De plus, Dieu apparut à Abraham et ayant déclaré qu'il était « le Dieu Tout-Puissant », il parla avec le patriarche et établit une alliance avec lui. Nous lisons ensuite : « Lorsqu'il eut achevé de lui parler, Dieu s'éleva au-dessus d'Abraham » [57].
 
Dieu est omniscient. - C'est par lui que la matière a été organisée et l'énergie dirigée. Il est donc le Créateur de tout ce qui a été créé, « le Seigneur, qui fait ces choses, et à qui elles sont connues de toute éternité » [58]. Son pouvoir et sa sagesse sont également incompréhensibles à l'homme, car ils sont infinis. Étant lui-même éternel et parfait, sa connaissance ne peut être autrement qu'infinie. Pour se comprendre lui-même, Être infini, il doit posséder une intelligence infinie. Par l'entremise des anges et de ses serviteurs, il est en communication permanente avec toutes les parties de la création et peut les visiter personnellement, selon sa volonté.
 
Dieu est omnipotent. - Il est, à juste titre, appelé le Tout-Puissant. L'homme peut discerner de toutes parts les preuves de l'omnipotence divine, dans les forces qui contrôlent les éléments de la terre et guident les sphères célestes dans leur course prescrite. Ce que sa sagesse indique qu'il est nécessaire de faire, Dieu peut le faire et le fera. Les moyens par lesquels il opère peuvent ne pas être d'une capacité infinie en eux-mêmes, mais ils sont dirigés par un pouvoir infini. Une conception rationnelle de son omnipotence serait : le pouvoir de faire tout ce qu'il peut vouloir faire.
 
Dieu est bon, bienveillant et aimant - tendre, prévenant et indulgent, supportant patiemment les faiblesses de ses enfants. Il est juste et miséricordieux dans ses jugements [59] ; cependant ces qualités plus douces sont combinées avec une grande fermeté à venger les torts [60]. Il est jaloux [61] de son propre pouvoir et du respect qu'on lui rend ; c'est-à-dire qu'il a le zèle des principes de vérité et de pureté, qui ne sont manifestés nulle part à un plus haut degré que dans ses attributs personnels. Cet Être est l'auteur de notre existence, c'est à lui qu'il nous est permis de nous adresser comme Père [62]. Notre foi en lui augmentera avec la connaissance que nous acquérons de lui.
 
Idolâtrie et athéisme. - D'après les preuves abondantes de l'existence de la Divinité dont l'idée est si généralement acceptée par la famille humaine, il semble qu'il y ait peu de raisons sur lesquelles l'homme puisse, rationnellement, appuyer et maintenir une incroyance en Dieu et, étant donné les preuves nombreuses de la nature bienveillante des attributs divins, il ne devrait y avoir que peu de tendance à se tourner vers de faux et indignes objets de culte. Cependant, l'histoire du genre humain montre que le théisme, qui est la doctrine de la croyance en Dieu et de l'acceptation de Dieu, se voit opposer de nombreuses variétés d'athéisme [63] que l'homme est enclin à démentir ses prétentions à la raison et à offrir son culte dans des sanctuaires idolâtres. L'athéisme s'est probablement développé au cours d'époques plus récentes, tandis que l'idolâtrie se révèle être un des premiers pêchés du genre humain. Même au temps de l'exode d'Israël hors d'Égypte, Dieu jugea nécessaire de commander, par statut : « Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face » [64] ; cependant, alors même qu'il gravait ces paroles sur les tables de pierre, son peuple se souillait devant le veau d'or, façonné sur le modèle d'une idole égyptienne.
 
L'homme possède l'instinct du culte ; il aspire à un objet d'adoration et en trouvera un. Lorsqu'il tomba dans les ténèbres d'une transgression persistante et oublia son Créateur et le Dieu de ses pères, il chercha d'autres divinités. Les uns en arrivèrent à considérer le soleil comme type du suprême et ils se prosternèrent devant ce luminaire, pour l'invoquer. Les autres choisirent des phénomènes terrestres pour objet de leur culte ; ils s'émerveillèrent devant le mystère du feu et adorèrent la flamme. D'autres virent ou crurent voir en l'eau l'emblème de la pureté et du bien et firent leurs dévotions près des cours d'eau. D'autres encore, frappés de crainte et de respect par la grandeur des montagnes gigantesques, se rendirent dans ces temples naturels et adorèrent l'autel au lieu de Celui par le pouvoir duquel il avait été élevé. Une autre classe, plus imbue de respect pour tout ce qui est emblème, chercha à se créer des objets artificiels d'adoration. Ils se firent des images en taillant des figurines grossières dans des troncs d'arbres et en ciselant des formes étranges dans la pierre et ils se prosternèrent devant cela [65].
 
Les pratiques idolâtres, dans certains de leurs aspects, finirent par s'associer à des rites d'une cruauté horrible comme dans la coutume de sacrifier des enfants à Moloch et, parmi les Hindous, au Gange ; comme aussi dans le massacre d'êtres humains sous la tyrannie des druides. Les dieux que les hommes se sont donné sont sans cœur, sans pitié et cruels [66].
 
L'athéisme est la négation de l'existence de Dieu ; sous une forme moins prononcée, il peut consister à ignorer la Divinité. Mais celui qui professe l'athéisme est sujet, comme ses frères mortels croyants, à la passion universelle de l'homme pour le culte. Quoiqu'il refuse de reconnaître le Dieu vrai et vivant, il déifie consciemment ou inconsciemment quelque loi, quelque principe, quelque attribut de l'âme humaine ou, à l'occasion, quelque création matérielle. Et il se tourne vers cela pour chercher un semblant du réconfort que le croyant trouve en abondance dans la prière qu'il adresse à son Père et son Dieu. Je doute qu'il existe un véritable athée, un athée qui, avec la sincérité d'une conviction bien établie, nie en son cœur, l'existence d'un pouvoir intelligent et suprême.
 
L'idée de Dieu est une caractéristique inhérente de l'âme humaine. Le philosophe reconnaît la nécessité d'une telle idée dans ses théories de l'être. Il peut se refuser à reconnaître ouvertement l'existence d'un Dieu personnel, cependant il suppose l'existence d'un pou voir directeur, d'un grand inconnu, de l'inconnaissable, de l'illimitable, de l'inconscient. Ô homme savant quoique peu sage, pourquoi rejeter les bénédictions qui te sont accordés par l'Être omnipotent et omniscient à qui tu dois la vie, et dont tu ne veux cependant pas reconnaître le nom ? Aucun mortel ne peut s'approcher de lui et contempler ses perfections et sa puissance sans éprouver de la crainte et du respect. Rien déjà qu'en le considérant comme Créateur et Dieu, nous sommes confondus lorsque nous pensons à lui. Mais il nous a donné le droit d'aller vers lui parce que nous sommes ses enfants, et de l'invoquer sous le nom de Père. Même l'athée éprouve, aux heures les plus solennelles de sa vie, un élan de l'âme vers un Père spirituel, aussi naturellement que ses affections humaines le tournent vers le père qui lui a donné la vie mortelle. L'athéisme d'aujourd'hui n'est, après tout, qu'une forme de paganisme.
 
Vues confessionnelles de la Divinité. - La doctrine cohérente, simple et authentique de la nature et des attributs de Dieu, telle qu'elle a été enseignée par le Christ et ses apôtres, dégénéra lorsque la révélation cessa et lorsque les ténèbres, résultant de l'absence d'autorité divine, se répandirent sur le monde, après que les apôtres et la prêtrise eurent été chassés de la terre. À la place de cette doctrine, apparurent de nombreux dogmes et théories, de facture humaine, dont beaucoup sont absolument incompréhensibles à cause de leur inconséquence et de leur mysticisme.
 
En 325, le Concile de Nicée fut convoqué sur l'ordre de l'empereur Constantin, qui chercha à obtenir de cette assemblée une déclaration de foi chrétienne qui serait acceptée comme faisant autorité, et qui serait le moyen d'arrêter les dissensions sans cesse croissantes occasionnées par le désaccord qui régnait au sujet de la nature de la Divinité et d'autres sujets théologiques. Le Concile condamna certaines théories alors courantes, y compris celle d'Arius qui affirmait que le Fils avait été créé par le Père et, par conséquent, ne pouvait pas être co-éternel avec le Père. Le Concile promulgua ce qui est connu sous le nom de credo de Nicée ; et ce credo fut suivi, plus tard, par le credo d'Athanase, au sujet duquel des controverses se sont cependant élevées quant à son véritable auteur [67]. Voici ce credo : « Nous adorons un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité en Unité, sans confondre les personnes ni diviser la substance, car il y a une personne pour le Père, une autre pour le Fils, et une autre pour le Saint-Esprit. Mais la Divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit est tout une ; la gloire égale, la majesté coéternelle. Tel que le Père est, tel est le Fils et tel est le Saint-Esprit. Le Père incréé, le Fils incréé et le Saint-Esprit incréé. Le Père incompréhensible, le Fils incompréhensible et le Saint-Esprit incompréhensible. Le Père éternel, le Fils éternel et le Saint-Esprit éternel, mais un seul éternel. Et il n'y a pas non plus, trois incompréhensibles ni trois incréés ; mais un seul incréé et un seul incompréhensible. De même, le Père est Tout-Puissant, le Fils Tout-Puissant et le Saint-Esprit Tout-Puissant ; et cependant il n'y a pas trois Tout-Puissants, mais un seul Tout-Puissant. De même, le Père est Dieu, le Fils est Dieu, et le Saint-Esprit est Dieu et cependant il n'y a pas trois Dieux, mais un seul Dieu. - » Il serait difficile de concevoir un plus grand nombre d'incohérences et de contradictions exprimées en si peu de mots.
 
L'Église anglicane enseigne actuellement comme orthodoxe la conception suivante de Dieu : « Il n'y a qu'un seul Dieu vrai et vivant, éternel, sans corps, sans parties ni passions ; d'une puissance, d'une sagesse et d'une bonté infinies ». L'immatérialité de Dieu, affirmée par ces déclarations de foi confessionnelles, diffère totalement des Écritures et est absolument contredite par les révélations de la personne et des attributs de Dieu, comme le démontrent les citations déjà faites.
 
Nous affirmons que nier la matérialité de la personne de Dieu est nier Dieu ; car une chose sans parties n'a pas de tout et un corps immatériel ne peut pas exister [68]. L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours s'élève contre la notion d'un Dieu incompréhensible, sans « corps, sans parties ni passions », affirmant qu'une telle chose ne peut pas exister, et proclame sa croyance et sa fidélité au Dieu vrai et vivant des Écritures et de la révélation.
 
[1] « Voir notes 1, 2, 3 à la fin du chapitre.
[2] Voir Gen., chap. 1 ; voir aussi PGP, Moïse, chap. 2 ; Abraham, chap. 4.
[3] Voir Gen. 3:8 ; voir aussi PGP, Moïse 4:14.
[4] Voir PGP, Moïse 5:6-9.
[5] Voir Gen. 4:9-16 ; voir aussi PGP, Moïse 5:22-26, 34-40.
[6] Voir Gen. 4:16 ; voir aussi PGP, Moïse 5:41.
[7] Voir Gen. 6:13 ; 7:1-4 ; 8:15-17 ; 9:1-17.
[8] Voir Gen. chap. 12 ; voir aussi PGP, Abraham 1:16-19 ; 2:6-11 ; 19, 22-24 ; 3:3-10, 12-21, 23.
[9] Voir Ex. 3:4 ; 19:18 ; Nom. 12:5.
[10] Voir Nom. 12:8 ; voir aussi PGP, Moïse 1:1, 2, 11, 31.
[11] Voir Ex. 19:9, 11, 17-20.
[12] Héb. 3:4.
[13] Voir note 4, à la fin du chapitre.
[14] Voir note 5, à la fin du chapitre.
[15] Ps. 14:1.
[16] Voir Ps. 107:17 Prov. 1:7 10:21 ; 14:9.
[17] Voir Gen. 5:18-24 ; voir aussi Héb. 11:5 ; Jude 14.
[18] PGP, Moïse chaps. 6, 7.
[19] Ex. 3:6.
[20] Ex. 20:18-22.
[21] Ex. 24:9, 10.
[22] Es. 6:1-5.
[23] Matt. 3:16, 17 ; Marc 1:11.
[24] Voir Matt. 17:1-5 ; voir aussi Luc 9:35.
[25] Actes 7:54-60.
[26] Éther chap. 3.
[27] 3 Néphi chaps. 11-28.
[28] D&A 76:19-24.
[29] D&A 110:2-4.
[30] Voir Matt. 3 16, 17 ; voir aussi Marc 1:9-11 Luc 3:21, 22.
[31] Voir Jean 14:26 ; 15 26.
[32] Voir Actes 7:55, 56.
[33] Voir 1 Cor. 8:6 ; Jean 1:1-14 ; Matt. 4 10 ; 1 Tim. 3 -.16 ; 1 Jean 5:7 Mosiah 15 1, 2.
[34] Voir Jean 10:30, 38 ; 17:11, 22.
[35] Voir 3 Néphi 11:27, 36 ; 28:10 ; voir aussi Alma 11:44 ; Mormon 7:7.
[36] Voir Jean 17:11-21.
[37] Jean 14:9-11 ; voir aussi Héb. 1:3.
[38] Voir Jean 17:5.
[39] Voir Jean 1:3 ; Héb. 1:2 ; Eph. 3:9 ; Col. 1:16
[40] Voir Jean 20:14, 15, 19, 20, 26, 27 ; 21:1-14 ; Matt. 28:9 ; Luc 24:15-31,36-44.
[41] Actes 1:9-11.
[42] Voir Héb. 1:3 ; Col. 1:15 ; 2 Cor. 4:4
[43] Voir Gen. 1:26, 27 ; Jaq. 3:8, 9.
[44] D&A 130:22.
[45] Voir 1 Néphi 4:6 ; 11:1-12 ; Mosiah 13:5 ; Marc 1:10 ; Jean 1:32 ; Actes 2:4 ; 8:29 ;10:19 ; Rom. 8:10, 26 ; 1 Thess. 5:19.
[46] Voir Matt. 3:16 ; 12:28 ; 1 Néphi 13:12, 13.
[47] Voir Jean 14:16, 26 ; 16:7.
[48] Voir Jean 15:26 ; 16:13.
[49] Voir D&A 130:22.
[50] voir 1 Néphi 11:11.
[51] Voir Néh.9:30 ; Es. 42:1 ; Actes 10:19 ; Alma 12:3 ; D&A 105. 36 ; 97:1
[52] Voir Jean 16:13 ; 1 Néphi 10:19 ; D&A 35:13 ; 50:10.
[53] Voir Gen.1:2 ; Job 26:13 ; Ps. 104:30 ; D&A 29:31.
[54] Voir Jean 15:26 ; Actes 5:32 ; 20:23 ; 1 Cor. 2:11 ; 12:3 ; 3 Néphi 11:32.
[55] Voir chap. 8 du présent ouvrage.
[56] Gen. 11:5.
[57] Gen. 17:1, 22.
[58] Actes 15 ; 18 ; voir aussi PGP, Moïse 1:6, 35, 37 ; 1 Néphi 9:6.
[59] Voir Deut. 4:31 2 Chron. 30:9 ; Ex. 20:6 ; 34:6 ; Néh. 9:17, 31 ; Ps. 116:5 ; 103:8 ; 86:15 ; Jér. 32:18.
[60] Voir Ex. 20:5 ; Deut. 7:21 ; 10:17 ; Ps. 7:11.
[61] Ex. 20:5 ; 34:14 ; Deut. 4:24 ; 6:14, 15 ; Jos. 24:19, 20.
[62] Voir note 11, à la fin du chapitre.
[63] Voir note 6, à la fin du chapitre.
[64] Ex. 20 - 3.
[65] Voir note 7, à la fin du chapitre.
[66] Voir notes 8 et 10, à la fin du chapitre.
[67] Voir The Great Apostasy, du même auteur, chap. 7.
[68] Voir note 9, à la fin du chapitre.
 
 
NOTES DU CHAPITRE 2
 
1. Il est naturel de croire en un Dieu. - « La grande vérité primaire « qu'il y a un Dieu », a prévalu parmi les hommes, presque universellement et dans tous les âges, de sorte que les saintes Écritures qui parlent de Dieu à chaque page et qui font allusion aux sentiments de l'humanité pendant une période d'à peu près quatre mille ans, présentent toujours cette vérité comme admise. En effet, dans les premiers âges du monde, il n'y a pas de preuve positive que le théisme spéculatif ait eu des partisans quelconques et si, à une période ultérieure, « l'insensé dit en son cœur : il n'y a pas de Dieu », le sentiment apparaît plus fort dans ses affections que dans son jugement ; et en outre, il eut une si faible influence sur l'esprit des hommes que les écrivains sacrés ne jugèrent jamais nécessaire de combattre l'erreur, ni par des arguments formels, ni par un appel à des manifestations miraculeuses. Le polythéisme, et non l'athéisme, était le péché dominant ; c'est pourquoi le but des hommes inspirés n'était pas tant de prouver l'existence d'un Dieu, que la non-existence des autres - pour maintenir son autorité, mettre à exécution ses lois, à l'exclusion de tous les prétendants rivaux. » - Cassell's Bible Dictionary, article « God ».
 
2. Importance de la croyance en Dieu. - « L'existence d'un Être suprême est, sans aucun doute, la conception la plus sublime qui puisse entrer dans l'esprit humain, et même, comme question scientifique, elle ne peut avoir d'égale, car elle prétend fournir la cause des causes, le grand fait ultime en philosophie, la dernière et la plus sublime généralisation de la vérité scientifique. Cependant, c'est elle qui réclame le moins notre étude, car elle est à la base même de la moralité, de la vertu et de la religion ; elle supporte le tissu social et donne de la cohésion à toutes ses parties, elle renferme la question importante de l'immortalité de l'homme et de sa responsabilité envers l'autorité suprême et est inséparablement liée à ses espoirs les plus brillants et à ses joies les plus grandes. En effet, elle n'est pas simplement une vérité fondamentale, mais la grande vérité centrale de toutes les autres vérités. Toute autre vérité de la science, de la morale et de la religion en rayonne. C'est la source de laquelle elles découlent toutes, le centre vers lequel elles convergent toutes et la seule proposition sublime de laquelle elles portent toutes témoignage. Elle n'a, pour cette raison, pas de parallèle dans sa grandeur solennelle et ses aboutissements vitaux. » - Cassell's Bible Dictionary, article « God ».
 
3. La croyance en Dieu, naturelle et nécessaire. - Joseph Le Conte, ancien professeur de géologie et d'histoire naturelle à l'université de Californie, a écrit ce qui suit : « Le théisme, ou croyance en Dieu ou dans des dieux, ou dans un pouvoir surnaturel de quelque genre, qui contrôle les phénomènes autour de nous, est la base et la condition fondamentale de toute religion ; et, pour cette raison, il est universel, nécessaire et intuitif. C'est pourquoi je n'essayerai pas de donner des preuves de ce qui se trouve derrière toute preuve et est déjà plus certain que tout ce à quoi on peut arriver par un procédé de raisonnement quelconque. La base de cette croyance repose dans la nature même de l'homme : c'est la fondation même et le fond de la raison. C'est cette croyance et elle seule qui donne de la signification à la nature ; sans elle, ni la religion, ni la science, ni même la vie humaine ne serait possible. Car, observez quelle est la caractéristique de l'homme dans ses rapports avec la nature extérieure. Pour la brute, les phénomènes de la nature ne sont rien que des phénomènes sensibles ; mais l'homme, dans la proportion exacte dans laquelle il emploie ses facultés humaines, remonte instinctivement des phénomènes à leur cause. Cela est inévitable par une loi de notre nature, mais les moyens d'élévation sont différents pour les races cultivées et pour les races ignorantes. L'homme ignorant, quand un phénomène se produit, dont la cause n'est pas perçue immédiatement ; passe d'un coup du phénomène sensible à la cause première ; tandis que l'homme cultivé et surtout l'homme de science passe des phénomènes sensibles par une chaîne de causes secondaires, à la cause première. La région des causes secondaires, et celle-là seule, est le domaine de la science. La science, en fait, peut être définie comme l'étude des modes d’opération de la cause première. Il est évident, par conséquent, que la reconnaissance des causes secondaires ne peut pas exclure l'idée de l'existence de Dieu... Ainsi le théisme est nécessaire, intuitif et par conséquent universel. Nous ne pourrions pas nous en défaire même si nous le voulions. Chassez-le, comme beaucoup le font, par une porte, et il rentrera de nouveau, peut-être non reconnu, par la porte de derrière. Mettez-le dehors dans ses formes nobles, tel qu'il est révélé dans les Écritures, et il rentrera de nouveau sous ses formes ignobles, que ce soit comme magnétisme, électricité ou gravité, ou quelque autre pouvoir supposé efficace pour contrôler la nature. Sous une forme ou l'autre, noble ou ignoble, il deviendra l'hôte du cœur humain. C'est pourquoi je répète que le théisme ne demande ni n'admet de preuves. Mais, ces derniers temps, il y a une forte tendance à transformer le théisme en panthéisme et, ainsi, la croyance religieuse est dépouillée de tout son pouvoir sur le cœur humain. C'est pourquoi il est nécessaire que j'essaie de montrer, non pas l'existence, mais bien la personnalité de la Divinité... Parmi une certaine classe d'esprits cultivés et surtout parmi les hommes de science, il y a un sentiment qui se développe, quelquefois ouvertement exprimé, quelquefois ressenti d'une manière vague seulement, que ce que nous appelons Dieu n'est qu'un principe universel, qui imprègne tout, qui anime la nature - un principe général d'évolution - une force de vie inconsciente, impersonnelle sous laquelle tout l'univers se développe lentement. Cette forme de théisme peut probablement satisfaire les demandes d'une philosophie purement spéculative, mais ne peut pas satisfaire les désirs ardents du cœur humain... L'argument en faveur de la personnalité de la Divinité est dérivé des preuves qu'il existe des combinaisons et des buts intelligents dans la nature, ou dans l'ajustement de parties pour former un tout défini et intelligent. Habituellement, on l'appelle « l’argument de la cause ». La force de cet argument est tout de suite sentie intuitivement par toutes les intelligences et son effet est irrésistible et écrasant pour tout esprit clair et honnête, qui n'est pas infecté par les subtilités métaphysiques. » - Joseph Le Conte, dans Religion and Science, p. 12-14.
 
4. Dieu dans la nature. - Isaac Newton, écrivant à son ami, le Docteur Bentley, en 1692, dit au sujet de l'univers naturel : « Faire un tel système avec tous ses mouvements, exigea une Cause qui comprît et comparât ensemble les quantités de matière dans les corps respectifs du soleil et des planètes et les pouvoirs de gravité qui en résultent, les distances respectives des planètes primaires au soleil, et des secondaires à Saturne, à Jupiter et à la terre ; et les vélocités avec lesquelles ces planètes peuvent faire leur révolution autour de ces quantités de matière dans les corps centraux ; comparer et ajuster toutes ces choses ensemble dans une si grande variété de corps démontre que la Cause n'était pas aveugle et fortuite, mais très versée en mécanique et en géométrie. »
 
5. Indications naturelles de l'existence de Dieu. - « Il ne se peut pas, il n'est pas vraisemblable que l'on puisse trouver Dieu avec le microscope et le scalpel, avec les éprouvettes ou les cornues, avec le goniomètre ou le télescope ; mais avec de tels outils, le savant qui travaille sérieusement ne peut pas manquer de reconnaître un pouvoir qui se situe au-delà de sa vision, mais dont les pulsations et les mouvements sont indubitables. L'étendue de notre système solaire semblait autrefois plus limitée à l'homme qu'à présent ; et la découverte du membre le plus distant de la famille planétaire fut due au fait que l'on constata l'existence d'une force d'attraction que l'on ne pouvait expliquer qu'en supposant l'existence d'une autre planète. L'astronome, en suivant les planètes connues dans leur course orbitale, put sentir la traction, put voir le fil qui les éloignait d'une orbite qui aurait dû être plus restreinte ; il ne voyait pas Neptune tandis qu'il empilait les calculs, feuille après feuille ; mais l'existence de cet astre était incontestable, et en se conformant aux indications qu'il avait trouvées, il le chercha, et le trouva. La théorie seule n'aurait jamais pu le révéler, quoique la théorie fût incomplète et insatisfaisante sans lui ; mais la recherche pratique, incitée par la théorie, conduisit à la grande démonstration. Et qu'est toute la science sinon de la théorie, si on la compare à l'influence pratique de la confiance pieuse en l'assistance d'un pouvoir tout-puissant et omniscient ? Ne méprisez pas les indications de votre travail de science - les oscillations de l'aiguille qui révèlent l'influence magnétique ; l'instinct inné qui parle d'une vie et d'un Donneur de vie qui sont bien au-delà du pouvoir d'explication ou de compréhension humaine. Lorsque vous êtes assis sous la voûte céleste comme sous un dais, méditant dans le silence de la nuit sur les perturbations, les aspirations que l'âme ne peut ignorer, tournez-vous dans la direction indiquée par ces impulsions et cherchez, avec la lentille pénétrante de la prière et de la foi, qui annihile l'espace et annule le temps, la source de cette force dominante. » - L'auteur dans un sermon de baccalauréat, Utah University Quarterly, sept. 1895.
 
6. Théisme, athéisme, etc. - Selon l'usage courant, théisme signifie croyance en Dieu - acceptation d'un Être vivant et éternel qui s'est révélé à l'homme. Le théisme implique que l'on professe croire en Dieu, mais nie à la Divinité le pouvoir de se révéler et proclame ne pas croire au christianisme ; le terme est employé dans différents sens dont les principaux sont :1) Croyance que Dieu est un Être intelligent et éternel, tout en refusant l'idée d'une providence soucieuse de l'humanité ; 2) Croyance en Dieu, mais négation d'un état futur de l'âme ; 3) Selon la définition de Kant, négation d'un Dieu personnel, bien qu'affirmant une croyance en une force infinie, inséparablement associée avec la matière et opérant comme première grande cause. Le panthéisme considère la matière et l'intelligence comme une, embrassant chaque chose, finie et infinie, et appelle cette existence universelle : Dieu. Dans ses aspects philosophiques, le panthéisme « a trois formes génériques avec des variations :1) le panthéisme de la substance unique qui attribue à l'être universel, les attributs de l'esprit et de la matière, de la pensée et de l'étendue, comme dans le système de Spinoza ; 2) le panthéisme matérialiste qui lui attribue seulement les attributs de la matière, comme dans le système de Strauss ; 3) le panthéisme idéaliste qui lui attribue seulement les attributs de l'esprit, comme dans le système de Hegel ». Dans son aspect doctrinal, le panthéisme comprend « l'adoration de la nature et de l'humanité fondée sur la doctrine que l'univers phénoménal en entier, l'homme et la nature inclus, est la manifestation toujours changeante de Dieu. » Le polythéisme est la doctrine de la pluralité de dieux qui sont habituellement regardés comme personnifications des forces ou des phénomènes de la nature. Le monothéisme est la doctrine du Dieu unique. L'athéisme signifie incroyance en Dieu, ou négation de son existence. L'athéisme dogmatique nie, tandis que l'athéisme négatif ignore l'existence d'un Dieu. Infidélité est quelquefois employé comme synonyme d'athéisme, quoique le terme indique essentiellement une forme plus atténuée d'incroyance, se manifestant par le scepticisme en matière religieuse, une incroyance dans la religion de la Bible, et naturellement le rejet de la doctrine du christianisme. L'agnosticisme prétend que Dieu est inconnu et inconnaissable, que son existence ne peut être prouvée ni reniée ; il n'affirme ni ne nie l'existence d'un Dieu personnel ; c'est la doctrine du « Nous ne savons pas » - Voir Standard Dictionary.
 
7. Les pratiques idolâtres en général. - L'âme de l'homme, une fois abandonnée à la dépravation, est fortement tentée de s'éloigner de Dieu et de ses institutions. « De là », dit Burder, « les autels et les démons de l'antiquité païenne, leurs fictions extravagantes et leurs orgies abominables. De là, l'adoration parmi les Babyloniens et les Arabes, des corps célestes, la première forme de l'idolâtrie ; parmi les Canaanites et les Syriens l'adoration de Baal Tammuz, Magog et Astarté ; parmi les Phéniciens, l'immolation des enfants à Moloch ; parmi les Égyptiens, les honneurs divins accordés à des animaux, à des oiseaux, à des insectes, à des poireaux, à des oignons ; parmi les Perses, l'adoration religieuse du feu ; et parmi les Grecs raffinés la reconnaissance, dans leur système de foi, de trente mille dieux. De là, encore, de nos jours, parmi la plupart des tribus païennes, les superstitions les plus extrêmes, les rites les plus cruels et les plus sanglants, et la licence et les vices les plus révoltants pratiqués au nom de la religion. » History of all Religions, p. 12.
 
8. Exemples d'idolâtrie atroce. - L'adoration de Moloch est généralement citée comme exemple de l'idolâtrie la plus cruelle et la plus détestable qui soit connue de l'homme. Moloch, appelé aussi Molech, Malcham, Milcom, Baal-Melech, etc., était une idole ammonite ; elle est mentionnée, dans l'Écriture, à propos de ses rites cruels (Lév. 18 21 ; 20:2-5 voir aussi 1 Rois 11:5, 7, 33 ; 2 Rois 23:10, 13 ; Am. 5:26 ;Soph. 1:5 ; Jér. 32:35). Keil et Delitzsch décrivent l'idole comme « représentée par une statue d'airain qui était creuse, pouvait être chauffée, et avait une tête de taureau, et les bras étendus pour recevoir les enfants qui devaient être sacrifiés ». Bien que l'adoration de cette idole ne comprît pas invariablement de sacrifices humains, il est certain que des rites aussi hideux caractérisaient ces autels abominables. Les auteurs cités en dernier lieu disent : « À partir du temps d'Achaz, des enfants furent tués à Jérusalem, dans la vallée de Ben-Hinnom, et ensuite sacrifiés en étant déposés dans les bras chauffés où ils étaient brûlés. » (2 Rois 23:10 ; 16:3 ; 17. 17 ; 21:6 ; Jér. 32:35 ; Ez. 16:20, 21 ; 20:31 ; comparez Ps. 106:37, 38). Beaucoup d'autorités déclarent que le sacrifice des enfants à ce monstre hideux antidata de beaucoup le temps d'Achaz. « L'offrande de victimes vivantes fut probablement le comble de l'énormité dans ce système, et il est dit que Tophet, où elle se faisait, tirait son nom des roulements de tambour destinés à étouffer les cris et les gémissements de ceux qui étaient brûlés à mort. Le même lieu était appelé « Vallée de Hinnom », et les horribles... choses associées à ce lieu firent que Tophet et Géhenne (« Vallée d'Hinnorn ») furent adoptés comme noms et symboles des tourments futurs. » Pour des faits précédents et d'autres, voir The Pentaieuch, par Keil et Delitzsch, et Cassell's Bible Dictionary.
 
Les pratiques du suicide volontaire sous le char de l'idole Jaggernaut et la noyade des enfants dans le Gange sacré comme cela se pratique chez les Hindous étaient non moins horribles. Les pratiques du druidisme chez les Bretons anciens fournissent un autre exemple de dégradation dans la religion, par l'absence de guides revêtus d'autorité et de la lumière de la révélation. Les druides professaient une vénération pour le chêne, et accomplissaient la plupart de leurs cérémonies distinctives dans des bosquets sacrés. Les sacrifices humains caractérisaient leur système religieux. Quelques-uns de leurs temples, par exemple ceux de Stonehenge, dans la plaine de Salisbury, dans le Wiltshire et d'autres à Kent, existent encore. Ces enclos circulaires, qui étaient ouverts à l'air libre, étaient appelés cirques de la condamnation ; près du centre de chacun se trouvait un autel (dolmen), sur lequel des victimes étaient sacrifiées. Les horribles cérémonies incluaient, à l'occasion d'événements spéciaux, la mort par le feu d'un grand nombre d'êtres humains vivants, enfermés dans d'immenses cages d'osier.
 
9. Immatérialistes et athées. - « Il y a deux classes d'athées dans le monde. Une classe nie l'existence de Dieu de la façon la plus positive ; l'autre nie son existence en durée ou en espace. L'un dit : « Il n'y a pas de Dieu » ; l'autre dit -. « Dieu n'est ici ni là, pas plus qu'il n'existe maintenant ou alors ». L'infidèle dit : « Dieu n'existe nulle part ». L'immatérialiste dit : « Il existe nulle part ». L'infidèle dit : Il n'y a pas de substance qui soit Dieu.
 
L'immatérialiste dit : « Il y a une substance qui est Dieu, mais elle est sans parties ». L'athée dit : « Il n'y a pas de substance qui soit esprit ». L'immatérialiste dit : « Un esprit bien qu'il vive et agisse n'occupe pas de place et ne remplit aucun espace de la même façon que la matière, ni même autant que le plus menu grain de sable ». L'athée ne cherche pas à cacher son infidélité, mais l'immatérialiste dont la croyance déclarée arrive aux mêmes résultats que l'athée, s'efforce de cacher son infidélité sous le couvert creux de quelques mots... L'immatérialiste est un athée religieux ; il diffère simplement de l'autre classe d'athées en revêtant un néant indivisible et sans dimensions des pouvoirs d'un Dieu. Une classe ne croit en aucun dieu, l'autre croit que Rien est dieu et l'adore comme tel. » Orson Pratt, dans la brochure Absurdities of Immaterialism, p.11.
 
10. L'athéisme, croyance fatale. - « Pendant le règne de la Terreur, l'Assemblée Nationale déclara que les Français étaient une nation d'athées ; mais une brève expérience les convainquit qu’une nation d'athées ne pouvait exister longtemps. Robespierre « proclama alors, devant la Convention, que la croyance à l'existence de Dieu était nécessaire, à ces principes de vertu et de morale sur lesquels la République était fondée ; et le 7 mai [1794], les représentants nationaux qui s'étaient récemment prosternés devant la Déesse de la Raison, votèrent par acclamations que le peuple français reconnaissait l'existence d'un Être suprême et l'immortalité de l'âme. » Students' France, 27, 6.
 
11. Le Père et le Fils. Dans le traitement de la « personnalité de chaque membre de la Divinité » et des « attributs divins », aucune tentative n'a été faite pour séparer les allusions faites au Père et au Fils. Il faut se souvenir que le Personnage le plus généralement désigné dans l'Ancien Testament comme Dieu ou l'Éternel, est celui qui, dans l'état mortel, a été connu comme Jésus-Christ et dans l'état pré-mortel comme Jéhovah. - Voir l’ouvrage de l'auteur, « Jesus the Christ », chap. 4. Le fait que Jésus-Christ ou Jéhovah est appelé le Père dans certaines Écritures ne justifie en aucune manière la prétention que son Père, Élohim, et lui, sont identiques. Ce point a été expliqué par les autorités présidentes de l'Église comme suit :
 
Le Père et le Fils : Un exposé de doctrine par la Première Présidence et les Douze. - Les Écritures affirment clairement et à plusieurs reprises que Dieu est le Créateur de la terre et des cieux et de toute choses qui s'y trouvent. Dans le sens ainsi exprimé, le Créateur est un Organisateur. Dieu créa la terre comme sphère organisée, mais il ne créa certainement pas, dans le sens d'amener à une existence primaire, les éléments ultimes des matières qui constituent la terre, car « les éléments sont éternels » (D&A 93:33).
 
De même aussi, la vie est éternelle et non créée ; mais la vie ou la force vitale peut être infusée dans une matière organisée, bien que les détails du processus n'aient pas été révélés à l'homme. Pour illustrer par des exemples, voir Gen. 2:7 ; Moïse 3:7 ; et Abraham 5:7. Chacune de ces Écritures affirme que Dieu insuffla dans le corps de l'homme le souffle de la vie. Voir en outre Moïse 3:19, pour l'affirmation que Dieu insuffla le souffle de vie dans le corps des bêtes et des oiseaux. Dieu montra à Abraham « les intelligences qui furent organisées avant que le monde fût » ; et par « intelligences » nous devons comprendre les « esprits » personnels (Abraham 3:22, 23) ; néanmoins, il nous est expressément dit que « l'intelligence, ou la lumière de la vérité, n'a été ni créée ni faite, et, en vérité, ne peut l'être. » (D&A 93:29)
 
Le terme « Père », appliqué à la Divinité, apparaît dans le livre sacré avec des significations clairement différentes. Chacune des quatre significations spécifiées dans le traité suivant doit être soigneusement séparée.
 
1. « Père », dans le sens littéral. - Les Écritures qui incorporent la signification ordinaire - littéralement celle de Père sont trop nombreuses et précises pour exiger une citation. Le but de ces Écritures est, en effet, de montrer que Dieu, le Père éternel que nous désignons par le nom et titre exalté « Élohim », est le Père littéral de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ et des esprits du genre humain. Élohim est le Père en chaque sens dans lequel Jésus-Christ est ainsi désigné et distinctivement il est le Père des esprits. Ainsi nous lisons dans l'épître aux Hébreux : « D'ailleurs, puisque nos pères selon la chair nous ont châtiés, et que nous les avons respectés, ne devons-nous pas à bien plus forte raison nous soumettre au Père des esprits, pour avoir la vie ? » (Héb. 12:9). C'est pour cela que Jésus-Christ nous enseigne à prier : « Notre Père qui es aux cieux que ton nom soit sanctifié. »
 
Jésus-Christ s'applique les deux titres « Fils » et « Père ». En effet, il dit nettement au frère de Jared « Voici, je suis Jésus-Christ. Je suis le Père et le Fils » (Éther 3 14). Jésus-Christ est le Fils d'Élohim autant comme descendant spirituel que corporel ; c'est-à-dire qu'Élohim est littéralement le Père de l'esprit de Jésus-Christ et également du corps dans lequel Jésus-Christ accomplit sa mission dans la chair, corps qui mourut sur la croix et fut ensuite enlevé par le processus de la résurrection, et est maintenant le tabernacle immortalisé de l'esprit éternel de notre Seigneur et Sauveur. Nulle explication plus étendue du titre « Fils de Dieu » appliquée à Jésus-Christ ne paraît nécessaire.
 
2. « Père dans le sens de Créateur ». - Une seconde signification scripturale de « Père » est celle de Créateur, par exemple, dans les passages qui appellent l'un des membres de la Divinité « le Père des cieux et de la terre, et de toutes les choses qui s'y trouvent » (Éther 4:7 ; voir aussi Alma 11:3 8, 3 9 et Mosiah 15:4).
 
Dieu n'est pas le Père de la terre comprise comme un des mondes dans l'espace, ni des corps célestes en tout ou en partie, ni des objets inanimés et des plantes et des animaux sur la terre, dans le sens littéral dans lequel il est le Père des esprits de l'humanité. C'est pourquoi, il faut comprendre que les Écritures qui appellent Dieu, d'une façon quelconque, le Père des cieux et de la terre, signifient que Dieu est l'Auteur, l'Organisateur, le Créateur des cieux et de la terre.
 
Dans ce sens, comme le contexte le montre dans chaque cas, Jéhovah, qui est Jésus-Christ, le Fils d'Élohim, est appelé « le Père » et même « le Père éternel même du ciel et de la terre » (voir les passages cités avant. et aussi Mosiah 16:15). Dans une signification analogue Jésus-Christ est appelé « Le Père éternel » (Es. 9:6 ; comparez 2 Néphi 19:6).
 
Le fait que Jésus-Christ, que nous connaissons aussi sous le nom de Jéhovah, a été l'exécuteur du Père, Élohim, dans l’œuvre de la création, est exposé dans le livre Jesus the Christ, chapitre 4. Jésus-Christ, étant le Créateur, est logiquement appelé le Père du ciel et de la terre dans le sens expliqué plus haut ; et puisque ses créations sont de qualité éternelle, il est très justement appelé le Père éternel du ciel et de la terre.
 
3. Jésus-Christ le « Père » de ceux qui vivent selon son Évangile. - Un troisième sens dans lequel Jésus-Christ est considéré comme le « Père » a rapport à la relation qui existe entre lui et ceux qui acceptent son Évangile et deviennent ainsi héritiers de la vie éternelle. Dans ce qui suit, il y a quelques Écritures qui illustrent cette signification.
 
Dans la fervente prière qu'il offrit juste avant son entrée à Gethsémané, Jésus-Christ supplia son Père en faveur de ceux que le Père lui avait donnés, en particulier les apôtres, et plus généralement, tous ceux qui accepteraient et demeureraient dans l'Évangile par le ministère des apôtres. Lisez, dans les propres paroles de notre Seigneur, l'affirmation solennelle que ceux pour qui il priait particulièrement étaient siens, et que son Père les lui avait donnés : « J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m'as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés ; et ils ont gardé ta parole. Maintenant ils ont connu que tout ce que tu mas donné vient de toi. Car je leur ai donné les paroles que tu m'as données ; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m'as envoyé. C'est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, parce qu'ils sont à toi ; et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. Père saint, garde en ton nom ce que tu m'as donné, afin qu'ils soient un comme nous. Lorsque j'étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J'ai gardé ceux que tu m'as donnés, et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l'Écriture fût accomplie (Jean 17:6-12).
 
Et en outre : « Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un - moi en eux, et toi en moi, afin qu'ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi, afin qu'ils soient ma gloire, la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde. » (Jean 17:20-24).
 
Le Seigneur a dit à ses fidèles serviteurs, à notre époque : « Ne craignez pas, petits enfants, car vous êtes à moi, et j'ai vaincu le monde, et vous êtes de ceux que mon Père m'a donnés. » (D&A 50:41)
 
Le salut ne peut être atteint que par l'obéissance aux lois et aux ordonnances de l'Évangile ; et tous ceux qui sont ainsi sauvés deviennent fils et filles en Dieu dans un sens distinctif. Dans une révélation donnée par Joseph le prophète à Emma Smith, le Seigneur Jésus appela la femme « Ma fille » et dit : « car en vérité, je te le dis, tous ceux qui acceptent mon Évangile sont des fils et des filles dans mon royaume. » (D&A 25:1). Dans beaucoup d'exemples, le Seigneur a appelé les hommes ses fils (p. ex. : D&A 9:1 ; 34:3 ; 121:7).
 
Le fait que par l'obéissance à l'Évangile les hommes peuvent devenir fils de Dieu, à la fois en tant que fils de Jésus-Christ et, par lui, en tant que fils de son Père, est montré dans un grand nombre de révélations données à notre époque. Ainsi nous lisons dans une déclaration du Seigneur Jésus-Christ à Hyrum Smith en 1829, « Voici, je suis Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Je suis la vie et la lumière du monde. C'est moi qui suis venu chez les miens et les miens ne m'ont pas reçu ; mais en vérité, en vérité, je te dis qu'à tous ceux qui me recevront, je donnerai le pouvoir de devenir les fils de Dieu, oui, à ceux-là qui croient à mon nom. Amen » (D&A 11:28-30). Le Seigneur adressa les paroles suivantes à Orson Pratt, par l'intermédiaire de Joseph le voyant, en 1830 : « Mon fils Orson, prête l'oreille et écoute, car voici ce que je te dirai, moi, le Seigneur Dieu, Jésus-Christ, ton Rédempteur, la lumière et la vie du monde ; une lumière qui luit dans les ténèbres et les ténèbres l'ont rejetée ; qui a tant aimé le monde qu'il a donné sa propre vie, afin que tous ceux qui croient puissent devenir les fils de Dieu. C'est pourquoi tu es mon fils » (D&A 34:1-3). En 1830, le Seigneur adressa les paroles suivantes à Joseph Smith et à Sidney Rigdon : « Écoutez la voix du Seigneur votre Dieu, l'Alpha et l'Oméga. le commencement et la fin, dont la course est une ronde éternelle, toujours la même, aujourd'hui aussi bien qu'hier et à jamais. Je suis Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui fut crucifié pour les péchés du monde, afin que tous ceux qui croient en mon nom puissent devenir les fils de Dieu, même un en moi comme je suis un dans le Père, et comme le Père est un en moi, afin que nous puissions être un » (D.&A. 35:1-2). Considérez aussi ce qui suit, donné en 1831 : « Prêtez l'oreille et écoutez la voix de celui qui est de toute éternité à toute éternité, le grand JE SUIS, même Jésus-Christ, la lumière et la vie du monde ; une lumière qui luit au milieu des ténèbres et les ténèbres ne la comprennent pas ; c'est moi qui suis venu au méridien des temps chez les miens, et les miens ne m'ont point reçu ; mais à tous ceux qui m'ont reçu j'ai donné le pouvoir de devenir mes fils ; et je donnerai aussi, à tous ceux qui me recevront, le pouvoir de devenir mes fils » (D.&A 39:1-4). Dans une révélation donnée par l'intermédiaire de Joseph Smith, en mars 1831, nous lisons : « Car en vérité, je vous dis que je suis l'Alpha et l'Oméga, le commencement et la fin, la lumière et la vie du monde - une lumière qui brille dans les ténèbres et les ténèbres ne la comprennent pas. Je suis venu chez les miens, et les miens ne m'ont point reçu ; mais à tous ceux qui m'ont reçu j'ai donné le pouvoir de faire de nombreux miracles et de devenir les fils de Dieu, et à ceux qui ont cru à mon nom, j'ai donné le pouvoir d'obtenir la vie éternelle » (D&A 45:7-8).
 
Un grand exposé de cette relation entre Jésus-Christ en sa qualité de Père et ceux qui obéissent aux exigences de l'Évangile en leur qualité d'enfants fut donnée par Abinadi, des siècles avant la naissance de notre Seigneur dans la chair : « Et maintenant, je vous le dis, qui déclarera sa génération ? Voici, je vous dis que quand son âme aura été donnée en offrande pour le péché, alors il verra sa postérité. Or qu'en dites-vous ? Qui sera sa postérité ? Voici, je vous dis que quiconque a entendu les paroles des prophètes, oui, de tous les saints prophètes qui ont prophétisé sur l'avènement du Seigneur - je vous dis que tous ceux qui ont été attentifs à leurs paroles, qui ont cru que le Seigneur rachètera son peuple, qui attendent ce jour pour la rémission de leurs péchés, je vous dis que ceux-là sont sa postérité ou les héritiers du royaume de Dieu. Car ce sont ceux dont il a porté les péchés, ce sont ceux pour qui il est mort afin de les racheter de leurs transgressions. Alors ne sont-ils pas sa postérité ? Oui, et tous les prophètes, chacun de ceux qui ont ouvert la bouche pour prophétiser et qui ne sont pas tombés dans la transgression ; je veux dire tous les saints prophètes depuis le commencement du monde ne le sont-ils pas aussi ? Je vous dis qu'ils sont sa postérité. » (Mosiah 15:10-13)
 
En contraste tragique avec l'état béni de ceux qui deviennent les enfants de Dieu en obéissant à l'Évangile de Jésus-Christ, il y a l'état de ceux qui ne sont pas régénérés, qui sont expressément appelés les enfants du diable. Notez les paroles du Christ, alors qu'il était dans la chair, à certains Juifs méchants qui se vantaient d'être de la lignée d'Abraham : « Si vous étiez enfants d'Abraham, vous feriez les oeuvres d'Abraham... Vous faites les oeuvres de votre père... Si Dieu était votre père, vous m'aimeriez... Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père » (Jean 8:3 9, 41, 42, 44). Ainsi Satan est désigné comme le père des méchants, quoique nous ne puissions assumer qu'il existe une relation personnelle quelconque de parent à enfant entre lui et eux. Une double illustration qui montre que les justes sont les enfants de Dieu et les méchants les enfants du diable apparaît dans la parabole de l'ivraie : « La bonne semence, ce sont les fils du royaume ; l'ivraie, ce sont les fils du malin. » (Matt. 13:38)
 
Les hommes peuvent devenir enfants de Jésus-Christ en naissant de nouveau -en naissant en Dieu, comme les paroles inspirées le disent : « Celui qui pèche est du diable, car le diable pèche dès le commencement. Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les oeuvres du diable. Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui, et il ne peut pécher, parce qu'il est né de Dieu. C'est par là que se font reconnaître les enfants de Dieu et les enfants du diable. Quiconque ne pratique pas la justice n'est pas de Dieu, non plus que celui qui n'aime pas son frère. » (1 Jean 3:8-10)
 
Ceux qui sont nés en Dieu en obéissant à l'Évangile peuvent, par un dévouement vaillant à la justice, obtenir l'exaltation et même atteindre l'état de la divinité. Nous lisons d'eux : « C'est pourquoi, comme il est écrit, ils sont dieux, oui, les fils de Dieu » (D&A 76:58 ; comparez 132:20 ; et mettez en contraste le paragraphe 17 de la même section ; voir aussi paragraphe 37). Cependant, quoiqu'ils soient des dieux, ils sont encore soumis à Jésus-Christ leur Père, dans ces relations glorieuses et ainsi nous lisons dans le paragraphe suivant la citation plus haut : « et ils sont au Christ, et le Christ est à Dieu. » (76:59)
 
Par la nouvelle naissance - celle d'eau et d'Esprit les hommes peuvent devenir enfants de Jésus-Christ, étant, grâce aux moyens pourvus par lui « des fils et des filles engendrés en Dieu » (D&A 76:24). Cette vérité solennelle est soulignée, en outre, dans les paroles du Seigneur Jésus-Christ données par Joseph Smith en 1833 : « Et maintenant, en vérité, je vous le dis, j'étais au commencement avec le Père, et je suis le Premier-né ; et tous ceux qui sont engendrés par mon intermédiaire participent à la même gloire et sont l'Église du Premier-né » (D&A 93:21, 22). Pour un emploi figuré identique du terme « engendré », appliqué à ceux qui sont nés en Dieu, voir l'explication de Paul : « puisque c'est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l'Évangile » (1 Cor. 4:15). Un exemple analogue de cette qualité de fils reçue en récompense de bons services, se trouve dans la révélation qui se rapporte à l'ordre et aux fonctions de la prêtrise, donnée en 1832 : « Car tous ceux qui, par leur fidélité, obtiennent ces deux prêtrises dont j'ai parlé, et magnifient leur appel, sont sanctifiés par l’Esprit et leur corps sera renouvelé. Ils deviennent les fils de Moïse et d'Aaron, la postérité d'Abraham, l'Église, le royaume et les élus de Dieu. » (D&A 84:33, 34)
 
S'il est correct de dire de ceux qui acceptent l'Évangile et qui y demeurent qu'ils sont les fils et les filles du Christ - et sur ce point les Écritures sont formelles et ne peuvent pas être contredites ni niées - il est logiquement correct de dire de Jésus-Christ qu'il est le Père des justes, étant donné qu'ils sont devenus ses enfants et lui leur Père par la seconde naissance - la régénération baptismale.
 
4. Jésus-Christ « Père », par investiture divine d'autorité. Une quatrième raison qui justifie l'application du titre de « Père », à Jésus-Christ réside dans le fait que, dans tous ses rapports avec la famille humaine, Jésus, le Fils, a représenté et représente encore Élohim, son Père, en pouvoir et en autorité. Ceci est vrai pour le Christ dans son état préexistant, prémortel ou non incarné, dans lequel il était connu comme Jéhovah ; également pendant son incarnation ; et pendant ses oeuvres comme esprit désincarné dans le royaume des morts ; et depuis cette période dans son état ressuscité. Aux Juifs, il dit : « Moi et le Père, nous sommes un. » (Jean 10:30 ; voir aussi 17:11, 22) ; cependant il déclara : « Le Père est plus grand que moi » (Jean 14:28), et en outre : « Je suis venu au nom de mon Père » (Jean 5:43 ; voir aussi 10:25). La même vérité fut déclarée par le Christ lui-même aux Néphites (voir 3 Néphi 20 - 35 et 28:10), et a été réaffirmée par la révélation à notre époque (D.&A. 50:43). Ainsi le Père plaça son nom sur le Fils ; et Jésus-Christ parla et exerça son ministère au nom et par le nom du Père ; et en ce qui concerne le pouvoir, l'autorité et la Divinité, ses paroles et ses actes furent et sont ceux du Père.
 
Nous lisons, par analogie, que Dieu plaça son nom sur ou dans l'ange qui fut désigné pour exercer un ministère en faveur du peuple d'Israël pendant l'exode. De cet ange, le Seigneur dit : « Tiens-toi sur tes gardes en sa présence et écoute sa voix ; ne lui résiste point, parce qu'il ne pardonnera pas vos péchés, car mon nom est en lui. » (Ex. 23:21)
 
L'apôtre Jean reçut la visitation d'un ange qui exerça son ministère et parla au nom de Jésus-Christ. Comme nous le lisons : « Révélation de Jésus-Christ, que Dieu lui a donnée, pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt, et qu'il a fait connaître, par l'envoi de son ange, à son serviteur Jean » (Apo. 1:1). Jean était sur le point d'adorer l'être angélique qui parlait au nom du Seigneur Jésus-Christ, mais cela lui fut défendu : « C'est moi, Jean, qui ai entendu et vu ces choses. Et quand j'eus entendu et vu je tombai aux pieds de l'ange qui me les montrait, pour l'adorer. Mais il me dit : Garde-toi de le faire ! Je suis ton compagnon de service, celui de tes frères les prophètes, et de ceux qui gardent les paroles de ce livre. Adore Dieu » (Apo. 22:8-9). Et alors l'ange continua à parler comme s'il était le Seigneur lui-même : « Voici, je viens bientôt, ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ce qu'est son oeuvre. Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (versets 12, 13). Le Seigneur ressuscité, Jésus-Christ, qui avait été exalté à la droite de Dieu, son Père, avait placé son nom sur l'ange envoyé à Jean et l'ange parla à la première personne, disant « Je viens bientôt », « Je suis l'alpha et l'oméga », quoiqu'il voulut dire que Jésus-Christ viendrait et que Jésus-Christ était l'alpha et l'oméga.
 
Cependant, aucune de ces considérations ne peut changer quoi que ce soit au fait solennel que les relations de Père à Fils entre Élohim et Jésus-Christ sont littérales. Parmi les enfants spirituels d'Élohim, le premier-né fut et est Jéhovah ou Jésus-Christ, par rapport auquel tous les autres sont cadets. Les Écritures suivantes confirment cette grande vérité. Paul, écrivant aux Colossiens, dit de Jésus-Christ : « Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. Il est la tête du corps de l'Église ; il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, afin d'être en tout le premier. Car Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui » (Col. 1:15-19). De cette Écriture nous apprenons que Jésus-Christ fut le premier-né de toute la création », et il est évident que l'ancienneté exprimée ici, doit concerner l'existence prémortelle, car le Christ ne fut pas l'aîné de tous les mortels dans la chair. Il est, en outre, appelé « le premier-né d'entre les morts », ceci voulant dire qu'il fut le premier à être ressuscité des morts, ou, comme il est écrit ailleurs, « les prémices de ceux qui sont morts » (l Cor. 15:20 ; voir aussi verset 23) : et « le premier*né des morts », (Apo. 1:5 ; comparez Actes 26:23). L'auteur de l'épître aux Hébreux affirme que Jésus-Christ occupe le rang de premier-né des enfants spirituels de son Père et exalte la prééminence du Christ lorsqu'il fut incarné dans la chair : « Et lorsqu'il introduit de nouveau dans le monde le premier-né, il dit : Que tous les anges de Dieu l'adorent ! » (Héb.1:6 ; lisez les versets précédents). Le fait que les esprits qui étaient cadets du Christ furent prédestinés à naître à l'image de leur Frère Aîné, est attesté ainsi par Paul : « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. Car ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l'image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères » (Rom. 8:28, 29). Jean le Révélateur reçut le commandement d'écrire au chef de l'église de Laodicée, comme si c'étaient les paroles du Seigneur Jésus-Christ : « Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu » (Apo. 3:14). Au cours d'une révélation donnée par Joseph Smith en mai 1833, le Seigneur Jésus-Christ dit, comme il a été cité auparavant : « Et maintenant, en vérité, je vous le dis, j'étais au commencement avec le Père et je suis le Premier-né » (D&A 93 . 21). Un verset ultérieur éclaire le fait que les êtres humains existèrent généralement d'une manière similaire dans l'état spirituel antérieur à leur incarnation dans la chair : « Vous étiez aussi au commencement avec le Père ; ce qui est l'Esprit, même l'Esprit de vérité. » (verset 23)
 
Il n'y a donc aucune inconvenance à dire de Jésus-Christ qu'il est le Frère Aîné du reste du genre humain. L'épître aux Hébreux montre qu'il est, par la naissance spirituelle, Frère du reste d'entre nous : « En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu'il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l'expiation des péchés du peuple » (Héb. 2:17). Qu'on n'oublie pas, cependant, qu'il est essentiellement plus grand que n'importe quel autre, en raison :1) de sa supériorité d'âge comme aîné ou premier-né ; 2) de son rang unique dans la chair, comme issu d'une mère mortelle et d'un Père immortel ou ressuscité et glorifié ; 3) de sa sélection et de sa préordination comme seul et unique Rédempteur et Sauveur du genre humain ; et 4) de son innocence transcendante.
 
Jésus-Christ n'est pas le Père des esprits qui ont pris ou prendront encore un corps sur cette terre, car il est l'un d'eux. Il est le Fils, comme ils sont fils et filles d'Élohim. Dans la mesure où les étapes de la progression et des réalisations éternelles ont été communiquées par la révélation divine, nous devons comprendre que seuls des êtres ressuscités et glorifiés peuvent devenir parents de descendants spirituels. Seules ces âmes exaltées ont atteint la maturité dans le cours fixé de la vie éternelle ; et les esprits qui leur sont nés dans les mondes éternels passeront par la même succession à travers les étapes ou états respectifs par lesquels les parents glorifiés ont atteint l'exaltation.
 
LA PREMIÈRE PRÉSIDENCE ET LE CONSEIL DES DOUZE APÔTRES DE L'ÉGLISE DE JÉSUS-CHRIST DES SAINTS DES DERNIERS JOURS, Salt Lake City, Utah, le 30 juin 1916.
 
RÉFÉRENCES SCRIPTURAIRES
 
Dieu est un personnage
 
Notez que dans les passages suivants, la distinction n'est pas toujours établie entre le Père éternel ou Élohim et le Fils, qui est Jéhovah ou Jésus-Christ. Dans la version anglaise autorisée, ou version du roi Jacques de l'Ancien Testament, Jéhovah est rendu par LORD (Seigneur), imprimé en caractères majuscules ; tandis que LORD God (Seigneur Dieu) désigne la personne d’Élohim ou de Jéhovah ou le Père et le Fils à la fois (pour ce qui est des versions françaises : la version Crampon [catholique] emploie indifféremment « Dieu », « Yahway », « Yahweh Dieu », etc... La version Segond [protestante] emploie « Dieu », « l'Éternel », ou « le Seigneur, l'Éternel », ndt). Voir « Jesus the Christ », chap. 4.
 
L'homme à l'image de Dieu - Gen. 1:26, 27 ; 5:1.
 
Dieu a fait l'homme à son image - d'où, le meurtre est haïssable - Gen. 9:6.
 
Les hommes créés à la ressemblance de Dieu - Jaq. 3 - 9. Christ, qui est l'image de Dieu - 2 Cor. 4:4 ; Col. 1:15 Phil. 2:6.
 
Le Fils est l'empreinte de la personne du Père - Héb. 1:3.
 
Jésus a dit : Celui qui me voit, voit celui qui m'a envoyé Jean 12:45. Jésus dit à Philippe : Celui qui m'a vu, a vu le Père - Jean 14:9.
 
Le Christ, qui devait venir dans la chair, serait à l'image de laquelle l'homme fut créé au commencement, à l'image de Dieu - Mosiah 7:27.
 
L'homme créé à l'image de Dieu - Alma 18:34. Jésus-Christ, avant son incarnation, se montra au frère de Jared, disant : Vois-tu que vous êtes créés à mon image ? - Éther 3:15.
 
L'humanité créée à l'image et à la ressemblance de Dieu - D&A. 20. 18.
 
Le Père et le Fils ont chacun un corps de chair et d'os aussi tangible que celui de l'homme - D&A 130:22.
 
L'homme à l'image du Père et du Fils unique - Moïse 2:27. Moïse à l'image du Fils unique - Moïse 1:6.
 
Dieu créa l'homme à l'image de son propre corps - Moïse 6:9. L'homme et la femme organisés à l'image des Dieux - Abraham 4:27.
 
Le Seigneur parla à Moïse face à face, comme un homme parle à son ami - Ex. 33:11 ; voir aussi Nom. 12:8 ; Deut. 34:10.
 
Moïse, Aaron et d'autres, en compagnie de soixante-dix anciens, virent le Dieu d'Israël - Ex. 24.- 10.
 
Moïse vit Dieu face à face et parla avec lui - Moïse, 1:2, 11. Joseph Smith vit le Père et le Fils - PGP, Joseph Smith, Histoire, 17.
 
Joseph Smith et Sidney Rigdon virent le Seigneur à la droite de Dieu - D&A 76:23.
 
Joseph Smith et Sidney Rigdon virent le Seigneur dans le temple de Kirtland - D&A 110:2.
 
Dieu est un être qui a des parties et des passions
 
Le Seigneur parla à Moïse face à face - voir ci-dessus. Et bouche à bouche - Nom. 12:8 ; voir aussi Moïse, chaps. 1 à 5.
 
La voix de Dieu se fait entendre à Adam et à Ève - Gen. 3:8 ; à Caïn - Gen. 4:9 ; à Moïse, à Aaron et à Marie - Nom. 12:4 ; aux Israélites en bloc - Deut. 5:22.
 
Moi, l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux - Ex. 20:5.
 
L'Éternel porte le nom de jaloux, il est un Dieu jaloux - Ex. 34:14 ; voir aussi Deut. 4:24 ; Jos. 24:19.
 
L'Éternel est un Dieu jaloux, sa colère peut s'allumer - Deut. 6:15.
 
La colère de l'Éternel s'enflamma contre Israël - Juges 2 - 14 3:8 ; voir aussi 2 Rois 13:3 ; Es. 30:27.
 
L'Éternel est irrité - Jér. 7:19, 20 ; voir aussi 1 Rois 22:53.
 
La colère de Dieu contre l'iniquité - Rom. 1:18 ; voir aussi Apo.15:1, 7 ; D.&A. 1:9.
 
Et je vis que la colère de Dieu était répandue - 1 Néphi 14:15.
 
Ce sont des choses que je hais, dit l'Éternel - Zach. 8:17.
 
Les tendres miséricordes du Seigneur sur les hommes - 1 Néphi 1:20.
 
La miséricorde du Père envers les Gentils - 3 Néphi 16:9.
 
L'Éternel fait miséricorde - Ex. 20:6.
 
L’Éternel est appelé miséricordieux, compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité ; pardonne le péché mais ne tient point le coupable pour innocent - Ex. 34:6-7.
 
L’Éternel, ton Dieu, est un Dieu de miséricorde - Deut. 4:31 voir aussi 7:9.
 
Dieu est prêt à pardonner, compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté - Néh. 9:17 ; voir aussi Ps. 116:5 ; Jaq. 5:11.
 
Il est plein de miséricorde, de justice, de grâce, de vérité et de paix - D&A 84:102.
 
L'Éternel aimait Israël - Deut. 7:8 ; voir aussi 10:15, 18 ; Ps. 69:16 ; Osée 11:1.
 
Le Père lui-même vous aime - Jean 16:27 ; voir aussi 1 Jean 3:1.
 
Dieu est amour - 1 Jean 4:8-11, 16, 19.
 
Pour toujours entouré des bras de son amour - 2 Néphi 1:15.
 
La sagesse de Dieu, sa miséricorde et sa bonté - 2 Néphi 9:8.
 
La bonté de Dieu, sa sagesse, sa patience, etc. - Mosiah 4:6.
 
Y a-t-il rien qui soit étonnant de la part de l'Éternel ? - Gen. 18:14.
 
Ses jugements insondables, ses voies incompréhensibles - Rom 11:33.
 
Dieu, Dieu, l'Éternel le sait - Jos. 22:22.
 
C'est par la sagesse que l'Éternel a fondé la terre - Prov. 3:19.
 
À qui elles sont connues de toute éternité - Actes 15:18 ; voir aussi Ps. 139 ; Prov. 5:21.
 
La gloire de Dieu c'est l'intelligence - D&A 93:3 6.
 
Toutes choses ont été faites par la sagesse de celui qui sait tout - 2 Néphi 2:24.
 
À Dieu tout est possible - Matt. 19:26 ; voir aussi Job 42:2 Jér. 32:17.
 
Le Seigneur gouverne et comprend toutes choses - D&A 88:40, 41.
 
La Sainte Trinité : trois personnages
 
Le Père, le Fils et le Saint-Esprit, cités individuellement - Luc 3:22 ; voir aussi Matt. 3:16, 17 ; Jean 1:32, 33 ; 15-26 ; Actes 2:33 ; 1 Pi. 1:2.
 
Le baptême doit être administré au nom des Trois - Matt. 28 19 3 Néphi 11:25 ; D&A 20:73.
 
Le Père, le Fils et le Saint-Esprit - 3 Néphi 11:27, 36.
 
Le Saint-Esprit porte témoignage du Père et du Fils - 3 Néphi 28:11 ; D&A 20:27.
 
Le Père, le Fils et le Saint-Esprit - D&A 20:28.
 
Mandat de baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit - D&A 68:8.
 
Idolâtrie
 
Tu n'auras point d'autres dieux devant ma face ; l'idolâtrie est interdite - Ex. 20:3-5 ; Deut. 5:7-9.
 
Idolâtrie parmi Éphraïm et le châtiment - Os. 13:1-4.
 
Les Israélites adorent le veau d'or - Ex., chap. 32 ; voir aussi Actes 7:40, 4 1.
 
Malheur à ceux qui adorent les idoles - 2 Néphi 9:37.
 
Les Néphites coupables d'idolâtrie - Hélaman 6:31.
 
Sacrifices humains aux idoles par les Lamanites - Mormon 4:14.
 
Les ancêtres d'Abraham étaient idolâtres - Abraham 1:5-7.
 
Idolâtres égyptiens ; Abraham désigné comme victime - Abraham 1:8-18.
 
L'idolâtrie dans le monde actuel - D&A 1:16.
 
Qu'il ne se pratique point d'idolâtrie ni d'iniquité - D&A 52:39.

 
 
CHAPITRE 3 : LA TRANSGRESSION ET LA CHUTE
 
ARTICLE 2. - Nous croyons que les hommes seront punis pour leurs propres péchés, et non pour la transgression d'Adam.
 
LA TRANSGRESSION ET SES RÉSULTATS
 
Le libre arbitre de l'homme. - L'Église enseigne, comme doctrine strictement scripturale, que l'homme a hérité, parmi les droits inaliénables qui lui ont été conférés par son Père divin, de la liberté de choisir le bien ou le mal dans cette vie, d'obéir ou de désobéir aux commandements du Seigneur, selon son désir. Ce droit ne peut être gardé avec un soin plus jaloux qu'il ne l'est par Dieu lui-même ; car, dans tous ses rapports avec l'homme, il a laissé la créature mortelle libre de choisir et d'agir, sans contrainte et sans restriction, à part l'influence de ses conseils et de ses instructions paternelles [1]. Il a donné, il est vrai, des commandements et établi des statuts, avec promesse de bénédictions en cas d'obéissance et de châtiments en cas d'infraction ; mais dans le choix qu'ils font de ceux-ci, les hommes sont parfaitement libres de toute entrave. À cet égard, l'homme n'est pas moins libre que ne le sont les anges, sauf lorsqu'il s'est empêtré dans les liens du péché et a ainsi perdu l'exercice de sa volonté et sa force d'âme. L'individu est aussi pleinement capable de violer les lois de la santé, les exigences de la nature et les commandements de Dieu, tant en matière temporelle que spirituelle, que de s’y conformer. Dans le premier cas, il s'attire les châtiments qui découlent de la transgression de la loi ; et dans le second cas, il hérite des bénédictions et du surcroît de liberté qui récompensent une vie de soumission aux lois. L'obéissance à la loi est l'habitude de l'homme libre ; le transgresseur craint la loi, car il attire sur lui la dépossession et la restriction, non pas à cause' de la loi, qui l'aurait protégé dans sa liberté, mais à cause de son antagonisme à la loi.
 
L'attribut prédominant de la justice, reconnu comme faisant partie de la nature divine, interdit la pensée que l'homme puisse recevoir des promesses de récompense pour ses bonnes actions et des menaces de châtiment pour ses mauvaises actions, sans posséder le pouvoir d'agir d'une manière indépendante. Il n'entre pas plus dans le plan de Dieu de forcer les hommes à faire le bien, que de permettre aux puissances du mal d'obliger ses enfants à pécher. À l'époque de l'Éden, le premier homme vit placer devant lui des commandements et des lois [2] avec l'explication des châtiments qui suivraient la violation de ces lois. En toute justice, aucune loi n'aurait pu lui être donnée s'il n'avait été libre d'agir de son propre chef. « Néanmoins, tu peux choisir par toi-même, car cela t'est donné ; mais souviens-toi que je le défends » [3] dit le Seigneur Dieu à Adam. Au sujet de ses rapports avec le premier patriarche du genre humain, Dieu a déclaré à notre époque : « Voici, je lui accordai d'agir à sa guise » [4].
 
Lorsque les deux frères, Caïn et Abel, offrirent leurs sacrifices, le plus âgé se mit en colère parce que son offrande avait été rejetée. Alors le Seigneur raisonna avec Caïn et s'efforça de lui enseigner qu'il devait s'attendre à ce que les résultats de ses actions fussent de même nature que les actions elles-mêmes, c'est-à-dire bons ou mauvais : « Si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu fais mal, le péché se couche à la porte » [5].
 
La connaissance du bien et du mal est essentielle à l'avancement que Dieu a permis à ses enfants d'atteindre ; et la meilleure façon d'acquérir cette connaissance, c'est par l'expérience réelle qui permet de discerner clairement entre le bien et son opposé. C'est pour cela que l'homme a été placé sur cette terre, soumis à l'influence des puissances du bien et du mal, avec la connaissance des conditions qui l'entourent et le droit que le ciel lui a donné de choisir de son plein gré. Les paroles du prophète Léhi sont explicites : « C'est pourquoi, le Seigneur Dieu laissa l’homme libre d'agir par lui-même. Et l'homme ne pourrait agir par lui-même, s'il n'était entraîné par l'attrait de l'un ou de l'autre... Ainsi les hommes sont libres selon la chair ; et toutes les choses qui sont utiles à l'homme leur sont données. Et ils sont libres de choisir la liberté et la vie éternelle par l'entremise de la grande médiation donnée à tous les hommes ou de choisir la captivité et la mort selon la captivité et le pouvoir du diable ; car il cherche à rendre tous les hommes malheureux comme lui » [6].
 
Un autre prophète néphite déclara, à propos de ceux qui étaient morts, qu'ils étaient allés « recueillir leur récompense selon leurs oeuvres, bonnes ou mauvaises, pour récolter le bonheur éternel ou le malheur éternel, selon l'esprit auquel elles avaient voulu obéir, bon ou mauvais. Car tout homme reçoit des gages de celui auquel il veut obéir, selon les paroles de l'esprit de prophétie » [7].
 
Samuel, Lamanite converti sur lequel reposait l'esprit des prophètes, exhorta ainsi ses frères : « Et maintenant, souvenez-vous, souvenez-vous, mes frères, que quiconque périt, périt à lui-même et que quiconque commet l'iniquité, la commet à lui-même ; car voici, vous êtes libres, il vous est permis d'agir par vous-même. Car voici, Dieu vous a donné la connaissance et il vous a faits libres. Il vous a donné le pouvoir de discerner le bien du mal et il vous a donné pouvoir de choisir la vie ou la mort » [8].
 
Alors que l'on discutait, dans les cieux, les plans de création et de peuplement de la terre, Lucifer essaya de détruire le libre arbitre de l'homme en obtenant le pouvoir de forcer la famille humaine à faire sa volonté, promettant au Père que par ce moyen il rachèterait toute l'humanité, de telle sorte que pas une seule âme ne serait perdue [9].
 
Cette proposition fut rejetée, tandis que le plan originel du Père - user envers les habitants de la terre de l'influence persuasive de préceptes sains et d'exemples de sacrifice, puis les laisser libres de choisir à leur gré - était adopté. Celui que l'on allait appeler le Fils unique fut désigné comme agent principal chargé de mener à bien l'exécution de ce plan.
 
La responsabilité de l'homme pour les actes qu'il commet personnellement est aussi complète que sa liberté de choisir par lui-même [10]. Le résultat final des bonnes actions c'est le bonheur ; la conséquence du mal c'est la misère ; ils entrent dans la vie de chaque homme en suivant des lois inviolables. Il existe un plan de jugement [11] divinement préétabli, selon lequel chaque homme sera appelé à répondre de ses actes ; et non seulement de ses actes, mais aussi de ses paroles et même des pensées de son cœur. « Je vous le dis : au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu'ils auront proférée » [12]. Ce sont là les paroles du Sauveur lui-même. « Que nul en son cœur ne pense le mal contre son prochain, et n'aimez pas le faux serment, car ce sont là toutes choses que je hais, dit l'Éternel » [13]. Il fut accordé à Jean le Révélateur d'apprendre en vision quelque chose des scènes relatives au jugement dernier ; il écrivit : « Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône. Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre de vie. Et les morts furent jugés selon leurs oeuvres, d'après ce qui était écrit dans ces livres. La mer rendit les morts qui étaient en elle, la mort et le séjour des morts rendirent les morts qui étaient en eux et chacun fut jugé selon ses oeuvres » [14].
 
L'exécution du jugement ne suit pas toujours immédiatement les actes des hommes ; il se peut que les bonnes actions ne soient pas récompensées sur-le-champ et que le mal ne soit pas puni de façon péremptoire ; et cela a lieu conformément à la sagesse divine, car s'il en était autrement, la mise à l'épreuve du caractère de l'individu et de la foi humaine, qui est le seul but pour lequel cette probation mortelle fut avant tout prévue, serait grandement diminuée, étant donné que la certitude d'une souffrance ou d'un plaisir immédiats déterminerait généralement les humains à agir de façon à éviter la première et à s'assurer le second. C'est pourquoi, le jugement est remis à plus tard, afin que chacun puisse s'éprouver, l'homme bon croissant en droiture, et le méchant ayant l'occasion de se repentir et de faire réparation. À de rares occasions, un prompt jugement, de nature temporelle, a été exécuté, les résultats tangibles de bénédictions temporelles, pour récompenser le bien [15] et de calamités, pour châtier le mal [16] suivant rapidement les actes. La question de savoir si une telle rétribution satisfait entièrement ou non les exigences de la justice, ou si un jugement ultérieur doit avoir lieu après cette vie, importe peu. De tels actes sont exceptionnels dans l'administration divine.
 
Jésus-Christ a la prérogative [17] de juger l'humanité et il le fera de façon à servir au mieux ses buts, qui sont aussi les buts de son Père. Jean rapporte les paroles du Christ : « Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père » [18]. Et Pierre, alors qu'il exposait l'Évangile au pieux Gentil, Corneille, déclara, au sujet de Jésus-Christ, que « c'est lui qui a été établi par Dieu juge des vivants et des morts » [19]. Quant au sort réservé aux méchants pour le jour du jugement, de nombreux prophètes en ont rendu témoignage [20] et le président de ce terrible tribunal a donné, de sa propre bouche, des descriptions si vives et si frappantes [21] qu'elles ne laissent pas l'ombre d'un doute que chaque âme vivante sera appelée à reconnaître ce qu'elle aura fait et à accepter les résultats de ses actes. Les paroles du Seigneur et celles de ses prophètes sont sans équivoque : il ne fait point acception de personnes [22] et toute espèce de faveur étrangère à la justice lui est inconnue. Nul ne doit craindre ce jugement, hormis le pécheur qui ne veut pas se repentir ; pour les justes ce sera l'heure de leur triomphe [23].
 
Le péché. - Quelle est la nature du péché ? À cette question, l'apôtre Jean répond : « Le péché est la transgression de la loi » [24]. Dans la langue originelle des livres bibliques, nous trouvons de nombreux mots qui ont été rendus par notre seul terme « péché » ; tous, cependant, comportent le sens commun d'opposition à la volonté divine [25]. Étant donné que Dieu est la personnification de la perfection, pareille opposition est une rébellion contre les principes de progression et une adhésion aux pratiques qui mènent à la dégradation. Le péché est toute condition, que ce soit omission des choses requises ou commission d'actes interdits, qui a tendance à entraver ou à empêcher le développement de l'âme humaine. De même que le bon chemin conduit à la vie éternelle, de même le péché mène vers les ténèbres de la seconde mort. Le péché fut introduit dans le monde par Satan [26] ; cependant, c'est avec la permission divine que les humains sont mis en contact avec le péché, apprenant ainsi, par expérience, le contraste qui existe entre le bien et le mal.
 
Selon la définition technique du péché, il consiste en la violation de la loi, et, dans ce sens restreint, un péché peut être commis par inadvertance ou par ignorance. Cependant il ressort clairement de la doctrine scripturale de la responsabilité humaine et de la justice infaillible de Dieu que, dans ses transgressions, comme dans ses bonnes actions, l'homme sera jugé selon sa capacité de comprendre la loi et d'y obéir. Les exigences de la loi supérieure ne s'appliquent pas à celui qui ne l'a jamais connue. Pour les péchés commis sans connaissance - en d'autres termes, pour les lois violées dans l'ignorance - une propitiation a été pourvue, dans l'Expiation accomplie par le sacrifice du Sauveur ; et les pécheurs qui appartiennent à cette catégorie ne sont pas condamnés, mais l'occasion leur sera donnée d'apprendre et d'accepter ou de rejeter les principes de l'Évangile.
 
Jacob enseigna cette doctrine : « Là où aucune loi n'est donnée, il n'y a pas de châtiment ; et là où il n'y a pas de châtiment, il n'y a pas de condamnation ; et là où il n'y a pas de condamnation, les miséricordes du Très-Saint d'Israël s'étendent sur eux à cause de l'Expiation ; car ils sont délivrés par son pouvoir. Car l'Expiation satisfait aux exigences de sa justice pour tous ceux à qui la loi n'a pas été donnée ; ainsi ils sont délivrés de ce terrible monstre, la mort et l'enfer, et le diable, et le lac de feu et de soufre qui est le tourment sans fin ; et ils sont rendus à ce Dieu qui leur a donné le souffle et qui est le Très-Saint d'Israël ». Ensuite, par contraste, le prophète ajoute : « Mais malheur à celui à qui la loi est donnée, oui, qui a tous les commandements de Dieu, comme nous, et qui les transgresse et qui prodigue les jours de son épreuve, car son état est terrible ! » [27]. Ceci s'accorde étroitement avec les enseignements de Paul aux Romains : « Tous ceux qui ont péché sans la loi, périront aussi sans la loi, et tous ceux qui ont péché avec la loi, seront jugés par la loi » [28]. Et la parole des Écritures modernes confirme la même chose, car la révélation moderne adressée à l'Église nous dit que parmi ceux qui doivent recevoir les bénédictions de la rédemption sont « ceux qui sont morts sans loi » [29]. Cela inclut les nations païennes dont la rédemption est promise avec cette déclaration supplémentaire : « Ceux qui n'ont pas connu de loi auront part à la première résurrection » [30].
 
Le châtiment des péchés. - De même que les récompenses des bonnes actions sont proportionnées aux mérites des actes, de même le châtiment prescrit pour le péché est rendu adéquat à l'offense [31]. Mais, qu'on s'en souvienne, la récompense et le châtiment sont tous deux des conséquences naturelles. Le châtiment est infligé au pécheur dans un but disciplinaire et réformatoire, selon la justice. Il n'y entre de la part de la nature divine, aucun esprit de vengeance, aucun désir de provoquer la souffrance ; au contraire, notre Père connaît chaque douleur et ne permet l'affliction que dans un but bienfaisant. La miséricorde de Dieu se manifeste dans les souffrances qu'il permet comme punition aussi bien que dans les bénédictions de paix qui proviennent de lui. Il n'est guère profitable de spéculer sur la nature exacte des souffrances spirituelles imposées comme châtiment du péché. La comparaison faite avec les tourments physiques [32] tels que les tortures du feu dans un lac de soufre, sert à montrer que l'esprit humain est incapable de concevoir l'étendue de ces châtiments. Les souffrances qu'entraîne la condamnation sont plus à craindre que n'importe quelle torture physique qu'on puisse infliger ; l'esprit, l'âme tout entière sont appelés à souffrir et nul dans la chair n'en connaît le tourment.
 
Considérez la parole du Seigneur au sujet de ceux qui ont commis le péché impardonnable et dont la transgression les a placés au-delà de l'horizon actuel d'une rédemption possible. Ils ont sombré si bas dans leur iniquité qu'ils ont perdu la puissance et même le désir d'essayer de se réformer [33]. Ils sont appelés fils de perdition. Ce sont ceux qui, ayant appris à connaître la puissance de Dieu, s'en détournent ensuite ; ceux qui pèchent volontairement alors qu'ils sont dans la pleine lumière de la connaissance ; ceux qui ouvrent leur cœur au Saint-Esprit et ensuite se moquent du Seigneur et lui font affront en le reniant ; et ceux qui commettent le meurtre en versant le sang innocent [34] ce sont ceux dont le Seigneur a déclaré qu'il serait préférable qu'ils ne fussent jamais nés [35]. Ils doivent partager le châtiment du diable et de ses anges - châtiment si terrible que la connaissance en est cachée de tous sauf de ceux qui sont livrés à cette condamnation, quoiqu'il soit permis à certains [36] d'avoir une vision temporaire de ce tableau. Ces pécheurs sont les seuls sur lesquels la seconde mort aura pouvoir : « Oui, en vérité, les seuls qui ne seront pas rachetés, au temps fixé, par le Seigneur » [37].
 
La durée du châtiment. - Quant à la durée du châtiment, nous pouvons être sûrs qu'elle sera proportionnelle à la gravité du péché ; et que la conception que toutes les sentences pour les méfaits sont interminables, est fausse [38]. Aussi grand que soit l'effet de cette vie ici-bas sur la vie dans l'au-delà et aussi sûrs que nous soyons de porter la responsabilité des occasions de nous repentir que nous avons perdues, Dieu détient le pouvoir de pardonner au-delà du tombeau. Cependant, les Écritures parlent de châtiment infini et éternel. Tout châtiment ordonné par Dieu est éternel, parce qu'il est éternel [39]. Il a un système de châtiment sans fin, car il existera toujours un lieu destiné à recevoir les esprits désobéissants ; cependant le châtiment infligé aura une fin dans chaque cas où la repentance et la réparation seront trouvées acceptables. Et la repentance n'est pas impossible dans le monde des esprits [40]. Néanmoins, comme nous l'avons déjà vu, il y a des péchés qui sont tellement grands que les châtiments réservés à ce genre de péchés n'ont pas été révélés à l'homme [41] ; ces châtiments extrêmes sont à l'intention des fils de perdition.
 
La fausse doctrine que le châtiment réservé aux âmes égarées est sans fin, et que chaque sentence pour le péché a une durée interminable, doit être considérée comme l'un des résultats les plus pernicieux de l'interprétation erronée des Écritures. Ce n'est qu'un dogme énoncé par des sectaires sans autorité et égarés, non-scriptural, déraisonnable et révoltant pour quelqu'un qui aime la miséricorde et honore la justice. Il est vrai que les Écritures parlent de flammes éternelles, d'une damnation éternelle et de la vengeance du feu éternel [42] à propos des jugements prévus pour les méchants ; cependant, dans aucun cas, on n'est justifié en déduisant que le pécheur devra subir la colère de la justice offensée aux siècles des siècles. La punition, dans chaque cas, est suffisamment sévère sans qu'on y ajoute encore l'horreur suprême de la faire durer à l'infini. La justice doit recevoir son dû ; mais lorsque le « dernier quadrant » aura été payé, les portes de la prison s'ouvriront et le prisonnier sera libre. Mais la prison reste et la loi qui prescrit le châtiment des offenses ne sera pas révoquée.
 
Si généraux étaient les mauvais effets de la doctrine communément acceptée concernant les tourments sans fin qui attendaient chaque pécheur, quelque fausse et opposée aux Écritures qu'elle fût, que même avant que l'Église ne fût officiellement organisée à notre époque, le Seigneur donna une révélation à ce sujet par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, dans laquelle nous lisons : « Et certainement chaque homme doit se repentir ou souffrir, car moi, Dieu, je suis infini. C'est pourquoi je ne révoque pas les jugements que je prononcerai et parmi ceux qui se trouveront à ma gauche, il y aura de la douleur, des pleurs, des lamentations et des grincements de dents. Néanmoins, il n'est pas écrit qu'il n'y aura pas de fin à ce tourment, mais il est écrit tourment infini. Il est aussi écrit damnation éternelle... Car voici, je suis infini et le châtiment qui vient de ma main est un châtiment infini, car Infini est mon nom. C'est pourquoi, le châtiment éternel est le châtiment de Dieu, le châtiment infini est le châtiment de Dieu » [43].
 
Satan. - Nous avons eu fréquemment l'occasion de faire allusion à l'auteur du mal parmi les hommes ; c'est Satan [44], l'adversaire ou l'ennemi du Seigneur, le chef des mauvais esprits, appelé aussi le Diable [45], Béelzébul [46] ou le Prince des Démons, Perdition [47] et Bélial [48]. Les termes figurés dragon et serpent sont appliqués à Satan lorsqu'on fait allusion à sa chute [49]. D'après la parole révélée [50] nous apprenons que Satan était autrefois un ange de lumière, connu alors sous le nom de Lucifer, Fils du Matin ; mais son ambition égoïste le poussa à aspirer à la gloire et au pouvoir du Père ; c'est dans ce but qu'il fit la proposition pernicieuse de racheter la famille humaine par la force ; ayant échoué dans sa tentative, il dirigea une rébellion ouverte contre le Père et le Fils, entraînant un tiers des armées célestes dans sa ligne impie [51]. Ces esprits rebelles furent expulsés des cieux et ont suivi depuis les impulsions de leur nature mauvaise en essayant de conduire les âmes des hommes vers les ténèbres où ils se trouvent eux-mêmes. Ce sont là le diable et ses anges. Le droit de libre-arbitre, maintenu et assuré par la guerre dans les cieux, rend impossible l'emploi de la coercition dans cette oeuvre infernale de dégradation. Mais ces esprits malins usent à l'extrême de leurs pouvoirs de tentation et de persuasion. Satan tenta Ève et poussa celle-ci à transgresser la loi de Dieu [52] ; c'est lui qui confia au fratricide Caïn le secret du meurtre pour un profit [53].
 
Satan exerce son empire sur les esprits qui ont été corrompus par ses pratiques ; il est le premier parmi les anges qui furent précipités en bas, et l'instigateur de la ruine de ceux qui tombent dans cette vie ; il cherche à molester et à entraver l'humanité dans ses bons efforts, en tentant au péché ; ou bien, ce peut être en imposant la maladie ou peut-être la mort [54]. Cependant, dans toutes ces actions malignes, il ne peut aller plus loin que ne le lui permettent les transgressions de la victime, ou que ne le lui permet la sagesse de Dieu ; et il peut être arrêté n'importe quand par le pouvoir supérieur. Et même les opérations de sa plus grande malice peuvent être détournées vers l'accomplissement de buts divins. Les Écritures nous prouvent que les jours du pouvoir de Satan sont comptés [55] son sort est arrêté, et, au temps voulu par le Seigneur, il sera complètement vaincu. Il sera lié pendant le règne millénaire [56] et après ces mille ans de paix, il sera relâché pour un peu de temps ; ensuite sa défaite deviendra complète, et son pouvoir sur les enfants de Dieu sera détruit.
 
LA CHUTE
 
Nos premiers parents en Eden [57] - L'apothéose du grand drame de la création fut la formation de l'homme à l'image de son Père spirituel, Dieu [58]. Pour recevoir le premier homme, le Créateur avait préparé une région exceptionnellement belle de la terre et l'avait parée de beautés naturelles pour réjouir le cœur de son possesseur. « L'Éternel Dieu planta un jardin en Eden, du côté de l'orient [59], et il y mit l'homme qu'il avait formé » [60]. Peu après l'avènement de l'homme sur la terre, le Seigneur créa une compagne pour l'aider, déclarant qu'il n'était pas bon que l'homme fût seul [61]. C'est ainsi que, homme et femme, Adam et Ève, son épouse, furent placés dans le jardin. Ils avaient reçu domination « sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre » [62]. En même temps que ce grand pouvoir, certains commandements leur furent donnés, dont le premier, par ordre d'importance, était d'être « féconds, de multiplier, de remplir la terre et de l'assujettir » ; ensuite, ils ne devaient pas manger, ni même toucher le fruit d'un certain arbre, l'arbre de la connaissance du bien et du mal, qui se trouvait au milieu du jardin, bien qu'ils fussent libres de manger de tous les autres fruits à volonté. Voici les paroles mêmes que Dieu prononça au sujet de ce commandement et du châtiment prévu pour sa violation : « Et moi, le Seigneur Dieu, je donnai un commandement à l'homme, disant : De chaque arbre du jardin tu peux manger à discrétion, mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal tu n'en mangeras Pas ; néanmoins tu peux choisir par toi-même, car cela t'est donné ; mais souviens-toi que je le défends, car le jour où tu en mangeras, tu mourras sûrement » [63].
 
La tentation de désobéir à cette injonction se produisit bientôt. Satan se présenta à Ève, dans le jardin et, par la bouche du serpent, la questionna sur les commandements que Dieu avait donnés au sujet de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Ève répondit qu'il leur était même interdit de toucher le fruit de cet arbre, sous peine de mort. Satan chercha alors à séduire la femme, contredisant la déclaration du Seigneur et affirmant que la mort ne suivrait pas la violation de l'injonction divine ; mais que, d'autre part, en faisant ce que le Seigneur avait défendu, son mari et elle deviendraient semblables aux dieux, connaissant d'eux-mêmes le bien et le mal. La femme fut séduite par ce que Satan lui faisait miroiter et, désireuse de jouir des avantages décrits par le diable, elle désobéit au commandement du Seigneur et prit du fruit défendu. Elle ne craignait pas le mal, car elle ne le connaissait pas. Alors, faisant part à Adam de ce qu'elle avait fait, elle l'exhorta à manger du fruit aussi.
 
Adam se trouva dans une situation où il lui était impossible d'obéir à la fois aux deux commandements bien précis que le Seigneur lui avait donnés. Sa femme et lui avaient reçu le commandement de multiplier et de remplir la terre. Adam n'était pas encore déchu à l'état mortel, mais Ève l'était déjà ; et, dans des conditions tellement dissemblables, les deux ne pouvaient pas demeurer ensemble et, par conséquent, ne pouvaient pas accomplir le commandement divin concernant la procréation. D'un autre côté, Adam désobéirait à un autre commandement de Dieu s'il répondait à l'invitation d'Ève. Il décida, délibérément et sagement, de s'en tenir au premier et plus grand commandement ; et ainsi, pleinement conscient de la nature de son acte, il prit aussi du fruit que portait l'arbre de la connaissance. Le fait qu'Adam agit en pleine connaissance de cause est affirmé par les Écritures. Paul, écrivant à Timothée, expliqua que « ce n'est pas Adam qui a été séduit, c'est la femme qui, séduite, s'est rendue coupable de transgression » [64]. Le prophète Léhi, exposant les Écritures à ses fils, déclara : « Adam tomba pour que les hommes fussent, et les hommes sont pour avoir de la joie » [65].
 
L'arbre de vie. - Il y avait, en Éden, un autre arbre qui possédait des vertus particulières ; son fruit assurait la vie à celui qui en mangeait. Aussi longtemps qu'Adam et Ève avaient vécu dans l'innocence, sans être assujettis à la mort, cet arbre ne leur avait pas été interdit. Mais maintenant qu'ils avaient transgressé, maintenant que, par décret divin, la mort était devenue leur lot, il fallait, de toute nécessité, que le fruit de l'arbre de vie ne fût plus à leur portée. C'est pourquoi ils furent chassés du jardin, et des chérubins armés d'épées flamboyantes gardèrent le chemin pour empêcher l'homme d'y retourner dans son état dégénéré. Nos premiers parents acquirent, par la transgression, une connaissance qu'ils ne possédaient pas dans leur condition première d'innocence - la connaissance expérimentale du bien et du mal. Le résultat de leur chute n'aurait pu avoir que de mauvais effets s'ils étaient redevenus immédiatement immortels, sans repentance et sans Expiation.
 
Dans le désespoir qui suivit leur prise de conscience du grand changement qui s'était opéré en eux, et à la lumière de la connaissance qu'ils avaient obtenue au prix des vertus de l'arbre de vie, c'est tout naturellement qu'ils auraient recherché l'avantage apparent d'une échappatoire immédiate en prenant de cette nourriture qui rendait l'homme immortel. La miséricorde divine les empêcha d'agir de la sorte.
 
Les paroles du Créateur déclarent clairement qu'il était nécessaire de bannir Adam et Ève d'Eden : « L'Éternel Dieu dit : Voici, l'homme est devenu comme l'un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d'avancer sa main, de prendre de l'arbre de vie, d'en manger et de vivre éternellement. Et l'Éternel Dieu le chassa du jardin d'Eden, pour qu'il cultivât la terre, d'où il avait été pris. C'est ainsi qu'il chassa Adam ; et il mit à l'orient du jardin d'Éden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l'arbre de vie » [66].
 
Alma, le prophète néphite, saisit ce qui aurait résulté si Adam et sa femme avaient mangé du fruit de l'arbre de vie ; voici son explication : « Nous voyons que l'homme était devenu comme Dieu, connaissant le bien et le mal ; et de crainte qu'il n'étendît la main pour prendre aussi du fruit de l'arbre de vie pour en manger et vivre à jamais, le Seigneur Dieu plaça des chérubins et l'épée flamboyante, afin qu'il ne pet pas du fruit. - Nous voyons ainsi qu'un temps fut donné à l'homme pour se repentir, oui, un temps d'épreuve, un temps pour se repentir et servir Dieu. Car voici, si Adam avait immédiatement avancé la main et pris du fruit de l'arbre de vie, il aurait vécu à jamais, selon la parole de Dieu, n'ayant aucun intervalle pour se repentir ; oui, et la parole de Dieu aurait aussi été sans effet, et le grand plan de salut aurait avorté » [67].
 
Le résultat immédiat de la chute fut la substitution de la mortalité, avec toutes ses faiblesses, à la vigueur, l'état immortel primitif. Adam sentit directement les effets de la transgression lorsqu'il trouva une terre nue et désolée avec un sol relativement stérile, au lieu de la beauté et la fertilité d'Eden. Au lieu de plantes utiles et agréables, il y trouva des ronces et des épines ; et l'homme dut travailler péniblement et endurer la fatigue et les souffrances physiques pour cultiver le sol afin de se procurer la nourriture nécessaire. C'est sur Ève que retomba le châtiment des infirmités corporelles ; les peines et les douleurs qui ont été considérées, depuis ce temps-là, comme le lot naturel de la femme s'abattirent sur elle et elle fut assujettie à l'autorité de son mari. Ayant perdu le sens de leur innocence antérieure, ils devinrent honteux de leur nudité et le Seigneur leur fit des vêtements de peau. L'homme et la femme subirent tous deux le châtiment de la mort spirituelle, car le jour même, ils furent bannis d'Éden et chassés de la présence du Seigneur. Le serpent, qui avait servi les buts de Satan, fut l’objet du mécontentement divin et fut condamné à ramper à jamais dans la poussière et à subir l'inimitié qui, fut-il décrété, serait placée dans le cœur des enfants d'Ève.
 
Une expiation prévue. - Dieu ne laissa pas ses enfants, maintenant mortels, sans espérance. Il donna d'autres commandements à Adam, lui enjoignant d'offrir des sacrifices au nom du Fils unique et lui promettant la rédemption, à lui et à tous ceux de ses descendants qui se conformeraient aux conditions prescrites. Il fut expliqué à nos parents qu'il était possible de recevoir la récompense du vainqueur en triomphant du mal, et ils se réjouirent. Adam déclara : « Béni soit le nom de Dieu, car, à cause de ma transgression, mes yeux sont ouverts et j'aurai de la joie dans cette vie et je verrai de nouveau Dieu dans la chair ». Ève se réjouit également et dit : « Si nous n'avions pas transgressé, nous n'aurions jamais eu de postérité et nous n'aurions jamais connu le bien et le mal, la joie de notre rédemption et la vie éternelle que Dieu donne à tous ceux qui obéissent » [68].
 
La chute ne se produisit pas par hasard. - Il ne serait pas raisonnable de supposer que la transgression d'Adam et d'Ève fut une surprise pour le Créateur. Grâce à sa prescience infinie, Dieu savait ce que serait le résultat de la tentation d'Ève par Satan, et ce qu'Adam ferait dans les circonstances qui s'ensuivraient. De plus, il fut, de toute évidence, prévu que la chute serait le moyen de donner à l'homme l'expérience directe du bien et du mal, afin qu'il choisît l'un ou l'autre par l'exercice de son libre-arbitre et se préparât ainsi, par les expériences d'une probation mortelle, à l'exaltation prévue dans le plan bienfaisant de sa création. « Car voici mon oeuvre et ma gloire : réaliser l'immortalité et la vie éternelle de l'homme », dit le Seigneur à Moïse [69]. Le but de Dieu était de mettre à la portée des esprits engendrés par lui dans les cieux le moyen de l'effort individuel et l'occasion d'obtenir non pas simplement la rédemption de la mort, mais aussi le salut et même l'exaltation, avec le pouvoir de progresser et de croître éternellement. C'est pourquoi, il était nécessaire que les descendants spirituels de Dieu quittassent les scènes de leur première enfance pour entrer à l'école de l'expérience mortelle, afin d'y rencontrer, d'y affronter, et d'y vaincre le mal, selon leurs degrés de force et de foi respectifs. Adam et Eve n'auraient jamais pu être les parents d'une postérité mortelle s'ils n'étaient devenus eux-mêmes mortels ; la mortalité était un élément essentiel dans le plan divin à l'égard de la terre et les habitants qui lui avaient été désignés. Et afin d'introduire la mortalité, le Seigneur plaça une loi devant les progéniteurs du genre humain, sachant ce qui s'ensuivrait.
 
Ève accomplit les buts prévus de Dieu par le rôle qu'elle joua dans le grand drame de la chute ; cependant, elle n'avait pas cet objet en vue lorsqu'elle prit du fruit défendu ; son intention était d'agir à l'encontre du commandement divin, séduite qu'elle était par les sophismes de Satan, qui contribua d'ailleurs ainsi à l'accomplissement des buts du Créateur en tentant Ève ; pourtant son dessein était de faire avorter le plan du Seigneur. On nous dit clairement qu'il « ne connaissait pas la volonté de Dieu, c'est pourquoi il essaya de détruire le monde » [70]. Cependant, son effort diabolique, loin d'être le premier pas vers la destruction, fut un apport au plan de progression éternelle de l'homme. Le rôle joué par Adam dans ce grand événement fut essentiellement différent de celui de sa femme. Il ne fut pas séduit. Au contraire, c'est délibérément qu'il décida de faire selon le désir d'Ève, afin de pouvoir accomplir les buts de son Créateur concernant le genre humain dont il avait été ordonné premier patriarche.
 
Même les transgressions des hommes peuvent servir à l'accomplissement de buts élevés. La mort sacrificatoire du Christ fut ordonnée avant la fondation du monde ; cependant Judas, qui le trahit, et les Juifs, qui crucifièrent le Fils de Dieu, n'en sont pas moins coupables de ce crime affreux.
 
Il est devenu pratique courante, parmi les hommes, d'accabler de reproches les progéniteurs de la famille humaine et de décrire l'état soi-disant béni dans lequel nous vivrions s'il n'y avait pas eu la chute, alors que nos premiers parents ont droit à notre plus profonde gratitude pour l'héritage qu'ils ont laissé à leur postérité -le moyen d'acquérir le droit à la gloire, à l'exaltation et à la vie éternelle. Sans l'occasion qui a été ainsi donnée, les esprits des enfants de Dieu seraient toujours demeurés dans un état d'enfance innocente, sans péché sans aucun effort de leur part ; sauvés de façon négative, non pas du péché, mais de l'occasion de faire face au péché, incapables de remporter les lauriers de la victoire parce qu'empêchés de prendre part au conflit. Dans l'état actuel des choses, ils héritent du droit de naissance des descendants d'Adam : la mortalité avec ses possibilités illimitées et sa liberté d'action, don de Dieu. De notre père Adam, nous avons hérité de tous les maux qui sont légués à la chair ; mais ceux-ci accompagnent nécessairement la connaissance du bien et du mal, connaissance qui, sagement employée, permet à l'homme de devenir même semblable aux Dieux !
 
[1] Voir note 1, à la fin du chapitre.
[2] Voir Gen. 1:27-29 2:15-17 ; PGP, Moïse 2:27-29 ; 3:15-17.
[3] PGP, Moïse 3 17.
[4] D&A 29:35.
[5] Gen. 4:7.
[6] 2 Néphi 2:16, 27 ; voir aussi 2 Néphi 10:23 ; Alma 31 ; 29:4. 5 ; 30:9.
[7] Alma 3:26, 27.
[8] Hélaman 14:30-31.
[9] Voir PGP, Moïse 4:1 ; voir aussi PGP, Abraham 3:27 28 ; et Jesus the Christ, chap. 2.
[10] Voir note 4, à la fin du chapitre.
[11] Voir Matt. 10:15 ; 11:22 ; 2 Pi. 2:9 ; 3:7 ; 1 Jean4:17.
[12] Matt. 12:36.
[13] Zach. 8:17
[14] Apo. 20 12, 13.
[15] Voir Job 42:10-17.
[16] Voir Nom. 12:1, 2, 10-15 ; 15:32-36 ; chap. 16 ; 21:4-6 ; 1 Sam. 6:19 ; 2 Sam. 6:6. 7: Actes 5:1-11.
[17] Voir Jean 5:22-27 ; voir aussi Actes 10:42 ; 17:3 1 ; Rom. 2:16 ; 2 Cor. 5:10 ; 2 Tim. 4:1, 8 ; D&A 133:
[18] Jean 5:22, 23.
[19] Voir Actes 10:42.
[20] Voir Dan. 7:9-12 ; voir aussi 2 Thess. 1:7, 8 ; 3 Néphi 26:3-5 ; D&A 76:31-49, 103-106.
[21] Voir Matt. 25 31-46 ; D&A. 1:9-12.
[22] Voir Actes 10:34, 35 ; voir aussi Rom. 2:11 ; Eph. 6:9 ; Col. 3:25
[23] Voir 2 Tim. 4:8.
[24] 1 Jean 3:4.
[25] Voir note 2, à la fin du chapitre.
[26] Voir PGP, Moïse 4:4, voir aussi Gen., chap. 3.
[27] 2 Néphi 9:25-27.
[28] Rom. 2:12 ; voir aussi Actes 17 30, 3 1.
[29] D&A. 76:72.
[30] D&A. 45:54
[31] Voir D&A 76:82-85 ; 82:21 ; 104:9 ; 63:17 ; 2 Néphi 1:13 ; 9:27 ; 28:23.
[32] Voir D&A 76:36, 44 ; voir aussi Jacob 6:10 ; Alma 12:16, 17 ; 3 Néphi 27:11, 12.
[33] Voir D&A 76:26, 32, 43 ; Jean 17:12 ; 2 Thess.2:3.
[34] Voir D&A 13 2:27.
[35] Voir D&A 76:32 ; voir aussi Matt. 26:24 ; Marc 14:21.
[36] Voir D&A 76:45-48.
[37] D&A 76:38, 39.
[38] Voir D&A 19:6-12 ; 76:3 61 44.
[39] Voir D&A 19:10-12.
[40] Voir 1 Pi. 3:18-20 ; 4:6 ; D « & A. 76:73.
[41] Voir D&A. 76:45.
[42] Voir Matt. 18:8 ; 25:41-46 ; 2 Thess 1:9 ; Marc 3:29 ; Jude 7.
[43] Révélation donnée en mars 1830 ; D&A 19:4-12.
[44] Voir Job 1:6-22 ; 2:1-7 ; Zach. 3:1, 2.
[45] Voir Matt. 4:5, 8, 11 ; voir aussi 1 Pi. 5:8.
[46] Voir Matt. 12:24.
[47] D&A 76:26.
[48] 2 Cor. 6:15.
[49] Voir Apo. 12:9 ; 20:2.
[50] Voir D&A 76:25-27 ; voir aussi Es. 14:12.
[51] Voir D&A 29:36, 37 ; voir aussi PGP, Moïse, 4:3-7 ; Abraham 3:27:28 ; Jesus the Christ, p. 8, 9 ; Dan 8:10 ; Apo. 12:4.
[52] Voir Gen. 3:4, 5 - voir aussi P. de G P., Moïse 4:6-11.
[53] Voir PGP, Moïse 5:29-33
[54] Voir Luc 13:16 ; voir aussi Job, chap. 1.
[55] Voir Jean 12:31 ; 16:11.
[56] Voir Apo. 20:1-10.
[57] Lire Gen., chaps. 2, 3 ; voir aussi PGP, Moïse 3:4 ; Abraham 5:7-21.
[58] Voir Gen. 1:26, 27 ; voir aussi PGP, Moïse 2:26, 27.
[59] Voir note 3, à la fin du chapitre.
[60] Gen. 2:8, 9.
[61] Voir Gen. 2:18 ; voir aussi PGP, Moïse 3:18, 21-24.
[62] Gen. 1:28 ; voir aussi PGP, Moïse 2:28 ; Abraham 4:28.
[63] PGP, Moïse 3:16, 17 ; voir aussi Gen. 2:16, 17.
[64] 1 Tim. 2. 14.
[65] 2 Néphi 2:25.
[66] Gen. 3:22-24 ; voir aussi PGP, Moïse 4 3 1.
[67] Alma 42:3-5.
[68] PGP, Moïse 5:10, 11 ; voir aussi notes 6, 7 et 8, à la fin du chapitre.
[69] PGP, Moïse 1:39.
[70] PGP, Moïse 4:6.
[71] Voir note 5, à la fin du chapitre.
 
 
NOTES DU CHAPITRE 3
 
1. Le libre arbitre de l'homme donné par Dieu. - Ce qui suit est un extrait d'un discours donné par le président Brigham Young, le 5 juillet 1855 (voir Journal of Discourses de cette date et le Millennial Star, vol. 20, p. 43). « Quel est le fondement des droits de l'homme ? Le Seigneur Tout-Puissant a organisé l'homme dans le but exprès qu'il devienne un être indépendant comme lui et lui a donné son libre arbitre individuel. L'homme est fait à la ressemblance de son Créateur, le grand archétype de l'espèce humaine, qui lui conféra les principes de l'éternité, implantant l'immortalité en lui, et le laissant libre d'agir dans la voie qui lui semblerait bonne - libre de choisir ou de refuser, de lui-même, d'être un saint des derniers jours ou un méthodiste wesleyen, d'appartenir à l'Église anglicane, la fille aînée de l'Église mère, à la vieille Mère elle-même, à sa sœur, l'Église grecque, ou d'être un infidèle et de n'appartenir à aucune église. Lorsque le royaume de Dieu sera complètement établi sur la surface de la terre et prendra la prééminence sur toutes les autres nations et royaumes, il protégera les hommes dans la jouissance de tous leurs droits, peu importe ce qu'ils croiront, ou ce qu'ils professeront, ou ce qu'ils adoreront. »
 
2. La nature du péché. - Le mot français péché représente une variété de termes qui se trouvent dans les langues originelles dont la traduction littérale démontre une grande similitude de l'un à l'autre. Ainsi, dans l’Ancien Testament, on trouve entre autres les termes hébreux suivants : setim (il y est fait allusion dans Ps. 101:3), signifiant « dévier de la voie » ; Shegagah (Lév. 4:2 ; Nom. 15:27), « errer dans la voie » ; avon, « le tortueux ou le perverti » ; avel, « se détourner ». Dans le Nouveau Testament, nous trouvons, parmi les originaux grecs, hamartia, « fait de manquer le but » ; parabasis, « transgression d'une règle » ; parakoê, « désobéissance à une voix » ; paraptoma, « tombant de la droiture » ; agnoema, « ignorance injustifiable » ; hettema, « ne donnant qu'une partie de sa mesure » ; saomia, « non observation de la loi » ; plemmeleia, « discorde ». Les illustrations données ci-dessus sont prises, pour la plupart, de Müller et French. Dans toutes ces expressions, l'idée dominante est celle d'un éloignement depuis les voies de Dieu, de séparation de sa compagnie par l'opposition aux exigences divines. Le péché fut introduit dans le monde de l'extérieur ; ce n'était pas un produit naturel de la terre. La semence de la désobéissance fut plantée dans l'Esprit d'Ève par Satan ; cette semence prit racine et les nombreux fruits, dont la nature est ce que nous, avec nos mots irréfléchis, appelons calamités, en sont le résultat. C'est pour nous délivrer de ces ronces et de ces épines de la mortalité, qu'un Sauveur a été préparé.
 
3. L'Éden. - Dans la langue hébraïque d'où notre met Éden est tiré, ce terme signifie quelque chose de particulièrement délicieux - un endroit d'agrément ; l'endroit est aussi appelé le « jardin du Seigneur ». Un endroit particulier du pays d'Éden fut préparé par le Seigneur qui en fit un jardin ; celui-ci était situé à l'est d'Éden. De ce jardin, les parents du genre humain furent chassés après la chute ; bien qu'il soit raisonnable de supposer qu'ils demeurèrent dans le pays ou la région d'Éden. Nous lisons qu'à une date ultérieure, Caïn, le premier meurtrier, « s'en alla de la présence du Seigneur et habita dans le pays de Nod, à l'est d'Eden » (Gen. 4:16). Bien qu'il n'y ait pas de croyance uniforme parmi les savants chrétiens sur la situation géographique d'Éden, la majorité prétend que c'était en Perse. Les saints des derniers jours ont une connaissance plus exacte de ce sujet, une révélation ayant été donnée par l'intermédiaire de Joseph Smith à Spring Hill, dans le Missouri, le 19 mars 1838, dans laquelle cet endroit est appelé « Adam-ondi-Ahman » par le Seigneur parce que, dit-il, c'est l'endroit où Adam viendra pour visiter son peuple, ou l'endroit où l'Ancien des Jours s'assiéra comme le dit Daniel le prophète (D&A, sec. 116). Par autre révélation, nous apprenons (D&A 107:52, 53) que trois ans avant sa mort, Adam réunit dans la vallée d'Adam-ondi-Ahman, ceux de ses fils qui avaient été nommés grands-prêtres avec le reste des justes de sa postérité, et là, il leur donna ses bénédictions patriarcales, l'événement étant marqué par des manifestations du Seigneur (voir aussi D&A 117:9). Il n'y a pas de texte authentique selon lequel le genre humain ait habité l'hémisphère oriental avant le déluge. Le continent occidental appelé maintenant le Nouveau Monde, comprend, en effet, les régions habitées les plus anciennes de la terre. C'est l'Ouest et non l'Est qui est le « berceau des nations ».
 
4. Le « péché originel ». - Nos premiers parents désobéirent u commandement de Dieu en absorbant une nourriture impropre à leur condition ; et, conséquence naturelle, ils subirent la dégénérescence physique, par laquelle la faiblesse corporelle, la maladie et la mort vinrent dans le monde. Leur postérité a hérité des maux qui en résultèrent et dont nous disons maintenant que la chair est héritière ; et il est vrai que ces imperfections humaines sont venues par la désobéissance et sont par conséquent les fruits du péché. Mais, quant à la responsabilité pour la transgression d’Adam, en toute justice, Adam seul doit en répondre. L'état déchu actuel de l'humanité, exprimé dans notre condition mortelle, fut inauguré par Adam et Ève ; mais la justice divine défend que nous soyons considérés comme pécheurs simplement parce que nos parents ont transgressé. Quoique les privations, les vicissitudes et le labeur incessant imposés par l'état d'existence mortelle, fassent partie de l'héritage d'Adam nous sommes enrichis par eux ; car c'est justement dans ces conditions que nous trouvons l'occasion de développer les pouvoirs de l'âme qui nous rendront capables de vaincre le mal, de choisir le bien et de gagner le salut de l'exaltation dans les demeures de notre Père. -Vitality of Mormonism, par l'auteur, p. 45, article « Original Sin ».
 
5. La mortalité, un bienfait. - L'homme dans son état mortel est l'union d'un esprit préexistant avec un corps composé d'éléments terrestres. Cette union d'esprit et de corps marque un progrès de l'état non-incarné à l'état incarné et est un avancement inestimable dans le cours de la progression de l'âme. La pénalité encourue par l'orgueilleux Lucifer et ses hordes rebelles pour leur tentative de contrecarrer le but divin dans la question du libre arbitre de l'homme, fut la condamnation de se voir refuser des corps de chair. La naissance mortelle est un bienfait auquel seuls les esprits qui gardèrent leur premier état sont éligibles (voir Jude 6). Pour exprimer le terrible état de ceux qui sont entièrement déchus parmi les hommes, de ceux qui se sont enfoncés à de telles profondeurs dans le péché qu'ils deviennent « fils de perdition », le Seigneur a appliqué la malédiction extrême que pour eux, il eût mieux valu qu'ils ne fussent jamais nés (voir Matt. 26:24 ; D&A 76:32). La félicité de l'avancement à l'état mortel réside dans les possibilités de grandir qu'il implique. La mortalité est l'école préparatoire pour l'éternité. Son cours d'études est vaste et réclame tous nos efforts. Dans ses laboratoires, nous, les élèves, nous trouvons les errances qui vérifient et éprouvent en une démonstration individuelle de précepte et de la profession. La terre fut créée pour fonder et maintenir cette école. Voir Vitality of Mormonism, par l'auteur, p. 236-239, articles « We Lived Before We Were Born » et « Man is Eternal ».
 
6. Résultats bienfaisants de la chute. - « Honore ton père et ta mère ». Ce fut un des dix commandements spéciaux donnés à Israël, pendant un grand déploiement du pouvoir et de la gloire de Dieu sur le mont Sinaï. Au milieu des siècles de ténèbres passés, ce commandement paraît avoir perdu sa signification dans le monde chrétien. Il ne semble pas se rendre compte que l'honneur est dû aux premiers parents du genre humain. On lui a enseigné pendant longtemps qu'Adam et Ève étaient de grands transgresseurs et on s'est lamenté du fait qu'ils prirent du fruit défendu et introduisirent la mort dans le monde. Il n'est pas possible que la chute de l'homme fût un accident ou un hasard, pas plus que ne le fut sa création. Si c'était un accident, pourquoi Christ était-il préparé dès avant la fondation du monde pour expier le péché et pour ouvrir la voie à l'homme vers l'immortalité ? La médiation du Christ fut une conséquence de la chute. » (voir Actes 5:31)
 
« Sans la chute, il n'y aurait pas eu de loi enfreinte et par conséquent, rien dont on eût eu à se repentir ; et il n'aurait pu y avoir de pardon pour les péchés sans l'expiation du Christ. Le Livre de Mormon jette suffisamment de lumière sur ce sujet :
 
« Et maintenant voici, si Adam n'eût pas transgressé, il ne serait pas tombé, mais il serait resté dans le jardin d'Eden. et toutes les choses qui ont été créées auraient dû rester dans l'état même où elles se trouvaient après leur création ; et elles auraient dû demeurer toujours, et ne pas avoir de fin. Ils n'auraient pas eu d'enfants et seraient demeurés dans un état d'innocence, sans ressentir de joie, car ils ne connaissaient aucune misère, sans faire le bien, car ils ne connaissaient aucun péché. » (2 Néphi 2:22-23), ... Nous, les enfants d'Adam, n'avons aucun droit d'accuser le patriarche du genre humain. Mais nous devrions plutôt nous réjouir avec eux, de ce que par leur chute et par l'expiation de Jésus-Christ, le chemin de la vie éternelle nous ait été ouvert. » - A Compendium of the Doctrines of the Gospel. F. D. Richard et J. A. Little.
 
7. La chute prévue. - Le mormonisme accepte la doctrine de la chute et le récit de la transgression en Eden, tel qu'il est exposé dans la Genèse, mais il affirme que nul homme sauf Adam, n'aura jamais à répondre de la désobéissance d'Adam ; que l'humanité en général est absolument absoute de la responsabilité de ce « péché originel », et que chacun ne répondra que de ses propres transgressions ; que la chute fut prévue par Dieu - que c'était le moyen accepté par lequel la condition nécessaire de la mortalité devait être inaugurée, et qu'un Rédempteur avait été pourvu avant que le monde fût ; que le salut général dans le sens de la rédemption des effets de la chute, vient à tous sans qu'ils le cherchent ; mais que le salut individuel ou la délivrance des effets des péchés personnels, doit être obtenue par chacun pour soi-même, par la foi et les bonnes oeuvres, par la rédemption accomplie par Jésus-Christ. - The Philosophy of Mormonism, par l'auteur.
 
8. La chute, une dégénérescence physique. - Pour un traité concis de ce sujet, voir Jesus the Christ, par l'auteur, p. 19 et 29.
 
RÉFÉRENCES SCRIPTURAIRES
 
Le libre arbitre
 
L'Éternel Dieu donna à Adam un commandement et prescrivit le châtiment en cas de désobéissance - Gen. 2:16, 17.
 
Tu n'en mangeras point, néanmoins tu peux choisir par toi-même, car cela t'est donné - Moïse 3:17.
 
Et nous les mettrons à l'épreuve pour voir s'ils feront tout ce que le Seigneur, leur Dieu, leur commandera - Abraham 3:25.
 
Si tu fais bien, tu relèveras ton visage [Si tu fais bien, ne seras-tu pas accepté ? (version anglaise, ndt)] - Gen. 4:7.
 
Vois, je mets aujourd'hui devant vous la bénédiction et la malédiction - Deut. 11:26 ; voir aussi 30:15.
 
Si tu obéis à la voix de l'Éternel, ton Dieu - Deut. 28:1 ; voir aussi 1 Rois 3:14.
 
Choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir - Jos. 24:15.
 
Jusqu'à quand clocherez-vous des deux côtés ? - 1 Rois 18:2 1.
 
La mort sera préférable à la vie - Jér. 8:3.
 
Et le Seigneur laissa l'homme libre d'agir par lui-même - 2 Néphi 2:16.
 
Les hommes sont libres de choisir la voie de la mort éternelle ou celle de la vie éternelle - 2 Néphi 10:23.
 
Malheur à celui qui veut obéir à l'esprit mauvais - Mosiah 2:33.
 
Pour recueillir le bonheur éternel ou le malheur éternel, selon l'esprit auquel elles avaient voulu obéir - Alma 3:26-27.
 
Les hommes placés dans un état où ils peuvent faire le bien ou le mal, selon leur bon plaisir - Alma 12:3 1.
 
Même ceux qui furent appelés dès la fondation du monde étaient libres de choisir le bien ou le mal - Alma 13:3.
 
Dieu accorde aux hommes selon leur désir... selon leur volonté... - Alma 29:4.
 
Privilège de l'homme de servir Dieu - Alma 30:9
 
Vous êtes libres, il vous est permis d'agir par vous-même - Hélaman 14:30.
 
Adam était libre d'agir par lui-même - D&A 29:35.
 
Un tiers des armées du ciel se tourna vers le mal, à cause de son libre arbitre - D&A 29:36.
 
La tentation est nécessaire pour éprouver le libre arbitre de l'homme - D&A 29:39.
 
Les hommes ont le pouvoir, puisqu'ils sont libres d'agir par eux-mêmes - D&A 58:28 ; voir aussi 104:17.
 
Satan chercha à détruire le libre arbitre des hommes - Moïse 4:3.
 
Il est donné aux hommes de connaître le bien et le mal et, ainsi, de choisir par eux-mêmes - Moïse 6:56.
 
Il faut qu'il y ait de l'opposition en toutes choses - 2 Néphi 2:11, 15.
 
La responsabilité de l'homme - Le jugement
 
Le péché est la transgression de la loi - 1 Jean 3:4 voir aussi 5:17.
 
Pour tout cela Dieu t'appellera en jugement - Ecc. 11:9 ; aussi 12:14.
 
L'Éternel punit les crimes - Es. 26:21.
 
Il rendra à chacun selon ses oeuvres - Es. 59:18.
 
Chacun mourra pour sa propre iniquité - Jér. 31:30.
 
On vous jugera du jugement dont vous jugez - Matt. 7:2.
 
Il récompensera chacun selon ses oeuvres - Matt. 16:27.
 
Un jour fixé pour juger le monde - Actes 17 - 31.
 
Ce qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi - Gal. 6:7 voir aussi D&A 6:33.
 
Je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ce qu'est son oeuvre - Apo. 22:12.
 
Il est conforme à la justice de Dieu que les hommes soient jugés selon leurs oeuvres - Alma 41:3 et 4.
 
Le châtiment, préparé de leurs mains, retombera sur eux - 2 Néphi 13:11.
 
Pour être jugés selon leurs oeuvres, bonnes ou mauvaises - 3 Néphi 26:4 ; aussi verset 5.
 
Ces paroles qui sont celles qui les jugeront au dernier jour - 2 Néphi 25:18.
 
Tous ressusciteront de la mort pour être jugés - Alma 11:41.
 
Ils doivent être amenés devant Dieu pour être jugés selon leurs oeuvres - 1 Néphi 15:33 ; aussi Alma 5:15 et 11:41.
 
Jugeant chaque homme selon ses oeuvres - D&A 19:3.
 
Chaque homme responsable de ses propres, péchés - D&A 101:78.
 
Le Seigneur viendra, sa récompense sera avec lui et il récompensera chaque homme - D&A 56:19.
 
Les justes et les méchants seront séparés - D&A 29:27.
 
Pour récompenser chaque homme selon ce que son oeuvre sera - D&A 101:65.
 
Ceux qui gardent leur premier état recevront davantage - Abraham 3:26.
 
Satan
 
Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre - Apo. 12:9 ; voir aussi Luc 10:18.
 
Lucifer, fils du Matin, sa mauvaise ambition et son destin - Es.14:12 et les versets suivants ; voir aussi D&A 76:25-28.
 
Appelé aussi Perdition ; et ceux qui pèchent au point d'être exclus de la rédemption sont appelés fils de perdition - D&A 76:26, 32, 43.
 
Il tenta Ève et provoqua la chute - Gen. chap. 3 ; Moïse, chap. 4 D&A 29:40.
 
Pécheur depuis le commencement - 1 Jean 3:8 ; Moïse 4:1-4
 
Père du mensonge ; menteur depuis le commencement - Jean 8:44 -, D&A 93:25, 37 ; 2 Néphi 2:18.
 
Il tenta Caïn et lui enseigna le meurtre - Moïse 5:16-24.
 
Il vint avec d'autres qui se présentèrent devant le Seigneur - Job 1:6-12.
 
Tenta le Christ - Matt. 4:1-11.
 
Poussa Judas Iscariot à trahir le Christ - Jean 13:2.
 
Satan enchaîné pendant le millenium - Apo. 20:1-3.
 
Sa fin est décrétée - Apo. 20:7-10 ; voir aussi Matt. 25:41.
 
Déchu des cieux et malheureux, il chercha le malheur de l'humanité - 2 Néphi 2:18, 27.
 
Celui qui commet le péché est du diable - 1 Jean 3:8.
 
Résistez au diable et il fuira loin de vous - Jaq. 4:7.
 
Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera - 1 Pi. 5:8.
 
Conduits selon la volonté du diable, et réduits en sa captivité - 2 Néphi 1:18.
 
Ce qui est mal vient du diable - Moroni 7:12.
 
Satan désire vous avoir - 3 Néphi 18:18.
 
Le diable dominera sur son propre royaume - D&A 1:35.
 
Excite à la contention sur des points de doctrine - D&A 10:63 ; voir aussi 3 Néphi 11:28, 29.
 
Le diable fera rage dans le cœur des hommes et les poussera à la colère ; et il en pacifiera d'autres et les endormira dans une sécurité charnelle - 2 Néphi 28:19-23.
 
La Chute
 
Tentation d'Adam et d'Ève - Gen., chap. 3 ; Moïse, chap. 4 ; D&A 29:40 ; voir aussi 2 Cor. 11:3.
 
C'est par un homme que le péché est entré dans le monde - Rom. 5:12, 18.
 
La chute avait amené sur toute l'humanité une mort spirituelle aussi bien qu'une mort temporelle - Alma 42:9.
 
Discours de Léhi sur la chute et ses conséquences - 2 Néphi 2:14-27.
 
Par la chute d'Adam, l'humanité devint un peuple déchu - Alma 12:20-24 ; voir aussi Hélaman 14:16.
 
Adam tomba pour que les hommes fussent et les hommes sont pour avoir de la joie - 2 Néphi 2:25.
 
La résurrection vient à cause de la chute - 2 Néphi 9:6.
 
Le sang du Christ expie pour ceux qui sont tombés par la transgression d'Adam - Mosiah 3:11.
 
L'esprit de chaque homme innocent au commencement - D&A 93:38.
 
Adam se réjouit des bénédictions qui suivent sa transgression - Moïse 5:10, 11.
 
C'est parce qu'Adam est tombé que nous sommes ; et c'est par sa chute que la mort vint - Moïse 6:48.
 
Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ  - 1 Cor. 15:21-22 ; voir aussi Rom. 5:11-19.
 
 
 
CHAPITRE 4 : L'EXPIATION ET LE SALUT
 
ARTICLE 3. - Nous croyons que, grâce au sacrifice expiatoire du Christ, tout le genre humain peut être sauvé en obéissant aux lois et aux ordonnances de l'Évangile.
 
L'EXPIATION
 
L'expiation du Christ est la doctrine principale que toutes les Églises qui professent le christianisme enseignent. L'expression est tellement commune, et le point essentiel de sa signification est admis de façon si générale, que les définitions peuvent paraître superflues ; néanmoins une importance particulière s'attache à l'emploi du mot « expiation » dans le sens théologique. La doctrine de l'Expiation comprend la preuve du caractère divin du ministère terrestre du Christ et la nature vicariale [1] du sacrifice préordonné et volontaire que fut sa mort, prévue comme propitiation efficace pour les péchés de l'humanité, devenant ainsi le moyen d'obtenir le salut.
 
Le Nouveau Testament, qui est considéré, à juste titre, comme l'Écriture de la mission du Christ parmi les hommes, est imprégné, d'un bout à l'autre, de la doctrine du salut par l’œuvre expiatoire accomplie par le Sauveur ; et pourtant, le mot expiation n'est employé qu'une fois dans le livre ; et dans cet exemple unique, selon l'opinion de la plupart des autorités bibliques, il est employé à tort. L'exemple cité se trouve dans les paroles de Paul aux saints de Rome : « Nous nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, par qui maintenant nous avons [reçu l'expiation] » [2]. La note marginale donne « réconciliation » au lieu d'expiation et une forme apparentée du premier mot est employée dans le verset précédent. Une tradition logique qui mettrait l'anglais entièrement d'accord avec le grec, rendrait le verset cité et celui qui le précède immédiatement de cette façon - Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie. Et non seulement cela, mais nous nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, par qui maintenant nous avons obtenu la réconciliation [3]. On rencontre le terme « expiation » à maintes reprises dans l'Ancien Testament et avec une fréquence marquée dans trois des livres du Pentateuque, l'Exode, le Lévitique et les Nombres ; et le sens dans lequel il est employé est celui d'un sacrifice de propitiation, ordinairement associé à la mort d'une victime acceptable, grâce à laquelle la réconciliation devait se faire entre Dieu et l'homme.
 
Et c'est là la signification du sacrifice sauveur du Rédempteur, par lequel il expia la transgression de la chute qui introduisit la mort dans le monde, et fournit à l'homme le moyen prompt et efficace de parvenir à l'immortalité par la réconciliation avec Dieu.
 
La nature de l'Expiation. - L'expiation accomplie par Jésus-Christ est la suite nécessaire de la transgression d'Adam ; et, de même que la prescience infinie de Dieu lui fit voir clairement la transgression avant même qu'Adam, ne fût placé sur la terre, de même la miséricorde du Père prépara un Sauveur pour l'humanité avant que le monde ne fût créé. Par la chute, Adam et Ève ont attiré les conditions de la mortalité sur leurs descendants ; c'est pourquoi, tous les êtres qui naissent de parents terrestres sont sujets à la mort corporelle. La sentence de bannissement de la présence de Dieu était de la nature d'une mort spirituelle ; et ce châtiment, qui fut infligé à nos premiers parents le jour de la transgression a suivi aussi comme héritage commun de l'humanité. Comme ce châtiment entra dans le monde par un acte individuel, il serait manifestement injuste que tous en souffrissent. éternellement, sans disposer d'aucun moyen de délivrance. C'est pour cela que le sacrifice promis de Jésus-Christ fut ordonné comme propitiation pour la violation de la loi afin de satisfaire pleinement la Justice et donner à la Miséricorde libre cours d'exercer son influence bienfaisante sur les âmes des hommes [4].
 
Tous les détails du plan glorieux, qui assure le salut de la famille humaine, peuvent ne pas être à la portée de l'intelligence de l'homme. Mais l'homme a appris, par ses essais futiles de sonder les causes primaires des phénomènes de la nature, que ses pouvoirs de compréhension sont limités ; et il doit admettre que le fait de nier un effet parce qu'il est incapable d'en élucider la cause équivaudrait à abandonner ses prétentions à la raison et à l'observation.
 
Aussi simple que soit le plan de la rédemption dans ses lignes générales, ses détails sont, de l'avis de tous, un mystère pour l'esprit fini. Voici ce que le président John Taylor a écrit à ce sujet : « Jésus a, d'une manière mystérieuse et incompréhensible, assumé la responsabilité qui aurait naturellement dû retomber sur Adam, mais qui ne pouvait s'accomplir que par sa propre médiation, et en prenant sur lui les peines des hommes, en assumant leurs responsabilités, et en portant leurs transgressions ou péchés. D'une manière pour nous incompréhensible et inexplicable, il a porté le poids des péchés du monde entier, non seulement d'Adam, mais de sa postérité ; et, ce faisant, il a ouvert le royaume des cieux non seulement à tous ceux qui croient et à tous ceux qui ont obéi à la loi de Dieu, mais aussi à plus d'une moitié de la famille humaine qui meurt avant de parvenir à maturité, aussi bien qu'aux païens qui, étant morts sans loi, ressusciteront sans loi grâce à sa médiation, seront jugés sans loi et prendront ainsi part, selon leurs capacités, leurs oeuvres et leur dignité, aux bénédictions de son expiation » [5].
 
Aussi incomplète que puisse être notre compréhension du plan de rédemption par le sacrifice vicarial du Christ dans tous ses détails, nous ne pouvons cependant pas le rejeter sans être infidèles ; car c'est là la doctrine fondamentale de toutes les Écritures, l'essence même de l'esprit de prophétie et de révélation, la plus remarquable de toutes les déclarations de Dieu à l'homme.
 
L'Expiation est un sacrifice vicarial. C'est, pour beaucoup, une source d'étonnement sans bornes, que le sacrifice volontaire d'un seul être puisse servir de moyen de rançon au reste des hommes. En cela, comme en d'autres choses, les Écritures peuvent être expliquées par l'esprit d'interprétation scripturale. Les écrits sacrés des anciens temps, les paroles inspirées des prophètes des derniers jours, les traditions des hommes, les rites du sacrifice et même les sacrilèges des idolâtries païennes, tout inclut la notion d'expiation vicariale. Dieu n'a jamais refusé l'offrande présentée par quelqu'un qui a l'autorité, en faveur de ceux qui sont tout à fait incapables de rendre le service requis eux-mêmes. Si le bouc émissaire [6] et la victime de l'autel [7] chez l'ancien Israël étaient offerts avec repentance et contrition, ils étaient acceptés par le Seigneur en expiation des péchés du peuple. Il est intéressant de noter que si les cérémonies du sacrifice formaient une partie si importante et si essentielle des lois mosaïques, ces rites précédèrent de beaucoup l'établissement d'Israël comme peuple distinct, car, comme nous l'avons déjà montré, Adam offrit des sacrifices sur l'autel. Le symbolisme de l'immolation d'animaux comme prototype du grand sacrifice qui devait suivre sur le Calvaire fut donc institué dès le commencement de l'histoire humaine.
 
Les nombreux genres de sacrifices prescrits par la loi mosaïque peuvent être classés comme sanglants et non-sanglants. Seules les offrandes de la première classe, où la mort était infligée, étaient acceptables comme propitiation ou expiation du péché, et la victime devait être pure, saine et sans tache. De même, pour le grand sacrifice, dont les effets devaient être infinis, seul un sujet innocent pouvait être accepté. Le Christ avait le droit de devenir le Sauveur, étant le seul être sans péché sur terre, le Fils unique du Père, et, par-dessus tout, celui qui fut ordonné dans les cieux pour être le Rédempteur de l'humanité ; et bien que l'exercice de ce droit comprit un sacrifice dont l'homme ne peut comprendre l'étendue, cependant le Christ accomplit ce sacrifice volontairement et de plein gré. Jusqu'au dernier moment, il eut le moyen de mettre fin aux tortures de ses persécuteurs en utilisant ses pouvoirs inhérents [8]. D'une certaine façon, bien que cette façon puisse être inexplicable pour nous, le Christ prit sur lui le lourd fardeau des péchés des hommes. Le moyen employé peut être un mystère pour notre intelligence limitée, mais le résultat est notre salut.
 
Quelque chose de l'agonie du Sauveur, quand il gémissait sous ce poids de culpabilité qui devait être en soi cruel à l'extrême pour lui, type de la pureté, nous est rapporté par le Seigneur lui-même : « Car voici, moi, Dieu, j'ai souffert ces choses pour tous, afin qu'ils ne souffrent pas, s’ils se repentent ; mais s'ils ne veulent pas se repentir, ils doivent souffrir tout comme moi ; et ces souffrances m'ont fait trembler moi-même, moi, Dieu, le plus grand de tous, à cause de la douleur, elles m'ont fait saigner par chaque pore, m'ont torturé à la fois le corps et l'esprit - m'ont fait souhaiter ne pas devoir boire à la coupe amère, et m'ont fait reculer d'effroi - Néanmoins, gloire soit au Père, j'ai bu à la coupe et j'ai terminé tout ce que j'avais préparé pour les enfants des hommes » [9]. On trouve d'autres exemples de la validité du service vicarial dans les rites du baptême pour les morts [10] enseigné à l'époque apostolique et de nos jours, et dans l'institution d'autres ordonnances du temple [11] à notre époque.
 
Le sacrifice du Christ fut volontaire et inspiré par l'amour. - Nous avons noté, en passant, que le Christ donna sa vie, volontairement et de plein gré, pour la rédemption de l'humanité. Au cours du conseil primitif dans les cieux, il s'était offert comme victime du sacrifice expiatoire rendu nécessaire par la transgression prévue du premier homme ; et le libre-arbitre qu'il possédait et qu'il exerça au cours de ce premier stade de sa mission salvatrice, il le conserva jusqu'à la dernière minute du douloureux accomplissement du plan qu'il avait accepté. Bien qu'il ait vécu sur terre comme homme dans tous les détails qui nous intéressent dans le respect que nous avons pour lui, l'exemple de piété dans l'humanité, il ne faut cependant pas oublier que, bien que né d'une mère mortelle, il fut engendré dans la chair par un Père immortel ; en lui étaient ainsi réunis la capacité de mourir et le pouvoir de tenir la mort indéfiniment en suspens. Il donna sa vie ; elle ne lui fut pas enlevée contre sa volonté. Notez la signification de sa propre déclaration : Le Père m'aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même ; j'ai le pouvoir de la donner et j'ai le pouvoir de la reprendre » [12]. Une autre fois, Jésus témoigna de lui-même en ces termes : « Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu'il est Fils de l'Homme » [13]. Au milieu des scènes tragiques de la trahison, alors que quelqu'un qui avait professé être son disciple et son ami le donnait avec un traître baiser à ses persécuteurs, et que Pierre avec une impétuosité causée par son zèle personnel, tirait l'épée et s'en servait pour le défendre, le Maître dit : « Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père, qui me donnerait à l'instant plus de douze légions d'anges ? Comment donc s'accompliraient les Écritures, d'après lesquelles il doit en être ainsi ? » [14]. Et ainsi, jusqu'à la dernière minute, jusqu'à l'expiration, marquée par le cri de triomphe « Tout est consommé ! », le Dieu incarné tenait soumis en lui-même le pouvoir de contrecarrer ses bourreaux, s'il l'avait voulu.
 
Le mobile qui l'inspira et le soutint pendant toute sa mission, depuis le moment de son ordination primitive jusqu'au moment de la consommation victorieuse sur la croix, était double : premièrement, le désir de faire la volonté de son Père en accomplissant la rédemption de l'humanité ; en second lieu, son amour des hommes, du bien-être et de l'avenir desquels il avait assumé la charge. Loin de faire preuve du moindre sentiment de vengeance contre ceux qui le mettaient à mort, il montra de la compassion envers eux jusqu'à son dernier soupir. Écoutez-le prier à haute voix, à l'heure de son agonie extrême : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ! » [15]. Et l'amour de Dieu n'est pas moindre, comme le prouve le fait qu'il accepta l'offre de son Fils et qu'il permit à celui qu'il lui plaisait d'appeler son Bien-aimé de souffrir comme seul un Dieu peut souffrir : « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle, Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » [16]. Plus loin, nous lisons les enseignements de l'apôtre que le Seigneur aimait tant : « L'amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui » [17].
 
L'Expiation fut préordonnée et prédite. - Comme nous l'avons déjà montré, le plan du Père d'ouvrir la voie à la rédemption de l'humanité, puis de laisser à tous les hommes l'exercice de leur libre arbitre, fut adopté par le concile céleste après rejet du plan de coercition de Lucifer. C'est déjà à cette période reculée que Jésus fut désigné comme médiateur pour tous les hommes, en réalité « Jésus contracta une alliance avec son Père, par laquelle il s'engageait à expier les péchés du monde, et c'est ainsi que, comme il a été dit, il devint « l'Agneau immolé dès avant la fondation du monde » [18]. Des prophètes qui vécurent des siècles avant l'époque de la naissance du Christ rendirent témoignage de lui et de la grande oeuvre qu'il avait été appelé à accomplir. Il avait été permis à ces hommes de Dieu de voir, au cours de visions prophétiques, un grand nombre des scènes liées à la mission terrestre du Sauveur, et ils rendirent solennellement témoignage de ces manifestations. Le témoignage du Christ est l'esprit de prophétie et, sans lui, nul ne peut prétendre, à juste titre, à l'honneur d'être un prophète de Dieu. Le désespoir qu'Adam éprouva au moment de la chute se transforma en joie lorsque, par la révélation, il prit connaissance du plan de rédemption qui devait être exécuté par le Fils de Dieu dans la chair [19].
 
Énoch, le juste, enseigna les mêmes vérités, qui lui avaient été déclarées des cieux [20]. Ce témoignage fut rendu par Moïse [21], Job [22], David [23], Zacharie [24], Ésaïe [25] et Michée [26]. La même déclaration fut faite par Jean-Baptiste dont le Seigneur dit qu'il était plus qu'un prophète [27].
 
S'il y avait le moindre doute quant à l'application de ces prophéties, nous avons le témoignage concluant du Christ qu'elles se rapportent à lui. Ce jour mémorable qui suivit immédiatement sa résurrection, tandis qu'il marchait incognito avec deux disciples sur le chemin d'Emmaüs, il leur enseigna les prophéties qui avaient été écrites concernant le Fils de Dieu, « et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait » [28]. Quelques heures après cet événement, le Seigneur apparut aux onze à Jérusalem. « Il leur ouvrit l'esprit, afin qu'ils comprissent les Écritures. Et il leur dit : Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait... » [29], témoignant par là qu'il avait exécuté un plan tracé préalablement. Pierre, l'un des associés les plus intimes de Jésus sur cette terre, parle de lui en ces termes : « ... un agneau sans défaut et sans tache, prédestiné avant la fondation du monde... » [30]. Dans son épître aux Romains, Paul dit de Jésus-Christ que « c'est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient, victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu'il avait laissé impunis les péchés commis auparavant » [31]. Ce ne sont là que quelques-unes des preuves bibliques de la préordination du Christ ; les écrits de l'Ancien et du Nouveau Testament abondent tous deux en preuves de l’œuvre dont le Messie était chargé.
 
Ce qui caractérise les prophètes du Livre de Mormon, c'est leur manière directe de rendre témoignage au sujet du Messie. À cause de sa foi, il fut accordé au frère de Jared de contempler le Sauveur, vingt-deux siècles avant le méridien des temps et de voir que l'homme avait été créé à l'image du Seigneur, et il apprit en même temps les desseins du Père [32], selon lesquels le Fils devait revêtir la chair et demeurer sur la terre [33]. Notez la déclaration personnelle du Rédempteur préordonné à ce prophète : « Voici, je suis celui qui fut préparé depuis la fondation du monde pour racheter mon peuple. Voici, je suis Jésus-Christ. Je suis le Père et le Fils. En moi, toute l'humanité aura la lumière, et cela éternellement, même ceux qui croiront en mon nom ; et ils deviendront mes fils et mes filles » [34].
 
Néphi rapporte la prophétie de son père Léhi concernant l'avènement futur du Fils dans la chair, son baptême, sa mort et sa résurrection ; et cette prophétie spécifie la date exacte de la naissance du Sauveur, six cents ans après l'exode de Léhi de Jérusalem. La mission de Jean-Baptiste est décrite, et l'endroit du baptême est même désigné [35]. Peu de temps après la vision de Léhi, l'Esprit montra les mêmes choses à Néphi et beaucoup d'autres encore, dont il écrivit certaines mais dont il lui fut interdit d'écrire la plus grande partie, étant donné qu'un autre, l'apôtre Jean, avait été choisi pour les écrire dans un livre qui ferait partie de la Bible. Mais d'après le récit partiel de sa vision, nous apprenons qu'il vit, à Nazareth, la Vierge Marie, tout d'abord seule et peu après avec un enfant dans les bras ; et que celui qui lui montrait la vision lui apprit que l'enfant était l'Agneau de Dieu, le Fils du Père éternel. Alors Néphi vit le Fils accomplissant son ministère parmi les enfants des hommes, proclamant la parole, guérissant les malades, et accomplissant d'autres grands miracles étonnants ; il vit Jean, le prophète du désert, allant devant lui ; il vit le Sauveur baptisé par Jean, et le Saint-Esprit descendant sur lui, avec le signe visible de la colombe. Il vit alors et prophétisa que douze apôtres suivraient le Sauveur dans son ministère ; que le Fils serait pris et jugé par les hommes et serait finalement mis à mort par eux. Pénétrant l'avenir même au-delà de l'époque de la crucifixion, Néphi vit la lutte du monde contre les apôtres de l'Agneau et le triomphe final de la cause de Dieu [36].
 
Jacob, le frère de Néphi, prophétisa à ses frères que le Christ apparaîtrait dans la chair parmi les Juifs et qu'il serait battu de verges et crucifié [37]. Le roi Benjamin éleva la voix pour soutenir le même témoignage et prêcha à son peuple la juste condescendance de Dieu [38]. Abinadi [39], Alma [40], Amulek [41] et Samuel, le prophète lamanite [42] firent des déclarations dans le même sens. L'accomplissement littéral de ces prophéties est la preuve de leur véracité. Les signes et les miracles qui devaient indiquer la naissance [43] et la mort du Christ furent tous réalisés [44] ; et après sa mort et son ascension, le Sauveur se manifesta personnellement parmi les Néphites, tandis que le Père le proclamait à la multitude [45].
 
Les anciennes Écritures déclarent donc clairement que le Christ vint sur terre pour accomplir une oeuvre qui lui avait été confiée au préalable. Il vécut, souffrit et mourut conformément à un plan qui avait été conçu, en toute justice, avant même que le monde fût, pour la rédemption des enfants d'Adam. La parole de la révélation des derniers jours par laquelle le Fils s'est proclamé l'Alpha et l'Oméga, le commencement et la fin, l'Avocat de l'homme auprès du Père, le Rédempteur universel, est également importante et explicite [46]. Considérez une seule citation de parmi les nombreuses révélations reçues à notre époque au sujet du Christ : « Ecoutez la voix du Seigneur votre Dieu, l'Alpha et l'Oméga, le commencement et la fin, et dont la course est une ronde éternelle, toujours la même, aujourd'hui aussi bien qu'hier et à jamais. Je suis Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui fut crucifié pour les péchés du monde, afin que tous ceux qui croient en mon nom puissent devenir les fils de Dieu, même un en moi comme je suis un dans le Père et comme le Père est un en moi, afin que nous puissions être un » [47].
 
La portée de l'Expiation est universelle et s'applique identiquement à tous les descendants d'Adam. Même l'incroyant, le païen, et l'enfant qui meurt avant d'atteindre l'âge de discernement, sont tous rachetés, par le sacrifice expiatoire du Sauveur, des conséquences individuelles de la chute [48]. Il est prouvé par les Écritures que la résurrection du corps est l'une des victoires que le Christ a remportées grâce à son sacrifice expiatoire. Il a, lui-même, proclamé la vérité éternelle : « Je suis la résurrection et la vie » [49]. Et il fut le premier de tous les hommes à se lever de la tombe à l'immortalité - « les prémices de ceux qui sont morts » [50]. Les Écritures ne laissent aucun doute quant au fait que la résurrection sera universelle. Le Seigneur annonça à ses apôtres le commencement de cette oeuvre de délivrance du tombeau. Écoutez ses propres paroles : « Ne vous étonnez pas de cela ; car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement » [51]. Ou bien, comme la dernière partie de cette déclaration a été rendue par inspiration à notre époque, « ceux qui ont fait le bien pour la résurrection des justes, et ceux qui ont fait le mal pour la résurrection des injustes » [52].
 
Paul prêcha la doctrine de la résurrection universelle : Il y aura une résurrection des justes et des injustes » [53]. Une autre fois, il écrivit : « Et comme tous meurent en Adam, de même tous revivront en Christ » [54]. Jean le Révélateur rend témoignage de la vision qu'il eut de l'avenir : « Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône... La mer rendit les morts qui étaient en elle, la mort et le séjour des morts rendirent les morts qui étaient en eux » [55]. Ainsi, il est clair que l'effet de l'Expiation, dans la mesure où elle s'applique à la victoire sur la mort temporelle ou corporelle, embrasse le genre humain tout entier. Il est également clair que la délivrance de la mort spirituelle, celle-ci étant le bannissement de la présence de Dieu, est offerte à tous ; de sorte que si un homme perd son salut, il ne peut imputer cette perte qu'à lui-même et ne sera en aucune manière l'effet inéluctable de la transgression d'Adam. Le fait que le don de la rédemption par Jésus-Christ est accordé gratuitement à tous les hommes, a été enseigné de façon bien nette par les apôtres d'autrefois. C'est ainsi que Paul nous dit : « Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes » [56]. Et plus loin : « Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous » [57]. Jean parla du sacrifice du Rédempteur en ces termes : « Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier » [58].
 
Les mêmes vérités furent enseignées parmi les Néphites. Benjamin, le roi intègre, prêcha « l'expiation préparée dès la fondation du monde, pour tous les hommes qui aient jamais été depuis la chute d'Adam ou qui sont ou qui seront jamais, même jusqu'à la fin du monde » [59]. Dans la révélation moderne, nous lisons que le Christ est venu dans ce monde pour souffrir et mourir : « Pour que tous ceux que le Père a mis en son pouvoir et a faits par lui puissent être sauvés par son intermédiaire » [60].
 
Mais outre cette application universelle de l'Expiation, par laquelle tous les hommes sont rachetés des effets de la transgression d'Adam en ce qui concerne à la fois la mort corporelle et le péché hérité, ce même grand sacrifice s'applique également en tant que moyen de propitiation pour les péchés individuels par la foi et les bonnes oeuvres du pécheur. Ce double effet de l'Expiation est impliqué dans l'article de notre foi que nous sommes en train d'examiner. Le premier effet est d'assurer à tous les hommes, de façon égale, l'exemption du châtiment de la chute, pourvoyant ainsi un plan de salut général. Le second effet est d'ouvrir la voie au salut Individuel, grâce auquel les hommes peuvent obtenir la rémission de leurs péchés personnels. Comme ces péchés sont le résultat d'actes individuels il n'est que juste qu'ils soient pardonnés à la condition que l'individu qui les a commis se soumette à ce qui est prescrit, c'est-à-dire « l'obéissance aux lois et aux ordonnances de l'Évangile ».
 
L'effet général de l'Expiation, dans la mesure où il s'applique à tous ceux qui sont arrivés à l'âge de responsabilité et de jugement, a été démontré par les Écritures déjà citées. Il convient que nous accordions maintenant notre attention à son application aux enfants. L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours enseigne, et c'est là une doctrine fondée sur la raison, la justice et les Écritures, que tous les enfants sont innocents devant Dieu et que, jusqu'à ce qu'ils atteignent un âge de responsabilité personnelle, le baptême n'est ni requis ni indiqué pour eux ; que, en résumé, ils sont sauvés par l'expiation du Christ. Dans une certaine mesure, les enfants naissent héritiers de la bonne ou de la mauvaise nature de leurs parents. Les effets de l'hérédité sont chose admise. Les bonnes et les mauvaises inclinations, les bénédictions et les malédictions sont transmises de génération en génération. Dans cet ordre divinement établi dont la justice apparaît clairement à la lumière de la connaissance révélée sur l'état prémortel des esprits des hommes, les enfants d'Adam sont héritiers naturels des maux de la mortalité. Mais, grâce à l'expiation du Christ, ils sont tous rachetés de la malédiction de cet état déchu. La dette qui leur est léguée est payée pour eux et ainsi ils sont libres. Les enfants qui meurent avant d'avoir atteint l'âge auquel ils sont responsables de leurs actes, sont innocents aux yeux de Dieu, en dépit du fait qu'ils sont issus de transgresseurs. Nous lisons dans le Livre de Mormon : « Les petits enfants ne peuvent se repentir ; c'est donc une affreuse impiété de nier les pures miséricordes de Dieu à leur égard, car ils sont tous vivants en lui, à cause de sa miséricorde... Car sache que tous les petits enfants sont vivants dans le Christ, de même que tous ceux qui n'ont pas la loi. Car le pouvoir de la rédemption embrasse tous ceux qui n'ont pas de loi » [61].
 
Le prophète Mormon, écrivant à son fils Moroni, exprima, en ces termes, sa conviction de l'innocence des enfants : « Écoute les paroles du Christ, ton Rédempteur, ton Seigneur et ton Dieu. Voici, je suis venu au monde, non pas pour appeler les justes, mais les pécheurs au repentir. Ce ne sont pas ceux qui ont la santé qui ont besoin du médecin, mais ce sont ceux qui sont malades ; c'est pourquoi les petits enfants ont la santé, car ils sont incapables de commettre le péché ; et la malédiction d'Adam leur est enlevée en moi, de sorte qu'elle n'a aucun pouvoir sur eux... Voici, je te dis que tu enseigneras cette chose - le repentir et le baptême à ceux qui sont responsables et capables de commettre le péché ; oui, enseigne aux parents qu'il faut qu'ils se repentent et qu'ils soient baptisés, et qu'ils s'humilient pour devenir comme leurs petits enfants, et ils seront tous sauvés avec leurs petits enfants ; et leurs petits enfants n'ont besoin ni de repentir ni de baptême. Voici, le baptême est pour la repentance, pour l'accomplissement des commandements, pour la rémission des péchés. Mais les petits enfants sont vivants dans le Christ même depuis la fondation du monde » [62].
 
Dans une révélation reçue par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, le Seigneur a dit : « Mais voici, je vous dis que les petits enfants sont rachetés depuis la fondation du monde par l'entremise de mon Fils unique ; c'est pourquoi ils ne peuvent pécher, car le pouvoir de tenter les petits enfants n'est donné à Satan que lorsqu'ils commencent à devenir responsables devant moi » [63]. Le président John Taylor, après avoir cité des exemples de l'affection du Christ pour les petits enfants et des preuves de ce que le ciel les considère être dans un état d'innocence, déclare : « Sans la transgression d'Adam, ces enfants n'auraient pas pu exister. Grâce à l'Expiation, ils sont placés dans un état de salut sans aucune action de leur part. Selon l'opinion des statisticiens, cela représenterait plus de la moitié de la famille humaine qui pourrait attribuer son salut uniquement à la médiation et à l'expiation du Sauveur » [64].
 
L'effet individuel de l'Expiation donne à toute âme le moyen d'obtenir l'absolution des effets des péchés personnels, grâce à la médiation du Christ. Mais cette intercession salvatrice doit être invoquée par l'effort individuel qui se manifeste par la foi, la repentance et la persévérance dans les oeuvres de justice. Les lois sous lesquelles le salut individuel peut s'obtenir ont été prescrites par le Christ, qui possède le droit de déterminer comment les bénédictions rendues possibles par son sacrifice doivent être administrées. Tous les hommes ont besoin de la médiation du Sauveur, car tous sont transgresseurs. Ce sont là les enseignements des apôtres d'autrefois : « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » [65]. Et aussi : « Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes et la vérité n'est point en nous » [66]. Bien que la bénédiction que constitue le rachat des péchés individuels soit à la disposition et à la portée de tous, elle s'obtient néanmoins par l'effort personnel ; ce fait est proclamé aussi clairement que cette autre vérité : l'humanité est sauvée sans conditions de la mort qui résulta de la chute. Il y a un jugement préparé pour tous et tous seront jugés selon leurs oeuvres. Le libre arbitre de l'homme lui permet de choisir ou de rejeter, de suivre le sentier de la vie ou le chemin qui mène à la destruction. C'est pourquoi, il n'est que juste qu'il soit appelé à rendre compte de l'exercice de son pouvoir de choisir et à subir les conséquences de ses actes.
 
D’où la justice de la doctrine scripturale que l'individu n'obtient le salut que par l'obéissance. « Il est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, l'auteur d'un salut éternel » [67] est-il dit du Christ. Et, plus loin, Dieu « rendra à chacun selon ses oeuvres réservant la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire, cherchent l'honneur, la gloire et l'immortalité ; mais l'irritation et la colère à ceux qui, par esprit de dispute, sont rebelles à la vérité et obéissent à l'injustice ; tribulation et angoisse sur toute âme qui fait le mal, sur le Juif premièrement, puis sur le Grec ! Gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien, pour le Juif premièrement, puis pour le Grec ! Car, devant Dieu, il n'y a point d'acception de personnes » [68]. On peut ajouter à cela les paroles prononcées par le Sauveur ressuscité : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » [69].
 
Considérez, en outre, la prophétie que le roi Benjamin proclama à la multitude néphite : Le sang du Christ « expie les péchés de ceux qui sont tombés par la transgression d'Adam, sont morts sans avoir connu la volonté de Dieu ou ont péché par ignorance. Mais malheur, malheur à celui qui sait qu'il se rebelle contre Dieu ! Car le salut n'est pas pour lui, ou ses pareils, à moins qu'il rie se repente et ait foi au Seigneur Jésus-Christ » [70].
 
Mais à quoi bon multiplier les citations scripturales alors que la teneur entière de l'Écriture sainte soutient cette doctrine ? Sans le Christ personne ne peut être sauvé et le salut donné au prix des souffrances et de la mort corporelle du Christ n'est offert qu'à certaines conditions bien définies, que l'on peut résumer en ces termes : e l'obéissance aux lois et aux ordonnances de l'Évangile ».
 
Le salut et l'exaltation. - Un certain degré de salut sera accordé à ceux qui n'y auront pas perdu droit. L'exaltation n'est accordée qu'à ceux-là seuls qui auront mérité, par leurs efforts et leur justice, les libéralités miséricordieuses de Dieu par lesquelles elle est accordée. Parmi ceux qui seront sauvés, tous ne seront pas exaltés aux plus grandes gloires ; les récompenses ne seront pas accordées en dépit de la justice ; les châtiments ne seront pas infligés sans miséricorde. Personne ne peut être admis dans quelque ordre de gloire que ce soit, ou en d'autres termes, personne ne peut être sauvé avant que la justice n'ait été satisfaite pour la transgression de la loi. Notre croyance en l'application universelle de l'Expiation n'implique nullement que nous supposons que toute l'humanité sera sauvée avec des investitures égales de gloire et de pouvoir. Dans le royaume de Dieu, il y a de nombreux degrés ou gradations préparés pour ceux qui en sont dignes. Il y a de nombreuses demeures dans la maison de notre Père, où ne sont admis que ceux qui sont préparés. La fausse supposition, basée sur des dogmes sectaires que, dans l'au-delà, il n'y aura que deux lieux ou états pour les âmes des hommes -le ciel et l'enfer, avec la même gloire dans toutes les parties de l'un et les mêmes terreurs partout dans l'autre - est insoutenable à la lumière de la révélation divine. Grâce à la parole directe du Seigneur, nous apprenons qu'il existe divers royaumes de gloire.
 
Les degrés de gloire. - Les révélations de Dieu ont défini les royaumes ou degrés de gloire des principaux suivants préparés par le Christ pour les enfants des hommes.
1. La gloire céleste [71] - en est qui se sont efforcés d'obéir à tous les commandements divins, qui ont accepté le témoignage du Christ, obéi aux « lois et aux ordonnances de l'Évangile » et reçu le Saint-Esprit ; ce sont ceux qui ont vaincu le mal par les bonnes oeuvres et qui, par conséquent, ont droit à la plus haute gloire ; ce sont ceux qui appartiennent à l'Église du Premier-né, à qui le Père a donné toutes choses ; ils deviennent prêtres et rois du Très-Haut, selon l'ordre de Melchisédek ; ils possèdent des corps célestes, « dont la gloire est celle du soleil, même la gloire de Dieu, la plus haute de toutes, gloire dont il est écrit que le soleil du firmament en est le type » ; ils sont admis parmi les glorifiés et couronnés d'exaltation dans le royaume céleste.
 
2. La gloire terrestre [72] - Nous lisons que d'autres reçoivent une gloire d'un second ordre, différente de la plus haute comme « la lune diffère du soleil » dans le firmament. Ce sont ceux qui, quoique honorables, ne se sont pas conformés aux conditions requises pour l'exaltation, qui ont été aveuglés par les artifices des hommes et incapables d'accepter les lois supérieures de Dieu et de s'y conformer. Ils ne « sont pas vaillants dans le témoignage de Jésus », c'est pourquoi ils n'ont pas droit à la plénitude de la gloire.
 
3. La gloire téleste [73] - Il existe un autre degré, différent des ordres plus élevés comme les étoiles diffèrent des astres plus brillants du firmament. C'est pour ceux qui n'ont pas accepté le témoignage du Christ, mais qui, néanmoins, n'ont pas nié le Saint-Esprit, qui ont mené une vie qui les exempte des châtiments les plus sévères, mais dont la rédemption est remise jusqu'à la dernière résurrection. Il y a, dans le monde téleste, d'innombrables degrés, comparables à la lumière variée des étoiles [74]. Cependant tous ceux qui reçoivent de n'importe lequel de ces ordres de gloire seront enfin sauvés, et Satan n'en pourra finalement réclamer aucun. Même la gloire téleste surpasse toute compréhension, « et nul ne la connaît, si ce n'est celui à qui Dieu l'a révélée » [75]. Restent ceux qui ont perdu tout droit à la miséricorde immédiate de Dieu et dont les actions les mettent au rang de Perdition et de ses anges [76].
 
[1] Selon le sens originel du latin vicarlus : qui tient la place d'un autre, substitué à un autre.
[2] Rom. 5:11.
[3] Ce qui précède ne vaut que pour la Version du Roi Jacques employée par J'auteur. Nous avons employé la Version Segond pour la traduction en substituant, entre crochets, la traduction de l'anglais au texte français là où la version anglaise diffère de la version française. Les mots expiation, expiatoire sont employés un nombre limité de fois dans la version Segond, ndt. Rom. 5:10, 11 ; voir la Revised Version.
[4] Voir note 1, à la fin du chapitre.
[5] John Taylor, Mediation and Atonernent, p. 148, 149 ; voir aussi note 5, à la fin du chapitre.
[6] Voir Lév. 16:20-22.
[7] Voir Lév. chap. 4.
[8] Voir Matt. 26:53, 54 ; Jean 10:17, 18.
[9] D&A 19:16-19 ; voir Jesus the Christ, p. 610-614.
[10] Voir 1 Cor.15:29 ; voir aussi chap. 7 du présent ouvrage
[11] Voir D&A 127:4-9 ; sec. 128
[12] Jean 10:17, 18 ; voir Jésus the Christ, p. 22, 23, 81, 418.
[13] Jean 5:26,27.
[14] Matt. 26:53, 54.
[15] Luc 23:34.
[16] Jean 3:16, 17.
[17] 1 Jean 4:9 ; voir aussi Jesus the Christ, chaps. 2, 3.
[18] John Taylor, dans Mediation and Atonement, p. 97 ; voir aussi note 4, à la fin du chapitre.
[19] Voir PGP, Moïse 5:9-11 ; voir aussi note 6, à la fin du chapitre.
[20] Voir PGP, Moïse 6:51-68.
[21] Voir Deut. 18:15, 17-19.
[22] Voir Job 19:25-27.
[23] Voir Ps. 2.
[24] Voir Zach. 9:9 ; 12:10 ; 13:6.
[25] Voir Es. 7:14 ; 9:6, 7.
[26] Voir Mich. 5:2.
[27] Voir Matt. 3:11.
[28] Voir Luc 24:27.
[29] Luc 24:45, 46 ; voir Jesus the Christ, p. 685-690.
[30] 1 pi.1:19, 20.
[31] Rom. 3:25.
[32] Voir Rom. 16:25, 26 ; Eph. 3:9-11 ; Col. 1 24-26 ; 2 Tim. 1:8-10 ; Ti 1:2, 3 ; Apo. 13:8.
[33] Voir Éther 3:13, 14 ; 13 10, 11.
[34] Éther 3:14 ; Iire aussi 8-16 ; voir note 11. à la fin du chapitre 2.
[35] Voir 1 Néphi 10:3-11.
[36] Voir 1 Néphi 11:14-35 ; voir aussi 2 Néphi 2:3-21 ; 25 20-27 ; 26:24.
[37] Voir 2 Néphi 6:8-10 ; 9:5, 6.
[38] Voir Mosiah 3 5-27 ; 4 1-8.
[39] Voir Mosiah 15:6-9 ; chap. 16.
[40] Voir Alma 7:9-14.
[41] Voir Alma 11:36-44.
[42] Voir Hélaman 14:2-8.
[43] Voir Hélaman 14:2-5, 20-27.
[44] Voir 3 Néphi 1:5-21 ; 8:3-25.
[45] Voir 3 Néphi 11:1-17 ; voir aussi Jesus the Christ, chap. 39.
[46] Voir D&A 6:21 ; 14 9 ; 18:10-12 ; 19:1, 2, 24 ; 21:9 ; 1-9:1 ; 34:1-3 ; 35:1, 2 ; 38:1-5 ; 39:1-3 ; 45:3-5 ; 46:13, 14 ; 76:1-4, 12-14, 19-24, 68, 69 ; 93:1-17, 38.
[47] D&A 35 1, 2.
[48] Voir note 2, à la fin du chapitre.
[49] Jean 11:25.
[50] 1 Cor. 15:20 voir Actes 26:23.
[51] Jean 5:28, 29.
[52] D&A 76:17.
[53] Actes 24:15.
[54] 1 Cor. 15:22.
[55] Apo. 20:12, 13.
[56] Rom. 5:18
[57] Tim 2:5, 6.
[58]1 Jean 2:2.
[59] Mosiah 4:7.
[60] D&A 76:42.
[61] Moroni 8:19-22.
[62] Moroni 8:8-12.
[63] D&A 29:46, 47.
[64] Mediation and Afonement, p. 148 ; voir aussi note 3, à la fin du chapitre.
[65] Rom. 3:23.
[66] 1 Jean 1:8
[67] Héb. 5:9.
[68] Rom. 2:6-11.
[69] Marc 16:16.
[70] Mosiah 3:11, 12.
[71] Voir D&A 76:50-70 ; 92-96.
[72] Voir D&A 76:71-80, 87, 91, 97.
[73] Voir D&A 76:81-86, 88-90, 98-106, 109-112.
[74] Voir D&A 76:81-86, 98.
[75] D&A 76:89-90.
[76] Voir chap. 3, le paragraphe intitulé « Le châtiment des péchés » et chap. 22, le paragraphe intitulé « Les fils de perdition ».
 
 
NOTES DU CHAPITRE 4
 
1. L'Expiation d'accord avec la loi divine. - Nous n'avons appris que peu de choses sur les lois éternelles qui opèrent dans les cieux ; mais il est hors de doute que les buts de Dieu sont accomplis au moyen de la loi et par elle. Il ne peut y avoir aucune irrégularité, inconséquence, arbitraire ou caprice dans ses actions, car cela signifierait injustice. C'est pourquoi, l'Expiation doit avoir été effectuée en accord avec la loi. La vie d'abnégation, l'agonie indescriptible et la mort volontaire de celui qui avait la vie en lui-même, avec le pouvoir d'arrêter ses bourreaux à n'importe quel stade et que nul ne pouvait immoler jusqu'à ce qu'il le permît, doit avoir constitué l'obéissance à la loi éternelle de la justice, de la propitiation et de l'expiation par lesquelles la victoire sur le péché et la mort pouvait être et a été remportée. Au moyen de la vie mortelle et de la mort sacrificatoire de notre Seigneur Jésus-Christ, les exigences de la justice ont été pleinement satisfaites, et la voie est ouverte à l'administration légitime de la miséricorde en ce qui concerne les effets de la chute. Le péché, suivi de la mort, vint dans le monde par la transgression d'un seul homme. La conséquence de la mortalité sur la postérité de cet homme, avec tous ses éléments d'un état déchu, est naturelle, disons-nous, parce que nous croyons connaître quelque chose sur l'hérédité. Est-il vraiment plus naturel que la transgression d'un homme soit d'un effet universel, que le sacrifice rédempteur et sauveur d'un autre entièrement rempli de pouvoir et qualifié pour l’œuvre de l'Expiation, résulte en une bénédiction universelle ? Les anciens apôtres furent formels dans leur réponse. Paul parla ainsi : « Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes » (Rom. 5:18). Et plus loin : « Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous » (1 Tim. 2:5, 6). - De Vitality of Mormonism, de l'auteur, article « Philosophy of the Atonement », p. 58, auquel le lecteur est renvoyé.
 
2. La rédemption de la chute, universelle et inconditionnelle. - « Nous croyons que par les souffrances, la mort et l'expiation de Jésus-Christ, toute l'humanité, sans exception, doit être complètement et entièrement sauvée, autant le corps que l'esprit, de la malédiction et du bannissement sans fin auxquels elle a été consignée par la transgression d'Adam ; et que ce salut et cette rédemption universels de toute la famille humaine de la pénalité sans fin pour le péché originel, sont effectués sans condition aucune de sa part ; c'est-à-dire que les hommes n'ont pas à croire ou à se repentir, ou à être baptisés ou à faire n'importe quelle autre chose afin d'être rachetés de cette pénalité ; car, qu'ils croient ou ne croient pas, qu'ils se repentent ou restent impénitents, qu'ils soient baptisés ou non, qu'ils gardent les commandements ou les enfreignent, qu'ils soient justes ou mauvais, cela ne fait aucune différence au point de vue de leur rédemption, autant de l'âme que du corps, de la pénalité pour la transgression d'Adam. L'homme le plus juste qui ait jamais vécu sur la terre et la plus grande canaille de toute la famille humaine furent placés tous deux sous la même malédiction sans transgression ou action de leur part et tous deux auront de même la rédemption de cette malédiction, sans aucune action. et sans aucune condition de leur part. » - Orson Pratt dans Remarkable Visions.
 
3. Le Christ, l'auteur de notre salut. - Le président John Taylor dit de la mort du Christ qu'elle est un sacrifice expiatoire et il ajoute : « Le Sauveur devient ainsi maître de la situation - la dette est payée, la rédemption est faite, l'alliance accomplie, la justice satisfaite, la volonté de Dieu exécutée, et tous les pouvoirs sont maintenant remis entre les mains du Fils de Dieu - le pouvoir de la résurrection, le pouvoir de la rédemption, le pouvoir du salut, le pouvoir de décréter des lois pour l'exécution et l'accomplissement de ce dessein... Le plan, l'arrangement, l'accord, l'alliance furent faits, proposés et acceptés avant la fondation du monde, ils furent préfigurés par les sacrifices et furent effectués et consommés sur la croix. D'où, étant le Médiateur entre Dieu et l'homme, il devient, de droit, le dictateur et le directeur, sur la terre et dans les cieux, des vivants et des morts, pour le passé, le présent et l'avenir de l'homme, ainsi que de cette terre ou des cieux, pour le temps ou pour l'éternité, le chef de notre salut, l'apôtre et le grand-prêtre de notre profession, le Seigneur et Donneur de la vie. » - Mediation and Atonement, John Taylor, p.171.
 
4. L'Expiation inaugurée par le Christ. - « L'apôtre Paul résume d'une manière parfaite les résultats de la mort et de la résurrection du Christ : « Mais maintenant Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui sont morts. Car, puisque la mort est venue par un homme, c'est aussi par un homme qu'est venue la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même tous revivront en Christ » (1 Cor. 15:20-22). C'est-à-dire que, la mort étant venue sur tous les hommes par la désobéissance d'Adam, ainsi tous les hommes devront ressusciter à l'immortalité et à la vie éternelle par la mort et la résurrection du Christ. Paul dit aussi que « le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort » (verset 26). Jean le Révélateur déclare qu'il vit la mort et l'enfer jetés dans le lac de feu (Apo. 20:14). L'expiation accomplie par Jésus-Christ signifie de plus qu'il a ouvert la voie à l'homme vers la rédemption de ses propres péchés, par la foi dans les souffrances, la mort et la résurrection du Christ.
L'apôtre Paul exprime bien ceci : « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu, et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. C'est lui que Dieu a destiné par son sang à être pour ceux qui croiraient, victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu'il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience » (Rom. 3:23-26). Ces passages prouvent que la rédemption de la mort par les souffrances du Christ, est pour tous les hommes, pour les justes comme pour les méchants, pour cette terre et pour toutes les choses créées sur elle. La teneur complète des Écritures nous assure que, bien qu'ils soient assurés de ressusciter de la mort sans égard à leurs actes personnels, ils seront néanmoins récompensés pour leurs oeuvres, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, et que la rédemption des péchés personnels peut seulement s'obtenir par l'obéissance aux lois de l'Évangile et une vie de bonnes oeuvres. La transgression d'Adam étant infinie dans ses conséquences, ces conséquences ne peuvent être évitées que par une expiation infinie. » - Compendium, de F. D. Richards et J. A. Little, p. 8, 9.
 
5. L'Expiation nécessaire. - « Dans l'économie de Dieu et le Plan proposé pu le Tout-Puissant, il fut prévu que l’homme serait placé sous un loi apparemment simple en elle-même, cependant, l’épreuve de cette loi était grosse des plus graves conséquences. L’observation de cette loi assurait la vie éternelle, et la pénalité de l’infraction pour cette loi était la mort…Si la loi n’avait pas été enfreinte, l’homme aurait vécu, mais l’homme vivant ainsi aurait-il été capable de perpétuer son espèce et aurait-il pu ainsi accomplir le dessein de Dieu en préparant des tabernacles pour les esprits qui avaient été créés dans le monde des esprits ? Et de plus, aurait-il pu y avoir la nécessité d'un médiateur qui devait agir comme propitiation pour la violation de cette loi, qui, d'après les circonstances, semblait destinée à être violée ; ou la perpétuité et l'accroissement éternels de l'homme auraient-ils continué et sa haute exaltation à la Divinité aurait-elle été accomplie sans l'expiation propitiatoire et le sacrifice du Fils de Dieu ? » - Mediation and Atonement, John Taylor, p. 128, 129.
 
6. La nécessité d'un Rédempteur. - Pour un traité particulier de ce sujet, voir Jesus le Christ, par l'auteur, p. 17-31.
 
RÉFÉRENCES SCRIPTURAIRES
 
L'Expiation accomplie par Jésus-Christ
 
La mort sacrificatoire du Christ préfigurée par les sacrifices sur l'autel sous la loi de Moïse : Car c'est le sang qui fera l'expiation pour l'âme - Lév. 17:11 (version anglaise du roi Jacques, ndt).
 
Pour les péchés du peuple, sacrifices sanglants d'animaux devant le Seigneur - Lév. chap. 4 ; voir aussi 5:5-10.
 
Ordre à Adam d'offrir les premiers-nés du troupeau, en symbole du sacrifice du Fils unique - PGP, Moise 5:5-8 ; voir aussi verset 26.
 
La vierge deviendra enceinte, elle enfantera un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel - Es. 7:14 ; voir aussi Matt. 1:21-23. L
 
a vie et l’œuvre du Sauveur prédites - Es. 53:3-12. Mon Fils unique est et sera le Sauveur - Moïse 1:6.
 
Le plan de salut par tous les hommes par le sang de mon Fils unique - Moïse 6:62.
 
Le Fils unique préparé avant la fondation du monde - Moïse 5:57.
 
Le Fils de Dieu a expié le péché originel - Moïse 6:54.
 
Doit être purifié par le sang, même celui du Fils unique - Moïse 6:59.
 
Jésus-Christ qui s'est donné en rançon pour tous - Matt. 20:28, voir aussi 1 Tim. 2:5_6.
 
L'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde - Jean 1:29.
 
Je donne ma vie pour mes brebis - Jean 10:15.
 
Mon sang qui est répandu pour plusieurs pour la rémission des péchés - Matt. 26:28 ; voir aussi Luc 22:19 ; Jean 6:51.
 
Je donne ma vie afin de la reprendre - Jean 10:17 ; voir aussi versets 11 et 15.
 
Le Fils de l'Homme élevé pour que l'homme puisse avoir la vie éternelle - Jean 3:14-15 ; voir aussi 8:28 ; 12:32.
 
Le Christ élevé à la droite de Dieu comme Prince et Sauveur pour donner la repentance et le pardon des péchés - Actes 5:3 1.
 
Le Christ devait souffrir - Actes 17:3 ; voir les paroles du Seigneur - Luc 24:26, 46.
 
Le Christ est mort pour que nous soyons sauvés par lui de la colère - Rom. 5:8, 9.
 
Le Christ est mort, et il a vécu, afin de dominer sur les morts et sur les vivants - Rom. 14:9.
 
Le Christ vint dans le monde pour sauver les pécheurs - 1 Tim. 1:15 ; en rançon pour tous - 2:6 ; le Sauveur de tous les hommes - 4:10 ; il a aboli la mort - 2 Tim. 1 10.
 
Pour faire l'expiation des péchés du peuple - Héb. 2:17 ; l'auteur d'un salut éternel - 5:9 ; le médiateur d'une nouvelle alliance - 9:15.
 
Lui, qui a porté lui-même nos péchés en son corps - 1 Pi. 2:24 ; ayant souffert dans la chair - 4:1.
 
L'agneau qui a été immolé est digne - Apo. 5:12.
 
Léhi prophétise sur le Messie qui doit venir - 1 Néphi 10:14-17 ; vision du Messie donnée à Néphi - 1 Néphi 11.
 
Le Messie doit venir pour racheter les hommes de la chute - 2 Néphi 2:26.
 
Jacob enseigne que l'expiation est infinie - 2 Néphi, chapitre 9.
 
De la mort par la résurrection ; de la mort éternelle par le pouvoir de l'expiation - 2 Néphi 10:25.
 
Nulle autre voie, ni aucun autre nom donnés sous les cieux par lesquels l'homme peut être sauvé - 2 Néphi 31:21 ; voir aussi Hélaman 5:9-12 ; D&A 18:23-25.
 
Réconciliez-vous avec lui par l'expiation du Christ - Jacob 4:11.
 
Venez au Christ et prenez part à son salut - Omni 26.
 
La loi de Moïse ne sert de rien, si ce n'est par l'expiation - Mosiah 3:15.
 
La loi de Moïse accomplie par le Christ, par lequel la loi a été donnée - 3 Néphi 12:17 ; 15:2-6.
 
Ils ont la vie éternelle par le Christ, qui a brisé les liens de la mort - Mosiah 15:23 ; également versets 24-28.
 
Pas de rachat si ce n'est par la mort, les souffrances du Christ et l'expiation de son sang - Alma 21:9 ; voir aussi Hélaman 5:9-11 ; 14:16-17.
 
Il est expédient qu'une expiation soit faite - Alma 34:9-16.
 
La miséricorde vient à cause de l'expiation - Alma 42:23.
 
Le Seigneur ne rachètera pas les hommes dans leurs péchés, mais de leurs péchés - Hélaman 5:10.
 
Je suis venu apporter la rédemption au monde - 3 Néphi 9:21 voir aussi D&A 49:5.
 
J'ai glorifié le Père en prenant sur moi les péchés du monde - 3 Néphi 11:11.
 
C'est à cause de Jésus-Christ qu'est venue la rédemption de l'homme - Mormon 9:12, 13 ; il a accompli la rédemption du monde - 7:7.
 
Celui qui prétend que les petits enfants ont besoin de baptême nie les miséricordes du Christ et tient pour nulle son expiation Moroni 8:20.
 
Le Sauveur souffrit pour tous les hommes et mourut pour qu'ils puissent venir à lui - D&A 18:11 ; Jésus-Christ, le seul nom donné par lequel les hommes peuvent être sauvés versets 23-24 ; moi, Dieu, j'ai souffert ces choses pour tous, afin que, s'ils veulent se repentir, ils puissent ne pas souffrir, 19:16 ; voir aussi Moïse 6:52.
 
Le salut prévu pour tous les hommes dans tous les âges - D&A 20:23-29.
 
Votre Rédempteur qui, dans sa miséricorde, a expié vos péchés - D&A 29:1 ; les petits enfants rachetés - versets 46, 47.
 
Le Fils unique envoyé dans le monde pour la rédemption du monde - D&A 49:5.
 
Moi, le Seigneur, qui fus crucifié pour les péchés du monde D&A 53:2 ; aussi 54:1 ; 76:41.
 
Le Seigneur est Dieu, et il n'y a d'autre Sauveur que lui - D&A 76:1 ; voir versets 39 à 42.
 
Par la rédemption vient la résurrection - D&A 88:14-17.
 
Par la rédemption de la chute les hommes redevinrent innocents - D&A 93:38.
 
Mon Fils unique est et sera le Sauveur - Moïse 1:6 ; voir aussi verset 39.
 
Similitude du sacrifice du Fils unique - Moïse 5:7.
 
Que tu puisses être racheté, de même que toute l'humanité, tous ceux qui le voudront. - Moïse 5:9.
 
Le salut
 
Appel prophétique au salut - Es. 55:1, 7 ; voir aussi Luc 3:3-6.
 
Peut être obtenu grâce au Christ - Es. 61:10 ; voir aussi Luc 19:10 ; 24:46, 47 ; Jean 3:14, 17 ; Actes 4:12 ; 13:38 ; Rom. 5:15-21 ; D&A 18:23 ; Moïse 5:15 ; voir références ci-dessus sous L'Expiation.
 
La réconciliation avec Dieu effectuée par l'intermédiaire de Jésus-Christ - 2 Cor. 5:18, 19 ; voir aussi Col. 1:19-23.
 
Persévérez jusqu'à la fin pour être sauvés - Matt. 24:13 ; voir aussi 10:22 ; Héb. 3:14 ; D&A. 53:7.
 
Repose sur l'obéissance - Matt. 28:19, 20 ; Marc 1:4 ; 16:16.
 
Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement - Phil. 2:12.
 
La parole qui a été plantée en vous et qui peut sauver toutes les âmes - Jaq. 1:2 1.
 
Le salut est gratuit - 2 Néphi 2:4 ; voir aussi 26 - 24 ; doit être proclamé à chaque nation - Mosiah 15:28 ; Matt. 24:14. Voir références sous le libre arbitre à la suite du chap. 3 du présent ouvrage.
 
Il est possible de différer le jour du salut jusqu'à ce qu'il soit trop tard - Hélaman 13:3 8.
 
Les justes recueilleront le salut de leurs âmes - Alma 9:28.
 
Pas de don plus grand que le salut - D&A 6:13 ; voir aussi 11:7.
 
Les conditions du salut exposées - D&A 49:5.
 
Impossible d'être sauvé dans l'ignorance - D&A 131:6.
 
Le salut sans exaltation - D&A 132:17.
 
Degrés de salut ; l'exaltation est supérieure - Jean 14:2 1 Cor. 15:40-42 ; D&A sec. 76 ; 132:19-21.
 
Révélation à Adam concernant les conditions du salut - Moïse
 
 
CHAPITRE 5 : LA FOI ET LA REPENTANCE
 
ARTICLE 4. - Nous croyons que les premiers principes et ordonnances de l'Évangile sont : premièrement la foi au Seigneur Jésus-Christ, deuxièmement le repentir...
 
LA FOI
 
La nature de la foi. - Le sens prédominant dans lequel le terme foi est employé dans toutes les Écritures est celui d'une confiance et d'une fidélité totales envers l'être, les buts et les paroles de Dieu. Une telle confiance ' si elle est implicite, enlève tout doute à l'égard de ce que Dieu accomplit ou promet, même si ces choses ne sont pas apparentes aux sens ordinaires des mortels ni explicables par eux. De là cette définition de la foi donnée par Paul : e Or la foi est une ferme assurance des choses qu'on ne voit pas » [1]. Il est clair qu'un tel sentiment de confiance peut varier en degré selon les personnes. En effet, la foi peut se manifester depuis la première phase qui n'est guère plus qu'une faible croyance, à peine exempte d'hésitation et de crainte, jusqu'à la force de la confiance inébranlable, qui défie le doute et les sophismes.
 
Croyance, foi et connaissance. - Les termes foi et croyance sont parfois considérés comme synonymes ; néanmoins, chacun d'eux a un sens bien particulier dans notre langue, quoique l'on n'ait fait, autrefois, que peu de distinction entre eux ; c'est pourquoi les deux termes sont employés interchangeablement dans beaucoup de passages scripturaux. La croyance, dans un de ses sens reconnus, peut consister en un simple assentiment intellectuel, tandis que la foi implique le genre de confiance et de conviction qui poussent à l'action. La croyance est un assentiment mental à la véracité ou à la réalité d'une chose, cependant elle exclut, dans ce type d'assentiment, l'élément moral de responsabilité qui est inclus dans la foi. La croyance est, dans un sens, passive, un accord ou une acceptation seulement. La foi est active et positive, comprenant l'assurance et la confiance qui mènent aux oeuvres. La foi au Christ est la croyance en lui combinée à une confiance totale en lui. On rie peut pas avoir la foi sans la croyance ; cependant on peut croire et malgré tout manquer de foi. La foi est une croyance vivifiée, animée, vivante.
 
Il existe certainement une grande différence de degré entre les deux, même si l'on n'admet pas une distinction essentielle en espèce. Comme nous allons maintenant le démontrer, la foi en la Divinité est essentielle au salut ; c'est, en vérité, un pouvoir sauveur qui mène celui qui le possède dans les sentiers de la sainteté, tandis que la simple croyance en l'existence et aux attributs de la Divinité ne possède pas ce même pouvoir. Notez les paroles de Jacques [2] dans son épître générale aux saints où il réprimande ses frères pour certaines professions creuses. En substance, il dit : Vous vous complaisez avec orgueil à proclamer votre croyance en Dieu, vous vous vantez de ce que vous vous distinguez des idolâtres et des païens parce que vous acceptez un seul Dieu ; vous faites bien de le proclamer et de le croire ; mais, souvenez-vous-en, d'autres font de même ; même les démons croient ; et si fermement qu'ils tremblent à la pensée du sort que leur croyance leur fait voir clairement. Satan et ses disciples croient au Christ ; et leur croyance se monte à une connaissance de ce qu'il est, de ce qui constitue son rôle passé, présent et futur dans le plan divin de l'existence et du salut des hommes. Rappelez-vous le cas de l'homme possédé par des mauvais esprits, dans le pays des Gadaréniens, homme si cruellement tourmenté qu'il était la terreur de tous ceux qui l'approchaient. On ne pouvait ni le dompter ni le lier ; les gens avaient peur de s'approcher de lui. Cependant, lorsqu'il vit le Christ il courut l'adorer, et l'esprit pervers qui était en lui implora la miséricorde de ce Juste, l'appelant « Jésus, Fils du Dieu Très-Haut » [3]. Une autre fois, dans la synagogue de Jérusalem, un esprit impur implora Jésus de ne pas employer son pouvoir, lui disant, dans son angoisse : « Je sais qui tu es : le Saint de Dieu » [4]. Une autre fois, Jésus était suivi d'une foule composée de gens d'Idumée, de Jérusalem, de Tyr et de Sidon ; il y en avait beaucoup parmi eux qui étaient possédés de mauvais esprits, et ceux-ci, lorsqu'ils virent le Christ, se mirent à genoux devant lui, s'écriant : « Tu es le Fils de Dieu » [5]. Y eut-il jamais croyant mortel qui confessa plus franchement sa connaissance de Dieu et du Fils de Dieu que le firent ces serviteurs de Satan ? Satan connaît Dieu et le Christ ; il se souvient peut-être du rang qu'il occupait jadis lui-même en tant que Fils du Matin [6] ; cependant, avec toute cette connaissance, il est toujours Satan. Ni la croyance, ni la connaissance réelle, qui lui est supérieure, ne suffisent pour sauver ; car aucune n'est la foi. Si la croyance est le fruit de l'esprit, la foi est le fruit du cœur ; la croyance est fondée sur la raison, et la foi, en grande partie, sur l'intuition.
 
Nous entendons souvent dire que la foi est une connaissance imparfaite ; que la première disparaît lorsque la seconde prend sa place ; que maintenant nous marchons par la foi, mais qu'un jour nous marcherons à la lumière sure de la connaissance.
 
Dans un sens cela est vrai ; cependant il faut se rappeler que la connaissance peut être aussi morte et improductive en bonnes oeuvres que la croyance sans foi. Ces confessions des démons, que le Christ était le Fils de Dieu, étaient basées sur la connaissance ; cependant cette grande vérité qu'ils connaissaient, ne changea pas leur mauvaise nature. Quelle différence entre leur témoignage du Sauveur de celui de Pierre qui, à la question du Maître : « Qui dites-vous que je suis ? » répliqua en se servant pratiquement des mots employés par les esprits impurs, que nous avons cités plus haut : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » [7]. La foi de Pierre avait déjà montré son pouvoir vivifiant ; elle l'avait fait quitter beaucoup de ce qui lui avait été cher, suivre son Seigneur au milieu des persécutions et des souffrances, et délaisser les attraits de la mondanité avec ses fascinations pour la piété pleine de sacrifice que sa foi rendait tellement désirable. La connaissance qu'il avait que Dieu était le Père et que le Fils était le Rédempteur, n'était peut-être pas plus grande que celle des esprits impurs ; mais, tandis que pour eux cette connaissance ne faisait qu'ajouter à leur condamnation, pour lui elle était un moyen de salut.
 
La simple possession de la connaissance ne donne aucune assurance qu'il en résultera un bénéfice quelconque. On raconte qu'au cours d'une épidémie de choléra dans une grande ville, un savant prouva, à sa propre satisfaction, par des tests chimiques et microscopiques, que l'eau de distribution était infectée, et que c'était elle qui répandait la contagion. Il proclama le fait dans toute la ville et mit tout le monde en garde contre l'emploi d'eau non bouillie. Beaucoup de gens, bien qu'incapables de comprendre ses méthodes de recherche, et encore moins de répéter ses expériences eux-mêmes, eurent foi en ses paroles d'avertissement, suivirent ses instructions, et échappèrent à la mort, à laquelle succombèrent leurs concitoyens insouciants et incrédules. Leur foi était une foi salvatrice. Pour le savant lui-même, cette vérité, qui avait sauvé tant de vies était une affaire de connaissance. Il avait réellement perçu, sous le microscope, l'existence de germes mortels dans l'eau ; il avait prouvé leur virulence ; il savait de quoi il parlait. Néanmoins, dans un moment d'oubli, il but de l'eau qui n'avait pas été stérilisée ; il mourut peu après, victime de l'épidémie. Sa connaissance ne le sauva pas, aussi convaincante qu'elle fût, cependant d'autres, qui ne s'appuyaient que sur leur confiance ou leur foi en la vérité qu'il avait déclarée, échappèrent à la destruction qui les menaçait. Il avait la connaissance, mais était-il sage ? La connaissance est à la sagesse ce que la croyance est à la foi, l'une un principe abstrait, l’autre une application vivante. Ce n'est pas la possession seulement, mais bien le bon emploi de la connaissance qui constitue la sagesse.
 
La fondation de la foi. - Fondamentalement, et dans le sens théologique, nous considérons la foi comme une confiance vivante et inspirante en Dieu et le fait d'accepter sa volonté comme notre loi et sa parole comme guide de notre vie. La foi en Dieu est possible seulement lorsque nous apprenons qu'il existe et en outre qu'il est un Être dont la personnalité et les attributs sont dignes.
 
C'est sur une telle connaissance de l'existence de Dieu, de la dignité de sa nature et de la perfection de ses attributs, que se fonde la foi de l'homme en l'Être suprême. La foi en Dieu ne peut exister en l'absence de toute connaissance à son sujet. Cependant, même les païens enténébrés jouissent de certains fruits de la foi, car ils ont au moins la conviction innée qui provient de l'intuition naturelle de l'homme qu'il existe un pouvoir suprême. Dans chaque âme humaine, même dans celle du sauvage, se trouve une base pour la foi, quelque réduite et imparfaite que les ténèbres de l'hérédité ou du péché volontaire l'aient rendue. La foi du païen peut être faible et imparfaite, car ses capacités de reconnaître les preuves sur lesquelles repose la croyance en Dieu peuvent être bien limitées. Bien que les premiers élans de foi vers Dieu puissent être l'effet d'une intuition naturelle, le développement ultérieur de cette foi sera, en grande partie, le résultat d'un examen et d'une recherche de la vérité, effectués avec impartialité et dans l'esprit de prière.
 
La vraie foi jaillira de preuves dignes de confiance correctement interprétées ; les faux raisonnements ne peuvent engendrer qu'une foi déformée et mal placée. Nos conclusions au sujet de toute question examinée seront influencées, dans une grande mesure, par le nombre et la crédibilité des témoins, ou par le poids des preuves lorsque nous nous livrons nous-mêmes à l'enquête. Aussi improbable qu'une déclaration puisse nous paraître, si des témoins, en qui nous avons confiance, en affirment la véracité, nous sommes enclins à l'admettre comme vraie, du moins provisoirement. Si de nombreux témoins dignes de foi apportent leur témoignage, et si, de plus, des preuves collatérales apparaissent, nous pouvons considérer le fait déclaré comme prouvé. Néanmoins, nous serons toujours incapables d'affirmer la véracité du fait en question par expérience personnelle jusqu'à ce que nous ayons vu de nos propres yeux et entendu de nos propres oreilles, jusqu'à ce que, en fait, chacun de nous soit devenu un témoin digne de foi par son observation personnelle. Illustrons : Relativement peu de citoyens des États-Unis ont visité le siège du gouvernement. Les masses ne connaissent rien du Capitole, ni de la Maison Blanche, ni des immeubles d'importance et d'intérêt national, de par leur observation personnelle. Très peu de gens ont rencontré personnellement le président des États-Unis, qui y réside. Comment tous ceux qui n'ont rien vu de tout cela connaissent-ils la ville de Washington, le Capitole et le président ? Par le témoignage des autres. Ils peuvent avoir, parmi leurs connaissances, des gens qui se sont rendus à Washington et dont ils acceptent les déclarations comme vraies. Ils ont certainement écouté ou lu les descriptions de ceux qui y sont allés eux-mêmes. Alors ils apprennent que des lois y sont créées et que des décrets sont émis du siège de la nation. Leurs études à l'école, les cartes géographiques et les livres qu'ils ont employés et beaucoup d'autres incidents ajoutent aux preuves, qui deviennent bientôt décisives. Leurs déductions se multiplient, et se développent en une conviction positive. Ils acquièrent la foi en l'existence d'un centre de gouvernement national et le respect envers les lois qui en émanent.
 
Prenons une autre illustration : Les astronomes nous disent que la terre appartient, avec certaines étoiles, à un certain ordre ; qu'elle est l'une d'une famille de planètes qui tournent autour du soleil en orbites concentriques ; et que quelques-unes de ces planètes ont de nombreuses fois la dimension de notre globe. Nous pouvons ne pas être versés dans les méthodes de calcul et d'observation de l'astronomie et nous pouvons, par conséquent, être incapables de vérifier, par nos propres moyens, la véracité de ces déclarations. Mais nous trouvons une telle masse de preuves, résultats des témoignages concordants de ceux dont les connaissances et les talents scientifiques nous inspirent confiance, que nous acceptons leurs conclusions comme prouvées.
 
De même, au sujet de l'existence, de l'autorité et des attributs de Dieu, les témoignages d'un grand nombre d'hommes saints dans les temps anciens et modernes de prophètes dont la crédibilité est établie par l'accomplissement de leurs prédictions - nous sont parvenus, déclarant à l'unisson ces vérités solennelles, et la nature fournit, de toutes parts, un témoignage concordant. Rejeter une telle évidence sans la réfuter, c'est, ignorer les méthodes les plus approuvées d'examen et de recherche connues de l'homme. Le développement de la foi à partir de l'évidence est illustrée par ce qui se passa lors d'une certaine fête de Pentecôte, au cours de laquelle des milliers de Juifs, imbus de l'opinion préconçue que Jésus était un imposteur, entendirent le témoignage des apôtres et furent témoins des signes qui accompagnèrent ce témoignage. Trois mille d'entre eux furent convaincus de la vérité et devinrent disciples du Fils de Dieu, leur préjugé faisant place à la croyance, et la croyance se transformant en foi, avec les oeuvres qui l'accompagnent [8]. La fondation de la foi en Dieu est donc une croyance sincère en lui ou une connaissance de sa personne, croyance ou connaissance reposant sur les preuves et le témoignage.
 
La foi est un principe de pouvoir. - Au sens large, la foi - l'assurance de choses que nous espérons et la démonstration de choses que nos sens ne peuvent discerner - est le principe moteur qui pousse les hommes aux résolutions et aux actes. Sans l'exercice de la foi, nous ne ferions aucun effort dont les résultats seraient futurs ; sans la foi qu'il récoltera en automne, l'homme ne planterait pas au printemps ; il n'essayerait pas non plus de bâtir s'il n'avait pas confiance qu'il terminerait le bâtiment et jouirait de son usage, si l'étudiant n'avait pas la foi qu'il lui serait possible de poursuivre ses études avec succès, il ne suivrait pas ses cours. La foi devient ainsi pour nous la fondation de l'espérance, d'où jaillissent nos aspirations, nos ambitions, et notre confiance en l'avenir. Enlevez la foi. de l'homme en la possibilité de tout succès désiré et vous le privez de ce qui le pousse à l'effort. Il n'étendrait pas la main pour saisir s'il ne croyait pas. en la possibilité de se procurer la chose vers laquelle il tend la main. Ce principe devient donc la force motrice qui détermine les hommes à lutter pour exceller, et à supporter souvent des vicissitudes et des souffrances pour parvenir à leur but. La foi est le secret de l'ambition, l'âme de l'héroïsme, le pouvoir moteur de l'effort.
 
L'exercice de la foi est agréable à Dieu, et c'est par cela que l'on peut obtenir son interposition. C'est par la foi que les Israélites, au cours de leur exode d'Égypte, suivirent leur chef sur le lit de la mer Rouge ; et par l'action protectrice de Dieu que cette foi attirait, ils furent sauvés, tandis que les Égyptiens rencontraient la destruction en essayant de les suivre [9]. Avec une confiance pleine et entière dans les instructions et les promesses de Dieu, Josué et ses intrépides soldats mirent le siège devant Jéricho ; et les murs de cette ville pécheresse tombèrent devant la foi des assiégeants, sans l'usage de béliers ou d'autres engins de guerre [10]. Par le même pouvoir, Josué reçut l'aide des luminaires du ciel tandis qu'il travaillait à sa victoire contre les Amorites [11]. Paul nous cite également [12] les exemples de Gidéon [13], de Barak [14] de Samson [15] de Jephthé [16] de David [17] de Samuel [18] et des prophètes « qui, par la foi, vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent des promesses, fermèrent la gueule des lions, éteignirent la puissance du feu, échappèrent au tranchant de l'épée ; guérirent de leurs maladies ». C'est par la foi qu'Alma et Amulek furent délivrés de leur captivité lorsque les murs de leur prison s'écroulèrent [19]. C'est par la foi que Néphi et Léhi [20], fils d'Hélaman, furent protégés de leurs ennemis lamanites par le feu, au milieu duquel ils furent préservés sans la moindre brûlure ; et un plus grand miracle encore s'accomplit dans le cœur de leurs persécuteurs, car ceux-ci reçurent la lumière et se repentirent. Sous l'action de la foi, les vagues mêmes de la mer peuvent être domptées [21] ; les arbres sont soumis à la voix de celui qui commande par la foi [22] ; les montagnes peuvent être déplacées pour l'accomplissement de buts justes [23] ; les malades peuvent être guéris [24] ; les mauvais esprits chassés [25] et les morts ramenés à la vie [26]. Tout s'accomplit par la foi [27].
 
On peut objecter que la foi, en elle-même, n'est pas une source de pouvoir ; que son effet est dû à l'intervention extérieure de l'aide divine, à laquelle la foi fait simplement appel. Et le sceptique peut ajouter qu'un Dieu omniscient, bon et aimant, agirait indépendamment et donnerait sans attendre l'appel de la foi et de la prière. On trouve une réponse suffisante dans les preuves abondantes fournies par les Écritures, que le Tout-Puissant agit en conformité avec la loi, et qu'il est contraire à sa nature d'agir arbitrairement et avec caprice. De quelque manière que les lois des cieux aient été formulées, l'application de leurs mesures bienfaisantes à l'humanité dépend de la foi et de l'obéissance des mortels.
 
Considérez la défaite d'Israël par les hommes d'Aï ; une loi de justice avait été violée, et des choses qui étaient maudites avaient été introduites dans le camp du peuple de l'alliance. Cette transgression interposa de la résistance au courant de l'aide divine et le pouvoir ne fut rendu au peuple que quand il se fut sanctifié [28]. De plus, le Christ était influencé et, dans une certaine mesure, contrôlé dans ses miracles parmi les hommes par la foi ou le manque de foi du peuple. Cette bénédiction bien connue : « Ta foi t'a guéri », par laquelle il annonçait l'intervention salutaire, est une preuve de ce fait. Nous apprenons aussi qu'à une certaine occasion, dans son propre pays, il ne put pas accomplir d’œuvre puissante, en étant empêché par l'incrédulité du peuple [29].
 
Une condition d'une foi efficace. - Une condition essentielle à l'exercice d'une foi vivante, croissante et fortifiante en la Divinité est la conscience que possède l'homme qu'au moins il s'efforce de vivre conformément aux lois de Dieu, telles qu'il les a apprises. Le fait de savoir qu'il pèche volontairement et gratuitement contre la vérité le privera de la sincérité dans la prière et la foi et l'éloignera de son Père. Il doit sentir que la direction générale de sa vie est acceptable, et que, compte tenu des faiblesses humaines et de la fragilité des mortels, il jouit, dans une certaine mesure, de l'approbation du Seigneur ; sinon il lui est impossible de supplier le trône de grâce avec confiance. La conscience de l'effort sincère vers la sainteté est une puissance en elle-même qui fortifie celui qui la possède au milieu des sacrifices et des persécutions, et qui le soutient dans toutes ses bonnes oeuvres. C'est cette assurance que la communion était assurée entre Dieu et eux qui permit aux saints d'autrefois de persévérer comme ils le firent, bien que leurs souffrances fussent extrêmes. Nous lisons, à leur sujet, que certains « furent livrés aux tourments, et n'acceptèrent point de délivrance, afin d'obtenir une meilleure résurrection ; d'autres subirent les moqueries et le fouet, les chaînes et la prison ; ils furent lapidés, sciés, torturés, ils moururent tués par l'épée, ils allèrent ça et là, vêtus de peaux de brebis et de peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités - eux dont le monde n'était pas digne - errant dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et dans les antres de la terre » [30]. Aujourd'hui comme autrefois, les saints ont été soutenus dans toutes leurs souffrances par la connaissance sûre qu'ils étaient approuvés de Dieu ; et la foi des justes a toujours grandi à cause du fait qu'ils étaient conscients de la sincérité et de la dévotion de leurs efforts.
 
La foi, essentielle au salut. - Étant donné que le salut ne peut s'obtenir que par la médiation et l'expiation du Christ, et que cela ne s'applique au péché individuel que dans la mesure où il y a obéissance aux lois de la justice, il s'ensuit que la foi en Jésus-Christ est essentielle au salut. Mais personne ne peut vraiment croire en Jésus-Christ et, en même temps, douter de l'existence, ou du Père, ou du Saint-Esprit ; c'est pourquoi, la foi en la Divinité tout entière est essentielle au salut. Paul déclare que sans la foi il est impossible d'être agréable à Dieu « car il faut que celui qui s'approche de Dieu croie que Dieu existe et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent » [31]. Les Écritures abondent en assurances que ceux qui font preuve de foi envers Dieu et qui se conforment aux exigences que cette foi rend claires, seront sauvés. Les paroles du Christ à ce sujet sont définitives : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » [32]. Et encore : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » [33]. Après sa mort, ses apôtres enseignèrent une doctrine similaire tous les jours de leur ministère [34]. Un résultat naturel de la foi implicite en la Divinité sera la confiance croissante dans les Écritures qui contiennent la parole de Dieu et dans les paroles et les oeuvres de ses serviteurs autorisés qui sont ses oracles vivants.
 
La foi, un don de Dieu. - Bien qu'étant à la portée de tous ceux qui s'efforcent diligemment de l'acquérir, la foi est néanmoins un don divin [35]. Comme il convient à une perle si précieuse, elle n'est donnée qu'à ceux qui montrent, par leur sincérité, qu'ils en sont dignes et qui promettent de se conformer à ses inspirations. Bien que la foi soit appelée principe de l'Évangile du Christ, bien qu'elle soit, en réalité, le fondement de la vie religieuse, cependant même la foi est précédée par la sincérité des intentions et par l'humilité de l'âme, grâce auxquelles la parole de Dieu peut faire impression sur le cœur [36]. Aucune coercition n'est employée pour amener les hommes à la connaissance de Dieu ; cependant, aussitôt que nous ouvrons notre cœur à l'influence de la droiture, la foi qui mène à la vie éternelle nous est donnée par notre Père.
 
La foi et les oeuvres. - La foi dans un sens passif, ou la simple croyance, dans le sens plus superficiel du terme, est inefficace comme moyen de salut. Cette vérité fut exposée clairement par le Christ et ses apôtres et il se peut que la vigueur avec laquelle elle fut déclarée indique qu'une doctrine extrêmement pernicieuse naquit très tôt celle de la justification par la croyance seule. Le Sauveur enseigna que les oeuvres étaient essentielles à la validité de la profession de la foi et à son efficacité. Notez bien ses paroles : « Ceux qui me disent : Seigneur ! Seigneur ! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux » [37].
 
Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime ; et celui qui m'aime, sera aimé de mon Père ; je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui » [38]
L'exposé suivant, de Jacques, est particulièrement explicite : « Mes frères, que sert-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les oeuvres ? La foi peut-elle le sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l'un d'entre vous leur dise : Allez en paix ! Chauffez-vous et vous rassasiez, et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? Il en est ainsi de la foi : si elle n'a pas les oeuvres, elle est morte en elle-même. Mais quelqu'un dira : Toi, tu as la foi et moi j'ai les oeuvres. Montre-moi ta foi sans les oeuvres et moi je te montrerai ma foi par mes oeuvres » [39]. Et on peut ajouter à cela les paroles de Jean : « Si nous gardons ses commandements, par là nous savons que nous l'avons connu. Celui qui dit : Je l'ai connu, et qui ne garde pas ses commandements est un menteur, et la vérité n'est point en lui. Mais celui qui garde sa parole, l'amour de Dieu est véritablement parfait en lui : par là nous savons que nous sommes en lui » [40].
 
On peut ajouter à ces enseignements beaucoup de paroles inspirées extraites des Écritures néphites [41] et des révélations modernes [42], affirmant toutes la nécessité des oeuvres, et niant l'efficacité salvatrice de la croyance passive. Cependant en dépit de la clarté de la parole de Dieu, les hommes ont érigé en dogme l'idée que le salut peut s'obtenir par la foi seule, et qu'une profession de foi verbale ouvre les portes du ciel au pécheur [43]. Les Écritures citées et le sens, de la justice inhérent à l'homme suffisent à réfuter ces fausses assertions [44].
 
LA REPENTANCE
 
La nature de la repentance. - Le terme repentance est employé dans les Écritures dans plusieurs sens différents, mais, étant donné qu'il représente le devoir requis de tous ceux qui veulent obtenir le pardon de leurs transgressions, il indique un chagrin pieux pour le péché commis, qui produit une réforme de la vie[45] et comprend :1) la conviction de la culpabilité ; 2) le désir de se libérer des conséquences désastreuses du péché ; et 3) la détermination sincère de délaisser le péché et de faire le bien. La repentance est la conséquence de la contrition de l'âme, qui jaillit d'un sens profond d'humilité, et celle-ci, à son tour, provient de l'exercice d'une foi durable en Dieu. C'est pourquoi la repentance occupe, à juste raison, le rang de deuxième principe de l'Évangile, suivant immédiatement la foi à laquelle elle est étroitement associée. Aussitôt que quelqu'un reconnaît l'existence et le pouvoir de Dieu, il éprouve du respect pour les lois divines et est convaincu de sa propre indignité. Son désir de plaire au Père qu'il a si longtemps ignoré, le poussera à délaisser le péché. Et cette impulsion se fortifiera du désir naturel et louable du pécheur de faire réparation, si possible, et d'écarter ainsi, les résultats désastreux de ses égarements. Avec le zèle inspiré par sa conviction toute fraîche, il aspirera à l'occasion de prouver par ses bonnes oeuvres, la sincérité de sa nouvelle foi ; et il considérera la rémission de ses péchés comme la plus désirable des bénédictions. Il apprendra alors que ce don de miséricorde n'est accordé qu'à certaines conditions déterminées [46]. Dans le premier pas vers l'état béni du pardon, le pécheur confesse ses péchés ; dans le deuxième, il pardonne à ceux qui ont péché contre lui ; et dans le troisième, il montre qu'il accepte le sacrifice expiatoire du Christ, en se conformant aux commandements divins.
 
1. La confession des péchés est essentielle, car sans elle, la repentance est incomplète. Jean nous dit : « Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes et la vérité n'est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité » [47]. Nous lisons aussi : « Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde » [48]. Et aux saints de notre époque, le Seigneur a dit : « En vérité, je vous dis que moi, le Seigneur, je pardonne les péchés de ceux qui les confessent devant moi, et en demandent le pardon, et qui n'ont pas commis de péché entraînant la mort » [49]. Et ces paroles du Seigneur montrent bien que cet acte de confession est inclus dans la repentance : « Et c'est ainsi que vous pouvez savoir si un homme se repent de ses péchés - voici, il les confessera et les délaissera » [50].
 
2. Le pécheur doit être prêt à pardonner aux autres, s'il espère obtenir le pardon. La repentance d'un homme n'est que superficielle si son cœur n'est pas adouci au point de tolérer les faiblesses de ses semblables. En enseignant à ceux qui l'écoutaient comment prier, le Sauveur leur recommanda de demander au Père : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » [51]. Il ne leur donna aucune assurance de pardon, si, dans leur cœur, ils ne se pardonnaient pas les uns aux autres : « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père Céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses » [52]. Le pardon de l'homme, pour être acceptable aux yeux du Seigneur, doit être sans limites. Répondant à la question de Pierre : « Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère lorsqu'il péchera contre moi ? Sera-ce jusqu'à sept fois ? » Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois ». Une autre fois, voici comment il enseigna ses disciples : « Si ton frère a péché, reprends-le ; et, s'il se repent, pardonne-lui. Et s'il a péché contre toi sept fois dans un jour, et que, sept fois il revienne à toi, disant : « Je me repens - tu lui pardonneras » [53].
 
Illustrant davantage l'intention divine de mesurer les hommes avec la mesure dont ils se servent pour leurs semblables [54], le Sauveur raconta la parabole du roi à qui l'un de ses sujets devait une forte somme d'argent, dix mille talents ; mais lorsque son débiteur s'humilia devant lui et implora sa miséricorde, le cœur compatissant du roi fut ému et il remit la dette à son serviteur. Mais ce même serviteur, sortant de la présence du roi, rencontra l'un de ses compagnons qui lui devait une petite somme et, oubliant la miséricorde qui lui avait été faite si récemment, il saisit son compagnon et le fit jeter en prison jusqu'à ce qu'il eût payé sa dette. Alors le roi, ayant appris cela, fit appeler le méchant serviteur, et, le dénonçant pour son manque de gratitude et de considération, il le livra au bourreau [55]. Le Seigneur n'a pas promis d'écouter les demandes ni d'accepter les offrandes de celui dont le cœur est rempli d'amertume envers autrui : « Va d'abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande » [56]. Dans sa parole révélée aux saints de notre époque, le Seigneur a insisté particulièrement sur cette condition nécessaire : « C'est pourquoi je vous dis que vous devez vous pardonner les uns aux autres ; car celui qui ne pardonne pas à son frère ses offenses est condamné devant le Seigneur ; car c’est en lui que reste le plus grand péché » [57] et pour enlever tout doute quant aux personnes à qui il convient que les hommes pardonnent, il est ajouté : « Moi, le Seigneur, je pardonnerai à qui je veux pardonner, mais de vous il est requis de pardonner à tous les hommes ».
 
3. La confiance dans le sacrifice expiatoire du Christ constitue la troisième condition essentielle pour obtenir la rémission des péchés. Le nom de Jésus-Christ est le seul nom sous les cieux par lequel les hommes peuvent être sauvés [58] et il nous est enseigné d'offrir nos prières au Père au nom du Fils. Adam reçut cette instruction de la bouche d'un ange [59] et le Sauveur, en personne, adressa la même recommandation aux Néphites [60]. Mais personne ne peut véritablement faire profession de foi au Christ et refuser d'obéir à ses commandements ; c'est pourquoi l'obéissance est essentielle à la rémission des péchés, et le pécheur vraiment repentant cherchera avec empressement à apprendre ce qui est requis de lui.
 
La repentance, pour mériter son nom, doit comprendre quelque chose de plus que le simple fait de reconnaître ses erreurs ; elle ne consiste pas en lamentations, ni en confessions verbeuses, mais dans l'aveu, fait du fond du cœur, de la culpabilité, aveu qui entraîne l'horreur du péché et la résolution bien déterminée de réparer les erreurs du passé et de faire mieux à l'avenir. Si pareille conviction est sincère, elle se caractérise par cette « tristesse selon Dieu » qui, selon Paul, « produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort » [61]. Orson Pratt a dit très sagement : « Il ne servirait à rien à un pécheur de confesser ses péchés à Dieu s'il n'était pas déterminé à y renoncer ; il ne lui serait d'aucun profit de regretter le mal commis s'il n'avait pas l'intention de ne plus faire le mal ; ce serait folie de confesser devant Dieu le tort causé à ses semblables si on n'est pas déterminé à faire tout ce qu'on peut pour réparer. La repentance n'est donc pas seulement une confession des péchés, faite d'un cœur affligé et contrit, mais la détermination ferme et bien arrêtée de s'abstenir de toutes les voies du mal ».
 
La repentance est essentielle au salut. - Cette preuve de sincérité, ce commencement d'une vie meilleure, est exigé de tout candidat au salut. Pour recevoir la miséricorde divine, la repentance est aussi indispensable que la foi et doit être à la mesure des péchés commis. Où pouvons-nous trouver un mortel sans péché ? C'est avec raison que le sage d'autrefois a déclaré : « Non, il n'y a sur la terre point d'homme juste qui fasse le bien et qui ne pèche jamais » [62]. Qui donc n'a pas besoin de pardon, ou qui est exempt des exigences de la repentance ? Dieu a promis le pardon à ceux qui se repentent vraiment ; c'est ceux-là qui jouissent des bénéfices du salut individuel, grâce à l'expiation du Christ. Ésaïe exhorte ainsi à la repentance, promettant avec assurance le pardon : « Cherchez l'Éternel pendant qu'il se trouve, invoquez-le tandis qu'il est près ; que le méchant abandonne sa voie et l'homme d'iniquité ses pensées ; qu'il retourne à l'Éternel qui aura pitié de lui, à notre Dieu qui ne se lasse pas de pardonner » [63].
 
La charge de tous les prédicateurs inspirés à tous les âges a été d'appeler à la repentance. C'est dans ce sens que se fit entendre la voix de Jean criant dans le désert : « Repentez-vous car le royaume des cieux est proche » [64].
 
Et le Sauveur suivit avec « Repentez-vous et croyez à la bonne nouvelle » [65], et « Si vous ne vous repentez, vous périrez tous » [66]. C'est ainsi aussi que les apôtres d'autrefois proclamèrent que Dieu « annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu'ils aient à se repentir » [67]. Et, à notre époque, nous avons entendu cette parole : « Et nous savons que tous les hommes doivent se repentir, croire au nom de Jésus-Christ, adorer le Père en son nom et persévérer avec foi en son nom, jusqu'à la fin, sinon ils ne pourront pas être sauvés dans le royaume de Dieu » [68].
 
La repentance est un don de Dieu. - La repentance est un moyen de pardon ; c'est donc un des grands dons de Dieu à l'homme. On ne la reçoit pas en la demandant avec insouciance ; on ne la trouve pas le long du chemin ; néanmoins elle est donnée avec une libéralité sans bornes à ceux qui ont montré par leurs oeuvres qu'ils sont dignes de la recevoir [69]. En d'autres termes, tous ceux qui se préparent à la repentance seront conduits par l'influence adoucissante et mortifiante du Saint-Esprit à la véritable possession de ce grand don. Lorsque Pierre fut accusé par ses frères d'avoir violé la loi parce qu'il s'était associé à des Gentils, il raconta à ses auditeurs les manifestations divines qu'il avait reçues si récemment ; ils crurent et déclarèrent : « Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens, afin qu'ils aient la vie » [70]. Paul également, écrivant aux Romains, enseigne que la repentance vient par la bonté de Dieu [71].
 
La repentance n'est pas toujours possible. - Le don de repentance est accordé aux hommes qui s'humilient devant le Seigneur ; c'est le témoignage de l'Esprit à leur cœur. S'ils n'écoutent point « la voix », elle les quittera, car l'Esprit de Dieu ne luttera pas toujours avec l'homme [72]. Plus le péché est volontaire, plus la repentance devient difficile ; c'est par l'humilité et la contrition du cœur que les pécheurs peuvent accroître leur foi en Dieu et obtenir ainsi de lui le don de repentance. À mesure que l'on remet à plus tard le moment de la repentance, la capacité de se repentir devient plus faible ; négliger les occasions dans les choses saintes engendre l'incapacité. En donnant des commandements à Joseph Smith, dans les premiers jours de l'Église actuelle, le Seigneur dit : « Car moi, le Seigneur, je ne puis considérer le péché avec le moindre degré d'indulgence ; néanmoins, celui qui se repent et obéit aux commandements du Seigneur sera pardonné ; et à celui qui ne se repent pas on ôtera même la lumière qu'il a reçue car mon Esprit ne luttera pas toujours avec l'homme, dit le Seigneur des armées » [73].
 
La repentance ici-bas et dans l'au-delà. - Alma, prophète néphite, décrivit cette existence terrestre comme un état de probation accordé à l'homme pour qu'il se repente [74] ; cependant les Écritures nous apprennent que la repentance peut s'obtenir à certaines conditions, au-delà du voile de la mortalité. Entre le moment de sa mort et celui de sa résurrection, le Christ « alla prêcher aux esprits en prison qui, autrefois, avaient été, incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait aux jours de Noé » [75] ; le Fils visita ces esprits et leur prêcha l'Évangile, « afin qu'ils pussent être jugés selon les hommes dans la chair ; qui n'ont pas accepté le témoignage de Jésus dans la chair, mais qui l'ont accepté ensuite » [76].
 
Aucune âme n'est justifiée lorsqu'elle remet à plus tard ses efforts vers la repentance à cause de cette assurance de longanimité et de miséricorde. Nous ne connaissons pas entièrement les conditions dans lesquelles la repentance pourra s'obtenir dans l'au-delà ; mais supposer que l'âme qui a rejeté volontairement l'occasion de se repentir dans cette vie-ci pourra facilement se repentir dans l'au-delà, est contraire à la raison. Différer le jour de notre repentance c'est nous mettre délibérément au pouvoir de l'adversaire. C'est ce qu'Amulek enseigna à la multitude et ce à quoi il l'exhorta autrefois : « Car voici, cette vie est le moment où les hommes doivent se préparer à rencontrer Dieu... pour cette raison, je vous supplie de ne pas différer le jour de votre repentance jusqu'à la fin... Vous ne pourrez pas dire quand vous en arriverez à cette crise terrible : je veux me repentir, je veux retourner à mon Dieu. Non, vous ne pourrez pas le dire : car ce même esprit qui possède votre corps au moment où vous quittez cette vie, ce même esprit aura le pouvoir de posséder votre corps dans le monde éternel. Car voici, si vous avez différé le jour de votre repentance, même jusqu'à la mort, voici, vous vous êtes assujettis à l'esprit du diable et il vous scelle à lui comme siens » [77].
 
[1] Héb. 11:1.
[2] Voir Jaq. 2:19 ; note 1, à la fin du chapitre.
[3] Marc 5:1-18 ; aussi Matt. 8:28-34.
[4] Marc 1:24.
[5] Marc 3:8-11 voir Jesus the Christ, p. 181, 310-312.
[6] Voir D&A 76:25-27.
[7] Matt. 16:15, 16 ; voir aussi Marc 8:29 ; Luc 9:20.
[8] Voir Actes, chap. 2.
[9] Voir Ex. 14:22-29 ; Héb. 11:29.
[10] Voir Jos. 6:20 ; Héb. 11:30.
[11] Voir Jos. 10 12.
[12] Voir Héb. 11:32-34.
[13] Voir Juges 6:11.
[14] Voir Juges 4:6.
[15] Voir Juges 13:24.
[16] Voir Juges 11:1 ; 12:7.
[17] Voir 1 Sam. 16:1, 13 ; 17:45.
[18] Voir 1 Sam. 1:20 ; 12:20.
[19] Voir Alma 14:26-29 voir aussi Éther 12:13.
[20] Voir Hélaman 5:20-52 voir aussi Éther 12 14.
[21] Voir Matt. 8:23-27 ; voir aussi Marc 4 36-41 Luc 8:22-25 ; Matt. 14:24-32 ; Marc 6:47-51 Jean 6:16-21.
[22]Voir Matt. 21:17-22 ; voir aussi Marc 11:12-14, 20-24 ; Luc 17:6 ; Jacob 4 6.
[23] Voir Matt. 17:20 ; 21:21 voir aussi Marc 11 23, 24 ; Éther 12 30 Jacob 4:6.
[24] Voir Luc 13:11-13 ; 14:2-4 ; 17:11-19 ; 22:50, 51 ; voir aussi Matt. 8:2, 3, 5-13, 14, 15, 16, etc.
[25] Voir Matt. 8:28-32 17:18 ; voir aussi Marc 1:23-26, etc.
[26] Voir Luc 7 11-16 voir aussi Jean 11:43-45 ; 1 Rois 17:17-24 ; 3 Néphi 7:19 ; 19 4 ; 26 15.
[27] Voir Matt. 17:20 ; voir aussi Marc 9:23 ; Eph. 6:16 ; 1 Jean 5:4 ; D&A 35:8-11, etc.
[28] Voir Jos., chaps. 7, 8.
[29] Voir Matt. 13:58 ; Marc 6:5, 6.
[30] Héb. 11:35-38.
[31] Héb. 11:6.
[32] Marc 16:16.
[33] Jean 3:36 ; voir aussi Jean 3:15 ; 4:42 ; 5:24 ; 11:25 ; Gal. 2-20 ; 1 Néphi 10:6, 17 ; 2 Néphi 25:25 ; 26 8 ; Énos 1:8 ; Mosiah 3:17 ; Hélaman 5:9 ; 3 Néphi 27:19 ; D&A 45:8.
[34] Voir Actes 2:38 ; 10 * 42 ; 16:31 ; Rom. 10:9 ; Héb. 3:19 ; 11:6 ; 1 Pi. 1:9 ; 1 Jean 3:23 ; 5:14.
[35] Voir Matt. 16:17 ; Jean 6:44, 65 ; Eph. 2:8 ; 1 Cor. 12:9 ; Rom. 12:3 ; Moroni 10:11.
[36] Voir Rom. 10:17.
[37] Matt. 7:21.
[38] Jean 14:21.
[39] Jaq. 2:14-18.
[40] 1 Jean 2:3-5.
[41] Voir 1 Néphi 15:33 ; 2 Néphi 29:11 ; Mosiah 5:15 ; Alma 7 27 ; 9:28 ; 37:32-34 ; 41:3-5.
[42] Voir D&A en entier.
[43] Voir notes 2 et 3, à la fin du chapitre ; aussi Vitality of Mormonism, du même auteur, l'article « Knowing and Doing », p. 282.
[44] Voir Vitality of Mormonism, l'article « Obedience is Heaven's First Law », p. 75.
[45] Voir Alma 36:6-21.
[46] Voir note 4, à la fin du chapitre.
[47] Jean 1:8, 9 ; voir aussi Ps. 32:5 ; 38:18 ; Mosiah 26:29, 30.
[48] Prov. 28:13.
[49] D&A 64:7.
[50] D&A 58:43.
[51] Matt. 6:12 voir aussi Luc 11:4.
[52] Matt. 6:14, 15 ; 3 Néphi 13 14, 15.
[53] Matt. 18:22, 23 ; Luc 17 3, 4.
[54] Voir Matt. 7:2 ; Marc 4:24 Luc 6:38.
[55] Voir Matt. 18 23-35 voir Jesus the Christ, p. 392-395.
[56] Matt. 5:23, 24 ; 3 Néphi 12 23, 24.
[57] D&A 64:9, 10.
[58] Voir PGP, Moïse 6:52.
[59] Voir PGP, Moïse 5:6-8.
[60] Voir 3 Néphi 27:5-7.
[61] 2 Cor. 7:10.
[62] Ecc. 7:20 ; voir aussi Rom. 3:10 ; 1 Jean 1:8.
[63] Es. 55:6, 7 ; voir aussi 2 Néphi 9:24 ; Alma 5:31-36, 49-56 ; 9:12 ; D&A 1:32, 33 ; 19:4 ; 20:29 ; 29:44 ; 133:16.
[64] Matt. 3:2.
[65] Marc 1:15.
[66] Luc 13:3.
[67] Actes 17:30.
[68] D&A 20:29.
[69] Voir Matt. 3:7, 8 ; Actes 26:20.
[70] Actes 11:18.
[71] Voir Rom. 2:4 ; 2 Tim. 2:25.
[72] Voir Gen. 6:3 ; D&A 1:33.
[73] D&A 1:31-33 ; voir aussi Alma 45:16 ; note 5, à la fin du chapitre.
[74] Alma 12:24 ; 34:32 ; 42:4.
[75] 1 Pi. 3:19, 20.
[76] D&A 76:73, 74 ; 1 Pi. 4:6 ; voir Jesus the Christ, chap. 36.
[77] Alma 34:32-35.
 
 
NOTES DU CHAPITRE 5
 
1. Emploi du terme foi. - « Dans le Nouveau Testament, le mot grec pistis a été traduit « foi » 235 fois, et « croyance » une fois (2 Thess. 2:13) (texte anglais), mais il n'y a aucune raison apparente pour ne pas l'avoir traduit « , foi » dans ce texte aussi. Nous n'avons aucun verbe (anglais) pour foi, mais nous employons « croire » qui, par dérivation, signifie vivre selon (Systematic Theology, par le Dr. Charles Hodge, vol. 3, p. 42, 43). Dans notre langue, « croire » admet certainement des degrés d'assurance depuis la plus légère perception de la vérité ou de l'erreur, jusqu'à l'assurance la plus complète. Mais ce n'est pas la façon dont il est employé dans la Bible par les auteurs originaux. Dans leur vocabulaire, la « croyance » est une pleine assurance et « croire » est vivre en conséquence. Le mot grec est pisteuô, duquel nous avons pistis. Il se rencontre au moins 211 fois et chaque fois il signifie avoir foi. Il y a, cependant, un autre mot, peithomai, qui a été traduit « croire » dans les Actes 17:4 ; 27:11 ; et 28:24. Cela signifie « être persuadé » sans avoir positivement accepté la « foi » (pistis). En cinq endroits pisteuô (« croire ») pourrait bien être traduit par « être ferme ».
 
Mais le mot « foi » (pistis) a fréquemment une autre signification dans le Nouveau Testament que « confiance », ou « assurance ». Il veut dire « credo » ou plutôt l'Évangile du Christ, par contraste avec la loi de Moïse - l'ère nouvelle qui prit la place de l'ancienne (voir Actes 6:7 ; 13:8 ; 14:22, 27 ; Rom. 1:5 ; 3:27 ; 10:8 ; Gal. 1:23 ; 2:16, 20 ; 3:2, 5 ; Eph. 2:8 ; 1 Tim. 1:2 ; 4:1 et beaucoup d'autres passages). Dans tous ceux-ci « foi » est presque synonyme d' « Évangile ». Il est fréquemment employé dans ce sens en anglais. De la confusion et des discussions inutiles se sont élevées du fait que ce sens évident, quoique secondaire, de « foi » n'a pas reçu l'attention qu'il fallait dans l'étude des Écritures. » - D'une note à l'auteur par J. M. Sjodahl.
 
2. Le dogme confessionnel de la justification par la foi seule a exercé une mauvaise influence. L'idée sur laquelle cette doctrine pernicieuse fut fondée, fut d'abord associée avec celle d'une prédestination absolue, par laquelle l'homme était prédestiné à la destruction, ou à un salut immérité. Ainsi Luther enseigna ce qui suit : « L'excellente, infaillible et seule préparation pour la grâce est l'élection et la prédestination éternelle de Dieu. » « Depuis la chute de l'homme, le libre arbitre n'est qu'une parole en l'air » . « Un homme qui s'imagine arriver à la grâce en faisant tout ce dont il est capable, ajoute péché sur péché, et est doublement coupable. » « L'homme qui accomplit beaucoup d’œuvres n'est pas justifié, mais celui qui, sans oeuvres, a beaucoup de foi au Christ. » (Pour ces principes doctrinaux et beaucoup d'autres de la soi-disant « Réforme », voir l'Histoire de la Réforme, par D'Aubigné, Volume 1, p. 82, 83, 119, 122). Dans l'Histoire de l'Église, par Miller (vol. 4, p. 514) nous lisons : « Le point que le réformateur [Luther] avait le plus à cœur dans tous ses ouvrages, dans toutes ses contestations, dans tous ses dangers, était la justification par la foi seule. » Mélanchton rapporte la doctrine de Luther dans ces mots : « La justification de l'homme devant Dieu procède de la foi seule. Cette foi entre dans le cœur de l'homme par la grâce de Dieu seule » ; et plus loin « Comme toutes choses qui ont lieu, ont nécessairement lieu selon la prédestination divine, il n'y a rien qui ressemble à la liberté dans nos volontés » (D'Aubigné, Vol. 3, p. 340). Il est vrai que Luther dénonça et rejeta véhémentement la responsabilité des excès que ces enseignements soulevèrent, mais il n'en proclama pas moins cette doctrine avec vigueur. Notez ces paroles : « Moi, Docteur Martin Luther, indigne héraut de l'Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ, confesse cet article que la foi seule, sans les oeuvres, justifie devant Dieu ; et je déclare qu'il restera à jamais, en dépit de l'empereur des Romains, de l'empereur des Turcs, de l'empereur des Perses - en dépit du pape et de tous les cardinaux, avec les évêques, les prêtres, les moines et les nonnes - en dépit des rois, des princes, des nobles, et en dépit du monde entier et des démons ; et que, s'ils s'efforcent de combattre cette vérité, ils attireront les feux de l'enfer sur leur tête. Ceci est le vrai et saint Évangile et ma déclaration à moi, Docteur Luther, selon les enseignements du Saint-Esprit » (D'Aubigné, vol. 1, p. 70). Il faut se souvenir, cependant, que Luther, et même les champions les plus déterminés de la doctrine de la justification par la foi, affirmèrent la nécessité de la sanctification aussi bien que de la justification. Fletcher, End of Religious Controversy, p. 90, illustre l'extrême vicieux auquel cette doctrine perverse conduisit en accusant un de ses adhérents d'avoir dit : « Même l'adultère et le meurtre ne nuisent pas aux enfants élus, mais travaillent plutôt pour leur bien. Dieu ne voit pas de péché chez les croyants ; quel que soit le péché qu'ils commettent... C'est l'erreur la plus pernicieuse, chez les instructeurs, que de distinguer le péché selon le fait et non selon la personne. Quoique je blâme ceux qui disent : Péchons pour que la grâce puisse abonder, cependant l'adultère, l'inceste et le meurtre me rendront, après tout, plus saint sur terre et plus heureux dans les cieux. »
 
Un sommaire de la controverse médiévale concernant les moyens de la grâce, comprenant la doctrine de Luther et d'autres, est présenté dans les « Outlines of Ecclesiastical History », par Roberts, troisième partie, deuxième section, auquel nous renvoyons le chercheur. Les citations données plus haut y sont incorporées.
3. La foi inclut les oeuvres. - En isolant certains passages de l'Écriture et en les considérant comme s'ils étaient complets en eux-mêmes, certains lecteurs ont prétendu qu'il y avait de l'inconséquence sinon de la contradiction. Paul a été représenté à tort comme un avocat de la foi sans les oeuvres, et Jacques a été cité en opposition à lui. Comparez Rom. 4:25 ; 9:11 ; Gal. 2:16 ; 2 Tim. 1:9 ; Tite 3:5, avec Jaq. 1:22, 23 ; 2:14-26. Paul spécifie que les formes et les cérémonies extérieures de la loi de Moïse, qui avaient été supplantées par les exigences supérieures de l'Évangile, sont des oeuvres non-essentielles. Jacques dit que l'effort positif et les actions effectives sont les oeuvres qui résultent de la vraie foi en Dieu et en ses exigences. Mais, après tout, les différences apparentes résident dans les mots et non dans l'esprit ou dans le fait. La note suivante par J. M. Sjodahl, du Bureau de l'Historien de l'Église, est instructive et à propos : « Si nous comprenons pleinement la signification dans laquelle les auteurs des Écritures emploient le mot « foi », nous verrons qu'il n'y a pas de différence de sens entre la vraie foi et les oeuvres de la foi. Dans la Bible, les deux termes signifient la même chose. Jacques ne contredit pas Paul. Car « croire » c'est vivre selon les lois de l'Évangile. Les verbes credere et vivere sont synonymes, puisque la foi sans les oeuvres est morte. C'est l'enseignement de Jacques, et Paul n'enseigne certainement pas le salut au moyen de la foi morte. »
 
4. Le pardon n'est pas toujours immédiat. À cause de l'importance des péchés commis, la repentance n'est pas toujours suivie du pardon et du rétablissement. Par exemple, lorsque Pierre prêchait aux Juifs qui avaient tué Jésus et pris son sang sur eux et sur leurs enfants, il ne dit pas : Repentez-vous et soyez baptisés pour la rémission de vos péchés ; mais : « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, quand les temps de rafraîchissement viendront de la présence du Seigneur ; et [quand] il enverra Jésus-Christ qui vous a été prêché avant : que le ciel doit recevoir jusqu'au temps de la restitution de toutes choses » (Actes 3:19-21). C'est-à-dire : Repentez-vous maintenant et croyez en Jésus-Christ afin que vous puissiez être pardonnés quand celui que vous avez tué reviendra au jour de la restitution de toutes choses et vous prescrira les conditions dans lesquelles vous pourrez être sauvés. » * - Compendium, p. 28.
 
* Traduit de la version anglaise, employée par l'auteur. La version Segond donne un texte différent qui ne permet pas le commentaire ci-dessus : « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, et qu'il envoie celui qui vous a été destiné, Jésus-Christ, que le ciel doit recevoir jusqu'aux temps du rétablissement de toutes choses », ndt.
 
5. Le péché et le pécheur. - « Car moi, le Seigneur, je ne puis voir le péché avec le moindre degré d'indulgence ; néanmoins, celui qui se repent et garde les commandements du Seigneur sera pardonné » (D&A 1:31-32 ; voir aussi Alma 45:16). Dans cette puissante épigramme, une distinction claire est faite entre le péché et le pécheur. Beaucoup éprouvent de la difficulté à séparer l'un de l'autre, à comprendre le péché comme une conception abstraite séparée de la culpabilité, personnelle. Peut-il y avoir vol sans voleur, falsification sans falsificateur, meurtre sans meurtrier ?
 
Les hommes peuvent être des menteurs, des voleurs ou des meurtriers en puissance, mais, manquant de l'occasion de devenir criminels en fait ou réprimant leurs impulsions mauvaises par des considérations de politique ou d'avantage personnel, ils peuvent garder des signes extérieurs de probité. Le loup rapace qui revêt une toison de brebis n'emploie pas un camouflage moderne. Mais dans toutes tes dissimulations, le but mauvais existe ; et le but, la pensée, ou le désir mauvais est, en lui-même, essentiellement un péché ; et un tel cas, par conséquent, ne représente aucun phénomène de culpabilité abstraite, mais une offense réelle et individuelle ; car celui qui pense le mal est un pécheur.
 
Qui de nous peut regarder la tuberculose, la petite vérole ou la grippe insidieuse et mortelle avec d'autres sentiments que la répugnance et la crainte ? Cependant nous traitons la personne affligée avec effort pour lui rendre la santé, nous ne la haïssons pas parce qu'elle est devenue malade ; mais au contraire, nous avons d'autant plus de sollicitude pour elle. Les inspecteurs d'hygiène et le corps médical ne regardent pas la maladie avec compromis, tolérance ou indulgence. Ils sont les adversaires méthodiques de la maladie physique, quel qu'en soit le déguisement, et leurs meilleurs moyens pour faire la guerre à la maladie, c'est de soigner chaque affligé tout en prenant toutes les mesures possibles pour protéger ceux qui sont sains contre l'infection.
 
Les germes de la maladie existent, qu'ils trouvent à se loger dans le corps humain ou non ; et, par analogie, nous pouvons dire que l'esprit ou la tentation du vol, de l'adultère ou du meurtre, est vivant, de même que la contagion définie du mal, quoique les hommes puissent être ou ne pas être réellement vaincus par lui. Or, dans le cas de l'affliction physique, un traitement défini est employé ; et l'obéissance à des conditions prescrites est de rigueur, aussi longtemps que le patient s'y soumettra.
 
Avec une ironie fine et intentionnée, le Guérisseur Divin répondit à la science casuistique de certains scribes et pharisiens qui se croyaient eux-mêmes justes, par la déclaration : « Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » (Marc 2:17)
 
Mais comme les Écritures l'affirment abondamment, et comme l'expérience le démontre, il n'est aucun de nous qui soit entièrement libre du péché ; au contraire, chacun a besoin des soins guérisseurs du Grand Docteur. « Le péché est la transgression de la loi » (1 Jean 3:4). En outre : « Il n'y a point de juste, pas même un seul » (Rom. 3:10) ; et encore : « Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous. » (1 Jean 1:8)
 
Le traitement pour les mortels infectés du péché est celui prescrit dans l'Évangile de Jésus-Christ, et, par l'obéissance à cet Évangile, les ravages de la contagion qui détruit l'âme peuvent être arrêtés et une immunité relative contre les attaques ultérieures peut être assurée en développant les pouvoirs de résistance. La prescription est simple ; les moyens sont facilement accessibles ; ils sont les mêmes aujourd'hui qu'ils étaient aux jours anciens et qu'ils resteront tant qu'il y aura du péché dans le monde. Ces moyens sont l'obéissance aux ordonnances de l'Évangile.
 
Faites ces choses, en continuant à mener une vie juste, et, aussi infecte que puisse jamais être l'atmosphère méphitique du péché autour de vous, vous serez préservés pour atteindre la vie éternelle, qui, de tous les dons de Dieu à l'homme, est le plus grand. - D'un article par l'auteur intitulé « Sin and the Sinner », Série C-10.
 
RÉFÉRENCES SCRIPTURAIRES
 
La Foi
 
En considérant les passages cités ci-dessous, le chercheur devrait se souvenir que dans les versions françaises, les termes « foi », « croyance » et « connaissance » avec leurs verbes et leurs adjectifs, sont fréquemment employés dans le même sens ou presque.
 
Confiez-vous en l'Éternel votre Dieu, et vous serez affermis - 2 Chron. 20:20.
 
Que vous le sachiez, que vous me croyiez - Es. 43:10.
 
Le juste vivra par sa foi - Héb. 2:4 ; voir aussi Rom. 1:17 Gal. 3:11 ; Héb. 10:38.
 
Abraham eut confiance en l'Éternel, qui le lui imputa à justice - Gen. 15:6 ; voir aussi Rom. 4:3 ; Gal. 3 . 6.
 
À cause de sa foi, Abraham fut appelé l'ami de Dieu - Jaq. 2:23 ; voir aussi Es. 41:8.
 
Lorsqu'il fut appelé à partir, il s'en alla, ne sachant où - Gen. 12:1-4 ; Héb. 11:8. Gens de peu de foi - Matt. 6:3 0 ; 8:26.
 
Comment n'avez-vous point de foi ? - Marc 4:40 ; Où est votre foi ? - Luc 9:25.
 
Il ne fit pas beaucoup de miracles en ce lieu à cause de leur incrédulité - Matt. 13:58 ; Marc 6:5, 6 ; voir aussi 3 Néphi 19:3 5 ; Éther 12:12.
 
Je crois ! Viens au secours de mon incrédulité ! - Marc 9:24.
 
Guérisons accomplies par Jésus grâce à la foi : Ta foi t'a guérie - Matt. 9:22 ; Marc 5:34 ; Luc 8:48 ; voir aussi Marc 10:52. Luc 7:50.
 
Qu'il vous soit fait selon votre foi - Matt. 9:29.
 
À cause de la foi, le Seigneur dit : Homme, tes péchés te sont pardonnés - Luc 5:20 ; voir aussi Luc 7:47.
 
La fille de Jairus ressuscitée des morts ; Jésus dit : Ne crains pas, crois seulement et elle sera sauvée - Luc 8:50.
 
Ceux qui croyaient au Christ reçurent le pouvoir de devenir enfants de Dieu - Jean 1:12 ; voir aussi Moroni 7:26 ; Moïse 7:1.
 
Si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés - Jean 9:24.
 
Celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais - Jean 14:12.
 
Croyez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu - Jean 20:31.
 
Celui qui ne croira pas sera condamné - Marc 16:16.
 
Quand le Fils de l'Homme viendra trouvera-t-il la foi sur la terre ? - Luc 18:8.
 
Quiconque croit en lui ne périt point - Jean 3:16 ; voir aussi 5:24.
 
La vie éternelle, connaître Dieu et le Sauveur - Jean 17:3.
 
Demandez et vous recevrez, etc. - Luc 11:9 ; voir aussi Énos 15 ; D. et A. 66:9.
 
Purifiant le cœur des Gentils par la foi - Actes 15:9.
 
La foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la parole du Christ - Rom. 10:17.
 
Tout ce qui n'est pas le produit d'une conviction est péché - Rom. 14:23.
 
Nous marchons par la foi et non par la vue - 2 Cor. 5:7.
 
Je vis dans la foi au Fils de Dieu - Gal. 2:20.
 
Le salut par la foi en Jésus-Christ - 2 Tim. 3:15.
 
J'ai gardé la foi - 2 Tim. 4-7.
 
La foi plus que la vue ; la démonstration de ce qu’on ne voit pas grandes oeuvres accomplies par la foi - Héb. chap. 11 ; voir aussi Éther, chaps. 3 et 12 ; 4 Néphi 5.
 
Qu'il la demande avec foi, sans douter - Jaq. 1:6. 
 
Par les oeuvres, la foi fut rendue parfaite - Jaq. 2:22. 
 
La prière de la foi sauvera le malade - Jaq. 5:15.
 
Sans la foi il est impossible d'être agréable à Dieu - Héb. 11:6 ;  D&A 63:11.
 
La foi est un don de Dieu : Ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux - Matt. 16:17.
 
Nul ne peut venir au Christ si le Père ne l'attire - Jean 6:44, 65.
 
Si quelqu'un veut faire la volonté de Dieu, il connaîtra de lui-même - Jean 7:17.
 
Selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun - Rom. 12:3.
 
À un autre la foi est donnée par le Saint-Esprit - 1 Cor. 12:8.
 
Sauvés par la grâce, par le moyen de la foi, don de Dieu - Eph. 2:8.
 
La foi essentielle au salut : Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné - Marc 16:16 ; voir aussi Éther 4:18 ; 3 Néphi 11:33, 34, 35 D&A 68:9 ; Moïse 5:15.
 
Celui qui ne croit pas est déjà jugé parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu - Jean 3:18.
 
Vous obtiendrez le salut de vos âmes pour prix de votre foi -1 Pi. 1:9.
 
Mettez en pratique la parole et ne vous bornez pas à l'écouter en vous trompant vous-même - Jaq. 1:22 -
 
Nul ne peut être sauvé s'il n'a foi en Jésus-Christ - Moroni 7:38 ; voir aussi D&A 20:29.
 
Le pouvoir du Saint-Esprit reçu par la foi au Fils de Dieu - 1 Néphi 10:17.
 
Ayant la foi parfaite dans le Très Saint d'Israël - 2 Néphi 9:23.
 
Par la parole du Christ, avec une foi inébranlable en lui - 2 Néphi 31:19.
 
La rémission des péchés effectuée par la foi - Mosiah 4:3.
 
Ce n'est pas la foi qu'avoir une connaissance parfaite des choses - Alma 32:21, 26, 40.
 
Exhortation vive à la foi et au repentir - Alma chap. 13.
 
Levez les yeux vers le Fils de Dieu, avec foi, pour avoir la vie éternelle - Hélaman 8:15.
 
Rémission des péchés par la persévérance de la foi jusqu'à la fin - Moroni 3:3 ; 8:3.
 
Rapport entre la foi, l'espérance et la charité - Moroni, chap. 7.
 
Ils s'appropriaient par la foi tout ce qui est bon - Moroni 7:25.
 
Dieu est miséricordieux envers tous ceux qui croient en son nom - Alma 32:22 ; 34:15 ; Mormon 7:5.
 
Afin que les enfants des hommes puissent prendre part au salut, par la foi en son nom - Mosiah 3:9.
 
C'est lui qui vient ôter les péchés du monde - Alma 5:48 11:40 ; 12:15 ; 19:36 ; 22:13 ; Hélaman 14:2.
 
Le Saint-Esprit traite avec les hommes d'après leur foi - Jarom 4.
 
Vous recevrez toutes choses par la foi - D&A 26:2.
 
Sans foi vous ne pouvez rien faire - D&A 8:10 ; 18:19.
 
Il vous sera fait selon votre foi - D&A 8:11 ; 10:47 ; 11:17 ; 52:20.
 
La foi ne vient pas par les signes, mais les signes suivent la foi - D&A 63:9 ; 68:10 ; 84:65 ; comparez 63:12.
 
Celui qui aura la foi pour être guéri sera guéri - D&A 42:48-52.
 
Les esprits assombris à cause de l'incrédulité - D&A 84:54.
 
Les fidèles vaincront et seront protégés - D&A 61:9, 10 ; 63:47 ; 75:16 ; 79:3.
 
La repentance
 
Toute l'humanité a besoin de se repentir. Si nous confessons nos péchés, il est juste pour nous pardonner - 1 Jean 1:8-9 voir aussi Rom. 3:10 ; Ecc. 7:20.
 
Retournez à Dieu, qui ne se lasse pas de pardonner - Es. 55:27.
 
Celui qui revient de sa méchanceté fera vivre son âme - Ez. 18:27.
 
Proclamée par Jean-Baptiste : Repentez-vous - Matt. 3:2, 8 Marc 1:4 ; Luc 3:3.
 
Prêchée par Jésus-Christ : Repentez-vous car le royaume des cieux est proche - Matt. 4:17 ; voir aussi Marc 1:15 ; 2:17.
 
Le Christ est venu pour appeler les pécheurs à la repentance - Luc 5 32.
 
Joie dans le ciel pour le pécheur repentant - Luc 15 7, 10.
 
La repentance et la rémission des péchés prêchées en son nom - Luc 24:47.
 
Punition qui suit le refus de se repentir - Apo. 2:5, 16 ; comparez 3:19.
 
Malheur aux habitants de toute la terre, à moins qu'ils ne se repentent - 3 Néphi 9:2.
 
Combien de fois vous rassemblerai-je si vous voulez vous repentir - 3 Néphi 10:6.
 
Quiconque se repentira et sera baptisé sera sauvé - 3 Néphi 23:5.
 
Prêchée par les apôtres : ils prêchèrent la repentance - Marc 6:12.
 
Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé - Actes 2:38 ; voir aussi 3:19 ; 8:22.
 
Dieu commande à tous les hommes de se repentir - Actes 17:30.
 
Se réjouissent au sujet de ceux dont la tristesse les porte à la repentance - 2 Cor. 7:9-10.
 
La repentance accordée aux païens - Actes 11:8.
 
Bénédiction à celui qui ramènera une âme à la repentance - Jaq. 5:20 ; voir aussi D&A 18:15-16.
 
Le Seigneur veut que tous arrivent à la repentance - 2 Pi. 3:9.
 
La voie est préparée pour tous les hommes s'ils se repentent - 1 Néphi 10:18.
 
Ce sera bien pour les Gentils s'ils se repentent ; quiconque ne se repent pas périra - 1 Néphi 14:5.
 
Les Gentils qui se repentiront doivent devenir le peuple de l'alliance ; les Juifs qui ne se repentiront pas seront retranchés - 2 Néphi 30:2 ; 3 Néphi 16:13.
 
Toutes les nations demeureront en sûreté dans le Très Saint d'Israël si elles se repentent - 1 Néphi 22, 28.
 
Les jours des hommes miséricordieusement prolongés pour qu'ils se repentent - 2 Néphi 2:21.
 
Délai accordé pour que les hommes puissent se repentir état probatoire, temps pour se préparer à rencontrer Dieu - Alma12:24 ; 34:32.
 
Le peuple de Dieu doit persuader tous les hommes de se repentir - 2 Néphi 26:27.
 
Malédiction sur le pays et destruction du peuple s'il ne veut pas se repentir - Jacob 3:3.
 
Croyez que vous devez vous repentir - Mosiah 4:10.
 
Repentance prêchée par Alma au lieu appelé Mormon - Mosiah 18:7, 20.
 
Paroles de l'Esprit : si vous ne vous repentez, vous ne pouvez en aucune façon hériter du royaume des cieux - Alma 5:51 ; voir aussi 7:14.
 
Ne différez point le jour de votre repentance - Alma 34:32-35.
 
Celui qui est repentant et fidèle, il est donné de connaître les mystères de Dieu - Alma 26:22.
 
Que je voudrais être un ange, pour crier le repentir à tous les peuples - Alma 29:1-2.
 
Le Seigneur a le pouvoir de racheter les hommes de leurs péchés, à cause du repentir - Hélaman 5:11.
 
Ô repentez-vous, repentez-vous ! pourquoi vouloir mourir ? - Hélaman 7:17.
 
Je voudrais vous persuader, vous, tous les bouts de la terre, de vous repentir - Mormon 3:22.
 
Le repentir est pour tous ceux qui sont sous la condamnation et sous la malédiction d'une loi violée - Moroni 8:24.
 
Châtiés afin qu'ils se repentent - D&A 1:27.
 
La lumière sera enlevée à celui qui ne se repent pas ; l'Esprit du Seigneur ne luttera pas toujours avec l'homme - D&A 1 - 33 ; voir aussi Moïse 8:17.
 
Chaque homme doit se repentir ou souffrir - D&A 19:4, 15.
 
Tous les hommes doivent se repentir et croire au nom de Jésus-Christ, adorer le Père et persévérer, sinon ils ne pourront pas être sauvés - D&A 20:29.
 
Appelez les nations à la repentance - D&A 43:20.
 
Si un homme se repent de ses péchés, il les confessera et les délaissera - D&A 58:43.
 
Leurs douleurs seront grandes à moins qu'ils ne se repentent promptement - D&A 136:35.
 
Personne ne sera reçu dans l'Église s'il n'est capable de se repentir - D&A 20:71.
 
Ce qui a le plus de valeur pour vous c'est de prêcher la repentance au peuple - D&A 16:6 ; voir aussi 18:15-16.
 
Il fut commandé à Adam et à sa postérité immédiate de se repentir - Moïse 5:8, 14, 15.
 
Adam appelle ses fils au repentir - Moïse 6:1 ; ils appelèrent tous les hommes à la repentance - 6:23 ; voir versets 50 et 57.
 
Énoch appela le peuple au repentir - Moïse 7:12.
 
Si les hommes ne se repentent pas, je ferai venir le déluge sur eux - Moïse 8:17 ; voir versets 20, 24, 25.
 
 
CHAPITRE 6 : LE BAPTÊME
 
ARTICLE 4. - Nous croyons que les premiers principes et ordonnances de l'Évangile sont : ...troisièmement le baptême par immersion pour la rémission des péchés...
 
Nature du baptême. Dans la théologie de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, le baptême d'eau occupe le rang de troisième principe et de première ordonnance essentielle de l'Évangile. Le baptême est la porte par laquelle on entre dans le troupeau du Christ, le portail de l'Église, le rite établi de naturalisation dans le royaume de Dieu. Le candidat à l'admission dans l'Église, ayant acquis et professant la foi en notre Seigneur Jésus-Christ et s'étant sincèrement repenti de ses péchés, est invité, comme il convient, à donner des preuves de cette sanctification spirituelle au moyen d'une ordonnance extérieure, prescrite par l'autorité comme signe ou symbole de sa nouvelle profession de foi. L'ordonnance initiatrice est le baptême d'eau, qui doit être suivi du baptême supérieur du Saint-Esprit ; et, en résultat de cet acte d'obéissance, la rémission des péchés est accordée.
 
Bien simples sont les moyens ainsi décrétés pour être admis dans le troupeau ; ils sont à la portée des plus pauvres et des plus faibles, comme aussi des riches et des puissants. Quel symbole pourrait-on trouver, pour mieux exprimer la purification des péchés, que le baptême d'eau ? Le baptême est le signe de l'alliance convenue entre le pécheur repentant et son Dieu, par laquelle le premier s'engage à s'efforcer d'observer les commandements divins.
 
À ce propos, Alma, le prophète, exhorta et instruisit le peuple de Gidéon de cette manière : « Oui, je vous le dis, venez et ne craignez point, délaissez tout péché, qui vous obsède aisément et vous entraîne à la destruction ; oui, venez montrer à votre Dieu que vous êtes disposés à vous repentir de vos péchés, et à faire alliance avec lui de garder ses commandements et de le lui témoigner, aujourd'hui, en entrant dans les eaux du baptême » [1].
 
Le pécheur devenu humble, convaincu de sa transgression par la foi et la repentance, accueillera avec la plus grande joie tout moyen de se purifier de ses souillures maintenant si repoussantes à ses yeux. Toutes les personnes qui se trouvent dans une condition semblable, s'écrieront comme la multitude touchée le jour de la Pentecôte : « Que ferons-nous ? » Et c'est à elles que s'adresse la réponse du Saint-Esprit, par l'intermédiaire des Écritures ou de la bouche des serviteurs élus du Seigneur : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission des péchés » [2]. Étant l'une des conséquences de la contrition de l'âme, le baptême a été appelé, à juste titre, les premiers fruits de la repentance [3].
 
L'établissement du baptême date de l'époque de l'histoire la plus reculée du genre humain. Lorsque le Seigneur se manifesta à Adam après l'expulsion de celui-ci du Jardin d'Eden, il promit au patriarche du genre humain : « Si tu veux te tourner vers moi, écouter ma voix, croire, te repentir de toutes tes transgressions et être baptisé, même dans l'eau, au nom de mon Fils unique, qui est plein de grâce et de vérité, lequel est Jésus-Christ, le seul nom qui sera donné sous les cieux par lequel le salut viendra aux enfants des hommes, tu recevras le don du Saint-Esprit, et tu demanderas toutes choses en son nom et tout ce que tu demanderas te sera donné... Et il arriva que, lorsque le Seigneur eut parlé avec Adam, notre père, Adam invoqua le Seigneur, fut enlevé par l'Esprit du Seigneur, fut emporté dans l'eau, immergé sous l'eau et sorti de l'eau. C'est ainsi qu'il fut baptisé, l'Esprit de Dieu descendit sur lui, et c'est ainsi qu'il naquit de l'Esprit et fut vivifié dans l'homme intérieur » [4]. Énoch prêcha la doctrine de la repentance et du baptême, baptisant ceux qui croyaient et se repentaient. Et tous ceux qui acceptèrent ces enseignements et se soumirent aux conditions requises par l'Évangile furent sanctifiés aux yeux de Dieu.
 
Le but du baptême est d'accorder l'admission dans l'Église du Christ en même temps que là rémission des péchés. Quel besoin avons-nous d'autres paroles pour prouver la valeur de cette ordonnance divinement instituée ? Quel don plus grand pourrait-on offrir au genre humain que le moyen sûr d'obtenir le pardon des transgressions ? La justice interdit qu'un pardon universel et sans condition soit accordé pour les péchés commis, si ce n'est par l'obéissance à la loi décrétée ; mais un moyen simple et efficace est prévu par lequel le pécheur repentant peut faire alliance avec Dieu, en scellant cette alliance du sceau qui est reconnu valable dans les cieux, et par laquelle il s'engage à se soumettre aux lois de Dieu. Il se place ainsi à la portée de la Miséricorde, sous l'influence protectrice de laquelle il peut gagner la vie éternelle.
 
Les preuves bibliques, que le baptême est le moyen choisi pour assurer à l'homme la rémission des péchés, sont nombreuses. Jean-Baptiste fut le prédicateur particulier de cette doctrine et l'administrateur autorisé de l'ordonnance, aux jours qui précédèrent immédiatement le ministère du Sauveur dans la chair ; et la voix de ce prêtre du désert émut Jérusalem et fit écho dans toute la Judée, proclamant la rémission des péchés comme fruits d'un baptême acceptable [5].
 
Saul de Tarse, persécuteur zélé des disciples du Christ, alors qu'il se rendait à Damas dans l'intention d'exercer encore son zèle mal dirigé, reçut une manifestation du pouvoir de Dieu et fut converti avec des signes et des prodiges. Il entendit la voix du Christ et y répondit, et devint ainsi témoin particulier de son Seigneur. Cependant, même cette manifestation extraordinaire de la faveur divine était insuffisante. Aveuglé par la gloire qui lui avait été manifestée, humble et fervent, convaincu du fait qu'il avait persécuté son Rédempteur, il s'écria dans l'angoisse de son âme : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » Il reçut l'ordre de se rendre à Damas où il en apprendrait davantage sur la volonté du Seigneur à son égard. C'est avec joie qu'il reçut le messager du Seigneur, le dévot Ananias, qui lui imposa les mains de sorte qu'il recouvra la vue, et lui enseigna ensuite que le baptême était le moyen d'obtenir le pardon [6].
 
Saul, connu maintenant sous le nom de Paul, devenu prédicateur de justice et apôtre du Seigneur Jésus-Christ, enseigna aux autres ce même grand principe du salut, que c'est par le baptême d'eau que vient la régénération du pécheur [7]. Avec une grande puissance de langage et le concours de manifestations du pouvoir divin, Pierre déclara cette même doctrine à la multitude repentante. Écrasée de remords au récit de ce qu'elle avait fait au Fils de Dieu, elle s'écria : « Hommes, frères, que ferons-nous ? » La réponse vint promptement, revêtue de l'autorité apostolique : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour la rémission des péchés » [8].
 
Les prophètes du Livre de Mormon rendirent le même témoignage au troupeau occidental du Christ. C’était là le sens des paroles qu'adressa Néphi, fils de Léhi, à ses frères : « Car la porte par laquelle vous devez entrer, c'est le repentir et le baptême d'eau ; et alors vient la rémission de vos péchés par le feu et par le Saint-Esprit » [9]. Alma enseigna la même chose au peuple de Gidéon, comme nous l'avons déjà mentionné [10]. Néphi, petit-fils d'Hélaman, précédant immédiatement l'avènement du Christ sur la terre, se rendit parmi son peuple, baptisant du baptême de repentance, et, de son ministère, s'ensuivit « une grande rémission des péchés » [11]. Néphi ordonna des hommes pour l'aider dans le ministère, « afin que tous ceux qui viendraient à eux fussent baptisés d'eau, et cela en gage et en témoignage devant Dieu et au peuple, qu'ils s'étaient repentis et avaient reçu la rémission de leurs péchés » [12]. Mormon ajoute son témoignage en sa qualité de représentant du Christ, exhortant le peuple à délaisser ses péchés et à se faire baptiser pour en obtenir la rémission [13].
 
La révélation des derniers jours, concernant le baptême et son objet, montre que le Seigneur attribue la même importance à cette ordonnance de nos jours qu'autrefois ; qu'il ne peut y avoir de doute quant à l'application de cette doctrine à l'Église à notre époque, que le principe a été énoncé et la loi décrétée de nouveau pour notre gouverne. Les anciens de l'Église sont chargés de prêcher que la rémission des péchés peut être obtenue grâce au baptême effectué par l'autorité [14].
 
Candidats prêts au baptême. - Étant donné que le premier objet du baptême est l'admission dans l'Église avec la rémission des péchés, et que ceci ne se produit que quand on a foi en Dieu et qu'on se repent devant lui, il s'ensuit naturellement que le baptême ne peut, en toute justice, être requis que de ceux qui sont à même de faire preuve de foi et d'une repentance active [15]. Dans une révélation concernant le gouvernement de l'Église, donnée par l'entremise de Joseph le prophète en avril 1830, le Seigneur mentionne explicitement les conditions dans lesquelles les candidats peuvent être admis dans l'Église par le baptême : « Tous ceux qui s'humilient devant Dieu, désirent être baptisés. se présentent le cœur brisé et l'esprit contrit, témoignent devant l'Église qu'ils se sont sincèrement repentis de tous leurs péchés et sont disposés à prendre sur eux le nom de Jésus, étant déterminés à le servir jusqu'à la fin, et montrent vraiment par leurs oeuvres qu'ils ont reçu une portion de l'Esprit du Christ pour la rémission de leurs péchés, ceux-là seront reçus par le baptême dans son Église [16].
 
Ces conditions excluent tous ceux qui ne sont pas arrivés à l'âge de discernement et de responsabilité ; et, par commandement direct, le Seigneur a interdit à l'Église de recevoir quiconque n'a pas atteint cet âge [17]. Par révélation, le Seigneur a désigné l'âge de huit ans comme celui auquel il convient de baptiser les enfants dans l'Église ; et il est requis des parents qu'ils préparent leurs enfants aux ordonnances de l'Église en leur enseignant les principes doctrinaux de la foi, de la repentance, du baptême et de l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit. Le fait de négliger ce devoir est considéré, par le Seigneur, comme un péché qui retombe sur la tête des parents [18].
 
Le baptême des tout petits enfants. - Les saints des derniers jours s'opposent à la pratique du baptême des tout petits enfants, qu'ils croient être, en réalité, un sacrilège. Aucun de ceux qui ont foi en la parole de Dieu ne peut considérer un petit enfant comme méchant d'une manière coupable ; un être aussi innocent n'a pas besoin d'être initié dans le troupeau, car il ne s'en est jamais égaré ; il n'a pas besoin de rémission des péchés parce qu'il n'a commis aucun péché. Et s'il meurt avant d'avoir été contaminé par les péchés de la terre, il sera reçu, sans baptême, dans le paradis de Dieu. Cependant, il existe beaucoup de docteurs soi-disant chrétiens qui enseignent que puisque tous les enfants sont nés dans un monde méchant, ils sont eux-mêmes méchants, et doivent être purifiés par les eaux du baptême pour être acceptables aux yeux de Dieu. Une telle doctrine est haïssable. L’enfant, que le Seigneur désigna comme exemple à suivre par ceux mêmes qui avaient reçu l'apostolat sacré [19], symbole choisi par le Seigneur pour représenter le royaume des cieux, cet esprit favorisé dont l'ange se trouve à jamais en présence du Père, rapportant fidèlement tout ce que l'on fait à la petite âme qui est sous sa garde [20], ce petit enfant, va-t-il être rejeté et précipité dans les tourments parce que ses tuteurs terrestres ont négligé de le faire baptiser ? Enseigner une doctrine aussi fausse est un péché.
 
L'histoire du baptême des tout petits enfants est instructive en ce qu'elle jette de la lumière sur l'origine de cette pratique erronée. Il est certain que le baptême des tout petits enfants, ou pédobaptême (grec pais, paidos, enfant, et baptismos, baptême) comme on l'appelle dans le langage de la théologie, ne fut enseigné ni par le Sauveur ni par ses apôtres. Certains citent l'incident au cours duquel le Seigneur bénit les petits enfants et réprimanda ceux qui voulaient empêcher les petits d'aller à lui [21] comme preuve en faveur du baptême des petits enfants ; mais comme il a été dit sagement dans cette remarque concise, « Déduire de cette action du Christ bénissant les enfants qu'ils doivent être baptisés ne prouve rien tant, que l'on manque d'un meilleur argument ; car la conclusion la plus probable es celle-ci : le Christ bénit les petits enfants puis les renvoya, mais il ne les baptisa pas ; donc les petits enfants ne doivent pas être baptisés » [22].
 
Il n'existe pas d'écrit authentique rapportant que le baptême des tout petits enfants ait été pratiqué au cours des deux premiers siècles après Jésus-Christ et la coutume ne devint probablement pas générale avant le cinquième siècle ; cependant depuis ce dernier moment jusqu'à la Réforme, il fut accepté par l'Église prédominante, l'Église catholique romaine. Mais même au cours de cette période de ténèbres, de nombreux théologiens élevèrent la voix contre ce rite impie [23]. Au cours de la première partie du seizième siècle, un parti religieux assez nombreux, celui des anabaptistes (du grec ana, de nouveau, et baptizein, baptiser) acquit de l'importance en Allemagne ; elle se distinguait par son opposition au baptême des tout petits enfants, et tirait son nom du fait qu'il était exigé de tous les membres qui avaient été baptisés en bas âge qu'ils fussent baptisés de nouveau. Les baptistes, en général, sont unis dans leur croyance qui s'oppose au baptême des enfants irresponsables, mais là s'arrête leur ressemblance avec les anabaptistes.
 
Certains baptiseurs de petits enfants ont essayé de prouver qu'il y aurait une analogie entre le baptême et la circoncision, mais sans aucune garantie scripturale. La circoncision devint le signe d'une alliance entre Dieu et Abraham [24] symbole qui, pour les descendants d'Abraham, indiquait qu'ils étaient libres de l'idolâtrie des temps, et qu'ils étaient acceptés par Dieu. On ne trouve nulle part que la circoncision était le moyen d'obtenir la rémission des péchés. Ce rite était applicable aux mâles seulement ; le baptême est administré aux deux sexes. La circoncision devait être accomplie le huitième jour après la naissance, même si cela coïncidait avec le jour du sabbat [25]. Au troisième siècle, un concile d'évêques se tint sous la présidence de Cyprien, évêque de Carthage, au cours duquel il fut gravement décidé qu'il était dangereux de remettre le baptême jusqu'au huitième jour après la naissance, et que, par conséquent, cela ne devait pas être permis.
 
Le baptême des tout petits enfants est interdit dans le Livre de Mormon ; nous en déduisons qu'il s'était élevé une dispute à ce sujet parmi les Néphites. Mormon, ayant reçu une révélation du Seigneur en la matière, écrivit une épître à ce sujet à son fils Moroni, dans laquelle il dénonce la pratique du baptême des petits enfants et déclare que quiconque suppose que les petits enfants ont besoin du baptême est dans le fiel de l'amertume et dans les liens de l'iniquité, niant les miséricordes du Christ, et tenant pour nuls son expiation et le pouvoir de sa rédemption [26].
 
Le baptême est essentiel au salut. - Les démonstrations qui concernent le but du baptême s'appliquent avec une force égale à la proposition que le baptême est nécessaire au salut ; car, étant donné que la rémission des péchés constitue un des buts du baptême, et qu'aucune âme ne peut être sauvée dans le royaume de Dieu avec des péchés non pardonnés, il est clair que le baptême est essentiel au salut. Le salut est promis à l'homme à condition qu'il obéisse aux lois et aux ordonnances de l'Évangile ; et, comme les Écritures le prouvent de façon concluante, le baptême est l'un des commandements les plus importants. Le baptême, étant commandé par Dieu, doit être essentiel à l'accomplissement du but pour lequel il est institué, car Dieu n'agit pas avec des formalités qui ne sont pas nécessaires. Le baptême est requis de tous ceux qui ont atteint l'âge de responsabilité aucun n'en est exempt.
 
Même le Christ, homme sans péché au milieu d'un monde pécheur, fut baptisé « pour accomplir tout ce qui est juste » [27] tel étant le but que le Sauveur déclara au prêtre hésitant, qui, aussi zélé qu'il fût pour accomplir sa grande » mission, reculait cependant quand il lui fut, demandé de baptiser quelqu'un qu'il considérait être sans péché. Des siècles avant ce grand événement, Néphi, prophétisant au milieu du peuple sur le continent occidental, prédit le baptême du Sauveur, et expliqua comment toute justice serait ainsi accomplie [28] : « Et maintenant, si l'Agneau de Dieu qui est saint, a besoin d'être baptisé d'eau pour accomplir toute justice, oh, alors combien plus nous, qui ne sommes pas saints, n'avons-nous pas besoin d'être baptisés ? »
 
Pendant son ministère dans la chair, le Sauveur enseigna que le baptême est essentiel au salut. Un certain notable juif, Nicodème, vint trouver le Christ pendant la nuit et témoigna de sa confiance dans le ministère de Jésus, qu'il appela « un docteur venu de Dieu ». Voyant sa foi, Jésus lui enseigna une des lois principales des cieux, disant : « Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu ». Une question de Nicodème provoqua cette déclaration supplémentaire : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » [29]. Il est pratiquement indiscutable que la naissance d'eau mentionnée ici comme essentielle à l'entrée dans le royaume est le baptême. Nous apprenons ensuite au sujet de l'attitude du Christ envers le baptême qu'il requit cette ordonnance de ceux qui voulaient devenir ses disciples [30]. Lorsqu'il apparut, ressuscité, à ses onze apôtres, pour leur faire ses adieux et leur donner ses instructions finales, il leur donna cet ordre : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit » [31]
 
Et, à propos des résultats du baptême, il leur déclara : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné » [32].
 
Aussi clair que paraisse l'esprit de ces instructions et de ces promesses, il y en a néanmoins beaucoup qui, bien que professant enseigner la doctrine du Rédempteur, éludent la signification de ses préceptes, et supposent, parce qu'il a dit « Celui qui ne croira pas sera condamné », au lieu de « Celui qui ne sera pas baptisé sera condamné », que le baptême après tout n'est pas une partie essentielle du plan de salut, mais simplement une convenance ou une simple commodité dans le plan de salut.
 
C'est se moquer de la foi que de professer croire au Christ et de refuser en même temps de se conformer à ses commandements. Croire en la parole de Dieu et ne pas l'observer c'est accroître notre culpabilité, car c'est ajouter l'hypocrisie aux autres péchés. Il est certain que le châtiment entier prévu pour l'incroyance volontaire sera le lot du soi-disant croyant qui refuse d'obéir aux principes mêmes dans lesquels il se vante d'avoir foi. En outre, comment peut-on qualifier la sincérité de quelqu'un qui refuse d'obéir aux commandements divins si des châtiments ne sont pas prévus en cas de désobéissance ? La repentance d'une telle personne peut-elle être sincère, si elle se soumet seulement par crainte du châtiment ? Cependant, lorsque le Seigneur proclame ce principe pour le gouvernement des saints à notre époque, ses paroles sont plus précises : « Et celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, et celui qui ne croira pas et ne sera pas baptisé sera damné » [33].
 
Cette même doctrine de la nécessité du baptême fut prêchée par les disciples du Christ, particulièrement par ceux qui lui furent intimement associés dans le ministère. Jean Baptiste témoigna qu'il avait été chargé de baptiser d'eau [34] et, concernant ceux qui acceptèrent les enseignements de Jean, le Sauveur affirma que, bien qu'ils fussent publicains, ils avaient justifié Dieu, tandis que les pharisiens et les docteurs de la loi qui avaient refusé le baptême « ont rendu nul à leur égard le dessein de Dieu » [35] abandonnant ainsi comme nous devons le conclure, leurs droits au salut. Comme nous l'avons déjà montré, Pierre, le chef des apôtres, n'avait qu'une seule réponse à donner à la multitude anxieuse de connaître ce qui était essentiel au salut : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé » [36].
 
L'humble obéissance du Christ à la volonté de son Père en se soumettant au baptême malgré qu'il fût sans péché, proclame au monde, avec plus d'éloquence que les paroles que personne n'est exempté de ce commandement, et que le baptême est vraiment une condition du salut. C'est pourquoi, nulle preuve de faveur divine, nulle dispensation de dons célestes, ne dispense l'homme de l'obéissance à cette loi-ci ni aux autres lois et ordonnances de l'Évangile. Saul de Tarse, bien qu'il lui fût permis d'entendre la voix du Rédempteur, ne put entrer dans l'Église du Christ que par la porte du baptême d'eau et du Saint-Esprit [37]. Dans la suite, il prêcha le baptême, déclarant que par cette ordonnance « nous revêtons le Christ », devenant les enfants de Dieu. Corneille, le centurion, fut reconnu de Dieu à cause de ses prières et de ses aumônes, et il reçut la visite d'un ange qui lui donna l'ordre d'envoyer chercher Pierre, lequel lui dirait ce qu'il devrait faire. L'apôtre ayant été spécialement préparé par le Seigneur pour cette mission, entra dans la maison du Gentil repentant, bien que cela constituât une violation des coutumes des Juifs, et prêcha Jésus-Christ à Corneille et à sa famille. Alors même que Pierre était en train de parler, le Saint-Esprit tomba sur ses auditeurs de sorte qu'ils rendirent témoignage, par le don des langues et glorifièrent Dieu [38]. Cependant la dispensation de dons aussi grands ne les exempta aucunement de la soumission à la loi du baptême ; et Pierre leur commanda d'être baptisés au nom du Seigneur.
 
Les ministres du Christ sur le continent américain ne furent pas moins formels lorsqu'ils proclamèrent la doctrine du baptême. Léhi[39] et son fils Néphi [40] témoignèrent tous deux du baptême du Sauveur qui devait suivre, et de la nécessité absolue du baptême d'eau et du Saint-Esprit pour tous ceux qui cherchent le salut. Néphi compara avec force la repentance et le baptême d'eau et d'Esprit à la porte qui mène à la bergerie du Christ [41]. Alma prêcha que le baptême était indispensable au salut, exhortant le peuple à témoigner au Seigneur, en se conformant à ce principe, qu'il contractait l'alliance d'observer ses commandements. Alma le jeune, fils du premier, prêcha que le baptême était un moyen d'obtenir le salut, et consacra des prêtres pour baptiser [42].
 
Au cours du dernier siècle qui précéda la naissance du Christ, l’œuvre de Dieu parmi les Lamanites fut commencée par la prédication de la foi, de la repentance et du baptême. Nous trouvons Ammon prêchant cette doctrine au roi Lamoni et à son peuple [43]. Hélaman prêcha le baptême [44] et, au cours de son ministère, moins d'un demi-siècle avant la naissance du Christ, nous lisons que des dizaines de milliers de personnes s'unirent à l'Église par le baptême. C'est ce que prêchèrent également les fils d'Hélaman [45] et son petits-fils Néphi [46]. Ces baptêmes étaient administrés au nom du Messie qui devait venir, mais lorsqu'il vint visiter son troupeau occidental, il ordonna qu'il fût baptisé au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et il conféra à douze hommes l'autorité nécessaire pour administrer cette ordonnance [47] promettant le salut à tous ceux qui se conformeraient à sa loi, et à ceux-là seuls.
 
Les preuves abondent que le Seigneur considérait le baptême comme la condition essentielle pour devenir membre de son Église. C'est pourquoi, lorsqu'il institua le sacrement du pain et du vin parmi les Néphites, il donna l'ordre à ses disciples de l'administrer seulement à ceux qui avaient été baptisés correctement [48]. De plus, nous apprenons que ceux qui furent baptisés comme Jésus l'avait ordonné furent appelés « L'Église du Christ » [49]. Fidèle à la promesse du Seigneur, le Saint-Esprit descendit sur ceux qui avaient été baptisés par l'autorité qu'il avait ordonnée, ajoutant ainsi au baptême d'eau, le baptême supérieur du Saint-Esprit [50] et beaucoup d'entre eux reçurent des manifestations de l'approbation divine, voyant et entendant des choses indicibles, qu'il n'était pas permis d'écrire. La foi du peuple se montra dans de bonnes oeuvres [51] dans les prières et le jeûne [52] en réponse auxquels le Seigneur réapparut, se manifestant cette fois-ci aux disciples qu'il avait appelés au ministère. Il leur réitéra les promesses qu'il avait faites auparavant au sujet de tous ceux qui étaient baptisés de son baptême ; et il ajouta à cela que, s'ils persévéraient jusqu'à la fin, ils seraient considérés comme innocents au jour du jugement [53]. C'est alors qu'il répéta le commandement par l'obéissance auquel le salut est promis : « Repentez vous tous, bouts de la terre, et venez à moi, et soyez baptisés en mon nom pour que vous soyez sanctifiés par la réception du Saint-Esprit, afin d'être sans tache devant moi au dernier jour » [54].
 
Près de quatre siècles plus tard, cette même proclamation fut entendue de la bouche de Mormon [55]. Ensuite Moroni, son fils, le survivant solitaire d'un peuple autrefois puissant, pleurant la destruction de sa nation, laisse ce qu'il supposait être alors son témoignage d'adieu concernant la véracité de cette doctrine [56] mais ayant été épargné contrairement à son attente, il revient de nouveau sur ce thème sacré, se rendant compte de la valeur incalculable de cette doctrine pour tous ceux qui liraient ces pages. Et, dans ce qui pourrait être considéré comme ses dernières paroles, il témoigne que le baptême d'eau et d'Esprit est le moyen vers le salut [57].
 
Ce principe fondamental, proclamé autrefois, reste inaltéré aujourd'hui ; il est la vérité et ne change pas. Les anciens de l'Église des derniers jours ont reçu leur charge à peu près dans les mêmes termes que ceux qui furent employés pour investir les apôtres d'autrefois : « Allez dans le monde, prêchez l'Évangile à toute créature, agissant avec l'autorité que je vous ai donnée, baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Et celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, et celui qui ne croira pas sera damné » [58]. Écoutez ensuite la parole du Seigneur à travers Joseph le prophète aux anciens de l'Église : « C'est pourquoi ce que j'ai dit à mes apôtres, je vous le dis de nouveau :
 
Toute âme qui croira à vos paroles, et sera baptisée d'eau pour la rémission des péchés, recevra le Saint-Esprit ». Mais « En vérité, en vérité je vous le dis, ceux qui ne croiront pas à vos paroles, et qui ne seront pas baptisés d'eau en mon nom pour la rémission de leurs péchés, afin de recevoir le Saint-Esprit, seront damnés et ne viendront pas dans le royaume de mon Père, là où mon Père et moi sommes » [59]. Dociles à ce commandement, les anciens de cette Église ont proclamé sans cesse l'Évangile parmi les nations, prêchant que la foi, la repentance, et le baptême d'eau et du Saint-Esprit sont essentiels au salut.
 
Au sujet du baptême, nous avons examiné les principes doctrinaux courants parmi les Juifs, les Néphites, et l'Église de Jésus-Christ à notre époque, et nous avons trouvé que les principes enseignés sont toujours les mêmes. En réalité, nous sommes remontés plus loin, jusqu'à l'histoire la plus reculée du genre humain, et nous avons appris qu'il fut annoncé que le baptême était un principe sauveur grâce auquel Adam reçut la promesse du pardon et du salut. Nul n'a de raison d'espérer le salut si ce n'est en se conformant à la loi de Dieu, dont le baptême est une partie essentielle.
 
[1] Alma 7:15.
[2] Voir Actes 2:37, 38
[3] Voir Moroni 8:25.
[4] PGP, Moïse 6:52-65.
[5] Voir Marc 1 4 ; Luc 3:3.
[6] Voir Actes 22:1-16.
[7] Voir Ti. 3:5.
[8] Actes 2:36-38 voir aussi 1 Pi. 3:21.
[9] 2 Néphi 31:17 lire jusqu'à la fin du chapitre.
[10] Voir Alma 7:14, 15.
[11] 3 Néphi 1:23.
[12] 3 Néphi 7:24-26.
[13] Voir 3 Néphi 30. 2.
[14] Voir D&A 19:31 ; 55 2 ; 68:27 ; 76:51, 52 ; 84:27, 74.
[15] Voir note 1, à la fin du chapitre.
[16] D&A 20:37.
[17] Voir D&A 20:71.
[18] Voir D&A 68:25-27.
[19] Voir Matt. 18:1-6.
[20] Voir Matt. 18:10.
[21] Matt. 19:13 ; Marc 10:13 ; Luc 18:15.
[22] On attribue cette remarque à Jeremy Taylor, évêque anglais, qui mourut en 1667, mais, que ce soit à tort ou à raison, l'auteur ne peut le dire. Quel qu'en soit l'auteur tel qu'il est exprimé ci-dessus l'argument est juste.
[23] Voir note 2, à la fin du chapitre.
[24] Voir Gen 17:1-14.
[25] Voir Jean 7:22, 23.
[26] Voir Moroni, chap. 8 ; lire l'épître tout entière.
[27] Voir Matt. 3:15.
[28] Voir 2 Néphi 31:5-8 [29] Jean 3:1-5.
[29] Jean 3:1-5.
[30] Jean. 4:1, 2.
[31] Matt. 28:19.
[32] Marc 16:16.
[33] D&A 112:29.
[34] Voir Jean 1:33.
[35] Luc 7:30.
[36] Actes 2:38 ; voir aussi 1 Pi. 3:21.
[37] Voir Actes 9:1-18 ; 22:1-16.
[38] Voir Actes 10:30-48.
[39] Voir 1 Néphi 10:7-10.
[40] Voir 2 Néphi 31:4-14.
[41] Voir 2 Néphi 31:17.
[42] Voir Mosiah 18:8-17 ; Alma 5:61, 62 ; 9:27.
[43] Voir Alma 19:35.
[44] Voir Alma 62:45.
[45] Voir Hélaman 5:14-19.
[46] Voir 3 Néphi 1:23.
[47] Voir 3 Néphi 11:22-25 ; 12:1, 2.
[48] Voir 3 Néphi 18:5, 11, 28-30.
[49] Voir 3 Néphi 26:21.
[50] 3 Néphi 26:17, 18 ; 28:18 ; 4 Néphi 1.
[51] Voir 3 Néphi 26:19,20.
[52] Voir 3 Néphi 27:1, 2.
[53] Voir 3 Néphi 27:16.
[54] Voir 3 Néphi 27:20.
[55] Voir Mormon 7:8-10.
[56] Voir Mormon 9:22, 23.
[57] Voir Moroni 6:1-4.
[58] D&A 68:8, 9.
[59] D&A 84:64, 74 ; voir aussi 112:28, 29.
 
 
NOTES DU CHAPITRE 6
 
1. La préparation au baptême. - La doctrine que le baptême, pour être acceptable, doit être précédé d'une préparation efficace, fut enseignée et comprise d'une manière générale du temps du Christ ainsi que dans la période qu'on appelle apostolique et l'époque qui suivit immédiatement. Mais cette croyance dégénéra graduellement, et on en vint à considérer le baptême comme une forme extérieure, dont l'application dépendait peu ou presque pas, de l'appréciation ou de la conception qu'avait le candidat de son but ; comme il est dit dans le texte, le Seigneur a annoncé de nouveau la doctrine à notre époque. Nous donnons ici quelques évidences concernant la première croyance :
 
« Dans les premiers âges du christianisme, les hommes et les femmes étaient baptisés sur une profession de foi au Seigneur Jésus-Christ. » - Le chanoine Farrar.
 
« Mais comme le Christ leur enjoint (Marc 16:15-16) d'enseigner avant de baptiser, et désire que seuls des croyants soient admis au baptême, il apparaîtrait que le baptême n'est pas administré correctement à moins d'être précédé par la foi... À l'époque apostolique, on ne trouve pas une seule personne qui ait été admise au baptême sans une profession de foi et de repentance préalables. » - Calvin.
 
« Vous n'êtes pas d'abord baptisés pour recevoir ensuite la foi et avoir le désir ; mais lorsque vous êtes baptisés, vous faites connaître votre volonté à l'instructeur, vous faites une confession complète de votre foi et de votre propre bouche. » - Arnobius (rhétoricien qui écrivit au cours de la dernière partie du troisième siècle).
 
« Dans l’Église primitive, l’instruction précédait le baptême, selon l’ordre de Jésus-Christ : « Allez, enseignez toutes les nations, les baptisants… », etc. » - Saurin (protestant français, 1677-1730).
 
« Dans les deux premiers siècles, on n’était capable de se déclarer croyant ; à cause de ces mots : « Celui qui croira et sera baptisé ». » - Salmasius (auteur français 1588-1653).
 
2. Notes historiques sur le baptême des petits enfants. « Le baptême des petits enfants dans les deux premiers siècles après Jésus-Christ était totalement inconnu. La coutume du baptême des petits enfants ne commença pas avant le troisième siècle après la naissance du Christ. Dans les premiers siècles, il n'en apparaît aucune trace ; et il fut introduit sans le commandement du Christ. » - Curcellaeus.
 
« Il est certain que le Christ n'ordonna pas le baptême des petits enfants... Nous ne pouvons pas prouver que les apôtres ordonnèrent le baptême des petits enfants. Des passages mentionnant le baptême de toute une famille (comme dans les Actes 16:33 ; 1 Cor. 1:16) nous ne pouvons pas tirer une telle conclusion, car il reste encore à savoir s'il y avait, dans cette famille, des enfants d'un âge où ils n'étaient pas capables de recevoir le christianisme intelligemment ; car tel est le seul point sur lequel l'argument repose... Comme le baptême était intimement uni à une initiation consciente dans la communion chrétienne, la foi et le baptême étaient toujours liés l'un à l'autre ; et ainsi, il est extrêmement probable que le baptême ait seulement été administré dans les deux cas où les deux se rencontraient et que la pratique du baptême des petits enfants ait été inconnue à cette période (apostolique)... Que, jusqu'à la période tardive d'Irénée (au moins pas avant) aucune trace de baptême de petits enfants n'apparaît ; et le fait qu'il ne fut reconnu pour la première fois comme tradition apostolique, qu'au cours du troisième siècle, est une preuve plutôt contre que pour l'admission de son origine apostolique. » - Jean Neander (théologien allemand, qui vécut dans la première moitié de ce siècle).
 
« Par conséquent, qu'ils viennent lorsqu'il sont en âge - lorsqu'ils peuvent comprendre - lorsqu'on leur a enseigné où ils doivent venir. Qu'ils deviennent chrétiens lorsqu'ils peuvent connaître Christ - Tertullien (un des « pères chrétiens » latins, qui vécut de 150 à 220 ap. J-C.). L'opposition presque violente de Tertullien a la pratique du pédobaptême est citée par Neander comme « une preuve qu'alors elle n'était pas habituellement considérée comme une ordonnance apostolique, car, en ce cas, il ne se serait pas aventuré à parler si fortement contre elle. »
 
Martin Luther, qui écrivit au commencement du seizième siècle, déclara : « On ne peut pas prouver par les Écritures sacrées que le baptême des enfants fut institué par le Christ, ou commença avec les premiers chrétiens après les apôtres ».
 
« Par tekna, l'apôtre entend, non pas les petits enfants, mais la postérité, signification dans laquelle le mot apparaît en de nombreux endroits du Nouveau Testament (voir entre autres Jean 8:39) d'où il apparaît que l'argument qui est communément tiré de ce passage, en faveur du baptême des petits enfants, n'a aucune force et ne sert à rien. » - Limborch (natif de Hollande et théologien réputé vécut de 1633 à 1712).
 
RÉFÉRENCES SCRIPTURAIRES
 
Le baptême pour la rémission des péchés
 
Jean-Baptiste baptisa et prêcha le baptême de repentance pour la rémission des péchés - Marc 1:4 ; voir aussi Luc 3:3, et comparez 1:76, 77.
 
Repentez-vous et soyez baptisés au nom de Jésus-Christ pour la rémission de vos péchés. - Actes 2:38 ; voir aussi 22:16 ; D&A 33. 11.
 
La porte par laquelle vous devez entrer c'est la repentance et le baptême... alors vient la rémission de vos péchés - 2 Néphi 31:17.
 
Soyez baptisés au repentir, afin que vous puissiez être lavés de vos péchés - Alma 7:14.
 
Baptisant au repentir ; et il y eut une grande rémission de péchés - 3 Néphi 1:23.
 
Le Christ enseigna aux Néphites que par le baptême ils recevraient la rémission - 3 Néphi 12. 2 ; aussi 30:2.
 
La Prêtrise d'Aaron détient l'autorité de baptiser par immersion pour la rémission des péchés - D&A 13:1.
 
Tu prêcheras la repentance et la rémission des péchés par le baptême - D&A 19:31 ; aussi 55:2.
 
Soyez baptisés pour la rémission de vos péchés - D&A 33:11.
 
Évangile de repentance, de baptême, et de rémission des péchés - D&A 84:27.
 
Le baptême essentiel est au salut
 
Si un homme ne naît d'eau et d'esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu - Jean 3:5.
 
Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé - Marc 16:16 3 Néphi 11:33 ; D&A 112:29.
 
Les pharisiens et les docteurs de la loi ont rendu nul le dessein de Dieu, en ne se faisant pas baptiser par Jean - Luc 7:30.
 
Nous sommes baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps - 1 Cor. 12:13.
 
Vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ - Gal. 3:27.
 
La figure du baptême qui maintenant vous sauve - 1 Pi. 3:21.
 
Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême - Eph. 4:5.
 
Tous les hommes doivent être baptisés, sinon ils ne peuvent pas être sauvés dans le royaume de Dieu - 2 Néphi 9:23.
 
Soyez baptisés en mon nom, car celui qui croit et est baptisé sera sauvé - Éther 4:18 ; aussi Moroni 7:34 ; 3 Néphi 21:6.
 
Veillez à ne pas être baptisés indignement - Mormon 9:29.
 
Tous ceux qui se repentiront, qui seront baptisés et persévéreront, seront sauvés - D&A 18:22.
 
Il fut enseigné à Adam que le baptême est essentiel - Moïse 6:52.
 
Baptême d'Adam - Moïse 6:64-68.
 
Jésus-Christ fut baptisé
 
Pour accomplir tout ce qui est juste - Matt. 3:15.
 
Il est montré, ainsi, que le baptême est requis de tout homme ; voir aussi Marc 1:9 ; Luc 3:21.
 
Si l'Agneau de Dieu, qui est saint, a besoin d'être baptisé, alors combien plus, nous qui ne sommes pas saints, n'avons-nous pas besoin d'être baptisés ? - 2 Néphi 31:5.
 
Préparation au baptême
 
Les citations précédentes montrent clairement que la foi au Seigneur Jésus-Christ et une repentance sincère sont des conditions requises avant le baptême. La connaissance est donc nécessaire et l'instruction est requise.
 
Le Christ commanda aux apôtres d'enseigner toutes les nations, de les baptiser ensuite, et alors de les enseigner davantage - Matt. 28:19-20.
 
Ceux qui reçurent avec joie les instructions de Pierre furent baptisés - Actes 2:41.
 
Ceux qui crurent aux enseignements de Philippe concernant le royaume de Dieu furent baptisés - Actes 8:12.
 
Pierre instruisit Corneille et sa maison avant de les baptiser - Actes 10:25-48.
 
Paul instruisit le gardien de la prison et sa maison avant leur baptême - Actes 16:29-33.
 
Jean-Baptiste exigeait les preuves de la repentance avant le baptême - Luc 3:7-14.
 
Sommaire des conditions requises - Moroni 6:1-4. Les petits enfants, incapables de comprendre et de se repentir, ne doivent pas être baptisés - Moroni Chap. 8.
 
Les parents doivent enseigner leurs enfants, et les préparer ainsi au baptême lorsqu'ils ont huit ans - D&A 68:25.
 
Personne ne peut être reçu dans l'Église avant d'avoir atteint l'âge de responsabilité et d'être capable de repentance - D&A 20:71 ; voir aussi verset 37.
 
 
CHAPITRE 7 : LE BAPTÊME - Suite
 
ARTICLE 4. - Nous croyons que les premiers principes et ordonnances de l'Évangile sont : ...troisièmement le baptême par immersion pour la rémission des péchés...
 
LE MODE DU BAPTÊME
 
Importance du mode d’administration du baptême. - En considérant l’objet et la nécessité du baptême, nous avons vu l’importance que le Seigneur attache à ce rite initiateur. Il n’est pas surprenant que le mode d’administration de l’ordonnance ait été prescrit de façon bien définie. Beaucoup de confessions chrétiennes possèdent un rite d’initiation bien établi, dans lequel l’eau fait figure d’élément nécessaire bien que, dans certaines, la cérémonie ne soit rien de plus que le fait du prêtre de placer son doigt humecté sur le front du candidat, ou d’asperger le visage d’eau ; tandis que d’autres considèrent l’immersion complète du corps comme nécessaire. Les saints des derniers jours affirment que les Écritures sont entièrement exemptes d’ambiguïté au sujet du mode acceptable de baptême ; et ils proclament avec assurance leur croyance que l’immersion du corps par un serviteur ou représentant du Sauveur dûment commissionné, est la seule forme véritable. Le raisons de cette croyance peuvent se résumer comme suit : la dérivation et l’ancien usage du mot baptême et des mots qui lui sont apparentés révèlent l’immersion. Le symbolisme du rite n’est conservé dans aucune autre forme. L’autorité scripturale, la parole révélée de Dieu par la bouche des prophètes anciens et des derniers jours, prescrivent l’immersion comme véritable forme du baptême.
 
Le verbe « Baptiser », du grec baptô ou baptizô signifiait littéralement plonger ou immerger. Comme c’est le cas pour toute langue vivante, les mots subirent de grands changements de sens ; et certains écrivains déclarent que le terme en question peut tout aussi bien s’employer pour l’aspersion que pour l’immersion réelle. Il devient alors très intéressant de chercher à connaître la signification courante du terme à l’époque ou vers l’époque du Christ, car, étant donné que, de toute évidence, le Sauveur estima inutile, dans le cours de ses instructions sur le baptême, de s’étendre sur la signification du terme, c’est que celui-ci avait une signification bien nette pour ceux qui recevaient ses enseignements. D’après l’emploi que font les auteurs grecs et latins du terme originel [1] il est clair qu’il signifiait pour eux une véritable immersion dans l’eau. Pour les Grecs modernes le baptême signifie un ensevelissement dans l’eau, et c’est pourquoi, lorsqu’ils choisissent de professer le christianisme, ils pratiquent l’immersion comme forme correcte du baptême [2]. Au sujet de ce genre d’argumentation, nous devons nous rappeler que les preuves philologiques ne sont pas des plus décisives. Passons donc à la considération d’autres raisons meilleures.
 
Le symbolisme du rite baptismal n’est conservé dans aucune autre forme que l’immersion. Le Sauveur compara le baptême à une naissance, et déclara que c’était la chose nécessaire et même essentielle à la vie qui mène au royaume de Dieu [3]. Personne ne peut dire qu’une naissance est symbolisée par l’aspersion d’eau sur le visage. L’un des traits distinctifs, et non des moindres, qui ont contribué à donner au Christ la première place comme maître des maîtres, consiste en l’usage précis et puissant qu’il fait de la langue ; ses comparaisons et ses métaphores sont toujours expressives et ses paraboles convaincantes ; et il serait totalement étranger aux méthodes du Seigneur d’employer une analogie aussi inappropriée que celle qu’implique ce mauvaise représentation de la naissance.
 
Le baptême a été également comparé, de façon très impressionnante, à un ensevelissement suivi d’une résurrection ; et c’est dans ce symbole de la mort et de la résurrection du corps de son Fils que Dieu a promis d’accorder la rémission des péchés. Écrivant aux Romains, Paul dit : « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, avons donc été ensevelis avec lu par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts, par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection. » [4]. Et le même apôtre écrit plus loin : « Ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui par la foi en la puissance de Dieu, qui l’a ressuscité des morts » [5]. De toutes les formes variées de baptême pratiquées par l’homme, l’immersion seule représente une naissance marquant le commencement d’une nouvelle carrière, ou le sommeil du tombeau suivi de la victoire sur la mort.
 
L’autorité scripturale ne justifie aucune autre forme que l’immersion. Jésus-Christ fut baptisé par immersion. Nous lisons qu’après l’ordonnance il « sortit aussitôt de l’eau » [6]. Le fait que le baptême du Sauveur était acceptable aux yeux du Père est abondamment prouvé par les manifestations qui suivirent immédiatement - la descente du Saint-Esprit et la déclaration du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection ». Jean, surnommé le Baptiste à cause de sa mission divine, baptisa dans le Jourdain [7] et peu de temps après nous apprenons qu’il baptisait à Énon, près de Salim [8] parce qu’il y avait là beaucoup d’eau,’ cependant, si Jean avait baptisé par aspersion, une, petite quantité d’eau aurait suffit à une multitude.
 
Nous lisons également le récit du baptême qui suivit la conversion quelque peu rapide d’un eunuque éthiopien, intendant de la reine Candace. Philippe lui prêcha la doctrine du Christ alors qu’ils voyageaient tous deux sur le char de l’Éthiopien ; l’eunuque, croyant aux paroles de son instructeur inspiré, demanda le baptême et Philippe y consentit. « Il fit arrêter le char ; Philippe et l’eunuque descendirent tous deux dans l’eau, et Philippe baptisa l’eunuque. Quand ils furent sortis de l’eau, l’Esprit du Seigneur enleva Philippe, et l’eunuque ne le vit plus tandis que, joyeux, il poursuivait sa route » [9].
 
L’histoire autre que scripturale prouve que pendant plus de deux siècles après Jésus-Christ, l’immersion fut le mode de baptême généralement pratiqué par ceux qui se disaient chrétiens ; et que ce n’est que vers la fin du treizième siècle que d’autres formes devinrent générales [10]. On peut s’attendre à des distorsions des ordonnances instituées par l’autorité lorsque, en l’absence de cette autorité même pour les administrer, on tente de reproduire la forme extérieure de ces ordonnances. Cependant ces distorsions se produisent graduellement ; les déformations provenant de désordres dans la constitution ne se développent pas en un jour. C’est pourquoi - et c’est le cas pour n’importe quelle autre ordonnance instituée par Jésus-Christ - nous pouvons examiner la période qui suivit immédiatement son ministère personnel et celui de ses apôtres pour y trouver la forme la plus proche du mode originel du baptême.
 
Dans la suite, lorsque les ténèbres de l’incroyance devinrent plus épaisses, l’autorité conférée par le Christ ayant été enlevée de la terre avec ses serviteurs martyrisés, de nombreuses innovations apparurent ; et les dignitaires des diverses Églises firent désormais la loi pour eux-mêmes et leurs fidèles. Au début du troisième siècle, l’évêque de Carthage décida que les personnes de santé délicate pouvaient être baptisées d’une manière acceptable par aspersion ; et, une fois cette permission accordée, la forme véritable du baptême tomba graduellement en disgrâce et des pratiques non autorisées, conçues par l’homme, prirent sa place.
 
Le baptême, parmi les Néphites, était administré par immersion seulement. Nous avons déjà montré avec queue intensité le baptême avait été prêché et pratiqué parmi le peuple, de Léhi à Moroni. Lorsque le Sauveur apparut à son peuple sur le continent américain, il lui donna des instructions très précises sur le mode d’administration de l’ordonnance. Voici ses paroles : « En vérité, je vous dis que tous ceux qui se repentiront de leurs péchés après vos paroles, et désireront être baptisés en mon nom, vous les baptiserez de cette manière : Voici, vous descendrez et vous vous tiendrez dans l’eau, et vous les baptiserez en mon nom. Et maintenant voici les paroles que vous prononcerez en les appelant par leur nom : « Ayant reçu l’autorité de Jésus-Christ, je vous baptise au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Et alors, vous les plongerez dans d’eau, et puis vous les sortirez de l’eau » [11].
 
Le baptême à notre époque, tel qu’il a été prescrit par révélation, suit le même mode. Les premiers baptêmes de notre époque furent ceux de Joseph Smith et d’Oliver Cowdery, qui se baptisèrent l’un l’autre selon les instructions de l’ange duquel ils avaient reçu l’autorité d’administrer cette sainte ordonnance, et qui n’était autre que le Jean-Baptiste d’autrefois, le précurseur du Messie. Joseph Smith décrit ainsi l’événement : « En conséquence nous allâmes nous baptiser. Je le [Oliver Cowdery] baptisai d’abord et il me baptisa ensuite... Sitôt que nous fûmes sortis de l’eau, après notre baptême, nous reçûmes de grandes et glorieuses bénédictions » [12].
 
Dans une révélation au sujet du gouvernement de l’Église, datée d’avril 1830, le Seigneur prescrivit le mode exact du baptême, tel qu’il désire que l’ordonnance soit administrée à notre époque. Il dit – « Le baptême doit être administré de la façon suivante à ceux qui se repentent : La personne qui est appelée de Dieu et a reçu de Jésus-Christ l’autorité de baptiser, descendra dans l’eau avec la personne qui s’est présentée pour le baptême et dira en appelant celle-ci par son nom : Ayant reçu l’autorité de Jésus-Christ, je vous baptise au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Alors il l’immergera dans l’eau et sortira de l’eau » [13].
 
Le Seigneur n’aurait pas prescrit les paroles de cette ordonnance s’il n’avait pas voulu que cette forme-là seule fût employée ; c’est pourquoi les anciens et les prêtres de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours n’ont aucune autorité personnelle qui leur permette de changer la forme prescrite par Dieu, que ce soit par addition, omission ou altération de tout genre.
 
BAPTÊME ET « REBAPTÊME »
 
La répétition de l’ordonnance du baptême en faveur du même individu est permise dans certaines conditions bien déterminées. C’est ainsi que si quelqu’un, étant entré dans l’Église par le baptême, s’en retire ensuite ou bien en est excommunié, et puis se repent et désire retrouver sa qualité de membre dans l’Église, il ne peut le faire que par le baptême. Cependant, ce second baptême ne sera que la répétition de l’ordonnance initiatrice administrée la première fois. Il n’y a pas d’ordonnance de rebaptême dans l’Église qui soit distincte sans sa nature, sa forme ou son but, de l’autre baptême. C’est pourquoi, lorsque le baptême est administré à une personne qui a déjà été baptisée une première fois, la forme de l’ordonnance est exactement la même que lors du premier baptême. L’expression « je vous rebaptise » au lieu de « je vous baptise », et les additions « pour le renouvellement de vos alliances » ou « pour la rémission de vos péchés » ne sont pas autorisées. La voix de la raison s’unit à celle des autorités présidentes de l’Église pour décourager toute déviation du cours fixé par le Seigneur. Les changements dans les ordonnances prescrites par l’autorité ne peuvent être effectués que par cette même autorité.
 
Les rebaptêmes rapportés par les Écritures sont rares et, dans chaque cas, les circonstances justifiant une telle action apparaissent clairement. C’est ainsi que nous lisons que Paul baptisa certains disciples à Éphèse, bien qu’ils eussent déjà été baptisés selon le baptême de Jean [14]. Mais dans ce cas, l’apôtre avait des raisons de douter que le baptême dont ceux-ci parlaient eût été administré par des mains autorisées, ou après un enseignement préliminaire convenable des candidats, car lorsqu’il éprouva l’efficacité de leur baptême en leur demandant : « Avez-vous reçu le Saint-Esprit quand vous avez cru ? », ils lui répondirent : « Nous n’avons même pas entendu dire qu’il y ait un Saint-Esprit ». Surpris, il leur demanda : « De quel baptême avez-vous donc été baptisés ? », et ils répliquèrent : « Du baptême de Jean ». Mais Paul savait comme nous le savons, que bien que Jean prêchât le baptême de repentance par l’eau, il déclarait que celui-ci n’était qu’un préliminaire au baptême supérieur du Saint-Esprit, que le Christ devait apporter. C’est pourquoi, étant donné l’insuffisance des preuves quant à la validité de leur baptême, Paul fit baptiser ces douze fidèles Éphésiens au nom du Seigneur Jésus-Christ, après quoi il leur imposa les mains, et ils reçurent le Saint-Esprit.
 
Le baptême instituée par le Christ parmi les Néphites[15] était, en grande partie, un rebaptême, car, nous l’avons déjà vu, la doctrine du baptême avait été enseignée et pratiquée parmi le peuple depuis le temps de Léhi. Et il est certain que Néphi, le premier à qui le Seigneur donna l’autorité de baptiser après son départ, avait été baptisé auparavant, car, avec ses collaborateurs dans le ministère, il avait prêché avec zèle la nécessité du baptême [16]. Cependant, dans ce cas aussi, des altérations s’étaient probablement produites dans la façon d’administrer l’ordonnance ou dans l’esprit dans lequel cela se faisait. Car le Seigneur, en leur donnant des instructions minutieuses sur la forme du baptême, les réprimanda à cause de l’esprit de contention et de dispute qui avait existé auparavant parmi eux au sujet de cette ordonnance [17]. C’est pourquoi le baptême de ces gens fut rendu valide par une administration autorisée et conforme au mode prescrit par le Seigneur.
 
Les baptêmes répétés de la même personne ne sont pas sanctionnés par l’Église. C’est une erreur de croire que le baptême offre le moyen d’obtenir le pardon des péchés quel que soit le nombre de fois qu’on le répète. Pareille croyance tend plutôt à excuser le péché qu’à le prévenir, puisque les effets nuisibles du péché paraissent pouvoir être écartés facilement. Ni la loi écrite, ni les instructions de la prêtrise vivante n’indiquent que le baptême est un moyen, pour ceux qui sont déjà dans le troupeau du Christ, de s’assurer le pardon. Le pardon de leurs péchés leur a été promis à condition qu’ils se confessent et se repentent d’un cœur sincère ; la répétition du rite baptismal n’est pas requise d’eux. Et même s’ils étaient baptisés à plusieurs reprises, ils ne recevraient la rémission de leurs péchés que s’ils se repentaient très sincèrement. Les faiblesses de la chair et notre penchant au péché nous mènent continuellement vers l’erreur ; mais si nous faisons alliance avec le Seigneur dans les eaux du baptême et que nous essayons ensuite d’observer ses lois, dans sa miséricorde, il nous pardonne volontiers nos petites transgressions, si notre repentance est sincère et vraie. Sans une telle repentance, le baptême ne nous sert à rien.
 
LE BAPTÊME POUR LES MORTS
 
Le baptême requis de tous. Nous nous sommes déjà étendus sur le caractère universel de la loi du baptême. Nous avons déjà montré que l’obéissance à cette loi est essentielle au salut, et que cette condition s’applique à toute l’humanité. Nulle part, dans les Écritures, nous ne trouvons qu’une distinction ait été établie à cet égard entre les vivants et les morts. Les morts sont ceux qui ont vécu dans la mortalité sur la terre ; les vivants sont les mortels qui ne sont pas encore passés par ce changement fixé que nous appelons la mort. Tous sont les enfants du même Père ; tous seront jugés et récompensés ou punis par la même justice infaillible, tempérée par la même miséricorde bienveillante. Le sacrifice expiatoire du Christ fut offert non seulement pour les quelques hommes qui vivaient sur la terre tandis qu’il était dans la chair, ni pour ceux qui viendraient au monde après sa mort, mais pour tous les habitants de la terre qui étaient à ce moment-là passés, présents et futurs. Il fut choisi par le Père pour être le juge des vivants et des morts [18] il est aussi bien le Seigneur des vivants que des morts [19] selon que les hommes parlent des vivants et des morts, bien qu’en réalité ils ne forment qu’une seule catégorie, car tous vivent en lui [20].
 
L’Évangile est encore inconnu de beaucoup de gens. Des multitudes d’êtres humains qui ont déjà vécu et sont morts, peu ont entendu les lois de l’Évangile et moins encore y ont obéi. Au cours de l’histoire du monde il y a eu de longues périodes de ténèbres spirituelles, au cours desquelles l’Évangile ne fut pas prêché parmi les hommes, où il n’y eut aucun représentant autorisé du Seigneur pour administrer les ordonnances salvatrices du royaume. De telles conditions n’ont jamais existé qu’à la suite de l’incroyance et de l’iniquité. Lorsque les hommes ont persisté à fouler aux pieds les perles de la vérité dans la fange et à tuer et à déchirer ceux qui portaient ces joyaux, autant par miséricorde que par justice, ces trésors des cieux ont été repris et retenus jusqu’à ce qu’une génération qui les apprécierait mieux soit suscitée. On peut demander avec raison : Qu’y a-t-il de prévu, dans l’économie de Dieu, pour le salut final de ceux qui ont ainsi négligé les exigences de l’Évangile et pour ceux qui ne l’ont jamais entendu ?
 
Selon certains dogmes populaires parmi de nombreuses Églises au cours de l’obscurité de la nuit spirituelle, et qui sont aujourd’hui encore promulgués avec zèle, le châtiment sans fin ou une béatitude interminable inchangeables en nature ou en degré, seront le lot de chaque âme, la rétribution étant prononcée selon la condition de l’esprit au moment de la mort corporelle. C’est ainsi qu’une vie de péché peut être effacée entièrement par la repentance sur le lit de mort, et qu’une carrière honorable peut être suivie par les tortures de l’enfer sans espoir de soulagement, si elle ne se termine pas par les cérémonies des Églises établies. Une telle conception doit être mise au rang de cette affreuse hérésie qui proclame la damnation des petits enfants innocents qui n’ont pas été aspergés par l’autorité supposée de l’homme.
 
C’est blasphémer que d’attribuer un tel caprice et une telle cruauté à la nature divine. Selon la justice de Dieu, aucune âme ne sera condamnée selon une loi qui n’aura pas été portée à sa connaissance. Il est vrai que le châtiment éternel a été décrété comme lot des méchants ; mais la signification de cette expression a été donnée par le Seigneur lui-même [21] le châtiment éternel est le châtiment de Dieu ; le châtiment infini est le châtiment de Dieu, car « Éternel » et « Infini » sont parmi ses noms, et décrivent ses attributs. Aucune âme ne restera en prison ou ne subira les tourments plus longtemps qu’il ne faudra pour accomplir la réforme nécessaire et pour satisfaire les exigences de la justice, ce qui est le seul but dans lequel le châtiment est infligé [22]. Et personne n’aura la permission d’entrer dans quelque royaume de gloire que ce soit qu’il n’aura pas mérité par l’obéissance à la loi.
 
L’Évangile prêché aux morts. - Il est donc évident, que l’Évangile doit être proclamé dans le monde des esprits ; et les Écritures prouvent abondamment qu’une telle oeuvre a été prévue. Pierre, décrivant la mission du Rédempteur, proclame ainsi cette vérité : « Car l’Évangile a été aussi annoncé aux morts, afin que, après avoir été jugés comme les hommes quant à la chair, ils vivent selon Dieu quant à l’Esprit » [23]. L’inauguration de cette oeuvre parmi les morts fut effectuée par le Christ dans l’intervalle entre sa mort et sa résurrection. Tandis que son corps se trouvait dans le tombeau, son esprit alla prêcher aux esprits des décédés : « Dans lequel aussi il est allé prêcher aux esprits en prison, qui autrefois avaient été incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux jours de Noé, pendant la construction de l’arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, c’est-à-dire huit, furent sauvées à travers l’eau » [24].
 
D’autres Écritures soutiennent le point de vue que le Christ désincarné se rendit à un tout autre endroit que celui appelé communément ciel - la demeure de son Père - et qu’il travailla parmi les morts qui avaient grand besoin de son ministère. Un des malfaiteurs, qui fut crucifié à ses côtés, obtint par son humilité cette promesse du Sauveur mourant : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » [25]. Et trois jours plus tard, le Seigneur alors ressuscité déclara à Marie-Madeleine : « Je ne suis pas encore monté vers mon Père » [26].
 
S’il fut estimé convenable et juste de porter l’Évangile aux esprits qui s’étaient montrés désobéissants aux jours de Noé, il est raisonnable de conclure que la même occasion est mise à la portée de ceux qui ont rejeté la parole à différentes époques. Car le même esprit de négligence, de désobéissance et d’opposition à la loi qui caractérisa l’époque de Noé s’est manifesté depuis [27]. De plus si, dans le plan de Dieu, quelque chose a été prévu pour la rédemption de ceux qui désobéissent volontairement, de ceux qui méprisent vraiment la vérité, pouvons-nous croire que les multitudes plus nombreuses encore d’esprits qui n’ont jamais entendu l’Évangile doivent rester éternellement punies ? Non ; Dieu a décrété que même les nations païennes et ceux qui n’ont pas connu de loi seront rachetés [28]. Les dons de Dieu ne sont pas limités à cette sphère d’action, mais seront accordés, en toute justice, pendant toute l’éternité. Les peines prévues seront infligées à tous ceux qui rejettent la parole de Dieu dans cette vie ; mais après le paiement de la dette les portes de la prison seront ouvertes, et les esprits autrefois confinés au châtiment, maintenant châtiés et purs, en sortiront pour jouir de la gloire réservée à leur classe.
 
L’œuvre du Christ parmi les morts fut prédite. Des siècles avant que le Christ ne vint dans la chair, les prophètes se réjouirent sachant que par lui le salut serait porté aux morts aussi bien qu’aux vivants. À propos de la rétribution des orgueilleux et des hautains de la terre, Ésaïe déclare : « Et ils seront réunis captifs dans l’abîme, et ils seront emprisonnés dans la prison ; et après un grand nombre de jours ils seront visités » (version Crampon et version anglaise du roi Jacques, ndt) [29]. Le même prophète témoigne en ces termes au sujet de l’œuvre du futur Rédempteur : il vient « pour ouvrir les yeux des aveugles ; pour faire sortir de prison le captif, et de leur cachot ceux qui habitent dans les ténèbres » [30]. David, chantant sur la musique de l’inspiration concernant la rédemption des hommes du tombeau, s’exclame : « Aussi mon cœur est dans la joie, mon esprit dans l’allégresse, et mon corps repose en sécurité. Car tu ne livreras pas mon âme au séjour des morts, tu ne permettras pas que ton bien-aimé voie la corruption. Tu me feras connaître le sentier de la vie ; il y a d’abondantes joies devant ta face, des délices éternelles à ta droite » [31].
 
L’œuvre des vivants en faveur des morts. - La rédemption des morts s’effectuera conformément à la loi de Dieu, qui est écrite avec justice et établie avec miséricorde. Il est également impossible à un esprit, dans la chair ou désincarné, d’obtenir une promesse de gloire éternelle, si ce n’est par l’obéissance aux lois et aux ordonnances de l’Évangile. Et, de même que le baptême est essentiel au salut des vivants, il est indispensable également au salut des morts. Cela était connu des saints d’autrefois, aussi la doctrine du baptême pour les morts fut-elle enseignée parmi eux. Dans une épître adressée à l’Église de Corinthe, Paul exposa les principes de la résurrection, par laquelle les corps des morts sortiront du tombeau -le Christ comme prémices et ensuite tous ceux qui lui appartiennent - et comme preuve que cette doctrine de la résurrection était incluse dans l’Évangile tel qu’ils l’avaient reçu, l’apôtre demande : « Autrement, que feraient ceux qui se font baptiser pour les morts ? Si les morts ne ressuscitent absolument pas, pourquoi se font-ils baptiser pour eux ? » [32]. Ces mots sont dépourvus de toute ambiguïté et le fait qu’ils sont présentés sans explication ou commentaire prouve que le principe du baptême pour les morts était compris par les personnes auxquelles l’épître était adressée.
 
Nous voyons ici la nécessité de l’œuvre vicariale - les vivants administrant les ordonnances en faveur des morts, les enfants faisant pour leurs pères ce qu’il est impossible à ceux-ci de faire pour eux-mêmes. Nombreuses et variées sont les interprétations présentées par la sagesse humaine faillible concernant cette simple question de Paul. Cependant l’étudiant simple et sincère éprouvera peu de difficulté à en comprendre la signification. Dans les dernières phrases de l’Ancien Testament, le prophète Malachie prédit la grande oeuvre qui serait accomplie en faveur des morts dans les derniers jours : « Voici, je vous enverrai Élie le prophète, avant que le jour de l’Éternel arrive, ce jour grand et redoutable. Il ramènera le cœur des pères à leurs enfants, et le cœur des enfants à leurs pères, de peur que je ne vienne frapper le pays d’interdit » [33]. La croyance est courante, parmi beaucoup de spécialistes de la Bible, que cette prophétie se rapportait à la naissance et au ministère de Jean-Baptiste [34] sur lequel l’esprit et le pouvoir d’Elias demeurèrent en effet, comme l’ange l’avait prédit [35] ; mais il n’est rapporté nulle part qu’Élie visita Jean ; et, de plus, les résultats du ministère de ce dernier ne permettent absolument pas de conclure que la prophétie trouva sa réalisation complète en lui.
 
Nous devons donc chercher une date ultérieure dans l’histoire du monde pour trouver l’accomplissement de la prophétie -de Malachie. Le 21 septembre 1823, Joseph Smith [36] reçut la visite d’un être ressuscité, qui se présenta sous le nom de Moroni, envoyé de la présence de Dieu. Au cours des instructions qu’il donna au jeune homme, Moroni cita la prophétie de Malachie que nous avons mentionnée ci-dessus, mais dans un langage quelque peu différent de celui de la Bible et certainement plus expressif. La version de l’ange est la suivante : « Car voici, le jour vient, ardent comme une fournaise. Tous les hautains et tous les méchants brûleront comme du chaume ; car ceux qui viennent les brûleront, dit l’Éternel des armées, et ils ne leur laisseront ni racine ni rameau... Voici, je vous révélerai la prêtrise de la main d’Élie le prophète, avant que le jour de l’Éternel arrive, ce jour grand et redoutable. Et il implantera dans le cœur des enfants les promesses faites aux pères et le cœur des enfants se tournera vers leurs pères. S’il n’en était pas ainsi, la terre serait entièrement dévastée à sa venue » [37].
 
Au cours d’une manifestation glorieuse à Joseph Smith et à Oliver Cowdery, dans le temple de Kirtland, le 3 avril 1836, Élie le prophète, le même qui avait été enlevé au ciel sans passer par la mort, leur apparut et leur dit : « Voici, le temps est pleinement arrivé, ce temps dont il a été parlé par Malachie, lorsqu’il témoigna qu’il [Élie] serait renvoyé avant que le jour de l’Éternel arrive, ce jour grand et redoutable, pour tourner le cœur des pères vers les enfants, et le cœur des enfants vers les pères, de peur que la terre tout entière ne soit frappée de malédiction. C’est pourquoi les clefs de cette dispensation sont remises entre vos mains ; et vous saurez par là que le jour de l’Éternel, ce jour grand et redoutable est proche, même à la porte » [38].
 
Dépendance mutuelle des pères et des enfants. L’un des grands principes qui se trouvent à la base de la doctrine du salut pour les morts est celui de la dépendance mutuelle des pères et des enfants, des ancêtres et de leur postérité. Comme le prophète Joseph Smith l’enseigna aux saints [39], s’il n’y avait pas l’établissement d’un lien unissant les pères décédés aux enfants vivants, la terre serait frappée de malédiction. Le plan divin prévoit que ni les enfants ni les pères ne peuvent devenir parfaits tout seuls ; et l’union nécessaire est effectuée par le baptême et les autres ordonnances qui lui sont associées, administrées par les vivants en faveur des morts. La façon dans laquelle les cœurs des enfants et les cœurs des pères sont tournés les uns vers les autres est expliquée clairement par ces Écritures. Lorsque les enfants apprennent que sans leurs pères ils ne peuvent atteindre la perfection, leurs cœurs s’ouvrent, leur foi est renforcée, et ils essayent de faire de bonnes oeuvres pour la rédemption de leurs morts. Et ceux-ci, apprenant par les ministres de l’Évangile qui travaillent parmi eux, qu’ils dépendent de leurs enfants, leurs sauveurs par procuration, chercheront à soutenir leurs représentants mortels par leur foi et leurs prières pour le perfectionnement de cette oeuvre d’amour.
 
L’amour, qui est une puissance en lui-même, est ainsi intensifié. À part les émotions provoquées à l’intérieur de l’âme par la présence du divin, il est peu de sentiments plus forts et plus purs que l’amour que nous éprouvons pour notre parenté. Le ciel ne pourrait pas être tout ce que nous souhaitons qu’il soit si l’amour familial y était inconnu [40].
 
L’affection là-bas différera de sa contrepartie terrestre en ce qu’elle sera plus profonde, plus forte et plus pure. C’est ainsi que, dans la miséricorde de Dieu, ses enfants mortels et pécheurs, qui ont pris sur eux le nom de Jésus-Christ sur terre, peuvent devenir, chacun dans une sphère limitée, des sauveurs dans la maison de leurs pères, grâce à une oeuvre et un sacrifice vicariaux accomplis avec humilité et, comme le représente l’ordonnance du baptême, typique de la mort, de l’ensevelissement et de la résurrection du Rédempteur.
 
L’œuvre pour les morts est double. - Ce qui est accompli sur terre serait incomplet s’il n’y avait pas son supplément et sa contrepartie au-delà du voile. L’œuvre missionnaire y est en progrès, et la bonne nouvelle est apportée aux esprits décédés, qui apprennent ainsi l’œuvre faite en leur faveur sur cette terre. Dans la mesure où la loi divine a été révélée, elle requiert qu’un représentant dans la chair, qualifié, agissant comme mandataire pour le mort, se charge des ordonnances extérieures, telles que le baptême d’eau l’imposition des mains pour le don du Saint-Esprit, et les investitures supérieures qui suivent. Les résultats de telles œuvres doivent être laissés à la discrétion du Seigneur. Il ne doit pas être supposé que les décédés sont de quelque façon que ce soit forcés par ces ordonnances d’accepter cette obligation, ni qu’ils sont entravés si peu que ce soit dans l’exercice de leur libre arbitre. Ils accepteront ou rejetteront selon l’humilité ou l’hostilité dont ils font preuve vis-à-vis de l’Évangile ; mais l’œuvre faite ainsi pour eux, sur terre, servira lorsqu’un enseignement sain et la vraie pénitence leur auront montré la véritable situation dans laquelle ils se trouvent [41].
 
LES TEMPLES
 
Des temples ou d’autres lieux sacrés sont requis pour l’administration des ordonnances relatives au salut pour les morts, et de certaines ordonnances pour les vivants. Il n’est que juste que de tels édifices soient le meilleur produit de l’industrie du peuple. À chaque âge du monde, le peuple de l’alliance a été un peuple bâtisseur de temples. Peu de temps après qu’Israël eût été délivré de l’esclavage d’Égypte, le Seigneur lui donna l’ordre d’édifier un sanctuaire à son nom, sanctuaire dont il spécifie minutieusement le plan. Bien qu’il ne fût qu’une tente, il fut décoré et meublé somptueusement, les objets les plus précieux du peuple étant employés dans sa construction [42]. Le Seigneur accepta cette offrande en y manifestant sa gloire et en s’y révélant [43]. Lorsque le peuple se fut établi dans la terre promise, le tabernacle, ou tente d’assignation, reçut un emplacement plus permanent [44] cependant il fut toujours honoré en raison de sa destination sacrée jusqu’à ce qu’il fût remplacé par le temple de Salomon comme sanctuaire du Seigneur [45].
 
Ce temple, l’un des bâtiments les plus imposants jamais érigés par l’homme pour le service sacré, fut dédié au milieu de cérémonies solennelles. Cependant, sa splendeur fut de courte durée, car, moins de quarante ans après son achèvement, sa gloire déclina, et il devint finalement la proie des flammes. Un rétablissement partiel du temple eut lieu lorsque les Juifs revinrent de leur captivité et grâce à l’influence amicale de Cyrus et de Darius, le temple de Zorobabel fut dédié. Le fait que le Seigneur accepta cet effort fait par son peuple pour maintenir un sanctuaire à son nom est amplement démontré par l’esprit qui anima les officiers de ce temple, parmi lesquels nous trouvons Zacharie, Aggée et Malachie. Ce temple demeura debout pendant près de cinq siècles ; et ce n’est que quelques années avant la naissance du Sauveur que la reconstruction de l’édifice fut entreprise par Hérode le Grand, et que le temple d’Hérode fit son apparition dans l’histoire [46]. Le voile de ce temple se déchira à l’époque de la crucifixion [47] et vers l’an 70 ap. J-C., comme prédit, le temple fut rasé sur l’ordre de Titus.
 
Temples des derniers jours. - Depuis ce moment jusqu’à notre époque, aucun autre temple n’a été élevé sur l’ancien continent. Il est vrai que des édifices imposants ont été érigés dans des buts de culte ; mais un bâtiment colossal ne constitue pas nécessairement un temple. Un temple est plus qu’une église, une chapelle, un tabernacle ou une synagogue ; c’est un lieu spécialement préparé par consécration au Seigneur, et marqué de son approbation, pour l’exécution d’ordonnances appartenant à la sainte prêtrise. Les saints des derniers jours, fidèles aux traits caractéristiques du peuple de l’alliance [48] ont été, dès le début, une organisation de bâtisseurs de temples. À notre époque, quelques mois seulement après l’établissement de l’Église, le Seigneur fit allusion à la construction d’un temple [49]. En juillet 1831, le Seigneur désigna un terrain à Independence, dans le Missouri, comme emplacement d’un temple futur [50] ; mais l’œuvre de construction n’y a pas encore été entreprise, comme c’est aussi le cas de l’emplacement du temple à Far-West, où les pierres angulaires ont été posées le 4 juillet 1838, et posées une deuxième fois le 26 avril 1839.
 
L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a construit des temples, dont chacun est un édifice imposant et coûteux, à Kirtland, en Ohio ; à Nauvoo, en Illinois ; à St. George, à Logan, à Manti et à Salt Lake City, en Utah ; à Cardston, au Canada ; à Laie, aux îles Hawaï ; à Mesa, en Arizona ; à Idaho Falls, en Idaho (depuis la mort de l'auteur, de nombreux autres temples ont été construits sur tous les continents ; on en comptait près de 130 à la fin de 2010, ndlr). Les temples de Kirtland et de Nauvoo furent abandonnés lorsque les membres de l’Église, qui les avaient bâtis au prix de sacrifices indicibles, furent chassés vers l’ouest par la furie des persécutions. Le bâtiment de Kirtland est maintenant employé comme lieu de réunions ordinaires par une petite Église qui ne fait preuve d’aucune activité dans les oeuvres sacrées pour lesquelles les temples sont nécessaires. Le temple de Nauvoo fut détruit par des, incendiaires. L’ampleur et la grandeur des oeuvres sacrées accomplies dans les temples à notre époque pour le salut des vivants et des morts, donnent l’assurance que le Seigneur les approuve et les accepte [51].
 
[1] Voir note 1, à la fin du chapitre.
[2] Voir note 2, à la fin du chapitre.
[3] Voir Jean 3:3-5.
[4] Rom. 6:3-5.
[5] Col. 2:12.
[6] Matt. 3:16, 17 ; Marc 1:10, 11.
[7] Voir Marc 1:4, 5.
[8] Jean 3:23.
[9] Actes 8:26-39.
[10] Voir note 3, à la fin du chapitre.
[11] 3 Néphi 11 . 23-27.
[12] PGP, Joseph Smith, Histoire, 71-73.
[13] D&A. 20:72-74.
[14] Voir Actes 19:1-6.
[15] Voir 3 Néphi 11:21-28.
[16] Voir 3 Néphi 7:23-26, etc.
[17] Voir 3 Néphi 11:27-30.
[18] Voir Actes 10:42 ; 2 Tirn. 4:1 ; 1 Pi. 4:5.
[19] Voir Rom. 14:9.
[20] Voir Luc 20:36, 38.
[21] D&A. 19:10-12.
[22] Voir Vitality of Mormonism, article “How Long Shall Hell Last ?”, p. 263.
[23] 1 Pi. 4:6.
[24] 1 Pi. 3:18-20.
[25] Luc 23:39-43.
[26] Jean 20:17, voir aussi Jesus the Christ, chap. 36.
[27] Voir Luc 17:26
[28] Voir D&A. 45:54.
[29] Es. 24:22.
[30] Es. 42:6, 7
[31] Ps. 16:9-11.
[32] 1 Cor. 15:29 ; voir The House of the Lord, chap. 4.
[33] Mal. 4:5, 6 ; PGP, Joseph Smith, Histoire, 38-39.
[34] Voir Matt. 11:14 ; 17:11 ; Marc 9:11 ; Luc 1:17.
[35] Voir Luc 1:17 ; D&A. 27:7, aussi Jesus the Christ, p. 375.
[36] Voir pages 13, 14 du présent ouvrage.
[37] Comparez versets 1, 5 et 6, Mal, chap. 4 ; PGP, Joseph Smith, Histoire, 37-39.
[38] D& A. 110:13-16.
[39] Voir D&A. 128:18 ; voir aussi cette section en entier et la section 127.
[40] Voir note 4, à la fin du chapitre.
[41] Voir The House of the Lord, chap. 3.
[42] Voir Ex. chap. 25 ; 35 22 ;voir The House of the Lord, chap. 2 note 5, à la fin du chapitre.
[43] Voir Ex. 40:34-38.
[44] Voir Jos. 18:1.
[45] Voir1 Rois, chaps. 6-8.
[46] Esdras, chaps. 1, 3, 6.
[47] Matt. 27:50, 51.
[48] D&A 124:39 ; voir The House of the Lord, chap. 1.
[49] Voir D&A. 36:8.
[50] Voir D&A. 57:3.
[51] Pour un examen plus complet de ce sujet, voir l’ouvrage du même auteur, The House of the Lord - A Study of Holy Sanctuaries, Ancient and Modern ; 336 p. avec illustrations.
 
 
NOTES DU CHAPITRE 7
 
1. Emploi du terme ‘baptiser’ dans les temps anciens. Les exemples suivants montrent la signification ordinaire attachée au terme grec dont notre mot « baptiser » dérive. Dans tous, l’idée de l’immersion ressort clairement (pour ces exemples et d’autres, voir Millennial Star, vol. 21, p. 687-688).
 
Polybe, écrivain historique, qui vécut au deuxième siècle avant Jésus-Christ, emploie les expressions suivantes : En décrivant un combat naval entre les flottes carthaginoise et romaine au large des côtes de Sicile, il dit : « Si l’un d’entre eux était trop pressé par l’ennemi, il battait en retraite, sain et sauf, à cause de sa course rapide en haute mer et, se retournant et tombant sur les plus proches de ses poursuivants, il leur infligeait des coups fréquents et baptisait beaucoup de leurs vaisseaux » (Livre 1, chap. 51).
 
Le même écrivain décrit ainsi le passage des soldats romains à travers la Trébie : « Quand il fallut traverser la Trébie, dont le courant était plus fort que d’habitude à cause des pluies, l’infanterie y parvint très difficilement étant baptisée jusqu’à la poitrine. » (Livre 3, chap. 72)
 
Décrivant une catastrophe qui survint aux vaisseaux romains à Syracuse, Polybe dit : « Quelques-uns chavirèrent, mais le plus grand nombre, ayant la proue précipitée de haut, furent baptisés et remplis d’eau. »
 
Strabon, qui vécut au temps du Christ, emploie le terme « baptisé » dans le même sens. Il décrit ainsi un instrument de pêche : « et s’il tombe à la mer, il n’est pas perdu ; car il est fait de chêne et de pin, de sorte que, même si le chêne est baptisé par son poids, la partie restante flotte et est facilement récupérée. »
 
Strabon écrivit à propos de la portance de certaines eaux salines : « Elles ont le goût de l’eau salée mais sont d’une nature différente, car même les personnes qui ne savent pas nager ne peuvent s’y baptiser, mais elles flottent comme des morceaux de bois à la surface. »
 
À propos d’une source salée à Tatta, le même écrivain dit : « L’eau forme si facilement une croûte autour de tout ce qu’on y baptise que si l’on y plonge un anneau de jonc on en retire une couronne de sel. »
 
À propos d’une espèce de poix du lac Sirbonis, Strabon dit : « Elle flottera sur la surface à cause de la nature de l’eau, qui, comme nous le disions, est telle qu’elle rend la nage inutile et que celui qui marche dessus n’est pas baptisé. »
 
Dion Cassius dit, à propos des effets d’une forte tempête, près de Rome : « Les vaisseaux qui étaient sur le Tibre, qui étaient à l’ancre près de la ville, et à l’embouchure du fleuve, furent baptisés. »
 
Le même auteur fait ainsi allusion au sort de quelques-uns, des soldats de Curius, lorsqu’ils fuyaient devant les forces de Juba : « Beaucoup de ces fugitifs périrent, quelques-uns étant abattus pendant leurs tentatives pour atteindre les vaisseaux, et d’autres, même quand ils étaient sur les bateaux, étant baptisés par leur poids. »
 
Faisant allusion au sort des Byzantins qui cherchèrent à échapper au siège en prenant la mer, il dit : « Certains d’entre eux, par l’extrême violence du vent, furent baptisés. »
 
2. Le baptême parmi les Grecs. – « Les natifs grecs doivent comprendre leur propre langue mieux que les étrangers, et ils ont toujours donné au mot baptiser le sens de plonger ; c’est pourquoi, depuis qu’ils ont accepté le christianisme jusqu’à ce jour, ils ont toujours baptisé et baptisent encore par immersion. »- Robinson.
 
3. Première forme du baptême chrétien. - L’histoire fournit des preuves abondantes que, pendant le premier siècle après la mort du Christ, le baptême fut administré seulement par immersion. Tertullien raconte ainsi la cérémonie de l’immersion commune de son temps : « Il n’y a pas de différence, que l’on soit lavé dans la mer ou dans un étang, dans une rivière ou à une fontaine, dans un lac ou dans un canal... Nous sommes immergés dans l’eau. »
 
Voici quelques exemples seulement de tous ceux qui sont rapportés (voir Millennial Star, vol. 21, p. 769-770) :
 
Justin Martyr décrit la cérémonie pratiquée par lui-même. Décrivant d’abord l’examen, préparatoire du candidat, il continue : « Après cela, ils sont conduits par nous là où il y a de l’eau, et naissent de nouveau du même genre de nouvelle naissance par laquelle nous naquîmes de nouveau. Car au nom de Dieu, le Père et Seigneur de tous, et de Jésus-Christ, notre Sauveur, et du Saint-Esprit, l’immersion dans l’eau est accomplie, parce que le Christ a aussi dit : Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut entrer dans le royaume des cieux. »
 
L’évêque Bennett dit, concernant les pratiques des premiers chrétiens : « Ils les conduisaient dans l’eau et les couchaient dans l’eau, comme un homme est couché dans le tombeau ; et ils disaient ces mots : « Je te baptise (ou lave) au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » alors ils les relevaient et des vêtements propres leur étaient mis de là vinrent les expressions : être baptisé dans la mort du Christ, être enseveli avec lui par le baptême dans la mort ; ressusciter avec Christ, se revêtir du Seigneur Jésus-Christ, ou se dépouiller du vieil homme et revêtir l’homme nouveau. »
 
« Il ne fait aucun doute que les apôtres immergeaient ceux qu’ils baptisaient... et les innombrables témoignages des pères montrent clairement que l’ancienne Église suivait leur exemple. » - Vossius.
 
« Ensevelir, pour ainsi dire, la personne baptisée dans l’eau puis l’en retirer était sans conteste la méthode la plus ordinaire anciennement. » - L'archevêque Secker.
 
« L’immersion était la méthode ordinaire d’administrer le baptême dans l’Église ancienne... L’immersion était sans doute la méthode la plus commune d’administrer le baptême et ne fut pas suspendue lorsque le baptême des petits enfants prévalut... L’aspersion prit graduellement la place de l’immersion sans aucune renonciation officielle à cette dernière. » - Le chanoine Farrar.
 
4. Les pères et les enfants. – « On peut dire que la révélation de la doctrine du baptême pour les morts en ces jours, a constitué une nouvelle époque dans l’histoire de l'humanité. Au moment où le prophète Joseph reçut cette révélation, la croyance était générale dans la chrétienté qu’à la mort le destin de l’âme était fixé irrévocablement et pour toute éternité. Si elle n’était pas récompensée par le bonheur éternel, les tourments sans fin devenaient alors son arrêt, en dehors de toute possibilité de rédemption ou de changement. On croyait généralement l’horrible et monstrueuse doctrine, si différente de tout élément de justice divine, que les nations païennes qui sont mortes sans connaissance du vrai Dieu, ni de la rédemption effectuée par son Fils Jésus-Christ, seraient toutes éternellement plongées dans l’enfer. La croyance sur ce point est illustrée par la réplique d’un certain évêque à la demande faite par un roi des Francs, alors que le roi était prêt à recevoir le baptême des mains de l’évêque. Le roi était païen, mais il avait résolu d’accepter la forme de religion alors appelée christianisme. La pensée lui vint que, si le baptême était nécessaire pour son salut, qu’était-il donc advenu de ses chers ancêtres qui étaient morts païens ? Cette pensée se traduisit par une question qu’il adressa à l’évêque. Le prélat, moins diplomate que beaucoup de son Église, lui répondit crûment qu’ils étaient partis en enfer. « Alors, par Thor, j’irai là-bas avec eux », dit le roi, et là-dessus, il refusa d’accepter le baptême et de devenir chrétien. » -George Q. Cannon, dans Life of Joseph Smith, p. 510.
 
5. Temples et lieux sacrés. – « Lorsque l’Éternel tira Israël d’Égypte ; déterminé à faire de ce peuple sa nation, aussitôt qu’ils furent arrivés à une distance sûre des peuples avoisinants, il leur commanda de construire un tabernacle, qui est quelquefois appelé le temple, dans lequel il pourrait instituer certaines ordonnances et règles pour leur direction et leur culte. Celui-ci, au commencement de leur émigration dans le désert, fut rendu portatif, avec les matériaux les meilleurs et les plus précieux à leur portée, et une des tribus fut mise à part pour en prendre soin, ainsi que de ses accessoires. Tel a toujours été le but du Seigneur. Ce tabernacle leur servit pendant leur voyage et dans la terre promise de Canaan, jusqu’à ce qu’une richesse suffisante permît à Salomon d’ériger un temple magnifique sur le mont Moriah, appelé depuis le mont de Sion, sur lequel tout Israël venait chaque année adorer ou assister aux conférences. Le Seigneur nous a informés (D&A. 124:39) qu’il a toujours commandé à son peuple de construire des temples ou des maisons saintes en son saint nom. Ceci explique que nous lisions dans le Livre de Mormon que tant de temples ont été érigés le continent américain. Cela explique aussi pourquoi le prophète Joseph ordonna si tôt l’érection d’un temple dans chaque lieu important des saints. » Compendium. F. D.
 
Richards et J. A. Little, p. 283-288. Consultez Ex. chap. 25-28 ; 1 Rois, chaps. 6-8 ; Esd., chap. 6 ; 2 Néphi 5:16 et comparez Jacob 1:17 ; 2:2-11 ; Mos. 1:18 ; 2:6-7 ; Alma 16:13 ; 23:2 ; 26:29 ; Hélaman 3:9 ; 10:8 ; D&A. 84:3-5, 31 ; 97:10 ; 124:29-51, 55. Voir Temples, de J. M. Sjodahl, Salt Lake City 1892. Voir The House of the Lord, a Study of Holy Sanctuaries, Ancient and Modern, de James E. Talmage, Salt Lake City, 1912.
 
RÉFÉRENCES SCRIPTURAIRES
 
Le baptême par immersion
 
Jésus, ayant été baptisé, sortit aussitôt de l'eau - Matt. 3:16.
 
Tous les habitants de Judée et de Jérusalem allaient à Jean et étaient baptisés par lui dans le Jourdain. Jésus fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Au moment où il sortait de l’eau - Marc 1:5, 9, 10.
 
Jean aussi baptisait à Énon, près de Salim, parce qu'il y avait là beaucoup d eau - Jean 3:23.
 
Philippe et l'eunuque descendirent tous deux dans l’eau, et ils sortirent de l'eau - Actes 8:3 8.
 
Lève-toi, sois baptisé et lavé de tes péchés - Actes 22 - 16 ; voir aussi D&A 39:10.
 
Mais vous avez été lavés - 1Cor.6:11.
 
Adam fut descendu dans l'eau, couché sous l'eau et sorti de l'eau lors de son baptême - Moïse 6:64, 65.
 
Récit des baptêmes effectués aux eaux de Mormon. Alma, Hélam et les autres furent ensevelis dans Peau - Mosiah 18:8-16.
 
Beaucoup furent baptisés dans les eaux de Sidon - Alma 4:4.
 
Instructions du Seigneur ressuscité aux Néphites : Vous descendrez et vous vous tiendrez dans l'eau... Et alors vous les plongerez dans l'eau - 3 Néphi 11:22-26. Des instructions similaires ont été données à notre époque - D&A 20:72-74.
 
Néphi descendit dans l'eau et fut baptisé, et il sortit de l'eau - 3 Néphi 19:11-13.
 
Le symbole de la naissance et de la mort, auxquels le baptême est comparé, est le mieux représenté par l'immersion. Jésus a dit si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu - Jean 3:3 et 5. Ensevelis avec lui par le baptême en sa mort - Rom. 6:4, voir aussi Col. 2:12. Ceux qui reçoivent la gloire céleste doivent avoir été ensevelis dans l’eau au nom du Christ - D&A 76:51. Et ils sont nés de moi, même d'eau et d'Esprit - D&A 5:16.
 
Le baptême pour les morts
 
Autrement, que feraient ceux qui se font baptiser pour les morts, si les morts ne ressuscitent absolument pas ? Pourquoi se font-ils baptiser pour eux ? - 1 Cor. 15:29.
 
Élie envoyé dans les derniers jours pour tourner les cœurs des pères vers leurs enfants et les cœurs des enfants vers leurs pères - Mal. 4:5 ; aussi 3 Néphi 25:5-6 ; PGP, Joseph Smith, Histoire, 37-39 ; D&A sec. 2. La mission d'Élie comprend l’œuvre vicariale des vivants en faveur de leurs morts - D&A 27:9.
 
Élie est venu et a remis ce pouvoir - D&A 100:13-16.
 
Le baptême pour les morts est une ordonnance de la maison du Seigneur d'où la nécessité de temples - D&A 124:28-31, 36, 39. Cette ordonnance fut instituée avant la fondation du monde - verset 33.
 
Les baptêmes pour les morts doivent être enregistrés - D&A 127:6 ; 128:1-7. Écritures relatives au baptême pour les morts - D&A 128:15-18.
 
Le Christ prêcha aux morts entre sa mort et sa résurrection : il alla prêcher aux esprits en prison - 1 Pi. 3:18-20 ; 4:6 ; comme il avait été prédit - Voir Es. 24:22. Étant donné que le baptême est essentiel au salut des hommes, et que c'est une ordonnance appartenant à cette vie mortelle, il doit être administré par procuration pour les morts.
 
 
CHAPITRE 8 : LE SAINT-ESPRIT
 
ARTICLE 4. - Nous croyons que les premiers principes et ordonnances de l'Évangile sont : ...quatrièmement l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit.
 
Le Saint-Esprit promis. – Jean-Baptiste, lorsqu'il prêchait dans le désert la repentance et le baptême d'eau, prédit un second baptême, supérieur, qu'il appela baptême du feu et du Saint-Esprit ; ce baptême devait suivre son administration à lui, Jean-Baptiste [1] et devait être donné par ce Plus Puissant dont Jean se considérait indigne de dénouer la courroie de ses souliers. Le fait que celui qui détenait cette autorité supérieure n'était autre que Jésus-Christ, est prouvé par ces paroles solennelles de Jean lui-même : « Voici l'Agneau de Dieu... C'est celui dont j'ai dit : Après moi vient un homme qui m'a précédé car il était avant moi... Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser d'eau, celui-là m'a dit : Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et s'arrêter, c'est celui qui baptise du Saint-Esprit » [2].
 
En déclarant à Nicodème [3] la nécessité du baptême, le Seigneur ne se borna pas à mentionner seulement la naissance d'eau qui est incomplète sans l'influence vivifiante de l'Esprit. « Naître d'eau et d'Esprit » est la condition requise de celui qui veut être admis dans le royaume de Dieu. Un grand nombre des passages des Écritures que nous avons cités pour démontrer le but et la nécessité du baptême montrent que le baptême du Saint-Esprit est étroitement associé à l'ordonnance prescrite de l'immersion dans l'eau.
 
Les instructions du Christ aux apôtres comprennent des promesses répétées concernant la venue du Consolateur et de l'Esprit de Vérité [4] termes expressifs qui désignent le Saint-Esprit. Au cours de sa dernière entrevue avec les apôtres, à la fin de laquelle il monta au ciel, le Seigneur réitéra ces assurances qu'un baptême spirituel aurait bientôt lieu [5]. Cette grande prédiction se réalisa à la Pentecôte suivante, lorsque les apôtres, s'étant réunis, furent investis d'un grand pouvoir des cieux [6] ils furent remplis du Saint-Esprit de sorte qu'ils parlèrent en langues autres que la leur sous l'inspiration du Saint-Esprit. Parmi d'autres manifestations de cette investiture spirituelle, on peut mentionner l'apparition de langues de feu, qui reposèrent au-dessus de chacun d'eux. La promesse si miraculeusement remplie en leur faveur, fut répétée par les apôtres à tous ceux qui venaient chercher leurs enseignements. Pierre, s'adressant aux Juifs ce jour même, déclara que pour autant que leur repentance et leur baptême soient acceptables « Vous recevrez le Saint-Esprit » [7].
 
Les preuves présentées par le Livre de Mormon ne sont pas moins concluantes quant à la visite du Saint-Esprit à ceux qui obéissent aux conditions requises du baptême d'eau. Néphi, le fils de Léhi, rendit solennellement témoignage que cette vérité [8] lui fut révélée par la voix de Dieu. Et les paroles du Sauveur ressuscité aux Néphites se font entendre avec une clarté indiscutable et une autorité qui ne peut être mise, en doute, proclamant le baptême de feu et du Saint-Esprit à tous ceux qui obéissent aux conditions préliminaires [9].
 
Cette même grande promesse a été faite aux saints de notre époque. « Je vous le dis de nouveau », déclara le Seigneur, s'adressant à certains anciens de l'Église, « toute âme qui croira à vos paroles et sera baptisée d'eau pour la rémission des péchés, recevra le Saint-Esprit » [10].
 
La personnalité et les pouvoirs du Saint-Esprit. Le Saint-Esprit est associé au Père et au Fils dans la Divinité. À la lumière de la révélation, nous sommes instruits de la personnalité distincte du Saint-Esprit. C'est un être doué des attributs et des pouvoirs de la Trinité et non pas une simple force ou essence. Le terme Saint-Esprit et ses synonymes ordinaires, Esprit de Dieu [11], Esprit du Seigneur ou tout simplement Esprit [12], Consolateur [13] et Esprit de Vérité [14] se rencontrent dans les Écritures avec des significations clairement différentes, se rapportant, dans certains cas, à la personne de Dieu le Saint-Esprit et, dans d'autres cas, au pouvoir ou à l'autorité de ce grand personnage ou bien aux moyens par lesquels il exerce son ministère. Le contexte de ces passages montre laquelle de ces significations s'applique.
 
Il ne fait aucun doute que le Saint-Esprit possède des affections et des pouvoirs personnels ; ces attributs existent en lui à la perfection. C'est ainsi qu'il enseigne et guide [15] rend témoignage du Père et du Fils [16] réprimande pour le péché [17] parle, commande et commissionne [18], intercède en faveur des pécheurs [19], est attristé [20], sonde tout [21], persuade [22] et connaît toutes choses [23]. Ce ne sont pas là des expressions figurées, mais des déclarations claires des attributs et des caractéristiques du Saint-Esprit. Le fait que l'Esprit du Seigneur est capable de se manifester sous la forme et les traits d'un homme, est indiqué par la merveilleuse entrevue entre l'Esprit et Néphi, au cours de laquelle il se révéla au prophète, le questionna sur ses désirs et sur ses croyances et l'instruisit des choses de Dieu, en parlant face à face avec l'homme. « Je lui parlais, dit Néphi, comme un homme parle ; car je voyais qu'il avait la forme d'un homme ; néanmoins, je savais que c'était l'Esprit du Seigneur ; et il me parla comme un homme parle à un autre » [24]. Cependant le Saint-Esprit ne possède pas de corps de chair et d'os, comme le Père et le Fils, mais c'est un personnage d'esprit [25].
 
Une grande partie de la confusion qui règne dans les conceptions humaines de la nature du Saint-Esprit provient de ce qu'on ne sépare communément pas sa personne et ses pouvoirs. Il est clair que des expressions telles qu'être rempli du Saint-Esprit [26] et « le Saint-Esprit descendit sur lui » se rapportent aux pouvoirs et aux influences qui émanent de Dieu et qui sont caractéristiques de lui ; car le Saint-Esprit peut, de cette façon, opérer simultanément sur beaucoup de personnes, même si elles sont séparées par de grandes distances, tandis que la personne du Saint-Esprit ne peut être à plus d'un endroit à la fois. Cependant nous lisons que c'est par l'intermédiaire du pouvoir du Saint-Esprit que le Père et le Fils opèrent dans leurs actes créateurs et leurs rapports généraux avec la famille humaine [27]. Le Saint-Esprit peut être considéré comme le ministre de la Divinité, exécutant les décisions du Conseil Suprême.
 
Dans l'exécution de ses grands desseins, le Saint-Esprit dirige et contrôle les diverses forces de la nature dont quelques-unes seulement, et peut-être d'un ordre mineur - quelque merveilleuse que la moindre d'entre elles apparaisse à l'homme - ont été examinées et étudiées par les mortels. La gravitation, le son, la chaleur, la lumière et le pouvoir mystérieux et apparemment surnaturel de l'électricité, ne sont que les serviteurs ordinaires du Saint-Esprit dans ses opérations. Aucun vrai penseur, aucun chercheur sincère ne suppose qu'il connaît toutes les forces qui existent dans la matière et qui opèrent sur elle ; en vérité, les phénomènes observés de la nature qui lui sont encore tout à fait inexplicables, sont infiniment plus nombreux que ceux pour lesquels il a découvert une explication même partielle. Il y a des pouvoirs et des forces au service de Dieu en comparaison desquels l'électricité est comme le cheval de trait à la locomotive, comme le coureur au télégraphe, comme le radeau au vapeur océanique.
 
En dépit de toutes ses connaissances scientifiques, l'homme ne sait que peu de chose du mécanisme de la création ; et cependant, les quelques forces qui sont connues de lui ont accompli des miracles et des merveilles qui seraient incroyables s'ils n'avaient pas été réalisés. Ces moyens puissants et les moyens plus puissants encore qui sont toujours inconnus de l'homme et dont beaucoup, peut-être, sont inconnaissables à l'esprit humain dans la situation actuelle, ne constituent pas le Saint-Esprit, mais sont les moyens dont il se sert pour accomplir ses buts.
 
Plus subtils, plus puissants et plus mystérieux qu'aucune de toutes les forces physique de la nature, sont les pouvoirs qui opèrent sur les organismes conscients, les moyens par lesquels l'esprit, le cœur, l'âme de l'homme peuvent être animés et vivifiés par des forces spirituelles. Dans notre ignorance de la véritable nature de l'électricité, nous pouvons l'appeler un fluide ; de même, par analogie, les forces qui gouvernent l'esprit de l'homme ont été appelées fluides spirituels. La véritable nature de ces manifestations d'énergie nous est inconnue, car les éléments de comparaison et d'analogie, si indispensables à notre raisonnement humain, manquent ; néanmoins, tous en ressentent les effets. De même que le conducteur, dans un circuit électrique, n'est capable de transporter qu'un courant limité - la capacité maximum dépendant de la résistance offerte par le conducteur - et de même que des circuits séparés, variant en degré de conductibilité, peuvent conduire des courants d'intensité très variée, de même les âmes des hommes présentent toute une gamme de capacités pour recevoir les pouvoirs supérieurs. Mais lorsque le conducteur est purifié et les obstructions enlevées, la résistance à l'énergie décroît, et les forces se manifestent avec une plus grande intensité. Par des procédés de purification analogues, notre esprit peut devenir plus susceptible aux forces de la vie, qui sont des émanations du Saint-Esprit. C'est pourquoi, on nous enseigne à prier, oralement et par nos actions, afin de recevoir une portion toujours croissante de l'Esprit, c'est-à-dire du pouvoir de l'Esprit qui est une mesure de ce don que Dieu nous destine.
 
Les fonctions du Saint-Esprit dans son ministère parmi les hommes sont décrites dans les Écritures. Il est envoyé par le Père pour enseigner [28] et à ceux qui ont droit à son enseignement, il révèle tout ce qui est nécessaire à l'avancement de l'âme. Grâce à l'influence du Saint-Esprit, les pouvoir s de l'esprit humain peuvent être accrus et vivifiés, de façon à ramener au souvenir les choses du passé. Il sert de guide dans les choses divines à tous ceux qui veulent lui obéir [29] éclairant chaque homme [30] en proportion de son humilité et de son obéissance [31] dévoilant les mystères de Dieu [32] lorsque la connaissance ainsi révélée peut provoquer un progrès spirituel. plus grand ; transmettant la connaissance depuis Dieu jusqu'à l'homme [33] sanctifiant ceux qui ont été purifiés par l'obéissance aux lois de l'Évangile [34] manifestant toutes choses [35] et rendant témoignage aux hommes de l'existence et de l'infaillibilité du Père et du Fils [36].
 
Non seulement le Saint-Esprit rappelle à l'esprit les choses du passé et explique les choses du présent, mais son pouvoir se manifeste dans les prophéties sur l'avenir. « Il vous montrera les choses à venir », déclara le Sauveur aux apôtres lorsqu'il promit la venue du Consolateur. Adam, le premier prophète de cette terre, sous l'influence du Saint-Esprit, « prédit tout ce qui arriverait à sa postérité jusqu'à la dernière génération » [37]. Le pouvoir du Saint-Esprit est donc l'esprit de prophétie et de révélation ; ses fonctions consistent à éclairer l'esprit, à vivifier l'intelligence et à sanctifier l'âme.
 
À qui le Saint-Esprit est-il donné ? - Pas à tous indistinctement. Jésus-Christ déclara aux apôtres d'autrefois : « Et moi, je prierai le Père et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous, l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point » [38]. Il apparaît donc clairement qu'une certaine condition est requise du candidat avant que le Saint-Esprit ne puisse lui être conféré, ou, en d'autres termes, avant que la personne ne puisse avoir droit à la compagnie et aux services du Saint-Esprit. Dieu accorde le don du Saint-Esprit à ceux qui obéissent et ce don suit la foi, la repentance et le baptême d'eau.
 
Les apôtres d'autrefois ne promirent le don du Saint-Esprit qu'à ceux qui avaient reçu le baptême d'eau pour la rémission des péchés [39]. Jean-Baptiste n'assura que ceux qui étaient baptisés du baptême de repentance qu'ils seraient visités par le Saint-Esprit [40]. Nous avons déjà examiné le cas de Paul rebaptisant les douze convertis d'Éphèse avant de leur conférer le don du Saint-Esprit, parce qu'il y avait un manque probable d'exactitude ou d'autorité dans leur premier baptême [41]. Nous lisons le récit d'une manifestation remarquable de pouvoir parmi le peuple de Samarie [42] au milieu duquel Philippe alla prêcher le Seigneur Jésus ; le peuple, d'un seul et même accord, accepta son témoignage et demanda le baptême. Pierre et Jean allèrent alors chez eux et par leur ministère, le Saint-Esprit descendit sur les nouveaux convertis ; jusqu'alors, bien que tous eussent été baptisés, aucun d'entre eux n'avait cependant reçu le Saint-Esprit.
 
Le Saint-Esprit ne demeure pas dans des tabernacles impurs et indignes. Paul fait cette déclaration sublime que l'homme peut devenir le temple de Dieu, l'Esprit de Dieu demeurant en lui ; et l'apôtre spécifie le châtiment prévu quand on souille un édifice sanctifié par une présence aussi sainte [43]. La foi en Dieu mène à la repentance des péchés, celle-ci est suivie du baptême d'eau pour la rémission des péchés, et celle-ci, à son tour, du don du Saint-Esprit, ou du droit et du titre à l'association personnelle et à l'inspiration du Saint-Esprit, par le pouvoir duquel viennent la sanctification et les dons particuliers de Dieu.
 
Une exception à cet ordre prescrit est rapportée dans le cas du pieux Gentil, Corneille : Le Saint-Esprit descendit sur lui et sur toute sa famille avec une telle puissance qu'ils parlèrent de nouvelles langues pour la glorification de Dieu, et cela avant leur baptême [44]. Mais nous trouvons raison suffisante pour cette déviation de l'ordre habituel dans le préjugé que les Juifs nourrissaient à l'égard des autres nations, préjugé qui aurait empêché Pierre d'administrer les ordonnances de l'Évangile aux Gentils, si le Seigneur ne lui avait pas donné des instructions directes. Dans cet état de choses, cet acte de l'apôtre fut condamné par son propre peuple ; mais il répondit à leurs critiques en rapportant la leçon que Dieu lui avait donnée et la manifestation de la preuve indéniable de la volonté divine lorsque Corneille et sa famille reçurent le don du Saint-Esprit avant le baptême.
 
Dans un autre sens, le Saint-Esprit a fréquemment opéré pour le bien par l'intermédiaire de personnes qui n'étaient pas baptisées. En effet, une certaine mesure de son pouvoir est donnée à tous les hommes, car, comme nous l'avons déjà vu, le Saint-Esprit communique l'intelligence, la sagesse, la direction, le développement, la vie. La manifestation du pouvoir de Dieu, que les opérations de l'Esprit révèlent clairement, sont visibles dans les triomphes des beaux-arts, les découvertes de la science et les événements de l'histoire ; bien que, malgré tout cela, l'esprit charnel puisse croire que Dieu ne s'intéresse pas directement à l'homme. Pas une seule vérité n'a été ajoutée au patrimoine de l'humanité si ce n'est par le pouvoir de ce grand esprit qui existe pour exécuter la volonté du Père et du Fils. Et cependant, la compagnie réelle du Saint-Esprit, le droit divinement accordé de jouir de ses services, le baptême de feu qui sanctifie, ne sont donnés comme bien permanent et personnel qu'aux candidats au salut qui sont remplis de foi, repentants et baptisés. Et ce don demeurera avec tous ceux-là, à moins qu'il ne soit perdu par la transgression.
 
Le don du Saint-Esprit, qui doit être considéré comme un droit accordé d'avoir recours à ses services, est effectué par l'ordonnance, suivante ; une bénédiction orale est prononcée sur la tête du candidat, par l'autorité spécifiée de la sainte prêtrise, bénédiction qui est accompagnée de l'imposition des mains de celui ou de ceux qui officient. Les Écritures juives prouvent que ce fut le mode suivi par les apôtres d'autrefois ; l'histoire montre que ce fut le mode pratiqué par les premiers Pères chrétiens ; le Livre de Mormon atteste clairement que ce fut la méthode reconnue parmi les Néphites. Et l'autorité pour observer la même pratique à notre époque est venue directement du ciel.
 
Parmi les cas rapportés dans le Nouveau Testament, nous pouvons mentionner les suivants. Pierre et Jean conférèrent le Saint-Esprit sur les convertis de Philippe à Samarie et l'ordonnance fut administrée par la prière et l'imposition des mains [45]. Paul administra cette ordonnance de la même manière aux Éphésiens qu'il avait fait baptiser ; et « Lorsque Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit vint sur eux, et ils parlaient en langues et prophétisaient » [46]. Paul mentionne également cette ordonnance lorsqu'il exhorte Timothée à ne pas négliger le don de Dieu ainsi conféré [47]. De plus, nous apprenons, par l'épître aux Hébreux, que les ordonnances et les principes cardinaux de l'Église du Christ comprennent l'imposition des mains suivant le baptême [48].
 
Alma invoquait de cette façon le pouvoir du Saint-Esprit en faveur de ses collaborateurs [49] : « Alma imposa les mains sur tous ceux qui l'accompagnaient. Et voici, comme, il leur imposait les mains, ils furent remplis du Saint-Esprit ». Le Sauveur conféra l'autorité aux douze disciples néphites [50] en les touchant un par un ; c'est ainsi qu'ils furent commissionnés du pouvoir de conférer le Saint-Esprit.
 
À notre époque, un des devoirs de la prêtrise est « de confirmer ceux qui sont baptisés dans l'Église, en imposant les mains pour le baptême de feu et du Saint-Esprit » [51]. Le Seigneur a promis que le don du Saint-Esprit suivrait ces actes autorisés de ses serviteurs [52]. L'ordonnance de l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit est associée à celle de la confirmation dans l'Église. L'ancien qui officie, agissant au nom et par l'autorité de Jésus-Christ, dit : « Recevez le Saint-Esprit », et « Je vous confirme membre de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours ». Même ces paroles ne sont pas prescrites, mais leur sens devrait être exprimé ; l'officiant peut ajouter toute autre bénédiction ou invocation selon l'inspiration de l'Esprit du Seigneur.
 
L'autorité de conférer ainsi le Saint-Esprit appartient à la prêtrise supérieure ou Prêtrise de Melchisédek [53] tandis que le baptême d'eau peut être administré par un prêtre chargé des ordonnances de la prêtrise inférieure ou Prêtrise d'Aaron [54]. Cet ordre dans l'autorité, donné par la révélation, explique le fait que, bien que Philippe eût l'autorité d'administrer l'ordonnance du baptême aux Samaritains convertis, d'autres, qui détenaient la prêtrise supérieure, durent être envoyés pour conférer le Saint-Esprit à ces mêmes personnes [55].
 
Les dons de l'Esprit. - Comme nous l'avons déjà noté, l'office du Saint-Esprit est d'éclairer et d'ennoblir l'esprit, de purifier et de sanctifier l'âme, d'inciter aux bonnes oeuvres, et de révéler les choses de Dieu. Mais, outre ces bénédictions générales, certaines investitures bien déterminées ont été promises dans le cadre des dons du Saint-Esprit. Le Sauveur a dit : « Et voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils saisiront des serpents, et s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux malades et les malades seront guéris » [56].
 
Ces dons de l'esprit sont répartis selon la sagesse de Dieu pour le salut de ses enfants. Voici ce que Paul dit à leur sujet : « Pour ce qui concerne les dons spirituels, je ne veux pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance... Il y a diversité de dons, mais le même Esprit... Or, à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée, pour l'utilité commune. En effet, à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; à un autre, la foi, par le même Esprit ; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit ; à un autre, le don d'opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre, l'interprétation des langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut » [57].
 
[1] Voir Matt. 3:2, 3, 11 ; Marc 1:8 ; Luc 3:16.
[2] Jean 1:29-33.
[3] Voir Jean 3:3-5.
[4] Voir Jean 14:16, 17, 26 ; 15:26 ; 16:7, 13.
[5] Voir Actes 1:5.
[6] Voir Actes 2:1-4.
[7] Voir Actes 2:38.
[8] Voir 2 Néphi 31:8, 12-14, 17.
[9] Voir 3 Néphi 11:35 ; 12:2.
[10] D&A. 84:64.
[11] Voir Matt. 3:16 ; 12:28 ; 1 Néphi 13:12.
[12] Voir 1 Néphi 4:6 ; 11:8 ; Mosiah 13:5 ; Actes 2:4 ; 8:29 ; 10:19 ; Rom. 8:10, 26 ; 1 Thess 5:19.
[13] Voir Jean 14:16, 26 ; 15:26.
[14] Voir Jean 15:26 ; 16 ; 13.
[15] Voir Jean 14:26 ; 16:13 ; note 1, à la fin du chapitre. 1,
[16] Voir Jean 15:26.
[17] Voir Jean 16:8.
[18] Voir Actes 10:19 ; 13:2 ; Apo. 2:7 ; 1 Néphi 4:6 ;11:2-12.
[19] Voir Rom. 8:26.
[20] Voir Eph. 4:30.
[21] Voir 1 Cor. 2:4-10.
[22] Voir Mosiah 3:19.
[23] Voir Alma 7:13.
[24] 1 Néphi 11:11.
[25] D&A 130:22.
[26] Voir Luc 1:15, 67 ; 4:1 ; Actes 6:3 ; 13:9 ; Alma 36.24 ; D&A 107:56.
[27] Voir Gen. 1:2 ; Néh. 9:20 ; Job 26:13 ; Ps. 104:30 Es. 42, 1 ; Actes 10:19 ; 1 Néphi 10 19 ; Alma 12:3 ; D&A 97:1 ; 105:36 ; voir note 3, à la fin du Chapitre.
[28] Jean 14:26.
[29] D&A 45:57.
[30] D&A 84:45-47.
[31] Voir D&A 136:33.
[32] Voir 1 Néphi 10:19.
[33] Voir D&A 121:43.
[34] Voir Alma 13:12.
[35] Voir D&A 18:19.
[36] Voir Jean 15:26 ; Actes 5 .32 ; 20:23 ; 1 Cor. 2:11 ; 12:3 ; 3 Néphi 11:32.
[37] Voir D&A 107:56.
[38] Jean 14:16, 17.
[39] Voir Actes 2:38.
[40] Voir Matt. 3:11 ; Marc 1:8.
[41] Voir Actes 19:1-7, voir p. 166.
[42] Voir Actes 8:5-8, 12, 14-17.
[43] Voir 1 Cor. 3:16 ; voir aussi 6:19 ; 2 Cor. 6:16 ; D&A 93 -.35.
[44] Voir Actes, chap. 10.
[45] Voir Actes 8:14-17 ; lire le récit sur Simon le magicien dans le même chapitre.
[46] Voir Actes 19:2-6.
[47] Voir 2 Tim. 1:6.
[48] Voir Héb. 6:1, 2 ; voir note 2, à la fin du chapitre.
[49] Voir Alma 31:36.
[50] Voir 3 Néphi 18:3 6, 3 7.
[51] D&A 20:41, 43 ; voir note 4, à la fin du chapitre.
[52] Voir D&A 35 6 ; 39:6, 23 ; 49:11-14.
[53] Voir D&A 20:38-43.
[54] Voir D&A 20 46, 50.
[55] Voir Actes 8:5-17.
[56] Marc 16:17, 18 ; D&A 84:65-73.
[57] 1 Cor. 12:1-11 ; voir aussi Moroni 10:8-19.
 
 
NOTES DU CHAPITRE 8
 
1. Effets du Saint-Esprit sur l'individu. - « Un être intelligent à l'image de Dieu possède chaque organe, attribut, sens, sympathie, affection, volonté, sagesse, amour, pouvoir et don possédé par Dieu lui-même. Mais l'homme, dans son état rudimentaire, ne les possède que dans un sens subordonné du mot. Ou, en d'autres termes, ces attributs sont en embryon et doivent être graduellement développés. Ils ressemblent à un bourgeon, à un germe qui se développe graduellement et devient fleur et puis, par progression, produit le fruit mûr selon son espèce. Le don du Saint-Esprit s'adapte à tous ces organes ou attributs. Il éveille toutes les facultés intellectuelles, accroît, agrandit, répand et purifie toutes les passions et affections naturelles et les adapte par le don de la sagesse, à leur usage légitime. Il inspire, développe, cultive et mûrit toutes les sympathies bien placées, les joies, les goûts, et les sentiments et affections apparentés de notre nature. Il inspire la vertu, l'amabilité, la bonté, la tendresse, la gentillesse et la charité. Il développe la beauté, les formes et les traits de la personne. Il tend à la santé, à la vigueur, à l'animation et au sentiment social. Il développe et donne de la vigueur à toutes les facultés de l'homme physique et intellectuel. Il développe, fortifie et règle les nerfs. En résumé, il est pour ainsi dire comme de la moelle pour les os, de la joie pour le cœur, de la lumière pour les yeux, de la musique pour les oreilles et de la vie pour tout l'être. » - Parley P. Pratt, dans Key to Theology, p. 96, 97 (4e éd.)
 
2. L'imposition des mains. - D'après les Écritures citées, il est clair que le procédé ordinaire employé pour conférer le don du Saint-Esprit consistait, en partie, en l'imposition des mains par ceux qui en avaient l'autorité (Actes 8:17 ; 9:17 ; 19:2-6 ; Alma 31:36 ; 3 Néphi 18:36, 37 ; D&A 20:41). Le même signe extérieur marqua d'autres actes autorisés ; par exemple l'ordination à la prêtrise et l'administration aux affligés. Il est probable que Paul faisait allusion à l'ordination de Timothée, quand il l'exhorta ainsi : « Ne néglige pas le don qui est en toi et qui t'a été donné par prophétie, avec l'imposition des mains de l'assemblée des anciens » (1 Tim. 4:14). Et de nouveau : « C'est pourquoi je t'exhorte à ranimer le don de Dieu que tu as reçu par l'imposition des mains » (2 Tim. 1: 6). La première ordination à la prêtrise dans les derniers temps fut faite par l'imposition des mains par Jean-Baptiste (D&A 13). Il est certain que le Christ, pour guérir les malades, leur imposa quelquefois les mains (Marc 6:5) ; et il laissa à ses apôtres la promesse que la guérison suivrait l'imposition des mains faite par l'autorité (Marc 16:15, 18). La même promesse a été répétée de nos jours (D&A 42:43, 44). Cependant, malgré l'importance donnée à ce signe d'autorité, l'imposition des mains n'est qu'exceptionnelle dans les pratiques des nombreuses Églises de nos jours qui professent être chrétiennes.
 
3. L'opération du Saint-Esprit. - Les moyens par lesquels le Saint-Esprit opère ne sont pas plus le Saint-Esprit en personne que la lumière, la chaleur et l'énergie actinique du soleil ne sont le soleil lui-même. L'influence, l'esprit ou le pouvoir du Saint-Esprit est un pouvoir de lumière et de progression, et celles-ci sont données à l'homme en proportion de sa réceptivité et de sa dignité ; mais le droit à l'administration du troisième membre de la Divinité peut seulement être obtenu par l'obéissance aux commandements préliminaires de l'Évangile : la foi, la repentance et le baptême. Le Saint-Esprit est un personnage individuel, le troisième membre de la Divinité ; l'Esprit Saint, dans un sens distinctif, est « l'essence divine » au moyen de laquelle la Divinité opère sur l'homme et dans la nature. - Voir Jesus the Christ, p. 720.
 
4. Manière de conférer le Saint-Esprit. - Des questions peuvent s'élever quant au mode de confirmation et de dispensation du Saint-Esprit, et particulièrement s'il convient de dire : Recevez le Saint-Esprit ou Recevez le don du Saint-Esprit. Puisque la compagnie du Saint-Esprit embrasse toutes les grâces et dons spirituels autant qu'ils soient mérités et appropriés aux personnes, l'Église enseigne que les anciens qui officient en confirmant les candidats baptisés emploient la formule - Recevez le Saint-Esprit.
En expliquant la réception du Saint-Esprit par les anciens apôtres, la Première Présidence de l'Église publia une déclaration intéressante le 5 février 1916. Voir Deseret News de cette date et Improvement Era, mars 1916 et pour un extrait du même, voir Jesus the Christ, p. 720.
 
RÉFÉRENCES SCRIPTURAIRES
 
Le Saint-Esprit est un des Personnages de la Divinité
 
Le baptême au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit - Matt. 28:19 ; 3 Néphi 11:25 ; D&A 20:73 ; 68:8.
 
Le blasphème contre le Saint-Esprit ne sera pas pardonné - Matt. 12:31, 32 ; aussi D&A 132:27.
 
La voix du Fils déclare que le Père donnera le Saint-Esprit - 2 Néphi 31 - 12 et 13.
 
Le Père, le Fils et le Saint-Esprit, un seul Dieu - D&A 20:28.
 
Le Saint-Esprit est un personnage d'esprit - D&A 130:22.
 
Le Saint-Esprit promis et donné aux apôtres
 
Ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit Saint - Marc. 13:11 ; voir aussi Matt. 10:19-20 ; Luc 21:14, 15.
 
Le Saint-Esprit vous enseignera à l'heure même ce qu'il faudra dire - Luc 12:11, 12.
 
Le Seigneur ressuscité aux onze apôtres : Recevez le Saint-Esprit - Jean 20:22.
 
Concernant la promesse que le Seigneur fit d'un Consolateur qui devait venir - Jean 14:16, 17, 26 ; 15:26 ; 16:7-14 ; Actes 1:5, 8.
 
Pierre et d'autres, remplis du Saint-Esprit, annonçaient la parole de Dieu avec assurance - Actes 4:31.
 
Les apôtres remplis du Saint-Esprit à la Pentecôte - Actes 2:1-4.
 
Ils prêchaient avec assurance, étant remplis du Saint-Esprit - Actes 4:31 ; voir aussi 5:12, 32 ; 7:5.
 
Ministère du Saint-Esprit à la suite du baptême d'eau
 
Il descendit, sous une forme matérialisée, sur Jésus-Christ après le baptême de celui-ci - Luc 3:22 ; voir aussi Matt. 3:16 Marc 1:9-11 ; comparez Jean 1:32-33 ; 1 Néphi 11:27.
 
Moi, je vous ai baptisés d'eau ; lui, il vous baptisera du Saint-Esprit - Marc 1:8 ; voir aussi Actes 1:5 ; 11:16 ; 19:5-6.
 
Après la repentance et le baptême ; vous recevrez le don du Saint-Esprit - Actes 2:38.
 
Douze personnes environ furent baptisées à Éphèse, et quand Paul leur imposa les mains, le Saint-Esprit descendit sur elles - Actes 19:1-7.
 
Le Père donne le Saint-Esprit à ceux qui sont baptisés - 2 Néphi 31:12, 13 ; 3 Néphi 11:33-36.
 
Quiconque se repent et est baptisé selon le saint commandement recevra le don du Saint-Esprit - D&A 49:12-14 ; voir aussi 33:15.
 
La rémission des péchés par le baptême et par le feu, c'est-à-dire le Saint-Esprit - D&A 19:3 1.
 
Noé promit le Saint-Esprit après la foi, la repentance et le baptême - Moise 8:24.
 
Invocation du Saint-Esprit par l'imposition des mains autorisée
 
Pierre et Jean imposèrent les mains sur les Samaritains convertis, qui reçurent le Saint-Esprit - Actes 8:14-17. Notez que bien que Philippe détînt l'autorité de prêcher et de baptiser, des hommes qui détenaient l'autorité supérieure furent envoyés pour conférer le Saint-Esprit aux convertis de Samarie. C'est ici que se montre clairement la distinction entre l'autorité de la Prêtrise d'Aaron ou prêtrise inférieure et celle de la prêtrise supérieure ou Prêtrise de Melchisédek.
 
Sur la doctrine du baptême et de l'imposition des mains - Héb. 6:2.
 
Le Christ ressuscité donna, par contact physique aux disciples néphites, le pouvoir de conférer le Saint-Esprit - 3 Néphi 18:36, 3. Vous donnerez le Saint-Esprit à celui à qui vous imposerez les mains - Moroni, chap. 2.
 
Il imposera les mains sur toi, et tu recevras le Saint-Esprit - D&A 25:8.
 
Le don du Saint-Esprit est donné aux baptisés, par l'imposition des mains effectuée par les anciens - D&A 49:14.
 
Promesse que le don du Saint-Esprit suivra la confirmation par l'imposition des mains - D&A 3 3:15.
 
Quelques attributs et opérations du Saint-Esprit
 
Le Saint-Esprit vous enseignera - Luc 12:12.
 
Le Consolateur, l'Esprit Saint vous enseignera - Jean 14:26 voir aussi Jean 16:7-15.
 
Le Christ, par le Saint-Esprit, donna des ordres aux apôtres - Actes 1 - 2.
 
Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit, survenant sur vous - Actes 1:8.
 
Le Saint-Esprit est un témoin du Christ - Actes 5:32 ; Héb. 10:15 ; 1 Néphi 12:18 ; 3 Néphi 28:11.
 
Il dirige l’œuvre du ministère - Actes 13:2-4 ; 16:6.
 
Les disciples étaient remplis de joie et du Saint-Esprit - Actes 13:52.
 
Voici ce que déclare le Saint-Esprit - Actes 21:11.
 
Le Saint-Esprit parla par le prophète Ésaïe - Actes 28:25.
 
Étant sanctifiée par l'Esprit Saint - Rom. 15 16.
 
Ce que l'Esprit enseigne - 1 Cor. 2:13.
 
Nul homme ne peut dire : Jésus est le Seigneur si ce n'est par le Saint-Esprit - 1 Cor. 12:3.
 
Par la pureté, par la science, par la longanimité, par la bonté, par l'Esprit Saint - 2 Cor. 6:6.
 
Dieu confirmant leur témoignage... par les dons du Saint-Esprit - Héb. 2:4.
 
Les saints hommes d'autrefois parlèrent poussés par le Saint-Esprit - 2 Pi. 1:21.
 
Les anciens d'aujourd'hui doivent parler selon l'inspiration du Saint-Esprit - D&A 68:3.
 
Exercera son ministère envers les Gentils - 3 Néphi 20 - 27.
 
Est l'esprit de révélation - D&A 8:2, 3.
 
Enseigne les choses paisibles du royaume - D&A 39:6.
 
Les prophètes ont parlé sous l'inspiration du Saint-Esprit - D&A 20:26.
 
Il rend témoignage du Père et du Fils - D&A 20:27 ; Moïse 1:24 ; 5:9.
 
Chaque officier doit être ordonné par le pouvoir du Saint-Esprit - D&A 20:60.
 
Tout ce qu'ils diront sous l'inspiration du Saint-Esprit sera Écriture - D&A 68:4.
 
Connaissance donnée par le don ineffable du Saint-Esprit - D&A 121:26 ; 124.5.
 
Il rendit témoignage à Adam - Moïse 5:9.
 
Le Seigneur appela des hommes par le Saint-Esprit du temps d'Adam - Moïse 5:14.
 
Le Saint-Esprit manifesta son pouvoir sur Joseph Smith et Oliver Cowdery à la suite de leur baptême - PGP, Joseph Smith.
 
 
CHAPITRE 9 : L'ORDONNANCE DU REPAS DU SEIGNEUR en relation avec le quatrième article de foi
 
La Sainte-Cène. - Au cours de notre étude des principes et ordonnances de l'Évangile mentionnés dans le quatrième des Articles de foi, c'est à juste titre que le sujet de l'ordonnance du Repas du Seigneur réclame notre attention [1] l'observance de cette ordonnance étant requise de tous ceux qui sont devenus membres de l'Église du Christ en se conformant aux exigences de la foi, de la repentance, et du baptême d'eau et du Saint-Esprit.
 
Institution de la Sainte-Cène parmi les Juifs. L'ordonnance du Repas du Seigneur date de la nuit de la fête de la Pâque [2] qui précéda immédiatement la crucifixion du Sauveur. Lors de cette occasion solennelle, le Christ et les apôtres étaient assemblés à Jérusalem, observant cette fête dans une chambre haute, qui avait été préparée expressément sur son ordre [3]. En tant que Juif, le Christ paraît s'être montré fidèle aux usages établis de son peuple ; et ce dut être sous l'empire de sentiments extraordinaires qu'il commença cette fête commémorative, la dernière de son espèce à avoir la signification de type d'un sacrifice futur ainsi que de rappel des bénédictions accordées par le Seigneur à Israël dans le passé. Sachant bien les expériences terribles qui l'attendaient dans l'avenir immédiat, -Jésus communia avec les Douze à la table pascale, le cœur rempli d'angoisse ; c'est là qu'il prophétisa la trahison dont il devait être bientôt la victime et qui devait être perpétrée par un de ceux qui mangeaient en sa compagnie. Ensuite, il prit le pain, le bénit et le donna aux autres, disant : « Prenez, mangez, ceci est mon corps » [4] : « Faites ceci en mémoire de moi » [5]. Puis, prenant la coupe, il en bénit le contenu et le leur administra, en prononçant ces paroles : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui est répandu pour plusieurs pour la rémission des péchés » [6]. Il est intéressant de noter que le récit, par Paul [7] de la Sainte-Cène et de son but, ressemble si fort aux descriptions rapportées par les évangélistes, qu'elle leur est presque identique. Le nom de Repas du Seigneur, donné à la Sainte-Cène, n'est employé par aucun autre auteur biblique que Paul.
 
Institution de la Sainte-Cène parmi les Néphites. - Lors de sa visite aux Néphites, qui eut lieu peu de temps après l'ascension au mont des Oliviers, le Christ instaura la Sainte-Cène parmi cette portion de son troupeau. Il ordonna aux disciples qu'il avait choisis d'apporter du pain et du vin ; alors, prenant le pain, il le rompit, le bénit, et le leur donna en leur commandant d'en manger et de distribuer ensuite le reste à la multitude. Et il promit de conférer l'autorité nécessaire pour administrer cette ordonnance. « Vous veillerez toujours à faire ceci, dit-il, comme je l'ai fait... Et vous ferez ceci en souvenir de mon corps que je vous ai montré. Et ce sera un témoignage au Père que vous vous souvenez toujours de moi. Et si vous vous souvenez toujours de moi, vous aurez mon Esprit avec vous » [8]. Le vin fut administré dans le même ordre, d'abord aux disciples, et ensuite, par ceux-ci, au peuple. Cela devait aussi faire partie de l'ordonnance établie parmi le peuple : « Et vous le ferez en souvenir de mon sang que j'ai versé pour vous, afin que vous témoigniez au Père que vous vous souvenez toujours de moi ». Il réitéra ensuite cette promesse significative : « Et si vous vous souvenez toujours de moi, vous aurez mon Esprit avec vous » [9].
 
Être digne de prendre la Sainte-Cène. - Les instructions divines au sujet du caractère sacré de cette ordonnance sont explicites et il est clair par conséquent qu'il faut éviter avec le plus grand soin de la prendre indignement. En s'adressant aux saints de Corinthe, Paul les met solennellement en garde contre toute participation hâtive ou indigne à la Sainte-Cène, et déclare que la maladie et même la mort seront le châtiment de ceux qui violeront les conditions sacrées : « Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne. C'est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange du pain et boive de la coupe ; car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même. C'est pour cela qu'il y a parmi vous beaucoup d'infirmes et de malades, et qu'un grand nombre sont morts » [10].
 
Lorsqu'il instruisit les Néphites, Jésus insista beaucoup sur la dignité de ceux qui prenaient la Sainte-Cène ; et, de plus, il donna aux officiers de l'Église, dont c'était le devoir d'administrer la Sainte-Cène, la responsabilité de ne permettre à personne de prendre indignement la Sainte-Cène à leur su. « Et maintenant voici, ceci est le commandement que je vous donne : vous ne permettrez sciemment à qui que ce soit de prendre ma chair et mon sang indignement quand vous l'administrerez ; car quiconque mange et boit ma chair et mon sang indignement, mange et boit de la damnation pour son âme. C'est pourquoi, si vous savez qu'un homme est indigne de manger et de boire de ma chair et de mon sang, vous le lui interdirez » [11].
 
La parole directe du Seigneur aux saints à notre époque leur ordonne de ne permettre à aucun transgresseur de prendre la Sainte-Cène jusqu'à ce que la réconciliation ait été faite ; néanmoins, il est recommandé aux saints de faire preuve d'une charité abondante envers leurs semblables dans l'erreur, et de ne pas les rejeter des assemblées, tout en leur refusant la Sainte-Cène [12]. Dans le système d'organisation de notre Église, les officiers ecclésiastiques locaux sont chargés de la responsabilité d'administrer la Sainte-Cène, et il est requis du peuple qu'il reste digne de prendre les emblèmes sacrés.
 
On ne trouve rien dans les Écritures qui permette de donner la Sainte-Cène à quiconque n'est pas un membre fidèle de l'Église de Jésus-Christ. Le Christ administra l'ordonnance aux apôtres, sur le continent oriental ; et nous avons la preuve écrite qu'ils ne la donnèrent qu'à ceux qui avaient pris sur eux le nom du Christ. Parmi son troupeau occidental, le Christ établit la loi que seuls les véritables membres de son Église pouvaient la prendre. En promettant de conférer à l'un d'entre eux le pouvoir d'officier dans l'administration de la Sainte-Cène, le Sauveur spécifia que l'homme ainsi choisi devait l'administrer au peuple de son Église, à tous ceux qui croyaient et étaient baptisés en son nom [13]. Seuls ceux qui avaient été ainsi baptisés étaient appelés « l'Église du Christ » [14]. Continuant ses instructions aux disciples au sujet de la Sainte-Cène, le Sauveur dit : « Et vous ferez toujours ceci à ceux qui se repentent et sont baptisés en mon nom » [15].
 
La même loi est toujours en vigueur aujourd'hui. Les membres de l'Église [16] sont exhortés à se réunir souvent pour observer la Sainte-Cène ; et l'Église n'y inclut pas les personnes ayant atteint l'âge de raison qui n'ont pas été baptisées par l'autorité de la sainte prêtrise [17].
 
But de la Sainte-Cène. - D'après les passages des Écritures déjà cités, il est clair que la Sainte-Cène est administrée pour commémorer l'expiation du Seigneur Jésus, consommée dans son agonie et sa mort ; c'est un témoignage devant Dieu que nous nous souvenons toujours du sacrifice accompli par son Fils en notre faveur, que nous professons toujours le nom du Christ, et que nous sommes déterminés à faire tous nos efforts pour garder ses commandements, dans l'espoir de toujours avoir son Esprit avec nous. Le fait de prendre la Sainte-Cène dignement peut donc être considéré comme le renouvellement de nos vœux devant le Seigneur, une déclaration de fraternité avec les membres, et un témoignage solennel de notre prétention et de notre profession de membres de l'Église de Jésus-Christ. La Sainte-Cène n'a pas été instituée comme moyen déterminé d'obtenir la rémission des péchés, ni pour aucune autre bénédiction, si ce n'est celle du don permanent du Saint-Esprit, ce qui, cependant, comprend toutes les bénédictions nécessaires. Si la Sainte-Cène avait été instituée spécialement pour la rémission des péchés, elle ne serait pas interdite à ceux qui ont le plus grand besoin de pardon. Cependant la participation à cette ordonnance est limitée à ceux dont la conscience est nette de toute offense grave, à ceux qui, par conséquent, sont acceptables aux yeux du Seigneur, ceux qui, en vérité, ont aussi peu besoin d'une rémission que la nature humaine et mortelle le permet.
 
Les emblèmes de la Sainte-Cène. - En instituant la Sainte-Cène parmi les Juifs et les Néphites, le Christ employa le pain et le vin comme emblèmes de son corps et de son sang [18] et à notre époque il a révélé sa volonté que les saints se réunissent souvent pour prendre le pain et le vin dans cette ordonnance commémorative [19]. Mais il a aussi montré que d'autres formes de nourriture et de boisson peuvent être employées au lieu de pain et de vin. Peu après que l'Église eût été organisée, le prophète Joseph Smith était sur le point d'acheter du vin pour pouvoir administrer la Sainte-Cène, lorsqu'un messager de Dieu vint à sa rencontre et lui remit les instructions suivantes : « Car voici, je vous le dis, peu importe ce que vous mangez ou ce que vous buvez lorsque vous prenez la Sainte-Cène, si vous le faites en vue de ma gloire - vous souvenant, dans le Père, de mon corps qui a été déposé pour vous, et de mon sang qui a été versé pour la rémission de vos péchés. C'est pourquoi je vous donne le commandement de ne pas acheter de vin ni de boisson forte de vos ennemis ; vous n'en boirez donc pas, à moins que ce ne soit du vin nouveau fait parmi vous ; oui, dans ce royaume qui est celui de mon Père, qui sera édifié sur terre » [20]. En vertu de cette révélation les saints des derniers jours administrent de l'eau, dans leur service de Sainte-Cène, de préférence au vin.
 
Mode d'administration de la Sainte-Cène. - Les saints des derniers jours, dans toutes les paroisses ou branches régulièrement organisées de l'Église, ont coutume de tenir des réunions de Sainte-Cène chaque sabbat. L'autorité du prêtre de l'ordre d'Aaron est requise pour consacrer les emblèmes et, naturellement, quiconque a été ordonné à l'ordre supérieur de la prêtrise détient l'autorité d'officier en la matière. Le pain est tout d'abord rompu en petits morceaux et placé dans des récipients appropriés sur la table de Sainte-Cène ; et alors, selon les instructions du Seigneur, l'ancien ou le prêtre le consacre, de la manière suivante : « Il s'agenouillera en face des membres de l'Église et invoquera le Père en prière solennelle, disant : « 0 Dieu, Père éternel, nous te demandons au nom de ton Fils Jésus-Christ, de bénir et de sanctifier ce pain pour les âmes de ceux qui en prennent, afin qu'ils le mangent en souvenir du corps de ton Fils, et te témoignent, ô Dieu, Père éternel, qu'ils veulent prendre sur eux le nom de ton Fils, se souvenir toujours de lui et garder les commandements qu'il leur a donnés, afin qu'ils aient toujours son Esprit avec eux. Amen » [21].
 
Quand le pain a été distribué à la congrégation, service auquel les diacres et instructeurs peuvent prendre part, sous la direction du prêtre officiant, le vin ou l'eau est consacré comme suit :
 
« Ô Dieu, Père éternel, nous te demandons, au nom de ton Fils Jésus-Christ, de bénir et de sanctifier ce vin [ou cette eau] pour les âmes de tous ceux qui en boivent, afin qu'ils le fassent en souvenir du sang de ton Fils, qui a été versé pour eux ; afin qu'ils te témoignent, Ô Dieu, Père éternel, qu'ils se souviennent toujours de lui, et qu'ils aient son Esprit avec eux. Amen » [22].
 
La clarté des instructions du Seigneur aux saints au sujet de cette ordonnance, n'excuse aucune dispute au sujet du mode qui convient, car, assurément, aucun de ceux qui officient dans ces rites sacrés ne peut sentir qu'il est justifié s'il en change les formes, ne serait-ce qu'en altérant un mot. Les annales des Néphites montrent que la façon d'administrer la Sainte-Cène à leur époque [23] était la même que celle qui fut révélée pour guider les saints à notre époque.
 
[1] Voir notes 1 et 2, à la fin du chapitre.
[2] Voir note 3, à la fin du chapitre.
[3] Voir Luc 22:8-13.
[4] Matt. 26:26.
[5] Luc 22:19 ; voir aussi Marc 14:22-25.
[6] Matt. 26:27, 28 ; voir The Great Apostasy, p. 119, 120.
[7] Voir 1 Cor. 11l :20-25.
[8] 3 Néphi 18:6, 7.
[9] 3 Néphi 18:11 ; voir Jesus the Christ, chap. 39.
[10] 1 Cor. 11:26-30.
[11] 3 Néphi 18:28, 29.
[12] Voir D&A 46:4 ; voir aussi 3 Néphi 18:30.
[13] Voir 3 Néphi 18:5.
[14] Voir 3 Néphi 26:21.
[15] 3 Néphi 18:11.
[16] Voir D&A 20:75 
[17] Voir D&A 20:37 
[18] Voir Matt. 26:27-29 3 Néphi 18:1, 8 
[19] Voir D&A 20:75 
[20] Voir D&A 27:2-4 
[21] D&A 20:76, 77 ; comparez Moroni, chap. 4 
[22] D&A 20:78, 79 ; comparez Moroni, chap. 5 
[23] Voir Moroni, chaps. 4 et 5. - Voir sommaire des erreurs commises au sujet de la Sainte-Cène, note 4, à la fin du chapitre ; voir traité plus complet dans The Great Apostasy, p. 119.
 
NOTES DU CHAPITRE 9
 
1. Le terme « sacrement » est employé* dans un sens autant général que particulier ; suivant sa dérivation, il signifie une chose sacrée, ou une ordonnance sainte et il est appliqué dans ce sens par différentes Églises à plusieurs cérémonies. Ainsi, les protestants parlent de deux sacrements, le baptême et le Repas du Seigneur ; les catholiques romains et grecs reconnaissent sept sacrements : les deux nommés plus haut et aussi la confirmation, le mariage, la dispensation des ordres de l'Église, la pénitence et l'extrême-onction. On dit que certaines sections de l'Église grecque excluent la confirmation et l'extrême-onction des sept sacrements. Cependant, le sens spécifique du mot est, Repas du Seigneur**. Eucharistie et Sainte Communion sont des termes employés par certaines Églises comme synonyme du sacrement du Repas du Seigneur. De la coutume qui considère la cérémonie de la communion, c'est-à-dire la participation à la Sainte-Cène, comme une preuve de bonne réputation dans une église, et de la règle qui veut que ce droit soit interdit à ceux qui sont jugés indignes d'avoir la communion, vient le terme excommunier appliqué à la perte de la qualité de membre dans une église, signifiant littéralement « rejeter de la communion ».
 
* En anglais, ndt.
** En anglais. Dans les pays de langue française, le terme couramment employé par les confessions autres que catholiques n'est pas « sacrement », mais « Sainte-Cène », ndt.
 
2. Le repas du Seigneur. - Comme il a été dit, cette désignation de la Sainte-Cène ne se rencontre qu'une seule fois dans la Bible. Paul parle du « Repas du Seigneur » dans son épître aux Corinthiens. Selon toute probabilité, ce nom fut employé parce que le rite eut d'abord lieu au moment du deipnon, le repas du soir, qui était le repas principal du jour chez les Juifs.
 
3. La Pâque et la Sainte-Cène. - La fête de la Pâque était la principale des cérémonies annuelles des Juifs et tirait son nom des circonstances de son origine. En étendant la main pour délivrer Israël de l'esclavage d'Égypte, le Seigneur accomplit de nombreux miracles et de nombreux prodiges devant Pharaon et sa maison idolâtre ; et dans la dernière des six plaies auxquelles les Égyptiens furent soumis, le premier-né de chaque famille fut frappé de mort en une seule nuit. Sur un ordre donné au préalable, les Israélites avaient marqué les deux poteaux et le linteau de leur porte du sang d'un agneau tué à cette occasion, ce sang ayant été aspergé au moyen d'un bouquet d'hysope.
 
La mort passa au-delà des maisons ainsi marquées (Ex. 12:12-13) ; tandis que dans toutes les maisons égyptiennes le coup fatal tomba. De là, le nom de Pâque (passage) de pasach, passer devant. La chair de l'agneau pascal fut mangée dans la hâte du départ. Pour commémorer leur délivrance de l'esclavage, le Seigneur commanda aux Israélites de célébrer chaque année, cette événement appelé Fête de la Pâque et, également, Fête des Pains sans Levain, ce dernier nom venant de ce que le Seigneur commanda que, pendant le temps spécifié pour cette célébration, on ne pourrait pas trouver de levain dans les maisons du peuple (Ex. 12:15) et on devait profiter de l'occasion de la fête pour instruire les enfants des oeuvres miséricordieuses de Dieu envers leurs pères (Es. 12:26-27). Mais outre son but commémoratif, la Pâque devint pour le peuple le type de sacrifice sur le Calvaire. Paul dit : « Christ notre Pâque a été immolé (1 cor. 5:7). Étant typique de la mort expiatoire future du Christ, la Pâque perdit une partie de sa signification par la crucifixion et fut supplantée par la Sainte-Cène. Il n’y a peut-être pas de relation plus étroite entre les deux ordonnances que celle-ci. Il est certain que la Sainte-Cène ne fut pas désignée pour supplanter complètement la Pâque, car celle-ci fut établie comme fête perpétuelle. « Vous conserverez le souvenir de ce jour, et vous le célébrerez par une fête en l'honneur de l'Éternel, vous le célébrerez comme une loi perpétuelle pour vos descendants. » (Ex. 12:14)
 
4. Les erreurs concernant la Sainte-Cène, sa signification et la manière de l'administrer, se multiplièrent rapidement pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne. Dès que le pouvoir de la prêtrise n'exista plus, de nombreuses discussions s'élevèrent concernant l'ordonnance, et l'observation de la Sainte-Cène fut altérée. Des professeurs de théologie s'efforcèrent de faire naître l'idée qu'il y avait un grand mystère dans ce rite naturellement simple et des plus impressionnants ; que tous ceux qui n'étaient pas en entière communion avec l'Église devaient être exclus, non seulement de la participation à l'ordonnance, ce qui était justifiable, mais du droit d'assister au service, pour ne pas profaner le rite mystique par leur présence impie. Ensuite naquit l'hérésie de la transsubstantiation - qui prétend que les emblèmes de la Sainte-Cène perdaient, par la cérémonie de la consécration, leur caractère naturel de simple pain et vin et devenaient en réalité de la chair et du sang - des parties réelles du corps crucifié du Christ.
Point n'est besoin d'arguments contre de tels dogmes. Alors suivit la vénération, par le peuple, des emblèmes, le pain et le vin, considérés comme parties du corps du Christ, élevés dans la messe pour l'adoration du peuple ; et plus tard la coutume de la suppression de la moitié du sacrement fut introduite. Par l'innovation mentionnée en dernier lieu, le pain seul fut administré, l'assertion dogmatique étant que le corps et le sang sont représentés d'une façon mystique dans un des « éléments ». Il est certain que le Christ commanda à ses disciples de manger et de boire en souvenir de lui Voir The Great Apostasy, p. 119, 128.
 
RÉFÉRENCES SCRIPTURAIRES
 
L'Ordonnance du Repas du Seigneur
 
Institué parmi les Juifs par le Seigneur, la nuit de sa trahison - Matt. 26:26-28 ; Marc 14:22-25 ; Luc 22:19, 20.
 
Institué parmi les Néphites par le Seigneur ressuscité - 3 Néphi 18-1-11.
 
Administré parmi les Néphites une deuxième fois par le Sauveur - 3 Néphi 20:3-5 ; et souvent dans la suite - 26:13.
 
Préfiguration de la Sainte-Cène - Jean 6:52-56.
 
Appelé par Paul le « Repas du Seigneur » - 1 Cor. 11:20.
 
Les convertis juifs continuèrent à pratiquer la doctrine des apôtres et à rompre le pain - Actes 2:42 ; voir verset 46.
 
Le premier jour de la semaine, lorsque les disciples se rassemblèrent pour rompre le pain, Paul se mit à leur prêcher - Actes 20:7.
 
L'institution de la Sainte-Cène par le Christ révélée à Paul - 1 Cor. 11:23-25.
 
La prendre indignement est un péché ; son châtiment - 1 Cor. 11:26-34.
 
Veillez à ne point prendre la Sainte-Cène du Christ indignement - Mormon 9:29.
 
La communion du corps et du sang du Christ - 1 Cor. 10:16, la coupe du Seigneur et la table du Seigneur, verset 21.
 
Celui qui mange et qui boit ainsi, mange et boit mon corps et mon sang en son âme - 3 Néphi 20:8.
 
Un homme ordonné pour administrer la Sainte-Cène - 3 Néphi 18:5.
 
Seuls les membres de l'Église peuvent la prendre - 3 Néphi 18:11.
 
Vous ne permettrez sciemment, à qui que ce soit, de prendre mon corps et mon sang indignement - 3 Néphi 18:28, 29.
 
L'Église se réunissait souvent pour prendre le pain et le vin - Moroni 6:6.
 
Rite prescrit pour administrer les emblèmes parmi les Néphites - Moroni, chaps. 4 et 5 ; parmi les saints, à notre époque - D&A 20:75-79.
 
Emblèmes du corps et du sang du Christ - D&A 20:40.
 
Les prêtres peuvent administrer la Sainte-Cène - D&A 20:46 ; les instructeurs et les diacres n'ont pas l'autorité d'administrer - verset 58.
 
Les membres de l'Église qui viennent d'être baptisés, dûment instruits, doivent la prendre - D&A 20:68.
 
Le vin peut être employé - D&A 89:5, 6 ; mais n'est pas essentiel - 27:1-5.
 
 
CHAPITRE 10 : L'AUTORITÉ DANS LE MINISTÈRE
 
ARTICLE 5. - Nous croyons que l'on doit être appelé de Dieu par prophétie, et par l'imposition des mains de ceux qui détiennent l'autorité, pour prêcher l'Évangile et en administrer les ordonnances.
 
HOMMES APPELÉS DE DIEU
 
Exemples scripturaux. - Il n'est pas moins conforme à la voix de la raison humaine qu'en harmonie avec le plan d'organisation parfaite qui caractérise l'Église de Jésus-Christ, que tous ceux qui administrent les ordonnances de l'Évangile soient appelés et commissionnés par l'autorité divine avant de pouvoir remplir leurs devoirs sacrés. Les Écritures soutiennent ce point de vue de façon absolue ; elles nous présentent toute une succession d'hommes dont la vocation divine est attestée, et dont les oeuvres puissantes proclament un pouvoir plus grand que celui des forces humaines laissées à elles-mêmes. D'un autre côté, on ne trouve pas, dans les saintes Écritures, un seul cas où quelqu'un se soit approprié l'autorité d'officier dans les ordonnances sacrées et ait été accepté du Seigneur dans une telle administration.
 
Considérons le cas de Noé qui « trouva grâce aux yeux de l'Éternel » [1] au milieu d'un monde plongé dans l'iniquité. C'est à lui que le Seigneur parla, lui faisant part de son courroux contre les méchants habitants de la terre et de l'intention divine au sujet du déluge, et c'est à lui que le Seigneur montra comment il devait bâtir l'arche et la remplir. On sait que Noé proclama la parole de Dieu à ses contemporains pervers, par ce que Pierre dit de la mission du Christ dans le monde des esprits - que le Sauveur prêcha parmi ceux qui s'étaient montrés désobéissants aux jours de Noé, en dépit de la patience de Dieu à leur égard, et qui, par conséquent, avaient dû subir les privations de la prison dans l'intervalle [2]. Personne ne peut mettre en doute la source divine de l'autorité de Noé, ni la justice de la rétribution qui suivit le rejet volontaire de ses enseignements, car ses paroles étaient les paroles de Dieu.
 
Il en est de même pour Abraham, que le Seigneur appela [3] et avec lequel il fit alliance pour toutes les générations de sa postérité. Isaac [4] reçut la même faveur, et aussi Jacob [5] à qui le Seigneur se manifesta lorsqu'il reposait sur son oreiller de pierre dans le désert. La voix du Seigneur parvint à Moïse [6] du milieu de l'ardeur du feu, appelant et chargeant l'homme de se rendre en Égypte et d'en délivrer le peuple dont les cris étaient montés jusqu'à lui avec tant d'effet. Aaron [7] fut appelé à aider son frère dans cette oeuvre ; et plus tard, Aaron et ses fils [8] furent choisis, par commandement divin, du milieu des enfants d'Israël, pour servir dans l'office de prêtre. Lorsque Moïse [9] vit que ses jours étaient comptés, il demanda au Seigneur de désigner son successeur à la position sacrée qu'il occupait ; et, par commandement, Josué, fils de Nun, fut choisi pour remplir ces fonctions particulières.
 
Samuel, qui devint un grand prophète en Israël, commissionné pour consacrer, commander et réprimander les rois, diriger les armées, et servir d'oracle de Dieu au peuple, fut choisi alors qu'il était tout jeune garçon et appelé par la voix du Seigneur [10]. Tel était le pouvoir qui suivit cet appel que tout Israël, depuis Dan jusqu'à Beershéba, sut que Samuel était établi comme prophète du Seigneur [11]. Les Écritures nous parlent de beaucoup d'autres hommes puissants, qui reçurent leur pouvoir de Dieu, et dont l'histoire nous montre en quel honneur le Seigneur tient ses ministres autorisés. Songeons à la vision céleste par laquelle Ésaïe fut appelé et instruit dans les devoirs de son office prophétique [12] à Jérémie, à qui la parole du Seigneur fut adressée aux jours de Josias [13] au prêtre Ézéchiel, qui fut le premier à recevoir le message divin dans le pays des Chaldéens [14] et qui la reçut aussi plus tard, à différentes reprises à Osée [15] et à tous les autres prophètes jusqu'à Zacharie [16] et Malachie [17].
 
Les apôtres du Seigneur furent appelés par sa propre voix au cours de son ministère ; et l'autorité du Sauveur est indiscutable, justifiée qu'elle est par les oeuvres puissantes de l'Expiation accomplie au milieu des souffrances et de l'angoisse de la mort, et par les déclarations du Père. Pierre et André, son frère, alors qu'ils jetaient leurs filets dans la mer, furent appelés ainsi : « Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes » [18] et peu après, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, reçurent le même appel. Il en fut de même pour tous ces Douze qui collaborèrent au ministère du Maître. Et il apparut après sa résurrection, aux onze apôtres qui étaient demeurés fidèles, leur donnant des commissions particulières pour l’œuvre du royaume [19]. Le Christ affirme expressément qu'il a choisi ses apôtres, et qu'il les a ordonnés à leur glorieux office [20].
 
Au cours de la période qui suivit immédiatement la mission terrestre du Christ, les ministres de l'Évangile furent tous choisis et nommés par une autorité indiscutable. Matthias fut choisi par le sort mais après que la volonté du Seigneur eût été invoquée, pour remplir la place laissée vacante dans le groupe des Douze par la mort de Judas Iscariot. Saul de Tarse, par la suite Paul, l'apôtre, qui avait été converti avec des signes étonnants et des manifestations merveilleuses [21] dut être commissionné officiellement à l’œuvre que le Seigneur désirait lui voir accomplir. Et on nous dit que le Saint-Esprit parla aux prophètes et aux instructeurs de l'Église à Antioche, alors que ceux-ci jeûnaient devant le Seigneur, et leur dit : « Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés » [22].
 
L'ordination des hommes au ministère, sanctionnée par les précédents scripturaux et établie par révélation directe de la volonté de Dieu, doit s'effectuer par le don de prophétie et par l'imposition des mains par ceux qui possèdent l'autorité requise. Par prophétie, on entend le droit de recevoir et le pouvoir d'interpréter les manifestations de la volonté divine. Nous avons déjà vu dans plusieurs des cas déjà cités, que l'imposition des mains est une partie habituelle de l'ordonnance ; néanmoins, les Écritures rapportent de nombreuses ordinations aux offices de la prêtrise sans spécifier l'imposition des mains ni aucun autre détail. De tels cas ne justifient pas la conclusion que l'imposition des mains fut omise. Et, à la lumière de la révélation moderne, il est clair que l'imposition des mains accompagnait habituellement l'ordination ainsi que la confirmation de bénédictions [23] et le don du Saint-Esprit.
 
C'est ainsi que la sainte prêtrise fut transmise d'Adam à Noé sous les mains des pères [24]. Énos fut ordonné de la main d'Adam ; et il en fut de même pour Mahalaléel, Jared, Énoch et Métuschélah. Lamech fut ordonné de la main de Seth ; Noé reçut son autorité de la main de Métuschélah.
 
Et on peut ainsi suivre la sainte prêtrise, conférée sous l'inspiration de l'esprit de prophétie, par la main de l'un sur l'autre, jusqu'au temps de Moïse. Melchisédek, qui conféra cette autorité à Abraham, reçut la sienne par la lignée directe de ses pères, depuis Noé. Ésaïas, contemporain d'Abraham, reçut son ordination sous la main de Dieu. De la main d'Esaïas, l'autorité fut transmise à Gad, puis, de la même manière, à Jérémie, à Élihu, à Caleb, et à Jéthro, le prêtre de Madian, celui-là même qui ordonna Moïse [25]. Josué, le fils de Nun, fut mis à part, selon les instructions de Dieu, par l'imposition des mains de Moïse [26].
 
À l'époque des apôtres, les circonstances rendirent nécessaire la nomination d'officiers spéciaux dans l'Église pour prendre soin des pauvres et distribuer des approvisionnements ; ces officiers furent choisis avec soin et mis à part par la prière et l'imposition des mains [27]. Timothée fut ordonné de la même façon, comme en témoignent les exhortations que lui adresse Paul : « Ne néglige pas le don qui est en toi, et qui t'a été donné par prophétie avec l'imposition des mains de l'assemblée des anciens » [28]. Et aussi : « C'est pourquoi je t'exhorte à ranimer le don de Dieu que tu as reçu par l'imposition de mes mains » [29]. Le Seigneur s'est engagé par alliance à reconnaître les actes de ses serviteurs autorisés. Le Saint-Esprit viendra sur tous ceux à qui les anciens de l'Église le promettent après un baptême acceptable [30]. Tout ce que la prêtrise lie ou délie sur terre, en accord avec les commandements du Seigneur, doit être lié ou délié dans les cieux [31] les malades sur lesquels les anciens imposent les mains doivent guérir [32] et beaucoup d'autres signes doivent accompagner ceux qui croient. Le Seigneur est tellement jaloux du pouvoir d'officier en son nom que, lors du jugement, tous ceux qui auront aidé ou persécuté ses serviteurs seront récompensés ou punis comme s'ils avaient fait ces choses à lui-même [33].
 
Les administrations inautorisées dans les fonctions sacerdotales ne sont pas seulement sans valeur, mais constituent en plus un grave péché. Dans ses rapports avec les hommes, Dieu reconnaît et honore la prêtrise établie sous sa direction et ne sanctionne aucune usurpation d'autorité. C'est la leçon que nous enseigne le cas de Korê et de ses amis, qui se soulevèrent contre l'autorité de la prêtrise en ce sens qu'ils prétendirent, à tort, avoir le droit de remplir lés fonctions de prêtre. Le Seigneur les châtia promptement de leurs péchés ; à son commandement la terre se fendit et engloutit tous ces gens ainsi que tous leurs biens [34].
 
Considérez aussi l'affliction qui s'abattit sur Marie, la sœur de Moïse, qui était prophétesse en Israël [35]. Avec Aaron, elle murmura contre Moïse, disant : « Est-ce seulement par Moïse que l'Éternel parle ? - Et l'Éternel l'entendit » [36]. Jéhovah descendit dans une nuée et se tint devant la porte du tabernacle, dénonçant leur présomption et justifiant l'autorité de son oracle, Moïse. Lorsque la nuée quitta le tabernacle on vit que Marie était lépreuse, blanche comme neige. Selon la loi, elle fut conduite hors du camp d'Israël. Cependant, en réponse aux supplications ferventes de Moïse, le Seigneur guérit la femme et il lui fut permis, par la suite, de rentrer dans le camp.
 
Considérez le sort d'Uzza, l'Israélite qui trouva une mort soudaine dans la colère de Dieu, parce qu'il avait étendu la main pour soutenir l'arche de l'alliance [37]. Uzza fit cela en dépit de la loi qui interdisait à tous, sauf aux prêtres, de toucher tout ce qui avait trait à l'arche de l'alliance ; nous lisons que pas même les porteurs attitrés de l'arche n'avaient la permission d'en toucher la partie la plus sacrée sous peine de mort [38].
 
Pensez aussi à Saül, qui avait été appelé, alors qu'il se trouvait dans les champs, pour devenir roi d'Israël. Lorsque les Philistins marchèrent contre Israël, à Micmash, Saül attendit Samuel [39] dont la main l'avait oint roi[40] et qu'il avait toujours considéré comme son guide aux jours de son humilité ; il avait demandé au prophète de venir offrir des sacrifices au Seigneur en faveur du peuple. Mais, s'impatientant devant le retard de Samuel, Saül prépara l'holocauste lui-même, oubliant que bien qu'il occupât le trône, et portât la couronne et le sceptre, ces insignes du pouvoir royal ne lui donnaient même pas le droit d'officier comme diacre dans la prêtrise de Dieu ; et c'est pour cela, et pour d'autres cas encore où il se montra trop présomptueux, qu'il fut rejeté par Dieu et qu'un autre devint roi à sa place.
 
Un exemple frappant de la jalousie divine, qui est le juste zèle, à propos des fonctions sacerdotales, est l'expérience d'Ozias, roi de Juda. Il fut élevé sur le trône à l'âge de seize ans ; et aussi longtemps qu'il rechercha le Seigneur, il prospéra à tel point que son nom devint la terreur de ses ennemis. Mais il laissa l'orgueil envahir son cœur et entretint l'illusion que sa royauté le rendait suprême. Il entra dans le temple et essaya de brûler de l'encens sur l'autel. Horrifiés devant ce blasphème, Azaria, le souverain sacrificateur du temple et, avec lui, quatre-vingts sacrificateurs de l'Éternel, s'opposèrent au roi et lui dirent : « Tu n'as pas le droit, Ozias, d'offrir des parfums à l'Éternel ! Ce droit appartient aux sacrificateurs, fils d'Aaron, qui ont été consacrés pour les offrir. Sors du sanctuaire, car tu commets un péché ». À cette réprimande et à cette condamnation de la part de ses sujets, bien qu'ils fussent prêtres du Seigneur, le roi se mit en colère ; mais, à l'instant même, le fléau de la lèpre s'abattit sur lui ; les signes de cette maladie redoutée apparurent sur son front ; devenu maintenant physiquement impur, sa présence souillait d'autant plus le sanctuaire divin. Azaria et les autres prêtres jetèrent le roi hors du temple ; et, maudit, Ozias s'enfuit de la maison du Seigneur pour ne plus jamais franchir son enceinte sacrée. Au sujet du reste de son châtiment, nous lisons ce qui suit : « Le roi Ozias fut lépreux jusqu'au jour de sa mort, et il demeura dans une maison écartée comme lépreux ; car il fut exclu de la maison de l'Éternel » [41].
 
Une illustration saisissante de la futilité des faux rites ou de la forme seule des ordonnances sacrées lorsque l'autorité en est absente, c'est l'histoire des sept fils de Scéva, que l'on trouve dans le Nouveau Testament. Ceux-ci, avec tant d'autres, s'étaient émerveillés devant le pouvoir miraculeux que possédait Paul lequel fut tellement béni du Seigneur dans son apostolat que les malades étaient guéris et les mauvais esprits chassés par le simple contact de mouchoirs et de linges envoyés par lui. Les fils de Scéva, que le chroniqueur sacré met au nombre des exorcistes juifs ambulants, essayèrent aussi de chasser un mauvais esprit : « Je vous conjure par Jésus que Paul prêche », dirent-ils. Mais l'esprit malin les railla pour leur manque d'autorité, s'exclamant : « Je connais Jésus, et je sais qui est Paul ; mais vous, qui êtes-vous ? ». Alors la personne affligée en qui le mauvais esprit habitait « s'élança sur eux, se rendit maître de tous deux, et les maltraita de telle sorte qu'ils s'enfuirent de cette maison nus et blessés » [42].
 
Vrais et faux instructeurs. - Nul, si ce n'est ceux qui sont dûment autorisés à enseigner, ne peut être considéré comme véritable prédicateur de la parole de Dieu. Les remarques de Paul au sujet des souverains sacrificateurs sont applicables à chaque office de la prêtrise : « Nul ne s'attribue cette dignité, s'il n'est appelé de Dieu, comme le fut Aaron » [43]. Et Aaron, comme nous l'avons déjà vu, fut appelé par l'intermédiaire de Moïse, auquel Dieu avait révélé sa volonté à ce sujet. Cette autorité d'agir au nom du Seigneur est donnée à ceux-là seuls qui sont choisis par Dieu ; il ne suffit pas de la demander pour la recevoir ; on ne l'achète pas avec de l'or. Nous lisons que Simon, le magicien, convoitait le pouvoir que possédaient les apôtres ; il leur offrit de l'argent, disant : « Accordez-moi aussi ce pouvoir, afin que celui à qui j'imposerai les mains reçoive le Saint-Esprit ». Mais Pierre, rempli d'une juste indignation, lui répondit - « Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s'acquérait à prix d'argent. Il n'y a pour toi ni part ni lot dans cette affaire, car ton cœur n'est pas droit devant Dieu » [44].
 
Les apôtres d'autrefois savaient que les hommes essayeraient de s'arroger le droit d'officier dans les choses divines, devenant ainsi les serviteurs de Satan. S'adressant à une conférence d'anciens d'Éphèse, Paul prophétisa ces maux et avertit les bergers du troupeau de bien veiller à ceux dont ils avaient la charge [45] et, dans une épître à Timothée, l'apôtre réitéra cette prophétie. L'exhortant à prêcher la parole avec diligence, il déclara : « Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables » [46]. Les déclarations de Pierre sur le même sujet ne sont pas moins claires. S'adressant aux saints de son temps, il mentionne les faux prophètes d'autrefois et ajoute Il y aura parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le Maître qui les a rachetés, attireront sur eux une ruine soudaine... Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions, et la voie de la vérité sera calomniée à cause d'eux » [47].
 
L'autorité divine à notre époque. Nous affirmons que l'autorité d'administrer au nom de Dieu existe et opère dans l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours aujourd'hui ; et que ce pouvoir ou commission fut conféré aux premiers officiers de l'Église, par ordination sous les mains de ceux qui avaient détenu ce même pouvoir dans le passé. Le fait que l'autorité de la sainte prêtrise devait être enlevée de la terre à la mort des apôtres et que, nécessairement, elle devait être rétablie par les cieux avant que l'Église pût être établie de nouveau, peut être démontré par les Écritures. Le 15 mai 1829, tandis que Joseph Smith et Oliver Cowdery étaient occupés à prier avec ferveur pour obtenir des instructions au sujet du baptême pour la rémission des péchés, dont Joseph Smith avait trouvé mention dans les plaques dont il était alors occupé à traduire le Livre de Mormon, un messager du ciel descendit dans une nuée de lumière. Il annonça qu'il était Jean, appelé autrefois Baptiste, et déclara qu'il était venu sous la direction de Pierre, Jacques et Jean, qui détenaient les clefs de la prêtrise supérieure. L'ange imposa les mains sur les deux jeunes gens et les ordonna à l'autorité, disant : « À vous, mes compagnons de service, au nom du Messie, je confère la Prêtrise d'Aaron qui détient les clefs du ministère d'anges, de l'Évangile de repentance et du baptême par immersion, pour la rémission des péchés ; et elle ne sera plus jamais enlevée de la terre, jusqu'à ce que les fils de Lévi fassent de nouveau une offrande au Seigneur selon la justice » [48].
 
Peu de temps après cet événement, Pierre, Jacques et Jean apparurent à Joseph Smith et à Oliver Cowdery, et, les ordonnèrent tous deux à la prêtrise supérieure, dite de Melchisédek, leur conférant les clefs de l'apostolat, que ces messagers célestes avaient détenues et exercées dans le passé. Cet ordre de la prêtrise détient l'autorité sur tous les offices de l'Église, et comprend le pouvoir d'administrer dans les choses spirituelles [49] ; par conséquent, toute l'autorité et tous les pouvoirs nécessaires pour établir et développer l'Église furent rétablis sur terre par cette visitation.
 
Personne ne peut officier dans aucune des ordonnances de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, à moins d'avoir été ordonné à l'ordre ou à l'office particulier de la prêtrise, par ceux qui possèdent l'autorité requise. Ainsi, personne ne reçoit la prêtrise si ce n'est des mains de quelqu'un qui détient cette prêtrise lui-même ; et celui-ci doit l'avoir reçue d'autres qui furent commissionnés avant lui. Et ainsi, quiconque détient, aujourd'hui, la sainte prêtrise peut faire remonter son autorité aux mains de Joseph Smith, le prophète [50] qui reçut son ordination des mains des apôtres Pierre, Jacques et Jean ; et ils avaient été ordonnés par Jésus-Christ. Il est évident, d'après les Écritures, que les hommes qui sont appelés par Dieu à exercer l'autorité du ministère sur cette terre, ont pu être choisis pour remplir une telle mission avant même d'avoir revêtu leur corps mortel. C'est à juste titre que cette question réclame notre attention dans le cadre de ce chapitre ; et son examen nous amène aux sujets qui suivent.
 
LA PRÉORDINATION ET LA PRÉEXISTENCE
 
La préordination. - Au cours d'une entrevue avec Abraham, le Seigneur révéla beaucoup de choses qui sont ordinairement cachées aux mortels. Voici ce que le patriarche écrivit à ce sujet : « Or, le Seigneur m'avait montré, à moi, Abraham, les intelligences qui furent organisées avant que le monde fût ; et parmi toutes celles-là, il y en avait beaucoup de nobles et de grandes. Et Dieu vit ces âmes, il vit qu'elles étaient bonnes, et il se tint au milieu d'elles et il dit : « De ceux-ci je ferai mes gouverneurs. Car il se tint parmi ceux qui étaient esprits, et il vit qu'ils étaient bons, et il me dit : « Abraham, tu es l'un d'eux ; tu fus choisi avant ta naissance » [51]. C'est là l'une des nombreuses preuves scripturales que les esprits des hommes existaient avant leur probation terrestre dans une condition dans laquelle ces intelligences vécurent et exercèrent leur libre arbitre avant de revêtir des corps mortels. Ainsi, la nature, la disposition et les tendances des hommes sont connues du Père de leur esprit, avant même qu'ils ne naissent dans la mortalité. La parole du Seigneur fut adressée à Jérémie, lui disant qu'avant d'avoir été conçu dans la chair, il avait été ordonné pour servir de prophète aux nations [52].
 
Les preuves abondent que Jésus-Christ fut choisi et ordonné pour être le Rédempteur du monde, même au commencement. Nous lisons la position prééminente qu'il occupait parmi les fils de Dieu lorsqu'il s'offrit en sacrifice pour exécuter la volonté du Père. C'est lui qui « a été prédestiné avant la fondation du monde » [53].
 
Paul enseigna la doctrine de la sélection divine et de la préordination comme suit : « Car ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l'image de son Fils... Et ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés » [54]. Et aussi : « Dieu n'a point rejeté son peuple qu'il a connu d'avance » [55].
 
Alma, le prophète néphite, parla des prêtres qui avaient été ordonnés selon l'ordre du Fils et ajouta : « Et voici de quelle manière ils étaient ordonnés - appelés et préparés dès la fondation du monde selon la prescience de Dieu, à cause de leur foi extrême et de leurs bonnes oeuvres ; laissés libres avant tout de choisir le bien ou le mal et ayant choisi le bien et fait preuve d'une foi extrêmement grande, ils sont appelés d'un saint appel, oui, de ce saint appel qui a été préparé avec et selon une rédemption préparatoire pour ceux-là » [56].
 
La préordination n'implique pas la contrainte. La doctrine de la prédestination absolue, résultant en l'annulation du libre-arbitre de l'homme, a été proclamée, avec diverses modifications, par différentes Églises. Néanmoins, de tels enseignements ne sont absolument pas justifiés, ni par la lettre, ni par l'esprit des Écritures sacrées. La prescience de Dieu concernant la nature et les capacités de ses enfants lui permet de voir ce que sera la fin de leur carrière terrestre même depuis le commencement : « Le Seigneur... fait ces choses... elles [lui] sont connues de toute éternité » [57]. Beaucoup de gens ont été amenés à considérer cette prescience de Dieu comme une prédestination par laquelle les âmes sont désignées pour recevoir soit la gloire, soit la damnation avant même de naître dans la chair, et sans égard pour leurs mérites ou démérites individuels. Cette doctrine hérétique cherche à dépouiller Dieu de sa miséricorde, de sa justice et de son amour ; elle veut faire paraître Dieu capricieux et égoïste, dirigeant et créant toutes choses uniquement pour sa propre gloire et ne se souciant pas des souffrances de ses victimes. Qu'une telle idée de Dieu est affreuse et invraisemblable ! Elle mène à la conclusion absurde, que la simple connaissance des événements à venir est l'influence qui détermine l'accomplissement de ces choses. La connaissance que possède Dieu de la nature spirituelle et humaine lui permet de conclure avec certitude quelles seront les actions de n'importe lequel de ses enfants dans des circonstances données ; cependant, cette connaissance n'exerce aucune contrainte sur la créature » [58].
 
Sans aucun doute, il sait que certains esprits n'attendent que l'occasion de pouvoir choisir entre le bien et le mal pour choisir ce dernier et travailler à leur propre destruction. C'est de ceux-là que Jude dit que leur « condamnation est écrite depuis longtemps » [59]. Pour leur éviter ce sort, leur libre arbitre devrait leur être enlevé ils ne peuvent être sauvés que par la force seulement et la contrainte est interdite par les lois des cieux, que ce soit pour le salut ou pour la condamnation. Il y a d'autres esprits dont l'intégrité et la fidélité ont été prouvées dans leur état primitif ; le Père sait qu'il peut avoir confiance en eux sans réserve, et beaucoup d'entre eux sont appelés, même dans leur jeunesse mortelle, à des tâches particulières et glorieuses comme serviteurs commissionnés du Très-Haut.
 
La préexistence des esprits. - Les faits déjà présentés au sujet de la préordination donnent la preuve que les esprits des hommes sont passés par un stade d'existence antérieur à leur épreuve terrestre. Cette période prémortelle est souvent appelée. le stade de notre première enfance ou premier état. Le fait que ces esprits ont existé en tant qu'intelligences organisées et ont exercé leur libre arbitre au cours de ce stade antérieur apparaît clairement dans les déclarations du Seigneur à Abraham : « Et ceux qui gardent leur premier état recevront davantage ; et ceux qui ne gardent pas leur premier état n'auront point de gloire dans le même royaume que ceux qui gardent leur premier état et ceux qui gardent leur second état recevront plus de gloire sur leur tête pour toujours et à jamais » [60].
 
Aucun de ceux qui reconnaissent Jésus-Christ comme le Fils de Dieu ne peut logiquement nier son existence prémortelle ni mettre en doute sa position de membre de la Trinité avant de venir ici sur terre comme Fils de Marie. L'interprétation commune donnée à l'introduction de l'évangile de Jean soutient le point de vue de la divinité originelle de Jésus-Christ -. « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu ». Nous lisons plus loin : « Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous » [61]. Les affirmations du Rédempteur supportent cette vérité. Lorsque ses disciples se disputaient au sujet de sa doctrine concernant sa personne, il dit : « Et si vous voyez le Fils de l'Homme monter où il était auparavant ? » [62]. Une autre fois, il prononça ces paroles « Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde maintenant je quitte le monde et je vais au Père » [63]. Et ses disciples, se réjouissant de cette déclaration bien nette qui confirmait peut-être ce qu'ils croyaient déjà au plus profond de leur cœur, lui dirent : « Voici, maintenant tu parles ouvertement, et tu n'emploies aucune parabole... c'est pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu » [64]. À certains méchants Juifs qui se vantaient de ce qu'ils descendaient d'Abraham, et qui essayaient de dissimuler leurs péchés sous le manteau du nom du grand patriarche, le Sauveur déclara : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis » [65]. En prière solennelle, le Fils implora : « Et maintenant, toi Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût » [66]. Cependant le Christ naquit, enfant, parmi les mortels ; et il est logique de déduire que si sa naissance terrestre fut l'union d'un esprit préexistant ou prémortel à un corps mortel, il en est de même pour la naissance de tout membre de la famille humaine.
 
Mais nous ne sommes pas limités à une simple déduction basée sur une analogie ; les Écritures enseignent clairement que les esprits des hommes étaient connus du Seigneur avant leur avènement terrestre, et que Dieu en connaissait le nombre. Lors de ses adieux à Israël, Moïse chanta : « Rappelle à ton souvenir les anciens jours....
quand le Très-Haut donna un héritage aux nations, quant il sépara les enfants des hommes, il fixa les limites des peuples d'après le nombre des enfants d'Israël » [67]. D'après ceci, nous apprenons que la terre fut répartie entre les nations selon le nombre des enfants d'Israël ; il est donc évident que le nombre était connu avant l'existence de la nation israélite dans la chair ; cela s'explique très facilement sur la base d'une existence antérieure au cours de laquelle les esprits des nations futures étaient connus.
 
Il n'y a donc pas de place pour le hasard dans le nombre ou l'ampleur des créations temporelles de Dieu [68]. La population de la terre est fixée selon le nombre d'esprits désignés pour venir revêtir des corps de chair sur cette planète ; lorsque ceux-ci seront tous venus à l'époque fixée et dans l'ordre préétabli, alors, et alors seulement, viendra la fin.
 
[1] Gen. 6:8.
[2] Voir 1 Pi. 3:19, 20.
[3] Voir Gen. chaps. 12-25 ; PGP, Abraham 2:6-11.
[4] Voir Gen. 26:2-5.
[5] Voir Gen. 28:10-15.
[6] Voir Ex. 3:210.
[7] Voir Ex. 4:14-16, 27.
[8] Voir Ex. 28:1.
[9] Nom, 27:15-23.
[10] Voir 1 Sam. 3:4-14.
[11] Voir 1 Sam. 3:20.
[12] Voir Es. 1:1 ; 2:1 ; 6:8, 9.
[13] Voir Jér 1:2-10.
[14] Voir Ez. 1:3.
[15] Voir Os. 1:1.
[16] Voir Zach. 1:1.
[17] Voir Mal. 1:1.
[18] Voir Matt. 4:18-20.
[19] Voir Matt. 18:19, 20 ; Marc 16:15.
[20] Voir Jean 6:70 ; 15:16.
[21] Voir Actes, chap. 9.
[22] Voir Actes 13:1, 2.
[23] Voir Gen. 48:14-19 ; comparez 2 Rois 5 ; 11 ; Matt. 8:15 ; Marc 6:5 ; 16:15-18.
[24] Voir D&A 107:40-52.
[25] Voir D&A 84:6-14.
[26] Voir Nom. 27:18 ; Deut. 34:9.
[27] Voir Actes 6:1-6.
[28] 1 Tim. 4:14.
[29] 2 Tim. 1:6.
[30] Voir Actes 2:38 ; 3 Néphi 11:35 ; 12:2 ; D&A 84:64.
[31] Voir Matt. 16:19 ; D&A 1:8 ; 128:8-11.
[32] Voir Marc 16:15-18.
[33] Voir Matt. 18 4-6 ; 25:31-46 ; D&A 75:19-22 ; 84:88, 90.
[34] Voir Nom. chap. 16.
[35] Voir Ex. 15 ; 20.
[36] Nom. chap. 12.
[37] Voir 1 Chron. 13:10.
[38] Voir Nom. 4:15.
[39] Voir 1 Sam. 13:5-14.
[40] Voir 1 Sam., chap. 10.
[41] 2 Chron., chap. 26.
[42] Voir Actes 19:13-17.
[43] Héb. 5 4.
[44] Actes 8:8-24.
[45] Voir Actes 20:28-30.
[46] 2 Tira. 4:2-4.
[47] 2 Pi. 2:1-3.
[48] PGP, Joseph Smith, Histoire, 69 ; D&A sec. 13.
[49] Voir D&A sec. 107.
[50] Voir note 1, à la fin du chapitre.
[51] PGP, Abraham 3:22, 23 ; voir aussi Jér. 1:4, 5.
[52] Voir Jér. 1:4.
[53] 1 Pi. 1:20 ; voir Jesus the Christ, chap. 2.
[54] Rom. 8:29, 30.
[55] Rom. 11:2.
[56] Alma 13:3, et 10, 11.
[57] Actes 15:18.
[58] Voir Jesus the Christ, p. 18, 28 ; et The Great Apostasy, p. 19 ; aussi note 2, à la fin du chapitre.
[59] Jude 4.
[60] PGP, Abraham 3:26.
[61] Jean 1:1, 14.
[62] Jean 6:62.
[63] Jean 16:28.
[64] Jean 16:29, 30.
[65] Jean 8:58 ; voir Jesus the Christ, p. 37, 411.
[66] Jean 17:5 ; 2 Néphi 9:5 ; 25:12 ; Mosiah 3:5 ; 13:33, 34 ; 15:1.
[67] Deut. 32:7, 8.
[68] Voir note 3, à la fin du chapitre.
 
NOTES DU CHAPITRE 10
 
1. Autorité donnée par Dieu. - « La preuve la plus grande que Joseph Smith reçut l'autorité et le pouvoir de la sainte prêtrise est que les oeuvres de Jean-Baptiste, de Jésus et de ses apôtres, sont de nouveau accomplies sur la terre par son administration. Pour recevoir les pouvoirs de cette prêtrise, il est nécessaire que les hommes obéissent aux lois et aux ordonnances de l'Évangile. Le Seigneur est apparu personnellement à quelques hommes et a fait alliance avec eux comme il l'a fait avec Abraham (voir Gen. 12:1-3 ; 13:14-17). Le Seigneur appela aussi personnellement et donna l'autorité à ses douze apôtres juifs. Ils étaient autorisés à travailler pour lui et à agir en son nom à tel point qu'il leur dit : « Celui qui vous reçoit, me reçoit, et celui qui, me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé » (Matt. 10:40). C'est, d'une façon plus générale, des prophètes et des apôtres du Christ que les hommes reçoivent la prêtrise. Beaucoup la reçurent des mains des apôtres du passé. Ceux qui l'ont reçue à notre époque l'ont reçue de Joseph Smith et d'Oliver Cowdery ; et ce faisant, ils l'ont reçue, par la voie légale, de Dieu le Père et de son Fils Jésus-Christ. Ceux qui ont reçu cette prêtrise ont fait alliance avec Dieu le Père, et le Père avec eux. Ceci est évidemment le point de vue qu'a sur le sujet le passage de Matthieu cité plus haut. La doctrine est plus complètement illustrée : « Et de même tous ceux qui reçoivent cette prêtrise me reçoivent, dit le Seigneur ; car celui qui reçoit mes serviteurs, me reçoit ; et celui qui me reçoit, reçoit mon Père, c'est pourquoi tout ce qui appartient à mon Père lui sera donné ; et ceci est selon le serment et l'alliance qui appartiennent à la prêtrise. » (D&A 84:35-39) » - Compendium, F. D. Richards et J. A. Little, p. 66, 67.
 
2. Préordination et prescience. - Dans une note à l'auteur, J. M. Sjodahl, du bureau de l'Historien de l'Église, dit : « La doctrine de la préordination ou de l'élection, comme on l'appelle aussi, me semble être exposée dans l'Écriture dans le but de nous montrer que Dieu agit indépendamment du conseil humain pour mener à bien ses buts et accomplir ses plans dans l'intérêt de tous. Cela nous donne à comprendre que le succès du royaume du Christ est absolument assuré, malgré l'incroyance et l'inimitié réelle de tous les adversaires. La préordination prend en considération la repentance, la foi et l'obéissance de la part de l'homme, quoique l'incroyance et la désobéissance ne puissent pas empêcher, mais seulement retarder le plan divin. Dieu est souverain dans son royaume ; c'est la grande vérité enseignée par la doctrine de la préordination.
 
La véritable relation entre la prescience et la préordination est difficile à expliquer. Dieu prédit, par ses prophètes, par exemple, la division du royaume de Salomon, la captivité d'Israël et le lieu même de l’exil. La raison humaine conclurait naturellement que, si Dieu vit que ces choses allaient arriver, alors elles devaient arriver, quoi que pût faire l'homme. Mais l'histoire montre qu'elles arrivèrent par les péchés des dirigeants et du peuple et que le Seigneur les avertit sans cesse contre ces péchés, comme s'il avait été anxieux d'empêcher la prédiction de devenir vraie. La désobéissance même aux avertissements devint la justification immédiate de la punition prédite. Le peuple aurait-il pu se repentir et éviter les calamités prédites et prévues ? Si oui, comment auraient-elles pu être prévues si ce n'est conditionnellement ? Peut-être, l'histoire de Jonas et Ninive, en montrant que la repentance évite le désastre même lorsqu'il est prédit, offre-t-elle la seule réponse satisfaisante à cette question. »
 
3. Créations spirituelles. - La condition de la préexistence n'est pas propre aux âmes humaines seules ; toute chose sur terre a une existence spirituelle, dont la structure temporelle ne forme que la contrepartie. Nous lisons la création de « chaque plante des champs avant qu'elle ne fût sur la terre, et chaque herbe des prés avant qu'elle ne crût » (Gen. 2:5). Ceci est montré plus complètement dans une autre révélation à Moïse : « Ce sont là les origines du ciel et de la terre, lorsqu'ils furent créés, le jour où moi, le Seigneur Dieu, je fis le ciel et la terre, et chaque plante des champs avant qu'elle fût sur la terre, et chaque herbe des champs avant qu'elle crut. Car moi, le Seigneur Dieu, je créai spirituellement toutes les choses dont j'ai parlé, avant qu'elles fussent naturellement sur la face de la terre... Et moi, le Seigneur Dieu, j'avais créé tous les enfants des hommes, mais pas encore d'homme pour cultiver le sol, car c'est dans le ciel que je les avais créés, et il n'y avait pas encore de chair sur la terre, ni dans l'eau, ni dans l'air ; mais moi, le Seigneur Dieu, je parlai et un brouillard monta de la terre, et arrosa toute la surface du sol. Et moi, le Seigneur Dieu, je formai l'homme de la poussière de la terre, et j'insufflai dans ses narines le souffle de la vie ; et l'homme devint une âme vivante, la première chair sur la terre, et aussi le premier homme ; néanmoins toutes les choses avaient été créées auparavant ; mais c'est spirituellement qu'elles avaient été créées et faites selon ma parole. » - Perle de grand prix : Moïse 3:4-7.
 
RÉFÉRENCES SCRIPTURAIRES
 
L'autorité dans le ministère
 
Antérieurement à la période mosaïque : Adam chargé d'enseigner - Moïse 6:57, 58 ; ordonné selon l'ordre de Dieu - verset 67. Le Seigneur donna des ordres à Noé - Gen. 6:13, 14, 22 ; 7:1. Et le Seigneur ordonna Noé selon son ordre propre - Moïse 8:19. Le Seigneur donna des commandements à Abraham - Gen. 12:1 ; 15:9 ; 17:1-9. Abraham devint grand-prêtre - Abraham 1:2, 3. Voir le livre d'Abraham dans la PGP : Le Seigneur fit alliance avec Abraham concernant la prêtrise - Abraham 2:9-11. Melchisédek, prêtre du Dieu très-haut - Gen. 14:18-20 ; voir aussi Alma 13:18. Tu es sacrificateur pour toujours, à la manière de Melchisédek - Ps. 110:4 ; Héb. 5:6-10 ; 6:-20 ; 7:1-3. Le Seigneur fit alliance avec Isaac - Gen. 26:2-5 ; et avec Jacob - Gen. 28:10-15.
 
Autorité donnée à Moïse et à d'autres : Moïse chargé de délivrer les enfants d'Israël - Ex. 3:4-17. Je te fais Dieu pour Pharaon - Ex. 7:1. Jéthro, prêtre de Madian - Ex. chap. 18 ; conféra la sainte prêtrise à Moïse - D&A 84. 6. Josué ordonné de la main de Moïse - Nom. 27:18-23 ; Deut. 34:9.
 
Notez les exemples de châtiment sur certains qui osèrent officier sans autorité - Nom. chap. 16 ; 1 Chron. 13:10 ; 1 Sam. 13:5-14 ; 2 Chron. chap. 26.
 
Prêtres qui furent oints et consacrés au ministère - Nom. 3:3 Lévites désignés - verset 9. Soixante-dix hommes des anciens d'Israël - Nom. 11:16, 25.
 
Le Seigneur les a choisis pour qu'ils le servent - Deut. 21:5.
 
On vous appellera sacrificateurs de l'Éternel - Es. 61:6.
 
Jérémie fut ordonné prophète ; les paroles du Seigneur sont dans sa bouche - Jér. 1:4-9.
 
La parole de l'Éternel fut adressée à Ézéchiel, le sacrificateur - Ez. 1:3.
 
Aggée, envoyé de l'Éternel, dit au peuple - Aggée 1:13.
 
La parole du Seigneur adressée à Zacharie - Zach. 1:1.
 
Le sacrificateur est un envoyé de l'Éternel des armées - Mal. 2:7.
 
L'autorité conférée par Jésus-Christ tandis qu'il était dans la mortalité
 
Il donna pouvoir à douze disciples - Matt. 10:1.
 
Il ordonna douze hommes - Marc 3:14 ; qu'il appela apôtres Luc 6:13.
 
Je vous ai choisis et je vous ai établis - Jean 15:16 ; voir aussi 17:18.
 
Le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples et les envoya - Luc 10:1, 17.
 
Je te donnerai [à Pierre] les clefs du royaume des cieux - Matt. 16:19.
 
Les apôtres chargés de baptiser et d'enseigner - Matt. 28:19, 20.
 
Péchés remis ou retenus de par l'autorité donnée aux apôtres - Jean 20:21-23.
 
L'ordination du temps des apôtres
 
Matthias compté parmi les apôtres - Actes 1:21-26.
 
Sept hommes choisis et ordonnés par l'imposition des mains - Actes 6:2-6.
 
Philippe exerça le ministère avec autorité ; des signes suivirent - Actes 8:5-12 ; comparez 6:5. Notez que les apôtres Pierre et Jean administrèrent les ordonnances supérieures aux Samaritains convertis par le ministère de Philippe - Actes 8:14-17.
 
Barnabas et Saul reçurent l'imposition des mains - Actes 13:1-3.
 
Des anciens ordonnés dans chaque Église - Actes 14:23 voir aussi Ti. 1:5.
 
Paul appelé à l'apostolat - Rom. 1:1 ; 1 Cor. 1:1 ; voir aussi Rom. 1:5.
 
Comment y aura-t-il des prédicateurs s'ils ne sont pas envoyés ? Rom. 10:14, 15.
 
Pour lequel j'ai été établi prédicateur et apôtre - 1 Tim. 2:7 ; aussi 2 Tim. 1:11.
 
Le don qui a été donné par prophétie, avec l'imposition des mains de l'assemblée des anciens - 1 Tim. 4:14 ; aussi 2 Tim. 1:6.
 
Une race élue ; un sacerdoce royal - 1 Pi. 2:9.
 
Il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes - Eph. 4:11.
 
Jésus-Christ, sacrificateur selon l'ordre de Melchisédek - Héb. 5:1-8.
 
Si quelqu'un parle, que ce soit comme annonçant les oracles de Dieu - 1 Pi. 4 -11.
 
Néphi appelé à gouverner et à enseigner - 1 Néphi 2:22 ; 3:29 2 Néphi 5:19.
 
Néphi consacre Jacob et Joseph prêtres - 2 Néphi 5:26.
 
Jacob appelé par Dieu et ordonné selon son saint ordre - 2 Néphi 6:2.
 
Alma fut consacré grand-prêtre de l'Église - Alma 4:4 ; 8:23 16:5.
 
La haute prêtrise selon l'ordre du Fils de Dieu - Alma 13:1-19.
 
Alma ordonna des prêtres et des anciens par l'imposition des mains - Alma 6:1.
 
Tous ceux qui avaient été ordonnés du saint ordre de Dieu - Alma 49:30.
 
Ceux d'autrefois furent appelés selon le saint ordre de Dieu - Éther 12:10.
 
Le Seigneur toucha de la main les douze disciples choisis et leur donna le pouvoir de conférer le Saint-Esprit - 3 Néphi 18:3 6, 37 ; Moroni, chap. 2.
 
D'autres disciples ordonnés - 4 Néphi 14.
 
Les disciples ordonnèrent des prêtres et des instructeurs - Moroni, chap. 3.
 
Prêtrise d'Aaron conférée à Joseph Smith et à Oliver Cowdery par Jean-Baptiste - D&A sec. 13.
 
Voici, ceci est mon autorité et l'autorité de mes serviteurs - D&A 1:6.
 
Je vous révélerai la prêtrise par l'intermédiaire d'Élie le prophète - D&A 2:1.
 
Joseph Smith et Oliver Cowdery s'ordonnent mutuellement, comme il fut commandé - PGP, Joseph Smith, v. 71.
 
Ordinations requises ; chaque ordination doit être effectuée par quelqu'un détenant l'autorité - D&A 42:11.
 
Les évêques doivent être des grands-prêtres, à moins qu'ils ne soient descendants littéraux d'Aaron ; droits des descendants littéraux d'Aaron - D&A 68:14-21.
 
Grâce à cette prêtrise, sauveurs de mon peuple, Israël - D&A 86:11.
 
Révélation sur la prêtrise, donnant la lignée des anciens patriarches, et les devoirs des divers offices dans la prêtrise - D&A sec. 84.
 
Celui qui est ordonné par moi et envoyé pour prêcher la parole de vérité - D&A 50:17.
 
Prêchez l'Évangile, agissant avec l'autorité que je vous ai donnée - D&A 68:8.
 
Le Seigneur enleva Moïse du milieu d'Israël, ainsi que la sainte prêtrise ; et la moindre prêtrise continua - D&A 84:25, 26.
 
Tous ceux qui, par leur fidélité, obtiennent ces deux prêtrises, deviennent les fils de Moïse et d'Aaron, et la postérité d'Abraham - D&A 84:33, 34.
 
Malheur à ceux qui n'acceptent pas cette prêtrise - D&A 84:42.
 
Les Douze appelés à aller dans le monde entier prêcher l'Évangile - D&A 18:27-29. Instructions relatives aux Douze versets 31 à 36.
 
Les Douze : un grand conseil président voyageur chargé d'édifier l'Église - D&A 107:33. Les soixante-dix doivent agir sous la direction des Douze - D&A 107:34.
 
Les Douze apôtres sont des témoins spéciaux du nom du Christ dans le monde entier - D&A 107. 23.
 
Révélation relative aux collèges de prêtrise et à leurs devoirs - D&A sec. 107.
 
Un seul homme à la fois, détient les clefs du pouvoir de sceller sur terre - D&A 132:7.
 
Cette même prêtrise, qui était au commencement, sera aussi à la fin du monde - Moïse 6:7.
 
Le Seigneur dit à Abraham : Je te prendrai pour te donner mon nom, savoir la prêtrise de ton père - Abraham 1:18.
 
Les annales des pères, des patriarches eux-mêmes, concernant le droit de la prêtrise - Abraham 1:31.
 
La préexistence et la préordination
 
Dieu est le Père des esprits de toute chair - Héb. 12:9 ; voir aussi Nom. 16:22 ; 27:16 ; Job 12:10.
 
Après la mort, l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné - Ecc. 12:7.
 
Jérémie était connu de Dieu et fut ordonné avant de naître - Jér. 1:5.
 
Et si vous voyez le Fils de l'Homme monter où il était auparavant ? - Jean 6 -. 62.
 
Je suis sorti du Père : maintenant je quitte le monde et je vais au Père - Jean 16 - 28.
 
Le Christ pria pour être glorifié de la gloire qu'il avait auprès du Père avant que le monde fût - Jean 17:5.
 
Qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle ? - Jean 9:2.
 
Considérez les nombreux cas où Jéhovah, c'est-à-dire Jésus-Christ, se manifesta aux anciens prophètes des deux hémisphères avant sa naissance dans la chair.
 
Prédictions que le Seigneur Omnipotent, qui régnait alors, descendrait et demeurerait dans une enveloppe d'argile, et naîtrait de Marie - Mosiah 3:5-8.
 
Le Seigneur montra à Abraham les intelligences qui furent organisées avant que le monde fût, et pour lesquelles la terre a été créée - Abraham 3:22-26.
 
Le Seigneur ressuscité déclara aux Néphites qu'il créa les cieux et la terre et qu'il était avec le Père depuis le commencement - 3 Néphi 9:15.
 
Le Seigneur déclara à Néphi, fils de Néphi, la nuit avant sa naissance : Demain, je viendrai sur la terre - 3 Néphi 1:13.
 
Appelés et préparés dès la fondation du monde, selon la prescience de Dieu - Alma 13:3 ; préparé d'éternité à toute éternité, selon sa prescience - verset 7.
 
Le Christ, qui fut préparé dès la fondation du monde - Mosiah 18:13 - Je suis celui qui a été préparé depuis la fondation du monde - Éther 3:14.
 
Élus selon la prescience de Dieu - 1 Pi. 1:2.
 
En lui, Dieu nous a élus avant la fondation du monde - Eph. 1:4.
 
Ayant été Prédestinés suivant la résolution du Seigneur - Eph. 1:11.
 
Que Dieu a préparées d'avance, afin que les hommes fassent de bonnes oeuvres - Eph. 2:10.
 
Vous êtes héritiers légaux, et, avec le Christ, vous avez été dissimulés au monde en Dieu - D&A 86:9, 10.
 
Les choses de Dieu qui étaient depuis le commencement, avant que le monde fût - D&A 76:13.
 
Décrété par le Conseil du Dieu éternel avant que le monde fût - D&A 121:32.
 
Le Seigneur choisit parmi les esprits non-incarnés ceux dont il voulait faire ses conducteurs dans la chair - Abraham 3:23.
 
 
CHAPITRE 11 : L'ÉGLISE ET LE PLAN DE SON ORGANISATION
 
Article 6. - Nous croyons à la même organisation que celle qui existait dans l'Église primitive, savoir : apôtres, prophètes, pasteurs, docteurs, évangélistes, etc.
 
L'ÉGLISE DANS LES PREMIERS ET DANS LES DERNIERS JOURS
 
L'Église primitive. - Au midi des temps [1] Jésus-Christ établit son Église sur la terre et y nomma les officiers nécessaires pour mener à bien la réalisation des buts du Père. Chaque personne ainsi nommée reçut l'autorité divine nécessaire pour officier dans les ordonnances de son appel ; et, après l'ascension du Christ, la même organisation continua d'exister, ceux qui avaient reçu l'autorité en ordonnant d'autres aux divers offices de la prêtrise. C'est ainsi que furent donnés à l'Église des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des pasteurs [2], des grands-prêtres [3], des soixante-dix [4], des anciens [5], des évêques [6], des prêtres [7], des instructeurs [8] et des diacres [9].
 
Outre ces offices déterminés de la prêtrise, il y en eut d'autres d'une nature plus temporelle, pour lesquels des hommes furent aussi mis à part par les autorités. Ce fut, par exemple, le cas des sept hommes de bon renom qui, du temps des apôtres, furent désignés pour s'occuper des pauvres, laissant ainsi aux Douze plus de liberté pour s'acquitter des devoirs particuliers de leur office [10]. Cette nomination illustre la nature des auxiliaires et des administrations [11] établies dans l'Église pour seconder l’œuvre sous la direction des officiers réguliers de la prêtrise.
 
Les ministres ainsi nommés et les membres au milieu desquels ils travaillent constituent l'Église du Christ qui a été comparée d'une manière impressionnante à un corps parfait, les individus étant les membres séparés, possédant chacun sa fonction propre, et coopérant tous au bien-être de l'ensemble [12]. Chaque office ainsi établi, chaque officier ainsi commissionné est nécessaire au développement de l'Église et à l'accomplissement de son oeuvre. Une organisation établie par Dieu ne renferme rien de superflu ; l’œil, l'oreille, la main, le pied, chaque organe du corps est essentiel à la symétrie et à la perfection de la structure physique. Dans l'Église, nul officier ne peut dire avec raison à un autre : « Je n'ai pas besoin de toi. » [13]
 
L'existence de ces officiers, et particulièrement leur fonctionnement avec des accompagnements d'aide et de pouvoirs divins, peuvent être considérés comme des traits caractéristiques et distinctifs de l'Église à tous les âges du monde - l'épreuve cruciale par laquelle la validité ou l'invalidité de toute prétention à l'autorité divine peut être déterminée. L'Évangile de Jésus-Christ est l'Évangile éternel ; ses principes, ses lois et ses ordonnances, et l'organisation de l'Église qui est fondée sur eux, doivent toujours être les mêmes. Par conséquent, celui qui est à la recherche de la véritable Église, doit chercher une organisation qui comprend les offices établis autrefois, ceux d'apôtres, de prophètes, d'évangélistes, de grands-prêtres, de soixante-dix, de pasteurs, d'évêques, d'anciens, de prêtres, d'instructeurs, de diacres - pas simplement des hommes portant ces titres, mais des ministres à même de justifier leurs prétentions aux fonctions d'officiers au service du Seigneur, par les manifestations de pouvoir et d'autorité qui accompagnent leur ministère.
 
Apostasie depuis l’Église primitive. - L'investigateur sérieux peut se demander si ces autorités, accompagnées des dons probants du Saint-Esprit, sont restées avec les hommes depuis les temps apostoliques jusqu'à présent ; bref, si l'Église de Jésus-Christ est restée sur la terre pendant ce long intervalle. Qu'on considère en guise de réponse les faits suivants. Depuis la période qui suivit immédiatement celle du ministère des apôtres d'autrefois, jusqu'au dix-neuvième siècle, aucune organisation n'a affirmé sa prétention à la révélation directe de Dieu. En fait, pendant des siècles, la teneur des enseignements des soi-disant ministres de l'Évangile a été que ces dons de Dieu oui cessé, que les jours des miracles sont passés, et que le présent ne s'appuie entièrement que sur le passé pour se guider. L'histoire offre une interprétation qui saute aux yeux - les hommes se sont beaucoup écartés du chemin du salut tracé par le Sauveur, il y a eu une apostasie universelle depuis l'Église du Christ [14]. À peine l'Église qui porte son nom eut-elle été organisée par le Sauveur, que les puissances des ténèbres formèrent les rangs pour entrer en lutte avec ce corps organisé. Même du temps du ministère personnel de notre Seigneur dans la chair, la persécution fit rage contre lui et ses disciples. Elle commença avec les Juifs, et, d'abord dirigée contre le Maître et ses plus proches collaborateurs, cette vague d'opposition enveloppa bientôt tous les disciples connus du Sauveur, de telle sorte que le nom même de chrétien fut employé comme épithète de dérision.
 
Cependant, dans le premier quart du quatrième siècle, un changement se produisit dans l'attitude du paganisme envers le christianisme ; il fut marqué par la prétendue conversion de Constantin le Grand, sous le patronage duquel le christianisme monta de plus en plus en faveur et devint en fait la religion d'état. Mais quelle foi, quelle religion elle était devenue à cette époque-là ! Sa simplicité avait disparu ; la dévotion fervente et la sincérité pleine d'abnégation ne distinguaient plus les ministres de l'Église. Ces soi-disant disciples de l'humble prophète de Nazareth, ces hommes qui prétendaient représenter le Seigneur dont le royaume n'était pas de ce monde, ces gens qui se proclamaient, à grand bruit, amis de l'Homme des Douleurs, habitué à la souffrance, vivaient dans des conditions étrangement opposées à la vie de leur Exemple divin. Les charges ecclésiastiques étaient recherchées à cause de l'honneur et des richesses qu'elles procuraient ; les ministres de l'Évangile affectaient le rang de dignitaires séculiers ; les évêques étalaient la pompe des princes, les archevêques vivaient comme des rois, et les papes comme des empereurs. Ces innovations furent accompagnées de nombreux changements dans les ordonnances de cette prétendue église - les rites du baptême furent pervertis ; la Sainte-Cène fut altérée ; le culte public devint une exhibition d'art ; des hommes furent canonisés ; des martyrs devinrent l'objet d'un culte ; le blasphème fit des progrès rapides en ce que des hommes sans autorité essayèrent d'exercer les prérogatives de Dieu. Des siècles de ténèbres s'abattirent sur la terre ; le pouvoir de Satan semblait presque suprême.
 
S'il veut s'informer particulièrement des preuves d'une apostasie générale depuis l'Église du Christ, l'étudiant doit consulter les autorités en histoire ecclésiastique. Bien que l'existence d'une apostasie ne soit admise que par peu de ces auteurs, les événements historiques qu'ils rapportent révèlent l'affreuse vérité. Nous pouvons suivre, depuis les jours des apôtres jusque vers la fin du dixième siècle, un changement constant de forme dans l'organisation de l'Église qui, à la dernière date citée, n'avait plus que très peu de ressemblance avec l'Église établie par le Sauveur. Cette apostasie est admise par certains historiens et, comme nous allons le voir, fut nettement prédite par des prophéties faisant autorité.
 
John Wesley, fondateur d'une Église influente, déclara que les dons distinctifs du Saint-Esprit n'étaient plus dans l'Église, ayant été enlevés à cause de l'indignité de ceux qui professaient être chrétiens, qu'il appelait d'ailleurs païens, ne possédant qu'une forme morte de culte[15] . Dans l'Homélie Contre le Péril de l'Idolâtrie, de l'Église anglicane, nous lisons ceci : « Et c'est ainsi que les laïques et le clergé, les érudits et les ignorants, les hommes, les femmes, les enfants de toute la chrétienté, de tout âge, de toutes confessions et de toutes conditions - chose horrible et épouvantable à penser - ont été plongés tous en même temps dans l'idolâtrie abominable, de tous les vices celui le plus haï de Dieu et le plus damnable pour l'homme ; et cela pendant une période de huit cents ans et plus. » Le Livre des Homélies date du milieu du seizième siècle environ ; et nous y trouvons ainsi officiellement proclamé que la soi-disant Église et le monde religieux tout entier avaient été plongés dans une apostasie complète pendant huit siècles ou plus avant l'établissement de l'Église anglicane [16].
 
Cette grande apostasie fut prédite. - La prescience de Dieu lui fit connaître, même depuis le commencement, cette déviation de la vérité et, par l'inspiration, les prophètes d'autrefois avertirent solennellement le monde du danger qui approchait. Ésaïe faisait allusion à cette ère de ténèbres spirituelles lorsqu'il déclara : « Le pays était profané par ses habitants ; car ils transgressaient les lois, violaient les ordonnances, ils rompaient l'alliance éternelle » [17]. Très impressionnantes également sont les paroles que le Seigneur prononça par la bouche de Jérémie : « Car mon peuple a commis un double péché : ils m'ont abandonné, moi qui suis une source d'eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées, qui ne retiennent pas l'eau. » [18]
 
Les prophéties des apôtres, relatives aux faux docteurs qui devaient bientôt troubler le troupeau, montrent que l'apostasie, approchait déjà alors à grands pas. Paul mit les saints de Thessalonique en garde afin qu'ils ne fussent point séduits par ceux qui s'écriaient que la seconde venue du Christ était alors proche : « Car, dit l'apôtre, il faut que l'apostasie soit arrivée auparavant, et qu'on ait vu paraître l'homme du péché, le fils de la perdition, l'adversaire qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu ou de ce qu'on adore, jusqu'à s'asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu » [19]. Cette apostasie avait commencé même du temps des apôtres : « il y a maintenant plusieurs antéchrists », dit Jean [20]. Et Paul, s'adressant aux Galates, déclara : « Il y a des gens qui vous troublent et qui veulent renverser l'Évangile de Christ. » [21].
 
Les prophéties contenues dans le Livre de Mormon au sujet de cette grande apostasie ne sont pas moins concluantes. Néphi, fils de Léhi, prédit que les Indiens du nord de l'Amérique seraient opprimés par les Gentils, et déclara qu'à cette époque le peuple serait enflé d'orgueil, s'étant détourné des ordonnances de la maison de Dieu ; ils se bâtiraient beaucoup d'églises, mais dans ces églises ils prêcheraient leur propre sagesse, se livrant à l'envie, aux querelles et à la malice, et niant, cependant, le pouvoir et les miracles de Dieu [22].
 
Rétablissement de l'Église. - D'après les faits déjà mentionnés, il est évident que l'Église fut littéralement chassée de la terre. Au cours des dix premiers siècles qui suivirent immédiatement le ministère du Christ, l'autorité de la sainte prêtrise fut perdue parmi les hommes, et aucun pouvoir humain ne pouvait la rétablir. Mais le Seigneur, dans sa miséricorde, pourvut au rétablissement de son Église dans les derniers jours, et pour la dernière fois. Et les prophètes d'autrefois prédirent cette ère de réapparition de la lumière et célébrèrent son avènement en chants joyeux [23]. Ce rétablissement fut effectué par le Seigneur, par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith qui, avec Oliver Cowdery, reçut, en 1. 829, la Prêtrise d'Aaron des mains de Jean-Baptiste ; et, plus tard, la Prêtrise de Melchisédek, sous les mains des apôtres des premiers jours, Pierre, Jacques et Jean. Grâce à l'autorité ainsi conférée, l'Église a été organisée à nouveau, dans son intégralité d'autrefois, et les hommes se réjouissent une fois de plus de ce précieux bienfait de recevoir les conseils de Dieu. Les saints des derniers jours affirment posséder l'organisation de la véritable église, semblable dans tous les points essentiels, à l'organisation établie par Jésus-Christ parmi les Juifs. Ce peuple des derniers jours déclare détenir la prêtrise du Tout-Puissant, le pouvoir d'agir au nom de Dieu, pouvoir qui commande le respect à la fois sur la terre et dans les cieux.
 
PLAN DU GOUVERNEMENT DE L'ÉGLISE RÉTABLIE
 
Ordre et offices de la prêtrise [24]. - L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours reconnaît deux ordres de prêtrise, l'ordre inférieur dit d'Aaron et l'ordre supérieur portant le nom d'ordre de Melchisédek.
 
La Prêtrise d'Aaron tire son nom d'Aaron, qui fut adjoint à Moïse pour être son porte-parole, pour agir sous sa direction dans l'accomplissement des buts de Dieu concernant Israël [25]. C'est pour cette raison qu'elle est quelquefois appelée la prêtrise Inférieure ; mais bien qu'inférieure, elle n'est ni petite ni insignifiante. Tandis qu'Israël voyageait dans le désert, Aaron et ses fils furent appelés par prophétie et mis à part pour remplir les devoirs de l'office de prêtre [26].
 
Plus tard, le Seigneur choisit la tribu de Lévi pour aider Aaron dans ses fonctions sacerdotales, le devoir spécifique des Lévites étant de garder les instruments et de faire le service du tabernacle. Les Lévites devaient prendre la place des premiers-nés de toutes les tribus, que le Seigneur avait réclamés pour son service depuis l'époque de la dernière plaie d'Égypte, lorsque le premier-né de chaque maison égyptienne avait été frappé de mort tandis que le premier-né de chaque maison israélite était épargné et consacré [27]. La charge ainsi donnée aux Lévites est parfois appelée prêtrise Lévitique [28] elle doit être considérée comme une annexe à la Prêtrise d'Aaron, étant donné qu'elle ne comprend pas les fonctions plus hautes du prêtre. La Prêtrise d'Aaron, rétablie sur la terre à notre époque, inclut l'ordre lévitique [29]. La Prêtrise d'Aaron détient les clefs du ministère d'anges et l'autorité d'administrer les ordonnances extérieures, la lettre de l'Évangile [30] elle comprend les offices de diacre, d'instructeur et de prêtre, l'épiscopat détenant les clefs de la présidence.
 
La Prêtrise de Melchisédek est ainsi appelée d'après le roi de Salem, grand-prêtre éminent [31] avant l'époque duquel elle était appelée « La Sainte Prêtrise selon l'Ordre du Fils de Dieu. Mais par respect ou révérence pour le nom de l'Être suprême, afin d'éviter la répétition trop fréquente de son nom, l'Église, dans les temps anciens, appela cette prêtrise du nom de Melchisédek. » [32]. Cette prêtrise détient le droit de présidence dans tous les offices de l'Église ; elle a pour fonction d'administrer les choses spirituelles, et comprend les clefs de toutes les bénédictions spirituelles de l'Église, le droit « de voir les cieux s'ouvrir devant eux [les détenteurs de cette prêtrise], de communier avec l'assemblée générale et l'Église du Premier-Né, et de jouir de la communion et de la présence de Dieu le Père et de Jésus, le médiateur de la nouvelle alliance » [33]. Les offices de la Prêtrise de Melchisédek sont ceux d'apôtre, de patriarche ou évangéliste, de grand-prêtre, de soixante-dix et d'ancien. La révélation divine a déterminé les devoirs relatifs à chacun de ces offices ; et de la même autorité supérieure, des officiers présidents ont été choisis de parmi ceux qui ont été ordonnés aux différents offices de ces deux prêtrises [34].
 
Devoirs de la prêtrise. – L'office de Diacre est le premier ou le plus bas dans la Prêtrise d'Aaron. Les devoirs de cet office sont principalement de nature temporelle, comprenant l'entretien des maisons de culte, le confort des fidèles, et divers services à rendre aux membres de l'Église selon les instructions de l'évêque. Cependant, en toutes choses, le diacre peut être appelé à aider l'instructeur dans sa tâche [35]. Douze diacres forment un collège.
 
Les Instructeurs sont des officiers locaux dont les fonctions consistent à se mêler aux saints, les exhortant a remplir leurs devoirs, et fortifiant l'Église par leur ministère constant ; ils doivent veiller à ce qu'il n'y ait pas d'iniquité dans l'Église, à ce que les membres n'entretiennent pas de mauvais sentiments les uns envers les autres, mais observent la loi de Dieu concernant leurs devoirs dans l'Église. Ils peuvent prendre la direction des réunions en l'absence de prêtre ou d'autre officier supérieur. L'instructeur et le diacre peuvent tous deux prêcher la parole de Dieu quand ils y sont invités par l'autorité compétente ; mais ils ne détiennent pas le pouvoir d'officier indépendamment dans quelque ordonnance spirituelle que ce soit, telle que le baptême, l'administration de la Sainte-Cène ou l'imposition des mains [36]. Vingt-quatre instructeurs forment un collège comprenant un président et deux conseillers.
 
Les prêtres sont chargés de prêcher, d'instruire, d'exposer les Écritures, de baptiser, d'administrer la Sainte-Cène, de visiter les foyers des membres pour les exhorter à la diligence. Invité par l'autorité compétente, le prêtre peut ordonner des diacres, des instructeurs et d'autres prêtres ; et il peut être appelé à aider l'ancien dans sa tâche. Un collège de prêtres comprend quarante-huit membres, sous la présidence personnelle d'un évêque.
 
Les anciens ont le pouvoir d'officier dans n'importe laquelle ou dans toutes les charges appartenant aux offices inférieurs de la prêtrise ; et, de plus, ils peuvent ordonner d'autres anciens, confirmer membres de l'Église les candidats qui ont été validement baptisés et leur conférer le Saint-Esprit. Les anciens possèdent l'autorité de bénir les enfants de l'Église, et de se charger des réunions, les dirigeant selon l'inspiration que leur donne le Saint-Esprit [37]. L'ancien peut officier au lieu du grand-prêtre en l'absence de celui-ci. Quatre-vingt-seize anciens forment un collège ; trois d'entre eux constituent la présidence de ce groupe [38].
 
Les soixante-dix sont, avant tout, des anciens voyageurs, spécialement ordonnés pour proclamer l'Évangile parmi les nations de la terre, « aux Gentils premièrement, puis aux Juifs ». Ils doivent agir sous la direction des apôtres dans cette oeuvre particulière [39]. Un collège complet comprend soixante-dix membres, dont sept présidents.
 
Les grands-prêtres reçoivent, en vertu de leur ordination, le pouvoir d'officier, lorsqu'ils sont mis à part ou qu'ils y sont invités par l'autorité compétente, dans toutes les ordonnances et dans toutes les bénédictions de l'Église. Ils peuvent voyager, comme les soixante-dix, pour porter l'Évangile aux nations ; mais ils ne sont pas spécifiquement chargés de ce devoir ; leur responsabilité particulière étant de servir ou de présider à demeure. Les grands-prêtres de n'importe quel pieu de l'Église peuvent s'organiser en collège, sans qu'il y ait de limite au nombre ; ce collège est présidé par, trois de ses membres : un président et deux conseillers [40].
 
Les patriarches ou évangélistes sont chargés de bénir les membres de l'Église. Naturellement, ils ont également l'autorité d'officier dans d'autres ordonnances. Il y a un seul « patriarche de l'Église », connu officiellement sous le nom de patriarche président, dont la juridiction générale s'étend à toute l'Église ; il détient les clefs de l'office patriarcal, et la promesse lui est faite, « que celui qu'il bénit soit béni, et que celui qu'il maudit soit maudit ; afin que tout ce qu'il lie sur terre soit lié dans les cieux et que tout ce qu'il délie sur terre soit délié dans les cieux » [41].
 
Le Seigneur a dit au su et de l'autorité patriarcale : « Il a été décrété que l'ordre de cette prêtrise doit se transmettre de père en fils, et qu'il appartient de droit aux descendants littéraux de la postérité choisie, à qui les promesses ont été faites. Cet ordre fut institué au temps d'Adam et fut transmis par lignage » [42]. Mais, outre cet office de pouvoir patriarcal général, il existe un certain nombre de patriarches locaux ordonnés dans les branches de l'Église, tous soumis aux conseils et aux instructions que leur donne le patriarche président, suivant les directives de la Première Présidence ou du Conseil des Douze, possédant cependant dans le territoire de leur district, les mêmes droits et la même autorité que le patriarche président détient pour toute l'Église. « Les Douze ont le devoir d'ordonner, dans toutes les grandes branches de l'Église, les ministres évangéliques qui leur seront désignés par révélation » [43].
 
Les apôtres sont appelés comme témoins du nom du Christ dans le monde entier [44] ils ont le pouvoir d'édifier et d'organiser les branches de l'Église et peuvent officier dans n'importe quelle ordonnance. Ils doivent voyager parmi les saints, régler les affaires de l'Église partout où ils vont, mais particulièrement là où il n'existe pas d'organisation locale complète. Ils ont l'autorisation d'ordonner des patriarches et d'autres officiers de la prêtrise, selon que l'Esprit de Dieu le leur dicte [45]. Dans tout leur ministère, ils agissent sous la direction de la Première Présidence de l'Église. Douze apôtres, dûment mis à part, constituent le Collège ou Conseil des Douze.
 
Présidence et organisation des collèges. - La parole révélée de Dieu a pourvu à l'établissement d'officiers présidents « issus de ceux qui sont ordonnés aux divers offices de ces deux prêtrises ou nommés par eux ou de parmi eux » [46]. Conformément aux principes d'ordre qui prédominent dans toute son oeuvre, le Seigneur a ordonné que les détenteurs de la prêtrise soient organisés en collèges afin de mieux les aider à apprendre et à remplir les devoirs de leurs offices respectifs. Certains de ces collèges sont généraux dans leur étendue et leur autorité, d'autres ont une juridiction locale. Les Autorités Générales de l'Église et tous les officiers, qu'ils aient une juridiction générale ou locale, doivent être soutenus dans leurs positions respectives par le vote des membres qu'ils sont appelés à présider. Les officiers de pieu et de paroisse sont approuvés par le vote des organisations locales, les autorités générales et les officiers généraux par l'Église assemblée en conférence. Les conférences de l'Église ont lieu semestriellement, tandis que les conférences de pieu et de paroisse se tiennent trimestriellement. Un point important du programme de ces conférences est le vote du peuple sur les nominations aux offices. Le principe du consentement commun est ainsi observé dans toutes les organisations de l'Église [47].
 
La Première Présidence constitue le collège président de l'Église. Par ordre divin, un président est désigné de parmi les membres de la haute prêtrise pour présider l'Église tout entière. Il porte le nom de président de la haute prêtrise de l'Église, ou grand-prêtre président de la haute prêtrise de l'Église [48]. Il est appelé à être « voyant, révélateur, traducteur et prophète, ayant tous les dons que Dieu confère au chef de l'Église » [49]. Le Seigneur compare son poste à celui du Moise d'autrefois, qui fut le porte-parole du Seigneur à Israël. Dans sa tâche glorieuse parmi les membres de l'Église, ce grand-prêtre président est aidé par deux autres hommes qui détiennent la même prêtrise, et ces trois grands-prêtres, lorsqu'ils sont nommés et ordonnés correctement et soutenus par la confiance, la foi et les prières de l'Église « forment le Collège de la Présidence de l'Église » [50].
 
Le Collège des douze apôtres. - Douze hommes détenant l'apostolat, correctement organisés, constituent le Collège des douze apôtres, appelé également le conseil des Douze. Ce sont eux que le Seigneur désigne pour être les douze conseillers voyageurs [51] ; ils forment le grand conseil président voyageur et officient, sous la direction de la Première Présidence, dans toutes les parties du monde. Ils constituent un collège dont les décisions unanimes font force de loi en pouvoir et en autorité au même titre que celles de la Première Présidence de l'Église [52]. Lorsque la Première Présidence est désorganisée à la suite du décès du président ou de son incapacité physique, l'autorité directrice dans le gouvernement revient immédiatement au Collège des douze apôtres, qui effectue la nomination à la Présidence.
 
La présidence des soixante-dix. - Le premier collège des soixante-dix forme un corps dont les décisions unanimes font force de loi au même titre que celles des douze apôtres, sur les questions régulièrement présentées devant les soixante-dix et réclamant leur action officielle. De nombreux collèges de soixante-dix peuvent être nécessaires dans l’œuvre de l'Église. La présidence de chaque collège est assurée par sept présidents. Cependant, les sept présidents du premier collège des soixante-dix président tous les autres collèges et leurs présidents [53].
 
L'épiscopat président, tel qu'il est constitué à présent, comprend l'évêque président de l'Église et deux conseillers. Ce corps détient la juridiction sur les devoirs des autres évêques de l'Église, et sur toutes les organisations et activités relatives à la Prêtrise d'Aaron. Le représentant vivant le plus âgé parmi les fils d'Aaron a droit à cet office de présidence, pourvu qu'il en soit digne et capable à tous les égards ; cependant, il doit être choisi et ordonné par la Première Présidence de l'Église [54]. Si l'on trouve et ordonne ce descendant littéral d'Aaron, il peut agir sans conseiller sauf lorsqu'il siège pour juger l'un des présidents de la haute prêtrise, auquel cas il doit être assisté de douze grands-prêtres [55]. Mais en l'absence de tout descendant direct d'Aaron justement qualifié, un grand-prêtre de la Prêtrise de Melchisédek peut être appelé et mis à part par la Première Présidence de l'Église à l'office d'évêque président ; il doit être assisté de deux autres grands-prêtres, correctement ordonnés et mis à part pour être ses conseillers [56].
 
Organisations locales de la prêtrise. - Là où les saints sont établis de façon permanente, des pieux de Sion [57] sont organisés, chaque pieu comprenant un certain nombre de paroisses ou de branches. Au-dessus de chaque pieu se trouve une présidence de pieu, qui consiste en un président et deux conseillers ; ceux-ci sont des grands-prêtres mis à part pour cet office. La présidence de pieu est assistée, dans ses fonctions judiciaires, par un grand conseil permanent, composé de douze grands-prêtres choisis et ordonnés à cet office. La présidence du pieu préside ce conseil et celui-ci constitue la cour de justice suprême du pieu.
 
Les présidents des pieux et les évêques des paroisses sont les pasteurs du troupeau ; leurs devoirs sont analogues à ceux des pasteurs du passé. Les grands-prêtres et les anciens de chaque pieu sont organisés en collèges, comme nous l'avons déjà décrit, le nombre des premiers n'étant pas limité, les autres formant un ou plusieurs collèges de quatre-vingt-seize membres chacun. Des patriarches sont aussi mis à part pour officier parmi la population du pieu.
 
Un épiscopat de paroisse est établi dans chaque paroisse complètement organisée de l'Église. Ce corps consiste en trois grands-prêtres, dont l'un est ordonné évêque et mis à part pour présider la paroisse, les deux autres étant mis à part comme conseillers de l'évêque. La juridiction de l'évêque s'étend aux collèges de la prêtrise inférieure dans sa paroisse et aussi aux détenteurs de la prêtrise supérieure en tant que membres de sa paroisse ; mais il n'a pas la présidence directe des collèges de l'ordre de Melchisédek comme tels, qui peuvent être compris dans son territoire. Grand-prêtre président, il préside légitimement sa paroisse tout entière. La paroisse comprend des collèges de prêtres, d'instructeurs et de diacres, un, ou davantage de chacun, suivant l'importance numérique de la paroisse, et aussi les organisations auxiliaires, mentionnées ci-après.
 
Organisations auxiliaires de l'Église. - Outre ces autorités et offices constitués dans la prêtrise, il existe des organisations secondaires établies dans des buts moraux, éducatifs et bienfaisants. Elles comprennent :,
 
Les sociétés de la Primaire pourvoyant à l'instruction et à la formation morale des jeunes enfants.
 
Les Sociétés d'amélioration mutuelle, comprenant des organisations séparées pour les sexes ayant pour but d'éduquer et de former la jeunesse dans les sujets d'intérêt pratique. L’enseignement comprend : la littérature et l'histoire, le théâtre et la musique, les sciences et les arts, les lois de la santé, et un grand nombre d'autres branches des connaissances utiles. Des accessoires sont prévus, permettant des activités récréatives nombreuses et variées.
 
Les Écoles du dimanche, comprenant des classes, graduées selon les âges, destinées à l'étude des Écritures, à l'enseignement de la théologie, des devoirs moraux et religieux, et de la discipline de l'Église. Les Écoles du Dimanche, bien que destinées avant tout aux jeunes, sont ouvertes à tous et comprennent les classes du jardin d'enfants et des parents, avec toutes les gradations intermédiaires.
 
Les Écoles de l'Église pourvoient à l'instruction séculière et religieuse et s'étendent du niveau de l'école maternelle à celui de l'université.
 
Les Classes de religion. - Dans celles-ci se donne un cours d'instruction progressif en théologie et en religion, offert comme complément et supplément aux enseignements séculiers des écoles laïques. Il existe des séminaires de théologie à l'usage des étudiants de lycée et d'université.
 
Les Sociétés de secours sont composées de femmes qui ont pour devoir de veiller au bien-être des pauvres et au soulagement des souffrances des affligés.
 
La plupart de ces organisations auxiliaires fonctionnent dans chaque paroisse de l'Église, de même que dans les missions du monde entier. Des officiers sont nommés pour diriger les diverses organisations auxiliaires de la paroisse et, bien qu'ils soient sous le contrôle général de l'épiscopat de la paroisse, c'est des comités généraux et de pieu des organisations respectives qu'ils reçoivent des instructions détaillées quant au plan et aux méthodes préconisés par l'accomplissement de leur tâche particulière. Selon le principe du consentement commun, qui caractérise l'administration de l'Église en général, les officiers des organisations auxiliaires, bien qu'ils soient nommés par les officiers administratifs de la prêtrise ou avec leur approbation, sont soutenus dans leurs offices par le vote des membres des unités locales ou générales dans lesquelles ils sont appelés à servir.
 
[1] Voir PGP, Moïse 5:57 ; D&A 20:26 ; 39:3.
[2] Voir Eph. 4:11.
[3] Voir Héb. 5:1-5.
[4] Luc 10:1-11.
[5] Voir Actes 14:23 ; 15:6 ; 1 Pi. 5:1.
[6] Voir 1 Tim. 3:1. Ti. 1:7.
[7] Voir Apo. 1:6.
[8] Voir Actes 13:1.
[9] Voir 1 Tim. 3:8-12.
[10] Voir Actes 6:1-6.
[11] Voir 1 Cor. 12:28.
[12] Voir 1 Cor. 12:12-27 ; Rom. 12:4, 5 ; Eph. 4:16.
[13] 1 Cor. 12:21.
[14] Voir notes 1 et 2, à la fin du chapitre ; et aussi The Great Apostasy, chap. 9 et le petit ouvrage instructif The Reign of Antichrist, or The Great « Falling Away », par J. M. Sjodahl, Salt Lake City, 1913.
[15] Voir John Wesley's Works, vol. 7, pp 26, 27.
[16] Voir Philosophical Basis of Mormonism, de l'auteur, sec. 7, et The Great Apostasy, chap. 10.
[17] Es. 24:5.
[18] Jér. 2:13.
[19] 2 Thess. 2:3, 4.
[20] 1 Jean 2-18 ; voir aussi 2 Pi. 2:1-3 Jude 17, 18.
[21] Gal. 1:7 ; aussi Actes 20:29, 30 ; 1 Tim. 4:1-3 ; 2 Tim. 4 1-4 ; voir The Great Apostasy, chap. 2.
[22] Voir 2 Néphi 26:19-22 ; 27:1 ; 28:3,6 ; 29:3 ; 1 Néphi 13:5 ; 22:22,23.
[23] Voir Dan. 2:44, 45 ; 7:27 ; Matt. 24:14 ; Apo. 14:6-8.
[24] Voir D&A, sec. 107.
[25] Voir Ex. 4:14-16.
[26] Voir Ex. 28:1.
[27] Voir Nom. 3:12, 13, 39, 44, 45, 50, 51.
[28] Voir Héb. 7:11.
[29] Voir D&A 107:1.
[30] Voir D&A 107:20.
[31] Voir Gen. 14:18 ; Héb. 7:1-17.
[32] D&A 107:2-4.
[33] D&A 107:8, 18,19.
[34] Voir D&A 107:21.
[35] Voir D&A 20:57 ; 107:85.
[36] Voir D&A 20:53-59 ; 107:86.
[37] Voir D&A 20:38-45, 70 107:11, 12.
[38] Voir D&A 107:89.
[39] Voir D&A 107:34, 35, 97, 98.
[40] Voir D&A 107:10 ; 124:134. 135.
[41] D&A 124:92, 93.
[42] Voir D&A 107:40-57.
[43] Voir D&A 107:39.
[44] Voir D&A 107:23.
[45] Voir D&A 107:39, 58 ; 20:38-44.
[46] D&A 107:21.
[47] Voir note 3, à la fin du chapitre. 
[48] Voir D&A 107:64-68.
[49] D&A 107:91, 92.
[50] D&A 107:22.
[51] Voir D&A 107:23, 33.
[52] Voir D&A 107:24.
[53] Voir D&A 107:25, 26, 34, 93-97.
[54] Voir D&A 68:18-20.
[55] Voir D&A 107:82, 83.
[56] Voir D&A 68:19.
[57] Dans le langage de l'Ancien Testament, Israël est comparé à une tente (Ésaïe 54:2-7 ; 33:20) ; de là, l'emploi du terme « pieu » pour désigner les divisions territoriales de I’Église, ndt.
 
NOTES DU CHAPITRE 11
 
1. La dégénérescence du culte accompagne l'apostasie. On peut raisonnablement déduire des écrits de l'histoire que, lorsque la prêtrise disparut de la terre après la période apostolique, les formes de culte furent perverties, tandis que beaucoup d'influences et de pratiques païennes s'introduisirent. Mosheim, une autorité notable dans l'histoire ecclésiastique, dit ceci, concernant les innovations païennes pendant le quatrième siècle : « Les évêques chrétiens introduisirent avec peu d'altérations dans le culte chrétien, les rites et les institutions par lesquels les Grecs et les Romains, et d'autres nations, avaient autrefois manifesté leur piété et leur vénération envers leurs dieux imaginaires, supposant que le peuple embrasserait plus vite le christianisme s'il voyait que les rites, à lui transmis par ses pères, existaient inchangés parmi les chrétiens, et s'ils s'apercevaient que le Christ et les martyrs étaient adorés de la même manière que l'étaient les dieux autrefois. Il y avait, bien entendu, peu de différence, en ces temps-là, entre l'adoration publique des chrétiens et celle des Romains et des Grecs ; chez les uns comme chez les autres, il y avait de splendides robes, des mitres, des tiares, des cierges, des crosses, des processions, des illustrations, des images, des vases d'or et d'argent et une multitude d'autres choses. »
 
Concernant la forme d'adoration soi-disant chrétienne, au cinquième siècle, la même autorité dit : « Partout l'adoration publique prenait une forme plus calculée pour la vue et le plaisir des yeux, des ornements variés furent ajoutés aux vêtements sacerdotaux afin d'accroître la vénération du peuple pour l'ordre clérical... En quelques endroits, il fut décidé que les louanges de Dieu seraient chantées perpétuellement nuit et jour, les chanteurs se succédant sans interruption ; comme si l'Être suprême prenait plaisir dans les clameurs et le bruit, et dans les flatteries des hommes. La magnificence des temples ne connut plus de bornes. De splendides tableaux y furent placés... L'image de la Vierge Marie tenant son enfant dans ses bras occupait la place la plus en vue. »
 
2. Commencement précoce de l'apostasie. - Orson Pratt a écrit ce qui suit concernant l'éloignement rapide depuis les pratiques autorisées de l'Église : « La grande apostasie de l'Église chrétienne commença au premier siècle, alors qu'il y avait encore des apôtres et des prophètes inspirés parmi eux ; ainsi, Paul, un peu avant son martyre, énumère un grand nombre de ceux qui « ont fait naufrage par rapport à la foi », et « se sont égarés dans de vains discours », enseignant « que la résurrection est déjà passée », ajoutant foi à des fables et à des généalogies sans fin, « ayant la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots, d'où naissent l'envie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons, les vaines discussions d'hommes corrompus d'entendement, privés de la vérité et croyant que la piété est une source de gain. » Cette apostasie était devenue si générale que Paul déclare à Timothée : « que tous ceux qui demeurent en Asie l'ont abandonné », et de plus, il dit - « dans la première défense, personne ne m'a assisté, mais tous m'ont abandonné » ; en outre, il dit : « qu'il y a beaucoup de gens rebelles, de vains discoureurs et des séducteurs, enseignant pour un gain honteux ce qu'on ne doit pas enseigner ». Ces apostats sans doute prétendaient être très justes, « car, dit l'apôtre, ils font profession de connaître Dieu, mais ils le renient par leurs oeuvres, étant abominables, rebelles et incapables d'aucune bonne oeuvre ». 
 
3. La règle de la prêtrise. - Il est clair que le pouvoir de la prêtrise doit être exercé dans un esprit de patience et d'amour, et non en opposition au libre arbitre individuel, dans beaucoup d'Écritures, parmi lesquelles celle qui suit : « Voici, il y a beaucoup d'appelés mais peu d'élus. Et pourquoi ne sont-ils pas élus ? Parce que leur cœur se porte tellement vers les choses de ce monde, et aspire tant aux honneurs des hommes, qu'ils n'apprennent pas cette grande leçon, que les droits de la prêtrise sont inséparablement liés aux pouvoirs des cieux, et que les pouvoirs des cieux ne peuvent être contrôlés ou exercés que selon les principes de la justice. Ces droits peuvent nous être conférés, il est vrai ; mais lorsque nous entreprenons de couvrir nos péchés, ou de flatter notre orgueil ou notre vaine ambition, ou d'exercer un contrôle, une domination -ou une contrainte sur l'âme des enfants des hommes, avec quelque degré d'injustice que ce soit, voici, les cieux se retirent ; l'Esprit du Seigneur est affligé, et lorsqu'il est retiré, Amen à la prêtrise ou à l'autorité de cet homme. Voici, avant même qu'il s'en aperçoive, il est laissé à lui-même, pour regimber contre les aiguillons, persécuter les saints, et lutter contre Dieu. Nous avons appris, par triste expérience, qu'il est de la nature et des dispositions de presque tous les hommes de commencer à exercer une domination injuste aussitôt qu'ils reçoivent un peu d'autorité, ou qu'ils croient en avoir. C'est pour cela que beaucoup sont appelés mais peu sont élus. Aucun pouvoir, aucune influence ne peut ou ne doit être exercée en vertu de la prêtrise si ce n'est par la persuasion, la longanimité, la gentillesse, l'humilité et l'amour sincère ; par la bonté et la connaissance pure, qui élèveront considérablement l'âme sans hypocrisie et sans fausseté - réprimandant avec sévérité, quand il le faut, sous l'inspiration du Saint-Esprit ; et faisant preuve ensuite d'un redoublement d'amour envers celui que tu as réprimandé, de peur qu'il ne croie que tu es son ennemi ; afin qu'il sache que ta fidélité est plus forte que les liens de la mort. Que tes entrailles soient remplies aussi de charité envers tous les hommes, et envers les frères en la foi, et que la vertu orne tes pensées incessamment ; alors ton assurance deviendra grande en la présence de Dieu ; et la doctrine de la prêtrise se distillera sur ton âme comme la rosée des cieux. Le Saint-Esprit sera ton compagnon constant, et un sceptre immuable de justice et de vérité ; et ta domination sera une domination éternelle, et, sans moyen de contrainte, elle affluera vers toi pour toujours et à jamais. » (D&A 121:34-46)
 
RÉFÉRENCES SCRIPTURAIRES
 
L'Église avant la naissance du Christ
 
Le fait que le mot « Église » ne se trouve pas dans l'Ancien Testament est très significatif. Du temps de Moïse à l'avènement du Christ, les gens vécurent sous la juridiction de la Loi entre laquelle et l'Évangile, personnifié par l'Église établie par Jésus-Christ, il existe une importante distinction. Cependant, parmi les Néphites qui se trouvaient à l'écart sur le continent américain, l'Église existait en tant qu'organisation avant l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ.
 
Tous ceux qu'ils baptisaient appartenaient à l'Église de Dieu - Mosiah 25:18 ; 26:28.
 
Persécutions contre ceux qui appartenaient à l'Église de Dieu - Alma 1:19.
 
Je vous parle à titre de commandement, à vous qui appartenez à l'Église - Alma 5:62.
 
Alma consacra des instructeurs, des prêtres et des anciens dans l'Église - Alma 4:7 ; Alma conserva l'office de grand-prêtre - verset 18 ; Alma était le grand-prêtre de l'Église de Dieu - Alma 8:23.
 
Le peuple de l'Église était rempli d'allégresse - Hélaman 6:3. L'Église s'étendit sur toute la surface du pays - Hélaman 11:21.
 
L'Église primitive sur l'ancien continent
 
Sur cette pierre je bâtirai mon Église - Matt. 16:18.
 
S'il refuse de les écouter, dis-le à l'Église - Matt. 18:17.
 
Le Seigneur ajoutait chaque jour à l'Église ceux qui étaient sauvés - Actes 2:47.
 
Il y eut une grande persécution contre l'Église de Jérusalem - Actes 8:1. Le roi Hérode se mit à maltraiter quelques membres de l'Église - Actes 12:1. Des anciens avaient été nommés dans chaque Église - Actes 14:23.
 
Alors il parut bon aux apôtres et aux anciens, et à toute l'Église - Actes 15:22.
 
Paul envoya chercher à Éphèse les anciens de l'Église - Actes 20:17 ; les exhorte à paître l'Église du Seigneur - verset 28.
 
C'est ainsi que je l'ordonne dans toutes les Églises - 1 Cor. 7-17.
 
Et Dieu a établi dans l'Église, premièrement des apôtres - 1 Cor. 12:28. Le Christ est le chef de l'Église - Eph. 5:23.
 
De même que l'Église est soumise à Christ - Eph. 5:24. Comme Christ a aimé l'Église - verset 25.
 
Qu'il appelle les anciens de l'Église - Jac. 5:14.
 
Jean aux sept Églises d'Asie - Apo. 1:4.
 
Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Églises - Apo. 22:16.
 
L'Église réglementée et continuée par le Christ sur le Nouveau Continent
 
La Sainte-Cène doit être administrée à l'Église du Christ - 3 Néphi 18:5.
 
De même vous prierez dans mon Église - 3 Néphi 18:16.
 
Si les Gentils veulent se repentir, l'Église du Christ sera établie parmi eux - 3 Néphi 21:22.
 
L'Église sera connue et appelée du nom de Jésus-Christ - 3 Néphi 27 ; 1-8.
 
L'Église se rassemblait souvent pour prendre le pain et le vin - Moroni 6:5 ; voir, aussi versets 2, 4, 7, 9.
 
L'Église de Jésus-Christ établie à notre époque
 
Écoutez, ô vous, peuple de mon Église - D&A 1:1.
 
Autorité donné de poser les fondements de l'Église et de la tirer de l'obscurité - D&A 1:30.
 
Celle qui est la seule Église vraie et vivante sur toute la surface de la terre même verset. Maintenant que mon Église va commencer à s'élever et à sortir du désert - D&A 5:14.
 
Si cette génération n'endurcit pas son cœur, j'établirai mon Église au milieu d'elle - D&A 10:53. Quiconque appartient à mon Église ne doit éprouver aucune crainte - verset 55. Quiconque se repent et vient à moi, celui-là est mon Église - verset 67 ; voir aussi versets 68 à 70.
 
Tout ce qui touche à la fondation de mon Église, mon Évangile et mon roc - D&A 18:4, 5.
 
L'Église du Christ organisée et établie le 6 avril 1830 - D&A 20:1.
 
Premier et deuxième anciens de l'Église - D&A 20:2, 3.
 
Au sujet des devoirs des différents officiers de l'Église - D&A secs. 20 et 84.
 
Révélation donnée lors de l'organisation de l'Église - D&A sec. 21.
 
Aucun de ceux qui appartiennent à l'Église... n'est exempt de cette loi - D&A. 70:10.
 
Devoir de l'Église de prêcher l'Évangile - D&A 84:76 ; comment les anciens apôtres édifièrent l'Église - D&A 84:108.
 
Le nom de l'Église est révélé : L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours - D&A 115:4.
 
La Première Présidence recevra les oracles pour toute l'Église - D&A 124:126.
 
 
CHAPITRE 12 : LES DONS SPIRITUELS
 
ARTICLE 7. - Nous croyons au don des langues, de prophétie, de révélation, de vision, de guérison, d'interprétation des langues, etc.
 
Les dons spirituels, signes caractéristiques de l'Église. - Il a été affirmé que tous ceux qui veulent officier légitimement dans les ordonnances de l'Évangile doivent être commissionnés à leurs devoirs exaltés par l'autorité des cieux. Une fois investis de la sorte, ces serviteurs du Seigneur ne manqueront pas de preuves de leur commission divine, car c'est un trait caractéristique des voies du Seigneur qu'il manifeste son pouvoir en accordant une variété de grâces ennoblissantes, appelées, à juste titre, dons de l'Esprit. Elles sont souvent manifestées d'une manière tellement différente de l'ordre ordinaire des choses qu'on les dit miraculeuses et surnaturelles. C'est de cette façon que le Seigneur se fit connaître dans les premiers temps de l'histoire scripturale ; et, d'Adam à nos jours, les prophètes de Dieu ont été généralement doués d'un tel pouvoir.
Chaque fois que le pouvoir de la prêtrise a opéré par l'intermédiaire d'une Église organisée sur la terre, les membres ont été fortifiés dans leur foi et bénis de mille façons par la possession de ces dons. Nous pouvons considérer à coup sûr l'existence de ces pouvoirs spirituels comme l'une des caractéristiques essentielles de l'Église ; là où ils ne sont pas, la prêtrise de Dieu ne fonctionne pas.
 
Mormon [1] déclara solennellement que le jour des miracles ne cesserait pas dans l'Église aussi longtemps qu'il y aurait, sur terre, un homme à sauver. « Car, dit-il, c'est par la foi que se font les miracles, et c'est par la foi que les anges apparaissent aux hommes et les servent. C'est pourquoi, si ces choses ont cessé, malheur aux enfants des hommes, car c'est à cause de l'incrédulité, et tout est vain. » Et Moroni, s'attendant à tout instant à quitter la terre, rendit son témoignage indépendant que les dons et les grâces de l'Esprit ne disparaîtront jamais, tant que le monde existera, à moins que ce ne soit à cause de l'incrédulité des hommes [2].
 
Écoutez les paroles de ce prophète [3] adressées à « vous qui niez les révélations de Dieu, qui dites qu'elles ont cessé, qu'il n'y a pas de révélations, ni de prophéties, ni de dons, ni de guérisons, ni de dons des langues, ni d'interprétation des langues. Voici, je vous dis, celui qui nie ces choses ne connaît pas l'Évangile du Christ ; oui, il n'a pas lu les Écritures et s'il les a Lues, il ne les comprend pas. Car ne lisons-nous pas que Dieu est le même hier, aujourd'hui et à jamais et qu'il n'y a en lui ni variation ni ombre de changement ? Et maintenant, si vous vous êtes imaginé un dieu qui varie et en qui il y a une ombre de changement, alors vous vous êtes imaginé un dieu qui n'est pas le Dieu de miracles. Mais voici, je vous montrerai un Dieu de miracles, même le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob ; et c'est ce même Dieu qui a créé les cieux et la terre, et tout ce qu'ils contiennent ».
 
Nature des dons spirituels. - Les dons dont il est parlé ici sont essentiellement des attributions de pouvoir et d'autorité, grâce auxquelles les buts de Dieu s'accomplissent, parfois dans des conditions qui peuvent paraître surnaturelles. C'est par ces dons que les malades sont guéris, que les influences malignes sont vaincues, et que les esprits des ténèbres sont soumis ; que les saints, humbles et faibles, proclament leurs témoignages et expriment leurs louanges à Dieu en des langues nouvelles et étranges tandis que d'autres interprètent leurs paroles ; que l'intellect humain est. fortifié par l'effluve divine des visions et des rêves spirituels et voit et comprend des choses ordinairement dérobées aux sens mortels ; que la communication directe avec la source de toute sagesse est établie et que les révélations du divin sont obtenues.
 
Ces dons ont été promis par le Seigneur à ceux qui croient en son nom [4] ; ils sont la récompense de ceux qui obéissent aux exigences de l'Évangile. Parmi les croyants, ces dons sont destinés à encourager ainsi qu'à développer un plus haut degré de communion avec l'Esprit [5]. Ils ne sont pas donnés comme signes pour satisfaire la curiosité chamelle ou le désir morbide du spectaculaire. Des hommes ont été conduits à la lumière par des manifestations miraculeuses ; mais les événements de la vie de ces hommes montrent soit qu'ils sont de ceux qui auraient trouvé la vérité d'une autre façon, soit qu'ils ne sont touchés que superficiellement et, aussitôt la nouveauté de cette sensation disparue, ils s'égarent de nouveau dans les ténèbres d'où ils n'ont émergé que pour un moment. Le but premier des miracles n'est pas de démontrer la puissance de Dieu ; il n'a sûrement pas besoin de cela ; les événements plus simples, les oeuvres plus ordinaires de la création suffisent à cela. Mais pour le cœur déjà adouci et purifié par le témoignage de la vérité, pour l'âme éclairée par le pouvoir de l'Esprit et consciente de ce qu'elle sert docilement au milieu des exigences de l'Évangile, la voix des miracles apporte des nouvelles réjouissantes, des preuves plus fraîches et plus abondantes de la magnanimité d'un Dieu parfaitement miséricordieux [6].
 
Cependant le témoignage des miracles devrait solliciter même l'incroyant, quand ce ne serait que pour le déterminer à chercher par quel pouvoir ils sont accomplis ; et dans de tels cas, les miracles sont comme « une voix forte qui s'adresse à ceux qui sont durs d'oreille ». Le but des dons spirituels dans l'Église est explicitement exposé dans une révélation du Seigneur à Joseph Smith : « C'est pourquoi prenez garde qu'on ne vous trompe ; et, afin de n'être point trompés, cherchez ardemment les meilleurs dons, vous souvenant toujours du but dans lequel ils sont donnés, car en vérité, je vous le dis, ils sont donnés pour le bénéfice de ceux qui m'aiment et qui gardent tous mes commandements, et de celui qui s'efforce de faire ainsi ; afin que puissent en bénéficier tous ceux qui cherchent ou qui me demandent, mais non ceux qui me demandent un signe pour le consommer sur leur convoitise » [7]. 
 
Les miracles sont considérés communément comme des événements opposés aux lois de la nature. Pareille conception est, de toute évidence, erronée, car les lois de la nature sont inviolables. Cependant, étant donné que la compréhension humaine de ces lois est, pour le moins, imparfaite, des événements strictement conformes aux lois naturelles peuvent apparaître opposés à ces lois. La constitution entière de la nature [8] est fondée sur le système et l'ordre ; cependant, les lois de la nature sont graduées comme le sont les lois de l'homme. L'opération d'une loi supérieure, dans un cas particulier quelconque, ne détruit pas la réalité de l'existence d'une loi inférieure. Par exemple, la société a décrété une loi qui interdit à tout homme de s'approprier les biens d'un autre ; cependant, bien souvent, des officiers de la loi saisissent de force les biens de leurs semblables contre lesquels des jugements peuvent avoir été rendus ; et ces actes sont posés pour satisfaire et non pour violer la justice. Jéhovah a commandé : « Tu ne tueras point ! » et l'humanité a de nouveau décrété cette loi, prescrivant des châtiments pour sa violation. Cependant l'histoire sainte atteste que, dans certains cas, le Législateur lui-même a commandé directement que justice fût faite par la peine de mort. Le juge qui condamne un meurtrier à la peine capitale, et le bourreau qui exécute la sentence agissent non à l'opposé du « Tu ne tueras point », mais en réalité pour soutenir ce décret.
 
Nous connaissons, jusqu'à un certain point, quelques-uns des principes par lesquels les forces de la nature opèrent, et lorsque nous les méditons nous ne sommes plus surpris, bien qu'une étude plus profonde puisse montrer que même les phénomènes les plus communs ne sont que très peu compris. Mais tout événement au-delà de l'ordinaire est considéré par les gens peu réfléchis comme miraculeux, surnaturel, si pas contre nature [9]. Lorsque le prophète Elisée fit flotter la hache sur le fleuve [10] il appela à son service une force supérieure à celle de la gravité. Sans aucun doute, le fer était plus lourd que l'eau ; cependant, par l'action de cette force supérieure, il fut supporté, suspendu ou soutenu à la surface, comme s'il était tenu par une main humaine ou comme s'il était rendu suffisamment léger par des flotteurs qui y auraient été attachés.
 
Ordinairement, le vin consiste en quatre cinquièmes d'eau, le reste étant une variété de composés chimiques dont les éléments se trouvent en abondance dans le sol. La méthode ordinaire - que nous appelons aussi la méthode naturelle - de combiner ces éléments c'est de planter le raisin, puis de cultiver la vigne jusqu'à ce que son fruit soit prêt à donner son jus dans la presse. Mais par un pouvoir qui n'est pas à la portée des humains, Jésus-Christ, aux noces de Cana [11] réunit tous ces éléments, et effectua, dans les jarres, une transmutation chimique qui produisit du vin. De même aussi, lorsqu'il nourrit les multitudes, sous son toucher sacerdotal et sa bénédiction revêtue d'autorité, la substance du pain et du poisson s'accrut et parvint à une quantité telle qu'il aurait fallu des mois de croissance dans ce que nous considérons l'ordre naturel. Lors de la guérison des lépreux, des paralytiques et des infirmes, les parties affectées du corps furent ramenées à leur état normal et sain ; les impuretés qui agissaient comme des poisons dans les tissus furent enlevées par des moyens plus rapides et plus efficaces que ceux qui relèvent de la médecine.
 
Aucun observateur intéressé, aucun esprit raisonnable ne peut douter de l'existence d'intelligences et d'organismes que les sens de l'homme, sans aide, ne révèlent pas. Ce monde est l'incarnation temporelle des choses spirituelles. Le Créateur nous a dit qu'il avait formé toutes choses spirituellement avant qu'elles fussent créées temporellement [12]. Les fleurs qui s'épanouissent et meurent sur cette terre sont peut-être représentées, dans l'au-delà, par des floraisons impérissables de beauté et de parfum. L'homme est formé à l'image de la Divinité ; son esprit, bien qu'enténébré par les traditions et affaibli par les habitudes pernicieuses, est, malgré tout, le type déchu d'une pensée immortelle ; et bien que l'espace qui sépare l'humain du divin, en pensée, en désir et en action, soit aussi vaste que celui qui sépare la mer du ciel - car autant les étoiles sont au-dessus de la terre, autant les voies de Dieu sont au-dessus de celles des hommes - nous pouvons cependant affirmer une analogie entre le spirituel et le temporel. Lorsque les yeux du serviteur d'Élisée furent ouverts, l'homme vit les armées de guerriers célestes couvrant les collines autour de Dothan - fantassins, cavaliers et chars, armés pour combattre les Syriens [13]. Ne nous est-il pas permis de croire que lorsque Israël assiégea Jéricho [14] le capitaine de l'armée du Seigneur et toute sa suite céleste étaient là et que c'est devant leur puissance super-mortelle, soutenue par la foi et l'obéissance de l'armée humaine, que les murs s'écroulèrent ? [15]
 
Quelques-unes des dernières et des plus grandes réalisations de l'homme dans le domaine de l'utilisation des forces de la nature approchent des conditions des opérations spirituelles. Compter le tic-tac d'une montre à des milliers de kilomètres de distance ; parler de façon ordinaire et être entendu de part et d'autre d'un continent entier ; envoyer un signal d'un hémisphère et être compris sur l'autre bien que des océans grondent et rugissent entre eux ; amener l'éclair dans nos maisons pour nous servir de feu et de torche ; naviguer dans les airs et voyager sous la surface de l'océan ; réduire les énergies chimiques et atomiques au service de notre volonté - ne sont-ce pas là des miracles ? Avant leur réalisation véritable, l'idée que pareilles choses puissent être possibles n'aurait pas été acceptée. Néanmoins, ces miracles-là et d'autres s'accomplissent conformément aux lois de la nature, qui sont les lois de Dieu.
 
L'homme ne peut énumérer complètement les dons de l'Esprit. - Cependant les plus communes de ces manifestations spirituelles ont été spécifiées par des auteurs inspirés, et par la révélation. Paul, écrivant aux saints de Corinthe [16], Moroni, rédigeant son dernier appel aux Lamanites [17] et la voix du Seigneur s'adressant au peuple de son Église à notre époque [18], chacun cite un grand nombre des dons particuliers de l'Esprit. Grâce à ces Écritures, nous apprenons que chaque homme a reçu un don ou l'autre de Dieu ; et, étant donné la grande diversité des dons, tous ne reçoivent pas le même. « Il est donné à certains, par le Saint-Esprit, de connaître les différences d'administration... Et de plus, il est donné à certains, par le Saint-Esprit, de connaître les diversités d'opérations pour savoir si elles sont de Dieu, afin que les manifestations de l'Esprit soient données à chaque homme pour son bénéfice. Et de plus, en vérité, je vous le dis, à certains est donnée, par l'Esprit de Dieu, la parole de sagesse. À un autre est donnée la parole de connaissance, afin que l'on enseigne à tous à avoir de la sagesse et de la connaissance. Et de plus, à certains il est donné d'avoir la foi, pour être guéris ; et à d'autres il est donné d'avoir la foi pour guérir. Et de plus, à certains il est donné d'opérer des miracles ; et à d'autres il est donné de prophétiser ; et à d'autres de discerner les esprits. Et de plus, il est donné à certains de parler en langues ; et à un autre est donnée l'interprétation des langues. Et tous ces dons viennent de Dieu, pour le bénéfice des enfants de Dieu. » [19]
 
Le don des langues et d'interprétation. - Le don des langues constitua l'une des premières manifestations miraculeuses du Saint-Esprit aux apôtres d'autrefois. Il fut inclus par le Seigneur parmi les signes qui devaient suivre le croyant : « En mon nom », dit-il, « ils parleront de nouvelles langues » [20]. La prompte réalisation de cette promesse dans le cas des apôtres eux-mêmes, eut lieu à la Pentecôte suivante, lorsqu'ils furent remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en langues étrangères [21]. Lorsque les portes de l'Évangile furent ouvertes pour la première fois aux Gentils, les convertis se réjouirent dans le Saint-Esprit qui était descendu sur eux et qui les faisait parler en langues." Ce don, en même temps que d'autres, se manifesta parmi certains disciples à Éphèse [22] lorsqu'ils reçurent le Saint-Esprit. À notre époque, ce don, qui a été de nouveau promis aux saints, s'est manifesté assez souvent. Son objet principal est de louer plutôt que d'instruire et de prêcher ; et ceci est conforme aux enseignements de Paul : « En effet, celui qui parle en langue, ne parle pas aux hommes, mais à Dieu » [23]. Une manifestation extraordinaire de ce don eut lieu lors de la conversion, déjà citée, des Juifs, le jour de la Pentecôte, lorsque les apôtres, s'adressant à la multitude, furent compris de toute cette assemblée cosmopolite, chaque auditeur entendant dans sa propre langue [24]. Ce don était associé ici à une investiture supérieure de pouvoirs ; c'était une occasion d'instruire, d'exhorter et de prophétiser. Le don d'interprétation -peut être donné à la personne qui parle en langues, mais plus souvent, les dons séparés se manifestent en des personnes différentes.
 
Le don de guérison fut exercé abondamment à l'époque du Sauveur et des apôtres. En effet, les guérisons constituent, de loin, la plus grande partie des miracles effectués à cette époque et qui nous ont été rapportés. Sous l'administration de la véritable autorité, les yeux des aveugles furent ouverts, les muets parlèrent, les sourds entendirent, les estropiés sautèrent de joie ; des mortels affligés, courbés sous les infirmités se redressèrent et jouirent de la vigueur de la jeunesse ; les paralytiques furent guéris ; les lépreux furent purifiés ; l'impotence fut bannie et les fièvres furent calmées. À notre époque, l'Église est en possession de ce pouvoir, qui se manifeste fréquemment parmi les saints des derniers jours. Des milliers de bénéficiaires peuvent témoigner de l'accomplissement de la promesse du Seigneur, que si ses serviteurs imposent les mains aux malades, ceux-ci guériront [25].
 
La méthode habituelle d’administrer les affligés est l'imposition des mains par ceux qui possèdent l’autorité nécessaire de la prêtrise, conformément aux instructions du Seigneur autrefois [26] et à la révélation divine de nos jours [27]. Cette partie de l'ordonnance est ordinairement précédée d'une onction d'huile consacrée au préalable. Les saints des derniers jours professent se conformer au conseil donné autrefois par Jacques [28] : « Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il appelle les anciens de l'Église, et que les anciens prient pour lui, en l'oignant d'huile au nom du Seigneur ; la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera : et s'il a commis des péchés, il lui sera pardonné ».
 
Bien que l'autorité d'administrer les malades appartienne aux anciens de l'Église en général, certains possèdent ce pouvoir à un degré extraordinaire, l'ayant reçu comme don de l'Esprit. Un autre don, allié à celui-ci, c'est le don d'avoir la foi pour être guéri [29] qui se manifeste à différents degrés. Les administrations des anciens ne sont pas toujours suivies de guérisons immédiates. Il peut être permis que les affligés souffrent dans leur corps pour l'accomplissement de buts justes [30] et, à l'heure fixée, tous doivent passer par la mort corporelle. Mais observons les conseils de Dieu sur l'administration des affligés ; alors, s'ils guérissent, ils vivent dans le Seigneur ; et la promesse rassurante est ajoutée que ceux qui mourront dans de telles conditions mourront dans le Seigneur [31].
 
Les visions et les songes ont constitué un moyen de communication entre Dieu et les hommes à toutes les époques où l'autorité de prêtrise a été exercée sur terre. En général, les visions sont manifestées aux sens éveillés tandis que les songes sont donnés au cours du sommeil. Cependant dans la vision, les sens peuvent être affectés au point de rendre la personne pratiquement inconsciente, ou du moins insensible à tout phénomène ordinaire, alors qu'elle est à même de distinguer la manifestation céleste. Autrefois, le Seigneur communiquait fréquemment à l'aide de visions et de songes, révélant souvent aux prophètes les événements de l'avenir, même jusqu'aux dernières générations. Considérez le cas d'Énoch [32] à qui le Seigneur parla face à face, lui montrant le cours suivi par la famille humaine jusqu'à la seconde venue du Sauveur et au-delà. Le frère de Jared [33] à cause de sa droiture, fut béni de Dieu à tel point que tous les habitants de la terre lui furent montrés, tous ceux qui avaient vécu auparavant aussi bien que ceux qui devaient venir après. La volonté du Seigneur fut révélée à Moïse, avec la manifestation visuelle du feu [34]. C'est au moyen de songes que Léhi reçut l'ordre de quitter Jérusalem [35] et, par la suite, à maintes reprises, le Seigneur communiqua avec ce patriarche du monde occidental par des songes et des visions. Les prophètes de l'Ancien Testament eurent ces mêmes faveurs, tels Jacob, le père de tout Israël [36], Job, la patiente victime [37], Jérémie [38], Ézéchiel [39], Daniel [40], Habakuk [41], Zacharie [42].
 
L'époque du Christ et des apôtres fut marquée par des manifestations semblables. La naissance de Jean-Baptiste fut prédite à son père, alors que celui-ci remplissait ses fonctions sacerdotales [43]. Joseph, fiancé à la Vierge, reçut, par la visite d'un ange [44], la nouvelle de la naissance toute proche du Christ ; et, à plusieurs reprises, par la suite, il reçut des avertissements et des instructions en rêve concernant le bien-être du Saint Enfant [45]. Les mages d'Orient, retournant de leur pèlerinage d'adoration, furent avertis en rêve des desseins perfides d'Hérode [46]. Saul de Tarse contempla, en vision, le messager que Dieu était sur le point de lui envoyer pour lui administrer les ordonnances de la prêtrise [47] et d'autres visions suivirent [48]. Pierre fut préparé au ministère parmi les Gentils grâce à une vision [49] ; et Jean fut tellement favorisé de Dieu à cet égard que le récit en remplit le livre de l'Apocalypse.
 
La plupart des visions et des songes rapportés dans les Écritures ont été reçus par l'intermédiaire du ministère de la prêtrise ; mais il existe des cas exceptionnels où de telles manifestations ont été données à des gens qui, à l'époque, ne s'étaient pas encore jointes au troupeau. Tel fut, par exemple, le cas de Saul et de Corneille. Mais dans ces cas-là, les manifestations divines précédèrent immédiatement la conversion. Des songes comportant des significations particulières furent donnés à Pharaon [50] à Nebucadnetsar [51] et à d'autres ; mais il fallut l'aide d'un pouvoir supérieur au leur pour les interpréter, et Joseph et Daniel furent appelés à officier. Le songe accordé au soldat madianite, et son interprétation, par son compagnon [52] annonçant la victoire de Gédéon étaient de véritables manifestations, de même que le rêve de la femme de Pilate [53] par lequel elle apprit l'innocence du Christ accusé.
 
Le don de prophétie permet de distinguer son possesseur comme prophète, - littéralement « celui qui parle pour un autre », et en particulier, « celui qui parle pour Dieu » [54]. Paul déclare que c'est l'un des dons spirituels les plus désirables et il discute longuement de la supériorité de ce don au don des langues [55]. Prophétiser consiste à recevoir et à proclamer la parole de Dieu, et à déclarer sa volonté au peuple. La fonction de prédiction, souvent considérée comme seul élément essentiel de la prophétie, n'est qu'une des nombreuses caractéristiques de ce pouvoir divinement donné- Le prophète peut être tout aussi préoccupé du passé que du présent ou de l’avenir ; il peut se servir de son don pour enseigner en mettant à profit l'expérience des événements passés aussi bien qu'en annonçant des événements à venir. Les prophètes de Dieu reçoivent ses confidences et ont la bénédiction d'apprendre sa volonté et ses desseins. Il a été affirmé que le Seigneur ne fait rien sans avoir révélé son secret à ses serviteurs les prophètes [56]. Ces oracles servent de médiateurs entre Dieu et les mortels, plaidant en faveur du peuple ou contre lui [57].
 
Aucune ordination à la prêtrise n'est essentielle pour qu'un homme reçoive le don de prophétie. Des détenteurs de la Prêtrise de Melchisédek, Adam, Noé, Moïse et une multitude d'autres étaient prophètes, mais pas plus que d'autres qui étaient expressément appelés à l'ordre d'Aaron ; le cas de Jean-Baptiste en est un exemple [58]. Les ministères de Marie [59] et de Déborah [60] montrent que ce don peut être également possédé par les femmes. À l'époque de Samuel, les prophètes étaient organisés en un ordre dans le but d'étudier et de s'améliorer [61].
 
À notre époque, ce don se manifeste avec une abondance égale à celle de toutes les époques du passé. La volonté du Seigneur concernant les tâches actuelles est révélée par la bouche des prophètes, et des événements de grande importance ont été prédits [62]. Le fait de l'existence actuelle et de la vitalité de l'Église est un témoignage indéniable de l'existence réelle de la prophétie dans les derniers jours. L'Église constitue de nos jours un corps de témoins, de centaines de milliers de témoins, qui rendent témoignage de l'existence de ce don, l'un des plus grands de Dieu.
 
La révélation est la communication ou divulgation directe de la volonté de Dieu à l'homme. Dans les circonstances qui conviennent le mieux aux buts divins, par les songes du sommeil ou par des visions de l'esprit à l'état de veille, par des voix sans apparition à la vue ou par des manifestations réelles de la Présence Divine devant les yeux, Dieu fait connaître ses desseins, et donne ses instructions à ses révélateurs. Sous l'influence de l'inspiration, ou de sa manifestation plus puissante, la révélation, l'esprit de l'homme est éclairé et son énergie est vivifiée, lui permettant d'accomplir des merveilles dans l’œuvre du progrès humain. Touché par une étincelle de l'autel divin, le révélateur abrite le feu sacré en son âme et le communique aux autres selon les instructions qu'il reçoit ; il est la voie par laquelle la volonté de Dieu est transmise. Les paroles de celui qui parle par la révélation, à son plus haut degré, ne sont pas les siennes ; ce sont les paroles de Dieu lui-même. Le porte-parole mortel n'est que le messager de confiance chargé de ces messages célestes. Avec le péremptoire « Ainsi dit le Seigneur », le révélateur remet le message confié à ses soins.
 
Lorsque le Seigneur donne des révélations à ses serviteurs, il observe les principes d'ordre et de capacité. Bien que chaque personne puisse vivre de façon à mériter ce don dans les affaires de sa sphère de responsabilité, seuls ceux qui sont choisis et ordonnés aux offices de présidence peuvent être révélateurs pour le peuple tout entier. Concernant le président de l'Église, qui, à l'époque de la révélation mentionnée ci-dessous, était le prophète Joseph Smith, le Seigneur a dit aux anciens de l'Église : « Et vous saurez ceci en toute certitude, qu'aucun autre n'est désigné parmi vous pour recevoir mes commandements et mes révélations, jusqu'à ce que je le reprenne, s'il me reste fidèle... Et ceci sera une loi pour vous, pour que vous n'acceptiez pas, comme révélations ou commandements, les enseignements de quiconque viendra devant vous ; et ceci, je vous le donne afin que vous ne soyez pas trompés, afin que vous sachiez reconnaître qu'ils ne sont pas de moi » [63].
 
Le témoignage des miracles. - La promesse du Sauveur, autrefois [64] comme à notre époque [65], est bien claire : des dons de l'Esprit spécifiés doivent suivre le croyant en signe d'approbation divine. La possession de tels dons peut ainsi être considérée comme un trait essentiel de l'Église de Jésus-Christ [66]. Néanmoins, nous ne sommes pas justifiés si nous considérons la présence de miracles comme preuve d'autorité divine ; d'autre part les Écritures affirment que des pouvoirs spirituels d'un genre plus vil ont accompli des miracles, et continueront à en faire, pour en séduire beaucoup qui manquent de discernement. Si l'on accepte les miracles comme preuve infaillible de la présence du pouvoir de Dieu, les magiciens d'Égypte ont, du fait des prodiges qu'ils ont accomplis en vue de s'opposer au plan voulu pour la délivrance d'Israël, autant de droit à notre respect que Moïse [67]. Jean le Révélateur vit en vision une puissance maligne accomplir des miracles, et séduire par là beaucoup de gens, faire de grands prodiges, et même attirer le feu du ciel [68]. Il vit aussi des esprits impurs, qu'il savait être « des esprits des démons, qui font des prodiges » [69].
 
À ce propos, considérez cette prédiction faite par le Seigneur : « Car il s'élèvera de faux Christs et de faux prophètes ; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s'il était possible, même les élus » [70]. Le Christ a déclaré, à propos des événements relatifs au grand jugement, que les miracles ont peu de valeur pour prouver qu'un ministère a été autorisé par Dieu : « Plusieurs me diront, en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n'avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité » [71]. Les Juifs, à qui ces enseignements s'adressaient, savaient fort bien que des prodiges pouvaient être accomplis par les puissances du mal, car ils accusèrent le Christ de faire des miracles par l'autorité de Béelzébul, le prince des démons [72].
 
Si l'accomplissement de miracles était exclusivement une caractéristique de la sainte prêtrise, nous nous attendrions à ce que l’œuvre de chaque prophète et ministre autorisé du Seigneur soit accompagnée du témoignage de manifestations merveilleuses, alors que, dans le cas de Zacharie, de Malachie et d'autres prophètes, nous ne trouvons pas mention de miracles ; alors que de Jean-Baptiste dont le Christ a déclaré qu'il était plus qu'un prophète [73] il est dit clairement qu'il ne fit point de miracles [74] ; néanmoins, en rejetant la doctrine de Jean, les incroyants méprisaient les conseils de Dieu aux dépens de leur propre âme [75]. Pour être valides en tant que témoignages de la vérité, les miracles doivent être accomplis au nom de Jésus-Christ et en son honneur, pour l'avancement du plan de salut. Comme il a été dit, ils ne sont pas donnés pour satisfaire les curieux ni les luxurieux, ni pour assurer la notoriété de celui par l'intermédiaire duquel ils sont accomplis. Ces dons du véritable Esprit sont manifestés pour confirmer le message des cieux, pour confirmer les paroles prononcées par l'autorité et pour bénir les individus.
 
Imitations des dons spirituels. - Les cas, déjà cités, de réalisations miraculeuses par des pouvoirs autres que celui de Dieu, et les prédictions scripturales au sujet de ces manifestations trompeuses dans les derniers jours, devraient être un avertissement efficace contre les fausses imitations des dons du Saint-Esprit. Satan s'est prouvé un stratège accompli et un imitateur habile ; les plus déplorables de ses victoires sont dues à ses simulations du bien, par lesquelles les gens sans discernement ont été emmenés captifs. Que personne ne se laisse leurrer par la pensée que tout acte, dont les résultats immédiats paraissent être bénins, produira nécessairement un bien permanent. Il peut servir les sombres desseins de Satan d'exploiter le sens humain de la bonté, même jusqu'au point de guérir le corps et, selon toute apparence, d'écarter la mort.
 
Le rétablissement de la prêtrise sur terre à cet âge du monde, fut suivie d'une croissance phénoménale de divagations de spiritualisme par lesquelles beaucoup se laissèrent entraîner à placer leur confiance en ces imitations sataniques du pouvoir éternel de Dieu. Le développement du don de guérison dans l'Église est imité de nos jours, exactement de la même façon dont les magiciens d'Égypte simulèrent les miracles de Moïse, par toute une variété de guérisons par la foi et leurs nombreuses modifications. Pour ceux à qui les signes miraculeux suffisent entièrement, l'imitation aura autant de prix que la chose réelle. Mais pour l'âme qui considère le miracle sous son jour véritable, comme un seul des nombreux éléments du système du Christ, que l'on ne peut considérer comme critère positif que s'il est accompagné de toutes les autres caractéristiques de l'Église, cette âme ne sera pas trompée.
 
Les dons spirituels dans l'Église aujourd'hui. - Les saints des derniers jours affirment posséder, dans l'Église, tous les signes et dons promis en héritage au croyant. Ils citent les témoignages incontestés de milliers de personnes qui ont été bénies par des manifestations directes et personnelles du pouvoir divin ; les personnes autrefois aveugles, sourdes, muettes, estropiées, et faibles de corps, qui ont été guéries de leurs infirmités par leur foi et par les administrations de la sainte prêtrise ; une multitude de gens qui ont rendu leur témoignage en langues qui leur étaient naturellement étrangères, ou qui ont montré qu'ils possédaient ce don en faisant preuve d'une connaissance phénoménale des langues étrangères lorsqu~une telle connaissance était nécessaire pour remplir leurs devoirs de prédicateurs de la parole de Dieu ; le grand nombre de personnes qui ont joui d'une communion personnelle avec des êtres célestes ; d'autres qui ont prophétisé en des termes qui ont trouvé une justification rapide dans leur accomplissement ; et l'Église elle-même, dont la croissance a été guidée par la voix de Dieu, qui s'est faite entendre par le don de révélation [76].
 
[1] Moroni 7:35-37.
[2] Moroni 10:19, 23-27.
[3] Mormon 9:7-11.
[4] Marc 16:17, 18 ; D&A 84:64-73.
[5] Matt. 12:38, 39 ; 16:1-4 ; Marc 8:11, 12 ; Luc 11:16-30.
[6] Voir note 6, à la fin du chapitre ; aussi Jesus the Christ, p. 147.
[7] D&A 46:8, 9.
[8] Voir note 1, à la fin du chapitre.
[9] 2 Rois 6:5-7.
[10] Jean 2:1-11 voir « Miracles », dans Jesus the Christ, p. 147, 151.
[11] Voir note 3, à la fin du chapitre 10.
[12] 2 Rois 6:13-18 [
[13] Josué, chap. 6.
[14] Josué 5:13, 14.
[15] 1 Cor. 12:4-11.
[16] Moroni 10:7-19.
[17] D&A 46:8-29.
[18] D&A 46:11-26 ; voir aussi 1 Cor. 12:4-11.
[19] Marc 16:17.
[20] Actes 2 4.
[21] Actes 10:46.
[22] Actes 19:6.
[23] 1 Cor. 14:2.
[24] Actes 2:6-12.
[25] Marc 16:18, aussi D&A 84:68
[26] Idem voir aussi Jaq. 5:14, 15.
[27] D&A 42:43-44.
[28] Jaq. 4:14, 15.
[29] D&A 46:19 ; 42:48-51 ; aussi Actes 14:9 ; Matt. 8:10 ; 9:28, 29.
[30] Voir exemples de Job.
[31] D&A 42:44-46.
[32] PGP, Moïse 6:27-39.
[33] Éther, chap. 3.
[34] Ex. 3:2.
[35] 1 Néphi 2:2-4.
[36] Gen. 46:2.
[37] Job 4:12-2 1.
[38] Jér. 1:11-16.
[39] Ez. 1:1 ; 2:9, 10 ; 3:22, 23 ; 37:1-10, etc...
[40] Dan. chaps. 7 et 8.
[41] Héb. 2:2, 3.
[42] Zach. 1:8-11, 18-21 ; 2:1, 2 ; chaps. 4, 5 ; 6:1-8
[43] Luc 1:5-22.
[44] Matt. 1, 20.
[45] Matt. 2:.13, 19, 22.
[46] Matt. 2:12.
[47] Actes 9:12.
[48] Actes 16 9 ; 18:9 ; 10 ; 22:17-21.
[49] Actes 10:10-16 ; 11:5-10.
[50] Gen., chap. 41 voir autres exemples dans Gen., chap. 40.
[51] Dan., chap. 21.
[52] Juges 7:13, 14.
[53] Matt. 27:19.
[54] Voir note 2, à la fin du chapitre.
[55] 1 Cor. 14:1-9.
[56] Amos 3:7.
[57] 1 Rois 18:36, 37 Rom. 11:2, 3 Jaq. 5:16-18 ; Apo.11:6.
[58] Matt. 11:8-10.
[59] Ex. 15:20.
[60] Juges 4:4.
[61] Voir note 3, à la fin du chapitre.
[62] D&A 1:4 ; sec. 87.
[63] D&A 43:3, 5, 6.
[64] Marc 16:17, 18.
[65] D&A 84:65-73.
[66] Voir notes 4 et 5, à la fin du chapitre.
[67] Ex., chaps. 7-11.
[68] Apo 13:11-18.
[69] Apo. 16:13, 14.
[70] Matt. 24:24.
[71] Matt. 7:22, 23.
[72] Matt. 12:22-30 ; Marc 3:22 ; Luc 11:15 ; voir Jesus the Christ, p. 265.
[73] Matt. 11:9
[74] Jean 10:41.
[75] Luc 7:30.
[76] Voir note 7, à la fin du chapitre.
 
NOTES DU CHAPITRE 12
 
1. Un semblant de miracle. - Il est dit que Werner Siemens, un savant allemand renommé, visita la pyramide de Giseh et, accompagné de deux guides arabes, monta jusqu'au sommet. Il observa que les conditions atmosphériques étaient très favorables aux manifestations électriques. Fixant un grand bouton de cuivre à une gourde vide dans les mains d'un des Arabes, et plaçant ensuite ses jointures à une courte distance du bouton, il en tira un succession de brillantes étincelles accompagnées naturellement du bruit de craquement caractéristique aux décharges électriques. Les guides regardèrent cette exhibition de pouvoir surnaturel avec un étonnement et une terreur qui atteignirent leur paroxysme quand leur maître éleva son bâton au-dessus de sa tête et que le bâton fut surmonté d'un magnifique feu Saint-Elme. Ce spectacle était plus que n'en pouvaient supporter les superstitieux Bédouins ; ils tremblaient devant un enchanteur qui pouvait jouer avec l'éclair et le feu comme avec un jouet, et qui portait le tonnerre en miniature dans la poche de son gilet ; aussi dégringolèrent-ils les marches avec une dangereuse précipitation et disparurent bientôt dans le désert.
 
2. Le terme « Prophète » apparaît dans la Bible française comme traduction d'un certain nombre d'anciens termes, le plus usité étant nabhi (hébreu) signifiant « déverser comme une fontaine ». Un autre des mots originaux est rheo (grec), signifiant « couler » et par dérivation « parler », « prononcer », « déclarer ». Un prophète est donc un homme de la bouche duquel coulent les paroles d'une autorité supérieure. Aaron est pris comme prophète ou porte-parole de Moïse (Ex. 7:1), mais dans le sens habituel, le prophète est le représentant de Dieu. Étroitement lié au rôle de prophète, il y a celui du voyant ; en effet, déjà avant Samuel, la désignation commune de l'oracle de Dieu était voyant : « Car celui qu'on appelle aujourd'hui un prophète, s'appelait autrefois le voyant » (1 Sam. 9:9). Il était permis au voyant de regarder les visions de Dieu, au prophète de déclarer les vérités ainsi apprises ; les deux rôles étaient habituellement réunis dans la même personne. Le Seigneur communiquait ordinairement avec le prophète et voyant en visions et en songes ; mais des exceptions furent faites, comme dans le cas de Moïse, qui était si fidèle dans toutes les bonnes choses, que le Seigneur communia avec lui face à face (Nom. 12:6-8).
 
3. Les prophètes organisés. - L'office du prophète exista parmi les hommes aux premières périodes de l'histoire. Adam fut un prophète (D&A 107:53-56) comme le furent également Énoch (Jude 14 ; PGP, Moïse 6:26), Noé (Gen. chap. 6:7 ; PGP, Moïse 8:19 ; 2 Pi. 2:5), Abraham (Gen. 20:7), Moïse (Deut. 34:10) et une multitude d'autres qui officièrent à des époques intermédiaires et ultérieures. Samuel, qui fut établi aux yeux de tout Israël comme prophète de Dieu (1 Sam. 3:19-20), organisa les prophètes en une société pour l'instruction et l'édification communes. Il établit des écoles pour les prophètes, où les hommes étaient instruits dans les choses appartenant aux saints offices ; les étudiants étaient généralement appelés « fils des prophètes » (1 Rois 20:35 ; 2 Rois 2:3, 5, 7 ; 4:1, 38 ; 9:1). Des écoles semblables furent établies à Rama (1 Sam. 19:19-20), Bethel (2 Rois 2:3), Jéricho (2 Rois 2:5), Guilgal (2 Rois 4:38). Les membres semblent avoir vécu ensemble, en société (2 Rois 6:1-4). À notre époque, une organisation semblable a été créée sous la direction du prophète Joseph Smith ; celle-ci reçut également le nom d'École des prophètes.
 
4. Le déclin des dons spirituels aux anciens jours est admis par beaucoup d'autorités en histoire ecclésiastique et en doctrine chrétienne. Comme exemple de témoignage de ce genre, concernant le départ des grâces spirituelles de l'église apostate, les paroles suivantes de John Wesley peuvent être appliquées : « Il ne semble pas que ces dons extraordinaires du Saint-Esprit aient été communs dans l'Église pendant plus de deux ou trois siècles. Nous en entendons rarement parler quand, après la période fatale où Constantin se donna le nom de chrétien, et, s'imaginant avec vanité promouvoir ainsi la cause chrétienne, il répandit la richesse, le pouvoir et les honneurs sur les chrétiens en général, mais en particulier sur le clergé chrétien. Dès ce moment, ils cessèrent presque totalement ; on en trouve très peu d'exemples. La cause de ceci n'était pas, comme on l'a supposé, qu'il n'y avait plus de raison d'en avoir puisque tout le monde était devenu chrétien. C'est une grave erreur ; pas un vingtième du inonde n'était chrétienne de nom. La raison réelle en était que l'amour de beaucoup, de presque tous les soi-disant chrétiens, s'était refroidi. Les chrétiens n'avaient pas plus l'esprit du Christ que les autres païens. Quand le Fils de l'Homme vint sur la terre pour examiner son Église, il ne put guère trouver de foi sur la terre. Ceci est la cause réelle pour laquelle il n'était plus possible de trouver les dons extraordinaires du Saint-Esprit dans l'Église chrétienne - parce que les chrétiens étaient redevenus païens et n'avaient qu'une forme morte. de foi, » - Oeuvres de Wesley, vol. 7, 89:26, 27.
 
5. Vues confessionnelles concernant la suite ou le déclin des dons spirituels. - « Les écrivains protestants soutiennent que l'âge des miracles se clôtura avec le quatrième ou le cinquième siècle et qu'après cela on ne doit pas chercher les dons extraordinaires du Saint-Esprit. Les écrivains catholiques, d'un autre côté, maintiennent que le pouvoir d'accomplir des miracles a toujours existé dans l'Église ; cependant, les manifestations spirituelles qu'ils décrivent après le quatrième ou le cinquième siècle sentent l'invention de la part des prêtres et l'incrédulité enfantine de la part du peuple -, ou autrement, il s'en faut de beaucoup pour que ce qui est proclamé miraculeux approche de la puissance et de la dignité des manifestations spirituelles que l'Église primitive était habituée à voir. Les vertus et les prodiges imputés aux os et autres reliques des saints et des martyrs sont puérils en comparaison des guérisons par l'onction d'huile et l'imposition des mains, le don des langues, d'interprétation, de prophétie, de révélation, le don de chasser les démons au nom de Jésus-Christ ; pour ne rien dire des dons de la foi, de la sagesse, de la connaissance, du discernement des esprits, etc., communs dans l'Église au temps des apôtres (1 Cor. 12:8-10). Il n'y a rien non plus dans les Écritures, ou dans la raison, qui amènerait quelqu'un à croire qu'ils devaient cesser. Pourtant les chrétiens modernes expliquent l'absence de ces pouvoirs spirituels parmi eux, en prétendant que les dons extraordinaires du Saint-Esprit devaient seulement accompagner la proclamation de l'Évangile pendant les quelques premiers siècles jusqu'à ce que l'Église fût capable de suivre sa route sans eux et alors ils devaient disparaître. Il est suffisant de remarquer, à ce sujet, que c'est purement et simplement de la théorie et que ni les Écritures ni la raison vraie ne l'autorisent ; et cela prouve que la religion de Jésus-Christ fut tellement changée par les hommes qu'elle devint une forme de piété sans pouvoir. » - B. H. Roberts, dans Outlines of Ecclesiastical History, deuxième partie, sec. 5:6-8.
 
6. Les miracles, aide à la croissance spirituelle. - Orson Pratt, commentant les paroles de Paul concernant la disparition de certains dons spirituels (1 Cor. chap. 13) écrit entre autres ce qui suit : « L'Église dans son état militant et imparfait, comparé avec son état triomphant, immortel et parfait, est (dans le onzième verset) représentée par les deux états très différents de l'enfance et de l'homme. « Quand j'étais enfant, dit saint Paul, je parlais comme un enfant, je comprenais comme un enfant, je pensais comme un enfant ; mais quand je suis devenu homme j'ai laissé les choses de l'enfance. » Dans les divers stades d'éducation, de l'enfance à l'état d'homme, certaines règles, diagrammes et instruments scientifiques indispensables sont employés pour l'usage et le bénéfice de l'élève, afin qu'il puisse acquérir une connaissance correcte des sciences et se perfectionner dans ses études. Une fois que les principes sont acquis et que l'étudiant est perfectionné dans chaque branche de son éducation, il peut se dispenser de beaucoup de ses cartes, tableaux, sphères, livres, diagrammes, etc., choses enfantines qui ne sont plus nécessaires ; elles étaient utiles avant que son éducation ne fût perfectionnée, pour donner la connaissance désirée, mais une fois qu'elles ont accompli leurs buts, il n'a plus besoin de leur aide... il en est de même pour l'Église à propos des dons spirituels. Tandis qu'elle est dans cet état d'existence, elle est représentée comme un enfant : la prophétie, la révélation, les langues et les autres dons spirituels sont les instruments d'éducation. L'enfant ou l'Église, ne peut pas plus se perfectionner dans son éducation sans l'aide des instruments que sont ces dons. que ne le pourrait le chimiste dans ses recherches s'il était privé des appareils nécessaires à ses expériences. De même que le chimiste a besoin de son laboratoire pour ses expériences aussi longtemps qu'il reste une vérité à découvrir relative aux éléments et à la composition de notre globe, ainsi, de même, l'Église a besoin du grand laboratoire de connaissances spirituelles- à savoir la révélation et la prophétie - aussi longtemps qu'elle ne connaîtra qu'en partie... De même qu'un être humain quand il est enfant, parle comme un enfant, comprend comme un enfant et pense comme un enfant, ainsi de même l'Église, dans cet état d'existence. ne connaît qu'en partie ; mais comme l'enfant qui, lorsqu'il devient homme, rejette les choses de l'enfance, ainsi l'Église rejettera les choses de son enfance telles que la « prophétie en partie », la « connaissance en partie » et la « vue en partie » lorsqu'elle deviendra, à l'aide de ces choses, un homme parfait en Jésus-Christ ;ce qui est fait en partie sera abandonné ou absorbé dans la plus grande plénitude de connaissance qui y règne. - Divine Authenticity of the Book of Mormon, 1:15.
 
Mais aucun de ces dons ne cessera aussi longtemps que l'occasion de les employer existera. Il est clair que c'était là la conviction d'Orson Pratt, dont nous avons cité les paroles plus haut, si l'on en croit les paroles suivantes de la même autorité : « L'affliction des démons, la confusion des langues, les poisons mortels et les maladies, sont tous des malédictions qui ont été introduites dans le monde par la méchanceté de l'homme. Les bénédictions de l'Évangile sont accordées pour combattre ces malédictions. Par conséquent, aussi longtemps que ces malédictions existeront, les signes promis (Marc 16:16-18 ; D&A 84:65-72) sont nécessaires pour combattre leurs conséquences mauvaises. Si Jésus n'avait pas voulu que les bénédictions soient aussi étendues et aussi illimitées au point de vue temps que les malédictions, il aurait certainement inclus quelque chose à ce sujet dans ses paroles. Mais lorsqu'il fait une promesse universelle de certains pouvoirs, pour permettre à chaque croyant de l'Évangile dans le monde de vaincre certaines malédictions, léguées à l'homme de ne pas croire la bénédiction promise nécessaire, aussi longtemps que les malédictions abondent parmi les hommes. »
 
7. Les manifestations modernes. - Les publications officielles et auxiliaires de l'Église abondent en exemples de manifestations miraculeuses à notre époque. De nombreux récits prouvés avec de nombreux cas pourront se trouver dans ce qui suit : Divine Authenticity of the Book of Mormon, par Orson Pratt, chap. 5 ; A New Witness for God, par B. H. Roberts, chap. 18.
 
Pour un traité bref de « l'attitude de la science envers les miracles » voir Jesus the Christ, p. 151 ; note 7 - sommaire d'un article publié par l'Institut Victoria ou Société Philosophique de Grande-Bretagne.
 
RÉFÉRENCES SCRIPTURAIRES
 
Les dons spirituels caractéristiques de l'Église du Christ
 
Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom ils chasseront les démons, etc. - Marc 16:16-18.
 
Promesse du Seigneur : Celui qui croira en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes - Jean 14:12.
 
Pour ce qui concerne les dons spirituels... - 1 Cor. 12:1 -11, 27-31 ; voir aussi 14:1, 12.
 
Les apôtres parlaient en d'autres langues, selon que l'esprit leur donnait de s'exprimer - Actes 2:4-8 ; voir aussi versets 9 à 18.
 
Car ils les entendaient parler en langues et glorifier Dieu - Actes 10:4
 
Lorsque Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit vint sur eux, et ils parlaient en langues et prophétisaient - Actes 19:6.
 
À un autre, le don d'opérer des miracles ; à un autre, la prophétie à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre, l'interprétation des langues - 1 Cor. 12:10 ; voir aussi versets 28, 30 et 13:1 ; 14:2-28.
 
Citation de la prophétie de Joël au sujet des dons de prophétie, des visions et des songes - Actes 2:16, 17 ; voir aussi Joël 2:28, 29.
 
Excellence du don de prophétie - 1 Cor. 14:1-5, 24-39.
 
Don de vision et de révélation manifesté à Saul, connu plus tard sous le nom de Paul, l'apôtre - Actes, chap. 9.
 
Le Seigneur dit à Paul, en vision, pendant la nuit :... - Actes 18:9. La nuit suivante, le Seigneur apparut à Paul, et dit : prends courage - Actes 23:11 ; voir aussi Actes 27:23, 24.
 
Communication de la volonté du Seigneur à Pierre par une vision - Actes 10:10, 17 ; voir aussi 11:5.
 
Révélation de Jésus-Christ à son serviteur Jean - Apo. 1:1.
 
Ils imposeront les mains aux malades et les malades seront guéris - Marc 16:18.
 
Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche – Actes 3:6.
 
Saul recouvra la vue par l'administration d'Ananias – Actes 9:17, 18.
 
Guérisons par l'intermédiaire de Paul - Actes 14:9-11 ; 28:8.
 
Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il appelle les anciens de l'Église, et que les anciens prient pour lui, en l'oignant d'huile au nom du Seigneur - Jaq. 5:14, 15.
 
Le Christ donna à ses disciples le pouvoir de chasser les esprits impurs, et de guérir toute maladie et toute infirmité - Matt. 10:1.
 
Guérison de Zeezrom repentant par l'intermédiaire d'Alma - Alma - 15:6-12.
 
Les malades guéris et les mauvais esprits chassés parmi les Néphites repentants - 3 Néphi 7:22.
 
Néphites malades et affligés amenés au Christ ressuscité, et guéris - 3 Néphi 17:9, 10.
 
Le Christ ressuscité monta au ciel après avoir opéré beaucoup de guérisons miraculeuses et ressuscité un homme de parmi les morts - 3 Néphi 26:15.
 
Timothée ressuscité des morts par son frère Néphi - 3 Néphi 19:4.
 
L'ordonnance de guérison requise par la personne affligée - D&A 24:13, 14.
 
Manière d'administrer l'ordonnance de la guérison - D&A 42:44.
 
Foi requise pour que se manifeste le pouvoir de guérir - D&A 42:48.
 
Le don d'avoir la foi pour être guéri et celui d'avoir la foi pour guérir - D&A 46:19, 20 ; voir énumération d'autres dons spirituels dans les versets 8-18 et 21-31.
 
Afin que vous ne soyez pas déçus, cherchez ardemment les meilleurs dons - D&A 46:8.
 
Le Seigneur a promis à ses serviteurs, à notre époque, qu'ils feront beaucoup d’œuvres merveilleuses en son nom - D&A 84:64-73.
 
Car il y a de nombreux dons, et à chaque homme est donné un don par l'Esprit de Dieu - D&A 46:11.
 
Afin qu'à certains il soit donné d'avoir tous ces dons, de sorte qu'il y ait un chef... - D&A 46:29.
 
Abondance multipliée par les manifestations de l'Esprit - D&A 70:13.
 
L'Esprit donne la lumière à chaque homme qui vient au monde - D&A 84:46.
 
Par l'Esprit vos corps tout entiers seront remplis de lumière - D&A 88:66, 67.
 
Dans les choses temporelles vous serez égaux... autrement l'abondance des manifestations de l'Esprit sera arrêtée - D&A 70:14.
 
Toutes les administrations spirituelles doivent être faites au nom du Christ - D&A 46:31.
 
L'homme ne peut voir Dieu s'il n'est vivifié par l'Esprit de Dieu - D&A 67:11.
 
À tous ceux qui m'ont reçu j'ai donné le pouvoir de faire de nombreux miracles - D&A 45:8.
 
Opérer des miracles est un don de Dieu - D&A 46:21.
 
Dieu n'a pas cessé d'être un Dieu de miracles - Mormon 9:15.
 
Prédiction d'un jour où l'on dira que les miracles ont cessé - Mormon 8:26.
 
Le Seigneur affirme qu'il montrera des miracles, des signes et des prodiges - D&A 35:8.
 
 
CHAPITRE 13 : LA SAINTE BIBLE
 
ARTICLE 8. - Nous croyons que la Bible est la parole de Dieu dans la mesure où elle est traduite correctement...
 
Comment nous acceptons la Bible. - L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours accepte la sainte Bible comme le premier de ses livres canoniques, le premier des livres qui ont été proclamés être ses guides écrits en foi et en doctrine. Dans le respect sacré que les saints des derniers jours ont pour la Bible, ils ont la même position que les confessions chrétiennes en général ; mais là où ils diffèrent d'elles c'est lorsqu'ils reconnaissent, en outre, certaines autres Écritures comme authentiques et sacrées, Écritures qui concordent avec la Bible et servent à supporter et à souligner ses faits et ses principes doctrinaux.
 
Les données historiques et autres sur lesquelles repose la foi chrétienne actuelle, quant à l'authenticité des écrits bibliques, sont acceptées sans réserve par les saints des derniers jours, comme elles le sont par les membres de n'importe quelle Église, et en interprétation littérale, il est probable que cette Église excelle.
 
Néanmoins, l'Église fait des réserves en cas de traduction erronée, celle-ci pouvant résulter de l'incapacité humaine, et même dans cette mesure de précaution, nous ne sommes pas seuls car les érudits bibliques admettent généralement la présence d'erreurs de ce genre à la fois de traduction et de transcription du texte. Les saints des derniers jours croient que les textes originaux sont la parole de Dieu à l'homme, et que, pour autant que ces textes ont été traduits correctement, les traductions en sont considérées comme d'authenticité égale. La Bible anglaise professe être une traduction faite par la sagesse de l'homme. ; les hommes les plus savants ont été enrôlés pour la préparer et cependant pas une seule version n'a été publiée sans que des erreurs aient été admises. Cependant, un chercheur impartial trouvera plus de raisons de s'étonner du petit nombre d'erreurs qui ont été commises que du fait qu'on y trouve des erreurs.
 
Il n'y a pas et il ne peut y avoir de traduction absolument exacte et sûre de ces Écritures ou d'autres Écritures à moins qu'elle ne soit faite grâce au don de traduction, l'un des dons du Saint-Esprit. Le traducteur doit avoir l'esprit du prophète s'il veut rendre dans une autre langue, les paroles du prophète ; et la sagesse humaine seule ne suffit pas pour posséder cet esprit. Que la Bible soit donc lue avec révérence et un soin pieux, le lecteur recherchant toujours, par la prière, la lumière de l'Esprit afin de pouvoir discerner les erreurs des hommes.
 
Le nom « Bible ». - Selon l'usage actuel, le terme Sainte Bible désigne la collection d'écrits sacrés connus encore sous le nom d'Écritures Hébraïques, qui contiennent un récit des relations de Dieu avec la famille humaine ; récit qui est entièrement limité - à l'exception du récit des événements antédiluviens - au Proche-Orient. Le mot Bible, quoique de nombre singulier, est la forme française d'un pluriel grec, Biblia, qui signifie littéralement livres. L'emploi de ce mot remonte probablement au quatrième siècle, époque à laquelle nous trouvons Chrysostome [1] employant ce terme pour désigner les livres scripturaux reconnus alors comme canoniques par les chrétiens grecs. Il faut noter que l'idée d'une collection de livres prédomine dans tous les usages anciens du mot Bible ; les Écritures étaient alors, comme maintenant, composées des écrits de nombreux auteurs, séparés les uns des autres par de longues périodes de temps. On peut trouver, dans l'harmonie et l'unité qui règnent dans toutes ces productions diverses, une preuve importante de leur authenticité.
 
Le mot Biblia fut ainsi doté d'un sens particulier en grec, signifiant les livres saints, pour distinguer les Écritures sacrées des autres écrits. Le terme devint bientôt courant en latin, langue dans laquelle il fut employé, dès le début, dans son sens particulier. Par l'usage du latin - peut-être au cours du treizième siècle - le mot finit par être considéré comme nom singulier signifiant le livre ; cette déviation du sens pluriel, invariablement associé au terme dans le grec original, tend à obscurcir les faits. Il semble peut-être que la dérivation d'un mot soit de peu d'importance ; cependant, dans ce cas, la forme originale et l'usage premier du titre maintenant courant de ce volume sacré présentent un intérêt instructif, étant donné qu'ils projettent une certaine lumière sur la compilation du livre dans sa forme actuelle.
 
Il est évident que le nom Bible, avec sa signification courante, ne peut pas être de lui-même un terme biblique ; son emploi pour désigner les Écritures hébraïques est tout à fait extérieur à ces Écritures elles-mêmes. Dans sa première application, qui date des temps post-apostoliques, il embrassait la plupart sinon tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. Antérieurement à l'époque du Christ, les livres de l'Ancien Testament n'étaient pas connus sous un seul nom collectif, mais étaient désignés par groupe :
 
(1) le Pentateuque, ou les cinq livres de la Loi ; (2) les Prophètes ; et (3) les hagiographes, qui comprennent tous les livres sacrés non inclus dans les autres groupes. Mais nous pouvons le mieux considérer les différentes parties de la Bible en prenant les divisions principales séparément. La Bible est divisée tout naturellement par le ministère terrestre de Jésus-Christ ; les écrits des temps pré-chrétiens prirent le nom d'Ancienne Alliance ; ceux qui datent de l'époque du Sauveur et des années qui suivirent immédiatement, prirent le nom de Nouvelle Alliance [2]. Le terme Testament (du latin « testamentum », traduction du grec « diatêkê », alliance, ndt) fut de plus en plus employé et les termes Ancien Testament et Nouveau Testament devinrent communs.
 
L'ANCIEN TESTAMENT
 
Son origine et son développement. - À l'époque du ministère de notre Seigneur dans la chair, les Juifs étaient en possession de certaines Écritures qu'ils considéraient comme canoniques ou faisant autorité. Il ne peut guère y avoir de doute quant à l'authenticité de ces ouvrages, car ils furent fréquemment cités par le Christ et ses apôtres, qui les appelaient « les Écritures » [3]. Le Seigneur les mentionne expressément sous les termes acceptés pour les classifier : la loi de Moïse, les prophètes et les Psaumes [4]. Les livres ainsi acceptés par le peuple à l'époque du Christ sont parfois désignés sous le nom de « canon juif des Écritures ». Le terme canon, employé couramment aujourd'hui, suggère non pas des livres qui sont simplement dignes de foi, authentiques ou même inspirés, mais les livres qui sont reconnus comme des guides faisant autorité en foi et en pratique. Le terme a une dérivation instructive. Son original grec, kanôn, signifiait règle droite à mesurer et, de là, il prit le sens de critère de comparaison, loi, épreuve, s'appliquant aux sujets moraux aussi bien qu'aux objets matériels.
 
Quant à la formation du canon juif, ou Ancien Testament, nous lisons que Moïse en écrivit la première partie, c'est-à-dire la Loi, et qu'il la confia aux soins des Prêtres ou Lévites, en leur donnant l'ordre de la conserver dans l'arche de l'alliance [5] pour être témoin contre Israël dans ses transgressions. Prévoyant qu'Israël serait un jour gouverné par un roi, Moïse donna le commandement que le monarque fit une copie de la Loi pour lui servir de guide [6]. Josué, qui succéda à Moïse dans certaines des fonctions de conducteur du peuple d'Israël, écrivit davantage sur les relations de Dieu avec le peuple, et les préceptes divins ; et, selon toute évidence, il ajouta cet écrit à la loi telle qu'elle avait été écrite par Moïse [7]. Trois siècles et demi après l'époque de Moïse, pendant lesquels la théocratie fut remplacée par une monarchie, Samuel, le prophète approuvé du Seigneur, écrivit au sujet de ce changement, « dans un livre, qu'il déposa devant l'Éternel » [8]. Ainsi la loi de Moïse s'augmenta d'écrits ultérieurs faisant aussi autorité. D'après les écrits d'Ésaïe, nous apprenons que le peuple avait accès au Livre du Seigneur ; car le prophète exhorta à le chercher et à le lire [9]. Il est évident, alors, qu'à l'époque d'Ésaïe le peuple disposait d'une autorité écrite en doctrine et en pratique.
 
Près de quatre siècles plus tard, vers 640-630 av. J.-C., alors que l'intègre roi Josias occupait le trône de Juda, après la division d'Israël, Hilkijah, grand-prêtre et père du prophète Jérémie, découvrit, dans le temple, « un livre de la loi du Seigneur » [10] qui fut lu devant les rois [11]. Ensuite, au cours du cinquième siècle av. J.-C., à l'époque d'Esdras, l'édit du Cyrus permit au peuple captif de Juda, reste du peuple d'Israël autrefois uni, de retourner à Jérusalem [12] pour y rebâtir le temple du Seigneur, selon la loi [13] de Dieu qui se trouvait alors entre les mains d'Esdras. Nous pouvons en déduire que la loi écrite était connue alors ; et c'est à Esdras qu'est généralement attribué le mérite d'avoir compilé les livres de l'Ancien Testament tel qu'il pouvait se présenter à son époque ; il y ajouta ses propres écrits [14]. Il fut probablement assisté dans ce travail de compilation pair' Néhémie et les membres de la Grande Synagogue, collège juif composé de cent vingt savants [15]. Le livre de Néhémie, qui continue les annales historiques commencées par Esdras, est supposé avoir été écrit par le prophète dont il porte le nom et, en partie du moins, du vivant d'Esdras. Ensuite, un siècle plus tard, Malachie [16] le dernier de cette lignée de grands prophètes qui fleurirent avant l'époque du Christ, ajouta ses écrits, complétant et fermant virtuellement le canon pré-chrétien, par une promesse prophétique sur le Messie et sur le messager dont la tâche serait de préparer les voies du Seigneur, surtout en ce qui concerne les derniers jours, notre époque actuelle.
 
Ainsi, il est évident que l'Ancien Testament se développa par l'apport des écrits successifs d'auteurs autorisés et inspirés, de Moïse à Malachie, et que sa compilation fut un procédé naturel et graduel, chaque addition étant « déposée devant le Seigneur », comme le disent les Écritures sacrées, en compagnie des écrits précédents. Sans aucun doute les Juifs connaissaient beaucoup d'autres livres qui ne sont pas inclus dans l'Ancien Testament tel que nous le connaissons à présent ; nous trouvons d'abondantes allusions à ces livres dans les Écritures elles-mêmes, allusions qui prouvent que beaucoup de ces livres extra-canoniques étaient considérés comme ayant une autorité considérable' Mais nous étudierons cette question plus loin à propos des Apocryphes. La canonicité reconnue des livres de l'Ancien Testament est attestée par les nombreuses mentions que l'on trouve dans les derniers livres au sujet des premiers, et par les nombreuses citations de l'Ancien Testament que l’on trouve dans le Nouveau. On a relevé environ deux cent trente citations ou mentions directes, et, en plus de cela, on y rencontre des centaines d'allusions moins directes.
 
Le langage de l’Ancien Testament. - Presque tous les livres de l'Ancien Testament ont été écrits à l'origine en hébreu. Des savants affirment avoir trouvé des preuves que des petites parties des livres d'Esdras et de Daniel ont été écrites en chaldéen ; mais le fait que l'hébreu prévaut comme langue des Écritures originales a valu à l'Ancien Testament l'appellation commune de Canon Juif ou Hébreu. Du Pentateuque, deux versions ont été reconnues - la version hébraïque, propre, et la samaritaine [17] qui fut conservée dans les caractères hébreux les plus anciens par les Samaritains, qui étaient méprisés des Juifs.
 
La version des Septante et le Peshito. - Nous reconnaissons d'abord la traduction importante du canon hébreu connue sous le nom de Version des Septante [18]. C'est une version grecque de l'Ancien Testament, traduite de l'hébreu sur les instances d'un monarque égyptien, probablement Ptolémée Philadelphe, vers l'an 286 av. J.-C. Le nom Version des Septante a été donné, dit-on, parce que la traduction fut l’œuvre de soixante-douze anciens, soixante-dix ou septante en chiffres ronds ; ou, selon d'autres traditions, parce que le travail fut accompli en soixante-dix ou soixante-douze jours ; ou bien encore, selon d'autres histoires, parce que la version reçut la sanction du conseil ecclésiastique juif, le Sanhédrin, qui comprend soixante-douze membres. Ce qui est certain, c'est que la version des Septante, parfois désignée par les chiffres romains LXX, était la version courante parmi les Juifs à l'époque du ministère terrestre du Christ, et fut citée par le Sauveur et ses apôtres dans leurs allusions à l'ancien canon. Elle est considérée comme la plus authentique des versions anciennes, et elle est en usage de nos jours parmi les catholiques grecs et les autres Églises orientales. Il est ainsi évident que depuis environ trois cents ans avant Jésus-Christ, l'Ancien Testament a été d'usage courant, à la fois en hébreu et en grec ; et cette duplication a été un moyen de protection efficace contre les altérations.
 
Une autre compilation, le Peshito, fut faite, selon la tradition, à une date assez ancienne mais indéterminée et est appelée « la plus ancienne version syriaque de là Bible ». Elle contient les livres canoniques de l'Ancien Testament et un grand nombre de livres du Nouveau Testament, omettant toutefois 2 Pierre, 2 et 3 Jean, Jude et l'Apocalypse. Le Peshito est considéré par les érudits comme, un ouvrage d'une grande valeur critique.
 
La compilation actuelle reconnaît trente-neuf livres dans l'Ancien Testament ; ceux-ci furent originellement combinés en vingt-deux livres, correspondant aux lettres de l'alphabet hébreu. Les trente-neuf livres, tels qu'ils sont constitués à présent, peuvent être classés de façon commode comme suit :
 
Le Pentateuque ou les Livres de la Loi : 5
 
Les Livres Historiques : 12
 
Les Livres Poétiques : 15
 
Les Livres des Prophètes : 17
 
Les livres de la loi. - Les cinq premiers livres de la Bible portent collectivement le nom de Pentateuque (pente - cinq, teukhos - volume) et s'appelaient, parmi les anciens Juifs, la Torah, ou la loi. Moïse est traditionnellement considéré comme leur auteur [19] et, par conséquent, « Les Cinq Livres de Moïse » est une autre appellation communément employée. Ils donnent l'histoire, aussi brève qu'elle soit, du genre humain de la création au déluge, et de Noé à Israël ; ensuite un récit plus détaillé de la vie des Israélites lors de leur esclavage en Égypte ; et de là, des quarante années de voyage dans le désert jusqu'au moment où les Israélites campèrent du côté le plus éloigné de la Jordanie.
 
Les livres historiques, au nombre de douze, comprennent : Josué, les Juges, Ruth, les deux livres de Samuel, les deux livres des Rois, les deux livres des Chroniques, Esdras, Néhémie, Esther. Ils racontent l'histoire de l'entrée des Israélites dans la terre promise et du chemin qu'ils parcoururent ensuite à travers trois périodes distinctes de leur existence de peuple (1) en tant que nation théocratique, organisée en tribus unies par les liens de la religion et du sang ; (2) en tant que monarchie, d'abord royaume uni, ensuite nation divisée contre elle-même ; (3) en tant que peuple partiellement conquis dont les vainqueurs devaient restreindre l'indépendance.
 
Les livres poétiques, sont au nombre de cinq : Job, les Psaumes, les Proverbes, l'Ecclésiaste et le Cantique des Cantiques. On les appelle fréquemment ouvrages doctrinaux ou didactiques et le terme désignatif grec Hagiographes (hagios - saint et graphe - écrit) est encore appliqué [20]. Ils proviennent d'époques très différentes et le fait qu'ils sont associés dans la Bible est probablement dû au fait que les Églises juives les ont employés comme règles à suivre dans leurs dévotions.
 
Les livres des prophètes comprennent les ouvrages plus volumineux : Ésaïe, Jérémie, y compris ses Lamentations, Ézéchiel et Daniel, communément appelés les écrits des quatre Grands Prophètes ; et les douze livres suivants, plus petits -Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habakuk, Sophonie, Aggée, Zacharie, et Malachie, appelés les livres des Petits Prophètes. Ils donnent la teneur de la parole du Seigneur à son peuple, de l'encouragement, des avertissements et des reproches, selon leur condition, avant, pendant et après leur captivité [21].
 
Les Apocryphes comprennent un certain nombre de livres d'authenticité douteuse, bien qu'ayant été, à certaines époques, tenus en grande estime. C'est ainsi qu'ils furent ajoutés à la version des Septante, et, pendant un certain temps, ils furent acceptés par les Juifs d'Alexandrie. Cependant, leur origine étant trop douteuse, ils n'ont jamais été généralement admis. Ils ne sont pas cités dans le Nouveau Testament. Le qualificatif apocryphe signifiant caché ou secret, fut appliqué pour la première fois à ces livres par Jérôme. L'Église romaine professe les reconnaître comme Écritures, cette décision ayant été prise par le Concile de Trente (1546), quoique un certain doute sur l'authenticité de ces ouvrages semble exister toujours, même parmi les autorités de l'Église catholique romaine. Le sixième article de la Liturgie de l'Église anglicane définit les vues orthodoxes de l'Église quant au but et à la signification des saintes Écritures ; et, après avoir spécifié les livres de l'Ancien Testament qui sont considérés comme canoniques, poursuit ainsi : « Et les autres livres (comme le dit Hiérome [Jérôme]), l'Église les lit en tant qu'exemple pour la vie et instruction pour la conduite ; mais, cependant, elle ne les applique pas pour établir de doctrine ; et voici ces livres : Le Troisième Livre d'Esdras ; Le Quatrième Livre d'Esdras ; Le Livre de Tobie ; Le Livre de Judith ; Le reste du Livre d'Esther ; Le Livre de la Sagesse ; Jésus, le Fils de Sirach ; Baruch le Prophète ; Le Cantique des Trois Enfants ; L'Histoire de Suzanne ; de Bel et le Dragon ; La Prière de Manassé ; Le Premier Livre des Machabées ; Le Second Livre des Machabées ».
 
LE NOUVEAU TESTAMENT
 
Son origine et son authenticité. - Depuis la dernière partie du quatrième siècle de notre ère, il ne s'est guère élevé de question importante au sujet de l'authenticité des livres du Nouveau Testament, tel qu'il est constitué à présent. Pendant des siècles, le Nouveau Testament a été accepté comme canon des Écritures par ceux qui professent la foi chrétienne [22]. On trouve couramment, au quatrième siècle, des listes des livres du Nouveau Testament tels que nous les possédons maintenant ; nous pouvons mentionner, parmi ces listes, les catalogues d'Athanase, d'Épiphane, de Jérôme, de Rufin, d'Augustin d'Hippone, et la liste publiée par le troisième Concile de Carthage. À ces catalogues on peut en ajouter quatre autres qui diffèrent des précédents en ce qu'ils omettent l'Apocalypse de Jean dans trois cas, et l'épître aux Hébreux dans un.
 
Cette abondance de preuves au sujet de la constitution du Nouveau Testament au quatrième siècle est un résultat des persécutions anti-chrétiennes de cette époque. Au début du siècle en question, les mesures d'oppression de Dioclétien, empereur de Rome, étaient dirigées non seulement contre les chrétiens individuellement et collectivement, mais aussi contre leurs écrits sacrés, que le monarque fanatique essaya de détruire [23]. Certaines mesures de clémence étaient prévues à l'intention de ceux qui livraient les livres saints confiés à leur garde ; et pas mal de gens saisirent cette occasion de sauver leur vie. Lorsque les rigueurs de la persécution se relâchèrent, les Églises essayèrent de juger ceux de leurs membres qui avaient faibli dans leur fidélité à la foi, en livrant les Écritures, et tous furent frappés d'anathème pour trahison.
 
Étant donné qu'un grand nombre de livres ainsi livrés sous menace de mort n'étaient pas, à cette époque, acceptés généralement comme sacrés, ce devint une question de première importance de décider que les livres au juste étaient reconnus à ce point sacrés que leur abandon ferait d'un homme un traître [24]. C'est de là que nous trouvons Eusèbe répartissant les livres de la période messianique et apostolique en deux classes : (1) ceux dont la canonicité était reconnue ; les évangiles, les épîtres de Paul, les Actes, 1 Jean, 1 Pierre et probablement l'Apocalypse ; (2) ceux dont l'authenticité était discutée : les épîtres de Jacques, 2 Pierre, 2 et 3 Jean, et Jude. À ces deux catégories il en ajouta une troisième comprenant les livres qui étaient reconnus comme faux [25].
 
La liste publiée par Athanase, qui date approximativement du milieu du quatrième siècle, donne la constitution du Nouveau Testament, tel que nous le possédons maintenant ; et, à cette époque, tout doute sur l'exactitude de l'énumération semble avoir été écarté ; et nous trouvons le Nouveau Testament, accepté communément par les chrétiens de Rome, d'Égypte, d'Afrique, de Syrie, d'Asie Mineure et de la Gaule. Le témoignage d'Origène, qui écrivit au troisième siècle, et celui de Tertullien, qui vécut au deuxième furent examinés et prononcés concluants, par les auteurs qui vinrent après, en faveur de la canonicité des évangiles et des écrits apostoliques. Chaque livre fut jugé d'après ses propres mérites, et tous furent déclarés, par consentement commun, faisant autorité et obligatoires dans les églises.
 
S'il faut remonter plus haut, nous pouvons noter le témoignage d'Irénée, connu dans l'histoire ecclésiastique comme Evêque de Lyon ; il vécut dans la seconde moitié du deuxième siècle et fut, dit-on, disciple de Polycarpe, qui fut personnellement associé avec Jean le Révélateur. Ses écrits volumineux affirment l'authenticité de la plupart des livres du Nouveau Testament et déterminent les auteurs de ces livres tels qu'ils sont admis à présent. À ces témoignages peuvent être ajoutés ceux des saints de Gaule, qui écrivirent à leurs compagnons de souffrance en Asie, citant à profusion les évangiles, les épîtres et l'Apocalypse [26] les déclarations de Méliton, évêque de Sardes, qui fit un voyage dans l'Est pour déterminer quels étaient les livres canoniques, particulièrement de l'Ancien Testament [27] a et les attestations solennelles de Justin Martyr, qui embrassa le christianisme après l'avoir étudié sérieusement et savamment et qui subit la mort pour ses convictions. En plus des témoignages individuels nous avons ceux des conciles ecclésiastiques et des collèges officiels par lesquels les questions d'authenticité furent jugées et tranchées. À cet égard, on peut mentionner le Concile de Nicée, en 325 ap. J.-C. ; le Concile de Laodicée, en 363 ap. J.-C. ; le Concile d'Hippone, en 393 ap. J.-C. ; les troisième et sixième Conciles de Carthage, en 397 et en 419 ap. J.-C.
 
Depuis cette dernière date, aucune dispute au sujet de l'authenticité du Nouveau Testament n'a réclamé beaucoup d'attention. Il est maintenant trop tard et la distance qui nous sépare de son origine est trop grande pour qu'il soit sage de remettre la question sur le tapis. Le Nouveau Testament doit être accepté pour ce qu'il affirme être ; et bien que beaucoup de parties précieuses en aient peut-être été supprimées ou perdues, tandis que certaines corruptions ont pu se glisser dans les textes et des erreurs s'introduire par inadvertance, suite à l'incapacité des traducteurs, dans l'ensemble, le volume doit être accepté comme authentique et digne de foi, et comme partie essentielle des saintes Écritures [28].
 
Classification du Nouveau Testament. - Le Nouveau Testament comprend vingt-sept livres, classés commodément comme suit :
 
Historiques : 5
 
Didactiques : 21
 
Prophétiques : 1
 
Les livres historiques comprennent les quatre évangiles et les Actes des Apôtres. Les auteurs de ces ouvrages sont appelés évangélistes et sont Matthieu, Marc, Luc et Jean ; c'est à Luc que sont attribués les Actes des Apôtres.
 
Les livres didactiques comprennent les épîtres ; et celles-ci peuvent être rangées en trois groupes : (1) Les épîtres de Paul comprenant (a) ses lettres doctrinales adressées aux Romains, aux Corinthiens, aux Galates, aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens, aux Thessaloniciens et aux Hébreux ; (b) ses communications pastorales à Timothée, à Tite et à Philémon ; (2) Les épîtres générales de Jacques, Pierre, Jean et Jude.
 
Les ouvrages prophétiques, qui consistent en la révélation de Jean connue sous le nom d'Apocalypse.
 
LA BIBLE DANS L'ENSEMBLE
 
Premières versions de la Bible. - De nombreuses versions de l'Ancien Testament et des Testaments combinés ont paru à différentes époques. Nous avons déjà noté le texte hébreu et le double samaritain du Pentateuque, et la version grecque des Septante avec une mention sur le Peshito. Des révisions et des traductions modifiées rivalisèrent avec la version des Septante aux premiers siècles de l'ère chrétienne ; Théodose, Aquila et Symmaque publièrent chacun une nouvelle version. Une des premières traductions latines fut la Version Italique, probablement préparée au cours du deuxième siècle ; cette version fut, plus tard, corrigée et amendée, et reçut le nom de Vulgate, que l'Église catholique romaine considère encore aujourd'hui comme la version authentique. Cette version comprend l'Ancien et le Nouveau Testament.
 
Versions modernes de la Bible. - Jean des Vignes fut le premier à traduire une partie des saintes Écritures, les épîtres et les évangiles, en langue française. La première version française protestante du Nouveau et de l'Ancien Testament fut publiée par Olivétan, avec l'aide de Jean Calvin, à Neuchâtel, Suisse, en 1535, et à Genève en 1540. Une autre édition de cette bible parut en 1588 et fut appelée Bible de Genève parce qu'elle avait été revue par le Collège des Docteurs de Genève. David Martin publia en 1707, à Amsterdam, une révision de cette bible, édition qui fut revue et corrigée dans la suite par l'évêque Luscombe. D'autre part, Pierre de Vaux fit publier, à Lyon, vers 1160, une version du Nouveau Testament en langue populaire.
 
Quant aux versions françaises catholiques, nous citerons celle de Lemaistre de Sacy, du dix-septième siècle, celle de Glaire et la version moderne de Crampon.
En 1611, fut publiée la version anglaise autorisée, ou traduction du roi Jacques ; c'était une nouvelle traduction de l'Ancien et du Nouveau Testament, faite d'après les textes hébreux et grecs, par quarante-sept savants, sur l'ordre du roi Jacques 1er, d'Angleterre. Cette version remplaça toutes les versions précédentes et est restée, jusqu'à présent, en dépit des défauts nombreux et graves qu'elle contient, la version la plus populaire et la plus couramment employée par les Protestants dans les pays de langue anglaise. En 1885, une Version Revisée fut publiée ; -cependant celle-ci n'a pas encore été acceptée généralement.
 
Authenticité de la Bible. - Aussi intéressantes et instructives que puissent être ces données historiques et littéraires sur les Écritures hébraïques, l'examen de celles-ci est subordonné à celui de l'authenticité des livres. Car puisque, en commun avec le reste du monde chrétien, nous les avons acceptés comme la parole de Dieu, il convient particulièrement que nous examinions l'authenticité des écrits sur lesquels notre foi se base dans une si grande mesure. Toutes les preuves présentées par la Bible elle-même, tels sa langue, les détails historiques et la cohérence de son contenu, s'unissent pour confirmer la prétention de la Bible que les différents livres ont bien été écrits par les auteurs auxquels ils sont attribués. Dans une multitude de cas, la comparaison est aisée entre le récit de la Bible et l'histoire séculière, surtout en ce qui concerne les biographies et les généalogies ; et, dans de tels cas, il a été découvert que les deux concordaient généralement [29]. Nous trouvons une autre preuve dans l'individualité dont fait preuve chaque écrivain, ce qui a pour résultat une diversité bien marquée de styles ; tandis que l'unité qui règne dans l'ensemble de l'ouvrage proclame l'opération d'une influence directrice à travers tous les âges du développement du livre ; et celle-ci ne peut être rien moins que le pouvoir d'inspiration, qui influença tous ceux qui furent acceptés comme instruments de la volonté divine pour préparer ce livre des livres. La tradition, l'histoire, l'analyse littéraire, et par-dessus tout cela, l'épreuve de la recherche par la prière et de l'étude tournée vers la découverte de la vérité, s'unissent pour prouver l'authenticité de ce volume d'Écritures et pour montrer la voie, définie dans ses pages, qui ramène les hommes dans la Présence éternelle.
 
Témoignage du Livre de Mormon concernant la Bible. - Les saints des derniers jours acceptent le Livre de Mormon comme volume d'Écritures sacrées qui, de même que la Bible, contient la parole de Dieu. Dans le chapitre suivant, le Livre de Mormon sera l'objet de notre attention particulière ; mais il peut être utile de mentionner ici les preuves collatérales fournies par cet ouvrage en faveur de l'authenticité des Écritures juives ; et de l'intégrité générale de ces dernières dans leur forme actuelle. Selon le Livre de Mormon, le prophète Léhi et sa famille, en compagnie de quelques autres personnes, quittèrent Jérusalem, sur l'ordre de Dieu, en 600 av. J.-C., au cours de la première année du règne de Sédécias. Avant de quitter leur pays natal, les voyageurs se procurèrent certaines annales, gravées sur des plaques d'airain. Parmi ces écrits, se trouvaient une histoire des Juifs et certaines Écritures considérées à l'époque comme authentiques.
 
Léhi examina les annales : « Et il vit qu'elles contenaient les cinq livres de Moïse, qui donnaient l'histoire de la création du monde, et aussi d'Adam et d'Eve, qui furent nos premiers parents ; et aussi une histoire des Juifs depuis le début jusqu'au commencement du règne de Sédécias, roi de Juda ; et aussi les prophéties des saints prophètes, depuis le début jusqu'au commencement du règne de Sédécias ; et aussi, beaucoup de prophéties qui ont été dites de la bouche de Jérémie » [30]Cette allusion directe au Pentateuque et à certains prophètes juifs est une preuve externe précieuse de l'authenticité de ces parties des annales bibliques.
 
Néphi, fils de Léhi, apprit dans une vision de l'avenir, les desseins de Dieu concernant la famille humaine et vit qu'un livre de grande valeur, contenant la paroles de Dieu et les alliances du Seigneur avec Israël, parviendrait des Juifs aux Gentils [31]. Nous apprenons, plus loin, que la compagnie de Léhi, qui, comme nous le verrons, fut conduite à travers les eaux sur le continent occidental, où elle s'établit et devint, par la suite, un peuple nombreux et puissant, avait l'habitude d'étudier les Écritures gravées sur les plaques d'airain ; et, de plus, leurs écrivains en incorporèrent de longues citations dans leurs propres annales grandissantes [32]. Voilà pour le témoignage du Livre de Mormon sur l'authenticité de l'Ancien Testament ou du moins de ces parties du canon juif qui étaient complètes lorsque la petite colonie d'émigrants de Léhi quitta Jérusalem, pendant le ministère du prophète Jérémie.
 
Mais, en outre, cette voix de l'Ouest n'est pas muette au sujet des Écritures du Nouveau Testament. Dans des visions prophétiques, de nombreux prophètes néphites virent et ensuite prédirent le ministère du Christ au méridien des temps, et écrivirent des prédictions concernant les événements principaux de la vie et de la mort du Sauveur, le tout avec une fidélité et des détails frappants. Ce témoignage est rapporté de Néphi [33] de Benjamin [34] qui était à la fois prophète et roi, d'Abinadi [35], de Samuel, le Lamanite converti [36] et d'autres. En plus de ces prophéties et de beaucoup d'autres concernant la mission de Jésus-Christ, qui concordent toutes avec le récit de leur accomplissement rapporté par le Nouveau Testament, nous trouvons dans le Livre de Mormon, le récit de la mission du Sauveur ressuscité parmi les Néphites, au cours de laquelle il établit son Église parmi eux, selon le modèle que nous trouvons dans le Nouveau Testament ; et, de plus, il leur donna ses instructions en employant des paroles presque identiques à celles de ses enseignements parmi les Juifs, en Orient [37].
 
[1] Voir note 1, à la fin du chapitre.
[2] Voir 1 Cor. 11:25 ; comparer Jér. 31:31-33.
[3] Jean 5:39 ; Actes 17:11.
[4] Voir Luc 24:24.
[5] Voir Deut. 31:9, 24-26.
[6] Voir Deut. 17:18.
[7] Voir Josué 24:26
[8] Sam. 10:25.
[9] Voir Es. 34:16.
[10] 2 Chron. 34:14, 15 ; voir aussi Deut. 31:26.
[11] Voir 2 Rois 22:8-10.
[12] Voir Esdras 1:1-3.
[13] Voir Esdras 7:12-14.
[14] Voir le Livre d'Esdras.
[15] Cette information historique est donnée dans certains ouvrages apocryphes ; voir Esdras.
[16] Mal., chaps., 3, 4.
[17] Voir note 2, à la fin du chapitre.
[18] Voir note 3, à la fin du chapitre.
[19] Voir Esdras 6:18 ; 7:6: Néhémie 8:1 ; Jean 7:10.
[20] Comme il a été dit, on entend généralement par « Hagiographes » ou écrits sacrés, les cinq ouvrages poétiques de l'Ancien Testament. Certaines autorités étendent la liste pour lui faire inclure tous les livres, mentionnés dans le Talmud comme hagiographes, à savoir : les Proverbes, l'Ecclésiaste, le Cantique des Cantiques, les Lamentations et Daniel.
[21] Voir note 4, à la fin du chapitre. Pour les écrits mentionnés dans la Bible mais ne s'y trouvant pas, voir note 8, à la fin du chapitre.
[22] Voir notes 5 et 6, à la, fin du chapitre.
[23] Voir The Great Apostasy, du même auteur, p. 73.
[24] Voir Hisforic Evidence of the Origin... of the Books of the New Testaent 12, par Tregelles.
[25] Voir Eusèbe Ecclesiastical History 3:25.
[26] Voir Eusèbe, livre 4.
[27] Eusèbe 4:26.
[28] Comparez Jean 5:39.
[29] Voir note 7, à la fin du chapitre.
[30] 1 Néphi 5:10-13.
[31] 1 Néphi 13:21-23.
[32] Voir 1 Néphi chaps. 20-21 ; 2 Néphi chaps. 7, 8 ; 12-24.
[33] Voir 1 Néphi 10 4, 5 ; chaps. 11-14 ; 2 Néphi 25:26 ; 26:24.
[34] Mosiah, chap. 3 ; 4:3.
[35] Mosiah, chaps. 13-16.
[36] Hélaman 14:12.
[37] Voir 3 Néphi, chaps. 9-26 ; comparer, pour les références du Nouveau Testament, avec Matt. chaps. 5-7, etc. ; et pour les mentions de l'Ancien Testament, avec Es., chap. 54 ; Mal., chaps. 3, 4.
 
NOTES DU CHAPITRE 13
 
1. Jean Chrysostome, un des « Pères Chrétiens » grecs, vécut pendant la seconde moitié du quatrième siècle ; il fut patriarche de Constantinople, mais fut déposé et exilé quelque temps avant sa mort qui eut lieu en 407. Son emploi du terme biblia pour désigner le canon scriptural est parmi les premières applications que l'on ait trouvées jusqu'à présent. Il conseilla à son peuple de profiter de la richesse des ouvrages inspirés, de cette façon : « Écoutez, j'exhorte tous ceux qui sont encore dans la vie séculière d'acheter les biblia, les remèdes de l'âme. » À propos des chrétiens juifs, il dit : « Ils ont les biblia, mais nous avons les trésors des biblia, ils ont les lettres, mais nous avons les lettres et l'interprétation. »
 
Quant aux erreurs de traduction ou fautes dues à d'autres causes, Bengel, théologien luthérien allemand, qui mourut en 1752, est cité comme ayant écrit : « Mangez le pain de l'Écriture en simplicité, comme vous l'avez, et ne soyez pas troublés si vous trouviez de-ci de-là un grain de sable que la meule du moulin aurait laisser passer. Si les saintes Écritures, qui ont été si souvent compilées, étaient absolument sans variation, ce serait un si grand miracle que la foi en elles ne serait plus de la foi. »
 
2. La copie samaritaine du Pentateuque. - Dans sa précieuse série de discours sur des sujets bibliques, David McKenzie présenta ce qui suit avec référence aux écrits de Horne : « Neuf cent soixante-dix ans avant Jésus-Christ, la nation d'Israël se divisa en deux royaumes ; tous deux gardèrent le même livre de la loi. La rivalité empêcha l'un et l'autre d'altérer la loi ou d'y ajouter. Après qu'Israël fut emmené en Assyrie, d'autres nations occupèrent la Samarie. Celles-ci reçurent le Pentateuque (2 Rois 17:26-28). La langue était hébraïque ou phénicienne, alors que la copie juive fut changée en chaldéen ; la corruption ou l'altération furent ainsi rendues impraticables ; cependant, les textes restent presque identiques. »
 
3. Versions de la Bible ou de parties de la Bible. – La Version des Septante - « Des opinions variées ont été émises pour expliquer son appellation de Version des Septante ; certains disent que Ptolémée Philadelphe demanda au Grand-Prêtre Eléazar une copie des Écritures hébraïques, et six savants juifs de chaque tribu (soixante-douze au total), compétents pour les traduire en grec ; ceux-ci furent enfermés dans l'île de Pharos et en soixante-douze jours, ils achevèrent leur tâche ; le libraire principal du roi, Démétrius Phalère, la transcrivit telle qu'ils la dictèrent, mais ceci est actuellement considéré comme une fable. D'autres disent que ces mêmes interprètes, ayant été enfermés dans des cellules séparées, écrivirent chacun une traduction et elles coïncidèrent si extraordinairement, autant en mots qu'en sentiments que l'évidence de leur inspiration par le Saint-Esprit fut ainsi démontrée ; cette opinion a aussi été rejetée comme trop extravagante. Il est possible que soixante-douze écrivains aient été employés pour la traduction ; mais il est plus probable qu'elle acquit le nom de Version des Septante parce qu'elle reçut l'approbation du Sanhédrin juif qui comprenait soixante-douze personnes. Certains affirment qu'elle a été exécutée à différentes époques ; et Horne dit qu'il est plus que probable que cette version fut faite pendant le règne de Ptolémée Lagus et de son fils Philadelphe, vers 285 ou 286 avant Jésus-Christ. »
 
La Vulgate : « version très ancienne de la Bible, fut traduite de la Version des Septante en latin, mais par qui et quand, cela est inconnu. Elle était d'un usage général au temps de Jérôme et était appelée la Version Latine ou Italique. Vers la fin du quatrième siècle Jérôme commença une nouvelle version du texte hébreu en latin, qu'il compléta graduellement. À la fin, elle reçut l'approbation du Pape Grégoire 1er . et est employée depuis le septième siècle. La Vulgate actuelle, déclarée authentique par le Concile de Trente au seizième siècle, est l'ancienne version italique, révisée et améliorée par les corrections de Jérôme et d'autres, et est la seule permise par l'Église de Rome. »
 
La Version Autorisée. « Certaines objections s'étant élevées contre la Bible des Évêques à la conférence de Hampton Court, en 1603, le roi Jacques 1er ordonna de faire une nouvelle traduction. –Quarante-sept personnes, éminentes par leur piété et leurs connaissances bibliques, furent choisies à cette fin ; elles furent divisées en six comités, deux pour siéger à Oxford, deux à Cambridge et deux à Westminster ; et chaque comité se vit confier une certaine partie des Écritures. Ils commencèrent leur tâche en 1607, et le tout fut terminé et imprimé en 1611. Cette version est appelée La Version Anglaise Autorisée et est maintenant celle qui est en usage. » - Tiré de Analysis of Scripture History de Pinnock, p. 3, 5 (6e éd.)
 
4. Les Livres prophétiques de l'Ancien Testament sont arrangés avec peu ou pas du tout de considération pour l'ordre chronologique, l'étendue des choses contenues plaçant les plus grandes oeuvres les premières. L'arrangement chronologique serait probablement : Jonas, Joël, Amos, Osée, Ésaïe, Michee, Nahum, Sophonie, tous prophétisèrent avant la captivité ; ensuite viennent Jérémie, Habakuk, Ézéchiel et Daniel qui écrivirent pendant la captivité, puis Aggée, Zacharie et Malachie, après le retour des Juifs de captivité.
 
5. Copies manuscrites du Nouveau Testament. - Trois manuscrits des écrits du Nouveau Testament existant maintenant sont considérés comme authentiques. Ils sont connus sous le nom de Manuscrit du Vatican (maintenant à Rome), l'Alexandrin (maintenant à Londres), et le Sinaïtique (placé dans la bibliothèque de Saint-Pétersbourg). Le dernier nommé, le Sinaïtique, est considéré comme la plus ancienne copie existante du Nouveau Testament. Le manuscrit fut découvert en 1859 dans les archives d'un monastère du mont Sinaï, d'où son nom. Il fut découvert par Tischendorf et était dans la bibliothèque impériale à Saint-Pétersbourg, maintenant Léningrad, en Russie.
 
6. Concernant l'authenticité de quelques parties du Nouveau Testament. - En réponse à des objections élevées par des critiques sur la véracité ou l'authenticité de certains livres du Nouveau Testament, le groupe de témoignages suivant peut être pris en considération. Les points sont présentés ici tels qu'ils ont été réunis par David McKenzie, et tels qu'il s'en sert dans ses discours sur la Bible :
 
LES QUATRE ÉVANGILES
 
1. Matthieu. Papias, évêque d'Hiérapolis, fut un auditeur de l'apôtre Jean. À propos de l'évangile de saint Matthieu, Eusèbe cite les paroles suivantes de lui : « Matthieu composa les Oracles dans la. langue hébraïque et chacun les interprétait comme il pouvait. » (Eusèbe, Histoire Ecclésiastique 3, 39)
 
2. Marc. Papias dit aussi des écrits de Marc : « Marc, étant devenu l'interprète de Pierre, écrivit exactement tout ce dont il se rappela, sans cependant rapporter dans l'ordre ce qui avait été dit ou fait par le Christ. Car il n'entendit pas le Seigneur, ni ne le suivit, mais, plus tard, assista Pierre qui adapta ses instructions aux besoins de ses auditeurs, mais n'avait aucun dessein de donner un récit suivi des oracles (ou discours) du Seigneur. » - Traductions de l'évêque Lighfoot dans Conteniporary Review, août 1875.
 
3. Luc. Les preuves internes montrent que l'évangile de Luc et les Actes des Apôtres furent composés par le même auteur. Saint Paul dit de Luc qu'il est médecin et le Docteur Hobart, en 1882, publia, à Londres, un traité sur The Medical Language of Saint Luke, et fait ressortir le fréquent emploi de termes médicaux dans les écrits de Luc qui imprègne tout le troisième évangile et les Actes des Apôtres. Même M. Renan fait une admission semblable. Il dit : « Une chose qui est hors de doute, c'est que les Actes ont eu le même auteur que le troisième évangile et sont une continuation de cet évangile. Point n'est besoin de s'arrêter à prouver cette proposition, qui n'a jamais été sérieusement contestée. Les préfaces qui sont en tête des deux écrits, la dédicace de l'un et de l'autre à Théophile, la parfaite ressemblance du style et des idées fournissent à cet égard d'abondantes démonstrations. » « Une deuxième proposition, c'est que l'auteur des Actes est un disciple de Paul, qui l'a accompagné dans une partie considérable de ses voyages. » -- Ernest Renan, dans Les Apôtres ; voir la préface.
 
4. Jean. Irénée, évêque de Lyon vers 177 ap. J.-C., élève de Polycarpe qui fut martyrisé en 155 ou 156, relate, dans une lettre à un condisciple, ses souvenirs de ce qu'il a entendu Polycarpe dire au sujet de ses relations avec Jean et avec le reste de ceux qui ont vu le Seigneur et au sujet du Seigneur, de ses miracles et de ses enseignements. Il aurait écrit tout ceci en accord avec les Écritures (Eusèbe, Histoire Ecclésiastique 5:20). Il est évident par le texte qu'Irénée voulait dire par les « Écritures » Matthieu, Marc, Luc, Jean. En outre, il proclame que « non seulement quatre évangiles uniquement ont été transmis depuis le commencement, mais que dans la nature des choses, il ne pouvait y avoir plus ou moins de quatre évangiles. Il y a quatre régions dans le monde et quatre vents principaux, et pour cela, l'Église, destinée à avoir les mêmes limites que le monde, doit être supportée par quatre évangiles comme quatre piliers - Contemporary Review, août 1876, p. 413 [L'analogie forcée assumée par Irénée entre les quatre évangiles et les quatre vents, etc., est, bien entendu, sans fondement et son emploi paraît absurde ; néanmoins le fait qu'il le note fournit une preuve que les quatre évangiles étaient acceptés à son époque -J. E. T].
 
LES ÉPITRES DE PAUL
 
Les extraits suivants du témoignage des critiques du Tübingen sur quatre des épîtres de Paul sont instructifs.
 
De Wette dit, dans son introduction aux Livres du Nouveau Testament (123 a) : « Les lettres de Paul portent la marque de son génie puissant. L'authenticité des plus importantes d'entre elles est au-dessus de toute contradiction ; elles forment le noyau solide du livre du Nouveau Testament. »
 
Baur dit dans son Apôtre Paul (1:8) : « Non seulement aucune suspicion concernant l'authenticité de ces épîtres ne s'est élevée, mais elles portent si incontestablement le sceau de l'originalité de Paul, qu'on ne peut comprendre pour quelle raison les critiques. purent élever la moindre objection contre elles. »
 
Weizsaecker écrit (Apost. Zeitalter, 1866, p. 190) : « Les lettres aux Galates et aux Corinthiens sont, sans aucun doute, de la main de l'apôtre ; de sa main aussi vint incontestablement l'épître aux Romains. »
 
Holtzmann dit (Einleit. N. T., p. 224) : « Ces quatre épîtres sont les homologoumènes de Paul (livres universellement reconnus) dans l'acceptation moderne du mot. Nous pouvons réaliser, eu égard à elles, la preuve d'authenticité entreprise par Paley contre les libres penseurs de son temps. »
 
M. Renan, dans Les Évangiles (p. 40-41), s'exprime ainsi : « Les épîtres de Paul ont un avantage inégalé dans cette histoire, c'est leur absolue authenticité. » Renan dit des épîtres aux Corinthiens, aux Galates et aux Romains qu'elles sont « indiscutables et indiscutées », et ajoute : « Les critiques les plus sévères, tels que Christian Baur, les acceptent sans objection. »
 
7. Preuves archéologiques qui confirment la Bible. - Le professeur A. H. Sayce, M. A., résume ainsi son traité approfondi sur le témoignage des anciens monuments : « Les objections critiques à la véracité de l'Ancien Testament, que, l'on tirait jadis de l'armurerie des écrivains grecs et latins, ne peuvent plus jamais être émises ; elles ont été discutées et rejetées une fois pour toutes ; les réponses à ces objections sont venues des papyrus, de l'argile et des pierres, des tombeaux de l'ancienne Égypte, des tertres de Babylone et des palais en ruines des rois assyriens. »
 
8. Écritures manquantes. - Ceux qui s'opposent à la doctrine de la révélation continue entre Dieu et son Église, sous prétexte que la Bible est une collection complète d'Écritures sacrées et que toute prétendue révélation qui ne s'y trouve pas doit par conséquent être fausse, peuvent profitablement prendre note des nombreux livres qui ne sont pas compris dans la Bible et qui y sont cependant mentionnés, généralement de façon à ne laisser aucun doute quant au fait qu'ils furent autrefois considérés comme authentiques. Parmi ces Écritures extra-bibliques, les suivantes peuvent être nommées ; quelques-unes existent de nos jours et sont classées parmi les apocryphes, mais la plupart sont inconnues. Nous citerons le Livre de l'Alliance (Ex. 24:7) ; le Livre des Guerres de l'Éternel (Nom. 21:14) ; le Livre du Juste (Jos. 10:13) ; le Livre des Statuts (l Sam. 10:25) ; le Livre d'Énoch (Jude 14) ; le Livre des Actes de Salomon (l Rois 11:14) ; le Livre de Nathan le prophète et celui de Gad, le prophète (1 Chron. 29:29) ; le Livre de d'Achija de Silo et les révélations de Jéedo le prophète (3 Chron. 9:29) ; le Livre de Schemaeja (2 Chron. 12:15) ; les mémoires du prophète Iddo (2 Chron. 13:22) ; les mémoires de Jéhu (2 Chron. 20:34) ; les Actes d'Ozias par Ésaïe le fils d'Amots (2 Chron. 26:22) ; le Livre de Hozai (2 Chron. 33:19) une épître manquante de Paul aux Corinthiens (1 Cor. 5:9) ; une épître manquante aux Éphésiens (Eph. 3:3) ; l'épître manquante aux Colossiens, écrite de Laodicée (Col. 4:16) ; une épître manquante de Jude (Jude 3) ; une déclaration de foi mentionnée par Luc (1:1).
 
RÉFÉRENCES SCRIPTURAIRES
 
Les Écritures saintes
 
Vous êtes dans l'erreur, parce que vous ne comprenez pas les Écritures, ni la puissance de Dieu - Matt. 22:29.
 
Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle - Jean 5:39 ; voir aussi verset 46.
 
Abraham répondit : Ils ont Moïse et les prophètes - Luc 16:29.
 
Exemples du Christ citant les Écritures - Matt. 4:4 ; Marc 12:10 ; Luc 24:27.
 
L'Écriture sainte donnée par le Saint-Esprit - Actes 1:16.
 
Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner - 2 Tim. 3:16.
 
Ce n'est -pas par une volonté d'homme qu'une prophétie a jamais été apportée, mais c'est poussés par le Saint-Esprit que les hommes ont parlé de la part de Dieu - 2 Pi. 1:21.
 
Les Écritures 'témoignent du Christ - Jean 5:39 ; Actes 10:43 18:28 ; 1 Cor. 15:3.
 
Que par la patience et par la consolation que donnent les Écritures nous possédions l'espérance - Rom. 15:4.
 
Manifesté maintenant par les écrits des prophètes - Rom. 16:26.
 
Car ils ne connaissaient pas encore que, selon les Écritures, Jésus devait ressusciter des morts - Jean 20:9.
 
Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ - Jean 20:3 1.
 
Écritures mentionnées et citées par les apôtres - Actes chaps. 2 et 3 ; 8:32 ; 17:2 ; voir aussi 18:24 ; 28:23.
 
Aucune prophétie de l'Écriture ne peut être un objet d'interprétation particulière - 2 Pi. 1:20.
 
Les saintes lettres qui peuvent te rendre sage à salut par la foi 2 Tim. 3:15.
 
Que signifie ce passage de l'Écriture où il est dit que Dieu plaça des chérubins ? - Alma 12:21.
 
Car ainsi disent les Écritures : Choisissez aujourd'hui - Alma 30:8.
 
Néphi lit au peuple des extraits du livre de Moïse et du livre d'Ésaïe, et fait une application de toutes les Écritures à leurs conditions - 1 Néphi 19:23.
 
Car mon âme met toute sa joie dans les saintes Écritures, et mon cœur les médite - 2 Néphi 4. 15.
 
Ce peuple ne comprend pas les Écritures, car il cherche à s'excuser - Jacob 2 23.
 
Après je lui dis Crois-tu aux saintes Écritures ? - Jacob 7:10.
 
Alma confondit Zeezrom en lui exposant les Écritures - Alma, chap. 12.
 
Voici, les Écritures sont devant vous. Si vous voulez en fausser le sens, ce sera pour votre propre destruction - Alma 13:20.
 
Vous vous trompez grandement, et vous devriez sonder les Écritures - Alma 33:2.
 
Mais ils s'égaraient en cela, faute de n'avoir pas compris les Écritures - 3 Néphi 1:24.
 
Lorsque Jésus eut expliqué toutes ces Écritures aux Néphites - 3 Néphi 23:6 ; voir aussi verset 14.
 
N'a-t-il pas lu les Écritures qui disent : Il vous faut prendre le nom du Christ ? - 3 Néphi 27:5.
 
Écritures gravées sur les plaques d'airain apportées de Jérusalem - 2 Néphi 4:15.
 
La Bible mentionnée dans une révélation divine à Néphi : Ils auront une Bible et elle sortira de la bouche des Juifs - 2 Néphi 29:3-6.
 
D'autres Écritures doivent paraître - 2 Néphi 29:7-14.
 
Parce que vous avez une Bible, vous ne devez point supposer qu'elle contient toutes mes paroles - 2 Néphi 29:10.
 
Partie des annales bibliques trouvées sur les plaques d'airain apportées de Jérusalem - 1 Néphi 5:10-13.
 
Anciennes annales qui contiennent ces parties de mon Écriture dont mon Esprit a parlé - D&A 8:1.
 
Tout ce qu'ils diront selon l'inspiration du Saint-Esprit sera Écriture - D&A 68:4.
 
Sous l'influence de Satan, les gens déforment les Écritures et ne les comprennent pas - D&A 10. 63.
 
Exhortation, dans les derniers jours, à étudier les Écritures - D&A 11:22.
 
Prouvant au monde que les saintes Écritures sont vraies - D&A 20:11.
 
Principes de l'Évangile contenus dans la Bible et le Livre de Mormon - D&A 42:12.
 
Écritures données pour instruire ; et le pouvoir du Saint-Esprit vivifie toutes choses - D&A 33:16.
 
Saintes Écritures citées par l'Ange Moroni à Joseph Smith - PGP, Joseph Smith, Histoire.
 
Un livre de souvenir fut tenu dans la langue d'Adam - Moïse 6. 5. Écrit selon le modèle donné par le doigt de Dieu - verset 46.
 
 
CHAPITRE 14 : LE LIVRE DE MORMON
 
ARTICLE 8. - ...Nous croyons aussi que le Livre de Mormon est la parole de Dieu.
 
DESCRIPTION ET ORIGINE
 
Qu'est-ce que le Livre de Mormon ? - Le Livre de Mormon est un écrit divinement inspiré composé par les prophètes des anciens peuples qui habitèrent le continent américain des siècles avant et après le temps du Christ ; annales qui ont été traduites au cours de cette génération par le don de Dieu et sur son ordre. Le traducteur autorisé et inspiré de ces Écritures sacrées, par l'intermédiaire duquel elles ont été données au monde en langue moderne, est Joseph Smith, dont nous avons mentionné le premier contact avec ces plaques dans notre premier chapitre. Comme nous l'avons déjà dit, au cours de la nuit du 21 au 22 septembre 1823, Joseph Smith reçut, en réponse à sa prière fervente, la visite d'un personnage ressuscité [1] qui se présenta sous le nom de Moroni. Des révélations ultérieures lui apprirent que ce dernier était l'ultime représentant d'une longue lignée de prophètes dont les écrits traduits constituent le Livre de Mormon ; c'est par lui que les anciennes annales avaient été clôturées ; c'est par lui que les plaques gravées avaient été déposées en terre ; et c'est par son ministère qu'elles furent remises entre les mains du prophète et voyant des derniers jours, dont l’œuvre de traduction se trouve devant nous.
 
Lors de sa première visite à Joseph Smith, Moroni lui parla de l'existence des annales, qui dit-il, étaient gravées sur des plaques d'or, enfouies, à ce moment-là, sur le versant d'une colline proche de la maison de Joseph. Cette colline, appelée Cumorah par un groupe des 'peuples anciens et Ramah par un autre groupe, est située près de Palmyra, dans l'État de New-York. L'endroit précis où les plaques reposaient fut montré à Joseph en vision ; et il n'éprouva aucune difficulté à le trouver le lendemain de la visite dont nous venons de parler. Voici comment Joseph Smith a rapporté les paroles de Moroni au sujet des plaques : « Il dit qu'il existait un livre, gravé sur des plaques d'or, donnant l'histoire des anciens habitants de l'Amérique et la source dont ils étaient issus. Il dit aussi que la plénitude de l'Évangile éternel y était contenue, telle qu'elle avait été donnée par le Seigneur à ces anciens habitants ; en outre, que deux pierres contenues dans des arcs d'argent - et ces pierres fixées à un pectoral, constituaient ce qu'on appelle l'urim et thummim étaient déposées avec les plaques ; que la possession et l'emploi de ces pierres étaient ce qui faisait les « voyants » dans les temps anciens et que Dieu les avait préparées pour la traduction du livre » [2].
 
Joseph trouva une grande pierre à l'endroit indiqué sur la colline de Cumorah ; sous la pierre se trouvait une boîte, également de pierre ; il en souleva le couvercle au moyen d'un levier ; il vit alors à l'intérieur de la boîte, les plaques et le pectoral avec l'urim et thummim décrits par l'ange. Alors qu'il était sur le point d'enlever le contenu de la boîte, Moroni lui apparut une fois de plus et lui défendit d'emporter les choses sacrées à ce moment-là, disant que quatre années devraient se passer avant qu'elles ne fussent remises à sa garde personnelle, et que, entre-temps, Joseph serait dans l'obligation de visiter l'endroit une fois par an. C'est ce que le jeune révélateur fit, et il reçut lors de chaque visite des instructions complémentaires au sujet des annales et des buts de Dieu à leur égard. Le 22 septembre 1827, Joseph reçut de l'ange Moroni les plaques et l'urim et thummim, avec le pectoral. Il reçut le commandement de les garder avec le plus grand soin et il lui fut promis que s'il faisait de son mieux pour les protéger, ils resteraient inviolés entre ses mains et qu'à la fin du travail de traduction, Moroni viendrait lui rendre visite de nouveau pour recevoir les plaques.
 
La raison justifiant l'avertissement qui fut donné à Joseph de prendre soin des plaques et des autres objets, se manifesta bientôt, car au cours de son bref trajet de retour chez lui, avec les reliques sacrées, il fut attaqué ; mais grâce à l'aide divine, il fut à même de résister à ses assaillants et arriva finalement chez lui sain et sauf avec les plaques et les autres objets. Cette attaque ne fut que le commencement d'un véritable siège de persécutions, qui ne cessèrent jamais de le harceler aussi longtemps que les plaques restèrent sous sa garde. La nouvelle qu'il possédait les plaques se répandit bientôt ; et de nombreuses tentatives, la plupart accompagnées de violences, furent faites pour les lui arracher des mains. Mais elles furent protégées ; et, lentement, en dépit de beaucoup d'obstacles dus aux persécutions de la part des méchants et à sa pauvreté, qui l'obligeait à travailler et ne lui laissait que peu de loisirs pour accomplir la tâche qui lui avait été confiée, Joseph travailla à la traduction ; et, en 1830, le Livre de Mormon fut publié pour la première fois au monde.
 
La page de titre du Livre de Mormon. - Notre meilleure réponse à la question : « Qu'est-ce que le Livre de Mormon » ? se trouve à la page de titre du volume. Nous y lisons :
 
LE LIVRE DE MORMON, Récit écrit sur plaques DE LA MAIN DE MORMON d’après les Plaques de Néphi.
 
Ce livre est donc un abrégé des annales du peuple de Néphi et aussi des Lamanites - Écrit à l'intention des Lamanites, qui sont un reste de la maison d'Israël, et aussi à l'intention des Juifs et des Gentils - Écrit par commandement et aussi par l'esprit de prophétie et de révélation - Écrit scellé et caché dans le Seigneur afin qu'il ne soit pas détruit - Pour reparaître par le don et le pouvoir de Dieu, pour être interprété - Scellé de la main de Moroni et caché dans le Seigneur pour reparaître, en temps voulu, par le ministère des Gentils - L'interprétation de ce livre par le don de Dieu.
 
Il comprend aussi un abrégé tiré du livre d'Éther, qui contient les annales du peuple de Jared, lequel fut dispersé à l'époque où le Seigneur confondit la langue des hommes, alors que ceux-ci bâtissaient une tour pour atteindre le ciel. Le but de ce livre est de montrer au reste de la maison d'Israël les grandes choses que le Seigneur a faites en faveur de. ses pères et de lui faire connaître les alliances du Seigneur, et de lui faire savoir qu'il n'est pas rejeté à tout jamais ; et aussi de convaincre les Juifs et les Gentils que JÉSUS est le CHRIST, le DIEU ÉTERNEL, qui se manifeste à toutes les nations - Et maintenant, s'il contient des fautes, ce sont celles des hommes ; c'est pourquoi ne condamnez pas les choses de Dieu, afin que vous soyez trouvés sans tache devant le siège du jugement du Christ.
 
Cette combinaison de titre et de préface est une traduction de la dernière page des plaques et fut, très probablement, écrite par Moroni, qui, comme nous l'avons déjà dit, scella et cacha jadis les annales [3].
 
Divisions principales du livre. - La page de titre nous apprend que, dans le Livre de Mormon, nous nous trouvons en présence de l'histoire de deux nations qui furent florissantes en Amérique et descendaient de petites colonies amenées du continent oriental par les directives divines. Pour plus de commodité, nous appellerons ces deux nations les Néphites et les Jarédites.
 
La nation néphite fut la seconde dans le temps et, sous le rapport de l'ampleur des annales, la plus importante. Les ancêtres de ce peuple furent emmenés de Jérusalem, vers l'an 600 av. J.-C., par Léhi, prophète juif de la tribu de Manassé. Sa famille immédiate, à l'époque de leur départ de Jérusalem, comprenait sa femme Sariah, et leurs fils Laman, Lémuel, Sam et Néphi ; à un stade ultérieur de leur histoire des filles sont mentionnées, mais on ne nous dit pas s'il y en eut parmi elles qui naquirent avant l'exode de la famille. Outre sa propre maison, la colonie de Léhi comprenait Zoram et Ismaël, ce dernier étant un Israélite de la tribu d'Éphraïm [4]. Ismaël et sa famille se joignirent au groupe de Léhi dans le désert et ses descendants furent comptés avec la nation dont nous parlons. Il apparaît que le groupe voyagea plus ou moins vers le sud-est, en restant à proximité du rivage de la mer Rouge ; ensuite, changeant leur orientation vers l'est, ils traversèrent la péninsule arabique et là, sur les rives de la mer d'Oman, construisirent un navire, qu'ils chargèrent de provisions et dans lequel ils s'en remirent à la providence divine sur les flots. On croit que leur navigation les emmena vers l'est, à travers l'océan Indien, puis à travers le Pacifique jusqu'à la côte occidentale de l'Amérique, OÙ ils débarquèrent vers 590 av. J.-C. Le lieu de débarquement n'est pas décrit dans le livre lui-même avec des détails suffisants pour permettre des conclusions définitives à ce sujet.
 
Le peuple s'établit sur ce qui était pour lui la terre promise ; de ' nombreux enfants naquirent et, après quelques générations, le pays fut occupé par une postérité nombreuse. Après la mort de Léhi, le peuple se divisa, une partie reconnaissant, comme chef, Néphi, qui avait été dûment désigné à l'office de prophète, tandis que l'autre partie proclamait Laman, le fils aîné de Léhi, comme son chef. Dès lors, les deux groupes de ce peuple maintenant divisé prirent respectivement le nom de Néphites et de Lamanites. Par intervalles, ils observaient entre eux un semblant de relations amicales ; mais, généralement, ils furent ennemis, les Lamanites manifestant une * hostilité et une haine implacables envers leurs frères Néphites. Les Néphites se développèrent dans les arts de la civilisation, bâtirent de grandes villes et des royaumes prospères. Cependant, ils tombaient souvent en transgression et le Seigneur les châtiait en permettant à leurs ennemis héréditaires de les vaincre. On croit traditionnellement qu'ils se répandirent vers le nord pour occuper un territoire considérable en Amérique Centrale et s'étendirent ensuite vers l'est et vers le nord sur une partie de ce qui est maintenant les États-Unis d'Amérique. Les Lamanites, tout en croissant en nombre, subirent la malédiction du courroux divin ; ils devinrent sombres de peau et enténébrés d'esprit, oublièrent le Dieu de leurs pères, menèrent une vie nomade sauvage et dégénérèrent pour en arriver à l'état déchu dans lequel les Indiens d'Amérique - leurs descendants en ligne directe - furent trouvés par ceux qui redécouvrirent le continent occidental beaucoup plus tard. Les luttes finales entre Néphites et Lamanites eurent lieu dans le voisinage de la colline de Cumorah, dans Ce qui est maintenant l’État de New-York et aboutirent à la destruction des Néphites en tant que nation, vers l'an 400 ap. J.-C. Le dernier représentant néphite fut Moroni qui, errant de lieu en lieu pour sauver sa vie, s'attendant chaque jour à être tué par les Lamanites victorieux, écrivit les dernières pages du Livre de Mormon, et cacha les annales dans la colline de Cumorah. C'est ce même Moroni qui, ressuscité, remit les annales entre les mains de Joseph Smith à notre époque.
 
La nation jarédite. - Des deux nations dont l'histoire constitue le Livre de Mormon, la première, dans l'ordre chronologique, est le peuple de Jared, qui suivit son chef depuis la tour de Babel à l'époque de la confusion des langues. Son histoire fut écrite sur vingt-quatre plaques d'or par Éther, lé dernier de ses prophètes qui, prévoyant la destruction de son peuple à cause de ses iniquités, cacha les annales historiques. Celles-ci furent trouvées, par après, vers 122 av. J.-C., par une expédition envoyée par le roi Limhi, un souverain néphite. Les annales gravées sur ces plaques furent abrégées, dans la suite, par Moroni et ce dernier annexa ensuite le récit condensé aux annales du Livre de Mormon ; il apparaît dans la traduction moderne sous, le nom de Livre d'Éther.
 
Le premier et principal prophète des Jarédites n'est pas mentionné par son nom dans les annales telles qu'elles nous ont été transmises ; il est connu seulement sous le nom de frère de Jared. Au sujet de son peuple, nous apprenons que, au milieu de la confusion de Babel, Jared et son frère importunèrent le Seigneur pour qu'il leur épargnât, à eux, à leurs parents et à leurs amis la dislocation imminente. Leur prière fut entendue et le Seigneur les conduisit avec un groupe important de personnes qui, comme eux, étaient libres de la corruption de l'idolâtrie, loin de chez eux, promettant de les guider dans un pays de choix, supérieur à tous les autres pays. Leur itinéraire n'est pas donné avec exactitude, nous apprenons seulement qu'ils atteignirent l'océan et qu'ils y construisirent huit navires appelés barques, dans lesquels ils s'engagèrent sur les eaux. Ces navires étaient petits et sombres à l'intérieur ; mais le Seigneur rendit certaines pierres lumineuses et celles-ci donnèrent de la lumière aux voyageurs emprisonnés. Après une navigation de trois cent quarante-quatre jours, la colonie débarqua sur les rivages de l'Amérique.
 
Ils y devinrent une nation florissante ; mais cédant, avec le temps, à des dissensions internes, ils se divisèrent en factions, qui se firent la guerre entre elles jusqu'à leur destruction totale. Cette destruction, qui eut lieu près de la colline de Ramah, appelée plus tard Cumorah par les Néphites, eut probablement lieu à l'époque du débarquement de Léhi, vers 590 av. J.-C. Le dernier représentant de cette race infortunée fut Coriantumr, le roi, au sujet duquel Éther avait prophétisé qu'il survivrait à tous ses sujets et qu'il vivrait pour voir un autre peuple posséder le pays. Cette prédiction fut accomplie lorsque le roi, dont le peuple avait été exterminé, arriva, lors d'une de ses courses errantes et solitaires, dans une région occupée par le peuple de Mulek, que nous devons mentionner ici comme la troisième ancienne colonie d'émigrants venus du continent oriental.
 
Mulek était le fils de Sédécias, roi de Juda, encore bébé à l'époque de la mort violente de ses frères et des cruelles tortures subies par son père sur l'ordre du roi de Babylone [5]. Onze ans après le départ de Léhi de Jérusalem, une autre colonie quitta la ville ; parmi les membres de cette colonie se trouvait Mulek. La colonie prit son nom, probablement à cause de ses droits de chef reconnus, en vertu de son lignage. Le Livre de Mormon ne nous donne que peu de renseignements au sujet de Mulek et de son peuple. Nous apprenons, cependant, que la colonie fut amenée, à travers les eaux ' à un point situé probablement sur la côte de la partie septentrionale du continent américain. Les descendants de ces colons furent découverts par les Néphites sous Mosiah ; ils étaient devenus nombreux, mais, n'ayant point eu d'Écritures pour les guider, ils étaient tombés dans les ténèbres spirituelles. Ils se joignirent aux Néphites, et leur histoire fusionne avec celle de cette plus grande nation [6]. Les Néphites donnèrent à une partie de l'Amérique du Nord le nom de Pays de Mulek.
 
LES PLAQUES ANCIENNES ET LA TRADUCTION
 
Les plaques du Livre de Mormon, remises à Joseph Smith par l'ange Moroni, étaient, selon la description qu'en fit le prophète des derniers jours et autant qu'il pouvait s'en rendre compte, en or, de dimensions uniformes ayant chacune environ dix-sept centimètres de large et vingt centimètres de long, et étant un peu moins épaisses qu'une feuille ordinaire de fer-blanc. Elles étaient attachées ensemble par trois anneaux qui perçaient les plaques près d'un de leurs bords. Ensemble elles formaient un livre de près de quinze centimètres d'épaisseur, mais tout n'a pas été traduit, une partie ayant été scellée. Les plaques étaient couvertes, des deux côtés, de petits caractères gravés, dont ceux qui les examinèrent dirent qu'ils étaient d'un ouvrage curieux, ayant l'apparence d'être d'origine ancienne..
 
Trois groupes de plaques sont mentionnés sur la page de titre du Livre de Mormon :
 
1. Les plaques de Néphi, qui, comme nous le verrons, étaient de deux sortes : a) les grandes plaques, et b) les petites plaques.
 
2. Les plaques de Mormon, contenant un abrégé des plaques de Néphi, avec des additions apportées par Mormon et son fils Moroni.
 
3. Les plaques d'Éther, contenant l'histoire des Jarédites.
 
On peut ajouter à celles-ci un autre groupe de plaques, mentionnées dans le Livre de Mormon et sous le rapport du temps, les plus anciennes de toutes :
 
4. Les plaques d'airain de Laban, apportées de Jérusalem par le peuple de Léhi, contenant les Écritures et les généalogies de Juifs, dont beaucoup d'extraits figurent dans les annales néphites.
 
Nous devons maintenant examiner, de façon plus spécifique, les plaques de Néphi et l'abrégé qu'en fit Mormon.
 
Les Plaques de Néphi sont ainsi appelées parce qu'elles furent préparées par Néphi, le fils de Léhi, qui fut le premier à y écrire. Ces plaques étaient de deux sortes [7] que l'on peut désigner du nom de grandes plaques et de petites plaques. Néphi commença sa tâche de chroniqueur en gravant sur ses plaques un récit historique de son peuple depuis le départ de son père de Jérusalem. Ce récit comprend l'histoire de leurs migrations, de leur prospérité et de leur détresse, du règne de leurs rois et des guerres et des contentions du peuple ; ces annales avaient la nature d'une histoire séculière.
 
Ces plaques furent transmises d'un historien à l'autre au cours de toutes les générations du peuple néphite et c'est ainsi que lorsque Mormon les abrégea, les annales couvraient une période d'environ mille ans, depuis 600 av. J.-C., date de l'exode de Léhi de Jérusalem. Bien que ces plaques portent le nom du premier auteur, l'œuvre séparée de chaque historien porte, en général, le nom de celui-ci, de telle sorte que ces annales sont composées de plusieurs livres distincts.
 
Sur l'ordre du Seigneur, Néphi fit d'autres plaques, sur lesquelles il rapporta particulièrement ce qui peut être appelé, au sens large, l'histoire ecclésiastique de son peuple, ne mentionnant, des événements autres que religieux, que ceux qui étaient nécessaires et propres à assurer l'ordre et la suite de la narration. « J'ai reçu du Seigneur, dit Néphi, le commandement de faire ces plaques dans le but spécial d'y graver l'histoire du ministère de mon peuple » [8]. Le but de cette histoire était inconnu de Néphi ; c'était assez pour lui que le Seigneur réclamât ce travail. Mais nous allons voir que c'était dans un but sage.
 
L'abrégé de Mormon. - Avec le temps, les annales accumulées arrivèrent dans les mains de Mormon [9] qui entreprit de faire un abrégé de ces ouvrages volumineux sur des plaques faites de ses mains [10]. Par ce procédé, fut composé un document plus concis et d'un style, d'une langue et d'un traitement plus proches de l'uniformité que ce n'aurait pu être le cas avec les écrits variés d'auteurs aussi nombreux que ceux qui avaient donné leurs apports à la grande histoire pendant les nombreux siècles de sa croissance. Mormon reconnaît l'inspiration de Dieu qui le poussa à entreprendre cette grande tâche et en rend témoignage [11]. En préparant cette histoire plus courte, Mormon conserva la division des annales en livres selon l'arrangement des textes originaux ; et c'est ainsi que, bien que le langage puisse être celui de Mormon -excepté dans le cas de citations extraites de plaques de Néphi, qui sont très nombreuses - nous trouvons les Livres de Néphi, le Livre d'Alma, le Livre d'Hélaman, etc., la première personne du singulier étant généralement conservée dans la forme du discours.
 
Lorsque Mormon, au cours de son travail d'abrègement des volumineuses annales, arriva au temps du règne du roi Benjamin, il fut profondément impressionné par le récit gravé sur les petites plaques de Néphi - l'histoire des relations de Dieu avec le peuple pendant la période d'environ quatre siècles qui s'étend de l'époque où Léhi partit de Jérusalem, jusqu'à l'époque du roi Benjamin. Mormon avait un grand respect pour ces annales qui comprenaient tant de prophéties au sujet de la mission du Sauveur. Il n'essaya pas de transcrire ces plaques, mais il inclut les originaux dans son propre abrégé des grandes plaques, faisant des deux un seul livre. Les annales compilées par Mormon contenaient donc un double exposé sur les descendants de Léhi pour les quatre cents premières années de leur histoire - la brève histoire séculière condensée des grandes plaques et le texte complet des petites plaques. Mormon déclare, dans une langue solennelle, et avec une insistance dont les événements futurs devaient montrer toute la signification, la sagesse cachée du dessein dans lequel le Seigneur fit faire ce double « Et je le fais dans un sage dessein, car j'y suis poussé par l'inspiration de l'Esprit du Seigneur qui est en moi. Cependant, je ne sais pas toutes choses ; mais le Seigneur connaît toutes les choses à venir ; c'est pourquoi il me pousse à faire selon sa volonté » [12].
 
Le dessein du Seigneur dans la préparation et la conservation des petites plaques, dont Mormon et Néphi témoignent [13] est rendu clair par certains événements qui accompagnèrent la traduction des annales par Joseph Smith. Lorsque le prophète eût préparé la traduction de la première partie des écrits de Mormon, le manuscrit échappa à sa garde suite aux sollicitations iniques de Martin Harris dont il se considérait le débiteur pour l'aide matérielle qu'il recevait pendant qu'il consacrait son temps à l’œuvre. Ce manuscrit cent seize pages en tout, ne fut jamais rendu à Joseph mais, par les machinations ténébreuses des puissances malignes, il tomba entre les mains d'ennemis, qui conçurent sur-le-champ un plan pervers pour ridiculiser et faire avorter les desseins de Dieu. Ce plan consistait en ce que les conspirateurs attendraient jusqu'à ce que Joseph eût retraduit la section qui manquait, et alors, le manuscrit volé, qui, entre-temps, aurait été modifié de façon à faire exprimer aux mots le contraire du vrai livre, serait publié pour prouver que le prophète était incapable de traduire les mêmes passages deux fois de la même façon. Mais la sagesse du Seigneur s'interposa et réduisit à néant ces ténébreux desseins.
 
Ayant châtié le prophète en le privant, pendant un certain temps, de son don de traduction et aussi de la garde des annales sacrées, parce qu'il avait commis la faute de permettre que les écrits passent en des mains inautorisées, le Seigneur fit généreusement rentrer son serviteur repentant dans sa faveur, lui révéla les desseins de ses ennemis [14] et lui montra, en même temps, comment ces machinations perverses seraient déjouées. Joseph reçut l'ordre de ne pas essayer de retraduire cette partie de l'abrégé de Mormon, dont la première traduction avait été volée ; mais de traduire, au lieu de cela, l'histoire relative à la même période, des plaques de Néphi -le groupe de petites plaques que Mormon avait incorporé à ses propres écrits. La traduction ainsi faite fut publiée comme celle des annales de Néphi et non comme le texte de Mormon, et il n'y eut pas de seconde traduction des parties qui avaient fourni le texte du manuscrit volé.
 
La Traduction du Livre de Mormon fut effectuée par le pouvoir de Dieu manifesté dans l'octroi du don de révélation. Le livre déclare ne pas relever de la sagesse ni de la science de l'homme ; son traducteur n'était pas versé en langues ; ses capacités étaient d'un ordre différent et plus efficace. Avec les plaques, Joseph Smith reçut de l'ange d'autres trésors sacrés, comprenant un pectoral, auquel étaient attachés l'urim et thummim [15] appelés Interprètes par les Néphites ; et c'est grâce à l'emploi de ces instruments qu'il fut à même de traduire les anciennes annales en anglais moderne. Les détails du travail de traduction n'ont pas été rapportés, à part que le traducteur examinait les caractères gravés au moyen des instruments sacrés et dictait ensuite au secrétaire les phrases anglaises.
 
Joseph commença son travail avec les plaques en copiant patiemment un certain nombre de caractères, ajoutant sa traduction à certaines des pages ainsi préparées. Le premier assistant du prophète dans l’œuvre, Martin Harris, obtint la permission d'emporter certaines de ces transcriptions dans le but de les soumettre à l'examen d'érudits en langues anciennes. Il plaça certaines de ces feuilles sous les yeux du professeur Charles Anthon, du Collège de Columbia, qui, après examen, certifia que les caractères appartenaient, en général, à l'ancien égyptien, et que les traductions qui les accompagnaient paraissaient être correctes. Apprenant comment ces anciennes annales étaient parvenues entre les mains de Joseph, le professeur Anthon demanda à M. Harris de lui apporter le livre original afin de l'examiner, déclarant qu'il désirait entreprendre la traduction du livre. Apprenant alors qu'une partie du livre était scellée [16] remarqua : « Je ne puis lire un livre scellé », accomplissant ainsi, à son insu, la prophétie d'Ésaïe concernant la parution du volume : « Toute la révélation est pour vous comme les mots d'un livre cacheté que l'on donne à un homme qui sait lire, en disant : Lis donc cela ! et qui répond : Je ne puis, car il est cacheté » [17]. Un autre linguiste, un certain docteur Mitchell, de New-York, ayant examiné les caractères, rendit à leur sujet un témoignage qui, dans tous ses points importants, correspond à celui du professeur Anthon.