À la recherche du bonheur



Une invitation à faire connaissance avec l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours


M. Russell Ballard


Titre de l'édidtion originale : Our Search for Happiness

©1993 M. Russell Ballard

Édition papier en vente aux Éditions Françaises LDS





À mon épouse Barbara, à mes enfants et leur famille




REMERCIEMENTS

INTRODUCTION : COMMENCER À COMPRENDRE

CHAPITRE UN : L’ÉGLISE DE JÉSUS-CHRIST

CHAPITRE DEUX : L’APOSTASIE

CHAPITRE TROIS : LE RÉTABLISSEMENT

CHAPITRE QUATRE : LE LIVRE DE MORMON


CHAPITRE CINQ : LA PRÊTRISE DE DIEU


CHAPITRE SIX : LE PLAN ÉTERNEL DE DIEU

CHAPITRE SEPT : LES ARTICLES DE FOI


CHAPITRE HUIT : VIVRE SELON L'ÉVANGILE PORTE DES FRUITS

CONCLUSION : L’ANCRE DE LA FOI




REMERCIEMENTS

Cet ouvrage a été rédigé sur une longue période de temps et je suis redevable à un certain nombre de personnes qui m’ont encouragé et ont apporté leur contribution à ce projet. Beaucoup de mes collègues et amis ont lu le manuscrit à différents stades de son élaboration et ont fait des suggestions qui ont permis de consolider le texte de manière significative. Leur concours a largement contribué à l’amélioration de cet ouvrage.

Je remercie particulièrement les hommes et les femmes d’autres confessions qui ont lu le manuscrit de leur plein gré. La remontée d’informations de leur part a été précieuse et m’a aidé à élaborer un message plus clair et compréhensible et, je l’espère, non offensant.

Bien qu’il soit toujours risqué d’honorer les efforts individuels, j’apprécie particulièrement l’aide de ma secrétaire, Dorothy Anderson, qui, inlassablement, a réuni des matériaux et effectué des recherches. Le soutien et les conseils de Joe Walker m’ont aidé à faire avancer le projet. Ron Millet, Eleanor Knowles, Sheri Dew, Kent Ware et Patricia Parkinson de Deseret Book ont encouragé ce projet dès sa naissance et ont contribué à la réalisation d’un ouvrage fini à partir du manuscrit. Je suis tout aussi reconnaissant envers mon épouse, Barbara, pour sa patience et ses tendres encouragements.

En dépit de la contribution et des suggestions de beaucoup, je suis seul pleinement responsable du contenu de cet ouvrage.




INTRODUCTION : COMMENCER À COMPRENDRE

Réfléchissez un instant au mot compréhension.

C'est un mot très simple que la plupart d'entre nous emploient quotidiennement. Sa signification est cependant remarquable. Grâce à la compréhension, nous pouvons fortifier des relations personnelles, mobiliser un quartier ou une ville, unir des nations et même apporter la paix à un monde troublé. Sans elle, le résultat n'est souvent que chaos, intolérance, haine et guerre.

En d'autres termes : incompréhension.

Si je devais choisir un mot pour décrire ce qui a motivé la rédaction de ce livre, ce serait le mot compréhension. Plus que tout, je souhaiterais que ceux qui lisent ces pages, surtout s'ils ne sont pas membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, acquièrent une meilleure compréhension de l'Église et de ses membres. Cela ne signifie pas que mon intention est de voir chaque lecteur se joindre à l'Église ou même accepter notre doctrine et nos pratiques, bien qu’il serait malhonnête de ma part de dire que cela ne me réjouirait pas. Mais tel n'est pas l’objet de cet ouvrage. Il traite de compréhension, pas de conversion. Il est plutôt destiné à développer des relations de confiance mutuelle, d'appréciation et de respect qu’à faire du prosélytisme.

C'est par nous que doit commencer cette compréhension, par vous, lecteur, aussi bien que par moi. Afin de mieux me comprendre et de mieux comprendre mon point de vue, sachez que je suis venu au monde à peu près en même temps que la Grande Dépression, ce qui signifie que j'ai grandi à une époque où la situation économique était encore plus catastrophique qu'elle ne l'est actuellement. J'ai vu mes parents lutter pour arriver à joindre les deux bouts et cela m'a affecté. Je suis allé à l'école primaire, secondaire, puis à l'université. J'ai rencontré et épousé une femme merveilleuse, Barbara, la mère de nos sept enfants. Professionnellement, je me suis intéressé à l'immobilier, l'investissement et l'industrie automobile ; j'ai même eu une concession automobile, jusqu'à ce que je sois appelé en 1974 comme président de mission puis dirigeant ecclésiastique de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Notre famille a connu de bons et de mauvais moments, des succès et des échecs ; nous avons aussi reçu notre part de bonheur et de tristesse.

Qu’en est-il de vous ? Nous ne nous sommes probablement jamais rencontrés et pourtant je suis certain que nous avons beaucoup de choses en commun. Les événements mondiaux vous préoccupent. Vous vous souciez des conflits entre les nations, des guerres civiles, de l'instabilité économique, sociale et politique des différents pays. Vous avez peut être été sujet à une maladie grave, à un revirement malheureux de situation ou à une grosse déception, au chômage, à la perte d'un être cher et tous ces travers ont eu un impact sur votre santé physique, spirituelle et émotionnelle. Votre famille est probablement ce qui vous est le plus cher au monde. Si c'est le cas, vous considérez la façon dont le monde court à sa perte avec crainte pour l'avenir de vos enfants et petits-enfants ; en fait, vous craignez pour l'avenir de la civilisation tout entière, telle que nous la connaissons.
Moi aussi.

Au fond, les gens sont essentiellement les mêmes. Nous venons d'horizons différents, de cultures et de circonstances économiques différentes, nos attitudes et points de vue peuvent varier. Mais au fond, pour ce qui compte vraiment, nous sommes très semblables.

Un de mes amis visitait un collègue de travail dans un pays étranger. Ils venaient de prendre un bon repas et dialoguaient tranquillement quand le fils de son collègue, un adolescent, a fait irruption dans la salle à manger, plus d'une heure après l'heure convenue.

« Je ne parle qu'anglais, m'a dit mon ami en me rapportant l'incident, mais j'ai pu suivre cette conversation presque mot à mot : le père a demandé au garçon s'il avait la moindre idée de l'heure qu'il était. Le garçon a dit qu'il ne savait pas. Le père a demandé au garçon s'il se souvenait de l'heure à laquelle il devait rentrer. Le garçon a dit qu'il ne s'en souvenait pas. Le père a demandé au garçon où il était. Le garçon a répondu 'par là'. Le père a demandé au garçon pourquoi il était aussi en retard. Le garçon a répondu qu'il n'avait pas fait attention à l'heure ».

Finalement, le père, exaspéré, a renvoyé le garçon et s'est tourné vers mon ami. « Je suis désolé » a-t-il dit, commençant à se lancer dans des explications que mon ami a interrompues.

« Je n'ai pas besoin d'explications, a dit mon ami. J'ai parfaitement compris. »

L'homme l'a regardé d'un air interrogateur. « Je croyais que vous ne parliez pas notre langue » a-t-il dit.

« C'est exact, a répondu mon ami. Mais je parle 'Parent' et j'ai tenu exactement les mêmes propos à mes adolescents au moins une douzaine de fois. ».

Des choses aussi communes traversent toutes les frontières, culturelles, économiques et religieuses, pour n'en citer que trois, et nous lient les uns aux autres en dépit de toutes les différences. Et pourtant il est dans la nature humaine d’avoir tendance à nous méfier de tout ce qui est différent de notre perception de la normalité, de nous concentrer sur ce qui nous divise et de perdre de vue les nombreux aspects que nous avons en commun et qui devraient nous unir.

En tant que membre du Collège des douze apôtres, Autorité générale, ou dirigeant de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (quelquefois surnommée l'Église mormone), je pense invariablement à la religion et à son impact sur les relations humaines. L'amour entre les gens qui partagent des valeurs et des expériences religieuses peut constituer la force unificatrice la plus satisfaisante pour une famille heureuse et solide. Par contre, peu de choses sont plus aptes à diviser qu'une interprétation différente d'une vérité religieuse. Il ne faut pas chercher loin pour trouver des preuves historiques de cela ou pour trouver quelqu’un capable d’énumérer des atrocités diverses et variées commises au nom de la religion. D'après l’Américain et homme d'Église Samuel Davies : « l'intolérance est le fléau de chaque époque et de chaque nation ».

Fléau ou pas, il est vrai aussi que ceux d'entre nous qui sont actifs religieusement (y compris beaucoup de membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours) se créent des difficultés par leur enthousiasme excessif à propos de leur foi. Nous disons quelquefois des choses qui peuvent être mal interprétées par nos voisins et amis, membres d'autres Églises. Ils peuvent interpréter notre enthousiasme pour nos croyances comme un manque de respect pour les leurs, ce qui, au lieu de promouvoir la compréhension, peut conduire à une attitude défensive et à de l’aversion.

Je comprends avec quelle facilité cela peut se produire. Nos missionnaires frappent à votre porte, sans invitation, et demandent à rentrer chez vous pour partager un message de l'Évangile. Vos voisins, membres de l'Église, parlent beaucoup de leur foi, probablement beaucoup plus que ne le font vos amis membres d'autres confessions. Ils vous ont peut-être invité à venir avec eux à l'Église ou à écouter les missionnaires chez eux, et dans leur enthousiasme, ils ont pu avoir des propos indélicats sur vos croyances ou votre mode de vie.

Si vous avez vécu l'une ou l'autre de ces expériences, j'en suis désolé. Je suis certain que personne ne cherchait à vous offenser. L'un des principes les plus fondamentaux de notre foi est la tolérance pour la diversité religieuse. Comme l'a dit le premier président de notre Église, Joseph Smith : « Nous affirmons avoir le droit d'adorer le Dieu Tout-Puissant selon les inspirations de notre conscience et reconnaissons le même droit à tous les hommes : qu'ils adorent comme ils veulent, où ils veulent ou ce qu'ils veulent » (onzième article de foi de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours).

C'est ce que nous croyons. Tout comme nous affirmons avoir le droit d'adorer comme nous l'entendons, nous croyons que vous avez le droit de vouer un culte ou pas, comme bon vous semble. Toutes nos relations devraient reposer sur le respect mutuel, la confiance et l'appréciation. Mais cela ne doit pas nous empêcher de partager avec les autres les sentiments religieux qui nous tiennent à cœur. En réalité, nos divergences philosophiques ajoutent une dimension à nos relations, surtout si ces relations sont bâties sur de vraies valeurs, la franchise, le respect, la confiance et la compréhension. Surtout la compréhension.

Bien sûr, je sais que la vie ne se déroule pas toujours comme elle le devrait. Le sujet de la religion peut être sensible, surtout s'il est traité avec indélicatesse. J'ai entendu parler d'un membre de notre Église, un père de famille, qui emménageait dans un nouveau quartier. Son voisin était en train d'arroser son jardin. Voulant se montrer courtois et accueillant, ce dernier lui a demandé : « Et d'où venez- vous, braves gens ? »

Notre membre a tout de suite sauté sur l'occasion qui se présentait à lui. Il a traversé la pelouse, a posé la main sur l'épaule de son voisin et a répondu : « Quelle question profonde ! Pourquoi ne viendriez-vous pas dîner chez nous avec votre famille l'un de ces soirs et nous vous enseignerons la vérité à propos d'où nous venons, pourquoi nous sommes ici et où nous allons après cette vie ».

On comprend aisément que quelqu'un puisse être déconcerté par une telle approche ! Le partage de sentiments religieux et de croyances est profondément personnel. Cela ne peut se faire de façon aussi cavalière. Et pourtant, les membres de notre Église continuent à chercher constamment des occasions de faire part du message du rétablissement de l'Évangile à leurs amis, leur famille, leurs voisins et tous ceux qui voudront bien écouter.

Vous êtes-vous demandé pourquoi ils agissent ainsi ? Pourquoi les membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours sont-ils aussi désireux de parler de leur religion, même avec des gens qui sont parfaitement satisfaits de la leur et de leur mode de vie ? Pourquoi ne pas concentrer nos efforts missionnaires sur les païens et les irréligieux et laisser le reste du monde tranquille ? Et d'ailleurs, comment expliquer que le fait d’être membre de notre Église nous pousse à une passion aussi irrésistible, motivante et inspirante ?

L'intention de ce livre est de répondre à ces questions aussi honnêtement et directement que possible, par de simples déclarations sur ce que nous croyons être vrai. Je crois que ce message est profondément important et que tous les enfants de Dieu ont le droit de l'entendre afin d'être à même de décider s'il est important pour eux et pour leur famille. Mon plus grand désir est que lorsque vous aurez lu ce livre, vous ayez une meilleure compréhension - le fameux mot - de la raison pour laquelle nous éprouvons un tel besoin de faire part de nos croyances aux autres. Si cela fait une différence positive dans votre vie, ne serait-ce qu'en vous permettant de mieux comprendre vos amis mormons ou les membres de votre famille qui le sont, le but de ce livre aura été atteint.

Êtes-vous prêt à commencer ? Concentrons-nous sur le personnage principal de notre foi : le Seigneur Jésus-Christ.



CHAPITRE UN : L'ÉGLISE DE JÉSUS-CHRIST

Le soleil était sur le point de se coucher à la fin d’un dimanche bien rempli de 1948, pendant ma première mission pour l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours à Nottingham en Angleterre. Je venais de terminer avec succès une réunion de rue avec d'autres missionnaires de la région et nous avions fait part de notre message aux passants de la place centrale de Nottingham.

« Qu'est-ce qui vous permet de penser, vous les Américains, nous demanda un homme, que vous pouvez venir ici et nous enseigner quoi que ce soit sur la chrétienté ? »

Sa question n'avait rien de surprenant et à mon sens, elle était légitime. À moins que nous n'ayons à offrir aux gens des perspectives spirituelles et une compréhension qu'ils ne peuvent trouver nulle part ailleurs, ils n'ont pas beaucoup de raisons de nous écouter. Heureusement nous avions un tel message - unique et porteur de conséquences éternelles - et j'étais heureux de pouvoir en témoigner à cet interlocuteur. Nous avons ensuite eu une conversation animée et intéressante et j'ai ressenti l'Esprit du Seigneur lorsque j'ai enseigné le message de l'Évangile de Jésus-Christ.

Je ressentais encore ce même esprit, au crépuscule, tandis que nous rentrions chez nous en longeant la rivière Trent. La journée avait été longue, non pas décourageante mais épuisante, remplie de réunions et de tâches relatives à ma fonction de dirigeant au service des missionnaires et des membres de l'Église de Nottingham. J'entendais le murmure apaisant de la rivière près de moi tandis que j'emplissais mes poumons de l'air lourd et humide de l'Angleterre. Je pensais aux missionnaires qui étaient sous ma responsabilité ainsi qu'aux saints des derniers jours de Nottingham qui me considéraient, moi l'Américain de vingt et un ans, comme leur dirigeant. Je repensais à la question de cet homme et au témoignage sincère que je lui avais rendu.

En marchant le long de la rivière Trent, fatigué mais content et satisfait du travail accompli, un sentiment puissant de paix et de compréhension m'a envahi. C'est à cet instant précis que j'ai su que Jésus-Christ me connaissait, m'aimait et dirigeait nos efforts missionnaires. Bien sûr, j'avais toujours cru en ces choses. Elles faisaient partie intégrante du témoignage que j'avais rendu deux heures plus tôt à cet homme. Mais à cet instant précis, que j'ai compris plus tard être un instant de pure révélation, ma croyance s'est transformée en connaissance. Je n'ai pas eu de vision, je n'ai pas entendu de voix mais je n'aurais pas été plus sûr de la réalité et de la divinité du Christ s'il s'était tenu devant moi et m'avait appelé par mon nom.

Ma vie a été transformée par cette expérience. Depuis ce jour, chacune des décisions importantes que j'ai prises a été influencée par ma connaissance du Sauveur. Par exemple, j’ai refusé de considérer certaines opportunités professionnelles car elles ne correspondaient pas à la façon dont Jésus aurait agi. Nous avons essayé de mettre toutes les décisions importantes de notre vie familiale en accord avec la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit. Même nos relations avec les autres ont été bâties sur une fondation d'amour, notre amour pour le Christ et son amour pour nous.

Ainsi va la vie quand Jésus-Christ devient une réalité. Ce n'est pas lui qui vous fait faire des choses que nous ne feriez pas autrement. C'est plutôt vous qui souhaitez faire ce qu'il ferait et souhaitez répondre comme il le ferait afin de mettre votre vie en accord avec la sienne. Il est intéressant de noter que lorsque vous marchez sur les pas du Christ, lorsque vous essayez réellement de faire ce qu'il a fait, aimer les autres, se soucier d’eux, servir, obéir sans faillir, alors vous découvrez que ses pas vous ont conduit tout droit jusqu'au trône de Dieu. Parce que c'est cela, et toujours cela, son grand objectif, sa grande mission : vous guider vers votre Père céleste pour que vous puissiez vivre avec lui dans son foyer céleste.

La mission du Sauveur n'a pas commencé dans une étable

Pour les membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, la mission du Sauveur n'a pas commencé dans une étable à Bethlehem. Elle a débuté bien avant, à une époque où nous vivions tous en tant qu'enfants d'esprit de notre Père céleste. Nous ne possédions pas de corps de chair et d'os comme maintenant, mais l'essence de notre être, notre moi spirituel si vous préférez, existait et vivait avec les autres enfants d'esprit de notre Père céleste.

Jésus était le plus grand de tous ces esprits. Il était le premier-né (voir Psaumes 89:28) et il détenait une place de choix auprès du Père « avant que le monde fût » (Jean 17:5). De ce fait, il a aidé à mettre en place le plan qui nous conduirait tous sur terre afin d'obtenir un corps physique et faire l'expérience des vicissitudes de la mortalité. Ainsi, nous pourrions progresser dans notre aptitude à obéir aux commandements de Dieu lorsqu'ils nous seraient enseignés et que nous en aurions la compréhension. Jésus, connu dans l'Ancien Testament sous le nom de Jéhovah (pour des éclaircissements scripturaires sur ce concept important, comparez Ésaïe 44:6 avec Apocalypse 1:8 ; Ésaïe 48:16 avec Jean 8:56-58 ; et Ésaïe 58:13-14 avec Marc 2:28), a même aidé à créer la terre sur laquelle nous vivons (voir Jean 1:1-3 et Colossiens 1:15-17) ; et en tant que second membre de la Divinité qui comprend le Père, le Fils et le Saint-Esprit, il a représenté notre Père céleste dans ses interactions avec les prophètes et patriarches d'autrefois.

Quand le moment de la naissance de Jésus est arrivé, il a été conçu comme « Fils unique venu du Père » (Jean 1:14). Par sa mère, Marie, il a reçu beaucoup des fragilités de la mortalité, essentielles à l'accomplissement de sa mission pré-ordonnée et largement prophétisée, de souffrir et mourir pour les péchés de l'humanité. Par son Père éternel, il a reçu certains pouvoirs rattachés à l'immortalité, qui lui ont donné la capacité de vivre une vie sans péché et de finalement vaincre la mort, la sienne et la nôtre.

Vous connaissez peut-être les récits bibliques rapportant la vie du Christ et son ministère. Vos amis saints des derniers jours croient dans l’intégralité de ces récits ainsi qu’aux informations complémentaires qui se trouvent dans le Livre de Mormon : un autre témoignage de Jésus-Christ. Nous parlerons du Livre de Mormon plus en détail mais maintenant je citerai juste un extrait de sa page d’introduction qui apprend au lecteur que ce livre d’Écritures a été préservé principalement pour « convaincre Juif et Gentil que Jésus est le Christ, le Dieu Eternel, qui se manifeste à toutes les nations. »

Que Jésus-Christ soit le point central du culte des chrétiens de par le monde est en soit un miracle. Après tout, la mission terrestre du Sauveur a été très courte. Il n'a vécu que trente trois ans et son ministère purement ecclésiastique n'a duré que trois ans. Mais en l'espace de ces trois années, il a enseigné à la famille humaine tout ce dont elle avait besoin de savoir pour recevoir toutes les bénédictions que notre Père céleste nous a promises, à nous, ses enfants. Par sa foi et son autorité, le Sauveur a fait de puissants miracles, du changement de l'eau en vin aux noces de Cana à la résurrection de son ami Lazare. Et il a terminé son ministère mortel par le plus incroyable accomplissement de toute l'histoire du monde : son sacrifice expiatoire.

Le sacrifice expiatoire : l'acte le plus héroïque de tous les temps

Il est impossible d’exprimer par des mots la signification pleine et entière du sacrifice expiatoire du Christ. Des livres entiers ont été écrits à ce sujet. En ce qui me concerne, je souhaite juste expliquer en termes simples ce que le sacrifice expiatoire de Jésus-Christ signifie pour moi et ce qu'il pourrait signifier pour vous.

Je me souviens avoir lu l'histoire d'un pompier de l'Est des États-Unis qui s'était précipité dans un bâtiment en flamme pour secourir des enfants piégés dans un incendie criminel. Tandis que ses collègues luttaient contre les flammes pour qu'elles ne se propagent pas aux maisons alentour, cet homme plongeait dans le bâtiment, revenait avec un enfant dans les bras et retournait en secourir un autre. Après avoir secouru cinq enfants, il est reparti dans le feu une dernière fois. Les voisins avaient beau crier qu'il n'y avait pas d’autre enfant dans cette famille, il a répondu qu'il y avait encore un bébé dans un berceau, avant de replonger dans le brasier.

Un instant après sa disparition dans le feu et la fumée, une explosion horrible a secoué le bâtiment qui s'est effondré. Il a fallu des heures aux pompiers pour localiser le corps de leur collègue. Ils l'ont trouvé, dans une chambre d’enfant, près du berceau, couché de manière à protéger une poupée de taille humaine et pratiquement intacte.
Je suis bouleversé par cette histoire. Je suis ému par le courage et le dévouement désintéressé de ce pompier, je suis reconnaissant aux hommes et aux femmes de ce monde qui sont prêts à mettre leur vie en jeu pour celle des autres.

Cependant, en pensant à cet héroïsme, je ne peux m'empêcher de songer à l'acte le plus héroïque de tous les temps, accompli en faveur de l'humanité par le Fils de Dieu. De manière très concrète, toute l'humanité, passée, présente et future, était piégée derrière un mur de flammes, attisé par nos propres iniquités. Le péché séparait les mortels de Dieu (voir Romains 6:23), et il en serait toujours ainsi, à moins de trouver un moyen d'éteindre le feu de nos péchés et de nous sauver de nous-mêmes. Ce n'était pas facile car il fallait le sacrifice par procuration de quelqu'un qui soit sans péché et qui se porte volontaire pour payer le prix du péché pour toute l'humanité, maintenant et à jamais.

Heureusement, ce rôle majeur a été joué héroïquement par Jésus-Christ, en deux scènes distinctes dans l'ancienne Jérusalem. Le premier acte s'est joué dans le silence, à genoux dans le jardin de Gethsémané. En ce lieu isolé, en compagnie d'oliviers noueux et de rochers, d'une façon incroyable qu'aucun d'entre nous ne peut comprendre pleinement, le Sauveur a pris sur lui les péchés du monde. Bien que sa vie soit pure et sans péché, il a payé la pénalité suprême pour les péchés, les vôtres, les miens, et les péchés de tous ceux qui ont jamais vécu. Son angoisse mentale et émotionnelle était telle que sa sueur est devenue comme des grumeaux de sang (voir Luc 22:44). Et pourtant il l'a fait, volontairement, afin que nous puissions avoir à disposition le repentir, par la foi en Jésus-Christ, sans quoi nul n'est digne d'entrer dans le royaume de Dieu.

Le second acte s'est déroulé quelques heures plus tard dans les salles de torture de Jérusalem et sur la croix du Calvaire où il a enduré l'agonie du procès, du fouet cruel et de la mort par crucifixion. Le Sauveur n'était pas obligé de passer par là. En tant que Fils de Dieu, il avait le pouvoir de modifier le cours des événements de maintes façons. Pourtant, il a accepté d'être maltraité, battu, humilié et exécuté afin que nous puissions recevoir le don gratuit de l'immortalité. Ce don est offert inconditionnellement par la grâce aimante de Jésus-Christ à toute personne de toute époque, quelles que soient ses bonnes ou ses mauvaises actions. Et à ceux qui choisissent d'aimer le Seigneur et qui montrent leur amour et leur foi en gardant ses commandements, l'Expiation offre la promesse supplémentaire de l'exaltation ou en d'autres termes, la bénédiction de vivre en la présence de Dieu à jamais.

Un cantique familier aux membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, « Merveilleux l'amour », exprime ce que je ressens quand je songe au sacrifice expiatoire bienveillant du Sauveur :

Merveilleux l'amour que Jésus le Christ, m'a donné !
Avec quelle grâce souvent il m'a pardonné !
Je tremble d'apprendre qu'il mourut pour moi, pécheur,
Souffrant sur la croix pour que j'obtienne le bonheur.
Oh ! que c'est merveilleux
que son amour pour moi
l'ait fait mourir pour moi !
Oh ! que c'est merveilleux,
merveilleux pour moi.

Le Christ vivant et la croix

Avec de tels sentiments parmi les mormons pour Jésus-Christ et son merveilleux sacrifice expiatoire, vous vous demandez peut-être pourquoi vos voisins saints des derniers jours ne portent pas de croix en médaillon ou pourquoi aucune croix n'orne nos bâtiments ou notre littérature. La plupart des autres chrétiens symbolisent leur dévotion au Christ par la croix, rappel tangible de sa crucifixion au Calvaire. Alors pourquoi les membres de l'Église de Jésus-Christ ne font-ils pas de même ?

Nous révérons Jésus. Il est à la tête de notre Église, qui porte son nom. Il est notre Sauveur et notre Rédempteur. Nous l'aimons. Nous adorons et prions notre Père céleste en son nom. Nous éprouvons une reconnaissance sans borne pour le pouvoir essentiel et extraordinaire que son expiation exerce dans la vie de chacun de nous.

Mais bien que la pensée du sang versé pour nous à Gethsémané et au Calvaire nous emplisse le cœur d'une profonde gratitude, ce qui a de l'importance pour nous n'est pas simplement qu'il soit mort. Notre espérance et notre foi sont enracinées dans la compréhension profonde qu'il vit aujourd'hui et qu'il continue à guider son Église et son peuple par l'intermédiaire de son Esprit. Nous nous réjouissons de savoir que le Christ vit et nous sommes humblement conscients des miracles qu'il continue à accomplir aujourd'hui dans la vie de ceux qui ont foi en lui. C'est la raison pour laquelle nous avons choisi de mettre moins l'accent sur un symbole qui peut être interprété principalement comme une représentation de sa mort.

Mener une vie centrée sur le Christ

Nous croyons que la seule façon de nous préparer à relever les défis et à résister aux tentations qui prévalent dans notre monde actuel est de centrer notre attention sur le Saveur et bâtir notre vie sur la fondation sûre que l'Expiation et l'Évangile nous offrent.

Un prophète du Livre de Mormon nommé Néphi l'a expliqué de la façon suivante :

« C'est pourquoi, vous devez marcher résolument, avec constance dans le Christ, ayant une espérance d'une pureté parfaite et l'amour de Dieu et de tous les hommes ; c'est pourquoi, si vous marchez résolument, vous faisant un festin de la parole du Christ, et persévérez jusqu'à la fin, voici, ainsi dit le Père : Vous aurez la vie éternelle.

« Et maintenant… tel est le chemin ; et il n'y a aucun autre chemin ni aucun autre nom donné sous le ciel par lequel l'homme puisse être sauvé dans le royaume de Dieu. » (2 Néphi 31:20-21)

C'est pour cette raison que notre croyance au Christ n'est pas passive. Nous croyons que lui et notre Père céleste continuent, aujourd'hui encore, à guider l'humanité par inspiration et révélation. Les dirigeants de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours servent sous sa direction divine, exactement comme les premiers apôtres et les prophètes lorsque son Église était pleinement établie sur la terre. Notre foi est active et vibrante, dévolue à servir le Seigneur et à faire ce qu'il ferait s'il était parmi nous. Lorsque nous faisons sa volonté, nous ressentons son esprit, une présence apaisante, réconfortante qui réchauffe notre âme et nous donne le courage et la foi de nous rapprocher encore plus de lui. En nous rapprochant de lui, nous apprenons à l'aimer et à aimer notre Père éternel et nous ressentons le désir de lui manifester notre amour en gardant ses commandements ; ce qui nous aide à devenir plus semblables à lui.

Centrés sur le Prince de la paix

Ce n'est pas que nous puissions espérer être exactement comme Jésus mais en nous engageant envers lui, spirituellement, physiquement, émotionnellement, il nous bénit de ses conseils aimants. À partir de ce moment-là, chaque décision que nous prenons en est affectée, parce qu'il y a certaines choses qu'un homme ou une femme de Dieu ne font tout simplement pas. Nos actions sont plus disciplinées, nos relations avec les autres plus justes ; même notre langage est plus pur lorsque nous menons une vie centrée sur Jésus-Christ et ses enseignements. En un mot, une fois que l'esprit du Christ est entré dans notre cœur et dans notre âme, nous ne sommes plus jamais les mêmes.

Cela ne signifie pas que nous soyons soudain devenus parfaits. Nous en sommes tous bien loin et c'est la raison pour laquelle nous sommes si reconnaissants pour le don de la repentance par la foi au Christ. Cela signifie simplement que nous essayons continuellement de vivre à la hauteur de notre responsabilité de vrais disciples du Christ, non pas parce que nous le craignons, lui ou notre Père céleste, mais parce que nous les aimons et voulons les servir.

Ce qu’il y a de plus beau lorsque nous menons une vie centrée sur le Christ, ce sont les sentiments qui enrichissent notre vie intérieure. C'est difficile d'avoir une attitude négative si notre vie est centrée sur le Prince de la paix. Les problèmes existent tout de même, nous en avons tous. Mais la foi au Seigneur Jésus-Christ a le pouvoir de changer les choses dans l’univers et dans notre vie personnelle. C'est une force qui peut provoquer des miracles. C'est une source de force intérieure qui amène l'estime de soi, la paix de l'esprit, la satisfaction et le courage d'affronter les difficultés. J'ai vu des mariages sauvés, des familles fortifiées, des tragédies surmontées, des carrières dynamisées et la volonté de continuer à vivre fortifiée lorsque les gens s'humilient devant le Seigneur et acceptent sa volonté. Les peines, les tragédies, les situations traumatisantes en tous genres peuvent être surmontées lorsque les principes de l'Évangile de Jésus-Christ sont compris et appliqués.

Plus rien ne va dans la vie, jusqu'à ce que…

Prenez Jeff et Kimberly, par exemple, deux jeunes gens admirables, séduisants, intelligents, d’apparence distinguée. Tous ceux qui les connaissaient pensaient que leur mariage serait une idylle. Et cela a été le cas, pendant quelques mois. Ensuite, ils ont commencé à s'éloigner l'un de l'autre, Jeff, de plus en plus concentré sur ses études et sur ses activités sportives et Kimberly, absorbée par son travail. Ils avaient peu d’affinités, rien ne les unissait en esprit ou en matière d'objectifs communs, si bien que lorsque le premier anniversaire de leur mariage a sonné, tous deux considéraient leur mariage comme une erreur malencontreuse dont ils souhaitaient se libérer.

Moins de deux ans plus tard, cependant, leur mariage était solide et heureux. Leur secret ? Ils ont trouvé leur point commun dans le Christ.

« Nous avions essayé tout ce qui nous passait par la tête, » raconte Kimberly. « Rien ne semblait fonctionner jusqu'à ce que nous décidions de retourner à l'Église. C'est là que nous avons commencé à ressentir une soif spirituelle familière qui nous a liés l’un à l’autre alors que nous cherchions à faire la volonté de Dieu dans notre vie. Lorsque nous avons recommencé à nous agenouiller ensemble, en prière, pour demander à notre Père céleste de nous bénir et de nous aider, notre perception des choses s’est clarifiée et notre amour et notre respect mutuels se sont renforcés ».

De même, Steven avait du mal à mettre les choses en perspective mais son problème était encore plus prononcé. Troublé et embrouillé par les philosophies contradictoires des années soixante, Steven s'était retrouvé au milieu des années soixante-dix à errer à travers l'Amérique, en quête d'un sens et d'une direction à donner à sa vie. Il déambulait dans San Diego quand il a rencontré deux missionnaires mormons.

« Eh ! a-t-il crié tandis qu'ils le dépassaient en pédalant, dans un quartier résidentiel tranquille. Est-ce que vous avez quelque chose d'intéressant à vendre, les gars ? »
Les missionnaires l'ont regardé, et, pour être tout à fait honnête, ont été tentés de poursuivre leur route et d'ignorer sa question. Si quelqu'un ne ressemblait pas à un candidat potentiel pour leur message, c'était bien Steven. Il portait un jean usé, un T-shirt, des claquettes, une casquette militaire par dessus une masse de cheveux longs et une barbe hirsute. Il avait le visage et les mains sales et une cigarette éteinte menaçait de tomber de ses lèvres.

Les missionnaires se sont regardés, ont regardé Steven, se sont regardés de nouveau.
« Nous ne vendons rien, a dit l'un des missionnaires avec un haussement d'épaule et un sourire. Ce que nous avons, nous le donnons gratuitement ».

« D'accord, a dit Steven. Je prends ce que vous avez à donner ».

Les missionnaires ont ri, Steven a ri et ils ont commencé à parler. Dans le courant de la conversation, les missionnaires ont ressenti la profondeur de la recherche spirituelle de Steven. Il les a invités dans son petit appartement en désordre où ils ont commencé à l'enseigner au sujet de Jésus-Christ et de son rôle suprême dans le plan éternel de Dieu pour ses enfants. Au bout de deux heures de discussion, les missionnaires ont fixé un autre rendez-vous avec Steven pour le lendemain.

Les missionnaires n'auraient pas été surpris de ne pas trouver Steven chez lui à l'heure convenue. Mais il était là. Quelque chose avait changé. Ses yeux brillaient et lui et son appartement étaient propres.

« Juste après votre départ hier, j'ai pris une douche, j’ai nettoyé mon appartement et ai jeté mes boissons alcoolisées, a annoncé Steven. Il me semblait que c'était la bonne chose à faire ».

Les missionnaires étaient sidérés, mais pas autant que le jour suivant, quand à l'occasion de leur troisième rencontre, ils ont trouvé Steven, les cheveux coupés et la barbe taillée.
À nouveau, il a expliqué : « il m'a semblé que c'était la bonne chose à faire ».

Il en a été de même pour l'achat de nouveaux vêtements, pour trouver un emploi, pour se séparer de certains groupes d'amis. Chaque jour, les missionnaires arrivaient pour apprendre que Steven avait opéré des changements significatifs dans son mode de vie. Les missionnaires l'enseignaient au sujet de Jésus-Christ et de son Évangile mais ne lui avaient encore jamais demandé de changer quoi que ce soit. Steven a fait ces changements sans l’ombre d’une hésitation, de son plein gré et intégralement, parce que l'esprit du Christ faisait une différence en lui et donc dans sa vie. Aujourd'hui, ce vagabond spirituel est un homme dévoué à sa famille, ayant réussi professionnellement et un disciple fidèle du Seigneur Jésus-Christ.

Aller au Christ

Dans l'un des récits scripturaires rapporté dans le Livre de Mormon, un grand dirigeant spirituel nommé Hélaman conseille à ses fils de se souvenir « que c'est sur le roc de notre Rédempteur, qui est le Christ, le Fils de Dieu, que vous devez bâtir votre fondation ; afin que lorsque le diable enverra ses vents puissants, oui, ses traits dans le tourbillon, oui, lorsque toute sa grêle et sa puissante tempête s'abattront sur vous, cela n'ait aucun pouvoir sur vous, pour vous entraîner en bas jusqu'au gouffre de misère et de malheur sans fin, à cause du roc sur lequel vous êtes bâtis, qui est une fondation sûre, une fondation telle que si les hommes construisent sur elle, ils ne peuvent tomber ». (Hélaman 5:12)

Mon grand-père comprenait ce concept. Bien qu'il soit mort quand j'avais juste dix ans, Melvin J. Ballard a eu une profonde influence dans ma vie. Aussi loin que je me souvienne, j'ai entendu ma famille parler de son amour pour le Seigneur et de son dévouement indéfectible à l'Église. Il a passé sa vie à bâtir sur la « fondation sûre » dont parle Hélaman et je ne crois pas que le moindre « trait dans le tourbillon » ait réussi à entamer sa foi et son témoignage. En fait, ma quête personnelle pour connaître le Sauveur a été motivée en grande partie par le récit qu'a fait mon grand-père d'une de ses expériences les plus sacrées.

Alors qu'il était missionnaire auprès des Indiens d'Amérique, dans le nord-ouest des États-Unis, mon grand-père a dû faire face à d'incroyables défis. L'Église rencontrait là-bas des problèmes apparemment insurmontables sans précédent et mon grand-père a passé littéralement des heures à genoux à rechercher l'inspiration. Pendant cette période sombre et totalement désespérée, mon grand-père a reçu, pour employer ses termes, « une manifestation merveilleuse et une impression qui ne m’a jamais quitté ».

Un témoignage qu'il vit

« Il m'a été dit qu'un grand privilège m'attendait, a-t-il écrit. J'ai été conduit dans une pièce où j'ai appris que je devais rencontrer quelqu'un. En entrant dans la pièce, j'ai vu, assis sur une estrade, l'être le plus glorieux qu'il m'ait été donné de contempler et on m'a fait avancer pour me présenter à lui. Lorsque je me suis approché, il a souri, m'a appelé par mon nom et a tendu les mains vers moi. Même si je vis un million d'années, jamais je ne pourrai oublier ce sourire.

« Il a mis ses bras autour de moi, m'a embrassé, m'a serré contre lui et m'a béni jusqu'à ce que mon être entier soit au comble du bonheur. Quand il a eu fini, je suis tombé à ses pieds, et là j'ai vu la marque des clous ; en les embrassant, une joie profonde engouffrait mon être tout entier, j'avais l'impression d'être déjà aux cieux.

« Le sentiment de mon cœur à ce moment-là était le suivant : Oh ! Si je pouvais vivre dignement, même si cela prend quatre-vingts ans, pour qu'à la fin de ma vie, je puisse entrer en sa présence et ressentir la même chose que maintenant. Pour cela je donnerais tout ce que je suis et tout ce que je peux espérer être ! »

Mon grand-père a conclu : « tout comme je sais que je vis, je sais qu’il vit. C'est mon témoignage. » (Melvin J. Ballard - Crusader for Righteousness, Salt Lake City: Bookcraft, 1966)

Cette expérience a insufflé à mon grand-père tout le réconfort, la détermination et l'énergie spirituelle dont il avait besoin pour faire face aux problèmes qu'il rencontrait en mission. En fait, le lendemain de cette manifestation, il est allé rendre visite à un riche marchand avec W. Leo Isgren, un de ses collègues, à Helena, Montana. Bien des années plus tard, W. Leo Isgren m'a raconté comment lui et mon grand-père étaient ensemble devant un portrait grandeur nature de Jésus-Christ, disposé bien en évidence au domicile du marchand. Au bout d'un instant, mon grand-père s'est tourné vers Isgren.

« Non, ce n'est pas lui, a dit mon grand-père. L'artiste l'a assez bien représenté mais ce n'est pas lui ».

« Les sentiments que j'éprouvais étaient tellement sacrés que je n'ai rien pu dire, a continué Isgren. Après que nous sommes partis vers notre rendez-vous suivant, Ballard m'a arrêté et m'a dit : ' Frère Isgren, je suppose que vous avez été surpris par mes propos au sujet du Sauveur du monde '. Je lui ai dit que oui, en effet, même beaucoup. Et là, en chemin, il m'a raconté son expérience de la veille ».

Bien que nous n'ayons pas tous des expériences de la même envergure ou de la même intensité, l’essence de notre service dans l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est d'inviter tout le monde à « venir au Christ » afin qu'il puisse accomplir des miracles dans leur vie, à sa façon. Pour certains, ce miracle produira un changement significatif. Pour d'autres, ce sera simplement un nouvel objectif, une nouvelle compréhension, dans une vie déjà ancrée dans la foi. Mais pour tous, cela signifiera la paix, la joie, un bonheur indescriptible lorsque le Maître touche le cœur et l'âme de son amour. C'est ce que mon grand-père Ballard a éprouvé après la manifestation extraordinaire qu'il a reçue et c'est ce que j'ai éprouvé de façon beaucoup plus simple et tranquille au bord de la rivière Trent à Nottingham, en Angleterre.

Ce témoignage m'a accompagné depuis. Il m'a soutenu dans mes difficultés, m'a réconforté dans les moments de détresse, m'a indiqué clairement la marche à suivre quand j'étais troublé ou découragé. Au cours de mon apostolat, j'ai eu de nombreuses expériences spirituelles qui confirment et me donnent une connaissance personnelle qu'il est bien le Sauveur et le Rédempteur des enfants de Dieu. Parce que je sais que Jésus-Christ vit et qu'il m'aime, je trouve le courage de me repentir et d'essayer d'être ce qu'il veut que je sois. Je sais que cette connaissance peut produire les mêmes résultats pour vous, si vous le voulez, maintenant et à jamais.



CHAPITRE DEUX : L’APOSTASIE

« Président, devinez quoi ! »

La voix au téléphone m'est familière et le ton est exubérant. C'est l'un des missionnaires de la mission que je préside, celle de Toronto, Ontario, Canada. J'ai appris à aimer chacun de ces hommes et femmes dévoués, engagés à servir le Seigneur comme missionnaires (pendant la durée de leur service, nous les appelons « elders » et « sœurs »), mais j'ai aussi appris à recevoir des nouvelles inattendues, surtout de la part de ces jeunes hommes et de ces jeunes femmes pleins d’enthousiasme.

Je réponds avec un peu d'appréhension : « Je ne devine pas, Elder, j'ai eu tellement de surprises depuis que je suis arrivé ici que je n'essaierai même pas de deviner ».

Il s'éclaircit la voix et m’annonce : « Avec mon collègue nous avons obtenu un rendez-vous pour que vous preniez la parole à la faculté de théologie de l'université de Toronto ! »

Au son de sa voix, il est évident que mon jeune ami s'attend à ce que j'accueille cette nouvelle avec l'enthousiasme que l'on réserve généralement aux exploits sportifs. Mon expérience m'a appris cependant à brider mon ardeur dans ce genre de circonstance.
« Eh bien, c'est très intéressant, mais en quoi cela consiste-t-il exactement ? »

Il se tait un instant et je l'entends murmurer anxieusement quelques propos à son compagnon missionnaire. « Nous n'en sommes pas très sûrs, répond-il d'un ton un peu moins convaincu. Nous pensons que cela signifie que vous allez pouvoir enseigner à un groupe de dirigeants d'autres religions que notre Église est celle qui détient la vérité ! »

Je ne peux m'empêcher de lâcher un petit rire, mais pas seulement à cause de sa certitude innocente. Notre conversation vient de réveiller un souvenir vieux de vingt-sept ans ; je me rappelle avoir organisé le même genre d’aubaine « providentielle » pour mon président de mission en Angleterre. L’idée de lui apporter la même réponse que mon président de mission me traverse l’esprit un instant ; il m'avait confié la tâche de participer personnellement au rendez-vous que je lui avais fixé et de m’adresser à la société de débats contradictoires des Comtés des Midlands à Nottingham.

Pourtant, la perspective de partager mes croyances avec un groupe d'hommes d'Église attise ma curiosité ; je choisis donc d'accepter l'invitation. Le jour convenu, je me rends à la faculté de Théologie de Toronto où je rencontre environ quarante-cinq dirigeants religieux assis autour d'une grande table. Je dispose de trois quarts d’heure pour exposer les croyances de base de l'Église et mes auditeurs sont ensuite libres de me poser des questions.

Le premier commentaire m’est soumis tel un défi : « M. Ballard, si vous pouviez déposer sur cette table les plaques d'or à partir desquelles le Livre de Mormon a été traduit, pour que nous puissions tous les manipuler, alors nous saurions que vous nous dites la vérité ».

Je le regarde dans les yeux et je réponds : « Vous êtes un homme d'Église et vous savez que jamais la vérité n'entre dans le cœur d'un homme, si ce n'est par le Saint-Esprit. Vous pourriez tenir les plaques d'or entre vos mains et ne pas en savoir davantage sur la véracité de cette Église. Puis-je vous demander si vous avez déjà lu le Livre de Mormon ? »

Il répond que non.

Je réplique : « Ne croyez-vous pas qu'il serait sage de lire le Livre de Mormon et ensuite de méditer et prier pour demander à Dieu si le Livre de Mormon est vrai ? »

La seconde question est posée par un pasteur protestant : « M. Ballard, êtes-vous en train de nous dire qu'à moins d'être baptisés dans l'Église mormone, nous ne pouvons espérer obtenir le salut ? »

C'est une question délicate à laquelle répondre, face à quarante-cinq dirigeants de diverses confessions de foi mais l'Esprit du Seigneur agit rapidement pour m'aider à formuler une réponse.

« Eh bien, la manière la plus prudente de répondre à cette question serait de dire que nous sommes reconnaissants qu'un Père céleste aimant soit celui qui décidera des personnes qu'il admettra dans son royaume et nous en tenir à cela » dis-je. « Mais ce n'est pas vraiment la réponse à votre question, n'est-ce pas ? »

L'homme convient que sa question est plus profonde.

Je continue : « Voyons si je peux en venir au cœur de votre question de cette façon. Nous croyons que toute personne qui le désire sincèrement peut parvenir à la vérité et nous croyons qu'il y a de nombreuses personnes sincères et merveilleuses dans toutes les Églises. Je dois cependant ajouter, avec tout le respect que je vous dois, que l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est la seule à enseigner la plénitude de l'Évangile. Nous ne croyons donc pas que le clergé de toute autre religion possède la pleine autorité de Dieu pour agir en son nom et baptiser ou accomplir quelque autre ordonnance sacrée. Nous aimons et considérons toute l’humanité comme nos frères et sœurs et nous croyons que nous sommes tous les enfants d'esprit du même Père céleste mais il serait inconvenant de ma part si je ne vous disais pas que quelle que soit l'autorité ecclésiastique que vous détenez, elle est incomplète ».

Un lourd silence pèse dans la salle. Je ne m'attends pas à ce qu'un tel auditoire puisse apprécier ma réponse mais un autre propos de ma part serait malhonnête. Comprenez-moi bien, je suis sensible aux choses merveilleuses qu’accomplissent les autres serviteurs érudits et engagés appartenant aux différents mouvements religieux de par le monde. Ce sont des hommes et des femmes nobles qui consacrent leur vie à leur foi et le monde ne s'en porte que mieux. Ils réconfortent les malades, apaisent les gens troublés et redonnent espoir à ceux qui sont découragés et abattus. Je suis convaincu que Dieu œuvre par leur intermédiaire pour bénir ses enfants de façon significative.

L'ordre règne cependant dans le royaume de Dieu, un ordre qui ne peut être administré que par l'autorité de la prêtrise dûment reconnue par notre Père céleste. Et pour autant que j'admire et apprécie le service des différents officiants religieux à travers le monde, j’affirme avec la même assurance aujourd’hui que je l'ai fait devant ces hommes d'Église canadiens que la plénitude de l’autorité de Dieu ne se trouve que dans l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.

L'autorité de la prêtrise a été perdue pendant des siècles

Je me rends compte que cette déclaration est audacieuse, au regard de toutes les autres organisations religieuses qui proclament détenir la même autorité ; et beaucoup de ces organisations existent depuis bien plus longtemps que notre Église. Comment pouvons-nous affirmer détenir la plénitude de l’autorité de notre Père céleste quand d'autres ont un parcours ecclésiastique qui traverse le Moyen Âge pour remonter jusqu'au Christ lui-même ? C'est très simple, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours enseigne que l'autorité de Dieu a été retirée de la terre pendant des siècles, après le ministère terrestre du Seigneur Jésus-Christ et de ses apôtres et qu'elle ne fut pas rétablie avant d’être conférée à un prophète du XIXe siècle nommé Joseph Smith lors d’une manifestation merveilleuse.

Nous reparlerons du rétablissement de l'Évangile plus tard. Nous devons d'abord répondre à la question essentielle : est-il réellement nécessaire que l'autorité de Dieu soit rétablie ? Après tout, si l'Église que le Christ a organisée et l’autorité de la prêtrise qui l’accompagnait avaient survécu à travers les siècles, les affirmations de Joseph Smith n’auraient aucun fondement.

Certaines personnes sont surprises d'apprendre que Jésus-Christ a réellement organisé une Église pendant les brèves années de sa vie terrestre. Les évidences scripturaires sur le sujet sont pourtant abondantes. Le Nouveau Testament explique que le Seigneur a organisé un collège de douze apôtres, leur a imposé les mains et conféré l'autorité d'agir en son nom.

L'apôtre Paul a enseigné que le Christ « a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps du Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction. » (Éphésiens 4:11-14)

Il est de notoriété publique qu'après la mort, la résurrection et l'ascension du Christ, Pierre devient le chef des apôtres ou président de l'Église du Seigneur. Ce n’était pas tâche facile à l'époque. En plus des défis liés aux persécutions et aux tourments endurés par les premiers chrétiens, Pierre et ses frères avaient des difficultés à maintenir l'uniformité dans l'Église et dans ses enseignements doctrinaux. Ils voyageaient beaucoup et s'écrivaient souvent pour s'exposer mutuellement les problèmes qu'ils rencontraient mais l'information circulait si lentement, les voyages étaient si laborieux et l'Église et ses enseignements si nouveaux, qu'il était difficile d'empêcher la fausse doctrine et les faux enseignements de s'enraciner profondément.

« Je m'étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile, écrit Paul aux Églises de Galatie. Non pas qu'il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l'Évangile de Christ.

« Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous avons prêché, qu'il soit anathème !

« Nous l'avons dit précédemment, et je le répète à cette heure : si quelqu'un vous annonce un autre Évangile, que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème !

« Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ. » (Galates 1:6-10)

Les Écritures sous-entendent que bien que les premiers apôtres travaillent avec zèle pour conserver l'Église que Jésus-Christ a confiée à leurs soins, ils savent que par la suite leurs efforts seront anéantis. Paul écrit aux chrétiens Thessaloniciens qui attendent avec anxiété la seconde venue du Christ, qu'il faut que « l'apostasie soit arrivée auparavant, et qu'on ait vu paraître l'homme du péché, le fils de la perdition. » (2 Thessaloniciens 2:3) Il avertit aussi Timothée « qu’il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables. » (2 Timothée 4:3-4) Pierre annonce une apostasie en parlant d’un « temps de rafraîchissement » qui doit avoir lieu avant que Dieu ne renvoie Jésus-Christ, « celui qui vous a été destiné, que le ciel doit recevoir jusqu'au temps du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la bouche de ses saints prophètes. » (Actes 3:20-21)

La prêtrise est l'autorité de Dieu sur la terre

Pierre est finalement tué par ses ennemis. On suppose qu'il est martyrisé entre 60 et 70 ans apr. J.-C. À la mort de Pierre, les apôtres restants et leurs fidèles disciples luttent pour survivre face à une oppression terrifiante. À leur mérite éternel, la chrétienté est préservée et à la fin du IIe siècle apr. J.-C., elle est une puissance qu'on ne peut ignorer. Linus, Cletus, Clément et d'autres évêques de Rome jouent un rôle dans la pérennisation de la chrétienté. Sans ces saints fidèles, la bonne nouvelle du ministère du Christ aurait été entièrement perdue.

Certains croient que le successeur de Pierre comme président de l'Église que le Christ a organisée est Linus puis qu'en 79 apr. J.-C., Cletus succède à Linus et qu'ensuite Clément devient l'évêque de Rome en 90 apr. J.-C. et le successeur de Pierre.

La question reste à savoir si les pouvoirs apostoliques sont transmis de Pierre à Linus.

Il est important de comprendre que tous les apôtres originels ne sont pas morts à ce moment-là. Jean le Bien-Aimé, par exemple, est exilé sur l'île de Patmos, d'où il écrit le livre de l'Apocalypse, livre inclus dans toutes les bibles chrétiennes. Ceci soulève une question intéressante et cruciale : si Linus est à la tête de l'Église, en tant que successeur de Pierre, pourquoi le livre de l'Apocalypse ne lui est-il pas révélé ? Pourquoi est-ce Jean, un apôtre exilé, qui reçoit cette révélation ?

La réponse est claire. La révélation est parvenue à Jean parce que Jean est le dernier apôtre survivant, le dernier homme à détenir les clés et l'autorité de l'apostolat telles que le Sauveur les a données. Quand Dieu veut s'adresser à l'Église, il le fait par l'intermédiaire de son apôtre Jean, sur l'île de Patmos. Nous ne croyons pas que le Seigneur le court-circuiterait pour parler à l'Église alors qu’il détient le pouvoir apostolique.

Aussi importants qu'aient pu être les services rendus par Linus, Cletus et Clément, aucune évidence ne laisse à penser qu’ils travaillèrent sous la forme d’un Collège des douze apôtres, entité administrative que le Seigneur a placée à la tête de l'Église primitive qu'il a organisée lui-même. Sans l'autorité et les directives du Collège des douze apôtres, les hommes commencèrent à se tourner vers d'autres sources pour comprendre la doctrine et beaucoup de vérités claires et précieuses furent perdues.

L'Histoire raconte, par exemple, qu'un grand concile se tint en 325 apr. J.-C. à Nicée en Bithynie, Asie mineure. À cette époque, la chrétienté a émergé des sombres cachots de Rome pour devenir la religion d'État de l'Empire romain. Cependant, des problèmes persistent, principalement celui de l'incapacité des chrétiens à se mettre d'accord sur des points de doctrine fondamentaux. Les conflits engendrés par ces disputes dogmatiques sont tels que l'empereur Constantin rassemble un groupe d'évêques chrétiens pour officialiser la doctrine de l'Église, et par là même, permettre une meilleure cohésion politique dans l'Empire.

Ce n'est pas simple. Les opinions sur des sujets fondamentaux tels que la nature de Dieu divergent grandement. Le débat est animé et chaotique. Le concile définit Dieu comme un esprit au pouvoir universel et cependant suffisamment petit pour demeurer dans notre cœur. Ce concile donne naissance au credo de Nicée. Les décisions sont prises à la majorité et les factions en désaccord se scindent et forment de nouvelles Églises. Des conciles doctrinaux similaires auront lieu en Chalcédoine (451 apr. J.-C.), à Nicée (787 apr. J.-C.) et Trente (1545 apr. J.-C.), provoquant à chaque fois de nouvelles divisions. La belle simplicité de l'Évangile du Christ est attaquée par un ennemi beaucoup plus dévastateur que les tortures et les croix de la Rome antique : les méandres philosophiques d'hommes instruits mais sans inspiration, ce qui donne naissance à une doctrine reposant davantage sur les courants d’idées populaires que sur la révélation.

Il n'est donc pas étonnant que la période de mille ans, connue sous le nom de Moyen Âge, ne soit pas un temps idyllique pour la chrétienté. Le nom du Seigneur est invoqué dans d'horribles campagnes en tout genre, allant des Croisades jusqu'à l'Inquisition, et semant dans leur sanglant sillage la mort, la persécution et la destruction. Des dirigeants zélés, absolument déterminés à voir « tout genou fléchir » d'une manière ou d'une autre, n’ont aucune compréhension du message central du Christ sur la foi, l'espérance, la charité et la tolérance.

Bien qu'il y ait encore des chrétiens qui croient fondamentalement au message du Christ, au fil des années, la doctrine est déformée et l'autorité d'agir au nom de Dieu, ou en d'autres termes la prêtrise, disparaît de la terre. Au bout d'un certain nombre d'années, les apôtres qui avaient reçu la prêtrise, la responsabilité spirituelle et l'ordination à l’époque du Christ disparaissent tour à tour, emportant avec eux l’autorité de la prêtrise. L'Église organisée par le Christ se désintègre peu à peu et la plénitude de l'Évangile est perdue.

C'est bel et bien l'Âge des Ténèbres. La lumière de la plénitude de l'Évangile de Jésus-Christ et l'autorité de sa sainte prêtrise sont perdues.

La Réforme

En 1517, l'esprit du Christ touche un moine catholique vivant en Allemagne. Martin Luther faisait partie d'un nombre croissant d'ecclésiastiques réfléchis qui sont troublés par les différences qu'ils constatent entre l'Évangile tel qu'il est enseigné par le Christ et leur Église. Luther crée une grande controverse lorsqu'il affiche publiquement sur la porte de son église une liste de points qu’il juge nécessaire de reconsidérer, voire de réformer.

Bien que, presqu'un siècle auparavant, John Wycliffe et d'autres théologiens aient élevé leur voix pour un retour aux principes chrétiens du Nouveau Testament, c'est Luther qui lance le mouvement protestant. Il faut cependant noter que ce sont ses disciples, et non Luther lui-même, qui organisent concrètement l'Église Luthérienne. Peu de temps après, d'autres visionnaires, comme Jean Calvin, Huldrych Zwingli, John Wesley et John Smith suivent cette tendance. Ces hommes créent des mouvements religieux qui sont la fondation d'une nouvelle théologie, tout en maintenant certains aspects de la tradition catholique dont ils sont issus.

Des réformateurs inspirés

Pour moi, ces grands réformateurs ont été inspirés de Dieu. Ils ont aidé à préparer le monde au rétablissement de la plénitude de l'Évangile par le prophète Joseph Smith en 1820 en créant un contexte religieux plus favorable aux divergences d'opinion. Je doute fort que l'Évangile de Jésus-Christ ait pu être rétabli, ne serait-ce qu'un siècle plus tôt, en raison de l’intolérance qui régnait dans le monde. Et je vous laisse imaginer ce qui se serait produit à l'époque de l'inquisition si quelqu’un d’étranger à l’Église dominante avait proclamé recevoir une révélation de Dieu !

C'est pour cette raison que je crois que les réformateurs ont joué un rôle important pour préparer le monde au Rétablissement. Les premiers explorateurs et colonisateurs de l'Amérique, les fondateurs de la constitution des États-Unis ont aussi fait leur part. Dieu avait besoin d'un contexte permettant ce rétablissement théologique, ainsi qu’une scène politique autorisant les gens à partager leurs idées et parler de leurs croyances sans crainte d'être persécutés ou mis à mort. Ce contexte a été créé sur le continent américain, grâce à ces réformateurs, explorateurs, patriotes, si bien qu'au début des années 1800 l'Amérique abonde de ferveur religieuse et d'enthousiasme. Les prédicateurs se disputent le cœur et l'âme de congrégations entières. Les villes, les villages, et même les familles sont divisés par leurs diverses alliances religieuses. À aucun autre moment dans l'histoire du monde, le chercheur sincère de la vérité n'a eu plus de choix en terme d’Églises.

Le monde est alors mûr pour le « rétablissement de toutes choses » dont Pierre a parlé et Dieu lui-même « par la bouche de ses saints prophètes. » (Actes 3:20-21)

À cause de l'apostasie, il était nécessaire que la prêtrise, l'autorité et le pouvoir d'agir au nom de Dieu soient rétablis sur la terre.



CHAPITRE TROIS : LE RÉTABLISSEMENT

En 1820, la ferveur religieuse bat son plein dans la campagne américaine. C'est comme si la réforme protestante qui s'est épanouie en Europe plusieurs siècles auparavant arrivait enfin à maturité à Palmyra, un village tranquille du nord de l'État de New-York. Les clergés des différentes dénominations rivalisent pour la loyauté des fidèles. Les membres défendent avec zèle leurs préférences religieuses personnelles. Des prédicateurs itinérants tiennent des réunions en plein air, aux abords des villes, chacun avec un message et un style qui lui est propre.

Pour la famille de Joseph et Lucy Mack Smith, une telle agitation religieuse est pour le moins intrigante. Leurs racines familiales sont profondément enracinées dans l'histoire spirituelle de l'Amérique. En 1638, Robert Smith quitte l'Angleterre en quête de liberté religieuse promise dans l'Amérique coloniale. Plus d'un siècle plus tard, son petit-fils, Samuel Smith fils, lutte en qualité de capitaine dans l'armée révolutionnaire de George Washington pour préserver entre autres choses, cette liberté. L'un des soldats du capitaine Smith est son fils Asaël qui écrira dans son journal : « Il a été donné à mon âme de savoir que l'un de mes descendants serait à l'origine d'une œuvre qui révolutionnerait le monde de la pensée religieuse. » (George Albert Smith, History of George Albert Smith, Historical Department of The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, Salt Lake City, Utah)

À quelle Église se joindre ?

Le fils d’Asaël, Joseph, connaît très bien son riche héritage spirituel. Lui et sa femme, Lucy, sont profondément dévoués à Dieu et leurs enfants sont éduqués selon les principes de la foi et de la justice. Malgré cela, la famille est à l’image des divisions entre les différentes Églises de Palmyra. La mère et trois de ses enfants, Hyrum, Samuel et Sophronia, sont membres de l'Église presbytérienne, tandis que le père et son fils aîné Alvin sont affiliés aux méthodistes. Nul ne sait si ces divergences créent des tensions dans la famille, mais il semble plausible que la situation soit, de temps à autre, le sujet de discussions animées parmi les membres de la famille.

Lorsque l'heure du baptême sonne pour le fils de quatorze ans de Joseph et Lucy, Joseph Smith fils, il doit décider à quelle Église se joindre et pour ce faire étudie avec soin chacune d’elles. Garçon sérieux et attentif, à la nature spirituelle profonde, il écoute les différents prêtres et fait de son mieux pour trouver la vérité. Au début, il est tenté de suivre son père et Alvin dans l'Église méthodiste mais en entendant le prêtre presbytérien attaquer les méthodistes, sa foi en eux chancelle. Ensuite, le pasteur baptiste le convainc que le prêtre presbytérien est dans l'erreur puis le prédicateur itinérant lui rend visite et le persuade que tous sont dans l'erreur, sauf lui.

Imaginez la famille Smith installée dans la salle à manger, après une dure journée de labeur. La mère est assise à un bout de la table, le père à l'autre et les enfants entre les deux. Comme c'est souvent le cas, la conversation s'oriente vers le sujet de la religion. Dans notre discussion imaginaire, le jeune Joseph indique qu'il souhaite être baptisé mais qu'il ne sait pas encore par qui.

« Jésus a été baptisé, dit Joseph, donc je dois aussi être baptisé. Le pasteur de maman m'a invité à être baptisé dans son Église mais celui de papa me dit que je n'irai pas au ciel si je me fais presbytérien. Ensuite, le prêtre baptiste me dit qu'il est le seul en ville à pouvoir baptiser si bien que je ne sais plus quoi faire. Est-ce qu'ils ne peuvent pas tous me baptiser à tour de rôle ? Est-ce que je suis obligé d'en choisir un ? Et si je dois en choisir un, lequel ? »

Bien que cela ne se soit peut-être pas passé exactement de cette façon, la profondeur et la sincérité des questions du jeune Joseph sont réelles. C'est un jeune homme extraordinaire, élevé par une famille extraordinaire à une époque extraordinaire. Ses intentions sont honnêtes et son cœur est pur. Malgré qu'il ne soit qu'un jeune garçon, ou peut-être grâce à cela, il est ouvert et réceptif à l'Esprit du Seigneur, il est aussi prêt et désireux d'y répondre.

Dieu le Père et Jésus-Christ apparaissent à Joseph Smith

Joseph Smith rédige plus tard le récit de son expérience : « Au milieu de cette guerre de paroles et de ce tumulte d'opinions, je me disais souvent : Que faut-il faire ? Lequel de tous ces partis a raison ? Ou ont-ils tous tort, autant qu'ils sont ? Si l'un d'eux a raison, lequel est-ce, et comment le saurai-je ? » (Joseph Smith–Histoire 1:10)

Joseph cherche dans les saintes Écritures la réponse à ses questions mais souvent ses lectures suscitent de nouvelles interrogations. Peut-être lit-il la promesse du Sauveur à ses disciples : « vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira » (Jean 8:32) et se demande quand il pourra éprouver cette liberté. Peut-être lit-il aussi l'enseignement de Paul qu'« il y a un seul corps et un seul Esprit… un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Éphésiens 4:4-5) et se demande : « mais lequel est-ce ? »

Puis un jour se produit un événement qui va bouleverser à jamais le cours de la vie du jeune Joseph, de la famille Smith tout entière et de millions de personnes de par le monde.

Joseph, qui est en train de lire la Bible, tombe sur une invitation simple et directe dans l'épître de Jacques : « Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. » (Jacques 1:5)

Il écrira plus tard : « Jamais aucun passage de l'Écriture ne toucha le cœur de l'homme avec plus de puissance que celui-ci ne toucha alors le mien. Il me sembla qu'il pénétrait avec une grande force dans toutes les fibres de mon cœur. J'y pensais constamment, sachant que si quelqu'un avait besoin que Dieu lui donne la sagesse, c'était bien moi ; car je ne savais que faire, et à moins de recevoir plus de sagesse que je n'en avais alors, je ne le saurais jamais. » (Joseph Smith–Histoire 1:12)

Muni de la foi simple de celui qui sort juste de l'enfance et motivé par l'inspiration trouvée dans les Écritures et par le Saint-Esprit, Joseph décide d'aller dans les bois, près de chez lui, pour mettre à l'épreuve la promesse de Jacques.

C'est un beau matin de printemps mais Joseph est certainement beaucoup plus préoccupé par sa quête que par son environnement tandis qu'il s'enfonce de plus en plus profondément dans le sous-bois. C'est la première fois qu'il songe à faire de sa confusion et de sa détresse spirituelle l'objet d'une prière personnelle et il passe un certain temps à réfléchir à la meilleure façon de formuler sa demande. Sa foi au pouvoir que Dieu a d'accomplir la promesse de Jacques est telle que je suis convaincu qu'il s'attend vraiment à recevoir une réponse.

Ce qu'il reçoit, cependant, ira bien au delà, jusqu'à défier même la compréhension.

Joseph s'arrête lorsqu'il atteint l'endroit tranquille et isolé qu'il a choisi pour ce moment particulier. Il regarde autour de lui afin de s'assurer qu'il est seul et s'agenouille pour commencer à prier. Immédiatement, il est envahi par un sentiment bouleversant de ténèbres, comme si une puissance mauvaise cherchait à le dissuader de son objectif. Au lieu de se laisser aller à la crainte, Joseph prie plus instamment.

« Au moment même où j'étais prêt à sombrer dans le désespoir et à m'abandonner à la destruction, » raconte-t-il, Dieu en personne se manifeste.

« Je vis, exactement au-dessus de ma tête, une colonne de lumière, plus brillante que le soleil, descendre peu à peu jusqu'à tomber sur moi. Quand la lumière se posa sur moi, je vis deux Personnages dont l'éclat et la gloire défient toute description, et qui se tenaient au-dessus de moi dans les airs. L'un d'eux me parla, m'appelant par mon nom, et dit, en me montrant l'autre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoute-le ! » (JS-H 1:16-17)
Dieu le Père et son Fils ressuscité, Jésus-Christ, apparaissent en une manifestation spirituelle parmi les plus grandioses de tous les temps !

Mais selon son récit des événements, Joseph ne s'arrête pas aux conséquences de ce qui lui arrive. C'est un jeune adolescent en quête d'éclaircissements spirituels, donc il pose la question qu'il avait l'intention de poser : « Laquelle de toutes ces Églises est vraie et à laquelle dois-je me joindre ? »

La réponse est de ne se joindre à aucune car la doctrine pure de l'Évangile a été déformée au cours des siècles écoulés depuis la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Leur mission accomplie, le Père et le Fils se retirent, laissant le jeune Joseph épuisé physiquement mais comblé spirituellement.

Il lui faut quelque temps pour recouvrer la force de rentrer chez lui et dès que sa mère le voit, elle devine que quelque chose préoccupe son fils.

« Ce n'est rien, tout va bien », répond-il à ses interrogations, ajoutant : « J'ai appris personnellement que le presbytérianisme n'est pas la vérité. »

Joseph Smith finit par raconter son expérience à sa famille qui, sensible aux questions spirituelles, sent qu'il dit la vérité et le soutient d’emblée dans chacune de ses affirmations. Toute sa famille est prête à jouer un rôle important dans le rétablissement de l'Évangile par l'intermédiaire de Joseph, ce qu'ils assumeront parfaitement.

D'autres personnes, cependant, sont sceptiques et parfois même violentes. Les persécutions de la part de beaucoup de ceux qui entendent cette histoire sont tellement intenses que Joseph est tenté de nier les faits ou de prétendre qu'ils ne se sont jamais produits. Mais il ne peut s'y résoudre.

Il écrira plus tard : « J'avais réellement vu une lumière, et au milieu de cette lumière, je vis deux Personnages, et ils me parlèrent réellement ; et quoique je fusse haï et persécuté pour avoir dit que j'avais eu une vision, cependant c'était la vérité ; et tandis qu'on me persécutait, qu'on m'insultait et qu'on disait faussement toute sorte de mal contre moi pour l'avoir racontée, je fus amené à me dire en mon cœur : Pourquoi me persécuter parce que j'ai dit la vérité ? J'ai réellement eu une vision, et qui suis-je pour résister à Dieu ? Et pourquoi le monde pense-t-il me faire renier ce que j'ai vraiment vu ? Car j'avais eu une vision, je le savais, et je savais que Dieu le savait, et je ne pouvais le nier ni ne l'osais ; du moins je savais qu'en le faisant j'offenserais Dieu et tomberais sous la condamnation. » (JS-H 1:25)

Le processus de rétablissement de l'Évangile

Pendant trois années, et cela sans autres instructions de la part de Dieu, Joseph est tenté et éprouvé à cause de son témoignage. Peut-être est-il aussi livré à lui-même simplement pour lui laisser le temps de grandir. Il est éprouvé mais il relève le défi et le 21 septembre 1823, le processus long et laborieux du Rétablissement débute. Un ange nommé Moroni, prophète ressuscité qui vivait autrefois dans l'Amérique ancienne, vient lui annoncer que Dieu a une œuvre à lui confier. Selon Moroni, cette œuvre comprend le rétablissement de la plénitude du vrai Évangile de Jésus-Christ, la traduction d'écrits anciens en un nouveau livre d'Écritures (maintenant appelé le Livre de Mormon : un autre témoignage de Jésus-Christ), le rétablissement de l'autorité de la prêtrise (ou l'autorité d'agir au nom de Dieu), l'accomplissement de la prophétie biblique de Malachie au sujet du retour d'« Élie, le prophète, avant que le jour de l'Éternel arrive, ce jour grand et redoutable » dans l'intention de ramener « le cœur des pères à leurs enfants et le cœur des enfants à leurs pères » (voir Malachie 4:5-6) et l'accomplissement d'autres prophéties bibliques relatives au rétablissement de l'Évangile et à la préparation de la terre pour la seconde venue du Christ.

Évidemment, tout ne se produit pas simultanément. Joseph a le temps de grandir pour pouvoir assumer ses responsabilités. Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'un paysan est appelé de Dieu pour devenir son représentant désigné sur la terre, un prophète vivant moderne. Et pourtant, Joseph est incroyablement jeune tout le long de ce processus. Des anges le visitent et l'instruisent jusqu'à ce qu'il soit prêt à commencer la traduction du Livre de Mormon en 1827 et continuent à l'instruire et à le conseiller de temps en temps pendant la traduction. En 1829, l'autorité de la prêtrise de Dieu est rétablie et la traduction du Livre de Mormon est achevée (nous donnerons de plus amples détails sur le Livre de Mormon et le rétablissement de la prêtrise dans les deux prochains chapitres).

Pendant ce temps, la nouvelle du jeune prophète et de ses déclarations miraculeuses commence à se répandre. Comme vous pouvez vous y attendre, cette information déclenche toutes sortes de réactions. Certains y donnent foi et s'y rallient tandis que d'autres se livrent à l'injure et à la persécution. La famille Smith connaît des difficultés incessantes en même temps qu'elle reçoit de merveilleux bienfaits grâce à l'œuvre de Joseph. Joseph, quant à lui, fait l’expérience de la panoplie complète des émotions humaines, de la perte cruelle de son frère Alvin, en 1823 à son heureux mariage à Emma Hale en 1827.

Son parcours spirituel est tout aussi diversifié. Il endure le chagrin amer des réprimandes divines et est submergé par les déversements d'amour céleste. Comme autrefois avec David, Samuel ou Joseph de l'Ancien Testament, Dieu prend un enfant innocent et sans éducation, encore exempt de l'influence du monde et malléable à la volonté divine, pour le modeler en prophète choisi.

Organisation officielle de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours

Le 6 avril 1830, quelque dix ans après la réponse personnelle de Dieu à l'humble prière d'un adolescent, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est officiellement organisée. Le moment est propice. Le monde est prêt. La grande apostasie a pris fin. L'autorité de Dieu pour baptiser est rétablie et l'Église de Jésus-Christ est à nouveau dans sa plénitude sur la terre.

Pour pouvoir comprendre les événements remarquables qui ont abouti à l'organisation de l'Église en 1830, il nous faut d'abord examiner la contribution cruciale du Livre de Mormon à ce rétablissement.


CHAPITRE QUATRE : LE LIVRE DE MORMON

Quand Joseph Smith, à quatorze ans, ressort du bois ce matin de printemps 1820, il rapporte avec lui une nouvelle compréhension qui va révolutionner la pensée religieuse, comme l'a prophétisé son grand-père Asaël. Il sait avec certitude que Dieu, notre Père céleste, et son Fils Jésus-Christ, sont réels et sont tous les deux des êtres glorifiés. Il sait qu'ils sont deux Êtres distincts et non deux manifestations du même Dieu éternel. Il sait aussi qu'il n'y a pas d'Église sur la surface de la terre que Dieu le Père et Jésus peuvent approuver, et encore moins valider.

Les cieux ne sont pas scellés

Mais la chose peut-être la plus importante que le jeune Joseph apprend ce jour-là, dans ce que les membres de l'Église appellent maintenant le bosquet sacré, est cette vérité éternelle : les cieux ne sont pas scellés. Dieu n'est pas limité. Il n'est certainement pas prisonnier des limitations que certaines Églises essaient de lui imposer. À tous ceux qui disent que toute révélation a cessé avec la mort des apôtres du Christ et que l'humanité possède déjà toutes les instructions de Dieu dont elle a besoin, l'histoire de Joseph Smith est un témoignage solennel que Dieu n'a pas fermé la porte à ses enfants. Il les aime et se soucie d'eux aujourd'hui comme dans le passé. Cette vérité est un réconfort dans un monde sombrant dans l'incohérence et le découragement. Quelle paix et quelle sécurité dans le cœur de ceux qui comprennent qu'il y a dans les cieux un Dieu qui est notre Père, qui nous connaît et se soucie de nous, individuellement et collectivement, et qui communique avec nous, directement ou par son prophète vivant, selon nos besoins.

À travers les âges, les gens ont reçu des conseils et de l'inspiration pour leurs affaires personnelles, mais la révélation adressée à des prophètes avait cessé et l'Église organisée par le Sauveur avait disparu de la terre.

Quand Joseph fait part de son expérience à sa famille et à quelques proches, beaucoup savent qu'il dit la vérité. Ils sentent du réconfort et de la paix. Comme je l'ai déjà dit, sa famille ne doute jamais de l'authenticité de son histoire et d'autres sont touchés par son innocence et sa sincérité. Mais il y a aussi ceux qui sont ulcérés par ses prétentions et qui le ridiculisent et le persécutent pour son audace à proclamer sa relation avec la divinité. Malgré tout, après la manifestation que les saints des derniers jours appellent la Première Vision, la vie reprend son cours chez Joseph et le reste de la famille Smith.

Mais cela changea à l'automne 1823.

Un autre visiteur divin

Essayez de vous mettre à la place de l'adolescent : Vous ne comprenez pas les tenants et les aboutissants de l'expérience que vous avez vécue mais vous avez vécu une expérience et vous ne pouvez pas vous empêcher de penser que certaines choses sont attendues de vous en retour. Vous continuez à prier et à faire ce qui vous semble juste mais vous ne recevez aucune réponse pendant des années ; en tous cas, rien de semblable à ce que vous avez vécu dans le bosquet trois ans auparavant, à l'âge de quatorze ans. Et vous vous demandez pourquoi.

Malgré le ferme engagement de Joseph vis-à-vis de la réalité de sa vision, son propre récit rapporte qu'il se sentait « coupable de légèreté et tint parfois joyeuse compagnie, etc., ce qui ne convenait pas à la réputation que devait entretenir quelqu'un qui avait été appelé de Dieu… » Il commence à se demander si son énergie juvénile et sa gaîté naturelle sont mauvaises au point de réduire Dieu au silence.

Si c'était ce que vous ressentiez, vous auriez probablement envie de vous tourner à nouveau vers Dieu, de ressentir à nouveau ce que vous avez ressenti précédemment, d'être rassuré quant à l'approbation de Dieu à votre égard et à son amour pour vous. C'est précisément à cela que Joseph Smith consacre sa soirée du 21 septembre 1823 : « Je commençai à prier et à supplier le Dieu Tout-Puissant de me pardonner tous mes péchés et toutes mes sottises et aussi à m'accorder une manifestation pour que je connusse mon état et ma situation vis-à-vis de lui. »

N'est-ce pas un peu présomptueux de la part de Joseph de penser qu'il lui suffit de demander à Dieu une manifestation pour la recevoir ? Telle est pourtant la foi du jeune Joseph. « J'avais la pleine assurance d'obtenir une manifestation divine comme j'en avais eu une précédemment. » (JS-H 1:28-29)

Et la manifestation arrive, mais pas comme il l'avait imaginée. Cette fois, c'est un être ressuscité qui se présente à lui sous le nom de Moroni, et au lieu de rassurer Joseph en lui disant que tout va bien et que Dieu l'aime encore, il vient lui confier une tâche.

La révélation d'un récit ancien

Moroni parle à Joseph d'un récit sacré, gravé sur des plaques (ou fines feuilles) d'or. L'ouvrage contient l'histoire de divers groupes de personnes ayant bâti des civilisations remarquables sur le continent américain de nombreuses centaines d'années auparavant. Selon Moroni, il contient aussi « la plénitude de l'Évangile éternel, telle qu'elle avait été donnée par le Sauveur à ces anciens habitants. » (JS-H 1:34)

En fait, Moroni est l'un de ces « anciens habitants ». Des siècles plus tôt, les plaques lui ont été confiées par son père, le dernier d'une longue lignée de prophètes et dirigeants à avoir tenu les annales pendant près de mille ans. Malgré difficultés et épreuves, Moroni veille sur les plaques et leur contenu sacré. Il finit par se sentir poussé à les cacher pour les protéger, avec l’assurance qu'un jour viendrait où Dieu, dans sa grande sagesse, les ferait miraculeusement réapparaître.

Ce jour est effectivement sur le point d'arriver. Le miracle de Dieu se produira par l'intermédiaire de Joseph Smith, dès que celui-ci sera prêt.

Pendant plusieurs années, Moroni rend visite à Joseph annuellement et le prépare spirituellement à la traduction du récit qui sera partie intégrante du rétablissement de l'Évangile de Jésus-Christ. Vous vous demandez peut-être quelle importance a ce récit dans le Rétablissement. Quand vous en saurez un peu plus à propos de ce livre, vous comprendrez pourquoi il est si cher aux membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Ce que je vais décrire n'est qu'un bref aperçu du Livre de Mormon. Pour en comprendre et apprécier pleinement l'esprit et le contenu, il vous faudra le lire.

Un autre témoignage du Christ

C'est Mormon, le père de Moroni qui a donné son nom au Livre de Mormon, un autre témoignage de Jésus-Christ. Mormon était un grand prophète qui vivait sur le continent américain 400 ans apr. J.-C. et à qui on doit, en grande partie, d’avoir conservé et abrégé le contenu du livre. Le Livre de Mormon est un livre d'Écritures saintes comparable à la Sainte Bible. Il raconte les relations de Dieu avec divers groupes de personnes ayant émigré, plusieurs centaines d'années avant la naissance du Christ, de la Terre sainte jusqu'au continent américain. La majeure partie du livre est consacrée aux descendants de Léhi, un prophète qui a quitté Jérusalem 600 ans av. J.-C., durant la première année du règne de Sédécias, roi de Juda, peu avant la destruction de Jérusalem par les Babyloniens.

Le Livre de Mormon combine de façon intéressante les styles et formes littéraires de l'Ancien et du Nouveau Testament. Tout comme la Bible qui est une compilation de livres d'Écritures rédigés par différents dirigeants spirituels tels que Moïse, Ésaïe, David, Matthieu, Luc et Paul, le Livre de Mormon est une compilation de quinze livres, ou récits scripturaires, écrits par des hommes portant les noms de Néphi, Alma, Hélaman, Mosiah et Éther. On y trouve des expériences et des exemples de foi, le récit de l'ascension et de la chute de civilisations entières, des essais doctrinaux, des témoignages de la mission divine du Seigneur Jésus-Christ ressuscité et des prophéties à propos de notre époque. La pièce maîtresse du récit est l'évocation émouvante de l'apparition du Seigneur Jésus-Christ à un groupe de ses « autres brebis » (Jean 10:16) sur le continent américain peu après sa mort et sa résurrection à Jérusalem.

Le message du Livre de Mormon

Le Livre de Mormon contient de nombreux récits fascinants. Par exemple, vous ne trouverez pas de meilleure histoire d'aventure que l’expérience d’Ammon, employé comme serviteur du roi et qui, après avoir courageusement défendu les troupeaux royaux, finit par convertir le roi et toute sa maison au Christ et à son Église (voir Alma 17-19). Vous ne trouverez pas non plus de meilleur traité doctrinal sur la foi que celui du trente-deuxième chapitre d'Alma. Et la plus belle histoire de toutes, reste le récit remarquable du ministère personnel du Christ, en particulier le moment où il demande au peuple de lui amener les petits enfants pour qu'il les bénisse « un par un » et pour qu'il prie pour eux (voir 3 Néphi 17).

Les quelques passages d'Écriture suivants, pris à divers endroits du Livre de Mormon, illustrent le style simple et le pouvoir de ce livre :

« Et il arriva que moi, Néphi, je dis à mon père : J'irai et je ferai la chose que le Seigneur a commandée, car je sais que le Seigneur ne donne pas de commandements aux enfants des hommes sans leur préparer la voie pour qu'ils puissent accomplir ce qu'il leur commande. » (1 Néphi 3:7).

« Et nous parlons du Christ, nous nous réjouissons dans le Christ, nous prêchons le Christ, nous prophétisons concernant le Christ, et nous écrivons selon nos prophéties, afin que nos enfants sachent vers quelle source ils peuvent se tourner pour obtenir la rémission de leurs péchés. » (2 Néphi 25:26).

« Et voici, je vous dis ces choses afin que vous appreniez la sagesse ; afin que vous appreniez que lorsque vous êtes au service de vos semblables, vous êtes simplement au service de votre Dieu. » (Mosiah 2:17).

« Croyez en Dieu ; croyez qu'il est, et qu'il a tout créé, tant dans le ciel que sur la terre ; croyez qu'il a toute la sagesse et tout le pouvoir, tant dans le ciel que sur la terre ; croyez que l'homme ne comprend pas tout ce que le Seigneur peut comprendre. » (Mosiah 4:9-10)

« Oh ! souviens-toi, mon fils, et apprends la sagesse dans ta jeunesse ; oui, apprends dans ta jeunesse à garder les commandements de Dieu. » (Alma 37:35)

« Or, ils n'avaient jamais combattu ; néanmoins ils ne craignaient pas la mort ; et ils pensaient plus à la liberté de leurs pères qu'à leur vie ; oui, ils avaient appris de leurs mères que, s'ils ne doutaient pas, Dieu les délivrerait.

« Et ils me répétèrent les paroles de leurs mères, disant : Nous ne doutons pas que nos mères le savaient. » (Alma 56:47-48)

La Bible et le Livre de Mormon

Non seulement les membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours aiment le Livre de Mormon mais ils croient qu'il contient la parole de Dieu. Cela n'enlève rien à leur croyance en la Bible et en ses enseignements éternels et inspirés. Les deux livres sont plutôt des compagnons, chacun renforçant le message et la doctrine de l'autre. Je dois aussi mentionner le fait que les saints des derniers jours ont encore deux autres volumes d'Écritures : les Doctrine et Alliances, une compilation de révélations données à Joseph Smith et à d'autres présidents de l'Église et la Perle de grand prix, qui contient des traductions prophétiques et des récits historiques, y compris le récit autobiographique de Joseph Smith dont j'ai cité quelques passages plus haut.

Cela m'amène à la deuxième chose que vous devez savoir au sujet du Livre de Mormon. L'une des grandes difficultés que les chrétiens éprouvent avec le Livre de Mormon et les autres Écritures de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours vient de la croyance sincère que la Bible contient toute la vérité dont ils ont besoin. Je comprends ce souci et partage leur profonde affection pour la Bible mais je dois ajouter en toute sincérité que mon amour pour mon Sauveur et mon engagement envers la chrétienté n'ont fait qu'être intensifiés et fortifiés par le Livre de Mormon, en partie du fait qu'il m'aide à comprendre beaucoup des questions doctrinales que la Bible laisse sans réponse.

Par exemple, le Nouveau Testament affirme très clairement que le baptême est une ordonnance essentielle de l'Évangile. Le Christ lui-même a été baptisé afin « que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. » (Matthieu 3:15) Cependant, dans le monde chrétien d'aujourd'hui, le trouble règne quant à savoir qui doit être baptisé. Certaines Églises enseignent que les petits enfants naissent dans le péché et doivent donc être baptisés immédiatement, d'autres citent les enseignements du Christ au sujet des enfants, disant que « le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent » (Matthieu 19:14), et ils croient que le baptême est une ordonnance strictement réservée aux adultes.

Aussi inspirée et inspirante que soit la Bible, elle n'a pas de réponse définitive à ce dilemme, alors que le Livre de Mormon en a une.

« Voici, je te dis que vous enseignerez ceci : le repentir et le baptême à ceux qui sont responsables et capables de commettre le péché ; oui, enseignez aux parents qu'ils doivent se repentir et être baptisés, et s'humilier comme leurs petits enfants, et ils seront tous sauvés avec leurs petits enfants.

« Et leurs petits enfants n'ont pas besoin de repentir, ni de baptême. Voici, le baptême est pour le repentir, pour accomplir les commandements pour le pardon des péchés.

« Mais les petits enfants sont vivants dans le Christ depuis la fondation du monde ; s'il n'en était pas ainsi, Dieu serait un Dieu partial, et aussi un Dieu changeant, qui ferait acception de personnes, car combien de petits enfants sont morts sans baptême ! » (Moroni 8:10-12)

Le sujet est encore plus précis dans une révélation donnée au prophète Joseph Smith, répertoriée dans les Doctrine et Alliances, où le Seigneur indique que les enfants devraient être baptisés à l'âge de huit ans. (Voir D&A 68:27)

Quelle bénédiction que d'avoir une compréhension supplémentaire de la doctrine divine pour accroître notre connaissance de notre Père céleste et améliorer notre relation avec lui !

Le point de doctrine du baptême des nouveau-nés n’est qu’un sujet parmi d’autres à être clarifié par le Livre de Mormon. Vous êtes-vous déjà demandé ce que signifie être ressuscité ? Le sujet est mentionné dans la Bible, mais sans autre précision. Par contre, un prophète du Livre de Mormon nommé Amulek, l'explique ainsi :

« L'esprit et le corps seront de nouveau réunis sous leur forme parfaite ; membres et jointures seront rendus à leur forme propre, comme nous sommes maintenant, en ce moment ; et nous serons amenés à nous tenir devant Dieu, connaissant comme nous connaissons maintenant, et ayant le souvenir vif de toute notre culpabilité.

« Or, ce rétablissement se fera pour tous, poursuit Amulek, jeunes et vieux, esclaves et libres, hommes et femmes, méchants et justes ; et pas même un seul cheveu de leur tête qui sera perdu ; mais chaque chose sera rendue à sa forme parfaite… » (Alma 11:43-44)

On trouve aussi des éclaircissements similaires au sujet de la chute d'Adam (voir 2 Néphi 2), de l'expiation du Christ (voir Alma 42), et même du Livre de Mormon lui-même, y compris un moyen pour savoir par vous-même si ce livre est bien la parole de Dieu (voir Moroni 10:3-5). Le Livre de Mormon offre une doctrine pure et concise qui n'a pas été altérée par des philosophes religieux, des conciles, des débats et des rois. Contrairement au processus évolutif qu'a traversé la Bible, le Livre de Mormon n'a subi qu'une traduction entre sa rédaction sur les plaques d'or et sa publication en 1830, inaugurant le rétablissement de l'Évangile de Jésus-Christ.

Les témoignages du Livre de Mormon

Voici la dernière chose dont nous devons parler à propos du Livre de Mormon. Bien que sept années se soient écoulées entre la Première Vision et le moment où les plaques d'or sont finalement confiées à Joseph Smith pour commencer la traduction, rien n'a changé vraiment quant à sa préparation. Il est toujours le même jeune homme pauvre, quasiment sans éducation, issu d'un coin perdu du nord de l'État de New-York. Il a bien été enseigné par des messagers célestes mais cette instruction vise à consolider son éducation dans l'Évangile, sa foi et à fortifier sa sensibilité spirituelle. La traduction des plaques, ce processus laborieux de transcription manuelle sous la dictée, n'est pas le résultat de nouvelles connaissances ou compétences récemment acquises. C'est un miracle, rien de plus, rien de moins. Dieu prend un jeune homme simple et fidèle par la main et ensemble ils changent la nature de la religion contemporaine.

Plus de trente ans après la mort de Joseph, sa femme, Emma, a été questionnée par leur fils Joseph Smith III. Elle n'était plus membre de l'Église et s’était remariée depuis longtemps. Pourtant, son témoignage, celui d'une des rares témoins de la traduction du Livre de Mormon, est étonnant.

« Joseph Smith n'aurait pu ni écrire ni dicter une lettre cohérente et bien formulée, encore moins dicter un livre tel que le Livre de Mormon », dit Emma à leur fils, « et bien que participante active à la traduction des plaques et connaissant le déroulement des choses telles qu'elles se sont produites, j'en suis aussi étonnée que tout un chacun. C'est une œuvre merveilleuse et un prodige.

« Je suis persuadée que le Livre de Mormon est d'authenticité divine, je n'en doute pas un instant » continua-t-elle. « J'affirme que personne n'aurait pu dicter ce manuscrit sans inspiration. Quand j'étais sa secrétaire, ton père me dictait la traduction pendant des heures ; et, après les repas ou autres interruptions, il reprenait immédiatement là où il en était, sans voir le manuscrit ou sans qu'on lui en fasse la relecture. C'est ainsi qu'il fonctionnait. Il aurait été improbable que même un érudit puisse faire une chose pareille et pour quelqu'un d'aussi peu instruit et ignorant que lui, c'était tout simplement impossible. » (Joseph Smith Letter Books, Historical Department, The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, page 1)

D'autres personnes ayant travaillé aux côtés du prophète pendant la traduction ont exprimé des témoignages similaires. Au début de chaque exemplaire du Livre de Mormon se trouvent deux témoignages de ce genre, l'un signé par trois et l'autre, par huit hommes, chacun attestant être témoin de l'origine divine du livre. Plusieurs de ces témoins ont quitté l'Église, que ce soit à cause des persécutions ou de différends avec Joseph Smith ou avec des dirigeants de l'Église ultérieurs mais aucun n'a renié son témoignage que le Livre de Mormon nous est parvenu par le don et le pouvoir de Dieu.

Vous pouvez savoir que le Livre de Mormon est vrai

Ces témoignages sont très importants mais le témoignage le plus important de la véracité du Livre de Mormon est celui du Saint-Esprit donné à chaque croyant, individuellement. Vers la fin du livre, Moroni fait la promesse suivante : « Et lorsque vous recevrez ces choses, je vous exhorte à demander à Dieu, le Père éternel, au nom du Christ, si ces choses ne sont pas vraies ; et si vous demandez d'un cœur sincère, avec une intention réelle, ayant foi au Christ, il vous en manifestera la vérité par le pouvoir du Saint-Esprit. Et par le pouvoir du Saint-Esprit, vous pouvez connaître la vérité de toutes choses. » (Moroni 10:4-5)

C'est par ce pouvoir que j'ai acquis un témoignage profond et durable du Livre de Mormon. Je sais que le Livre de Mormon est la parole de Dieu parce que je l'ai lu de nombreuses fois. J'ai médité sur ses paroles. J'ai prié et demandé à Dieu de me dire si c'était vrai. J'ai reçu la confirmation de cette vérité, comme le peut chaque homme et chaque femme, par le seul moyen possible : le pouvoir du Saint-Esprit. J'en ai l'assurance paisible. Par l'étude et l'obéissance aux enseignements du Livre de Mormon, j'ai appris à mieux connaître le Seigneur et j'ai utilisé les enseignements de ce livre pour fortifier mes enfants et petits-enfants.

L'apôtre Paul a encouragé les saints de Thessalonique : « Mais examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon. » (1 Thessaloniciens 5:21) Je crois très simplement et sincèrement que chaque personne qui prendra le temps d'examiner le Livre de Mormon, c'est à dire de l'étudier, de méditer à son sujet et de demander à Dieu s'il est vrai, s’y attachera fermement parce qu’il est vraiment la parole de Dieu. Comme le second grand prophète du Livre de Mormon l'a dit : « Et si vous croyez au Christ, vous croirez en ces paroles, car elles sont les paroles du Christ, et il me les a données ; et elles enseignent à tous les hommes qu'ils doivent faire le bien. » (2 Néphi 33:10)

Le message essentiel du Livre de Mormon, comme l'a écrit Néphi, est d'amener les gens au Christ et de leur enseigner à « faire le bien. » En cela, le livre mérite qu'on lui accorde du temps et de l'attention. Le prophète Mormon a écrit :

« Car tout ce qui invite à faire le bien et à persuader de croire au Christ est envoyé par le pouvoir et le don du Christ ; c'est pourquoi vous pouvez savoir avec une connaissance parfaite que c'est de Dieu.

« Mais tout ce qui persuade les hommes de faire le mal et de ne pas croire au Christ, et de le nier, et de ne pas servir Dieu, alors vous pouvez savoir avec une connaissance parfaite que c'est du diable ; car c'est de cette manière que le diable opère, car il ne persuade aucun homme de faire le bien, non, pas un seul ; ni ses anges non plus, ni ceux qui se soumettent à lui.

« C'est pourquoi je vous supplie, frères, de rechercher diligemment dans la lumière du Christ afin de discerner le bien du mal ; et si vous vous saisissez de toute bonne chose, et ne la condamnez pas, vous serez certainement enfants du Christ. » (Moroni 7:16-17, 19)

Voilà un sage conseil, valable pour toutes les époques.



CHAPITRE CINQ : LA PRÊTRISE DE DIEU

Imaginons un instant que vous et moi conduisons sur une autoroute. Vous êtes devant moi et vous oubliez de mettre le clignotant avant de changer de voie.

Immédiatement je klaxonne et je fais des appels de phare. Je remonte ma voie jusqu'à me placer à côté de vous et je vous fais signe de vous arrêter. Nous nous garons tous les deux sur le bas-côté, je sors de ma voiture et me dirige vers votre vitre pour vous informer que vous avez commis une infraction et que j'ai l'intention d'appliquer la loi.

Qu'allez-vous faire ?

Vous allez probablement demander à voir mon matricule de policier, n'est-ce pas ? Vous allez vouloir savoir de quel droit j'applique la loi du pays, ne serait-ce que le droit d'arrêter un citoyen. Vous allez vous enquérir de mon autorité et n'accepterez pas que j'impose les lois de la circulation routière sans identification claire de mon autorité.

L'autorité est l'un des concepts que les gens semblent comprendre instinctivement, peut-être parce qu'il gouverne à peu près toutes les facettes de notre vie et ce, depuis aussi loin que remontent nos souvenirs. Quand nous sommes à l'école nous acceptons automatiquement l'autorité de nos enseignants et du personnel administratif, les autorisant à nous dire ce que nous avons à faire. Aujourd'hui, lorsque notre patron nous demande de faire quelque chose, nous le faisons. Quand une loi est votée, nous y obéissons. Quand nous entendons la sirène de la voiture de police derrière nous, nous nous arrêtons. Quand je suis chez vous, ou dans votre voiture ou votre entreprise, c'est vous qui pilotez, il ne serait pas correct de ma part de vous dire ce que vous avez à faire ou quelle décision prendre.

C'est ainsi que le monde fonctionne et nous devons en être reconnaissants. Même si le concept d'autorité limite notre liberté absolue, nous savons que sans elle, ce serait l'anarchie, le chaos complet. Imaginez un monde où chacun peut faire ce qu'il veut quand il veut, avec ou sans permission. L'autorité apporte la sécurité, y compris la sécurité spirituelle quand il s'agit de l'autorité de Dieu.

L'autorité de la prêtrise ne peut venir que de Dieu

Joseph désire cette sécurité spirituelle. Comme je l'ai déjà expliqué, il vit à une époque et dans une région de grande agitation religieuse. Dans sa quête de la vérité, il contacte divers professeurs de religion ; chacun revendique l'autorité de Dieu. Son désir d'être baptisé dans la vraie Église de notre Père céleste motive sa prière sincère à Dieu dans le bosquet sacré. Cependant Joseph apprend par cette expérience qu'aucune des revendications des Églises existantes n'est fondée mais ce n'est que lorsque la traduction du Livre de Mormon est bien avancée que le besoin de la vraie autorité de la prêtrise de Dieu se fait réellement sentir.

Selon Joseph, c'est l'enseignement sur le baptême qui déclenche son questionnement à ce sujet. Plus Oliver Cowdery, son secrétaire, et lui-même avancent dans la traduction, plus ils en apprennent sur l'importance de « suivre votre Seigneur et votre Sauveur dans l'eau selon sa parole. » (2 Néphi 31:13) Ils se sentent tout petits face au raisonnement de Néphi que « si l'Agneau de Dieu, qui est saint, a besoin d'être baptisé d'eau pour accomplir tout ce qui est juste, oh ! alors, à combien plus forte raison nous, qui ne sommes pas saints, avons-nous besoin d'être baptisés, oui, d'eau ! » (2 Néphi 31:5) Et ils se réjouissent de la promesse du Seigneur qu'à « celui qui est baptisé en mon nom, le Père donnera le Saint-Esprit comme à moi ; c'est pourquoi suivez-moi, et faites ce que vous m'avez vu faire. » (2 Néphi 31:12)

Un léger problème demeure. Le baptême est essentiel pour entrer dans le royaume de Dieu mais nul n'a l'autorité d'accomplir cette ordonnance. Joseph et Oliver apprennent qu'Alma a baptisé son peuple en « ayant l'autorité du Dieu Tout-Puissant. » (Mosiah 18:13) Ils connaissent aussi la déclaration de Paul aux Hébreux : « Nul ne s'attribue cette dignité, s'il n'est appelé de Dieu, comme le fut Aaron. » (Hébreux 5:4) Ils savent probablement aussi que, selon l'Ancien Testament, Aaron a été appelé à son office dans la prêtrise par son frère, le prophète Moïse, qui lui-même détenait son autorité de Dieu (voir Exode 28:1). Ils savent qu'il était commun à cette époque pour quelqu'un qui était appelé à un saint appel de recevoir l'autorité par l'imposition des mains de celui qui est autorisé à le faire (voir Nombres 27:18)

Avec ce que Joseph a appris ces dernières années des différentes sources célestes, il sait que l'autorité de Dieu n'est plus sur la terre. Alors comment lui et d'autres vont-ils pouvoir recevoir le baptême ? Joseph sait qu'il n'a pas le droit de « s'attribuer cette dignité ». Où est donc le représentant autorisé de Dieu qui pourra conférer cette bénédiction ?

La prêtrise d'Aaron est rétablie

Ce dilemme angoisse Joseph et Oliver. Ils décident finalement d'en parler au Seigneur. Le 15 mai 1829, ils s'isolent au bord de la rivière Susquehanna, près d'Harmony en Pennsylvanie et épanchent humblement leur cœur à Dieu. Tandis qu'ils sont agenouillés en prière, un messager céleste, Jean- Baptiste, alors ressuscité, leur rend visite. C'est ce même Jean-Baptiste qui, deux mille ans auparavant, a baptisé Jésus-Christ dans le Jourdain, en vertu de l'autorité qu'il détenait.

Jean-Baptiste dit à Joseph Smith et à Oliver Cowdery que Dieu l'a envoyé rétablir l'autorité de la prêtrise sur terre, autorité perdue depuis la dissolution du Conseil des douze apôtres, environ 100 ans apr. J.-C. Il pose ensuite ses mains sur leur tête et prononce ces paroles merveilleuses : « À vous, mes compagnons de service, au nom du Messie, je confère la Prêtrise d'Aaron, qui détient les clefs du ministère d'anges, de l'Évangile de repentir et du baptême par immersion pour la rémission des péchés ; et cela ne sera plus jamais enlevé de la terre, jusqu'à ce que les fils de Lévi fassent de nouveau une offrande au Seigneur selon la justice. » (D&A 13)

Jean-Baptiste dit à Joseph et Oliver que « cette Prêtrise d'Aaron n'avait pas le pouvoir d'imposer les mains pour le don du Saint-Esprit, mais que cela nous serait conféré plus tard », comme l’écrit Joseph Smith dans son histoire publiée dans le livre nommé la Perle de grand prix. « Et il nous commanda d'aller nous baptiser, nous prescrivant, à moi de baptiser Oliver Cowdery et à lui de me baptiser ensuite.

« En conséquence, nous allâmes nous baptiser. Je le baptisai d'abord et il me baptisa ensuite ; puis je posai les mains sur sa tête et l'ordonnai à la Prêtrise d'Aaron, après quoi, il posa les mains sur ma tête et m'ordonna à la même Prêtrise, car c'était ce qui nous avait été commandé. » (JS-H 1:70-71)

Vous pouvez facilement imaginer que ce baptême par immersion totale dans les eaux de la rivière Susquehanna (accompli selon les instructions qu'ils avaient reçues) et leur ordination à la prêtrise restèrent pour ces deux hommes des expériences inoubliables. Joseph raconte qu'ils reçurent « de grandes et glorieuses bénédictions de notre Père céleste » aussitôt qu'ils sortirent de l'eau.

« Nous étions remplis du Saint-Esprit, dit-il, et nous nous réjouissions du Dieu de notre salut. » (JS-H 1:73)

La prêtrise de Melchisédek est rétablie

Comme Jean-Baptiste l'a lui-même mentionné, Joseph et Oliver reçoivent la prêtrise d'Aaron et se réjouissent de la bénédiction et des possibilités qui s'ouvrent à eux mais en poursuivant leur œuvre de traduction, ils commencent à comprendre les limites de cette autorité dont parlait leur visiteur céleste. Certes, ils peuvent baptiser mais ils n'ont pas l'autorité d'accomplir les autres fonctions de la prêtrise que le Christ et ses apôtres accomplissaient, telles que conférer le don du Saint-Esprit et bénir les malades. Joseph ne pense pas non plus avoir l'autorité de réorganiser l'Église du Christ sur la terre, alors qu'il sait bien que c'est pour cette tâche qu'il est préparé. Alors, peu de temps après avoir reçu la prêtrise d'Aaron, Joseph et Oliver recherchent à nouveau l'intimité de la nature pour demander des explications au Seigneur.

Et de nouveau, le Seigneur répond par un miracle. Cette fois-ci, c'est Pierre, Jacques et Jean, trois des apôtres originels, ordonnés à la prêtrise des mains de Jésus lui-même, qui leur rendent visite. Pierre, Jacques et Jean imposent les mains sur Joseph et Oliver et leur confèrent la Prêtrise de Melchisédek, une autorité de la prêtrise plus importante, plus complète. Cette prêtrise tient son nom de Melchisédek, l'un des éminents grand-prêtres de l'Ancien Testament. Elle donne l'autorité de Dieu d'accomplir toutes les ordonnances de l'Évangile de Jésus-Christ. Elle donne aussi à Joseph toute l'autorité de la prêtrise nécessaire pour rétablir la plénitude de l'Évangile de Jésus-Christ sur terre. C'est ainsi que Joseph Smith reçoit l'autorisation de Dieu d'organiser son Église, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.

Cette autorité de la prêtrise est indispensable à Joseph Smith et à son importante mission, tout comme elle l’a toujours été lors des interventions de notre Père céleste auprès de ses enfants sur terre. Par l'autorité de la prêtrise, nous accédons aux ordonnances essentielles de l'Évangile telles que le baptême. Comme Naaman, chef de l'armée du roi de Syrie qui a été guéri de sa lèpre en se lavant sept fois dans le Jourdain selon les instructions du prophète Élisée (voir 2 Rois 5:1:14), nous aussi, nous sommes bénis si nous accomplissons les ordonnances extérieures de l'Évangile sous la direction de celui à qui Dieu en a donné l'autorité.

« Ce n'est pas vous qui m'avez choisi »

Tout au long de l'histoire, le Seigneur a choisi avec soin ceux à qui il confiait son autorité. « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, a-t-il rappelé à ses apôtres, mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis. » (Jean 15:16) La prêtrise est le pouvoir et l'autorité de Dieu, donnés à des hommes dignes, afin d'accomplir toutes les ordonnances du salut nécessaires aux hommes et aux femmes pour permettre à ces derniers d'accéder à toutes les bénédictions promises par Dieu, y compris la vie éternelle. C'est le pouvoir par lequel la terre a été créée et tous les miracles accomplis depuis l'époque d'Adam jusqu'à aujourd'hui. Selon John Taylor, troisième président de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, la prêtrise est « le gouvernement de Dieu, sur la terre comme au ciel, car c'est par ce pouvoir, ce moyen, ce principe que toute chose est gouvernée ici-bas et dans les cieux, et c'est par ce pouvoir que toute chose est soutenue. Il gouverne toute chose, dirige toute chose, soutient toute chose et concerne toute chose qui a trait à Dieu et à la vérité. » (Enseignements des présidents de l'Église, John Taylor, p.119) Bien que le Seigneur ait choisi de confier l'autorité de la prêtrise aux hommes, il faut noter que la prêtrise n'est pas tant une question de sexe que de répartition des responsabilités.

Aujourd'hui, dans les congrégations de saints des derniers jours de par le monde, les jeunes gens qui sont ordonnés à la prêtrise d'Aaron officient à la préparation, la bénédiction et la distribution des emblèmes du corps et du sang du Christ durant notre culte hebdomadaire. Ils ont aussi l'autorité de baptiser, de collecter les offrandes pour les pauvres et de soutenir les membres de l'Église dans leur foyer. De leur côté, les hommes qui sont ordonnés à la prêtrise de Melchisédek dirigent les affaires de l'Église, accomplissent les ordonnances sacrées et donnent des bénédictions de réconfort physique, spirituel et émotionnel. Par la prêtrise, les saints des derniers jours sollicitent les pouvoirs des cieux pour eux-mêmes et la bénédiction de ceux qui les entourent.

Puisque j'ai parlé de la nécessité de l'autorité de Dieu pour ceux qui prétendent le représenter, vous avez le droit de me poser la question que j'ai posée aux dirigeants religieux canadiens que mes missionnaires avaient rassemblés : D'où vient mon autorité ? Ce à quoi je suis fier de pouvoir répondre.

D'où vient mon autorité ?

J'ai été ordonné apôtre (un office de la prêtrise de Melchisédek) le 10 octobre 1985, par Gordon B. Hinckley, qui a été ordonné par David O. McKay, qui a été ordonné par Joseph F. Smith, qui a été ordonné par Brigham Young, qui a reçu son ordination des trois témoins du Livre de Mormon (Oliver Cowdery, Martin Harris et David Whitmer dont le témoignage se trouve au début de chaque exemplaire du Livre de Mormon), qui ont été ordonnés par Joseph Smith et Oliver Cowdery, qui ont été ordonnés par Pierre, Jacques et Jean, qui ont été ordonnés par Jésus-Christ.

En d'autres termes, je peux retracer en seulement huit étapes mon autorité apostolique à la source de toute l'autorité dans l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, à savoir, le Seigneur Jésus-Christ lui-même.

Comprenez que je ne dis pas cela pour me vanter. Je suis très reconnaissant au Seigneur de l'honneur de le servir. Je reconnais que mon autorité d'agir au nom de Dieu ne m'appartient pas vraiment : c'est la sienne. Par contre, je peux affirmer que j'ai entièrement confiance dans le pouvoir de la prêtrise de Dieu qui m'a été transmis par l'intermédiaire de ses représentants légitimement ordonnés.

Il faut cependant noter qu'il ne suffit pas à un homme de détenir la prêtrise pour avoir quelque pouvoir que ce soit. Ceux qui sont ordonnés à cette prêtrise doivent s'appliquer diligemment à garder les commandements de Dieu. Le Seigneur a enseigné à Joseph Smith qu’« aucun pouvoir, aucune influence ne peuvent ou ne devraient être exercés en vertu de la prêtrise. » Il faut plutôt, dit le Seigneur, que cette influence soit le fruit d'une vie fondée sur les vertus chrétiennes telles que la persuasion, la longanimité, la gentillesse, la douceur, l'amour sincère, la bonté et la connaissance pure, « qui épanouiront considérablement l'âme sans hypocrisie et sans fausseté. » (D&A 121:41-42)

Le Seigneur a aussi averti Joseph que « lorsque nous entreprenons de couvrir nos péchés ou d'assouvir notre orgueil, notre vaine ambition, ou d'exercer, avec quelque degré d'injustice que ce soit, une emprise, une domination ou une contrainte sur l'âme des enfants des hommes, voici, les cieux se retirent ; l'Esprit du Seigneur est attristé, et lorsqu'il est retiré, c'est la fin de la prêtrise ou de l'autorité de cet homme. » (D&A 121:37)

En d'autres termes, celui qui ne s'efforce pas d'être obéissant aux commandements de Dieu n'est pas digne de le représenter sur la terre. Cela ne veut pas dire que tous les détenteurs de la prêtrise doivent mener une vie de perfection, seul le Christ était capable d'une telle chose. Mais il est attendu d'eux de faire tout ce qu'ils peuvent pour mener une vie juste et être dignes de l'autorité qu'ils détiennent.

La prêtrise donne le pouvoir de faire le bien

Des choses merveilleuses se produisent dans la vie des hommes, des femmes et des familles lorsque la foi et la fidélité sont ajoutées à l'autorité de la prêtrise. Dans les Écritures, nous apprenons que lorsque le Seigneur a « appelé ses douze disciples, il leur donna le pouvoir de chasser les esprits impurs, et de guérir toute maladie et toute infirmité. » (Matthieu 10:1 ; voir aussi Marc 3:14, Marc 6:7 et Luc 9:1) C'est l'autorité dont Pierre a fait usage lorsqu'il a guéri le boiteux de naissance hors du temple de Jérusalem, peu de temps après le jour de Pentecôte.

« Je n'ai ni argent, ni or ; mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche.

« Et le prenant par la main droite, il le fit lever. Au même instant, ses pieds et ses chevilles devinrent fermes ;

« d'un saut il fut debout, et il se mit à marcher. Il entra avec eux dans le temple, marchant, sautant, et louant Dieu. » (Actes 3:6-8)

De nos jours se produisent d'aussi grands et puissants miracles de guérison et de révélation par l'autorité de la prêtrise. Permettez-moi de donner un exemple personnel.
Il y a quelques années, j'ai entendu une jeune femme parler des problèmes de santé que sa sœur aînée traversait à cause d'une grossesse difficile. L'histoire m'a ému et, inquiet pour la sœur de cette jeune personne et pour son enfant, j'ai souhaité faire quelque chose. Ce n'est que bien plus tard dans la soirée, tandis que je lisais les Écritures que j’ai reçu l’impression forte et claire de devoir rendre visite à cette membre de l'Église souffrante. Je savais par expérience que je devais suivre cette impression plutôt que de tergiverser. J'ai alors demandé à mon épouse de m'accompagner pour aller rendre visite à cette jeune épouse et mère.

« Je ne sais pas trop pourquoi je suis là, dis-je au jeune époux quand il ouvrit la porte, mais j'ai reçu la forte impression que je devais venir voir votre femme. »

« Frère Ballard, répond le jeune homme, je ne pense pas qu'elle pourra vous voir. Elle est tellement malade qu'elle ne peut voir personne. »

« S'il vous plaît, dites-lui que nous sommes là, dis-je, et dites lui pourquoi. »

En attendant, nous avons regardé les photos de famille exposées dans le salon. Il y avait la photo d'un de leurs enfants, sérieusement handicapé. Il y avait aussi la photo d'un autre enfant, plus jeune, en parfaite santé, pressé d'avoir un nouveau petit frère ou une nouvelle petite sœur avec qui jouer. Ma femme m'a rappelé l'enfant mort-né qu'avait aussi eu ce couple, ainsi que les difficultés énormes rencontrées par cette jeune maman à chaque grossesse. La décision de ce couple d'avoir un autre enfant avait dû être difficile. Ils avaient dû réfléchir, prier en toute sincérité et recevoir l'assurance spirituelle que tout se passerait bien, ce qui certainement devait rendre la situation actuelle d'autant plus déconcertante.

La femme nous a rejoints enfin au salon. Elle était faible et souffrait considérablement d'un zona, recouvrant le côté gauche de son visage et de son cou d'énormes boursouflures. Selon son mari, son taux de plaquettes était tellement bas que sa vie était en danger, ainsi que la vie de l'enfant qu'elle attendait.

Je lui ai pris la main et lui ai dit cette simple vérité : « Le Seigneur m'a envoyé vous donner une bénédiction. » Son mari, son père et moi-même avons posé les mains sur sa tête et je me suis senti poussé à lui donner une bénédiction de guérison complète.

« À ce moment, raconte-t-elle plus tard, j'ai senti une force traverser mon corps et sortir par mes orteils… je sais que l'Esprit du Seigneur était présent, frère Ballard. Je l'ai ressenti. Je l'ai entendu parler par votre intermédiaire… Il m'a donné la force d'endurer et d'accomplir la tâche qui me paraissait insurmontable. Après la bénédiction, j'ai su dans mon cœur que nous aurions la faveur d'un bébé en pleine santé. »

Et c'est ce qui s'est passé.

« Notre nouveau petit garçon est un rayon de soleil et une joie pour nous, écrit la jeune maman. Le Seigneur nous a envoyé un magnifique don d'amour par l'intermédiaire de ce petit garçon. »

Il y a de la puissance dans les sacrements de la prêtrise

Des miracles merveilleux s’accomplissent par l'autorité de la prêtrise mais la plupart du temps, cependant, l'autorité de la prêtrise œuvre discrètement et simplement dans la vie de ceux qui la respectent et vivent de façon digne. Elle permet au croyant de contracter des alliances sacrées avec le Seigneur par le baptême et de renouveler ses alliances chaque semaine en prenant la Sainte-Cène à l'église. Les bénédictions de la prêtrise offrent réconfort, paix et courage pour faire face aux défis de la vie. Les offices de la prêtrise autorisent les dirigeants de l'Église à officier dans l’administration de l’Église, selon leurs tâches et offices respectifs.

C'est dans ces bâtiments saints et sacrés, que nous appelons temples, que la beauté et le pouvoir de l'autorité de la prêtrise sont les plus évidents. Peut-être avez-vous vu ou même visité l'un de nos temples. Les temples sont différents de nos lieux de culte où se tiennent les réunions du dimanche et les activités de la semaine. Les temples sont des lieux à part, où les membres dignes, fidèles et dévoués se rendent pour accomplir des sacrements valables non seulement pour le temps mais aussi pour toute l'éternité.

Je reconnais que cela peut paraître présomptueux : un homme proclamant détenir une autorité qui accède aux cieux, mais souvenez-vous que c'est de l'autorité de Dieu dont nous parlons et qu'elle ne peut être restreinte que par sa volonté. Souvenez-vous aussi des paroles du Seigneur adressées à ceux à qui il avait confié son autorité dans les temps anciens : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » (Matthieu 18:18) Vous voyez qu'il y a un précédent à notre croyance en l'éternité de l'autorité de la prêtrise.

Dans l'exercice de mon autorité dans la prêtrise, je ne rencontre pas de plus grand honneur que celui d'être dans l'un de nos temples et de représenter le Maître pour officier au mariage de deux de ses enfants justes et dignes. Peu importe qui ils sont ou d'où ils viennent, ils sont toujours resplendissants ; la flamme de l'amour et de la foi brille dans leurs yeux. Généralement d'autres membres de la famille et amis sont présents et font de cette occasion un doux moment d'intimité.

Il faut noter que les mariages au temple diffèrent des autres mariages en ce que seuls les membres fidèles de l'Église peuvent y assister. On n’y trouve pas toute la pompe et le faste associés généralement aux grands mariages religieux, pas de musique, pas de procession, pas de chapelle décorée de rubans et de fleurs. Ne vous y méprenez pas, un mariage au temple est à la fois suprêmement beau et joyeux mais éloquemment respectueux, simple et profond.

L'élément le plus inhabituel du mariage au temple reste cependant les paroles employées par celui qui officie. La plupart des mariages célébrés hors du temple incluent des propos limitant la durée du mariage à cette vie terrestre. L'autorité présidente unira habituellement l'heureux couple « jusqu'à ce que la mort vous sépare » ou en des termes similaires, ce qui donne une fin au mariage. Lors d'un mariage au temple, les nouveaux mariés comprennent que leur mariage, célébré par un détenteur de la prêtrise, durera pour toujours, pour le temps et pour toute l'éternité, et les paroles de la cérémonie reflètent ce glorieux concept. Le couple n'est pas seulement marié, il est « scellé » par l'autorité de Dieu, pour « le temps et pour toute l'éternité ». Selon la doctrine des saints des derniers jours, le couple sera toujours ensemble, tant que l'homme et la femme sont fidèles l'un à l'autre et fidèles aux commandements de notre Père céleste.

Nous croyons que le mariage est ordonné de Dieu. Les Doctrine et Alliances expliquent : « Quiconque interdit de se marier n'est pas mandaté par Dieu, car le mariage est institué par Dieu pour l'homme. » (D&A 49:15)

« Le mariage approuvé de Dieu permet aux hommes et aux femmes d'atteindre leur potentiel divin : « Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme. » (1 Corinthiens 11:11) Époux et épouses sont uniques par certains côtés et libres de développer leurs dons éternels mais ils sont égaux aux yeux de leurs parents célestes. Ils sont unis dans les objectifs divins qu'ils poursuivent, dans leur dévouement aux principes et ordonnances éternels et dans leur obéissance au Seigneur ainsi que dans le développement de leur amour mutuel divin. Quand un homme et une femme scellés dans le temple sont unis spirituellement, mentalement, émotionnellement et physiquement, partageant pleinement la responsabilité de veiller sur leurs besoins mutuels, ils sont vraiment mariés. Ensemble, ils essaient de reproduire le prototype du foyer céleste d'où ils viennent. L'Église leur enseigne à se compléter, à se soutenir et à s'enrichir mutuellement. Si l'homme et la femme sont fidèles à leur mariage au temple, ils continueront comme co-créateurs dans le royaume céleste de Dieu à toute éternité. » (Encyclopedia of Mormonism, 4 vols., Daniel H. Ludlow, ed. [New York : Macmillan, 1992], 2:487)

Le principe du mariage éternel est une doctrine spécifique à l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Les couples qui sont mariés au temple et qui font des alliances leur permettant de devenir une famille éternelle ont une motivation et une perspective certaines quant à leurs objectifs et leur destinée qui se manifestent dans leur relation de couple et dans celle qu'ils ont avec les enfants qu'ils mettent au monde. L'importance d'élever les enfants et de créer des liens familiaux forts semble encore plus fondamentale à ceux qui croient qu'ils peuvent vivre ensemble à tout jamais.

Quelle connaissance glorieuse et rassurante ! N’est-il pas logique que notre Père céleste qui nous aime et veut que nous progressions, ait prévu qu’un homme et une femme dévoués l'un à l'autre et à leur bonheur éternel puissent poursuivre leur relation dans la vie future ? Comme l'a dit Brigham Young, deuxième président de l’Église, le mariage éternel « est le fil qui va du commencement à la fin du saint Évangile de salut, de l'Évangile du Fils de Dieu ; il est d'éternité en éternité. » (Enseignements des présidents de l'Église, Brigham Young» p.163).

Les familles peuvent être éternelles

Je rencontre fréquemment des dirigeants religieux d'autres confessions. Ils manifestent souvent leur intérêt pour l’importance que nous donnons au mariage et à la famille. Je me souviens d'une occasion où ce sujet est venu dans la conversation. Ces dirigeants ont complimenté l'Église en disant qu'ils n'en connaissaient aucune autre qui ait fait autant pour préserver et consolider la famille. Je les ai remerciés de leur gentillesse et ils ont ensuite exprimé leur souci face au nombre de membres de leurs congrégations qui succombaient aux tentations du monde, ajoutant qu'ils ne voyaient pas d'autre remède que de bâtir des foyers plus solides. Ils nous ont demandé si nous accepterions de partager la documentation que nous avions élaborée à ce sujet, ce que nous étions très heureux de faire.

Après avoir parlé un certain temps des plans d’action que nous mettons en œuvre pour fortifier la famille, j'ai ressenti qu'il fallait que je parle honnêtement à ces hommes d'un sujet que nous n'avions pas abordé. « J'espère ne pas vous offenser par les propos que je vais tenir maintenant », commençai-je. « Nous vous donnons avec joie tout ce que nous possédons pour aider les familles et vous pouvez mettre en place tout ce qui vous plaît mais je ne crois pas que ce matériel fonctionnera chez vous comme chez nous. »

Quand ils m'ont demandé pourquoi, j'ai répondu : « La différence fondamentale est notre perception de la famille. Lorsqu’un homme et une femme se marient au temple et qu'ils accueillent ensuite des enfants dans leur foyer, ils envisagent toute l'expérience de l'éducation des enfants et de la relation entre tous les membres de la famille dans une perspective éternelle. Bien que les membres de nos familles doivent faire face aux défis et problèmes ordinaires de la vie, ils essaient de regarder au-delà du moment immédiat et de prendre des décisions qui permettront à leur famille de rester forte et unie car ils croient vraiment que leurs liens peuvent être éternels. »

Cette perception fait toute la différence et commence lorsqu'un homme et une femme s'agenouillent à l'autel dans un de nos temples.

Je n'oublierai jamais le jour où j'ai scellé mon fils à sa délicieuse épouse. C'était l'un des premiers mariages pour lesquels j'officiais et pour tout vous dire, j'étais aussi anxieux qu'eux, mais sans savoir vraiment pourquoi. Dans mon rôle d'évêque, j'avais eu maintes occasions de célébrer des mariages pour ceux qui choisissaient de se marier hors du temple ou n'étaient pas dignes d'y entrer, mais qui souhaitaient quand même voir leur mariage célébré par un évêque mormon. Cependant aucun de ces mariages n'était éternel. Dans le cas de mon fils, c'était différent, c'était pour toute l'éternité et si je devais accomplir quelque chose qui dure pour toujours, je voulais être certain de le faire correctement.

Mon anxiété n’avait pas lieu d’être. Une fois que nous nous sommes trouvés dans l'une de ces magnifiques salles de scellement du temple, nous baignions dans le sentiment extraordinaire d'amour et de paix qui imprègne ces bâtiments sacrés que nous appelons respectueusement « la maison du Seigneur. » J'ai regardé mon fils et sa future épouse, agenouillés, face à face, à l'autel du temple et j’ai compris deux choses. D'une part, l'engagement de l'un vis-à-vis de l'autre, qui les avait conduits jusqu'à cet instant précieux, était visible dans leurs yeux. D'autre part, ces deux merveilleux jeunes gens étaient prêts et dignes de débuter une grande aventure éternelle ensemble. Bien sûr, à cet instant ils n'en saisissaient pas toute la signification mais grâce à l'autorité de la prêtrise de notre Père céleste, ils auraient toute l'éternité pour vivre, aimer, apprendre et grandir ensemble.

Est-ce que j'ai pu accomplir cette ordonnance éternelle simplement parce que je le désirais, ou parce que mon fils me l'avait demandé ? Est-ce que j’ai pu le faire parce que cela semblait être la chose correcte à faire ? Non. Je n’ai pu le faire que parce que j'avais été ordonné et avais reçu de Dieu l'autorité de le faire. Sans cette autorité, je n'aurais rien pu faire. Sans l'autorité du Seigneur, je ne peux pas m'octroyer le droit d'enseigner l'Évangile, de baptiser, de présider des réunions, de donner des bénédictions, et certainement pas de marier des couples pour l'éternité.

Cela reviendrait à arrêter des gens sur l'autoroute pour les verbaliser sans en avoir l’autorité officielle. Je ne m’aventurerais jamais à cela.



CHAPITRE SIX : LE PLAN ÉTERNEL DE DIEU

De toutes les expériences que la vie nous offre, peu sont aussi marquantes que la première et la dernière page du livre de la mortalité : la naissance et la mort. On ne peut pas regarder un enfant qui vient juste de naître sans se demander : « D'où viens-tu, mon petit ? Es-tu là par hasard ou fais-tu partie d'un plan plus vaste, plus éternel ? Que sais-tu ? Que pourrais-tu me dire si tu en avais les moyens ? Qu'est-ce que la vie te réserve ? »

Je le sais car je me suis posé ces questions au moins sept fois, à la naissance de chacun de mes enfants.

Des questions tout aussi profondes accompagnent également la mort de nos êtres chers. Est-ce que la fin de la mortalité est la fin de la vie ? Est-ce qu'il y a une suite qui donnerait un sens et un objectif à notre existence ? Qu'est-ce que cela implique pour nous, ici et maintenant ? Est-ce que la façon dont nous menons notre vie a une quelconque importance ? Et qu'en sera-t-il de nos liens d'amour et d'amitié dans la vie après celle-ci ?

Pour les membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, les réponses à ces questions sont réconfortantes, apaisantes et empreintes de l'amour de Dieu. Par les Écritures modernes comme le Livre de Mormon et par la révélation continue aux prophètes et apôtres vivants, nous avons appris que notre vie sur terre a un sens parce qu'elle fait partie du grand plan de bonheur de notre Père céleste.

Nous avons vécu en tant qu'enfants d'esprit de notre Père céleste

L'origine de ce plan est nettement plus ancien que notre naissance. Avant que le monde ne fût créé, nous vivions en tant qu'enfants d'esprit de notre Père céleste. Par un processus naturel, nous avons hérité à l'état embryonnaire des traits de caractère et des attributs de notre Père céleste. Nous sommes ses enfants d'esprit. Nous avons hérité un peu de ce qu'il est. Ce qu'il est, nous pouvons le devenir (pour des éclaircissements scripturaires sur ce concept important, voir Actes 17:29 et Romains 8:16)

La vie dans notre demeure céleste différait de la vie sur terre en ce que nous n'étions pas sujets aux fragilités et aux difficultés de la mortalité. Nous étions cependant très occupés à apprendre et à grandir, à mûrir et à nous développer et nous avions tissé des liens constructifs les uns avec les autres. Nous avons eu, dans notre vie prémortelle, l'occasion de prendre des décisions et de faire des choix et certains d'entre nous étaient meilleurs que d'autres dans ce domaine.

« La famille sur terre est un prolongement de la famille de Dieu. Selon la doctrine des saints des derniers jours, chaque personne est enfant de parents célestes aussi bien que de parents mortels. Chaque individu a été créé spirituellement puis physiquement à l'image de Dieu et du Christ (voir Moïse 2:27 ; 3:5). La première Présidence de l'Église a déclaré : 'Tous les hommes et toutes les femmes sont à la similitude du Père et de la Mère universels et sont littéralement fils et filles de la divinité' (Messages of the First Presidency, 4:203). Chacun, avant de venir sur cette terre, vivait avec notre Père et notre Mère célestes et chacun a été aimé et enseigné par eux, en tant que membre de leur famille éternelle. » (Encyclopedia of Mormonism, 2:486-487)

Actuellement, nous continuons à jouir de l'amour et de l’attention que nous portent nos parents célestes. Dans notre merveilleuse demeure prémortelle, nous avons eu l'occasion d'apprendre beaucoup de vérités éternelles. Notre Père céleste souhaitait que nous développions toutes nos qualités divines puisqu'il savait que, bien que chacun de nous soit unique, nous possédions tous en nous les semences de la divinité. En réalité, nous désirions ardemment lui ressembler. Il savait que notre progression serait limitée sans la sagesse issue de l'expérience mortelle, caractérisée par les épreuves et les tentations liées à notre corps physique. Le plan de notre Père a donc été élaboré pour nous aider à atteindre la plénitude de notre potentiel. Il savait que ce serait difficile et douloureux, probablement d'ailleurs autant pour lui que pour nous, mais il savait que c'était la seule solution pour la progression de ses enfants.

Nous avons choisi le plan de Dieu avant de naître

Notre Père a donc rassemblé ses enfants d'esprit pour leur expliquer son plan. Il nous a dit qu'il avait créé un monde à notre intention, où nous pourrions vivre une variété d'expériences et être éprouvés de diverses façons. L'oubli complet de notre foyer céleste était nécessaire afin que nous puissions faire de véritables choix, sans être influencés par les souvenirs de notre vie avec Dieu. Comme Paul l'a enseigné aux Corinthiens, il était prévu que nous marchions « par la foi et non par la vue. » (2 Corinthiens 5:7)

Cependant, il nous a promis de ne pas nous laisser entièrement seuls. Le Saint-Esprit nous aiderait à faire de bons choix, si nous écoutions ses doux murmures. Il révèlerait aussi la volonté de Dieu à ses prophètes et inspirerait la rédaction des Écritures pour nous guider.

Malgré tout cela, notre Père céleste savait que nous ferions des erreurs. Il a donc promis qu'un sauveur interviendrait pour expier nos mauvaises décisions, nos mauvais choix et nous permettre ainsi à tous de redevenir entièrement purs pour retourner vivre avec lui.

Cependant, le choix reposerait entièrement sur nous. Bien qu'il veuille nous voir revenir vivre avec lui, il ne peut pas et ne veut pas nous imposer sa volonté. Le libre arbitre, que nous l'exercions en bien ou en mal, est le fondement même du plan. Cela implique que Dieu nous a laissé le choix de retourner ou pas auprès de lui, par l'intermédiaire de son Fils, Jésus-Christ.

Malheureusement, certains de nos frères et sœurs d'esprit n'aimaient pas le plan de Dieu. L'un d'eux, Lucifer, était particulièrement mécontent et s'est rebellé. Il a proposé de modifier le plan pour que l'obéissance soit obligatoire. Tous les humains seraient forcés à faire le bien, ainsi aucune âme ne serait perdue. La faille du plan perfide de Lucifer était qu'en retour de cette promesse irréalisable de sauver toute l'humanité, il voulait tout l'honneur et la gloire à la place du Père.

Jésus, le premier-né de Dieu, le plus sage et le plus grand de tous ses enfants d'esprit, savait que l'honneur appartenait à notre Père. Il s'est porté volontaire pour endosser le rôle central du plan de Dieu, en lui en laissant toute la gloire. Jésus a dit qu'il viendrait sur terre pour montrer l'exemple d'une vie parfaite et serait ensuite prêt à porter le fardeau et la douleur de nos péchés pour que nous puissions tous retourner vivre dans notre foyer céleste, si tel serait notre choix. Selon le plan de notre Père céleste, il est indispensable que chacun soit libre de choisir.

En fait, nous avions déjà cette liberté dans la vie prémortelle. Tous les enfants de notre Père céleste ont eu le droit de choisir entre les deux plans proposés. Malheureusement, un tiers des armées des cieux ont choisi de suivre Lucifer (voir D&A 29:36). Ce faisant, ils ont choisi de se priver des bénéfices de l'expérience mortelle, ce qui les entraîne hors de la présence de Dieu à tout jamais. Le reste d'entre nous, tous ceux qui sont nés sur cette terre, avons choisi de nous ranger dans le camp de notre Père céleste aimant et de son Fils Jésus-Christ.

Nous devons garder à l'esprit qu'il y a eu de l'opposition depuis le début des temps et qu'il y a deux forces à l'œuvre dans le monde aujourd'hui, les forces de Dieu le Père et de son Fils Jésus-Christ et les forces de Satan et de ceux qui l'ont suivi et ont été chassés de la présence du Père pour rébellion. Satan et ses armées luttent sans merci pour détruire et tromper les enfants de Dieu. Tous les moyens sont bons pour détruire la foi et la justice des hommes et des femmes vivant sur cette terre (voir Apocalypse 12:7-9 ; Moïse 4:1-4). Malheureusement, les attaques de Satan réussissent très bien. Tous les jours, nous constatons les effets de la malhonnêteté, de la cupidité, de l'abus de pouvoir, de la cruauté, de la violence et d'une immoralité sans vergogne.

Le côté positif de l'histoire est que la bataille menée dans le monde prémortel en faveur du libre arbitre a été remportée par les forces de Jésus-Christ. Notre Père céleste et lui-même ont fait alliance avec nous de mettre tout en œuvre pour nous permettre de retourner vivre un jour avec eux, si tel est notre choix. Nous ne sommes pas seuls.

Nos choix affectent la qualité de notre vie

Nous, subtil mélange de fragilité humaine et de potentiel divin, sommes venus sur terre. Bien qu'il n'y ait pas grand-chose de plus dépendant et vulnérable qu'un nouveau-né, il n'y a pas non plus grand-chose de plus majestueux que l'arrivée sur terre d'un nouvel enfant de Dieu. Pour employer les mots du poète William Wordsworth dans son « Ode à l'immortalité » :

Notre naissance n’est qu’un sommeil et un oubli ;
L’âme qui se lève avec nous, étoile de notre vie,
A pris ailleurs son départ
Et vient de bien loin ;
Ce n’est pas dans un oubli complet
Ni dans une nudité totale,
Mais en traînant des nuées de gloire, que nous venons
De Dieu, qui est notre foyer.

Nous voilà maintenant sur terre où nous faisons chaque jour et continuellement des choix. De l'instant où le réveil sonne le matin à celui où nous nous couchons, nous avons des décisions à prendre. Certes, beaucoup de ces choix sont sans conséquence. Que nous mangions du pain ou des croissants au petit déjeuner n'a probablement pas une incidence éternelle, pas plus que la décision de prendre le bus ou la voiture pour aller au travail. En revanche, beaucoup de choix quotidiens ont leur importance car ils affectent directement la qualité de notre vie.

« Une vie de qualité » est un concept intéressant. Je crois que la plupart des gens pensent à ce concept en terme de commodités matérielles et de confort mais je préfère l'envisager sur le fond plutôt que sur la forme. Une vie de qualité est une vie qui influence positivement celle des autres et rend le monde meilleur. Une vie de qualité est une vie qui évolue toujours vers des horizons plus larges et qui repousse les frontières. Une vie de qualité est remplie d'amour et de loyauté, de patience et de persévérance, de bonté et de compassion. Une vie de qualité n'est pas limitée à cette vie seulement mais cherche à atteindre tout son potentiel éternel. Une vie de qualité est une vie bien vécue.

Toutefois, ce n'est pas nécessairement une vie parfaite. Bien que le Sauveur incite ses disciples à être « parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu 5:48), lui et son Père comprennent que durant cette épreuve mortelle, nous, pauvres humains, n'y parvenons pas. C'est la raison d'être du ministère terrestre du Christ : expier nos mauvais choix lorsque nous en sommes coupables. Le Seigneur, dans sa sagesse infinie, comprend qu'aucun de nous ne mènera une vie parfaite et que nous aurons tous besoin de son pardon.

Ce n'est bien sûr pas une raison pour désobéir à Dieu. En tant que disciples de Jésus-Christ, nous aspirons sincèrement à suivre son exemple en toutes choses, y compris dans le degré de perfection mortelle qu'il a atteint. Cependant, nous sommes conscients que l'objectif réalisable de cette vie consiste à faire de notre mieux pour obéir à ses commandements. Si, au fil de la vie, nous apprenons à utiliser de façon positive ce merveilleux don qu'est le libre arbitre non seulement pour notre propre bien mais aussi pour le bien d'autrui, alors notre voyage aura été un succès, peu importe sa durée ou le nombre de choses accomplies.

Faire face à l'adversité

Peu de temps après être rentrés de notre mission à Toronto, l'un de mes jeunes amis missionnaire est apparu sans s’annoncer sur le pas de ma porte. Il avait été un missionnaire exemplaire, un des dirigeants les plus solides, et il avait terminé sa mission à son tour. Il était prêt pour continuer sa vie.

« Président, dit-il, vous souvenez-vous nous avoir tous fait promettre de vous présenter la personne que nous souhaitions épouser ? »

« Oui, dis-je en souriant, je m'en souviens. »

« Eh bien, dit-il avec un plaisir évident, j'aimerais vous présenter ma fiancée ! »

Il nous a présenté une délicieuse jeune femme et nous avons passé quelques minutes à faire plus ample connaissance. Il me paraissait évident qu'elle était tout aussi fidèle et engagée que lui. Quel beau couple, si agréable, si pur, si amoureux. Ils m'ont fait l'honneur de me demander de les marier au temple trois mois plus tard environ. J'ai entouré la date dans mon agenda et nous nous sommes quittés.

Le lendemain soir, j'ai reçu un coup de fil m'informant que le jeune missionnaire qui était debout dans mon salon la veille au soir, en compagnie de sa fiancée, venait de perdre la vie dans un accident de voiture. J'étais choqué. Au lieu d'officier à son mariage, j'allais devoir parler à ses funérailles.

Pour ceux dont la perspective se limite à la condition mortelle, la mort peut paraître terriblement cruelle et capricieuse. La vie elle-même est remplie de dures réalités qui vous arrachent le cœur : la maltraitance d'enfants, le sida, les catastrophes naturelles comme les tornades et les tremblements de terre, la famine, le racisme et l'intolérance, les comportements inhumains de l’homme envers les autres.

Il est impossible d'observer la souffrance humaine, quelles qu'en soient les causes, sans ressentir de la souffrance et de la compassion. Il est donc facile de comprendre qu'une personne sans perspective éternelle se révolte contre les cieux quand elle voit un reportage horrifiant sur la famine en Afrique ou les ravages causés par une tornade.
L'observateur compatissant dira : « S'il y a un Dieu, comment peut-il permettre que de telles choses se produisent ? »

La réponse n'est pas simple mais pourtant, elle n'est pas très compliquée non plus. Dieu a mis son plan en action. Il se déroule selon les lois de la nature, qui sont en fait les lois de Dieu. Et parce que ce sont ses lois, il se doit de les respecter, tout comme nous. Dans ce monde imparfait, des choses terribles peuvent se produire. Les plaques tectoniques glissent et occasionnent des tremblements de terre. Certains phénomènes météorologiques causent des ouragans, des tornades, des inondations ou de la sécheresse. Cela vient de la nature de notre vie sur terre. Cela fait partie de l'épreuve de notre aptitude à affronter les difficultés.

Quelquefois, l'adversité est causée par l'homme lui-même, par l'exercice de son libre arbitre. Nous tous avons oublié que, tellement heureux lorsque le plan de notre Père céleste et de Jésus-Christ nous a été annoncé, nous avons littéralement poussé « des cris de joie. » (Job 38:7) L'idée de la mortalité et la notion du libre arbitre nous enthousiasmaient, mais n'ayant jamais été mortels auparavant, je ne suis pas certain que nous comprenions pleinement l'effet que le libre arbitre aurait sur notre vie.

En général, quand nous pensons libre arbitre, nous pensons à nous personnellement. Demandez à quelqu'un de définir ce terme et il vous dira certainement quelque chose du genre : « Le libre arbitre signifie que je suis libre de choisir par moi-même. » Mais nous oublions que le libre arbitre offre ce même droit aux autres et que quelquefois, la liberté de choix des autres nous fait du tort.

Notre Père céleste est tellement attaché à protéger notre libre arbitre qu'il permet à tous ses enfants de l'exercer, que ce soit pour faire le bien ou pour faire le mal. Il a bien sûr une perspective éternelle qui lui permet de savoir que quelles que soient les souffrances que nous endurons dans cette vie et quelle qu'en soit la cause, elles ne durent qu'un instant, en comparaison à notre existence éternelle.

Pour illustrer cela, disons que vous voyez une corde qui s'étend des deux côtés à l'infini dans le cosmos. Au milieu, vous prenez un fil et vous le nouez autour de la corde. La partie de la corde à gauche du fil représente votre vie prémortelle. La partie de la corde à droite du fil représente votre vie après la mort. Le fil représente la durée de votre vie sur terre.

Voyez-vous ce que je veux dire ?

Certes, nous mortels, avons rarement cette perspective de notre vie. Nous ressentons la douleur, l'angoisse devant l'épreuve, la nôtre ou celle des autres mais la foi en notre Père céleste et en son plan peut être une source de force intérieure qui nous permettra de retrouver la paix, le réconfort et le courage de nous battre. En combinant la foi et la confiance, nous trouverons l'espérance. L'espérance vient de la foi et donne un sens et un but à tout ce que nous faisons. Elle peut nous donner le réconfort face à l'adversité, la force au moment de l'épreuve et la paix quand nous avons toutes les raisons d'être angoissés et de douter.

C'est ce réconfort, cette force et cette paix que j'ai ressentis en m'adressant à l'auditoire de personnes très nombreuses venues rendre un dernier hommage à mon jeune missionnaire. En observant les visages de sa famille, de sa fiancée et de ses amis, j'ai remarqué combien le réconfort vient de la connaissance et de la soumission au plan éternel de Dieu. Bien qu'il nous manque à tous, nous partageons la certitude que la vie est éternelle et que mon missionnaire n'est séparé de nous que pour un temps. Nous savons qu’un jour nous serons tous ensemble dans le royaume de Dieu si nous choisissons de vivre aussi dignement et fidèlement que ce jeune homme.

Ainsi illuminée par la lumière de la foi, l'adversité n'est qu'un véhicule de croissance et la mort n'est qu'une porte menant d'une phase de notre existence éternelle à une autre.

La vie continue après la mort

Mon père est décédé il y a plusieurs années et ma mère l'a suivi dix mois plus tard. Bien que leur mort n'ait pas été tout à fait inattendue, il m'a été difficile de leur dire au revoir à tous les deux, surtout à si peu d'intervalle. J'étais tellement heureux sur le moment, et je le suis encore, d'avoir l'assurance que Dieu a pour nous un plan qui inclut l'après-vie, que notre existence terrestre a un sens et constitue une préparation importante pour ce qui nous attend après. Quelle bénédiction de savoir que la mort n'est pas la fin, de savoir que ceux qui font de bons choix dans la vie seront généreusement récompensés et que nos êtres chers sont liés à nous pour l'éternité.

Bien sûr, nous ne savons pas tout de la vie après la mort. Le Sauveur a indiqué que dans la maison de son Père, il y a « plusieurs demeures » (Jean 14:2), ce qui semble impliquer plusieurs destinations possibles. La révélation moderne enseigne que nous irons dans l'un des trois royaumes éternels, ou degrés de gloire, selon notre fidélité dans cette vie (voir D&A 76). Notre Père céleste et Jésus-Christ vivent dans le plus haut degré de gloire ou le royaume céleste. Ceux qui sont dignes d'être exaltés dans ce royaume recevront non seulement le bonheur de vivre à jamais dans la présence de Dieu et du Christ mais seront aussi « héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ » (Romains 8:17) de tout ce que le Père possède.

En d'autres termes, chacun d'entre nous a le potentiel de devenir comme notre Père éternel.

Je comprends que cela puisse paraître prétentieux mais en fait, c'est sans prétention aucune ; c'est de l'émerveillement et une profonde gratitude envers notre Père aimant qui dans son amour et sa sagesse a conçu un plan nous permettant de devenir comme lui et comme son Fils, Jésus-Christ. Cela n'enlève en rien le rôle suprême de notre Père céleste dans notre vie éternelle. Il est et sera toujours notre Père et notre Dieu. Mais, comme tout bon père, il désire ce qu'il y a de meilleur pour ses enfants. Il veut que nous soyons heureux. Il veut que nous réussissions. Il veut que nous soyons semblables à lui.

Comment cela peut-il arriver ? Nous apprenons d'un prophète du Livre de Mormon nommé Alma que nous aurons après cette vie un corps glorifié et parfait. Comme nous l'avons lu auparavant, Alma a enseigné que le Christ a rendu possible la résurrection des morts, ce qui signifie que « l'esprit et le corps seront de nouveau réunis sous leur forme parfaite ; membres et jointures seront rendus à leur forme propre, comme nous sommes maintenant, en ce moment… et pas même un seul cheveu de leur tête qui sera perdu ; mais chaque chose sera rendue à sa forme parfaite. » (Alma 11:43-44)

En ce qui concerne le processus de la perfection spirituelle, le critère « comme votre Père céleste est parfait » suscite la perplexité. Nul doute que les expériences et les possibilités de progression de la vie terrestre font partie du processus. Nous sommes tous venus ici avec la responsabilité personnelle de rechercher la vérité éternelle de Dieu, de vivre selon ses préceptes et aussi, mais oui, d’en faire part aux autres quand nous la trouvons. L'apôtre Paul a enseigné à ses interlocuteurs à Athènes qu'il fallait « qu'ils cherchassent le Seigneur, et qu'ils s'efforçassent de le trouver en tâtonnant, bien qu'il ne soit pas loin de chacun de nous, car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l'être. C'est ce qu'ont dit aussi quelques-uns de vos poètes : Nous sommes de sa race... » (Actes 17:27-28 ; voir aussi 2 Pierre 1:4 et 1 Jean 3:1-2)

Les Écritures suggèrent en outre que notre croissance spirituelle se poursuivra après cette vie. Pierre a enseigné qu'après la mort de Jésus, celui-ci « est allé prêcher aux esprits en prison. » (1 Pierre 3:19) Maintenant, pourquoi le Seigneur ferait-il une chose pareille, à moins qu'il y ait une chance d'évolution spirituelle parmi ceux à qui il prêche ?

Pierre ajoute : « Car l'Évangile a été aussi annoncé aux morts, afin que, après avoir été jugés comme les hommes quant à la chair, ils vivent selon Dieu quant à l'Esprit. » (1 Pierre 4:6)

Bien sûr, Pierre enseignait la même doctrine que celle qu'il avait entendue du Sauveur : « En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l'auront entendue vivront. » (Jean 5:25)

Il est évident que Jésus et ses disciples comprenaient que le plan de notre Père céleste donne perpétuellement l'occasion de progresser spirituellement. Nous n'avons que peu de renseignements sur la vie après celle-ci. C'est alors que la foi entre en jeu. Dieu a promis des bénédictions ineffables à ceux qui apprennent à marcher par la foi dans cette vie et à exercer leur libre arbitre pour faire de bons choix (y compris le choix de croire ou ne pas croire au plan divin). Ces promesses devraient nous suffire. Il n'est pas indispensable que nous connaissions en détail les bénédictions promises. Nous devons tout simplement avoir foi en lui et confiance en ses promesses.

Ce qui, tout bien considéré, n'est pas bien difficile. Après tout ce que notre Père céleste a fait pour réaliser son grand plan de salut pour nous, du miracle de la naissance au miracle de la vie éternelle en sa présence, il est manifeste qu'il nous aime profondément et qu'il ne souhaite que notre bonheur éternel auprès de lui. Cette connaissance devrait tous nous aider à lui faire confiance.



CHAPITRE SEPT : LES ARTICLES DE FOI

Environ une douzaine d'années après l'organisation de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, l'éditeur du journal The Chicago Democrat a demandé à Joseph Smith de préparer un article donnant le détail de l'histoire et des croyances de l'Église. Cet article était important parce qu'il comportait la première déclaration, simple et concise de la doctrine de ladite Église par son fondateur lui-même, le Prophète. Depuis cette époque, les points énumérés par Joseph Smith dans ce journal sont connus sous le nom de « Articles de foi ».

Ces treize articles ou croyances contiennent l'essence de notre théologie. Nous avons déjà parlé de plusieurs points dans les chapitres précédents que nous ne détaillerons pas ici mais examinons-les un instant pour nous faire une idée du vaste champ doctrinal que couvrent les Articles de foi.

La divinité

1. Nous croyons en Dieu, le Père éternel, et en son Fils, Jésus-Christ, et au Saint-Esprit.

Vous avez déjà une idée de notre vision de notre Père céleste et de notre Sauveur, Jésus-Christ. Nos sentiments pour eux sont profonds et notre relation avec eux est très personnelle. Dieu est réellement notre Père céleste, avec toute la chaleur, la tendresse et l’attention que le mot père implique. Quant à Jésus, bien qu'il soit notre Seigneur et Maître, ayant une plénitude de gloire et de majesté, il est aussi le premier-né en esprit et donc notre frère. Son amour pour nous est familial et personnel, comme le nôtre pour lui.

Notre message au monde est qu'un Dieu des cieux, bon et aimant, a envoyé son Fils unique, Jésus-Christ, sur terre pour enseigner son Évangile, organiser son Église et expier les péchés du monde. C'est la vérité fondamentale sur laquelle reposent toutes les autres vérités.

Le troisième membre de la divinité, le Saint-Esprit, quelquefois appelé l'Esprit-Saint, l'Esprit de Dieu, l'Esprit du Seigneur ou le Consolateur, a un rôle important, dont un aspect consiste à témoigner de la vérité, et en particulier de la réalité de notre Père et de son Fils. Si nous croyons de tout notre cœur en Dieu, c'est uniquement parce que cette vérité essentielle a été communiquée à notre âme par le pouvoir du Saint-Esprit. Si nous aimons le Seigneur, c'est uniquement grâce au Saint-Esprit qui nous a présenté spirituellement sa réalité éternelle et sa grâce condescendante. Et si vous avez ressenti des choses positives en lisant ce livre, c'est que le Saint-Esprit a confirmé mon témoignage et vous a indiqué que ce que j'ai écrit est vrai.

Chacun de nous a ressenti l'influence du Saint-Esprit à un moment ou un autre de sa vie. Nous recevons en notre âme la confirmation de la vérité par le Saint-Esprit. Sa mission particulière est d'aider les gens à croire et à suivre les enseignements du Père et du Fils. Pour ce faire, le Saint-Esprit doit être différent des autres membres de la divinité, au moins à un égard. Par l'intermédiaire de Joseph Smith, le Seigneur a révélé que : « Le Père a un corps de chair et d'os aussi tangible que celui de l'homme, le Fils aussi ; mais le Saint-Esprit n'a pas de corps de chair et d'os, c'est un personnage d'esprit. S'il n'en était pas ainsi, le Saint-Esprit ne pourrait demeurer en nous. » (D&A 130:22)

Comme je l'ai dit plus tôt, le libre arbitre est l'élément clé du plan de notre Père céleste pour notre progression éternelle. Notre Père céleste et Jésus nous ont offert la liberté de choisir ; le Saint-Esprit est à notre disposition pour nous aider à faire de bons choix, si nous voulons bien l'écouter.

Mon père était dans le commerce automobile et c'est par là que j'ai débuté ma carrière professionnelle. Un jour, la Ford Motor Company est arrivée en ville pour trouver un concessionnaire qui représenterait leur nouvelle gamme de véhicules, un nouveau modèle magnifique, censé selon eux, révolutionner l'industrie. Cette voiture serait tellement exceptionnelle qu'Henry Ford II avait l'intention de la nommer en l'honneur de son père ; donc la société Ford cherchait assidûment la concession locale parfaite et m’a contacté souvent pour en parler. Je dois vous avouer qu'ils étaient très persuasifs.

J'ai tergiversé avant de prendre une décision. Les véhicules que nous représentions alors se vendaient bien et je craignais de bouleverser une affaire qui tournait bien. Mais si la nouvelle gamme était à moitié aussi prometteuse que ce que Ford laissait entendre, j'étais en train de passer à côté de la chance de toute une vie.

J'ai prié pour être guidé. Vous vous demandez peut-être s'il est correct de demander de l'aide à Dieu pour nos décisions professionnelles ou nos investissements. Je crois aux paroles de l'un des prophètes du Livre de Mormon nommé Amulek, qui a enseigné : « Invoquez-le pour les cultures de vos champs, afin que vous en retiriez la prospérité. Invoquez-le pour les troupeaux de vos champs, afin qu'ils s'accroissent… Oui, et lorsque vous n'invoquez pas le Seigneur, que votre cœur soit rempli, continuellement tourné vers lui dans la prière pour votre bien-être, et aussi pour le bien-être de ceux qui sont autour de vous. » (Alma 34:24-27)

J'ai donc demandé à mon Père céleste de m'aider à prendre cette importante décision d’ordre matériel. Et il l'a fait. Quand mon père et moi avons vu pour la première fois la voiture, j'ai eu la très nette impression que je ne devais pas signer la franchise. À cet instant précis, je savais sans l'ombre d'un doute que c'était la chose à ne pas faire.

Mais Ford ne m'a pas demandé de signer immédiatement la franchise. Ils m'ont laissé le temps de réfléchir et m'ont relancé ensuite. Je suis désolé d'admettre que j'ai fini par céder à la pression, j'ai ignoré l'inspiration reçue et j'ai signé la franchise, faisant de moi le premier revendeur d'Edsel de Salt Lake City. Si vous connaissez un peu l'histoire de l'automobile, vous savez aussi que je suis devenu le dernier revendeur d'Edsel de la ville, parce qu'il s'est avéré que cette voiture a été l'un des plus grands échecs de l'histoire de l'industrie. Non seulement Ford a perdu des millions de dollars dans la campagne mais tous les revendeurs Edsel ont subi de lourdes pertes, moi y compris. C'était sans nul doute, l'une des périodes les plus sombres de ma carrière professionnelle.

J'aurais pu l'éviter. Il aurait suffi que je me range aux impressions du Saint-Esprit. C'est ce qui est étrange dans cette situation : Je prie, demande et reçois le conseil du Seigneur par le Saint-Esprit de façon claire et sans équivoque mais je décide de ne pas écouter et ma famille et moi-même en subissons les conséquences.

Heureusement, cette expérience et d'autres m'ont enseigné l'importance d'être attentif à l'Esprit et d'obéir à ses indications. J'ai eu un nombre incalculable d'expériences très enrichissantes lorsque je l'ai fait. Je sais pertinemment que je ne pourrais pas remplir mon rôle actuel d'apôtre du Seigneur Jésus-Christ sans la direction, le réconfort et l'influence du troisième membre de la divinité, le Saint-Esprit.

La responsabilité personnelle

2. Nous croyons que les hommes seront punis pour leurs propres péchés, et non pour la transgression d'Adam.

Le second article de foi fait allusion au concept chrétien traditionnel du péché originel, qui affirme qui nous naissons tous pécheurs à cause de la chute d'Adam et Ève dans le jardin d'Éden. L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours n'adhère pas à cette notion de péché originel et à son effet négatif sur l'humanité. Au contraire, nous rendons hommage à Adam et Ève pour leur sagesse et leur vision. Quitter la vie de béatitude du jardin d'Éden pour qu'eux-mêmes et toute la famille humaine puissent connaître les triomphes et les douleurs de la mortalité n'a pas dû être facile. Nous croyons cependant qu'ils ont choisi délibérément la mortalité, rendant ainsi possible notre participation au grand plan éternel de notre Père céleste.

Bien que chacun de nous, étant de passage sur cette terre, fasse des erreurs à un moment ou à un autre, nous croyons que nous ne sommes pas pécheurs de naissance. En réalité, Mormon, prophète du Livre de Mormon a enseigné à son fils Moroni que « les petits enfants sont vivants dans le Christ depuis la fondation du monde. » (Moroni 8:12)

En d'autres termes, nous naissons purs et nous apprenons à pécher en grandissant. Si vous n'êtes pas certain de ce que j'avance, regardez autour de vous le nouveau-né le plus proche. Plongez votre regard dans ses yeux. Avez-vous déjà vu autant de douceur et de pureté ? On pourrait presque voir les cieux à travers les yeux d'un bébé.

Bien sûr, cela évolue avec le temps et ce regard plein d'innocence se change en regard plein de malice. C'est alors que l'enfant devient responsable et capable de pécher, quand il comprend la différence entre le bien et le mal. Le Seigneur a révélé par l'intermédiaire de Joseph Smith, le prophète, que c'est à huit ans que l'enfant atteint l'âge de raison. C'est aux parents qu'incombe la responsabilité d'enseigner aux enfants la doctrine du royaume et de les préparer à leurs responsabilités éternelles.

Quant à la « transgression d'Adam », il n'y a pas lieu de se faire du souci, vous n'êtes pas plus responsable de ses erreurs qu'il l'est des vôtres. Cela fait partie du principe du libre arbitre, chacun est individuellement responsable des conséquences de ses choix. Il est vrai que nous sommes tous affectés par la manière dont les autres, y compris Adam, choisissent d'employer leur libre arbitre, mais nous ne sommes responsables que de nos propres décisions. Pour le reste, à nous d'en tirer le meilleur parti selon notre capacité à faire de bons choix.

L'Expiation

3. Nous croyons que, grâce au sacrifice expiatoire du Christ, tout le genre humain peut être sauvé en obéissant aux lois et aux ordonnances de l'Évangile.

L'Expiation est la doctrine la plus merveilleuse de toute la chrétienté. Chaque jour de ma vie j'y pense et je remercie Dieu pour ce principe. Bien que nous ayons déjà parlé de la bonté du Sauveur précédemment, je trouve qu'un aspect de la doctrine de l'Expiation mérite une explication supplémentaire.

Jésus-Christ a accompli deux exploits sans précédent par son sacrifice expiatoire. D'une part il a vaincu la mort, ce qui fait que chaque personne aura le privilège de vivre éternellement, dotée d'un corps ressuscité. D'autre part, il a enduré le poids et la douleur de nos péchés pour que nous puissions vivre éternellement en présence de Dieu si nous avons foi au Christ et choisissons de nous repentir et de garder ses commandements. Le premier point, l’immortalité, est un cadeau gratuit. Nous n'avons rien à faire pour l'obtenir. C'est le fruit de la grâce aimante de Jésus-Christ. Le deuxième point, la vie éternelle dans le royaume céleste de Dieu, requiert un effort de notre part, celui de croire, de se repentir et de mettre en pratique la parole et ne pas se borner à l'écouter (voir Jacques 1:22).

Ainsi nous croyons à l'enseignement de Néphi, prophète du Livre de Mormon, qui dit que « c'est par la grâce que nous sommes sauvés, après tout ce que nous pouvons faire. » (2 Néphi 25:23) Nous comprenons cependant ce dont parlait Jean le révélateur dans sa vision prophétique quand il « vit les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône. Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre de vie. Et les morts furent jugés selon leurs œuvres, d'après ce qui était écrit dans ces livres. » (Apocalypse 20:12)

Jamais nous ne devons oublier que ces deux dons, l’immortalité et la vie éternelle, ne sont à notre portée qu’avec et par le Sauveur Jésus-Christ. Une chose intéressante se produit lorsque nous prenons pleinement part aux promesses de l’Expiation pour une éternité heureuse. Ceux qui se repentent et viennent au Christ (voir Moroni 10:32) découvrent avec enthousiasme qu’ils surmontent plus facilement les épreuves de la mortalité.

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, dit le Sauveur, et je vous donnerai du repos.

« Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes.

« Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. » (Matthieu 11:28-30)

L'Expiation est donc un principe de réconfort et de force pour ceux qui veulent profiter de sa puissante influence afin d'affronter les épreuves et l'adversité, dans cette vie et à jamais.

Les premiers principes de l'Évangile

4. Nous croyons que les premiers principes et ordonnances de l'Évangile sont : premièrement la foi au Seigneur Jésus-Christ, deuxièmement le repentir, troisièmement le baptême par immersion pour la rémission des péchés, quatrièmement l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit.

L'Évangile, tel qu'il est enseigné dans l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, repose sur la foi au Christ et la repentance, grâce à son expiation. Qu'en est-il du baptême alors ?

Un apôtre moderne, James E. Talmage, a défini le baptême comme étant « la porte par laquelle on entre dans le troupeau du Christ, le portail de l'Église, le rite établi de naturalisation dans le royaume de Dieu. » (Étude des Articles de foi, p. 153) Par le baptême, nous prenons sur nous le nom du Christ et promettons de faire ce qu'il ferait, y compris obéir aux commandements de Dieu. Le Seigneur promet en retour de nous envoyer son Esprit pour nous guider, nous fortifier et nous réconforter. Et plus important peut-être, il promet aussi de nous pardonner les péchés pour lesquels nous nous sommes sincèrement repentis. Ainsi, ceux qui descendent dans les eaux du baptême sont littéralement lavés de leurs péchés et ressortent des fonts baptismaux aussi purs que des nouveau-nés.

Alma, prophète du Livre de Mormon, invite ainsi son peuple : « Venez et soyez baptisés au repentir, afin d'être lavés de vos péchés, afin d'avoir foi en l'Agneau de Dieu, qui ôte les péchés du monde, qui est puissant à sauver et à purifier de toute injustice.

« Oui, je vous le dis, venez et ne craignez pas, et mettez de côté tout péché qui vous enveloppe facilement, qui vous entrave pour la destruction ; oui, venez et allez, et montrez à votre Dieu que vous êtes disposés à vous repentir de vos péchés et à faire alliance avec lui de garder ses commandements, et témoignez-le-lui aujourd'hui en entrant dans les eaux du baptême. » (Alma 7:14-15)

Jésus a bien sûr montré l'exemple lors de sa mission sur terre. Les Écritures rapportent qu'avant de commencer son ministère de trois ans, il est allé à la rencontre de son cousin Jean, qui détenait l'autorité de la prêtrise pour baptiser.

« Mais Jean s'y opposait, en disant : C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et tu viens à moi !

« Jésus lui répondit : Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Et Jean ne lui résista plus.

« Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l'eau. Et voici, les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

« Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection. » (Matthieu 3:14-17)

Jésus n'avait évidemment pas besoin d'être baptisé pour la rémission de ses péchés, n'en ayant commis aucun, mais Néphi, dans le Livre de Mormon nous explique que le Sauveur « montre aux enfants des hommes que, selon la chair, il s'humilie devant le Père et témoigne au Père qu'il lui obéira en gardant ses commandements. » (2 Néphi 31:7)

Les saints des derniers jours désirent fortement suivre l'exemple de Jésus et croient au caractère essentiel de l'ordonnance du baptême par immersion pour la rémission des péchés.

Très vite après le baptême, de dignes détenteurs de la prêtrise posent les mains sur la tête du nouveau baptisé pour le confirmer membre de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours et pour lui octroyer un don très particulier, le don du Saint-Esprit. Bien que la plupart des gens ressentent occasionnellement l’influence du Saint-Esprit qui leur souffle la vérité, le droit d'être guidés par le Saint-Esprit est la prérogative de ceux qui, par le baptême, ont manifesté leur désir de suivre et de servir le Seigneur. S'ils vivent dignement, ils sont guidés spirituellement, et s'ils suivent ces indications, ils seront ramenés à leur foyer céleste.

Le don du Saint-Esprit nous rapproche du troisième membre de la divinité. D’une certaine manière, c'est comme habiter à côté de la caserne des pompiers. Bien que tous aient droit à leurs services, la personne la plus en sécurité sera celle qui demeure le plus près de la caserne. Grâce à ce don, le Saint-Esprit fait partie de notre vie. Il pénètre notre cœur et veille sur nous, ce qui représente un avantage immense pour autant que nous prêtions attention à ses indications.

L'autorité de la prêtrise

5. Nous croyons que l'on doit être appelé de Dieu par prophétie, et par l'imposition des mains de ceux qui détiennent l'autorité, pour prêcher l'Évangile et en administrer les ordonnances.

Comme nous l'avons dit plus haut, la prêtrise est l'autorité de Dieu donnée aux hommes pour qu'ils accomplissent ce que lui et le Sauveur accompliraient s'ils vivaient parmi nous. C'est le canal par lequel notre Père céleste gouverne ses enfants dans l'ordre et la douceur.

Le gouvernement de la prêtrise diffère radicalement de toute autre forme de gouvernement. Alors que trop souvent le gouvernement humain est fondé sur une révolution et dirigé par le pouvoir, le gouvernement de la prêtrise est fondé sur la révélation et dirigé par le Tout-puissant. Et tandis que le gouvernement humain repose sur des lois créées par des hommes aux capacités limitées et aux motivations diverses, le gouvernement de la prêtrise repose sur les commandements de Dieu, institués par notre Père céleste, un Père céleste bon et aimant, aux capacités illimitées et motivé exclusivement par notre bonheur éternel.

En résumé, la seule raison d'être du pouvoir de la prêtrise est d'aider à ramener les enfants de notre Père céleste en sécurité chez lui.

L'Église de Jésus-Christ

6. Nous croyons à la même organisation que celle qui existait dans l'Église primitive, savoir : apôtres, prophètes, pasteurs, docteurs, évangélistes, etc.

Pour certains, la pensée que Jésus a organisé une Église tandis qu'il était sur terre est nouvelle et quelque peu déconcertante. Pourtant, il est clair qu'il l'a fait. Paul dit : « Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs. » (Éphésiens 4:11)

Dans quel but a-t-il fait cela ?

« pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ,

« jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ,

« afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction. » (Éphésiens 4:12-14)

Comme nous l'avons dit plus tôt, l'Église de Jésus-Christ, organisée durant son ministère terrestre, n'a pas pu survivre dans son intégralité au-delà du premier siècle après sa mort et sa résurrection à Jérusalem. C'est pour cela que Pierre a prophétisé qu'il y aurait un « rétablissement de toutes choses » (Actes 3:21), ce qui inclut l'organisation de l'Église du Christ. Nous croyons que ce rétablissement a eu lieu par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith et que l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est réellement l'Église du Christ sur la terre, avec à sa tête un prophète vivant et un collège inspiré de douze apôtres. J'affirme que c'est véritablement l'Église de Jésus-Christ.

Ceux qui croient aux prophètes et apôtres vivants et les suivent sont grandement bénis. Bien qu’ils sachent qu'il y a un prophète de Dieu sur terre, les saints des derniers jours ne sont pas exempts de la responsabilité de penser et d'agir par eux-mêmes. En plus des inspirations du Saint-Esprit que chacun a la responsabilité de suivre, ils bénéficient du conseil inspiré des serviteurs choisis de Dieu qui permet à ceux qui le veulent bien de trouver une source supplémentaire de force et de clairvoyance spirituelle. Grâce à ses serviteurs, les principes de l'Évangile sont plus clairs et le plan de salut est expliqué pour que chacun sache comment vivre selon les enseignements du Seigneur.

Ceux qui ont accès à la révélation moderne par la parole des prophètes et apôtres vivants affrontent les épreuves les plus dures avec confiance car ils savent vers qui se tourner pour trouver la vérité.

Les dons spirituels

7. Nous croyons au don des langues, de prophétie, de révélation, de vision, de guérison, d'interprétation des langues, etc.

Nous témoignons au monde que les dons spirituels qui existaient en abondance du temps du Christ et de ses saints apôtres sont à nouveau actifs et vivants dans la vie des enfants de Dieu aujourd'hui. À propos de ces dons spirituels, le Sauveur a dit : « Ils sont donnés pour le profit de ceux qui m'aiment et qui gardent tous mes commandements, et de celui qui cherche à faire ainsi. » (D&A 46:9)

Nous avons des missionnaires de par le monde qui ont fait l’expérience du don des langues pour pouvoir enseigner l'Évangile dans sa plénitude aux différents peuples de la terre. Nous avons des prophètes qui reçoivent la révélation de Dieu, notamment des visions, afin qu'ils puissent communiquer la volonté de Dieu à ses enfants. Nous témoignons de guérisons miraculeuses accomplies par le pouvoir de la foi et par l'autorité de la prêtrise, pour le bénéfice de chacun.

« Et tous ces dons viennent de Dieu, a dit le Seigneur à Joseph Smith, pour le profit des enfants de Dieu. » (D&A 46:26)

Un jour, alors que j'étais à mon bureau, j'ai eu l'impression soudaine que je devais aller à l'hôpital rendre visite à un voisin qui venait d'y être admis pour un problème cardiaque. J'ai d'abord songé m'y arrêter en rentrant du travail puisque rien ne laissait présager que la situation était grave. L'impression spirituelle était pressante : il fallait y aller immédiatement. À cette époque de ma vie, j'avais appris à être attentif aux incitations du Saint-Esprit donc je suis parti sans vraiment savoir pourquoi.

En arrivant à l'hôpital, le personnel m’a informé que mon ami avait fait une crise cardiaque grave. Bien que, seul dans sa chambre, il semblât endormi, j'ai senti que la bénédiction de santé que je devais lui donner devait prévoir une guérison totale. J'ai donc posé les mains sur sa tête et par l'autorité de la prêtrise, je l'ai béni.

J’'ai appris depuis que les courbes sur les moniteurs se sont rétablies très vite après la bénédiction. En cinq jours il était sorti de l'hôpital et en un mois, il était guéri.

Récemment, il m'a écrit : « Cela fait maintenant huit ans. Aujourd'hui je travaille huit à dix heures par jour. Je fais du golf. Je marche tous les jours. Je fais même du ski nautique. Et je n'oublie jamais que selon toute probabilité, je devrais être mort. Merci pour ces huit dernières années, et merci mon Dieu ! »

Est-ce que l'ère des miracles est terminée ? Non, et loin s'en faut. Dieu continue à accomplir des miracles parmi ses enfants grâce aux dons de l'Esprit.

La Bible et le Livre de Mormon

8. Nous croyons que la Bible est la parole de Dieu dans la mesure où elle est traduite correctement ; nous croyons aussi que le Livre de Mormon est la parole de Dieu.

Nous l'avons dit plus tôt, les saints des derniers jours aiment la sainte Bible et lui vouent le respect dû à la parole de Dieu. Nous la lisons, nous l'étudions, nous l'utilisons lorsque nous enseignons. Notre vie est enrichie par les histoires et les messages puissants contenus dans l'Ancien et le Nouveau Testaments.

Cependant, nous savons que la Bible a subi un nombre incalculable de traductions. Au fil des siècles, des changements ont altéré la pureté de la doctrine. Bien que ce soit un miracle que la Bible ait survécu aussi longtemps, il serait peu sage de croire qu'elle nous soit parvenue complètement indemne.

C'est pour cette raison que l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est si reconnaissante pour les révélations et éclaircissements inspirants contenus dans les pages du Livre de Mormon, des Doctrine et Alliances et de la Perle de grand prix. Ces ouvrages scripturaux confirment les vérités bibliques en même temps qu'ils élargissent les horizons doctrinaux bien au-delà des limites de la Bible. Le témoignage de ces autres témoins confirme avec la Bible que Dieu vit, que Jésus est le Christ et qu'ils nous aiment assez pour préparer un plan pour nous permettre de retourner vivre avec eux dans la paix et le bonheur.

La révélation moderne

9. Nous croyons tout ce que Dieu a révélé, tout ce qu'il révèle maintenant, et nous croyons qu'il révélera encore beaucoup de choses grandes et importantes concernant le royaume de Dieu.

Parmi les dons de l'Esprit les plus merveilleux se trouve le don de la révélation. Comme le prophète Amos l'a déclaré dans l'Ancien Testament : « Car le Seigneur, l'Éternel, ne fait rien sans avoir révélé son secret à ses serviteurs les prophètes. » (Amos 3:7) Ayant eu le privilège de connaître et de travailler avec des prophètes vivants de Dieu, je témoigne en toute simplicité que les cieux ne sont pas clos. S'il y a eu des époques de l'histoire de l'humanité où, du fait de l'apostasie et de l'incrédulité, l'Église du Seigneur ne se trouvait plus sur terre et où la révélation avait cessé, ce n'est pas le cas aujourd'hui. L'Évangile de Jésus-Christ a été rétabli et Dieu continue à révéler sa volonté à travers des hommes qu'il a appelés pour le représenter sur terre.

Il est important de comprendre que Dieu n’a jamais fermé les cieux ; c'est l'homme qui l’a fait. C'est l'homme qui proclame que Dieu a dit tout ce qu'il avait à dire. C'est un peu présomptueux pour un homme de dire à Dieu qu'il ne peut pas parler à ses enfants ! En réalité, notre Père céleste a parlé à un jeune homme de quatorze ans qui l'a abordé par une prière simple et sincère, ayant confiance qu'il répondrait. Je suis heureux de savoir que Dieu aime ses enfants aujourd'hui, tout autant que ceux, dans les temps anciens, qui avaient la bénédiction d'être dirigés par des prophètes.

Mais Dieu ne parle pas exclusivement à ceux qui ont été appelés prophètes et révélateurs. Vous et moi pouvons recevoir la révélation personnelle pour orienter notre vie, pour guider notre famille, pour nous aider à assumer nos responsabilités, dans la mesure où nous vivons de façon à être réceptifs à la direction du Saint-Esprit. Le Seigneur a dit au prophète Néphi : « Je donnerai aux enfants des hommes ligne sur ligne, précepte sur précepte, un peu ici et un peu là ; et bénis sont ceux qui écoutent mes préceptes et prêtent l'oreille à mes recommandations, car ils apprendront la sagesse ; car à celui qui reçoit, je donnerai davantage ; et à ceux qui diront : Nous avons assez, on ôtera même ce qu'ils ont. » (2 Néphi 28:30)

Le rassemblement d'Israël

10. Nous croyons au rassemblement littéral d'Israël et au rétablissement des dix tribus. Nous croyons que Sion (la nouvelle Jérusalem) sera bâtie sur le continent américain, que le Christ régnera en personne sur la terre, que la terre sera renouvelée et recevra sa gloire paradisiaque.

Le dixième article de foi traite de la destinée prophétique du continent américain et du règne millénaire du Christ qui a été prédit. Il confirme toutes les prophéties scripturaires relatives à la seconde venue du Christ, y compris les prophéties bibliques du rassemblement d'Israël et du retour des dix tribus qui ont été « perdues » lors de l'invasion des Assyriens et de leur déportation vers 722 ans av. J.-C. Je ne détaillerai pas cette doctrine ici, il me suffit de dire que nous croyons que tout ce qui a été prophétisé par les prophètes de Dieu se réalisera et que Jésus-Christ reviendra sur terre en gloire et en majesté afin de régner sur son peuple en roi des rois et afin d'instaurer un millénaire de paix.

Évidemment, certains envisagent cette perspective avec crainte. Après tout, ces prophéties incluent des promesses de cataclysmes, de traumatismes et de tragédies dans le monde entier. Bien que je ne puisse pas nier que ces difficultés viendront, je suis en paix parce que je sais que le Seigneur est à la barre. Il connaît la fin depuis le commencement. Il nous a donné suffisamment d'instructions qui, si nous les suivons, nous guideront vers la sécurité, même en temps de crise. Ses desseins s'accompliront et un jour nous comprendrons. Pour l'instant, cependant, nous devons veiller à ne pas réagir de façon excessive à nos craintes, ni à sombrer dans des préparatifs extrêmes. Ce que nous devons faire, c'est garder les commandements de Dieu et ne jamais perdre espoir.

« Ne craignez donc pas, petit troupeau, dit le Seigneur par Joseph Smith, faites le bien ; laissez la terre et l'enfer s'unir contre vous, car si vous êtes bâtis sur mon roc, ils ne peuvent vaincre… Tournez-vous vers moi dans chacune de vos pensées ; ne doutez pas, ne craignez pas. » (D&A 6:34, 36)

Adorer Dieu

11. Nous affirmons avoir le droit d'adorer le Dieu Tout-Puissant selon les inspirations de notre conscience et reconnaissons le même droit à tous les hommes : qu'ils adorent comme ils veulent, où ils veulent ou ce qu'ils veulent.

Au vu des persécutions que des membres de notre Église ont endurées, il est aisé de comprendre que le principe de la tolérance religieuse soit cher à notre cœur. Mais tout comme il est important d'affirmer ce droit pour nous-mêmes, il est aussi de notre responsabilité de préserver et protéger ce droit pour les autres. Cela peut se traduire par une implication personnelle dans la préservation du droit à des pratiques religieuses auxquelles nous n'adhérons pas. En y réfléchissant bien, la tolérance religieuse ne signifie pas que nous partageons les mêmes croyances ; cela signifie plutôt que nous arrivons à nous entendre malgré de profondes différences et que nous veillons à protéger les droits de chacun à ces différences.

Logiquement, vous vous demandez alors pourquoi les saints des derniers jours déploient tant d'énergie à essayer de convertir les autres à leur façon de penser et d'adorer. Comprenez que, bien que nous reconnaissons aux autres le droit d’adorer selon leur désir, nous croyons que nous avons été appelés par Dieu à partager notre foi avec les autres et nous y trouvons une grande paix et une grande joie.

« Et je vous donne le commandement de vous enseigner les uns aux autres la doctrine du royaume, » a dit le Seigneur par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith.

« Enseignez diligemment, et ma grâce vous accompagnera, afin que vous soyez instruits plus parfaitement de la théorie, des principes, de la doctrine, de la loi de l'Évangile, de tout ce qui a trait au royaume de Dieu, qu'il est opportun que vous compreniez ;

« des choses qui se trouvent dans le ciel, sur la terre et sous la terre ; des choses qui ont été, des choses qui sont, des choses qui doivent arriver sous peu ; des choses qui se passent au pays, des choses qui se passent à l'étranger ; des guerres et des perplexités des nations, et des jugements qui sont sur le pays ; et aussi d'une connaissance des pays et des royaumes,

« Voici, je vous envoie témoigner et avertir le peuple, et il convient que quiconque a été averti avertisse son prochain. » (D&A 88:77-79, 81)

C'est pourquoi nous élevons une voix d'avertissement à tous les peuples et nous les invitons à aller au Christ et à être rendus parfaits en lui (voir Moroni 10:32). Et comme toujours, la réponse positive ou négative à cet avertissement et à cette invitation leur appartient.

Honorer la loi

12. Nous croyons que nous devons nous soumettre aux rois, aux présidents, aux gouverneurs et aux magistrats, et que nous devons respecter, honorer et défendre la loi.

Le patriotisme a toujours été cher aux saints des derniers jours, quelle que soit leur nationalité ou leur philosophie politique. En 1835, Joseph Smith a déclaré : « Nous croyons que les gouvernements ont été institués par Dieu pour le bénéfice de l'homme et qu'il tient les hommes pour responsables de leurs actes vis-à-vis d'eux, tant pour la promulgation de lois que pour leur application pour le bien et la sécurité de la société. » (D&A 134:1) Aujourd'hui, presque toutes les nations de la terre abritent des saints des derniers jours, qui vivent sous tous les régimes gouvernementaux possibles et nous affirmons pour tous cette même déclaration : « Nous croyons… que nous devons respecter, honorer et défendre la loi. »

Les vertus chrétiennes

13. Nous croyons que nous devons être honnêtes, fidèles, chastes, bienveillants et vertueux, et que nous devons faire du bien à tous les hommes ; en fait, nous pouvons dire que nous suivons l'exhortation de Paul : nous croyons tout, nous espérons tout, nous avons supporté beaucoup et nous espérons être capables de supporter tout. Nous recherchons tout ce qui est vertueux ou aimable, tout ce qui mérite l'approbation ou est digne de louange.

C’est par cette déclaration éloquente que Joseph Smith a conclu les Articles de foi qui présentent les croyances mises en pratique par les saints des derniers jours et le mode de vie auquel ils aspirent. Le message est positif, optimiste, ouvert sur l’extérieur, édifiant, et plus que tout, plein d'espérance.

L'espérance est un principe de vie précieux. L'espérance vient de la foi et donne un sens à tout ce que nous faisons. Elle peut même nous donner une assurance paisible, nécessaire pour vivre heureux dans un monde qui a sombré dans l'iniquité, les calamités et l'injustice.
Vers la fin de son ministère terrestre, le Sauveur a offert cette espérance rassurante à ses disciples bien aimés : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s'alarme point. » (Jean 14:27)

C'est l'espoir dans lequel nous sommes enracinés. Et la paix promise à toute l'humanité est « la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence. » (Philippiens 4:7)



CHAPITRE HUIT : VIVRE SELON L'ÉVANGILE PORTE DES FRUITS

En 1969, j'ai effectué un voyage au Mexique avec trois hommes d’affaires associés, tous trois hommes d'affaires remarquables ayant chacun amassé une fortune considérable ; en fait, l'un d'eux avait même acquis la réputation d'être un des hommes les plus riches de la planète. Nous étions dans le somptueux compartiment d'un jet privé : un milliardaire, deux millionnaires et moi.

En route pour le Mexique, ces trois hommes débattaient de diverses transactions impliquant des millions de dollars avec autant de facilité que d'autres en ont pour discuter du dernier match ou du dernier film qu'ils ont vu. Pour tout vous dire, j'étais intimidé, surtout quand le milliardaire s'est tourné vers moi pour me demander : « Alors, dites-moi, Ballard, que faites-vous exactement dans la vie ? »

« Après vous avoir entendu discuter tous les trois, dis-je, je n'ai pas l'impression de faire grand chose. »

Ils se sont esclaffés à ma remarque mais personne n'a essayé de démentir mon évaluation de la situation.

La conversation s'est poursuivie et il m'est apparu très clairement que malgré que ces hommes de bonne volonté aient fait beaucoup de bien dans le monde grâce à leur richesse, ce qui était le plus important pour le milliardaire, c'était d'accumuler encore et toujours plus d'argent, ce qui paraissait être la source de tout son pouvoir et de tout son prestige. La richesse semblait être le générateur de son bonheur et de sa fierté, sa passion, son obsession, peut-être même sa raison d'être. En parlant de son empire financier international et de son impressionnante collection de biens matériels, j'ai senti que sous cette façade se cachait un fondement de mal-être provenant d'une véritable famine spirituelle. Le milliardaire ne parlait pas avec entrain de sa famille ou de ses amis. Il ne semblait connaître ni la paix ni la vraie satisfaction. L'Évangile de Jésus-Christ ne faisait pas partie de sa vie. Dans un moment de réflexion, il m'a dit : « Je ne suis pas sûr qu'il y ait une vie après celle-ci, mais si c'est le cas, je me demande si ces choses auront une importance quelconque. »

Il est évident qu'aucune de ces deux options, que ce soit la mort comme fin de l'existence ou la vie après la mort sans les richesses et la gloire du monde, ne lui offrait un quelconque réconfort.

Le bonheur est la plus grande de toutes les richesses

Je suis rentré à la maison quelques jours plus tard, Barbara m'attendait à l'aéroport et nous avons pris la route de notre confortable demeure à Salt Lake City. Lorsqu'elle m'a demandé si j'avais apprécié ces quelques jours passés dans tout ce faste, j'ai soupiré et répondu : « Chérie, on n’a peut-être pas beaucoup d'argent ni beaucoup de ces choses que certains estiment être si importantes mais j'ai le sentiment que des quatre hommes de cet avion, j'étais le plus heureux et en quelque sorte, le plus riche. J'ai des bénédictions que l'argent ne peut tout simplement pas acheter et j'ai la satisfaction de savoir que ce qui m'est cher, toi, notre famille, mon amour pour Dieu, tout cela est éternel. »

Je ne pouvais m'empêcher de penser aux paroles du Sauveur à ses disciples : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent ;

« mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent.

« Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Matthieu 6:19-21)

Trouver la paix dans un monde troublé

Le trésor dont nous parlons est un sentiment de réconfort, de paix et de sécurité éternelle. Comme je sais que je fais partie d’un plan saint, conçu par un Père céleste qui aime tous ses enfants de façon égale et qui veut la réussite éternelle de tous, je n'ai aucune raison de me sentir en compétition avec qui que ce soit pour les louanges et les acclamations du monde. Ne vous méprenez pas sur mes propos : beaucoup d'hommes et de femmes de notre Église ont des moyens matériels considérables qui ne les empêchent pas de croire au plan éternel de notre Père céleste et de vivre en accord avec ce plan. Leur contribution au royaume de Dieu, spirituellement et financièrement, est importante. Nous désirons tous pourvoir aux besoins de notre famille et faire le meilleur usage possible des talents que Dieu nous a accordés. Mais, d'un point de vue éternel, la célébrité et la popularité sont loin d'être aussi importantes qu'aimer et être aimé. Le statut social ne pèse pas grand-chose en comparaison avec le service envers autrui, et l'acquisition de la connaissance spirituelle a infiniment plus de valeur que l'acquisition de richesses à l'excès.

Cette perception des choses et la sérénité émotionnelle et spirituelle qui en découle sont le fruit de la connaissance, de la véritable connaissance de l’Évangile de Jésus-Christ mis en application. La relation entre les hommes et Dieu est alors plus claire. L’Évangile donne un sens à la vie de chacun. Plus qu’une autre manière d’adorer Dieu, il est tout un mode de vie. Il guide chaque décision, il est le fondement de chaque relation, y compris la relation avec soi-même. Vous ne pourrez plus jamais vous considérer de la même façon si vous savez que vous êtes enfant de Dieu, qu'il vous connaît, vous aime et se soucie de vous. Vous ne pourrez plus ignorer les autres si vous savez qu'ils sont vos frères et sœurs éternels qui, comme vous, sont sur terre pour apprendre et grandir grâce à leurs expériences, bonnes et mauvaises.

La paix que procure une telle compréhension est vraiment un fruit délicieux de l'Évangile dans un monde d'incertitude et de frustration. Quel réconfort et quelle sécurité de savoir que nous avons une raison d'être ! Quelle bénédiction d'être solidement ancrés dans des valeurs qui guident notre vie ! Quelle joie de comprendre notre potentiel divin ! Qu'il est rassurant de savoir qu'une source de pouvoir nettement supérieur au nôtre est accessible par la foi, la prière et l'exercice juste de l'autorité de la prêtrise de Dieu ! Qu'il est encourageant de savoir qu'un réservoir de force peut nous aider à traverser les épreuves quotidiennes et à trouver la paix dans un monde troublé et agité !

Il existe bien sûr d'autres fruits de l’Évangile, tangibles et reconnaissables. Étant donné que notre Père céleste nous connaît, nous aime et nous comprend, il a prévu des moyens innombrables de nous bénir et de nous fortifier individuellement et en famille. Par exemple :

La parole de sagesse, prévue pour notre bonheur, notre santé et notre sagesse

Si vous en savez un tant soit peu sur l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, vous savez probablement que ses membres fidèles ne fument pas, ne boivent pas d'alcool et ne consomment ni café ni thé. Vous admirez peut-être même l'Église pour avoir adhéré si fermement aux évidences scientifiques, toujours plus nombreuses, expliquant tous les dangers associés à ces substances. Mais savez-vous qu'en fait, cette instruction a été donnée par révélation au prophète Joseph Smith en 1833, pour « le salut temporel de tous les saints dans les derniers jours » (D&A 89:2) ?

Cette révélation, que nous appelons la Parole de sagesse, est plus qu'une liste d'interdictions, bien qu'elle soit souvent considérée ainsi, y compris parmi les membres de l'Église. Outre les restrictions sur les boissons fortes, le tabac et les boissons brûlantes, la Parole de sagesse conseille la consommation des céréales, fruits et légumes et une consommation très modérée de viande.

Cela ne ressemble-t-il pas au régime que nos diététiciens modernes conseillent ? Ils le font sur la base de la recherche scientifique, de la technologie médicale et d'années d'expérimentation. Mais nous, saints des derniers jours, avons appris à vivre sainement depuis des générations, et pas seulement au motif de la santé. Nous le faisons parce qu'un prophète de Dieu a reçu une révélation de notre Père céleste en 1833 et a promis que nous serions bénis en y obéissant.

Effectivement, nous avons été bénis. Une étude menée par des chercheurs de l'Université de Californie à Los Angeles indique que les saints des derniers jours qui obéissent à la Parole de sagesse ont un taux de cancer et de maladies cardiovasculaires inférieur à l'ensemble de la population des États-Unis.

Le docteur James Enstrom de l'École de santé publique de UCLA a expliqué que l'étude révèle des différences importantes du taux de mortalité chez les mormons qui font attention à leur santé et respectent les trois règles suivantes : ne jamais fumer, pratiquer une activité physique régulière et respecter un temps de repos régulier de 7 à 8 heures par jour ; le résultat pour un homme de 25 ans est une longévité de 85 ans au lieu de 74 ans (voir « Health Practices and Cancer Mortality Among Active California Mormons, » James E. Enstrom, Journal of the National Cancer Institute, 6 December 1989, pp. 1807-1814)

Tout ceci est en parfait accord avec la promesse faite en 1833 par le Seigneur à propos de la Parole de sagesse : « Et tous les saints qui se souviennent de garder et de pratiquer ces paroles, marchant dans l'obéissance aux commandements, recevront la santé en leur nombril et de la moelle pour leurs os.

« Et ils trouveront de la sagesse et de grands trésors de connaissance, oui, des trésors cachés ;

« et ils courront et ne se fatigueront pas, et ils marcheront et ne faibliront pas. » (D&A 89:18-20)

Le Seigneur tient ses promesses. Les bénédictions promises par l’obéissance à la Parole de sagesse est un autre fruit de l'Évangile de Jésus-Christ.

La norme du Seigneur à l’égard de la pureté sexuelle

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours enseigne les mêmes principes de pureté sexuelle que ceux qui ont toujours été en vigueur parmi le peuple de Dieu, à savoir, pureté de pensée, abstinence complète avant le mariage et fidélité totale ensuite. C'est en obéissant à ces principes que nous pouvons éviter les conséquences désastreuses de l'immoralité qui prévalent dans notre société moderne.

« Nous déclarons fermement et invariablement que [la chasteté] n'est pas un vieux vêtement usé, défraîchi et démodé. Dieu est le même hier, aujourd'hui et à jamais, et ses alliances et sa doctrine sont immuables ; et, lorsque le soleil se refroidira et que les étoiles ne brilleront plus, la loi de chasteté sera toujours fondamentale dans le monde de Dieu et dans l'Église du Seigneur. L'Église prône les valeurs d'autrefois, non parce qu'elles sont vieilles, mais parce qu'elles sont justes. » (Enseignements des présidents de l'Église, Spencer W. Kimball, p. 200)

Ce principe du Seigneur n'est pas qu’un mode de vie alternatif dans un monde inquiet et paranoïaque. Ceux qui adhèrent à ce choix sont épargnés des conséquences émotionnelles d'une rencontre d'un soir, des traumatismes spirituels d'engagements non réciproques, du dilemme moral inhérent à une relation où la gratification est plus importante que la responsabilité. Au contraire, les possibilités extraordinaires d'un mariage fondé sur la confiance mutuelle, l'engagement et le respect s'ouvrent à eux.

J'ai célébré beaucoup de mariages où j'ai pu voir et ressentir le pouvoir de la pureté qui irradiait du cœur et de l'âme de jeunes hommes et femmes ayant obéi aux commandements de Dieu. Quelle bénédiction pour eux de pouvoir se regarder dans les yeux en sachant qu'ils ont préservé la partie la plus intime de leur être pour l'alliance du mariage ! Pour ces couples, la sexualité est une forme de communication, une manière d'exprimer des sentiments trop profonds pour que les mots leur fassent justice. C'est la manière la plus sublime de la nature de lier une âme humaine à une autre. Et lorsque le résultat est la création d'une nouvelle vie désirée, l'homme et la femme s'unissent alors à Dieu pour s'acquitter d'une des plus importantes responsabilités de la mortalité, l'un des éléments clé du plan éternel de notre Père céleste pour ses enfants.

Si cela vous paraît démodé, peu importe. Cela a l'avantage d'être vrai et juste. C'est aussi un autre délicieux fruit de l'arbre de l'Évangile. Imaginez ce que serait notre vie sur terre si tous les hommes et toutes les femmes respectaient cette loi !

Enseigner toutes les nations

Jésus a dit à ses apôtres : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. » (Matthieu 28:19-20) À notre époque, le Sauveur a enseigné à ses disciples qu'« il convient que quiconque a été averti avertisse son prochain. » (D&A 88:81)
C'est pour cette raison que des milliers de jeunes hommes et femmes célibataires et des couples plus âgés quittent leur foyer, leur famille et leurs amis, à leurs propres frais ou aux frais de leur famille pour servir le Seigneur en tant que missionnaires dans tous les coins du monde. Et cela, pour être parfaitement honnête avec vous, bien qu'ils se sentent tout aussi mal-à-l'aise que vous lorsque vous les retrouvez sur le seuil de votre porte. Cependant, non seulement ils ont un message d'importance éternelle à partager mais ils ont en outre le devoir divin de le faire.

Ces raisons devraient suffire à motiver les saints des derniers jours à œuvrer comme missionnaires. Mais, dès que vous servez le Seigneur, il vous bénit. Beaucoup de nos missionnaires débutent leur service missionnaire de dix-huit mois ou deux ans dans l'esprit d'exprimer à notre Père céleste leur reconnaissance pour ses bontés et rapidement ils apprennent une importante vérité : On ne peut jamais faire autant pour le Seigneur que lui pour nous.

Au fil des ans, j'ai vu un nombre incalculable de missionnaires partir et revenir et j'ai vu dans leur vie et dans la vie de leur famille les bénédictions extraordinaires qui ont résulté de leur service. L'œuvre dans laquelle ils sont engagés est rude et quelquefois décourageante mais comme ils se savent au service du Seigneur, ils sont capables de le servir vaillamment. Je suggère souvent à ceux qui souhaitent savoir si l'Église est vraie de passer quelques heures à travailler avec nos missionnaires. Très rapidement, ils constateront que personne ne peut accomplir tout ce qu'un missionnaire accomplit chaque jour sans être absolument persuadé que ce qu'il fait est juste et vrai.

Le Seigneur bénit ses missionnaires, tout comme il bénit ceux qu'ils enseignent et baptisent. Ils maîtrisent des langues complexes à une vitesse étonnante. Leur famille aux ressources très limitées découvre des moyens financiers inespérés de les soutenir. Leurs points faibles se changent en points forts, leurs difficultés se transforment en occasions de grandir, leurs épreuves en triomphes et l'adversité qu'ils rencontrent devient une aventure au service du Seigneur. Ceci est un autre fruit de l'Évangile.

Un clergé bénévole

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours n'a pas de clergé professionnel rémunéré. Partout où l'Église est organisée, elle est administrée par les membres des paroisses et des branches qui ont été appelés à ces positions sous l'inspiration du Saint-Esprit. C'est un vrai accomplissement si l'on considère que chaque paroisse ou branche comprend :

des classes de prêtrise pour tous les hommes de douze ans et plus ;
la Société de secours, l'organisation de femmes la plus importante et la plus ancienne au monde, encourage la spiritualité, le service et la solidarité ;
les Jeunes Filles, une organisation réservée aux filles de douze à dix-huit ans ;
la Primaire, responsable de l'éducation religieuse des enfants en dessous de douze ans ;
l'École du dimanche, responsable de l'approfondissement de l'étude des Écritures pour les plus de douze ans ;
la prêtrise d'Aaron et les programmes de scoutisme pour les garçons de douze à dix-huit ans ;
et toute une palette d'autres programmes et activités, y compris la généalogie (la recherche de l'histoire familiale), les chœurs de paroisse, les bibliothèques, les activités sociales et l'œuvre missionnaire.

Un programme vaste. Maintenir une organisation de paroisse efficace est un vrai défi qui repose sur le service et les efforts de dizaines de membres de chaque paroisse chaque année. C'est l'occasion de grandes bénédictions dans la vie de ceux qui servent comme de ceux qui sont servis. Le programme complet de l'Église est conçu pour permettre à ses membres de vivre une variété la plus large possible d'expériences et d'occasions de se rapprocher du Christ. Un homme peut être appelé à servir comme évêque d'une paroisse et en tant que tel être responsable du bien-être spirituel et temporel de cinq cents hommes, femmes et enfants puis, cinq ou six ans plus tard, être remercié et appelé quelques semaines plus tard à enseigner quelques adolescents à l'École du dimanche.

Et ce fonctionnement est normal. Dans l'Église, la répartition des tâches est en régulière rotation. Nous servons là où nous sommes appelés à servir et nous contribuons à la bénédiction d'autant de monde que nous pouvons. Ce faisant, nous vivons la joie exaltante du service tout en nous rapprochant de nos frères et sœurs dans l'Évangile et de Dieu.

Le service dans l'Église exige bien sûr des sacrifices. L'appartenance à l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours n'est pas l'affaire que du dimanche matin, c'est un mode de vie. En conséquence, nous avons en semaine des activités auxquelles nous sommes invités à participer comme acteur ou bénéficiaire : la soirée familiale, les activités pour les jeunes, les projets de service, l'assistance au temple, les fêtes de paroisse, les activités de scoutisme, les programmes de la Société de secours, les formations de dirigeants, et ainsi de suite. Nous sommes tellement impliqués dans des activités ecclésiastiques et familiales qu'on nous perçoit souvent comme étant indifférents à la vie de nos quartiers et de nos communes.

Que je me fasse bien comprendre : je n'essaie pas de justifier notre manque de participation à la vie communautaire. Au contraire, nous devons être de bons voisins et de bons citoyens. Je veux juste dire que si nos membres semblent pressés, demandez-leur ce qui les occupe ainsi. Vous serez surpris d'apprendre dans combien d'activités ils sont engagés, y compris dans les services à la collectivité.

Nous agissons dans de bonnes causes qui, nous l'espérons, rendent le monde meilleur. L'organisation de l'Église a prouvé maintes fois sa rapidité à répondre avec du matériel et du personnel aux situations d'urgences dans diverses parties du monde. La formation et l'expérience de nos membres acquises par leur action bénévole dans nos congrégations ont fourni aux collectivités et aux organisations humanitaires nombre de travailleurs capables et dévoués. Ceci est un autre fruit de l'Évangile.

Pourvoir aux besoins des nécessiteux à la manière du Seigneur

À propos du jugement dernier, le Sauveur a enseigné à ses disciples : « Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s'assiéra sur le trône de sa gloire.

« Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d'avec les autres, comme le berger sépare les brebis d'avec les boucs ;

« et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche.

« Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde.

« Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli ;

« j'étais nu, et vous m'avez vêtu ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus vers moi.

« Les justes lui répondront : Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim, et t'avons-nous donné à manger ; ou avoir soif, et t'avons-nous donné à boire ?

« Quand t'avons-nous vu étranger, et t'avons-nous recueilli ; ou nu, et t'avons-nous vêtu ?

« Quand t'avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi ?

« Et le roi leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites. » (Matthieu 25:31-40)

Dans l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, nous prenons très au sérieux cette instruction. L'Église dépense beaucoup d'énergie, d'efforts et de ressources localement et internationalement pour pourvoir aux besoins des démunis à la manière du Seigneur. Le premier dimanche de chaque mois, les saints des derniers jours jeûnent en se passant de deux repas consécutifs et donnent à l'Église, pour les pauvres et les nécessiteux, la somme ainsi économisée. Beaucoup donnent bien davantage. Cet argent, appelé offrande de jeûne, est utilisé à des fins humanitaires.

Ces actions humanitaires sont diverses. Lorsque les difficultés économiques s'accumulent sur nos membres, la plupart se tournent vers leur famille et vers l'Église pour obtenir de l'aide, plutôt que vers les organisations publiques. Beaucoup de services sont rendus par les programmes d'entraide de l'Église comme : l'aide à l'emploi, le soutien psychologique, la formation à la gestion des finances. Le « magasin de l'évêque » peut fournir de la nourriture et d'autres produits de première nécessité et dans certains cas l'Église peut apporter un soutien financier. Les membres dans le besoin reçoivent l'occasion de rendre service pour les biens et les services qu'ils reçoivent, ce qui leur permet de garder leur dignité et, malgré la précarité de leur situation, d'apporter assistance et service aux autres.

L'aide humanitaire dans le monde

À plus grande échelle, l'Église participe à de nombreux projets humanitaires de par le monde. Certaines actions ont un caractère permanent tandis que d'autres répondent à des situations ponctuelles et urgentes comme les inondations, les tremblements de terre et la famine. Les saints des derniers jours, qui sont connus pour « prendre soin des leurs » grâce aux programmes d'entraide de l'Église, sont également actifs quand il s'agit de rendre le monde meilleur, plus sûr, plus vivable.

En 1985, par exemple, les saints des derniers jours ont observé à deux reprises une journée de jeûne et ont volontairement contribué à des actions humanitaires à hauteur de six millions de dollars pour soulager la souffrance et la faim en Afrique et ailleurs.
À l'époque j'étais aux premières loges pour constater ce don puisque la Première Présidence de l'Église m'avait confié la tâche d'accompagner en Éthiopie le directeur des Services d'entraide de l'Église pour évaluer les besoins de la population et déterminer la meilleure façon d'utiliser nos ressources.

En collaboration avec différentes agences humanitaires internationales, nous avons visité des villages isolés de cette région aride. Je n'avais jamais vu une telle désolation. La surface meuble de la terre était balayée par les vents et il n'y avait pas le moindre arbre ou la moindre végétation en vue. Jamais je n'oublierai les femmes formant une file d'attente pour remplir d'eau leur cruche qu'elles portaient ensuite en équilibre sur leur épaule pour rentrer chez elles, à une distance pouvant atteindre quarante kilomètres.

Nous avons visité les camps de la Croix Rouge et les centres de secours où étaient soignés les cas désespérés. Les petits enfants s'accrochaient à nos jambes, les parents d'enfants malades nous les apportaient dans l'espoir que nous puissions faire quelque chose. Beaucoup avaient des plaies ouvertes ou souffraient d’autres maladies. Des mères malades, allongées sur des couchettes essayaient de nourrir et de réconforter leurs petits, dont beaucoup avaient les yeux creusés, les bras et les jambes fines comme des baguettes, signes de sous-nutrition avancée. Un vieil homme qui tenait un enfant souffrant dans ses bras nous a suppliés d'amener le garçon avec nous. Près d'un silo à grains, nous avons vu des milliers d'êtres humains qui attendaient leur tour de recevoir un sac de cinquante kilos de blé. Le sac était placé sur le dos des Éthiopiens dont certains étaient jeunes et capables de porter la charge alors que d'autres, âgés, chancelaient sous le poids. Chacun à son tour, le dos plié presque à angle droit, entamait le long trajet de retour à son village.

Je me souviens m'être arrêté dans la campagne pour prendre un repas. Quand nous avons ouvert le sac contenant nos sandwiches et nos fruits, nous avons été immédiatement entourés de jeunes enfants, tendant la main tout en frottant leur estomac et en touchant leurs lèvres. Impossible de manger quoi que ce soit donc nous avons découpé nos sandwiches en menus morceaux, ainsi que nos fruits et nous les avons distribués.

Cette visite de l'Éthiopie m'a déchiré le cœur et m'a laissé des impressions inoubliables. Combien je suis reconnaissant au Seigneur pour le principe du jeûne et aux membres de l'Église qui ont si généreusement contribué à aider ce pays.

La loi de la dîme

En lisant le passage sur l’aide humanitaire de l'Église et l'argent que les membres donnent sous forme d'offrandes de jeûne, peut-être vous êtes-vous demandé comment l'Église trouve l'argent nécessaire à ses frais de fonctionnement. Permettez-moi de répéter que les offrandes de jeûne sont utilisées exclusivement pour les besoins des pauvres et des nécessiteux. L'argent pour les autres besoins de l'Église provient d’un autre type de don appelé la dîme.

La loi de la dîme existe depuis l'époque de l'Ancien Testament. Nous savons, par exemple, qu'Abraham donnait sa dîme au grand-prêtre Melchisédek (voir Genèse 14:17-20). Le dernier prophète de l'Ancien Testament, Malachie, a averti son peuple qu'en ne donnant pas sa dîme et ses offrandes, il volait Dieu en quelque sorte.
« Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, afin qu'il y ait de la nourriture dans ma maison. » (Malachie 3:10)

Les saints des derniers jours sont invités à donner la dîme, le dixième de leurs revenus pour l'établissement de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Avec cet argent, l'Église bâtit et entretient des églises, des temples, des écoles. Elle fournit la documentation nécessaire à l'enseignement et à la formation des membres de l'Église de par le monde dans plus de cent langues. L'argent de la dîme est aussi employé pour faire face aux dépenses administratives de l'Église dont la dimension est internationale et pour fournir aux unités locales un budget pour couvrir leurs dépenses de fonctionnement.

Les fonds de la dîme étant sacrés, ils sont dépensés avec soin, judicieusement et dans un esprit de prière. L'Église n'a pas de dette ou d'emprunt et tous les bâtiments sont payés entièrement avant d'être consacrés. Ceux qui autorisent les dépenses ne le font jamais sans penser au sacrifice de ceux qui donnent fidèlement leur argent. N'oublions pas de mentionner aussi les promesses du Seigneur aux fidèles. Selon Malachie, Dieu a promis à ceux qui donnaient leur dîme qu'il ouvrirait pour eux « les écluses des cieux » et répandrait sur eux « la bénédiction en abondance ».

« Pour vous je menacerai celui qui dévore, et il ne vous détruira pas les fruits de la terre, et la vigne ne sera pas stérile dans vos campagnes, dit l'Éternel des armées.

« Toutes les nations vous diront heureux, Car vous serez un pays de délices, Dit l'Éternel des armées. » (Malachie 3:10-12)

Là encore, le Seigneur promet de beaux fruits en retour de l'obéissance aux enseignements de l'Évangile.

« Vous les reconnaîtrez à leurs fruits »

Beaucoup d'autres fruits pourraient être mentionnés, comme :

les bienfaits de l'éducation d'un peuple qui croit que « la gloire de Dieu, c'est l'intelligence » (D&A 93:36) et que « quel que soit le degré d'intelligence que nous atteignions dans cette vie, il se lèvera avec nous dans la résurrection » (D&A 130:18). Le Département d'enseignement de l'Église, par ses programmes du séminaire et de l’Institut donne de par le monde une éducation religieuse à des dizaines de milliers de jeunes en âge du collège et de l’enseignement supérieur ;

les fruits de la confiance, de la sécurité et de la fraternité que nous récoltons par notre appartenance à une Église qui se soucie suffisamment de ses membres pour attribuer à chaque famille la visite mensuelle d'une équipe de visiteurs au foyer et d'instructrices visiteuses. Ceux-ci veillent sur les besoins temporels et spirituels de chacun ;

les fruits découlant d'une vie saine et équilibrée dans de multiples domaines, que ce soit l’épanouissement spirituel ou les besoins physiques, économiques et sociaux ;

les fruits d'une vie calée sur les valeurs traditionnelles de l’honnêteté, de l'intégrité, de la moralité, du sacrifice et de la fidélité.

Peut-être avez-vous l’impression que je fais preuve de vantardise en mentionnant ces exemples. Si c'est le cas, veuillez me pardonner. Nous n'avons pas le monopole de la bonté. Nous ne prétendons pas que les saints des derniers jours sont exempts des soucis de ce monde. Nous pensons simplement, sincèrement et honnêtement que Dieu nous a donné quelque chose de particulier, quelque chose qui vaut vraiment la peine que nous le partagions. C'est pour cela que je vous demande de méditer sur les fruits dont bénéficient les membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, car comme le Seigneur l'a dit : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ?

« Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits.

« Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits.

« Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu.

« C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. » (Matthieu 7:16-20)



CONCLUSION : L’ANCRE DE LA FOI

Revenons au mot que nous avons commenté en commençant ces pages pour mieux comprendre notre foi. Il s’agissait du mot compréhension.

J'ai indiqué dans l'introduction que mon objectif en rédigeant ce livre consistait à aider ceux qui le lisent à mieux comprendre l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours et ses membres. Ce livre s’adresse en particulier à ceux qui ne sont pas de notre foi.

Depuis, nous avons soulevé beaucoup de sujets historiques et théologiques dans notre quête de compréhension. J'ai exposé notre croyance en Jésus-Christ, sa vie et son ministère merveilleux, et notre croyance en une perte de la vérité et de l'autorité qui a commencé au cours des deux siècles qui ont suivi sa mort et sa résurrection. J'ai aussi parlé du rétablissement de la plénitude de l'Évangile de Jésus-Christ par une série d'événements miraculeux et commenté les miracles qui s'opèrent aujourd'hui dans la vie des saints des derniers jours fidèles grâce à cet Évangile.

Cela fait beaucoup d'informations à assimiler dans un domaine où beaucoup sont sceptiques à l’égard des miracles et méfiants envers tout ce qui a trait à la foi en général. Bien que je comprenne l'origine de cette prudence (nous avons tous vu des reportages de fidèles de diverses confessions qui ne pratiquent pas ce qu'ils prêchent), je persiste à croire que la foi, la vraie foi, ferme et inébranlable, est tout aussi indispensable à une vie saine et équilibrée qu'une ancre solide à un navire qui part pour le large. Avez-vous déjà vu l'ancre de l'un de ces gros bateaux, massive et solide, à l’extrémité d’une chaîne formée de gros maillons d’acier, tout aussi massifs et solides ? Pourtant, comparées à la taille et au poids du navire, l'ancre et sa chaîne sont insignifiantes. Mais, posée au fond de la mer, une ancre solide peut immobiliser un gros navire, même pendant les intempéries.

La foi en Dieu a le même pouvoir dans la vie des saints des derniers jours pratiquants. Bien ancrée et soigneusement maintenue, elle leur permet de rester stables et sereins en dépit des turbulences sociales et de l'iniquité qui les entourent. Bien sûr, une foi superficielle ne résistera pas à la pression de la vie moderne. La foi dont je parle est centrée sur Jésus-Christ, sa vie et son expiation et sur le rétablissement de son Évangile sur la terre par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith. Les maillons de la chaîne qui nous aident à rester ancrés dans les vérités de l'Évangile peuvent être représentés par les principes éternels dont j'ai parlé.

Est-ce la vérité ?

Percevez-vous maintenant comment la croyance en ce dont j'ai parlé influencerait chaque aspect de votre vie ? Connaître et vivre l'Évangile de Jésus-Christ influeraient chacune de vos décisions importantes et modifieraient le cours de votre vie en vous ouvrant de nouvelles et larges perspectives, notamment en ce qui concerne votre potentiel éternel. Une telle ligne de conduite emplirait votre cœur de nouveaux sentiments et votre esprit d’une nouvelle compréhension. Cependant, ces changements ne peuvent s'opérer que si vous croyez réellement et sincèrement en Jésus-Christ et en son Évangile.

En même temps, je comprends que vous puissiez vous sentir un peu perturbé par tout cela. Et bien que je ne puisse pas vous prouver concrètement que ces événements ont bel et bien eu lieu, tels que je vous les ai décrits, je témoigne en toute simplicité et en toute sincérité vous avoir dit la vérité. Sachez aussi que vos amis saints des derniers jours croient de tout leur cœur en ce que je vous ai dit.

Et c'est pour cette raison qu'ils font et qu’ils disent certaines choses qui interpellent. Ils croient en une religion dynamique, reposant sur la révélation continue et la progression éternelle. Ce n'est pas une croyance passive. Après tout, ne serait-il pas difficile de croire ces choses et d'entretenir des compromis à leur sujet ? Les saints des derniers jours pratiquants ont tendance à être très engagés envers leur Église et très dévoués à leur doctrine, non pas parce qu'ils s'estiment meilleurs que les autres, mais parce qu'ils croient sincèrement détenir un message important, celui du rétablissement de l'Évangile de Jésus-Christ. Ils croient que c'est un message enthousiasmant que le Seigneur veut les voir partager avec le monde entier.

Lorsque j'étais président de mission à Toronto, j'ai été invité à participer à une émission radio. Cette fois-là, ce ne sont pas mes missionnaires qui ont monté le coup. J'ai accepté moi-même l'invitation de mon plein gré. Après une discussion sur quelques similarités entre l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours et d'autres dénominations chrétiennes, l’animateur a posé cette importante question :

« En quoi votre Église se différencie-t-elle des autres Églises ?

Permettez-moi de vous répondre par une autre question, ai-je répliqué. Si Moïse était sur terre aujourd'hui, aimeriez-vous entendre ce qu'il a à dire ?

Bien sûr, répond l’animateur. Tout le monde aimerait.

Eh bien, c'est cela notre message au monde. Un prophète vit sur terre aujourd'hui et possède le même pouvoir et la même autorité que Moïse à son époque. Dieu dirige son Église par l'intermédiaire de son prophète aujourd'hui, comme il le faisait du temps de Moïse.

L’animateur s'est tu un instant, ce qui, à la radio, peut sembler une éternité.

« En effet, a-t-il fini par dire. C'est différent. »

Alors oui, nous sommes différents. Mais c'est une différence importante surtout parce qu'elle est vraie. Il y a assurément une chose que vous pouvez dire sur ce que vous avez lu dans ce livre : soit c'est vrai, soit ce n'est pas vrai. Soit Joseph Smith a eu une vision remarquable que nous appelons la Première Vision, soit il ne l'a pas eue. Soit il a traduit le Livre de Mormon par le don et le pouvoir de Dieu, soit il ne l'a pas fait. Soit la prêtrise de Dieu a été rétablie sur la terre par le ministère de Jean Baptiste, Pierre, Jacques et Jean, soit elle ne l'a pas été. Soit notre Père céleste a créé un merveilleux plan éternel pour ses enfants, soit il ne l'a pas fait. Soit les principes énoncés dans les Articles de foi sont la vérité révélée, soit ils ne le sont pas. Soit les fruits du mormonisme sont les conséquences naturelles de l'obéissance aux commandements de Dieu, soit ils ne le sont pas.

Nous n'avons pas beaucoup de choix. Soit les événements se sont produits comme je vous les ai énoncés, soit ce n'est pas le cas. S'ils n'ont pas eu lieu, alors nous sommes nombreux à avoir été trompés. Mais au contraire, s'ils ont eu lieu, vous comprendrez à quel point il est important de partager cette information avec toute l'humanité. À votre avis, existe-t-il quelque chose de plus important que cette information ?

Vous pouvez demander à Dieu

J’attache de l’importance à ce que vous sachiez que j’ai la ferme conviction que ce que je dis est vrai. Je témoigne que Joseph Smith a réellement vu Dieu le Père et son Fils Jésus-Christ dans le bois et qu'ils lui ont parlé, comme il nous l'a rapporté. L'ange Moroni a ensuite remis au jeune Joseph les plaques d'or qui non seulement racontent l'histoire d'un peuple ancien qui vivait sur le continent américain mais nous apportent aussi un nouveau témoignage de Jésus-Christ.

Je témoigne que Jean Baptiste, ce même Jean qui a baptisé son cousin, Jésus, dans le fleuve du Jourdain, est apparu, ressuscité, sur les bords de la rivière Susquehanna, a posé les mains sur la tête de Joseph Smith et lui a conféré la prêtrise d'Aaron. Je sais que Pierre, Jacques et Jean, ces mêmes apôtres qui avaient été appelés par Jésus de Nazareth, sont apparus peu de temps après et ont conféré à Joseph Smith la sainte prêtrise de Melchisédek. Ces évènements ont permis le rétablissement de l'Évangile de Jésus-Christ dans sa plénitude et, j’en témoigne au monde, ce rétablissement s’est fait au sein de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. L'Évangile de Jésus-Christ a été rétabli intégralement. Je le sais.

Grâce à ces vérités simples, ma vie et la vie de ceux qui partagent mes croyances ont été changées pour toujours. Nous croyons que Joseph Smith était un prophète de Dieu et qu'un prophète vivant est sur la terre aujourd'hui, ainsi que des apôtres vivants du Seigneur Jésus-Christ (dont je fais partie). Cette conviction nous amène à connaître et à ressentir la paix et la confiance qui découlent de notre compréhension du plan éternel de notre Père céleste et de notre obéissance à ses commandements. Vous et moi faisons partie de ce plan. Nous sommes tous précieux aux yeux de notre Père céleste, quelles que soient nos croyances. Mais lorsque nous comprenons la pleine nature de notre relation avec lui et avec son Fils Jésus-Christ, des nouvelles possibilités font jour en même temps que certaines responsabilités. C'est pourquoi nous nous soucions de chaque fils et chaque fille de Dieu et nous éprouvons le besoin de partager l'Évangile avec eux.

Le défi, pour vous et moi, est exactement le même que pour l'homme d'Église qui m'avait dit : « M. Ballard, si vous pouviez juste déposer les plaques d'or sur cette table, nous pourrions savoir si oui ou non vous nous dites la vérité. »

Ma réponse est la même. Dieu ne se révèle pas de cette façon. En revanche, la bonne nouvelle est qu'il existe un moyen de savoir, de savoir vraiment si ce que j'ai dit est vrai. Je ne vous demande pas de me croire sur parole. Je vous invite plutôt à aller à la source de toute vérité pour savoir par vous-même, une fois pour toutes, si ce que je vous ai dit est vrai.

Dans le dernier chapitre du Livre de Mormon, Moroni fait une importante promesse à ceux qui un jour liraient ce livre sacré d'Écritures. Je crois que cette promesse s'applique à tous ceux qui cherchent sincèrement la vérité :

« Et lorsque vous recevrez ces choses, je vous exhorte à demander à Dieu, le Père éternel, au nom du Christ, si ces choses ne sont pas vraies ; et si vous demandez d'un cœur sincère, avec une intention réelle, ayant foi au Christ, il vous en manifestera la vérité par le pouvoir du Saint-Esprit.

« Et par le pouvoir du Saint-Esprit, vous pouvez connaître la vérité de toutes choses. » (Moroni 10:4-5)

La promesse de Moroni est très similaire à l'exhortation qui a motivé le jeune Joseph de quatorze ans à rechercher auprès de Dieu la réponse à ses questions : « Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il l'a demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. » (Jacques 1:5)

Jacques et Moroni nous incitent tous les deux à nous tourner directement vers la source de toute vérité, pour trouver la réponse à nos questions. Si notre recherche est sincère, Dieu nous aidera à discerner la vérité de l'erreur. Comme le Sauveur lui-même l'a assuré à ses disciples : « vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. » (Jean 8:32)

Faire l'expérience de la parole du Christ

Le Livre de Mormon nous éclaire utilement sur ce point. Le prophète Alma conseille sagement à ceux qui recherchent la vérité, y compris ceux qui ne peuvent faire plus que désirer croire, de « faire l'expérience » de la parole :

« Maintenant, nous allons comparer la parole à une semence. Or, si vous faites de la place pour qu'une semence puisse être plantée dans votre cœur, voici, si c'est une vraie semence, ou une bonne semence, si vous ne la chassez pas par votre incrédulité en résistant à l'Esprit du Seigneur, voici, elle commencera à gonfler dans votre sein ; et lorsque vous sentirez ces mouvements de gonflement, vous commencerez à dire en vous-mêmes : Il faut nécessairement que ce soit une bonne semence, ou que la parole soit bonne, car elle commence à m'épanouir l'âme ; oui, elle commence à m'éclairer l'intelligence, oui, elle commence à m'être délicieuse. » (Alma 32:27-28)

Tout ce que l'on peut attendre de vous est là : que vous fassiez « l'expérience » des paroles du Christ, que vous fassiez « de la place pour qu'une semence puisse être plantée dans votre cœur » et que vous ne résistiez pas « à l'Esprit du Seigneur. » Je crois sincèrement que si vous faites cela, en demandant par la prière à notre Père céleste si ces choses sont vraies, il vous le dira. C'est la promesse qu'il vous fait, à vous et à tous ses enfants.

« Voici, dit Jésus par la bouche de Jean, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi.
« Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. » (Apocalypse 3:20-21)

S’il vous plait, ne laissez pas passer cette occasion de recevoir la révélation personnelle de Dieu. Réfléchissez à ce que j'ai écrit. Soupesez mes paroles. Jaugez-les par rapport aux choses que vous croyez et aux choses que vous voulez croire. Conservez tout ce que vous savez être vrai et ajoutez-y la plénitude de l'Évangile rétabli de Jésus-Christ. Tenez compte de ce que vous avez ressenti en lisant ce livre. Puis allez jusqu'au bout de la démarche et demandez à Dieu. Écoutez sa réponse avec votre cœur et suivez vos sentiments.

Si vous faites cela, ma foi toute simple me dit que les réponses viendront. Vous comprendrez, plus intuitivement que vous ne pensiez le pouvoir, pourquoi vos amis saints des derniers jours sont si motivés pour partager ce qu'ils savent être vrai. Avec des millions de saints des derniers jours aux quatre coins de la planète et des dizaines de milliers de missionnaires, vous ne devriez pas être éloigné des possibilités de réponse aux questions que vous vous posez après avoir lu ces lignes. N'hésitez pas à me contacter personnellement (au 47 E. South Temple, Salt Lake City, Utah, 84150, USA) et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider à apprendre et comprendre plus complètement notre message au monde.

Après tout, c'est de compréhension dont il s'est agi au début de mon propos.