Prendre position
 
 
 
Gordon B. Hinckley
 
 
 
 
©2000 by Gordon B. Hinckley
 
Titre de l'édition originale : Standing For Something
 
Traduction : Claude Boisseau

 
 

 

 


PRÉFACE

CHAPITRE UN : L’AMOUR, UNE ÉTOILE DIRECTRICE POUR LA VIE

CHAPITRE DEUX : QUAND L'HONNÊTETÉ APPARAÎT, LES AUTRES VERTUS SUIVENT

CHAPITRE TROIS : JUGER DE LA MORALITÉ

CHAPITRE QUATRE : LA CIVILITÉ A TENDANCE À SE PERDRE !

CHAPITRE CINQ : APPRENTISSAGE

CHAPITRE SIX : PARDON ET MISÉRICORDE, DEUX MÊMES VERTUS

CHAPITRE SEPT : ÉCONOMIE ET TRAVAIL

CHAPITRE HUIT : LA RECONNAISSANCE, UN SIGNE DE MATURITÉ

CHAPITRE NEUF : L’OPTIMISME FACE AU CYNISME

CHAPITRE DIX : LA FOI, NOTRE SEUL ESPOIR

DEUXIÈME PARTIE : LES GARDIENS DE LA VERTU

LE MARIAGE

LA FAMILLE

ÉPILOGUE : LA SOLITUDE DE LA DIRECTION MORALE


 

 
PRÉFACE de Mike Wallace
 
Il y a quatre ans, je fus étonné de recevoir une invitation inattendue à un déjeuner du Harvard Club de New York. Par expérience, je savais que la nourriture y serait au mieux médiocre, mais comme on m’avait demandé de partager le pain avec ce président octogénaire de l’Église mormone qui jusque-là m’était resté mystérieux, et comme l’invitation avait été faite de sa part par une société de relations publiques appartenant à un juif, c’était trop frustrant de refuser.
 
J’avais essayé pendant des décennies d’inviter un dirigeant important, n’importe quel dirigeant important, de parler à l'émission télévisée « 60 Minutes » sur lui et son Église, et on m’avait systématiquement refusé. Des amis mormons avaient pris l’initiative de parler en ma faveur. Ils avaient fait comprendre à la hiérarchie de Salt Lake qu’une enquête n’était pas ce que j’avais en tête, mais plutôt de savoir quel genre de personne dirigeait les mormons, comment il accomplissait son office, les mormons et la polygamie, les mormons et les noirs, et est-ce que les dirigeants de l’Église mormone croyaient véritablement à cette histoire de Joseph Smith ordonné à l’âge de quatorze ans dans une ferme de l’État de New York ? Simplement le genre de questions impertinentes que l’on pose régulièrement à toutes les personnalités bien placées dans « 60 Minutes ». Nous ne nous attendions pas à un « oui » comme réponse, pas plus que nous n’en attendions pour une semblable invitation faite au Pape.
 
C’est pourquoi je n’étais absolument pas préparé à une réception cordiale ni même chaleureuse de la part de Gordon B. Hinckley à ce déjeuner. J’étais toujours hésitant lorsque, suivant les discours d’après repas, il donna libre cours à tout un chacun de poser les questions qu’il désirait. Hésitant, je lui demandais carrément s’il accepterait l’idée d’une interview à « 60 Minutes » pour parler de lui. Les yeux du président Hinckley pétillaient littéralement sous ses lunettes lorsque, bon enfant, il admit que c’était là une idée intéressante, et qu’après tout, il n’avait rien à cacher, et qu’il pensait qu’il n’aurait pas trop de difficulté à répondre à toutes les questions que je lui poserais. Il était sûr qu’il en avait entendu d’autres, bien pires, durant ses jeunes années de missionnaires à Londres, alors qu’il supportait tout ce que les sceptiques et les incroyants lui avaient balancé lors de ses prises de parole à Hyde Park. 
 
Tous les détails et arrangements furent rapidement réglés. Il nous mit en contact avec tous les membres de l’infrastructure de Salt Lake avec qui nous voulions parler, il ne vit aucune objection à ce que nous parlions avec les critiques dans l’Église et à l’extérieur, il nous accorda tout le temps d’enregistrement dont nous avions besoin, et lorsque nous demandâmes une seconde entrevue quelques semaines après la première, afin de préciser certaines questions que nous avions oublié de poser, il fut tout à fait charmant. Nous constatâmes qu’il avait été aussi bon que ce qu’il nous avait promis au Harvard Club.
 
Comme résultat, nous sommes repartis avec le profil fascinant d’un homme vraiment remarquable. Ce qui en confondit plus d’un parmi mes amis mormons qui me firent savoir plus tard à quel point ils avaient été inquiets quand ils avaient appris ce que j’avais réussi. Les réflexions habituelles : « Hinckley va parler chez Wallace ? Il est fou ou quoi ? Ne sait-il pas ce qu'il arrive lorsque les journalistes de « 60 Minutes » commencent à faire leur travail à la hache ? »
 
Eh bien, ce qui est arrivé à mes collègues de « 60 Minutes » et à moi, à partir du moment où nous avons passé du temps avec Gordon B. Hinckley et sa femme, avec son équipe et d’autres mormons avec qui nous avons parlé, c’est que ce dirigeant chaleureux, attentif, digne et optimiste de l’Église mormone mérite l’admiration quasi universelle dont il jouit. Je sais que cela peut paraître un peu sentimental de la part d’un journaliste de New York cynique et fatigué et dont l’opinion est faite. Mais il était difficile de ne pas arriver à cette conclusion après avoir parlé, non seulement avec lui, mais de lui avec des gens aussi réalistes que décidés tels que Orrin Hatch, Bill Marriott, Steve Young et Dave Checketts. Ce dernier dirige le Madison Square Garden à New York et fut un des mormons à s’inquiéter de ce qui pourrait arriver si le président Hinckley se laissait écorcher par nous. Checketts fut si surpris lorsqu’il vit l’émission qu’il me dit de l’appeler à chaque fois que j’aurais des problèmes pour obtenir des billets pour un combat ou un match de basketball au Garden.
 
Aussi, étant moi-même âgé, on voudra bien m’excuser de rappeler l’échange que j’ai eu avec le président Hinckley vers la fin de l’émission « 60 Minutes » :
 
Wallace : « Il y en a qui disent ‘C’est une gérontocratie… Cette Église est dirigée par des vieux.’ »
 
Hinckley : « N’est-ce pas merveilleux d’avoir un homme mûr à la tête ? Un homme qui n’est pas à la merci de tout vent de doctrine ? »
 
Wallace : « Absolument, tant qu’il n’est pas sénile. » Hinckley : « Merci pour le compliment ».
 
Il est loin d’être sénile. En lisant, vous découvrirez un homme à l’esprit agile, attentionné, et engagé, désireux de nous convaincre qu’il convient de méditer avec lui sur les valeurs démodées que sont la vertu et l’intégrité.
 
Mike Wallace
 
 
 
CHAPITRE UN : L’AMOUR, UNE ÉTOILE DIRECTRICE POUR LA VIE
 
L’amour est la seule force qui permet d’effacer les différences entre les gens ou de jeter un pont au-dessus de l’abîme de l’amertume.
 
Quand j’étais petit, nous, les enfants faisions des cœurs en papier le jour de la Saint-Valentin. Le soir, nous les jetions à la porte de nos amis, nous faisions du bruit à l’entrée et nous nous sauvions dans l’obscurité pour nous cacher.
 
Ces cartes de Saint Valentin portaient presque toutes sans exception « Je t’aime ». J’ai découvert plus tard que l’amour est plus qu’un cœur en papier. L’amour est l’essence même de la vie. C’est le trésor caché au pied de l’arc en ciel. Seulement on ne le trouve pas au pied de l’arc en ciel. L’amour est déjà au commencement, et c’est de là qu’apparaît la beauté qui se déploie dans le ciel un jour d’orage. L’amour est la sécurité pour l’enfant qui pleure, c’est le profond désir de la jeunesse, c’est ce qui permet de souder le mariage, et le lubrifiant qui évite les frictions dévastatrices dans le foyer ; c’est la paix des vieux jours, le soleil de l’espoir qui brille au-delà de la mort. Qu’ils sont riches ceux qui en jouissent dans leurs relations avec la famille, les amis et les voisins !
 
L’amour, comme la foi est un don de Dieu. C’est aussi la vertu la plus constante et la plus puissante.
 
Quand nous sommes jeunes, nous nous faisons quelquefois des idées fausses sur l’amour, croyant que l’on peut l’imposer ou simplement le créer pour convenance personnelle. J’ai noté ce qui suit venant d’un journal il y a quelques années :» Une erreur grossière que nous avons tendance à commettre quand nous sommes jeunes est de considérer qu’une personne présente un certain nombre de qualités et de défauts. Nous les identifions, comme un comptable avec les débits et les crédits. Si la balance est favorable, nous décidons de sauter le pas (du mariage)… Le monde est rempli d’hommes et de femmes qui se sont mariés parce qu’ils pensaient que c’était un bon investissement. Mais l’amour n’est pas un investissement. C’est une aventure. Et lorsque le mariage se révèle aussi tranquille et confortable qu’un investissement sain, la partie insatisfaite se tourne ailleurs… Les ignorants disent toujours : ‘Je me demande ce qu’il voit en elle’, ne se rendant pas compte que ce qu’il voit en elle (et ce que personne d’autre ne peut voir) c’est l’essence secrète de l’amour. »
 
Je pense à deux amis de mes années de lycée et d’université. Lui venait de la campagne, simple d’apparence, sans argent ni signe prometteur. Il avait grandi dans une ferme, et s’il y avait une qualité qui ressortait chez lui, c’était sa capacité à travailler. Il apportait des sandwichs dans un papier marron pour son déjeuner et il balayait l’école pour payer sa scolarité. Mais avec toute son apparence rustique, il avait un sourire et une personnalité qui rayonnait la bonté. Elle, c’était une fille de la ville qui venait d’un foyer aisé. Elle n’aurait pas gagné un concours de beauté, mais elle était saine, décente, intègre et on la remarquait par sa bienséance et la façon de s’habiller.
 
Une chose merveilleuse est arrivée entre eux. Ils sont tombés amoureux. Certains murmuraient qu’il y avait bien d’autres garçons prometteurs pour elle, et quelques commères remarquèrent qu’il aurait pu y avoir d’autres filles qui auraient pu l’intéresser. Mais ces deux-là rirent, dansèrent et étudièrent pendant leurs années d’école. Ils se marièrent à un moment où on se demandait comment ils allaient gagner suffisamment pour rester en vie. Il étudia au lycée professionnel et sorti avec de bonnes notes. Elle économisa, travailla et pria. Elle l’encourageait et le soutenait, et lorsque les choses allaient vraiment mal, elle disait tranquillement : « On va y arriver ». Soutenu par la foi qu’elle lui montrait, il persévéra pendant les années difficiles. Des enfants arrivèrent, et ils les aimèrent ensemble ; les nourrirent et leur fournirent la sécurité qui venait de leur amour et de leur loyauté mutuelle. Depuis, de nombreuses années ont passé. Les enfants sont grands, ils leur font honneur et à la communauté dans laquelle ils vivent.
 
J’ai eu l’occasion d’être dans le même avion que ce couple il y a quelques années. Je descendais l’allée dans la semi-obscurité de la cabine et j’ai vu une femme assoupie, la tête aux cheveux blancs sur l’épaule de son mari. La main de son mari tenait celle de sa femme. Il ne dormait pas et me reconnut ; elle se réveilla et nous parlâmes. Ils revenaient d’une convention où il avait présenté un article devant une société savante. Il ne donna pas beaucoup de détails, mais elle parla fièrement des honneurs qu’il avait reçus.
 
J’aurais voulu avoir une caméra pour filmer son visage pendant qu’elle me parlait de lui. Quarante-cinq ans plus tôt, des gens qui n’y comprenaient rien s’étaient demandé ce qu’ils trouvaient chez l’autre. J’y pensais en retournant à mon siège. Leurs amis d’antan n’avaient vu qu’un garçon de la campagne et une jeune fille souriante avec des taches de rousseur sur le nez. Mais ces deux jeunes avaient trouvé chez l’autre l’amour, la loyauté, la paix et la foi dans l’avenir. Il y avait en eux un germe de nature divine, planté par Dieu notre Père. À l’école, ils avaient respecté cet amour en fleur. Ils avaient vécu vertueusement et fidèlement, en s’appréciant et en se respectant. Dans leurs années de luttes difficiles pour acquérir un métier et l’indépendance économique, ils avaient trouvé leur plus grande force de tous les jours dans leur compagnonnage. Maintenant, dans l’âge mûr, ils trouvaient la paix et la satisfaction tranquille d’être ensemble.
 
Rien n’apporte plus d’énergie, de confiance et de soutien que le pouvoir de l’amour. Combien son influence est importante sur l’esprit et le cœur de l’homme ! Combien son pouvoir est grand et magnifique pour vaincre la peur et le doute, les soucis et le découragement !
 
Il existe d’autres expressions magnifiques et nécessaires du don de l’amour. Considérez la parole du Seigneur concernant le jour du jugement « Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, les bénis de mon Père, héritez du royaume qui vous est préparé dès la fondation du monde ; car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais infirme, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus auprès de moi. Alors les justes lui répondront, disant : Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim, et que nous t’avons nourri ; ou avoir soif, et que nous t’avons donné à boire ? Et quand est-ce que nous t’avons vu étranger, et que nous t’avons recueilli ; ou nu, et que nous t’avons vêtu ? Et quand est-ce que nous t’avons vu infirme, ou en prison, et que nous sommes venus auprès de toi ? Et le roi, répondant, leur dira : en vérité, je vous dis : En tant que vous l’avez fait à l’un des plus petits de ceux-ci [qui sont] mes frères, vous me l’avez fait à moi. » (Matthieu 25:34-40)
 
Un des plus grands défis auxquels nous ayons à faire face dans nos vies bousculées et égoïstes est de suivre ce conseil du Maître, prendre le temps de faire les efforts de s’occuper des autres, de développer et d’exercer la seule qualité qui nous permettrait de changer la vie d’autrui, ce que les écritures appellent la charité.
 
Nous avons tendance à croire que la charité se manifeste dans les foyers de SDF ou en signant un chèque pour son institution préférée en faveur des nécessiteux. Mais mieux définie, la charité c’est l’amour pur de Jésus-Christ. Il comprend la bonté, l’envie d’élever et de venir en aide, de partager son pain si besoin est.
 
Considérez ce qu’a déclaré Paul : « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. Et quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien. …la charité ne périt jamais. Les prophètes prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. » (1 Corinthiens 13:1-2, 8)
 
Le Maître a enseigné : « Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera. » (Luc 9:24)
 
Ce processus remarquable et miraculeux survient dans notre vie lorsque nous nous tournons vers les autres pour les servir avec amour. Nous pouvons tous, en faisant des efforts, enraciner avec succès la vertu de l’amour au plus profond de notre être afin d’être nourris par son grand pouvoir tous les jours de notre vie. Car c’est lorsque nous ressentons le pouvoir de l’amour que nous arrivons à comprendre cette grande vérité donnée par Jean : « Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui » (Jean 4:16).
 
Il y a des années, une jeune femme fit son entrée dans une école de campagne comme institutrice. Dans sa classe se trouvait une élève qui avait été en situation d’échec et continuait à l’être ; l’écolière ne savait pas lire. Elle venait d’une famille qui n’avait pas les moyens de l’emmener à la ville afin de faire des examens pour déterminer si on pouvait trouver remède à son problème. Sentant que la difficulté pouvait être en rapport avec ses yeux, cette jeune institutrice s’arrangea, sur ses propres deniers, à lui faire passer des tests oculaires. On découvrit un défaut qui pouvait être corrigé par le port de lunettes. Avec ces lunettes, un monde nouveau s’ouvrit devant l’écolière. Pour la première fois de sa vie, elle voyait clairement les mots. Le salaire de cette institutrice de campagne était peu élevé, mais avec le peu qu’elle avait, elle fit un investissement qui changea complètement la vie de cette écolière en situation d’échec. En agissant ainsi, elle trouva une nouvelle dimension dans sa propre vie.
 
Beaucoup d’entre nous peuvent faire part d’expériences au cours desquelles ils se sont perdus dans le service envers autrui et où ils ont découvert que ces moments étaient les plus gratifiants de leur vie. Tous ceux qui s’engagent activement à servir Dieu en se tournant vers les autres peuvent témoigner d’histoires semblables, tout comme le peuvent des parents ou des conjoints qui ont donné de leur temps et de leurs moyens, qui ont aimé et se sont tant sacrifiés que leur attention envers les autres et envers leurs enfants n’a pratiquement pas connu de limites.
 
C’est une chose merveilleuse et une thérapie pour quelqu’un de mettre de côté toute considération de gain personnel et de s’engager avec force, énergie et détermination pour aider le miséreux, pour améliorer et embellir la communauté, pour nettoyer l’environnement. La souffrance des sans-logis et des gens qui manquent de nourriture serait bien plus grande sans le service rendu par les centaines de bénévoles qui donnent de leur temps et de leur substance pour les assister. Nous avons tous besoin d’apprendre que la vie n’est pas simplement une carrière, mais une mission.
 
Un bonheur sans nom et la paix de l’âme sont le résultat du service plein d’amour envers autrui. Nul ne peut vivre pleinement et heureux s’il vit seulement pour lui-même.
 
Je suis allé au Vietnam Sud et Nord, il y a peu. J’ai fait ce voyage parce que je voulais revoir les lieux que j’avais visités pendant la guerre des années 1960. Dans toutes les villes, Ho Chi Minh et Hanoi, j’ai trouvé une poignée d’Américains qui enseignaient l’anglais, des médecins américains qui enseignaient et pratiquaient la médecine pour soulager la souffrance, et d’autres qui partageaient leurs talents. L’un ici, l’autre là, rendait service, aimait, et répétait à l’envi : « C’est la meilleure chose que j’ai jamais faite ». Ce n’est qu’en servant, qu’en prenant du temps pour exprimer notre intérêt et notre souci envers autrui que nous avons le plus de chance de saisir furtivement ce que nous sommes réellement et ce que nous pouvons devenir à terme.
 
Au coin de Trafalgar Square à Londres se trouve la magnifique statue d’une jeune Anglaise. Sur cette statue sont gravés les mots « Brussels Dawn » et « Le Patriotisme n’est pas suffisant, je dois aimer tous les hommes ». Cette statue commémore l’héroïsme d’Édit Cavell, qui fut fusillée comme espionne anglaise par les envahisseurs allemands à Bruxelles, alors qu’elle travaillait là-bas comme infirmière dans un esprit chrétien. La première fois que j’ai vu cette statue, c’était il y a soixante ans et l’impact de son message est toujours gravé en moi : « Le Patriotisme n’est pas suffisant, je dois aimer tous les hommes ».
 
L’amour est la seule force qui permet d’effacer les différences entre les gens ou de jeter un pont au-dessus de l’abîme de l’amertume. Je pense souvent aux lignes écrites par Edwin Markham, qui décrit en termes simples la vertu qui consiste à se tourner avec amour et tendresse vers ceux qui nous insultent :
 
Il traça un cercle et je me retrouvai à l’extérieur, Hérétique, rebelle, rejeté.
 
Mais par amour j’ai fait preuve d’intelligence pour le vaincre :
 
Nous avons tracé un cercle qui l’a englobé !
 
Celui qui a enseigné de la manière la plus belle cette vérité éternelle fut le Fils de Dieu, l’exemple type parfait, l’instructeur, l’incarnation de l’amour. Sa venue ici-bas fut l’expression de l’amour de Son Père. « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » (Jean 3:16-17) Pour exprimer son amour ultime, il a accompli ce que nous ne pouvions faire pour nous-mêmes.
 
Il a donné à chacun d’entre nous, qui sommes censés être ses disciples, ce grand commandement : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. » (Jean 13:34)
 
Le principe de l’amour changera le cœur de l’homme et le monde en sera amélioré. Cela peut se faire lorsque nous regardons au-delà de nous-mêmes et que nous manifestons notre amour envers autrui et envers Dieu, de tout notre cœur, de toute notre âme, et de tout notre esprit.
 
Si nous nous tournons vers Dieu avec amour et gratitude, et si nous servons autrui sans attendre de récompense, nous montrerons un sens du service plus grand envers nos frères humains, nous penserons moins à nous-mêmes et nous nous tournerons davantage vers les autres. Ce principe d’amour est l’essence même de la bonté.
 
Quand j’étais enfant, l’été, nous vivions à la ferme. C’était à la campagne et les nuits étaient sombres. Il n’y avait pas d’éclairage public ni rien de ce genre. Mon frère et moi dormions dehors. À cette époque de l’année la plupart des nuits étaient éclairées et l’air était pur, nous nous couchions sur le dos et nous regardions les myriades d’étoiles dans les cieux. Nous pouvions identifier certaines constellations et certaines étoiles que l’on trouvait dans notre encyclopédie. Tous les soirs, nous repérions la Grande Ourse, et la Petite Ourse pour trouver l’étoile Polaire.
 
Nous avions fini par nous rendre compte de la stabilité de cette étoile. Quand la terre tournait, les autres étoiles semblaient se déplacer dans la nuit. Mais l’étoile Polaire gardait sa position en ligne avec l’axe de la terre. C’est pour cela qu’on l’appelle l’étoile Polaire. Pendant des siècles, les marins s’en sont servis pour se guider dans leurs voyages. Ils calculaient leur position grâce à sa stabilité, ce qui leur évitait de tourner en rond ou d’aller dans la mauvaise direction lorsqu’ils traversaient les vastes océans sans repères.
 
L’amour est comme l’étoile Polaire. Dans un monde changeant, c’est une constante. C’est une chose, lorsqu’il est sincère, qui ne change jamais. C’est l’essence même de l’enseignement du Christ. C’est la sécurité du foyer. C’est le gardien de la vie en communauté. C’est un rayon d’espoir dans un monde de détresse.
 
Quand nous voyons l’ensemble de l’humanité et ces masses qui marchent affamées et miséreuses, qui souffrent de maladies et de misère, soyons généreux avec nos biens pour leur venir en aide.
 
Que l’amour devienne l’étoile Polaire de nos vies pour nous tourner vers ceux qui ont besoin de notre force.
 
Beaucoup parmi nous souffrent de douleurs spirituelles et émotionnelles autant que physiques. Beaucoup vivent des conditions effrayantes, terrifiés et incapables de les assumer seuls. On dit du Sauveur qu’Il « allait faisant le bien » (Actes 10:38). C’est le modèle suprême pour nous tous.
 
Ésaïe dit : « Fortifiez les mains languissantes, et affermissez les genoux qui chancellent ; dites à ceux qui ont le cœur troublé : Prenez courage, ne craignez point ; voici votre Dieu, la vengeance viendra, la rétribution de Dieu ; il viendra lui-même, et vous sauvera. » (Ésaïe 35:3-4)
 
Telles sont les injonctions, et il y en a beaucoup d’autres, pour venir en aide à ceux qui sont dans la détresse en prenant pour modèle la mesure d’amour montrée dans la vie et l’œuvre du Sauveur.
 
Il faut admettre qu’il n’est pas toujours facile de suivre l’étoile Polaire de l’amour. Cela exige une discipline à observer presque hors de portée pour beaucoup d’entre nous. Je crois, de tous, que c’est le commandement le plus difficile et le plus important. Mais en l’observant, il en résulte une discipline remarquable et une influence qui nous raffinent merveilleuses à vivre.
 
Certains d’entre nous ne voient plus l’étoile Polaire. Nous vivons dans des centres urbains, et les lumières de la ville affectent la vue du merveilleux firmament au-dessus de nos têtes. Mais, l’étoile est toujours là depuis des siècles ; sa stabilité est un guide et une ancre. Il en est de même de l’amour, il ne bouge pas, il ne change pas.
 
La vertu de l’amour change les vies, la nôtre et celles de nos proches. C’est la vertu qui possède en elle-même le meilleur et le plus durable.
 
 
 
CHAPITRE DEUX : QUAND L'HONNÊTETÉ APPARAÎT, LES AUTRES VERTUS SUIVENT
 
De nos jours les gens convaincus de malhonnêteté ne sont plus mis à mort, mais quelque chose disparaît en eux. La conscience s’étouffe, la personnalité se fane, le respect de soi s’efface, l’intégrité meurt. À quel vil prix certains hommes et certaines femmes vendent leur réputation !
 
L’année où mes camarades et moi sommes entrés en secondaire, le bâtiment ne pouvait accueillir tous les élèves, et il fut décidé que notre classe de sixième retournerait dans les anciens bâtiments. C’était une insulte. Nous étions furieux. Nous avions passé six ans dans ce bâtiment d’école primaire, et nous étions prêts à déménager. Il n’était pas question de passer une année de plus avec les petits. Nous estimions valoir mieux. En réaction à cette insulte supposée, nous nous réunîmes après l’école. Nous décidâmes qu’il était hors de question de tolérer ce genre de traitement et que nous allions le manifester en faisant la grève.
 
Le lendemain, nous n’allâmes pas à l’école ; mais nous n’avions nulle part ailleurs où aller. Nous ne pouvions rester à la maison parce que nos mères nous auraient posé des questions. Il n’était pas question d’aller en ville au cinéma parce que nous n’avions pas d’argent. Nous ne pouvions pas aller traîner dans un parc où la police aurait pu nous voir. Nous n’envisagions pas d’aller derrière le mur de l’école pour raconter des histoires osées, car, à vrai dire, nous n’en connaissions pas. On ne parlait pas à cette époque de drogues
ni rien de semblable. Alors nous avons traîné et nous avons perdu notre temps toute la journée.
 
Le lendemain matin, le principal, M. Stearns, dont le comportement se mariait très bien avec le nom, se tenait à la porte de l’école primaire pour nous saluer en entrant. Il prononça quelques banalités puis nous dit que nous ne pourrions revenir à l’école qu’avec un mot de nos parents. C’était ma première expérience du lockout. Je me rendais compte que la grève n’était pas le moyen de résoudre les problèmes. On attendait de nous que nous fussions des citoyens responsables, et si nous avions des plaintes à formuler, nous pouvions aller chez le principal et en discuter. Il n’y avait plus qu’une chose à faire : retourner à la maison pour avoir un mot d’excuse.
 
Je n’oublierai jamais comment je suis rentré penaud à la maison. Ma mère, évidemment, fut surprise de me voir arriver et me demanda s’il y avait un problème. Je lui avouai ce que j’avais fait et lui expliquai que j’avais besoin d’un mot d’excuse. Elle écrivit un mot très court, le reproche le plus cinglant que je n’ai jamais reçu :
 
Cher M. Stearns,
 
Veuillez excuser l'absence de Gordon, hier. Il a tendance à simplement suivre la foule.
 
Je n’ai jamais oublié la réponse de ma mère. Ni moi ni mes amis n’avons jamais repris cette tactique. Grâce à nos parents et au principal, nous avons appris qu’il y a d’autres moyens pour régler les problèmes ; en réalité nous nous étions fait manipuler. À partir de ce moment, je décidais que je ne ferais jamais rien qui m’amènerait à suivre simplement la foule. Je décidai que je prendrai mes décisions sur la base de leurs mérites et de mes principes, et que je ne serai pas emporté çà et là par ceux qui m’entouraient. Je décidai aussi que je serai honnête et que je ne tromperai jamais plus.
 
Cette décision m’a procuré souvent des bénédictions, quelques fois dans des circonstances désagréables. Cela m’a empêché de faire des choses qui auraient pu avoir des conséquences graves et des ennuis, et pour le moins, m’aurait coûté la perte de mon intégrité et du respect de moi-même. Cela m’a aidé à être fidèle à ce que je crois et honnête vis-à-vis de moi-même et d’autrui. J’ai souvent remercié silencieusement ma mère pour ce reproche qui a autant porté sur moi alors que je n’étais encore qu’un enfant entrant en sixième.
 
En tant qu’écoliers, mes amis et moi étions loin d’être parfaits. Nous n’étions pas de très bons athlètes, mais nous étions déterminés lors des compétitions. On se battait à coups de poing jusqu’au sang. Mais pour autant que je me souvienne, aucun garçon de cette classe n’a jamais commis d’autre infraction plus grave qu’un feu rouge brûlé. Tous ont fait des études supérieures et ont eu une vie productive. Je suis reconnaissant pour les valeurs qui nous ont été inculquées, pour la discipline que l’on attendait de nous, pour les parents qui nous montraient une meilleure façon de vivre.
 
Certains considèrent l’honnêteté comme une vertu banale et que c’est un sujet de conversation et de réflexion ordinaire et terre-à-terre. Dernièrement, nous avons assisté à des débats publics au sujet de la gravité du mensonge. Il est surprenant et décourageant de voir le nombre apparent de citoyens qui semblent étonnamment peu concernés par les violations importantes des serments que commettent les personnalités publiques. L’érosion du climat moral a des incidences graves, non seulement dans l’immédiat, mais ses ramifications se développent dans les générations futures et les dirigeants de demain.
 
Les fausses déclarations aux assurances, les comptabilités trafiquées, les chèques en bois, les documents falsifiés, toutes ces choses sont les symptômes d’une épidémie aux proportions incroyables. Dans la plupart des cas, pris isolément, les montants sont minimes, mais globalement, cela représente des actes de malhonnêteté personnelle qui s’évalue sur une grande échelle.
 
La dissimulation n’est pas un fait nouveau. C’est vieux comme l’humanité. « Le Seigneur dit à Caïn : ‘Où est ton frère Abel ? » Et il dit : « Je ne sais, suis-je le gardien de mon frère ? » (Genèse 4:9). On le sait, ce fut la première tentative pour cacher la destruction d’une vie innocente.
 
De nos jours, la malhonnêteté ne va pas toujours jusqu’à de tels crimes, et on ne met plus à mort les gens pour leurs méfaits, comme dans les temps bibliques. Mais quelque chose en eux meurt. La conscience s’étouffe, la personnalité se fane, le respect de soi s’efface, l’intégrité meurt.
 
Sans honnêteté, nos vies se désagrégeraient dans la laideur, le chaos, et toute sécurité et confiance disparaîtraient. Imaginez une société dans laquelle il serait imprudent ou dangereux de faire confiance à qui que soient, des élus aux conseillers financiers, des assureurs à la baby-sitter ou à la gardienne du jardin d’enfants. Imaginez que vous vous fassiez opérer par quelqu’un qui aurait triché pendant ses études de médecine ou qui aurait trouvé le moyen de court-circuiter les conditions d’examen exigées dans le domaine médical. Imaginez la terreur qui régnerait dans une société qui fermerait les yeux sur la malhonnêteté. Les perspectives en seraient effrayantes !
 
Au milieu des nombreuses lettres que je reçois d’expéditeurs anonymes, j’en ai trouvé une qui contenait un billet de banque et une courte note expliquant que l’auteur était venu chez moi il y a longtemps. Comme on n’avait pas répondu au son de la cloche d’entrée, il avait tourné la poignée et voyant que ce n’était pas fermé, il était entré et avait visité. Il avait trouvé sur une commode un billet et il l’avait pris. Pendant toutes ces années, sa conscience l’avait tourmenté et maintenant il renvoyait l’argent.
 
Il n’avait pas mis de somme supplémentaire pour les intérêts concernant la période pendant laquelle il avait utilisé mon argent. Mais en lisant cette lettre pathétique, je pensais aux intérêts d’usure auxquels il s’était lui-même condamné pendant un quart de siècle : les reproches incessants de sa conscience ; pour lui, il n’y avait pas eu de paix jusqu’à ce qu’il restitue.
 
Un journal local contait une histoire semblable. L’État de l’Utah a reçu une note non signée, qui disait : « Ci-joints pour le matériel que j’ai utilisé pendant toutes les années où j’ai travaillé pour l’État : enveloppes, papier, timbres, etc. » Il y avait deux cents dollars.
 
Imaginez le flot d’argent qui affluerait dans les ministères de l’État, dans les sociétés commerciales et les négociants si tous ceux qui ont piqué ici et là devaient renvoyer tout ce qu’ils ont pris malhonnêtement. Le coût de chaque poche plastique, de chaque lien ou de tablier, comprend un pourcentage pour couvrir la part du vol à l’étalage ou ce que les détaillants appellent la démarque inconnue. À chaque fois que l’on prend l’avion, on paie une prime pour assurer la sécurité des personnes et des biens. L’un dans l’autre, cela se monte à des millions de dollars, tout ça à cause de la malhonnêteté effrayante de quelques-uns qui, par menace ou par chantage, essaient d’obtenir ce à quoi ils n’ont pas droit, ou dont le manque d’intégrité et de vergogne les incite à blesser ou à menacer autrui pour obtenir du gain.
 
Les nouvelles du soir nous abreuvent d’histoires malhonnêtes à sensation. Les médias font passer devant nos yeux une véritable procession de tromperies sous ses formes les plus laides.
 
Nous cherchons maintenant à légiférer sur ce qui, autrefois, faisait partie des principes moraux et éthiques de chacun, et il existe même des débats contradictoires parmi les gardiens de cette loi. C’est ainsi que les statuts se multiplient, que les organismes de contrôle dépensent des milliards en augmentation constante, et que l’on construit constamment des prisons, mais cela n’empêche pas le torrent de la malhonnêteté de continuer à couler et à augmenter.
 
De quel vil prix des hommes et des femmes vendent-ils leur bonne réputation ! On a beaucoup parlé du cas d’une personnalité très connue qui fut arrêtée pour avoir pris un article coûtant moins de cinq dollars. Les conséquences légales de son affaire sont presque insignifiantes ; ce méfait mesquin l’a condamnée devant les gens, particulièrement ses collègues, ses amis, et plus important, sa famille. Dans une certaine mesure, son acte idiot a annulé en grande partie le bien qu’elle avait fait et qu’elle pouvait encore faire. Une fois que la tache de la malhonnêteté a défiguré quelqu’un, il est difficile d’ôter le doute et la méfiance persistante qui en résultent. Shakespeare fait dire à Iago :
 
« La bonne renommée d’un homme ou d’une femme… est le principal joyau de son âme ; qui me vole ma bourse vole des ordures…, mais celui qui vole ma renommée me dérobe ce qui ne l’enrichit pas, mais, en fait, m’appauvrit ».
 
Et pourtant, il y a peu, lors d’une émission de radio populaire à Salt Lake City, l’invité a dit au moins vingt fois : « Personne n’est honnête tous les jours. »
 
Une telle accusation générale n’est pas seulement incroyable, c’est insultant ! Il existe encore des gens dans le monde, et on peut espérer qu’il y en a beaucoup, qui sont foncièrement honnêtes, tous les jours. Des gens qui font ce qu’ils disent faire. Des gens dont la parole vaut un écrit.
 
Je n’oublierai jamais un voyage en train que ma femme Marjorie et moi avons fait d’Osaka à Nagoya au Japon. Des amis nous attendaient sur le quai de la gare de Nagoya pour nous saluer et dans l’excitation du moment, Marj a laissé son porte-monnaie dans le train.
 
Lorsque nous avons vu que nous ne l’avions plus, nous avons immédiatement téléphoné à la gare de Tokyo, où le train allait, pour signaler la perte. Mais nous n’espérions guère le retrouver. À notre grand bonheur, cependant, lorsque le train arriva trois heures plus tard, un responsable des chemins de fer nous téléphona pour nous informer que le porte-monnaie était resté sur le siège où Marj l’avait laissé. Nous ne repassions pas par Tokyo, aussi il nous promit de nous l’envoyer aux États-Unis. Là encore, nous n’espérions pas trop. Plus d’un mois s’écoula. Mais là encore, un jour, à notre grande surprise, il arriva chez nous à Salt Lake City. Le porte-monnaie et tout ce qu’il contenait, y compris les yens japonais, tout y était.
 
L’intégrité est la base du commerce dans ce monde où nous vivons. L’honnêteté et l’intégrité sont la base de la société. Tous les présidents et directeurs de banques savent qu’en dépit de toutes les règles et de tous les gardes fous possibles, en dernière analyse, la force et la sécurité de toute institution financière reposent sur l’intégrité de son personnel. Il en est des banques comme des commerçants, des politiciens, des professionnels et des dirigeants dans tous les domaines. En fait, la force et la sécurité de toute organisation, y compris la famille, reposent sur l’intégrité de ses membres. Sans intégrité, il ne peut exister de confiance. Sans confiance, on ne peut espérer de réussite durable.
 
J’ai toujours été fasciné par la Lloyd de Londres, qui a la réputation d’être l’ultime souscripteur en matière de catastrophe éventuelle. Je fus encore plus impressionné après avoir lu un article qui décrivait la philosophie de la société :
 
« Les coûts d’un détournement d’avion, la prise en charge de désastres majeurs tels que les tremblements de terre… etc. finissent invariablement à la Lloyd. L’importance et la nature des risques font que son mode de fonctionnement, relativement simple, est encore plus impressionnant. Car la Lloyd n’est pas une société, elle n’est pas constituée d’actionnaires et elle n’accepte pas les responsabilités partagées pour les risques qu’elle assure. C’est une société de souscripteurs individuels, et elle fonctionne comme un marché. Son existence est basée sur deux principes : Celui de l’intégrité totale de tous ses souscripteurs, qui font commerce avec elle, et celui de la responsabilité personnelle illimitée. »
 
La direction, de la famille, d’une organisation, de notre société, ou même de la nation, s’érode et finit par disparaître en l’absence d’honnêteté et d’intégrité. L’honnêteté est la pierre de touche qui soutient toute organisation. Tom Peters, dans son traité très remarqué sur le management « Search of Excellence », affirme que les affaires qui réussissent le mieux sont celles qui s’appuient en interne sur l’intégrité. Il résume en ces termes : « Sans aucun doute, l’honnêteté a toujours été la meilleure politique ».
 
Les codes et les alliances, les promesses et les principes sont aussi vieux que l’humanité et sont aussi anciens que l’institution du mariage. Ils sont la fondation même d’une société, sure, unie et prospère.
 
Athènes était considérée autrefois comme la plus grande cité du monde connu. C’était le siège du gouvernement de la Grèce, mais c’était aussi celui de la connaissance, du commerce, des arts et de la science. À dix-huit ans, tout jeune Athénien prêtait serment en ces termes :
 
« Nous ne serons pas un sujet de honte pour notre Cité en commettant un acte malhonnête ou lâche.
 
« Nous combattrons pour les idéaux et les causes sacrées de la Cité, seul et ensemble.
 
« Nous respecterons et obéirons aux lois de la Cité, et ferons de notre mieux pour inciter à cette même révérence et à ce même respect ceux qui nous sont supérieurs et qui ont tendance à les affaiblir ou à les réduire au néant.
 
« Nous encouragerons continuellement le peuple à faire son devoir civique.
 
« Ainsi cette Cité sera transmise, non diminuée, mais agrandie et plus belle que lorsqu’elle nous fut confiée. »
 
Cet engagement solennel, et sa mise en application dans la vie des jeunes d’Athènes fut la base des principes et de la conduite qui fit d’Athènes la capitale culturelle du monde. Les codes de conduite ne sont pas nouveaux, et ils ne sont pas démodés.
 
Les présidents de notre nation, les juges de la Cour suprême, nos législateurs, les fonctionnaires servant à de nombreux niveaux lèvent le bras à angle droit pour promettre de soutenir la loi du pays et d’assumer leurs responsabilités fidèlement et avec honneur. La cérémonie de mariage dans de nombreuses confessions représente une alliance faite solennellement. Tous les citoyens de notre pays saluent le drapeau et font promesse d’allégeance à la nation et à ce qu’il représente. Jéhovah a fait alliance avec Abraham et avec sa postérité qu’Il serait leur Dieu et qu’elle serait son Peuple.
 
Ce n’est certainement pas une coïncidence ni un hasard si cinq des Dix Commandements traitent essentiellement de l’honnêteté dans le sens le plus large. « Tu ne tueras pas » (Exode 20:13). C’est un acte de la pire espèce de malhonnêteté que de prendre la vie d’autrui. « Tu ne voleras pas » (Exode 20:15). Le vol est évidemment un acte malhonnête. Cela recouvre un ensemble très large de vols : de la tricherie et du plagiat au mensonge, à la tromperie et à l’appropriation du bien d’autrui. Cet acte est répréhensible, inexcusable, et c’est la violation d’un principe sous-tendant les bases de la civilisation.
 
« Tu ne commettras pas l’adultère » (Exode 20:14). L’adultère va de pair avec la malhonnêteté. En langage populaire, ce mal est appelé « tromperie ». Et c’est bien de tromperie qu’il s’agit, puisqu’il dérobe la vertu, la loyauté, les promesses sacrées, la vérité.
 
Cela comprend aussi la ruse. C’est de la malhonnêteté sous sa forme la plus insultante et la plus égoïste, car on renie les relations humaines les plus sacrées et c’est un déni des alliances et des promesses faites devant Dieu et la société. C’est la violation sordide de la confiance. C’est le rejet égoïste de la loi de Dieu, et, comme pour les autres formes de malhonnêteté, ses fruits en sont la tristesse, l’amertume, le cœur brisé du compagnon, et les enfants trahis. Ce n’est rien de moins que le vol des vœux et des promesses sacrées du mariage.
 
« Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain » (Exode 20:16). La propagation malicieuse d’accusations fausses dans le but de blesser autrui est le genre de malhonnêteté des plus vicieux.
 
On a rapporté récemment aux informations qu’une femme avait été emprisonnée injustement pendant vingt-sept ans. Elle avait été condamnée sur l’affirmation de témoins qui sont venus confesser ultérieurement qu’ils avaient menti. Je me rends compte qu’il s’agit là d’un cas extrême, mais ne connaissons-nous pas tous des exemples de réputation détruite, de cœurs brisés, de carrières détruites par la langue perfide du faux témoin ?
 
Je me souviens d’un livre d’histoire où l’on faisait le détail des récits des mensonges secrétés par les nations lors du conflit de la Seconde Guerre mondiale. Le thème du livre est basé sur les paroles de Winston Churchill : « En temps de guerre, la vérité est si précieuse qu’elle devrait toujours être protégée par la barrière protectrice du mensonge ». Le livre traite des nombreuses tromperies utilisées par chaque nation de chaque côté du conflit. En le lisant, on en arrive une fois de plus à la conclusion que la guerre est un jeu diabolique et que la vérité fait partie de ses nombreuses et précieuses victimes.
 
Malheureusement, l’emploi facile de la fausseté et de la tromperie, rationalisé et exploité durant la guerre par les stratèges militaires, continue longtemps après que les traités de paix ont été signés. Ceux qui ont été formés dans l’art du mensonge pendant la bataille trouvent difficile de se libérer de ce qui est devenu une sorte de malhonnêteté confortable, et ils continuent à utiliser leurs talents en temps de paix. Alors, telle une maladie endémique, le mal se propage et devient de plus en plus virulent.
 
« Tu ne convoiteras point ». La convoitise, ce mal cancéreux, n’est-elle pas la source de la plupart des souffrances du monde ? La convoitise relève de ce désir avide de posséder ce qui appartient à l’autre. C’est le mal qui conduit aux pires conséquences.
 
Contre quel prix minable les gens cupides vendent-ils leur vie ! Je me souviens d’une suite d’évènements malheureux qui a concerné les dirigeants d’une grande institution financière. Après la mort du président, un vice-président senior postula pour la place. Il avait toujours été honorable et compétent, mais à cause de son désir de se mettre en avant, il abandonna principe après principe jusqu’à ce qu’il se détruise complètement. Dans le mouvement, il faillit presque ruiner l’institution même qu’il avait cherché à contrôler. L’histoire des affaires, du gouvernement, des institutions de toutes sortes est remplie d’exemples de personnes avides qui dans leur égoïsme et leur malhonnêteté ont écrasé les autres pour monter et ont fini par se détruire eux-mêmes. De braves gens, des personnes bien intentionnées très compétentes, vendent leur âme pour des colifichets qui ensuite s’évanouissent devant leurs yeux. Leurs rêves deviennent des cauchemars qui les hantent. La malhonnêteté ne paye pas et n’a jamais payé.
 
Tout le monde veut réussir. La question est : réussir en quoi ? Réussir à gagner de l’argent, réussir son mariage, réussir à ses propres yeux et aux yeux de ses amis ? Tous ces objectifs ne sont pas forcément mauvais. Mais l’avidité est un piège sournois qui peut détruire ceux dont la recherche exagérée du succès devient la force motrice de leur vie. L’avidité c’est l’influence sournoise, sinistre et maléfique qui fait dire aux gens : « Ce que j’ai n’est pas suffisant. J’en veux plus. Et je ferais n’importe quoi pour l’obtenir. »
 
Lorsque j’ai entendu la première fois le terme « yuppie », je ne savais pas ce que cela signifiait. J’ai appris plus tard qu’il s’agit en gros de cette génération de jeunes gens, la plupart bien formés, qui ont planifié soigneusement leur carrière pour devenir riches, pour rouler dans des voitures de fantaisie, porter les meilleurs vêtements, posséder un appartement à New York et une maison à la campagne, et encore plus si possible. Ils convoitent le style de vie du voisin, et l’égoïsme et l’avidité font partie de leur processus pour l’acquérir.
 
Ce serait merveilleux si tout le monde pouvait réussir dans la poursuite de ses objectifs ! Mais nous devons être prudents quant à la façon dont nous considérons la réussite. Il suffit de lire les journaux tous les jours pour voir les affaires de ceux dont les impulsions contraignantes et avides les ont conduits aux ennuis, sans parler des graves échecs aux dimensions abyssales. Certains parmi ceux qui roulaient dans des voitures magnifiques et vivaient dans des maisons à faire baver d’envie les voisins languissent maintenant en prison. C’étaient des gens au potentiel extraordinaire, mais dans de nombreux cas, c’est leur capacité qui les a fait chuter.
 
Dernièrement, un nombre alarmant d’individus qui avait commencé à travailler avec intégrité et honnêteté et avait vécu dans un confort raisonnable en est arrivé à être insatisfait. Dans leur avidité à agrandir leur royaume, ces individus ont incité des gens à soutenir leurs investissements. Ceux qui ont investi dans leurs entreprises se sont trouvés eux aussi dans de nombreux cas contaminés par la maladie de la convoitise. Ils ont prêté l’oreille aux sirènes qui leur vantaient un large retour sur investissement pour peu d’efforts. Tel un chien qui court après sa queue, la vitesse acquise par la combine s’est accélérée jusqu’à ce qu’un jour tout s’est effondré. Le promoteur et l’investisseur se sont retrouvés avec leurs seuls rêves brisés. Ce qui avait été une association amicale et plaisante s’est transformé en relations accusatrices et agressives, quand ce n’étaient pas des poursuites judiciaires au plan criminel pour essayer de récupérer les pertes dues à cause des frais de justice.
 
De nombreux changements sont apparus dans le monde depuis que le doigt de Dieu a donné le dixième et dernier commandement : tu ne convoiteras point la maison de ton prochain; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain.» (Exode 20:17). Mais la nature humaine, elle, n’a pas changé.
 
Paul écrit dans une de ses lettres célèbres à Timothée : « Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments ». L’argent en soi n’est pas mauvais. C’est la poursuite implacable de la richesse aux dépens de toute autre chose, y compris l’intégrité et la valeur personnelles, qui conduit souvent à la débauche. Nous n’avons pas besoin d’aller loin pour constater la vérité de ce solennel avertissement. Une fois rendus riches grâce à ce désir brûlant pour l’argent, ces gens, dont je parle, « se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments ».
 
Je pense à un ami qui était un brave homme. Il avait un bon foyer et une belle famille, suffisamment de biens pour satisfaire ses besoins et ceux de sa famille. Mais il commença à brûler du désir d’obtenir de plus grandes richesses. Une chose en conduisant à une autre il arriva un crack dans l’économie, et notre homme se retrouva piégé de sorte qu’il ne put plus s’en sortir. Ceux qui attendaient de lui qu’il leur apporte la richesse, et qui au départ prétendaient l’aimer et l’admirer pour ses qualités d’homme d’affaires devinrent ses plus violents adversaires pleins de haine. Ce n’est pas l’argent qui les a détruits. C’est l’amour de l’argent qui les a saisis et les a motivés jusqu’à ce qu’ils se trouvent en difficulté et en situation d’échec.
 
Il est évident que nous avons besoin de gagner de l’argent pour vivre. Le Seigneur a dit à Adam qu’il gagnerait son pain à la sueur de son front tous les jours de sa vie. Il est important de nous qualifier pour être autonomes, surtout les jeunes gens, au moment du mariage, qu’ils soient prêts à assumer la responsabilité de subvenir aux besoins de leur partenaire et des enfants qui arriveront dans le foyer. C’est important. C’est sain. C’est juste et convenable.
 
Quelles que soient les circonstances, nous voulons les améliorer. C’est bien quand nous ne poussons pas à l’extrême. Je suis heureux que notre Père ne souhaite pas que ses enfants vivent dans la pauvreté. Il veut le meilleur pour nous. Il veut que nous profitions des meilleures choses de la terre. Dans l’Ancien Testament, il parle « d’un pays où coulent le lait et le miel », des bêtes grasses du troupeau, et d’autre chose qui indiquent qu’il souhaite que ses enfants soient correctement nourris, vêtus, protégés, et profitent du confort que nous procure la terre.
 
Nos afflictions commencent lorsque la convoitise prend le dessus, et que nous envions le bien d’autrui. Ces afflictions peuvent devenir très dures et très pénibles si notre convoitise nous incite à compromettre notre intégrité par une attitude du genre « faire n’importe quoi pour l’avoir ». Nous n’aurons jamais l’impression d’en avoir assez si nous faisons attention aux campagnes de publicité des agents de change pour acheter des actions en bourse, qui font la promotion de la belle vie et nous attirent par les babioles d’une société riche, mais qui ne dit pas comment nous allons les payer.
 
« Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ». Nous avons tous besoin d’un abri. Nous avons tous besoin d’un toit au-dessus de nos têtes avec la chaleur en hiver et un certain confort en été. Mais quand on commence à exagérer comme certains ont tendance à le faire, même les jeunes, notre folie devient un piège qui nous détruit.
 
Tu ne convoiteras pas la voiture de ton voisin. L’automobile moderne est merveilleuse et pratiquement indispensable dans la société où nous vivons et travaillons. Mais quand je vois des jeunes s’endetter lourdement pour acheter des voitures qui coûtent des milliers
de dollars, je me demande ce qui est advenu de nos valeurs. Je me demande où sont nos priorités. Je m’inquiète de ce qui me paraît être une absence alarmante de bon sens.
 
Il en est de même pour les bateaux et autres fantaisies. Lorsqu’une famille du voisinage acquiert un bateau, les voisins pensent qu’ils doivent faire de même. Nous nous endettons pour satisfaire nos désirs et nous dissipons nos biens dans le remboursement de lourds intérêts et nous devenons comme des serviteurs sous contrat obligés de travailler pour payer nos dettes. S’il vous plaît, comprenez-moi bien : je souhaite que tout un chacun puisse profiter des bonnes choses de la vie. Mais j’espère que nos désirs ne sont pas inspirés par la convoitise et l’avidité, deux choses qui provoquent une maladie pernicieuse et qui nous ronge.
 
L’être humain chez qui on ne trouve ni ruse, ni tromperie, ni fausseté, ni convoitise, ni envie « d’écraser les autres » est une pierre précieuse rare et un vrai joyau. La façon de voir d’Alexander Pope, le poète anglais, donnée il y a longtemps est toujours d’actualité.
 
« L’homme honnête est l’œuvre la plus noble de Dieu. » Pourquoi l’honnêteté est-elle si vitale ? Parce que lorsque l’honnêteté et l’intégrité sont là, les autres vertus suivent. Et inversement, lorsque l’intégrité est violée, elle est presque toujours suivie par d’autres défaillances morales.
 
L’auteur des Proverbes écrit : « Il y a six choses que hait l’Éternel et même sept qu’il a en horreur ; les yeux hautains, la langue menteuse, les mains qui répandent le sang innocent, le cœur qui médite des projets iniques, les pieds qui se hâtent de courir au mal, le faux témoin qui dit des mensonges, et celui qui excite des querelles entre frères. » (Proverbes 6:16-19).
 
Abraham Lincoln reçut le surnom de « Abe l’honnête homme », apparemment il le méritait pour l’avoir gagné, et toute sa vie il fut gêné lorsqu’il rencontrait des gens auxquels on ne pouvait se fier. À un moment critique de la Guerre de Sécession, il s’aperçut que certains de ses officiers de confiance de l’armée de l’Union donnaient des renseignements aux responsables de la Confédération. Il faut en convenir, Lincoln fut déçu par ce manque de loyauté de la part des soi-disant soutiens de l’Union. Lors d’une réunion à huis clos, le ministre de la Guerre présenta des preuves condamnant plusieurs de ces individus comme traîtres, et demanda à Lincoln ce qu’il comptait faire. Lincoln, qui était demeuré silencieux jusque-là, donna son sentiment en racontant l’histoire d’un fermier qui aimait un grand arbre ombragé qui se tenait telle une sentinelle prés de sa maison.
 
« C’était un arbre qui paraissait magnifique, et qui dans toutes ses parties semblait parfait, grand, droit… Un matin, alors qu’il travaillait dans son jardin, le fermier vit un écureuil monter dans l’arbre et entrer dans un trou, il pensa que l’arbre pouvait être creux. Il entreprit de l’examiner avec soin et à sa grande surprise, il trouva que l’arbre imposant qu’il avait estimé pour sa beauté et sa magnificence était creux d’en bas jusqu’en haut. Seule une épaisseur de bois sain restait, à peine suffisante pour en supporter le poids. Que devait-il faire ? S’il l’abattait, cela causerait de grands dommages à cause de sa hauteur et de l’épanouissement de ses branches. S’il le laissait, sa famille serait en danger permanent. Il pourrait tomber lors d’une tempête, ou le vent pourrait l’abattre et sa maison et ses enfants seraient écrasés. Que devait-il faire ? Il dit tristement en s’en allant : ‘J’aurais aimé ne jamais voir cet écureuil’. »
 
Très simplement, nous ne pouvons faire moins que d’être honnêtes, moins que d’être fidèles, moins que d’être vertueux si nous devons garder sacrée la confiance qui nous a été faite par nos prédécesseurs, ou si nous devons mériter la confiance de ceux avec qui nous vivons, nous travaillons et avec lesquels nous sommes associés. On a dit un jour que la parole d’un homme était aussi valable que sa promesse. Serons-nous moins fiables, moins honnêtes que nos parents ? Ceux qui sont malhonnêtes avec autrui apportent le cancer dans leur âme et apprennent vite qu’ils ne peuvent même pas avoir confiance en eux-mêmes.
 
J’ai entendu un jour un homme, fort et sage que j’admirais grandement, conseiller doucement sa fille, qui partait à un rendez-vous :
 
Sois prudente dans tes actions et dans ce que tu dis.
 
Papa, n’as-tu pas confiance en moi ? répondit-elle vivement.
 
Je ne me fais pas confiance totalement moi-même, répondit-il. Nul n’est assez âgé ou assez sage pour que l’adversaire l’abandonne.
 
Chacun d’entre nous doit garder la foi en lui-même et dans les autres. Tant d’entre nous commencent fort et ensuite abandonnent. Il y a beaucoup de joueurs dans le jeu de la vie qui parvienne à la première base. Certains atteignent la seconde. Une poignée la troisième. Mais il y en peu qui arrive sur le marbre en vainqueur. Cela exige une lutte continuelle pour gagner cette maîtrise de soi. Comme l’a fait remarquer Henry Wadsworth : « Les hauteurs sur lesquelles se maintiennent les grands hommes n’ont pas été atteintes en un clin d’œil, mais c’est alors que leurs compagnons dormaient, qu’ils sont montés en peinant dans la nuit ».
 
Karl G. Maeser, professeur allemand, a servi en tant que premier président de l’Université Brigham Young, maintenant la plus grande université privée appartenant à une Église aux États-Unis. Voilà plus d’un siècle, il disait ceci à ses étudiants : « On m’a demandé ce que j’entendais par « parole d’honneur » je vais vous le dire. Mettez-moi derrière les murs d’une prison, des murs de pierre excessivement hauts et épais et plongeant au plus profond de la terre, il y aura toujours une possibilité d’une façon ou d’une autre pour que je m’en échappe. Maintenant, placez-moi sur le plancher et tracez un cercle de craie autour de moi et demandez que je vous donne ma parole d’honneur de ne jamais sortir du cercle. Puis-je sortir du cercle ? Non, jamais, plutôt mourir ».
 
Ne pouvons-nous, en entrant dans le vingt et unième siècle, faire vœu de garder la foi dans le meilleur qui est en nous ? Ne pouvons-nous remettre à l’honneur les vertus jumelles que sont l’intégrité et l’honnêteté ? Il est possible d’être honnête tous les jours. Il est possible de vivre en sorte que l’on nous fasse confiance, que l’on ait confiance en notre parole, nos mobiles, et nos actions. Notre exemple est vital pour ceux qui vivent à nos pieds comme pour ceux qui nous voient de loin. Notre amélioration constante deviendra comme une étoile polaire pour ceux qui vivent dans notre sphère d’influence. Ils se souviendront plus longtemps de ce qu’ils ont vu en nous que de ce qu’ils auront entendu de nous. Notre attitude, notre point de vue, peut faire une énorme différence.
 
Mon père m’a raconté une histoire, quand j’étais enfant, que je n’ai jamais oubliée. Un garçon plus âgé et son jeune compagnon marchaient le long d’un chemin dans les champs. Ils virent un vieux manteau et une paire de chaussures très usées sur le bord de la route, et leur propriétaire qui travaillait dans le champ. Le jeune garçon suggéra de cacher les chaussures, et de se dissimuler pour voir la tête que ferait l’homme quand il reviendrait. Le garçon plus âgé, qui était un brave garçon, ne trouva pas que l’idée était très bonne. Il dit que le propriétaire devait être très pauvre. Après avoir discuté de la question, ils décidèrent de faire une autre expérience. Au lieu de cacher les chaussures, ils mettraient un dollar dans chacune d’elles et se cacheraient pour voir ce que ferait le propriétaire quand il découvrirait l’argent.
 
L’homme revint bientôt du champ, mit son manteau, glissa un pied dans une chaussure, sentit quelque chose de dur, ressortit le pied et trouva un dollar d’argent. L’émerveillement et la surprise illuminèrent sa figure. Il regarda le dollar de nouveau, se retourna et ne vit personne, puis il se décida à mettre l’autre chaussure et à sa grande surprise trouva un autre dollar. C’en fut trop pour lui et il tomba à genoux en prière d’Actions de grâce, dans laquelle il parla de sa femme malade et impotente et de ses enfants sans pain. Il remercia ensuite avec ferveur le Seigneur pour la générosité des mains inconnues et pria pour que les bénédictions du ciel reposent sur ceux qui lui avaient apporté leur aide. Les garçons restèrent cachés jusqu’à ce qu’il parte. Puis ils continuèrent tranquillement le long du chemin et l’un dit à l’autre : « Tu n’es pas bien maintenant ? N’es-tu pas heureux que nous n’ayons pas essayé de le tromper ? »
 
Les hommes et les femmes intègres comprennent au fond d’eux-mêmes qu’ils ont le droit sacré de lever la tête vers la lumière de la vérité, sans honte devant personne. C’est sur ce simple principe et sur ce trait de caractère que repose la vertu de base de toute personne et de toute société.
 
 
CHAPITRE TROIS : JUGER DE LA MORALITÉ
 
L’expérience et la sagesse divine montrent que la morale et la pureté préparent la voie à la force de caractère, à la paix du cœur et de l’esprit, et au bonheur ici-bas.
Un jour, j’ai discuté avec un jeune homme dans un aéroport en Amérique du Sud, où nos avions respectifs avaient du retard. Sa chevelure n’était pas soignée et il n’était pas rasé ; il avait de larges lunettes rondes. Ses vêtements donnaient l’impression d’une totale indifférence à tout style ou principe généralement accepté. Mais il était sérieux et à l’évidence franc, honnête et réfléchi. Sans emploi, et aidé financièrement par son père, il visitait l’Amérique du Sud.
 
Que recherchait-il dans la vie ? demandais-je. « La paix et la liberté » fut sa réponse immédiate. Utilisait-il des drogues ? Oui, c’était un des moyens pour obtenir ce qu’il recherchait. La discussion sur les drogues nous amena à discuter des mœurs. Il parla incidemment de la moralité d’aujourd’hui, qui lui apportait, lui semblait-il, beaucoup plus de liberté que ce que les générations précédentes n’avaient jamais connu.
 
En nous présentant, je lui avais dit que j’étais un dirigeant religieux. Il me fit savoir, d’une façon un peu condescendante, que pour lui la moralité de ma génération, comme celles des autres précédentes, c’était de la blague. Ensuite, il me demanda carrément comment je pouvais honnêtement défendre la vertu personnelle et la chasteté. Je le choquai quand je lui répondis que sa liberté n’était qu’une illusion, que sa paix n’était qu’une illusion, que cette paix et cette liberté devraient être chèrement payées et qu’elles auraient un coût immense tant sur le plan individuel que sur celui de la société, et que je voulais bien lui expliquer pourquoi. Nos vols arrivèrent peu de temps après, et nous dûmes nous quitter.
 
J’ai beaucoup pensé à cette discussion. J’aurais aimé avoir le temps de finir notre conversation. Il est le représentant d’une génération qui se compte par millions, qui recherche la liberté de toute contrainte morale et la tranquillité de l’esprit quant à la culpabilité, qui cherche à légitimer, et même à glorifier des pratiques qui rendent esclaves et entraînent vers la débauche, et si l’on n’y prend garde, détruiront non seulement la personne, mais aussi les nations dont ils sont une partie intégrante.
 
Il est virtuellement impossible aujourd’hui de se tenir à l’écart des influences immorales. Notre culture en est saturée. L’adultère, la fornication, l’homosexualité, la pornographie font des ravages sur le plan spirituel chacun dans son domaine, tout ceci au nom de la liberté et de la paix.
 
Je pensais à cette prétendue liberté alors que je parlais avec un jeune homme et une jeune fille dans mon bureau. C’était un jeune homme intelligent, il était grand et avait du talent. Elle, c’était une belle fille, une excellente étudiante, sensible et perspicace.
 
La jeune fille sanglotait et le jeune homme avait les larmes aux yeux. Ils étaient étudiants à l’université et devaient se marier la semaine suivante. Mais ce ne serait pas le genre de mariage dont ils avaient rêvé. Cela ne serait pas le point culminant de leur planification et de leurs préparatifs. Ils allaient plutôt devoir précipiter les choses. Ce mariage allait interrompre leurs études et briser leurs rêves, une situation qu’ils regrettaient tous les deux et pour laquelle ils n’étaient pas préparés, sur le plan émotionnel comme dans les autres domaines. Ils se rendaient compte que les plans qu’ils avaient faits pour leurs études étaient bouleversés, ainsi que les années de préparation nécessaires pour affronter le monde de la concurrence qui se présentait à eux. Au lieu de cela, ils devaient interrompre leurs études pour fonder un foyer. Il devrait être le soutien de famille avec les maigres compétences qu’il pourrait présenter. Le jeune homme regarda à travers ses larmes et dit :
 
Nous avons tout brisé.
 
Nous avons triché l’un envers l’autre, répondit-elle.
 
Nous avons été malhonnêtes l’un envers l’autre et envers nos parents qui nous aiment, et nous avons été malhonnêtes envers nous-mêmes. Nous nous sommes trahis mutuellement.
 
Elle expliqua comment ils s’étaient laissé prendre par cette sottise qui affirme que vertu égale hypocrisie. Ils avaient découvert que le piège qui les avait détruits se trouvait dans l’absence de principes moraux, dans lequel baignent la télévision, le cinéma et la culture en général.
 
Ils me parlèrent de toutes les craintes et de tous les doutes qui les avaient obsédés pendant les jours et les nuits d’angoisse qu’ils avaient endurés lors des semaines passées. Devait-elle avorter ? La tentation était grande face à la perspective effrayante de l’épreuve qui se présentait à elle, la gêne de la situation et la honte qu’elle devrait subir. Cela pouvait sembler être une solution, mais est-ce que cela adoucirait l’angoisse qui la tenaillait ? Non, avait-elle conclu ; elle ne prendrait jamais la vie d’un être innocent qu’elle avait aidé à créer. La vie était sacrée en toutes circonstances. Elle savait qu’elle ne pourrait jamais vivre en paix si elle se décidait à détruire le don de la vie, même dans cette situation difficile.
 
Lui aussi avait décidé d’être responsable, il ne la laisserait jamais seule affronter cette épreuve. Il assumerait ses responsabilités même si cela devait anéantir l’avenir dont il avait rêvé. J’admirais leur courage et leur détermination à faire du mieux qu’ils pouvaient dans ces conditions, mais j’avais mal au cœur en les regardant. C’était une tragédie. C’était un esclavage. Ils avaient

troqué leur paix intérieure et leur liberté, la liberté de se marier quand ils l’auraient choisie, la liberté de s’assurer l’instruction dont ils avaient rêvé, et plus important, la paix que l’on ressent quand on se respecte.
 
Mon jeune ami de l’aéroport aurait pu m’opposer qu’ils n’avaient pas été malins. S’ils avaient fait un usage intelligent des moyens mis à leur disposition, ils ne se seraient pas trouvés dans cette situation désolante. J’aurais pu répliquer que leur situation était loin d’être unique.
 
La violation des bonnes mœurs à notre époque, comme autrefois, n’apporte que des regrets, de la peine, la perte de l’estime de soi, et dans de nombreux cas la tragédie. Le raisonnement et l’équivoque ne supprimeront pas le cancer destructeur du respect de la personne qui rejette cette vertu irremplaçable. L’auto justification ne guérira jamais le cœur de celui qui se laisse emporter par la tragédie morale.

Le bien est bien et le mal est mal
 
Selon un sondage au plan national de 1997, il y a 32 % de risque de divorce en plus parmi ceux qui ont eu des relations sexuelles prémaritales que parmi l’ensemble de la population. Parmi les personnes séparées ou divorcées, on trouve trois fois plus de gens qui ont commis l’adultère que parmi l’ensemble de la population en général. De plus, 82% des conjoints qui considèrent leur mariage comme « très fort » n’ont pas eu de relations sexuelles avant leur mariage. Ceci n’est pas surprenant. L’immoralité est une très grave violation de l’intégrité. D’un autre côté, ceux qui ont fait preuve de pureté sexuelle ont vraisemblablement dû cultiver d’autres vertus morales ce qui a contribué au succès dans leurs relations, surtout maritales. Chacun d’entre nous a la capacité de maîtriser ses pensées et ses actions. Ceci fait partie du processus de développement spirituel, physique, et de maturité émotionnelle.
 
L’autodiscipline n’est pas nécessairement une chose aisée. Cela exige des efforts et de la force. Cela exige que l’on y pense et que l’on prie. À long terme, cependant, c’est un chemin beaucoup plus facile que ne l’est celui des désirs dévergondés qui mènent à la destruction du cœur et de l’esprit.
 
Dans les années 1960, j’ai visité la Corée une douzaine de fois. J’ai vu les tragiques conséquences de la guerre, pas seulement la perte des vies humaines et la destruction des biens, mais j’y ai vu les milliers d’orphelins nés de mères coréennes et de soldats américains. Ces enfants ont été généralement abandonnés. C’étaient les créatures du chagrin non désirées, l’écume d’une misérable marée d’immoralité.
 
Il en était de même au Vietnam. Des dizaines de milliers d’enfants interraciaux sont nés pendant cette guerre. Paix et liberté ? Il n’y en aura pas pour les hommes qui se sont laissés aller sans vergogne ni pour ces enfants victimes innocentes et tragiques de leur concupiscence. Toute justification personnelle n’est qu’une illusion et une misérable imposture. On a dit autrefois que « celui qui se gouverne est supérieur à celui qui prend une ville. » L’homme peut-il ressentir la paix du cœur ou se sentir libre dans la vie quand il n’a laissé que le malheur comme résultat de son caprice ? N’y a-t-il rien de plus faux ni de plus malhonnête que la satisfaction des passions et le refus des responsabilités ?
 
Un soir, en feuilletant le journal, je suis tombé sur les cinémas. Il y en avait énormément qui incitaient le lecteur à la débauche. Je suis allé voir mon courrier, et j’y trouvais un petit magazine qui donnait les tarifs de films à la télévision et vis que les titres allaient tous dans le même sens. Un magazine se trouvait sur mon bureau. Le titre principal était consacré à la montée du taux de criminalité, et insistait sur l’influence dégradante et l’énorme coût de la pornographie, de la drogue et des gangs. Les articles du magazine citaient les milliards supplémentaires dont on avait besoin pour augmenter les forces de police, construire davantage de centres de réhabilitation pour les jeunes et pour les drogués, et pour l’agrandissement des prisons.
 
Cette vague submerge notre corps législatif et nos tribunaux. Les contraintes légales se rapportant à la conduite immorale s’affaiblissent en raison de la promulgation de lois et sous l’influence de l’opinion des jurés. Tout ceci au nom de la liberté, la liberté d’expression, la liberté de la presse, la liberté de choisir dans des domaines prétendument personnels. Mais l’abus de ces libertés a rendu le monde esclave d’habitudes dégradantes, et suscité un comportement qui ne mène qu’à la destruction.
 
Le livre de Michael Medved « Hollywood vs America » (Hollywood contre l’Amérique) dépeint un tableau sinistre de l’obsession misérable et lugubre des nombreux producteurs de films de cinéma et de télévision concernant le sexe. Il parle de « l’usine à rêve d’Hollywood » comme étant « une usine à poisons », et cite un sondage de « l’Associated Press/Media General » dans lequel 80% des Américains sont opposés à la montée de la violence ; 72% à la montée de la sexualité explicite. Les fabricants de ces poubelles ne tiennent pas compte des sentiments de l’Amérique profonde. Mais dans leur obsession, ils influencent sans aucun doute et ils guident des millions de gens dans une direction qui les incitent trop à changer leurs principes moraux.
 
Dans le vieux film ‘International Hotel’, W.C. Fields vole dans les nuages lorsqu’il se rend compte qu’il est à court de bière. Il atterrit sur le toit de l’Hôtel International quelque part en Chine, où l’élite de la ville est réunie pour le thé. Fields leur demande où il se trouve. On lui répond « Wu Hu ». « Je cherche Kansas City au Kansas », dit-il. Quelqu’un lui répond : « Vous êtes perdu, monsieur ». Là-dessus avec un brin d’arrogance et de suffisance, il relève la tête, bombe le torse et dit : « Kansas City est perdue, me voilà ! »
 
Il en est de même des auteurs et des producteurs de programmes insipides et destructifs qui encombrent les airs. Leur ego les pousse à considérer que leur mission consiste à éduquer l’Amérique au regard des mœurs. Il y a plusieurs années, un producteur célèbre de télévision s’était vanté que dans les cinq ans, il aurait une émission réservée aux adultes en prime time à la télévision. Il a atteint son but en moins de temps que cela. Dans leur arrogance, ces producteurs ne tiennent pas compte du goût et des désirs d’une grande partie des citoyens. Tous les sondages et toutes les enquêtes montrent la présence d’un ensemble fort et cohérent de gens ayant des idéaux élevés, vivant avec décence et intégrité. Toutefois, cette partie de la société est rarement décrite par les producteurs (une exception notable : la série de CBS « Touched by an Angel » que les critiques de télévision ont commencé par éreinter. Nonobstant les critiques, ce programme « plein de bons sentiments » qui traite de l’existence de Dieu et de la communication avec lui par l’intermédiaire d’êtres célestes a trouvé une audience importante et fidèle.
 
Il faut être naïf pour croire que les programmes montrant une immoralité flagrante visionnés régulièrement tous les soirs dans nos salles de séjour n’ont pas d’influence sur les gens. Je suis toujours étonné lorsque des gens soutiennent que ce qu’ils regardent à la télévision ou au cinéma n’a aucun effet sur eux. Il est intéressant de remarquer que le tarif pour un spot télévisuel de trente secondes pour le Super Bowl de 1999 s’élevait à 1,5 million de dollars. Apparemment, une armée de publicitaires est sure qu’elle va pouvoir influencer en trente secondes les téléspectateurs pour qu’ils achètent les produits ou les services qu’ils présentent. Devons-nous alors croire que les heures de veille qui se transforment en années devant la télévision ne vont pas influencer notre comportement dans tous les domaines, de notre vie de famille à nos relations sexuelles ?
 
La pornographie, qui fait le lit de l’immoralité encore plus flagrante, n’est plus considérée comme un sujet de discussion dont on parlerait à mots couverts. Elle est considérée maintenant dans de trop nombreux foyers comme un divertissement normal. La pornographie dérobe leur estime à ses victimes et souille les beautés de la vie. Ceux qui s’y livrent se détruisent et sont attirés dans un univers glauque de pensées dégoûtantes et de mauvaises actions. Elle séduit, détruit, et déforme la vérité sur l’amour et l’intimité. Elle est plus destructrice qu’une maladie grave. La pornographie rend autant dépendant et détruit autant que les drogues illicites, elle détruit littéralement les relations personnelles
de ceux qui s’en rendent esclaves.
 
Personne ne peut se permettre de toucher à cette saleté. Nous ne pouvons risquer de subir les ravages qu’elle occasionne dans les relations les plus précieuses : celles du mariage, et de la famille. Nous ne pouvons risquer de subir les conséquences que cela aura sur notre esprit et notre âme. Les vidéos salaces, les numéros de téléphone surtaxés, les saletés que l’on trouve sur l’Internet, les magazines et les films érotiques sont tous des pièges à éviter comme la plus mortelle des pestes.
 
Il y a longtemps, je travaillais dans un bureau de chemin de fer à Denver, où j’étais chargé des wagons à bagages et des colis express accompagnant les voyageurs. Un jour j’ai reçu un coup de téléphone de mon homologue sur une autre ligne à Newark dans le New Jersey, qui disait qu’un train de voyageurs était arrivé sans son wagon à bagages. Trois cents clients étaient furieux et ils avaient des raisons de l’être.
 
Nous constatâmes que le train était bien parti d’Oakland en Californie, avait ensuite voyagé jusqu’à Salt Lake City, puis à Denver et avait continué sur Saint Louis. À partir de là, le train devait aller vers sa destination sur la côte est. Mais à la gare de Saint Louis, un aiguilleur s’était trompé en déplaçant une pièce de métal de trois pouces. Cette pièce de métal était l’aiguillage et le wagon à bagages qui aurait dû aller à Newark se trouvait à La Nouvelle-Orléans, à deux mille deux cents kilomètres de là.
 
Les prisons de notre pays sont remplies de gens qui ont fait des choix imprudents et même destructeurs, des individus qui ont déplacé légèrement un aiguillage dans leur vie et se sont retrouvés rapidement sur la mauvaise voie en direction du mauvais endroit.
 
Ce n’est pas par hasard si le Seigneur, alors qu’il parlait à la multitude sur le Mont a inclus cette merveilleuse déclaration : « Bénis ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu » (Matthieu 5:8). Si seulement chacun d’entre nous voulait chercher à être plus pur ! Si seulement notre société voulait accorder de la valeur à la pureté !
 
Il y a quelques années un athlète professionnel connu a fait les grands titres des journaux en affirmant que son salaire élevé et son statut de superstar n’impliquaient pas qu’il soit un « exemple » ni un « héros » pour quiconque, y compris les milliers de jeunes gens qui l’admiraient et portaient des tee-shirts avec son numéro en raison de son talent extraordinaire. Comme c’est absurde ! Notre société serait bien différente si ceux qui bénéficient du privilège de la célébrité et de la réputation ressentaient aussi le désir, si ce n’est l’obligation morale, de glorifier la vertu. Imaginez l’influence qu’aurait cette caution de moralité présentée par ces célébrités. Imaginez les hommes et les femmes, les jeunes gens et les jeunes filles, qui voudraient suivre leur exemple ! Le résultat en bien serait stupéfiant.
 
Je suis suffisamment âgé, et mon enfance et mon adolescence sont déjà loin, pourtant j’ai, moi aussi, eu des héros que j’ai admirés et j’ai essayé d’imiter certains grands hommes dans ma vie. Ce groupe de héros s’est élargi pour y faire entrer Washington, Jefferson, Lincoln, et d’autres présidents des États-Unis. J’avais juste seize ans lorsque Lindbergh a traversé l’Atlantique sur le monomoteur « Spirit of Saint Louis » pour atterrir trente-trois heures après le décollage. Il devint pour moi en un instant un héros hors norme. Je me souviens encore très bien des vendeurs de journaux qui couraient dans les rues en criant « Sensationnel ! » pour vendre leur édition spéciale. Le triomphe de Lindbergh était excitant parce qu’il s’était attaqué à l’impossible et qu’il avait réussi.
 
Lorsque j’étais en sixième, mon père m’a emmené à une conférence donnée par l’Amiral Richard E. Byrd qui avait dirigé une expédition au pôle Sud. Son succès était terriblement significatif. J’écoutais fasciné ses paroles captivantes. Lui aussi est devenu un héros.
 
Au fil des années, j’en ai admiré d’autres. Je suis un descendant direct de Stephen Hopkins, qui fut passager sur le Mayflower. Lui et le reste de ce groupe courageux de premiers immigrants partirent sur une mer calme, mais avant la fin de leur voyage, ils se sont heurtés aux vagues montagneuses des tempêtes d’équinoxe. En arrivant en Amérique en novembre, ils ont dû faire face à un long et difficile hiver, sans autres provisions que celles qu’ils avaient apportées sur le bateau. En deux ou trois mois, la moitié de la compagnie était décédée. Cependant, en dépit des terribles épreuves qu’ils avaient traversées, lorsque le Mayflower repartit pour l’Angleterre au printemps suivant, aucun d’entre eux ne suivit. Ces héros et ces héroïnes étaient des hommes et des femmes au courage physique et moral formidable.
 
Je suis désolé pour la génération actuelle qui semble privée de héros. Ces hommes et ces femmes qui, en vertu de leurs contributions et de leurs accomplissements, semblent plus grands que les gens ordinaires, et que l’on admire à cause de leur stature morale extraordinaire sont une race en voie de disparition.
 
D’un autre côté, je suis heureux de constater qu’il y a des millions de braves gens en Amérique et ailleurs. Beaucoup de couples mariés sont fidèles. Leurs enfants sont élevés avec sérieux, dans le goût du travail et de la foi en Dieu. Vu la force de ces familles, je crois que la situation est loin d’être désespérée. Cela me fait plaisir de voir que certains ne se contentent pas de rester immobiles devant l’obscénité et la violence qui nous envahissent. Ils ne sont pas non plus désespérés au point de fuir devant ces menaces. Cette marée putride, aussi haute et menaçante qu’elle soit, peut-être inversée si suffisamment de gens de valeur apportent leur soutien au petit nombre qui est déjà engagé dans ce combat avec succès.
 
Tous les gens vertueux et de bonnes mœurs ont le devoir d’identifier le mal et de l’affronter. Tout commence par notre vertu personnelle. La réforme du monde commence par nous-mêmes. Nous ne pouvons espérer influencer autrui dans le sens du bien si nous ne vivons pas vertueusement. L’exemple d’une vie honnête a plus d’influence que tous les prêches, les principes et les théories dont nous pouvons nous satisfaire. Nous ne pouvons élever les autres si nous ne sommes pas à un niveau supérieur.
 
Cultiver la vertu commence par le respect de soi. Nous vivons à une époque où les gens s’habillent de façon débraillée, ont des manières grossières et, c’est regrettable de le dire, ont des mœurs relâchées. On ne sait pourquoi, mais on n’arrête pas de marteler que la moralité sexuelle est excessivement difficile à suivre, trop difficile pour qu’on s’attende à ce que les hommes et les femmes d’aujourd’hui l’acceptent. Apparemment, les porte-parole de ce point de vue ne semblent pas voir le paradoxe de la situation. La conduite débridée amenant à l’immoralité est en fait un choix plus difficile que la maîtrise sexuelle.
 
L’infidélité, la promiscuité, et les désirs sexuels, sous toutes leurs formes, traînent derrière eux une armée de maux : des maladies mortelles, l’insécurité lorsqu’on s’engage dans des relations sexuelles sans en assumer les responsabilités, et même dans de nombreux cas sans amour ; la détérioration du sentiment de sa valeur et de son amour propre, la destruction de son intégrité personnelle, la menace d’une grossesse non désirée, etc. Oui, la moralité exige de la discipline. Mais une contrainte personnelle minime est-elle plus difficile au regard des conséquences mentionnées précédemment ? Aucune personne de bon sens ne peut prétendre le contraire.
 
Il est faux de dire qu’il était plus aisé d’honorer la vertu autrefois et d’affirmer que de nos jours c’est devenu plus difficile. La maîtrise personnelle représente un défi en soi, nous vivons dans une société qui fait du racolage sur le thème de la « liberté », c’est pourquoi certains prétendent qu’il faut considérer les attentats aux bonnes mœurs comme « humaines » et donc les comprendre et les excuser. Pourtant, la proposition qui fut faite par la femme de Potiphar à Joseph en Égypte n’est pas fondamentalement différente de celles auxquelles les hommes et les femmes d’aujourd’hui ont à faire face. La différence majeure réside dans le fait que nous sommes placés devant le portrait éhonté de l’immoralité et de sa glorification sous toutes les formes de communication et de distraction, et de plus en plus de gens soutiennent ouvertement que l’acceptation ou le rejet de ces comportements n’est qu’une question de choix personnel. Ce qui était considéré, encore il y a peu, comme indécent et immoral est maintenant toléré quand ce n’est pas carrément accepté.
 
Mais chacun d’entre nous a une conscience. Nous connaissons la différence entre le bien et le mal. Nous n’avons pas besoin qu’on nous dise où est le bien et où est le mal. Nous savons quand nous avons mal agi, et nous avons des remords de conscience. Nous savons quand nous faisons bien, et il en résulte un sentiment de paix intérieure et de bonheur.
 
Notre défi consiste à élever nos pensées au-dessus de l’impureté, à nous discipliner en faisant preuve de vertu, à contrôler nos paroles pour ne dire que des choses inspirantes et qui nous font progresser.
 
Voilà les étapes qui mènent vers la pureté et la vertu, qui élèvent et invitent autrui à un mode de vie supérieur.
 
Nous pouvons tous franchir ces étapes. Notre vie est rarement déterminée par des décisions majeures qui changent radicalement son cours. La direction que nous suivons est souvent déterminée par les choix simples et quotidiens qui déterminent la piste sur laquelle nous nous trouvons. Voilà la raison de notre vie : faire des choix.
 
La leçon de l’aiguillage est semblable à la façon dont fonctionne le grand portail d’entrée d’une ferme. Ce portail bouge très peu au niveau de la charnière, mais énormément à la circonférence. Un très petit mouvement au niveau de la charnière produit un grand déplacement au bout de la porte.
 
Il en est de même dans nos vies. S’abandonner imprudemment à une pulsion, une décision malheureuse, un abandon momentané de la discipline personnelle peut faire des ravages aux conséquences bien plus graves que ce qu’on ne pourrait jamais imaginer.
 
Lors d’un voyage en Suisse il y a quelques années, j’ai acheté un paquet de graines d’edelweiss. Ces graines sont très petites, sèches comme des grains de poivre, minuscules. Sur le paquet on voit l’image d’un plan arrivé à maturité, c’est la fleur qui pousse en altitude dans les Alpes suisses. L’edelweiss subit les tempêtes qui font rage dans ces montagnes, elle fleurit sous la neige, et embellit les pentes et les prairies alpines. Elle ne paye pas de mine, mais les graines minuscules ont en elle le potentiel pour développer une vie magnifique et vigoureuse.
 
Il en est de même pour chacun d’entre nous. Nous possédons un potentiel incalculable de bonnes choses. Les décisions que nous prenons déterminent le cours de notre vie et la formation de notre personnalité. Elles déterminent si nous vivrons vertueusement.
 
Les Églises du monde peuvent aider. Les avertissements répétés du Pape Jean Paul II contre les pièges moraux sont impressionnants et avisés. Les baptistes ont lancé une campagne importante et énergique en faveur de la chasteté. De nombreuses personnes honnêtes représentant diverses confessions s’opposent fermement aux ruses du monde.
 
Celui qui sait et croit qu’il est un enfant de Dieu, créé par un Père céleste et doté d’un potentiel lui permettant de jouir des vertus divines merveilleuses, se disciplinera contre les éléments sordides et lascifs auxquels nous sommes si fréquemment et si facilement exposé.
 
J’ai grandi à Salt Lake City et la plupart des foyers étaient chauffés au charbon. Résultat : presque toutes les cheminées vomissaient une fumée noire. À la fin de l’hiver, la suie et la crasse s’infiltraient partout, à l’intérieur comme à l’extérieur des maisons. Tous les ans nous subissions le même rituel, que nous n’appréciions pas en tant qu’enfants. Tous les membres de la famille y participaient, cela s’appelait le « nettoyage de printemps ». Lorsque le temps se réchauffait après un long hiver, nous choisissions une semaine pour le nettoyage, et Maman dirigeait la manœuvre. On descendait tous les rideaux, on les lavait et on les repassait soigneusement. Les vitres étaient nettoyées à l’intérieur comme à l’extérieur, et je peux vous dire que c’était du travail dans notre maison de deux étages ! Tous les murs étaient recouverts de papier peint et mon père amenait des boîtes de nettoyant papier qui ressemblait à une sorte de pâte rose à l’odeur fraîche et agréable. Nous mettions tous les mains dedans. Nous en étalions sur les mains, nous montions sur une échelle et nous commencions par le plafond et nous descendions ensuite le long des murs. La pâte était vite noire de la saleté sortie du papier. C’était une tâche pénible et fatigante, mais le résultat en était comme magique. Lorsque nous nous reculions pour voir la différence entre la surface propre et la sale, c’était étonnant de voir à quel point les murs propres avaient belle allure, et nous remarquions à quel point de saleté les murs étaient arrivés sans que nous nous en soyons rendu compte.
 
Nous enlevions tous les tapis et les portions dans la cour où nous les accrochions sur la corde à linge, un par un. Chacun des garçons avait un bâton fait de baguettes légères en acier avec une poignée en bois. En frappant le tapis, la poussière s’envolait et nous continuions jusqu’à ce qu’il n’en reste plus. Nous n’aimions pas ce travail, mais quand tout était terminé et que tout était remis en place, le résultat était magnifique. La maison était propre ; notre esprit renouvelé. Le monde entier nous paraissait meilleur.
 
Le nettoyage de printemps, métaphoriquement parlant, est exactement ce que certains d’entre nous ont besoin de faire dans leur vie. Ésaïe a dit : « Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions ; cessez de faire le mal… Venez et plaidons ! dit l’Éternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; s’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine. »
 
Bien que cette suggestion puisse sembler simple, elle est aussi sujette à réflexion : pouvons-nous nous détourner de l’immoralité ? Nous est-il possible de nous en détacher ? C’est évidemment plus facile à dire qu’à faire. Mais à chaque fois qu’on fait des efforts pour vivre une vie totalement morale, c’est d’autant plus facile la fois suivante. Que c’est merveilleux quand on peut dire : « Je suis pur ».
 
L’expérience et la sagesse divine démontrent que la morale et la pureté préparent la voie à la force de caractère, à la paix du cœur et de l’esprit, et au bonheur ici-bas. Il est indubitable que le processus qui apporte un sentiment de sécurité et d’accomplissement sincères repose sur l’abstinence sexuelle avant le mariage et la fidélité après le mariage.
 
J’ai eu l’occasion de converser avec cinq présidents des États-Unis. À la fin de ces réunions, j’ai réfléchi sur l’expérience gratifiante de se tenir avec assurance en présence du dirigeant reconnu du monde libre. Et ensuite, j’ai pensé comme se serait merveilleux de se tenir avec assurance, sans peur sans honte et sans gène en présence de Dieu. C’est la promesse qui est faite à tout homme et toute femme exemplaires.
 
Certains d’entre nous ont peur du qu’en-dira-t-on lorsqu’ils doivent faire un choix. Nous risquons d’être méprisés et critiqués lorsque nous nous positionnons en faveur du bien et que nous soutenons des principes moraux supérieurs à ce que l’on trouve dans la masse des gens. Mais le royaume de Dieu n’est pas une démocratie. La méchanceté et la justice ne sont pas gérées par un vote à la majorité. Le bien et le mal ne sont pas déterminés par les sondages, ou les érudits, bien que beaucoup voudraient nous faire croire le contraire. Le mal n’a jamais été le bonheur. Le bonheur réside dans la puissance, l’amour et la douce simplicité de la vertu.
 
Je ne prêche pas la pudibonderie. Nous ne devons pas nous cacher dans un coin. Nous n’avons pas à avoir honte. Mais si nous devions nous lever devant tout le monde et faire rapport de nos actes, pourrions-nous le faire sans gène ? Si tout le monde était au courant de notre comportement privé, serions-nous assurés et en paix avec nous-mêmes ?
 
Paul a conseillé à Timothée : « Garde-toi pur » (1 Timothée 5:22). Voilà de simples mots. Mais ils sont tellement importants. En fait, Paul dit : tiens-toi loin des choses qui sapent et finissent par détruire l’âme. Tiens-toi loin de ce qui conduit aux pensées impures, au langage grossier et au comportement destructeur. La vertu individuelle vaut plus que tous les salaires, les bonus et les situations ou les positions en vue.
 
Nous devons renverser la tendance qui mène vers la dégénérescence morale.
 
Existe-t-il de bons arguments en faveur la moralité et de la vertu ? C’est le seul chemin qui ramène du regret à la liberté. La paix de la conscience qui découle de la vertu personnelle est la seule qui ne soit pas contrefaite. Et au-delà on a les promesses certaines de Dieu accordées à ceux qui marchent dans le sentier de la vertu, « lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise. » (1 Pierre 1-4)
 
Channing Pollock a fait remarqué un jour : « Un monde dans lequel chacun croirait en la pureté des femmes et la noblesse des hommes, et agirait en conséquence, serait un monde bien différent, et aussi un endroit merveilleux pour y vivre. » Ce serait un monde de liberté, où l’esprit humain pourrait progresser vers une gloire inconcevable, un monde de paix, où on jouirait de la tranquillité d’une conscience claire, d’un amour et d’une fidélité sans tache, d’une confiance assurée et de la loyauté. Ce peut être une utopie pour le monde. Mais pour chacun d’entre nous, cela peut devenir une réalité, et le monde deviendra d’autant plus riche et plus fort grâce à la vie vertueuse de tous.
 
La grande réforme morale ne peut commencer que par le cœur, la pensée et la vie de chacun d’entre nous ; lorsque la moralité sera placée comme priorité dans les foyers du pays, lorsque les hommes, les femmes, les jeunes gens et les jeunes filles se rendront compte de l’absence dans leur vie de cet élément important qu’est la moralité et qu’ils se décideront à vivre vertueusement.


CHAPITRE QUATRE : LA CIVILITÉ A TENDANCE À SE PERDRE !
 
La civilité contient en elle l’essence de la courtoisie, de la politesse et du respect envers autrui. Toute l’instruction, toutes les réalisations du monde comptent pour peu si elles ne s’accompagnent pas de marques de gentillesse, de respect envers les autres, et de la nécessité de faire le pas supplémentaire.
 
Un jour, quand j’avais cinq ans, j’étais assis sous le porche de la maison lorsqu’une famille afro-américaine passa dans la rue. Je fis des remarques déplacées. Je ne me souviens pas de ce que j’avais dit, et je ne sais pas s’ils m’ont entendu. Mais ma mère, elle, qui était juste à l’intérieur, m’a entendu. Elle m’a appelé avec mes amis, nous a fait asseoir et nous a fait immédiatement un sermon dont je me souviens encore. Elle nous fit comprendre, en termes sans équivoque, qu’il n’y a aucun peuple sur terre qui soit supérieur ou inférieur, que nous sommes tous des fils et des filles de Dieu et que nous sommes tous frères et sœurs ; et donc que nous devions nous respecter mutuellement.
 
J’ai tenu compte de cette leçon toute ma vie. J’appris plus tard que ma mère, alors âgée de quatorze ans, avait pris le parti à l’école d’un garçon afroaméricain dont on s’était moqué. J’appris ceci de la bouche de l’intéressé lui-même. Il était adulte et travaillait comme responsable de la sécurité au corps législatif de l’État.
 
Au cours de ma vie, je me suis frotté avec des gens de toutes les races et de toutes les cultures, tous les niveaux de vie et d’instruction, et toutes les catégories sociales. À notre époque particulière de communication sophistiquée, le monde est notre quartier, et les peuples, quelle que soit leur situation, sont nos amis et nos voisins. Le Seigneur a dit :
 
« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Matthieu 22:37-39). Ce commandement s’applique à tout le monde.
 
Nous sommes très conscients et profondément inquiets de l’existence de nombreuses injustices dans le monde entier, y compris aux États-Unis. Nous avons tendance à faire des distinctions entre nous en fonction de nos différences, au lieu de nous réjouir de la diversité et de la richesse qu’elles apportent. Cependant nous avons l’impression que le dialogue interracial s’améliore petit à petit. La tolérance, le respect et la reconnaissance de tout ce qui est bon chez autrui sont des facteurs qui se développent de plus en plus dans le monde. Le combat a été difficile, mais il est en passe d’être gagné.
 
Lors d’un récent voyage en Afrique, j’ai rencontré des dizaines de milliers de femmes et d’hommes merveilleux de ce continent. Lorsqu’on leur donne l’occasion, ils répondent. Ils sont aimables et généreux. Ils sont intelligents et jouissent d’une capacité merveilleuse à réaliser les choses. Ils sont bons. Ils sont beaux. J’ai eu la même impression parmi les peuples d’Asie et d’Amérique latine, dans les îles du Pacifique Sud et en Europe de l’Est et de l’Ouest.
 
Les différences de races et de cultures sont évidentes tout comme les distinctions entre les diverses religions et autres confessions. Je crains, cependant, que trop souvent nous insistions trop sur nos différences. C’est pourquoi nous brouillons et quelques fois, nous oublions les points importants et constants qui nous rassemblent. Il existe des différences culturelles et théologiques, mais je crois que nous avons la même façon d’aborder les maux et les problèmes du monde. Je crois que nous acceptons tous cette responsabilité importante qui est de défendre ensemble ces qualités que sont la vertu et la moralité tant dans la vie privée que publique. Je crois que nous sommes d’accord qu’il faut respecter chaque homme et chaque femme en tant qu’enfant de Dieu, que nous devons montrer de la politesse et de la courtoisie dans nos relations, et que nous devons préserver la famille comme unité fondamentale de la société.
 
La plupart d’entre nous a à cœur d’aider les pauvres, à soutenir les gens dans la détresse, à réconforter, à donner de l’espoir, et à venir en aide à ceux qui sont dans les ennuis et la douleur. Nous reconnaissons le besoin de guérir les blessures de la société et de remplacer le pessimisme de notre époque par l’optimisme et la foi. Il n’est nul besoin de récriminer ou de se critiquer mutuellement.
 
Un article de foi auquel j’adhère déclare : « Nous affirmons avoir le droit d’adorer le Dieu Tout-Puissant selon les inspirations de notre conscience et reconnaissons le même droit à tous les hommes : qu’ils adorent comme ils veulent, où ils veulent ou ce qu’ils veulent ». J’espère me trouver toujours du côté de ceux qui soutiennent cette déclaration. Notre force réside dans la liberté de choix. La force se trouve aussi dans la diversité. Mais il existe une force supérieure dans le commandement qui nous a été donné par Dieu d’œuvrer à élever et à bénir tous ses fils et filles, sans tenir compte d’aucune différence ethnique ou nationale.
 
Nous sommes fils et filles de Dieu, chacun d’entre nous appartient à la famille divine. Aussi sûr qu’il est notre Père, nous sommes frères et sœurs. Il nous appartient de travailler dans l’unité pour ôter de notre cœur et de la société tous les motifs de haines, de sectarisme, de racisme et tout autres actions et paroles qui nous divisent et qui limitent la capacité de chacun à progresser, à apprendre, et à être pleinement accepté. Les moqueries et les réflexions raciales, les adjectifs haineux, les critiques malicieuses, et les rumeurs méchantes et vicieuses n’ont pas de place parmi nous.
 
Nous sommes tous des hommes, sujets aux problèmes qui affligent l’humanité. Nous ne devrions pas tolérer la paresse, la malhonnêteté, ou la trahison. Mais nous ne devrions
pas non plus condamner autrui pour ces écarts de conduite. Nous devrions plutôt tendre la main pour aider à porter le fardeau de la maladie et des difficultés financières, et même soulager les faiblesses et les défauts dans lesquels se débat le pécheur. Nous avons besoin d’être encouragés à aller de l’avant, à essayer de nouveau, pour progresser davantage. L’excellence est difficile à atteindre seul.
 
Paul a dit aux Romains : « Nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas », et il ajoute ces paroles significatives : « et ne pas nous complaire en nous-mêmes ». Nous avons l’obligation de nous soutenir mutuellement, pour nous édifier ensemble. Nul n’est parfait, nous faisons tous des erreurs. Nous avons tous besoin à l’occasion d’être disciplinés et instruits. Mais cela doit être fait avec l’idée de corriger, d’aider et de renforcer. Ne pouvons-nous nous supporter les uns les autres ? Nous enseigner mutuellement ? Encourager et féliciter ceux que nous côtoyons ?
 
Imaginez comment serait notre famille, et encore plus le monde, si nous décidions de nous faire confiance et de nous soutenir mutuellement, si nous décidions de rechercher et de souligner les vertus d’autrui, et de dire du bien sur tout le monde. Imaginez l’effet cumulatif si nous nous traitions avec respect et acceptation si nous nous aidions les uns les autres. Ce genre d’interactions pratiqué à petite échelle aurait sûrement un effet significatif dans nos foyers et nos communautés et à terme sur la société dans son ensemble.
 
Tout au long de l’histoire, on constate que la société a fait des progrès quand les gens qui vivent en communauté se respectent et se soucient les uns des autres. Ces vertus sont le signe de la civilisation.
 
Cependant, il y a des moments où l’on doit faire le point pour savoir si on fait vraiment des progrès. Ce siècle qui vient de se terminer a été le témoin de plus de morts et de souffrances dues aux guerres que n’importe quelle autre époque de l’histoire de l’homme. Aujourd’hui encore, nous sommes les témoins de tragédies au Liberia, en Israël et chez ses voisins ; en Bosnie en Albanie et en Serbie ; en Irlande ; en Irak ; et dans de nombreuses autres régions du monde. La civilité et le respect mutuels sont des concepts inconnus pour les gens qui ont grandi dans la haine et le mépris de l’autre.
 
Plus près de nous, la civilité semble disparaître. Témoin la récente émergence des gangs dans le pays. Leurs membres n’accordent aucune estime pour leurs ennemis et peu de respect pour la vie. Ils souillent des murs magnifiques et des bâtiments avec des graffitis dégoûtants, et il est évident qu’ils ne pensent que par rapport à eux-mêmes. Le crime est par nature l’absence de civilité. Une étude commandée par le « National Institute of Justice » a conclu que la criminalité coûte au moins 0 millions de dollars par an aux Américains. Il est difficile d’appréhender un chiffre d’une telle grandeur. Le budget du ministère de la Défense en 1995 était de 252 millions de dollars, le coût de la criminalité est deux fois plus élevé que ce que nous dépensons pour défendre notre nation.
 
C’est consternant et alarmant. En résumé, on peut dire que le coût peut être attribué presque entièrement à la rapacité de l’homme, à la passion débridée, au mépris total du droit du prochain, en d’autres termes, à un manque de civilité. Un auteur a dit : « On pourrait penser qu’une société civilisée se définit par la présence d’une culture raffinée. Pas nécessairement ; avant tout c’est une société dans laquelle les gens font passer leurs intérêts égoïstes après le bien commun. »
 
Cet auteur continue : « Depuis quelques années, les médias ont élevé la vulgarité au rang d’un art. Les héros de cinéma en vogue ne manquent pas d’agrémenter leurs dialogues de remarques désobligeantes qui ont pour effet de ridiculiser et d’abaisser tous ceux qui leur gênent le passage. Il semblerait en effet que les mauvaises manières se vendent bien.
Les sitcoms se vautrent dans la vulgarité. Les acteurs de théâtre ou de music-hall en arrivent à invectiver leur public, et les invités des talk-shows s’enrichissent et deviennent célèbres en raillant les auditeurs et en chahutant les autres invités. »
 
C’est tout sauf du raffinement, de la courtoisie, de la civilité et de la tolérance. C’est plutôt de l’impolitesse et de la grossièreté et une insensibilité totale envers les sentiments et les droits d’autrui.
 
Il en est de même du parler de tous les jours. À l’école, au travail, ce n’est que vulgarité, mots orduriers et dégoûtants. Ceci dénote aussi une absence de civilité. Le doigt de Dieu a inscrit sur les tables de pierre : « Tu ne prendras pas le nom de Dieu en vain ; car le Seigneur ne tiendra pas pour innocent celui qui prend son nom en vain » (Exode 20:7).
 
Ceux qui prennent le nom de Dieu en vain pour n’employer qu’un langage dégoûtant et cru ne font que démontrer la pauvreté de leur vocabulaire, une pauvreté criante dans leur façon de s’exprimer et une moralité déficiente. La civilité encourage à s’exprimer correctement, à converser et à communiquer efficacement. C’est un atout formidable sur le plan personnel et professionnel. Il n’existe rien de plus intéressant que de participer à une conversation entre gens intelligents et heureux qui ont quelque chose à dire, dont le discours est spirituel et brillant, ponctuée non seulement par de l’humour de bon goût, mais aussi par une discussion réfléchie sur des sujets sérieux et importants. Il n’est jamais nécessaire lors de telles discussions, et en fait cela serait vraiment offensant, de profaner le nom de Dieu ou d’employer un langage salace. Il y a plein de sujets humoristiques sans qu’il soit nécessaire d’utiliser des plaisanteries douteuses ou un langage vulgaire.
 
Je n’oublierai jamais le jour où je suis revenu la première fois de l’école. J’ai jeté mes livres sur la table et j’ai pris le nom du Seigneur en vain pour exprimer mon soulagement du fait que l’école était finie pour aujourd’hui. Ma mère m’a entendu et a été horrifiée. Sans dire un mot, elle m’a pris par la main et m’a emmené dans la salle de bain, a sorti un gant de toilette propre et un morceau de savon, m’a dit d’ouvrir la bouche et a entrepris de me laver la bouche avec ce savon horrible. J’ai fait des bulles et j’ai protesté. Elle a continué pendant ce qui m’a semblé un temps très long et m’a dit : « Que je n’entende plus jamais de tels mots sortir de ta bouche ».
 
Le goût était horrible. La réprimande était pire. Je ne l’ai jamais oubliée. Comment peut-on profaner le nom de Dieu et ensuite s’agenouiller en prière devant lui ? La vulgarité nous sépare de lui qui a le pouvoir de nous aider. La vulgarité blesse l’esprit et abaisse l’âme.
 
Un langage négligé et des façons débraillées vont de pair. Les gens véritablement éduqués ont appris autre chose que les sciences, les humanités, la législation, la mécanique et les arts. Ils portent en eux un certain lustre qui fait qu’on les remarque comme amoureux des meilleures choses de la vie. Cultivés, ils ajoutent du brillant au monde dans lequel ils vivent, une patine qui se dépose en reflet doux sur ce qui ne serait qu’un métal brut.
 
Le Sauveur a dit à la multitude : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. »
 
Je pense que la civilité est ce qui donne de la saveur à la vie. C’est le sel qui donne un bon goût, qui relève les bonnes manières, et la bonne éducation. Elle devient une expression de la Règle d’Or : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes. » (Matthieu 7:12)
 
La civilité recouvre une foule de sujets qui dénote la façon de se comporter avec amabilité et bonté. La civilité nous impose de nous retenir et de nous maîtriser, et en même temps d’agir avec respect avec les autres.
 
George Washington qui fut connu très tôt dans sa jeunesse pour son tempérament emporté, commença un programme pour maîtriser ses passions en copiant dans son journal personnel la traduction d’un livre d’étiquette française datant du seizième siècle. Ce livre contenait dix règles ou mesures de civilité, qui comprenait entre autres les principes suivants :
 
Quand vous agissez en société, montrez du respect envers les personnes présentes. Ne vous réjouissez pas du malheur d’autrui, même si c’est votre ennemi. N’entreprenez pas d’enseigner votre égal dans l’art qu’il professe lui-même ; cela s’apparente à de l’arrogance.
 
Ne vous moquez et ne plaisantez de rien qui soit important ; ne faites pas de plaisanteries blessantes ou vexantes ; et s’il vous arrive de faire des plaisanteries spirituelles ou gaies, abstenez-vous d’en rire vous-même.
 
Ne faites aucun reproche envers quiconque, ne jurez pas et n’injuriez pas.
 
« Civilité » est à l’origine du mot « civilisation ». La civilité contient en elle l’essence de la courtoisie, de la politesse et de la considération envers autrui. Toute l’instruction, toutes les réalisations du monde comptent peu si elles ne s’accompagnent pas de marques de gentillesse, de respect envers les autres, et de la nécessité de faire le pas supplémentaire, de servir comme le Bon Samaritain, de se conduire en homme et en femme qui regarde au-delà de son intérêt égoïste pour ne voir que le bien d’autrui. Ce n’est qu’en faisant ainsi que nous nous épanouirons. D’une certaine manière, il est vrai que « dehors, c’est la jungle ». L’absence de civilité crée la jungle. Peu importe l’étendue de notre instruction, de nos réalisations dans le domaine de la science, des affaires, des métiers, ou quoi que ce soit d’autre, s’il manque cette dimension dont j’ai parlé, il nous manquera le plus important. Ces qualités divines que sont le respect, l’amabilité, la courtoisie, l’amour et la conduite correcte envers nos compagnons de voyage sur la planète terre viendront à nous manquer.
 
Je ne veux pas dire que l’on doive être mou et soumis. J’admire l’enthousiasme et même les déclarations fermes dans la poursuite d’objectifs honorables. Mais j’espère aussi que nous montrons de l’enthousiasme et du dynamisme pour élever, aider, encourager ceux dont la vie peut être touchée dans le bon sens.
 
J’ai loué une maison un jour à un étudiant du Midwest qui travaillait à un doctorat de physique sous les auspices d’un célèbre professeur de l’université d’Utah. Cet étudiant me parla de son conseiller de thèse :
 
« C’est l’instructeur le plus remarquable que j’ai jamais eu. Sa charité va de pair avec l’attente de l’excellence. Il ne laissera pas un étudiant tomber. Lorsqu’un étudiant a des difficultés, il lui en assigne un autre qui a de bonnes notes pour travailler avec lui. Il en résulte que celui qui trébuchait arrive à comprendre et devient compétent. Celui qui sert sans salaire comme tuteur acquiert une meilleure compréhension du sujet et développe un merveilleux sens du service et de l’amour envers autrui. »
 
Voilà l’essence de la civilité : tendre la main, gratuitement, pour aider et relever le nécessiteux ; rechercher diligemment les moyens de renforcer ceux qui ont moins que nous.
 
L’époque dans laquelle nous vivons est vraiment remarquable et stimulante. On a fait plus de découvertes scientifiques durant toute ma vie que pendant tous les siècles précédents dans l’histoire du monde. La plupart des grandes découvertes sur le plan médical ont été faites durant cette époque. La polio, ce cauchemar estival de toutes les mères, a presque disparu. On a peine à le croire. Les drogues miracles qui ont sauvé des millions de vies ; les opérations à cœur ouvert ; la transplantation d’organes, toutes ces choses et de nombreuses autres sont devenues monnaie courante. Même la porte compliquée du cancer semble commencer à céder.
 
Comme l’homme sur le trapèze volant, nous volons avec la plus grande facilité dans les airs au-dessus des grandes métropoles et même jusque dans les coins les plus reculés et isolés du monde. Les ordinateurs ont changé notre vie. L’atome est maîtrisé, en bien ou en mal. Les créations scientifiques sont infinies et dépassent même l’imagination. Elles nous permettent de satisfaire nos besoins et d’aider les autres.
 
Avec de telles ressources et de tels avantages mis à notre disposition, j’espère que nous regarderons au-delà de nos besoins immédiats et de notre vie personnelle pour trouver les moyens de contribuer de façon caractéristique au progrès de la société. En dépit de toutes les merveilles de notre époque, nous avons les mêmes vieux problèmes de société que les générations d’autrefois. Il y a encore tant de pauvreté et de besoins criants à travers le monde, tant de révoltes et de méchanceté, tant de misère et de saleté, tant de foyers brisés et de familles détruites, tant de personnes seules qui vivent des vies ternes sans espoir, tant de détresse partout.
 
Le Roméo de Shakespeare déclare : »Il se moque des cicatrices qui ne résultent pas d’une blessure. » Des milliers de gens portent des blessures et des cicatrices qui sont la conséquence des épreuves de la vie. C’est pour cela que je souhaite qu’avec tout ce que nous avons, nous acceptions aussi de donner pour rendre le monde un peu meilleur.
 
Beaucoup de par le monde sont des exemples magnifiques de ce que peut faire une seule personne lorsqu’elle se dévoue à l’amélioration du sort d’autrui. Aux Philippines, un médecin américain compétent réunit, lors de ses temps libres, des collègues philippins et leur apprend la chirurgie réparatrice des becs de lièvres et de la face en faveur de nombreux enfants. La vie de ces garçons et filles a été changée une fois sortie de la salle d’opération. Ce médecin a maintenant multiplié ses efforts et a impliqué de nombreux autres médecins dans d’autres pays.
 
J’étais un jour à l’aéroport de Dallas, et j’attendais mon avion, lorsqu’un homme s’est approché de moi et s’est présenté. C’était un médecin en route pour l’Amérique Centrale ; il y va tous les ans pendant un mois effectuer gratuitement de nombreuses opérations pour ceux qui autrement seraient laissés à eux-mêmes.
 
Des hommes et des femmes formidables et sincères dévouent une partie de leur temps aux malheureux. Une main secourable peut sortir quelqu’un du bourbier. Une voix calme peut fournir un encouragement à celui qui est tenté d’abandonner. Les talents peuvent changer de façon remarquable la vie des nécessiteux. Il ne suffit pas pour nous d’avoir du travail et de nous activer fébrilement pour avoir un revenu nous permettant de jouir d’un confort personnel. Nous pouvons obtenir certaines satisfactions dans ce domaine, mais nous n’obtiendrons pas toute la satisfaction. C’est quand nous servons autrui que nous servons mieux notre Dieu.
 
En général, j’ai constaté que c’est le fait de se replier constamment sur soi-même qui rend le plus malheureux.
 
Lorsque nous nous plaignons de la vie, c’est parce que nous ne faisons que penser à nous-mêmes. Pendant de nombreuses années une pancarte se trouvait sur le mur d’une cordonnerie dont j’étais client qui disait : « Je me suis plaint parce que je n’avais pas de chaussures, jusqu’à ce que je vois un homme qui n’avait pas de pieds. » Le remède le plus efficace pour guérir de cet apitoiement personnel morbide est de se perdre dans le service envers autrui.
 
Le meilleur antidote que je connaisse pour guérir des ennuis c’est de travailler. Le meilleur remède pour guérir de la lassitude et de venir en aide à celui qui est encore plus fatigué que soi. Une des grandes ironies de la vie c’est que le service profite presque toujours plus à celui qui donne qu’à celui qui reçoit.
 
Une aide décidée et une volonté déterminée peuvent améliorer le monde et les conditions des gens. J’ai un ami, avocat célèbre à Seattle ; sa femme lui a dit peu après leur mariage : « Consacrons un quart de notre temps de ce qui nous reste à vivre à améliorer le monde et les conditions des gens. » Ils ont tenu leur promesse. Son épouse est décédée, mais mon ami continue à être reconnu pour tout le bien qu’il a fait dans le Nord Ouest des États-Unis. Son dynamisme à inciter des gens à travailler avec lui pour assainir les eaux de la baie de Seattle, à préserver les grandes forêts de la région, à édifier un magnifique nouveau centre civique construit juste au-dessus d’une autoroute et dont il utilise l’espace. Maintenant il se fait vieux. On ne se souviendra pas de lui pour les affaires qu’il a défendues devant les tribunaux. On se souviendra de lui pour les grands projets et l’aide humanitaire qu’il a entrepris et menés à bien pour la collectivité.
 
Lors d’un voyage aux Philippines, j’ai rencontré un couple que je n’avais pas vu depuis des années. Le temps était chaud et nuageux, comme d’habitude à Bacolod, le centre de ce qui fut l’industrie sucrière philippine. Mes amis étaient là. Lorsque je leur ai demandé ce qu’ils faisaient là, ils me répondirent qu’ils étaient venus aider les gens. Je les questionnais sur leurs conditions de vie, ils me dirent qu’ils vivaient dans une petite maison sur une des nombreuses îles. Je ne pouvais m’empêcher de me remémorer la dernière fois que je les avais vus. Ils vivaient dans une maison magnifique à Scarsdale, dans l’État de New York. C’était un chimiste internationalement reconnu et honoré qui avait travaillé pour une multinationale basée à New York. Il était bien payé et très respecté. Sa femme et lui avaient pris leur retraite, vendu leur propriété, donné à leurs enfants ce qui les intéressait et le reste à d’autres, et s’étaient mis à la disposition des moins fortunés. Ils étaient allés aux Philippines pour soigner les malades, encourager, renforcer, donner de l’espoir et la foi. Ils étaient là pour soigner les traumatismes des disputes et pour prendre soin des corps malades et des esprits frustrés. Ils vivaient humblement au milieu des pauvres, à leur niveau, mais ils se tenaient droits et fermes pour relever les faibles avec des mains fortes.
 
J’ai appris une grande leçon, ce jour-là, en regardant mes amis évoluer au milieu de gens qu’ils avaient appris à aimer. En fin de compte, il ne suffit pas de devenir un avocat compétent, un chirurgien efficace, un architecte émérite, un ingénieur capable, ou autre pour se réaliser et atteindre son but. Nous avons besoin d’une autre dimension dans notre vie, un besoin qui nous pousse et nous entraîne et nous fait ressentir au fond de nous que d’une manière ou d’une autre, quelque part nous avons fait la différence, et que notre vie a eu un intérêt.
 
Il ne suffit pas d’être bon. Nous devons être bons à quelque chose. Nous devons contribuer à rendre le monde meilleur ; le monde doit devenir meilleur par notre présence. Et nous devons transmettre aux autres ce qu’il y a de bon en nous. C’est la mesure de notre civilité.
 
Je ne pense que pas que l’on se souviendra de beaucoup d’entre nous dans mille ans. Mais dans ce monde débordant de problèmes, constamment menacé par des défis obscurs et malfaisants, nous pouvons et nous devons nous élever au-dessus de la médiocrité et de l’indifférence. Nous pouvons nous impliquer et élever une voix forte en faveur du bien et du bon, et nous pouvons consacrer nos efforts et nos ressources à aider ceux qui sont chargés de handicaps et de fardeaux.
 
Wendell Philips a fait un jour cette observation éloquente : « Avec quelle prudence certains hommes se glissent entre les tombes anonymes, pendant que de temps en temps un ou deux s’oublient dans l’immortalité ! »
 
James Russel Lowell, dans « The Visions of Sir Launfal », a écrit: Celui qui fait l’aumône en nourrit trois : lui-même, son prochain affamé, et moi.
 
Le soin que l’on apporte à autrui, dépasser nos besoins et notre confort, cultiver l’amabilité et la gentillesse en toutes circonstances, voilà l’essence de la civilité, vertu que l’on se doit d’admirer et que l’on se doit d'acquérir.


CHAPITRE CINQ : APPRENTISSAGE
 
« Et avec tout ce que tu possèdes, acquiers l’intelligence » (Proverbes 4:7) Peu importe l’âge, nous pouvons acquérir la connaissance et la mettre en application. Nous pouvons amasser de la sagesse et en tirer profit.
 
Nous pouvons grandir, progresser et nous améliorer, et grâce à ceci, nous pouvons faire en sorte que la vie de nos proches soit meilleure.
 
J’aime apprendre. Je me réjouis de toutes les occasions que j’ai d’acquérir de la connaissance. En fait, je crois que l’on peut s’instruire constamment et c’est ce que j’ai soutenu vigoureusement tout au long de ma vie que ce soit pour moi ou pour les autres. J’ai pu atteindre le niveau universitaire pendant la période de la Grande Dépression, et depuis cette époque, j’ai toujours eu soif d’apprendre. À mon avis, l’instruction relève autant du domaine séculier que spirituel.
 
Réduite à sa plus simple définition, l’instruction consiste à entraîner le corps et l’esprit. L’éducation, c’est le merveilleux processus de conversion par lequel la connaissance abstraite se transforme en activité utile et productrice. C’est un processus qui ne doit jamais s’arrêter. Quel que soit l’âge, on peut acquérir de la connaissance et la mettre en pratique. On peut acquérir de la sagesse et en tirer profit. On peut grandir, progresser et s’améliorer, et ce faisant, on peut fortifier la vie de ceux qui vivent autour de nous. Notre vie peut s’enrichir merveilleusement par le miracle de la lecture et des arts. Plus je vieillis, plus j’apprécie les paroles d’auteurs réfléchis, anciens et modernes. Je savoure ce qu’ils ont appris, appliqué, et enregistré afin que d’autres puissent le lire.
 
Je crois que la gloire de l’homme c’est l’intelligence et que le Tout-Puissant se réjouit de nos efforts à nous améliorer, à nous enrichir et à développer notre esprit. Nous vivons dans un monde où la connaissance augmente à un rythme toujours accéléré. Nous devons apprendre à venir nous désaltérer à cette réserve phénoménale de sagesse et d’expérience humaine. Puis-je me permettre d’avancer l’idée que beaucoup trop de gens passent beaucoup trop de temps hypnotisés par les idioties qui sévissent trop souvent à la télévision, les vidéos et autres formes de médias électroniques . Quel contraste rafraîchissant et relaxant, de lire la grande littérature d’autrefois, ou la parole de Dieu dans les ouvrages canoniques.
 
J’ai dans ma bibliothèque l’ensemble des « Harvard Classics » qui ont appartenu à mon père. Bien qu’il ne fût pas un homme très fortuné, c’était un homme instruit et réfléchi qui accordait une grande importance aux langues et à l’instruction. Je consulte toujours ces cinquante volumes, comme je le faisais déjà il y a soixante ans quand j’étais étudiant à l’université. C’est un trésor de littérature intemporel, une présentation encyclopédique des grandes pensées d’hommes et de femmes qui, à leur époque, se sont attaqués à des problèmes graves, ont réfléchi avec intensité, ont prié avec ferveur, et se sont exprimés magnifiquement et de façon stimulante.
 
Nous avions chez nous une pièce que nous appelions la bibliothèque. Il y avait une table solide, et une bonne lampe, trois ou quatre fauteuils confortables bien éclairés, et une centaine de livres dans des rayons le long des murs. Nous n’étions pas obligés de lire, mais les livres étaient placés à des endroits faciles d’accès et nous pouvions en avoir quand nous voulions. Il y avait aussi des magazines, des livres sur des sujets techniques, des dictionnaires, des écritures et des atlas. C’était une pièce tranquille. Il était entendu que cet endroit était fait pour lire, étudier et écrire, réfléchir et méditer.
 
Il n’y avait pas de télévision, évidemment, à cette époque. La radio est apparue alors que je grandissais. Cependant, mes parents avaient créé chez nous un environnement propice à l’étude, et ils avaient clairement fait comprendre plus par leur comportement et leurs priorités que par n’importe quoi d’autre qu’ils appréciaient l’instruction. J’ai grandi en croyant qu’il était bon d’être informé, d’être instruit, d’améliorer sa compréhension du monde et des gens. Je ne voudrais faire croire à personne que nous étions des savants, car nous ne l’étions pas. Mais nous étions exposés à la grande littérature, aux grandes idées des grands penseurs.
 
Très tôt déjà, sans m’en rendre compte sur le moment, j’en vins à croire que nous ne devons jamais cesser d’apprendre. Plus nous apprenons, plus nous pouvons apprendre. J’encourage tous les parents à faire des efforts déterminés pour créer et cultiver dans leurs foyers une atmosphère propice à l’étude et au progrès qui en découle.
 
Les enfants mis en présence de livres très tôt dans leur vie acquièrent des avantages intellectuels pour toute leur vie. Les parents qui ne font pas la lecture à leurs enfants en bas âge rendent un mauvais service, à eux-mêmes et à leurs enfants. Oui, cela prend du temps, beaucoup de temps. Cela exige de la discipline personnelle et de la planification. Cela exige d’organiser et de régler les minutes et les heures de la journée. Mais ce n’est jamais ennuyeux de voir de jeunes esprits arriver à connaître les personnalités, les expressions et les idées. La bonne lecture peut devenir une affaire d’amour, bien plus fructueuse à long terme que beaucoup d’activités auxquelles s’adonnent les enfants. On a estimé que l’enfant moyen aux États-Unis regarde environ 8000 heures de télévision avant même de commencer l’école. Quelle différence, quelle influence dans les foyers si les parents travaillaient à créer une atmosphère d’apprentissage et d’instruction à la maison, de sorte que les enfants seraient exposés dés leur plus jeune âge aux pensées, aux concepts et aux attitudes qui les construiraient et les motiveraient dans le sens du bien pour la vie entière.
 
Salomon a dit : « Et avec tout ce que tu possèdes, acquiers l’intelligence » (Proverbes 4:7). Nous avons à disposition dans les bonnes bibliothèques la sagesse, la connaissance, l’instruction de toutes les générations passées. Jamais auparavant la diffusion de l’information n’a été effectuée avec autant de fluidité et de facilité. L’Internet fournit une gigantesque réserve de renseignements pour presque tous ceux qui possèdent un ordinateur. Un homme qui est soumis à beaucoup de pression en raison de ses nombreuses responsabilités me disait il y a peu : « Ah, si j’avais le temps de lire un bon livre, et un livre de mon choix ! » Il faut que chacun d’entre nous puisse trouver un moyen de réserver journellement un temps d’étude, une occasion régulière de progresser, d’assimiler et d’apprendre des grands auteurs mondiaux. Je ne dis pas que nous devons devenir des génies. La plupart d’entre nous ne se qualifieront pas dans ce sens. Mais j’en suis arrivé à la conclusion que l’œuvre en ce monde est effectuée en général par des gens ordinaires qui ont appris à travailler d’une façon extraordinaire. Cette œuvre est accomplie par ceux qui ont eu le bon sens d’apprendre de ceux qui les avaient précédés. Il n’est pas utile d’être un génie pour aller de l’avant. On n’a pas besoin d’être brillant pour faire la différence ici-bas, de tendre la main pour aider, servir et diriger. Ce service, cette inspiration et cette direction dévouée viennent bien souvent de ceux qui connaissent bien l’histoire du monde, et qui ont donc une base d’information personnelle sur laquelle ils peuvent s’appuyer.
 
Le processus de l’apprentissage est sans fin. Nous devons lire, observer, assimiler et méditer sur ce à quoi notre esprit est exposé. Je crois dans l’évolution de l’esprit, du cœur, et de l’âme de l’homme. Je crois à l’amélioration. Je crois dans la progression. Il n’existe rien de plus revigorant que d’être capable d’évaluer et ensuite de résoudre un problème difficile, de s’attaquer à ce qui semble insoluble et finir par trouver la solution.
 
Pour ces raisons et parce que le rythme et la complexité de la vie l’exigent, nous ne pouvons nous permettre d’arrêter d’apprendre pour grandir et progresser. Nous ne devons pas nous reposer sur notre développement personnel, développement émotionnel, spirituel et mental. Il y a tant à apprendre et si peu de temps pour le faire. Je confesse que je suis constamment consterné par mon peu de connaissance, et mon seul regret, concerne mes nombreuses obligations pressantes qui me limitent dans mes occasions de lire. Néanmoins, chacun de nous, nonobstant les contraintes et les circonstances, peut trouver le moyen d’étudier et de progresser. En faisant ainsi, les années passeront plus vite que nous le souhaitons, mais elles seront remplies d’un merveilleux et doux zeste qui ajoutera de la saveur à la vie et augmentera notre influence personnelle pour nous permettre d’enseigner et de guider.
 
De nombreux évènements autour de nous nous rappellent constamment qu’il y a des raisons de s’inquiéter pour notre pays. Il est choquant de lire, par exemple, que l’illettrisme est en augmentation. Il est presque impensable que, dans une telle société d’abondance, beaucoup d’adultes ne sachent pas lire. Un article du New York Times publiait en gros titre : « Une étude affirme que la moitié des adultes aux USA ont des difficultés en lecture et en calcul » ; cette étude donnait des statistiques sérieuses basées sur une étude de plus de vingt-six mille Américains de plus de quinze ans.
 
Selon une étude fédérale étalée sur quatre ans prés de la moitié des cent quatre-vingt-onze millions d’Américains dans le pays, ne sont pas suffisamment bons en anglais pour faire une réclamation écrite à propos d’une erreur sur une facture ou de calculer la durée d’un voyage en car à partir d’un horaire donné par écrit. L’étude, diffusée hier par le Ministère de l’Éducation, présentait un portrait statistique désolant de l’illettrisme national… Le milieu des affaires estime qu’il perd 25 à 30 milliards de dollars annuellement dans tout le pays en productivité, erreurs et accidents imputables au faible degré d’alphabétisation.
 
Une des raisons de cette situation réside dans la façon dont beaucoup de gens, et en particulier les enfants et les jeunes adultes, passent la plupart de leur temps. Je déplore ce gâchis des ressources intellectuelles de tant de gens dans ce pays.
 
Un ancien éditeur du Chicago Tribune écrivait : « Quel est le mystère… d’une société qui a les manières d’un orchestre de rock, les mœurs d’un feuilleton télévisé, la capacité de prendre des décisions dignes des Simpsons et qui veut payer le gouvernement avec des cartes Visa et American Express ? Pourquoi devrions nous être surpris que notre culture sous-jacente soit basée sur le monde de la popularité, du « donnez-leur ce qu’ils veulent », sur la télécommande, le zapping et la publicité à la télévision ? »
 
C.S. Lewis a écrit : « Nous avons vécu pour voir la deuxième mort de la science ancienne. À notre époque ce qui autrefois était le bien de tout individu instruit s’est réduit à ne plus être que la réalisation technique de quelques spécialistes… Si on devait chercher un homme qui ne sait pas lire Virgil quand son père le pouvait, on le trouverait plus facilement au vingtième siècle qu’au cinquième. Notre monde a besoin de se redresser. Il a besoin d’être dirigé. Il a besoin d’être éclairé. Il a besoin de gens capables d’analyser les problèmes et de suggérer des solutions, de ceux qui peuvent s’appuyer sur le passé pour prendre des décisions intelligentes pour l’avenir, de ceux qui comprennent les implications de certaines actions, de ceux qui apprécient pleinement les interactions entre la vertu, la moralité, l’intégrité et le tissu de la société. Georg Wilhelm Friedriech Hegel a déclaré un jour que ceux qui ne lisent pas l’histoire devront la répéter. Quelle pensée profonde ! Aussi impensable que cela puisse être d’imaginer que les atrocités de l’Allemagne hitlérienne puissent recommencer, nous sommes témoins de nos jours des tentatives de « purifications ethniques ».
 
Personne ne peut prétendre en avoir suffisamment appris. J’ai vécu assez longtemps pour dire maintenant avec certitude que lorsqu’une porte se ferme sur une phase de la vie, il s’en ouvre une autre. Il nous faut donc, et c’est notre responsabilité, progresser constamment vers l’éternité vers laquelle nous devons faire notre quête incessante de la vérité. Pendant que nous recherchons la vérité, recherchons aussi le bien, le beau, et le positif.
 
L’autre jour, je regardais avec étonnement et même avec quelque tendresse une Ford 1916, modèle T. cela m’a rappelé une foule de souvenirs de mon enfance, car c’était la première voiture automobile que nous avons eue chez nous. C’était une chose totalement merveilleuse lorsque nous étions enfants. La génération d’aujourd’hui ne connaît pratiquement rien de ces voitures. On ne la voit que dans les musées et les livres d’histoire. Elles n’avaient pas de batterie ; la source électrique provenait du magnéto. La nuit, l’intensité des phares dépendait de la vitesse du moteur. Si le moteur tournait vite, la lumière était brillante. Si le moteur ralentissait, la lumière passait à un jaune fade.
 
Il en est de même de notre esprit. Si nous le nourrissons de bonne littérature et de distractions intelligentes, si nous souhaitons toujours apprendre de nouvelles choses et acquérir de nouveaux talents, le développement personnel est inévitable et la lumière de notre personnalité et de notre caractère brillera de plus en plus. Si nous l’affamons avec les idioties de spectacles lamentables et avec de la littérature à bon marché de quai de gare, en vérité, notre esprit s’appauvrira.
 
Le docteur Joshua Liebman a observé un jour :
 
« Le grand secret, c’est que plus nous vivons, plus nous avons l’occasion de progresser. Nous pouvons acquérir de nouveaux talents, entreprendre de nouveaux travaux, nous dévouer à de nouvelles causes, nous faire de nouveaux amis. En acceptant cette vérité que nous sommes capables d’aller dans certaines directions et que nous sommes limités dans d’autres, que le génie est rare, que la médiocrité est la part dévolue à la majorité d’entre nous, souvenons-nous que nous pouvons et que nous devons changer. Jusqu’au jour de notre mort, nous pouvons progresser. Nous pouvons découvrir des ressources cachées de notre personnalité. »
 
Nous vivons dans un monde qui a des avantages formidables. Nous bénéficions de progrès merveilleux accomplis en si peu de temps que nous avons tendance par la force de l’habitude de considérer comme acquis le confort dont nous jouissons. Par exemple, pour nous c’est très simple d’aller d’un point A à un point B. Mais pensez un peu au processus complexe intervenant dans le développement, la fabrication et la vente de notre automobile ; la conception et la construction de l’autoroute que nous avons décidé de prendre ; la disponibilité du carburant, qui a été raffiné à partir du pétrole qui selon toute vraisemblance a été extrait des profondeurs de la terre dans un lieu éloigné ; et les milliers d’autres détails se cachant derrière un simple trajet d’un endroit à un autre. Réfléchissez un moment sur la technologie fantastique derrière la fabrication de nos vêtements, du papier sur lequel nous écrivons, les foyers où nous vivons, les ordinateurs qui se connectent électroniquement et immédiatement au reste du monde. Toutes ces choses et des milliers d’autres qui rendent notre vie possible et confortable sont basées sur l’information, la connaissance, l’apprentissage. L’instruction est la colonne vertébrale de notre société, du monde du commerce et de la finance, de la médecine, de la législation et de l’architecture, de la musique et des arts.
 
Il y a quelques années je me trouvais au chevet d’un ami, un bel homme fort, qui avait été victime de la polio. Incapable de respirer seul, il était dans un grand poumon d’acier, qui respirait bruyamment et mécaniquement à sa place. Mais en dépit de ses efforts, son corps s’affaiblissait. Pendant que sa femme et ses enfants le regardaient lutter, il s’affaiblissait de plus en plus et il est finalement décédé. Ses petits enfants, que je connais aussi, sont maintenant épargnés de cette maladie et de cette mort si terrifiante par quelques gouttes de vaccin. Ce pas de géant pour vaincre cette maladie et d’autres qui lui sont semblables a pu être accompli grâce à la connaissance et à l’information, et à leur mise en application inspirée.
 
Je me souviens d’un chimiste célèbre, qui parlait du défi que nous avons d’apprendre continuellement. Il disait que le jour où il avait reçu son diplôme de chimiste, il croyait tout savoir. Mais maintenant tous les ans, il sort suffisamment de littérature dans son domaine pour remplir l’équivalent d’une édition complète de l’Encyclopedia Britannica.
 
On n’a jamais eu autant besoin d’une telle quantité d’informations pour faire fonctionner et avancer la machine de notre société. Brigham Young, dont on a donné le nom à la plus grande université appartenant à une Église aux États-Unis, disait à propos de la mise en application de la connaissance :
 
« Aucun esprit ingénieux n’a jamais inventé quoi que ce soit pour le bien de l’humanité qui n’ait été obtenu de la seule Source, qu’il le sache, le croit ou pas. Il n’y a qu’une seule Source d’où l’homme peut obtenir la sagesse, et c’est Dieu, la fontaine de toute sagesse ; et bien que les hommes prétendent faire leurs découvertes par leur propre sagesse, en méditant et en réfléchissant, ils sont redevables pour tout à notre Père dans les cieux. »
 
Chaque jour nous nous rendons de plus en plus compte du fait que la vie ne se résume pas à la science et aux mathématiques, à l’histoire et à la littérature. Nous avons besoin d’autres instructions, sans lesquelles la substance de notre science séculaire peut nous conduire à la destruction. Je parle de l’éducation du cœur, de la conscience, de la personnalité et de l’esprit, ces aspects indéfinissables de notre personnalité et de notre caractère qui déterminent avec certitude ce que nous sommes et comment nous agissons dans nos relations mutuelles.
 
N’oublions pas que « la crainte du Seigneur est le début de la sagesse » (Proverbes 9:10), et que nous pouvons apprendre par l’étude et par la foi au Tout-Puissant. En fait, la formation de notre esprit est aussi importante que la formation de notre intellect, si ce n’est plus.
 
L’année 1979 a marqué le centenaire de la lumière électrique. Aussi profonde que soit cette lumière, une autre lumière est connue et disponible pour chacun de nous. Si nous la cultivons, elle peut devenir une bien plus grande influence dans notre vie. En voici le principe : ce qui vient de Dieu est lumière, et la personne qui reçoit et invite cette lumière dans sa vie recevra davantage de lumière. C’est aussi simple. C’est profond.
 
Dans le Sermon sur la Montagne, le Sauveur a déclaré que l’on ne pouvait cacher une lumière. Il a ensuite enseigné que l’on n’allumait pas une lumière pour la mettre sous le boisseau. Mais on la place sur un chandelier pour qu’elle puisse éclairer tous ceux qui sont présents. Ensuite il a lancé ce défi profond qui peut littéralement changer le monde :
 
« Que votre lumière brille devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matthieu 5:14-16).
 
Il ne suffit pas de se contenter de vivre, voire de survivre. Il nous est demandé de nous équiper pour accomplir une chose valable dans la société, d’acquérir davantage de lumière, afin que notre lumière personnelle puisse illuminer un monde obscur ; et ce peut être possible par l’instruction, en nous éduquant, en progressant tant spirituellement que mentalement.


CHAPITRE SIX : PARDON ET MISÉRICORDE, DEUX MÊMES VERTUS
 
La haine et l’amertume détruisent également. Existe-t-il d’autres vertus que l’on doit particulièrement appliquer aujourd’hui, à cette époque marquée par les procès et les échanges enflammés, que celles du pardon, de l’oubli et de la miséricorde envers celui qui nous a offensés ou trahis ?
 
Nous profitons d’énormément de choses pour lesquelles nous devrions être reconnaissants : le confort que fournit notre société moderne, la communication globale sophistiquée qui nous permet d’accéder facilement au monde entier, et la bénédiction de vivre dans un pays libre et prospère. Il conviendrait, en tant que peuple reconnaissant, d’avoir un esprit de pardon et de miséricorde, de montrer de l’amour et de la compassion envers tout le monde, et particulièrement envers ceux qui semblent nous avoir offensés.
 
Nous avons besoin de pardon, de miséricorde et de compassion. Le monde entier en a besoin, car c’est l’essence de la bonté. Nous en avons besoin chez nous où les petites taupinières de l’incompréhension se transforment en montagnes de discussions, et où les parents et les enfants continuent de s’accrocher à d’anciens contentieux pendant des années quand ce n’est pas toute une vie. Nous en avons besoin entre voisins lorsque des différences insignifiantes produisent une amertume infinie. Nous en avons besoin entre associés qui se disputent et refusent le compromis ou le pardon, lorsque dans la plupart des cas, la volonté de s’asseoir ensemble, d’avoir de la compassion, de parler calmement pourrait résoudre la question pour le bien de tous. Trop souvent, trop de gens passent leur temps à blâmer autrui, à nourrir des rancœurs, et à méditer la vengeance.
 
Guy de Maupassant, l’écrivain français, raconte l’histoire d’un paysan appelé Hauchecome qui était allé au village le jour du marché. En passant sur la place publique, son regard a été attiré par une petite ficelle tombée sur le pavé. Il l’a ramassée et la mise dans sa poche. Le bourrelier du village, avec lequel il s’était disputé précédemment, l’a vu faire. Un peu plus tard dans la journée, quelqu’un annonça qu’il avait perdu son porte-monnaie. On arrêta Hauchecome sur les accusations du bourrelier. On l’amène devant le maire, où il proteste de son innocence en montrant la petite ficelle qu’il a ramassée. Mais on ne le croit pas et l’on se moque de lui. Le lendemain, on retrouve le porte-monnaie et Hauchecome est absous de toute accusation injustifiée. Mais plein de ressentiment envers l’injustice dont il a été victime à cause de cette fausse accusation, il s’aigrit et n’oublie pas l’affaire. Refusant de pardonner et d’oublier, il y pense et il en parle. Il néglige sa ferme. Partout où il va, chacun doit écouter le récit de l’injustice qu’il a subie. Il y pense jour et nuit. Obsédé par ce grief, il tombe malade et finit par en mourir. Dans son délire alors qu’il lutte contre la mort, il continue de répéter : « une ‘tite ficèle... une ‘tite ficèle... t’nez, la voilà, m’sieu le maire. »
 
Cette histoire est souvent revécue de nos jours par d’autres personnes et en d’autres lieux. Comme il semble difficile de pardonner à ceux qui nous ont offensés ! Nous avons tendance à ruminer le mal que l’on nous fait et cela se transforme en un cancer dévorant et destructeur. Existe-t-il d’autres vertus que nous devons appliquer plus particulièrement aujourd’hui, à une époque marquée par les procès et les échanges enflammés, que celles du pardon, de l’oubli et de la miséricorde envers celui qui nous a offensés ou trahis ?
 
Certains considèrent ces vertus comme des marques de faiblesse. Mais ce n’est faire preuve ni de force ni d’intelligence que de ruminer sa colère envers les offenses subies, de vivre dans un esprit de vengeance, de gaspiller ses capacités à mettre au point sa vengeance, ou de manifester sa vindicte lorsque l’autre est en position de faiblesse. Ce n’est pas une preuve d’intelligence et on ne ressent pas la paix à garder rancune. Vous avez peut-être déjà entendu cette expression dite en plaisantant : « Je ne me mets pas en colère, je prends ma revanche ». Même si cela prête à rire, il n’y a rien d’humoristique, car cela encourage l’esprit de représailles et l’envie d’écraser son prochain, plutôt que de promouvoir l’esprit de conciliation, de coopération, et d’amitié.
 
Paul parle de « ces faibles et pauvres rudiments » de notre vie. N’existe-t-il rien de plus faible et de plus pauvre que cette disposition à passer sa vie en une ronde incessante alimentée par l’amertume et les manigances ?
 
On montre de la sagesse et de la retenue en tendant l’autre joue, en essayant de remplacer le mal par le bien. On rapporte que le Général Omar Bradley aurait dit : « Nous avons maîtrisé le mystère de l’atome, mais nous avons oublié le Sermon sur la Montagne… Notre monde est peuplé de géants nucléaires à l’éthique infantile. Nous en savons plus sur la guerre que sur la paix, plus sur l’art de tuer que sur celui de vivre ».
 
Un jour un couple en colère est venu me voir. L’amertume régnait. Il fut un temps où leur amour avait été profond et sincère, mais ils avaient pris l’habitude de parler des défauts de l’autre. Refusant de pardonner ou d’oublier le genre de fautes que tout le monde commet et de faire preuve de patience, ils s’étaient critiqués mutuellement jusqu’à ce que l’amour qu’ils avaient connu s’émousse. Il fut réduit en flammes suite à un jugement de divorce ‘sans faute’, et maintenant ils sont tous les deux seuls à récriminer dans leur coin. Je crois que s’il y avait eu un tant soit peu de repentir et de pardon, ils seraient encore ensemble, à profiter de cette compagnie mutuelle dont ils avaient joui pendant leur jeunesse.
 
Celui qui abrite en son cœur le poison de l’inimitié serait bien avisé de demander au Tout-Puissant la force de pardonner et de faire preuve de miséricorde. La haine mène infailliblement à l’échec et l’amertume à la destruction. Le seul désir de pardonner fait partie de l’essence même de la repentance. Ce n’est peut-être pas facile, et cela ne vient pas forcément rapidement. Mais lorsque c’est fait avec sincérité et qu’on y travaille, cela vient. Et même si la personne qui a été pardonnée continue à disputer et à menacer, l’effort sincère que l’on fait pour arriver à la réconciliation apporte une paix qui ne peut se manifester autrement. Cette paix vient de celui qui a dit : « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi, mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. » (Matthieu 6:14-15)
 
Nous connaissons tous l’injonction du Sermon sur la Montagne : « Vous avez appris qu’il a été dit : tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent ». Dans le même sermon, le Seigneur dit aussi : « Vous avez appris qu’il a été dit: œil pour œil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. » (Matthieu 5:38-41)
 
Honnêtement, la plupart d’entre nous n’ont pas encore atteint ce niveau de compassion, d’amour et de pardon. Ce n’est pas facile à atteindre. Cela exige une auto discipline supérieure à ce que nous sommes capables de fournir. Cela exige que nous abandonnions notre orgueil. L’application du principe du pardon, si difficile à vivre, mais tellement merveilleux par son pouvoir guérisseur, aurait des conséquences miraculeuses sur nos foyers malades. L’égoïsme se trouve être la cause de notre malheur. C’est comme le cancer. Le pouvoir guérisseur du Christ, consistant à appliquer la doctrine du deuxième mille, ferait des merveilles pour calmer les disputes et les accusations, les récriminations et la médisance. Ce même esprit ferait des miracles pour guérir notre société malade.
 
Il existe peu d’histoires plus édifiantes dans toute la littérature que celle que l’on trouve dans Luc. C’est l’histoire du fils plein de convoitise et d’aveuglement qui exige son héritage et part ensuite le gaspiller dans une vie de débauche. Il rejette les conseils paternels, et repousse avec mépris ceux qui l’aiment. Lorsqu’il a tout gaspillé, qu’il a faim et sans ami, et qu’il « rentre en lui-même », il retourne vers son père, qui, en le voyant arriver de loin, « courut se jeter à son cou et le baisa » (Luc 15:17, 20).
 
Tous les parents devraient lire et relire cette histoire du fils repentant et du père qui pardonne. Elle a suffisamment de grandeur pour s’adapter à tous les foyers et même à toute l’humanité, car ne sommes-nous pas tous des fils et des filles prodigues qui ont besoin de se repentir et d’obtenir la miséricorde bienveillante du Tout-Puissant pour suivre ses conseils ? Ne faisons-nous pas tous des erreurs ? Ne vivons-nous pas en deçà de nos capacités de temps en temps ? Ne nous sommes-nous pas trouvés non plus dans la situation où nous pouvions pardonner et manifester de l’amitié ?
 
Notre Rédempteur se tourne vers nous dans un esprit de pardon et de miséricorde, mais ce faisant il nous commande de nous repentir de nos méfaits. Si nous nous repentons, nous serons magnanimement pardonnés.
 
Beaucoup parmi nous ont tendance à dire qu’ils pardonnent, alors qu’en réalité ils se refusent à oublier. Si le Tout-Puissant est disposé à oublier les péchés du pénitent, pourquoi y en a-t-il tant parmi nous qui s’obstinent à ressasser le passé ? Voici une leçon simple et belle que nous devons tous apprendre : il n’existe pas de vrai pardon sans oubli.
 
Ces paroles qu’Abraham Lincoln prononça pendant la tragédie de la guerre civile ne sont-elles pas magnifiques ? « Sans malveillance envers personne, avec charité envers tous… pansons les plaies de la nation. »
 
Pansons les plaies, oui, les nombreuses plaies que nous avons occasionnées par les paroles blessantes, par les rancœurs bornées que nous avons nourries, par les plans que nous avons ourdis pour nous venger de ceux qui ont pu nous faire du tort. Nous avons tous plus ou moins cet esprit de vengeance en nous. Heureusement, nous avons aussi le pouvoir de nous élever au-dessus de ces situations.
 
La volonté de pardonner est le signe de la maturité spirituelle et émotionnelle. C’est une vertu à laquelle nous devrions tous aspirer. Imaginez un monde peuplé d’individus prêts à s’excuser et à accepter les excuses. Y aurait-il des problèmes insolubles pour ces gens humbles intelligents et spirituels prêts à faire ces deux choses lorsque c’est nécessaire ?
 
Le pardon et la miséricorde doivent s’exercer toujours conjointement. Du fait que nous vivons dans un monde plein d’agressivité, d’hostilité et de méchanceté, nous avons particulièrement besoin de montrer plus de miséricorde.
 
Je n’oublierai jamais cette jeune mère célibataire abandonnée par son mari. Avec de pauvres moyens, elle essayait de gagner sa vie et de fournir un foyer pour ses enfants. Brisée et découragée, elle disait à travers ses larmes : « C’est un monde terrible là dehors. C’est une jungle sans merci. » La miséricorde est une qualité O combien divine. Elle ne peut être légiférée. Elle doit venir du cœur. Elle doit se manifester de l’intérieur. C’est une partie de la dotation que chacun de nous reçoit en tant que fils et filles de Dieu et en tant que participant au droit d’aînesse divin. Je souhaite que nous fassions tous des efforts pour exprimer plus largement cet instinct qui réside en nous. Il est probable qu’à un moment ou à un autre et sans doute à plusieurs reprises, nous serons amenés à demander miséricorde. Comment pouvons-nous attendre à être pardonné si nous n’avons pas été nous-mêmes miséricordieux ?
 
Je n’oublierai jamais le moment où j’ai regardé à la télévision le procès sommaire d’un homme qui avait été un despote sans merci dans un pays d’Europe de l’Est. À sa dernière extrémité, il demanda miséricorde à ses accusateurs. Je ne connais rien du système judiciaire par lequel lui et sa femme sont passés. Je sais seulement que l’audition des témoins fut courte, le jugement la mort, et l’exécution immédiate. Il avait été accusé de n’avoir montré aucune compassion pendant les longues années d’oppression sévère et implacable ; et maintenant, en cette heure d’amertume ultime aucune miséricorde ne fut accordée.
 
Une parabole me vient à l’esprit : Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie. Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d’ulcères, et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères. Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. Dans le séjour des morts, il leva les yeux ; et, tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. Il s’écria : Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue ; car je souffre cruellement dans cette flamme. Abraham répondit : mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne ; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. D’ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire. (Luc 16:19-26). »
 
Je souhaite voir plus d’esprit de compassion dans toutes nos relations, plus de miséricorde, car si nous sommes miséricordieux, nous obtiendrons miséricorde auprès du Juge suprême.
 
Le degré de miséricorde que nous sommes capables d’atteindre correspond à notre niveau d’engagement envers celui qui est notre Maître. Il a pratiqué ce qu’il a enseigné, car c’est lui qui sur la croix subissant l’agonie terrible, a crié : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23:34).
 
Combien la miséricorde est une chose merveilleuse ! La plupart du temps, elle est discrète et tranquille. Elle ne fait pas les gros titres de journaux. C’est l’antithèse de la vengeance, de la haine, de l’envie et de l’égoïsme. Portia dans Shakespeare la décrit ainsi :
 
« La qualité de la miséricorde n’est pas contrainte, Elle tombe des cieux telle la douce pluie « Sur les lieux ici-bas : elle bénit deux fois : Celui qui donne, et celui qui reçoit…
 
« Elle fait devenir meilleur que le monarque ; Son sceptre montre la force du pouvoir temporel…
 
« Mais la miséricorde est supérieure au sceptre chancelant ; Elle se trouve dans le cœur des rois,
 
« Elle est l'attribut de Dieu lui-même. »
 
Si les hommes et les femmes chérissaient la miséricorde, cela permettrait de mettre un terme aux atrocités de la guerre. Cela fait des années que nous voyons ce conflit en Irlande. Il est certain que tous ceux concernés et impliqués par cette guerre doivent être fatigués. Un déversement de miséricorde des deux côtés vaincrait la haine destructrice qui suppure depuis si longtemps. Il existe d’autres régions dans le monde où des animosités semblables ont déclenché la haine et déraciné des peuples pour des décennies, quand ce n’est pas des siècles. Oh, que chaque partie dans ces conflits puisse agir avec la plus grande compassion envers l’autre ! Il est sûr que si cela était, les miséricordieux trouveraient la miséricorde chez ceux qu’ils combattent.
 
De toutes les guerres qu’ont subies les États-Unis, aucune n’a coûté autant en souffrance et en morts, aucune n’a distillé autant de venin et de haine que la Guerre de Sécession. Il existe peu de scènes plus émouvantes dans l’histoire que celle qui s’est déroulée le 9avril 1865 à Appomattox en Virginie, lorsque le Général Robert E. Lee s’est rendu au Général Ulysse S. Grant. Le Général Grant a écrit une courte déclaration aux termes de laquelle les soldats du Sud étaient libres de rentrer chez eux avec leurs armes de poing personnelles, leurs chevaux et leurs bagages. Il n’y a pas eu de récrimination, pas de demande de réparations, aucune excuse exigée ni de châtiment infligé. Cet évènement est passé dans les annales de la guerre comme un acte magnifique et merveilleux de miséricorde.
 
Beaucoup de conflits et de luttes sociales pourraient être résolus en y mêlant une petite touche de miséricorde. Au lieu de cela, la loi mosaïque « œil pour œil, dent pour dent » est souvent modifiée et l’on exige trois yeux pour un œil et trois dents pour une dent. De nombreuses victimes, harcelées et broyées, crient en vain pour réclamer un tant soit peu de clémence. Nous assistons à des conflits sociaux chargés de violence et d’accusations sauvages. S’il existait un plus grand désir de chaque côté d’examiner les problèmes de l’autre partie avec un peu de miséricorde, la plupart d’entre eux pourraient être évités.
 
Notre génération témoigne des critiques des journalistes qui pensent faire un travail intelligent en attaquant sans merci les hommes et les femmes servant au gouvernement et dans les autres responsabilités de dirigeants. Ils ont tendance à sortir une ligne ou un paragraphe hors de son contexte et à poursuivre leur proie tel un essaim d’abeilles tueuses. Ils profèrent des insinuations perfides contre des personnes qui n’ont aucun moyen de répondre ou qui, dans l’esprit des enseignements du Maître, préfèrent tendre l’autre joue et passer leur chemin. Un peu de miséricorde de la part de ces critiques amènerait un grand changement dans les médias.
 
La situation des miséreux est une insulte à la grandeur de notre nation. C’est émouvant de voir ceux qui dans un esprit de bonté tendent la main vers ces malheureux, aident, assistent, nourrissent et fournissent un abri, réconfortent et bénissent. Je suis sûr que le Dieu des Cieux aura miséricorde envers les miséricordieux, ainsi qu’à leur postérité. Ceux qui donnent de leurs biens avec autant de générosité ne manqueront de rien dans leurs greniers et dans leur foyer, et ils auront de la nourriture sur leur table et un toit sur leur tête. On ne peut être miséricordieux sans recevoir une moisson de miséricorde en retour. Le Maître a enseigné : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ! » (Matthieu 5:7)
 
Charles Dickens, célèbre pour ses nombreux chefs d’œuvres littéraires, a aussi écrit une œuvre peu connue intitulée « The Life of Our Lord » (la vie de Notre Seigneur) destinée à l’origine à ses enfants et non pour l’édition. En fait, il a refusé toute sa vie que celle-ci soit publiée. C’était une chose personnelle, un simple témoignage de Jésus-Christ qu’il donnait à ses enfants. Le manuscrit a été considéré comme un trésor familial très intime pendant quatre-vingt-cinq ans. Son plus jeune fils est décédé en 1933. Les générations passant, la famille a décidé que cet ouvrage pouvait être publié.
 
Je vivais à Londres en 1934 et je me souviens bien de la publicité faite par un journal populaire de ce que « The Life of Our Lord » de Dickens serait publié sous forme de série. Suite à cette série, il fut publié sous forme de livre. Des années plus tard, ma femme a trouvé un exemplaire de ce livre et l’a lu à nos enfants. J’aime beaucoup certains des passages, surtout la façon dont il conclut :
 
« Souvenez-vous ! Le Christianisme consiste à TOUJOURS FAIRE le bien, même envers ceux qui nous font du mal. Le christianisme consiste à aimer son voisin, et faire à tous les hommes ce que nous voudrions qu’ils nous fassent. Le Christianisme consiste à être aimable, miséricordieux, et plein de pardon, et à cultiver ces qualités au fond de notre cœur. Nous ne devons jamais nous en vanter, pas plus que de nos prières ou de notre amour de Dieu, mais plutôt montrer que nous l’aimons en essayant humblement de faire constamment le bien.. Si nous agissons ainsi, et que nous nous souvenons de la vie et des leçons de Notre Seigneur Jésus-Christ, et que nous essayons de les imitons, nous pouvons avoir la foi que Dieu nous pardonnera nos péchés et nos fautes, et nous permettra de vivre et de mourir en paix. »
 
Tout le monde aime l’immortel « A Christmas Carol » de Dickens. Mais « The Life of Our Lord » écrit d’une façon personnelle, sans rajouts ni envolée lyrique, destiné aux enfants qu’il aimait, contient un encouragement qui a le pouvoir de changer le monde :
 
« Souvenez-vous ! Le christianisme consiste à TOUJOURS FAIRE le bien, même envers ceux qui nous font du mal ».
 
Soyons plus miséricordieux. Chassons l’arrogance de notre vie, la vanité, l’égoïsme. Soyons plus compatissants, gentils, remplis de ténacité, de patience, de pardon, et montrons plus de respect mutuel. Si nous faisons ainsi, notre exemple incitera nos proches à devenir plus miséricordieux, et nous aurons plus d’un titre à réclamer la miséricorde de Dieu qu’il nous manifestera généreusement avec amour.


CHAPITRE SEPT : ÉCONOMIE ET TRAVAIL
 
Mettons de l’ordre dans notre foyer
 
Je recommande à tous les vertus de l’économie et du travail, qui, je le crois, vont de pair. Le travail et l’économie d’un peuple unifient la nation, la communauté, et la famille. Le travail et l’économie rendent la famille indépendante.
 
Quand j’étais petit, je vivais dans ce que je croyais être une grande maison. Il y avait quatre pièces de plain-pied : une cuisine, un salon, un bureau et une bibliothèque. Il y avait quatre chambres à l’étage. La maison était située à l’angle d’un grand quartier. Il y avait une grande pelouse avec de nombreux arbres qui dispensaient des millions de feuilles. Il y avait constamment du travail à faire.
 
Dans ma prime enfance, nous avions un poêle dans la cuisine, et un dans la salle à manger. Plus tard nous avons eu une chaudière, et c’était vraiment merveilleux ! Mais pour ce qui était du charbon, elle était d’un appétit dévorant et il n’y avait pas de distributeur automatique. Nous devions enfourner le charbon à la pelle dans la chaudière et faire des réserves prudentes tous les soirs.
 
J’ai appris une grande leçon de ce monstre qu’était la chaudière : si on voulait avoir chaud, il fallait manier la pelle. Mon père considérait que ses garçons devaient apprendre à travailler, en été comme en hiver, c’est pourquoi il avait acheté un terrain de deux mille mètres carrés, qui augmenta jusqu’à plus de douze mille mètres carrés. Nous passions tous nos étés là-bas, et les corvées semblaient infinies. Mon père se levait en général vers heures du matin, et il était attendu de nous que nous nous levions d’aussi bonne heure. Tous les jours, nous avions une liste de travaux à finir avant midi. Les corvées comprenaient toutes sortes de choses telles que creuser des trous pour planter des poteaux pour faciliter l’irrigation, travailler dans notre immense potager qui contenait des pommiers, des pêchers, des cerisiers des poiriers et des abricotiers.
 
Au temps de la moisson, on nous demandait d’aider à transporter les fruits, ce n’était pas notre tâche préférée parce que c’était un travail qui nous faisait transpirer, et qui collait. Mais il fallait bien que les fruits soient ramassés, calibrés, empaquetés et vendus, et tout le monde devait s’y mettre pour que ce soit fait. Aujourd’hui, quand je considère rétrospectivement mes années de formations, il est clair que la ferme procurait un environnement propice à une quantité de leçons, entre autres que nous récoltons seulement ce que nous semons.
 
Je crois à l’évangile du travail. Le travail est le miracle par lequel le talent monte à la surface et par lequel les rêves deviennent réalité. Il n’y a aucun produit de remplacement sous les cieux pour le travail productif.
 
C’est le processus qui permet de voir les visions paresseuses se transformer en réalisations dynamiques. Je présume que nous sommes tous au fond de nous-mêmes paresseux. Nous préférons jouer plutôt que travailler. Nous préférons le pain au travail. S’amuser un peu et manger un peu sont chose agréable. Mais c’est le travail qui fait la différence dans la vie d’un adulte ou d’un enfant. Les enfants à qui on enseigne à travailler et à profiter du fruit de leur labeur ont un immense avantage lorsqu’ils arrivent à l’âge adulte. Exercer notre esprit et utiliser nos talents manuels nous sortent de la stagnation où nous confine la médiocrité.
 
Rien de vraiment concret ne vient sans travail. Rien ne se fait en ce bas monde sans le travail. Nos ancêtres pionniers n’auraient jamais pu retourner un champ en se contentant de le faire en imagination. Il a fallu qu’ils mettent la main à la charrue et qu’ils y aillent. Le travail aujourd’hui est globalement plus facile, mais le principe reste le même. On doit travailler, et c’est vraiment un merveilleux et fantastique avantage.
 
Je le répète, il n’y a aucune raison d’être opposé aux distractions. Mais toujours du plaisir n’est plus du plaisir. Et lorsque le plaisir ou la récréation deviennent une fin en soi, c’est alors que nous sommes en danger. Nous avons des problèmes. On ne peut tout simplement pas affiner la nature profonde de notre personnalité dans le plaisir.
 
On a dit que c’est le vent du nord qui a fait des Vikings ce qu’ils sont. Le travail dur face à l’adversité a permis que l’Ouest américain fleurisse comme le narcisse. Quiconque a visité Israël a pu s’émerveiller des fruits d’un travail dur bien organisé. L’eau dans les canaux, les oliviers sur les collines, les plantations de citronniers dans les vallées, tout témoigne de l’industrie des hommes et des femmes. Ce n’est que par le travail que les nations deviennent fortes, que les villes sont plus gaies, que les liens familiaux se renforcent et que la vie se développe.
 
Je me souviens d’un week-end où ma femme et moi avons visité des amis vivant dans une communauté rurale de l’Ouest. Nous avons passé l’après-midi à visiter des villages agréables, à passer de bons moments dans des maisons propres et des champs environnants cultivés. En faisant leur connaissance, nous avons constaté que c’étaient des gens sans prétention et qui vivaient avec des principes. Ils avaient appris par l’expérience que l’on ne récolte pas le blé en semant de l’orge, que l’on ne peut obtenir un cheval de course avec une jument boiteuse. Ils savaient que pour bâtir une génération honnête, nous devons travailler avec foi en en ayant la vision. La formule du succès de ces gens honnêtes et travailleurs m’avait inspiré.
 
N’avons-nous pas lieu de nous inquiéter de cette législation envahissante qui a tendance à bloquer toute initiative et toute ambition ? D’autant plus que nous avons maintenant des générations d’hommes et de femmes qui vivent depuis longtemps grâce aux avantages de la sécurité sociale, et que nous voyons les conséquences néfastes de la paresse et les méfaits des allocations. Brigham Young, cet homme qui a dirigé un groupe de gens démunis à travers les grandes plaines de l’Ouest et dans les montagnes Rocheuses au milieu du 19e siècle et a supervisé la transformation de ce qui était un désert, la vallée du lac salé, en une région prospère de l’Amérique du Nord, a dit : « Donnez moi, cinquante, cent, cinq cents, ou mille hommes ou femmes les plus pauvres que vous trouverez dans cette communauté ; avec les moyens en ma possession, je prendrais ces cinquante, ces cent, ces cinq cents ou ces mille, et je les mettrai au travail ; un travail qui suffira à les maintenir en bonne santé, à les nourrir et à bénéficier d’un confort décent, et dans dix ans ces gens seront prospères. En dix ans je ferais en sorte que six, cent, ou mille individus que nous aurons dû soutenir par des dons, se trouvent non seulement en situation d’autonomie, mais seront riches, se déplaceront dans leurs chariots, vivront dans des maisons confortables, auront des vergers, des troupeaux et tout ce qu’il est nécessaire pour vivre confortablement. »
 
Brigham Young pouvait dire cela parce qu’il avait pratiqué ce qu’il prêchait. Je recommande à tous les vertus que sont l’économie et le travail, qui, je le crois, vont de pair. Le travail et l’économie d’un peuple soudent la nation, la communauté, la famille. Le travail et l’économie renforcent la famille. Le travail et l’économie rendent la famille indépendante. Les dettes sont une chose terrible. Il est très facile de s’endetter et si difficile et si laborieux de rembourser. L’argent emprunté a un prix et ce prix peut devenir un fardeau. La ruine est généralement le fruit amer des dettes, des dépenses exagérées, et des appétits non maîtrisés. C’est l’accumulation tragique d’un processus simpliste qui consiste à emprunter plus que ce que l’on peut rembourser. Je déplore le gaspillage. Je déplore les extravagances inutiles et non maîtrisées. Je chéris l’économie. Je crois dans la prudence et le conservatisme quotidien.
 
Benjamin Franklin démarra dans la vie sans le sou et devint un des hommes les plus riches d’Amérique. Dans son « Autobiography », il souligna l’importance que jouèrent l’industrie et l’économie dans sa vie : « Souvenez-vous que le temps c’est de l’argent… Souvenez-vous que le crédit c’est de l’argent… Souvenez-vous que l’argent est par nature prolifique… En bref, le chemin qui mène à la richesse, si vous le recherchez, est aussi droit que celui qui mène au marché. Il dépend principalement de deux mots : Industrie et Frugalité ; c’est-à-dire qu’il ne faut gaspiller ni le temps ni l’argent, mais faire le meilleur usage des deux. Celui qui fait tout ce qu’il peut honnêtement et économise tout ce qu’il a (exception faite des dépenses nécessaires) deviendra certainement riche, à moins que cet Être suprême qui gouverne le monde, vers lequel tous ceux qui œuvrent pour une cause honnête devraient se tourner, ne juge dans sa sagesse et sa bonté qu’il doit en être autrement. »
 
Les diverses périodes de la longue marche de l’humanité ont été divisées en âges : l’âge de la pierre, l’âge du fer, l’ère industrielle. On peut regretter que notre âge soit qualifié d’ère des loisirs. Le fait est que nous dépensons plus en argent et en temps à essayer de satisfaire les désirs physiques pour le plaisir que jamais auparavant dans l’histoire de l’homme. Nous sommes de la génération du micro-ondes ; nous attendons que le progrès et les plaisirs matériels viennent rapidement et pour tout le monde. La publicité nous envahit et les vendeurs sont pleins d’astuces, tout est fait pour nous inciter à dépenser, et particulièrement dépenser ce que nous n’avons pas.
 
Nous devrions nous inquiéter aujourd’hui, dans cette société bousculée et assoiffée d’argent, de la façon dont nous considérons l’argent et les biens matériels. On obtient en clin d’œil les prêts immobiliers et les hypothèques en deuxième niveau. Les cartes de crédits et autres monnaies en plastique sont mises à disposition pour presque tout le monde au-dessus de dix-huit ans. Le prêt d’argent est fait pour apparaître indolore et désirable, sans jamais mentionner la responsabilité qui incombe de devoir rembourser. La publicité séduisante fait tous ses efforts pour nous persuader que nous méritons cet argent et que nous devons l’avoir maintenant, sans considérer le coût que cela engendre. C’est là un manque d’autodiscipline et de maîtrise financière qui nous promet un avenir des plus funestes.
 
Le chapitre quarante-six de la Genèse nous montre un contexte difficile. Pharaon, le dirigeant de l’Égypte a fait un rêve qui l’a beaucoup troublé. Les sages de sa cour n’ont pas pu lui fournir l’interprétation. On amène donc Joseph devant lui. « Pharaon dit alors à Joseph : Dans mon songe, voici, je me tenais sur le bord du fleuve. Et voici, sept vaches grasses de chair et belles d’apparence montèrent hors du fleuve, et se mirent à paître dans la prairie. Sept autres vaches montèrent derrière elles, maigres, fort laides d’apparence, et décharnées : je n’en ai point vu d’aussi laides dans tout le pays d’Égypte. Les vaches décharnées et laides mangèrent les sept premières vaches qui étaient grasses. Je vis encore en songe sept épis pleins et beaux, qui montèrent sur une même tige. Et sept épis vides, maigres, brûlés par le vent d’orient, poussèrent après eux. Les épis maigres engloutirent les sept beaux épis. Je l’ai dit aux magiciens, mais personne ne m’a donné l’explication.
 
« Joseph dit à Pharaon : Ce qu’a songé Pharaon est une seule chose ; Dieu a fait connaître à Pharaon ce qu’il va faire. Les sept vaches belles sont sept années : et les sept épis beaux sont sept années : c’est un seul songe. Ainsi, comme je viens de le dire à Pharaon, Dieu a fait connaître à Pharaon ce qu’il va faire. Voici, il y aura sept années de grande abondance dans tout le pays d’Égypte. Sept années de famine viendront après elles ; et l’on oubliera toute cette abondance au pays d’Égypte, et la famine consumera le pays. Si Pharaon a vu le songe se répéter, c’est que la chose est arrêtée de la part de Dieu, et que Dieu se hâtera de l’exécuter. » (Genèse 41:17-20, 22-26, 28-30, 32)
 
Il est clair que je ne suis pas en train de prophétiser ni de prédire des années de famine dans l’avenir, mais je suis en train de suggérer qu’il est temps que nous mettions de l’ordre dans nos foyers. Trop de gens vivent à la limite de leurs revenus et même au-delà de leurs moyens.
 
Nous sommes actuellement les témoins d’un modèle cyclique de variations importantes et inquiétantes des marchés mondiaux. L’économie est une chose fragile. L’économie trébuche à Moscou ou a Djakarta et aussitôt les investisseurs et les individus à travers le monde en sont affectés. Il serait bien que nous fassions attention aux signes orageux avant-coureurs.
 
J’espère de tout mon cœur que nous ne nous enliserons pas dans la dépression. Mon père était responsable de notre église locale durant la Grande Dépression, et je me souviens comment il arpentait l’appartement, se faisant du souci pour les gens dont il avait la charge. Lui et ses collègues avaient mis en place un projet de coupe de bois pour alimenter les chaudières et les poêles des maisons pour que les gens aient chaud pendant l’hiver. Ils n’avaient pas d’argent pour acheter du charbon. Des hommes avec de bons emplois se trouvèrent du jour au lendemain au chômage, et même ceux qui avaient été riches se retrouvèrent à couper du bois. Une famille de notre voisinage perdit sa maison parce qu’ils ne pouvaient plus payer les huit dollars par mois d’accession à la propriété. C’était une triste époque, et beaucoup de gens tombèrent dans le pessimisme et le cynisme pendant qu’ils luttaient pour survivre. Il est impossible d’apprécier ce sentiment de terreur et d’insécurité qui règnent dans ce genre de situation si on ne l’a pas vécu personnellement. Mais nous devrions nous inquiéter de ces crédits gigantesques à la consommation qui grèvent la nation. En mars, cette dette s’élevait à 1, 2 trillion de dollars, ce qui représente une augmentation de 7% par rapport à l’année précédente.
 
Le docteur James Clayton, professeur d’histoire et ancien doyen à l’université d’Utah, s’est spécialisé, pendant sa carrière distinguée, dans l’histoire de l’économie. Il considère que la dette publique et privée est devenue la question internationale la plus importante de nos jours. Il a exposé son raisonnement en décembre : « Dans les années 1950, nos dettes représentaient 30% de notre revenu disponible. Maintenant ce pourcentage s’élève à 92%. Le foyer américain moyen a déjà dépensé le revenu total de l’année suivante, et c’est sans précédent dans notre histoire. Notre taux d’épargne est très, très bas. Il y a deux semaines, il est tombé au-dessous de zéro. Ceci n’était pas arrivé depuis les années 1930. » Il continue par cette accusation frappante : « La modération est passée de mode, et le financement déficitaire du secteur public et les niveaux de dettes très élevés dans le secteur privé sont chose courante. »
 
J. Reuben Clark fils, homme d’État international qui a servi en tant qu’ambassadeur au Mexique a dit en janvier 1938 : « Les intérêts ne dorment jamais, ne sont jamais malades et ne meurent jamais ; ils ne vont jamais à l’hôpital ; ils travaillent les dimanches et les jours de fête, ils ne prennent jamais de vacances, ils ne font pas de visites ni de voyages ; ils ne prennent aucun plaisir, ils ne sont jamais mis à la porte ni renvoyés par leur employeur ; ils ne travaillent jamais à temps réduit ; … ils sont aussi durs et insensibles qu’une falaise de granit. Une fois endetté, l’intérêt devient votre compagnon de tous les instants le jour et la nuit ; vous ne pouvez le rejeter ou vous en écarter, vous ne pouvez le renvoyer ; il n’admet aucun arrangement, exigence ou commandement, et à chaque fois que vous vous mettez en travers de son chemin ou que vous traversez sa course ou que vous ne satisfaites pas ses exigences, il vous écrase. »
 
Nous aurions tous intérêt à relire ces paroles de temps en temps pour nous souvenir du prix que nous payons lorsque nous empruntons. J’admets qu’il faut emprunter pour acheter une maison. Mais achetons une maison que nous pouvons rembourser et alléger ainsi les échéances qui seront constamment au-dessus de notre tête sans grâce et sans répit pendant trente ans.
 
Nous sommes dans une génération de gaspillage. Nos ancêtres pionniers vivaient avec cette maxime : « Répare, use jusqu’à la corde, fais avec ou fais sans ». De nos jours, l’obsession des richesses ronge, détruit et mène à prendre des décisions financières irresponsables.
 
Nul ne sait quand l’urgence surviendra. Que ce soit des désastres naturels ou des crises personnelles. Je pense à un homme qui rencontrait beaucoup de réussite sur le plan professionnel. Il vivait dans le confort ; Il avait construit une grande maison. Puis un jour, sans prévenir, il fut la victime d’un accident grave où il faillit perdre la vie. Il fut gravement handicapé et sa capacité à gagner de l’argent fut détruite. Il dut faire face à des factures de soins énormes ainsi qu’à d’autres frais. Rapidement, il se retrouva seul face à ses créanciers. Il avait été riche pendant un moment, l’instant d’après il était démuni et brisé.
 
Rien n’est plus décourageant et plus fragile que les dettes et les obligations que l’on ne peut satisfaire. On ne peut être autonome si des dettes importantes pèsent sur le foyer. On n’est pas indépendant ni libre de la servitude lorsqu’on est lié par les dettes. Je puis dire avec satisfaction que dans le cadre de la gestion des affaires de l’Église que je représente, nous tenons à mettre de côté tous les ans un pourcentage des revenus de l’Église en cas de besoin. De plus, notre Église peut fonctionner sans emprunt financier, pour ce qui est de toutes ses opérations, ses entreprises et ses services. Si nous ne pouvons financer, nous réduisons nos programmes. Nous diminuons les dépenses pour les adapter aux revenus. Nous ne voulons pas emprunter.
 
C’est un sentiment merveilleux que de savoir que l’on n’est pas endetté, que l’on a un peu d’argent de côté et que l’on peut s’en servir en cas d’urgence. Je connais beaucoup de personnes avisées qui ont suivi une telle pratique. Un homme m’a parlé d’une hypothèque sur sa maison qui lui rapportait quatre pour cent d’intérêt. Des consultants financiers lui ont dit qu’il était idiot de rembourser cette hypothèque avec un taux d’intérêt qui rapportait si peu. À la première occasion où ils ont eu les moyens, sa femme et lui se sont décidés à la rembourser. Depuis ce jour, il n’a plus de dette, et je crois que cela a participé, au cours des années, à sa prospérité financière et chose plus importante, à acquérir un sentiment de liberté et de tranquillité d’esprit. Je crois que c’est pour cela qu’il sourit et qu’il siffle en travaillant.
 
On veut nous faire croire qu’emprunter de l’argent ne coûte rien et que l’esclavage financier est une façon de vivre acceptable. Il serait bon de surveiller nos finances, de faire preuve de modestie et de prudence dans nos achats, de nous discipliner dans nos emplettes pour éviter les dettes au maximum, de nous en libérer rapidement, ainsi que de leur esclavage.
 
Puissions-nous mettre nos maisons en ordre. Si nous payons nos dettes, si nous avons une réserve, même si elle est modeste, alors les tempêtes pourront souffler au-dessus de nos têtes, nous aurons un abri pour notre famille et la paix au cœur.
 
Le travail et l’économie sont véritablement des vertus que l’on se doit d’exploiter, que l’on doit admirer, et qui sont vitales pour la santé de la société, de la famille et de l’individu.


CHAPITRE HUIT : LA RECONNAISSANCE, UN SIGNE DE MATURITÉ
 
La reconnaissance, c’est le début de la civilité, de la politesse, et de la bonté, c’est admettre que nous ne devons pas être arrogants. Nous devrions agir en sachant que nous avons besoin d’aide à chaque pas que nous faisons.
 
J’ai eu le plaisir de rencontrer et de me mêler aux hommes les plus doués et les plus influents du vingtième siècle, mais je suis aussi allé par les rues étroites et sales où règnent la misère, la pauvreté et la déchéance. J’ai côtoyé les pauvres de la terre, les plus défavorisés qui vivent constamment obsédés par l’image décharnée de la famine. Je suis allé dans les rues de Calcutta et dans les taudis de l’Amérique du Sud, aux Philippines et en Asie. J’ai été témoin de la pauvreté étouffante qui tient dans ses griffes impitoyables des millions de gens. Je n’oublierai jamais cet orphelinat dans le sud de l’Inde. Ma femme et moi nous retenions nos larmes en voyant ces bébés minuscules abandonnés couchés sur des lattes en bois, mal nourris et ayant peu de chance de vivre et encore moins d’espoir pour l’avenir.
 
Ces expériences m’ont permis de me rendre compte des bénédictions dont nous jouissons dans ce pays. Nous sommes vraiment un peuple béni qui vit à une époque merveilleuse de l’histoire de la terre et nous vivons dans un pays magnifique débordant de bénédictions et d’occasions. Il est vrai que beaucoup trop de gens vivent au niveau du minimum vital, cependant nous devons admettre que jamais auparavant dans l’histoire du monde, une nation ou un peuple n’a autant bénéficié de tant de richesses et de libertés.
 
C’est pourquoi nous devons être reconnaissants pour toutes ces choses. Nous devons montrer notre reconnaissance tous les jours de multiples façons ; pour les uns et les autres ; nos parents et les membres de la famille qui ont participé à notre vie ; à nos amis qui de jour en jour nous accordent le bénéfice du doute, à nos collègues et associés qui nous motivent et nous inspirent pour aller plus haut et faire mieux ; aux dirigeants prudents qui servent généreusement et en particulier au Pouvoir suprême qui nous accorde toutes les bénédictions et nous accorde gracieusement ses bontés.
 
La reconnaissance est un signe de maturité. C’est le signe de l’humilité sincère. C’est la marque de la civilité. Et surtout, c’est un principe divin. Je pense qu’il n’y a rien qui offense plus le Tout-Puissant que notre tendance à oublier ses miséricordes et à nous montrer ingrats envers tout ce qu’il nous donne.
 
L’appréciation va de pair avec la courtoisie et le souci des droits et de la propriété d’autrui. En l’absence de ces qualités, on trouve l’arrogance et le mal. La reconnaissance détruit l’orgueil et suscite l’humilité, la générosité remplace l’égoïsme.
 
Il serait bon que nous nous mettions à genoux pour remercier le Tout Puissant pour ses bontés. Nous devrions aussi cultiver chez nous l’esprit de reconnaissance pour les bénédictions de la vie elle-même et pour les dons merveilleux et les avantages que nous avons. Le Seigneur a dit que « les humbles hériteront la terre » (Matthieu 5:5). Il est difficile de ne pas comprendre que, plutôt qu’une attitude auto suffisante, l’humilité implique un esprit de gratitude, la reconnaissance de l’existence d’un pouvoir qui nous est supérieur, la reconnaissance de l’existence de Dieu et l’acceptation de ses commandements et d’une façon de vivre inspirée. La gratitude est le commencement de la sagesse. Formulée différemment, la véritable sagesse ne peut s’obtenir que si elle s’appuie sur le fondement de l’humilité et de la gratitude authentiques.
 
La reconnaissance est véritablement le début de la civilité, de la politesse, et de la bonté, c’est admettre que nous ne pouvons pas être arrogants. Nous devrions agir en sachant que nous avons besoin d’aide à chaque pas que nous faisons. L’ingratitude est signe de mépris et la manifestation de l’ignorance résultant d’une attitude prétendant à l’autosuffisance. Elle s’exprime par un égoïsme hideux et souvent par une conduite malveillante. Beaucoup de gens égoïstes, arrogants et en général malheureux ici-bas n’ont aucune reconnaissance. Peut-être agissent-ils ainsi parce qu’ils ne se rendent pas compte pleinement de tout ce dont ils devraient être reconnaissants. Je voudrais énumérer quelques bénédictions dont nous jouissons tous pour lesquelles je suis très reconnaissant.
 
Pour commencer, je suis reconnaissant pour les merveilles du corps humain et du miracle de l’esprit de l’homme en tant que création du Tout-Puissant. J’ai chez moi un assez bon matériel audio. De temps en temps, je m’assois tranquillement dans la semi-obscurité pour écouter pendant une heure ou deux de la musique qui a traversé les siècles en raison de sa qualité remarquable. J’écoute toujours le concerto pour violon de Beethoven, je m’émerveille de voir qu’une telle œuvre a pu être conçue par l’esprit humain. À bien des égards, le compositeur était semblable à nous. Il a connu la faim, la douleur, et a eu la plupart des problèmes que nous avons tous, et peut-être certains que nous n’avons pas. Mais il est sorti de son esprit génial un mélange formidable qui a créé des chefs-d’œuvre musicaux rares et magnifiques.
 
Avez-vous déjà contemplé la merveille que vous êtes, les yeux avec lesquels vous voyez, les oreilles avec lesquelles vous entendez, la voix avec laquelle vous vous exprimez ?
 
Aucune caméra faite de main d’homme ne peut rivaliser avec l’œil humain. Aucun moyen de communication jamais conçu ne peut être comparé à la voix et à l’ouïe. Aucune pompe jamais construite ne marchera aussi longtemps et aussi efficacement que le cœur de l’homme. Quelles remarquables créatures sommes-nous ! Nous pensons le jour et rêvons la nuit. Nous parlons et nous entendons, nous sentons, nous goûtons et nous touchons. Nous emmagasinons ce que nous expérimentons et ce que nous apprenons grâce à un mode d’enregistrement avec lequel aucun ordinateur ne peut rivaliser. Nous apprenons, nous grandissons, nous progressons et nous nous améliorons de jour en jour.
 
Regardez les doigts de l’homme. La tentative la plus habile pour reproduire un doigt mécanique n’a donné qu’une approximation primitive. La prochaine fois que vous utiliserez vos doigts, regardez-les et appréciez ces merveilles. Dans un théâtre prestigieux, j’étais assis à un endroit d’où je voyais les doigts des musiciens de l’orchestre. Chacun utilisait ses doigts, pour pincer les cordes, utiliser les instruments de percussion, les cuivres, les instruments à vent. Il n’avait pas besoin d’utiliser leurs doigts pour chanter, fredonner ou siffler, mais il y aurait eu beaucoup moins d’harmonie sans l’action habile des doigts entraînés.
 
Je crois que le corps humain est la création de la divinité. Nos corps ont été conçus par le Tout-Puissant pour être le réceptacle terrestre de nos esprits éternels.
 
Nous devrions être reconnaissants pour l’accumulation constante de la connaissance concernant l’art de prendre soin du corps. Le fait de fumer une cigarette, pour parler en chiffre, fait perdre sept minutes de vie au fumeur. Quand on sait cela, comment se fait-il qu’un individu intelligent choisisse délibérément de fumer ? Ou d’ingérer des drogues nocives ? Ou de s’exposer au SIDA ou à d’autres risques de la santé qui ont pour résultat d’abîmer le corps et de mettre son avenir en danger ?
 
Contemplez les merveilles de l’époque où nous vivons, c’est l’époque la plus grandiose de l’histoire humaine. Plus d’inventions et de découvertes scientifiques ont été faites pendant toute ma vie que pendant tous les siècles précédant. C’est le résultat remarquable des efforts fournis par des hommes et des femmes réfléchis qui ont mis en application des modes de pensée adaptés dans les domaines de la médecine, de la sécurité industrielle, des mesures sanitaires et hygiéniques, de la chimie, de la recherche en génétique, de la microbiologie, de l’environnement et dans d’autres disciplines, toutes intégrant les processus de la pensée humaine. Comment ne pourrions-nous pas être reconnaissants pour de tels miracles ?
 
Je suis reconnaissant pour ce pays remarquable, bien qu’il soit affligé par des problèmes sociaux de tous ordres. Je suis allé au cimetière militaire américain de Suresnes en France où sont inhumés des soldats morts pendant la Première Guerre mondiale, entre autres mon frère ainé. C’est un endroit tranquille et inspirant, consacré au souvenir des grands sacrifices qui furent offerts pour « rendre le monde sûr pour la démocratie ». Je suis allé plusieurs fois en Corée du Sud du trente-huitième parallèle Nord jusqu’à Pusan dans le Sud, et j’ai vu les crêtes et les vallées que les Américains ont défendues pour lesquelles ils sont morts, non pour sauver leur propre pays, mais pour préserver la liberté de peuples qui leur étaient étrangers, mais qu’ils reconnaissaient comme frères par la Paternité de Dieu. J’ai voyagé d’un bout à l’autre du Vietnam Sud pendant ces années de guerre où .55 000 Américains ont combattu pour la cause de la liberté, sont morts dans la chaleur étouffante de ce pays étranger et lointain. Un verset de la pièce de Maxwell Anderson « Valley Forge » me vient à l’esprit. Alors que ses hommes se préparent à enterrer un camarade décédé, Le Général George Washington dit avec un peu d’amertume, « Cette liberté semblera bien facile lorsqu’au fil des ans, personne ne mourra plus pour elle ». Je ressens une immense reconnaissance pour tous les milliers d’hommes qui, à travers l’histoire, ont donné leur vie pour la cause de la liberté.
 
Je suis reconnaissant pour ceux qui placent leur confort personnel et leur réussite après le bien-être d’autrui. Je suis reconnaissant pour nos ancêtres et pour les pionniers qui ont posé les fondations de ce grand pays. Ils ont enduré des épreuves indicibles, des privations et des sacrifices personnels pour affronter un Nouveau Monde dans lequel un climat de liberté et de justice pourrait prévaloir pour tous.
 
Je suis reconnaissant pour la beauté. La terre dans sa beauté originelle est l’expression de la nature de son Créateur. Le style du commencement de la Genèse est intéressant. Il est écrit : « La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme » (Genèse 1:2). Il se peut qu’à ce stade de développement, elle ne présentât rien moins que l’image de la beauté. « Dieu dit: que la lumière soit ! Et la lumière fut » (Genèse 1:3). À partir de là, la Création continue jusqu’à ce que « Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon » (Genèse 1:31). Cela signifie certainement que tout était beau, car « L’Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger » (Genèse 2:9).
 
Je suis reconnaissant pour la beauté de la nature, les fleurs, les fruits, le ciel, les pics et les plaines où ils poussent. Je suis reconnaissant pour la beauté des animaux. La beauté se retrouve chez tous les peuples. Je ne parle pas de la beauté ou de l’aspect qui vient des lotions, des crèmes, tel qu’on les voit dans les magazines de mode et à la télévision. Que la peau soit claire ou sombre, les yeux ronds ou bridés cela n’a rien à voir. J’ai vu des gens magnifiques dans les centaines de pays que j’ai visités. Les petits enfants de partout sont beaux. Il en est de même des personnes âgées, dont les mains et la figure ridées témoignent de la lutte pour la vie, des vertus et des valeurs pour lesquelles ils ont combattu. Nous portons sur notre figure le reflet de ce que nous croyons et de la façon dont nous nous conduisons, et cette conduite est plus évidente dans les yeux et sur la figure de ceux qui ont vécu longtemps.
 
Comme je suis reconnaissant pour la beauté, la beauté des créations de Dieu non souillées, la beauté de ses fils et de ses filles qui marchent dans la vertu sans se plaindre, faisant face aux défis de chaque jour.
 
En ce moment je parle à de nombreuses funérailles. Chacune est un rappel de la brièveté de la vie. Je suis reconnaissant pour la force et la vitalité. J’ai vécu de nombreuses années et lorsque je regarde en arrière mes quatre-vingt-neuf ans et que je contemple les dix années à venir, j’apprécie les paroles de Robert Browning :
 
« Vieillissons ensemble !
 
« Le meilleur est encore à venir
 
« La dernière partie de l’existence par laquelle tout a commencé ;
 
« Chaque saison de notre vie repose entre les mains de celui
 
« Qui a déclaré : C’est la vie entière qui compte ; la jeunesse n’en représente que la moitié ;
 
« Ayez confiance en Dieu ; contemplez-le et ne craignez point. »
 
Pendant plus de soixante ans, mon épouse et moi avons connu les tempêtes et le beau temps. Aujourd’hui, nous ne sommes, ni l’un ni l’autre aussi droit que nous l’étions. Pour nous, les rivets se relâchent un peu et les soudures se fissurent. Dernièrement, je la regardais à table un soir, je remarquais les rides sur sa figure et sur ses mains. Mais sa figure et ses mains sont-elles moins belles qu’avant ? Non, en fait, elles sont plus belles. Ces rides sont belles en elles-mêmes, et inhérentes à leur existence, il y a quelque chose qui suggère de façon rassurante la force et l’intégrité ainsi que l’amour qui irradie plus profondément et plus tranquillement que jamais. J’apprécie la beauté, la hauteur de vue et la largeur d’esprit qui viennent avec l’âge.
 
Quand nous montrons de la gratitude, nous n’affichons pas l’arrogance, la vanité et l’égoïsme, mais nous vivons par un esprit de reconnaissance qui se déverse sur nous et nous bénit. Nous devrions tous être reconnaissants envers le Tout-Puissant pour ses merveilleuses bénédictions qu’il nous octroie. Cette époque formidable nous offre tout ce qu’il est possible d’avoir. N’avons-nous pas de la chance, vraiment ? Nous devrions faire montre de gratitude et de reconnaissance, vivre en appréciant et en respectant les bénédictions de la vie et du bonheur dont nous jouissons.
 
La gratitude est l’essence même de l’adoration, la reconnaissance envers le Dieu des cieux, qui nous a donné tout ce qui est bon. J’ai toujours été impressionné par un certain dirigeant religieux que j’ai entendu prier de nombreuses fois lors de nos travaux communs. Il quémandait rarement dans ses prières. La plupart du temps, ces prières étaient des remerciements pour une chose ou une autre.
 
Par-dessus tout, je suis reconnaissant pour ma croyance en Dieu et en Son Fils bien-aimé, le Rédempteur du monde, le Seigneur Jésus-Christ du Nouveau Testament. Il n’y a rien de comparable dans toute l’histoire de l’homme au don du sacrifice expiatoire du Sauveur. Je suis reconnaissant pour le principe énoncé dans la Règle d’or par le Sauveur : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux » (Matthieu 7:12).
 
Je suis reconnaissant d’appartenir à un peuple qui permet à tous d’adorer Dieu selon les inspirations de sa conscience, comme ils veulent, où ils veulent, ou ce qu’ils veulent. Les évènements récents en Chine et en Europe auraient dû inspirer à tous les Américains une prière de gratitude pour les dispositions de la Déclaration des droits. Nos télévisions nous ont retransmis les démonstrations et les cris de nombreux peuples réclamant la liberté de conscience et la liberté physique, droits de base de l’homme, que nous considérons ici comme allant de soi.
 
Le Premier Amendement de notre Constitution stipule que « Le Congrès ne fera aucune loi pour empêcher l'établissement d'une religion, interdire le libre exercice d'une religion ou pour limiter la liberté d'expression… » Il est intéressant de noter que c’est la religion qui
 
est traitée dans le premier article de la loi sur ces libertés exigées par le peuple de la nation naissante. Celui qui se tient à ma place est conscient de la menace constante que la lourde main du gouvernement fait peser sur la religion. On la sent au niveau local, au niveau de l’État, au niveau fédéral. Ces dernières années, la pression a augmenté et les attaques se sont faites plus fréquentes. La religion et son libre exercice, quels trésors précieux !
 
J’ai la plus grande reconnaissance envers les écrits sacrés du passé. Ces livres ont traversé les siècles, ont posé les bases de notre loi civile, de nos relations dans la société, de nos responsabilités familiales et surtout, les enseignements donnés par Dieu, les principes, les commandements sur lesquels nous pouvons nous reposer en confiance pour établir le cours de notre vie. Ils énoncent la loi implacable de la moisson « on récolte ce que l’on sème ». Ils énoncent la loi de responsabilité sous laquelle nous devrons un jour faire rapport au Tout-Puissant de nos œuvres ici-bas, nos activités et nos récompenses, lui qui nous a accordé la bénédiction de la vie avec toutes ses joies, ses occasions et ses défis.
 
Sachant cela, j’apprécie l’efficacité de la prière, l’invitation à en appeler à un pouvoir supérieur. Je crois à l’intégralité de la promesse du Nouveau Testament qui dit « Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et il lui sera donné ». Je crois que Dieu veut réellement communiquer avec les hommes et les femmes sincères qui le cherchent, afin que nul n’ait à affronter seul les difficultés de la vie. Je crois qu’une nation qui prie peut recevoir un pouvoir unique et merveilleux, un pouvoir qui vient de Dieu, le Créateur et l’Administrateur de l’univers. Il accorde la liberté d’agir aux humains et leur permet de suivre leur chemin selon leur volonté, et c’est la raison de nos problèmes actuels. Cependant, il peut toucher le cœur de ses enfants de tous pays, et il peut mettre en jeu ces forces qui mènent à la paix, la justice et le bonheur de l’homme.
 
Finalement, je suis reconnaissant de la vie, d’avoir le sentiment d’avoir un but, des occasions de servir, de pouvoir me déplacer comme il me plaît, et de vivre en cette époque remarquable. Je n’arrive jamais à en appréhender tout l’aspect merveilleux. Nous sommes véritablement un peuple béni, et nous devrions pour cela exprimer notre gratitude et en montrer la profondeur par la bonté et la dimension de notre vie.


CHAPITRE NEUF : L’OPTIMISME FACE AU CYNISME
 
À ce propos, je souhaite que nous cessions de nous tourner vers les tempêtes et que nous profitions pleinement du beau temps. Je suggère que nous ayons tous les jours une attitude positive. Je demande que nous nous attachions au bien et que nous arrêtions de nous insulter et de nous moquer, que nous fassions plus honneur à la vertu et à l’effort en les adoptant.
 
Nous vivons à une époque étonnante, une époque surprenante à bien des égards, où règnent en maître le pouvoir de la communication, et celui d’influencer et de convaincre. Le développement de la technologie, et les multiples formes de média qui en découlent ont causé un effet collatéral inquiétant. On a l’impression d’être soumis à un tir de barrage constant visant à détruire les personnalités et qui a pratiquement obscurci le débat national sur ces problèmes vitaux dont la solution devrait améliorer la vie quotidienne des adultes et des jeunes. Les médias sont largement responsables de cette situation. Prenez au hasard un quotidien ou un hebdomadaire, ou écoutez les informations sur une des nombreuses chaînes. Il est impossible de lire les journaux ou d’écouter les commentaires sans percevoir un sentiment terrible de tristesse dans le pays. Nous sommes nourris constamment avec un régime au pessimisme aigre, mêlé d’accusations, d’arrière-pensées, et de médisance générale. Il est pathétique de constater que le Négativisme se vend bien.
 
Les journalistes sont des gens brillants. Ces hommes et ces femmes emploient un langage incisif et des expressions qui touchent au but. Ce sont des maîtres en matière de paroles et d’écrits. Il en est de même des commentateurs télé. Mais certains semblent incapables de faire la part des choses, nonobstant leurs protestations du contraire. L’attitude de beaucoup est négative. Avec un art étudié, ils distillent le vinaigre de leurs récriminations et de leur colère, ils jugent partant du principe qu’eux seuls détiennent la vérité. Sous couvert d’analyse et d’opinions objectives, ils soulignent les défauts plutôt que les qualités. Si nous prenions de tels pontifes au sérieux, il serait tentant d’en conclure que c’est la fin du pays et même à celle du monde entier. Confronté parfois à des doses particulièrement élevées de cette forme de cynisme, je me suis fait la réflexion que l’époque est particulièrement propice aux oiseaux de mauvais augure dotés d’un certain talent.
 
Un comportement négatif systématique peut avoir de graves répercussions. Le négativisme devient la matière première des grands titres et des longs développements d’articles qui, souvent, ne sont que la caricature de la réalité. Ce comportement devient général et finit par former comme un nuage au-dessus de nos têtes. Il présente une situation déformée de la réalité et, ce faisant, influence tout un chacun dans ses attitudes, sa façon de paraître et même dans ses valeurs.
 
Ce qui est tragique c’est que ce comportement est contagieux. Lisez le courrier des lecteurs dans presque tous les journaux. Certains sont écrits avec du venin par des gens qui semblent croire que le bien n’existe pas ici-bas, ni chez leurs contemporains. À les entendre, il n’y a nulle part au monde de gens intègres à un poste public. Les hommes d’affaires sont tous des escrocs. Les services publics n’ont d’autre but que de voler les administrés. Les remarques cyniques, les réflexions sarcastiques, la critique des collègues de travail sont trop souvent nos sujets de conversations. À la maison, les maris critiquent, les épouses pleurent, et finalement, les enfants se découragent sous le flot des reproches mutuels déversé dans la famille. La critique est le signe avant-coureur du divorce, elle nourrit la révolte, elle catalyse l’échec.
 
Il ne sert à rien d’ignorer les difficultés que nous devons affronter dans notre pays. Nous avons des problèmes, et pas qu’un peu. Il y a des questions qui exigent de nous une attention sérieuse et attentive. Mais l’Amérique souffre beaucoup trop des reproches et des critiques. Comment serait ce pays si nous insistions moins sur ses faiblesses et soulignions plus ses bons côtés, sa force, ses capacités et son potentiel ? Nous aurions, sans doute, toujours des difficultés. Tant que nous aurons plus de politiciens que d’hommes d’État, nous aurons des problèmes. Mais si nous évitons de perdre notre temps et nos talents à proférer des critiques, si nous cessons de voir le mauvais côté des gens, et si nous insistons davantage sur les bons côtés, l’Amérique continuera à aller de l’avant avec la bénédiction du Tout-Puissant et sera un étendard de force, de paix et de générosité pour le monde entier. C’est un grand pays, un pays de choix, une terre promise.
 
Je suis optimiste de nature ! Quelle époque merveilleuse que celle que nous vivons en cette fin de siècle ! Dans ce cadre, je souhaite que nous cessions de regarder du côté des tempêtes et que nous profitions pleinement du beau temps. Je suggère que tous les jours nous ayons une attitude positive. Je demande que nous nous attachions au bien et que nous cessions les insultes et les sarcasmes, que nous fassions plus honneur à la vertu et à l’effort et que nous les fassions nôtres.
 
Je ne dis pas que l’on fasse taire toutes critiques. La progression est fille de la correction. La force vient du changement et de la repentance. Celui à qui l’on montre les fautes qu’il a commises est sage lorsqu’il change de comportement. Je ne dis pas que nos échanges doivent être tout sucre et tout miel. L’expression intelligente sincère et honnête est une qualité que l’on doit rechercher et cultiver. Ce que je veux souligner, c’est que nous avons fait preuve d’un manque flagrant d’optimisme dans notre société. Ce que je demande c’est que nous nous détournions du négativisme qui imprègne tant notre culture et que nous recherchions les bonnes choses dans notre société actuelle, que nous parlions des vertus d’autrui plus que de ses défauts, que le pessimisme fasse place à l’optimisme, que l’incertitude et les soucis soient remplacés par une espérance durable.
 
Lorsque j’étais jeune, j’avais tendance à critiquer, et mon sage père avait l’habitude de dire : « Les cyniques n’apportent rien, les sceptiques ne créent rien, ceux qui doutent n’accomplissent rien. » À regarder le côté obscur des choses, cela apporte toujours un esprit pessimiste, qui conduit souvent à la défaite. Que la peur laisse la place à notre foi.
 
Si jamais un homme a mis ses principes en application, c’est bien Winston Churchill. Le rouleau compresseur allemand avait envahi l’Autriche, la Tchécoslovaquie, la France, la Belgique, la Hollande et la Norvège et entrait en Russie. Les bombes tombaient sur Londres. La plus grande partie de l’Europe était dans les griffes de la tyrannie et ce serait bientôt le tour de l’Angleterre. En ce moment tragique, alors que les cœurs faiblissaient, ce grand homme d’État anglais a fait un discours historique. Il a dit entre autres : « Ne parlons pas de jours sombres ; parlons plutôt de jours d’épreuves. Ce ne sont pas des jours sombres ; ce sont des moments grandioses, les plus grands que notre pays ait eu à vivre ; et nous devons remercier Dieu de nous avoir permis, à tous selon notre place, de faire en sorte que ces jours restent mémorables dans l’histoire de notre race. »
 
Après la terrible défaite catastrophique de Dunkerque, les prophètes de malheur prédirent la fin de l’Angleterre. Mais en ces jours sombres et solennels, j’ai, personnellement, entendu cet homme remarquable dire ces paroles à la radio de l’autre côté de l’océan :
 
« Nous n’amènerons pas le drapeau et nous n’abandonnerons pas… Nous combattrons en France, nous combattrons sur les mers et les océans, nous combattrons avec une foi et une force grandissante dans les airs, nous défendrons notre Île, quel qu’en soit le prix, nous combattrons sur les plages, sur les terrains d’atterrissage, nous combattrons dans les champs et dans les rues, nous combattrons sur les collines, nous ne nous rendrons jamais ».
 
Un tel discours, en l’absence de critiques faciles dans le but de rechercher la faute, a permis de percevoir la victoire au loin à travers les sombres nuages de la guerre, a préservé ce grand peuple anglais en ces jours sinistres et meurtriers, et a sauvé le Royaume-Uni de la catastrophe. Nous sommes ce que nous pensons. Nous pouvons exprimer la défaite ou la victoire. Churchill n’est qu’un exemple, et celui-ci fut convaincant et magnifique, de la puissance supérieure de l’optimisme et de l’espoir.
 
Plus récemment, nous avons été témoins d’un autre évènement dramatique et mouvementé de l’histoire humaine, lorsque furent brisées la poigne de fer du despotisme et les barrières qui séparaient l’Europe de l’Est de l’Ouest. Une nouvelle aube se fit jour sur une vaste région du monde. Pendant de longues années, on avait pu penser que cette oppression si longue ne s’arrêterait jamais : néanmoins, maintenant une nouvelle lumière brillait sur les régions de l’Est. Qu’il fait bon vivre aujourd’hui ! Le discours de Michael Gorbatchev était inspirant, car on n’y trouvait peu de négativisme. Ses paroles étaient celles d’un homme confiant, optimiste, avec l’assurance qui vous habite quand vous savez que ce que vous faites est bien.
 
Nous avons tous tendance à nous soucier du lendemain. Et c’est vrai, qu’il y aura des jours difficiles pour beaucoup d’entre nous. Nous rencontrerons certainement des difficultés de toutes sortes. Nul ne peut les éviter toutes. Mais nous ne devons ni désespérer ni abandonner. Nous devons distinguer le soleil à travers les nuages.
 
Comme je l’ai déjà dit, j’ai vécu la dépression financière la plus grave des temps modernes. Veuille le Ciel que nous ne revivions pas ce cauchemar financier des années trente ! Ce fut l’époque des longues queues à la soupe populaire ; des suicides causés par le découragement, d’une vie emplie de tristesse, incompréhensible pour celui qui ne l’a pas vécue. En dépit du cynisme ambiant, nous avons quand même survécu et sommes restés en vie. Nous acceptions n’importe quel emploi que nous trouvions, même si le salaire était mince. Mais nous trouvions le moyen de manger et d’aller de l’avant. Avec le temps, des occasions se firent jour ici et là. Nous avons vécu par la foi au Tout-Puissant, ce qui nous permettait d’être optimistes.
 
En 1982, j’ai assisté au cinquantième anniversaire de ma promotion à l’université et j’y ai rencontré des hommes et des femmes qui se sont distingués dans de nombreux domaines. Ils étaient devenus des dirigeants. Ils avaient recherché le côté positif de la vie, ils avaient prié avec foi et travaillé avec diligence. En dépit de difficultés accablantes, ils avaient progressé avec optimisme et avec la volonté de travailler aussi dur qu’ils le pouvaient.
 
Quelles que soient les circonstances, nous devons faire de même : aller de l’avant avec foi et dans un esprit de prière, en priant le Seigneur pour qu’Il nous soutienne et nous dirige. Nous découvrirons, au fil des ans, qu’une direction subtile a guidé nos pas vers le progrès et vers un objectif grandiose.
 
Nous ne devons pas nous laisser piéger par les sophismes du monde, qui pour la plupart sont négatifs et, porte rarement de bons fruits quand c’est le cas. Nous ne devons pas nous laisser prendre aux filets d’individus plus malins ou prêter l’oreille à leurs discours, dont la mission auto proclamée consiste à souiller ce qui est sacré, à saper la foi, à souligner la faiblesse humaine plutôt que de montrer la force inspirante.
 
Nous devons marcher avec l’espérance et la foi. Nous devons nous affirmer pour cultiver la confiance. Nous pouvons tous le faire. Notre force apportera de la force aux autres, et l’accumulation de ces forces aura un effet formidable.
 
Nous avons été grandement bénis et avec munificence ! Il n’est pas nécessaire de voyager loin, ni de courir le monde pour voir ce qu’il a à nous offrir, pour constater à quel point nous sommes bénis dans ce grand pays. Avec la gratitude au cœur, arrêtons de nous focaliser sur les problèmes qui nous assaillent si ce n’est pour trouver des solutions. Comptons plutôt nos bénédictions et décidons de faire tout ce que nous pouvons pour améliorer le monde.
 
Chacun à notre place, recherchons et cultivons les merveilleuses occasions qui se présentent. Nous pouvons nous laisser envahir par le défaitisme, ou nous pouvons saisir avec détermination les occasions d’apprendre, de découvrir des relations intéressantes, et de développer de grandes amitiés.
 
À une occasion, alors que le Sauveur marchait dans la foule, une femme malade depuis long temps a touché son vêtement. Il a senti qu’une force sortait de lui. La force qui était en lui avait renforcé la femme. Il peut en être de même avec chacun d’entre nous. Plutôt que de faire des remarques cinglantes, ne pourrions-nous pas cultiver l’art du compliment, l’art du soutien et de l’encouragement ? Quelles merveilles pourrions-nous accomplir si nous avions confiance en nous ! Aucun dirigeant ne peut réussir dans une société s’il n’inspire pas confiance. Il en est de même pour nous dans nos relations quotidiennes.
 
Chacun d’entre nous a reçu de Dieu des responsabilités et nous devons les assumer si nous voulons vivre dans une société paisible et ordonnée ; pour porter les fardeaux les uns des autres, se renforcer mutuellement, s’encourager, relever l’autre, rechercher le bien chez tous, et souligner ce qui est bon. Les appréciations d’une tierce personne peuvent aussi bien encourager que démoraliser un individu.
 
Le journaliste Sydney Harris a publié ces observations intéressantes :
 
« Sir Walter Scott causait des problèmes à tous ses professeurs, tout comme Lord Byron. Thomas Edison, comme chacun sait, était nul à l’école. Pestalozzi, qui devint plus tard le meilleur éducateur en Italie était considéré comme un sauvage et un idiot par les autorités de son école. On prenait Oliver Goldsmith pour un imbécile. Le duc de Wellington a échoué dans un grand nombre de ses classes. Les écrivains célèbres, Burns, Balzac, Boccace, et Dumas n’ont pas fait d’éclats à l’école. Flaubert, qui devint un des meilleurs écrivains français, eut énormément de difficultés à apprendre à lire et à écrire. Saint-Thomas d’Aquin, qui a développé l’esprit scolastique le plus raffiné de l’Église catholique, était en fait surnommé à l’école « l’abruti de veau ». Linné et Volta firent de mauvaises études. Newton était dernier en classe. L’homme de théâtre anglais Sheridan fut incapable de rester plus d’un an dans une école. »
 
Tout comme ces gens célèbres, beaucoup de nos aïeux ainsi que ceux qui ont posé les fondations de ce pays étaient imparfaits. C’était des hommes. Sans doute, ont-ils fait des erreurs de temps en temps. Mais c’était des erreurs de peu d’importance si on les compare aux œuvres merveilleuses qu’ils ont accomplies. Souligner les fautes de quelqu’un et passer sous silence le meilleur de ce qui est en lui revient à en faire une caricature. Les caricatures sont amusantes, mais elles sont souvent laides et malhonnêtes. Un homme peut avoir une verrue sur la joue ce qui ne l’empêche pas d’avoir une belle figure honnête, mais si on souligne la verrue de façon exagérée par rapport aux autres traits, alors le portrait manque d’intégrité.
 
Il n’y a jamais eu qu’un seul homme sur terre parfait. Le Seigneur utilise des gens imparfaits, comme vous et moi, pour édifier des sociétés solides. Si l’un d’entre nous trébuche de temps en temps, ou si notre personnalité présente quelque défaut d’une sorte ou d’une autre, ce qu’il y a de merveilleux c’est qu’en dépit de tout cela nous puissions accomplir des choses aussi formidables.
 
Un jeune couple est venu me voir dernièrement ; ils étaient mariés depuis six mois. Ils s’étaient déclaré leur amour l’un envers l’autre. Ils s’étaient juré fidélité mutuelle. Le jeune homme se tenait debout dans mon bureau déçu, amer et le cœur brisé. Sa femme, disait-il, faisaient ceci et cela, de simples choses de peu d’importance, comme laisser la vaisselle dans l’évier en partant au travail le matin. Rien ne semblait le rendre heureux. Sa femme fit son entrée, une fille magnifique de grand talent. Elle parla des fautes de son mari. Il était mesquin, il ne se changeait pas. Il ne se lavait pas. Chacun avait ses problèmes, mais ils pouvaient facilement les résoudre. Le problème se trouvait dans le fait que les deux avaient plus tendance à souligner les fautes de l’autre que de parler de leurs vertus respectives. Avec un peu de discipline, chacun aurait pu changer. Avec un peu de bonne volonté, ils auraient pu se parler sur un ton différent. Mais ni l’un ni l’autre ne le voulait. Ils avaient permis qu’une attitude et un comportement détruisent l’association la plus riche et la plus douce de la vie. Par des paroles amères, ils avaient rejeté sans ménagement les espérances et les rêves d’une éternité. Par la critique et les cris, ils avaient brisé les relations les plus sacrées.
 
La critique et le pessimisme détruisent les familles, sapent les institutions de tous genres, mènent à la défaite presque tout le monde, et enveloppent d’un triste linceul des nations entières. Nous devons résister à l’esprit de notre temps. Nous devons plutôt rechercher ce qui est bon autour de nous. Il y a tant de douceur, de dignité et de bonté sur lesquelles construire. Nous devons regarder au-delà du négativisme, de la critique, du cynisme et de l’équivoque, pour apprendre à ne voir que le côté positif des choses.
 
Nous avons tant à vivre, tant à espérer ! L’humanité est essentiellement bonne. Nous faisons tous partie d’une grande famille. Renforçons la voix de l’espoir. Soyons reconnaissants envers ceux qui œuvrent pour la paix. Accordons plus d’attention à ceux qui nourrissent les affamés et pansent les blessures des guerres. Si nous cultivons cet état d’esprit optimiste, nous bénirons tous les peuples du monde.
 
 
CHAPITRE DIX : LA FOI, NOTRE SEUL ESPOIR
 
Les grandes réalisations ne se sont jamais faites sur des fondations vacillantes. Les grandes causes n’ont été réalisées par des dirigeants faibles. La foi a toujours été et sera toujours à l’origine de toutes les tentatives et toutes les réussites significatives.
 
S’il existe une chose dont vous et moi avons besoin ici-bas, c’est la foi, cet élément dynamique, puissant, merveilleux avec lequel, comme le dit Paul, les mondes furent créés (voir Hébreux 11:3). Je ne parle pas d’un concept éthéré, mais d’une foi pratique, pragmatique et active, ce genre de foi qui nous pousse à nous agenouiller pour prier le Seigneur de nous guider, pour ensuite, ayant fait le plein de confiance divine, nous lever pour partir œuvrer pour que les résultats espérés arrivent. Ce genre de foi est sans pareil. Cette foi, quand nous faisons tout ce qui est nécessaire pour l’obtenir, est notre seul véritable espoir durable.
 
La foi est plus qu’une platitude théologique, bien que beaucoup la considèrent comme telle. C’est un fait vital. La foi peut devenir la source même d’une vie bien remplie. Il n’existe rien de plus motivant pour tenter de réaliser nos essais honorables que de savoir que nous sommes des enfants de Dieu, qu’il attend de nous que nous fassions quelque chose de notre vie, et qu’Il nous apportera l’aide que nous lui demanderons.
 
Sommes-nous conscients que si nous avions plus foi en Dieu, nous pourrions accomplir de plus grandes choses que ce que nous faisons actuellement ? Si nous avons la foi, aucun obstacle n’est trop haut, aucun défi trop difficile à surmonter. La foi peut nous élever au-dessus de ces éléments négatifs que nous avons dans notre vie et qui nous tirent vers le bas. Par la foi nous pouvons développer notre capacité à surmonter ces pulsions qui conduisent à des actes dégradants et ignobles. Par la foi, nous pouvons discipliner nos appétits. Nous pouvons tendre la main vers ceux qui sont découragés et abattus, et nous pouvons les réchauffer par la force et le pouvoir de notre foi.
 
Il y a quelques années, mon épouse et moi-même étions à bord d’un avion qui allait d’Honolulu à Los Angeles. À cette époque, les avions étaient à hélices. Vers le milieu du Pacifique, un des moteurs s’est arrêté. La vitesse a diminué, nous avons commencé à descendre, et la nervosité a commencé à se faire sentir parmi nous. L’avion manquait beaucoup de puissance et les dangers augmentaient en conséquence. Sans cette puissance, nous ne pouvions pas voler haut avec rapidité et en sûreté. Quel soulagement lorsque nous vîmes finalement l’aéroport de Los Angeles !
 
Il en est de même dans notre vie lorsque nous négligeons la foi et que nous méprisons la connaissance du Seigneur. Dans ces conditions, nous volons, comme dans l’avion, à moindre puissance. Nous ne pouvons simplement pas accomplir seuls ce que nous pourrions faire en coopération avec la Divinité. L’acceptation passive ou simplement admettre l’existence de Dieu ne suffit pas. Le témoignage vibrant ne vient que par une recherche fervente.
 
C’est pourquoi, quand je parle de foi, ce n’est pas dans un sens abstrait. Je la considère comme une force vitale, vivante qui vient de ce que nous reconnaissons Dieu comme notre Père et Jésus-Christ comme notre Sauveur. Ceux qui acceptent ces principes de base en arrivent à accepter les enseignements des Écritures, à y obéir, ce qui leur apporte la paix et la joie dans cette vie.
 
Notre vie est la seule expression significative de ce en quoi nous croyons et en qui nous croyons. Et la seule véritable richesse pour beaucoup d’entre nous se trouve dans notre foi. Pourquoi cela ? La Foi en l’être divin, dans le Tout-Puissant, est le pouvoir actif formidable qui peut changer notre vie. Cette conviction apporte un confort durable et la paix de l’esprit. Dieu est notre Père éternel, et il vit. Je ne comprends pas la merveilleuse majesté, je ne peux appréhender sa gloire. Mais je sais qu’il est particulièrement intéressé par notre bien-être et concerné par notre vie, que je peux m’adresser à lui par la prière, et qu’il m’entendra et m’écoutera.
 
Le commandant William Robert Anderson m’a fait grande impression. C’est lui qui a fait passer le sous-marin Nautilus sous le pôle Nord en partant des eaux du Pacifique jusqu’à l’Atlantique. Il avait dans sa pochette un carton tout déchiré avec ces mots : « Je crois que je suis toujours guidé par Dieu. Je crois que je prendrais toujours la bonne voie. Je crois que Dieu me montrera toujours un chemin, même s’il semble qu’il n’y en a pas. » Je partage ses convictions, car je crois que Dieu suscitera toujours une voie, même s’il semble ne pas y en avoir.
 
La foi est une chose qui nous est supérieure et nous permet de faire ce que nous avons dit que nous ferons, d’aller de l’avant quand nous sommes las ou blessés ou effrayés, de continuer lorsque les difficultés semblent insurmontables et la course complètement incertaine. Enfant, j’ai été ému par le poème de Joaquin Miller « Colombus » :
 
Derrière lui étaient les Açores,
 
Derrière lui se trouvaient les Colonnes d’Hercules
 
Devant lui nulle ombre d’un rivage,
 
Seulement l’infini des mers.
 
Le brave matelot dit : « Il est temps de prier,
 
Car voici ! Les étoiles ont disparu.
 
Fier, l’Amiral parle. Que dirais-je ? »
 
« Eh bien, dit-il : ‘Voguons, et continuons à voguer ! »
 
Puis, pâle et fatigué, il monta sur le pont,
 
Et regarda dans l’obscurité.
 
Ah, cette nuit semblable à nulle autre !
 
Puis soudain une lueur grandit et occupa le ciel flamboyant !
 
C’était la lumière d’un nouveau jour.
 
Il gagna un monde et il donna à ce monde
 
Sa plus grande leçon : « Voguons, et continuons à voguer ! »
 
Colomb continua à avoir confiance, il garda la foi.
 
Et il découvrit un Nouveau Monde.
 
Je pense à Lord Nelson le matin de la bataille de Trafalgar, lorsqu’il dit : ‘L’Angleterre attend que chacun fasse son devoir.’ À la fin de cette attaque féroce et sanglante, alors qu’il était sur le pont de son navire prêt à faire preuve d’humanité, il fut atteint d’une balle tirée d’une distance de cinq mètres. Il tomba sur le pont, la colonne vertébrale brisée. Trois quarts d’heure plus tard, il mourait en prononçant ses derniers mots : » grâce à Dieu, j’ai accompli mon devoir ! ». Une grande statue et un drapeau ont été placés en son honneur à Londres dans Trafalgar Square. Cette statue honore l’homme qui est resté fidèle à lui-même, fidèle à son pays, fidèle au fait qu’il faisait ce qu’il avait dit, toutes choses rendues possibles par la foi.
 
La foi et la bonne volonté chasseront le pessimisme pour le remplacer par l’espoir et la confiance. C’est une source de réconfort personnel immense et la paix de l’esprit que de savoir que Dieu est avec nous, et que même s’il ne semble n’y avoir par d’issue, et peut-être particulièrement dans ces cas, Il nous ouvrira la voie.
 
Le Seigneur a dit à ceux qu’il aimait à une heure sombre et troublée : « Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point. » (Jean 14:27) La foi ne peut se développer et on ne peut la mettre en pratique dans un environnement de doute.
 
Nous vivons à une époque compliquée et troublée. Il est fréquent de se trouver dans des situations où il n’est pas facile de faire face à ce que l’on attend de nous, ou de défendre ce que nous savons et croyons être vrai. Nous avons besoin de plus de foi. Nous devons savoir que le Tout-Puissant n’exigera rien de nous et ne nous donnera aucun commandement que nous ne puissions accomplir. Il ne nous demandera pas de faire des choses que nous ne sommes pas capables de faire. Notre problème repose sur nos peurs et sur nos appétits.
 
Si nous ne nous protégeons pas et si nous ne cultivons pas les choses spirituelles, nos réussites matérielles ne nous laisseront qu’un goût de cendre dans la bouche. L’esprit est tout autant une personne que le corps physique. Il a lui aussi besoin d’être nourri par la foi et la dévotion en l’être suprême. C’est la source à laquelle nous puisons pour obtenir le raffinement. Elle nous distingue des animaux de la jungle, elle est à l’origine de nos plus belles réalisations, et elle vient de Dieu. La foi est étranglée et piétinée dans la ruée sauvage du matérialisme dans laquelle le monde s’est engagé. Si nous n’y prenons garde, notre liberté, la dignité de l’individu, l’altruisme qui rend l’existence vivable, la paix à laquelle nous aspirons, tout ceci disparaîtront dans cette ruée. Nous ne pouvons survivre sans la foi.
 
Je n’ai pas oublié un éditorial écrit voici plusieurs années à ce sujet où les sentiments suivants étaient présentés : « Si nous voulons que l’Amérique devienne un grand pays, nous devons cesser de plaisanter avec le mot 'spirituel'. Nous avons le devoir de redécouvrir et de réaffirmer les valeurs non marchandes sur lesquelles la vie de l’Amérique s’est appuyée depuis sa création. »
 
Un article provocateur paru lors d’un soir de Noël dans le Wall Street Journal disait :
 
« Alors que nous nous rassemblons…pour célébrer la plus importante fête de notre religion dominante depuis longtemps, l’idée même de religion se trouve attaquée de toute part. On n’ose plus prononcer la parole de Dieu… dans les écoles du pays. On ne peut plus ériger de crèches dans les lieux publics ; pour la première fois depuis la conversion de Constantin, l’État a interdit les symboles religieux en public. Alors que pendant ce temps on distribue des préservatifs dans les écoles, en dépit des objections des parents…
 
« Le Christianisme nous a instruits sur les questions morales pendant deux millénaires et le Judaïsme encore plus avant. Que l’on ait la foi ou pas, nous avons vécu sur ce capital… Les élites socialement conscientes devraient se demander ce que les mouvements religieux nous enseignent, et comment, au milieu des vents de la modernité nous pourrions commencer à renouveler le stock d’enseignements moraux qu’ils nous ont légué plutôt que de dénigrer le christianisme et la religion en général. »
 
Je suis d’accord avec cela. Pas seulement pour les États-Unis, mais pour tous les pays. J’encourage chacun à méditer là-dessus. Je suis convaincu qu’aucune nation ne peut baser à long terme son progrès sur le seul matérialisme, la puissance militaire et les progrès scientifiques. Nous avons besoin, ô combien, de réintroduire le Tout-Puissant et son influence dans nos vies.
 
Les grandes réalisations ne se sont jamais faites sur des fondations vacillantes. Les grandes causes n’ont jamais pu être réalisées par des dirigeants faibles. La foi a toujours été et sera toujours à l’origine de toutes les tentatives et toutes les réussites significatives. On peut argumenter et discuter sur la théologie, mais le témoignage personnel accompagné de la mise en application ne peut être réfuté.
 
Il y a plusieurs années, l’éditorialiste Carl Thomas du Los Angeles Times a écrit un article intéressant portant le titre : « Alors que les Américains chassent la religion des écoles, les Russes veulent qu’elle y revienne. » Il décrivait les tentatives réussies consistant à ôter tout ce qui se rapporte à la religion dans les écoles publiques aux États-Unis, et faisait la comparaison avec la Russie qui invite les instructeurs de religion et la Bible à entrer dans les écoles du pays afin « de rétablir les valeurs et la base éthique qu’ils croient que leurs enfants ont perdu pendant les sept décennies d’endoctrinement athée. »
 
Il résume : « Qu’y a-t-il de plus ironique ? Les Américains font tous leurs efforts pour éliminer la religion des écoles publiques, alors que les Russes font tout ce qu’ils peuvent pour la raviver dans les leurs. Sevrés de liberté religieuse pendant la plus grande partie de ce siècle, ils semblent se rendre compte des valeurs qu’ils ont perdues. L’Amérique a été établie sur les valeurs de la religion et de la liberté d’expression, et pourtant ses habitants flirtent avec le paganisme, inconscients de ce qu’est la vie dans un pays antireligieux. Il semble que les Russes aient appris quelque chose de nous. Par contre il semble que nous n’ayons rien appris d’eux. »
 
Ne négligez pas le côté spirituel. On risquerait à terme de récolter des fruits bien amers. Le Maître a fait cette déclaration simple, mais profonde qui souligne nos priorités et la raison d’être de nos objectifs :
 
« Si un homme parvenait à posséder le monde entier, à quoi cela lui servirait-il, s’il perd son âme ? Et que peut-on donner pour racheter son âme ? (Marc 8:36-37)
 
Nous devons œuvrer pour cette paix qui ne vient que lorsque nous acceptons, et que nous avons foi dans le Prince de la Paix. Face à notre supposée sophistication, et à notre orgueil, à notre science et à nos réalisations, ne devenons pas arrogants au point où nous ne ressentons plus cette dépendance envers celui qui est le plus grand de tous. Quand tout s’écroule, le Seigneur est là pour nous aider. Il a lancé une invitation et une promesse merveilleuses : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos » (Matthieu 11:28). Nous avons tous des fardeaux. Nous avons tous des défis à relever et des choix difficiles. Pour chacun d’entre nous, il y a des jours où rien de marche. Mais le Seigneur nous aidera, chacun d’entre nous, à porter nos fardeaux et à vaincre nos difficultés.
 
Cependant, pour y arriver, nous devons croire, nous devons avoir la foi qu’il a le pouvoir de nous aider, et qu’il veut nous aider.
 
La force de se battre contre des habitudes destructrices, ou l’impureté personnelle, ou pour renforcer sa famille dans un monde qui semble de moins en moins concerné par celle-ci, commence par revêtir la force de Dieu. Il est la source de tout pouvoir positif. Paul semble avoir décrit l’époque où nous vivons lorsqu’il déclare :
 
« Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté.» (Éphésiens 6:10-13).
 
C’est précisément pour faire face à la lutte dont parle Paul que je reviens à un sujet qui, je le crois, apporterait plus que n’importe quel autre la force pour affronter les défis inévitables qui s’annoncent. C’est un principe apprécié dans le temps passé et qui a fait ses preuves, mais qui est de plus en plus négligé : c’est le principe de la prière. La prière personnelle disparaît de notre société. Oublions-nous le Tout-Puissant qui, en dernier ressort, se trouve être notre plus grande force ?
 
Je crois dans la prière. Nous ne pouvons réussir seuls. Nous avons désespérément besoin de l’aide d’un Être qui nous est de loin supérieur et plus puissant en tout. Je crois dans le principe consistant à parler avec notre Père au nom de son Fils. « Voici, je me tiens à la porte et je frappe, si quelqu’un entend ma voix, et ouvre la porte, je viendrais chez lui et souperais avec lui, et lui avec moi » (Apoc.3:20). Voilà son invitation, et la promesse qui y est attachée.
 
Nombre de gens honnêtes dans le monde prient. Mais le problème avec beaucoup de nos prières est que nous les faisons comme pour passer commande à l’épicerie par téléphone. On passe notre commande et on raccroche. Nous devons méditer, sonder, réfléchir sur ce que nous prions et sur le but de notre prière, et ensuite parler au Seigneur comme un homme parle à un autre. «Venez et plaidons, dit le Seigneur» (Ésaïe 1:18). Il nous invite. Croyez au pouvoir de la prière. Il est vrai, il est merveilleux, il est puissant.
 
J’étais en Europe il y a longtemps à une époque où les tanks descendaient les rues d’une grande ville, et que les étudiants étaient massacrés à la mitrailleuse. Je me trouvais en Suisse à Berne. À onze heures du matin, toutes les cloches des églises de Suisse se sont mises à sonner le glas et lorsqu’elles se sont tues, tous les véhicules se sont arrêtés, toutes les voitures qui se trouvaient sur les routes, tous les bus, tous les trains. La grande gare caverneuse fut remplie d’un silence de tombe. Je regardai dehors sur la place. Les hommes qui travaillaient à l’hôtel sur un échafaudage étaient têtes nues. Les cyclistes s’étaient arrêtés. Les hommes, les femmes et les enfants à pieds étaient debout la tête nue et baissée. Ensuite, après trois minutes de prière silencieuse, d’immenses convois de camions chargés de nourriture, de vêtements et de médicaments sont partis de Genève, de Berne, de Bâle et de Zürich vers la nation de l’est éprouvée. Les portes de Suisse étaient grandes ouvertes aux réfugiés.
 
Debout dans ce matin froid, je ressentis ce sentiment chaleureux et merveilleux de sécurité d’une nation faisant appel d’une seule voix à Dieu. Je m’émerveillais du contraste miraculeux entre l’oppression qui écrasait des étudiants dans un pays et l’esprit d’un peuple chrétien qui s’inclinait pour prier avec révérence puis qui remontait ses manches pour apporter aide et secours.
 
De toutes les promesses merveilleuses et inspirantes que j’ai lues, parmi les plus sécurisantes se trouve l’invitation à nulle autre comparable faite par le Sauveur :
 
« Demandez, et il vous sera donné ; cherchez et vous trouverez ; frappez, et on vous ouvrira» (Matthieu 7:7). N’oublions jamais de prier. Dieu vit. Il est là, il est vrai. Il n’est pas seulement conscient de notre existence, mais il se soucie de nous. Il est notre Père. Il est accessible à tous ceux qui le cherchent.
 
La prière a ceci de merveilleux, c’est qu’elle est personnelle, elle est individuelle, c’est le mode de communication le plus intime entre nous et notre Père. Nous ne devons pas hésiter à lui demander de nous bénir, de nous aider à satisfaire nos justes ambitions.
 
Nous pouvons lui parler des choses importantes qui signifient tant pour nous dans notre vie. Il est prêt à nous aider, à nous apporter de la force et du réconfort.
 
Je pense à un jeune homme qui fut appelé à servir dans l’armée. C’était un garçon pieux élevé dans un foyer où la prière faisait partie de la vie quotidienne, et il n’oubliait jamais de s’agenouiller au pied de son lit avant de se coucher même lorsqu’il était en caserne. Comme on peut s’y attendre, les autres jeunes soldats se moquaient de lui, et le problème se compliqua lorsqu’il décida, le week-end, de ne pas participer à certaines activités de mauvais goût hors de la base. Il fut l’objet de nombreuses plaisanteries et de moqueries. Pour essayer de gagner leur amitié, il accepta finalement un soir de descendre en ville pour faire la fête. Mais alors qu’il était dans le bus qui les emmenait vers la ville, une pensée lui vint à l’esprit. Il vit la cuisine chez lui. C’était l’heure du souper. Sa famille était agenouillée près des chaises, son père, sa mère, ses deux sœurs, et son jeune frère.
 
C’était comme s’il entendait ce que son petit frère disait dans sa prière : «S’il te plaît, bénis mon grand frère et aide-le à revenir sain et sauf à la maison.» Cette image mentale frappa le jeune soldat. Il se détacha du groupe et des activités qui auraient violé ses principes personnels. Le pouvoir de la prière, particulièrement une prière faite en famille, l’avait touché au-delà des océans.
 
La prière journalière dans les foyers de la nation devrait, en moins d’une génération, nous sortir la tête du déluge qui est en train de nous engloutir. Je suis convaincu qu’il n’existe rien qui puisse remplacer la prière du matin et celle du soir faite devant le Seigneur, en famille, le père, la mère et les enfants.
 
En 1872, le Colonel Thomas L. Kane de Philadelphie a visité le territoire de l’Utah avec sa femme et ses deux fils. Ils ont voyagé en chariot sur prés de deux cent cinquante kilomètres dans le sud de l’État. En route ils s’arrêtaient le soir chez les habitants de ces établissements frontaliers. Madame Kane a envoyé une série de lettres à son père resté à la maison. Dans l’une d’elles, elle écrivait : « Partout où nous avons fait halte pendant le voyage, nous faisions une prière tout de suite après le dîner, et de nouveau avant le petit déjeuner. Nul n’était exempté… Les gens s’agenouillent et le chef de famille ou un invité a l’honneur de faire la prière à haute voix… Ils perdent peu de temps en vaines paroles, mais demandent à Dieu ce dont ils ont besoin, et le remercient pour ce qu’il leur a donné… Ils considèrent comme acquis que Dieu connaît chacun d’entre eux par son nom et son titre, et demande des bénédictions sur une personne en la citant nommément. J’ai fini par aimer ce principe quand j’ai commencé à m’y habituer. »
 
C’est comme cela que ça se passait dans les foyers pionniers dans ce pays. C’est avec ce genre de foi exprimée quotidiennement que ceux qui ont colonisé l’Ouest américain ont arraché la sauge, amené l’eau dans des canaux d’irrigation pour abreuver le sol desséché, ont fait fleurir la rose dans le désert, ont dirigé leur famille avec amour, ont vécu en paix avec leurs voisins et le monde et rendu leurs noms immortels en se perdant dans le service envers Dieu.
 
Nous ne pouvons pas prier dans nos écoles, mais nous pouvons prier chez nous, et ce faisant nous raviverons la force morale de nos enfants qui vont devenir la fibre même d’une société meilleure. « Recherchez le Seigneur pendant qu’on peut le trouver. » (Ésaïe 55:6)
 
Les résultats d’une telle pratique ne sont peut-être pas immédiatement visibles. Ils peuvent être extrêmement subtils. Mais ils seront réels, car Dieu est le « rémunérateur de ceux qui le cherchent » (Hébreux 11:6). C’est en nous changeant personnellement ainsi que nos enfants, en développant un respect renouvelé, un esprit de reconnaissance et une douce humilité que nous réformerons notre société.
 
Nulle autre habitude n’aura d’effet plus salutaire sur nos vies que celle de s’agenouiller ensemble pour prier. Les seuls mots de « Notre Père qui es aux cieux » possèdent une efficacité étonnante. Nous ne pouvons les exprimer avec sincérité et reconnaissance sans ressentir la dette que nous avons envers Dieu.
 
Nos conversations quotidiennes avec lui nous apporteront cette paix en notre cœur et cette joie dans notre vie, que nous ne pouvons trouver nulle part ailleurs. Tous les aspects relationnels en seront adoucis au cours des ans. Nous nous apprécierons davantage mutuellement.
 
Nos enfants seront bénis et ressentirons cette sécurité qui émane du foyer où règne un merveilleux esprit de paix. Ils connaîtront et aimeront ces parents qui s’aiment l’un et l’autre. Ils aimeront entendre des mots aimables exprimés avec douceur. Ils seront protégés par un père et une mère qui, en vivant honnêtement avec Dieu, vivent honnêtement entre eux et avec leurs prochains. Ils grandiront en apprenant à être reconnaissants ; et leur foi grandira après avoir entendu leurs parents prier et exprimer leur gratitude pour les bénédictions grandes et petites qu’ils auront reçues.
 
C’est une chose merveilleuse que de se souvenir devant le Seigneur de ceux qui sont malades, dans la détresse, qui ont faim et sont démunis, ceux qui sont seuls et effrayés, ceux qui vivent dans l’esclavage et la misère. Quand on prie sincèrement, ces prières auront pour conséquence d’avoir envie de se tourner vers ceux qui sons dans le besoin.
 
Il est très important d’enseigner aux enfants la façon de prier pour présenter leurs besoins. Lorsque la famille s’agenouille en supplication envers le Tout-Puissant pour parler de ses besoins, leur cœur aura été influencé naturellement et au moment du désespoir et à la dernière extrémité ils se tourneront vers Dieu qu’ils considéreront comme leur Père et leur ami.
 
Que la prière, matin et soir, en famille et seul, devienne une pratique que les jeunes adopteront dés leur jeune âge. Ce leur sera une bénédiction pour toute la vie.
 
Un homme que j’ai beaucoup admiré a écrit à ses petits enfants à propos de la prière en famille : « Nous n’allons jamais au lit sans nous agenouiller en prière pour rechercher la direction de Dieu et son approbation. Des différences peuvent survenir dans les familles les mieux gouvernées, mais ces différences seront dissipées par un esprit de prière… Sa nature même a tendance à inciter à une vie plus juste. Elle tend à l’unité, l’amour, le pardon et le service.
 
Je crois profondément au principe fondamental que chacun de nous est un enfant de Dieu. Peu importe la race. Peu importe si nos yeux sont bridés, la couleur de notre peau, la taille de notre compte en banque ou notre situation sociale. Chacun de nous est un enfant du Tout-Puissant, qui nous aime et se tient prêt à écouter nos demandes pour nos aidés à résoudre nos problèmes.
 
Est-ce que je demande trop ? Est-ce que je m’aventure sur un terrain qui m’est étranger lorsque je prends la liberté de suggérer que le moment est venu pour nous de reconnaître nos échecs et nos faiblesses et de nous agenouiller pour rechercher la sagesse des cieux ?
 
Ce qui est merveilleux, c’est que ça marche. Je l’ai vu. Je l’ai vécu. Je suis témoin de la puissance de la prière.
 
J’ai parlé un jour à un ami qui s’était échappé de son pays natal. Suite à la chute de sa nation, il avait été arrêté et interné. Sa femme et ses enfants avaient pu s’enfuir, mais il est resté pendant trois ans prisonnier sans pouvoir communiquer avec ceux qu’il aimait ; la nourriture était rare, et les conditions de vie difficiles sans espoir d’amélioration. « Qu’est-ce qui vous a permis de tenir le coup ? » lui ai-je demandé. Il me répondit : « Ma Foi. Ma foi en Jésus-Christ. Je lui ai remis mon fardeau et il m’a semblé plus léger. »
 
Les problèmes auxquels nous devons faire face en tant que personne, dans notre famille ou en tant que nation sont tellement graves que personne parmi nous ne peut les résoudre avec sa propre sagesse. Ce sont des problèmes pour lesquels nous avons besoin d’inspiration et de direction spirituelle. Les choses de Dieu ne sont comprises que par l’Esprit de Dieu. Ce dont nous avons besoin c’est de l’inspiration puissante et motivante qui pénètre la vie de ceux qui la recherchent.
 
Sommes-nous si arrogants avec notre société sophistiquée et saturée de technologie que nous n’ayons plus besoin de faire appel au Dieu des Cieux pour obtenir de l’aide, de la sagesse et de la paix ? Il n’y a pas de place pour une telle arrogance dans notre vie. C’est une conception mortelle. Elle est autodestructrice. L’humilité est bien plus convenable.
 
Lorsque le Seigneur ressuscité apparut à ses apôtres, Thomas était absent. Lorsque ses collègues lui dirent qu’ils avaient vu le Seigneur, il répondit, comme tant d’autres après lui et maintenant : « Si je ne vois dans ses mains la marque des clous et si je ne mets mon doigt dans la place des clous, et ma main dans son côté, je ne croirai pas. » (Jean 20:25)
 
N’avons-nous pas entendu des gens parler comme Thomas ? « Donnez-nous des preuves » dit-on. « Apportez les preuves devant nous que nous les voyons, que les entendions, que nous les touchions, autrement, nous ne croirons pas. » C’est le discours de l’époque actuelle. Thomas l’incrédule est devenu l’exemple des gens de toutes les époques qui refusent d’accepter autre chose que ce qu’ils peuvent prouver et expliquer ; comme s’ils pouvaient prouver l’amour, la foi ou même les phénomènes physiques comme l’électricité.
 
Un peu plus loin dans le texte, on dit que huit jours plus tard, Thomas était présent. Jésus vint, les portes étant fermées, et se tenant au milieu d’eux, il leur dit : « Paix avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Mets ici ton doigt et regarde mes mains ; approche aussi la main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais croyant. » (Jean 20:26-27)
 
À tous ceux qui doutent, je recommande les paroles que Thomas entendit lorsqu’il toucha les mains blessées du Seigneur : « Ne sois pas incrédule, mais croyant ». Croyez-en Jésus-Christ, le Fils de Dieu, la plus grande personnalité de tous les temps. Croyez qu’il était le Créateur de la terre où nous vivons.
 
Peut-on douter après avoir marché la nuit sous les étoiles, après avoir vu le printemps fleurir, que la divinité se manifeste dans la Création ? En observant les beautés de la création, n’est-on pas poussé à s’exprimer comme l’a fait le Psalmiste : « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament annonce l’œuvre de ses mains. Le jour crie au jour la louange, la nuit l’apprend à la nuit (Psaumes 19:1-2). La beauté entière de la terre porte témoignage de la main du Maître créateur.
 
Croyez en Jéhovah, qui, de son doigt, a écrit sur les tables de pierre au milieu des tonnerres du Sinaï : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face » (Exode 20:3). Le Décalogue qui est la base de toutes les bonnes lois qui gouvernent les relations humaines est le produit de son génie divin. Quand on considère le vaste ensemble de lois qui a pour but de protéger l’humanité et la société, arrêtons-nous un instant et rendons-nous compte que ses racines plongent dans ces quelques brèves déclarations intemporelles données à Moïse, le dirigeant d’Israël, par Jéhovah l’omniscient.
 
Croyez dans la parole sacrée de Dieu, dans la Sainte Bible, dans ses trésors d’inspirations et de vérités sacrées. Croyez en vous et dans votre prochain en tant que fils et filles de Dieu, en tant qu’hommes et femmes au potentiel illimité pour faire le bien dans le monde. Croyez dans notre pouvoir nous discipliner contre les maux qui peuvent nous détruire.
 
Tous les hommes et les femmes, jeunes et vieux ont un héritage divin. Quel merveilleux droit de naissance !
 
J’admets que je suis un homme d’Église. On peut s’attendre à ce genre de discours de ma part. Mais je voudrais dire que le respect et la révérence envers le Tout-Puissant et la foi dans sa bonté et son pouvoir, accompagnés de l’observance de ses Commandements qui se manifestent dans les vertus dont nous avons parlés, feront bien plus pour conserver le navire de l’État sur son cours tranquille pour assurer le progrès dans les villes d’Amérique. La prière en famille, qui est le surgeon naturel de notre foi nous fortifiera et protégera notre famille contre les déceptions, les distractions, et les découragements de notre société.
 
Il n’existe rien de mieux que nous puissions faire que d’augmenter notre foi dans le Tout-Puissant, et de faire appel à lui régulièrement par la prière individuelle et familiale.


DEUXIÈME PARTIE : LES GARDIENS DE LA VERTU
 
Les racines d’une société saine, le bonheur d’un peuple, sa prospérité et sa paix reposent sur la force et la stabilité de la famille.
 
 
LE MARIAGE
 
Ce que Dieu a uni
 
C’est une chose de parler de l’importance et de la sainteté du mariage, c’en est une autre que de créer jour après jour ce genre de mariage. Le mariage est fragile. Il exige des soins, du temps et beaucoup d’efforts.
 
Il y a quelque temps, alors que j’étais en avion, je lisais un magazine national populaire. En le feuilletant, je suis arrivé à une section intitulée : « Strictement personnel » et j’ai compté cent cinquante-neuf annonces de personnes seules qui cherchaient un compagnon. Ces personnes avaient fait tous leurs efforts pour se présenter sous leur meilleur jour. Mais il était facile de voir au-delà des descriptions spirituelles et intelligentes, la tristesse, la solitude, et un désir intense de trouver un compagnon agréable pour parcourir les sentiers de la vie.
 
Mon cœur se tourne vers ceux qui voudraient se marier et ne le peuvent pas. Ces désirs sont naturels et viennent de Dieu, car la sécurité et la paix de l’esprit que l’on peut trouver dans le mariage sont bien plus difficiles à apprécier, quand ce n’est pas impossible, seul ou dans n’importe quelle autre situation.
 
Du fait de ma longue expérience ecclésiastique, j’ai accompli des centaines de mariages. Un ressort parmi beaucoup d’autres. Ce jour-là, j’avais célébré à la suite l’un de l’autre les mariages de deux charmantes jumelles qui avaient choisi respectivement un élégant jeune homme. Ce soir-là, une double réception de mariages eut lieu, et des centaines d’amis vinrent exprimer leur amour et leurs bons vœux.
 
La raison pour laquelle je me souviens particulièrement de ces mariages, c’est que ces charmantes jeunes mariées étaient mes petites-filles. Je dois avouer que le grand-père, que j’étais s’étranglait et avait des difficultés à aller jusqu’au bout de la cérémonie. Je suis toujours étonné par cette émotion. C’était une occasion heureuse, l’accomplissement de rêves et de prières. Il se peut que mes larmes soient l’expression de ma joie et de ma reconnaissance envers Dieu pour ces charmantes fiancées et ces magnifiques jeunes gens. Ils s’engagèrent solennellement à s’aimer à être loyal dévoué et fidèle l’un envers l’autre.
 
Quelle chose merveilleuse que le mariage, ce plan donné par la sagesse du Tout-Puissant pour apporter le bonheur et la sécurité à ses enfants et pour perpétuer la race ! Il est notre Créateur, et il a conçu le mariage dés le commencement. Au moment où Ève fut créée,
 
« Adam dit : voici l’os de mes os et la chair de ma chair :… C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair » (Genèse 2:23-24). Paul a écrit : « Dans le Seigneur, l’homme n’est rien sans la femme, ni la femme sans l’homme » (1 Corinthiens 11:11). Il est évident qu’aucune personne familiarisée avec les Écritures saintes ne peut douter de la divinité de l’institution du mariage.
 
La relation maritale fait appel à tous les aspects les plus sacrés du cœur humain. Les sentiments de la vie les plus doux et les plus rassurants, les impulsions les plus nobles, trouvent leur expression dans un mariage pur à l’abri des vices de ce bas monde. Les hommes et les femmes de toutes parts espèrent, désirent, prient pour jouir d’un tel mariage.
 
Ce sont mes parents qui, les premiers, m’ont donné l’exemple de l’amour qui se manifeste entre conjoints. Nous savions que notre père aimait notre mère. Je ne me souviens pas de l’avoir jamais entendu dire du mal sur elle ou de lui mal parler. Il l’encourageait dans ses efforts personnels dans ses responsabilités civiques et de quartiers. Elle avait beaucoup de talents innés, et il la poussait à les mettre en valeur. Son premier souci était son confort à elle. De même, elle l’encourageait et faisait tout ce qui était possible pour le rendre heureux.
 
Nous voyions nos parents comme des compagnons égaux, qui travaillaient ensemble, s’aimaient et s’appréciaient autant qu’ils nous aimaient.
 
Ma mère a eu le cancer à cinquante ans. Mon père se souciait de tous ses besoins. Je me souviens encore des prières que nous faisions en famille pendant sa maladie, et que nous suppliions chacun à notre tour les yeux pleins de larmes.
 
Cela fait prés de soixante-dix ans, mais je peux encore voir clairement mon père, le cœur brisé, descendant du train pour rejoindre ses enfants déchirés de douleur, après le décès de notre mère. Il l’avait emmenée en Californie, pour qu’elle reçoive les meilleurs soins de l’époque, en espérant un miracle éventuel. Mais il n’a pas eu lieu. Lorsqu’il est arrivé à la maison, nous nous sommes approchés gravement du wagon d’où fut sorti le cercueil de notre mère par l’entrepreneur des pompes funèbres. À ce moment, la tendresse de notre père était encore plus visible.
 
Dans le foyer heureux de notre enfance, nous savions que nos parents s’aimaient, se respectaient, et s’honoraient, et ceci n’était pas venu suite à une déclaration, mais était le fruit de ce que nous ressentions profondément. Le savoir a été une bénédiction pour nous ! En tant qu’enfants, nous ressentions une sécurité certaine de cette situation. Lorsque nous avons grandi, nos pensées et nos actions ont été influencées par cet exemple rémanent.
 
Les souvenirs de mon mariage sont aussi clairs et lumineux. Mon épouse, Marjorie, et moi nous tenions plus droits que maintenant ; nous marchions un peu plus vite, et nous avions moins de rides. J’avais seulement quelques dollars d’économie, et l’argent était rare. Mais nous avons quand même sauté le pas. Nous étions amoureux.
 
Mais nous n’étions pas autant amoureux alors que maintenant. Nous sommes mariés maintenant depuis plus de 60 ans. Nous avons vieilli ensemble. Au cours de toutes ces années, nous avons été bénis de façons remarquables et merveilleuses. Je suis reconnaissant envers ma femme, pour sa loyauté, son amour, ses encouragements, pour s’être tenue à mes côtés, pour sa façon de m’aider à tenir le coup. Je remercie le Seigneur chaque jour pour elle.
 
Nos enfants, nos petits-enfants, nos arrières petits-enfants, tous l’adorent. Lorsque nos enfants appellent à la maison, y compris nos deux fils adultes, lesquels sont des hommes accomplis sur le plan professionnel, ils ne veulent jamais me parler. Si je réponds au téléphone, leurs premiers mots sont : « est-ce que Maman est là ? » Ils disent cela depuis des années, et c’est merveilleux ! Je suis tellement reconnaissant pour ma chère femme qui a été ma compagne, mon amoureuse, mon amour, la mère de mes enfants et la seule personne au monde qui peut me dire quoi faire et que je fais, et ce depuis très, très longtemps. En général, elle n’hésite pas à me reprendre. Si je prends la mauvaise pente ne serait-ce que d’un pas, elle me tire en arrière, et elle fait cela depuis des années. Je pense à quel point, ma vie serait vide sans elle. Évidemment, nous avons connu les problèmes de tout un chacun, mais quoi qu’il en soit, nous avons persévéré jusqu’à maintenant sur le chemin de la vie. Je ne souhaite aucune bénédiction plus grande que celles que j’ai eues en compagnie de ma merveilleuse femme.
 
Dieu est l’instigateur de la famille ; il veut nous voir jouir du bonheur dans sa plénitude, des meilleures conditions de la vie, des joies les plus profondes, par nos relations mutuelles et le souci que nous avons les uns des autres en tant que père et mère, enfants, frères et sœurs, oncles et tantes et ainsi de suite.
 
Étant donné tout ce qu’implique le mariage, il semble raisonnable de penser que la décision la plus importante en cette vie est celle qui concerne le choix d’un compagnon. Serait-il présomptueux de suggérer que cette décision doive être prise avec prudence et dans un esprit de prière ? Si plus de couples abordaient ce point important en faisant appel aux Cieux, il s’ensuivrait une plus grande détermination à affronter les difficultés qui ne manquent pas d’arriver.
 
Car, malheureusement, tout n’est pas rose dans le mariage. Jenkins Lloyd Jones a dit justement : « Il semble exister une idée toute faite parmi nos milliers de jeunes gens qui se tiennent la main et se bécotent dans les voitures que le mariage est un cottage entouré de roses trémières perpétuellement en fleur, où un mari perpétuellement jeune et élégant rejoint sa femme perpétuellement jeune et ravissante. Lorsque les roses trémières se fanent, que les soucis et les factures apparaissent, les tribunaux s’engorgent… Celui qui s’imagine qu’il doit être normal de jouir continuellement d’un bonheur sans mélange va perdre beaucoup de temps à courir ça et là en criant qu’il s’est fait avoir… La vie est semblable aux voyages en train d’autrefois : des retards, des détours, de la fumée, des escarbilles, des secousses, avec de temps en temps des paysages magnifiques et de brusques pointes de vitesse excitantes. L'important, c’est de remercier le Seigneur de vous permettre de faire le voyage. »
 
Effectivement, l'important, c’est de profiter du voyage, d’aller main dans la main, qu’il fasse beau ou qu’il pleuve, en compagnons qui s’aiment. Personne ne reste jeune et beau, ou jeune et élégant continuellement. La tempête frappera tous les foyers. La douleur physique, mentale et émotionnelle est inévitablement liée à tout le processus du mariage. Tous les couples doivent s’attendre à trouver des défis sur leur chemin. Il y a beaucoup de stress, de lutte, de peurs et de soucis. Pour de nombreux couples, on a l’impression qu’il n’y a jamais assez d’argent pour couvrir les besoins de la famille. La maladie frappe périodiquement. Les accidents surviennent. La main de la mort frappe sournoisement et sans prévenir pour voler un être cher.
 
Tout ceci semble faire partie du processus de la vie de famille. Il y en a peu en réalité qui passe au travers toutes ces épreuves. Il en a été ainsi dés le commencement. Caïn s’est querellé avec Abel et a alors perpétré une terrible chose. Adam et Ève, leurs parents, ont dû en avoir le cœur brisé.
 
Il y en a beaucoup qui arrivent au mariage après avoir été gâtés et traités avec trop d’indulgence et qui semblent croire que tout doit être impeccable tout le temps, que la vie n’est qu’une série de distractions, que les appétits doivent être satisfaits sans tenir compte des principes, et que personne ne se doit d’endurer les épreuves et les défis qui surviennent, dans la plupart des mariages, à un moment ou à un autre. Les conséquences sont tragiques qui découlent de cette façon de penser vide et déraisonnable !
 
Le divorce représente la tragédie la plus dévastatrice. C’est devenu un véritable fléau. Aux États-Unis, presque la moitié des mariages finit en divorce. Derrière cette surprenante statistique se cachent plus de trahison, plus de chagrin, plus de négligence, de pauvreté et de conflits que l’esprit humain ne peut l’imaginer. Les millions de divorcés dans ce pays sont solitaires, anxieux, et malheureux. Il y a des millions de gens qui luttent pour élever seuls leurs familles, qui portent des fardeaux trop lourds pour eux. Des millions d’enfants grandissent dans des foyers monoparentaux dans lesquels le parent, en général la mère, est absent par la force des choses la plupart du temps. Ces enfants reviennent seuls chaque jour de l’école et entrent dans des maisons vides, où ils ne trouvent la plupart du temps qu’une nourriture insuffisante et une télévision pour unique refuge.
 
Non seulement ces enfants souffrent, mais toute la société paye un prix terrible pour ces situations. En grandissant, l’influence de la drogue se fait de plus en plus sentir parmi eux. Un grand nombre tombe dans la délinquance. Peu instruits, beaucoup sont au chômage. Certains errent sans but dans la vie. Des millions deviennent les épaves de la société, rejetés sur les rives de l’océan de la négligence, des abus, et de la frustration, incapables de changer leurs conditions de vie. En vérité, de tous les problèmes auxquels la société doit faire face, le plus grave est celui de l’échec de la famille.
 
On peut voir les conséquences amères de la vie de ces enfants qui n’ont pas de père qui les aime, les enseigne, les protège et les dirige par l’exemple et le précepte sur le chemin de la vie. Parmi ceux qui finissent en prison, un pourcentage alarmant provient de foyers brisés où le père a abandonné sa famille et où la mère a lutté en vain pour gérer les difficultés insurmontables auxquelles elle devait faire face.
 
Je pense à une jeune femme charmante et compétente, mais divorcée, mère de sept enfants de 5 à 16 ans. Un soir, elle est sortie pour porter quelque chose à un voisin de l’autre côté de la rue. En revenant chez elle quelques minutes plus tard, les voix de ses enfants ont résonné à ses oreilles : « Maman, qu’est-ce qu’on mange ? » « Tu peux m’emmener à la bibliothèque ? » « J’ai un devoir à faire ce soir ». Complètement épuisée, elle a regardé sa maison et a vu toutes les lumières allumées. Elle a pensé à ses enfants, qui attendaient qu’elle revienne pour qu’elle s’occupe d’eux. Son fardeau lui a paru insurmontable.
 
Elle dit : « Je me souviens avoir levé les yeux au ciel et à travers mes larmes avoir dit :’oh, mon Père, je n’en peux plus ce soir. Je suis trop fatiguée. Je ne peux faire face. Je ne peux rentrer à la maison pour m’occuper seule de tous ces enfants. Est-ce que je ne pourrais pas revenir chez Vous pour rester avec Vous juste une nuit ? Et je repartirai demain matin.’ »
 
Il y en a tant comme cette jeune mère. La seule chose qui les fasse tenir c’est qu’elles reconnaissent l’existence d’un Pouvoir divin parce que leur fardeau quotidien est trop lourd à porter. Seules et désespérées, elles pleurent et prient.
 
Pourquoi tous ces foyers brisés ? Qu’arrive-t-il à ces mariages qui commencent par un couple amoureux et qui a le désir d’être loyal, fidèle, et sincère l’un envers l’autre, mais qui finissent par le chagrin et la douleur ?
 
La réponse n’est pas simple. Mais je crains que le mariage, qui autrefois était considéré comme un sacrement sacré, se transforme de plus en plus en expérience profane. On le considère trop souvent comme une expérience sans plus, si ça marche, tant mieux ; sinon, on essaie autre chose (ou quelqu’un d’autre). On a l’impression que les gens perdent le sens des responsabilités, pas seulement l’un envers l’autre, mais aussi envers Dieu.
 
L’égoïsme est un point fondamental qui apparaît dans le fort pourcentage de problèmes conjugaux. Je le dis par expérience, une expérience dont je me serais bien passé, que j’ai acquise en traitant tant de tragédies. Je trouve que l’égoïsme est le principal facteur du divorce.
 
L’égoïsme est souvent à l’origine des problèmes financiers, qui sont des raisons sérieuses et réelles affectant la stabilité de la vie familiale. L’égoïsme est à la racine de l’adultère, qui brise les alliances solennelles et sacrées pour satisfaire la luxure. L’égoïsme est l’antithèse de l’amour. C’est l’avidité sous sa forme cancéreuse. Il détruit l’autodiscipline. Il supprime la loyauté. Il brise les alliances sacrées. Il rend malheureux les hommes et les femmes. L’égoïsme est le grand destructeur de la vie familiale heureuse.
 
Il est vrai que parfois il est des causes légitimes pour divorcer. Je ne suis pas de ceux qui disent que cela n’est jamais justifié. Mais je dis sans hésiter que cette plaie, qui semble se développer partout au milieu de nous, ne vient pas de Dieu, mais que c’est plutôt l’œuvre de l’adversaire de la justice, de la paix et de la vérité.
 
Il existe un remède à tout cela. Le Seigneur a proclamé :
 
« C’est pourquoi, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. » (Matthieu 19:6). Le remède pour la plupart des problèmes conjugaux ne réside pas dans le divorce. Il se trouve dans le repentir, le pardon, et les manifestations sincères de charité et de service. Il ne se trouve pas dans la séparation. C’est seulement par l’intégrité que l’homme et la femme arrivent à relever la tête et à respecter leurs obligations. Elle se trouve dans la Règle d’Or, principe qui fut honoré en son temps, et qui devrait trouver son expression en premier lieu dans le mariage.
 
Pour que le mariage soit satisfaisant pour les deux parties, le mari et la femme se doivent de reconnaître l’un et l’autre la solennité et la sainteté de leur union et le dessein divin qui le soutient. Maris et femmes, considérez-vous mutuellement comme de précieux compagnons, et vivez dignes de cette association.
 
Parents, voyez dans vos enfants des fils et des filles du Tout-Puissant, qui vous tiendra comptables d’eux. Soyez ensemble leurs gardiens, leurs protecteurs, leurs guides et leurs ancres.
 
Un homme sage a dit un jour : « Aucun succès ne peut compenser l’échec au foyer ». J’y crois et je recommande cette déclaration à tous ceux qui recherchent un sentiment de paix et d’accomplissement à l’extérieur de leur foyer et de leur mariage. Cette recherche est futile, car aucune autre relation, aussi difficile et frustrante que puisse être le mariage de temps en temps, ne peut apporter la même sécurité, la même paix de l’esprit, et le même sentiment de bien-être.
 
C’est une chose de parler de l’importance et de la sainteté du mariage, c’en est une autre que de créer jour après jour ce type de mariage. Comme l’a dit C. S. Lewis : « Dieu … permet que les déceptions se fassent sentir au seuil de toutes les tentatives humaines. Elles sont ressenties par le jeune garçon qui enchanté à l’école primaire par la lecture des ‘Histoires de l’Odyssée’ se heurte à l’apprentissage du Grec. Elles arrivent lorsque les amoureux se marient et commencent à apprendre ce que c’est que vivre vraiment ensemble. Dans tous les aspects de la vie, elles marquent la transition entre le rêve et l’accomplissement laborieux. »
 
Le mariage est un contrat, une entente, une union entre un homme et une femme dans le cadre du plan du Tout-Puissant. Il est fragile. Il exige de la nourriture, du temps et énormément d’efforts. Avec ceci à l’esprit, je suggère quatre pierres d’angles sur lesquelles établir et entretenir les mariages et les foyers. Je n’hésite pas à promettre qu’avec ces pierres d’angles, la vie des couples s’enrichira et produira des fruits de grande qualité, et que leur joie sera éternelle.
 
La première pierre d’angle : Respect et loyauté mutuels
 
J’ai longtemps pensé que le bonheur dans le mariage inclut la volonté de fermer les yeux sur les faiblesses et les fautes. J’aime ce que quelqu’un a dit : « L’amour n’est pas aveugle, il voit plus, pas moins, mais parce qu’il voit plus, il veut voir moins ». Le mariage est beau lorsque l’on considère la beauté et qu’on la cultive. La vie est laide et inconfortable lorsque l’on tient compte des fautes, car on devient aveugle aux vertus. Si les maris et les femmes acceptaient seulement de souligner davantage les vertus de l’autre et d’oublier ses fautes, il y aurait beaucoup moins de cœurs et de promesses brisés, beaucoup moins de pleurs, beaucoup moins de divorces, et beaucoup plus de bonheur dans les foyers.
 
Chacun d’entre nous est un individu. Chacun d’entre nous est différent. On doit respecter ces différences, et bien qu’il soit important et nécessaire que le mari et la femme travaillent ensemble à combler ces différences, on doit reconnaître qu’elles existent et qu’elles ne sont pas nécessairement indésirables. En fait, les différences peuvent rendre le compagnonnage intéressant.
 
Malheureusement, certaines femmes voudraient refaçonner leur mari selon leur idée. Certains maris considèrent qu’il est de leur prérogative d’obliger leur femme à respecter leurs propres normes qu’ils considèrent comme l’idéal. Cela ne conduit qu’à la dispute, l’incompréhension et le chagrin. On doit respecter les intérêts de chacun, donner l’occasion et encourager le développement et l’expression des talents personnels. L’homme qui refuse que sa femme prenne du temps et ne l’encourage pas à développer ses talents, se refuse, à lui et à ses enfants, la bénédiction qui pourrait retomber sur leur foyer et bénirait leur postérité.
 
Dans la Genèse, on trouve cette déclaration classique : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. » Dieu a ordonné que les partenaires dans le mariage soient des compagnons. Cela implique l’égalité.
 
L’éthique judéo-chrétienne n’accorde pas de place à l’infériorité ou à la supériorité entre mari et femme. Dieu aime-t-il moins ses filles que ses fils ? Cette notion est impensable et complètement étrangère à la nature du Tout-Puissant. Après avoir créé la terre et tout ce qui s’y trouvait, il créa l’homme. Ensuite, pour couronner toute la création, Il créa la femme. Elle fut la créature ultime. Il est injuste, peu judicieux et c’est faire preuve d’obscurantisme qu’un homme puisse ressentir un tant soit peu de supériorité par rapport à son épouse, ses filles ou toute autre femme. Nul ne peut diminuer son épouse sans offenser son Père céleste.
 
De tragiques récits de mariages en difficulté parmi nous décrivent les attitudes dictatoriales de maris qui sont de véritables brutes dans leur foyer. La lettre d’une femme est arrivée sur mon bureau qui me décrivait en détail ses problèmes. Désespérée, elle me disait : « Est-ce que les femmes ont la promesse qu’un jour elles seront des citoyennes de première classe dans la race humaine ? Seront-elles toujours de la marchandise enveloppée dans un tchador ne pouvant se déplacer qu’avec la permission de l’homme qui se tient à sa tête ? »
 
Une amertume tragique transparaît dans les lignes de cette lettre. Je crains que de nombreuses femmes aient les mêmes sentiments. Derrière les paroles de cette femme, on voit une femme découragée, souffrant d’une absence d’appréciation, prête à tout abandonner et ne sachant où se diriger. Je vois là un mari qui a violé ses obligations sacrées. Ses sentiments endurcis, et ses perceptions faussées, il refuse, par sa façon de vivre, l’essence du mariage chrétien. Je ne doute pas qu’il y a pu avoir des fautes de sa part à elle aussi, mais j’ai tendance à penser que les plus graves se trouvent de son côté.
 
Le mari qui domine, diminue et humilie sa femme, qui a des exigences trop empressées envers elle, ne se contente pas de l’insulter, mais il se diminue, et en de trop nombreux cas, présente un modèle à ses fils quant à leur façon de se comporter à l’avenir. Les hommes qui sont coupables de prendre comme prétexte leur travail ou leurs responsabilités civiques pour ne pas s’occuper de leur famille, qui exercent leur autorité en dictateur, qui se comportent égoïstement et avec brutalité dans le foyer doivent abandonner cette attitude et changer de vie.
 
Il est intéressant que deux des Dix Commandements aient inclus les principes du respect et de la loyauté mutuels : « Tu ne commettras pas l’adultère » et « Tu ne convoiteras point ». De même de trop nombreux hommes, en laissant leur femme au foyer le matin pour aller au travail, retrouvent de belles jeunes femmes attirantes et bien pomponnées, se prennent pour des jeunes gens élégants et des « coups » irrésistibles. Ils se plaignent que leur femme ne soit pas comme elle était il y a vingt ans quand ils l’ont épousée. Ce à quoi je réponds : « Qui le serait, après avoir vécu vingt ans avec eux ? »
 
Ce qui est tragique, c’est que certains hommes sont prisonniers de leur propre folie. Ils jettent par-dessus les moulins les alliances les plus sacrées et les plus solennelles qu’ils aient jamais faites. Ils rejettent leur épouse fidèle, qui les a aimés, s’est occupé d’eux, qui a lutté avec eux dans les périodes de pauvreté pour les abandonner au temps de l’abondance. Ils abandonnent leurs enfants, et usent de tous les artifices pour ne pas avoir à payer les pensions alimentaires ordonnées par le tribunal et ne pas avoir à s’occuper d’eux.
 
Les gens mariés doivent s’obliger à n’avoir rien d’autre qu’une relation cordiale, amicale et « de la longueur d’un bras » avec quiconque n’est pas son conjoint. De plus en plus, la tendance est aux invitations à aller déjeuner, ostensiblement pour parler travail, à des rendez-vous qui ont pour conséquence que des collègues des deux sexes doivent voyager ensemble. Il se peut que de tels arrangements soient inévitables, mais on se doit d’éviter les situations compromettantes.
 
Si les gens mariés n’ont comme souci principal que le bien-être et le bonheur du conjoint, et que pour atteindre cet objectif ils sont prêts à mettre de côté leurs problèmes personnels, alors le mariage survivra, l’engagement l’un envers l’autre augmentera et le désir de construire une relation durable se développera. La sagesse cumulée des siècles proclame hautement avec assurance que l’on ne peut goûter au bonheur ultime, à la sécurité totale, à la paix complète de l’esprit, et à une réserve profonde d’amour qu’en marchant selon les principes de la vertu éprouvés par le temps. Seule la relation maritale permet à l’amour sincère de prospérer et de fleurir, amour basé sur le service envers autrui, le travail en commun, en affrontant les difficultés comme partenaires, en marchant main dans la main pour affronter les difficultés de la vie de tous les jours.
 
Je lance un appel aux maris et aux épouses pour qu’ils vivent dignement et qu’ils se respectent mutuellement, qu’ils cultivent ce respect qui implique en soi l’amabilité, la maîtrise de soi, la patience, le pardon, et l’affection sincère, sans exigence et sans faire assaut d’autoritarisme.
 
La seconde pierre d’angle : Une réponse douce
 
L’auteur des Proverbes a écrit il y a longtemps : « Une aimable réponse apaise la fureur, une parole blessante fait monter la colère. » (Proverbes 15:1)
 
J’entends énormément de plaintes de la part d’hommes et de femmes qui ne peuvent communiquer entre eux. La communication est un vaste sujet de conversation. Ils ont dû communiquer lorsqu’ils se courtisaient. Ne peuvent-ils continuer à parler ensemble après le mariage ? Ne peuvent-ils discuter ensemble, de façon ouverte, franche, sincère et heureuse de leurs intérêts, de leurs problèmes, de leurs difficultés, de leurs déceptions et de leurs désirs ? Il me semble que la communication a l’air de leur poser un problème. Il est impossible d’aimer quelqu’un avec lequel on ne parle pas ou ne veut pas parler. Il est impossible d’aimer quelqu’un avec lequel on ne passe pas de temps.
 
Mais que la discussion soit calme, car la discussion calme est le langage de l’amour. C’est le langage de la paix. C’est le langage de Dieu. Qui peut calculer la profondeur et la douleur des blessures causées par des paroles dures et méchantes prononcées dans la colère ? Il est vraiment dommage de voir des gens forts dans de nombreux domaines, mais qui perdent toute maîtrise quand une petite chose, en général de peu d’importance, vient troubler l’égalité de leur humeur. Dans tout mariage, il y a des différences occasionnelles. Mais je ne trouve aucune justification aux caractères qui explosent à la moindre provocation. « Cruelle est la fureur, impétueuse la colère. » (Proverbes 27:4)
 
La violence de caractère est une chose terrible et corrosive. Le drame c’est qu’il n’en résulte aucun bien ; il ne fait qu’alimenter les ressentiments, la révolte et la douleur. À tous ceux qui ont des problèmes pour se maîtriser, puis-je suggérer qu’ils cherchent de l’aide pour surmonter leur faiblesse et maîtriser en eux leur énergie pour discipliner leur discours.
 
Les conjoints qui se plaignent constamment, qui ne voient que le mauvais côté des choses, qui ne se sentent pas aimés ou désirés se doivent d’aller au fond d’eux-mêmes et faire un examen de conscience. S’ils y trouvent quelque chose qui ne va pas, ils devraient changer d’attitude et afficher un sourire sur leur face. Pour être plus attirants, ils devraient améliorer leur aspect extérieur. Ils se refusent le bonheur et ils courtisent le malheur lorsqu’ils se plaignent constamment et ne font rien pour rectifier leurs fautes.
 
Pour les maris et les femmes qui ont pu s’offenser mutuellement, il est temps de demander pardon et se décider à cultiver le respect et l’affection l’un envers l’autre. Il est temps de mettre en pratique le principe de la réponse douce.
 
Lorsque nous élevons la voix, les petites taupinières de la différence deviennent des montagnes de conflits. La description du concours entre Élisée et les prêtres de Baal est significative : « Il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers ». C’est là une description frappante des arguments avancés entre maris et femmes. Mais l’auteur de l’écriture continue : « l’Éternel n’était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre : l’Éternel n’était pas dans le tremblement de terre. Et après le tremblement de terre, un feu : l’Éternel n’était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger ». (1 Rois 19:11-12)
 
La voix des Cieux est un murmure doux et léger. La voix de la paix au foyer est tranquille. Il y a besoin de beaucoup de discipline dans le mariage, non pas vis-à-vis du compagnon, mais de soi-même. « Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu’un héros », comme l’a écrit l’auteur des Proverbes (1 Proverbes 16:32). Lorsque les couples cultivent l’art de la réponse douce, cet art bénit le foyer, leur vie commune et leur association.
 
La troisième pierre d’angle : L’honnêteté financière
 
Je crois que l’argent est la racine de plus de problèmes dans le mariage que toutes les autres raisons combinées. Nous vivons à une époque de publicité persuasive et d’art de la vente nous invitant tous à dépenser. Un mari dépensier ou une femme peut mettre en danger son mariage. Par expérience, je crois que c’est un bon principe que chaque conjoint soit libre et indépendant quant aux dépenses nécessaires de tous les jours, et parallèlement discuter, se consulter et se mettre d’accord pour les grosses dépense. Il y aurait beaucoup moins de décisions irréfléchies, beaucoup moins d’investissements peu avisés, beaucoup moins de pertes importantes, de banqueroutes, si les maris et les femmes se consultaient sur ces questions et prenaient conseil l’un de l’autre.
 
Je suis sûr qu’il n’y a pas de meilleure discipline plus efficace pour gérer nos ressources, que l’obéissance au commandement donné à l’Israël d’autrefois par le prophète Malachie :
 
« Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison. Mettez-moi de la sorte à l’épreuve, dit l’Éternel des armées. Et vous verrez si je n’ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance. » (Malachie 3:10)
 
Ceux qui vivent honnêtement avec Dieu sont plus susceptibles de vivre honnêtement avec autrui et leurs associés. Le couple qui consacre une partie de son revenu, ne serait-ce qu’un faible pourcentage, pour le bien d’autrui, acquerra une discipline dans la gestion de ses ressources.
 
Ils seront bénis s’ils vivent honnêtement l’un et l’autre comme compagnons, se comportent honnêtement avec leurs prochains, prennent comme principe cardinal dans leur vie le payement de leurs dettes, se consultent et prennent leurs décisions conjointement.
 
La quatrième pierre d’angle : La prière
 
Je ne connais rien de plus salutaire dans notre vie que l’habitude de s’agenouiller pour prier ensemble en couple. Les tempêtes qui semblent attaquer tous les mariages paraissent de peu d’importance lorsque nous nous agenouillons devant le Seigneur pour s’adresser à lui en tant que ses fils et filles.
 
Nos conversations journalières avec lui seront une bénédiction pour nos vies et nous apporterons la joie, la force et la capacité de résister qui ne peut venir d’aucune autre source. Le compagnonnage sera plus doux au cours des années alors que l’amour grandira. L’appréciation mutuelle augmentera. Les enfants, et plus tard les petits-enfants seront bénis en ressentant la sécurité qui provient du fait d’être membre d’une famille dans laquelle réside l’esprit de Dieu et qui se manifeste par l’amour, la coopération, et le bien-être.
 
Ceux qui ont le bonheur de vivre des mariages basés sur de telles pierres d’angles pourront dire avec Elizabeth Browning, au fur et à mesure que les années passeront :
 
Comment est-ce que je t'aime ? Énumérons-en les manières. Je t’aime au plus profond, plus haut, plus étendu
 
Que mon âme puisse atteindre, en étant hors de vue, Tout émue par la grâce, quand prend fin l’univers.
 
Je t’aime à l’instar d’un besoin qui m’est cher, Ressenti nuit et jour, au fil du quotidien,
 
Je t’aime librement, tel le souverain bien,
 
Je t’aime purement, comme après la prière. Je t’aime avec la passion mise à endurer Les peines et la foi d’un âge révolu.
 
Je t’aime d’un amour qui semblait disparu Avec mes saints perdus. Sourire et pleurer, Respirer dans ma vie, tel en est le décor.
 
Si Dieu veut, je t’aimerai mieux après ma mort. Elizabeth Barret Browning

LA FAMILLE
 
La nation sauvée par le foyer
 
À de rares exceptions prés, le foyer est la source des problèmes de la société. Si l’on doit réformer ou changer quoi que ce soit, si l’on doit retrouver les anciennes valeurs sacrées, tout devra se faire à partir du foyer.
 
Aucun endroit, aucun environnement ne sont plus propices au développement de la vertu que celui de la famille. La bonne santé de toutes les sociétés, le bonheur des peuples, leur prospérité et leur paix, trouvent leurs racines dans l’enseignement dispensé par les parents à leurs enfants, et dans la force et la stabilité de la famille. Je le sais, non seulement parce que je l’ai constaté pendant mes quatre-vingt-neuf ans de vie, mais aussi parce que je l’ai vécu dans le foyer de mon enfance.
 
Quand j’étais enfant, mes parents avaient l’habitude de faire ce qu’ils appelaient « une soirée familiale ». Un soir désigné dans la semaine, notre famille se réunissait pour étudier, jouer, et prendre plaisir à être ensemble. Mon père était un grand conteur, et il nous racontait souvent des histoires dont il se souvenait. Ma mère mettait le chauffage dans le salon où il y avait un beau piano, et toute la famille chantait.
 
En tant qu’enfants nous n’étions pas de très bons artistes. Nous pouvions faire des tas de choses lorsque nous jouions, mais lorsque l’un d’entre nous essayait de chanter en solo devant les autres, on aurait tout aussi bien pu demander à une glace de rester gelée sur le poêle. On commençait par se moquer et faire des remarques sur sa façon de chanter.
 
Mais nos parents insistaient. Et parce qu’ils insistaient, nous chantions ensemble. Nous plaisantions ensemble. Nous étudiions ensemble. Nous jouions et nous priions ensemble.
 
Il est sorti de ces réunions simples et informelles qui se déroulaient dans le salon de notre vieille maison quelque chose de merveilleux et d’indicible. Notre amour pour nos parents en est sorti grandi. Mon amour que je portais envers mon frère et mes sœurs a grandi. Nous avons apprécié la bonté toute simple qui s’est développée dans notre cœur.
 
À cette époque, nous n’exprimions pas notre amour ouvertement entre nous. Mais nous n’en avions pas besoin. Nous ressentions la sécurité, la paix et la force tranquille qui règnent dans les familles qui prient, travaillent ensemble, s’aident mutuellement, et se soucient les uns des autres.
 
Malheureusement, on trouve rarement cette situation idéale dans les foyers. Je fus stupéfait il y a quelques années par le « Report of the Carnegie Task Force on Meeting the Needs of Young Children » (rapport Carnegie sur les besoins des enfants en bas âge) qui dépeignait cette situation lugubre :
 
« Les enfants en bas âge de notre nation et leurs familles ont des problèmes. Comparés à la plupart des pays industrialisés, les États-Unis ont un taux de mortalité infantile supérieur, une plus grande proportion de bébés ayant un faible poids à la naissance, une proportion inférieure de bébés immunisés contre les maladies infantiles, et un taux de bébés beaucoup plus grand nés de mères adolescentes. Sur les douze millions d’enfants de moins de trois ans aux États-Unis, aujourd’hui, un nombre stupéfiant est affecté par un ou plusieurs facteurs de risques qui empêchent un développement sain. Un sur quatre vit dans la pauvreté. Un sur quatre vit dans une famille monoparentale. Une victime de violences physiques sur trois se trouve être un bébé de moins d’un an. »
 
Ce genre de statistiques, que l’on peut trouver dans toutes les villes et toutes les communautés du pays, devrait être un sujet de très grand souci pour tous nos concitoyens. Je suis bien conscient qu’il y a des naissances illégitimes, qu’il y a des pères irresponsables et des mères qui ne sont pas préparées à cette situation, que les violences envers les enfants ont existé sous toutes ses formes nombreuses et dépravées au cours de l’histoire des hommes. Mais son étendue, chez nous, doit nous obliger à nous en préoccuper en priorité.
 
Ceci est tellement évident que ce que l’on voit de pire ou de meilleur aujourd’hui est le résultat doux ou amer de l’éducation des enfants d’hier. Le monde verra dans quelques années les conséquences de l’éducation de la génération d’aujourd’hui. Si nous sommes concernés par l’avenir, alors c’est maintenant que nous devons nous occuper de l’éducation de nos enfants.
 
Les maux de ce monde iront croissants tant que nous ne reconnaîtrons pas implicitement et même que nous ne serons pas fermement convaincus que la famille est l’instrument du Tout-Puissant. C’est lui qui l’a établie. C’est aussi l’unité de base la plus fondamentale de la société. Elle mérite, non, je dirais elle exige que nous lui accordions toute notre attention et tout notre intérêt.
 
Nous faisons de gros efforts pour préserver les bâtiments historiques et les sites de nos villes. Nous avons besoin de montrer la même ferveur dans la protection de l’institution la plus ancienne et la plus sacrée : la famille !
 
Nous ne pourrons pas faire demi-tour en un jour, un mois ou une année. Mais en déployant suffisamment d’énergie, nous pouvons commencer à changer de cap en une génération et accomplir des merveilles en deux générations, une période de temps qui n’est pas longue dans l’histoire de l’humanité.
 
Je voudrais suggérer dix choses précises qui nous aideront à effectuer ce changement de cap. Accepter nos responsabilités en tant que parents et remplir nos obligations vis-à-vis de nos enfants.
 
Chaque individu ici-bas est l’enfant d’une mère et d’un père. Nul ne peut échapper aux conséquences de la paternité. La responsabilité envers l’enfant à naître est inhérente à l’acte de la conception. Nul ne peut impunément fuir cette responsabilité.
 
Paul a écrit à Timothée : « Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu’un infidèle » (1 Timothée 5:8). Je suis persuadé que Paul ne parlait pas seulement de la nourriture physique. Il ne suffit pas que les parents fournissent le gîte et le couvert à leurs enfants. Ils ont également la responsabilité de fournir la nourriture et la direction de l’esprit, de la pensée et du cœur.
 
Les parents n’ont pas seulement la responsabilité d’élever leurs enfants, mais ils ont le devoir sacré de les élever dans l’amour et la justice, de les enseigner à aimer et à servir autrui, à observer les commandements de Dieu et à être des citoyens respectueux des lois de leur pays.
 
Nous devons enseigner ces principes au foyer. Peu d’aide, s’il en existe, viendra de l’école publique, elle qui a largement abandonné l’enseignement de ces valeurs. Ce n’est pas non plus l’État qui apportera son aide dans cette situation dramatique. Barbara Bush a parlé avec sagesse lorsqu’elle a dit devant une classe de diplômés de Wellesley en 1990 :
 
« Votre réussite en tant que famille, notre réussite en tant que société, ne dépend pas de ce qui se passe à la Maison Blanche, mais de ce qui arrive à l’intérieur de votre foyer. »
 
Les Églises peuvent apporter de l’aide. La religion est la grande protectrice des valeurs et la dispensatrice des principes moraux. Depuis l’époque du Sinaï jusqu’à maintenant, la voix de Dieu s’est fait entendre d’une façon impérative à propos du bien et du mal. Mais une fois que tout est dit et mis en place, ce sont les parents qui ont reçu de Dieu l’instruction d’élever leurs enfants dans une atmosphère de vérité et de lumière spirituelle.
 
Une étude sur la famille conclut : « Il est certain que la meilleure chose que la société pourrait faire pour ses enfants serait de remettre le titre de ‘parent ’ à l’honneur. Aucun travail n’est plus important, et pourtant aucun travail n’est moins considéré comme allant de soi. Nous apprenons les techniques de travail, mais pas les techniques de la vie… Devenir parent devrait être … le signe d’une relation durable, et non celui d’une tocade passagère ; une source de fierté, et non de remords. Ce n’est qu’en agissant ainsi que nos enfants seront en sécurité. »
 
Mariez-vous et restez-le. Après deux ans d’étude approfondie, le Wall Street Journal de 1995 rapporte que le ‘Council on the Family in America’ est arrivé à cette conclusion : « La société américaine se porterait mieux si davantage de gens se mariaient et restaient mariés ». Quelle remarquable conclusion ! N’importe quelle personne de bon sens aurait pu dire la même chose sans faire d’études longues et coûteuses.
 
Dans sa conclusion, l’étude soulignait que « les familles monoparentales risquent de vivre dans la pauvreté, ont des problèmes à l’école et des ennuis avec la loi ». L’éditorial du journal concluait : « Le mariage est peut-être une institution imparfaite, mais pour autant, personne, dans l’histoire humaine, n’a trouvé le meilleur moyen d’élever les enfants dans une société stable. »
 
Le mariage est beaucoup plus qu’un contrat civil, ou qu’un accord entre deux personnes. C’est une institution essentielle dans le plan de Dieu. Les enfants ont le droit de naître dans les liens du mariage, et d’être élevés par un père et une mère qui honorent leurs vœux maritaux dans la plus complète fidélité.
 
Aux États-Unis, on dénombrait 7 874 000 familles sans père avec des enfants de moins de dix-huit ans, en 1996. La même année, 1 260 000 enfants, soit 32% de toutes les naissances viables, sont nés de mères célibataires. Comme il est tragique de constater les statistiques désolantes des naissances illégitimes ! Le manque d’auto discipline et du sens des responsabilités fait ressortir les problèmes qui nous assaillent en nombre grandissant. Nous avons toujours eu des naissances illégitimes dans notre société, et il est vraisemblable que nous en aurons toujours. Mais nous ne pouvons tolérer l’augmentation actuelle de ce phénomène social terrible sans que nous en payions un prix terrible. Tout enfant devrait avoir la bénédiction de naître dans un foyer ou il est accueilli, nourri, aimé, et chéri par des parents, un père et une mère, qui vivent avec loyauté entre eux et avec leurs enfants. Ce principe implique que nous devons nous opposer aux maux de ce monde. La sagesse accumulée des siècles proclame clairement et avec assurance que le bonheur parfait, la sécurité la plus grande, la paix profonde de l’âme, les réserves insondables d’amour ne peuvent profiter qu’à ceux qui vivent selon les principes éprouvés par le temps, sont vertueux avant le mariage, totalement fidèles après le mariage, et que le sentiment de sécurité et de paix le plus profond s’épanouit au sein de la famille.
 
Si nous pouvions voir de nouveau dans ce pays, un homme qui considérerait sa femme comme son égale, son soutien, et sa meilleure amie, et une épouse qui marcherait à côté de son mari, ni devant, ni derrière, qu’elle considérerait comme son compagnon, la lumière et la force de sa vie, alors nous commencerions à renforcer les familles. Les enfants ressentiraient la sécurité dans les bras de l’amour de parents heureux, qui instilleraient en eux les principes éthiques et moraux, qui les guideraient tout au long de la vie. Ces mariages seraient honorables et sécurisants, et les enfants seraient nourris, aimés et élevés dans ces valeurs qui sont l’essence même de notre civilisation.
 
J’affirme qu’il n’ait rien que nous puissions faire qui ait un plus grand impact à long terme, surtout pour nos enfants, qui sont l’espoir de l’avenir, que de rallumer autant que possible l’esprit d’un foyer heureux afin de créer un environnement familial stable où les enfants pourront se développer sous les yeux vigilants et aimants de parents vertueux.
 
Replacer le père à la tête du foyer
 
Il y a plus de quarante ans, le Reader’s Digest a publié un article du juge Liebowitz de New York, intitulé : « Replacer le père à la tête du foyer ». En tant que juge, l’auteur a passé sa vie à examiner des preuves et a prononcer des condamnations. Il a voyagé en Europe et a découvert que les conditions de la jeunesse étaient supérieures à celle des États-Unis. Il a fait des enquêtes, a réfléchi et médité et suite à sa vaste expérience, en a conclu que la façon la plus simple et la plus facile pour diminuer la délinquance juvénile consistait à replacer le père à la tête de la famille.
 
Beaucoup trop de familles se sont vues refuser la direction et l’influence stabilisatrices d’un père bon et dévoué se tenant au côté d’une mère aimante et compétente qui instruit doucement, discipline gentiment, et aide par la prière les enfants dont ils sont responsables.
 
Je ne crois pas que les femmes présentent des objections envers la direction ferme d’un homme au foyer. Il devient le soutien de famille, le protecteur, le conseiller, l’ami qui est prêt à écouter et à apporter son soutien quand cela est nécessaire. Qui mieux qu’un père exemplaire peut enseigner aux enfants la valeur de l’instruction, la voie sans issue dans lesquelles se trouvent les bandes des rues, et le miracle de la satisfaction de soi qui peut changer leurs vies dans le sens du bien ?
 
Mais que doit-on faire pour qu’il soit reconnu à sa place en tant que chef de famille ? Cela prendra du temps, mais cela en vaut la peine. Nous pouvons commencer avec les enfants en bas âge et les enseigner, les motiver et leur montrer la direction. Nous ne les sauverons pas tous. Mais nous pouvons en sauver plus que nous n’en sauvons actuellement.
 
Il y a plusieurs années, le Wall Street Journal a rapporté cette anecdote d’un avocat de l’Ohio. Il a parlé de son enfance, et a raconté une sortie qu’a fait sa famille un dimanche après-midi en voiture. Pendant qu’ils roulaient dans la rue, ils virent passer une belle Cadillac rouge.
 
Le fils avait demandé à son père pourquoi il y avait des gens qui avaient des Cadillac pendant qu’eux avaient un vieux tacot. Son père lui avait répondu que tout le monde ne pouvait pas avoir la même voiture, mais que lui, son fils, détenait une chose que beaucoup n’avaient pas. Et que cela avait une plus grande valeur que toutes les Cadillac. Il était le descendant des familles de son père et de sa mère, et le meilleur sang de chacune des familles coulait dans ses veines. Ce père sage avait enseigné à son fils que bien que personne ne pouvait arriver à l’égalité matérielle, tout le monde pouvait cultiver cette qualité merveilleuse qu’est l’estime de soi. Le garçon devenu adulte, étudia la loi, et finalement devint un professionnel accompli.
 
Je voudrais encourager les pères à reprendre leur rôle de responsable du foyer. Ils ne peuvent échapper à cette responsabilité de base qui est d’assumer leur rôle en tant que chefs de famille. Cela ne signifie pas qu’ils doivent se conduire en dictateurs ou dominer injustement. Cela leur confère l’obligation de subvenir aux besoins de leur famille. Ces besoins sont plus que le gîte et le couvert. Cela implique de diriger avec justice, d’enseigner par l’exemple et le précepte, les principes de base d’honnêteté, d’intégrité, du service et du respect des droits d’autrui, de faire comprendre que nous ne sommes pas seulement comptables de nos actions ici-bas vis-à-vis des autres, mais aussi vis-à-vis de Dieu. Un auteur a observé : « Il n’est pas impossible que l’on dise au vingt et unième siècle que les vrais révolutionnaires sont les pères d’enfants polis et civilisés. »
 
Reconnaître et mettre en valeur l’importance suprême de la mère de famille
 
Le foyer est le jardin où naissent les nouvelles générations, et les parents en sont les jardiniers. Vu sous cet angle, je dois insister sur l’importance, la valeur, l’impact significatif qu’ont les femmes dans le tissu de notre société et dans la constitution de nos foyers. Les mères n’ont pas de plus grande responsabilité plus gratifiante, que d’élever leurs enfants dans un environnement sécurisant, paisible, en montrant un esprit de camaraderie.
 
Les mères apportent l’inspiration et l’équilibre ; elles constituent un réservoir de foi et de bonnes œuvres. Elles sont l’ancre à laquelle se raccrochent le dévouement, la loyauté et la réussite. En tant que gardiennes du foyer, elles encouragent leur époux, elles enseignent et elles élèvent leurs enfants. Ma vie a été profondément influencée durablement par des femmes dévouées, fidèles, talentueuses, et bonnes. Bien que ma mère soit décédée lorsque j’avais vingt ans, je ressens encore aujourd’hui son influence et même le sentiment de sa présence. Je peux dire en toute honnêteté qu’à chaque fois où j’ai dû réfléchir aux devoirs qui m’incombaient ou aux réussites que j’ai eues c’est lorsque j’ai imaginé ma mère et que j’ai espéré que ma vie reflète sa personnalité et ses enseignements.
 
Ce monde a besoin de l’empreinte des femmes et de leur amour, de leur réconfort et de leurs forces. Notre environnement dur a besoin de leurs voix d’encouragement, de la beauté qui émane de leur nature, de l’esprit de charité qui est leur héritage. Le Dieu dans lequel tant d’entre nous croient a doté ses filles de la capacité unique et merveilleuse de se tourner vers ceux qui sont dans la détresse, d’apporter du réconfort et du secours, de soigner les plaies et de guérir les cœurs souffrants.
 
Si quelqu’un est capable de changer la situation dramatique dans laquelle nous glissons, c’est bien les femmes merveilleuses de ce pays, et en fait du monde, si elles relèvent le défi et s’opposent à l’immoralité publique, à l’impureté et à la tentation dans lesquelles nous baignons.
 
Les mères et les épouses sont les ancres de la famille. Ce sont elles qui portent les enfants. Quelle responsabilité énorme et sacrée que celle-là ! Elles doivent veiller sur les enfants à cause des forces du mal qui sont partout. Les parents seront heureux en vieillissant de voir ceux qu’ils auront élevés appliquer la justice dans leur vie, la vertu, et l’intégrité dans leur conduite.
 
L’éducation des enfants n’est pas une responsabilité à mi-temps. Il est un fait que certaines mères doivent travailler, mais il y en a trop qui travaillent pour se payer un peu plus de luxe et des objets de fantaisie, aux dépens de leurs enfants. Les mères qui doivent travailler ont un fardeau supplémentaire à porter. Néanmoins, elles ne peuvent se permettre de négliger leurs enfants. Ils ont besoin que leur mère supervise leurs études, leur travail à la maison et à l’extérieur, qu’elles les éduquent du mieux qu’elles le peuvent ; ils ont besoin de l’amour, des bénédictions, des encouragements et de la proximité d’une mère.
 
Ce n’est que lorsque je suis devenu adulte que j’ai réalisé la merveilleuse richesse du foyer dans lequel j’ai été élevé, une richesse qui ne se mesure pas en dollars, mais en qualités plus précieuses que l’argent. Ma mère était éducatrice et professeur d’anglais. Lorsque les enfants sont arrivés au foyer, elle a abandonné sa profession et est restée au foyer. Elle nous a instillé un sentiment de sécurité et d’amour que nous ressentions et appréciions.
 
Bien que toutes les contributions apportées par les femmes dans tous les domaines de la vie courante soient respectables, j’espère que nous ne mépriserons jamais la mère de famille. J’aime ce que dit Marie K. Hafen: « Je suis désolée que la dévalorisation de la maternité encouragée par le monde moderne montre à ma fille et à ses amies que se préparer à être une femme au foyer, une mère, une épouse est une affaire sans affaire très importante… Ce genre de tâche exige de la créativité, la mise en place d’un environnement où prédominent la chaleur humaine, la stimulation intellectuelle et la force spirituelle dispensées par la mère qui, avant le premier regard jeté sur une couche-culotte, une poêle à frire, et une vieille chaussure de tennis, voit en priorité les qualités personnelles de l’individu. »
 
Les femmes qui font de leur maison un foyer apportent une plus grande contribution à la société que ceux qui commandent à de grandes armées ou qui sont à la tête de sociétés impressionnantes. Qui peut mettre une étiquette de prix sur l’influence qu’a une mère sur ses enfants, une grand-mère sur sa postérité, ou des tantes et des sœurs sur la famille élargie ?
 
Nous ne pouvons mesurer ni calculer l’influence des femmes, qui, à leur manière, construisent des vies de famille stables et dispensent une éducation qui aura une influence éternelle sur les générations à venir. Les conséquences qui résulteront des décisions prises par les femmes de cette génération seront éternelles. Puis-je suggérer que les mères d’aujourd’hui n’ont pas de plus grandes occasions, ni de défis à relever plus sérieux, que celui qui consiste à renforcer les foyers de l’Amérique ?
 
Considérons les enfants comme notre trésor le plus cher
 
On raconte que dans la Rome antique, un groupe de femmes se montraient mutuellement, par vanité, leurs bijoux. Parmi elles se trouvait Cornelia, mère de deux enfants. Une des femmes lui dit : « Et où sont tes bijoux ? » Cornelia répondit en montrant ses fils : « Voilà mes bijoux. » Ils ont grandi sous sa protection, en apprenant les principes de vertus qu’elle appliquait elle-même dans sa vie, et furent connus plus tard sous les noms de Gaius et Tibère Gracchus, les Gracchi comme on les appelait. Ce furent les deux réformateurs les plus influents et les plus efficaces de l’histoire romaine. Tant que l’on se souviendra et que l’on parlera d’eux, on se souviendra aussi avec éloges de la mère qui les a élevés selon ses principes.
 
Notre vie devient intensément agitée, remplie d’occupations frénétiques, ce qui n’existait pas autrefois. Tout, des déplacements continus à une pléthore de trucs pour nous faire économiser du temps, nous incite à occuper nos vies avec tant d’activités et de buts à atteindre que beaucoup d’entre nous ont perdu de vue une chose qui est d’une importance critique pour les familles: passer du temps ensemble. Si nos enfants sont vraiment notre plus cher trésor, alors il est raisonnable qu’ils méritent notre plus grande attention.
 
Les membres de la famille ont besoin de passer du temps ensemble. Il n’est dit nulle part que le temps en qualité soit supérieur au temps en quantité. Une théorie démontrée par les sciences comportementales est tout à la fois simple et profonde : Plus il y a d’interaction, plus il y a de sentiment. Plus nous passons de temps ensemble, plus le potentiel d’approfondissement des liens de l’amour grandit, plus il y a de loyauté, de confiance et de dévouement.
 
Les enfants ont plus de valeur que n’importe quel bien matériel. Pourtant, il y a plus de trente ans, Gertrude Hoffman du « US Children’s Bureau » rapportait que presque un million d’enfants aux États unis était laissé à la maison sans surveillance adéquate pendant que les parents étaient au travail. Elle continuait en disant : « Il n’existe aucun moyen de mesurer les dégâts émotionnels subis par des enfants laissés sans surveillance ni le coût futur de la délinquance résultant de cet échec. »
 
Nous sommes en train de payer un prix terrible dû à l’affaiblissement de la famille lorsque les deux parents sont absents du foyer pour travailler et que les enfants n’ont que le trousseau de clés pour attendre leur retour. Lorsque les parents rentrent à la maison, ils sont trop souvent fatigués et dans un tel état de stress et de frustration qu’ils ne peuvent accorder à leurs enfants l’attention et l’affection qu’ils réclament et dont ils ont besoin. Nous sommes en train de voir les fruits produits par ces parents absents.
 
Jenkins Lloyd Jones a décrit ces sentiments qui sont frappés au coin du bon sens : « Le gosse qui n’est pas aimé le sait. Il n’existe pas de traumatisme plus douloureux que le rejet parental. Il n’existe pas de malédiction plus efficace pour couler une vie humaine. Il existe cependant une superstition qui voudrait que «les avantages» puissent remplacer « l’affection ». Ce n’est pas vrai. Les meilleurs avantages qu’une famille peut offrir ne se trouvent pas dans les magasins, chez le vendeur de voitures ou dans une grande école. L’avantage sans prix c’est de sentir que l’on fait partie d’une famille. Sinon, celle-ci n’est que la combinaison de la cafétéria et du dortoir. Il n’y a rien d’attirant dans tout cela. »
 
Le rapport « Carnegie Task Force » cité précédemment concluait : « Les enfants sont notre ressource naturelle la plus importante, mais ils ne viennent pas sans famille. Il est temps de développer des stratégies pour préserver l’environnement familial et éduquer nos générations futures. »
 
Disciplinez et enseignez les enfants avec amour
 
Quand j’étais jeune, notre famille vivait en ville pendant la période scolaire et dans une entreprise agricole de primeurs pendant l’été. Dans cette entreprise, nous avions un grand verger avec beaucoup d’arbres fruitiers. Quand nous sommes devenus adolescents, mon frère et moi avons appris l’art de l’élagage. Pendant les vacances et le samedi en février et en mars, nous allions avec notre père au verger où nous élaguions les arbres. Nous avons appris que l’on pouvait dans une large mesure, déterminer le genre de fruits que l’on récolterait en septembre en fonction de la qualité de l’élagage de février. Le principe consistait à élaguer de façon à ce que, le fruit se développant, celui-ci soit exposé à l’air et au soleil, bien dégagé sur la branche.
 
C’est le même principe pour les enfants. Un ancien proverbe dit justement : «Tel est penché l’arbuste, tel sera incliné l’arbre». C’est le foyer le premier endroit pour instaurer un système de valeur. J’ai lu dernièrement qu’un père avait demandé à un juge d’enfermer son fils parce qu’il n’arrivait pas à le maîtriser. Je ne doute pas un instant qu’il ait essayé ; mais c’était trop tard. Les attitudes étaient fixées. Les habitudes s’étaient figées. Nos efforts doivent commencer avec nos enfants dès qu’ils sont jeunes et souples, lorsqu’ils écoutent et apprennent.
 
Peu après notre mariage, mon épouse Marjorie et moi avons établi notre premier foyer. Nous avions peu d’argent. J’ai fait la plupart des travaux moi-même, des travaux qui ont été exécutés grâce à ce que l’on qualifierait aujourd’hui de « capital humain ». J’avais pris sur moi l’aménagement du terrain. Le premier des nombreux arbres que nous avons plantés était un févier d’Amérique (Gleditschia triacanthos).
 
C’était un petit arbre qui mesurait peut-être deux centimètres de diamètre. Il était si souple que je pouvais le tordre dans tous les sens. Prévoyant le jour où son ombre nous aiderait à nous rafraîchir en été, je le plantais au coin de la maison là où le vent du canyon venant de l’est soufflait le plus fort. Je creusais un trou, y plaçais la racine nue, tassais le sol autour, l’arrosait largement et l’oubliais pendant un bon bout de temps.
 
Et puis un jour d’hiver, je regardais par hasard par la fenêtre et je fus étonné de voir que l’arbre dénudé de ses feuilles penchait bizarrement vers l’ouest, déformé et déséquilibré. Je n’en croyais pas mes yeux. Je sortis et l’empoignais à bras le corps pour essayer de le remettre droit. Mais le tronc mesurait presque trente centimètres de diamètre. Je ne pouvais pas le bouger. Je pris un appareil de levage dans mon atelier, j’en attachais un bout à l’arbre et l’autre à un poteau bien planté dans le sol et je tirais la corde. Les poulies bougèrent un peu et le tronc trembla légèrement. Il semblait me dire : « Tu ne peux pas me redresser. C’est trop tard. J’ai grandi comme ça à cause de ta négligence et je ne plierai pas. »
 
En désespoir de cause, je me résolus à prendre des mesures drastiques. Je sciais la grande branche sur le côté ouest. La scie laissa une vilaine cicatrice de plus de vingt centimètres de long. Je reculais pour voir le résultat de mon travail. J’avais coupé la majeure partie de l’arbre, en laissant seulement une branche qui pointait vers le ciel.
 
Plus d’un demi-siècle a passé depuis que j’ai planté cet arbre. Ma fille et sa famille vivent maintenant dans cette maison. L’autre jour, j’ai regardé l’arbre. Il est grand. Il a meilleure allure. C’était un plus pour la maison. Mais le traumatisme qu’il a subi dans sa jeunesse a été grave, et le traitement qui s’en est suivi pour le redresser a été brutal.
 
Lorsqu’il a été planté, une petite ficelle aurait suffi pour qu’il résiste à la force du vent. J’aurais pu et j’aurais dû lui mettre cette ficelle sans grand effort. Mais je ne l’ai pas fait, et il a plié devant les forces qui l’ont assailli.
 
J’ai vu la même chose dans la vie de beaucoup d’enfants. Les parents qui les ont fait venir en ce monde semblent avoir abdiqué leurs responsabilités. Les résultats en sont tragiques. Quelque ancre simple leur aurait donné la force de résister aux forces qui ont modelé leur vie. Mais livrés à eux-mêmes trop longtemps, ils plient devant la force des éléments. Et un jour, c’est trop tard.
 
Les enfants sont comme les arbres. Quand ils sont jeunes, on peut modeler et diriger leur vie, en général sans trop de difficultés. L’auteur des Proverbes a dit : « Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre ; et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas. » (Proverbes 22:6)
 
Des parents, en dépit d’un amour débordant et d’efforts diligents et fidèles pour les enseigner, se désolent de voir leurs enfants grandir dans la contestation et pleurent pendant que leurs fils et leurs filles continuent dans une course aux conséquences tragiques. J’éprouve une immense sympathie pour ces parents, et j’ai l’habitude de leur citer les paroles d’Ézéchiel : « Le fils ne portera pas l’iniquité de son père, et le père ne portera pas l’iniquité de son fils. » (Ézéchiel 18:20)
 
Mais ceci est l’exception plutôt que la règle. L’exception ne nous excuse pas non plus de faire tous les efforts pour exprimer l’amour, montrer l’exemple, et corriger par le précepte ceux dont le Seigneur nous a confié la responsabilité sacrée.
 
Je connais un couple merveilleux dont les enfants plus âgés, devenus grands, se sont mariés en justes noces, et ont vécu leurs vies d’une façon qui a réjoui ce couple. Ils sont devenus des membres accomplis et responsables qui apportent leur contribution à la société. Ils ont eu aussi un cadet, garçon brillant et plein de talents. Ses camarades d’école l’ont attiré sur d’autres chemins, et petit à petit a adopté un style de vie étranger à celui de sa famille. Il était mal tenu. Il semblait incapable de s’intéresser à autre chose qu’à lui-même. Il fit des choses qui attristèrent et génèrent ses parents. Son père ne savait plus quoi faire. Il réprimandait et menaçait, mais cela ne fit que rejeter son fils hors du foyer. Sa mère priait et pleurait. Mais elle maîtrisait ses sentiments et se taisait. Elle exprimait souvent son amour à son fils. Bien qu’il ait quitté le foyer, elle gardait sa chambre propre, son lit fait, et la nourriture qu’il préférait dans le réfrigérateur. Elle lui dit qu’à chaque fois qu’il voudrait venir à la maison, il serait le bienvenu. Les mois passèrent pendant que les cœurs souffraient. Puis le fils commença à revenir de temps en temps pour dormir.
 
Sa mère plaisantait avec lui, ne lui faisait pas de reproche, lui offrait de bons petits plats, l’embrassait et lui exprimait ouvertement et fréquemment son amour. Finalement, il commença à améliorer son aspect extérieur. Il resta à la maison plus souvent. Il finit par se rendre compte qu’il n’y avait pas d’endroit plus confortable et plus sûr ni d’endroit où l’on se sentait plus heureux que le foyer qu’il avait quitté. Il abandonna certaines de ses mauvaises habitudes. La dernière fois que je l’ai vu, il chantait avec sa mère en duo lors d’une réunion publique pendant que ceux qui connaissaient son histoire pleuraient de douces larmes de joie à la vue de leur réconciliation.
 
Nos enfants ne sont jamais perdus tant que nous ne les abandonnons pas ! L’amour, plus que toute autre chose les fera revenir au foyer. La punition n’est pas ce qu’il convient d’appliquer. Les réprimandes sans amour ne réussiront pas. La patience, l’appréciation, ajoutées à ce pouvoir étrange et remarquable que sont l’amour et la prière viendront finalement à bout de l’épreuve.
 
Je mets en parallèle cette situation avec celle d’une autre de mes connaissances, un ami d’enfance qui vivait près de chez moi. Nous formions un groupe d’amis très unis et nous avons grandi ensemble. Nous nous appréciions tous et nous aimions aller chez les uns et chez les autres, sauf, particulièrement, dans une maison. Je dois dire que je détestais le père de cette maison. Ses jeunes garçons étaient nos amis, mais lui c’était mon ennemi. Pourquoi une telle antipathie ? Parce qu’il fouettait ses enfants avec une ceinture ou il les frappait avec tout ce qu’il lui tombait sous la main lorsque sa colère vicieuse éclatait contre ce qu’il lui semblait la moindre provocation.
 
Il se peut que je détestais tellement cet homme en raison du contraste qui existait avec le foyer dans lequel je vivais, où nous avions un père qui, par quelque procédé magique, pouvait discipliner sa famille sans faire appel à des punitions brutales, encore que parfois nous les aurions méritées.
 
J’ai vu les conséquences du caractère de ce voisin. Elles se sont répercutées dans la vie troublée de ses enfants. J’ai découvert qu’il faisait partie de ce groupe de parents qui semblent incapables de ne rien faire d’autre que d’exprimer de la violence envers leurs enfants. Je me suis aussi rendu compte que cet homme, dont je me souviens depuis mon enfance, n’est que l’exemple de milliers d’autres dans le monde qui abusent des enfants d’une façon ou d’une autre. L’image qu’il représente suggère des raclées, des coups de pieds, des gifles et on le regrette même, dans certaines circonstances, des sévices sexuels sur les petits enfants.
 
Je n’ai aucun plaisir à insister sur une description comme celle-là. Je veux seulement souligner que bien que la discipline soit nécessaire au sein des familles, elle n’est jamais justifiée lorsqu’elle est appliquée avec sévérité, cruauté, amertume et colère. Cela ne résout rien et ne fait qu’aggraver les choses.
 
L’éducation de base, la plus efficace, la plus persuasive et permanente trouve ses racines au foyer. Si la dureté, les abus, la colère non maîtrisée, la malhonnêteté, l’immoralité, et le manque de loyauté règnent au foyer, les conséquences s’en suivront certainement et selon toute vraisemblance, se répercuteront sur la génération suivante. Si, d’un autre côté, c’est la maîtrise personnelle, le pardon, le respect, la considération, l’amabilité, la grâce et la compassion qui règnent, là aussi les conséquences suivront et en vaudront la peine. L’exemple de parents sages, honnêtes et qui s’aiment fera bien plus que n’importe quoi pour faire entrer dans la tête des enfants les principes importants dont ils ont besoin pour régler leur propre vie.
 
Enseignez de bons principes aux enfants
 
La société n’en serait-elle pas influencée si on pouvait compter sur les parents pour enseigner des principes et des valeurs éprouvés par le temps, qui élèvent les individus dans la vertu et finissent par renforcer la société ? Alors que devrions-nous leur enseigner ?
 
Enseignez la civilité aux enfants. Dernièrement, nous avons été témoins d’une situation aberrante lors du démembrement de la Yougoslavie en groupes plein de haine que se sont entredéchirés. Il semble qu’il n’y ait pas de miséricorde. On tue les innocents sans considération. La haine paraît augmenter parmi les Croates, les musulmans, les Serbes et les Albanais.
 
Pourquoi une telle crise ? On nous a dit que cela vient du fait que pendant des générations la haine a été enseignée dans les foyers de ce pays. La haine envers ceux d’une origine ethnique différente de la sienne. La tragédie de la Bosnie-Herzégovine est le résultat désastreux de la haine semée dans le cœur des enfants par leurs parents. Nous pouvons protéger l’Amérique des conflits entre les groupes ethniques ou religieux de toutes sortes. Enseignons dans les foyers de notre pays que nous sommes tous enfants de Dieu, et qu’aussi sûrement que la Paternité existe, la Fraternité doit aussi être cultivée.
 
Les conflits entre les races disparaîtront lorsque nous reconnaîtrons que nous faisons tous partie d’une grande famille, chacun considéré également par le Tout-Puissant, surtout quand nous nous respectons mutuellement.
 
Tout cela c’est démodé ? Bien sûr que ça l’est. C’est aussi ancien que la vérité. Les familles divisées ne sont que l’expression d’un sophisme diabolique.
 
Enseignez la tolérance aux enfants. Personne n’a besoin d’abandonner ses croyances personnelles pour être tolérant envers ceux qui en ont de différentes.
 
Enseignez-leur le respect. Le respect d’autrui, la loyauté envers les amis et les associés, envers les institutions dont ils font partie, envers la nation dans laquelle ils vivent, envers le drapeau sous lequel ils sont.
 
Enseignez-leur la beauté de la liberté. Les libertés merveilleuses données par le « Bill of Rights », les dix premiers amendements de notre Constitution.
 
Enseignez-leur à obéir aux lois. Quand il y a des désaccords, il existe des moyens pacifiques et prévus pour régler les différends.
 
Enseignez-leur l’importance de la santé, du respect de leur corps et de leur esprit. Ils ne peuvent se permettre d’ingérer des substances destructrices sans en payer un prix terrifiant et qui les affaiblira.
 
Enseignez-leur la qualité de la charité et la signification du service. Enseignez-leur qu’il existe un Pouvoir supérieur auquel ils peuvent faire appel en sachant qu’ils en recevront de l’aide.
 
Enseignez-leur la joie et l’excitation qui ressortent de l’instruction, car plus ils apprennent, plus ils ont la possibilité d’acquérir de la connaissance. Cherchez à créer un environnement favorable à l’étude au foyer.
 
L’éditorial du Wall Street Journal rapportant les résultats extraordinaires et supérieurs sur le plan des études des élèves d’origine asiatique à Berkeley, l’Université de Californie, souligne : « Le facteur le plus important dans la montée de cette nouvelle élite américaine se trouve dans les relations familiales intenses et dévouées qui caractérisent le foyer asiatique… elles comprennent le respect des anciens et des principes élevés pour les enfants, tel qu’un travail assidu à l’école et des responsabilités en dehors des heures de cours matérialisées par des travaux dans l’entreprise d’un parent. »
 
Que les parents enseignent à leurs enfants que la sexualité est une chose sainte. Que le don de la création est sacré, que les pulsions qui brûlent en nous peuvent et doivent être disciplinées et contenues si l’on veut connaître le bonheur, la paix, la bonté et l’estime de soi. Enseignez leur la fidélité l’un envers l’autre, que le mariage est sacré, que de bonnes relations familiales sont la base pour asseoir une vie agréable et productive. Instillez dans l’esprit de chaque jeune homme un fait important et capital : que chaque jeune fille est une enfant de Dieu, et qu’en offensant celle-ci, il ne montre pas seulement sa propre faiblesse, mais il offense aussi Dieu. Faites-lui comprendre que le fait d’engendrer un enfant suscite des responsabilités qui dureront aussi longtemps qu’il vivra.
 
Les parents ont la responsabilité d’enseigner les enfants dans la lumière et la vérité. Enseignez la vérité par l’exemple et le précepte. Que voler c’est mal, que tricher c’est mal, que le mensonge est une tache sur celui qui le commet.
 
Enseignez-leur à être honnêtes, que lorsque l’intégrité personnelle s’érode, l’âme et l’esprit se corrodent, que la violation de l’intégrité personnelle ne suscite pas seulement la méfiance d’autrui, mais nous amène à nous demander si nous pouvons nous faire confiance.
 
Ce qui est peut-être le plus important, c’est d’enseigner aux enfants la signification et l’importance de l’amour. Faites-le en les aimant et en leur accordant la chaleur, la sécurité et le soutien qui en découlent. Un autocollant célèbre sur les pare-chocs proclame : «Avez-vous embrassé votre enfant aujourd’hui ? » Quel bonheur pour l’enfant qui ressent l’affection, l’acceptation, l’amour sans condition de ses parents ! Cette chaleur, cet amour porteront des fruits dans les années qui suivront.
 
Apprenez aux enfants à travailler
 
Je ne sais pas depuis quand on dit : « L’oisiveté est la mère de tous les vices. » Mais c’est toujours vrai. Les enfants doivent apprendre à travailler. L’idéal c’est d’apprendre avec leurs parents, en lavant la vaisselle, en passant la serpillière, en tondant la pelouse, en taillant les arbres et les haies, en peignant, en réparant et en nettoyant, et en faisant des centaines d’autres choses afin de comprendre que le travail est le prix à payer de la propreté, du progrès, et de la prospérité. Surprotéger les enfants n’amène que des problèmes. Qu’ils grandissent dans le respect et la compréhension de ce qu’est le travail, de se rendre utile au sein du foyer et à l’extérieur, en lui fournissant le moyen de gagner leur argent de poche. Des centaines de milliers de jeunes dans ce pays grandissent avec l’idée que la façon de gagner quelque chose consiste à le voler.
 
Un peu de travail énergique apprend à respecter davantage la propriété privée et publique. Je me souviens encore d’une expérience que j’ai vécue lors de ma première année au lycée. Je mangeais mon lunch avec d’autres garçons. Je pelais une banane et je jetais la peau par terre lorsque le principal passa par là. Il me demanda de la ramasser. Je dis qu’il « demanda », mais il y avait une fermeté glaciale dans le ton qu’il employa. Je me levais du banc où j’étais assis et ramassais la peau de banane pour la jeter dans la poubelle. Il y avait d’autres débris autour de la poubelle. Il me dit que pendant que j’y étais je pouvais aussi les ramasser. Je le fis. Je n’ai jamais plus jeté de peau de banane par terre. Cela m’amène à me demander si les graffitis ne disparaîtraient pas plus vite si on obligeait tous ceux qui les font à les effacer.
 
Dans les tâches que nous donnons à nos enfants, nous pouvons leur montrer par l’exemple que certaines de nos plus belles réalisations proviennent du service rendu à autrui. L’égoïsme est un élément destructeur, rongeur, et corrosif de la vie de nombreuses personnes. Mais l’antidote de l’égoïsme c’est le service, c’est se tourner vers nos proches, à l’intérieur du foyer et au-delà des murs de notre maison. L’enfant qui grandit dans un foyer où vivent des parents égoïstes et repliés sur eux-mêmes développera vraisemblablement ces tendances dans sa vie. D’un autre côté, l’enfant qui voit son père et sa mère renoncer à leur confort personnel pour se tourner vers les personnes dans la misère suivra vraisemblablement le même modèle quand il deviendra adulte.
 
Lisez avec les enfants
 
La télévision est peut-être le plus grand média jamais inventé pour enseigner, instruire et même distraire. Mais il est déplorable de voir dans les foyers s’étaler la saleté, la pourriture, la violence, et la vulgarité sur les écrans de télévision. C’est une triste constatation sur notre société. Le fait que la télévision soit allumée six ou sept heures par jour dans la plupart des foyers américains fait ressortir une situation d’une importance inquiétante. Une étude présentée par l’American Psychological Association a montré qu’un enfant normal qui commence à l’âge de trois ans à regarder la télévision vingt-sept heures par semaine aura vu huit mille meurtres et cent mille actes de violence à l’âge de douze ans.
 
Il ne fait aucun doute que la télévision et l’Internet peuvent créer une dépendance. Je plains les drogués de la télé, et je me fais du souci pour ceux qui ne peuvent se passer de surfer sur l’Internet, lequel, tout comme la télévision, présente beaucoup de bonnes choses sur le plan éducatif, mais apporte sans discernement énormément de maux à notre société.
 
Je suis désolé de voir que des parents ne font pas la lecture à leurs enfants. D’un autre côté, je suis désolé que des enfants ne découvrent pas les merveilles qui se cachent dans les bons livres. C’est vraiment stimulant de pénétrer l’esprit des grands penseurs lorsqu’ils s’expriment dans une langue raffinée et polie sur des questions importantes et profondes ! J’ai lu un jour que l’éducation de Thomas Jefferson s’appuyait sur les citations magnifiques de la Bible du roi Jacques. Quelle merveilleuse possibilité non seulement de marcher avec les grands hommes, et même avec Jéhovah lui-même, mais aussi de lire et de savourer la langue majestueuse des prophètes de l’ancien temps traduite dans un bel anglais magnifique. On devrait encourager les enfants à lire la grande littérature d’autrefois, tout autant que ce qui nous est présenté par les grands esprits de notre époque.
 
Un de mes amis, docteur en philosophie dans une de nos grandes universités m’a envoyé un livre qu’il apprécie particulièrement. Il est intitulé There was Light (et la lumière fut). Il raconte l’histoire de Jacques Lusseyran, un garçon qui vivait à Paris et qui devint aveugle à l’âge de huit ans. Lorsque l’obscurité l’envahit, une nouvelle lumière apparut dans sa vie. Il était adolescent lorsque les Allemands conquirent la France et que les hordes de soldats entrèrent dans Paris. Une bande de traîtres format le gouvernement de Vichy en dépit des grandes traditions de cette grande et fière nation. Cet aveugle, étudiant brillant, organisa un groupe de résistants. Ses compagnons et lui firent une opération clandestine, éditèrent un petit journal qu’ils distribuèrent en le dupliquant. Leurs efforts leur permirent de distribuer, à chaque édition, plus de deux cent cinquante mille exemplaires de leur journal. Puis ils furent trahis, arrêtés et envoyés à Buchenwald. Il y vécut avec d’autres victimes dans la saleté et le désespoir. Il ne voyait pas, mais une lumière intérieure lui permit de surmonter les circonstances tragiques qu’il endurait. Il survécut et fut un dirigeant dans ce camp infâme. La petite publication qu’il démarra devint le grand quotidien France-Soir. J’ai lu ce livre et j’ai été inspiré et renforcé par l’histoire de ce jeune homme remarquable.
 
J’ai visité la majestueuse Bibliothèque du Vatican à Rome, et cela a été pour moi une expérience des plus inspirantes de voir ces anciens textes enluminés, vieux de centaines et de centaines d’années, préservés pour le bien de l’humanité. De même, j’ai eu l’occasion d’étudier au British Museum, dans la magnifique bibliothèque de Grande-Bretagne, avec tous ses immenses rayons chargés de centaine de milliers de livres.
 
Il émane d’une grande bibliothèque une atmosphère proche du sacré, car elle conserve la sagesse, la connaissance et les pensées profondes d’hommes et de femmes de toutes les époques, accumulées sous un même toit. J’aime les livres. Un livre est quelque chose de merveilleux. On peut le prendre. On peut en apprécier le volume. On peut le lire. On peut le poser. On peut réfléchir à ce qu’on y a lu. Il nous influence. On peut avoir accès aux grandes pensées, aux grandes actions et aux grands évènements décrits dans ses pages.
 
On a demandé un jour à Emerson quel livre parmi tous ceux qu’il avait lus avait le plus influencé sa vie. Il répondit qu’il ne pouvait pas plus se souvenir des livres qu’il avait lus que des repas qu’il avait pris, cependant, il en était le produit. Nous sommes tous le résultat des éléments auquel nous sommes exposés.
 
Les parents savent que leurs enfants liront. Ils liront des livres, des magazines et des journaux. Cultivez en eux le goût de lire les meilleurs livres. Quand ils sont jeunes, lisez-leur les merveilleuses histoires devenues immortelles en raison des principes vertueux qu’ils enseignent. Réservez un coin dans la maison, aussi petit soit-il, où ils verront au moins le genre de livres des grands esprits qui s’en sont nourris.
 
Priez ensemble
 
Les parents devraient apprendre à leurs enfants à prier dès leur jeunesse. La prière est-elle une chose si difficile ? Est-il si dur pour les parents de s’agenouiller avec leurs petits-enfants et de se tourner vers le trône divin afin d’exprimer sa reconnaissance pour les bénédictions, de prier pour ceux qui sont dans la misère, en même temps que pour ses propres besoins ?
 
La prière est une chose puissante ! J’en témoigne. C’est une perte tragique pour la famille qui refuse de bénéficier de cette pratique précieuse et simple.
 
Je crois qu’il n’y a pas de meilleure habitude que de s’agenouiller ensemble, matin et soir, en une prière familiale. Cette pratique, plus que les beaux tapis ou les derniers rideaux à la mode, sera bien plus efficace pour améliorer et embellir les foyers.
 
Je ne connais rien de plus efficace pour diminuer les tensions familiales, pour amener doucement au respect des parents, et qui suscite l’obéissance, pour inviter l’esprit de repentance qui guérira les blessures des foyers brisés, que de prier ensemble, confessant nos faiblesses ensemble devant le Seigneur et invoquant ses bénédictions sur le foyer et sur ceux qui y vivent.
 
Pouvons-nous améliorer nos foyers ? Oui, en nous tournant, en tant que familles, vers la source de la pure beauté. Pouvons-nous renforcer notre société pour en faire un meilleur lieu de vie ? Oui, en renforçant la vertu dans notre vie familiale en s’agenouillant et en suppliant le Tout-Puissant au nom de son Fils bien-aimé.
 
Je ne connais rien de mieux pour cultiver le désir de faire ce qui est juste que de demander humblement pardon à celui dont c’est le droit de pardonner, et de lui demander la force de vivre en dépit de nos faiblesses.
 
Je ne connais rien de mieux pour développer l’esprit de reconnaissance chez les enfants que tous les membres de la famille s’agenouillent pour remercier le Tout-Puissant de ses bénédictions. Ce genre de manifestation humble fera des merveilles pour amener les enfants à reconnaître que Dieu est la source des précieux dons que nous avons.
 
Le monde dans lequel vivent nos enfants est complexe et difficile. Ils vont inévitablement voguer sur des océans d’adversité. Ils auront besoin de toute la force et de la foi que leurs parents peuvent leur donner pendant qu’ils sont encore au foyer. Et ils auront aussi besoin de la force supérieure qui vient du Tout-Puissant. Ils doivent soulever le monde, mais ils auront besoin de l’aide du Seigneur pour y arriver. Pendant leur jeunesse, priez avec eux afin qu’ils se rendent compte de l’existence de cette force qui sera toujours disponible à chaque fois qu’ils en auront besoin.
 
L’origine des problèmes de la société se trouve pratiquement dans le foyer. Si on doit réformer, changer, revenir aux anciens principes sacrés de la vertu, cela doit se faire au foyer, par des parents incitant les enfants à acquérir les vertus qui les renforceront pour qu’ils deviennent de bons citoyens.
 
Ce foyer peut être très modeste. Il peut être dans un environnement défavorisé, mais avec un père et une mère aimants il peut devenir un endroit merveilleusement propice à l’éducation. Sam Levenson dit qu’il a grandi dans un immeuble surpeuplé de New York où l’environnement était déplorable. Sa mère a élevé dans ce taudis huit enfants précieux. Il dit : « les principes moraux du foyer devaient être supérieurs à ceux de la rue. » Lorsqu’ils ne se conduisaient pas bien sa mère avait l’habitude de leur dire : « vous n’êtes pas dans la rue, ici ; vous êtes chez nous. Ce n’est pas une cave d’immeuble ou une salle de billard. Ici nous agissons comme des êtres humains. »
 
On ne crée pas et on ne maintient pas de bons foyers sans effort. Cela exige de la discipline, pas tant de la part des enfants que de soi-même. Ils exigent du respect pour les autres, un respect qui vient naturellement lorsque nous acceptons la parole révélée du Seigneur concernant le but de la vie, la nature sacrée de l’unité familiale, et le fait que chaque membre de la famille est un enfant de Dieu.
 
En faisant des efforts, nous pouvons changer le cours que nous suivons actuellement. Nous devons commencer par les parents. Nous devons faire comprendre à chaque homme et chaque femme le but éternel de la vie, les obligations du mariage et les responsabilités de la paternité et de la maternité. Nous devons ensuite enseigner notre jeunesse de toutes races, langues et cultures qu’il existe une meilleure voie que celle que tant d’entre eux suivent. Cela demandera de la patience, de la persuasion et les conseils avisés des pères et des mères. Il faudra aussi faire appel à la direction spirituelle qui dépasse notre propre sagesse.
 
C’est au sein de la famille que l’on enseigne le mieux les principes de vérité, d’intégrité, que l’on apprend à se discipliner et à s’aimer. C’est au foyer que nous apprenons les valeurs et les principes directeurs de notre vie. C’est au foyer que nous déciderons ce pour quoi nous voulons nous battre.

ÉPILOGUE : LA SOLITUDE DE LA DIRECTION MORALE
 
Le dirigeant est seul pour défendre ses principes. Les hommes et les femmes intègres doivent vivre à la hauteur de leurs convictions. S’ils ne le font pas, ils sont malheureux.
 
Il y a quelques années le Général Mark W. Clark a dit à propos de l’art de diriger : « Toutes les nations la recherchent constamment parce que c’est la clé de la grandeur, et quelquefois de la survie… cette insaisissable et électrique qualité qu’est l’art de diriger. Où commence la délinquance juvénile ? Dans les familles sans direction. Où les taudis se développent-ils ? Dans les villes sans direction. Quelles sont les armées qui sont vaincues ? Quels sont les partis politiques qui échouent ? Celles et ceux qui sont mal dirigés. Contrairement au vieux dicton qui affirme que l’on ne devient pas dirigeant, mais que l’on naît dirigeant, j’affirme que l’art de diriger peut être enseigné et peut être maîtrisé. »
 
Ce dont nous avons désespérément besoin aujourd’hui sur tous les fronts, dans nos foyers et nos communautés, dans les salles de classe et les pensionnats, et certainement dans la société dans son ensemble, ce sont des dirigeants, des hommes et des femmes disposés à se battre pour leurs convictions. Nous avons besoin de gens honnêtes, prêts à défendre la décence, la vérité, l’intégrité, la moralité, la loi et l’ordre ; à suivre leur conscience même lorsque c’est impopulaire, surtout lorsque c’est impopulaire.
 
Il importe que les dirigeants apprennent à parler de façon convaincante avec tact et sans agressivité. J’aime le récit que Paul fait devant Agrippa de son expérience sur le chemin de Damas. Le Seigneur l’a instruit lorsqu’il était à terre : « mais lève-toi, et tiens-toi sur tes pieds ; car je te suis apparu pour t’établir ministre et témoin des choses que tu as vues et de celles pour lesquelles je t’apparaîtrai… afin que tu leur ouvres les yeux, pour qu’ils passent des ténèbres à la lumière. » (Actes 26:16, 18)
 
Le problème chez beaucoup d’entre nous c’est que nous avons peur de défendre ce que nous croyons, de témoigner de la vérité et de la justice. Nous voulons faire ce qui est bien, mais la crainte nous en empêche. Alors nous restons assis, et le monde passe sur nous, et la société adopte de plus en plus d’attitudes et de façons de se comporter que la plupart d’entre nous réprouvent.
 
J’étais timide par nature. Quand je suis parti comme missionnaire pour mon Église à l’âge de vingt-trois ans, mon père m’a donné un seul conseil. C’est devenu, je crois, la plus grande aide dans ma vie. Il m’a cité les paroles du Seigneur au dirigeant de la synagogue à qui l’on avait dit que la fille était décédée. « Ne crains pas, crois seulement » (Marc 5:36). Je recommande ces paroles merveilleuses à tous ceux qui sont appelés à se battre pour leurs convictions, et à le faire en conséquence et avec confiance.
 
Le 27 février 1860, Abraham Lincoln, candidat républicain à la présidence, fit un discours très important sur sa carrière politique. Il attaqua, entre autres, la position pro esclavagiste de son adversaire, Stephen A. Douglas. Il conclut sa présentation en encourageant fermement son parti à défendre les principes qu’ils avaient adoptés : « Ne nous laissons pas détourner de notre devoir par de fausses accusations, et ne soyons pas effrayés par les menaces de destruction du gouvernement ni du danger de la prison pour nous-mêmes. Ayons la foi que le pouvoir procède de la justice. En définitive, osons faire notre devoir tel que nous le comprenons en nous appuyant sur cette foi ». La foi est une vertu irremplaçable pour chacun d’entre nous, surtout pour qui dirige, que ce soit une nation, une société, ou une famille.
 
Le dirigeant se trouve vraiment très seul. Il en est ainsi parce que nous devons vivre avec nous-mêmes, même si cela signifie abandonner des relations ou des objectifs. Nous devons vivre en accord avec notre conscience. Nous devons vivre en accord avec nos sentiments intimes. Nous devons nous battre pour les valeurs et les croyances que nous avons adoptées et qui font partie de notre personnalité.
 
Il en a toujours été ainsi. Le prix à payer pour diriger, c’est la solitude. Le prix pour être en accord avec sa conscience, c’est la solitude. Le prix pour être en accord avec ses principes, c’est la solitude. Je crois que c’est inévitable. Le Sauveur du monde fut un homme solitaire. Je ne connais pas de déclaration plus pathétique qui souligne sa solitude que lorsqu’il dit : « Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. » (Mathieu 8:20)
 
Aucune image dans l’histoire n’illustre mieux la solitude que celle du Sauveur sur la croix, seul, le Rédempteur de l’humanité, le Sauveur du monde, le Fils de Dieu souffrant pour nos péchés à tous. Je reviens aux paroles de Paul : « persécutés, mais non abandonnés ; abattus, mais non perdus » (2 Corinthiens 4:9). Il n’est pas facile d’être vertueux quand tous ceux qui nous environnent incitent à la critique et méprisent la vertu.
 
Il n’est pas facile d’être honnête quand tous ceux qui nous environnent ne sont intéressés que par l’argent facile, et sont prêts à faire des compromissions sur presque tous les principes pour acquérir la célébrité, le pouvoir, le prestige, la notoriété ou le profit. Il n’est pas facile d’être tempérant lorsque la société se moque de la sobriété. Il n’est pas facile d’être industrieux dans une société orientée vers le loisir où personne ne croit à la valeur du travail.
 
Le dirigeant est seul lorsqu’il s’agit de défendre ses principes. Les hommes et les femmes intègres se doivent de vivre à la hauteur de leurs convictions. S’ils ne le font pas, ils sont malheureux, terriblement malheureux. Il peut y avoir des épines, des déceptions, des soucis et de la souffrance, des cœurs déchirés et un immense chagrin, un sentiment de solitude sans espoir, il y aura cependant du réconfort et de la force ainsi que cette « paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence » (Philippiens 4:7).
 
Jamais dans l’histoire on n’a eu plus besoin de dirigeants avec des principes pour montrer la voie. Jamais auparavant, au moins dans notre génération, les forces du malin n’ont été plus flagrantes ni plus terribles, ni plus agressives qu’à notre époque. Des choses dont on n’aurait même pas osé parler il y a encore peu, sont maintenant constamment déversées dans nos salles de séjour. Toute sensibilité a disparu alors que les journalistes et les politiciens débattent sans détour de choses répugnantes qui ne suscitent que la curiosité malsaine et la tendance à mal faire.
 
Il est impossible et cela manquerait de sagesse, d’ériger un mur entre le comportement privé et les responsabilités publiques, même si certains ne reculent devant rien pour prétendre que c’est la seule façon de se comporter en individus « éclairés ». Ils ont tort. Ils se trompent. De par sa nature même, le véritable art de diriger contient en lui-même la nécessité de montrer l’exemple. Est-ce trop demander aux représentants élus de prendre position et de se présenter en modèle devant le peuple, non seulement dans le cadre ordinaire de leur office, mais aussi dans leur comportement personnel ? Si les responsables au plus haut niveau ne fixent pas des règles qu’ils respecteront, il faut s’attendre à voir le comportement de la base sapée sérieusement et mise en danger. En vérité, dans toute organisation où cela se passe, que ce soit la famille, l’entreprise, la société ou la nation, les valeurs que l’on néglige finissent par disparaître.
 
Nous sommes partie prenante dans une bataille gigantesque. Une bataille entre le bien et le mal, entre la vérité et l’erreur, entre les desseins du Tout-Puissant, d’un côté, et ceux de Lucifer, de l’autre. C’est pourquoi, nous avons désespérément besoin d’hommes et de femmes prêts à défendre, chacun dans sa sphère d’influence, la vérité dans un monde de sophisme. J’ai vécu assez longtemps pour savoir maintenant que la plupart des campagnes politiques se ressemblent. J’ai entendu, encore et toujours, les discours mielleux qui apportent la victoire dans les urnes, mais ne semblent jamais être mis en application. Nous avons besoin d’hommes et de femmes, de gens qui défendent les principes, qui s’engagent dans le processus politique. Sinon, nous abandonnons le pouvoir à ceux dont les desseins sont presque toujours égoïstes.
 
Les grands dirigeants doivent être prêts à défendre la vertu et les principes moraux, dans un monde où la saleté, l’immoralité, la pornographie, et leur lot de méfaits se déversent sur nous tel un déluge. Ils doivent défendre l’intégrité au travail, au foyer, et en fait, partout où c’est nécessaire. Nous ne pouvons nous permettre le luxe de nous retirer dans notre tour d’ivoire pour nous occuper de nos seuls intérêts. Nous avons besoin de voix fortes. Le poids de notre position doit être suffisamment fort pour faire pencher le fléau de la balance vers la vérité et le bien.
 
L’art de diriger exige d’être loyal, envers nos associés, envers ce que nous ont légué nos ancêtres, envers notre nom honorable, évidemment envers notre famille, et envers la foi à laquelle nous adhérons. Quelle merveilleuse qualité que la loyauté ! À de rares exceptions près, nous devons travailler ici-bas en équipe. Personne ne viendra contredire le fait que, s’ils veulent gagner, les joueurs sur le terrain de foot ou dans la salle de basket-ball doivent tous travailler loyalement les uns avec les autres. Il en est de même pour chacun d’entre nous dans la vie. Nous travaillons en équipe et nous devons être loyaux.
 
William Manchester, alors un jeune marine, a participé à la terrible bataille d’Okinawa. Il fut grièvement blessé, mais retourna ultérieurement au combat dans le feu d’enfer de Shuri Line, où des milliers de soldats périrent de chaque côté. Des années plus tard, il retourna à Okinawa et parcouru les crêtes qui portaient encore les traces des combats. En méditant sur ces jours terribles, il écrivit : « Les hommes, je le sais maintenant, ne combattent pas pour le drapeau ou le pays, pour le Marine Corps ou la gloire ou toute autre abstraction. Ils combattent pour chacun d’entre eux. Un homme au combat qui fait défaut aux camarades qui vont mourir pour lui, ou pour celui d’entre eux qui est prêt à mourir n’est pas un homme. En vérité il est damné. »
 
Chacun d’entre nous représente le dernier chapitre d’une longue lignée de générations. Au cours des siècles passés, nous avons eu de nombreux ancêtres qui ont fait des sacrifices terribles pour ce que nous avons aujourd’hui. Ils nous ont laissé un nom honorable qui a été sauvegardé pendant des générations. Le nom que nous portons est un trésor précieux qui doit être gardé sans tache, afin de le transmettre à la génération suivante sans souillure et sans motif de honte. Nous devons être loyaux vis-à-vis de ceux qui nous ont précédés.
 
Nous ne pouvons rester indifférents à la grande cause de la vérité et du bien. Nous ne pouvons nous permettre de rester sur la touche et regarder jouer les forces du bien et du mal. Jean l’évangéliste a écrit : « Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. » (Apocalypse 3:15-16)
 
L’image que nous présente Jean est frappante. Elle illustre notre devoir capital de se tenir fermement, afin de devenir des dirigeants qui doivent défendre ces causes qui permettent à notre civilisation de briller. Nous pouvons tous être des dirigeants dans notre sphère d’influence. L’adversaire de toute vérité voudrait instiller en nous le refus de faire des efforts; nous devons refuser cette peur et nous montrer vaillants dans la cause de la vérité, de l’honnêteté, et du bien.
 
Les hommes et les femmes qui désirent contribuer de façon significative à notre société verront de ce fait leur capacité à agir se développer grâce à plusieurs principes simples. Peter Drucker a un jour étudié les dirigeants des plus grandes sociétés commerciales des États-Unis. Après maintes analyses et études, il en est arrivé à la conclusion que « la capacité à encadrer a peu de rapport avec l’intelligence, l’imagination ou le brio. » Il a plutôt découvert que les dirigeants efficaces font quatre choses :
 
Ils gèrent bien leur temps ;
 
Ils ont un œil fixé sur les nouveaux développements ;
 
Ils s’appuient sur la force de leurs collaborateurs ;
 
Ils étouffent les problèmes et ils saisissent les occasions.
 
Un dirigeant efficace gère bien son temps. Le temps est en fait tout ce que nous avons, et tout un chacun en a une portion égale. Le truc c’est de retirer un maximum du temps dont nous disposons. Les hommes et les femmes qui savent comment gérer leur temps sont à mi-parcours de la victoire.
 
Les dirigeants doivent se tenir au courant. Ils doivent lire et étudier. Ils doivent regarder vers l’avenir et ne pas vivre dans le passé.
 
Les bons dirigeants s’appuient sur la force de leurs collaborateurs. Personne ne peut tout faire tout seul. Tous les cadres, tous les dirigeants, tous les directeurs, tous les parents ont besoin d’avoir autour d’eux un ensemble de collègues sur qui s’appuyer. Cette synergie mène au succès. Si chaque membre de l’organisation fait ce qu’il a à faire, il participera au succès de tous.
 
Le quatrième problème est en fin de compte le plus étonnant encore que le moins compris. Un dirigeant avisé étouffe les problèmes et saisit les occasions. Quel concept merveilleux que celui-ci ! C’est tellement facile de faire le contraire, de gonfler les problèmes et de laisser échapper les occasions. Je passe une grande partie de mes journées à me battre pour résoudre des problèmes. J’ai l’impression que tous ceux qui rentrent dans mon bureau ou qui m’écrivent ont un problème.
 
Il y a peu, à la fin d’une longue journée pénible au cours de laquelle j’avais eu à faire face à plusieurs problèmes litigieux, je me suis dit :
 
« Comment peux-tu y arriver ? À t’occuper constamment de problèmes de ce genre, tu vas y laisser la peau. » Et puis j’ai pensé à ce qu’avait dit Peter Drucker et je me suis dit :
 
« Traite le problème du mieux que tu le peux. Prends tes décisions. Tu peux avoir raison, ou tort. Espère avoir raison, car tu as prié sincèrement sur ce problème et tu en as discuté avec tes associés. Mais une fois que ces décisions sont prises, classe-les et n’y pense plus. Fais demi-tour, lève-toi, redresse la tête et regarde devant toi les magnifiques opportunités qui s’offrent à toi. »
 
Il est pratiquement impossible pour un responsable de voir l’ensemble de la situation, ou de réussir, s’il n’apprécie pas le potentiel formidable des êtres humains et s’il ne persiste pas à pointer vers l’excellence. La première fois que j’ai lu le célèbre monologue d’Hamlet, c’était il y près de soixante-dix ans dans une classe d’anglais au collège : « Quel chef d’œuvre que l’homme ! Qu’il est noble dans sa raison ! Qu’il est infini dans ses facultés ! Que son expression dans sa forme et son mouvement est admirable ! Il est comme un ange lorsqu’il agit ! Il est comme un dieu dans sa compréhension ! C’est la beauté du monde ! Le parangon des animaux ! »
 
Il faut admettre que ces paroles d’Hamlet étaient ironiques. Et pourtant il y a tellement de vérité. Elles décrivent le grand potentiel d’excellence qui se trouve chez l’homme et chez la femme. Si Shakespeare n’avait rien écrit d’autre, on se serait souvenu de lui pour ce monologue. On peut faire le parallèle avec les paroles de David : « Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, la lune et les étoiles que tu as créés : Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui Et le fils de l’homme, pour que tu prennes garde à lui ? Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu, et tu l’as couronné de gloire et de magnificence. » (Psaumes 8:4-6)
 
Les magnifiques paroles prononcées par David décrivent la merveille qu’est l’homme. Nous sommes plus que le fils ou la fille de monsieur et madame Untel qui résident à tel endroit. Nous faisons partie de la famille de Dieu, et sommes dotés d’un potentiel fabuleux pour atteindre l’excellence.
 
La distance qui sépare la médiocrité de l’excellence peut être vraiment minime. On peut le voir durant les Jeux Olympiques lorsque la différence se mesure en centièmes de seconde. Un petit effort supplémentaire peut faire une différence importante.
 
Nous ferions tous bien de rechercher la voie supérieure de l’excellence. Il y a peu, j’ai relu un vieux livre de Lytton Strachey : « Life of Florence Nightingale » (La vie de Florence Nightingale). En le relisant, j’ai ressenti un regain d’admiration et de respect pour cette jeune noble d’Angleterre qui a fait la différence.
 
Elle est née dans la haute société, née pour les fêtes et les bals, pour aller aux courses et rayonner en société. Mais elle n’a rien connu de tout cela. Même ses parents ne la comprenaient pas. Son désir irrésistible la poussait à vouloir soulager la douleur et la souffrance, à guérir, et à rendre moins meurtriers les hôpitaux de l’époque. Elle ne s’est jamais mariée. Elle s’est dévouée aux soins et est devenue une experte selon la connaissance alors disponible.
 
La Grande-Bretagne s’est trouvée impliquée dans la guerre de Crimée. Miss Nightingale avait des amis à la tête du gouvernement et elle a insisté sans repos pour les persuader qu’on la nomme responsable de l’hôpital de Scutari, où arrivaient des milliers de victimes de guerre. La situation qui l’attendait était des plus désespérantes. Un vieux hangar servait d’hôpital. Les conditions sanitaires étaient terribles ; les matériels de cuisine étaient horribles. Les blessés étaient entassés dans de grandes pièces où régnaient des odeurs affreuses et où l’on entendait les cris des gens qui souffraient.
 
Cette frêle jeune femme se mit au travail avec ceux qu’elle avait recrutés pour l’accompagner. Ils abattirent les murs de la bureaucratie. Mr Strachey écrit : « Pour ceux qui la voyaient travailler parmi les malades, circulant jour et nuit de lit en lit, courageuse, stoïque, veillant infatigablement, il semble que la force concentrée d’un dévouement entier et sans égal pouvait à peine suffire pour cette première partie de sa seule tâche. Comme par magie Miss Nightingale était partout, dans cet immense hôpital où la souffrance était à son comble et le besoin d’aider encore plus grand. »
 
Les lits qui abritaient les blessés s’étalaient sur six kilomètres avec à peine de place pour passer entre eux. Mais, après six mois, « … la confusion et la tension dans les services avaient disparu ; l’ordre et la propreté régnaient ; les fournitures étaient de bonne qualité et arrivaient rapidement ; un travail de nettoyage important avait été effectué. Une seule comparaison des chiffres suffit à révéler le changement extraordinaire : le taux de mortalité parmi les cas traités était tombé de 42 % à 0, 22 %. »
 
Cette dirigeante étonnante avait réalisé un miracle absolu. Des milliers de vies ont été sauvées. Des souffrances ont été atténuées. Le réconfort, la chaleur et la lumière ont pénétré dans la vie d’hommes qui seraient morts dans un endroit obscur et terrifiant.
 
La guerre prit fin. Florence Nightingale aurait pu revenir à Londres comme une héroïne. La presse populaire avait chanté ses louanges. Son nom était connu de tous. Mais elle revint incognito pour échapper à l’adulation qu’elle aurait reçue.
 
Elle continua son travail pendant cinquante ans, passant des hôpitaux militaires aux hôpitaux civils, jusqu’à sa mort à un âge avancé. Il est probable qu’aucune autre femme dans l’histoire du monde n’a plus fait pour diminuer la misère de l’homme que « la dame à la lampe ». Sa vie symbolisait l’excellence. Bien que de temps en temps, elle fût seule, sa vie fut un modèle de direction morale.
 
Ma femme aime raconter l’histoire d’une de ses amies, qui devint orpheline dans sa prime jeunesse. Elle avait à peine connu sa mère. En grandissant, elle se posait des questions sur sa mère : quel genre de fille, quel genre de femme avait-elle été ? Un jour elle trouva un vieux carnet de notes ayant appartenu à sa mère. L’instituteur avait noté : « Cette élève est excellente dans tous les domaines ». Lorsqu’elle eut lu cela, son attitude changea complètement. Elle se rendit compte que sa mère avait été une femme d’excellence. Elle acquit la patine de l’excellence et devint une femme remarquable. Elle épousa un homme accompli et leurs enfants se sont distingués par leur excellence.
 
Je me souviens d’un concert au Tabernacle de Salt Lake City. La musique était dispensée par le Chœur du Tabernacle, l’orchestre symphonique de l’Utah et les King’s Singers. C’était vraiment l’excellence ! La première fois que j’ai entendu les King’s Singers, j’ai été enchanté par leur musique. Il s’agit de six Anglais qui chantent de tout, du madrigal d’autrefois à la pop musique moderne. Ils sont de diverses origines, mais chacun d’eux est un chanteur accompli. On ne peut imaginer les centaines d’heures qu’il a fallu pour chacun d’entre eux à répéter et à pratiquer seul pendant de nombreuses années, pour arriver à l’excellence qu’ils affichent maintenant avec une apparente facilité.
 
Il n’est rien de plus satisfaisant au monde que de bien accomplir sa tâche. Il n’est pas de récompense plus agréable que celle qui vient de la maîtrise d’un problème ou d’un défi qui sort de l’ordinaire. Je souhaiterais que chacun d’entre nous décide de faire mieux que ce qu’il fait actuellement. Nous sommes toujours à la recherche de l’excellence. Cette recherche doit être continuelle et sans fin. Nous devons y dépenser notre énergie avec détermination. En tant que nation et en tant que peuple, nous n’atteindrons pas cette position d’excellence devant le monde tant que nous n’aurons pas commencé à rétablir et rebâtir une base forte sur laquelle reposeront la morale, l’éthique, et la spiritualité. Heureusement, ce noble et crucial objectif n’exige pas que nous ayons du génie. Cela exige de la persévérance et de l’engagement.
 
Un verset dans l’Ecclésiaste nous rappelle que « la course n’est point aux agiles ni la guerre aux vaillants ». Ceux qui vainquent dans la vie sont en général ceux qui ont enduré jusqu’à la fin. L’engagement suscite une force formidable. Quelle force formidable dans la simplicité de l’objectif, dans le fait de se donner complètement à la réalisation d’un grand et noble but. Quelles merveilleuses conséquences découlent de notre engagement envers Dieu, de suivre ses enseignements, et de respecter les principes de vertu qui nous renforcent moralement et physiquement.
 
Le poète Emerson a écrit :
 
La grandeur est si proche de notre poussière,
 
Dieu est si proche de l’homme,
 
Lorsque le devoir murmure doucement :
 
Tu dois’, La jeunesse répond : ‘Je peux’.
 
L’apôtre Paul, prisonnier de Néron à Rome, a écrit : « Car ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse. N’aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur. » (2 Timothée 1:7-8) Je recommande cet encouragement émouvant à tous les gens qui ont des principes et sont vertueux. C’est l’esprit qui transformera et réformera le monde.
 
Prenons sur nous le nom du Seigneur, puis, avec foi, engageons-nous à partager judicieusement les choses qui modifieront la vie de toute l’humanité pour apporter la paix et la joie au monde. Le monde a besoin d’une génération d’hommes et de femmes instruits, influents et fidèles qui peuvent et veulent se présenter sincèrement et sans équivoque pour déclarer que Dieu vit et que Jésus est le Christ.
 
Nous trouvons sans conteste notre plus bel exemple d’excellence dans le Fils de Dieu. Il est le plus grand exemple d’excellence dans le monde entier. Il a condescendu à venir sur terre dans les circonstances les plus humbles. Il a grandi comme étant le fils de Joseph le charpentier. Il a lutté avec l’adversaire sur le mont des Oliviers.
 
Il est venu resplendissant dans toute sa magnificence pour enseigner le monde. Pendant son bref ministère, il a apporté plus de vérité, plus d’espérance, plus de miséricorde, plus d’amour que nul autre ici-bas. Il est mort au Calvaire pour chacun d’entre nous. Il fut le grand parangon de justice, le seul homme parfait ici-bas. Il est celui sur lequel nous devons axer notre vie, sur son exemple merveilleux dans notre quête éternelle de l’excellence.
 
Aucun d’entre nous n’arrivera à la perfection en un jour, ni en un mois, ni en un an. Nous n’y arriverons pas dans cette vie, mais nous pouvons commencer dès maintenant, en commençant par nos faiblesses les plus évidentes pour les transformer petit à petit en force tout au long de notre vie. Cette quête peut durer longtemps ; en fait, elle durera toute la vie. Elle sera émaillée de nombreuses fautes, nous tomberons et nous nous relèverons. Cela exigera beaucoup d’efforts. Mais nous ne devons pas nous déprécier. Nous devons faire un petit effort supplémentaire. Nous devons avoir la sagesse de nous agenouiller pour supplier notre Dieu. Il nous aidera. Il nous bénira. Il nous réconfortera et nous soutiendra. Il nous aidera à accomplir davantage que si nous étions seuls, ou, à aller au-delà de ce que nous pourrions arriver par nous-mêmes.
 
Au-delà du désir de richesse et de succès matériel, nous avons la formidable occasion de toucher, d’édifier et de renforcer notre prochain, de soulager les souffrances, d’aider à faire de cet endroit un monde meilleur, d’être des lumières ; de même, notre potentiel est énorme qui nous permet de nous distinguer et de défendre les vertus qui renforceront les individus, les familles et la société dans tous les aspects de la vie.
 
Aucune nation n’est plus forte que les foyers qui la compose ou que les vertus de son peuple. Il est temps que les gens honnêtes de toutes parts montrent qu’ils sont prêts à se battre pour les principes de vertu, de pureté et de valeurs. C’est pourquoi, puissions-nous avancer avec foi vers le Tout-Puissant, en vivant vertueusement et avec détermination afin de rétablir notre société sur les bases correctes sur lesquelles elle a été fondée.