UNE VOIX
 
D'AVERTISSEMENT

 

 
Parley P. Pratt (1807-1857)
 
 


 
Note de la Rédaction : Lorsqu'en juillet 1837 Parley P. Pratt, ancien ministre protestant converti au mormonisme par Joseph Smith, publie Une voix d'avertissement, il est en mission à New York en qualité de membre du collège des douze apôtres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. L'ouvrage sera traduit en français par Louis Bertrand pendant son séjour sur l'île de Jersey, siège de la mission française dont il est conseiller du président, avant son départ pour la vallée du lac Salé en 1854. Sa traduction, faite à partir de la sixième édition anglaise de l'ouvrage, sera publiée par Andrew L. Lamoreaux, président de la mission française, qui la fera imprimer à Jersey en 1853 chez G. Romeril, au numéro 9 de la Broad Street (voir cette page). À l'époque, le découpage en chapitres et versets des Écritures issues du Rétablissement était différent d'aujourd'hui, le changement ayant été effectué en 1879. L'ouvrage sera réimprimé en 1904 à Neuchâtel (imprimerie L. A. Borel) et publié par Levi Edgar Young (Hoeschgasse 68, Zurich). En 1956, une nouvelle édition de l'ouvrage sera publiée, après une révision de Roger L. Dock. Cette édition sera imprimée en France par les Imprimeries réunies de Lyon. Une édition suivra qui sera imprimée en Belgique, chez J. Deghaye, à Liège. La version ci-dessous est une révision de cette dernière édition. Le langage de la traduction, qui date du milieu du XIXe siècle, a parfois dû être actualisé (nous avons notamment traduit en unités actuelles les unités de mesure qui de nos jours ne sont plus d'usage courant), de même que l'orthographe et la typographie. Enfin, la présentation a été modernisée. Ajoutons que le résultat de ce travail a fait l'objet d'une version papier distribuée par les Éditions françaises LDS.
 
 
Page de titre
Préface
Chapitre 1 : Prophéties déjà accomplies     
Chapitre 2 : Prophéties non encore accomplies
Chapitre 3 : Le royaume de Dieu
Chapitre 4 : Le Livre de Mormon
Chapitre 5 : La résurrection des saints et le rétablissement de toutes choses
Chapitre 6 : La révélation, pierre angulaire de la justice
Chapitre 7 : Différences entre la doctrine du Christ et les fausses doctrines du XXe siècle
Table des matières
 
 
 
 
 
 
UNE VOIX D'AVERTISSEMENT
 
ET D'INSTRUCTION POUR TOUS LES PEUPLES
 
OU
 
INTRODUCTION À LA FOI ET À LA DOCTRINE
DE L'ÉGLISE DE JÉSUS-CHRIST
DES SAINTS DES DERNIERS JOURS
 
 
par Parley P. PRATT
 
1837
 
 
 
 
 
 
« Voici, les premières choses se sont accomplies,
et je vous en annonce de nouvelles ;
avant qu'elles arrivent je vous les prédits. »
 
Ésaïe 42:9
 
 
« Plaidez votre cause, dit l'Éternel ;
produisez vos moyens de défense,
dit le roi de Jacob. »
 
Ésaïe 41:42
 
 
 
 
 
PRÉFACE
 
 
 
L'OPINION PUBLIQUE RÉSISTE À LA VÉRITÉ
 
      L'un des plus grands obstacles à l'expansion de la vérité, dans tous les âges du monde, est la marée de l'opinion publique. Qu'un rayon de lumière éclate sur le monde, dans n'importe quel siècle, et il viendra heurter infailliblement les traditions, les opinions séculaires, et les préjugés invétérés, ou bien contrarier les intérêts de quelque spéculation religieuse ; et vous les verrez alors, comme les Éphésiens, tenir conseil sur ce qu'il y a à faire : leur grande déesse sera décriée, sa magnificence méprisée, et son temple abandonné, ou bien, ce qui est pire encore, leur profession sera en danger ; or, tout leur gain vient de là (voir Actes 19:21-41). Rappelez-vous les apôtres aux prises avec les Rabbins des synagogues juives, ou avec les superstitions des Gentils ; en un mot, en guerre avec toutes les institutions religieuses de la terre. Souvenez-vous des clameurs populaires : « Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront détruire et notre ville et notre nation » (Jean 11:48). « Ces gens, qui ont bouleversé le monde, sont aussi venus ici » (Actes 17:6). « Quelle est cette nouvelle doctrine que tu enseignes ? Car tu nous fais entendre des choses étranges » (Actes 17:19-20). « Ces hommes troublent notre ville ; ce sont des Juifs, qui annoncent des coutumes qu'il ne nous est permis ni de recevoir ne de suivre, à nous qui sommes Romains » (Actes 16:20-21).  « Que veut dire ce discoureur ? Il semble qu'il annonce des divinités étrangères » (Actes 17:18) ; et beaucoup d'autres phrases semblables.
 
 
ÉCOUTEZ D'ABORD ; JUGEZ ENSUITE
 
      Jetez un coup d'œil sur le passé. Voyez, par exemple, la conduite de l'Église mère envers les réformateurs de tous les siècles. Elle les calomnia, les diffama, les excommunia de diverses manières ; en même temps qu'elle faisait croire aux populations ignorantes qu'ils étaient les plus exécrables scélérats du monde. Rappelez-vous un instant les amères perplexités de Christophe Colomb. Homme obscur, d'une instruction bornée, mais noble génie, âme privilégiée, doué d'une intelligence qui refusait de se renfermer dans la vieille voie, il brisa la chaîne des traditions séculaires qui enserrait les nations de la terre. Son esprit s'élevant, pour ainsi dire, sur les ailes de l'aigle, laissa bien loin derrière lui les génies tant vantés de Rome et de la Grèce ; il sut pénétrer, lui, les sombres mystères qui couvraient d'un voile les mers de l'Occident. Voyez-le, luttant pendant huit longues années contre l'« ignorance savante » des Cours et des théologiens de l'Europe : les sourires de mépris des grandes dames, le persiflage des courtisans, l'ironie des lettrés, les ricanements des abbés, tels étaient les solides arguments opposés à sa théorie. Mais quel en fut le résultat, lorsque après avoir mendié sans succès de cour en cour l'appui des Grands, il obtint à la fin l'armement de trois modestes caravelles ? Un monde nouveau s'offrit tout à coup aux regards éblouis des nations de l'Orient, immense continent destiné à devenir le théâtre des évènements les plus glorieux et les plus inattendus des derniers jours. Ce fait ne fut pas plus tôt démontré, que toutes les objections philosophiques, géographiques et religieuses s'évanouirent en un instant : l'ignorance orgueilleuse et l'aveugle fanatisme furent contraints, cette fois, d'embrasser la poussière et de courber humblement le front devant le vrai mérite : ils apprirent à leur dépens qu'un seul fait, clairement démontré, vaut dix mille théories et opinions humaines.
 
 
CHERCHEZ LA VÉRITÉ
 
      Cet ouvrage est destiné à être une voix d'avertissement, ou une proclamation de la vérité à tous les hommes dans les mains desquels il parviendra, afin qu'ils comprennent et qu'ils se préparent pour le grand jour du Seigneur. Les opinions et les hypothèses individuelles en matière religieuse sont des choses plus que mauvaises ; des faits bien démontrés peuvent seuls être utiles au genre humain. Et comme le Saint-Esprit peut seul nous conduire à toute vérité, nous supplions Dieu le Père éternel, au nom de son Fils, Jésus-Christ, de nous inspirer par l'esprit de vérité, afin que nous puissions écrire la pure vérité, et que ce livre devienne la Parole de Dieu, l'Évangile éternel, le pouvoir de Dieu pour le salut étant adressé premièrement aux Gentils, et ensuite aux Juifs.
 
 
 
 
UNE VOIX D'AVERTISSEMENT
 
ET
 
D'INSTRUCTION POUR TOUS LES PEUPLES
 
 
 
 
CHAPITRE PREMIER
 
 
PROPHÉTIES DÉJÀ ACCOMPLIES
 
 
      « Et nous tenons pour autant plus certaine la parole prophétique, à laquelle vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour vienne à paraître et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs ; sachant tout d'abord, vous-mêmes, qu'aucune prophétie de l'Écriture ne peut être un objet d'interprétation particulière, car ce n'est pas par une volonté d'homme qu'une prophétie a jamais été apportée, mais c'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 Pierre 1:19-21).
 
      Pour démontrer quelques chose par les Écritures, il est indispensable de poser en premier lieu une règle sûre, déterminée et infaillible, d'interprétation, sans laquelle l'esprit, bien que progressant dans le savoir, se perd dans le doute et l'incertitude, sans jamais pouvoir atteindre la connaissance de la vérité.
 
      C'est pour avoir négligé une telle règle que les hommes se sont égarés, comme dans un labyrinthe inextricable, dans toutes leurs recherches bibliques. Il est parfaitement vrai que tant qu'ils seront libres de transformer, de spiritualiser ou d'interpréter arbitrairement la parole de Dieu, tout restera dans l'incertitude.
 
      « Tout ce qui a été écrit d'avance l'a été pour notre instruction afin que par la patience, et par la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l'espérance » (Romains 15:4). Supposons qu'un ami nous écrive de loin une lettre nous faisant certaines promesses, sous certaines conditions, dont l'accomplissement nous serait d'une fort grande utilité. On pourrait certainement dire de cette lettre qu'elle a été écrite à notre avantage et pour notre instruction, afin que, rassurés et consolés par les détails qu'elle nous donne, nous puissions espérer obtenir la réalisation de ces promesses. Or, si nous comprenions clairement la lettre, sachant ainsi ce que nous avons à espérer, ce serait pour nous une grande consolation ; au lieu que, s'il y avait doute ou incertitude dans le sens de la lettre, ignorant ce que nous avons à espérer, nous ne pourrions en tirer aucune utilité. La lettre ne serait donc pour nous d'aucune valeur. Il en est ainsi des Écritures. Nulle prophétie, nulle promesse ne sauraient être avantageuses aux lecteurs, ou faire naître la patience, la consolation ou l'espérance dans leur esprit, à moins qu'elles soient clairement comprises, pour qu'ils sachent exactement ce qu'ils ont à espérer. Or les prédictions des prophètes peuvent être aussi clairement comprises que celles des éclipses figurant dans un almanach ; autrement la Bible serait de tous les livres le plus complètement inutile. Il eût été cent fois préférable pour les hommes que le Créateur n'eût rien révélé à sa créature déchue, que de lui avoir révélé un livre qui les laisserait dans le doute et l'incertitude, en proie, siècle après siècle, à des querelles relatives à la signification de son contenu. Que cette incertitude, que ces controverses aient existé durant des siècles, c'est ce que personne ne niera.
 
      Les sages et les savants ont différé et diffèrent encore extrêmement dans l'interprétation des prophéties. D'où vient ce profond désaccord ? De deux choses l'une : ou la révélation est elle-même défectueuse, ou bien la faute en est aux hommes. Mais dire que la révélation est imparfaite, ce serait accuser follement le Seigneur ; que Dieu nous préserve d'un tel blasphème : la faute doit en être à l'homme. Il y a deux grandes causes à cet aveuglement. Les voici :
 
 
La folie des interprétations privées
 
      Premièrement, les hommes ont supposé que l'inspiration directe par le Saint-Esprit ne devait pas continuer à tous les âges de l'Église, mais qu'elle était bornée aux temps primitifs. Le canon des Écritures étant rempli, et toutes les choses nécessaires ayant été révélées, les hommes n'eurent plus besoin de l'Esprit qui mène à toute vérité. C'est pourquoi ils cherchèrent à pénétrer, par leur propre savoir, ce qui ne pouvait être clairement compris, si ce n'est par l'Esprit de vérité : car nul homme ne connaît les choses de Dieu, que par l'Esprit de Dieu (2 Corinthiens 2:11-16).
 
      Deuxièmement, après avoir perdu l'Esprit d'inspiration, ils commencèrent à ériger en préceptes leurs propres opinions et leurs traditions, donnant le sens et leur interprétation particulière à la parole écrite, au lieu de croire simplement aux choses écrites. Dès qu'ils s'écartèrent de la signification littérale, les opinions ou interprétations d'un homme devinrent aussi bonnes et correctes que celle d'un autre ; tous étaient revêtus d'une autorité égale, et c'est ce qui donna naissance à tant d'aberrations et à toutes ces controverses diverses qui ont agité le monde au cours des dix-sept derniers siècles.
 
 
Un pouvoir inestimable
 
      Parmi les choses diverses qui attirent l'attention des hommes, il en est une de plus grande valeur que toutes les autres. C'est un principe qui une fois entre les mains de quelqu'un, contribuerait grandement à lui procurer tous les autres objets dignes de son ambition, tels que le pouvoir, les biens, les honneurs, l'or, l'opulence et même l'autorité souveraine. Comparativement, peu de gens l'ont possédé, bien qu'il fût à la portée de beaucoup d'autres ; mais ils ne s'en doutaient pas ou bien ils n'en connaissaient pas la valeur. Il a fait des merveilles pour quelques-uns qui l'ont eu en leur possession. Il empêcha quelques-uns de se noyer, tandis que tous ceux qui ne l'avaient pas furent engloutis sous les eaux de l'abîme. Il en sauva d'autres de la famine, pendant que des milliers périssaient autour d'eux. Par ce principe, des hommes parvinrent aux premières dignités de l'État, et quelques-uns même à monter sur le trône. Bien plus, il en a fait passer d'un cachot dans un palais ; et il y a des exemples où ceux qui l'avaient furent délivrés des flammes, tandis que des villes entières étaient consumées et que tous leurs habitants périssaient, eux exceptés. Il est arrivé fréquemment que lorsque la famine ou la guerre désolait une ville ou une nation, ceux qui le possédaient échappaient à ces fléaux, sains et saufs.
 
      Mais, va demander le lecteur, quel est donc ce talisman ? Nommez-le, et je l'achèterai au prix de tout ce que je possède. Ce trésor s'appelle la prescience ! C'est la connaissance des choses à venir. Qu'un livre soit publié sous ce titre : « L'avenir dévoilé », et que les hommes soient réellement convaincus que cet ouvrage donne une certaine connaissance définie des événements futurs, de telle sorte qu'il dévoile l'histoire future des nations, comme l'histoire de la Grèce ou celle de l'empire romain en fait connaître le passé, et une immense édition en serait immédiatement enlevée à un prix inestimable. Les livres des prophètes et l'esprit de prophétie n'ont été donnés aux hommes que pour leur dévoiler leur future destinée. L'apôtre nous dit : « Aspirez aux dons les meilleurs….mais encore plus que vous prophétisiez » (1 Corinthiens 12:31 ; 14:5).
 
 
Règle d'interprétation des Écritures
 
      Nous allons entrer maintenant dans le vaste champ qui s'étend devant nous, et rechercher les trésors de sagesse et de connaissance qui ont brillé durant des siècles comme une lumière dans les ténèbres. Nous allons explorer des régions inconnues à bien des gens ; nous y contemplerons des objets glorieux qui se présenteront à nous de toutes parts ; nous rassasierons notre âme d'un savoir qui est de nature à dilater le cœur, à exalter l'esprit, à élever nos affections au-dessus des grossières vanités de ce monde, et à nous faire obtenir notre salut éternel.
 
      Définissons d'abord une règle sûre d'interprétation. Mais nous ne voulons point en cela consulter les hommes ni leurs commentaires, car le Saint-Esprit nous a avertis par la bouche de Pierre que « aucune prophétie de l'Écriture ne peut être un objet d'interprétation particulière » (2 Pierre 1:20).
 
 
Grandes divisions de la prophétie
 
      Il y a une grande distinction qu'il ne faut jamais perdre de vue dans l'étude des prophéties : c'est celle entre l'avenir et le passé. Le lecteur doit mettre toute son attention à reconnaître quelle partie en à été accomplie et quelle partie attend encore son accomplissement, sans jamais oublier que la règle d'interprétation fixée par Pierre s'applique à l'une et à l'autre. Or, si nous trouvons dans toutes nos recherches que toutes les prophéties accomplies jusqu'à ce jour l'ont été « littéralement », il s'ensuivra nécessairement que toutes les prophéties qui attendent leur accomplissement le recevront aussi d'une manière « littérale ».
 
      Cela posé, commençons à l'époque reculée du patriarche Noé.
« Et moi, je vais faire venir le déluge d'eaux sur la terre, pour détruire toute chair ayant souffle de vie sous le ciel ; tout ce qui est sur la terre périra » (Genèse 6:17).
 
      Dans les versets qui suivent, le Seigneur ordonne à Noé d'entrer dans l'arche, et de prendre avec lui des animaux de toute espèce, etc. Et le 22ème verset nous apprend que « c'est ce que fit Noé : il exécuta tout ce que Dieu lui avait ordonné ». Quel bonheur pour lui de ne pas être versé dans les systèmes spiritualistes de nos grands théologiens modernes ; car, sous leur influence somnifère, il n'aurait jamais pu croire qu'une prophétie si merveilleuse avait une signification littérale et s'accomplirait littéralement. De nos jours, on lui aurait objecté que ce déluge d'eaux ne signifiait qu'un déluge spirituel et que l'arche n'était qu'une arche spirituelle ; et s'il s'était avisé de penser autrement, nos scribes l'auraient traité dans leurs journaux d'imposteur, de fanatique ou de fou. Mais Noé eut la simplicité de croire que la prophétie devait s'accomplir littéralement. Voilà un exemple frappant de prescience.
 
      En effet, tous ceux qui n'avaient pas ce don périrent misérablement dans ce grand cataclysme.
 
 
Prophétie accomplie littéralement
 
      Prenons un autre exemple dans la Genèse : « Et l'Éternel dit à Abraham : Sache que tes descendants seront étrangers dans un pays qui ne sera point à eux ; ils y seront asservis et on les opprimera pendant quatre cent ans. Mais je jugerai la nation à laquelle ils seront asservis, et ils sortiront, ensuite, avec de grandes richesses. Toi, tu iras en paix vers tes pères, tu seras enterré après une heureuse vieillesse. À la quatrième génération, ils reviendront ici ; car l'iniquité des Amoréens n'est pas encore à son comble » (Genèse 15:13-16).
 
      Les rigoureux traitements que les enfants d'Israël subirent en Égypte durant quatre cents ans, leur délivrance de ce pays avec de grandes richesses, les terribles châtiments qui furent infligés à leurs persécuteurs, ainsi que la mort d'Abraham, à un âge très avancé, sont des faits trop connus pour avoir, ici, besoin de commentaires. Nous nous bornerons à observer que c'est là un exemple frappant de l'accomplissement rigoureux d'une prophétie donnée quatre cents ans à l'avance ; d'où nous apprenons que ces hommes des temps primitifs étaient tous exempts de notre manie moderne de tout spiritualiser.
 
      Mentionnons l'exemple de Lot : « Qui as-tu encore ici ? Gendres, fils et filles, et tout ce qui t'appartient dans la ville, fais-les sortir de ce lieu. Car nous allons détruire ce lieu, parce que le cri contre ses habitants est grand devant l'Éternel. L'Éternel nous a envoyés pour le détruire » (Genèse 19:12-13). Assez simple pour prendre à la lettre cet avertissement céleste, Lot prit avec lui autant de membres de sa famille qui voulurent consentir à le suivre, et il s'enfuit de Sodome au grand amusement de ses habitants qui, en le voyant passer, criaient sans doute : « Illusion, fourberie, imposture ! ! ! » dans leur persuasion que cette prophétie n'était qu'une figure. Voilà l'exemple d'un homme sauvant sa vie par une « prescience » qui lui fut communiquée, tandis qu'une ville tout entière périt dans les flammes. Quel bonheur pour Lot de ne pas connaître notre manière moderne d'interpréter les prophéties ! S'il était entré dans sa tête qu'il devait sortir spirituellement de Sodome, au lieu de le faire littéralement, il aurait péri comme les autres.
 
 
Le pouvoir de prescience
 
      Examinons maintenant une prophétie de Joseph dans le pays d'Égypte : « Voici, il y aura sept années de grande abondance dans tout le pays d'Égypte. Sept années de famine viendront après elles ; et l'on oubliera toute cette abondance au pays d'Égypte, et la famine consumera le pays. Cette famine qui suivra sera si forte qu'on ne s'apercevra plus de l'abondance dans le pays » (Genèse 41:29-31).
 
      Alors Joseph donna des instructions pour faire remplir les greniers de blé durant les sept années d'abondance, afin de se prémunir contre la famine. Et Pharaon, aussi peu versé que ses prédécesseurs dans nos systèmes modernes de théologie, n'eut jamais la pensée d'interpréter cette prophétie autrement que dans le sens le plus littéral. Il fut ainsi, conjointement avec Joseph, un instrument dans les mains du Seigneur, pour sauver de la famine non seulement son peuple, mais aussi la maison d'Israël. Exemple non moins frappant du pouvoir de la prescience, il préserva l'Égypte de la famine, et fit passer Joseph d'un cachot dans un palais, en l'élevant du dernier degré d'abaissement jusqu'au faîte des honneurs, au point qu'on cria devant lui : À genoux ! » Mais que de victimes, quelles lamentations s'il n'avait été question que d'une famine spirituelle et de blé spirituel !
 
      Après ces exemples empruntés aux temps primitifs, nous allons effleurer en passant quelques-uns des principaux faits prophétiques qui ont déjà reçu leur accomplissement, jusqu'à ce que nous arrivions aux grands prophètes de la maison d'Israël. Alors un vaste champ s'ouvrira devant nous, présentant successivement les plus remarquables événements de l'histoire, et nous amenant au commencement de la glorieuse dispensation des derniers temps.
 
 
Accomplissement des prophéties en Israël
 
      Le prophète Élie nous offre un trait digne de figurer dans cette étude. C'est la prédication qu'il fit à Achab qu'il ne pleuvrait pas durant trois ans et plus, ce qui s'accomplit effectivement (1 Rois 17:1 ; 18:41-45). Élisée nous offre un trait non moins remarquable. Le Syrien Hazaël vint le voir pour qu'il s'enquît auprès du Seigneur touchant le roi de Syrie, son maître, qui était malade. Le prophète, en le considérant attentivement, se mit à fondre en larmes. Hazaël lui ayant demandé quel était le sujet de ses pleurs, Élisée lui répondit : « L'Éternel m'a révélé que tu seras roi de Syrie. » Alors il se mit à lui dévoiler les cruautés qu'il exercerait un jour envers Israël, cruautés tellement horribles que nous les passerons sous silence pour ne pas offenser les oreilles délicates. Humilié d'entendre prophétiser qu'il commettrait de telles infamies, Hazaël s'écria, plein d'étonnement : « Mais qu'est-ce que ton serviteur, ce chien, pour faire de si grandes choses ? » Mais, chose surprenante à dire, cette prédication s'accomplit rigoureusement à la lettre (2 Rois 8:7-15 ; 9:14 ; 10:32 ; 12:17 ; 13:22).
 
      Nous lisons dans le 21ème chapitre des 2 Chroniques, versets 14-15, qu'un écrit fut apporté à Joram de la part du prophète Élie, qui après lui avoir reproché le crime de son apostasie et celui d'avoir massacré ses frères de la maison de son père, qui étaient meilleurs que lui, se termine ainsi : « Voici, l'Éternel frappera ton peuple d'une grande plaie, tes fils, tes femmes, et tout ce qui t'appartient ; et toi ; il te frappera d'une maladie violente, d'une maladie d'entrailles, qui augmentera de jour en jour jusqu'à ce que tes entrailles sortent par la force du mal. » Nous voyons dans ce même chapitre que les Arabes et les Philistins pillèrent toutes ses richesses et lui enlevèrent ses femmes et ses enfants. Et, après cela, le Seigneur le frappa dans ses entrailles d'une maladie incurable, ses entrailles sortirent par la force de sa maladie, et il expira dans d'affreux tourments.
 
 
Josué prophétise au sujet de Jéricho
 
      Le 26ème verset du 6ème chapitre du livre de Josué contient cette étonnante prédiction sur la ville de Jéricho : « Maudit soit devant l'Éternel l'homme qui se lèvera pour rebâtir cette ville de Jéricho ! Il en jettera les fondements au prix de son premier-né et il en posera les portes au prix de son plus jeune fils. »
 
      Après cette malédiction, Jéricho resta déserte pendant des siècles, personne n'osant s'exposer à de telles éventualités en rebâtissant la ville. Après une longue suite de juges et de rois, après des centaines d'années, Hiel de Béthel, qui vivait sous le règne d'Achab, supposant probablement que le Seigneur avait oublié la malédiction prononcée par Josué contre Jéricho, osa rebâtir cette ville. Mais à peine en eût-il jeté les fondements qu'Abiram, son premier-né, mourut ; puis persévérant dans son endurcissement, il en construisit les portes, et perdit Segub, le plus jeune de ses enfants, conformément aux paroles de Josué (1 Rois 16:34). Nous pourrions remplir un volume d'exemples semblables disséminés dans la partie historique des Écritures ; mais voulant aborder promptement et plus en détail l'examen des livres des prophètes, et de leurs prédictions contre Jérusalem, Babylone, Tyr, l'Égypte et diverses autres nations, nous bornerons là nos citations.
 
 
Le rêve de Nébucadnetsar
 
      Babylone, ville la plus ancienne et la plus célèbre du monde, était agréablement située sur les bords d'une importante rivière qui serpentait majestueusement à travers les plaines de Shinar, non loin de l'endroit où s'élevait jadis la tour de Babel. Divisée en quatre parties principales, entourée d'une muraille de plus de 90 mètres de haut et d'une circonférence de 90 kilomètres, et décorée de cent portes d'airain bardées de fer, dont vingt-cinq situées dans chaque division et donnaient naissance à autant de rues longues de 20 kilomètres dans l'intérieur de la ville, cette immense capitale était ainsi disposée en vastes carrés réguliers d'une même étendue. Au centre de ces places, on voyait de splendides jardins ornés d'arbustes et de fleurs, et des promenades couvertes d'arbres, et les maisons, donnant directement sur les rues, étaient bâties aux extrémités des carrés. Au centre de la ville s'élevait le magnifique palais du roi Nébucadnetsar, qui dictait ses lois à tout l'univers. Ce puissant monarque était, une nuit, plongé dans le sommeil quand il plut au Seigneur de soulever devant lui le sombre voile de l'avenir et de lui présenter en vision l'histoire du monde, dans tout son ensemble, jusqu'à la consommation de toutes choses.
 
      « Il voyait une grande statue, dont la tête était d'or très pur ; sa poitrine et ses bras étaient d'argent ; son ventre et ses cuisses étaient d'airain ; ses jambes, de fer ; ses pieds, en partie de fer et en partie d'argile. Il regardait, lorsqu'une pierre se détacha sans le secours d'aucune main et frappa les pieds de fer et d'argile de la statue, et les mit en pièces. Alors le fer, l'argile, l'airain, l'argent et l'or furent brisés ensemble et devinrent comme la balle qui s'échappe d'une aire en été ; le vent les emporta et nulle trace n'en fut retrouvée. Mais la pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne et remplit toute la terre. »
 
      Lorsque Daniel fut amené devant le roi pour lui dire quel songe il avait eu et lui en donner l'interprétation, il s'écria : « Il y a dans les cieux un Dieu qui révèle les secrets et qui a fait connaître au roi Nébucadnetsar ce qui arrivera dans la suite des temps. »
 
 
Daniel interprète le songe de Nébucadnetsar
 
      Puis après avoir dit au roi quel songe il avait eu, il poursuivit en ces termes : « Ô roi, tu es le roi des rois car le Dieu des cieux t'a donné l'empire, la puissance, la force et la gloire ; il a remis entre tes mains, en quelque lieu qu'ils habitent, les enfants des hommes, les bêtes des champs et les oiseaux du ciel, et il t'a fait dominer sur eux tous : c'est toi qui est la tête d'or. Après toi, il s'élèvera un autre royaume, moindre que le tien ; puis un troisième royaume, qui sera d'airain, et qui dominera sur toute la terre. Il y aura un quatrième royaume, fort comme du fer ; de même que le fer brise et rompt tout, il brisera et rompra tout, comme le fer qui met en pièces. Et comme tu as vu les pieds et les orteils en partie d'argile de potier et en partie de fer, ce royaume sera divisé ; mais il y aura en lui quelque chose de la force du fer, parce que tu as vu le fer mêlé avec l'argile. Et comme les doigts des pieds étaient en partie de fer et en partie d'argile, ce royaume sera en partie fort et en partie fragile. Tu as vu le fer mêlé avec l'argile, parce qu'ils se mêleront par les alliances humaines ; mais ils ne seront point unis l'un à l'autre, de même que le fer ne s'allie point avec l'argile. Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d'un autre peuple : il brisera et anéantira tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement. C'est ce qu'indique la pierre que tu as vue se détacher de la montagne sans le secours d'aucune main et qui a brisé le fer, l'airain, l'argile, l'argent et l'or. Le grand Dieu a fait connaître au roi ce qui doit arriver après cela. Le songe est véritable et son explication est certaine » (Daniel 2:28, 37-45).
 
 
Réalisation du songe de Nébucadnetsar
 
      Nous venons de voir se dérouler successivement devant nous, d'abord le royaume de Nébucadnetsar, première monarchie universelle ; puis l'empire des Perses et des Mèdes qui conquirent Babylone sur le roi Belsçatsar, et régnèrent sur toute la terre : ensuite celui des Grecs sous l'empereur Alexandre, qui fit la conquête de l'univers et lui dicta des lois du milieu de Babylone ; quatrièmement, l'empire romain qui  subjugua toutes les nations ; cinquièmement, sa division en empire d'Orient et en empire d'Occident, et puis sa dissolution ou subdivision en divers royaumes, tels qu'ils existent dans l'état actuel de l'Europe, royaumes représentés par les pieds et les orteils de la statue, en partie de fer et en partie d'argile. En dernier lieu, nous avons vu qu'il s'élèverait un royaume entièrement nouveau, suscité et organisé par le Dieu du ciel aux derniers jours, ou durant le règne de ces rois figurés par les pieds et les orteils. Ce dernier royaume ne doit jamais changer de maître ni passer à un autre peuple, comme tous ceux qui l'ont précédé, mais il doit mettre en pièces tous les autres royaumes et subsister à jamais.
 
      Certains docteurs prétendent que ce dernier royaume n'est autre que le royaume de Dieu, qui fut organisé du temps de Jésus-Christ ou des apôtres. Mais il est impossible de faire une plus grossière erreur. Le royaume de Dieu établi du temps de Jésus-Christ ou des apôtres ne mit en pièces aucun des royaumes de la terre. Au contraire, on lui fit la guerre et il fut subjugué, en accomplissement de ces paroles du prophète Daniel (7:21, 22, 27) : « Je vis cette corne faire la guerre aux saints et l'emporter sur eux, jusqu'au moment où l'Ancien des jours vint donner droit aux saints du Très-Haut, et le temps arriva où les saints furent en possession du royaume… Le règne, la domination et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les cieux seront donnés au peuple des saints du Très-Haut. Son règne est un règne éternel, et tous les dominateurs le serviront et lui obéiront. »
 
 
Le royaume de Dieu sera établi
 
      Jean, dans son Apocalypse, nous apprend qu'il « fut donné à la bête de faire la guerre aux saints, et de les vaincre. Et il lui fut donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue et toute nation » (Apocalypse 13:7). En accomplissement de ces paroles, le pouvoir fut donné aux autorités de la terre de tuer les apôtres et les hommes inspirés ; et s'il en resta quelques-uns, ils furent bannis de toute société humaine ou forcés de se réfugier dans les îles désertes ou dans les cavernes. C'étaient des hommes dont le monde n'était pas digne. Et, en même temps, de faux docteurs et de faux prophètes furent introduits à leur place, que les hommes se choisirent eux-mêmes, parce qu'ils ne voulaient point supporter la saine doctrine. C'est ainsi que le royaume de Dieu « se désorganisa et disparut » de la terre, c'est ainsi qu'il fut remplacé par une doctrine et des Églises purement humaines. Mais nous nous réservons de traiter plus amplement ce sujet ailleurs. Remarquons simplement que le royaume dont parle Daniel est un royaume que le Dieu du ciel doit susciter et organiser lui-même aux derniers jours, sans rien emprunter aux institutions et aux préceptes des hommes. Une fois organisé, il ne cessera jamais de s'accroître ; toutes les puissances de la terre et de l'enfer ne sauraient entraver ses progrès, jusqu'à ce qu'enfin l'Ancien des jours se soit assis sur son trône, et que le Seigneur Jésus vienne dans les nuées du ciel, revêtu d'une grande gloire et d'une grande puissance, en Roi des rois et en Seigneur des seigneurs, détruire tous les royaumes et donner aux saints l'empire de l'univers. Alors il n'y aura plus qu'un Dieu et qu'un Seigneur, et il sera l'unique Roi de toute la terre.
 
      Revenons à Nébucadnetsar que Dieu, par la bouche de Jérémie, appelle « mon serviteur pour exécuter ses jugements contre les nations ». On voit que le Seigneur n'avait exalté ce grand monarque, en l'armant de son propre glaive et en lui donnant une grande puissance, que dans le but formel d'exécuter ses jugements et de châtier toutes les nations de la terre. Jérémie nous apprend (chapitre 25) que le Seigneur avait résolu de faire marcher Nébucadnetsar et ses armées contre Jérusalem et contre toutes les nations voisines, pour les mettre sous le joug et dans la désolation durant soixante-dix ans, et qu'après ces soixante-dix ans il tournerait sa colère contre le roi de Babylone et sa nation et les châtierait à cause de leurs iniquités. Or, qui pourrait parcourir l'histoire donnant le récit de ces grands évènements, indiqués avec tant d'exactitude dans Jérémie, Ésaïe et Ézéchiel, sans être frappé d'étonnement et d'admiration à la vue de ce merveilleux don de prophétie qui mettait alors ces hommes en état de faire l'histoire de l'avenir, comme on lit de nos jours celle du passé. En effet, un lecteur du XXème siècle, tenant en ses mains l'histoire de Babylone, l'histoire des Mèdes et des Perses, des Grecs, des Romains et des Égyptiens, ainsi que celle des Juifs, pourrait à peine se mettre mieux au courant des événements qui se sont passés parmi ces nations, que ne l'étaient les prophètes soixante-dix ans avant leur accomplissement.
 
      Les Juifs furent asservis par Nébucadnetsar : Jérusalem et le temple furent réduits en cendre ; leurs princes, leurs nobles et le peuple furent transportés à Babylone, ainsi que tous les objets sacrés. Toutes les particularités qui marquèrent ce grand désastre furent clairement prédites par Jérémie, aussi bien que le temps de la captivité, savoir, soixante-dix ans. Après avoir soumis les Juifs, le roi de Babylone fit marcher son armée contre Tyr, la capitale du monde commercial de cette époque, ville située sur la mer et entourée non seulement par la mer, mais d'une forte muraille. Une place si bien fortifiée exigea des efforts inouïs ; il fallut la persévérance et toute l'habileté de Nébucadnetsar et son armée, pour en venir à bout ; enfin après des travaux longtemps prolongés, ils parvinrent à s'emparer de Tyr et réduisirent ses habitants en servitude pendant soixante-dix ans. Puis, ils revinrent et rebâtirent leur ville, car Jérémie avait prédit la prise de Tyr, sa captivité durant soixante-dix ans et son rétablissement après ce laps de temps. Après son rétablissement, la ville de Tyr redevint florissante, mais elle fut ensuite réduite à une extrême désolation. On voit encore de nos jours quelques-unes de ses ruines au fond de la mer ; l'emplacement qu'elle occupait n'est plus qu'un rocher stérile habité par des pauvres pêcheurs. Cette désolation perpétuelle, et même ces débris misérables, avaient été clairement prédits par les prophètes.
 
 
Nébucadnetsar accomplit les desseins de Dieu
 
      Après la conquête de Tyr par le roi de Babylone, pour dédommager ses soldats des souffrances extrêmes qu'ils avaient endurées pendant le siège, le Seigneur lui promit par la bouche d'Ézéchiel de lui donner les dépouilles de l'Égypte, comme salaire à son armée et récompense de ses services. Ce que Nébucadnetsar effectua, en faisant la conquête de l'Égypte en en réduisant ses habitants en servitude durant soixante-dix ans.
 
      Puis, il faut le suivre, exécutant les décrets vengeurs du Seigneur contre Uz, sur les rois des Philistins, sur Askelon et Azaah ; sur Ékron, Édom, Moab, Ammon, Dedan, Buz et Tema ; sur les rois de l'Arabie, Zimri et Élam ; sur tous les rois des Mèdes ; sur tous les princes du Nord, voisins ou éloignés ; enfin contre toutes les nations de la terre qui étaient ivres jusqu'au vomissement, et qui devaient disparaître à jamais sous les coups de son épée. Mais lorsque Dieu eut accompli ses desseins contre ces peuples et ces rois, il résolut de châtier à son tour ce grand monarque et ses successeurs, ainsi que la superbe Babylone, et toute la nation. Il voulut les frapper d'une éternelle désolation ; et, cela, à cause de leur extrême arrogance. Le Seigneur s'écria : « La hache se glorifie-t-elle envers celui qui s'en sert ? Ou la scie est-elle arrogante envers celui qui la manie ?.... » (Ésaïe 10:15)
 
      Mais pour retracer les évènements qui amenèrent le retour des Juifs et des autres nations de leur captivité de soixante-dix ans ainsi que le châtiment de Babylone, les prophètes introduisent un homme bien différent de Nébucadnetsar. Appelé dans les Écritures l'Oint du Seigneur, on peut le considérer comme l'un des caractères les plus extraordinaires que le paganisme ait jamais produits. Sa douceur, sa persévérance, son courage, ses succès, mais par-dessus tout sa stricte obéissance aux commandements de ce Dieu que ni lui ni ses pères n'avaient jamais connu, tout tend à démontrer qu'Ésaïe ne se trompait point quand il l'appelait par son nom l'Oint du Seigneur, pour délivrer les nations de la servitude, pour dompter et châtier la plus grande ville et la plus vaste monarchie qui aient jamais existé sur la terre, pour opérer le rétablissement des Juifs et rebâtir Jérusalem et le temple. Il était réellement un de ces hommes rares, qui n'apparaissent dans le monde que pour réaliser de grandes choses. Mais voyons en quels termes le prophète lui-même en parle (Ésaïe 45:1-6) : « Ainsi parle l'Éternel à son oint, à Cyrus, qu'il tient par la main, pour terrasser les nations devant lui et pour relâcher la ceinture des rois, pour lui ouvrir les portes afin qu'elles ne soient plus fermées. Je marcherai devant toi, j'aplanirai les chemins montueux, je romprai les portes d'airain et je briserai les verrous de fer. Je te donnerai des trésors cachés, des richesses enfouies afin que tu saches que je suis l'Éternel qui t'appelle par ton nom, le Dieu d'Israël. Pour l'amour de mon serviteur Jacob, et d'Israël, mon élu, je t'ai appelé par ton nom, je t'ai parlé avec bienveillance, avant que tu me connusses. Je suis l'Éternel et il n'y en a point d'autre, hors moi, il n'y a point de Dieu. »
 
      Il dit dans le 13ème verset : « C'est moi qui ai suscité Cyrus dans ma justice et j'aplanirai toutes ses voies ; il rebâtira ma ville, et il libérera mes captifs, sans rançon ni présents, dit l'Éternel des armées. »
 
      Le lecteur ne doit pas perdre de vue qu'Ésaïe vivait environ cent ans avant la captivité des Juifs à Babylone, et cent soixante-dix ans avant que Cyrus n'effectuât leur rétablissement.
 
 
Les grandes conquêtes de Cyrus
 
      Ici je m'arrête et je demande : Quel pouvoir, autre que le pouvoir de Dieu, eût été capable de mettre un homme en état d'en appeler un autre par son nom, un siècle avant sa naissance, et de prédire correctement l'histoire de sa vie ? Quelles ne durent pas être sa surprise et son admiration, lorsque, après plusieurs années de guerres et de commotions, durant lesquelles il marcha de conquêtes en conquêtes, et il dépouilla de leurs trésors maintes nations, il vint camper enfin auprès des murs de la plus forte place de l'univers ! Il avait là devant lui une muraille qui avait plus de 90 mètres de haut, avec ses portes d'airain bardées de fer. Muni de vivres pour plusieurs années, le peuple renfermé dans son enceinte se croyait à l'abri de toute atteinte. Qui, à moins d'être inspiré du grand Jéhovah, n'aurait pas reculé devant une pareille entreprise ?
 
      Mais Cyrus, ayant détourné le cours de l'Euphrate, et étant passé sous la muraille même de la ville dans le lit sec de la rivière, se trouva maître de Babylone, sans coup férir ; alors même que le roi Belsçatsar se livrait à une orgie avec ses nobles et ses concubines, au cours de laquelle il avait fait apporter les vases d'or et d'argent que son père avait tirés du temple de Jérusalem. Déjà ses genoux s'étaient entrechoqués d'horreur en voyant les doigts d'une main d'homme qui écrivait sa sentence sur l'enduit de la muraille, sentence que Daniel venait de lui interpréter en lui apprenant que son royaume était donné aux Mèdes et aux Perses.
 
      Après la conquête de cette grande monarchie, Cyrus, devenu l'arbitre de l'univers, dut admettre Daniel au nombre de ses amis. Le prophète l'initia sans doute à la connaissance des annales juives, et alors tout le mystère lui fut dévoilé : il put voir que Dieu l'avait appelé par son nom, que sa puissante main l'avait ceint pour la bataille et avait dirigé toutes ses entreprises ; il put alors comprendre pourquoi les trésors de la terre avaient afflué dans ses mains, pourquoi les rois avaient tremblé en sa présence, et pourquoi les portes d'airain s'étaient ouvertes, et leurs barres de fer s'étaient brisées. Tout cela s'était fait pour qu'il sût qu'il y avait un Dieu en Israël, qu'il n'y en avait pas d'autre, et que toutes les idoles n'étaient que pur néant ; afin, aussi, qu'il opérât le rétablissement des Juifs, qu'il rebâtit Jérusalem et le temple, et qu'il accomplit les desseins de Dieu concernant Babylone.
 
 
Cyrus décrète la reconstruction du temple
 
      En conséquence, il fit publier une proclamation pour inviter les Juifs à retourner dans leur patrie, et les peuples de son empire à les aider à rebâtir leur ville. On lit dans Esdras : « Ainsi parle Cyrus, roi des Perses : L'Éternel, le Dieu des cieux, m'a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a commandé de lui bâtir une maison à Jérusalem en Juda. Qui d'entre vous est de son peuple ? Que son Dieu soit avec lui et qu'il monte à Jérusalem, en Juda, et bâtisse la maison de l'Éternel, le Dieu d'Israël. C'est le Dieu qui est à Jérusalem » (Esdras 1:2-3).
 
      Quels puissants arguments, quelle irrésistible influence purent convaincre Cyrus que le Dieu du ciel habitait Jérusalem, qu'il était le seul vrai Dieu, et que c'était lui qui avait fait toutes ces choses ? Il n'avait pourtant pas été élevé dans la foi de ce Dieu, ni dans les saintes Écritures. Il avait été jusqu'alors un adorateur zélé des idoles, et c'étaient elles seules qu'il invoquait dans sa jeunesse. À cela je réponds : c'était le pouvoir de Dieu rendu manifeste par les prophéties et leur accomplissement, non point dans un sens spiritualisé, non point d'une manière obscure, incertaine et difficile à comprendre, mais par une démonstration positive, simple et littérale, que nul ne pouvait rejeter ou nier. Ésaïe nous apprend que tel était le but du Seigneur, en révélant ses desseins avec tant de clarté. Et Cyrus fit voir par sa conduite qu'il l'avait compris.
 
      Remarquons ici que, lorsque nous aborderons cette partie des prophéties qui n'ont pas encore été accomplies, nous apporterons des preuves positives que les nations païennes des derniers jours seront également convaincues de la même manière que le fut Cyrus ; c'est-à-dire qu'il y a certains événements clairement prédits par les prophètes, pas encore accomplis, qui, après avoir reçu leur accomplissement, prouveront à ces nations l'existence du vrai Dieu ; et elles reconnaîtront qu'il avait annoncé ces évènements et qu'il les a accomplis. Et alors les grands docteurs et les savants théologiens de la chrétienté, comme toutes les Églises qui donnent aux prophéties une autre interprétation que l'interprétation « littérale », resteront confondus et seront forcés de reconnaître que tout s'est accompli comme il était écrit.
 
 
Désolation éternelle de Babylone
 
      Mais revenons à nos recherches sur les prophéties et leur accomplissement. Les prophètes avaient non seulement prédit la conquête de Babylone par Cyrus, mais ils avaient proclamé la destinée de cette ville jusqu'à la fin des temps. Ils avaient annoncé qu'elle serait frappée d'une complète désolation, et ne serait plus jamais habitée, même par les Arabes errants. « L'Arabe n'y dressera point sa tente », avait dit le prophète Ésaïe (Ésaïe 13:19-22).
 
      Joseph Wolfe, le célèbre missionnaire juif, durant son voyage en Chaldée, s'informa auprès des Arabes s'ils dressaient leurs tentes parmi les ruines de Babylone. Ils répondirent négativement, déclarant qu'ils craindraient en le faisant d'être visités par l'esprit de Nimrod, le fameux chasseur. Ainsi toutes les prédictions des prophètes sur cette puissante ville ont été accomplies.
 
      L'ancien pays d'Édom nous offre un autre exemple frappant de l'accomplissement des prophéties. Ces prédictions sur Édom furent faites à une époque où le sol de ce pays était fort productif, bien cultivé, et couvert de villes et de villages florissants. Il ne reste maintenant de ces villes que des monceaux de ruines désolées, repaire des cormorans, des butors, des serpents, et des bêtes fauves. Le Seigneur a frappé le sol de stérilité et en fait un désert depuis des siècles, en accomplissement formel des prophéties.
 
 
Daniel reçoit une vision des royaumes
 
      Arrêtons-nous un instant à la vision de Daniel sur le bouc et le bélier, rapportée dans le huitième chapitre de son livre. Nous engageons le lecteur à lire le chapitre tout entier. Pour nous, nous allons plus particulièrement nous attacher à l'interprétation de cette vision, telle qu'elle fut donnée par l'ange Gabriel à ce prophète. « Puis il me dit : Je vais t'apprendre ce qui arrivera au terme de la colère, car il y a un temps marqué pour la fin. Le bélier que tu as vu, et qui avait des cornes, ce sont les rois des Mèdes et des Perses. Le bouc, c'est le roi de Javan. La grande corne entre ses yeux, c'est le premier roi. Les quatre cornes qui se sont élevées pour remplacer cette corne brisée, ce sont quatre royaumes qui s'élèveront de cette nation, mais qui n'auront pas autant de force. À la fin de leur domination, lorsque les pécheurs seront consumés, il s'élèvera un roi impudent et artificieux. Sa puissance s'accroîtra, mais non par sa propre force ; il fera d'incroyables ravages, il réussira dans ses entreprises, il détruira les puissants et le peuple des saints. À cause de sa prospérité et du succès de ses ruses, il aura de l'arrogance dans le cœur, il fera périr beaucoup d'hommes qui vivaient paisiblement, et il s'élèvera contre le chef des chefs ; mais il sera brisé, sans l'effort d'aucune main. »
 
 
Interprétation de la vision de Daniel
 
      Dans cette vision, il est d'abord question de l'empire des Mèdes et des Perses, tel qu'il exista jusqu'à ce qu'il fût conquis par Alexandre le grand. Or, c'est un fait bien connu que cet empire s'étendit de façon extraordinaire, un peu après la mort de Daniel, et qu'il poussa ses conquêtes vers le nord, le sud et l'ouest, au point de tout faire plier devant lui. Mais Alexandre, roi de Macédoine, arrivant de l'ouest, à la tête d'une petite armée d'hommes d'élite, vint attaquer les Perses sur les bords du Granique. Ayant lancé son cheval dans ses eaux, et suivi de son armée, il traversa la rivière et fondit impétueusement sur les Perses qui, rangés pour la bataille sur le rivage, étaient dix fois plus nombreux ; mais en dépit de leur nombre et quoi qu'ils eussent l'avantage du terrain, les Perses furent mis en pleine déroute. Alors les Grecs s'avancèrent dans l'intérieur du pays et, après avoir vaincu maintes fois les Perses en bataille rangée, ils les asservirent complètement. On sait qu'Alexandre le grand subjugua toutes les nations les unes après les autres, et qu'après avoir fait la conquête de l'univers, il vint mourir à Babylone, à l'âge de trente deux ans. Ainsi après s'être accrue considérablement, la grande « corne » fut rompue, et à sa place il en surgit quatre autres vers les quatre vents des cieux. L'empire d'Alexandre fut divisé entre quatre de ses généraux, qui n'obtinrent jamais sa puissance. Et vers le déclin de ces royaumes, quand la transgression des Juifs fut arrivée à son comble, ces derniers furent rudement châtiés par les Romains, qui prirent Jérusalem, et firent cesser le sacrifice perpétuel. Les Romains ne s'arrêtèrent pas là, ils exterminèrent les hommes puissants et saints, c'est-à-dire les apôtres et les premiers chrétiens, qui furent mis à mort par les autorités de Rome.
 
 
La science prophétique vient de Dieu
 
      Nous vous le demandons : est-ce que l'histoire de notre pays nous rapporte plus clairement les événements passés, que la sagesse du prophète Daniel ne décrivit les évènements de l'avenir, dont quelques-uns ne devaient s'accomplir qu'après de longs siècles, et que nulle sagacité humaine n'aurait jamais pu prévoir ? De nos jours, l'homme, par son intelligence, est parvenu à faire bien des prodiges. Il peut parcourir les immenses solitudes de l'océan sans vent ni marée ; il peut s'élancer dans les nues sans le secours des ailes ; sans l'aide des animaux, il franchit les distances avec une surprenante vélocité, et il fait circuler sa pensée avec la rapidité de la foudre. Mais il est un principe qu'il ne pourra jamais atteindre ; non, pas même par la sagesse combinée des siècles ; l'argent ne saurait l'acheter ; il ne vient que de Dieu seul, et il est donné gratuitement à l'homme. Le prophète disait aux idoles : « Dites-nous ce qui arrivera, pour que nous sachions que vous êtes des dieux. »
 
 
Les prophéties messianiques
 
      Maintenant nous allons démontrer avec quelle exactitude les prophéties furent littéralement accomplies en la personne de Jésus-Christ. « Voici, avait dit le prophète, la jeune fille deviendra enceinte et elle enfantera un fils » (Ésaïe 7:14). Bethléhem  devait être le lieu de sa naissance (Michée 5:2), et l'Égypte, où il séjourna avec ses parents, l'endroit d'où il devait être appelé (Osée 11:1). Il vint habiter la ville de Nazareth, car il était écrit : « Il sera appelé Nazaréen » (Matthieu 2:23). Il fit son entrée à Jérusalem sur un ânon, parce que le prophète avait dit : « Voici, ton Roi vient, doux et humble, monté sur un âne » (Zacharie 9:9).
 
      Le prophète avait encore dit : « Il sera méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance ; semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent ; il n'a point ouvert la bouche. Il a été enlevé par l'angoisse et le châtiment ; et parmi ceux de sa génération, qui a cru qu'il était retranché de la terre des vivants. Mais il était blessé pour nos péchés, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. On a mis son sépulcre parmi les méchants, son tombeau avec le riche » (Ésaïe 53:1-12).
     
      Aucun de ses membres n'est brisé (Exode 12:46) ; ses vêtements sont tirés au sort (Psaumes 22:18) ; on lui donne du vinaigre et du fiel à boire ; il est trahi pour trente pièces d'argent (Zacharie 11:13) ; enfin, après sa mort, ayant été mis au sépulcre, il ressuscite triomphant le troisième jour, sans avoir subi la corruption (Ésaïe 26:19 ; Psaumes 16:10).
 
 
Accomplissement littéral des prophéties messianiques
 
      Maintenant, cher lecteur, si vous eussiez accompagné le Rédempteur durant son séjour sur la terre, et que vous eussiez mis par écrit les circonstances particulières de sa vie et de sa mort, votre histoire ne serait pas plus clairement rédigée que celle que les prophètes écrivirent des centaines d'années avant sa naissance. Une remarque importante à faire sur la manière dont les apôtres interprétaient les prophéties, c'est qu'ils se bornaient à les citer, et signalaient ensuite leur accomplissement. Par cette méthode, ils étaient à même de produire, dans les synagogues, des preuves si convaincantes aux yeux des Juifs, que ceux-ci se trouvaient forcés de croire que le prétendu imposteur qu'ils avaient crucifié, était bien réellement le Messie. Mais si, à l'exemple des grands docteurs du jour, ils se fussent avisés de vouloir donner aux prophéties un sens spiritualiste ou une application incertaine, tout serait resté dans le doute et le vague, et la certitude aurait disparu de la terre.
 
 
Prophétie concernant Jérusalem
 
      Après avoir examiné les prophètes de l'Ancien Testament, et avoir clairement démontré que l'accomplissement de leurs prédications ne pouvait s'entendre que dans un sens littéral, on demandera peut-être si cela s'applique également aux prophéties du Nouveau Testament. Nous allons donc rapporter quelques exemples importants, puisés dans le Nouveau Testament ; puis, nous explorerons le vaste champ des prophéties non encore accomplies.
 
      L'une des prophéties les plus remarquables de la Bible nous a été donnée par Luc. La voici : « Lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, sachez alors que la désolation est proche. Alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes, que ceux qui seront au milieu de Jérusalem en sortent, et que ceux qui seront dans les champs n'entrent pas dans la ville. Car ce seront des jours de vengeance, pour l'accomplissement de tout ce qui est écrit. Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! Car il y aura une grande détresse dans le pays et de la colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant de l'épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu'à ce que les temps des nations soient accomplis (Luc 21:20-24).
 
 
Jérusalem foulée aux pieds par les Gentils
 
      Cette prophétie comprend la destinée de Jérusalem, de son temple, et de toute la nation juive depuis dix-huit siècles. Vers l'an soixante-dix, l'armée romaine vint assiéger Jérusalem. Les disciples de Jésus, se souvenant des avertissements qui leur avaient été donnés quarante ans auparavant, par leur divin Maître, se réfugièrent dans les montagnes. La ville de Jérusalem fut prise après un long siège, au cours duquel les Juifs éprouvèrent les horreurs les plus extrêmes de la famine, de la peste et de l'épée. Ils remplirent des maisons de leurs morts, faute de place pour les enterrer, tandis que des femmes dévorèrent leurs propres enfants. Dans cette guerre, il périt, en Judée, près d'un million cinq cent mille Juifs, sans compter les prisonniers. Le pays fut ravagé, le temple détruit, la ville brûlée, et les misérables restes de ses habitants furent dispersés parmi toutes les nations de la terre. Depuis cette époque, leur situation n'a jamais varié ; ils ont été chassés de ville en ville, de contrée en contrée, sous la fréquente et fausse accusation d'avoir commis les plus grands crimes, pour lesquels ils étaient exilés, et leurs biens confisqués. En effet, considérés le plus souvent comme des proscrits parmi les nations, la plante de leurs pieds ne pouvait nulle part trouver de repos ; ils étaient partout un objet de mépris et de dérision, et on disait en les voyant : « Voilà le peuple de Dieu, il a été banni de sa patrie. »
 
      Depuis lors, les Gentils ont possédé le pays de Canaan, et foulé aux pieds la ville sainte, où leurs pères avaient adoré le Seigneur. Or, au cours de cette longue captivité, les Juifs n'ont jamais perdu de vue leur patrie absente. Leurs yeux ont veillé, et leur cœur a attendu en soupirant le jour où il leur sera permis de reprendre possession de ce riche héritage, légué à leurs pères, de rebâtir Jérusalem et le temple, de rétablir leur prêtrise et leur ancien culte. Ils ont fait plusieurs tentatives de retour, mais ils y ont constamment échoué, car le Seigneur avait inaltérablement décrété que Jérusalem serait foulée aux pieds des Gentils jusqu'à ce que les temps des Gentils fussent accomplis. Moïse et les prophètes s'étaient clairement exprimés dans leurs écrits, sur cette longue dispersion : Moïse avait même mentionné cette particularité que des enfants seraient secrètement mangés durant le siège, tant seraient affreuses les extrémités auxquelles ils seraient réduits. Quiconque lira le 28ème chapitre du Deutéronome, lira l'histoire des calamités subies par les Juifs, prédites par Moïse avec toute la clarté qui caractérise l'histoire des événements du passé, et cela des milliers d'années avant leur accomplissement.
 
 
Accomplissement littéral de prophéties du Nouveau Testament
 
      Nous citerons ensuite une prédiction qui se trouve dans les Actes, faite par le prophète Agabus qui, ayant pris la ceinture de Paul et s'en étant lié les mains et les pieds, s'écria ; « Voici ce que déclare le Saint-Esprit : l'homme à qui appartient cette ceinture, les Juifs le lieront de la même manière à Jérusalem et le livreront entre les mains des païens » (Actes 21:10-11). L'accomplissement de cette prophétie est trop connu pour qu'il soit nécessaire de s'y arrêter. Nous allons donc passer à une prédiction de Paul : « Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité et se tourneront vers les fables » (2 Timothée 4:34).
 
      Cette prophétie a été accomplie à la lettre, car elle s'applique à tous les docteurs qui ont paru depuis Paul jusqu'à nos jours, à l'exception de ceux appelés par révélation directe et inspirés du Saint-Esprit. Mais pour convaincre le lecteur qu'elle a été rigoureusement accomplie, nous n'avons qu'à lui faire jeter les yeux sur les innombrables prêtres qui, de nos jours, prêchent pour de l'argent, qui ne remplissent leur fonction que pour un salaire, et n'ont reçu leur autorité que des hommes. Quant aux fables qu'ils débitent, nous n'avons besoin que de mentionner les interprétations spiritualistes et privées des Écritures, qui se font entendre de presque toutes les chaires ou qu'on lit dans toutes les publications religieuses.
 
      Mais il y a une autre prophétie de Paul bien digne de fixer notre attention, car elle dépeint parfaitement l'époque actuelle. En voici le texte : « Sache que dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d'orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Éloigne-toi de ces hommes-là » (2 Timothée 3:1-5).
 
 
Condition prédite du christianisme moderne
 
      Par le dernier verset, nous apprenons à notre grand étonnement que ce total d'affreuse perversité ne s'applique « seulement » qu'à ceux qui font profession de religion, c'est-à-dire que Paul a prédit que ce serait là le caractère des hommes des derniers jours, se parant du titre de chrétiens. Ne tressaillez pas, cher lecteur, nous ne faisons pas cette application sans une preuve convaincante, et s'il vous reste encore quelque doute sur le témoignage de Paul à cet égard, jetez un coup d'œil autour de vous, et jugez par vous-mêmeglo. « Vous les connaîtrez par leurs fruits. »
 
      Mon cœur s'afflige en traçant ces lignes. En sommes-nous arrivés là ? L'esprit de vérité n'a-t-il soulevé le voile de l'obscurité de dessus les derniers jours, que pour nous montrer un peuple d'apostats, une Église déchue, corrompue, remplie de toutes sortes d'abominations, et méprisant même les justes, tandis qu'il ne lui reste qu'une vaine forme de sainteté, et qu'elle nie le pouvoir du Seigneur, c'est-à-dire qu'elle rejette l'inspiration directe et les dons surnaturels du Saint-Esprit qui constituent toujours l'Église du Christ ? Était-ce seulement pour cela que le Saint-Esprit, dévoilant à quelques élus les événements futurs, leur fit contempler l'aurore radieuse des derniers jours ? Ô vous, prophètes et apôtres, saints hommes des temps passés, qu'avez-vous fait, si vous vous arrêtez là ? Et que deviendrons-nous, si vos visions prophétiques, en remontant le cours des siècles, n'avaient pas dépassé les temps actuels ? Vous avez rempli nos cœurs de chagrin et de désespoir ; vous avez laissé les Juifs errants dans la tristesse et dans les ténèbres, loin de tout ce qu'ils estiment le plus au monde ; la terre de leur héritage est dans la désolation. Jérusalem est encore au pouvoir des Gentils, le temple n'est plus et eux-mêmes méconnaissent le vrai Messie ! Après avoir été greffés sur l'olivier franc et avoir largement puisé de sa sève, les Gentils, à l'exemple des Juifs, ont apostasié et, à cause de leur incrédulité, ils sont comme des arbres ne portant plus de fruits, morts et déracinés ; ils n'ont qu'une vaine forme de sainteté ; et les dons et les pouvoirs qui caractérisaient l'ancienne Église, ont disparu de la terre. Était-ce là le but de tous vos travaux ? Est-ce pour cela que vous avez tant voyagé, tant peiné, et que vous avez versé votre sang et perdu la vie ? Répondez. S'il vous reste un mot de consolation touchant l'avenir, prononcez-le promptement, pour que nos âmes ne languissent plus, désespérées, dans cette sombre vallée de larmes.
 
 
 
CHAPITRE DEUX
 
 
PROPHÉTIES NON ENCORE ACCOMPLIES
 
 
      Après avoir découvert et suffisamment démontré que les prophéties concernant le passé ont été rigoureusement accomplies à la lettre, nous espérons que le lecteur ne perdra jamais de vue cette règle pour celles qui regardent l'avenir. Et tandis que nous marchons vers cet avenir, tandis que nous sommes à la veille de voir se dérouler devant nous les prodiges des temps futurs, que nous allons contempler les scènes les plus grandioses et les plus majestueuses, les plus surprenantes révolutions, les plus terribles catastrophes, ainsi que les plus merveilleuses manifestations de la puissance et de la majesté de Jéhovah dans le grand rétablissement du peuple de son alliance, dispersé depuis tant de siècles, et qu'il va réunir des quatre coins de la terre ; à mesure que ces diverses scènes vont se présenter à notre vue, humilions-nous devant le grand JE SUIS, au nom de Jésus, et prions avec foi pour que son Esprit dilate nos cœurs et éclaire notre intelligence afin que nous puissions comprendre et croire tout ce qui est écrit, aussi miraculeux que ce soit.
 
      Mais, ô cher lecteur, qui que vous soyez, si vous n'êtes pas prêt à être persécuté, si vous ne voulez pas que votre nom soit traîné dans la boue, si vous ne pouvez vous résoudre à être appelé fourbe, imposteur, insensé ou possédé du démon ; ou bien si vous êtes enchaîné par des théories humaines à croire à tels ou tels dogmes, à l'exclusion des autres vérités, arrêtez-vous ici. Car s'il vous fallait admettre les choses écrites dans la Bible qui ne sont pas encore accomplies, vous seriez dans la nécessité de croire à des signes, à des miracles, à des merveilles, à des révélations et à des manifestations de la puissance de Dieu, plus extraordinaires que tout ce qui a eu lieu jusqu'ici : oui, vous auriez à croire que les eaux seront divisées et que les enfants d'Israël, en revenant prendre possession de la terre de leur héritage, les traverseront à pied sec, comme ils le firent jadis sous la direction de Moïse. Et nul homme n'a jamais cru à la Bible, sans croire et sans espérer que ces glorieux événements s'accompliront aux derniers jours ; et je me risque à ajouter qu'un véritable croyant aux vérités de la Bible est un personnage que bien peu d'hommes ont vu dans cette génération, malgré nos superbes prétentions religieuses. Il y a une grande différence entre croire que ce livre est vrai, quand il est fermé, et croire aux choses qui y sont écrites. Ne pas croire à la Bible quand elle est « fermée » est considéré comme une opprobre dans le monde chrétien ; mais quiconque l'essaiera, trouvera que c'est un plus grand déshonneur de croire que les choses qui y sont écrites s'accompliront réellement. Effectivement, c'est à notre ferme croyance aux choses écrites dans la Bible, et à notre soin à les enseigner, qu'il faut attribuer en grande partie les persécutions que nous n'avons cessé de subir. En effet, que les prophéties soient comprises par les peuples, qu'elles reçoivent leur accomplissement, et vous verrez s'écrouler de toutes parts toutes ces théories creuses et cet échafaudage de superstitions dressé par la main des hommes, et le royaume du Christ s'élèvera glorieusement sur leurs ruines, tandis que la connaissance de la vérité couvrira la terre, comme les eaux couvrent les profondeurs de la mer.
 
 
Rassemblement littéral d'Israël
 
      Si, parmi nos lecteurs ainsi prévenus, il s'en trouve d'assez hardis pour oser sonder avec nous l'avenir, nous commencerons par une prédiction d'Ésaïe : « Dans ce même temps, le Seigneur étendra une seconde fois sa main pour racheter le reste de son peuple, dispersé en Assyrie et en Égypte, à Pathros et en Éthiopie, à Élam, à Schinear et à Hamath et dans les îles de la mer. Il élèvera une bannière pour les nations, il rassemblera les exilés d'Israël et il recueillera les dispersés de Juda, des quatre extrémités de la terre… L'Éternel dessèchera la langue de la mer d'Égypte et il lèvera sa main sur le fleuve, en soufflant avec violence : Il le partagera en sept canaux et on le traversera avec des souliers. Et il y aura une route pour le reste de son peuple, qui sera échappé de l'Assyrie, comme il y en eut une pour Israël, le jour où il sortit du pays d'Égypte » (Ésaïe 11:11, 12, 15, 16).
 
      Nous voyons, ici, qu'une bannière sera élevée aux nations, non seulement pour les dispersés de Juda, mais aussi pour les proscrits d'Israël. Les Juifs sont appelés dispersés, parce qu'ils se trouvent répandus parmi les nations, mais les enfants des dix tribus sont désignés sous le nom de proscrits, parce qu'ils sont relégués dans un lieu inconnu du reste des hommes. Or, le lecteur ne doit pas oublier que les dix tribus n'ont plus habité la terre de Canaan depuis qu'elles furent emmenées captives par Salmanazar, roi d'Assyrie. Le 15ème verset nous dépeint aussi la merveilleuse puissance de Dieu, qui se manifestera par la destruction d'un petit bras de la mer Rouge, désigné sous le nom de langue de la mer d'Égypte, et par la division des sept courants d'un fleuve, ce qui permettra aux hommes de la traverser à pied sec. Et de peur que quiconque ne comprenne pas cela littéralement, le dernier verset dit expressément : « Et il y aura une route pour le reste de son peuple, qui sera échappé de l'Assyrie, comme il y en eut pour Israël, le jour où il sortit du pays d'Égypte » (Ésaïe 11:16).
 
 
Miracle du rassemblement d'Israël
 
      Il ne nous reste qu'à demander si, aux jours de Moïse, les eaux de la mer Rouge furent littéralement divisées, ou si cela ne fut qu'une figure ; car les choses se passeront absolument de la même manière. Et pourtant les scribes et les Pharisiens modernes ne cessent de nous répéter que les jours des miracles sont à jamais passés ; et ceux qui de nos jours croient aux miracles passent pour des imposteurs, ou du moins pour de pauvres ignorants égarés par le fanatisme ; et ils sont signalés au public comme de faux docteurs, capables, si cela était possible, d'égarer même les élus.
 
      Quant au rétablissement de la maison d'Israël, les prophètes en ont parlé si longuement, et à tant de reprises, que nous nous bornerons à n'en mentionner que les traits les plus frappants, pour signaler les incidents particuliers et les circonstances de ce rétablissement, ainsi que le mode et les moyens avec lesquels il sera effectué. On lit dans Jérémie : « C'est pourquoi voici, les jours viennent, dit l'Éternel, où l'on ne dira plus : L'Éternel est vivant, lui qui a fait monter du pays d'Égypte les enfants d'Israël. Mais on dira : l'Éternel est vivant, lui qui a fait monter les enfants d'Israël du pays du septentrion et de tous les pays où il les avait chassés. Je les ramènerai dans leur pays que j'avais donné à leurs pères. Voici, j'envoie une multitude de pêcheurs, dit l'Éternel, et ils les pêcheront ; et après cela, j'enverrai une multitude de chasseurs, et ils les chasseront de toutes les montagnes et de toutes les collines et des fentes des rochers » (Jérémie 16:14-16).
 
      Or, c'était une constante habitude parmi les enfants d'Israël, quand ils voulaient exprimer la grandeur de leur Dieu, de s'écrier : le Seigneur vit qui délivra nos pères de la servitude d'Égypte. Et ces paroles rappelaient aux Hébreux la grandeur et les prodiges qui signalèrent ce mémorable événement, tout en frappant leur esprit d'une sainte terreur et du vif sentiment de la puissance du Dieu d'Israël. Mais, à notre grand étonnement, ici nous apprenons qu'il surviendra quelque chose encore qui fera momentanément oublier tous les grands événements de cette journée ; et les enfants d'Israël connaîtront que leur Dieu est vivant, en reportant leur esprit sur des faits d'une date récente qui se seront accomplis, faits encore plus glorieux et plus merveilleux que leur sortie d'Égypte. Et ils s'écrieront : L'Éternel est vivant, qui a récemment ramené les enfants d'Israël du pays du Nord, et de toutes les contrées auxquelles il les avait chassés, et il les a établis sur la terre de Canaan qu'il avait donné à leurs pères. Et ces pensées, rappelant des spectacles aussi grandioses que sublimes, des scènes aussi merveilleuses que surprenantes, rappelleront en même temps les révélations, les manifestations, les miracles et les miséricordes prodigués par le Seigneur, en accomplissant ces grands événements, aux yeux de toutes les nations.
 
      C'est en vue de ces choses que Jérémie s'écrie, dans le dernier verset de ce chapitre : « C'est pourquoi, voici, je leur fais connaître cette fois, je leur fais connaître ma force et ma puissance, et ils sauront que mon nom est l'Éternel » (Jérémie 16:21).
 
 
Comment le Seigneur rassemblera Israël
 
      Les moyens employés pour amener ce glorieux rétablissement sont non seulement un étendard qui sera déployé, une bannière arborée à la vue des nations, afin que nous puissions connaître quand le temps en est venu ; mais des pêcheurs et des chasseurs  doivent être employés pour les pêcher et les chasser, en les faisant sortir de toutes les montagnes, de tous les coteaux, et de tous les trous des rochers. Que le lecteur y prenne garde. Il ne s'agit pas ici de l'initiative d'hommes qui enverront des missionnaires, dépourvus d'inspiration, pour aller prêcher aux enfants d'Israël plusieurs centaines de différents systèmes, des opinions purement humaines, et pour leur annoncer qu'ils supposent que l'heure a peut-être sonné pour leur rassemblement. Non, mais c'est le Dieu du ciel qui doit appeler des hommes par révélation directe du ciel et leur apprendre qui est Israël, ce que sont les Indiens de l'Amérique, s'ils appartiennent à la maison d'Israël, où sont également les dix tribus, et tous les débris épars de ce peuple, perdu depuis tant de siècles. C'est lui qui doit leur donner leur mandat, leur message, qui doit les revêtir de l'autorité d'en haut pour effectuer cette œuvre immense, en dépit des éléments contraires et de toutes les oppositions combinées de la terre et de l'enfer. Mais, direz vous : pourquoi le Seigneur donnerait-il à des hommes cette mission par révélation ? Je réponds : parce qu'il n'y a pas d'autre moyen d'envoyer des hommes, et cela dans tous les âges du monde. « Nul, a dit l'apôtre, ne s'attribue cette dignité s'il n'est appelé de Dieu, comme le fut Aaron » (Hébreux 5:4). Or, nous reconnaissons tous qu'Aaron fut appelé par révélation.
 
      Le grand Jéhovah n'a jamais reconnu, et ne reconnaîtra jamais la prêtrise ou le ministère d'un homme, qui n'est pas appelé par révélation et inspiré du Saint-Esprit, comme aux anciens temps. Mais, va s'écrier le lecteur, vous m'effrayez ! Pensez donc que la totalité des prêtres et théologiens modernes n'admettent aucune révélation postérieure à celle de la Bible, et nient toute inspiration ou don surnaturel de l'Esprit. Est-ce que vous les rejetez tous ? Je réponds : non, mais la Bible le déclare, et j'accepte humblement sa décision ; car ces hommes ne sont nulle part reconnus dans les Écritures, si ce n'est comme « une foule de docteurs que les hommes se donneront » (2 Timothée 4:3 ; le mot « foule » désigne indubitablement un grand nombre de docteurs).
 
 
Israël rassemblé par révélation
 
      Mais pour démontrer plus amplement que Dieu donnera des révélations spécifiques pour opérer cette œuvre glorieuse, nous vous en référons au prophète Ézéchiel (20:33-38). En voici le texte : « Je suis vivant, dit le Seigneur, l'Éternel, je régnerai sur vous, à main forte et à bras étendu, et en répandant ma fureur. Je vous ferai sortir du milieu des peuples, et je vous rassemblerai des pays où vous êtes dispersés, à main fortes et à bras étendu, et en répandant ma fureur. Je vous amènerai dans le désert des peuples, et là, je vous jugerai face à face. Comme je suis entré en jugement avec vos pères dans le désert du pays d'Égypte, ainsi j'entrerai en jugement avec vous, dit le Seigneur, l'Éternel. Je vous ferai passer par la verge, et je vous mettrai dans les liens de l'alliance. Je séparerai de vous les rebelles et ceux qui me sont infidèles ; je les tirerai du pays où ils sont étrangers, mais ils n'iront pas au pays d'Israël. Et vous saurez que je suis l'Éternel. »
 
      Vous voyez que cette promesse commence par une double assurance ; d'abord par un serment, « comme je suis vivant » ; ensuite, par cette affirmation, « avec une main forte… » Et au chapitre suivant, de crainte que le peuple ne le comprenne mal, le prophète s'écrie : « Ah ! Seigneur Éternel, ils disent de moi : n'est-ce pas un faiseur de paraboles ? » (Ézéchiel 21:5).  Nous voyons ici que les enfants d'Israël sont ramenés de parmi toutes les nations, par une main forte, un bras étendu, et une colère répandue (Vous, peuples, qui entravez cette œuvre, attention ! souvenez-vous du sort de Pharaon, et apprenez à être sages), nous les voyons conduits au désert des nations ; là le Seigneur doit entrer en jugement contre eux, face à face, précisément comme il fit contre leurs pères, au désert du pays d'Égypte. Ce jugement face à face ne saurait être rendu sans révélation, sans une manifestation personnelle de Dieu, comme du temps de Moïse. Or, je le demande, toutes les manifestations qu'il plut au Seigneur de faire en faveur d'Israël dans le désert, ne sont-elles que des fables qu'il ne faut pas prendre à la lettre ? S'il n'en est pas ainsi, les futures manifestations divines seront absolument comme les premières, non point des mythes, non des figures, mais une glorieuse réalité.
 
      Il fera passer les Hébreux sous la verge, et les amènera dans les liens de l'alliance.
 
 
Nouvelle alliance avec Israël
 
      Ceci rappelle à l'esprit la nouvelle alliance, tant de fois promise dans les Écritures, alliance qui doit être contractée avec la maison d'Israël et avec la maison de Juda, à l'époque précise de leur rassemblement de parmi les nations. Quelques-uns pourraient supposer que cette nouvelle alliance, devant opérer le rassemblement d'Israël, fut faite aux jours de Jésus-Christ et de ses apôtres. Mais Paul nous apprend que cette alliance ne concernait que l'avenir. Ainsi, dans son épître aux Romains, il déclare « qu'une partie d'Israël est tombée dans l'endurcissement, jusqu'à ce que la totalité des païens soit entrée. Et ainsi, tout Israël sera sauvé, selon qu'il est écrit : le libérateur viendra de Sion, et il détournera de Jacob les impiétés ; et ce sera mon alliance avec eux, lorsque j'ôterai leurs péchés » (Romains 11:25-27). Nous voyons par là que Paul plaçait cette alliance dans l'avenir, jusqu'à l'époque reculée du rétablissement d'Israël, aux derniers jours, quand les temps des Gentils seraient accomplis. Alors, un libérateur sortirait d'Israël et non pas avant, vu qu'ils avaient rejeté le premier avènement de ce libérateur.
 
      Jésus avait dit lui-même aux Juifs : « Voici, votre maison vous sera laissée déserte ; car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Matthieu 23:38-39).
 
      C'est alors, et alors seulement, que l'alliance devait être renouvelée avec la maison d'Israël. Et même quand les apôtres lui demandèrent : « Est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d'Israël ? » le Sauveur leur répondit qu'il ne leur appartenait pas de connaître les temps et les saisons que le Père s'était réservés ; mais qu'ils avaient à être investis d'autorité, et à lui rendre témoignage, etc. (Actes 1:6-8), comme pour leur dire : ce n'est pas à vous, apôtres, à faire cette œuvre ; elle sera accomplie au temps arrêté par le Seigneur, et par qui il voudra ; mais pour vous, allez, et faites l'œuvre que je vous ai commandée.
 
      En parlant de cette alliance, le prophète Ésaïe nous apprend qu'elle fera connaître leur race parmi les nations, et leur postérité parmi les peuples ; et qu'elle fera que tous ceux qui les verront reconnaîtront qu'ils sont de la race que le Seigneur a bénie (Ésaïe 61:8-9).
 
 
Nouvelle alliance faite par révélation
 
      Or, il est évident que la question de savoir si les aborigènes de l'Amérique sont de la race de Jacob ou non, ne peut être décidée que par révélation. C'est encore un sujet d'incertitude de savoir où sont les dix tribus, ou bien ce qu'elles sont devenues. Mais la nouvelle alliance, à quelque époque qu'elle fasse son apparition, nous révélera ces choses, et dissipera nos doutes à cet égard ; alors nous reconnaîtrons leur race parmi les Gentils, et leur postérité parmi les nations. Combien furent différents, relativement aux enfants d'Israël, les effets de l'alliance faite il y a dix-huit siècles ! Elle les jeta dans l'incrédulité, et elle fut cause que toux ceux qui les ont vus ou qui ont entendu parler d'eux depuis cette époque, ont reconnu qu'ils sont la race que le Seigneur a maudite. Lorsque l'alliance aura été renouvelée aux derniers jours, Dieu les amènera dans les liens de cette alliance, en se manifestant lui-même à eux, face à face. Comment le Créateur a-t-il contracté alliance avec les hommes, dans les divers âges du monde ? À cette question, il n'y a qu'une réponse à faire : c'est en leur communiquant sa volonté par une révélation formelle ; car, sans révélation, il serait impossible à deux parties de conclure une alliance. Pour expliquer cela, prenons un exemple familier. Nous voyons de quelle manière nous faisons alliance les uns avec les autres. Exemple : un jeune homme désire contracter une alliance de mariage avec une demoiselle ; qu'il soit privé de la faculté de révéler ses intentions à la jeune fille, que toute espèce de communication leur soit interdite, il s'ensuivra qu'aucune alliance entre eux ne pourra jamais être conclue. Il en est de même avec le Tout-Puissant. Il n'a jamais fait une alliance avec ses créatures, sans révélation ; et il ne saurait faire autrement. En un mot, toutes les fois qu'il a fait une alliance avec les hommes, quand cela concernait un peuple tout entier, il a compris, dans l'alliance, la prêtrise, les fonctions et les ministères, ainsi que les ordonnances et les bénédictions appartenant à cette alliance. Et c'est ainsi qu'il fera en cette occurrence. Toutes les fois que la nouvelle alliance est établie sur la terre, elle y organise le royaume de Dieu, avec ses ministères, ses ordonnances, ses dons et ses bénédictions, comme aux anciens jours.
 
 
L'alliance contractée à l'époque du Christ a été rompue
 
      Mais, dira-t-on peut-être, quel besoin avons-nous du renouvellement d'une alliance qui n'a jamais été rompue ? Si le Seigneur fit une alliance aux jours des apôtres, appelée nouvelle alliance, pourquoi, voyant qu'elle est en pleine vigueur, cette même alliance serait-elle renouvelée, à moins qu'elle n'ait été brisée par l'une des deux parties contractantes ? Voilà une question d'une importance telle que de sa solution dépend le sort de la Chrétienté tout entière. Nous devons donc mettre un soin extrême à la résoudre avec la plus grande clarté, et à rendre nos preuves très intelligibles.
 
      Qu'une nouvelle alliance entre Dieu et les hommes ait été faite aux jours de Jésus-Christ et de ses apôtres, c'est ce que personne ne tenterait de nier. Or, si cette alliance n'a jamais été rompue, elle doit être encore en pleine vigueur de nos jours, et par conséquent il n'est pas nécessaire d'en contracter une nouvelle. Il nous reste donc à prouver que cette alliance a été rompue, complètement rompue, de telle sorte qu'elle n'est plus en vigueur, ni parmi les Juifs, ni parmi les Gentils, ayant perdu ses pouvoirs, son autorité, ses ministères, ses bénédictions, vu qu'on ne saurait les rencontrer nulle part sur la terre. Pour faire notre démonstration, nous allons examiner quels étaient les pouvoirs, l'autorité, les ministères et les bénédictions de cette alliance, et voir ensuite s'ils sont encore connus parmi les hommes.
 
 
Conditions de l'alliance de l'Évangile
 
      Nous lisons dans les Écritures que ces fonctions étaient remplies par des apôtres, par des prophètes, des évangélistes, par des docteurs et des pasteurs, tous inspirés, placés dans l'Église par Jésus-Christ lui-même, pour l'édification des saints, pour l'œuvre du ministère, etc. Et ces diverses fonctions devaient exister dans l'Église, partout où elle serait établie, jusqu'à ce que tous fussent parvenus à l'unité de la foi, et à la mesure de la stature parfaite de Christ (Éphésiens 4:11-14).
 
      En deuxième lieu, les dons de l'Esprit, appelés par quelques-uns dons surnaturels, étaient les pouvoirs et les bénédictions appartenant à cette alliance, partout où elle existait, soit parmi les Juifs, soit parmi les Gentils, aussi longtemps que l'alliance serait en vigueur.
 
      M'adressant maintenant au monde chrétien tout entier, ou à chacune de ses innombrables Églises, je leur demanderai si elles ont des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des docteurs et des pasteurs, inspirés d'en haut, ainsi que des dons et les bénédictions du Saint-Esprit, qui appartenaient à l'alliance de l'Évangile ? Si elles ne les ont pas, j'en tire la conclusion que les pouvoirs et les ministères de cette alliance ont été perdus sur la terre. Et ce doit être par la violation de cette alliance qu'ils ont été perdus : car c'est précisément ainsi que les Juifs perdirent ces privilèges, quand les dits privilèges furent transmis aux Gentils. Dans le 11ème chapitre de son épître aux Romains, Paul avertit les Gentils que s'ils ne persévéraient pas dans la bonté du Seigneur, ils tomberaient, comme étaient tombés les Gentils avant eux.
 
      Mais pour démontrer, par une nouvelle preuve, que l'alliance de l'Évangile a été violée et par les Juifs et par les Gentils, comme aussi par tous les peuples, de sorte qu'elle n'est plus en vigueur nulle part, je n'ai qu'à citer ici le prophète Ésaïe : « Voici, l'Éternel dévaste le pays et le rend désert, il en bouleverse la face et en disperse les habitants. Et il en est du sacrificateur comme du peuple, du maître comme du serviteur, de la maîtresse comme de la servante, du vendeur comme de l'acheteur, du prêteur comme de l'emprunteur, du créancier comme du débiteur. Le pays est dévasté, livré au pillage ; car l'Éternel l'a décrété. Le pays est triste, épuisé ; les habitants sont abattus, languissants ; les chefs du peuple sont sans force. Le pays était profané par ses habitants ; car ils transgressaient les lois, violaient les ordonnances, ils rompaient l'alliance éternelle. C'est pourquoi la malédiction dévore le pays et ses habitants portent la peine de leurs crimes ; c'est pourquoi les habitants du pays sont consumés et il n'en reste qu'un petit nombre » (Ésaïe 24:1-6).
 
 
Rupture de l'alliance éternelle
 
      Nous trouvons dans ce texte que le même châtiment frappera les prêtres et le peuple, le riche et le pauvre, l'homme libre et l'esclave, à tel point que tous seront brûlés, excepté quelques-uns. Et c'est sous l'accusation que la terre a été profanée par ses habitants, parce qu'ils ont transgressé les lois, changé les ordonnances, et rompu l'alliance éternelle. Or, ceci ne saurait s'appliquer qu'à l'alliance, aux ordonnances, et aux lois de l'Évangile, alliance formée sur la terre aux jours des apôtres ; parce que, quelle que soit l'alliance antérieure qui ait été rompue par les hommes, les habitants de la terre n'ont jamais été brûlés, sauf quelques-uns, pour la violation d'une alliance quelconque. Mais cette œuvre de destruction doit se faire par le feu, d'une manière aussi littérale que le fut le déluge de Noé. Et ce feu consumera et les prêtres et les populations de la terre, et cela formellement pour avoir violé l'alliance de l'Évangile, ainsi que les lois et ses ordonnances ; sans quoi, il devient indispensable de nous donner une nouvelle édition de la Bible, de laquelle on aura retranché le 24ème chapitre d'Ésaïe.
 
 
Ézéchiel prophétise au sujet du rassemblement d'Israël
 
      Cette question étant résolue, j'espère maintenant que le lecteur sentira la nécessité d'une nouvelle alliance, pour sauver ceux qui ne doivent pas être brûlés. Mais laissons là ce sujet et reprenant celui du rassemblement d'Israël, nous prions le lecteur de lire les chapitres 36, 37, 38, et 39 d'Ézéchiel. Il trouvera dans le 36ème chapitre que la promesse est faite aux enfants d'Israël qu'ils seront retirés d'entre les nations où ils avaient été dispersés, pour être ramenés sur la terre qui avait été donnée à leurs pères ; Jérusalem sera remplie d'une nombreuse population, et toutes les villes de la Judée seront rebâties, fortifiées et habitées ; le sol sera si bien cultivé, et ensemencé, qu'on dira : « Cette terre-ci, qui était désolée, est devenue comme le jardin d'Éden… Les villes en ruines seront remplies de troupeaux d'hommes… et ils sauront que je suis l'Éternel » (Ézéchiel 36:35-38).
 
      Le lecteur verra dans le 37ème chapitre qu'après la vision de la résurrection des morts, le prophète nous apprend que les deux nations ne formeront qu'une seule nation sur les montagnes d'Israël, qu'un seul roi régnera sur eux tous et qu'ils ne seront plus désormais divisés en deux royaumes. Le tabernacle de l'Éternel sera avec eux, et son sanctuaire à jamais au milieu d'eux ; il sera leur Dieu, et ils seront à jamais son peuple. « Et les nations sauront que je suis l'Éternel, qui sanctifie Israël, lorsque mon sanctuaire sera pour toujours au milieu d'eux » (Ézéchiel 37:28). Or, c'est un fait parfaitement connu que Juda et les dix tribus n'ont jamais formé une seule nation sur les montagnes d'Israël, depuis l'époque reculée à laquelle ils furent divisés en deux royaumes.
 
 
La main du Seigneur manifestée dans le rassemblement
 
      Mais quand cela se réalisera, les païens eux-mêmes l'apprendront, et ils seront initiés à la connaissance du vrai Dieu, comme le fut Cyrus. Maintenant si les missionnaires parviennent à convertir le monde, avant que le Seigneur n'accomplisse cette œuvre immense, cela lui épargnera la peine de devoir le faire à sa manière ; les prophéties ne devront pas être accomplies, la parole de Dieu aura manqué son effet, et tous les hommes n'auront plus qu'à embrasser l'athéisme. Que le Sauveur disait vrai, quand il s'écriait : « Mes voies ne sont pas vos voies, ni mes pensées comme vos pensées » !
 
      Les chapitres 28 et 29 nous offrent le spectacle de plusieurs nations, réunies sous un grand chef, qu'il plaît au Seigneur d'appeler Gog. C'est une immense croisade à cheval armée de toutes pièces, qui, semblable à une nuée couvrant la terre, marche contre les montagnes d'Israël, pour se livrer au pillage, pour en emporter de l'or et de l'argent, du bétail, et en faire un grand butin.
 
      Cette prise d'armes doit avoir lieu après le retour des Juifs en Palestine et la reconstruction de Jérusalem, alors que les villes du pays seront encore sans murailles et dépourvues de toute fortification. Mais au moment où cette innombrable armée est sur le point d'engloutir les Juifs et de ravager leurs terres, la colère monte au visage du Seigneur : soudain la terre tremble jusqu'en ses fondements ; les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bêtes des champs, tout reptile qui rampe, tous les hommes sur la surface de la terre, trembleront en sa présence ; les montagnes seront renversées, toute muraille tombera par terre, et dans l'armée ennemie l'épée de chacun sera tirée contre son frère. Et le Seigneur fera pleuvoir sur Gog et ses nombreuses bandes de grandes pluies, de la grêle, du feu et du soufre. C'est ainsi qu'il se glorifiera, et qu'il se sanctifiera, à la vue de plusieurs nations, et elles sauront qu'il est le Seigneur ; c'est ainsi que Gog et toute son armée, chevaux et cavaliers, seront exterminés sur les montagnes d'Israël.
 
      Alors les Juifs sortiront et ramasseront les armes de guerre, les lances, les écus, les boucliers, les arcs, les flèches et les javelines ; ces armes serviront de bois à brûler durant sept ans aux villes d'Israël, et on n'aura pas à couper du bois des forêts pendant ces années. Et ils spolieront ceux qui les avaient spoliés ; ils dépouilleront ceux qui les avaient dépouillés, et ils amasseront de l'or et de l'argent, et des vêtements en abondance.
 
 
Le Seigneur se fera connaître au jour du rassemblement
 
      Les oiseaux des cieux et les bêtes des champs feront un grand festin ; ils mangeront leur saoul de la graisse et de la chair, et ils boiront du sang jusqu'à en être ivres. Ils auront à se repaître du cadavre des rois, des généraux, des officiers, et tous les hommes de guerre.
 
      Mais les Juifs auront un rude service à faire durant sept mois de temps, ce sera la sépulture de leurs ennemis. Ils choisiront un lieu, à l'orient de la mer, nommé la Vallée des Passants ; c'est là qu'on enterrera Gog et toute la multitude de ses gens, et on l'appellera la Vallée d'Hammon Gog. L'odeur de tant de cadavres sera telle que les paysans s'en boucheront le nez ; et c'est ainsi que le pays sera purifié et nettoyé.
 
      « Je manifesterai ma gloire parmi les nations ; et toutes les nations verront les jugements que j'exercerai, et les châtiments dont ma main les frappera. La maison d'Israël saura que je suis l'Éternel, son Dieu, dès ce jour et à l'avenir. Et les nations sauront que c'est à cause de ses iniquités que la maison d'Israël a été conduite en captivité, à cause de ses infidélités envers moi ; aussi je leur ai caché ma face et je les ai livrés entre les mains de leurs ennemis, afin qu'ils périssent tous par l'épée. Je les ai traités selon leurs souillures et leurs transgressions, et je leur ai caché ma face. C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : maintenant je ramènerai les captifs de Jacob, j'aurai pitié de toute la maison d'Israël et je serai jaloux de mon saint nom. Alors ils oublieront leur opprobre, et toutes les infidélités qu'ils ont commises envers moi, lorsqu'ils habitaient en sécurité leur pays, et qu'il n'y avait personne pour les troubler. Quand je les ramènerai d'entre les peuples, quand je les rassemblerai du pays de leurs ennemis, je serai sanctifié par eux aux yeux de beaucoup de nations. Et ils sauront que je suis l'Éternel, leur Dieu, qui les avait emmenés captifs parmi les nations et qui les rassemble dans leur pays ; je ne laisserai chez elles aucun d'eux, et je ne leur cacherai plus ma face, car je répandrai mon esprit sur la maison d'Israël, dit le Seigneur, l'Éternel » (Ézéchiel 39:21-29).
 
 
Pourquoi les prophéties sont incomprises
 
      Nous voyons, par ce qui précède, que les nations devront apprendre que les enfants d'Israël avaient été menés en captivité, à cause de leur iniquité ; et qu'après avoir porté leur ignominie pour toutes leurs transgressions, ils ont été ramenés sur leur terre par la main du Seigneur. Et nous voyons que les enfants d'Israël connaîtront que c'est le Seigneur leur Dieu qui les avait fait disperser parmi les nations, et c'est lui qui les a ramenés et défendus, et qu'il ne cachera jamais plus sa face d'eux, mais répandra sur eux son Esprit.
 
      Vous, hommes endurcis et obstinés, et toi, génération rebelle, toi qui répands la Bible jusqu'aux extrémités de la terre, des nations entières seront-elles assez aveugles pour accomplir cette prophétie, et ne la connaître qu'au moment où elle éclatera sur leurs têtes pour leur extermination ? D'où vient cet excès d'égarement ? La faute en est à ces faux docteurs qui enseignent aux peuples que la Bible doit être spiritualisée. D'autres déclarent que ces prophéties ne pourront jamais être comprises, si ce n'est après leur accomplissement. S'il en est ainsi, alors nous ne saurions échapper aux terribles châtiments qu'elles nous annoncent, et nous devrions continuer à marcher dans les ténèbres, jusqu'à ce que ces calamités nous frappent soudain et nous balayent de la terre. Alors, quelle belle consolation de regarder en arrière et de voir l'accomplissement de ces prophéties ! Mais, béni en soit le Seigneur, il nous a avertis par la bouche de Daniel que beaucoup de gens courront çà et là, que la connaissance sera augmentée, que les sages comprendront ces choses, mais qu'aucun des méchants n'aura de l'intelligence (Daniel 12:4-10). Or, maintenant, je vous le demande, y a-t-il perversité comparable à celle de ces docteurs, obstinément aveugles, osant conduire des troupes d'autres aveugles, et qui soutiennent gravement que nous ne pouvons pas comprendre les Écritures ?
 
 
« Le jour du Seigneur arrive »
 
      Dans son 14ème chapitre, le prophète Zacharie nous donne de longs détails sur la grande bataille et la déroute des nations qui combattront contre Jérusalem. Il dit en termes précis que le Seigneur apparaîtra au moment de l'extermination de cette armée ; oui, à l'heure même où les troupes ennemies, après avoir déjà pris la moitié de Jérusalem, seront entrées dans la ville, et seront occupées à piller les maisons et à violer les femmes. C'est alors que leur Messie, qu'ils attendent depuis tant de siècles, apparaissant soudain, mettra le pied sur la montagne des Oliviers, un peu à l'est de Jérusalem, pour combattre contre les assiégeants et délivrer les enfants d'Israël. Le prophète Zacharie dit que la montagne des Oliviers se fendra en deux par le milieu, de l'est à l'ouest, et qu'une moitié de la montagne se retirera vers le nord, et l'autre moitié vers le midi, formant tout à coup une immense vallée vers laquelle se précipiteront les Juifs pour se mettre à l'abri de leurs ennemis, comme ils s'enfuirent de devant le tremblement de terre sous le règne d'Hosias, roi de Juda. Alors viendra le Seigneur, et tous les saints avec lui. Et c'est alors que les Juifs verront le Messie, ce Messie si longtemps ardemment désiré, venant à leur secours avec une grande puissance, tel qu'ils l'ont toujours attendu. Il exterminera leurs ennemis, et les délivrera de leurs mains à l'instant même où, consternés, réduits à la dernière extrémité, ils allaient périr sous leurs coups.
 
      Mais quelle ne sera pas leur surprise, lorsque, sur le point de tomber aux pieds de leur Sauveur, et de reconnaître en lui leur Messie, ils apercevront les plaies qui furent faites autrefois à ses mains, à ses pieds et à son côté : et qu'après information, ils reconnaîtront en lui Jésus de Nazareth, le Roi des Juifs, cet homme qu'ils avaient si longtemps rejeté. Combien le prophète a raison de dire qu'ils pleureront et qu'ils se lamenteront, chaque famille à part, et les femmes à part. Mais, grâce au ciel, il y aura une fin à leurs lamentations ; car il leur pardonnera leurs iniquités, et les purifiera de toute souillure. Désormais, Jérusalem sera une ville sainte, et toute la Palestine deviendra comme une plaine depuis Guébah jusqu'à Rimmon ; elle sera élevée et habitée en sa place, les hommes y demeureront en sûreté. Jérusalem ne sera plus détruite ; « en ce jour-là, l'Éternel sera le seul Éternel, et son nom sera le seul nom, et il sera roi de toute la terre » (Zacharie 14:9).
 
 
Des destructions accompagneront la Seconde Venue
 
      Dans le onzième chapitre de ses Révélations, Jean nous donne plusieurs autres particularités de ces mêmes évènements. Il nous apprend qu'après la reconstruction de Jérusalem et du temple par les Juifs, les Gentils fouleront aux pieds la ville sainte pendant quarante-deux mois et que, durant ce temps, deux prophètes y prophétiseront continuellement et y feront de puissants miracles. Les assiégeants ne pourront prendre la ville, aussi longtemps que vivront ces deux prophètes. Mais, après un siège de trois ans et demi, ils parviendront enfin à tuer les deux prophètes, et à prendre en partie possession de la ville : ils s'enverront des présents les uns aux autres à cause de la mort des prophètes, et, ne permettant pas de mettre leurs corps dans le sépulcre, ils les laisseront exposés dans les rues de Jérusalem trois jours et demi, pendant lesquels l'armée des Gentils, composée de différents peuples, de diverses nations, tribus et langues, verra leurs cadavres exposés dans les rues, en parcourant la ville pour en faire le pillage. Mais après ces trois jours et demi, soudain l'Esprit de vie, envoyé de Dieu entrera en eux, ils se relèveront sur leurs pieds, et une grande terreur saisira ceux qui les verront. Et alors une voix du ciel leur criera : « et ils monteront au ciel dans la nuée, et leurs ennemis les virent ». Après avoir décrit toutes ces choses, le tremblement de terre dont parle Ézéchiel éclate, et la montagne des Oliviers se fend en deux, comme nous l'apprend Zacharie. Jean dit : « À cette heure-là, il y eut un grand tremblement de terre, et la dixième partie de la ville tomba ; sept mille hommes furent tués… ». Et dans une des scène qui suivent, de grandes voix se font entendre, disant : « Le royaume du monde est remis à notre Seigneur et à son Christ ; et il régnera aux siècles des siècles » (Apocalypse 11:13, 15).
 
      Après avoir résumé la description de ces grands évènements dont nous ont parlé ces prophètes, je me borne à remarquer qu'il n'y a aucune difficulté à reconnaître qu'ils sont tous parfaitement clairs et que leur accomplissement se fera d'une manière littérale.
 
 
Événements miraculeux dans les derniers jours
 
      Qu'il me suffise de dire que les Juifs reviennent habiter la Palestine, et rebâtissent Jérusalem. Les nations des Gentils forment une coalition pour leur faire la guerre. Leurs armées assiègent Jérusalem avec plus ou moins de succès, durant trois ans et demi. Deux prophètes juifs, par leurs puissants miracles, empêchent la ville de tomber entre les mains des assiégeants : mais enfin, tués par l'ennemi, la ville est livrée pendant trois jours et demi au pillage ; les deux prophètes ressuscitent des morts et montent au ciel. Le Messie vient, il bouleverse la terre, défait l'armée des Gentils, délivre les Juifs, purifie Jérusalem, extirpe toute iniquité de la terre, ressuscite les saints d'entre les morts, les amène avec lui, et commence son règne de mille ans, durant lesquels son esprit sera répandu sur toute chair ; hommes et bêtes, oiseaux et serpents deviendront parfaitement inoffensifs, la paix et la connaissance de la gloire de Dieu couvriront la terre, comme les eaux couvrent la profondeur des mers ; et le royaume et la grandeur des royaumes, sous toute l'étendue des cieux, seront donnés aux saints du Très-Haut.
 
      Durant ces mille ans, Satan sera lié et n'aura aucun pouvoir pour tenter les enfants des hommes. Et la terre elle-même sera délivrée de la malédiction qui provient de la Chute. Les endroits raboteux deviendront unis, les déserts fertiles, les montagnes seront abaissées, et les vallées exaltées, plus de ronces ni d'épines, mais la terre, purifiée, donnera ses fruits en abondance aux saints de l'Éternel. À la fin des mille ans, Satan sera délié de sa prison ; il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, il les assemblera pour combattre et les conduira pour attaquer le camp des saints. C'est alors que se livrera la grande et dernière bataille entre Dieu et Satan, pour l'empire de la terre. Satan et ses alliés seront vaincus. Alors viendront la fin du monde, la résurrection des méchants et le jugement dernier. Et il y aura un nouveau ciel et une nouvelle terre, car le premier ciel et la première terre seront passés, c'est-à-dire qu'ils seront changés de leur état temporel en un état éternel, et rendus propres à servir de demeure à des êtres immortels.
 
 
Les humbles recevront la terre en héritage
 
      Alors la sainte Jérusalem descendra du ciel d'auprès de Dieu, après avoir été renouvelée comme le ciel et la terre. « Car, dit-il, voici, je fais toutes choses nouvelles. »
 
      Placée sur la nouvelle terre, cette ville nouvelle, ayant au milieu d'elle Dieu et l'Agneau, sera le séjour éternel de l'homme ; si bien que comme a dit le poète, après toutes nos ardentes aspirations vers un lieu au-delà des bornes du temps et de l'espace, nous sommes enfin ramenés au sentiment du vrai, et il nous est donné à comprendre que l'homme est destiné à hériter à jamais de cette même planète où il fut d'abord créé, planète qui sera rachetée, sanctifiée, renouvelée, purifiée, et préparée afin de devenir un héritage éternel d'immortalité et de vie éternelle, avec la ville sainte pour capitale ; ayant au centre le trône de Dieu pour siège de son gouvernement ; et arrosée d'un fleuve d'eau vive, claire comme du cristal, qui sort du trône de Jéhovah, et dont les deux rives sont ornées d'arbres d'une beauté immortelle.
 
      « Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d'avoir droit à l'arbre de vie, et d'entrer par les portes dans la ville ! » (Apocalypse 22:14). Maintenant, nous commençons à comprendre ces paroles du Sauveur : « Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre » (Matthieu 5:5). Nous régnerons sur la terre (Apocalypse 5:9-11). Et vous, lecteurs, soyez sans crainte. Supposez que vous soyez enlevés au ciel, et que là vous vous mêliez au chœur innombrable des rachetés de toute nation, de toute tribu, de toute langue et de tout peuple, pour chanter des cantiques : Quel ne serait pas votre étonnement de voir tous ces êtres bienheureux, remplis d'allégresse, accorder leur lyre immortelle, en joyeuse anticipation de régner un jour sur la terre ! Sur la terre, maintenant sous la domination de Satan, séjour de profonde misère, d'où votre esprit joyeux vient de s'envoler pour lui dire, comme vous le supposiez, un éternel adieu. Vous seriez d'abord frappés, et vous vous demanderiez peut-être : pourquoi n'ai-je jamais entendu chanter ce thème dans les Églises sur la terre ? Ami lecteur, voici la réponse : C'est parce que vous viviez à une époque où les hommes ne comprenaient pas les Écritures.
 
 
Cette terre sera notre ciel
 
      Abraham vous dirait au ciel que vous auriez dû lire la promesse que Dieu lui fit, au 8ème verset du 17ème chapitre de la Genèse, où le Seigneur donne la terre de Canaan en possession perpétuelle, non seulement à sa postérité, mais à lui-même. De plus, vous auriez dû lire le témoignage d'Étienne (Actes 7:1-7) par lequel vous vous seriez assurés qu'Abraham n'avait jamais hérité les choses qui lui avaient été promises, mais qu'il attendait encore d'être ressuscité des morts et ramené sur la terre de Canaan pour hériter. Oui, vous dirait Ézéchiel, si vous aviez lu le 37ème chapitre de mes prophéties, vous y auriez trouvé la promesse positive que Dieu ouvrirait les sépulcres de tous les enfants de la maison d'Israël, qui étaient morts ; qu'il réunirait leurs os secs, qu'il mettrait sur eux des nerfs, ferait croître de la chair et étendrait de la peau sur eux, que son Esprit entrerait en eux et qu'ils renaîtraient tous à la vie ; et qu'alors, au lieu d'êtres enlevés au ciel, ils seraient ramenés sur la terre de Canaan, donnée à eux par le Seigneur, et que leur héritage serait là.
 
      Dans votre surprise, vous pourriez vous adresser à Job qui, non moins étonné que vous de rencontrer quelqu'un ignorant des choses si claires, s'écrierait : mais n'avez-vous donc jamais lu les versets 23 à 27 de mon 19ème chapitre où, exprimant le vœu que mes discours soient écrits dans un livre, je déclare que mon Rédempteur viendra sur la terre aux derniers jours, que je le verrai, que mes propres yeux le verront, et non un autre, bien que mon corps devienne la pâture des vers ? David lui-même, David le chantre harmonieux d'Israël, vous rappellerait son 37ème Psaume, où il déclare à diverses reprises que les débonnaires hériteront à jamais de la terre, après que les méchants en auront été exterminés. Enfin, pour trancher tout à fait la question, prêtez l'oreille à cette parole décisive que le Sauveur laisse tomber de ses lèvres, dans son sermon sur la montagne : « Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre » (Matthieu 5:5).
 
      À toutes ces citations, vous répondriez : j'avais bien certainement lu ces divers passages, mais on m'avait toujours appris à croire qu'ils n'avaient pas cette signification ; voilà pourquoi je ne les ai pas compris jusqu'à cette heure. Laissez-moi donc aller dire aux hommes quelles merveilles se sont révélées à mes yeux depuis mon arrivée dans le ciel, et simplement pour avoir entendu chanter un court cantique. Il est vrai que, durant mon séjour sur la terre, j'avais entendu beaucoup discourir sur les splendeurs des cieux, mais je n'aurai jamais pu m'imaginer que l'on s'y réjouissait à la perspective de revenir sur cette planète. Hélas, disait le Sauveur : « Ils ont Moïse et les prophètes… s'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait » (Luc 16:29-31).
 
 
Avènement du millénium
 
      Nous allons reprendre maintenant le sujet de l'avènement du Messie, et celui de ce jour glorieux nommé le millénium, ou le règne de mille ans. Nous savons par le champ prophétique, à travers lequel nous avons glané, que ce jour heureux sera introduit par le retour personnel du Christ et par la résurrection de tous les saints. Ensuite, nous avons appris qu'au moment de son avènement tous les méchants seront exterminés de la terre par de terribles jugements de Dieu et par le feu ; de sorte que la terre sera purifiée, délivrée de ses habitants corrompus, comme elle le fut autrefois par les eaux du déluge. Ce feu brûlera et les prêtres et les populations ; tous périront excepté quelques-uns.
 
      Mais ce terrible châtiment s'adresse plus spécialement aux Églises déchues qu'aux païens ou aux Hébreux qu'elles essayent de convertir en ce moment. Malheur à vous, Gentils, qui vous intitulez le peuple de Dieu, mais qui avez anéanti sa loi par vos traditions : car, c'est en vain que vous criez : Seigneur ! Seigneur ! si vous ne faites pas ce que Jésus commande ; c'est en vain que vous l'adorez, si vous enseignez pour sa doctrine des préceptes humains. Voici, l'épée de sa vengeance est suspendue sur vos têtes : à moins que vous ne vous repentiez, elle tombera bientôt sur vous ; et en ce jour-là il sera plus miséricordieux envers les païens et les Juifs qu'envers vous. Vous vous flattez que ce jour glorieux, dont nous parlent les prophètes, sera amené par vos inventions modernes, et par tous ces plans fondés sur l'argent, qui ont pour but de convertir les païens et les Juifs aux divers systèmes religieux des Églises dites chrétiennes : et, cela fait, vous espérez voir naître un millénium d'après votre cœur. Mais ni les Juifs ni les païens ne seront jamais convertis, comme peuples, par un autre plan que celui qui existe dans la Bible pour le rétablissement d'Israël. Et vous, entendez bien « vous-même », vous végétez sous une alliance rompue, et vous mûrissez rapidement pour le feu. Mais ne me prenez pas pour un ennemi parce que je vous dis la vérité ; car je prends Dieu à témoin que j'aime trop votre âme pour vous cacher aucune vérité, aussi sévère qu'elle puisse vous paraître. Les blessures d'un ami sont meilleures que les caresses d'un ennemi.
 
 
Signes des temps
 
      En ce qui concerne les signes des temps, on demande souvent : quand ces choses arriveront-elles et quels seront les signes qui en précéderont l'accomplissement (Luc 21:7) ? Et cette autre question m'est bien souvent posée : ces choses arriveront-elles bientôt ? Je vais donc vous dire à tous à quels signes vous reconnaîtrez par vous-même quand ces évènements approcheront, et quand nous en serons même à la veille, afin que vous n'ayez plus à recourir au savoir des autres.
 
      Lorsque vous voyez le pommier, et tous les autres arbres dont les feuilles commencent à pousser, vous savez de vous-même que l'été est proche ; de même, quand vous verrez éclater de grands tremblements de terre, des pestes, des famines et autres fléaux de toute espèce ; quand vous verrez la mer briser ses barrières naturelles, et toutes choses en commotion ; quand les nations seront plongées dans la détresse et la perplexité ; quand les cœurs des hommes seront rongés par la crainte, dans l'attente des choses qui devront se passer sur la terre – quand vous verrez des signes dans les cieux, des signes sur la terre, du feu, du sang, et des vapeurs de fumée, le soleil obscurci par les ténèbres, la lune en sang et les étoiles lancées hors de leur marche – quand vous verrez les Juifs se rassembler à Jérusalem, et les armées des nations se réunir pour leur faire la guerre – alors vous saurez, avec la plus parfaite certitude que l'avènement du Seigneur est proche, qu'il est même à la porte. « Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n'arrive » (Matthieu 24:34). Le ciel et la terre passeront, mais aucune des paroles que le Seigneur a prononcées, par la bouche de ses prophètes et de ses apôtres, ne manquera de s'accomplir. Quiconque examinera les écrits des prophètes, et les paroles de Jésus-Christ à ce sujet, se convaincra que tous les signes, dont j'ai parlé, sont clairement désignés comme les signes avant-coureurs de son avènement.
 
 
Conséquences du rejet de la vérité dans les derniers jours
 
      Mais, bien que toutes ces choses soient écrites, sa venue surprendra les hommes, comme le déluge aux jours de Noé. Pourquoi ? Uniquement parce qu'ils ne comprendront pas les prophètes. Ils ne supporteront pas la saine doctrine ; grâce aux faux docteurs et à des préceptes humains, leurs oreilles, détournées de la vérité, ne s'ouvriront que pour entendre des fables. Et ce qu'il y a de déplorable, c'est que, lorsque le Seigneur enverra des hommes prêcher la nouvelle alliance éternelle, en leur donnant le courage de donner hardiment leur témoignage, ils seront traités comme les serviteurs de Dieu l'ont été avant eux par les Églises déchues. Les membres de chaque Église, s'attachant à leur propre système, sont unanimes à dire : « Nous n'avons pas besoin de ces nouveautés, la bonne ancienne voie nous suffit » ; en même temps qu'ils marcheront en autant de voies différentes qu'il y a d'Églises, ils ne s'accorderont que sur un point : persécuter et dire toute sorte de mal des chasseurs et des pêcheurs que Dieu leur enverra.
 
      Mais, grâce au ciel, il y a dans chaque Église des individus cherchant humblement la vérité, lesquels, après avoir reconnu sa voix, embrasseront la nouvelle alliance éternelle. Ces personnes seront adoptées dans la grande famille d'Israël ; elles seront rassemblées avec ses enfants et participeront aux mêmes bénédictions et promesses. Oui, comme nous l'apprend Jérémie dans ces prophéties : « Les nations viendront à toi des extrémités de la terre, et elles diront : Nos pères n'ont hérité que le mensonge, de vaines idoles, qui ne servent à rien » (Jérémie 16:19). Mais, comme les Juifs, en ne comprenant pas les prophètes, et en reportant toutes leurs espérances sur le glorieux avènement du Messie aux derniers jours, dans l'attente de le voir rétablir le royaume d'Israël et les venger de leurs ennemis - comme les juifs, dis-je, se trompèrent sur son premier avènement, et que par erreur ils furent brisés et dispersés - il en sera de même pour les Gentils : ils se méprendront sur les prophéties touchant son deuxième avènement, en les confondant avec le grand jugement final, qui n'aura lieu que mille ans après. Et cette méprise fatale, au lieu de ne causer que leur défaite et leur dispersion, fera qu'ils seront réduits en cendres.
 
 
Préparez vous à rencontrer votre Dieu
 
      Mes frères, selon la chair, combien mon âme déplore votre destinée ! Si j'avais une voix comme celle de la trompette, je crierais : Éveillez-vous, éveillez-vous, sortez de votre léthargie, les temps sont accomplis, votre destruction est à la porte. « Car la destruction de tout le pays est résolue, je l'ai appris du Seigneur, de l'Éternel des armées » (Ésaïe 28:22). Préparez-vous donc à recevoir votre Dieu. Et vous, enfants de la maison d'Israël, levez la tête car votre rédemption est proche : partez, partez, quittez ces lieux où vous aviez été dispersés, retournez sur la terre de votre héritage, rebâtissez vos villes ; oui, sortez des nations, depuis un bout du ciel jusqu'à l'autre bout, mais que votre fuite ne soit point précipitée, car le Seigneur marchera devant vous, et le Dieu d'Israël sera votre arrière-garde. Enfin, je crierais à tous, Juifs et Gentils : Repentez-vous, repentez-vous, car la grande journée du Seigneur est proche. « Car si moi, qui suis un homme, j'élève la voix et appelle au repentir, et que vous me haïssez, que direz-vous quand le jour viendra où les tonnerres feront entendre leur voix des extrémités de la terre, parlant aux oreilles de tous ceux qui vivent, en disant : Repentez-vous et préparez-vous pour le grand jour du Seigneur ? Oui, et encore, lorsque les éclairs sillonneront le ciel d'est en ouest, feront retentir leur voix aux oreilles de tous ceux qui vivent et feront tinter les oreilles de tous ceux qui entendent, disant ces paroles : Repentez-vous, car le grand jour du Seigneur est arrivé ?
 
      « Et de plus, le Seigneur fera retentir sa voix du ciel, disant : Écoutez, ô nations de la terre, et entendez les paroles de ce Dieu qui vous a faites. Ô nations de la terre, combien de fois vous aurais-je rassemblées comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, mais vous ne l'avez pas voulu ! Combien de fois ne vous ai-je pas appelées par la bouche de mes serviteurs, par le ministère d'anges, par ma propre voix, par la voix des tonnerres, par la voix des éclairs, par la voix des tempêtes, par la voix des tremblements de terre et des grandes tempêtes de grêle, par la voix des famines, des pestes de toutes sortes, par le grand son d'une trompette, par la voix du jugement, par la voix de la miséricorde tout le jour, par la voix de la gloire, de l'honneur et des richesses de la vie éternelle, et je vous aurais sauvées dans un salut éternel, mais vous ne l'avez pas voulu ! Voici, le jour est venu où la coupe de la colère de mon indignation est pleine. » (D&A 43:21-26)
 
 
 
CHAPITRE TROIS
 
 
LE ROYAUME DE DIEU
 
 
      « Cherchez premièrement le royaume de Dieu » (Matthieu 6:33). Tel était le commandement du Sauveur, tandis qu'il enseignait les enfants des hommes sur la terre.
 
      Après avoir fait un examen général des prophéties, passées et futures, pour obéir à ce commandement, nous nous mettrons à la recherche du royaume de Dieu. Mais avant de commencer, je préviendrai de nouveau le lecteur de ne pas m'accompagner dans ces recherches, à moins qu'il ne soit prêt à tout sacrifier à la cause de la vérité, même sa réputation, que dis-je ? sa vie même si cela est nécessaire : car un seul coup d'œil sur le royaume de Dieu lui donnera un tel enthousiasme, qu'il ne sera satisfait que lorsqu'il en sera devenu sujet. Et pourtant il est si différent de tous les autres systèmes religieux qu'il sera surpris qu'aucune personne ait pu, la Bible à la main, prendre jamais un de ces systèmes humains pour royaume de Dieu. Il y a certains pouvoirs, privilèges et bénédictions, appartenant au royaume de Dieu, qu'on ne trouve dans aucun autre royaume, et dont ne jouit aucun autre peuple. Il s'est toujours distingué, par là, de tous les autres systèmes et gouvernements ; au point que celui qui cherche le royaume de Dieu, dès qu'il est instruit de ces particularités, ne peut jamais se méprendre ou être en peine de savoir quand il l'a trouvé. Mais avant d'avancer plus loin dans nos recherches, mettons-nous d'accord sur la signification de ce terme : le royaume de Dieu, ou du sens dans lequel nous l'emploierons. Car il y en a qui donnent cette désignation au séjour de la gloire céleste, d'autres la donnent aux félicités individuelles de leur propre âme, et d'autres enfin désignent ainsi le gouvernement de Dieu organisé sur la terre. Pour ce qui nous concerne, lorsque nous parlons du royaume de Dieu, il est bien entendu que nous voulons parler de son gouvernement organisé sur la terre.
 
 
Éléments essentiels du royaume de Dieu
 
      Maintenant, lecteur, nous nous élançons dans le vaste domaine ouvert devant nous, pour nous mettre à la recherche d'un royaume. Mais, arrêtez : une question.
Qu'est-ce qu'un royaume ? Je réponds : Quatre choses sont indispensables pour constituer un royaume, soit au ciel, soit sur la terre ; savoir : premièrement, un roi ; deuxièmement, des officiers commissionnés et dûment qualifiés pour exécuter ses lois et ses ordonnances ; troisièmement, un code de lois par lesquelles les sujets sont gouvernés ; et quatrièmement, des sujets qui sont gouvernés. Là où ces quatre éléments existent dans leur ordre propre et régulièrement constitués, là se trouve un royaume ; mais là où l'un ou l'autre de ces éléments cesse d'exister, le royaume se trouve désorganisé ; conséquemment il n'y a plus de royaume jusqu'à ce qu'il soit réorganisé de la même manière qu'auparavant. Sous ce rapport, le royaume de Dieu est semblable aux autres royaumes : partout où nous trouvons des officiers dûment qualifiés et commissionnés par le Seigneur Jésus, administrant ses ordonnances et ses lois en toute pureté, et sans mélanges de préceptes ou commandements humains, là existe le royaume de Dieu, là son pouvoir se manifeste, et on y possède les mêmes bénédictions qu'aux anciens jours.
 
 
Le royaume établi autrefois
 
      Nous allons examiner maintenant comment fut établi le royaume de Dieu, au jour des apôtres. Le premier avis de son approche en fut donné par un ange à Zacharie, lui promettant un fils qui serait le précurseur du Roi pour lui préparer le chemin. La deuxième manifestation se fit par un saint ange à Marie, et ensuite à Joseph, leur annonçant la naissance du Messie ; tandis qu'en même temps le Saint-Esprit manifestait à Siméon, dans le temple, qu'il ne mourrait point sans voir le Sauveur. Ainsi ces personnes, comme aussi les bergers et les Mages de l'Orient, eurent à se livrer à des transports de joie glorieusement ineffable, pendant qu'autour d'eux le monde ignorait la cause de leur joie. Après ces choses, tout parut rester dans une attente silencieuse, jusqu'à ce que Jean, parvenu à la virilité, surgit du désert de la Judée, avec une proclamation aussi nouvelle qu'étrange et criant : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Matthieu 3:2), administrant le baptême de repentance aux Juifs, et leur annonçant ouvertement que le Roi était déjà parmi eux, sur le point d'y fonder son royaume. Et pendant qu'il administrait encore, le Messie vint et fut baptisé et scellé par l'Esprit de Dieu, qui se posa sur lui sous la forme d'une colombe ; et bientôt après, il se mit à faire la même proclamation que Jean, en disant : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Matthieu 4:17). Alors, après avoir choisi douze disciples, il les envoya dans toutes les villes de la Judée, avec cette même proclamation : « Le royaume des cieux est proche ». Puis, il envoya soixante-dix hommes, et ensuite soixante-dix autres, répandre les mêmes nouvelles, de manière que tous fussent bien avertis et préparés pour un royaume qui allait être bientôt organisé parmi eux.
 
      Mais quand ces faits eurent produit l'effet désiré, en faisant naître une attente générale, plus particulièrement dans le cœur de ses disciples, qui s'attendaient chaque jour à triompher de leurs persécuteurs par le couronnement de ce glorieux personnage, tandis qu'ils espéraient recevoir eux-mêmes une récompense pour toutes leurs fatigues et leurs sacrifices, en obtenant les premières dignités autour de son trône, quel ne dut pas être le désappointement de ces mêmes disciples, lorsqu'ils virent leur Roi pris et crucifié, après avoir été raillé, bafoué, tourné en ridicule, et finalement vaincu et écrasé, tant par les Juifs que par les Gentils ?
 
 
Le Christ crucifié et ressuscité
 
      Ils auraient volontiers perdu la vie en combattant pour le placer sur le trône ; mais se soumettre humblement et sans résistance, faire l'abandon de toutes leurs espérances et sombrer dans le désespoir le plus profond au comble de l'enthousiasme, c'était en vérité plus qu'ils ne pouvaient supporter. Supposant donc que tout était fini, ils se dispersèrent, remplis de chagrin ; et chacun retournant à ses filets de pêcheur, ou à d'autres occupations, ils faisaient probablement des réflexions semblables à celles-ci : Est-ce là tout le fruit de nos travaux ? Est-ce pour cela qu'ayant tout quitté, amis, maisons et terres, nous avons subi des persécutions, la faim, la fatigue et l'opprobre ? Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël ; mais ils l'ont tué, et tout est fini. Pendant trois ans nous avons provoqué un état d'attente générale dans toute la Judée en annonçant que le royaume des cieux était proche : mais maintenant que notre roi est mort, comment oserions-nous regarder le peuple en face ?
 
      Avec ces réflexions, chacun ayant pris son parti, tout retomba dans le silence ; aucune voix ne cria plus dans la Judée : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. Jésus dormait dans les bras de la mort ; une grosse pierre avec le sceau de l'État, défendait la tombe où reposait son corps ; la garde romaine, attentive et silencieuse, veillait à la conservation de son dépôt, quand tout à coup un ange puissant descendit des régions célestes et roula la pierre de l'entrée du sépulcre ; à sa vue les soldats reculèrent comme frappés de mort ; et le Fils de Dieu, s'étant réveillé, brisa les liens de la mort ; et bientôt apparaissant à Marie, il l'envoya porter à ses disciples la joyeuse nouvelle de sa résurrection et leur désigna un lieu pour se réunir avec eux.
 
      Après l'avoir revu, la douleur des disciples fut changée en joie, et toutes leurs espérances se ranimèrent ; ils n'eurent plus à crier : Le royaume des cieux est proche, mais ils reçurent l'ordre de demeurer à Jérusalem, jusqu'à la fondation du royaume. Là, ils se préparèrent à ouvrir la porte du royaume, et à y introduire des étrangers, en les adoptant légalement comme citoyens de ce royaume par l'administration de certaines lois et ordonnances, qui étaient invariablement des lois d'adoption, sans lesquelles nul ne pouvait devenir citoyen du royaume.
 
 
Points particuliers ayant toujours distingué le royaume
 
      Après être monté aux cieux et avoir été revêtu de toute autorité au ciel et sur la terre, il revint à ses disciples et il leur donna les pouvoirs en ces termes : « Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé, sera sauvé, mais celui qui ne croira pas, sera condamné. Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils saisiront des serpents ; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux malades et les malades seront guéris » (Marc 16:15-18).
 
      Mon désir est que le lecteur pèse bien les termes de cette commission, jusqu'à ce qu'il la comprenne parfaitement, vu que, dès qu'il la comprendra, il n'aura plus à se méprendre à l'égard du royaume de Dieu, mais il pourra reconnaître ces particularités qui devaient le distinguer de tous les autres royaumes ou systèmes religieux du monde. Et de crainte qu'il ne comprenne mal, nous allons analyser la commission donnée aux apôtres, en examiner soigneusement chaque partie dans toute leur portée. Premièrement, ils devaient prêcher l'Évangile, ou, en d'autres termes, la bonne nouvelle d'un Rédempteur crucifié et ressuscité, à tous les hommes ; deuxièmement, celui qui croyait, et qui était baptisé serait sauvé ; troisièmement, celui qui ne croyait pas ce qu'ils lui prêchaient serait condamné ; et quatrièmement, ces signes suivraient ceux qui croiraient : d'abord, ils devaient chasser les démons ; deuxièmement, parler de nouvelles langues ; troisièmement, chasser des serpents ; quatrièmement, s'ils venaient à prendre un breuvage mortel, il ne leur ferait pas de mal ; cinquièmement, ils devraient imposer les mains aux malades, et ils guériraient.
 
 
Signes suivant toujours les croyants
 
      Maintenant, il n'y a qu'un aveuglement obstiné, ou l'ignorance de la langue dans laquelle ceci est lu, qui ait jamais pu faire naître un malentendu là-dessus. En effet, les uns prétendent que ces signes ne devaient suivre que les apôtres ; les autres soutiennent que ces signes ne devraient suivre les croyants que durant ce siècle-là. Mais Jésus-Christ place le prédication, la foi, le salut, et les signes qui devraient suivre les croyants, tous ensemble sur le même pied ; là où l'une de ces choses était limitée, les autres devaient l'être aussi ; et là où l'une cessait d'exister, les autres cessaient également d'exister. Si le langage limite ces signes aux apôtres, il limite aussi la foi et le salut aux mêmes apôtres. Si d'autres personnes, après le temps des apôtres, ne devaient plus obtenir les signes promis, il s'ensuit que ces personnes n'auraient eu ni à croire ni à faire leur salut. Ensuite, si le langage limite ces signes au premier siècle ou aux premiers siècles du christianisme, il limite également le salut aux premiers siècles du christianisme ; car les uns sont précisément autant limités que les autres ; et là où les signes cessent, le salut doit cesser pareillement.
 
      Et autant nous pourrions dire que, de nos jours, nous n'avons pas plus besoin de la prédication de l'Évangile que de la loi et du salut, et que ces choses n'avaient été données que pour établir l'Évangile, autant nous pourrions soutenir que les signes ne sont plus maintenant nécessaires, et qu'ils n'avaient été donnés au commencement que pour fonder l'Évangile. Mais, dira le lecteur étonné : Est-ce que ces signes n'ont pas cessé d'exister parmi les hommes ? Je réponds : démontrer qu'ils ont cessé d'exister, c'est démontrer que l'Évangile a cessé d'être prêché, que les hommes ont cessé de croire et d'être sauvés, et que le royaume de Dieu n'existe pas sur la terre ; ce serait prouver que Jésus-Christ était un imposteur, et ses promesses vaines.
 
 
Le don du Saint-Esprit est essentiel au royaume
 
      Après avoir donné l'analyse et expliqué la commission donnée aux apôtres, poursuivons nos recherches sur l'organisation du royaume de Dieu, aux jours des apôtres. Le Sauveur, leur ayant donné leur autorité, leur ordonna d'attendre à Jérusalem et de ne commencer leur mission que lorsqu'ils auraient été revêtus des pouvoirs d'en haut. Pourquoi ce délai ? Parce que nul ne fut jamais qualifié, et ne le sera jamais, de prêcher cet Évangile, et toutes les choses que Jésus leur ayant commandé d'enseigner, sans le Saint-Esprit. Et ce Saint-Esprit est bien différent de celui qu'ont tant de docteurs de nos jours dépourvus de toute inspiration ; car le Saint-Esprit dont parlait Jésus devait guider ses disciples à toute vérité, rappeler toutes choses à leur souvenir, tout ce qu'il leur avait enseigné, et leur montrer les choses de l'avenir ; sans mentionner qu'il les mettrait en l'état de parler dans toutes les langues de la terre.
 
      Or, un homme qui prêche a le plus grand besoin de ce Saint-Esprit ; premièrement, pour être guidé vers toute vérité afin qu'il sache ce qu'il doit enseigner ; deuxièmement, pour fortifier sa mémoire, de crainte qu'il ne néglige d'enseigner quelques-unes des choses qu'il lui est commandé d'enseigner ; et troisièmement, il a besoin de connaître les évènements de l'avenir, pour qu'il puisse prévenir ses auditeurs des dangers qui approchent ; et c'est ce qui le fait prophète.
 
      D'après ce qui précède, le lecteur peut voir combien Jésus tenait à ce que nul ne prêchât son Évangile sans le Saint-Esprit. Il peut voir également combien l'Esprit de vérité diffère de ces esprits répandus dans le monde, qui égarent les hommes sous le nom du Saint-Esprit. Si les Églises de nos jours ont le Saint-Esprit, pourquoi sont-elles si en peine de comprendre la vérité ? Pourquoi marchent-elles dans des voies si différentes ? Pourquoi tant de doctrines diverses ? Pourquoi ont-elles besoin de bibliothèques entières de sermons, de traités, de dissertations théologiques, de controverses, d'opinions et d'arguments, produits de la sagesse humaine et ne faisant pas même profession d'être inspirés ? Combien le Seigneur a raison de dire d'elles : « et la crainte qu'il a de moi n'est qu'un précepte de tradition humaine » (Ésaïe 29:13). Mais, pour en revenir à notre sujet, les apôtres attendirent à Jérusalem jusqu'à ce qu'ils fussent revêtus des pouvoirs d'en haut, et ils commencèrent alors à proclamer l'Évangile.
 
 
Le baptême est la porte du royaume
 
      Nous venons de découvrir plusieurs choses relativement au royaume : Premièrement, nous avons trouvé que le Roi est assis à la droite de Dieu, et qu'entre ses mains est remise toute puissance dans les cieux et sur la terre. Deuxièmement, nous avons vu que des officiers étaient dûment commissionnés et nommés pour administrer les affaires du royaume. Troisièmement, nous avons reconnu que les lois par lesquelles les citoyens devaient être gouvernés étaient tout ce que Jésus avait commandé à ses disciples de leur enseigner.
 
      Maintenant, si nous pouvons découvrir comment les hommes devenaient citoyens de ce royaume, j'entends quant aux règles de l'adoption, nous aurons alors trouvé le royaume de Dieu dans ce siècle ; et nous serons fort mécontents de tout ce qui, de nos jours, a la prétention d'être le royaume de Dieu, et qui n'est pas conforme au modèle.
 
      Or, il advint qu'il n'y avait pas de citoyens naturellement nés dans ce royaume, car les Juifs comme les Gentils étaient compris dans le péché et l'incrédulité ; nul ne pouvait devenir citoyen sans la loi d'adoption, et tous ceux qui croyaient au nom du Roi avaient la faculté d'entrer dans son royaume ; mais il existait une règle ou plan invariable par lequel ils étaient adoptés et tous ceux qui se seraient avisés de vouloir prétendre aux droits de citoyen par une autre voie quelconque, n'auraient été considérés que comme larrons et voleurs, sans jamais pouvoir obtenir le sceau de l'adoption. Cette règle fut arrêtée par le Sauveur dans ses instructions à Nicodème, à savoir : « Si un homme ne naît d'eau (c'est-à-dire s'il n'est pas baptisé dans l'eau) et d'Esprit (c'est-à-dire n'est pas baptisé de l'Esprit), il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jean 3:5).
 
 
Pierre enseigne le plan de salut
 
      Or, à Pierre avaient été données les clés du royaume ; c'était donc son devoir d'en ouvrir la porte aux Juifs, ainsi qu'aux Gentils.
 
      Lorsque, le jour de la Pentecôte, une multitude de gens se furent rassemblés, l'apôtre Pierre, se présentant avec les onze, éleva sa voix, et dissertant sur les Écritures avec la foule, il rendit témoignage de Jésus-Christ, de sa résurrection et de son ascension au ciel ; si bien que beaucoup furent convaincus de la vérité, et demandèrent ce qu'il fallait qu'ils fissent. Ces gens-là n'étaient pas chrétiens ; mais convaincus dès cet instant que Jésus était le Christ, ils agirent d'après cette conviction, en demandant : « Hommes frères, que ferons-nous ? » Alors Pierre leur dit : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera » (Actes 2:38-39).
 
      Lecteur, comprenez-vous cette proclamation ? Si vous la comprenez, vous verrez que cet Évangile n'est pas généralement prêché dans ces temps modernes. C'est pourquoi, analysons-le et expliquons-le, phrase par phrase. Vous vous rappelez que ces hommes croyaient déjà, et que ce qui leur restait à faire c'était se repentir. Premièrement, la foi ; deuxièmement, la repentance ; troisièmement, le baptême ; quatrièmement, la rémission des péchés ; et cinquièmement, le Saint-Esprit. C'était là l'ordre de l'Évangile. La foi donnait la faculté de devenir enfants adoptifs, citoyens du royaume ; la repentance et ensuite le baptême au nom de Jésus-Christ, était l'acte d'obéissance par lequel ils étaient adoptés ; et le Saint-Esprit de promesse était le sceau de leur adoption, et tous étaient assurés de l'obtenir en obéissant à l'Évangile.
 
      Maintenant, cher lecteur, où entendez-vous, de nos jours, prêcher une telle doctrine ? Qui enseigne que ceux qui croient et se repentent doivent être baptisés ? Peut-être le lecteur dira que les Baptistes le font. Mais font-ils appel aux gens pour les baptiser, aussitôt qu'ils croient et se repentent ? Et, en outre, promettent-ils la rémission des péchés, avec le don du Saint-Esprit ? Souvenez-vous des effets produits par le Saint-Esprit sur ceux qui le reçoivent. Il les guide à toute vérité, fortifie leur mémoire et leur montre les choses de l'avenir. Le prophète Joël a dit qu'il leur donnerait des visions et des songes, et qu'il les ferait prophétiser.
 
 
Les signes suivent la prédication de Pierre
 
      Lecteur, je vous le demande, où trouverez-vous un Évangile semblable prêché parmi les hommes ? Verrions-nous des gens gémir, se lamenter des semaines entières, sans obtenir le pardon de leurs péchés, ou bien les consolations du Saint-Esprit, si Pierre était au milieu de nous pour nous dire exactement comment s'obtiennent de semblables bénédictions ?
 
      Que penseriez-vous d'une assemblée religieuse tenue dans une forêt (ndt : allusion aux rassemblements religieux périodiques de plusieurs jours tenus dans les bois par certaines Églises aux États-Unis), où trois mille hommes se présenteraient pour qu'on priât pour eux, et où vous verriez l'un des ministres se lever (à l'exemple de Pierre) et enjoindre à chacun d'eux de se repentir, de recevoir le baptême pour la rémission de leurs péchés, en leur promettant que tous ceux qui obéiraient recevraient la rémission de leurs péchés, et le don du Saint-Esprit, qui leur donnerait des songes et les ferait prophétiser ? Que diriez-vous en le voyant, avec d'autres ministres, ses frères, commencer, à l'instant, de les baptiser tous successivement jusqu'au dernier, le Saint-Esprit tombant ensuite sur eux, et eux se mettant à avoir des visions, à parler de nouvelles langues, et à prophétiser ? Est-ce que le bruit ne se répandrait pas tout de suite, partout, qu'une nouvelle doctrine vient d'apparaître, entièrement différente de tout ce qui est actuellement pratiqué parmi les hommes ? Oui, répond le lecteur, cela serait assurément nouveau et très étrange pour nous tous. Eh bien ! Quelque étrange que cela paraisse, c'est là l'Évangile que prêcha Pierre le jour de la Pentecôte. Or, Paul déclare qu'il prêchait le même Évangile que Pierre ; et il dit encore : « Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous avons prêché, qu'il soit anathème » (Galates 1:8). Le lecteur ne doit par conséquent plus être surpris de voir que les signes ne suivent pas ceux qui croient un autre Évangile, ou une autre doctrine, qui diffèrent de l'Évangile prêché par les apôtres.
 
 
Les apôtres donnent le modèle du royaume
 
      Mais revenons au royaume de Dieu organisé du temps des apôtres. Nous voyons que trois mille personnes furent adoptées dans ce royaume, le premier jour que la porte en fut ouverte. Ces personnes, ainsi que celles qui en grand nombre se convertirent dans la suite, devinrent sujets ou citoyens du royaume ; lequel royaume, ayant été convenablement constitué, grandit comme un temple saint élevé au Seigneur. C'est ainsi qu'après avoir déblayé le terrain des débris amoncelés autour de nous par la superstition et par la tradition des Églises, et après d'attentives recherches, nous avons enfin découvert le royaume de Dieu, tel qu'il existait lors de sa première organisation aux jours des apôtres ; et nous avons vu qu'il différait grandement de tous les systèmes modernes de religion, tant par ses ministres et ses ordonnances que par ses pouvoirs et privilèges, à tel point que personne ne saurait confondre l'un avec les autres.
 
      Après avoir fait cette découverte, nous examinerons les progrès que fit ce royaume, soit parmi les Juifs, soit parmi les Gentils, quels étaient ses fruits, et les dons et bénédictions dont jouissaient ses citoyens.
 
      Un peu après l'organisation du royaume de Dieu à Jérusalem, Philippe vint prêcher l'Évangile à Samarie, et ses habitants ayant cru à son témoignage, hommes et femmes furent baptisés, ce qui leur donna une grande joie. Ensuite Pierre et Jean, étant arrivés de Jérusalem, prièrent pour eux et leur imposèrent les mains, et ils reçurent le Saint-Esprit. Remarquez bien ceci : ils crurent d'abord, et furent baptisés ensuite, ce qui leur donna une grande joie, et pourtant ils n'avaient pas encore reçu le Saint-Esprit. Mais le Saint-Esprit leur fut donné plus tard, par la prière et l'imposition des mains. Combien tout cela diffère des systèmes des hommes !
 
      Voyez la conversion de Paul, durant son voyage à Damas. Le Seigneur Jésus lui apparaît en chemin ; mais au lieu de lui dire que ses péchés lui étaient pardonnés et de répandre sur lui le Saint-Esprit, il l'envoie à Damas, en le prévenant que c'est là qu'il apprendrait ce qu'il avait à faire. À son arrivée à Damas, Ananias étant venu le trouver, lui ordonna de ne pas attendre ; mais de se lever, de se faire baptiser et laver de ses péchés au nom du Seigneur Jésus (Actes 22:14). Alors s'étant levé, il fut baptisé et rempli du Saint-Esprit – et aussitôt il se mit à prêcher que Jésus était le Christ.
 
 
Le baptême est essentiel au salut
 
      Voyez ensuite la conduite de Pierre lors de sa visite à Corneille. C'était un Gentil d'une grande piété, dont les prières et les aumônes étaient montées jusqu'à Dieu, et qui avait même reçu la visite d'un ange. Malgré toute sa piété, et bien que le Saint-Esprit eût été répandu sur lui et sur ses amis avant leur baptême, il fallut pourtant qu'ils fussent baptisés, sans quoi ils n'auraient pu être sauvés. Pourquoi ? Parce que le Seigneur avait commandé aux apôtres de prêcher à toutes créatures et que toutes les créatures, sans aucune exception, qui ne croiraient pas et ne seraient pas baptisées, serait condamnées. Remarquez surtout les paroles de l'ange à Corneille : « C'est lui (Pierre) qui te dira comment tu seras sauvé, toi et toute ta maison. » Une question : Corneille aurait-il pu être sauvé sans obéir aux paroles de Pierre ? Si vous répondez oui, alors le message de l'ange était inutile.
 
      De nos jours, un ministre qui trouverait un homme aussi vertueux que Corneille lui tiendrait à peu près ce langage : « Allez, frère, vous pouvez être sauvé : vous avez de l'expérience en matière religieuse ; vous pouvez sans doute être baptisé pour obéir à la voix d'une bonne conscience, si vous pensez que c'est pour vous un devoir ; sinon, peu importe, il n'y a vraiment besoin que d'un cœur nouveau pour faire votre salut ». C'est comme s'il lui disait que les commandements de Jésus-Christ ne sont pas absolument nécessaires au salut, et qu'un homme, en l'appelant Seigneur, peut aussi bien se sauver qu'en gardant ses commandements. Doctrine vaine et insensée ! Vous, enfants des hommes, à quel point vous avez perverti l'Évangile ! C'est en vain que vous l'appelez Seigneur, Seigneur, si vous n'obéissez pas à ses commandements.
 
      Mentionnons, en passant, le geôlier et sa maison qui furent baptisés à la même heure qu'ils crurent, sans attendre le jour ; puis Lydie et sa famille, qui obéirent à l'Évangile, après le premier sermon.
 
      N'oublions pas Philippe et l'eunuque qui arrêta son chariot aux premières eaux qu'ils rencontrèrent, pour recevoir le baptême, bien qu'il n'eût entendu parler de Jésus que pour la première fois et seulement quelques minutes auparavant.
 
      De tous ces exemples des temps anciens et des enseignements qu'ils nous donnent, je tire cette conclusion que le baptême était l'ordonnance initiatrice par laquelle tous ceux qui croyaient et se repentaient, étaient admis, adoptés dans l'Église ou royaume de Dieu ; et parce qu'ils étaient ses fils, Dieu envoyait dans leur cœur l'Esprit de son Fils, qui criait : Abba, Père.
 
      Il est vrai que le Seigneur répandit le Saint-Esprit sur Corneille et ses amis avant leur baptême ; mais cela parut nécessaire afin de convaincre les Juifs croyants que les Gentils, eux aussi, avaient part à ce même salut. Je crois que c'est là l'unique exemple, dans les Écritures, d'homme recevant le Saint-Esprit sans avoir préalablement obéi aux lois de l'adoption.
 
 
Des administrateurs légaux sont essentiels au royaume
 
      Mais, remarquez-le bien, obéir aux lois de l'adoption ne constitue pas un homme héritier du royaume, ne lui donne pas droit aux dons et bénédictions du Saint-Esprit, à moins que ces lois et ordonnances aient été administrées par une personne revêtue de l'autorité légale, et dûment commissionnée par le Roi. Une commission donnée à un individu ne peut jamais autoriser un autre à agir à sa place. C'est là un des points les plus importants à comprendre, car il met à l'épreuve tous les ministres de la Chrétienté, et en question l'organisation de toutes les Églises actuelles, et de toutes celles qui ont existé depuis que l'inspiration directe a cessé sur la terre.
 
      Pour développer clairement ce sujet, examinons la constitution des gouvernements humains, en ce qui concerne les lois de l'adoption et la question de l'autorité. Exemple : Le président des États-Unis remet une commission ou brevet à A.B., l'autorisant légalement à remplir tel emploi dans le gouvernement. Durant son administration, deux étrangers viennent fixer leur résidence dans ce pays, et, voulant en devenir citoyens, ils se présentent chez A.B. qui après leur avoir dûment fait prêter serment de fidélité, leur délivre un certificat constatant le fait, ce qui les constitue légalement citoyens de l'Union et leur confère tous les droits des citoyens nés sur le sol américain. Après cela, A.B. meurt ; C.D., en feuilletant ses papiers, vient à découvrir par hasard le brevet délivré au premier ; et l'appliquant à son propre usage, il s'attribue les fonctions du défunt. Surviennent deux étrangers, qui désirent devenir citoyens américains. Informés par des personnes ignorantes des choses du gouvernement que C.D. peut appliquer, en leur faveur, la loi concernant l'adoption des étrangers, ils consentent à s'adresser à lui, sans songer à examiner s'il en a réellement l'autorité. C.D. leur délivre un certificat de naturalisation, et voilà nos deux étrangers se croyant membres de la Confédération, comme les autres, et ayant droit à tous les privilèges du citoyen américain. Mais leurs droits prétendus ayant été bientôt contestés, ils produisent le certificat qui leur a été délivré par C.D., et le président s'écrie : « mais, qui est ce C.D. ? Il n'a jamais été nommé à aucune fonction, je ne le connais pas ; vous êtes donc sans droits politiques, étrangers à notre république, à moins que vous vous présentiez chez le successeur légalement nommé de A.B., ou chez un autre revêtu de la même autorité, ayant reçu sa commission directement du président et agissant en son nom » ; Entre temps C.D. a été pris et puni suivant la loi, pour ses pratiques frauduleuses et pour avoir usurpé une autorité qui ne lui avait jamais été conférée.
 
 
De faux prêtres usurpent l'autorité
 
      Il en a été de même dans le royaume de Dieu. Le Seigneur avait autorisé les apôtres et d'autres hommes par révélation directe, et par l'esprit de prophétie, à prêcher, à baptiser, et à fonder son Église ou royaume, mais ces hommes moururent ; et longtemps après eux des gens ayant lu le texte du mandat où il est dit aux onze apôtres : « Allez par tout le monde et prêchez l'Évangile à toutes créatures », ces gens-là furent assez présomptueux pour s'approprier ces paroles et baser sur elles leur autorité, et oser, sans aucun autre mandat, prêcher l'Évangile, baptiser, et propager le royaume de Dieu sur la terre. Mais ceux qui sont baptisés par ces hommes ne reçoivent jamais les mêmes dons et bénédictions qui caractérisaient les saints ou citoyens du royaume du temps des apôtres. Pourquoi ? parce qu'ils ne cessent pas d'être étrangers au royaume de Dieu, car la commission ou mandat donné aux apôtres ne conféra jamais à aucun autre homme le droit d'officier à leur place. C'était une prérogative que le Seigneur s'était réservée à lui-même. Nul homme n'avait, et n'a le droit de prendre ce ministère sur lui-même, à moins d'être appelé par révélation, et d'être dûment qualifié pour officier dans sa vocation avec l'aide du Saint-Esprit.
 
      Mais le lecteur va me demander avec étonnement : Est-ce qu'aucun des ministres des Églises actuelles n'a été appelé à sa fonction et n'a reçu une commission légale ? Je vais vous dire, cher lecteur, comment vous pouvez vous en assurer de leur propre bouche ; et ce sera infiniment mieux qu'une réponse de ma part. Adressez-vous aux ministres de tous les cultes, et demandez-leur si Dieu a donné quelque révélation directe depuis le Nouveau Testament. Informez-vous si le don de la prophétie a cessé avec les premiers temps de l'Église ; enfin demandez-leur si des révélations, des prophètes, des visitations d'anges, etc., sont nécessaires ou attendus de nos jours, ou bien s'ils croient que ces choses ont cessé pour ne plus reparaître sur la terre. Leur réponse sera que la Bible en contient suffisamment, et que depuis que le canon des Écritures a été rempli, les révélations, l'esprit de prophétie et les visites d'anges ont cessé, comme n'étant plus nécessaires. En un mot, ils traiteront d'imposteur tout homme qui afficherait de telles prétentions. Quand vous aurez obtenu cette réponse, demandez-leur comment ils ont été appelés eux-mêmes et envoyés pour prêcher l'Évangile ; vous les verrez embarrassés de vous répondre, et ils finiront par vous dire que c'est la Bible qui les a envoyés par ces paroles : « Allez par tout le monde… »
 
 
Le Seigneur rejette les faux ministres
 
      Ainsi, vous le voyez, tous ceux qui n'ont pas eu une révélation directe du Roi du ciel, soit par la voix de Dieu, soit par des anges ou par l'esprit de prophétie, fonctionnent sous une autorité donnée à d'autres hommes qui sont morts depuis des siècles ; leur mandat est volé et leur autorité usurpée. Un jour le Roi leur dira : Je connais Pierre, je connais Paul, c'est moi qui les avais appelés ; mais vous, qui êtes-vous ? Je ne vous ai jamais parlé de ma vie ; et d'ailleurs vous croyiez qu'il n'était pas nécessaire que je parlasse de votre temps. C'est pour cela que vous n'avez jamais exercé votre foi pour obtenir une révélation, et que je ne vous en ai jamais donné ; et même quand je parlais à d'autres, vous vous en moquiez, vous les appeliez imposteurs, vous les persécutiez, parce qu'ils rendaient témoignage de ce que je leur avais dit. « Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. Car j'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'étais nu, et vous ne m'avez pas vêtu ; j'étais étranger, et vous ne m'avez pas recueilli ; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité » - Seigneur, quand est-ce que nous avons omis de faire ces choses ? » - Toutes les fois que vous n'avez pas fait ces choses à l'un de ces plus petits (les prenant pour des imposteurs parce qu'ils vous témoignaient des choses que je leur avais révélées), c'est à moi que vous ne les avez pas faites » (Matthieu 25:31-46).
 
 
L'Église jouit des dons spirituels
 
      Mais, revenons à notre sujet. Après avoir examiné le royaume de Dieu sous le rapport de son ministère et de ses ordonnances, après avoir reconnu quels étaient les seuls moyens d'y entrer, examinons plus amplement quels étaient les dons, les bénédictions et les privilèges dont jouissaient ses citoyens. Vous avez déjà vu qu'ils devaient chasser les démons, parler de nouvelles langues, guérir les malades par l'imposition des mains au nom de Jésus-Christ, avoir des songes et des visions, prophétiser, etc.
 
      Mais considérons le royaume de Dieu dans son état organisé, et voyons si ces promesses devaient se réaliser parmi les Juifs, comme parmi les Gentils, partout où le royaume de Dieu existerait, à travers les âges du monde.
 
      Paul écrivant :
 
      Premièrement, « À l'Église de Dieu, à Corinthe » ;
      Deuxièmement, « À ceux qui sont sanctifiés en Jésus-Christ » ;
      Troisièmement, « À ceux qui sont appelés saints » ;
      Et quatrièmement, « À tous ceux qui invoquent en quelque lieu que ce soit le nom de notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Corinthiens 1:1-2) dit à tous dans sa première épître aux Corinthiens (12:1) : « Pour ce qui concerne les dons spirituels, je ne veux pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance. » Et, continuant ses instructions, quelques versets plus loin, il ajoute : « Or, à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune. En effet, à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; à un autre, la foi, par le même Esprit ; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit ; à un autre, le don d'opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre, l'interprétation des langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut. Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il de Christ. Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit. Ainsi, le corps n'est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs membres. Si le pied disait : parce que je ne suis pas une main, je ne suis pas du corps, - ne serai-il pas du corps pour cela ? Et si l'oreille disait : parce que je ne suis pas un œil, je ne suis pas du corps, - ne serait-elle pas du corps pour cela ? Si tout le corps était œil, où serait l'ouïe ? S'il était tout ouïe, où serait l'odorat ? Maintenant Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a voulu. Si tous étaient un seul membre, où serait le corps ? » - Je réponds : Il n'existerait pas.
 
 
La véritable Église possède des apôtres et des prophètes
 
      « Il y a plusieurs membres et un seul corps. L'œil ne peut pas dire à la main : Je n'ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds : Je n'ai pas besoin de vous. Mais bien plutôt, les membres du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires ; et ceux que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les entourons d'un plus grand honneur. Ainsi, nos membres les moins honnêtes reçoivent le plus d'honneur, tandis que ceux qui sont honnêtes n'en ont pas besoin. Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d'honneur à ce qui en manquait, afin qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres. Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. Et Dieu a établi dans l'Église, premièrement, des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont le don des miracles, puis ceux qui ont les dons de guérir, de secourir, de gouverner, de parler diverses langues. Tous sont-ils apôtres ? Tous sont-ils prophètes ? Tous sont-ils docteurs ? Tous ont-ils le don des miracles ? Tous ont-ils le don des guérisons ? Tous parlent-ils en langues ? Tous interprètent-ils ? Aspirez aux dons les meilleurs. Et je vais encore vous montrer une voie par excellence » (1 Corinthiens 12:7-31).
 
      Nous apprenons, par le 13ème verset du chapitre précédent, que l'apôtre s'adresse à l'Église entière de tous les siècles, soit Juifs, soit Gentils, soit libres, soit esclaves, à tous ceux qui composeront jamais le corps de Christ ; montrant que le corps de Christ comprend plusieurs membres, baptisés par le même Esprit en un même corps possédant tous les dons divers, l'un ayant un don, l'autre un autre don, il dit expressément qu'un membre possédant un don ne doit pas dire à un autre membre ayant un autre don : Nous n'avons pas besoin de toi.
 
 
Les prophètes et les dons prouvent l'origine diverse de l'Église
 
      Après avoir établi qu'il fallait des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des pasteurs et des docteurs, ainsi que les dons de prophétie, de guérison, de miracles, et tous les autres dons pour composer l'Église ou le corps de Christ, dans tous les siècles, soit parmi les Juifs, soit parmi les Gentils, soit parmi les hommes libres, soit parmi les esclaves, et après avoir formellement défendu qu'aucun des membres ne dise jamais à aucun de ces dons : Nous n'avons pas besoin de toi, Paul déclare que le corps ne saurait jamais se perfectionner sans tous ces dons et que, s'il venaient à cesser, il n'y aurait plus de corps, c'est-à-dire plus d'Église de Christ en existence. Après avoir clairement démontré toutes ces choses, il les exhorte à désirer ardemment les meilleurs dons.
 
      Dans le 13ème chapitre, il les exhorte à la foi, à l'espérance et à la charité, sans lesquelles tous ces dons ne leur serviraient à rien ; et dans le 14ème chapitre, il répète l'exhortation : « Recherchez la charité. Aspirez aussi aux dons spirituels, mais surtout à celui de prophétie » (1 Corinthiens 14:1).
 
      Dans son épître aux Éphésiens (1:17), Paul prie le Seigneur de donner à l'Église l'esprit de sagesse et de révélation, dans la connaissance de Dieu. Dans le 4ème chapitre, il enseigne aux Éphésiens qu'il y a un seul corps, un seul Seigneur, un seul Esprit, une seule foi et un seul baptême ; que Christ, étant monté en haut, mena captive une grande multitude et qu'il distribua des dons aux hommes. Qu'il donna les uns pour être apôtres, les autres pour être prophètes, les autres pour être évangélistes, et les autres pour être docteurs et pasteurs. Et si le lecteur veut savoir quel était l'usage de ces dons et ministères, le 12ème verset lui dira : « Pour les perfectionnements des saints, en vue de l'œuvre du ministère, et de l'édification du corps de Christ. » Si nous désirons connaître pour combien de temps étaient institués ces ministères, le 13ème verset nous répondra : « Jusqu'à ce que nous soyons parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait à la mesure de la stature parfaite de Christ. »
 
      Et si le lecteur veut savoir, en outre, quel autre but visait le Seigneur en accordant ces dons, qu'il lise le verset 14 : « Afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction. »
 
 
L'apostasie provient du fait de rejeter les prophètes et les dons
 
      On le voit, sans ces dons et ces ministères, premièrement, les saints ne peuvent être perfectionnés ; deuxièmement, l'œuvre du ministère ne peut progresser ; troisièmement, le corps de Christ ne peut être édifié ; et quatrièmement, il n'y a rien pour les empêcher d'être emportés à tout vent de doctrine. Eh bien ! je le déclare hardiment, la cause de toutes les divisions, de la discorde, de l'extrême confusion, des controverses et des haines qui règnent parmi les hommes, la source fertile de tant de croyances, de seigneurs, d'esprits et de baptêmes divers, ce qui remplit leur entendement de ténèbres, les éloigne de la vie de Dieu par cette ignorance qui est en eux et par l'aveuglement de leur cœur, tout cela, c'est parce qu'ils n'ont ni dons spirituels, ni apôtres, ni prophètes inspirés d'en haut pour les diriger. En effet, s'ils avaient ces dons et ces ministères et qu'ils voulussent se laisser guider par eux, ils seraient tous réunis en un seul corps, nourris de la doctrine de Christ, n'ayant qu'un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême et une seule espérance ! Oui, ils seraient fondés, édifiés en Christ pour toutes choses ; et le corps tout entier, convenablement organisé, grandirait majestueusement comme un temple élevé au Seigneur.
 
      Mais aussi longtemps que de subtils charlatans pourront persuader les hommes qu'ils n'ont plus besoin de ces choses, aussi longtemps pourront-ils, à leur gré, les aveugler et les exploiter par toutes sortes de doctrines.
 
      Lecteur, j'ai fini notre examen du royaume de Dieu tel qu'il existait du temps des apôtres. Nous ne saurions le rencontrer dans aucun autre siècle, jusqu'à son rétablissement dans ces derniers jours ; car il n'a jamais existé et il n'existera jamais sans apôtres et prophètes, et sans les autres dons du Saint-Esprit.
 
 
L'antéchrist règne dans notre chrétienté
 
      Si nous devions examiner l'histoire des Églises depuis l'époque où l'inspiration divine a cessé jusqu'aux temps actuels, nous ne trouverions rien de semblable au royaume que nous avons contemplé avec tant d'admiration et de délices. À la place des apôtres et prophètes, nous verrions de faux docteurs que les hommes se sont choisis eux-mêmes ; au lieu des dons de l'Esprit, nous verrions la sagesse des hommes ; au lieu du Saint-Esprit, plusieurs faux esprits ; au lieu des ordonnances de Dieu, des préceptes humains ; au lieu de la science, l'opinion ; au lieu de la révélation, des conjectures ; au lieu de l'union, la discorde ; au lieu de la foi, le doute ; au lieu de l'espérance, le désespoir ; au lieu de la charité, la haine ; au lieu de l'imposition des mains pour la guérison des malades, des médecins ; au lieu de la vérité, des fables ; le mal pour le bien ; le bien pour le mal ; les ténèbres pour la lumière, la lumière pour les ténèbres ; en un mot, l'antéchrist, au lieu de Christ, les puissances de la terre ayant fait la guerre aux saints et les ayant vaincus, jusqu'à ce que la parole de Dieu s'accomplisse.
 
      Ô mon Dieu ! Fais cesser cette vision, car je tombe en langueur à la vue de ce spectacle. Hâte le jour où la terre sera purifiée par le feu de ses affreuses souillures. Mais, auparavant, accomplis les promesses que tu as faites par la bouche de ton serviteur Jean ; tu lui as promis d'appeler à toi ton peuple en ces termes : « Sortez du milieu d'elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n'ayez point de part à ses fléaux » (Apocalypse 18:4). Et alors, Seigneur, après que tu auras retiré tes élus de la terre, par les pêcheurs et les chasseurs que tu as promis d'envoyer aux derniers jours pour opérer le rassemblement d'Israël, quand ton alliance éternelle aura été renouvelée et que ton peuple aura été rétabli par elle, que les fléaux, la mortalité, le deuil et la famine tombent alors sur la terre en un même jour, qu'elle soit consumée par le feu afin que tes saints apôtres et tes prophètes et tous ceux qui craignent ton nom, grands et petits, se livrent à la joie, parce que tu auras vengé sur elle le sang de tes saints. Je te demande ces choses au nom de Jésus-Christ. Amen.
 
 
 
CHAPITRE QUATRE
 
 
LE LIVRE DE MORMON
 
 
 
Les prêtres à gages combattent la vérité
 
      Les ténèbres couvraient la terre, et d'épaisses ténèbres obscurcissaient l'entendement des hommes, chacun marchant dans sa propre voie et ne pensant qu'à amasser des richesses. Depuis longtemps le Seigneur gardait le silence, et les hommes se flattaient follement que la voie de l'inspiration ne retentirait jamais plus aux oreilles des mortels, pour les troubler et les inquiéter dans leur carrière criminelle. À peine quelques-uns, espérant la consolation d'Israël, invoquaient encore le Seigneur pour qu'il daignât faire luire enfin ce jour où l'ange volerait par le milieu du ciel, portant l'Évangile éternel pour être prêché à tous ceux qui habitent sur la terre, quand soudain une voix se fait entendre du désert, un cri vient saluer les oreilles des mortels, un témoignage retentit au milieu d'eux, pénétrant les plus profonds replis de leur cœur. Aussitôt la multitude des idolâtres commence à se mettre en fureur, et les populations à s'imaginer de vaines choses. Les ministres fulminent du haut de leurs chaires et se mettent à crier : Ce sont des imposteurs, de faux prophètes, gardez-vous de cette fourberie ! Et l'homme religieux, l'ivrogne, le blasphémateur, le savant, comme l'ignorant, saisissent ces dénonciations et les répètent sur tous les tons possibles. C'est ainsi que, d'écho en écho, ces clameurs retentissent longtemps d'un bout du pays à l'autre, au point que si quelqu'un, assez fortuné pour conserver son bon sens, se met à demander ingénument : Mais voyons, de quoi est-il question ? la réponse est : Nous savons là-dessus à peine quelque chose, mais apprenez que certains individus ont apparu qui, à l'exemple de Paul, parlent du ministère d'anges, d'une révélation ou d'inspiration nouvelle, tout comme si l'ancienne religion et la foi prêchées aux chrétiens primitifs pouvaient refleurir sur la terre dans notre siècle éclairé. Ce qui met non seulement notre profession en danger, mais nos systèmes modernes de religion, tous fondés sur la sagesse et le savoir des hommes, sans inspiration directe de Dieu, en sont ébranlés ; et la grande magnificence de nos institutions religieuses, quoique faisant l'admiration du monde entier, court le risque d'être méprisée. Alors tous se mettent à crier bruyamment ensemble : Grande est la sagesse de l'homme ; profonds sont les systèmes de la théologie moderne, immense est le savoir de nos prêtres sans inspiration divine, qui viennent à nous avec des discours d'une éloquence consommée, bien déterminés à n'admettre que des opinions puisées dans des livres et des croyances fabriquées par eux-mêmes, et dont les entretiens et les sermons séduisants respirent le savoir humain, discours prononcés en dehors de l'Esprit et de ses dons, car ces choses ont cessé d'exister, afin que notre foi soit fondée, non sur la puissance de Dieu, mais sur la sagesse de l'homme !
 
 
Confusion évidente parmi les critiques du Livre de Mormon
 
      Au milieu de ces clameurs et de tous les préjugés d'un monde unanime dans son opposition, il est difficile de faire entendre raison aux hommes, concernant l'un des plus importants sujets qui aient jamais été présentés à leur considération.
 
      De toutes les publications qui aient jamais paru, le Livre de Mormon a été peut-être celle qui a été la moins bien comprise et la plus dénaturée par le monde en général.
 
      L'Amérique et l'Angleterre ont été inondées, pour ainsi dire, de publications contre ce livre. Beaucoup de ces écrits ont été l'œuvre d'hommes qui n'avaient jamais vu ce livre, ou d'écrivains qui en avaient lu une page ou deux, ou qui l'avaient rapidement parcouru, avec un esprit mal disposé et avec la détermination de tout critiquer. Par quelques-uns de ces écrivains, il a été représenté comme un roman, par d'autres comme une nouvelle Bible, destinée à discréditer ou à remplacer la Bible. Les uns ont déclaré que c'était « un mélange de plates niaiseries », indigne d'être lu ; les autres que c'était l'œuvre littéraire la plus ingénieusement rédigée. Ceux-ci lui ont reproché de trop ressembler à la Bible, et de s'accorder avec elle ; ceux-là l'ont condamné pour ne pas avoir assez de ressemblance avec la Bible et ne pas s'accorder avec elle. Il a été flétri par certains fanatiques, comme étant un livre corrompu, immoral et blasphématoire dans sa doctrine ; tandis que d'autres l'ont dénoncé comme exposant des principes d'une moralité d'autant plus pure qu'ils étaient plus propres à séduire. Dans un traité de soixante pages publié contre ce livre, un ecclésiastique en particulier le condamne comme étant « un mélange étrange de foi et d'œuvres, de miséricorde de Dieu et d'obéissance de la créature ». Des hommes de lettres ont jugé que c'était une œuvre tout à fait ancienne dans son style, dans sa langue et dans ses matières, et portant avec elle de grandes preuves internes de son antiquité ; tandis que d'autres littérateurs ont déclaré qu'elle avait toutes les apparences de n'être qu'une traduction moderne. On a dit encore que ce livre ne contenait pas de prédictions bien définies sur les événements de l'avenir, événements dont l'accomplissement ou le non accomplissement pourrait servir de preuves à ses mérites prophétiques ; d'autres au contraire ont fait de longues citations de ses prophéties les plus claires et les mieux définies, ayant trait à des circonstances sur le point de s'accomplir, et les ont condamnées à cause de leur clarté même.
 
 
Qu'est-ce que le Livre de Mormon ?
 
      Au milieu de toutes ces opinions contradictoires, il est maintenant de notre devoir d'exposer, avec autant de détails que cela nous est possible, ce que le Livre de Mormon est réellement.
 
      Lorsque le Seigneur confondit les langues à la tour de Babel, il emmena de là une colonie sur le continent occidental, aujourd'hui connu sous le nom d'Amérique. Cette colonie, après avoir traversé l'océan sur huit bâtiments, et après avoir débarqué dans ce pays, devint par la suite une puissante nation. Ces premiers habitants de l'Amérique l'occupèrent pendant quinze cents ans. Ils furent à la fin détruits pour leurs méchancetés, environ six cents ans avant Jésus-Christ. Un prophète, du nom d'Éther, écrivit leur histoire, et relata les raisons de leur extermination.
 
      Éther vécut assez pour être témoin de leur entière destruction, et il déposa ses annales dans un endroit où elles furent trouvées plus tard par une colonie d'Israélites, qui vinrent de Jérusalem six cents ans avant Jésus-Christ pour repeupler l'Amérique. Ces derniers colons étaient descendants de la tribu de Joseph ; ils s'accrurent et finalement se divisèrent en deux grandes nations. Le premier de ces peuples s'appela les Néphites, de Néphi, nom de leur fondateur ; l'autre prit le nom Lamanites, de Laman, qui était leur chef.
 
      Les Lamanites devinrent un peuple dégénéré et d'une couleur rougeâtre, dont les Indiens de l'Amérique sont les restes. Les Néphites étaient un peuple éclairé et civilisé. Hautement favorisé du Seigneur, ils avaient des visions, des visites d'anges et le don de prophétie parmi eux de siècle en siècle. Ils eurent le bonheur de recevoir la visite personnelle de Jésus-Christ après sa résurrection et de recevoir de sa bouche la doctrine de l'Évangile et la connaissance de l'avenir jusqu'à la fin des siècles. Mais après avoir reçu d'aussi grandes bénédictions et privilèges, ils tombèrent dans une affreuse perversité au troisième et quatrième siècles de l'ère chrétienne, et enfin ils furent entièrement détruits par la main des Lamanites. Ce qui eut lieu environ quatre cents ans après Jésus-Christ.
 
 
Qui était Mormon ?
 
      Mormon, Néphite et prophète de Dieu, vivait à cette époque. Par ordre du Seigneur, il fit un abrégé des annales sacrées, qui contenait l'histoire de ses ancêtres, les prophéties et l'Évangile qui avaient été révélés parmi eux ; et il ajouta un précis de l'histoire de son temps et de la destruction de sa nation. Avant sa mort, ses annales ainsi abrégées parvinrent entre les mains de son fils Moroni, qui les continua jusqu'à l'an 420 après Jésus-Christ. Alors, il les déposa soigneusement en terre, sur une colline, qui portait à cette époque le nom de Cumorah, située dans l'actuel territoire de Manchester, comté d'Ontario, État de New-York, en Amérique du Nord. Il fit cela pour les empêcher de tomber entre les mains des Lamanites qui parcouraient le pays pour tuer les Néphites et détruire toutes les annales. Elles restèrent là, cachées ou scellées, depuis l'an 420 après Jésus-Christ jusqu'au 22 septembre 1827, époque où elles furent trouvées par Joseph Smith, suivant les indications données par un ange du Seigneur.
 
 
Les plaques de Mormon étaient-elles enterrées ?
 
      Le récit suivant de la découverte et de la traduction de ces annales est extrait d'une brochure publiée en 1840 à Edimbourg par Orson Pratt, sous le titre de : « Visions remarquables » etc., à laquelle nous renvoyons nos lecteurs pour plus amples détails.
 
      « À quelle profondeur de la surface du sol ces annales furent primitivement placées, c'est ce que je ne saurais dire ; mais du fait qu'elles étaient restées enfouies là pendant quatorze cents ans et cela sur le penchant d'une colline si escarpée, on peut en conclure que c'était seulement à une profondeur de quelques pieds, ou que la terre avait dû naturellement s'éroder, plus ou moins, durant ce laps de temps : elles avaient été déposées vers le sommet de la colline, et le sol ne s'était probablement pas érodé plus qu'aux deux tiers. Une autre circonstance avait dû prévenir l'érosion du sol. Selon toute probabilité, la colline s'était couverte d'arbres, aussitôt qu'ils avaient eu le temps de croître, et les racines de ces arbres avaient dû retenir la terre. Quoi qu'il en soit, je laisse là-dessus chacun tirer sa conclusion, et formuler ses propres hypothèses. » Nous nous bornerons à dire « qu'une excavation d'une profondeur suffisante avait été faite : on avait posé au fond une pierre d'une dimension convenable, dont la surface supérieure était polie ; à chaque extrémité on avait mis une grande quantité de ciment, et sur ce ciment, aux quatre extrémités de la pierre du fond, on avait élevé perpendiculairement quatre autres pierres ; leur bout inférieur reposait sur le ciment, aux bords extérieurs de la première pierre. Ces quatre dernières pierres, ainsi placées perpendiculairement, avaient été disposées de manière à former une boîte, dont les coins, ou les endroits où les extrémités de ces quatre pierres se mettaient en contact, avaient été cimentés si fortement, qu'il était impossible à l'humidité du dehors de pénétrer à l'intérieur. Il est bon d'observer aussi que les surfaces intérieures de ces quatre pierres, formant la boîte, étaient unies. Cette boîte avait été façonnée de dimensions suffisantes pour recevoir un pectoral ou cotte de mailles, armure défensive dont se servaient les anciens pour se protéger la poitrine, etc., des flèches et autres armes de leurs ennemis. Du fond de cette boîte, ou de la cotte de mailles, s'élevaient trois petites colonnes composées de la même espèce de ciment employé aux extrémités : et sur ces trois colonnes étaient placées ces annales. » - Cette boîte, contenant les annales, était couverte d'une autre pierre, dont la partie de dessous était plate, et celle de dessus formait saillie.
 
      Dans la matinée du 22 septembre 1823, lorsqu'elle fut visitée pour la première fois par Joseph Smith, une partie du dessus de la pierre était visible au dessus du sol, tandis que les bords en étaient cachés par la terre et l'herbe. D'après cette circonstance, on peut voir, « qu'à quelque profondeur que cette boîte ait pu d'abord être placée, le temps et la pluie avaient entraîné une partie de la terre ; de sorte qu'il était facile de la découvrir, en y étant conduit, bien qu'elle demeurât inaperçue des passants ». Arrivé sur les lieux après quelques faibles efforts pour retirer la terre de dessus les bords de la boîte, il put jeter les yeux à l'intérieur, et il en aperçut distinctement le contenu.
 
 
Moroni donne des instructions à Joseph Smith
 
      Pendant qu'il considérait ce trésor sacré avec surprise et admiration, l'ange de Dieu, qui l'avait visité auparavant, vint encore devant lui : son âme fut encore illuminée, comme elle l'avait été la nuit précédente ; il fut rempli du Saint-Esprit ; les cieux furent ouverts, et la gloire resplendissante du Seigneur l'environna, et reposa sur lui. Tandis que, ravi d'admiration, il contemplait ces choses, l'ange lui dit : « Regarde ! », et aussitôt il vit le Prince des ténèbres entouré de la multitude innombrable de ses associés. Comme cette vision passait devant lui, le messager céleste lui dit : « Tout ceci t'est montré, le bien et le mal, le saint et l'impur, la gloire de Dieu et la puissance des ténèbres, afin que tu aies désormais la connaissance de ces deux pouvoirs, et que tu ne sois jamais influencé ni vaincu par ce maudit. Voici : tout ce qui nous attire et nous porte au bien, et à faire le bien, vient de Dieu ; et tout ce qui y est opposé vient du Malin. C'est lui qui remplit le cœur des hommes de méchanceté, qui les fait marcher dans les ténèbres et blasphémer Dieu ; et tu sauras désormais que ces voies mènent à la destruction, mais que la voie de la sainteté donne la paix et le repos. Tu ne peux, cette fois, emporter ces annales, car strict est le commandement de Dieu à ce sujet ; et si jamais ces choses sacrées sont obtenues, il faut qu'elles le soient par la prière et la fidélité, et en obéissant au Seigneur. Elles n'ont pas été déposées ici dans un but de spéculation, pour amasser des richesses ni pour la gloire de ce monde. Elles ont été scellées par la prière et la foi, et à cause des connaissances qu'elles contiennent. Elles n'ont de valeur pour les enfants des hommes, qu'à cause des lumières qu'elles leur donneront. Dans ces annales se trouve la plénitude de l'Évangile de Jésus-Christ, tel qu'il fut donné à ces peuples sur ce continent. Quand cet Évangile aura été mis en lumière par le pouvoir de Dieu, il sera apporté aux Gentils, et beaucoup d'entre eux l'embrasseront. Et après, les descendants d'Israël seront ramenés dans la bergerie de leur Sauveur, en obéissant aussi à sa parole. Ceux qui gardèrent les commandements de Dieu dans ce pays, lui demandèrent cette faveur ; et par la prière et la foi ils obtinrent la promesse que, si leurs enfants venaient à transgresser et à apostasier, ces annales seraient préservées, et qu'elles parviendraient dans les derniers jours à leurs descendants.
 
 
Destinée sacrée du Livre de Mormon
 
      Ces choses sont sacrées, et c'est en cet état qu'elles doivent être conservées ; car il faut que la promesse de Dieu, à cet égard, s'accomplisse. Nul ne peut les obtenir, s'il a le cœur impur, attendu que ce qu'elles contiennent est sacré… Par elles le Seigneur accomplira une œuvre merveilleuse et un prodige ; la sagesse des sages sera réduite à néant, et l'intelligence des prudents disparaîtra, et parce que le pouvoir de Dieu se manifestera, ceux qui professent connaître la vérité, mais suivent les voies du mensonge, trembleront de colère ; mais par des signes et des prodiges, par des dons et des guérisons, par les manifestations du pouvoir de Dieu, et par le Saint-Esprit le cœur des fidèles sera consolé.
 
      « Maintenant tu as été témoin du pouvoir de Dieu, et du pouvoir de Satan ; tu as vu qu'il n'y a rien de désirable dans les œuvres des ténèbres, qu'elles ne peuvent pas procurer le bonheur ; que ceux qui sont vaincus par elles sont misérables ; et tu as vu, d'un autre côté, que les justes sont admis dans le royaume de Dieu, où d'ineffables félicités les attendent : là, ils se reposent à l'abri de l'ennemi de la vérité, et nul mal ne peut les atteindre ; couronnés de la gloire de Dieu, ils se réjouissent de sa bonté et jouissent constamment de ses regards ».
 
      « Mais, bien que tu aies vu une grande manifestation de ces pouvoirs, par lesquels tu pourras toujours découvrir les pièges du Malin, je vais néanmoins te donner un autre signe. Et quand il se manifestera, tu sauras alors que le Seigneur est Dieu ; tu sauras qu'il accomplira ses projets, et que les lumières que contiennent ces annales parviendront à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple sur la terre. »
 
 
Moroni prédit que les saints seraient persécutés
 
      « Voici le signe : quand ces choses commenceront à se répandre, c'est-à-dire dès qu'on saura que le Seigneur t'a montré ces choses, les méchants chercheront ta perte : ils feront courir mille mensonges pour détruire ta réputation ; ils s'efforceront aussi de t'arracher la vie ; mais n'oublie pas ceci : si tu es fidèle, et que tu continues désormais à garder les commandements de Dieu, ta vie sera préservée pour que tu fasses paraître ces annales ; car en temps opportun il te donnera l'ordre de venir les prendre. Quand elles auront été traduites, le Seigneur donnera la sainte prêtrise à quelques hommes ; ils commenceront à prêcher cet Évangile et à baptiser d'eau et recevront ensuite le pouvoir de donner le Saint-Esprit par l'imposition des mains. C'est alors que les persécutions deviendront de plus en plus furieuses ; car les iniquités des hommes seront révélées, et ceux qui n'auront point bâti sur le roc s'efforceront de détruire l'Église. » Mais plus celle-ci rencontrera d'opposition, plus elle croîtra, plus elle s'étendra, croissant en connaissance, jusqu'à ce que ses membres soient sanctifiés et reçoivent un héritage là où la gloire de Dieu brillera sur eux, et quand cela aura lieu et lorsque tout sera prêt, les dix tribus d'Israël se révéleront dans le pays du nord, où elles sont depuis longtemps ; et cela sera l'accomplissement de cette parole du prophète : « Un Rédempteur viendra pour Sion, pour ceux de Jacob qui se convertiront de leurs péchés, dit l'Éternel » (Ésaïe 59:20).
 
      « Mais, malgré tous les efforts que feront les méchants pour te détruire, le bras du Seigneur s'étendra sur toi et tu sortiras vainqueur de leurs mains, si tu gardes tous ses commandements. Ton nom sera connu parmi les nations, car l'œuvre que le Seigneur accomplira par tes mains comblera de joie le cœur des hommes justes, et fera frémir de rage les méchants. Les uns honoreront ta mémoire et les autres l'auront en aversion ; toutefois, ces derniers seront terrifiés de voir l'œuvre grande et merveilleuse qui suivra l'avènement de la plénitude de l'Évangile. Va, maintenant, et souviens-toi de ce que le Seigneur a fait pour toi ; sois diligent à garder ses commandements, et il te délivrera des tentations, des pièges et de tous les artifices du Malin. N'oublie pas de prier, pour que ton esprit se fortifie, et afin que lorsque Satan se manifestera à toi, tu puisses échapper à tout mal et obtenir ces objets précieux. »
 
 
Description des plaques d'or
 
      Nous remarquerons ici que la précédente citation est tirée d'une lettre écrite par Olivier Cowdery qui fut publiée dans un numéro du Latter Day Saints' Messenger and Advocate.
 
      Bien que beaucoup d'autres instructions furent données par l'ange à Joseph Smith, instructions que nous passerons ici sous silence, les traits les plus importants en sont néanmoins compris dans le récit qui précède. Pendant les quatre années suivantes, il reçut de fréquentes instructions de la bouche du messager céleste. Et, dans la matinée du 22 septembre 1827, l'ange du Seigneur lui remit les annales.
 
      Elles étaient gravées sur des plaques métalliques qui avaient l'apparence de l'or. Chaque plaque avait environ quinze à vingt centimètres de longueur et de largeur, et était un peu moins épaisse que le fer blanc ordinaire. Elles étaient unies de manière à former un volume, comme les feuilles d'un livre, et tenues par trois anneaux qui traversaient le tout ; elles étaient couvertes des deux côtés de caractères égyptiens gravés. Ce volume, dont une partie était scellée, avait environ quinze centimètres d'épaisseur. Les caractères ou lettres sur les feuilles non scellées, étaient petits et finement gravés. Le livre entier présentait de nombreuses marques d'ancienneté dans sa structure et la gravure en était habile. Avec les annales se trouvait un « instrument curieux que les anciens appelaient l'urim et le thummin. Cet instrument se composait de deux pierres transparentes comme le cristal montées sur une branche en forme de petit arc. C'était un instrument dont faisaient usage, dans les temps anciens, ceux qu'on appelait voyants, et au moyen duquel ils recevaient des révélations de choses éloignées, passées ou futures ».
 
 
Tentatives faites pour dérober les plaques
 
      Sur ces entrefaites, les habitants du voisinage, informés que Joseph Smith avait eu des visions célestes et qu'il avait découvert des annales sacrées, commencèrent à se moquer de ces choses et à les tourner en dérision. Après avoir obtenu ces objets sacrés, comme il se rendait à la maison à travers les champs et des lieux inhabités, il fut assailli par deux bandits, qui s'étaient cachés dans le dessein de lui enlever les annales. L'un d'eux le frappa de son gourdin avant qu'il ne les aperçût ; mais étant robuste et d'une grande taille, après beaucoup d'efforts, il parvint à leur échapper ; et il se mit à courir, vivement poursuivi jusqu'à la maison de son père, quand ces hommes craignant d'être découverts, se sauvèrent en prenant un autre chemin.
 
      Bientôt les nouvelles de cette découverte se répandirent partout dans les environs. Faux rapports, diffamation, basses calomnies volèrent aussitôt comme sur les ailes du vent, dans toutes les directions. La maison fut fréquemment assiégée par des vauriens et des personnes mal intentionnées. On lui tira plusieurs coups de fusil, au grand péril de sa vie. Tous les stratagèmes furent employés pour lui enlever les plaques. À la fin, voyant ses jours constamment menacés par une bande de misérables, il prit le parti de quitter le pays et de se retirer en Pennsylvanie. En conséquence, après avoir emballé ses effets et placé les plaques dans un baril de fèves, il se mit en route pour son voyage. À peine était-il parti, qu'il fut arrêté par un officier muni d'un mandat de recherche, se berçant de l'idée qu'il allait infailliblement se mettre en possession des plaques. Mais, après les recherches les plus minutieuses, il fut tristement désappointé de ne pas les trouver. Alors Joseph poursuivit son chemin ; mais, avant la fin de son voyage, il fut encore arrêté par un autre officier chargé de la même mission, qui, après avoir fouillé son chariot avec le plus grand soin, s'en fut aussi chagriné que le premier de ne pouvoir découvrir l'objet de ces recherches. Puis, sans autres vexations, il poursuivit son chemin jusqu'à la partie septentrionale de la Pennsylvanie, près de la rivière Susquehannah, où résidait son beau-père.
 
 
Les plaques traduites par le pouvoir de Dieu
 
      Là, s'étant procuré une maison, il commença la traduction des annales par le don et le pouvoir de Dieu, au moyen de l'urim et du thummin. Mais, comme il était pauvre écrivain, il se vit dans la nécessité d'avoir recours à une main étrangère pour écrire les paroles traduites, à mesure qu'elles sortaient de sa bouche.
 
      Sur ces entrefaites, quelques-uns des caractères originaux furent copiés et traduits avec soin par Joseph Smith. Ces caractères, ainsi que leur traduction, furent confiés à M. Martin Harris qui les porta à New-York, où ils furent présentés à M. Anthon, savant professeur, qui passait pour avoir de grandes connaissances dans plusieurs langues, anciennes et modernes. M. Anthon examina les caractères, mais il fut incapable de les déchiffrer correctement ; et il exprima l'opinion que si l'original lui était apporté, il pourrait aider à les traduire…
 
      Mais revenons à notre sujet : Joseph Smith continua l'œuvre de traduction, autant du moins que lui permit sa position financière, jusqu'à ce qu'il eût fini la partie non scellée des annales. Ce qu'il traduisit porte le nom de « Livre de Mormon ».
 
      En vérité, dira-t-on peut-être, sans tout ce merveilleux, ce livre serait à coup sûr considéré comme l'une des plus importantes découvertes que le monde ait jamais vues.
 
      Si, en labourant la terre, ou en creusant un puits ou une cave, vous eussiez accidentellement déterré des archives révélant l'histoire ancienne du continent américain, nous apprenant comment il avait été primitivement peuplé, et nous dévoilant l'origine des peuplades indiennes qui l'habitent actuellement ; si ces archives n'eussent pas dit un seul mot de Dieu, des anges ou de la révélation, elles eussent été saluées par tous les savants de l'Europe et de l'Amérique, comme l'une des plus grandes et des plus étonnantes découvertes des temps modernes, dévoilant un mystère qui, jusqu'à ce jour, avait défié toute la sagacité du monde savant. Tous les journaux auraient proclamé la grande nouvelle, et le monde entier aurait été inondé de lumière sur des questions plongées dans un océan d'incertitude et de doute. Mais qui peut s'arrêter et s'abaisser jusqu'à recevoir n'importe quoi du ministère d'anges et d'une révélation ? « C'en est trop ! Arrière ces niaiseries ! Elles contrarient la science du siècle et froissent nos idées les plus répandues ».
 
      À cela, je réponds : Le Seigneur savait cela avant de révéler ces choses et c'est l'objet principal qu'il avait en vue. Telle est sa manière d'agir envers les enfants des hommes, il fait toujours le contraire de ce que le monde attend de lui, et cela « pour confondre le savoir des savants, et pour anéantir l'intelligence des sages ». Il choisit des hommes de basse naissance, des gens de rien, des individus simples et ignorants, méprisés par le monde pour faire son œuvre et accomplir ses projets, afin que nulle chair ne se glorifie en sa présence. Hommes superbes et pétris d'orgueil ! Ô sublimes docteurs ! Et vous, savants farcis de grec et de latin, vous tous qui méprisez la sagesse qui vient d'en haut ! Ne savez-vous pas qu'il est impossible aux hommes de trouver Dieu par leur propre sagesse ? Ne savez-vous pas que tout votre savoir n'est que folie devant Dieu ? Ne savez-vous pas qu'il faut que vous deveniez humble comme un petit enfant, et que vous consentiez à apprendre la sagesse du dernier de ses serviteurs, sans quoi vous périrez dans votre ignorance ?
 
 
Promesses faites à Éphraïm et à sa postérité
 
      Mais quelles sont les preuves fournies par les Écritures, touchant l'avènement de cette œuvre glorieuse ? Nous allons essayer de démontrer, premièrement, que l'Amérique est une terre promise aux descendants de Joseph ; deuxièmement, que le Seigneur devait leur révéler sa loi, ainsi qu'aux Juifs ; et troisièmement, que leurs annales devaient paraître un jour et être réunies, en double témoignage, aux annales juives, pour opérer le rétablissement de la maison d'Israël aux derniers jours.
 
      Premièrement, en ouvrant la Genèse, nous voyons au chapitre 48 que Jacob, bénissant les enfants de Joseph, dit : « Qu'ils multiplient en abondance au milieu du pays ! ». Dans la même bénédiction, il est dit d'Éphraïm : « Sa postérité deviendra une multitude de nations » (Genèse 48:16, 19). Or, en réunissant le sens de ces deux phrases, nous trouvons qu'Éphraïm deviendra une multitude de nations au milieu de la terre. Nous voyons dans le 49ème chapitre de la Genèse que Jacob, en bénissant son fils Joseph, fait cette prophétie sur sa tête : « Joseph est le rejeton d'un arbre fertile, le rejeton d'un arbre fertile près d'une source ; les branches s'élèvent au-dessus de la muraille. Ils l'ont provoqué, ils ont lancé des traits ; les archers l'ont poursuivi de leur haine. Mais son arc est demeuré ferme ». Il dit encore : « Les bénédictions de ton père s'élèvent au-dessus des bénédictions de mes pères jusqu'à la cime des collines éternelles ; qu'elles soient sur la tête de Joseph, sur le sommet de la tête du prince de ses frères » (Genèse 49:22-24, 26).
 
      Je demande maintenant : Qui étaient les pères de Jacob, et quelle était la bénédiction qu'ils lui avaient conférée ? Abraham et Isaac étaient ses pères, et la terre de Canaan était l'héritage qu'ils lui avaient donné, et dont l'Éternel lui avait promis la possession. Rappelez-vous que Jacob accorde à Joseph une terre bien autrement considérable que celle de Canaan ; plus grande même que celle que ses pères lui avaient conférée, puisque la bénédiction doit s'étendre jusqu'aux dernières limites des collines éternelles. Or, lecteur, soyez en Égypte, où était alors Jacob, partez de là jusqu'aux dernières limites des collines éternelles et vous irez débarquer quelque part dans la partie centrale de l'Amérique. D'un autre côté, l'un des prophètes dit en parlant d'Éphraïm : « Quand le Seigneur rugira, les enfants d'Éphraïm trembleront à l'occident ». En réunissant tout ce qui précède, quel sera le résultat du total ? Nous saurons, premièrement, qu'Éphraïm devait devenir une multitude de nations au milieu de la terre ; deuxièmement, que Joseph devait recevoir un héritage extrêmement considérable, pas moins loin qu'en Amérique ; troisièmement, que ce devait être à l'ouest de l'Égypte ou de Jérusalem.
 
 
Le bois d'Éphraïm
 
      Que l'on cherche d'un pôle à l'autre, et l'on ne trouvera nulle part au milieu de la terre une multitude de nations, qui puissent tirer leur origine d'Éphraïm, à moins que ce ne soit en Amérique ; car le centre de toutes les autres parties du monde est habité par des races mélangées, qui sont sorties de différentes sources ; tandis qu'ici nous avons un continent presque sans limites, qui était séparé du reste du monde, et habité par une race d'hommes évidemment de la même origine, quoique divisée en une infinité de nations. Or, les Écritures ne sauraient faillir ; donc ces Écritures doivent s'appliquer à l'Amérique pour la meilleure des raisons : elles ne peuvent s'appliquer à aucun autre pays du monde.
 
      Deuxièmement, après avoir ainsi prouvé que la situation locale de l'héritage des descendants de Joseph ou d'Éphraïm était en Amérique, il nous reste à démontrer que Dieu s'était révélé lui-même à eux. Nous n'aurons qu'à citer pour cela le prophète Osée (8:12). En parlant d'Éphraïm, il dit par l'esprit de prophétie : « Que j'écrive pour lui toutes les ordonnances de ma loi, elles sont regardées comme quelque chose d'étranger ». Voilà une preuve positive et n'ayant besoin d'aucun commentaire que les grandes vérités du ciel avaient été révélées à Éphraïm, et avaient été considérées par lui comme une chose étrange.
 
      Troisièmement. Est-ce que ces annales devaient paraître à la veille même du rassemblement d'Israël ? Oui, suivant le 37ème chapitre d'Ézéchiel, où Dieu lui commanda « prends une pièce de bois, et écris dessus : Pour Juda et pour les enfants d'Israël qui lui sont associés. Prends une autre pièce de bois, et écris dessus : Pour Joseph, bois d'Éphraïm et de toute la maison d'Israël qui lui est associée. Rapproche-les l'une de l'autre pour en former une seule pièce, en sorte qu'elles soient unies dans ta main. Et lorsque les enfants de ton peuple te diront : Ne nous expliqueras-tu pas ce que cela signifie ? Réponds-leur : Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Voici, je prendrai le bois de Joseph qui est dans la main d'Éphraïm, et les tribus d'Israël qui lui sont associées ; je les joindrai au bois de Juda, et j'en formerai un seul bois, en sorte qu'ils ne soient qu'un dans ta main. Les bois sur lesquels tu écriras seront dans ta main, sous leurs yeux. Et tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Voici, je prendrai les enfants d'Israël du milieu des nations où ils sont allés, je les rassemblerai de toutes parts, et je les ramènerai dans leur pays. Je ferai d'eux une seule nation dans le pays, dans les montagnes d'Israël ; ils auront tous un même roi, ils ne formeront plus deux nations et ne seront plus divisés en deux royaume » (Ézéchiel 37:16-22).
 
 
La vérité jaillira de la terre
 
      Il n'est rien au monde de plus clair que cette prophétie. Il est ici question de deux écrits, l'un rédigé pour Éphraïm, et l'autre pour Juda : celui d'Éphraïm doit être mis au jour par le Seigneur, et réuni à l'écrit de Juda ; ils doivent ne former qu'un seul témoignage, et, ainsi réunis ensemble, augmenter de valeur pour le rassemblement d'Israël. Le 85ème psaume s'exprime clairement sur ce point. En parlant du rétablissement des enfants d'Israël sur leur propre terre, il dit :
 
      « La bonté et la fidélité se rencontrent, la justice et la paix s'embrassent ; la fidélité germe de la terre, et la justice regarde du haut des cieux. L'Éternel aussi accordera le bonheur, et notre terre donnera ses fruits. La justice marchera devant lui, et imprimera ses pas sur le chemin » (Psaumes 85:10-13). Or le Sauveur dit, en priant pour ses disciples : « Père, sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité » (Jean 17:17).
 
      Ces textes nous apprennent que sa parole doit sortir de la terre, pendant que la justice regardera du ciel. Et ce qui suit immédiatement, c'est la maison d'Israël, marchant dans sa voie et jouissant des fruits de la terre de son héritage. En parlant du retour définitif, de Juda, et d'Israël, de leur longue captivité, le prophète Jérémie dit (33:6) : « Je leur ouvrirai une source abondante de paix et de fidélité. » Et Ésaïe, en parlant de l'alliance éternelle qui doit les rassembler, se sert de cette expression étrange et fort remarquable : « Leur race sera connue parmi les nations, et leur postérité parmi les peuples » (Ésaïe 61:9). Lecteur, je le demande : Y a-t-il ici bas un mortel capable de nous dire si les Indiens de l'Amérique sont de la maison d'Israël, à moins que ce ne soit par révélation divine ? C'était donc là le mystère caché qu'il fallait indispensablement révéler vers l'époque de leur rassemblement.
 
 
Vérités révélées par le Livre de Mormon
 
      Telles sont les preuves que nous fournissent les Écritures en faveur d'une œuvre, telle que le Livre de Mormon, faisant son apparition dans les temps actuels, sans parler du chapitre 24 du prophète Ésaïe. Mais, dira-t-on, de quelle utilité est pour nous le Livre de Mormon, même en admettant son authenticité divine ? Je réponds : Premièrement, il met à jour une histoire importante, inconnue aux hommes avant sa publication. Deuxièmement, il révèle l'origine des Indiens d'Amérique, mystère impénétrable jusqu'à ce jour. Troisièmement, il contient d'importantes prophéties, non encore accomplies, qui ont un intérêt immédiat pour la présente génération. Quatrièmement, ce livre est d'une telle clarté, relativement à certains points de doctrine, que tous peuvent les comprendre, et se mettre d'accord à ce sujet, s'ils prennent la peine de le lire.
 
      Mais quelle est la nature des preuves en ce qui concerne les témoins, qui ont attesté que la traduction a été faite par l'inspiration divine ? Pour cette question, je renvoie les lecteurs à la déclaration des témoins, qui figure à la première page du Livre de Mormon. Ils trouveront là un témoignage aussi concluant, aussi positif qu'il soit possible d'en rencontrer dans les autres Écritures, sur toutes les vérités que Dieu a révélées. Nous avons là le témoignage écrit par trois hommes, qui non seulement attestent qu'ils ont vu et manié les plaques, mais qu'un ange de Dieu vint du ciel et leur présenta ces plaques, pendant qu'ils étaient environnés de la gloire divine ; ils y attestent que la voix du Seigneur leur parla du ciel, et leur dit que ces annales étaient vraies, qu'elles avaient été traduites par le pouvoir de Dieu, et leur commanda d'en porter témoignage à toutes nations de la terre.
 
      Béni soit le Dieu de nos pères ! Il a daigné visiter encore une fois son peuple, et l'aurore du salut a soudain lui d'en haut sur notre misérable planète. Aussitôt après la traduction de ce livre, et dès que des gens commencèrent à en porter témoignage, un ange du Seigneur vint encore du ciel pour donner à des hommes l'autorité de prêcher l'Évangile à toutes créatures et de baptiser d'eau pour la rémission des péchés. Et dès que d'autres hommes eurent cru à leur témoignage, et eurent reçu le baptême, le Saint-Esprit descendit sur eux par l'imposition des mains, au nom de Jésus. Les cieux furent ouverts, et tandis que les uns recevaient des visites d'anges, d'autres se mirent à parler en diverses langues, et à prophétiser.
 
 
Les signes suivent la croyance au Livre de Mormon
 
      Depuis ce temps-là, un grand nombre de personnes furent guéries par l'imposition des mains, au nom de Jésus. Et ainsi s'établit et progressa puissamment l'œuvre de Dieu. C'est ainsi que ce sont élevés des milliers de témoins, qui tous attestent qu'ils connaissent personnellement, et qu'ils n'ont besoin du témoignage de personne pour être assurés de la vérité de ces choses, car les signes suivent toujours les croyants. Et quand un homme, en acceptant le témoignage des témoins du Seigneur, croit à la vérité, et l'embrasse, non seulement ces signes suivent les témoins, mais ils le suivent lui-même ; s'il reçoit des visites d'anges, s'il a été guéri, ou s'il guérit les autres par l'imposition des mains, au nom de Jésus, ou s'il a le don des langues, ou le don de prophétie, alors il connaît personnellement. Ainsi s'accomplit cette parole des Écritures : « Si quelqu'un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu » (Jean 7:17). La foi vient donc de ce qu'on entend, et la connaissance s'obtient en obéissant ; mais ce qu'on entend vient de la parole de Dieu qui est prêchée, et l'on prêche, parce qu'on est envoyé, ainsi qu'il est écrit : « Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés ? » (Romains 10:15).
 
      Mais il y en a  beaucoup qui disent : Faites un miracle, et alors nous croirons. Souvenez-vous que la foi ne vient pas des miracles, mais que les miracles viennent de la foi. Les dons n'ont pas été accordés pour faire croire les infidèles ; mais, disent les Écritures : « Les dons sont pour l'édification de l'Église » (1 Corinthiens, chapitres 12, 13, 14). Autrement pourquoi n'est-il pas écrit : « La foi vient des miracles » ? au lieu de : « La foi vient de ce qu'on entend » (Romains 10:17). Je tiens pour incontestable que, si un homme ou une femme vient demander un miracle pour les faire croire, ces personnes appartiennent au moins à une génération corrompue et adultère, pour ne pas dire pire ; car ceux qui s'adressent au Seigneur avec un cœur pur et le supplient avec foi de leur faire connaître la vérité sur ces choses, à ceux-là Dieu le révèlera ; et alors, ils sauront par eux-mêmes, et ils en rendront témoignage. Par l'Esprit de Dieu on distingue toujours la vérité de l'erreur ainsi qu'il est écrit : « Mes brebis entendent ma voix » (Jean 10:27). Mais celui qui ne s'adressera pas à Jésus avec foi, ne connaîtra jamais la vérité, jusqu'à ce qu'il reconnaisse, mais trop tard, que la moisson est finie, que l'été est passé, et que son âme n'est pas sauvée.
 
 
Repentez-vous et croyez en l'Évangile
 
      C'est ainsi que la religion de Jésus-Christ, à l'inverse de tous les autres systèmes religieux, se démontre par son propre mérite ; et ne laissant aucune place à l'imposture, apporte avec elle la lumière et la certitude. Et maintenant, je le dis encore à tous les hommes : Venez au Père, au nom de Jésus ; bannissez vos doutes, soyez croyants, comme aux temps anciens, et demandez avec foi tout ce dont vous aurez besoin. Demandez-lui avec une inébranlable fermeté, de ne succomber à aucune tentation, et la grâce d'obéir à ses commandements, aussitôt qu'il vous les fera connaître. Si vous faites cela, et s'il vous révèle qu'il nous a envoyés à vous avec une nouvelle alliance éternelle, et qu'il nous a commandé de prêcher, de baptiser, et de fonder son Église comme aux temps primitifs, alors marchez et obéissez à l'Évangile ; mais si vous ne le savez pas, si vous n'avez pas la conviction que c'est lui qui nous a envoyés, n'embrassez pas la doctrine que nous prêchons. Vous ferez ainsi votre propre destinée ; et vous saurez un jour, oui, dans ce grand jour où toute créature fléchira le genou, que c'était Dieu qui nous avait véritablement envoyés, pour tailler une dernière fois sa vigne, avec une serpe puissante.
 
 
La tradition parle du Livre de Mormon
 
      Nous allons produire maintenant de nombreuses preuves extérieures et circonstancielles, tirées de l'antiquité américaine, des traditions indigènes, etc.
 
      Dans l'ouvrage de M. Boudinot, nous lisons au sujet des Indiens d'Amérique : « On dit parmi les chefs principaux qu'il leur a été transmis par leurs ancêtres, que le Livre possédé par les blancs était autrefois en leur possession ; que, dans le temps qu'ils avaient ce Livre, ils jouissaient de la plus grande prospérité, etc. Ils disent aussi que leurs pères possédaient un Esprit divin extraordinaire, par lequel ils prédisaient les événements et contrôlaient le cours ordinaire de la nature ; qu'ils transmettaient ces choses à leurs descendants, à condition qu'ils obéissent aux lois sacrées : qu'ils pouvaient procurer, par ces moyens, les plus abondantes bénédictions à leur peuple bien-aimé ; mais que ce pouvoir a complètement cessé d'exister depuis de longues années. »
 
      On lit dans le journal du colonel James Smith, écrit durant sa captivité parmi les indigènes : « Ils ont la tradition que, lorsque ce continent commença d'être habité, des anges, ou des habitants célestes, comme ils les appellent, visitaient fréquemment leurs ancêtres, conversaient avec eux et leur apprenaient comment il fallait prier. »
 
      Dans son livre, M. Boudinot fait cette remarque sur leur langue : « Leur langue, en ses racines, idiome, et construction particulière, paraît avoir tout le génie de l'hébreu ; et, chose remarquable et bien digne d'attirer la sérieuse attention des savants, elle a la plupart des particularités de cette langue, et spécialement celles par lesquelles elle diffère de presque toutes les langues. » Il existe une tradition, racontée par un Indien âgé, de la tribu des Stockbridges, que leurs pères avaient autrefois en leur possession « un livre sacré » qui leur était transmis de génération en génération ; qu'à la fin, ce livre fut caché dans la terre et que depuis cette époque ils sont foulés aux pieds de leurs ennemis. Mais ces oracles doivent revenir encore dans leurs mains, et alors ils triompheront de leurs ennemis et recouvreront leurs droits et privilèges.
 
      Après avoir rapporté bien des traditions semblables, M. Boudinot ajoute : « Peut-on lire ce court récit des traditions indiennes, tirées des tribus de diverses nations, disséminées de l'Est à l'Ouest, et du Sud au Nord, et totalement séparées les unes des autres, récit écrit à diverses époques éloignées, par différents auteurs les plus honorables, hommes de science et d'intégrité, ayant à leur disposition tous les moyens de s'éclairer sur cette matière, sans qu'ils pussent en aucune façon communiquer ensemble ; peut-on, dis-je, lire un tel récit, et supposer que tout cela n'est que l'effet du hasard, d'un pur accident, ou d'un plan préconçu et enfanté par l'amour du merveilleux, dans le but de tromper le public et ruiner par là leur réputation déjà bien établie ? Peut-on considérer et comparer soigneusement et mûrement les traditions et l'état de ces nations à la situation et aux circonstances des dix tribus d'Israël perdues depuis tant de siècles, sans en tirer au moins quelques présomptions qui impliqueraient que ces indigènes errants tirent leur origine des dix tribus d'Israël ? »
 
 
Écrits hébreux découverts en Amérique
 
      « En 1815, M. Joseph Merrick, très honorable habitant de Pittsfield, dans le Massachusetts, voulant niveler un terrain qu'il possédait sur un monticule nommé la Colline Indienne, se mit à creuser le sol à une certaine profondeur et en retira de vieux débris et de la terre. La besogne finie, en parcourant les lieux, il trouva, près de l'endroit où la terre avait été la plus profondément creusée, une pièce de cuir noir, en apparence, de 16 centimètres de long sur 4 centimètres de large, et de l'épaisseur d'une longe de cuir pour les chevaux. Il vit qu'elle avait, à chaque bout, une bride composée d'une matière dure, qui servait probablement à la porter. L'ayant emportée à sa maison, il la jeta dans un coffre plein de vieux outils. Il la retrouva plus tard abandonnée près du seuil de sa porte, et la remit dans le coffre. »
 
      « Après quelque temps, ayant examiné sa trouvaille et ayant voulu la couper, il en trouva la matière dure comme de l'os. Après être parvenu à l'ouvrir, il découvrit que cet objet était fermé de deux pièces de cuir très épais, cousu et gommé, et rendu imperméable au moyen de nerfs d'un animal. Dans l'intérieur se trouvaient quatre pièces de parchemin pliées. Elles étaient d'une couleur jaune foncé et couvertes d'une sorte d'écriture. Ses voisins étant entrés chez lui pour voir cette étrange découverte, en déchirèrent une en petits fragments, comme auraient pu faire des Huns ou des Vandales. M. Merrick, ayant préservé les trois autres pièces, les envoya à Cambridge, où elles furent examinées. On découvrit que ces caractères avaient été clairement et lisiblement tracés à la plume, en hébreu. Les trois pièces contenaient des citations empruntées à l'Ancien Testament. Si le lecteur a la curiosité de savoir quels étaient les passages de cette très intéressante découverte, il n'a qu'à lire les versets 4 à 9 du chapitre 6 du Deutéronome, et les versets 13 à 21 du chapitre 11, ainsi que les versets 11 à 16 du chapitre 13 de l'Exode. »
 
 
Ruines d'anciennes villes
 
      « On a trouvé sur les bords de la rivière Blanche, en Arkansas, les ruines d'édifices élevés, sans aucun doute, par un peuple éclairé ; édifices du genre le plus extraordinaire, soit par leurs dimensions, soit par les matériaux dont ils étaient composés. L'une de ces constructions est une muraille de terre, qui entoure une superficie de 2,6 km2 ; et l'on voit au centre les fondements d'un vaste édifice circulaire, ou temple. D'autres constructions encore plus étranges et plus considérables, formant les fondements d'une grande ville, dont les rues se croisent à angles droits, sont facilement reconnaissables à travers l'immense forêt. On y trouve en outre les fondements de maisons faites de briques cuites au feu, comme nos briques actuelles. Elles s'étendaient sur près de 2 kilomètres. »
 
      Nous avons puisé ce qui précède dans les « Antiquités américaines », de Priest, et nous empruntons ce qui suit au même ouvrage, page 246 :
 
      Ruines de la ville d'Otulum, découvertes dans l'Amérique du Nord. – Dans une lettre de M.C.S. Rafinesque, que nous avons déjà cité, à un de ses correspondants en Europe, nous trouvons ceci : « Il y a quelques années, la Société géographique de Paris offrit une somme considérable pour un voyage au Guatemala, et pour une nouvelle exploration des antiquités du Yucatan et Chiapa, principalement celles qui sont à 25 kilomètres de Palenque. »
 
      « Je leur ai restitué, dit cet écrivain, leur vrai nom d'Otulum, qui est encore le nom du ruisseau qui traverse ces ruines. Elles furent explorées par le capitaine Del Rio en 1787 et en 1822, il en parut une notice en anglais. Cette relation donne la description partielle des ruines d'une ancienne ville bâtie en pierres, d'une telle dimension qu'elle n'avait pas moins de 120 kilomètres de circonférence. Elle avait plus de 50 km de long et près de 20 km de large, et était remplie de palais, de monuments, de statues et d'inscriptions. L'un des centres les plus anciens de la civilisation américaine, elle égalait presque Thèbes de l'antique Égypte. »
 
 
Découverte de ruines fabuleuses en Amérique centrale
 
      On lit dans le Magasin des Familles, n° 34, p. 266, année 1833, ce qui suit : « L'attention publique a été récemment éveillée relativement aux ruines d'une ville ancienne trouvée dans l'État de Guatemala. Il paraît qu'elles vont être explorées, et on espère trouver des objets curieux et précieux, du point de vue littéraire et historique. Nous considérons le moment présent comme très favorable, aujourd'hui que l'attention publique s'occupe de ces ruines, pour en donner quelques détails à nos lecteurs pendant les recherches actuelles, comme introduction aux futures découvertes. »
 
      Voici quelques particularités sur ces ruines, que nous empruntons au capitaine Del Rio qui, comme nous l'avons dit, les explora partiellement en 1787 : « De Palenque, dernière ville au nord, située dans la province de Ciudad Real de Chiapa, en prenant le sud-ouest et gravissant un plateau élevé, qui sépare le royaume de Guatemala du Yucatan, à une distance de 9,6 km se trouve la petite rivière de Micol, dont les eaux coulent vers l'ouest et se jettent dans l'importante rivière de Talijah, qui se dirige vers la province de Tobasco. Après avoir franchi le Micol, on commence à monter ; et à une distance de 2,5 km, le voyageur traverse un ruisseau nommé Otulum. De ce point, on découvre des masses de ruines en pierre, ce qui rend les chemins presque impraticables sur encore 2,5 km, après quoi on arrive sur la hauteur où sont situés des bâtiments en pierre. Il y en a encore quatorze en un endroit, quelques-uns plus dégradés que les autres, mais ayant encore beaucoup de leurs appartements parfaitement visibles. Ces bâtiments occupent une aire rectangulaire de 440 mètres sur 280 mètres et donne pour circonférence totale, 1408 m2. Cette aire présente une surface plane à la base de la plus haute montagne, qui forme le point culminant. Au centre de cette surface unie, est située la plus considérable des constructions qui aient été encore découvertes parmi ces ruines. Elle s'élève sur une éminence ou pyramide haute de vingt mètres d'élévation perpendiculaire ; ce qui lui donne une apparence empreinte d'une majestueuse grandeur : on dirait un temple suspendu dans les airs. Ce monument est environné par d'autres édifices, savoir : cinq au nord, quatre au sud, un au sud-est et trois à l'est, en tout quatorze. »
 
 
Ces ruines témoignent de l'existence d'anciens peuples
 
      « On aperçoit dans toutes les directions des débris d'autres édifices tombés en ruines, entassés le long de la montagne, qui s'étendent à l'est et à l'ouest de chaque côté de ces édifices, comme s'ils formaient autrefois le grand temple destiné au culte, ou le palais d'État, demeure des princes et de leurs officiers, autour de laquelle était bâtie la ville. C'est là qu'on a trouvé un aqueduc souterrain en pierre, d'une très grande solidité, et qui, dans son parcours, passe sous l'édifice le plus considérable. »
 
      Qu'il soit bien entendu que cette ville d'Otulum, dont les ruines sont si gigantesques, se trouve dans le Nord et non pas dans le Sud de l'Amérique. Sous la même latitude que l'île de la Jamaïque, qui est à 18 degrés nord de l'Équateur, elle est située, à environ 1300 kilomètres au sud de la Nouvelle-Orléans, sur le plateau le plus élevé entre l'extrémité septentrionale de la mer des Caraïbes et l'océan Pacifique, c'est-à-dire vers l'isthme de Darien où le continent est très étroit.
 
      La découverte de ces ruines et d'un grand nombre d'autres non moins prodigieuses, dans ce même pays, commencent à éveiller l'attention des sociétés scientifiques de l'Europe qui jusqu'à ce jour avaient refusé à l'Amérique de pouvoir se vanter de ses antiquités. Mais ces immenses ruines vont être explorées sous la direction de plusieurs savants et, plus tard, des relations détaillées en seront sans doute données au public. On nous apprend même que deux volumes sont déjà prêts à être livrés à la presse, et cet ouvrage recevra certainement de la part des Américains l'accueil le plus enthousiaste.
 
 
Preuves abondantes de l'existence d'anciens peuples américains
 
      En 1826, un propriétaire, qui demeurait près de la ville de Cincinnati, dans la plaine, voulant avoir un puits pour son usage, fit creuser jusqu'à la profondeur de 24 mètres sans trouver de l'eau. Mais, ayant persévéré dans leur entreprise, les ouvriers se trouvèrent arrêtés par une substance qui résistait à leurs efforts, quoique évidemment ce ne fut pas de la roche. Ils déblayèrent la surface et les alentours de la terre dont cet objet était environné, lorsqu'ils virent apparaître un tronc d'arbre de 60 cm de diamètre et de 60 cm de haut, qui avait été coupé avec une hache. Les coups de la hache étaient encore visibles. Cette pièce de bois avait presque la couleur et l'apparence du charbon, mais non la qualité friable et fusible de ce fossile. Trois mètres plus bas, l'eau jaillit, et aujourd'hui le puits se trouve constamment alimenté et très estimé.
 
      Dans la Géographie Universelle de Morse, premier volume, page 142, la découverte de ce bois est confirmée en ces termes : « En creusant un puits à Cincinnati, on a trouvé un tronc d'arbre en bon état à 27 mètres de profondeur ; et en creusant un autre puits au même endroit, un autre tronc a été trouvé à une profondeur de 28 mètres, avec des marques évidentes de la hache ; au sommet on aurait dit qu'un outil de fer y avait été consumé par la rouille. »
 
      Nous pourrions remplir un volume d'exemples semblables sur les antiquités américaines, tous tendant à prouver que ce continent a été habité par des peuples initiés aux sciences et aux arts, bâtissant des villes, cultivant la terre et ayant une langue écrite. Mais les citations que nous venons de faire nous paraissent plus que suffisantes. Si un petit nombre de caractères en hébreu, écrits sur du parchemin, ont été trouvés dans la terre, en Amérique, il n'est pas plus difficile d'admettre qu'un volume tout entier, écrit sur des plaques métalliques en caractères égyptiens, ait été pareillement trouvé dans la terre en Amérique. Le fait surprenant de troncs d'arbres trouvés enfouis en terre à une profondeur de 24 à 28 mètres, aux environs de Cincinnati, de semblables découvertes en beaucoup d'autres endroits, soit en Amérique du Nord, soit en Amérique du Sud, telles que des villes englouties et mille autres antiquités, tout enfin tend à démontrer qu'il y a eu dans ce pays de terribles convulsions ou une révolution générale, non seulement de nations, mais de la nature tout entière. De pareilles convulsions ne sauraient être nulle part expliquées avec plus de raison et d'évidence que dans le récit suivant des extraordinaires événements qui se passèrent sur ce continent, durant la crucifixion du Messie, récit que nous empruntons au Livre de Mormon.
 
 
Convulsions terrestres lors de la crucifixion
 
      « Et il arriva que la trente-quatrième année, le premier mois, le quatrième jour du mois, il s'éleva un grand orage, comme on n'en avait jamais connu de pareil dans tout le pays. Et il y eut aussi une grande et terrible tempête, et il y eut un tonnerre terrible, de sorte qu'il fit trembler la terre entière, comme si elle était près de se fendre. Et il y eut des éclairs extrêmement vifs, comme on n'en avait jamais connu dans tout le pays. Et la ville de Zarahemla prit feu. Et la ville de Moroni s'enfonça dans les profondeurs de la mer, et les habitants en furent noyés. Et la terre fut soulevée sur la ville de Moronihah, de sorte qu'au lieu de la ville il y eut une grande montagne. Et il y eut une grande et terrible destruction dans le pays situé du côté du sud. Mais voici, il y eut une destruction encore plus grande et plus terrible dans le pays situé du côté du nord ; car voici, la surface tout entière du pays fut changée à cause de la tempête, et des tourbillons, et des tonnerres, et des éclairs, et du tremblement extrêmement grand de toute la terre ; et les grandes routes furent fragmentées, et les routes plates furent abîmées, et beaucoup de lieux nivelés devinrent raboteux. Et beaucoup de villes grandes et importantes furent englouties, et beaucoup furent brûlées, et beaucoup furent ébranlées jusqu'à ce que leurs bâtiments se fussent écroulés et que les habitants en fussent tués, et que les lieux fussent laissés désolés. »
 
      « Et il y eut quelques villes qui restèrent ; mais les dégâts y étaient extrêmement grands, et beaucoup de leurs habitants furent tués. Et il y en eut qui furent emportés dans le tourbillon ; et nul ne sait où ils sont allés ; on sait seulement qu'ils furent emportés. Et ainsi, la surface de toute la terre se déforma à cause des tempêtes, et des tonnerres, et des éclairs, et des tremblements de la terre. Et voici, les rochers furent fendus en deux ; ils furent fragmentés sur la surface de toute la terre, de sorte qu'on les trouva en fragments brisés, et en crevasses, et en fissures, sur toute la surface du pays. »
 
 
« Ô, si nous nous étions repentis ! »
 
      « Et il arriva que lorsque les tonnerres, et les éclairs, et l'orage, et la tempête, et les tremblements de la terre finirent - car voici, ils durèrent environ trois heures ; et certains dirent que le temps fut plus long ; néanmoins, toutes ces choses grandes et terribles se firent en trois heures environ - et alors, voici, il y eut des ténèbres sur la surface du pays. »
 
      « Et il arriva qu'il y eut des ténèbres épaisses sur toute la surface du pays, de sorte que ceux de ses habitants qui n'étaient pas tombés pouvaient toucher la vapeur des ténèbres ; et il ne pouvait y avoir aucune lumière à cause des ténèbres, ni lampes, ni torches ; et il était impossible d'allumer du feu avec leur bois fin et extrêmement sec, de sorte qu'il ne pouvait pas y avoir de lumière du tout. Et on ne voyait aucune lumière, ni feu, ni lueur, ni le soleil, ni la lune, ni les étoiles, tant étaient grands les brouillards de ténèbres qui étaient sur la surface du pays. »
 
      « Et il arriva que pendant trois jours, on ne vit aucune lumière ; et il y avait continuellement de grandes lamentations, et des hurlements, et des pleurs parmi tout le peuple ; oui, grands furent les gémissements du peuple, à cause des ténèbres et de la grande destruction qui s'était abattue sur lui. Et en un certain lieu on les entendait crier, disant : Oh ! si nous nous étions repentis avant ce jour grand et terrible, alors nos frères auraient été épargnés et ils n'auraient pas été brûlés dans cette grande ville de Zarahemla ! Et dans un autre lieu, on les entendait crier et se lamenter, disant : Oh ! si nous nous étions repentis avant ce jour grand et terrible, et n'avions pas tué et lapidé les prophètes, et ne les avions pas chassés, alors nos mères et nos belles jeunes filles, et nos enfants auraient été épargnés, et n'auraient pas été ensevelis dans cette grande ville de Moronihah ! Et ainsi, les hurlements du peuple étaient grands et terribles. »
 
 
De nombreuses villes néphites détruites
 
      « Et il arriva qu'une voix se fit entendre parmi tous les habitants de la terre, sur toute la surface de ce pays, criant : Malheur, malheur, malheur à ce peuple ; malheur aux habitants de toute la terre, à moins qu'ils ne se repentent ; car le diable rit, et ses anges se réjouissent à cause des tués parmi les beaux jeunes fils et les belles jeunes filles de mon peuple ; et c'est à cause de leur iniquité et de leurs abominations qu'ils sont tombés ! Voici, la grande ville de Zarahemla, je l'ai brûlée par le feu, ainsi que ses habitants. Et voici, la grande ville de Moroni, j'ai fait qu'elle s'enfonce dans les profondeurs de la mer et que les habitants en soient noyés. Et voici, la grande ville de Moronihah, je l'ai recouverte de terre, ainsi que ses habitants, pour cacher leurs iniquités et leurs abominations de devant ma face, afin que le sang des prophètes et des saints ne monte plus vers moi contre eux. Et voici, la ville de Guilgal, je l'ai fait engloutir, et j'en ai fait ensevelir les habitants dans les profondeurs de la terre ; oui, et la ville d'Onihah et ses habitants, et la ville de Mocum et ses habitants, et la ville de Jérusalem et ses habitants ; et j'ai fait venir des eaux à leur place, pour cacher leur méchanceté et leurs abominations de devant ma face, afin que le sang des prophètes et des saints ne monte plus vers moi contre eux. »
 
      « Et voici, la ville de Gadiandi, et la ville de Gadiomnah, et la ville de Jacob, et la ville de Gimgimno, je les ai toutes fait engloutir, et j'ai fait des collines et des vallées à leur place ; et leurs habitants, je les ai ensevelis dans les profondeurs de la terre, pour cacher leur méchanceté et leurs abominations de devant ma face, afin que le sang des prophètes et des saints ne monte plus vers moi contre eux. Et voici, la grande ville de Jacobugath, qui était habitée par le peuple du roi Jacob, je l'ai fait brûler par le feu à cause de ses péchés et de sa méchanceté, qui dépassait toute la méchanceté de toute la terre, à cause de ses combinaisons et de ses meurtres secrets ; car ce sont eux qui ont détruit la paix de mon peuple et le gouvernement du pays ; c'est pourquoi je les ai fait brûler, pour les détruire de devant ma face, afin que le sang des prophètes et des saints ne monte plus vers moi contre eux. »
 
      « Et voici, la ville de Laman, et la ville de Josh, et la ville de Gad, et la ville de Kishkumen, je les ai fait brûler par le feu, ainsi que leurs habitants, à cause de la méchanceté avec laquelle ils ont chassé les prophètes et lapidé ceux que j'envoyais leur parler de leur méchanceté et de leurs abominations. Et parce qu'ils les ont tous chassés, de sorte qu'il n'y avait plus aucun juste parmi eux, j'ai fait descendre le feu et les ai détruits, afin que leur méchanceté et leurs abominations soient cachées de devant ma face, afin que le sang des prophètes et des saints que j'ai envoyés parmi eux ne crie pas vers moi de la terre contre eux. Et j'ai fait venir beaucoup de grandes destructions sur ce pays et sur ce peuple à cause de sa méchanceté et de ses abominations. »
 
 
Les Néphites sont appelés à venir au Christ
 
      « Ô vous tous qui êtes épargnés parce que vous étiez plus justes qu'eux, n'allez-vous pas maintenant revenir à moi, et vous repentir de vos péchés, et être convertis, afin que je vous guérisse ? Oui, en vérité, je vous le dis, si vous venez à moi, vous aurez la vie éternelle. Voici, le bras de ma miséricorde est étendu vers vous, et celui qui viendra, je le recevrai ; et bénis sont ceux qui viennent à moi. »
 
      « Voici, je suis Jésus-Christ, le Fils de Dieu. J'ai créé les cieux et la terre, et tout ce qui s'y trouve. J'étais avec le Père dès le commencement. Je suis dans le Père, et le Père est en moi ; et en moi, le Père a glorifié son nom. Je suis venu chez les miens, et les miens ne m'ont pas reçu. Et les Écritures concernant ma venue se sont accomplies. Et à tous ceux qui m'ont reçu, j'ai donné de devenir les fils de Dieu ; et je ferai de même à tous ceux qui croiront en mon nom, car voici, par moi vient la rédemption, et en moi la loi de Moïse est accomplie. »
 
      « Je suis la lumière et la vie du monde. Je suis l'Alpha et l'Oméga, le commencement et la fin. Et vous ne m'offrirez plus l'effusion du sang ; oui, vos sacrifices et vos holocaustes cesseront, car je n'accepterai aucun de vos sacrifices et de vos holocaustes. Et vous m'offrirez en sacrifice un cœur brisé et un esprit contrit. Et quiconque vient à moi, le cœur brisé et l'esprit contrit, je le baptiserai de feu et du Saint-Esprit, tout comme les Lamanites, à cause de leur foi en moi au moment de leur conversion, ont été baptisés de feu et du Saint-Esprit, et ils ne le savaient pas. »
 
      « Voici, je suis venu au monde pour apporter la rédemption au monde, pour sauver le monde du péché. C'est pourquoi, quiconque se repent et vient à moi comme un petit enfant, je le recevrai, car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Voici, c'est pour ceux qui leur ressemblent que j'ai donné ma vie et l'ai reprise ; c'est pourquoi, repentez-vous, et venez à moi, extrémités de la terre, et soyez sauvées. »
 
 
« Combien de fois ne vous ai-je rassemblés ? »
 
      « Et alors, voici, il arriva que tout le peuple du pays entendit ces paroles et en fut témoin. Et après ces paroles, il y eut un silence pendant de nombreuses heures dans le pays ; car si grand était l'étonnement du peuple qu'il cessa de se lamenter et de hurler pour la perte de ceux des siens qui avaient été tués ; c'est pourquoi il y eut un silence pendant de nombreuses heures dans tout le pays. »
 
      « Et il arriva qu'une voix parvint de nouveau au peuple, et tout le peuple l'entendit et en fut témoin. Elle dit : Ô peuples de ces grandes villes qui sont tombées, qui êtes descendants de Jacob, oui, qui êtes de la maison d'Israël, combien de fois vous ai-je rassemblés, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ai-je nourris ! Et encore, combien de fois ai-je voulu vous rassembler, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, oui, ô peuples de la maison d'Israël, qui êtes tombés ; oui, ô peuples de la maison d'Israël, vous qui demeurez à Jérusalem, comme vous qui êtes tombés, oui, combien de fois ai-je voulu vous rassembler, comme une poule rassemble ses poussins, et vous ne l'avez pas voulu ! Ô maison d'Israël que j'ai épargnée, combien de fois vous rassemblerai-je, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, si vous vous repentez et revenez à moi d'un cœur pleinement résolu ! Sinon, ô maison d'Israël, les lieux de vos demeures deviendront déserts jusqu'au moment de l'accomplissement de l'alliance faite avec vos pères. »
 
      « Et alors, il arriva que lorsque le peuple eut entendu ces paroles, voici, il commença à pleurer et à hurler de nouveau à cause de la perte de sa parenté et de ses amis. Et il arriva que les trois jours passèrent ainsi. Et c'était le matin, et les ténèbres se dispersèrent de la surface du pays, et la terre cessa de trembler, et les rochers cessèrent de se fendre, et les terribles gémissements cessèrent, et tous les bruits tumultueux s'apaisèrent. Et la terre se referma, de sorte qu'elle s'affermit ; et le deuil, et les pleurs, et les lamentations du peuple qui était épargné et vivant cessèrent ; et son deuil se transforma en joie, et ses lamentations en louanges et en actions de grâce au Seigneur Jésus-Christ, son Rédempteur. Et jusque-là, les Écritures qui avaient été dites par les prophètes s'étaient accomplies. » (3 Néphi 8:5-25 ; 9:1-22 ; 10:1-11)
 
      Voilà donc un récit qui nous apprend clairement et positivement quand et comment les antiquités américaines furent ensevelies, comment des troncs d'arbre furent enfoncés à une profondeur de 24 à 28 mètres dans la terre, comment des villes furent englouties et abîmées, comment des montagnes disparurent et des vallées surgirent, comment des rochers se fendirent, et enfin comment ce continent changea de face dans toute son étendue et fut défiguré. Nous fermerons ce chapitre en disant à tous les hommes : Si vous désirez des renseignements sur les antiquités de l'Amérique, si vous désirez obtenir des lumières historiques, prophétiques ou doctrinales de la plus haute importance, lisez attentivement le Livre de Mormon.
 
 
 
CHAPITRE CINQ
 
 
LA RÉSURRECTION DES SAINTS ET LE RÉTABLISSEMENT DE TOUTES CHOSES ANNONCÉ PAR LES PROPHÈTES
 
 
Ce que signifie le Rétablissement
 
      Voilà l'un des plus importants sujets que puisse contempler l'esprit humain, et il est peut-être aussi peu compris, dans ce siècle, qu'aucun de ceux relevant du domaine de la prophétie. Mais, quoique négligé par la génération actuelle, il était autrefois la grande base de la foi, de l'espérance et de la joie des saints. C'était la compréhension correcte de ces choses, et une ferme croyance en elles, qui influençaient toutes leurs actions. Une fois que leur esprit s'était fixé là-dessus, rien au monde ne pouvait plus les ébranler ; leur foi était solide, leur joie constante, et leur espérance inébranlable atteignait jusqu'au ciel. C'était là ce qui les comblait de joie dans leurs persécutions et tribulations, dans le cirque, et jusqu'au milieu des bûchers ; c'était en vue des biens à venir qu'ils perdaient joyeusement leurs richesses temporelles et qu'ils étaient errants, comme des étrangers et des pèlerins sur la terre. Car ils soupiraient après un pays, une ville et un héritage tels qu'il n'y a que les saints pour les connaître, les comprendre et même les désirer.
 
      Mais nous ne pourrons jamais comprendre ce que signifie précisément le mot de rétablissement à moins que nous ne sachions quels sont les biens qui ont été perdus ou enlevés. Par exemple, si nous offrons de restituer quelque chose à un homme, cela veut dire que cet homme possédait autrefois cet objet, mais qu'il l'a perdu, et que nous sommes déterminés à faire rentrer cet objet en sa possession. Ainsi, lorsqu'un prophète parle du rétablissement de toutes choses, il veut dire que toutes choses ayant subi une altération, un changement, doivent être ramenées à leur état primitif, comme elles existaient au commencement.
 
 
Perfection de la création primitive
 
      Il nous est donc nécessaire d'examiner d'abord la création, telle qu'elle sortit dans toute sa pureté des mains du Créateur. Si nous pouvons découvrir dans quel état elle existait primitivement, et comprendre les altérations qu'elle a subies, alors nous serons à même de savoir ce qui doit être rétabli ; et nos esprits se trouvant ainsi préparés, nous attendrons précisément les choses qui doivent arriver, et nous ne serons plus exposés à lever, dans notre ignorance, notre bras chétif pour résister à Dieu.
 
      Examinons donc quel était l'état général de la terre, quant à son extérieur, à la place qu'elle occupait, et à ses productions.
 
      Quand Dieu eut créé les cieux et la terre, et qu'il eut séparé la lumière des ténèbres, il adressa son premier grand commandement aux eaux (Genèse 1:9). « Et Dieu dit : Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse : et cela fut ainsi ». De là nous apprenons un fait merveilleux, que fort peu de gens ont su apprécier ou croire dans ce siècle, en apparence si éclairé ; nous apprenons que les eaux, qui sont maintenant divisées en plusieurs océans, en mers, et en lacs, furent toutes réunies ensemble en un seul vaste océan ; et conséquemment que la terre, aujourd'hui coupée en deux et divisée en continents, et en îles presque innombrables, ne formait alors qu'un seul immense continent, ou corps homogène non divisé.
 
      Deuxièmement, nous savons que le Seigneur Dieu déclare que la terre, ainsi que toutes les autres parties de la création, étaient très bonnes (Genèse 1:31). De là nous apprenons qu'il n'y avait ni déserts ni solitudes frappés de stérilité, ni marais pestilentiels, ni collines rudes et raboteuses, ni énormes montagnes couvertes de neiges éternelles ; et qu'aucune partie de la terre n'était ensevelie dans la zone glacée, de manière à en rendre le sol et le climat horribles et improductifs, sujets à des frimas éternels, ou à être condamnés à une prison de glace éternelle.
 
      Où ni les douces fleurs n'animent le paysage désolé, ni d'abondantes moissons ne couronnent l'été.
 
      Mais la terre entière n'était probablement qu'une immense plaine, ou bien elle était entrecoupée de légers monticules et de vallées inclinées, propres à la culture ; tandis que son climat, délicieusement varié, n'éprouvait que de faibles changements de chaleur et de froid, de pluie et de temps sec, ce qui concourait à lui faire produire la plus grande variété de fruits destinés à la nourriture de l'homme, des animaux, des oiseaux et des reptiles, pendant que la plaine fleurie et les bosquets aromatiques exhalaient à chaque brise leur suave parfum et que la création tout entière des êtres animés ne respirait que santé, joie et harmonie.
 
 
Vie sur la terre paradisiaque
 
      Après cela, nous voyons dans la Genèse que Dieu dit : « Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture. Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Et cela fut ainsi » (Genèse 1:29-30). Ces versets nous apprennent que la terre ne produisait alors ni herbes nuisibles ni plantes vénéneuses, ni ronces ni épines ; tout ce qui croissait n'était destiné qu'à la nourriture de l'homme, des bêtes, des oiseaux, et des reptiles ; et leur nourriture était entièrement végétale : la chair et le sang n'étaient jamais sacrifiés pour assouvir leur sensualité, ou apaiser leur faim. La plus parfaite harmonie régnait parmi toute la création animale ; le lion mangeait du fourrage avec le bœuf, le loup demeurait avec l'agneau, le léopard dormait avec le chevreau, l'ours et la vache broutaient ensemble l'herbe dans les mêmes pâturages, tandis que leurs petits reposaient en toute sécurité, à l'ombre des mêmes arbres ; tout était paix et harmonie, et il n'y avait rien pour troubler ni pour nuire dans toute la sainte montagne du Seigneur.
 
      Et, pour couronner le tout, nous voyons l'homme créé, à l'image de Dieu, exalté en dignité et en puissance, régnant sur toute la vaste création des êtres animés qui fourmillaient sur la terre, nous le voyons habiter un jardin délicieux et parfaitement arrosé, au milieu duquel s'élevait l'arbre de vie auquel il avait accès. Là, il marchait en présence de son Créateur, il conversait avec lui face à face, et regardait sa gloire, sans qu'un voile en vînt affaiblir les rayons. Ô lecteurs, contemplez un instant cette création magnifique, revêtue de paix et d'abondance ; la terre couverte d'animaux inoffensifs, se livrant à leurs joyeuses distractions ; l'espace regorgeant d'oiseaux dont les chants incessants remplissaient les airs de leurs diverses mélodies ; tous ces animaux soumis à leur souverain légitime, dont la joie se mêlait à la leur ; contemplez, dans son ravissant jardin – capitale de la création – l'homme assis sur le trône de ce vaste empire, promenant librement son sceptre souverain sur toute la terre ; tandis que des légions d'anges s'empressaient autour de lui, et joignaient leurs voix à la sienne en chants de louanges et en cris de joie. Aucun soupir, aucun gémissement ne se faisait entendre dans toute l'étendue de cet empire : pas de pleurs, pas de chagrin, ni douleur, ni peine, ni maladie ; la mort y était inconnue ; pas de débats ; pas d'effusion de sang, pas de guerre ; mais la paix la plus inaltérable, la vie, la joie et l'amour y régnaient partout et sans cesse. Mais, hélas ! combien la scène a changé !
 
 
La Chute changea l'homme, la terre et toute la vie
 
      Il est maintenant de mon pénible devoir de montrer certains changements importants qui ont eu lieu, et les causes qui ont réduit la terre et ses habitants à leur état présent.
 
      Premièrement, l'homme déchut de sa position devant Dieu en cédant à la tentation ; et cette transgression affecta la création tout entière aussi bien que l'homme, et fut la cause des nombreux changements qui eurent lieu. L'homme fut banni de la présence de son Créateur, et un voile les sépara ; et l'homme fut chassé du jardin d'Éden et dut cultiver la terre, qui fut elle-même maudite à cause de lui, et se mit à produire des épines et des chardons. Et c'est à la sueur de son front qu'il dut gagner son pain, et c'est dans la tristesse qu'il doit manger son pain tous les jours de sa vie et retourner finalement à la poussière. Quand à Ève, les douleurs de l'enfantement lui furent multipliées ; et l'inimitié fut implantée entre sa postérité et celle du serpent ; la postérité de la femme écraserait la tête du serpent et celui-ci lui mordrait le talon.
 
      Ô lecteur, quel affreux changement ! Cette terre, naguère si délicieuse, est maintenant devenue le séjour de la douleur et du travail, du deuil et de la mort : elle ne produit plus que des ronces et des épines ; l'homme et les animaux se font la guerre ; le serpent, craignant que sa tête ne soit écrasée, fuit adroitement l'homme ; et celui-ci, au milieu de son épineux sentier, tremble de peur que le serpent ne vienne déchirer son talon. L'agneau donne son sang sur l'autel des sacrifices. Bientôt l'homme déteste, persécute, et tue son semblable ; la terre ne présente plus qu'une scène de sang et de violence ; toute chair devient corrompue, la puissance des ténèbres domine partout ; Noé regrette que Dieu ait créé l'homme, et son cœur s'afflige de ce que le Seigneur en vienne tirer vengeance, et purifie la terre par le déluge.
 
 
Changement de toute la surface et de l'état de la terre
 
      Rien ne nous indique jusqu'à quel point ce cataclysme (le déluge) a contribué à produire les divers changements, tels que diviser la terre en fragments brisés, former les îles et les continents, les montagnes et les vallées ; ce bouleversement doit avoir été considérable. Mais après le déluge, du temps de Péleg, la terre fut divisée (Genèse 10:25). Relation bien courte, assurément, d'un événement si considérable qui, néanmoins expliquerait la puissante révolution qui chassa la mer de la place qu'elle occupait au Nord, et lui fit prendre sa position entre les différentes parties de la terre qui, dès lors furent séparées et prirent leur forme présente. Cette révolution physique, ainsi que les tremblements de terre et les convulsions qui ont eu lieu depuis, ont contribué sans doute à imprimer à notre globe sa physionomie actuelle ; tandis que les grandes malédictions dont certaines parties de la terre ont été frappées, à cause de la perversité de ses habitants, nous expliqueraient la raison d'être des marais pestilentiels, des lacs desséchés, des mers mortes, et des immenses déserts.
 
      En témoignent, par exemple, les accusations des prophètes contre Babylone ; voyez comme elle devait devenir une perpétuelle désolation, un repaire de bêtes sauvages, la demeure d'oiseaux immondes et odieux, une retraite pour les hiboux ; elle ne devait jamais plus être habitée, mais rester désolée de génération en génération. En témoignent aussi les plaines de Sodome, autrefois couvertes de villes, de villages florissants, et de jardins bien arrosés : mais quel changement ! Ce n'est plus aujourd'hui qu'une vaste mer d'eau croupissante. En témoigne encore la terre de Palestine ; sous le règne de Salomon, elle était en état de nourrir des millions d'âmes, sans compter le blé et autres productions qu'elle échangeait avec les nations voisines ; au lieu de cela elle est maintenant désolée et à peine capable de nourrir quelques misérables habitants. Et quand je jette les yeux sur notre propre pays, quand je vois nos nombreux marécages, nos lacs, nos étangs d'eau stagnante, tant d'énormes montagnes et d'innombrables lieux stériles ou désolés ; quand je vois des rochers qui se sont fendus, et ont été brisés en pièces, du centre à la circonférence, je m’écrie : D'où proviennent donc toutes ces choses ?
 
      En lisant le Livre de Mormon, j'apprends que lorsque Jésus-Christ fut crucifié parmi les juifs le continent américain tout entier trembla jusqu’en ses fondements, que plusieurs villes furent englouties et que les eaux surgirent à leur place ; que tous les rochers se fendirent ; que des montagnes furent lancées à une extrême hauteur, et que d’autres montagnes furent transformées en vallées ; que les routes furent abîmées, et que la face du pays tout entier subit une complète transformation. Alors je m’écrie : Pour moi, désormais, ces choses ne seront plus un mystère ; maintenant je sais me rendre compte des prodiges étranges que je rencontre à chaque pas sur toute l’étendue de notre pays. Quand je traverse une chaîne de rochers, que je les vois tous fendus et brisés en pièces, tandis que d’énormes blocs se trouvent profondément enfoncés dans la terre, à quelques pas de distance d’où ils furent lancés, je m’écrie avec étonnement : Voilà les soupirs, les gémissements convulsifs de la nature expirante, quand le Fils de Dieu versait son sang sur la croix !
 
 
Comment les hommes ont dégénéré depuis autrefois
 
      Mais les hommes ont dégénéré et grandement changé, aussi bien que la terre. Les crimes, les iniquités et les nombreuses habitudes vicieuses des derniers siècles ont accru les misères, les fatigues et les souffrances de la vie humaine ; l’oisiveté, l’orgueil, l’avarice, l’ivrognerie, la vie désordonnée et les abominations qui caractérisent les derniers temps, tout a contribué à plonger le genre humain au dernier degré de la dégradation et de la misère ; tandis que, d’un autre côté, les supercheries des prêtres et les fausses doctrines ont beaucoup contribué à endormir les âmes et les ont laissées dans un état infiniment au-dessous des dons et des avantages dont jouissaient les saints anciens, bénédictions divines seules capables d’exalter la puissance intellectuelle de l’esprit humain, d’inspirer des sentiments nobles et généreux, de dilater le cœur et de donner à l’âme tous les développements qu’elle peut comporter. Voyez les anciens conversant avec le grand Jéhovah, prenant des leçons des anges, recevant des instructions du Saint-Esprit, la nuit par des songes, le jour par des visions, jusqu’à ce que le voile soit enfin enlevé et qu’il leur soit permis de voir avec admiration toutes les choses passées et futures ; oui, de prendre leur essor et de s’élancer parmi des mondes innombrables, tandis que l’étendue immense de l’éternité s’ouvrant devant eux, ils contemplaient les puissantes œuvres du Grand JE SUIS, jusqu’à pouvoir connaître comme ils étaient connus, et voir comme ils étaient vus.
 
      Comparez ces lumières aux connaissances superficielles et à cette futile sagesse mondaine, qui semblent satisfaire l’esprit étroit de l’homme, dans notre génération. Voyez, en effet, cette misérable créature du XIXème siècle, à l’âme basse, esprit fourbe, vénal et calculateur, qui ne pense ici-bas qu’à augmenter sa fortune, ou à s’enrichir aux dépens de ses voisins, dont tous les exercices ou devoirs religieux consistent à aller à l’assemblée, à payer au prêtre son salaire, ou à prier son Dieu, sans jamais espérer d’en être écouté et d’en recevoir une réponse, dans la supposition que Dieu a été sourd et muet depuis plusieurs siècles, ou qu’il est devenu tout à fait stupide et indifférent, comme lui-même.
 
 
« Ô homme, combien tu es déchu ! »
 
      Après avoir vu ce contraste, vous serez capable de vous faire une idée de la hauteur extrême d’où l’homme est tombé ; vous apprendrez aussi combien de nos jours il vit infiniment au-dessous de son ancienne dignité et de son ancienne gloire : votre cœur s’attristera, et votre affliction deviendra grande en le contemplant dans son état d’abaissement et surtout quand vous songerez qu’il est votre frère. Alors vous serez prêt à vous écrier avec étonnement : Ô homme, combien tu es déchu ! tu étais autrefois le favori du ciel ; ton créateur faisait ses délices de converser avec toi, les anges et les esprits des hommes justes rendus parfaits étaient tes compagnons ; et maintenant te voilà dégradé et abaissé jusqu’au niveau de la brute, oui, au-dessous même des bêtes, car elles regardent avec épouvante et horreur tes vains amusements, tes débauches et ton ivrognerie, et ainsi t’offrent bien souvent un exemple digne d’être imité par toi. Que l’apôtre Pierre avait raison de dire de toi que tu ne sais rien excepté ce que tu sais naturellement comme les animaux, qui sont créés pour être pris et détruits ! Ainsi tu dépéris de génération en génération. Toute la création gémit sous tant de souillures, tandis que le chagrin et le deuil, les pleurs et la mort comblent rapidement la mesure des jours de l’homme ; mais, ô mon âme, détourne tes regards de ce spectacle désolant : qu’il te suffise d’avoir découvert, en une certaine mesure, ce qu’a perdu le genre humain. Tournons plutôt notre attention sur ce qui doit être rétabli, d’après les prophètes.
 
 
Tous les prophètes virent le jour du Rétablissement
 
      L’apôtre Pierre, prêchant aux Juifs, leur dit : « Et qu’il envoie celui qui vous a été destiné, Jésus-Christ, que le ciel doit recevoir jusqu’aux temps du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la bouche de ses saints prophètes » (Actes 3:20-21). D’après le texte, tous les saints prophètes, y compris Adam, ont eu leurs yeux fixés sur une certaine époque où toutes choses seraient rétablies dans leur état premier de beauté et d’excellence. Nous apprenons aussi que l’époque de ce rétablissement sera au temps ou vers le temps du deuxième avènement du Christ ; car les cieux doivent le recevoir jusqu’au temps de cette restauration, et alors le Père l’enverra de nouveau sur la terre.
 
      Nous allons citer maintenant le prophète Ésaïe (40:1-5) : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem, et criez-lui que sa servitude est finie, que son iniquité est expiée, qu’elle a reçu de la main de l’Éternel au double de tous ses péchés. Une voix crie : Préparez au désert le chemin de l’Éternel, aplanissez dans les lieux arides une route pour notre Dieu. Que toute vallée soit exhaussée, que toute montagne et toute colline soient abaissées ! Que les coteaux se changent en plaines et les défilés étroits en vallons. Alors la gloire de l’Éternel sera révélée, et au même instant toute chair la verra ; Car la bouche de l’Éternel a parlé. »
 
      Ces versets nous apprennent d’abord qu’une voix se fera entendre dans le désert, pour préparer le chemin au Seigneur, à l’époque précise où Jérusalem, ayant été foulée assez longtemps par les Gentils, recevra de la main de l’Éternel le double pour tous ses péchés ; oui, quand le temps marqué de Jérusalem sera accompli, et que ses iniquités lui seront pardonnées, alors se fera cette proclamation, comme le fut celle de Jean, oui, une deuxième proclamation pour préparer le chemin au Seigneur, par son deuxième avènement. Vers cette époque, toute vallée sera élevée, toute montagne et tout coteau seront abaissés, les lieux tortueux seront redressés, et les lieux raboteux seront aplanis ; alors la gloire de l’Éternel sera révélée et toute chair la verra en même temps, car la bouche de l’Éternel a parlé.
 
 
La terre sera rendue à son état primitif
 
      Ainsi, vous le voyez, toute montagne ayant été abaissée et toute vallée élevée, les lieux tortueux ayant été redressés et les lieux raboteux aplanis, ces puissantes révolutions commenceront à rendre à la face de la terre sa beauté primitive. Mais, cela fait, l’œuvre du rétablissement sera loin d’être complète, il restera beaucoup à faire encore pour rétablir toutes choses.
 
      Parcourons le 35ème chapitre d’Ésaïe. On y parle encore du deuxième avènement du Seigneur, et des puissantes œuvres qui l’accompagnent. Les lieux arides se transformeront en étangs, et du sein des déserts jailliront des sources d’eaux vives ; ils produiront des fleurs et de la verdure et fleuriront comme le narcisse ; et cela, vers le temps de la venue de leur Dieu, avec la vengeance et la rétribution, évidente allusion au deuxième avènement du Messie. En même temps, les enfants d’Israël viendront en Sion avec des chants de triomphe ; pour eux, plus de douleur, plus de gémissements, car éternelle sera leur allégresse. Nous voyons là que la malédiction ayant été levée de dessus les déserts, ils deviennent des campagnes bien arrosées et productives.
 
      Et les îles, seront-elles rendues aux continents d’où elles furent séparées ? Pour cette question, nous vous renvoyons à l’Apocalypse (6:14) : « Et toutes les montagnes et les îles furent remuées de leurs places. » Ce passage nous apprend que les îles seront transportées quelque part. Or, comme c’est le temps de rétablir ce qui avait été perdu, elles retourneront et se réuniront aux continents d’où elles seront venues.
 
      Nous citerons ensuite les versets 13 et 14 du XIIIème chapitre d’Ésaïe, où il est dit que « la terre sera secouée sur sa base et sera comme une gazelle effarouchée, comme un troupeau sans berger ». Puis, le verset 4 du 62ème chapitre, où il est écrit : « On ne te nommera plus : délaissée, on ne nommera plus ta terre désolation ; mais on t’appellera : mon plaisir en elle et l’on appellera la terre : épouse ; car l’Éternel met son plaisir en toi, et ta terre aura un époux. »
 
      Ici nous avons en premier lieu la terre secouée comme une gazelle, effarouchée ; ensuite, nous voyons qu’elle est mariée. De tout cela, ainsi que d’autres Écritures, nous apprenons que les continents et les îles se réuniront ensemble, comme ils l’étaient au matin de la création, et que la mer reprendra la même place qu’elle occupait auparavant. Tous ces événements s’accompliront au milieu des plus grandes convulsions de la nature, vers le temps de la venue du Seigneur.
 
      Voici, la montagne des Oliviers se fend en deux au moment où il pose de nouveau son pied sur son sommet. Les îles, obéissant à sa voix, s’enfuient ; et l’Océan reprend sa place au nord. Il réunit toute la terre en un seul continent, comme elle était autrefois. Il la délivre de sa malédiction et lui rend toute sa vigueur et sa virginité primitives.
 
 
La vie rétablie à sa perfection édénique
 
      Après avoir rendu à la terre l’état glorieux qu’elle avait à sa création, en abaissant les montagnes, en élevant les vallées, en aplanissant les lieux raboteux, en rendant aux déserts leur fertilité, en réunissant ensemble les îles et les continents et en délivrant notre planète de sa malédiction pour qu’elle ne produise plus ni plantes nuisibles, ni ronces, ni épines, l’œuvre suivante du Seigneur sera de rendre à la création animale son état primitif de paix et de gloire, en faisant en sorte que toute cause d’inimitié disparaisse de la terre. Mais cela ne pourra jamais être tant que le genre humain n’aura point été frappé d’une destruction générale, qui purifiera entièrement la terre et la délivrera de toute espèce d’iniquité. Ce qui s’exécutera par la verge de sa bouche, et par le souffle de ses lèvres ; ou, en d’autres termes, au moyen d’un feu universel comme le déluge. Ésaïe nous dit (11:4-9) : « Mais il jugera les pauvres avec équité, et il prononcera avec droiture sur les malheureux de la terre ; il frappera la terre de sa parole comme d’une verge et du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant. La justice sera la ceinture de ses flancs et la fidélité, la ceinture de ses reins. Le loup habitera avec l’agneau et la panthère se couchera avec le chevreau ; le veau, le lionceau et le bétail qu’on engraisse seront ensemble, et un petit enfant les conduira. La vache et l’ourse auront un même pâturage, leurs petits un même gîte ; et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. Le nourrisson s’ébattra sur l’antre de la vipère et l’enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic. Il ne se fera ni tord ni dommage sur toute ma montagne sainte ; car la terre sera remplie de la connaissance de l’Éternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. »
 
      Après avoir ainsi purifié la terre, et l’avoir remplie de la connaissance de Dieu comme les eaux couvrent le fond de la mer ; après avoir répandu son esprit sur toute chair, les hommes et les bêtes deviendront tous parfaitement inoffensifs, comme ils l’étaient au commencement ; leur nourriture sera purement végétale ; et il ne restera plus rien qui soit susceptible de nuire ou de donner la mort dans toute l’étendue de la création. Les prophètes nous font plusieurs glorieuses descriptions des félicités dont jouira alors la famille humaine.
 
      « Ils bâtiront des maisons et les habiteront ; ils planteront des vignes et en mangeront le fruit. Ils ne bâtiront pas des maisons pour qu’un autre les habite, ils ne planteront pas des vignes pour qu’un autre en mange le fruit ; car les jours de mon peuple seront comme les jours des arbres, et mes élus jouiront de l’œuvre de leurs mains. Ils ne travailleront pas en vain, et ils n’auront pas des enfants pour les voir périr ; car ils formeront une race bénie de l’Éternel, et leurs enfants seront avec eux. Avant qu’ils m’invoquent, je répondrai ; avant qu’ils aient cessé de parler, j’exaucerai » (Ésaïe 65:21-24).
 
      Au cours de cette heureuse époque de l’existence humaine, tous les hommes vivront sur la terre aussi longtemps qu’un arbre, et cela sans douleur ni chagrin ; tout ce qu’ils demanderont ils l’obtiendront immédiatement, et tous leurs besoins seront même prévenus. Et alors aucun d’eux ne dormira plus dans la poussière, car tous aimeront mieux être transmués, c’est-à-dire changés en un clin d’œil de leur état de mortalité à celui d’immortalité ; après quoi, ils continueront à régner avec Jésus-Christ sur la terre.
 
 
La résurrection littérale du Christ
 
      Nous venons d’examiner les prophéties à travers les diverses transformations qui contribueront à rendre à la terre et à ses habitants cet état de perfection qu’ils avaient primitivement et dans lequel ils existeront durant le grand sabbat de la création. Après avoir vu le rétablissement de toutes choses parmi les vivants, nous rechercherons quel sera le sort de ceux qui dorment dans la poussière. Mais, afin de bien comprendre la nature de leur rétablissement, nous devons nous rendre compte des particularités qui signalèrent la résurrection de Jésus-Christ ; car il fut un parfait modèle d’après lequel tous ses saints seront ressuscités.
 
      Premièrement, nous nous rappelons qu’il était revêtu de chair, d’os et de sang, comme un autre homme, et qu’il était, de toute manière, assujetti à la faim, à la soif, à la douleur, à la fatigue, à la maladie et à la mort, comme toute autre personne, avec cette différence qu’il était capable d’endurer davantage qu’aucun autre corps humain. Deuxièmement, ce même corps fut suspendu à la croix, percé avec des clous qui furent enfoncés dans ses mains et ses pieds, et son côté fut percé d’un coup de lance, d’où il sortit de l’eau et du sang. Troisièmement, ce même corps, entièrement privé de vie, comme tout autre cadavre, fut pris sans qu’il y eût un os de brisé ; il fut soigneusement enveloppé de linges et mis dans un sépulcre où il resta jusqu’au troisième jour quand, au petit matin, les femmes étant venues au sépulcre, ainsi que ses disciples, trouvèrent les linceuls par terre et celui qu’on lui avait mis sur la tête, soigneusement plié et mis à part ; mais le corps qui avait reposé là n’y était plus.
 
 
Le ministère du Sauveur ressuscité
 
      D’après toutes ces circonstances nous découvrons que la même chair et les mêmes os qui avaient été mis dans le sépulcre furent réellement ranimés, qu’ils ressuscitèrent et laissèrent de côté les linges comme n’étant plus nécessaires. – Et Jésus-Christ sortit triomphant du séjour des morts, ayant ce même corps qui était né d’une femme et qui avait été crucifié. Mais aucun sang ne coulait plus dans ses veines, car le sang est la vie naturelle, dans laquelle résident les principes de la mortalité ; or, un homme rendu à la chair et au sang serait mortel, et, par conséquent, sujet à la mort. Ce qui n’était pas le cas avec notre Sauveur, bien qu’il eût sa chair et ses os après sa résurrection ; en effet, lorsqu’il apparut à ses disciples, et qu’ils furent saisis de frayeur dans leur supposition que ce n’était qu’un esprit, il leur dit pour leur montrer leur erreur : « Touchez-moi et voyez : un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’ai » (Luc 24:39). Alors, demandant quelque chose à manger, on lui présenta un morceau de poisson rôti et un rayon de miel, et il en mangea. Et même, plus tard, il invita Thomas à mettre son doigt sur les plaies des clous, à ses mains et à ses pieds, et à mettre sa main sur son côté ; preuve évidente qu’il avait non seulement le même corps, mais que ses blessures conservaient la même empreinte pour servir de témoignage, et qu’elles la conserveraient jusqu’à son retour, quand les Juifs, regardant celui qu’ils ont percé, lui demanderont : « D’où viennent ces blessures que tu as aux mains ? » (Zacharie 12:10 ; 13:6)
 
      Ô vous, hommes endurcis, vous, impies ! Vos yeux verront bientôt celui qui a été crucifié pour vos péchés ! Alors vous reconnaîtrez que la résurrection des morts est une réalité, quelque chose de palpable, et que l’éternité n’est pas un pays habité par des ombres, ni un monde de fantômes, comme quelques-uns se l’imaginent.
 
      Entre autres choses que fit Jésus après sa résurrection, nous le trouvons dans l’humble attitude de rôtir du poisson, et d’appeler ses disciples pour venir le manger. Touchante simplicité ! Quel amour ! Quelle affabilité ! Cieux, applaudissez ! Toi, terre, sois dans l’admiration ! Contemple le Rédempteur revêtu d’immortalité, assis avec ses frères, en plein air, auprès d’un feu de charbon, partageant humblement un repas de poisson, que ses propres mains avaient préparé ! Ô, vous, nobles et puissants de la terre, qui étalez tant de luxe et d’affectation ! Vous, prêtres chargés d’honneurs, de titres, de dignités, de richesses et des somptuosités de ce monde, voilà pour vous une leçon qui vous fera rougir : Ne vous targuez plus désormais d’être les disciples de l’humble et débonnaire Jésus !
 
 
Ézéchiel voit la résurrection de tout Israël
 
      Pour en revenir à la résurrection, après avoir démontré jusqu’à la dernière évidence que notre Sauveur ressuscita des morts, avec le même corps qui fut crucifié, en possession de sa chair et de ses os, mangeant et buvant avec ses disciples, cela seul tranche à jamais la question touchant la résurrection des saints. Mais s’il était besoin d’une autre preuve, nous la trouverions dans une prophétie de Job, déjà mentionnée dans cet ouvrage, où il déclare que son Rédempteur paraîtra sur la terre au dernier jour, que lui, Job, le verra dans la chair, bien que les vers aient dévoré le corps qu’il avait alors (Job 19:25-27). Le fait est que les saints recevront de nouveau leurs corps, chaque jointure, chaque articulation dans leur structure propre et parfaite, corps revêtus de chair, de nerfs et de peau, tels que nous les avons actuellement ; mais corps devenus immortels, qui ne subiront jamais plus la corruption, et ornés d’une robe blanche de fin lin, appropriée à l’état d’immortalité. Que l’apôtre avait raison de dire : « Dans le ciel nous avons une plus solide substance » (et non pas une ombre).
 
      Mais pour jeter encore plus de lumière sur ce sujet, nous allons examiner attentivement le 37ème chapitre d’Ézéchiel, où nous avons déjà puisé des textes. Dans cette vision, le prophète est ravi en esprit, et une vallée couverte d’ossements humains se présente à sa vue ; il y en avait une grande quantité, et ils étaient fort secs. Debout et absorbé dans ses pensées, il était là à contempler ce douloureux spectacle, quand la plus étrange question lui fut posée : « Fils de l’homme, ces os pourront-ils revivre ? » Et il répondit : Seigneur Éternel, tu le sais. » Et le Seigneur lui dit : « Prophétise sur ces os, et dis leur : Ossements desséchés, écoutez la parole de l’Éternel. » Il prophétisa, selon l’ordre qu’il en avait reçu ; et à mesure qu’il prophétisait, il se fit un grand bruit, puis un tremblement, et ces os s’approchèrent les uns des autres, os à os, et il se forma des nerfs sur eux, et la peau s’y étendit par-dessus. Il prophétisa de nouveau, en s’adressant à l’Esprit en ces termes : « Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts, et qu’ils revivent. » Et l’esprit entra en eux, ils revécurent et se tinrent sur leurs pieds, constituant une fort grande armée.
 
      Nous avons entendu faire bien des commentaires sur cette vision. Les uns comparent ces morts aux pécheurs sur le point de se convertir, les autres au corps de Christ, ou à l’Église, lorsqu’elle est morte, quant aux dons spirituels. Mais lorsque l’Église meurt on ne peut plus dire d’elle qu’elle est le corps du Christ, puisque, tant qu’elle est fidèle à la vraie doctrine, elle vit, porte ses fruits, et par conséquent ne meurt pas ; mais quand elle s’écarte des préceptes du divin Maître, alors elle est retranchée comme une branche morte qu’on jette au feu, au lieu d’être ressuscitée.
 
 
Les saints ressuscités hériteront de la terre
 
      Mais n’avez-vous jamais entendu l’explication que le Seigneur lui-même donne de cette vision dans le même chapitre ? Elle surpasse tellement tous les autres commentaires, que je suis enclin à y croire. Je vais donc transcrire celle-là de préférence à toute autre, au grand risque de devenir impopulaire en le faisant.
 
      Le Seigneur dit : « Fils de l’homme, ces os, c’est toute la maison d’Israël. Voici, ils disent : Nos os sont desséchés, notre espérance est détruite, nous sommes perdus ! Prophétise donc, et dis-leur : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Voici, j’ouvrirai vos sépulcres, ô mon peuple, et je vous ramènerai dans le pays d’Israël. Et vous saurez que je suis l’Éternel, lorsque j’ouvrirai vos sépulcres, et que je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon peuple ! Je mettrai mon esprit en vous, et vous vivrez ; je vous rétablirai dans votre pays, et vous saurez que moi, l’Éternel, j’ai parlé et agi, dit l’Éternel. »
 
      Lecteur, toute la vision vient de vous être clairement révélée, si toutefois l’autorité de Dieu est admise, ce qui est rarement le cas, dans ce siècle plein de sagesse et de savoir. Le fait est que tous les descendants de la maison d’Israël ressusciteront des morts et seront ramenés sur la terre d’Israël, qui leur avait été donnée comme héritage éternel. Pour permettre cela, les vieux os secs seront réunis ensemble, os à os, et chaque partie de leur corps sera rétablie à sa propre place ; ce qui produira un grand bruit et un prodigieux tremblement, quand tous ces ossements seront ainsi rajustés ensemble. Et en vérité, quand ils se tiendront tous debout sur leurs pieds, ils formeront une armée extrêmement considérable.
 
      C’est là justement ce qui explique la promesse si souvent répétée dans les Écritures : Mon serviteur David sera leur prince à jamais. Et en vérité, dans ce même chapitre, la promesse leur est faite que son serviteur David ressuscitera des morts pour régner sur eux ; que tous les Hébreux, tant ceux qui seront vivants, que ceux qui seront morts, seront rétablis et deviendront une seule nation sur leur terre, ou sur les montagnes d’Israël. C’est alors que David viendra pour régner comme prince et pasteur sur eux tous à jamais, et que le Seigneur-Jésus régnera glorieusement devant ses anciens sur la montagne de Sion à Jérusalem, comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs (Ézéchiel 37:1-28).
 
 
Le repas des noces de l’Agneau
 
      Attente saine ! Glorieuse journée ! Mon âme bondit de joie en songeant que sur cette terre, alors fortunée et à jamais délivrée de la douleur et de la mort, nous serrerons dans nos bras les saints et que, pleins d’amour et d’allégresse, nous y saluerons la foule de nos amis.
 
      Maintenant, je ne suis plus surpris, quand je me rappelle qu’Abraham se considérait lui-même comme un étranger et un pèlerin, cherchant un meilleur pays, et une ville dont Dieu était le créateur et l’architecte. Il semble qu’après ce rétablissement il n’y aura plus qu’un changement nécessaire pour rendre la terre propre à être le séjour éternel de l’homme. Ce changement aura lieu au dernier jour, après que les hommes auront joui de la paix durant mille ans. Voilà le grand secret que nous aurons découvert, secret que les saints ont connu, et qu’ils ont bien compris durant tous les siècles, à savoir : que l’homme résidera dans la chair sur la terre avec le Messie, avec toute la maison d’Israël, et avec tous les saints du Très-Haut non seulement pendant le règne de mille ans, mais aux siècles des siècles. C’est sur notre globe que notre père Adam, aux cheveux blancs comme la plus fine laine, trônera dans sa majesté, comme l’ancien des jours, le grand patriarche, et le puissant prince : des milliers de milliers le serviront, et dix mille millions se tiendront devant lui. C’est là qu’il saluera ses enfants, tous ceux qui seront morts dans la foi du Messie ! C’est alors qu’Abel, Énoch, Noé, Abraham, Job et Daniel, ainsi que tous les anciens prophètes et apôtres, et tous les saints de Dieu dans tous les siècles, se féliciteront mutuellement dans la chair ; tandis que, pour couronner le tout, Jésus, notre souverain Rédempteur, debout au milieu de ses élus, tous revêtus de robes d’une éclatante blancheur, se ceindra les reins et administrera le pain et le vin à toute la multitude, et en prendra lui-même avec elle. Ce sera la célébration des noces de l’Agneau. Heureux et bénis seront ceux qui y prendront part !
 
 
Les prophètes prédisent l’établissement de la ville sainte
 
      Après nos recherches sur le grand rétablissement de la terre ; après avoir laissé ses habitants en pleine possession des promesses faites à leurs pères ; et après avoir appris que la future destinée de l’homme n’est pas un état chimérique ni un pays peuplé de fantômes, mais une existence, une organisation sensible, bien supérieure à la présente, nous examinerons quelle sera la division des terres données aux tribus d’Israël, et comment sera bâtie leur ville, la ville sainte où seront placés à jamais le tabernacle et le sanctuaire de Dieu, cette ville après laquelle soupirèrent Abraham et tant d’autres, mais qu’ils ne purent trouver.
 
      Cette description est donnée dans le dernier chapitre d’Ézéchiel, où il donne la terre en partage, par lots, à toute la maison d’Israël, et où il donne les dimensions de la ville sainte, ayant au centre le sanctuaire, douze portes, trois de chaque côté, le tout formant quatre grandes divisions. Dans le 47ème chapitre nous avons la description d’une belle rivière qui sortira de la façade orientale du temple, de dessous le sanctuaire, et se dirigeant vers l’est, ira se jeter dans la mer Morte dont elle assainira les eaux ; elle produira une forte grande quantité de poissons, à tel point que depuis Henguédi jusqu’à Hen-Héglajim les pêcheurs étendront partout leurs filets ; et les lieux bourbeux et marécageux de cette mer ne seront point assainis, mais réservés pour faire du sel. Sur les deux bords de la rivière, il croîtra des arbres fruitiers de toute espèce, dont le feuillage ne flétrira point, et où l’on trouvera toujours du fruit : dans tous les mois ils produiront des fruits hâtifs, parce que ces eaux sortiront du sanctuaire ; et leur fruit sera bon à manger, et leur feuillage servira pour guérir.
 
      Mais pour avoir de plus amples détails sur la construction de cette ville et sur les matériaux qui seront employés, consultons le 54ème chapitre d’Ésaïe, du verset 11 à la fin : « Malheureuse, battue de la tempête, et que nul ne console ! Voici, je garnirai tes pierres d’antimoine, et je te donnerai des fondements de saphir ; je ferai tes créneaux de rubis, tes portes d’escarboucles, et toute ton enceinte de pierres précieuses. Tous tes fils seront disciples de l’Éternel, et grande sera la postérité de tes fils. Tu seras affermie par la justice ; bannis l’inquiétude, car tu n’as rien à craindre, et la frayeur, car elle n’approchera pas de toi. Si l’on forme des complots, cela ne viendra pas de moi ; quiconque se liguera contre toi tombera sous ton pouvoir. Voici, j’ai créé l'ouvrier qui souffle le charbon au feu, et qui fabrique une arme par son travail ; mais j’ai créé aussi le destructeur pour la briser. Toute arme forgée contre toi sera sans effet ; et toute langue qui s’élèvera en justice contre toi, tu la condamneras. Tel est l’héritage des serviteurs de l’Éternel. Tel est le salut qui leur viendra de moi, dit l’Éternel. »
 
 
Description de la ville sainte
 
      Ces versets nous apprennent quelque chose de la magnificence de la ville, et des matériaux dont elle sera bâtie ; ses pierres seront d’antimoine ; ses fondements de saphir ; ses créneaux de rubis, ses portes d’escarboucles, et toute son enceinte de pierres précieuses. La réunion de tant de riches trésors sera bien propre à orner le lieu de son sanctuaire, à embellir la place de ses pieds, comme aussi à jeter un éclat, à donner un air de splendeur à la ville tout entière, dont les Gentils, avec toute leur grandeur et leurs richesses, ne peuvent pas même se faire une faible idée. La même description, pour faire ressortir les vastes connaissances ainsi que la paix et la sécurité dont jouiront ses habitants, ajoute que tous ceux qui se coaliseront pour leur faire la guerre seront assurés de périr. C’est bien là réellement l’héritage des serviteurs de Dieu ; c’est bien là vraiment une ville magnifique, bien digne d’un pèlerinage tel que celui d’Abraham.
 
      Mais pour nous faire une idée encore plus élevée de la prospérité, de la richesse, de la beauté, et de la magnificence des villes de Sion et de Jérusalem, nous citerons le 60ème chapitre d’Ésaïe :
 
      « Lève-toi, sois éclairé, car ta lumière arrive, et la gloire de l’Éternel se lève sur toi. Voici, les ténèbres couvrent la terre, et l’obscurité, les peuples ; mais sur toi l’Éternel se lève, sur toi sa gloire apparaît. Des nations marchent à ta lumière, et des rois à la clarté de tes rayons. Porte tes yeux alentour, et regarde : Tous ils s’assemblent, ils viennent vers toi ; tes fils arrivent de loin, et tes filles sont portées sur les bras. Tu tressailleras alors et tu te réjouiras, et ton cœur bondira et se dilatera, quand les richesses de la mer se tourneront vers toi, quand les trésors des nations viendront à toi. Tu seras couverte d’une foule de chameaux, de dromadaires de Madian et d’Épha ; ils viendront tous de Séba ; ils porteront de l’or et de l’encens, et publieront les louanges de l’Éternel. Les troupeaux de Kédar se réuniront tous chez toi ; les béliers de Nebajoth seront à ton service ; ils monteront sur mon autel et me seront agréables, et je glorifierai la maison de ma gloire. Qui sont ceux-là qui volent comme des nuées, comme des colombes vers leur colombier ? car les îles espèrent en moi et les navires de Tarsis sont en tête pour ramener de loin tes enfants, avec leur argent et leur or, à cause du nom de l’Éternel, ton Dieu, du Saint d’Israël qui te glorifie. Les fils de l’étranger rebâtiront tes murs, et leurs rois seront tes serviteurs ; car je t’ai frappée dans ma colère, mais dans ma miséricorde, j’ai pitié de toi. Tes portes seront toujours ouvertes, elles ne seront fermées ni le jour ni la nuit, afin de laisser entrer chez toi les trésors des nations, et leurs rois avec leur suite. Car la nation et le royaume qui ne te serviront pas périront, ces nations-là seront exterminées. La gloire du Liban viendra chez toi, le cyprès, l’orme et le buis, tous ensemble, pour orner le lieu de mon sanctuaire, et je glorifierai la place où reposent mes pieds. Les fils de tes oppresseurs viendront s’humilier devant toi, et tous ceux qui te méprisaient se prosterneront à tes pieds ; ils t’appelleront ville de l’Éternel, Sion du Saint d’Israël.
 
 
Puissance et gloire de la ville sainte
 
      « Au lieu que tu étais délaissée et haïe et que personne ne te parcourait, je ferai de toi un ornement pour toujours, un sujet de joie de génération en génération. Tu suceras le lait des nations, tu suceras la mamelle des rois ; et tu sauras que je suis l’Éternel, ton sauveur, ton rédempteur, le puissant de Jacob. Au lieu de l’airain, je ferai venir de l’or, au lieu du fer, je ferai venir de l’argent, au lieu du bois, de l’airain, et au lieu des pierres, du fer ; je ferai régner sur toi la paix, et dominer la justice. On n’entendra plus parler de violence dans ton pays, ni de ravage et de ruine dans ton territoire, tu donneras à tes murs le nom de salut, et à tes portes celui de gloire. Ce ne sera plus le soleil qui te servira de lumière pendant le jour, ni la lune qui t’éclairera de sa lueur ; mais l’Éternel sera ta lumière à toujours, ton Dieu sera ta gloire. Ton soleil ne se couchera plus, et la lune ne s’obscurcira plus ; car l’Éternel sera ta lumière à toujours, et les jours de ton deuil seront passés. Il n’y aura plus que des justes parmi ton peuple, ils posséderont à toujours le pays ; c’est le rejeton que j’ai planté, l’œuvre de mes mains, pour servir à ma gloire. Le plus petit deviendra un millier et le moindre, une nation puissante. Moi, l’Éternel, je hâterai ces choses en leur temps. »
 
      Nous apprenons dans ce chapitre : premièrement, qu’une ville sera bâtie aux derniers jours, vers laquelle accourront non seulement les enfants d’Israël, mais toutes les nations des Gentils ; et que la nation et le royaume qui ne voudront point servir cette ville périront et seront réduits à une entière désolation. Deuxièmement, nous apprenons que le nom de cette ville est SION, la ville du Seigneur. Troisièmement, nous apprenons qu’elle est appelée le lieu de son sanctuaire, et la place de ses pieds. Quatrièmement, que les meilleurs bois, tels que le sapin, l’orme et le buis, y seront amenés en grande quantité, pour parer le lieu de son sanctuaire, et rendre glorieuse la place de ses pieds. Cinquièmement, que les métaux précieux y seront si communs, qu’on se servira d’or au lieu d’airain, d’argent au lieu de fer, d’airain au lieu de bois, et de fer au lieu de pierre ; que ses chefs seront des hommes de paix, et que la justice la gouvernera. Plus de violence, plus de dégâts ni d’oppression dans le pays. Les murs de la ville s’appellent Salut, et les portes Louange. La gloire du Seigneur y éclipse la lumière du soleil : et les jours de deuil sont finis. Tous ses habitants sont des hommes justes, et ils habiteront la terre à jamais ; car ils sont un rejeton planté de la main de l’Éternel pour que son nom soit glorifié. La moindre famille deviendra une puissante nation, et le Seigneur hâtera ceci en son temps.
 
 
Sion et Jérusalem, points de rassemblement
 
      David, le chantre d’Israël, a écrit sur l’époque où cette ville serait bâtie dans son 102ème psaume, versets 14 à 23 :
 
      « Tu te lèveras, tu auras pitié de Sion ; car le temps d’avoir pitié d’elle, le temps fixé est à son terme ; car tes serviteurs en aiment les pierres, ils en chérissent la poussière. Alors les nations craindront le nom de l’Éternel, et tous les rois de la terre ta gloire. Oui, l’Éternel rebâtira Sion, il se montrera dans sa gloire. Il est attentif à la prière du misérable, il ne dédaigne pas sa prière. Que cela soit écrit pour la génération future, et que le peuple qui sera créé célèbre l’Éternel !
 
      « Car il regarde du lieu élevé de sa sainteté ; du haut des cieux l’Éternel regarde sur la terre, pour écouter les gémissements des captifs, pour délivrer ceux qui vont périr, afin qu’ils publient dans Sion le nom de l’Éternel, et ses louanges dans Jérusalem, quand tous les peuples s’assembleront, et tous les royaumes pour servir l’Éternel. »
 
      De ce passage des Écritures nous apprenons : Premièrement, il y a un temps fixé pour la construction de Sion, ou la ville dont Ésaïe parle, qui est juste avant la seconde venue du Christ. Et lorsque cette ville sera bâtie, le Seigneur apparaîtra dans toute sa gloire, et pas avant. D’après ceci nous affirmons que si une telle ville n’est pas bâtie, le Seigneur ne viendra pas.
 
      Deuxièmement : Nous apprenons que le peuple et les royaumes se rassembleront pour servir le Seigneur, à la fois à Sion et à Jérusalem.
 
      Troisièmement : Ce psaume a été écrit spécialement pour la génération à venir, et le peuple qui sera créé louera le Seigneur, lorsqu’il lira ce psaume et verra qu’il est accompli.
 
 
Éther parle de la Nouvelle Jérusalem
 
      Maintenant j’appelle l’attention de nos lecteurs sur une partie des annales d’Éther, contenues dans le Livre de Mormon :
 
      « Éther leur parla en vérité de tout, depuis le commencement de l'homme, disant que lorsque les eaux se furent retirées de la surface de ce pays, il devint un pays préférable à tous les autres pays, un pays de choix du Seigneur ; c'est pourquoi, le Seigneur voudrait que tous les hommes qui demeurent à sa surface le servent ; et que c'était le lieu de la nouvelle Jérusalem qui descendrait du ciel, et le saint sanctuaire du Seigneur. »
 
      « Voici, Éther vit le temps du Christ, et il parla d'une nouvelle Jérusalem dans ce pays. Et il parla aussi de la maison d'Israël et de la Jérusalem d'où Léhi viendrait : lorsqu'elle aurait été détruite, elle serait rebâtie, ville sainte pour le Seigneur ; c'est pourquoi, ce ne pourrait pas être une nouvelle Jérusalem, car elle avait été à une époque du passé ; mais elle serait rebâtie et deviendrait une ville sainte du Seigneur ; et elle serait bâtie pour la maison d'Israël - et qu'une nouvelle Jérusalem serait bâtie dans ce pays pour le reste de la postérité de Joseph, ce dont il y a eu une préfiguration. Car, comme Joseph fit descendre son père au pays d'Égypte, de même il y mourut ; c'est pourquoi, le Seigneur amena un reste de la postérité de Joseph hors du pays de Jérusalem, afin d'être miséricordieux envers la postérité de Joseph, afin qu'elle ne pérît pas, tout comme il fut miséricordieux envers le père de Joseph, afin qu'il ne pérît pas. C'est pourquoi, le reste de la maison de Joseph sera édifié dans ce pays ; et ce sera un pays de son héritage ; et il bâtira une ville sainte pour le Seigneur, semblable à la Jérusalem d'autrefois ; et il ne sera plus confondu, jusqu'à ce que vienne la fin, lorsque la terre passera. »
 
      « Et il y aura un nouveau ciel et une nouvelle terre ; et ils seront semblables aux anciens, si ce n'est que les anciens auront passé et que tout sera devenu nouveau. Et alors vient la nouvelle Jérusalem ; et bénis sont ceux qui y demeurent, car ce sont ceux dont les vêtements sont blancs grâce au sang de l'Agneau, et ce sont ceux qui sont comptés parmi le reste de la postérité de Joseph, qui était de la maison d'Israël. Et alors vient aussi la Jérusalem d'autrefois ; et ses habitants, bénis sont-ils, car ils ont été lavés dans le sang de l'Agneau ; et ce sont eux qui ont été dispersés et rassemblés des quatre coins de la terre, et des contrées du nord, et participent à l'accomplissement de l'alliance que Dieu a faite avec leur père, Abraham. Et lorsque cela se produira se réalisera l'Écriture qui dit qu'il y en a qui étaient les premiers, qui seront les derniers ; et il y en a qui étaient les derniers, qui seront les premiers. » (Éther 13:2-12)
 
 
Comparaison de la Nouvelle Jérusalem à l’ancienne
 
      Cette prophétie nous apprend : Premièrement, que l’Amérique est une terre choisie du Seigneur, au-dessus de toute autre terre. Deuxièmement, que c’est l’emplacement de la Nouvelle Jérusalem, qui descendra du ciel, d’auprès de Dieu, sur la terre, quand celle-ci sera renouvelée. Troisièmement, qu’une Nouvelle Jérusalem sera bâtie en Amérique, pour le reste des descendants de Joseph, d’après le même modèle, ou semblable à l’ancienne Jérusalem sur la terre de Canaan ; et que l’ancienne Jérusalem sera rebâtie à la même époque ; que, cela fait, ces deux villes continueront à prospérer sur la terre, jusqu’à la grande et dernière transformation, quand les cieux et la terre seront renouvelés. Quatrièmement, nous apprenons que, lorsqu’aura lieu cette transformation, les deux villes seront enlevées au ciel, ainsi que leurs habitants, et qu’ayant été transformées et étant devenues nouvelles, l’une descendra sur la terre de l’Amérique, et l’autre à sa propre place, comme anciennement ; et cinquièmement, nous apprenons que les habitants de ces deux villes sont les mêmes qui s’y réfugièrent et les construisirent. Les descendants de Joseph, et ceux qui se seront réunis à eux, habiteront la Nouvelle Jérusalem en Amérique. Et les douze tribus d’Israël, rassemblées des pays du nord et des quatre parties de la terre, habiteront l’autre ; et toutes choses ayant été faites nouvelles, nous trouvons ceux qui étaient autrefois étrangers et pèlerins sur la terre, en possession de ce meilleur pays, et de cette ville, après lesquels ils soupirèrent.
 
 
Jean a une vision de la Nouvelle Jérusalem
 
      Ouvrons maintenant les Révélations de Jean, et examinons l’état de la ville, après qu’elle est devenue nouvelle, et voyons si elle a conservé quelques traits de ce qu’elle était avant sa transformation finale (Apocalypse 21) :
 
      « Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre ; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n’était plus. Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s’est parée pour son époux. Et j’entendis, du trône, une forte voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. Et celui qui était assis sur le trône dit : Voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il dit : Écris ; car ces paroles sont certaines et véritables. Et il me dit : c’est fait ! Je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. À celui qui a soif, je donnerai de la source de l’eau de la vie, gratuitement. Celui qui vaincra héritera ces choses ; je serai son Dieu, et il sera mon fils. Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres et tous les menteurs, leur part sera dans l’étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort. »
 
      « Puis, un des sept anges qui tenaient les sept coupes remplies des sept derniers fléaux vint, et il m’adressa la parole, en disant : Viens, je te montrerai l’épouse, la femme de l’agneau. Et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne. Et il me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel d’auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu. Son éclat était semblable à celui d’une pierre très précieuse, d’une pierre de jaspe transparente comme du cristal. Elle avait une grande et haute muraille. Elle avait douze portes, et sur les portes douze anges, et des noms écrits, ceux des douze tribus des fils d’Israël : à l’orient, trois portes, au nord trois portes, au midi, trois portes et à l’occident, trois portes.
 
      « La muraille de la ville avait douze fondements, et sur eux, les douze noms des douze apôtres de l’agneau. Celui qui me parlait avait pour mesure un roseau d’or, afin de mesurer la ville, ses portes et sa muraille. La ville avait la forme d’un carré et sa longueur était égale à sa largeur. Il mesura la ville avec le roseau et trouva douze mille stades ; la longueur, la largeur et la hauteur en étaient égales. Il mesura la muraille et trouva cent quarante-quatre coudées, mesure d’homme, qui était celle de l’ange. La muraille était construite en jaspe et la ville était d’or pur, semblable à du verre pur. Les fondements de la muraille de la ville étaient ornés de pierres précieuses de toutes espèces : le premier fondement était de jaspe, le second de saphir, le troisième de calcédoine, le quatrième d’émeraude, le cinquième de sardonyx, le sixième de sardoine, le septième de chrysolithe, le huitième de béryl, le neuvième de topaze, le dixième de chrysoprase, le onzième d’hyacinthe, le douzième d’améthyste. Les douze portes étaient douze perles ; chaque porte était d’une seule perle. La place de la ville était d’or pur, comme du verre transparent. Je ne vis point de temple dans la ville ; car le Seigneur, Dieu tout puissant, est son temple, ainsi que l’agneau. La ville n’a besoin ni du soleil ni de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’éclaire et l’agneau est son flambeau. Les nations marcheront à sa lumière et les rois de la terre y apporteront leur gloire. Ses portes ne se fermeront point le jour, car là, il n’y aura point de nuit. On y apportera la gloire et l’honneur des nations. Il n’entrera chez elle rien de souillé, ni personne qui se livre à l’abomination et au mensonge ; il n’entrera que ceux qui sont écrits dans le livre de vie de l’agneau » (Apocalypse 21:1-27).
 
      Et au 22ème chapitre nous lisons :
 
      « Et il me montra un fleuve d’eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l’agneau. Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles servaient à la guérison des nations. Il n’y aura plus d’anathème. Le trône de Dieu et de l’agneau sera dans la ville ; ses serviteurs le serviront et verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts. Il n’y aura plus de nuit ; et ils n’auront plus besoin ni de lampe ni de lumière, parce que le Seigneur Dieu les éclairera. Et ils régneront aux siècles des siècles. Et il me dit : Ces paroles sont certaines et véritables ; et le Seigneur, le Dieu des esprits des prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt. Et voici, je viens bientôt. Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre » (Apocalypse 22:1-7).
 
      Cette magnifique description nous apprend : Premièrement, que la nouvelle terre ne sera divisée par aucune mer, et par conséquent ce qu’on appelle aujourd’hui le continent oriental, et le continent occidental ne formeront plus qu’une seule terre. Deuxièmement, elle nous apprend non seulement que Dieu créera un ciel nouveau et une terre nouvelle, mais qu’il fera toutes choses nouvelles (y compris, assurément, les villes de Sion et de Jérusalem où, depuis plus de mille ans, aura été son sanctuaire). Troisièmement, que la ville sera bâtie en carré, qu’elle aura douze portes, chacune portant le nom écrit des douze tribus d’Israël, trois portes au nord, trois au sud, trois à l’est et trois à l’ouest ; précisément de la même manière qu’elles existaient temporellement durant le règne de mille ans d’après la description d’Ézéchiel. Quatrièmement, elle sera composée de pierres précieuses et d’or, comme la ville temporelle décrite par Ésaïe. Cinquièmement, un fleuve d’eau vive, claire comme du cristal, traversera la ville sainte, en sortant du trône de Dieu, justement comme des eaux vives sortaient du sanctuaire de la ville temporelle qu’a décrite Ézéchiel. Sixièmement, l’arbre de vie en ombragera les deux rives, ce même arbre qui produisait autrefois douze fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont le feuillage servait à guérir les nations. Mais maintenant, quand Jean voit cet arbre, les nations n’ont plus besoin d’être guéries, car il n’y a plus ni mort, ni douleur, ni chagrin ; l’ancien monde a cessé d’exister, et toutes choses sont devenues nouvelles. Voilà pourquoi le prophète, parlant au passé, dit que ces feuilles étaient pour la guérison des Gentils ; il se reporte aux siècles passés quand, suivant Ézéchiel, ces arbres existaient temporellement, avant leur transformation finale.
 
 
Sion et Jérusalem, villes jumelles
 
      En résumant tout ce qui précède, nous trouverons qu’Ézéchiel et les autres prophètes nous ont donné la description des villes de Sion et de Jérusalem telles qu’elles existeront durant le repos de mille ans, nommé le millénium ; et Jean a décrit les mêmes villes, après leur transformation finale, quand elles viendront du ciel, d’auprès de Dieu, régner sur la nouvelle terre. Mais Éther nous a donné, lui, une esquisse de ces deux villes, telles qu’elles existeront, soit temporellement, soit éternellement ; et il s’est clairement expliqué sur leur situation locale, avant, comme après le millénium. Il a déclaré que la nouvelle Jérusalem, en Amérique, serait habitée par les descendants de Joseph, et par ceux qui, s’étant réunis à eux, auront blanchi leurs vêtements dans le sang de l’Agneau ; et que l’autre Jérusalem, rebâtie sur son ancien emplacement, serait habitée par les douze tribus d’Israël, rassemblées des pays du nord et de toutes les régions où elles avaient été dispersées, et qu’elles blanchiront leurs vêtements dans le sang de l’Agneau. Là s’arrête l’histoire.
 
      Je me borne à ajouter que depuis plus de neuf ans le gouvernement des États-Unis s’est chargé de rassembler le reste des descendants de Joseph à l’endroit même où ils finiront par bâtir une Nouvelle Jérusalem, la ville de Sion, avec l’aide des Gentils, qui les réuniront de tous les points du continent. Or, ce rassemblement est clairement prédit dans le Livre de Mormon et dans d’autres révélations, ainsi que le lieu désigné et l’époque où s’accompliront ces prophéties. Et à moins que les Gentils se repentent de toutes leurs abominations et embrassent la même alliance, ils seront entièrement exterminés de la face de ce pays ; ainsi que l’a écrit le prophète Ésaïe : « Car la nation et le royaume qui ne te serviront pas périront, ces nations-là seront exterminées » (Ésaïe 60:12).
 
      Le prophète Néphi, dans ses annales (3 Néphi 21:1-7) nous donne là-dessus des instructions précises en ces termes :
 
      « Et en vérité, je vous le dis, je vous donne un signe afin que vous connaissiez le moment où ces choses seront sur le point de se produire - que je rassemblerai mon peuple de sa longue dispersion, ô maison d'Israël, et établirai de nouveau ma Sion parmi eux ; et voici ce que je vous donnerai pour signe - car en vérité, je vous dis que lorsque ces choses que je vous annonce et que je vous annoncerai plus tard de moi-même et par le pouvoir du Saint-Esprit qui vous sera donné par le Père, seront révélées aux Gentils, afin qu'ils soient informés sur ce peuple, qui est un reste de la maison de Jacob et sur ce peuple, qui est le mien, qui sera dispersé par eux ; en vérité, en vérité, je vous le dis, lorsque ces choses leur seront révélées par le Père et viendront du Père, et d'eux à vous ; car le Père juge sage qu'ils soient établis dans ce pays et installés comme peuple libre par le pouvoir du Père, afin que ces choses viennent d'eux à un reste de votre postérité, afin que soit accomplie l'alliance que le Père a conclue avec son peuple, ô maison d'Israël ; c'est pourquoi, lorsque ces œuvres et les œuvres qui seront accomplies plus tard parmi vous viendront des Gentils à votre postérité, qui aura dégénéré dans l'incrédulité à cause de l'iniquité - car c'est ainsi qu'il convient au Père que cela vienne des Gentils, pour montrer son pouvoir aux Gentils, afin que si les Gentils ne s'endurcissent pas le cœur, ils puissent se repentir, et venir à moi, et être baptisés en mon nom, et connaître les vrais points de ma doctrine, afin d'être comptés parmi mon peuple, ô maison d'Israël - et lorsque ces choses arriveront, que ta postérité commencera à savoir ces choses - ce sera pour elle un signe, afin qu'elle sache que l'œuvre du Père a déjà commencé pour accomplir l'alliance qu'il a faite avec le peuple qui est de la maison d'Israël. »
 
      « Et lorsque ce jour viendra, il arrivera que des rois fermeront la bouche ; car ils verront ce qui ne leur avait point été raconté, ils apprendront ce qu'ils n'avaient point entendu. Car, en ce jour-là, le Père accomplira, à cause de moi, une œuvre qui sera une œuvre grande et merveilleuse parmi eux ; et il y en aura parmi eux qui n'y croiront pas, bien qu'un homme la leur annoncera. Mais voici, la vie de mon serviteur sera dans ma main ; c'est pourquoi ils ne lui feront pas de mal, bien qu'il sera défiguré à cause d'eux. Néanmoins, je le guérirai, car je leur montrerai que ma sagesse est plus grande que la ruse du diable. C'est pourquoi, il arrivera que quiconque ne croira pas en mes paroles, à moi, qui suis Jésus-Christ, paroles que le Père lui fera porter aux Gentils et lui donnera le pouvoir de porter aux Gentils (cela se fera comme Moïse l'a dit), celui-là sera retranché d'entre mon peuple qui est de l'alliance. Et mon peuple, qui est un reste de Jacob, sera parmi les Gentils, oui, au milieu d'eux, comme un lion parmi les bêtes de la forêt, comme un lionceau parmi les troupeaux de brebis : lorsqu'il passe, il foule et déchire, et personne ne délivre. Sa main sera levée sur ses adversaires, et tous ses ennemis seront retranchés. »
 
 
« Repentez-vous, ô Gentils ! »
 
      « Oui, malheur aux Gentils, à moins qu'ils ne se repentent ; car il arrivera, ce jour-là, dit le Père, que j'exterminerai du milieu de toi tes chevaux, et je détruirai tes chars ; j'exterminerai les villes de ton pays, et je renverserai toutes tes forteresses ; j'exterminerai de ta main les enchantements, et tu n'auras plus de magiciens ; j'exterminerai du milieu de toi tes idoles et tes statues, et tu ne te prosterneras plus devant l'ouvrage de tes mains ; j'exterminerai du milieu de toi tes idoles d'Astarté, et je détruirai tes villes. Et il arrivera que tous les mensonges, et les tromperies, et les envies, et les discordes, et les intrigues de prêtres, et les fornications seront abandonnés. Car il arrivera, dit le Père, qu'en ce jour-là, quiconque ne se repentira pas et ne viendra pas à mon Fils bien-aimé, je le retrancherai du milieu de mon peuple, ô maison d'Israël ; j'exercerai ma vengeance avec colère, avec fureur, sur les nations, comme elles n'en ont jamais entendu de pareilles. »
 
      « Mais si elles se repentent, et écoutent mes paroles, et ne s'endurcissent pas le cœur, j'établirai mon Église parmi elles, et elles entreront dans l'alliance et seront comptées parmi ce reste, le reste de Jacob, à qui j'ai donné ce pays pour son héritage ; et elles aideront mon peuple, le reste de Jacob, et aussi tous ceux de la maison d'Israël qui viendront, à bâtir une ville, qui sera appelée la nouvelle Jérusalem. Et alors, ils aideront mon peuple, qui est dispersé sur toute la surface du pays, afin qu'il soit rassemblé à la nouvelle Jérusalem. Et alors, le pouvoir du ciel descendra parmi eux, et je serai aussi au milieu. Et alors, l'œuvre du Père commencera ce jour-là, c'est-à-dire lorsque cet Évangile sera prêché parmi le reste de ce peuple. »
 
      « En vérité, je vous le dis, ce jour-là, l'œuvre du Père commencera parmi tous les dispersés de mon peuple, oui, les tribus qui ont été perdues, que le Père a emmenées de Jérusalem. Oui, l'œuvre du Père commencera, parmi tous les dispersés de mon peuple, pour préparer le chemin par lequel ils pourront venir à moi, afin de pouvoir invoquer le Père en mon nom. Oui, et alors l'œuvre du Père commencera, parmi toutes les nations, pour préparer le chemin par lequel son peuple pourra être rassemblé chez lui au pays de son héritage. Et ils sortiront de toutes les nations ; et ils ne sortiront pas avec précipitation ni ne partiront en fuyant, car j'irai devant eux, dit le Père, et je fermerai leur marche. » (3 Néphi 21:1-29)
 
 
Les alliances du Père sont en train de s’accomplir
 
      Ô vous, descendants de Joseph, votre secret est révélé ; vous avez été méprisés, haïs, dispersés et chassés de lieu en lieu par les Gentils, jusqu’à n’être plus que quelques-uns ! Ô vous, affligés, vous le jouet de la tempête, privés de consolation, levez la tête et réjouissez-vous, car votre rédemption approche : oui, nous avons trouvé vos annales, les oracles de Dieu autrefois confiés à vos pères, et qui vous ont été cachés pendant de longs siècles, à cause de votre incrédulité. Voici, ils vont vous être rendus, et grande sera votre joie, car vous saurez que cela vous vient de la main du Seigneur, et alors les écailles de l’ignorance commenceront à tomber de vos yeux. Les Gentils n’exerceront plus de domination sur vous, mais ils vous rassembleront et vous éclaireront, et vous rentrerez dans le sein de la civilisation. L’heure a sonné ; oui, cette œuvre a déjà commencé, car nous avons vu les Gentils vous rassembler de toutes les parties du pays, à l’endroit même désigné par le Seigneur ; mettez donc bas vos armes de guerre, cessez de vous opposer à ce que les Gentils réunissent ensemble vos diverses tribus, - car la main de votre puissant Dieu est dans cette mesure : et elle a été prédite par vos ancêtres, depuis dix mille lunes. Laissez donc les Gentils accomplir en paix ce dernier acte de bonté, en retour des injures que vous en avez reçues.
 
      C’est avec un sentiment de joie mêlée de chagrin que je réfléchis sur ces choses ; de chagrin quand je pense combien vous avez été affligés ; de joie quand je pense à l’heureuse destinée qui vous attend ; et le chagrin s’empare encore de moi quand je tourne mes pensées vers la terrible extermination dont sont menacés les Gentils à moins qu’ils ne se repentent. Mais les éternels projets de Jéhovah recevront leur accomplissement jusqu’à ce que toutes ses promesses soient réalisées, et nul ne saurait s’y opposer ; c’est pourquoi, Dieu tout puissant, que ta volonté se fasse ! Pendant que mon esprit médite là-dessus, avec des sentiments plus faciles à sentir qu’à exprimer, il me semble entendre au loin le chant funèbre des Indiens résonner à travers leurs bois solitaires, et murmurer ces paroles :
 
      « Ô grand Esprit de nos pères ! Prête l’oreille à nos accents ; prends pitié des Peaux-Rouges, écoute leurs prières. Quand donc finira ta vengeance ? Quand cesseront tes coups ? Quand l’ambition des hommes blancs laissera nos restes dispersés jouir en paix de leurs forêts ? Ou bien, chassés jusqu’au centre du continent, sommes-nous destinés à nous étendre là pour ne plus nous relever ?
 
      « Préserve-nous-en, grand Esprit ! Fais connaître la miséricorde ; révèle les vérités ; reconnais pour tiens les captifs errants, mets à nu ton bras puissant pour nous délivrer, et fais régner la paix sur toute la terre. » 
 
 
 
CHAPITRE SIX
 
 
LA RÉVÉLATION, PIERRE ANGULAIRE DE LA JUSTICE
 
 
      « Il a fait que tous les hommes, sortis d’un seul sang, habitassent sur toute la surface de la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur demeure ; il a voulu qu’ils cherchassent le Seigneur, et qu’ils s’efforçassent de le trouver en tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous, car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être » (Actes 17:26-28).
 
      Nous apprenons par ce texte : premièrement, que tous les hommes ont été formés d’un seul sang ; deuxièmement, qu’ils ont été destinés à occuper toute la surface de la terre (y compris l’Amérique) ; troisièmement, que Dieu a déterminé les bornes de leur demeure, c’est-à-dire qu’il a réparti la terre entre ses enfants, donnant à chaque nation le pays qui lui plaisait – par exemple, la terre de Canaan à Israël, la montagne de Séhir à Ésaü, l’Arabie à Ismaël, l’Amérique à la postérité de Joseph, etc., de même qu’un père fait le partage d’un vaste terrain entre ses enfants. Quatrièmement, nous voyons qu’il a accordé à toutes les nations de la terre le privilège de le chercher et de le trouver ; d’autant plus qu’il n’est pas bien éloigné de l’homme, qu’il vive en Asie, en Afrique, en Europe, ou en Amérique, ou même dans les îles de la mer. Or, s’il arrive qu’un peuple, dans n’importe quel siècle de l’histoire, ou sur une partie quelconque de la terre, soit mis en possession de ce privilège, qu’aura-t-il obtenu ? Je réponds : des révélations ; et cela, pour la meilleure des raisons : parce qu’aucun peuple n’a jamais trouvé Dieu d’une autre manière, et qu’il ne le trouvera jamais. Voilà pourquoi quand une nation trouve Dieu, elle le trouve par révélation directe, c’est-à-dire que Dieu lui révèle sa volonté ; et si elle ne l’a pas trouvé de cette manière, elle ne l’a jamais connu. Mais si elle a obtenu des révélations divines, il lui revenait de les écrire, d’en faire ses annales et de les enseigner à ses enfants ; et ses annales seront sacrées, parce qu’elles contiennent la parole de Dieu : ce sera une sainte Bible, qu’elle soit écrite par les Juifs, les dix tribus, les Néphites ou les Gentils. Il me sera parfaitement égal d’avoir l’Évangile écrit par Néphi, Mormon, Moroni, ou Alma, que d’avoir l’Évangile écrit par Matthieu, Marc, Luc ou Jean. De plus, je serai tout autant disposé à croire une révélation donnée en Amérique, que de croire une révélation donnée en Asie : car si jamais une nation a manqué d’avoir des révélations, c’est parce qu’elle n’a pas atteint ce qu’elle était en droit d’obtenir.
 
 
Pourquoi la révélation a-t-elle été parfois interrompue ?
 
      Mais alors, pourquoi les peuples ont-ils été laissés de siècles en siècles dans les ténèbres, sans avoir le flambeau de la révélation pour les guider ? Je réponds : c’est parce que leurs ancêtres, à une certaine époque de l’histoire, ont rejeté la révélation, qu’ils ont chassé et tué les prophètes et ont fermé l’oreille à Dieu, jusqu’à ce que Dieu leur ait enlevé ce dont ils jouissaient, et l’ait confié à un autre peuple, les laissant croupir dans l’ignorance de génération en génération, jusqu’au moment où il juge convenable d’envoyer de nouveau la lumière et la vérité à ces peuples. Mais ceux qui ne rejettent pas la lumière, ne sont sous aucune condamnation ; et la miséricorde divine a des droits sur eux, par le sang du Christ qui a expié les péchés du monde. Les païens qui n’ont jamais été éclairés de la lumière de la révélation seront sauvés par le sang du Christ ; tandis que leurs pères seront condamnés pour avoir rejeté cette lumière ; car ce qui les rend coupables c’est d’avoir rejeté la lumière, quand elle leur est venue.
 
      À ce sujet, jetons un rapide coup d’œil sur l’histoire des différents siècles. Au matin de la création, les hommes étaient éclairés par la révélation directe ; car Adam, Caïn et Abel conversaient avec Dieu. Dans le siècle suivant nous voyons la même chose ; Énoch marchait avec Dieu ; il vit non seulement le premier avènement du Christ, mais aussi son deuxième, et il s’écria : « Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades, pour faire rendre compte à tous les impies, etc… », comme l’a écrit Jude (14, 15).
 
      D’où il semble qu’Énoch connut le Messie et prophétisa sur lui avec toute la clarté d’un apôtre. Aux jours de Noé il y eut des révélations positives, et pourtant il n’y avait alors que des Gentils, ou plutôt le nom d’Israël n’avait pas encore été donné à Jacob par l’ange.
 
      Or, si c’était le privilège de tant de Gentils d’avoir la parole de Dieu, et d’obtenir la connaissance du vrai Dieu par révélation, il s’ensuit que ce privilège appartenait également à tous les autres hommes. Et si des populations, s’étant égarées, tombèrent dans l’idolâtrie, jusqu’à ce que Dieu, les abandonnant entièrement à leurs abominations, finit par leur retirer ses oracles et les confia particulièrement à Abraham, ce fut parce qu’elles les rejetaient depuis longtemps et qu’elles s’étaient rendues indignes de les avoir. Depuis l’élection de la maison d’Israël, les oracles de Dieu semblèrent appartenir d’une manière particulière au peuple choisi, choisi expressément pour cela, c’est-à-dire pour avoir en dépôt les oracles de Dieu, la prêtrise, le culte divin, et les promesses qui depuis le commencement avaient existé parmi les Gentils, qui depuis longtemps s’étaient rendus indignes d’aussi grandes faveurs.
 
 
Le salut doit être prêché par des administrateurs légaux
 
      Mais, avec le temps, Israël lui-même se rendit indigne de continuer à posséder ces privilèges, en lapidant et tuant les prophètes, en rejetant le Messie et tous ceux que Dieu leur envoya, lorsqu’à la fin le Seigneur leur enleva le royaume et le donna de nouveau aux Gentils. En même temps, il ferma les yeux sur tous ces temps d’ignorance qu’avaient traversé les Gentils, depuis l’époque où le royaume leur avait été pris jusqu’à celle où il leur fut remis encore. Aussitôt que le royaume de Dieu leur est confié, il leur commande à tous et en tous lieux de se repentir ; et s’ils ne le font pas, c’est alors qu’ils sont passibles de la condamnation, et non pas avant. Mais dès que le royaume est pris aux Juifs, à l’instant les fruits en disparaissent du milieu d’eux, et ils sont dispersés parmi toutes les nations de la terre, où ils n’ont jamais plus entendu la voix de l’inspiration leur commander de se repentir. Si des Gentils leur ont commandé de se repentir et de recevoir le baptême au nom du Seigneur sans être inspirés et sans avoir reçu l’ordre de le faire, ce n’a été là qu’une imposture pratiquée sur eux. Non que le repentir soit un mal, mais ici l’imposture consistait dans la prétention d’avoir été envoyés avec une mission, tandis qu’ils ne l’avaient pas été.
 
      En effet, lorsque Dieu ordonne aux hommes de se repentir, il leur envoie quelqu’un chargé de ce commandement, afin qu’il puisse annoncer  sa mission à ceux à qui il est envoyé ; et quand Dieu n’ordonne pas aux hommes de faire une chose, il ne l’exige point de leur part. Quiconque prétend que les Juifs, comme nation, ont reçu le commandement de se repentir et de recevoir le baptême depuis les dix-sept derniers siècles, avance un fait qu’il ne saurait prouver, à moins qu’il puisse démontrer qu’il y a eu, durant cette période historique, une nouvelle révélation donnant à quelqu’un l’autorité d’aller à eux avec un tel message ; et aucune génération de Juifs ayant existé depuis que l’inspiration a cessé sur la terre, ne sera non plus condamnée pour avoir rejeté un message, car Dieu ne leur ayant pas envoyé de message, ils n’ont pu en rejeter aucun. Mais leurs pères qui rejetèrent les choses de Dieu sont passibles d’une condamnation.
 
 
Les hommes sont condamnés quand ils rejettent les vrais ministres de Dieu
 
      De même, quand le Seigneur envoya des hommes prêcher l’Évangile aux Gentils, il leur commanda de se repentir ; et ce commandement fut en vigueur aussi longtemps qu’ils furent évangélisés par des hommes revêtus d’une autorité légitime et inspirés du Saint-Esprit. Mais lorsqu’ils tuèrent les apôtres et les hommes inspirés, lorsqu’ils abusèrent de leurs prérogatives au point que Dieu les leur enleva et les laissa sans inspiration, alors cette génération eut à répondre de ce crime. Les Gentils qui ont vécu depuis cette époque n’ont jamais reçu le commandement de se repentir et de recevoir le baptême, excepté par une nouvelle révélation ; et, quiconque prétend que Dieu a ordonné à un Gentil de se repentir et d’obéir à l’Évangile depuis le jour où l’inspiration a cessé, ou depuis que la terre est privée d’apôtres et de prophètes, avance une chose qu’il ne saurait prouver, à moins qu’il démontre qu’une révélation a été donnée ultérieurement à cette époque, donnant à des hommes l’autorité d’aller vers les Gentils avec un tel message.
 
      Le fait est que Dieu n’exige d’une génération rien de plus que de faire ce qu’il lui commande ; et une génération à laquelle il ne révèle rien, ou à laquelle il n’envoie pas d’hommes avec un message, n’a aucun message auquel obéir ou à rejeter ; il n’y a donc d’obligatoire pour ces générations que la pratique des principes moraux du bien et du mal, qui sont également obligatoires durant tous les siècles, selon le degré de connaissance qu’ont les hommes de l’équité morale.
 
      Mais dans ces derniers jours, Dieu a parlé encore du haut des cieux, et il a chargé des hommes d’aller d’abord vers les Gentils pour leur commander en tous lieux de se repentir, et d’obéir à l’Évangile ; et ensuite il leur a ordonné d’aller vers les Juifs pour leur enjoindre de se repentir et d’obéir à l’Évangile. C’est ainsi qu’il a de nouveau rétabli sur la terre ce qui avait été perdu depuis tant de siècles. Or, partout où la voix de ces hommes se fera entendre pour publier cette proclamation au nom de Jésus, comme cela leur a été commandé, les habitants de ces pays sont tenus de se repentir et de recevoir le baptême ; celui qui se repentira et sera baptisé, sera sauvé ; et celui qui, rejetant leur témoignage, n’obéira pas à l’Évangile, sera condamné, par la simple raison que Dieu a envoyé ces hommes par révélation, avec cette mission spéciale, à cette présente génération ; et ceux qui rejettent le plus humble des ambassadeurs de Dieu, rejettent celui qui l’a envoyé ; et dès lors ils sont sous la condamnation. Mais le message que Dieu a donné à ces hommes n’est obligatoire que pour la génération à laquelle ils sont envoyés, et nullement pour ceux qui sont morts avant ce message ; comme il n’est pas obligatoire non plus pour aucune génération future, à moins que Dieu ne lui envoie des hommes pour lui annoncer le même Évangile ; et alors cette génération, ainsi évangélisée sera sauvée ou condamnée suivant qu’elle aura reçu ou rejeté leur témoignage.
 
 
Les prophètes de toutes les époques sont persécutés par les orgueilleux et les hypocrites
 
      On pose bien souvent cette question : si Dieu a envoyé des hommes avec certaines vérités qu’il est obligatoire aux populations d’accepter, sous peine de perdre leur salut, quel sera le sort des gens vertueux qui sont morts avant ce message ? Je réponds : si ces personnes ont obéi au message que Dieu a envoyé à leur génération, elles seront sauvées ; sinon, elles seront condamnées. Mais si Dieu n’a pas envoyé de message à cette génération, ces personnes ne l’ont point rejeté et par conséquent elles ne sont sous aucune condamnation ; mais elles s’élèveront au jugement contre notre génération, et la condamneront ; car si elles avaient eu les mêmes bénédictions, qui maintenant nous sont offertes, elles les auraient sans doute acceptées avec empressement. Ce qui fera condamner les hommes, dans tous les siècles du monde, ce sera d’avoir rejeté le message spécifique que Dieu leur avait envoyé ; et cela, malgré leur ferme adhésion aux révélations antérieures.
 
      Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites ! Vous décorez les tombeaux des prophètes, et vous dites : Oh ! si nous avions vécu du temps de nos pères, nous n’aurions pas lapidé et tué les prophètes, comme ils le firent ! Mais vous reconnaissez, par votre propre témoignage, les actes de vos pères ; car ils tuèrent les prophètes, et vous, vous leur élevez des tombeaux. C’était là le témoignage du Sauveur aux Juifs qui avaient la prétention de croire et d’adhérer fermement à leurs anciens prophètes et qui rejetaient en même temps et Jésus et ses apôtres. Il en est de même au XIXème siècle. Ô vous, qui vous dites chrétiens, vous parez les tombeaux du Messie et de ses anciens apôtres, vous construisez même de splendides monuments à leur mémoire, que vous intitulez : l’église Saint-Pierre, l’église Saint-Paul, l’église Saint-Jean, etc. ; et vous dites : oh ! si nous avions vécu du temps des apôtres, nous ne les aurions pas lapidés et tués. Mais vous reconnaissez, par votre témoignage, les actes de vos pères ; car ils tuèrent les apôtres, et vous, vous bâtissez des églises pour honorer leur mémoire. Et si un apôtre ou un prophète vient au milieu de vous, vous fermez vos portes contre lui, dès l’instant qu’il rend témoignage des choses que Dieu lui a commandé d’annoncer ; car, dites-vous, il ne doit plus y avoir d’apôtres ou de prophètes sur la terre ; et aussitôt vous le traitez de faux prophète. Si des émeutiers l’assassinent, s’ils brûlent sa maison ou s’ils détruisent ses propriétés, vous vous en réjouissez en secret, ou bien vous approuvez hautement ces crimes en criant : ce sont de faux prophètes ! tandis que vos chaires et vos journaux vomissent contre lui mille calomnies. Malheur à vous, prêtres et Pharisiens hypocrites ! Vous comblez la mesure de vos pères, car ce qu’ils firent, vous le faites. La vengeance appartient à Dieu, il vengera bientôt ses élus, dont le sang crie contre vous nuit et jour.
 
 
Dieu parle aux nations
 
      Mais pour en revenir aux révélations : « Il n’y a rien de caché qui ne doivent être découvert, ni de secret qui ne doive être connu » (Luc 12:2) ; c’était là une des maximes de notre Sauveur. Ensuite : « La terre sera remplie de la connaissance de l’Éternel, comme le fond de la mer » (Ésaïe 11:9). Mais, je le demande : comment cette grande transformation pourra se faire ? Pour répondre à cette question je ne vois rien de mieux que de citer cette prophétie de Néphi dans le Livre de Mormon :
 
      « Car je commande à tous les hommes, à la fois à l'est et à l'ouest, et au nord et au sud, et dans les îles de la mer, qu'ils écrivent les paroles que je leur dis ; car c'est d'après les livres qui seront écrits que je jugerai le monde, chacun selon ses œuvres, selon ce qui est écrit. Car voici, je parlerai aux Juifs, et ils l'écriront ; et je parlerai aussi aux Néphites, et ils l'écriront ; et je parlerai aussi aux autres tribus de la maison d'Israël, que j'ai emmenées, et elles l'écriront ; et je parlerai aussi à toutes les nations de la terre, et elles l'écriront. Et il arrivera que les Juifs auront les paroles des Néphites, et les Néphites auront les paroles des Juifs, et les Néphites et les Juifs auront les paroles des tribus perdues d'Israël, et les tribus perdues d'Israël auront les paroles des Néphites et des Juifs. Et il arrivera que mon peuple, qui est de la maison d'Israël, sera rassemblé chez lui dans les pays de ses possessions ; et ma parole sera aussi rassemblée en une seule. Et je montrerai à ceux qui combattent ma parole et mon peuple, qui est de la maison d'Israël, que je suis Dieu et que j'ai fait alliance avec Abraham que je me souviendrais de sa postérité à jamais. » (2 Néphi 29:11-14)
 
 
 
CHAPITRE SEPT
 
 
DIFFÉRENCE ENTRE LA DOCTRINE DU CHRIST ET LES FAUSSES DOCTRINES DU XIXème SIÈCLE
 
 
 
« Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la « doctrine de Christ n’a point Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils » (2 Jean 1:9)
 
 
La doctrine du Christ Les doctrines des hommes
 
« Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : Et ces miracles n’accompagneront pas ceux qui croiront, car il n’y a plus de miracles ; il n’y en a plus besoin.
« En mon nom ils chasseront les démons.  
Ils ne chasseront pas les démons en son nom.
« Ils parleront de nouvelles langues. Il n’y a plus besoin du don des langues.
   
« Ils saisiront des serpents ; s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux malades et les malades seront guéris » (Marc 16:17-18) S’ils saisissent des serpents, ceux-ci les mordront ; s’ils boivent quelque breuvage mortel, ils mourront. Ils n’imposeront pas les mains aux malades ; et, s’ils le font, ceux-ci ne guériront pas : car de telles choses n’existent plus.
« Celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père » (Jean 14:12) Celui qui croit en Christ ne fera aucun des miracles et des œuvres puissantes que Jésus a fait, car cela a cessé.
« Il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu » (Luc 12:2) Il ne doit plus y avoir de révélation car tout ce qui est nécessaire a déjà été révélé ;
« Il enverra ses anges… et ils rassembleront ses élus des quatre vents… » (Matthieu 24:31) Il ne doit plus y avoir de ministère d’anges, car tout cela a disparu.
« Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un évangile éternel pour l’annoncer aux habitants de la terre » (Apocalypse 14:6)
 
Les anges n’apparaissent plus à notre époque éclairée, parce qu’on n’a plus besoin d’eux.
   
« Quand le Consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité… il vous annoncera les choses à venir » (Jean 16:13) Il n’y a plus besoin d’inspiration à notre époque de science et de connaissance. L’Esprit ne vous annoncera pas les choses à venir, car, alors, vous seriez un prophète et tout le monde sait qu’il n’y a pas de prophètes de nos jours.
« Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé » (Jean 15:7) Il n’en est pas de même à notre époque ; nous ne devons pas nous attendre à guérir des malades ou à accomplir d’autres miracles ; par conséquent nous ne devons pas nous attendre à recevoir ce que nous demandons.
« Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un… » (Jean 17:20-21) Nous sommes tous de bons chrétiens et nous croyons tous en Jésus par les paroles des apôtres, bien que nous soyons divisés en plusieurs centaines d’Églises.
« Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Éphésiens 4:5) Maints Seigneurs, maintes fois et trois ou quatre sortes de baptêmes.
« Baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps » (1 Corinthiens 12:13) Et par plusieurs esprits nous sommes tous divisés en plusieurs corps.
   
« Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints, en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ » (Ephésiens 4:11-12) Il ne doit plus y avoir d’apôtres ou de prophètes. Mais l’œuvre du ministère, le perfectionnement des saints, et l’édification des différents corps du Christ peuvent très bien se faire sans ces dons de Dieu, si seulement vous nous donnez l’argent nécessaire pour éduquer les hommes et faire usage de leur sagesse.
 
Ces offices et ces dons doivent continuer « jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ »
 
Les apôtres, les miracles et les dons continuèrent au cours du premier âge du christianisme, et puis cessèrent, parce qu’ils étaient inutiles, ayant rempli leur but.
Ces offices et ces dons nous furent donnés « afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction » (Éphésiens 4:13-15) Les livres, les credo, les sermons et les commentaires d’hommes sans inspiration, de prêtres à gages, sont maintenant nécessaires afin d’empêcher les hommes d’être emportés à tout vent de doctrine, etc.
   
   
« Nul ne s’attribue cette dignité, s’il n’est appelé de Dieu, comme le fut Aaron » (Hébreux 5:4) Nul ne s’attribue cette dignité, si ce n’est celui qui a étudié en vue du ministère et qui a été commissionné par les hommes.
« Et comment y aura-t-il des prédicateurs s’ils ne sont pas envoyés (de Dieu) ? » (Romains 10:15) Et comment y aura-t-il des prédicateurs s’ils ne vont pas au séminaire étudier dans ce but, et s’ils ne sont pas envoyés ou diplômés par les autorités dirigeant ce séminaire ?
« Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les anciens de l’Église, et que les anciens prient pour lui, en l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné » (Jacques 5:14-15) S’il y a des malades parmi vous, n’appelez pas les anciens de l’Église, ou bien, si les anciens viennent, ne les laissez pas imposer les mains sur les malades, et ne les laissez pas oindre ceux-ci d’huile au nom du Seigneur, car ce sont là des supercheries. Appelez plutôt un bon docteur, et peut-être les malades guériront-ils.
« Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de ses péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grands nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera » (Actes 2:38-39) Repentez-vous et agenouillez-vous au banc des pénitents, chacun, en criant : « Seigneur, Seigneur ! », et vous obtiendrez peut être le pardon de vos péchés ; vous pouvez être baptisés ou non, comme vous voulez. Mais si vous recevez le baptême, vous n’obtiendrez pas le don du Saint-Esprit, comme autrefois, car cela n’existe plus
   
   
« Je répandrai mon esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards auront des songes, et vos jeunes gens des visions » (Joël 2:28) L’esprit de prophétie n’existe plus, car nous n’en avons plus besoin ; ce ne sont là que supercheries, et seuls les ignorants peuvent croire de telles choses.
« Aspirez aux dons les meilleurs… mais surtout à celui de prophétie »
(1 Corinthiens 12:31 ;14:1)
N’aspirez à aucun don surnaturel, surtout à celui de prophétie, car tout cela a disparu.
« Aspirez au don de prophétie, et n’empêchez pas de parler en langues »
(1 Corinthiens 14:39)
Ne prophétisez pas, et c’est une illusion que de vouloir parler en langues.
« C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes » (Matthieu 15:9). Peu importe quel genre de doctrine ou de précepte un homme embrasse, pourvu qu’il soit sincère et adore Jésus-Christ.
« Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi » (Matthieu 11:25-26). Nous remercions Dieu de ce qu’il n’a rien révélé à qui que ce soit, sage ou non, depuis plusieurs centaines d’années, et de ce que nos hommes sages et intelligents ont été à même de connaître Dieu sans révélation, et de ce que nous n’en recevrons plus jamais.
   
   
« Personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père ; personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler » (Matthieu 11:27). À notre époque éclairée, nous connaissons tous Dieu, et cependant ni le Père ni le Fils n’a révélé quoi que ce soit à l’un d’entre nous, car nous ne croyons pas que les révélations soient nécessaires maintenant.
« Je rends à mon Dieu de continuelles actions de grâce à votre sujet, pour la grâce de Dieu qui vous a été accordée en Jésus-Christ. Car en lui vous avez été comblés de toutes les richesses qui concernent la parole et la connaissance, le témoignage de Christ ayant été établi solidement parmi vous, de sorte qu’il ne vous manque aucun don, dans l’attente où vous êtes de la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Corinthiens 1:4-7). Nous rendons à notre Dieu de continuelles actions de grâce au sujet de l’Église de notre époque, de ce qu’aucun don surnaturel ne lui a été accordé, de ce qu’elle n’a pas été enrichie par le Christ en ce qui concerne la parole et la connaissance, de ce que le témoignage du Christ (le don de prophétie) n’a pas été établi solidement en elle, de sorte que tous les dons lui manquent et qu’elle n’attend pas la manifestation du Seigneur Jésus-Christ ; car celui-ci est venu une fois et ne reviendra plus jamais jusqu’au grand et dernier jour, la fin de la terre.
   
« La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jean 17:3). Et nous ne pouvons pas connaître de nous-mêmes, à notre époque, par quelque manifestation positive que ce soit ; nous devons nous fier uniquement à la sagesse et aux connaissances des hommes.
« La folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés, il n’y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes ; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu’on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire au néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu » (1 Corinthiens 1:25-29). La sagesse des hommes et l’intelligence des hommes sont au-dessus de l’inspiration du Tout-Puissant, car celle-ci n’est plus nécessaire ; car, mes frères, vous voyez vous-mêmes votre vocation et comment les sages et les intelligents, et les nobles et les puissants sont appelés à notre époque ; car nous les choisissons pour confondre les insensés, les illettrés et les ignorants, oui, pour confondre les choses viles du monde et celles qu’on méprise, afin que la chair se glorifie devant Dieu.
   
« Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n’est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. Moi-même, j’étais auprès de vous, dans un état de faiblesse, de crainte et de grand tremblement ; et ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu » (1 Corinthiens 2:1-5). Et nous, mes frères, lorsque nous sommes allés chez vous, c’est avec la supériorité de langage et de sagesse des hommes ; et nous vous avons parlé et prêché en employant les paroles séductrices de la sagesse de l’homme, non pas une démonstration d’Esprit et de puissance, car cela n’existe plus ; afin que votre foi fût fondée, non sur la puissance de Dieu, mais sur la sagesse des hommes.
« Nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire, sagesse qu’aucun des chefs de ce siècle n’a connue, car, s’ils l’eussent connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire » (1 Corinthiens 2:7-8). Nous prêchons la sagesse de l’homme, mystérieuse et cachée, que seuls les érudits et les initiés connaissent ; car si d’autres l’avaient connue, ils n’auraient pas été obligés de nous payer pour que nous la leur enseignions.
   
« Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. Dieu ne nous a rien révélé par son Esprit ; car la sagesse et l’intelligence de l’homme sondent toutes choses ; oui, toutes les choses profondes que nous devons connaître.
« Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu. Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, car celui-ci ne se manifeste plus ou ne se révèle plus.
« Or, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce. Or nous n’avons pas reçu l’Esprit de Dieu, mais l’esprit du monde, afin que nous ne connaissions pas avec assurance les choses de Dieu, mais que nous puissions les deviner ou échafauder des théories à ce sujet.
« Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles. Et nous en parlons, non avec des discours enseignés par le Saint-Esprit ; car l’inspiration du Saint-Esprit est une chose d’autrefois.
   
« Mais l’homme animal ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les reconnaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge » (1 Corinthiens 2:10-14). Mais le sage peut recevoir et comprendre les choses de Dieu grâce à sa propre sagesse, sans l’inspiration de l’Esprit ; car qui est assez fou pour croire aux visions et aux révélations à cette époque spirituelle ?
« Que nul ne s’abuse lui-même ; si quelqu’un parmi vous pense être sage selon ce siècle, qu’il devienne fou, afin de devenir sage. Que nul ne s’abuse lui-même : si quelqu’un parmi vous semble être sage dans les choses de Dieu, qu’il apprenne la sagesse des hommes, afin de devenir sage.
« Car la sagesse de ce monde est une folie devant Dieu. Aussi est-il écrit : Il prend les sages dans leur ruse. Et encore : Le Seigneur connaît les pensées des sages, Il sait qu’elles sont vaines. Que personne donc ne mette sa gloire dans les hommes » (1 Corinthiens 3:18-21). Car la sagesse de Dieu est folie devant le monde. Aussi est-il dit : Envoyons nos jeunes gens au séminaire pour les préparer au ministère. Et encore : Ne recevez aucun ministre sans diplôme, surtout pas celui qui se prétend inspiré.
« Pour ce qui concerne les dons spirituels, je ne veux pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance. » Pour ce qui concerne les dons spirituels, frères, nous voulons que vous soyez tout à fait dans l’ignorance, car nous n’en avons pas du tout besoin dans cette génération.
   
« Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. Aucune manifestation de l’Esprit n’est donnée à l’homme pour son profit.
« En effet, à l’un est donnée, par l’Esprit, une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit. En effet, à l’un est donnée par la science des hommes, la parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon la même science humaine.
« À un autre la foi par le même Esprit ; à un autre le don des guérisons, par le même Esprit. À un autre la foi, par le même Esprit ; mais à personne le don de guérison par le même Esprit.
« À un autre, le don d’opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre, l’interprétation des langues. » À aucun, le don d’opérer des miracles ; à aucun, la prophétie ; à aucun, le discernement des esprits ; à aucun, la diversité des langues ; à aucun, l’interprétation des langues.
« Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps, ainsi en est-il du Christ. Car, comme le corps est composé de nombreuses Églises, toutes opposées les unes aux autres, n’ayant aucun don et cependant ne formant qu’un seul corps, ainsi en est-il de l’Antéchrist.
   
« Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. Nous avons tous, en effet, été baptisés en beaucoup d’esprits, pour former un grand nombre de corps, soit catholiques, soit protestants, soit presbytériens, soit méthodistes, mais nous avons tous été abreuvés d’un seul esprit, celui du monde.
« Ainsi le corps n’est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs membres. » Ainsi le corps n’est pas formé d’une seule Église, mais il est formé de nombreuses Églises.
« Maintenant Dieu a placé chacun des membres dans le corps, comme il a voulu. Maintenant le dieu de ce monde a placé chacune des Églises dans le corps de l’Antéchrist, comme il a voulu.
« Si tous étaient un seul membre, où serait le corps ? Si tous étaient une seule Église, où serait le corps ?
« Maintenant donc, il y a plusieurs membres et un seul corps. » Maintenant donc, il y a plusieurs Églises, mais un seul corps, Babylone.
« Vous êtes le corps du Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. Vous êtes le corps de l’Antéchrist, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part.
« Et Dieu a établi dans l’Église premièrement des apôtres, secondement des prophètes, Et l’homme a établi dans l’Église, premièrement des prêtres à gages, secondement, un synode,
   
troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont le don des miracles, puis ceux qui ont les dons de guérir, de secourir, de gouverner, de parler diverses langues » (1 Corinthiens 12:1, 7-10, 12-14, 18-20, 27-28). troisièmement, des philosophies, ensuite une multitude de croyances opposées, d’où les Églises et leur antagonisme.
« Heureux serez-vous lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous » (Matthieu 5:11-12). Malheur à vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause du Christ. Lamentez-vous et soyez dans la douleur lorsque cela arrivera, parce que votre récompense sera bien petite parmi les hommes, car c’est ainsi qu’ils ont persécuté les saints des derniers jours.
« Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi » (Matthieu 5:42). Donne à celui qui te demande, s’il est à même de te faire un présent de la même valeur ; et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi, s’il est à même de te rembourser avec de gros intérêts.
« Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu 5 : 48). Ne pensez pas atteindre la perfection, car il est impossible de vivre sans le péché.
   
« Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus ; autrement vous n’aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. Veillez à pratiquer votre justice devant les hommes, pour être vus ; autrement vous n’aurez point de récompense ou de louanges de la part des enfants des hommes.
« Lors donc que tu fais l’aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’êtres glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité : ils reçoivent leur récompense. » Lors donc que tu fais l’aumône, publie-le afin de jouir de l’encens des louanges du monde. En vérité, je vous le dis, vous aurez votre récompense.
« Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis, en vérité : ils reçoivent leur récompense. » Lorsque vous priez, soyez comme les hypocrites des temps anciens ; faites-le en public, avec une voix retentissante ; cependant n’espérez pas être entendus ou exaucés, car ce serait un miracle et tout le monde sait qu’il n’y a plus de miracles.
« Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Je Lorsque vous jeûnez, prenez un air triste, comme les hypocrites, pour montrer aux hommes que vous jeûnez, afin de recevoir votre récompense.
   
vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. »  
« Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Matthieu 6:1-2, 5, 16, 19-21). Amassez-vous des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, où les voleurs percent et dérobent ; car si votre cœur est seulement dans le ciel, peu importe votre richesse dans ce monde, car maintenant il est possible de servir à la fois Dieu et Mammon.
« Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes. Tout ce que les hommes vous font, rendez-le leur en même espèce ; car c’est la loi et la coutume.
« Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Entrez là où la porte est large, où va la multitude ; car il est impossible que tous nos grands hommes et nos savants soient dans l’erreur, et que personne ne soit dans la vérité si ce n’est quelques personnes obscures et insignifiantes.
« Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. Car le chemin étroit n’est pas vraiment difficile à suivre, mais il y en a si peu qui le parcourent.
   
« Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au-dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? » Gardez-vous des prophètes qui viennent à vous avec la parole de Dieu ; vous n’aurez pas besoin de les entendre ou d’examiner leurs fruits, vous saurez immédiatement qu’ils sont faux ; l’opinion populaire est contre eux ; s’ils étaient hommes de Dieu, le peuple dirait du bien d’eux.
« C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » Si nous sommes sûrs que nous éprouvons des sentiments religieux, et si nous prions souvent, nous serons sauvés, que nous fassions la volonté du Seigneur ou non ; car peu importe la religion que nous embrassons, qu’elle soit vraie ou non, pourvu que nous soyons sincères.
« Après que Jésus eût achevé ces discours, la foule fut frappée de sa doctrine ; car il enseignait comme ayant autorité et non pas comme leurs scribes » (Mathieu 7:12-16, 20-21, 28-29). Après que ces hommes eurent achevé ces discours, la foule se réjouit de cette doctrine, car ces hommes n’enseignaient pas comme ayant autorité, mais comme les scribes.
 
 
TABLE DES MATIÈRES
 
Préface
Chapitre un : Prophéties déjà accomplies - Dieu est l’auteur de la prophétie
Chapitre deux : Prophéties non encore accomplies - Qu’est-ce que la prophétie, sinon l’histoire à rebours ? - Miracles, signes et prodiges à venir
Chapitre trois : Le royaume de Dieu - L’Église est le royaume
Chapitre quatre : Le Livre de Mormon - L’origine des Indiens d’Amérique, etc.
Chapitre cinq : La résurrection des saints et le rétablissement de toutes choses annoncé par les prophètes - Ce que signifie le rétablissement
Chapitre six : De la conduite de Dieu vis-à-vis des nations en ce qui regarde la révélation - La révélation, pierre angulaire de la justice
Chapitre sept : Différence entre la doctrine du Christ et les fausses doctrines du XIXe siècle