UNE OEUVRE MERVEILLEUSE
ET UN PRODIGE
LeGrand Richards (1886-1983)
Évêque Président de 1938 à 1952
Membre du Collège des Douze de 1952 à 1983
Note de la Rédaction : La première édition anglaise de l'ouvrage de LeGrand Richards date de 1950. La première édition française, traduite par Fernand Talmas et imprimée en Belgique, date de 1964. L'édition française suivante, imprimée également en Belgique, date de 1981, après une retraduction à partir de l'édition anglaise de 1976. La version ci-dessous est une révision de l'édition de 1981.
« Le Seigneur dit : Quand ce peuple s'approche de moi, il m'honore de la bouche
et des lèvres ; mais son cœur est éloigné de moi, et la crainte qu'il a de moi
n'est qu'un précepte de tradition humaine. C'est pourquoi je m'en vais accomplir
dans ce peuple une oeuvre merveilleuse et un prodige : et la sagesse de ses
sages périra, et l'intelligence de ses hommes intelligents disparaîtra. » (Ésaïe
29:13, 14 selon la version du roi Jacques)
Préface
Chapitre 1 : L'Église à notre époque
Chapitre 2 : La visite du Père et du Fils
Chapitre 3 : La
personnalité du Père et du Fils
Chapitre 4 : Les fausses doctrines et l'apostasie
universelle
Chapitre 5 : Une oeuvre merveilleuse et un prodige vont
s'accomplir
Chapitre 6 : L'avénement du Livre de Mormon
Chapitre 7 : Le Livre de Mormon accomplit les prophéties
bibliques
Chapitre 8 : Preuves de l'authenticité divine du Livre de
Mormon
Chapitre 9 : Le rétablissement de l'autorité de la
prêtrise
Chapitre 10 : L'ordonnance du baptême
Chapitre 11 : La mission du Saint-Esprit
Chapitre 12 : L'établissement du royaume de Dieu sur
terre
Chapitre 13 : La mission d'Élie
Chapitre 14 : Le mariage pour le temps et pour toute
éternité
Chapitre 15 : Le rassemblement d'Israël
Chapitre 16 : Israël dans les derniers jours
Chapitre 17 : La venue
d'Élias
Chapitre 18 : La véritable Église, une Église
missionnaire
Chapitre 19 : Différences fondamentales entre le salut et
la vie éternelle
Chapitre 20 : D'où vient l'homme ?
Chapitre 21 : Pourquoi l'homme est-il ici ?
Chapitre 22 : Où va l'homme ?
Chapitre 23 : Le jour du sabbat
Chapitre 24 : Prédestination et préordination
Chapitre 25 : La Parole de sagesse
Chapitre 26 : La loi de la dîme
Chapitre 27 : Vous les reconnaîtrez à leurs fruits
Chapitre 28 : Vous les reconnaîtrez à leurs fruits
(suite)
Chapitre 29 : Résumé
PRÉFACE
Lorsque LeGrand Richards fut relevé de ses fonctions en 1937, dans la présidence
de la Mission des États du Sud de l'Église de Jésus-Christ des saints des
derniers jours, il laissait aux missionnaires de l'Église de Jésus-Christ des
saints des derniers jours un précis intitulé « Le message du mormonisme ». Ce
précis avait été rédigé pour aider les missionnaires à étudier l'Évangile et à
le présenter d'une façon systématique et logique. Depuis lors il a été utilisé
dans un certain nombre de missions et par les missionnaires de pieu. À maintes
reprises on en proposa l'impression. En conséquence, il fut décidé de développer
le précis original et de l'éditer en un volume. Nous le présentons ici sous le
titre « Une oeuvre merveilleuse et un prodige ».
Il y a peu de temps nous recevions d'un président de mission une lettre nous
demandant l'autorisation d'utiliser ce précis. En voici un passage :
« Voici quelque temps que je rêve d'un programme de leçons que les missionnaires
puissent utiliser dans leurs contacts et le suivi avec leurs investigateurs ;
des leçons présentées dans un ordre naturel qui en rende le message plus
efficace et plus compréhensible.
Ce matin, je nettoyais un tiroir lorsque je tombai sur ce dont je rêvais,
abandonné et couvert de poussière. C'était un opuscule intitulé « Le
message du mormonisme », par LeGrand Richards. Je l'ai lu d'un bout à l'autre ;
il représente exactement ce que je voudrais mettre dans les mains de tous les
missionnaires.
Accepteriez-vous que je le fasse reproduire dans ce but ? Il est excellent et
apte à stimuler une étude systématique et des présentations bien ordonnées. »
Un autre encouragement à éditer ce précis nous est venu d'un professeur de
l'université Brigham Young qui demandait l'autorisation de le reproduire et de
l'utiliser dans son travail à cet établissement. Pendant huit ans il l'avait
utilisé en tant que missionnaire, puis en tant qu'instructeur de séminaire, puis
à l'université Brigham Young où il faisait des études approfondies de religion,
donnant trois cours de deux heures. Voici un extrait de sa lettre :
« Depuis que je travaille dans l'Église, j'ai découvert que ce précis était la
plus précieuse des introductions à l'Évangile rétabli. J'ai souvent pensé que ce
précis devrait absolument être répandu dans toutes les missions de l'Église afin
que tous les missionnaires puissent en tirer profit, car il présente d'une façon
si claire et si complète le message que nous devons transmettre au monde, et il
le présente dans un ordre si logique... J'estime qu'il est excellent. C’est en
fait le meilleur que j'aie vu et je vous écris ceci dans l'espoir qu'il sera
plus, oui, beaucoup plus connu et répandu. Voilà huit ans que je le mets à
l'épreuve dans mes activités pour l'Église et je ne l'ai pas trouvé en défaut. »
Quand ce précis fut distribué pour la première fois aux missionnaires de la
Mission des États du Sud, une lettre d'accompagnement ajoutait des conseils pour
la présentation du message de l'Évangile, ceci entre autres :
« C'est par nous que l'Évangile doit être prêché dans le monde entier pour servir
de témoignage à toutes les nations (voir Matt. 24:14 ; Apoc. 14:6, 7).
« Nous sommes ces pêcheurs et ces chasseurs que le Seigneur a promis d'envoyer
dans les derniers jours pour pêcher et chasser Israël « de toutes les montagnes
et de toutes les collines, et des fentes des rochers » (voir Jér. 16:16).
« Nous sommes envoyés deux par deux comme les soixante-dix de jadis (voir Luc
10:1) avec ces instructions du Maître :
Dans quelque maison que vous entriez, dites d'abord : Que la paix soit sur cette
maison !
Et s'il se trouve là un enfant de paix, votre paix reposera sur lui ; sinon,
elle reviendra à vous.
Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu'on vous donnera : car
l'ouvrier mérite son salaire. N'allez pas de maison en maison (Luc 10:5 - 7).
« Par ces paroles et celles qui leur font suite dans ce chapitre, le Maître
faisait comprendre que ceux qui reçoivent ses serviteurs, le reçoivent, Lui. Il
semble vouloir convaincre les soixante-dix que quand leur paix repose sur une
maison, le Seigneur a fait sa part du travail et qu'il laisse alors à ses
serviteurs la responsabilité de rester là et de communiquer leur message en
entier de façon qu'il puisse servir de témoignage pour ou contre eux ; d'où
l'instruction : « N'allez pas de maison en maison. » Trop souvent, par manque de
préparation et d'expérience, nos missionnaires fuient leur travail au lieu de
s'y précipiter. Posez-vous la question que voici : « Dans combien de foyers
ai-je exposé notre message dans son intégralité et dans le détail, de façon
qu'il puisse servir de témoignage contre ceux qui l'ont entendu ? »
« Si nous racontons notre histoire, nous avons le droit d'être entendus,
nonobstant les centaines d'Églises chrétiennes qui existent déjà dans le pays.
« Si nous racontons comme il faut notre histoire, il n'y aura pas de discussion et
cela devrait ôter toute crainte du cœur des missionnaires.
« Ceux-ci croient généralement qu'ils s'en vont discuter et argumenter et qu'ils
doivent y être préparés ; mais s'ils sont préparés à conter notre histoire de
manière intelligente et enthousiaste, leurs auditeurs s'y intéresseront et
poseront des questions. Quand nous avons expliqué quelques principes de
l'Évangile, nous n'avons pas laissé un message qui puisse servir de témoignage
contre le peuple, pas plus qu'un homme n'a construit une maison quand il en a
posé les fondations. Comment peut-on juger de la beauté de la maison quand
seules les fondations sont posées, ou quand les pignons sont à mi-hauteur ? La
même règle s'applique à la présentation de l'Évangile : comment quelqu'un
peut-il juger de sa véracité avant de l'avoir entendu ?
« Quand nous trouvons un foyer où il y a « un enfant de paix »,, nous devons
envisager résolument de visiter ce foyer une fois par semaine pendant au moins
six mois. Si nous voulons vraiment le faire et que nous présentons notre message
d'une façon systématique et ordonnée, ces gens se joindront à l'Église, ou bien
admettront que le message est vrai, mais que leur situation familiale et sociale
ne leur permet pas de l'accepter, s'ils ont suivi votre présentation avec
intérêt, car ils se rendront évidemment compte que l'esprit du Seigneur doit
accompagner vos efforts, puisque « la lettre tue, mais l'esprit vivifie » (2
Cor. 3:6).
« En proposant ce précis, nous nous rendons parfaitement compte que beaucoup de
sujets qui mériteraient d'être discutés n'ont pas été mentionnés. Présenter
certains sujets convenablement demandera peut-être plus d'une visite. Cependant,
les conseils que nous vous donnons ici doivent vous aider à présenter le message
de manière systématique et convaincante.
« L'auteur sait par expérience que lorsqu'il est fait mention d'un passage de la
Bible, il est sage d'inviter l'interlocuteur à chercher le passage dans sa
propre Bible et à le lire avec vous. C'est beaucoup plus efficace que quand le
missionnaire se contente de citer le passage ou de le lire dans sa propre Bible. »
Le présent ouvrage a été rédigé et publié sans bénéfice pécuniaire pour son
auteur. Il est dédié à la grande oeuvre missionnaire de l'Église de Jésus-Christ
des saints des derniers jours qui est si chère au cœur de l'auteur.
CHAPITRE 1 : L'ÉGLISE À
NOTRE ÉPOQUE
La position de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours
Pour discuter de la position de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers
jours, nous adopterons le point de vue que c'est la seule Église chrétienne dont
les enseignements ne dépendent pas entièrement de la Bible. Si toutes les Bibles
du monde avaient été détruites, les doctrines et les enseignements de l'Église
eussent été trouvés conformes aux enseignements de la Bible, puisque Dieu les
avait communiqués par révélation directe. Nous faisons appel à la Bible pour
prouver que les vérités ainsi reçues par le rétablissement de l'Évangile sont en
accord avec elle.
Commentaire d'un journaliste américain bien connu
On raconte qu'un journaliste américain bien connu a fait un jour à la radio la
déclaration suivante :
On lui avait demandé quel message radiodiffusé au monde serait considéré comme
dépassant tout autre en importance. Après mûre considération, il arriva à la
conclusion que le message le plus important qui pût être radiodiffusé au monde
serait de pouvoir annoncer qu'un homme qui avait vécu sur terre était mort, puis
était revenu avec un message émanant de Dieu. Si ceci est vrai, les saints des
derniers jours ont un message de la plus haute importance pour le monde
d'aujourd'hui. Dans l'ouest de l'État de New York, sur la colline de Cumorah,
ils ont élevé en 1936 un monument à un tel personnage : Moroni, prophète de
Dieu, qui vécut sur le continent américain quatre cents ans après Jésus-Christ.
C'est le seul monument de ce genre actuellement dans le monde.
Une Église missionnaire
Ceci explique pourquoi l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours
doit, de toute nécessité, être une Église missionnaire et pourquoi nos
missionnaires portent leur message à d'autres chrétiens, bien qu'on les critique
souvent pour cela et qu'on leur demande : « Pourquoi n'allez-vous pas chez les
païens ? Nous, nous sommes déjà chrétiens ! » La réponse, évidemment, c'est :
« Parce que nous croyons en une religion et en une Église révélées, rétablies. »
Classification des Églises chrétiennes
On peut en général classer les Églises chrétiennes actuelles comme suit :
1. L'Église catholique, qui prétend qu'elle existe sans interruption sur terre
depuis sa fondation par Jésus-Christ.
2. Les Églises protestantes, fondées par les réformateurs, qui prétendent que
l'Église originelle tomba dans l'apostasie et qui, dès lors, par l'étude de la
Bible, ont tenté d'en revenir aux enseignements originels et aux pratiques de
l'Église primitive. Le nombre même de ces Églises est une preuve de
l'impossibilité où l'on se trouve de se mettre d'accord sur les enseignements de
la Bible si l'on s'en remet à la sagesse humaine pour les interpréter et les
comprendre. À cause de ce manque d'unité, les Églises ont continué à se
multiplier dans de nouveaux efforts pour en revenir à ce qu'elles considèrent
comme les enseignements originaux du Christ.
3. Celles qui croient que l'Église établie par Jésus-Christ tandis qu'il était
sur terre tomba dans l'apostasie, comme les apôtres l'avaient prédit, et que
l'Église ne pouvait être rétablie sur terre par une simple réforme, mais
seulement par un rétablissement.
L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours se trouve seule dans
cette dernière catégorie, exception faite de petits groupes apostats qui se sont
séparés d'elle.
À l'examen de ces thèses, il devient évident que si la première est vraie, rien
ne justifie l'existence d'une autre Église chrétienne quelle qu'elle soit. Si
l'Église originelle avait dévié, une réforme pourrait-elle lui rendre son
autorité ? Peut-on prélever une branche vivante sur un arbre mort ? Ou bien
doit-il y avoir une nouvelle plantation, un rétablissement ?
L'avis d'un catholique
Dans un pamphlet intitulé La force de la position mormone, Orson F. Whitney, du
Collège des douze apôtres, rapportait l'incident suivant sous le titre « L'avis
d'un catholique » :
« Il y a bien longtemps, un savant, membre de l'Église catholique romaine, vint en
Utah et parla à la tribune du Tabernacle de Salt Lake City. Nous fîmes
connaissance et la conversation entre nous fut libre et franche. C'était un
érudit possédant à la perfection peut-être une douzaine de langues et pour qui
la théologie, le droit, la littérature, la science et la philosophie n'avaient
plus de secrets. Un jour, il me dit « Vous autres, mormons, vous êtes tous des
ignorants. Vous ne connaissez même pas la force de votre propre position. Elle
est tellement forte qu'il n'y en a qu'une autre dans le monde chrétien qui
puisse lui être opposée, et c'est la position de l'Église catholique. Il faut
choisir entre le catholicisme et le mormonisme. Si nous avons raison, vous avez
tort ; si vous avez raison, nous avons tort, et puis c'est tout. Les protestants
ne peuvent se raccrocher à rien, car, si nous avons tort, ils ont tort avec
nous, puisqu'ils faisaient partie de nous et se sont éloignés de nous ; tandis
que si nous avons raison, ce sont des apostats que nous avons rejetés depuis
longtemps. Si nous avons, comme nous le proclamons, la succession des apôtres
depuis saint Pierre, il n'y a pas besoin de Joseph Smith et du mormonisme ; mais
si nous n'avons pas cette succession, alors un homme comme Joseph Smith était
nécessaire et l'attitude du mormonisme est la seule cohérente. Ce ne peut être
que la perpétuation de l'Évangile depuis les temps anciens ou le rétablissement
de l'Évangile dans les derniers jours. »
Le Congrès des philosophies religieuses
Dans une allocution qu'il fit au Tabernacle de Salt Lake City le 10 octobre
1915, James E. Talmage, du Collège des douze apôtres, parla d'une importante
réunion religieuse qui s'était tenue à San Francisco en juillet de la même
année. Elle s'était tenue à l'occasion de l'Exposition internationale Panama-Pacifique sous le nom de Congrès des philosophies religieuses. Trois
jours étaient consacrés à ce congrès, à raison de trois séances par jour. Les
journées étaient dénommées respectivement « Journée chrétienne », « Journée
hindoue » et « Journée orientale ». L'intention des organisateurs était
d'inviter à la tribune des représentants des organisations religieuses se
réclamant d'un statut distinct, ou professant pour base de leur foi une
philosophie dont la nature leur conférait une identité distincte.
On invita des représentants de l'Église catholique romaine et de l'Église
catholique orthodoxe, un représentant du protestantisme et un représentant de
l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.
Le représentant de l'Église catholique romaine ne se montra pas. Le représentant
de l'Église catholique orthodoxe fit un plaidoyer pour l'union avec l'Église
catholique romaine et proposa d'oublier le schisme du passé, de combler le fossé
qui les séparait afin que les catholiques grecs puissent réintégrer le troupeau
et reconnaître le pape comme leur pasteur commun.
L'allocution du représentant du protestantisme fut un plaidoyer pour l'unité des
Églises. Il parlait d'abattre les barrières ou d'effacer les lignes de
démarcation qui divisent actuellement les nombreuses organisations protestantes.
James E. Talmage ajouta : « C'est de propos délibéré et après mûre considération
que je dis que l'Église mormone était la seule organisation chrétienne présente
là-bas qui eût une base philosophique précise, distincte et sans nuances à
proclamer. » Il avait questionné les organisateurs officiels du congrès, d'abord
quant aux raisons pour lesquelles ils avaient envoyé à l'Église de Salt Lake
City une invitation si cordiale à se faire représenter, et ensuite pour savoir
pourquoi les Églises chrétiennes en général n'avaient pas trouvé place au
programme, la réponse fit apparaître que :
1) un programme prévoyant la présentation de la philosophie des confessions
chrétiennes serait incomplet si on laissait de côté l'Église de Jésus-Christ des
saints des derniers jours ;
2) qu'ils considéraient les différentes Églises dites chrétiennes comme des
mouvements ne se caractérisant par aucune prétention philosophique distincte, et que
si l'on admettait comme vrai tout ce qu'elles prétendaient, cela ne justifierait
pas leur participation à une assemblée de ce genre.
Le message le plus important pour le monde
Si des messagers célestes (des prophètes qui ont vécu sur cette terre) ont rendu
visite à cette terre à notre époque, apportant des messages de Dieu comme l'a
proclamé le prophète Joseph Smith, alors nous possédons le message le plus
important que l'on puisse communiquer aujourd'hui au monde, et il mérite d'être
étudié. Si de tels messagers sont vraiment venus, ils doivent avoir apporté
quelque chose qui était en rapport avec leur dignité de messagers divins et qui
ne se trouvait pas encore en la possession des mortels.
C'est dans cette idée que nous allons maintenant analyser l'apport de ces
messagers célestes. Nous invitons le lecteur à jouer le rôle de juge et de jury,
et à réserver son verdict jusqu'à ce qu'il ait pleinement considéré les preuves
que nous allons présenter ici.
CHAPITRE 2 : LA
VISITE DU PÈRE ET DU FILS
C'est par une belle matinée de printemps, en 1820, que se produisit l'un des
événements les plus importants, les plus lourds de conséquences de l'histoire de
ce monde. Dieu, le Père éternel, et son Fils, Jésus-Christ, apparurent à Joseph
Smith et lui donnèrent des instructions ayant trait à l'établissement du royaume
de Dieu sur terre en ces derniers jours. Joseph Smith nous a laissé un récit
détaillé de cette merveilleuse expérience.
L'histoire de Joseph Smith racontée par lui-même
« Étant donné les
nombreuses rumeurs qui ont été mises en circulation par des personnes mal
intentionnées et intrigantes à propos de la naissance et des progrès de l'Église
de Jésus-Christ des saints des derniers jours, rumeurs qui ont toutes été
conçues par leurs auteurs pour militer contre la réputation de l'Église et ses
progrès dans le monde, j'ai été amené à écrire cette histoire pour désabuser
l'opinion publique et pour que tous ceux qui cherchent la vérité soient mis en
possession des faits tels qu'ils se sont passés, soit en ce qui me concerne,
soit en ce qui concerne l'Église, dans la mesure où j'ai ces faits en ma
possession.
« Dans
cette histoire, je présenterai, en toute vérité et en toute justice, les divers
événements relatifs à l'Église tels qu'ils ont eu lieu ou tels qu'ils existent
actuellement [1838] en cette huitième année depuis l'organisation de ladite
Église.
« Je
suis né en l'an de grâce mil huit cent cinq, le vingt-troisième jour de
décembre, dans l'arrondissement de Sharon, comté de Windsor, État de Vermont...
Mon père, Joseph Smith, père, quitta l'État de Vermont lorsque j'étais à peu
près dans ma dixième année et alla s'installer à Palmyra, comté d'Ontario
(maintenant Wayne), dans l'État de New York. Quelque quatre ans après son
arrivée à Palmyra, mon père alla s'installer avec sa famille à Manchester, dans
ce même comté d'Ontario.
« Sa
famille se composait de onze personnes : mon père, Joseph Smith, ma mère, Lucy
Smith (dont le nom, antérieurement à son mariage, était Mack, fille de Solomon
Mack), mes frères, Alvin (qui mourut le 19 novembre 1823, dans sa vingt-sixième
année), Hyrum, moi-même, Samuel Harrison, William et Don Carlos, et mes sœurs,
Sophronia, Catherine et Lucy.
« À
un moment donné, au cours de la deuxième année qui suivit notre installation à
Manchester, il y eut, dans l'endroit où nous vivions, une agitation peu commune
à propos de la religion. Elle commença chez les méthodistes, mais devint bientôt
générale chez toutes les confessions de cette région du pays. En effet, toute la
contrée paraissait en être affectée, et de grandes multitudes s'unirent aux
différents partis religieux, ce qui ne causa pas peu de remue-ménage et de
divisions parmi le peuple, les uns criant : « Par ici ! », les autres : « Par
là ! » Les uns tenaient pour les méthodistes, les autres pour les presbytériens,
d'autres pour les baptistes.
« Car,
en dépit du grand amour que les convertis de ces diverses confessions
exprimaient au moment de leur conversion et du grand zèle manifesté par leurs
clergés respectifs qui s'employaient activement à animer et à favoriser ce
tableau extraordinaire de sentiment religieux, dans le but de voir tout le monde
converti, ainsi qu'ils se plaisaient à appeler cela, quelle que fût la
confession à laquelle ils se joignaient, cependant, quand les convertis
commencèrent à se disperser, les uns vers un parti, les autres vers un autre, on
s'aperçut que les bons sentiments apparents des prêtres et des convertis étaient
plus prétendus que réels, car il s'ensuivit une grande confusion et de mauvais
sentiments, prêtre luttant contre prêtre et converti contre converti ; de telle
sorte que tous les bons sentiments qu'ils avaient les uns pour les autres, s'ils
avaient jamais existé, se perdirent tout à fait dans une querelle de mots et un
combat d'opinions.
« J'étais
alors dans ma quinzième année. Les membres de la famille de mon père se
laissèrent convertir à la foi presbytérienne, et quatre d'entre eux se firent
membres de cette Église : ma mère, Lucy, mes frères Hyrum et Samuel Harrison, et
ma sœur Sophronia.
« Pendant
cette période de grande agitation, mon esprit fut poussé à réfléchir
sérieusement et à éprouver un grand malaise ; mais quoique mes sentiments
fussent profonds et souvent poignants, je me tins cependant à l'écart de tous
ces partis tout en suivant leurs diverses assemblées aussi souvent que j'en
avais l'occasion. Avec le temps, mon esprit se sentit quelque inclination pour
la confession méthodiste, et j'éprouvai un certain désir de me joindre à elle ;
mais la confusion et la lutte entre les diverses confessions étaient si grandes,
qu'il était impossible à quelqu'un d'aussi jeune et d'aussi peu au courant des
hommes et des choses que moi de décider d'une manière sûre qui avait raison et
qui avait tort.
« Il
y avait des moments où mon esprit était fortement agité, tant les cris et le
tumulte étaient grands et incessants. Les presbytériens étaient absolument
contre les baptistes et les méthodistes et utilisaient toutes les ressources
aussi bien du raisonnement que de la sophistique pour prouver leurs erreurs ou
du moins pour faire croire aux gens qu'ils étaient dans l'erreur. D'autre part,
les baptistes et les méthodistes, eux aussi, montraient autant de zèle à tenter
d'imposer leur doctrine et à réfuter toutes les autres.
« Au
milieu de cette guerre de paroles et de ce tumulte d'opinions, je me disais
souvent : Que faut-il faire ? Lequel de tous ces partis a raison ? Ou ont-ils
tous tort, autant qu'ils sont ? Si l'un d'eux a raison, lequel est-ce, et
comment le saurai-je ?
« Tandis
que j'étais travaillé par les difficultés extrêmes causées par les disputes de
ces partis de zélateurs religieux, je lus, un jour, l'épître de Jacques,
chapitre 1, verset 5, qui dit : Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse,
qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle
lui sera donnée.
« Jamais
aucun passage de l'Écriture ne toucha le cœur de l'homme avec plus de puissance
que celui-ci ne toucha alors le mien. Il me sembla qu'il pénétrait avec une
grande force dans toutes les fibres de mon cœur. J'y pensais constamment,
sachant que si quelqu'un avait besoin que Dieu lui donne la sagesse, c'était
bien moi ; car je ne savais que faire, et à moins de recevoir plus de sagesse
que je n'en avais alors, je ne le saurais jamais, car les professeurs de
religion des diverses confessions comprenaient si différemment les mêmes
passages de l'Écriture que cela faisait perdre toute confiance de régler la
question par un appel à la Bible.
« Enfin,
j'en vins à la conclusion que je devais, ou bien rester dans les ténèbres et la
confusion, ou bien suivre le conseil de Jacques, c'est-à-dire demander à Dieu.
Je me décidai finalement à "demander à Dieu", concluant que s'il donnait la
sagesse à ceux qui en manquaient, et la donnait libéralement et sans faire de
reproche, je pouvais bien essayer.
« Ainsi
donc, mettant à exécution ma détermination de demander à Dieu, je me retirai
dans les bois pour tenter l'expérience. C'était le matin d'une belle et claire
journée du début du printemps de mil huit cent vingt. C'était la première fois
de ma vie que je tentais une chose pareille, car au milieu de toutes mes
anxiétés, je n'avais encore jamais essayé de prier à haute voix.
« Après
m'être retiré à l'endroit où je m'étais proposé, au préalable, de me rendre,
ayant regardé autour de moi et me voyant seul, je m'agenouillai et me mis à
exprimer à Dieu les désirs de mon cœur. À peine avais-je commencé que je fus
saisi par une puissance qui me domina entièrement et qui eut sur moi une
influence si étonnante que ma langue fut liée, de sorte que je ne pouvais pas
parler. Des ténèbres épaisses m'environnèrent, et il me sembla un moment que
j'étais condamné à une destruction soudaine.
« Mais
comme je luttais de toutes mes forces pour implorer Dieu de me délivrer de la
puissance de cet ennemi qui m'avait saisi et au moment même où j'étais prêt à
sombrer dans le désespoir et à m'abandonner à la destruction - non à un
anéantissement imaginaire, mais à la puissance d'un être réel du monde invisible
qui possédait une puissance étonnante comme je n'en avais encore senti de
pareille en aucun être - juste à cet instant de grande alarme, je vis,
exactement au-dessus de ma tête, une colonne de lumière, plus brillante que le
soleil, descendre peu à peu jusqu'à tomber sur moi.
« À
peine était-elle apparue que je me sentis délivré de l'ennemi qui m'enserrait.
Quand la lumière se posa sur moi, je vis deux Personnages dont l'éclat et la
gloire défient toute description, et qui se tenaient au-dessus de moi dans les
airs. L'un d'eux me parla, m'appelant par mon nom, et dit, en me montrant
l'autre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoute-le !
« Mon
but, en allant interroger le Seigneur, était de savoir laquelle des confessions
avait raison, afin de savoir à laquelle je devais me joindre. C'est pourquoi,
dès que je fus assez maître de moi pour pouvoir parler, je demandai aux
Personnages qui se tenaient au-dessus de moi, dans la lumière, laquelle de
toutes les confessions avait raison (car à l'époque, il ne m'était jamais venu à
l'idée qu'elles étaient toutes dans l'erreur), et à laquelle je devais me
joindre.
« Il
me fut répondu de ne me joindre à aucune, car elles étaient toutes dans
l'erreur ; et le Personnage qui me parlait dit que tous leurs credo étaient une
abomination à ses yeux ; que ces docteurs étaient tous corrompus ; que : « ils
s'approchent de moi des lèvres, mais leur cœur est éloigné de moi ; ils
enseignent pour doctrine des commandements d'hommes, ayant une forme de piété,
mais ils en nient la puissance. »
« Il
me défendit de nouveau de me joindre à aucune d'elles et me dit encore beaucoup
d'autres choses que je ne puis écrire maintenant. Quand je revins à moi, j'étais
couché sur le dos, regardant au ciel. Lorsque la lumière eut disparu, je
demeurai sans forces ; mais je ne tardai pas à récupérer dans une certaine
mesure et rentrai chez moi. Comme je m'appuyais au manteau de la cheminée, ma
mère me demanda ce qui se passait. Je lui répondis : « Ce n'est rien, tout va
bien, je ne me sens pas mal. » Je dis ensuite à ma mère : « J'ai appris
personnellement que le presbytérianisme n'est pas vrai. » On aurait dit que
l'adversaire était, dès les premiers temps de ma vie, conscient du fait que
j'étais destiné à me révéler être un trouble-fête et un gêneur pour son
royaume ; sinon pourquoi les puissances des ténèbres se seraient-elles unies
contre moi ? Pourquoi l'opposition et les persécutions qui se dressèrent contre
moi, presque dans ma prime enfance ?
« Quelques
jours après avoir eu cette vision, il m'arriva de me trouver en compagnie d'un
des prédicateurs méthodistes, qui était très actif dans l'agitation religieuse
mentionnée précédemment ; et comme je parlais de religion avec lui, je saisis
l'occasion pour lui faire le récit de la vision que j'avais eue. Je fus fort
surpris de son attitude ; il traita mon récit non seulement avec légèreté, mais
aussi avec un profond mépris, disant que tout cela était du diable, que les
visions ou les révélations, cela n'existait plus de nos jours, que toutes les
choses de ce genre avaient cessé avec les apôtres et qu'il n'y en aurait jamais
plus.
« Cependant
je m'aperçus bientôt que le fait de raconter mon histoire m'avait beaucoup nui
auprès des adeptes des autres confessions et était la cause d'une grande
persécution, qui allait croissant ; et quoique je fusse un garçon obscur de
quatorze à quinze ans à peine, et que ma situation dans la vie fût de nature à
faire de moi un garçon sans importance dans le monde, pourtant des hommes haut
placés me remarquèrent suffisamment pour exciter l'opinion publique contre moi
et provoquer une violente persécution ; et ce fut une chose commune chez toutes
les confessions : toutes s'unirent pour me persécuter.
« Je
me fis sérieusement la réflexion alors, et je l'ai souvent faite depuis, qu'il
était bien étrange qu'un garçon obscur, d'un peu plus de quatorze ans, qui, de
surcroît, était condamné à la nécessité de gagner maigrement sa vie par son
travail journalier, fût jugé assez important pour attirer l'attention des grands
des confessions les plus populaires du jour, et ce, au point de susciter chez
eux l'esprit de persécution et d'insulte le plus violent. Mais aussi étrange que
cela fût, il en était ainsi, et ce fut souvent une cause de grand chagrin pour
moi.
« Cependant,
il n'en restait pas moins un fait que j'avais eu une vision. J'ai pensé depuis
que je devais ressentir plus ou moins la même chose que Paul quand il se
défendit devant le roi Agrippa et qu'il raconta la vision qu'il avait eue,
lorsqu'il avait aperçu une lumière et entendu une voix ; et cependant, il y en
eut peu qui le crurent ; les uns dirent qu'il était malhonnête, d'autres dirent
qu'il était fou ; et il fut ridiculisé et insulté. Mais tout cela ne détruisait
pas la réalité de sa vision. Il avait eu une vision, il le savait, et toutes les
persécutions sous le ciel ne pouvaient faire qu'il en fût autrement. Et quand
bien même on le persécuterait à mort, il savait néanmoins, et saurait jusqu'à
son dernier soupir, qu'il avait vu une lumière et entendu une voix qui lui
parlait ; et rien au monde n'aurait pu le faire penser ou croire autrement.
« Il
en était de même pour moi. J'avais réellement vu une lumière, et au milieu de
cette lumière, je vis deux Personnages, et ils me parlèrent réellement ; et
quoique je fusse haï et persécuté pour avoir dit que j'avais eu cette vision,
cependant c'était la vérité ; et tandis qu'on me persécutait, qu'on m'insultait
et qu'on disait faussement toute sorte de mal contre moi pour l'avoir racontée,
je fus amené à me dire en mon cœur : Pourquoi me persécuter parce que j'ai dit
la vérité ? J'ai réellement eu une vision, et qui suis-je pour résister à Dieu ?
Et pourquoi le monde pense-t-il me faire renier ce que j'ai vraiment vu ? Car
j'avais eu une vision, je le savais, et je savais que Dieu le savait, et je ne
pouvais le nier ni ne l'osais ; du moins je savais qu'en le faisant
j'offenserais Dieu et tomberais sous la condamnation. » (Joseph Smith,
Histoire, 1-25)
Telle fut la première vision du prophète. Elle nous apprend, entre autres
vérités, que Dieu le Père et son Fils, Jésus-Christ, sont deux personnages
séparés, distincts, et que l'homme est littéralement créé à l'image de Dieu.
Le culte des faux dieux
Le grand péché de tous les temps a toujours été le culte des faux dieux, d'où le
premier des dix commandements écrits par Dieu lui-même sur les tablettes de
pierre, au milieu du tonnerre et des éclairs du Sinaï : « Tu n'auras pas
d'autres dieux devant ma face » (Exode 20:3).
Quand Moïse conduisit les enfants d'Israël vers la terre promise, il leur
annonça que leurs générations futures seraient dispersées parmi les nations
païennes ; « et là, vous servirez des dieux, ouvrage de mains d'homme, du bois
et de la pierre, qui ne peuvent ni voir, ni entendre, ni manger, ni sentir » (Deut.
4:28), Moïse leur promit ensuite que « dans la suite des temps », au milieu de
leurs tribulations, ils chercheraient le Seigneur leur Dieu et le trouveraient
s'ils voulaient le chercher de tout leur cœur et de toute leur âme (voir Deut.
4:29-30).
Les dieux faits de main d'homme, que présentaient et adoraient les Églises
chrétiennes du monde à l'époque où Joseph Smith reçut sa glorieuse vision, ces
dieux pouvaient-ils voir ou entendre, ou manger, ou sentir ?
Les dieux étranges de la chrétienté
Quelques citations indiqueront quelles étaient les croyances générales de la
chrétienté au début de l'histoire de l'Église de Jésus-Christ des saints des
derniers jours :
Voici comment on décrivait le Dieu de l'Église catholique :
Q. Qu'est-ce que Dieu ?
R. Dieu est un Esprit, éternel, indépendant, infini et immuable, qui est présent
partout, qui voit tout et qui gouverne l'univers.
Q. Pourquoi dites-vous qu'il est un Esprit ?
R. Parce que c'est une intelligence suprême, qui n'a ni corps, ni forme, ni
couleur, et qui ne peut tomber sous les sens. (Rev. P. Collot, Doctrine and
Scriptural Catechism of the Catholic Church, édité à Montréal, cité dans Liahona ;
The Elder's Journal, 29 décembre 1925, p. 268)
Voici l'espèce de Dieu que révère l'Église méthodiste :
Il n'y a qu'un Dieu vivant et véritable, éternel, sans corps ni parties, dont la
puissance, la sagesse et la bonté sont infinies, créateur et préservateur de
toutes choses, visibles et invisibles ; et dans l'unité de cette Divinité, il y
a trois personnes identiques en substance, en puissance et en éternité, le Père,
le Fils et le Saint-Esprit. (Discipline Méthodiste, édité à Toronto en 1886,
cité dans Liahona, op. cit., p. 269)
Examinons maintenant la description du Dieu de l'Église presbytérienne :
Il n'y a qu'un seul Dieu vivant et véritable, qui est infini en être et en
perfection, un esprit très pur, invisible, sans corps, sans parties, sans
passions, immuable, immense, éternel, incompréhensible, tout-puissant, très
sage, très saint, très libre, très absolu, exécutant toutes choses selon les
desseins de son immuable et juste volonté, en vue de sa propre gloire ; très
aimant, clément, pitoyable, longanime, débordant de bonté et de vérité,
pardonnant l'iniquité, la transgression et le péché ; récompensant ceux qui le
recherchent avec diligence ; très juste envers tous, et terrible en ses
jugements ; haïssant toute espèce de péché, et qui ne fera grâce en aucune façon
au coupable. (Profession de foi de l'Église presbytérienne, chap. 2, art. 1,
cité dans Liahona, op. cit. p. 269)
Ce ne sont que des exemples typiques des dieux adorés par les Églises
chrétiennes au cours du dix-neuvième siècle. Ce sont là les dieux que, selon
Moïse, Israël rencontrerait quand il serait dispersé parmi les nations, des
dieux « qui ne voient, ni n'entendent, ni ne mangent, ni ne sentent ». Comment
peut-on s'attendre à ce qu'un dieu sans corps, ni parties, ni passions puisse
voir, entendre, manger ou sentir ? Comment peut-on attendre d'un enfant de Dieu
qu'il comprenne, à plus forte raison qu'il aime et soit aimé par un Dieu aussi
incompréhensible que les doctrines ci-dessus voudraient l'amener à adorer ?
Comparez avec la connaissance de Joseph Smith
Pensez à la connaissance absolue que Joseph Smith a reçue concernant la
personnalité de Dieu et de son Fils, Jésus-Christ, au cours des brefs instants
où il leur parla face à face, rapprochez de cela les conclusions du concile de
Nicée qui fut convoqué en 325 par l'empereur Constantin, où 318 évêques
passèrent quatre semaines à discuter de la vraie divinité et de la vraie
personnalité du Fils de Dieu, ainsi que de l'égalité du Christ avec Dieu, avant
de pouvoir se mettre suffisamment d'accord pour publier une déclaration sur ce
point.
Pesez soigneusement ces paroles du prophète Joseph Smith : Si vous pouviez
contempler le ciel pendant cinq minutes, vous en connaîtriez plus qu'en lisant
tout ce qui a jamais été écrit sur la question (History of the Church, vol. 4,
p. 50). L'apparition du Père et du Fils à Joseph Smith est décrite de façon
vivante dans le cantique intitulé « Première prière de Joseph Smith » :
La nature était parée
De rayons d'or radieux.
Les oiseaux, sous la ramée,
Chantaient l'Être glorieux.
Dans la forêt parfumée
Joseph invoqua les cieux.
Prosterné devant le Père,
Joseph priait dans les bois.
De Satan la force entière
L'accabla de tout son poids.
Mais l'amour et la lumière
Furent vainqueurs dans les bois.
Car une clarté soudaine
Voilant l'astre de midi,
Montrant une gloire extrême,
Le rendit tout ébloui.
Il vit Élohim lui-même,
À sa droite Jésus-Christ.
Dieu lui dit : « Voilà ton Maître,
Mon Fils, le Divin Sauveur ;
Et par lui tu vas connaître
Les lois de ton Créateur. »
Lorsqu'il les vit apparaître
Une extase emplit son cœur.
(George Manwaring, Cantiques, n° 14)
La visite du Père et du Fils à Joseph Smith ouvrit la porte à l'établissement du
royaume de Dieu sur cette terre à notre époque, ce qui fut le plus grand
événement du dix-neuvième siècle.
CHAPITRE 3 : LA
PERSONNALITÉ DU PÈRE ET DU FILS
L'homme est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu
Le récit tout simple que nous a fait le prophète Joseph Smith de son entrevue
avec le Père et le Fils nous aide à comprendre les enseignements de la Bible
concernant ce point important. Il faut se souvenir toutefois que cette
connaissance, le prophète ne l'a pas acquise par l'étude de la Bible. Nous ne
prenons la Bible que pour prouver que cette histoire est pleinement en harmonie
avec les enseignements bibliques, dont nous allons reprendre ici quelques
extraits :
Puis Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et
qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail,
sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.
Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et
la femme (Gen. 1:26, 27).
On a tenté d'expliquer que cette création n'était qu'à l'image et à la
ressemblance spirituelles de Dieu, mais après avoir lu le récit tout simple de
Joseph Smith, on se demande comment un historien aurait pu relater plus
clairement, de façon plus compréhensible, ce qui s'est effectivement passé lors
de la création de l'homme, surtout quand on lit : Adam, âgé de cent trente ans,
engendra un fils à sa ressemblance, selon son image, et il lui donna le nom de
Seth (Gen. 5:3).
Joseph Smith découvrit qu'il était à l'image et à la ressemblance de Dieu et de
Jésus-Christ, aussi littéralement que Seth était à la ressemblance et à l'image
de son père Adam.
Moïse témoigne que Dieu est une personne
C'est aussi ce qui nous fait apparaître si raisonnable et si facile à comprendre
l'événement vécu par Moïse, ses compagnons, et soixante-dix anciens d'Israël :
Moïse monta avec Aaron, Nadab et Abihu, et soixante-dix anciens d'Israël.
Ils virent le Dieu d'Israël ; sous ses pieds, c'était comme un ouvrage de saphir
transparent, comme le ciel lui-même dans sa pureté (Exode 24:9, 10).
Et lorsque Moïse était entré dans la tente, la colonne de nuée descendait et
s'arrêtait à l'entrée de la tente, et l'Éternel parlait avec Moïse. Tout le
peuple voyait la colonne de nuée qui s'arrêtait à l'entrée de la tente, tout le
peuple se levait et se prosternait à l'entrée de sa tente. L'Éternel parlait
avec Moïse face à face, comme un homme parle à son ami (Exode 33:9-11).
Pourrait-on demander à un historien de décrire cet événement avec plus de clarté
qu'en disant que le Seigneur et Moïse se parlèrent « face à face comme un homme
parle à son ami » ? Est-il besoin d'expliquer à quelqu'un comment un homme parle
à son ami ? Le Père et le Fils parlèrent à Joseph Smith « face à face, comme un
homme parle à son ami ». Il n'y a qu'une chose qui rende ceci possible : c'est
le fait que Dieu a effectivement créé l'homme à son image et à sa ressemblance.
Toute autre image ou ressemblance eût-elle été de loin aussi merveilleuse ?
Paul témoigne que Dieu est une personne
Paul, l'apôtre, tenta d'expliquer quelle sorte de personnage était Dieu en nous
disant que son Fils, Jésus-Christ, était « le reflet de sa gloire et l'empreinte
de sa personne » et qu'il « s'est assis à la droite de la majesté divine dans
les lieux très hauts » (voir Héb. 1:3). Ceci, évidemment, n'était possible' que
si son Père avait une forme à la droite de laquelle il pût s'asseoir.
Étienne témoigne que Dieu est une personne
La description de Paul donne leur pleine valeur aux paroles prononcées par
Étienne alors qu'il était lapidé par ses ennemis :
Mais Étienne, rempli du Saint-Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la
gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu.
Et il dit : Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme debout à la
droite de Dieu (Actes 7:55, 56).
Il vit donc deux personnages séparés, distincts : l'un, le Fils, se tenait à la
droite de l'autre, le Père.
Jean témoigne que Dieu est une personne
Ceci s'accorde aussi avec le récit du baptême de Jésus par Jean :
Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l'eau. Et voici, les cieux
s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur
lui.
Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils
bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection (Matt. 3:16, 17).
Ici, chacun des trois membres de la Divinité est mentionné distinctement et
séparément :
1) Jésus sortant de l'eau ;
2) le Saint-Esprit descendant comme une colombe ;
3) la voix du Père venant du ciel, exprimant son affection et son approbation
pour son fils bien-aimé.
Comment serait-il possible de croire que ces trois
personnes n'en sont qu'une, dépourvue de corps ou de forme ?
Le Seigneur ressuscité
Nous devons considérer maintenant le Seigneur ressuscité. À moins qu'il ne
possède maintenant le corps de chair et d'os qui fut déposé dans le tombeau, il
doit être mort une seconde fois, car quand Marie-Madeleine et l'autre Marie
vinrent au sépulcre pour voir le corps de Jésus, elles découvrirent qu'un ange
du Seigneur était descendu du ciel et se trouvait assis sur la pierre qu'il
avait retirée de l'entrée :
Son aspect était comme l'éclair, et son vêtement blanc comme la neige...
Mais l'ange prit la parole et dit aux femmes : Pour vous, ne craignez pas ; car
je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié.
Il n'est point ici : il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez, voyez le
lieu où il était couché. (Mat. 28:3, 5, 6)
Après sa résurrection, Jésus apparut à beaucoup de monde. Tandis que les onze
apôtres étaient réunis à Jérusalem et discutaient de ce qui était arrivé :
[Jésus] lui-même se présenta au milieu d'eux, et leur dit : La paix soit
avec vous. Saisis de frayeur et d'épouvante, ils croyaient voir un esprit.
Mais il leur dit : Pourquoi êtes-vous troublés et pourquoi pareilles pensées
s'élèvent-elles dans vos cœurs ?
Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien moi ; touchez-moi et voyez : un esprit
n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'ai. (Luc 24:36-39)
Pour mieux prouver qu'il avait son corps, il prit du poisson rôti et un rayon de
miel et il mangea devant eux.
Avec son corps ressuscité, il s'éleva au ciel en présence de cinq cents
frères :
Et il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois. (1 Cor. 15:6)
Ses apôtres le virent monter au ciel et les « deux hommes vêtus de blanc » qui
se tenaient à leurs côtés affirmèrent ce fait :
comme il s avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu'il s'en allait,
voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent, et dirent :
Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui
a été enlevé au ciel du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous
l'avez vu allant au ciel. (Actes 1:10, 11)
Si Jésus et son Père sont un seul en esprit, sans corps ni forme, si grand qu'il
remplit l'univers et si petit qu'il habite dans notre cœur, comme tant de gens
le croient et comme les Églises l'enseignent, quel est alors le sens de la
résurrection que l'on commémore à Pâques dans les Églises chrétiennes, et qu'a
fait Jésus de son corps après l'avoir montré aux apôtres et à d'autres
personnes ?
Joseph Smith témoigne que Jésus est une personne
Il fut donné à Joseph Smith de contempler ce même Jésus que l'on avait vu monter
au ciel après sa résurrection. Voici le témoignage qu'en rendirent Joseph Smith
et Sidney Rigdon après une vision qu'ils eurent à Hiram, en Ohio, le 16 février
1832 :
Et tandis que nous méditions là-dessus, le Seigneur toucha les yeux de notre
intelligence, et ils furent ouverts, et la gloire du Seigneur resplendit tout
alentour.
Et nous vîmes la gloire du Fils à la droite du Père et reçûmes de sa plénitude ;
Nous vîmes les saints anges et ceux qui sont sanctifiés devant son trône adorant
Dieu et l'Agneau, qu'ils adorent pour toujours et à jamais.
Et maintenant après les nombreux témoignages qui ont été rendus de Lui, voici le
nôtre, le dernier de tous : il vit !
Car nous le vîmes et ce, à la droite de Dieu ; et nous entendîmes la voix rendre
témoignage qu'il est le Fils unique du Père ;
Que par lui, à travers lui et en lui, les mondes sont et furent créés, et que
les habitants en sont des fils et des filles engendrés pour Dieu (D&A 76:19-24).
Remarquez comme cette déclaration se rapproche de la première vision de Joseph
Smith et du témoignage du Père au baptême de Jésus. Le Père parlait de son Fils
- deux personnes séparées et distinctes. Le Père devait avoir une voix, sinon il
n'aurait pu parler.
Tel est donc le témoignage proclamé à tous ceux à qui il parviendra, jusqu'à ce
que Jésus revienne pour régner en « Seigneur des seigneurs et Roi des rois »
(voir Apoc. 17:14).
Comprendre qu'il existe et est une personne c'est se rendre compte de tout le
sens de la promesse qui se trouve dans le Sermon du Christ sur la montagne :
« Heureux ceux qui ont le cœur pur : car ils verront Dieu » (Matt. 5:8).
Les Écritures relatives à la personne de Dieu sont souvent mal comprises
Il y a dans la Bible quelques passages que l'on a mal compris et qui ont
entraîné une conception erronée de la personne et de la forme de Dieu et de son
Fils Jésus-Christ. Nous pourrions en envisager brièvement quelques-uns.
Personne n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est
celui qui l'a fait connaître. (Jean 1:18)
Personne n'a jamais vu Dieu ; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu
demeure en nous, et son amour est parfait en nous (1 Jean 4:12).
Dans sa Version Inspirée de la Bible, le prophète Joseph Smith nous donne ce qui
suit :
Et personne n'a jamais vu Dieu sans rendre témoignage du Fils ; car personne ne
peut être sauvé si ce n'est par lui. (Jean 1:18)
Et il rend comme suit 1 Jean 4:12 :
Personne n'a jamais vu Dieu sauf ceux qui croient. Si nous nous aimons les uns
les autres, Dieu habite en nous et son amour est parfait en nous.
L'interprétation que le prophète Joseph Smith a donnée à ces Écritures était la
vraie ; cela fut confirmé par une révélation qu'il reçut du Seigneur à Hiram, en
Ohio, en novembre 1831 :
Car personne n'a jamais vu Dieu dans la chair s'il n'a été vivifié par l'Esprit
de Dieu. (D&A 67:11)
Cette doctrine reçut un complément de lumière par les visions de Moïse révélées
au prophète Joseph Smith :
Mais mes propres yeux ont vu Dieu, non pas mes yeux naturels, mais mes yeux
spirituels, car mes yeux naturels n'auraient pu le voir, car je me serais
desséché, et je serais mort en sa présence, mais sa gloire était sur moi, et
j'ai vu sa face, car j'étais transfiguré devant lui. (PGP, Moïse 1:11)
Il est donc nettement établi que l'homme ne peut voir Dieu que s'il est
« vivifié par l'Esprit de Dieu ». C'est, semble-t-il, l'idée que Jean avait à
l'esprit quand il écrivit ceci :
Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi
quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi.
Ce n'est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui est de Dieu ; celui-là
a vu le Père (Jean 6:45, 46 selon la version du roi Jacques ; Segond dit :
« ...sinon celui qui vient de Dieu », ndt).
Paul disait de Dieu que c'était un « Dieu invisible » :
En qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés :
Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. (Col.
1:14, 15)
Une étude plus poussée des enseignements de Paul révèle qu'il avait la même
conception que Jean ; alors que Dieu est invisible aux hommes en général, il
n'est pas invisible aux prophètes, car il rappelait que Moïse avait vu le Dieu
invisible :
C'est par la foi qu'il quitta l'Égypte, sans être effrayé de la colère du roi ;
car il se montra ferme comme voyant celui qui est invisible. (Héb. 11:27)
Jean faisait aussi de Dieu un esprit, ce qui jette la confusion chez certains :
Dieu est esprit : et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en
vérité. (Jean 4:24)
Ceci ne doit pas être une source de confusion, puisque nous sommes tous des
esprits revêtus d'un corps de chair et d'os. Jean dit que nous devons « l'adorer
en esprit et en vérité ». Il ne veut cependant pas dire que notre esprit doit
quitter notre corps pour pouvoir l'adorer « en esprit ».
Paul a déclaré : « Mais celui qui s'attache au Seigneur est avec lui un seul
esprit » (1 Cor. 6:17). Nous sommes des esprits dans le même sens que Jean avait
en tête quand il disait « Dieu est esprit ».
L'unité du Père et du Fils
On a souvent mal interprété cette affirmation souvent répétée que Jésus et son
Père sont un. Lisez soigneusement le chapitre dix-sept de Jean et ce point sera
entièrement éclairci. Au moment où Jésus allait être sacrifié, il adressa une
prière à son Père et le remercia pour ses apôtres, lui demandant « qu'ils soient
un comme nous » (voir Jean 17:11). Puis il ajouta :
Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront
en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi,
et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde
croie que tu m'as envoyé. (Jean 17:20, 21)
Or, il est évident maintenant que Jésus ne parlait pas de l'unité de personne,
mais de l'unité de but, car dans la suite de sa prière il demandait qu'ils
fussent avec lui, ce qui n'eût pas été nécessaire si l'unité à laquelle il
pensait avait été l'unité de personne et non de but :
Père, je veux que là où je suis ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi,
afin qu'ils voient ma gloire, la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as
aimé avant la fondation du monde. (Jean 17:24)
Encore une fois, il est évident que l'unité à laquelle il fait allusion ne
signifie pas unité de personne, car si Jésus et son Père étaient une seule
personne, comme il serait absurde de penser que Jésus s'invoquait lui-même ou
qu'il s'était aimé avant la fondation du monde. Il dit :
Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et
celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. (Jean 17:3)
Cette connaissance vraie de Dieu et de son Fils, Jésus-Christ, a été rendue au
monde à notre époque, non par l'étude de la Bible, mais par l'apparition de ces
personnages célestes au jeune Joseph Smith, ainsi qu'il en a si éloquemment
témoigné.
CHAPITRE 4 : LES FAUSSES
DOCTRINES ET L'APOSTASIE UNIVERSELLE
Apostasie par rapport à la vérité
Une seconde grande vérité fut révélée au cours de la visite du Père et du Fils
au prophète Joseph Smith : celui-ci avait demandé à quelle Église il devait se
joindre. Le Sauveur du monde lui déclara en réponse qu'il ne devait se « joindre
à aucune, car elles étaient toutes dans l'erreur ; et le Personnage qui me
parlait dit :
Ils
s'approchent de moi des lèvres, mais leur cœur est éloigné de moi ; ils
enseignent pour doctrine des commandements d'hommes, ayant une forme de piété,
mais ils en nient la puissance. » (Joseph Smith,
Histoire, 19)
Cette phrase fournissait au jeune Joseph Smith le renseignement qu'il désirait
tant, car ce qu'il voulait par-dessus tout, c'était savoir à quelle Église il
devait se joindre, et c'est pour obtenir ce renseignement qu'il avait invoqué le
Seigneur.
Enseignements erronés des Églises chrétiennes
Un enseignement erroné commun à beaucoup d'Églises chrétiennes est que « la foi
seule suffit à nous sauver ». S'il faut en croire cette fausse doctrine, la
responsabilité de l'homme se bornerait à confesser sa croyance en Dieu ; quelle
que fût la gravité de ses péchés, une confession lui apporterait le pardon total
et le salut. Ce dont le monde a besoin, c'est qu'on lui prêche davantage la
nécessité de s'abstenir du péché et de mener une existence utile et droite, et
qu'on prêche moins le pardon du péché. Le monde en deviendrait différent. La
vérité est que l'homme doit se repentir de ses péchés et s'en détourner avant
d'en espérer le pardon. Même quand nos péchés sont pardonnés, Dieu ne peut nous
récompenser pour le bien que nous n'avons pas fait.
Le prophète Mormon qui vécut sur le continent américain vers 400 ap. J.-C.
prédit la venue des plaques desquelles le Livre de Mormon serait traduit et
décrivit la situation des Églises qui se trouveraient alors dans le peuple :
Oui, cela arrivera dans un jour où le pouvoir de Dieu sera nié, où les Églises
deviendront souillées et seront exaltées dans l'orgueil de leur cœur ; oui, même
dans un jour où les chefs des Églises et les instructeurs se lèveront dans
l'orgueil de leur cœur, au point même d'envier ceux qui appartiennent à leurs
Églises... Oui, cela arrivera dans un jour où seront établies des Églises
qui diront : Venez à moi, et pour votre argent, vous obtiendrez le pardon de vos
péchés. (Mormon 8:28, 32)
La doctrine de la prédestination
Vient ensuite la doctrine erronée de la prédestination, selon laquelle, sans
aucune action de notre part, certains d'entre nous sont prédestinés à la vie
éternelle, et d'autres à la damnation éternelle et que, quelle que soit la
catégorie où nous nous trouvons, nous n'y pouvons rien changer. Si nous
analysions jusqu'au bout cette doctrine, nous aboutirions inévitablement à la
conclusion que, si elle est vraie, Dieu est responsable de tous les péchés et de
toute l'iniquité du monde, puisque tous nos actes auraient été pré-déterminés
avant notre naissance, qu'ils soient bons ou mauvais.
Dans ses efforts pour détruire la vérité, Satan n'aurait guère pu espérer
tromper les hommes plus efficacement et plus complètement qu'en leur ôtant la
conscience de leur responsabilité par la prédication de telles doctrines.
Un seul paradis et un seul enfer
Il y a encore la fausse doctrine d'un seul ciel et d'un seul enfer, jointe à
l'idée que tous ceux qui atteindront le ciel en recevront une part égale, et
qu'il en va de même pour ceux à qui l'enfer est réservé.
La vérité, telle qu'elle est rétablie par le prophète Joseph Smith, sur le fait
que chacun recevra selon ses oeuvres ; qu'il y a une gloire semblable à celle du
soleil, une autre semblable à celle de la lune, et une autre encore semblable à
celle des étoiles, et que la gloire attribuée à quelqu'un sera déterminée par
les choses qu'il fait et le genre de vie qu'il mène.
Dieu ne peut être un Dieu de confusion
Un raisonnement sain nous amène à la conclusion que Dieu ne peut être l'auteur
de la confusion ; que deux organisations contradictoires ne peuvent provenir de
lui, car Dieu ne peut être divisé contre lui-même. Selon Paul :
Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres
comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs,
Pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de
l'édification du corps de Christ,
Jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la
connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature
parfaite de Christ,
Afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de
doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de
séduction. (Éph. 4:11-14)
Quand Joseph Smith se mit en quête de la vérité, il découvrit bientôt que les
Églises chrétiennes n'étaient pas « parvenues à l'unité de la foi ». Paul
montrait qu'elles étaient « emportées à tout vent de doctrine, par la tromperie
des hommes ». D'où l'affirmation du Sauveur à Joseph Smith que toutes leurs
croyances étaient erronées.
En lisant les Écritures, des hommes découvraient des vérités que l'on ne
trouvait pas dans les Églises existantes.
Ils se réunissaient en un groupe, puis organisaient une Église, sans appel
direct, et sans ordination de Dieu. Les Églises chrétiennes se multiplièrent
ainsi jusqu'à se compter par centaines. Leurs dirigeants insistaient sur un
principe particulier et organisaient ensuite une Église autour de ce principe ;
par exemple, les dons spirituels, les apôtres ou le culte le septième jour.
La mission de la véritable Église, sous l'inspiration et la direction de Dieu,
est de rassembler dans une seule Église toutes les vérités que l'on trouve dans
toutes les autres Églises chrétiennes, ainsi que celles que l'on a omises ou
ignorées, et d'éliminer toutes les erreurs et les doctrines d'origine humaine.
C'est ce que fit le Seigneur en rétablissant son Église sur terre par
l'intermédiaire du prophète Joseph Smith.
Avis contemporains affirmant l'apostasie
L'idée que les Églises s'étaient égarées et avaient perdu leur vitalité et leur
autorité est en accord avec le jugement de certains de nos plus grands penseurs
et avec des prophéties des saintes Écritures, comme le montreront les citations
que voici.
Dans une oeuvre rédigée par soixante-treize théologiens et exégètes réputés nous
lisons :
Nous ne devons pas nous attendre à voir l'Église de l'Écriture sainte
exister réellement dans sa perfection sur terre. On ne peut la trouver parfaite
dans les fragments réunis de la chrétienté, et moins encore dans l'un quelconque
de ces fragments. (Dr William Smith, Smith's Dictionary of the Bible,
Houghton, Mifflin and Company, 1896)
Ainsi, ces soixante-treize savants confirment en fait la déclaration de Jésus à
Joseph Smith : que tous leurs credo étaient faux.
Roger Williams, pasteur de la plus ancienne Église baptiste d'Amérique, celle de
Providence, à Rhode Island, refusa de rester pasteur parce qu'il n'y avait :
...aucune Église du Christ régulièrement constituée sur terre, aucune
personne autorisée à administrer aucune ordonnance de l'Église, et qu'il ne
pouvait y en avoir tant que de nouveaux apôtres ne seraient pas envoyés par le
grand chef de l'Église dont il espérait la venue. (Picturesque America, or the
Land We Live In éd. par William Cullin, Bryant, New York, D. Appleto et Cie
1872, vol. 1. p. 502)
Si Roger Williams avait eu le bonheur de vivre assez vieux pour connaître le
prophète Joseph Smith et entendre son message, il aurait trouvé ce qu'il
cherchait.
Le Dr Harry Emerson Fosdick, un ecclésiastique baptiste et auteur américain,
décrivit en ces termes l'état de décadence des Églises chrétiennes de la
première moitié du vingtième siècle :
Une réforme religieuse est en cours, et, au fond, c'est une tentative de
rétablir dans notre vie moderne la religion de Jésus, par opposition à cette
religion étendue, complexe, en grande partie inadéquate et souvent radicalement
fausse dont Jésus est l'objet. Le christianisme contemporain s'est écarté de la
religion que Jésus a prêchée, enseignée et vécue, et a introduit à sa place une
religion toute différente.
Si Jésus revenait sur terre maintenant, apprenait quelles mythologies ont été
élaborées autour de son nom, et constatait la confusion des credo, des
confessions et des sacrements qui se réclament de lui, il dirait certainement :
« Si c'est cela le christianisme, je ne suis pas chrétien » (Liahona : The
Elder's Journal, 20 avril 1926, p. 424).
Cette déclaration et d'autres déclarations semblables faites par des
ecclésiastiques de différentes nations corroborent certainement la déclaration
du Sauveur à Joseph Smith et devraient inciter ceux qui cherchent
consciencieusement la vérité à désirer entendre le reste de l'histoire du
prophète.
La Bible prédit la grande apostasie
Examinons à présent les Écritures qui prédisent le moment et les circonstances
que nous venons de voir.
Sache que dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les
hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs,
rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, Insensibles, déloyaux,
calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, Traîtres,
emportés, enflés d'orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu.
Ayant l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Éloigne-toi
de ces hommes-là. (2 Tim. 3:1-5)
Pour ce qui concerne l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion
avec lui, nous vous prions, frères, De ne pas vous laisser facilement ébranler
dans votre bon sens, et de ne pas vous laisser troubler, soit par quelque
inspiration, soit par quelque parole, ou par quelque lettre qu'on dirait venir
de nous, comme si le jour du Seigneur était déjà là. Que personne ne vous
séduise d'aucune manière,- car il faut que l'apostasie soit arrivée auparavant,
et qu'on ait vu paraître l'homme du péché, le fils de la perdition, l'adversaire
qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu ou de ce qu'on adore,
jusqu'à s'asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. (2 Thess.
2:1-4)
Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ;
mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront
une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la
vérité, et se tourneront vers les fables. (2 Tim. 4:3, 4)
De ce qui précède, il apparaît avec évidence que l'apôtre Paul eut le privilège
de voir notre temps et de décrire par avance les conditions mêmes auxquelles le
Sauveur fit allusion lorsqu'il dénonça les Églises à Joseph Smith et que
d'éminents ecclésiastiques contemporains admettent. Il précisa que ces
conditions seraient réunies « dans les derniers jours » que les hommes auraient
des « démangeaisons d'entendre », se donneraient des docteurs selon leur propre
cœur et « détourneront l'oreille de la vérité. » Il affirme en outre que les
hommes ne doivent pas s'attendre à la seconde venue promise par le Christ s'il
n'y a eu d'abord une « apostasie », de sorte que tout ce que nous avons dit ne
fait qu'annoncer que les événements prédits se sont produits. Quand l'apôtre
Jean fut banni sur l'île de Patmos, il vit quelle puissance serait donnée à
Satan : Et il lui fut donné de faire la guerre aux saints, et de les vaincre. Et
il lui fut donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue et toute
nation. (Apoc. 13:7)
Il ressort de ceci que toute tribu, toute langue et toute nation doit succomber
sous cette puissance maligne, et nous le comprendrons mieux plus loin en
découvrant que Jean vit l'Évangile ramené sur terre pour être prêché à toute
nation, tribu, langue et peuple (voir Apoc. 14:6, 7).
Pour comprendre convenablement cette Écriture, il faut se souvenir que les
disciples du Christ étaient appelés saints (voir Éph. 2:19 ; 2 Cor. 8:4 ; 1 Cor.
14:33).
Quand nous savons que cette apostasie par rapport à la vérité fut universelle,
nous comprenons certaines prophéties des anciens prophètes qui sont rapportées
dans l'Ancien Testament :
Voici, les jours viennent, dit le Seigneur, l'Éternel, où j'enverrai la famine
dans le pays. Non pas la disette du pain et la soif de l'eau, mais la faim et la
soif d'entendre les paroles de l'Éternel. Ils seront alors errants d'une mer à
l'autre, du septentrion à l'orient, ils iront çà et là pour chercher la parole
de l'Éternel, et ils ne la trouveront pas. (Amos 8:11, 12)
À la lumière des paroles de Jésus : « Cherchez et vous trouverez » (Matt. 7:7),
il n'y a qu'une façon d'expliquer pourquoi ils ne pourraient trouver la parole
du Seigneur, quoique la cherchant « d'une mer à l'autre et du septentrion à
l'orient ». La réponse est, comme Amos le dit bien, que le Seigneur enverrait
une « famine dans le pays », une faim d'entendre la parole du Seigneur.
Le prophète Michée vit le jour où il n'y aurait « pas de réponse de Dieu. » Il
décrivit comme suit l'état d'apostasie d'Israël :
Ainsi parle l'Éternel sur les prophètes qui égarent mon peuple, qui annoncent la
paix si leurs dents ont quelque chose à mordre, et qui publient la guerre si on
ne leur met rien dans la bouche :
À cause de cela, vous aurez la nuit, et plus de visions ! Vous aurez les
ténèbres et plus d'oracles ! Le soleil se couchera sur ces prophètes, le jour
s'obscurcira sur eux...Les voyants seront confus, les devins rougiront, tous se
couvriront la barbe, car Dieu ne répondra pas. Ses chefs jugent pour des
présents, ses sacrificateurs enseignent pour un salaire, et ses prophètes
prédisent pour de l'argent ; et ils osent s'appuyer sur l'Éternel, ils disent :
l'Éternel n'est-il pas au milieu de nous ? (Michée 3:5-7, 11)
Ésaïe eut une vision semblable de ce qui arriverait à Israël.
Voici, l'Éternel dévaste le pays et le rend désert, il en bouleverse la face et
en disperse les habitants. Et il en est du sacrificateur comme du peuple, du
maître comme du serviteur, de la maîtresse comme de la servante, du vendeur
comme de l'acheteur, du prêteur comme de l'emprunteur, du créancier comme du
débiteur. Le pays est dévasté, livré au pillage, car l'Éternel l'a décrété. Le
pays est triste, épuisé ; les habitants sont abattus, languissants ; les chefs
du peuple sont sans force. Le pays était profané par ses habitants ; car ils
transgressaient les lois, violaient les ordonnances, ils rompaient l'alliance
éternelle. C'est pourquoi la malédiction dévore le pays, et ses habitants
portent la peine de leurs crimes ; c'est pourquoi les habitants du pays sont
consumés, et il n'en reste qu'un petit nombre. (Ésaïe 24:1-6)
Ésaïe comprenait que le mécontentement du Seigneur retomberait sur les habitants
de la terre parce qu'ils avaient « transgressé les lois, violé les ordonnances,
rompu l'alliance éternelle », et si nous songeons à la puissance destructrice de
l'atome et d'autres progrès scientifiques du même genre, il n'est pas difficile
de comprendre qu'après la destruction prédite il ne resterait qu'« un petit
nombre » sur la terre.
Paul, tout comme les autres prophètes, comprenait pleinement le mécontentement
du Seigneur à l'égard de ceux qui prendraient sur eux de modifier les vérités de
son Évangile :
« Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile
que celui que nous avons prêché, qu'il soit anathème ! » (Gal. 1:8)
Joseph Smith avait demandé à quelle Église il devait se joindre : dans sa
réponse, le Sauveur expliqua la situation du monde chrétien, répétant le passage
d'Esaie 29:13, et ajouta qu'il y aurait ensuite « une oeuvre merveilleuse et un
prodige » parmi les enfants des hommes.
Le Seigneur dit : Quand ce peuple s'approche de moi, il m'honore de la bouche et
des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi, et la crainte qu'il a de moi n'est
qu'un précepte de tradition humaine. C'est pourquoi je m'en vais accomplir dans
ce peuple une oeuvre merveilleuse et un prodige : et la sagesse de ses sages
périra, et l'intelligence de ses hommes intelligents disparaîtra. (Es. 29:13, 14,
selon la version du roi Jacques ; Segond dit : Je frapperai encore ce peuple par
des prodiges et des miracles, ndt)
Du fait que l'apostasie à partir du véritable Évangile du Christ devait être
universelle, comme les prophètes l'avaient prédit, et du fait que l'universalité
de cette apostasie était confirmée par la déclaration que Jésus fit à Joseph
Smith, il s'ensuit qu'un rétablissement était nécessaire. C'est ce
rétablissement qui constitue le message de l'Église de Jésus-Christ des saints
des derniers jours.
CHAPITRE 5 : UNE OEUVRE
MERVEILLEUSE ET UN PRODIGE VONT S'ACCOMPLIR
Nous avons déjà montré que les prophètes avaient prévu une apostasie universelle
et que le monde se trouvait dans cette situation au moment où Joseph Smith s'en
alla prier dans les bois. Ceci étant, un rétablissement de l'Évangile devait
nécessairement s'ensuivre pour que le monde ne fût pas laissé dans les ténèbres
spirituelles. Pierre a déclaré :
Et nous tenons pour d'autant plus certaine la parole prophétique, à laquelle
vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu
obscur, jusqu'à ce que le jour vienne à paraître et que l'étoile du matin se
lève dans vos cœurs. (2 Pierre 1:19)
Le moment nous paraît venu de prêter attention aux paroles des prophètes. Nous
nous reporterons d'abord aux paroles d'Ésaïe déjà citées au chapitre précédent,
puisque la visite du Père et du Fils à Joseph Smith fut la première étape de
cette oeuvre merveilleuse et de ce prodige dont le Seigneur avait promis
l'accomplissement :
Le Seigneur dit : Quand ce peuple s'approche de moi, il m'honore de la bouche et
des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi, et la crainte qu'il a de moi n'est
qu'un précepte de tradition humaine. C'est pourquoi je m'en vais accomplir dans
ce peuple une oeuvre merveilleuse et un prodige : et la sagesse de ses sages
périra, et l'intelligence de ses hommes intelligents disparaîtra. (Es. 29:13,
14 ; Segond dit : « Je frapperai encore ce peuple par des prodiges et des
miracles », ndt)
Qu'est-ce qui constituerait vraiment une oeuvre merveilleuse et un prodige ?
Pourquoi ceux qui aiment et respectent la vérité n'accueilleraient-ils pas avec
joie l'annonce d'une telle oeuvre ? Une génération quelconque devrait-elle
rejeter la vérité quand elle lui parvient du ciel ? Pourquoi semble-t-il
tellement plus facile d'accepter et de croire les prophètes morts que les
prophètes vivants ?
Le rétablissement de toutes choses
En accomplissant cette « oeuvre merveilleuse et ce prodige », le Seigneur avait
en vue un « rétablissement de toutes choses » et il avait induit Pierre à
prophétiser dans ce sens à ceux qui avaient crucifié son Maître :
Repentez-vous donc et convertissez -vous, pour que vos péchés soient effacés,
Afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, et qu'il
envoie celui qui vous a été destiné, Jésus-Christ, Que le ciel doit recevoir
jusqu'aux temps du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé
anciennement par la bouche de ses saints prophètes (Actes 3:19-2 1)
Analysons cette promesse :
1) que leur grand péché pourrait être pardonné ;
2) que le Seigneur leur enverrait à nouveau ce même Jésus qui leur avait été
destiné ;
3) qu'il y aurait un « rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé
anciennement par la bouche de ses saints prophètes ».
Si nous attendons le second avènement du Christ tel qu'il est promis ici, nous
devons comprendre qu'il ne viendra pas avant qu'il n'y ait un « rétablissement
de toutes choses. » Il est évident qu'il ne peut y avoir de rétablissement de ce
qui n'a pas été enlevé. C'est pourquoi cette Écriture est encore une prédiction
fort nette de l'apostasie - l'enlèvement de l'Évangile de la terre - assortie de
la promesse d'un rétablissement complet de toutes choses dont Dieu a parlé
anciennement par la bouche de tous les saints prophètes depuis le commencement
du monde.
C'est à l'époque de ce rétablissement complet que Paul devait penser quand il
écrivit aux Éphésiens :
...nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant
dessein qu'il avait formé en lui-même,
Pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir
toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux, et celles qui sont sur
la terre. (Éph. 1:9, 10)
L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours proclame que notre époque
est celle de la plénitude des temps et que par le « rétablissement de toutes
choses », le Seigneur se prépare à « réunir toutes choses en Christ, celles qui
sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. » Toutefois, ce
« rétablissement de toutes choses » ne sera complet qu'à la fin des mille ans où
le Christ régnera personnellement sur la terre quand la mort sera vaincue (voir
1 Cor. 15:24-26). Il n'y a pas au monde de plan comparable à celui-ci à l'heure
actuelle.
Le royaume de Dieu dans les derniers jours
Quand le Seigneur lui révéla l'interprétation du rêve du roi Nebucadnetsar, le
prophète Daniel vit surgir et s'effondrer les royaumes du monde, ce qui en rend
l'étude intéressante du fait de sa précision. Mais ce qui importe le plus, c'est
sa remarque que dans les derniers jours le Dieu du ciel établirait un royaume
qui finirait par dominer tous les autres, deviendrait semblable à une grande
montagne et remplirait toute la terre :
Daniel répondit en présence du roi et dit : Ce que le roi demande est un secret
que les sages, les astrologues, les magiciens et les devins, ne sont pas
capables de découvrir au roi.
Mais il y a dans les cieux un Dieu qui révèle les secrets, et qui a fait
connaître au roi Nebucadnetsar ce qui arrivera dans la suite des temps. Voici
ton songe et les visions que tu as eues sur ta couche...
Tu regardais, lorsqu'une pierre se détacha sans le 8ecours d'aucune main, frappa
les pieds de fer et d'argile de la statue, et les mit en pièces... La pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne et remplit
toute la terre...
Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera
jamais détruit : et ce royaume ne passera point sous la domination d'un autre
peuple ; il brisera et anéantira tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera
éternellement (Dan. 2:27, 28, 34, 35, 44).
L'établissement du royaume par le Dieu des cieux devait être le plus grand
événement des derniers jours. Quoique petit et insignifiant à ses débuts, sa
destinée ultime est de remplir toute la terre, avec à sa tête le Christ, notre
Seigneur. Le royaume devait être donné aux saints du Très-Haut afin qu'ils le
possèdent à jamais. Vu l'évolution et le progrès que nous connaissons en ces
derniers jours dans les domaines scientifiques et autres, pourquoi ne nous
intéresserions-nous pas au progrès spirituel promis ? Daniel nous a donné la
parole certaine de la prophétie :
Je regardais pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les nuées des cieux
arriva quelqu'un de semblable au Fils de l'homme ; il s'avança vers l'ancien des
jours, et on le fit approcher de lui. On lui donna la domination, la gloire et
le règne ; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le
servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et
son règne ne sera jamais détruit... Mais les saints du Très-Haut recevront le
royaume et ils. posséderont le royaume éternellement, d'éternité en éternité.
(Dan. 7:13, 14, 18)
Dans une révélation donnée le 24 février 1834, au prophète Joseph Smith, le
Seigneur dit :
Mais, en vérité, je vous dis que j'ai lancé un décret que mon peuple réalisera
s'il écoute dès ce moment même le conseil que moi, le Seigneur, leur Dieu, je
leur donnerai.
Voici, ils commenceront dès cet instant, car je l'ai décrété, à vaincre leurs
ennemis. Et en veillant à observer toutes les paroles que moi, le Seigneur leur
Dieu, je leur dirai, ils ne cesseront jamais de vaincre, jusqu'à ce que les
royaumes du monde soient soumis sous mes pieds, et que la terre soit donnée aux
saints pour qu'ils la possèdent pour toujours et à jamais. (D&A 103:5-7)
À propos de l'apostasie, nous avons fait allusion à ce que le Seigneur montra
à Jean tandis qu'il se trouvait dans l'île de Patmos. Il vit que pouvoir serait
donné à Satan « de faire la guerre aux saints et de les vaincre. Et il lui fut
donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue, et toute nation » (Apoc.
13:7).
Jean eut encore ces autres visions prophétiques :
Après cela je regardai, et voici, une porte était ouverte dans le ciel. La
première voix que j'avais entendue, comme le son d'une trompette, et qui me
parlait, dit : Monte ici, et je te ferai voir ce qui doit arriver dans la suite.
(Apoc. 4:1)
Le rétablissement de l'Évangile a été prédit
Jean ne vit pas seulement que la puissance de Satan serait universelle pendant
un certain temps, mais il vit aussi rapporter sur la terre l'Évangile éternel
qui devait être prêché à tous les peuples :
Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile
éternel, pour l'annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute
tribu, à toute langue, et à tout peuple.
Il disait d'une voix forte : Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l'heure de
son jugement est venue ; et adorez celui qui a fait le ciel et la terre, et la
mer, et les sources d'eaux. (Apoc. 14:6, 7)
S'il y avait eu sur terre une seule nation, tribu, langue ou peuple encore en
possession de l'Évangile éternel, il n'aurait pas été nécessaire qu'un ange le
rapporte ici-bas. Cet ange devait aussi rappeler aux habitants de la terre le
culte dû au Dieu qui avait « fait le ciel, et la terre, et la mer, et les
sources d'eaux ». Nous avons déjà noté que l'Évangile éternel devait être enlevé
de la terre, et nous témoignons maintenant qu'il a été rapporté sur la terre par
un ange, par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, et qu'il est venu du Dieu
des cieux.
Le prophète Malachie vit aussi ce jour promis où des messagers venant de Dieu
opéreraient ce rétablissement ; il le décrit en ces termes :
Voici, j'enverrai mon messager ; il préparera le chemin devant moi. Et soudain
entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez ; et le messager de
l'alliance que vous désirez, voici, il vient, dit l'Éternel des armées. (Mal.
3:1)
Si nous étudions soigneusement ce verset et les suivants, nous constaterons que
cette promesse avait trait à la seconde venue de Jésus-Christ et non pas à la
première, car il doit entrer soudain dans son temple, ce qu'il n'a pas fait lors
de sa première venue.
L'appel de Joseph Smith
Les promesses auxquelles nous faisons allusion ici, à propos de l'établissement
d'un royaume dans les derniers jours par l'envoi de messagers célestes et du
rétablissement de l'Évangile éternel qui doit être prêché dans le monde entier,
ces promesses ne pouvaient être tenues s'il n'y avait pas quelqu'un sur la terre
à qui les choses rétablies pussent être remises.
Ceci nous amène à une autre grande vérité que nous déduisons de la visite du
Père et du Fils au jeune Joseph Smith : les prophètes ne s'envoient jamais
eux-mêmes, ils doivent être appelés et envoyés par Dieu :
Car le Seigneur, l'Éternel, ne fait rien sans avoir révélé son secret à ses
serviteurs les prophètes. (Amos 3:7)
Le Seigneur ayant donc choisi Joseph Smith, nous voilà prêts à étudier ce qu'il
révéla à son prophète élu.
On a critiqué le fait que le jeune Joseph Smith était seulement dans sa
quinzième année lorsque le Père et le Fils lui apparurent. Réfléchissons à ces
paroles de Jésus :
Personne ne coud une pièce de drap neuf à un vieil habit ; autrement, la pièce
de drap neuf emporterait une partie du vieux, et la déchirure serait pire.
Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin
fait rompre les outres, et le vin et les outres sont perdus ; mais il faut
mettre le vin nouveau dans des outres neuves. (Marc 2:21, 22)
Nous ne pouvons attendre du Seigneur qu'il choisisse un homme nourri des
traditions et des doctrines des hommes, car il serait trop malaisé d'instruire
une telle personne. Comme le dit Jésus, le vin nouveau ferait éclater les
outres, et le vin serait perdu. Au contraire, en choisissant le jeune Joseph
Smith, le Seigneur pouvait le former à sa guise, et ce serait vraiment du vin
nouveau dans une outre neuve, sans conflit avec ce qui est ancien. Nous
constatons par là que le Seigneur a sa manière à lui de procéder. Assurément
c'est là son droit divin :
Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit
l'Éternel.
Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont
élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. (És.
55:8, 9)
Il y a une autre raison pour laquelle il ne nous paraît pas illogique que le
Seigneur ait choisi un jeune garçon : Nous avons tous vécu en esprit avant de
naître dans la chair. Le Seigneur nous connaissait et connaissait la nature de
notre esprit et la mesure de notre intégrité. C'est pour cela qu'il choisit
Jésus-Christ « avant que le monde fût » pour être le Rédempteur du monde :
Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j'avais
auprès de toi avant que le monde fût. (Jean 17:5)
C'est la raison pour laquelle Jérémie fut appelé à être prophète des nations :
Avant que je t'eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et
avant que tu fusses sorti de son sein, je t'avais consacré, je t'avais établi
prophète des nations. (Jérémie 1:5)
Or Jérémie n'aurait pu être appelé et ordonné avant de naître s'il n'avait pas
existé. Nous reparlerons de ce sujet plus tard et nous apprendrons que Joseph
Smith fut lui aussi, choisi avant de naître, comme le fut Jérémie.
Ceci nous permet de comprendre aisément pourquoi il n'était pas possible de
découvrir l'Évangile éternel en lisant la Bible seulement : les vieilles outres
pleines de vin vieux ne pouvaient contenir le vin nouveau. Ce devait être un
jour si glorieux, celui où le Seigneur « accomplirait une oeuvre merveilleuse
parmi ce peuple, une oeuvre merveilleuse et un prodige » qu'il devait choisir
une personne exempte de toute exposition aux philosophies malsaines des hommes.
C'est pourquoi notre affirmation originelle est logique : Nous sommes la seule
Église chrétienne au monde dont l'organisation et le gouvernement n'aient pas dû
s'appuyer sur la Bible, si toutes les Bibles du monde avaient été détruites,
nous enseignerions encore les mêmes principes et administrerions les mêmes
ordonnances que Jésus et les prophètes ont introduits et enseignés. Il est vrai
que nous prenons la Bible pour prouver que ces principes et ces ordonnances sont
en accord avec les vérités divines de tous les temps, mais si nous n'avions pas
de Bible, nous aurions tout de même toutes les directives et tous les
renseignements nécessaires par les révélations que le Seigneur accorde à ses
serviteurs les prophètes en ces derniers jours.
CHAPITRE 6 : L'AVÉNEMENT
DU LIVRE DE MORMON
Au point où nous sommes arrivés, il nous paraît judicieux de laisser Joseph
Smith raconter lui-même ce qui se passa à partir du moment où le Père et le
Fils, Jésus-Christ, lui apparurent au printemps de 1820, jusqu'à celui où le
premier messager céleste lui fut envoyé avec de nouvelles instructions :
« Je savais
donc à quoi m'en tenir en ce qui concernait le monde des confessions : il
n'était pas de mon devoir de me joindre à l'une d'elles, mais de rester comme
j'étais, jusqu'à ce que je reçusse d'autres directives. J'avais découvert que le
témoignage de Jacques était vrai : que quelqu'un qui manquait de sagesse pouvait
la demander à Dieu et l'obtenir sans qu'il lui fût fait de reproche.
« Je
continuai à vaquer à mes occupations ordinaires dans la vie jusqu'au vingt et un
septembre 1823, subissant constamment de dures persécutions de la part de toutes
sortes de gens, religieux et irréligieux, parce que je continuais à affirmer que
j'avais eu une vision.
« Pendant
la période qui s'écoula entre le moment où j'eus la vision et l'année mil huit
cent vingt-trois - alors qu'il m'avait été défendu de me joindre à aucune des
confessions religieuses de l'époque et que j'étais très jeune et persécuté par
ceux qui auraient dû être mes amis et me traiter avec bonté et qui, s'ils
pensaient que je m'abusais, auraient dû essayer de me ramener d'une manière
convenable et affectueuse - je fus abandonné à toutes sortes de tentations ; et,
fréquentant toutes sortes de milieux, je tombai fréquemment dans beaucoup
d'erreurs insensées et manifestai les faiblesses de la jeunesse et les
imperfections de la nature humaine ; ce qui, j'ai le regret de le dire,
m'entraîna dans diverses tentations offensantes aux yeux de Dieu. Bien que je
fasse cette confession, il ne faut pas penser que je me rendis coupable d'avoir
péché gravement ou par méchanceté. Il n'a jamais été de ma nature d'être enclin
à commettre de tels péchés. Mais je fus coupable de légèreté et tins parfois
joyeuse compagnie, etc., ce qui ne convenait pas à la réputation que devait
entretenir quelqu'un qui avait été appelé de Dieu comme je l'avais été. Mais
cela ne paraîtra pas étrange à quiconque se rappelle ma jeunesse et connaît mon
tempérament naturellement jovial.
« À
la suite de ces choses, je me sentis souvent condamné à cause de ma faiblesse et
de mes imperfections, mais le soir du vingt et un septembre précité, après
m'être mis au lit pour la nuit, je commençai à prier et à supplier le Dieu
Tout-Puissant de me pardonner tous mes péchés et toutes mes sottises et aussi de
m'accorder une manifestation pour que je connusse mon état et ma situation
vis-à-vis de lui ; car j'avais la pleine assurance d'obtenir une manifestation
divine comme j'en avais eu une précédemment.
« Tandis
que j'étais ainsi occupé à invoquer Dieu, je m'aperçus qu'une lumière
apparaissait dans ma chambre ; elle s'accrut jusqu'à ce que la chambre fût plus
claire qu'à l'heure de midi, et, tout à coup, un personnage parut à mon chevet ;
il se tenait dans les airs, car ses pieds ne touchaient pas le sol.
« Il
était vêtu d'une tunique ample de la plus exquise blancheur, d'une blancheur qui
surpassait tout ce que j'avais jamais vu de terrestre, et je ne crois pas que
quelque chose de terrestre puisse être rendu aussi extraordinairement blanc et
brillant. Il avait les mains nues, les bras aussi, un peu au-dessus des
poignets ; il avait également les pieds nus et les jambes aussi, un peu
au-dessus des chevilles. La tête et le cou étaient nus également. Je pus
découvrir qu'il n'avait d'autre vêtement que cette tunique, celle-ci étant
ouverte, de sorte que je pouvais voir sa poitrine.
« Non
seulement sa tunique était extrêmement blanche, mais toute sa personne était
glorieuse au-delà de toute description, et son visage était véritablement comme
l'éclair. La chambre était extraordinairement claire, mais pas aussi brillante
que dans le voisinage immédiat de sa personne. D'abord je fus effrayé de le
voir, mais la crainte me quitta bientôt.
« Il
m'appela par mon nom et me dit qu'il était un messager envoyé de la présence de
Dieu vers moi et que son nom était Moroni ; que Dieu avait une œuvre à me faire
accomplir, et que mon nom serait connu en bien et en mal parmi toutes les
nations, familles et langues, ou qu'on en dirait du bien et du mal parmi tous
les peuples.
« Il
dit qu'il existait, déposé en lieu sûr, un livre écrit sur des plaques d'or,
donnant l'histoire des anciens habitants de ce continent et la source dont ils
étaient issus. Il dit aussi qu'il contenait la plénitude de l'Évangile éternel,
telle qu'elle avait été donnée par le Sauveur à ces anciens habitants.
« En
outre, que deux pierres contenues dans des arcs d'argent - et ces pierres,
fixées à un pectoral, constituaient ce qu'on appelle l'urim et le thummim -
étaient déposées avec les plaques ; que la possession et l'utilisation de ces
pierres étaient ce qui faisait les "voyants" dans les temps anciens ou passés ;
et que Dieu les avait préparées en vue de la traduction du livre.
« Après
m'avoir dit ces choses, il commença à citer les prophéties de l'Ancien
Testament. Il cita tout d'abord une partie du troisième chapitre de Malachie et
il cita aussi le quatrième ou dernier chapitre de cette même prophétie, avec,
toutefois, une légère variante de ce qui se trouve dans nos Bibles. Au lieu de
citer le premier verset tel qu'il apparaît dans nos livres, il le cita de cette
façon :
« Car
voici, le jour vient, ardent comme une fournaise. Tous les hautains et tous les
méchants seront comme du chaume ; car ceux qui viennent les brûleront, dit
l'Éternel des armées, et ils ne leur laisseront ni racine, ni rameau.
« Il
cita, en outre, le cinquième verset comme suit : Voici, je vous révélerai la
Prêtrise par la main d'Élie, le prophète, avant que le jour de l'Éternel arrive,
ce jour grand et redoutable.
« Il
cita aussi le verset suivant d'une manière différente : Et il implantera dans le
cœur des enfants les promesses faites aux pères, et le cœur des enfants se
tournera vers leurs pères ; s'il n'en était pas ainsi, la terre serait
entièrement dévastée à sa venue.
« En
plus de ceux-ci, il cita le onzième chapitre d'Ésaïe, disant qu'il était sur le
point de s'accomplir. Il cita aussi le troisième chapitre des Actes, les
vingt-deuxième et vingt-troisième versets, tels qu'ils se trouvent dans notre
Nouveau Testament. Il dit que ce prophète était le Christ, mais que le jour
n'était pas encore venu où « ceux qui ne voudraient pas entendre sa voix
seraient retranchés de parmi le peuple », mais qu'il viendrait bientôt.
« Il
cita aussi le troisième chapitre de Joël, du premier verset au cinquième. Il dit
aussi que cela n'était pas encore accompli, mais le serait bientôt. Il déclara,
en outre, que la totalité des païens allait bientôt entrer. Il cita beaucoup
d'autres passages d'Écriture et donna beaucoup d'explications qui ne peuvent
être mentionnées ici.
« Il
me dit encore que lorsque j'aurais reçu les plaques dont il avait parlé - car le
temps où je les obtiendrais n'était pas encore accompli - je ne devrais les
montrer à personne, pas plus que le pectoral avec l'urim et le thummim, sauf à
ceux à qui il me serait commandé de les montrer ; si je désobéissais, je serais
détruit. Tandis qu'il conversait avec moi au sujet des plaques, une vision
s'ouvrit à mon esprit, de sorte que je pus voir le lieu où les plaques étaient
déposées, et cela si clairement et si distinctement, que je le reconnus quand je
m'y rendis.
« Après
cette communication, je vis la lumière qui remplissait la chambre commencer à se
rassembler immédiatement autour de la personne de celui qui m'avait parlé et
elle continua à se rapprocher de lui jusqu'à ce que la chambre fût de nouveau
laissée dans l'obscurité, sauf juste autour de lui, et tout à coup je vis comme
un passage ouvert directement vers le ciel ; il y monta jusqu'à disparaître
entièrement, et la chambre fut de nouveau comme elle était avant que cette
lumière céleste eût fait son apparition.
« Je
méditais dans mon lit sur la singularité de cette scène, très étonné de ce que
m'avait dit cet extraordinaire messager, quand, au milieu de ma méditation, je
m'aperçus soudain que ma chambre recommençait à s'éclairer et, en un instant,
pour ainsi dire, le même messager céleste fut de nouveau à mon chevet.
« Il
se mit à me raconter exactement les mêmes choses que lors de sa première visite,
sans la moindre variation ; cela fait, il m'annonça que de grands jugements
venaient sur la terre, avec de grandes désolations par la famine, l'épée et la
peste ; et que ces jugements pénibles s'abattraient sur la terre dans cette
génération. Après avoir dit ces choses, il remonta comme auparavant.
« J'avais
maintenant l'esprit si profondément impressionné que le sommeil avait fui mes
yeux et que je restai couché, accablé d'étonnement de ce que j'avais vu et
entendu tout à la fois. Mais quelle ne fut pas ma surprise quand je vis de
nouveau le même messager à mon chevet et l'entendis de nouveau me répéter et me
redire les mêmes choses qu'avant ; et il ajouta un avertissement à mon
intention, disant que Satan essayerait de me tenter (à cause de l'indigence de
la famille de mon père) d'aller chercher les plaques dans le but de m'enrichir.
Il me le défendit, me disant que je ne devais avoir d'autre objet en vue, en
recevant ces plaques, que de glorifier Dieu, et ne devais me laisser influencer
par aucun autre motif que celui d'édifier son royaume, sinon je ne pourrais les
recevoir.
« Après
cette troisième visite, il remonta au ciel comme avant, me laissant de nouveau
réfléchir sur l'étrangeté de ce qui venait de m'arriver ; à ce moment, presque
aussitôt après que le messager céleste fut remonté pour la troisième fois, le
coq chanta, et je vis que le jour était proche, de sorte que nos entretiens
avaient dû remplir toute cette nuit-là.
« Peu après, je me levai de mon lit et me rendis comme d'habitude aux travaux nécessaires du jour ; mais en tentant de travailler comme les autres fois, je m'aperçus que mes forces étaient si épuisées que j'étais incapable de rien faire. Mon père, qui travaillait avec moi, vit que je n'étais pas bien et me dit de rentrer. Je me mis en route dans l'intention de me diriger vers la maison, mais comme j'essayais de passer la clôture du champ où nous étions, les forces me manquèrent tout à fait ; je tombai impuissant sur le sol et perdis un moment complètement conscience.
« La
première chose dont je me souviens, c'est d'une voix qui me parlait et
m'appelait par mon nom. Je levai les yeux et vis le même messager, debout
au-dessus de ma tête, entouré de lumière comme précédemment. Il me répéta alors
tout ce qu'il m'avait dit la nuit d'avant et me commanda d'aller trouver mon
père et de lui parler de la vision que j'avais eue et des commandements que
j'avais reçus.
« J'obéis ;
je retournai vers mon père dans le champ et lui répétai tout. Il me répondit que
cela venait de Dieu et me dit d'aller faire ce que le messager me commandait. Je
quittai le champ pour me rendre au lieu où le messager m'avait dit que les
plaques étaient déposées ; et grâce à la netteté de la vision que j'avais eue à
son sujet, je reconnus le lieu dès que j'y arrivai.
« Tout
près du village de Manchester, dans le comté d'Ontario (New York), se trouve une
colline de dimensions considérables, la plus élevée de toutes celles du
voisinage. Sur le côté ouest de cette colline, non loin du sommet, sous une
pierre de grande dimension, se trouvaient les plaques, déposées dans une boîte
de pierre. Cette pierre était épaisse et arrondie au milieu de la face
supérieure et plus mince vers les bords, de sorte que la partie du milieu en
était visible au-dessus du sol, tandis que les bords tout autour étaient
recouverts de terre.
« Ayant
enlevé la terre, je me procurai un levier que je glissai sous le bord de la
pierre et, d'un petit effort, je la soulevai. Je regardai à l'intérieur et j'y
vis, en effet, les plaques, l'urim et le thummim, et le pectoral, comme le
messager l'avait déclaré. On avait formé la boîte qui les renfermait en
assemblant des pierres dans une sorte de ciment. Au fond de la boîte, deux
pierres étaient posées perpendiculairement aux côtés de la boîte, et sur ces
pierres étaient les plaques et les autres objets.
« Je
fis une tentative pour les sortir, mais le messager me le défendit et m'informa
de nouveau que le moment de les faire paraître n'était pas encore arrivé ni ne
le serait avant quatre années à partir de ce jour-là ; mais il me dit de revenir
à cet endroit dans un an exactement, en comptant à partir de ce jour, qu'il m'y
rencontrerait, et de continuer ainsi jusqu'à ce que fût venu le moment d'obtenir
les plaques.
« En
conséquence, comme cela m'avait été commandé, j'y allai à la fin de chaque
année, j'y trouvai chaque fois le même messager et je reçus, à chacun de nos
entretiens, des instructions et des informations sur ce que le Seigneur allait
faire et sur la manière dont son royaume devait être dirigé dans les derniers
jours. »
(Joseph
Smith, Histoire, 26-54)
Le professeur Anthon accomplit la prophétie d'Ésaïe
Comme le disait ce commentateur de la radio dont nous avons parlé au chapitre 1,
une histoire telle que celle de Moroni, prophète de Dieu qui vécut sur terre
vers 400 après J.-C. et qui revint sur terre porteur d'un message de Dieu,
constituerait le plus grand message qu'il soit possible de diffuser au monde.
On a dit que si les plaques dont fut traduit le Livre de Mormon avaient été
trouvées par un laboureur dans son champ et données à une université pour être
traduites, on aurait considéré cela comme le plus grand événement du
dix-neuvième siècle. Mais comme on peut s'y attendre, les hommes répugnent à
accepter ce qui tient du miracle ou que l'on annonce être de source divine.
C'est ce qui ressort du fait rapporté plus haut par le prophète Joseph Smith, à
savoir la visite de Martin Harris au professeur Charles Anthon de New York,
visite au cours de laquelle Martin Harris lui présenta un fac-similé des
caractères qui se trouvaient sur les plaques d'or.
Lorsque le professeur Anthon dit : « Je ne puis lire un livre scellé », il ne se
rendait pas compte qu'il accomplissait littéralement la prophétie d'Ésaïe :
Toute la révélation est pour vous comme les mots d'un livre cacheté que l'on
donne à un homme qui sait lire, en disant : Lis donc cela ! et qui répond : Je
ne le puis car il est cacheté. (Es. 29:11)
Prédiction de Moroni concernant Joseph Smith
Une des déclarations les plus importantes de l'ange Moroni à Joseph Smith fut
celle-ci :
Il m'appela par mon nom et me dit qu'il était un messager envoyé d'auprès de
Dieu vers moi et que son nom était Moroni ; que Dieu avait une oeuvre à me faire
accomplir et que mon nom serait connu en bien ou en mal parmi toutes les
nations, familles et langues, ou qu'on en dirait du bien et du mal parmi tous
les peuples (P. de G. P. .Jos. Smith 2:33).
Cette déclaration remarquable fut faite par l'ange Moroni le 21 septembre 1823,
alors que Joseph Smith n'avait pas encore dix-huit ans, et six ans et demi avant
que l'Église ne fût organisée. Qui, sinon un messager venant de la présence du
Seigneur, oserait de nos jours dire une chose pareille à propos d'un jeune homme
âgé de dix-huit ans ? On pourrait se permettre d'affirmer, avec une chance
raisonnable de tomber juste, qu'un jeune homme qui a fait de brillantes études,
est destiné à devenir un personnage éminent parmi ses semblables, mais dire de
ce jeune homme qui avait à peine mis les pieds à l'école, que « son nom serait
connu en bien ou en mal parmi toutes les nations, races et langues et qu'on en
dirait du bien et du mal parmi tous les peuples », cela ne pouvait être le fait
que de quelqu'un qui comprenait les intentions du Tout-Puissant à l'égard de la
mission divine de Joseph Smith. Les missionnaires de l'Église comprennent
jusqu'à quel point la prédiction de Moroni s'est accomplie. Ils ont visité
toutes les nations pour leur apporter le message de l'Évangile rétabli et, comme
le prophète Joseph Smith, ils ont été persécutés, dénigrés, emprisonnés et
certains ont été mis à mort pour avoir rendu témoignage que Joseph Smith était
un prophète envoyé de Dieu. Tandis que des foules vilipendaient le prophète et
le traitaient d'imposteur et de faux prophète, les humbles et les doux de la
terre qui ont entendu et accepté J'appel des missionnaires se sont rassemblés et
ont adoré le Seigneur, ainsi qu'il l'avait révélé au prophète Joseph Smith.
C'est avec joie et action de grâces qu'ils ont chanté le cantique :
Gloire à celui qui a vu Dieu le Père
Et que Jésus a choisi pour voyant,
En cette dispensation dernière,
Il est béni du fidèle croyant.
W. W. Phelps (Cantiques, n° 16)
L'histoire a enregistré l'accomplissement total de cette prédiction de Moroni
concernant la vie de Joseph Smith, car celui-ci fut à maintes reprises
emprisonné et traîné devant les tribunaux sur la base d'accusations forgées de
toutes pièces, principalement à l'instigation d'ecclésiastiques. Mais dans aucun
de ces cas il ne fut trouvé coupable de ce qu'on lui reprochait, au point qu'on
attribue à ses ennemis cette déclaration : « Si la loi ne l'atteint pas, la
poudre et les balles le feront » (D.H.C. vol. 6, p. 594). En conséquence, Joseph
Smith et son frère Hyrum furent abattus le 17 juin 1844 par une vile populace à
la prison de Carthage en Illinois.
D'aucuns pensaient que cela mettrait fin à l’œuvre du prophète Joseph Smith,
établie selon la révélation divine, mais les oeuvres d'un prophète ne se
laissent pas arrêter si aisément :
Tous les prophètes qui ont parlé sur terre ont été insultés et on continuera
d'insulter ceux qui viendront encore. Nous pouvons reconnaître les prophètes à
ce que, souillés de boue et couverts de honte, ils passent parmi les hommes, le
visage brillant, en exprimant les pensées de leur cœur. Aucune boue ne peut
fermer la bouche de celui qui doit parler. Même si le prophète obstiné est mis à
mort, on ne peut le réduire au silence. Sa voix, répercutée par les échos de sa
mort, sera entendue dans toutes les langues et à travers les siècles (Giovani
Papini, Life of Christ [Vie du Christ], Harcourt Brace and Cy, Inc., New York p.
93).
La voix du prophète Joseph Smith a continué à se faire entendre au point que ses
disciples d'aujourd'hui sont au nombre de plusieurs millions, non compris ceux
qui sont morts ni ceux qui ont cru en son message, mais n'ont pas eu le courage
de l'accepter à cause de l'attitude hostile de leurs parents et de leurs amis,
et du public en général envers l’Église qu'il a établie selon les révélations du
Seigneur.
Les prophètes du Livre de Mormon ont reçu le commandement de tenir des
annales
Les aspects les plus importants de la visite de Moroni et de son message à
Joseph Smith avaient pour but :
1) de lui faire connaître l'existence des plaques d'or renfermant l'histoire des
anciens habitants de l'Amérique ;
2) de révéler les paroles et les enseignements des prophètes qui vivaient parmi
eux ;
3) de proclamer la destinée future des survivants de ce peuple (les indiens
américains ou Lamanites) ;
4) de déclarer que l'Amérique est « une terre préférable à toutes les autres
terres » (cf. 1 Néphi 2:20) et que c'est sur elle que sera établie la
Nouvelle Jérusalem, comme l'ont promis les prophètes.
Nous apprenons que les prophètes qui vivaient parmi
les habitants de l'Amérique reçurent du Seigneur le commandement de tenir des
annales que le prophète Mormon, père de Moroni, fit de toutes ces annales un
abrégé à partir duquel fut traduit le Livre de Mormon. Le livre porte le nom du
grand prophète, Mormon.
Voici l'introduction que Moroni rédigea pour cet abrégé et qui se trouve à la
première page du Livre de Mormon :
Ce livre est donc un abrégé des annales du peuple de Néphi et aussi des
Lamanites- Écrit à l'intention des Lamanites, qui sont un reste de la maison
d'Israël, et aussi à l'intention des Juifs et des Gentils - Écrit par
commandement et aussi par J'esprit de prophétie et de révélation - Écrit, scellé
et caché dans le Seigneur afin qu'il ne soit pas détruit -Pour reparaître par le
don et le pouvoir de Dieu, pour être interprété - Scellé de la main de Moroni et
caché dans le Seigneur pour reparaître en temps voulu, par le ministère des
Gentils -L'interprétation de ce livre par le don de Dieu.
Il comprend aussi un abrégé du livre d'Ether, qui contient les annales du peuple
de Jared, lequel fut dispersé à l'époque où le Seigneur confondit la langue des
hommes, alors que ceux-ci bâtissaient une tour pour atteindre le ciel. Le but de
ce livre est de montrer au reste de la maison d’Israël les grandes choses que le
Seigneur a faites en faveur de ses pères, et de lui faire connaître les
alliances du Seigneur et de lui faire savoir qu'il n'est pas rejeté à tout
jamais ; et aussi convaincre le Juif et le Gentil que Jésus est le Christ, le
Dieu Éternel, qui se manifeste à toutes les nations - Et maintenant, s'il
contient des fautes, ce sont celles des hommes ; c'est pourquoi ne condamnez pas
les choses de Dieu, afin que vous soyez trouvés sans tache devant le siège du
jugement de Christ.
Nous retiendrons de ceci qu'un des buts principaux dans lesquels ces annales ont
été conservées est de « convaincre le Juif et le Gentil que Jésus est le Christ,
le Dieu Éternel, qui se manifeste à toutes les nations ».
Le Livre de Mormon, nouveau témoin du Christ
Il est de notoriété publique que de moins en moins d'ecclésiastiques et de laïcs
croient que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde. Déjà en
1934, l'École de Pédagogie de l'Université du Nord-Ouest à Chicago fit parvenir
à cinq cents pasteurs protestants un questionnaire qui révéla beaucoup de
changements dans les croyances religieuses. Sur ce nombre, vingt-six pour cent
étaient opposés à la divinité de Jésus (The Deseret News, 8 février 1934). Si
tel est le résultat chez les pasteurs, que peut-on attendre des laïcs ? Cette
situation semblerait montrer que c'est grande sagesse de la part de Dieu de
fournir un nouveau témoin de la mission divine de son Fils, de ce qu'il était
vraiment « le Christ, le Dieu Éternel, qui se manifeste à toutes les nations ».
Tel est le témoignage du Livre de Mormon. Le Seigneur n'a pas voulu que le
témoignage de Joseph Smith concernant les plaques dont le livre a été traduit et
la traduction inspirée qui en fut faite, reste isolé, car, comme l'a déclaré
l'apôtre Paul :
Toute affaire se réglera sur la déclaration de deux ou trois témoins. (2 Cor.
13:1)
Témoignage des trois témoins
Lisez le témoignage inspiré des trois témoins du Livre de Mormon :
Qu'il soit connu de toutes les nations, familles, langues et peuples, à qui
cette oeuvre parviendra, que nous avons vu, par la grâce de Dieu le Père et de
notre Seigneur Jésus-Christ, les plaques contenant ces annales qui sont
l'histoire du peuple de Néphi et des Lamanites, leurs frères, et du peuple de
Jared, venu de la Tour dont il a parlé. Nous savons aussi que ces annales ont
été traduites par le don et le pouvoir de Dieu, car sa voix nous l'a déclaré ;
c'est pourquoi nous savons, avec certitude, que cette oeuvre est vraie. Et nous
témoignons aussi avoir vu les caractères gravés qui sont sur les plaques ; et
qu'ils nous ont été montrés par le pouvoir de Dieu et non par celui de l'homme.
Et nous déclarons en toute sincérité qu'un ange de Dieu vint du ciel, et qu'il
apporta et plaça les plaques devant nos yeux, de sorte que nous pûmes les
regarder et les voir, ainsi que les caractères qui y étaient gravés. Et nous
savons que c'est par la grâce de Dieu, le Père, et de notre Seigneur
Jésus-Christ, que nous vîmes, et que nous rendons témoignage que ces choses sont
vraies. Et c'est un miracle à nos yeux. Néanmoins, la voix du Seigneur nous a
ordonné d'en rendre témoignage ; c'est pourquoi, voulant obéir aux commandements
de Dieu, nous rendons témoignage de ces choses. Et nous savons que si nous
sommes fidèles au Christ, nous laverons nos vêtements du sang de tous les
hommes, et nous serons trouvés sans tache devant le siège du jugement du
Christ ; et nous demeurerons éternellement avec lui dans les cieux. Et gloire en
soit au Père, au Fils et au Saint-Esprit, qui sont un Dieu. Amen.
Oliver Cowdery
David Whitmer
Martin Harris
Chacun de ces trois témoins a quitté cette vie pour recevoir sa récompense,
avec, sur les lèvres, la confirmation de la véracité de son témoignage. Pourquoi
le monde douterait-il ? Le témoignage de trois hommes comme ceux-là condamnerait
n'importe qui dans les tribunaux, et le témoignage de ces hommes restera pour
confondre ceux qui l'ont entendu et qui ont refusé d'accepter la vérité.
Promesse du Seigneur concernant le Livre de Mormon
Nous ne devons pas négliger la promesse que renferme le dernier chapitre du
Livre de Mormon :
Et quand vous recevrez ces choses, je vous exhorte à demander à Dieu, le Père
éternel, au nom du Christ, si ces choses ne sont pas vraies ; et si vous le
demandez avec un cœur sincère et avec une intention réelle, ayant foi au Christ,
il vous en manifestera la vérité par le pouvoir du Saint-Esprit. (Moroni 10:4)
Des millions de personnes ont mis cette promesse à l'épreuve et ont constaté
qu'elle se réalisait véritablement. Dieu seul pouvait faire une telle promesse
et la tenir.
CHAPITRE 7 : LE LIVRE DE
MORMON ACCOMPLIT LES PROPHÉTIES BIBLIQUES
Quand les plaques que l'ange Moroni avait remises à Joseph Smith eurent été
traduites et publiées sous le titre de Livre de Mormon, leur diffusion rencontra
une grande opposition, surtout de la part des pasteurs d'alors qui
recommandèrent à leurs fidèles de ne pas les lire. Ceci, en soi nous semble
plutôt absurde, car, si c'était là une oeuvre humaine, comme ils le
prétendaient, ils auraient pu conseiller à leurs fidèles de lire l'ouvrage pour
constater par eux-mêmes qu'il s'agissait d'un faux. On leur avait dit que le
canon des Écritures était complet ; que nous n'aurions jamais rien de plus que
ce qui est contenu dans la Bible. On citait souvent :
Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre : Si
quelqu'un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce
livre ; et si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre de cette
prophétie, Dieu retranchera sa part de l'arbre de la vie et de la ville sainte,
décrits dans ce livre. (Apoc. 22:18, 19)
À première lecture, on pourrait avoir des raisons de croire que l'apôtre Jean
voulait dire qu'aucune autre Écriture ne serait ajoutée à la Bible, surtout si
l'on tient compte du fait que ce passage se trouve dans le dernier chapitre de
la Bible telle que nous la connaissons. Cependant il est aisé de comprendre que
cette interprétation est erronée lorsque l'on apprend que, selon les exégètes
bibliques : 1) cette révélation fut écrite quelque part entre 64 et 96 ap.
J.-C. ; 2) Jean lui-même écrivit son évangile (l'évangile selon Jean) à Éphèse à
une date beaucoup plus tardive ; 3) à cette époque, les livres de la Bible
n'étaient pas encore réunis sous la forme où nous les avons maintenant. Nous
devons donc comprendre que Jean mettait en garde contre le fait d'ajouter
quelque chose aux révélations qu'il avait reçues et transcrites pendant son exil
sur l'île de Patmos, ou d'en retirer quelque chose. Mais cela n'empêche
toutefois pas le Seigneur d'ajouter des révélations à celles qu'il a déjà
données.
Si nous nous reportons aux paroles de Moïse, nous obtenons la preuve que toute
autre conclusion est insoutenable, sinon nous serions obligés de rejeter tous
les livres de la Bible à partir du Deutéronome :
Vous n'ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n'en retrancherez
rien ; mais vous observerez les commandements de l'Éternel, votre Dieu, tels que
je vous les prescris. (Deut. 4:2)
Vous observerez et vous mettrez en pratique toutes les choses que je vous
ordonne ; vous n'y ajouterez rien, et vous n'en retrancherez rien. (Deut.
12:32)
Prophéties concernant d'autres Écritures
Le Seigneur savait que Satan suggérerait aux enfants des hommes de refuser
d'accepter ce nouveau livre d'Écritures, le Livre de Mormon, et le déclara
lui-même par l'intermédiaire du prophète Néphi :
Mais voici, il y en aura beaucoup - au jour où je me mettrai à faire une oeuvre
merveilleuse parmi eux, afin de me rappeler mes alliances avec les enfants des
hommes, afin d'étendre la main une seconde fois pour recouvrer mon peuple, qui
est la maison d'Israël ;
Afin de me souvenir des promesses que j'ai faites à toi, Néphi, et à ton père,
que je me souviendrai de votre postérité, et afin que les paroles de votre
postérité parviennent par ma bouche à votre postérité, le jour où mes paroles
siffleront jusqu'aux bouts de la terre, comme étendard pour mon peuple, qui est
de la maison d'Israël ; Et parce que mes paroles siffleront -beaucoup de Gentils
diront : Une Bible ! Une Bible ! nous avons une Bible, et il ne peut y avoir
d'autre Bible.
Mais ainsi dit le Seigneur Dieu : Insensés ! Ils auront une Bible et elle
proviendra des Juifs, le peuple ancien de mon alliance. Et quels remerciements
donnent-ils aux Juifs pour la Bible qu'ils ont reçue d'eux ? Oui, que prétendent
les Gentils par là ? Se souviennent-ils des pérégrinations, des travaux, des
afflictions des Juifs et de leur diligence envers moi, à apporter le salut aux
Gentils ?
Ô, Gentils, vous êtes-vous souvenus des Juifs, le peuple ancien de mon
alliance ? Non ; vous les avez maudits ; vous les avez haïs, et vous n'avez pas
songé à les recouvrer. Mais je ferai retomber toutes ces choses sur votre propre
tête ; car moi, le Seigneur, je n'ai point oublié mon peuple.
Insensé, qui diras : Une Bible ! nous avons une Bible, et nous n'avons que faire
d'une autre Bible. Comment avez-vous obtenu une Bible, si ce n'est par les
Juifs ?
Ne savez-vous pas qu'il y a plus d'une nation ? Ne savez-vous pas que moi, le
Seigneur votre Dieu, j'ai créé tous les hommes, et que je me souviens de ceux
qui sont sur les îles de la mer ; et que je domine en haut dans les cieux, aussi
bien qu'en bas sur la terre ; et que je répands ma parole aux enfants des
hommes, oui à toutes les nations de la terre ?
Pourquoi murmurez-vous parce que vous allez recevoir davantage de ma parole ? Ne
savez-vous point que le témoignage de deux nations vous est donné comme preuve
que je suis Dieu, et que je me souviens d'une nation autant que d'une autre ?
C'est pourquoi, ce que je dis à l'une, je le dis à l'autre. Et quand les deux
nations se réuniront, le témoignage des deux nations se réunira aussi.
Et je fais ceci pour prouver à beaucoup que je suis le même hier, aujourd'hui et
à jamais, et que j'envoie mes paroles selon mon propre plaisir. Et parce que
j'ai dit une parole, vous ne devez pas supposer que je ne puisse en dire une
autre car mon oeuvre n'est point encore finie ; et elle ne le sera pas avant la
fin de l'homme, ni après cette époque-là, ni jamais.
C'est pourquoi, parce que vous avez une Bible, vous ne devez point supposer
qu'elle contient toutes mes paroles ; et vous ne devez point supposer non plus
que je n'en aie point fait écrire davantage.
Car je commande à tous les hommes, à l'est, à l'ouest, au nord et au sud, et
dans les îles de la mer d'écrire les paroles que je leur dis ; car, d'après les
livres qui seront écrits, je jugerai le monde, chacun selon ses oeuvres, suivant
ce qui est écrit.
Car voici, je parlerai aux Juifs et ils l'écriront ; et je parlerai aussi aux
Néphites, et ils l'écriront-, Je parlerai aussi aux autres tribus de la maison
d'Israël, que j'ai emmenées au loin, et elles l'écriront ; et je parlerai aussi
à toutes les nations de la terre, et elles l'écriront.
Et il arrivera que les Juifs auront les paroles des Néphites, et que les
Néphites auront les paroles des Juifs ; et les Néphites et les Juifs auront les
paroles des tribus perdues d'Israël ; et les tribus perdues d'Israël auront les
paroles des Néphites et des Juifs. Et il arrivera que mon peuple, qui est de la
maison,.d'Israël, sera rassemblé sur les terres de sa possession ; et ma parole
aussi sera recueillie en une seule parole. Et je montrerai à ceux qui luttent
contre ma parole et contre mon peuple, qui est de la maison d'Israël, que je
suis Dieu, et que j'ai fait alliance avec Abraham de me souvenir à jamais de sa
postérité. (2Néphi 29)
Cette révélation nous autorise à croire qu'il y a d'autres Écritures que celles
qui se trouvent dans la Bible et dans le Livre de Mormon. Jésus nous éclaire
davantage sur ce point :
J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il
faut que je les amène ; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau,
un seul berger. (Jean 10:16)
L'auteur d'une vie du Christ a déclaré qu'il ne trouvait aucune justification à
ce passage d'Écriture, puisqu'il ne connaissait pas d'autres brebis que celles
qui avaient reçu le ministère de Jésus. Certains ont expliqué qu'il devait
s'agir des Gentils, mais Jésus a dit : « ...Je n'ai été envoyé qu'aux brebis
perdues de la maison d'Israël » (Matt. 15:24).
Jésus a visité ses autres brebis
Il faut noter que, bien qu'il leur envoya ses apôtres après sa crucifixion,
Jésus n'exerça pas son ministère auprès des Gentils. Ceci, en ce qui concerne la
Bible, laisse sans réponse la question : Qui étaient les autres brebis qu'il
avait promis de visiter ? Pour le savoir, nous devons porter nos regards vers le
rétablissement de l'Évangile et l'apparition du Livre de Mormon.
Après avoir été crucifié et être remonté vers son Père, Jésus visita ses
« autres brebis » d'Amérique, les Néphites ; il y choisit douze disciples et
organisa son Église comme il l'avait fait parmi les juifs. Le récit détaillé
nous en est fait dans 3 Néphi du Livre de Mormon, que nous citons comme suit :
Quand il eut dit ces mots, Jésus dit aux douze qu'il avait choisis :
Vous êtes mes disciples ; et vous êtes une lumière pour ce peuple, qui est un
reste de la maison de Joseph.
Et voici, ce pays est la terre de votre héritage, et le Père vous l'a donné. Et
jamais le Père ne m'a commandé de le dire à vos frères à Jérusalem. Et jamais le
Père ne m'a commandé de leur parler des autres tribus de la maison d'Israël, que
le Père a emmenées hors du pays.
Le Père ne m'a commandé de leur dire que ceci :
J'ai d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là il faut aussi
que je les amène, et elles entendront ma voix ; et il y aura un seul troupeau,
un seul berger. Or, à cause de leur obstination et de leur incrédulité, ils ne
comprirent pas ma parole ; c'est pourquoi le Père me commanda de ne rien leur
dire de plus concernant cette chose.
Mais en vérité, je vous dis que le Père m'a commandé de vous dire que vous avez
été séparés d'eux à cause de leur iniquité ; c'est pourquoi, c'est à cause de
leur iniquité qu'ils n'ont aucune connaissance de vous.
Et en vérité, je vous le dis encore que le Père a séparé d'eux les autres
tribus ; et c'est à cause de leur iniquité qu'ils n'ont aucune connaissance
d'elles.
Et en vérité, je vous le dis, vous êtes ceux de qui j'ai dit : J'ai d'autres
brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il faut aussi que je les
amène, et elles entendront ma voix ; et il y aura un seul troupeau, un seul
berger.
Et ils ne m'ont point compris, car ils supposaient que c'étaient les Gentils ;
car ils ne comprennent pas que les Gentils seraient convertis par leurs
prédications.
Et ils ne m'ont pas compris quand je leur disais : Elles entendront ma voix ; et
ils n'ont pas compris que les Gentils n'entendraient en aucun temps ma voix -
que je ne me manifesterais pas à eux, si ce n'est par le Saint-Esprit.
Mais voici, vous avez entendu ma voix et vous m'avez vu ; et vous êtes mes
brebis, et vous êtes comptés parmi ceux que le Père m'a donnés. (3 Néphi
15:11-24)
Ceci nous apprend qui étaient les autres brebis au sujet desquelles Jésus
annonça à ses disciples de Jérusalem qu'il avait l'intention de les visiter,
cela nous apprend aussi qu'ils étaient un reste de la maison de Joseph. Jésus
poursuit en expliquant qu'il a encore d'autres brebis, « qui ne sont pas de ce
pays, ni du pays de Jérusalem » (3 Néphi 16:1) et qu'il doit les visiter. Comme
nous ne savons pas encore qui elles sont ni où elles se trouvent, nous allons
maintenant nous occuper du reste de la maison de Joseph et nous verrons ce que
la Bible peut nous apprendre de cette branche de la maison d'Israël.
La maison de Juda et la maison de Joseph
Si nous étudions les promesses faites par le Seigneur à Abraham, à Isaac et à
Jacob (Israël) et à ses douze fils, que nous considérons comme les chefs des
douze tribus de la maison d'Israël ; nous verrons clairement que les promesses
les plus importantes furent faites à Juda et à Joseph. Beaucoup ont une idée
inexacte de ce que désigne le nom « Israël ». Beaucoup pensent, même à l'heure
actuelle, qu'il désigne les Juifs ou la maison de Juda, oubliant que Juda
n'était qu'un des douze fils d'Israël. Ruben était le fils aîné, mais à cause de
sa transgression, son droit d'aînesse lui fut retiré et donné aux fils de
Joseph :
Fils de Ruben, premier-né d'Israël. - Car il était le premier-né mais, parce
qu'il souilla la couche de son père, son droit d'aînesse fut donné aux fils de
Joseph, fils d'Israël ; toutefois, Joseph ne dut pas être enregistré dans les
généalogies comme premier-né. Juda fut, à la vérité, puissant parmi ses frères,
et de lui est issu un prince ; mais le droit d'aînesse est à Joseph. (1
Chron. 5:1, 2)
À propos de l'importance et de la situation respective de Juda et de Joseph, Paul
dit :
Car il est notoire que notre Seigneur est sorti de Juda, tribu dont Moïse n'a
rien dit pour ce qui concerne le sacerdoce. (Héb. 7:14)
Quand on comprend ces promesses et ces bénédictions, il devient clair que les
bénédictions de Joseph, qui reçut le droit d'aînesse, lui donnaient la
préférence sur tous les fils d'Israël, y compris Juda. C'est probablement à
cause du fait que Juda et ses descendants, les Juifs, se sont serré les coudes,
qu'ils en sont arrivés à être considérés comme les seuls Israélites. À une
époque plus reculée, Israël s'était divisé : Juda constituant le plus petit
groupe, tandis que le plus grand était appelé « Israël » :
Joab remit au roi le rôle du dénombrement du peuple : il y avait en Israël huit
cent mille hommes de guerre tirant l'épée, et en Juda cinq cent mille hommes. (2 Sam.
24:9)
Et l'Éternel dit : J'ôterai aussi Juda de devant ma face comme j'ai ôté Israël,
et je rejetterai cette ville de Jérusalem que j'avais choisie, et la maison de
laquelle j'avais dit : Là sera mon nom (2 Rois 23:27).
Sous Éphraïm, Israël fut emmené vers le nord à l'époque où le royaume d'Israël
fut renversé par les Assyriens, vers 721 avant J.-C. et ne revint jamais. Il fut
dispersé parmi les nations :
Je ne détruirai pas entièrement la maison de Jacob, dit l'Éternel.
Car voici, je donnerai mes ordres, et je secouerai la maison d'Israël parmi
toutes les nations, comme on secoue avec le crible, sans qu'il tombe à terre un
seul grain. (Amos 9:8, 9)
Amos promit ensuite qu'après avoir été passé au crible, il serait à nouveau
rassemblé (voir Amos 9:14, 15). Dans une étude ultérieure nous étudierons le
rassemblement d'Israël dans les derniers jours tel qu'il a été promis par les
prophètes.
Moïse a béni Joseph
Examinons maintenant plus en détail les promesses faites à Joseph et à sa
postérité. Nous allons voir non seulement que leurs promesses furent plus
grandes que celles faites à Juda, mais aussi que Joseph et Juda devaient être
séparés en deux grands groupes, comme nous l'avons déjà observé. Après le
passage d'Israël au crible, Joseph devait recevoir un nouveau pays, séparé et
distinct de la terre promise occupée principalement par Juda.
Moïse « bénit les enfants d'Israël avant sa mort » (voir Deut. 33). Nous
renvoyons le lecteur au récit de ces bénédictions et lui conseillons de le lire
soigneusement en notant particulièrement la portée et la signification de la
bénédiction de Joseph comparée à celles de ses frères. Étudions spécialement la
bénédiction donnée à Joseph :
Sur Joseph il dit : Son pays recevra de l'Éternel, en signe de bénédiction, le
meilleur don du ciel, la rosée, les meilleures eaux qui sont en bas, Les
meilleurs fruits du soleil, les meilleurs fruits de chaque mois, Les meilleurs
produits des antiques montagnes, les meilleurs produits des collines éternelles,
Les meilleurs produits de la terre et de ce qu'elle renferme. Que la grâce de
celui qui apparut dans le buisson vienne sur la tête de Joseph, sur le sommet de
la tête de celui qui fut séparé de ses frères. Sa gloire est comme le premier-né
de son taureau ; ses cornes sont les cornes du buffle ; avec elles il
rassemblera les peuples, aux confins de la terre : et ce sont les myriades
d’Éphraïm, ce sont les milliers de Manassé. (Deut. 33:17, selon la version du roi
Jacques ; la version Segond dit : « Sur le sommet de la tête du prince de ses
frères ! De son taureau premier-né il a la majesté ; ses cornes sont les cornes
du buffle ; avec elles il frappera tous les peuples, jusqu'aux extrémités de la
terre ; elles sont les myriades, d'Éphraïm, elles sont les milliers de Manassé » ndt)
Quand le patriarche Moïse donna cette bénédiction, il est clair qu'il pensait
d'abord au nouveau pays qui serait donné à Joseph et qui recevrait d'abondantes
bénédictions du Seigneur de telle sorte qu'il donnerait les meilleurs fruits et
les meilleurs produits des antiques montagnes et des collines éternelles.
Quand les descendants de Joseph furent conduits en Amérique vers 600 av. J.-C.,
il leur fut dit que ce serait une terre préférable à toutes les autres terres.
Si on lit la bénédiction que Moïse donna à Joseph, on voit que Moïse le
pressentait et qu'il essaya de le décrire. Il ajouta que ce serait dans « les
antiques montagnes » et « les collines éternelles ». Le pays où ils furent
emmenés se situe dans la partie occidentale de l'Amérique du Sud, de l'Amérique
Centrale et de l'Amérique du Nord, dans les Montagnes Rocheuses, et cela
correspond exactement à la description de Moïse.
Moïse déclara encore que la grâce de celui qui apparut dans le buisson ardent
(il s'agit du Dieu d'Israël qui apparut dans le buisson ardent : voir Exode 3:2)
serait sur Joseph, qui fut séparé de ses frères. Il dit ensuite que sa gloire
était comme le « premier-né de son taure au », c'est-à-dire premier-né ou
héritier de son père, et nous avons déjà montré comment Joseph devint l'héritier
du droit d'aînesse. Moïse voyait plus loin : il voyait la puissance et
l'autorité qui seraient données à la postérité de Joseph et ajouta : « ... il
rassemblera les peuples aux confins de la terre : et ce sont les myriades
d'Éphraïm, ce sont les milliers de Manassé » (voir Deut. 33:17). Ceci semble
annoncer l'établissement du royaume de Dieu sur la terre dans les derniers
jours, ce que nous avions fait ressortir plus haut, et le rassemblement
d'Israël, dont nous parlerons plus loin.
Jacob (Israël) a béni Joseph
Jacob, le grand patriarche, fit venir ses enfants auprès de lui et les bénit
juste avant de mourir :
Jacob appela ses fils, et dit : Assemblez-vous et je vous annoncerai ce qui vous
arrivera dans les derniers jours (selon la version du roi Jacques ; Segond dit :
« dans la suite des temps », ndt).
Rassemblez-vous, et écoutez, fils de Jacob ! Écoutez Israël, votre père ! »
(Gen. 49:1, 2)
Nous invitons le lecteur à étudier le chapitre 49 de la Genèse en entier, en
prêtant attention à la grande différence entre les bénédictions respectives.
Examinons maintenant avec soin la bénédiction spéciale que Joseph reçut de son
père :
Joseph est le rejeton d'un arbre fertile, le rejeton d'un arbre fertile près
d'une source ; les branches s'élèvent au-dessus de la muraille. Ils l'ont
provoqué, ils ont lancé des traits ; les archers l'ont poursuivi de leur haine.
Mais son arc est demeuré ferme, et ses mains ont été fortifiées par les mains du
Puissant de Jacob : il est ainsi devenu le berger, le rocher d'Israël. C'est
l’œuvre du Dieu de ton père, qui t'aidera ; c'est l’œuvre du Tout-Puissant, qui
te bénira des bénédictions des cieux en haut, des bénédictions des eaux en bas,
des bénédictions des mamelles et du sein maternel. Les bénédictions de ton père
s'élèvent au-dessus des bénédictions de mes pères jusqu'à la cime des collines
éternelles ; qu'elles soient sur la tête de Joseph, sur le sommet de la tête de
celui qui fut séparé de ses frères. (Gen. 49:22-26 ; Segond : « ...sur le
sommet de la tête du prince de ses frères », ndt)
Cette bénédiction est semblable à celle donnée par Moïse, et débute par une
allusion au pays où se rendrait la postérité de Joseph : « Un arbre fertile près
d'une source ; les branches s'élèvent au-dessus de la muraille. » Il nous paraît
logique de penser que l'océan était considéré comme la muraille au-dessus de
laquelle les branches de Joseph s'élèveraient « jusqu'à la cime des collines
éternelles. » Jacob annonça ensuite que Joseph recevrait les « bénédictions des
cieux en haut... [les] bénédictions des mamelles et du sein maternel », ce qui
veut dire que sa postérité serait grande et que ses bénédictions surpasseraient
les bénédictions de ses pères.
Signification du songe de Joseph
Ajoutez à ces deux bénédictions le songe de Joseph, où il vit les gerbes de ses
frères se prosterner devant sa gerbe. Puis il rêva que le soleil, la lune et
onze étoiles se prosternaient devant lui (voir Gen. 37:5-10 ; 44:14).
Posez-vous maintenant les questions que voici :
1. La Bible rapporte-t-elle qu'un autre homme ait reçu des promesses égales à
celles-ci, à part la promesse que le Christ viendrait au monde par les reins de
Juda ?
2. La Bible rapporte-t-elle l'accomplissement de ces promesses ? Dans
l'affirmative, où ?
3. On s'accorde généralement à reconnaître que la Bible est le livre des Juifs,
mais où est le livre de Joseph et de sa postérité ?
4. Est-il raisonnable de supposer que Dieu ferait de plus grandes promesses à
Joseph et à sa postérité qu'à aucun autre des onze fils de Jacob (Israël) et à
sa postérité, et qu'ensuite il ne prendrait pas de dispositions pour que soit
rapporté l'accomplissement de ces promesses ?
Le bois de Joseph : le Livre de Mormon
Le Seigneur ne négligea pas cette importante question : il prit les dispositions
voulues pour que rapport fût tenu des accords qu'il passa avec Joseph et sa
postérité, à commencer par ses deux fils, Éphraïm et Manassé :
La parole de l'Éternel me fut adressée, en ces mots : Et toi, fils de l'homme,
prends une pièce de bois, et écris dessus : Pour Juda et pour les enfants
d'Israël qui lui sont associés. Prends une autre pièce de bois, et écris
dessus : Pour Joseph, bois d'Éphraïm et de toute la maison d’Israël qui lui est
associée. Rapproche-les l'une de l'autre pour en former une seule pièce, en
sorte qu'elles soient unies dans ta main. Et lorsque les enfants de ton peuple
te diront : Ne nous expliqueras-tu pas ce que cela signifie ? réponds-leur :
Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Voici, je prendrai le bois de Joseph qui
est dans la main d'Éphraïm, et les tribus d'Israël qui lui sont associées ; je
les joindrai au bois de Juda, et j'en formerai un seul bois, en sorte qu'ils ne
soient qu'un dans ma main. Les bois sur lesquels tu écriras seront dans ta main
sous leurs yeux. (Ézéchiel 37:15-20)
Dans les temps anciens, il était de coutume d'écrire sur du parchemin et de
l'enrouler sur une pièce de bois. C'est pourquoi, quand ce commandement fut
donné, cela revenait à commander de tenir deux livres, deux recueils d'annales.
Une lecture attentive révélera que cela se produirait dans de futures
générations (verset 18), que quand leurs enfants demanderaient la signification
de ce commandement, le Seigneur prendrait « le bois de Joseph qui est dans la
main d'Éphraïm, et les tribus d'Israël qui lui sont associées », les joindrait
« au bois de Juda » et en formerait « un seul bois, en sorte qu'ils ne soient
qu'un dans [sa] main ».
Remarquez que le Seigneur dit qu'il ferait ceci et qu'ils ne seraient qu'un dans
sa main. Or, si nous admettons que la Bible est le bois de Juda, où est le bois
de Joseph ? Quelqu'un peut-il répondre ? Dieu a commandé qu'on le tienne pour
écrire l'accomplissement des plus grandes promesses qu'il avait faites à Joseph.
Ce serait naturellement un livre écrit dans un autre pays, puisque Joseph devait
être « séparé de ses frères ». Il ressort avec évidence de cette Écriture que
les annales de Juda, c'est-à-dire la Sainte Bible, resteraient avec ce peuple,
et que les annales de Joseph y seraient jointes, et que les deux ne feraient
plus qu'un.
Quelqu'un verrait-il une objection à ce que Dieu fasse exactement ce qu'il avait
promis à Ézéchiel de faire ? Cette promesse pouvait-elle être accomplie d'une
façon plus simple et plus parfaite qu'elle ne le fut par l'apparition du Livre
de Mormon ? Dieu conduisit en Amérique une branche de la maison de Joseph et
leur commanda de tenir des annales de tous leurs actes. Puis il commanda à son
prophète Moroni de cacher ces annales sacrées dans la colline de Cumorah, dans
l'ouest de l'État de New York, aux États-Unis. Des siècles plus tard, il renvoya
Moroni remettre les annales à Joseph Smith et donna à celui-ci le pouvoir de les
traduire à l'aide de l’urim et du thummim. À présent les deux livres ont été
réunis, ce qui constitue la réalisation complète d'une autre grande prophétie.
Encore une fois, qui verrait une objection à ce que Dieu fasse ce qu'il a promis
de faire ? Tant qu'il ne se trouvera pas quelqu'un pour expliquer où se trouve
le livre de Joseph, le Livre de Mormon maintiendra, incontestée, sa prétention à
être « le bois de Joseph ».
Une voix venant de la poussière
Ésaïe vit l'apparition de ce livre sous la forme d'une voix, celle d'un spectre
dont le murmure viendrait de la poussière :
Malheur à Ariel, à Ariel ! Cité dont David fit sa demeure ! Ajoutez année à
année, laissez les fêtes accomplir leur cycle. Puis j'assiégerai Ariel ; il y
aura des plaintes et des gémissements ; et la ville sera pour moi comme un
Ariel. Je t'investirai de toutes parts, je te cernerai par des postes armés,
j'élèverai contre toi des retranchements. Tu seras abaissée, ta parole viendra
de terre, et les sons en seront étouffés par la poussière ; ta voix sortira de
terre comme celle d'un spectre, et c'est de la poussière que tu murmureras tes
discours. (Ésaïe 29:1-4)
Ésaïe vit la chute d'Ariel, c'est-à-dire de Jérusalem, à une époque lointaine
dans l'avenir : « ajoutez année à armée ». Puis il semble avoir été ravi dans
une vision où il fut le témoin d'une destruction semblable des villes de Joseph,
« et la ville sera pour moi comme un Ariel. » Il décrit comment elles seraient
assiégées, comment des retranchements seraient élevés contre elles ; elles
seraient abaissées et leur parole viendrait de terre ; les sons en seraient
étouffés par la poussière ; leur voix sortirait de terre comme celle d'un
spectre, et elles murmureraient leurs discours de la poussière. Or, de toute
évidence, la seule manière dont un peuple mort peut parler « de terre » ou « de
la poussière » c'est par le texte, et c'est ce que ce peuple fit par le moyen du
Livre de Mormon. En vérité, il est comme un spectre, celui des paroles des
prophètes du Dieu d'Israël.
Le prophète Néphi décrit cet événement en ces termes :
Lorsque ma postérité et la postérité de mes frères seront tombées dans
l'incrédulité, et auront été détruites par les Gentils ; oui, lorsque le
Seigneur Dieu aura campé contre elles, qu'il les aura assiégées avec un mont, et
élevé des forts contre elles, et lorsqu'elles auront été foulées dans la
poussière au point de ne plus exister, voici, les paroles des justes seront
écrites, les prières des fidèles seront entendues, et tous ceux qui sont tombés
dans l'incrédulité ne seront point oubliés. Car ceux qui auront été détruits
leur parleront de la terre, et leur parole sortira de la poussière, et leur voix
sera une voix qui a un esprit familier ; car le Seigneur Dieu lui donnera le
pouvoir de chuchoter ce qui les touche même comme si elle sortait de la terre ;
et leurs paroles sortiront de la terre, comme un murmure. Car, ainsi dit le
Seigneur Dieu : Ils écriront des choses qui seront faites parmi eux, et elles
seront écrites et scellées dans un livre et ceux qui seront tombés dans
l'incrédulité ne les auront pas, car ils cherchent à détruire les choses de Dieu.
(2 Néphi 26:15-17, Cf. Ésaïe 29:1-4)
Ésaïe ne vit pas seulement que ce peuple serait détruit, qu'il serait abaissé,
qu'il parlerait de terre, et que sa voix serait comme celle d'un spectre dont le
murmure vient de la poussière ; il vit aussi que toute cette vision était
représentée par un livre scellé :
Toute la révélation est pour vous comme les mots d'un livre cacheté que l'on
donne à un homme qui sait lire, en disant : Lis donc cela ! Et qui répond : Je
ne le puis, car il est cacheté. (Ésaïe 29:11)
Lorsque cette vision fut terminée, Ésaïe entendit à nouveau la parole du
Seigneur lui annoncer qu'il allait accomplir une oeuvre merveilleuse et un
prodige :
Le Seigneur dit : Quand ce peuple s'approche de moi, il m'honore de la bouche et
des lèvres ; mais son cœur est éloigné de moi, et la crainte qu'il a de moi
n'est qu'un précepte de tradition humaine.
C'est pourquoi je m'en vais accomplir dans ce peuple une oeuvre merveilleuse et
un prodige : et la sagesse de ses sages périra, et l'intelligence de ses hommes
intelligents disparaîtra. (Ésaïe 29:13, 14, version du roi Jacques ; Segond dit :
« C'est pourquoi je frapperai encore ce peuple par des prodiges et des
miracles... », ndt)
L'avènement du Livre de Mormon est « une oeuvre merveilleuse et un prodige » ;
les sages et les hommes intelligents du monde ne peuvent l'expliquer autrement
que par le récit des faits présenté par Joseph Smith ; et lui ne l'obtint pas,
il n'aurait pu l'obtenir, uniquement en lisant la Bible. Il le reçut par
révélation du Seigneur par l'intermédiaire de l'ange Moroni.
CHAPITRE 8 : PREUVES DE
L'AUTHENTICITÉ DIVINE DU LIVRE DE MORMON
Nous avons examiné le Livre de Mormon en tant que recueil d'Écritures parallèle
(le bois de Joseph, les annales des « autres brebis » que Jésus avait promis de
visiter) que le Seigneur avait promis de joindre à la Bible (le bois de Juda) de
manière qu'ils ne fassent qu'un dans sa main. Le moment nous semble maintenant
venu de citer brièvement quelques-unes des preuves de l'authenticité divine du
Livre de Mormon.
Une des plus grandes preuves est l'attestation des trois témoins à qui l'ange
Moroni montra les plaques et rendit témoignage qu'elles avaient été traduites
par le don et le pouvoir de Dieu. Nous avons déjà cité intégralement ce
témoignage, il se trouve en tête de chaque exemplaire du Livre de Mormon, en
même temps que l'attestation des huit témoins à qui Joseph Smith fut autorisé à
montrer les plaques. Aucun de ces témoins n'a jamais renié son témoignage, bien
que chacun d'entre eux eût à souffrir de beaucoup de persécutions et de
moqueries.
« Traduit par le don et le pouvoir de Dieu »
Attardons-nous à cette affirmation du Seigneur aux témoins, où il leur dit que
les plaques ont été « traduites par le don et le pouvoir de Dieu ». Quand Moroni
parla à Joseph Smith des annales déposées dans la colline de Cumorah, il dit :
En outre, que
deux pierres contenues dans des arcs d'argent - et ces pierres, fixées à un
pectoral, constituaient ce qu'on appelle l'urim et le thummim - étaient déposées
avec les plaques ; que la possession et l'utilisation de ces pierres étaient ce
qui faisait les « voyants » dans les temps anciens ou passés ; et que Dieu les
avait préparées en vue de la traduction du livre.
(Joseph Smith, Histoire, 35)
C'est en utilisant l’urim et le thummim que Joseph Smith put, en soixante jours
environ, du 7 avril 1829 à la première semaine de juin de la même année,
traduire le Livre de Mormon, plus de cinq cents pages imprimées de la langue des
plaques d'or en anglais. Il est douteux qu'un autre écrivain ait jamais écrit
fût-ce un roman d'une telle importance en un temps aussi court.
L'urim et le thummim
Serait-il inconvenant de se demander ce que les chefs spirituels du temps de
Joseph Smith connaissaient de l’urim et du thummim ? Joseph Smith aurait-il de
lui-même pensé à proclamer qu'il avait traduit le Livre de Mormon avec le
secours de l’urim et du thummim ? Pourtant l'usage de l'urim et du thummim était
connu des anciens prophètes :
Urim et thummim (c'est-à-dire « lumière et perfection »), cités comme moyen
utilisé par le grand-prêtre pour interroger le Seigneur. Ex. 28:30 ; Lév. 8:8 ;
Nomb. 27:21 ; Deut. 33:8 ; 1 Sam. 28:6. Il est clair que l'urim et le thummim
étaient des sortes d'objets ; on a suggéré que c'étaient (1) des pierres du
pectoral du grand-prêtre, (2) des dés sacrés, (3) de petites représentations
de « la vérité » et de « la justice » comme on en trouve suspendues au cou de la
momie d'un prêtre égyptien. L'urim et le thummim n'existaient plus après la
Captivité. Esdras 2:63. (A concise Biblical Encyclopedia, p. 154)
Attendu que l’urim et le thummim étaient le moyen utilisé par les anciens
prophètes pour interroger le Seigneur, et attendu qu'ils furent conservés par la
main du Seigneur et remis à Joseph Smith en même temps que les plaques d'or,
ceci démontre que c'est la sagesse de Dieu qui les conserva en vue de ce but
sacré. Ces faits expliquent pourquoi les secrétaires du prophète Joseph Smith
affirmaient qu'ils écrivaient sous sa dictée et qu'il n'apportait aucune
correction. Voici le témoignage d'Oliver Cowdery, son principal secrétaire :
J'ai écrit, de ma propre plume, le Livre de Mormon tout entier (sauf quelques
pages), tel qu'il tombait des lèvres du prophète Joseph à mesure qu'il le
traduisait par le don et le pouvoir de Dieu, au moyen de L’urim et du thummim... J'ai vu de mes yeux et manipulé de mes mains les plaques d'or dont il fut
transcrit... Ce livre est vrai (Roberts, Comprehensive History of the Church,
vol. 1, p. 139).
Origine des Indiens américains
Le Livre de Mormon explique fort bien qui sont les Indiens américains et comment
ils sont parvenus en Amérique. Le premier peuple connu qui occupa l'Amérique, ce
sont les Jarédites qui quittèrent la tour de Babel au moment de la confusion des
langues et de la dispersion des peuples. Ils y furent conduits par le Seigneur :
Et l'Éternel dit : Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même
langue, et c'est là ce qu'ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait
de faire tout ce qu'ils auraient projeté. Allons ! descendons, et là confondons
leur langage, afin qu'ils n'entendent plus la langue les uns des autres. Et
l'Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre ; et ils
cessèrent de bâtir la ville. (Gen. 11:6-8)
Étant donné que « le Seigneur les dispersa loin de là sur la face de toute la
terre », il n'est pas déraisonnable de penser que certains de ces gens furent
dispersés en direction de l'Amérique, car elle constitue à coup sûr une partie
de « toute la terre ».
Les Jarédites s'éteignirent faute de respecter les commandements du Seigneur. On
trouvera l'histoire de ce peuple en consultant le Livre d'Éther dans le Livre de
Mormon.
En 600 av. J.-C. la main de Dieu conduisit Léhi et sa famille de Jérusalem en
Amérique ; et depuis lors ils occupent le pays. Toutefois, peu de temps après
leur arrivée, le Seigneur maudit à cause de leur méchanceté les partisans de
deux des fils de Léhi, Larnan et Lémuel, et, pour les séparer de leurs frères,
donna à leur peau une couleur sombre :
Et il avait fait tomber la malédiction sur eux, oui, même une grande
malédiction, à cause de leur iniquité. Car voici, ils s'étaient endurci le cœur
contre lui, et ils étaient devenus durs comme le roc : et comme ils étaient
blancs, très beaux et pleins de charme, le Seigneur Dieu couvrit leur peau d'une
couleur sombre, afin qu'ils ne fussent point un objet de séduction pour mon
peuple.
Et ainsi dit le Seigneur Dieu : Je les rendrai repoussants pour ton peuple, à
moins qu'ils ne se repentent de leurs iniquités.
Et maudite sera la postérité de celui qui se mêle à leur postérité, car il sera
frappé de la même malédiction. Le Seigneur le dit, et cela fut fait (2 Néphi
5:21-23).
Ceux qui avaient été ainsi maudits réussirent, vers 384 ap. J.-C., à détruire
tous les blancs, sauf 24 personnes. C'est à cette époque que Mormon déposa dans
la colline de Cumorah toutes les annales qui lui avaient été confiées, sauf
quelques plaques qu'il remit à son fils Moroni (cf. Mormon 6).
Vers 420 ap. J.-C., Moroni mit ces plaques avec celles que son père Mormon avait
déjà déposées dans la colline (cf. Moroni 10:1, 2). C'est de ces dernières
plaques que Joseph Smith traduisit le Livre de Mormon.
Les peuplades à la peau sombre qui occupèrent dorénavant l'Amérique étaient
appelées Lamanites dans le Livre de Mormon ; ce sont les peuplades que l'on
appelle les Indiens américains et qui sont de la maison d'Israël. On peut donc
considérer que puisque le Livre de Mormon représente les annales ou l'histoire
de ces peuples de l'Amérique ancienne, on peut s'attendre à y trouver un compte
rendu complet de leur origine et de leurs pérégrinations, de leurs guerres et de
leurs querelles, de la vie et des enseignements de leurs prophètes, ainsi que
des prophéties concernant l'avenir de l'Amérique.
Un des traits les plus intéressants de tout ce livre, c'est le récit de la
visite que fit Jésus après sa crucifixion et son ascension aux habitants de
l'Amérique, récit qui contient le compte rendu des destructions qui eurent lieu
au moment de sa crucifixion et qui changèrent radicalement la face du pays tout
entier : des montagnes surgirent, des tempêtes et des cyclones firent rage ; des
villes furent englouties ; des bâtiments furent rasés par de violents
tremblements de terre, « toute la surface de la terre fut déformée » (voir 3
Néphi 8).
Les recherches archéologiques modernes ont découvert beaucoup de ces villes
ensevelies, ramené au jour des grandes routes cimentées mentionnées dans le
Livre de Mormon, localisé des temples et d'autres bâtiments magnifiques érigés
par ces peuples qui avaient atteint un niveau élevé de civilisation et de
culture en Amérique. Les traditions des Indiens confirment ces faits.
Légende des Indiens Washoe
Une de ces traditions typiques est cette légende des Indiens Washoe qui semble
avoir conservé l'histoire de la disparition du grand lac qui s'étendait entre
les montagnes. Cet immense « plan » d'eau s'appelait Lahonitan. Les débris
fossiles d'animaux que l'on a retrouvés en divers endroits du bassin, ainsi que
d'autres preuves indubitables prouvent qu'il a bien existé autrefois. Voici
comment se présente cette légende indienne :
Il y a longtemps, très longtemps. Peut-être cent ans, indien pas sûr, homme
blanc sûr. Le père de mon grand-père, lui homme très vieux. Peut-être deux,
trois cents ans, moi pas savoir. Carson valley, Washoc valley, Truckee valley,
Long valley, lac Pyramid, Lublock, partout plein d'eau, plein de poisson, plein
de canards. Gros poissons aussi, maintenant plus en voir, tous partir, aucun
revenir.
Indien Washoe, lui habiter grandes montagnes (en indiquant les chaînes Comstock et
Pyramid). Parfois Indien Washoe prendre son bateau aller voir Piutee, peut-être
Piutee prendre son bateau aller voir Indien Washoe, lui bon ami, tout le temps.
Indiquant la Sierra à l'ouest de la Washoe valley, le vieil Indien poursuivit :
Grande montagne tout le temps du feu, beaucoup de « boum ! boum ! » beaucoup de
fumée, Indien très effrayé, ! Et puis, un jour, montagne beaucoup de fumée,
beaucoup de bruit, le sol trembler trop, Indien très effrayé, tomber à terre,
pleurer beaucoup. Soleil, lui tous les jours se lever (en indiquant le nord-est),
lui se coucher (en indiquant le sud-ouest). Un jour, pas se lever, Indien pas sûr,
montagne beaucoup fumée, sol trembler beaucoup, vent souffler, eau bouillir.
Peut-être deux, trois jours soleil lui pas venir, Indien pas manger, pas dormir,
tout le temps pleurer, pleurer. Fort peur. Et puis, eau faire beaucoup de bruit,
aller très vite, comme la rivière Truckee ; eau descendre, descendre, montagne
monter, monter, beaucoup boue, beaucoup poisson mourir, et puis soleil revenir
au-dessus de cette montagne (en indiquant le sud-est), lui descendre là-bas
(en indiquant le nord-ouest). Homme blanc sûr, indien pas sûr, peut-être deux,
trois semaines, boue sécher, Piutee, Indien Washoe marcher, plus bateau. Toute
l'eau, elle partie ; peut-être petit peu d'eau lac Pyramid, lac Honey, lac
Washoe, trop de montagnes, lui revenir très vite. Indien pas sûr, eau, gros
poisson pas revenir. Revoir lui plus jamais. (Mrs M. M. Garwood, Progressive West
Magazine, réimprimé dans Deseret Semi-Weekly News, 5 février 1906, p. 4)
Ce récit manque de détails, mais il est suffisamment clair pour indiquer que les
Indiens de l'Amérique ancienne ont conservé sous une forme légendaire, le
souvenir des terribles cataclysmes qui ont bouleversé le continent américain.
Témoignage de Néphi
Lisez maintenant le récit du même événement rapporté dans 3 Néphi du Livre de
Mormon, et vous noterez que les deux récits s'accordent sur pratiquement tous
les détails, même sur le temps pendant lequel le soleil ne se leva pas. Voici le
récit de Néphi relatant les événements qui se produisirent sur le continent
américain à l'époque où le Sauveur fut crucifié :
Mais voici, il y eut une destruction plus grande et plus terrible dans le pays
du nord ; car voici, toute la surface du pays fut changée par la tempête, les
tornades, les tonnerres et les éclairs, et le tremblement extrêmement violent de
toute la terre.
Les grands chemins furent fendus, les routes plates furent abîmées et de
nombreux endroits lisses devinrent raboteux.
Et beaucoup de grandes villes furent englouties, beaucoup furent brûlées et
beaucoup furent secouées jusqu'à ce que leurs bâtiments se fussent écroulés, que
les habitants en fussent écrasés et que leurs emplacements fussent désolés...
Ainsi, toute la surface de la terre fut déformée par les tempêtes, les
tonnerres, les éclairs et les secousses de la terre...
Et il y eut des ténèbres épaisses sur toute la surface du pays, de telle sorte
que les habitants qui n'étaient pas tombés purent sentir la vapeur des
ténèbres ;
Et il ne pouvait y avoir aucune lumière, à cause des ténèbres, ni chandelles, ni
torches ; et il était impossible d'allumer du feu avec leur bois fin et
extrêmement sec, de sorte qu'il ne pouvait y avoir absolument aucune lumière.
Et on ne voyait aucune lumière, ni feu, ni lueur, ni le soleil, ni la lune, ni
les étoiles, tant étaient épais les brouillards de ténèbres qui s'étaient
répandus sur la surface du pays.
Et pendant trois jours, on ne vit aucune lumière. Et il y avait continuellement
de grandes lamentations, des gémissements et des pleurs parmi le peuple tout
entier ; oui, grands furent les gémissements du peuple à cause des ténèbres et
de la grande destruction qui s'était abattue sur lui. (3 Néphi 8:12-14, 17,
20-23)
Tout en remarquant la grande similitude entre ces deux récits, nous ne devons
pas oublier que le Livre de Mormon fut publié en 1829 et cette légende indienne
en 1906. Quelle est l'explication si ni l'un ni l'autre n'est vrai ?
Lectures complémentaires
L'auteur n'a pas l'intention d'essayer d'étudier en détail l'archéologie et
l'ethnologie de l'Amérique, qui fournissent tant de preuves confirmant le Livre
de Mormon. Ceux qui désirent étudier des preuves telles que :
1) le fait que ce pays a été occupé par différents peuples à des périodes fort
éloignées les unes des autres ;
2) le fait que les traditions découvertes chez les races indigènes d'Amérique,
qui paraissent découler d'une souche commune, sont étroitement apparentées,
sinon identiques à celles des Israélites ;
3) que les anciens habitants du continent américain avaient connaissance de
grands événements bibliques tels que la création, la construction de la tour de
Babel, le déluge, la vie et la crucifixion du Sauveur, la seconde venue du
Rédempteur, l'administration de la Sainte-Cène, etc.,
peuvent consulter les Articles de foi de James E. Talmage ainsi que les nombreux
articles parus dans les magazines de l'Église et d'autres publications et
conservés dans les bibliothèques des paroisses locales.
Un pays de choix
Le Livre de Mormon rapporte les enseignements de prophètes inspirés qui ont
exercé leur ministère parmi le peuple, ainsi que leurs prédictions concernant
l'avenir du pays.
Voici, ceci est un pays de choix ; et toute nation qui le possédera sera
affranchie de la servitude, de la captivité et de la domination de toutes les
autres nations sous le ciel, si elle veut simplement servir le Dieu du pays, qui
est Jésus-Christ, lequel a été manifesté par les choses que nous avons écrites.
(Éther 2:12)
Mais voici, ce pays, dit Dieu, sera un pays de ton héritage, et les Gentils
seront bénis dans le pays.
Et ce pays sera un pays de liberté pour les Gentils, et il ne s'élèvera point de
roi parmi les Gentils dans ce pays.
Et je fortifierai ce pays, contre toutes les autres nations. Et celui qui combat
contre Sion périra, dit Dieu.
Et celui qui élèvera un roi contre moi périra, car c'est moi, le Seigneur, le
roi du ciel, qui serai leur roi ; et je serai toujours la lumière de celui qui
écoute mes paroles. (2 Néphi 10:10-14)
Et maintenant, moi, Moroni, je vais terminer mon récit touchant la destruction
du peuple sur lequel j'ai écrit :
Car voici, ils rejetèrent toutes les paroles d'Éther ; car il leur raconta, en
toute vérité, tout ce qui fut depuis le commencement de l'homme ; et qu'après
que les eaux se furent retirées de la surface de ce pays, il devint un pays
préférable à tous les autres pays, un pays choisi du Seigneur ; c'est pourquoi
le Seigneur voulait que tous les hommes qui l'habitent, le servissent.
Et qu'il était le lieu de la Nouvelle Jérusalem qui devait descendre du ciel et
du saint sanctuaire du Seigneur.
Voici, Éther vit les jours du Christ, et il parla d'une Nouvelle Jérusalem dans
ce pays.
Il dit aussi, touchant la maison d'Israël et la Jérusalem d'où Léhi viendrait
qu'après avoir été détruite, elle serait bâtie de nouveau, ville sainte dans le
Seigneur ; c'est pourquoi elle ne pourrait pas être une nouvelle Jérusalem, car
elle avait existé dans les temps passés, mais elle serait bâtie de nouveau, et
deviendrait une ville sainte du Seigneur et serait bâtie pour la maison
d'Israël.
Et qu'une Nouvelle Jérusalem serait édifiée dans ce pays pour le reste de la
postérité de ce Joseph, ce dont il y a eu un type.
Car comme Joseph amena son père dans le pays d'Égypte, où il mourut, ainsi le
Seigneur amena un reste de la postérité de Joseph hors du pays de Jérusalem,
afin de témoigner sa miséricorde envers la postérité de Joseph, et qu'elle ne
pérît pas, de même qu'il avait été miséricordieux envers le père de Joseph, pour
qu'il ne pérît pas. C'est pourquoi les restes de la maison de Joseph seront
établis dans ce pays, et ce sera la terre de leur héritage ; et ils bâtiront une
ville sainte au Seigneur, semblable à l'ancienne Jérusalem ; et ils ne seront
plus confondus jusqu'à ce que la fin arrive, quand la terre passera. (Éther
13:1-8)
Un haut fonctionnaire du gouvernement a dit ceci après avoir lu le Livre de
Mormon :
De tous les livres religieux américains du dix-neuvième siècle, il me paraît
probable que c'est le Livre de Mormon qui a été le plus puissant. Il n'a
peut-être atteint qu'un pour cent de la population des États-Unis, mais il a
touché ce pourcent d'une façon si puissante et si durable que toute la
population des États-Unis en a été influencée, plus particulièrement en ce qu'il
a contribué à ouvrir une de nos plus grandes frontières.
Témoignage d'un touriste
Après avoir visité le square du Temple à Salt Lake City, où il s'était procuré
un exemplaire du Livre de Mormon, un touriste a écrit la lettre que voici :
« Je suis pasteur de l'Église méthodiste de... depuis 37 ans. J'ai constitué
une bibliothèque où se trouvent réunis les plus grands livres du monde, et cela
m'a coûté plus de 12 000 dollars. Mais j'ai trouvé ici dans le Livre de Mormon
une bibliothèque de plus grande valeur que toutes les collections de livres du
monde, parce que c'est la parole de Dieu. »
Témoignage du Dr Willard Richards
Le Dr Willard Richards était en prison avec le prophète Joseph Smith lorsque
celui-ci et son frère Hyrum subirent le martyre, et il devint plus tard
conseiller de Brigham Young dans la Première Présidence de l'Église. On raconte
que lorsqu'il vit pour la première fois un exemplaire du Livre de Mormon, il
l'ouvrit au milieu et en lut quelques pages, puis referma le livre en disant :
« Ce livre a été écrit par Dieu ou par le diable et je m'en vais découvrir qui
l'a écrit. » En conséquence, il lut le livre deux fois de bout en bout au cours
des dix jours suivants, puis répondit : « Le diable n'aurait pas pu l'écrire, il
doit venir de Dieu. »
Le témoin promis de la véracité du Livre de Mormon
Il est bien regrettable que le monde soit si lent à accepter la vérité. Alors
que nous avons parmi nous un livre si merveilleux, ce volume parallèle
d'Écritures que le Seigneur commanda à Ézéchiel d'écrire (le bois de Joseph) et
qu'il déclara avoir l'intention de joindre au bois de Juda (notre Bible
actuelle) pourquoi le monde est-il si peu empressé de l'accepter ?
Dans cette brève présentation du message remis par l'ange Moroni au prophète
Joseph Smith, nous n'avons pas essayé de présenter les enseignements du Livre de
Mormon, ni l'histoire qu'il contient. Nous nous sommes contentés de montrer
qu'il a une place, et même une place importante, dans la littérature religieuse
du monde ; que c'est Dieu lui-même qui a commandé que ces annales fussent
tenues, qu'elles devaient être conservées et qu'elles devaient reparaître en
temps voulu. Le fait que Moroni fut envoyé pour remettre les plaques d'or à
Joseph Smith avec L’urim et le thummim pour les traduire constitue un des
messages les plus importants que l'on puisse diffuser dans le monde. Nous
espérons que cette présentation fera naître chez beaucoup le désir de lire le
Livre de Mormon et de mettre à l'épreuve la promesse du Seigneur qui s'y
trouve :
Et quand vous recevrez ces choses, je vous exhorte à demander à Dieu, le Père
éternel, au nom du Christ, si ces choses ne sont pas vraies ; et si vous le
demandez avec un coeur sincère et avec une intention réelle, ayant foi au
Christ, il vous en manifestera la vérité par le pouvoir du Saint-Esprit. (Moroni
10:4)
CHAPITRE 9 : LE
RÉTABLISSEMENT DE L'AUTORITÉ DE LA PRÊTRISE
Vint ensuite, dans l'ordre chronologique, la visite d'un messager céleste,
Jean-Baptiste, qui, sous la direction de Pierre, Jacques et Jean, apparut à
Joseph Smith et Oliver Cowdery et les ordonna à la Prêtrise d'Aaron. Voici le
récit que Joseph Smith lui-même fit de cette visitation céleste et de cette
ordination :
« Deux jours
après l'arrivée de M. Cowdery (le 7 avril), je commençai la traduction du Livre
de Mormon et il se mit à écrire pour moi.
« Nous poursuivions encore le travail de traduction lorsque, le mois suivant
(mai 1829), nous nous rendîmes un certain jour dans les bois pour prier et
interroger le Seigneur au sujet du baptême pour la rémission des péchés que nous
trouvions mentionné dans la traduction des plaques. Tandis que nous étions ainsi
occupés à prier et à invoquer le Seigneur, un messager céleste descendit dans
une nuée de lumière et, ayant posé les mains sur nous, il nous ordonna, disant :
« À vous, mes compagnons de service, au nom du Messie, je confère la Prêtrise
d'Aaron, qui détient les clefs du ministère d'anges, de l'Évangile de repentir
et du baptême par immersion pour la rémission des péchés ; et cela ne sera plus
jamais enlevé de la terre, jusqu'à ce que les fils de Lévi fassent de nouveau
une offrande au Seigneur selon la justice.
« Il dit que cette Prêtrise d'Aaron n'avait pas le pouvoir d'imposer les mains
pour le don du Saint-Esprit, mais que cela nous serait conféré plus tard ; et il
nous commanda d'aller nous baptiser, nous prescrivant, à moi de baptiser Oliver
Cowdery et à lui de me baptiser ensuite.
« En conséquence, nous allâmes nous baptiser. Je le baptisai d'abord et il me
baptisa ensuite ; puis je posai les mains sur sa tête et l'ordonnai à la
Prêtrise d'Aaron, après quoi, il posa les mains sur ma tête et m'ordonna à la
même Prêtrise, car c'était ce qui nous avait été commandé.
« Le messager qui nous rendit visite à cette occasion et qui nous conféra cette
Prêtrise dit qu'il se nommait Jean, celui-là même qui est appelé Jean-Baptiste
dans le Nouveau Testament, qu'il agissait sous la direction de Pierre, Jacques
et Jean, lesquels détenaient les clefs de la Prêtrise de Melchisédek, Prêtrise
qui, dit-il, nous serait conférée en temps voulu, et que je serais appelé le
premier ancien de l'Église, et lui (Oliver Cowdery) le second. C'est le 15 mai
1829 que nous fûmes ordonnés sous la main de ce messager et baptisés. »
(Joseph Smith, Histoire, 67-72).
De cette visite de Jean-Baptiste, nous déduisons les vérités que voici :
1. Que l'on doit être ordonné à la prêtrise nécessaire par quelqu'un ayant
l'autorité de le faire, pour pouvoir administrer les ordonnances de l'Évangile.
2. Que la Prêtrise d'Aaron détient les clefs :
a) Du ministère d'anges ;
b) De l'Évangile de repentance ;
c) Du baptême par immersion pour la rémission des péchés.
3. Que cette prêtrise « ne sera jamais plus enlevée de la terre, jusqu'à ce que
les fils de Lévi fassent de nouveau une offrande au Seigneur selon la justice ».
4. Que la Prêtrise d'Aaron, tout en étant l'autorité émanant de Dieu, a un
ministère limité ; elle « n'avait pas le pouvoir d'imposer les mains pour le don
du Saint-Esprit » ; que, en conférant cette prêtrise à Joseph Smith et à Oliver
Cowdery, Jean-Baptiste agissait sous la direction de Pierre, Jacques et Jean,
détenteurs des clefs de la Prêtrise de Melchisédek, qui leur serait conférée
dans la suite.
Rétablissement de la Prêtrise de Melchisédek
Donc, pour que pût s'effectuer ce « rétablissement de toutes choses dont Dieu a
parlé anciennement par la bouche de ses saints prophètes » (voir Actes 3:21), il
était nécessaire que ces deux prêtrises fussent rendues aux hommes sur cette
terre.
Peu de temps après ce glorieux événement, Pierre, Jacques et Jean, apôtres du
Seigneur Jésus-Christ, conférèrent à Joseph Smith et Oliver Cowdery la Prêtrise
de Melchisédek, y compris le saint apostolat, comme l'avait promis
Jean-Baptiste, ce qui leur donnait l'autorité nécessaire pour organiser l'Église
et le royaume de Dieu sur terre à notre époque. En conséquence, l'Église de
Jésus-Christ des saints des derniers jours fut organisée le 6 avril 1830 avec
six membres à Fayette, comté de Seneca, État de New York.
Prêtrises d'Aaron et de Melchisédek
Pour bien comprendre l'Évangile de Jésus-Christ et l'Église qu'il a établie sur
terre, il faut comprendre ce que sont la Prêtrise d'Aaron ou prêtrise lévitique,
parfois appelée prêtrise inférieure, et la Prêtrise de Melchisédek, ainsi que
les fonctions et le ministère de chacune.
On pourrait poser la question : « Selon quel ordre de la prêtrise les Églises
chrétiennes actuelles prétendent-elles fonctionner, celui d'Aaron ou celui de
Melchisédek ? » On ne peut attendre d'aucune d'entre elles une réponse
satisfaisante à cette question. La seule raison pour laquelle nous sommes en
mesure de fournir une explication convenable est le fait que Jean-Baptiste a
ramené sur cette terre la Prêtrise d'Aaron ou prêtrise lévitique, et l'a
conférée à Joseph Smith et à Oliver Cowdery. De même, les apôtres Pierre,
Jacques et Jean ont ramené la Prêtrise de Melchisédek. Ainsi tout doute, tout
malentendu se trouvent écartés et nous sommes capables de comprendre les
Écritures traitant de cet important sujet. Pourrait-il y avoir de sujet plus
important que de comprendre la signification et le but de la prêtrise de Dieu
ainsi que la façon de l'obtenir, puisqu'elle détient les clefs et le droit
d'officier en son nom et d'administrer à ses enfants les ordonnances salvatrices
de l'Évangile de Jésus-Christ ? Comment pourrait-on soutenir que sans l'autorité
de cette prêtrise il puisse exister sur terre une Église ayant le droit de se
réclamer de Jésus-Christ ?
Si donc la perfection avait été possible par le sacerdoce lévitique - car c'est
sur ce sacerdoce que repose la loi donnée au peuple, - qu'était-il encore besoin
qu'il parût un autre sacrificateur selon l'ordre de Melchisédek, et non selon
l'ordre d'Aaron ? Car, le sacerdoce étant changé, nécessairement aussi il y a un
changement de loi... Car il est notoire que notre Seigneur est sorti de Juda,
tribu dont Moïse n'a rien dit pour ce qui concerne le sacerdoce...
Car ce témoignage lui est rendu : Tu es sacrificateur pour toujours selon
l'ordre de Melchisédek...
Mais lui, parce qu'il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n'est pas
transmissible. (Hébreux 7:11, 12, 14, 17, 24)
Cette explication doit montrer avec évidence que la loi - le pédagogue (voir
Galates 3:24) - qui devait amener les hommes au Christ fut administrée par la
Prêtrise d'Aaron ou prêtrise lévitique. Toutefois, la perfection ne peut être
atteinte par cette seule prêtrise comme l'a expliqué Paul. Il fallait donc que
le Seigneur envoyât un autre prêtre selon l'ordre de Melchisédek. La prêtrise
étant ainsi changée, il y avait « nécessairement aussi... un changement de
loi ». C'est pourquoi la plénitude de l'Évangile de Jésus-Christ fut introduite
par celui-ci, afin de remplacer la loi de Moïse.
Limitations de la Prêtrise d'Aaron
Jean-Baptiste comprenait parfaitement ceci, car son ministère s'exerçait sous
l'autorité de la Prêtrise d'Aaron qui détenait les clefs de l'administration de
l'ordonnance du baptême par immersion pour la rémission des péchés. Quand il fut
envoyé préparer « le chemin du Seigneur » (voir Matthieu 3:3), il n'essaya pas
de conférer le Saint-Esprit par l'imposition des mains. Il enseigna que
quelqu'un de plus puissant que lui viendrait et « il vous baptisera du
Saint-Esprit et de feu » (voir Matthieu 3:11).
Telle est l'explication qu'il donna à Joseph Smith et à Oliver Cowdery quand il
leur conféra la Prêtrise d'Aaron et leur enjoignit de se baptiser mutuellement
par immersion pour la rémission de leurs péchés. Il leur dit que leur prêtrise
« n'avait pas le pouvoir d'imposer les mains pour le don du Saint-Esprit » (voir
Joseph Smith, Histoire, 70), mais que celui-ci leur serait conféré plus tard.
Nature de la Prêtrise de Melchisédek
Dans une révélation concernant la prêtrise donnée le 28 mars 1835 par
l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, le Seigneur dit :
Il y a, dans l'Église, deux prêtrises, à savoir les Prêtrises de Melchisédek et
d'Aaron, y compris la prêtrise lévitique.
La raison pour laquelle la première est appelée la Prêtrise de Melchisédek.
c'est que Melchisédek était un grand-prêtre tellement éminent.
Avant son temps, elle s'appelait la Sainte Prêtrise selon l'ordre du Fils de
Dieu.
Mais par respect ou révérence pour le nom de l'Être Suprême, afin d'éviter la
répétition trop fréquente de son nom, l'Église, dans les temps anciens, appela
cette prêtrise du nom de Melchisédek, ou Prêtrise de Melchisédek.
Toutes les autres autorités, tous les autres offices de l'Église sont des
annexes de cette prêtrise.
Mais il y a deux divisions ou grands titres - l'une est la Prêtrise de
Melchisédek, et l'autre la Prêtrise d'Aaron ou lévitique. (D&A 107:1-6)
L'apôtre Paul comprenait quel grand-prêtre éminent était Melchisédek ; il donne
cette explication :
En effet, ce Melchisédek, roi de Salem, sacrificateur du Dieu Très-Haut, - alla
au-devant d'Abraham lorsqu'il revenait de la défaite des rois, qui le bénit ;
Et à qui Abraham donna la dîme de tout, - qui est d'abord roi de justice,
d'après la signification de son nom, ensuite roi de Salem, c'est-à-dire, roi de
paix ;
Qui est sans père, sans mère, sans généalogie, qui n'a ni commencement de jours
ni fin de vie, -mais qui est rendu semblable au Fils de Dieu, - ce Melchisédek
demeure sacrificateur à perpétuité. (Hébreux 7:1-3)
Ce dernier verset a été fort mal compris : Certains estiment que Paul voulait
dire que Melchisédek n'avait ni père ni mère, ni généalogie, n'ayant ni
commencement de jours ni fin de vie. Toutefois, dans une révélation au sujet de
la prêtrise donnée le 22 septembre 1832, par l'intermédiaire du prophète Joseph
Smith, le Seigneur montra clairement que c'est la prêtrise et non Melchisédek
qui est sans commencement de jours ni fin de vie :
Laquelle prêtrise continue dans l'Église de Dieu dans toutes les générations et
est sans commencement de jours ou fin d'années. (D&A 84:17)
Pas d'autorité sans appel et sans ordination
Maintenant que nous avons établi la nécessité de posséder l'autorité de la
prêtrise, nous allons examiner les Écritures qui prouvent que les hommes doivent
être ordonnés à la prêtrise pour administrer les choses de Dieu ; ils ne peuvent
prendre sur eux cette autorité ni la recevoir de quelqu'un qui ne la possède pas
lui-même. C'est pourquoi il était nécessaire que Jean-Baptiste ramenât la
Prêtrise d'Aaron ou prêtrise lévitique, et que Pierre, Jacques et Jean en
fissent autant pour la Prêtrise de Melchisédek, en sorte que toutes deux fussent
conférées à Joseph Smith et à Oliver Cowdery :
En effet, tout souverain sacrificateur pris du milieu des hommes est établi pour
les hommes dans le service de Dieu, afin de présenter des offrandes et des
sacrifices pour les péchés...
Nul ne s'attribue cette dignité, s'il n'est appelé de Dieu, comme le fut Aaron.
Et Christ ne s'est pas non plus attribué la gloire de devenir souverain
sacrificateur, mais il la tient de celui qui lui a dit : Tu es mon Fils, je t'ai
engendré aujourd'hui ! Comme il dit ailleurs : Tu es sacrificateur pour
toujours, selon l'ordre de Melchisédek. (Hébreux 5:1, 4-6)
Était-il possible de le dire plus nettement : « En effet, tout souverain
sacrificateur pris du milieu des hommes est établi pour les hommes dans le
service de Dieu. » Dès lors, comment un homme peut-il être grand-prêtre s'il
n'est pas ordonné de cette manière ?
« Nul ne s'attribue cette dignité, s'il n'est appelé de Dieu comme le fut
Aaron » (Hébreux 5:4).
Comment Aaron fut-il appelé ? Le Seigneur s'adressa à
Moïse en ces termes :
Fais approcher de toi Aaron, ton frère, et ses fils, et prends-les parmi les
enfants d'Israël pour les consacrer à mon service dans le sacerdoce...
Tu en revêtiras Aaron, ton frère, et ses fils avec lui. Tu les oindras, tu les
consacreras, tu les sanctifieras, et ils seront à mon service dans le sacerdoce.
(Exode 28:1, 41)
Donc Aaron ne s'est pas appelé ni ordonné lui-même.
« Et Christ ne s'est pas non plus attribué la gloire de devenir souverain
sacrificateur » mais il fut choisi et nommé souverain sacrificateur pour
toujours par son Père, et après avoir été ainsi appelé et nommé, il se mit à en
appeler d'autres :
Jésus leur dit de nouveau [aux apôtres] : La paix soit avec vous ! Comme le Père
m'a envoyé, moi aussi je vous envoie...
Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés ; et ceux à
qui vous les retiendrez, ils leurs seront retenus. (Jean 20:21, 23)
Et il en établit douze, pour les avoir avec lui, et pour les envoyer prêcher
avec le pouvoir de chasser les démons. (Marc 3:14, 1-5)
Les apôtres de Jésus ne s'appelèrent et ne s'ordonnèrent pas eux-mêmes : C'est
Jésus qui les appela et les ordonna et les envoya exercer un ministère tout
comme son Père l'avait envoyé lui-même.
Appel et ordination de Paul
L'appel de Saul (appelé plus tard Paul, Actes 13:9) au ministère suivi de son
ordination, constituent un exemple frappant de l'ordre que suit le ciel en
pareille matière puisque le modèle en était donné par la voix de Jésus :
Comme il [Saul] était en chemin, et qu'il approchait de Damas, tout à coup, une
lumière venant du ciel resplendit autour de lui.
Il tomba par terre, et il entendit une voix qui disait : Saul, Saul pourquoi me
persécutes-tu ?
Il répondit : Qui es-tu Seigneur ? Et le Seigneur lui dit : Je suis Jésus que tu
persécutes. Il te serait dur de regimber contre les aiguillons.
Tremblant et saisi d'effroi, il dit : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? Et le
Seigneur lui dit : Lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois
faire. (Actes 9:3-6)
Bien que Jésus se fut adressé personnellement à Saul, ceci ne lui donnait
nullement qualité pour officier dans le ministère et pour administrer les
ordonnances de l'Évangile. Il était nécessaire qu'il recouvrât la vue par
l'imposition des mains d'Ananias et qu'il fût baptisé par lui. Et bien que le
Seigneur eût laissé entendre à Ananias que Saul était un instrument qu'il
s'était choisi afin de porter son nom devant les Gentils, les rois et les
enfants d'Israël, il fut cependant nécessaire de l'ordonner à ce ministère
quelque temps après, lorsqu'il eut déclaré en présence des disciples et d'autres
personnes ce qu'il avait vu et entendu.
Il y avait dans l'Église d'Antioche des prophètes et des docteurs : Barnabas,
Siméon... et Saul.
Pendant qu'ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu'ils jeûnaient, le
Saint-Esprit dit : Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l'oeuvre à laquelle
je les ai appelés.
Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains, et les
laissèrent partir. (Actes 13:1-3)
Nous pensons que beaucoup de gens dans notre monde actuel se considéreraient
comme appelés et ordonnés s'ils avaient vu et entendu ce que Paul vit et
entendit sur le chemin de Damas. Mais ce ne fut point le cas pour Paul, ni pour
Joseph Smith ! Ils devaient être ordonnés par quelqu'un revêtu de l'autorité. Il
en est de même pour tous ceux qui veulent s'engager dans le ministère avec
l'autorité nécessaire. Joseph Smith apprit cette grande vérité, non en lisant la
Bible, mais par les visites de Jean-Baptiste, et de Pierre, Jacques et Jean.
D'où le cinquième Article de foi de l'Église de Jésus-Christ des saints des
derniers jours, tel qu'il fut formulé par le prophète Joseph Smith :
Nous croyons qu'un homme doit être appelé de Dieu par prophétie et par
l'imposition des mains, par ceux qui détiennent l'autorité, pour prêcher
l'Évangile et en administrer les ordonnances.
L'Église de Jésus-Christ, un « sacerdoce royal »
Pierre, à propos de l'Église de son époque, disait :
Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation
sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a
appelés des ténèbres à son admirable lumière. (1 Pierre 2:9)
Par cette déclaration et par les révélations qu'il fit au prophète Joseph Smith
en rétablissant la prêtrise sur terre à notre époque, le Seigneur a fait
apparaître avec évidence que tous les membres masculins de l'Église qui mènent
une vie digne peuvent recevoir là prêtrise et contribuer ainsi puissamment à
établir l'Église et le royaume de Dieu sur terre, et faire ainsi partie de ce
« sacerdoce royal » dont parlait Pierre, afin de s'unir tous pour annoncer « les
vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ». Ces
hommes ne sont pas spécialement formés pour le ministère, pas plus que les
apôtres de jadis. Mais ils développent les dons et les talents dont Dieu les a
pourvus, en s'exerçant dans leur service et par le don du Saint-Esprit.
Paul comprenait ceci également lorsqu'il disait :
Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n'y a ni beaucoup de
sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles.
Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a
choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes ;
Et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu'on méprise, celles qui
ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se
glorifie devant Dieu. (1 Corinthiens 1:26-29)
En plus de tous ses officiers locaux, l'Église envoie maintenant chaque année,
dans tous les champs de mission du monde, des milliers de missionnaires, tous du
genre dont parlait Paul. Cette vaste armée de missionnaires constitue un
ministère non rémunéré, comme l'était la prêtrise au temps du Christ et de ses
apôtres.
De nos jours environ un million d'hommes détiennent les Prêtrises de Melchisédek
et d'Aaron. Où pourrait-on trouver ailleurs dans le monde pareil « sacerdoce
royal » comme Pierre appelait l'Église de son temps ?
C'est cette coutume d'ordonner à la prêtrise et d'appeler au service tous ceux
qui étaient dignes et disposés à servir qui amena Jésus à déclarer en envoyant
les soixante-dix deux à deux devant lui dans toutes les villes et tous les lieux
où lui-même devait aller :
La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers. Priez donc le maître de
la moisson d'envoyer des ouvriers dans sa moisson. (Luc 10:2)
Offices dans la prêtrise
Il y a tant à faire que le Seigneur a mis de nombreux officiers dans son Église
et a établi de nombreuses subdivisions dans la Prêtrise d'Aaron et la Prêtrise
de Melchisédek, de manière que chacun trouve une place adaptée à ses capacités.
Voici les subdivisions de la Prêtrise d'Aaron : diacres, instructeurs et
prêtres. Il s'y trouve aussi des évêques quand ils sont descendants directs
d'Aaron, sinon ils sont choisis parmi les grands-prêtres de la Prêtrise de
Melchisédek.
Dans la Prêtrise de Melchisédek, il y a les subdivisions suivantes : anciens,
soixante-dix, grands-prêtres, patriarches ou évangélistes, apôtres et prophètes.
Tous les officiers sus-mentionnés sont cités dans le Nouveau Testament à propos
de l'Église primitive du Christ. Cependant on n'en retrouve que quelques-uns
dans les branches existantes du christianisme moderne. Nous avons l'impression
que si l'on offrait cette organisation complète aux Églises d'aujourd'hui, elles
ne sauraient qu'en faire. Elles ne connaîtraient pas la différence entre les
appels d'ancien, de grand-prêtre, de diacre, d'instructeur ou de prêtre, non
plus qu'entre leur ministère respectif. Elles ne sauraient pas non plus combien
de chaque catégorie il faut réunir pour constituer un collège et ignoreraient la
façon de l'organiser et de le diriger. Nous non plus, nous ne le saurions pas si
nous devions nous en remettre uniquement à la Bible pour le savoir. Mais nous
n'en sommes pas réduits à cela, car nous avons reçu toute cette connaissance par
les révélations que le Seigneur a données lorsque la prêtrise a été rétablie à
notre époque par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith (voir D&A 13,
20, 84, 107, 121).
L'Église doit être complètement organisée
Paul comprenait fort bien l'importance d'une organisation complète lorsqu'il
disait :
Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres
comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs,
Pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de
l'édification du corps de Christ,
Jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la
connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature
parfaite de Christ,
Afin que nous ne soyons plus des enfants flottants et emportés à tout vent de
doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de
séduction. (Éphésiens 4:11-14)
On peut vraiment dire que le monde chrétien a été « emporté à tout vent de
doctrine par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de
séduction ». Qui oserait affirmer que ce n'est pas parce qu'il s'est débarrassé
des officiers que Dieu avait placés dans son Église pour l'amener à l'unité de
la foi ? À quoi pourrait-on s'attendre d'autre ?
L'avenir de l'Église de Jésus-Christ
Quoique le nombre de ses membres soit restreint, l'Église de Jésus-Christ des
saints des derniers jours, dont la plupart des membres masculins au-dessus de
douze ans détiennent l'un ou l'autre office dans la prêtrise, attire déjà fort
l'attention. Quand se tiennent les conférences de l'Église à Salt Lake City et
en d'autres lieux dans le monde, le grand Tabernacle, l'Assembly Hall du square
du Temple et de nombreux bâtiments de par le monde sont bondés de détenteurs de
la prêtrise lors des réunions générales de la prêtrise du samedi soir. Ces
hommes servent l'Église sans rémunération, sauf un très petit nombre qui,
donnant tout leur temps au service de l'Église, en reçoivent une allocation
d'entretien. Depuis les éducateurs les plus spécialisés, les hommes d'affaires
les plus efficaces et les plus prospères, les hommes de science les plus
qualifiés et les plus expérimentés jusqu'au simple ouvrier en passant par
l'agriculteur, l'entrepreneur et le mécanicien, chacun est dévoué à son Église :
ses services et sa compétence peuvent être mis à contribution pour le service de
l'Église et de ses semblables, et, dans la plupart des cas, sans même qu'il
songe à la possibilité d'une rémunération. Pouvoir servir les intérêts de
l'Église est considéré comme un honneur. Des hommes d'affaires prospères, des
hommes exerçant une profession libérale, des fermiers peuvent être invités à
abandonner leurs affaires, leur métier, leur ferme et leur famille et
s'embarquent à leurs propres frais pour des régions éloignées du globe afin d'y
travailler quelques années à la grande cause missionnaire de l'Église. Il
n'existe rien de semblable dans notre monde actuel. Ils doivent être pareils aux
saints de l'époque de Pierre ce qui amena celui-ci, après les avoir appelés « un
sacerdoce royal » à ajouter « un peuple acquis », car sous ce rapport nous
sommes aussi un peuple tout à fait acquis à la cause de Dieu (voir 1 Pierre
2:9).
S'il vous arrivait de vous rendre dans des communautés où la majorité des gens
sont des saints des derniers jours (surtout en Utah et en d'autres endroits de
l'Ouest des États-Unis) et que vous vous arrêtiez pour parler à un fermier au
travail dans les champs, vous découvririez probablement qu'il est l'évêque de sa
paroisse ou le président de son pieu, ou ancien, soixante-dix ou grand-prêtre.
Vous pourriez faire la même expérience avec un banquier, le receveur des postes,
les directeurs ou les employés des magasins, les ouvriers des ateliers ou des
usines ou le coiffeur dont vous occupez le fauteuil. C'est pourquoi les conflits
en matière de travail ne trouvent pas un terrain aussi favorable chez les saints
des derniers jours que chez d'autres : Comment en effet, nos hommes
pourraient-ils se rencontrer chaque semaine à leurs réunions de la prêtrise, où
tous sont frères, et prendre part en même temps à des conflits en matière de
travail alors que ce sont les intérêts de leurs frères qui sont en jeu ? Pour un
vrai saint des derniers jours, la prêtrise de Dieu est le plus grand syndicat du
monde. Pouvez-vous imaginer le jour où le royaume de Dieu s'étendra au monde
entier comme Daniel l'a déclaré (voir Daniel 2:44) et où les hommes de partout,
unis par les liens de la sainte prêtrise, consacreront leur énergie et leurs
talents au bien-être de leurs semblables et à l'établissement du royaume de Dieu
sur la terre ?
Ces grandes vérités, nous ne les aurions pas comprises si nous n'avions eu le
rétablissement de la Prêtrise d'Aaron par Jean-Baptiste et de la Prêtrise de
Melchisédek par Pierre, Jacques et Jean. Les vérités révélées dans la Bible
concordent avec celles qui ont été révélées de nos jours par l'entremise de
prophètes, et les Écritures modernes nous permettent de mieux les comprendre.
Les responsabilités et les activités de la prêtrise seront traitées avec plus de
détails dans les chapitres suivants.
CHAPITRE 10 : L'ORDONNANCE
DU BAPTÊME
Nous avons démontré qu'il est nécessaire d'avoir la Prêtrise d'Aaron pour
prêcher l'Évangile de repentance et pour administrer à ceux qui se repentent le
baptême par immersion pour la rémission des péchés. Examinons à présent
l'expérience vécue et rapportée par Joseph Smith, celle où Oliver Cowdery et
lui-même se baptisèrent mutuellement sur ordre de Jean-Baptiste et comparons-la
avec les enseignements d'alors et avec les Saintes Écritures.
Le baptême de Joseph Smith et d'Oliver Cowdery
Reportons-nous de nouveau à l'histoire personnelle de Joseph Smith où il nous
raconte qu'à l'époque où Oliver Cowdery et lui-même étaient occupés à traduire
le Livre de Mormon, ils se rendirent dans les bois pour interroger le Seigneur
concernant le baptême pour la rémission des péchés dont il était fait mention
dans la traduction des plaques. C'est en réponse à leurs prières qu'un messager
céleste descendit dans une nuée de lumière, leur imposa les mains, leur conféra
la Prêtrise d'Aaron et leur ordonna d'aller se faire baptiser. Il expliqua que
Joseph devait baptiser Oliver et qu'ensuite celui-ci devrait baptiser Joseph. Ce
messager dit qu'il s'appelait Jean, celui qu'on appelle Jean-Baptiste dans le
Nouveau Testament, et qu'il agissait sous la direction de Pierre, Jacques et
Jean.
On a écrit des centaines de livres sur le baptême. Qui doit être baptisé, les
adultes ou les enfants ? Quel est le but du baptême ? Quelle est la façon
correcte de baptiser : par immersion, par aspersion ? Lors de cet événement
merveilleux et sans pareil Joseph Smith et Oliver Cowdery en apprirent plus à ce
sujet, grâce à Jean-Baptiste qui avait été envoyé pour préparer la voie au
Seigneur et qui avait eu l'honneur de baptiser le Fils de Dieu, qu'en lisant
tous les livres jamais écrits sur le baptême.
Obéissant au commandement donné par Jean-Baptiste, et sous sa direction, ces
deux jeunes gens se baptisèrent mutuellement, le 15 mai 1829, par immersion pour
la rémission de leurs péchés, probablement dans la Susquehanna, dans l'ouest de
l'État de New York. Ceci devrait mettre un terme à toute controverse sur la
manière dont le baptême doit se faire et le but dans lequel Dieu l'a instauré.
En avril 1830, le mois où l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours
fut organisée, Joseph Smith reçut une révélation concernant l'organisation et le
gouvernement de l'Église :
Nul ne peut être reçu dans l'Église du Christ s'il n'est arrivé à l'âge de
responsabilité devant Dieu et n'est capable de se repentir.
Le baptême doit être administré de la façon suivante à tous ceux qui se
repentent : Celui qui est appelé de Dieu et a reçu de Jésus-Christ l'autorité de
baptiser descendra dans l'eau avec la personne qui s'est présentée pour le
baptême et dira en appelant celle-ci par son nom : Ayant reçu l'autorité de
Jésus-Christ, je vous baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Amen.
Alors il l'immergera dans l'eau et sortira de l'eau. (D&A 20:71-74)
Les petits enfants ne doivent pas être baptisés
Cette révélation nous apprend d'abord que personne ne peut être reçu dans
l'Église de Jésus-Christ s'il n'est arrivé à l'âge de responsabilité devant Dieu
et n'est capable de se repentir. Ceci écarte évidemment les bébés et les jeunes
enfants, car ils n'ont pas encore atteint l'âge de responsabilité devant Dieu ;
ils ne sont pas non plus capables de se repentir.
Dans une révélation donnée en novembre 1831, par l'intermédiaire de Joseph
Smith, le Seigneur donne davantage de lumière et d'instructions sur ce sujet :
De plus, s'il y a des parents qui ont des enfants en Sion, ou dans l'un de ses
pieux organisés, qui ne leur enseignent pas à comprendre la doctrine de la
repentance, de la foi au Christ, le Fils du Dieu vivant, du baptême et du don du
Saint-Esprit, par l'imposition des mains, à l'âge de huit ans, que le péché soit
sur la tête des parents.
Car ce sera là une loi pour les habitants de Sion et de chacun de ses pieux
organisés. Leurs enfants seront baptisés pour la rémission de leurs péchés,
lorsqu'ils auront huit ans, et recevront l'imposition des mains. (D&A 68:25-27)
Ainsi le Seigneur lui-même a fixé l'âge de responsabilité à huit ans et, arrivés
à cet âge, les enfants que leurs parents ont instruits selon le commandement,
doivent être baptisés.
Le prophète Mormon a écrit à ce sujet ce qui suit à son fils Moroni :
Et maintenant, mon fils, je te parle de ce qui me fait une peine extrême ; car
cela me fait de la peine que des disputes s'élèvent parmi vous.
Car, si j'ai appris la vérité, il y a eu parmi vous des disputes sur le baptême
de vos petits enfants.
Je désire, mon fils, que tu travailles diligemment afin que cette erreur
grossière soit ôtée du milieu de vous ; car c'est dans ce but que j'écris cette
épître.
Car aussitôt que j'eus appris de vous ces choses, j'interrogeai le Seigneur à ce
sujet. Et la parole du Seigneur me parvint par le pouvoir du Saint-Esprit,
disant :
Écoute les paroles du Christ, ton Rédempteur, ton Seigneur et ton Dieu. Voici,
je suis venu au monde, non pas pour appeler les justes, mais les pécheurs au
repentir. Ce ne sont pas ceux qui ont la santé qui ont besoin de médecin, mais
ce sont ceux qui sont malades ; c'est pourquoi les petits enfants ont la santé,
car ils sont incapables de commettre le péché ; et la malédiction d’Adam leur
est enlevée en moi, de sorte qu'elle n'a aucun pouvoir sur eux ; et la loi de la
circoncision est finie en moi.
C'est ainsi que le Saint-Esprit m'a manifesté la parole de Dieu. Je sais donc,
mon fils bien-aimé, que c'est une moquerie solennelle devant Dieu que de baptiser
les petits enfants.
Voici, je te dis que tu enseigneras cette chose - le repentir et le baptême à
ceux qui sont responsables et capables de commettre le péché ; oui, enseigne aux
parents qu'il faut qu'ils se repentent et qu'ils soient baptisés, et qu'ils
s'humilient pour devenir comme leurs petits enfants, et ils seront tous sauvés
avec leurs petits enfants ;
Et leurs petits enfants n'ont besoin ni de repentir ni de baptême. Voici, le
baptême est pour la repentance, pour l'accomplissement des commandements, pour
la rémission des péchés.
Mais les petits enfants sont vivants dans le Christ, même depuis la fondation du
monde ; sinon, Dieu est un Dieu partial, un Dieu changeant, faisant acception de
personnes ; car combien de petits enfants sont morts sans baptême !
C'est pourquoi, si les petits enfants ne pouvaient être sauvés sans baptême, ils
ont dû aller dans un enfer sans fin.
Voici, je te dis que celui qui pense que les petits enfants ont besoin du
baptême est dans le fiel de l'amertume et dans les liens de l'iniquité, car il
n'a ni foi, ni espérance, ni charité ; c'est pourquoi, s'il mourait dans de
telles pensées, il faudrait qu'il descendît en enfer.
Car c'est une affreuse impiété que de supposer que Dieu sauve un enfant à cause
du baptême, et que l'autre doive périr parce qu'il n'a pas de baptême.
Malheur à ceux qui pervertiront de la sorte les voies du Seigneur, car ils
périront, à moins qu'ils ne se repentent. Voici, je parle avec hardiesse, ayant
autorité de Dieu ; et je ne crains point ce que l'homme peut faire, car l'amour
parfait bannit toute crainte.
Et je suis rempli de charité, qui est l'amour éternel ; c'est pour cela que tous
les petits enfants sont les mêmes pour moi ; c'est pourquoi j'aime les petits
enfants d'un amour parfait ; et ils sont tous égaux et ont part au salut.
Car je sais que Dieu n'est pas un Dieu partial, ni un Être changeant ; mais il
est invariable de toute éternité à toute éternité.
Les petits enfants ne peuvent se repentir ; c'est donc une affreuse impiété de
nier les pures miséricordes de Dieu à leur égard, car ils sont tous vivants en
lui, à cause de sa miséricorde.
Et celui qui dit que les petits enfants ont besoin du baptême, nie les
miséricordes du Christ, et tient pour nuls son expiation et le pouvoir de sa
rédemption. (Moroni 8:4-20)
Il est étrange, en effet, que tant d'Églises appliquent le principe du baptême
des petits enfants alors qu'il n'y a pas d'exemple que de tels baptêmes aient
été administrés dans l'Église de Jésus-Christ à l'époque primitive, et que l'on
ne trouve nulle part des instructions dans ce sens. Il est évident qu'il aurait
fallu donner de telles instructions aux parents à l'intention des enfants,
puisque les petits enfants ne peuvent agir par eux-mêmes.
Dans une révélation donnée en septembre 1830, par l'intermédiaire du prophète
Joseph Smith, le Seigneur dit à ce propos :
Mais voici, je vous dis que les petits enfants sont rachetés depuis la fondation
du monde par l'entremise de mon Fils unique ;
C'est pourquoi, ils ne peuvent pécher, car le pouvoir de tenter les petits
enfants n'est donné à Satan que lorsqu'ils commencent à devenir responsables
devant moi. (D&A 29:46, 47)
Le baptême des petits enfants : une erreur
L'idée fausse qu'il est nécessaire de baptiser les enfants en bas âge est due,
sans aucun doute, aux enseignements des Églises d'aujourd'hui, selon lesquels
les petits enfants doivent répondre du péché originel d'Adam et d'Ève ou des
péchés de leurs parents. Cette conception ne peut être vraie, comme nous l'avons
déjà démontré par les révélations que le Seigneur nous a données par
l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, car Jésus est mort pour expier les
péchés sur lesquels nous n'avons aucun contrôle :
Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. (1 Cor.
15:22)
Jésus-Christ nous a tous rachetés de la chute, il a payé le prix, il s'est
offert en rançon, il a expié le péché d'Adam, ne nous laissant responsables que
de nos propres péchés. Un de nos articles de foi dit :
Nous croyons que les hommes seront punis pour leurs propres péchés et non pour
la transgression d'Adam.
Ce que l'apôtre Jean comprenait comme ceci :
Je vous écris, petits enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés à cause
de mon nom. (1 Jean 2:12)
Les enfants doivent être bénis
On peut maintenant poser la question : Si les enfants ne doivent pas être
baptisés avant d'atteindre l'âge de responsabilité (huit ans), n'y a-t-il pas
quelque chose que l'on doive faire pour eux ? Le Seigneur répondit à cette
question dans une révélation qu'il donna en avril 1830 par le ministère du
prophète Joseph Smith :
Tout membre de l'Église du Christ qui a des enfants doit les amener devant
l'assemblée aux anciens, lesquels doivent leur imposer les mains au nom de
Jésus-Christ et les bénir en son nom. (D&A 20:70)
Avec quelle perfection tout ceci s'accorde avec les enseignements et les
pratiques de Jésus lorsqu'il exerçait son ministère parmi les hommes :
On lui amena des petits enfants, afin qu'il les touchât. Mais les disciples
reprirent ceux qui les amenaient.
Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit : Laissez venir à moi les petits
enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui
leur ressemblent. Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume
de Dieu comme un petit enfant n'y entrera point.
Puis il les prit dans ses bras, et les bénit en leur imposant les mains. (Marc
10:13-16)
Il est clair que les disciples de Jésus pensaient que les petits enfants étaient
indignes de retenir l'attention de leur Maître comme doivent aussi l'estimer
beaucoup d'ecclésiastiques de nos jours, qui exigent qu'on les baptise. Voyant
cela, Jésus fut « indigné ». Il est également indigné des prétendus baptêmes de
petits enfants que l'on administre de nos jours. Il donna l'exemple en
permettant que les petits enfants lui fussent amenés. Il les prit dans ses bras,
leur imposa les mains et les bénit. C'est là l'exemple et le commandement qu'il
donne à son Église à notre époque. Comme nous l'avons déjà noté, Joseph Smith
n'a pas trouvé ce renseignement en lisant la Bible ou un autre livre traitant du
même sujet, mais bien par les révélations que le Seigneur lui a faites.
Le baptême par immersion pour la rémission des péchés
Joseph Smith et Oliver Cowdery furent baptisés par immersion pour la rémission
de leurs péchés, comme Jean-Baptiste le leur avait commandé ; et dans une
révélation à Joseph Smith, le Seigneur expliqua comment le baptême devait être
administré, stipulant même les paroles qui devaient être prononcées par
l'officiant dans l'accomplissement de cette ordonnance. (D&A 20:72-74)
Nous allons maintenant examiner le modèle donné et le but du baptême introduit
par Jean-Baptiste à notre époque, tel qu'il était enseigné et pratiqué dans
l'Église primitive. Jésus lui-même donna l'exemple « pour accomplir ainsi tout
ce qui est juste ».
Alors Jésus vint de la Galilée au Jourdain vers Jean,, pour être baptisé par
lui.
Mais Jean s'y opposait, en disant : C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par
toi, et tu viens à moi !
Jésus lui répondit : Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous
accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Et Jean ne lui résista plus.
Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l'eau. Et voici, les cieux
s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur
lui.
Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils
bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection. (Matt. 3:13-17)
Il faut un gros effort d'imagination pour croire que Jésus irait trouver Jean au
Jourdain, puis serait descendu dans le fleuve seulement pour se faire verser un
peu d'eau sur la tête ou pour se faire asperger. « Dès que Jésus eut été
baptisé, il sortit de l'eau. » Il n'aurait pu sortir de l'eau s'il n'avait pas
été dans l'eau et il ne serait pas entré dans l'eau pour se faire simplement
asperger. Il devait entrer dans l'eau pour être immergé ou baptisé. Que signifie
le mot « baptiser » ? Il vient du grec « bapto » ou « baptizo » et signifie
plonger ou immerger. Lorsqu'ils discutaient du principe du baptême, Jésus et ses
disciples auraient tout aussi bien pu parler d'aspersion si cela eût suffi, mais
ils ne l'ont pas fait. Ce n'est pas un peu d'eau, mais « beaucoup d'eau » qu'il
fallait pour l'ordonnance du baptême :
Jean aussi baptisait à Énon, près de Salim, parce qu'il y avait là beaucoup
d'eau ; et on y venait pour être baptisé. (Jean 3:23)
Jean aurait pu trouver assez d'eau pour une aspersion à peu près n'importe où.
Il aurait pu aller vers ceux qui désiraient le baptême, mais c'étaient eux qui
venaient à des endroits choisis « parce qu'il y avait là beaucoup d'eau », et
qu'il pouvait vraiment les y baptiser, les immerger.
Paul a dit : « Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême »
(Éphésiens 4:5). S'il n'y a qu'un seul baptême, répondez donc à la question que
Jésus posa aux principaux sacrificateurs :
Le baptême de Jean, d'où venait-il ? du ciel ou des hommes ? Mais ils
raisonnèrent ainsi entre eux : Si nous répondons : Du ciel, il nous dira :
Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui ?
Si nous répondons : Des hommes, nous avons à craindre la foule, car tous
tiennent Jean pour un prophète. (Matthieu 21:25, 26)
Puisque le baptême de Jean venait du ciel, tous les hommes devraient être
disposés à l'accepter. Le baptême de Jean était le baptême par immersion pour la
rémission des péchés :
Jean parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance pour
la rémission des péchés.
Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de
lui ;
et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du
Jourdain. (Marc 1:4, 5)
Ce récit pouvait-il être écrit plus clairement ? « Ils se faisaient baptiser par
lui dans le fleuve du Jourdain ». Il n'y a qu'un seul mode de baptême, c'est
celui que Jean utilisait pour baptiser et il était administré dans le fleuve, et
non près du fleuve.
La repentance doit précéder le baptême
La rémission des péchés ne peut être réalisée que par le baptême quand on s'est
vraiment repenti de ses péchés ; et le baptême sans la repentance n'est pas un
moyen par lequel on peut espérer « fuir la colère à venir ».
Et il (Jean) alla dans tout le pays des environs du Jourdain, prêchant le
baptême de repentance, pour la rémission des péchés...
Il disait donc à ceux qui venaient en foule pour être baptisés par lui : Race de
vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ?
Produisez donc des fruits dignes de la repentance, et ne vous mettez pas à dire
en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ! Car je vous déclare que de ces
pierres Dieu peut susciter des enfants à Abraham. (Luc 3:3, 7, 8)
Pierre promit lui aussi le pardon des péchés par la repentance et le baptême à
ceux à qui il prêcha le jour de la Pentecôte :
Après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur vivement touché, et ils
dirent à Pierre et aux autres apôtres : Hommes frères, que ferons-nous ?
Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de
Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du
Saint-Esprit.
Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au
loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. (Actes
2:37-39)
Quelle merveilleuse promesse ! Quel est celui qui, cherchant sincèrement la
vérité, ne voudrait pas ouvrir son âme, refuserait pour lui-même et pour ceux
qu'il aime l'invitation faite ici par Pierre ! Il ne suffit pas que nous
sachions ce que nous devons faire pour obtenir les bénédictions et les dons de
Dieu, nous devons encore savoir où trouver ceux qui détiennent sa sainte
prêtrise et sont donc autorisés, parce qu'ils ont été ordonnés à cet effet, à
officier en son nom. La raison pour laquelle nous ne sommes pas dans les
ténèbres à ce sujet, c'est que cela fut révélé à Joseph Smith par le
rétablissement de l'Évangile. Nous utilisons la Bible pour montrer que ces
vérités révélées sont en accord avec ses enseignements.
Le baptême, condition indispensable au salut
Après sa résurrection, Jésus apparut à ses onze apôtres :
Puis il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute
la création.
Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas
sera condamné. (Marc 16:15, 16)
Ceci n'est qu'une confirmation de ce que le Sauveur dit à Nicodème avant sa
crucifixion. Aussi, lorsque, cloué sur la croix, il déclara : « Tout est
accompli » (Jean 19:30) il ne voulait pas dire par là, contrairement à ce que
prétendent certains que son Évangile ne devait pas continuer à être prêché par
ceux qu'il avait envoyés exercer leur ministère pour le salut de ses enfants :
Mais il y eut un homme d'entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des
Juifs, Qui vint auprès de Jésus de nuit, et lui dit : Rabbi, nous savons que tu
es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu
fais, si Dieu n'est avec lui. Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te
le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu.
Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il
rentrer dans le sein de sa mère et naître ? Jésus répondit : En vérité, en
vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer
dans le royaume de Dieu... Nicodème lui dit : Comment cela peut-il se faire ?
Jésus lui répondit : Tu es le docteur d'Israël, et tu ne sais pas ces choses ?
(Jean 3:1-5, 9, 10)
Le baptême est une seconde naissance
Si l'on peut voir le royaume de Dieu ou y entrer sans naître de nouveau, il est
très important que nous comprenions pleinement la pensée du Sauveur. Puisqu'il a
dit que cette seconde naissance devait être « d'eau et d'Esprit », il est
évident qu'il pensait au fait d'être baptisé dans l'eau et de recevoir le
Saint-Esprit après le baptême ; en effet, cette seconde naissance est très
semblable à la première. Quand on vient au monde, le corps sort de l'eau,
l'esprit en prend possession, et on naît littéralement d'eau et d'esprit. S'il
n'en était pas ainsi, comment pourrions-nous naître de nouveau d'eau et
d'Esprit ?
Paul décrit cette nouvelle naissance comme suit :
Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c'est en sa
mort que nous avons été baptisés ?
Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que,
comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi
nous marchions en nouveauté de vie.
En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa
mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection,
Sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du
péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché. (Romains
6:3-6)
Ceci paraît très clair. Quand nous sommes « ensevelis avec lui par le baptême en
sa mort » (analogie qu'on ne pourrait évidemment faire si nous étions seulement
aspergés), nous naissons à nouveau d'eau, quand nous sortons de ce tombeau
liquide et, puisque nos péchés nous ont été remis, nous devons « marcher en
nouveauté de vie ». Nous ne pouvons marcher en nouveauté de vie que quand nous
naissons de nouveau. Notre « vieil homme » du péché est donc crucifié avec le
Christ, et nous naissons de nouveau par similitude avec sa résurrection.
Le baptême de Corneille
L'expérience de Corneille de Césarée, homme dévot, craignant Dieu, et qui le
priait en toute occasion (voir Actes 10:1-4) nous donne une belle leçon. Si un
ange de Dieu apparaissait de nos jours à quelqu'un porteur d'un message, la
plupart des théologiens ne s'inquiéteraient pas de savoir s'il a besoin d'être
baptisé. Mais ce n'est pas ainsi que procédait le Seigneur qui envoya l'ange
dire à Corneille d'envoyer des hommes à Simon Pierre et que celui-ci lui dirait
ce qu'il devrait faire (voir Actes 10:5, 6).
Ensuite, le Seigneur donna à Pierre une vision : un récipient ou une nappe
descendait du ciel, avec toutes sortes de bêtes sauvages, d'oiseaux et de
reptiles. Pierre avait faim et une voix lui dit :
Lève-toi, Pierre, tue et mange.
Mais Pierre dit : Non, Seigneur, car je n'ai jamais rien mangé de souillé ni
d'impur. Et pour la seconde fois la voix se fit entendre à lui : Ce que Dieu a
déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé. (Actes 10:13-15)
Ceci parce que Corneille était le premier Gentil à accepter la parole de Dieu.
Lorsqu'ils se furent rapporté mutuellement ce qui les avait amenés à se
rencontrer, Pierre lui prêcha le Christ et le baptême de Jean, à lui et à sa
suite. Ils acceptèrent son message, le Saint-Esprit descendit sur eux, ils
parlèrent en langues et glorifièrent Dieu. Alors Pierre répondit :
Peut-on refuser l'eau du baptême à ceux qui ont reçu le Saint-Esprit aussi bien
que nous ?
Et il ordonna qu'ils fussent baptisés au nom du Seigneur. (Actes 10:47, 48)
Nous apprenons par cet exemple que lorsque quelqu'un recherche la vérité,
quelque juste soit-il, le Seigneur l'adresse à l'un de ses serviteurs qui ont
été ordonnés à la prêtrise, pour être instruit et baptisé de sa main.
Ceci fut vrai aussi dans le cas de Saul (Paul) dont nous avons déjà parlé. Bien
que lui ayant parlé sur le chemin de Damas, le Seigneur lui enjoignit de se
rendre dans cette ville où il avait dit à l'un de ses serviteurs, Ananias, ce
qu'il fallait faire. Ananias commença par rendre la vue à Paul en lui imposant
les mains, puis il le baptisa. Paul fut plus tard ordonné au ministère (voir
Actes 9 ; 13:1-3).
Le baptême de Jean a été confirmé en ces derniers jours
Or, le Seigneur suivit exactement le même processus à l'égard de Joseph Smith et
d'Oliver Cowdery quand ils se rendirent dans le bois pour demander des
éclaircissements sur le baptême par immersion pour la rémission des péchés. La
seule différence, c'est qu'il n'y avait personne sur terre détenant la prêtrise
de Dieu avec l'autorité de leur administrer l'ordonnance du baptême. C'est
pourquoi le Seigneur envoya Jean-Baptiste ressuscité, qui leur conféra la
Prêtrise d'Aaron, laquelle prêtrise détient les clefs (le pouvoir et l'autorité)
du baptême par immersion pour la rémission des péchés. Puis Jean leur commanda
de se baptiser mutuellement.
Encore une fois, Joseph Smith et Oliver Cowdery n'obtinrent pas ce renseignement
en lisant la Bible, mais par les révélations que leur fit le Seigneur et par ce
qu'ils apprirent eux-mêmes en obéissant aux instructions de Dieu. Nous avons
passé en revue les principaux points intéressants que soulève la visite de
Jean-Baptiste à Joseph Smith et à Oliver Cowdery le 15 mai 1829. Jean leur
apprit que la Prêtrise d'Aaron détenait les clefs, ou le droit et la bénédiction
de recevoir le « ministère d'anges », ce qui sera démontré à suffisance lorsque
nous parlerons des autres visites de messagers célestes, ceux qui vinrent
rapporter sur terre les clefs et l'autorité nécessaires pour compléter le
« rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la bouche
de ses saints prophètes » (Actes 3:21).
CHAPITRE 11 : LA
MISSION DU SAINT-ESPRIT
Lorsque le 15 mai 1829, Jean-Baptiste conféra la Prêtrise d'Aaron à Joseph Smith
et à Oliver Cowdery, il leur dit que la Prêtrise d'Aaron n'avait pas le pouvoir
d'imposer les mains pour le don du Saint-Esprit, mais que ce pouvoir leur serait
conféré ultérieurement. Il déclara, en outre, qu'il agissait sous la direction
de Pierre, Jacques et Jean, qui détenaient les clefs (le pouvoir et l'autorité)
de la Prêtrise de Melchisédek, prêtrise qui, dit-il, leur serait conférée en
temps voulu (voir Joseph Smith, Histoire, 70-72).
En accomplissement de la promesse de Jean-Baptiste, et peu de temps après la
première ordination, Pierre, Jacques et Jean, les anciens apôtres du Seigneur
Jésus-Christ, conférèrent la Prêtrise de Melchisédek à Joseph Smith et Oliver
Cowdery dans un endroit désert près de Fayette, comté de Seneca, État de New
York. Entre autres choses, cette prêtrise supérieure leur donnait le pouvoir
promis d« imposer les mains pour le don du Saint-Esprit ». C'est de ceci que
nous allons parler maintenant.
L'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit
À notre connaissance, aucune Église ici-bas n'enseignait ni ne pratiquait le
principe de « l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit » à l'époque où
Jean-Baptiste apprit à Joseph Smith et à Oliver Cowdery que la Prêtrise d'Aaron
ne détenait pas ce pouvoir. Non seulement Jean-Baptiste fit nettement ressortir
que c'était là un principe de l'Évangile, mais, dans des révélations ultérieures
au prophète Joseph Smith, le Seigneur lui aussi confirma la véracité de cette
affirmation.
En décembre 1830, le Seigneur dit au prophète Joseph Smith :
Mais maintenant, je te donne le commandement de baptiser d'eau, et ils recevront
le Saint-Esprit par l'imposition des mains, comme le faisaient les apôtres
autrefois. (D&A 35:6)
Le Seigneur donna, en mars 1831, une directive semblable, par l'intermédiaire de
Joseph Smith, à un certain nombre d'anciens de l'Église :
C'est pourquoi je vous donne le commandement d'aller parmi ce peuple et de lui
dire, comme à mon apôtre de jadis qui s'appelait Pierre :
Croyez au nom du Seigneur Jésus qui était sur la terre et doit venir, le
commencement et la fin.
Repentez-vous et soyez baptisés au nom de Jésus-Christ, selon le saint
commandement, pour la rémission des péchés.
Quiconque fait cela recevra le don du Saint-Esprit par l'imposition des mains
des anciens de l'Église. (D&A 49:11-14)
Dès le moment où l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours fut
organisée, la qualité de membre s'est acquise par le baptême par immersion pour
la rémission des péchés et par l'imposition des mains pour le don du
Saint-Esprit. Dans la révélation que nous avons citée en dernier lieu, le
Seigneur, par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, donnait aux anciens de
l'Église le commandement d'aller prêcher au peuple comme Pierre l'avait fait
jadis. Examinons les saintes Écritures pour voir ce que Pierre commandait au
peuple de faire.
Le jour de la Pentecôte, quand il y eut une effusion de l'Esprit du Seigneur,
ceux qui entendirent la prédiction de Pierre « eurent le cœur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres :
Hommes frères, que ferons-nous ?
Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de
Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du
Saint-Esprit.
Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au
loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera » (Actes
2:37:39).
En quoi ce commandement de Pierre diffère-t-il de celui donné à Joseph Smith et
à Oliver Cowdery par Jean-Baptiste et plus tard par Pierre, Jacques et Jean,
ainsi que dans la révélation du Seigneur aux anciens de l'Église par le canal du
prophète Joseph Smith ?
Dans ce compte rendu biblique du sermon de Pierre, la seule chose qui manque
c'est l'affirmation que c'est par l'imposition des mains qu'ils recevront le don
du Saint-Esprit. Cette omission s'est certainement glissée dans le texte par
inadvertance ou peut-être parce que le compte rendu de l'événement est très
bref, car les Écritures affirment nettement que Pierre entendait que le
Saint-Esprit se conférait par l'imposition des mains. Nous le constatons lorsque
Pierre participe à l'ordonnance de l'imposition des mains pour conférer le
Saint-Esprit dans le cas des personnes baptisées par Philippe à Samarie :
Philippe, étant descendu dans une ville de la Samarie, y prêcha le Christ.
Les foules tout entières étaient attentives à ce que disait Philippe,
lorsqu'elles apprirent et virent les miracles qu'il faisait.
Car des esprits impurs sortirent de plusieurs démoniaques, en poussant de grands
cris, et beaucoup de paralytiques et de boiteux furent guéris.
Et il y eut une grande joie dans cette ville.
Il y avait auparavant dans la ville un homme nommé Simon, qui, se donnant pour
un personnage important, exerçait la magie et provoquait l'étonnement du peuple
de la Samarie.
Tous depuis le plus petit jusqu'au plus grand, l'écoutaient attentivement, et
disaient : Celui-ci est la puissance de Dieu, celle qui s'appelle la grande.
Ils l'écoutaient attentivement, parce qu'il les avait longtemps étonnés par ses
actes de magie.
Mais, quand ils eurent cru à Philippe, qui leur annonçait la bonne nouvelle du
royaume de Dieu et du nom de Jésus-Christ, hommes et femmes se firent baptiser.
Simon lui-même crut, et après avoir été baptisé, il ne quittait plus Philippe,
et il voyait avec étonnement les miracles et les grands prodiges qui
s'opéraient.
Les apôtres, qui étaient à Jérusalem, ayant appris que la Samarie avait reçu la
parole de Dieu, y envoyèrent Pierre et Jean.
Ceux-ci, arrivés chez les Samaritains, prièrent pour eux, afin qu'ils reçussent
le Saint-Esprit.
Car il n'était encore descendu sur aucun d'eux ; ils avaient seulement été
baptisés au nom du Seigneur Jésus.
Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent le Saint-Esprit.
Lorsque Simon vit que le Saint-Esprit était donné par l'imposition des mains des
apôtres, il leur offrit de l'argent, en disant : Accordez-moi aussi ce pouvoir,
afin que celui à qui j'imposerai les mains reçoive le Saint-Esprit.
Mais Pierre lui dit : Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le
don de Dieu s'acquérait à prix d'argent ! (Actes 8:5-20)
Pourrait-on exprimer cette vérité plus clairement ? Comment les Samaritains
reçurent-ils la parole de Dieu ? En étant instruits et baptisés ! Pourquoi
Pierre et Jean furent-ils envoyés ? Parce que le peuple n'avait pas encore reçu
le Saint-Esprit : Il avait seulement été baptisé au nom du Seigneur Jésus !
Pourquoi Philippe ne lui conféra-t-il pas le Saint-Esprit ? Sans doute parce
qu'il ne pouvait exercer que les fonctions de la Prêtrise d'Aaron, tout comme
Jean-Baptiste, qui expliqua à Joseph Smith et à Oliver Cowdery que la Prêtrise
d'Aaron « n'avait pas le pouvoir d'imposer les mains pour le don du
Saint-Esprit ».
Si les hommes pouvaient s'attribuer cette dignité, Simon ne leur aurait pas
offert de l'argent pour acheter ce pouvoir quand il vit que le Saint-Esprit
était conféré par l'imposition des mains des apôtres. Pourquoi les Églises
chrétiennes d'aujourd'hui ont-elles délaissé ce glorieux principe ? Parce
qu'elles n'ont pas compris les Écritures et que, privées de la révélation et de
la prêtrise de Dieu, elles doivent s'en remettre à leur interprétation
personnelle des Écritures pour se diriger.
Une Écriture mal comprise
L'Écriture qui a probablement jeté le plus de confusion sur ce point c'est cette
affirmation de Jésus à Nicodème :
Ne t'étonne pas que je t'aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau.
Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais pas d'où
il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit.
(Jean 3:7, 8)
On a interprété ceci en disant que le souffle du Saint-Esprit va et vient à son
gré, sans notre intervention, sans aucune cérémonie telle que l'imposition des
mains. Rien ne justifie cette interprétation, vu les nombreux passages
d'Écriture déjà cités, qui disent le contraire. Ce qui est vrai, c'est que nous
ne pouvons voir l'Esprit aller ou venir, pas plus que nous ne pouvons voir le
vent, même si nous pouvons l'entendre et le sentir. Mais lorsque le Saint-Esprit
nous est conféré par l'imposition des mains par quelqu'un qui en a l'autorité,
même s'il est invisible à nos yeux mortels, nous pouvons discerner son action
sur la vie et la conduite de celui qui le reçoit dignement.
Jean-Baptiste savait que le don du Saint-Esprit ne peut être reçu qu'à
l'intervention de quelqu'un chargé de le conférer :
Il vient après moi celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne
de délier, en me baissant, la courroie de ses souliers.
Moi, je vous ai baptisés d'eau ; lui, il vous baptisera du Saint-Esprit.
(Marc 1:7-8)
Si le Saint-Esprit devait descendre à volonté sur les hommes, quel besoin y
avait-il que Jésus vînt après Jean pour baptiser du Saint-Esprit ?
Les Éphésiens reçoivent le Saint-Esprit par l'imposition des mains
Paul savait que le Saint-Esprit se confère par l'imposition des mains :
Pendant qu'Apollos était à Corinthe, Paul, après avoir parcouru les hautes
provinces de l'Asie, arriva à Éphèse. Ayant rencontré quelques disciples, il
leur dit :
Avez-vous reçu le Saint-Esprit, quand vous avez cru ? Ils lui répondirent : Nous
n'avons pas même entendu dire qu'il y ait un Saint-Esprit.
Il dit : De quel baptême avez-vous donc été baptisés ? Et ils répondirent : Du
baptême de Jean.
Alors Paul dit : Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple de
croire en celui qui venait après lui, c'est-à-dire en Jésus.
Sur ces paroles, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus.
Lorsque Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit vint sur eux, et ils
parlaient en langues et prophétisaient. (Actes 19:1-6)
Ceci montre que Pierre et Jean à Samarie et Paul à Éphèse s'accordaient
parfaitement à dire que le Saint-Esprit doit être conféré par l'imposition des
mains. Paul mit encore davantage l'accent sur cette ordonnance :
C'est pourquoi, laissant les éléments de la parole de Christ, tendons à ce qui
est parfait, sans poser de nouveau le fondement du renoncement aux oeuvres
mortes, de la foi en Dieu, de la doctrine des baptêmes, de l'imposition des
mains, de la résurrection des morts, et du jugement éternel. (Héb. 6:1, 2)
Nous verrons que ce fondement est entièrement en accord avec l'Évangile rétabli
en ces derniers jours et enseigné par les apôtres de jadis. Comment donc peut-il
y avoir un doute ? Les apôtres avaient reçu cet enseignement du Seigneur
lui-même, et il ne pouvait y avoir de malentendu. Le Seigneur en renvoya
certains sur la terre à notre époque pour établir à nouveau les mêmes principes,
le même fondement et le même Évangile de Jésus-Christ en ces derniers jours, par
l'intermédiaire du prophète Joseph Smith. Comment est-il dès lors possible
d'omettre une partie si importante du fondement de l'Évangile du Christ et en
même temps de prétendre à juste titre posséder son Évangile ? Qu'arriverait-il à
un bâtiment si l'on omettait un côté des fondations ? Les apôtres comprenaient
parfaitement que des gens viendraient parmi le peuple enseigner leurs propres
idées et changer les doctrines qu'ils avaient enseignées. Le peuple fut mis en
garde contre ces faux instructeurs :
Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n'a point
Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils. Si
quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans
votre maison et ne lui dites pas : Salut ! (2 Jean 9-10)
Personnalité et mission du Saint-Esprit
Après avoir étudié le principe de l'imposition des mains pour le don du
Saint-Esprit, il nous paraît indiqué d'étudier les dons et les fonctions du
Saint-Esprit. Jésus a enseigné à ses disciples :
Si vous m'aimez, gardez mes commandements.
Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il
demeure éternellement avec vous,
L'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point
et ne le connaît point ; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous
et il sera en vous...
Mais le consolateur, l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous
enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. (Jean
14:15-17, 26)
Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je
m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers
vous ; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai...
J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter
maintenant.
Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute
la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura
entendu, et il vous annoncera les choses à venir.
Il me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera.
(Jean 16:7, 12-14)
Ces affirmations du Sauveur nous apprennent quelques vérités fondamentales :
1. Que son Père, le Saint-Esprit et lui sont trois personnages distincts et que
cette unité que les Écritures leur attribuent n'est qu'une unité de but et de
volonté, sinon pourquoi Jésus prierait-il son Père et promettrait-il que son
Père va envoyer un autre Consolateur ? Il ne peut y en avoir un autre que s'il y
en a déjà un. Jésus est ce premier Consolateur et, assurément, il ne se prierait
pas lui-même de s'envoyer lui-même comme « un autre Consolateur ».
2. Que le Saint-Esprit est un être masculin. Remarquez combien de fois Jésus
désigne le Saint-Esprit par le pronom « il » dans les citations ci-dessus. C'est
un personnage d'esprit, masculin, tout comme Jésus avant de naître de la Vierge
Marie. Voyez cette affirmation de Jésus lui-même :
Je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l’œuvre que tu m'a donnée à faire.
Et maintenant, toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que
j'avais auprès de toi avant que le monde fût. (Jean 17:4, 5)
« Avant que le monde fût », Jésus était avec le Père et partageait sa gloire.
Mais il était un personnage d'esprit jusqu'au moment où il vint au monde. C'est
pendant que Jésus avait son corps d'esprit qu'il créa cette terre sous la
direction de son Père (voir Jean 1:1-4). De même, le Saint-Esprit avec son corps
d'esprit a une responsabilité en tant que troisième membre de la Divinité ;
cette responsabilité est de jouer le rôle de Consolateur. Jésus n'explique pas
pourquoi le Saint-Esprit et lui-même ne peuvent rester sur terre et exercer leur
ministère ensemble ; néanmoins il y a un fait qu'il explique clairement :
Il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le
consolateur ne viendra pas vers vous. (Jean 16:7)
Quand l'Esprit du Seigneur révéla à Néphi, prophète du Livre de Mormon, le songe
que son père avait fait, Néphi lui en demanda l'interprétation :
Et quand j'eus vu l'arbre, je dis à l'Esprit : je vois que tu m'as montré
l'arbre qui est plus précieux que toute chose.
Et il me dit : Que désires-tu ?
Et je lui dis : En connaître l'interprétation - car je lui parlai comme un homme
parle ; car je voyais qu'il avait la forme d'un homme ; néanmoins, je savais que
c'était l'Esprit du Seigneur ; et il me parla comme un homme parle à un autre. (1 Néphi
11:9-11)
3. Que le don du Saint-Esprit n'est pas donné au monde en général, mais
seulement à ceux à qui ce don a été conféré par l'imposition des mains de ceux
qui en ont reçu l'autorité par ordination (voir « Ministère limité du
Saint-Esprit » dans ce chapitre).
Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il
demeure éternellement avec vous,
L'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit
point ; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en
vous. (Jean 14:16, 17)
4. Que le fait de recevoir le Saint-Esprit nous met à même de comprendre les
vérités de l'Esprit :
J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter
maintenant.
Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute
la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura
entendu, et il vous annoncera les choses à venir.
Il me glorifiera parce qu'il prendra de ce qui est à moi et vous l'annoncera.
(Jean 16:12-14)
Comment s'exerce le ministère du Saint-Esprit
Puisque le Saint-Esprit est un personnage d'esprit ayant la forme d'un homme
(voir 1 Néphi 11:11) et est par conséquent limité par sa personne à un espace
réduit, on pose souvent la question : Comment peut-il être le Consolateur de
tous ceux qui ont reçu l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit,
dispersés comme ils le sont parmi toutes les nations ?
Voici une illustration qui peut aider à expliquer comment cela est possible : le
soleil est à des millions de kilomètres de la terre ; c'est un corps aux
dimensions déterminées, et pourtant, quand, le matin, ses rayons entrent à flots
par nos fenêtres, nous disons : « Le soleil est dans notre chambre. » Une
personne se trouvant à des milliers de kilomètres de nous pourrait dire la même
chose. Pourtant il est évident que personne n'a raison, car le soleil reste à
des millions de kilomètres. Seule l'influence qu'il irradie se fait sentir dans
notre chambre.
Il ne semble pas logique de croire que ce que Dieu a créé, si merveilleux que
cela soit, puisse égaler la puissance ou l'influence du Créateur lui-même.
Pourquoi, dès lors serait-il déraisonnable ou difficile de comprendre qu'une
puissance, une influence et même des informations spirituelles comme celles que
-selon la promesse de Jésus - nous devons recevoir du Saint-Esprit, ou
Consolateur, puissent émaner de celui-ci et être reçues par nous même si en
personne, il est très éloigné de nous ? La radio et la télévision de notre
époque doivent nous aider à comprendre ce phénomène. La voix et l'image d'une
personne peuvent faire le tour du globe en une fraction de seconde grâce au
pouvoir que Dieu a créé. Quelles ne peuvent donc pas être les possibilités
d'action ou de ministère du Saint-Esprit, cet agent utilisé par Dieu pour
communiquer avec ceux qui « ne sont pas du monde », mais à qui la promesse du
Saint-Esprit est faite par quelqu'un ayant l'autorité de Dieu ?
Mission du Saint-Esprit
Il vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que j'ai dit
(Jean 14:26). Il rendra témoignage de moi (Jean 15:26). Il vous conduira dans
toute la vérité... Il vous annoncera les choses à venir. Il prendra ce qui
est à moi et il vous l'annoncera (Jean 16:13, 14). Il convaincra le monde en ce
qui concerne le péché, la justice, et le jugement (Jean 16:8). Car le
Saint-Esprit vous enseignera à l'heure même ce qu'il faudra dire (Luc 12:12).
Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous (Actes
1:8). L'Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu (1 Cor. 2:10). de même,
personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu (1 Cor.
2:11). L'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants
de Dieu (Rom. 8:16). Mais le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix,
la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance
(Gal. 5:22). Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : En mon
nom, ils chasseront les démons, ils parleront de nouvelles langues Ils saisiront
des serpents ; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de
mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades seront guéris (Marc
16:17, 18). Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; ...Or, à chacun la
manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune. En effet, à l'un
est donnée par l'Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de
connaissance, selon le même Esprit ; À un autre, la foi, par le même Esprit ; à
un autre, le don des guérisons, par le même Esprit ; À un autre, le don d'opérer
des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des
esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre, l'interprétation
des langues.
Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en
particulier comme il veut (1 Cor. 12:4, 7-11).
Tous ces dons, toutes ces manifestations du ministère de l'Esprit se retrouvent
dans la vraie Église, et les membres fidèles de l'Église de Jésus-Christ des
saints des derniers jours en ont largement bénéficié depuis l'organisation de
celle-ci le 6 avril 1830.
Ministère limité du Saint-Esprit
Si nous considérons les révélations faites par le Seigneur à Joseph Smith et à
Oliver Cowdery à notre époque, ainsi que les textes des Écritures, il est
manifeste que le don du Saint-Esprit ne se confère que par l'imposition des
mains de ceux qui en ont l'autorité de Dieu. Il faut cependant bien comprendre
que le Saint-Esprit est le moyen par lequel Dieu et son Fils, Jésus-Christ,
communiquent avec les hommes sur la terre, à moins que le message soit assez
important pour justifier l'envoi de messagers célestes ou une apparition
personnelle, comme ce fut plusieurs fois le cas pour Joseph Smith. D'où la
promesse de Moroni, selon laquelle tous ceux qui recevraient le Livre de Mormon
devraient demander à Dieu, le Père éternel, au nom du Christ, de leur en
manifester la véracité et s'ils le demandaient d'un cœur sincère, ayant foi au
Christ, il le leur manifesterait par le pouvoir du Saint-Esprit (voir Moroni
10:4). Ainsi le Saint-Esprit leur éclaire l'esprit et les rend capables de
reconnaître la vérité quand ils ont foi au Christ et cherchent sincèrement, de
manière qu'ils puissent accepter la vérité et y obéir. Cependant il n'est
nullement promis que le Saint-Esprit restera en qualité de consolateur et de
compagnon même avec ceux-là, sauf s'ils acceptent la vérité et obéissent à ses
exigences.
Dans son Sermon sur la Montagne, Jésus a dit :
Bienheureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés.
(Matt. 5:6)
Jésus le dit encore plus clairement lorsqu'il visita les Néphites sur le
continent américain :
Et bénis sont tous ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront remplis
du Saint-Esprit. (3 Né. 12:6)
Pour accomplir ces promesses, quand ses serviteurs sont envoyés prêcher la
vérité, le Saint-Esprit permet aux hommes et aux femmes de reconnaître la vérité
de ces enseignements et les amène à les accepter s'ils ont dans le cœur cette
soif de justice. C'est ainsi que, le jour de la Pentecôte, quand la multitude
entendit Pierre prêcher le Christ et le Christ crucifié, c'est le Saint-Esprit
qui fit qu'ils « eurent le cœur vivement touché » et dirent à Pierre et aux
autres apôtres : « Hommes, frères, que ferons-nous ? » (Actes 2:37).
Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de
Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du
Saint-Esprit. (Actes 2:38)
C'est pourquoi tout en ayant reçu le Saint-Esprit qui devait les convaincre de
la vérité prêchée par Pierre, ils n'avaient pas reçu le Saint-Esprit comme un
don. Pierre offrait le Saint-Esprit à ceux qui croyaient et « en ce jour-là, le
nombre des disciples s'augmenta d'environ trois mille âmes » qui furent
baptisées ce jour-là (voir Actes 2:41).
L'apôtre Paul a dit :
Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru ? Et comment
croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? Et comment en
entendront-ils parler, s'il n'y a personne qui prêche ?
Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés ? ...Ainsi la foi vient de ce qu'on entend ; et ce qu'on entend vient de la parole du
Christ (Rom. 10:14, 15, 17).
Qu'est-ce qui fait que les hommes ont la foi quand ils recherchent la justice et
quand ils entendent la parole de Dieu de la bouche de ceux qui leur sont
envoyés ? Ce sont les impulsions du Saint-Esprit. Chaque missionnaire dans
l'Église sait comment il prie pour que le Saint-Esprit repose sur ceux auxquels
il prêche la parole de Dieu au cours de son oeuvre missionnaire, afin qu'ils
aient la foi nécessaire pour croire et se repentir de leurs péchés, pour qu'ils
soient baptisés pour la rémission de leurs péchés et reçoivent le don du
Saint-Esprit.
En étudiant le baptême, nous avons parlé du cas de Corneille, le premier des
Gentils qui fut admis par le baptême dans le troupeau du Christ. C'était un
homme juste qui « donnait beaucoup d'aumônes aux pauvres, et priait Dieu sans
cesse » de sorte qu'un ange de Dieu vint à lui et l'envoya à Pierre, un
serviteur de Dieu, qui lui dirait ce qu'il devait faire. Le Seigneur dut
préparer Pierre à lui administrer les ordonnances de l'Évangile en lui montrant
en vision toutes sortes de quadrupèdes, de bêtes sauvages, de reptiles et
d'oiseaux qu'on lui descendait du ciel dans une nappe. Puis Pierre reçut l'ordre
de tuer et de manger, à quoi il répondit : « Non, Seigneur, car je n'ai jamais
rien mangé de souillé ni d'impur ». Et la voix dit : « Ce que Dieu a déclaré
pur, ne le regarde pas comme souillé » (voir Actes 10:14, 15). Cette vision fut
donnée trois fois à Pierre. Lorsque Pierre rencontra Corneille et qu'ils se
furent raconté ce qui leur était respectivement arrivé, « alors Pierre, ouvrant la
bouche, dit : En vérité, je reconnais que Dieu ne fait point acception de
personnes :
Mais qu'en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est
agréable…
Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux
qui écoutaient la parole.
Tous les fidèles circoncis qui étaient venus avec Pierre furent étonnés de ce
que le don du Saint-Esprit était aussi répandu sur les païens.
Car ils les entendaient parler en langues et glorifier Dieu.
Alors Pierre dit : Peut-on refuser l'eau du baptême à ceux qui ont reçu le
Saint-Esprit aussi bien que nous ?
Et il ordonna qu'ils fussent baptisés au nom du Seigneur » (Actes, 10:34,
44-48).
À la lecture de ce passage, il apparaît avec évidence que ce qui impressionna
Pierre le plus, ce n'est pas le fait que Corneille eût vu un ange, ou qu'il fût
digne d'être baptisé, mais bien que le Seigneur eût permis au Saint-Esprit de
reposer sur lui. C'est ceci qui convainquit Pierre qu'il ne devait pas appeler
impur ou souillé ce que Dieu avait purifié. Pour une mission de cette
importance, il nous paraît amplement justifié que Dieu ait envoyé le
Saint-Esprit comme messager pour convaincre Pierre de ce que Corneille et les
siens étaient dignes d'être baptisés.
L'Esprit de Dieu ou l'Esprit du Christ
Nous avons étudié la mission et les interventions de cette troisième personne de
la Divinité qu'est le Saint-Esprit. Nous avons souligné que les hommes ne
peuvent recevoir le don du Saint-Esprit que s'ils obéissent aux commandements du
Seigneur et s'ils reçoivent l'imposition des mains de ceux qui ont l'autorité
d'administrer les ordonnances de l'Évangile. Jésus a nettement montré que le
monde ne peut recevoir le Saint-Esprit qu'il présente comme « I'Esprit de
vérité » :
Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il
demeure éternellement avec vous,
L'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point
et ne le connaît point ; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec
vous, et il sera en vous. (Jean 14:16, 17)
Nous avons également envisagé des interventions limitées du Saint-Esprit ; elles
paraissent s'adresser uniquement à ceux qui recherchent la justice et là où le
Seigneur a quelque message particulier à communiquer. Cependant, dans ces cas,
le Saint-Esprit ne se présente pas comme un don permanent pour l'individu comme
c'est le cas pour celui qui reçoit le don du Saint-Esprit par l'imposition des
mains.
On peut alors se poser la question : le Seigneur n'a-t-il rien prévu pour
inspirer et diriger ceux qui n'ont pas le droit de recevoir le don du
Saint-Esprit ? Nous répondons : Oui, le Seigneur a prévu quelque chose. Voici
comment l'apôtre Jean l'exprime :
Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole
était Dieu.
Elle était au commencement avec Dieu.
Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait
sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue. Il y
eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean.
Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que
tous crussent par lui.
Il n'était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière.
Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire
tout homme...
Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et
de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du
Fils unique venu du Père. (Jean 1:1-9, 14)
Il est donc évident que c'est Jésus-Christ qui a créé toutes choses et que c'est
lui « la véritable Lumière qui éclaire tout homme venant dans le monde ». Donc,
il n'y a pas un enfant de notre Père céleste qui naisse dans les ténèbres
spirituelles. C'est ce que l'apôtre Paul devait avoir à l'esprit lorsqu'il dit :
Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu,
mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés.
Quand les païens, qui n'ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la
loi, ils sont, eux qui n'ont point de loi, une loi pour eux-mêmes ;
Ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leur cœur, leur conscience en
rendant témoignage, et leurs pensées s'accusant ou se défendant tour à tour.
(Romains 2:13-15)
On verra que même là où la loi n'est pas donnée et comprise, par cette lumière
« qui éclaire tout homme venant dans le monde », tous les hommes ont « la loi
écrite dans leur cœur » et leur conscience rend témoignage du bien et du mal.
C'est de cet esprit que devait parler le prophète Joël quand il disait :
Après cela je répandrai mon esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles
prophétiseront, vos vieillards auront des songes, et vos jeunes gens des
visions. Même sur les serviteurs et les servantes, dans ces jours-là je
répandrai mon esprit.
Je ferai paraître des prodiges dans les cieux et sur la terre, du sang, du feu
et des colonnes de fumée ;
Le soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang, avant l'arrivée du jour
de l'Éternel, de ce jour grand et terrible. (Joël 2:28- 31)
Dans une révélation donnée le 22 septembre 1832 au prophète Joseph Smith à
Kirtland, Ohio, le Seigneur parla de cet esprit en ces termes :
Car vous vivrez par toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Car la parole du Seigneur est la vérité, ce qui est vérité est lumière, et ce
qui est lumière est Esprit, à savoir l'Esprit de Jésus-Christ.
Et l'Esprit donne la lumière à tout homme qui vient au monde ; et l'Esprit
éclaire, pendant sa vie terrestre, tout homme qui écoute sa voix. (D&A 84:44-46)
Trois mois après que fut donnée la révélation ci-dessus, le Seigneur apporta de
nouveaux éclaircissements sur cette même question dans une révélation à Joseph
Smith :
Lui qui est monté là-haut, de même qu'il est descendu au-dessous de tout, en ce
qu'il a tout embrassé, afin d'être en tout et au travers de tout, la lumière de
la vérité. Laquelle vérité luit. C'est là la lumière du Christ. De même qu'il
est dans le soleil, et la lumière du soleil, et le pouvoir par lequel il a été
fait.
Il est aussi dans la lune, et est la lumière de la lune, et le pouvoir par
lequel elle a été faite ;
Et aussi la lumière des étoiles et le pouvoir par lequel elles ont été faites ;
Et la terre aussi et son pouvoir, à savoir la terre sur laquelle vous vous
tenez.
Et la lumière qui luit, qui vous donne la lumière, vient par l'intermédiaire de
celui qui illumine vos yeux, qui est cette même lumière qui vivifie votre
intelligence ;
Laquelle lumière sort de la présence de Dieu pour remplir l'immensité de
l'espace. La lumière qui est en tout, qui donne la vie à tout, qui est la loi
par laquelle tout est gouverné, à savoir le pouvoir de Dieu qui est assis sur
son trône, qui est dans le sein de l'éternité, qui est au milieu de tout. (D&A
88:6-13)
En présentant les enseignements de son père, Mormon, le prophète Moroni dit :
Car voici, l'Esprit du Christ est donné à tout homme, afin qu'il puisse
reconnaître le bien du mal ; c'est pourquoi je vous montre la manière de juger :
Tout ce qui invite à faire le bien et à persuader de croire au Christ est envoyé
par le pouvoir et le don du Christ ; c'est pourquoi, vous pouvez savoir avec une
connaissance parfaite que c'est de Dieu (Moroni 7:16).
Dans un sermon prononcé le 16 mars 1902, au Tabernacle de Salt Lake City, le
président Joseph F. Smith, sixième président de l'Église de Jésus-Christ des
saints des derniers jours, a parlé en ces termes des interventions de l'Esprit
de Dieu ou de l'Esprit du Christ, de la différence qui existe entre eux et de
l'action ou de la mission du Saint-Esprit :
C'est par la puissance de Dieu que tout ce qui est fait a été fait. C'est par la
puissance du Christ que tout ce qui est régi et maintenu en place dans l'univers
est régi et maintenu en place. C'est la puissance qui rayonne de la présence du
Fils de Dieu à travers les oeuvres de sa main, qui donne la lumière, l'énergie,
la compréhension, la connaissance et un certain degré d'intelligence à tous les
enfants des hommes, strictement en conformité avec les paroles du Livre de Job :
« Il y a un esprit dans l'homme et l'inspiration du Tout-Puissant lui donne
l'intelligence » (Job 32:8 selon la version du roi Jacques ; Segond dit :
« Mais en réalité,
dans l'homme, c'est l'esprit, le souffle du Tout-Puissant, qui donne
l'intelligence », ndt). C'est cette inspiration venant de Dieu et
rayonnant dans toutes ses créations qui éclaire les enfants des hommes ; et ce
n'est ni plus ni moins que l'Esprit du Christ qui éclaire l'esprit, vivifie
l'intelligence et incite les enfants des hommes à faire ce qui est bien et à
fuir ce qui est mal ; qui vivifie la conscience de l'homme et lui donne
l'intelligence pour juger entre le bien et le mal, entre la lumière et les
ténèbres.
Mais le Saint-Esprit, qui rend témoignage du Père et du Fils, montre les choses
du Père aux hommes, qui rend témoignage de Jésus-Christ, et du Dieu éternel, le
Père de Jésus-Christ, et qui témoigne de la vérité - cet Esprit, cette
Intelligence, n'est donné aux hommes que quand ils se repentent de leurs péchés
et deviennent dignes devant le Seigneur. Alors ils reçoivent le don du
Saint-Esprit par l'imposition des mains de ceux qui ont reçu de Dieu l'autorité
de conférer ses bénédictions sur leur tête. L'Esprit dont il est question dans
ce que je viens de dire est cet Esprit qui ne cessera de lutter avec les enfants
des hommes jusqu'à ce qu'ils possèdent cette lumière et cette intelligence
supérieures. Quand bien même un homme aurait commis toute espèce de péché et de
blasphème, tant qu'il n'a pas reçu le témoignage du Saint-Esprit, il peut lui
être pardonné s'il se repent de ses péchés, s'humilie devant le Seigneur et
obéit sincèrement aux commandements de Dieu. Ainsi qu'il a été dit : « Tout
homme qui abandonne ses péchés, vient à moi, invoque mon nom, obéit à ma voix et
garde mes commandements verra ma face et saura que je suis. » Il lui sera
pardonné et recevra de cette lumière supérieure ; il conclura une alliance
solennelle avec Dieu, un contrat avec le Tout-Puissant, à l'intervention du Fils
unique, et par là il deviendra fils de Dieu, héritier de Dieu et co-héritier de
Jésus-Christ. Mais alors, s'il pèche contre la lumière et la connaissance qu'il
a reçues, la lumière qui était en lui se changera en ténèbres, et quelles
ténèbres ! C'est alors et seulement alors que cet Esprit du Christ qui éclaire
tout homme qui vient au monde cessera de lutter avec lui et le laissera aller à
sa propre destruction.
On pose souvent la question : Y a-t-il une différence entre l'Esprit du Seigneur
et le Saint-Esprit ? Ces termes sont souvent utilisés l'un pour l'autre. Nous
disons souvent l'Esprit de Dieu quand nous voulons dire le Saint-Esprit, et
inversement. Le Saint-Esprit est une personne de la Divinité et n'est pas ce qui
éclaire tout homme qui vient au monde. C'est l'Esprit de Dieu, rayonnant par
l'intermédiaire du Christ dans le monde, qui éclaire tout homme qui vient au
monde et qui lutte avec les enfants des hommes et continuera à lutter avec eux
jusqu'à ce qu'il les amène à connaître la vérité et à posséder la lumière
supérieure et le témoignage du Saint-Esprit. Mais si, après avoir reçu cette
lumière supérieure, il pèche contre elle, l'Esprit de Dieu cessera de lutter
avec lui et le Saint-Esprit l'abandonnera totalement. Alors il persécutera la
vérité ; alors il cherchera à verser le sang innocent ; alors il ne reculera
devant le crime que dans la mesure où il craindra le châtiment légal qui en est
la conséquence (Joseph F. Smith, Gospel Doctrine, Salt Lake City, Deseret Book,
1973, p. 66-68).
Néphi vit l'Esprit de Dieu reposer sur un homme que nous identifions avec Colomb
et l'emmener en Amérique :
Et je regardai, et je vis un homme parmi les Gentils ; il était séparé de la
postérité de mes frères par les grandes eaux ; et je vis l'Esprit de Dieu
descendre sur cet homme et agir en lui ; et il s'en alla sur les grandes eaux,
et se rendit auprès de la postérité de mes frères qui vivait dans la terre
promise. (1 Néphi 13:12)
Colomb n'avait pas reçu l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit, mais
le moment était venu - Néphi l'avait vu plus de deux mille ans plus tôt - où
l'Amérique, que Dieu avait tenue cachée aux yeux des autres nations (voir 2
Néphi 1:8), devait être préparée pour recevoir le rétablissement de l'Évangile
de Jésus-Christ.
Une mission de cette importance paraissait requérir une inspiration spéciale du
Seigneur, puisque Néphi affirme qu'il « vit l'Esprit de Dieu descendre sur cet
homme et agir en lui » (1 Néphi 13:12). Le président Joseph F. Smith, que nous
avons cité plus haut, dit que les termes Esprit de Dieu et Saint-Esprit « sont
souvent utilisés l'un pour l'autre ». Donc, ce peut être l'Esprit de Dieu ou le
Saint-Esprit qui agissait sur Colomb.
Néphi vit encore l'Esprit de Dieu agir de la même manière sur d'autres
personnes :
Et je vis l'Esprit de Dieu agir sur d'autres Gentils ; et ils sortirent de
captivité et s'en allèrent sur les grandes eaux. (1 Néphi 13:13)
Il s'agissait ici, sans aucun doute, des Pères Pèlerins et d'autres qui furent
les premiers à s'établir en Amérique. Ce furent de grands événements dans le
déroulement des plans de Dieu concernant notre époque, les derniers jours, et
cela justifiait pleinement l'envoi de l'Esprit de Dieu afin d'agir sur l'esprit
et le cœur des hommes pour réaliser les buts du Tout-Puissant. Des choses comme
celles-là se sont produites au cours des siècles pour aider à la réalisation de
ses desseins.
Nul doute que les réformateurs et ceux qui nous ont donné la Sainte Bible
n'aient aussi été inspirés en vue de préparer le rétablissement de l'Évangile.
Comme le lecteur le remarquera, la connaissance de tout ceci ne nous est pas
donnée avant tout par la lecture de la Bible, mais par les révélations du
Seigneur en ces derniers jours. Nous utilisons la Bible pour montrer que ces
enseignements sont entièrement en accord avec elle.
CHAPITRE 12 : L'ÉTABLISSEMENT
DU ROYAUME DE DIEU SUR TERRE
Dans une révélation donnée en septembre 1830, à Joseph Smith, le Seigneur parle
de l'ordination de Joseph Smith et d'Oliver Cowdery à la Prêtrise de Melchisédek
par Pierre, Jacques et Jean, puis des clefs rendues à Joseph Smith par les
différents prophètes des temps anciens :
Et aussi avec Pierre, Jacques et Jean, que je vous ai envoyés, par lesquels je
vous ai ordonnés et confirmés pour que vous soyez apôtres et témoins spéciaux de
mon nom, et pour que vous portiez les clefs de votre ministère et des mêmes
choses que je leur ai révélées ;
À qui j'ai confié les clefs de mon royaume et une dispensation de l'Évangile
pour les derniers temps, et pour la plénitude des temps, au cours de laquelle je
rassemblerai toutes choses en une, tant celles qui sont dans le ciel que celles
qui sont sur la terre ; Et aussi avec tous ceux que mon Père m'a donnés de parmi
le monde. (D&A 27:12-14)
Si nous étudions soigneusement cette révélation, nous verrons qu'elle signifie
une remise complète et entière à Joseph Smith et à Oliver Cowdery des clefs du
royaume détenues par Pierre, Jacques et Jean au moment où Jésus remit le royaume
entre leurs mains au lendemain de sa résurrection, à l'issue de son ministère
parmi eux.
Ils furent donc ordonnés apôtres du Seigneur Jésus-Christ ; ils devinrent
témoins spéciaux de son nom ; ils reçurent les clefs du royaume et une
dispensation de l'Évangile « pour les derniers temps, et pour la plénitude des
temps », au cours de laquelle le Seigneur promettait de rassembler « toutes
choses en une, tant celles qui sont dans le ciel, que celles qui sont sur
terre ». Le Seigneur annonça qu'une oeuvre devait également être accomplie avec
ceux que le Père lui avait donnés « de parmi le monde ».
Tout ceci implique que de graves responsabilités et d'importantes activités sont
liées à la nouvelle dispensation de l'Évangile. Il nous paraît judicieux
d'étudier d'abord l'organisation de l'Église de Jésus-Christ. Sans doute Pierre,
Jacques et Jean ne donnèrent-ils pas dans tous ses détails l'organisation de
l'Église, mais en tout cas, ils rendirent les clefs et l'autorité de la
prêtrise, si fondamentales pour l'établissement du royaume. L'organisation fut
complétée par des révélations adressées au prophète Joseph Smith à mesure que le
nombre des membres de l'Église croissait et rendait cette organisation possible
et nécessaire.
Organisation et appellation de l'Église dans les derniers jours
Conformément à une révélation que le Seigneur fit au prophète joseph Smith,
l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours fut organisée le 6 avril
1830 au domicile de Peter Whitmer père, à Fayette, comté de Seneca, État de New
York. Six membres constituaient les effectifs originaux de l'Église : Joseph
Smith, Oliver Cowdery, Hyrum Smith, Peter Whitmer fils, David Whitmer et Samuel
H. Smith. À cette occasion, Joseph Smith fut soutenu comme premier ancien de
l'Église, et Oliver Cowdery comme second ancien, exactement comme l'avait dit
Jean-Baptiste au moment où il leur conféra la Prêtrise d'Aaron, le 15 mai 1829
(voir D&A 20:1-4).
Dans une révélation donnée à Joseph Smith le 26 avril 1838, après s'être adressé
à la Présidence de l'Église et à d'autres, le Seigneur ajouta :
Et aussi à vous mes fidèles serviteurs qui êtes membres du grand conseil de mon
Église en Sion, car c'est ainsi qu'il sera appelé, et à tous les anciens et au
peuple de mon Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, dispersé
dans le monde entier.
Car c'est là le nom que portera mon Église dans les derniers jours, à savoir,
l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. (D&A 115:3, 4)
La désignation « saints des derniers jours » sert à distinguer les membres de
l'Église de Jésus-Christ à notre époque de ceux de l'Église établie par Jésus au
midi des temps.
Cette question du nom que devait porter son Église était très importante pour le
Sauveur. Non seulement ce nom fut révélé à Joseph Smith comme nous l'avons
mentionné ci-dessus, mais en outre, lorsque Jésus rendit visite aux Néphites en
Amérique après son ascension et organisa son Église parmi eux, il leur dit ce
que devrait être le nouveau nom de l'Église :
Et Jésus se montra de nouveau à eux, car ils priaient le Père en son nom : et
Jésus vint et se tint au milieu d'eux, et il leur dit : Que voulez-vous que je
vous donne ?
Et ils lui dirent : Seigneur, nous désirons que tu nous indiques le nom par
lequel nous désignerons cette Église ; car il y a des disputes à ce sujet parmi
le peuple.
Et le Seigneur leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, pourquoi le
peuple murmure-t-il et se dispute-t-il à cause de cette chose ?
N'a-t-il pas lu les Écritures qui disent que vous devez prendre sur vous le nom
du Christ, qui est mon nom ? Car c'est de ce nom que vous serez appelés au
dernier jour ; Et quiconque prend mon nom et persévère jusqu'à la fin, celui-là
sera sauvé au dernier jour.
C'est pourquoi, tout ce que vous ferez, vous le ferez en mon nom ; vous
appellerez donc l'Église de mon nom et vous invoquerez le Père en mon nom, afin
qu'il bénisse l'Église pour l'amour de moi.
Et comment est-elle mon Église, si elle n'est appelée de mon nom ? Car si une
Église est appelée du nom de Moïse, alors c'est l'Église de Moïse ou si elle est
appelée du nom d'un homme, alors c'est l'Église d'un homme ; mais si elle porte
mon nom, alors c'est mon Église, si elle est fondée sur mon Évangile. (3 Néphi
27:2-8)
Donc, le nom de l'Église n'est pas le fruit de l'étude ou de la recherche ; nous
le connaissons par révélation directe du Seigneur. Ne paraît-il pas incroyable
que de toutes les Églises du monde, pas une ne portait son nom, lorsque le
Seigneur rétablit son Église à notre époque ?
Les membres de l'Église primitive étaient appelés saints
C'est une méprise courante de nos jours de n'appeler « saints » que les membres
ou officiers des Églises chrétiennes qui se sont distingués au point que leur
nom doive être canonisé. C'est une erreur manifeste, car dans les premiers temps
tous les disciples du Christ étaient appelés « saints », ainsi que le montrera
l'étude soigneuse des Écritures que voici :
Paul, appelé à être apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, et le frère
Sosthène,
À l'Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés en
Jésus-Christ, appelés à être saints et à tous ceux qui invoquent en quelque lieu
que ce soit le nom de notre Seigneur Jésus-Christ. (1 Cor. 1:1-2)
Car Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix, comme dans toutes les
Églises des saints. (1 Cor. 14:33)
Nous demandant avec de grandes instances la grâce de prendre part à
l'assistance destinée aux saints. (2 Cor. 8:4)
À tous ceux qui, à Rome, sont bien-aimés de Dieu, appelés à être saints,
que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du
Seigneur Jésus-Christ. (Rom. 1:7)
Ainsi donc, vous n'êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors ; mais vous
êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu. (Éph. 2:19)
Que l'impudicité, qu'aucune espèce d'impureté, et que la cupidité, ne soient pas
même nommées parmi vous, ainsi qu'il convient à des saints. (Éph. 5:3)
Saluez tous les saints en Jésus-Christ. Les frères qui sont avec moi vous
saluent. Tous les saints vous saluent, et principalement ceux de la maison de
César. (Phil. 4:21, 22)
Quelqu'un de vous, lorsqu'il a un différend avec les autres, ose-t-il plaider
devant les injustices et non devant les saints ?
Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ? Et si c'est par vous que le
monde est jugé, êtes-vous indignes de rendre les moindres jugements ? (1 Cor.
6:1, 2)
Les sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts
ressuscitèrent. (Matt. 27:52)
Bien-aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut
commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre
pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. (Jude 1:3)
De ce qui précède il ressort bien que les disciples de Jésus étaient appelés
saints, que les apôtres les appelaient ainsi nonobstant leurs faiblesses, et que
le Seigneur avait placé des officiers dans son Église « pour le perfectionnement
des saints » (voir Éph. 4:12).
Le Psalmiste eut la possibilité rare de voir notre époque où le Seigneur
viendrait juger son peuple, où il enverrait sa vérité aux habitants de la terre,
où il rassemblerait ses saints en Sion (voir Ps. 50:1-5).
Daniel, qui interprète le songe de Nebucadnetsar, explique que dans les derniers
jours, quand les royaumes de ce monde commenceraient à s'écrouler, le Dieu du
ciel établirait un royaume qui ne serait jamais détruit mais qui subsisterait
éternellement (voir Dan. 2:28-45). Il décrit la venue du Fils de l'homme, à qui
ce royaume serait remis et dit que toutes les nations serviront le Dieu du ciel
et lui obéiront (voir Dan. 7:13, 14). Toujours à propos de ce royaume des
derniers jours, il dit : « Mais les saints du Très-Haut recevront le royaume, et
ils posséderont le royaume éternellement, d'éternité en éternité » (Dan. 7:18).
Or, il est évident qu'un royaume ne peut être remis au Fils de l'homme quand il
viendra prendre la place qui lui revient de droit pour régner sur toutes les
nations, si ce royaume n'est pas préparé à son intention. Ce royaume doit, selon
Daniel, être donné « aux saints du Très-Haut » afin qu'ils le possèdent
« éternellement, d'éternité en éternité ».
On remarquera donc, que, de même que le nom de l'Église a été donné par Dieu, la
dénomination « saints » donnée aux membres de son Église vient de lui également.
L'autorité de la prêtrise dans le gouvernement de l'Église
Dans ses révélations au prophète Joseph Smith, le Seigneur nous apprend. que la
Prêtrise de Melchisédek « a pouvoir et autorité sur tous les offices dans
l'Église à toutes les époques du monde ». C'est pourquoi, lorsque Joseph Smith
et Oliver Cowdery reçurent cette prêtrise des mains de Pierre, Jacques et Jean,
ils reçurent les clefs et l'autorité nécessaires pour organiser complètement
l'Église de Jésus-Christ et les collèges de la prêtrise :
Et cette plus grande prêtrise administre l'Évangile et détient la clef des
mystères du royaume, à savoir la clef de la connaissance de Dieu. C'est
pourquoi, le pouvoir de la piété se manifeste dans ses ordonnances.
Et sans ses ordonnances et l'autorité, de la prêtrise, le pouvoir de la piété ne
se manifeste pas aux hommes dans la chair. (D&A 84:19-21)
Le pouvoir et l'autorité de la prêtrise supérieure, ou Prêtrise de Melchisédek,
est de détenir les clefs de toutes les bénédictions spirituelles de l'Église.
D'avoir le privilège de recevoir les mystères du royaume des cieux, de voir les
cieux s'ouvrir à eux, de communier avec l'assemblée générale et l'Église du
Premier-né et de jouir de la communion et de la présence de Dieu le Père et de
Jésus, le médiateur de la nouvelle alliance. (D&A 107:18, 19)
La Prêtrise de Melchisédek détient le droit de présidence et a pouvoir et
autorité sur tous les offices de l'Église à toutes les époques du monde, pour
administrer les choses spirituelles. (D&A 107:8)
Le collège de la Première Présidence
Si l'on veut que l'Église fonctionne sous une forme parfaite, comme l'a montré
l'apôtre Paul (voir 1 Cor. 12:12-3 1), qui doit se trouver à la tête de l'Église
sur terre jusqu'au moment où elle sera remise au Fils de l'Homme à son arrivée ?
Il nous paraît convenable qu'un président (un prophète) ou une présidence (des
prophètes) soit désigné par le Christ pour diriger toutes les activités de
l'Église et de la prêtrise, par l'intermédiaire de qui il puisse parler et faire
connaître sa pensée et sa volonté à l'Église tout entière sans avoir besoin de
le faire à chacune des unités distinctes que l'on pourrait établir dans le
monde. C'est exactement ce que le Seigneur a fait en disposant que trois
grands-prêtres seraient désignés et ordonnés pour former le collège de la
présidence de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Voici
comment le Seigneur s'exprime à ce propos :
Trois grands-prêtres présidents de la Prêtrise de Melchisédek, choisis par le
corps, nommés et ordonnés à cet office, et soutenus par la confiance, la foi et
la prière de l'Église, forment le collège de la Présidence de l'Église. (D&A
107:22)
Et de plus, le devoir du président de l'office de la Haute-Prêtrise, est
d'exercer la présidence sur lÉglise entière et d'être pareil à Moïse.
Voici il y a là de la sagesse ; oui, d'être voyant, révélateur, traducteur et
prophète, ayant tous les dons que Dieu confère au chef de l'Église. (D&A 107:91,
92)
Cette présidence, donc, préside la Haute-Prêtrise, et dirige toutes les affaires
de l'Église. Elle est aussi la plus haute instance judiciaire de l'Église. Les
membres de cette présidence sont prophètes, voyants et révélateurs.
Nous ne trouvons dans la Bible aucune affirmation formelle selon laquelle le
Sauveur aurait désigné une présidence pour diriger l'Église après son départ.
Toutefois, le fait qu'il a renvoyé Pierre, Jacques et Jean sur la terre à notre
époque pour rétablir la Prêtrise de Melchisédek et ses clefs ainsi que le saint
apostolat tend à montrer qu'ils détenaient une place de choix à la tête des
autres apôtres, ce qui, compte tenu de leur ministère à notre époque, permet de
penser qu'ils constituaient la présidence de la Prêtrise de Melchisédek et de
l'Église au midi des temps après l'ascension de Jésus. Si cette supposition est
correcte, elle expliquerait aussi pourquoi Jésus emmena ces trois apôtres,
Pierre, Jacques et Jean, sur une haute montagne :
Il fut transfiguré devant eux ; son visage resplendit comme le soleil, et ses
vêtements devinrent blancs comme la lumière.
Et voici, Moïse et Élie leur apparurent, s'entretenant avec lui... Et voici, une voix fit entendre de la nuée ces paroles : Celui-ci est mon
Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection : écoutez-le ! (Matt.
17:2-3, 5)
Il est certain qu'on ne peut lire ce récit sans en garder le sentiment que ces
trois apôtres avaient été sanctifiés et préparés à leur ministère comme les
autres apôtres ne l'avaient pas été. Quelle autre explication logique peut-on
donner à cette préférence témoignée à Pierre, Jacques et Jean par rapport aux
autres apôtres, leurs frères ? À propos de ce glorieux événement, le prophète
Joseph Smith affirma :
La prêtrise est éternelle. Le Sauveur, Moïse et Élie donnèrent les clefs à
Pierre, Jacques et Jean, lorsqu'ils furent transfigurés devant lui.
(Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 216)
Le Collège des douze apôtres
Le Seigneur a clairement expliqué les devoirs et les responsabilités du Collège
des douze apôtres dans son Église des derniers jours. Il a précisé qu'ils
exercent leur office sous la direction de la Première Présidence de l'Église et
qu'ils constituent un collège « égal en autorité et en pouvoir » à la
présidence. La sagesse du Seigneur en cette matière est évidente, car, lorsque
le collège de la Présidence est désorganisé par la mort du président, le Collège
des douze apôtres détient toutes les clefs et l'autorité nécessaires pour
réorganiser la présidence :
Les douze conseillers sont appelés à être les douze apôtres, ou témoins spéciaux
du nom du Christ dans le monde entier, différant ainsi des autres officiers de
l'Église dans les devoirs de leur appel. Et ils forment un collège égal, en
autorité et en pouvoir, aux trois présidents mentionnés précédemment. (D&A
107:23, 24)
Les Douze forment un grand conseil président voyageur qui officie au nom du
Seigneur, sous la direction de la Présidence de l'Église, conformément aux
institutions du ciel, pour édifier l'Église et en régler toutes les affaires
dans toutes les nations, premièrement chez les Gentils et ensuite chez les Juifs.
(D&A 107:33)
Le devoir et l'appel des douze apôtres est donc d'« édifier l'Église et d'en
régler toutes les affaires dans toutes les nations », sous la direction de la
Première Présidence de l'Église. Les douze apôtres sont aussi des prophètes,
voyants et révélateurs.
L'appel et la mission du Collège des douze apôtres dans l'Église d'aujourd'hui
concordent entièrement avec les responsabilités données aux douze premiers
apôtres qui exercèrent leur ministère sous la direction du Sauveur quand il
était sur la terre et après sa crucifixion, comme le montrent les citations
suivantes :
Quand le jour parut, il appela ses disciples, et il en choisit douze, auxquels
il donna le nom d'apôtres. (Luc 6:13)
Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait
désignée. Quand ils le virent, ils se prosternèrent devant lui. Mais
quelques-uns eurent des doutes.
Jésus, s'étant approché, leur parla ainsi : Tout pouvoir m'a été donné dans le
ciel et sur la terre.
Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père,
du Fils et du Saint-Esprit,
Et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis
avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. (Matt. 28:16-20)
Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se
trouvaient les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu'ils avaient des
Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d'eux, et leur dit : La paix soit avec
vous !
Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples
furent dans la joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : La paix soit avec vous ! Comme le Père m'a envoyé,
moi aussi je vous envoie...
Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés ; et ceux à
qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. (Jean 20:19-21, 23)
Ce n'est pas vous qui m'avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous
ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit et que votre
fruit demeure, afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le
donne. (Jean 15:16)
Je te donnerai les clefs du royaume des cieux ; ce que tu lieras sur la terre
sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les
cieux. (Matt. 16:19)
Il apparaît clairement de ces citations que tout pouvoir avait été donné à Jésus
dans le ciel et sur la terre, et qu'il choisit douze apôtres, les ordonna et les
envoya exercer leur ministère avec le même pouvoir et la même autorité qu'il
avait lui-même reçus de son Père, c'est-à-dire les clefs du royaume des cieux.
Quelle différence avec le ministère des Églises d'aujourd'hui ! Les hommes
n'attendent pas d'être choisis, ordonnés et envoyés dans le ministère ; c'est
eux-mêmes qui font le choix et leur préparation au ministère ne leur vient pas
de ce qu'ils ont été ordonnés par quelqu'un revêtu de l'autorité divine, mais de
ce qu'ils sortent de séminaires créés dans ce but par les hommes. Comme les
choses ont changé ! Oui est responsable de ces changements, Dieu ou l'homme ?
Il en est qui pensent que le Seigneur ne voulait avoir que les douze apôtres
originels, mais cette position n'est pas tenable, car si les apôtres ont jamais
été nécessaires dans l'Église, ils continueraient à être nécessaires jusqu'à ce
que la tâche qui leur a été assignée soit terminée. Paul nous explique quelle
est cette tâche et quel en est le but :
Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres
comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs,
Pour le perfectionnement des saints en vue de l'oeuvre du ministère et de
l'édification du corps de Christ,
Jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la
connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature
parfaite de Christ,
Afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de
doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de
séduction. (Éph. 4:11-14)
Les saints sont-ils devenus parfaits ? L'oeuvre du ministère est-elle achevée ?
Le corps du Christ, son Église, est-il entièrement édifié ? Sommes-nous tous
parvenus à l'unité de la foi ? En voyant la multiplicité des confessions
chrétiennes, pouvons-nous affirmer que les peuples du monde ont cessé d'être
« flottants et emportés à tout vent de doctrine par la tromperie des hommes, par
leur ruse dans les moyens de séduction » ? Qui peut dire que la raison pour
laquelle ces objectifs n'ont pas été atteints n'est pas en rapport avec le fait
que les officiers que le Seigneur avait placés dans son Église pour mener à bien
cette tâche ont été supprimés par les hommes ?
L'apôtre Paul montra que l'Église était édifiée sur le fondement des apôtres et
des prophètes :
Ainsi donc vous n'êtes plus des étrangers ni des gens du dehors ; mais vous êtes
concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu.
Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes,
Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. (Éph. 2:19, 20)
Il est évident, donc, que l'intention du Seigneur était de garder complet le
Collège des douze apôtres, car après la trahison de Judas Iscariot, Matthias fut
appelé à prendre sa place :
Puis ils firent cette prière : Seigneur, toi qui connais les coeurs de tous,
désigne lequel de ces deux tu as choisi,
Afin qu'il ait part à ce ministère et à cet apostolat, que Judas a abandonné
pour aller en son lieu.
Ils tirèrent au sort, et le sort tomba sur Matthias, qui fut associé aux onze
apôtres. (Actes 1:24-26)
Les apôtres comprenaient que le collège devait être conservé au complet. Paul et
Barnabas furent appelés à être apôtres après l'appel des douze premiers :
Les apôtres Barnabas et Paul, ayant appris cela, déchirèrent leurs vêtements et
se précipitèrent au milieu de la foule. (Actes 14:14, voir aussi 13:1-4)
Jacques, le frère du Seigneur, fut aussi appelé à l'apostolat après que les
douze premiers eurent été désignés :
Mais je ne vis aucun autre des apôtres, si ce n'est Jacques, le frère du
Seigneur. (Gal. 1:19, voir aussi 6:3)
Puisque les apôtres étaient essentiels dans l'Église que Jésus-Christ a établie
au midi des temps, pourquoi ne continueraient-ils pas à être nécessaires partout
où son Église reconnue se trouve sur la terre ? Si l'on y réfléchit, il devient
évident que, à mesure que l'Église croît, la présence d'apôtres pour diriger
l'oeuvre doit être encore plus essentielle.
Même si l'on se contente des renseignements limités que donne la Bible en cette
matière, il est clair que si l'Église que Jésus a organisée lui-même avait
continué à exister parmi les hommes, le Collège des douze apôtres aurait été
maintenu au complet pour la diriger.
Le grand-prêtre
Comme, suite à la remise des clefs et des pouvoirs de la Prêtrise de Melchisédek
à Joseph Smith et à Oliver Cowdery, le nombre de membres de l'Église croissait,
le Seigneur révéla au prophète Joseph Smith comment organiser correctement la
prêtrise en subdivisions et en collèges. Voici ce qu'il dit de la mission du
grand-prêtre :
Les grands-prêtres, selon l'ordre de la Prêtrise de Melchisédek, ont le droit
d'officier dans leur propre position, sous la direction de la présidence, pour
administrer les choses spirituelles et aussi dans l'office d'ancien, de prêtre
(de l'ordre lévitique), d'instructeur, de diacre et de membre...
Le grand-prêtre et l'ancien doivent administrer les choses spirituelles,
conformément aux alliances et aux commandements de l'Église : ils ont le droit
d'officier dans tous ces offices de l'Église lorsqu'aucune autorité supérieure
n'est présente. (D&A 107:10, 12)
Tout président de la Haute-Prêtrise (ou ancien qui préside), évêque, membre de
grand conseil et grand-prêtre, doit être ordonné selon les directives d'un grand
conseil ou d'une conférence générale. (D&A 20:67)
Mais étant donné qu'un grand-prêtre de la Prêtrise de Melchisédek a l'autorité
d'of ficier dans tous les offices inférieurs, il peut remplir l'office d'évêque
lorsqu'on ne peut trouver de descendant littéral d'Aaron, à condition qu'il soit
appelé, mis à part, et ordonné à ce pouvoir, sous les mains de la Première
Présidence de la Prêtrise de Melchisédek. (D&A 68:19)
Il y a de nombreux autres textes et révélations relatifs à la mission du
grand-prêtre, mais puisque le but de cette discussion est de montrer que la
prêtrise a été rétablie avec la même organisation qu'elle possédait jadis,
plutôt que de traiter à fond la question de la prêtrise, nous ne la poursuivrons
pas plus loin maintenant sinon pour montrer que tous ces offices de la prêtrise
existaient dans l'Église établie par Jésus au midi des temps. Citons Paul :
En effet, tout grand-prêtre pris du milieu des hommes est établi pour les hommes
dans le service de Dieu, afin de présenter des offrandes et des sacrifices pour
les péchés. (Héb. 5:1)
Et Christ ne s'est pas non plus attribué la gloire de devenir grand-prêtre, mais
il la tient de celui qui lui a dit : Tu es mon Fils, je t'ai engendré
aujourd'hui !
Comme il dit encore ailleurs : Tu es prêtre pour toujours, selon l'ordre de
Melchisédek. (Héb. 5:5-6)
C'est pourquoi, frères saints, qui avez part à la vocation céleste, considérez
l'apôtre et le grand-prêtre de la foi que nous professons, Jésus. (Héb. 3:1)
Il apparaît de ces citations que non seulement Jésus était « apôtre et
grand-prêtre » mais que ses frères partageaient avec lui cette vocation céleste
et que « tout grand-prêtre pris du milieu des hommes est établi pour les hommes
dans le service de Dieu ».
Où sont les apôtres et les grands-prêtres dans les Églises d'aujourd'hui ?
Pourquoi les a-t-on supprimés ?
Le patriarche ou évangéliste
La mission d'un patriarche ou évangéliste est de bénir le peuple, les membres de
l'Église. Il est question d'évangélistes dans le Nouveau Testament, mais nous
n'y trouvons rien qui nous indique quels sont les devoirs particuliers de cet
office dans la prêtrise. Ce renseignement ne nous est parvenu que par les
révélations du Seigneur au prophète Joseph Smith. À notre époque, le Seigneur
ordonna aux douze apôtres de son Église « d'ordonner, dans toutes les grandes
branches de l'Église, des ministres évangéliques qui leur seront désignés par
révélation » (voir D&A 107:39). Puis il expliqua comment il avait été décrété
que cet ordre de la prêtrise devait être transmis de père en fils, ajoutant
qu'il avait été institué du temps d'Adam et transmis par lignage d'un patriarche
à l'autre :
Les Douze ont le devoir d'ordonner, dans toutes les grandes branches de
l'Église, des ministres évangéliques qui leur seront désignés par révélation.
Il a été décrété que l'ordre de cette prêtrise doit se transmettre de père en
fils, et qu'il appartient de droit aux descendants littéraux de la postérité
choisie, à qui les promesses ont été faites. Cet ordre fut institué au temps
d'Adam et fut transmis par lignage de la manière suivante... (D&A 107:39-41 ;
voir aussi aux versets 41 à 47 la lignée de la prêtrise d'Adam à Noé, indiquant
par qui et à quel moment chaque patriarche fut ordonné)
Le prophète Joseph Smith donna cette explication au sujet de la mission de
l'évangéliste ou patriarche :
Un évangéliste est un patriarche, c'est-à-dire le plus âgé des hommes du sang de
Joseph ou de la lignée d'Abraham. Partout où l'Église du Christ est établie sur
la terre, il doit s'y trouver un patriarche pour le profit de la postérité des
saints, comme il en était de Jacob lorsqu'il donnait sa bénédiction patriarcale
à ses fils, etc. (History of the Church vol. 3 p. 381).
Et de plus, en vérité, je vous le dis, que mon serviteur William soit nommé,
ordonné et oint conseiller de mon serviteur Joseph, à la place de mon serviteur
Hyrum, pour que mon serviteur Hyrum puisse prendre l'office de prêtrise et
de patriarche qui lui a été conféré par son père par bénédiction et aussi de par
droit.
Afin qu'il détienne dorénavant les clefs des bénédictions patriarcales pour tout
mon peuple.
Afin que celui qu'il bénit soit béni, et que celui qu'il maudit soit maudit.
(D&A 124:91-93)
Une des illustrations les plus frappantes de l'exercice de cet appel qui nous
soient rapportées par la Bible est la bénédiction des fils de Jacob :
Jacob appela ses fils, et dit : Assemblez-vous, et je vous annoncerai ce qui
vous arrivera dans la suite des temps.
Rassemblez-vous, et écoutez, fils de Jacob ! Écoutez Israël, votre père ! (Gen.
49:1, 2).
Suivent alors les bénédictions personnelles prononcées sur la tête de ses douze
fils. Le grand patriarche Isaac bénit ses fils, Jacob et Ésaü (voir Gen. ch.
27).
Paul appelait Abraham patriarche :
Considérez combien est grand celui auquel le patriarche Abraham donna la dîme du
butin. (Héb. 7:4)
Paul parla de l'appel d'évangéliste, mais ne précisa pas quel était son
travail :
Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres
comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs. (Éph. 4:11)
Timothée fut appelé à être évangéliste :
Mais toi, sois sobre en toutes choses, supporte les souffrances, fais l’oeuvre
d'un évangéliste, remplis bien ton ministère. (2 Tim. 4:5)
Malgré ces passages fort clairs, tant de l'Ancien que du Nouveau Testament,
prouvant que le Seigneur avait jadis établi des patriarches ou évangélistes dans
son Église, nous ne saurions pas ce qu'est leur office particulier dans la
prêtrise si nous n'avions les révélations du Seigneur au prophète Joseph Smith
lorsqu'il rétablit son Église à notre époque.
Pourquoi ce saint appel de patriarche a-t-il été abandonné par les Églises ? Des
dizaines de milliers de saints des derniers jours ont été réconfortés et
inspirés par les bénédictions que le Seigneur leur a données par l'intermédiaire
des patriarches de notre époque. Et la connaissance de l'appel et du ministère
de patriarche, nous ne l'avons pas acquise par l'étude des Écritures, mais par
les révélations du Seigneur à ses prophètes de notre époque.
Le soixante-dix
C'est par les révélations du Seigneur au prophète Joseph Smith que nous
apprenons quels sont les devoirs et l'appel du soixante-dix :
Les soixante-dix sont également appelés à prêcher l'Évangile, et à être des
témoins spéciaux aux Gentils et dans le monde entier différant ainsi des autres
officiers de l'Église dans les devoirs de leur appel.
Et ils forment un collège égal en autorité à celui des douze témoins spéciaux ou
apôtres qui viennent d'être cités. (D&A 107:25-26)
Les soixante-dix doivent agir au nom du Seigneur sous la direction des Douze ou
grand conseil voyageur pour édifier l'Église et en régler toutes les affaires
dans toutes les nations, premièrement chez les Gentils et ensuite chez les Juifs.
(D&A 107:34).
Et il est conforme à la vision montrant l'ordre des soixante-dix qu'ils aient
sept présidents, choisis de parmi les soixante-dix, pour exercer la présidence
sur eux.
Le septième de ces présidents doit exercer la présidence sur les six.
Et ces sept présidents doivent choisir d'autres soixante-dix en plus des
premiers soixante-dix auxquels ils appartiennent et en assumer la présidence ;
Et aussi d'autres soixante-dix jusqu'à sept fois soixante-dix si le travail de
la vigne le nécessite.
Et ces soixante-dix doivent être des ministres voyageurs, auprès des Gentils
premièrement et ensuite aux Juifs ;
Tandis que les autres officiers de l'Église qui n'appartiennent ni aux Douze ni
aux soixante-dix n'ont point la responsabilité de voyager parmi toutes les
nations, mais voyageront comme les circonstances le leur permettront, bien
qu'ils puissent détenir des offices aussi élevés et aussi responsables dans
l'Église. (D&A 107:93-98)
Quand on compare cette explication complète de l'appel, des devoirs et de
l'organisation du soixante-dix avec les maigres indications contenues dans la
Bible, on est convaincu de la nécessité de recevoir du Seigneur des instructions
et des révélations sur ce point, puisque la Bible n'y suffit pas. Encore une
fois, nous avons reçu ces renseignements et ces instructions par révélation du
ciel et nous utilisons la Bible pour en prouver la vérité.
Voici ce que dit la Bible de l'appel de soixante-dix :
Après cela, le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples, et il les
envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et dans tous les lieux où
lui-même devait aller.
Il leur dit : La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers. Priez donc le
Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans sa moisson...
Les soixante-dix revinrent avec joie, disant : Seigneur, les démons mêmes nous
sont soumis en ton nom. (Luc 10:1, 2, 17)
Du premier verset ci-dessus il ressort que le Seigneur avait désigné auparavant
soixante-dix disciples, sinon il ne dirait pas « encore soixante-dix autres ».
De ces « soixante-dix autres » la Bible ne dit rien. Toutefois elle fait mention
de l'appel de soixante-dix anciens d'Israël par Moïse, mais ceci, sans aucun
doute, n'est qu'une indication du nombre d'anciens appelés et non une allusion à
l'office de soixante-dix :
L'Éternel dit à Moïse : Assemble auprès de moi soixante-dix hommes des anciens
d'Israël, de ceux que tu connais comme anciens du peuple et ayant autorité sur
lui ; amène-les à la tente d'assignation, et qu'ils se présentent avec toi.
Je descendrai, et là je te parlerai ; je prendrai de l'esprit qui est sur toi,
et je le mettrai sur eux, afin qu'ils portent avec toi la charge du peuple, et
que tu ne la portes pas à toi seul. (Nombres 11:16, 17)
On notera que les soixante-dix constituent un collège voyageur tout comme le
collège des douze apôtres, et que leur appel particulier est d'aider les douze
apôtres à poursuivre et à diriger l'oeuvre missionnaire de l'Église. Puisqu'ils
sont également des témoins spéciaux du Seigneur Jésus-Christ dans le monde
entier « premièrement chez les Gentils et ensuite chez les Juifs », quelle perte
pour le monde que leur absence dans les Églises actuelles. C'est une raison de
plus qui vient justifier la nécessité d'un rétablissement.
L'ancien
Le terme « ancien » a un double usage dans l'Église de Jésus-Christ. Il est le
titre donné à tout homme qui détient la Prêtrise de Melchisédek ; il désigne
aussi l'un des offices de la Prêtrise de Melchisédek :
... Un apôtre est un ancien et son appel est de baptiser,
D'ordonner d'autres anciens, prêtres, instructeurs et diacres,
D'administrer le pain et le vin - les emblèmes de la chair et du sang du Christ,
De confirmer ceux qui sont baptisés dans l'Église par l'imposition des mains
pour le baptême de feu et du Saint-Esprit, selon les Écritures.
D'enseigner, interpréter, exhorter, baptiser et veiller sur l'Église,
De confirmer [les membres de] l'Église, en imposant les mains et en donnant le
Saint-Esprit.
Et de prendre la direction de toutes les réunions.
Les anciens doivent diriger les réunions selon les inspirations du Saint-Esprit
conformément aux commandements et aux révélations de Dieu. (D&A 20:38-45)
L'office d'ancien appartient à la Prêtrise de Melchisédek. La Prêtrise de Melchisédek détient le droit de présidence et a pouvoir et autorité sur tous les offices de l'Église à toutes les époques du monde, pour administrer les choses spirituelles. (D&A 107:7, 8)
L'ancien a le droit d'officier à sa place lorsque le grand-prêtre n'est pas
présent. Le grand-prêtre et l'ancien doivent administrer les choses
spirituelles, conformément aux alliances et aux commandements de l'Église ; ils
ont le droit d'officier dans tous ces offices de l'Église, lorsque aucune
autorité supérieure n'est présente. (D&A 107:11, 12)
En vérité, je vous le dis, dit le Seigneur des armées, il faut des anciens pour
exercer la présidence sur ceux qui ont l'office d'ancien. (D&A 107:60)
De plus, le devoir du président de l'office d'ancien est d'exercer la présidence
sur quatre-vingt-seize anciens, de siéger en conseil avec eux et de les
enseigner conformément aux alliances.
Cette présidence est distincte de celle des soixante-dix, et est destinée à ceux
qui ne voyagent pas dans le monde entier. (D&A 107:89, 90)
Donc l'appel de l'ancien diffère de celui du soixante-dix en ce qu'il est appelé
à exercer son ministère sur place, à officier dans les organisations de
l'Église, à présider, enseigner, exposer, etc., tandis que le soixante-dix doit
être un missionnaire voyageur, touchant toutes les nations et tous les peuples.
Lisons maintenant ce que la Bible nous dit concernant l'ancien :
Voici les exhortations que j'adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi,
ancien comme eux, témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire
qui doit être manifestée :
Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais
volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ;
Non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les
modèles du troupeau. (1 Pierre 5:1-3)
Que les anciens qui dirigent bien soient jugés dignes d'un double honneur,
surtout ceux qui travaillent à la prédication et à l'enseignement. (1 Tim 5:17)
Ils firent nommer des anciens dans chaque Église, et, après avoir prié et jeûné,
ils les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru. (Actes 14:23)
Les apôtres et les anciens se réunirent pour examiner cette affaire. (Actes
15:6)
Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il appelle les anciens de l'Église et que les anciens prient pour lui, en l'oignant d'huile au nom du Seigneur ; La prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera : et s'il a commis des péchés, il lui sera pardonné. (Jacques 5:14, 15)
Je t'ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler, et
que, selon mes instructions, tu établisses des anciens dans chaque ville. (Tite
1:5)
Les passages du Nouveau Testament sur la mission de l'ancien étant nombreux, il
ne nous paraît pas nécessaire pour notre propos, d'examiner ceux de l'Ancien
Testament. Tous semblent s'accorder parfaitement avec l'appel et le ministère de
l'ancien tel que le Seigneur l'a établi dans son Église à notre époque.
Toutefois, rien dans la Bible ne nous dit combien il faut d'anciens pour
constituer un collège, ni comment celui-ci doit être organisé. Il ne fait pas de
doute que la plus grande abondance de détails concernant les devoirs et l'appel
de l'ancien dans le Nouveau Testament explique, du moins en partie, le fait que
nous rencontrons plus d'officiers appelés anciens dans les Églises
d'aujourd'hui ; et pourtant, qui peut dire qu'ils sont plus importants que les
soixante-dix et les grands-prêtres dont on ne dit rien ou presque rien ? C'est
évidemment ce à quoi on peut s'attendre si l'on dépend entièrement du texte
écrit et que l'on rejette le principe de la révélation continue.
L'évêque
Le Seigneur a expliqué au prophète Joseph Smith l'appel et les responsabilités
de l'évêque :
La deuxième prêtrise est appelée la Prêtrise d'Aaron, parce qu'elle fut conférée
à Aaron et à sa postérité au cours de toutes leurs générations.
La raison pour laquelle on l'appelle la moindre prêtrise, c'est parce qu'elle
est une annexe de la prêtrise supérieure ou Prêtrise de Melchisédek et a le
pouvoir d'administrer les ordonnances extérieures.
L'épiscopat est la présidence de cette prêtrise et détient les clefs ou
l'autorité de celle-ci.
Nul n'a légalement le droit à cet office, de détenir les clefs de cette prêtrise
s'il n'est descendant littéral d'Aaron.
Mais comme un grand-prêtre de la Prêtrise de Melchisédek a l'autorité d'officier
dans tous les offices inférieurs, il peut officier dans l'office d'évêque
lorsqu'on ne peut trouver de descendant littéral d'Aaron à condition qu'il soit
appelé, mis à part et ordonné à ce pouvoir des mains de la Présidence de la
Prêtrise de Melchisédek. (D&A 107:13, 17)
Et le devoir du président de la Prêtrise d'Aaron est d'exercer la présidence sur
quarante-huit prêtres et de siéger en conseil avec eux, leur enseignant les
devoirs de leur office tels qu'ils sont donnés dans les alliances
Ce président doit être évêque ; car c'est l'un des devoirs de cette prêtrise.
(D&A 107:87, 88)
Après avoir donné des instructions et des directives concernant les devoirs de
la Prêtrise de Melchisédek et les bénédictions que doit recevoir l'Église par
son ministère, le Seigneur dit :
C'est pourquoi l'office d'évêque n'est pas égal à celui-là, car l'office
d'évêque consiste à administrer tout ce qui est temporel.
Néanmoins, l'évêque doit être choisi d'entre la Haute-Prêtrise, à moins qu'il ne
soit descendant littéral d'Aaron.
Car s'il n'est pas descendant littéral d'Aaron, il ne peut détenir les clefs de
cette prêtrise.
Néanmoins, un grand-prêtre, selon l'ordre de Melchisédek, peut être mis à part
pour administrer les choses temporelles, ayant une connaissance de ces choses
par l'Esprit de vérité ;
Et aussi pour être juge en Israël pour s'occuper des affaires de l'Église ; pour
juger les transgresseurs selon les témoignages qui seront déposés devant lui
conformément à la loi, avec l'aide des conseillers qu'il a choisis ou qu'il
choisira parmi les anciens de l'Église.
Tel est le devoir de l'évêque qui n'est pas descendant littéral d'Aaron, mais
qui a été ordonné à la Haute-Prêtrise selon l'ordre de Melchisédek.
Et c'est ainsi qu'il sera juge, juge ordinaire parmi les habitants de Sion, soit
dans un pieu de Sion, soit dans n'importe quelle branche de l'Église où il sera
mis à part pour ce ministère, jusqu'à ce que les frontières de Sion
s'élargissent et qu'il devienne nécessaire d'avoir d'autres évêques ou juges en
Sion ou ailleurs.
Et si d'autres évêques sont nommés, ils rempliront le même office. (D&A
107:68-75)
Et lorsque tu donnes une partie de ta substance aux pauvres, c'est à moi que tu
la donneras ; et elle sera déposée devant l'évêque de mon Église et ses
conseillers, deux des anciens ou des grands-prêtres qu'il nommera ou a nommés et
mis à part dans ce but. (D&A 42:31)
Dans les révélations des derniers jours, le Seigneur a parlé davantage de
l'appel et des devoirs de l'évêque, mais ceci nous paraît suffire actuellement.
Nous allons maintenant examiner ce que nous propose la Bible sur le même sujet :
Car il faut que l'évêque soit irréprochable comme économe de Dieu ; qu'il ne
soit ni arrogant, ni colère, ni adonné au vin, ni violent, ni porté à un gain
déshonnête ;
Mais qu'il soit hospitalier, ami des gens de bien, modéré, juste, saint,
tempérant, Attaché à la vraie parole telle qu'elle a été enseignée, afin d'être
capable d'exhorter selon la sainte doctrine et de réfuter les contradicteurs.
(Tite 1:7-9)
Cette parole est certaine : Si quelqu'un aspire à la charge d'évêque, il désire
une oeuvre excellente.
Il faut donc que l'évêque soit irréprochable, mari d'une seule femme, sobre,
modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l'enseignement.
Il faut qu'il ne soit ni adonné au vin, ni violent, mais indulgent, pacifique,
désintéressé.
Il faut qu'il dirige bien sa propre maison, et qu'il tienne ses enfants dans la
soumission et dans une parfaite honnêteté ;
Car si quelqu'un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin
de l'Église de Dieu ?
Il ne faut pas qu'il soit un nouveau converti, de peur qu'enflé d'orgueil il ne
tombe sous le jugement du diable.
Il faut aussi qu'il reçoive un bon témoignage de ceux du dehors, afin de ne pas
tomber dans l'opprobre et dans les pièges du diable. (1 Tim. 3:1-7).
Paul et Timothée, serviteurs de Jésus-Christ, à tous les saints en Jésus-Christ
qui sont à Philippes, aux évêques et aux diacres. (Phil. 1:1)
De ces passages il ressort que l'on parle bien plus des qualités nécessaires à
l'évêque que de la nature de ses devoirs et de son ministère. Tout ce que nous
pouvons y découvrir, c'est que « selon la saine doctrine » il doit « être
capable d'exhorter » et aussi « de réfuter les contradicteurs ». Paul laisse
entendre à Timothée que la mission de l'évêque est de « prendre soin de l'Église
de Dieu », mais il n'y a là aucune instruction spéciale qui indique ce que cet
ordre signifie réellement.
Encore une fois, si nous devions dépendre des renseignements contenus dans la
Bible, nous ne saurions que fort peu de choses de cet appel si important. Nous
sommes obligés de nous tourner vers la révélation moderne si nous voulons être
renseignés sur l'office d'évêque.
Le prêtre
Nous avons déjà noté que l'appel du prêtre est un office de la Prêtrise d'Aaron,
que c'est l'évêque qui exerce la présidence sur cette prêtrise et que l'évêque
lui-même est le président du collège des prêtres qui comporte quarante-huit
membres (voir D&A 107:15, 87, 88).
Le devoir du prêtre est de prêcher, enseigner et interpréter, exhorter, baptiser
et administrer la Sainte-Cène,
Visiter la maison de chaque membre et de l'exhorter à prier à haute voix et en
secret et à remplir tous ses devoirs de famille.
Il peut aussi ordonner d'autres prêtres, instructeurs et diacres.
Et il doit prendre la direction des réunions, lorsqu'il n'y a pas d'ancien
présent... Dans tous ces devoirs, le prêtre doit aider l'ancien si l'occasion
s'en présente. (D&A 20:46-49, 52)
Tout ancien, prêtre, instructeur ou diacre doit être ordonné selon les dons et
les appels que Dieu lui fait, et il doit être ordonné par le pouvoir du
Saint-Esprit qui est en celui qui l'ordonne. (D&A 20:60)
Et voici, les grands-prêtres doivent voyager, ainsi que les anciens et les
prêtres inférieurs, mais les diacres et les instructeurs doivent être nommés
pour veiller sur l'Église, pour être des ministres résidents de l'Église. (D&A
84:111)
Le Nouveau Testament est presque muet sur le chapitre de l'appel et des devoirs
du prêtre.
Zacharie, le père de Jean-Baptiste, était prêtre selon l'ordre d'Aaron et
servait au temple en qualité de prêtre (voir Luc 1:5-8).
Le prophète Michée parle d'une époque future où les chefs spirituels du peuple
induiraient son peuple en erreur et ajoute :
Ses chefs jugent pour des présents, ses sacrificateurs enseignent pour un
salaire, et ses prophètes prédisent pour de l'argent ; et ils osent s'appuyer
sur l'Éternel, ils disent : L'Éternel n'est-il pas au milieu de nous ? Le
malheur ne nous atteindra pas. (Michée 3:11)
Jean le Révélateur écrivit ceci concernant ceux que le Seigneur a lavés de leurs
péchés dans son sang :
Et qui a fait de nous un royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père, à lui
soient la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ! (Apoc. 1:6)
Nous devrons regarder ailleurs que dans la Bible pour apprendre quels étaient
les devoirs de la charge de prêtre tels qu'on s'en acquittait sous la direction
du Christ et de ses apôtres.
Jean-Baptiste exerça son ministère en vertu de cette autorité et enseigna à ses
disciples qu'un autre viendrait, plus puissant que lui, qui les baptiserait du
Saint-Esprit, car la Prêtrise d'Aaron ne détenait pas le pouvoir de conférer le
Saint-Esprit par l'imposition des mains, comme il l'expliqua à Joseph Smith et à
Oliver Cowdery (voir Joseph Smith, Histoire, 70).
Il semblerait que nous ayons raison de supposer que Philippe exerça, lui aussi,
son ministère en vertu de cette même autorité, puisqu'il baptisa les gens de
Samarie, mais qu'il fut nécessaire, semble-t-il, que Pierre et Jean s'y
rendissent pour conférer le Saint-Esprit par l'imposition des mains (voir Actes
8:4-20). La lecture des Écritures anciennes ne nous donne aucune précision. Nous
devons recourir à la révélation moderne pour en avoir l'explication. Si cette
supposition n'est pas correcte, comment expliquer le fait que Philippe a prêché
le Christ aux Samaritains et les a baptisés, et pourtant il n'a pas pu leur
conférer le Saint-Esprit, mais a dû faire venir Pierre et Jean ?
L'instructeur
Les révélations des derniers jours attachent beaucoup d'importance à l'office
d'instructeur dans l'Église. Notez quel souci du détail dans les
responsabilités, l'organisation des collèges, les devoirs des membres, et avec
quel soin ceux-ci sont présentés dans leurs rapports avec les autres offices de
la prêtrise :
Le devoir de l'instructeur est de toujours veiller sur [les membres de]
l'Église, d'être avec eux et de les fortifier.
De voir qu'il n'y ait pas d'iniquité dans l'Église, ni de dureté réciproque, ni
de mensonge, de calomnie ou de médisance.
De veiller à ce que [les membres de] l'Église se réunissent souvent et à ce que
tous les membres fassent leur devoir.
Et il doit prendre la direction des réunions en l'absence de l'ancien et du
prêtre
Et il doit toujours être aidé, dans tous ses devoirs dans l'Église, par les
diacres, si l'occasion s'en présente.
Mais ni les instructeurs, ni les diacres n'ont l'autorité de baptiser,
d'administrer la Sainte-Cène ou d'imposer les mains.
Cependant, ils doivent avertir, interpréter, exhorter et enseigner, et inviter
tout le monde à venir au Christ.
Tout ancien, prêtre, instructeur ou diacre doit être ordonné selon les dons et
les appels que Dieu lui fait, et il doit être ordonné par le pouvoir du
Saint-Esprit qui est en celui qui l'ordonne. (D&A 20:53-60)
Et le devoir du président de l'office d'instructeur est d'exercer la présidence
sur vingt-quatre instructeurs et de siéger en conseil avec eux, leur enseignant
les devoirs de leur office tels qu'ils sont donnés dans les alliances. (D&A
107:86)
Et voici, les grands-prêtres doivent voyager, ainsi que les anciens et les
prêtres inférieurs, mais les diacres et les instructeurs doivent être nommés
pour veiller sur l'Église, pour être des ministres résidents de l'Église. (D&A
84:111)
La citation suivante montrera comme la Bible nous donne peu de renseignements
sur l'appel de l'instructeur, quoiqu'elle suffise à indiquer que c'était là un
des offices de l'Église primitive du Christ :
Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres
comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs (c'est-à-dire
instructeurs). (Éph. 4:11)
Cette fois encore nous n'aurions pu connaître les devoirs et les responsabilités
de l'instructeur si nous avions dû dépendre de la Bible uniquement.
Le diacre
La nature de l'appel et des responsabilités du diacre ont été mises en lumière
de la même manière par les révélations du Seigneur à notre époque :
Et de plus, en vérité, je vous le dis, le devoir du président de l'office de
diacre est d'exercer la présidence sur douze diacres, de siéger en conseil avec
eux, de leur enseigner leur devoir, s'édifiant les uns les autres, comme le
stipulent les alliances. (D&A 107:85)
Et il [l'instructeur] doit toujours être aidé, dans tous ses devoirs dans
l'Église, par les diacres, si l'occasion s'en présente.
Mais ni les instructeurs, ni les diacres n'ont l'autorité de baptiser,
d'administrer la Sainte-Cène ou d'imposer les mains.
Cependant, ils doivent avertir, interpréter, exhorter et enseigner et inviter
tout le monde à venir au Christ.
Tout ancien, prêtre, instructeur ou diacre doit être ordonné selon les dons et
les appels que Dieu lui fait, et il doit être ordonné par le pouvoir du
Saint-Esprit qui est en celui qui l'ordonne. (D&A 20:57-60)
En outre, les offices d'instructeur et de diacre sont des annexes nécessaires
appartenant à la moindre prêtrise, laquelle prêtrise fut confirmée sur Aaron et
ses fils. (D&A 84:30)
Quoique les citations suivantes de la Bible fassent mention de l'office de
diacre, elles donnent très peu de renseignements spécifiques sur cet appel de la
Prêtrise d'Aaron :
Paul et Timothée, serviteurs de Jésus-Christ, à tous les saints en Jésus-Christ
qui sont à Philippes, aux évêques et aux diacres. (Phil. 1:1)
Les diacres aussi doivent être honnêtes, éloignés de la duplicité, des excès du
vin, d'un gain sordide, conservant le mystère de la foi dans une conscience
pure.
Qu'on les éprouve d'abord, et qu'ils exercent ensuite leur ministère, s'ils sont
sans reproche. (1 Tim. 3:8-10)
Le récit biblique ne donne presque pas de détails sur les responsabilités et la
fonction du diacre. À part de maigres allusions à cet office, nous n'aurions
rien su de cette charge dans l'Église si nous avions été obligés de nous fier
uniquement à la Bible comme guide. Les révélations du Seigneur à Joseph Smith
indiquent sans erreur possible quelle est sa volonté touchant le diacre dans
l'Église.
Autres officiers de l'Église
Du fait que l'Église a grandi et s'est développée, la Première Présidence de
l'Église et le Collège des douze apôtres, agissant avec l'autorité des clefs de
la prêtrise et l'inspiration du Seigneur, ont ajouté les fonctions ci-après,
dont nous ne trouvons pas mention dans la Bible :
1. Le premier collège des soixante-dix. Quand on étudie attentivement l'appel et
l'organisation des soixante-dix dont nous parlons ici, que le Seigneur a exposés
dans une révélation donnée au prophète Joseph Smith (voir D&A 107:93-97), on
constate que sept présidents doivent se trouver à la tête de tous les collèges
de soixante-dix de l'Église, jusqu'à ce qu'il y en ait sept fois soixante-dix,
et que ces présidents exercent leurs fonctions sous la direction des douze
apôtres. Le Premier collège des soixante-dix fut organisé selon une révélation
du Seigneur donnée le 19 janvier 1841 à Joseph Smith (voir D&A 124:138, 139),
et, au cours des années, il a été sous la présidence de sept présidents.
En 1941, cinq hommes furent appelés à être assistants du Collège des Douze, afin
d'aider spécialement les Douze à s'acquitter de leurs lourdes responsabilités.
En 1976, vingt et un hommes détenaient ce poste. Entre-temps, on agrandissait le
premier collège des soixante-dix en appelant, à la conférence générale d'octobre
1975 trois hommes à en faire partie.
Lors de la conférence générale d'octobre 1976, le président Spencer W. Kimball
annonça qu'étant donné que la croissance mondiale accélérée de l'Église exigeait
une restructuration des fonctions administratives au niveau général, les
assistants des Douze seraient intégrés au premier collège des soixante-dix.
« Avec cette décision, expliqua-t-il, les trois collèges dirigeants de l'Église
définis par la révélation - la Première Présidence, le Collège des Douze et le
Premier collège des soixante-dix ont été mis à la place que le Seigneur a
révélée.
2. L'Épiscopat président. Il se compose de trois grands-prêtres, choisis,
ordonnés et mis à part comme évêques pour gérer les affaires temporelles de
l'Église sous la direction de la Première Présidence.
Droits et exercice de l'autorité de la prêtrise
Ayant reçu cette merveilleuse délégation de l'autorité de la prêtrise, les
officiers qui exercent leurs fonctions dans le royaume de Dieu en ces derniers
jours ont une lourde responsabilité dans ce qu'ils font en vertu de leurs
fonctions. Cette autorité doit nécessairement s'exercer en toute justice si
l'officier veut plaire à Dieu et éviter la condamnation. Le Seigneur a compris
ceci et il a tenu compte de cette tendance des hommes à exercer injustement
l'autorité s'ils ne sont soigneusement instruits de la façon d'agir de manière à
mériter l'approbation divine.
Lisez attentivement les révélations ci-dessous que notre Père céleste a données
par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith et qui énoncent les principes selon
lesquels doit s'exercer l'autorité de la prêtrise. À notre connaissance, jamais
rien d'aussi édifiant et d'aussi impressionnant n'a été écrit sur l'art du
gouvernement :
Car tous ceux qui, par leur fidélité, obtiennent ces deux prêtrises dont j'ai
parlé et magnifient leur appel, sont sanctifiés par l'Esprit et leur corps sera
renouvelé.
Ils deviennent les fils de Moïse et d'Aaron, la postérité d'Abraham, l'Église et
le royaume, et les élus de Dieu.
Et tous ceux qui reçoivent cette prêtrise, me reçoivent, dit le Seigneur ; Car
celui qui reçoit mes serviteurs me reçoit,
Et celui me reçoit, reçoit mon Père,
Et celui qui reçoit mon Père, reçoit le royaume de mon Père, c'est pourquoi tout
ce que mon Père possède lui sera donné ;
Et ceci est conforme au serment et à l'alliance qui appartiennent à la prêtrise.
C'est pourquoi, tous ceux qui reçoivent la prêtrise, reçoivent ce serment et
cette alliance de mon Père, qu'il ne peut rompre et qui est immuable.
Mais quiconque rompt cette alliance après l'avoir reçue et s'en détourne
complètement, n'aura pas le pardon de ses péchés dans ce monde, ni dans le monde
à venir. (D&A 84:33-41)
C'est pourquoi, que dès à présent, chacun s'informe diligemment de son devoir et
apprenne à agir dans l'office auquel il est nommé.
Le paresseux ne sera pas considéré comme digne de conserver sa charge, et celui
qui n'apprend pas son devoir et se montre déméritant ne sera pas considéré digne
de conserver son office. J'ai dit. Amen. (D&A 107:99, 100)
Voici, il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus. Et pourquoi ne sont-ils pas
élus ? Parce que leur coeur se porte tellement vers les choses de ce monde et
aspire tant à l'honneur des hommes qu'ils n'apprennent pas cette grande leçon.
Que les droits de la prêtrise sont inséparablement liés aux pouvoirs des cieux,
et que les pouvoirs des cieux ne peuvent être contrôlés ou exercés que selon les
principes de la justice.
Ces droits peuvent nous être conférés, il est vrai ; mais lorsque nous
entreprenons de couvrir nos péchés ou de flatter notre orgueil, notre vaine
ambition, ou d'exercer avec quelque degré d'injustice que ce soit, un contrôle,
une domination, ou une contrainte sur l'âme des enfants des hommes, voici les
cieux se retirent ; l'Esprit du Seigneur est affligé, et lorsqu'il est retiré,
amen à la prêtrise ou à l'autorité de cet homme.
Voici, avant qu'il s'en aperçoive, il est laissé à lui-même pour regimber contre
les aiguillons, persécuter les saints et lutter contre Dieu.
Nous avons appris par triste expérience qu'il est de la nature et des
dispositions de presque tous les hommes de commencer à exercer une domination
injuste aussitôt qu'ils reçoivent un peu d'autorité ou qu'ils croient en avoir.
C'est pour cela que beaucoup sont appelés, mais peu sont élus.
Aucun pouvoir, aucune influence ne peuvent ou ne devraient être exercé en vertu
de la prêtrise, autrement que par la persuasion, la longanimité, la gentillesse,
l'humilité et l'amour sincère ;
Par la bonté et la connaissance pure qui élèveront considérablement l'âme sans
hypocrisie et sans fausseté.
Réprimandant avec sévérité avant qu'il ne soit trop tard, sous l'inspiration du
Saint-Esprit ; et faisant preuve ensuite d'un redoublement d'amour envers celui
que tu as réprimandé, de peur qu'il ne croie que tu es son ennemi ;
Afin qu'il sache que ta fidélité est plus forte que les liens de la mort.
Que tes entrailles soient également remplies de charité envers tous les hommes
et envers les frères en la foi, et que la vertu orne incessamment tes pensées ;
alors ton assurance deviendra grande en la présence de Dieu ; et la doctrine de
la prêtrise se distillera sur ton âme comme la rosée des cieux.
Le Saint-Esprit sera ton compagnon constant et ton sceptre, un sceptre immuable
de justice et de vérité ; et ta domination sera une domination éternelle ; et,
sans moyen de contrainte, elle affluera vers toi pour toujours et à jamais. (D&A
121:34-46).
Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une
nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui
vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. (1 Pierre 2:9)
Vous pouvez fouiller le monde entier, vous ne trouverez pas un peuple qui
réponde à cette définition de manière comparable aux saints des derniers jours,
car ils possèdent véritablement un « sacerdoce royal », dont tous les membres
masculins dignes de plus de douze ans peuvent être investis pour travailler à
l'édification du royaume de Dieu sur terre et pour annoncer « les vertus de
celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ». On ne peut
réfléchir à cette question sans être convaincu que les Églises du monde actuel
sont bien pauvres sans cette autorité et cette source de lumière, qu'elles ne
peuvent d'ailleurs pas obtenir par la simple lecture de la Bible. On ne saurait
s'étonner du manque d'uniformité dans l'organisation des Églises existant à
l'époque où le Seigneur rétablit sa prêtrise sur terre par l'intermédiaire de
son prophète Joseph Smith. Bien que la Bible énumère clairement la plupart des
offices qui doivent se trouver dans l'Église du Christ, elle reste tout à fait
silencieuse quand il s'agit de définir les devoirs des divers officiers. Ces
éclaircissements devaient nous être fournis par les révélations du Seigneur à
notre époque.
Ceux qui « secourent » et « gouvernent » dans l'Église
Il est évident que, dans l'Église qu'il organisa durant son passage sur terre,
Jésus ne plaça pas seulement la Prêtrise d'Aaron et la Prêtrise de Melchisédek
avec leurs différents officiers, il y mit aussi des gens pour « secourir » et
« gouverner », ainsi que le dit l'apôtre Paul, encore que les Écritures ne
précisent pas en quoi ils consistent :
Et Dieu a établi dans l'Église premièrement des apôtres, secondement des
prophètes, troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont le don des miracles,
puis ceux qui ont les dons de guérir, de secourir, de gouverner, de parler
diverses langues. (1 Cor. 12:28)
Nous allons étudier rapidement ce que sont ces gens qui « secourent » et
« gouvernent » que le Seigneur a placés dans son Église à notre époque. On
pourrait écrire et on a écrit des livres entiers, pour expliquer la nature de
ces « secours » et ce qu'ils ont accompli, mais notre but sera atteint si nous
attirons simplement sur eux l'attention du lecteur.
La population de l'Église dans le monde est organisée en régions géographiques
appelées pieux et missions.
Chaque pieu est sous la présidence d'une présidence de trois hommes et contient
en général 2 500 à 5 000 âmes. Les pieux sont en outre divisés en paroisses,
composées ordinairement de 300 à 600 personnes et présidées par un évêque avec
deux conseillers. Les groupes plus restreints se trouvant sur le territoire du
pieu sont organisés en branches.
Les missions, qui sont chacune aussi sous la présidence d'un président et de
deux conseillers, couvrent généralement un territoire beaucoup plus vaste que
les pieux. Elles sont composées de districts (dont l'organisation ressemblé à
celle des pieux) et de branches (semblables aux paroisses). Lorsque la
population d'une région de mission devient suffisamment importante, on crée
habituellement un pieu, qui fait qu'il y a aujourd'hui des pieux et des missions
en Amérique du Nord et du Sud, en Europe occidentale et en Grande-Bretagne, en
Australie, en Afrique et dans les îles du Pacifique. On organise de nouveaux
pieux quasiment chaque semaine, soit en divisant des pieux déjà existants, soit
en créant de nouveaux pieux à partir de branches prises dans les missions. Quant
à celles-ci, on en organise maintenant plusieurs nouvelles chaque année.
Coordination de la prêtrise, représentants régionaux et bureaux généraux
Dans le cadre d'un vaste programme de coordination entrepris dans les années
1960, la Première Présidence et le Collège des Douze ont mis sur pied quatre
programmes de la prêtrise. Ces programmes coordonnés font reposer directement
sur la prêtrise la responsabilité de l'enseignement au foyer, du travail
missionnaire, de l'oeuvre de la généalogie et du temple, et du programme
d'entraide.
Pour mettre en oeuvre ces programmes de la prêtrise ainsi que l'oeuvre des
organisations auxiliaires, tous les pieux de l'Église ont été organisés en
régions. Ces régions sont les divisions de l'Église dans lesquelles les
officiers de pieu et de paroisse sont formés.
Dans chaque région se tient une réunion régionale annuelle. Les officiers de
pieux et de paroisses désignés sont invités à y assister et on leur apprend à
faire fonctionner les programmes de la prêtrise et des auxiliaires.
Des représentants régionaux sont appelés pour servir dans les différentes
régions, ceci afin d'aider les Autorités générales dans la direction des
programmes de l'Église. Ces frères représentent les Autorités générales et
servent sensiblement sur la même base que les présidents de pieu, consacrant
tout leur temps de service dans l'Église à leur appel.
Chaque organisation auxiliaire de l'Église est dirigée par un bureau général,
travaillant sous la direction de la Première Présidence et du Collège des douze
apôtres. Ils ont la charge et la responsabilité de préparer des plans pour des
activités et des cours, qui sont ensuite soumis aux pieux et missions, paroisses
et branches.
Organisation du pieu (et de la mission)
L'organisation du pieu comprend ce qui suit : une présidence de trois
grands-prêtres (un président et deux conseillers) ; un grand conseil de douze
grands-prêtres ; souvent un ou plusieurs membres suppléants du grand conseil ;
un greffier de pieu et un ou plusieurs greffiers adjoints ; un secrétaire
exécutif de la prêtrise ; un collège de grands-prêtres, la présidence de pieu
servant de présidence ; un collège de soixante-dix ; des collèges d'anciens dans
chaque paroisse ; des missionnaires de pieu appelés à enseigner l'Évangile aux
non-membres à l'intérieur du pieu ; des comités pour coordonner l'enseignement
au foyer, la généalogie, le travail missionnaire, l'entraide, et la musique ;
les activités des Jeunes Adultes (personnes non mariées de dix-huit à vingt-cinq
ans) et Affinités Mutuelles (personnes âgées de plus de vingt-cinq ans qui n'ont
jamais été mariées, ou qui sont, veufs (veuves) ou divorcés (cées) ; les
activités de la Prêtrise d'Aaron (garçons âgés de douze à dix-huit ans) et les
Jeunes Filles (jeunes filles de douze à dix-huit ans) ; et des présidences,
secrétaires et bureaux pour diriger les activités de la Société de secours, de
l'École du dimanche et de la Primaire dans les paroisses et branches du pieu.
Les districts dans les missions sont organisés d'une façon similaire, bien que
souvent moins de personnes servent dans les bureaux et les comités.
Les branches dans les missions et les pieux sont organisés d'une manière
similaire aux paroisses ; chacune est présidée par un président de branche et
deux conseillers. Selon l'importance de la branche il n'y aura peut-être que
quelques officiers et instructeurs, un membre détenant deux ou plus d'offices,
ou bien la branche comprendra presqu'autant d'officiers qu'une paroisse.
Nous pouvons voir qu'il faut en fait des centaines de personnes pour équiper les
paroisses et un pieu, ceci comprenant les officiers présidents, les secrétaires,
les instructeurs de classe, les instructeurs au foyer de la prêtrise et les
instructrices visiteuses de la Société de secours pour visiter chaque foyer, des
musiciens, du personnel de bibliothèque, des officiers de classe et des comités
de jeunes. On estime à plus de quarante pour cent de la totalité des membres de
l'Église les personnes ayant des occasions de progresser personnellement et
d'être une bénédiction pour les autres grâce aux services rendus mutuellement et
au Seigneur. Aucune d'elles n'est rétribuée financièrement pour les services
rendus.
Organisation de la paroisse (et de la branche)
La paroisse, c'est l'unité qui traite directement avec les membres de l'Église
dont le domicile se trouve dans les limites géographiques, et elle est présidée
par un évêque et deux conseillers, avec un ou plusieurs secrétaires-trésoriers
pour les aider. L'épiscopat dirige le travail des collèges, de la Prêtrise
d'Aaron, veille à ce que les collèges et les sociétés auxiliaires restent bien
organisés et à ce que tous les membres aient l'occasion de donner la mesure de
leurs capacités, selon leurs dons et talents particuliers. L'épiscopat de la
paroisse a la responsabilité des terrains et des bâtiments, ainsi que de toutes
les affaires matérielles, y compris le soin des pauvres.
L'organisation de la paroisse et celle des auxiliaires est fidèlement calquée
sur celle du pieu, excepté qu'à la place de bureaux, chaque organisation possède
des instructeurs qui dirigent les classes constituées par les auxiliaires, les
membres se réunissent hebdomadairement. Une paroisse moyenne requiert environ
quatre-vingt-cinq instructeurs pour les auxiliaires, qui viennent s'ajouter aux
officiers de la présidence, aux instructeurs au foyer, et aux instructrices
visiteuses de la Société de secours, ces deux derniers groupes visitant les
foyers des saints au moins une fois par mois.
Des possibilités et du travail pour tous
Puisque le Seigneur a fixé l'organisation de son Église « pour le
perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l'édification
du corps de Christ », comme l'a dit Paul (Éph. 4:12), il est malaisé d'imaginer
comment un tel objectif pourrait être mieux atteint que par l'organisation si
parfaite qu'il a fait placer dans son Église à notre époque. Une telle
organisation fournit aussi à chaque membre de l'Église l'occasion de consacrer
ses talents à l'édification du royaume de Dieu sur terre. Pourquoi tout homme
qui aime le Seigneur ne jouirait-il pas d'un tel avantage ? De quelle autre
manière peut-on aussi efficacement développer ou augmenter ses talents ?
Souvenez-vous de la parabole de Jésus concernant un homme qui, partant pour un
voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens (voir Matt. 25:14-30). Il
semble, dès lors, que l'organisation de l'Église de Jésus-Christ des saints des
derniers jours serait fort incomplète si elle ne fournissait pas à tous ses
membres l'occasion de développer leurs talents en leur demandant et leur
permettant de servir.
Y a-t-il dans le monde une autre organisation qui puisse lui être comparée ?
Celle-ci ne peut être l’œuvre de l'homme - elle doit venir de Dieu !
CHAPITRE 13 : LA
MISSION D'ÉLIE
Prédiction de la venue d'Élie
Le grand événement que nous allons maintenant envisager dans le « rétablissement
de toutes choses » (Actes 3:19-21), c'est la venue d'Élie en accomplissement de
la prophétie de Malachie :
Voici, je vous enverrai Élie, le prophète, avant que le jour de l'Éternel
arrive, ce jour grand et redoutable.
Il ramènera le cœur des pères à leurs enfants et le cœur des enfants à leurs
pères, de peur que je ne vienne frapper la terre de malédiction. (Mal. 4:5, 6,
version du roi Jacques ; Segond dit : « de peur que je ne vienne frapper le pays
d'interdit », ndt)
À part l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, à quelle Église
peut-on s'adresser aujourd'hui pour apprendre qu'Élie est venu en
accomplissement de cette prophétie ? Aux yeux de Dieu, sa venue est de la plus
haute importance pour la réalisation de ses intentions concernant les enfants
des hommes et pour l'établissement de son royaume des derniers jours. Si Élie ne
venait pas accomplir sa mission de ramener le cœur des pères à leurs enfants et
le cœur des enfants à leurs pères, le Seigneur viendrait « frapper la terre de
malédiction ».
Le Seigneur promit qu'il enverrait Élie, le prophète, « avant que le jour de
l'Éternel arrive, ce jour grand et redoutable » et qui peut prétendre arrêter sa
main et l'empêcher de tenir sa promesse ? Lorsqu'on a la chance de vivre sur
terre au moment de la venue d'Élie, ne doit-on pas vouloir être au courant et
connaître le message que celui-ci doit apporter pour justifier son envoi du ciel
pour éviter que la terre ne soit frappée de malédiction ?
Essai d'explication de la prophétie de Malachie
Le passage suivant relatif à l'accomplissement de la prophétie de Malachie est
intéressant :
Le livre se termine sur une invitation à se souvenir de la loi de Moïse
(probablement le Deutéronome, dont les règles rituelles et morales avaient été
violées), et sur la promesse du retour d'Élie qui avait quitté le monde environ
quatre cents ans auparavant, promesse qui implique que l'on considère maintenant
que l'ère des prophètes est terminée ; et quand il viendra, sa mission sera de
ramener l'harmonie dans les foyers qui ont été dévastés par le divorce (cf
Michée 7:5) ; sinon, le pays serait frappé de destruction (extrait de The
Abingdon Bible Commentary, New York et Nashville, Abingdon Press, 1929, p. 836).
Comment Élie pourrait-il « ramener l'harmonie dans les foyers qui ont été
dévastés par le divorce » ? Dans trop de cas, une tierce personne intervient
avant qu'il y ait divorce et il s'ensuit souvent un autre mariage. L'explication
fournie par ce commentaire n'est qu'une théorie erronée, rien de plus. Nous n'en
saurions pas plus que nous n'en lisons dans la Bible sur la venue d'Élie et la
nature de sa mission, n'était le fait qu'il est vraiment venu et qu'il a rendu
visite le 3 avril 1836, à Joseph Smith et à Oliver Cowdery dans le temple de
Kirtland, en Ohio.
Version de Moroni de la prophétie de Malachie
Lorsque l'ange Moroni visita Joseph Smith, le 21 septembre 1823, il cita
plusieurs passages des Écritures qui, selon lui, allaient bientôt être
accomplis. Parmi ceux-ci se trouvait le quatrième chapitre de Malachie dont nous
venons de parler, quoiqu'il différât légèrement du texte que nous trouvons dans
notre Bible. Il cita comme suit les versets cinq et six :
Voici, je vous
révélerai la Prêtrise par la main d'Élie, le prophète, avant que le jour de
l'Éternel arrive, ce jour grand et redoutable...
Et il implantera dans
le cœur des enfants les promesses faites aux pères, et le cœur des enfants se
tournera vers leurs pères ; s'il n'en était pas ainsi, la terre serait
entièrement dévastée à sa venue.
(Joseph Smith, Histoire, 38, 39)
Le 3 avril 1836, après la consécration du temple de Kirtland, le Sauveur, Moïse,
Élias et Élie apparurent à Joseph Smith et à Oliver Cowdery. Après avoir relaté
la visite du Sauveur, celle de Moïse et d'Élias, Joseph Smith parle en ces
termes de la visite d'Élie :
Une autre vision, grande et glorieuse, se déploya devant nos yeux : Élie,
le prophète qui fut enlevé au ciel sans goûter la mort, se tint devant nous et
dit :
Voici, le temps est pleinement arrivé, ce temps dont a parlé Malachie, lorsqu'il
a témoigné qu'il (Élie) serait envoyé avant que le jour de l'Éternel arrive, ce
jour grand et redoutable, pour tourner le cœur des pères vers les enfants, et le
cœur des enfants vers les pères, de peur que la terre tout entière ne soit
frappée de malédiction.
C'est pourquoi les clefs de cette dispensation sont remises entre vos mains, et
vous saurez par là que le jour de l'Éternel, ce jour grand et redoutable est
proche, et même à la porte. (D&A 110:13-16)
Quand Élie eut remis aux mains de Joseph Smith et d'Oliver Cowdery les clefs de
la dispensation actuelle pour tourner le cœur des pères vers les enfants et le
cœur des enfants vers leurs pères, ils se mirent en devoir d'expliquer à leurs
collaborateurs et aux membres de l'Église cette doctrine nouvelle et étrange du
baptême pour les morts. Ils dirent que les vivants pouvaient être baptisés pour
leurs bien-aimés, qui étaient morts sans avoir cette chance. La connaissance de
cette grande vérité a déterminé « le cœur des enfants » à se tourner « vers
leurs pères », et les enfants à rechercher leur généalogie de façon à pouvoir
être baptisés pour leurs parents défunts. C'est dans ce but que le Seigneur
renvoya Élie sur terre comme Malachie l'avait promis et comme Moroni l'avait
annoncé à Joseph Smith.
Toutes choses seront rassemblées en une
Dans une révélation adressée en septembre 1830 au prophète Joseph Smith, le
Seigneur considérait que cette oeuvre des vivants pour les morts faisait partie
intégrante de l'Évangile pour notre époque. Après avoir expliqué comment il
avait envoyé Pierre, Jacques et Jean ordonner Joseph et Oliver apôtres et
témoins spéciaux, et leur donner les clefs de son royaume, il ajouta à propos de
notre époque :
...au cours de laquelle je rassemblerai toutes choses en une, tant celles qui
sont dans le ciel que celles qui sont sur la terre ; et aussi avec tous ceux que
mon Père m'a donnés de parmi le monde. (D&A 27:13, 14)
Il est évident que l'oeuvre à notre époque doit être essentiellement une oeuvre
qui se poursuit tant dans le ciel que sur la terre, puisque le Seigneur avait
décrété qu'il rassemblerait à notre époque « toutes choses en une, tant celles
qui sont dans le ciel que celles qui sont sur la terre », ainsi que tous ceux
que le Père lui avait donnés « de parmi le monde ». Ce rassemblement de toutes
choses en une exige naturellement une organisation, un plan et montre à quel
point la dispensation de l'Évangile à notre époque doit être universelle et
complète, et pourquoi Élie devait être envoyé pour remettre les clefs qu'il
détenait en vue de cette grande réalisation.
Ce que le Seigneur envisageait de faire à ce sujet à notre époque, il l'a
également révélé à Paul :
Nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein
qu'il avait formé en lui-même,
Pour le mettre à exécution dans la dispensation de la plénitude des temps, de
réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui
sont sur la terre. (Éph. 1:9, 10, selon la version du roi Jacques ; Segond dit :
« Pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis... », ndt)
Ce rassemblement de « toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et
celles qui sont sur la terre » est un ministère spécial et très sacré, que le
prophète Joseph Smith présenta à l'Église avec quelques détails :
Et maintenant, mes frères et sœurs tendrement aimés, laissez-moi vous assurer
que ce sont là des principes à propos des morts et des vivants sur lesquels on
ne peut pas passer à la légère, car ils ont trait à notre salut. Car leur salut
est nécessaire et essentiel à notre salut, comme le dit Paul concernant les
pères - que sans nous ils ne peuvent être rendus parfaits -et nous ne pourrons
pas non plus être rendus parfaits sans nos morts.
Et maintenant à propos du baptême pour les morts, je vais vous donner une autre
citation de Paul, 1 Corinthiens 15:29 : Autrement que feraient ceux qui se font
baptiser pour les morts ? Si les morts ne ressuscitent absolument pas, pourquoi
se font-ils baptiser pour eux ?
Et en outre, dans le même ordre d'idées que cette citation, je vais vous donner
une citation d'un des prophètes dont l’œil était fixé sur le rétablissement de
la prêtrise, les gloires qui devaient être révélées dans les derniers jours, et
tout spécialement ce sujet, le plus glorieux de tous les sujets qui
appartiennent à l'Évangile éternel, à savoir le baptême pour les morts, car
Malachie dit au dernier chapitre, versets 5 et 6 : Voici, je vous enverrai Élie le prophète avant que
le jour de l'Éternel arrive, ce jour ,grand et redoutable. Il ramènera le cœur
des pères à leurs enfants, et le cœur des enfants à leurs pères, de peur que je
ne vienne frapper le pays d'interdit.
J'aurais pu donner de tout ceci une traduction plus claire, mais elle est
suffisamment claire telle qu'elle est pour satisfaire mon but. Il suffit de
savoir dans ce cas que la terre sera frappée de malédiction à moins qu'il y ait
un chaînon d'une sorte ou d'une autre entre les pères et les enfants dans un
domaine ou l'autre ; et voici, quel est ce domaine ? C'est le baptême pour les
morts. Car sans eux nous ne pouvons pas être rendus parfaits, et sans nous ils
ne peuvent pas non plus être rendus parfaits. Et ni eux, ni nous ne pouvons être
rendus parfaits sans ceux qui sont également morts dans l'Évangile ; car il est
nécessaire pour l'inauguration de la dispensation de la plénitude des temps,
laquelle dispensation commence à être inaugurée, qu'une union totale, complète
et parfaite et une fusion de dispensations, de clefs, de pouvoirs et de gloires
se produisent et soient révélées depuis le temps d'Adam jusqu'à nos jours. Et
non seulement cela, mais ce qui n'a jamais été révélé depuis la fondation du
monde, mais a été caché aux sages et aux prudents sera révélé à des petits
enfants et à des nourrissons en cette dispensation qui est la dispensation de la
plénitude des temps. (D&A 128:15-18)
L'Évangile est prêché aux morts
Maintenant que nous avons vu ce que Joseph Smith était à même d'annoncer au
monde grâce à la visite du prophète Élie, prenons les passages de la Bible et
notons le rapport étroit qui existe entre les deux récits de la venue et de sa
mission :
En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient, et elle est déjà venue, où
les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l'auront entendue
vivront...
Ne vous étonnez pas de cela ; car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les
sépulcres entendront sa voix. (Jean 5:25, 28)
C'est là une promesse fort nette, et personne n'a le droit de douter de son
accomplissement. Il est clair que Jésus avait l'intention, quand il aurait
achevé sa mission sur terre, de faire entendre sa voix aux morts :
Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour des injustes,
afin de nous amener à Dieu, ayant été mis à mort quant à la chair, mais ayant
été rendu vivant quant à l’Esprit.
Dans lequel aussi il est allé prêcher aux esprits en prison,
Qui autrefois avaient été incrédules, lorsque la patience de Dieu se
prolongeait, aux jours de Noé, pendant la construction de l'Arche, dans laquelle
un petit nombre de personnes, c'est-à-dire huit, furent sauvées à travers l'eau.
Cette eau était une figure du baptême, qui n'est pas la purification des
souillures du corps, mais l'engagement d'une bonne conscience envers Dieu, et
qui maintenant vous sauve, vous aussi, par la résurrection de Jésus-Christ. (1 Pierre
3:18-21)
Était-il possible d'annoncer plus nettement que la promesse selon laquelle les
morts et ceux qui étaient au tombeau entendraient la voix de Jésus était
accomplie, que ne le fit Pierre en montrant que Jésus avait prêché aux morts qui
avaient été incrédules du temps de Noé ?
S'il a prêché à ceux qui avaient été incrédules, on pourrait en bonne logique
poser la question : « Qu'est-ce qu'il a prêché ? » Il n'avait qu'un message,
c'est-à-dire, son Évangile de foi, de repentance, de baptême par immersion pour
la rémission des péchés, et d'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit.
Lisez dans le récit de Pierre ce que le Christ a prêché aux esprits qui avaient
été incrédules :
Car l'Évangile a été aussi annoncé aux morts, afin que, après avoir été jugés
comme les hommes quant à la chair, ils vivent selon Dieu quant à l'Esprit. (1
Pierre 4:6)
N'est-ce pas clair ? C'est l'Évangile qui leur a été prêché et ils doivent être
« jugés comme les hommes quant à la chair. » Comment est-ce possible ? Comment
un esprit peut-il être baptisé par immersion pour la rémission des péchés ? Ceci
ne peut être réalisé que par procuration : les vivants pour les morts. Quand les
esprits des disparus acceptent l'Évangile, leur cœur se tourne vers leurs
enfants sur terre, qui ont la possibilité de se faire baptiser pour leurs
parents défunts, afin que ceux-ci aillent de l'avant et, comme le dit Pierre,
« vivent selon Dieu quant à l'Esprit. » Quel plan magnifique et cohérent !
Quelle merveilleuse démonstration de la justice de Dieu ! Ainsi l'Évangile est à
la portée de tous ses enfants, qu'ils l'aient entendu prêcher dans leur état
mortel ou non. La grande majorité des enfants de nos pères n'ont jamais eu cette
chance. C'est parce que Paul comprenait ce grand principe qu'il écrivit : « Si
c'est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus
malheureux de tous les hommes » (1 Cor. 15:19).
Le prophète Ésaïe comprenait lui aussi ce principe quand il déclara :
En ce temps-là, l'Éternel châtiera dans le ciel l'armée d'en haut, et sur la
terre les rois de la terre.
Ils seront assemblés captifs dans une prison, ils seront enfermés dans des
cachots, et après un grand nombre de jours, ils seront visités. (Ésaïe 24:21,
22, selon la version du roi Jacques ; Segond dit : « ils seront châtiés », ndt)
En d'autres termes, Ésaïe vit qu'ils seraient visités, comme le furent les
incrédules de l'époque de Noé, et, naturellement, cette visite était destinée à
leur offrir une seconde chance. Jésus a clairement exposé ceci en parlant de la
transgression de son peuple : « Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant
que tu es en chemin avec lui, de peur qu'il ne te livre au juge, que le juge ne
te livre à l'officier de justice, et que lu ne sois mis en prison. Je te le dis
en vérité, tu ne sortiras pas de là que tu n'aies payé le dernier quadrant »
(Matt. 5:25, 26).
Quand on a payé le « dernier quadrant », cela laisse entendre que l'on aura une
seconde chance, comme ceux qui furent incrédules à l'époque de Noé. Paul a dit
ceci concernant l'Évangile du Christ :
Car je n'ai point honte de l'Évangile : c'est une puissance de Dieu pour le
salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec,
Parce qu'en lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi, selon
qu'il est écrit : le juste vivra par la foi. (Rom 1:16, 17)
Paul, ou n'importe qui d'autre, aurait bien honte de l'Évangile du Christ s'il
envoyait ou condamnait à la damnation éternelle l'âme de tous les enfants de
notre Père qui ont vécu sur terre et n'ont jamais entendu son Évangile, ni même
le nom du Christ, ainsi que l'affirment nombre de prédicateurs et de confessions
religieuses créées par les hommes. Grâces soient rendues à Dieu, comme le montre
Paul, de ce que, par son Évangile, la justice de Dieu est révélée. Comment
eût-il été possible de le faire mieux qu'en prévoyant (lue son Évangile ne sera
pas seulement prêché à ceux qui vivent sur terre au cours de cette vie
terrestre, mais qu'il sera prêché également à tous ceux qui sont dans la tombe,
et que, grâce au baptême pour les morts, s'ils acceptent complètement
l'Évangile, ils pourront être « jugés comme les hommes quant à la chair, mais
vivre selon Dieu quant à l'Esprit » ?
Paul comprenait quelle serait l'universalité de la prédication du nom du Christ
lorsqu'il disait :
Afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et
sous la terre,
Et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu
le Père. (Phil. 2:10, 11)
Ceci, évidemment, les esprits des morts ne peuvent le faire tant que son nom ne
leur a pas été prêché. Par le rétablissement de l'Évangile à notre époque, qui
est celle de la dispensation de la plénitude des temps, Dieu a décrété qu'il
rassemblerait en une seule en Christ, toutes les choses se trouvant dans les
cieux en haut et sur la terre en bas. Ses dignes serviteurs qui ont vécu sur
terre, ont reçu la sainte prêtrise et qui sont morts, ont pour mission de
prêcher l'Évangile dans le monde des esprits comme Jésus le fit à ceux qui
avaient été incrédules aux jours de Noé. L'Évangile qui est prêché aux esprits
des défunts est le même que celui que ses serviteurs vivants ont pour mission de
prêcher ici-bas.
Le baptême pour les morts
Le baptême des vivants pour les morts se fait dans les temples du Seigneur
élevés à son nom et sur son ordre à notre époque. Ces temples, on continuera
d'en édifier selon le besoin à mesure que croîtra le royaume, jusqu'à ce que
tous les morts dignes qui acceptent l’Évangile dans le monde des esprits aient
reçu le baptême par les soins des vivants. Il est évident que cette oeuvre devra
se poursuivre tout au long des mille années du millénium où le Sauveur règnera
sur la terre. Pour le moment, nous dépendons des documents écrits qui ont été
conservés, mais pendant le millénium, nous serons en contact direct avec les
cieux. Alors les noms et les renseignements concernant ceux qui sont prêts et
dignes d'être baptisés seront révélés.
Juste avant de demander aux saints de Corinthe : « Autrement, que feraient ceux
qui se font baptiser pour les morts ? Si les morts ne ressuscitent absolument
pas, pourquoi se font-ils baptiser pour eux ? » (1 Cor. 15:29), Paul décrit
l'avènement du Christ pour régner sur la terre, et l'ordre dans lequel les
hommes ressusciteront, avec le Christ pour « prémices » :
Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et
Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance.
Car il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses
pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort. (1 Cor. 15:24-26)
C'est pendant cette période qu'il achèvera son oeuvre et mettra tous ses ennemis
sous ses pieds. Ensuite il préparera le royaume à être remis à son Père et il
rassemblera en Christ « toutes choses, tant celles qui sont dans le ciel que
celles qui sont sur la terre. »
À ce moment, ceux qui sont impurs resteront impurs. Tous auront eu l'occasion de
se repentir, et s'ils se sont repentis et ont « payé le dernier quadrant », ils
auront une seconde chance. Mais il y en aura qui préféreront les ténèbres à la
lumière, et ils demeureront dans les ténèbres.
C’est parce que les prophètes Ésaïe et Michée comprenaient que les temples de
Dieu dans les « derniers jours » seraient utilisés dans ce but sacré, qu'ils
déclarèrent :
Et il arrivera, dans les derniers jours, que la montagne de la maison de
l'Éternel sera fondée sur le sommet des montagnes, qu'elle s'élèvera par-dessus
les collines, et que toutes les nations y afflueront.
Des peuples s'y rendront en foule et diront : Venez et montons à la montagne de
l'Éternel, à la maison du Dieu de Jacob, afin qu'il nous enseigne ses voies, et
que nous marchions dans ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, et de
Jérusalem la parole de l'Éternel. (Ésaïe 2:2, voir aussi Michée 4:1, 2)
Cette déclaration d'Ésaïe et de Michée s'est littéralement accomplie. Des gens
de toutes les nations, convertis à l'Église de Jésus-Christ des saints des
derniers jours, se sont unis aux saints « sur le sommet des montagnes » afin
de
pouvoir accomplir leurs ordonnances sacrées dans les saints temples de Dieu.
Les temples des derniers jours
Dans une révélation donnée le 19 janvier 1841 au prophète Joseph Smith, par
laquelle il ordonnait aux saints de construire le temple de Nauvoo en Illinois,
le Seigneur dit :
. . .et bâtissez une maison à mon nom pour que le Très-Haut y habite.
Car il ne se trouve pas de lieu sur terre où il puisse venir rétablir ce qui a
été perdu pour vous, ou qu'il a enlevé, à savoir la plénitude de la prêtrise.
Car il n'y a pas sur la terre de fonts baptismaux dans lesquels mes saints
puissent être baptisés pour ceux qui sont morts.
Car cette ordonnance appartient à ma maison, et ne peut être acceptable devant
moi, si ce n'est dans les jours de votre pauvreté, si vous n'êtes pas capables
de m'édifier une maison. (D&A 124:27-30)
Le prophète Joseph Smith déclara plus tard :
... C'est pourquoi, présentons, nous, l'Église, le peuple et les saints des
derniers jours, une offrande selon la justice au Seigneur ; et apportons dans
son saint temple, lorsqu'il sera terminé, un livre contenant les annales de nos
morts qui sera digne d'être accepté. (D&A 128:24)
À ce jour (1976, ndlr), l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a construit et
consacré de saints temples aux États-Unis, au Canada, en Suisse, en
Nouvelle-Zélande et en Angleterre comme suit :
Kirtland, Ohio* ; Idaho Falls, Idaho ;
Nauvoo, Illinois** ; Los Angeles, Californie ;
St-Georges, Utah ; Berne ;
Logan, Utah ; Nouvelle-Zélande ;
Manti, Utah ; Londres ;
Salt Lake City ; Oakland, Californie ;
Laie, Oahu, Hawaï ; Ogden, Utah ;
Cardston, Alberta, Canada ; Provo, Utah ;
Mesa, Arizona ; Washington D.C.
* Ce temple existe toujours, mais n'est plus un édifice sacré, ayant été profané
par les ennemis de l'Église.
** Détruit par la populace.
Des temples sont aussi en cours de construction à Sao Paulo, (Brésil), Tokyo
(Japon) et Seattle (État de Washington).
D'autres temples, enfin, sont encore sur les planches des architectes : Mexico,
Samoa et Jordan River (Utah).
D'un discours prononcé par Brigham Young lors de la pose de la première pierre
du temple de Salt Lake City, nous citons ce qui suit :
Nous sommes rassemblés ce matin pour une des manifestations les plus
solennelles, les plus intéressantes et les plus merveilleuses qui se soient
jamais produites ou se produiront jamais parmi les enfants des hommes, tant que
la terre continuera dans son organisation actuelle et sera occupée dans le but
actuel. Et je félicite mes frères et mes sœurs de ce que nous ayons le privilège
indicible de nous trouver ici aujourd'hui et de servir devant le Seigneur en une
occasion qui a fait parler les langues et écrire les plumes des prophètes
pendant des siècles et des siècles. (Discours de Brigham Young, p. 423)
La déclaration de Jésus au malfaiteur sur la croix
Ce que Jésus a déclaré à un des malfaiteurs qui étaient crucifiés en même temps
que lui a induit beaucoup de gens à enseigner et à croire qu'une confession à
l'article de la mort serait valable et les ferait admettre dans le royaume de
Dieu. Examinons cette déclaration :
L'un des malfaiteurs crucifiés l'injuriait disant : N'es-tu pas le Christ ?
Sauve-toi toi-même et sauve-nous !
Mais l'autre le reprenait, et disait : Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la
même condamnation ?
Pour nous, c'est justice, car nous recevons ce qu'ont mérité nos crimes ; mais
celui-ci n’a rien fait de mal.
Et il dit à Jésus : Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne.
Jésus lui répondit : Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans
le paradis. (Luc 23:39-43)
Gardez à l'esprit la requête du malfaiteur : « Souviens-toi de moi, quand tu
viendras dans ton règne. » Jésus ne lui promit pas de l'emmener dans son royaume
ce jour-là, il lui dit : « Aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis. » Une
étude plus approfondie nous montrera que le paradis n'est pas le royaume de
Dieu.
L’apôtre Paul l'a clairement exprimé :
Je connais un homme en Christ, qui fut, il y a quatorze ans, ravi jusqu'au
troisième ciel (si ce fut dans son corps je ne sais, si ce fut hors de son corps
je ne sais, Dieu le sait)
Et je sais que cet homme (si ce fut dans son corps ou sans son corps, je ne
sais, Dieu le sait)
Fut enlevé dans le paradis, et qu'il entendit des paroles ineffables qu'il n'est
pas permis à un homme d'exprimer. (2 Cor. 12:2-4)
Cette Écriture nous montre de toute évidence que le paradis n'est ni le premier,
ni le second, ni le troisième ciel. Donc, le lieu où Jésus promit d'emmener le
malfaiteur était un lieu distinct de ces trois cieux. Si Jésus n'a pas emmené le
malfaiteur au ciel, où l'a-t-il emmené ?
Pierre répond à cette question lorsqu'il dit que quand Jésus fut « mis à mort
quant à la chair, mais rendu vivant quant à l'esprit... il alla prêcher aux
esprits en prison, qui autrefois avaient été incrédules,... aux jours de Noé »
(1 Pierre 3:18-20). Logiquement, c'est là qu'il aurait emmené le malfaiteur, car
bien que le pécheur eût avoué sa culpabilité et reconnu l'innocence du Sauveur,
il ne comprenait pas l'Évangile et n'y avait pas obéi. C'est pourquoi, comme les
autres hommes qui n'avaient pas obéi à l'Évangile quand ils étaient dans la
chair, il devait se l'entendre prêcher. S'il comprend et accepte l'Évangile dans
le monde des esprits, qui est le paradis, les ordonnances du baptême et de
l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit peuvent lui être conférées
par procuration dans un temple par une personne vivante.
Pour confirmer encore le fait que Jésus n'emmena pas le malfaiteur avec lui dans
son royaume le jour de sa crucifixion, nous rappellerons la visite de Marie au
sépulcre :
Cependant Marie se tenait dehors près du sépulcre, et pleurait. Comme elle
pleurait, elle se baissa pour regarder dans le sépulcre ;
Et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été couché le
corps de Jésus, l'un à la tête, l'autre aux pieds.
Ils lui dirent : Femme, pourquoi pleures-tu ? Elle leur répondit : Parce qu'ils
ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l'ont mis.
En disant cela, elle se retourna, et elle vit Jésus debout ; mais elle ne savait
pas que c'était Jésus.
Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Eue, pensant que
c'était le jardinier, lui dit : Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi
où tu l'as mis, et je le prendrai.
Jésus lui dit : Marie ! Elle se retourna et lui dit en hébreu : Rabbouni !
c'est-à-dire Maître !
Jésus lui dit : Ne me touche pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon
Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et
votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. (Jean 20:11-17)
Il est clair que, tout en promettant au malfaiteur : « Aujourd'hui, tu seras
avec moi dans le paradis », le Sauveur, trois jours plus tard, n'était pas
encore monté vers son Père céleste.
Alma, un prophète du Livre de Mormon, donne plus de précisions sur l'état et
l'affectation de l'âme de l'homme entre la mort et la résurrection, et décrit en
ces termes la situation au « paradis » :
Maintenant, en ce qui concerne l'état de l'âme entre la mort et la résurrection,
voici, il m'a été appris par un ange que les esprits de tous les hommes, dès
qu'ils ont quitté ce corps mortel, oui, les esprits de tous les hommes, qu'ils
soient bons ou mauvais, retournent à ce Dieu qui leur a donné la vie.
Alors il arrivera que les esprits de ceux qui sont justes seront reçus dans un
état de félicité, appelé paradis, un état de repos, un état de paix où ils se
reposeront de tout souci et de toute peine.
Et il arrivera que les esprits des méchants ou des pécheurs car ils n'ont ni
part ni portion dans l'Esprit du Seigneur ; car voici, ils ont choisi les
oeuvres du mal au lieu de celles du bien ; c'est pourquoi, l'esprit du diable
est entré en eux et a pris possession de leur maison - et ceux-ci seront rejetés
dans les ténèbres du dehors. Il y aura là des pleurs, des gémissements et des
grincements de dents, et cela à cause de leur propre iniquité, parce qu'ils sont
emmenés captifs à la volonté du diable.
C'est là l'état des âmes des méchants ; oui, dans les ténèbres et dans un état
d'attente terrible et épouvantable de l'indignation ardente de la colère de Dieu
contre eux ; ils demeurent ainsi dans cet état, comme les justes dans le
paradis, jusqu'au jour de leur résurrection. (Alma 40:11-14)
Le riche et Lazare
La parabole du riche et de Lazare, qui porte sur ce sujet est souvent mal
comprise :
D'ailleurs il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui
voudraient passer d'ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire.
(Luc 16:26)
Le président Joseph Fielding Smith, dixième président de l'Église de l’Église de
Jésus-Christ des saints des derniers jours, commente ce passage d'Écriture comme
suit :
Avant la crucifixion du Seigneur, un immense gouffre séparait les justes décédés
et ceux qui n'avaient pas reçu l'Évangile, et ce gouffre, personne ne pouvait le
traverser (Luc 16:26). Le Christ le combla et grâce à lui l’œuvre du salut put
être portée dans tous les coins du royaume des ténèbres. C'est de cette manière
que le territoire de l'enfer fut envahi et que les morts se préparèrent pour les
ordonnances de l'Évangile qui doivent s'accomplir sur la terre puisqu'elles
appartiennent à l'épreuve terrestre. (Le chemin de la perfection, p. 152, 153)
Le baptême pour les morts était administré dans l'Église originelle du Christ
Épiphane, écrivain du quatrième siècle, disait à propos des marcionites, une
Église chrétienne à laquelle il était opposé :
Dans ce pays - je veux dire l'Asie - et même en Galatie, leur école était très
florissante ; et une tradition nous est parvenue à leur sujet : Quand un des
leurs mourait sans baptême, ils avaient coutume d'en baptiser d'autres en son
nom, de peur qu'à la résurrection il ne fût puni pour n'avoir pas été baptisé.
(Hérésies 28:7)
La citation suivante indique que le baptême par procuration des vivants pour les
morts était pratiqué par certaines Églises des premiers chrétiens :
Mais de plus grand poids encore que ce qui précède est le témoignage fourni par
les comptes rendus du Concile de Carthage, tenu en 397, qui déclarent clairement
que les chrétiens de cette époque pratiquaient le baptême par procuration pour
les morts, car, dans le sixième canon de ce concile, l'Église prédominante
interdit dorénavant toute administration du baptême pour les morts. Pourquoi
formuler un canon contre cette pratique si elle n'existait pas parmi les
chrétiens de cette époque ?
(Mark E. Petersen, Utah Genealogical and Historical Magazine, avril 1933, p.
63).
Si ce merveilleux principe a été rétabli sur terre en ces derniers jours, si
clairement enseigné dans l'Église primitive, il était introuvable dans les
Églises qui existaient sur terre au moment où Élie visita le prophète Joseph
Smith et OIiver Cowdery et leur conféra les clefs de la prêtrise. Les Églises
étaient unanimes à condamner à la damnation éternelle tous ceux qui étaient
morts sans accepter le Christ, même s'ils n'avaient jamais entendu prononcer son
nom. Les Églises proclamaient également que la damnation était le lot des petits
enfants morts sans les cérémonies de l'Église, baptême compris, même si ces
enfants étaient incapables d'agir par eux-mêmes. Ce sort devait aussi être celui
des nations païennes qui n'avaient jamais entendu le nom du Christ.
Pearl Buck, auteur de « La Bonne Terre », « Les
fils » et de beaucoup d'autres livres fut déchue en 1933 de sa qualité de membre
de l'Église presbytérienne parce qu'elle n'était pas d'accord avec la doctrine
selon laquelle les races païennes étaient damnées si elles n'acceptaient pas
l'Évangile chrétien :
Mme Pearl S. Buck, qui a mis à profit son expérience de missionnaire
presbytérienne en Chine pour écrire deux ouvrages à succès, va être démissionnée,
suite à des écrits récents où elle s'écarte de doctrines fondamentales de
l'Église : c'est ce qui a été révélé à une conférence du presbytère de New
Brunswick [New Jersey]. Le Dr J. Gresham Mechen, du séminaire de théologie de
Westminster à Philadelphie, a demandé quelle attitude le bureau des missions
étrangères envisageait d'adopter à l'égard de Mme Buck. Le Dr Robert E. Speer,
secrétaire principal du bureau, a répondu que le cas de Mme Buck et celui d'une
autre personne sont étudiés ensemble. La seule question qui reste encore est de
savoir la manière chrétienne de procéder, a dit Speer. (Salt Lake Telegram, 12
avril 1933)
Mme Buck a donné plus tard sa démission comme
missionnaire de l'Église presbytérienne. « Je ne suis jamais revenue sur aucune
de mes convictions », a-t-elle dit. (voir Deseret News, 2 mai 1933).
Les Églises ont enseigné que tous doivent être membre de l'Évangile chrétien
sous peine d'être damnés, et pourtant aucune occasion n'est offerte aux races
païennes de devenir membres. Où la justice de Dieu éclate-t-elle dans une telle
doctrine ?
Il est reconnu que les morts ont besoin du salut
Certains ecclésiastiques ont cependant compris que le principe du salut pour les
morts était nécessaire pour satisfaire la justice de Dieu.
John Frederick Denison Maurice, professeur de théologie au King's College de
Londres, fut démis de ses fonctions parce qu'il avait publié, en 1853, dans ses
« Theological Essays » (Encyclopedia Britannica, 11e édition, vol. 17, p. 910)
des idées théologiques prétendument non orthodoxes concernant le châtiment
éternel. Il enseignait que l'amour de Dieu tel qu'il se révèle à nous dans
l'Évangile est incompatible avec l'idée qu'il puisse permettre que des créatures
qu'il a aimées soient vouées à un tourment sans fin. À son lit de mort, en 1872,
un ecclésiastique de ses amis lui annonça la triste nouvelle qu'il ne serait
plus autorisé à prêcher l'Évangile. On dit qu'il rassembla toute l'énergie dont
il disposait encore et, se dressant sur son lit, déclara : « Si je ne puis plus
prêcher l'Évangile ici, je le prêcherai dans d'autres mondes. »
Henry Ward Beecher, ecclésiastique américain influent (1813-87), fit une
conférence à Nashville, dans le Tennessee, dont le sujet était : Ce qu'a fait la
chrétienté pour civiliser le monde » dans laquelle il disait :
« Qu’a fait l'Afrique pour le monde ? Elle n'a jamais produit un sage, un
philosophe, un poète ni un prophète, et pourquoi ? Parce que le nom du Christ et
l'influence du christianisme sont à peine connus dans ses régions arriérées. Des
millions de ses enfants ont vécu et sont morts sans entendre la vérité.
Qu'adviendra-t-il d'eux ? Seront-ils damnés à jamais ? Non, pas si mon Dieu
règne, car ils entendront l'Évangile dans le monde des esprits.
Matthias F. Cowley, apôtre de l'Église de Jésus-Christ des saints des
derniers jours, dit dans son rapport sur le discours de M. Beecher :
Il poursuivit en montrant de manière irréfutable que le salut pour les morts est
une doctrine scripturaire.
L’auteur n'était pas présent à cette conférence, mais un autre ancien de
l'Église y était, et, à l'issue de la conférence, monta à la tribune et dit :
« Mr Beecher, j'ai été fort intéressé par votre conférence et je voudrais vous
poser une question. Jésus a dit à Nicodème : « Si un homme ne naît d'eau et
d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.> Alors, comment est-il
possible à un homme d'être baptisé dans l’eau alors que son corps est déjà
décomposé en terre ? » Le grand prédicateur regarda un moment celui qui
l'interrogeait, puis dit : « Jeune homme, d'où venez vous ? » « De l'Ouest. »
« De quelle région de l'Ouest ? » « De Salt Lake City », répondit l’ancien.
« Oh, dit Mr Beecher, vous pouvez répondre vous-même à votre question.
Bonsoir. » Et il s'en alla. Mr Beecher en avait probablement étudié suffisamment
sur le sujet du baptême pour les morts pour savoir que pareille doctrine devait
aller de concert avec la prédication aux esprits des morts, mais il ne désirait
pas être accusé d’enseigner le « mormonisme », c'est pourquoi il ne voulait pas
aller aussi loin. Il en dit assez toutefois pour confirmer les paroles de Joseph
Smith et aussi celles du Sauveur quand il disait que si l'on mettait du vin
nouveau dans de vieilles outres, cela les déchirerait, en d'autres termes, une
nouvelle doctrine dans d'anciens systèmes. (Cowley : Talks on Doctrine, 190-2,
p. 122, 123)
Le professeur A. Hinderkoper, un écrivain allemand, dit : « Au deuxième et
troisième siècles toutes les branches et toutes les divisions de l'Église
chrétienne - pour autant que nous puissions en juger d'après leurs documents -
croyaient que le Christ avait prêché aux esprits des morts » (Ben E. Rich :
Scrapbook of Mormon Literature, Chicago 1910, vol. 1, p. 321, 322).
Le Dr S. Parkes Cadman, célèbre prédicateur de la radio et ancien président de
l'Union des Églises d'Amérique (Federated Council of Churches of America) a
traité du sujet suivant à la radio à l'intention de millions d'auditeurs :
« Question : À votre avis, qu'advient-il des âmes qui, dans cette vie, n'ont pas
eu l'occasion d'accepter ou de rejeter la vérité telle qu'elle se trouve dans
les évangiles ?
« Réponse : Ceux qui n'ont jamais entendu le nom de Jésus depuis l'apparition des
premiers êtres humains sur la terre constituent l'énorme majorité de ceux qui
ont vécu et sont morts ici-bas. De plus des centaines de millions de personnes
qui vivent en ce moment se trouvent dans la même situation. L'imagination
n'arrive pas à en concevoir la multitude infinie.
Même aujourd'hui, il se trouve dans les pays chrétiens des multitudes de gens
qui, du fait de leur naissance et de leur éducation, sont presque aussi
ignorants de la religion du Nouveau Testament que l'étaient les anciens Grecs
qui n'avaient jamais entendu parler du Christ. Pensez aussi à la masse des
enfants innocents qui meurent avant d'arriver à l'âge où l'on est consciemment
responsable de sa propre vie.
« Même si on n'en saisit pas l'immense portée, votre question serait accablante si
personne, hormis ceux qui croient volontairement et intelligemment au Christ,
n'était admis plus tard dans la présence de Dieu. Si, comme on nous enseigne à
le croire, les myriades incalculables d'êtres humains qui ont occupé ou occupent
encore cette vie existent pour l'éternité, et doivent la passer quelque part,
comment pouvons-nous restreindre l'efficacité rédemptrice de l'amour divin à ce
bref moment de l'existence mortelle de l'homme ici-bas ?
« Envisagez-en la conséquence en l'appliquant au destin de ceux qui vous sont
proches, qui vous sont chers. Appliquez-la ensuite à toute l'humanité. Notre
consolation et notre espoir, c'est que, puisque Dieu est notre Père à tous, il
ne perd pas une âme de vue, pas une n'est de moindre importance pour lui. « Sa
miséricorde dure à jamais. » Les confessions qui restreignent l'exercice de
cette miséricorde à la vie actuelle, ne rendent pas justice à sa vertu
salvatrice et font du tort à la cause pour laquelle elles ont été élaborées. »
(Rapporté par le Millennial Star, vol. 98, 13 août 1936, p. 514)
Bien que beaucoup de ces ecclésiastiques aient senti la nécessité d'une oeuvre
pour les morts, aucun d'entre eux n'avait un programme précis à proposer et
l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours n'en aurait pas eu
davantage, n'était que Dieu a révélé ces enseignements en envoyant Élie au
prophète Joseph Smith. Nous l'avons donc reçu par révélation et non en lisant la
Bible. Nous utilisons la Bible pour montrer que ce principe y était enseigné.
Joseph Smith, à propos de la responsabilité que nous a imposée le Seigneur de
veiller à ce que nos morts reçoivent les bénédictions de l'Évangile, a dit :
La plus grande responsabilité dont Dieu nous ait chargés dans ce monde, c'est de
rechercher nos morts...
Les saints qui la négligent au détriment de leurs parents défunts, le font au
péril de leur propre salut. (Joseph Fielding Smith, Enseignements du prophète
Joseph Smith, p. 502, 267)
Fruits de la mission et de l’œuvre d'Élie
Quelle preuve avons-nous que la promesse de Malachie s'est accomplie ? Si Joseph
Smith et Oliver Cowdery avaient raconté un mensonge en disant qu'Élie leur était
apparu, le cœur des enfants ne se serait pas tourné vers leurs pères. Personne
d'autre n'a prétendu qu'Élie lui avait remis ces clés.
Le cœur des enfants ne s'est pas tourné vers leurs pères avant cette
proclamation de Joseph et Oliver.
« Il est bon de savoir, à ce propos, qu'en 1836 il n'y avait pas de société
généalogique, ni aux États-Unis, ni en Europe. On gardait les arbres
généalogiques des familles royales et nobles, mais à part cela on n'accordait
que très peu d'attention aux registres des morts dans les pays chrétiens. Le
premier effort organisé pour réunir et classer les généalogies des gens du
commun apparut peu après la venue d'Élie. Ce fut la formation de la New England
Historic and Genealogical Society. En 1844, cette société reçut un statut légal.
Son but principal est de recueillir et de publier des données sur les familles
américaines. La New York genealogical and Biographical Society reçut ses statuts
en 1869. La Pennsylvania Genealogical Society, la Maine Genealogical Society,
ainsi que d'autres sociétés du même genre au Maryland, au New Hampshire, au New
Jersey, à Rhode Island, au Connecticut et dans la plupart des autres États de
l'Union, ont toutes été organisées depuis 1836. Beaucoup de sociétés ont
également été organisées en Grande-Bretagne et sur le continent européen, mais
toutes depuis qu'ont été rendues, à la terre les clés de la prêtrise qui ont
planté dans le cœur des enfants les promesses faites à leurs pères. » (Joseph
Fielding Smith, Le chemin de
la perfection, p. 154, 155)
Des centaines de milliers de documents généalogiques ont été rassemblés. Cet
esprit qui tourne le cœur des enfants vers leurs pères a envahi la terre entière
depuis qu'Élie est venu accomplir la mission promise. Bien que cet esprit soit
invisible, son action a touché le cœur d'hommes et de femmes dans le monde
entier. Ils ne savent pas pourquoi ils rassemblent des documents généalogiques,
et pourtant cette oeuvre a progressé à pas de géant : c’est vraiment en soi
« une oeuvre merveilleuse et un prodige ». Les cas suivants illustrent l'action
de cet esprit :
Lorsque l'auteur était président de la Mission des États du Sud, un nouveau
converti entra à la bibliothèque de Jacksonville, en Floride, à la recherche de
la généalogie de sa famille, et trouva un livre écrit par un parent éloigné,
juge au Texas. La préface disait à peu près ceci :
Ce livre est le fruit de beaucoup de temps, d'efforts et d'argent de la part de
ma femme et de moi-même. Pourquoi nous l'avons fait, nous ne le savons, mais
nous faisons confiance dans la providence du Tout-Puissant : il aura son
utilité.
Lorsqu'il était président du pieu de Hollywood à Los Angeles, il y a quelques
années, l'auteur eut l'occasion d'assister à une soirée organisée par les
chercheurs de généalogie du pieu. À cette réunion assistait aussi le président
du comité de la Bibliothèque de Los Angeles. La discussion étant venue sur ce
sujet, il avoua que son violon d'Ingres était la recherche généalogique que sa
chambre forte était remplie de documents et de manuscrits qui avaient coûté des
milliers et des milliers de dollars. Il dit qu'il ne savait au juste à quoi lui
serviraient tous ces renseignements quand il les aurait réunis, mais il s'y
sentait poussé et il ne pouvait s'en débarrasser.
Il y a quelques années, lorsque l'auteur était dans la Mission des États du
Nord-Ouest, président de la branche de Portland, dans l'Oregon, il rencontra un
homme qui voyageait depuis des mois à la recherche d'éléments pour la généalogie
de sa famille. Il vivait dans l'Est, mais pour le moment, sa recherche et ses
investigations l'avaient amené à Portland. Il déclara qu'il ne pouvait
comprendre l'intérêt qu'il éprouvait pour la question, mais qu'il ne pouvait y
rester indifférent.
Il eût été tout aussi malaisé pour ces hommes de comprendre qu'ils étaient
poussés par l'esprit d'Élie ramené sur terre, que pour Colomb de comprendre que
c'était l'esprit du Seigneur qui le conduisait jusqu'en Amérique (voir 1 Néphi
13:12).
Il est merveilleux de constater comment les saints des derniers jours reçoivent
l'aide divine pour obtenir les données généalogiques nécessaires pour leur
permettre d'accomplir dans les temples du Seigneur les baptêmes destinés à leurs
parents défunts. Mais nous n'essaierons pas de relater ici ces expériences.
Il suffit de savoir qu'en matière de tenue de documents, de création de
bibliothèques généalogiques et d'organisations familiales, et de composition de
livres et de feuilles généalogiques, il y a eu un grand changement dans le monde
depuis qu'Élie a visité Joseph Smith et Oliver Cowdery et leur a conféré les
clés qui permettent de « tourner le cœur des enfants vers leurs pères. »
Encore une fois, un homme n'aurait pu faire ceci de lui-même, et il n'aurait pu
le faire en lisant la Bible. Ceci est l’œuvre de Dieu dans le cadre du
« rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de tous ses
saints prophètes depuis le commencement du monde. » (Actes 3:21 selon la
version du roi Jacques ; Segond dit : « ... dont Dieu a parlé anciennement par
la bouche de ses saints prophètes », ndt)
Déjà, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours possède une des
plus grandes et des meilleures bibliothèques de généalogie du monde et l'Église
a microfilmé de nombreux documents généalogiques des nations du monde. Pour
assurer la conservation de ces documents l'Église a creusé, dans des montagnes
de granit situées à 35 kilomètres seulement de Salt Lake City, une série géante
de chambres fortes. On y assure des conditions parfaites de conservation pour
les microfilms qu'on y entrepose.
Nous pouvons prédire à coup sûr que dans un avenir pas tellement éloigné, la
Bibliothèque de Généalogie de l'Église non seulement sera la meilleure du monde,
mais qu'elle sera aussi un dépôt pour les registres de la plupart des autres
bibliothèques généalogiques.
Assurément, Élie doit être satisfait de ce qui a été accompli dans le monde
parce que, le 3 avril 1836, dans le temple de Kirtland en Ohio, il a révélé à
.Joseph Smith et Oliver Cowdery les clés de cette prêtrise ou autorité
d'accomplir l’œuvre qui ramène « le cœur des pères à leurs enfants et le cœur
des enfants à leurs pères. »
CHAPITRE 14 : LE
MARIAGE POUR LE TEMPS ET POUR TOUTE ÉTERNITÉ
À l'époque où l'Évangile fut rétabli par l'intermédiaire du prophète Joseph
Smith, il n'y avait pas une Église au monde, pour autant que nous ayons pu nous
en rendre compte, qui enseignât que l'alliance du mariage dût étendre ses effets
au-delà de la mort ; d'où la formule employée alors - et encore à l'heure
actuelle - par les ministres du culte pour la cérémonie de mariage : « Jusqu'à
ce que la mort vous sépare ». Si l'on examine attentivement cette formule, on
s'apercevra qu'elle ne conclut pas seulement un mariage, mais qu'elle signifie
aussi un divorce, car il est clair qu'elle libère les conjoints de leur
engagement à la mort de l'un ou de l'autre. Donc, ils n'ont pris aucun
engagement qui les lie au-delà de la mort de l'un d'entre eux, et le prêtre n'a
pas essayé de les lier au-delà de la mort non plus. De ce fait, leurs
obligations réciproques cessent à la mort de l'un des deux.
Le Seigneur a voulu que l'alliance du mariage soit pour le temps et pour toute
l'éternité, et cette pratique de se marier « jusqu'à ce que la mort vous
sépare » ne vient pas de lui, ni de ses serviteurs, mais c'est une doctrine des
hommes. C'est pourquoi, tous les hommes, toutes les femmes qui sont morts sans
avoir été scellés l'un à l'autre pour le temps et pour toute éternité par le
pouvoir de la sainte prêtrise, n'ont aucun droit l'un sur l'autre après leur
mort, et n'ont aucun droit sur leurs enfants, car ils ne sont pas nés dans
l'alliance du mariage éternel. Pour que les desseins du Seigneur ne soient pas
contrecarrés et qu'il ne vienne pas « frapper la terre de malédiction », il
était nécessaire, en rétablissant l'Évangile à notre époque, de rétablir les
clés de la prêtrise par lesquelles les enfants vivants peuvent être mariés par
procuration pour leurs parents morts, et être scellés à eux comme leurs enfants,
tout comme ils peuvent être baptisés pour eux, car, comme l'a dit l'apôtre
Paul : « Ils ne [parviendraient] pas sans nous à la perfection » (Hébreux
11:40). C'est là une des grandes vérités que le Seigneur a révélées en ces
derniers jours, et qui fait de son oeuvre une oeuvre vraiment merveilleuse et un
prodige.
Le mariage éternel tel qu'il a été révélé par le prophète Joseph Smith
Il y a, dans la gloire céleste, trois cieux ou degrés :
Pour obtenir le plus haut, l'homme doit entrer dans cet ordre de la prêtrise (à
savoir la nouvelle alliance éternelle du mariage).
Sinon, il ne peut l'obtenir.
Il peut entrer dans l'autre, mais c'est là la fin de son royaume ; il ne peut
avoir d'accroissement. (D&A 131:1-4)
Car voici, je te révèle une nouvelle alliance éternelle ; et si tu ne respectes
pas cette alliance, tu seras damné ; car nul ne peut rejeter cette alliance et
recevoir la permission d'entrer dans ma gloire. (D&A 132:4)
Lorsque le Seigneur décréta que si une personne n'acceptait pas cette alliance
éternelle du mariage elle serait « damnée », il ne voulait pas dire qu'elle
était destinée à brûler éternellement dans un lac de feu et de soufre, comme le
conçoivent la plupart des chrétiens. Il avertissait simplement son peuple que la
progression de cette personne est arrêtée ; elle ne peut avoir d'accroissement
éternel et dès lors, elle ne peut entrer dans « ma gloire ». L'apôtre Paul
comprenait ce principe ainsi qu'il apparaît de ce passage :
Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans
la femme. (1 Cor. 11:11)
L'homme peut très bien se passer de femme dans ce monde et la femme se passer
d'homme, mais l'un sans l'autre, ils ne peuvent entrer dans la gloire de l'autre
monde :
De plus, en vérité, je te le dis, si un homme épouse une femme par ma parole qui
est ma loi et par la nouvelle alliance éternelle et que leur union est scellée
par le Saint-Esprit de promesse, par celui qui est oint, à qui j'ai donné ce
pouvoir et les clefs de cette prêtrise, et qu'il leur est dit : Vous vous
lèverez dans la première résurrection et si c'est après la première
résurrection, dans la résurrection suivante - et hériterez de trônes, de
royaumes, de principautés, de pouvoirs, de dominations, de toutes les hauteurs
et profondeurs - alors il sera écrit dans le Livre de vie de l'Agneau... il
leur sera fait en toutes choses dans le temps et dans toute l'éternité, comme
mon serviteur le leur aura promis. Et ce sera parfaitement valide lorsqu'ils
seront hors du monde. (D&A 132:19)
C’est pourquoi, si un homme épouse une femme en ce monde, mais ne l'épouse pas
par moi ni par ma parole, et fait alliance avec elle aussi longtemps qu'il est
dans le inonde, et elle avec lui, leur alliance et mariage ne sont pas valables
lorsqu'ils sont morts et hors du monde ; ils ne sont donc liés par aucune loi
lorsqu'ils sont hors du monde.
C’est pourquoi, lorsqu'ils sont hors du monde, les hommes ne peuvent prendre de
femmes ni les femmes de maris, mais ils deviennent des anges dans les cieux ;
lesquels anges sont des serviteurs au service de ceux qui sont dignes d'une part
de gloire beaucoup plus grande, incomparable et éternelle. (id. 15, 16)
Et de plus, en vérité, je te le dis, si un homme épouse une femme et fait
alliance avec elle pour le temps et pour toute l'éternité, si cette alliance
n'est pas par moi ou par ma parole qui est ma loi, et n'est pas scellée par le
Saint-Esprit de promesse par celui que j'ai oint et nommé à ce pouvoir, alors
elle n'est pas valide ni en vigueur lorsqu'ils sont hors du monde, parce qu'ils
ne sont pas unis par moi, dit le Seigneur, ni par ma parole. (D&A 132:18 ;
voir aussi les versets 26, 48)
Ce merveilleux principe du mariage éternel, le prophète Joseph Smith ne l'a pas
appris en lisant la Bible, mais bien par les révélations que le Seigneur lui a
faites. Si les membres des Églises chrétiennes « deviennent des anges dans les
cieux, lesquels anges sont des serviteurs », comme le Seigneur l'a décrété, ils
recevront tout ce qu'ils espèrent. Mais, comme nous l'avons fait ressortir, le
Seigneur a préparé une bien plus grande bénédiction pour ceux qui entrent dans
« ma gloire ».
C'est un tel principe que Jésus avait sans doute à l'esprit lorsque, après avoir
expliqué à Nicodème la nécessité de « naître de nouveau » pour entrer dans le
royaume des cieux, il ajouta :
Tu es le docteur d'Israël, et tu ne sais pas ces choses ! Si vous ne
croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous
quand je vous parlerai des choses célestes ? (Jean 3:10, 12)
Le mariage éternel doit être célébré dans les saints temples
Toutes les « choses célestes » ne nous ont pas été rapportées dans tous leurs
détails, mais beaucoup d'entre elles ont été révélées à ses serviteurs les
prophètes. À notre époque aussi, le Seigneur voulut conférer à ses serviteurs
certaines dotations et bénédictions pour lesquelles il désirait qu'une maison
lui fût construite. Dans une révélation au prophète Joseph Smith, le Seigneur
affirma :
Oui, en vérité, je vous le dis, je vous ai donné le commandement de construire
une maison, maison dans laquelle j'ai dessein de doter du pouvoir d'en haut ceux
que j'ai choisis.
Car telle est la promesse que le Père vous fait, c'est pourquoi je vous commande
de demeurer, tout comme mes apôtres restèrent à Jérusalem. (D&A 95:8, 9)
Pour pouvoir recevoir les bénédictions du mariage éternel, un homme doit être
ordonné ancien dans la Prêtrise de Melchisédek et recevoir d'autres bénédictions
appartenant à la Maison du Seigneur et dont nous avons déjà parlé ; toutes, a
dit le Seigneur, doivent être administrées dans ses saints temples. Toutes ces
bénédictions qui sont à la portée des vivants sont aussi à la portée des morts
qui en sont dignes.
Le 21 janvier 1836, alors que le prophète Joseph Smith et ses deux conseillers
dans la Première Présidence de l'Église, ainsi que son père, le patriarche de
l’Église, étaient réunis au temple de Kirtland, le prophète eut une vision qu'il
raconte en ces termes :
Les cieux s'ouvrirent à nous, et je vis le royaume céleste de Dieu et sa gloire,
si ce fut dans mon corps ou hors de mon corps, je ne sais. Je vis la beauté
transcendante de la porte par laquelle les héritiers de ce royaume entreront,
porte qui était semblable à (les flammes tournoyantes ; et aussi le trône
flamboyant de Dieu sur lequel étaient assis le Père et le Fils. Je vis les
belles rues de ce royaume, qui paraissaient pavées d'or. Je vis notre père Adam,
et Abraham, et mon père et ma mère, mon frère Alvin, qui repose depuis
longtemps, et me demandai comment il se faisait qu'il avait obtenu tin héritage
dans ce royaume, attendu qu'il avait quitté cette vie avant que le Seigneur eût
étendu la main pour rassembler Israël pour la seconde fois, et n'avait pas été
baptisé pour la rémission des péchés.
C’est alors que me parvint la voix du Seigneur, disant : Tous ceux qui sont
morts sans connaître l'Évangile, qui l'auraient reçu s'il leur avait été permis
de demeurer, seront héritiers du royaume céleste de Dieu ; en outre, tous ceux
qui mourront dorénavant sans le connaître, qui l'auraient reçu de tout leur
cœur, seront héritiers de ce royaume, car moi, le Seigneur, je jugerai tous les
hommes selon leurs oeuvres, selon les désirs de leur cœur (Vision du Royaume
céleste, Perle de grand prix).
Donc, les bénédictions du royaume céleste seront accessibles à tous ceux qui les
auraient acceptées, s'ils avaient eu l'occasion de se les entendre présenter.
Voici encore une preuve de la justice de Dieu. Cependant, les ordonnances
nécessaires au salut et à la vie éternelle doivent leur être administrées par
procuration - les vivants agissant pour les morts. Ce sont là des principes
merveilleux révélés à la terre en ces derniers jours par le prophète Joseph
Smith. Chaque jour, de saintes ordonnances sont administrées dans les temples du
Seigneur afin que les morts « soient jugés comme les hommes quant à la chair,
mais vivent selon Dieu quant à l'Esprit » (voir 1 Pierre 4:6). Cette idée nous
aide à comprendre pourquoi le cœur des pères doit se tourner vers leurs enfants
et le cœur des enfants se tourner vers leurs pères, Ce qui était une partie de
la grande mission d'Élie (voir Mal. 4:5, 6). Comment pourrait-on attendre de
quelqu'un qu'il comprenne cette question si importante par la seule lecture de
la Bible ? Élie devait venir pour l'expliquer et pour présenter à nouveau ces
grandes vérités aux habitants de la terre. C'est aussi une des grandes étapes de
la réalisation de la promesse de Paul :
Pour que, dans la dispensation de la plénitude des temps, il puisse réunir
toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur
terre. (Éph. 1:10, selon la version du roi Jacques ; Segond dit : « Lorsque les
temps seraient accomplis », ndt)
Dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme
Le premier mariage dont le récit nous soit parvenu, eut lieu lorsque le Seigneur
plaça Adam au jardin d'Éden :
L'Éternel Dieu dit : il n'est pas bon que l'homme soit seul ; je lui ferai une
aide semblable à lui...
C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme,
et ils deviendront une seule chair.
L'homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n'en avaient point honte. (Gen.
2:18, 24, 25)
Puisque le Seigneur savait qu'il n'était « pas bon que l'homme soit seul » avant
qu'il devînt sujet à la mort par sa transgression, pourquoi les hommes
supposeraient-ils qu'il sera bon pour l'homme d'être seul lorsqu'il sera racheté
des effets de la chute par la grande expiation de notre Seigneur, Jésus-Christ,
lorsque son corps sera ressuscité du tombeau, puisque « comme tous meurent en
Adam, de même aussi tous revivront en Christ. » (1 Cor. 15:22)
Donc, si l'homme avait besoin d'« une aide semblable à lui » avant d'être sujet
à la mort par sa transgression, il doit avoir besoin d'une aide semblable à lui
quand, par la résurrection, son corps sera rétabli dans son état antérieur.
Examinons maintenant la déclaration du Seigneur : « Et ils deviendront une seule
chair » (Gen. 2:24).
Il est évident que le Seigneur ne pensait pas, dans ce cas-ci, à une unité
d'intentions et de désirs, car il précise lui-même en quoi consiste cette unité,
c'est-à-dire « une seule chair ». Cela ne se comprend que si nous songeons à la
mission de l'homme sur terre. Le plus grand pouvoir que Dieu ait donné à l'homme
est de reproduire son espèce. Et cela, l'homme ne peut le faire sans la femme ;
d'où la déclaration du Seigneur : « et ils deviendront une seule chair. »
C'est bien ainsi que Jésus comprenait ce principe, comme nous l'apprenons par
cette déclaration :
C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme.
Et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne seront plus deux, mais ils
seront une seule chair.
Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. (Marc 10:7-9)
Donc, Jésus nous a donné à entendre que l'homme et la femme réunis seraient
« une seule chair. » Il ajoute : « Ainsi ils ne seront plus deux, mais ils
seront une seule chair. » Pourquoi, dès lors, les hommes tenteraient-ils de les
séparer à la mort, alors que leurs corps de chair et d'os doivent ressusciter du
tombeau ?
Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans
la femme. (1 Cor. 11:11)
En d'autres termes, en ce qui concerne le Seigneur, l'homme et la femme ne sont
pas « deux, mais une seule chair ».
Femmes, soyez soumises à vos maris comme au Seigneur.
Car le mari est le chef de la femme, comme le Christ est le chef de l'Église,
qui est son corps, et dont il est le Sauveur.
Or, de même que l'Église est soumise au Christ, les femmes aussi doivent l'être
à leurs maris en toutes choses.
Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l'Église, et s'est livré
lui-même pour elle. (Éph. 5:22-25)
Jamais le Christ ne cessera d'être le chef de l'Église. Souvenez-vous que le
mari est le chef de la femme comme le Christ est le chef de l'Église.
C’est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme,
et les deux deviendront une seule chair...
Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que la femme
respecte son mari. (Éph. 5:31, 33)
L’apôtre Pierre comprenait que le mari et la femme hériteraient la vie éternelle
ensemble et non séparément. Après avoir parlé d'Abraham et de Sara, Pierre
déclara :
Maris, montrez à votre tour de la sagesse dans vos rapports avec vos femmes,
comme .avec un sexe plus faible ; honorez-les comme devant aussi hériter avec
vous de la grâce de la vie. Qu'il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire
obstacle à vos prières. ( 1 Pierre 3:7)
Le prophète Ésaïe a décrit la situation de la terre quand elle sera renouvelée
et recevra sa gloire paradisiaque :
Car je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre ; on ne se rappellera
plus les choses passées... Je ferai de Jérusalem mon allégresse, et de mon
peuple ma joie ; on n'y entendra plus Ie bruit des pleurs et le bruit des cris.
Et il n'y aura plus ni enfants ni vieillards qui n'accomplissent leurs jours ;
car celui qui mourra à cent ans sera jeune, et le pêcheur âgé de cent ans sera
maudit.
Ils bâtiront des maisons et les habiteront ; ils planteront des vignes et en
mangeront le fruit.
Ils ne bâtiront pas des maisons pour qu'un autre les habite, ils ne planteront
pas des vignes pour qu'un autre en mange le fruit ; car les jours de mon peuple
seront comme les jours des arbres, et mes élus jouiront de l’œuvre de leurs
mains.
Ils ne travailleront pas en vain, et ils n'auront pas des enfants pour les voir
périr ; car ils formeront une race bénie de l'Éternel, et leurs enfants seront
avec eux.
Avant qu'ils m'invoquent, je répondrai ; avant qu'ils aient cessé de parler,
j'exaucerai.
Le loup et l'agneau paîtront ensemble, le lion, comme le bœufs, mangera de la
paille, et le serpent aura la poussière pour nourriture. Il ne se fera ni tort
ni dommage sur toute ma montagne sainte, dit l'Éternel. (Ésaïe 65:17, 19-25)
La prophétie d'Ésaïe nous apprend que quand le Seigneur créera de nouveaux cieux
et une nouvelle terre, « la race bénie de l'Éternel, et leurs enfants avec eux »
bâtiront des maisons et les habiteront et planteront des vignes et en mangeront
le fruit. Comment peut-on imaginer autre chose que l'organisation de groupes
familiaux ? Comment peut-on comprendre autrement « la race bénie de l'Éternel,
et leurs enfants avec eux ? » Qui occupera les maisons quand elles seront
construites, sinon des familles ?
Comment des hommes et des femmes justes qui ont uni leurs efforts pour élever
leurs enfants et se sont sacrifiés pour eux et l'un pour l'autre, pourraient-ils
croire que « la justice de Dieu » va mettre fin à leur association et à leur
communauté ? Il n'en va pas ainsi s'ils sont mariés pour l'éternité par la
prêtrise de Dieu, car eux sans nous ne peuvent être rendus parfaits, pas plus
que nous sans eux. Tel est le plan du Seigneur, et il l'a donné à ses enfants,
pour ses enfants : il est divin.
La cellule familiale pendant le millénium
Le Seigneur a aussi révélé par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith que, à
la résurrection, nous recevrions nos enfants morts en bas âge et que nous
aurions le bonheur de les élever jusqu'à l'âge adulte :
Et la terre leur sera donnée en héritage ; ils multiplieront et se fortifieront,
et leurs enfants grandiront sans péché au salut.
Car le Seigneur sera au milieu d'eux, sa gloire sera sur eux et il sera leur roi
et leur législateur. (D&A 45:58, 59)
Ce qui précède décrit la vie au millénium, les mille ans où le Seigneur régnera
sur la terre.
Et il n'y aura pas de deuil, parce qu'il n'y aura pas de mort.
Ce jour-là, le tout petit enfant ne mourra pas avant d'être vieux, et sa vie
sera comme l'âge d'un arbre.
Et lorsqu'il mourra, il ne dormira pas, c'est-à-dire, dans la terre, mais sera
changé en un clin d’œil et sera enlevé, et son repos sera glorieux. (D&A
101:29-31)
Ainsi l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours se trouve seule à
enseigner cette doctrine de la durée éternelle du mariage et de la cellule
familiale. Comment celui dont le cœur brûle d'un véritable amour pour son épouse
et ses enfants peut-il faire autrement que de vouloir croire cette doctrine ?
Qu'est-ce que l'éternité peut avoir à offrir d'intéressant pour lui, s'il ne
peut en jouir avec ceux qu'il a aimés dans l'état mortel et avec qui il a passé
sa vie ?
À la fin de son merveilleux sermon sur la résurrection, l'apôtre Paul
s'exclame :
O mort, où est ta victoire ? 0 mort, où est ton aiguillon ?
L’aiguillon de la mort, c'est le péché ; et la puissance du péché, c'est la loi.
(1 Cor. 15:55, 56)
Si Paul n'avait pas compris que la mort n'est qu'une brève séparation d'avec
ceux que nous aimons et que ceux qui s'aiment seront réunis dans la
résurrection, il aurait pu dire : « L'aiguillon de la mort, c'est la séparation
éternelle de ceux qui se sont aimés dans cette vie. » Mais Paul comprenait la
vérité, car il avait été enlevé au troisième ciel et au paradis de Dieu (voir 2 Cor. ch. 12).
Sans s'inquiéter des enseignements en sens opposé de leur Église, nombreux sont
ceux qui croient qu'ils seront réunis un jour à ceux qu'ils aiment. Dans une
conversation que l'auteur a eue avec un ecclésiastique de renom, ce dernier a
reconnu que son Église n'offrait aucun espoir de réunir les familles au-delà de
la tombe, puis il a ajouté : « Mais dans mon cœur, je découvre des objections
que je n'arrive pas à étouffer. Prenez le chaton, par l’exemple. Quand vous
l'enlevez à la chatte, en quelques jours, la mère l'a complètement oublié.
Enlevez le veau à la vache, et en quelques jours, la vache l'a complètement
oublié. Mais quand vous enlevez un enfant à sa mère, elle peut vivre cent ans,
elle n'oubliera jamais l'enfant qu'elle a porté. Je trouve difficile de croire
que Dieu ait créé un tel amour pour le faire périr dans la tombe. »
Mauvaise compréhension des Écritures relatives au mariage
Cette mauvaise compréhension de la nature éternelle de l'alliance du mariage et
de la cellule familiale est principalement la conséquence d'une mauvaise
interprétation de certaines Écritures par l'homme. La vérité est toujours la
vérité, peu importe quand et par qui elle est commentée.
Cette déclaration de Jésus a souvent été fort mal comprise :
Le même jour, les Saducéens, qui disent qu'il n'y a point de résurrection,
vinrent auprès de Jésus, et lui firent cette question :
Maître, Moïse a dit : Si quelqu'un meurt sans enfants, son frère épousera sa
veuve, et suscitera une postérité à son frère.
Or, il y avait parmi nous sept frères. Le premier se maria, et mourut ; et comme
il n'avait pas d'enfants, il laissa sa femme à son frère.
Il en fut de même du second, puis du troisième, jusqu'au septième. Et après eux
tous, la femme mourut aussi.
À la résurrection, duquel des sept sera-t-elle donc la femme ? Car tous l'ont
eue. Jésus leur répondit : Vous êtes dans l'erreur, parce que vous ne comprenez
ni les Écritures, ni la puissance de Dieu.
Car, à la résurrection, les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes
de maris, mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel. (Matt. 22:23-30)
Le Dr James E. Talmage, du collège des douze apôtres, expliqua la réponse du
Sauveur à la question des Saducéens, qui nient qu'il y ait une résurrection :
L'intention du Seigneur était claire : dans l'état ressuscité il n'y a aucun
doute sur le point de savoir auquel des sept frères la femme appartiendra pour
l'éternité, puisque tous sauf le premier l'avaient épousée pour la durée de la
vie mortelle seulement et avant tout dans le but de perpétuer dans la mortalité
le nom et la famille du frère qui était mort le premier. Voici une partie des
paroles du Seigneur telles que Luc les rapporte : « Mais ceux qui seront trouvés
dignes d'avoir part au siècle à venir et à la résurrection des morts ne
prendront ni femmes ni maris. Car ils ne pourront plus mourir, parce qu'ils
seront semblables aux anges, et qu'ils seront fils de Dieu, étant fils de la
résurrection. » Dans la résurrection on ne se mariera pas ni ne donnera en
mariage ; car toutes les questions relatives à l'état marital doivent être
réglées avant ce moment-là, selon l'autorité de la Sainte Prêtrise, qui détient
le pouvoir de sceller en mariage pour le temps et l'éternité. (James E. Talmage,
Jésus le Christ, p. 668-669)
Ajoutez à cette explication les propres paroles du Seigneur dans une révélation
enregistrée le 12 juillet 1843 qu'il fit à Nauvoo au prophète Joseph Smith, et
se rapportant à la nouvelle alliance éternelle du mariage :
C'est pourquoi, si un homme épouse une femme en ce monde, mais ne l'épouse pas
par moi ni par ma parole, et fait alliance avec elle aussi longtemps qu'il est
dans le monde, et elle avec lui, leur alliance et mariage ne sont pas valables
lorsqu'ils sont morts et hors du monde ; ils ne sont donc liés par aucune loi
lorsqu'ils sont hors du monde.
C'est pourquoi, lorsqu'ils sont hors du monde, les hommes ne peuvent prendre de
femmes, ni les femmes de maris, mais ils deviennent des anges dans les cieux ;
lesquels anges sont des serviteurs au service de ceux qui sont dignes d'une part
de gloire beaucoup plus grande, incomparable et éternelle.
Car ces anges ne se sont pas conformés à ma loi ; c'est pourquoi, ils ne peuvent
s'accroître, mais restent à toute éternité séparés et célibataires, sans
exaltation, dans leur état sauvé. Et dès lors, ils ne sont pas dieux, mais anges
de Dieu, pour toujours et à jamais. (D&A 132:15-17)
C'est exactement cela que Jésus devait avoir à l'esprit lorsqu'il répondit aux
Saducéens qui ne croyaient pas à la résurrection, et dont les vœux de mariage
n'étaient prononcés que pour ce monde seulement. Par sa réponse, Jésus « avait
réduit au silence les Saducéens », car il connaissait le but de leur question :
ils voulaient « l'éprouver ». Et lorsqu'il leur eut répondu, « depuis ce jour,
personne n'osa plus lui proposer des questions ».
Nous avons déjà montré que le mariage est une cérémonie appartenant à ce monde ;
c'est pourquoi le Seigneur a prévu que les vivants devaient accomplir cette
cérémonie par procuration pour les morts quand ceux-ci n'ont pas lait sceller
leur mariage par quelqu'un revêtu de l'autorité de la prêtrise pour les lier
pour le temps et pour l'éternité.
Comparez la promesse limitée faite à ceux dont le mariage est conclu pour ce
monde uniquement, à la promesse, contenue dans la même révélation qui est faite
à ceux qui font alliance par le mariage pour le temps et pour toute l'éternité :
Il leur sera fait en toutes choses dans le temps et dans toute l'éternité
comme mon serviteur le leur aura promis. Et ce sera pleinement valide lorsqu'ils
seront hors du monde. Et ils passeront devant les anges et les dieux qui sont
placés là, vers leur exaltation et leur gloire en toutes choses, comme cela a
été scellé sur leur tête, laquelle gloire sera une plénitude et une continuation
des postérités pour toujours et à jamais. (D&A 132:19)
Cette vérité merveilleuse révélée à nouveau aux hommes sur cette terre donne
réellement un sens à leur vie et à leur mort. Nous doutons qu'il y ait une autre
vérité révélée à l'homme sur la terre qui soit aussi réconfortante q u e cette
révélation du Seigneur au prophète Joseph Smith et que nous appelons la nouvelle
alliance éternelle du mariage (voir D&A 132:19).
Il faut noter que cette merveilleuse vérité est une partie du « rétablissement
de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la bouche de ses saints
prophètes » (Actes 3:21).
Ces vérités ne justifient-elles pas la venue d'Élie ? Comment « le cœur des
pères » pourrait-il se tourner « vers les enfants, et le cœur des enfants vers
leurs pères » plus efficacement qu'en les scellant à jamais dans les liens
sacrés de la famille ?
CHAPITRE 15 : LE
RASSEMBLEMENT D'ISRAËL
Lorsque l'ange Moroni rendit visite à Joseph Smith au cours de la nuit du 21
septembre 1823, il cita le chapitre onze d'Ésaïe et insista sur le fait qu'il se
réaliserait bientôt.
Examinons de près cette citation faite par Moroni :
En ce jour, le rejeton d'Isaï sera là comme une bannière pour le peuple ; les
nations se tourneront vers lui, et la gloire sera sa demeure.
Dans ce même temps, le Seigneur étendra une seconde fois sa main, pour racheter
le reste de son peuple, dispersé en Assyrie et en Égypte, à Pathros et en
Éthiopie, à Élam, à Schinear et à Hamath, et dans les îles de la mer.
Il élèvera une bannière pour les nations, il rassemblera les exilés d'Israël, et
il recueillera les dispersés de Juda, des quatre extrémités de la terre. (Ésaïe
11:10- 12)
Cette Écriture nous apprend que les événements qui y sont décrits doivent
arriver dans l'avenir : « Le Seigneur étendra une seconde fois sa main, pour
racheter le reste de son peuple. » Il ne pouvait y avoir de « seconde fois »
sans qu'il n'y en ait une première. La première fois, c'est quand le Seigneur
délivra Israël de son esclavage, de sa captivité en Égypte. Quand le Seigneur
étendit-il sa main « la seconde fois » pour racheter le reste de son peuple ?
,C'est ce que nous allons envisager. La citation ci-dessus nous apprend que
trois événements importants devaient se produire :
1) il élèvera une bannière pour les nations ;
2) il rassemblera les exilés d'Israël ;
3) il recueillera les dispersés de Juda des quatre extrémités de la terre.
Il est clair qu'il doit y avoir deux lieux de rassemblement, un pour Israël et
un pour Juda.
Lorsque l'ange Moroni informa Joseph Smith, qui n'avait pas encore dix-huit ans,
que ces événements allaient se produire et que le Seigneur voulait faire de lui
son instrument pour leur accomplissement, c'était vraiment une grande mission
pour un jeune homme de son âge.
Nous avons déjà parlé de ce jour où le Sauveur et d'autres messagers célestes
apparurent à Joseph Smith et à Oliver Cowdery dans le temple de Kirtland, le 3
avril 1836, presque treize ans après que l'ange Moroni eût cité à Joseph Smith
le chapitre onze d'Ésaïe en lui disant qu'il allait se réaliser. Du récit de ces
visitations, nous citons ce qui suit :
Lorsque cette vision se fut refermée, les cieux s'ouvrirent de nouveau à nous ;
Moïse apparut devant nous et nous remit les clefs pour rassembler Israël des
quatre coins de la terre et pour ramener les dix tribus du pays du nord. (D&A
110:11)
Puisque Moïse est le prophète que le Seigneur avait suscité pour conduire Israël
hors d'Égypte, et à qui il avait donné le pouvoir d'accomplir des miracles si
étonnants devant le pharaon, allant jusqu'à faire traverser la mer Rouge à pied
sec par les enfants d'Israël, il semble parfaitement logique que ce soit Moïse
qui détienne les clefs du rassemblement d'Israël au moment où le Seigneur va
« étendre une seconde fois sa main pour racheter le reste de son peuple. » Ce
sont ces clefs que Moïse a confiées à Joseph Smith et à Oliver Cowdery.
Division et dispersion d'Israël
Quand on parle d'Israël, la plupart des gens pensent aux Juifs, et quand on lait
allusion au rassemblement d'Israël, ils pensent au retour des Juifs au pays de
Jérusalem. Il faut se souvenir que les Juifs, descendants de Juda, ne re
présentent qu'une des douze branches ou tribus de la maison d'Israël, la famille
de Jacob.
Les douze tribus d'Israël se répartirent sous deux grands noms : Juda, qui
comprenait le plus petit groupe, et Israël, qui représentait le groupe le plus
important :
Joab remit au roi le rôle du dénombrement du peuple : il y avait en Israël huit
cent mille hommes de guerre tirant l'épée, et en Juda cinq cent mille hommes. (2 Sam.
4:9)
Va l'Éternel dit : J'ôterai aussi Juda de devant ma face comme j'ai ôté Israël,
et je rejetterai cette ville de Jérusalem que j'avais choisie, et la maison de
laquelle j'avais dit : Là sera mon nom. (2 Rois 23:27)
Toutefois je ne détruirai pas entièrement la maison de Jacob, dit l'Éternel.
Car voici, je donnerai mes ordres, et je secouerai la maison d'Israël parmi
toutes les nations, comme on secoue avec le crible, sans qu'il tombe à terre un
seul grain. (Amos 9:8, 9)
Dans nos chapitres sept et huit, nous avons vu que l'Amérique était le pays de
Joseph, et le Livre de Mormon l'histoire des rapports entre le Seigneur et cette
branche de la maison d'Israël. Nous allons maintenant étudier le rassemblement
de la maison d'Israël dans les derniers jours.
Nous devons garder à l'esprit les paroles d'Amos que nous venons de citer,
(lisant que le Seigneur « secouerait la maison d'Israël parmi toutes les
nations », ce qui signifie que le rassemblement de l'Israël des derniers jours
affectera toutes les nations vers où il aura été secoué, car le Seigneur a
décrété que pas un seul grain ne tomberait à terre.
Israël rassemblé dans les derniers temps
Le dixième Article de foi de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers
jours dit :
Nous croyons au rassemblement littéral d'Israël et au rétablissement des dix
tribus. Nous croyons que Sion sera bâtie sur le continent américain ; que Jésus
régnera en personne sur terre, que la terre sera renouvelée et recevra sa gloire
paradisiaque.
Avant que l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours ne fût
organisée le 6 avril 1830, Joseph Smith et Oliver Cowdery avaient appris que le
rassemblement d'Israël devait avoir lieu à notre époque sur le continent
américain. Ils apprirent cette vérité en travaillant à la traduction des plaques
d'or du Livre de Mormon.
Nous citons ici les paroles que le Sauveur adressa aux Néphites lorsqu'il les
visita en Amérique après sa résurrection.
Et en vérité, je vous le dis, je vous donne un signe afin que vous connaissiez
le temps où ces choses seront sur le point de se produire - alors que je
rassemblerai mon peuple de sa longue dispersion, ô maison d'Israël, et que je
rétablirai ma Sion en son sein ;
Et voici ce que je vous donnerai pour signe - car en vérité, je vous dis que,
quand ces choses que je vous déclare et que je vous déclarerai ci-après de
moi-même, et par le pouvoir du Saint-Esprit qui vous sera donné par le Père,
seront communiquées aux Gentils, afin qu'ils sachent ce qui concerne ce peuple
qui est un reste de la maison de Jacob, et ce qui concerne ce peuple, mon
peuple, qui sera dispersé par eux ; En vérité, en vérité, je vous le dis, quand
ces choses leur seront communiquées par le Père et viendront du Père, d'eux à
vous ;
Car il est de la sagesse du Père qu'ils soient établis sur cette terre et qu'ils
soient établis en peuple libre par le pouvoir du Père, afin que ces choses
puissent venir d'eux à un reste de votre postérité, pour que l'alliance que le
Père a faite avec son peuple s'accomplisse, ô maison d'Israël ;
C'est pourquoi, quand ces oeuvres et les oeuvres qui seront faites ci-après
parmi vous viendront des Gentils à votre postérité, qui sera tombée dans
l'incrédulité à cause de ses iniquités ;
Car il convient au Père qu'elles arrivent par les Gentils, pour qu'il puisse
montrer son pouvoir aux Gentils ; afin que, si les Gentils ne s'endurcissent
point le cœur, ils puissent se repentir, venir à moi, être baptisés en mon nom
et connaître les vrais points de ma doctrine, afin qu'ils puissent être comptés
parmi mon peuple, ô maison d'Israël ;
Et quand ces choses arriveront, quand ta postérité commencera à connaître ces
choses, ce lui sera un signe pour qu'elle sache que l’œuvre du Père a déjà
commencé, pour accomplir l'alliance qu'il a faite avec les peuples de la maison
d’Israël...
Car, en ce jour-là, le Père fera pour moi une oeuvre qui sera grande et
merveilleuse parmi eux ; il y en aura parmi eux qui n'y croiront pas, bien qu'un
homme la leur annoncera...
Et mon peuple, qui est un reste de Jacob, sera au milieu des Gentils, oui, au
milieu d'eux, comme un lion au milieu des bêtes de la forêt, comme un jeune lion
parmi les troupeaux de brebis, qui, s'il passe à travers elles, les foule aux
pieds et les déchire en pièces, et nul ne peut les délivrer...
Mais s'ils veulent se repentir, écouter mes paroles et ne pas s'endurcir le
cœur, j'établirai mon Église parmi eux ; ils entreront dans l'alliance et seront
comptés parmi ce reste de Jacob, à qui j'ai donné cette terre pour son
héritage ;
Et ils aideront mon peuple, le reste de Jacob, et autant qu'il en viendra de la
maison d'Israël, à bâtir une ville qui sera appelée la Nouvelle -Jérusalem.
Et alors ils aideront mon peuple, qui est dispersé sur toute la surface de ce
pays, à se rassembler dans la Nouvelle -Jérusalem.
Alors la puissance du ciel descendra parmi eux, et moi-même, je serai aussi au
milieu d'eux.
Et alors, l’œuvre du Père commencera, en ce jour même où cet évangile sera
prêché parmi les restes de ce peuple. En vérité, je vous le dis, en ce jour-là,
l’œuvre du Père commencera parmi tous les dispersés de mon peuple ; oui, même
parmi les tribus qui ont été perdues, celles que le Père a emmenées hors de
Jérusalem.
Oui, l’œuvre sera commencée par le Père, parmi tous les dispersés de mon peuple,
pour préparer la voie par laquelle ils pourront venir à moi pour pouvoir
invoquer le Père en mon nom.
Et alors l’œuvre sera commencée parle Père parmi toutes les nations, pour
préparer la voie par laquelle son peuple pourra être ramené chez lui, dans le
pays de son héritage.
Et ils sortiront de toutes les nations, et ils ne partiront pas à la hâte, ni en
fuite ; car j'irai devant eux, dit le Père, et je serai leur arrière-garde. (3 Néphi
21:1-7, 9, 22-29)
En étudiant le passage qui précède, il faut se souvenir que le Livre de Mormon
fut publié et livré au monde en 1830, l'année où l'Église fut organisée, alors
que Joseph Smith n'avait que vingt-quatre ans. Et pourtant, cette déclaration
touche à tous les points essentiels concernant le rassemblement d'Israël dans
les derniers jours, à savoir :
1. Que la Nouvelle Jérusalem sera établie en Amérique.
2. Que l'Église de Jésus-Christ sera établie en Amérique.
3. Que l'Église sera établie parmi les Juifs (nous avons déjà montré comment
Israël devait être dispersé parmi les Gentils).
4. Qu'à l'époque où son Église sera établie parmi les Gentils d'Amérique, ce
sera le signe que le moment est arrivé « où je rassemblerai mon peuple de sa
longue dispersion, ô maison d'Israël, et que je rétablirai ma Sion en son
sein ».
5. Que l'accomplissement de ces choses précédera la seconde venue du Christ :
« Et moi-même, je serai aussi au milieu d'eux ».
6. Qu'à cette époque, le Seigneur étendra la main pour rassembler son peuple de
parmi toutes les nations : « Et l’œuvre sera commencée par le Père, parmi toutes
les nations, pour préparer la voie par laquelle son peuple pourra être ramené
chez lui, dans le pays de son héritage ».
7. Que ces déclarations du Sauveur confirment les affirmations déjà citées des
prophètes selon lesquelles Israël serait dispersé parmi toutes les nations.
Le prophète Éther avait bien saisi le rassemblement d'Israël dans les derniers
jours, l'établissement d'une Nouvelle Jérusalem en Amérique et la reconstruction
de l'antique Jérusalem par les Juifs :
Et maintenant, moi, Moroni, je vais terminer mon récit touchant la destruction
du peuple sur lequel j'ai écrit.
Car voici, ils rejetèrent toutes les paroles d'Éther ; car il leur raconta en
toute vérité tout ce qui fut depuis le commencement de l'homme ; et qu'après que
les eaux se furent retirées de la surface de ce pays, il devint un pays
préférable à tous les autres pays, un pays choisi du Seigneur ; c'est pourquoi
le Seigneur voulait que tous les hommes qui l'habitaient, le servissent ;
Et qu'il était le lieu de la Nouvelle Jérusalem qui devait descendre du ciel et
du saint sanctuaire du Seigneur.
Voici, Éther vit les jours du Christ, et il parla d'une Nouvelle Jérusalem dans
ce pays.
Il dit aussi, touchant la maison d'Israël et la Jérusalem d'où Léhi viendrait,
qu'après avoir été détruite, elle serait bâtie de nouveau, ville sainte dans le
Seigneur ; c'est pourquoi elle ne pourrait pas être une nouvelle Jérusalem, car
elle avait existé dans les temps passés, mais elle serait bâtie de nouveau, et
deviendrait une ville sainte du Seigneur et serait bâtie pour la maison
d'Israël.
Et qu'une Nouvelle Jérusalem serait édifiée dans ce pays pour le reste de la
postérité de ce Joseph, ce dont il y a eu un type.
Car comme Joseph amena son père dans le pays d'Égypte, où il mourut, ainsi le
Seigneur amena un reste de la postérité de Joseph hors du pays de Jérusalem,
afin de témoigner sa miséricorde envers la postérité de Joseph, et qu'elle ne
pérît pas, de même qu'il avait été miséricordieux envers le père de Joseph, pour
qu'il ne pérît pas. C'est pourquoi les restes de la maison de Joseph seront
établis dans ce pays, et ce sera la terre de leur héritage ; et ils bâtiront une
ville sainte au Seigneur, semblable à l'ancienne Jérusalem ; et ils ne seront
plus confondus jusqu'à ce que la fin arrive, quand la terre passera.
Et il y aura de nouveaux cieux et une nouvelle terre ; et ils seront semblables
aux anciens, si ce n'est que les anciens sont passés, et que toutes choses sont
devenues nouvelles.
Et alors vient la Nouvelle Jérusalem, et bénis sont ceux qui l'habitent, car ce
sont ceux dont les vêtements sont blanchis par le sang de l'agneau ; et ce sont
ceux qui sont comptés parmi le reste de la postérité de Joseph, qui était de la
maison d'Israël. Et alors vient aussi la Jérusalem d'autrefois ; et bénis en
sont les habitants, car ils ont été lavés par le sang de l'Agneau ; et ce sont
ceux qui étaient dispersés et qui ont été rassemblés des quatre parties de la
terre, et des régions du nord, et qui participent à l'accomplissement de
l'alliance que Dieu a faite avec leur père, Abraham.
Et quand ces choses arrivent, l'Écriture sera accomplie, qui dit :
Il y en a de ceux qui étaient les premiers qui seront les derniers ; et il y en
a de ceux qui étaient les derniers qui seront les premiers.
J'étais sur le point d'écrire davantage, mais cela m'est défendu ; mais grandes
et merveilleuses étaient les prophéties d'Éther ; mais ils l'estimèrent comme
d'aucune valeur et le chassèrent ; et il se cachait dans la cavité d'un rocher
pendant le jour, et il sortait la nuit pour voir les choses qui allaient arriver
au peuple. (Éther 13:1-13)
Le prophète Éther, qui écrivit ce qui précède, était un descendant de Jared, de
la vingt-huitième génération après lui, très exactement :
Lequel Jared vint [vers 2200 av. J.-C. en Amérique], avec son frère et leurs
familles, avec quelques autres et leurs familles, de la grande tour, au temps
où le Seigneur confondit la langue du peuple, et jura dans sa colère qu'il
serait dispersé sur toute la surface de la terre ; et, selon la parole du
Seigneur, le peuple fut dispersé. (Éther 1:33)
Il y a, dans le Livre de Mormon, encore beaucoup de citations de valeur.
Toutefois celles-ci nous montrent avec évidence que, par la traduction du [,ivre
de Mormon, Joseph Smith et Oliver Cowdery avaient une idée claire du plan du
Seigneur pour rassembler Israël dans les derniers jours d'entre ~, les quatre
parties de la terre » où il avait été dispersé et pour établir une
Nouvelle Jérusalem en Amérique.
En septembre 1830, cinq mois seulement après l'organisation de l'Église, et cinq
ans et demi avant que Moïse ne vînt apporter les clefs du rassemblement d'Israël
à Joseph Smith et à Oliver Cowdery, le Seigneur, dans une révélation qu'il donna
à Joseph Smith, fit à ce sujet une déclaration fort nette :
Vous êtes appelés à réaliser le rassemblement de mes élus, car mes élus
entendent ma voix et ne s'endurcissent pas le cœur.
C’est pourquoi le Père a décrété qu'ils seront rassemblés en un seul endroit sur
la surface de ce pays, afin qu'ils se préparent le cœur et soient préparés en
toutes choses, en vue du jour où les tribulations seront envoyées sur les
méchants. (D&A 29:7, 8)
Donc, les premiers anciens de l'Église étaient « appelés à réaliser le
rassemblement de mes élus » de sorte que, dès les débuts de l'Église, les saints
des derniers jours se sont mis à « se rassembler ». Leur premier lieu de
rassemblement fut à Kirtland, en Ohio.
Dans une révélation qu'il donna le 16 décembre 1833, au prophète Joseph Smith,
le Seigneur expliqua que son peuple devait être réuni :
Voici, ma volonté est que ceux qui invoquent mon nom et m'adorent conformément a
mon Évangile éternel se rassemblent et se tiennent en des lieux saints,
Et se préparent pour la révélation qui doit venir, lorsque le voile qui couvre
mon temple dans mon tabernacle, qui cache la terre, sera enlevé et que toute
chair me \erra en même temps...
Afin que l’œuvre du rassemblement de mes saints continue, que je les édifie en
mon nom en des lieux saints, car le moment de la moisson est venu et ma parole
doit s'accomplir.
C’est pourquoi, je dois rassembler mon peuple selon la parabole du bon grain et
de l'ivraie, afin que le bon grain soit mis en sûreté dans les granges pour
posséder la vie éternelle et être couronné de gloire céleste, lorsque je
viendrai dans le royaume de mon Père pour récompenser chaque homme selon ce que
sera son oeuvre. (D&A 101:22, 23, 64, 65)
Les passages suivants pris aux révélations du Seigneur à Joseph Smith ne sont
cités que pour confirmer les déclarations déjà faites.
Afin que le peuple de mon alliance soit rassemblé en un seul groupe le jour où
je viendrai dans mon temple. Et je fais cela pour le salut de mon peuple. (D&A
42:36)
Et de plus, le Seigneur fera entendre sa voix du ciel, disant : Prêtez
l'oreille, ô nations de la terre, et écoutez les paroles de ce Dieu qui vous a
faites. Ô, nations de la terre, combien de fois vous aurais-je rassemblées comme
une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, mais vous ne l'avez pas voulu !
(D&A 43:23, 24)
Il arrivera que les justes seront rassemblés d'entre toutes les nations et
viendront en Sion, chantant des cantiques de joie éternelle. (D&A 45:71)
Et de même, je rassemblerai mes élus des quatre coins de la terre, à savoir tous
ceux qui croiront en moi et écouteront ma voix (D&A 33:6).
Israël sera sauvé au moment choisi par moi ; il sera conduit par les clefs que
j'ai données et il ne sera plus du tout confondu. (D&A 35:25)
De plus, je vous le dis, je vous donne le commandement que chaque homme, qu'il
soit ancien, prêtre, instructeur ou membre, se mette à l’œuvre de toutes ses
forces, avec le travail de ses mains, pour préparer et accomplir ce que j'ai
commandé.
Que votre prédication soit la voix d'avertissement, chacun à son voisin, avec
douceur et humilité.
Et sortez de parmi les méchants. Sauvez-vous. Soyez purs, vous qui portez les
vases du Seigneur. (D&A 38:40-42)
C'est pourquoi, préparez-vous, préparez-vous ô mon peuple, sanctifiez-vous,
rassemblez-vous, ô peuple de mon Église, au pays de Sion, vous tous à qui il n'a
pas été commandé de demeurer.
Sortez de Babylone. Soyez purs, vous qui portez les vases du Seigneur.
Convoquez vos assemblées solennelles et parlez-vous souvent les uns aux autres.
Et que chacun invoque le nom du Seigneur.
Oui, en vérité, je vous le dis encore, le temps est venu où la voix du Seigneur
vous dit : Sortez de Babylone ; rassemblez-vous d'entre les nations, des quatre
vents, d'un bout du ciel à l'autre.
Envoyez les anciens de mon Église aux nations qui sont au loin, aux îles de la
mer, envoyez-les dans les pays étrangers ; appelez toutes les nations, d'abord
les Gentils, ensuite les Juifs.
Et voici, tel sera leur cri, et la voix du Seigneur à tous les peuples, allez au
pays de Sion pour que les frontières de mon peuple s'élargissent et que ses
pieux soient renforcés, et que Sion puisse s'étendre aux régions environnantes.
(D&A 133:4-9)
Cette dernière révélation fut faite le 3 novembre 1831, un an et sept mois
seulement après l'organisation de l'Église. Dans ce rétablissement de son Église
sur terre en ces derniers jours, il est évident que le Seigneur voulait que son
peuple fût rassemblé de parmi les nations, rassemblé en un seul lieu, comme le
montrent si clairement les citations ci-dessus.
Rassemblement dans les derniers jours d'Israël dispersé
Le Seigneur a dit que sa Sion des derniers jours, celle où serait rassemblé
Israël, se trouverait en Amérique et que la Nouvelle Jérusalem serait édifiée
dans ce pays, mais il est évident qu'un tel rassemblement ne pouvait se faire
dans une seule ville. Pour satisfaire au commandement du Seigneur en cette
matière, les saints des derniers jours ont créé de nombreuses communautés (tans
lesquelles se sont rassemblés les convertis à la nouvelle foi provenant de
nombreux pays.
Le premier lieu de rassemblement des saints à notre époque fut Kirtland, en
Ohio, où ils élevèrent leur premier temple au Très-Haut.
Le second rassemblement eut lieu au Missouri, où ils posèrent les pierres
angulaires de deux temples, l'un à Independence et l'autre à Far-West. Mais les
saints furent contraints de quitter le Missouri à cause de cruelles
persécutions. Toutefois, jusqu'à ce jour, l'Église attend le moment où ses
membres retourneront construire un temple et la ville de Sion en l'honneur du
Très Haut à Independence, dans le Missouri.
Du Missouri, les saints gagnèrent Nauvoo, dans l'Illinois, où ils construisirent
une ville de quelque 20 000 âmes et édifièrent un magnifique temple à leur Dieu.
C'est pendant qu'ils étaient installés là que le 27 juin 1844, le prophète
Joseph Smith et son frère Hyrum furent tués de sang-froid par une vi le populace
dans la prison de Carthage, en Illinois. Peu de temps après, les saints furent
contraints de quitter Nauvoo ; leurs maisons furent dévastées et leur magnifique
temple fut brûlé par leurs ennemis. De là, ils se tournèrent vers les vallées
des Montagnes Rocheuses, ne s'arrêtant à Winter Quarters, (tans l'Iowa, que le
temps de se préparer à leur long voyage à travers les plaines. Le premier groupe
principal arriva le 24 juillet 1847, à ce qui s'appelle maintenant Salt Lake
City. Depuis ce temps, le siège de l'Église est installé à Salt Lake City.
Les dix tribus ramenées du pays du nord
Lorsque Moïse remit au prophète Joseph Smith et à Oliver Cowdery les clefs du
rassemblement d'Israël, il ajouta :
Et pour ramener les dix tribus du pays du nord. (D&A 110:11)
À ce propos, le Seigneur a ajouté ce qui suit dans sa révélation au prophète
Joseph Smith :
Et le Seigneur, à savoir le Sauveur, se tiendra au milieu de son peuple, et
régnera sur toute chair.
Et le Seigneur se souviendra de tous ceux qui sont dans les pays du nord ; et
leurs prophètes entendront sa voix et ne se contiendront plus ; et ils
frapperont le rocher et la glace fondra en leur présence.
Et une chaussée sera jetée au milieu du grand abîme. Leurs ennemis deviendront
leur proie.
Et des sources d'eau vive jailliront dans les déserts arides ; et le sol brûlé
ne sera plus une terre altérée.
Ils apporteront leurs riches trésors aux enfants d'Éphraïm, mes serviteurs. Et
les bornes des collines éternelles trembleront en leur présence.
Et là, ils tomberont et seront couronnés de gloire, à savoir en Sion par les
mains des serviteurs du Seigneur, c'est-à-dire les enfants d'Éphraïm.
Et ils seront remplis de cantiques de joie éternelle.
Voici, c'est là la bénédiction du Dieu éternel sur les tribus d'Israël, et, plus
abondante encore, sa bénédiction sur la tête d'Éphraïm et de ses compagnons.
(D&A 133:25-34)
Où se trouvent ces tribus perdues et leurs prophètes, nous n'en savons rien, à
part ce qu'a dit le Seigneur : « dans les pays du nord ».
Il rassemblera les dispersés de Juda
Nous venons d'étudier le rassemblement d'Israël dans la Sion du Seigneur, en
Amérique, à notre époque. Nous devrions nous intéresser maintenant à cette
question du rassemblement des « dispersés de Juda » dont parle Ésaïe (voir Ésaïe
11:10-12) et que l'ange Moroni cita à Joseph Smith lorsqu'il le visita la nuit
du 21 septembre 1823 (voir Joseph Smith, Histoire, 40). Dans une révélation datée du 3
novembre 1831, le Seigneur dit :
C'est pourquoi que ceux qui sont parmi les Gentils fuient en Sion.
Et que ceux qui sont de Juda s'enfuient à Jérusalem, à la montagne de la maison
du Seigneur.
Sortez de parmi les nations, oui, sortez de Babylone, du milieu de l'iniquité,
qui est la Babylone spirituelle. (D&A 133:12-14)
Joseph Smith, le prophète, a affirmé que la prière qu'il avait faite le 27 mars
1836 lors de la consécration du temple de Kirtland, lui avait été donnée par
révélation. Nous en citons le passage que voici :
Mais tu sais que ton amour est grand envers les enfants de Jacob qui ont été
longtemps dispersés sur les montagnes, en un jour rempli de nuages et de
ténèbres. C'est pourquoi, nous te demandons d'être miséricordieux envers les
enfants de Jacob, afin que Jérusalem commence dès cette heure à être rachetée,
Que le joug de la servitude commence à être enlevé de la maison de David.
Et que les enfants de Juda commencent à retourner dans le pays que tu as donné à
Abraham, leur père. (D&A 109:61-64)
En mars 1832, le prophète Joseph Smith reçut une révélation expliquant une
partie de l'Apocalypse de Jean :
Question. Que faut-il entendre par les deux témoins du chapitre onze de
l'Apocalypse ?
Réponse. Ce sont deux prophètes qui doivent être suscités dans les derniers
jours à la nation juive au moment du rétablissement, et qui doivent
prophétiser aux Juifs, lorsqu'ils seront rassemblés et auront construit la ville
de Jérusalem au pays de leurs pères. (D&A 77:15)
Le 7 mars 1831, à Kirtland, en Ohio, le Seigneur fit au prophète Joseph Smith
une révélation lui montrant des choses s'étendant sur de nombreuses
générations :
Vous voyez ce temple qui est à Jérusalem, que vous appelez la maison de Dieu, et
vos ennemis disent que cette maison ne tombera jamais.
Mais en vérité, je vous dis que la désolation s'abattra sur cette génération,
comme un voleur pendant la nuit, et ce peuple sera détruit et dispersé parmi
toutes les nations. Et ce temple que vous voyez maintenant sera abattu, de sorte
qu'il ne restera pas pierre sur pierre.
Et il arrivera que cette génération de juifs ne passera pas que ne se produisent
toutes les désolations dont je vous ai parlé à leur sujet.
Vous dites que vous savez que la fin du monde vient ; vous dites aussi que vous
savez que les cieux et la terre passeront ;
Et en ceci, vous dites vrai, car c'est ainsi qu'il en est ; mais ce que je vous
ai dit ne passera pas que tout ne soit accompli.
Et c'est cela que je vous ai dit concernant Jérusalem ; et quand ce jour
viendra, un reste sera dispersé parmi toutes les nations.
Ils seront de nouveau rassemblés, mais ils resteront jusqu'à ce que les temps
des Gentils soient accomplis. (D&A 45:18-25)
L’apôtre Orson Hyde consacre la Terre Sainte pour le retour des Juifs
L'Évangile ayant été rendu aux Gentils à notre époque, il devenait évident que
« les temps des Gentils » seraient bientôt accomplis. C'est pourquoi le prophète
Joseph Smith et ses conseillers de la Présidence de l'Église envoyèrent Orson
Hyde, un des douze apôtres, en mission à Jérusalem, pour y consacrer la Terre
Sainte pour le retour final des restes dispersés de Juda. Ceci était conforme
aux prédictions des anciens prophètes sur la reconstruction de Jérusalem et
l'édification d'un temple au Seigneur.
Le matin du dimanche 24 octobre 1841, Orson Hyde monta au mont des Oliviers et y
accomplit la cérémonie de consécration dont il avait été chargé. Nous citons ce
qui suit dans sa prière de consécration :
« Ô toi, qui existes d'éternité en éternité, perpétuellement et invariablement le
même, Dieu qui règnes en haut dans les cieux et contrôles la destinée des hommes
sur terre, daigne condescendre, par ton infinie bonté et ta faveur royale, à
écouter la prière que ton serviteur t'offre en ce jour au nom de ton saint
enfant Jésus, en ce pays où le Soleil de la justice s'est couché dans le sang et
où ton Oint a expiré...
« Ô Seigneur ! Ton serviteur a obéi à la vision céleste que tu lui as donnée dans
son pays natal ; et sous la protection de ton bras étendu, il est arrivé à bon
port en ce lieu pour te dédier et te consacrer ce pays pour le rassemblement des
restes dispersés de Juda, selon les prédictions des saints prophètes, pour la
reconstruction de Jérusalem après qu'elle a été si longtemps opprimée par les
Gentils, et pour édifier un temple en l'honneur de ton nom... O toi, qui as
fait alliance avec Abraham, ton ami, et qui as renouvelé cette alliance avec
Isaac et l'as confirmée avec serment à Jacob, promettant que non seulement tu
lui donnerais ce pays en héritage éternel, mais encore que tu te souviendrais à
jamais de sa postérité. Abraham, Isaac et Jacob ont depuis longtemps clos les
yeux dans la mort et fait de la tombe leur demeure. Leurs enfants sont dispersés
au loin parmi les nations des Gentils comme des brebis sans berger et ils
espèrent toujours en l'accomplissement des promesses que tu as faites à leur
sujet ; et même ce pays, qui jadis produisait à foison les richesses de la
nature, où coulaient, pour ainsi dire, le lait et le miel, a, jusqu'à un certain
point, été frappé de stérilité depuis que les mains des assassins lui ont fait
boire le sang de Celui qui n'a jamais péché.
« Accorde donc, ô Seigneur, au nom de ton Fils bien-aimé, Jésus-Christ, d'ôter
l'aridité et la stérilité du pays et de faire jaillir des fontaines d'eau vive
pour abreuver sa terre assoiffée. Que la vigne et l'olivier produisent dans leur
force, et que le figuier fleurisse et prospère. Que la terre devienne
abondamment féconde quand elle sera possédée par ses héritiers légitimes ; qu'il
y coule de nouveau une abondance pour nourrir à leur retour les prodigues qui
rentrent chez eux avec un esprit de grâce et de supplication ; que les nuages y
déversent la vertu et la richesse, et que les champs sourient par leur
abondance. Que les troupeaux de grand et de petit bétail s'accroissent
considérablement et multiplient sur les montagnes et les collines ; et que ta
grande bonté conquière et maîtrise l'incrédulité de ton peuple. Enlève-lui son
cœur de pierre et donne-lui un cœur de chair ; et que le soleil de ta faveur
dissipe les froids brouillards des ténèbres qui ont ennuagé leur atmosphère.
Incline-les à se rassembler dans cette terre selon ta parole. Qu'ils viennent
comme des nuages et comme des colombes à leurs fenêtres. Que les grands bateaux
des nations les amènent des îles lointaines et que les rois deviennent leurs
pères nourriciers et que les reines, avec une affection maternelle, essuient de
leurs yeux les larmes de l'affliction.
« Tu as, ô Seigneur, autrefois touché le cœur de Cyrus pour qu'il fût favorable à
Jérusalem et à ses enfants. Que ce soit maintenant aussi ton bon plaisir de
pousser le cœur des rois et des pouvoirs de la terre à regarder amicalement vers
ce lieu, avec le désir de voir tes justes desseins exécutés à son propos. Qu'ils
sachent que c'est ton bon plaisir de rendre le royaume à Israël, de susciter
Jérusalem pour être sa capitale et de constituer son peuple en une nation et un
gouvernement distincts, avec David ton serviteur, à savoir un descendant des
reins du David d'autrefois, pour être leur roi.
« Que cette nation ou ce peuple qui prendront une part active en faveur des
enfants d'Abraham et dans l'édification de Jérusalem trouvent faveur à tes yeux.
Que leurs ennemis ne l'emportent pas sur eux, et que ni la peste ni la famine ne
s'abattent sur eux, mais que la gloire d'Israël les recouvre, et que le pouvoir
du Très-Haut les protège ; tandis que cette nation ou ce royaume qui ne veulent
pas te servir dans cette oeuvre glorieuse périront selon ta parole : « Oui, ces
nations seront entièrement dévastées. » (History of the Church, vol 4, p.
456-57)
À propos de sa visite à Jérusalem, Orson Hyde a raconté :
J’ai trouvé beaucoup de Juifs qui écoutaient avec un intérêt intense. L'idée que
les Juifs retourneront en Palestine gagne presque chaque jour du terrain en
Europe... Beaucoup de Juifs âgés s'y rendent pour mourir, et beaucoup quittent
l'Europe pour l'Orient. La grande roue est incontestablement en mouvement et la
parole du Tout-Puissant a déclaré qu'elle tournera. (idem, p. 459)
Il ajoute :
Au début de mars 1840, je me mis au lit comme à l'accoutumée ; et pendant que je
méditais et pensais au théâtre de mes futurs travaux, la vision du Seigneur
m'apparut brusquement comme des nuées de lumière ! Les villes de Londres,
Amsterdam, Constantinople et Jérusalem m'apparurent toutes successivement, et
l'Esprit me dit : « Il y a ici de nombreux enfants d'Abraham que je rassemblerai
au pays que j'ai donné à leurs pères, et c'est ici aussi le théâtre de tes
travaux. » (idem, p. 375-76).
L'esprit du rassemblement se répand par toute la terre
C’est parce que Moïse a rapporté sur terre les clefs du rassemblement d'Israël,
que l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours édifia de nombreuses
localités dans l'Ouest des États-Unis pour rassembler la postérité d'Israël de
parmi les nations gentiles de la terre. Dans les premiers temps de l'Église, des
milliers de convertis partirent de chez eux dans d'autres pays pour s'installer
dans ces localités. On ne leur a pas demandé, ni les a persuadés d'émigrer en
Amérique, mais la puissance invisible du rassemblement descendait sur eux quand
ils recevaient le don du Saint-Esprit par l'imposition des mains de ceux qui
avaient l'autorité de le conférer.
Maintenant que l'on crée des pieux et des missions dans tous les pays du monde
et que l'on construit des temples en beaucoup d'endroits, on encourage les
saints à rester dans leur patrie pour contribuer à fortifier l'Église parmi leur
propre peuple.
Ces dernières années nous avons vu comment le cœur des enfants de Juda s'est
tourné vers le pays de leurs pères, vers la Palestine. Le Dr Chaïm Weizmann, qui
fut à la fois président de l'Agence Juive pour la Palestine et (le
l'organisation sioniste mondiale, dont le siège est à Jérusalem, quand on lui
demanda pourquoi les Juifs retournaient en Israël, répondit que c'était parce
qu'ils croyaient en une « force mystique » (Bartley C. Crum, Behind the Silken
Curtain, New York, Simon and Schuster, Inc., 1947).
Cette « force mystique » qui a tourné le cœur des Juifs de tous les pays vers le
pays d'Israël, n'est pas venue des hommes, mais s'est manifestée après qu'ils
eurent, pendant des siècles, été « secoués parmi les nations. » C'est parce que
Moïse a remis les clefs du rassemblement d'Israël à Joseph Smith et à Oliver
Cowdery que l'esprit du rassemblement s'est répandu sur les nations d'Israël,
rendant possible l'accomplissement de la prédiction d'Ésaïe citée par Moroni à
Joseph Smith :
Il élèvera une bannière pour les nations, il rassemblera les exilés d'Israël, et il recueillera les dispersés de Juda des quatre extrémités de la terre. (Ésaïe 11:12)
Tout ceci ne justifie-t-il pas la venue du prophète Moïse dans le cadre du
« rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la bouche
de ses saints prophètes » (Actes 3:21) ?
Le prophète Joseph Smith a reçu ces vérités par les révélations que le Seigneur
lui a faites à notre époque, et nous prenons la Bible pour montrer que tout cela
s'accorde avec elle.
CHAPITRE 16 : ISRAËL
DANS LES DERNIERS JOURS
Prophéties de Jérémie concernant le rassemblement d'Israël
Voyons maintenant ce que la Bible nous offre pour confirmer les vérités révélées
au prophète Joseph Smith au sujet du rassemblement d'Israël dispersé :
C'est pourquoi voici, les jours viennent, dit l'Éternel, où l'on ne dira plus :
l'Éternel est vivant, lui qui a fait monter du pays d'Égypte les enfants
d'Israël !
Mais on dira : l'Éternel est vivant, lui qui a fait monter les enfants d'Israël
du pays du septentrion et de tous les pays où il les avait chassés ! Je les
ramènerai dans leur pays, que j'avais donné à leurs pères.
Voici, j'envoie une multitude de pêcheurs, dit l'Éternel, et ils les pêcheront ;
et après cela j'enverrai une multitude de chasseurs, et ils les chasseront de
toutes les montagnes et de toutes les collines et des fentes des rochers. (Jér.
16:14-16)
Nous notons donc que Jérémie eut la bénédiction de voir à quel point le
rassemblement d'Israël serait complet dans le pays que le Seigneur avait donné à
« leurs pères ». Nous avons déjà souligné que l'Amérique est le pays de Joseph,
ou Éphraïm et que Juda doit être rassemblé dans la terre de Palestine. Ce
rassemblement des derniers jours, tel que l'a vu Jérémie, allait dépasser de
loin en amplitude la sortie d'Israël du pays d'Égypte. Cela est évident à
l'heure où nous écrivons ceci, et ce n'est pas encore fini. Le Seigneur devait
envoyer des pêcheurs et des chasseurs pour les chasser « de toutes les montagnes
et de toutes les collines, et des fentes des rochers », montrant ainsi qu'il
voulait entièrement réaliser sa promesse selon laquelle, Israël serait
« secoué » parmi les nations « sans qu'il tombe par terre un seul grain. »
(Jérémie 16:16, Amos 9:9)
Revenez, enfants rebelles, dit l'Éternel, car je suis votre maître. Je vous
prendrai, un d'une ville, deux d'une famille, et je vous ramènerai dans Sion.
Je vous donnerai des bergers selon mon cœur, et ils vous paîtront avec
intelligence et avec sagesse. (Jér. 3:14, 15)
Israël sera rassemblé en petites quantités
De ces prophéties il apparaît que Jérémie comprenait que, de même qu'Israël
avait été « secoué parmi les nations », de même, le Seigneur le rassemblerait,
non pas en grandes foules, mais « un d'une ville, et deux d'une famille » et
que, quand il les amènerait en Sion, il leur donnerait « des bergers selon mon
cœur, et ils vous paîtront avec intelligence et avec sagesse. » En d'autres
termes, il les conduirait en Sion où il avait établi son Église et son royaume,
et rétabli sa prêtrise, afin qu'ils soient paîts « avec intelligence et avec
sagesse ».
Et maintenant, ainsi parle l'Éternel, le Dieu d'Israël, sur cette ville dont
vous dites : Elle sera livrée entre les mains du roi de Babylone, vaincue par
l'épée, par la famine et par la peste :
Voici, je les rassemblerai de tous les pays où je les ai chassés, dans ma
colère, dans ma fureur, et dans ma grande irritation ; je les ramènerai dans ce
lieu, et je les y ferai habiter en sûreté.
Ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu...
Car ainsi parle l'Éternel : De même que j'ai fait venir sur ce peuple tous ces
grands malheurs, de même je ferai venir sur eux tout le bien que je leur
promets.
On achètera des champs dans ces pays dont vous dites : C'est un désert, sans
hommes ni bêtes, il est livré entre les mains des Chaldéens.
On achètera des champs pour de l'argent, on écrira des contrats, on les
cachettera, on prendra des témoins, dans les pays de Benjamin et aux environs de
Jérusalem, dans les villes de Juda, dans les villes de la montagne, dans les
villes de la plaine et dans les villes du midi ; car je ramènerai leurs captifs,
dit l'Éternel. (Jér. 32:36-38, 42-44)
Encore une fois, il fut donné à Jérémie, vers 640 avant J.-C., de voir et
d'annoncer prophétiquement ces choses mêmes que nous avons la chance de voir
dans le contexte de la grande dispensation évangélique de la plénitude des
temps, confiée à la terre par le Dieu d'Israël et ses saints prophètes.
Juda sera rassemblé à Jérusalem
Jérusalem devait être enlevée aux Juifs et ils devaient être dispersés parmi
toutes les nations, puis ils devaient être rassemblés de nouveau : « Voici, je
les rassemblerai de tous les pays... et je les ramènerai en ce lieu, et je les
y ferai habiter en sûreté. » Le Seigneur ajoutait : « De même je ferai venir sur
eux tout le bien que je leur promets. »
Remarquez encore : « On achètera des champs dans ce pays dont vous dites : C'est
un désert, sans hommes ni bêtes. » C'était un pays désertique quand Orson Hyde
s'y rendit en 1841 le consacrer au rassemblement des Juifs.
Nous savons maintenant que les Juifs de toutes les nations retournent avec leur
fortune acheter des terres et des champs, comme Jérémie l'a vu il y a tant de
siècles.
Éphraïm sera rassemblé en Amérique
Nous avons étudié les prophéties de Jérémie se rapportant au rassemblement des
Juifs dans le pays de leur héritage : en Palestine. Étudions maintenant ce qu'il
a vu et prédit concernant le rassemblement de la postérité de Joseph ou Éphraïm,
qui reçut en héritage le pays d'Amérique :
Car le jour vient où les gardes crieront sur la montagne d'Éphraïm : Levez-vous,
montons à Sion, vers l'Éternel, notre Dieu !
Car ainsi parle l'Éternel : Poussez des cris de joie sur Jacob, éclatez
d'allégresse à la tête des nations ! Élevez vos voix, chantez des louanges, et
dites : Éternel délivre ton peuple, le reste d'Israël.
Voici, je les ramène du pays du septentrion, je les rassemble des extrémités de
la terre ; parmi eux sont l'aveugle et le boiteux, la femme enceinte et celle en
travail ; ,c'est une grande multitude qui retourne là.
Ils viennent en pleurant, et je les conduis au milieu de leurs supplications ;
je leur fais suivre des rivières d'eau, par un chemin uni, où ils ne chancellent
pas ; car je suis un père pour Israël, et Éphraïm est mon premier-né.
Nations, écoutez la parole de l'Éternel, et publiez-la dans les îles
lointaines ! Dites : Celui qui a dispersé Israël le rassemblera, et il le
gardera comme le berger garde son troupeau.
Car l'Éternel rachète Jacob, il le délivre de la main d'un plus fort que lui.
Ils viendront, et pousseront des cris de joie sur les hauteurs de Sion ; ils
accourront vers les biens de l'Éternel, le blé, le moût, l'huile, les brebis et
les bœufs ; leur âme sera comme un jardin arrosé, et ils ne seront plus dans la
souffrance.
Et alors les jeunes filles se réjouiront à la danse, les jeunes hommes et les
vieillards se réjouiront aussi, je changerai leur deuil en allégresse, et je les
consolerai ; je leur donnerai de la joie après leurs chagrins.
Je rassasierai de graisse l'âme des sacrificateurs, et mon peuple se rassasiera
de mes biens, dit l'Éternel. (Jér. 31:6-14)
Si on le comprend bien, le prophète Jérémie a écrit ici une partie de l'histoire
de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours environ 2500 ans avant
qu'elle ne se produise, et bien qu'elle soit fort résumée, elle est très
précise.
Il y eut un cri des « gardes sur la montagne d'Éphraïm... Levez-vous, montons à Sion, vers l'Éternel, notre Dieu ». Ceci n'a rien à voir avec Juda, ainsi que le prophète l'a indiqué plus loin : « Car je suis un père pour Israël, et Éphraïm est mon premier-né ».
Au chapitre sept, nous avons montré que le droit d'aînesse avait été retiré à Ruben, l'aîné des douze fils d'Israël, et donné à Joseph, et qu'il passa en suite de Joseph à son fils Éphraïm (voir 1 Chron. 5:1-2). Donc, ceci devait être le rassemblement des descendants de Joseph et Éphraïm « à Sion, vers l'Éternel, notre Dieu ».
« Poussez des cris de joie sur Jacob ». Pourquoi ? Parce que le jour de son rachat était proche.
« Éclatez d'allégresse à la tête des nations ». Les anciens de l'Église furent envoyés en 1846 en Grande-Bretagne, dans les pays scandinaves, en Allemagne, et d'autres grandes nations et rassemblèrent de nombreux convertis à Nauvoo.
« Je les ramène... c'est une grande multitude qui retourne là ». C'était une
chose que le Seigneur allait faire. Remarquez que Jérémie ne dit pas qu'ils
retourneront ici, endroit où fut faite la prédiction, mais là, c'est-à-dire un
endroit éloigné. Il comprenait que Joseph devait recevoir un nouveau pays « à la
cime des collines éternelles. » (voir Gen. 49:22-26 ; Deut. 33:13-17)
Les saints des derniers jours accomplissent la prophétie de Jérémie
Une « grande multitude » devait « retourner là », avec « l'aveugle et le
boiteux, la femme enceinte et celle en travail » et « ils viennent en pleurant,
et je les conduis au milieu de leurs supplications ». Environ vingt mille saints
des derniers jours furent chassés de Nauvoo, et avec eux « l'aveugle et le
boiteux, et la femme enceinte ». Ils ne quittèrent pas leurs beaux foyers de bon
gré, c'est pourquoi ils vinrent « en pleurant » et avec des « supplications » à
l'adresse du Seigneur, et il les guérit comme il l'avait promis.
« Je leur fais suivre des rivières d'eau, par un chemin uni, où ils ne
chancellent pas ». Partis de Nauvoo, les saints, dans leur exode à travers le
grand désert américain en direction de la vallée du grand lac Salé, longèrent
pendant près de mille kilomètres la rivière Platte septentrionale, comme Jérémie
l'avait vu.
« Ils viendront et pousseront des cris de joie sur les hauteurs de Sion ». Le
Chœur du Tabernacle, qui se compose d'environ 375 voix, fut organisé peu après
l'arrivée des saints dans la vallée du lac Salé. Il a été entendu, « depuis le
carrefour de l'Ouest », dans le monde entier par la voix de la radio, de la
télévision, et du disque, et s'est produit dans des concerts aux États-Unis et
dans beaucoup d'autres pays. Et ceci ne représente qu'une faible partie des
chants qui s'élèvent « sur les hauteurs de Sion ».
« Ils accourront vers les biens de l'Éternel, le blé, le moût, l'huile, les
brebis et les bœufs ». Comparez cette promesse avec la bénédiction prononcée par
Moïse sur la tête de Joseph et où il faisait allusion au pays de Joseph :
Sur Joseph il dit : Son pays recevra de l'Éternel, en signe de bénédiction, le
meilleur don du ciel, la rosée, les meilleures eaux qui sont en bas,
Les meilleurs fruits du soleil, les meilleurs fruits de chaque mois,
Les meilleurs produits des antiques montagnes, les meilleurs produits des
collines éternelles,
Les meilleurs produits de la terre et de ce qu'elle renferme. (Deut. 3
3:13-16 ; voir aussi la bénédiction de Jacob à son fils Joseph : Gen.
49:22-26)
Nous croyons sans peine que le pays de Joseph devait être « préférable à tous
les autres pays » comme le dit le Livre de Mormon, quand on voit combien de fois
Moïse utilise le mot « meilleur » en décrivant le pays et ses bénédictions. On
constatera que ces prédictions se réalisent si l'on parcourt le pays des saints
dans les vallées des Montagnes Rocheuses.
Continuons notre analyse de la prophétie de Jérémie : « Et ils ne seront plus
dans la souffrance. Alors les jeunes filles se réjouiront à la danse, les jeunes
hommes et les vieillards se réjouiront aussi ; je changerai leur deuil en
allégresse, et je les consolerai ; je leur donnerai de la joie après leur
chagrin. » Pour comprendre combien ceci s'est réalisé complètement, il suffisait
d'assister aux réunions de témoignage des saints après leur arrivée dans les
vallées des Montagnes Rocheuses et de les y entendre exprimer leur gratitude au
Seigneur de ce qu'il les avait amenés là. Puis d'assister à leurs danses, et de
voir jeunes et vieux « se réjouir à la danse ». Chaque paroisse, pour ainsi
dire, chaque branche, chaque communauté de saints des derniers jours possède, à
côté de sa chapelle, une salle culturelle où jeunes et vieux se réjouissent
vraiment ensemble à danser, et où ont lieu d'autres activités divertissantes. À
coup sûr, le Seigneur a changé « leur deuil en allégresse, les a consolés et
leur a donnés de la joie après leurs chagrins ».
« Je rassasierai de graisse l'âme des sacrificateurs, et mon peuple se
rassasiera de mes biens ». Les membres de la prêtrise de l'Église de
Jésus-Christ des saints des derniers jours ne sont pas rémunérés pour leurs
services, et des milliers d'entre eux ont quitté un certain temps leur famille
pour faire du travail missionnaire parmi les nations de la terre à leurs propres
frais et sans aucune rémunération de l'Église, et pourtant, au fond du cœur, ce
sont les mi eux payés de tous les prêtres du monde par la joie et la
satisfaction que le Seigneur leur met au cœur et qu'aucun argent ne pourrait
payer. C'est ainsi qu'il a « rassasié de graisse l'âme des sacrificateurs » et
que son peuple se rassasie de ses biens.
Où ailleurs au monde, où dans les annales de l'histoire peut-on trouver
l’accomplissement de cette prophétie de Jérémie ? Quand cette prophétie a été
faite, Jérémie a peut-être vu plus de choses qu'il ne s'en est déjà réalisées,
mais on pourrait difficilement espérer trouver une réalisation plus littérale
que ce rassemblement des saints des derniers jours dans les vallées des
montagnes.
Prophéties d'Ésaïe concernant Israël dans les derniers jours
Étudions maintenant les prophéties d'Ésaïe concernant le rassemblement d'Israël
dans les derniers jours. Nous avons déjà raconté la visite de l'ange Moroni à
Joseph Smith, au cours de laquelle il cita le chapitre onze d'Ésaïe, en disant
qu'il était sur le point de se réaliser :
En ce jour, le rejeton d'Isaï sera là comme une bannière pour les peuples ; les
nations se tourneront vers lui...
Dans ce même temps, le Seigneur étendra une seconde fois sa main pour racheter
le reste de son peuple...
Il élèvera une bannière pour les nations, il rassemblera les exilés d'Israël, et
il recueillera les dispersés de Juda, des quatre extrémités de la terre. (Ésaïe
11:10-12)
À la lecture de cette Écriture, il est clair qu'Ésaïe pensait au rassemblement
de la postérité de Joseph qui avait été dispersée, parmi les nations des
Gentils, aussi bien qu'au rassemblement des « dispersés de Juda ». Et ce que le
Seigneur ferait en cette matière serait « une bannière pour les nations » :
Il arrivera, dans les derniers jours, que la montagne de la maison de l'Éternel
sera fondée sur le sommet des montagnes, qu'elle s'élèvera par-dessus les
collines, et que toutes les nations y afflueront.
Des peuples s'y rendront en foule, et diront : Venez, et montons à la montagne
de l'Éternel, à la maison du Dieu de Jacob, afin qu'il nous enseigne ses voies,
et que nous marchions dans ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, et de
Jérusalem la parole de l'Éternel. (Es. 2:2, 3)
La maison du Seigneur établie sur le sommet des montagnes
Seuls ceux qui font partie de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers
jours à notre époque peuvent comprendre à quel point cette prophétie s'est
accomplie littéralement. Pour pouvoir jouir des avantages des ordonnances de
scellement accomplies dans « la maison du Dieu de Jacob », les saints se sont
rassemblés d'entre les nations de la terre où les missionnaires ont porté le
message de l'Évangile rétabli du Seigneur Jésus-Christ. La loi du Seigneur sort
de Sion, de même que, à la fin, « de Jérusalem sortira la parole de l'Éternel ».
Cet établissement de la « maison du Seigneur » sur « le sommet des
monta),,tics » et le rassemblement de toutes les nations en ce lieu précéderont
les jugements du Seigneur, qui seront suivis d'une ère où « une nation ne tirera
plus l'épée contre l'autre, et l'on n'apprendra plus la guerre » (voir És. 2:4).
Nous espérons tous que nous approchons du jour où se réalisera la situation
prophétisée par Ésaïe. Du moins, nous savons qu'elle ne s'est pas encore
accomplie.
Les progrès dans les moyens de transport accélèrent le rassemblement d'Israël
En fixant ce moment à notre époque, Ésaïe semblait montrer que le
rassemblement aurait lieu à l'ère du chemin de fer et de l'aviation :
Il élève une barrière pour les peuples lointains, et il en siffle un des
extrémités de la terre : Et voici, il arrive avec promptitude et légèreté.
Nul n'est fatigué, nul ne chancelle de lassitude, personne ne sommeille ni ne
dort ; aucun n'a la ceinture de ses reins détachée, ni la courroie de ses
souliers rompue. Ses flèches sont aiguës, et tous ses arcs sont tendus ; les
sabots de ses chevaux ressemblent à des cailloux, et les roues de ses chars à un
tourbillon.
Son rugissement est comme celui d'une lionne ; il rugit comme des lionceaux, il
gronde et saisit la proie, il l'emporte, et personne ne vient au secours. (Ésaïe
1:26-29)
Comme les trains et les avions n'existaient pas en ce temps-là, il eût été
difficile à Ésaïe de les désigner par leur nom, mais il semble les avoir décrits
en termes fort justes. Comment, mieux que dans un train moderne, « les sabots
des chevaux » « ressemblent-ils » « à des cailloux et les roues des chars à un
tourbillon » ? Comment, mieux que dans le rugissement de l'avion, « son
rugissement » peut-il être « comme celui d'une lionne » ? Les trains et les
avions tic s'arrêtent pas pour la nuit. Ésaïe n'avait-il donc pas raison de dire
que « personne ne sommeille ni ne dort ; aucun n'a la ceinture de ses reins
détachée, ni la courroie de ses souliers rompue » ? Grâce à ce moyen de
transport, le Seigneur peut vraiment « en siffler un des extrémités de la
terre » pour qu'il « arrive avec promptitude et légèreté ».
Ésaïe comprenait aussi que ce rassemblement s'effectuerait dans les montagnes,
et que le Seigneur ferait en sorte que « la solitude s'égaie et fleurisse comme
un narcisse ». Il est curieux de noter, sous ce rapport, le rôle important que
devait jouer l'eau dans la rédemption du désert pour servir de lieu de
rassemblement à l'Israël, tel que l'ont décrit les prophètes :
Le désert et le pays aride se réjouiront ; la solitude s'égaiera et fleurira
comme un narcisse.
Elle se couvrira de fleurs, et tressaillira de joie, avec chants d'allégresse et
cris de triomphe ; la gloire du Liban lui sera donnée, la magnificence du Carmel
et de Saron. Ils verront la gloire de l'Éternel, la magnificence de notre Dieu...
Alors s'ouvriront les yeux des aveugles, s'ouvriront les oreilles des sourds ;
Alors le boiteux sautera comme un cerf, et la langue du muet éclatera de joie.
Car des eaux jailliront dans le désert, et des ruisseaux dans la solitude ;
Le mirage se changera en étang et la terre desséchée en sources d'eaux ; dans le
repaire qui servait de gîte aux chacals, croîtront des roseaux et des joncs...
Les rachetés de l'Éternel retourneront, ils iront à Sion avec chants de
triomphe, et une joie éternelle couronnera leur tête ; l'allégresse et la joie
s'approcheront, la douleur et les gémissements s'enfuiront. (Ésaïe 35:1, 2, 5-7,
10).
Ceci s'est accompli, en partie du moins. Le désert s'est « égayé » et a « fleuri
comme le narcisse ». Des eaux ont jailli « dans le désert » (sources captées) et
des ruisseaux dans la solitude (canaux d'irrigation) et « les rachetés de
l'Éternel » sont retournés et sont venus « à Sion, avec chants de triomphe, et
une joie éternelle couronnant leur tête ».
Ésaïe poursuit ainsi sa description du rassemblement d'Israël et du défrichement
du désert :
Ne crains rien, car je suis avec toi ; je ramènerai de l'Orient ta race, et je
te rassemblerai de l'Occident.
Je dirai au septentrion : Donne ! et au midi : Ne retiens point ! Fais venir mes
fils des pays lointains, et mes filles de l'extrémité de la terre,
Tous ceux qui s'appellent de mon nom, et que j'ai créés pour ma gloire, que j'ai
formés et que j'ai faits...
Voici, je vais faire une chose nouvelle, sur le point d'arriver : Ne la
connaîtrez-vous pas ? Je mettrai un chemin dans le désert et des fleuves dans la
solitude.
Les bêtes des champs me glorifieront, les chacals et les hiboux, parce que
j'aurai mis des eaux dans le désert, des fleuves dans la solitude, pour abreuver
mon peuple, mon élu. Le peuple que je me suis formé publiera mes louanges. (Ésaïe
43:5-7, 19-21)
L'introduction de l'irrigation est-elle un accomplissement de la prophétie ?
« Voici, je vais faire une chose nouvelle ». Quelle est cette chose nouvelle
dont le Seigneur parle par la bouche d'Ésaïe ? Une de ces choses nouvelles ne
pourrait-elle pas être le système d'irrigation que le Seigneur a inspiré à ses
serviteurs d'enseigner à son peuple quand ils pénétrèrent dans les vallées des
montagnes, et qui rendit possible l'accomplissement de ses promesses : « égayer
le désert », le faire « fleurir comme le narcisse », « mettre un chemin dans le
désert » et « des fleuves dans la solitude » ? Les grands canaux d'irrigation
sont plus larges que beaucoup de rivières, dans leur traversée du désert,
permettant la culture de milliers et de dizaine de milliers d'hectares qui sinon
resteraient arides.
Même les bêtes des champs, les chacals et les hiboux le glorifieront, « parce
que j'aurai mis des eaux dans le désert, des fleuves dans la solitude, pour
abreuver mon peuple, mon élu ». Donc, quand le Seigneur ferait cette chose
nouvelle, ce serait pour son peuple, son élu, car, dit-il, « ce peuple que je me
suis formé publiera mes louanges ». Ce que le Seigneur a ainsi fait, en cette
« chose nouvelle » a béni son « peuple », son « élu », d'une telle prospérité,
qu'il lui a été possible d'envoyer la plupart de ses hommes et de ses jeunes
gens en mission dans toutes les nations, porter témoignage du rétablissement de
l'Évangile à notre époque. Il n'est pas douteux que c'est ce que le Seigneur
voulait leur faire faire quand il disait : « Ce peuple que je me suis formé
publiera mes louanges ». Ils deviennent ainsi les « pêcheurs » et les
« chasseurs » mentionnés par Jérémie, envoyés par le Seigneur, selon sa parole,
pour chasser Israël « de toutes les montagnes et de toutes les collines et
des
fentes des rochers » (voir Jér. 16:14-16). Le prophète Ésaïe poursuit :
Je ferai jaillir des fleuves sur les collines, et des sources au milieu des
vallées ; je changerai le désert en étang, et la terre aride en courants d'eau ;
Je mettrai dans le désert le cèdre, l'acacia, le myrte et l'olivier ; je mettrai
dans les lieux stériles les cyprès et le buis, tous ensemble ;
Afin qu'ils voient, qu'ils sachent, qu'ils observent et considèrent que la main
de l'Éternel a fait ces choses, que le Saint d'Israël en est l'auteur. (Ésaïe 41:18-20)
« Je ferai jaillir des fleuves sur les collines ». Ceci peut être une allusion
aux réservoirs construits dans les canyons pour capter les ruissellements d'eau,
afin de l'utiliser pour l'irrigation en été.
« Et des sources au milieu des vallées ». Si vous avez vu quelques-unes des
sources que l'on a fait jaillir dans certaines des vallées asséchées, vous
pouvez comprendre cette partie de la prophétie. Toutes ces réalisations de la
prophétie ont changé à ce point le désert qu'il a été possible d'y planter
différents types d'arbres qui n'y pousseraient pas autrement.
« Afin qu'ils voient, qu'ils sachent, qu'ils observent et considèrent que la
main de l'Éternel a fait ces choses, que le Saint d'Israël en est l'auteur ».
Donc, tout ceci peut être considéré comme l’œuvre du Saint d'Israël, au bénéfice
d'Israël rassemblé dans les derniers jours.
Le désert a fleuri comme le narcisse
Le Seigneur a dû s'occuper beaucoup du développement de cet empire de l'Ouest,
car lorsque Brigham Young et les pionniers étaient en route pour la vallée du
lac Salé, ils rencontrèrent Jim Bridger, un trappeur de l'Ouest, qui leur dit :
« M. Young, je donnerais mille dollars si je savais que l'on peut faire mûrir un
épi de maïs dans le Grand Bassin. » (voir Discours de Brigham Young, p.
493)
Jusqu'en 1843, trois ans avant l'exode, l'opinion de la majorité des États-Unis
était que tout le territoire des Montagnes Rocheuses ne valait pas « une pincée
de tabac à priser ». C'est l'expression employée cette année-là au Sénat par le
sénateur George H. McDuffie, de la Caroline du Sud. À propos de la mise en valeur
de l'Oregon, il déclara :
Qui va faire tout ce chemin, suivre la ligne des postes militaires, pour prendre
possession de la seule partie de ce territoire qui vaille d'être occupée, cette
partie de la côte, une bande de moins de cent milles de largeur. Voyons,
Monsieur, quelle en sera l'utilité du point de vue de l'agriculture ? Je ne
donnerais pas dans ce but une pincée de tabac à priser pour tout ce territoire.
Plût à Dieu que nous ne le possédions pas. (Congressional Globe, 27e Congrès, 3e
session, p. 198-201)
À peu près à l'époque où le sénateur McDuffie faisait cette déclaration, le
prophète Joseph Smith affirmait :
J'ai prophétisé que les saints continueraient à endurer beaucoup d'afflictions
et seraient chassés vers les Montagnes Rocheuses, que beaucoup apostasieraient,
que d'autres seraient mis à mort par nos persécuteurs ou perdraient la vie à
cause du froid ou de la maladie et que quelques-uns d'entre vous vivraient pour
aller aider à fonder des colonies et à construire des villes, et pour voir les
saints devenir un peuple puissant au milieu des Montagnes Rocheuses. (D.H.C.
vol. 5. p. 85)
Puisque le Seigneur pouvait faire en sorte qu'un pays sans valeur, tel que le
décrivait le sénateur McDuffie, se mette à « fleurir comme le narcisse », et
voie les saints « devenir un peuple puissant au milieu des Montagnes
Rocheuses, » ce sont là, à coup sûr, des réalisations plus grandes encore que
quand le Seigneur ouvrit la mer Rouge et conduisit l'antique Israël à pied sec.
À la lumière de ces prophéties bibliques, il semble parfaitement logique que
dans le « rétablissement de toutes choses » (voir Actes 3:21), Moïse soit envoyé
par le Père pour rétablir les clefs du rassemblement d'Israël, car vraiment ceci
constitue en soi une oeuvre merveilleuse et un prodige.
Nous demandons alors : Pourquoi les prophètes ont-ils faits de belles
prédictions, si nous ne devons pas en attendre l'accomplissement ? Ont-elles été
accomplies ? Si oui, où et quand, et par quel peuple, si ce n'est par l'Église
de Jésus-Christ des saints des derniers jours ? Nous devons nous souvenir des
paroles de Pierre :
Et nous tenons pour d'autant plus certaine la parole prophétique, à laquelle
vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu
obscur, jusqu'à ce que le jour vienne à paraître et que l'étoile du matin se
lève dans vos cœurs ;
Sachant tout d'abord vous-mêmes qu'aucune prophétie de l'Écriture ne peut être
l'objet d'interprétation particulière ;
Car ce n'est pas par une volonté d'homme qu'une prophétie a jamais été apportée,
mais c'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de
Dieu. (2 Pierre 1:19-21)
Nous avons donc reçu l'honneur et la responsabilité d'annoncer à celui qui
recherche sincèrement la vérité que nombre de ces prophéties se sont accomplies
et que d'autres sont en voie d'accomplissement et que cela fait partie de la
grande dispensation de l'Évangile dans les derniers jours.
Les prophètes du Livre de Mormon savaient la valeur des prophéties d'Ésaïe, ils
savaient qu'il serait donné au peuple du Seigneur de les comprendre à l'époque
où elles s'accompliraient :
Car les desseins éternels du Seigneur poursuivront leur cours jusqu'à ce que
toutes promesses se soient accomplies.
Sondez les prophéties d'Ésaïe. (Mormon 8:22, 23)
Mais voici, je continue ma propre prophétie, selon ma simplicité ; dans laquelle
je sais que nul ne peut s'égarer. Cependant, le jour où les prophéties d'Ésaïe
s'accompliront, les hommes sauront avec certitude, lorsqu'elles arriveront. C'est pourquoi elles sont d'une grande valeur aux
enfants des hommes, et c'est à celui qui suppose qu'elles ne le sont pas que je
parlerai spécialement. Mais je limiterai ces paroles à mon peuple, parce que je
sais que dans les derniers jours, elles seront pour lui d'un grand prix, car à
ce moment-là, il les comprendra : c'est donc pour son bien que je les ai
rapportées. (2 Néphi 25:7, 8)
Encore une fois, tout ceci, le prophète Joseph Smith l'a reçu par les
révélations que le Seigneur lui a faites, et par le prophète Moïse qui lui fut
envoyé avec les clefs de ce grand rassemblement. Nous prenons la Bible pour
prouver que les vérités ainsi révélées sont en accord avec elle. L'Église de
Jésus-Christ des saints des derniers jours qui annonce le retour de Moïse avec
un message de Dieu, possède le plus grand message qu'il soit possible de
diffuser dans le monde.
CHAPITRE 17 : LA VENUE
D'ÉLIAS
Nous avons parlé de ce jour du 3 avril 1836, où Joseph Smith et Oliver Cowdery
furent visités par les prophètes Moïse et Élie dans le temple de Kirtland. Le
prophète Joseph Smith écrivit, au sujet des événements qui suivirent la visite
de Moïse :
Après cela, Élias apparut et remit la dispensation de l'Évangile d'Abraham,
disant qu'en nous et en notre postérité toutes les générations après nous
seraient bénies. (D&A 110:12)
À cause de sa fidélité, le Seigneur accorda une grande bénédiction à Abraham et
le choisit pour représentant sur terre. Les termes de l'alliance étaient que
tous ceux qui accepteraient dorénavant l'Évangile seraient appelés sa
« postérité » soit qu'ils fussent littéralement ses enfants, soit qu'ils
acceptassent la vérité et fussent comptés parmi ses enfants par adoption. Cette
alliance est énoncée plus clairement dans le livre d'Abraham de la Perle de
grand prix que dans la Genèse :
Mon nom est Jéhovah, et je connais la fin dès le commencement ; c'est pourquoi,
ma main sera au-dessus de toi.
Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai sans mesure, je rendrai ton nom
grand parmi toutes les nations, et tu seras une bénédiction pour ta postérité
après toi, en ceci qu'elle portera, de ses mains, ce ministère et cette prêtrise
à toutes les nations ; Je la bénirai par ton nom, car tous ceux qui recevront
cet Évangile porteront ton nom, seront comptés parmi ta postérité, et se
lèveront et te béniront, toi, leur père. Je bénirai ceux qui te bénissent, et je
maudirai ceux qui te maudissent ; et en toi (c'est-à-dire en ta prêtrise), et en
ta postérité (c'est-à-dire ta prêtrise), car je te fais la promesse que ce droit
continuera en toi et en ta postérité après toi (c'est-à-dire la postérité
littérale ou postérité par le sang), toutes les familles de la terre seront
bénies, oui, des bénédictions de l'Évangile, lesquelles sont les bénédictions du
salut, à savoir la vie éternelle. (Abraham 2:8-11)
La remise de la « dispensation de l'Évangile d'Abraham » par le prophète Élias
avait donc une importance primordiale pour la complète réalisation des promesses
de Jéhovah à la postérité d'Abraham et à ceux qui seraient comptés au nombre de
ses enfants par adoption pour avoir accepté l'Évangile.
Elias et l'esprit d'Élias
À cause de la déclaration que fit Jésus au sujet de Jean-Baptiste, le jour où
celui-ci envoya deux de ses disciples demander au Christ : « Es-tu celui qui
doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Matt. 11:3), d'aucuns
enseignent que Jean et Élias étaient une seule et même personne. Étudions a cet
égard la déclaration faite par Jésus :
Qui êtes-vous donc allés voir ? un prophète ? Oui, vous dis-je, et plus qu'un
prophète.
Car c'est celui dont il est écrit : Voici, j'envoie mon messager devant toi...
Et si vous voulez le comprendre, c'est lui qui est l'Élie* qui devait venir
(Matt. 11:9, 10, 14).
*Elias en réalité. Dans le texte grec du Nouveau Testament les noms de l'Élias
du temps d'Abraham et d'Élie le Thischbite sont rendus uniformément par Élias.
Segond utilise « Élie » dans tous les cas, ndt.
Le Seigneur permit au prophète Joseph Smith de comprendre ce problème en
expliquant que celui qui est envoyé pour préparer le chemin est « un Elias »,
non pas le prophète Élias, mais quelqu'un qui prépare la voie. Donc, dans ce
sens, Jean-Baptiste était un Élias, un précurseur, celui qui avait été envoyé
pour « préparer le chemin de l'Éternel » (Ésaïe 40:3).
Cette explication s'accorde entièrement avec la déclaration que l'ange fit à
Zacharie, lorsqu'il lui promit que sa femme, Élisabeth, lui donnerait un fils
qui serait appelé Jean :
Il sera pour toi un sujet de joie et d'allégresse, et plusieurs se réjouiront de
sa naissance...
Il ramènera plusieurs des fils d'Israël au Seigneur, leur Dieu ;
Il marchera devant Dieu avec l'esprit et la puissance d'Élie [Élias] pour
ramener les cœurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des
justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé. (Luc 1:14, 16, 17)
Ainsi donc, l'ange du Seigneur annonçait que Jean marcherait devant le Seigneur
« avec l'esprit et la puissance d'Élie [Élias] », et c'est ce qu'il fit, mais
pas comme le prophète Élias qui apparut le 3 avril 1836 dans le temple de
Kirtland, avec Moïse et Élie, à Joseph Smith et Oliver Cowdery. Cela est encore
confirmé par le fait que Jean-Baptiste avait antérieurement visité Joseph Smith
et Oliver Cowdery, le 15 mai 1829, et les avait ordonnés à la Prêtrise d'Aaron.
En août 1830, près de six ans avant la visite d'Élias au temple de Kirtland, le
Seigneur, dans une révélation qu'il fit au prophète Joseph Smith, parla de
l'importance des clefs détenues par Élias :
Voici, c'est là sagesse de ma part, c'est pourquoi ne vous étonnez pas, car
l'heure vient où je boirai du fruit de la vigne avec vous sur la terre, et avec
Moroni que je vous ai envoyé pour vous révéler le Livre de Mormon, lequel
contient la plénitude de mon Évangile éternel, à qui j'ai confié les clefs des
annales du bois d'Éphraïm ;
Et aussi avec Élias, à qui j'ai confié les clefs pour réaliser le rétablissement
de toutes les choses relatives aux derniers jours dont tous les saints prophètes
ont parlé depuis le commencement du monde ;
Et aussi Jean, le fils de Zacharie, Zacharie qu'il (Élias) visita et auquel il
donna la promesse qu'il aurait un fils, que son nom serait Jean et qu'il serait
rempli de l'esprit d'Élias. (D&A 27:5-7)
Élie, Élias et Jean sont trois personnes
Pour beaucoup de gens, Élie, Élias et Jean-Baptiste sont une seule et même
personne. Du fait des révélations du Seigneur à Joseph Smith et de l'apparition
de ces trois grands prophètes en personne à Joseph Smith et Oliver Cowdery,
toute incertitude, toute incompréhension ont été dissipées, car nous savons
maintenant que chacun d'eux était un personnage distinct, un prophète du
Seigneur.
Cet éclaircissement n'a donc pas été obtenu par la seule lecture de la Bible,
mais par la visite que ces prophètes ont faite à la terre à notre époque.
C'était une nouvelle étape dans l'accomplissement des paroles de l'apôtre
Pierre, selon lesquelles les cieux devaient recevoir le Christ « jusqu'au temps
du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la bouche
de ses saints prophètes » (Actes 3:11).
CHAPITRE 18 : LA
VÉRITABLE ÉGLISE, UNE ÉGLISE MISSIONNAIRE
L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours soutient que les choses
révélées des cieux par le Seigneur lui-même, et par les anciens prophètes qui
ont visité cette terre et remis les clefs de leurs dispensations respectives au
prophète Joseph Smith, doivent être proclamées au monde. Sinon, comment le monde
les connaîtrait-il ? Comment Israël dispersé peut-il être rassemblé au pays de
son héritage ? Comment l'Évangile peut-il être prêché dans le monde entier pour
servir de témoignage à toutes les nations avant que la fin n'arrive ?
Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru ? Et comment
croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? Et comment en
entendront-ils parler, s'il n'y a personne qui prêche ? Et comment y
aura-t-il des prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés, selon qu'il est écrit :
Qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix, de ceux qui annoncent
de bonnes nouvelles ! (Rom. 10:14, 15)
Il est évident que Paul pensait que le Seigneur enverrait des « prédicateurs »,
c'est-à-dire des missionnaires pour enseigner aux peuples de la terre les choses
qu'il voulait qu'ils sachent. Paul savait aussi que ces prédicateurs ne
pouvaient pas se désigner eux-mêmes, puisqu'il disait : « Et comment y aura-t-il
des prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés ? »
L'importance de cette responsabilité se comprend mieux si l'on se reporte encore
à la vision de Jean le Révélateur concernant le rétablissement de l'Évangile en
ces derniers jours :
Après cela, je regardai, et voici, une porte était ouverte dans le ciel.
La première voix que j'avais entendue, comme le son d'une trompette, et qui me
parlait, dit : Monte ici, et je te ferai voir ce qui doit arriver dans la suite
(Apoc. 4:1). Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un
Évangile éternel, pour l'annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à
toute tribu, à toute langue, et à tout peuple (Apoc. 14:6).
Quand Jean eut la vision de ce qui « doit arriver dans la suite », il vit que
l'« Évangile éternel » (et il ne peut y en avoir d'autre) qui serait apporté sur
cette terre par un ange volant par le milieu du ciel, devrait être prêché « aux
habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout
peuple ». Donc, aucun habitant de la terre n'est négligé ou omis. Quelle mission
et quelle responsabilité formidables ! Mais lorsque le Seigneur a une oeuvre à
accomplir, il prévoit toujours tout le nécessaire pour qu'elle soit accomplie.
Il a prévu le nécessaire, en ce cas, par le rétablissement de l'Évangile à notre
époque par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith.
L’œuvre missionnaire de notre Église est allée de l'avant, souvent au prix de
grands sacrifices.
Depuis les tout premiers temps de l'Église dans les années 1830, jusqu'au milieu
des années 1970, un quart de million d'hommes et de femmes ont rempli une
mission pour l'Église aux États-Unis, dans beaucoup d'autres pays du monde et
dans les îles de la mer. Certains ont rempli deux ou trois missions ou
davantage, le tout à leurs propres frais ou avec le soutien de leurs amis et de
leur famille.
Les missionnaires ne choisissent pas la mission où ils vont être envoyés, ils
vont de bon cœur là où on leur demande d'aller. Aujourd'hui la plupart des
missionnaires travaillent de dix-huit mois à deux ans ; pour ceux qui
travaillent dans un pays où on parle une autre langue que la leur, ceci comprend
une période d'étude intensive dans une mission d'étude des langues. Beaucoup de
missionnaires - jeunes gens, jeunes filles, et même des couples plus âgés -
aspirent depuis leur enfance au moment où ils pourraient servir le Seigneur au
cours d'une mission. Souvent ils ont déjà fait leur service militaire ou été à
l'université, ou les deux. Mais quand l'occasion et l'appel se présentent, ils
vont de bon cœur, heureux de répondre à cet appel du Seigneur. Lorsqu'ils
reviennent parmi les leurs, ces missionnaires témoignent unanimement que le
temps qu'ils ont passé dans le champ de la mission à rendre témoignage du
rétablissement de l'Évangile en ces derniers jours, de la véracité du Livre de
Mormon et de l'appel divin du prophète Joseph Smith, a été le moment le plus
heureux de leur vie.
Lorsque quelqu'un est converti à la vérité par le travail d'un missionnaire, il
désire souvent à son tour remplir une mission au pays ou à l'étranger pour
rembourser dans une certaine mesure le Seigneur des joies nouvelles qui lui
échoient par sa conversion à la vérité. Il n'y a guère de foyers de membres de
l'Église qui n'aient pas apporté leur contribution à la cause missionnaire de
l'Église, et on peut porter au crédit de nombre d'entre eux le fait que le père,
tous ses fils, et souvent ses filles, ont rempli une mission.
La voix d'avertissement à tous les peuples
Le 1er novembre 1831, le Seigneur fit au prophète Joseph Smith une révélai ion
spéciale qu'il appela lui-même « Ma préface au livre de mes commandements » (D&A 1:6) :
Écoute, ô peuple de mon Église, dit la voix de celui qui demeure en haut et dont
les yeux sont sur tous les hommes ; oui, je le dis, en vérité : Écoutez, peuples
lointains, et vous qui êtes dans les îles de la mer, prêtez tous l'oreille.
Car, en vérité, la voix du Seigneur s'adresse à tous les hommes, et il n'en est
aucun qui puisse s'y dérober ; il n'est point d’œil qui ne verra, point
d'oreille qui n'entendra, point de cœur qui ne sera pas pénétré...
La voix d'avertissement ira à tous les peuples par la bouche des disciples que
je me suis choisis en ces derniers jours.
Ils iront, et nul ne les arrêtera, car c'est moi, le Seigneur, qui le leur ai
commandé...
Et en vérité, je vous dis que ceux qui vont porter ces nouvelles aux habitants
de la terre ont reçu le pouvoir de sceller, tant sur la terre que dans les
cieux, les incroyants ci les rebelles ;
Oui, en vérité, de les sceller pour le jour où la colère de Dieu sera déversée
sans mesure sur les méchants.
Pour le jour où le Seigneur viendra rétribuer tous les hommes selon leurs
oeuvres et les mesurer avec la mesure dont ils ont mesuré leur prochain.
C’est pourquoi, la voix du Seigneur retentit jusqu'aux extrémités de la terre,
afin que tous ceux qui veulent entendre, entendent.
Préparez-vous, préparez-vous pour ce qui doit arriver, car le Seigneur est
proche : La colère du Seigneur est allumée, son épée s'est enivrée dans les
cieux et elle tombera sur les habitants de la terre.
Le bras du Seigneur sera révélé, et le jour vient où ceux qui ne veulent pas
écouter la voix du Seigneur ni celle de ses serviteurs et qui ne feront pas
attention aux paroles des prophètes et des apôtres seront retranchés du peuple ;
Afin que la plénitude de mon Évangile soit proclamée par les faibles et les
simples jusqu'aux extrémités de la terre, et devant les rois et les gouverneurs.
(D&A 1:1, 2, 4, 5, 8-14, 23)
On verra donc, que par le rétablissement de l'Évangile et l'établissement de son
Église à notre époque, le Seigneur montre que
(1) l'Évangile doit être porté au monde entier, y compris les îles de la mer,
(2) que « la voix du Seigneur s'adresse à tous les hommes, et il n'en est aucun
qui puisse s'y dérober »,
(3) que ses serviteurs, bien qu'envoyés dans leur faiblesse, recevraient le
pouvoir « de sceller, tant sur la terre que dans les cieux » et
(4) qu'ils sont envoyés pour dire « préparez-vous, préparez-vous pour ce qui
doit arriver, car le Seigneur est proche ». Nous avons donc la chance de vivre
au jour où le royaume se prépare pour l'avènement du Roi.
En février 1829, donc avant l'organisation de l'Église, le Seigneur, dans une
révélation au prophète Joseph Smith, lui parla de l’œuvre merveilleuse qui
allait s'accomplir et de la préparation que devraient subir ses serviteurs pour
se qualifier pour l’œuvre :
Voici, une oeuvre merveilleuse est sur le point de se produire parmi les enfants
des hommes.
C'est pourquoi, ô vous qui vous embarquez dans le service du Seigneur, veillez à
le servir de tout votre cœur, de tout votre pouvoir, de tout votre esprit et de
toutes vos forces afin d'être innocents devant Dieu au dernier jour.
C'est pourquoi, si vous éprouvez le désir de servir Dieu, vous êtes appelés à
l’œuvre ; Car voici, le champ est déjà mûr pour la moisson et voici, celui qui
se sert de sa faucille de toutes ses forces amasse des provisions afin de ne pas
périr, mais apporte le salut à son âme ;
Et la foi, l'espérance, la charité et l'amour, avec le seul souci de la gloire
de Dieu, le qualifient pour l’œuvre.
Souvenez-vous de la foi, de la vertu, de la connaissance, de la tempérance, de
la patience, de la bonté fraternelle, de la sainteté, de la charité, de
l'humilité, de la diligence.
Demandez et vous recevrez ; frappez et l'on vous ouvrira. Amen. (D&A sec.
4)
Dans une autre révélation datant de 1829 le Seigneur dit :
C'est pourquoi vous êtes appelés à crier repentance à ce peuple.
Et s'il arrive que vous travailliez toute votre vie à crier repentance à ce
peuple et que vous m'ameniez ne fût-ce qu'une seule âme, comme votre joie sera
grande avec elle dans le royaume de mon Père ! Et maintenant, si votre joie
doit être grande avec cette seule âme que vous m'aurez amenée dans le royaume de
mon Père, comme elle sera grande si vous m'en amenez beaucoup ! (D&A 18:14-16)
Le 9 février 1831 le Seigneur fit, par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith,
une révélation à certains anciens de l'Église au sujet du travail missionnaire :
Écoutez, ô anciens de mon Église qui vous êtes assemblés en mon nom, à savoir
Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant, le Sauveur du monde, étant donné que vous
croyez en mon nom et gardez mes commandements.
Je vous le dis, de nouveau, prêtez l'oreille, écoutez et obéissez à la loi que
je vais vous donner.
Car en vérité, je le dis, puisque vous vous êtes assemblés selon le commandement
que je vous avais donné, que vous êtes d'accord en ce qui concerne ce sujet
particulier et que vous avez demandé au Père en mon nom, ainsi donc, vous allez
recevoir. Voici, en vérité, je vous le dis, je vous donne ce premier
commandement que vous irez en mon nom, chacun de vous, à l'exception de mes
serviteurs Joseph Smith fils, et Sidney Rigdon...
Et vous irez, dans le pouvoir de mon Esprit, prêchant mon Évangile, deux par
deux, en mon nom, élevant la voix comme avec le son d'une trompette, proclamant
ma parole, comme des anges de Dieu.
Et vous irez, baptisant d'eau, disant : Repentez-vous, repentez-vous, car le
royaume des cieux est proche. (D&A 42:1-4, 6, 7)
Depuis ce temps jusqu'à nos jours, les anciens de l'Église s'en vont « deux par
deux » comme le Seigneur l'a commandé. Il a encore précisé dans cette même
révélation que personne ne peut s'en aller prêcher l'Évangile s'il n'est pas
ordonné :
De plus, je vous dis qu'il ne sera donné à aucun homme d'aller prêcher mon
Évangile OU d'édifier mon Église, s'il n'est ordonné par quelqu'un qui a
l'autorité et dont l'Église sait qu'il a l'autorité et a été régulièrement
ordonné par les chefs de l'Église. (D&A 42:11)
Le Seigneur a donné pour instruction à quiconque est averti d'avertir son
voisin :
Voici, je vous envoie témoigner et avertir le peuple, et il convient que
quiconque a été averti mette son prochain en garde.
C’est pourquoi, ils restent sans excuse et leurs péchés sont sur leur propre
tête. (D&A 88:81, 82)
Le Seigneur donna encore aux anciens de son Église beaucoup d'autres
instructions et directives concernant cette grande responsabilité qui leur
incombait de porter le message de l'Évangile à tous les habitants de la terre ;
la plupart d'entre elles sont contenues dans les Doctrine et Alliances.
Le prophète Néphi, qui vécut sur le continent américain vers 600 av. J.-C., eut
la bénédiction d'avoir la vision de notre époque et de l'arrivée des annales de
son peuple (le Livre de Mormon) auprès des Gentils des derniers jours :
Et bénis sont ceux qui cherchent à établir ma Sion en ce jour-là, car ils auront
le don et le pouvoir du Saint-Esprit ; et s'ils persévèrent jusqu'à la fin, ils
seront exaltés au dernier jour, et ils seront sauvés dans le royaume éternel de
l'Agneau ; et ceux qui annonceront la paix, oui, la bonne nouvelle d'une grande
joie, qu'ils seront beaux sur les montagnes ! (1 Néphi 13:37)
Aucune Église, à part l'Église que Jésus a établie au midi des temps, n'a jamais
pris la responsabilité d'une telle oeuvre missionnaire et porté l'Évangile de
Jésus-Christ « à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple »
comme l'a fait l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Les
missionnaires de notre Église vont de porte en porte, de ville en ville, de pays
en pays, pour exécuter les instructions du Seigneur reçues de lui par le
rétablissement de l'Évangile. Ils ne cessent de faire ceci depuis l'organisation
de l'Église. Ils continueront de le faire jusqu'à ce que le chef de l'Église,
Jésus-Christ, vienne sur les nuées du ciel réclamer son Royaume.
Prêcher le royaume de Dieu
Jésus a donné à ses disciples les signes de sa seconde venue et de la fin du
monde : « Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier,
pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin » (Matt.
24:14).
Jésus savait parfaitement qu'il était nécessaire que l'Évangile fût prêché à
toutes les nations, et que cela ne pouvait se faire qu'au prix de grands
sacrifices, ainsi qu'il apparaît de ses propres déclarations :
Puis il dit à tous : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à
lui-même, qu'il se charge chaque jour de sa croix, et qu'il me suive.
Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause
de moi la sauvera. (Luc 9:23, 24)
Pendant qu'ils étaient en chemin, un homme lui dit : Seigneur, je te suivrai
partout où tu iras.
Jésus lui répondit : Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont
des nids, mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. (Luc 9:57, 58)
En d'autres termes, il semble que Jésus voulait faire nettement comprendre à cet
homme et à tous les autres qui désireraient éventuellement le suivre à l'avenir
dans le ministère (et nous pensons que c'est pour cette raison que cette
déclaration est devenue scripturaire), qu'il n'avait rien à leur offrir dans le
genre rémunération pécuniaire s'ils le suivaient, même pas une place pour
reposer leur tête.
Il dit à un autre : Suis-moi. Et il répondit : Seigneur, permets-moi d'aller
d'abord ensevelir mon père.
Mais Jésus lui dit : Laisse les morts ensevelir leurs morts ; et toi, va
annoncer le royaume de Dieu.
Un autre dit : Je te suivrai, Seigneur, mais permets-moi d'aller d'abord prendre
congé de ceux de ma maison.
Jésus lui répondit : Quiconque met la main à la charrue, et regarde en arrière,
n'est pas propre au royaume de Dieu. (Luc 9:59-62)
Autrement dit, Jésus voulait faire comprendre que rien ne devait faire obstacle
à la prédication du royaume de Dieu, même pas le soin des morts, même pas le
besoin de dire « au revoir ».
Après cela, le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples, et il les
envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et dans tous les lieux où
lui-même devait aller.
Il leur dit : La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers. Priez donc le
maître de la maison d'envoyer des ouvriers dans sa moisson. (Luc 10:1, 2)
Ceci nous apprend quelle est l'étendue de la moisson et combien peu nombreux
sont les ouvriers. Néanmoins, les hommes doivent être désignés et envoyés : ils
ne se désignent ni ne s'envoient eux-mêmes. Il les a envoyés « deux à deux ».
C'est de cette façon que les missionnaires de l'Église de Jésus-Christ des
saints des derniers jours effectuent leur service depuis que l’Église est
organisée.
Jésus instruisit ensuite les soixante-dix de leurs tâches missionnaires :
comment ils voyageraient, ce qu'ils emporteraient avec eux et ce qu'ils
diraient, leur disant ce qu'ils devaient faire quand ils entraient dans un foyer
sur lequel « leur paix reposerait » :
Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu'on vous donnera ; car
l'ouvrier mérite son salaire. N'allez pas de maison en maison.
Dans quelque ville que vous entriez, et où l'on vous recevra, mangez ce qui vous
sera présenté,
Guérissez les malades qui s'y trouveront, et dites-leur : Le royaume de Dieu
s'est approché de vous. (Luc 10:7-9)
C’est de cette déclaration du Maître, que les ecclésiastiques des Églises
d'aujourd'hui se sont prévalus pour prêcher pour de l'argent, « car l'ouvrier
mérite son salaire ». Mais on notera que Jésus dit nettement que ce salaire doit
être accepté sous forme de nourriture et de logement de la part de ceux a qui
ils prêchent l'Évangile du royaume, tout en allant de maison en maison en tant
que missionnaires.
Jésus poursuivit :
Celui qui vous écoute m'écoute, et celui qui vous rejette me rejette ; et celui
qui me rejette rejette celui qui m'a envoyé.
Les soixante-dix revinrent avec joie, disant : Seigneur, les démons mêmes nous
sont soumis en ton nom. (Luc 10:16, 17)
On remarquera que « les soixante-dix revinrent avec joie ; il en est de même des
missionnaires de notre époque qui ont été désignés et envoyés avec le message de
l'Évangile rétabli auprès des nations de la terre.
Examinons un instant l'organisation des Églises d'aujourd'hui. Quelles me-,tires
ont-elles prises pour que « I'Évangile du royaume » soit « prêché dans le monde
entier, pour servir de témoignage à toutes les nations » ? (Matt. 24:14). Si une
Église quelconque possède la vérité, il ne suffit pas qu'elle enseigne cette
vérité aux nations païennes, comme certaines essaient de le taire très
faiblement, mais encore faut-il qu'elles enseignent la vérité aux membres des
autres Églises, car nous devons « tous [parvenir] à l'unité de la toi : Afin que
nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine,
par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction » (Éph.
4:14).
Tout homme de bonne foi doit admettre que les soi-disant chrétiens d'aujourd’hui
ne sont pas « parvenus à l'unité de la foi ». Le Christ aurait-il échoué ?
A-t-il modifié ses doctrines ? Non ! Ce sont les hommes qui les ont changées.
Ce jour est encore à venir pour lequel Jésus enseigna à ses disciples de prier :
« Que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel »
(voir Matthieu 6:10). Mais ce jour ne pourrait arriver si le Seigneur n'envoyait
pas ses serviteurs dans le monde entier prêcher « I'Évangile éternel aux
habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout
peuple » (Apoc. 14:6).
Voyez quelle puissance représenteraient dans le monde les Églises qui se disent
chrétiennes si tous leurs ecclésiastiques étaient dûment appelés de Dieu,
enseignaient les mêmes doctrines et travaillaient de concert à l'établissement
de son royaume.
Dans les instructions qu’il envoya aux membres de l'Église à Corinthe, l'apôtre
Paul dit :
Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, à tenir tous
un même langage, et à ne point avoir de divisions parmi vous, mais à être
parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment. (1 Cor. 1:10)
Il est évident que les ecclésiastiques dits chrétiens d'aujourd'hui se sont
écartés des instructions de Paul en la matière. Il n'est pas étonnant que les
nations païennes soient perplexes quand le Christianisme leur est présenté !
Comme la direction de la prêtrise semble appartenir à Joseph, le fils de Jacob,
et à sa postérité, il est normal que l'Évangile, qui comprend la prêtrise, ait
été rétabli en ces derniers jours par l'intermédiaire d'un descendant de Joseph.
Consultons la promesse de Moïse à Joseph :
Sa gloire est comme le premier-né de son taureau ; ses cornes sont les cornes du
buffle ; avec elles il rassemblera les peuples aux confins de la terre : et ce
sont les myriades d'Éphraïm, ce sont les milliers de Manassé. (Deut. 33:17)
La promesse de Moïse est en voie d'accomplissement depuis le rétablissement de
l'Église du Christ en 1830. La postérité de Joseph, à qui la prêtrise de Dieu a
été rendue, « rassemble les peuples aux confins de la terre : et ce sont les
myriades d'Éphraïm, ce sont les milliers de Manassé ». On remarquera donc que
cela suppose un vaste programme missionnaire. Nous nous demandons si, à l'époque
où Moïse fit sa prédiction, il aurait pu y avoir un endroit du monde qui aurait
paru plus proche des « confins de la terre » que les montagnes d'Éphraïm,
c'est-à-dire les vallées des Montagnes Rocheuses.
Lorsque nous avons discuté du rassemblement d'Israël, nous avons rappelé la
prophétie de Jérémie dans laquelle celui-ci disait que le rassemblement d'Israël
dans les derniers jours dépasserait de loin en importance l'exode des enfants
d'Israël du pays d'Égypte, ce qui ne pouvait s'accomplir que par un programme
missionnaire de grande envergure :
Voici, j'envoie une multitude de pêcheurs, dit l'Éternel, et ils les pêcheront ;
et après Ce la j'enverrai une multitude de chasseurs, et ils les chasseront de
toutes les montagnes et de toutes les collines, et des fentes des rochers. (Jér.
16:16)
Lorsque le Seigneur appelle ses serviteurs et les fait « pêcheurs » et
« chasseurs », il fait vraiment pour eux quelque chose qu'aucun mortel ne peut
faire de son propre pouvoir. Ils sont appelés à partir « avec l'esprit et la
puissance d'Élias », comme le fut jadis Jean-Baptiste, car ils sont envoyés pour
préparer la voie pour la venue du Seigneur.
Toutes les nations doivent entendre la parole du Seigneur
Après sa crucifixion et sa résurrection, juste avant son ascension, Jésus donna
à ses disciples ses dernières instructions.
Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père,
du Fils et du Saint-Esprit,
Et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis
avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. (Matt. 28:19-20)
Jésus n'a jamais annulé ces instructions ni sa promesse. C'est pourquoi, quand
l'Église de Jésus-Christ se trouve sur terre avec l'autorité d'agir en son nom,
cette promesse suit ceux qui sont envoyés instruire toutes les nations. Nul ne
peut mieux témoigner de cette vérité que les missionnaires de I'Église de
Jésus-Christ des saints des derniers jours. On pourrait écrire des livres
entiers sur la manière merveilleuse dont les missionnaires sont soutenus dans
leur ministère. La voie est ouverte, par laquelle les missionnaires sont
conduits jusqu'à celui qui recherche sincèrement la vérité, dans leurs efforts
pour rassembler Israël dispersé, car vraiment ils sont envoyés pour le
« pêcher » et le « chasser » de toutes les montagnes et de toutes les collines
et des fentes des rochers.
Pour illustrer la manière dont le Seigneur tient sa promesse : « Et voici, je
suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde », nous citons cet extrait
d'une vision que le prophète Joseph Smith eut au temple de Kirtland, le jeudi 21
janvier 1836 :
Je vis les douze apôtres de l'Agneau, qui se trouvent maintenant sur terre,
qui détiennent les clefs de ce dernier ministère, dans les pays étrangers,
debout en cercle, bien fatigués, les vêtements déchirés et les pieds enflés, les
yeux baissés, et Jésus au milieu d'eux, et ils ne le voyaient pas. Le Sauveur
les contemplait et pleurait. Je vis aussi frère M'Lellin, dans le sud debout sur
une colline, entouré d'une grande foule, et il leur prêchait, et il y avait
devant lui un paralytique soutenu par ses béquilles ; il les jeta sur son ordre,
et se mit à courir comme un cerf, par la grande puissance de Dieu. Je vis encore
frère Brigham Young, qui se trouvait dans un pays étrange, loin au sud-ouest,
dans un endroit désert sur un rocher au milieu d'une douzaine d'hommes de
couleur à l'air hostile. Il leur prêchait dans leur propre langue, et l'ange de
Dieu se tenait au-dessus de sa tête, une épée nue à la main, et le protégeait,
mais lui ne le voyait pas. (DHC, vol. 2, p. 381)
En vertu de cette puissante promesse, l’œuvre missionnaire de son Église
progresse sur terre, prenant plus de vitesse d'une année à l'autre. Le nombre
des missionnaires est en augmentation et continuera d'augmenter jusqu'à ce que
les royaumes de ce monde deviennent le royaume de notre Dieu, et que le Christ
vienne réclamer son royaume comme l'ont déclaré les prophètes.
Le programme missionnaire de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers
jours est un des plus grands mouvements, une des plus grandes entreprises
spirituelles que ce monde ait jamais connues. Le prophète Joseph Smith n'a pas
reçu cette grande mission en lisant les Écritures, mais par les révélations du
Seigneur à notre époque.
Par conséquent, pour ceux qui sont envoyés en son nom à notre époque, la
promesse est la même que celle faite jadis par Jésus aux soixante-dix :
Celui qui vous écoute m'écoute, et celui qui vous rejette me rejette ; et celui
qui me rejette rejette celui qui m'a envoyé. (Luc 10:16)
CHAPITRE 19 :
DIFFÉRENCES FONDAMENTALES ENTRE LE SALUT ET LA VIE ÉTERNELLE
Un seul ciel et un seul enfer
Une des plus grandes erreurs contenues dans les enseignements des religions
chrétiennes est la doctrine d'un seul ciel et d'un seul enfer, selon laquelle
tous ceux qui vont au ciel reçoivent une part, tous la même, et tous ceux qui ne
réussissent pas à aller au ciel sont envoyés en enfer où ils reçoivent une part,
tous la même.
Cette pensée a amené beaucoup de gens à se figurer que, bien que leur vie ne
soit pas tout à fait ce qu'elle devrait, ils sont aussi bons, sinon meilleurs,
que la moyenne. Ils se figurent ainsi que tout ira bien pour eux. Si cette
doctrine est vraie, il est évident qu'il faut tirer une ligne quelque part, et
plus on approche de cette ligne, plus petite est la différence entre ceux qui
franchissent la ligne et entrent au ciel, et ceux qui n'y arrivent pas tout à
fait et doivent donc être envoyés en enfer. Une telle doctrine n'a pas le
pouvoir motivateur ou stimulant pour pousser ou encourager les hommes à faire
tout leur possible, mais plutôt à se tenir pour satisfaits quand ils ont fait
aussi bien que la moyenne. Une telle doctrine n'attribue aucune valeur à ce qui
dépasse la moyenne en matière de dévouement, d'obéissance aux commandements du
Seigneur, ou de développement de ses talents et de leur consécration à son
service.
Plusieurs demeures, ou degrés, dans le ciel
Jésus a enseigné à ses disciples : Il y a plusieurs demeures dans la maison de
mon Père : Si cela n'était pas, je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une
place (Jean 14:2).
S'il n'y avait qu'un seul ciel et que tous ceux qui y vont aient la même part,
quel manque de logique ce serait, de la part de Jésus, ne fût-ce que de laisser
entendre qu'il allait préparer une place pour ses disciples, et d'ajouter, en
outre : « il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père ».
Donc, puisqu'il y a plusieurs demeures dans la maison de son Père, il est bon que
nous y prêtions attention.
L'apôtre Paul nous a communiqué qu'il connaissait un homme en Christ qui fut
ravi jusqu'au troisième ciel. Si nous lisons soigneusement cette Écriture, nous
découvrirons que Paul lui-même était cet homme :
Je connais un homme en Christ, qui fut, il y a quatorze ans, ravi jusqu'au
troisième ciel (si ce fut dans son corps je ne sais, si ce fut hors de son
corps, je ne sais, Dieu le sait).
Et je sais que cet homme (si ce fut dans son corps ou sans son corps je ne sais,
Dieu le sait)
Fut enlevé dans le paradis, et qu'il entendit des paroles ineffables qu'il n'est
pas permis à un homme d'exprimer. (2 Cor. 12:2-4)
Il est évident qu'il ne peut y avoir un troisième ciel que s'il y a un premier
et un deuxième ciel. Nous avons donc trois cieux, plus le paradis et l'enfer
dont on parle si souvent dans les Écritures, ce qui fait au moins cinq endroits
où nous pouvons aller après la mort.
Paul a fait une description merveilleuse de la résurrection :
Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres ; mais autre est l'éclat
des corps célestes, autre celui des corps terrestres.
Autre est l'éclat du soleil, autre l'éclat de la lune, et autre l'éclat des
étoiles ; même une étoile diffère en éclat d'une autre étoile.
Ainsi en est-il de la résurrection des morts. (1 Cor. 15:40-42)
Est-il possible d'être plus clair ? Il y a une gloire du soleil, ou gloire
céleste ; une autre gloire comparable à la lune, ou gloire terrestre ; et une
autre gloire comparable aux étoiles, ou gloire téleste, comme nous
l'apprendrons ; et si « une étoile diffère en éclat d'une autre étoile », ainsi
en est-il « de la résurrection des morts ». Ceci nous apprend qu'à la
résurrection, la grande foule sera semblable aux étoiles du ciel, et de même que
les oeuvres auront différé en importance et en fidélité ici-bas, de même aussi
différera la situation dans la résurrection, de même que les étoiles du ciel
diffèrent en gloire.
La gloire céleste
Lorsque Paul eut cette vision du troisième ciel et du paradis, il déclara qu'il
« entendit des paroles ineffables qu'il n'est pas permis d'exprimer ». Il ne
nous est rapporté nulle part que Paul ait jamais décrit en détail ce qu'il vit
dans cette vision, car il ne fut pas autorisé à « exprimer » ce qu'il vit. Cette
vision de Paul ne nous indique pas quelles qualifications sont requises pour
nous permettre d'accéder aux différents cieux ou au paradis. Elles furent
toutefois révélées le 16 février 1832, à Joseph Smith, le prophète, et à Sidney
Rigdon, à Hiram, en Ohio. Le prophète fut autorisé à rapporter une grande partie
de ce qu'il vit. Nous recommandons la lecture de toute cette révélation, appelée
« la Vision », qui est rapportée à la section soixante-seize des
Doctrine et Alliances, et dont nous citons ce qui suit :
Nous, Joseph Smith, fils, et Sidney Rigdon, étant dans l'Esprit le seizième jour
de février de l'an de grâce mil huit cent trente-deux :
Par le pouvoir de l'Esprit nos yeux furent ouverts et notre esprit fut éclairé
de manière à voir et à comprendre les choses de Dieu :
À savoir ce qui était dès le commencement avant que le monde fût, qui fut
institué, par le Père, par l'intermédiaire de son Fils unique, qui était dès le
commencement, dans le sein du Père,
De qui nous rendons témoignage ; et le témoignage que nous rendons est la
plénitude de l'Évangile de Jésus-Christ, qui est le Fils, que nous avons vu et
avec qui nous avons conversé dans la vision céleste...
Et nous rendons de nouveau témoignage, car nous vîmes et entendîmes, et voici le
témoignage de l'Évangile du Christ concernant ceux qui se lèveront à la
résurrection des justes.
Ce sont ceux qui ont reçu le témoignage de Jésus, ont cru en son nom, ont été
baptisés à la manière de sa sépulture, ayant été ensevelis dans l'eau en son
nom, selon le commandement qu'il a donné
Afin qu'en gardant les commandements, ils soient lavés et purifiés de tous leurs
péchés et reçoivent le Saint-Esprit par l'imposition des mains de celui qui est
ordonné et scellé à ce pouvoir ;
Qui vainquent par la foi et qui sont scellés par le Saint-Esprit de promesse,
que le Père répand sur tous ceux qui sont justes et fidèles.
Ce sont ceux qui sont l'Église du Premier-né.
Ce sont ceux entre les mains desquels le Père a tout remis.
Ce sont ceux qui sont prêtres et rois, qui ont reçu de sa plénitude et de sa
gloire ; Et sont prêtres du Très-Haut, selon l'ordre de Melchisédek, qui était
selon l'ordre d'Énoch, qui était selon l'ordre du Fils unique.
C'est pourquoi, comme il est écrit, ils sont dieux, oui, les fils de Dieu
C'est pourquoi tout est à eux, que ce soit la vie ou la mort, le présent ou
l'avenir, tout est à eux, et ils sont au Christ et le Christ est à Dieu.
Et ils vaincront tout.
Que l'homme ne se glorifie donc pas de l'homme, qu'il se glorifie plutôt de Dieu
qui mettra tous ses ennemis sous ses pieds.
Ceux-là demeureront pour toujours et à jamais dans la présence de Dieu et de son
Christ.
Ce sont ceux qu'il amènera avec lui, lorsqu'il viendra dans les nuées du ciel
pour régner sur la terre sur son peuple.
Ce sont ceux qui auront part à la première résurrection.
Ce sont ceux qui se lèveront lors de la résurrection des justes.
Ce sont ceux-là qui sont venus au mont de Sion et à la ville du Dieu vivant, le
lieu céleste, le plus saint de tous.
Ce sont ceux qui ont rejoint une multitude innombrable d'anges, l'assemblée
générale et l'Église d'Énoch et du Premier-né.
Ce sont ceux dont le nom est écrit dans les cieux, où Dieu et le Christ sont les
juges de tous.
Ce sont les justes rendus parfaits par l'intermédiaire de Jésus, le médiateur de
la nouvelle alliance, qui accomplit cette expiation parfaite par l'effusion de
son propre sang.
Ce sont ceux dont les corps sont célestes, dont la gloire est celle du soleil, à
savoir la gloire de Dieu, la plus haute de toutes, dont il est écrit que le
soleil du firmament en est le type. (D&A 76:11-14, 50-70)
La gloire terrestre
Ensuite nous vîmes le monde terrestre, et voici, ce sont ceux qui sont du
terrestre, dont la gloire diffère de celle de l'Église du Premier-né qui a reçu
la plénitude du Père, de même que la gloire de la lune diffère de celle du
soleil dans le firmament. Voici, ce sont ceux qui sont morts sans loi.
Et aussi ceux qui sont les esprits des hommes gardés en prison que le Fils
visita et à qui il prêcha l'Évangile, afin qu'ils fussent jugés selon les hommes
dans la chair ; Qui n'ont pas accepté le témoignage de Jésus dans la chair mais
qui l'ont accepté ensuite.
Ce sont les hommes honorables de la terre, qui ont été aveuglés par la ruse des
hommes.
Ce sont ceux qui reçoivent de sa gloire, mais pas de sa plénitude.
Ce sont ceux qui reçoivent de la présence du Fils, mais pas de la plénitude du
Père. C'est pourquoi ce sont des corps terrestres et non pas des corps célestes
et ils diffèrent en gloire comme la lune diffère du soleil.
Ce sont ceux qui ne sont pas vaillants dans le témoignage de Jésus, c'est
pourquoi ils n'obtiennent pas la couronne du royaume de notre Dieu.
Et c'est là la fin de la vision que nous eûmes des terrestres, que le Seigneur
nous ordonna d'écrire pendant que nous étions encore dans l'Esprit. (D&A
76:71-80)
La gloire téleste
Et ensuite nous vîmes la gloire des télestes qui est la moindre, de même que la
gloire des étoiles diffère de la gloire de la lune dans le firmament.
Ce sont ceux qui n'ont pas accepté l'Évangile du Christ, ni le témoignage de
Jésus. Ce sont ceux qui ne renient pas le Saint-Esprit.
Ce sont ceux qui sont précipités dans l'enfer.
Ce sont ceux qui ne seront délivrés des mains du diable qu'à la dernière
résurrection, que quand le Seigneur, c'est-à-dire le Christ, l'Agneau, aura
terminé son oeuvre. Ce sont ceux qui ne reçoivent pas de sa plénitude dans le
monde éternel, mais qui reçoivent du Saint-Esprit par le ministère des
terrestres.
Et les terrestres reçoivent par le ministère des célestes.
Et les télestes le reçoivent aussi par le ministère d'anges, qui sont chargés de
les servir ou qui sont désignés pour être les esprits qui les servent, car ils
seront héritiers du salut.
Et ainsi nous vîmes dans la vision céleste la gloire des télestes, qui défie
toute compréhension. Et nul ne la connaît, si ce n'est celui à qui Dieu l'a
révélée. (D&A 76:81-90)
Différenciation des degrés de gloire et définitions
On remarquera que tous ceux qui héritent l'une quelconque des gloires décrites
ci-dessus « seront héritiers du salut » (voir verset 88). Mais quelle différence
entre les récompenses ou gloires qui les attendent, une différence aussi grande
que celle qui existe entre la gloire ou lumière du soleil et de la lune, ou
entre celle de la lune et celle des étoiles.
Il faut cependant se souvenir que seuls « ceux qui sont l'Église du Premier-né »
sont les héritiers de la gloire céleste (voir D&A 76:54), et que ce sont ceux
« qu'il amènera avec lui lorsqu'il viendra dans les nuées du ciel pour régner
sur la terre sur son peuple » (verset 63) et ceux qui « auront part à la
première résurrection » (verset 64 ; voir aussi D&A 45:54).
Nous en déduisons que l'Évangile sera prêché à toute la création afin qu'elle
puisse obtenir la gloire céleste si elle le veut.
Le prophète continue sa description des différences entre ces gloires :
Et ainsi nous vîmes la gloire des terrestres, qui excelle en toutes choses la
gloire des télestes, en gloire, en pouvoir, en puissance et en domination.
Et ainsi nous vîmes la gloire des célestes qui excelle en toutes choses - où
Dieu, à savoir le Père règne sur son trône pour toujours et à jamais.
Devant le trône duquel tout s'agenouille en une humble vénération et lui rendent
gloire pour toujours et à jamais.
Ceux qui demeurent en sa présence sont l'Église du Premier-né, et ils voient
comme ils sont vus, et ils connaissent comme ils sont connus, car ils ont reçu
de sa plénitude et de sa grâce.
Et il les rend égaux en pouvoir, en puissance et en domination.
La gloire des célestes est une, tout comme la gloire du soleil est une.
Et la gloire des terrestres est une, tout comme la gloire de la lune est une.
Et la gloire des télestes est une, tout comme la gloire des étoiles est une,
comme une étoile diffère en gloire d'une autre étoile, ainsi, dans le monde
téleste, l'un diffère en gloire de l'autre.
Car ce sont ceux qui sont de Paul, d'Apollos et de Céphas.
Ce sont ceux qui se disent de celui-ci ou de celui-là, les uns du Christ, les
autres de Jean, d'autres de Moïse, d'autres d'Élie, d'autres d'Ésaïas, et
d'autres d'Énoch,
Mais qui n'ont pas accepté l'Évangile, ni le témoignage de Jésus, ni les
prophètes, ni l'alliance éternelle.
Enfin, ce sont tous ceux qui ne seront pas rassemblés avec les saints pour être
enlevés dans l'Église du Premier-né et reçus dans la nuée.
Ce sont les menteurs, les sorciers, les adultères, les fornicateurs, et tous
ceux qui aiment et pratiquent le mensonge.
Ce sont ceux qui subissent la colère de Dieu sur terre.
Ce sont ceux qui subissent la vengeance du feu éternel.
Ce sont ceux qui sont précipités en enfer et qui subissent la colère du Dieu
tout-puissant, jusqu'à la plénitude des temps quand le Christ aura mis tous ses
ennemis sous ses pieds et aura parachevé son oeuvre.
Quand il remettra le royaume et le présentera sans tâche au Père, disant : J'ai
vaincu et foulé seul au pressoir, oui, au pressoir de l'indignation et de la
colère du Dieu tout-puissant.
Alors il sera couronné de la couronne de sa gloire et s'assiéra sur le trône de
son pouvoir pour régner pour toujours et à jamais.
Mais voici, nous vîmes la gloire et les habitants du monde téleste, et ils
étaient aussi innombrables que les étoiles du firmament ou que le sable sur les
bords de la mer. Et nous entendîmes la voix du Seigneur qui disait : Tous
ceux-ci fléchiront le genou, et toute langue se confessera à celui qui est assis
sur le trône pour toujours et à jamais ;
Car ils seront jugés selon leurs oeuvres, et chacun recevra selon ses propres
oeuvres sa propre domination dans les demeures qui sont préparées.
Et ils seront les serviteurs du Très-Haut ; mais ils ne peuvent aller aux
siècles des siècles, là où Dieu et le Christ demeurent,
C'est là la fin de la vision que nous eûmes qu'il nous fût commandé d'écrire
pendant que nous étions encore dans l'Esprit.
Mais grandes et merveilleuses sont les oeuvres du Seigneur et les mystères de
son royaume qu'il nous a montrés et qui surpassent tout entendement en gloire,
en puissance et en domination.
Qu'il nous a commandé de ne pas écrire pendant que nous étions encore dans
l'Esprit et qu'il n'est pas permis à l'homme d'exprimer.
Et l'homme n'est pas à même de les faire connaître, car ils ne peuvent être vus
et compris que par le pouvoir du Saint-Esprit que Dieu accorde à ceux qui
l'aiment et se purifient devant lui ;
À qui il accorde ce privilège de voir et de savoir par eux-mêmes ;
Afin que par le pouvoir et la manifestation de l'Esprit, pendant qu'ils sont
dans la chair, ils soient capables de supporter l'éclat de sa présence dans le
monde de gloire. Et gloire, honneur et puissance soient à Dieu et à l'Agneau
pour toujours et à jamais. Amen. (D&A 76:91-119)
Les fils de perdition
Dans cette vision, le Seigneur révèle aussi qui sont les fils de perdition :
Et nous vîmes ceci aussi, et nous en rendons témoignage, qu'un ange de Dieu, qui
détenait de l'autorité en la présence de Dieu, qui se révolta contre le Fils
unique que le Père aimait et qui était dans le sein du Père, fut précipité loin
de la présence de Dieu et du Fils,
Et fut appelé Perdition , car les cieux pleurèrent sur lui : c'était Lucifer un
fils du matin.
Et nous regardâmes, et voici, il est tombé ! tombé, lui, un fils du matin !
Et tandis que nous étions encore en Esprit, le Seigneur nous commanda d'écrire
la vision, car nous vîmes Satan, ce vieux serpent, oui, le diable, qui se
révolta contre Dieu et chercha à prendre le royaume de notre Dieu et de son
Christ :
C’est pourquoi il fait la guerre aux saints de Dieu et les assiège de toutes
parts.
Et nous eûmes la vision des souffrances de ceux à qui il fit la guerre et qu'il
vainquit, car la voix du Seigneur nous parvint disant :
Ainsi dit le Seigneur concernant tous ceux qui connaissent mon pouvoir et à qui
il a été donné d'y prendre part, qui ont permis au pouvoir du diable de les
vaincre et de leur faire renier la vérité et défier mon pouvoir :
Ce sont ceux qui sont les fils de perdition, de qui je déclare qu'il aurait
mieux valu pour eux qu'ils ne fussent jamais nés ;
Car ils sont des vases de colère, condamnés à subir la colère de Dieu dans
l'éternité avec le diable et ses anges ;
À propos desquels j'ai dit qu'il n'y a pas de pardon dans ce monde ni dans le
monde à venir :
Car ils ont renié le Saint-Esprit après l'avoir reçu, ont renié le Fils unique
du Père, l'ont crucifié et l'ont exposé à l'ignominie.
Ce sont ceux qui s'en iront dans le lac de feu et de soufre avec le diable et
ses anges, les seuls sur lesquels la seconde mort aura un pouvoir quelconque :
Oui, en vérité, les seuls qui ne seront pas rachetés au temps fixé par le
Seigneur, après avoir souffert sa colère. (D&A 76:25-38)
Dans son commentaire de cette glorieuse vision, l'une des plus inspirantes et
des plus révélatrices que le Seigneur ait jamais données à ses prophètes en les
autorisant à la rapporter, le prophète Joseph Smith écrit :
Rien ne pouvait être plus agréable aux saints à propos de l'ordre du royaume du
Seigneur, que la lumière qui jaillit sur le monde grâce à la vision qui précède.
Toutes les lois, tous les commandements, toutes les promesses, toutes les
vérités, tous les points en rapport avec la destinée de l'homme, de la Genèse à
l'Apocalypse, où la pureté des Écritures n'a pas été souillée par la folie des
hommes, concourent à montrer la perfection de la théorie [de différents degrés
de gloire dans la vie future] et témoignent du fait que ce document est une
transcription des écrits du monde éternel. La sublimité des idées, la pureté du
langage, le champ ouvert à l'action, la durée offerte a son achèvement, de
manière que les héritiers du salut puissent confesser le Seigneur et courber le
genou, les récompenses réservées à la fidélité, et les châtiments pour les
péchés, dépassent de si loin l'étroitesse d'esprit des hommes que tout homme
sincère est forcé de s'exclamer : Cela vient de Dieu. (History of the
Church, p. 252, 253)
Tous sont héritiers du salut
Quand on apprend par cette vision que ceux qui héritent même la gloire téleste
« seront héritiers du salut », il est aisé de comprendre ce qui est un axiome
chez les saints des derniers jours : « Le salut sans l'exaltation (la vie
éternelle, ndlr), c'est la damnation. » Même ainsi, cependant, le prophète Joseph
Smith montre les gloires du monde téleste : « Et ainsi, nous vîmes dans la
vision céleste la gloire des télestes, qui défie toute compréhension. Et nul ne
la connaît, si ce n'est celui à qui Dieu l'a révélée » (D&A 76:89, 90). Que
doivent être alors la gloire et l'exaltation du royaume céleste ! L'Évangile de
Jésus-Christ est donné aux hommes pour les préparer à la gloire céleste.
Les renseignements contenus dans la Vision éclairent ce passage de la Bible :
Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône.
Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre
de vie. Et les morts furent jugés selon leurs oeuvres, d'après ce qui était
écrit dans ces livres.
La mer rendit les morts qui étaient en elle, la mort et le séjour des morts
rendirent les morts qui étaient en eux ; chacun fut jugé selon ses oeuvres. (Apoc.
20:12, 13)
Puisque tout homme doit être jugé selon ses oeuvres, même celui qui est en
enfer, il devient aisé de comprendre la « justice » de Dieu ; s'il en était
autrement, il ne pourrait être juste. Cela nous permet aussi de comprendre
comment l'un peut recevoir une gloire semblable au soleil, tandis qu'un autre
reçoit une gloire semblable à la lune et de nombreux autres une gloire semblable
aux étoiles, tout en sachant que Dieu est juste. Cela nous permet aussi de
comprendre aisément cette déclaration de Jésus :
Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui
mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là.
Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a
peu qui les trouvent. (Matt. 7:13, 14)
L'apôtre Paul savait que tout homme recevra selon ses oeuvres :
Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu'un homme aura semé, il
le moissonnera aussi.
Car celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption ; mais
celui qui sème pour l'Esprit moissonnera de l'Esprit la vie éternelle.
Ne nous lassons pas de faire le bien ; car nous moissonnerons au temps
convenable, si nous ne nous relâchons pas. (Gal. 6:7-9)
Paul explique autre part ce qu'est le « juste jugement de Dieu »
Mais, par ton endurcissement et par ton cœur impénitent, tu t'amasses un trésor
de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de
Dieu, Qui rendra à chacun selon ses oeuvres :
Réservant la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire,
cherchent l'honneur, la gloire et l'immortalité ;
Mais l'irritation et la colère à ceux qui, par esprit de dispute sont rebelles à
la vérité et obéissent à l'injustice.
Tribulation et angoisse sur toute âme d'homme qui fait le mal, sur le Juif
premièrement, puis sur le Grec !
Gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien, pour le Juif premièrement,
puis pour le Grec !
Car devant Dieu il n'y a point d'acception de personnes. (Rom. 2:5-11)
Aucun autre mode de jugement ne pourrait être équitable. Dieu rendra sûrement
« à chacun selon ses oeuvres ». Même Dieu ne peut récompenser un homme pour ce
qu'il ne fait pas.
Sauvés par la grâce
Il y a des enseignements de Paul qu'il est très difficile à beaucoup de
comprendre, comme Pierre le dit :
Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé
frère Paul vous l'a aussi écrit selon la sagesse qui lui a été donnée.
C’est ce qu'il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans
lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes
ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures,
pour leur propre ruine. (2 Pierre 3:15, 16)
Nous souvenant donc de l'avertissement de Pierre que certains écrits de Paul
sont « difficiles à comprendre », examinons ce que dit ce dernier de la grâce :
Nous qui étions morts par nos offenses, [Dieu] nous a rendus à la vie avec
Christ (c'est par grâce que vous êtes sauvés) ;
Il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir dans les lieux célestes,
en Jésus-Christ,
Afin de montrer dans les siècles à venir l'infinie richesse de sa grâce par sa
bonté envers nous en Jésus-Christ.
C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne
vient pas de vous, c'est le don de Dieu.
Ce n'est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. (Éph. 2:5-9)
Il est évident qu'aucune de nos oeuvres, ni rien de ce que nous pouvons faire ne
peut affecter la grâce de Dieu qui est donnée librement. Mais cela ne change en
rien le fait que nous venons de dégager des écrits de Paul : « Ies justes
jugements de Dieu... rendront à chacun selon ses oeuvres ».
Quelle est donc alors cette grâce dont parle Paul, par laquelle nous sommes
sauvés, et « point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie » ?
La grâce représente ce que Jésus a fait pour nous, que nous n'aurions en aucune
façon pu faire pour nous-mêmes, entre autre :
1. Il a créé notre terre sur laquelle nous avons le bonheur de vivre et
d'acquérir de l'expérience (voir Jean 1:1-14).
2. Il a expié la transgression de nos premiers parents qui introduisit la mort
dans le monde, réalisant ainsi la résurrection du tombeau, c'est-à-dire la
réunion de notre corps et de notre esprit dans la résurrection (voir 1 Cor.
15:22).
3. En nous donnant son Évangile éternel, il « est devenu pour tous ceux qui lui
obéissent l'auteur d'un salut éternel » (Héb. 5:9).
Tous ces dons glorieux, et beaucoup d'autres que nous pourrions encore
mentionner, nous viennent par sa grâce, ce sont des dons gratuits, et ils ne
viennent point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie (voir Éph.
20:8, 9).
Néanmoins, pour obtenir ces « grâces » et le don du salut éternel, nous devons
nous rappeler que ce don n'est destiné qu'à « tous ceux qui lui obéissent » (Héb.
5:9). Une autre pensée de Paul est décisive en cette matière :
Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu'un homme aura semé, il
le moissonnera aussi. (Gal. 6:7)
Prenez l'exemple du fermier. Quelle que soit l'étendue du terrain qu'il possède,
il ne peut s'attendre à récolter s'il ne sème pas. Mais quand le fermier a
préparé la terre, fait les semailles, cultivé et irrigué les champs, et rentré
la moisson, faut-il lui attribuer tout le succès ? Il a fait tout le travail et
il a le droit de récolter ce qu'il a semé, et le résultat de ses efforts sera sa
récompense. Mais aussi dur qu'il ait travaillé, il n'aurait pas eu de récolte à
moissonner par ses seuls efforts, car il y a d'autres facteurs à faire
intervenir :
1. Qui lui a donné un sol fertile ?
2. Qui a mis le germe de vie dans les semences qu'il a utilisées ?
3. Qui a fait que le soleil a réchauffé le sol et que la semence a germé et
grandi ?
4. Qui a fait tomber la pluie ou la neige de manière à remplir les réserves
d'eau pour irriguer ses cultures ?
Rien de ceci n'aurait pu être fait par le fermier seul. Cela correspond au don
gratuit de la grâce ; pourtant, le fermier récoltera ce qu'il a semé.
La déclaration de Paul a été fort mal interprétée, tant par les prêtres que par
les laïques. Des prédicateurs ont enseigné à qui voulait l'entendre que le salut
pouvait s'obtenir comme par un claquement de doigts : c'est en ces termes qu'un
prédicateur de renom l'a dit à l'auteur : que le salut est accordé après une
confession purement verbale de la foi en Christ, même si elle ne s'accompagne
pas d'obéissance à ses commandements et d’œuvres de justice. Il est évident
qu'une telle doctrine n'est pas en accord avec la vérité.
C'est contre une telle interprétation des Écritures que Pierre mit en garde
quand il dit : « Les personnes ignorantes et mal affermies (en) tordent le
sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine » (2 Pierre
3:16).
Beaucoup ont ainsi été égarés et se sont contentés d'une confession de foi
purement verbale, « pour leur propre ruine ».
L'ennemi de toute justice ne pouvait espérer mieux réussir à contrecarrer les
desseins du Maître et son Évangile qu'en persuadant les hommes que toutes les
bénédictions que le Seigneur a préparées par sa grâce à l'intention de ses
enfants peuvent être obtenues en confessant des lèvres qu'il est le Christ. Nous
avons montré que ceux dont la gloire sera téleste, c'est-à-dire semblable aux
étoiles seront héritiers du salut. Il faut cependant se souvenir que l'Évangile
de Jésus-Christ n'est pas seulement donné pour le salut de l'homme, mais aussi
pour son exaltation (ou vie éternelle, ndlr). C'est à cela que doivent aspirer tous
ceux qui aiment la vérité, la gloire qui a été appelée « la gloire du soleil ».
La vie éternelle dépend des bonnes oeuvres
Cette explication que la grâce est le don gratuit de Dieu qui ne peut être
obtenu par les oeuvres, qui n'est donc pas affaire d'obéissance à l'Évangile,
nous aidera à comprendre exactement les Écritures suivantes :
Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n'entreront pas tous dans le royaume
des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les
cieux. (Matt. 7:21)
C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique,
sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc.
La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont
jetés contre cette maison : elle n'est point tombée, parce qu'elle était fondée
sur le roc. Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en
pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable.
La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu
cette maison : elle est tombée, et sa ruine a été grande. (Matt. 7:24-27)
Car le Fils de l'homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges ;
et alors il rendra à chacun selon ses oeuvres. (Matt. 16:27)
L'apôtre Jacques savait combien il est important de pratiquer la parole et de
tic pas se borner à l'écouter :
Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l'écouter, en vous
trompant
Vous-mêmes par de faux raisonnements. (Jacques 1:22).
Mes frères, que sert-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les
oeuvres ? La foi peut-elle le sauver ?
Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour,
Et que l'un d'entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous
rassasiez ! et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à
quoi cela sert-il ?
Il en est ainsi de la foi : si elle n'a pas les oeuvres, elle est morte en
elle-même.
Mais quelqu'un dira : Toi, tu as la foi ; et moi j'ai les oeuvres. Montre-moi ta
foi sans Ies oeuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes oeuvres.
Tu crois qu'il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi, et
ils tremblent. Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les oeuvres est
inutile ? (Jacques 2:14-20)
Jacques montre clairement que croire en Dieu n'est pas suffisant, car les démons
en font autant, et que « la foi sans les oeuvres est inutile ». Le fermier
pourrait tout aussi bien croire qu'il peut moissonner une récolte sans avoir
planté. Une telle foi est morte ; elle ne produira pas de moisson sans oeuvres.
Voyez la parabole du semeur dite par Jésus :
Une autre partie tomba dans la bonne terre : elle donna du fruit, un grain cent,
un autre soixante, un autre trente (Matt. 13:8).
Et cette autre parabole :
Il en sera comme d'un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs,
et leur remit ses biens.
Il donna cinq talents à l'un, deux à l'autre, et un au troisième, à chacun selon
sa capacité, et il partit. (Matt. 25:14, 15)
Quand le maître revint et fit rendre des comptes à ses serviteurs, celui qui
avait reçu cinq talents en avait gagné cinq autres ; celui qui avait reçu deux
talents en avait gagné deux autres. À chacun d'eux, le maître dit :
C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te
confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. (Matt. 25:21)
Mais à celui qui avait reçu un talent et l'avait caché, le maître dit :
Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n'ai pas
semé, et que j'amasse où je n'ai pas vanné ;
Il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j'aurais
retiré ce qui est à moi avec un intérêt. Ôtez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents.
Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a
pas on ôtera même ce qu'il a.
Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des
pleurs et des grincements de dents. (Matt. 25:26-30)
Comme elle est inutile la foi sans les oeuvres ! Quelle glorieuse récompense
attend ceux qui mettent à profit les talents qu'ils reçoivent !
Comme elle est illogique la pensée que tous ceux qui font le bien sont
récompensés de la même manière et que tous ceux qui font mal sont punis de la
même manière. Comme il serait difficile de tracer la ligne de démarcation entre
les deux groupes. C'est pourquoi il faut « plusieurs demeures » dans le royaume
de notre Père, où chacun sera récompensé selon ses oeuvres.
Définition du salut
Un ecclésiastique a un jour posé à l'auteur la question suivante : « Un homme
peut-il être sauvé avant de mourir, ou bien doit-il mourir pour être sauvé ? »
La réponse fut : « Si vous voulez expliquer ce que vous entendez par être sauvé,
j'essaierai de répondre à votre question. »
L'auteur s'est rendu compte que peu de chrétiens ont eu une idée nette du salut,
à part l'idée d'échapper au feu éternel, et cet ecclésiastique semblait tout à
fait incapable d'expliquer ce qu'est le salut. Il lui fut expliqué que si nous
ne nous étions pas montrés dignes, avant notre naissance, de venir sur la terre
et d'y prendre un corps, nous aurions été chassés du ciel avec Satan, puisqu'il
entraîna avec lui le tiers des esprits (voir Jude, verset 6 ; Apoc. 12:7-12 ;
12:4)
L'auteur lui dit que nous pouvions être sauvés chaque jour de notre vie, car, a
mesure que nous apprenons les lois de Dieu et y obéissons, nous nous libérons
des conséquences de l'infraction à la loi, et nous acquérons le droit aux
bénédictions basées sur l'obéissance à la loi divine. Nous citons les Écritures
modernes suivantes à l'appui de cette vérité :
Il a une loi, irrévocablement décrétée dans les cieux avant la fondation de ce
monde, sur laquelle reposent toutes les bénédictions ; et lorsque nous obtenons
une bénédiction quelconque de Dieu, c'est par l'obéissance à cette loi sur
laquelle elle repose. (D&A 130:20, 21)
Et à tout royaume est donnée une loi ; et à toute loi, il y a certaines limites
et certaines conditions.
Tous les êtres qui ne se conforment pas à ces conditions ne sont pas justifiés.
(D&A 88:38, 39)
Car tous ceux qui veulent avoir une bénédiction de moi respecteront la loi qui a
été fixée pour l'obtention de cette bénédiction, et ses conditions, instituées
dès avant la fondation du monde. (D&A 132:5)
« Il est impossible à un homme d'être sauvé dans l'ignorance » (D&A 131:6). On
verra donc que si, d'une part, « là où il n'y a point de loi il n'y a pas non
plus de transgression » (Rom. 4:15), d'autre part « il est impossible à titi
homme d'être sauvé dans l'ignorance ». Par conséquent l'homme doit con naître la
loi pour pouvoir recevoir une récompense lorsqu'il l'observe et être déchargé
des conséquences d'une infraction à cette loi, même s'il est possible que la
transgression soit pardonnée lorsqu'aucune loi ne lui a été donnée. Donc, si
nous persévérons dans notre recherche de la connaissance et de la compréhension
des lois de Dieu, et si nous y obéissons, nous augmentons la mesure de notre
salut, de notre exaltation.
L’auteur poursuivit en expliquant à l'ecclésiastique que, comme nous croyons au
progrès éternel, et que « l'homme n'est pas sauvé plus vite qu'il n'acquiert de
connaissance » (History of the Church, vol. 4, p. 588), pour un saint des
derniers jours, le salut n'est pas un but, mais un processus, puisque nous ne
cesserons jamais d'acquérir de la connaissance.
L'ecclésiastique répondit qu'il n'avait jamais entendu d'explication aussi
raisonnable. Tout ceci, nous l'avons obtenu par les révélations du Seigneur au
prophète Joseph Smith à notre époque.
Tous les hommes doivent recevoir « selon leurs oeuvres » (voir Apoc. 20:12), ce
qui exige que des endroits convenables soient préparés pour l'âme de tous les
hommes. D'où la déclaration de Jésus : « Il y a plusieurs demeures dans la
maison de mon Père » (Jean 14:2). L'Évangile de Jésus-Christ propose un plan par
lequel les hommes peuvent non seulement être sauvés, mais encore être exaltés
dans le royaume céleste, « ... au jour où, selon mon Évangile, Dieu jugera par
Jésus-Christ les actions secrètes des hommes » (Rom. 2:16).
CHAPITRE 20 : D'OÙ
VIENT L'HOMME ?
L'homme dans le monde des esprits
Une des plus magnifiques vérités qui aient été révélées à l'homme par le
rétablissement de l'Évangile à notre époque, vérité qui jette beaucoup de
lumière sur tant de sujets, c'est de savoir que tous les hommes ont vécu avec
Dieu et son Fils, Jésus-Christ, dans le monde des esprits avant de venir
ici-bas.
Cette doctrine nouvelle, et cependant ancienne, est magnifiquement décrite dans
un cantique de l'Église intitulé « Ô mon Père », dont les paroles sont de Eliza
R. Snow :
Ô mon Père qui demeures dans la gloire des hauts cieux,
Quand, pour moi, sonnera l'heure de rentrer dans tes saints lieux ?
Dans ta belle résidence n'ai-je pas déjà vécu,
Et dans ma première enfance ne m'as-tu pas secouru ?
Pour un but suprême et sage sur la terre tu m'as mis,
Et tu m'enlevas l'image de mes précédents amis.
Mais souvent un doux murmure passe en moi comme un écho,
Et me dit, d'une voix pure : « Pèlerin, tu viens d'en haut » !
J'ai dit « Père » sous l'influence de ton inspiration ;
Mais sans clé de connaissance, j'ignorais la vraie raison.
Es-tu seul en ta demeure ? Non, la vérité me dit,
La raison en moi confirme, que j'ai une Mère aussi.
En quittant cette existence, en laissant ce corps mortel,
Saints Parents, votre présence, la contemplerai-je au ciel ?
Quand j'aurai fini ma tâche dans les lieux créés pour nous,
Revêtu du lin sans tache, que je sois reçu de vous !
Le 6 mai 1833, dans une révélation faite par l'intermédiaire du prophète Joseph
Smith, le Seigneur dit : « L'homme était aussi au commencement avec Dieu.
L'intelligence, ou la lumière de la vérité, n'a été créée ni faite et en vérité
ne peut l'être » (D&A 93:29).
Pour mieux illustrer cette vérité en l'enseignant aux membres de l'Église, le
prophète Joseph Smith prit un anneau et expliqua que si vous coupez l'anneau, il
aura un commencement et une fin, mais si vous ne le coupez pas, il n'aura pas de
commencement et par conséquent pas de fin. Attendu que les intelligences
humaines sont sans commencement, elles ne peuvent par conséquent pas avoir de
fin.
Le conseil dans les cieux
Le prophète Joseph Smith nous a donné une traduction de quelques documents
anciens, les écrits d'Abraham du temps où il était en Égypte ; ces documents,
qui provenaient de catacombes égyptiennes, étaient tombés entre les mains du
prophète. C'est à Abraham que le Seigneur révéla cette vérité que les
intelligences, les esprits des hommes, existaient avec Dieu avant que le monde
fût créé. Un conseil se tint dans les cieux, au cours duquel fut formulé le
projet de création de la terre sur laquelle les intelligences ou esprits
pourraient demeurer et pourraient être rachetés :
Or, le Seigneur m'avait montré, à moi, Abraham, les intelligences qui furent
organisées avant que le monde fût ; et parmi toutes celles-là, il y en avait
beaucoup de nobles et de grandes ;
Et Dieu vit ces âmes, il vit qu'elles étaient bonnes, et il se tint au milieu
d'elles et dit : De ceux-ci je ferai mes gouverneurs. Car il se tint parmi ceux
qui étaient esprits et il vit qu'ils étaient bons ; et il me dit : Abraham, tu
es l'un d'eux ; tu fus choisi avant ta naissance.
Il y en avait un parmi eux qui était semblable à Dieu, et il dit à ceux qui
étaient avec lui : Nous descendrons, car il y a de l'espace là-bas, nous
prendrons de ces matériaux, et nous ferons une terre sur laquelle ceux-ci
pourront habiter ;
Nous les mettrons ainsi à l'épreuve, pour voir s'ils feront tout ce que le
Seigneur, leur Dieu, leur commandera ;
Ceux qui gardent leur premier état recevront davantage ; ceux qui ne gardent pas
leur premier état n'auront point de gloire dans le même royaume que ceux qui
gardent leur premier état ; et ceux qui gardent leur second état recevront plus
de gloire sur leur tête pour toujours et à jamais.
Le Seigneur dit : Qui enverrai-je ? Un, qui était semblable au Fils de l'Homme,
répondit : Me voici, envoie-moi. Et un autre répondit et dit : Me voici,
envoie-moi. Le Seigneur dit : J'enverrai le premier.
Le second fut irrité, et il ne conserva pas son premier état ; et ce jour-là
beaucoup d'autres le suivirent. (Abraham 3:22-28)
On verra que les esprits de tous les hommes étaient au commencement avec Dieu ;
que déjà ils s'étaient distingués, de sorte que le Seigneur qui se tenait parmi
« beaucoup de nobles et de grandes », dit : « De ceux-ci je ferai mes
gouverneurs... et il me dit : Abraham, tu es l'un d'eux ; tu fus choisi avant
ta naissance ».
Remarquez la promesse du Seigneur : « Ceux qui gardent leur premier état
recevront davantage ». Ce premier état, c'est la vie que nous vivions dans le
monde des esprits avant de naître. Abraham fut choisi avant sa naissance, et
nous verrons que d'autres le furent aussi.
Étudiez à nouveau ces paroles du Seigneur : « Ceux qui ne gardent pas leur
premier état n'auront point de gloire dans le même royaume que ceux qui gardent
leur premier état. » Lorsque le Seigneur choisit la proposition de son Fils,
Jésus, « le second fut irrité, et il ne conserva pas son premier état ; et ce
jour-là, beaucoup d'autres le suivirent ».
Donc c'est Satan et le tiers des armées du ciel qui ne conservèrent pas leur
premier état. En conséquence, ils furent précipités sur la terre et se virent
privés du droit de prendre un corps ; ils restèrent donc des corps d'esprit
uniquement, de sorte qu'ils « n'auront point de gloire dans le même royaume que
ceux qui gardent leur premier état ». Le Seigneur a expliqué ceci dans une
révélation donnée en septembre 1830 au prophète Joseph Smith :
Et il arriva qu'Adam fut tenté par le diable - car voici, le diable était avant
Adam et se révolta contre moi, disant : Donne-moi ton honneur, qui est mon
pouvoir ; et il détourna également de moi le tiers des armées du ciel à cause de
leur libre arbitre, Et ils furent précipités du ciel et devinrent ainsi le
diable et ses anges. (D&A. 29:3 6, 37)
Il est donc évident que les esprits des hommes existaient dans la présence de
Dieu avant que ce monde fût créé, et qu'ils tinrent conseil tous ensemble au
sujet de la création de la terre sur laquelle ils pourraient demeurer. Parce que
c'est le plan de Jésus-Christ qui fut accepté, qui donnait à l'homme son libre
arbitre, et parce que le plan de Satan fut rejeté, Lucifer se révolta et fut
banni des cieux. Le tiers des esprits le suivirent et furent bannis avec lui,
comme l'attestent les Écritures.
Il est raisonnable de supposer qu'il y avait autant de différence en fidélité et
en intelligence entre les esprits qui demeurèrent, que nous en trouvons entre
ces mêmes esprits après la venue de cette terre. D'où cette déclaration
d'Abraham selon laquelle Dieu se tient au milieu d'eux et dit : « De ceux-ci, je
ferai mes gouverneurs. Car il se tint parmi ceux qui étaient esprits et il vit
qu'ils étaient bons ; et il me dit : Abraham, tu es l'un d'eux ; tu fus choisi
avant ta naissance » (voir Abraham 3:23).
Satan et ses anges
Étudions maintenant ce que la Bible dit à propos de Satan et de ses anges,
c'est-à-dire du tiers des esprits qui furent bannis du ciel avec lui :
Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le
dragon. Et le dragon et ses anges combattirent,
Mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le
ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable
et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses
anges furent précipités avec lui. (Apo. 12:7-9)
Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et les jetait sur la terre. Le
dragon se tint devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer son enfant,
lorsqu'elle aurait enfanté. (Apoc. 12:4)
Qu'il a réservé pour le jugement du grand jour, enchaînés éternellement par les
ténèbres, les anges qui n'ont pas gardé leur premier état, mais qui ont
abandonné leur propre demeure. (Jude, verset 6, version du roi Jaques)
Te voilà tombé du ciel, astre brillant Lucifer, fils de l'aurore ! Tu es abattu
à terre, toi, le vainqueur des nations !
Ceux qui te voient fixent sur toi leurs regards, ils te considèrent
attentivement : Est-ce là cet homme qui faisait trembler la terre, qui ébranlait
les royaumes ? (Ésaïe 14:12, 16)
Nous voyons donc que Satan et ses disciples furent précipités sur la terre,
qu'ils étaient jadis des anges, mais qu'ils ne conservèrent pas « leur premier
état », de sorte qu'ils devinrent des démons, que Satan était tout aussi bien un
homme dans le monde des esprits, que les esprits qui ont reçu un corps par leur
naissance en ce monde-ci.
L'apôtre Pierre comprenait aussi cette grande vérité :
Car Dieu n'a pas épargné les anges qui ont péché, mais il les a précipités dans
les abîmes de ténèbres et les réserve pour le jugement. (2 Pierre 2:4)
Les fils de Dieu poussèrent des cris de joie
Le Seigneur apprit à Job que « tous les fils de Dieu poussaient des cris de
joie » (Job 38:7) quand on posa les fondations de la terre. Ils devaient donc
posséder la capacité de comprendre, de crier, de ressentir de la joie, alors
qu'ils ne vivaient qu'une existence spirituelle :
L'Éternel répondit à Job du milieu de la tempête et dit :
Qui est celui-ci qui obscurcit mes desseins par des discours sans intelligence ?
Ceins tes reins comme un vaillant homme ; je t'interrogerai, et tu m'instruiras.
Où étais-tu quand je fondais la terre ? Dis-le si tu as de l'intelligence.
Qui en a fixé les dimensions, le sais-tu ? Ou qui a étendu sur elle le cordeau ?
Sur quoi ses bases sont-elles appuyées ? Ou qui en a posé la pierre angulaire ?
Alors que les étoiles du matin éclataient en chants d'allégresse, et que tous
les fils de Dieu poussaient des cris de joie ? (Job 38:1-7)
L'apôtre Paul comprenait ce principe ; il savait aussi que le Seigneur
connaissait tous les esprits des hommes avant qu'ils ne demeurent sur la terre.
C'est pourquoi il put fixer avec sagesse et justice « les bornes de leur
demeure » sur la terre :
Il a fait que tous les hommes, sortis d'un seul sang, habitassent sur toute la
surface de la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur
demeure. (Actes 17:26)
Les prophètes choisis avant leur naissance
Cette pensée donne un but à la vie et mentionne au moins les esprits « nobles et
grands », entre autres l'esprit d'Abraham, parmi lesquels le Seigneur se tint,
et qu'il choisit aussi pour être ses chefs. Elle montre que les prophètes
peuvent se voir fixer un moment pour venir sur la terre accomplir la mission à
laquelle ils ont été appelés ou désignés dans le monde des esprits, comme par
exemple le prophète Jérémie, qui fut choisi avant sa naissance :
La parole de l'Éternel me fut adressée, en ces mots :
Avant que je t'eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et
avant que tu fusses sorti de son sein, je t'avais consacré, je t'avais établi
prophète des nations. (Jérémie 1:4, 5)
L'esprit de Joseph Smith, comme celui de Jérémie, se trouvait aussi parmi les
esprits « nobles et grands ». Le Seigneur lui désigna son oeuvre et le tint en
réserve pour venir à notre époque et être prophète et voyant des nations. C'est
la raison pour laquelle le Seigneur appela Joseph Smith alors qu'il n'était
encore qu'un jeune garçon, car il connaissait Joseph, son intégrité et sa
grandeur.
Le prophète Léhi, qui se rendit vers 600 av. J.-C. de Jérusalem en Amérique,
expliqua ceci à son fils Joseph :
Et maintenant, c'est à toi, Joseph, mon dernier-né, que je vais parler. Tu es né
dans le désert de mes afflictions ; oui, ta mère te mit au monde aux jours de
mes plus grandes peines.
Puisse le Seigneur te consacrer aussi ce pays qui est un pays extrêmement
précieux, pour ton héritage, l'héritage de ta postérité et celle de tes frères,
pour votre sécurité à toujours, si vous gardez les commandements du Très-Saint
d'Israël.
Et maintenant, Joseph, mon dernier-né, toi que j'ai emmené du désert de mes
afflictions, puisse-tu être à jamais béni du Seigneur, car ta postérité ne sera
point entièrement détruite.
Car voici, tu es le fruit de mes reins, et je suis un descendant de ce Joseph
qui fut emmené captif en Égypte. Et grandes furent les alliances que le Seigneur
fit avec Joseph.
C’est pourquoi, Joseph a réellement vu notre jour. Il a obtenu du Seigneur la
promesse, que du fruit de ses reins, le Seigneur Dieu susciterait une branche
juste à la maison d'Israël ; non pas le Messie, mais une branche qui devait être
rompue et séparée, mais être cependant rappelée dans les alliances du Seigneur
que le Messie se manifesterait à elle dans les derniers jours dans l'esprit de
pouvoir, pour la ramener des ténèbres à la lumière - ou, des ténèbres les plus
obscures, et de la captivité à la liberté.
Car Joseph a réellement rendu témoignage, disant : Le Seigneur mon Dieu
suscitera un voyant, qui sera un voyant de choix pour le fruit de mes reins. Oui, Joseph a dit en vérité : Ainsi me dit le Seigneur : Je susciterai un voyant
de choix du fruit de tes reins, et il sera en grand honneur parmi le fruit de
tes reins. Je lui donnerai le commandement de faire une oeuvre pour le fruit de
tes reins, ses frères, qui aura une grande valeur pour eux, car elle les amènera
à connaître les alliances que j'ai faites avec tes pères.
Et je lui donnerai le commandement de ne rien faire d'autre que l’œuvre que je
lui dirai. Et je le rendrai grand à mes yeux, car il fera mon oeuvre.
Et il sera grand comme Moïse, de qui j'ai dit que je te le susciterais pour
délivrer mon peuple, ô maison d'Israël.
Et je susciterai Moïse pour délivrer ton peuple et l'emmener du pays d'Égypte.
Mais je susciterai un voyant du fruit de tes reins, et je lui donnerai le
pouvoir d'apporter ma parole à la postérité de tes reins - et pas seulement
d'apporter ma parole, dit le Seigneur, mais aussi de les convaincre de ma parole
qui sera déjà allée parmi eux. C'est pourquoi, le fruit de tes reins écrira, et
le fruit des reins de Juda écrira ; et ce qui sera écrit par le fruit de tes
reins et aussi ce qui sera écrit par le fruit des reins de Juda, sera réuni pour
confondre les fausses doctrines, pour mettre fin aux disputes, pour établir la
paix au milieu du fruit de tes reins et pour l'amener, dans les derniers jours,
à la connaissance de ses pères et à la connaissance de mes alliances, dit le
Seigneur. Et de faible qu'il sera, je le rendrai fort, au jour où mon oeuvre
commencera parmi tout mon peuple pour te restaurer, ô maison d'Israël, dit le
Seigneur.
Et Joseph prophétisait ainsi, disant : Le Seigneur bénira ce voyant-là. Ceux qui
cherchent à le détruire seront confondus, car cette promesse que j'ai obtenue du
Seigneur, touchant le fruit de mes reins, sera accomplie. Et je suis assuré de
l'accomplissement de cette promesse.
Il portera le même nom que moi ; et ce sera le même nom que celui de son père.
Et il sera semblable à moi, car la chose que le Seigneur suscitera de sa main,
par la puissance du Seigneur, conduira mon peuple au salut. (2 Néphi 3:1-15)
Appel et ordination prémortels de Jésus
Lorsqu'il appela et désigna Abraham, Jérémie, Joseph Smith et certainement
beaucoup d'autres, le Seigneur ne faisait que suivre la procédure qu'il avait
adoptée avec son Fils unique, Jésus-Christ. Lisez l'explication de Pierre :
Mais par le sang précieux de Christ, comme d'un agneau sans défaut et sans
tache, prédestiné avant la fondation du monde, et manifesté à la fin des temps,
à cause de vous. (1 Pierre 1:19, 20)
Donc Jésus fut appelé et ordonné avant la fondation du monde. C'est alors que
l'Évangile fut préparé et accepté, avant même que l'homme ne fût placé sur la
terre :
Lesquelles reposent sur l'espérance de la vie éternelle, que Dieu qui ne
peut mentir, a promise avant que le monde ne commençât. (Tite 1:2 selon la
version du roi Jacques ; Segond dit : « lesquelles reposent sur
l'espérance de la vie éternelle, promise dès les plus anciens temps par le Dieu
qui ne ment point », ndt)
Nous trouvons ici la raison pour laquelle l'Évangile est appelé « I'Évangile
éternel » (Apoc. 14:6) parce qu'il a été préparé « avant le commencement du
monde ».
C'est aussi la raison pour laquelle on nous parle de « ceux dont le nom n'a pas
été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie » (voir Apoc. 13:8).
Jésus, créateur avant de naître
Étudions maintenant le Christ dans son rôle de créateur de ce monde avant de
naître dans la chair :
Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole
était Dieu.
Elle était au commencement avec Dieu.
Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait
sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont point reçue...
Cette lumière était la véritable lumière, qui éclaire tout homme venant dans le
monde.
Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l'a
point connue...
Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et
de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du
Fils unique venu du Père. (Jean 1:1-5, 9, 10, 14)
Il nous est difficile de nous faire à l'idée que quand le Fils unique du Père
prit un corps de chair et d'os, il dut, malgré qu'il fût le créateur du monde,
apprendre à marcher et à parler, comme tous les autres enfants qui naissent
ici-bas. C'est sans doute à quoi pensait Paul lorsqu'il disait :
Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie,
Mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra.
Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je raisonnais comme un
enfant ; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de
l'enfant.
Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors
nous verrons face à face ; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je
connaîtrai comme j'ai été connu. (1 Cor. 13:9-12)
Lorsque nous venons au monde, nous n'avons qu'un souvenir vague de notre vie
prémortelle. Par l'inspiration du Saint-Esprit, « nous voyons au moyen d'un
miroir, d'une manière obscure » et nous « connaissons en partie », mais
finalement, notre connaissance antérieure nous sera rendue, quand ce qui est
parfait viendra et alors nous connaîtrons comme nous serons connus. Ceci nous
donne la raison pour laquelle le monde n'a pas reconnu Jésus quand il est venu
dans la chair :
Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l'a
point connue. (Jean 1:10)
Mais, à la fin, ce voile DE ténèbres ou d'oubli qui nous prive du souvenir de
notre existence dans le monde des esprits avant que cette terre ne fût faite et
de nos relations ici-bas, ce voile sera levé. Alors nous verrons comme nous
sommes vus et nous connaîtrons comme nous sommes connus et comme nous étions
connus avant la vie terrestre. Jésus a vécu ceci alors qu'il était encore dans
la chair. À l'âge de douze ans, il argumentait avec les docteurs dans le temple,
quand Joseph et Marie le retrouvèrent :
Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth, et il leur était soumis. Sa
mère gardait toutes ces choses dans son cœur.
Et Jésus croissait en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant
les hommes. (Luc 2:51, 52)
Nous devons nous souvenir qu'avant de naître, Jésus créa ce monde. S'il avait
pris avec lui la connaissance et la sagesse qu'il possédait alors, il lui eût
été impossible de croître en sagesse. Et cependant, Dieu lui en accorda
davantage à mesure qu'il croissait en âge, et ôta le voile de ténèbres qui lui
cachait le souvenir de son expérience du monde des esprits :
Je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l’œuvre que tu m'as donnée à faire.
Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que
j'avais auprès de toi avant que le monde fût. (Jean 17:4, 5)
Il ne briguait aucune récompense pour son oeuvre en ce monde, si ce n'est la
place de gloire qu'il avait avec le Père « avant que le monde fût » :
Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant je quitte le
monde, et je vais au Père. (Jean 16:28)
Est-il possible d'écrire plus clairement les choses ?
Et si vous voyez le Fils de l'homme monter où il était auparavant ? (Jean 6:62)
Cette connaissance lui ayant été rendue, Jésus se souvint d'avoir vu « Satan
tomber du ciel comme un éclair » (Luc 10:18).
Satan et ses anges conservent leur connaissance du monde des esprits
Il faut se rappeler que quand le diable et ses anges furent précipités sur cette
terre (voir Apoc. 12:9), ils ne furent pas privés de la connaissance qu'ils
possédaient dans le monde des esprits, parce qu'ils ne prirent pas de corps de
chair et d'os et pour cette raison ils cherchent à posséder le corps de ceux qui
« ont gardé leur premier état » et qui ont la bénédiction de venir sur terre
revêtus d'un corps.
Rappelez-vous ce qui se passa entre Jésus et cet homme possédé par des esprits
impurs et que personne ne pouvait enchaîner :
Ayant vu Jésus de loin, il -accourut, se prosterna devant lui,
Et s'écria d'une voix forte : Qu'y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu
Très-Haut ? Je t'en conjure au nom de Dieu, ne me tourmente pas.
Car Jésus lui disait : Sors de cet homme, esprit impur.
Et il lui demanda : Quel est ton nom ? Légion est mon nom, répondit-il, car nous
sommes plusieurs. (Marc 5:6-9)
Ceci nous apprend que les esprits impurs n'avaient pas besoin qu'on leur
présente Jésus. Ils le connaissaient. Ils l'appelèrent par son nom : « Jésus,
Fils du Dieu Très-Haut ».
C’est parce que ces esprits rejetés du ciel avec Satan avaient gardé la
connaissance et le souvenir de ce qui s'était passé là avant qu'ils ne fussent
chassés, qu'ils connaissaient Jésus et le pouvoir qui lui était donné. C'est
pourquoi ils obéirent, non seulement à ses ordres, mais aussi aux ordres de ceux
qui sont envoyés par lui, qui détiennent sa prêtrise ; par exemple les
soixante-dix que Jésus envoya dans toutes les contrées où lui-même allait se
rendre :
Les soixante-dix revinrent avec joie, disant : Seigneur, les démons mêmes nous
sont soumis en ton nom. (Luc 10:17)
C’est à cause de la connaissance que ces esprits avaient apportée ici qu'ils
incitèrent Hérode à lancer l'ordre de « tuer tous les enfants de deux ans et
au-dessous » (voir Matt. 2:16). Jésus n'avait rien fait pour justifier un tel
décret, puisqu'il n'était encore qu'un bébé dans la chair, mais Satan savait
quelle était sa mission et, dès le jour de sa naissance, il essaya par tous les
moyens de l'empêcher de l'accomplir.
On peut dire la même chose de la mission de Joseph Smith. Nous avons déjà ci té
son propre récit, montrant comment Satan chercha à le faire périr alors qu'il
n'était qu'un jeune homme de quatorze ans et qu'il se rendait dans les bois pour
prier. Beaucoup d'autres jeunes gens de cet âge avaient déjà prié, sans pour
cela être molestés par Satan. Joseph n'avait encore reçu aucune manifestation du
Seigneur. Donc, n'était cette connaissance que Satan avait emportée du monde des
esprits, il n'aurait pas su que Joseph Smith était différent des autres jeunes
gens, mais il savait qui étaient les esprits « nobles et grands ».
Souvenez-vous : « il y eut guerre dans le ciel », et Satan conduisait une des
armées ; il savait qui étaient les esprits qui dirigeaient l'opposition. Sachant
que Satan chercherait à faire périr Joseph Smith et à couper court à sa mission,
le Seigneur chargea Moroni de donner des instructions à Joseph Smith, qui les
rapporte comme suit :
Il m'appela par
mon nom et me dit qu'il était un messager envoyé de la présence de Dieu vers moi
et que son nom était Moroni ; que Dieu avait une œuvre à me faire accomplir, et
que mon nom serait connu en bien et en mal parmi toutes les nations, familles et
langues, ou qu'on en dirait du bien et du mal parmi tous les peuples.
(Joseph Smith, Histoire, 33)
Pour ceux qui connaissent la grande oeuvre que Joseph Smith a accomplie, les
merveilleuses vérités qu'il a enseignées et la noblesse de son caractère, il est
aisé de comprendre que la seule raison pour laquelle on parlerait de lui en
« mal parmi tous les peuples », c'est que Satan avait décidé de détruire l’œuvre
du Seigneur. À cet égard, Joseph Smith eut un sort semblable à celui de son
Maître et de plusieurs anciens apôtres, allant jusqu'à donner finalement sa vie
en témoignage au monde.
Le frère de Jared vit Jésus quand il était encore esprit
Les hommes se demandent souvent ce qu'est réellement un esprit et quelle est sa
forme. Nous avons déjà montré dans ce chapitre que « l'homme était aussi au
commencement avec Dieu. L'intelligence, ou la lumière de la vérité, n'a été
créée ni fait et en vérité ne peut l'être » (D&A 93:29).
On nous enseigne aussi que ces intelligences dont Dieu est la plus grande (voir
Abraham 3:18, 19), ont reçu un corps d'esprit et, ultérieurement, un corps
mortel du même modèle et de la même forme que leur corps spirituel. Jésus
expliqua cette grande vérité au frère de Jared lorsqu'il lui apparut alors qu'il
était encore esprit :
Et quand le frère de Jared eut dit ces mots, voici, le Seigneur étendit la main
et toucha les pierres, une à une, du doigt. Et le voile fui enlevé des yeux du
frère de Jared, et il vit le doigt du Seigneur ; et il était comme un doigt
d'homme semblable à de la chair et du sang ; et le frère de Jared tomba devant
le Seigneur, car il était frappé de crainte.
Et le Seigneur vit que le frère de Jared était tombé par terre ; et le Seigneur
lui dit : Lève-toi, pourquoi es-tu tombé ?
Et il dit au Seigneur : J'ai vu le doigt du Seigneur et j'ai craint qu'il ne me
frappât ; car je ne savais pas que le Seigneur eût de la chair et du sang.
Et le Seigneur lui dit : À cause de ta foi, tu as vu que je prendrai sur moi de
la chair et du sang ; et jamais homme n'est venu devant moi avec une foi aussi
grande que toi ; car, s'il n'en était pas ainsi, tu n'aurais pu voir mon doigt.
As-tu vu plus que cela ? Et il répondit : Non, Seigneur, montre-toi à moi.
Et le Seigneur lui dit : Crois-tu aux paroles que je dirai ?
Et il répondit : Oui, Seigneur, je sais que tu dis la vérité, car tu es un Dieu
de vérité, et tu ne peux mentir.
Et quand il eut dit ces mots, voici, le Seigneur se montra à lui et dit : Parce
que tu sais ces choses, tu es racheté de la chute ; c'est pourquoi tu es ramené
en ma présence ; c'est pourquoi je me montre à toi.
Voici, je suis celui qui fut préparé depuis la fondation du monde pour racheter
mon peuple. Voici, je suis Jésus-Christ.* Je suis le Père et le Fils. En moi,
toute l'humanité aura la lumière, et cela éternellement, même ceux qui croiront
en mon nom ; et ils deviendront mes fils et mes filles.
Et je ne me suis jamais montré à l'homme que j'ai créé, car jamais l'homme n'a
cru en moi comme toi. Vois-tu que tu es créé à mon image ?
Oui, même tous les hommes furent créés au commencement à ma propre image. Voici,
ce corps, que tu vois maintenant, est le corps de mon esprit ; et j'ai créé
l'homme selon le corps de mon esprit ; et j'apparaîtrai à mon peuple dans la
chair exactement comme je t'apparais dans l'esprit. (Éther 3:6-16)
*Cette déclaration du Sauveur a été expliquée par le président Franklin D. Richards du Collège des douze apôtres, et nous reproduisons ici cette explication à titre de renseignement pour ceux qui désirent plus d'éclaircissements sur ce sujet :
Jésus-Christ ne porte pas ce nom seulement, il a de nombreux titres. En
parcourant les Écritures, nous en trouvons vingt ou trente. Entre autres :
« Dieu tout-puissant, Jéhovah, Fils de Dieu, le Christ. » Ésaïe dit en parlant
de lui : « On l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel,
Prince de la paix. » Jean l'appelle « la l'arole de Dieu, le Roi des rois et le
Seigneur des seigneurs ».
Mais ce nom de Père est étonnant. Nous pensons qu'il s'applique à celui qui
devient père d'un ou plusieurs enfants. Il y a un début à la paternité. Il y a
eu un commencement à la création de la terre, et il y a un commencement à la
création d'une famille humaine ; mais cela n'est pas le seul sens dans lequel on
utilise le mot « père ». Dans les Écritures, il est fréquemment employé dans un
sens plus général, par exemple, .Joseph dit à ses frères : « Il (Dieu) m'a
établi père de Pharaon. » Pourquoi ? Parce qu'il lui avait donné le pouvoir, la
sagesse et l'intelligence d'emmagasiner de la nourriture pendant les sept années
d'abondance, en suffisance pour sauver non seulement I'Egypte de cette disette
terrible, mais aussi les nations voisines. Dans les Écritures, Satan est appelé
le père du mensonge, le père de la tromperie, de la calomnie, de la discorde,
des querelles. George Washington est appelé le père des États-Unis. Son
habileté, ses prouesses guerrières, son empressement à se mettre à la tête de
son peuple « le premier dans la guerre, le premier dans la paix, et le premier
dans le cœur de ses concitoyens » ont fait de lui le père de son pays. De même,
le professeur Morse est le père du télégraphe et Watt le père de l'utilisation
de l'énergie de la vapeur. Nous voyons par ce qui précède que la signification
de « père » dans ce sens large et général est « créateur, contrôleur,
directeur ».
Le prophète Mosiah nous a dit que du fait de l'Esprit, le Christ est le Père, et
du fait qu’il est né dans la chair, il est le Fils, et on l'appelle pour cette
raison « le Père éternel même du ciel et de la terre », ce qui signifie en
réalité qu'il est le Créateur éternel même du ciel et de la terre. Au
commencement, il créa le ciel et la terre.
Si nous ouvrons l'Apocalypse de Jean au chapitre premier, nous y voyons que
grande gloire et puissance seront données à Celui « qui a fait de nous des rois
et des prêtres pour Dieu et son Père. Selon la version du roi Jacques. Segond
dit : « Dieu, son Père ». Nous voyons par là qu'il ne prétend pas être le Père
de tous, mais il est le Père du ciel et de la terre, et il doit faire des hommes
des rois et des prêtres pour lui-même et son Père ; sachant que son Père et Lui
sont deux personnes, ainsi que toutes les Écritures l'expriment nettement.
(Franklin L. West, Life of Franklin D. Richards, p. 185-187)
Après avoir rapporté ceci, Moroni ajoutait :
Et maintenant, moi, Moroni, comme j'ai déjà dit que je ne pouvais faire un récit
complet de ces choses qui sont écrites, pour cette raison, il me suffit de dire
que Jésus se montra à cet homme dans l'esprit, même à la manière et selon la
ressemblance du même corps tout comme il se montra aux Néphites. (Éther 3:17)
Tous les hommes sont des fils et des filles engendrés pour Dieu
Donc, si nos yeux étaient touchés comme ceux du frère de Jared, de façon que
nous puissions voir les esprits de ceux avec qui nous étions liés dans le monde
prémortel avant qu'ils ne prennent un corps mortel, nous verrions qu'ils ont la
même forme et la même apparence que le corps mortel. Nous verrions que l'esprit
possède tous les attributs de l'homme : le pouvoir de parler, de penser, de
choisir, de se réjouir, etc., que le corps mortel n'est que l'habitation où vit
l'esprit ; et que les corps spirituels sont « des fils et des filles engendrés
pour Dieu » :
Et maintenant, après les nombreux témoignages qui ont été rendus de lui, voici
le nôtre, le dernier de tous : il vit !
Car nous le vîmes et ce, à la droite de Dieu ; et nous entendîmes la voix rendre
témoignage qu'il est le Fils unique du Père ;
Que par lui, à travers lui et en lui, les mondes sont et furent créés, et que
les habitants en sont des fils et des filles engendrés pour Dieu. (D&A 76:22-24)
Dans cette remarquable révélation que le Seigneur fit au prophète Joseph Smith
et à Sidney Rigdon, le 16 février 1832, il nous apprend que nous sommes tous
« des fils et des filles engendrés en Dieu ». Quelle glorieuse pensée, car, dès
lors nous avons raison de supposer que, étant littéralement ses fils et ses
filles, nous sommes doués de la possibilité de devenir semblables à lui.
Tous les hommes sont frères en esprit
L'apôtre Paul savait et enseignait que Dieu est le Père de nos esprits., tout
comme nous sommes les enfants de notre père terrestre dans la chair :
D'ailleurs, puisque nos pères selon la chair nous ont châtiés, et que nous les
avons respectés, ne devons-nous pas à bien plus forte raison nous soumettre au
Père des esprits, pour avoir la vie ? (Héb. 12:9)
Car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l'être. C'est ce qu'ont dit aussi
quelques-uns de vos poètes : Nous sommes de sa race.
Ainsi donc, étant de la race de Dieu, nous ne devons pas croire que la divinité
soit semblable à de l'or, à de l'argent, ou à de la pierre, sculptés par l'art
et l'industrie de l'homme. (Actes 17:28, 29)
Paul savait aussi que le Christ n'était pas seulement le Fils unique de Dieu
dans la chair, mais qu'il était aussi le premier-né en esprit :
En qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés ;
Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. (Col.
1:14, 15)
Ceci nous fait comprendre notre merveilleuse parenté ; nous sommes littéralement
frères et sœurs en esprit de notre frère aîné, Jésus-Christ. Jésus était
conscient de cette parenté puisqu'il dit à Marie de Magdala, suite à sa visite
au sépulcre, quand elle constata que la pierre avait été enlevée :
Ne me touche pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon Père.
Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre
Père, vers mon Dieu, et votre Dieu. (Jean 20:17)
Cette pensée donne tout son sens à la salutation que Jésus apprit à ses
disciples lorsqu'il leur apprit à prier : « Notre Père qui es aux cieux ! »
(Matt. 6:9). Jésus ne prétendait pas se réclamer seul de Dieu pour Père, il
voulait que tous les hommes comprennent leur parenté avec lui : « Notre Père ».
Il insista encore davantage sur cette vérité :
Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait. (Matt. 5:48)
Au huitième chapitre des Proverbes, c'est, semble-t-il, la Sagesse qui parle, et
elle dit qu'avant que la terre fût, elle jouait sur le globe de la terre du
Seigneur, ou demeure des esprits, et que son bonheur, elle le trouvait parmi les
fils de l'homme. Donc, les fils de l'homme doivent avoir existé avant que cette
terre fût :
L’Éternel m'a créée la première de ses oeuvres, avant ses oeuvres les plus
anciennes. J’ai été établie depuis l'éternité, dès le commencement, avant
l'origine de la terre. Je fus enfantée quand il n'y avait point d'abîmes, point
de sources chargées d'eaux ; avant que les montagnes fussent affermies, avant
que les collines existassent, je fus enfantée ;
Il n’avait encore fait ni la terre ni les campagnes, ni le premier atome de la
poussière du monde.
Lorsqu'il disposa les cieux, j'étais là ; lorsqu'il traça un cercle à la surface
de l'abîme. Lorsqu'il fixa les nuages en haut, et que les sources de l'abîme
jaillirent avec force, Lorsqu'il donna une limite à la mer, pour que les eaux
n'en franchissent pas les bords, lorsqu'il posa les fondements de la terre,
J'étais à l’œuvre auprès de lui, et je faisais tous les jours ses délices,
jouant sans cesse en sa présence,
Jouant sur le globe de sa terre, et trouvant mon bonheur parmi les fils de
l'homme. (Proverbes 8:22-31)
La mort marque le retour de l'homme au monde des esprits
Lorsque nous nous pénétrons de la vérité de cette Écriture, selon laquelle nous
« étions à l’œuvre auprès de lui », « nous faisions tous les jours ses délices,
jouant sans cesse en sa présence... sur le globe de sa terre », c'est-à-dire le
monde des esprits, cela nous réconforte et donne sa véritable signification à
l'idée de retourner à notre foyer quand, à la mort, notre esprit quittera notre
corps :
Avant que la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et que
l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné. (Eccl. 12:9)
Ainsi, l'esprit retournera à Dieu, ce qu'il ne pourrait faire s'il n'avait
jamais été avec lui, de même que le corps retournera à la terre, ce qu'il ne
pourrait faire s'il n'en avait pas été tiré.
Quoique les Églises n'aient pas enseigné cette magnifique vérité, certains de
nos poètes l'ont entrevue, témoin ce poème :
Notre naissance n'est que sommeil et oubli ;
L'âme qui se lève avec nous, étoile de notre vie,
A pris ailleurs son départ
Et vient de bien loin ;
Nous n'avons pas complètement oublié
Et nous ne sommes pas entièrement nus,
C'est en traînant des nuées de gloire que nous venons
De Dieu, qui est notre foyer.
Notre rude gouvernante fait tout son possible
Pour que son nourrisson, son habitant, l'Homme,
Oublie les gloires qu'il a connues,
Et ce palais impérial d'où il est venu. (William Wordsworth : Ode on Intimations of Immortality,
traduction littérale)
Nous le répétons : l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est
seule à pouvoir expliquer « d'où vient l'homme ».
Y a-t-il pensée plus merveilleuse que de savoir que nous avons vécu jadis en lit
présence de Dieu, notre Père, et que nous sommes bien réellement ses enfants
spirituels ; que nous pouvons acquérir quelque chose de ses attributs et de ses
perfections, et jouir finalement de sa compagnie éternelle dans les relations
magnifiques d'un Père avec ses fils et ses filles !
CHAPITRE 21 : POURQUOI
L'HOMME EST-IL ICI ?
But de la création de la terre
Quand nous regardons un bâtiment, nous voyons bien qu'il n'a pas été créé sans
raison. Chaque bâtiment a été conçu et édifié pour une raison précise. De même,
quand nous contemplons la terre splendide sur laquelle nous avons la chance de
vivre, nous voyons bien qu'elle n'a pas été créée sans raison.
Dans le chapitre précédent, nous avons montré que « tous les fils de Dieu
poussaient des cris de joie » (voir Job 38:7) quand furent posées les fondations
de la terre, parce qu'ils comprenaient que par le plan de l'Évangile qui était
déjà prêt à ce moment-là - ils avaient à portée de main la possibilité de
progresser dès qu'ils auraient l'occasion de venir sur terre et d'y prendre un
corps, et qu'en obéissant à ce plan, ils se prépareraient à « l'immortalité et à
la vie éternelle » (voir Moïse 1:39).
Après que Dieu lui eût montré les esprits « qui furent organisés avant que le
monde fût », Abraham dit :
Il y en avait un parmi eux qui était semblable à Dieu, et il dit à ceux qui
étaient avec lui : Nous descendrons, car il y a de l'espace là-bas, nous
prendrons de ces matériaux, et nous ferons une terre sur laquelle ceux-ci
pourront habiter ;
Nous les mettrons ainsi à l'épreuve, pour voir s'ils feront tout ce que le
Seigneur, leur Dieu, leur commandera ;
Ceux qui gardent leur premier état recevront davantage ; ceux qui ne gardent pas
leur premier état n'auront point de gloire dans le même royaume que ceux qui
gardent leur premier état ; et ceux qui gardent leur second état recevront plus
de gloire sur leur tête pour toujours et à jamais. (Abraham 3:24-26)
Voici donc le motif de la création de la terre : préparer un lieu où les esprits
engendrés par Dieu pussent demeurer et être mis « ainsi à l'épreuve, pour voir
s'ils feront tout ce que le Seigneur, leur Dieu, leur commandera ».
Situation de ceux qui n'ont pas gardé leur premier état
Nous avons déjà examiné la situation des esprits qui n'ont « pas gardé leur
premier état », qui furent chassés du ciel avec Satan et qui constituent le
tiers des armées du ciel ; ils ont été chassés avec lui en tant qu'esprits et se
voient donc refuser la bénédiction de prendre un corps de chair et de sang. Ils
n'ont donc « point de gloire dans le même royaume que ceux qui gardent leur
premier état. » Nous ne serons sans doute jamais capables de comprendre en cette
vie ce que cela signifie d'être privé du droit sacré de recevoir un corps.
Lorsque Jésus chassa l'esprit mauvais de l'homme que nul ne pouvait enchaîner,
il lui demanda son nom, et l'esprit répondit « Légion, car nous sommes
plusieurs » (voir Marc 5:2-9). Lorsqu'ils eurent reçu l'ordre de quitter le
corps du possédé, ils demandèrent l'autorisation d'entrer dans le corps de
pourceaux qui paissaient dans la prairie, et quand leur requête eut été
accordée, « le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer » (voir
Marc 5:13). Il est tellement désirable d'avoir un corps que ces esprits mauvais,
qui avaient perdu le droit d'avoir leur propre corps, étaient même disposés à
entrer dans des corps de pourceaux.
Si nous arrivons à comprendre la portée de cette aventure et la leçon à en
tirer, comment serons-nous assez reconnaissants envers notre Père céleste de ce
qu'il nous a permis de recevoir un corps et de ce qu'il nous a donné l'assurance
qu'après l'avoir déposé dans la tombe nous le reprendrons à la résurrection
grâce à l'expiation de notre Seigneur Jésus-Christ ?
Dans une révélation donnée au prophète Joseph Smith, le Seigneur a enseigné
ceci :
Car l'homme est esprit. Les éléments sont éternels, et l'esprit et l'élément,
inséparablement liés, reçoivent une plénitude de joie ;
Et lorsqu'ils sont séparés, l'homme ne peut recevoir de plénitude de joie. (D&A
93:33, 34)
Donc, le premier but de la vie terrestre est d'obtenir un corps, sans lequel
« l'homme ne peut recevoir de plénitude de joie ».
Le prophète Léhi connaissait aussi le but de l'existence de l'homme :
Adam tomba pour que les hommes fussent, et les hommes sont pour avoir la joie.
(2 Néphi 2:25)
Importance de notre second état
Nous allons maintenant voir combien il est important de garder notre second
état, qui est la vie terrestre. Puisse ce que nous avons appris concernant le
sort des esprits qui n'ont pas conservé leur premier état nous inspirer le désir
et la volonté de garder notre second état, pour que nous puissions recevoir plus
de gloire sur notre tête pour toujours et à jamais.
Nous devons avoir présente à l'esprit l'idée que nous sommes ici-bas avec notre
libre arbitre pour être mis à l'épreuve, pour voir si nous ferons tout ce que le
Seigneur notre Dieu nous commandera ; car, c'est pour nous fournir cette
occasion que le Seigneur a créé la terre. Il a déclaré à Moïse :
Car voici mon oeuvre et ma gloire : réaliser l'immortalité et la vie éternelle
de l'homme. (Moïse 1:39)
Au prophète Joseph Smith le Seigneur a dit :
Et si tu gardes mes commandements et persévères jusqu'à la fin, tu auras la vie
éternelle, qui est le plus grand de tous les dons de Dieu. (D&A 14:7)
... celui qui reçoit la lumière et persévère en Dieu en reçoit davantage et
cette lumière brille de plus en plus, jusqu'à atteindre le jour parfait. (D&A
50:24)
Pour que l'homme puisse donc faire ses preuves, il doit acquérir la connaissance
et la compréhension des commandements de Dieu, qui se trouvent dans l'Évangile.
Comme c'est l’œuvre et la gloire du Seigneur de « réaliser l'immortalité et la
vie éternelle de l'homme », nous devons prendre part à l’œuvre du Seigneur, car
le Seigneur doit avoir des instruments pour accomplir ses desseins :
Souvenez-vous que les âmes ont une grande valeur aux yeux de Dieu...
Et comme il se réjouit de l'âme qui se repent !
C'est pourquoi vous êtes appelés à crier repentance à ce peuple.
Et s'il arrive que vous travailliez toute votre vie à crier repentance à ce
peuple et que vous m'ameniez ne fût-ce qu'une seule âme, comme votre joie sera
grande avec elle dans le royaume de mon Père ! Et maintenant, si votre joie
doit être grande avec cette seule âme que vous m'aurez amenée dans le royaume de
mon Père, comme elle sera grande si vous m'en amenez beaucoup ! (D&A 18:10,
13-16)
En février 1829, plus d'un an avant que l'Église fût organisée, le Seigneur
donna au prophète Joseph Smith une révélation dont nous citons ce qui suit :
Voici, une oeuvre merveilleuse est sur le point de se produire parmi les enfants
des hommes.
C'est pourquoi, ô vous qui vous embarquez dans le service du Seigneur, veillez à
le servir de tout votre cœur, de tout votre pouvoir, de tout votre esprit et de
toutes vos forces afin d'être innocents devant Dieu au dernier jour.
C'est pourquoi, si vous éprouvez le désir de servir Dieu, vous êtes appelés à
l’œuvre ; Car voici le champ est déjà mûr pour la moisson et voici, celui qui se
sert de la faucille de toutes ses forces amasse des provisions afin de ne pas
périr, mais apporte le salut à son âme. (D&A 4:1-4)
Le corps du Christ
L'apôtre Paul explique que, par notre acceptation de l'Évangile, nous sommes
tous membres du corps du Christ, que chacun reçoit un don, différent peut-être,
mais par le même esprit, et que chacun est responsable du fonctionnement correct
du corps :
Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ;
Diversité de ministères, mais le même Seigneur ;
Diversité d'opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous.
Or, à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune.
En effet, à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une
parole de connaissance, selon le même Esprit ; À un autre, la foi, par le même Esprit ; à un autre, le don des guérisons, par
le même Esprit ;
À un autre, le don d'opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un
autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un
autre, l'interprétation des langues.
Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en
particulier comme il veut.
Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du
corps, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il de
Christ. Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former
un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons
tous été, abreuvés d'un seul Esprit.
Ainsi le corps n'est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs membres.
Si le pied disait : Parce que je ne suis pas une main, je ne suis pas du corps,
ne serait-il pas du corps pour cela ?
Et si l'oreille disait : Parce que je ne suis pas un oeil, je ne suis pas du
corps, ne serait-elle pas du corps pour cela ?
Si tout le corps était oeil, où serait l'ouïe ? S'il était tout ouïe, où serait
l'odorat ? Maintenant Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a
voulu.
Si tous étaient un seul membre, où serait le corps ?
Maintenant donc il y a plusieurs membres, et un seul corps.
L’œil ne peut pas dire à la main : Je n'ai pas besoin de toi ; ni la tête dire
aux pieds : Je n'ai pas besoin de vous.
Mais bien plutôt, les membres du corps qui paraissent être les plus faibles sont
nécessaires...
Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part.
Et Dieu a établi dans l'Église premièrement des apôtres, secondement des
prophètes, troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont le don des miracles,
puis ceux qui ont les dons de guérir, de secourir, de gouverner, de parler
diverses langues. Tous sont-ils apôtres ? Tous sont-ils prophètes ? Tous
sont-ils docteurs ? Tous ont-ils le don des miracles ?
Tous ont-ils le don des guérisons ? Tous parlent-ils en langues ? Tous
interprètent-ils ?
Aspirez aux dons les meilleurs. Et je vais encore vous montrer une voie par
excellence. (1 Cor. 12:4-22, 27-31)
Nous apprenons par cette épître de Paul que tous ceux qui sont baptisés, le sont
pour former un seul corps, qu'ils soient Juifs ou Gentils, esclaves ou libres ;
et qu'on les a tous abreuvés d'un seul Esprit. Paul a expliqué dans le détail
comment chaque membre du corps reçoit un don spirituel particulier, et que tous
les membres sont nécessaires pour que le corps fonctionne parfaitement, qu'un
membre ne peut pas dire à l'autre « Je n'ai pas besoin de toi ». Nous apprenons
qu'il y a du travail pour tous les membres de l'Église de Jésus-Christ. Chacun
doit développer les dons ou talents dont le Seigneur l'a pourvu. Paul a aussi
montré que même les membres les plus faibles sont nécessaires.
L'homme est tenu de développer ses talents
On peut rapprocher ces paroles de Paul de la parabole des talents racontée par
Jésus :
Il en sera comme d'un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs,
et leur remit ses biens.
Il donna cinq talents à l'un, deux à l'autre, et un au troisième, à chacun selon
sa capacité, et il partit.
Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla, les fit valoir, et il
gagna cinq autres talents.
De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres.
Celui qui n'en avait reçu qu'un alla faire un creux dans la terre, et cacha
l'argent de son maître.
Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte.
Celui qui avait reçu les cinq talents s'approcha, en apportant cinq autres
talents, et il dit : Seigneur, tu m'as remis cinq talents ; voici, j'en ai gagné
cinq autres.
Son maître lui dit : C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en
peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.
Celui qui avait reçu les deux talents s'approcha aussi, et il dit : Seigneur, tu
m'as remis deux talents ; voici j'en ai gagné deux autres.
Son maître lui dit : C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en
peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.
Celui qui n'avait reçu qu'un talent s'approcha ensuite, et il dit : Seigneur, je
savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n'as pas semé, et qui
amasses où tu n'as pas vanné ;
J'ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre ; voici, prends ce
qui est à toi. Son maître lui répondit Serviteur méchant et paresseux, tu savais
que je moissonne où je n'ai pas semé, et que j'amasse où je n'ai pas vanné ;
Il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j'aurais
retiré ce qui est à moi avec un intérêt. Ôtez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents.
Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a
pas, on ôtera même ce qu'il a.
Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des
pleurs et des grincements de dents. (Matt. 25:14-30)
Jésus a bien montré que chacun ne devra rendre des comptes que pour les talents
ou dons qu'il a reçus : « Car on demandera beaucoup à qui l'on a beaucoup
donné » (voir Luc 12:48). Personne ne peut dire qu'il n'a rien reçu. Quand ce ne
serait qu'un seul talent, il est attendu de lui qu'il développe ce talent de
telle manière que quand son Maître viendra, il pourra le lui rendre avec
bénéfice. On remarquera aussi qu' « on donnera à celui qui a, et il sera dans
l'abondance, mais à celui qui n'a pas, on ôtera même ce qu'il a. Et le serviteur
inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des
grincements de dents ».
Pouvez-vous imaginer une raison plus valable pour « ces pleurs et ces
grincements de dents » que d'apprendre de la bouche de votre Maître, quand vous
serez appelé à rendre compte de votre vie ici-bas, qu'après avoir été fidèle
dans votre existence d'esprit et avoir gardé votre premier état, vous avez
échoué dans le second, quand on vous a mis à l'épreuve pour voir si vous feriez
tout ce que le Seigneur, votre Dieu, vous commanderait, (voir Abraham 3:25),
vous ne l'avez pas fait ? Rappelez-vous, le Seigneur a dit de ceux-là : « Jetez
le serviteur inutile dans les ténèbres du dehors » (Matt. 25:30).
Nous avons déjà envisagé le sort des esprits qui n'ont pas gardé leur premier
état, mais nous n'avons pas encore vu quelle sera la fin de ceux qui ne gardent
pas leur second état. La conscience de notre échec augmentera quand « ce qui est
parfait sera venu » (1 Cor. 13:10) et que nous retrouverons le souvenir de notre
existence antérieure, au moment où « nous verrons comme nous sommes vus et nous
connaîtrons comme nous sommes connus » (voir D&A 76:94).
Jésus a enseigné à ses disciples que le chemin de la grandeur passe par le
service d'autrui :
Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur ; Et
quiconque veut être le premier parmi vous, qu'il soit votre esclave. (Matt.
20:26, 27)
Pierre disait, à propos de l'Église du Christ de son temps :
Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation
sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a
appelés des ténèbres à son admirable lumière. (1 Pierre 2:9)
Il est évident que Pierre avait conscience de la grande responsabilité qui
allait reposer sur les membres de l'Église, ce « sacerdoce royal » dont nous
avons déjà discuté, d'« annoncer les vertus de celui qui vous a appelés des
ténèbres à son admirable lumière » à tous les hommes de partout.
Les héritiers de la gloire céleste
Dans la révélation ou vision des trois degrés de gloire qu'il donna le 16
février 1832 à Joseph Smith et à Sidney Rigdon à Hiram, en Ohio, le Seigneur
précisa qui seraient les héritiers de la gloire céleste :
Ce sont ceux qui sont l'Église du Premier-né.
Ce sont ceux entre les mains desquels le Père a tout remis.
Ce sont ceux qui sont prêtres et rois, qui ont reçu de sa plénitude et de sa
gloire ; Et sont prêtres du Très-Haut, selon l'ordre de Melchisédek, qui était
selon l'ordre d'Énoch, qui était selon l'ordre du Fils unique.
C'est pourquoi, comme il est écrit, ils sont dieux, oui, les fils de Dieu.
C'est pourquoi tout est à eux, que ce soit la vie ou la mort, le présent ou
l'avenir, tout est à eux, et ils sont au Christ, et le Christ est à Dieu. (D&A
76:54-59)
Il est donc évident qu'un homme doit recevoir la prêtrise selon l'ordre de
Melchisédek pour se qualifier pour la vie éternelle dans le royaume céleste.
Dans une autre révélation donnée en septembre 1832 au prophète Joseph Smith au
sujet de la prêtrise, le Seigneur dit :
Car tous ceux qui, par leur fidélité, obtiennent ces deux prêtrises dont j'ai
parlé et magnifient leur appel, sont sanctifiés par l'Esprit et leur corps sera
renouvelé.
Ils deviennent les fils de Moïse et d'Aaron, la postérité d'Abraham, l'Église et
le royaume, et les élus de Dieu.
Et tous ceux qui reçoivent cette prêtrise me reçoivent, dit le Seigneur. (D&A
84:33-35)
Le mariage et les rapports familiaux clans le plan éternel
Dans notre étude du mariage, nous avons attiré l'attention sur le fait que
l'homme sans la femme ne peut réaliser la pleine mesure de sa création :
L'Éternel Dieu dit : Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; je lui ferai une
aide semblable à lui...
Et l'homme dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma
chair ! On l'appellera femme parce qu'elle a été prise de l'homme.
C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme,
et ils deviendront une seule chair (Gen. 2:18, 23, 24).
Il faut se souvenir que c'est avant la chute d'Adam et Ève que « Dieu dit : Il
n'est pas bon que l'homme soit seul » et que les deux seraient « une seule
chair ». Puisque ceci était vrai avant la chute, et puisque Dieu considérait
l'homme et la femme comme « une seule chair », on comprend d'autant mieux
combien il est important que cette relation existe encore, une fois l'homme
racheté des effets de la chute, c'est-à-dire lorsqu'il vivra éternellement.
L'apôtre Paul savait à quel point ceci était important :
Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans
la femme. (1 Cor. 11:11)
Ce principe a été clairement révélé au prophète Joseph Smith :
Il y a, dans la gloire céleste, trois cieux ou degrés.
Pour obtenir le plus haut, l'homme doit entrer dans cet ordre de la prêtrise (à
savoir la nouvelle alliance éternelle du mariage).
Sinon, il ne peut l'obtenir.
Il peut entrer dans l'autre, mais c'est là la fin de son royaume ; il ne peut
avoir d'accroissement. (D&A 131:1-4)
Car voici, je te révèle une nouvelle alliance éternelle ; et si tu ne respectes
pas cette alliance, tu seras damné ; car nul ne peut rejeter cette alliance et
recevoir la permission d'entrer dans ma gloire.
Car tous ceux qui veulent avoir une bénédiction de moi respecteront la loi qui a
été fixée pour l'obtention de cette bénédiction et ses conditions, dès avant la
fondation du monde.
Et en ce qui concerne la nouvelle alliance éternelle, elle fut instituée pour la
plénitude de ma gloire ; et celui qui en reçoit une plénitude doit respecter et
respectera la loi, ou il sera damné, dit le Seigneur Dieu...
C'est pourquoi, si un homme épouse une femme en ce monde, mais ne l'épouse pas
par moi ni par ma parole, et fait alliance avec elle aussi longtemps qu'il est
dans le monde, et elle avec lui, leur alliance et mariage ne sont pas valables
lorsqu'ils sont morts et hors du monde ; ils ne sont donc liés par aucune loi
lorsqu'ils sont hors du monde.
C'est pourquoi, lorsqu'ils sont hors du monde, les hommes ne peuvent prendre de
femmes ni les femmes de maris, mais ils deviennent des anges dans les cieux ;
lesquels anges sont des serviteurs au service de ceux qui sont dignes d'une part
de gloire beaucoup plus grande, incomparable et éternelle.
Car ces anges ne se sont pas conformés à ma loi ; c'est pourquoi, ils ne peuvent
s'accroître, mais restent à toute éternité séparés et célibataires, sans
exaltation, dans leur état sauvé. Et dès lors, ils ne sont pas dieux, mais anges
de Dieu, pour toujours et à jamais...
De plus, en vérité, je te le dis, si un homme épouse une femme par ma parole qui
est ma loi et par la nouvelle alliance éternelle et que leur union est scellée
par le Saint-Esprit de promesse, par celui qui est oint, à qui j'ai donné ce
pouvoir et les clefs de cette prêtrise, et qu'il leur est dit : Vous vous
lèverez dans la première résurrection et si c'est après la première
résurrection, dans la résurrection suivante - et hériterez de trônes, de
royaumes, de principautés, de pouvoirs, de dominations, de toutes les hauteurs
et profondeurs... Il leur sera fait en toutes choses dans le temps et dans
toute l'éternité comme mon serviteur le leur aura promis. Et ce sera pleinement
valide lorsqu'ils seront hors du monde. Et ils passeront devant les anges et les
dieux qui sont placés là, vers leur exaltation et leur gloire en toutes choses,
comme cela a été scellé sur leur tête, laquelle gloire sera une plénitude et une
continuation des postérités pour toujours et à jamais.
Alors ils seront dieux, parce qu'ils n'auront pas de fin ; c'est pourquoi, ils
seront (Je toute éternité à toute éternité, parce qu'ils continuent. Alors ils
seront au-dessus de tout, car tout leur sera soumis. Alors ils seront dieux,
parce qu'ils auront tout pouvoir et que les anges leur seront soumis.
En vérité, en vérité, je te le dis, si tu ne respectes pas ma loi, tu ne pourras
atteindre cette gloire. (D&A 132:4, 6, 15-17, 19-21)
Cette révélation montre que les hommes ne peuvent devenir des dieux et obtenir
« une plénitude et une continuation des postérités pour toujours et à jamais »,
qu'en respectant la nouvelle alliance « éternelle du mariage, et que sans
mariage ils ne peuvent devenir que « des serviteurs au service de ceux qui sont
dignes d'une part de gloire beaucoup plus grande, incomparable et éternelle ».
Lorsque le Seigneur dit à propos de la nouvelle alliance éternelle du mariage :
« si tu ne respectes pas cette alliance, tu seras damné », il n'utilisait pas le
mot « damné » au sens où il est ordinairement compris par le monde chrétien
moderne, car on remarquera d'autre part qu'il a spécifié qu'ils seront « des
anges dans les cieux ; lesquels anges sont des serviteurs au service de ceux qui
sont dignes d'une part de gloire beaucoup plus grande, incomparable et
éternelle. Au verset dix-sept de la citation ci-dessus, le Seigneur dit qu'ils
« restent séparés et célibataires, sans exaltation, dans leur état sauvé ».
Donc, même eux seront sauvés, mais non pas exaltés. Le mot « damné » signifie
donc « dont le progrès est arrêté » (voir D&A 131:41) ; « ils ne peuvent
s'accroître » (voir D&A 132:17).
Quand nous avons étudié la mission d'Élie dans ses rapports avec le mariage,
nous avons expliqué que le Seigneur a pris des dispositions pour que « la
nouvelle alliance éternelle du mariage » puisse être contractée par procuration
dans les temples du Seigneur pour ceux qui n'ont pas eu cette chance dans leur
état mortel.
Les enfants sont « un héritage de l'Éternel »
Dans cette étude de l'importance du mariage considéré comme une étape de notre
progression éternelle, nous avons noté que cette gloire sera « une plénitude et
une continuation des postérités pour toujours et à jamais » (voir D&A 132:19).
Le Psalmiste connaissait la place qu'occupent les enfants dans le plan du
Seigneur :
Voici, des fils sont un héritage de l'Éternel, le fruit des entrailles est une
récompense. Comme les flèches dans la main d'un guerrier, ainsi sont les fils de
la jeunesse.
Heureux l'homme qui en a rempli son carquois. (Psaumes 127:3-5)
En Israël, dans l'Antiquité, être stérile était considéré comme un déshonneur
pour une femme. Pensez à ce que dit Rachel à Jacob :
Lorsque Rachel vit qu'elle ne donnait point d'enfants à Jacob, elle porta envie
à sa sœur, et elle dit à Jacob : Donne-moi des enfants ou je meurs...
Dieu se souvint de Rachel, il l'exauça et la rendit féconde.
Elle devint enceinte, et enfanta un fils, et elle dit : Dieu a enlevé mon
opprobre. (Gen. 30:1, 22, 23)
Réfléchissez à la promesse faite à Abraham et à Sarah, alors qu'Abraham avait
cent ans et Sarah quatre-vingt-dix, dans laquelle il était dit que Sarah aurait
un fils et que son nom serait Isaac :
Je la bénirai, et te donnerai d'elle un fils ; je la bénirai, et elle deviendra
des nations ; des rois de peuples sortiront d'elle. (Gen. 17:16)
On remarquera que cette bénédiction spéciale que le Seigneur donna à Abraham et
à Sarah permit à cette autre promesse de se réaliser :
Alors l'Éternel dit : Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ?
Abraham deviendra une nation grande et puissante, et en lui seront bénies toutes
les nations de la terre. (Gen. 18:17, 18)
Sans postérité, les bénédictions que le Seigneur réservait à Abraham n'auraient
pu se réaliser pleinement : « En lui seront bénies toutes les nations de la
terre ». Et Sarah devait être mère de « nations » ; des « rois de peuples
sortiront d'elle ».
De même que toutes les nations de la terre devaient être bénies en Abraham et en
sa postérité, et que Sarah deviendrait mère de nations et que des rois de
peuples sortiraient d'elle, de même la nouvelle alliance éternelle du mariage
est nécessaire pour que tout homme fidèle puisse jeter les bases de son royaume
par sa femme et sa postérité.
Il y a beaucoup de gens fidèles qui ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour se
montrer dignes des plus hautes bénédictions du Seigneur, et qui, sans qu'il y
ait eu faute de leur part, n'ont pas eu la chance d'avoir des enfants dans cette
vie. D'autre part, il y a nombre de gens qui ont eu des enfants dont la vie a
été telle qu'ils seront tout à fait indignes d'eux dans les mondes éternels. Le
Seigneur a prévu un millénium au cours duquel les corrections nécessaires seront
apportées.
But de l'existence de l'homme sur terre
On peut résumer comme suit le but de l'existence de l'homme sur terre :
1. Être mis à l'épreuve par Dieu « pour voir s'ils feront tout ce que le
Seigneur, leur Dieu, leur commandera » (voir Abraham 3:25).
2. Recevoir un corps de chair et d'os, car le corps et l'esprit séparés « ne
peuvent recevoir de plénitude de joie » (voir D&A 93:33, 34).
3. Prouver qu'il est capable de garder son second état comme il a gardé son
premier état, afin de recevoir « plus de glaire sur [sa] tête pour toujours et à
jamais » (voir Abraham 3:26).
4. Développer les dons et les talents dont il hérite à la naissance, afin de
pouvoir rendre un compte favorable de son intendance, pour que le Seigneur
puisse dire : « C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu es été fidèle en peu de
chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître » (voir Mat.
25:21).
5. Satisfaire aux conditions requises pour hériter de la gloire céleste, en
devenant « prêtre du Très-Haut, selon l'ordre de Melchisédek » (voir D&A 76:57).
6. Être scellé à une épouse pour le temps et toute l'éternité grâce à la Sainte
Prêtrise, par quelqu'un qui a l'autorité du Seigneur, car « dans le Seigneur, la
femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme » (voir 1 Cor. 11:11).
Sans cette ordonnance de scellement du mariage, on ne peut obtenir le degré le
plus haut de la gloire céleste (voir D&A 131:1-4) « laquelle gloire sera une
plénitude et une continuation des postérités pour toujours et à jamais » (voir
D&A 132:19).
7. Avoir des enfants, car « des [enfants] sont un héritage de l'Éternel, le
fruit des entrailles est une récompense...
Heureux l'homme qui en a rempli son carquois » (Psaumes 127:3, 5).
Encore une fois, c'est aux révélations que le
Seigneur a faites au prophète Joseph Smith en vue du rétablissement de
l'Évangile à notre époque, que nous devons de connaître exactement le but de
l'existence de l'homme ici-bas.
CHAPITRE 22 : OÙ VA
L'HOMME ?
L'homme est perplexe
Pour arriver nulle part il n'y a pas de meilleur moyen que de n'aller nulle
part. C'est l'endroit où, sans poteaux indicateurs et sans avoir besoin d'être
encouragé, on a le plus de certitude d'arriver. (Auteur inconnu)
Quel est le but du voyage ? Nombreuses et contradictoires sont les philosophies
et les explications fournies en réponse à cette question. L'Église doit nous
l'expliquer, puisque c'est l'Église qui doit nous apporter la parole du Seigneur
et nous révéler le but de la vie. L'Église doit être capable de parler en termes
précis. Pourquoi un fils de Dieu ne connaîtrait-il pas les intentions et les
projets de son Père céleste ? Sans cette connaissance, la religion serait très
incomplète. C'est à l'absence de renseignements en ce domaine que doit être
attribuée une grande partie de l'incroyance qui existe dans le monde actuel et
une grande partie de l'inactivité en matière religieuse.
Pour autant que nous le sachions, on n'a jamais trouvé de tribu si ignorante, si
primitive, si inculte, qu'elle n'entretienne sous une forme ou sous une autre la
croyance qu'il y a en l'homme quelque chose que la mort ne peut pas détruire.
Est-ce une illusion, ou est-ce un chuchotement de l'Esprit éternel à propos de
l'immortalité de l'homme ? (Auteur inconnu).
Mais là où la grande controverse se déchaîne, c'est lorsqu'il s'agit de savoir
ce qu'il y a dans l'homme que la mort ne peut détruire, et à quoi ressemble
cette vie après la mort.
Pour la plupart des chrétiens, le salut c'est échapper aux flammes éternelles.
Ce qui explique pourquoi on les entend dire si souvent : « Je suis sauvé. » Un
ecclésiastique bien connu a affirmé qu'on pouvait être sauvé sans la moindre
difficulté. Ainsi donc, pour ces gens-là, le but du voyage c'est d'échapper au
châtiment éternel. Aucun programme constructif pour l'emploi de notre temps n'a
été proposé.
S'il y a une Église autre que l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers
jours qui croit et enseigne que la cellule familiale constituée par le mari, la
femme et les enfants perdurera sous une forme organisée au-delà du tombeau, je
n'ai pas eu l'occasion d'entrer en contact avec elle. Un ecclésiastique de grand
renom a reconnu que son Église n'offrait ni la promesse ni l'assurance de la
continuation des liens du mariage ou de la cellule familiale, mais, a-t-il
ajouté : Au fond de moi-même je n'arrive pas à m'y résoudre. »
Un autre ecclésiastique a posé cette question : « Peut-on être sauvé dans cette
vie-ci, où faut-il mourir pour être sauvé ? » À cela j'ai répondu : « Si vous me
dites ce que vous entendez par être sauvé, je répondrai à votre question. »
Comme il ne trouvait rien à répondre, je lui ai expliqué que les saints des
derniers jours croient que le salut n'est pas un aboutissement, mais un
processus, que le prophète Joseph Smith a enseigné que « nous ne sommes pas
sauvés plus vite que nous n'acquérons de connaissance ». J'ai attiré son
attention sur le fait que nous avons reçu notre corps parce que nous avons été
fidèles dans la vie que nous avons vécue avant de venir sur la terre et que ceux
qui n'ont pas été fidèles se sont vus refuser cette bénédiction et sont devenus
Satan et ses anges.
Ainsi donc, c'est parce que nous avons été jadis fidèles que nous avons la
bénédiction de venir sur la terre et d'en jouir avec notre corps, et c'est parce
que Satan et ses anges n'ont pas été fidèles qu'ils ont été chassés du ciel
(voir Apocalypse 12 et Ésaïe 14), et que le seul corps qu'ils puissent avoir
c'est celui qui appartient à leurs frères et leurs sœurs qui ont été fidèles.
C'est un réconfort de savoir que nous avons gardé notre premier état, et nous
devons maintenant par-dessus tout désirer connaître la voie pour ne pas nous
voir privés des bénédictions qui sont à notre portée.
Grâce au rétablissement de l'Évangile et aux nouvelles révélations du Seigneur
au prophète Joseph Smith, plus un doute ne subsiste sur ces importantes
questions :
Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. (1 Cor.
15:22)
Nous perdrons notre corps dans la mort pendant une brève période, mais il nous
sera rendu plus beau que nous ne l'aurons jamais connu auparavant, et il sera
aussi réel et aussi tangible qu'il l'est maintenant :
Lorsque le Sauveur apparaîtra, nous le verrons tel qu'il est. Nous verrons que
c'est un homme comme nous.
Et cette même sociabilité qui existe parmi nous ici existera parmi nous là-bas,
seulement elle sera accompagnée de gloire éternelle, gloire dont nous ne
jouissons pas maintenant. (D&A 130:1, 2)
L'âme sera restituée au corps et le corps à l'âme ; oui, et chaque membre,
chaque jointure sera restituée à son propre corps ; oui, pas même un cheveu de
la tête ne sera perdu, mais toutes choses seront restaurées dans leur forme
propre et parfaite. (Alma 40:23)
Description de l'ange Moroni par Joseph Smith
Nous n'avons jamais vu personne revêtu de « gloire éternelle », mais le prophète
Joseph Smith nous a décrit un homme dans cet état, Moroni, qui lui est apparu :
...et, tout à
coup, un personnage parut à mon chevet ; il se tenait dans les airs, car ses
pieds ne touchaient pas le sol. Il était vêtu d'une tunique ample de la plus
exquise blancheur, d'une blancheur qui surpassait tout ce que j'avais jamais vu
de terrestre, et je ne crois pas que quelque chose de terrestre puisse être
rendu aussi extraordinairement blanc et brillant. Il avait les mains nues, les
bras aussi, un peu au-dessus des poignets ; il avait également les pieds nus et
les jambes aussi, un peu au-dessus des chevilles. La tête et le cou étaient nus
également. Je pus découvrir qu'il n'avait d'autre vêtement que cette tunique,
celle-ci étant ouverte, de sorte que je pouvais voir sa poitrine. Non seulement
sa tunique était extrêmement blanche, mais toute sa personne était glorieuse
au-delà de toute description, et son visage était véritablement comme l'éclair.
La chambre était extraordinairement claire, mais pas aussi brillante que dans le
voisinage immédiat de sa personne.
(Joseph Smith, Histoire, 30-32)
C'est là la description d'un prophète qui vécut en Amérique environ quatre cents
ans après la résurrection du Christ, et qui avait été ressuscité en vue de
l’œuvre que le Seigneur avait projeté de lui confier. Il n'y avait rien de
mystique en lui. C'était un homme ressuscité, doté d'une « gloire éternelle »
dont nous ne jouissons pas encore maintenant, mais qui est promise à tous les
disciples fidèles du Christ une gloire à cause de laquelle sa personne et son
visage défiaient toute description. Il est donc aisé de comprendre que cette
« Même sociabilité » dont nous jouissons maintenant, ceux qui seront dotés de
« gloire éternelle » pourront en jouir aussi.
Jean contemple l'ange du Seigneur
Quand l'ange du Seigneur fut envoyé à Jean le Révélateur sur l'île de Patmos,
Jean fut si impressionné par ce personnage qu'il se prosterna aux pieds de
l'ange qui lui montrait ces choses, pour l'adorer :
Mais il me dit : Garde-toi de le faire ! Je suis ton compagnon de service, et
celui de tes frères les prophètes, et de ceux qui gardent les paroles de ce
livre. Adore Dieu. (Apoc. 22:9)
L’ange n'était qu'un des frères, un vrai homme, mais d'apparence si merveilleuse
que Jean se serait volontiers agenouillé devant lui pour l'adorer, si l'ange ne
le lui avait interdit. Cette « même sociabilité » que nous possédons ici, nous
la posséderons là-bas, et nous nous connaîtrons comme nous nous sommes connus
ici-bas.
Le corps de Jésus est ressuscité
La résurrection de Jésus est bien réelle, puisque le corps et l'esprit ont
vraiment été réunis, comme l'ont bien compris les femmes qui sont venues au
sépulcre le premier jour de la semaine :
Le premier jour de la semaine, elles se rendirent au sépulcre de grand matin,
portant les aromates qu'elles avaient préparés.
Elles trouvèrent que la pierre avait été roulée de devant le sépulcre, Et, étant
entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Comme elles ne
savaient que penser de cela, voici, deux hommes leur apparurent, en habits
resplendissants.
Saisies de frayeur, elles baissèrent le visage contre terre ; mais ils leur
dirent : Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ?
Il n'est point ici, mais il est ressuscité. Souvenez-vous de quelle manière il
vous a parlé lorsqu'il était encore en Galilée,
Et qu'il disait : Il faut que le Fils de l'homme soit livré entre les mains des
pécheurs, qu'il soit crucifié, et qu'il ressuscite le troisième jour.
Et elles se ressouvinrent des paroles de Jésus.
À leur retour du sépulcre, elles annoncèrent toutes ces choses aux onze et à
tous les autres.
Celles qui dirent ces choses aux apôtres étaient Marie de Magdala, Jeanne,
Marie, mère de Jacques, et les autres qui étaient avec elles.
Ils tinrent ces discours pour des rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes.
Mais Pierre se leva, et courut au sépulcre. S'étant baissé, il ne vit que des
linges qui étaient à terre ; puis il s'en alla chez lui, dans l'étonnement de ce
qui était arrivé... Tandis qu'ils parlaient de la sorte, lui-même se présenta
au milieu d'eux, et leur dit : La paix avec vous !
Saisis de frayeur et d'épouvante, ils croyaient voir un esprit.
Mais il leur dit : Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi pareilles pensées
s'élèvent-elles dans vos cœurs ?
Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien moi ; touchez-moi et voyez, un esprit
n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'ai.
Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds.
Comme, dans leur joie, ils ne croyaient point encore, et qu'ils étaient dans
l'étonnement, il leur dit : Avez-vous ici quelque chose à manger ?
Ils lui présentèrent du poisson rôti et un rayon de miel.
Il en prit et en mangea devant eux. (Luc 24:1-12, 36-43)
Voilà sans aucun doute le plus grand événement jamais relaté dans l'histoire. Il
n'est pas étonnant que les paroles des femmes parurent aux apôtres être « des
rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes ». Si Jésus ne leur avait pas permis
de contempler son corps et de tâter ses blessures, ils auraient encore pu croire
qu'ils avaient vu un esprit. Mais Jésus les assura qu'« un esprit n'a ni chair
ni os, comme vous voyez que j'ai ». Pour prouver davantage qu'il avait bien le
même corps qui avait été mis au sépulcre, Jésus dit : « Avez-vous quelque chose
à manger ? Ils lui présentèrent du poisson rôti et un rayon de miel. Il en prit
et en mangea devant eux. »
C'est avec ce même corps que Jésus exerça son ministère parmi ses disciples
après sa résurrection, qu'il apparut aux Néphites (voir 3 Néphi, chapitre 11),
qu'il apparut à Joseph Smith quand celui-ci n'était encore qu'un jeune garçon
dans les bois proches de la ferme de son père à Palmyra, État de New York, et
qu'il apparaîtra à nouveau avec tous ses saints anges, lorsqu'il viendra
réclamer son royaume comme il l'a promis.
Jésus lui-même devait être « les prémices » de la résurrection :
Mais chacun en son rang, Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à
Christ, lors de son avènement. (1 Cor. 15:23)
Après sa résurrection, d'autres tombes furent ouvertes, et ces gens
ressuscitèrent :
Les sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs des saints qui étaient morts
ressuscitèrent. Étant sortis des sépulcres, après la résurrection de Jésus, ils
entrèrent dans la ville sainte, et apparurent à un grand nombre de personnes.
(Matt. 27:52, 53)
Quel témoignage cela a dû être pour les saints qui vivaient à l'époque que de
voir les tombes ouvertes et les saints endormis en sortir sous leur forme
ressuscitée et apparaître à un grand nombre de personnes de la ville sainte !
Qui pourrait encore douter de la réalité de la résurrection et du fait qu'elle
consiste vraiment dans la réunion du corps et de l'esprit.
Les corps des saints ressuscités
Selon le Livre de Mormon, les Néphites reçurent un témoignage semblable :
En vérité, je vous le dis, j'ai commandé à mon serviteur Samuel le Lamanite de
témoigner à ce peuple que le jour où le Père glorifierait son nom en moi,
beaucoup de saints ressusciteraient d'entre les morts, apparaîtraient à un grand
nombre et les enseigneraient. Et il dit : Cela ne s'est-il pas fait ainsi ?
Et les disciples lui répondirent : Oui, Seigneur, Samuel a prophétisé selon tes
paroles, et elles se sont toutes accomplies.
Et Jésus leur dit : Comment se fait-il que vous n'ayez pas écrit cette chose :
Que beaucoup de saints ont été ressuscités, ont apparu à un grand nombre de
personnes et les ont enseignées ?
Alors Néphi se souvint que cette chose n'avait pas été écrite.
Et Jésus ordonna qu'elle fût écrite ; c'est pourquoi elle fut écrite selon son
commandement. (3 Néphi 23:9-13)
Donc, par l'expiation du Christ, la résurrection du corps sera accordée à tous
ceux qui ont vécu sur cette terre dans la chair :
Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ.
Mais chacun en son rang. Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à
Christ, lors de son avènement.
Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et
Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance.
Car il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses
pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort.
Dieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu'il dit que tout lui a été
soumis, il est évident que celui qui lui a soumis toutes choses est excepté.
Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera
soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous.
(1 Cor. 15:22-28)
La première et la seconde résurrections
Quand le Christ reviendra, il amènera ceux qui sont à lui, et ils régneront avec
lui pendant mille ans jusqu'à ce qu'il ait soumis tous ses ennemis, et qu'il les
ait mis sous ses pieds, le dernier ennemi étant la mort. Alors il n'y aura plus
de mort ; mais ceux qui ne sont pas morts dans le Christ ne seront pas de la
première résurrection ; ils sortiront du tombeau au terme des mille années du
règne du Christ, à la fin du millénium, pour être jugés selon les actes qu'ils
auront accomplis étant dans leur corps :
Puis je vis descendre du ciel un ange, qui avait la clé de l'abîme et une grande
chaîne dans sa main.
Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il le lia
pour mille ans.
Il le jeta dans l'abîme, ferma et scella l'entrée au-dessus de lui, afin qu'il
ne séduisît plus les nations, jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis.
Après cela, il faut qu'il soit délié pour un peu de temps.
Et je vis des trônes ; et à ceux qui s'y assirent fut donné le pouvoir de juger.
Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de
Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n'avaient pas adoré la
bête ni son image, et qui n'avaient pas reçu la marque sur leur front et sur
leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec le Christ pendant mille
ans.
Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu'à ce que les mille ans
fussent accomplis. C'est la première résurrection.
Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection ! La seconde mort
n'a point de pouvoir sur eux ; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de
Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans...
Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône.
Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre
de vie. Et les morts furent jugés selon leurs oeuvres, d'après ce qui était
écrit dans ces livres.
La mer rendit les morts qui étaient en elle, la mort et le séjour des morts
rendirent les morts qui étaient en eux ; et chacun fut jugé selon ses oeuvres. (Apoc.
20:1, 6, 12, 13)
Nombreux sont ceux qui croient que le jour du jugement du Seigneur intervient à
la mort. Quoiqu'il y ait un jugement et une affectation partiels au moment de la
mort, il ne faut pas le confondre avec le jugement final.
Maintenant, en ce qui concerne l'état de l'âme entre la mort et la résurrection,
voici, il m'a été appris par un ange que les esprits de tous les hommes, dès
qu'ils ont quitté ce corps mortel, oui, les esprits de tous les hommes, qu'ils
soient bons ou mauvais, retournent à ce Dieu qui leur a donné la vie.
Alors il arrivera que les esprits de ceux qui sont justes seront reçus dans un
état de félicité, appelé paradis, un état de repos, un état de paix où ils se
reposeront de tout souci et de toute peine.
Et il arrivera que les esprits des méchants et des pécheurs - car ils n'ont ni
part ni portion dans l'Esprit du Seigneur ; car voici, ils ont choisi les
oeuvres du mal au lieu de celles du bien ; c'est pourquoi, l'esprit du diable
est entré en eux et a pris possession de leur maison - et ceux-ci seront rejetés
dans les ténèbres du dehors. Il y aura là des pleurs, des gémissements et des
grincements de dents, et cela à cause de leur propre iniquité, parce qu'ils sont
emmenés captifs à la volonté du diable.
C'est là l'état des âmes des méchants, dans les ténèbres et dans un état
d'attente terrible et épouvantable de l'indignation ardente de la colère de Dieu
contre eux ; ils demeurent ainsi dans cet état, comme les justes dans le
paradis, jusqu'au jour de leur résurrection. (Alma 40:11-14)
Le jour final du jugement où les hommes seront affectés au royaume de gloire
duquel ils relèvent ne viendra pas avant la fin des mille années, après que
Satan aura été relâché pour un peu de temps afin de tenter les habitants de la
terre pour la dernière fois :
Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison.
Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre,
Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre ; leur nombre est comme le
sable de la mer. Et ils montèrent sur la surface de la terre, et ils investirent
le camp des saints et la ville bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel, et les
dévora.
Et le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l'étang de feu et de soufre, où
sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux
siècles des siècles. Puis je vis un grand trône blanc, et celui qui était assis
dessus. La terre et le ciel s'enfuirent devant sa face, et il ne fut plus trouvé
de place pour eux. (Apoc. 20:7-11)
Le Seigneur a révélé au prophète Joseph Smith ce qui suit :
De plus, en vérité, en vérité, je vous dis que lorsque les mille ans seront
terminés, et que les hommes recommenceront à renier leur Dieu, alors je
n'épargnerai plus la terre que pour peu de temps.
La fin viendra, les cieux et la terre seront consumés et passeront, et il y aura
un nouveau ciel et une nouvelle terre.
Car tout ce qui est ancien passera et tout deviendra neuf ; le ciel et la terre
et tout ce qu'ils renferment, les hommes et les bêtes, les oiseaux de l'air et
les poissons de la nier.
Et ni un cheveu, ni une paille ne seront perdus, car c'est l’œuvre de mes mains.
(D&A 29:22-25)
Édification du Royaume de Dieu sur la terre après la première résurrection
Y a-t-il quelqu'un qui puisse comprendre ce que cela signifiera d'être appelé le
matin de la première résurrection à régner pendant mille ans avec le Christ, à
l'aider à établir son royaume sur la terre et à vaincre ou soumettre tous ses
ennemis, jusqu'à ce que le dernier ennemi, la mort, ait été vaincu ? Assurément
le Seigneur n'appellera que ceux qui en sont dignes, et qui ont l'expérience et
la formation nécessaires, car il aura besoin de « dirigeants » et non de
« suiveurs ». C'est ce qui justifie l'affirmation de Paul qu'à sa venue, il
amènera les siens (voir 1 Cor. 15:23).
Au prophète Joseph Smith, le Seigneur a révélé qui ce sera :
Et nous rendons de nouveau témoignage, car nous vîmes et entendîmes, et voici le
témoignage de l'Évangile du Christ concernant ceux qui se lèveront à la
résurrection des justes.
Ce sont ceux qui ont reçu le témoignage de Jésus, ont cru en son nom, ont été
baptisés à la manière de sa sépulture, ayant été ensevelis dans l'eau en son
nom, selon le commandement qu'il a donné
Afin qu'en gardant les commandements, ils soient lavés et purifiés de tous leurs
péchés et reçoivent le Saint-Esprit par l'imposition des mains de celui qui est
ordonné et scellé à ce pouvoir ;
Qui vainquent par la foi et qui sont scellés par le Saint-Esprit de promesse que
le Père répand sur tous ceux qui sont justes et fidèles.
Ce sont ceux qui sont l'Église du Premier-né.
Ce sont ceux entre les mains desquels le Père a tout remis.
Ce sont ceux qui sont prêtres et rois, qui ont reçu de sa plénitude et de sa
gloire. Et sont prêtres du Très-Haut, selon l'ordre de Melchisédek, qui était
selon l'ordre d'Énoch, qui était selon l'ordre du Fils unique.
C'est pourquoi, comme il est écrit, ils sont dieux, oui, les fils de Dieu.
C'est pourquoi tout est à eux, que ce soit la vie ou la mort, le présent ou
l'avenir, tout est à eux, et ils sont au Christ, et le Christ est à Dieu.
Et ils vaincront tout.
Que l'homme ne se glorifie donc pas de l'homme, qu'il se glorifie plutôt de Dieu
qui mettra tous les ennemis sous ses pieds.
Ceux-là demeureront pour toujours et à jamais dans la présence de Dieu et de son
Christ.
Ce sont ceux qu'il amènera avec lui lorsqu'il viendra dans les nuées du ciel
pour régner sur la terre sur son peuple.
Ce sont ceux qui auront part à la première résurrection. (D&A 76:50-64)
Nous voyons donc qu'ils sont « prêtres du Très-Haut selon l'ordre de Melchisédek »
et nous avons montré comment cette prêtrise peut être obtenue par tous les
membres masculins de l'Église âgés de plus de douze ans s'ils sont fidèles.
Comme seuls les hommes peuvent détenir la prêtrise, cette révélation nous permet
de comprendre pourquoi mari et femme doivent de venir « une seule chair » (voir
Gen. 2:24), de manière à jouir ensemble des avantages de la prêtrise. C'est à
quoi pensait Paul en disant : toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point
sans l'homme, ni l'homme sans la femme (1 Cor. 11:11).
Pierre pensait la même chose :
Maris, montrez à votre tour de la sagesse dans vos rapports avec vos femmes, comme avec un sexe plus faible ; honorez-les, comme devant aussi hériter avec vous de la grâce de la vie. Qu'il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières. (1 Pierre 3:7)
Il est donc clair que maris et femmes doivent hériter ensemble des bénédictions
que le Seigneur a prévues pour l'homme.
Autre élément réconfortant : savoir que nous demeurerons sur cette terre.
Lorsque Jésus enseigna à ses disciples à prier, la première chose qu'il leur
apprit à demander, après avoir dûment marqué leur respect pour leur Père
céleste, c'est : « Que ton règne vienne. Que ta volonté soit faite sur la terre
comme au ciel » (Matt. 6:10). Quoique cette prière ait été dite par la plupart
des chrétiens au cours des siècles, nous doutons qu'il y en ait eu beaucoup qui
aient vraiment cru qu'elle serait entièrement exaucée un jour. Pourtant nous
venons de citer le passage de l'apôtre Paul décrivant l’œuvre et la mission du
Sauveur durant le millénium, période pendant laquelle il « mettra tous ses
ennemis sous ses pieds », avant de remettre le royaume à son Père. La prière
sera exaucée :
Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et
Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance.
Car il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses
pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort. (1 Cor. 15:24-26)
Le prophète Ésaïe eut également la vision de la terre et de ses habitants au
cours de cette période, et il les a décrits en ces termes :
Car je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre ; on ne se rappellera
plus les choses passées, elles ne reviendront plus à l'esprit.
Réjouissez-vous plutôt et soyez à toujours dans l'allégresse, à cause de ce que
je vais créer ; car je vais créer Jérusalem pour l'allégresse, et son peuple
pour la joie.
Je ferai de Jérusalem mon allégresse, et de mon peuple ma joie ; on n'y entendra
plus le bruit des pleurs et le bruit des cris.
Il n'y aura plus ni enfants ni vieillards qui n'accomplissent leurs jours ; car
celui qui mourra à cent ans sera jeune, et le pécheur âgé de cent ans sera
maudit.
Ils bâtiront des maisons et les habiteront ; ils planteront des vignes et en
mangeront le fruit.
Ils ne bâtiront pas des maisons pour qu'un autre les habite, ils ne planteront
pas des vignes pour qu'un autre en mange le fruit ; car les jours de mon peuple
seront comme les jours des arbres, et mes élus jouiront de l’œuvre de leurs
mains.
Ils ne travailleront pas en vain, et ils n'auront pas d'enfants pour les voir
périr ; car ils formeront une race bénie de l'Éternel, et leurs enfants seront
avec eux.
Avant qu'ils n'invoquent, je répondrai ; avant qu'ils aient cessé de parler,
j'exaucerai.
Le loup et l'agneau paîtront ensemble, le lion, comme le bœuf, mangera de la
paille, et le serpent aura la poussière pour nourriture. Il ne se fera ni tort
ni dommage sur toute ma montagne sainte, dit l'Éternel. (Ésaïe 65:17-25, voir
aussi Ésaïe 11:6-9)
Est-il possible de décrire plus clairement la situation qui existera quand la
terre sera renouvelée et que le loup et l'agneau paîtront ensemble ? Remarquez
comme Ésaïe souligne le fait que « ils bâtiront des maisons et les habiteront ;
ils planteront des vignes et en mangeront le fruit ». Oui fera tout ceci ? Des
familles, évidemment, tout comme maintenant. Ésaïe ajoute : « car ils formeront
une race bénie de l'Éternel, et leurs enfants seront avec eux » (És. 65:23).
Dans une révélation au prophète Joseph Smith, le Seigneur donna d'autres détails
sur cette situation :
Ce jour-là l'inimitié de l'homme et l'inimitié des animaux, oui, l'inimitié de
toute chair cessera de devant ma face.
Ce jour-là, tout ce que l'homme demandera lui sera donné. Ce jour-là, Satan
n'aura plus le pouvoir de tenter personne. Et il n'y aura pas de deuil, parce
qu'il n'y aura pas de mort. Ce jour-là, le tout petit enfant ne mourra pas avant
d'être vieux, et sa vie sera comme l'âge d'un arbre.
Et lorsqu'il mourra, il ne dormira pas, c'est-à-dire, dans la terre, mais sera
changé en un clin d’œil et sera enlevé, et son propre repos sera glorieux. (D&A
101:26-31)
On remarquera qu'il n'y aura plus de mort, qu'un « tout petit enfant ne mourra
pas avant d'être vieux » et qu'à ce moment il ne dormira pas dans la terre mais
« sera changé en un clin d’œil ».
Le Seigneur a encore révélé au prophète Joseph Smith :
Ce jour-là, lorsque je viendrai dans ma gloire, la parabole que j'ai racontée au
sujet des dix vierges sera accomplie.
Car ceux qui sont sages, ont accepté la vérité, ont pris le Saint-Esprit pour
guide et n'ont pas été séduits - en vérité, je vous le dis, ils ne seront pas
abattus et jetés au feu, mais supporteront le jour.
Et la terre leur sera donnée en héritage ; ils multiplieront et se fortifieront,
et leurs enfants grandiront sans péché au salut.
Car le Seigneur sera au milieu d'eux, sa gloire sera sur eux et il sera leur roi
et leur législateur. (D&A 45:56-59)
Rien de difficile à comprendre, rien de mythique dans cette promesse ; nous
vivrons sur cette terre et nous multiplierons et nos enfants « grandiront sans
péché au salut ».
Daniel vit l'avènement de ce royaume de Dieu dans les derniers jours :
Je regardais pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les nuées des cieux
arriva quelqu'un de semblable à un fils de l'homme ; il s'avança vers l'ancien
des jours, et on le fit approcher de lui.
On lui donna la domination, la gloire et le règne ; et tous les peuples, les
nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une
domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit.
(Dan. 7:13, 14)
Mais les saints du Très-Haut recevront le royaume, et ils posséderont le royaume
éternellement, d'éternité en éternité...
Jusqu'au moment où l'ancien des jours vint donner droit aux saints du Très-Haut,
et le temps arriva où les saints furent en possession du royaume.
Le règne, la domination, et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les
cieux seront donnés au peuple des saints du Très-Haut. Son règne est éternel, et
tous les dominateurs le serviront et lui obéiront. (Dan. 7:18, 22, 27)
Quand ces promesses se trouveront accomplies, ce sera un grand jour dans
l'histoire de ce monde : la prière que Jésus enseigna à ses disciples aura été
exaucée : « Que ton règne vienne. Que ta volonté soit faite sur la terre comme
au ciel » (Matt. 6:10).
L’œuvre à réaliser au cours du millénium
Nous avons déjà parlé de la nature de l’œuvre qui sera menée à bien entre les
membres de l'Église vivant sur la terre et les saints ressuscités (car ils
pourront communiquer entre eux) au cours des mille années où le Sauveur du monde
régnera sur son peuple. Nous en avons brièvement parlé lorsque nous avons étudié
les clefs apportées par Élie, en vue de l'accomplissement de l’œuvre des vivants
par procuration pour les morts dans les temples du Seigneur, comprenant le
baptême, l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit, l'ordination à la
prêtrise, les dotations, le scellement des parents l'un à l'autre pour le temps
et pour toute l'éternité et le scellement des enfants aux parents.
Le président Brigham Young a décrit l’œuvre à réaliser durant le millénium :
Dans le millénium, quand le royaume de Dieu sera établi sur la terre en
puissance, en gloire et en perfection et que le règne de la méchanceté qui a
tant duré sera brisé, les saints de Dieu auront le bonheur de construire leurs
temples, et d'y entrer, devenant, pour ainsi dire, des piliers des temples de
Dieu, et ils officieront pour leurs morts. Alors nous verrons nos frères
revenir, et peut-être certains que nous avons connus ici. Si nous demandons qui
se tiendra à la tête de la dernière dispensation de l'Évangile, la réponse est :
Joseph Smith, fils, le prophète de Dieu. Il est l'homme qui sera ressuscité et
recevra les clefs de la résurrection, et il scellera cette autorité sur
d'autres, et ils iront à la recherche de leurs amis et les ressusciteront quand
les ordonnances auront été accomplies pour eux, et les ramèneront. Et nous
aurons des révélations pour connaître nos ancêtres jusqu'à notre père Adam et
notre mère Ève, et nous entrerons dans les temples de Dieu et nous officierons
pour eux. Alors l'homme sera scellé à l'homme jusqu'à ce que la chaîne devienne
parfaite jusqu'à Adam, de sorte qu'il y aura une chaîne parfaite de prêtrise
d'Adam à la scène finale.
Telle sera l’œuvre des saints des derniers jours pendant le millénium. (A. John Widtsoe, Discours de Brigham
Young, p. 117)
L'Évangile sera prêché durant le millénium
Le millénium sera également la plus grande occasion de prêcher l'Évangile que ce
monde aura jamais connue. Comme Jésus-Christ le dit en février 1831 à son
serviteur Joseph Smith :
Je le dis encore, écoutez, anciens de mon Église, que j'ai nommés : Vous n'êtes
pas envoyés pour être enseignés, mais pour enseigner aux enfants des hommes ce
que j'ai mis entre vos mains par le pouvoir de mon Esprit.
Et vous devez être enseignés d'en haut. Sanctifiez-vous et vous serez dotés de
pouvoir, afin que vous puissiez donner, tout comme je l'ai dit.
Prêtez l'oreille, car voici, le grand jour du Seigneur est tout proche.
Car le jour vient où le Seigneur fera retentir sa voix du haut des cieux. Les
cieux seront ébranlés, et la terre tremblera, et la trompette de Dieu sonnera
fort et longtemps et dira aux nations endormies : Saints, levez-vous et vivez ;
pécheurs demeurez et dormez, jusqu'à ce que j'appelle à nouveau.
C'est pourquoi, ceignez-vous les reins, de peur de vous trouver parmi les
méchants. Élevez la voix et ne vous ménagez pas. Appelez les nations au
repentir, jeunes et vieux, esclaves et libres, disant : Préparez-vous pour le
grand jour du Seigneur.
Car si moi, qui suis un homme, j'élève la voix et vous appelle au repentir, et
que vous me haïssez, que direz-vous quand le jour viendra où les tonnerres
feront entendre leur voix des extrémités de la terre, parlant aux oreilles de
tous ceux qui vivent et disant : Repentez-vous et préparez-vous pour le grand
jour du Seigneur ?
Oui, et encore, lorsque les éclairs sillonneront le ciel d'est en ouest, feront
retentir leur voix à tous ceux qui vivent et feront tinter les oreilles de tous
ceux qui entendent, disant ces paroles : Repentez-vous, car le grand jour du
Seigneur est venu ?
Et de plus, le Seigneur fera entendre sa voix du ciel, disant : Prêtez
l'oreille, ô nations de la terre, et écoutez les paroles de ce Dieu qui vous a
faites.
0 nations de la terre, combien de fois vous aurais-je rassemblées comme une
poule rassemble ses poussins sous ses ailes, mais vous ne l'avez pas voulu !
Combien de fois ne vous ai-je pas appelés parla bouche de mes serviteurs, par le
ministère d'anges, par ma propre voix, par la voix des tonnerres, par la voix
des éclairs, par la voix des tempêtes, par la voix des tremblements de terre et
de grandes tempêtes de grêle, par la voix des famines et des pestes de toutes
sortes, par le grand son d'une trompette, par la voix du jugement, par la voix
de la miséricorde toute la journée, par la voix de la gloire, de l'honneur, et
des richesses de la vie éternelle, et je vous aurais sauvées dans un salut
éternel, mais vous ne l'avez pas voulu !
Voici, le jour est venu où la coupe de la colère de mon indignation est pleine.
Voici, en vérité, je vous dis que ce sont là les paroles du Seigneur votre Dieu.
C'est pourquoi, travaillez, travaillez dans ma vigne pour la dernière fois-
faites appel pour la dernière fois aux habitants de la terre.
Car au temps que j'ai choisi, je descendrai sur la terre pour juger, et mon
peuple sera racheté et régnera avec moi sur terre.
Car le grand millénium dont j'ai parlé par la bouche de mes serviteurs viendra.
Car Satan sera lié, et lorsqu'il sera à nouveau délié, il ne régnera que pour un
peu de temps, et alors viendra la fin de la terre.
Celui qui vit dans la justice sera changé en un clin d’œil, et la terre passera
comme par le feu.
Les méchants s'en iront dans un feu inextinguible, jusqu'à ce qu'ils viennent
devant moi en jugement, et nul homme au monde ne connaît leur fin et ne la
connaîtra jamais.
Prêtez l'oreille à ces paroles. Voici, je suis Jésus-Christ, le Sauveur du
monde. Gardez précieusement tout ceci dans votre cœur, et que la gravité de
l'éternité repose sur votre esprit.
Soyez posés. Gardez tous mes commandements. J'ai dit. Amen. (D&A 43:15-35)
Lorsqu'on se donne la peine d'étudier cette promesse de l'établissement du
royaume de Dieu sur cette terre, que nous venons de rappeler, on comprend
pleinement la promesse que fit notre Seigneur dans son sermon sur la montagne :
« Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre » (Matt 5:5). Il ne faut
pas croire que la mort peut frustrer les débonnaires de ce qui leur est promis,
car cela leur appartiendra pour toujours et à jamais.
L'homme et la terre après le millénium
Étudions maintenant brièvement l'état de la terre après le règne de mille années
du Christ. Le Seigneur a révélé au prophète Joseph Smith que :
Le lieu où Dieu réside est un grand urim et thummim.
Cette terre, dans son état sanctifié et immortel, sera rendue semblable à un
cristal et sera pour ceux qui l'habiteront un urim et thummim, grâce à quoi tout
ce qui a rapport à un royaume inférieur ou à tous les royaumes d'un ordre
inférieur sera révélé à ceux qui habiteront sur cette terre ; et celle-ci
appartiendra au Christ. (D&A 130:8, 9)
Jean a également parlé de ce moment dans l'Apocalypse :
Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre ; car le premier ciel et la
première terre avaient disparu, et la mer n'était plus.
Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle
Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux.
Et j'entendis du trône une forte voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu
avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu
lui-même sera avec eux.
Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura
plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu.
Et celui qui était assis sur le trône dit : Voici, je fais toutes choses
nouvelles. Et il dit : Écris ; car ces paroles sont certaines et véritables.
Et il me dit : C'est fait ! Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la
fin. À celui qui a soif je donnerai de la source de l'eau de la vie,
gratuitement.
Celui qui vaincra héritera ces choses ; je serai son Dieu et il sera mon fils... Et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne.
Et il me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d'auprès de
Dieu, ayant la gloire de Dieu.
Son éclat était semblable à celui d'une pierre très précieuse, d'une pierre de
jaspe transparente comme du cristal. (Apoc. 21:1-7, 10, 11)
Veuillez noter, verset deux, que Jean vit « la ville sainte, la nouvelle
Jérusalem, descendre du ciel, d'auprès de Dieu ». Au verset dix il dit qu'il vit
« la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu ». La
première « nouvelle Jérusalem », c'est la Jérusalem qui doit être construite en
Amérique, dans le cadre du rassemblement d'Israël dans les derniers jours, et la
seconde « ville sainte, Jérusalem », c'est celle que Jésus aimait.
Le prophète Éther qui, selon le Livre de Mormon, vécut en Amérique, eut
l'explication de la différence entre les deux Jérusalem :
Et maintenant, moi, Moroni, je vais terminer mon récit touchant la destruction
du peuple sur lequel j'ai écrit.
Car voici, ils rejetèrent toutes les paroles d’Éther ; car il leur raconta, en
toute vérité, tout ce qui fut depuis le commencement de l'homme ; et qu'après
que les eaux se furent retirées de la surface de ce pays, il devint un pays
préférable à tous les autres pays, un pays choisi du Seigneur ; c'est pourquoi
le Seigneur voulait que tous les hommes qui l'habitent, le servissent ;
Et qu'il était le lieu de la Nouvelle Jérusalem qui devait descendre du ciel et
du saint sanctuaire du Seigneur.
Voici, Éther vit les jours du Christ, et il parla d'une Nouvelle Jérusalem dans
ce pays.
Il dit aussi, touchant la maison d'Israël et la Jérusalem d'où Léhi viendrait
qu'après avoir été détruite, elle serait bâtie de nouveau, ville sainte dans le
Seigneur ; c'est pourquoi elle ne pourrait pas être une nouvelle Jérusalem, car
elle avait existé dans les temps passés, mais elle serait bâtie de nouveau, et
deviendrait une ville sainte du Seigneur et serait bâtie pour la maison
d'Israël.
Et qu'une nouvelle Jérusalem serait édifiée dans ce pays pour le reste de la
postérité de ce Joseph, ce dont il y a eu un type.
Car comme Joseph amena son père dans le pays d'Égypte, où il mourut, ainsi le
Seigneur amena un reste de la postérité de Joseph hors du pays de Jérusalem,
afin de témoigner sa miséricorde envers la postérité de Joseph, et qu'elle ne
pérît pas de même qu'il avait été miséricordieux envers le père de Joseph, pour
qu'il ne pérît pas. C'est pourquoi les restes de la maison de Joseph seront
établis dans ce pays, et ce sera la terre de leur héritage ; et ils bâtiront une
ville sainte au Seigneur semblable à l'ancienne Jérusalem ; et ils ne seront
plus confondus jusqu'à ce que la fin arrive, quand la terre passera.
Et il y aura de nouveaux cieux et une nouvelle terre ; et ils seront semblables
aux anciens, si ce n'est que les anciens sont passés, et que toutes choses sont
devenues nouvelles.
Et alors vient la Nouvelle Jérusalem, et bénis sont ceux qui l'habitent car ce
sont ceux dont les vêtements sont blanchis par le sang de l'Agneau ; et ce sont
ceux qui sont comptés parmi le reste de la postérité de Joseph, qui était de la
maison d'Israël. Et alors vient aussi la Jérusalem d'autrefois ; et bénis en
sont les habitants, car ils ont été lavés par le sang de l'Agneau ; et ce sont
ceux qui étaient dispersés et qui ont été rassemblés des quatre parties de la
terre, et des régions du nord, et qui participent à l'accomplissement de
l'alliance que Dieu a faite avec leur père, Abraham.
Et quand ces choses arrivent, l'Écriture sera accomplie, qui dit : Il y en a de
ceux qui étaient les premiers qui seront les derniers ; et il y en a de ceux qui
étaient les derniers qui seront les premiers. (Éther 13:1-12)
Il faut encore citer ceci :
Je ne vis point de temple dans la ville ; car le Seigneur Dieu tout-puissant est
son temple, ainsi que l'Agneau.
La ville n'a besoin ni du soleil ni de la lune pour l'éclairer, car la gloire de
Dieu l'éclaire, et l'Agneau est son flambeau. (Apoc. 21:22, 23)
Il y en a qui ne comprennent pas pourquoi il n'y aura pas de temple dans cette
Jérusalem sainte. Le fait est que, quand les mille ans seront écoulés, toute
l’œuvre du temple aura été accomplie, et par conséquent il n'y aura plus besoin
de temple, de même que nous apprenons par le verset 23 qu'il n'y aura plus
besoin de lune la nuit ni de soleil le jour, « car la gloire de Dieu l'éclaire,
et l'Agneau est son flambeau » (voir Apoc. 22:23).
La demeure céleste et éternelle de l'homme
La terre, dans sa forme « célestialisée », deviendra la demeure de ceux qui sont
dignes de la gloire céleste, ceux dont le nom est inscrit dans le Livre de Vie
de l'Agneau :
Il n'entrera chez elle rien de souillé, ni personne qui se livre à l'abomination
et au mensonge ; il n'entrera que ceux qui sont écrits dans le livre de vie de
l'Agneau. (Apoc. 21:27)
Le Seigneur a fourni par révélation au prophète Joseph Smith les précisions que
voici :
Néanmoins, celui qui persévère dans la foi et fait ma volonté, celui-là vaincra
et recevra un héritage sur la terre lorsque le jour de la transfiguration
viendra.
Lorsque la terre sera transfigurée, à savoir selon le modèle qui fut montré à
mes apôtres sur la montagne, événement dont vous n'avez pas encore reçu le récit
complet. (D&A 63:20, 21)
Et de plus, en vérité, je vous le dis, la terre se conforme à la gloire d'un
royaume céleste, car elle remplit la mesure de sa création et ne transgresse pas
la loi
C'est pourquoi, elle sera sanctifiée ; oui, bien qu'elle doive mourir, elle sera
vivifiée et supportera le pouvoir qui l'aura vivifiée et les justes en
hériteront. (D&A 88:25, 26)
Mais bénis sont les pauvres qui ont le cœur pur, dont le cœur est brisé et dont
l'esprit est contrit, car ils verront le royaume de Dieu venir avec puissance et
une grande gloire pour les délivrer ; car la graisse de la terre sera à eux.
Car voici, le Seigneur viendra, la rétribution sera avec lui, il récompensera
tous les hommes et les pauvres se réjouiront.
Et leurs générations hériteront de la terre, de génération en génération, pour
toujours et à jamais... (D&A 56:18-20)
Donc, par notre fidélité, nous pouvons hériter de cette terre « de génération en
génération, pour toujours et à jamais », avec nos amis et notre famille, avec
notre corps ressuscité.
Jean le Révélateur a aussi eu la vision de ce glorieux événement :
Et j'entendis du trône une forte voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu
avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu
lui-même sera avec eux.
Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura
plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu...
Celui qui vaincra héritera ces choses ; je serai son Dieu et il sera mon fils. (Apoc.
21:3, 4,7)
On remarquera que la présente étude se borne à montrer ce qu'il adviendra de
ceux qui vainquent toutes choses et se rendent ainsi dignes de la gloire
céleste, cette gloire que l'on dit semblable à celle du soleil, puisque le
Seigneur a déclaré qu'ils hériteront de cette terre « de génération en
génération, pour toujours et à jamais ».
Quant à ceux qui ne sont pas dignes d'hériter la gloire céleste, voici ce que le
Seigneur en a dit dans une révélation au prophète Joseph Smith :
Et ceux qui ne sont pas sanctifiés par la loi que je vous ai donnée, à savoir la
loi du Christ, doivent hériter d'un autre royaume, à savoir d'un royaume
terrestre ou d'un royaume téleste.
Car celui qui n'est pas capable de se conformer à la loi d'un royaume céleste,
ne peut supporter une gloire céleste,
Et celui qui n'est capable de se conformer à la loi d'un royaume terrestre, ne
peut supporter une gloire terrestre.
Et celui qui n'est pas capable de se conformer à la loi d'un royaume téleste ne
peut supporter une gloire téleste ; c'est pourquoi il ne convient pas pour un
royaume de gloire. Il doit donc demeurer dans un royaume qui n'est pas un
royaume de gloire. (D&A 88:21-24)
À propos des fils de perdition le Seigneur a dit :
Ils s'en iront au châtiment perpétuel, qui est le châtiment sans fin, qui
est le châtiment éternel, pour régner avec le diable et ses anges pour
l'éternité, là où leur ver ne meurt pas, là où le feu ne s'éteint pas, ce qui
est leur tourment.
Et nul ne connaît la fin, ni le lieu, ni leur tourment.
Et cela n'a pas été révélé à l'homme, ne l'est et ne le sera jamais, si ce n'est
à ceux qui y sont condamnés. (D&A 76:44-46)
L'Évangile du Seigneur Jésus-Christ est donné à l'homme pour le préparer a la
gloire céleste. À propos de ceux qui ne veulent pas accepter l'Évangile quand il
leur est présenté, le Seigneur a dit :
Et ceux qui restent seront également vivifiés ; néanmoins, ils retourneront dans
leur propre lieu pour jouir de ce qu'ils sont disposés à recevoir, parce qu'ils
n'étaient pas disposés à jouir de ce qu'ils auraient pu recevoir.
Car à quoi sert-il à un homme qu'un don lui soit accordé, s'il ne reçoit pas le
don ? Voici, il ne se réjouit pas de ce qui lui est donné, ni de celui qui lui
fait le don. (D&A 88:32, 33)
CHAPITRE 23 : LE JOUR
DU SABBAT
Comme il y a eu de grandes divergences d'opinion parmi les chrétiens sur le
point de savoir s'ils devaient sanctifier le septième jour de la semaine
(samedi), le sabbat des Juifs, ou le premier jour de la semaine (dimanche), le
jour où le Christ est sorti du tombeau, celui que les Saintes Écritures
appellent le jour du Seigneur, il semblait désirable qu'au rétablissement de son
Église à notre époque, le Seigneur se prononçât sur ce sujet. Il l'a fait dans
une révélation au prophète Joseph Smith, donnée le 7 août 1831 en Sion, comté de
Jackson, dans le Missouri, dont nous citons ce qui suit :
Et afin que tu puisses te préserver plus complètement des souillures du monde,
tu iras en mon saint jour à la maison de prière et tu y offriras tes
sacrements ;
Car en vérité, c'est ce jour qui t'a été désigné pour que tu te reposes de tes
labeurs et pour que tu présentes tes dévotions au Très-Haut.
Néanmoins, tu offriras tes vœux en justice tous les jours et en tout temps.
Mais souviens-toi qu'en ce jour, le jour du Seigneur, tu offriras tes oblations
et tes sacrements au Très-Haut, confessant tes péchés à tes frères et devant le
Seigneur. (D&A 59:9-12)
Nous apprenons par cette révélation que le Seigneur appelle le « jour du
Seigneur » « mon saint jour ». Encore une fois, c'est par la révélation du
Seigneur à son prophète à notre époque que cette vérité est affirmée, plutôt que
par l'étude des Écritures anciennes ou de l'histoire. Cependant, consultons les
anciennes Écritures pour constater que cette révélation donnée par le Seigneur
lors du rétablissement de son Église sur terre à notre époque n'est aucunement
en conflit avec les instructions ou les révélations données par le Seigneur par
l'intermédiaire de ses prophètes de jadis.
Histoire du jour du sabbat
Retraçons brièvement l'histoire du jour du sabbat :
Dieu acheva au septième jour son oeuvre, qu'il avait faite ; et il se reposa au
septième jour de toute son oeuvre, qu'il avait faite.
Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu'en ce jour il se
reposa de toute son oeuvre qu'il avait créée en la faisant. (Gen. 2:2, 3)
Ce récit dit clairement : « Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, parce
qu'en ce jour il se reposa de toute son oeuvre qu'il avait créée en la
faisant. »
Mais l'étude des Écritures semble montrer que le premier commandement jamais
donné par un prophète pour faire observer ce jour comme un jour de culte fut
donné par Moïse environ 2 500 ans après la création. Dans le Deutéronome, nous
apprenons pourquoi Dieu donna à ce moment-là ce commandement aux enfants
d'Israël :
L'Éternel, notre Dieu, a traité avec nous une alliance à Horeb.
Ce n'est point avec nos pères que l'Éternel a traité cette alliance ; c'est avec
nous, qui sommes ici aujourd'hui, tous vivants... Observe le jour du repos, pour
le sanctifier, comme l'Éternel, ton Dieu, te l'a ordonné...
Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d'Égypte, et que l'Éternel, ton
Dieu, t'en a fait sortir à main forte et à bras étendu : c'est pourquoi
l'Éternel, ton Dieu, t'a ordonné d'observer le jour du repos. (Deut. 5:2, 3, 12,
15)
Il ressort de cette Écriture que ceci était une nouvelle alliance que le
Seigneur concluait avec Israël à Horeb ; qu'il n'avait pas conclu cette alliance
avec leurs pères ; qu'il avait conclu cette alliance afin qu'ils se souviennent
qu'ils avaient été esclaves au pays d'Égypte et que c'était le Seigneur leur
Dieu qui les en avait fait sortir « à main forte et à bras étendu », et par
conséquent leur commandait d'observer le jour du sabbat.
Ce commandement d'observer le jour du sabbat fut incorporé dans la loi de Moïse,
de même que furent adoptés l'année sabbatique et le sabbat de la
quarante-neuvième et de la cinquantième années.
À propos de la loi de Moïse, l'apôtre Paul affirma :
Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous
fussions justifiés par la foi. (Gal. 3:24)
Si donc la loi de Moïse était le pédagogue qui devait nous amener au Christ, il
semble raisonnable de supposer qu'après la venue du Christ, il n'y aurait plus
besoin de ce pédagogue.
Le sabbat d'Israël cessera
Lorsque nous comprenons que la loi de Moïse, y compris ses sabbats, était un
pédagogue pour nous amener au Christ, nous sommes mieux à même de comprendre
pourquoi le Seigneur permit à son prophète Osée de déclarer qu'il ferait cesser
les sabbats d'Israël :
Je ferai cesser toute sa joie, ses fêtes, ses nouvelles lunes, ses sabbats et
toutes ses solennités. (Osée 2:13)
Est-il possible d'accepter les Écritures comme étant la parole de Dieu et de
mettre en question l'accomplissement de cette prophétie d'Osée, à savoir que le
Seigneur ferait vraiment cesser les sabbats d'Israël ? Lorsque cette Prophétie
d'Osée fut accomplie, la voie fut manifestement ouverte pour l'adoption d'un
nouveau sabbat.
Un nouveau sabbat : le jour du Seigneur
Le Sauveur savait qu'un changement devait intervenir dans le sabbat :
Puis il leur dit : Le sabbat a été fait pour l'homme et non l'homme pour le
sabbat, De sorte que le Fils de l'homme est maître même du sabbat. (Marc 2:27,
28)
Jésus n'est pas venu pour abolir la loi, mais pour l'accomplir. Donc en lui le
sabbat juif fut accompli, comme le reste de la loi de Moïse, qui était « le
pédagogue qui devait nous conduire à Christ ». Dès lors, quand le Christ vint,
il devint également le Seigneur du sabbat. Lui-même déclara qu'il était venu
accomplir la loi :
Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis
venu non pour abolir, mais pour accomplir. (Matt. 5:17)
Puisque Jésus est venu accomplir la loi, pourquoi d'aucuns voudraient-ils la
conserver ? Pourquoi ne préfèrent-ils pas accepter ce que Jésus a apporté pour
remplacer la loi, et qui comprend le nouveau sabbat, le premier jour de la
semaine ou jour du Seigneur (dimanche), le jour où Jésus sortit du tombeau ?
« Le jour du Seigneur » est celui qu'il a désigné à ses saints à notre époque
pour l'adorer (voir D&A 59:12).
Tandis qu'il était exilé sur l'île de Patmos « à cause de la parole de Dieu et
du témoignage de Jésus », Jean, le disciple bien-aimé du Seigneur, écrivit :
Je fus ravi en esprit au jour du Seigneur, et j'entendis derrière moi une voix
forte comme le son d'une trompette. (Apoc. 1:10)
Pourquoi ce jour serait-il appelé « le jour du Seigneur » si ce n'était pas un
jour sacré ? Rappelez-vous : « Le Fils de l'homme est maître même du sabbat »
(Marc 2:28).
L'apôtre Paul se rendait compte que les saints seraient critiqués pour avoir
changé le jour du sabbat, comme ils l'étaient pour d'autres pratiques contre
lesquelles les Juifs s'élevaient :
Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d'une
fête, d'une nouvelle lune ou des sabbats. (Col. 2:16)
Cet avertissement de l'apôtre Paul eût été sans objet si les saints avaient
rendu leur culte le jour du sabbat juif, car les Juifs n'auraient alors eu
aucune raison de les juger sur ce point.
Les saints rendaient leur culte le premier jour de la semaine
On ne nous dit nulle part que les saints aient observé le sabbat juif comme jour
de culte après la résurrection du Sauveur. Cependant, les apôtres se joignaient
le jour du sabbat aux Juifs dans leurs synagogues pour leur enseigner l'Évangile
(voir Actes 13:13, 14 ; 17:1, 2).
Mais il y a par contre nombre de documents qui nous montrent à suffisance que
les saints se réunissaient souvent pour le culte le premier jour de la semaine
(dimanche), le jour du Seigneur, c'est-à-dire le jour où Jésus était sorti du
tombeau :
Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se
trouvaient les disciples étaient fermées, à cause de la crainte qu'ils avaient
des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d'eux et leur dit : La paix soit
avec vous ! (Jean 20:19)
Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et
Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta
au milieu d'eux, et dit : La paix soit avec vous ! (Jean 20:26)
Le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain. Paul, qui
devait partir le lendemain, s'entretenait avec les disciples, et il prolongea
son discours jusqu'à minuit. (Actes 20:7)
Pour ce qui concerne la collecte en faveur des saints, agissez, vous aussi,
comme je J'ai ordonné aux Églises de la Galatie.
Que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce
qu'il pourra, selon sa prospérité, afin qu'on n'attende pas mon arrivée pour
recueillir les dons. (1 Cor. 16:1, 2)
L'Écriture que voici est particulièrement significative puisque le jour de la
Pentecôte était le jour suivant le sabbat juif :
Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous dans le même lieu.
Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il
remplit toute la maison où ils étaient assis.
Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes
des autres, et se posèrent sur chacun d'eux.
Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d'autres
langues, selon que l’Esprit leur donnait de s'exprimer. (Actes 2:1-4, voir aussi Lév.
23:15, 16)
Quelle autre explication logique peut-on donner au fait que les saints se
réunissaient pour le culte le premier jour de la semaine, dimanche, le jour du
Seigneur, le jour où le Sauveur est sorti du tombeau au lieu du samedi, le
sabbat juif, sinon que c'est le Seigneur qui a fait cesser les sabbats juifs,
comme l'avait déclaré le prophète Osée ? Jésus a institué un nouveau sabbat, le
jour du Seigneur, devenant ainsi « maître même du sabbat ».
La Bible grecque désigne le premier jour de la semaine comme sabbat
Notre conclusion est encore renforcée par le fait que le premier jour de la
semaine (dimanche) est appelé huit fois sabbat dans la Bible grecque originale.
Par conséquent si la Bible avait été traduite correctement, on aurait' évité
beaucoup de confusion en ce domaine. Pourquoi le premier jour de la semaine
(dimanche) serait-il appelé sabbat dans la Bible si ce n'était pas un sabbat ?
Et comment est-il devenu un sabbat, si ce n'est de la manière que nous avons
expliquée ?
Après le sabbat, à l'aube du premier jour de la semaine... (Matt. 28:1 ; en
grec, « sabbat » au lieu de « premier jour de la semaine »).
Ce texte peut prêter à confusion parce qu'il parle de deux sabbats. Il faut
admettre que le sabbat chrétien (premier jour de la semaine) suit immédiatement
le sabbat juif (septième jour de la semaine). D'où l'allusion à deux sabbats.
Le premier jour de la semaine (Marc 16:2 ; en grec « sabbat » au lieu de
« premier jour de la semaine »).
Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine (Marc 16:9 ; en grec « sabbat » au lieu de « premier jour de la semaine »).
Le premier jour de la semaine (Luc 24:1 ; en grec « sabbat » au lieu de
« premier jour de la semaine »).
Le premier jour de la semaine (Jean 20:1 ; en grec « sabbat » au lieu de
« premier jour de la semaine »).
Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine (Jean 20:19 ; en grec
« sabbat » au lieu de « premier jour de la semaine »).
Le premier jour de la semaine (Actes 20:7 ; en grec « sabbat » au lieu de
« premier jour de la semaine »).
Que chacun de vous, le premier jour de la semaine (1 Cor. 16:2 ; en grec
« sabbat » ou « premier jour de la semaine »).
De ce qui précède, il doit ressortir clairement que les écrivains du Nouveau
Testament savaient parfaitement que le premier jour de la semaine (dimanche)
était un jour de sabbat et que c'était le jour où les saints se réunissaient
pour le culte.
Les premiers chrétiens rendaient leur culte le premier jour de la semaine
Les premiers historiens ont déclaré que le premier jour de la semaine, le jour
où le Seigneur était sorti du tombeau, était sanctifié par les chrétiens, que
c'était leur jour de culte. Ceci, joint aux preuves que nous avons déjà
fournies, réfute la thèse de ceux qui prétendent que ce changement du samedi au
dimanche aurait été institué par l'empereur romain Constantin :
« Il est vrai, en effet, que la vie de Constantin n'était guère conforme aux
préceptes du christianisme ; il est vrai aussi qu'il resta catéchumène (chrétien non-baptisé) toute sa vie, et qu'il ne devint véritablement membre de l'Église,
par son baptême à Nicomédie, que quelques jours avant sa mort.
Note 25 : Constantin, longtemps avant cette époque (324 après J.-C) s'était
déclaré chrétien et était reconnu comme tel par les Églises, c'est un fait
certain. Il est certain aussi que pendant longtemps il avait accompli les actes
religieux d'un chrétien non-baptisé, c'est-à-dire d'un catéchumène ; car il
assistait au culte public, jeûnait, priait, observait le sabbat chrétien et les
anniversaires des martyrs, et veillait les vigiles de Pâques, etc. » (Mosheim's
Church History, Livre 2, Siècle 4, 1ère partie, chap. 1:8)
« Les chrétiens de ce siècle manifestaient leur piété en se réunissant pour
adorer Dieu et pour leur propre progression, le premier jour de la semaine, le
jour où le Christ avait repris vie ; car ce jour avait été consacré au culte
religieux par les apôtres eux-mêmes, et on l'observait généralement, à l'exemple
de l'Église de Jérusalem : nous en possédons des témoignages indiscutables. »
(Mosheim's Church History, Livre 1, Siècle 1, 2e partie, chap. 4:4)
« Ceux qui ont été élevés dans l'ancien ordre des choses en sont arrivés à
posséder une nouvelle espérance, n'observant plus le sabbat (juif, ou septième
jour) mais vivant dans l'observance du jour du Seigneur (premier jour) ce jour
où nous avons pris vie par lui et par sa mort. » (Ignace d'Antioche, Épître aux
Magnésiens, 101, après J.-C. chap. 9)
« Un jour, le premier jour de la semaine, nous nous réunissions tous ensemble. » (Barderaven,
130 après J.-C.)
« Et le jour que l'on appelle dimanche, il y a une assemblée dans le même lieu
de tous ceux qui vivent dans les villes ou dans les régions rurales ; et on lit
les récits des apôtres ou les écrits des prophètes tant que nous en avons le
temps... C'est le dimanche que nous tenons tous notre assemblée commune, parce
que c'est le premier jour où Dieu, quand il changea les ténèbres et la matière,
façonna le monde ; et Jésus-Christ, notre Sauveur, s'est levé d'entre les morts
ce même jour. » (Justin Martyr, Apologies, 1:67, 140 après J.-C.)
« En accomplissement du précepte contenu dans l'Évangile, il observe le jour du
Seigneur. » (Clément d'Alexandrie, Livre 7, chap. 12 ; 193 après J.-C.)
« Nous ne sommes en accord avec les Juifs ni dans leurs observances particulières
relatives à la nourriture, ni dans leurs jours sacrés (Apologies, sec. 2 ; 200
après J.-C.). Nous avons l'habitude d'observer certains jours, comme par
exemple, le jour du Seigneur. » (Origène, Livre 3, chap. 23 ; 201 après J.-C.)
« Mais pourquoi, demandez-vous, nous réunissons-nous le jour du Seigneur pour
célébrer nos solennités ? Parce que c'était comme cela que les apôtres le
faisaient aussi. » (De Fuga XIV :11, 141 ; 200 après J.-C.)
On verra donc, que le Seigneur, dans ses révélations au prophète Joseph Smith,
par lesquelles il commandait aux saints de notre époque d'observer le jour du
Seigneur (le dimanche), le premier jour de la semaine, comme jour de culte, ne
faisait que confirmer et approuver la pratique des saints de l'Église primitive,
comme en témoignent suffisamment les Saintes Écritures et les premiers
historiens de l'Église. S'ils avaient commis une erreur en délaissant le
septième jour (le samedi, le sabbat juif), en faveur du jour du Seigneur
(dimanche, le premier jour de la semaine), le Seigneur l'aurait sûrement fait
remarquer, car en rétablissant l'Évangile, il n'hésita pas à corriger les
erreurs commises au cours des siècles par des soi-disant chefs de l'Église.
CHAPITRE 24 :
PRÉDESTINATION ET PRÉORDINATION
Tous ont vécu dans le monde des esprits
Un des enseignements les plus mal compris des Saintes Écritures est le principe
de la prédestination enseigné par Calvin, un des premiers réformateurs. S'il
avait compris le principe de l'existence prémortelle, s'il avait su que nous
avons tous vécu dans le monde des esprits avant de naître sur cette terre, cela
lui aurait permis de comprendre comment des hommes pouvaient être préordonnés,
appelés et choisis avant de naître pour accomplir une certaine oeuvre ici-bas
sans être prédestinés. Il aurait aussi compris comment le Seigneur, connaissant
l'esprit de tous ses enfants, pouvait savoir à l'avance ce qu'ils feraient dans
des circonstances données, tout comme les parents terrestres peuvent savoir dans
une large mesure comment leurs propres enfants réagiront dans une situation
donnée.
Mais l'Écriture Sainte ne confirme pas la position extrême prise par beaucoup,
selon laquelle :
(1) certains sont prédestinés à la vie éternelle et y arriveront quoi qu'ils
fassent, tandis que d'autres sont prédestinés à la damnation éternelle et, dans
ce cas, ne peuvent rien y changer ;
(2) que chaque acte de notre vie est prédéterminé avant notre naissance et que
nous ne pouvons nous en écarter et
(3) que tout ce qui nous arrive dans la vie est la volonté du Seigneur.
Cette croyance rend le Seigneur responsable de toute la méchanceté, de toute la
désobéissance et de toute l'injustice du monde. Si l'homme n'a pas de libre
arbitre, s'il n'a pas le choix, c'est Dieu, qui a créé l'homme, qui doit avoir
fait le choix, et, dès lors, c'est lui et non pas l'homme qui est responsable de
la vie de l'homme.
L'explication que l'on donne généralement est que tous les hommes sont à leur
naissance sujets à la damnation éternelle, mais que par le principe de la grâce,
ceux que le Seigneur décide d'y prédestiner peuvent obtenir le salut, pas les
autres. On qualifie généralement cette conception de fatalisme.
Écritures difficiles à comprendre
L'explication que voici devrait aider à comprendre certaines Écritures relatives
à la doctrine de la prédestination.
Pierre nous avertit que Paul a fait sur ce sujet des déclarations difficiles à
comprendre pour ceux qui n'ont pas l'esprit de prophétie et ceux qui n'ont pas
étudié la chose à fond :
Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé
frère Paul vous l'a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée.
C'est ce qu'il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans
lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes
ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures,
pour leur propre ruine. (2 Pierre 3:15, 16)
Examinons maintenant quelques-uns des passages de Paul :
Voici, en effet, la parole de la promesse : Je reviendrai à cette même époque,
et Sarah aura un fils.
Et, de plus, il en fut ainsi de Rébecca, qui conçut du seul Isaac notre père ;
Car, quoique les enfants ne fussent pas encore nés et qu'ils n'eussent fait ni
bien ni mal - afin que le dessein d'élection de Dieu subsistât, sans dépendre
des oeuvres, et par la seule volonté de celui qui appelle.
Il fut dit à Rébecca : L'aîné sera assujetti au plus jeune ; selon qu'il est
écrit : J'ai aimé Jacob et j'ai haï Ésaü. Que dirons-nous donc ? Y a-t-il
en Dieu de l'injustice ? Loin de là ! (Romains 9:9-14)
Une lecture hâtive de cette Écriture pourrait nous amener à supposer que c'est
avant la naissance de Jacob et d'Esaü que le Seigneur a dit : « J'ai aimé Jacob
et j'ai haï Ésaü. » Voyons ce que le Seigneur a réellement dit avant leur
naissance :
Et l'Éternel lui dit (à Rébecca) : Deux nations sont dans ton ventre, et deux
peuples se sépareront au sortir de tes entrailles ; un de ces peuples sera plus
fort que l'autre, et le plus grand sera assujetti au plus petit. (Gen. 25:23)
Donc, avant que ces jumeaux ne naissent, le Seigneur savait quels esprits il
envoyait pour être les fils de Rébecca, et quels esprits il enverrait par leur
intermédiaire pour être leur postérité, et il savait qui naîtrait le premier :
Il a fait que tous les hommes sortis d'un seul rang, habitassent sur toute la
surface de la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur
demeure. (Actes 17:26)
De même le Seigneur avait décidé du moment et du lieu de la naissance d'Ésaü et
de Jacob. Il les connaissait, ainsi que leur genre de vie, et il savait ce
qu'ils feraient dans les circonstances où ils se trouveraient. C'est pourquoi il
était à même de dire, avant même leur naissance : « Et le plus grand sera
assujetti au plus petit. »
Et maintenant, quand le Seigneur a-t-il dit : « J'ai aimé Jacob et j'ai haï
Ésaü » ?
Voici les paroles que le Seigneur a dites à son prophète Malachie, environ
treize cents ans après la naissance d'Ésaü et de Jacob :
Oracle, parole de l'Éternel à Israël par Malachie.
Je vous ai aimés, dit l'Éternel. Et vous dites : En quoi nous as-tu aimés ? Ésaü
n'est-il pas frère de Jacob ? dit l'Éternel. Cependant j'ai aimé Jacob,
Et j'ai eu de la haine pour Ésaü, j'ai fait de ses montagnes une solitude, j'ai
livré son héritage aux chacals du désert. (Mal. 1:1-3)
Treize cents ans après leur naissance, le Seigneur pouvait bien faire une telle
déclaration. Nous ne prendrons pas le temps de passer en revue la vie de Jacob,
sauf pour rappeler au lecteur que le Seigneur changea son nom en Israël à cause
de sa fidélité, et qu'il se trouve maintenant à la tête de la maison d'Israël,
tandis que voici ce que Paul nous dit de l'infidélité d'Ésaü :
(Veillez) à ce qu'il n'y ait ni impudique, ni profane comme Ésaü, qui pour un
mets vendit son droit d'aînesse. (Héb. 12:16)
Examinons maintenant un autre passage de Paul qui est fréquemment mal compris.
Les défenseurs du principe de la prédestination appellent souvent l'épître aux
Romains, chapitre 9, « une Bible dans la Bible » :
Ô homme, toi plutôt, qui es-tu pour contester avec Dieu ? Le vase d'argile
dira-t-il à celui qui l'a formé : Pourquoi m'as-tu fait ainsi ? Le potier
n'est-il pas maître de l'argile, pour faire avec la même masse un vase d'honneur
et un vase d'un usage vil ?
Et que dire, si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance,
a supporté avec une grande patience des vases de colère formés pour la
perdition. Et s'il a voulu faire connaître la richesse de sa gloire envers des
vases de miséricorde qu'il a d'avance préparés pour la gloire ? (Rom. 9:20-23)
De cette Écriture on déduit que le Seigneur (le potier) a le pouvoir de former,
avec la même masse, un vase d'honneur et un vase d'un usage vil, et que le vase
d'argile ne peut dire à celui qui l'a formé : « Pourquoi m'as-tu fait ainsi ? »
Gardons en mémoire ce passage et rapprochons-en un autre passage de Paul sur le
même sujet :
Dans une grande maison, il n'y a pas seulement des vases d'or et d'argent, mais
il y en a aussi de bois et de terre ; les uns sont des vases d'honneur, et les
autres sont d'un usage vil.
Si donc quelqu'un se conserve pur, en s'abstenant de ces choses, il sera un vase
d'honneur, sanctifié, utile à son maître, propre à toute bonne oeuvre. (2 Tim.
2:20, 21)
Il ressort fort clairement de ce passage de l'épître de Paul à Timothée que
quels que soient les handicaps ou les limitations qu'on ait dans la vie, en se
purifiant on peut devenir « un vase d'honneur, sanctifié, utile à son maître,
propre à toute bonne oeuvre ».
La parabole des talents
Ce n'est là qu'une autre façon d'enseigner ce que Jésus avait dit dans la
parabole de l'homme qui, partant pour un long voyage lointain, avait appelé ses
serviteurs et leur avait remis ses biens :
Il donna cinq talents à l'un, deux à l'autre, et un au troisième, à chacun selon
sa capacité, et il partit. (Matt. 25:15)
Puis il revint et leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents en
rendit dix ; celui qui en avait reçu deux en rendit quatre, et tous deux furent
récompensés comme de fidèles serviteurs ; mais celui qui n'en avait reçu qu'un
le cacha dans le sol et de lui le Maître dit :
Ôtez-lui le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents. (Matt. 25:28)
Donc, comme l'avait dit Paul, le vase d'argile ne peut pas dire à celui qui l'a
fait : « Pourquoi m'as-tu fait ainsi ? »
L'un peut avoir reçu cinq talents, l'autre deux et l'autre un, mais aux yeux du
Seigneur, ce qui importe, ce n'est pas tant ce que l'on a reçu que ce que l'on
fait de ce que l'on a reçu.
L'argile dans la main du potier
Jérémie a parlé du travail du potier :
La parole qui fut adressée à Jérémie de la part de l'Éternel en ces mots :
Lève-toi, et descends dans la maison du potier ; là, je te ferai entendre mes
paroles. Je descendis dans la maison du potier, et voici, il travaillait sur un
tour.
Le vase qu'il faisait ne réussit pas, comme il arrive à l'argile dans la main du
potier ; il -en refit un autre vase, tel qu'il trouva bon de le faire. Et la
parole de l'Éternel me fut adressée en ces mots : Ne puis-je pas agir envers
vous comme ce potier, maison d'Israël ? dit l'Éternel. Voici, comme l'argile est
dans la main du potier, ainsi vous êtes dans ma main, maison d'Israël !
Soudain je parle, sur une nation, sur un royaume, d'arracher, d'abattre et de
détruire ;
Mais si cette nation, sur laquelle j'ai parlé, revient de sa méchanceté, je me
repens du mal que j'avais pensé lui faire.
Et soudain je parle sur une nation, sur un royaume, de bâtir et de planter ;
Mais si cette nation fait ce qui est mal à mes yeux, et n'écoute pas ma voix, je
me repens du bien que j'avais eu l'intention de lui faire. (Jérémie 18:1-10)
Il est donc évident que, quels que soient les caractères d'une nation, si elle
se détourne du mal, le Seigneur se repentira du mal qu'il avait l'intention de
lui faire, et vice versa, montrant ainsi que toutes les nations et tous les
hommes ont leur libre arbitre, et le Seigneur agira envers eux conformément à
leur choix.
Paul parle du Pharaon
De la manière dont Paul parle du Pharaon, il pourrait sembler que ce prince
n'avait pas de volonté propre, mais qu'il fut suscité dans un certain but et
qu'il n'avait pas le choix :
Car l'Écriture dit à Pharaon : je t'ai suscité à dessein pour montrer en toi ma
puissance, et afin que mon nom soit publié par toute la terre.
Ainsi, il fait miséricorde à qui il veut et endurcit qui il veut. (Romains 9:17,
18, cf. aussi Ex. 9:16)
Pour comprendre ce passage de Paul, il faut avoir présent à l'esprit le principe
de la vie prémortelle des esprits - le fait que l'esprit de tous les hommes a
vécu avec Dieu dans le monde des esprits avant de naître dans la chair - et que
le Seigneur a envoyé certains des esprits nobles et grands à une époque
déterminée pour accomplir une certaine oeuvre. Pour illustrer ceci, examinons
l'appel du prophète Jérémie :
La parole de l'Éternel me fut adressée en ces mots :
Avant que je t'eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et
avant que tu fusses sorti de son sein, je t'avais consacré, je t'avais établi
prophète des nations. (Jér. 1:4, 5)
De même, le Seigneur connaissait Pharaon avant sa naissance, il comprenait son
caractère, il savait comment il réagirait : dans certaines circonstances, devant
certaines situations, de sorte que, comme on l'a vu, le Seigneur le suscita dans
un but précis, afin de montrer en lui sa puissance. Mais ceci n'obligeait
aucunement Pharaon à faire ce qu'il fit, pas plus qu'une nation n'est forcée de
faire ce qu'elle fait. Il fallut du temps à Pharaon pour se décider à libérer
les enfants d'Israël :
Moïse et Aaron allèrent vers Pharaon, et lui dirent : Ainsi parle l'Éternel, le
Dieu des Hébreux : Jusques à quand refuseras-tu de t'humilier devant moi ?
Laisse aller mon peuple, afin qu'il me serve. (Ex. 10:3)
Pharaon fut choisi par le Seigneur et envoyé dans le monde à ce moment
particulier parce que le Seigneur le connaissait et savait comment il réagirait
dans la situation où il était placé, mais il avait quand même le droit d'exercer
son libre arbitre.
Le salut est à la portée de tous
Un autre passage de Paul qui est parfois mal compris s'adressait aux Éphésiens :
Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne
vient pas de vous, c'est le don de Dieu.
Ce n'est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. (Éph. 2:8, 9)
Il est clair que nous sommes sauvés par la grâce, car Jésus a fait pour nous ce
que nous n'aurions pu faire pour nous-mêmes ; dès lors, ce n'est pas par nos
oeuvres, mais par sa grâce dont l'effet se fait sentir chez ceux qui acceptent
son Évangile et en vivent les enseignements. Toutefois Paul connaissait la
différence entre le salut universel et le salut individuel, qui prête à
confusion pour beaucoup, et, de ce fait, rend malaisée pour certains la
compréhension de certaines Écritures. Il a dit :
Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. (1 Cor.
15:22)
Peu importe ce que nous faisons, nous revivrons tous à la résurrection grâce à
l'expiation du Christ. Mais nous pouvons être ressuscités et pourtant ne pas
être sauvés au sens où ce mot est si souvent utilisé dans les Écritures. Paul
comprenait fort bien cela, comme le prouve aussi cette phrase de son épître à
Tite :
Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée.
(Tite 2:11)
Par conséquent, si tous les hommes ne sont pas sauvés, c'est parce que, dans
l'exercice de leur libre arbitre, ils n'auront pas accepté le don de sa grâce.
Ce passage de l'épître de Paul à Timothée prouve qu'il savait que le salut était
accessible à tous les hommes :
Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur,
Qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de
la vérité. (1 Tim. 2:3, 4)
Si donc, « Dieu notre Sauveur... veut que tous les hommes soient sauvés, et
parviennent à la connaissance de la vérité », il n'y a qu'une raison pour que
tous les hommes ne soient pas sauvés : c'est parce qu'ils ont le droit de
choisir par eux-mêmes, et qu'ils peuvent choisir le mal au lieu du bien. Donc,
il n'y a pas de groupe prédestiné à être sauvé, car Dieu « veut que tous les
hommes soient sauvés ». Comment, dès lors, pourrait-il avoir un groupe
prédestiné ?
Paul, dans son épître aux Hébreux, a encore bien montré que le salut est
accessible à tous ceux qui veulent obéir au Christ :
[Il] a appris, bien qu'il fût Fils, l'obéissance par les choses qu'il a
souffertes,
Et... après avoir été élevé à la perfection, est devenu pour tous ceux qui lui
obéissent l'auteur d'un salut éternel. (Héb. 5:8, 9)
Puisque le Christ a appris l'obéissance par les choses qu'il a souffertes, tous
les hommes doivent lui obéir s'ils veulent avoir le salut éternel.
Il est clair que Paul comprenait que ce « don gratuit » était à la portée de
tous les hommes. Donc, ce n'est pas un petit groupe de prédestinés, mais tous
les hommes qui doivent recevoir selon leurs oeuvres :
Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les
hommes, de même, par un seul acte de justice, la justification qui donne la vie
s'étend à tous les hommes. (Rom. 5:18)
Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun
reçoive selon le bien ou le mal qu'il aura fait, étant dans son corps. (2 Cor.
5:10)
Paul nous dit encore ce qu'est « le juste jugement de Dieu », et que « Dieu ne
fait point acception de personnes » :
Mais, par ton endurcissement et ton cœur impénitent, tu t'amasses un trésor de
colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de
Dieu,
Qui rendra à chacun selon ses oeuvres :
Réservant la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire,
cherchent l'honneur, la gloire et l'immortalité :
Mais l'irritation et la colère à ceux qui, par esprit de dispute, sont rebelles
à la vérité et obéissent à l'injustice.
Tribulation et angoisse sur toute âme d'homme qui fait le mal, sur le Juif
premièrement, puis sur le Grec !
Gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien, pour le Juif premièrement,
puis pour le Grec !
Car devant Dieu il n'y a point d'acception de personnes. (Rom. 2:5-11)
Au cours de son ministère Jésus a bien dit que son Évangile de salut était pour
tout le monde :
Mais il leur dit cette parabole :
Quel homme d'entre vous, s'il a cent brebis, et qu'il en perde une, ne laisse
les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller après celle qui est
perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ?
Lorsqu'il l'a retrouvée, il la met avec joie sur ses épaules,
Et, de retour à la maison, il appelle ses amis et ses voisins, et leur dit :
Réjouissez-vous avec moi, j'ai retrouvé ma brebis qui était perdue.
De même, je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul
pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas
besoin de repentance.
Ou quelle femme, si elle a dix drachmes, et qu'elle en perde une, n'allume une
lampe, ne balaie la maison, et ne cherche avec soin, jusqu'à ce qu'elle la
retrouve ?
Lorsqu'elle l'a retrouvée, elle appelle ses amis et voisines, et dit :
Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la drachme que j'avais perdue.
De même, je vous le dis, il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul
pécheur qui se repent. (Luc 15:3-10)
Après avoir prié son Père pour ses apôtres, Jésus ajouta :
Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront
en moi par leur parole,
Afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi,
afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé.
(Jean 17:20, 21)
Les apôtres ont invité tout le monde au salut
Jésus a envoyé ses apôtres dans le monde entier, invitant toutes les nations à
accepter son Évangile :
Puis il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute
la création.
Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas
sera condamné. (Marc 16:15, 16)
Si un certain nombre de personnes étaient prédestinées au salut et qu'elles
seules pussent être sauvées, comme il serait déraisonnable de la part de Jésus
de commander à ses apôtres de « prêcher la bonne nouvelle à toute la création ».
Jean le Révélateur vit la puissance qui serait donnée à l'Agneau de Dieu afin de
faire la guerre aux rois de ce monde, et avec l'Agneau se trouvaient les
« appelés », les « élus » et les « fidèles ».
Ils combattront contre l'agneau, et l'agneau les vaincra, parce qu'il est le
Seigneur des seigneurs et le Roi des rois, et les appelés, les élus, les fidèles
qui sont avec lui les vaincront aussi. (Apoc. 17:14)
L'Évangile du salut a donc été mis à la portée de tous les enfants de notre
Père, et chacun a reçu le droit de choisir de lui-même, selon l'expression du
poète :
Sachez que chacun peut choisir
Et suivre ici-bas son désir ;
Car Jésus n'a jamais voulu
Forcer les humains au salut.
Il appellera, bénira,
Avec amour dirigera,
Et nous montrera le bon chemin,
Mais sans forcer l'esprit humain.
(d'après William C. Gregg, Cantiques, n° 155)
CHAPITRE 25 : LA PAROLE
DE SAGESSE
Il est impossible d'estimer le bien que cela ferait si le monde acceptait la
révélation que le Seigneur a donnée le 27 février 1833 à son Église par
l'intermédiaire de son prophète, Joseph Smith, à Kirtland, révélation que l'on
appelle la Parole de sagesse :
Parole de sagesse au profit du conseil des grands-prêtres assemblés à Kirtland
et de l'Église, et aussi des saints en Sion,
Pour être envoyée avec salutations ; non par commandement ou par contrainte,
mais par révélation et parole de sagesse, montrant l'ordre et la volonté de Dieu
dans le salut temporel de tous les saints dans les derniers jours,
Donnée comme principe et accompagnée d'une promesse, adaptée à la capacité des
faibles et des plus faibles de tous les saints, qui sont ou peuvent être appelés
saints. Voici, en vérité, ainsi vous dit le Seigneur : En conséquence des
mauvais desseins qui existent et existeront aux derniers jours dans le cœur de
ceux qui conspirent, je vous ai avertis et je vous préviens en vous donnant
cette parole de sagesse par révélation : Lorsque l'un d'entre vous boit du vin
ou des boissons fortes, voici, ce D'est pas bien ni agréable aux yeux de votre
Père, excepté lorsque vous vous assemblez pour offrir vos sacrements devant lui.
Et voici, ce doit être du vin, oui, du vin pur des grappes de la vigne, fabriqué
par vous-mêmes.
De plus, les boissons fortes ne sont pas pour le ventre, mais pour vous laver le
corps. De plus, le tabac n'est ni pour le corps, ni pour le ventre, et n'est pas
bon pour l'homme, mais c'est une herbe pour les contusions et le bétail malade,
dont il faut user avec sagesse et savoir-faire.
De plus les boissons brûlantes ne sont ni pour le corps, ni pour le ventre.
Et de plus, en vérité, je vous le dis : Toutes les herbes salutaires ont été
créées par Dieu pour la constitution, la nature et l'usage de l'homme,
Chaque herbe en sa saison, et chaque fruit en sa saison, et ceux-ci doivent être
utilisés avec prudence et actions de grâce.
Oui, et moi, le Seigneur, j'ai aussi destiné la chair des bêtes et des oiseaux
de l'air à l'usage de l'homme avec actions de grâce ; il faut en user avec
économie.
Et il m'est agréable que l'on n'en fasse usage qu'en hiver ou quand il fait
froid, ou en temps de famine.
Tout grain est destiné à l'usage de l'homme et des bêtes pour être le soutien de
la vie, non seulement pour l'homme, mais pour les bêtes des champs, les oiseaux
du ciel, et tous les animaux sauvages qui courent ou rampent sur la terre ;
Et Dieu a créé ces derniers pour l'usage de l'homme, seulement en temps de
famine et de faim excessive.
Tout grain est bon pour la nourriture de l'homme, de même que le fruit de la
vigne, et tout ce qui donne des fruits, soit dans le sol, soit au-dessus du sol,
Néanmoins le blé est pour l'homme, le maïs pour le bœuf, l'avoine pour le
cheval, le seigle pour la volaille et les pourceaux et pour toutes les bêtes des
champs, et l'orge pour tous les animaux domestiques, et pour faire des boissons
douces, de même que d'autres grains.
Et tous les saints qui se souviennent de mes paroles pour les mettre en
pratique, marchant dans l'obéissance aux commandements, recevront la santé en
leur nombril et de la moelle en leurs os.
Et ils trouveront de la sagesse et de grands trésors de connaissance, oui, des
trésors cachés ;
Et ils courront et ne se fatigueront point, et ils marcheront et ne faibliront
point. Et moi, le Seigneur, je leur fais la promesse que l'ange destructeur
passera à côté d'eux, comme il l'a fait pour les enfants d'Israël, et ne les
frappera point. Amen. (D&A 89)
Un commandement temporel-spirituel
Comme le Seigneur l'a dit, le commandement appelé la Parole de sagesse fut donné
aux saints « par révélation... montrant l'ordre et la volonté de Dieu dans le
salut temporel de tous les saints dans les derniers jours. Toutefois c'est un
commandement temporel qui a une portée spirituelle.
Dans une précédente révélation donnée le 26 septembre 1830 par l'intermédiaire
du prophète Joseph Smith, le Seigneur disait :
C'est pourquoi, en vérité, je vous dis que pour moi tout est spirituel et que
je ne vous ai jamais donné, en aucun temps, de loi qui fût temporelle, ni à
aucun homme, ni aux enfants des hommes, ni à Adam, votre père, que j'ai créé.
« Voici, je lui ai accordé d'agir à sa guise, et je lui ai donné un
commandement, mais ce n'est pas un commandement temporel que je lui ai donné,
car mes commandements sont spirituels... (D&A 29:34, 35)
Le président Joseph F. Smith, sixième président de l'Église, a dit :
Il faut continuer à se souvenir que le temporel et le spirituel sont
fusionnés. Ils ne sont pas séparés. On ne peut pas en chercher un sans l'autre
tant qu'on est dans cette vie... L’œuvre dans laquelle nous sommes engagés ne
doit pas être limitée par les seuls besoins spirituels du peuple. En
rétablissant l'Évangile et la prêtrise, le dessein de Dieu était non seulement
de faire spirituellement du bien à l'humanité, mais aussi de lui être profitable
temporellement. (Gospel Doctrine, p. 208-209)
Le Seigneur a déclaré que notre corps est la tente de notre esprit. Nous ne
pouvons maltraiter et offenser le corps sans offenser le Créateur.
Les mauvais desseins de ceux qui conspirent
Le Seigneur dit qu'il a donné cette révélation à son Église « en conséquence des
mauvais desseins qui existent et existeront aux derniers jours dans le cœur de
ceux qui conspirent ». Quels sont ces mauvais desseins qui existent et qui
existeront dans le cœur de ceux qui conspirent ? Ce doit être l'énorme somme
d'argent que le Seigneur voyait qu'ils dépenseraient dans les derniers jours en
publicité destinée à inciter ses enfants à utiliser toutes ces choses qui ne
sont pas bonnes pour l'homme. On dépense chaque année des milliards pour faire
de la publicité pour les cigarettes et les autres formes de tabac, le vin, la
bière et les autres alcools ainsi, que le café et le thé dont il a été prouvé
qu'ils sont tous nuisibles au corps et au sujet desquels le Seigneur a dit
qu'ils ne sont pas bons pour l'homme.
Il faut se souvenir que le Seigneur, qui sait tout, a dit que « lorsque l'un
d'entre vous boit du vin ou des boissons fortes, voici, ce n'est pas bien », que
« les boissons fortes ne sont pas pour le ventre, mais pour vous laver le
corps », que « le tabac n'est ni pour le corps, ni pour le ventre, et n'est pas
bon pour l'homme, mais c'est une herbe pour les contusions et le bétail malade,
dont il faut user avec sagesse et savoir-faire », que « les boissons brûlantes
[le café, le thé] ne sont ni pour le corps, ni pour le ventre ». Ce ne sont là
que des excitants qui affaiblissent plutôt qu'ils fortifient le corps, ce ne
sont que des stimulants et des déprimants. Et cependant on dépense des millions
pour leur publicité et les consommateurs dépensent des milliards pour ces
substances nocives.
Assurément, on ne saurait mettre en doute la sagesse de Dieu lorsqu'il a donné
cette révélation à son Église. L'obéissance à la Parole de sagesse devient un
salut temporel pour tous ceux qui observent la loi du Seigneur.
Le vin et les boissons fortes
La science et les recherches médicales modernes s'accordent avec le Seigneur
pour dire que le vin ou les boissons fortes ne sont pas bonnes.
Le Dr Marvin A. Block, vice-président de l'American Medical Society contre
l'alcoolisme et membre du Comité contre l'alcoolisme et l'intoxication à la
drogue de l'American Medical Association, conférencier et auteur de livres et
d'articles renommés sur l'alcoolisme, a écrit :
Parce qu'il est accepté en société, l'alcool est rarement considéré comme
drogue. Mais c'en est une scientifiquement parlant. Il appartient à la catégorie
des anesthésiques et il comporte les mêmes risques, quand on en abuse, que
toutes les autres drogues... Notre société a un penchant pour la drogue en
grande partie à cause de l'alcool...
En petites doses, l'alcool joue le rôle de calmant. À cause de son action sur le
cerveau, il permet d'être moins conscient de la douleur et de l'inconfort,
apaise la peur, calme l'anxiété et modifie la perception. Si on consomme une
plus grande quantité de cette drogue, on encaisse son effet anesthésiant sous
forme de sommeil profond et de perte de conscience. Si on continue à en prendre
pendant une période prolongée, une paralysie totale des centres respiratoires et
circulatoires se produit et si on s'y entête suffisamment longtemps, ce sera
l'issue fatale... Les boissons alcoolisées qu'utilise l'homme moderne sont nombreuses et variées
d'apparence, de goût et de force, mais pas dans leur effet en tant que drogue.
Ce qu'on oublie souvent ou que l'on ne veut pas savoir, c'est qu'elles ont un
dénominateur commun, une substance chimique organique invariable qui, quel que
soit le véhicule ou la concentration dans laquelle elle se trouve, a exactement
le même effet de drogue...
L'alcool lui-même intoxique. Il aura invariablement cet effet en fonction de la
quantité ingérée, que ce soit sous forme de quantité limitée de liqueur, de plus
grandes quantités de vin ou de quantités plus grandes encore de bière. (Alcohol,
Man and Science, brochure de Marvin A. Block, p. 10, 11, 2-4)
L'alcool a un effet encore plus dévastateur que celui qu'il a sur celui qui le
boit : c'est son effet sur la société en général et sur ceux qui fréquentent de
près la personne qui boit. En 1942, la Première Présidence de l'Église de
Jésus-Christ des saints des derniers jours a dit ceci au cours d'une conférence
générale de l'Église :
La boisson introduit la cruauté au foyer, elle marche bras dessus bras dessous
avec la pauvreté, ses compagnons sont la maladie et le malheur, elle met la
chasteté en fuite, elle ne connaît ni l'honnêteté ni l'équité, elle ignore
totalement la vérité, elle noie la conscience, elle est le garde-corps du mal,
elle est une malédiction pour tous ceux qui la touchent. La boisson a provoqué plus de misère, brisé plus de cœurs, détruit plus de
foyers, commis plus de crimes, rempli plus de cercueils que toutes les guerres
que le monde a subies... La malédiction de la boisson est telle qu'on ne pourrait pas nous
considérer comme innocents si nous n'invitions pas tous les saints en infraction
à l'abandonner et à la bannir à jamais de leur vie. (Conference Report, octobre
1942, p. 8)
Le tabac n'est pas pour le corps
Ces dernières années, on a fait beaucoup de recherches sur les effets que le
tabac a sur le corps et les résultats de ces études s'accordent avec la
proclamation du Seigneur que « le tabac n'est pas pour le corps... et n'est pas
bon pour l'homme ». Réfléchissez aux citations suivantes :
« Une foule d'organismes gouvernementaux et privés s'occupant de la santé publique
ont étudié la situation dans plusieurs pays et, dans bien des cas, se sont
occupés de dégager les faits en faisant des enquêtes et sont convaincus que la
cigarette constitue une véritable menace contre la santé et la vie elle-même. L'American
Médical Association elle-même a accusé l'usage de la cigarette d'être 'un danger
grave pour la santé'... Malgré la propagande de l'industrie de la cigarette, il a été démontré que
l'usage de la cigarette est extrêmement dangereux. Tous les fumeurs réguliers de cigarettes sont atteints, quoique pas au même
degré. Il y en a que l'usage de la cigarette tue, d'autres dont elle fait des
handicapés respiratoires, d'autres encore à qui elle donne bien plus que leur
part de maladies et de pertes de journées de travail. L'usage de la cigarette
n'est pas un jeu de roulettes ; tous les fumeurs réguliers de cigarettes étudiés
à l'autopsie en montrent les effets. » (« Medical Bulletin on Tabacco » publié
par l'American Public Health Association, American Heart Association, American
Cancer Society et la National Tuberculosis Association, avril 1968, p. 2, 3)
« Pendant les années 1950-1960, un certain nombre d'organisations ont publié à
diverses dates des déclarations basées sur des preuves accumulées. Parmi
celles-ci, le Conseil de la recherche médicale britannique ; des sociétés contre
le cancer au Danemark, en Norvège, en Suède, en Finlande et aux Pays-Bas, la
Société américaine contre le cancer, l'Association américaine pour le coeur, le
Conseil conjoint contre la tuberculose (Grande-Bretagne) et le Département
national canadien de la santé publique. Tous se sont accordés pour dire
publiquement que l'usage du tabac constitue un danger important pour la santé,
en particulier en ce qui concerne le cancer du poumon et les maladies
cardio-vasculaires. » (Smoking and Health : Report of the Advisory Committee to the
Surgeon Général of the Public Health Service », janvier 1964, p. 6)
« À six reprises depuis 1964,Ie Ministère de la santé publique a publié des
rapports officiels des preuves scientifiques qui lient l'usage de la cigarette à
la maladie et à la mort prématurée. Chacun des rapports, y compris celui-ci, a
confirmé et fortifié la conclusion du rapport de 1964, à savoir que les
cigarettes constituent une cause majeure de décès et de maladies. » (The Health
Conséquences of Smoking, A report of the Surgeon Général, 1972, préface)
Encore une fois, comme pour le vin et les boissons fortes, ce n'est pas
seulement celui qui se livre à l'usage de la cigarette qui en subit les effets,
mais aussi d'autres. La section du Deseret News de Salt Lake City, consacrée aux
nouvelles de l'Église, a publié le 12 juillet 1975 l'éditorial suivant :
« Les chercheurs Adams et Williams de l'Université Columbia, faisant une étude
des relations entre les accidents de circulation et l'usage du tabac, ont établi
des faits intéressants.
« Ils ont appris que dans les groupes ayant un nombre important et moyen
d'accidents, la plupart des conducteurs étaient fumeurs. Par contraste, ils ont
découvert que les groupes étudiés qui n'avaient pas d'accidents comptaient
relativement peu de fumeurs. Leur rapport dit :
'Nous avons disposé de renseignements sur le nombre d'accidents de voitures et de violations du code de la route de 1025 personnes du sexe masculin de 18 à 25 ans, ayant demandé à souscrire un contrat d'assurance. La plupart de ces jeunes hommes étaient des étudiants.
'Sur la base de ces documents, les sujets ont été répartis en trois groupes 'accidents et infractions' - un groupe faible qui n'avait pas d'accidents ou d'infractions, un groupe fort qui avait subi une suspension ou une suppression du permis de conduire et un groupe moyen qui avait eu des accidents ou des infractions ou les deux à son actif, mais pas suffisamment pour suspendre leur permis.
'L'ensemble de l'échantillon fui divisé au hasard en sous-groupes d'importance égale pour voir si les résultats dans ce groupe seraient confirmés chez l'autre. Lorsque les trois groupes furent comparés quant à la proportion de fumeurs dans chaque groupe, nous avons découvert ce qui suit :
'Dans le premier sous-groupe : dans le groupe sans accident ni infraction 18,6 % fumaient, dans le groupe moyen 32,9 % fumaient, dans le groupe fort, 54,3 % fumaient. Dans le deuxième sous-groupe : dans le groupe sans accident ni infraction, 15,9170 fumaient ; dans le groupe moyen, 25,8 % fumaient, dans le groupe fort, 37,5 % fumaient.
'La proportion plus élevée de fumeurs dans la catégorie forte d'accidents et d'infractions est statistiquement significative. Comment expliquer cette association ? On pourrait commencer par remarquer que la nicotine, comme l'alcool, est une drogue provoquant une accoutumance.
'Le fumeur ou buveur habituel a besoin d'un agent extérieur à lui-même - la drogue - pour parvenir à l'état psychologique désiré. La dépendance psychogénique est le dénominateur commun de toutes les habitudes engendrées par la drogue...
'L'usage intensif de drogue peut révéler une hyperdépendance. Ceci est lié aux causes d'accidents en ce que l'hyperdépendance est l'opposé de la responsabilité, base essentielle du sens de la sécurité.
'Ces éléments ayant été réunis, certaines compagnies d'assurance ont comparé le dossier de conduite d'un groupe de détenteurs de polices d'assurance non-fumeurs à un groupe équivalent de fumeurs et ont découvert que les résultats étaient semblables à ceux de l'étude faite par l'Université Columbia.
'Sur la base de cette étude, elles ont effectué dans deux États, des sondages,
qui ont confirmé les découvertes et les conclusions de leurs recherches. Elles
proposent maintenant une police spéciale aux non-fumeurs dans tous les États où
elles exercent leur activité. »
Les boissons brûlantes (thé et café) ne sont pas pour le corps
La Parole de sagesse dit : « De plus, les boissons brûlantes ne sont pas pour le
ventre. » Pour les prophètes de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers
jours, le terme « boissons brûlantes » désigne le café et le thé. Les effets
nocifs de ces substances ont été confirmés ces dernières années dans de
nombreuses études, comme le révèlent les citations suivantes :
« Town and Country Magazine a récemment publié un article révélateur sur les
effets nocifs du café. La conclusion de l'étude donnée dans l'article était :
n'en buvez pas.
« Après avoir expliqué que le café abaisse le taux de glucose dans le sang, cause des pertes de vitamine B, des maladies de la peau, des ulcères, des maux de tête, des troubles cardiaques, bouleverse le mécanisme de l'insuline et va de pair avec la cigarette et les dangers qu'elle constitue, l'article conclut :
« Ce qu'il y a sans doute de pis dans le café, que l'on peut déduire de diverses
sources - depuis les experts en diététique jusqu'aux spécialistes du cœur -
c'est que, comme la plupart des stimulants, le café peut, lui aussi, provoquer
une accoutumance.
« Il en faut de plus en plus pour se stimuler, pour le coup de fouet quotidien.
Et c'est là que l'habitude devient pernicieuse, car si elle produit un sentiment
de bien-être, ce n'est qu'une excitation des glandes endocrines (le plus souvent
les glandes surrénales) et elle masque ainsi la fatigue et d'autres problèmes
sous-jacents qui peuvent aller de l'avitaminose jusqu'à la dépression
émotionnelle en passant par un métabolisme défectueux. »
« Il est intéressant de remarquer que le docteur Oglesby Paul, professeur de
médecine à la faculté de médecine de la Northwestern University, a dit ceci au
sujet du café dans son livre Postgraduate Medecine :
« Dans une étude sur 1718 hommes - ceux qui buvaient cinq tasses de café ou
davantage par jour - on a découvert chez ces hommes une plus haute fréquence
d'angine de poitrine et d'infarctus du myocarde. »
« Le Dr Paul souligne que la caféine joue un rôle important dans les lipides du
sang (graisses et substances grasses normalement présentes dans le corps) et le
métabolisme des hydrates de carbone.
« Il dit que plusieurs études ont prouvé qu'il y a une relation entre l'absorption
de café et une plus grande fréquence des maladies coronaires (Deseret News,
section du Church News du 14 avril 1973, p. 16).
« Une crise cardiaque est une obstruction grave de l'approvisionnement du cœur en
sang. À la fin de l'année dernière, Hershek Jick et ses collègues du centre
médical de l'université de Boston ont signalé que 276 patients qui avaient eu
des crises cardiaques aiguës avaient bu plus de café que 1104 patients du groupe
de contrôle qui souffraient d'autres maladies (Science News, 6 janvier 1973, p.
10).
« Lorsque la Parole de sagesse fut donnée, on ne savait pas grand chose de la
composition du thé ou du café. L'étude des ingrédients des produits naturels du
règne végétal était dans ses premiers balbutiements, comme l'était d'ailleurs la
chimie tout entière. On pensait, bien entendu, puisque ces boissons avaient un
effet bien particulier sur le corps, qu'elles contenaient un « principe actif ».
« En 1921 on réussit à extraire du café une substance blanche et soyeuse, inodore
et amère au goût, que l'on appela caféine. Six ans plus tard, on découvrit que
la même substance existait dans le thé. Des milliers d'analyses chimiques du thé
et du café ont été effectuées au cours du dernier siècle. Le café contient de
petites quantités de plusieurs substances de valeur douteuse pour l'homme... Le
thé, en plus de plusieurs autres substances plutôt nocives, contient trois à six
pour cent de caféine et plus de dix pour cent (parfois jusqu'à vingt-cinq pour
cent) de tanin. Une petite quantité de tanin se trouve également dans le café.
Une tasse de thé ou de café contient environ un grain à un grain et demi de
caféine.
« La caféine... est une drogue, un alcaloïde apparenté à certains des poisons les
plus violents. Lorsqu'elle entre dans le corps humain, elle produit tout d'abord
une sensation de stimulation, suivie au bout d'un certain temps par une période
de dépression, dont on cherche à se débarrasser en buvant encore de la caféine.
Elle produit par conséquent une accoutumance, de sorte que la puissance de la
volonté est affaiblie » (John A. et Leah D. Widtsoe, The Word of Wisdom : A
Modern Interpretation, Salt Lake City : Deseret Book, édition révisée 1950, p.
79, 80).
Quelques aspects positifs de la Parole de sagesse
On a beaucoup insisté, à juste titre, sur les aspects négatifs de la loi de
santé du Seigneur, la Parole de sagesse. En se conformant aux interdits de ce
commandement, on évite d'absorber des substances nocives. Toutefois les versets
10 à 16 inclusivement de cette révélation donnent quelques directives positives
pour conserver au corps sa force et sa santé. Examinons maintenant quelques-uns
des aspects positifs :
« Et de plus, en vérité, je vous le dis, toutes les herbes salutaires ont été
créées par Dieu pour la constitution, la nature et l'usage de l'homme, Chaque herbe en sa saison et chaque fruit en sa saison, et ceux-ci doivent
être utilisés avec prudence et actions de grâce. Oui, et moi, le Seigneur, j'ai aussi destiné la chair des bêtes et les oiseaux
de l'air à l'usage de l'homme avec actions de grâce ; toutefois, il faut en user
avec économie. « Et il m'est agréable que l'on n'en fasse usage qu'en hiver ou
quand il fait froid ou en temps de famine. Tout grain est destiné à l'usage de l'homme et des bêtes pour être le soutien
de la vie, non seulement pour l'homme, mais pour les bêtes des champs, les
oiseaux du ciel, et tous les animaux sauvages qui courent ou rampent sur la
terre ; Et Dieu a créé ces derniers pour l'usage de l'homme, seulement en temps de
famine et de faim excessive. Tout grain est bon pour la nourriture de l'homme, de même que le fruit de la
vigne, et tout ce qui donne des fruits, soit dans le sol, soit au-dessus du
sol ; néanmoins le blé est pour l'homme... »
Si l'on résume ces versets, on obtient ce qui suit : Les herbes (les légumes),
les fruits, la viande et tous les grains, en particulier le blé. Les
diététiciens modernes estiment que quatre groupes alimentaires de base sont
essentiels à un régime équilibré : fruits et légumes, viande, pain et céréales,
et lait, renforçant ainsi la Parole de sagesse à cet égard. Nous notons aussi
que le Seigneur nous exhorte à manger de la viande avec économie, exhortation
qui est également confirmée par les découvertes scientifiques d'aujourd'hui,
puisque l'excès de viande peut contribuer aux maladies cardio-vasculaires. Il
n'a cependant pas dit que l'homme devait s'abstenir totalement de viande. Dans
une précédente révélation, il avait déclaré : « ...quiconque ordonne de
s'abstenir de viandes, pour que l'homme n'en mange pas, n'est pas ordonné de
Dieu ; Car voici, les bêtes des champs, les oiseaux de l'air... sont destinés à
l'usage de l'homme... » (D&A 49:18, 19). Le grand secret, c'est le mot
« économie ». Joseph Fielding Smith, dixième président de l'Église, a dit :
« On entend rarement parler des choses qui sont 'pour la constitution, la nature
et l'usage de l'homme'. Le Seigneur nous a donné toutes les bonnes herbes, les
fruits et les grains. Ils doivent constituer l'alimentation principale des
hommes, des animaux et de la volaille. Mais nous ne devons pas perdre de vue le
fait qu'il faut les utiliser avec 'prudence et actions de grâce'. Dans une autre
révélation (la section 59), on nous dit qu'il ne faut pas les utiliser 'à
l'excès ni par extorsion'. La difficulté, pour la plupart des membres de la
famille humaine, c'est qu'ils mangent de trop et ne suivent pas ce conseil. Il y
aurait moins de maladies et l'humanité vivrait plus longtemps si tous écoutaient
aussi le conseil du Seigneur concernant l'usage des aliments sains. Bien des
gens croient respecter la Parole de sagesse alors qu'ils ne connaissent que les
préceptes négatifs qui ne sont qu'une partie de son grand message. » (Church History and Modern Revelation, Salt Lake City, Deseret News Press,
1949, vol. 1, p. 385)
Promesse du Seigneur à ceux qui gardent la Parole de sagesse
« Et tous les saints qui se souviennent de mes paroles pour les mettre en
pratique, marchant dans l'obéissance aux commandements, recevront la force en
leur nombril et de la moelle en leurs os... Et ils courront et ne se fatigueront point, et ils marcheront et ne faibliront
point. » (D&A 89:18, 20)
Les saints des derniers jours de partout peuvent rendre témoignage de
l'accomplissement de cette promesse, et quelle promesse ! Y a-t-il au monde un
seul père ou mère digne de ce nom qui ne voudrait pas de cette promesse pour
lui-même et pour ses enfants ? Ceux d'entre nous qui en connaissent la valeur
sont humblement reconnaissants au Seigneur d'avoir révélé des vérités aussi
merveilleuses pour l'orientation et le bien-être de son peuple :
Comme la preuve de l'accomplissement de cette promesse doit venir de ceux qui en
ont fait l'essai, nous citerons Paul C. Kimball, jeune saint des derniers jours
qui étudia à l'université d'Oxford en Angleterre. Il découvrit là-bas que la
plupart des étudiants faisaient du sport. Il décida donc de faire de l'aviron.
Ce printemps-là il était à la cinquième place dans un des bateaux les plus
rapides qui aient jamais concouru à Oxford : un bateau qui participa à six
courses et les gagna toutes. Lorsqu'il retourna à l'université l'automne
suivant, on lui demanda d'être l'entraîneur d'une des équipes. Nous citons ici
un passage d'un discours où il rapporte cette expérience :
« Un groupe de jeunes gens vint me trouver et me dit : « Nous aimerions que vous
soyez l'entraîneur de notre équipe d'aviron. Aucun d'entre nous n'a jamais fait
d'aviron auparavant, mais nous croyons que vous pourriez nous en enseigner les
rudiments. » À vrai dire, je ne me sentais pas très enthousiasmé par ce genre de
proposition, car je n'avais jamais dirigé d'entraînement. J'acceptai cependant
leur invitation, mais je leur dis : « Si vous voulez que je vous entraîne, je
vais vous entraîner selon mes règles. Je ne veux rien entreprendre avec vous si
vous ne me promettez pas d'y obéir implicitement. » Le groupe répondit : « Bon,
ça va. Quelles sont vos règles ? » Je leur dis : « Avant tout, vous devez cesser
de fumer. » Ils murmurèrent devant cette exigence et me firent remarquer qu'ils
venaient de quitter l'école et se disaient sans doute que cela ferait « grand »
de pouvoir fumer. Je leur dis ensuite : « Deuxièmement vous devez vous abstenir
de toute espèce de boisson alcoolisée. Ayant quitté l'école et étant entrés à
l'université, ils croyaient bien avoir le droit de boire leur pinte de bière au
déjeuner. Je dis : « Vous devez la supprimer. Vous devez aussi cesser de boire
du thé. »
« Pour finir je dis : « Vous devez aussi cesser de boire du café. » Cela ne les
toucha pas tellement parce que, dirent-ils, le café anglais ressemble plus à de
la boue qu'à autre chose.
Lorsque les garçons eurent marqué leur accord sur mes règles d'entraînement (et
il leur fallut une semaine pour se décider) je les pris en main vers la
mi-octobre. Je travaillai avec eux pendant trois heures chaque après-midi
jusqu'en février. À ce moment ils entrèrent en compétition avec des équipes de
toutes les autres facultés d'Oxford. Il y avait environ cinquante équipes
engagées dans la compétition. Mes garçons luttaient contre des équipes composées
d'hommes qui faisaient de l'aviron depuis qu'ils savaient marcher. Ce groupe que
j'avais était composé de garçons inexpérimentés. D'octobre à février ces garçons
s'étaient entraînés. Pas un seul d'entre eux, à ma connaissance, n'avait fumé
une cigarette pendant ce temps ; pas un seul n'avait touché une tasse de thé ou
de café, ni bu de boisson alcoolisée. Ils se présentèrent le jour de la première
course. Personne ne croyait qu'ils avaient la moindre chance de remporter une
victoire.
« La course avait lieu sur la Tamise à Oxford, sur un parcours de deux kilomètres.
On tira deux coups de canon pour donner le départ de la course. Toutes les
équipes se mirent à ramer de toutes leurs forces. Comme entraîneur, je devais
courir le long de la rive et crier des encouragements à mon équipe à l'aide d'un
mégaphone. Quand j'eus couru environ la moitié de la distance, j'étais si
fatigué que je ne pouvais courir plus loin. Mon équipe n'avait jusqu'alors rien
gagné, ni rien perdu dans cette course ; ils étaient juste à hauteur de leurs
concurrents.
« Je me dis : « Ma foi, c'est une bonne chose ; je vais leur donner mon dernier
conseil, puis je m'assoirai pour me reposer. » Et je leur criai dans mon
mégaphone : Foncez ! Ils foncèrent magnifiquement et au bout d'une minute
avaient mis trente mètres entre eux et leur plus proche concurrent. Ils
gagnèrent la course avec quatre-vingt-dix mètres d'avance, et tout à leur aise.
Tout le monde dit qu'ils seraient battus le lendemain.
« Le lendemain, nous essayâmes le même truc et gagnâmes facilement la course.
Chacun des six jours, car il y avait une course prévue chaque jour, ils
gagnèrent avec une bonne avance, mais pas parce qu'ils étaient experts. Ce
n'était pas une équipe aussi perfectionnée que la plupart des autres, leur
technique manquait de poli, mais ce qu'il y avait de mieux en eux, c'était leur
endurance. ils n'étaient pas épuisés, même après une course dure.
« Ces garçons gagnèrent les courses les mains en poche. Des gens vinrent me
trouver après et me dirent : « M. Kimball, comment avez-vous fait pour remporter
un tel succès avec cette équipe ? Ce n'étaient que des novices et pourtant, à
côté d'eux, les autres équipes avaient l'air faible. » Je répondis : « J'ai fait
vivre ces garçons correctement. Je leur ai fait abandonner le tabac, l'alcool,
le thé et le café. Quand est venu le moment du sprint, leurs poumons étaient
propres, leur organisme était propre, leur sang était propre, et leurs nerfs
étaient solides. »
Paul entraîna un autre groupe l'année suivante avec les mêmes résultats. Puis il
eut l'occasion d'aider à entraîner l'équipe de natation d'Oxford pendant deux
ans, et il vit des hommes gagner chacun de ces deux ans, puis-, ajouta-t-il,
j'ai vu le succès découler si souvent de l'observation de la Parole de sagesse
que rien ne peut changer ma foi en sa valeur.
C'est en vérité que le Seigneur a dit : Et ils courront et ne se fatigueront
point, et ils marcheront et ne faibliront point (D&A 89:20).
« L'expérience m'a montré que le tabac ralentit les réflexes des athlètes, abaisse
leur moral, et ne fait rien de constructif. Les athlètes qui fument sont du
genre négligent et ne prennent pas à cœur l'intérêt de leur équipe. » (Knute Rockne,
ancien entraîneur de l'équipe Notre-Dame)
« Au cours de mes vingt ans de service dans les grandes ligues, j'ai vu la
carrière de plusieurs jeunes joueurs qui promettaient ruinée par l'usage du
tabac. Les cigarettes font beaucoup de tort et mon avis est qu'il ne faut pas y
toucher. » (Walter Johnson, célèbre lanceur de balle)
« Aucun garçon ne peut devenir un grand athlète tant qu'il fait usage du tabac
sous une forme quelconque, parce que cela lui coupe le souffle et lui abîme le
cœur. » (Charles Paddock, coureur).
Des témoignages de ce genre, on peut en trouver chez tous les saints des
derniers jours qui observent cette loi de la santé.
La sagesse et de grands trésors de connaissance
La Parole de sagesse renferme encore deux promesses :
Et ils trouveront de la sagesse et de grands trésors de connaissance, oui, des
trésors cachés (D&A 89:19).
Rendez visite aux saints des derniers jours et vous verrez combien d'entre eux
ont le témoignage personnel que Dieu vit, que Jésus est le Christ, le Rédempteur
du monde, que Dieu entend et exauce les prières, et que Joseph Smith était le
prophète du Seigneur à notre époque, et vous vous rendrez compte que le Seigneur
leur a donné « de la sagesse et de grands trésors de connaissance, oui, des
trésors cachés ». Ces trésors cachés de connaissance expliquent que des dizaines
de milliers de saints des derniers jours remplissent de bon cœur et avec
enthousiasme pour l'Église une mission dont la durée moyenne est de deux ans, en
subvenant à leurs propres dépenses et sans recevoir de rémunération. Ce n'est
pas l'homme qui peut implanter au cœur de l'homme un tel amour pour le Seigneur
et pour son oeuvre : cela doit venir de Dieu.
Les statistiques médicales des saints des derniers jours, que l'on trouvera
commentées au chapitre 27, sont la preuve que le Seigneur remplit sa promesse
envers son peuple :
Et moi, le Seigneur, je leur fais la promesse que l'ange destructeur passera à
côté d'eux, comme il l'a fait pour les enfants d'Israël, et ne les frappera
point. (D&A 89:21)
Le corps humain est le temple de Dieu
L'apôtre Paul comprenait combien il est important que nous gardions notre corps
pur, puisqu'il est le temple du Saint-Esprit :
Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous,
que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez pas à vous-mêmes ?
Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps
et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. (1 Cor. 6:19, 20)
Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu
habite en vous ?
Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu
est saint, et c'est ce que vous êtes. (1 Cor. 3:16, 17)
Il y en a beaucoup qui croient que leur corps leur appartient et qu'ils peuvent
en faire ce qu'ils veulent, mais Paul dit bien qu'il ne nous appartient pas, car
il a été racheté à un grand prix, et que, « si quelqu'un détruit le temple de
Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint et c'est ce que vous
êtes ».
Si l'on pense à l'effrayant gaspillage d'argent que représente l'usage de ces
substances nocives, aux dommages causés par leur usage au corps humain, et au
développement spirituel qui est l'apanage de ceux qui gardent leur corps pur en
s'abstenant d'en prendre, comment peut-on mettre en question la source d'où nous
est venue cette révélation, la Parole de sagesse ? Elle était de loin en avance
sur la pensée scientifique de son temps. Elle doit être venue, elle est venue de
Dieu.
Les choses que le Seigneur a révélées au prophète Joseph Smith dans la Parole de
sagesse comme n'étant pas bonnes pour l'homme, c'est-à-dire le vin, les boissons
fortes, le tabac et les boissons brûlantes (le thé et le café) sont toutes
intoxicantes, et beaucoup d'hommes et de femmes leur sont plus asservis que les
Israélites ne l'étaient aux Égyptiens. Rien de ce que le Seigneur a donné pour
la nourriture du corps n'est intoxicant. En nous donnant donc cette Parole de
sagesse, ces mots de Jésus étaient mis en valeur :
Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira. (Jean 8:32)
CHAPITRE 26 : LA LOI DE
LA DÎME
La loi financière du Seigneur
Il semble que le Seigneur ait eu en vue deux objectifs majeurs en donnant à son
Église la loi de la dîme en ces derniers jours :
Premièrement, c'est la manière la plus équitable de financer son Église, car le
fardeau est réparti selon les possibilités pécuniaires de chacun, et l'obole de
la veuve est égale à la pièce d'or du riche.
Deuxièmement, c'est une façon d'éprouver la foi de son peuple, car l'obéissance
à la loi de la dîme s'accompagne d'une bénédiction. C'est donc, de la part du
Seigneur, une loi de bénédiction pour son peuple.
Voici la révélation que le Seigneur donna le 8 juillet 1838 au prophète Joseph
Smith à Far West, dans le Missouri, en réponse à la supplication : « Ô Seigneur,
montre à tes serviteurs combien tu requiers des biens de ton peuple pour la
dîme » :
En vérité, ainsi dit le Seigneur, je requiers d'eux qu'ils remettent entre les
mains de l'évêque de mon Église, en Sion, tout le surplus de leurs biens,
Pour la construction de ma maison, pour la pose des fondations de Sion, pour la
prêtrise et pour les dettes de la Présidence de mon Église.
Ce sera le commencement de la dîme de mon peuple.
Et après cela, ceux qui auront été ainsi dîmés, payeront annuellement un dixième
de tous leurs revenus ; et ce leur sera une loi permanente à jamais, pour ma
sainte prêtrise, dit le Seigneur.
En vérité, je vous le dis, il arrivera que tous ceux qui se rassemblent au pays
de Sion seront dîmés du surplus de leurs biens, et observeront cette loi ; sinon
ils ne seront pas considérés comme dignes de demeurer parmi vous.
Et je vous le dis, si mon peuple n'observe pas cette loi pour la sanctifier et
pour me sanctifier par elle le pays de Sion afin que mes statuts et mes
jugements y soient gardés, afin qu'il soit très saint, voici, en vérité, je vous
le dis, il ne sera pas pour vous un pays de Sion.
Et ce sera un exemple pour tous les pieux de Sion. J'ai dit. Amen. (D&A 119)
But et destination de la dîme
Tandis que les saints s'efforçaient d'établir Sion dans le Missouri, ils
obéirent à cette exigence formulée par le Seigneur et remirent le surplus de
leurs biens entre les mains de l'évêque de son Église en Sion. Depuis lors ils
s'efforcent de satisfaire à la « loi permanente » qui leur a été donnée « à
jamais ».
Et après cela, ceux qui auront été ainsi dîmés, payeront annuellement un dixième
de tous leurs revenus ; et ce leur sera une loi permanente à jamais, pour ma
sainte prêtrise, dit le Seigneur (D&A 119:4).
Dans cette révélation, le Seigneur précise à quel usage cette dîme sera
affectée :
Pour la construction de ma maison, pour la pose des fondations de Sion, pour la
prêtrise et pour les dettes de la Présidence de mon Église. (D&A 119:2)
Le Seigneur a encore précisé qui sera responsable de l'affectation du produit de
la dîme :
Il en sera disposé par un conseil composé de la Première Présidence de mon
Église, de l'évêque et de son conseil, et de mon grand conseil ; et par ma
propre voix que je leur ferai entendre, dit le Seigneur. (D&A 120)
Dans une révélation donnée le 11 septembre 1831 au prophète Joseph Smith à Kirtland, en Ohio, le Seigneur souligna l'importance de l'observance de la loi
de la dîme :
Voici, le temps qui nous sépare de la venue du Fils de l'Homme s'appelle
aujourd'hui, et en vérité, ce jour est un jour de sacrifice, et un jour où la
dîme est levée sur mon peuple ; car celui qui est dîmé ne sera pas brûlé à sa
venue. (D&A 64:23)
Comment la conscience de l'homme pourrait-elle s'empêcher de brûler en lui à la
venue du Fils de l'Homme s'il se rend compte qu'il n'a apporté aucune
contribution aux frais de l'établissement du royaume de Dieu sur la terre,
surtout s'il arrive à comprendre que, tout ce qu'il a, il le tient du Seigneur
qui a créé la terre et toute sa plénitude, nous a donné la vie et l'existence
sur cette terre en nous promettant que nous pourrions hériter éternellement la
terre, si nous étions fidèles. Ne devons-nous pas alors accepter de payer
quelque chose pour un tel héritage ? Il n'est pas rare de voir un homme donner
de l'argent pendant dix à vingt-cinq ans de sa vie ici-bas pour acheter une
petite parcelle de terrain qu'il utilisera pendant la durée de sa vie sur terre.
Aurait-il moins d'intérêt, à acquérir un héritage éternel ?
Donner la dîme développe la foi
Le Seigneur a toujours su que demander à quelqu'un d'abandonner une partie des
biens de ce monde qu'il a acquis, pour prouver sa foi religieuse, cela demande
une grande foi dans l'obéissance. C'est pourquoi, afin de développer et de
mettre à l'épreuve la foi de ses enfants, le Seigneur leur a donné la loi de
sacrifice, même quand il n'avait pas besoin de leurs dons pour le financement de
son Église.
Prenez, par exemple, Caïn et Abel ; le Seigneur leur avait donné la loi du
sacrifice :
Caïn fit à l'Éternel une offrande des fruits de la terre ;
Et Abel, de son côté, en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur
graisse. L'Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande ;
Mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut
très irrité, et son visage fut abattu.
Et l'Éternel dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il
abattu ? Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis
mal, le péché se couche à la porte. (Gen. 4:3-7)
Le Seigneur n'avait besoin ni des fruits de la terre de Caïn, ni des
premiers-nés du troupeau d'Abel, car ils étaient brûlés en sacrifice au
Seigneur, mais Caïn et Abel avaient besoin d'offrir ce sacrifice afin de prouver
leur amour pour Dieu et leur foi en lui.
Une lecture attentive de ce texte révélera que le cœur d'Abel était droit, c'est
pourquoi il offrit « les premiers-nés de son troupeau et leur graisse », tandis
que l'offrande de Caïn était faite selon les instructions de Satan (voir Moïse
5:18). C'est pourquoi « L'Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son
offrande, mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande.
Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu », et les ténèbres pénétrèrent
dans son cœur et il tua son frère Abel.
Examinons maintenant l'épisode de Jésus et du jeune homme riche :
Et voici un homme s'approcha, et dit à Jésus : Maître, que dois-je faire de bon
pour avoir la vie éternelle ?
Il lui répondit : Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon ? Un seul est bon.
Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements.
Lesquels ? dit-il (voir Matt. 19:16-18).
Jésus lui énuméra alors la plupart des dix commandements, à quoi le jeune homme
répondit :
J'ai observé toutes ces choses ; que me manque-t-il encore ?
Jésus lui dit : Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le
aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi.
Après avoir entendu ces paroles, le jeune homme s'en alla tout triste ; car il
avait de grands biens. (Matt. 19:20-22)
Il faut remarquer que le jeune homme riche demanda : « Que dois-je faire de bon
pour avoir la vie éternelle ? » C'est alors que Jésus lui dit de garder les
commandements. Quand le jeune homme lui eut dit qu'il le faisait depuis son
enfance, Marc nous dit : « Jésus l'ayant regardé, l'aima » (Marc 10:21).
Comme c'est merveilleux ! Jésus aime tout homme qui garde les commandements,
mais Jésus essayait de lui enseigner la loi de la perfection, aussi, en réponse
à la question du jeune homme : « Que me manque-t-il encore ? », il répondit :
« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres,
et tu auras un trésor dans le ciel. Puis, viens et suis-moi. »
Après avoir entendu ces paroles, le jeune homme s'en alla tout triste, car il
avait de grands biens. (Matt. 19:22)
Dans cet épisode, nous voyons le Sauveur enseigner au jeune homme riche qu'il
doit être prêt à sacrifier tout ce qu'il a, y compris son temps, et à suivre
Jésus pour arriver à la perfection. L'Évangile de Jésus-Christ, rétabli sur
terre en ces derniers jours ne serait pas parfait s'il ne nous fournissait pas
tout ce qui est nécessaire aux enfants de notre Père céleste pour arriver à la
perfection, car c'est ce qu'enseignait Jésus : « Soyez donc parfaits, comme
votre Père céleste est parfait » (Matt. 5:48).
Cette étude de l'épisode du jeune homme riche nous permettra de mieux comprendre
cet enseignement du Maître :
Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre ; ou
il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon.
(Matt.6:24)
Abel avait choisi de servir le Seigneur. « L'Éternel porta un regard favorable
sur Abel et- sur son offrande. » Caïn, semble-t-il, avait au cœur un sentiment
plus fort pour Mamon, et son offrande ne fut pas acceptée. Le jeune homme riche
ne pouvait se résoudre à se séparer de ses biens terrestres, exerçant ainsi son
libre arbitre, et « il s'en alla tout triste, car il avait de grands biens »,
montrant ainsi qu'il choisissait de servir Mamon plutôt que Dieu, et prouvant
par là-même qu'il ne pouvait vivre la loi de perfection que Jésus avait essayé
de lui enseigner.
L'Église de Jésus-Christ fournit à tous les hommes l'occasion de formuler leur
choix. Jésus l'a bien montré :
Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas : Que mangerons-nous ? Que
boirons-nous ? De quoi serons-nous vêtus ?
Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent ; votre Père
céleste sait que vous en avez besoin.
Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses
vous seront données par-dessus. (Matt. 6:31-33)
La loi de la dîme dans l'Israël antique
La loi de la dîme était respectée par les prophètes d'Israël. Abraham paya la
dîme à Melchisédek :
En effet, ce Melchisédek, roi de Salem, sacrificateur du Dieu Très-Haut, - qui
alla au-devant d'Abraham lorsqu'il revenait de la défaite des rois, qui le
bénit,
Et à qui Abraham donna la dîme de tout, - qui est d'abord roi de justice,
d'après la signification de son nom, ensuite roi de Salem, c'est-à-dire, roi de
paix...
Considérez combien est grand celui auquel le patriarche Abraham donna la dîme du
butin. (Héb. 7:1, 2, 4)
Le Seigneur, sur le mont Sinaï, a donné ce commandement aux enfants d'Israël :
Toute dîme de la terre, soit des récoltes de la terre, soit du fruit des arbres,
appartient à l'Éternel ; c'est une chose consacrée à l'Éternel. (Lév.
27:30)
Tu lèveras la dîme de tous ce que produira ta semence, de ce que rapportera ton
champ chaque année.
Et tu mangeras devant l'Éternel, ton Dieu, dans le lieu qu'il choisira pour y
faire résider son nom, la dîme de ton blé, de ton moût, et de ton huile, et les
premiers-nés de ton gros et de ton menu bétail, afin que tu apprennes à craindre
l'Éternel ton Dieu. (Deut. 14:22, 23)
Le but en était donc ce qu'il est encore maintenant : « que tu apprennes à
craindre l'Éternel ton Dieu ».
Lorsque la chose fut répandue, les enfants d'Israël donnèrent en abondance les
prémices du blé, du moût, de l'huile, du miel, et de tous les produits des
champs ; ils apportèrent aussi en abondance la dîme de tout. (2 Chron.
31:5)
Honore l'Éternel avec tes biens, et avec les prémices de tout ton revenu. (Prov.
3:9)
Jacob promit de donner la dîme de tout ce que le Seigneur lui donnait :
Cette pierre, que j'ai dressée pour monument, sera la maison de Dieu ; et je te
donnerai la dîme de tout ce que tu me donneras. (Gen. 28:22)
Les fils de Lévi furent désignés pour recevoir les dîmes :
Ceux des fils de Lévi qui exercent le sacerdoce ont, d'après la loi, l'ordre de
lever la dîme sur le peuple, c'est-à-dire sur leurs frères, qui cependant sont
issus des reins d'Abraham. (Héb. 7:5)
Opposition à la loi de la dîme dans les temps modernes
Lorsque les saints des derniers jours commencèrent à enseigner la loi de la dîme
dans le cadre de l'Évangile de Jésus-Christ, ils rencontrèrent l'opposition du
clergé comme des laïques, sous prétexte que la dîme appartenait à la loi de
Moïse, qui avait été accomplie dans le Christ, mais qu'elle ne faisait pas
partie des enseignements du Nouveau Testament. Il est cependant clair que Jésus
a enseigné qu'ils ne devaient pas négliger le paiement de leur dîme :
Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous payez la dîme
de la menthe, de l'aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus
important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité : c'est là ce
qu'il fallait pratiquer sans négliger les autres choses. (Matt. 23:23 ; cf.
aussi Luc 11:42)
Toutefois, l'opposition a maintenant cessé et beaucoup d'Églises ont essayé
d'adopter la loi de la dîme.
Nous savons que la dîme fait partie de l'Évangile de Jésus-Christ, car, comme
nous l'avons déjà dit, le Seigneur a donné ce principe à son Église par
révélation à son prophète à notre époque, afin qu'il soit « une loi permanente à
jamais » (D&A 119:4).
Israël doit revenir à la loi de la dîme
Nous avons encore reçu pour notre instruction le troisième chapitre de Malachie
(qui fut aussi donné aux Néphites, 3 Néphi, chapitre 24) ; nous allons l'étudier
ici :
Voici, j'enverrai mon messager ; il préparera le chemin devant moi. Et soudain
entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez ; et le messager de
l'alliance que vous désirez, voici, il vient, dit l'Éternel des armées.
Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? Qui restera debout quand il paraîtra ?
Car il sera comme le feu du fondeur, comme la potasse des foulons.
Il s'assiéra, fondra et purifiera l'argent ; il purifiera les fils de Lévi, il
les épurera comme on épure l'or et l'argent, et ils présenteront à l'Éternel des
offrandes avec justice.
Alors l'offrande de Juda et de Jérusalem sera agréable à l'Éternel, comme aux
anciens jours, comme aux années d'autrefois.
Je m'approcherai de vous pour le jugement, et je me hâterai de témoigner contre
les enchanteurs et les adultères, contre ceux qui jurent faussement, contre ceux
qui retiennent le salaire du mercenaire, qui oppriment la veuve et l'orphelin,
qui font tort à l'étranger et ne me craignent pas, dit l'Éternel des armées.
Car je suis l'Éternel, je ne change pas ; et vous, enfants de Jacob, vous n'avez
pas été consumés. (Mal. 3:1-6)
Ceci constitue la promesse formelle que le Seigneur enverra son messager
préparer la voie devant lui, et qu'il entrera soudain dans son temple. Ceci ne
peut être une allusion à sa première venue, car il n'est pas entré soudain dans
son temple.
Mais le Seigneur a envoyé son messager en ces derniers jours, comme nous l'avons
montré dans cet ouvrage. Quand Jésus reviendra régner mille ans sur la terre,
comme il l'a promis, il « entrera soudain dans son temple ».
Tous ont été capables de soutenir le jour de sa première venue, mais quand il
réapparaîtra, il aura le jugement en mains, et les méchants redouteront sa venue
et imploreront les rochers de les dissimuler, comme l'a déclaré Jean le
Révélateur :
Et ils disaient aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous, et cachez-nous
devant la face de celui qui est assis sur le trône, et devant la colère de
l'agneau ;
Car le grand jour de sa colère est venu, et qui peut subsister ? (Apoc.
6:16, 17)
Malachie nous dit encore que le Seigneur s'approchera de nous pour le jugement
(Malachie 3:55) ; tout cela s'applique, non à sa première venue, mais à sa
seconde.
Le Seigneur a fait savoir, par son prophète Malachie, qu'il ne change pas et
laisse entendre que c'est pour cette raison que les fils de Jacob n'ont pas été
consumés (verset 6 ; nous ne devons pas oublier les promesses faites par le
Seigneur à Jacob et à sa postérité, ainsi que nous l'avons déjà vu).
De ce fait, nous sommes mieux à même de comprendre pourquoi le Seigneur appelle
les hommes à la repentance :
Depuis le temps de vos pères, vous vous êtes écartés de mes ordonnances, vous ne
les avez point observées. Revenez à moi, et je reviendrai à vous, dit l'Éternel
des armées. Et vous dites : En quoi devons-nous revenir ? Un homme trompe-t-il
Dieu ? Car vous me trompez, et vous dites : En quoi t'avons-nous trompé ? Dans
les dîmes et les offrandes.
Vous êtes frappés par la malédiction, et vous me trompez, la nation toute
entière ! (Mal. 3:7-9)
Ainsi, le Seigneur, s'adressant à Israël, c'est-à-dire aux descendants de Jacob,
les accusait de s'être écartés de ses ordonnances, et de ne pas les avoir
observées. Puis il les invitait à revenir à lui, et, de son côté, il promettait
de revenir à eux. Ce n'est pas une vaine promesse. Comment Israël pouvait-il y
résister ? Puis le Seigneur les accusait de l'avoir trompé, eux, toute la nation
d'Israël. Il indiquait ensuite en quoi ils l'avaient trompé : « dans les dîmes
et les offrandes ».
Autant que nous le sachions, toute la nation de Jacob, ou Israël, s'était
écartée de l'observance de ce principe lorsque le Seigneur envoya son messager
rétablir l'Évangile dans les derniers jours. Toutefois, une des étapes de ce
rétablissement fut l'invitation que le Seigneur voulait adresser à Israël :
revenir à lui dans le paiement de leurs dîmes et de leurs offrandes. Lisez la
suite de la promesse :
Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, afin qu'il y ait de la
nourriture dans ma maison ; mettez-moi de la sorte à l'épreuve, dit l'Éternel
des armées. Et vous verrez si je n'ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si
je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance.
Pour vous je menacerai celui qui dévore, et il ne vous détruira pas les fruits
de la terre, et la vigne ne sera pas stérile dans vos campagnes, dit l'Éternel
des armées. (Mal. 3:10, 11)
Quelle promesse ! Comment une personne ou un peuple ayant foi en Dieu
pourrait-il refuser ou négliger de répondre à une telle invitation !
Les saints des derniers jours, qui sont parmi les descendants de Jacob, ont
répondu à cette invitation. Le Seigneur a tenu sa promesse : le désert et les
lieux arides sont devenus fertiles et fleurissent comme le narcisse. Et grâce
aux bénédictions ainsi reçues du Seigneur, ils ont pu contribuer libéralement de
leurs moyens et de leurs talents à la poursuite de la grande oeuvre de l'Église
et, par l'envoi de missionnaires aux nations de la terre, proclamer la bonne
nouvelle du rétablissement de l'Évangile à ceux des enfants de notre Père qui
n'ont pas encore eu l'occasion de l'entendre.
Lorsque Malachie fit, de la part du Seigneur, cette promesse à ceux à qui il
allait envoyer son messager pour préparer la voie à sa venue, il voyait,
semble-t-il, qu'ils allaient accepter l'invitation du Seigneur à revenir à lui
et il décrivit l'accomplissement de la promesse que le Seigneur leur avait
faite : Toutes les nations vous diront heureux, car vous serez un pays de
délices, dit l'Éternel des armées (Mal. 3:12).
Remarque d'un ecclésiastique à propos de la dîme
Il y a quelques années, alors qu'il travaillait dans le champ de la mission,
l'auteur assista à une réunion dans une grande ville américaine ; au cours de
cette réunion, un ecclésiastique itinérant, qui allait de ville en ville dans ce
but, présenta à l'assemblée la loi de la dîme, disant que c'était le moyen de
sortir leur Église de ses difficultés financières, citant à l'appui de ses dires
le troisième chapitre de Malachie, expliquant à ses auditeurs que la dîme est la
loi par laquelle le Seigneur accorde ses bienfaits à son peuple, et les assurant
que s'ils voulaient payer leur dîme ne fût-ce que pendant dix mois, ils
pourraient dégager leur Église de ses dettes, et le Seigneur les bénirait comme
il l'avait promis. À l'issue de la réunion, l'auteur eut l'occasion d'être
présenté à cet ecclésiastique et lui déclara qu'il était bien près de la vérité,
que les saints des derniers jours pratiquaient le principe de la dîme avec
succès, depuis plus de cent ans, mais qu'il y avait un point de son exhortation
qu'il ne pouvait comprendre : si la dîme était le plan du Seigneur pour accorder
ses bienfaits à son peuple, pourquoi ne demandait-il pas à ces gens de payer la
dîme toute leur vie : s'il est bon de recevoir les bénédictions du Seigneur
pendant dix mois, il serait bien meilleur encore d'en jouir pendant toute son
existence. À quoi l'ecclésiastique répondit : « Nous ne pouvons pas encore aller
jusque-là ; nous nous estimerons heureux si nous pouvons les amener à payer
pendant dix mois. »
Encore une fois, la voie du Seigneur est meilleure que la voie de l'homme, et ce
n'est pas par la lecture de la Bible seulement que nous avons reçu les détails
et l'application de cette vérité, mais bien par les révélations que le Seigneur
a données à notre époque par l'intermédiaire de son prophète.
Bénédictions reçues du fait du paiement de la dîme
Retournons encore au troisième chapitre de Malachie où le Seigneur invite les
descendants de Jacob à revenir à lui dans le paiement de leurs dîmes et de leurs
offrandes en les assurant que s'ils veulent le mettre à l'épreuve en le faisant,
il ouvrira pour eux les écluses des cieux et répandra sur eux la bénédiction en
abondance. On peut raisonnablement supposer que si le Seigneur récompensait
chacun sur-le-champ pour son obéissance et punissait immédiatement la
désobéissance, tous observeraient ses commandements, ne serait-ce que par appât
du gain et par crainte du châtiment. Le Seigneur savait que cette situation
pourrait se présenter et permit donc à Malachie de mettre le peuple en garde par
ces mots :
Vos paroles sont rudes contre moi, dit l'Éternel. Et vous dites : Qu'avons-nous
dit contre toi ?
Vous avez dit : C'est en vain que l'on sert Dieu ; qu'avons-nous gagné à
observer ces préceptes, et à marcher avec tristesse à cause de l'Éternel des
armées ?
Maintenant nous estimons heureux les hautains ; oui, les méchants prospèrent ;
oui, ils tentent Dieu, et ils échappent !
Alors ceux qui craignent l'Éternel se parlèrent l'un à l'autre ; l'Éternel fut
attentif, et il écoute ; et un livre de souvenir fut écrit devant lui pour ceux
qui craignent l'Éternel et qui honorent son nom.
Ils seront à moi, dit l'Éternel des armées, ils m'appartiendront, au jour que je
prépare ; j'aurai compassion d'eux, comme un homme a compassion de son fils qui
le sert. Et vous verrez de nouveau la différence entre le juste et le méchant,
entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas. (Mal. 3:13-18)
Donc, dans leur raisonnement sur ce point, ils soulignaient que les méchants,
les hautains, étaient heureux et peut-être avaient plus de satisfaction que ceux
qui servaient le Seigneur, (et nous supposons que Malachie parle toujours du
paiement de la dîme puisque tout ce chapitre semble traiter de ce sujet et de
son importance).
Il semble donc bien que l'ultime désir du Seigneur soit que personne n'ait
l'esprit troublé par les discussions du jour, mais que, grâce à leur fidélité,
leur nom puisse être enregistré dans son livre de souvenir, afin qu'ils soient à
lui au jour qu'il prépare, avec l'assurance qu'alors ils reviendront et verront
la différence « entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas ».
Nous sommes convaincus que celui qui accepte l'invitation du Seigneur à revenir
à lui ne fait pas un plus grand sacrifice en payant sa dîme que le fermier en
confiant la semence au sol. Dans les deux cas il faut la foi, dans les deux cas
il y a la récompense.
CHAPITRE 27 : VOUS LES
RECONNAÎTREZ À LEURS FRUITS
Nous proclamons avoir reçu la visite du Père et du Fils, ainsi que la visite
d'autres messagers célestes pour rétablir toutes choses, y compris la sainte
prêtrise, afin de nous donner une meilleure philosophie de la vie et une
meilleure compréhension des Écritures. Ce message n'aurait que bien peu de
poids, si les fruits de l'Église ne témoignaient pas de son authenticité. Jésus
a dit :
Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais
au-dedans ce sont des loups ravisseurs.
Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines,
ou des figues sur des chardons ?
Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais
fruits.
Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de
bons fruits.
Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. C'est donc
à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. (Matt. 7:15-20)
Toute Église, tout peuple doit être disposé à se laisser mesurer par ce critère.
Idéaux et objectifs de l'Église
Voici, dans les citations suivantes, quelques idéaux et objectifs élevés de
l'Église :
Les hommes sont pour avoir la joie (2 Néphi 2:25).
La gloire de Dieu, c'est l'intelligence (D&A 93:36).
Ce que Dieu est, l'homme peut le devenir (Eliza R. Snow, Biography and Family
Record of Lorenzo Snow, p. 46).
Quel que soit le principe d'intelligence que nous atteignions dans cette vie, il
se lèvera avec nous dans la résurrection.
Et si, par sa diligence et son obéissance, une personne acquiert dans cette vie
plus de connaissance et d'intelligence qu'une autre, elle en sera avantagée
d'autant dans le monde à venir (D&A 130:18, 19).
Il est impossible à un homme d'être sauvé dans l'ignorance (D&A 131:6).
Cherchez diligemment et enseignez-vous les uns aux autres des paroles de
sagesse ; oui, cherchez des paroles de sagesse dans les meilleurs livres ;
cherchez la science par l'étude et aussi par la foi (D&A 88:118).
L'Église et l'enseignement
On pouvait s'attendre à ce que l'Église, guidée et inspirée par des injonctions
divines telles que celles-là, accomplisse beaucoup en matière de fondation
d'écoles et de poursuite de l'instruction. Il y a quelques années, John A.
Widtsoe, du Collège des Douze, et Richard L. Evans, alors futur apôtre, qui
étaient les rédacteurs du magazine officiel de l'Église, l'Improvement Era,
écrivaient ce qui suit concernant certains enseignements et réalisations de
l'Église :
« Moins d'un an après l'organisation de l'Église, en 1831, on ouvrait des écoles,
on rassemblait des professeurs et des manuels scolaires. Un peu plus tard, en
1833, on ouvrait une école pour hommes mûrs, que l'on appela l'école des
Prophètes. C'était le prélude à l'actuel mouvement mondial d'enseignement pour
adultes. En 1842, alors que les réfugiés du Missouri construisaient la ville de
Nauvoo, on fonda une université.
« Pendant l'exode vers l'ouest consécutif à l'expulsion de Nauvoo, des écoles
tenaient des sessions dans les camps itinérants. Quelques semaines après avoir
atteint la vallée du lac Salé, on inaugura l'enseignement scolaire dans une
cabane de pionnier en rondins, au milieu des armoises. Un des premiers actes
législatifs, après avoir songé aux routes dans le désert, fut l'institution
d'une université ; c'était, en 185 0, la première à l'ouest du Missouri.
« Depuis lors ce peuple, malgré le labeur qu'il s'impose de forcer un désert
rebelle à servir l'homme civilisé, ce peuple ne cesse d'encourager la formation
intellectuelle, y compris l'étude des arts et des civilisations.
« La nécessité et la valeur de l'instruction n'ont jamais été oubliées chez les
saints des derniers jours, quel qu'en ait été le coût.
« Quels sont les résultats de cet effort d'un siècle en matière d'enseignement ?
« Les saints des derniers jours ont toujours été un peuple cultivé. En 1850 eut
lieu le septième recensement des États-Unis. Cette année-là, le pourcentage
moyen d'analphabétisme aux États-Unis était de 4,92. Le pourcentage en Utah
était seulement de 0,25, le plus bas de tous les États et territoires cités.
« En 1923, on fit un sondage soigneux du niveau de l'instruction dans les pieux de
Sion. Ce sondage révéla que quatre- vingt- dix-sept pour cent savaient lire et
écrire. On découvrit que soixante saints des derniers jours sur mille
fréquentaient le lycée : plus de trois fois la moyenne des États- Unis à cette
époque ; et que neuf sur mille fréquentaient l'université : près de deux fois la
moyenne des États-Unis. Le sondage fit aussi apparaître une prépondérance de
diplômés de l'enseignement supérieur détenteurs du titre de licencié et de
docteur, par rapport à tout autre groupe d'importance équivalente en Amérique ou
dans le monde...
« Relativement à la population de l'État, il y a plus d'étudiants qui sortent de
l'université en Utah que dans n'importe quel autre...
« L'étudiant mormon considère que son travail scolaire fait partie de sa
préparation bien organisée à la vie et à la joie éternelles.
« Sur la base de cette doctrine, l'Église a toujours voulu que la religion
accompagne l'enseignement profane. L'objectif des saints des derniers jours,
c'est la formation de l'homme entier. Dans les écoles organisées avec les fonds
de l'Église, la religion fait toujours partie du programme. Quand les écoles ont
commencé à être subventionnées par l'État, l'Église a organisé de ses deniers un
système complémentaire de séminaires et d'institut où une formation religieuse
est proposée aux heures appropriées, aux élèves des lycées et aux étudiants des
universités. De plus, l'Église administre l'université Brigham Young et le Ricks
Junior Collège où la religion est librement enseignée.
« Un siècle après l'époque où les pionniers ont entrepris de s'installer dans les
grands déserts de l'Ouest, les saints des derniers jours présentent, sur le plan
de l'enseignement, l'image de réalisations qui ne le cèdent en rien à celles des
États-Unis ou du monde. » (« The Educational Level of the Latter-day Saints »,
The Improvement Era, juillet 1947, p. 444-445)
Aujourd'hui l'Église administre, à Provo, l'université Brigham Young, la plus
grande institution privée d'enseignement supérieur des États-Unis, avec une
filiale au Church College de Hawaï à Laie, le Ricks College à Rexburg (Idaho) et
des universités plus petites, des lycées et des écoles primaires en
Nouvelle-Zélande, dans certaines des îles du Pacifique, au Mexique et en
Amérique du Sud. En outre, des centaines de milliers de jeunes saints des
derniers jours et d'étudiants en âge d'aller à l'université sont inscrits dans
les séminaires et les instituts de religion du monde entier où ils étudient les
Écritures, l'histoire de l'Église et d'autres sujets religieux pour compléter
leur formation profane.
Il n'y a pas de statistiques pour toute l'Église sur les résultats de son
insistance sur l'instruction, mais des études ont été faites pour comparer les
réalisations de la population de l'Utah, qui est essentiellement composée de
saints des derniers jours, à ceux d'autres États des États-Unis. Le Dr Clark
Kerr, président du Carnegie Council on Policy Studies in Higher Éducation, a
fait les commentaires suivants lors de la séance académique de l'université
d'Utah en juin 1974 :
« L'Utah a la première place dans le pourcentage de la population de 3 à 34 ans
inscrits dans les institutions d'enseignement.
« L'Utah a la première place dans le pourcentage de la population inscrite à
l'école à tous les niveaux d'âge, sauf les 16-17 ans, où c'est le Minnesota qui
l'emporte... L'Utah a la première place dans le nombre moyen d'années d'études
faites par tous ses citoyens de 25 ans et plus.
« L'Utah a une très bonne place dans le passage du secondaire vers ses
institutions d'enseignement supérieur.
« L'Utah a la première place dans les dépenses pour les programmes de
fonctionnement des facultés de médecine par 100000 dollars de revenus personnels
dans l'État.
« La commission Carnegie pour l'instruction supérieure a fait une étude sur les
réalisations de l'enseignement supérieur dans chacun des cinquante États. Elle a
constaté qu'au contraire de beaucoup d'États, l'Utah n'a pas de déficiences
majeures... Pourquoi l'Utah a-t-il eu de si bons résultats ? Ce n'est pas
l'État le plus riche ni le plus vieux, ni le mieux situé pour le développement
de l'instruction. Si on pouvait en découvrir le secret, on pourrait peut-être
l'exporter ailleurs. Mais ceci n'est pas facile, car son secret, c'est, je
pense, son histoire. Vos premiers dirigeants ont fortement insisté sur
l'instruction.
« Puis-je citer Brigham Young : 'L'instruction est une bonne chose et heureux est
celui qui l'a et peut l'utiliser... L'instruction doit être de nature à
raffiner notre intelligence et à nous rendre plus utiles, à nous permettre de
rendre de plus grands services à la famille humaine... apprenez à être bons à
quelque chose... L'instruction est la capacité de penser clairement, de bien
agir dans l’œuvre du monde et la capacité d'apprécier la vie.'
« Dès l'arrivée des premiers colons, des écoles ont été installées en Utah dans
des tentes et même en plein air. Une des premières lois passées en 1847
prévoyait la création d'une université, et la fondation de l'université d'Utah
remonte à 1850.
« L'université est devenue la première institution mixte d'enseignement supérieur
à l'ouest du Mississipi. C'est elle qui a créé le premier programme de formation
pédagogique du Far West. Cette grande tradition historique a contribué à mettre
l'Utah au premier rang. On peut l'envier, mais malheureusement on ne peut pas
l'imiter. L'Utah peut maintenant attendre que d'autres le rattrapent, ou il peut
continuer à faire oeuvre de pionnier. »
Statistiques de santé et autres
L'insistance de l'Église sur le respect de la Parole de sagesse (voir chapitre
25) a eu pour résultat des statistiques de santé impressionnantes. On peut en
trouver une indication dans les données suivantes :
« Les mormons sont intéressants du point de vue épidémiologique parce que leur
« Parole de sagesse » leur interdit l'usage du tabac, de l'alcool, du café, du
thé et de la drogue. Leur religion met aussi l'accent sur un régime équilibré,
et en particulier sur l'utilisation de grains et de fruits sains, et la
modération dans l'usage de la viande. On pourrait raisonnablement s'attendre à
ce que les mormons connaissent une basse mortalité dans le domaine des divers
cancers, comme celle que l'on observe chez les Adventistes du septième jour.
« On peut se faire une idée de leur taux de mortalité due au cancer en étudiant
l'État d'Utah avec sa forte population mormone essentiellement caucasienne. Les
taux de mortalité établis par niveau d'âge pour 1970, les plus récents dont on
dispose, montrant que le taux de mortalité en Utah comparé en pourcentage à
celui des États-Unis s'établit comme suit : hommes de race blanche, 15 % de
moins pour toutes les causes et 28% de moins pour tous les cancers ; femmes de
race blanche, 10% de moins pour toutes les causes et 15 % de moins pour tous les
cancers.
« Le taux des cancers et le taux total de mortalité pour l'Utah sont les plus bas
des États-Unis. En outre, la consommation de cigarettes, d'alcool, de vin et de
bière par tête d'habitant en Utah pour 1970 est d'environ 50% de la consommation
correspondante en Californie et aux États-Unis, et est la plus basse de tout le
pays. Cette donnée relative à l'importance de l'usage du tabac et de la boisson
pourrait expliquer la mortalité plus basse que l'on rencontre en Utah.
« On dispose de données plus directes sur la mortalité et les habitudes chez les
mormons. On a calculé dans chaque État des taux généraux bruts de mortalité pour
les populations mormones et non-mormones sur la base des chiffres de population
et de décès de l'Église et des chiffres de population et de mortalité de l'État.
« Le taux de décès brut pour 1970 pour quatre États ayant une population mormone
importante montre que le taux brut de décès chez les mormons ne représente que
62 % en Utah, 61 % en Idaho, 52 % en Californie et 47 % au Nevada de celui des non-mormons.
« Ces résultats pourraient être quelque peu influencés par des différences de
pyramide d'âge entre les populations mormones et non-mormones, mais on n'arrive
guère à un indice 2.
« D'autres données sur les mormons proviennent des résultats d'un sondage fait en
1965 sur le thème « Santé et mode de vie » avec un suivi ultérieur sur un
échantillon de probabilité constitué par 6 928 résidents adultes du comté d'Alameda
(Californie), organisé par le Human Population Laboratory du Ministère de la
Santé Publique de l'État de Californie. Dans cette étude était inclus un groupe
de 111 mormons qui a été comparé avec l'ensemble de l'échantillon.
« Les résultats montrent que, dans le groupe d'Alameda, les mormons se présentent
dans une pyramide d'âge identique à celle des autres citoyens, que 67 % des
mormons et 76 % des mormones ne fument pas par comparaison avec 51 % des hommes
et 60 % des femmes de l'ensemble de l'échantillon ; que 46 % des mormons et 59 % des mormones ne boivent pas, par comparaison avec 16 % des hommes et 29 % des
femmes dans l'ensemble de l'échantillon et que les mormons ont un taux de
mortalité qui est environ 55 % du taux de l'ensemble de l'échantillon pendant la
période de contrôle qui était de six ans et demi.
« La plus grande différence d'habitudes entre les mormons et l'ensemble de
l'échantillon apparaissait parmi les pratiquants réguliers, où quasiment 100%
des mormons ne fument ni ne boivent. D'autres résultats de cette étude révèlent
que les mormons ressemblent à presque tous les autres égards à l'ensemble de
l'échantillon en matière de situation socio-économique et de soins médicaux. »
(UCLA Cancer Bulletin, publié par la division médicale de l'Université de
Californie à Los Angeles, mai 1974)
Le plan d'entraide de l'Église
Une des entreprises les plus importantes de l'Église, c'est son programme
d'entraide, programme conçu pour retirer tous les membres de l'Église de
l'assistance publique. Les journaux et les autres moyens de communication de
masse des États-Unis ont fait des commentaires élogieux sur ce programme. Le
Herald Tribune de New York a publié un éditorial intitulé « Mormons to Lead the
Way » [Les mormons montrent le chemin] et ont invité les autres Églises à suivre
leur exemple.
Un journaliste de Londres, M. M. J. Beherrell, a visité Salt Lake City et l'Utah
et, pendant sa visite, il a fait une étude du programme d'entraide. Plus tard il
devait écrire : « L'effort fait par l'Église mormone pour créer un programme de
sécurité sociale constitue une leçon que l'on aurait intérêt à imiter dans tous
les pays du monde. »
Ceux qui rendent visite à Welfare Square à Salt Lake City, un complexe
usine-magasin qui ressemble aux projets et aux activités d'entraide organisés
partout dans l'Église, ont dit : « C'est un modèle que notre gouvernement
fédéral devrait essayer de suivre. » « C'est la chose la plus merveilleuse que
j'aie jamais vue, et j'espère revenir. » « Ceci, à mon avis, est une vraie
religion. » « Nous croyons que votre Église et ses membres accomplissent les
grandes actions qui pourront un jour réaliser la véritable fraternité de
l'homme. »
Un conférencier de renom qui était à Salt Lake City pour parler à un club
civique a déclaré, après avoir vu quelques-unes des activités d'entraide de
l'Église : « Votre plan d'entraide devrait englober le monde entier, et je ne
doute pas, après l'avoir vu fonctionner, qu'un jour il sera le plan universel
pour une vie chrétienne. »
Grâce au programme d'entraide, l'Église a non seulement veillé aux besoins de
ses membres aux États-Unis et au Canada, mais a aussi envoyé par camion, train,
bateau et avions des milliers de tonnes de nourriture et de vêtements aux
membres en détresse dans diverses parties du monde. L'Église a aidé des dizaines
de milliers de personnes qui ont été victimes de guerres, d'inondations, de
tremblements de terre et d'autres désastres, aussi bien aux États-Unis qu'à
l'étranger. Non seulement cette aide a été accordée aux saints des derniers
jours, mais elle a aussi profité à de nombreuses personnes qui ne sont pas de
notre religion. C'est véritablement un programme de fraternité en action.
Les membres de l'Église ont fourni des millions de dollars ainsi que
d'innombrables millions d'heures de main-d’œuvre pour aider les nécessiteux et
les malheureux du monde entier. Les membres font des apports financiers directs
au programme d'entraide. En outre ils jeûnent un jour par mois, s'abstenant de
deux repas les jours de jeûne et fournissant la valeur de deux repas à l'Église
comme don de jeûne. De cette manière, toutes les familles de l'Église sont
invitées et reçoivent l'occasion d'aider à soulager d'autres personnes dans le
besoin ou la détresse.
Commentaires sur l'Église et ses réalisations
Beaucoup de personnes éminentes ont observé les activités de l'Église à Salt
Lake City et dans d'autres parties du monde. Parmi les commentaires, il y a eu
les suivants :
« L'Utah vient en tête pour le nombre de Boy Scouts qu'il possède
proportionnellement à sa population. Il s'y trouve un plus grand nombre de
gradés et un pourcentage plus élevé de Routiers que dans n'importe quelle autre
section d'Amérique. L'Utah donne l'exemple au pays tout entier. L'Église mormone
est le facteur principal de cette réalisation. » (George J. Fisher,
Administrateur principal des Boy Scouts d'Amérique)
« Je veux vous donner quelques-unes de mes impressions de sociologue sur l'Utah.
Tout d'abord, je suis très favorablement impressionné par l'Église mormone. Je
ne connais aucun autre endroit où l'on pourvoit aussi bien aux besoins de la
jeunesse qu'en Utah. Je ne comprends pas comment les « mormons » ont eu, si
longtemps avant nous, sociologues, l'idée de pourvoir aux besoins récréatifs et
sociaux des gens. L'Église a fait cette découverte avec une grosse avance sur
nous. Je n'ai jamais rencontré autant d'excellents jeunes gens qu'en Utah. » (Dr
E. A. Ross, sociologue de l'Université du Wisconsin)
« Il y a deux ans... un auditoire me demanda de dire quel groupe de citoyens
avait le plus contribué à la civilisation parmi ceux que j'avais observés au
cours de mes voyages à travers le pays. Je leur dis qu'il était difficile de
répondre à cette question. Je dis que s'ils m'avaient demandé, il y a vingt et
un ans quand je n'avais pas encore voyagé du tout et que ma mentalité était
encore fort provinciale et pleine de parti pris, quelle était la classe la plus
indésirable, je leur aurais dit sans hésiter : « les mormons ». Mais ayant
voyagé presque chaque année pendant seize ans et ayant appris à connaître ces
gens, j'en suis arrivé à penser que le peuple le plus désirable, ayant le niveau
le plus élevé de moralité et de vertu, ce sont les « mormons ». (le Dr Charles E. Barker, ambassadeur auprès de la jeunesse pour le Rotary international, dans un
discours prononcé au Tabernacle de Salt Lake City)
« Les non-mormons en savent bien trop peu sur l'admirable civilisation
édifiée en Utah.
En installant un système d'irrigation, le premier en Amérique, les mormons ont
fait du désert un paradis agricole.
L'urbanisme a été fait intelligemment à une époque où le reste des communautés
du pays se créaient au petit bonheur. Les fruits de ces débuts systématiques
sont maintenant visibles dans la beauté et la prospérité des villes de l'Utah.
Le premier journal et la première université à l'ouest du Missouri, ce sont les
mormons qui les ont créés.
Leur système éducatif, commencé très tôt, comprend des écoles d'un niveau élevé,
des sociétés littéraires, des théâtres et des bibliothèques.
Le niveau de culture et de prospérité de l'Utah dépasse de loin celui de
certains autres États américains. Il est également impossible de séparer la
culture de l'Utah de la religion du mormonisme, car cette religion est
intimement mêlée à la vie de l'État. Si nous voulons accepter le précepte de
Jésus : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits », nous devons donner un grand
prix aux mormons. » (le Révérend Charles Francis Potter, The Story of Religion,
p. 527)
Un président de collège qui a enseigné il y a quelques années à l'Université
Brigham Young a dit ceci à l'expiration de son terme : « Il est fort possible
que les mormons aient le secret qui finira par sauver ce pays. »
Voici quelques réflexions de certaines des personnes qui ont visité le pavillon
de l'Église lors de l'exposition internationale de New York en 1964-65 :
« Avec des gens comme vous, il y a de l'espoir pour le monde. » « Il ne fait pas
de doute qu'avec davantage de ceci, on sauvera notre monde. » « Je n'ai jamais
rien vu qui vaille ceci dans le domaine de la religion. » « Je lis le Livre de
Mormon, et c'est une révélation. Je crois que c'est la vérité. »
Notre message pour le monde
Pour résumer cette étude des fruits du mormonisme, nous voudrions maintenant
citer un discours prononcé lors d'une conférence générale de l'Église par Mark
E. Petersen du Collège des Douze qui résume certaines des réalisations de
l'Église :
« Nous, saints des derniers jours, avons un message pour le monde. Ce message
divin déclare à toute l'humanité que Dieu a de nouveau parlé depuis les cieux en
ces temps modernes... Voici le point essentiel de notre message : Jésus de
Nazareth est le Christ, notre Seigneur, le Rédempteur de toute l'humanité, le
Sauveur des chrétiens et le Messie des Juifs...
« Nous sommes un peuple qui s'est engagé à mener une vie sobre, de bonne
réputation, honnête et juste. Nous enseignons la vertu et la chasteté en tant
que principes fondamentaux de notre foi, et préconisons la stabilité et la
protection du foyer. Selon nous, la famille est la pierre angulaire de la
civilisation, et elle doit le rester. Elle est le fondement de bonnes relations
humaines.
« Nous enseignons la fidélité, dans son sens le plus noble, à nos hommes et à nos
femmes. Nous croyons que chacun de nous est enfant d'esprit de Dieu et que,
selon le désir du Seigneur, nous devons vivre de manière à pouvoir finalement
devenir parfaits, comme notre Père céleste est parfait (voir Matt. 5:48).
« Nous croyons que la famille est destinée à devenir une cellule éternelle, dans
une vie perpétuelle et immortelle au-delà de la mort et de la résurrection.
C'est pour, nous préparer à être dignes d'un tel destin que nous enseignons aux
maris et aux femmes à maintenir ce haut niveau de fidélité. Nous n'avons qu'un
seul et même code de moralité pour tous. Nous nous écrions constamment : « Soyez
purs, vous qui portez les vases du Seigneur » (D&A 38:42)...
« Nous sommes dans l'ensemble un peuple sain. Le Dr James E. Enstrom de l'UCLA
School of Public Health a rapporté dans le Star-News de Pasadena du 9 avril
dernier que l'incidence du cancer parmi les mormons était inférieure de 50 % à
la moyenne nationale. Le taux de mortalité par le cancer en Utah est le plus bas
d'Amérique.
« En ce qui concerne le cancer des poumons, les femmes de l'Église ne représentent que 31 % de la moyenne nationale et les hommes que 38 %. Pour ce qui est du cancer de l’œsophage, lié à l'abus de l'alcool, les femmes de l'Église ne représentent que 11 % de la moyenne nationale et les hommes 34 %. Ces chiffres sont fournis par le Dr Joseph F. Lyon, directeur de l'Utah Cancer Registry.
« Le Statistical Abstract of the United States pour l'année 1971 (bureau de
recensement) donne des chiffres intéressants, l'Utah étant comparé au reste du
pays. Tous les États de l'Union sont mentionnés selon la fréquence des maladies
que je vais citer, les États qui figurent au bas de la liste ayant le plus petit
nombre de cas.
« Pour les maladies cardiaques, l'Utah vient au 46e rang, pour la grippe et la
pneumonie, au 49e rang, pour les maladies cérébro-vasculaires, au 46e rang, pour
l'artériosclérose, au 49e rang, pour la cirrhose du foie, au 45e rang, pour la
bronchite, l'emphysème et l'asthme, au 30e rang, pour la tuberculose, au 50e
rang, pour les maladies vénériennes, au 50e rang, pour les principales maladies
cardio-vasculaires et rénales combinées, au 50e rang, pour les maladies du
système cardio-vasculaire, au 50e rang, pour les lésions vasculaires affectant
le système nerveux, au 50e rang, pour les maladies de l'hypertension, au 50e
rang, pour les maladies infectieuses, au 50e rang, pour les complications de la
grossesse, au 46e rang, pour la mortalité infantile, au 50e rang.
« À propos de ces chiffres concernant l'État, il ne faut pas oublier qu'environ
30 % de la population n'appartiennent pas à notre Église, mais sont inclus dans
les statistiques pour l'Utah.
« Notre Église a joué un rôle dominant en favorisant le développement de la
jeunesse par le programme de scoutisme, qui, selon nous, est une organisation
extrêmement efficace pour la formation des garçons de tous les peuples, les
nations, croyances. Dans l'ensemble des États-Unis, seulement 23 % des garçons
en âge d'être scouts sont inscrits comme tels, mais le pourcentage est de 85 %
parmi les saints des derniers jours. Aux États-Unis, 1,5 % des scouts inscrits
obtiennent leur brevet d'aigle ; 4% l'obtiennent parmi les saints des derniers
jours.
« En 1974, notre Église, en tant qu'organisation responsable du scoutisme, a tenu
la seconde place des États-Unis pour le nombre de troupes scoutes qui ont été
patronnées. Nous n'avons été surpassés que par l'Association des parents, qui a
patronné 20 800 troupes, alors que nous en avons patronné 14 344. Après nous
venait l'Église méthodiste unie, avec 13 789 troupes et l'Église catholique avec
11 734 troupes.
« À notre époque de délinquance juvénile, nous sommes grandement encouragés par le
fait que, sur les 256 000 adolescents que compte notre Église, 70 % sont actifs,
de même que 73 % des 238 000 jeunes filles du même âge. Réfléchissez. Peut-on
trouver cela ailleurs ? Réfléchissez. Un demi-million d'adolescents consacrés à
une Église qui interdit l'alcool, le tabac et les relations sexuelles
prémaritales. Essayez, si vous le pouvez, de trouver la même chose ailleurs.
« Vous serez intéressés par l'assistance à l'École du dimanche. Cinquante-neuf
pour cent de nos petits enfants sont à l'École du dimanche chaque dimanche, et
en ce qui concerne le groupe des adolescents, 60 % de tous les jeunes saints des
derniers jours assistent à leurs classes, chaque dimanche...
« L'importance de l'instruction [dans l'Église] se reflète dans le nombre de
personnes qui, parmi nous, ont atteint des postes importants aux États-Unis, au
Canada et dans le monde. Mark W. Cannon, adjoint administratif du juge suprême
des États-Unis a dit dans une étude intitulée « Mormons in the Executive Suite »
que, d'après une étude récente, les présidents des 471 principales sociétés
commerciales d'Amérique sont plus nombreux à être nés en Utah, par rapport à la
population, que dans n'importe quel autre État de l’Union. L'Utah produit un
président pour 62 000 habitants, comparé à un président par 205 000 personnes
sur le plan national. Soixante et un saints des derniers jours exercent
actuellement des fonctions de président, de président du conseil, ou de
vice-président du conseil de compagnies américaines d'un capital de plus de 10
millions de dollars. Beaucoup de saints des derniers jours occupent des postes
importants dans les sociétés ayant un capital de plus de 75 millions de dollars.
« Des saints des derniers jours ont rempli des fonctions ministérielles aux
États-Unis et d'autres fonctions importantes au Canada. Nous avons des généraux
et des amiraux dans les forces armées. Nous avons régulièrement eu, au cours des
ans, des membres au Congrès des États-Unis, ainsi que dans des organismes
gouvernementaux au Canada. Par exemple, en 1952, quinze d'entre eux occupaient
un siège au Sénat des États-Unis. Ils sont vingt-huit maintenant.
« Les saints des derniers jours ont également rempli d'importantes fonctions dans
les organisations suivantes : Federal Reserve Board, U.S. Customs Court, U.S.
Tariff Commission et Federal Housing.
« Le Dr Harvey Fletcher, grand-prêtre mormon, a travaillé à la mise au point de la
stéréophonie ; un autre mormon, Philo Farnsworth, a travaillé à la mise au point
de la télévision.
Des mormons ont été présidents mondiaux des clubs internationaux du Rotary et du
Lions. Certains ont dirigé l'American Medical Association, l'American Bankers
Association et différentes sociétés scientifiques. Ils ont également rempli
maintes fonctions importantes dans la recherche scientifique, les affaires et
les finances...
« Notre message est solennel. Il est vrai. Nos membres sont des citoyens
sérieux, fidèles à la loi, intelligents et progressistes comme le confirmeront
tous ceux qui nous connaissent. Comme vous le voyez, notre mode de vie est
raisonnable et prouve largement la crédibilité de la divinité de notre mission
et de notre message. Le grand message religieux que nous transmettons au monde
est basé sur les données que j'ai décrites. » (Conference Report, octobre 1975.
Voir aussi l'Étoile, avril 1976, p. 53-58)
Pour employer les termes de Jésus, nous disons au monde d'aujourd'hui ce qu'il a
dit lorsqu'il a entrepris d'installer son Église au midi des temps. « Si je ne
fais pas les oeuvres de mon Père, ne me croyez pas. Mais si je les fais, quand
même vous ne me croiriez point, croyez à ces oeuvres... » (Jean 10:37, 38).
CHAPITRE 28 : VOUS LES
RECONNAÎTREZ À LEURS FRUITS (SUITE)
Les disciples du Christ seront persécutés
Après avoir constaté le niveau élevé de la vie et des réalisations des membres
fidèles de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, dont nous
avons parlé fort brièvement dans le chapitre précédent, celui qui ne comprend
pas que c'est le sort des disciples du Christ d'être persécutés et calomniés, se
demanderait la raison des persécutions presque sans égales dont les membres de
l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours ont été l'objet. Dès le
moment où Joseph Smith, alors âgé de quatorze ans, annonça qu'il avait vu Dieu
le Père et son Fils Jésus-Christ dans une vision sacrée, les forces du mal se
coalisèrent contre lui et contre ceux que leur foi amenait à embrasser la vérité
rétablie. La raison pour laquelle il était ainsi persécuté et calomnié était une
chose que le jeune Joseph Smith ne pouvait comprendre. Nous citons ses propres
termes à ce propos :
« Cependant je
m'aperçus bientôt que le fait de raconter mon histoire m'avait beaucoup nui
auprès des adeptes des autres confessions et était la cause d'une grande
persécution, qui allait croissant ; et quoique je fusse un garçon obscur de
quatorze à quinze ans à peine, et que ma situation dans la vie fût de nature à
faire de moi un garçon sans importance dans le monde, pourtant des hommes haut
placés me remarquèrent suffisamment pour exciter l'opinion publique contre moi
et provoquer une violente persécution ; et ce fut une chose commune chez toutes
les confessions : toutes s'unirent pour me persécuter.
« Je me fis sérieusement la réflexion alors, et je l'ai souvent faite depuis,
qu'il était bien étrange qu'un garçon obscur, d'un peu plus de quatorze ans,
qui, de surcroît, était condamné à la nécessité de gagner maigrement sa vie par
son travail journalier, fût jugé assez important pour attirer l'attention des
grands des confessions les plus populaires du jour, et ce, au point de susciter
chez eux l'esprit de persécution et d'insulte le plus violent. Mais aussi
étrange que cela fût, il en était ainsi, et ce fut souvent une cause de grand
chagrin pour moi.
(Joseph Smith, Histoire, 22, 23)
Ces persécutions et ces calomnies ont été le sort de tous ceux qui ont cru et
accepté le témoignage de Joseph Smith.
Nous avons parlé de l'esprit invisible qui agit sur le cœur des enfants des
hommes par la venue d'Élie, de Moïse et d'Élias, permettant la grande oeuvre de
rédemption accomplie par les vivants pour les morts, le rassemblement d'Israël
dans les derniers jours et la prédication de l'Évangile dans le monde entier
pour servir de témoignage à toutes les nations avant que le Christ ne vienne
dans sa gloire avec tous les saints anges comme il l'a promis.
Nous ne devons pas oublier qu'il y a aussi une puissance maléfique à l’œuvre
dans le monde. Quand Satan fut précipité sur la terre, il entraîna avec lui le
tiers des esprits célestes, dont la mission spéciale est de détruire l’œuvre du
Seigneur et d'empêcher ceux qui viennent sur terre de se montrer dignes de
retourner dans la présence du Seigneur. Remarquez les passages d'Écriture que
voici :
Malheur à la terre et à la mer ! car le diable est descendu vers vous, animé
d'une grande colère, sachant qu'il a peu de temps. (Apoc. 12:12)
Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et les jetait sur la terre. Le
dragon se tint devant la femme qui allait enfanter afin de dévorer son enfant,
lorsqu'elle aurait enfanté. (Apoc. 12:4).
Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le
dragon. Et le dragon et ses anges combattirent.
Mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le
ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable
et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre et ses
anges furent précipités avec lui. (Apoc. 12:7-9)
Il est clair que l'influence de Satan dans le monde des esprits était si grande
qu'il « entraîna le tiers des esprits » et qu'ils le suivirent : « Satan, celui
qui séduit toute la terre... fut précipité sur la terre et ses anges furent
précipités avec lui. » L'apôtre Jean, qui écrivit ceci, comprenait fort bien que
Satan aurait le pouvoir de séduire le monde entier.
Le prophète Ésaïe témoigna aussi de l'ambition qu'avait Satan de séduire
l'humanité entière :
Te voilà tombé du ciel, Astre brillant, fils de l'aurore ! Tu es abattu à terre,
toi, le vainqueur des nations !
Tu disais en ton cœur : je monterai au ciel, j'élèverai mon trône au-dessus des
étoiles de Dieu ; je m'assiérai sur la montagne de l'assemblée, à l'extrémité du
septentrion ; Je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au
Très-Haut.
Mais tu as été précipité dans le séjour des morts, dans les profondeurs de la
fosse. Ceux qui te voient fixent sur toi leurs regards, ils te considèrent
attentivement : Est-ce là cet homme qui faisait trembler la terre, qui ébranlait
les royaumes,
Qui réduisait le monde en désert, qui ravageait les villes, et ne relâchait
point ses prisonniers. (Es. 14:12-17)
Quelle histoire on pourrait raconter sur les efforts déployés par Satan pour
accomplir ces choses mêmes qu'Ésaïe a prédites ! Lucifer est tombé du ciel, il a
affaibli les nations, il a décrété qu'il élèverait son trône au-dessus des
étoiles de Dieu et deviendrait semblable au Très-Haut, il a réduit le monde en
désert et ravagé ses villes.
Jean le Révélateur a déclaré que le règne de Satan sur cette terre serait
quasiment universel :
Et il lui fut donné de faire la guerre aux saints, et de les vaincre.
Et il lui fut donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue et toute
nation. (Apoc. 13:7)
Pour pouvoir établir sa domination sur les royaumes du monde, le plan de Satan a
été d'éliminer tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, peuvent saper son
pouvoir. C'est pourquoi il incita les hommes à tuer les prophètes et les
serviteurs du Seigneur aux ordres de qui il devait obéir. Dans ses efforts pour
éliminer Jésus et empêcher l'établissement de son royaume sur la terre, il
incita Hérode à faire mettre à mort tous les enfants de deux ans et en dessous.
Cette tentative ayant échoué, il continua à persuader les hommes de persécuter
Jésus jusqu'à ce qu'il fût enfin mis à mort, non parce qu'il avait fait quelque
chose de mal, mais parce qu'il menaçait la suprématie absolue de Satan sur les
royaumes de ce monde. Les apôtres connurent le même sort, sauf Jean le
bien-aimé, qui reçut la promesse qu'il pourrait demeurer jusqu'au retour
glorieux du Christ. Et tel aussi fut le sort des saints qui furent brûlés en
guise de torches et donnés en pâture aux bêtes féroces par les Romains. Aucun
d'entre eux n'avait fait de mal - ils n'avaient au cœur que bénédictions pour
les hommes, mais ils étaient de dangereux ennemis pour Satan et la permanence de
sa domination sur la terre. Jésus savait que tel serait le sort de ceux qui
acceptaient de prendre sur eux son nom et de le suivre :
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas
venu apporter la paix, mais l'épée.
Car je suis venu mettre la division entre l'homme et son père, entre la fille et
sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère ;
Et l'homme aura pour ennemis les gens de sa maison. (Matt. 10:34-36)
Dans le rétablissement de l'Évangile en ces derniers jours, la déclaration du
Sauveur que nous citons ci-dessus est tout aussi vraie, ainsi que peuvent
l'attester beaucoup des saints des derniers jours. Beaucoup ont été chassés de
chez eux par leurs propres parents sans autre raison que le fait de s'être
joints à l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Si l'on ne
comprend pas la façon dont Satan agit sur l'esprit des hommes pour réaliser ses
desseins et détruire l’œuvre du Seigneur, il est impossible de comprendre de
tels actes. Les parents suivraient leurs enfants jusqu'à l'échafaud, mais ils
leur tournent le dos quand ils acceptent la vérité. Une mère était si tracassée
parce que sa fille voulait se joindre à l'Église qu'elle s'en ouvrit à l'auteur
et remarqua : « Je n'arrive pas à comprendre cela : elle a toujours été notre
meilleure enfant. »
Les fidèles seront tourmentés, tués, haïs à cause de son nom
Lorsque Jésus quitta le temple, il expliqua à ses disciples qu'il n'en resterait
pas pierre sur pierre.
Il s'assit sur la montagne des oliviers. Et les disciples vinrent en particulier
lui faire cette question : Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le
signe de ton avènement et de la fin du monde ? (Matt. 24:3)
On remarquera qu'il y a trois questions posées dans l'Écriture ci-dessus :
1) quand le temple sera-t-il détruit ;
2) quel sera le signe de l'avènement de Jésus ?
3) quel sera le signe indiquant la fin du monde ?
Alors Jésus se mit en devoir de répondre à ces questions. Parmi les signes de
son avènement, leur dit-il, il y aura des guerres et des bruits de guerre ;
« une nation s'élèvera contre une nation et un royaume contre un royaume, et il
y aura en divers lieux des famines et des tremblements de terre » (Matt. 24:6,
7). Puis Jésus ajouta :
Tout cela ne sera que le commencement des douleurs.
Alors on vous livrera aux tourments, et l'on vous fera mourir ; et vous serez
haïs de toutes les nations, à cause de mon nom. (Matt. 24:8, 9)
Si l'on attache foi aux paroles de Jésus, il faut croire que ses disciples qui
seront envoyés préparer la voie pour sa seconde venue seront livrés aux
tourments, qu'ils seront tués et qu'ils seront haïs de toutes les nations à
cause de son nom. À cet égard, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers
jours partage le sort de l'Église de Jésus-Christ des saints des premiers temps,
si l'on en croit le témoignage de Paul, car, lorsqu'il fut emmené prisonnier à
Rome, il convoqua les principaux des Juifs, et ceux-ci dirent :
Mais nous voudrions apprendre de toi ce que tu penses, car nous savons que cette
secte rencontre partout de l'opposition. (Actes 28:22)
Jésus comprenait parfaitement que la guerre qui avait commencé au ciel et où
Satan dirigeait la lutte contre la vérité, continuerait ici-bas. Il dit à ses
disciples :
Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous.
Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous
n'êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de
cela le monde vous hait.
Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n'est pas plus
grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ;
s'ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre.
Mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom, parce qu'ils ne
connaissent pas celui qui m'a envoyé. (Jean 15:18-21)
De la façon dont nous pouvons maintenant envisager les choses, sans tenir compte
des personnalités, il nous paraît incroyable que Jésus, qui passait son temps à
faire du bien et à bénir le peuple, ait subi de telles persécutions et ait
finalement été crucifié de la main de ceux qui auraient dû être ses amis. Satan
voyait, dans la venue de Jésus, la fondation d'un mouvement qui signifierait la
destruction de sa puissance sur la terre. C'est pourquoi il mit au cœur des
chefs spirituels égoïstes du peuple, que celui-ci était prompt à suivre, le
désir de s'opposer à Jésus et à ses disciples pour que beaucoup fussent conduits
à leur perte. L'opposition à Jésus et à ses disciples était inspirée par Satan
qui agissait par l'intermédiaire des chefs spirituels du peuple de l'époque. Il
en a été de même de l'opposition au prophète Joseph Smith et à l’œuvre instaurée
par le Seigneur sur la terre à notre époque ainsi qu'envers ceux qui ont accepté
son message : on a rarement enregistré dans l'histoire du monde de telles
persécutions, de telles expulsions et finalement de tels massacres. Jésus devait
avoir tout cela à l'esprit lorsqu'il dit :
C'est pourquoi, voici, je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes.
Vous tuerez et crucifierez les uns, vous battrez de verges les autres dans vos
synagogues, et vous les persécuterez de ville en ville. (Matt. 23:34)
Ensuite, Jésus adjura son peuple en ces termes :
Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont
envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule
rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu !
Voici, votre maison vous sera laissée déserte ;
Car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous
disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. (Matt. 23:37-39)
On verra que, dans les persécutions qui se sont accumulées sur les membres de
l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours l'histoire ne fait que se
répéter. Les paroles de Jésus s'accomplissent ; tous ceux qui recherchent la
vérité doivent écouter son avertissement : « Car, je vous le dis, vous ne me
verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au
nom du Seigneur. » Nous rendons témoignage qu'il a de nouveau envoyé ses
serviteurs en son nom à notre époque et qu'ils ont le même message de vérité
éternelle à offrir à tous les hommes de partout. Par conséquent le fait de
savoir que Satan est décidé à devenir « semblable au Très-Haut » et d'élever son
trône « au-dessus des étoiles de Dieu » en séduisant le monde entier et en tuant
les prophètes et les sages qui lui sont envoyés, nous permet de comprendre les
persécutions dont les prophètes et les saints de Dieu ont été l'objet à notre
époque, tout comme ceux du midi des temps, malgré les sacrifices qu'ils ont
consentis pour se montrer dignes de la grande confiance que Dieu leur faisait en
leur remettant l'Évangile à notre époque et en leur faisant porter le message à
toutes les nations de la terre. Leur cœur était rempli d'amour et de
bénédictions pour tous les hommes : ils n'ont fait de tort à personne. D'un
simple point de vue humain, on ne trouve aucune justification aux persécutions
qu'ils ont dû subir, ni à l'attitude hostile du monde envers eux. Il ne peut y
avoir qu'une réponse, et c'est Jésus qui l'a donnée : Si vous étiez du monde, le
monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n'êtes pas du monde, et
que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait
(Jean 15:19).
Donc un des signes auxquels on peut reconnaître les vrais disciples du Christ
est, comme il l'a dit, le fait que « vous serez haïs de toutes nations à cause
de mon nom » (cf. Matt. 24:9).
Persécutions dues au mariage plural
Il peut se trouver des gens qui estiment que la raison de cette attitude
inamicale du monde envers l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours
est à chercher dans la croyance au mariage plural et à sa pratique dans les
premiers jours de l'Église. Cependant ceci ne peut être vrai puisque Joseph
Smith fut l'objet de persécutions dès l'âge de quatorze ans, lorsqu'il eut
rapporté à certains ecclésiastiques qu'il considérait comme ses plus chers amis,
la vision qu'il avait eue et où le Père et le Fils lui étaient apparus. Dès ce
moment, il ne cessa d'être ridiculisé et calomnié, il fut emprisonné à de
nombreuses reprises, sans motif, il fut passé au goudron et roulé dans de la
plume. Lui et ceux qui croyaient en son histoire furent chassés de l'Ohio, puis
du Missouri et finalement de Nauvoo (Illinois). Toutes ces épreuves, toutes ces
persécutions eurent lieu avant que la révélation du Seigneur concernant le
mariage plural fût connue même des membres de l'Église. L'Église fut organisée
le 6 avril 1830, et le prophète Joseph Smith enregistra la révélation qu'il
avait reçue du Seigneur au sujet de l'éternité de l'alliance du mariage et de la
pluralité des épouses, à Nauvoo, en Illinois, le 12 juillet 1843 (D&A 132),
moins d'un an avant son martyre, le 27 juin 1844. Par conséquent, l'attitude de
l'Église envers ce principe ne fut connue du public que lorsque les saints
eurent été chassés de Nauvoo et se furent installés dans les Montagnes
Rocheuses.
Que diront les habitants du monde quand ils connaîtront tout sous sa véritable
lumière et dans son vrai rapport avec le Seigneur et sa grande oeuvre et quand
ils apprendront que c'est le Seigneur qui enseigna ce principe au prophète
Joseph Smith et que le but en était sacré et religieux, qu'il n'avait nullement
été adopté pour la satisfaction des passions des hommes ? Il n'y a qu'un petit
nombre de membres de l'Église qui aient jamais pratiqué le mariage plural :
jamais plus de trois pour cent. Il a dû y avoir là quelque chose qui avait une
valeur et un pouvoir de conviction extraordinaires pour que 97 pour cent des
membres de l'Église restent fidèles à leur témoignage de la divinité des
enseignements du prophète Joseph Smith, même quand ils virent certains membres
vivre selon ce principe. Ils comprenaient que ceux qui le pratiquaient étaient
parmi les personnes les plus dignes de la communauté et leurs enfants étaient à
tous points de vue égaux aux enfants des mariages monogames. Les membres de
l'Église qui connaissaient le mieux les fruits de ce principe étaient le moins
choqués par sa mise en pratique.
Sous la direction inspirée de Wilford Woodruff, quatrième président de l'Église
de Jésus-Christ des saints des derniers jours, on publia « le Manifeste », daté
du 24 septembre 1890, qui enjoignait aux saints des derniers jours de
« s'abstenir de contracter tout mariage interdit par la loi du pays ».
Le 6 octobre 1890, à une conférence générale de l'Église, le président Lorenzo
Snow proposa la motion suivante :
Je propose que, reconnaissant Wilford Woodruff comme président de l'Église de
Jésus-Christ des saints des derniers jours, et le seul homme actuellement sur
terre à détenir les clefs des ordonnances de scellement, nous le considérions
comme pleinement autorisé, en vertu de sa position, à publier le Manifeste, dont
lecture nous a été faite et qui est daté du 24 septembre 1890, et que l'Église
assemblée en conférence générale accepte sa déclaration concernant les mariages
pluraux comme autorisée et faisant force de loi.
Le vote de soutien de la motion ci-dessus fut unanime. L'année suivante, le
président Wilford Woodruff, s'adressant le 1er novembre 1891 aux saints de
Logan, en Utah, parla de la vision et de la révélation qui l'avaient amené à
publier la déclaration officielle que l'on appelle « le Manifeste » :
« Le Seigneur m'a montré par la vision et la révélation exactement ce qui se
produirait si nous ne cessions pas cette pratique...
« Je sais qu'il y a un bon nombre d'hommes, et probablement des hommes éminents
dans notre Église qui ont été mis à l'épreuve et ont eu le sentiment que le
président Woodruff avait perdu l'Esprit de Dieu et était sur le point
d'apostasier. Je tiens à ce que vous sachiez qu'il n'a pas perdu l'Esprit et
qu'il n'est pas non plus sur le point d'apostasier. Le Seigneur est avec lui et
avec son peuple. Il m'a dit exactement ce que je devais faire et ce qui en
résulterait si nous ne le faisions pas...
« Je veux dire ceci :
J'aurai laissé tous les temples sortir de nos mains, je serais allé en prison
moi-même et j'y aurais laissé aller tous les autres hommes, si le Dieu du ciel
ne m'avait pas commandé de faire ce que j'ai fait ; et lorsque l'heure fut venue
où il me fut ordonné de le faire, tout était clair pour moi. » (The Deseret
Weekly, 14 novembre 1891)
Depuis le jour où le Manifeste fut publié et accepté par le suffrage des saints,
l'Église a pris définitivement position contre la pratique du mariage plural,
allant jusqu'à excommunier de l'Église ceux qui se sont rendus coupables de
transgression en cette matière.
CHAPITRE 29 : RÉSUMÉ
Apports de Joseph Smith aux saintes Écritures
Après avoir soigneusement étudié les chapitres qui précèdent, on pourrait poser
la question de savoir si l'on peut attendre d'un vrai prophète de Dieu plus que
ce qui a été accompli par le prophète Joseph Smith. Il a exposé de précieuses
vérités auxquelles la Bible fait allusion, mais que le monde avait perdues, dans
de nombreux cas sans doute, par manque d'explications, mais aussi par incapacité
du clergé ou des laïques d'en comprendre le sens, ou parce qu'elles avaient été
cachées par le Seigneur. Comme l'a dit Jésus :
Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces
choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux
enfants.
Oui, Père, je te loue de ce que tu l'as voulu ainsi. (Matt. 11:25, 26)
L'apport de Joseph Smith, ce sont trois volumes d'Écritures destinés à
accompagner la Bible :
1) Le Livre de Mormon, dont nous avons parlé, qui est la traduction d'une partie
des plaques d'or qui lui avaient été remises par l'ange Moroni et qui
contenaient les annales des anciens habitants du continent américain ;
2) Les Doctrine et Alliances, qui contiennent les révélations du Seigneur à ses
prophètes dans le cadre du rétablissement de l'Évangile et l'organisation de son
Église dans toute sa plénitude à notre époque ;
3) La Perle de grand prix.*
* Voici en bref l'historique du livre « La Perle de
grand prix », que nous présentons ici pour l'information du lecteur :
« En 1828, un explorateur français du nom d'Antonio Sebolo reçut de Méhémet Ali,
vice-roi d'Égypte, l'autorisation de pratiquer des fouilles pour retrouver des
pièces antiques. Trois ans plus tard, en 183 1, Sebolo pénétra dans des
catacombes proches de l'endroit où s'élevait jadis l'ancienne cité de Thèbes. Il
y trouva onze momies en parfait état de conservation, qu'il emmena avec lui à
Paris. Mais sur le chemin de la capitale française, M. Sebolo s'arrêta à
Trieste, où il mourut après une maladie de plusieurs jours. Alors les momies
furent expédiées à un neveu du nom de Chandler. M. Chandler habitait
Philadelphie, en Pennsylvanie, mais on croyait qu'il vivait en Irlande. Après un
détour, les momies arrivèrent finalement à New York, adressées à Michel H.
Chandler. C'est là qu'on ouvrit pour la première fois les sarcophages et qu'on
en examina le contenu. « En ouvrant les cercueils, nous raconte le prophète, il
(M. Chandler) découvrit qu'il y avait à côté de deux des corps quelque chose
d'enroulé dans la même sorte de toile imprégnée du même bitume, et, après
examen, on s'aperçut que c'étaient deux rouleaux de papyrus. » Ces rouleaux de
papyrus étaient magnifiquement ornés d'écriture « d'une encre ou peinture noire,
avec une petite partie rouge, en parfait état de conservation ».
« Un inconnu qui assistait à cette découverte, recommanda à M. Chandler de se
mettre en quête du prophète mormon, Joseph Smith, qui était probablement le seul
homme qui pût donner une traduction correcte des manuscrits antiques. Cependant
M. Chandler se mit à exhiber les momies dans les grandes villes des États-Unis.
Elles devinrent bientôt l'objet d'un intérêt particulier. M. Chandler reçut des
savants du pays l'assurance que les momies aussi bien que les papyrus étaient
authentiques. En fait, il reçut de certains d'entre eux des certificats
attestant l'authenticité de ce qu'il exposait ainsi que des caractères des
papyrus. C'est seulement le 3 juillet 1835 que M. Chandler atteignit Kirtland
avec ses momies égyptiennes. Il alla directement trouver le prophète Joseph
Smith. « Il y avait quatre formes humaines, dit celui-ci dans son histoire,
accompagnées d'inscriptions hiéroglyphiques. Comme on avait dit à M. Chandler
que je pouvais les traduire, il m'apporta quelques caractères et je lui en
donnai l'interprétation et, comme c'était un gentleman, il me donna le
certificat que voici :
« Kirtland, 6 juillet 1835
Ceci est destiné à faire connaître à tous ceux qui le désirent, la capacité de
M. Joseph Smith, fils, à déchiffrer les caractères hiéroglyphiques d'égyptien
ancien qui se trouvent en ma possession et que, dans plusieurs grandes villes,
j'ai montrés aux plus grands savants. Comparés aux renseignements que j'ai pu
apprendre ou découvrir, je trouve que ceux de M. Joseph Smith, fils,
correspondent jusque dans le moindre détail.
(signé)
Michael H. Chandler, présentateur et propriétaire de momies égyptiennes. »
« Peu de temps après avoir reçu ce certificat de M. Chandler, des saints de
Kirtland lui achetèrent les momies et les papyrus. Là-dessus, le prophète, aidé
de William W. Phelps et d'Oliver Cowdery comme secrétaires, se mit à traduire
les étranges hiéroglyphes. À leur immense joie, ils découvrirent qu'un des
rouleaux contenait des écrits d'Abraham, tandis que l'autre contenait des écrits
de Joseph qui avait été vendu en Égypte. Le prophète traduisit partiellement le
premier. Il rapporte les épreuves d'Abraham dans la patrie idolâtre de ses pères
et sa délivrance miraculeuse. Il raconte aussi la création du monde et parle des
esprits qui existaient avant et révèle le système astronomique connu de l'ancien
patriarche. Le Livre d'Abraham, document inappréciable et vraiment authentique,
traduit par inspiration divine, constitue maintenant une partie importante de la
Perle de grand prix.
« Le rouleau de papyrus contenant les écrits de Joseph ne fut jamais traduit. Les
saints conservèrent les momies en leur possession et les emportèrent dans leurs
pérégrinations jusqu'à ce qu'ils se fussent établis dans leur nouveau foyer :
Nauvoo la belle. Là-bas, les momies furent exposées dans la Nauvoo Mansion,
construite par le prophète. Mais après la mort du prophète, les momies et les
rouleaux de papyrus tombèrent dans les mains de la famille du prophète et furent
vendus. Pendant un certain temps, ils furent exposés par une association de
Saint-Louis. De là, ils furent vendus à un musée de Chicago. Quand le grand
incendie dévasta Chicago en 1870, le musée fut détruit et avec lui,
vraisemblablement, les momies historiques et les antiques annales sacrées. Tout
ce que nous avons donc conservé de ces intéressantes annales sur papyrus se
trouve contenu dans la Perle de grand prix. » (Osborne J. P. Widtsoe, The
Restoration of the Gospel, Deseret Book Co., 19-25, p. 114-117)
Le rétablissement des clés de la prêtrise
Joseph Smith a reçu de Jean-Baptiste la Prêtrise d'Aaron.
Il a reçu de Pierre, Jacques et Jean la Prêtrise de Melchisédek.
Il a reçu d'Élie les clefs permettant de tourner le « cœur des pères vers les
enfants et le cœur des enfants vers leurs pères ».
De Moïse il a reçu les clefs du rassemblement d'Israël.
D'Élias, il a reçu les clefs de l'Évangile de la dispensation d'Abraham.
Il a rétabli l'Église de Jésus-Christ sur la terre en vertu des clefs et des
ordinations qu'il a reçues, avec la même organisation qui existait dans l'Église
primitive, à savoir : apôtres, prophètes, pasteurs, docteurs, évangélistes, etc.
Il a enseigné les principes de la vérité éternelle tels qu'il les a reçus du
Seigneur, corrigeant les fausses doctrines et les pratiques erronées qui
existaient alors dans les Églises.
Nécessité d'un prophète
Il y avait longtemps que se faisait sentir la nécessité d'un prophète pour
accomplir justement cela. Un reporter du New York Herald, qui avait rendu visite
au prophète Joseph Smith en 1842, fit de cette visite le compte rendu que voici,
qui fut originellement publié dans son journal :
« Joseph Smith est sans aucun doute une des plus éminentes personnalités de notre
époque. Il révèle autant de talent, d'originalité et de courage moral que
Mahomet, Odin ou n'importe lequel des esprits d'élite qui ont jusqu'ici provoqué
les révolutions des temps passés. À notre époque d'infidélité, d'irréligion,
d'idéalisme, de géologie et de magnétisme animal que vit notre monde, un
prophète aussi unique que l'est Joseph Smith est indispensable pour conserver le
principe de la foi et pour planter quelques nouveaux germes de civilisation qui
arriveront peut-être à maturité dans un millénaire. Alors que la philosophie
moderne qui ne croit qu'en l'univers sensible, conquiert les États atlantiques,
Joseph Smith crée un système spirituel, combiné à la morale et au travail qui
peut changer la destinée du genre humain... Assurément, nous avons besoin
d'un tel prophète pour déclencher un relèvement, exercer une forte influence sur
l'esprit du public et arrêter le torrent de matérialisme qui précipite le monde
dans l'infidélité, l'immoralité, la licence et le crime. » (George Q. Cannon,
Life of Joseph Smith, p. 324)
Josiah Quincy, ancien maire de Boston, avait rencontré le prophète Joseph Smith
et était convaincu que le monde ne pourrait s'empêcher de tenir compte de ses
prétentions au titre de prophète envoyé de Dieu :
« Il n'est pas du tout impossible que quelque futur livre à l'usage de générations
rien encore nées, contienne une question de ce genre-ci : Quel Américain
historique du dix-neuvième siècle a exercé l'influence la plus puissante sur
l'esprit de ses compatriotes ? Et il n'est pas du tout impossible que la réponse
à cette question puisse être écrite comme ceci : Joseph Smith, le prophète
mormon. Et cette réponse, aussi absurde qu'elle paraisse sans doute à la plupart
des hommes qui vivent maintenant sera peut-être un lieu commun évident à leurs
descendants. L'histoire nous montre des surprises et des paradoxes aussi
étonnants que celui-ci. L'homme qui a établi une religion en ce siècle de libre
débat, qui était et est encore aujourd'hui accepté par des centaines de milliers
d'individus comme émissaire direct du Très-Haut, un être humain aussi rare ne
peut pas être expédié en abreuvant sa mémoire d'épithètes malsonnantes. » (Josiah
Quincy, Figures of the Past, p. 376)
Nous laissons au lecteur le soin de déterminer l'origine de pareils mérites, si
le prophète Joseph Smith n'a pas été appelé de Dieu.
Souvenez-vous : d'autres qui se sont trouvés avec lui dans des visions célestes,
qui ont reçu en même temps que lui l'ordination à la prêtrise et des appels
spéciaux, qui ont contemplé les plaques d'or d'où le Livre de Mormon a été
traduit, et qui ont entendu la voix de l'ange déclarer qu'elles avaient été
traduites par le don et la puissance de Dieu. Tous ces témoins spéciaux sont
restés fidèles à leur témoignage jusqu'à leur dernier souffle.
Vérités et prophéties accomplies à notre époque
La liste succincte qui suit mentionne quelques-unes des grandes vérités sur
lesquelles le Seigneur a jeté sa lumière divine par l'intermédiaire du prophète
Joseph Smith :
1. La véritable personnalité de Dieu.
2. Les véritables rapports entre l'homme et Dieu.
3. La base exacte de l'Évangile a. La foi au Seigneur Jésus-Christ. b. La
repentance. c. Le baptême par immersion pour la rémission des péchés. d.
L'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit.
4. La compréhension de la différence entre Prêtrise d'Aaron et Prêtrise de
Melchisédek (Héb. 7:11, 12).
5. La compréhension des différents offices de ces deux prêtrises ; les devoirs
de chacun d'eux, le nombre d'officiers requis pour former un collège, etc.
6. L'organisation correcte de l'Église et son but.
7. Le nom exact que doit porter l'Église de Jésus-Christ.
8. Le fait que les disciples du Christ étaient et doivent être appelés
« saints ».
9. D'où nous sommes venus ; le fait que nous existions avant de naître.
10. La raison pour laquelle nous sommes ici-bas.
11. Les trois degrés de gloire et ce que nous devons faire pour nous préparer à
la gloire céleste.
12. Qui se lèvera à la première résurrection, et le fait que le reste des morts
ne se lèveront pas avant la fin des mille années, pas avant le jour du grand
jugement.
13. Le fait que l'obéissance aux ordonnances de l’Évangile est si nécessaire que
le plan de Dieu dans sa perfection prévoit une oeuvre vicariale des vivants pour
les morts au bénéfice de ceux à qui l'Évangile n'a pas été prêché ou qui ne
l'ont pas accepté dans cette vie.
14. Le fait que l'Évangile est prêché aux morts et dans quel but.
15. Que le millénium, ou période de mille ans, a été prévu pour mener à bien
cette oeuvre, sans laquelle le jour du jugement dernier serait au début et non à
la fin des mille ans.
16. Que le genre et la durée de notre vie ici-bas sont la conséquence d'une vie
antérieure, tout comme la vie future sera la conséquence de la façon dont nous
vivons et de ce que nous aurons fait en cette vie.
17. Le fait que l'Église établie par le Christ au midi des temps tomberait dans l'apostasie, ce dont témoignent abondamment tant les anciens prophètes que les apôtres du Maître.
18. Le fait que les prophètes de l'Ancien Testament et les apôtres du Nouveau
Testament ont prédit un complet « rétablissement de toutes choses, dont Dieu a
parlé anciennement par la bouche de ses saints prophètes » (Actes 3:2 1) plutôt
qu'une réforme pour redresser les enseignements erronés des Églises.
19. Le sens et l'accomplissement des prophéties suivantes :
a. « Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile
éternel, pour l'annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute
tribu, à toute langue, et à tout peuple.
« Il disait d'une voix forte : Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l'heure
de son jugement est venue ; et adorez celui qui a fait le ciel et la terre, et
la mer, et les sources d'eaux » (Apoc. 14:6, 7).
b. « ... et qu'il envoie celui qui vous a été destiné, Jésus-Christ,
« Que le ciel doit recevoir jusqu'aux temps du rétablissement de toutes choses
dont Dieu a parlé anciennement par la bouche de ses saints prophètes » (Actes
3:20, 2 1).
c. « Voici, j'enverrai mon messager ; il préparera le chemin devant moi. Et
soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez ; et le messager
de l'alliance que vous désirez, voici, il vient, dit l'Éternel des armées »
(Mal. 3:1).
d. « Le Seigneur dit : Quand ce peuple s'approche de moi, il m'honore de la
bouche et des lèvres ; mais son coeur est éloigné de moi, et la crainte qu'il a
de moi n'est qu'un précepte de tradition humaine.
C'est pourquoi je m'en vais accomplir dans ce peuple une oeuvre merveilleuse et
un prodige : et la sagesse de ses sages périra, et l'intelligence de ses hommes
intelligents disparaîtra » (És. 29:13, 14 selon la version du roi Jacques ; Segond dit : « C'est pourquoi je frapperai
encore ce peuple par des prodiges et des miracles... », ndt)
e. « Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne
sera jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d'un autre
peuple ; il brisera et anéantira tous ces royaumes-là et lui-même subsistera
éternellement » (Dan. 2:44).
20. Le fait qu'Élie a été renvoyé sur la terre et dans quel but (Mal. 4:5, 6).
21. La raison pour laquelle il s'est produit un changement si merveilleux dans
le monde en ce qui concerne la tenue de documents généalogiques, la fondation de
sociétés de généalogie, les bibliothèques généalogiques et le travail de
recherche.
22. Le fait que le mariage, selon les Écritures, est destiné à être éternel.
23. Le fait que la cellule familiale se perpétuera au-delà de la tombe.
24. La raison pour laquelle on élève des temples au Très-Haut et l'usage auquel
ils sont destinés.
25. Le lieu où se trouve le temple qu'Ésaïe vit que l'on construirait sur le
sommet des montagnes dans les derniers jours (És. 2:2, 3).
26. Le fait qu'en cas de maladie, il faut appeler les anciens de l'Église pour
faire aux malades une onction d'huile (Jacques 5:14-16).
27. Le commandement de Dieu à Ézéchiel, selon lequel il fallait conserver deux
bois (deux recueils d'annales), un de Juda et de ses compagnons et un de Joseph
et de ses compagnons, et ce que sont ces deux recueils d'annales (Éz. 37:15-19).
28. Le peuple qui devait parler de la poussière avec une voix comme celle d'un
spectre (És. 29:1-4 ; 2 Né. 25:7, 8 ; 2 Né. 26:15-17).
29. Ce qu'est ce « livre scellé » dont parle Ésaïe (Es. 29:11, 12 ; 2 Né.
27:5-26).
30. Le peuple auquel Jésus faisait allusion lorsqu'il dit :
« J'ai d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie (Jean 10:16 ; 3 Né.
15:11-21).
31. Les promesses faites à Joseph par son père Jacob, et par Moïse, lorsqu'on
lui promit un nouveau pays « à la cime des collines éternelles » (Gen.
49:22-26 ; Deut. 33:13-18) et le lieu où se trouvent ce nouveau pays et les
collines éternelles auxquelles il est fait allusion.
32. Quand et comment les villes que l'on exhume en Amérique Centrale et en
Amérique du Sud ont été ensevelies dans les profondeurs de la terre (3 Né. 8).
33. Le lieu d'origine du peuple civilisé qui habita jadis l'Amérique, et ce que
nous savons d'eux d'après leurs grandes villes et les monuments que l'on exhume
actuellement.
34. Le fait qu'il devait y avoir deux lieux de rassemblement, et non pas un
seul, dans les derniers jours : un pour Juda à Jérusalem, et l'autre pour
Israël, c'est-à-dire la postérité de Joseph, en Amérique (Éther, chap. 13).
35. La différence existant entre la bénédiction de Juda et celle de Joseph en ce
qui concerne la prêtrise (Héb. 7:4 ; 1 Chro. 5:1, 2).
36. Le fait qu'Israël, c'est-à-dire la postérité de Joseph, serait rassemblée
dans les derniers jours, dans cette partie de l'Amérique décrite comme une
solitude désertique au milieu des montagnes et nécessitant l'irrigation (Jér.
31:6-13 ; És. 2:2, 3 ; Es. Chap. 35 ; 41:18-23 ; Es. 43:18-21).
37. Ce qu'est l'office de patriarche, ou évangéliste, comme on l'appelle souvent
(Gen. chap. 49 ; Deut. chap. 33 ; Actes 7:8, 9 ; Héb. 7:4 ; D&A 124:91-93).
38. Le fait que Jésus ne baptisait pas les petits enfants, et que ses apôtres ne
le firent pas non plus, mais qu'« il les mit dans ses bras, et les bénit, en
leur imposant les mains » (Marc 10:16).
39. Ce qu'est l’urim et le thummim, quel usage en faisaient les prophètes
anciens et ce qu'il en est advenu (1 Sam. 28:6 ; Esdras 2:62, 63 ; Lév. 8:8 ;
Deut. 33:8 ; Exode 28:30 ; Nomb. 27:21).
40. Le fait que le plan de financement du royaume du Seigneur sur terre est la
loi de la dîme.
41. Le fait que la Parole de sagesse a été donnée par révélation parle Seigneur
pour le salut temporel de son peuple dans les derniers jours et qu'elle était en
avance sur la science en désignant les choses qui ne sont pas bonnes pour le
corps.
42. Le fait que l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours
entretient un système missionnaire dont l'institution remonte au Sauveur et où
les missionnaires travaillent sans être rémunérés pour leurs services.
Une oeuvre merveilleuse et un prodige
Joseph Smith, pas plus qu'un autre homme, n'aurait pu obtenir tous ces
renseignements en lisant la Bible ou en étudiant tous les livres qui aient
jamais été écrits. Cela est venu de Dieu. C'est exactement ce qu'Ésaïe avait
promis que le Seigneur ferait quand la situation sur terre serait devenue celle
que trouva Joseph Smith lorsqu'il s'en alla dans les bois prier pour être
éclairé quant à l'Église à laquelle il devait se joindre.
Examinez encore une fois la promesse faite par le Seigneur par l'intermédiaire
d'Ésaïe :
Le Seigneur dit : Quand ce peuple s'approche de moi, il m'honore de la bouche et
des lèvres ; mais son cœur est éloigné de moi, et la crainte qu'il a de moi
n'est qu'un précepte de tradition humaine.
C'est pourquoi je m'en vais accomplir dans ce peuple une oeuvre merveilleuse et
un prodige : et la sagesse de ses sages périra et l'intelligence de ses hommes
intelligents disparaîtra. (És. 29:13, 14, selon la version du roi Jacques ; Segond dit : « C'est pourquoi je frapperai
encore ce peuple par des prodiges et des miracles... », ndt)
C'est vraiment une oeuvre merveilleuse et un prodige. Pouvez-vous concevoir
quelque chose de plus merveilleux ou de plus prodigieux ?
Face à tout cela, la sagesse des hommes sages périt effectivement. Le monde n'a
pas d'explication satisfaisante à proposer. Au bureau de l’historien de
l'Église, à Salt Lake City, il y a plus de vingt mille volumes, grands et
petits, qui tous disent quelque chose du prophète Joseph Smith..11 y a quelque
deux mille brochures sur la question. Beaucoup d'entre eux, écrits par des non
mormons, sont des tentatives de résoudre l'énigme de Joseph Smith et de l’œuvre
qu'il a établie, mais tout cela en vain. Tous ces écrits ont été réunis depuis
la naissance de Joseph Smith en 1805.
Ésaïe l'avait bien prédit : « ... Car la sagesse de ses sages périra et
l'intelligence de ses hommes intelligents disparaîtra (És. 29:14). »
Comment cette prédiction pouvait-elle s'accomplir plus littéralement que dans le
cas de Joseph Smith et de l’œuvre que le Seigneur a fondée par son ministère ?
Nous avons souligné un texte publié par le New York Herald que nous avons cité
dans ce chapitre :
« Joseph Smith crée un système spirituel, combiné à la morale et au travail qui
peut changer la destinée du genre humain. » Ceci a été dit en 1842 et, au moment
où nous écrivons, près d'un siècle et demi plus tard, à en juger par les
réalisations actuelles de l'Église fondée sous sa direction, il est évident que
cette prédiction est assurée d'un accomplissement total.
Il est également certain que la prédiction de Josiah Ouincy, citée plus haut, se
trouvera accomplie :
« Il n'est pas du tout impossible que quelque futur livre, à l'usage de
générations non encore nées, contienne une question de ce genre : Quel
personnage américain historique du dix-neuvième siècle a exercé l'influence la
plus puissante sur l'esprit de ses compatriotes ? Et il n'est pas du tout
impossible que la réponse à cette question puisse être écrite comme ceci :
Joseph Smith, le prophète mormon. »
La religion américaine, une religion mondiale
Le comte Léon Tolstoï, le grand écrivain, homme d'État et philosophe russe,
avait une opinion semblable de la destinée possible de la « religion
américaine » fondée par le ministère du prophète Joseph Smith.
Thomas J. Yates nous a rapporté un incident qu'il vécut lorsqu'il était étudiant
à l'université Cornell en 1900. Il eut l'occasion de rencontrer le Dr Andrew D.
White, ancien président de Cornell et, à cette époque, ambassadeur des
États-Unis en Allemagne. Apprenant que M. Yates était mormon, le Dr White
l'invita à passer une soirée chez lui et à cette occasion lui raconta une
conversation qu'il avait eue avec le comte Tolstoï lorsqu'il remplissait les
fonctions de ministre des affaires étrangères pour la Russie en 1892. Le Dr
White rendait souvent visite au comte Tolstoï, et lors d'une de ces visites, ils
parlèrent de religion. Nous citons le récit de Thomas J. Yates qui nous rapporte
cette conversation dans les termes du Dr White :
« Dr White, dit le comte Tolstoï, j'aimerais que vous me parliez de votre
religion américaine. »
« Nous n'avons pas d'Église d'État en Amérique », répondit le Dr White. « Je
sais cela, mais votre religion américaine ? »
Patiemment, le Dr White expliqua au comte qu'en Amérique il y a beaucoup de
religions et que chacun est libre d'appartenir à l'Église qui l'intéresse
particulièrement. À quoi Tolstoï répliqua impatiemment : Je sais tout cela, mais
je voudrais connaître la religion américaine. Le catholicisme est parti de Rome,
l'Église épiscopalienne est partie d'Angleterre, l'Église luthérienne
d'Allemagne, mais l'Église dont je vous parle est partie d'Amérique et est
communément appelée l'Église mormone. Que pouvez-vous me dire des enseignements
des mormons ? »
« Ma foi, dit le Dr White, j'en connais très peu de chose. Ils ont une
réputation peu engageante, ils pratiquent la polygamie et ils sont très
superstitieux. »
Alors, à sa façon honnête et sévère, mais aimable, le comte Léon Tolstoï
réprimanda l'ambassadeur. « Dr White, je suis fort surpris et déçu qu'un homme
de votre instruction et de votre situation se montre si ignorant de cet
important sujet. Le peuple mormon enseigne la religion américaine ; ses
principes enseignent aux gens, non seulement le ciel et les gloires qui en font
partie, mais aussi la manière de vivre pour que leurs rapports sociaux et
économiques reposent sur une base saine. Si les gens suivent les enseignements
de cette Église, rien ne pourra arrêter leur progrès - il, sera sans limite. De
grands mouvements ont été lancés dans le passé, mais ils sont morts ou se sont
modifiés avant d'avoir atteint leur maturité. Si le mormonisme est capable de
persévérer sans dévier jusqu'à ce qu'il atteigne la troisième et la quatrième
générations, il est destiné à devenir la plus grande puissance que le monde ait
jamais connue » (The Improvement Era, février 1939, Vol. 42, p. 94).
À la suite de cette conversation avec le comte Tolstoï, le Dr White, à son
retour aux États-Unis, se procura l'ensemble des oeuvres de l'Église et les
plaça à la bibliothèque de l'université Cornell.
Le comte Tolstoï a souligné que « si le mormonisme est capable de persévérer
sans dévier jusqu'à ce qu'il atteigne la troisième et la quatrième générations,
il est destiné à devenir la plus grande puissance que le monde ait jamais
connue ». On ne peut mettre en question le fait qu'il ait persévéré jusqu'à la
troisième et la quatrième générations, comme l'attesteront ceux qui en
connaissent les membres actuels. Donc, selon les paroles du comte : « il est
destiné à devenir la plus grande puissance que le monde ait jamais connue. »
Ce n'est qu'une autre manière de décrire ce que Daniel vit en interprétant le
songe de Nebucadnetsar :
Mais il y a dans les cieux un Dieu qui révèle les secrets, et qui a fait
connaître au roi Nebucadnetsar ce qui arrivera dans la suite des temps...
Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera
jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d'un autre peuple ;
il brisera et anéantira ces royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement.
(Dan. 2:28, 44)
Pourquoi douter que le Seigneur accomplira cette promesse ? Où est donc le
royaume dont parle Daniel ? Il ne surgira pas tout d'un coup, mais, fondé par
Dieu et non par l'homme, bien qu'il ait un début modeste, il est destiné à
remplir toute la terre.
Tu regardais, lorsqu'une pierre se détacha sans le secours d'aucune main, frappa
les pieds de fer et d'argile de la statue, et les mit en pièces... Le vent les emporta, et nulle trace n'en fut retrouvée. Mais la pierre qui
avait frappé la statue devint une montagne et remplit toute la terre. (Dan.
2:34. 35)
Pourquoi le monde douterait-il ? Quelles preuves plus décisives Dieu pouvait-il
faire apparaître dans le royaume qu'il devait établir dans les derniers jours,
que de prouver que ce royaume était de lui et non des hommes ? Pourquoi faut-il
tant de temps à la vérité pour se frayer un chemin ? Lorsque Jésus est venu
parmi les hommes et s'est présenté comme le Fils de Dieu, les habitants du monde
lui ont tourné le dos. Jésus a dit : « Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a
haï avant vous » (Jean 15:18).
Admettons que le prophète Amos a dit la vérité lorsqu'il a déclaré : « Car le
Seigneur, l'Éternel ne fait rien sans avoir révélé son secret à ses serviteurs
les prophètes » (Amos 3:7) : il n'établirait sûrement pas le royaume que Daniel
a vu, sans un prophète ; et il n'accomplirait pas l’œuvre merveilleuse et le
prodige que vit Ésaïe, sans un prophète. Quel prophète aurait pu faire davantage
pour prouver sa fidélité à sa mission et à son appel, que de sceller son
témoignage de son sang, comme l'a fait le prophète Joseph Smith ?
William George Jordan a écrit :
« L'homme qui a une certaine croyance religieuse et a peur d'en parler, de peur
qu'elle ne s'avère fausse, n'est pas loyal à sa religion, mais il a seulement la
fidélité du lâche envers ses préjugés. S'il aimait la vérité, il serait disposé
à tout moment à abandonner sa religion pour une foi plus élevée, meilleure et
plus vraie. » (The Power of Truth, p. 11)
Jésus exprimait la même pensée lorsqu'il dit : « Heureux ceux qui ont faim et
soif de la justice, car ils seront rassasiés » (Matt. 5:6).
Promesses de Dieu à celui qui recherche la vérité
En terminant, nous conseillons au lecteur, s'il aime la vérité, d'examiner sans
parti pris les preuves que nous venons d'avancer concernant l'appel divin du
prophète Joseph Smith et de l'authenticité de l'Église établie par son
ministère, et de suivre le conseil de Jacques, tout comme l'a fait le jeune
Joseph Smith : « Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à
Dieu qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée »
(Jacques 1:5).
Nous lui conseillons en outre de mettre à l'épreuve la promesse contenue dans le
Livre de Mormon :
Et quand vous recevrez ces choses, je vous exhorte à demander à Dieu, le Père
éternel, au nom du Christ, si ces choses ne sont pas vraies ; et si vous le
demandez avec un cœur sincère et avec une intention réelle, ayant foi au Christ,
il vous en manifestera la vérité par le pouvoir du Saint-Esprit. (Moroni 10:4)
La force de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours et la
puissance qui lui permet de progresser si rapidement, c'est le témoignage
personnel de ses membres. Ils ont mis cette promesse à l'épreuve, et le Seigneur
a fait sa part. Pourquoi se contenterait-on de moins qu'un témoignage personnel
quand on pense aux promesses faites par Jacques et par Moroni, qui viennent
s'ajouter à celle du Sauveur du monde :
Ma doctrine n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé.
Si quelqu'un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou
si je parle de mon chef. (Jean 7:16, 17)
Puisse chaque lecteur de ce livre partager avec l'auteur ce témoignage personnel
de la vérité de tout ceci, qui constituera la perle de grand prix dont parlait
Jésus quand il dit :
Le royaume des cieux est encore semblable à un marchand qui cherchait de belles
perles.
Il a trouvé une perle de grand prix ; et il est allé vendre tout ce qu'il avait,
et l'a achetée. (Matt. 13:45, 46)
L'aube paraît
L'aube paraît, l'ombre s'enfuit ;
Voyez ! L'étendard de Sion est déployé.
L'aurore d'un jour plus clair
Se lève majestueusement sur le monde.
Les nuées de l'erreur disparaissent
Sous les rayons de la vérité divine ;
La gloire qui éclate dans le lointain
Tantôt s'étendra sur les nations.
La plénitude des Gentils s'instaure à présent,
Et les bénédictions d'Israël sont proches ;
Voyez ! Le reste de Juda purifié du péché,
Doit retourner dans la Canaan promise.
Jéhovah parle ! Que la terre prête l'oreille,
Et que les nations des Gentils se repentent et vivent ;
Son bras puissant se découvre,
Pour recevoir le peuple de son alliance.
Les anges venant du ciel et la vérité venue de la terre
Se sont réjouis et ensemble ont rendu témoignage ;
Ainsi la lumière de Sion éclate et se répand,
Pour ramener au foyer ses enfants rachetés.
Parley P. Pratt (Traduction littérale)
L’œuvre merveilleuse et le prodige promis sont ici parmi les hommes. Le message
et l’œuvre peuvent être acceptés ou rejetés. À vous de choisir. Il est bien
possible que vous n'ayez jamais plus à juger, dans cette vie, d'une question
aussi importante. Votre décision vous suivra, avec ses conséquences, tout au
long de la vie et à toute éternité.