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Authenticité
du
Livre de Mormon
James E.
Talmage (1862-1933)
Président de l'université d'Utah de 1894 à 1897
Membre du collège des Douze
de 1911 à 1933
Ce sujet est d'un intérêt vital pour toute personne qui
cherche véritablement la parole de Dieu, pour chaque chercheur de vérité
sincère. Prétendant être, en ce qui concerne la dispensation actuelle, une
nouvelle Écriture, présentant des prophéties et des révélations qui ne sont
pas encore reconnues jusqu'à présent dans la théologie moderne, proclamant
au monde le message d'un peuple disparu, écrit par commandement et par
l'esprit de prophétie et de révélation, ce livre a droit à l'examen le plus
approfondi et le plus impartial. Non seulement le Livre de Mormon mérite une
telle considération, mais encore il la réclame, l'exige même ; car nul
homme, professant croire au pouvoir et à l'autorité de Dieu, ne peut
recevoir avec indifférence l'annonce d'une nouvelle révélation professant
porter le sceau de l'autorité divine. La question de l'authenticité du Livre
de Mormon est, par conséquent, une question qui intéresse le monde entier.
Les Saints des Derniers Jours fondent leur croyance en l'authenticité du
livre sur les preuves suivantes :
1. L'accord général entre le Livre de Mormon et la Bible dans toutes les
matières qui leur sont communes.
2. L'accomplissement d'anciennes prophéties par la parution du Livre de
Mormon.
3. La stricte harmonie et la logique du Livre de Mormon avec lui-même.
4. La véracité évidente des prophéties qu'il contient.
À cela, nous pouvons ajouter certaines preuves externes ou extra-scripturales, parmi lesquelles :
5. Les témoignages corroboratifs présentés par l'archéologie et
l’ethnologie.
1. Le Livre de Mormon et la Bible
Les Écritures néphites et juives s'accordent en matière de tradition,
d'histoire, de doctrine et de prophétie dont les deux ouvrages traitent
séparément. Ces deux volumes d'Écritures furent préparés sur des hémisphères
opposés, dans des conditions tout à fait différentes. Cependant il y a entre
eux une harmonie surprenante, qui confirme leur inspiration divine à tous
deux. Le Livre de Mormon contient un certain nombre de citations extraites
des anciennes Écritures juives, dont une copie, comprenant ce qui avait été
compilé à l'époque où Léhi s'enfuit de Jérusalem, fut apportée sur le
continent occidental, dans les annales gravées sur les plaques d'airain de
Laban. Lorsque de tels passages sont cités, il n'y a aucune différence
essentielle entre la version de la Bible et celle du Livre de Mormon,
excepté dans des cas d'erreurs probables de traduction - que le manque de
suite logique ou de clarté du texte biblique révèle ordinairement. Il existe
cependant de nombreuses variations mineures dans des parties correspondantes
des deux volumes ; et, dans de tels cas, un examen approfondi démontre
généralement la clarté supérieure des Écritures néphites.
Lorsqu'on compare soigneusement les prophéties de la Bible avec les
prédictions correspondantes contenues dans le Livre de Mormon, par exemple,
celles qui se rapportent à la naissance, au ministère terrestre, à la mort
sacrificatoire et à la seconde venue de Jésus-Christ avec d'autres qui se
rapportent à la dispersion et au rassemblement d'Israël, et avec celles qui
se rapportent à l'établissement de Sion et à la reconstruction de Jérusalem
dans les derniers jours, on voit que chacun des livres sacrés corrobore
l'autre. Il est vrai que l'un renferme de nombreuses prédictions qui ne se
trouvent pas dans l'autre, mais, dans aucun cas, il n'est possible de
déceler la moindre contradiction ou la moindre inconséquence. La même
harmonie règne parfaitement entre les parties des deux volumes qui traitent
de doctrine.
2. Prophéties concernant le Livre de Mormon
Les anciennes prophéties ont été littéralement accomplies par la parution du
Livre de Mormon. Un des premiers oracles portant directement sur ce sujet
fut prononcé par Énoch, prophète antédiluvien auquel le Seigneur révéla ses
desseins jusqu'à la fin des temps. Témoin, en vision, de la corruption du
genre humain, après l'ascension du Fils de l'Homme, Énoch invoqua son Dieu :
« Ne reviendras-tu plus sur la terre ?... Et le Seigneur dit à Énoch : Comme
je vis, je viendrai dans les derniers jours... Et le jour viendra où la
terre se reposera, mais, avant ce jour-là, les cieux seront obscurcis et un
voile de ténèbres couvrira la terre ; et les cieux trembleront et la terre
aussi ; et il y aura de grandes tribulations parmi les enfants des hommes,
mais je protégerai mon peuple. Et je ferai descendre la justice des cieux,
et je ferai monter la vérité de la terre pour rendre témoignage de mon Fils
unique... Et je ferai en sorte que la justice et la vérité balayent la terre
comme un déluge, pour rassembler mes élus des quatre coins de la terre, en
un lieu que je préparerai » (Moïse 7:59-62). Les saints des derniers jours considèrent
la parution du Livre de Mormon, et le rétablissement de la prêtrise par le
service direct de messagers célestes, ensemble, comme l'accomplissement de
cette prophétie, et de prédictions semblables contenues dans la Bible.
David, qui chanta ses psaumes plus de mille ans avant le « midi des
temps » prédit : « La vérité jaillit de la terre et la justice regarde du
haut des cieux » (Psaumes 85:12, selon la version du Roi Jacques. La version Segond
dit : « La fidélité germe de la terre », ndt). C'est ce qu'Ésaïe déclara également
(voir Ésaïe 45:8). Ézéchiel vit
en vision (voir Ézéchiel, chap. 37, particulièrement versets 15-20) le rapprochement du bois de Juda et du bois de Joseph, qui
signifient la Bible et le Livre de Mormon. Voici quelles sont les paroles
d'Ézéchiel : « La parole de Jéhovah me fut adressée en ces termes : Et toi,
fils de l'homme, prends une pièce de bois et écris dessus : Pour Juda, et
pour les enfants d'Israël qui lui sont associés. Prends une autre pièce de
bois, et écris dessus : Pour Joseph, bois d'Éphraïm et de toute la maison
d'Israël qui lui est associée. Rapproche-les l'une de l'autre pour en former
une seule pièce, en sorte qu'elles soient unies dans ta main ».
Lorsque nous nous rappelons l'ancienne façon de faire des livres - qui
consistait à écrire sur de longues bandes de parchemin qu'on roulait sur des
rouleaux de bois, l'emploi du mot « bois » comme équivalent de « livre »,
dans le passage cité, devient apparent (voir emploi correspondant du mot « rouleau » dans Jérémie 36:1, 2, version anglaise, et son synonyme
« livre »
dans les versets 8, 10, 11 et 13). À l'époque où cet oracle fut
rendu, les Israélites étaient divisés en deux nations connues sous le nom de
royaume de Juda et royaume d'Israël, ou d'Éphraïm. Il est clair que ce sont
les annales séparées de Juda et de Joseph qui sont mentionnées ici (comparez
la prédiction de Léhi à son fils Joseph, 2 Néphi 3:12). Or,
comme nous l'avons vu, la nation néphite comprenait les descendants de Léhi,
qui était de Manassé, ceux d'Ismaël, qui était d'Éphraïm, et ceux de Zoram,
dont nous ignorons la tribu. Les Néphites étaient donc des tribus de
Joseph : et leurs annales ou « bois » sont représentées aussi réellement
par le Livre de Mormon que le « bois » de Juda l'est par la Bible.
Le fait que la parution des annales de Joseph ou Éphraïm devait être
accomplie par le pouvoir direct de Dieu, apparaît clairement dans
l'explication que le Seigneur donne de la vision d'Ézéchiel : « Voici, je
prendrai le bois de Joseph... je le joindrai au bois de Juda » (Exode 37:19). Cette
union des deux annales devait être une caractéristique des derniers jours ;
la prédiction d'un événement qui devait suivre immédiatement le
rassemblement des tribus de parmi les nations au milieu desquelles elles
avaient été dispersées l'indique bien (voir Exode 37:21). Une comparaison avec les autres
prophéties relatives au rassemblement prouvera d'une manière concluante
qu'il a été prédit que ce grand événement aurait lieu dans les derniers
temps et préparerait la seconde venue du Christ.
Revenant aux écrits d'Ésaïe, nous trouvons ce prophète exprimant les menaces
du Seigneur contre Ariel ou Jérusalem, « cité dont David fit sa demeure ».
Ariel devait être dans la détresse, affligé et dans la douleur. Le prophète
parle ensuite d'un peuple autre que Juda qui occupait Jérusalem, car il fait
la comparaison avec cette dernière, disant : « Et la ville sera pour moi
comme un Ariel ». Au sujet de la malédiction décrétée contre cet autre
peuple, nous lisons : « Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, et
les sons en seront étouffés par la poussière ; ta voix sortira de terre
comme celle d'un spectre, et c'est de la poussière que tu murmureras tes
discours » (Ésaïe 29:4 - lire versets 1-6).
Voici ce qu'un apôtre des derniers jours a écrit sur l'accomplissement de
ces prophéties et d'autres qui leur sont associées : « Ces prédictions d'Ésaïe
ne pouvaient pas se rapporter à Ariel ou Jérusalem, parce que leurs paroles
ne sont pas venues « de terre » et ne sont pas « étouffées de poussière ».
Mais elles se rapportent au reste de Joseph qui fut détruit en Amérique, il
y a plus de quatorze cents ans. Le Livre de Mormon décrit leur chute et elle
fut vraiment grande et terrible. À la crucifixion du Christ, comme Ésaïe le
prédit, « la multitude des guerriers fut comme la paille qui s'envole », et
cela arriva, comme il le prédit en outre, « soudainement, en un instant »...
Ce reste de Joseph, par sa détresse et sa destruction, devint comme un
Ariel. De même que les armées romaines assiégèrent Ariel et le plongèrent
dans la détresse et dans la douleur, de même, les nations en guerre de
l'Amérique ancienne attirèrent l'une sur l'autre les scènes les plus
affreuses de sang et de carnage. C'est pourquoi le Seigneur pouvait dire à
juste titre, en parlant de cet événement : « Et la ville sera pour moi comme
un Ariel » (Orson Pratt, Divine Authenticity of the Book of Mormon,
pp. 293, 294, Utah éd., 1891).
Cette prédiction saisissante d'Ésaïe, que la nation ainsi abaissée parlerait
« de terre » avec une voix « étouffée par la poussière », fut littéralement
accomplie par la parution du Livre de Mormon, dont l'original fut tiré de
terre ; et la voix de ces annales est comme la voix de quelqu'un parlant de
la poussière. Nous lisons dans la même prophétie : « Toute la révélation est
pour vous comme les mots d'un livre cacheté que l'on donne à un homme qui
sait lire, en disant : Lis donc cela ! Et qui répond : Je ne le puis, car il
est cacheté ! Ou comme un livre que l'on donne à un homme qui ne sait pas
lire, en disant : Lis donc cela ! Et qui répond : Je ne sais pas lire » ! (Ésaïe
29:11,12).
Cette prophétie fut accomplie par la présentation d'une transcription
partielle des plaques - « les mots d'un livre », non pas le livre lui-même - à un érudit, le professeur Charles Anthon dont nous avons cité la réponse
précédemment, réponse qui correspond à la prophétie presque
mot pour mot, et par la remise du livre lui-même au jeune illettré, Joseph
Smith.
3. Cohérence du Livre de Mormon
La cohérence interne du Livre de Mormon confirme la croyance en son origine
divine. Les différentes parties témoignent d'elles-mêmes, de façon évidente,
qu'elles ont été écrites à différentes époques et dans des conditions très
variées. Le style des livres qui le composent est en harmonie avec l'époque
et les circonstances de leur production. Les portions transcrites des
plaques contenant l'abrégé de Mormon contiennent de nombreuses
interpolations, commentaires et explications de la part du compilateur. Mais
dans les six premiers livres, qui, comme nous l'avons déjà expliqué, sont le
texte même des petites plaques de Néphi, on ne trouve aucune interpolation
de ce genre. Le livre maintient sa cohérence d'un bout à l'autre ; on n'y a
trouvé ni contradiction ni désaccord.
La diversité du style caractérise les différents livres (voir série
d'articles par J. M. Sjodahl, intitulés Authenticity of the Book of Mormon,
dans Millennial Star, Liverpool, vol. 77, 1915, commençant pp. 465. 481,
497 et 513). D'après ce qui
a été dit des diverses séries de plaques qui constituent l'accumulation
originale des annales desquelles le Livre de Mormon a été traduit, il est
évident que le volume contient les écrits compilés d'une longue lignée
d'écrivains inspirés s'étendant sur une période de mille ans, si on ne
compte pas les années antérieures de l'histoire jarédite. Dans de telles
conditions il ne faut pas s'attendre à rencontrer de l'unité de style.
4. Le Livre de Mormon confirmé par l'accomplissement des prophéties qu'il
contient
Les prédictions du Livre de Mormon sont nombreuses et importantes. Parmi les
preuves les plus concluantes de l'authenticité du livre, sont celles qui
sont fournies par la véracité démontrée des prophéties qu'il contient et il
n'est point de meilleure preuve de la véracité d'une prophétie que son
accomplissement. Les prédictions contenues dans le Livre de Mormon peuvent
être réparties en deux classes : 1) Les prophéties relatives à l'époque
couverte par le livre lui-même et dont l'accomplissement y est rapporté ; 2)
les prophéties relatives à une époque ultérieure à celle de l'histoire
rapportée dans le livre.
Les prophéties de la première classe citée, dont l'accomplissement est
attesté par le Livre de Mormon lui-même, sont de moindre valeur comme
preuves de l'authenticité de l’œuvre ; car si le livre était une fiction
écrite par des hommes, ceux-ci auraient mis tous leurs soins et toute leur
ingéniosité à fournir l'accomplissement de chaque prédiction. Néanmoins, au
lecteur studieux et consciencieux, l'authenticité du livre sera apparente ;
et la réalisation littérale des prédictions nombreuses et variées au sujet
du destin, alors futur, du peuple dont l'histoire est écrite dans ces
annales et aussi des prophéties concernant les détails sur la naissance et
la mort du Sauveur et sur son apparition à ce peuple dans son état
ressuscité doit, par sa précision et sa cohérence être une preuve frappante
de l'inspiration et de l'autorité de ces annales.
Les prophéties de la deuxième classe relatives à une époque qui était loin
dans l'avenir pour les écrivains, sont nombreuses et explicites. Beaucoup
d'entre elles ont spécialement trait aux derniers jours - à la dispensation
de la plénitude des temps - et de celles-ci, certaines se sont déjà
accomplies littéralement, d'autres sont actuellement en voie de réalisation,
tandis que d'autres attendent encore le temps de leur accomplissement, dans
des conditions spécifiées qui semblent maintenant approcher rapidement.
Parmi les plus remarquables des prédictions du Livre de Mormon, relatives à
la dernière dispensation, sont celles qui annoncent sa parution et l'effet
de sa publication parmi les hommes. La prophétie d'Ézéchiel, concernant la
réunion des « bois » ou annales de Juda et d'Éphraïm, a déjà eu notre
attention. Considérez la promesse faite à Joseph qui fut vendu en Égypte et
répétée par Léhi à son fils Joseph - prédiction qui combine la prophétie
concernant le livre à celle qui concerne le voyant par l'intermédiaire
duquel le miracle devait être accompli : « Mais je susciterai un voyant du
fruit de tes reins, et je lui donnerai le pouvoir d'apporter ma parole à la
postérité de tes reins - et pas seulement d'apporter ma parole, dit le
Seigneur, mais aussi de les convaincre de ma parole qui sera déjà allée
parmi eux. C'est pourquoi le fruit de tes reins écrira, et le fruit des
reins de Juda écrira ; et ce qui sera écrit par le fruit de tes reins et
aussi ce qui sera écrit par le fruit des reins de Juda, sera réuni pour
confondre les fausses doctrines, pour mettre fin aux disputes, pour établir
la paix au milieu du fruit de tes reins et pour l'amener, dans les derniers
jours, à la connaissance de ses pères et aussi à la connaissance de mes
alliances, dit le Seigneur. Et de faible qu'il sera, je le rendrai fort, au
jour où mon oeuvre commencera parmi tout mon peuple, pour te restaurer, ô
maison d'Israël, dit le Seigneur » (2 Néphi 3:11-13). Il est clair que ces oracles se
sont littéralement accomplis dans la parution du Livre de Mormon par
l'intermédiaire de Joseph Smith.
Le Seigneur montra à Néphi quel serait l'effet de la nouvelle publication,
déclarant que le jour du rassemblement d'Israël - c'est-à-dire le jour de la
plénitude des temps, comme l'attestent les Écritures juives - les paroles
des Néphites seraient publiées au monde et « retentiraient jusqu'aux bouts
de la terre, comme un étendard » pour la maison d'Israël ; et qu'alors, les
Gentils, oubliant même leur dette envers les Juifs, desquels ils avaient
reçu la Bible en laquelle ils professent avoir tant foi, insulteraient et
maudiraient cette branche du peuple de l'alliance, et rejetteraient les
nouvelles Écritures, en disant : « Une Bible, une Bible, nous avons une
Bible, et il ne peut y avoir d'autre Bible » (2 Néphi 29:3, lire le
chapitre). N'est-ce pas là la teneur
des objections frénétiques élevées par le monde des Gentils contre le Livre
de Mormon - qu'il est nécessairement inutile parce qu'il ne faut pas
s'attendre à de nouvelles révélations ?
Autrefois, deux témoins étaient requis pour établir la véracité d'une
allégation, et, dit le Seigneur, au sujet des deux annales qui rendent
témoignage de lui : « Pourquoi murmurez-vous parce que vous allez recevoir
davantage de ma parole ? Ne savez-vous point que le témoignage de deux
nations vous est donné comme preuve que je suis Dieu, et que je me souviens
d'une nation autant que d'une autre ? C'est pourquoi ce que je dis à l'une,
je le dis à l'autre. Et quand les deux nations se réuniront, le témoignage
des deux nations se réunira aussi » (2 Néphi 29:8).
Une autre prophétie est associée à ces prédictions du témoignage conjoint
des Écritures juives et néphites, dont les fidèles attendent avec espoir et
patience la consommation. Des Écritures supplémentaires sont promises, à
savoir les annales des dix tribus. Notez bien cette promesse : « C'est
pourquoi, parce que vous avez une Bible, vous ne devez point supposer
qu'elle contient toutes mes paroles ; et vous ne devez point supposer non
plus que je n'en aie point fait écrire davantage... car voici je parlerai
aux Juifs, et ils l'écriront ; et je parlerai aussi aux Néphites, et ils
l'écriront ; je parlerai aussi aux autres tribus de la maison d'Israël, que
j'ai emmenées au loin, et elles l'écriront ; et je parlerai aussi à toutes
les nations de la terre et elles l'écriront. Et il arrivera que les Juifs
auront les paroles des Néphites, et que les Néphites auront les paroles des
Juifs ; et les Néphites et les Juifs auront les paroles des tribus perdues
d'Israël ; et les tribus perdues d'Israël auront les paroles des Néphites et
des Juifs » (2 Néphi 29:10,12).
5. Preuves corroboratives présentées par les découvertes modernes
L'archéologie et l'ethnologie du continent américain apportent quelques
preuves corroboratives en faveur du Livre de Mormon. Ces sciences sont, de
leur propre aveu, incapables d'expliquer de façon décisive l'origine des
races américaines natives. Néanmoins les recherches dans ce domaine ont
donné des résultats qui sont assez définis, et le récit du Livre de Mormon
est en général d'accord avec les découvertes les plus importantes. Nous ne
tenterons pas ici de traiter la question à fond ; les limites de ce livre ne
le permettraient pas. Pour une étude détaillée sur le sujet, le lecteur
devrait consulter des ouvrages qui y sont spécialement consacrés. Nous
renvoyons spécialement l'étudiant à l'ouvrage exhaustif de l'Ancien B. H.
Roberts, New Witnesses for God, vol. 23, chaps. 24 à 29
inclusivement et vol. 3, chaps. 30 à 34 inclusivement. Parmi
les découvertes les plus significatives faites au sujet des aborigènes
américains, nous trouvons ce qui suit :
1. L'Amérique fut peuplée à une époque très ancienne, probablement peu après
la construction de la tour de Babel.
2. Le continent a été occupé successivement par différents peuples, au moins
par deux groupes, ou prétendues races, à des époques largement séparées.
3. Les aborigènes sont venus de l'Est, probablement d'Asie, et les habitants
les plus récents, ceux de la seconde période, étaient étroitement liés aux
Israélites, sinon identiques à eux.
4. Les races indigènes existant en Amérique proviennent d'une souche
commune.
Du résumé déjà donné de la partie historique du Livre de Mormon, on voit que
chacune de ces découvertes est pleinement confirmée par ces annales. Ainsi
nous y trouvons ce qui suit:
1. L'Amérique fut colonisée par les Jarédites, venus directement des scènes
de Babel.
2. Les Jarédites occupèrent le pays pendant environ dix-huit cent cinquante
ans et, vers l'époque de leur extinction, aux environs de 590 av. J.-C.,
Léhi et son groupe vinrent s'établir sur le continent où ils se
multiplièrent et devinrent deux nations séparées, les Néphites et les
Lamanites. Les premiers furent anéantis vers 385 ap. J.-C. environ mille ans
après le débarquement de Léhi - et les derniers survécurent dans un état
dégénéré jusqu'à ce jour et sont représentés par les tribus indiennes.
3. Léhi, Ismaël et Zoram, les ancêtres des Néphites et des Lamanites,
étaient indubitablement Israélites, étant donné que Léhi appartenait à la
tribu de Manassé, qu'Ismaël appartenait à la tribu d'Éphraïm, et que la
colonie vint directement de Jérusalem, en Asie.
4. Les tribus indiennes actuelles descendent des émigrants dont l'histoire
se trouve dans le Livre de Mormon, et, par conséquent, ils proviennent
d'ancêtres qui appartenaient à la maison d'Israël.
Examinons maintenant quelques preuves présentées, à ce sujet, par des
chercheurs dont la plupart ne connaissaient rien du Livre de Mormon, et dont
aucun ne reconnaissait le livre comme authentique (un grand nombre parmi les
citations qui suivent, employées dans le cadre des preuves extra-scripturales supportant le Livre de Mormon, ont été
recueillies par divers auteurs appartenant à l'Église, surtout par l'Ancien
George Reynolds ; voir aussi une série d'articles intitulés « American
Antiquities » Millennial Star, Liverpool, vol. 21 ; une série d'articles sur
« The Divine Origin of the Book of Mormon », dans le Contributor, Salt Lake
City, vol. 2 par Moses Thatcher ; et une brochure, A Prophet of Latter Days,
Liverpool, 1090, par Edwin F. Parry).
1. Concernant l'ancienne colonisation de l’Amérique. - Une autorité reconnue
sur l'archéologie américaine, présente, en guise de preuve, la déduction
suivante : « Un des arts connus des bâtisseurs de Babel était la fabrication
des briques. Cet art était aussi connu du peuple qui bâtit les ouvrages de l'Ouest
[l'Amérique, ndt). Le cuivre était connu du peuple des plaines de Shinar ; car
Noé dut le communiquer, étant donné qu'il vécut cent cinquante [350] ans
parmi eux après le déluge. Le cuivre était connu des antédiluviens. Le
cuivre était également connu de ceux qui édifièrent les monuments de
l'Ouest [idem]. Le fer était connu des antédiluviens. Il était aussi connu des
anciens habitants de l'Ouest [idem]. Cependant, il est évident qu'il y avait
très peu de fer parmi eux, car on relève très peu de cas où il a été
découvert dans leurs ouvrages ; et c'est pour cette raison même que nous
tirons la conclusion qu'ils sont venus dans ce pays peu de temps après la
dispersion » (Priest, American Antiquities, 1834, p. 219).
Lowry, dans sa « Réponse aux questions officielles concernant les Aborigènes
de l'Amérique », conclut au sujet du peuplement du continent occidental « que la première colonisation eut lieu peu de temps après la confusion
des langues lors de la construction de la Tour de Babel » (Ethnological Researches
de Schoolcraft, vol. 3, 1853).
Le professeur Waterman, de Boston, dit au sujet des ancêtres des Indiens
américains : « Quand et d'où sont-ils venus ? Albert Galatin, un des
philologues les plus profonds de notre époque, a conclu que, d'après les
quelques indices fournis par la langue, le moment de leur arrivée ne dut pas
être bien éloigné de la dispersion de la famille humaine » (extrait d'une
conférence par le professeur Waterman, à Bristol,
Angleterre, en 1849 ; cité dans la brochure par Edwin Party, A Prophet of
Latter Days (Liverpool, 1898).
Pritchard écrit des anciens habitants de l'Amérique que « l'ère de leur
existence comme race distincte et isolée doit probablement remonter aussi
loin que l'époque qui sépara les habitants du vieux monde en nations et qui
donna à chaque branche de la famille humaine sa langue et son individualité
primitives » (Moses Thatcher, Contributor, vol. 2, p. 227, Salt Lake City, 1881).
Un auteur indigène du Mexique, Ixtilxochitl, « fixe la date du premier
peuplement de l'Amérique vers l'an 2000 av. J.-C. ; ce qui s'accorde
étroitement avec celle que nous donne le Livre de Mormon qui déclare
positivement que, cet événement eut lieu à l'époque de la dispersion,
lorsque Dieu, dans sa colère, dispersa le peuple sur la surface de toute la
terre ». « Si l'on s'en réfère aux textes d'Ixtilxochitl, il est dit que
dix-sept cent seize ans s'écoulèrent depuis la création jusqu'au déluge.
Moïse dit que cette période est de seize cent cinquante-six ans », ce qui
fait une différence de soixante ans seulement (Appendice 15:3). Ils sont tout à fait
d'accord quant au nombre de coudées, quinze, dont les eaux dépassèrent les
plus hautes montagnes. Une telle coïncidence ne peut mener qu'à une seule
conclusion : les deux récits sont d'origine identique » (Moses Thatcher, Contributor,
vol. 2, p. 228).
John T. Short, citant Clavigero, dit : « Les habitants de Chiapas ont été
les premiers colons du Nouveau-Monde, si nous en croyons leurs traditions.
Ils racontent que Votan, le petit-fils de ce respectable vieillard qui bâtit
la grande arche pour se sauver lui et sa famille du déluge et l'un de ceux
qui entreprirent la construction de cet édifice élevé qui devait atteindre
le ciel, vint peupler ce pays par commandement exprès du Seigneur. Ils
racontent aussi que le premier peuple vint des régions du nord, et
lorsqu'ils furent arrivés à Soconusco, ils se séparèrent, certains allant
habiter le pays de Nicaragua et les autres restant à Chiapas » (John T.
Short, North American of Antiquity, p. 204 ; Harper New-York,
2e édition, 1888. Voir aussi Contributor, vol. 2, p. 259).
2. Concernant l'occupation successive de l'Amérique par différents peuples
dans les anciens temps. - Il a été déclaré par des spécialistes éminents de
l'archéologie américaine que deux groupes distincts - certains disent deux
races séparées - ont habité ce continent autrefois. Le professeur F. W. Putnam
(voir Putnam, « Prehistoric Remains in the Ohio Valley », Century Magazine,
mars 1890) est encore plus précis dans son affirmation que l'une de ces
races anciennes se répandit depuis le nord et l'autre depuis le sud. Henry
C. Walsh, dans un article intitulé « Copan, Ville des Morts » (Copan, a
City of the Dead, voir Harper's Weekly, NewYork, septembre 1897, p. 879
; article de Henry C. Walsh) donne de nombreux détails intéressants sur les
fouilles et autres travaux exécutés par Gordon sous les auspices de
l'expédition Peabody, et ajoute : « Tout cela indique des périodes
successives d'occupation, au sujet desquelles il y a d'autres preuves ».
3. Concernant la venue de l’Est, probablement d'Asie, d'au moins un groupe
des anciens Américains et leur origine israélite. - On trouve la preuve
confirmant la croyance que les aborigènes américains proviennent de peuples
de l'hémisphère oriental dans la similitude qui existe entre les récits et
les traditions des deux continents concernant la création, le déluge et les
autres grands événements de l'histoire. Le Chevalier Boturini consacra plusieurs années à faire des
recherches dans les ruines antiques du Mexique et de l'Amérique Centrale, et
rassembla beaucoup d'écrits de grande valeur dont il fut dépouillé par les
Espagnols ; il publia un ouvrage sur le sujet de ses études en 1746. Sa
mention d'une grande éclipse à l'époque de la crucifixion a trait « aux
ténèbres qui couvrirent toute la terre » (Matthieu 27:45), qui n'auraient pas
pu être dues à une éclipse solaire puisque ce phénomène n'est possible qu'à
la nouvelle lune, et que la Pâque juive, à l'époque où eut lieu la
crucifixion, fut célébrée à la pleine lune. Boturini, qui est cité par ceux
qui ont écrit sur l'archéologie américaine, dit : « Il n'est aucune nation de
Gentils qui mentionne les événements de l'histoire primitive avec autant
d'assurance que les Indiens. Ils nous font le récit de la création du monde,
du déluge, de la confusion des langues à la tour de Babel, de toutes
les autres périodes historiques du monde et des longues pérégrinations de
leur peuple en Asie, en indiquant les années particulières par leurs traits
caractéristiques ; et ils nous racontent la grande éclipse qui eut lieu,
lors de la mort du Christ, notre Seigneur, l'année des sept Conejos (lapins) ».
On trouve des preuves semblables de l'existence d'une source commune aux
traditions orientales et occidentales, au sujet des grands événements des
temps primitifs, mentionnées dans les écrits de Short, déjà cité, et de
Baldwin (Ancient America, Harper Bros. New-York, 1871), Clavigero
(cité par le professeur Short dans North Americans of
Antiquity), Kingsborough (Lord Kingsborough, Mexican Antiquities
(1830-1837), vol. 6), Sahagun (Bernardo de Sahagun, Historia Universal de Nueva Espana), Prescott
(W. H. Prescott, Conquest of Mexico),
Schoolcraft (Ethnological Researches, 1851, voir vol. 1), Squiers (Antiquities of the State of NewYork,
1851) et d'autres (voir Native Races, etc..., vol. 3 et 5, par
Bancroft ; Atlantis, de
Donnelly, p. 391, 1862).
John T. Short ajoute son témoignage pour prouver que les aborigènes
américains proviennent de « l'Ancien Monde», mais il admet son incapacité de
déterminer quand et d'où ils sont venus sur le continent américain (John T.
Short, North Americans of Antiquity, 1879, p. 517). Waterman, que nous avons déjà mentionné, dit :
« Ce peuple n'aurait pas pu
être créé en Afrique, car les habitants de ce continent ne ressemblent pas
du tout à ceux de l'Amérique ; ni en Europe, où on ne trouve aucune race
correspondant aux races américaines. C'est en Asie seule que nous pouvons
trouver l'origine des Américains » (extrait d'une conférence faite par le
professeur Waterman à Bristol,
Angleterre, en 1849 ; citée dans une brochure par Edwin F. Parry, A Prophet
of Latter Days, Liverpool, 1898).
Lord Kingsborough, dans son oeuvre monumentale et classique, mentionne un
manuscrit de Las Casas, l'évêque espagnol de Chiapas, manuscrit qui est
conservé au couvent de Saint-Dominique, au Mexique. L'évêque y déclare qu'il
avait constaté l'existence d'une connaissance de la trinité parmi les
indigènes du Yucatan. L'un des émissaires de l'évêque écrivit : « Il avait
rencontré un notable qui, lorsqu'il fut questionné au sujet de la foi et de
la religion ancienne qui prédominaient en ce pays, lui apprit qu'ils
connaissaient et adoraient Dieu qui résidait dans les cieux ; et que ce Dieu
était le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; et que le Père s'appelait Ycona
et avait créé les hommes et toutes choses ; et que le Fils s'appelait Bacah
et était né d'une vierge appelée Chibirias, qui était au ciel avec Dieu ; et
que le nom de la mère de Chibirias était Ischel ; et que le Saint-Esprit
s'appelait Echuah. Bacah, le Fils, disaient-ils, fut mis à mort par Eopuco,
qui le flagella, mit sur sa tête une couronne d'épines, et le plaça, les
bras étendus, sur une poutre de bois, à laquelle, croyaient-ils, il ne fut
pas cloué, mais lié ; qu'il y mourut et resta mort pendant trois jours ; et
que, le troisième jour, il revint à la vie et monta aux cieux, où il est
avec son Père ; et que, immédiatement après, Echuah, qui est le Saint-Esprit,
vint, et remplit la terre de tout ce dont elle avait besoin » (Kingsborough,
Antiquities of Mexico, vol. 6, pp. 160-161).
Rosalès affirme qu'il existe une tradition parmi les Chiliens qui raconte
que leurs ancêtres furent visités par un personnage merveilleux, plein de
grâce et de puissance, qui accomplit beaucoup de miracles parmi eux et les
enseigna sur le Créateur qui demeurait dans les cieux au milieu des
multitudes glorifiées (RosaIès, History of Chile ; voir Mediation and Atonement, par
le président Taylor, pp. 200-202). Prescott mentionne le symbole de la croix, que
les soldats de Cortez découvrirent être commun parmi les indigènes du
Mexique et de l'Amérique Centrale. En plus de ce signe d'une croyance au
Christ, les envahisseurs furent les témoins étonnés d'une cérémonie qui
suggérait une analogie avec les sacrements de la communion. Ils virent des
prêtres aztèques préparer un gâteau de farine mélangée de sang, qu'ils
consacrèrent et qu'ils répartirent entre leurs ouailles ; et les indigènes,
en le mangeant, « montrèrent des signes d'humiliation et de tristesse,
déclarant que c'était la chair de la Divinité » (Prescott, Conquest of Mexico, vol. 2 ; appendice, 1ère partie, p. 389).
Les Mexicains reconnaissent un Dieu en Quetzalcoatl, dont la vie et la mort,
selon la tradition, sont si semblables à notre histoire du Christ que, dit
le président John Taylor, « nous ne pouvons arriver à aucune autre
conclusion que celle-ci : Quetzalcoatl et le Christ sont le même être » (Mediation
and Atonement, p. 201). Lord Kingsborough parle d'une peinture de Quetzalcoatl,
« dans
l'attitude d'une personne crucifiée avec les marques des clous dans ses
mains et ses pieds, mais pas réellement sur la croix ». La même autorité dit
en outre : « Le cliché soixante-treize du manuscrit Borgia est le plus
remarquable de tous, car Quetzalcoatl n'y est pas seulement représenté
crucifié sur une croix de forme grecque, mais son ensevelissement et sa
descente aux enfers sont aussi dépeints d'une très curieuse manière ». Et,
plus loin : « Les Mexicains croient que Quetzalcoatl revêtit la nature
humaine, partageant toutes les infirmités de l'homme, et ne fut pas exempt
des peines, des douleurs ni de la mort, qu'il subit volontairement pour
expier les péchés des hommes » (Lord Kingsborough, Antiquities of Mexico ; voir citations par le
président
Taylor, Mediation et Atonement, p. 202).
La source de cette connaissance du Christ et de la divinité apparaît
clairement à la personne qui étudie le Livre de Mormon. Grâce à ces
Écritures, nous apprenons que les ancêtres des races américaines aborigènes
vécurent pendant des siècles avant la naissance de Jésus-Christ, à la
lumière de la révélation directe, qui, leur parvenant par leurs prophètes
autorisés, montrait les buts de Dieu concernant la rédemption de l'humanité.
Et, de plus, que le Rédempteur ressuscité les visita en personne, et établit
son Église parmi eux, avec toutes les ordonnances essentielles. Ce peuple
est tombé dans la dégénérescence spirituelle ; beaucoup de ses traditions
sont tristement déformées et défigurées par le mélange de superstitions et
d'inventions humaines qui s'y est ajouté ; cependant la source de ses
connaissances est clairement authentique.
4. Concernant l'origine commune des races indigènes américaines. - Le fait
que les nombreuses tribus et nations indiennes proviennent d'ascendants
communs est généralement admis ; cette conclusion est basée sur le rapport
étroit évident qui existe entre leurs langues, leurs traditions et leurs
coutumes. M. Lewis H. Morgan trouve la preuve que les aborigènes américains
avaient une origine commune dans ce qu'il appelle leur système de
consanguinité et d'affinité. Il dit : « Les nations indiennes, de
l'Atlantique aux Montagnes Rocheuses, et de l'océan Arctique au golfe du
Mexique, à l'exception des Esquimaux, ont le même système. Il est minutieux
et compliqué dans sa forme générale et dans ses détails ; et, bien que des
déviations de l'uniformité se présentent dans les systèmes de diverses
tribus, les traits fondamentaux en restent généralement constants. Cette
identité des caractéristiques essentielles d'un système si remarquable tend
à montrer qu'il a dû être transmis par le sang à chaque famille, à partir
d'une source originelle commune. Elle est la preuve la plus forte que nous
ayons obtenue jusqu'ici de l'unité d'origine des nations indiennes des
régions précitées » (Baldwin, Ancient America, p. 66).
Bradford résume ainsi ses conclusions au sujet de l'origine et des
caractéristiques des anciens Américains : « Ils sont tous de la même
origine, branches d'une même race, et possèdent des coutumes et des
institutions semblables » (Bradford, American Antiquities , 1841,
Conclusions, p. 431).
La langue écrite des anciens Américains. - À ces preuves séculières ou extra-scripturales de l'authenticité du Livre de Mormon on peut ajouter
l'accord qui existe entre les annales et les découvertes relatives au
langage écrit de ces peuples anciens. Le prophète Néphi déclare qu'il grava
ses annales sur les plaques « dans la langue des Égyptiens » (1 Néphi 1:2), et nous
apprenons plus loin que les plaques d'airain de Laban étaient gravées dans
la même langue (voir Mosiah 1:4). Mormon, qui abrégea les écrits volumineux de ses
prédécesseurs et, prépara les plaques desquelles fut faite la traduction
moderne, employa également des caractères égyptiens. Son fils Moroni, qui
compléta les annales, déclare ce fait ; mais, admettant une différence entre
l'écriture de son époque et celle des premières plaques, il attribua le
changement aux mutations naturelles du temps et dit que ses propres annales
et celles de son père, Mormon, furent écrites en « égyptien réformé »
(Mormon 9:32).
Mais l'égyptien n'est pas la seule langue orientale que l'on trouve
représentée dans les reliques de l'antiquité américaine ; l'hébreu y occupe
une place tout aussi importante. Il est très naturel que les descendants de
Léhi aient employé la langue hébraïque, étant donné qu'ils étaient de la
maison d'Israël, ayant été transplantés directement de Jérusalem sur le
continent américain. D'après les déclarations de Moroni concernant la langue
employée sur les plaques du Livre de Mormon, il apparaît clairement que les Néphites continuèrent à lire et à écrire en cette langue jusqu'à l'époque de
leur extinction. « Et maintenant voici, nous avons écrit ces annales selon
notre connaissance, dans les caractères qui sont appelés parmi nous l'égyptien réformé, qui nous ont été transmis et ont été altérés par nous,
selon notre manière de nous exprimer. Et si nos plaques avaient été
suffisamment grandes, nous aurions écrit en hébreu, mais l'hébreu a été
altéré par nous aussi » (Mormon 9:32, 33. Voir en particulier les articles
intitulés « Egyptology and the Book of Mormon », par Robert V. Webb, dans l'Improvement
Era, vol. 26, Salt Lake City, février, mars, avril 1923 ; aussi l'article « The Book of Mormon Plates », par J. H. Sjodahl dans le numéro d'avril, même
volume).
Les exemples suivants sont tirés d'une série
instructive de témoignages compilés par George Reynolds (« The language of the Book of Mormon », dans The Contributor,
Salt Lake City, vol. 17, p. 236). Plusieurs auteurs espagnols des
premiers temps de la colonisation de l'Amérique affirment qu'on trouva des
indigènes, dans certaines régions du pays, qui parlaient un hébreu corrompu.
« Las Casas l'affirme pour les habitants de l'île de Haïti. Lafitu écrivit
une histoire dans laquelle il affirme que le langage des Caraïbes est
radicalement hébreu. Isaac Nasci, Juif érudit du Surinam, dit, concernant le
langage des habitants de la Guyane, que tous leurs substantifs sont hébreux. »
Des historiens espagnols rapportent les premières découvertes de caractères
hébreux sur le continent américain. « Malvenda dit que les
indigènes de Saint-Michel avaient des pierres tombales, que les Espagnols
mirent à jour, portant plusieurs inscriptions hébraïques anciennes. »
Dans tous ces écrits, les caractères et la langue appartiennent à la forme
la plus ancienne de l'hébreu et ne montrent aucune des voyelles ni des
désinences qui furent introduites dans l'hébreu du continent oriental après
le retour des Juifs de la captivité de Babylone. Cela correspond au fait que
Léhi et son peuple quittèrent Jérusalem peu de temps avant la captivité et,
par conséquent, avant l'introduction des changements dans la langue écrite
(voir une série instructive d'articles dans l'Improvement Era, Salt Lake
City, vol. 17, par Thomas W. Brookbank, intitulée « Hebrew Idioms and
Analogies in the Book of Mormon »).
Une autre épreuve. - Que le lecteur du Livre de Mormon ne se contente pas
des preuves que nous venons de citer concernant l'authenticité de ces
Écritures fameuses. Un moyen plus sûr et plus efficace de savoir avec
certitude si le volume est vrai ou faux a été promis. De même que les autres
Écritures, le Livre de Mormon doit être compris grâce à l'esprit des
Écritures et on ne peut obtenir cet esprit que si Dieu nous le donne. Mais
ce don est promis à tous ceux qui le cherchent. C'est pourquoi nous
recommandons à tous ce conseil du dernier auteur de cet ouvrage, Moroni,
l'écrivain solitaire qui scella le livre et fut ensuite l'ange qui révéla
les annales : « Et quand vous recevrez ces choses, je vous exhorte à
demander à Dieu, le Père éternel, au nom du Christ, si ces choses ne sont
pas vraies ; et si vous le demandez avec un cœur sincère et avec une
intention réelle, ayant foi au Christ, il vous en manifestera la vérité par
le pouvoir du Saint-Esprit. Et par le pouvoir du Saint-Esprit vous pouvez
connaître la vérité de toutes choses » (Moroni 10:4,5).
Source : James E. Talmage, Articles of Faith, Salt
Lake City, 1890, 1931
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