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L’avènement
du
Livre de
Mormon
LeGrand Richards (1886-1983)
Évêque président de 1938 à
1952
Membre du collège des Douze
de 1952 à 1983
Il nous paraît
judicieux de laisser Joseph Smith raconter lui-même ce qui se passa à partir
du moment où le Père et le Fils, Jésus-Christ, lui apparurent au printemps
de 1820, jusqu'à celui où le premier messager céleste lui fut envoyé avec de
nouvelles instructions :
« Je
savais donc à quoi m'en tenir en ce qui concernait le monde des
confessions : il n'était pas de mon devoir de me joindre à l'une d'elles,
mais de rester comme j'étais, jusqu'à ce que je reçusse d'autres directives.
J'avais découvert que le témoignage de Jacques était vrai : que quelqu'un
qui manquait de sagesse pouvait la demander à Dieu et l'obtenir sans qu'il
lui fût fait de reproche.
« Je
continuai à vaquer à mes occupations ordinaires dans la vie jusqu'au vingt
et un septembre 1823, subissant constamment de dures persécutions de la part
de toutes sortes de gens, religieux et irréligieux, parce que je continuais
à affirmer que j'avais eu une vision.
« Pendant la période qui s'écoula entre le moment où j'eus la vision et
l'année mil huit cent vingt-trois — alors qu'il m'avait été défendu de me
joindre à aucune des confessions religieuses de l'époque et que j'étais très
jeune et persécuté par ceux qui auraient dû être mes amis et me traiter avec
bonté et qui, s'ils pensaient que je m'abusais, auraient dû essayer de me
ramener d'une manière convenable et affectueuse — je fus abandonné à toutes
sortes de tentations ; et, fréquentant toutes sortes de milieux, je tombai
fréquemment dans beaucoup d'erreurs insensées et manifestai les faiblesses
de la jeunesse et les imperfections de la nature humaine ; ce qui, j'ai le
regret de le dire, m'entraîna dans diverses tentations offensantes aux yeux
de Dieu. Bien que je fasse cette confession, il ne faut pas penser que je me
rendis coupable d'avoir péché gravement ou par méchanceté. Il n'a jamais été
de ma nature d'être enclin à commettre de tels péchés. Mais je fus coupable
de légèreté et tins parfois joyeuse compagnie, etc., ce qui ne convenait pas
à la réputation que devait entretenir quelqu'un qui avait été appelé de Dieu
comme je l'avais été. Mais cela ne paraîtra pas étrange à quiconque se
rappelle ma jeunesse et connaît mon tempérament naturellement jovial.
« À la
suite de ces choses, je me sentis souvent condamné à cause de ma faiblesse
et de mes imperfections, mais le soir du vingt et un septembre précité,
après m'être mis au lit pour la nuit, je commençai à prier et à supplier le
Dieu Tout-Puissant de me pardonner tous mes péchés et toutes mes sottises et
aussi de m'accorder une manifestation pour que je connusse mon état et ma
situation vis-à-vis de lui ; car j'avais la pleine assurance d'obtenir une
manifestation divine comme j'en avais eu une précédemment.
« Tandis que j'étais ainsi occupé à invoquer Dieu, je m'aperçus qu'une
lumière apparaissait dans ma chambre ; elle s'accrut jusqu'à ce que la
chambre fût plus claire qu'à l'heure de midi, et, tout à coup, un personnage
parut à mon chevet ; il se tenait dans les airs, car ses pieds ne touchaient
pas le sol.
« Il
était vêtu d'une tunique ample de la plus exquise blancheur, d'une blancheur
qui surpassait tout ce que j'avais jamais vu de terrestre, et je ne crois
pas que quelque chose de terrestre puisse être rendu aussi
extraordinairement blanc et brillant. Il avait les mains nues, les bras
aussi, un peu au-dessus des poignets ; il avait également les pieds nus et
les jambes aussi, un peu au-dessus des chevilles. La tête et le cou étaient
nus également. Je pus découvrir qu'il n'avait d'autre vêtement que cette
tunique, celle-ci étant ouverte, de sorte que je pouvais voir sa poitrine.
« Non
seulement sa tunique était extrêmement blanche, mais toute sa personne était
glorieuse au-delà de toute description, et son visage était véritablement
comme l'éclair. La chambre était extraordinairement claire, mais pas aussi
brillante que dans le voisinage immédiat de sa personne. D'abord je fus
effrayé de le voir, mais la crainte me quitta bientôt.
« Il
m'appela par mon nom et me dit qu'il était un messager envoyé de la présence
de Dieu vers moi et que son nom était Moroni ; que Dieu avait une œuvre à me
faire accomplir, et que mon nom serait connu en bien et en mal parmi toutes
les nations, familles et langues, ou qu'on en dirait du bien et du mal parmi
tous les peuples.
« Il
dit qu'il existait, déposé en lieu sûr, un livre écrit sur des plaques d'or,
donnant l'histoire des anciens habitants de ce continent et la source dont
ils étaient issus. Il dit aussi qu'il contenait la plénitude de l'Évangile
éternel, telle qu'elle avait été donnée par le Sauveur à ces anciens
habitants.
« En
outre, que deux pierres contenues dans des arcs d'argent — et ces pierres,
fixées à un pectoral, constituaient ce qu'on appelle l'urim et le thummim —
étaient déposées avec les plaques ; que la possession et l'utilisation de
ces pierres étaient ce qui faisait les « voyants » dans les temps anciens ou
passés ; et que Dieu les avait préparées en vue de la traduction du livre.
« Après m'avoir dit ces choses, il commença à citer les prophéties de
l'Ancien Testament. Il cita tout d'abord une partie du troisième chapitre de
Malachie et il cita aussi le quatrième ou dernier chapitre de cette même
prophétie, avec, toutefois, une légère variante de ce qui se trouve dans nos
Bibles. Au lieu de citer le premier verset tel qu'il apparaît dans nos
livres, il le cita de cette façon :
Car
voici, le jour vient, ardent comme une fournaise. Tous les hautains et tous
les méchants seront comme du chaume ; car ceux qui viennent les brûleront,
dit l'Éternel des armées, et ils ne leur laisseront ni racine, ni rameau.
« Il
cita, en outre, le cinquième verset comme suit :
Voici, je vous révélerai la Prêtrise par la main d'Élie, le prophète, avant
que le jour de l'Éternel arrive, ce jour grand et redoutable.
« Il
cita aussi le verset suivant d'une manière différente :
Et
il implantera dans le cœur des enfants les promesses faites aux pères, et le
cœur des enfants se tournera vers leurs pères ; s'il n'en était pas ainsi,
la terre serait entièrement dévastée à sa venue.
« En
plus de ceux-ci, il cita le onzième chapitre d'Ésaïe, disant qu'il était sur
le point de s'accomplir. Il cita aussi le troisième chapitre des Actes, les
vingt-deuxième et vingt-troisième versets, tels qu'ils se trouvent dans
notre Nouveau Testament. Il dit que ce prophète était le Christ, mais que le
jour n'était pas encore venu où « ceux qui ne voudraient pas entendre sa
voix seraient retranchés de parmi le peuple », mais qu'il viendrait bientôt.
« Il
cita aussi le troisième chapitre de Joël, du premier verset au cinquième. Il
dit aussi que cela n'était pas encore accompli, mais le serait bientôt. Il
déclara, en outre, que la totalité des païens allait bientôt entrer. Il cita
beaucoup d'autres passages d'Écriture et donna beaucoup d'explications qui
ne peuvent être mentionnées ici.
« Il
me dit encore que lorsque j'aurais reçu les plaques dont il avait parlé —
car le temps où je les obtiendrais n'était pas encore accompli — je ne
devrais les montrer à personne, pas plus que le pectoral avec l'urim et le
thummim, sauf à ceux à qui il me serait commandé de les montrer ; si je
désobéissais, je serais détruit. Tandis qu'il conversait avec moi au sujet
des plaques, une vision s'ouvrit à mon esprit, de sorte que je pus voir le
lieu où les plaques étaient déposées, et cela si clairement et si
distinctement, que je le reconnus quand je m'y rendis.
« Après cette communication, je vis la lumière qui remplissait la chambre
commencer à se rassembler immédiatement autour de la personne de celui qui
m'avait parlé et elle continua à se rapprocher de lui jusqu'à ce que la
chambre fût de nouveau laissée dans l'obscurité, sauf juste autour de lui,
et tout à coup je vis comme un passage ouvert directement vers le ciel ; il
y monta jusqu'à disparaître entièrement, et la chambre fut de nouveau comme
elle était avant que cette lumière céleste eût fait son apparition.
« Je
méditais dans mon lit sur la singularité de cette scène, très étonné de ce
que m'avait dit cet extraordinaire messager, quand, au milieu de ma
méditation, je m'aperçus soudain que ma chambre recommençait à s'éclairer
et, en un instant, pour ainsi dire, le même messager céleste fut de nouveau
à mon chevet.
« Il
se mit à me raconter exactement les mêmes choses que lors de sa première
visite, sans la moindre variation ; cela fait, il m'annonça que de grands
jugements venaient sur la terre, avec de grandes désolations par la famine,
l'épée et la peste ; et que ces jugements pénibles s'abattraient sur la
terre dans cette génération. Après avoir dit ces choses, il remonta comme
auparavant.
« J'avais maintenant l'esprit si profondément impressionné que le sommeil
avait fui mes yeux et que je restai couché, accablé d'étonnement de ce que
j'avais vu et entendu tout à la fois. Mais quelle ne fut pas ma surprise
quand je vis de nouveau le même messager à mon chevet et l'entendis de
nouveau me répéter et me redire les mêmes choses qu'avant ; et il ajouta un
avertissement à mon intention, disant que Satan essayerait de me tenter (à
cause de l'indigence de la famille de mon père) d'aller chercher les plaques
dans le but de m'enrichir. Il me le défendit, me disant que je ne devais
avoir d'autre objet en vue, en recevant ces plaques, que de glorifier Dieu,
et ne devais me laisser influencer par aucun autre motif que celui d'édifier
son royaume, sinon je ne pourrais les recevoir.
« Après cette troisième visite, il remonta au ciel comme avant, me laissant
de nouveau réfléchir sur l'étrangeté de ce qui venait de m'arriver ; à ce
moment, presque aussitôt après que le messager céleste fut remonté pour la
troisième fois, le coq chanta, et je vis que le jour était proche, de sorte
que nos entretiens avaient dû remplir toute cette nuit-là.
« Peu
après, je me levai de mon lit et me rendis comme d'habitude aux travaux
nécessaires du jour ; mais en tentant de travailler comme les autres fois,
je m'aperçus que mes forces étaient si épuisées que j'étais incapable de
rien faire. Mon père, qui travaillait avec moi, vit que je n'étais pas bien
et me dit de rentrer. Je me mis en route dans l'intention de me diriger vers
la maison, mais comme j'essayais de passer la clôture du champ où nous
étions, les forces me manquèrent tout à fait ; je tombai impuissant sur le
sol et perdis un moment complètement conscience.
« La
première chose dont je me souviens, c'est d'une voix qui me parlait et
m'appelait par mon nom. Je levai les yeux et vis le même messager, debout
au-dessus de ma tête, entouré de lumière comme précédemment. Il me répéta
alors tout ce qu'il m'avait dit la nuit d'avant et me commanda d'aller
trouver mon père et de lui parler de la vision que j'avais eue et des
commandements que j'avais reçus.
« J'obéis ; je retournai vers mon père dans le champ et lui répétai tout. Il
me répondit que cela venait de Dieu et me dit d'aller faire ce que le
messager me commandait. Je quittai le champ pour me rendre au lieu où le
messager m'avait dit que les plaques étaient déposées ; et grâce à la
netteté de la vision que j'avais eue à son sujet, je reconnus le lieu dès
que j'y arrivai.
« Tout
près du village de Manchester, dans le comté d'Ontario (New York), se trouve
une colline de dimensions considérables, la plus élevée de toutes celles du
voisinage. Sur le côté ouest de cette colline, non loin du sommet, sous une
pierre de grande dimension, se trouvaient les plaques, déposées dans une
boîte de pierre. Cette pierre était épaisse et arrondie au milieu de la face
supérieure et plus mince vers les bords, de sorte que la partie du milieu en
était visible au-dessus du sol, tandis que les bords tout autour étaient
recouverts de terre.
« Ayant enlevé la terre, je me procurai un levier que je glissai sous le
bord de la pierre et, d'un petit effort, je la soulevai. Je regardai à
l'intérieur et j'y vis, en effet, les plaques, l'urim et le thummim, et le
pectoral, comme le messager l'avait déclaré. On avait formé la boîte qui les
renfermait en assemblant des pierres dans une sorte de ciment. Au fond de la
boîte, deux pierres étaient posées perpendiculairement aux côtés de la
boîte, et sur ces pierres étaient les plaques et les autres objets.
« Je
fis une tentative pour les sortir, mais le messager me le défendit et
m'informa de nouveau que le moment de les faire paraître n'était pas encore
arrivé ni ne le serait avant quatre années à partir de ce jour-là ; mais il
me dit de revenir à cet endroit dans un an exactement, en comptant à partir
de ce jour, qu'il m'y rencontrerait, et de continuer ainsi jusqu'à ce que
fût venu le moment d'obtenir les plaques.
« En
conséquence, comme cela m'avait été commandé, j'y allai à la fin de chaque
année, j'y trouvai chaque fois le même messager et je reçus, à chacun de nos
entretiens, des instructions et des informations sur ce que le Seigneur
allait faire et sur la manière dont son royaume devait être dirigé dans les
derniers jours » (Joseph Smith, Histoire, 26-54).
Le professeur Anthon accomplit la prophétie d'Ésaïe
Une
histoire telle que celle de Moroni, prophète de Dieu qui vécut sur terre
vers 400 après J.-C. et qui revint sur terre porteur d'un message de Dieu,
constituerait le plus grand message qu'il soit possible de diffuser au
monde.
On a dit
que si les plaques dont fut traduit le Livre de Mormon avaient été trouvées
par un laboureur dans son champ et données à une université pour être
traduites, on aurait considéré cela comme le plus grand événement du
dix-neuvième siècle. Mais comme on peut s'y attendre, les hommes répugnent à
accepter ce qui tient du miracle ou que l'on annonce être de source divine.
C'est ce
qui ressort du fait rapporté par le prophète Joseph Smith, à savoir la
visite de Martin Harris au professeur Charles Anthon de New York, visite au
cours de laquelle Martin Harris lui présenta un fac-similé des caractères
qui se trouvaient sur les plaques d'or.
Lorsque le
professeur Anthon dit : « Je ne puis lire un livre scellé », il ne se
rendait pas compte qu'il accomplissait littéralement la prophétie d'Esaïe :
Toute la
révélation est pour vous comme les mots d'un livre cacheté que l'on donne à
un homme qui sait lire, en disant : Lis donc cela ! et qui répond : Je ne le
puis car il est cacheté (Ésaïe 29:11).
Prédiction de Moroni concernant Joseph Smith
Une
des déclarations les plus importantes de l'ange Moroni à Joseph Smith fut
celle-ci :
« Il
m'appela par mon nom et me dit qu'il était un messager envoyé d'auprès de
Dieu vers moi et que son nom était Moroni ; que Dieu avait une oeuvre à me
faire accomplir et que mon nom serait connu en bien ou en mal parmi toutes
les nations, familles et langues, ou qu'on en dirait du bien et du mal parmi
tous les peuples » (Joseph Smith, Histoire, 33).
Cette
déclaration remarquable fut faite par l'ange Moroni le 21 septembre 1823,
alors que Joseph Smith n'avait pas encore dix-huit ans, et six ans et demi
avant que l'Église ne fût organisée. Qui, sinon un messager venant de la
présence du Seigneur, oserait de nos jours dire une chose pareille à propos
d'un jeune homme âgé de dix-huit ans ? On pourrait se permettre d'affirmer,
avec une chance raisonnable de tomber juste, qu'un jeune homme qui a fait de
brillantes études, est destiné à devenir un personnage éminent parmi ses
semblables, mais dire de ce jeune homme qui avait à peine mis les pieds à
l'école, que « son nom serait connu en bien ou en mal parmi toutes les
nations, races et langues et qu'on en dirait du bien et du mal parmi tous
les peuples », cela ne pouvait être le fait que de quelqu'un qui comprenait
les intentions du Tout-Puissant à l'égard de la mission divine de Joseph
Smith. Les missionnaires de l'Église comprennent jusqu'à quel point la
prédiction de Moroni s'est accomplie. Ils ont visité toutes les nations pour
leur apporter le message de l'Évangile rétabli et, comme le prophète Joseph
Smith, ils ont été persécutés, dénigrés, emprisonnés et certains ont été mis
à mort pour avoir rendu témoignage que Joseph Smith était un prophète envoyé
de Dieu. Tandis que des foules vilipendaient le prophète et le traitaient
d'imposteur et de faux prophète, les humbles et les doux de la terre qui ont
entendu et accepté l'appel des missionnaires se sont rassemblés et ont adoré
le Seigneur, ainsi qu'il l'avait révélé au prophète Joseph Smith.
L'histoire
a enregistré l'accomplissement total de cette prédiction de Moroni
concernant la vie de Joseph Smith, car celui-ci fut à maintes reprises
emprisonné et traîné devant les tribunaux sur la base d'accusations forgées
de toutes pièces, principalement à l'instigation d'ecclésiastiques. Mais
dans aucun de ces cas il ne fut trouvé coupable de ce qu'on lui reprochait,
au point qu'on attribue à ses ennemis cette déclaration : « Si la loi ne
l'atteint pas, la poudre et les balles le feront » (D.H.C., vol. 6, p. 594).
En conséquence, Joseph Smith et son frère Hyrum furent abattus le 17 juin
1844 par une vile populace à la prison de Carthage en Illinois.
D'aucuns
pensaient que cela mettrait fin à l’œuvre du prophète Joseph Smith, établie
selon la révélation divine, mais les oeuvres d'un prophète ne se laissent
pas arrêter si aisément :
« Tous les
prophètes qui ont parlé sur terre ont été insultés et on continuera
d'insulter ceux qui viendront encore. Nous pouvons reconnaître les prophètes
à ce que, souillés de boue et couverts de honte, ils passent parmi les
hommes, le visage brillant, en exprimant les pensées de leur cœur. Aucune
boue ne peut fermer la bouche de celui qui doit parler. Même si le prophète
obstiné est mis à mort, on ne peut le réduire au silence. Sa voix,
répercutée par les échos de sa mort, sera entendue dans toutes les langues
et à travers les siècles » (Giovani Papini, Life of Christ, Harcourt
Brace and Cy, Inc., New York, p. 93).
La voix du
prophète Joseph Smith a continué à se faire entendre au point que ses
disciples d'aujourd'hui sont au nombre de plusieurs millions, non compris
ceux qui sont morts ni ceux qui ont cru en son message, mais n'ont pas eu le
courage de l'accepter à cause de l'attitude hostile de leurs parents et de
leurs amis, et du public en général envers l’Église qu'il a établie selon
les révélations du Seigneur.
Les prophètes du Livre de Mormon ont reçu le
commandement de tenir des annales
Les
aspects les plus importants de la visite de Moroni et de son message à
Joseph Smith avaient pour but :
1) de lui faire
connaître l'existence des plaques d'or renfermant l'histoire des anciens
habitants de l'Amérique ;
2) de révéler les paroles et les enseignements des prophètes qui vivaient
parmi eux ;
3) de proclamer la destinée future des survivants de ce peuple (les indiens
américains ou Lamanites) ;
4) de déclarer que l'Amérique est « une terre préférable à toutes les autres
terres » (1 Néphi 2:20) et que c'est sur elle que sera établie la Nouvelle
Jérusalem, comme l'ont promis les prophètes.
Nous
apprenons que les prophètes qui vivaient parmi les habitants de l'Amérique
reçurent du Seigneur le commandement de tenir des annales que le prophète
Mormon, père de Moroni, fit de toutes ces annales un abrégé à partir duquel
fut traduit le Livre de Mormon. Le livre porte le nom du grand prophète,
Mormon.
Voici
l'introduction que Moroni rédigea pour cet abrégé et qui se trouve à la
première page du Livre de Mormon :
Ce livre est donc un abrégé des annales du peuple de Néphi et
aussi des Lamanites- Écrit à l'intention des Lamanites, qui sont un reste de
la maison d'Israël, et aussi à l'intention des Juifs et des Gentils - Écrit
par commandement et aussi par J'esprit de prophétie et de révélation -
Écrit, scellé et caché dans le Seigneur afin qu'il ne soit pas détruit -Pour
reparaître par le don et le pouvoir de Dieu, pour être interprété - Scellé
de la main de Moroni et caché dans le Seigneur pour reparaître en temps
voulu, par le ministère des Gentils -L'interprétation de ce livre par le don
de Dieu.
Il
comprend aussi un abrégé du livre d'Éther, qui contient les annales du
peuple de Jared, lequel fut dispersé à l'époque où le Seigneur confondit la
langue des hommes, alors que ceux-ci bâtissaient une tour pour atteindre le
ciel. Le but de ce livre est de montrer au reste de la maison d’Israël les
grandes choses que le Seigneur a faites en faveur de ses pères, et de lui
faire connaître les alliances du Seigneur et de lui faire savoir qu'il n'est
pas rejeté à tout jamais ; et aussi convaincre le Juif et le Gentil que
Jésus est le Christ, le Dieu Éternel, qui se manifeste à toutes les nations
- Et maintenant, s'il contient des fautes, ce sont celles des hommes ; c'est
pourquoi ne condamnez pas les choses de Dieu, afin que vous soyez trouvés
sans tache devant le siège du jugement de Christ.
Nous
retiendrons de ceci qu'un des buts principaux dans lesquels ces annales ont
été conservées est de « convaincre le Juif et le Gentil que Jésus est le
Christ, le Dieu Éternel, qui se manifeste à toutes les nations ».
Le Livre de Mormon, nouveau témoin du Christ
Il est
de notoriété publique que de moins en moins d'ecclésiastiques et de laïcs
croient que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde. Déjà
en 1934, l'École de Pédagogie de l'Université du Nord-Ouest à Chicago fit
parvenir à cinq cents pasteurs protestants un questionnaire qui révéla
beaucoup de changements dans les croyances religieuses. Sur ce nombre,
vingt-six pour cent étaient opposés à la divinité de Jésus (The Deseret
News, 8 février 1934). Si tel est le résultat chez les pasteurs, que
peut-on attendre des laïcs ? Cette situation semblerait montrer que c'est
grande sagesse de la part de Dieu de fournir un nouveau témoin de la mission
divine de son Fils, de ce qu'il était vraiment « le Christ, le Dieu Éternel,
qui se manifeste à toutes les nations ».
Tel est le
témoignage du Livre de Mormon. Le Seigneur n'a pas voulu que le témoignage
de Joseph Smith concernant les plaques dont le livre a été traduit et la
traduction inspirée qui en fut faite, reste isolé, car, comme l'a déclaré
l'apôtre Paul :
...Toute
affaire se réglera sur la déclaration de deux ou trois témoins (2 Corinthiens 13:1).
Témoignage des trois témoins
Lisons
le témoignage inspiré des trois témoins du Livre de Mormon :
Qu'il soit connu de toutes les nations, familles, langues et
peuples, à qui cette oeuvre parviendra, que nous avons vu, par la grâce de
Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus-Christ, les plaques contenant ces
annales qui sont l'histoire du peuple de Néphi et des Lamanites, leurs
frères, et du peuple de Jared, venu de la Tour dont il a parlé. Nous savons
aussi que ces annales ont été traduites par le don et le pouvoir de Dieu,
car sa voix nous l'a déclaré ; c'est pourquoi nous savons, avec certitude,
que cette oeuvre est vraie. Et nous témoignons aussi avoir vu les caractères
gravés qui sont sur les plaques ; et qu'ils nous ont été montrés par le
pouvoir de Dieu et non par celui de l'homme. Et nous déclarons en toute
sincérité qu'un ange de Dieu vint du ciel, et qu'il apporta et plaça les
plaques devant nos yeux, de sorte que nous pûmes les regarder et les voir,
ainsi que les caractères qui y étaient gravés. Et nous savons que c'est par
la grâce de Dieu, le Père, et de notre Seigneur Jésus-Christ, que nous
vîmes, et que nous rendons témoignage que ces choses sont vraies. Et c'est
un miracle à nos yeux. Néanmoins, la voix du Seigneur nous a ordonné d'en
rendre témoignage ; c'est pourquoi, voulant obéir aux commandements de Dieu,
nous rendons témoignage de ces choses. Et nous savons que si nous sommes
fidèles au Christ, nous laverons nos vêtements du sang de tous les hommes,
et nous serons trouvés sans tache devant le siège du jugement du Christ ; et
nous demeurerons éternellement avec lui dans les cieux. Et gloire en soit au
Père, au Fils et au Saint-Esprit, qui sont un Dieu. Amen.
Oliver Cowdery
David Whitmer
Martin Harris
Chacun de ces trois témoins a quitté cette vie pour
recevoir sa récompense, avec, sur les lèvres, la confirmation de la véracité
de son témoignage. Pourquoi le monde douterait-il ? Le témoignage de trois
hommes comme ceux-là condamnerait n'importe qui dans les tribunaux, et le
témoignage de ces hommes restera pour confondre ceux qui l'ont entendu et
qui ont refusé d'accepter la vérité.
Promesse du Seigneur concernant le Livre de Mormon
Nous
ne devons pas négliger la promesse que renferme le dernier chapitre du Livre
de Mormon :
Et quand
vous recevrez ces choses, je vous exhorte à demander à Dieu, le Père
éternel, au nom du Christ, si ces choses ne sont pas vraies ; et si vous le
demandez avec un cœur sincère et avec une intention réelle, ayant foi au
Christ, il vous en manifestera la vérité par le pouvoir du Saint-Esprit
(Moroni 10:4).
Des
millions de personnes ont mis cette promesse à l'épreuve et ont constaté
qu'elle se réalisait véritablement. Dieu seul pouvait faire une telle
promesse et la tenir.
Source : LeGrand Richards, A Marvelous Work and a Wonder, Salt Lake
City, 1950, chapitre 6
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