Mormonisme et Israël

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Missionnaires mormons à Jérusalem en 1904

(Charles Ellis Johnson, BYU Photo Archives)

 

 

 

Orson Hyde

 

     En 1831, Orson Hyde reçut une bénédiction de Joseph Smith dans laquelle le prophète disait : « En temps voulu, tu iras à Jérusalem, la terre de tes pères, pour être un veilleur pour la maison d'Israël, et par ton intermédiaire le Très-Haut fera une grande oeuvre qui doit préparer la voie et faciliter grandement le rassemblement de ce peuple » (History of the Church, vol. 4, p. 375).

 

      En 1840, Joseph Smith écrivit à propos des Juifs qu'ils « ont été dispersés parmi les Gentils à l'étranger pour une longue période, et à notre avis, le moment du début de leur retour à la Terre sainte est déjà arrivé » (History of the Church, 4:112-113). La même année, Orson Hyde, qui était devenu membre du Collège des Douze, fut appelé pour partir en Israël. Un an et demi plus tard, le 24 octobre 1841, Orson Hyde gravit le mont des Oliviers et rédigea et prononça une prière qui consacrait officiellement la Terre sainte au retour des Juifs. (Voir Orson Hyde en Palestine ; voir aussi Howard H. Hunter, « Tous sont égaux devant Dieu », 4 février 1979)

 

 

Missionnaires au Proche-Orient

 

      En 1884, l'Église ouvrit en Turquie une mission qui s'étendait jusqu'au territoire actuel d'Israël. De cette époque restent les tombes de deux missionnaires enterrés en Israël. L’un d'eux, John Alexander Clark, avait été appelé à servir dans la mission turque en 1894 et mourut à Haïfa en 1895 des suites de la variole. La mission fut fermée en 1896, puis rouverte en 1897 pour fermer à nouveau en 1909 pour cause d'agitation politique dans l'Empire ottoman.

 

      Le mission ouvrit de nouveau après ma Première Guerre mondiale sous le nom de Mission arménienne. En 1928, son siège fut placé à Haïfa, mais elle ferma en décembre de la même année, suite au décès soudain du président de mission, Joseph Booth. La mission rouvrit en 1933 sous le nom de Mission palestinienne-syrienne, mais fut de nouveau fermée en 1939 à cause de la Seconde Guerre mondiale.

 

      En 1947, la mission fut rouverte avec Badwagan Piranian comme président. Elle fut renommée Mission du Proche-Orient en 1950, mais ferma de nouveau la même année. (Voir Ilhan Yildiz, « The missionary works of the Church of Jesus Christ of Latter-day Saints in the Middle-East » ; et LaRene Gaunt, « D'une seule voix », L'Étoile, octobre 1993, p. 16)

 

 

Ezra Taft Benson

     

      De 1953 à 1961, Ezra Taft Benson, alors membre du Collège des Douze, fut secrétaire à l’Agriculture des États-Unis. Ses fonctions ministérielles l'amenèrent à visiter plusieurs fois Israël, où il rencontra des membres du gouvernement, des fermiers, des hommes d'affaires, des commerçants et des chefs d'entreprise.

 

      Pendant un déjeuner donné en son honneur et présidé par Levi Eshkol à l’hôtel du Roi David à Jérusalem, David Ben Gourion lui envoya une note manuscrite de son hôpital, lui demandant de lui rendre visite si son emploi du temps le permettait. Il y alla. Après les salutations, Ben Gourion lui demanda s'il voyait un inconvénient à ce que la presse assiste à leur entretien. Ezra Taft Benson n'y voyait pas d'objections et les journalistes entrèrent. Ben Gourion commença à parler et à poser des questions. Il voulait savoir quelle était la position des mormons vis-à-vis des Juifs. Il s'ensuivit une conversation intéressante.

 

      Lors de son second voyage en Palestine, Ezra Taft Benson visita le pays entier en avion de tourisme, hélicoptère et automobile, et reçut toutes sortes de marques de courtoisie et de considération. Il eut de nouveaux entretiens avec David Ben-Gourion et Lévi Eshkol et rencontra aussi le général Moshe Dayan. Moshe Dayan organisa un buffet en son honneur, servi dans le patio et sur la pelouse de sa maison. Comme ils marchaient autour de la pelouse, Moshe Dayan lui parla de la campagne qu'ils menèrent contre les Égyptiens. Il dit qu'il n'était pas ce que les gens appelleraient un homme religieux, mais que personne ne saurait le convaincre qu'il n'y avait pas une puissance supérieure avec eux, lorsqu'ils rencontrèrent les Égyptiens au pied du Sinaï.

 

      Le voyage suivant d'Ezra Taft Benson eut lieu en 1964 alors qu'il servait en tant qu'Autorité générale de l'Église pour l'Europe. Il y avait deux congrégations à Beyrouth, au Liban. Il visita ces branches et écrivit à l'avance à Levi Eshkol qui était devenu Premier Ministre quand Ben-Gourion s'était retiré. Il lui indiqua qu'il désirait venir à Jérusalem une nouvelle fois, et que si son emploi du temps le lui permettait, il serait heureux de lui rendre visite et de lui présenter ses respects. Levi Eshkol répondit immédiatement, le pressant de venir, et lui fit suivre une lettre manuscrite de Ben-Gourion, lui demandant de lui réserver une soirée. À cette occasion, Ezra Taft Benson et son épouse rencontrèrent chacun des deux hommes. Ils passèrent une soirée avec Ben-Gourion et sa femme dans leur appartement de Tel-Aviv. À l'issue de la soirée, alors qu'ils se séparaient à la porte, Ben Gourion dit : « Vous savez, il n'y a aucun peuple au monde qui comprenne les Juifs comme les mormons ». (Voir Ezra Taft Benson, « Un message de Joseph à Juda », 2 mai 1976)

 

 

Harold B. Lee

 

      En 1973, Harold B. Lee, président de l'Église, établit une présidence de branche à Jérusalem et désigna David B. Galbraith comme président et John A. Tvedtnes comme premier conseiller, en leur demandant  de témoigner de Joseph Smith aux Juifs, de leur présenter le Livre de Mormon, et de trouver un endroit pour y installer un centre d’information sur l’Église.

 

      Les deux hommes écrivirent la prière d’Orson Hyde sur un beau parchemin, en anglais et en hébreu. Ils l’apportèrent à Teddy Kollek qui était maire de Jérusalem. Ils le posèrent sur son bureau dans l’espoir que cela leur vaudrait quelques concessions ou considérations. Teddy Kollek le déroula, y jeta un regard, l’enroula de nouveau et le leur rendit en disant : « Je n’en ai pas besoin, je la connais par cœur ».

 

      Ils allèrent trouver le général Moshe Dayan et toutes les personnalités politiques et militaires influentes. Ils avaient tous appris cette prière par cœur, et ce depuis longtemps.

 

      Ils demandèrent à leurs professeurs d'hébreu de traduire la première vision de Joseph Smith, mais il leur apparut difficile de mettre en hébreu correct les nuances de l’apparition du Père et du Fils. Ils trouvèrent un officier de l’Armée de l’air du nom de Shanari, expert en trois ou quatre langues, dont l’anglais et l’hébreu, qui les aida à rendre le témoignage en un hébreu élégant. Cependant, il n’avait pas le temps, du fait de son service aux armées, de les aider à traduire le Livre de Mormon.

 

      Il apparut qu’un Juif converti à l’Église dans les années 1920 avait traduit le Livre de Mormon en hébreu. Cette traduction se trouvait dans les archives de la Première Présidence. Ils envoyèrent cette traduction à Shanari en Israël. Il fut très étonné de ce que l’on ait retrouvé ces documents en un tel endroit. Il dit qu’il ne lui faudrait pas plus de six mois pour faire la correction et qu’il acceptait de s’en charger. (Einar C. Erickson, Conférence de la mer Morte, 7 décembre 1975, pieu de Santa Monica, Californie)

 

 

Mémorial Orson Hyde

     

      En 1972, Harold B. Lee, président de l'Église, à la suite d'une visite à Jérusalem, autorisa l’Église à étudier la possibilité d'ériger un mémorial à Orson Hyde sur le mont des Oliviers à Jérusalem. En 1977, après plusieurs années de négociations avec le gouvernement israélien, le maire de Jérusalem, Teddy Kollek, proposa un terrain de deux hectares, sur le versant occidental du mont des Oliviers, dominant la vieille ville de Jérusalem, pour l'aménagement du mémorial. Le mémorial fut inauguré le 24 octobre 1979 par Spencer W. Kimball, président de l’Église, en présence de dirigeants de l’Église, de dignitaires et de notables israéliens et arabes. Le jardin du mémorial, d’une superficie de deux hectares, fait partie du Parc National de Jérusalem qui totalise plus de six cents hectares de jardins entourant et protégeant les murs de la vieille ville. (Voir Le mémorial Orson Hyde)

 

 

Centre d'Études du Proche-Orient

 

      Dans les années 1980, l'Église créa le Centre d’Études du Proche-Orient à Jérusalem, qui est une extension de l'université Brigham Young, à Provo, en Utah, qui l’utilise pour ses programmes d'étude à l'étranger. Le bâtiment, d'une superficie de 11.146 mètres carrés, construit sur un terrain de 1,8 hectares, est situé à l'extrême sud du mont Scopus (qui, lui-même, est le prolongement septentrional du mont des Oliviers) d'où on a une vue imprenable sur la vieille ville de Jérusalem. Le Centre d'Études offre aux 175 étudiants qu'il accueille la possibilité d'étudier pendant six mois en Terre sainte.

 

      Grâce à un permis de construire délivré par le gouvernement israélien, la construction commença en 1984. Il fut occupé pour la première fois en mars 1987, date à laquelle les cours commencèrent, et fut dédicacé en mai 1989 par Howard W. Hunter, président du Collège des Douze.

 

      Tous les étudiants signent un accord de non prosélytisme, en relation avec une clause du bail du terrain interdisant tout prosélytisme au personnel enseignant et administratif ainsi qu'aux étudiants du Centre. (Voir Le Centre d'Études du Proche-Orient)

 

 

Tournée du Choeur du Tabernacle

 

      Du 26 décembre 1992 au 6 janvier 1993, sur l'invitation de Teddy Kollek, maire de Jérusalem, le Chœur du Tabernacle fit une tournée de concerts en Israël. Le Choeur donna cinq concerts publics et un concert privé à Haïfa, Tel-Aviv et Jérusalem. Le Choeur commença sa tournée par sa participation à « Liturgica 1992 », manifestation musicale patronnée par les ministères israéliens de l'éducation et du tourisme et par le Jerusalem Foundation.

 

      Au palais des congrès Binyanei Ha'Ooma de Jérusalem, et à Tel Aviv, le Choeur, accompagné conjointement par le Jerusalem Symphony Orchestra et trois autres orchestres dirigés par David Shallon, interpréta la messe de Requiem, opus 5, d'Hector Berlioz.

 

      Les critiques comme le public saluèrent avec enthousiasme l'interprétation du Choeur. Yeheskell Beinish, directeur du Jerusalem Symphony Orchestra, dit qu'il n'avait jamais vu une telle ovation de la part du public que celle qu'avaient reçue le Choeur et l'orchestre de Jérusalem et ajouta que tout le monde serait heureux que le Choeur revienne. David Shallon, chef d'orchestre, dit de l'occasion qu'il avait eue de diriger le Choeur que c'était l'une des plus belles expériences de toute sa carrière et une grande joie sur les plans humain et musical. Hanoch Ron, critique musical, écrivit dans un article : « Vous êtes assis au milieu, le son vous enveloppe dans une harmonie stéréophonique humaine, et le chant ouvre les portes des cieux... Le choeur mormon a été une grande surprise... Ce choeur magnifique a interprété le requiem dramatique de Berlioz avec douceur et une extrême sensibilité... Son interprétation marque une date dans l'histoire de l'orchestre de Jérusalem ».

 

      Au concert de Tel-Aviv, les deux mille places assises de la salle étaient occupés et beaucoup de gens étaient assis sur les marches ou écoutèrent le concert debout. (Voir Church News, 9 janvier 1993 ; voir aussi L'Étoile, avril 1993, Vie de l'Église, p. 3)

 

 

 

Mise à jour : 23/03/2008