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La
restriction
de la prêtrise
Joseph Bitanga
Introduction
Le rôle des Noirs dans l'Église
À propos de racisme
Brève histoire des Noirs dans l'Église
Quelques figures remarquables
La restriction de la prêtrise
Historique
Analyse des faits historiques
Analyse des arguments
Le défi spirituel
Réactions observées
Acquérir une nouvelle dimension spirituelle
Conclusion
Annexes
Histoire des Noirs américains
Déclarations des dirigeants de l’Église sur le racisme
L'Église face au Ku Klux Klan
Introduction
Les Noirs qui sont
membres ou futurs membres de
l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours se trouvent tôt
ou tard face à un dilemme. Leur quête de la vérité se heurte à une
particularité de l'histoire de l'Église, à savoir la restriction de la
prêtrise, règle qui, jusqu’en 1978, ne permettait pas à certains membres de
l’Église de détenir la prêtrise.
L'ignorance donne souvent naissance à des maladresses ou à des malentendus.
Ces petites choses, amplifiées par l'orgueil des uns et des autres, peuvent
conduire à des frustrations, de la rancœur, des disputes et des querelles en
tout genre et mettre en danger le salut des âmes.
L'histoire de la prêtrise rétablie par l'intermédiaire du prophète Joseph
Smith n'échappe pas à cette règle. Nous avons pu constater les dégâts causés
par l'orgueil de certains qui pensent être meilleurs que les autres parce
qu'ils sont nés dans un pays économiquement avancé. Nous avons vu aussi le
gâchis causé par l'orgueil des autres qui n'acceptent pas d'être ce qu'ils
sont. Nous avons surtout noté une grande ignorance sur un fait important de
l'histoire de l'Église.
La
pauvreté en connaissance de ceux qui ne cherchent pas la vérité sous
l'inspiration du Saint-Esprit, tout comme l'orgueil de ceux qui croient tout
savoir et ne veulent pas apprendre, ont été à l’origine de fables, de mythes
et d’interprétations fausses : le terreau parfait de l'apostasie
personnelle, et parfois même collective.
Ce
texte n'est pas un document officiel de l'Église. Il ne prétend pas répondre
à toutes les questions que tout membre ou ami de l’Église peut se poser à
propos de la place des Noirs dans l'Église. Le but de cette compilation
est :
•
D'encourager le lecteur à rechercher la vérité sous la direction de
l'Esprit ;
•
De partager sans prétention des réflexions et des études personnelles,
fruits de longs mois de recherche laborieuse ;
•
D'aider les uns et les autres à mieux comprendre cet aspect particulier de
l'histoire de la prêtrise ;
•
D'aider le lecteur à éviter les mythes et les rumeurs qui entourent la
restriction de la prêtrise ; de témoigner que l’Église de Jésus-Christ des
saints des derniers jours est l'œuvre de Dieu.
Le rôle des Noirs dans l’Église
À propos du racisme
Il
y a certainement des gens racistes parmi les membres de l'Église, mais nous
pouvons affirmer avec certitude que l'écrasante majorité des membres
pratiquants ne sont absolument pas racistes.
Jusque dans les années 1960, l'Amérique avait des difficultés d'ordre
racial. Beaucoup de Blancs ne haïssaient pas les Noirs mais se croyaient
supérieurs à eux, tout simplement parce qu'on le leur avait appris à
l'école. C'était un racisme modéré par opposition aux radicaux du Ku Klux
Klan qui eux détestaient les Noirs et cherchaient à les terroriser. Par
exemple, Abraham Lincoln considérait que le Noir
était un être faible qu'il fallait protéger. Une telle pensée serait à notre
époque qualifiée d'idée à caractère raciste.
Dans un tel contexte, il n'est pas étonnant que les membres de l'Église
aient eu tendance à reproduire une attitude qui, considérée aujourd'hui
comme de la discrimination positive, était en réalité révolutionnaire au
point d'attirer sur eux la colère des esclavagistes et du K.K.K., comme nous
le montrent divers documents de l'époque (voir annexe 2 et 3). Analyser une
situation hors de son contexte historique, géographique ou social peut
conduire à des interprétations erronées.
Aujourd'hui on peut observer un regain de racisme dans toute l'Europe. Le
marasme économique y serait pour beaucoup. Ce racisme peut être très violent
et spectaculaire (profanation de tombes, incendies volontaires,
agressions...) : autant de conséquences d'une vision politique extrémiste.
En général on assiste plutôt à de petits actes qui empoisonnent au quotidien
la vie de l'étranger. Ceci est dû à de vieux préjugés. Certains Français
n'ont jamais côtoyé un Noir de près et d'autres n'ont jamais quitté leur
terroir : ils n'ont comme connaissance qu'une image orientée transmise par
les médias, en particulier la télévision. En France comme partout dans le
monde, l'Église est composée d'êtres humains avec toute leur grandeur... et
leurs faiblesses. Tous les cas que nous avons observés personnellement dans
l’Église dans notre région peuvent être classés dans l'une des catégories
suivantes :
•
L'orgueil de ceux qui croient tout savoir sur la doctrine et veulent le
montrer à tout prix. Leurs méfaits couvrent souvent d'autres sujets ;
•
L'ignorance spirituelle ou intellectuelle, parfois les deux réunies ;
•
La faiblesse émotionnelle qui, face à des difficultés personnelles, peut
pousser à rechercher des boucs émissaires : l'étranger en est alors un parmi
tant d'autres.
Le
racisme est une théorie selon laquelle un groupe humain est inférieur aux
autres et n'aurait que peu ou pas du tout de droits. Aucune doctrine de
l'Église n'enseigne ni ne soutient cette idée ; aucune pratique de l'Église
n'est fondée sur une telle théorie. L'Église se répand dans le monde entier,
y compris dans certaines cultures qui prônent ou ont prôné le racisme
(Afrique du Sud, par exemple). Dans ces pays l'Église a de tout temps
fermement exhorté ses membres à abandonner de telles idées ; quelqu’un qui
promouvrait ces théories dans l'Église s’exposerait à une mesure
disciplinaire officielle.
Voici quelques-unes des déclarations des dirigeants de l’Église concernant
le racisme. D’autres se trouvent en annexe 2 de ce document :
• Joseph
Smith en 1842 : « Les Noirs viennent au monde mentalement et physiquement
esclaves. Remplacez leur situation par celle des Blancs et ils seront comme
nous. Ils ont une âme et sont susceptibles d'être sauvés. » (History of the
Church, volume 5, p. 217)
• Joseph
Fielding Smith : « Le Noir est capable mentalement et physiquement
d'accomplir de grandes choses, aussi grandes ou dans certains cas bien plus
grandes que la plupart des gens de race blanche ». (Magazine Look, 22
octobre 1963, p. 79)
• Bruce
R. McConkie : « Beaucoup de Noirs vivent à coup sûr avec plus de décence et
de droiture que certains de leurs frères d'autres races ». (Mormon Doctrine,
1966, p. 528)
•
Spencer W. Kimball en 1972 : « Les préjugés raciaux sont du diable... Il n'y
a pas de place pour eux dans l'Évangile de Jésus-Christ ». (Teachings of
Spencer W. Kimball, p. 237)
Brève histoire des Noirs dans l’Église
(voir LDS Black History sur
fairlds.org)
L'histoire des Noirs dans l'Église est riche d'enseignements. L'annexe 1
donne un aperçu plus large de l'histoire des Noirs dans l'Église et
aux USA de 1830 à 1978.
• 1830 :
Organisation de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.
• 1832 :
Baptême de Elijah Abel, un noir, par Ezekiel Roberts.
• 1836 :
En mars, Elijah Abel est ordonné à l’office d’ancien par Joseph Smith ; en
décembre, il est ordonné à l'office de soixante-dix par Zebedee Coltrin puis
appelé comme missionnaire dans l'Ohio (voir Minutes of the Seventies
Journal, 20 décembre 1836)
• 1841 :
Arrestation de Joseph Smith. Elijah Abel fait partie d'une expédition de
sept personnes qui partent de Nauvoo pour tenter de délivrer le prophète
(voir History of the Church, vol. 4, p. 365).
• 1844 :
Baptême de Green Flake (15 ans) et de Samuel Chambers (13 ans), deux
esclaves noirs. Walker Lewis, un Noir est ordonné à l'office d'ancien.
• 1846 :
William McCary, un Noir, est baptisé et ordonné à la prêtrise.
• 1847 :
Les premiers Noirs pénètrent dans la vallée du Lac Salé, notamment Elijah
Abel, John Brown et Green Flake, ce dernier en compagnie de Brigham Young
dont il conduit le chariot.
• 1853 :
Brigham Young applique aux Noirs la restriction de la prêtrise.
• 1854 : Brigham Young affranchit Green Flake.
• 1870 :
Samuel Chambers arrive dans la vallée du Lac Salé. II achète une portion de
terrain qu'il cultive et devient en quelques années très prospère.
• 1900 :
Le 27 novembre Enoch Abel, fils de Elijah est ordonné à l'office d'ancien.
• 1902 :
Jane Manning James, une Noire, est scellée à la famille Joseph Smith.
• 1934 :
Elijah Abel, fils d'Enoch et petit fils d'Elijah, est ordonné prêtre le 5
juillet. Le 29 septembre 1935 il est ordonné ancien.
• 1962 :
Le Dr. A. F. Mensah, leader religieux ghanéen, lit l'histoire de Joseph
Smith dans un magazine. Il prend alors contact avec le siège de l'Église
pour obtenir des brochures avec lesquelles il convainc beaucoup de personnes
dans son entourage et organise une branche de l'Église.
• 1964 :
J.W.B. Johnson, au Ghana, reçoit du Dr. Mensah un Livre de Mormon. II le lit
et passe dès lors tout son temps à proclamer l'Évangile rétabli et fonde
plusieurs communautés qu'il nomme « Les saints des derniers jours ». Ni lui
ni le Dr. Mensah ne détiennent la prêtrise, et il n'y a pas de baptêmes dans
ces congrégations.
•
1963-66: Plusieurs communautés, organisées sans autorité ni autorisation,
voient le jour au Nigeria comme au Ghana. Elles ont pour nom « L'Église
mormone », « Les saints des derniers jours » ou d'autres noms de ce genre et
se réclament de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.
• 1978 :
Le président de l’Église reçoit la révélation rendant la prêtrise accessible
à tout homme digne : il n'y a plus de restriction de la prêtrise.
• 1990 :
Helvecio Martins devient membre du deuxième collège des soixante-dix. Il est
le premier Noir à devenir Autorité générale de l’Église.
• 1997 :
Christopher Chukwurah, du Nigeria, est soutenu soixante-dix autorité
interrégionale.
• 2003 :
Florence Chukwurah, épouse de Christopher Chukwurah, devient membre du
Bureau général de la Société de secours.
• 2004 :
En janvier, à Accra,
au Ghana, consécration du premier temple en Afrique noire.
On constate que depuis le Rétablissement et malgré la restriction de la
prêtrise, des Noirs ont toujours détenu la prêtrise.
En outre, l'engagement de certains pour implanter l'Église dans leur pays
d'Afrique est remarquable.
Quelques figures remarquables
Chaque membre pratiquant de l'Église joue un rôle appréciable dans sa
communauté, et notre but n'est pas de développer ici un culte de la
personnalité. Cependant l'histoire de certains Noirs membres de l’Église
peut être un exemple particulier.
• Elijah
Abel : Premier Noir à détenir la prêtrise (mars 1836). Il est ordonné
soixante-dix en décembre 1836. Il participe à la construction des temples de Nauvoo, de Kirkland et de Salt Lake City. Il accomplit trois missions à
plein temps.
• Samuel
D. Chambers : Esclave né en Alabama, il se fait baptiser en cachette à l'âge
de 13 ans. Après la guerre de Sécession il travaille comme cordonnier, puis
rejoint les saints dans la vallée du Lac Salé en 1870. Il acquiert un lopin
de terre qu'il exploite en cultivant des arbres fruitiers. Grâce à une
excellente gestion, il devient le fournisseur officiel de fruits de
nombreuses personnalités et l'homme le plus prospère de sa paroisse. Membre
très pratiquant tout au long de sa vie, il multiplie les bonnes actions en
faveur des œuvres caritatives.
• Renée
Olson : Anti-mormone, spécialiste dans l'étude du mormonisme, elle mène une
lutte active contre l'Église pendant seize ans. Elle se rend compte de la
grande tolérance, de la force spirituelle et de l'amour de ceux qu'elle
combat. Elle décide alors de véritablement réfléchir sur le Livre de Mormon
et finit par se convertir. Aujourd'hui elle anime des veillées et des sites
Internet pour fortifier les membres de l’Église, en particulier les Noirs.
• Joseph
W.B. Johnson, au Ghana : Après avoir reçu un Livre de Mormon du Dr. Mensah
en 1964, il se convertit suite à un rêve. Il fonde plusieurs communautés
qu'il nomme « Les saints des derniers jours » : des centaines de personnes
dont la plupart ne seront baptisés qu'après 1978 quand la prêtrise sera
accessible à tous les hommes dignes de l'Église. Le Dr. Mensah et sœur
Sampson-Davis ont indépendamment des expériences similaires.
• John
Brown : Accompagnant Brigham Young en 1847, il est l'un des premiers mormons
à pénétrer dans la vallée du Lac Salé. En 1848, il retourne chez lui dans le
Mississipi où il organise l'exode d'une centaine de membres de l’Église (57
Blancs et 37 Noirs) qu'il conduira lui-même jusqu'à la vallée du Lac Salé.
•
Priscilla Sampson-Davis (1963) : De passage en Hollande, elle rencontre des
missionnaires la veille de son retour en Afrique. Elle accepte le Livre de
Mormon qu'ils lui offrent. Après l'avoir lu elle écrit à ces missionnaires
pour demander des exemplaires supplémentaires qu'elle distribue à ses amies.
Ce sont des centaines d'Africaines qui accepteront ainsi l'Évangile rétabli
grâce à son engagement.
• Joseph
Freeman : Il rencontre l'Église en 1970 dans l'armée et se fait baptiser.
Quand il découvre l'interdiction de la prêtrise, il est découragé mais
n'abandonne pas. Il prie jusqu'à recevoir un sentiment de paix. Aussitôt
après la révélation de 1978 il est ordonné. En 2003, lorsque nous prenons de
ses nouvelles, il est l’évêque d'une paroisse de Salt Lake City.
•
Helvecio Martins : Né dans un bidonville de Rio de Janeiro (Brésil), il
réussit à faire des études grâce à une énorme volonté. Converti en 1972, il
est chagriné par l'interdiction de la prêtrise. Il décide de prier pour
renforcer son témoignage et est appelé comme instructeur. Après la
révélation de 1978, il devient successivement l’évêque d’une paroisse,
membre du grand conseil d'un pieu et président de mission. En 1990, il est
appelé comme membre du 2e collège des soixante-dix.
• Marcus
Martins : Fils de Helvecio Martins, il s'est préparé dès l'âge de 12 ans
comme s'il avait droit à la prêtrise ; il attendra d'avoir 20 ans pour être
ordonné. En 2003, lorsque nous prenons de ses nouvelles, il est l’évêque
d’une paroisse et professeur et cadre à l'université BYU de Hawaii.
• LeRoy
Eldrige Cleaver : Il milite pour les droits civiques (1960) dans les Black
Panthers, un parti radical noir. Communiste, exilé en Algérie puis à Cuba,
il abandonne la lutte politique en 1975 et retourne aux USA. Vu sa
popularité, on lui propose plusieurs millions de dollars pour créer une
Église chrétienne à la télévision, mais il refuse et préfère s'occuper de
jeunes délinquants noirs. Il rencontre l'Église en 1982 et se fait baptiser
en 1984. Il décède en 1998.
• Modibo
Diarra : Président de l'Union des Enseignants au Mali, il découvre l'Église
après avoir étudié plusieurs religions. Il est le premier membre de l’Église
dans son pays, situation particulièrement difficile car le Mali est un pays
musulman. Son fils a rempli une mission à plein temps aux États-Unis.
• Jesse
Thomas Jr. et Lee Radcliff sont deux exemples parmi les nombreux pasteurs
noirs américains qui se sont joints à l'Église après 1978.
• Joe
Jordan et son épouse Peny : Musulmans, ils découvrent l'Église et se
convertissent en abandonnant les hautes responsabilités religieuses qu'ils
avaient dans leur communauté.
•
Certains Noirs membres de l’Église sont particulièrement connus à cause de
leur réussite sociale : Gladys Knight, chanteuse de R&B dans les années 70,
s'est convertie en 1982 ; Burgess Owens (footballeur américain) ; Thurl
Bailey (basketeur en NBA) ; Julia Nompi Mavimbela (politicienne sud
africaine) ; Justice Yohannes Chane (cour suprême d'Éthiopie).
•
Emmanuel A. Kissi : Ghanéen installé en Angleterre y rencontre les
missionnaires. Il se convertit et abandonne une situation lucrative (il est
médecin) pour aller renforcer l'Église dans son pays. Il est à ce jour
soixante-dix autorité interrégionale et a participé à la consécration du
temple d'Accra aux cotés du président Gordon B. Hinckley
• Wain
Myers : Militaire américain stationné en Allemagne en 1989, il constate
rapidement que les deux paroisses de son Église qu'il fréquente
alternativement sont en concurrence l'une contre l'autre. Cela le perturbe
au point qu'il prie pour savoir ce qu'il doit faire. Il entend alors
clairement une voix lui disant d'attendre et lui promettant de lui montrer
plus tard l'Église qu'il faut. À son retour aux États-Unis en 1995,
il est chauffeur de bus et remarque une passagère qui monte tous les
dimanches à la même heure. Un jour il lui pose quelques questions et refuse
de croire qu'il y a des mormons noirs. Elle l'invite chez elle et lui
présente les missionnaires. Plus tard, il épouse au temple celle qui n’est
autre que son ancienne passagère.
• Sœur
Biayandi : Le 3 juillet 1994, suite à une invitation par deux membres de
l'Église, elle parcourt à pied 18 km entre son village et la branche de
Makélékélé (quartier au sud de Brazzaville, Congo) où a lieu une opération
portes ouvertes. Elle se fait baptiser le mois suivant et assiste
régulièrement à toutes les réunions malgré l'éloignement. En décembre 1998
elle est appelée à remplir une mission à plein temps au Congo-Kinshasa (RDC)
à partir du 10 février 1999. Douze jours après avoir reçu cet appel une
guerre civile éclate dans son pays et tout déplacement en véhicule devient
impossible. Elle quitte alors son village et parcourt à pied 239 km jusqu'à
la frontière qu'elle traverse en pirogue. Accueillie par une famille
inconnue, elle se repose puis reprend la route pour les 241 km qui la
séparent de Kinshasa où elle commencera sa mission avec seulement 10 jours
de retard, suite à des tracasseries administratives.
• John
Lamb: Musicien accompli qui a fait partie de la formation de Duke Ellington
comme contrebassiste, il est entré dans l'Église en 1957. Tous ses amis lui
répètent sans cesse que les mormons sont racistes, qu'il n'aura jamais la
prêtrise, etc. Cependant il tient bon et témoigne que si la prêtrise est un
talent que Dieu ne lui a pas donné, il lui en a accordé d'autres. Et que ce
n'est pas par une foi aveugle qu'il a accepté l'Église, mais par une
connaissance pure inspirée par l'Esprit Saint.
•
Beaucoup d'autres Noirs sont des gens ordinaires mais exceptionnels dans
leur zèle au service du Seigneur.
La restriction de la prêtrise
Historique
L'histoire de la prêtrise dans l'Église de Jésus-Christ des saints des
derniers jours remonte jusqu'à l'époque d'Adam et Ève. Dans ce paragraphe
nous nous contenterons d'un seul aspect de cette prêtrise, le cas du peuple
noir.
Caïn,
fils aîné d'Adam, avait le droit d'aînesse sur la prêtrise. Ce droit
revenait aussi d'office à sa descendance. Il le perd en offrant un sacrifice
indigne que le Seigneur refuse, tandis qu'il accepte celui d'Abel son frère.
Furieux, Caïn tue alors Abel. Le Seigneur met sur lui une marque pour le
protéger. Il le maudit à errer sur la surface de la terre et sa postérité à
ne recevoir la prêtrise qu'après Abel.
La
corruption s'étant étendue, Dieu décide de détruire la terre entière. Il
ordonne à Noé de construire une arche et de s'y réfugier avec toute sa
famille. Or Cham, l'un des fils de Noé, avait épousé Egyptus, une
descendante de Caïn. C'est ainsi que la descendance de Caïn se perpétuera
malgré le déluge. La postérité de Cham et d'Egyptus va se répartir en
Afrique (Mizraïm en Égypte, Cush en Nubie et Put en Éthiopie) et au Moyen
Orient (Canaan en Palestine). Les descendants de Caïn par
l'intermédiaire de Cham et d'Egyptus ne peuvent pas prétendre à la prêtrise,
de par leur ascendance.
D'autres interdictions de la prêtrise sont à noter dans la Bible :
•
Seul Israël, peuple élu de Dieu, détiendra la prêtrise et de plus, de toutes
les tribus d'Israël, seuls les Lévites y auront droit ;
•
Les Moabites, descendants de Lot (neveu d'Abraham), seront maudits et exclus
du peuple de Dieu pour n'avoir pas aidé les Israélites à leur sortie
d'Égypte.
Jésus-Christ choisit des apôtres pour proclamer l'Évangile. Après leur mort
commence la grande apostasie.
1830 :
L'Église de Jésus-Christ est rétablie par l'intermédiaire de Joseph Smith le
prophète. II parle de l'interdiction de la prêtrise aux Noirs, mais ordonne
Elijah Abel, un Noir, aux offices d'ancien puis de soixante-dix.
1853 : Brigham Young applique la restriction de la prêtrise. Elijah Abel n'est plus
autorisé à pénétrer dans le temple pour les ordonnances supérieures bien
qu'il se soit déjà rendu au temple de Kirtland où il a reçu les ordonnances
préliminaires.
1879 :
Le 4 juin John Taylor, président de l'Église, ratifie l'interdiction en
s'appuyant sur les témoignages d'Abraham Smoot et de Zebedee Coltrin.
1883 : Elijah Abel est envoyé en mission pour la troisième fois.
Il décède en
décembre 1884, deux semaines après son retour.
1902 :
Jane Manning James, une Noire, reçoit sa dotation et est scellée à la
famille de Joseph Smith qui l'avait pratiquement adoptée.
1912 :
Pour la deuxième fois (la première fois par Brigham Young en 1869) la
Première Présidence rejette la théorie selon laquelle les Noirs n'étaient
pas assez vaillants dans la préexistence.
1934 : Elijah Abel, petit fils d'Elijah Abel est ordonné prêtre le 5 juillet et
ancien le 29 septembre de l'année suivante.
1955 :
Les Mélanésiens peuvent recevoir la prêtrise, puis les Fujiens et les
Philippins trois ans plus tard. En fait ils y avaient droit depuis toujours
mais on ignorait leur lignage.
1971 :
Le 19 octobre, sous la direction du président Joseph Fielding Smith, les
apôtres Gordon B. Hinckley, Thomas S. Monson et Boyd K. Packer organisent le
« Genesis Group ». Cette structure promeut un soutien particulier aux Noirs
membres de l’Église.
1978 :
La prêtrise est étendue à tout membre masculin de l'Église qui en est digne.
Analyse des faits historiques
Pendant
l'interdiction
Le
prophète Joseph Smith a évoqué devant témoins l'interdiction de la prêtrise
aux Noirs, mais cela ne l'a pas empêché d'ordonner Elijah Abel à l'office
d'Ancien puis à celui de soixante-dix. Puis d'autres Noirs ont été ordonnés
sous sa présidence. Pourquoi ? On peut avancer plusieurs raisons logiques :
•
Peut-être cela lui a été inspiré. En effet dans la Bible on trouve des
exceptions à des règles que le Seigneur a pourtant lui-même imposées au
peuple d'Israël. Par exemple Ruth la Moabite intègre la maison d'Israël
alors que les Moabites sont frappés d'une malédiction qui le leur interdit.
Jésus lui-même est un descendant de Ruth ;
•
Ces ordinations ont peut-être eu lieu pendant ou après la traduction de la
Perle de grand prix, mais bien avant que le prophète n'ait eu une révélation
lui imposant d'appliquer l'interdiction de la prêtrise. Nul ne le sait avec
certitude.
• Elijah Abbel - et les autres - avait peut-être une foi tellement grande que
le Seigneur leur a accordé exceptionnellement la prêtrise. Personne ne peut
le savoir.
Brigham Young a clairement affirmé l'origine divine de cette pratique en
1852 : « Le Seigneur tout-puissant a décrété, nul n'y peut rien. Les hommes,
les anges, toutes les puissances de la terre et de l'enfer ne peuvent l'ôter
(la restriction de la prêtrise), ainsi parle l'Éternel, je fais ce que bon
me semble. Le temps viendra où ils (les Noirs) auront tout ce que nous avons
le privilège d’avoir et plus encore. » (Joint Session of Utah Legislature,
le 5 février 1852).
En
1954, le président David O. McKay, face à l'extension internationale de
l'Église, réunit le Collège des Douze, car il pense que tous les peuples
devront un jour détenir la prêtrise. Il interroge alors le Seigneur dans le
temple et à sa grande déception la réponse est négative. Cet évènement est
très intéressant si l'on examine de près sa démarche :
• En tant que président il
ressent le besoin de lever l'interdiction, mais ne prend aucune décision
personnelle, chose pourtant facile pour un président ;
•
Il réunit le Collège des Douze, c'est-à-dire qu'il les soutient comme
prophètes, voyants et révélateurs. Quel exemple d'humilité avons-nous là !
•
Enfin il interroge le Seigneur et se soumet à sa volonté qui est à l'opposé
de ses désirs humains. Un grand exemple d'obéissance !
À
son tour, en 1973, Harold B. Lee, devenu président e l’Église, prie et jeûne
pendant 3 jours d'affilée. La réponse qu'il reçoit dan le temple est sans
équivoque : « Il n'est pas encore temps ».
La
révélation de 1978
Il
est important de se plonger dans le contexte en examinant les circonstances
et le témoignage de quelques frères parmi ceux qui étaient dans le temple
avec le prophète à ce moment précis.
Le
contexte
En
ce 1er juin 1978, comme chaque semaine, les membres de la
Première Présidence et du Collège des Douze se retrouvent dans la salle
haute du temple. Ils observent ce jour là un jeûne. Il y a deux absents, un
pour raisons médicales et l'autre en déplacement. Après avoir renouvelé
leurs alliances en prenant la Sainte-Cène, ils tiennent un conseil où chacun
exprime ses sentiments. Il règne dans cette salle sacrée une atmosphère de
parfaite unité fraternelle. Puis ils interrogent le Seigneur sur la
restriction de la prêtrise comme ils le font depuis plusieurs mois. C'est le
président Kimball qui fait lui-même la prière (voir Bruce R. McConkie,
Revelation and Priesthood, Deseret Book, Salt Lake City)
Les
témoignages
Bruce R.
McConkie :
« Quand le Président Kimball a fini de prier, le Seigneur a donné une
révélation par le pouvoir du Saint-Esprit. Le Seigneur a déversé le
Saint-Esprit d'une façon miraculeuse et merveilleuse... La révélation a été
donnée au président de l'Église ; elle a été donnée aussi à chaque personne
présente. Il y avait dix membres du Collège des Douze et trois de la
Première Présidence ». Frère McConkie dira aussi : « Le Saint-Esprit est
descendu sur nous… Le message était que le temps d'offrir toutes les
bénédictions de l'Évangile éternel à tout homme digne était arrivé… Nous
avons tous entendu la même voix, reçu le même message ; nous sommes témoins
que cette parole était la volonté et la voix du Seigneur. »
(Bruce R.
McConkie, Revelation and Priesthood, Deseret Book, Salt Lake City, p.
126-137)
David B.
Haight :
« J'étais dans le temple quand le président Spencer W. Kimball a reçu la
révélation... J'étais le plus jeune membre du Collège des Douze. J'étais là
lors du déversement de l'Esprit dans la salle que nous occupions, un
déversement si puissant qu'aucun de nous ne pouvait prononcer un mot. Nous
nous sommes quittés dans le calme et avons regagné nos bureaux. Personne ne
pouvait dire quoique ce soit à cause de la puissance du déversement de
l'Esprit lors de cette expérience spirituelle céleste. » (Conference Report,
avril 1996 ; Ensign, mai 1996, p. 23)
Quelques
remarques s'imposent à ce stade de notre étude :
•
Cette révélation si importante n'a pas été donnée au prophète qui en a
ensuite informé ses conseillers et le Collège des Douze. Elle a été donnée
au prophète et simultanément à 12 autres personnes qui détiennent l'autorité
de témoigner ;
•
Avant cette expérience particulière, ces hommes ont rendu des dizaines
d'autres témoignages tout au long de leur vie, avec énergie, enthousiasme et
sincérité, à propos du Christ et de l'Évangile rétabli. Ils sont donc
crédibles dans leurs déclarations ;
•
Deux autres prophètes, David O. McKay et Harold B. Lee avaient auparavant
souhaité changer les choses mais malgré les droits et les pouvoirs qu'ils
détenaient ils ont d'abord recherché la volonté du Seigneur.
La
Déclaration officielle :
« À qui de droit :
« Le 30 septembre
1978, à la cent quarante-huitième conférence générale d'octobre de l'Église
de Jésus-Christ des saints des derniers jours, le président N. Eldon Tanner,
premier conseiller dans la Première Présidence de l'Église, a présenté ce
qui suit :
« Au début de juin
de cette année, la Première Présidence a annoncé que le président Spencer W.
Kimball avait reçu une révélation étendant les bénédictions de la prêtrise
et du temple à tous les membres masculins de l'Église qui en sont dignes. Le
président Kimball m'a demandé d'informer la conférence de ce qu'après avoir
reçu cette révélation, qui lui fut donnée à la suite d'une méditation et de
prières prolongées dans les salles sacrées du saint temple, il la présenta à
ses conseillers, qui l'acceptèrent et l'approuvèrent. Elle fut alors
présentée au Collège des douze apôtres, qui l'approuva à l'unanimité, et
elle fut ultérieurement présentée à toutes les autres Autorités générales,
qui l'approuvèrent de même à l'unanimité.
« Le président Kimball m'a demandé de lire maintenant cette lettre :
« 8 juin 1978
« À tous les
officiers généraux et locaux de la prêtrise de l'Église de Jésus-Christ des
saints des derniers jours du monde entier :
« Chers frères,
« Témoins de
l'expansion de l'œuvre du Seigneur sur la terre, nous avons été heureux de
constater que dans beaucoup de pays des gens ont répondu au message de
l'Évangile rétabli et se sont joints à l'Église en nombre sans cesse
croissant. Cela a suscité en nous le désir d'étendre à tous les membres
dignes de l'Église tous les droits sacrés et toutes les bénédictions
qu'offre l'Évangile.
« Conscients des
promesses faites par les prophètes et présidents de l'Église qui nous ont
précédés qu'à un moment donné du plan éternel de Dieu tous nos frères qui
sont dignes pourront recevoir la prêtrise, et constatant la fidélité de ceux
à qui la prêtrise a été refusée, nous avons supplié longuement et avec
ferveur en faveur de ces frères fidèles qui sont les nôtres, passant de
nombreuses heures dans la salle haute du temple à implorer le Seigneur pour
être guidés par lui.
« Il a entendu nos
prières et a confirmé par révélation que le jour promis depuis si longtemps
est venu où tous les hommes fidèles et dignes de l'Église pourront recevoir
la Sainte Prêtrise, avec le pouvoir d'exercer son autorité divine et de
jouir avec leur famille de toutes les bénédictions qui en découlent,
notamment les bénédictions du temple. Par conséquent, tous les membres
masculins de l'Église qui en sont dignes peuvent être ordonnés à la prêtrise
sans considération de race ou de couleur. Les dirigeants de la prêtrise sont
priés de respecter la procédure consistant à avoir un entretien approfondi
avec tous ceux qui sont candidats à l'ordination à la Prêtrise d'Aaron ou à
la Prêtrise de Melchisédek pour s'assurer qu'ils répondent aux conditions de
dignité requises.
« Nous déclarons
solennellement que le Seigneur a maintenant révélé sa volonté pour la
bénédiction de tous ses enfants, partout sur la terre, qui écoutent la voix
de ses serviteurs autorisés et se préparent à recevoir toutes les
bénédictions de l'Évangile.
« Fraternellement,
SPENCER W. KIMBALL
N. ELDON TANNER
MARION G. ROMNEY
La Première Présidence
« Reconnaissant
Spencer W. Kimball comme étant le prophète, le voyant et le révélateur et le
président de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, il est
proposé qu'en tant qu'assemblée constituante nous acceptions cette
révélation comme étant la parole et la volonté du Seigneur. Que tous ceux
qui sont d'accord le manifestent en levant la main droite. Que ceux qui sont
opposés le manifestent par le même signe.
« Le vote de soutien de la motion ci-dessus a été unanime.
« Salt Lake City (Utah), le 30 septembre 1978 »
Analyse des arguments
De
nombreux arguments ont été avancés pour tenter de défendre ou d'attaquer
l'Église à ce sujet. Nous exposons ici tous les arguments que nous avons pu
rencontrer en examinant leur fondement et leurs limites, ainsi que les
remarques et les réflexions qu'ils nous ont inspirées.
Arguments d'ordre doctrinal :
La
malédiction de Caïn
Au
premier chapitre du Livre d'Abraham, livre de la Perle de Grand Prix, il est
écrit que le pharaon, roi d'Égypte, était un « homme juste », mais qu'il ne
pouvait pas détenir la prêtrise parce qu'il était descendant de Cham et que
le lignage chamitique avait reçu les « bénédictions de la sagesse », mais
qu'il avait été « maudit relativement à la prêtrise » (Abraham 1:26). Dans
un autre livre de la Perle de Grand Prix, le Livre de Moïse, il est dit que
les Caïnites, descendants de Caïn, fils d'Adam, étaient « noirs » (Moïse
7:22). Ces versets ont été interprétés comme voulant dire que les Noirs sont
de lignage caïnite ou chamitique et qu'il ne leur serait pas permis de
détenir la prêtrise.
Avec l'expansion de l'Église au Brésil, les Autorités générales se sont
aperçues qu'il y avait des Blancs qui étaient du lignage de Cham. Malgré
leur grande foi, leur fidélité et leurs sacrifices ils ne pouvaient pas être
autorisés à pénétrer dans le temple de Sao Paulo alors en construction, pour
les ordonnances supérieures. À l'inverse, les Noirs de Mélanésie, de Fuji ou
des Philippines pouvaient détenir la prêtrise (voir Armand Mauss, Neither
White nor Black, p. 152)
Il
apparaît logiquement et objectivement que la restriction de la prêtrise
n'était pas liée à la couleur de la peau, mais uniquement au lignage.
Cet argument peut être considéré comme la position officielle de l'Église.
En effet :
•
Il est basé sur des Écritures canoniques de l'Église ;
•
Aucun prophète ne l'a réfuté officiellement ni avant, ni après 1978. La
Première Présidence l'a soutenu en 1947 : « Depuis le temps du prophète
Joseph Smith jusqu'à nos jours, c'est la doctrine de l'Église, jamais remise
en question par les dirigeants : les Noirs n'ont pas droit à la prêtrise » (Statement
of The First Presidency on the Negro Question, 17 juillet 1947, dans
Mormonism and the Negro, p.46-47).
La
théorie des « esprits neutres » et des « esprits peu vaillants »
Nous savons que pendant l’existence prémortelle, une guerre a eu lieu dans
les cieux. Certains esprits (la majorité) ont suivi Jéhovah et d'autres ont
préféré Lucifer et ont été bannis avec lui. D'après la théorie des « esprits
neutres », certains sont restés neutres ou étaient moins vaillants, et comme
punition ils naissent Noirs. Cette thèse est apparue en 1847 suite à un
discours de Orson Hyde, alors membre du Collège des Douze.
Dans un article paru en 1854 dans le journal The Seer, Orson Pratt
membre du Collège des Douze à l'époque, a soutenu cette idée en déclarant
« c'est probable que certains esprits aient été moins vaillants pendant
cette guerre dans les cieux ».
Bien que certaines personnes l'utilisent encore de nos jours, cette théorie
n'a aucune validité doctrinale pour les raisons suivantes :
•
Elle a été rejetée deux fois par des présidents de l'Église. D'abord par Brigham Young en 1869 : « Non, il n'y avait pas d'esprits neutres dans les
cieux lors de la rébellion ; chacun a pris parti… » (Journal History, 25
décembre 1869), puis par Joseph F. Smith en 1912 : « Il n'y a aucune
révélation ancienne ou moderne, ni aucune déclaration officielle d'aucune
autorité de l'Église qui puisse soutenir cette idée. » (Lester Bush in Neither White nor
Black, p. 86)
2)
The Seer n'est pas une publication officielle de l'Église ; tout
article qui y est publié n'engage en aucun cas l'Église. D'ailleurs cet
article a été condamné vivement par Brigham Young quand certains dirigeants
l'ont qualifié « de thèse raisonnable ».
3) Orson Hyde et Orson Pratt, bien que membres du Collège des Douze n’ont fait
que des suppositions en parlant de choses « probables ». Une supposition
reste une supposition, et même si elle est raisonnable elle n'en devient pas
pour autant une vérité. D'autre part ce n'étaient que des déclarations
personnelles, pas une déclaration officielle de l'Église.
Cet argument est particulièrement prisé par les critiques. Ils s'en servent
en disant : « Voyez vous-mêmes : les dirigeants de cette Église se trompent,
donc cette Église est fausse, elle est du diable ! »
En
effet, Orson Hyde et Orson Pratt se sont trompés. Mais ce qu'il faut
souligner c'est qu'ils ont exprimé une opinion personnelle, et non une
position officielle de l'Église. Tout homme a le droit d'exprimer son
opinion.
De
plus, cette théorie a été repoussée deux fois par des présidents de
l'Église. Ce ne sont pas des dirigeants dans leurs fonctions qui se sont
trompés, mais des êtres humains agissant à titre personnel même s'ils
avaient de hautes responsabilités à cette date.
Renée Olson, aujourd'hui membre de l’Église, dénonce cette technique qu'elle
a elle-même utilisée quand elle militait activement contre l'Église :
prendre une déclaration personnelle et privée d'une autorité et la présenter
comme une doctrine officielle de l'Église. Lors de ses conférences
intitulées Dispelling the Black Myth (Dissiper le mythe sur les Noirs), elle
recense plusieurs déclarations de ce genre et nous rappelle le vrai sens de
la révélation. Elle nous met en garde contre ces rumeurs qui déforment la
vérité et entravent notre compréhension (voir blacklds.org).
L'argument de la préordination
Nous pouvons lire dans la Perle de Grand Prix la vision d'Abraham. Le
Seigneur lui a montré les esprits et il a vu que certains étaient « nobles
et grands » (Abraham 3:22-23). Certaines personnes l'ont interprété de
manière très fantaisiste : les esprits nobles étaient ceux des Blancs.
D'autre vont plus loin dans cette erreur et disent que les nobles sont les
Blancs nés dans l'Église.
Cet argument ne tient pas pour au moins trois raisons :
1)
Cette écriture ne parle pas de la couleur de la peau, elle ne parle même pas
du droit ou du non droit à la prêtrise ; elle n'indique aucune appartenance
à une religion quelconque ;
2)
La préordination, comme la vie prémortelle, ne conditionne pas le cadre de
notre vie ici bas. Si c'était le cas, comment expliquer qu’Abraham soit né
de parents idolâtres et injustes, ou l'enfance difficile d'une personne qui
sera un grand dirigeant plus tard ? Avec un tel postulat, il n'y aurait pas
de Blancs dans la misère, ou des Noirs dans l'opulence.
3)
Nous savons très peu de choses sur la vie prémortelle à cause du voile
d’oubli ; toute connaissance de ce qu'il y a ou de ce qu'il y a eu de
l’autre côté du voile ne peut nous parvenir que par la révélation. Pour le
moment, peu de choses concernant la vie en dehors de la vie terrestre nous
ont été révélées.
Être préordonné veut dire être choisi pour accomplir une mission
particulière. Cette investiture ne nous donne aucun avantage sur les autres,
mais plutôt des responsabilités supplémentaires. Les épreuves, la maladie ou
les conditions de naissance n'en dépendent absolument pas. Le Christ a
lui-même expliqué cela à ses disciples. Ayant vu un malade, ils voulurent
savoir qui de son père ou de cet homme avait péché pour attirer une telle
punition. Jésus répondit : « Ce n'est pas que lui ou ses parents aient
péché, mais c'est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui »
(Jean 9:1-5).
L'argument de la préparation
Certaines personnes ont déclaré que c'est parce que les Noirs n'étaient pas
spirituellement prêts à recevoir la prêtrise qu'il y a eu cette restriction.
D'autres, moins nombreux, ont avancé que c'était à cause des Blancs qui
n'étaient pas encore prêts à voir des Noirs ordonnés.
Nous rejetons catégoriquement ces idées qui ne sont que spéculation. En
effet :
1)
Aucune Écriture ancienne ou moderne ne dit cela ;
2)
Quel moyen possédons-nous pour juger de l'état de préparation d'un individu
et à fortiori de celui de tout un peuple ? Les entretiens préalables faits
par les évêques donnent en priorité des indications sur l'état de dignité de
la personne, très peu sur son état de préparation ;
3)
Si l’on observe l'histoire des Noirs dans l'Église, on peut facilement
trouver des situations montrant une grande foi en Afrique, au Brésil, aux
États-Unis et ailleurs, des expériences qui serviront d'exemples pendant des
générations. Peut-on affirmer sérieusement qu'un peuple qui a organisé de
lui-même des congrégations se réclamant de l'Église - sans aucune autorité
ni autorisation, sans aucun baptême, uniquement en lisant le Livre de Mormon
- n'était pas préparé ? Peut-on dire qu'ils n'étaient pas prêts quand ils se
convertissaient alors même qu’ils savaient qu’ils ne recevraient pas toutes
les bénédictions qui sont à la portée des membres de l’Église ? Que dire de
ces Noirs que l'on suppose non préparés mais parmi lesquels l'Église
progresse de manière extraordinaire pendant que sur le continent européen
tel peuple n'a qu'une progression lente et difficile ?
4)
Le Seigneur ne nous envoie pas d’épreuve qui soit au-dessus de nos forces.
Cela implique-t-il que seuls les Noirs étaient capables de supporter
celle-là, et que par conséquent ils étaient davantage prêts que les Blancs ?
Une fois de plus nous ne savons pas, et ne pouvons rien savoir sur l'état de
préparation d'un peuple quel qu'il soit.
Arguments d'ordre social
Examinons à présent les arguments fondés sur la situation sociale ou
politique des Noirs. Ces arguments sont souvent utilisés par des groupes
opposés à l'Église, ou par tous ceux qui n'ont pas étudié la question mais
relayent par ignorance des rumeurs glanées ici et là.
L'argument du racisme
Nombreux sont ceux qui pensent que la restriction de la prêtrise était une
manifestation de racisme. Ils avancent toutes sortes de preuves, notamment
en citant des déclarations tronquées des dirigeants de l'Église. Certains
vont jusqu'à suggérer que les Écritures modernes seraient racistes.
Répondre en détail à tous ces arguments serait fastidieux. Nous proposons
ici des principes ou des faits qui peuvent nous aider à ne pas nous
méprendre :
1)
Le racisme est une théorie selon laquelle une classe d'êtres humains est
inférieure aux autres et par conséquent n'a que peu de droits. Nous le
redisons haut et fort : Aucune doctrine de l'Église n'enseigne une idée
pareille et aucun dirigeant ne l'a jamais fait. Toute affirmation contraire
est fantaisiste, mensongère et n’a d’autre objectif que de nuire à l'Église.
2)
Il n'y a aucun passage raciste dans les Écritures anciennes ou modernes. Il
s’y trouve cependant des situations de « discrimination ». Discriminer veut
dire distinguer, choisir. Toute notre vie est faite de discriminations :
nous choisissons chaque jour nos vêtements, nos repas, notre journal ou nos
loisirs, et nous espérons que vous avez choisi votre conjoint. En
mathématiques par exemple, le calcul du discriminant permet de choisir les
solutions appropriées d'une équation du second degré.
Pourquoi Dieu n'aurait-il pas le droit de choisir ses serviteurs, ses lois,
son peuple, son temps pour accomplir ceci ou cela ? Dieu fait de la
discrimination dans le sens où il choisit. Mais à aucun moment cette
discrimination n'est raciale. D'autre part être « choisi » par Dieu ne nous
met pas à l'abri de sa colère : l'histoire du peuple d'Israël le montre. À
l'inverse, être « maudit » n'exclut pas sa miséricorde : la ville de Ninive,
condamnée à la destruction a été graciée suite à un repentir sincère.
3)
L'interdiction de la prêtrise dépendait du lignage et non de la couleur de
peau. Certains Blancs au Brésil ne pouvaient prétendre à la prêtrise alors
que certains Noirs (en Mélanésie, aux Philippines et à Fiji) y ont toujours
eu droit.
4)
Les mormons ont été persécutés parce qu'ils étaient abolitionnistes. En
1833, suite à un éditorial de W.W. Phelps, Free People of Color
(Libérer les gens de couleur, voir History of the Church, vol. 1,
p.377-79), les habitants du Missouri réagissent par The Manifesto of the
Mob (Le manifeste de la foule, voir History of the Church, vol. 1, p.
374-376) qui réclame la chasse aux mormons. On peut y lire : « Ils ont
l’intention de nous infliger une blessure qu'ils savent nous être
entièrement insupportable ». Ainsi, ceux qui hier accusaient l'Église de
soutenir les Noirs l'accusent aujourd'hui d'être ou d'avoir été raciste !
Cette tactique est commune aux extrémistes de tout bord : Désinformer la
population sur un sujet sensible. C’est ainsi que L'Église a été accusée
d'être abolitionniste dès son organisation, raciste dans les années 1960,
antiféministe dans les années 1970, de promouvoir les abus sexuels dans les
années 1980, d’être sexiste dans les années 1990, et enfin homophobe dans
les années 2000. Quel sera le prochain angle d’attaque ?
5)
Certains anti-mormons utilisent les déclarations de dirigeants de l'Église
de façon perverse. Une citation n'est valable que si elle est complète et
placée dans son contexte. Devant une citation quelconque, nous devrions nous
demander : La citation est-elle complète ? Qui en est l’auteur ? Quand
a-t-il dit ou écrit cela ? Dans quel contexte ? Quels sont les termes exacts
employés ? Parlait-il au nom de l'Église ou à titre personnel ?
L'argument de l'erreur des dirigeants de l'Église
Il
y a des gens qui pensent que la restriction de la prêtrise était une erreur
des dirigeants, en particulier de Brigham Young et de ses successeurs qui
auraient mal interprété les paroles de Joseph Smith. Ils se basent sur le
fait que Joseph Smith lui-même a ordonné un Noir et en a laissé ordonner au
moins deux autres. D’autres prétendent que Joseph Smith ne voulait interdire
la prêtrise qu'aux esclaves mais pas aux autres Noirs.
Cet argument parait difficile à rejeter parce que Joseph Smith n'a laissé
aucun écrit sur ce sujet. Cependant, des éléments doivent être pris en
compte :
1)
Joseph Smith a traduit le Livre de Moïse et le Livre d'Abraham. Il a donc
été le premier informé de cette restriction. Nous savons qu’il l’a suggérée,
car sept témoins directs l'ont affirmé, mais il est mort avant d'en recevoir
la révélation de manière officielle.
Rappelons comment travaillait le prophète Joseph : Chaque fois qu'il
s’interrogeait sur un point de doctrine il l'étudiait dans un esprit de
prière. Si besoin, il interrogeait directement le Seigneur. Cette démarche
est en accord avec les Écritures modernes où le Seigneur dit : « Tu as pensé
que je te le donnerais... mais voici, je te dis que tu dois l'étudier dans
ton esprit ; alors tu dois me demander si c'est juste » (D&A 9:7-8). D'autre
part le Seigneur enseigne les hommes peu à peu, en révélant « ligne sur
ligne, précepte sur précepte, un peu ici, un peu là » (2 Néphi 28:30 ; D&A
98:12 ; 128:21).
2)
Il est très probable que ce soit Brigham Young qui ait eu la révélation de
l'interdiction, ce qui expliquerait pourquoi il l'a appliquée. En effet, il
a déclaré en 1852 que cette interdiction venait de Dieu, qu'aucun homme n'y
pouvait rien et qu'un jour viendra où elle sera levée. De cette citation
nous pouvons en conclure que :
• L'origine de la restriction de la prêtrise est une révélation pressentie
par Joseph Smith mais probablement reçue par Brigham Young, même si on ne la
retrouve pas de manière explicite dans les ouvrages canoniques de l'Église ;
•
Dès lors que c'était un décret du Seigneur, lui seul pouvait l’abroger ;
•
Dès le commencement, le Seigneur a promis que le temps viendrait où tous les
hommes dignes pourront recevoir la prêtrise.
L'argument de l'influence de l'esclavage
Certaines personnes ont avancé l'idée que l'interdiction de la prêtrise aux
Noirs était une façon pour l'Église de se conformer à l’opinion publique à
propos de l'esclavage en vigueur à l'époque. Quelques personnes vont jusqu'à
affirmer que ce sont ceux qui parmi les mormons étaient esclavagistes, comme
Abraham Smoot, qui ont fortement influencé les dirigeants de l’Église.
D'autres affirment que si un esclave avait détenu la prêtrise, il n'aurait
pas pu la magnifier librement à cause de sa dépendance envers son maître.
Cet argument subtil est facilement réfutable lorsque l’on se penche sur
l'histoire du peuple noir américain :
•
De nombreux discours, déclarations et publications de tout genre montrent
sans équivoque que l'Église était contre l'esclavagisme. Joseph Smith a
proposé entre autre un plan social qui consistait à vendre des terres pour
libérer des esclaves avec l'argent ainsi récolté. Un jour il a fait vendre
son cheval personnel pour libérer un esclave noir (voir Young Womens
Journal, p. 538).
•
L'historien Larry R. Gerlach déclare dans son livre, Blazing Crosses :
« Le grand obstacle au développement du Ku Klux Klan en Utah était l'Église
mormone » (p. 24-36). Cela est confirmé par de nombreux articles des
journaux d'Utah qui livrent à l'époque une guerre sans merci à cette
organisation. On peut y lire des expressions comme « sortir et détruire ces
combinaisons secrètes » (Millennial Star, vol. 31, p. 344-348), « une
insulte et une menace pour l'ordre public », « la peste du KKK, un virus qui
attriste la liberté » (Deseret News). Le KKK répliquera en
déclarant : « En Utah nous avons un ennemi subtil et rusé, l'Église de
Jésus-Christ des saints des derniers jours » (Knights of the KKK, 1923,
p.112-113) et en commettant 6 assassinats de missionnaires et de membres de
l'Église ;
•
Il y avait peu d'esclavagistes dans l'Église, et ils possédaient peu
d'esclaves (Abraham Smoot en avait deux). Un recensement effectué en 1860
(voir freepages.genealogy.rootsweb.com) montre qu'il y avait 29 esclaves
noirs à l'époque en Utah tandis qu'à la même époque, dans le reste des
États-Unis, 3 950 546 esclaves noirs appartenaient à 393 975
Blancs (25 000
méthodistes détenaient 208 000 esclaves). La présence d'esclaves noirs ne
pouvait donc pas être un facteur déterminant dans les décisions de
l'Église ;
•
Dans sa façon de traiter les esclaves, la communauté mormone se situait
au-dessus de la moyenne. C'est ainsi que quand l'esclavage sera légalisé en
Utah, le niveau des dispositions prévues quant à l’éducation et au
traitement des esclaves ne se retrouvera dans aucun autre État. D’autre
part, l'unité de l'Église ne sera jamais remise en cause par les problèmes
posés par l'esclavage, alors que les Églises méthodiste (en 1843 et 1844),
baptiste (en 1838 et 1848) et presbytérienne (en 1861) connaîtront des
schismes causés par des querelles sur la ségrégation raciale et
l'esclavagisme au sein même de leurs congrégations (voir Black LDS Hislory,
sur fairlds.org).
•
Ce n’est pas parce que le poids social et économique des esclaves en Utah a
été trop négligeable pour motiver une restriction de la prêtrise que les
dirigeants de l’Église, Brigham Young en particulier, n’ont pas pensé aux
dimensions de l’esclavage hors d’Utah. Mais même dans ce cas, il est
important de noter la démarche qu'ils ont adoptée : ont-ils pris une
décision personnelle ou ont-ils consulté le Seigneur ? La réalité historique
vérifiable nous amène à admettre qu'ils ont constamment recherché
l'inspiration divine et se sont soumis à la volonté du Père éternel.
L'argument de la pression sociale extérieure
Un
autre argument avancé est celui qui prétend que les dirigeants de l'Église
ont donné la prêtrise aux Noirs à cause de la pression sociopolitique, en
particulier la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis.
Mais une petite étude de l'histoire des États-Unis montre rapidement que cet
argument ne tient pas :
•
Le 1e décembre 1955, Rosa Parks, une Noire de 43 ans refuse de céder sa
place dans le bus à un Blanc. Son arrestation par la police va déclencher
une grève qui va s'amplifier. On voit alors apparaître un jeune pasteur noir
inconnu de 26 ans, Martin Luther King, qui prend la tête d'un mouvement
pacifique qui devient national. Ce mouvement réclame des droits civiques
pour les Noirs. On voit aussi apparaître des mouvements violents comme les
Black Panthers. En 1964 le Civil Rights Act est adopté, puis
ratifié par le congrès en 1965 : La ségrégation est officiellement abolie.
•
C'est à cette époque que l'Église subit une extrême pression de
l’extérieur : Articles hostiles dans les journaux, manifestations devant le
siège de l'Église, boycott des équipes sportives de BYU (la Brigham Young
University, patronnée par l'Église). Les dirigeants répondent
systématiquement de la même manière : a) L'Église est et a toujours été
contre le racisme ; b) La prêtrise n'est pas une affaire de droits civiques
mais de Dieu ; c) Le temps viendra où cette restriction sera levée, mais
cela ne dépend pas des humains. On voit bien que les autorités de l'Église
sont toujours restées fidèles aux principes qu'ils défendent et n'ont jamais
cédé.
•
Quand la révélation est donnée en 1978, soit 15 ans plus tard, le débat sur
les droits civiques est déjà clos et les attaques menées par les
anti-mormons se sont depuis un certain temps déplacées sur d'autres sujets,
en particulier le non-féminisme. Nous pouvons remarquer que les accusations
de racisme réapparaissent aujourd'hui, notamment en Europe, au moment où le
continent africain s'ouvre au mormonisme de manière spectaculaire. Nous
sommes alors tentés de nous demander à qui profite une telle diffamation,
surtout quand on connaît l'importance de la diaspora africaine en France.
Cette liste d'arguments avancés pour tenter de défendre ou d'attaquer
l'Église n'est pas exhaustive, cependant elle
rassemble les thèses les plus
souvent rencontrées.
En
résumé, les idées qui se dégagent peuvent être regroupées en 3 catégories :
Ce qui est sûr et certain
•
Dieu a fait et continue de faire des choix selon sa sagesse pour le bien de
l'humanité ; depuis le commencement, il a choisi des hommes (Abraham, Isaac,
Jacob, Moïse, etc.), un peuple (Israël) et une tribu (les Lévites) pour
détenir sa sainte prêtrise. Il enseigne l'homme ligne sur ligne, précepte
sur précepte.
•
De même qu'il bénit, il peut « maudire » des gens ou des peuples selon des
règles et des conditions que lui seul détermine.
• L'interdiction de la prêtrise à notre époque n'était pas liée à la couleur
de la peau, mais au lignage.
•
Cette interdiction venait d'une révélation. Brigham Young l'a affirmé
clairement tout en combattant des théories non fondées qui tentaient de la
justifier.
•
La fin de l'interdiction de la prêtrise n'est pas due à cause humaine : les
autorités de l'Église ont vécu une expérience hautement spirituelle.
Ce qui est moins sûr
•
L'origine exacte de la restriction de la prêtrise à notre époque reste
difficile à déterminer. Joseph Smith l'aurait suggérée mais ne l'a pas
appliquée. Les raisons pour lesquelles Joseph Smith a ordonné ou permis
d'ordonner des Noirs ne sont pas connues. Certaines déclarations du prophète
affirment sans équivoque que la vie de ces Noirs présentait une droiture et
une foi au-dessus de la moyenne. Si John Taylor a ratifié la restriction
officiellement en 1879, elle était déjà pratiquée par Brigham Young. C'est
donc probablement ce dernier qui en a eu la révélation, ou tout au moins la
confirmation de ce que Joseph Smith aurait entrevu.
Ce que nous ignorons
totalement
•
Nous savons qu'il y a eu une préexistence, mais nous ne savons pas du tout
quels en sont les impacts dans cette vie terrestre. Nous ne pouvons pas
mesurer non plus le degré de préparation d'une personne pour accomplir sa
mission sur terre, ni celui de tout un peuple.
•
Le Seigneur ne justifie jamais ses choix, mais exige l'obéissance. Ainsi,
quand il établit une alliance il en fixe lui-même les conditions mais ne dit
pas pourquoi ces conditions et pas d’autres.
•
Bien que la restriction ait été commandée par le Seigneur, il n’en a pas révélé
les raisons.
Le défi spirituel
Réactions observées
Les réactions face à la restriction de la prêtrise sont diverses. Nous avons
constaté que cette réaction dépendait du niveau de connaissance et de
compréhension des uns et des autres. La plupart du temps les connaissances,
quand elles existent, sont superficielles, ce qui nuit à la compréhension.
Certains membres de l’Église pensent que « c'est du passé » et qu'il faut
« oublier cela ». Cette attitude n'aide pas les futurs membres sincères ou
les nouveaux membres de l’Église, ni ceux qui entretiennent de telles
pensées. Est-il bien raisonnable de répondre : « Ne vous souciez pas de
cela. Assistez aux réunions, renforcez votre témoignage et vous serez
bénis ». Si tel est le cas, ce sont les sites Internet anti-mormons qui se
chargeront de donner des réponses à leurs questions.
Souvent les missionnaires sont pris au dépourvu. La plupart sont très jeunes
et n'ont pas étudié ces événements. Depuis la révélation de 1978, la
restriction de la prêtrise n'est plus d’actualité. En général, face aux
personnes qui les critiquent à ce sujet, les missionnaires s'appuient sur
leur témoignage et l'aide de l'Esprit.
D’autre part, des membres de l’Église craignent d'être considérés comme
racistes. Ils n'osent pas répondre aux questions sur la restriction, ou bien
ne répondent rien de fondé. Les conséquences de cela sont
désastreuses lorsqu’un Noir nouvellement baptisé ou futur membre s’éloigne
de l’Église, non à cause de l’ancienne restriction, mais parce qu'il sent
qu’on lui cache quelque chose.
D’autres personnes pensent que la restriction a été une erreur des
dirigeants de l’Église et que les dirigeants actuels devraient présenter des
excuses au peuple noir. Ils peuvent avoir un sentiment de culpabilité ou
d'injustice. Les anti-mormons se chargent avec zèle de véhiculer ces
sentiments. Mais une opinion même très répandue n'est pas nécessairement la
vérité. La vérité ne dépend pas de sa popularité, seulement de sa nature
propre.
Le
cas le plus dramatique, heureusement exceptionnel, est celui du membre de
l’Église qui utilise cette ancienne restriction pour vexer des Noirs. Ce
genre d’individu a généralement des difficultés personnelles : complexes
divers, jalousie, problèmes de dignité, etc. Il choisit un Noir, un récent
converti, comme bouc émissaire et lui déclare sans ménagement quelque chose
du style : « Les Noirs sont des gens inférieurs, la preuve : même l'Église
ne leur a donné la prêtrise qu'en 1978 ». Ou : « C'est à cause de vos
iniquités que vous êtes Noirs et que vous n'avez pas eu droit à la prêtrise
pendant longtemps ». À ce genre de personne, nous voulons rappeler ce que
Brigham Young a déclaré : « Les Noirs doivent être traités comme des
humains... Pour avoir maltraité des Noirs, les Blancs seront maudits à moins
qu'ils ne se repentent » (Journal of Discourses, vol. 10, p. 111). Il a
également déclaré : « Les hommes seront jugés sur la manière dont ils auront
traité les Noirs. » (Journal of Discourses, vol. 10, p. 250)
La
grande majorité des membres de l’Église accepte la doctrine de l'Église. Ils
acceptent que Caïn a été maudit et qu’il en a résulté l’interdiction de la
prêtrise aux Noirs, même si les détails sont flous dans leur esprit. Pour
eux, cette restriction vient de Dieu. Par conséquent, ils acceptent la
Déclaration n° 2 qui fait suite à la révélation de 1978 et ne se posent pas
de questions. Ils constituent la très grande majorité des membres de
l’Église. Ils sont fidèles et entretiennent de bonnes relations avec les
Noirs.
Certains membres de l’Église, parmi cette grande majorité qui accepte la
doctrine de l’Église, pensent que la restriction faite aux Noirs devrait
être mieux comprise. Pour eux, cependant, la foi et l'obéissance doivent
dominer leur soif de compréhension, et leur connaissance doit être acquise
sous l'influence du Saint-Esprit. Utilisée humblement, cette connaissance
peut alors les aider à progresser. Ces personnes s'informent et possèdent
souvent une documentation sur le sujet. Ils n'hésitent pas à venir en aide à
tous ceux qui doivent faire front à cette question.
Acquérir une nouvelle dimension spirituelle
Rôle de
la révélation dans l'Église
L'une des particularités de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers
jours est la révélation continue. Pour toutes les autres Églises
chrétiennes, Dieu a parlé et toute sa parole est contenue la Bible. Selon
l'Évangile rétabli, Dieu parle encore aux hommes. « Nous croyons tout ce que
Dieu a révélé, tout ce qu'il révèle maintenant, et nous croyons qu'il
révélera encore beaucoup de choses grandes et importantes. » (9ème
article de foi)
La
révélation est la communication de Dieu avec ses enfants. Elle est donnée
par la lumière du Christ et par le Saint-Esprit. Toute personne qui le
désire avec foi peut recevoir la révélation personnelle. La révélation peut
aussi avoir une portée collective. Ainsi la Première Présidence et le
Collège des Douze reçoivent des révélations pour l'Église et pour le monde.
Seul le président de l'Église détient toutes les clés de la prêtrise et peut
parler au nom de l’Église. Précisons que :
•
N’est considéré comme position officielle de l'Église que ce qui est annoncé
comme tel par le président de l'Église ou une autorité agissant sous sa
direction ;
•
Chaque membre de l’Église doit rechercher l'inspiration du Saint-Esprit pour
acquérir la meilleure compréhension possible des textes approuvés par les
autorités ;
Une
épreuve pour progresser
Plutôt que d'essayer de comprendre le pourquoi de la restriction de la
prêtrise, cherchons quelles leçons chacun peut en tirer et comment il peut
les appliquer à sa vie. L'essentiel des leçons que nous pouvons tirer de ces
événements est la nécessité d'apprendre l'humilité.
L'orgueil des Blancs a poussé certains de leurs frères noirs à s’éloigner de
l'Église. C’est pourquoi nous voulons rappeler quelques mises en garde
faites par les prophètes anciens et modernes :
Le
président Kimball en 1972 : « L'intolérance exercée par certains membres de
l'Église est ignoble. Il y a un problème particulier envers les Noirs. Des
membres de l'Église justifient leur conduite anti-chrétienne envers les
Noirs par l'interdiction de la prêtrise. Cette règle vient de Dieu, elle n'a
pas été faite pour que nous ajoutions des fardeaux sur les épaules de nos
frères noirs. » (The Teachings of Spencer W. Kimball, Deseret Book, 1982)
Dans le Livre de Mormon :
« Les Lamanites, vos frères que vous haïssez à cause... de la malédiction
qui est tombée sur leur peau, sont plus justes que vous... et leur peau sera
plus blanche que la vôtre... devant le trône de Dieu. » (Jacob 3:5-8)
« En récompense de leur orgueil et de leur folie, ils récolteront la
destruction ; car ils cèdent au diable. » (2 Néphi 26:10)
« …qui se moque de son frère ? Malheur à un tel homme... et le moment est
proche où il doit se repentir. » (Alma 5:30-31)
Voir également Hélaman 11:37 ; Moroni 8:27 ; Alma 5:28.
D’un autre côté, l'orgueil des Noirs qui n'ont pas supporté certaines
paroles les a privés de nombreuses bénédictions. Nous comprenons
parfaitement leur peine. Souvenons-nous des paroles du Seigneur au prophète
Joseph Smith alors emprisonné injustement :
« Si tu es en péril parmi de faux frères... si tu es victime de toutes
sortes d'accusations... sache mon fils que toutes ces choses te donneront de
l'expérience… Le Fils de l'Homme est descendu plus bas que tout cela. Es-tu
plus grand que lui ? Maintiens-toi donc sur ta route et la prêtrise restera
avec toi… » (D&A 122:5-9)
Les Écritures enseignent également :
« Avez-vous été suffisamment humbles ? ...Êtes-vous dépouillés de
l'orgueil ? Si vous ne l'êtes pas vous n'êtes pas préparés à rencontrer
Dieu. » (Alma 5:27-28)
« Nous espérons tout, nous avons supporté beaucoup et nous espérons être
capables de supporter tout. Nous recherchons tout ce qui est vertueux ou
aimable… » (13ème article de foi)
«
Un homme violent excite des querelles, mais celui qui est lent à la colère
apaise les disputes. » (Proverbes 15:18)
Voir également D&A 121:41 ; 1 Pierre 3:4 ; Galates 5:22-23
Et
voici les paroles du Maître : « Si quelqu'un te frappe sur la joue droite,
présente-lui aussi l'autre. » (Matthieu 5:39)
Mieux
rechercher l'Esprit
La
compréhension des choses spirituelles n'est possible que si l'on recherche
réellement l'Esprit et non une simple accumulation de connaissances. La
restriction de la prêtrise a été et sera encore un certain temps un
véritable défi spirituel. L'étude que nous avons menée nous a permis de nous
rendre compte que notre compréhension de ce sujet dépend beaucoup de notre
don de discernement. Ce don vient de l'Esprit : Nous ne pouvons l'acquérir
que par l'Esprit, ce qui demande du travail sur soi et beaucoup d'humilité.
La
communication avec notre Père céleste est un exercice qui n'est pas si
simple. Nous avons un langage terrestre limité et imparfait. Notre Père a un
langage céleste éternel et parfait. Toutes nos pensées s'appuient sur des
supports matériels ; les concepts du Père sont purement spirituels. Pour
illustrer cela, voici un petit exemple. Dans la Genèse (1:29-30) on peut
lire : « Je vous donne toute herbe... et tout arbre fruitier : ce
sera votre nourriture. À tout animal, à tout oiseau... je donne
toute herbe verte pour nourriture » (italiques ajoutés). Selon ce
passage de l’Écriture, toute herbe est donnée à la fois aux humains
et aux animaux pour nourriture. Pourtant, nous ne mangeons pas
toute herbe (pas de gazon, par exemple) et certains animaux non plus
(comme par exemple le tigre et le lion).
Questions soulevées
La
richesse des Écritures saintes est telle que chaque fois que nous accédons à
une connaissance, de nouvelles questions sont soulevées. Ce sont ces
nouvelles questions qui entretiennent notre curiosité spirituelle et nous
permettent de progresser. Cette étude nous a permis de nous poser des
questions. En voici quelques-unes suivies non pas de leur réponse mais de
pistes de réflexion.
Malédictions et bénédictions
L'une des questions de fond est la notion de malédiction et de bénédiction.
Qu'est-ce, au juste, qu'une malédiction ? Et qu'est ce qu'une bénédiction ?
La réponse n'est pas simple. Référons-nous aux Écritures : Après la chute
d'Adam on constate une pluie de « malédictions » (Genèse 3) :
•
La grossesse et l'accouchement dans la douleur seraient une malédiction.
Pourtant, c'est une bénédiction de transmettre la vie, et toutes les femmes
y aspirent ;
•
Les désirs d'une femme la porteront vers son mari mais il dominera sur elle.
Est-ce un malheur ? Désirer un mari conduit souvent au bonheur ;
•
Le sol est maudit, mais nous sommes appelés à le posséder et le dominer ;
•
Le travail est-il une malédiction ? Pouvoir manger à la sueur de son front
est une bénédiction.
Dans les Écritures, il est courant que l'Éternel maudisse tel ou tel peuple,
mais la plupart du temps nous ne nous demandons pas pour quelle raison, dans
quelles circonstances et, plus important encore, dans quelles conditions
cette malédiction sera levée.
« Nous croyons que les hommes seront punis pour leurs propres péchés » (2ème
article de foi). Dès lors, pourquoi une malédiction ou une bénédiction
serait-elle héréditaire ? Et dans quelles conditions ? La dignité
personnelle est à prendre en compte. Par exemple Ruth, issue d'un peuple
maudit, deviendra l’une des ancêtres du Christ. Pharaon, maudit quant à la
prêtrise, sera un homme juste et recevra les bénédictions de la terre et de
la sagesse (Abraham 1:26).
La
véritable malédiction, c'est d'être privé de l'Esprit et de la lumière.
Cette privation conduit à une certaine solitude. Ainsi Satan et ses anges
ont été précipités des cieux, Adam et Ève ont été chassés du jardin d'Éden,
et Caïn a été condamné à errer. Plus tard le peuple d'Israël devra pendant
40 ans tourner en rond dans le désert. Certains de nos actes peuvent nous
conduire à un isolement spirituel ; nous sommes alors prisonniers de ce que
les Écritures appellent un abîme sombre (voir Mosiah 27:29).
Vie
pré-mortelle et préordination
Nous savons très peu de choses sur notre vie précédente en tant qu'esprits.
Tout ce qui s'y est passé a une dimension spirituelle qui nous est
inaccessible. Par conséquent toutes les notions qui y sont rattachées, comme
la préordination, la préparation, etc. ne peuvent pas être comprises par une
simple extrapolation de notre condition mortelle. Ce sont des notions
parfaites et éternelles que nous traitons avec un langage imparfait et
mortel.
Imaginer un seul instant que nos conditions de naissance sont une récompense
ou une punition de notre vie prémortelle revient à transcrire en notion
matérielle et limitée des concepts hautement spirituels et éternels.
La
seule conclusion acceptable est que les cieux sont une maison d'ordre. Et
cet ordre a existé dans la vie prémortelle. Pour apprendre par expérience
nous devons essayer de rétablir cet ordre sur terre par notre obéissance aux
commandements. La diversité des êtres humains est un élément qui fait partie
de cet ordre. Elle constitue la richesse culturelle et émotionnelle de ce
monde. Le Seigneur nous a commandé d'être de bons intendants de tout ce
qu'il a placé sur la terre : la diversité de l'homme est un bien à
sauvegarder.
Les
mentions de la peau noire dans les Écritures
À
cause de notre sensibilité humaine, la question de la peau noire est un
sujet de crainte. Le racisme étant une chose odieuse nous avons peur d'en
être victimes ou auteurs. Lorsque nous rejetons cette notion qui vient du
diable, cela prouve que la lumière du Christ brille dans notre cœur.
L'examen des Écritures soulève des interrogations qui peuvent, grâce à
l'Esprit, nous permettre de progresser dans l'acceptation de notre prochain.
La
peau noire est elle un signe d'iniquité ? Quelle est sa véritable
signification ? L'analyse de l'utilisation des allusions à la peau noire
dans les Écritures conduit à des constatations surprenantes. Que ce soit
dans la Bible ou dans le Livre de Mormon, les expressions liées à la peau
noire sont plus métaphoriques que physiques :
•
On lit dans Daniel 12:10 : « Beaucoup seront purifiés, blanchis et épurés ».
Peut-on en conclure que les juifs étaient noirs et allaient devenir blancs ?
Jérémie se lamente en ces termes : « La faute de la fille de mon peuple est
grande... ses princes étaient plus purs que la neige, plus blancs que le
lait. Leur aspect est devenu plus sombre que le noir » (Lamentations 4:7-8).
Les Juifs sont-ils pour autant devenus des Noirs ?
•
Plus étonnant encore ce passage : « Cessez de faire le mal... apprenez à
faire le bien... si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront
blancs comme la neige » (Ésaïe 1:16-18). On n'imagine pas un péché blanc et
un autre noir, mais la forme métaphorique prend ici toute sa dimension
spirituelle.
•
Dans le Livre de Mormon le terme Lamanites semble lié à la peau noire, et
Néphites à la peau blanche. Mais ils sont utilisés principalement pour une
distinction politique (Mormon 1:8-9), militaire (Alma 43:4), religieuse (4
Néphi 1:38-41) et culturelle (Alma 3:10-11). On retrouve souvent des
Lamanites qui deviennent Néphites et des Néphites qui deviennent Lamanites.
Est-ce à dire que leur peau change de couleur au rythme des fluctuations
politiques ou militaires ?
•
Les Écritures montrent un mélange racial parfois complexe, comme dans Alma,
chapitre 35. Une partie des Zoramites en colère se joint aux Lamanites, et
une autre aux Néphites. Ces Néphites auxquels ils se joignent sont plus
précisément des Ammonites devenus Néphites. Or les Ammonites étaient
eux-mêmes des Lamanites convertis par Ammon dans le pays d'Ismaël. Autre
exemple dans Hélaman 6:1-14. On voit ici les deux peuples se mélanger
intimement au point qu'on a des « Lamanites justes » et des « Néphites
méchants » ; les deux peuples prospèrent ensemble pendant quelques années ;
•
Un examen plus poussé du Livre de Mormon montre que l'expression « peau
blanche » est associée à « peuple agréable » et « séduisant » tandis que
l’expression « peau noire » est souvent accompagnée des termes « repoussant »,
« indolent », « malfaisant ». Quand Mormon prie pour « qu'ils soient un peuple
agréable », devons-nous en déduire que le peuple à ce moment-là a la peau
noire ? Là est la richesse des Écritures : Elles contiennent un sens caché
qu'il nous appartient de rechercher.
•
Dans Alma, au chapitre 3, les Néphites qui suivent les Lamanites sont
assimilés à ces derniers, tandis que les Lamanites qui se convertissent
deviennent Néphites (versets 4-12). Les Amlicites se distinguent des
Néphites, non par leur peau noire mais par une tache rouge qu'ils se font
eux-mêmes sur le front. En faisant cela ils réalisent la malédiction
prononcée précédemment par Dieu - une marque – contre ceux qui n'obéiraient
pas à ses commandements se mêlant aux rebelles (versets 13-19). Il est
évident que leur peau ne change pas de couleur, bien que la prophétie se
réalise. Ce sont les individus qui se marquent eux-mêmes. Ce passage semble
enseigner que ce n'est pas Dieu qui nous marque, mais notre propre iniquité.
À
la lumière des Écritures, la couleur de la peau doit souvent être considérée
comme une métaphore, et non être prise à la lettre, à quelques exceptions
près. Elle représente alors un état d'esprit, un art de vivre et surtout un
état spirituel.
Conclusion
L'analyse de la restriction de la prêtrise nous a permis de constater à quel
point nos limitations terrestres peuvent polluer notre compréhension des
choses spirituelles. Notre compréhension peut s'améliorer si l'on se
souvient des principes fondamentaux de l'Évangile et si l'on recherche
l'Esprit, sans jamais regarder au-delà du point marqué. Quelques principes
élémentaires doivent nous guider :
•
Nous sommes tous des enfants de notre Père céleste. Il nous aime tous sans
distinction de race, de culture ou de religion. La diversité des êtres
humains n'est pas le résultat d'une vie antérieure. C'est une volonté de
notre Père, un élément parmi tant d'autres pour embellir la terre, une
occasion pour nous d'apprendre l'amour pur du Christ en essayant d'aimer
ceux qui sont différents de nous.
•
L'Éternel fait des choix selon sa sagesse infinie. Il a accordé la prêtrise
à tous les hommes dignes de manière progressive. D'abord à quelques
patriarches, puis à une partie de son peuple Israël, ensuite progressivement
aux Gentils. Pour cela il a manifesté sa volonté de tout temps aux hommes
par l'intermédiaire de prophètes anciens et modernes.
•
Depuis le Rétablissement nous avons eu en continu des prophètes vivants sur
la terre. Ils ont toujours recherché et proclamé la volonté de Dieu. Nous
croyons fermement que la restriction de la prêtrise a été établie et abrogée
par décret divin révélé aux prophètes anciens et modernes.
•
Notre intelligence et notre langage sont imparfaits et limités. Nous devons
rechercher l'inspiration du Saint-Esprit pour mieux comprendre des concepts
parfaits et éternels. La connaissance acquise doit servir et non asservir.
Pourquoi les Noirs devraient-ils se joindre à l'Église de Jésus-Christ des
saints des deniers jours ? Pourquoi ceux qui en sont membres devraient
rester fidèles malgré ce qui peut leur sembler comme une injustice ?
Pourquoi devraient-ils rester fidèles malgré les imperfections des membres
de l’Église ?
La
première raison est que quelles que soient ses origines culturelles,
sociales ou nationales, tout homme qui recherche la vérité la trouve dans
l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Il peut l'acquérir
par le témoignage du Saint-Esprit s'il demande à Dieu. « Si quelqu'un
d'entre vous manque de sagesse, qu'il demande à Dieu qui donne à tous
libéralement et sans faire de reproche, et elle lui sera donnée. Mais qu'il
demande avec foi sans douter » (Jacques 1:5-6). S'il le fait, il saura par
lui-même qu’il s’agit de la véritable Église de notre Seigneur Jésus-Christ.
La
seconde raison vient de tout ce que cette Église offre à chaque être humain.
Tout en nous aidant à nous préparer une place dans le royaume céleste après
notre vie, elle nous donne les moyens de mener une vie terrestre pleine de
vrai bonheur. En particulier elle permet aux familles d'être unies dans ce
monde et pour l'éternité. Chaque membre de l’Église a la possibilité
d'exploiter le potentiel divin qu'il possède de par sa nature : « Dieu créa
l'homme à son image, homme et femme il les créa » (Genèse 1:27). Plus qu'une
simple religion, le mormonisme est un art de vivre des principes élevés et
éternels qui élèvent l'homme.
L'Église de Jésus-Christ a été rétablie sur terre dans le but de rassembler
les élus. « Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils
rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux
jusqu'à l'autre » (Matthieu 24:31). Et qui sont ces élus ? Le Seigneur
précise dans la révélation moderne : « Je rassemblerai mes élus des quatre
coins de la terre oui, tous ceux qui croiront en moi et écouteront ma voix »
(D&A 33:6).
Les élus sont ceux qui écoutent les paroles du Seigneur en suivant les
recommandations des prophètes et persévèrent jusqu'à la fin.
Annexes
ANNEXE 1 :
RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE DES NOIRS AMÉRICAINS
|
Dans l'Église |
Dans le reste des
États-Unis |
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|
1816 : L'African Methodist Episcopal Church (A.M.E) est fondée |
|
1820 : La Première Vision |
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|
1821 : Suite à l'activisme de l'A.M.E, des esclaves noirs sont renvoyés
en Afrique ; ils y fondent l'État du Libéria. Thomas Jennings invente le
nettoyage à sec |
|
1830 : Le 6 avril, organisation de l'Église de Jésus-Christ des saints
des derniers jours |
|
|
|
1831 : Révolte de Nat Turner (esclave noir et pasteur). II lève une
bande de 60 esclaves et massacre des Blancs. Il est capturé et pendu.
Une loi interdisant aux Noirs de prêcher dans une église est votée. |
|
1832 : Baptême de Elijah Abel par Ezekiel Roberts |
|
|
1833 : W.W Phelps publie son article « Free People of
Color ».
Les habitants du Missouri réagissent en publiant « The Manifesto » et en
chassant les saints de leurs terres |
|
|
1836 : Elijah Abel est ordonné ancien par Joseph Smith en mars, puis
soixante-dix par Zebedee Coltrin en décembre |
|
|
|
1839 : Mutinerie à bord du bateau négrier l'Amistead, menée par
Singbe-Pi (Cinque). Le pape Grégoire XVI condamne l'esclavagisme |
|
|
1841 : L'Église baptiste affirme que l'esclavage se justifie
bibliquement (The Encyclopia of American Reliqions, vol. 2, p. 5) |
|
1842 : Joseph Smith écrit que les esclaves des mormons devraient être
libérés, et que l'esclavagisme fait bouillir son sang |
|
|
1843 : Joseph Smith enseigne que les Noirs ont une âme |
1843 : Des membres de la Methodist Episcopal Church quittent leur Église
pour former la Wesleyan Methodist Church in America, à cause de
désaccords internes sur les esclaves |
|
1844 : Baptême de Green Flake et de Samuel Chambers, deux esclaves
noirs. Walter Lewis est ordonné ancien. Joseph Smith, candidat aux
élections présidentielles mène une campagne contre l'esclavage. |
1844 : Division de l'Église Méthodiste en deux branches, la Northen
Methodist Church et la Southem Methodist Church, à cause de disputes sur
les esclaves (http://www.umc.orq/interior.asp?mid=1213) |
|
1846 : William McCary est baptisé puis ordonné à la prêtrise |
|
|
1847 : Plusieurs Noirs arrivent en Utah : Elijah Abel, en homme libre ;
Green Flake, esclave de John Flake, avec Brigham Young dont il conduit
le chariot. |
|
|
|
1848 : L'American Baptist Missionary Union se divise sur la question des
esclaves. Les séparatistes fondent la Southem Baptist Convention. |
|
|
1851 : J.F. Brennan publie un livre de Josiah Priest, Bible Defence
of Slavery (La justification biblique de l'esclavage) |
|
1852 : L'esclavage est légalisé en Utah mais avec pour les maîtres des
obligations de traitement et d'éducation (Bush and Mauss,
Neither White nor Black, Signature Books 1984, pp.68-69) |
|
|
1853 : Brigham Young applique la restriction de la prêtrise : Elijah
Abel ne peut plus se rendre au temple bien qu'il ait déjà reçu les
ordonnances préliminaires dans le temple de Kirtland |
|
|
1854 : Brigham Young rend sa liberté à G. Flake |
|
|
1860 : Le recensement fédéral en Utah indique qu'il y a 59 Noirs dont 29
esclaves |
1860 : Aux États-Unis, on compte 27 167 529 personnes et 3 950 546
esclaves noirs détenus par 393 975 maîtres ; 1 Blanc sur 70 possède un
esclave. |
|
|
1861 : Début de la guerre de Sécession. The Prebisterian Church in the
Confederate States est créée par un schisme dans l'Église Presbytérienne
d'Amérique. |
|
|
1865 : Fin de la guerre de Sécession. Le 13ème amendement de
la Constitution américaine met fin à l'esclavage |
|
|
1866 : L'Église catholique réagit au 13ème amendement en
déclarant que l'esclavage n'est pas contraire aux lois divines et
naturelles
(www.religioustolerance.orq/slavery. htm) |
|
1869 : Brigham Young rejette la théorie des « esprits neutres » |
|
|
1870 : Samuel Chambers arrive dans la vallée du Lac Salé. Il devient en
quelques années l'un des hommes les plus prospères de la région. |
1870 : The Colored Methodist Episcopal Church est fondée par des Noirs
libres |
|
|
1871 : Elijah McCoy invente la lubrification automatique des machines |
|
|
1873 : le pape Pie IX prie pour que Dieu retire la malédiction de Cham |
|
1883 : Dernière mission de Elijah Abel |
|
|
|
1886 : Augustus Tolton devient le premier prêtre catholique noir (www.aareqistry.com).
R.F. Fleming invente la guitare, Alexander Miles l'ascenseur électrique
et l'ouverture automatique des portes. |
|
1900 : Enoch Abel est ordonné ancien |
|
|
1902 : Jane Manning James est scellée à Joseph Smith comme fille
adoptive |
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|
1912 : la Première Présidence rejette pour la 2ème fois la
théorie des « esprits neutres » |
|
|
|
1917 : Des soldats noirs combattent lors de la Première Guerre mondiale |
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|
1919 : Le lynchage des Noirs continue et le KKK tient plus de 200
réunions |
|
1934 : Elijah Abel, le petit fils, est ordonné à la Prêtrise d'Aaron |
|
|
1935 : Elijah Abel est ordonné ancien |
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|
|
1936 : Jesse Owens remporte 4 médailles d'or aux Jeux olympiques de
Berlin |
|
|
1941 : Des soldats noirs combattent lors de la Deuxième Guerre mondiale |
|
1947 : L'Église crée un comité qui détermine les lignages à cause du
métissage |
|
|
1949 : Déclaration de la Première Présidence sur la prêtrise et les
Noirs |
|
|
1955 : Les Noirs mélanésiens peuvent recevoir la prêtrise (ne sont pas
du lignage de Cham) |
1955 : Boycott des bus à Mongomery suite à l'arrestation de Rosa Parks |
|
1958 : Les Noirs de Fuji et des Philippines peuvent recevoir la prêtrise
(ne sont pas du lignage de Cham). Joseph Fielding Smith clarifie la
position de l'Église sur les droits des Noirs |
|
|
1962 : Des missionnaires sont envoyés au Nigeria. Le Dr A.F. Mensah, au
Ghana, reçoit une brochure de l'Église, devient croyant et convertit
plusieurs personnes dans son entourage |
|
|
1963 : Discours de Hugh B. Brown sur les droits civiques des Noirs lors
de la conférence générale |
1963 : Martin Luther King prononce son fameux discours
I have a dream |
|
1964 : J.W.B. Johnson, au Ghana, reçoit un Livre de Mormon du Dr Mensah.
Il le lit, y croit et suite à des songes, il fonde de nombreuses
communautés de saints des derniers jours. |
1964 : Le Civil Rights Act (loi sur les droits civiques) est voté
|
|
|
1968 : Martin Luther King est assassiné |
|
1971 : Le Genesis Group est créé pour soutenir les Noirs membres
de l'Église |
|
|
1977 : Thayne Tagge, un missionnaire,
enseigne des Ghanéens en Suisse. De retour chez eux, ils propagent
l'Évangile rétabli puis invitent plus tard des missionnaires pour
baptiser des dizaines de personnes.
|
1977 : Adaptation à la télévision de Roots (Racines), un livre de Alex
Haley sur l'histoire de sa famille étalée sur sept générations et deux
continents, l'Afrique et l’Amérique du Nord |
|
1978 : Révélation accordant la prêtrise à tous les hommes dignes sans
exception |
1978 : Création du Congress of National Black Churches |
|
|
1983 : Réunification des deux branches de l'Église presbytérienne
divisée en 1861 sur la question de l'esclavage |
|
1990 : Helvetico Martins, converti avant 1978, devient membre du
deuxième collège des soixante-dix. C'est le premier Noir de l’histoire
de l’Église à devenir Autorité générale. |
|
|
2002 : Robert Foster est le premier Noir à être élu président des
étudiants de l’université Brigham Young |
|
|
2004 : Le président Gordon B. Hinckley consacre le premier temple de
l’Église en Afrique noire, à Accra au Ghana. |
|
|
2009
: Joseph W. Sitati, du Kenya, devient membre du premier collège des soixante-dix.
Il est le deuxième Noir à devenir Autorité générale de l’Église |
|
ANNEXE 2 :
DÉCLARATIONS DE DIRIGEANTS DE L’ÉGLISE SUR LE RACISME
Voici quelques déclarations de membres de la Première Présidence, du Collège
des Douze et d’autres Autorités générales de l’Église à propos de racisme :
Joseph Smith
(premier président de l'Église)
1842 :
« J'ai conseillé (aux détenteurs d'esclaves) d'emmener leurs esclaves dans
un pays libre et de les libérer, de les éduquer et de leur donner l'égalité
des droits. » (Compilation on the Negro in Mormonism, p. 40)
« Ils [les Noirs] viennent au monde mentalement et physiquement esclaves.
Remplacez leur situation par celle des Blancs et ils seraient comme nous.
Ils ont une âme et sont susceptibles d'être sauvés. Allez à Cincinnati et
trouvez un Noir instruit, qui roule dans sa voiture, il s'est élevé par le
pouvoir de son esprit à son état élevé de respectabilité. » (History of the
Church, vol. 5, p. 217)
« La Déclaration d'indépendance ‘tient ces vérités comme allant de soi que
tous les hommes sont créés égaux, qu'ils sont dotés par leur Créateur de
certains droits inaliénables ; que parmi ceux-ci il y a la vie, la liberté
et la recherche du bonheur’, mais en même temps quelque trois millions de
personnes sont détenues comme esclaves pour la vie, parce que l'esprit qui
est en eux est recouvert d'une peau plus sombre que la nôtre... La
Constitution des États-Unis d'Amérique voulait dire exactement ce qu'elle
disait, sans mention de couleur ni de condition, à l'infini ! » (Messages of
the First Presidency, vol. 1, p. 191-192).
1844 :
« Brisez les entraves du pauvre Noir et engagez-le pour qu'il travaille
comme d'autres êtres humains » (History of the Church, vol. 5, p. 209)
Parley P. Pratt
(membre du Collège des douze apôtres)
1855 :
« J'aime les hommes sans m'occuper de leur pays, ni de l'endroit où ils ont
été élevés, sans tenir compte de la couleur ni de la nation. J'aime les
hommes qui aiment la vérité. » (Journal of Discourses, vol. 3, p. 182)
Brigham Young
(2ème président de l'Église)
1860 :
« Les Noirs doivent être traités comme des êtres humains et pas d'une
manière pire que les animaux. Pour les mauvais traitements infligés à cette
race, les Blancs seront maudits, à moins qu'ils ne se repentent (Journal of
Discourses, vol. 10, p. 111).
1863 :
« Les hommes seront jugés pour la façon dont ils ont traité les Noirs. »
(Journal of Discourses, vol. 10, p. 250)
David
O. McKay (9ème
président de l'Église)
1935 :
« Comme ce monde serait différent si les hommes accumulaient la richesse,
par exemple, non comme une fin en soi, mais comme le moyen de faire du bien
aux êtres humains et d'améliorer les rapports humains. Une conception
chrétienne du droit et de la valeur de l'âme humaine, même si sa peau est
sombre, aurait empêché le massacre qui a lieu en ce moment en Éthiopie
[lorsque les troupes italiennes fascistes de Mussolini ont envahi ce
pays]. » (Conference Report, oct. 1935, p. 101)
1944 :
« L'Amérique a une occasion sans pareille de libérer le monde des intrigues
politiques, de la démagogie, de l'égoïsme national, de l'usurpation du
pouvoir et de l'accroissement impie. Elle doit démontrer aux habitants du
monde qu'elle ne recherche pas des objectifs égoïstes, qu'elle n'a pas de
désir de conquête ni de supériorité nationale ou raciale. Quand ces idéaux
auront été atteints, l'Amérique pourra montrer le chemin et conduire le
monde à la paix. » (Teachings of David O. McKay, p. 281-282)
1951 :
« George Washington Carver [un savant noir américain célèbre] fut une des
âmes les plus nobles qui soient jamais venues sur la terre. Il a conservé
des liens étroits avec son Père céleste et a rendu à ses semblables des
services comme peu en ont jamais rendus. Pour toutes les entreprises
pieuses, pour toutes les impulsions nobles, pour toutes les bonnes actions
accomplies dans sa vie utile, George
Washington Carver sera récompensé comme le sera tout autre homme, qu'il soit
rouge, blanc, noir ou jaune, car Dieu ne fait pas acception de personnes »
(Home Memories of David O. McKay, p. 231)
John
A. Widtsoe
(membre du Collège des Douze)
1946 :
« Les prétentions d’appartenir à une race supérieure sont de la sottise pure
utilisée par des hommes sans moralité pour promouvoir leurs intérêts
personnels. Aucun pays n'a jamais eu le monopole de la supériorité sur le
reste de l’humanité. Affirmer une telle chose, c'est tout simplement donner
libre cours à un nationalisme débridé... La doctrine de la supériorité de la
race pendant la dernière guerre était une fumisterie horrible conçue par les
puissances du mal dont le prince est Satan, le diable. » (Evidences and
Reconciliations, p.3-4)
Joseph Fielding Smith
(10ème président de l'Église)
1962 :
« Les saints des derniers jours, communément appelés mormons, n'ont aucune
animosité à l'égard des Noirs. Ils ne les ont pas non plus décrits comme
appartenant à une race inférieure. » (Deseret News, 14 juin 1962, p.
3)
1963 :
« L'Église mormone ne croit pas et n'enseigne pas que le Noir est un être
inférieur. Le Noir est capable, mentalement et physiquement, d'accomplir de
grandes choses, aussi grandes ou dans certains cas plus grandes que le
potentiel de la race blanche. » (Magazine Look, 22 octobre 1963, p.
79)
Bruce
R. McConkie
(devenu membre du Collège des Douze en 1972)
1966 :
Il est certain que les Noirs, étant enfants de Dieu, ont droit à l'égalité
devant la loi, le droit d'être traités avec toute la dignité et tout le
respect qui sont dus à un membre quelconque du genre humain. Beaucoup parmi
eux vivent à coup sûr avec plus de décence et de droiture dans cette vie que
certains de leurs frères d'autres races, situation qui fera que, le jour du
jugement, le Seigneur fera ‘de la droiture une règle, et de la justice un
niveau’ (Ésaïe 28:17). » (Mormon Doctrine, édition de 1966, p. 528)
Spencer W. Kimball
(12ème président de l'Église)
1972 :
« Les préjugés raciaux sont du diable. Les préjugés raciaux viennent de
l'ignorance. Il n'y a pas de place pour eux dans l'Évangile de
Jésus-Christ. » (Teachings of Spencer W. Kimball, p. 237)
« L'intolérance de certains membres de l'Église est ignoble. Il y a un souci
particulier avec les Noirs parce qu'ils ne sont pas actuellement [1972]
autorisés à recevoir la prêtrise. Certains membres de l'Église justifient
leur discrimination envers les Noirs, ce qui est un comportement non
chrétien, en utilisant cette règle de la prêtrise. Mais cette restriction a
été imposée par le Seigneur, elle n'a pas été faite pour que nous ajoutions
des fardeaux sur les épaules de nos frères noirs. Eux qui ont reçu dans la
foi le Christ par le baptême autorisé sont héritiers dans le royaume céleste
aux cotés d'hommes de toutes les autres races. Et ceux qui auront persévéré
dans la foi jusqu'à la fin peuvent s'attendre à ce que Dieu leur accorde
toutes les bénédictions qu'ils auront méritées par leur droiture. Cela est
entre les mains du Seigneur. Nous devons étendre notre amour à tous. » (Teachings
of Spencer W. Kimbal).
Le
Collège des douze apôtres
1986 :
« Nous rejetons toute tentative de refuser à quelqu'un sa dignité et ses
droits inaliénables en vertu de la théorie répugnante et tragique de la
supériorité d'une race par rapport à une autre. » (LDS Global Media Guide)
John
K. Carmack
(membre du premier collège des soixante-dix)
1993 :
« Nous ne croyons pas qu'il y ait, aux yeux de Dieu, une nation, une race ou
une culture qui soit une espèce moindre ou inférieure. Ceux qui croient en
une telle doctrine ou l’enseignent n'ont aucune autorité, que ce soit du
Seigneur ou de ses serviteurs autorisés. » (Tolerance, p. 3)
Alexander Morrison
(membre du premier collège des soixante-dix)
1993 :
« Il n'y a pas de place pour le racisme dans l'Église. Nous en avons
horreur. » (Salt Lake Tribune, 6 juin 1998)
ANNEXE 3 :
L'ÉGLISE FACE AU KLU KLUX KLAN
Le Ku
Klux Klan (KKK)
Société prônant la suprématie de la race blanche et du christianisme, le KKK
est créé le 24 décembre 1865 au lendemain de la guerre de Sécession par six
ex-officiers sudistes du Tennessee. Son nom vient du grec kuklos (cercle) et
de l'écossais klan (clan). Chargé d'administrer l'Empire Invisible (les
États du Sud), le Klan lutte contre les Noirs que le 13ème
amendement vient d'émanciper. Il est l'expression de désespoir de vaincus
qui n'acceptent pas l'abolition de l'esclavage. Ses moyens d'action
consistent en l'emploi immodéré de la violence et de la terreur :
déguisements (cagoules blanches), croix enflammées, lynchages, meurtres en
tout genre, etc. C'est un ordre secret et clandestin. Il est officiellement
dissous en 1869 et disparaît en 1873.
Le
24 décembre 1915 il renaît de ses cendres par l'intermédiaire d'un pasteur
méthodiste, William J. Simmons. Son succès est alors fulgurant sauf en Utah
et en Idaho, deux états à forte population mormone. Il dénombre environ 5
millions d'adeptes en 1920. Il s'attaque aux immigrés européens, aux
catholiques, aux leaders syndicaux. Le FBI lui mène une guerre sans succès.
En 1944, un énorme redressement fiscal va l'obliger à s'auto-dissoudre. Mais
il réapparaît en 1954 et s'oppose avec violence à la lutte des Noirs pour
les droits civiques, ce qui se traduit par des attentats à l'explosif contre
les églises et les écoles réservées aux Noirs. Pratiquement invisible
aujourd'hui aux États-Unis, il n'est pourtant pas inexistant. Il s'est
infiltré dans divers partis d'extrême droite et est indirectement impliqué
dans environ 200 actes criminels chaque année. À ce jour, il tente de
réapparaître en Australie.
Extraits
de Blazing Crosses
L'historien Larry R. Gerlach, dans son livre Blazing Crosses in Zion
[Croix enflammées en Sion], écrit que le KKK n'a pas eu de succès en Utah à
cause de l'opposition de l'Église mormone. Il écrit : « Devant la
perspective de voir le Klan devenir une réalité et pas seulement un mythe,
le Deseret News lança une attaque dévastatrice contre l'ordre secret.
Il était autant prévisible que significatif que ce soit le News qui
soit le premier à lancer l'opposition à l'installation du Klan. Le
Deseret News, organe profane de l'Église de Jésus-Christ des saints des
derniers jours, transmit aux fidèles, par ses éditoriaux, l'opinion de la
hiérarchie de l'Église mormone sur les questions publiques. Étant donné que
les mormons constituaient approximativement 70 % des habitants de l'Utah, la
prise de position des dirigeants de l'Église mormone allait de toute
évidence avoir un effet important sur l'avenir du Klan
dans l'État. Vu l'opposition de longue durée de l'Église mormone au Ku Klux
Klan, tant pour des raisons profanes que pour des raisons religieuses, il
n'est pas étonnant que le Deseret News ait vu l'arrivée du Klan en
Utah avec ‘désapprobation et mépris’. » (Blazing Crosses, p. 24).
« Le plus grand obstacle, et de loin, au développement du Klan dans le
Beehive State (l'Utah) a été l'Église mormone. » (Blazing Crosses, p.
36).
La
position de l'Église face au KKK
Les dirigeants de l'Église, en particulier les apôtres, vont ainsi informer
l'opinion publique de leur position en écrivant des éditoriaux dans
principalement deux journaux : le Deseret News et le Milllenial
Star.
En
1868, quelques années seulement après que le Klan eut montré sa tête
hideuse, l'Église publia dans le Millenial Star cet éditorial contre
le Klan et les autres organisations racistes, dites « patriotiques »,
opposées aux Noirs :
« Le Ku Klux Klan, la Royal League, la Grand Army of the Republic, tous
ordres secrets, liés par serment, répandent la peur et la consternation dans
le Nord comme dans le Sud... Les ordres secrets ne sont rien de neuf sous le
soleil, même si on leur donne de nouveaux noms. Ils ont existé par
intervalles depuis les temps les plus reculés et ont pour origine celui qui
a incité Ève à pécher... Si ce pays veut se lever et se débarrasser de sa
méchanceté, et se tourner vers le Seigneur, comme la Ninive
d'autrefois, il détournera sa colère du peuple et lui donnera le pouvoir de
démasquer et de détruire cette combinaison secrète, dont les complots et les
actes infernaux, comme une armée de fourmis blanches, rongent les racines de
l'arbre national (Millennial Star, 31:344, 348).
Années 1870-1890 : Pendant cette période, le KKK fut le fer de lance des
réunions et des attaques antimormones dans le Sud des États-Unis. Une
demi-douzaine de missionnaires mormons et de membres de l’Église furent tués
au cours de cette période par des membres du Klan et beaucoup d'autres
furent battus, enduits de goudron et de plumes, agressés, expulsés de leur
ville ou menacés de mort (voir Blazing Crosses, p. 11 et suivantes)
1908 : La version pour le théâtre du roman à succès de Thomas Dixon, The
Clansman, qui décrivait les Noirs comme des brutes ignorantes et voraces
et portait aux nues le KKK, des héros blancs, avait fait la tournée de tous
les États-Unis et arriva à Salt Lake City. Le journal non mormon The Salt
Lake Tribune fit l'éloge de la pièce et de son message. Le journal
mormon Deseret News dit que si la pièce en elle-même était « une
excellente production », le Klan n'était pas une organisation héroïque,
comme le décrivait la pièce, mais « parcourait le pays la nuit, tuant ou
torturant des Noirs et leurs sympathisants », installant un « règne de la
terreur » et « était devenu une bande d'individus oisifs, corrompus et
pervers qui s'étaient lancés dans une carrière de brutalité et de violence
qui horrifient le pays » (édition du 2 novembre 1908). Le Salt Lake
Tribune, qui insultait constamment les mormons et publiait des articles
antimormons, écrivit plus tard à propos de la version à l'écran de la pièce
qui avait pris le titre de Birth of a Nation (Naissance d'une nation)
et qui allait encore plus loin que la pièce dans sa description négative des
Noirs : « Le film décrit les émeutes et le banditisme [des Noirs], suivis
par les efforts spectaculaires des hommes du Ku Klux Klan, qui
s'organisèrent secrètement pour contrôler les Noirs grâce à la crainte
superstitieuse de ceux-ci. Les hommes du Klan étaient des cavaliers
nocturnes hardis et ils portaient des linceuls blancs. Des actes de
vengeance [par les Noirs] furent commis sous le couvert de l'obscurité et le
film montre clairement pourquoi des mesures aussi extrêmes étaient
nécessaires pour assurer le respect de la loi. » (édition du 2 avril 1916).
1920 : Le Deseret News parle du KKK comme étant « une insulte et une
menace pour un État de droit » et qui conduisait « aux émeutes et à
l'effusion de sang » (édition du 23 décembre).
1921 : « D'après ce que l'on sait de son fonctionnement, de sa recherche du
secret, de ses déguisements, de son terrorisme et de son banditisme, il [le
KKK] est condamné comme étant un ennemi de la paix, de l'ordre et de la
dignité de la République. Nos collectivités, dans nos montagnes, n'ont
absolument aucune place pour cela dans leur vision sociale des choses. Ils
doivent être maîtrisés et il convient de faire comprendre clairement à
quiconque se présente comme autorisé ou qualifié pour fonder des ranches,
des domaines, des camps ou des clans que ses efforts locaux seront plus
qu'inutiles, que ses objectifs sont détestés et que son absence est
préférable à sa compagnie. Les habitants de l'Utah n'ont ni goût ni patience
pour ces sottises criminelles et il convient de le faire savoir en toute
clarté. » (édition du 23 juillet).
1946 : Le Deseret News qualifie le KKK de « troupes d'assaut
américaines » d'après les troupes d'assaut (SA) allemandes qui amenèrent
Hitler au pouvoir et décrit le KKK comme « un triste événement pour
l'Amérique » (édition du 17 juillet).
1948 : Le Deseret News affirme : « Le fléau du Ku Klux Klan contient
le virus qui afflige la liberté de tous les Américains. » (édition du 29
juillet)
Années 1960 : Le Deseret News qualifie les membres du KKK de « brutes
en draps de lit » et déclare : « Il est temps que les États-Unis d'Amérique
éliminent cette conspiration et ce banditisme organisés. » (édition du 1er
janvier 1966)
Lors de la Klanvocation impériale (congrès national annuel du KKK) de 1923,
tenue à Atlanta (Géorgie), le grand dragon (officier) du Wyoming déclara aux
officiers du Klan assemblés : « Dans la région de l'Utah et un peu partout
dans l'Ouest en général, nous avons un autre ennemi, qui est plus subtil et
beaucoup plus rusé dans les efforts qu'il fait contre notre organisation :
La religion des saints des derniers jours. »
(Papers Read at
the Meeting of Grand Dragons, Knights of the Ku Klux Klan, 1923, p.
112-113).
Première édition : 2005
Mis en ligne le 18/08/2011
Mis
à jour le 01/03/2012
Voir aussi :
Comment faire
passer les mormons pour des gens racistes (La Rédaction)
Violences à l'égard des convictions religieuses d'autrui (La
Rédaction)
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