Aux amis de la vérité religieuse


Exposé abrégé de la doctrine

de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours


John Taylor

Paris, 1851




Voici un exposé abrégé de la doctrine qui nous a été révélée, que nous croyons et que nous enseignons.

Nous croyons en Dieu le Père, et en son Fils notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, et au Saint-Esprit. Nous croyons en l'expiation faite par notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Nous croyons aux Écritures saintes de l'Ancien et du Nouveau Testament et au Livre de Mormon, et en la doctrine que ces livres nous enseignent.

Nous croyons que Dieu révèle sa volonté actuellement aux enfants des hommes d'une manière aussi immédiate qu'il l'a fait dans tout autre âge du monde, et que notre devoir est de faire sa volonté et de garder ses commandements Mais nous ne croyons pas que Dieu ait donné ou qu'il donnera une révélation qui contredise ses révélations antérieures. Toutes les révélations qu'il donne ou donnera ne seront que pour la conduite et l'instruction de son peuple, pour le temps et pour l’éternité.

Nous croyons que l’Église établie par notre Seigneur Jésus-Christ et ses apôtres était une Église pure dans ses institutions, et que toute déviation de ses principes est hors de la droiture. Car Paul dit : « Mais si quelqu'un vous annonce un autre évangile que celui que nous vous avons annoncé, quand ce serait nous-même ou un ange du ciel, qu'il soit anathème ! Je vous l'ai dit et je vous le dis encore : si quelqu'un vous annonce autre chose que ce que vous avez reçu, qu'il soit anathème » (Galates 1:8, 9). Nous croyons par conséquent que toutes les personnes qui enseignent une doctrine, administrent des sacrements ou établissent des principes qui sont en désaccord avec ceux enseignés par les apôtres, se chargent de la plus grave responsabilité.

Nous croyons que, selon l'enseignement des apôtres, il est aussi nécessaire maintenant qu'autrefois d'avoir des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des pasteurs et des docteurs. Saint Paul dit : « Lui-même donc a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes et les autres comme pasteurs et docteurs, pour le rassemblement des saints, pour

l’œuvre du ministère, pour l’édification du corps de Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait et à la mesure de la stature parfaite du Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés par le vent de toutes sortes de doctrines, par la tromperie des hommes et par l'adresse qu'ils ont de séduire artificieusement, mais afin que, suivant la vérité avec la charité, nous croissions en toutes choses dans celui qui est le chef, à savoir, le Christ. » (Éphésiens 4:11-15).

Nous croyons que comme ces offices ont été donnés « pour le perfectionnement des saints, par l’œuvre du ministère, pour l’édification du corps du Christ », il en résulte que les mêmes ministres, la même organisation, la même sagesse et la même intelligence, le même esprit et la même inspiration sont aussi nécessaires maintenant qu'ils l’étaient à cette époque-là. Et la raison pour laquelle il y a tant de confusion dans l’Église chrétienne est précisément que les hommes se sont éloignés de l'ordre et de l'organisation que Dieu a placés dans l’Église, et ont introduit d'autres principes que Dieu n'a jamais ordonnés et qu'il ne ratifiera jamais (voir 1 Corinthiens 12).

Nous croyons et nous enseignons la foi en notre Seigneur Jésus-Christ, la repentance devant Dieu, le baptême des adultes par immersion pour la rémission des péchés et l'imposition des mains, par ceux que Dieu a appelés, qui ont été légitimement ordonnés et qui ont l’autorité, pour le don du Saint-Esprit.

Nous croyons que quand les hommes reçoivent le don du Saint-Esprit, il agit sur eux de la même manière qu'il a agi à toute autre époque, que Dieu n'a pas changé, que sa parole n'a pas changé, et que son Esprit n'a pas changé, et que ses bénédictions sont maintenant à la portée de tout homme, et que Dieu les a de nouveau rendues au genre humain (voir Marc 16:15-18).

Les apôtres ont parlé des mêmes choses lorsqu'ils ont commencé à prêcher ce qui leur avait été commandé. Quand Pierre, sous l'inspiration de l'Esprit de Dieu, eut prêché le Christ, ceux qui l'avaient écouté, ayant voulu savoir de lui ce qu'ils devaient faire pour être sauvés, il leur commanda de se repentir et d’être baptisés au nom de Jésus-Christ pour la rémission des péchés, et leur déclara qu'ils recevraient le Saint-Esprit (voir Actes 2 :37-39). Et encore, lorsque Philippe parlait avec l'eunuque éthiopien, lorsque celui-ci crut au Seigneur, Philippe le conduisit dans l'eau et le baptisa par immersion (voir Actes 7:37, 38). Jésus fut baptisé par Jean dans le Jourdain et il a dit a Nicodème : « En vérité, en vérité, je te dis que si un homme ne naît d'eau et d'esprit il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. »

L'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit est aussi mentionnée dans les Écritures. Lorsque Philippe eut prêché aux Samaritains et qu'un grand nombre d'entre eux eurent cru et eurent été baptisés, les apôtres furent envoyés pour leur imposer les mains pour le don du Saint-Esprit. « Cependant les apôtres, qui étaient à Jérusalem, ayant appris que ceux de Samarie avaient reçu la parole de Dieu, ils leur envoyèrent Pierre et Jean, qui, y étant descendus, prièrent pour eux, afin qu'ils reçussent le Saint-Esprit; car il n’était point encore descendu sur aucun d'eux, mais ils avaient été seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors les apôtres leur imposèrent les mains et ils reçurent le Saint-Esprit. » (Actes 8:14-17 ; voir aussi 19:5).

Nous ne tenons pas pour peu de chose ces principes et ces pratiques, et nous ne pensons pas qu'on puisse les considérer comme de peu d'importance, ou s'en dispenser selon sa volonté. Car quelle que soit la légèreté avec laquelle les hommes traitent ces choses, l’apôtre les donne comme la règle pour juger de la droiture des voies religieuses dans lesquelles on marche. II est écrit : « Quiconque s'écarte de la doctrine de Christ et n'y persévère pas, n'a point connu Dieu. Celui qui persévère dans la doctrine de Christ a le Père et le Fils. » (2 Jean 1:9)

Si la doctrine que nous venons d'exposer est la doctrine du Christ, et si les hommes l'a remplacé par une autre doctrine et d'autres pratiques, comment peuvent-ils attendre que les bénédictions et le pouvoir de Dieu soient avec eux, et que son Esprit les accompagne ?

La raison pour laquelle il y a tant de désunion, de querelles et de contradictions dans le monde, quant aux choses de Dieu, c'est que les hommes ont abandonné la simplicité de l’Évangile, ont introduit d'autres pratiques, et ont enseigné par leur propre sagesse et non par l'Esprit de Dieu. Et c'est aussi la grande raison pour laquelle il y a tant d’incrédulité dans le monde. Car les hommes voient tant d'incompatibilités, de discordes, de luttes d'opinions et une telle absence d'unité, de vertu, de pouvoir et d'Esprit de Dieu, qu'ils sont près de qualifier la religion de fable. Car ceux qui ont lu la Bible savent assurément que le christianisme moderne ne s'accorde pas avec la Bible, que si la Bible est vraie, le christianisme moderne ne l'est pas, et que si le christianisme moderne est vrai, la Bible ne l'est pas.

Nous croyons qu'en conséquence de la corruption et des abominations de toute espèce qui sont dans le monde moral, religieux et politique, de grands jugements surprendront les habitants de la terre ; que des nations seront en convulsions, des trônes renversés et des empires détruits ; que des fléaux, des pestes, des famines, se promèneront sur la terre, et que le jugement de Dieu sera senti par les nations.

Nous croyons que Jésus viendra pour régner personnellement sur la terre.

Nous croyons que « le Seigneur Dieu établira un royaume qui ne sera jamais détruit ni renversé et qui subsistera éternellement. »

Nous croyons que les Juifs seront rassemblés sur leur propre terre, à Jérusalem, et que les dix tribus aussi seront rétablies selon les Écritures.

Nous croyons qu'il y aura un rassemblement du peuple du Seigneur selon les Écritures. « II arrivera que quiconque invoquera le nom de l’Éternel sera sauvé, car le salut sera dans la montagne de Sion et à Jérusalem, comme l’Éternel l'a dit, et dans les restes que l’Éternel aura appelés. » (Joël 2:32). Les Écritures disent que quand l’Éternel ramènera Sion, les sentinelles verront « œil à œil » et qu'il prendra son peuple « un d'une ville et deux d'une famille et les amènera à Sion, et leur donnera des pasteurs selon son propre cœur, qui les paîtront avec intelligence et connaissance. »

II est écrit aussi dans Ésaïe (56:8) : « J'en assemblerai encore d'autres, outre ceux qui y sont rassemblés, dit le Seigneur l’Éternel, qui rassemble ceux d’Israël qui ont été chassés. » C'est la dispensation de la plénitude des temps dont a parlé Paul (voir Éphésiens 1:10, Bible du roi Jacques) « que les temps ordonnés par lui étant accomplis, il réunirait toutes choses en Christ, tant ce qui est dans les cieux que ce qui est sur la terre. »

Nous croyons que l'ange qui est venu à Joseph Smith est celui dont il est fait mention dans l'Apocalypse, chapitre 14, verset 6 : « Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, portant l’Évangile éternel pour l'annoncer à ceux qui habitent sur la terre, à toute nation, et à toute tribu, à toute langue et à tout peuple. »

Nous croyons qu'il y a dans le monde, tant parmi ceux qui font profession de religion que parmi ceux qui n'en professent point, beaucoup d'hommes d'un cœur honnête et bon, qui embrasseront la vérité et feront ce qui est juste aussitôt qu'ils en auront la connaissance ; et qui maintenant, quoique au milieu de beaucoup d'erreurs par l'ignorance où il sont de la vérité, font aussi bien qu'il est en leur pouvoir.

Nous croyons que tous les hommes, blancs ou noirs, chrétiens ou païens, croyants ou non croyants, seront jugés selon l'intelligence et la lumière qu'ils ont et « selon les œuvres faites dans le corps » et non selon les opinions des hommes (voir 2 Corinthiens 5:11 ; Apocalypse 20:12-13).

Nous croyons à tout principe d’honnêteté, d'honneur, d’intégrité, de vertu et de vérité.

Nous croyons tout ce que le Seigneur a révélé, ce qu'il révélé maintenant, et nous sommes préparés à croire tout ce qu'il révélera. Nous ne sommes pas circonscrits dans nos sentiments ni dans nos vues. Notre croyance embrasse toute vérité philosophique, morale et religieuse, profitable à l'homme dans le temps et dans l’éternité. En conséquence partout où nous trouvons un principe de vérité que nous ne possédons pas, qui que soit la personne morale ou physique qui le possède, nous l'embrassons avec joie comme devant faire partie de notre croyance. De notre part, nous sommes prêts à communiquer aussi librement aux autres les grandes choses que Dieu nous a révélées. Car nous croyons en un Dieu vivant, en une religion vivante.

Notre objet n'est pas seulement de dire aux hommes les choses dont d'autres ont eu la jouissance, mais de leur montrer leurs bénédictions et de leur dire que les bénédictions qui existaient anciennement sont à leur portée. Nous croyons au Dieu d' Abraham, d'Isaac, de Jacob, de Moïse, des prophètes et des apôtres, et que, de même qu'il a autrefois révélé sa volonté à ses serviteurs, il vit encore et communique aujourd'hui comme dans le passé avec ses serviteurs, de sorte que nous ne sommes pas, en tant qu'Église, dépendants du témoignage des autres, ayant le témoignage vivant au milieu de nous.

Nous venons donc pour appeler les hommes des ténèbres à la lumière, de l'incertitude, de l'erreur et de la confusion à la certitude, à la vie, à l'intelligence et à la vérité, pour leur dire que Dieu est vivant, que les anges ont apparu, que les cieux se sont ouverts et que Dieu s'est révélé aux enfants des hommes comme aux anciens jours, que l'Évangile éternel est rétabli et que le pauvre, le riche, le débonnaire, le ministre et le prêtre, le croyant et le non croyant, l’incrédule, le catholique et le protestant sont invités à venir prendre part à ses bénédictions.

Dans cette intention nous sommes venus du territoire du Deseret, de la distance de près de trois mille lieues, à travers les montagnes, les déserts, les plaines et l’océan, au nom du Dieu d’Israël, en qualité de ses serviteurs, pour faire connaître aux habitants de ce pays les choses dont nous nous réjouissons, et pour appeler tous les hommes au nom de Jésus-Christ à se repentir et à être baptisés pour la rémission des péchés, et ils recevront le don du Saint-Esprit et connaîtront pour eux-mêmes la certitude de ces choses que Dieu nous a fait connaître en vérité.


Source : John Taylor, Aux amis de la vérité religieuse (1851, fac-similé)