Idées pour donner un bon discours


La Rédaction



Les indications qui suivent décrivent un idéal que l'on atteint avec l'expérience des années, pas un idéal qu'il faut avoir atteint avant même de prononcer son premier discours. Par conséquent, les points mentionnés ne sont pas à prendre comme des conditions, mais comme un guide. Il appartient ensuite à chacun de trouver son propre style qui, amplifié par le pouvoir du Saint-Esprit, diffère d'autant d'un orateur à l'autre.

Une partie des idées de cet article est tirée du magazine de l'Église d'avril 1997
.

Comme la réalisation d'une tour ou d'un pont, un bon discours demande une planification. Il n’est pas toujours facile de parler efficacement, mais avec un peu de savoir-faire et les bons outils, on peut construire et prononcer un discours bien construit.

Le choix du sujet

Si un sujet est pré-désigné, on s'y tient. Mais si on en a le choix, on prie pour être guidé par l’Esprit. Les sujets qui sont centrés sur Jésus-Christ sont toujours appropriés. Pour bien choisir, il peut être utile de se poser les questions suivantes :

Y a-t-il quelque chose que je me sens inspiré à dire aux gens ?

Ai-je une Écriture, une histoire tirée des Écritures ou un enseignement évangélique préféré qui m’ont guidé et pourraient en aider d’autres ?

Ai-je une expérience spirituelle pas trop personnelle à raconter, qui pourrait toucher et instruire l’assemblée ?

Sur quel sujet de l’Évangile aimerais-je personnellement en savoir davantage ?

Quels sont les groupes d’âge qui vont entendre mon discours ?

Combien de temps me donne-t-on ?

Quels sont les sujets de l’Évangile dans lesquels je me sens le plus à l’aise ?

Est-ce que je peux dire quelque chose qui est relatif à la période ou à la saison de l’année ?

Se fixer un objectif

Que veut-on que l’assemblée retienne du discours ? Tout ce que l'on dira devra être dirigé vers cet objectif.

Rassembler les éléments

On médite pendant un certain temps sur le sujet choisi. On rassemble des citations, des exemples, des questions-clefs, des articles ou d'autres idées qui viennent à l’esprit. On peut également consulter les sources suivantes :

Les Écritures. Pour y trouver rapidement certains passages, on utilise les aides qui s’y trouvent.

D'autres ouvrages sur l’Évangile et les magazines de l’Église.

Les expériences tirées de nos journaux personnels ou de notre mémoire.

Les expériences de nos amis et de notre famille. On veille à ce que les histoires utilisées soient vraies.

Organiser les éléments

Les meilleurs discours sont simples et bien organisés. On trie les éléments dont nous disposons et on les organise en groupes d’idées. On redispose les idées selon un ordre
logique et on élimine la matière que nous n’avons pas le temps de traiter. On met les idées par ordre de priorité pour consacrer un maximum de son temps à parler des points principaux.

Quelques conseils

Les conseils suivants peuvent être utiles pour faire le plan du discours :

On essaie une amorce originale pour capter l’attention de l’assemblée.

On s'abstient de figures de style ou plaisanteries ou termes qui pourraient être inappropriés.

On développe le sujet à l’aide d’Écritures ou d’histoires qui illustrent et soutiennent l'objectif voulu. Chacun des points doit être la suite naturelle du précédent.

Quand on a l'intention de citer des Écritures, on les copie sur une fiche ou on marque les pages pour ne pas perdre de temps à les chercher pendant qu'on est au micro.

On conclut le discours en témoignant du principe qu'on enseigne.

On s'entraîne à faire le discours devant un ami ou un membre de la famille ou devant un miroir. On en note la durée et on la réduit ou l'allonge selon le temps octroyé.

L'arrivée au pupitre

►Dans les grandes paroisses, l'orateur assiste à la réunion assis sur l'estrade. Mais s'il n'a pas été invité à s'assoir sur l'estrade et assiste à la réunion dans l'assemblée, l'orateur anticipe son déplacement jusqu'à l'estrade pour éviter une attente inutile (observer à ce propos l'exemple donné en conférence générale).

Au pupitre

Une fois le micro réglé, on ne se courbe pas au-dessus et on n'y colle pas ses lèvres, mais on se tient droit et on parle suffisamment fort.

On parle lentement et distinctement pour être compris de tout le monde.

Lire son discours sans quitter des yeux le texte posé sur le pupitre est le meilleur moyen de perdre l'attention de l'assemblée. Il est préférable de limiter ses notes aux idées principales et aux citations et de s'exprimer de façon libre et directe. Si néanmoins l'orateur doit lire, les conseils de Marcel Kahne publiés dans L'Étoile d'août 1965 lui seront utiles.

On regarde le plus possible l’assemblée. On essaie d’établir le contact visuel avec différentes personnes dans diverses parties de la salle.

On ne parle pas de la genèse de son discours (comment on a été sollicité pour le faire, etc.) mais on aborde directement le sujet à traiter. On ne s'excuse pas non plus par avance de la piètre qualité de son discours.

Quand le sujet du discours est imposé, il n'est pas indispensable de commencer en l'énonçant, comme s'il s'agissait d'un devoir de classe. Il est plus pertinent de commencer par une histoire ou une question. Bien sûr, rien n'empêche d'énoncer à un moment donné le thème du discours, mais on peut préférer laisser les membres de l'assemblée le découvrir par eux-mêmes au fur et à mesure.

Quand on cite un texte dont on n'est pas l'auteur, on donne le nom de l'auteur. De plus, on ne lit pas le discours d'un autre comme si on en était l'auteur. Non seulement ce n'est pas honnête, mais l'assemblée se rend vite compte que l'on use d'un langage qui n'est pas le sien et on perd en crédibilité.

►Un discours est plus vivant lorsqu'il est le fruit de la réflexion et de la méditaton de l'orateur que lorsque qu'il est constitué presqu'uniquement de propos d'autres auteurs. Brigham Young disait : «
Je désire voir les anciens se lever ici, manifester leur esprit et dire ce qu'ils pensent lorsqu'ils sont seuls dans leurs méditations » (Journal of Discourses, volume 3, p. 237 ; voir aussi Discours de Brigham Young, comp. John A. Widtsoe, 1925, chapitre 29).

Russell M. Ballard, des Douze, se souviendra longtemps de la conférence générale d'avril 2001 où son discours consista à citer des propos
du président Hinckley, notamment ceux prononcés la veille. L'orateur suivant était justement le président Hinckley. Après avoir remercié le choeur, il dit : « Merci, frère Ballard, d’avoir redonné mon discours », ce qui provoqua l'hilarité générale (voir https://www.churchofjesuschrist.org/study/general-conference/2001/04/the-miracle-of-faith?lang=eng)

Si on devient nerveux, on marque un temps d’arrêt, on respire profondément, on reprend ses notes et on continue.

On reste concentré. On ne permet pas qu’une petite chose détourne son attention.

►L'orateur qui se place sous l'influence de l'Esprit peut être amené à modifier le message qu'il a préparé jusqu'à même s'en écarter, pour l'édification des auditeurs. Il peut aussi être amené à l'adresser à une personne de l'assemblée, comme l'a fait Thomas S. Monson, à l'époque membre des Douze, lors de la conférence générale d'octobre 1975. Il désigna une fillette sur le balcon à sa gauche et s'adressa à elle (voir https://www.churchofjesuschrist.org/study/general-conference/1975/10/the-faith-of-a-child?lang=eng).

Plus de trente ans plus tard, lors de la conférence d'avril 2007, il raconta les circonstances et les conséquences de cette expérience de 1975 (voir https://www.churchofjesuschrist.org/study/general-conference/2007/04/tabernacle-memories?lang=fra). Bien sûr, on n'interpelle pas quelqu'un de l'assemblée à chaque fois qu'on prononce un discours. Frère Monson ne l'a fait qu'une fois en 55 ans d'apostolat, et sous l'influence de l'Esprit.

Lorsque le programme de la réunion prévoit un orateur principal, comme une autorité en visite, l'usage veut que cet orateur prenne la parole en dernier. Si alors on est l'avant-dernier orateur, on adapte la durée de son discours pour laisser suffisamment de temps au dernier orateur. C'est ce que fit Howard W. Hunter, alors membre des Douze, lors de la conférence générale d'avril 1972, afin de permettre a frère Hugh B. Brown, de la Première Présidence, de parler.

Frère Brown n’avait pas été prévu au programme pour cause de mauvaise santé. Frère Hunter rangea le texte de son discours dans la poche intérieure de son veston et raconta une histoire brève mais marquante qui valait n'importe quel discours élaboré (voir https://www.churchofjesuschrist.org/study/general-conference/1972/04/a-teacher?lang=eng). Bien que son message (voir L'Étoile, février 1973, p. 63) dura moins de trois minutes, il marqua suffisamment les esprits pour qu'on s'en souvienne des décennies plus tard. Cependant, la plus grande leçon donnée ce jour-là fut celle de la déférence à l'égard de l'autorité.

À l'inverse, lors du passage de LeGrand Richards
, des Douze, dans une paroisse des États-Unis, les orateurs à la réunion de Sainte-Cène prirent bien soin de prononcer l'intégralité de leur discours, et même d'en rajouter, si bien qu'il ne resta plus que trois minutes à l'apôtre. Que fit celui-ci ? Il ne parla que trois minutes, à la déception de l'assemblée. À qui la faute ? Certainement pas à l'apôtre qui ne fit que respecter les horaires de la réunion.

On termine par « Je prie pour cela » ou « J'en témoigne », suivi de « au nom de Jésus-Christ. Amen », de sorte que le nom du Sauveur soit associé à une prière ou à un témoignage plutôt qu'à un discours. Tel est l'exemple donné par les orateurs en conférence générale.

Enfin, on n'accélère pas son débit au moment de dire « au nom de Jésus-Christ. Amen », comme par satisfaction d'avoir terminé, mais on prononce cette formule de façon distincte, par égard et respect pour le nom du Sauveur. 

Bibliographie

■ Eric Stephan et Gail S. Grover, Faire des discours inspirants, L'Étoile, mars 1980, p. 32-35

■ Notes pour vos discours, L'Étoile, novembre 1990, p. 25

Darrin Lythgoe, Comment faire un bon discours, L'Étoile, avril 1997, p. 26