Les personnages

de la Divinité

 

 

Joseph Fielding Smith (1876-1972)

 

Membre du collège des Douze de 1910 à 1950

Président suppléant du collège des Douze de 1950 à 1951

Président du collège des Douze de 1951 à 1965

Membre de la Première Présidence de 1965 à 1970

Historien de l'Église de 1921 à 1970

Président de l’Église de 1970 à 1972

 

 

 

 

Question : Que signifie la dernière phrase du témoignage des trois témoins du Livre de Mormon, où on lit : « Et gloire soit au Père, au Fils et au Saint Esprit, qui sont un Dieu » ?

 

Réponse :

 

      Les trois hommes comprenaient clairement la nature individuelle des membres de la Divinité. D'ailleurs Oliver Cowdery avait déjà écrit la plupart du manuscrit du Livre de Mormon, chose qu'il n'aurait pu faire sans s'informer du fait que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois personnages distincts et séparés.

 

      Nous trouvons ceci dans les Doctrine et Alliances :

 

      « ainsi que ceux qui viendraient ensuite, qui croiraient aux dons et aux appels de Dieu par le Saint-Esprit qui rend témoignage du Père et du Fils.

 

      « Lesquels Père, Fils et Saint-Esprit sont un seul Dieu, infini et éternel, sans fin. Amen.

 

      « Et nous savons que tous les hommes doivent se repentir, croire au nom de Jésus-Christ, adorer le Père en son nom et persévérer jusqu'à la fin dans la foi en son nom, sinon ils ne peuvent être sauvés dans le royaume de Dieu » (D&A 20:27-29).

 

      Ceci est bien net, et il n'y existe pas de confusion entre les personnages du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Par conséquent, la déclaration qui les appelle « un Dieu » doit se rapporter à autre chose qu'une « essence sans corps, parties, ni passions » que croient tant de chrétiens.

 

Conseil suprême composé de trois personnages

 

      Cette référence aux trois personnages comme étant un Dieu doit s'interpréter comme suit : Ils constituent une Trinité ou un Conseil Suprême composé de trois Personnages séparés : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

 

      C'est très étrange que le peuple chrétien puisse demeurer dans la perplexité, croyant que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont d'une unique substance ou entité, et surtout en face de la répétition constante de l'évidence du Nouveau Testament qui les proclame distincts et séparés l'un de l'autre. Les fréquentes déclarations du Sauveur que lui et son Père sont distincts l'un de l'autre, mais unis en pensée et en action, sont si claires que même les moins instruits pourraient les comprendre. Notre Rédempteur s'adressait constamment à son Père en prière. Il enseignait à ses disciples à rendre leurs prières au Père, non pas à lui-même. Le plus émouvant et le plus tendre appel jamais enregistré est sa prière à son Père dans le dix-septième chapitre de Jean.

 

      Que c'est clair à voir que le Père et le Fils sont des Personnages séparés, mais un en pouvoir, en sagesse et en unité d'effort ! Ils sont, avec le Saint-Esprit, qui exécute leur volonté, un Dieu ou Conseil président !

 

 

Pluralité des Dieux

 

Question : Dans le livre Doctrines of Salvation (Doctrine du salut), volume 1, chapitre 1, nous trouvons une déclaration du prophète Joseph Smith relative aux dieux pluraux. Nous trouvons aussi dans la Perle de Grand Prix, livre de Moïse, chapitre 1, verset 6, ce qui suit : « Et j'ai une œuvre pour toi, Moïse, mon fils ; tu es à l'image de mon Fils unique ; et mon Fils unique est et sera le Sauveur, car il est plein de grâce et de vérité ; mais à part moi, il n'y a pas de Dieu, et toutes choses sont présentes pour moi, car je les connais toutes ». Ces passages semblent contradictoires. Comment peut-on expliquer cette contradiction apparente ?

 

Réponse :

 

      Pour comprendre la doctrine des dieux pluraux, il est nécessaire d'examiner plus complètement les extraits des discours du prophète Joseph Smith prononcés au printemps et au début de l'été de 1844. Je cite donc un passage d'un de ces discours prononcé le 16 juin 1844, après avoir lu le passage suivant de l'Apocalypse 1:6 :

 

      « À celui qui a fait de nous un royaume, des sacrificateurs pour Dieu et son Père, à lui soient la gloire et la puissance aux siècles des siècles ! Amen ! » (version du Roi Jacques - Segond dit : « Dieu son Père » - NdT)

 

      La traduction de ce verset est correcte.

 

      « Je vais prêcher sur la pluralité des Dieux. J'ai choisi ce texte dans ce but exprès. Je tiens à déclarer que j'ai toujours prêché là-dessus et dans toutes les assemblées où j'ai prêché sur le sujet de la Divinité, cela a été sur la pluralité des Dieux. Il y a quinze ans que les anciens prêchent cela.

      « Je tiens à vous déclarer que Dieu est un Personnage distinct, que Jésus-Christ est un Personnage séparé et distinct de Dieu le Père, et que le Saint-Esprit est un Personnage distinct et un Esprit : et ces trois-là constituent trois Personnages distincts et trois Dieux. Si ceci est en accord avec le Nouveau Testament, voici, nous avons trois Dieux de toutes façons et ils sont pluraux ; et qui peut le contredire ?...
 

      « les apôtres déclarent qu'on fit d'eux un royaume et des sacrificateurs pour Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ. C'est exactement ce qui est écrit dans l'Apocalypse. Par conséquent la doctrine d'une pluralité de Dieux ressort tout autant dans la Bible que n'importe quelle autre doctrine. C'est écrit noir sur blanc dans la Bible.

 

      « Paul dit qu'il y a ‹plusieurs Dieux et plusieurs Seigneurs› [1 Corinthiens 8:5]. Je veux l'exposer d'une manière claire et simple. ‹Néanmoins pour nous il n'y a qu'un seul Dieu› [1 Corinthiens 8:6], c'est-à-dire en ce qui nous concerne ; ‹et il est en tout et à travers tout...› » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 300 de l'édition de 1981, p. 522 de l'édition précédente ; nous avons souligné).

 

Vérités révélées à Joseph Smith     

 

« Il y en a qui disent que je n'interprète pas l'Écriture comme eux. Ils disent qu'il faut entendre par là les dieux des païens. Paul dit qu'il y a plusieurs Dieux et plusieurs Seigneurs, et cela fait une pluralité de Dieux en dépit des caprices de tous les hommes. Sans révélation, je ne vais pas leur donner la connaissance du Dieu du ciel. Vous savez et je témoigne que Paul ne faisait pas allusion aux dieux païens. Je le tiens de Dieu : digérez cela, si vous le pouvez. J'ai le témoignage du Saint-Esprit et le témoignage que Paul ne faisait pas allusion dans ce texte aux dieux païens. Je vais montrer par la Bible hébraïque que j'ai raison, et le premier mot montre une pluralité de Dieux ; et je veux que les apostats et les érudits viennent ici et prouvent le contraire s'ils le peuvent. Un garçon sans instruction doit vous donner un peu d'hébreu.

 

« Berechith bara Elohim eth hachamayim ve'eth ha'arets, traduit ainsi par les traducteurs de la King James : ‹Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.› Je veux analyser le mot Berechith. Roch, la tête, ith, une terminaison grammaticale ; le beth n'y fut pas mis à l'origine lorsque l'homme inspiré l'écrivit, mais y a été ajouté depuis par un vieux Juif. Bara signifie produire ; Elohim vient du mot Eloi, Dieu, au singulier. Et en ajoutant le mot him, cela en fait Dieux. Au départ le texte disait : ‹Au commencement la tête des Dieux produisit les Dieux›, ou comme d'autres l'ont traduit : ‹La tête des Dieux réunit les Dieux.›

      « Le Dieu de tête [en chef] organisa les cieux et la terre. Je défie le monde entier de me réfuter. Au commencement les têtes [chefs] des Dieux organisèrent les cieux et la terre. Les prêtres érudits et les gens sont en rage et les païens imaginent une chose vaine. Si nous continuons le texte hébreu, il dit : ‹Le chef des Dieux dit : Faisons l'homme à notre image.› J'ai un jour demandé à un Juif savant : ‹Si la langue hébraïque nous oblige à rendre par un pluriel tous les mots qui finissent en him, pourquoi ne pas mettre au pluriel le premier Elohim ?› Il répondit : ‹C'est la règle avec peu d'exceptions, mais dans ce cas, cela ruinerait la Bible.› Il reconnut que j'avais raison. Je suis venu ici pour examiner ces choses exactement telles que je les crois. Entendez et jugez par vous-mêmes ; et si vous partez satisfaits, ce sera bel et bon.

      « Tout au commencement la Bible montre au-delà de toute possibilité de réfutation qu'il y a une pluralité de Dieux. C'est un grand sujet sur lequel je m'étends là. Le mot Elohim devrait être au pluriel d'un bout à l'autre : Dieux. Les chefs des Dieux désignèrent un Dieu pour nous ; et quand vous voyez le sujet sous cet angle, cela vous donne la liberté de voir toute la beauté, toute la sainteté et toute la perfection des Dieux. Tout ce que je veux c'est obtenir la vérité simple et nue, et toute la vérité.
 » (Enseignements du Prophète Joseph Smith, p. 301-302 de l'édition de 1981, p. 524-526 de l'édition précédente ; voir aussi Jean 10:34-36 et Psaumes 82:6).

 

Pour nous, il n'y a qu'une seule Divinité

 

      Il est parfaitement vrai, comme le disent la Perle de Grand Prix et la Bible, que pour nous il n'y a qu'un seul Dieu. Correctement interprété, Dieu, dans ce sens, signifie Divinité, car elle est composée du Père, du Fils et du Saint Esprit. Cette Divinité préside sur nous, et pour nous, habitants de ce monde, elle constitue le seul Dieu, la seule Divinité. Il n'y en a pas d'autre à cette place (voir 1 Corinthiens 8:5-6). C'est à elle que nous sommes redevables, à son autorité que nous sommes soumis, et il n'y a pas d'autre Divinité à qui nous soyons assujettis. Toutefois, comme le Prophète l'a montré, il peut y avoir et il y a d'autres Dieux.

 

Avons-nous oublié le fait que les Écritures anciennes et modernes assurent à tous ceux qui sont fidèles à toutes les alliances et à toutes les obligations que l'Évangile leur impose, la promesse que la récompense sera qu'ils deviendront des Dieux ? Jésus enseigna cette doctrine aux Juifs. Elle est dans la trame de tous nos ouvrages canoniques. La promesse a été faite à tous ceux qui sont justes et fidèles, qu'ils deviendront fils et filles de Dieu, membres de sa maison (voir Éphésiens 3:14-15), « co-héritiers de Jésus-Christ » (Romains 8:17) et auront droit à la plénitude de l'exaltation.

 

« Alors ils seront dieux, parce qu'ils n'ont pas de fin ; c'est pourquoi, ils seront de toute éternité à toute éternité, parce qu'ils continuent. Alors, ils seront au-dessus de tout, parce que tout leur est soumis. Alors ils seront dieux, parce qu'ils ont tout pouvoir et que les anges leur seront soumis. » (D&A 132:20)

 

 

Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob et le Dieu du credo d'Athanase

 

Question : Vous dites qu'en 325 de notre ère, les évêques de l'Église « rejetèrent le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob et lui substituèrent le credo d'Athanase ». À quel égard « Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob » diffère du Dieu défini dans le credo d'Athanase ?

 

Réponse :

 

      Le Dieu d'Abraham descendit visiter Abraham et l'instruire en différentes occasions, comme il le fit avec d'autres prophètes. C'est ainsi qu'Abraham fit la connaissance de notre Père céleste avec qui il était. Tout ce que j'ai besoin de faire pour montrer que le Dieu d'Athanase n'est pas le Dieu d'Abraham, c'est de mentionner trois points.

 

1. Le credo dit que Dieu est « incompréhensible », confondant le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Ceci est assurément en conflit avec ce qui est donné par les Écritures :

 

« Celui-ci n'enseignera plus son prochain, ni celui-là son frère, en disant : Connaissez l'Éternel ! Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, dit l'Éternel : Car je pardonnerai leur iniquité et je ne me souviendrai plus de leur péché » (Jérémie 31:34).

 

Ensuite dans cette merveilleuse et émouvante prière qu'il adressa à son Pèle, peu avant sa crucifixion, le Seigneur dit :

 

« Or la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jean 17:3).

 

Les Écritures sont claire sur la doctrine de la Divinité

 

2. Le credo est erroné quand il dit qu'il n'y a pas trois « Éternels » mais « un Éternel », confondant ainsi le Père, le Fils et le Saint-Esprit, alors que les Écritures disent clairement que les trois membres de la Divinité sont séparés et distincts l'un de l'autre, chacun ayant une mission déterminée à accomplir. Le Sauveur dit à ses apôtres que quand il s'en irait, il leur enverrait le Consolateur, qui est le Saint-Esprit.

 

« Mais le Consolateur, l'Esprit saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jean 17:26).

      Nous avons ici la promesse que le Seigneur s'en irait mais que le Consolateur, ou Esprit saint, serait envoyé pour être avec les apôtres.

      3. Dans le fait que le credo déclare que dans la Trinité « aucun n'est plus grand ou moindre que l'autre, mais les trois personnes entières sont coéternelles et coégales » nous trouvons un conflit qui est contraire à ce qui se trouve dans les Écritures. Dans ce conseil Arius essaya d'établir une vérité qui fut rejetée. C'est-à-dire qu'il n'y a jamais eu de Fils qui ne fut pas plus jeune que son Père, mais le credo déclare formellement que le Fils, aussi bien que le Père, est « incréé ».

 

Distinction entre le Père et le Fils

 

      Contrairement au credo, Jésus-Christ a dit :


      « Vous avez entendu que je vous ai dit : Je m'en vais, et je reviens vers vous. Et si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père ; car le Père est plus grand que moi » (Jean 14:28).

      Ces passages ne sont que quelques-uns qui montrent que le credo d'Athanase n'était pas inspiré par le Père, mais a été inventé par les hommes. Ce jour-là il n'y eut pas de révélation, on n'en demandait pas non plus. Au contraire, les hommes se disputaient, de l'hostilité s'ensuivit et il y eut une division entre eux. Ils n'avaient pas de prophètes pour parler, on ne reçut pas de parole divine du Seigneur, mais simplement les opinions d'hommes qui manquaient d'inspiration.

 

     

« Personne n'a jamais vu Dieu » est un contresens

 

Question : Comment Joseph Smith a-t-il pu voir Dieu alors que la Bible dit clairement dans St. Jean 1:18 : « Personne n'a jamais vu Dieu » et dans Exode 33:20 : « Tu ne pourras pas voir ma face, car l'homme ne peut me voir et vivre » ?


Réponse :

 

      Vous citez Exode 33:20 : « L'Éternel dit : Tu ne pourras voir ma face, car l'homme ne peut me voir et vivre. » Et pourtant dans le même chapitre, verset 11, il est écrit ceci : « L'Éternel parlait avec Moïse face à face, comme un homme parle à son ami. » La Bible nous est parvenue grâce à plusieurs traductions et elle a été copiée bien souvent ; en outre, il n'y a pas de manuscrit original d'aucun des livres de la Bible. Au commencement et au cours des années, les scribes devaient écrire tous les mots à la main.


      Il n'est aujourd'hui aucun spécialiste de la Bible qui croie qu'elle nous soit parvenue sous l'aspect parfait et original qu'elle avait dans les manuscrits. Les scribes oublièrent des mots et des expressions, tout comme nous le faisons parfois quand nous dactylographions, sautant toute une ligne et changeant ainsi le sens. De plus, les scribes ajoutaient ou interprétaient parfois selon leur opinion.


      Il y a trop de passages qui proclament très clairement que Dieu apparut effectivement « face à face » à ses serviteurs d'autrefois. Par conséquent, les passages qui déclarent que personne ne l'a jamais vu doivent être erronés. Le prophète Joseph Smith nous a donné une correction de Jean 1:18 comme suit :


      « Et personne n'a jamais vu Dieu sans avoir rendu témoignage du Fils ; car nul ne peut être sauvé que par lui » (Traduction de Joseph Smith).

      De nouveau à propos de 1 Jean 4:12, le Seigneur révéla à Joseph Smith la correction suivante :


      « Personne n'a jamais vu Dieu sauf ceux qui croient. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous » (Traduction de Joseph Smith).


      Nous lisons qu'Abraham parla face à face avec Dieu et qu'il parla aussi avec Énoch et d'autres (Genèse 5:24; 17:1-9 ; Moïse 1:1-2 ; 6-43). Le monde moderne ne veut néanmoins rien savoir de cela et a rejeté le Dieu vivant pour un Dieu que l'on ne peut voir ni entendre.

 

 

Source : Réponses aux questions sur l'Évangile - Sélection, Cours d'étude de la Prêtrise de Melchisédek 1972/73, volume 1