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L’expiation
de Jésus-Christ
Joseph Fielding Smith (1876-1972)
Membre du collège des Douze de 1910 à 1950
Président suppléant du collège des Douze de 1950 à
1951
Président du collège des Douze de 1951 à 1965
Membre de la Première Présidence de 1965 à 1970
Historien de l'Église de 1921 à 1970
Président de l’Église de 1970 à 1972
Pourquoi fallait-il que le Christ versât son sang ?
Question : Pourquoi fallait-il que le Christ versât son sang dans
l'Expiation pour nous relever de la responsabilité de la Chute ?
Réponse :
La raison pour laquelle le sang du Christ devait être versé
est qu'Adam était dépourvu de sang avant la chute. Le Sang entra dans son corps après. Il fallait donc que le sang qui vint par la chute fût versé dans l'expiation.
« Car l'âme de la chair est dans le sang. Je vous l'ai donné
sur l'autel, afin qu'il servit d'expiation pour vos âmes, car c'est par l'âme que le sang fait l'expiation » (Lévitique 17:11 ; lire les versets 10 à 14 et Genèse 9 pour
d'autres réponses à la question).
La dette que nous avons
Question : Il semble qu'il y ait des malentendus dans le monde
quant à la nature de l'expiation de Jésus-Christ et notre dette vis-à-vis de lui pour la résurrection qu'il nous a assurée. Voudriez-vous, s'il vous plaît expliquer le point de
vue de l'Église à ce sujet ?
Réponse :
Un des discours les plus instructifs jamais prononcés en ce
qui concerne l'expiation se trouve au neuvième chapitre de 2 Néphi dans le Livre de Mormon. Ce sont les instructions données par Jacob, frère de Néphi. Quiconque recherche le
salut devrait le lire soigneusement. On nous a enseigné que le plus grand don de Dieu est la vie éternelle. La vie éternelle vient de l'obéissance à tous les commandements et à
toutes les alliances que notre Père céleste a donnés à l'homme.
La bénédiction de l'immortalité et de la vie éternelle
La plus grande dette que nous ayons, nous l'avons vis-à-vis
de notre Rédempteur, Jésus-Christ, pour les grandes bénédictions de l'immortalité et de la vie éternelle. L'immortalité est le don accordé à toute âme, car le décret est sorti
du trône de Dieu que la résurrection doit être aussi universelle que la Chute. C'est Adam qui introduisit la mort dans le monde et aucun membre de sa famille n'est tenu pour
responsable de la mort et par conséquent recevra la résurrection. C'est par l'amour et la miséricorde du Fils de Dieu pour l'humanité que cette rédemption est faite. Ses
souffrances extrêmes et sa mort cruelle sur la croix ont réalisé l'expiation de la transgression d'Adam et rachètent du tombeau tout être vivant qui a subi la chute, y compris
ses ennemis acharnés qui s'écrièrent contre lui : « Qu'il soit crucifié ! » (Matthieu 27:22). Oui, eux aussi sont bénéficiaires de l'Expiation et recevront la résurrection bien
qu'ils aient eux aussi à souffrir pour leurs terribles péchés.
Réfléchissons à quelques-unes des grandes vérités exprimées
dans le message de Jacob qui fut écrit, non seulement pour son propre peuple, mais aussi pour le profit du monde entier.
« Car comme la mort est passée sur tous les hommes, pour accomplir le
plan miséricordieux du grand Créateur, il doit nécessairement y avoir un pouvoir de résurrection, et la résurrection doit nécessairement être donnée à l'homme en raison de la
chute ; et la chute s'est produite en raison de la transgression, et parce que l'homme est devenu déchu, il a été retranché de la présence du Seigneur.
« C'est pourquoi, il doit nécessairement y avoir une expiation infinie : si ce n'était pas une expiation infinie, cette corruption ne pourrait pas revêtir
l'incorruptibilité. C'est pourquoi, le premier jugement qui est tombé sur l'homme aurait nécessairement dû rester pour une durée sans fin. Et s'il en avait été ainsi, cette
chair aurait dû se coucher pour pourrir et se désagréger, et retourner à la terre, sa mère, pour ne plus se relever » (2 Néphi 9:6-7).
La mort est un plan miséricordieux
Beaucoup de mortels ne croient pas que la mort soit un « plan
miséricordieux ». On croit généralement qu'Adam a commis un péché terrible en prenant du fruit défendu. Les commentateurs ont écrit que cet acte a été la « chute honteuse de
l'homme », comme si en prenant du fruit Adam et Ève avaient introduit dans le monde un état de misère et de mort qui aurait pu être évité, et comme si Adam et sa postérité
auraient pu vivre dans la paix, l'amour et le contentement, à l'abri de la mort s'il n'avait pas transgressé. Notre mère Ève s'entendit révéler le véritable but de la Chute et
elle dit :
« Sans notre transgression, nous
n'aurions jamais eu de postérité et nous n'aurions jamais connu le bien et le mal, la joie de notre rédemption et la vie éternelle que Dieu donne à tous ceux qui obéissent » (Moïse 5:11).
La chute était une partie nécessaire du plan de salut
Il est certain que nul ne souhaite demeurer dans la mortalité
quand il devient vieux et impotent. La mort nous est donnée à tous comme une chose miséricordieuse et non terrible, surtout à la personne qui meurt avec l'assurance d'une
résurrection dans la justice.
Léhi, le père de Jacob, nous informe que « Adam tomba pour
que les hommes fussent, et les hommes sont pour avoir la joie » (2 Néphi 2:25).
La chute apporta la possibilité de l'existence mortelle
La chute d'Adam et d'Ève offrit au genre humain la
possibilité de venir dans l'existence mortelle qu'il n'aurait pas reçu autrement. Ainsi, la possibilité de vivre toutes les expériences de la mortalité aurait été perdue pour
nous si ce plan divin n'avait pas été adopté.
Nous ne devons pas penser que la mort du corps est la fin de
l'homme et que quand nous mourons le corps retourne à la terre pour ne plus se relever. Jacob a montré quelles auraient été les conséquences si la mort physique avait été la
fin du corps mortel, et comment le Père a préparé le chemin de la rédemption de l'homme par l'expiation de Jésus-Christ. Cette rédemption était le plan adopté avant la
fondation de la terre.
« Oh! la
sagesse de Dieu, sa miséricorde et sa grâce! Car voici, si la chair ne se relevait plus, notre esprit serait soumis à cet ange qui tomba de la présence du Dieu éternel et
devint le diable, pour ne plus se relever.
« Et notre esprit serait devenu semblable à lui, et nous serions devenus des démons, anges d'un démon, pour être exclus de la présence de notre Dieu et rester avec le
père des mensonges dans la misère comme lui ; oui, de cet être qui a séduit nos premiers parents, qui se transforme presque en un ange de lumière et incite les enfants des
hommes aux combinaisons secrètes de meurtre et à toutes sortes d'œuvres secrètes de ténèbres.
« Oh ! comme elle est grande, la bonté de notre Dieu qui prépare une voie pour que nous échappions à l'étreinte de ce monstre affreux, oui, ce monstre, la mort et
l'enfer, que j'appelle la mort du corps, et aussi la mort de l'esprit.
« Et à cause du moyen de délivrance de notre Dieu, le Saint d'Israël, cette mort, dont j'ai parlé, qui est la mort temporelle, livrera ses morts ; laquelle mort est la
tombe.
« Et cette mort dont j'ai parlé, qui est la mort spirituelle, livrera ses morts ; laquelle mort spirituelle est l'enfer ; c'est pourquoi, la mort et l'enfer vont livrer
leurs morts, et l'enfer va livrer ses esprits captifs, et la tombe va livrer ses corps captifs, et le corps et l'esprit des hommes seront rendus l'un à l'autre ; et c'est par
le pouvoir de la résurrection du Saint d'Israël » (2 Néphi 9:8-12).
Le but de l'existence mortelle
Quel destin pourrait être plus terrible que de voir le corps
éternellement détruit et l'esprit laissé tel qu'il était avant la vie mortelle ? Qu'aurait-on acquis ? Et cependant, il y en a beaucoup qui se sont écartés des enseignements du
Sauveur et qui nient la résurrection. Le but principal de notre existence mortelle est d'obtenir un tabernacle de chair et d'os pour notre esprit afin de progresser après la
résurrection vers la plénitude des bénédictions que le Seigneur a promises à ceux qui sont fidèles. On leur a promis qu'ils deviendront fils et filles de Dieu (voir Éther
3:14), cohéritiers de Jésus-Christ (voir Romain 8:17), et s'ils ont été fidèles aux commandements et aux alliances que le Seigneur nous a donnés, d'être rois et prêtres, reines
et prêtresses, possédant la plénitude des bénédictions du royaume céleste (voir D&A 76:56).
Cette grande promesse a été faite aux esprits des hommes
avant que les fondations de la terre ne soient posées. Le Seigneur a renouvelé la promesse qu'il nous a faite si nous supportons patiemment les maux de la chair et recevons les
bénédictions et traversons fidèlement les épreuves et les tribulations jusqu'à la fin.
Le Christ a racheté toutes les âmes
Est-il possible d'imaginer un sort qui serait aussi terrible
que de se voir refuser la résurrection, notre esprit devenant soumis à Satan ? Comme toute âme devrait être reconnaissante envers notre Rédempteur en pensant que Jésus a tant
aimé le monde qu'il a été disposé à souffrir et à racheter toutes les âmes de la mort et à nous donner la résurrection des morts. Assurément, tous les membres de l'Église de
Jésus-Christ devraient être disposés à montrer leur reconnaissance en obéissant aux commandements du Sauveur.
Aucun mortel ne peut prendre pleinement conscience du prix qu'il
a payé
Aucun mortel n'aurait pu supporter l'angoisse et les
souffrances d'un tel sacrifice. C'était un sacrifice qu'un Dieu devait supporter. C'est un prix insignifiant que l'on nous demande de payer, et nous devons être disposés à le
payer dans l'esprit de reconnaissance, d'amour et d'obéissance à tous les commandements divins. De même qu'il nous aime, de même nous devons l'aimer, montrant notre profonde
reconnaissance dans l'obéissance et l'humble prière.
Quels sont ceux dont les péchés sont remis par l'Expiation ?
Qestion : Le Sauveur, en vertu de son expiation, a-t-il payé ou
non pour les péchés de toute la famille humaine d'Adam, ou a-t-il souffert seulement pour les péchés d'Adam et de ceux qui obéissent à l'Évangile. Le sacrifice du Sauveur
a-t-il purifié tous les mortels de leurs transgressions ou non ?
Réponse :
Le Rédempteur a offert la paix et le repos dans le royaume de
son Père à tous ceux qui veulent se repentir, accepter les ordonnances et les enseignements de son Évangile. Il a dit clairement que ceux qui rejettent le plan de salut ne sont
pas purifiés de leurs péchés.
La supplique constante de notre Rédempteur
Voici la supplique constante de notre Rédempteur :
« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je
vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes » (Matthieu
11:28-29).
L'expiation du Sauveur a réalisé deux choses merveilleuses :
premièrement elle a ramené tous les êtres vivants de la vie mortelle à l’immortalité, c'est-à-dire qu'elle donne à toute créature mortelle la résurrection et le pouvoir éternel
sur la mort ; deuxièmement, la rémission des péchés.
Malgré ce rétablissement universel, les habitants de la
terre seront récompensés selon leurs oeuvres. Certains recevront l'exaltation dans le royaume de Dieu pour devenir eux-mêmes des dieux (voir D&A
76:58) et avoir les bénédictions de l'accroissement éternel. D'autres seront affectés au royaume terrestre et demeureront
séparés et seuls à jamais, et d'autres encore seront rejetés dans les « ténèbres du dehors où il y a des pleurs, des lamentations et des grincements de dents » (D&A 101:91).
Une question très sérieuse
Il y a une question très sérieuse qui se pose pour beaucoup
de personnes qui s'efforcent de comprendre la grande souffrance et le grand sacrifice du Fils de Dieu quant au point de savoir si les membres de l'Église saisissent ou non
l'importance de l'expiation du Sauveur. Quand nous prenons les emblèmes représentant sa mort et sa souffrance, nous efforçons-nous de nous imaginer du mieux que nous pouvons
l'épreuve extrême et terrible que traversa notre Rédempteur pour que, en gardant ses commandements, nous puissions échapper aux tourments de nos transgressions ? Il a décrit
dans une certaine mesure l'épreuve terrible que nous, mortels, ne pouvons pas concevoir pleinement.
« Car voici, moi, Dieu, j'ai souffert ces choses pour tous afin
qu'ils ne souffrent pas s'ils se repentent.
« Mais s'ils ne se repentent pas, ils doivent souffrir tout comme moi.
« Et ces souffrances m'ont fait trembler de douleur, moi, Dieu, le plus grand de tous, et elles m'ont fait saigner à chaque pore et m'ont fait souffrir de corps et
d'esprit - et j'ai voulu ne pas devoir boire la coupe amère, mais je n'ai pas non plus voulu me dérober –
« Néanmoins, gloire soit au Père, j'ai bu et j'ai terminé tout ce que j'avais préparé pour les enfants des hommes »
(D&A 19:16-19).
Combien de membres de l'Église, quand ils prennent les
emblèmes de la Sainte-Cène, essaient de s'imaginer la souffrance extrême du Fils de Dieu pendant qu'il subissait son tourment en notre faveur au jardin de Gethsémané ?
La question du pardon des péchés
Question : Dans notre groupe d'étude, on a discuté de la question
du pardon du péché. Certains étaient d'avis que le péché n'est jamais pardonné sans que le transgresseur paie le prix en souffrant pour compenser le mal qui a été fait.
D'autres estimaient que quand il se repentait vraiment et s'attristait sur son péché, le transgresseur était pardonné. Voudriez-vous nous éclairer à ce sujet ?
Réponse :
Il est vrai que la justice exige la réparation pour tout
péché qui est commis. Le pécheur non repentant devra payer le prix de sa transgression, car c'est une loi divine. Pour absoudre l'humanité du paiement du châtiment des péchés,
le Fils de Dieu est venu dans ce monde et s'est offert en sacrifice pour le péché, non pas pour son péché, car il était sans péché, mais pour les péchés de toutes les âmes qui
sont disposées à se repentir, à garder ses commandements et à marcher dans la lumière de l'Évangile éternel.
Ceux qui ne se repentent pas doivent souffrir
Nul mortel ne connaît les terribles souffrances mentales et
physiques que notre Seigneur dut supporter. Il en a donné une petite idée dans sa révélation au prophète Joseph Smith, mais sa terrible agonie et sa grande souffrance mentale
ne sont connues que de lui-même. Il nous a informés qu'elles furent si terribles que le sang sortit de tous les pores de son corps et qu'il fut forcé de crier dans l'angoisse
de son âme, et cependant il n'obtint aucun soulagement avant que ses terribles souffrances ne fussent terminées. Et tout ceci a été fait par amour pour le monde !
Source : Réponses aux questions sur l'Évangile - Sélection, Cours
d'étude de la Prêtrise de Melchisédek 1972/73, volume 1 |