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Pourquoi ces
temples ?
Gordon B.
Hinckley
Assistant des
Douze de 1958 à 1961
Membre du collège
des Douze de 1961 à 1981
Conseiller dans la
Première Présidence de 1981 à 1995
Président de
l’Église depuis 1995
Qui n'a pas médité, dans un moment de calme et d'introspection, sur les
mystères de la vie ?
Qui ne s'est demandé alors : « d'où est-ce que je viens ?
Pourquoi suis-je ici ? Où est-ce que je vais ? Quel rapport y
a-t-il entre mon Créateur et moi ? La mort me privera-t-elle des liens
avec les personnes que j'ai chéries ici-bas ? Et ma famille ? Y
a-t-il une autre vie après celle-ci ? Si c'est le cas, nous
connaîtrons-nous là-bas ? »
La sagesse humaine ne répond pas à ces questions. Seule la révélation
divine le fait.
Les
temples de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours sont des
édifices sacrés où l'on répond à ces questions éternelles et à d'autres.
Chacun de ces temples est consacré pour être la maison du Seigneur, lieu de
sainteté et de paix, à l'abri du monde. On y enseigne des vérités et l'on y
accomplit des ordonnances [sacrements, ndlr] qui apportent la connaissance
de choses éternelles et incitent celui qui les accomplit à vivre
conformément à sa compréhension de son héritage divin d'enfant de Dieu, et
à la conscience qu'il a de son potentiel d'être éternel.
Ces bâtiments, différents des milliers de lieux de culte habituels de
l'Église que l'on trouve partout dans le monde, ont une raison d’être et
une fonction autres que ceux de tous les autres édifices religieux, non par
leur taille, ni la beauté de leur architecture, mais par l’œuvre qui s’y
accomplit.
Ce n’est pas la première fois que l’on réserve certains bâtiments, à la
différence de lieux de cultes ordinaires, à des ordonnances particulières.
Cela se faisait déjà dans l’Ancien Israël, où le culte ordinaire
s’accomplissait dans les synagogues. Le lieu le plus sacré fut d'abord le
tabernacle dans le désert et son lieu très saint. Ce fut par la suite une
succession de temples où s’accomplissaient des ordonnances particulières
auxquelles seuls ceux qui répondaient aux conditions requises pouvaient
participer. Il en est ainsi à notre époque. Avant la consécration d’un
temple, l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours invite le
public à pénétrer dans le bâtiment et à en visiter les diverses
installations. Mais quand il est consacré, il devient la maison du
Seigneur, revêtu d’un caractère si sacré que seuls les membres qui en sont
dignes ont la permission d'y entrer. Ce n'est pas une question de secret,
mais de sainteté des lieux.
L'œuvre qui se déroule dans ces édifices expose les desseins éternels de
Dieu pour l'homme, enfant de Dieu, et donnent une représentation de la
création. Cette oeuvre se rapporte principalement à la famille, chacun
d'entre nous étant membre de la famille éternelle de Dieu, chacun d'entre
nous étant membre d'une famille terrestre. Cette œuvre traite du caractère
sacré et éternel de l'alliance du mariage et des relations familiales.
Elle affirme que tout homme et toute femme qui vient au monde est un enfant
de Dieu, doté d’une part de sa nature divine. La répétition de ces
enseignements fondamentaux a un effet salutaire sur ceux qui les reçoivent.
En effet, comme la doctrine est énoncée dans une langue belle et
impressionnante, le participant comprend que chaque homme et chaque femme
étant l'enfant de notre Père céleste, chacun est membre d'une famille
divine, et est donc son frère ou sa sœur.
Quand le scribe lui a demandé :
« Quel est le premier de tous les commandements ? » le
Seigneur a répondu : « Tu aimeras le seigneur ton Dieu de tout
ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force :
voici le premier commandement ».
«Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Marc
12:28,30-31).
Les enseignements dispensés dans les temples modernes mettent fortement
l'accent sur le devoir de l'homme envers son Créateur et envers son
prochain. Les ordonnances sacrées appuient cette philosophie ennoblissante
de la famille de Dieu. Elles enseignent que l'esprit qui est en nous est
éternel, alors que le corps, lui, est mortel. Non seulement elles nous font
comprendre ces grandes vérités, mais elles nous poussent à aimer Dieu et à
entretenir des relations plus chaleureuses avec les autres enfants de notre
Père.
Si l’on considère comme un fait que l'homme est un enfant de Dieu, la vie a
un dessein divin. Là encore, la vérité révélée est enseignée dans la maison
du Seigneur. La vie terrestre fait partie d’un voyage éternel. Nous étions
enfants d'esprit avant de venir ici-bas. Les Écritures en témoignent. C'est
le cas, par exemple, des paroles adressées par le Seigneur à Jérémie :
« Avant que je t'eusse formé dans le ventre de ta mère, je te
connaissais, et avant que tu fusses sorti de son sein, je t'avais consacré,
je t’avais établi prophète des nations » (Jérémie 1:5).
Nous entrons dans cette vie, enfants de parents mortels et membres d'une
famille. Les parents sont associés à Dieu pour réaliser ses desseins
éternels pour ses enfants. La famille est une institution divine, la plus
importante dans la condition mortelle et dans l'éternité.
Une grande partie de l'œuvre qui s'accomplit dans les temples concerne la
famille. Pour bien en comprendre le sens, il est essentiel de reconnaître
que, de même que nous avons vécu comme enfants de Dieu avant notre
naissance ici-bas, de même nous continuerons à vivre après la mort, et que
les relations précieuses et heureuses de la condition mortelle, dont les
plus belles et les plus importantes sont les relations familiales, peuvent
continuer dans le monde à venir.
Les conjoints qui viennent à la maison du Seigneur et reçoivent ses
bénédictions sont unis non seulement pour la durée de leur vie ici-bas,
mais également pour toute l'éternité, sous l'autorité non seulement de la
loi du pays qui les unit jusqu'à ce que la mort les sépare, mais aussi de
la prêtrise éternelle de Dieu, qui lie dans le ciel ce qui est lié ici-bas.
Les conjoints qui sont unis de cette manière sont assurés par la révélation
divine que les liens qui les unissent et ceux qui les unissent à leurs
enfants ne seront pas dissous à la mort mais demeureront dans l'éternité, à
condition qu’ils vivent de façon à être dignes de cette bénédiction.
Se peut-il qu'un homme qui aime vraiment sa femme, ou qu'une femme qui aime
vraiment son mari ne prie pas pour que leur union dure au-delà de la
tombe ? Des parents peuvent-ils assister à l'enterrement d'un enfant
sans aspirer à avoir l'assurance que cet être cher leur sera rendu dans un
monde à venir ? Quiconque croit à la vie éternelle peut-il douter que
le Dieu des cieux accorde à ses fils et filles l'un des attributs le plus
précieux de la vie : l'amour, qui ne s'exprime nulle part mieux que
dans les relations familiales ? La raison exige que les relations
familiales continuent après la mort. Le cœur humain y aspire. Et le Dieu
des cieux a révélé le moyen de l'obtenir : les ordonnances sacrées de
la maison du Seigneur.
Mais ceci paraîtrait vraiment injuste si les bénédictions de ces
ordonnances n'étaient accessibles qu'à ceux qui sont maintenant membres de
l'Église de Jésus-Christ des Saints des derniers Jours. Le fait est que
tous ceux qui acceptent l'Évangile et le baptême dans l’Église ont
l'occasion de se rendre au temple et d'en recevoir les bénédictions. C'est
pourquoi, l'Église accomplit une œuvre missionnaire d’envergure dans la
majeure partie du monde. Elle continuera à développer cette œuvre le plus
possible, car elle a la responsabilité, selon la révélation divine,
d'enseigner l'Évangile à « toutes les nations, tribus, langues et
peuples ».
Mais des millions et des millions de gens ont vécu ici-bas sans jamais
avoir eu l'occasion d'entendre l'Évangile. Les bénédictions qui sont
offertes dans les temples de l'Église leur seront-elles refusées ?
Par l'intermédiaire de personnes qui agissent par procuration pour les
morts, les mêmes ordonnances sont offertes à ceux qui ont quitté la
condition mortelle. Dans le monde des esprits, ils sont libres d'accepter
ou de rejeter ces ordonnances terrestres accomplies pour eux, parmi
lesquelles le baptême, le mariage et le scellement des relations
familiales. Il n'y a aucune contrainte dans l'œuvre de Dieu, mais
l'occasion doit être donnée à chacun.
Cette œuvre par procuration constitue une oeuvre d'amour sans précédent
accomplie par des vivants pour les morts. Elle nécessite d’importantes
recherches généalogiques pour trouver et identifier les défunts. Pour
soutenir cette recherche, l’Église coordonne un programme généalogique et
dispose de locaux et de matériel sans pareil dans le monde entier. Ses
archives sont ouvertes au public et ont été utilisées par beaucoup de non
membres de l'Église pour rechercher leurs ancêtres. Ce programme a été
l'objet des félicitations des généalogistes du monde entier et a été
utilisé par divers pays pour sauvegarder leurs propres archives. Mais son
but premier est de fournir aux membres de l'Église les documents
nécessaires pour identifier leurs ancêtres afin qu'ils puissent leur
apporter les bénédictions qu'ils ont reçues eux-mêmes. Ils se disent :
« Si j'aime tant ma femme et mes enfants que je veuille les avoir avec
moi pour l'éternité, mon grand-père et mon arrière-grand-père ne
devraient-ils pas bénéficier de la même possibilité de recevoir ces
bénédictions éternelles ? »
Dans ces bâtiments sacrés se déroule, dans le calme et le recueillement,
une activité très intense. Ils rappellent la question et la réponse d'un
passage de l'Apocalypse de Jean : « Ceux qui sont revêtus de
robes blanches, qui sont-ils et d'où sont-ils venus ? »
« Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation ; ils ont
lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l'agneau.
« C'est pour cela qu'ils sont devant le trône de Dieu et le servent
jour et nuit dans son temple. » (Apocalypse 7:13-15)
Ceux qui viennent dans ces maisons sacrées sont vêtus de blanc quand ils y
travaillent. Ils ne viennent que sur la recommandation de leurs autorités
ecclésiastiques locales, qui attestent de leur dignité. Il est attendu
d'eux que leurs pensées, leur corps et leurs vêtements soient purs, pour
pénétrer dans le temple de Dieu. Quand ils y entrent, ils sont censés
laisser le monde derrière eux et se concentrer sur les choses divines.
Cette pratique, si on peut l'appeler ainsi, comporte en soi une récompense.
Qui, en effet, en ces temps troublés, n’accepterait pas bien volontiers de
laisser ce monde derrière lui et d'entrer dans la maison du Seigneur, pour
y méditer paisiblement sur les choses éternelles de Dieu ? Ces lieux
sacrés donnent l’occasion, disponible nulle part ailleurs, d’apprendre et
de méditer sur les aspects vraiment importants de la vie, nos relations
avec Dieu, et notre parcours éternel de la préexistence jusque dans cette
vie, et vers un état futur où nous serons tous réunis, y compris les
membres de notre famille et nos ancêtres qui nous ont transmis notre
héritage physique, intellectuel et spirituel.
Il ne fait pas de doute que ces temples sont des bâtiments uniques. Ce sont
des maisons où l'on enseigne. Ce sont des lieux d'alliances et de
promesses. À leurs autels, nous nous agenouillons devant Dieu, notre
Créateur, et nous recevons la promesse de ses bénédictions éternelles.
En ces lieux sacrés, nous communions avec lui et nous méditons à propos de
son Fils, notre Sauveur et Rédempteur, le Seigneur Jésus-Christ, qui s'est
sacrifié par procuration pour chacun de nous. Dans ces lieux nous oublions
notre égoïsme et œuvrons pour ceux qui ne peuvent pas le faire eux-mêmes.
Dans ces lieux nous sommes unis dans la plus sacrée des relations humaines,
comme conjoints, comme enfants et parents, comme familles, sous un sceau
que le temps ne peut détruire et que la mort ne peut briser.
Ces bâtiments sacrés ont été construits même dans les années sombres où les
saints étaient persécutés et chassés sans relâche. Ils ont été construits
et entretenus aux heures de pauvreté comme aux heures de prospérité. Ils
sont le produit de la foi profonde d'un nombre sans cesse croissant de
témoins du Dieu vivant, du Seigneur ressuscité, des prophètes et de la
révélation divine, ainsi que de la paix et de l'assurance de bénédictions
éternelles qu'on ne trouve que dans la maison du Seigneur.
Sources :
• Pourquoi ces temples ? Leur raison d’être dans
l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, 1987, pp.
7-11
• Temples de l’Église de Jésus-Christ des Saints des
Derniers Jours, 2000, pp. 14-19
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