Guérir
d’une dépendance :
c’est
possible grâce au Christ
Ben
Erwin, responsable du programme de traitement de la dépendance,
et
Denya Palmer, des services de l’entraide et de l’autonomie
Nous
avons tous des difficultés personnelles contre lesquelles nous
luttons. Pour beaucoup de gens, les comportements compulsifs ou
entraînant une dépendance peuvent en faire partie. Dans
la société, et notamment dans l’Église,
nous ne parlons pas toujours ouvertement des dépendances ou
des comportements compulsifs. Si vous, ou un être cher, êtes
aux prises avec une dépendance, il est probable que vous
éprouviez de la honte ou de l’embarras, ou que vous
soyez inquiets du jugement des autres.
Si
vous souffrez d’une dépendance, vous avez peut-être
l’impression d’être brisé ou d’être
une mauvaise personne. Cette difficulté peut sembler
écrasante, embarrassante ou insurmontable. Cependant, aucune
de nos actions ne peut changer notre valeur aux yeux de Dieu. Nous
avons tous une valeur infinie. Et vous n’êtes pas seuls
dans vos épreuves. Tout est possible grâce au Christ, y
compris guérir de la dépendance. C’est aussi vrai
pour les personnes qui souffrent ou subissent les conséquences
des actions de quelqu’un d’autre. M. Russell Ballard a
enseigné :
«
Et pour ceux d’entre vous qui sont devenus victimes d’une
dépendance, il y a de l’espoir parce que Dieu aime tous
ses enfants, et parce que l’expiation et l’amour du
Seigneur Jésus-Christ rendent tout possible. J’ai vu la
merveilleuse bénédiction de la guérison qui
libère des chaînes de la dépendance. Le Seigneur
est notre berger et nous ne manquerons de rien si nous mettons notre
confiance dans le pouvoir de l’Expiation. Je sais que le
Seigneur peut libérer et qu’il libérera de leur
servitude les personnes qui se trouvent dans la dépendance,
car, comme l’a proclamé l’apôtre Paul, ‘je
puis tout par celui qui me fortifie’ (Philippiens 4:13)1. »
(Le Liahona,
novembre 2010, p. 110)
Se
rapprocher de Jésus-Christ et des autres
Il
existe divers traitements pour les comportements entraînant une
dépendance. Le programme de traitement de la dépendance
de l’Église de Jésus-Christ des saints des
derniers jours est un chemin vers la guérison qui offre un
moyen sûr et encourageant pour quiconque cherche à
surmonter les comportements dépendants ou compulsifs. Le
programme consiste en des groupes de soutien, physiques ou en ligne,
qui suivent une approche en douze étapes fondées sur
l’Évangile. Chaque groupe est composé de
participants travaillant à leur guérison, de
missionnaires du programme de traitement de la dépendance
dédiés au service et d’animateurs qui ont
eux-mêmes trouvé la guérison grâce à
ce programme.
Il
y a deux types de réunions de traitement de la dépendance
: (1) les réunions centrées sur les dépendances
en général et (2) les réunions ciblant la
dépendance à la pornographie. Il existe également
des groupes de soutien pour les conjoints et les membres de la
famille.
Le
programme de traitement de la dépendance aide les personnes à
se soutenir mutuellement et à tisser des liens les unes avec
les autres pour surmonter leur dépendance, mais plus important
encore, il les aide à se rapprocher du Sauveur, Jésus-Christ.
Il veut nous aider dans nos épreuves et il est la source de la
guérison.
Comment
trouver une réunion
Chaque
semaine, environ 2 800 réunions du programme de traitement de
la dépendance se tiennent dans trente pays différents
et dix-sept langues différentes. Si vous souhaitez trouver une
réunion, consultez addictionrecovery.ChurchofJesusChrist.org.
Ces réunions ont lieu en personne et en ligne. S’il n’y
a pas de réunion dans votre région ou si vous préférez
y assister à distance, vous pouvez vous joindre à une
réunion en ligne ou par téléphone. Vous pouvez
aussi demander à vos dirigeants de l’Église si
une réunion en personne peut être organisée dans
votre région.
Dans
les groupes du programme de traitement de la dépendance, on
n’exerce aucune pression pour que vous participiez davantage
que vous ne le souhaitez. Vous pouvez commencer par assister à
une réunion pour simplement observer, écouter les
autres et ressentir l’Esprit.
Voici
trois expériences vécues par des personnes qui ont
suivi le programme de traitement de la dépendance : la
première y assistait pour elle-même, la deuxième
est aujourd’hui une animatrice et la troisième était
là pour soutenir un ami.
L’expérience
victorieuse de Dorinda sur l’alcoolisme
Le
nom a été changé.
J’ai
commencé à boire quand j’étais jeune. Dans
le pays où je vivais, ce phénomène était
socialement accepté et je me suis sentie obligée de
boire pour être acceptée.
Quand
je me suis mariée, mon mari et moi avons sombré dans
l’alcoolisme. Mes parents étaient vraiment inquiets.
Même lorsque nous avons eu notre premier enfant, notre
dépendance à l’alcool n’a pas cessé.
Peu
après la naissance de notre enfant, je suis devenue membre de
l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers
Jours. J’ai cessé de boire et j’ai commencé
à faire des progrès pour surmonter ma dépendance.
Ces changements agaçaient mon mari. Il était contrarié
que je ne boive plus et n’aille plus à des fêtes
avec lui.
Après
avoir beaucoup prié et jeûné, cherchant à
comprendre la volonté du Seigneur, j’ai quitté
mon mari et j’ai déménagé aux États-Unis.
Grâce à mes efforts pour vivre l’Évangile
de Jésus-Christ, j’ai été capable de
vaincre mon alcoolisme mais j’avais encore du mal à
gérer mon anxiété et mes sentiments de
désespoir. J’ai fini par me remarier avec une personne
membre de l’Église, mais je continuais à avoir
des difficultés.
Une
sœur à l’église m’a invitée à
un groupe du programme de traitement de la dépendance. Je n’ai
aucun doute que notre Père céleste se soucie de moi
parce que ce que j’ai appris dans le groupe correspondait
précisément à mon besoin. Nous avons discuté
du sentiment d’isolement si commun aux personnes qui ont vécu
une dépendance. Cet isolement était quelque chose que
je m’étais imposé moi-même et qui me posait
des problèmes.
Grâce
au programme de traitement de la dépendance, j’ai pris
conscience qu’il n’était pas nécessaire que
je m’isole de Dieu et des autres. J’ai la force et la foi
d’affronter les difficultés et de les surmonter.
Aujourd’hui,
je sais que je ne suis pas seule. J’assiste toujours aux
réunions de groupe et parfois mon mari m’accompagne. Des
gens de partout assistent à nos réunions en ligne. Nous
apprenons des expériences des uns et des autres et nous nous
soutenons mutuellement. Mon évêque, mon mari et mes
enfants savent aussi que j’ai besoin de leur soutien.
Par-dessus
tout, je sais que c’est grâce à l’expiation
du Christ que je peux surmonter ma dépendance.
L’expérience
victorieuse d’Ashly sur la toxicomanie
Je
ne me rendais pas compte de la sécurité que l’Évangile
de Jésus-Christ m’avait donnée jusqu’à
ce que je renonce à mon libre arbitre et devienne dépendante.
J’ai commencé à boire et à fumer de la
marijuana à l’âge de quatorze ans. À seize
ans, j’ai été internée pendant quinze mois
dans un établissement pour adolescents. Quand je suis sortie,
j’ai rechuté. Pour me procurer de la drogue, je volais
afin d’obtenir de l’argent. J’avais peu de contacts
avec ma famille. À un moment donné, j’ai vécu
avec une famille dont tous les membres vendaient de la drogue et en
consommaient. J’étais dans une situation sinistre et
effrayante. Mon moral était au plus bas. À dix-neuf
ans, j’étais héroïnomane.
Pendant
longtemps, je pensais ne pas avoir en moi le pouvoir d’être
sobre à long terme ou de mener une vie paisible et épanouie.
Néanmoins, j’ai vu la main de Dieu dans ma vie grâce
à de petits miracles comme trouver un marque-page du Livre de
Mormon dans une vieille Bible ou avoir l’amour et le soutien
intarissables de mon père. C’est grâce à
ces petits miracles que j’ai entendu la voix du Seigneur.
Je
me suis sevrée de l’héroïne et j’ai
décidé de « faire l’expérience »
d’obéir à tout ce que Dieu me demandait et de
voir ce qui arriverait (voir Alma 32:27). J’ai décidé
que si le fait de respecter les commandements me rendait heureuse, je
resterais sobre. Il m’a été difficile
d’abandonner la cigarette et le café, et de suivre le
processus du repentir. Mais je me suis sentie différente après
l’avoir fait. J’ai commencé à me sentir en
sécurité.
Pendant
toutes mes années de toxicomanie, j’ai assisté
aux réunions du programme de traitement de la dépendance
de l’Église. C’est à l’une d’elles
que j’ai même rencontré mon futur mari. À
chaque fois, j’étais accueillie à bras ouverts.
Je m’y sentais en sécurité. Au cours d’une
réunion, un homme a fait une prière spéciale
pour moi. Ce soir-là, j’ai ressenti l’amour de
notre Père céleste à mon égard. Je me
suis sentie digne d’être pure. Un mois plus tard, je suis
devenue sobre.
Depuis
maintenant près de cinq ans, j’anime des groupes dans le
cadre du programme de traitement de la dépendance. Ce que je
préfère dans ces réunions, c’est qu’on
peut voir l’Évangile de Jésus-Christ à
l’œuvre et en faire l’expérience. On
n’éprouve pas le besoin de se comparer aux autres ni le
sentiment de ne pas être accepté. Les gens sont là
parce qu’ils ont besoin de Dieu et sont disposés à
mettre leur orgueil de côté pour ressentir sa paix.
Ces
réunions sont l’un des endroits où j’ai le
plus ressenti l’Esprit. Elles sont un lieu d’amour, de
soutien et d’espérance. C’est un lieu de sécurité
où l’on fait part de sa souffrance et de ses problèmes,
et où l’on peut vraiment s’aider à porter
les fardeaux les uns des autres.
J’ai
le sentiment que lorsque des gens débutent le processus de
guérison, Dieu est très présent dans leur vie.
De petits miracles et des marques de miséricorde se produisent
régulièrement, et je crois que ce sont de petits
encouragements venant de Dieu pour maintenir ces gens dans la bonne
direction.
Cela
a été un honneur pour moi d’utiliser mon
expérience de la dépendance et de la désintoxication
pour donner de l’espoir aux personnes qui ont encore des
difficultés. Si je pouvais revenir en arrière, sachant
ce que je sais maintenant, je choisirais de suivre les conseils de
nos dirigeants de l’Église. Je choisirais de ne pas
m’approcher de la drogue ou de l’alcool. Mais je sais que
le Seigneur peut tout faire pour le bien de ceux qui l’aiment.
Je sais que c’est ce qui s’est passé pour moi.
J’ai réussi à transformer mon chagrin et ma
douleur en un message d’espoir.
L’expérience
de Rachel qui a soutenu un ami
Quand
un garçon que je fréquentais m’a parlé de
sa dépendance à la pornographie, la première
chose que je lui ai dite a été : « Comment
puis-je t’aider ? »
Il
a répondu : « Accompagne-moi aux réunions de
traitement de la dépendance. Tu peux faire partie d’un
groupe de soutien pour parents et amis. »
Je
savais qu’il existait un programme de traitement de la
dépendance en douze étapes mais j’ignorais qu’il
y avait des groupes de soutien. J’étais un peu hésitante
au début mais je me suis souvenue que je lui avais proposé
de l’aide et c’est ce qu’il me demandait de faire.
Lors
de la première réunion, j’ai pris une profonde
inspiration avant de pousser la porte de la salle où le groupe
de soutien se réunissait. En entrant dans la pièce, je
me sentais prête à apprendre comment sauver mon petit
ami de sa dépendance.
Mais
j’ai été surprise de ce que j’ai découvert.
On
m’a tendu un livret intitulé Guide de soutien : Aide
pour les conjoints et les familles des personnes en voie de guérison
et à chaque séance, nous en lisions des passages à
haute voix.
Je
n’ai pas une seule fois appris comment j’allais sauver
mon petit ami.
Au
lieu de cela, les douze leçons du guide de soutien m’ont
montré qu’avant de pouvoir soutenir qui que ce soit, je
devais d’abord déposer mes fardeaux aux pieds du
Seigneur et le laisser me guérir (voir 3 Néphi 9:13),
me guérir de mes propres fautes et difficultés et
endurer la souffrance que je pouvais éprouver en soutenant un
être cher sur la voie de la guérison.
Je
me suis rendu compte que je devais m’appuyer sur le Sauveur et
me tourner vers lui pour trouver la paix, l’espérance et
la force. Grâce à cela, je me sens mieux à même
de soutenir les personnes qui ont des comportements dépendants
ou compulsifs.
Le
guide de soutien dit : « Notre priorité doit être
de nous rapprocher personnellement du Seigneur… Cela nous
mettra dans une meilleure position pour aider nos êtres chers.
Quoi qu’ils choisissent de faire, la paix et l’espérance
du Sauveur peuvent être avec nous. » (Guide de soutien :
Aide pour les conjoints et les familles des personnes en voie de
guérison, 2017, p. iii)
En
continuant d’assister au cours, j’ai appris à quel
point le Sauveur m’aime et connaît ma situation. J’ai
aussi appris qu’aucune dépendance ne pourra jamais
changer l’immensité de son amour à l’égard
de n’importe lequel des enfants de notre Père céleste.
Toutefois,
je pense que la leçon la plus importante que j’ai
apprise dans le groupe de soutien est que ce n’est pas moi qui
peux sauver mon petit ami (ni qui que ce soit d’autre). Seul
Jésus-Christ le peut. Grâce à son sacrifice
expiatoire, il a le pouvoir de sauver.
Je
suis extrêmement reconnaissante qu’il soit notre Sauveur
car il sait comment nous secourir parfaitement (voir Alma 7:11-12).
Si nous avons confiance en sa grâce, je sais que nous recevrons
ce qui est nécessaire à notre guérison
personnelle. Il nous épaulera et nous serons plus à
même de soutenir nos êtres chers qui sont aux prises avec
une dépendance.
Grâce
au groupe de soutien et aux cours du programme de traitement de la
dépendance, mon petit ami s’est senti à l’aise
pour me parler quand il a senti qu’il devait le faire parce
qu’il savait que je n’étais pas là pour le
juger mais pour l’aimer et le soutenir dans ses efforts. Son
combat n’est pas encore terminé mais j’ai vu
l’amélioration et le changement dans notre vie grâce
aux principes appris dans ces cours. Et j’ai continuellement
ressenti la main du Seigneur.
(Le
Liahona, juin 2022)