L'accent
mis sur l'individu et la perspective universelle du Nouveau Testament
n'ont pas pour but de déprécier le moins du monde
l'accent social des autres Écritures. En fait, un des grands
points forts de l'Ancien Testament et du Livre de Mormon, c'est le
fait que leurs auteurs voyaient clairement que les hommes ne vivent
pas dans des cellules isolées, dans des alvéoles, que «
nul n'est une île ». Si l'on veut que les bommes soient
sauvés individuellement, il est important de changer la vie
sociale d'ensemble du peuple. Dans la religion, l'intérêt
individuel est aussi valable que l'intérêt social ; ce
sont simplement des aspects différents de la morale. Pris
seul, chacun des deux est incomplet. L'Ancien et le Nouveau
Testament, avec leurs intérêts respectivement social et
individuel, se complètent admirablement.
Centré
sur le Christ
Plus
que toute autre Écriture, le Nouveau Testament est centré
sur le Christ. Du début à la fin,
il raconte l'histoire de sa vie, témoigne de sa mission divine
et demande que l'on devienne de véritables disciples du
Christ. Toutes les autres Écritures parlent du Sauveur et
permettent de comprendre sa mission ; la Perle de grand prix nous
apprend comment il a accepté la mission d'être Sauveur
de l'humanité, les Doctrine et Alliances sont en grande partie
le produit de ses révélations et rendent un témoignage
puissant de son existence et de sa mission ; le Livre de Mormon est à
juste titre appelé « deuxième témoin du
Christ » et son but même, énoncé à
la page de titre, est de « convaincre les Juifs et les Gentils
que Jésus est le Christ, le Dieu éternel, qui se
manifeste à toutes les nations ». Même l'Ancien
Testament parle d'un Messie à venir, que les chrétiens
et le Nouveau Testament interprètent comme étant
Jésus-Christ.
Toutefois,
le Nouveau Testament, plus que n'importe quelle autre Écriture,
du début à la fin, est imprégné du
Sauveur. Nulle part ailleurs, nous ne trouvons de description de sa
vie mortelle. Paul a donné le témoignage écrit
le plus ancien de sa résurrection (1 Cor. 15). Et il n'est pas
d'auteur scriptural qui ait fait du Sauveur la matrice et la trame de
ses écrits au même degré que Paul. Les épîtres
universelles, 1, 2 et 3 Jean et 1 et 2 Pierre, les Hébreux et
l'Apocalypse sont centrés sur le Sauveur. Il n'est pas
étonnant que le Nouveau Testament ait été
l'Ecriture chérie de tous les chrétiens au cours des
siècles.
Condensé
dans le temps
Comme
les Doctrine et Alliances, le Nouveau Testament est condensé
dans le temps, extrêmement concentré, couvrant grosso
modo cent ans de la vie de l'Église primitive, tout comme les
Doctrine et Alliances reflètent la naissance de l'Église
rétablie. L'Ancien Testament et le Livre de Mormon en
particulier embrassent de vastes périodes d'histoire. Même
la Perle de grand prix s'étend sur quatre millénaires,
y compris les écrits de Joseph
Smith. Mais le Nouveau Testament est plus limité et plus
précis dans son objectif et la seule Écriture qui parle
de l'origine et de la naissance du mouvement chrétien dans le
Moyen-Orient, mouvement qui a eu un grand effet sur l'histoire et la
culture du monde occidental. Il est en effet impossible de comprendre
les institutions, la philosophie et l'éthique de l'Europe et
de l'Amérique si l'on ne connaît le Nouveau et l'Ancien
Testament.
Un
joyeux message
Le
Nouveau Testament est un livre dont le message est positif et
triomphant. Il commence avec « Gloire à Dieu dans les
lieux très hauts » à la naissance du Sauveur et
termine par la promesse : « Oui, je viens bientôt. Amen !
Viens, Seigneur Jésus ! Que la grâce du Seigneur Jésus
soit avec tous ! » (Apoc. 22:20-21)
Il
y a beaucoup de défaites et de tragédies dans le
Nouveau Testament. Le Christ lui-même fut crucifié, les
saints furent persécutés et ils manifestèrent
toutes les faiblesses des saints des autres époques. Mais on
ne reste jamais sur un sentiment de tragédie, de désespoir
ou de désastre final dans le Nouveau Testament.
Au
contraire, il y a une note toujours présente d'exultation. Le
Christ a brisé les liens de la mort
et triomphé du péché. Il est monté au
ciel dans des nuées de gloire et reviendra. On ne peut arrêter
son œuvre, mais il triomphera de Satan, du mal, du monde et de
tous les obstacles. Quand on lit le Nouveau Testament, on en reste
chargé de foi et d'enthousiaste pour l'Évangile et
l'Église du Christ, assuré du triomphe ultime de sa
justice. Le Nouveau Testament reflète l'esprit triomphant de
Luc, de Pierre, de Paul et de Jean.
La
valeur de l'individu
Un
des messages les plus grands et les plus durables du Nouveau
Testament est l'importance qu'il accorde à la valeur de
l'individu ; et en particulier dans la vie et les enseignements de
Jésus. Cette importance ne tient pas son origine du Sauveur et
ne lui était pas propre non plus. Dans notre étude de
l'Ancien Testament, nous avons remarqué le caractère
humain de la loi, sa sollicitude pour l'étranger, la veuve,
l'orphelin, l'esclave, l'innocent accusé d'un délit, et
même les droits d'un soldat ordinaire, Urie le Hittite, contre
le roi David (2 Samuel 11) et de Naboth contre le roi Achab (Rois
21). Mais Jésus, bâtissant sur les fondations humaines
du judaïsme, souligna en termes et en actions inoubliables la
valeur de l'individu.
La
grâce du Christ
Paul,
ayant passé sa jeunesse sans croire au Christ, apprit la
différence que le Christ peut apporter dans la vie de
quelqu'un. Et s'il est vrai qu'il exhorta maintes et maintes fois les
saints à garder les commandements de Dieu et les lois de
l'Évangile, son message le plus grand était toutefois
que l'homme ait foi au Christ, devienne une créature nouvelle
en Christ Jésus et vive par l'esprit plutôt que par la
lettre de la loi.
La
résurrection et la vie éternelle
Un
des plus grands apports du Nouveau Testament à la religion et
à la vie, est la manière claire et puissante avec
laquelle il décrit la réalité d'une résurrection
littérale et l'assurance de l'immortalité. Il contient
la première Écriture acceptée par tous les
chrétiens qui enseigne sans équivoque la résurrection
d'entre les morts.
L'Église
chrétienne
Le
Nouveau Testament est un témoin solide de ce que la religion
est de caractère aussi bien social que privé. Il parle
de la progression et du développement de l'Église
chrétienne au cours du premier siècle. Dans les
évangiles tels que nous les avons dans le Nouveau Testament,
il n'est dit nulle part que le Christ ait réellement organisé
une Église. Il y a cependant des manifestations claires de ce
qu'il en a jeté les bases et voulu qu'il y en ait une.
Le Nouveau Testament est le fruit ou les annales de la vie dans l'Église primitive ou originelle du Christ. L'histoire de la naissance de l'Église du Christ en Palestine et dans le monde romain, racontée dans le Nouveau Testament, est intéressante, instructive et inspirante et peut nous en enseigner beaucoup sur nos rapports avec elle.
LA COMPOSITION, LE CADRE, LE BUT ET LES AUTEURS
Les auteurs des Écritures, sauf en d'assez rares occasions où ils étaient poussés à contempler le chemin de l'avenir, examinaient et évaluaient la situation de leur temps à la lumière des principes fondamentaux, parlant à leur propre peuple qui vivait dans une situation qu'ils connaissaient. Le fait que leurs paroles ont un sens riche pour nous à une autre époque et dans d'autres circonstances témoigne simplement de l'importance universelle et éternelle de leur inspiration.
Le fait de connaître quelque chose de l'auteur et de ceux à qui il s'adressait – leur langage, leurs coutumes, leurs problèmes et leur situation générale – nous permet de mieux comprendre et de mieux apprécier tout livre d'Écritures. Aujourd'hui on en connaît davantage là-dessus que jamais auparavant ; nous avons l'occasion d'apprendre l'histoire, les langues et la culture des peuples anciens.
La composition de chaque recueil
En examinant la Bible en deux divisions, nous avons noté que chacune est de caractère complexe, consistant en plusieurs ou en de nombreux écrits qui furent plus tard réunis et arrangés de manière à constituer chacun des recueils.
Il est par conséquent utile de garder à
l'esprit la structure de chaque recueil et de voir
comment les livres séparément se classent en
groupements généraux. La classification juive des
livres de l'Ancien Testament : la Loi, les Prophètes
et les Écrits place ses 39 livres séparés dans une
perspective. La classification du Nouveau Tesament : Évangiles, Actes, Épitres de Paul, Épitres
universelles et Apocalypse donne de la structure et
une clarté d'organisation aux 27 livres de ce recueil.
Le lecteur ambitieux qui entreprend d'étudier l'Ancien Testament d'un bout à l'autre risque de bientôt s'y perdre. Il tombera par exemple sur les Livres de Jérémie et d'Ézéchiel avant d'atteindre les Livres d'Amos, d'Osée, de Michée qui vivaient 150 à 200 ans avant Jérémie et Ézéchiel.
Histoire, cadre et but de chaque livre
Chaque livre ou écrit qui se trouve dans un recueil a été rédigé par une ou plusieurs personnes dans une situation donnée et dans un but particulier. Le Seigneur n'inspire pas ses prophètes dans le vide, mais dans une situation réelle et souvent critique, et pour un but précis. Connaître quelque chose de ces faits, c'est ajouter beaucoup à notre compréhension de ces Écritures et à l'intérêt que nous pouvons avoir pour elles. Illustrons cela :
1. L'Ancien Testament : Les livres prophétiques de l'Ancien Testament sont particulièrement difficiles à comprendre si nous ne connaissons pas quelque chose de l'histoire d'Israël et des nations avoisinantes ainsi que de la lutte des prophètes pour sauver le peu le d'Israël et de Juda de la destruction. Amos et Osée furent les prophètes du royume du nord d'Israël, peu avant sa captivité entre les mains des Assyriens en 722 av. J.-C. Michée et Ésaie assistèrent à la chute d'Israël puis tournèrent leur intérêt principal vers le royaume du sud, Juda. Jeremie fut le prophete de Juda pendant une quarantaine d'années, de 626 à 586 av. J.-C., prophétisant et témoignant la chute de ce royaume entre les mains des Babyloniens en 86 av. J.-C. Ézéchiel fut le prophète de Juda à Babylone pendant la captivité, aidant les Juifs à s'adapter à la vie dans un pays étranger et à attendre avec espoir le rétablissement d'Israël.
| Israël (royaume du nord) 921 av J.-C. |
|
Juda (royaume du sud) 937 av. J.-C. |
| Amos env.765-750 av. J.-C. |
||
| Osée env.740-730 av. J.-C. |
Ésaïe env.74 -700 av. J.-C. |
|
| Michée 740-730 av. J.-C. |
||
| 722 av. J.-C. captivité assyrienne |
||
| Jérémie 621-586 av. J.-C. |
||
| Habacuc env.600 av. J.-C. |
||
| 586 av. J.-C. captivité babylonienne |
||
| Ézéchiel 590-550 av. J.-C. |
||
539 av. J.-C. |
Nous voyons comme chacun de ces livres prophétiques devient beaucoup plus intelligible et inspirant si nous connaissons les circonstances qui régnaient à l'époque où ils furent écrits. Le Livre de 2 Rois, commençant au chapitre 14, donne le cadre historique dans lequel se situe l'étude des Prophètes. Un bon commentaire de la Bible est également très utile. Et ce qui est vrai de ces livres prophétiques est aussi tout à fait vrai de chaque livre de l'Ancien testament.
2. Le Nouveau Testament :
Les épîtres de Paul se lisent avec plus
d'intérêt et de sens si nous savons quelque chose
de Paul, de sa personnalité, de sa formation et
du but dans lequel il écrivait.
L'épître aux
Romains est, par exemple, la lettre la plus théologique et la plus abstraite de Paul. Aucune
branche de l'Église n'avait encore été établie à
Rome, c'est pourquoi Paul ne connaissait pas les
problèmes particuliers des saints de cette ville
antique. Il pouvait par conséquent écrire plus
systématiquement et dans un but différent.
L'épitre aux Galates illustre l'importance de
connaître le but de l'auteur. Lorsque les saints
et les dirigeants de Jérusalem apprirent que Paul
baptisait des Gentils, les chrétiens palestiniens
s'alarmèrent craignant que ces Gentils n'entrent
dans le troupeau chrétien sans avoir tout d'abord
accepté les rites juifs de purification (voir Actes
15). Quand Paul apprit ceci, il alla à Jérusalem
à grands risques, pour expliquer aux autres
chrétiens pourquoi et comment les Gentils se
qualifient pour être disciples du Christ.
Paul agit avec sagesse, inspiration et bon
sens et apaisa les craintes des Palestiniens. Les
Gentils furent accueillis dans la foi chrétienne,
à condition qu'ils s'abstiennent « des souillures
des idoles, de l'impudicité, des animaux étouffés et du sang » (Actes 15:20) et entrent dans la bergerie
par la foi, la repentance, le baptême et le don du
Saint-Esprit.
L'épitre aux Galates révèle la lutte que Paul
dut soutenir contre les chrétiens qui ne comprenaient pas qu'un homme n'avait pas besoin de devenir
d'abord juif et de pratiquer tous les rites juifs
avant de pouvoir devenir chrétien. Le christianisme
embrassait une grande partie de la foi et de la vie
éthique du judaïsme, mais c'était également une
religion nouvelle avec une pierre angulaire nouvelle ;
la foi en Jésus-Christ et le fait de l'accepter par
le baptême et la Sainte-Cène.
Quand on lit les épîtres de Paul, il est
utile de se souvenir qu'il avait été pharisien,
adorateur dévot et ardent de la Torah avant sa
vision et son appel au Christ sur le chemin de
Damas (voir Actes 9).
Dans toutes ses épîtres, surtout
Romains et Galates, il oppose la foi au Christ,
comme fondation de la religion, à l'obéissance à
la lettre de la loi. Il se réjouit extrêmement
de la religion qu'il vient d'acquérir et minimise
presque l'obéissance pour exalter la grâce. Ces
versets tirés des Galates illustrent le contraste
entre l'ancienne et la nouvelle alliance : « Et que nul ne soit justifié devant Dieu par
la loi, cela est évident, puisqu'il est dit : Le
juste vivra par la foi » (Gal. 3:11). « Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour
nous conduire à Christ, afin que nous fussions
justifiés par la foi. La foi étant venue, nous ne sommes plus sous
ce pédagogue. Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi
en Jésus-Christ ; Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous
avez revêtu Christ. » (Gal. 3:24-27)
En résumé, il peut être intéressant et précieux de lire les Écritures telles qu'elles sont, mais elles signifieront beaucoup plus pour le lecteur s'il connaît quelque chose du cadre de l'auteur, de son but et de la place que revêt le livre qu'il lit dans le canon des Écritures.
LA QUALITÉ DES TRADUCTIONS
Nous devons tenir compte des
imperfections de la traduction dans la Bible.
Aucun ouvrage ne peut être traduit parfaitement
d'une langue à l'autre parce que les langues
diffèrent et que chacune a ses nuances subtiles de
sens. En outre, les Écrits originaux de la Bible
furent copiés pendant des siècles à la main sur
des rouleaux de cuir et de papyrus. La première Bible ne fut imprimée qu'en 1456 par Jean Gutenberg.
Du fait que les hommes sont faillibles, des erreurs
se produisirent certainement lors des copiages, en
même temps que des contresens dans la traduction.
Certains rédacteurs et copistes ont probablement,
en toute bonne foi, corrigé un passage ou ajouté
une phrase pour préciser une pensée, nuancer une
déclaration ou édifier la foi.
L'Ancien Testament fut écrit en hébreu, sauf
Daniel et Esdras que l'on croit avoir été écrit
en Araméen, version parlée de l'hébreu qui se
développa en Palestine et était utilisée du temps de
Jésus. Le Nouveau Testament, selon les savants,
fut écrit en grec, langue des peuples cultivés du
monde méditerranéen à l'époque du Nouveau Testament.
Il est possible que certains évangiles aient été écrits en araméen ou du moins basés sur des sources
araméennes.
La première traduction connue, la plus célèbre
aussi, de l'Ancien Testament est appelée la Version
des Septante, qui contient le Pentateuque et les
Prophètes et fut faite de l'hébreu en grec entre
250 et 200 av. J.-C. Elle tire son nom de la
croyance que 70 savants juifs firent le travail.
En 450 de notre ère, Jérome fit une traduction
de la Bible en latin, appelée Vulgate, qui fut la
Bible de l'Église d'occident (catholique romaine)
jusqu'au moment de la traduction de Douai, laquelle
fut complétée au débu du 17e siècle (le Nouveau
Testament en 1582 et l'Ancien Testament à Douai en
1609, d'où son nom).
Les traductions catholiques
en langues modernes sont ordinairement basées sur
la Vulgate latine.
À partir des années 1100, des chrétiens se
mirent à traduire la Bible du latin en langue
courante : français, italien, espagnol, anglais
et allemand. C'est entre 1200 et 1250 que commencèrent à paraître les bibles en français. Ce sont
des Bibles « historiales », comme celles de Raoul et
d'Orléans, ou « moralisées » comme celle que Jean de
Sy traduisit en 1355 pour Jean le Bon.
En 1672,
Lemaître de Sacy publia une traduction qui devint
bien connue des catholiques. Quelques années plus
tard, en 1724, Olivétan fit publier sa nouvelle
version, dont Calvin écrivit la préface, et qui
devint célèbre chez les protestants.
Il fallut
beaucoup de courage, et des hommes payèrent cher
pour avoir traduit la Bible en langue courante
moderne parce que l'Église catholique de l'époque
s'opposait à cette mesure.
La plus célèbre traduction anglaise de la
Bible est la version du roi Jacques ainsi appelée parce qu'elle fut autorisée par ce souverain.
Terminée en 1611 par 54 grands savants, elle est
généralement reconnue comme étant la plus belle des
Bibles anglaises. Même ainsi, pendant des dizaines
d'années, on contesta sa validité, et elle dut
acquérir sa place au soleil par son propre mérite.
Luther donna à son peuple une Bible en un allemand attrayant. Il termina le Nouveau Testament en 1522 et la Bible tout entière en 1534. Son œuvre contribua beaucoup à la création d'une langue unique de haute qualité pour la population allemande. De même, l'édition du roi Jacques a grandement enrichi et béni le monde des lettres anglaises.
Traductions modernes
C'est surtout au cours des cent dernières
années [on est alors en 1967, ndlr] que les savants ont produit de nouvelles
traductions de la Bible en de nombreuses langues.
Leur justification est double : (1) Les langues
changent. Le français de 1355 n'est pas la langue de
1672. Aussi belles qu'aient été ces traductions
classiques, certains de leurs termes et expressions
sont difficiles à comprendre trois ou quatre siècles
plus tard. (2) Depuis ces premiers efforts, les
savants ont découvert des manuscrits plus anciens
que ceux qui étaient accessibles aux savants du
dix-septième siècle. La connaissance des langues ,
de l'histoire et de l'archéologie relative à la
Bible s'est également accrue. Les traducteurs
récents ont eu devant eux tout ce que connaissaient
Lemaitre de Sacy et Olivétan et beaucoup plus
encore.
Les traductions françaises modernes les plus
connues sont les suivantes : Tout d'abord « La
Sainte Bible traduite en français » par l'abbé Crampon, chanoine de la cathédrale d'Amiens (1894). Cette
version, révisée, est publiée par la Société de
Saint Jean l'Évangéliste. Il y a aussi la version
de l'École biblique et archéologique française de
Jérusalem, qui est la plus récente (1948-1954).
Chez les protestants, nous avons la version de
Louis Segond, docteur en théologie (1874), version
adoptée par notre Église dans les pays francophones ;
la Bible Synodale 1910 et la Bible du Centenaire
(1916-1948). Toutes ces traductions sont faites
d'après les textes originaux hébreu et grec. La
version de l'abbé Crampon est influencée, sans
aucun doute, par la Vulgate de Saint Jérôme.
Déterminer la traduction correcte
Comment
savoir ce qui est traduit correctement
dans la Bible ? Comment peut-on savoir quand un
passage est erroné à cause de la traduction ? Il
n'y a pas de réponse simple à ces questions parallèles. La vérité c'est
qu il n'y a pas de traduction parfaite. Aucun des manuscrits originaux
n'existe plus. Nous devons nous reposer sur des
copies et des traducteurs, et les hommes sont
faillibles. Ceci ne doit pas nous décourager, car
il y a, parmi les spécialistes de la Bible, pas mal
d'accord quant au texte biblique. Nous vous
suggérons un certain nombre de manières de vous
approcher davantage du vrai sens de la Bible.
1. Apprenez les langues d'origine, l'hébreu
et le grec du Nouveau Testament. Le fait de connaître l'une de ces langues classiques ou les deux
empêchera certaines erreurs et enrichira profondément notre sentiment pour la Bible. Ce contrôle
n'est pas accessible à beaucoup d'entre nous, nous en suggérons donc d'autres.
2. Comparez un certain nombre de traductions de votre langue natale. Il y en a plusieurs de grande valeur dans beaucoup de langues modernes. On peut les lire côte à côte en même temps qu'un commentaire de la Bible. Ceux qui peuvent lire la Bible dans une langue étrangère moderne peuvent comparer dans ces diverses langues.
3. Comparez la Traduction de Joseph Smith avec une autre traduction. Le Prophète a apporté quelques changements qui ont clarifié le sens de la Bible. Par exemple, dans la Bible du roi Jacques, dans Exode 7:3 nous lisons : « Et moi, j'endurcirai le cœur de Pharaon, et je multiplierai mes signes et mes miracles dans le pays d'Égypte ». Dans Ia Traduction de Joseph Smith, ce même verset dit : « Et le Pharaon s'endurcira le cœur, comme je te l'ai dit ; et tu multiplieras mes signes et mes prodiges dans le pays d'Égypte ». L'introduction que fait le prophète Joseph de ce verset est beaucoup plus conforme à la personnalité de Dieu et au libre arbitre de l'homme que celle de la version Segond. Joseph Smith recherchait l'inspiration pour trouver le sens correct plutôt que de rechercher une traduction exacte pour laquelle il n'était pas formé. Il faut se souvenir aussi que le Prophète n'a pas terminé son travail de révision ; nous devons par conséquent utiliser son travail avec prudence en même temps que d'autres façons de vérifier l'exactitude de la traduction.
4. Les saints des derniers jours, croyant en la divinité et en la valeur des autres ouvrages
canoniques, peuvent aussi étudier ceux-ci pour voir
quelle lumière ils jettent sur la Bible. Ce faisant,
nous devons toutefois nous souvenir qu'il faut
respecter l'individualité et l'intégrité de chaque
Écriture, car chacune a son caractère propre et
sa base d'authenticité personnelle et il faut la
juger fondamentalement sur son propre mérite.
Toutefois les Écritures se confirment et s'enrichissent mutuellement.
5. Une autre épreuve du caractère correct
d'un passage des Écritures réside dans l'étude de
l'ensemble des Écritures. Une parole attribuée à
Jésus, par exemple, concorde-t-elle avec toutes
les autres choses qu'il a dites sur le même sujet ?
Cela s'insère-t-il dans son esprit et dans son
message ? On peut utiliser la même méthode pour
les écrits de Paul. Ici encore cette méthode
présuppose une vaste connaissance et exige beaucoup
de prudence et de soin.
6. Une épreuve finale et extrêmement importante de la validité d'une Écriture est le témoignage
du Saint-Esprit dans notre cœur. Les Écritures
ont été écrites par les hommes selon qu'ils étaient
inspirés par le Saint-Esprit ; pourquoi ne les
lirait-on pas dans le même esprit en recherchant
humblement leur vérité dans la prière ? Paul
recommande cette méthode : « Lequel des hommes, en effet, connaît les
choses de l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme
qui est en lui ? De même, personne ne connaît les
choses de Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu » (1 Cor. 2:11).
Quelle Bible utiliser ?
On pose souvent la question : Quelle Bible les saints des derniers jours acceptent-ils ? Les saints de langue anglaise ont, pour plusieurs raisons, un grand amour pour la version du roi Jacques. Elle contient la langue du Rétablissement. C'était la Bible que Joseph Smith lisait et cita dans son histoire. Depuis le commencement, les brochures et la littérature de l'Église utilisent la Bible du roi Jacques pour présenter le message de l'Évangile rétabli. Cette Bible était en usage général parmi les protestants et les peuples de langue anglaise à qui l'histoire du Rétablissement était racontée. Elle facilitait les communications et permettait de mieux accepter le message que nous avions à porter au monde. Et cette Bible a un splendide langage, de ton digne et respectueux, et inspirant pour ceux qui le connaissent.
Toutefois les saints des derniers jours n'ont
pas de Bible officielle, les saints français
utilisent la Bible de Louis Segond, les saints
allemands la Bible de Martin Luther [aujourd'hui la Einheitsübersetzung, ndlr]. Les autres
saints de par le monde utilisent la Bible telle
qu'elle a été traduite dans leur l angue natale. Il
n'y a pas de raison pour que les saints des derniers jours ne lisent pas d'autres traductions modernes.
Toute traduction de bonne qualité peut avoir un
apport bien à elle. Nous devons les lire
dans la prière et la méditation dans notre recherche de la
vérité des Écritures. La véracité de la cause des
saints des derniers jours ne repose pas sur la
traduction d'un passage particulier ni même sur une
traduction unique de la Bible. Nous avons quatre ouvrages canoniques, la
voix d'un prophète vivant et le témoignage de
l'Esprit pour nous guider.
LE BUT PRINCIPAL DES ÉCRITURES
Chaque genre de livre a son caractère bien à lui. Lorsque vous lisez un dictionnaire, vous attendez des définitions précises et exactes des mots. Dans un manuel de science, vous vous attendez à ce que l'on traite la matière d'une façon bien organisée, complète et substantielle. Lorsque vous étudiez un bon livre d'histoire, vous trouvez un traitement équilibré de tous les aspects de la culture. D'autre part, lorsque vous lisez de la poésie, vous y cherchez des passages profonds, des atmosphères particulières et vous espérez connaître un sentiment esthétique. Vous n'exigerez pas de la poésie la précision et le caractère littéral d'un dictionnaire. Lorsque nous lisons les Écritures, qu'attendez-vous ?
Les Écritures sont aussi uniques que n'importe quel autre genre d'écrits que nous avons mentionnés. Si nous les lisons en nous attendant à des définitions du genre dictionnaire, une histoire complète, des traités scientifiques sur le ciel, la terre et l'homme, des discussions philosophiques concernant l 'existence de Dieu, nous serons déçus. Les Écritures ne sont pas des livres d'histoire, de science et de philosophie. Ils ne sont même pas des textes théologiques ; ce sont les récits de la vie et les aspirations religieuses des peuples et les exhortations et l'enseignement de prophètes et d'auteurs inspirés. Les Écritures sont des ouvrages religieux. Ce caractère essentiellement religieux des Écritures est si important que nous désirons l'illustrer en détail.
Les Écritures ne sont pas des textes scientifiques
Pendant des siècles, les chrétiens ont cru que
la terre était le centre de l'univers et que le
soleil tournait autour d'elle. L'idée prédominante
de la Grèce de l'époque d'Aristote (4e siècle av.
J.-C.), par exemple, proclamait que la terre
était immobile et constituait le centre de l'univers.
Ensuite, lorsqu'au seizième et au dix-septième
siècles de notre ère les Européens se mirent à
étudier scientifiquement les corps célestes et leurs
mouvements, bâtissant sur les observations plus
anciennes des Grecs et des Arabes, ils jetèrent les
bases de l'astronomie moderne. Les premières
théories frappantes d'hommes comme Kepler, Bruno,
Copernic et Galilée bouleversèrent terriblement les
hommes de religion de leur temps. Bruno fut brûlé
vif et Copernic et Galilée obligés de se taire.
L'œuvre principale de Copernic ne fut publiée
qu'après sa mort.
Aujourd'hui catholiques et protestants
acceptent les interprétations de l'astronomie
moderne. Ils ne les considèrent plus comme étant
en conflit avec les enseignements de la religion.
Mais il y a trois cents ans, on croyait que ces
mêmes idées scientifiques étaient contraires à la
parole de Dieu dans les Écritures.
La vérité c'est que les auteurs de la Bible
n'avaient absolument pas l'intention de présenter
un tableau réaliste et scientifique des corps
célestes. Les Écritures parlent des étoiles et du
soleil pour glorifier le Créateur et pas pour
expliquer la nature et le processus exacts de sa création. Parfois, on les utilise pour enseigner
ou illustrer de grands idéaux et de grandes vérités
religieuses, mais elles ne sont jamais présentées
dans l'esprit ou la langue de la science.
Par
exemple, dans l'histoire de la Genèse, nous lisons « Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière
fut. Dieu vit que la lumière était bonne »
(Genèse 1:3-4). Le Seigneur créa la lumière, mais nous ne
savons pas comment. Nous ne savons pas non plus,
d'après les Écritures, ce qu'est la lumière. Ce
sont là des questions auxquelles ne s'intéressent
pas les hommes religieux vivant à une époque
préscientifique. Ces hommes de religion se
contentaient et étaient ravis de savoir que Dieu
avait créé le ciel et la terre, et cette connaissance satisfaisait leur âme.
Les chrétiens des temps passés commirent
l'erreur de tirer leurs idées d'astronomie d'un
document religieux antique et puis de s'y attacher
d'une manière tenace et l'esprit fermé.
À notre avis, il n'est pas juste ni sage
d'essayer de déterminer l'âge de lâ terre sur la
base de la Bible ou d'une autre Écriture. L'intérêt essentiel
de la Bible n'est pas d'exposer l'âge de la terre,
mais de tenter de nous persuader d'aimer Dieu et
l'homme et d'aller au Christ. La véracité des
Écritures ne peut être jugée par des allusions
faites au passage à la nature, mais plutôt par leurs
enseignements religieux et moraux, leurs interprétations des rapports entre l'homme et Dieu et ses
semblables. En outre, le salut de l'homme n'a rien à voir
avec l'âge de la terre ni avec ce qu'il croit à
ce sujet.
L'intention religieuse des Écritures
Toutes les Ecritures illustrent à chaque page
leur but essentiellement religieux. Dans la Bible,
l'histoire de la création est racontée deux fois en
deux pages et demie environ, et même là l'accent est
mis sur Dieu, le Créateur, sur la raison pour laquelle il a mis l'homme sur la terre ; puis tout au
long de centaines de pages, il est discuté de
problèmes religieux sans pour ainsi dire aucune
allusion à la création si ce n'est pour louer Dieu,
comme dans les psaumes et dans Job.
On trouve dans les Proverbes un exemple de la façon dont une allusion scripturale à la nature est utilisée à des fins religieuses : « C'est par la sagesse que l'Éternel a fondé la terre, c'est par l'intelligence qu'il a affermi les cieux ; C'est par sa science que les abîmes se sont ouverts, et que les nuages distillent la rosée. Mon fils, que ces enseignements ne s'éloignent pas de tes yeux, garde la sagesse et la réflexion : Elles seront la vie de ton âme, et l'ornement de ton cou. Alors tu marcheras avec assurance dans ton chemin, et ton pied ne heurtera pas. Si tu te couches, tu seras sans crainte ; et quand tu seras couché, ton sommeil sera doux. Ne redoute ni une terreur soudaine, ni une attaque de la part des méchants ; Car l'Éternel sera ton assurance, et il préservera ton pied de toute embûche. » (Prov. 3:19-26)
Ce passage, d'esprit scientifique, parle de la connaissance, de la compréhension et de la sagesse qui ont été utilisées pour la création divine, mais son langage est poétique, et non scientifique. Sa raison de parler de la création est de créer de la confiance en Dieu, de donner à l'homme la sérénité d'esprit.
LES ÉCRITURES SONT RELIGIEUSES ET NON ESSENTIELLEMENT PHILOSOPHIQUES, HISTORIQUES OU THÉOLOGIQUES
Contrairement aux Grecs, les Juifs d'autrefois n'étaient pas des philosophes. Le philosophe examine la religion et l'ensemble de la vie d'une manière rationnelle, critique et universelle. Il essaie, pour employer les termes de Platon, de voir la vie en permanence et de la voir en entier, et d'être le spectateur de tous les temps et de toute l'existence, tâche trop vaste pour un humain. Le philosophe ne tient rien pour acquis et adore mettre tout en doute, y compris sa propre expérience. Ses idées ne prétendent jamais représenter plus que la sagesse humaine. Moïse, Amos, Ésaïe et le psalmiste ne considèrent pas la vie de la manière rationnelle méditative et froide du philosophe. Ils faisaient l'expérience de Dieu ; ils entendaient sa voix, sentaient son Esprit et étaient poussés à l'action par la réalité des révélations qu'ils recevaient. Ils parlaient pour Dieu.
Le premier et seul juif des temps bibliques à
devenir philosophe fut, à notre connaissance, un
certain Philon d'Alexandrie, qui vivait vers le
temps du Christ. Ayant fait la connaissance de la
pensée philosophique grecque, il essaya de faire
concorder la foi juive, basée sur la révélation,
avec la pensée grecque, basée sur la raison, tout
comme les pères de l'Église, tels qu'Augustin
essayèrent plus tard de faire concorder la révélation chrétienne avec la pensée grecque.
Philon ne contribua pas à l'Ancien Testament. Il
était, dans son esprit et dans ses efforts, un
philosophe et non un prophète, et il est un
exemple de la différence entre les deux appels.
La philosophie signifie littéralement « l'amour
de la sagesse ». Les philosophes ont eu et ont
encore beaucoup à contribuer à notre vision de la
vie. Le monde a besoin d'hommes rationnels,
logiques et capables de critiquer la nature de
l'univers, la signification de la vie, l'essence de
la logique, etc. Un grand nombre tels que Platon,
Socrate, Aristote de la Grèce ancienne et Descartes,
Pascal, Kant, Hegel, Spinoza, Hume, Locke, Whitehead,
Bergson, William James et John Dewey ont beaucoup
contribué à notre conception du monde. Leurs idées
ne sont pas exemptes d'erreurs et de profonds
désaccords.
L'idée importante est que les Écritures n'ont
pas été rédigées par des philosophes et ne doivent
par conséquent pas être lues comme traités de
philosophie. Comme nous l'avons déjà fait remarquer, elles ont plutôt été écrites par
des hommes religieux, en un langage religieux et
avec une intention religieuse.
Les Écritures ne sont pas avant tout de l'histoire
Les Écritures ne sont pas un texte d'histoire. Certaines contiennent un fil et une continuité historiques. Dans les Écritures, l'histoire n'est que subsidiaire à leur enseignement et à leur persuasion religieuse. On pourrait, dans un certain sens, dire que les Écritures sont l'interprétation religieuse de l'histoire. L'histoire dans les Écritures peut également être comparée au cadre d'un tableau ; mais il faut se souvenir que le tableau lui-même est l'enseignement et le document religieux.
Pour éprouver la validité du point de vue énoncé dans le paragraphe ci-dessus, lisez un livre d'une Écriture quelconque. Essayez 1 ou 2 Rois dans l'Ancien Testament ou les Actes dans le Nouveau Testament. Ces écrits bibliques sont considérées comme les livres historiques de leur canon d'Écritures respectif. Ils reflètent certainement l'intérêt religieux intense de leurs auteurs et l'absence de renseignements détaillés sur beaucoup de choses à propos de la société de l'époque. Par exemple, maintes et maintes fois les auteurs inconnus des Rois résument l'œuvre d'un roi israélite en disant : « Il fit ce qui est mal aux yeux de l'Éternel » (voir 1 Rois chapitres 11 à 24).
Comme le montrent les découvertes sans cesse croissantes de ces derniers temps, il y a de l'histoire, et beaucoup d'histoire valable dans les Écritures. Nous désirons seulement insister sur le fait qu'elle n'est que subsidiaire par rapport à l'objectif plus vaste et plus important de la persuasion religieuse. Lorsque nous lisons les Écritures, nous devons ne pas nous préoccuper avant tout de l'aspect historique si nous voulons découvrir leur intention réelle et leur plus grande valeur.
Les Écritures ne ont pas des écrits théologiques
Pas plus qu'elles ne sont avant tout des œuvres historiques, les Écritures ne sont pas essentiellement des textes théologiques. Notre théologie se trouve dans les Écritures ; on peut l'extraire des ouvrages canoniques, mais les Écritures, pour la plupart, n'ont pas été écrites dans un cadre théologique, ni avec une intention théologique. Cette affirmation paraît peut-être invraisemblable et pas très convaincante jusqu'à ce que nous examinions la différence entre la théologie et la religion.
La théologie signifie littéralement « l'étude
de Dieu ». Un théologien est un penseur, une personne qui examine soigneusement les croyances
fondamentales d'un peuple, de la Bible ou d'une
autre révélation et en déduit un système organisé.
La théologie est le produit d'une méditation
soigneuse sur des problèmes religieux. Le théologien doit définir et expliquer la signification des
concepts ; il doit trouver une vue universelle et
logique de son sujet : de Dieu et de l'homme et de
leurs rapports mutuels et, si c'est un théologien
chrétien, du rôle du Christ dans le salut.
Il est rare que nous trouvions dans les Écritures une doctrine traitée à fond en un seul endroit. Ce n'est qu'à l'occasion dans le Nouveau Testament que des doctrines de base sont soigneusement définies dans les Écritures ; et nulle part dans les Écritures, les doctrines de la religion nous sont enseignées dans l'ensemble et dans un ordre systématique. Les auteurs des Écritures n'étaient pas des penseurs abstraits ni des théologiens en chambre, mais des hommes inspirés par l'Esprit de Dieu, vigoureusement occupés à essayer de sauver leur peuple, poussant à la foi et exhortant à la repentance, menaçant ou consolant selon l'occasion. Les Écritures reflètent leurs expériences religieuses avec Dieu et avec les hommes.
Quelques
exemples permettent de mieux comprendre la distinction entre la
théologie et la religion. Combien de définitions de la foi
connaissez-vous dans les Écritures ? En voilà une tirée du Nouveau
Testament : « Or la foi est une ferme assurance des choses
qu'on espère, une démonstration de celles qu'on
ne voit pas » (Hébreux 11:1).
Voilà une déclaration profonde et rationnelle
qui demande beaucoup de réflexion pour être
comprise. Elle n'est pas complète, mais peut
être dite de nature théologique.
Même dans ce cas, l'auteur se hâte
d'utiliser le reste des chapitres pour illustrer ce que signifie
vivre par la foi. Bien qu'il ne semble s'agir là
que d'un effort limité mais intéressant des
Écritures de définir la foi, combien d'exemples de
foi y trouve-t-on ? Combien d'allusions à des hommes
vivant par la foi ? Pensez à Adam, Énoch, Noé,
Abraham, Jacob, le jeune David, Moïse, les autres
prophètes, les innombrables exemples dans la vie de
Jésus et de Paul, et ainsi de suite. Alors que les
définitions sont rares, on peut trouver mille
exemples de foi.
On peut examiner, à propos de Dieu, un autre
exemple de l'insistance modérée sur la théologie
et la religion respectivement. Dans un texte de
théologie, on examine la nature de Dieu, les
arguments en faveur de son existence, ses rapports
avec l'univers et avec l'homme. Dans les Écritures,
les hommes font l'expérience de Dieu. Considérez
les paroles d'Amos, parlant à Amatsia, le prêtre
de Béthel, qui ne se souciait pas de son message
et essayait de le renvoyer chez lui dans sa Judée
natale : « Je ne suis ni prophète, ni fils de
prophète ; mais je suis berger, et je cultive des
sycomores. L'Éternel m'a pris derrière le troupeau,
et l'Éternel m'a dit : Va, prophétise à mon peuple
d'Israë » (Amos 7:14-15).
Et Michée, en conflit avec les prêtres populaires et professionnels de son temps, nia leurs
prétentions à l'inspiration et dit de son propre
appel :
« Mais moi, je suis rempli de force, de l'Esprit
de l'Éternel, je suis rempli de justice et de
vigueur, pour faire connaître à Jacob son crime, et
à Israël son péché » (Michée 3:8).
Et pourquoi des hommes comme Amos et Michée,
qui connaissaient le pouvoir de Dieu dans leur vie,
qui entendaient sa voix dans leur cœur, prendraient-ils le temps de discuter de son existence ou parler
de manière abstraite de ses rapports avec le monde ?
Ils avaient la responsabilité bien plus urgente
de se mettre en route pour proclamer sa volonté,
afin de sauver, si possible, son peuple et le leur
de la ruine.
Dans la théologie, nous pensons à Dieu ; au nom de la religion, nous l'adorons, nous lui faisons confiance et le servons, nous sommes pleins de respect et de révérence devant sa sainteté. Les Écritures sont les archives des rapports entre Dieu et les hommes : leurs égarements, leurs retours, leurs craintes, leurs espérances et leurs supplications. Relisez le 23e Psaume ou n'importe quel psaume, Ésaïe 6 ou les Actes 17:23-31, et notez à quel point les Écritures sont foncièrement religieuses plutôt que théologiques quand elles parlent de Dieu.
Le rôle de la théologie
En
soulignant le caractère religieux de l'Écriture et en faisant ressortir
que les ouvrages canoniques n'ont pas été écrits dans un but
théologique, nous ne désirons absolument pas
déprécier l'importance de la théologie. Il y a de
la valeur à sonder les Écritures afin de trouver les
doctrines sur lesquelles on peut baser une théologie
solide, raisonnable et organisée. Une bonne
théologie peut donner un sens et une direction
supplémentaires à la vie religieuse. Si nous
connaissons la nature et la personnalité de Dieu et
son but dans l'existence humaine, nous pourrons
parvenir à une plus belle vie religieuse. Nous
devons comprendre le sens du salut et le rôle du
Sauveur aussi bien que le nôtre dans l'acquisition
de la vie éternelle. Une bonne théologie mise en
pratique crée une bonne vie religieuse ; une mauvaise
théologie conduit à une vie mauvaise et immorale
au nom de Dieu.
Le point de vue souligné ici est que les
Écritures rapportent la parole vivante et la vie
réelle des prophètes et de leur peuple vis-à-vis de
Dieu et du Christ. Ce sont des documents religieux
et non des traités théologiques. Ceux qui veulent
retirer de son contexte religieux la théologie que
l'on trouve dans les Écritures doivent être très
prudents de peur de ne trouver qu'un squelette et
de laisser derrière la chair, le sang et la vie des
Écritures. En effet, dans toutes nos Écritures, la
théologie et la religion sont inséparables et le
ton prédominant est toujours religieux.
Ce même équilibre doit caractériser notre
propre vie. La théologie n'a jamais sauvé personne,
mais les rapports corrects avec Dieu, le Christ et
nos semblables nous sauvent tous tant dans cette
vie que dans le royaume de notre Père éternel et
de son Fils.
Quand les Écritures disent des choses telles que : « Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira » et « Or la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jean 17:3), le mot connaître est utilisé dans un sens plus qu'académique ou intellectuel. Connaître Dieu signifie lui faire confiance et le connaître aussi bien que comprendre quelque chose à son sujet. Connaître la vérité implique vivre la vérité. Bref, la religion et la théologie deviennent une dans les Écritures.
LIRE LES ECRITURES DANS LEUR CONTEXTE
Toutes
les parties tirent leur signification
du tout. Une église est faite de briques séparées, mais une fois
qu'elles sont intégrées au bâtiment
fini, elles prennent un sens et une beauté supplémentaires. En poésie
les strophes peuvent être
analysées vers par vers, mais on ne peut tirer leur sens complet que de
l'ensemble du poème. L'œil humain est intéressant en lui-même, mais sa
beauté vient de ce qu'il fait partie du visage, et
sa fonction, de ses rapports avec le cerveau et
le système nerveux.
Les Écritures ont été réparties en chapitres et en versets par des rédacteurs bien intentionnés. Cela permet de se reporter facilement à des parties données, mais il faut se souvenir qu'elles n'ont pas été écrites ainsi au commencement ; les versets scripturaux font partie d'ensembles plus grands. Les versets n'ont pas été écrits pour rester seuls ; ils reçoivent leur sens le plus complet dans le cadre du contexte dans lequel ils se trouvent. Une Écriture tirée de son contexte peut facilement conduire à une erreur et, au mieux, à une compréhension partielle seulement.
Il y a évidemment beaucoup de versets détachés de l'Écriture qui peuvent être séparés tels que : « Un prophète n'est mépris que dans sa patrie et dans sa maison » (Matthieu 13:57). Mais même une parole aussi proverbiale peut être enrichie si nous savons que Jésus décrit la mauvaise réception qui lui a été faite dans son propre pays qui faisait un contraste si violent avec la réaction de foi et d'émerveillement qu'il avait connue ailleurs.
La méthode des ciseaux
La méthode des ciseaux c'est la méthode qui consiste à utiliser des versets isolés d'Écritures pour prouver un point d'histoire ou de doctrine. La Bible est un livre si vaste et son contenu est si divers qu'il n'est pas difficile d'utiliser de courts passages, retirés du contexte, pour soutenir presque n'importe quelle position dans une grande variété de sujets. Bernard Sbaw a fait la réflexion que la Bible était un livre merveilleux parce qu'avec elle on pouvait prouver n'importe quoi. C'est une exagération, mais elle n'est pas sans un fond de vérité. Shakespeare, avec son éloquence et son charme ordinaire, fait cette réflexion : « En religion, quelle erreur si damnable, qui ne puisse, sanctifiée par un front austère et s'autorisant d'un texte, cacher sa grossièreté sous de beaux ornements ? » (Le marchand de Venise, Acte III, Scène 2)
Dans leur désir sincère de fixer la vérité
religieuse à une époque quelconque, il est naturel
et approprié que les bommes se reposent sur les
révélations passées de Dieu. Pierre, Paul, les
auteurs des évangiles et Jésus lui-même le firent
pour montrer que l'Évangile chrétien avait été
annoncé par les prophètes de l'Ancien Testament.
Notez Luc 4:16-19 (Jésus), Actes 2:1-21 (Pierre),
Romains 1:1-3 (Paul). L'Évangile, nous le savons, n'est
pas nouveau. Il consiste en des principes éternels
qui ont été enseignés maintes et maintes fois dans
le passé.
Il y a cependant des limites aussi bien que de la valeur dans l'utilisation de l'Écriture à l'aide de ciseaux. Nous pouvons facilement interpréter à contresens et nous tromper lorsque nous détachons des versets de leur contexte. Nous pouvons aussi perdre une grande partie du sens riche d'un passage donné si nous ne connaissons pas le cadre plus large. La meilleure manière d'établir une vérité est de la voir dans le contexte d'une vérité plus large. Il n'est pas nécessaire de torturer les Écritures pour établir la vérité de l'Évangile. La fin ne justifie pas les moyens ; elle doit plutôt les déterminer. Étudions donc ce que signifie interpréter les Écritures dans le contexte.
Il y a trois genres de contexte dont peut
faire partie un verset ou un court passage : 1. e
c..ontexte du passage irrnnédiat, 2. le contexte du
livre ou e l'écrit dont il est tiré, comme les livres
d'Amos ou des Romain, et 3. le contexte de l'ensemble de la religion, surtout
les princi es fondamentaux de la foi. Nous allons expliquer et illustrer chacune de
ces trois espèces de contextes et essayer de
montrer à quel point les passages prennent davantage
de signification lorsqu'on les voit dans le cadre
d'ensemble plus vaste.
Dans le contexte du passage
Il est parfaitement approprié de citer un
verset unique ou deux des Écritures, mais ce faisant
nous devons avoir lu ce qui précède et ce qui suit
pour être sûrs que nous ne déformons pas l'idée de
l'auteur. Illustrons :
Dans une ville de Suisse, un missionnaire faisait un soir un discours sur la nature de Dieu. Il s'efforça de démontrer
que le Père était un personnage réel, un Créateur,
Révélateur et Père à l'image de qui l'homme avait
été fait, lorsqu'un pasteur au fond de la salle,
s'écria : « Dieu est esprit ». Il citait Jean 4:24. Dans ce verset, Jésus n'essayait pas de décrire la
nature tout entière de Dieu ; il soulignait le rôle
de l'esprit en Dieu et chez l'homme dans le cadre
d'un bref discours sur la manière d'adorer. Il
essayait d'enseigner à la Samaritaine à adorer « en esprit et en vérité ».
À
cette même réunion de Suisse, quelques
instants lus tard, le même pasteur reprit la parole
disant : « Dieu est amour ». Ici encore il citait
correctement Jean 4:8. Il utilisait le verset
pour essayer de prouver que Dieu était amour et
rien d'autre. Si nous prenons ce verset et lisons
ceux qui précèdent et qui suivent, qui complètent
la pensée (versets 7-12), nous voyons de nouveau
que l'intérêt principal de l'auteur est de pousser
les gens à s'aimer les uns les autres. Pour ce faire, il souligne le grand attribut de Dieu qu'est
l'amour. Le Père est amour ; son amour pour nous
est si grand et si parfait que dans un sens il est
l'incarnation de l'amour, et ceci est un de ses
plus grands attributs. Mais il est également
plus que de l'amour. Le verset suivant dit : « L'amour de Dieu a été
manifesté envers nous en ce
que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions
par lui ». L'amour ne nous envoie pas un Sauveur, ne crée pas les
mondes, et
ne réalise pas la résurrection. L'amour ne peut
exister qu'en faisant partie de quelqu'un qui aime.
Les saints des derniers jours peuvent se rendre, eux aussi, coupables de citer les versets en les détachant du contexte.
Dans le contexte du livre
Divers passages des Écritures constituent un
psaume, une histoire, une révélation ou un livre
complet. Chaque passage
doit être lu en comprenant, dans l'ensemble, l'écrit
dont il n'est qu'une partie. Donnons un exemple.
Dans un verset de cet admirable 23e psaume,
nous lisons : « Tu oins d'huile ma tête ». Un
jour, lors d'une leçon de l'École du dimanche, un
instructeur utilisait cette phrase pour prouver
que l'onction des malades était pratiquée dans
l'Ancien Testament. C'était peut-être le cas,
mais ce n'était pas le verset à utiliser pour le
prouver. Le psaume tout entier est un chant
d'actions de grâce et de louanges au Seigneur. « Tu oins d'huile ma tête » est une manière symbolique
de reconnaître les bénédictions abondantes du
Seigneur, sa bonté, comme l'atteste le psaume tout
entier.
Si vous désirez prouver que l'onction des
malades était utilisée dans les temps bibliques,
prenez le livre de Jacques, ce livre d'exhortation
et d'instructions directes, et vous y trouverez cet
enseignement explicite. « Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il
appelle les anciens de l'Église, et que les
anciens prient pour lui, en l'oignant d'huile au
nom du Seigneur ; la prière de la foi sauvera le
malade, et le Seigneur le relèvera ; et s'il a
commis des péchés, il lui sera pardonné » (Jacques 5:14-15).
Dans Ézéchiel, chapitre 37, on trouve une vision de ce prophète dans laquelle il y avait une vallée pleine d'ossements desséchés, et puis il vit de la chair et des nerfs les recouvrir : « L'esprit entra en eux, et ils reprirent vie » (Ézéchiel 37:10). Ce passage (versets 1-14) a été utilisé pour prouver la résurrection.Le but d'Ézechiel dans ce passage n'est probablement pas d'établir la doctrine de la résurrection individuelle. Il est tout à fait évident, si on lit l'ensemble du livre d'Ézéchiel, que le prophète parle de la résurrection de la nation et du peuple d'Israël, et les os desséchés symbolisent leur état de captivité. La resurrection peut être prouvée beaucoup plus clairement et beaucoup plus abondamment dans le Nouveau Testament (notez Luc 24 et 1 Corinthiens15).
Les
saints des derniers jours doivent également lire le reste du chapitre
37 en pensant au but
d'Ézéchiel. Les versets 15 à 28 sont ce récit souvent répété où le
prophète reçoit le commandement
d'écrire sur deux bois, un pour Juda et un pour
Joseph, l'un d'eux étant interprété comme étant la
Bible (Juda) et l'autre comme étant le Livre de
Mormon (Joseph). Si vous lisez le passage tout entier dans le contexte
de l'ensemble du livre d'Ézéchiel, vous verrez que le prophète ne
prédit
pas seulement la venue de deux livres ou documents,
mais aussi le rétablissement et la reunion de deux
nations : Israël et Juda. La Bible et le Livre de Mormon sont
respectivement les livres de Juda et de Joseph, et la parution de ces
deux livres annonce la
réunion finale des deux nations et contribuera même
un jour à l'édification d'Israël.La parution du
Livre de Mormon s'insère dans cette espérance et
cette foi plus vaste des prophètes qui sont trop
rarement mentionnées quand on lit et cite Ézéchiel 37.
Pour illustrer la façon dont un grand passage
des Écritures prend plus d'importance encore quand on
le lit dans le cadre de tout un écrit, citons
1 Corinthiens, une des épîtres les plus intéressantes de Paul. On avait dit à Paul qu'il y avait
des querelles parmi les saints (chapitre 1:10) et
toutes sortes de conflits, de divisions et de
péchés (chapitre 3:1-3). L'un de leurs conflits
avait trait aux dons de l'Esprit. Certains
pouvaient parler en langues, d'autres pas ; d'autres
pouvaient interpréter, d'autres ne le
pouvaient pas. Au chapitre 12, Paul explique les dons
de l'Esprit et montre pourquoi divers membres en
jouissent et non pas tous. Au chapitre 14, il
explique que le don des langues n'est pas le don
le plus important et qu'il n'est pas
non plus nécessaire. Puis, dans le plus admirable
panégyirique de l'amour fraternel jamais porté par
les Écritures, Paul proclame la suprématie de
l'amour sur tous les autres dons. Sans charité
(c'est-à-dire l'amour fraternel), nous ne
sommes rien :
« Quand je parlerais les langues des hommes et
des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un
airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit.
Et quand j'aurais le don de prophétie, la science
de tous les mystères et toute la connaissance,
quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter
des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne
suis rien. Et quand je distribuerais tous mes
biens pour la nourriture des pauvres, quand je
livrerais même mon corps pour être brûlé, si je
n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien. » (1 Cor. 13:1-3)
Lisez le chapitre tout entier qui est plus riche encore en signification tout en vous imaginant
Paul occupé à essayer, dans tout ce chapitre,
d'amener les saints de Corinthe à la signification
véritable de l'Évangile de Jésus-Christ.
Résumé
Nous avons parlé de la valeur
de l'utilisation des Écritures par la méthode des
ciseaux et avons essayé de montrer qu'il est plus
honnête et plus instructif de lire les versets
dans le contexte de plus grands passages et aussi
de l'écrit tout entier dont ils font partie ainsi
que de l'ensemble des Écritures.
DANS LE CONTEXTE DE L'ÉVANGILE
Un jeune architecte a un jour donné à l'auteur
une excellente conception de la manière d'interpréter l'Écriture. Il parlait d'architecture, un
domaine extrêmement complexe, embrassant l'art, la
science, les mathématiques et le goût personnel.
Parlant de la façon dont travaillent les architectes,
il dit que l'architecte garde toujours à l'esprit
trois guides de base, quand il fait les plans que
ce soit d'un garage, d'une maison ou d'une
cathédrale :
1. Est-ce solide ?
2. Est-ce fonctionnel ?
3. Est-ce beau ou esthétiquement agréable ?
Ce sont là des guides merveilleux et très
complets. Ils sont tout aussi utiles pour le
client qui achète ou construit une maison.
La religion est, elle aussi, un domaine vaste,
complexe et universel. Les Écritures, notre
meilleur document de la religion, sont extrêmement
complexes, variées de style et d'origine, écrites
par des dizaines d'auteurs vivants en de nombreux
siècles. Pour interpréter l'Écriture d'une manière
juste et intelligente, et avec un maximum de sens,
nous avons également besoin de guides comparables à ceux de l'architecte dans son
domaine.
Trois genres de contexte
Une des règles de l'étude religieuse, c'est
d'étudier les Écritures dans leur contexte. Deux genres de contexte ont
été recommandés 1. le contexte qu passage : les
versets séparés doivent toujours être lus avec la
connaissance de ce qui les précède et les suit, et 2. le contexte du livre ou de l'écrit : les passages
doivent être lus dans le cadre de l'écrit ou du
livre particulier dont ils font partie. Par
exemple, pour apprécier au maximum un passage
d'Amos, il faut que le lecteur connaisse le livre
tout entier et voie le passage par rapport au tout.
Il y a encore un troisième contexte dans leguel
on peut lire l'Écriture : le contexte de l'Évangile. Il y a une structure logique, sensée et conceptuelle
de l'Évangile, tout comme il y en a dans l'architecture ou dans n'importe quelle autre discipline.
Les principes de l'Évangile vont ensemble ; ils se
soutiennent et s'enrichissent mutuellement.
L'Évangile peut être comparé à une mosaïque : il a
une forme, un ensemble d'idées qui s'enchaînent
logiquement et qui ensemble donnent un sens à la
vie.
La personne qui veut comprendre la religion ne
doit pas désarticuler l'Évangile et le considérer
comme des faits et des idées séparées,
comme des éléments dispersés de façon désordonnée. Comme l'architecture, l'Évangile a aussi ses
idées et ses principes fondamentaux. Il faut les
avoir à l'esprit lorsqu'on lit des versets séparés
ou que l'on envisage des idées séparées dans les
Écritures. Suggérons quelques-uns de ces concepts
fondamentaux de la religion dont il faut toujours
se souvenir :
Notre conception de Dieu
Quelles sont nos croyances fondamentales concernant Dieu, le Père éternel ?
1. Il est le Père de tous les hommes.
2. Il a certains attributs moraux :
a. La justice, l'impartialité, l'intégrité.
b. L'amour, la miséricorde, le pardon.
3. Il est respectueux des lois.
4. Il est plus intelligent que tous les
hommes réunis.
Notre conception de l'homme
Quelles sont nos croyances fondamentales
concernant l'homme ?
1. Tous les hommes sont enfants de Dieu.
2. Tous les hommes sont frères.
3. Les hommes sont pour avoir la joie.
4. Les hommes ont la capacité de progresser
éternellement en se conformant à
l'Évangile.
5. Les hommes ont leur libre arbitre.
6. Les hommes ont été créés à l'image de
Dieu.
En énumérant les concepts ci-dessus concernant
Dieu et l'homme, nous n'avons pas essayé de les
citer tous, mais d'en avoir juste assez pour
montrer qu'il est utile d'interpréter l'Écriture à
la lumière des principes fondamentaux.
Un cas
Lors d'un cours sur l'Ancien Testament à l'École du dimanche, le problème qui se posait au groupe était la signification de l'Écriture suivante : « Tu ne te prosterneras point devant elles [les images taillées], et tu ne les serviras point ; car moi, l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l'ininuité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui me haïssent, et qui fais miséricorde jusqu'à mille générations à ceux qui m'aiment et qui gardent mes commandements » (Ex. 20:5-6).
À ce cours qui était donné à des universitaires,
une maman se trouvait en visite. Elle fit cette
réflexion : « Il y a vingt-cinq ans, un enfant
m'est né gravement handicapé. Après avoir lu ce
passage de l'Écriture, j'ai toujours attribué cet
événement tragique à mes péchés ». L'instructeur demanda :
« Puis-je vous demander quel péché vous avez
commis pour que Dieu envoie ce malheur sur l'enfant
et sur vous-même ?
Elle répondit :
« Je ne peux pas en citer de bien défini. Je
n'étais pas méchante, et je n'étais pas non plus un
ange. »
Cette
excellente personne interprétait ce
passage de l'Écriture isolément, sans le rattacher
aux éléments fondamentaux de l'Évangile, comme la
personnalité de Dieu et la nature de l'homme. Comment auriez-vous
répondu à cette interprétation d'Exode 20:5-6 donnée par cette femme ?
Quels
principes fondamentaux de l'Évangile rattacheriez-vous à ce passage ?
Voici quelques exemples :
Nous
croyons au libre arbitre. Cela n'enfreint-il pas le libre arbitre d'une
personne que d'être
punie pour le péché d'une autre personne ? Nous croyons que les hommes
seront punis pour leurs echés et non pour
la transgression d'Adam, ou la transgression de qui que ce soit
d'autre. Nous croyons en la justice de Dieu. Ne serait-il pas injuste
de punir un enfant pour les péchés de
sa mère ? Nous croyons en un Dieu d'amour et de
miséricorde. Il est difficile de croire que Dieu
affligerait intentionnellement un enfant d'un
handicap grave pour les péchés de sa mère ou pour
une autre raison. Un enfant gravement infirme mentalement a,
autant que nous puissions en juger, peu de chance
de progresser spirituellement et de réaliser le but
tout entier de Dieu pour sa vie. Et où est sa joie
profonde ?
Quand nous pensons à l'interprétation que donne
cette femme de sa vie, sur la base de sa compréhension de cette Écriture, nous la mettons en doute.
Elle ne semble pas cadrer avec les concepts
fondamentaux dont nous disposons concernant Dieu et
l'homme. Cela ne signifie pas que le verset dont nous avons parlé n'est pas vrai. Il contient
une vérité profonde. Mais son interprétation
n'était pas correcte parce qu'elle contredisait
tant d'éléments fondamentaux de l'Évangile. Les
péchés (et l'ignorance) des pères trouvent leur
châtiment dans les générations, non pas du
fait d'un Dieu colérique ou vengeur (car il n'est pas
ainsi), mais par la nature de la vie et la
conséquence naturelle de nos actes, une génération étant influencée dans le temps et dans l'espace par la précédente.
Les parents qui haïssent leur enfants, qui sont méchants avec eux et sans amour pour eux produisent parfois des dommages irréparables sur leur personnalité. L'effet de ces dommages peut se transmettre de génération en génération. En fait des sociétés entières souffrent des péchés et des folies des générations précédentes. Une génération sème le vent et la suivante récolte la tempête.Mais beaucoup de handicaps de cette vie ne sont absolument pas dus aux péchés des parents. Ce sont des accidents de la nature. La femme du cours de l'École du dimanche s'était dénigrée elle-même et avait souffert pendant toutes ces années parce qu'elle n'interprétait pas son problème à la lumière de la personnalité de Dieu (un Père juste et aimant) ou du libre arbitre et du but de la vie de son enfant.
Exode
20:5-6 n'est pas le seul passage sur ce sujet ; dans Ézéchiel 8, nous
lisons :
« La parole de l'Éternel me fut adressée, en ces
mots : Pourquoi dites-vous ce proverbe dans le
pays d'Israël : les pères ont mangé des raisins
verts, et les dents des enfants en ont été agacées ?… L'âme qui pèche,
c'est celle qui mourra » (Ézéchiel 18:1-2, 4 ; voir le chapitre
entier). L'interprétation de cette femme ne cadre pas non plus avec l'enseignement de Jésus lorsqu'on lui
demanda : « Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses
parents, pour qu'il soit né aveugle ? Jésus
répondit : Ce n'est pas que lui ou ses parents
aient péché ; mais c'est afin que les œuvres de Dieu
soient manifestées en
lui » (Jean 9:2-3). En parlant de ce problème, Ézéchiel et Jésus tenaient compte de la nature de l'homme et de Dieu.
PAROLES INSPIRÉES DE DIEU – SELON LE LANGAGE DE L'HOMME
Deux positions extrêmes ont été prises à
propos de l'origine de la Bible. L'une,
maintenue par des protestants sincères et dévots,
prétend que tous les mots et tous les versets de
l'Écriture sont vrais et valables de façon égale parce
que c'est littéralement la parole de Dieu. À
l'autre extrême, il y a ceux qui considèrent la
Bible comme étant entièrement le produit de l'homme,
un document purement humain que certains hommes
ont erronément cru venir de Dieu. Pour prouver
leur point de vue, ces critiques n'ont pas trop
de mal à faire ressortir l'élément humain qui s'y
trouve.
La position des saints des derniers jours est
en désaccord avec ces deux points de vue extrêmes.
Nous voyons en la Bible à la fois l'œuvre de Dieu et la main
de l'homme. On ne peut pleinement apprécier
l'Écriture sans reconnaître les traits humains et
divins qui s'y trouvent. Nous
allons essayer de montrer pourquoi cette conception de l'Écriture est raisonnable et digne d'intérêt.
Depuis le début du Rétablissement, il est reconnu que la Bible n'est pas un guide suffisant en matière de religion. Elle ne répondit pas à la question brûlante du jeune Joseph Smith concernant la confession chrétienne à laquelle il devait se joindre. Mais elle le conduisit toutefois à la source vivante de la religion, à Dieu. Cette expérience nous montre que la Bible n'est pas la religion elle-même, mais un document remarquable contenant certaines expériences et la compréhension religieuse passée de l'homme. D'une manière très lucide, John Taylor a fait la distinction entre la religion et un document :
« L'Évangile est un principe certain, vivant,
durable, éternel. Ce qui est écrit dans le Nouveau
Testament est, si vous voulez, comme le plan d'un
pays ; mais l'Évangile est le pays lui-même. Un
homme qui possède la carte des États-Unis serait
considéré comme insensé s'il pensait posséder les
États-Unis en entier ; et du fait qu'un homme a en
sa possession l'Ancien et le Nouveau Testaments,
cela ne prouve pas qu'il a l'Évangile… Mais l'Évangile n'est-il pas contenu dans
l'Ancien et le Nouveau Testaments ? Non, et il ne
se trouve pas non plus dans le Livre de Mormon ni
dans les révélations que nous avons reçues. Ce
ne sont là que des écrits, des histoires, des
commandements, etc. L'Évangile est un principe
vivant, durable, éternel et immuable qui a existé
de tout temps avec Dieu et existera toujours, tant
que dure le temps et l'éternité, où qu'il soit
développé ou manifesté. » (John Taylor, Journal
of Discourses, Vol. 7, pages 361-362)
Non seulement la Bible n'est pas la religion
elle-même, mais aussi merveilleuse qu'elle soit,
elle n'est pas non plus un enregistrement parfait
et complet de la religion. Nous croyons que la Bible est la parole de
Dieu pour autant gu'elle est traduite correctement. Le prophète Joseph reconnaissait qu'une partie
du document biblique ne nous était pas parvenu tel
qu'il avait été donné ou voulu à l'origine. Ce fait est attesté par son effort incomplet de reviser la
Bible. Bien que son travail soit loin d'être terminé,
il fit un grand nombre de changements en vertu de
sa connaissance et de son inspiration.
Selon le langage de l'homme
Si la Bible nous était accessible sans aucune
erreur de traduction, elle contiendrait néanmoins
des imperfections et des limitations. La raison
en est que la parole de Dieu nous est donnée selon
le langage de l'homme. Elle est adaptée aux faiblesses de l'homme, à sa pensée et à ses besoins.
Par conséquent, elle reflète quelque chose de
l'homme aussi bien que de l'inspiration de la
Divinité.
Cette idée peut être surprenante
et même décevante au premier abord, mais avec un
peu de réflexion elle devient tout à fait
raisonnable, utile et même inspirante. Cela vous
aidera à apprécier les grands apports du Seigneur
et des prophètes à ces documents religieux inestimables.
John A. Widtsoe a formulé la même idée en
ces termes concis :
« Le message de l'Écriture est divin ; les mots
dont il est revêtu sont humains. Pour n'avoir pas
fait cette distinction, on s'est heurté à beaucoup
de malentendus. Les lecteurs intelligents
sépareront le message de l'Écriture de la forme
dans laquelle il est présenté. » (John A. Widtsoe,
Religion and the Pursuit of Truths, p. 163)
Le Seigneur : un maître
Nul ne peut enseigner quelqu'un d'autre sans
le conduire du connu à l'inconnu. Tout enseignement
se fait dans le contexte de l'expérience de l'élève.
Lorsque nous parlons à un enfant, nous utilisons
son langage, des mots qu'il comprend, si nous
désirons communiquer. Lorsqu'un savant parle à un auditoire profane, il utilise un langage non
technique, celui de ses auditeurs, s'il veut être
compris.
Le Seigneur vit dans un monde différent de celui
de l'homme. Sa perspective, sa connaissance, et sa
sagesse sont plus grandes que celles de l'homme,
tout comme la lumière du soleil dépasse en éclat
celle des autres étoiles. Ésaïe était
conscient de cet état exalté de la Divinité : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et
vos voies ne sont pas mes voies, dit l'Éternel. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la
terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de
vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. Comme la pluie et la neige descendent des
cieux, et n'y retournent pas sans avoir arrosé,
fécondé la terre, et fait germer les plantes, sans
avoir donné de la semence au semeur et du pain à
celui qui mange, Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de
ma bouche : elle ne retourne point à moi sans effet,
sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes
desseins. » (Ésaïe 55:8-11)
Il est impossible à l'homme, dans son état limité et avec sa perspective insuffisante, de
recevoir la parole de Dieu dans sa pléniture ou à
la lumière de la compréhension complète du Seigneur.
Comme tous les autres maîtres, notre Père céleste
doit adapter sa parole à la faiblesse, au langage
et à la pensée de l'homme pour arriver jusqu'à lui.
Brigham Young le comprenait bien et le dit avec sa
vigueur et sa manière concrète habituelles :
« Je suis aussi loin de croire qu'un gouvernement
a des constitutions et des lois qui sont parfaites
que je ne crois pas qu'il y ait une seule révélation
parmi les nombreuses que Dieu a données à l'Eglise,
qui soit parfaite dans sa plénitude. Les révélations
de Dieu contiennent des doctrines et des principes
corrects en ce qui les concerne. Mais il est
impossible aux pauvres, faibles, vils, rampants et
pécheurs habitants de la terre de recevoir du
Tout-Puissant une révélation dans toute la perfection. Il doit nous parler de manière à rester dans
les limites de nos capacités. » (Journal of Discourses:
Volume 2, page 314)
La contribution de l'homme
Même si le Seigneur pouvait révéler toute sa
volonté et toutes ses paroles à l'homme, il est
peu probable qu'il le ferait. La progression
spirituelle n'est donnée à l'homme que par ses
efforts, par sa recherche, ses erreurs, ses luttes,
sa volonté de progresser. Le témoignage de l'histoire
montrent bien que la révélation est la réponse du
Seigneur aux besoins de l'homme, à l'expérience
de l'homme. La révélation est une inter-action
entre Dieu et l'homme, un dialogue, et non pas le
simple fait de donner et de recevoir.
Ainsi donc, en lisant les Écritures, nous ne
devons pas seulement chercher l'inspiration et le
message divin, mais aussi les circonstances et la
personnalité des auteurs, leurs limitations et leurs
points forts. Les erreurs de l'homme s'y glissent
parfois, mais il y a également toujours la grandeur
de l'homme en tant que fils de Dieu, son courage,
sa foi, son humilité et son amour, qui ont
fusionné avec la volonté de Dieu.
La personnalité et le style du prophète et
écrivain marquent son œuvre de leur sceau indélébile. Ceci demande des exemples :
Les
prophètes Amos et Osée furent porte-parole
de Dieu en Israël au huitième siècle av. J.-C.
Leur message est essentiellement le même.
Israël, la nation élue, avait passé de la religion véritable à l'idolâtrie et à une immoralité
grossière et par conséquent tous ses sacrifices et
ses professions de culte n'étaient plus acceptables
pour l'Éternel, Dieu de justice et de miséricorde. Mais
le langage, le style, les illustrations et l'accent
mis dans chaque livre sont remarquablement différents et ont un
caractère unique plein de signification. Amos est le prophète sévère de
la justice,
Osée enseigna la justice mais est également tendre
et révèle le grand amour de Dieu pour Israël en
dépit de ses péchés et de sa destruction future.
Le mariage tragique d'Osée à une femme infidèle,
qu'il continua à aimer et à pardonner, l'aida
sans doute à comprendre et à exprimer l'amour du
Seigneur pour Israël.
La diversité dans les Écritures
Du fait que les Écritures sont données aux
bommes dans leur faiblesse, selon leur langage et
pour répondre à leurs besoins et à leur situation
particulière, elles n'ont pas toutes pour nous une
signification et une valeur égales. Certaines
parties des Écritures traitent de thèmes d'une
importance si éternelle et si universelle qu'elles
sont plus précieuses pour nous qu'elles l'ont
jamais été pour les hommes. Nous parlons de choses
telles que les Dix commandements, les Béatitudes,
le sermon sur la Montagne, la Parole de sagesse et
beaucoup d'autres enseignements des Écritures.
Cependant, il y a d'autres parties qui sont plus
locales et limitées dans leur application. Illustrons :
Une grande partie de la loi de Moïse dans le
Lévitique et dans le Deutéronome est encore valide.
D'autres commandements, relatifs au sacrifice et aux rituels, ont été abandonnés et ne font pas partie
de l'Évangile du Christ. De même, l'apôtre Paul dit qu'une grande partie
de la loi de Moïse a été un pédagogue pour préparer
l'homme à la loi supérieure du Christ : « Avant que la foi vînt, nous étions tous
enfermés sous la garde de la loi, en vue de la foi
qui devait être révélée. Ainsi la loi a été comme
un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que
nous fussions justifiés par la foi. La foi venue,
nous ne sommes plus sous ce pédagogue. Car vous
êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Chris. »
(Galates 3:23-26)
Certains livres de l'Ancien Testament sont de
caractère narratif, écrits par des auteurs inconnus.
Ceux-ci décrivent souvent en détail les faiblesses
et les péchés du peuple aussi bien que la volonté
de Dieu. C'est en nous souvenant de ceci que
nous devons lire Josué, les Juges, 1 et 2 Samuel,
1 et 2 Rois et 1 et 2 Chroniques. Ils n'ont pas la
voix pleine d'autorité ni le niveau uniformément
sublime d'enseignement qui caractérisent les écrits
d'Amos, d'Osée, d'Ésaie, de Michée, de Jérémie, de
Paul et les paroles du Sauveur. Le Cantique des
cantiques, quoique écrit en bel hébreu, n'est pas
un livre religieux, mais un chant d'amour
romantique. Les Juifs le canonisèrent parce qu'ils
y lurent des choses, pensant qu'elles décrivaient allégoriquement l'amour du Seigneur pour Israël.
Ses belles images semblent également l'avoir rendu
cher au peuple hébreu.
D'autres livres, tels que les Proverbes , les
Psaumes et l'Ecclésiaste, quoique pour la plupart
très inspirants, contiennent aussi des passages qui
reflètent davantage la vie de l'homme à leur époque
que les grands principes éternels de l'Évangile.
Quelques-uns des Psaumes écrits pendant la captivité
babylonienne expriment l'esprit de haine et de
vengeance qui est, du point de vue humain, tout à
fait compréhensible. L'Ecclésiaste, en dépit de son
bon sens et de sa sagesse, reflète le cynisme d'une
culture étrangère non sémitique. Ce cynisme n'est
pas caractéristique du reste de l'Ancien Testament.
Mais, pris dans son ensemble, ce livre est, lui
aussi, instructif et apporte quelque chose à la vie.
Dieu ne parle aux hommes que selon leur
langage et leurs besoins. Par conséquent les
Écritures reflètent dans une riche mesure à la fois
le divin et l'humain. Nous pouvons être connaissants tant à la Divinité qu'aux auteurs humains de
leur esprit et de leurs messages dans les Écritures.
Les limitations des Écritures s'expliquent par les
faiblesses des hommes. Cela inclut les erreurs
et les changements dans la transmission et la
traduction. D'un autre côté, les vérités et la grandeur des Écritures reflètent
la Divinité et aussi la force des hommes. Les
paroles du Christ ne sont pas seulement vraies et
belles grâce à l'influence du Père, mais grâce aussi
aux objectifs et à la personnalité de Jésus ; il
était un porte-parole merveilleusement sensible pour son Père.
LE CHRIST, NOTRE ÉTENDARD
L'apôtre Paul, conscient des imperfections de
la nature humaine, déclara que le Christ nous a
donné des apôtres, des prophètes, des évangélistes,
des pasteurs et des docteurs « pour le perfectionnement des saints en vue de
l'œuvre du ministère et de l'édification du corps
du Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus
à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils
de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la
stature parfaite de Christ… afin que,
professant la vérité dans la charité, nous croissions
à tous égards en celui qui est le chef, Christ. »
(Éphésiens 4:12-13, 15)
Le Christ est notre étendard, la révélation et le modèle de la personnalité et de la volonté du Père. Il est l'exemple de tout ce que nous devons aspirer à être. L'Évangile est là pour nous aider, comme Paul le dit, à « croître à tous égards en lui ». Il est notre Sauveur et Rédempteur, le Fils de Dieu, l'auteur de notre salut.
Le Christ est notre idéal de vie ; ses rôles, son esprit et ses actes doivent aussi nous guider dans notre interprétation et dans notre application des Écritures à notre vie. Il a été depuis le commencement un révélateur pour son peuple et une grande partie des écrits de la Bible a été inspirée par lui. Raison de plus pour que nous lisions les Écritures en ayant à l'esprit, poux nous guider, la plus grande compréhension que nous puissions avoir de la vie et des enseignements de Jésus-Christ. Nous devons les étudier et intégrer à notre vie ceux qui nous manquent dans notre vie de disciple.
Le Christ n'est pas venu pour rendre périmées
les révélations du passé mais pour les accomplir.
C'est ce qu'il explique dans le
Nouveau Testament
: « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir
la Loi ou les Prophètes ; je suis venu non pour
abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis
en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront
point, il ne disparaîtra pas de la Loi un seul iota
ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout
soit arrivé. Celui donc qui supprimera l'un de
ces plus petits commandements, et qui enseignera
aux hommes à faire de même, sera appelé le plus
petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui les
observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. » (Matt. 5:17-19)
Puis
après avoir ainsi confirmé les enseignements de l'Ancien Testament, il
déclara :
« Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens… mais moi je vous dis…
(Matt. 5:21-22) ; « Il a été dit… mais moi, je vous dis… » (Matt.
5:31-32)
Jésus ne rejetait pas l'ancienne loi, mais en établit une nouvelle, au détriment d'une grande partie de
l'ancienne.
Le Christ et la loi de Moïse
Jésus accomplit de plus d'une façon la loi de
Moïse, dans sa rédemption aussi bien que dans son
enseignement. Illustrons la façon dont ses
enseignements accomplirent la loi. Considérez les
Dix Commandements. Les quatre premiers traitent
des rapports de l'homme avec Dieu ; les six suivants
des devoirs de l'homme envers ses semblables (voir
Deut. 5:7-21 ou Exode 20:3-17). Quand on demanda
au Sauveur quel était le plus grand commandement
de la loi, il répondit :
« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout
ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée.
C'est le premier et le plus grand commandement.
Et voici le second, qui lui est semblable : Tu
aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux
commandements dépendent toute la loi et les prophètes. » (Matthieu 22:37-40)
Ces deux grands commandements n'ont pas été
inventés par Jésus. Il les avait entendus de la
bouche de ses maîtres juifs. On trouve le premier
dans Deutéronome 6:5 et le second dans Lévitique
19:18. Mais Jésus les réunit, rendit le deuxième « semblable » au premier, et les enrichit grandement
par la qualité de sa propre vie et de ses enseigne
ments. Les prophètes qui l'avaient précédé
avaient également souligné ce rapport intime entre
le culte de l'homme pour Dieu et le service à autrui. Jésus en fit l'âme de la
religion. En gardant ces deux commandements, nous
accomplissons les Dix Commandements et bien d'autres.
1. Pas d'autres dieux.
2. Pas d'images taillées. 3.
Ne pas prendre le nom
de Dieu en vain. 4.
Se souvenir du sabbat
: Tout cela est
l'expression de notre amour pour Dieu .
5. Honorer son père et sa mère. 6. Ne pas tuer. 7. Ne pas commettre l'adultère. 8. Ne pas voler. 9. Ne pas porter de faux témoignage. 10. Ne pas convoiter : Tout cela est l'expression de l'amour du prochain.
Si nous aimons Dieu, nous garderons les quatre
premiers commandements et trouverons d'autres façons positives de le servir et de
l'adorer. Si nous aimons notre prochain, nous
garderons les six derniers commandements et traiterons notre prochain avec gentillesse, respect, patience, miséricorde
etc. Les Dix Commandements ne
contenaient pas toute la vie morale des Juifs ; on
leur enseignait beaucoup d'autres règles de
conduite. Mais Jésus comprenait l'importance relative des idées, les rapports
entre elles et savait faire ressortir les plus importantes
exprimées par ces règles et savait les enseigner efficacement.
L'Ancien Testament et le Christ
Le niveau d'enseignement moral et religieux
d'une grande partie de l'Ancien Testament est aussi
élevé que celui du Nouveau Testament. Comment n'en
serait-il pas ainsi, puisque le Christ fut celui qui donna la plupart du temps les
révélations aux anciens prophètes tout comme à
Pierre et à Paul ? Et
cependant, il y a dans l'Ancien Testament des
enseignements et des idées qui ne concordent pas
tout à fait avec les enseignements et l'attitude du
Christ rapportés dans le Nouveau Testament. En
voici quelques exemples :
Dans l'Ancien Testament, il y a un certain
nombre de passages où l'on adopte un point de vue
particulariste. Certains auteurs juifs pensaient
que Dieu n'aimait que leur peuple et haïssait les
autres nations. À certains points de vue, les
Israélites avaient une règle de conduite pour les
Juifs et une autre pour les Gentils :
« Tu n'exigeras de ton frère aucun intérêt ni
pour argent, ni pour vivres, ni pour rien de ce qui
se prête à intérêt. Tu pourras tirer un intérêt de l'étranger,
mais tu n'en tireras point de ton frère, afin que
l'Éternel, ton Dieu, te bénisse dans tout ce que tu
entreprendras au pays dont tu vas entrer en possession » (Deut. 23:19-20). « Si l'un de tes frères hébreux, homme ou
femme, se vend à toi, il te servira six années ;
mais la septième année, tu le renverras libre de
chez toi. Et lorsque tu le renverras libre de chez toi,
tu ne le renverras point à vide ; tu lui feras des présents de ton menu bétail,
de ton aire, de ton pressoir, de ce que tu auras
par la bénédiction de l'Éternel, ton Dieu. Tu te souviendras que tu as été esclave au
pays d'Égypte, et que l'Éternel, ton Dieu, t'a
racheté ; c'est pourquoi je te donne aujourd'hui
ce commandement. » (Deut. 15:12-15)
Le traitement des esclaves Gentils devait, lui aussi, être humain, mais ils ne devaient pas être libérés comme les esclaves hébreux : « C'est des nations qui vous entourent que tu prendras ton esclave et ta servante qui t'appartiendront, c'est d'elles que vous achèterez l'esclave et la servante. Vous pourrez aussi en acheter des enfants des étrangers qui demeureront chez toi, et de leurs familles qu'ils engendreront dans votre pays ; et ils seront votre propriété. Vous les laisserez en héritage à vos enfants après vous, comme une propriété ; vous les garderez comme esclaves à perpétuité. Mais à l'égard de vos frères, les enfants d'Israël, aucun de vous ne dominera avec dureté sur son frère. » (Lév. 25:44-46)
Certains passages des Écritures parlent de la
haine du Seigneur pour d'autres nations, mais le
Christ nous apprend que tous les hommes sont
frères, tous sont enfants du même Père. Le Christ
ne hait pas son frère, quel que soit sa nation,
sa race ou sa religion. Il aimait même ses ennemis et il nous enseigna à faire de même. Quand des
passages scripturaux anciens manifestent une
attitude négative vis-à-vis des hommes, contraire
à la personnalité et aux actions de Jésus-Christ,
nous devons y voir l'élément humain et le point de
vue étriqué de l'homme. Les Israélites avaient
été esclaves en Égypte ; ils partirent comme nomades
dans le désert dans une lutte à mort contre les
éléments et d'autres tribus. Il est compréhensible
qu'ils tenaient avant tout à leur survie et qu'ils
ne comprenaient pas pleinement les vues vastes et
universelles de Dieu. Ils apprirent peu à peu
d'hommes tels qu'Amos, Ésaïe et l'auteur du livre de Jonas
que Dieu est universel et que ses lois et ses objectifs s'appliquent de la même façon à tous
les hommes. Mais il fallut du temps, et il y eut
beaucoup de rechutes dans des opinions incompatibles avec celles du Sauveur.
Disciples du Christ
Nous ne devons pas juger l'ancien Israël trop
sévèrement. Les Israélites payèrent cher leur
manque de compréhension et leur refus de vivre
conformément à la volonté de Dieu : « Que te ferai-je, Éphraim ? Que te ferai-je,
Juda ? Votre piété est comme la nuée du matin,
comme la rosée qui bientôt se dissipe. C'est pourquoi je les frapperai par les
prophètes, je les tuerai par les paroles de ma
bouche, et mes jugements éclateront comme la
lumière. Car j'aime la piété et non les sacrifices,
et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes. Ils ont, comme le vulgaire, transgressé
l'alliance ; C'est alors qu'ils m'ont été infidèles »
(Osée 6:4-7). « Mon peuple est détruit, parce qu'il lui
manque la connaissance. Puisque tu as rejeté la
connaissance, je te rejetterai, et tu seras
dépouillé de mon sacerdoce. Puisque tu as oublié
la loi de ton Dieu, j'oublierai aussi tes enfants. »
(Osée 4:6)
Notre tâche est d'interpréter l'Écriture dans la pleine lumière de
l'Évangile rétabli et de
vivre la religion de même. Le Christ est notre étendard.
Les choses qui, dans les Écritures, sont conformes
à sa vie et à ses enseignements sont vraies pour
nous. Ce que l'on trouve dans les Écritures qui
est en contradiction avec son esprit et son enseignement doit être mis en question : Ou bien
nous comprenons mal le passage, ou bien c'est une
erreur du copiste ou du traducteur, ou encore cela
reflète la langue, les faiblesses ou la situation
des hommes qui l'ont écrit. Les attitudes et les
pratiques non chrétiennes ne font pas partie de
l'Évangile de Jésus-Christ. Elles doivent être
vaincues dans nos efforts pour nous rapprocher de
l'image de la stature du Christ.
Brigham Young exprime comme suit cette
pensée :
« Nous avons pris pour étendard ce livre
appelé l'Ancien et le Nouveau Testaments. Nous
croyons en ce livre et nous le recevons comme étant
la parole du Seigneur. Beaucoup de paroles dans ce livre ne sont pas
celles du Seigneur, mais nous recevons ce qui est
venu des cieux et que le Seigneur nous a donné,
en particulier les paroles du Sauveur. »
L'ÉTUDE PERSONNELLE
Juste après la fin du 19e siècle, Franklin L. West
quitta l'Utah pour faire des recherches de physique
à l'Université de Chicago. À l'époque, il n'y
avait pas de paroisse ni de pieu dans cette grande
ville, et ses occasions d'oeuvrer dans l'Église
étaient réduites au minimum. Il se mit donc en
devoir d'étudier régulièrement les ouvrages
canoniques par lui-même. À l'époque, il n'était
ni missionnaire, ni instructeur ; il lisait simplement les Écritures pour ce qu'elles avaient à lui
dire. Et elles dirent beaucoup de choses. Il trouva
la foi et en retira aussi une grande force de
caractère et le désir profond d'enseigner l'Évangile
aux jeunes. Tandis qu'il lisait, il marquait les
passages qui avaient un sens particulier pour l ui.
Pendant plus d'un demi-siècle Frank West garda sous
la main ses Écritures avec leurs passages
marqués. Elles donnèrent une trame et un sens
riche à sa vie distinguée d'instructeur de l'École
du dimanche, de professeur d'université, de
commissaire à l'Éducation dans l'Église et d'excellent
père, mari et ami des jeunes.
En 1888, un jeune homme de dix-huit ans
quittait sa petite ville de Taylorsville dans le
sud-ouest de la vallée du lac Salé pour partir en
mission en Nouvelle-Zélande. Il consacra la plus
grande partie de sa mission à travailler chez les
Maoris, avec qui il partagea une existence simple
et des conditions de vie primitives. À un moment
donné, il fut quasiment enfermé dans une petite hutte privée, pendant six semaines, tandis que la
pluie n'arrêtait pas. Les indigènes lui apportaient,
deux fois pas jour, des pommes de terre bouillies.
Il était seul avec une lampe à huile et son
Nouveau Testament en maori. Il
le lut et le relut, et l'apprit pour ainsi
dire par cœur. Depuis ce moment-là jusqu'à sa
mort, soixante-cinq ans plus tard, Milton Bennion
aima le Nouveau Testament, intégra ses enseignements moraux à sa vie et
écrivit un livre sur les enseignements moraux du Nouveau Testament.
La première raison de lire
les Écritures, c'est l'influence qu'elles peuvent avoir sur nous. Prenez un
exemplaire des Écritures et lisez-le pour qu'il vous parle. Que vous dit-il sur votre vie ?
Sur votre prochain ? Sur le monde ? Sur votre
Créateur ? Marquez les passages qui vous inspirent afin de les retrouver facilement.
Certains passages suscitent la méditation, d'autres
suscitent des sentiments d'humilité
et de reconnaissance, d'autres encore fortifient contre la tentation ou donnent le
courage de supporter la pauvreté, la maladie ou le
découragement. Là aussi, la sagesse des âges est
éclairée par la lumière de la révélation divine.
D'autres auront pour vous peu de sens pour le
moment, mais prendront peut-être de l'importance
plus tard.
Nous vivons à une époque extrêmement profane,
riche en belles choses intellectuelles et culturelles mais aussi empêtrée dans des choses
insignifiantes et superficielles. L'étude régulière
des Écritures donne de l'équilibre à la vie, nous garde conscients de notre origine divine et nous rend
plus proches de notre Père, de son Fils et du
Saint-Esprit. Ceux-ci doivent être nos compagnons constants, ce qu'ils désirent
être.
Une source de culture
Personne
dans la civilisation occidentale ne
peut prétendre être éduqué s'il ne connaît la
Bible. Par son influence sur le judaïsme et le
christianisme, elle a laissé son empreinte indélébile
et profonde, non seulement sur la religion mais
aussi sur la littérature, les lettres, les institutions politiques et
sociales, les lois, la philosophie et les valeurs de l'Europe, de
l'Afrique, de
l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, des Amériques et
des îles du Pacifique. Aucun livre n'a eu pareille
influence. Lisez la Bible pour devenir quelqu'un
d'instruit.
Le monde se rétrécit rapidement du fait de la
rapidité et de la diversité des transports et de
l'efficacité des moyens de communication. Les saints
d'Extrême-Orient et de toute l'Asie devraient connaître la Bible de même que les Européens et les
Américains devraient connaître les Écritures sacrées
de l'Inde, de la Chine et du Moyen-Orient, de
l'Iran et de l'Islam. L'humanité est une, la
famille de Dieu.
La lecture de la Bible augmente également
la connaissance que l'on a de sa langue natale.
Il y a des années, un étudiant ambitieux écrivit un
article destiné à être publié. Il le remit à
un ami qui était spécialiste en anglais. L'ami le
lut et écrivit à la fin : « Lis la Bible une heure
par jour et récris ton article ». L'article était
verbeux, abstrait et fumeux. Le conseil eut un effet durable.
Se qualifier pour le service
Il n'y a pas de meilleure préparation au service dans l'Église que l'étude des Écritures, en particulier si on étudie le cœur et l'esprit ouverts et si nous laissons les Écritures s'emparer de nous et façonner notre vie. Une personne qui a lu Amos et l'a compris ne peut être malhonnête dans les affaires, du moins pas avec une conscience claire. Quiconque a lu Job et l'a compris pourra affronter ses propres tragédies avec la force de deux personnes : la sienne et celle de Job. Ce n'est pas simplement la connaissance des Écritures qui nous préparera à servir dans le royaume ; c'est sentir, croire et vivre les vérités des Écritures qui nous prépare pour la vie éternelle.
Comment étudier les Écritures
Chacun aura sa manière à lui d'étudier les Écritures, une fois qu'il décide de s'y mettre. Voici quelques suggestions qui pourront vous aider à créer vos méthodes à vous :
1. Comme nous l'avons déjà laissé entendre, la lecture des Écritures sera efficace et constante si vous l'intégrez à votre quotidien. Essayez de mettre à part, à cette fin, quinze à trente minutes par jour ou plusieurs heures par semaine. Que la lecture des Écritures devienne une tradition, fasse partie de votre vie.
2. Beaucoup d'entre vous appartiennent à un
groupe de jeunes qui se fréquentent. Si c'est
le cas, essayez de faire une réunion de groupe une
fois par mois, soit un dimanche soir, soit peut-être
un samedi soir, pour vous dire les uns aux autres ce
que les livres de la Bible signifient pour vous. Lisez pour comprendre et
évaluer, pas pour discuter et critiquer. L'Amitié,
que ce soit parmi des gens du même sexe ou de sexes
différents, s'édifie sur les intérêts communs et les
expériences partagées. Il sera très révélateur et
intéressant de communiquer à vos amis et à vos
amies ce que vous pensez de ce que vous avez découvert dans les Écritures.
Vous vous connaîtrez beaucoup mieux de façon qu'en
vous fréquentant essentiellement en vous divertissant ou dans un cadre romantique.
3. Essayez de créer votre propre concordance
annotée des Écritures. Achetez un répertoire.
En lisant les Écritures et en rencontrant une grande
idée, un passage inspirant ou une belle illustration
d'un principe de l'Évangile comme la foi, écrivez
le mot « Foi » à la lettre F et ajoutez la référence du passage avec un bref commentaire pourmémoire.
En lisant les Écritures, vous créerez vos
propres références toutes prêtes sur beaucoup de
sujets importants. Chaque référence sera à vous,
choisie parce qu'elle signifie quelque chose pour
vous. Puis, au cours des années, en enseignant, en
participant à l'oeuvre missionnaire, en préparant un
discours ou uneleçon, ou en écrivant un
article, vous aurez de riches réserves de matière
où vous pourrez puiser. Vous pourriez ajouter, dans un carnet à part, d'autres belles illustrations et
de bons écrits glanés
dans des ouvrages non scripturaux, sur des sujets scripturaux.
Lire les Écritures à haute voix
4. Une bonne habitude, c'est de lire les Écritures
à haute voix. Cela vous aidera à les lire
avec plus de sens et en articulant mieux lorsque
vous aurez l'occasion de les utiliser à l'église.
En outre, vous apprendrez à aimer entendre les
Écritures et votre impression sera fortifiée en
entendant aussi bien qu'en voyant les mots.
Vous n'avez pas besoin d'être orateur pour
bien lire les Écritures. Il vous suffit de
pouvoir lire avec sincérité et conviction et avec les
suggestions de critiques amicaux. Concentrez-vous
sur le sens. Appuyez les mots importants. Recherchez la compréhension et la
clarté et non l'effet dramatique.
Lisez à haute voix avec les membres de votre
famille, avec les amis ou à l'École du dimanche et
donnez-vous mutuellement des conseils. Soyez
constructifs. Mentionnez une chose que vous aimez dans
la façon de lire d'un ami et puis un domaine dans
lequel, à votre avis, il peut s'améliorer. Faites
ceci souvent.
5. Essayez d'apprendre par cœur les passages que
vous appréciez vraiment. Apprenez d'abord
ceux qui sont courts et répétez-les dans les temps morts de la journée, par exemple en déplacement. Cette
habitude sera une source d'instruction, d'inspiration et de plaisir pour vous.
6. Opposez les grands messages aux messages d'un
verset. Vous pourriez écrire ces messages
d'un verset comme étant votre résumé personnel, à
vous, d'un chapitre de livre.
En résumé, apprenez les Écritures. Aimez les Écritures.
Utilisez les Écritures pour enrichir votre vie.
Nous avons abordé les Ecritures et appris quelque chose de leur nature, de leurs traits caractéristiques et
de leur contenu. Enfin nous avons envisagé les directives
à garder à l'esprit lorsque nous lisons les
Écritures de manière à les comprendre et à les
apprécier au mieux. Cette étude n'a
été qu'une introduction, un effort pour acquérir de
la perspective, un aperçu et une vue générale.
L'occasion véritable de connaître les Écritures
vous attend ; cela prend toute une vie et cela
enrichit toute une·vie.
Les Écritures sont un groupe de livres inégalés,
riches en contenu, intéressants et variés dans leur
style, souvent éloquents et émouvants dans leur
langue, religieux dans leur message et leur objectif,
révélateurs de la nature humaine et de la vie, et
par-dessus tout c'est la meilleure source écrite de
la parole de Dieu à l'homme. Puissent-elles
devenir aussi bien les vôtres que les siennes.
(Extrait et adapté de : Écritures de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, manuel de l'École du dimanche, 1970)