Condensé du récit de
la semaine de la Passion
et
de la resurrection
Le
ministère public de Jésus arrive bientôt à
sa fin. Son ministère a été marqué par
deux priorités :
Premièrement, il a
déclaré sans équivoque et avec hardiesse qu'il
est le Messie. Il n'a laissé aucun doute sur son identité
quand, à Béthanie, il a redonné la vie mortelle
à Lazare qui était mort. Ce miracle, plus que tout, a
amené les chefs juifs à comploter contre Jésus
et à dire que Jésus doit « mourir pour la nation
» (voir Jean 11:51). Pour eux il est évident que, pour stopper sa mission, ils n'ont pas d'autre choix que de le faire
mourir.
Deuxièmement, Jésus a formé ses apôtres
pour qu'ils portent le flambeau de sa cause après son
ascension. Cette formation leur sera utile quand ils auront appris la
résurrection de Jésus. Même s'ils n'agiront pas
beaucoup pendant le procès et la crucifixion, plus tard les
apôtres recevront par Jésus la mission d'aller prêcher
à toutes les nations ; et après son ascension, ils
seront dotés du Saint-Esprit. En vertu de leur autorité
et de leur appel, ils entameront, sous la direction de Pierre,
Jacques et Jean, leur grande mission.
Et
ainsi, Jésus se dirige vers Jérusalem et vers les
habitants de cette ville qu'il aurait voulu rassembler « comme
une poule rassemble ses poussins sous ses ailes et vous ne l'avez pas
voulu » (Matthieu 23:37). Il sait bien qu'aller à
Jérusalem c'est affronter une mort cruelle et inévitable.
Mais il va dans la ville sainte, ayant dit lui-même
: « Il ne convient pas qu'un prophète périsse
hors de Jérusalem » (Luc 13:33). En allant à Jérusalem, il
accomplit la mission pour laquelle il a été envoyé
par son Père céleste.
Il
a prévu d'arriver à Jérusalem à un moment
particulier. C'est l'époque de la Pâque, fin mars ou
début avril. Les pélerins de tout le monde juif sont
là. Les conditions sont idéales. Jésus connaît
le projet des dirigeants juifs de le faire mourir et la disposition
naturelle de la population à les soutenir.
Premier
jour de la semaine : dimanche
Jésus
arrive à Jérusalem. Il se procure une ânesse et
un ânon et franchit les portes de Jérusalem monté
sur l'ânon. « Les gens de la foule » qui savent
qu'il est « le prophète de Nazareth en Galilée »
placent des branches de palmier sur son chemin et l'acclament d'un
grand hosanna : « Hosanna au Fils de David ! Béni soit
celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très
hauts ! » (Matthieu 21:9). Il va directement au temple et,
d'après Marc, il a « tout
considéré, comme il était déjà
tard
», il se retire à Béthanie pour la nuit (Marc
11:11).
Deuxième
jour de la semaine : lundi
De
bonne heure le lendemain matin, Jésus retourne au temple et
fait un coup d'éclat décisif bien calculé pour
mettre en question l'authenticité de l'autorité
religieuse des chefs juifs. Il chasse de la cour extérieure du
temple ceux qui font du commerce et changent l'argent étranger.
Cet échange d'argent est apparemment accepté par les
dirigeants juifs et, en s'opposant à ce commerce, Jésus
conteste leur autorité. La question est : le
temple
doit-il être un lieu pour adorer Dieu ou pour gagner de
l'argent ? En purifiant les cours du temple, il dit : « Il est
écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière.
Mais vous, vous en faites une caverne de voleurs » (Matthieu
21:13). Après ce soir-là, Jésus
retourne
à Béthanie.
La
colère de Jésus dans le temple pose le problème
de l'autorité et les sacrificateurs ne vont pas laisser passer
l'incident. Quand Jésus revient le lendemain, ils le mettent
en demeure de répondre : « Par quelle autorité
fais-tu ces choses, et qui t'a donné cette autorité ? »
(Matthieu 21:23). Jésus répond par une série de
paraboles qui irritent les chefs religieux des Juifs. Les scribes et
les pharisiens le provoquent à nouveau. Jésus les
dénonce ouvertement et les condamne en les traitant
d'hypocrites. À partir de ce moment-là, Jésus
n'instruit plus la foule, mais seulement les Douze.
Les
dirigeants juifs se rendent compte que Jésus a pris le dessus
dans leurs
confrontations
et ils se consultent à nouveau pour savoir comment provoquer
sa mort. Ils doivent faire vite avant la Pâque pour éviter
une émeute, car Jésus est devenu très populaire
auprès des Juifs. Le problème est de pouvoir le faire
arrêter sans provoquer une réaction de la foule. Des
circonstances inattendues favorisent leur complot : un des propres
disciples de Jésus propose de le trahir.
Quatrième
jour de la semaine : mercredi
Jésus
est parfaitement au courant du complot. Il passe le quatrième
jour à l'extérieur de la ville, peut-être à
Béthanie. Les auteurs des Évangiles ne disent rien des
activités de ce jour-là.
Cinquième
jour de la semaine : jeudi
Jésus
a pris ses dispositions pour prendre le repas de la Pâque dans
une maison spécialement réservée pour lui et les
Douze. Après le repas de la Pâque, Jésus présente
un nouveau sacrement, la Sainte-Cène, qui laisse présager
son sacrifice expiatoire. Il prophétise une fois de plus sa
mort et indique qui le trahira.
Après
avoir donné quelques instructions à ses apôtres,
Jésus prononce la prière sacerdotale. Puis, avec les
onze apôtres (Judas étant parti), il sort des murs de la
ville et se rend dans un lieu familier, Gethsémané.
Prenant Pierre, Jacques et Jean avec lui, il va dans un coin retiré
du jardin, les laisse seuls et va un peu plus loin prier (voir
Matthieu
26:36-39).
Là il supplie son Père céleste : « Que
cette coupe s'éloigne de moi ! Toutefois,
non
pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Matthieu 26:39). La
coupe, c'est-à-dire l'épreuve, n'est pas éloignée
et Jésus subit les souffrances de tous les hommes, une
souffrance si intense qu'elle le fait saigner par chaque pore.
Un
moment plus tard, il rejoint les apôtres et leur dit que celui
qui va le trahir approche. Comme il parle, une foule armée
conduite par Judas s'approche de Jésus pour le saisir. Jésus
ne résiste pas. Il est emmené pour un procès
illégal.
Sixième
jour de la semaine : vendredi
Les
chefs des Juifs ont maintenant un autre problème : le projet
de la mort de Jésus ne leur suffit pas ; ils veulent aussi le
discréditer devant son propre peuple. Pour cela, ils le font
accuser de deux crimes : le premier est le blasphème, un crime
capital selon la loi juive. Il est accusé à l'unanimité
de ce crime sur la seule preuve qu'il a dit qu'il était le
Fils de Dieu (voir Matthieu 26:57-66). Cette accusation doit
discréditer Jésus aux yeux des Juifs mais les
dirigeants savent très bien qu'ils ne peuvent pas condamner à
mort. Seul le
gouverneur
romain peut prononcer cette sentence. Il faut donc trouver une mise
en accusation politique contre Jésus. Le moyen le plus sûr
est de l'accuser de sédition contre l'État, car il
avait affirmé être « le roi des Juifs ».
Bien que Pilate, après avoir examiné l'affaire, trouve
que Jésus n'est pas coupable, les dirigeants juifs incitent la
foule à « faire périr Jésus »
(Matthieu 27:20). Craignant une révolte, Pilate accède
à leur demande de crucifier Jésus et la sentence de
mort fut prononcée.
C'est
ainsi que Jésus est exécuté selon la méthode
des Romains : la crucifixion. Plus tard, cet après-midi-là,
Jésus rend l'esprit volontairement. Le lendemain, qui commence
au coucher du soleil, est la Pâque et les chefs des Juifs
répugnent à l'idée qu'un homme reste sur la
croix pendant le sabbat. Surtout le sabbat de la Pâque. Avant
la tombée de la nuit, le corps de Jésus est enlevé
de la croix et enseveli par deux disciples dans un sépulcre
scellé.
Septième
jour de ta semaine : samedi
C'est
le sabbat juif. Le corps de Jésus reste dans le sépulcre
mais en esprit il exerce son ministère dans le monde des
esprits des défunts (voir 1 Pierre 3:18-20).
Premier
jour de la semaine : dimanche
Si
l'Évangile s'était terminé par l'ensevelissement
de Jésus, il n'y aurait pas eu de
«
bonne nouvelle » de l'Évangile. Le grand message des
auteurs des évangiles, c'est que
Jésus
est ressuscité et que de nombreuses perrsonnes en ont été
les témoins oculaires.
Le
premier jour de la semaine, le jour le plus mémorable de
l'histoire, Jésus-Christ sort vivant de la tombe et apparaît
à de nombreuses personnes, comme l'attestent les auteurs des
évangiles, ce qui constitue « la bonne nouvelle »
de l'Évangile. « Ces choses ont été
écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ,
le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom »
(Jean 20:31).
Récit détaillé
Voir
La semaine de la Passion
(Vie et enseignements de Jésus, 1979, 1985, p. 191-194)