Qui est le Dieu de l'Ancien Testament ?


Qui est l'Éternel ?

Le pharaon au coeur dur, impudent et arrogant, posa la question : « Qui est l'éternel, pour que j'obéisse à sa voix ? Je ne connais point l'Éternel » (Exode 5:2). Beaucoup de gens aujourd'hui ignorent tout autant le Dieu de l'Ancien Testament que le pharaon. Ils considèrent que c'est un être créé par l'esprit des anciens, un Dieu coléreux et d'une religion inférieure qui détruisait le peuple par des déluges et des calamités. Peut-il s'agir du même Dieu que le Nouveau Testament révéla dans l'être d'amour démontré par le
ministère mortel de Jésus-Christ ? D'autres prétendent que l'Éternel de l'Ancien Testament était Dieu le Père du Nouveau Testament. Pourquoi toute cette confusion ? Qui était en fait le Dieu d'Adam, d'Énoch et d'Abraham, d'Israël et de Moïse ?

Le Christ est le Dieu de l'Ancien Testament

Bien que cela soit un paradoxe pour beaucoup de gens, l'Éternel de l'Ancien Testament était le Fils de Dieu, Jésus-Christ. Il créa le monde sous la direction de Dieu le Père. Plus tard, l'Éternel vint sur terre comme Sauveur et Rédempteur du monde. Cette vérité est une des doctrines les moins bien comprises de l'histoire du monde, bien que l'Ancien Testament et les autres livres canoniques débordent de preuves dans ce sens.

Avant de regarder les preuves scripturaires, il serait sage de mieux comprendre les noms et les titres de Dieu le Père et de son Fils unique. En général, deux mots hébreux signifiant Dieu sont utilisés dans l'Ancien Testament. Il s'agit d'Élohim et de Jéhovah (comme on le prononce à présent). Comme l'hébreu original était écrit sans voyelles, les savants ne sont pas d'accord sur la prononciation originelle du nom écrit YHWH en hébreu. Dans les révélations modernes, cependant, Jésus a acepté le titre de Jéhovah (D&A 110:3).

Jéhovah était le nom/titre prémortel donné au premier-né de Dieu. À présent, nous l'appelons Jésus-Christ.

« Jéhovah est la forme anglicisée de l'hébreu Yahveh ou Jahveh, signifiant Celui qui existe par lui-même ou l'Éternel. La version anglaise de l'Ancien Testament traduit généralement ce nom par LORD (Seigneur). L'Hébreu Ehyeh signifiant Je Suis, a un sens apparenté au terme Yahveh ou Jéhovah dont il est dérivé. » (James Talmage, Jésus le Christ, p. 43)

Les juifs considéraient le nom de Jéhovah comme étant tellement sacré qu'on ne pouvait pas le prononcer. Ils remplacèrent Jéhovah par le mot Adonai, signifiant « le Seigneur » (voir Talmage, Jésus le Christ, p. 44).

Les traducteurs de la version du roi Jacques adoptèrent la même pratique par respect pour la coutume juive. Parfois le mot Seigneur y est cependant utilisé pour mentionner non seulement Dieu mais aussi des personnages royaux ou d' autres personnes importantes. Le mot Élohim est la forme pluriel du mot hébreu signifiant Dieu, quoique beaucoup de savants modernes reconnaissent qu'on doive le comprendre comme étant un nom singulier même si le im est une forme de pluriel. Toutefois, Joseph Smith a indiqué la signification de ce pluriel :

« Si nous poursuivons plus loin la lecture du texte hébreu, nous trouvons : 'Le chef des Dieux dit : Faisons un homme à notre propre image'. J'ai posé la question une fois à un érudit juif : Si la langue hébraïque nous oblige à rendrer tous les mots terminés en 'heim' par un pluriel, pourquoi ne pas rendre le premier Éloheim par un pluriel ? Il répondit : 'C'est bien la règle, à quelques exceptions près ; mais, dans ce cas, cela ruinerait la Bible'. Il reconnut que j'avais raison.

« Au commencement même, la Bible montre, sans réfutation possible, qu'il y a une pluralité de Dieux. C'est un sujet grandiose que je traite en ce moment. Le mot Éloheim devrait être rendu par un pluriel dans chaque cas : Dieux. Les principaux d'entre les Dieux choisirent un seul Dieu pour nous ; et lorsque vous examinez le sujet sous ce jour, cela vous permet de voir toute la beauté, la sainteté et la perfection des Dieux. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 525-526)

« Le nom Élohim… exprime l'exaltation et la puissance absolues. Élohim, tel qu'on le comprend et qu'on l'utilise dans l'Église rétablie de Jésus-Christ, est le nom-titre de Dieu, Père éternel, dont le Premier-Né dans l'esprit est Jéhovah, le Fils unique dans la chair, Jésus-Christ. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 45)

Il est essentiel de se rappeler la place de Dieu le Père : il est le Père de notre esprit (voir Hébreux 12:9) et notre Dieu. L'existence d'autres Dieux ne peut altérer ce fait. Il est l'auteur et le commanditaire du plan de salut éternel. Il est tout ausi important de remarquer, cependant, que l'agent par l'intermédiaire duquel il administre ses affaires sur cette terre est son Premier-né, appelé Jéhovah ou l'Éternel dans l'Ancien Testament. Il a donné à Jésus toute l'autorité « paternelle » d'organiser et de gouverner la terre, puis grâce au sacrifice expiatoire, Jésus est devenu le Père des fidèles. C'est ainsi que le Sauveur est devenu le défenseur principal du plan du Père.

Comme Jésus est un avec Dieu et qu'il est également Dieu, les prophètes de l'Ancien Testament le désignent parfois par « Jéhovah Élohim », ce que les traducteurs de la version du roi Jacques ont rendu par « SEIGNEUR Dieu ». Cette construction en hébreu, « Jéhovah Élohim », n'est pas souvent utilisée après Genèse 2 et 3, bien que l'expression « Seigneur Dieu » se retrouve en anglais. Pour éviter des répétitions maladroites, on employa « Seigneur Dieu » pour traduire l'expression hébraïque « Adonai Jéhovah », qui signifie littéralement « Seigneur SEIGNEUR » (voir Genèse 15:2, 8 ; Deutéronome 3:24). Ainsi, dans la version du roi Jacques de l'Ancien Testament, le terme hébreu pour Jéhovah est presque toujours traduit ainsi : SEIGNEUR ou DIEU.

Un autre nom ou titre de Jésus doit être expliqué. On l'appelle Jésus le Christ. Le mot Christ vient du grec Christos, qui veut dire « l'oint ». Les grecs utilisèrent le titre « Christos » pour traduire le mot hébreu « meshiach », qui signifie « l'oint ». Le mot hébreu a été francisé en messie. Jésus le Christ signifie « Jésus le Messie ».

Jésus-Christ, Dieu de ce monde

Les Juifs, contemporains du Christ, son propre peuple, ne voyaient pas clairement l'identité de leur Dieu, car durant l'époque de l'Ancien Testament, ils avaient apostasié et ne comprenaient plus leurs propres Écritures. C'est également le problème aujourd'hui dans une grande partie du monde chrétien. Le mystère rattaché à la compréhension de l'identité de Dieu de l'Ancien Testament a vu le jour dans les deux cas à cause de la méchanceté et de la perte de beaucoup de vérités simples et précieuses qui se trouvaient dans les Écritures. D'un autre côté, Jésus a dit que la vie éternelle, c'était d'obtenir une connaissance totale du Père et du Fils (voir Jean 17:3). Finalement, la personne en vient à connaître le vrai Dieu grâce à des expériences qui la forment, afin qu'elle ressemble à Dieu, et en arrive ainsi à le comprendre ou à le connaître (voir 1 Jean 2:3 ; 3:1-2 ; Éther 2-3).

Quand le Christ est venu, les Juifs avaient perdu la connaissance des trois membres distincts de la Divinité. fis avaient perdu la vérité ci-après : l'Éternel, qui leur avait donné la loi de Moïse, viendrait dans le monde comme Rédempteur de l'humanité, bien que les prophètes aient clairement enseigné ce principe (voir 1 Corinthiens 10:4 ; 3 Néphi 15:10 ; Ésaïe 41:14 ; 44:6). Iis attendaient avec impatience l'apparition de leur Dieu, le Messie promis, comme sauveur politique qui les libérerait des Romains. Leur religion était monothéiste. Ils n'avaient aucune conception d'un fils de Dieu. Toutefois, le père de Jean-Baptiste, Zacharie, apprit que son fils marcherait devant le Seigneur (Jéhovah en hébreu) et qu'il préparerait « au Seigneur un peuple bien disposé » (Luc 1:17 ; voir aussi le verset 16).

Et les anges annoncèrent aux bergers lors de la première nuit de Noël : « C'est qu'aujourd'hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Luc 2:11).

Références scripturaires selon lesquelles Jésus-Christ est le Dieu de l'Ancien Testament

Abinadi, témoignant devant la cour du méchant roi Noé, affirma que tous les prophètes depuis le début des temps avaient témoigné que Dieu « descendrait parmi les enfants des hommes, qu'il prendrait la forme d'un homme » (Mosiah 13:34 ; voir aussi le verset 33). Les saints des derniers jours, qui ont l'avantage d'avoir des Écritures supplémentaires, connaissent bien cette vérité. Par exemple, les Doctrine et Alliances montrent que Jésus-Christ est Jéhovah et le grand « JE SUIS » (voir D&A 110:3-4 ; 29:1). Cependant, beaucoup de gens dans le monde chrétien n'ont pas examiné attentivement les preuves fournies par la Bible qui enseigne que l'Éternel est le Jésus prémortel. Les Écritures suivantes ne forment qu'une petite partie des preuves avancées par la Bible, où l'Ancien Testament (« AT » ci-dessous) et le Nouveau Testament (« NT » ci-dessous) sont à l'unisson :

■ Le créateur du monde

AT : É
saïe 45:11-12 ;
Zacharie 12:1, 10
NT : Jean 19:34 ;
Jean 1:1, 3

■ Le Sauveur

AT : Ésaïe 43:11 ; Osée 14:4
NT :
Luc 2:11
; Jean 4:42 ; 1 Timothée 4:10 ; 1 Jean 4:14

■ Le Rédempteur

AT : É
saïe 43:14
NT :
Galates 3:13


■ Celui qui délivre de la mort

AT : Osée
13:14
NT :
1 Corinthiens 15:20-22


■ Celui qui fut percé

AT : Zacharie 12:10
NT : J
ean 19:34, 36-37


■ Celui qui a suivi Israël dans le désert durant l'Exode

AT :
Exode 13:21-22
NT : 1
Corinthiens 10:1- 4


■ L'époux

AT : É
saïe 54:5
NT :
Apocalypse 19:7-8


■ Le premier et le dernier, l'alpha et l'oméga

AT : É
saïe 44:6
NT : Apocapypse 1:8
; Apocalypse 22:13 (16)

■ Le Saint de Dieu

AT :
Ésaïe 41:14 ; 43:3, 14 ; 47:4 ; 48:17
NT : Marc 1:24

■ Le Juge

AT :
1 Samuel 2:10 ; Psaumes 135:14 ; Michée 4:2-3
NT :
Jean 5:22

■ Le grand JE SUIS

AT :
Exode 3:14
NT : Jean 8:58

Il est important de connaître l'identité du Dieu de l'Ancien Testament

Beaucoup de gens, y compris nombre d'exégètes de la Bible, ont conclu que le Dieu dépeint dans l'Ancien Testament était le produit des croyances superstitieuses et primitives d'un peuple primitif et superstitieux. Ils en arrivent à cette conclusion parce qu'ils voient des éléments qui semblent contredire leur conception du Dieu du Nouveau Testament. Savoir que le Seigneur de l'Ancien Testament est le Jésus-Christ prémortel a toutefois des implications très importantes pour comprendre correctement l'Ancien et le Nouveau Testament ainsi que la nature et les buts de Dieu et les rapports de l'homme avec chaque membre de la Divinité.

Par exemple, celui qui a dit : « Aimez vos ennemis » (Matthieu 5:44), a dit également à propos des habitants du pays de Canaan dans la terre promise : « Tu ne laisseras la vie à rien de ce qui respire. Car tu dévoueras ces peuples par interdit » (Deutéronome 20:16-17). Le sauveur qui a demandé de pardonner « septante fois sept fois » (Matthieu 18:22), a détruit toute la population de la terre à l'exception de huit personnes (voir Genèse 7-8).

D'un autre côté, le Jésus du Nouveau Testament qui a dit que celui qui refusait de pardonner ses fautes à autrui serait livré « aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il eût payé tout ce qu'il devait » (Matthieu 18:34-35) est le Seigneur de l'Ancien Testament qui a déclaré : « Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; s'ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine » (Ésaïe 1:18). Et le Christ décrit dans le livre de l'Apocalypse, qui tient la grande faucille, prêt à moissonner les raisins de la terre et à les fouler au pressoir (voir Apocalypse 14:14-20), est le Dieu de l'Ancien Testament qui a dit à Michée : « Ce que l'Éternel demande de toi, c'est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu » (Michée 6:8).

Il n'y a pas de contradictions dans la nature de Dieu. Il est toujours parfaitement miséricordieux et aimant, mais il est aussi parfaitement juste et ne peut considérer le péché avec le moindre degré de complaisance.

« Dieu ne marchera pas dans des sentiers tortueux ; il ne tourne ni à droite ni à gauche… c'est pourquoi ses sentiers sont droits et sa route est une ronde éternelle. » (D&A 3:2)

Dans l'Ancien Testament, nous trouvons le même Dieu, parfaitement logique, comme dans toutes les Écritures. Dans l'Ancien Testament, on approfondit beaucoup mieux sa connaissance de Dieu et les rapports qu'il a avec ses enfants, les bénissant selon leur obéissance et leur réceptivité ou les punissant quand ils sont rebelles et méchants. Si l'on veut mieux connaître le Christ, on doit étudier l'Ancient Testament, car dans le rôle de l'Éternel, il apparaît tout au long du document.

Jésus-Christ est le Dieu de l'Ancien Testament tout comme il est le Dieu de la terre aujourd'hui. Se rappeler constamment ce fait important est l'une des clefs pour comprendre l'Ancien Testament et la nature de Dieu.

(Cours de religion 301, 1987, p. 45-48)