En proie au
doute, laissons la porte ouverte à la foi
Molly Holt
des magazines
de l’Église
Que nous ayons été
élevés dans l’Église ou ayons été
convertis plus tard, bon nombre d’entre nous ont probablement
vécu des moments de questionnement ou de doute. Après
avoir eu des expériences spirituelles extraordinaires,
certains se demandent peut-être maintenant : était-ce
vraiment réel ou me suis-je imaginé que je ressentais
l’Esprit ? Et si rien de tout cela n’était vrai ?
Et qu’en est-il de mes questions pour l’instant sans
réponse ? Comment rester membre de l’Église si je
ne suis plus sûr qu’elle soit vraie ?
Pour ma part, j’ai été
surprise que ces questions me viennent après ma mission ! Ma
conviction de la vérité avait été telle
que j’avais souhaité la prêcher à d’autres
pendant un an et demi. Maintenant je doutais de tout ce que j’avais
su et enseigné. Si rien n’était vrai, quel gâchis
cela aurait été ! Alors, était-ce vrai ? Ou bien
avais-je seulement souhaité que ce le soit ? Voyant des amis
quitter l’Église et étant moi-même en proie
à des doutes, je me demandais si je m’étais
induite en erreur.
Pendant cette période,
je n’ai pas arrêté d’aller à l’église
ni d’obéir aux commandements en raison des questions
sérieuses que je me posais. Au contraire, en raison de ces
questions, j’ai essayé de suivre le conseil du président
Nelson d’accroître ma capacité spirituelle de
recevoir la révélation (voir Le Liahona, mai 2018, p.
96).
Je savais que « rien
n’ouvre les cieux autant que la combinaison d’une pureté
accrue, d’une obéissance rigoureuse, d’une quête
sincère, d’un festin quotidien des paroles du Christ
dans le Livre de Mormon et d’un temps régulier consacré
à l’œuvre de l’histoire familiale et du
temple » (op. cit.). Je sentais qu’il était
crucial que je reste proche de Dieu. Après tout, il était
le seul qui ait les réponses à mes questions.
L’histoire d’Eunice
Un jour que je lisais Les
saints : Histoire de l’Église de Jésus-Christ
dans les derniers jours, j’ai découvert l’histoire
remarquable d’une femme du début du Rétablissement.
Eunice Franklin semblait avoir les mêmes questions et
inquiétudes que moi.
Un missionnaire nommé
Elijah Able l’avait baptisée à New-York. À
ce moment-là, elle était véritablement convertie
à l’Évangile. Mais, une fois Elijah parti prêcher
l’Évangile au Canada, Eunice avait commencé à
douter de l’Évangile et de ce qu’elle avait su
être vrai. Elle avait commencé à se demander si
Joseph Smith était réellement un prophète et si
le Livre de Mormon était véritablement un livre
d’Écritures. Elle avait perdu le sommeil pendant de
nombreuses nuits, se disant qu’elle avait peut-être été
trompée.
Dans un rêve, le
Seigneur fit voir à Elijah le combat que menait Eunice. Il
retourna alors immédiatement à New-York. Lorsqu’il
frappa à sa porte, Eunice fût stupéfaite –
elle avait eu l’intention de lui dire, lorsqu’elle le
reverrait, qu’elle ne croyait plus. Au lieu de cela, elle le
laissa entrer. Quand Elijah l’invita à venir écouter
son sermon ce soir-là, elle hésita. Elle n’avait
pas envie d’y aller. Mais elle finit par céder et alla
écouter ce qu’il avait à dire.
Lors de son sermon, Elijah
cita 1 Pierre 4:12, qui dit : « ne soyez pas surpris, comme
d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui
est au milieu de vous pour vous éprouver ». La fournaise
qui avait tenté de détruire la foi d’Eunice ne
réussit pas à le faire : quand elle entendit Elijah
parler, ses doutes se dissipèrent. Les saints décrit
son expérience en ces termes : « La certitude qu’elle
avait eue un jour l’inonda à nouveau. » (Les
saints, volume 1, p. 335-337)
La certitude revient
comme un flot qui nous inonde
L’expérience
d’Eunice m’a frappée et j’y ai réfléchi
à maintes reprises. Tout comme Eunice, j’ai été
édifiée par les mots simples et puissants d’Elijah.
Nous ne devrions pas être « surpris, comme d’une
chose étrange » d’avoir des questions à
propos de notre foi. C’est tout à fait normal. Bien
qu’autrefois la vérité nous ait semblé se
déverser à torrents du ciel, il se peut que nous
traversions plus tard une période de sécheresse
spirituelle. Nous pouvons alors douter avoir jamais ressenti la
pluie. En l’absence de réponses ou de confirmations
immédiates, continuons de prier pour que la pluie de la
révélation tombe à nouveau. Recherchons un
témoignage qui confirme que ce qui était vrai hier est
toujours vrai aujourd’hui. Jeffrey R. Holland, du Collège
des douze apôtres, a enseigné : « Si la prière
vous a dit que c’était juste, que vous avez eu confiance
et que vous avez vécu pour cela, alors c’est encore
juste maintenant. […] Faites face à vos doutes.
Maîtrisez vos peurs. » (Le Liahona, juin 2000, p. 38)
En ouvrant à nouveau
la porte à son ami missionnaire, alors qu’elle se
demandait si elle devait le faire, Eunice a rouvert son cœur.
Le Seigneur a pu à nouveau la toucher et l’aider à
recevoir la confirmation que tout ce qu’elle savait autrefois
était vrai. De la même manière, que chacun de
nous, même lorsqu’il est en proie à des doutes,
laisse la porte ouverte à la foi. Continuons de faire ce qui
est juste et de rechercher la révélation, même
quand nous ne sommes pas sûrs de savoir pourquoi nous le
faisons.
Nous gardons la porte
ouverte quand nous continuons de faire les petites choses que Dieu
nous a dit être bonnes pour notre âme. Nous sanctifions
le jour du sabbat et assistons à nos réunions. Nous
lisons les Écritures, même si ce n’est parfois
qu’un verset. Nous écoutons un cantique ou un discours
de conférence. Nous parlons à notre Père céleste
de nos préoccupations et de nos espoirs et nous lui demandons
de nous aider à connaître la vérité. Nous
respectons les commandements, nous nous repentons et recherchons la
compagnie du Saint-Esprit.
Si nous ne pouvons faire
plus que désirer croire, continuons tout de même de
faire les petites choses qu’il y a à faire et laissons
le désir agir en nous. Faisons un peu de place dans notre cœur
pour que plus de foi s’y implante. (Voir Alma 32:27.)
Ce que je sais
Bien qu’il me soit
arrivé de me poser des questions, d’errer et d’hésiter,
j’ai appris et réappris personnellement que cette Église
est l’Église du Christ. Joseph Smith a pu être un
homme imparfait, mais je sais qu’il était un prophète
inspiré de Dieu qui a sacrifié tout ce qu’il
avait et a fait de son mieux. Je sais aussi que le Livre de Mormon
est un authentique récit ancien et un livre d’Écritures
saintes préservé pour nous à notre époque.
Notre Père céleste continue de me confirmer ces vérités
chaque jour. Et je suis heureuse qu’il l’ait également
fait pour Eunice Franklin.
Je sais que, si nous
laissons la porte de notre cœur ouverte à la vérité,
Dieu nous aidera à ressentir ce qui est réel et ce qui
ne l’est pas par l’intermédiaire du Saint-Esprit.
Nos expériences spirituelles seront indéniables. Et, à
chaque instant qui suivra, quand nous sentirons des doutes venir,
rappelons-nous ce que nous avons ressenti. Tout comme cela a été
le cas pour Eunice, la certitude que nous avons eue des vérités
de l’Évangile se déversera à nouveau en
nous.
Si nous nous accrochons à
nos expériences spirituelles, nous n’aurons pas à
traverser pendant longtemps la sécheresse spirituelle du
doute. Neil L. Andersen, du Collège des douze apôtres, a
déclaré : « Chérissez vos souvenirs
sacrés… Soyez sûrs qu’ils vous viennent de
votre Père céleste et de son Fils bien-aimé.
Laissez-les vous apporter de la patience dans vos doutes et de la
compréhension dans vos difficultés. Je vous promets
que, si vous reconnaissez de bon cœur et chérissez
attentivement les moments spirituellement décisifs de votre
vie, vous en aurez de plus en plus. » (Le Liahona, mai 2020, p.
21-22)
Je sais que la promesse
suivante du Sauveur est vraie pour toutes les personnes qui
s’efforcent de vivre de nouvelles expériences
spirituelles et exercent leur foi en Christ : « Celui qui croit
en moi n’aura jamais soif » (Jean 6:35). Les réponses
dont nous avons besoin viendront. Nous traverserons la fournaise des
épreuves que l'adversaire place sur notre chemin. Et nous
resterons fidèles à notre Dieu aimant tous les jours de
notre vie.
(Le Liahona, juillet 2021,
p. 45-47)