Le
district du Midi pendant la guerre
par
le président Léon Fargier
pour le magazine L'Étoile de janvier 1947
Le
3 septembre 1939 fut la dernière réunion présidée
par des missionnaires à Valence et dans le Midi de la France.
Ce jour-là six missionnaires quittaient Valence pour Paris et
je restai seul. À ce moment, quoique étant mobilisé
dans une usine d'armement, je pus disposer du temps pour me rendre à
Grenoble une fois par mois, tenir une réunion de Sainte-Cène.
À Valence, je fermai notre petite salle de la rue du Temple et
tenais les réunions dans une salle de réunion d'un
café. Les réunions ont continué chaque mois à
Valence et à Grenoble.
Au
mois de juin 1940, j'ai reçu une lettre de frère Gaston
Chappuis qui s'occupait du bureau de la Mission à Paris, où
il me disait ceci : « Je viens de recevoir un télégramme
de la Première Présidence me demandant de liquider les
affaires de la Mission ici à Paris et de rentrer aux
États-Unis. » Et plus loin, il me disait : « Mon
départ fera de vous l'unique membre pratiquant de la prêtrise
en France. Je sais que vous ferez de votre mieux pour faire
fructifier les talents qui vous ont été confiés
par le Seigneur. »
Je
reçus cette lettre le 6 juin 1940. Quelques jours après,
les Allemands pénétraient dans Paris, puis ce fut
l'armistice du 18 juin qui coupa la France en deux parties : la zone
occupée et la zone libre. À ce moment j'entrepris la
visite des membres dans les Bouches-du-Rhône et dans le Gard où
des réunions de Sainte-Cène étaient tenues chez
soeur Baux et les
soeurs Julian.
Mes
activités continuèrent toujours à Grenoble et à
Valence. Je me rendais aussi à Saint-Étienne et à
Lyon où j'ai pu visiter quelques membres.
Les
réunions étaient tenues partout chez les membres chaque
fois que cela était possible. À Valence, j'ai commencé
à tenir les réunions dans ma maison, la salle du café
étant occupée par des réfugiés.
En
juillet 1941, j'ai baptisé frère et soeur Margel à
Grenoble, et le 14 mars 1942 j'ai béni le mariage de frère
Alphonse Bret et je l'ai ordonné diacre.
Entre
temps, j'ai cherché à entrer en relation avec les
membres de la zone occupée, mais ce n'était pas
toujours facile, on ne pouvait envoyer que des cartes dites
interzones et n'y mettre que quelques mots.
Après
le débarquement des Américains en Afrique du Nord, les
Allemands ont occupé la France entière. À ce
moment il était plus facile de correspondre et même de
visiter les membres du nord et de l'est. Aussi, le 10 octobre 1943,
je me rendis à Besançon où nous eumes une bonne
réunion. Tous les membres furent très heureux de la
présence d'un détenteur de la prêtrise et de
pouvoir prendre la Sainte-Cène. À cette réunion,
j'ai béni le petit garçon de soeur Fichet.
En
février 1944, sur la demande de soeur
Kleinert, je me suis rendu à Paris où nous avons
tenu une réunion chez soeur Brinckle. Là aussi, tous
les membres furent heureux de ma visite. Au retour, je suis passé
par Besançon pour visiter cette branche et y tenir une
réunion. Soeur Fichet a demandé à être
relevée de son poste de présidente de la S. A. M. de
Besançon pour raison de santé. [La SAM, ou Société
d'amélioration mutuelle, était une organisation
auxiliaire de l'Église qui était à l'initiative
d'activités pour les jeunes mais qui incluait souvent tous les
membres de la branche, ndlr].
J'ai
continué mes visites aux membres de Nîmes, de
Saint-Florent, de Saint-Étienne et de Grnoble, mais en 1944,
en raison des difficultés créées par la mauvaise
circulation des trains, mes visites sont devenues plus espacées.
Frère
et soeur Margel, réfugiés à Nice, sont venus à
Valence, et au moment de la guerre dans la vallée du Rhône,
nous sommes allés ensemble à la campagne chez des amis,
car c'était dangereux d'habiter en ville, et nous avons tenu
nos petites réunions, l'une en plein air, c'était le 20
août 1944, et l'autre, le 27, fut tenue dans un abri-tranchée
fabriqué par nous, aidés des amis qui nous aviaient
accueillis.
Le
12 novembre 1944, mes réunions ont repris à Grenoble, à
Nîmes et à Saint-Florent. Je me suis rendu aussi à
Saint-Dié, dans les Vosges, sur la demande de soeur Planchon
qui était gravement malade, et à qui j'ai imposé
les mains. J'ai aussi béni son petit-fils. Au retour de
Saint-Dié, j'ai tenu une réunion à Besançon.
Le
13 août 1945, j'ai baptisé dans l'Auzonnet, petite
rivière du Gard, soeur Pierrette Julian, soeur Yvette Baux et
soeur Annette Baux.
J'ai
eu une autre réunion à Besançon le 20 janvier
1946, à Saint-Étienne le 24 mars, et à Nîmes
le 31. Ensuite je suis entré en relation avec soeur Margerite
Trévisan, de Tarbes, laquelle j'ai visitée le 19 avril
1946.
Au
mois de mai 1946 je me suis rendu en Dordogne visiter la famille
Guillaume Trévisan, fils de Marguerite Trévisan, et
j'ai béni trois enfants. Dans cette famille, trois enfants et
la maman attendent le baptême.
Depuis,
mes activités ont continué. J'ai béni le petit
garçon de soeur Annette Baux à Saint-Florent, le 29
septembre 1946.
Je
me suis efforcé de rechercher les membres dans la Mission.
C'est ainsi que j'ai pu avoir des nouvelles de frère Lucien
Beaurepaire. Ainsi, j'ai pu maintenir le contact entre les membres et
entre la France et l'Église.
Frère
Simond, du district suisse, me servait d'intermédiaire pour
envoyer mes rapports au président Thomas Mc Kay, au lac Salé.
Pendant
ces mauvais jours, j'ai été heureux d'avoir pour
collaborateurs soeur Morard, de Grnoble, soeur Chastagner, de
Saint-Étienne, soeur Desmaisons, de Besançon, les
soeurs Julian, de Nîmes, et soeur Kleinert, de Paris, qui ont
organisé les réunions dans leurs branches et qui m'ont
toujours bien accueilli. À cette liste on peut ajouter soeur
Arthaud.
Ordonnances
pratiquées par frère Léon Fargier pendant la
période de guerre
Baptêmes
et confirmations
■
Maurice
Margel, le 27 juillet 1941
■ Odette Margel, le 27 juillet 1941
■
Pierrette
Julian, le 13 août 1945
■ Yvette Baux, le 13 août 1945
■ Annette Baux, le 13 août 1945
Mariages
■
Alphonse
Bret, par frère Léon Fargier, le 14 mars 1942
Ordinations
à la prêtrise
■
Alphonse
Joseph Bret, ordonné à l'office de diacre le 14 mars 1942
Bénédictions
d'enfants
■
Jean-Claude
Fichet, fils de soeur Fichet, le 10 octobre 1943
■
Sylvette
Baux, fille de soeur et Henri Baux, le 9 avril 1944
■
André
Planchon, fils de soeur Édith Planchon, le 20 mai 1945
■
Marie-Thérèse
Trévisan, fille de frère Guillaume Trévisan et de madame Trévisan, en mai
1946
■
Antoine
René Trévisan, fille de frère Guillaume Trévisan et de madame Trévisan, en mai 1946
■
Jacqueline
Trévisan, fille de frère Guillaume Trévisan et de madame Trévisan, en mai 1946
■
Henri
Baux, fils de soeur Annette Baux, le 29 septembre 1946.
(L'Étoile,
janvier 1947, p. 23-25)