Il suffit qu'il me regarde dans les yeux



En été 1906, les saints européens apprennent que le président Joseph F. Smith va effectuer une brève visite sur leur continent. La nouvelle enthousiasme Jan Roothoff, âgé de onze ans, surtout lorsqu’il apprend que le prophète va venir d’abord aux Pays-Bas, où vit le jeune garçon. Il est tellement heureux qu’il ne parle plus que de cela.

Plusieurs années auparavant, il a eu une maladie des yeux qui l’a rendu sensible à la lumière. Sa mère, Hendriksje, l’élève seule. Elle ne l’envoie pas à l’école et veille à son confort en accrochant des rideaux pour qu’il puisse jouer dans le noir. Il a fini par devenir aveugle et les médecins ont dit à sa mère qu’il ne retrouvera jamais la vue.

Jan porte désormais des bandages sur les yeux afin de les protéger de la lumière. Néanmoins, il sait que si quelqu’un peutt le guérir, c’est bien un prophète de Dieu. Il dit : « Maman, c’est le missionnaire le plus puissant. Il suffit qu’il me regarde dans les yeux et je serai guéri. »

La mère du garçon croit que le Seigneur peut le guérir, mais elle hésite à encourager son fils à solliciter l’aide du président Smith. Elle lui explique : « Le président est très occupé en ce moment. Il y a des centaines de personnes qui veulent le voir. Tu n’es qu’un jeune garçon, mon fils, nous ne devons pas le déranger. »

Le 9 août 1906, Jan et sa mère assistent à une réunion exceptionnelle à Rotterdam, où le président Smith s’adresse à environ quatre cents saints. En l’écoutant parler, Jan essaie de l’imaginer. Avant de perdre la vue, il a vu une photo du prophète et il se souvient de son visage bienveillant. Maintenant, il peut aussi entendre la bonté dans sa voix, même s’il doit attendre qu’un missionnaire traduise ses paroles en néerlandais pour pouvoir le comprendre.

Le président Smith parle du pouvoir des missionnaires. Il déclare : « Leur travail consiste à venir à vous et à vous montrer la plus grande lumière, afin que vos yeux voient, que vos oreilles s’ouvrent, que votre cœur soit touché par l’amour de la vérité. »

La foi de Jan ne faiblit pas. Après la réunion, sa mère le conduit vers une porte où le président Smith et sa femme, Edna, saluent les saints. Hendriksje dit : « C’est le président, mon petit Jan. Il veut te serrer la main. »

En le prenant par la main, le président Smith retire les bandages de Jan. Il touche ensuite la tête du garçon et regarde ses yeux enflammés. Il dit : « Que le Seigneur te bénisse, mon garçon. Il exaucera les désirs de ton cœur. »

Jan ne comprend pas les paroles que le président Smith prononce en anglais, mais il sent déjà que ses yeux vont mieux. De retour à la maison, il ne peut contenir sa joie. Il retire ses bandages et regarde vers la lumière. Il s’exclame : « Tu vois, maman ; ils sont guéris ! Je vois ! »

Sa mère se précipite vers lui et teste sa vision de toutes les manières possibles et imaginables. Jan voit en effet comme avant sa maladie.

Il demande : « Maman, le nom du président est Joseph F. Smith, n’est-ce pas ? »

Oui, répond-elle. C’est le neveu de Joseph Smith, le prophète.

Je prierai toujours pour lui. Je sais que c'est un véritable prophète. »

(Les saints, tome 3, chapitre 8)