De temps à autre,
des personnes se posent la question de savoir ce que sont devenues
les tribus perdues que le Sauveur doit ramener des pays du nord
(D&A
133:26). Cela nous incite à afficher l’article suivant
qui, bien que technique, vaut la peine d’être lu à
cause des possibilités intéressantes qu’il
propose et parce que l’auteur est particulièrement
qualifié de par sa spécialisation en allemand et en
hébreu.
Sur
les traces de la Dispersion
De
nouvelles études de linguistique nous fournissent une pièce
à verser au dossier de la dispersion d’Israël
Ensign,
février 1994, p. 64-70
Traduit et affiché
avec la permission du Church Copyright and Permissions Office
Qu’est-il advenu,
il y a bien des siècles, des tribus constituant le royaume
d’Israël ? Voilà des générations
que ceux qui étudient l’Évangile se posent la
question. Comme tout sujet historique important, celui-ci mérite
d’être étudié avec le plus grand soin.
Reconstituer
l’histoire ancienne, même l’histoire religieuse,
c’est comme assembler un puzzle complexe aux nombreuses pièces,
dont beaucoup sont manquantes. On doit en trouver et en assembler le
plus possible et ensuite se faire une idée aussi précise
du passé que les faits le permettent. Ainsi donc, quand on
veut suivre les traces de la dispersion d’Israël, il faut
tenir compte de nombreux éléments : objets,
vestiges de coutumes anciennes, archéologie, anthropologie
culturelle et récits scripturaires et historiques. Le présent
article n’examine qu’un seul de ces éléments :
les données linguistiques2.
Toutes
les langues évoluent
Une langue est un
phénomène culturel dynamique. Elle change et se
développe. De nos jours, la technologie moderne, les sciences
et les médias ont accéléré l’acquisition
de nouveaux mots, mais en même temps, ils ont standardisé
l’orthographe et la prononciation. Dans le passé, les
langues acquéraient plus lentement des nouveaux mots, mais
elles avaient plus de chances de connaître des changements
d’orthographe et de prononciation.
Une des grandes causes de
changement dans une langue est la rencontre de deux groupes parlant
chacun une langue différente. Chacune d’elles influence
l’autre, devenant ainsi le catalyseur du changement et
finissant par adopter des structures caractéristiques des
langues qui sont à l’origine des changements. Ces structures sont des indices qui aident le linguiste à dire à
quoi ressemblait la langue avant que les changements ne se produisent
et quelles sont les langues qui ont provoqué les changements.
La conclusion
fondamentale de l’étude linguistique de ce sujet est que
lorsque des groupes importants d’Israélites ont jadis
quitté leur patrie – d’abord à la suite de
la captivité assyrienne d’Israël ou royaume du nord
(vers 700 av. J.C.) et de la captivité babylonienne de Juda ou
royaume du sud (vers 600 av. J.-C.), et ensuite, après la
conquête romaine de la Palestine (vers 70 de notre ère)
– leur langue a influencé celle de certains des pays
vers lesquels ils ont émigré. Ces éléments
linguistiques peuvent nous aider à déterminer où
certains de ces Israélites sont allés et vers quelle
époque. Bien que les anciens Israélites aient
finalement été dispersés dans le monde entier
(voir Amos 9:9), il y a au moins une grande région
géographique qui contient des traits linguistiques importants
donnant à penser que des migrations israélites s’y
sont bien produites. Cette région, c’est l’Europe.
Faits
linguistiques en Europe
L’Ancien Testament
et d’autres sources historiques telles que les annales des rois
assyriens nous apprennent que le royaume du nord, après des
années de guerre et de déportation, est tombé
sous les coups des envahisseurs assyriens en 721 av. J.-C. Jérémie
a souligné que les pays du nord étaient la destination
finale de ces Israélites (voir Jé. 3:12–18 ;
16:14–16 ; 23:7–8) et fait supposer un itinéraire
vers l’ouest (voir Jé 18:17 ; Os 12:1). Il est donc tout
naturel de rechercher ce qu’il est advenu de ces restes dans
les pays situés au nord et à l’ouest du
Proche-Orient.
On
sera donc intéressé d’apprendre qu’en
Europe, les siècles qui ont suivi 700 av. J.-C. ont été
marqués par une énorme influence extérieure et
que la langue en a été profondément influencée.
Pendant la période allant de 700 à 400 av. J.-C., de
nombreuses langues d’Europe ont subi des changements de
prononciation majeurs et ont absorbé un vocabulaire nouveau3.
Cela a particulièrement été le cas des langues
celtes, qui étaient parlées, à l’origine,
partout en Europe (700-300 av. J.-C.), mais se sont graduellement
concentrées davantage en Europe occidentale et en
Grande-Bretagne, et des langues germaniques, qui étaient
parlées en Europe centrale, en Europe du Nord et en
Scandinavie et finalement en Angleterre.
L’évolution
graduelle des sons qui constituent les mots dans une langue, en
particulier quand deux langues fusionnent, est appelée
mutation
consonantique
par les linguistes. Les changements de prononciation bien connus de
la période de 700 à 400 av. J.-C. ont été
appelés la première mutation consonantique germanique,
parce que c’est dans les langues germaniques (anglais,
néerlandais, allemand, danois, suédois, norvégien
et islandais) qu’ils ont été les plus prononcés
et les plus systématiques4.
En outre, au cours de cette même période, le vocabulaire
total des langues germaniques s’est accru d’un tiers5.
Les
linguistes se sont longtemps demandé ce qui a causé la
mutation consonantique et l’accroissement du vocabulaire6.
Selon une théorie, les populations techniquement avancées
qui ont introduit le fer en Europe (7e
siècle av. J.-C. en Autriche, 6e
siècle av. J.-C. en Suède) ont également
influencé les changements de langue. Les recherches
linguistiques soutiennent cette idée ainsi que l’idée
que ces populations plus avancées venaient du
Proche-Orient, où le fer était en usage. Les
recherches montrent que les changements linguistiques ont été
le résultat d’un afflux de peuples de langue hébraïque
en Europe, en particulier dans les régions de langue
germanique et celtique.
La
première mutation consonantique germanique
La
plupart des langues d’Europe appartiennent à la famille
des langues indo-européennes, c’est-à-dire
qu’elles font partie du groupe de langues linguistiquement
apparentées parlées en Europe et s’étendant
dans l’est jusqu’en Iran et en Inde. Pendant de
nombreuses années, les particularités propres aux
langues germaniques ont empêché les linguistes de se
rendre compte que les langues germaniques appartenaient au groupe
indo-européen. Mais au début du 19e
siècle, deux linguistes, Rasmus Rask du Danemark (1818) et
Jakob Grimm d’Allemagne (1819-1822), ont montré que les
langues germaniques faisaient effectivement partie de la famille
indo-européenne mais que leurs différences de
prononciation étaient causées par une mutation
systématique dans le son de deux groupes de consonnes, [p,
t, k]
et [b,
d, g]7.
À
l’époque de la première mutation consonantique,
la prononciation de ces six consonnes est devenue [ph,
th, kh]
et [bh,
dh, gh],
respectivement. Ces nouveaux sons ont été
habituellement représentés par écrit par les
lettres f,
th, h (x
ou ch)
et b
(v),
d
(th),
g
(gh).
Par exemple, en appliquant les règles de la mutation
consonantique à l’indo-européen te
puk
– en remplaçant t,
p
et k
par th,
f
et x
– nous reconnaissons les mots anglais the
fox.
Maintenant le rapport entre le mot indo-européen pater
et le mot anglais father
devient plus reconnaissable.
D’une
manière générale, les linguistes s’accordent
pour dire que ces changements ont commencé à se
produire à un moment donné après 700 av. J.-C.
et que l’influence qui a causé la première
mutation consonantique a continué à affecter les
dialectes germaniques pendant plusieurs siècles, au moins
jusqu’en 400 av. J.-C., peut-être même jusqu’à
l’ère chrétienne8.
Malheureusement, les
spécialistes n’ont pas pu se mettre d’accord sur
ce qui a causé ces changements ni sur la patrie d’origine
de ces populations. Ils les font remonter jusqu’à la
région de la mer Noire et aux monts Caucase, mais les
recherches n’ont pas pu aller au-delà, parce que les
spécialistes ne savaient pas si cela avait été
la patrie d’origine de ces gens ou s’ils étaient
venus de l’est ou du sud par rapport à cet endroit. Mes
recherches m’ont conduit au Proche-Orient et c’est là
que j’ai trouvé la cause probable de la première
mutation consonantique : l’hébreu.
La
première chose que j’ai remarquée, c’est
que l’hébreu changeait les six mêmes consonnes que
le germanique : [p,
t, k]
et [b,
d, g].
Dans l’hébreu ancien, ces consonnes avaient une
prononciation double. Souvent elles ne changeaient pas, mais quand
elles étaient au début d’une syllabe précédée
d’une voyelle longue ou finissaient une syllabe, [p,
t, k]
et [b,
d, g],
elles se prononçaient [ph,
th, kh]
et [bh,
dh, gh].
C’est ainsi que le mot hébreu désignant
l’Espagne, separad,
était prononcé sepharadh,
et le mot signifiant « signe », écrit
‘ot,
était prononcé ‘oth.
En
700 av. J.-C., cette mutation consonantique fonctionnait toujours en
hébreu et devait faire partie de l’impact que des
émigrants Israélites ont pu avoir sur d’autres
langues. Le fait que ce sont les mêmes consonnes qui sont
affectées, à peu près au même moment, dans
des mutations consonantiques semblables dans les dialectes hébraïques
et germaniques est significatif. Ce qui est encore plus significatif,
c’est que les sons [ph,
th, kh]
et [bh,
dh, gh],
si courants en hébreu, n’existaient pas en germanique
avant la première mutation consonantique9.
Comparaison
entre l’hébreu et le germanique
La thèse de
l’influence hébraïque sur le germanique est encore
renforcée par la comparaison soigneuse des deux langues et, en
particulier, des changements qui se sont produits dans le germanique
après la captivité assyrienne d’Israël. Les
changements se répartissent d’une manière
générale en trois catégories :
prononciation, grammaire et vocabulaire.
■ Prononciation.
Outre
la similarité des mutations consonantiques que nous venons de
décrire, il y avait d’autres sons communs à
l’hébreu et au germanique qui n’apparaissaient
généralement pas dans les langues indo-européennes.
Par exemple, quand des consonnes hébraïques et
germaniques apparaissaient entre des voyelles, elles étaient
normalement doublées si la voyelle précédente
était brève. Ce doublement des consonnes, appelé
gémination, est devenu une caractéristique des langues
germaniques, mais pas des autres langues indo-européennes.
C’est ainsi que l’indo-européen media
est devenu middel
en vieil anglais et middle
en anglais moderne.
Près
de la moitié de la conjugaison des verbes en hébreu
demandait le doublement de la consonne et le raccourcissement de la
voyelle précédant la consonne. Comparez l’hébreu
shaba
(« casser ») et la forme hébraïque
apparentée shibber
(« briser, fracasser »). De même, près
de la moitié des verbes germaniques ont doublé la
consonne du milieu et ont raccourci la voyelle précédente :
l’indo-européen sad-
et bad-
sont devenus settan
(« set ») et beddan
(« bid »)
en vieil anglais10.
■ Grammaire.
À
l’époque de la première mutation consonantique
germanique, les dialectes germaniques ont connu une réduction
brutale dans le nombre des cas grammaticaux, rapprochant le
germanique de l’hébreu. Comme en anglais, le cas (ou
forme) d’un nom, d’un pronom ou d’un adjectif dans
une langue germanique indiquait sa relation grammaticale avec
d’autres mots d’une phrase.
À l’époque
de la première mutation consonantique germanique, les
dialectes germaniques ont immédiatement réduit le
nombre des cas possibles de huit à quatre pour un mot (comme
en allemand moderne) et finalement à trois (comme en anglais,
en espagnol et en français). C’étaient les trois
mêmes cas (avec les restes possibles d’un quatrième)
que l’hébreu utilisait avant les captivités
assyrienne et babylonienne – le
nominatif
(indiquant qu’un mot est le sujet d’une phrase),
l’accusatif
(indiquant qu’un mot est le complément d’un verbe
ou d’une préposition) et le
génitif
(utilisé pour indiquer un mot à la forme possessive)11.
L’indo-européen
avait six temps verbaux. L’hébreu, de son côté,
n’avait que deux temps (ou aspects), traitant d’actes
soit achevés soit inachevés. De la même manière,
le germanique a réduit le nombre de ses temps à deux :
le passé et le présent. Les autres temps utilisés
dans les langues germaniques modernes découlent de la
combinaison de ces deux temps originels.
Les
formes verbales des deux groupes de langues comportent aussi des
ressemblances. Le verbe hébreu kom,
kam, kum, yikom
(« se lever »), par exemple, peut être
comparé avec l’anglais moderne come
et
came,
le vieil anglais cuman
et l’allemand kommen,
kam, gekommen
(« venir, arriver, se produire »)12.
■ Vocabulaire.
La ressemblance la plus convaincante entre l’hébreu et
le germanique réside sans doute dans leur vocabulaire commun.
Les linguistes reconnaissent que le tiers environ du vocabulaire
germanique n’est pas d’origine indo-européenne13.
On peut remonter la piste de ces mots jusqu’à la période
protogermanique de 700-100 av. J.-C., mais pas au-delà. Chose
significative, ce sont des mots qui rappellent, tant par la forme
que par la signification,
le vocabulaire hébreu. Une fois qu’une formule a été
élaborée pour comparer les vocabulaires germanique et
hébraïque, le nombre de mots ressemblants que l’on
peut identifier dans les deux langues s’est rapidement chiffré
par milliers.
Selon cette formule, les
mots introduits dans le germanique après 700 av. J.-C. avaient
tendance à modifier leur orthographe de trois façons.
Premièrement,
dans la plupart des dialectes germaniques, les mots ont changé
d’orthographe conformément à la mutation
consonantique. Par contre, l’hébreu n’a changé
que dans la prononciation ; l’orthographe est restée
la même. Par exemple, l’hébreu parah
(« s’avancer rapidement, voyager ») est
resté parah
dans l’écriture, mais était prononcé
[fara]
s’il était précédé d’une
voyelle longue qui lui était étroitement associée.
Quand on se souvient de cela, il est facile de reconnaître ce
mot en vieux norrois et en vieux frison (dialecte des Pays-Bas) ;
fara
(« voyager,
se déplacer rapidement »).
Deuxièmement,
les voyelles des syllabes initiales étaient souvent supprimées
dans les formes écrites du germanique parce que les mots
hébreux avaient généralement l’accent sur
la dernière syllabe. Comparez l’hébreu daraq
avec l’anglais drag.
De temps à autre, si la consonne initiale était faible,
la syllabe tout entière tombait, comme dans l’hébreu
walad
(« progéniture masculine, fils ») et
l’anglais lad
et dans l’hébreu nafal
(« tomber ») et l’anglais fall.
Troisièmement,
l’hébreu utilisait un accent tonal (insistance vocale
consistant en un ton ou un son dans une partie d’un mot) plutôt
qu’un accent tonique (accentuation vocale consistant en un
accroissement de volume dans l’expression d’une partie
d’un mot), mais cela se transformait en accent tonique dans les
dialectes germaniques. Toutefois, les effets de l’accent tonal
hébreu sont manifestes en germanique. Le ton hébreu,
qui apparaissait habituellement dans la syllabe finale, était
souvent représenté dans le germanique écrit par
une des quatre lettres tonales l,
m, n,
ou r.
Comparez l’hébreu satat
(« placer, fonder, baser, commencer ») avec
l’anglais start
(le r
représente le ton hébreu) et l’hébreu
parak
(« être libre, libérer ») avec
l’anglais frank
(« libre, franc parler », où le p
est devenu f,
où l’a
non accentué a été supprimé et où
n
a été ajouté, représentant le ton
hébreu).
Les ressemblances dans
les mots hébreux et anglais renvoient à leurs racines
communes.
|
Quelques
mots hébreux-anglais apparentés
|
|
|
hébreu
|
anglais
|
|
KAHAL,
KAHALAH
« appeler »
|
CALL
|
|
OBER
« traverser »
|
OVER
|
|
DOR, DUR
« tourner,
détourner, entrer dans une demeure »
|
DOOR
|
|
GADAR
« entourer,
enfermer, recueillir
|
GATHER
|
|
HARAP,
HARAPAH
« pincer
[une harpe], rabâcher, réprimander »
|
HARP
|
|
DARAG,
DARAGAH
« aller
pas à pas, marcher ou monter avec difficulté »
|
DRAG
|
|
BALAK,
BILEK, BLIYK
« vider,
rendre nul »
(« dépourvu
de lumière »)
(« dépourvu
de végétation, pâle »)
(« dépourvu
de couleur »)
(« dépourvu
de marques »)
|
BLACK
BLEAK
BLEACH
BLANK
|
|
SHAPAH
« former,
graver, façonner, créer »
|
SHAPE
|
Nouveaux
mots germaniques provenant de racines de mots hébreux
L’hébreu
biblique contenait relativement peut de racines – quelques
centaines à l’origine – mais une grande diversité
de mots a été formée à partir de ces
racines. La plupart de ces formations ont été créées
en échangeant les voyelles, en ajoutant des préfixes ou
des suffixes et en redoublant les consonnes selon certaines règles.
Littéralement des milliers de mots semblables à ces
racines et aux formes multiples qui sont sorties de ces racines sont
apparus dans les dialectes germaniques entre 700 et 400 av. J.-C.
Un
exemple en est l’hébreu dun
ou don.
La racine est dwn
et est apparentée à la racine ‘adan
(« gouverner, juger, descendre, être bas, région
gouvernée ou jugée, domaine »). Le nom
propre Dan
(« juge ») est apparenté à cette
racine. De cette racine est aussi sorti le mot hébreu ‘adon
(« Seigneur, Maître »). Ces mots nous
rappellent le mot anglo-saxon adun,
qui a donné le mot anglais down
(le nom signifie « colline, hautes terres ») et
la région gouvernée était don,
ou son équivalent moderne town.
Il est également intéressant de noter que le mot hébreu
‘adon
(« Seigneur ») et sa racine ‘adanOdin
et à Wodan,
deux noms provenant de dialectes différents et désignant
le plus grand des dieux germaniques.
(« gouverner, juger ») peuvent très bien
être comparés à Odin
et à Wodan,
deux noms provenant de dialectes différents et désignant le plus
grand des dieux germaniques.
La
seconde mutation consonantique germanique
L’influence
de l’hébreu sur les langues germaniques ne se limite par
à la première mutation consonantique de 700-400 av.
J.-C. Un millier d’années environ après la
première mutation consonantique, les dialectes germaniques du
nord de l’Italie, de la Suisse, de l’Autriche et du sud
de l’Allemagne ont commencé un second changement
phonétique impliquant les six mêmes consonnes.
Commençant dans le sud vers 450 de notre ère, cette
seconde mutation consonantique, également appelée
mutation consonantique du haut allemand (puisqu’elle a commencé
sur les hauteurs des Alpes), s’est répandue vers le nord
en Suisse et en Autriche. En 750 apr. J.-C., elle avait atteint les
dialectes du sud de l’Allemagne. Ce dialecte haut allemand a
connu une popularité croissante (au 16e
siècle Martin Luther l’a utilisé dans sa
traduction de la Bible) jusqu’à finir par devenir
l’allemand officiel.
La
différence principale entre les deux mutations consonantiques,
celle de 700-400 av. J.-C. et celle de 450-750 apr. J.-C.14,
est que le [t],
devenu [th]
lors de la première mutation consonantique, est devenu
systématiquement [s]
dans la seconde. C’est ce qui a fait que le mot water,
par exemple, a été prononcé wasser
et white
a été prononcé weiss.
Ce passage du [t]
à [s]
est une indication importante de ce qui a été à
l’origine de cette seconde mutation consonantique dans le sud
du territoire germanique. Il nous ramène une fois de plus au
Proche-Orient – mais cette fois à l’araméen.
L’influence
araméenne
Quand
la Perse conquit Babylone, Cyrus le Grand libéra les
prisonniers juifs et leur permit de retourner dans leur patrie en
Palestine. Tous ne voulurent cependant pas quitter la belle ville de
Babylone pour retourner dans leur pays, qui avait été
détruit. Certains restèrent. Beaucoup des tribus de
Juda et Benjamin retournèrent. Ceux qui rentrèrent en
Palestine se trouvèrent entourés de populations de
langue araméenne et ils ne tardèrent pas à
adopter l’araméen comme langue de tous les jours
15.
Il
en résulte que les Juifs parlaient araméen en 70 apr.
J.-C., lorsque les Romains envahirent Jérusalem et
provoquèrent la fuite de Palestine de milliers de Juifs. Au
cours des années qui suivirent, beaucoup de ces Juifs de
langue araméenne partirent vers le nord, vers l’Europe.
Les Juifs christianisés, en particulier, cherchèrent
refuge dans les Alpes italiennes, et dès 450 apr. J.-C., ils y
avaient installé une population importante. Au cours des
siècles qui suivirent, ils se répandirent graduellement
vers le nord, en Suisse, en Autriche et en Allemagne
16.
Les
historiens ont bien documenté ces migrations, mais ils n’ont
pas reconnu l’influence de la langue de ces populations sur
celles qu’elles ont rencontrées. L’araméen
avait connu, à l’origine, une mutation consonantique
identique à celle de l’hébreu, mais dès
500 av. J.-C., quand les Juifs l’apprirent, la langue avait
apporté un changement petit mais significatif dans sa
prononciation. L’araméen commença à
changer le [t]
en [s]
plutôt qu’en [th],
comme l’hébreu et l’araméen l’avaient
fait précédemment
17.
C’est
aussi la différence caractéristique entre la première
mutation consonantique germanique de 700-400 av. J.-C. et la seconde
mutation consonantique germanique de 450-750 apr. J.-C.
18.
Par exemple, en comparant les changements hébreu/araméen
avec les première et seconde mutations consonantiques, nous
constatons que les Juifs, à l’époque de leur
dispersion, prononçaient, par exemple, les mots hébreux
bayit
(« maison ») bayis
et gerit
(de gerah,
« gruau ») garis.
Par comparaison, le mot germanique correspondant à l’anglais
grit
(griot,
« gruau ») a connu un changement similaire vers
grioz,
puis vers griess
pendant
la seconde mutation consonantique. Ces changements font penser à
une influence de l’araméen sur les dialectes germaniques
du sud. Des mots de vocabulaire hébreu ont été
ajoutés aux dialectes allemands du sud, autrichiens et suisses
au cours de cette période ultérieure (comparez l’hébreu
pered,
« bête de somme » avec l’allemand
Pferd,
cheval).
Les
mutations consonantiques hébraïques
Ainsi donc, ce qu’on
a appelé première et seconde mutations consonantiques
germaniques s’avère avoir été une mutation
consonantique hébraïque et une mutation consonantique
araméenne étroitement apparentée qui ont
influencé les dialectes germaniques à deux époques
distinctes de l’histoire. Les recherches montrent aussi que la
marque linguistique des mutations consonantiques, confirmée
par d’autres ressemblances linguistiques, en particulier le
vocabulaire, peut être utilisée pour suivre la trace des
groupes israélites dans le monde entier. Jusqu’à
présent, les indices semblent désigner l’Europe
comme destination principale, en particulier les pays de langue
germanique et celtique de la Scandinavie, de Grande-Bretagne et du
continent européen.
Le
rassemblement d’Israël
Le
rôle que les descendants d’Abraham allaient jouer dans le
cours de l’histoire du monde a été préfiguré
dès le début des annales bibliques. Le Seigneur a dit à
Abraham : « Je
te rendrai fécond à l’infini, je ferai de toi des
nations; et des rois sortiront de toi » (Ge 17:6).
Le
Seigneur a renouvelé la promesse à Isaac (voir Ge 26:4)
et aussi à Jacob, disant que ses descendants se répandraient
« à l’occident et à l’orient, au
septentrion et au midi; et toutes les familles de la terre seront
bénies en toi et en ta postérité »
(Ge 28:14).
Cette
diffusion se produirait comme prédit par Moïse :
Israël serait un jour dispersé « parmi les
peuples » et il n’en resterait « qu’un
petit nombre au milieu des nations où l’Éternel
[les] emmènera[it] » (De 4:27). Ce serait une
dispersion totale. Comme le Seigneur le dit dans Amos 9:9 :
« Je
secouerai la maison d’Israël parmi toutes les nations. »
Mais il a également promis qu’il n’oublierait pas
Israël. Les enfants d’Israël finiraient par être
« rassemblés de tous les pays, de l’orient et
de l’occident, du nord et de la mer » (Ps 107:3).
Israël
devait être dispersé dans le monde entier, mais les pays
au nord d’Israël étaient particulièrement
désignés comme étant les pays d’où
Israël serait rassemblé. Jérémie écrit :
« C’est pourquoi voici, les jours viennent, dit
l’Éternel, où l’on ne dira plus: L’Éternel
est vivant, lui qui a fait monter du pays d’Égypte les
enfants d’Israël! Mais on dira: L’Éternel est
vivant, lui qui a fait monter les enfants d’Israël du pays
du septentrion et de tous les pays où il les avait chassés! »
(Jé 16:14-15 ; voir aussi D&A 110:11 ; 133:26).
Il
n’est pas étonnant que Jésus ait envoyé
ses apôtres dans le monde entier prêcher l’Évangile
(voir Marc 16:15) ou qu’il ait dit qu’ils devaient aller
« vers les brebis perdues de la maison d’Israël »
(Mt 10:6).
Les
populations d’Israël sont
maintenant dispersées depuis longtemps. Autant que nous le
sachions, une partie seulement de Judas a conservé son
identité au cours des siècles. Avec le rétablissement
de l’Évangile par l’intermédiaire de Joseph
Smith, le prophète, beaucoup de membres qui ont reçu
leur bénédiction patriarcale ont été
identifiés aux tribus d’Éphraïm, de Manassé
et à un saupoudrage d’autres tribus. Il est également
significatif que, parmi les premiers à accepter l’Évangile
dans notre dispensation, il y a eu des personnes qui vivaient, ou
avaient des ancêtres qui vivaient dans les pays mêmes qui
ont reçu des migrations Israélites.
Voir
leurs traces
Les
changements de langue ne constituent qu’une espèce
d’éléments de preuve linguistique que nous
pouvons utiliser pour identifier la dispersion d’Israël.
On peut trouver d’autres preuves linguistiques dans les noms de
lieux et dans les noms de divers peuples anciens qui vivaient au nord
du Proche-Orient après la captivité d’Israël.
Beaucoup de ces peuples ont émigré plus loin vers le
nord et l’ouest en Russie, en Scandinavie, en Europe et en
Grande-Bretagne.
Le
livre apocryphe de 4 Esdras (suite du livre d’Esdras dans
l’Ancien Testament) décrit comment Salmanasar, roi
d’Assyrie, réduisit Israël, le royaume du nord, en
captivité. Il laisse aussi entendre, comme prophétisé
par Ésaïe (voir Ésaïe 10:27), que
quelques-uns au moins des Israélites échappèrent
à leurs conquérants et s’enfuirent vers le nord.
Selon
le récit de 4 Esdras (que certaines éditions appellent
2 Esdras), les prisonniers « entrèrent dans
l’Euphrate par le passage étroit du fleuve »
et voyagèrent pendant un an et demi dans une région
appelée « Arsareth » (4 Esdras
13:43-45). Le passage étroit pourrait être le col de
Dariel, également appelé le col caucasien, près
de la source de l’Euphrate, qui se dirige vers le nord à
travers les monts Caucase. Au début du siècle dernier,
l’archéologue russe Daniel Chwolson a noté qu’une
crête de montagne longeant ce passage étroit porte
l’inscription Wrate
Israila,
qu’il interprète comme voulant dire « les
portes d’Israël »
19.
Ce
passage étroit traverse une région appelée
Ararat en hébreu et Urartu en assyrien. Chwolson écrit
que l’Arsareth
mentionnée dans 4 Esdras était un autre nom d’Ararat,
une région s’étendant jusqu’aux rivages
septentrionaux de la mer Noire
20.
Un fleuve situé dans le coin nord-ouest de la mer Noire était
autrefois appelé Sereth
(maintenant Siret),
conservant peut-être une partie du nom Arsareth.
Étant donné que ‘ar
en hébreu signifiait « ville », il est
probable qu’Arsareth était une ville, la ville de
Sareth, située près du fleuve Sereth au nord-ouest de
la mer Noire.
Un
certain nombre d’autres emplacements géographiques dans
la région de la mer Noire ont des noms qui font penser à
des origines hébraïques. Par exemple, les noms des quatre
cours d’eau principaux qui se déversent dans la mer
Noire semblent avoir des liens linguistiques avec le nom tribal de
Dan. Il s’agit du Don (et de son affluent, le Donets), le
Dan-jester (maintenant Dniestr), le Danube (ou Donau) et le Dan-jeper
(maintenant Dniepr). Au nord de la mer Caspienne, il y a une ville
appelée Samara (Samarie). Il y a aussi une ville appelée
Ismaïl (Ismaël) sur le Danube et un peu plus en amont, il y
a une ville appelée Isak (Isaac).
Chwolson
et d’autres membres de la société archéologique
de Russie ont trouvé plus de sept cents inscriptions
hébraïques dans la région au nord de la mer Noire.
Selon Chwolson, une de ces inscriptions appelle la mer Noire « mer
d’Israël »
21.
Dans la péninsule de Crimée, il y avait un endroit
appelé « vallée de Josaphat », un
nom hébreu, et un autre endroit était appelé
« forteresse d’Israël »
22.
Selon l’archéologue russe Vsevolod Mueller, il y avait
une synagogue « israélite » à
Kerch (ville de Crimée) longtemps avant l’ère
chrétienne
23.
Il
est difficile de dater ces inscriptions, mais certaines d’entre
elles contiennent des informations relatives à la chute et à
la captivité d’Israël. D’autres semblent
avoir été écrites à peu près à
l’époque du Christ et même plus tard, ce qui
indique que la région au nord de la mer Noire a abrité
une population israélite pendant de nombreux siècles.
Une de ces inscriptions mentionne trois des tribus d’Israël
ainsi que Tiglath-pileser, premier roi d’Assyrie à
déporter des tranches importantes de la population d’Israël
en Assyrie
24.
Une autre inscription mentionne le roi Osée, qui régna
en Israël pendant les années de la chute de celui-ci
25.
Les
archéologues russes ont également trouvé des
tertres, ou tas de terre, parsemant le paysage
26.
Ces tertres, qui s’étirent sur toute la région au
nord de la mer Noire où les inscriptions hébraïques
ont été trouvées, se sont révélés
être des chambres funéraires complexes, contenant
souvent un dirigeant du peuple avec quelques-uns de ses biens. Bien
que la construction de tertres ne soit pas typique des enterrements
au Proche-Orient, plusieurs passages de l’Ancien Testament
utilisent l’expression « grand monceau »
comme moyen d’ensevelissement. (Voir Jos 7:26 ; 8:29 ; 2 Sa
18:17). En outre, il fut explicitement commandé aux gens
d’Éphraïm, dans l’Ancien Testament, de
dresser des signes et de placer des poteaux au cours de leur voyage
(voir Jé 31:21).
Ces
tertres de la mer Morte contiennent non seulement des inscriptions
mais aussi des dessins, des bijoux et d’autres objets d’origine
hébraïque. Les tertres s’étendent de la mer
Noire vers le nord à travers la Russie jusqu’au sommet
de la péninsule scandinave, puis vers le sud jusque dans le
sud de la Suède, où l’on en trouve des milliers
27.
On trouve aussi des tertres funéraires du même genre en
Grande-Bretagne et en Europe occidentale, révélateurs
d’autres émigrations en direction de l’ouest et du
nord-ouest.
Hérodote
a appelé les premiers bâtisseurs de tertres de la région
de la mer Noire Kimmerioi
28.
Les Romains les ont appelés Cimmerii,
dont nous avons tiré le nom Cimmériens.
Ils se donnaient le nom de Khumri,
qui désigne « la dynastie du roi Omri ».
Omri a été roi d’Israël vers 900 av. J.-C.
Il a
fondé Samarie et y a installé la capitale d’Israël.
Son mode de gouvernement l’a rendu populaire dans tout le
Proche-Orient et il a fini par donner politiquement son nom, à
partir de ce moment-là, au royaume du nord, ou Israël.
Il
y a, dans toute l’Europe et en Asie, d’autres peuples dont les
origines remontent à cette région et dont les noms semblent avoir
une racine hébraïque. Parmi eux il y a les Galadi
(la racine vient probablement du Galaad biblique, la région située
à l’est du Jourdain, prononcée Galaad
dans cette région et en Assyrie et les Celtes
(prononciation germanique de Galadi) ;
les Gallii
(ou Gali,
racine dérivant probablement du biblique Galilée)
et également appelés Gals,
Gaels
et Gaulois ;
les Sacites,
ou Scythes
(le mot vient des captifs Assyriens, Esak-ska
et Saka,
que l’on peut comparer à l’hébreu Isaac) ;
les Goths,
ou Getai
(la racine vient probablement du Gad
biblique, prononcé Gath) ;
les Jutes
du Jutland (d’après la tribu de Juda) et les Parsi
(de l’hébreu Paras,
qui signifie « les dispersés »), qui ont colonisé Paris
et dont le nom, dans les territoires germaniques, s’est transformé
en Frisons.
NOTES
1 Terry
M. Blodgett est professeur de langues et de linguistique à la Southern
Utah University où il enseigne la langue, la littérature et l’histoire
allemandes et l’hébreu.
2 Cet article est basé
sur la thèse de doctorat de l’auteur « Phonological Similarities
in Germanic and Hebrew », Université d’Utah, 1981 et des études
postérieures.
3
Voir John T.
Waterman, A History of the
German Language, Seattle, University of
Washington Press, 1966, p. 28 ; Heinz F. Wendt, dir. de publ.,
Sprachen in das Fisher Lexicon, Francfort/Main, Fisher, 1977, p.
101 ; et R.
Priebsch et Collinson, The German Language, Londres, Faber, 1966, p.
69 ; voir aussi pp. 58-70.
4 On
trouvera la description détaillée de la première mutation consonantique
germanique dans Waterman, A History, p. 24 ; Priebsch et Collinson, The German Language, pp.
58-70 ; ou Wendt, Sprachen, p. 101.
5
Voir W. B. Lockwood, Indo European
Philology, Londres, Hutchinson, 1969, p.
123.
6 On
trouvera le résumé de ces théories dans Waterman, A History, pp. 28-29 et
Priebsch et Collinson, The German Language, p. 68.
7 Dans
cet article, nous avons adopté la convention des linguistes
professionnels de mettre entre crochets les groupes de sons apparentés.
8
Voir Waterman, A History, p. 28 ; Wendt, Sprachen, p.. 101 ; et Priebsch
et Collinson, The German Language, p. 69.
9 Ces
sons n’existaient pas dans la langue indo-européenne originelle. Ils
sont entrés, au cours de cette même période, dans le germanique,
l’arménien, le grec, le celtique, le perse et, dans une moindre mesure,
dans plusieurs autres langues.
10 La
même exception aux règles de la gémination est également apparue dans
les deux langues. Le r (et les fricatives gutturales) n’était doublé ni en
hébreu ni en germanique ; au lieu de cela, la voyelle précédant le
r
s’allongeait, comme dans l’hébreu berakh (« bénir ») et le vieil anglais heran
(« hear », entendre).
11
Voir William Chomsky, Hebrew : The
Eternal Language, Philadelphie, Jewish
Publication Society of America, 1957, pp. 55-56. Wilhelm Gesenius fait souvent allusion aux survivances
d’autres cas en hébreu. Voir ses œuvres, Geschichte
der hebräischen Sprache und Schrift,
Hildesheim, Olms, 1973, et Hebrew-Chaldee
Lexicon of the Old Testament Scriptures,
trad. Samuel Tyregeles, Grand Rapids,
Michigan, Baker Book House, 1979.
12 On
trouvera les détails dans Blodgett, « Phonological
Similarities », pp. 73-76.
13
Voir Lockwood, Indo European Philology, p. 123.
14 On
trouvera le détail des différences dans Blodgett, « Phonological
Similarities », pp. 58-72.
15
Voir « Hebrew Language », The
Jewish Encyclopedia, New York, KTAV,
1964, 7 :308 ; également Néhémie 13:24.
16
Voir Alexis Muston, Israel of the
Alps : A Complete History of the Waldenses and Their Colonies, 2 vol., New York, AMS Press, 1978.
17 Voir
« Aramaic », Encyclopedia
Judaica, 16 vols., Jérusalem, Keter,
1971, 3:262-266.
18 Voir
Chomsky, Hebrew, pp. 92, 112. L’araméen a aussi commencé à changer le [d] en [dh], mais Chomsky n’en
parle pas, peut-être parce que les Juifs n’ont pas adopté d’une manière
aussi systématique cet aspect de la mutation.
19 Izvestia
o Chozarach i Russkich, cité et traduit
par Joseph C. Littke dans Utah
Genealogical and Historical Magazine,
janvier 1934, pp. 7-8.
22
William H. Poole, The Saxon Race, Toronto, Briggs, n.d., p. 452.
23
Materialy dlia isoutchenia
Evreikago-Tatarskago yazyka,
Saint-Pétersbourg, n.p., 189, cité par Littke dans Utah Genealogical and Historical Magazine, p. 8.
24
Chwolson, Pamiatniki drevnei pismennosti, Saint-Pétersbourg, n. p.,
1892, cité par Littke dans Utah Genealogical and Historical Magazine,
p. 9.
26 On
trouvera des informations concernant ces tertres dans Russian Antiquities,
livre 1, Copenhague, n. p., 1850 ; The
History of Herodotus, trad. George Rawlinson, dans Great
Books of the Western World, 54 volumes,
Chicago, Encyclopaedia Britannica, 1952, 6:126 ; Heinrich Schurtz,
« The Scythians, Cimmerians and Sarmatians », The Book of History, 18
volumes, New York, the Grolier Society,
1915-1921, 6:2443-2450 ; et Paul B. Du Chaillu, The Viking Age, New
York, Charles Scribner’s Sons, 1889, pp. 216, 299.
28
George Rawlinson, trad., History of Herodotus, dans Great Books, 6:126.