La
véracité de l'Église de Jésus-Christ des
saints des derniers jours est indissolublement liée à
l'authenticité du Livre de Mormon. Ou bien celui-ci est
véritablement le document historique qu'il affirme être,
et dans ce cas ni Joseph Smith, ni personne d'autre, que ce soit au
19e siècle ou de nos jours, n'aurait pu en être
l'auteur, ou bien c'est un faux, et alors il sera inévitablement
démasqué par les progrès des connaissances
scientifiques, et l'Église se révélera être
une fausse Église. Or, depuis une cinquantaine d'années,
les indices en faveur de l'authenticité historique du Livre de
Mormon n'ont cessé de se multiplier au point que quiconque
veut mettre le Livre de Mormon (et l'Église) en doute ne peut
plus – s'il est intellectuellement honnête — les ignorer.
L’article suivant traite de l’un de ces indices.
Poids
et mesures dans l’univers du Livre de Mormon
John W. Welch
Journal
of Book of Mormon Studies,
vol. 8, n° 2, 1999, p. 38-47
Au
beau milieu d’un des récits les plus atroces du Livre de
Mormon, alors qu’Alma et Amulek subissent un procès où
leur vie est en jeu et que les femmes et les enfants fidèles
d’Amulek sont mis à mort par le feu, l’histoire
s’interrompt pour laisser la place à une explication du
système des poids et mesures du roi Mosiah (voir Alma
11:3-19). C’est une interruption étrange, une parenthèse
traitant de banalités, mais c’est en tous cas une
diversion bienvenue au moment où la tension monte dans
l’affrontement entre Alma et Amulek, et Zeezrom et les
représentants de la loi à Ammonihah. Pourquoi évoquer
ces détails économiques pratiques mais accessoires à
un tel endroit des annales ?
Plusieurs
raisons pourraient expliquer pourquoi cette information est
introduite à cet endroit du Livre de Mormon. Il y a le fait
que ces brefs détails métrologiques sont non seulement
intimement mêlés au débat qui oppose Amulek à
Zeezrom (voir Alma 11:21-25), mais constituent aussi un élément
de construction important dans le récit grandiose de Mormon.
Ce que faisait le peuple pervers d’Ammonihah en enfreignant le
système judiciaire et en détournant l’usage des
poids et mesures légaux, c’était littéralement
ouvrir la porte au jugement de Dieu sur lui, comportement qui allait
caractériser plus tard l’ensemble de la civilisation
néphite.
En
outre, comme cet article le montrera, cet éclairage inattendu
dans le livre d’Alma contient suffisamment de faits pour
permettre des parallèles importants entre les poids et mesures
du roi Mosiah et ceux utilisés dans d’autres cultures
anciennes. Pour de nombreuses raisons, ces détails monétaires
que l’on trouve sur les grandes plaques valent effectivement
leur poids d’intérêt. La tentative de corruption,
le dépassement de la mesure par les hommes de loi, la
standardisation royale et la codification officielle de ces mesures,
leurs rapports mathématiques et les noms bizarres utilisés
dans Alma 11 intriguent depuis longtemps les lecteurs1.
L’étude
d’un texte aussi grand et aussi détaillé que le
Livre de Mormon est une tâche complexe que l’on pourrait
comparer à l’escalade d’une paroi rocheuse. Les
alpinistes cherchent des prises pour les pieds et les mains grâce
auxquelles ils pourront monter prudemment. Quand ils rencontrent une
anfractuosité, ils en profitent, même si leur vision
d’en bas ne leur permet pas de se faire une idée claire
de ce qui se trouve au-dessus. Certaines peuvent ne pas se révéler
utiles pour la poursuite de l’ascension. Mais on explore à
mesure que des possibilités apparaissent et ensuite on voit
les possibilités qui s’offrent à partir de chaque
nouvelle position que l’on atteint.
De même, la paroi
fascinante d’Alma 11 propose plusieurs anfractuosités
solides qui permettent une prise analytique pour la main ou le pied.
Cependant nous ne pouvons pas voir clairement où notre
cheminement nous conduit avant d’avoir exploré la
direction dans laquelle un perchoir donné va maintenant nous
conduire. Nous risquons, dans certains cas, d’être déçus
; dans d’autres, nous trouverons un endroit important pour
notre ascension vers une meilleure compréhension des choses.
La
tentative de corruption
Alma
le Jeune, qui était devenu le grand prêtre de l’Église
dans l’ancien royaume du roi Mosiah, entreprit une mission de
prédication pour appeler le peuple au repentir et pour ramener
à la loyauté vis-à-vis de l’Église
les habitants des territoires écartés. En arrivant à
la ville d’Ammonihah, il constata que la population s’était
radicalement détournée de son système de
croyances religieuses. Rejeté et découragé, il
quitta la ville, mais ce fut pour recevoir d’un messager
céleste l’ordre de retourner et d’essayer à
nouveau. Cette fois il rencontra un homme appelé Amulek, qui lui offrit
la nourriture et le gîte et l’accompagna
pendant le reste de sa mission.
Le premier jour de leurs efforts
renouvelés pour toucher le cœur des gens, les deux
hommes se retrouvèrent embarqués dans une querelle
publique sur le point de savoir si le Messie viendrait réellement.
C’est au milieu de ce débat que nous trouvons les
renseignements sur la façon dont les habitants du pays de
Zarahemla pesaient et mesuraient leurs denrées économiques
de base, car lors de cet affrontement intervient le malin Zeezrom, un
des docteurs de la loi les plus éminents de la ville. «
Veux-tu me répondre à quelques questions que je vais te
poser? » demande-t-il à Amulek (Alma 11:21). Celui-ci
répond : « Oui, si c’est selon l’Esprit du
Seigneur qui est en moi » (Alma 11:22). Zeezrom semble n’avoir
prêté aucune attention à la réponse
d’Amulek parce qu’il lui offre presque immédiatement
un pot-de-vin flagrant : « Voici, j'ai ici six ontis
d'argent, et je te les donnerai tous si tu nies l'existence d'un Être
suprême » (Alma 11:22). L’expression «
je te les donnerai tous » indique clairement que Zeezrom
considérait cette somme comme considérable.
Arrivé
là, le lecteur se demande naturellement ce que sont «
six ontis d’argent » et quelle était
l’importance du pot-de-vin proposé. Apparemment, ceux
qui tenaient les annales néphites s’attendaient à
cette question de la part des lecteurs et ont par conséquent
mentionné les valeurs les unes par rapport aux autres des
poids et mesures utilisés par les Néphites de l’époque
pour calculer la richesse.
Le pot-de-vin de Zeezrom était une
somme impressionnante. Un juge gagnait un onti d’argent pour
sept jours de travail. Par conséquent, six ontis d’argent
équivalaient au salaire du juge pour 42 jours de travail ; ou
si sept juges traitaient une affaire, c’était suffisant
pour les payer tous pour un procès de six jours. Les six ontis
de Zeezrom avaient probablement une taille respectable. Si l’on a
passé du temps sur la place du marché d’un
village où les marchands vendent des marchandises que l’on
mesure à l’aide de poids de métal, on remarque à
quel point les poids eux-mêmes sont massifs. Étant donné
qu’un onti d’argent permettait l’achat de sept
mesures d’orge sur la place du marché (voir Alma 11:67),
on peut en déduire sans risque de se tromper qu’un onti
représentait une quantité d’argent importante en
poids brut.
Mais
Amulek, qui était lui-même quelqu’un de riche,
n’eut aucun mal à décliner l’offre. Il la
reconnaissait pour ce qu’elle était : un appel à
la cupidité que Zeezrom supposait de toute évidence
animer tous les hommes. C’était une version de la
question éternelle : « Quel prix pour ton intégrité
? » Les hommes de loi d’Ammonihah, eux, en étaient
dépourvus.
La Loi interdisait formellement la corruption, et
cela ils devaient le savoir : « Tu
ne recevras point de présent; car les présents
aveuglent ceux qui ont les yeux ouverts et corrompent les paroles des
justes »
(Exode 23:8). Comme le dit Amulek en guise d’avertissement aux
habitants de sa ville : « Les fondements de la destruction de
ce peuple commencent à être posés par l’injustice
de vos docteurs de la loi et de vos juges » (Alma 10:27). Il
est fort probable que dans la corruption et la destruction
d’Ammonihah qui s’ensuivit, Mormon et d’autres
historiens néphites ont vu un précédent, et même
une répétition de la situation d’anarchie qui
allait conduire à l’extinction de leur civilisation cinq
siècles plus tard2.
Le
dépassement de la mesure par les hommes de loi
La
corruption de ces représentants de la loi a bien pu avoir
quelque chose à voir avec l’idée que les juges
néphites ne venaient que récemment de recevoir le droit
d’être payés pour leurs services. Le nouveau
système de poids et mesures de Mosiah accompagnait un
changement politique majeur, le passage du règne des rois à
celui des juges, un changement radical par rapport aux pratiques
administratives du passé. La nouvelle pratique de payer les
juges avait de toute évidence conduit rapidement à des
abus.
Ici
le lecteur moderne doit se rappeler que les juges d’autrefois
n’étaient pas des professionnels rémunérés.
Dans le vieux monde, c’étaient généralement
les rois qui avaient la responsabilité d’assurer
l’administration équitable de la justice partout dans
leur royaume3.
Si on avait besoin de policiers, si des tablettes juridiques étaient
requises, c’était habituellement le roi qui les
fournissait. Avec l’abandon de la royauté à la
fin du livre de Mosiah, le système juridique du pays de
Zarahemla change. Il est peu probable qu’avant la loi
introduite vers 91 av. J.-C. par le roi Mosiah les juges aient été
payés pour leurs services dans la société
néphite (voir 2 Néphi 26:31, « car s’il
travaille pour de l’argent, il périra »).
Il n’y
a aucune indication dans la Bible que les villages et les villes
israélites aient payé des juges ou des administrateurs
judiciaires4.
Au fil des années, la compréhension que les Juifs
avaient traditionnellement de la loi contre la corruption, énoncée
dans Exode 23:8, excluait le payement des juges sous quelque forme
que ce soit5.
Cependant,
en élaborant sa réforme, Mosiah a dû se rendre
compte qu’il faudrait payer ces juges d’une façon
ou d’une autre s’il voulait que son nouveau système
ait une chance quelconque de réussir en l’absence de roi
pour la chapeauter et une fonction de son système de poids et
mesures était de fixer le montant qu’on leur payerait.
Il décida de pourvoir généreusement à
leurs besoins : « Et le juge recevait comme salaire selon son
temps: une sénine d’or pour un jour, ou un sénum
d’argent, qui est égal à une sénine d’or;
et cela est selon la loi qui était donnée » (Alma
11:3).
Aussi
bien intentionné qu’il ait été, le
programme de Mosiah conduisit rapidement à des abus. En dépit
du fait que la loi elle-même prévoyait apparemment que
seul le juge devait recevoir un salaire, d’autres ne tardèrent
pas à en faire des « affaires » et cherchèrent
à « obtenir du gain » grâce à ce
système (Alma 10:31-32). Bien qu’ayant probablement
connu des débuts difficiles, le règne des juges ne
tarda pas à se stabiliser, surtout une fois que la destruction
d’Ammonihah eut envoyé un message fort à tous
ceux qui voulaient tremper dans la corruption judiciaire.
La
standardisation royale
Le mobile général qui sous-tendait le système
royal de poids et mesures de Mosiah était la volonté de
promouvoir la stabilité économique. Le texte dit
clairement que ce système fut « établ[i] par
le roi Mosiah » (Alma 11:4). Pendant de nombreuses années,
les Néphites avaient « chang[é]
leur calcul et leur mesure, selon la volonté et les
circonstances du peuple, à chaque génération »
(Alma 11:4). Cette situation fluide avait dû rendre le commerce
difficile à Zarahemla au même titre que les situations
de ce genre ailleurs dans le monde antique.
En
réaction à ce problème fondamental, les rois
d’autrefois essayaient souvent d’assurer une
standardisation ou de maîtriser l’inflation dans leur
économie6.
Le monde antique de l’époque de Léhi ne savait
virtuellement rien du vrai système monétaire7,
des devises officielles ou des échanges internationaux de
devises. Aucun royaume d’autrefois n’avait d’organisme
de régulation bancaire ni de banque nationale. Les décrets
royaux constituaient l’espoir principal de stabilité
économique. Il est en effet certain que l’existence du
nouveau système standardisé de poids et mesures de
Mosiah a stimulé l’économie néphite.
À
partir de la première année du règne des juges,
dans Alma 1, les gens de Zarahemla commencèrent à
compter leur richesse, à accumuler des biens et à
distinguer les riches des pauvres. Il est vrai qu’au cours des
années précédentes, les distinctions de classe
et de situation économique avaient certainement existé
entre les riches et les pauvres dans la société
néphite, mais un changement spectaculaire dans la prise de
conscience de la richesse apparaît dans les annales à
partir, précisément, du commencement du règne
des juges au début du livre d’Alma. Ces réactions
sont exactement ce à quoi l’on s’attendrait de la
part d’une société jouissant d’un nouveau
système financier et s’adaptant à son utilisation
et à son exploitation.
Codifications
officielles
Les
anciens rois mettaient traditionnellement en œuvre leurs
progrès économiques à coups de décrets
officiels. Sachant cela, il est intéressant de constater que
la législation du roi Mosiah présente des ressemblances
avec d’autres codes législatifs antérieurs au
système néphite. Par exemple, des ressemblances
apparaissent presque tout naturellement dans le code de loi
d’Eshnunna8,
qui fut élaboré vers et 1800 av. J.-C. dans une ville
babylonienne de ce nom située à environ 80 km au
nord-est de Bagdad dans l’Irak moderne. En fait, les
ressemblances sont plutôt frappantes.
Tout d’abord, les
premières lignes du code de loi d’Eshnunna définissent
une équivalence importante qui devient la base du commerce : «
Un kor d’orge est égal à un sicle d’argent
». Une conversion semblable entre l’argent et l’orge
était également utilisée chez les Hittites9.
C’est peut-être une coïncidence, mais la loi de
Mosiah commence par une équivalence de valeurs du même
genre, énoncée en des termes similaires : «
un sénum d’argent, qui est égal à une
sénine d’or… soit pour une mesure d’orge »
(Alma 11:3, 7).
Un
deuxième parallèle a trait à la raison
fondamentale pour laquelle des valeurs sont fixées pour
différentes marchandises. À Eshnunna, cette évaluation
visait à permettre aux marchands de faire le commerce de
toutes sortes de marchandises d’usage courant, chacune pouvant
être convertie soit en argent soit en orge, en huile de sésame,
en laine et en d’autres choses. C’est ainsi que les
mesures de métal et de grains étaient interchangeables.
De même, le système néphite permettait aux
marchands de convertir l’argent ou l’or en de nombreuses
autres marchandises : « Aussi pour une mesure de toute espèce
de grain » (Alma 11:7)10.
Troisièmement,
l’un des motifs qui étaient à la base des lois
d’Eshnunna était apparemment de créer une sorte
de taux standard de rémunération pour les conducteurs
de chariots et les bateliers ainsi que pour fixer les pénalités
pour les dégâts ou le tarif quotidien pour la location
de différents moyens de transport tels que les bateaux et les
chariots. Dans le cas des Néphites, le système était
de même lié à un salaire quotidien standard, dans
ce cas pour les juges. Les deux systèmes sont dans la norme du
fonctionnement des systèmes économiques anciens11.
Fractions
mathématiques
Un
autre trait révélateur du système néphite
apparaît dans sa capacité d’exprimer certaines
fractions. Plutôt que de commencer simplement par l’unité
la plus petite et de la considérer comme le « un »
sur une échelle ascendante de valeurs, les Néphites
travaillaient aussi avec des fractions d’½, ¼ et
⅛ (voir Alma 11:14-19). Dans cette dimension nous voyons non
seulement des liens possibles avec le vieux monde, mais aussi un lien
avec le Nouveau.
En
particulier, le système monétaire néphite (en
dépit de son élégance numérique à
d’autres égards) semble incapable d’exprimer une
fraction avec un numérateur supérieur à 1. Le
système comporte des mesures égales à ½,
¼ et ⅛, mais pas ¾. Pour exprimer la valeur de 1½
ou 3/2 dans le système néphite, on introduisit une
unité nouvelle, à savoir l’antion (voir Alma
11:19). Un antion d’or était égal à trois
shiblons d’argent (en d’autres termes « trois
demi-sénums », un shiblon étant égal à
un demi-sénum d’argent ou une demi-sénine d’or).
De
même, et c’est tout à fait étonnant,
l’arithmétique ne s’était pas suffisamment
développée dans les temps anciens pour permettre
l’expression complète de fractions complexes ou de
mélanges de nombres entiers et de fractions dans d’autres
cultures. Les peuples du Proche-Orient antique savaient comment dire ½,
¼ ou 1/10, mais si un Égyptien ou un Grec
voulait dire ⅜, il devait habituellement dire « un quart
plus un huitième »12.
Les Grecs inventèrent des circonlocutions intéressantes
pour exprimer ces quantités arithmétiques. Ainsi, «
un talent et demi » se disait tria
hemitalanta
(littéralement, « trois demi-talents »; comparez
avec « trois demi-sénums », comme nous l’avons
vu plus haut), « un un tiers » se disait epitrios
(littéralement : « un tiers au-delà »)
et « deux cinquièmes » se disaient: « de
cinq parts, deux d’entre elles »13.
En
outre, on peut trouver la même façon de procéder
au Nouveau Monde. La plupart des cultures originaires du Nouveau
Monde ne créèrent apparemment pas de poids et mesures
exprimés en fractions, mais l’on connaît une
exception, bien qu’elle n’ait pas retenu jusqu’à
présent l’intérêt des spécialistes.
Elle vient des Quiché-Mayas des plateaux du Guatemala et
apparaît dans le Popol
Vuh
(les Quiché-Mayas ont été les habitants
ultérieurs de la région que beaucoup de spécialistes
de l’Église considèrent avoir été
le pays de Néphi). Chose intéressante, la façon
fondamentale de représenter une fraction en quiché
était d’ajouter le suffixe il
à un numéral. De cette façon, on exprimait
un-tiers en ajoutant le suffixe il
au chiffre trois14.
Cela devrait inciter les spécialistes à rechercher
d’autres indices dans d’autres systèmes de
numération du Nouveau Monde. Mais pour le moment, il est
possible de voir ici l’existence d’un lien entre
l’expression des fractions dans le système des poids et
mesures de Mosiah et le système des Quiché-Mayas dans
l’Amérique ancienne.
Pour
en revenir au vieux monde, il y a des indications claires remontant
au moins à l’Ancien Empire égyptien (environ
2686-2181 av. J.-C.) et à l’ancienne ère
babylonienne (environ 2000-1600 av. J.-C.) qu’il y avait des
fractions dans les poids et les mesures de capacité utilisés
dans le Proche-Orient ancien. Les Israélites utilisaient aussi
des fractions, bien que leurs appellations fussent différentes15.
Par exemple, les Hébreux comptaient en poids de sicles
d’argent. Mais nous savons qu’ils avaient également
mis sur pied une unité appelée nşp qui était
égale à ½ sicle et une autre unité
appelée rbc
nşp
qui représentait ⅛ sicle. Ces pièces d’argent
correspondent tout à fait au shiblon néphite (½
sénum) et au léah (⅛ sénum).
Pour
leur part, les Égyptiens utilisaient un système de
poids et mesures qui ressemblait encore plus au système
néphite. Dans l’Égypte ancienne, le heqat
était une mesure complète de grain. Les fractions du
heqat
étaient ½, ¼, ⅛, 1/16, 1/32 et 1/64. Comme
dans le système néphite, les mesures égyptiennes
de grains étaient binaires, c’est-à-dire des
fractions que l’on produisait en divisant en deux16.
Dans les hiéroglyphes égyptiens, ces fractions «
étaient écrites d’une manière spéciale,
tout à fait autrement que les fractions ordinaires. On les
appelait les fractions de l’œil d’Horus
et elles étaient utilisées exclusivement pour le
grain »17.
On les appelait les fractions de l’œil d’Horus
parce que, selon un mythe antique, l’œil du dieu-faucon
Horus (souvent appelé œil ouadjet)
était censé avoir été coupé en
petits morceaux par le méchant dieu Seth18.
Horus était le fils d’Osiris. Lorsque celui-ci fut tué
par son frère Seth, Horus tua Seth, son oncle, mais au cours
du combat, l’œil d’Horus fut brisé en petits
morceaux. Il fut guéri plus tard par le dieu Thoth, mais les
parties de l’œil
ouadjet
en sont venues à symboliser chacune de ces fractions.
En
d’autres termes, la pupille de l’œil est devenue le
hiéroglyphe représentant ¼ ; le sourcil ⅛,
le cil, 1/32, le canal lacrymal 1/64 et ainsi de suite. L’œil
d’Horus complet symbolisait la mesure complète de grain,
en d’autres termes l’œil
ouadjet
était la somme de tous les autres. Comme on le voit au tableau
5, le système néphite y ressemble beaucoup.
Bien
que le système égyptien présente des
ressemblances avec celui des Néphites – les deux sont
binaires, les deux ont six mesures définies et les deux
comportent une quantité totale supplémentaire, qui est
la somme de parties plus petites – les deux systèmes
n’étaient pas absolument identiques. Cette remarque fait
naturellement écho à ce que Mormon reconnaît
lui-même, à savoir que son peuple « changeait
son calcul et sa mesure » de génération en
génération (Alma 11:4). Néanmoins, la gradation,
les unes par rapport aux autres, des unités que l’on
trouve au Nouvel Empire égyptien et celle que l’on
constate parmi les Néphites de l’époque d’Alma
correspondent exactement, comme expliqué plus complètement
au tableau 6.
En d’autres termes, si on suppose que le «
limnah » d’or des Néphites (Alma 11:5-10) est
apparenté au poids « léger »,
d’environ 500 gr19,
la mine
(ou maneh),
qui avait cours autrefois en Mésopotamie et chez les Hébreux,
alors toutes les mesures néphites peuvent immédiatement
être interprétées comme des multiples exacts du
poids appelé qdt
ou kite
de 8,8 gr de la période du Nouvel Empire égyptien et de
la Basse Époque égyptienne (très proche du
šiqlum,
« sicle » de 8,5 gr)20.
Si nous commençons par le « léah » néphite
(Alma 11:17) comme plus petit poids néphite connu, nous
pouvons trouver la correspondance de chacune des fractions de mesure
de grain égyptiennes, notées au paragraphe précédent,
avec un poids néphite, en associant le « léah »
au kite égyptien, qui représente un.
La correspondance est
systématique et remarquable et semble être une
altération du système hébreu du šeqel,
qui était de 50 sicles pour une mine. Cette adaptation ou
réorientation du système israélite était
peut-être déjà en cours à l’époque
de Léhi, à en juger par l’apparition fréquente
de nombres hiératiques égyptiens sur les sicles (poids)
hébreux dans le royaume de Juda de l’époque21.
Le système néphite implique donc une équivalence
théorique de 56 léahs (sicles?) pour un limnah
(mine?)22.
Noms
étranges
Jusqu’à
présent, l’un des aspects les moins solides de l’étude
du système de mesure néphite concerne les noms des
divers poids et mesures. Comme on peut s’y attendre, avec le
temps, les langues évoluent et les termes courants à
une époque ont un sens différent à une autre. En
général, l’origine et la signification des noms
que les Néphites donnaient à leur poids et mesures ne
peut pas être déterminée. Ils ne correspondent
pas non plus exactement aux noms des termes qui décrivent les
poids et mesures que l’on trouve dans les cultures du vieux
monde antique. Mais de temps en temps une correspondance semble trop
proche pour être une coïncidence. En voici trois exemples.
Le
« shiblum » néphite, qui était l’équivalent
d’un quart de « mesure d’orge » (Alma
11:15-17), était écrit « shilum » dans
le manuscrit de l’imprimeur du Livre de Mormon. Le manuscrit
originel de ce passage est perdu, mais il est très
vraisemblable que quand il a copié du manuscrit qui avait été
dicté le manuscrit à l’intention de l’imprimeur,
Oliver Cowdery a orthographié ce mot étrange tel qu’il
l’a trouvé dans sa source (les secrétaires font
habituellement preuve de soin quand ils copient des mots et des
expressions appartenant à une langue étrangère).
Le terme shilum
est proche de l’hébreu šillum
(ou shillum)
qui signifie « remboursement », « récompense
» ou « rétribution » (voir Osée 9:7;
Ésaïe 34:8; Michée 7:3). En outre, les expressions
néphites et hébraïques peuvent se rattacher à
l’akkadien šillum
(ou shilum)
en Mésopotamie, qui désignait une « mesure de
superficie »23.
Le
néphite sénum,
unité de base de mesure en argent, était l’équivalent
d’ « une mesure d’orge » (Alma 11:7). Cette
mesure en argent avait le double de la valeur du shiblon. Le shiblon
était l’équivalent d’une « demi-mesure
d’orge » (Alma 11:15) et se trouvait dans une séquence
de valeurs ascendantes dans laquelle le poids qui avait la valeur
directement supérieure était toujours le double de
celui qui était directement inférieur. Pour le nom
sénum,
les correspondances viennent de l’hébreu et de
l’égyptien. Du côté hébreu, «
sénum » semble dériver d’une racine ayant
deux consonnes, sn,
à laquelle s’ajoutait peut-être la terminaison du
nominatif singulier akkadien -um24.
Un candidat évident est seni
ou senayim
(forme du duel), provenant de la racine hébraïque
signifiant « deuxième », « deux » ou «
double ».
Il n’est pas déraisonnable, du point de
vue linguistique, de voir dans l’hébreu signifiant deux
un proche parent du néphite sénum, compte tenu
particulièrement des échanges dialectiques dans
l’hébreu ancien entre s
et š
(p.ex., Juges 12:5-6). On trouve le même équivalent
phonologique dans les anciens noms égyptiens apparentés
signifiant deux:
sn, snw, snwy
et sny25
et le copte snau26.
Si
nous allons voir plus loin que ce qui concerne les mesures de grains,
nous en arrivons à « shéum », mot
néphite désignant une espèce de grain. Comme on
pourrait s’y attendre, le terme est à sa place dans le
Proche-Orient antique. C’est le vieux terme assyrien qui
désigne le blé et qui est she’um
ou e’um27.
C’est exactement le mot que nous trouvons parmi d’autres
noms de céréales, notamment le maïs, le blé,
l’orge et le néas (voir Mosiah 9:9). Même si, pour
les Néphites, le nom ne désignait manifestement pas le
blé, comme c’était jadis le cas dans la
Mésopotamie ancienne, le fait qu’on le trouve parmi les
noms d’autres céréales montre que le terme tirait
son origine du Proche-Orient antique. Naturellement, ce qui n’est
pas clair, c’est si ce nom est venu à l’origine
des Jarédites, des Mulékites ou des Néphites28.
Mais quel que soit le cas, le résultat est le même.
Il
va de soi, dans toute cette exploration étymologique, que
l’esprit scientifique exige que nous soyons circonspects. Du
fait que nous n’avons pas le texte original des plaques d’or,
nous ne pouvons pas vérifier la façon dont ces termes
s’écrivaient autrefois. Mais ces trois exemples
frappants nous invitent à continuer à examiner les
documents anciens pour voir s’il n’y a pas d’autres
liens possibles29.
Des
poids avant les pièces
De
tout ce qui précède, il doit ressortir clairement que
ce dont nous parlons ici, c’est de poids et mesures, pas de
pièces. Quand le Livre de Mormon parle « des différentes
pièces de leur or et de leur argent » et les nomme «
selon leur valeur » (Alma 11:4), nous ne devons probablement
pas penser qu’il soit question ici de pièces frappées.
Le terme pièces
désigne plutôt vraisemblablement des poids métalliques
d’une sorte ou d’une autre. Les premières pièces
connues dans l’histoire – du moins des pièces au
sens moderne du terme – sont apparues en Lydie dans l’ouest
de l’Asie Mineure au 7e siècle av. J.-C. et ne se sont
répandues dans la région méditerranéenne
qu’après le départ de Léhi de Jérusalem30.
Comme dans les autres cultures anciennes, les Néphites
semblent avoir utilisé comme payement des poids de métal
en échange de quantités mesurées de grain.
Une
fois de plus, les parallèles avec le vieux monde donnent à
penser que les Néphites façonnaient des poids d’argent
et d’or auxquels ils donnaient des tailles et peut-être
des formes standard et qu’ils maintenaient certainement à
un poids standardisé. On trouve des exemples de poids
égyptiens enroulés dans les peintures des tombeaux,
bien que, et cela se comprend, les archéologues aient trouvé
peu d’exemples d’objets métalliques aussi précieux
utilisés pour des mesures. Une fois que les objets de métal
avaient rempli leur but où étaient endommagés ou
périmés, on les fondait vraisemblablement pour
réutiliser le métal. Par conséquent, il est rare
qu’ils soient parvenus jusqu’à nous.
Parmi ceux
que l’on a récupérés des anciennes
civilisations du Proche-Orient, il y a les lourds lingots de cuivre,
d’usage très courant, de 20 à 30 kg provenant de
la fin de l’âge du bronze (1500-1200 av. J.-C.), de
petits poids de bronze léger d’Égypte, quelques
rouleaux d’or, d’argent et de cuivre qui étaient
manifestement coupés en longueurs plus courtes quand c’était
nécessaire et de petits lingots d’or fabriqués en
versant de l’or liquide dans des rainures que l’on créait
en enfonçant le doigt dans du sable31.
Par contre, les sites archéologiques ont fourni une quantité
abondante de poids de pierre32.
Réflexions
sur l’argent dans le Livre de Mormon
Finalement,
l’histoire de l’argent dans le Livre de Mormon, quoique
sommaire, suggère l’existence de valeurs morales et de
questions plus importantes qu’un simple mécanisme
économique. Connaissant les détails du système
de Mosiah, le lecteur peut maintenant réfléchir aux
comportements et aux insinuations qui se cachent derrière
chaque chose que dit le Livre de Mormon concernant l’argent.
Les
cinq occurrences du mot argent
dans les petites plaques apparaissent toutes dans des passages basés
sur Ésaïe 55:1 qui dit : « Vous
tous qui avez soif, venez aux eaux, Même celui qui n’a
pas d’argent ! Venez, achetez et mangez, Venez, achetez du vin
et du lait, sans argent, sans rien payer !
» Dans le même ordre d’idées, Néphi
recommande au peuple de ne pas travailler pour de l’argent : «
L’ouvrier en Sion travaillera pour Sion; car s’il
travaille pour de l’argent, il périra » (2 Néphi
26:31). Le terme utilisé par Ésaïe est kesep,
mot hébreu signifiant « argent ». Ce mot renvoie
certainement au vieux système flexible du sicle ou quelque
chose de ce genre, pas à un système monétaire ou
de devises précis33.
Ces
passages accordent peu de confiance à une société
qui met trop l’accent sur la richesse ou les choses précieuses.
Néphi et son frère Jacob connaissaient les problèmes
que peut causer la recherche de l’argent. Néphi avait
été disposé à abandonner les biens de
Léhi au pays de Jérusalem ; Laban s’était
emparé de beaucoup de leurs choses précieuses et les
Juifs orgueilleux s’étaient pris d’une confiance
immodérée en leurs richesses matérielles. Jacob,
né dans le désert, avait grandi là où
l’on ne se servait pas d’argent et était opposé
à ceux qui étaient devenus orgueilleux à cause
de leur richesse (voir Jacob 2:13).
Après
ces quelques commentaires au début des petites plaques, il
n’est plus question d’argent dans le Livre de Mormon
jusqu’au livre d’Alma. La description de la réforme
législative du roi Mosiah dans Mosiah 29 ne parle pas du
système de poids et mesures qu’il avait créé.
En dépit du fait que le nouveau système ne soit pas
mentionné avant Alma 11, ses effets se manifestent déjà
de manière subtile, agissant dans les coulisses dans Alma 1. À
peine le système est-il installé, la première
année du règne des juges, que l’argent commence à
devenir un problème.
Néhor, qui enseignait que les
dirigeants religieux et les ecclésiastiques devaient être
soutenus financièrement, s’acquit des disciples. Ses
prétentions étaient peut-être maintenant
davantage d’actualité. Après tout, s’il
fallait payer les juges pour leurs services, les prêtres et les
dirigeants religieux ne devraient-ils pas être payés,
eux aussi ? Néhor était persuasif et beaucoup,
parmi le peuple, « commencèrent à l'entretenir et
à lui donner de l'argent » (Alma 1:5).
Néanmoins,
les membres de l’Église dirigée par Alma
continuèrent à se distinguer en se servant et en se
soutenant mutuellement et cela explicitement « sans argent »
(Alma 1:20). Entretenant la tradition instituée par Alma
l’Ancien aux eaux de Mormon, ce peuple de l’alliance se
soutenait mutuellement en partageant ses biens, « donna[nt] de
ses biens, chacun selon ce qu'il avait » (Mosiah 18:27).
De
même, le roi Benjamin exhorta ses sujets à rendre la
chose même qu’ils avaient empruntée plutôt
que d’essayer de réduire la dette à un montant
liquidé que l’on pourrait alors payer (voir Mosiah 4:28
; on trouvera des remboursements en nature du même genre en
comparant avec Exode 22:1, 4, 11, 14) et à donner directement
de leurs biens les aux autres selon leurs besoins pour la plupart des
denrées (voir Mosiah 4:19). Ce partage des biens n’impliquait
probablement pas une grande utilisation d’argent en soi.
Toutefois,
lorsque les poids monétaires standardisés devinrent
courants chez les Néphites, l’argent devint une source
de corruption politique (voir Hélaman 7:5), de pots-de-vin
(voir Alma 11:2 ; Hélaman 9:20), de favoritisme religieux
(voir Mormon 8:23), de cupidité et d’idolâtrie
(voir Mormon 8:23). Non que le système en lui-même fût
mauvais de par sa nature, mais entre les mains de conspirateurs, il
devint un instrument de corruption.
La réforme législative
de Mosiah eut sans aucun doute un effet favorable sur un
mercantilisme croissant, sur la prospérité économique
et sur la capacité de la ville de Zarahemla de maintenir le
contrôle politique sur ses régions environnantes, mais
les dirigeants religieux néphites s’efforçaient
d’en limiter l’importance. Après la venue du
Christ, les Néphites eurent tout en commun pendant leur âge
d’or (voir 4 Néphi v. 3), période au cours de
laquelle les unités de valeur monétaire ne jouèrent
une fois de plus probablement qu’un petit rôle.
C’est
peut-être à l’amour de la richesse tangible qui
avait si gravement corrompu sa société dans les
dernières années du monde néphite que pensait
Moroni quand il prit ouvertement ses dispositions pour protéger
les plaques de métal néphites. Sachant que les gens
seraient prompts à faire fondre du métal pour le
réduire en lingots à usage commercial, Moroni était
particulièrement motivé pour protéger et
préserver les annales sacrées des Néphites, dont
la plupart étaient écrites sur des plaques de métal
précieux. C’est peut-être pour cette raison que
Moroni lança une malédiction solennelle contre
quiconque essayerait d’acquérir les plaques « pour
obtenir du gain » (Mormon 8:14).
Conclusion
Le
système néphite de poids et mesures présente de
l’intérêt pour un certain nombre de raisons. Il
apparaît dans une scène où Alma et Amulek se sont
lancés dans un débat sur des sujets religieux, un
moment inattendu, à première vue, pour en parler. Mais
ce choix a dû découler du désir de donner un
exemple des sources fondamentales des problèmes de la société
néphite : l’orgueil et l’anarchie. Ces
caractéristiques allaient en fin de compte conduire à
une grande méchanceté et à la destruction de la
société néphite, comme Mormon le rapporte. En
outre, en introduisant cette information, Mormon met en évidence
une plaie sociale qui y est liée, celle de la corruption
grave, donnant une idée de l’importance de la somme que
Zeezrom offrait à Amulek.
À un autre niveau, même
si les Néphites « changeaient leur calcul et leur
mesure » (Alma 11:4), comme ils le jugeaient bon, nous
pouvons détecter des liens entre les mesures et les grains
néphites et les systèmes semblables de métrologie
connus au Proche-Orient antique, notamment des noms, des rapports de
valeur et des fonctions officielles. Pour ce qui est des liens
possibles entre les mesures unifiées et les systèmes
élaborés parmi les anciens Américains, le sujet
attend et demande des études plus poussées. Mais
entre-temps, notre escalade le long de cet affleurement intéressant
de documentation riche en informations nous permet de voir que Joseph
Smith aurait eu beaucoup de mal à produire de son cru un
système aussi élégant et aussi complexe, tout en
étant pratique, de mesures cadrant tellement bien avec les
pratiques anciennes.
Les
anciens peuples de la Mésoamérique utilisaient-ils un
système de poids
et de balances pour mesurer les marchandises
et leur valeur ?
L’aventure
d’Alma avec son antagoniste Zeezrom dans la ville d’Ammonihah,
relatée dans Alma 11, décrit un système de poids
et de capacité en usage chez les Néphites dans leurs
activités commerciales. Nous nous attendrions à ce
qu’en Mésoamérique, et certainement dans la
région où l’histoire des Néphites s’est
déroulée, la présence de poids et mesures
standard soit attestée. Il devrait y avoir des mesures de
capacité pour le grain, plus des poids de métal
précieux de valeur équivalente aux quantités de
grain.
Quand
ils arrivèrent, les envahisseurs espagnols signalèrent
que sur les marchés tout était vendu au volume.
Par exemple, les Aztèques utilisaient une boîte de bois,
appelée quauhchiaquihuitl,
pour mesurer le maïs et d’autres marchandises à
peser ; cette boîte était divisée jusqu’à
ce que l’unité la plus petite soit le douzième du
tout. Des vases de taille progressive étaient utilisés
pour mesurer les liquides. Ils avaient aussi des coupes spéciales
pour mesurer les paiements de tribut en or aux Espagnols en unités
plus ou moins équivalentes à 30 grammes.
Les groupes
mayas du sud de la Mésoamérique utilisaient aussi avant
tout des mesures de capacité (par exemple, la « brassée »
et la « poignée »)2.
Dans la région environnant Kaminaljuyú, dans les
faubourgs de Guatemala City (que certains considèrent être
le « pays de Néphi »), les archéologues ont
effectivement trouvé des bols fabriqués selon un modèle
type et de taille progressive ; ils représentent peut-être
des mesures de capacité fixées par la société
de l’époque – les 1er et 2e siècles av. J.-C. – lorsque le Livre de Mormon signale
que les Lamanites habitaient Néphi3.
En
outre, il est pratiquement certain que les poids n’étaient
utilisés nulle part en Mésoamérique à
l’époque de la conquête espagnole et que la
balance n’était pas connue non plus4.
La littérature archéologique et ethnologique attribue
aux peuples des Andes et à d’autres habitants de
l’Amérique du Sud la possession de la balance5.
Une information fragmentaire suggère la possibilité –
pas davantage – que la balance ait été connue en
certains endroits de la Mésoamérique à une
époque plus ancienne, même si, selon toute apparence,
son usage n’a pas été conservé pour que
les témoins espagnols la remarquent6
. (On sait que beaucoup d’autres idées et d’objets
culturels ont été perdus depuis les temps anciens7.)
Certains
saints des derniers jours sont d’avis que les jeux de petits
objets métalliques actuellement l’utilisés pour
peser les marchandises que l’on vend sur la place du marché
au Guatemala descendent culturellement d’un système de
poids que l’on pense avoir été utilisé à
l’époque préhispanique et même à
l’époque du Livre de Mormon8.
Il n’y a pas de preuves objectives pour confirmer cette
supposition. En effet, historiquement parlant, l’utilisation de
la balance et des poids au Guatemala semble avoir été
introduite par les Européens il y a probablement 90 ans tout
au plus9.
Tout le matériel et toute la terminologie qui vont de pair
avec ces appareils sont d’origine espagnole.
Il
faut dire que les études des étalons de mesure
mésoaméricains qui ont été faites jusqu’à
présent ont été extrêmement limitées.
Le sujet mérite une recherche en profondeur qui pourrait nous
apporter davantage de lumière.
L’élégance numérique du système néphite
Robert F. Smith
©
Robert F. Smith, 1998
La
configuration mathématique du système néphite de
poids et mesures est intéressante : les principales
valeurs-or étaient les suivantes : la sénine ;
deux sénines faisaient un séon ; deux séons
faisaient un shum ; le limnah était le total de toutes
les précédentes. En d’autres termes, les valeurs
étaient 1, 2, 4, 7 (1+2+4), comme indiqué au tableau
1 :
-
|
TABLEAU 1 : OR
|
|
1 = sénine
|
|
2 = séon
|
|
4 = shum
|
|
7 = limnah
|
De
même, les valeurs en argent étaient également 1,
2, 4 et 7, comme indiqué au tableau 2 :
-
|
TABLEAU 2 : ARGENT
|
|
1 = sénum
|
|
2 = amnor
|
|
4 = ezrom
|
|
7 = onti
|
La
beauté de cette configuration mathématique réside
dans sa simplicité1.
Les valeurs de 1, 2, 4 et 7 peuvent être atteintes en utilisant
un seul poids et les valeurs 3, 5, 6, 8, 9, 11 et 14 peuvent l’être
avec deux seulement, tandis que les valeurs 10, 12, 13, 15, 16 et 18
peuvent toutes être constituées en n’utilisant
qu’une combinaison de trois poids. Ce n’est que quand on
dépasse 13 qu’on a besoin de deux des mêmes
poids :
-
|
TABLEAU 3
|
|
Valeur
|
Nombre de
poids requis pour
obtenir
cette valeur
|
|
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
|
1
1
2 2 + 1
1
2 4 + 1
2 4 + 2
1
2 7 + 1
2 7 + 2
3 7 + 2 + 1
2 7 + 4
3 7 + 4 + 1
3 7 + 4 + 2
2 7 + 7
3 7 + 7 + 1
3 7 + 7 + 2
4 7 + 7 + 2 + 1
3 7 + 7 + 4
4 7 + 7 + 4 + 1
4 7 + 7 + 4 + 2
|
L’antion
d’or (qui valait une sénine et demie d’or) permet
au système d’exprimer des moitiés. On peut se
demander pourquoi l’on n’a pas adopté la
« demi-sénine ». Pour deux raisons
peut-être. On utilisait des poids d’argent de valeur
moindre, mais l’or était peut-être intrinsèquement
plus précieux, par conséquent un morceau d’or
plus petit qu’une sénine aurait pu se perdre ou être
abîmé trop facilement. Plus que cela encore, les valeurs
1½, 3, 3½ et 5½ étaient plus faciles à
constituer avec l’antion que si l’on avait plutôt
utilisé une mesure d’or hypothétique d’une
demi-sénine, comme on peut le voir au tableau 4.
TABLEAU
4
Va-
leurs
|
Avec l’antion
|
Sans l’antion
|
Avec 1/2 sénine
|
1½
2½
3½
4½
5½
6½
|
1 poids
2 poids
2 poids
3 poids
2 poids
3 poids
|
1 + 1½
2 + 1½
1 + 2 + 1½
4 + 1½
4 + 1 + 1½
|
impossible
impossible
impossible
impossible
impossible
impossible
|
2 poids
2 poids
3 poids
3 poids
3 poids
3 poids
|
Ainsi
donc, la présence de l’antion d’or améliorait
l’efficacité du système. Encore une fois, on peut
obtenir toutes les demi-valeurs entre 1 et 7 sans devoir utiliser
deux des mêmes poids.
On
utilisait en tout sept mesures d’argent. Le shiblon, le shiblum
et le léah étaient respectivement la ½, le ¼
et le ⅛ du sénum. Du fait que ces trois mesures plus
petites prolongent le système binaire par des fractions
inférieures à 1, on peut voir la logique mathématique
du système depuis le léah jusqu’à l’ezrom.
Pour être clair, si l’on devait considérer le
léah (la mesure la plus petite) comme étant 1, le
shiblum (qui a deux fois la taille du léah) devient 2, le
shiblon devient 4, le sénum est alors 8, l’amnor 16 et
l’ezrom 32. Voir le tableau 5, qui exprime aussi ce rapport en
termes de puissances de deux et en fractions, d’autres manières
de dire la même chose :
|
TABLEAU 5
|
|
⅛
|
= léah
|
= 1
|
= 20
|
|
¼
|
= shiblum
|
= 2
|
= 21
|
|
½
|
= shiblon
|
= 4
|
= 22
|
|
1
|
= sénum
|
= 8
|
= 23
|
|
2
|
= amnor
|
= 16
|
= 24
|
|
4
|
= ezrom
|
= 32
|
= 25
|
|
7
|
= onti
|
|
|
Quand
Alma 11:13 dit qu’un onti était « aussi grand
que tous les autres », cela voudrait dire qu’un onti
était égal à 1 + 2 + 4 = 7 sénums. Il
est cependant possible que l’onti ait aussi compris la valeur
des trois petites mesures, auquel cas il valait 7⅞ sénums
ou 63 léahs.
TABLEAU
DES VALEURS RELATIVES
|
Néphite*
|
Valeurs relatives
|
Egypte
Calcul
œil
d’Horus
|
Egypte
qdt-
kite
|
Valeur en Grammes
(possible)
|
|
Or
|
Argent
|
Nombres
moindres
|
Léah
|
Mesure
de
grain
|
Mine
|
|
6 ontis
|
84
|
336
|
42
|
6
|
|
336
|
3024
|
|
5 ontis
|
70
|
280
|
35
|
5
|
|
280
|
2520
|
|
4 ontis
|
56
|
224
|
28
|
4
|
|
224
|
2016
|
|
3 ontis
|
42
|
168
|
21
|
3
|
|
168
|
1512
|
|
2 ontis
|
28
|
112
|
14
|
2
|
|
112
|
1008
|
|
limnah
|
onti
|
14
|
56
|
7
|
1
|
|
56
|
504
|
|
shum
|
ezrum
|
8
|
32
|
4
|
.5
|
|
32
|
288
|
|
sean
|
amnur
|
4
|
16
|
2
|
.25
|
|
16
|
144
|
|
antion
|
|
3
|
12
|
1,5
|
.1875
|
|
12
|
108
|
|
sénine
|
sénum
|
2 shiblons
|
8
|
1
|
.125
|
|
8
|
72
|
|
|
shiblon
|
4
|
.5
|
.0625
|
|
4
|
36
|
|
|
shilum
|
2
|
.25
|
.03125
|
|
2
|
18
|
|
|
léah
|
1
|
.125
|
.015625
|
|
1
|
9
|
*Les
termes néphites sont écrits ici selon l’orthographe
la plus ancienne trouvée dans les manuscrits.
1 Je
tiens à remercier Kent Brown, Claire Foley et la rédaction de FARMS
pour leurs apports à cet article. Ce dernier a été composé à la demande
de la rédaction pour mettre en évidence les recherches passées et
présentes de plusieurs personnes sur ce sujet, personnes citées dans
les notes qui suivent.
2
L’effondrement de l’état de droit sapa la base divinement créée de la
civilisation néphite. Abinadi prophétisa clairement la menace du
Seigneur de le détruire totalement car » il s’est endurci le cœur
contre mes paroles; il ne s’est pas repenti de ses mauvaises actions;
c’est pourquoi j’interviendrai contre lui… dans ma colère ardente
« (Mosiah 12:1, voir 12:8 ; comparer avec Mormon 1:19). Voir aussi
le même genre d’anarchie dans Hélaman, chapitres 4, 5 et 7 et dans
Mormon chapitres 1 et 2. Les prophètes de l’Ancien Testament ont
également condamné le mauvais usage des poids et balances sur la place
du marché (Osée 12 :7 ; Amos 8 :5) juste avant la
destruction du Royaume du Nord.
3 Keith W. Whitelam, The Just King: Monarchical Judicial Authority in
Ancient Israel, Sheffield, JSOT
Press, 1979, p. 37; Jans J. Boecker, Law and the Administration of Justice in the Old
Testament and Ancient East, Minneapolis, Augsburg Publishing House, 1980, pp. 40-49.
4 Voir Ruth
4:1-2; Harold B. Clark, Biblical Law, Portland,
Ore., Binfords & Mort, 1943, p. 260, n. 19, « Ordinairement, les
juges n’étaient pas payés » ; Haim H. Cohn, « Bribery », Encyclopedia
Judaica, Jérusalem, Keter, 1974, 4:1357, «
[Les juges] sont exhortés à être impartiaux et à ne pas céder à la
corruption (2 Chroniques 19:7) et il leur est rappelé que les services
judiciaires doivent être rendus gratuitement (Bek. 29a). »
5 Cohn,
« Bribery », p. 1368, « D’autres juristes talmudiques poussaient la
règle contre la corruption jusqu’à l’extrême en refusant de siéger en
jugement contre toute personne leur ayant montré la moindre courtoisie,
ne serait-ce qu’en les aidant à descendre d’un bateau (Ket. 105a). »
6 Voir Morris
Silver, Economic
Structures of Antiquity, Westport, Conn., Greenwood, 1995, pp. 97-99.
7 Voir
le traitement ci-après.
8 Cet ensemble de
lois apparaît en anglais dans James B. Pritchard, dir. de publ., Ancient Near Eastern Texts Relating to the Old
Testament, 3e éd., Princeton,
Princeton University Press, 1969, pp. 161-163, et Martha T. Roth, Law Collections from Mesopotamia and Asia Minor, Atlanta, Ga., Scholars Press, 1995, pp. 57-70. Voir en outre John W. Welch, « The Laws of Eshnunna and
Nephite Economics », dans Pressing Forward with the Book of Mormon, Provo, Utah, FARMS, 1999, pp. 147-149.
9 Harry
A. Hoffner Jr., The Law of the Hittites, Leiden,
Brill, 1997, p. 10, « L’équivalent en argent est calculé sur la base du
taux probable d’échange de 4 PARISU
d’orge contre [½ sicle] d’argent à la
section 183 et un mois hittite de 30 jours. »
10 Comme
dans la plupart des cultures anciennes, les objets métalliques d’argent
et d’or changeaient probablement rarement de mains dans les échanges
commerciaux. C’étaient plutôt les marchandises elles-mêmes que les gens
échangeaient. Voir Marvin A.
Powell, fils, « Ancient Mesopotamian Weight Metrology: Methods,
Problems and Perspectives », dans Studies in Honor of Tom B. Jones; dir. de publ. Marvin
A. Powell, fils, et Ronald H. Sack, Neukirchen, Kevelaer, 1979, pp.
86-87.
11 Bien
que l’économie, dans le Nouveau Monde, ait dû reposer sur un étalon
d’une sorte ou d’une autre, trois types d’objets seulement sont
parvenus jusqu’à nous : (1) des poids qui sont des multiples d’une
unité unique, (2) des éléments de balance (qu’on ne connaît jusqu’à
présent que dans les Andes) et (3) une mesure de longueur – la
« coudée », valant 52,5 cm. Pour les poids, voir Erland Nordenskjöld, The Origin of the Indian Civilization of South
America, Göteborg,
Pehrssons, 1933, p. 278. Pour
les éléments de balance, voir id.,
et Walter Hough, « Balances of the Peruvians and Mexicans », Science
21, 1893, p. 30. Pour la « coudée »
dans l’Amérique ancienne, voir « An
Old-World Cubit in America », Nature
III, 1923, p. 647. Ceux-ci sont cités dans John L. Sorenson et Martin H.
Raish, Pre-Columbian
Contact with the Americas across the Oceans: An Annotated Bibliography,
Provo, Utah,
FARMS, 1996, pp. 29, 192, 478.
12 Bartel L. van der
Waerden, Science
Awakening I, New York, Oxford
University Press, 1961, p. 49. Gillings,
Mathematics in the Time of the
Pharaohs, p. 234 : « Nous avons
tendance à oublier que [les Égyptiens] étaient un people qui n’avait
pas de signes plus, moins multiplier ni diviser, pas de signe égal, pas
de racine carrée, pas de zéro ni de virgule pour les décimales, pas de
monnaies, pas d’indices ni aucun moyen d’écrire ne serait-ce que la
fraction ordinaire p/q ; en fait, ils n’avaient absolument rien de
ce qui pourrait approcher une notation mathématique. »
13 Voir Herbert W.
Smyth, Greek Grammar, Cambridge, Harvard University Press, 1963, p. 106;
traduction par moi-même.
14 Voir Munro S. Edmonson, The Book of Counsel: The Popol Vuh of the QuicheMaya
of Guatemala, New Orleans,
Tulane University, 1971, p. 6. Voir aussi
l’allusion aux balances dans Hough, « Balances of the Peruvians and
Mexicans », 30, cité dans Sorenson et Raish, Pre-Columbian
Contact, p. 478. Je remercie John Sorenson de
ce renseignement.
15 Marvin A. Powell,
« Weights and Measures », Anchor Bible Dictionary, dir. de publ. David Noel Freedman etc., New York,
Doubleday, 1992, 6:898.
16 Voir
le traitement des fractions égyptiennes représentées dans l’œil d’Horus
dans Alan Gardiner, Egyptian Grammar, 3e
édition, Londres, Oxford University Press, 1957, pp. 197-199 (§266).
17 Gillings, Mathematics in the Time of the Pharaohs, p. 210.
18 Alan H. Gardiner, Egyptian Grammar, Oxford, Griffith Institute, Ashmolean Museum, 1976, p.
197.
19 Powell, « Weights
and Measures », 6:897 (sumérien MA.NA, akkadien/assyrien/
babylonien manum); s.v. « manû », dans Miguel Civil etc., The Assyrian Dictionary of the Oriental Institute of
the University of Chicago, Chicago, Oriental Institute, 1977, 10:1:219-21; Dever, «
Weights and Measures », dans Harper's Bible Dictionary, p. 1127. Comparez avec l’akkadien limnum, limnanni, limmanum, etc., dans Wolfram von Soden, Akkadisches 1 Handwörterbuch,
Wiesbaden,
Harrassowitz, 1965, p. 604, comme étant parmi les utilisations de manum.
20 John W. Betlyon, «
Coinage », Anchor Bible
Dictionary,1:1076.
21 Comparez avec
Dever, « Weights and Measures », pp. 1128-1129; Powell, « Weights and
Measures », 6:906-907.
22 Je
remercie Robert F. Smith de ce tableau et de cette analyse, qui est
basée sur de nombreuses années d’apports à la recherche sur le sujet.
23 Ake Sjöberg, dir.
de publ., The Sumerian Dictionary of
the University Museum of the University of Pennsylvania, Philadelphie, University Museum, 1984, 2:200. Voir aussi
Robert F. Smith, « Weights and Measures in the Time of Mosiah
II », FARMS, 1983, p. 6.
24 Le
manuscrit de l’imprimeur a senum, ezrum et shilum
dans Alma 11, ainsi que sheum
dans Mosiah 9:9. Ils pourraient bien
avoir été importés de l’akkadien par les Jarédites.
25 Gardiner, Egyptian Grammar, pp. 192-194 (§§ 260-261); Antonio Loprieno, Ancient Egyptian: A Linguistic Introduction, Cambridge, Cambridge University Press, 1995, pp. 60,
71-72.
26 Thomas O. Lambdin,
Introduction to
Sahidic Coptic, Macon, Ga., Mercer
University Press, 1983, pp. 59, 270.
27 Hildegard Lewy, «
On Some Old Assyrian Cereal Names » Journal of the American Oriental Society, 76/4, 1956, pp. 201-204; s.v. « se'u » dans Assyrian Dictionary, 17:2:345-350.
28 Robert
F. Smith, qui a été le premier à attirer l’attention sur ce rapport,
propose “une origine mulékite et, par conséquent, probablement jarédite
». Mais le cas n’est pas évident. Voir « Some 'Neologisms' from the Mormon Canon », Conference on the Language of the Mormons I973, Provo, Utah, BYU Language Research Center, 1973, pp.
64-67, spéc. p. 66 et note 38.
29 On
trouvera d’autres rapports possibles entre les poids néphites et des
termes significatifs connus dans d’autres cultures anciennes dans
Smith, « Nephite Weights and Measures ».
30 Voir
John W. Betlyon, « Coinage », dans Anchor
Bible Dictionary, 1:1079; A. D. H. Bivar, «
Coins », The Oxford Encyclopedia of
Archaeology in the Near East, publ.
par Eric M. Meyers etc., New York, Oxford University Press, 1997,
2:41-42; Marvin A. Powell, fils, note aussi l’utilisation de cubes
d’argent faisant fonction de pièces pendant l’ère néobabylonienne,
6e-5e siècles av. J.-C. dans «
Ancient Mesopotamian Weight Metrology”, p. 87.
31 Powell, « Weights
and Measures », 6:905; Barry Kemp, Ancient Egypt: Anatomy of a Civilization, Londres, Routledge, 1989, pp. 237, 244-255; J. D. Muhly,
« Cyprus », dans Oxford Encyclopedia of Archaeology in the Near East, 2:92-93.
32 Powell,
« Ancient Mesopotamian Weight Metrology », p. 72;
et « Weights and Measures », 6:906. La
Bible mentionne aussi les poids de pierre. Par exemple, l’expression
hébraïque sous-jacente à « deux sortes de poids, un gros et un petit »,
Deutéronome 25:13 pourrait être traduite littéralement par « deux
sortes de pierres, une grande et une petite ».
33 Betlyon, «
Coinage », 1:1076-89.
Les anciens peuples de
Mésoamérique utilisaient-ils un système de poids et mesures pour
mesurer les marchandises et leurs valeurs ?
Voir, par exemple, Francisco Guerra, « Weights and
Measures in Pre-Columbian America », Journal of the History of Medicine and Allied Sciences
15, 1960, pp.
342-344; Daniel G. Brinton, « The Lineal Measures of the Semi-Civilized
Nations of Mexico and Central America », Proceedings of the American Philosophical Society 22;194-207, 1885; et Fernando Cortés, His Five Letters of Relation to the Emperor Charles V,
éd. et trad. Francis
A. MacNutt, Glorieta, N.Mex., Rio Grande, 1977, 1:259.
2 Voir Guerra, «
Weights and Measures »; Munro S. Edmonson, The Book of Counsel: The Popol Yuh of the Quiche Maya
of Guatemala, New Orleans,
Tulane University Middle American Research Institute, 1971, p. 5-6.
3 Voir Marion
Popenoe de Hatch, Kaminaljuyu/San
Jorge: Evidencia Arqueologica de la Actividad Economica en el Va/le de
Guatemala, 300 a.C. a 300 d.C. Guatemala, Universidad del Valle de Guatemala, 1997, p.
100.
4 Voir Guerra, «
Weights and Measures », p. 342; Brinton, « Lineal Measures »,
p. 194-196; William T. Brigham, Guatemala: The Land of the Quetzal, New York, Scribner's Sons, 1887, p. 425.
5 Voir Stephen C.
Jett, « Pre-Columbian Transoceanic Contacts », dans Ancient Native Americans, dir. de publ. Jesse D. Jennings, San Francisco, Freeman,
1978, p. 631 ; Walter Hough, « Balances of the Peruvians and
Mexicans », Science 21/518, 6 janvier 1893:30.
6 Par exemple, voir
Hough, « Balances », p. 30; Erland Nordenskjöld, « Origin of the
Indian Civilization in South America », dans The American Aborigines: Their Origin and Antiquity: A Collection of
Papers by Ten Authors, dir. de publ. et compil. Diamond Jenness, Toronto,
University of Toronto Press, 1933, p. 278.
7 Voir « Lost
Arts » dans Reexploring the
Book of Mormon, dir de publ. John
W. Welch, Salt Lake City, Deseret Book et FARMS, 1992, p. 101-104.
8 Voir Joseph L.
Allen, Exploring the
Lands of the Book of Mormon, Orem, Utah, S. A. Publishers, 1989, p. 175; Carolyn Lee,
« Weights and Measures », Book of Mormon Archaeological Digest 1/4, 1998, p. 13.
9 Felix W. McBryde, Cultural and Historical Geography of Southwest
Guatemala, Washington D.C.,
Smithsonian Institution, 1945, p. 84; McBryde, Sololá: A Guatemalan Town
and Cakchiquel Market-Center, New Orleans, Tulane University Middle American Research
Institute, 1933, p. 124.
L’élégance numérique du système
néphite
1 On
trouvera une comparaison des systèmes 1-2-4-7,1-2-4-8 et 1-2-5-10 dans
Richard P. Smith, « The Nephite
Monetary System », Improvement Era 57,
mai 1954, pp. 316-317. A propos des systèmes binaires en général, voir
Phylis et Philip Morrison, « Wonders », Scientific American,
février 1996, p. 130-131.