Encore les pierres lumineuses

 
John A. Tvedtnes

FARMS Update, n° 128, juillet 1999



Insights de juillet 1992 signalait la mise au point de lampes radioluminescentes rassemblant aux pierres lumineuses utilisées par les Jarédites (Éther 2:19-3:6 ; 6:2-3,10). Faites d'une matrice de silice hautement poreuse appelée aérogel, ces lampes modernes, qui peuvent fonctionner pendant 20 ans, emploient du gaz de tritium pour produire un rayonnement bêta qui fait briller un produit phosphorescent tel que le sulfure de zinc.

En attendant d'autres progrès scientifiques qui pourraient contribuer à démystifier les propriétés physiques des pierres lumineuses, nous pouvons passer en revue avec profit les réflexions faites par le passé à propos de ce sujet fascinant, qui nous rappelle que le récit donné par les Écritures à propos des barques jarédites éclairées par seize pierres lumineuses n'est pas aussi fantaisiste que le prétendent les contradicteurs.

L’article d’Insights relevait le fait qu'en 1963, Spencer W. Kimball avait avancé l'idée que les pierres jarédites étaient illuminées « par du radium ou une autre substance que nos savants n'ont pas encore redécouverte. »

En 1909, B. H. Roberts a comparé les expériences sur les matières radioactives avec la description des pierres jarédites donnée par le Livre de Mormon, attirant l'attention sur le fait que le radium et le polonium brillent dans le noir. Un savant a observé que le polonium pouvait transférer son énergie rayonnante à d'autres substances et a avancé l'opinion qu’on pourrait l’utiliser à l'avenir pour produire de la lumière sans chaleur ni combustion1.

En 1927, Janne M. Sjodahl a attiré l'attention des saints des derniers jours sur des expériences qui produisaient une lueur dans les pierres précieuses par exposition à des rayons cathodiques ou à du radium. Il en tirait la conclusion que le frère de Jared « possédait... une connaissance que les savants d'aujourd'hui commencent seulement à effleurer » et qu'il n'est pas « déraisonnable de supposer que Dieu aurait pu rendre lumineuses les pierres des barques jarédites2. » Le tube à rayons cathodiques est devenu depuis lors d’usage courant dans le radar, la télévision et les écrans d'ordinateur. On utilise des pierres précieuses (notamment le rubis) dans le laser, acronyme de l'expression « light amplification by stimulated emission of radiation » (amplification de lumière par émission stimulée de radiations).

On sait aussi que les pierres composées de minéraux phosphorescents brillent. Le baryte brille un certain temps dans le noir après avoir été exposé aux rayons du soleil. Lors d'un commentaire suivant une conférence à FARMS en 1996 sur les pierres brillantes3, Hugh Nibley a rappelé que presque cinquante ans auparavant, un professeur de BYU avait trouvé une pierre qui brillait quand on la serrait dans un étau. La pierre fut envoyée à la Colorado School of Mines où des savants confirmèrent ses propriétés lumineuses. Selon Nibley, la pierre fut détruite plus tard quand on appliqua une pression trop forte.

Le minéralogiste George FrederIck Kunz, dans son livre The Curious Lore of Precious Stones, publié en 1913, mentionne des histoires de pierres lumineuses. Par exemple, un traité écrit en 1675 par le physicien Christiani Mentzel concerne une pierre phosphorescente découverte en 1604 et appelée pierre de Bologne ou pierre lunaire. Dans le noir, cette pierre dégageait la lumière qu'elle avait reçue du soleil. Le livre cite aussi des expériences de Kunz et d'autres personnes deux siècles plus tôt au cours desquelles on avait fait briller certains diamants dans le noir4.

Si beaucoup de saints des derniers jours s'intéressent aux pierres lumineuses et aux rapports qu'elles peuvent avoir avec les pierres jarédites, cela provient bien moins du désir de satisfaire l'esprit des incroyants que de celui de comprendre un phénomène curieux. Bien entendu, une meilleure connaissance scientifique dans ce domaine pourra peut-être mettre davantage en évidence la manière exacte dans laquelle le Seigneur a fait briller les pierres cristallines que le frère de Jared avait fait fondre.

NOTES

1 B. H. Roberts, New Witness for God, 1909, 3:547-549.
2 Janne M. Sjodahl, An Introduction to the Study of the Book of Mormon, 1927, p. 249.
3 Il s’agit d’une présentation conjointe de Michael Lyon et John A. Tvedtnes. Le texte de Tvedtnes apparaît dans Journal of Book of Mormon Studies 6/2, 1997, pp. 99-123.
4 George Frederick Kunz, The Curious Lore of Precious Stones, 1913; réimpression 1938, pp. 168-170.