Une
vision maorie du Livre de Mormon
Louis Midgley
Journal of Book of
Mormon Studies, vol. 8, n° 1, 1999, p. 4-11
Selon Richard Bushman : « Le Livre de
Mormon,décrit un autre monde,
étranger, à bien des égards, au nôtre ».
C’est, affirme-t-il, « l’élément que le
lecteur moderne a le plus de mal à gérer »,
de sorte que « les mormons aussi bien que les non-mormons ont
du mal à saisir
le
véritable problème intellectuel du Livre de Mormon. »
Pourquoi ? « Les préconceptions de l’époque
moderne ont amené les mormons aussi bien que les critiques à
voir dans le Livre de Mormon des choses qui n’y sont pas.
»
1
La plupart des critiques
partent du principe que le Livre de Mormon n’est rien d’autre
qu’un fatras d’allusions bibliques, d’idées
tirées de l’environnement de Joseph Smith en Nouvelle
Angleterre et de son imagination de conteur. Ils y voient un
assemblage arbitraire d’idées sans rapport les unes avec
les autres, ce qui rendrait absurde toute tentative de découvrir
dans le texte une culture ou une civilisation néphite
cohérente.
D’une manière
générale, les saints des derniers jours ont supposé
que puisque le Livre de Mormon, tel qu’ils le connaissent en
anglais, ressemble beaucoup à leur Bible, l’environnement
culturel dans lequel les événements du Livre de Mormon
ont eu lieu a dû être essentiellement semblable à
celui de l’Ancien Testament. Ils ne se rendent pas compte à
quel point le cadre dans lequel se déroule l’Ancien
Testament est étranger à notre situation actuelle et
par conséquent à quel point nous le comprenons peu.
Selon Bushman, quand il ont affaire aux enseignements religieux du
Livre de Mormon, les membres de l’Église « les utilisent
habituellement comme arguments... sortant de leur contexte des
passages des annales néphites pour prouver quelque chose
» 2. Les points que nous essayons de prouver sont presque toujours
basés sur la supposition que les croyances et les pratiques
néphites étaient essentiellement semblables à
celles du mormonisme du 19e et du 20e siècle.
Il y a un risque inhérent
à lire les annales sacrées de l’une ou de l’autre
de ces façons. Ceux qui abordent le Livre de Mormon du point
de vue que ce qu’il a d’essentiel, c’est un
ensemble de déclarations théologiques, ou qu’on
peut l’expliquer à l’aide des explications
profanes actuellement à la mode, perdent les uns et les autres
« de vue l’univers que le livre évoque. Le génie
du Livre de Mormon, comme celui de beaucoup d’œuvres
d’art, est qu’il donne vie à toute une société
et à toute une culture, avec une religion, une économie,
une technologie, un gouvernement, une géographie, une
sociologie, tout cela combiné pour faire un univers complet. »
Nous devons, dit Bushman, nous efforcer de saisir « cet univers
et rattacher chacun des passages à des structures plus
grandes, si nous voulons trouver leur sens le plus large.
» 3
Il est évident que
le message de base du Livre de Mormon peut être lu par des gens
appartenant à n’importe quelle culture. La «
clarté » intentionnelle de Néphi (2 Néphi
25:4) veille à ce qu’il en soit ainsi. C’est ainsi
que tout le monde peut discerner « la plénitude de
l’Evangile », bien que cette « plénitude »
ne consiste qu’en des principes centraux, et non en un
inventaire complet des enseignements doctrinaux découlant de
ce centre. Le problème surgit lorsque l’on essaye de
discerner les parties du texte qui sont plus subtiles. Nous risquons
de passer là à côté de beaucoup de sagesse
et d’inspiration si nous nous contentons de lire les Écritures
avec une seule tournure d’esprit – la nôtre.
Nous
devons être vivement désireux d’en apprendre
davantage, dans le livre remarquable que Mormon a mis à notre
disposition, que les principes de base de l’Évangile. Au festin
d’idées, d’images et de significations qu’il
présente dans son livre, nous voulons goûter plus que
simplement du pain et de l’eau, aussi satisfaisant que cela
puisse être au départ pour celui qui a faim.
Les écrits
historiques et les souvenirs ne nous disent pas grand-chose sur ce
que les saints maoris pensaient à cette époque
pionnière où ils commençaient à
s’identifier au mormonisme et se mettaient à lire le
Livre de Mormon (le taux d’alphabétisation devint très
rapidement élevé). Mais nous savons ce qui arrive dans
le monde lorsque la civilisation d’Europe occidentale, riche,
puissante et lettrée a un impact sur des peuples plus simples
dépendant de la tradition orale. L’héritage
d’informations et d’idées qui était au
centre de l’identité du groupe plus faible est
inévitablement érodé, corrompu et finalement
oublié en grande partie.
Nous ne savons tout simplement pas
comment le processus a fonctionné il y a plus d’un
siècle en Nouvelle-Zélande, mais le résultat a
certainement été que les natifs ont perdu leur chemin.
Et cependant, le mormonisme et en particulier le Livre de Mormon,
allaient fournir, au moins à certains des Maoris, les matières
premières pour l’édification d’un nouveau
pont entre leur passé et le monde moderne dans lequel ils se
trouvaient.
Je vais décrire
mes observations sur la façon dont les Maoris avaient tendance
à lire le Livre de Mormon dans la région où j’ai
travaillé à partir de 1950. À ce moment-là,
notre routine missionnaire me donna une occasion particulière
d’apprendre à quel point leur façon de penser
était différente en ce qui concerne la vie, Dieu et
cette Ecriture. J’eus beaucoup d’occasions d’entendre
de vieilles histoires maories, de les entendre prêcher et de
converser longuement avec eux, tant avec les saints qu’avec les
autres. J’étais un participant-observateur naïf qui
était, en outre, profondément passionné par le
Livre de Mormon ; par conséquent, j’étais curieux
de savoir comment ils lisaient ce livre.
Ma première
expérience eut lieu dans une région située au
nord d’Auckland, la capitale, la plus grande ville de
Nouvelle-Zélande. Dans cette région, il y avait deux
districts de mission et des dizaines de petites branches et d’écoles
du dimanche de foyer. Au départ, mes compagnons missionnaires
étaient des Maoris qui venaient de sortir du lycée.
Nous avions peu d’espoir que les pakéhas s’intéressent
à ce qu’ils considéraient être une Eglise
maorie ; néanmoins, nous passions dans beaucoup de leurs
fermes et nous étions parfois traités gentiment. Mais
il était rare qu’ils s’intéressent à
notre message. La plupart d’entre eux n’avaient jamais
été chez des Maoris, de sorte que cela les étonnait
que je trouve normal de compter sur leurs voisins noirs pour me
nourrir et me loger.
Nous visitions surtout
les Maoris. C’étaient de petits fermiers dispersés
dans la campagne. Il se regroupaient généralement à
ou près d’un pa
(lieu de réunion) traditionnel qui disposait souvent d’un
bâtiment de réunions communautaires, également
utilisé pour nos réunions religieuses. Nous étions
accueillis chez tous les Maoris, qu’ils fussent membres de
l’Église ou non. Ils insistaient toujours pour y ait un
karakia
(mot qui voulait dire prier, prêcher et chanter). Notre
participation à ces activités, ainsi que nos paroles
d’amour et de bénédiction sur leurs foyers et
leurs familles étaient ce que nous offrions en retour de leur
merveilleuse hospitalité.
À ces réunions spirituelles
domestiques, je parlais souvent du rétablissement de
l’Évangile et de Joseph Smith. Même ceux qui n’étaient
pas membres croyaient souvent en ce que nous leur disions, même
si ce qu’ils croyaient ne les faisait pas passer à
l’action. Après le karakia, nous prenions un plantureux
repas, puis nous poursuivions notre conversation, au cours de
laquelle on répétait de vieilles histoires –
c’était toujours une culture orale en dépit du
fait que la plupart pouvaient plus ou moins lire et écrire
l’anglais.
Je leur disais que
l’Évangile avait été rétabli par
l’intermédiaire de Joseph Smith et que le Livre de
Mormon était la parole de Dieu ; par conséquent ils
devaient entrer dans l’Église. Ils expliquaient que ce n’était
pas notre message qui leur posait problème, mais le péché.
J’étais stupéfait de leur franchise. Ils
expliquaient avec force détails pénibles qu’ils
étaient trop faibles, trop adonnés à la bière
ou à d’autres vices pour entrer dans l’Église.
Ils faisaient remarquer qu’ils ressemblaient beaucoup aux gens
décrits dans le Livre de Mormon ; il leur manquait la force
spirituelle pour rester longtemps sur le chemin de la justice. En
fait, ils voyaient dans le Livre de Mormon la description de leur
propre situation et ils se voyaient, au moins en partie et d’une
certaine manière, comme des descendants de la colonie de Léhi
en Amérique.
Ce que les Maoris
voyaient dans le Livre de Mormon
Les Maoris lisaient le
Livre de Mormon autrement que moi. Ma préoccupation était
de trouver des arguments dans le texte et je passais mon temps à
harmoniser ses enseignements avec ce que je savais être un
enseignement doctrinal correct en Utah.
Les Maoris, au contraire, y
voyaient l’histoire de familles en conflit et de sous-tribus et
de tribus se querellant entre elles et cherchant à se venger
d’insultes personnelles et de querelles entre factions. Ils
regardaient davantage le contexte général des
événements et moins ce que l’on pouvait déduire
de versets déterminés. Ils voyaient les histoires de
rivaux ambitieux face à l’autorité
traditionnelle, essayant de rafler des postes de pouvoir et des
territoires. Ils voyaient comment l’ambition menait à
des querelles au sein des familles et entre les clans et les tribus.
Il voyaient dans l’Expiation un échange de cadeaux entre
notre Père céleste et ses enfants, un peu comme la
façon dont leurs relations étaient marquées par
des actes réciproques d’hospitalité à
titre de manifestations d’amour.
Ils trouvaient que le Livre de
Mormon décrivait des types d’événements
semblables à ceux de leurs usages traditionnels aussi bien que
de leur situation actuelle. Dans ce sens-là, le livre était
leur
histoire, à eux, ou du moins c’était leur genre
d’histoire – un miroir des qualités nobles et viles de leur passé et de
leur présent, aussi bien au
plan individuel qu’au plan de la collectivité.
Pour les Maoris que je
connaissais, le Livre de Mormon n’était pas, comme il
l’était pour moi, une source d’informations sur
des questions de doctrine difficiles à résoudre. Ils
étaient plutôt fascinés par les parties
narratives du Livre de Mormon. Moi, je me contentais simplement de
jeter un coup d’œil sur ces histoires pour y trouver les
enseignements qui m’intéressaient ; eux, ils
voyaient des messages et des enseignements moraux imbriqués
dans les histoires. Moi, je m’attachais à des versets
précis et j’y voyais des enseignements autorisés
sur des sujets que j’avais appris dans d’autres livres,
dont les saints maoris ignoraient généralement
l’existence.
Eux, ils avaient tendance à s’attacher
au contexte, aux récits des maux qu’attiraient sur les
collectivités l’orgueil et l’ambition, les luttes
pour le pouvoir et l’abus du pouvoir, les querelles et les
guerres. Ils voyaient les signes de parenté et l’ordre
que celle-ci assure, aussi bien que les rivalités qu’elle
engendre. Dans le Livre de Mormon, ils trouvaient les conséquences
des bénédictions divines et aussi la malédiction
causée et par la rupture des liens familiaux. Ils
interprétaient l’apparition des combinaisons secrètes
comme étant le résultat de bandes de voyous organisées
par des dirigeants ambitieux qui les avaient créées
pour leur servir de familles de remplacement qui n’étaient
plus gérées par les conventions traditionnelles.
Les Maoris étaient
également étonnés de certains événements
du Livre de Mormon qui ne posaient aucun problème pour moi.
Par exemple, ils étaient abasourdis devant l’audace avec
laquelle Néphi défie ses frères aînés
lorsqu’il prétend être l’interprète
légitime des révélations que son père a
reçues. L’âge et l’ordre des naissances
étaient toujours des qualifications puissantes dans la société
maorie, de sorte que les actes posés par le jeune Néphi
quand il défie ses aînés étaient
choquants. Mais c’était précisément parce
qu’elle défiait les conventions traditionnelles qu’ils
voyaient l’importance de l’histoire de Néphi. Ils
pouvaient aussi comprendre l’opposition de Laman et de sa
faction aux prétentions de Néphi.
Ils remarquaient et
comprenaient la persistance des insultes et des conflits qui
alimentent les querelles partisanes si souvent mentionnées
dans les annales néphites. Cela leur rappelait des histoires
semblables d’insultes et de ressentiments dans leur propre
passé. Ils remarquaient aussi qu’une partie du succès
des instructeurs religieux néphites semblait dépendre
de l’habileté avec laquelle ils agissaient par
l’intermédiaire de parents éloignés, ce
qui impliquait un jeu subtil de relations familiales.
Ces gens ne voyaient rien
de surprenant non plus dans la vitesse avec laquelle les personnes et
les communautés de descendants de Léhi oubliaient leur
devoir. C’était exactement ce qu’ils considéraient
être la réalité de leur propre vie et l’histoire
de leur peuple. Non seulement ils croyaient que d’une façon
ou d’une autre ils étaient apparentés à
Hagoth et par conséquent à la tribu de Néphi
(pas de Laman), mais ils se voyaient aussi répéter les
histoires tragiques racontées dans le Livre de Mormon d’un
peuple de l’alliance désobéissant sur lequel
s’étaient abattus des malheurs et les ténèbres.
Moi, par contre, je trouvais que l’élément le
moins crédible du livre était la facilité avec
laquelle les fidèles néphites apostasiaient et
revenaient plus tard au troupeau lorsqu’ils étaient
réprimandés par des prédicateurs ou par
l’adversité.
Il n’était
par rare que les missionnaires exhortent les saints maoris à
sélectionner dans les Ecritures le genre d’arguments que
nous utilisions pour enseigner l’Evangile aux pakéhas.
Mais les Maoris avaient tendance à ignorer ces exhortations,
se concentrant plutôt sur les récits historiques et les
messages qu’ils contenaient. Ils pensaient qu’ils
pouvaient trouver beaucoup de choses importantes pour eux dans les
leçons morales que contenaient les histoires.
Moi, au contraire,
j’avais appris à fouiller le Livre de Mormon pour y
trouver des informations discrètes sur les choses divines et
humaines et je me préoccupais peu des messages que pouvaient
receler histoires et leurs intrigues. Je n’étais pas
sensible aux messages hautement symboliques et stylisés. Au
lieu de cela, je voulais que les saints maoris recherchent, au cours
de leur lecture du Livre de Mormon, le genre de choses que j’avais
trouvées intéressantes. Mais ils aimaient le livre pour
des raisons différentes. Avant toute chose, ils le lisaient
comme l’histoire d’un peuple qui leur ressemblait
beaucoup.
Les Maoris étaient un peuple tribal avec des
généalogies accompagnées de récits
d’ancêtres de marque. Une grande partie des traditions
maories étaient liées directement ou indirectement à
des histoires de conflits familiaux et tribaux. Les Maoris étaient
connus pour la facilité avec laquelle ils lançaient et
recevaient des insultes et la passion avec laquelle ils entretenaient
pendant de nombreuses générations des rancunes pour des
affronts, réels ou imaginaires, infligés par d’autres,
à la manière des Lamanites et des Néphites. Les
Maoris de l’Église voyaient une mise en garde sévère
contre ce genre de choses quand ils lisaient le Livre de Mormon.
Je me rends compte
maintenant qu’ils trouvaient une partie importante de leur
identité dans leur croyance qu’une partie de ce qu’ils
étaient en tant que peuple et en tant qu’individus était
décrite dans les annales néphites. L’attachement
des Maoris au Livre de Mormon est dû à quelque chose de
plus que la fascination pour l’histoire de Hagoth : le Livre de
Mormon leur fournit une manière de s’accrocher à
certaines parties nobles de leur culture traditionnelle au moment où
ils deviennent un peuple centré sur la foi.
Regard en arrière
En 1950, lorsque je
rencontrai pour la première fois la façon de lire le
Livre de Mormon des Maoris, j’étais certain qu’ils
passaient à côté d’éléments
importants du livre. J’avais peut-être raison. Cependant,
ce que je n’ai pas vu au début, c’est que c’était
ma façon, à moi, de lire le Livre de Mormon qui avait
ses limites. Maintenant que j’ai plus d’expérience,
je comprends que leur façon de lire a certains avantages et
peut donner lieu à la découverte de significations que
j’avais négligées précisément à
cause des limites de l’horizon culturel dans lequel on m’avait
enseigné à lire les Écritures.
Je crois maintenant qu'il y
a une leçon importante à tirer sur les limites qui nous
sont imposées par l’horizon culturel assez étroit
qui est le nôtre lorsque nous abordons nos textes sacrés.
Cette leçon, je l’ai tirée au moins en partie de
ma rencontre avec la façon des Maoris de traiter le Livre de
Mormon. Nous commettons une erreur lorsque nous supposons que notre
manière, quelle qu’elle soit, est la seule façon
de lire fidèlement les Écritures. Ce que je crois, et les
réflexions sur mon expérience chez les Maoris me le
confirment, c’est qu’il y a des manières multiples
plausibles, différentes, tout en restant fidèles, de
lire les annales de Mormon. Notre façon traditionnelle, basée
en Utah, nous paraît tout à fait naturelle. Pourtant
elle n’épuise pas l’éventail de
significations que l’on peut trouver dans cette réserve
inépuisable de significations que sont les livres sacrés.
Nous, les saints des
derniers jours de la majorité, nous pouvons, je crois,
profiter de la compréhension plus profonde et plus large des
relations de Dieu avec l’humanité que nous montrent les
autres traditions culturelles. Elles peuvent nous fournir ces autres
perspectives de l’histoire sacrée qu’elles
obtiennent en faisant porter sur les Écritures une autre tradition
culturelle que la nôtre. Les saints qui appartiennent à
d’autres cultures peuvent nous aider à nous dégager
du cocon culturel de notre normalité. Je crois que les saints
qui échappent aux limites de leur tradition culturelle
peuvent, comme un insecte sortant de sa chrysalide, passer à
un état d’existence plus beau et plus libre –
l’équivalent spirituel et culturel de la transformation
en papillon. Mon expérience des Maoris et de leur façon
de voir le Livre de Mormon a eu pour effet de faire avancer ce
processus dans ma vie.
1.
Richard L. Bushman, Joseph
Smith and the Beginnings of Mormonism, Urbana, University of
Illinois Press, 1984, p. 133.
2. Richard L.
Bushman, “The Book of Mormon in Early Mormon History”,
dans New
Views of Mormon History : Essays in Honor of Leonard J. Arrington,
Davis Bitton et Maureen Ursenbach Beecher, Salt Lake City, University
of Utah Press, 1987, p. 5.
3. Idem.