La
véracité de l’Eglise de Jésus-Christ des
saints des derniers jours est indissolublement liée à
l’authenticité du Livre de Mormon. Ou bien celui-ci est
véritablement le document historique qu’il affirme être,
et dans ce cas ni Joseph Smith, ni personne d’autre, que ce
soit au 19e siècle ou de nos jours, n’aurait pu en être
l’auteur, ou bien c’est un faux, et alors il sera
inévitablement démasqué par les progrès
des connaissances scientifiques, et l’Eglise se révélera
être une fausse église. Or, depuis une cinquantaine
d’années, les indices en faveur de l’authenticité
historique du Livre de Mormon n’ont cessé de se
multiplier au point que quiconque veut mettre le Livre de Mormon (et
l’Église) en doute ne peut plus – s’il est
intellectuellement honnête – les ignorer. L’article
suivant traite d’un de ces indices.
La
trente-quatrième année :
La
grande destruction de 3 Néphi vue
par un géologue
Les recherches
géologiques et les récits de témoins oculaires
d’activités volcaniques laissent penser que les
destructions massives décrites dans 3 Néphi ont
vraisemblablement été causées par une explosion
volcanique.
Bart
J. Kowallis
BYU
Studies
37/3 (1997-98), p. 137-90
Il
y a environ trois cents ans, une éruption volcanique
cataclysmique se produisait au large de la côte nord-est de la
Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il n’existe pas d’histoire
écrite de cette éruption, mais les légendes
locales concernant cet événement abondent. En 1970,
Russell Blong commença à recueillir ces légendes
et à reconstituer les effets de l’éruption 1
[
I].
Les légendes en question appellent cette période "le
temps des ténèbres" :
Je
vais vous raconter l’histoire des ténèbres. Je
vais raconter l’histoire des grandes ténèbres qui
sont apparues dans cette région. Je ne les ai pas vues. On me
l’a dit et c’est ainsi que je le sais.
C’était
pendant qu’ils étaient endormis, pendant la nuit, qu’il
a fait si noir sur cette terre, et ils sont restés couchés
pendant trois nuits environ. Et quand ils ont pris des torches, et
sont montés sur les collines, et ont fait des signaux, allant
avec des torches dans le noir absolu, ils ont dit : Pouvez-vous voir
ma torche? Mais les torches n'éclairaient pas l’endroit! C'est pourquoi
ils ont dit : Non!
Ceci
est arrivé de nombreuses fois. Et quand ils avaient envie de
dormir et qu'il aurait dû faire nuit, ils dormaient. Et quand
il aurait dû y avoir de la lumière, ils s’éveillaient
et se levaient, et ne cessaient de regarder et de regarder, et ils
allumaient des torches et montaient sur les collines, en disant :
Voyez-vous ma torche? Et d'autres disaient : Voyez-vous ? Et ils
regardaient tout autour d’eux. Mais ils ne les voyaient pas 2
[
II].
Les
légendes racontent qu'après l’éruption,
d'autres phénomènes se produisirent en même temps
que les ténèbres. La plupart disent qu'elles durèrent
de deux à quatre jours 3
[
III].
L’une d’elles raconte que les ténèbres
furent annoncées par des tonnerres, des éclairs et des
secousses 4
[
IV].
Une autre raconte qu'une tempête était en route et qu'il
y avait des bruissements et des sifflements dans l’air 5
[
V].
D'autres décrivent des vents, des tremblements de terre, des
inondations, des bruits terribles, des fumées et des
changements inhabituels de température 6
[
VI].
Beaucoup de personnes moururent sous l'effondrement de leur hutte, à
cause des fumées ou des blessures infligées par les
retombées de cendres brûlantes, les chutes de pierres,
la famine et d'autres causes 7
[
VII].
Le long des régions côtières, les arbres et les
cultures furent détruits par des inondations 8
[
VIII].
Selon un récit : "Tous les mauvais hommes, les
perturbateurs, ceux qui avaient de mauvaises pensées, les
voleurs, etc." moururent au cours des ténèbres 9
[
IX].
D'après
Blong, les récits des indigènes sont étonnants,
non seulement parce qu'ils ont survécu pendant trois cents
ans, mais aussi parce que, à part un peu d'exagération
et d'embellissements, La véracité des histoires peut
être vérifiée par l’observation sur le
terrain 10
[
X]".
Aucun des récits ne donne un tableau complet de l'événement,
mais mis ensemble, ils donnent une bonne idée de ce qui se
passe lors d'une explosion volcanique.
La
distribution et l'épaisseur des cendres provenant de cette
éruption, seuls indices matériels qui aient survécu,
permettent d’en estimer l'ampleur et les effets associés
qui l’ont probablement accompagnée. Toutes les
conclusions basées sur ces indices matériels concordent
bien avec les traditions orales.
Sur
ce qui reste d’une stèle égyptienne, on trouve un
deuxième récit, beaucoup plus ancien, d'un temps de
ténèbres, que l'on a rattaché à la grande
éruption volcanique (env. 1500-1450 av. J.-C.) dans l'île
de Santorin (Thera), située à environ 110 km au nord de
l'île de Crète 11
[
XI].
L'inscription de la stèle dit, entre autres :
Les
dieux transformèrent le ciel en une tempête de pluie,
avec des ténèbres dans la région de l’ouest
et le ciel déchaîné sans arrêt, plus fort
que les cris des masses, plus puissant que […]. [tandis que la
pluie faisait rage ( ?)] sur les montagnes, plus fort que le
bruit de la cataracte qui est à Eléphantine. Toutes les
maisons, tous les quartiers qu’ils atteignirent […]
flottant dans l’eau comme des esquifs en face de la résidence
royale pendant une période de […], tandis qu’on
ne pouvait pas allumer de torche dans les Deux Terres. 12
[
XII]
Il y a un autre récit
historique qui ressemble d’une manière fort détaillée
aux légendes de Nouvelle-Guinée sur le temps de
ténèbres et aussi au récit égyptien. Ce
récit est vieux de près de deux mille ans et se trouve
dans 3 Néphi dans le Livre de Mormon :
Et
il arriva que la trente-quatrième année, le premier
mois, le quatrième jour du mois, il s'éleva un grand
orage, comme on n'en avait jamais connu de pareil dans tout le pays.
Et il y eut aussi une grande et terrible tempête, et il y eut
un tonnerre terrible, de sorte qu'il fit trembler la terre entière,
comme si elle était près de se fendre. Et il y eut des
éclairs extrêmement vifs, comme on n'en avait jamais
connu dans tout le pays. Et la ville de Zarahemla prit feu. Et la
ville de Moroni s'enfonça dans les profondeurs de la mer, et
les habitants en furent noyés. Et la terre fut soulevée
sur la ville de Moronihah, de sorte qu'au lieu de la ville il y eut
une grande montagne. Et il y eut une grande et terrible destruction
dans le pays situé du côté du sud. Mais voici, il
y eut une destruction encore plus grande et plus terrible dans le
pays situé du côté du nord ; car voici, la surface
tout entière du pays fut changée à cause de la
tempête, et des tourbillons, et des tonnerres, et des éclairs,
et du tremblement extrêmement grand de toute la terre ; et les
grandes routes furent fragmentées, et les routes plates furent
abîmées, et beaucoup de lieux nivelés devinrent
raboteux…
Et
voici, les rochers furent fendus en deux ; ils furent fragmentés
sur la surface de toute la terre, de sorte qu'on les trouva en
fragments brisés, et en crevasses, et en fissures, sur toute
la surface du pays. Et il arriva que lorsque les tonnerres, et les
éclairs, et l'orage, et la tempête, et les tremblements
de la terre finirent, car voici, ils durèrent environ trois
heures… et alors, voici, il y eut des ténèbres
sur la surface du pays. Et il arriva qu'il y eut des ténèbres
épaisses sur toute la surface du pays, de sorte que ceux de
ses habitants qui n'étaient pas tombés pouvaient
toucher la vapeur des ténèbres ; et il ne pouvait y
avoir aucune lumière à cause des ténèbres,
ni lampes, ni torches ; et il était impossible d'allumer du feu
avec leur bois fin et extrêmement sec, de sorte qu'il ne
pouvait pas y avoir de lumière du tout. Et on ne voyait aucune
lumière, ni feu, ni lueur, ni le soleil, ni la lune, ni les
étoiles, tant étaient grands les brouillards de
ténèbres qui étaient sur la surface du pays. Et
il arriva que pendant trois jours, on ne vit aucune lumière…
Et
c'était la partie la plus juste du peuple qui avait été
sauvée, et c'étaient ceux qui avaient reçu les
prophètes et ne les avaient pas lapidés, et c'étaient
eux qui n'avaient pas versé le sang des saints, qui avaient
été épargnés et ils avaient été
épargnés et n'avaient pas été engloutis
et ensevelis dans la terre ; et ils n'avaient pas été
noyés dans les profondeurs de la mer ; et ils n'avaient pas été
brûlés par le feu, et ils n'avaient pas non plus été
recouverts et écrasés au point d'en mourir ; et ils
n'avaient pas été emportés dans le tourbillon ;
ils n'avaient pas non plus été accablés par la
vapeur de fumée et de ténèbres. (3 Néphi
8:5-13 ; 18-23 ; 10:12-13 ; ces passages seront dorénavant cités
sans mention de référence).
Ce
récit de destruction, que l’on trouve dans 3 Néphi,
m’a toujours fasciné, depuis la première fois que
j’ai lu l’histoire dans mon enfance jusqu’à
ce jour. C’est le récit de ce qui, à première
vue, semble être un événement ou un groupe
d’événements complexe qu’il serait
difficile de ramener à une cause unique. En fait, j’ai
souvent entendu d’autres saints des derniers jours dire que
tout le relief de l’Amérique du Nord et du Sud et de
l’Amérique centrale que nous voyons aujourd’hui
s’est formé à ce moment-là, si grande fut
la destruction. Or, l’idée que la totalité de la
surface du continent ait pu être bouleversée va à
l’encontre de toutes les données géologiques dont
nous disposons. Je crois qu‘en examinant le récit de 3
Néphi dans le détail, nous verrons qu’il décrit
un événement plus localisé, un événement
qui cadre bien avec la conception d’une géographie
restreinte entretenue par beaucoup de spécialistes du Livre de
Mormon 13
[
XIII].
Le
récit de 3 Néphi ne peut toutefois pas s'expliquer
uniquement comme un tremblement de terre massif et comme une violente
tempête, car aucun de ces deux désastres naturels ne
peut expliquer tous les éléments décrits. Par
contre, tous les éléments du récit peuvent être
expliqués par un phénomène naturel d'un type
précis qui ne se produit que dans certains cadres géologiques :
une éruption volcanique explosive semblable à celle de
Papouasie-Nouvelle-Guinée et à l'éruption de
Santorin. Je ne suis certainement pas le premier à reconnaître
cet événement pour ce qu'il est, mais j'espère
décrire ici plus complètement les événements
qui se sont produits et démontrer qu'ils peuvent tous
s'expliquer dans le contexte d'une seule éruption volcanique
explosive 14
[
XIV].
Événements
qui se sont produits pendant la destruction
La
diversité des phénomènes et des lieux mentionnés
dans le récit de 3 Néphi est considérable, ce
qui indique que l'événement a vraisemblablement touché
un territoire assez vaste et que l'auteur a dû attendre et
accumuler des informations d'un peu partout dans le pays avant de
faire son récit ; il est peu vraisemblable qu'il ait été
personnellement témoin de tous les événements.
Les annales néphites avaient conservé une certaine
connaissance du type de destruction qui allait se produire. Le
prophète Zénos avait prédit les phénomènes
physiques qui se produiraient à la mort du Sauveur (1 Néphi
19:10-13). Écrit des siècles avant les événements
rapportés dans 3 Néphi, 1 Néphi préserve
la prophétie de Zénos selon laquelle y aurait "les
tonnerres et les éclairs de son pouvoir,... la tempête,...
le feu, et... la fumée , et... la vapeur de ténèbres,
et... la terre qui s'entrouvrira, et... les montagnes qui seront
soulevées... les rochers de la terre se fendront ; [et les]
gémissements de la terre" et trois jours de ténèbres
15
[
XV].
Il est évident que lorsque l'on a cette prophétie à
l'esprit, la terminologie utilisée dans 3 Néphi devient
plus spécifique et plus descriptive, définissant
clairement le genre d'événements qui se sont produits
en accomplissement de cette prophétie. Par exemple, des
expressions telles que "des éclairs extrêmement
vifs", "la terre soulevée sur la ville", "les
rochers... fragmentés sur la surface de toute la terre",
"des ténèbres épaisses [que l'on pouvait]
toucher", "aucune lumière ", "vapeur de
ténèbres" et "vapeur de fumée'"
sont des expressions-clefs dans l'interprétation de ces
passages d'Ecriture. L'auteur veut que nous sachions que les éclairs
n'étaient pas les éclairs habituels, mais plutôt
quelque chose d'extraordinaire, que d'une certaine façon la
terre s'est soulevée (quelque chose qui n'arrive pas
habituellement), que les rochers n'ont pas simplement été
morcelés le long d'une faille étroite, mais ont été
dispersés à travers tout le pays, que les ténèbres
étaient inhabituelles, des ténèbres que l'on
pouvait toucher et qui étaient si intenses qu'on ne pouvait
pas voir de lumière, et qu'il y avait des vapeurs de fumée
qui accompagnaient les ténèbres.
La
liste complète des événements dont 3 Néphi
dit qu'ils se sont produits au cours de la destruction comporte les
éléments suivants :
1. Un
grand orage (8:5)
2. Une
grande et
terrible tempête (8:6, 12, 17 ; 10:14)
3. Un
tonnerre terrible
(8:6, 12, 17)
4. Un
tremblement de
toute la terre (8:6, 12, 14, 17, 19 ; 10:9)
5. Des
éclairs
extrêmement vifs (8:7, 12, 17)
6. Des
villes en
flammes (8:8, 14, 24 ; 9:3, 9-10 ; 10:13-15
7. Des
villes qui
s'enfoncent dans la mer (8:9 ; 9:4, 7 ; 10:13)
8. La
terre soulevée
sur des villes (8:10, 14, 25 ; 9:5 ; 10:13)
9. Des
villes qui sont
englouties et enterrées (9:6, 8 ; 10:13-14)
10. Un changement de
toute la surface du pays (8:12, 17)
11. Des tourbillons
(8:12, 16 ; 10:13-14)
12. Les grandes routes et
la terre fragmentées (8:13)
13. Destruction des
villes et de leurs habitants (8:14, 15)
14. Fragmentation et
dispersion des rochers (8:18 ; 10:9)
15. Une durée de
trois heures des premiers événements (8:19)
16. Des ténèbres
épaisses pendant trois jours (8:19, 22, 23 ; 10:9, 13)
17. Des ténèbres
palpables (8:20)
18. Ni feu ni lampes
(8:21)
19. Du bois très
sec (8:21)
20. Des vapeurs de fumée
(10:13-14)
21. Des objets qui
écrasent des gens dans leur chute (10:13)
Le volcanisme
explosif
Chacun des événements
cités ci-dessus a été constaté dans les
éruptions volcaniques explosives des temps historiques et sera
examiné plus loin en détail. Mais d'abord, il est
important de déterminer où se produit le type
d'éruption volcanique requis pour produire ces effets et de
voir si ces endroits sont compatibles avec les idées actuelles
concernant la géographie du Livre de Mormon.
On
trouve habituellement les volcans dans trois cadres géologiques
très différents de par le monde. Ceux-ci se trouvent 1)
le long des bords de deux plaques tectoniques, là où
elles s'écartent ; les géologues les appellent rifts
ou zones
de fracture,
2) le long des bords de deux plaques, là où elles se
rapprochent, ce que l'on appelle zones
de subduction
3) et à l'intérieur des plaques tectoniques, à
des endroits appelés point
chauds.
Les volcans qui se forment aux endroits des rifts,
ou
zones de fracture,
sont habituellement constitués de nombreuses coulées de
lave liquide, qui se répandent en largeur en forme de
bouclier, ce qui donne à ces volcans leur nom de volcans
boucliers [volcans dits de type hawaïen, n.d.t.]. Leurs
éruptions sont rarement violentes et sont la plupart du temps
suffisamment légères pour qu'une famille puisse se
rassembler, monter sur une colline pour avoir une bonne vue, éviter
les coulées de lave incandescente et regarder en toute
sécurité.
Par
contre, les volcans qui se forment dans les zones de subduction sont
très différents. Le magma qui se trouve sous la surface
de ces volcans est épais et visqueux, et contient plus d'eau
et d'autres gaz que les coulées tranquilles des volcans de
type hawaïen. Cette roche épaisse, pâteuse, en
fusion, est si visqueuse que quand elle est poussée vers la
surface, elle ne coule pas loin, mais crée plutôt des
volcans coniques, aux flancs escarpés, appelés
strato-volcans.
Ces volcans sont souvent très beaux et sont fort admirés
par les touristes. Des montagnes telles que le mont Fuji, le mont
Ranier, le pic Lassen et le mont St. Helens font partie de cette
catégorie de volcans.
Mais si ces montagnes
sont belles, elles n'en sont pas moins extrêmement violentes et
dangereuses. À certains moments, le magma pâteux et
visqueux qui se trouve dans le volcan bouche la cheminée de
celui-ci, empêchant la pression du magma souterrain de se
relâcher.
Avec
le temps, la pression exercée par les gaz en dessous de la
surface devient si forte que la montagne s'effondre ou explose, tout
comme une cocotte-minute explose si la soupape de sûreté
est coincée et que la pression qui augmente, parce que la
casserole chauffe, ne peut pas se libérer. Quand la pression
est libérée dans la chambre souterraine, les gaz se
séparent du magma liquide et se détendent, ce qui fait
exploser violemment le volcan. Dans beaucoup de cas, le dégazage
du magma se produit si rapidement que la chambre souterraine ne peut
pas supporter le poids de la roche qui est au-dessus d'elle. Cette
roche s'effondre dans la chambre souterraine, ce qui fait encore
sortir de la lave en fusion et crée une dépression,
appelée caldeira, à l'endroit où se trouvait le
volcan. Le Crater Lake en Oregon est un bon exemple de la caldeira
qui reste après l'explosion d'une montagne.
Les volcans des points
chauds peuvent produire soit des éruptions légères
de lave fluide, soit des éruptions explosives très
violentes, selon que l'éruption a lieu dans un bassin
océanique ou sur un continent. Si le point chaud est un bassin
océanique, les éruptions sont généralement
très légères, comme dans les îles Hawaï.
Mais si le point chaud est situé sous un continent, les
éruptions sont généralement beaucoup plus
violentes, semblables à celles qui se produisent dans les
zones de subduction.
Ce
sont les éruptions explosives violentes des volcans liés
à la subduction ou aux points chauds continentaux qui peuvent
expliquer les événements de 3 Néphi. Dans les
temps historiques, plusieurs de ces éruptions explosives se
sont produites et ont été soigneusement décrites.
Les éruptions du mont St. Helens (1980, Etat de Washington),
d'El Chichón (1982, Mexique), de Nevado del Ruiz (1985,
Colombie), du mont Pinatubo (1991, Mexique) et d'autres volcans de ce
type au cours des quelques décennies écoulées
ont donné aux savants la possibilité de se documenter
avec plus de précision et plus complètement sur les
phénomènes qui les accompagnent. Toutefois, toutes ces
éruptions récentes ont été assez petites
quand on les compare à d'autres éruptions des temps
historiques.
Le mont St. Helens, par exemple, a projeté un
volume de roches équivalent à un bloc de 1.600 m de
large sur 1.600 m de long et 1.200 m d'épaisseur. Le mont
Pinatubo a projeté huit à dix fois cette quantité.
Cependant, au cours de l'éruption de Tambora, en avril 1815,
dans l'île de Sumbawa, en Indonésie, c'est un volume
cent fois plus grand que celui de l'éruption du Mont St.
Helens de 1980 qui a été éjecté 16
[
XVI].
Il
faut en dire ici, au passage, un peu plus sur l'éruption de
Tambora. En 1815, la famille de Joseph Smith venait de connaître
une deuxième année de sécheresse à
Norwich (Vermont) 17
[
XVII],
et avait désespérément besoin d'une bonne
récolte en 1816. Malheureusement, il ne devait pas en être
ainsi. La poussière et les cendres, qui avaient été
injectées l'année précédente dans
l'atmosphère par l'éruption de Tambora, refroidirent le
climat du monde et firent que l'été de 1816 en
Nouvelle-Angleterre fut le plus froid jamais enregistré. Il
tomba de la neige en juin et des gelées dévastatrices
se produisirent jusqu'au 12 juillet. Ensuite, une série de
gelées exceptionnellement précoces se produisit de
nouveau après le 20 août 18
[
XVIII].
L'année 1816 fut appelé "l'année sans été
19
[
XIX]".
Cette troisième année successive de mauvaises récoltes
en Nouvelle-Angleterre chassa beaucoup de fermiers de la région
20
[
XX],
entre autres la famille Smith 21
[
XXI].
Il est intéressant de constater qu'un volcan, dans un coin
éloigné du monde, ait pu contribuer à inciter la
famille de Joseph à aller s'installer à l'endroit où
elle devait être pour que le rétablissement de
l'Evangile se produise.
Revenons
maintenant aux questions principales posées au début de
cette section. Ce genre de volcan explosif aurait-il pu exister dans
la région où vivaient les populations du Livre de
Mormon et une éruption aurait-elle pu se produire à
l'époque de la mort du Christ ? La réponse à ces
deux questions est "oui". Si, comme le croient la plupart
des spécialistes du Livre de Mormon, ces gens vivaient dans le
sud du Mexique ou en Amérique centrale, ils vivaient dans une
région très active de volcanisme explosif, là où
les plaques tectoniques d'Amérique du Nord et des Cocos sont
en collision.
En fait, sur la base du volume des matières
éruptives et de la longueur de la ceinture volcanique, la zone
volcanique d'Amérique centrale est la région volcanique
la plus productive de la terre 22
[
XXII]
Les populations du Livre de Mormon avaient probablement assisté
à des éruptions plus petites tout au long de leur
histoire, mais elles ne sont pas mentionnées dans le Livre de
Mormon, probablement parce qu’elles n’étaient pas
suffisamment dévastatrices pour être un objet de
préoccupation et parce qu’elles n’étaient
pas liées à une prophétie déterminée.
Le
fait qu’aucune éruption plus petite n’ait été
précédemment mentionnée n’a rien de
vraiment étonnant. Par exemple, dans l’île de la
Martinique, avant l’éruption dévastatrice du mont
Pelé en 1902, les journaux locaux ne mentionnent quasiment
jamais le volcan, alors qu’il avait gargouillé et craché
de petites quantités de cendres et de vapeur des jours durant
avant l’éruption principale. Les journaux et les gens de
l’endroit se préoccupaient plus des élections
toutes proches. Lorsque l’on parlait du volcan, c’était
pour apaiser et raisonner la population et la convaincre qu’aucun
désastre n’était imminent 23
[
XXIII].
La raison de ce manque d’intérêt pour la montagne
tenait simplement au fait qu’elle avait fait bien des fois
auparavant ce genre de choses, sans qu’il y ait de grosses
éruptions destructrices.
On retrouve dans le monde entier des
histoires semblables de gens qui, pendant des siècles, ont
vécu autour et sur les flancs de volcans actifs. Ils y vivent
sans crainte, parce que les éruptions massives et
cataclysmiques ne sont pas courantes. Tel était probablement
aussi le cas chez les Néphites. Ils vivaient avec les volcans,
ils cultivaient la terre riche sur leurs flancs, ils assistaient de
temps en temps à de petites éruptions, à des
jets de vapeur et à de petits tremblements de terre, mais ils
n’avaient pas connu d’éruptions dévastatrices
à grande échelle.
Par contre,
l’éruption décrite dans 3 Néphi fut
apparemment une éruption majeure avec une dévastation
si massive qu’il serait difficile de l’ignorer dans un
compte rendu historique, et l'événement qui suivit, à
savoir, la venue du Sauveur, en a fait un événement
historique particulièrement important.
Je suis
personnellement d’avis que les populations du Livre de Mormon
vivaient sur un territoire relativement restreint, probablement dans
le sud du Mexique ou en Amérique centrale, comme décrit
dans le livre de John Sorenson, An Ancient American Setting for
the Book of Mormon. Cette région est située le long
d’une zone frontière tectonique de subduction avec
beaucoup de volcans actifs et un nombre record d’éruptions
volcaniques, par exemple les éruptions d'El Chichón
(Mexique en 1982), du Cerro Negro (Nicaragua en 1968) et du Coseguina
(Nicaragua en 1835) 24
[
XXIV].
On s’attend à ce qu’il y ait ici d’autres
éruptions grandes et petites. À l’heure actuelle, on n’a
pas rattaché une couche particulière de cendres ni un
volcan particulier au désastre de 3 Néphi, mais je
crois qu’il est là, étant donné que les
points suivants démontrent qu’il ne fait pas de doute
que ce désastre a été une éruption
volcanique explosive.
Orage, tempête
et tourbillons
Les
grandes éruptions volcaniques explosives sont souvent
accompagnées de vents et de tourbillons violents 25
[
XXV].
Les vents sont causés par les mouvements des nuages de cendres
volcaniques, qui soit traînent sur le sol, sous forme de nuages
brûlants, se déplaçant rapidement et causant des
destructions énormes, ce que l'on appelle des nuées
ardentes,
ou alors des nuages de souffle qui se déplacent encore plus
rapidement. Par exemple, pendant l'éruption du mont St.
Helens, l'explosion était "presque au-delà de
toute compréhension, cinq cents fois plus forte que la bombe
atomique de 20 kilotonnes (20.000 tonnes) qui est tombée sur
Hiroshima" 26
[
XXVI].
Et on estime que le nuage de souffle s’est déplacé
à une vitesse de plus de 500 km à l’heure 27
[
XXVII].
Trois témoins oculaires de l’explosion racontent :
J’ai
regardé vers l’est, vers le lac Hanaford et le lac Fawn,
et cette région-là : On aurait dit que la chaîne
de montagne tout entière venait d’exploser. Tandis qu’il
approchait, le nuage de souffle ressemblait à une masse de
roches bouillonnantes et aussi élevée que l’on
pouvait y voir. Des arbres étaient arrachés et lancés
en l’air à l’avant du nuage…
Le
nuage approchait avec un rugissement. Et quand il est passé
au-dessus de nos têtes, un cèdre a commencé à
tomber et au bout de quelques secondes il ne restait plus d’arbres.
Un
vent très fort, qui a écrasé les flammes du feu
de camp sur le sol et soufflé les mèches de cheveux à
l’horizontale, précédait le nuage de souffle
d’environ 10 à 15 secondes 28
[
XXVIII].
Des
arbres vieux de plusieurs centaines d’années furent
arrachés comme des cure-dents et aplatis, tous orientés
dans la même direction opposée au souffle. Avec le vent
qui hurlait à une vitesse que ces témoins estiment
avoir été de plus de 300 km/h, certains "vieux
géants" furent arrachés par leurs racines et
lancés en l’air comme des fétus par-dessus des
crêtes voisines hautes de 500m 29
[
XXIX].
Il faut de nouveau rappeler ici que l’éruption du mont
St. Helens était relativement petite du point de vue
géologique.
Plus impressionnants
encore sont les récits de la destruction qui s’abattit
en 1902 sur la ville de Saint-Pierre, dans l’île de la
Martinique, aux Caraïbes, au cours de l’éruption du
mont Pelé. Saint-Pierre était une ville de plus de
30.000 habitants. Parmi tous ceux qui étaient dans la ville,
il n’y en eut que deux qui survécurent à
l’éruption ainsi qu’une poignée d’autres
dans le voisinage immédiat. L'un des survivants, un certain
Monsieur Albert, propriétaire d’un domaine près
de Saint-Pierre, raconte avec quelle soudaineté et avec quelle
violence les vents provoqués par l’éruption
commencèrent et l’ampleur de leur puissance
destructrice.
Le
mont Pelé nous avait avertis de la destruction qui allait se
produire, mais nous, qui considérions le volcan comme
inoffensif, nous ne croyions pas qu’il ferait plus que cracher
du feu et de la vapeur, comme il l’avait fait en d’autres
occasions.
C’est
un peu avant 8 heures du matin du 8 mai que vint la fin. J’étais
dans un des champs de mon domaine lorsque le sol trembla sous mes
pieds, pas comme lorsque la terre tremble, mais comme si un combat
terrible se déroulait à l’intérieur de la
montagne. Je fus envahi par la terreur, mais ne pus expliquer ma
crainte.
Je
m’arrêtai. Le mont Pelé sembla frissonner et un
gémissement sortit de son cratère. Il faisait très
sombre, le soleil étant obscurci par des cendres et une fine
poussière volcanique. L’air était mort autour de
moi, si mort que la poussière flottante n’était
apparemment pas perturbée.
Ensuite
il y eut le bruit d’un déchirement, d’un
écrasement, d'un grincement que je ne peux pas décrire
autrement qu'en disant qu’on avait l’impression que
toutes les machines du monde s’étaient tout à
coup brisées. C’était assourdissant et l’éclair
qui l’accompagna était aveuglant, plus que n’importe
quel éclair que j’aie jamais vu.
C’était
comme un ouragan terrible, et là où une fraction de
seconde auparavant avait régné un calme parfait, je me
sentis attiré dans un tourbillon et je dus m’accrocher
fermement. C’était comme si un grand express passait à
toute vitesse et que j’étais entraîné par
sa force.
La
force mystérieuse aplatit une rangée de gros arbres,
les arrachant par les racines et laissant dénudée une
surface de 15 m de large et de plus de 100 m de long.
Je
restai figé…. ne sachant pas dans quelle direction
fuir. Je regardai vers le mont Pelé, et au-dessus de son
sommet se formait un gros nuage noir qui montait très haut
dans les airs. Il s’abattit littéralement sur la ville
de Saint-Pierre. Il se déplaçait avec une rapidité
qui faisait qu’il était impossible à quoi que ce
soit de lui échapper.
Du
nuage sortaient des explosions, qui donnaient l’impression que
toutes les flottes de guerre du monde étaient engagées
dans un combat titanesque. Des éclairs entraient et sortaient
en larges fourches, et le résultat était que des
ténèbres intenses était suivies d’une
lumière qui semblait avoir une force multipliée 30[
XXX].
Le
"gros nuage noir" vu par monsieur Albert était un
souffle de vapeur surchauffée remplie de particules de cendres
encore plus chaudes. On estime que ce nuage se déplaçait
à une vitesse d’au moins 150 km/h. Cette vitesse était
possible parce que les particules de cendres lui donnaient une
densité plus grande que les gaz atmosphériques normaux,
l'amenant à flotter à très basse altitude. En
avançant, il était soulevé suffisamment par les
gaz brûlants et comprimés à la base de la masse
en déplacement pour le faire descendre, presque sans aucune
friction, de la montagne et à l’intérieur de
Saint-Pierre. La grande densité, la rapidité et la
proximité du nuage par rapport au sol augmentaient sa capacité
destructrice, qui était plus grande que celle d’un
ouragan dont le vent aurait eu la même vitesse 31
[
XXXI].
Fred Bullard, dans son livre Volcanoes
of the Earth,
décrit la puissance de cette avalanche de cendres et de gaz
volcaniques sur et par-dessus la ville de Saint-Pierre :
Toutes
les maisons de Saint-Pierre perdirent leurs toits et furent démolies
soit partiellement, soit entièrement. Les arbres furent
dépouillés de leurs feuilles et de leurs branches
jusqu’au tronc. Ce qui donne une idée de la force du
souffle, c’est le fait que des murs de ciment et de pierre de
90 cm d’épaisseur furent mis en pièces comme
s’ils étaient du carton ; des canons de six pouces de la
batterie Morne d’Orange furent arrachés de leurs affûts,
des arbres séculaires furent déracinés et une
statue de la Vierge Marie, qui pesait au moins trois tonnes fut
transportée à 15 m de sa base 32[
XXXII].
Pendant
l’éruption du Krakatau, un volcan situé dans une
île au large de la côte de Java, en 1883, des vents
soufflant à grande vitesse, atteignant, de nouveau, très
soudainement le niveau d’un ouragan (comme à
Saint-Pierre), furent signalés par plusieurs bateaux qui
croisaient à proximité de l’île. Le premier
officier
à bord du navire W.
H. Besse
décrit les vents au moment ou ils se jetèrent sur son
bateau :
A
6 h du matin…nous levâmes l’ancre, nous avions un
bon vent, nous espérions être sortis du détroit
avant la nuit ; à 10 heures du matin, nous étions à
moins de 10 km de la Pointe St-Nicolas, quand nous entendîmes
de formidables explosions et vîmes un banc noir et épais
s’élever dans la direction de l’île de
Krakatau, le baromètre tomba d’un pouce en une fois,
montant et descendant soudain d’un pouce à la fois, j’ai
appelé tous les marins et nous avons cargué toutes les
voiles, et nous avions à peine fini que la bourrasque
s’abattait sur le navire avec une force terrible ; nous lâchâmes
l’ancre à bâbord et toute la chaîne dans le
puits, le vent augmenta jusqu’à devenir un ouragan 33
[
XXXIII].
Les
tourbillons, ou tornades, semblent être un élément
assez habituel de beaucoup d’éruptions volcaniques
explosives. Les cendres brûlantes projetées en l’air
sont une source concentrée de chaleur qui cause de violents
courants ascendants, créant des conditions idéales pour
la formation de tourbillons. Il n’y a toutefois qu’un
petit nombre de récits qui signalent véritablement des
tourbillons, peut-être parce que la plupart du temps on ne peut
pas les voir, étant donné les ténèbres
incroyables qui accompagnent habituellement les éruptions.
Néanmoins, des tourbillons ont été un élément
important de plusieurs éruptions, comme l’éruption
de Tambora de 1815 où "des tourbillons violents
emportèrent hommes, chevaux, bétail et tout ce qui
passait à leur portée, arrachaient les arbres les plus
gros par les racines et couvraient la mer tout entière de bois
flottant 34
[
XXXIV]".
Le lieutenant Owen Phillips signale que la ville de Saugar, située
à environ 40 km de Tambora, fut dévastée par un
violent tourbillon qui renversa presque toutes les maisons 35
[
XXXV].
Après une éruption
préliminaire du Krakatau, en mai 1883, "avant l'éruption
principale du mois d'août", un groupe de dignitaires et de
savants se rendit dans l’île, par curiosité, et
avec le désir d’évaluer les dégâts.
Ils rapportent que :
Certains
arbres dépassaient les cendres sous la forme de moignons
dénudés, hauts de plusieurs mètres, dont les
branches semblaient avoir été arrachées de
force. Le bois était sec sans aucun signe de brûlure ou
de calcination ; on ne pouvait pas trouver la moindre feuille ni la
moindre branche les cendres et il est par conséquent
vraisemblable que la déforestation doive être attribuée
à un tourbillon, car il s’en développe souvent
dans les turbulences de l’air au cours des éruptions
volcaniques, à la suite de l’échauffement local
de l’atmosphère 36
[
XXXVI].
Quand
le volcan Mayon, dans les Philippines, fit éruption en 1766,
il fut accompagné "de tornades, appelées 'baguios'
dans ce pays 37
[
XXXVII]".
On signale aussi des tourbillons dans l’éruption de
Hekla en 1947, dans l’éruption de Surtsey, en 1963, et
l’éruption d’Eldfell, tous en Islande 38
[
XXXVIII].
Ces récits prouvent que les vents violents et les tourbillons
sont des éléments courants des éruptions
volcaniques explosives et qu’il n’est pas nécessaire
d’invoquer d’autres types d’activités
orageuses, comme les ouragans ou les cyclones, pour expliquer ces
événements. Il y a ici un autre indice qui est
important. Le Livre de Mormon mentionne que leur bois était
"extrêmement sec". Il est peu probable que leur bois
aurait été extrêmement sec s’il venait de
connaître un ouragan ou un autre type d’orage tropical
important. Mais les vents et les orages associés aux éruptions
volcaniques, même s’ils peuvent s’accompagner de
pluies, sont souvent secs. Le récit ci-dessus du voyage
jusqu’au Krakatau après une de ses éruptions,
rapporte que les arbres et le bois étaient secs. Un autre
récit concernant le mont St. Helens montre que cette éruption
ne s’accompagnait pas de pluie :
Le
nuage zébré d’éclairs qui s’éloignait
du mont St. Helens en direction du N-E à une vitesse de 100
km/h ressemblait exactement à une tête de cumulo-nimbus
d’une hauteur immense, mais il était plus gros et plus
noir qu’aucun autre nuage connu. La plupart des gens qui se
trouvaient sur son chemin et qui n’étaient pas encore au
courant de l’éruption du volcan, se préparaient
pour un orage. Mais il n’y eut pas de pluie. Au lieu de cela,
le nuage descendit comme un linceul, revêtant le paysage d’une
noirceur de cendres volcaniques que même les phares des autos
ne pouvaient pas pénétrer 39
[
XXXIX].
Le "bois extrêmement
sec" décrit dans le Livre de Mormon montre qu’il
s’agit d’un orage sec avec des vents violents et des
tourbillons, toutes choses qui vont bien de pair avec une grande
éruption volcanique. Il est certain que des vents violents et
des tourbillons peuvent se produire sans pluie dans d’autres
circonstances et dans d’autres conditions, mais peu d’autres
situations seraient d’une violence aussi spectaculaire qu’une
grande éruption volcanique. Même un ouragan majeur ne
pourrait pas, par exemple, produire le genre de vent destructeur qui
dévasta la ville Saint-Pierre en 1902.
Des tonnerres terribles et des éclairs
violents
La majeure partie de ce
que nous savons du tonnerre et des éclairs vient d’orages
qui sont tout à fait courants de par le monde. De temps en
temps, il peut y avoir des orages extrêmement violents avec un
déploiement spectaculaire d’éclairs et de coups
de tonnerre. Cependant la description que fait Néphi du
tonnerre et des éclairs qui se produisirent sortait de
l’ordinaire, car, dit-il, "on n'en avait jamais connu de
pareil dans tout le pays". Le tonnerre était également
particulier en ce qu’il se rattache aux tremblements de "la
terre entière comme si elle était près de se
fendre", ce qui implique qu'un tremblement de terre se
produisait en même temps que les éclairs et le tonnerre.
La violence des éclairs et du tonnerre qui les accompagne,
ainsi que d’autres bruits causés par les explosions près
d’un volcan, peuvent relever de cette espèce
extraordinaire décrite par Néphi. Les éclairs
sont causés par la friction entre les cendres explosives et
l’air. Cette friction produit d’énormes quantités
d’électricité statique, qui se déchargent
ensuite sous forme d’éclairs.
Le tonnerre provenant des
éclairs est multiplié par les explosions provenant du
volcan et les tremblements de terre qui se produisent presque
continuellement au cours de certaines éruptions. Un des plus
anciens récits décrivant ces violents éclairs
volcaniques vient de Pline le Jeune, qui observa l’éruption
du Vésuve en 79 apr. J.-C. Il écrit :
Un
nuage noir effrayant était déchiré par des jets
de flammes fourchues et tremblantes et s'ouvrait pour révéler
de grandes langues de feu, comme des éclairs dont la taille
aurait été amplifiée 40
[
XL].
Peter
Francis voit dans la description des éclairs amplifiés
de Pline des décharges "d’électricité
statique s’accumulant dans le nuage de cendres 41
[
XLI].
A certains moments au
cours d’une éruption volcanique, l’air se charge à
tel point d’électricité statique que des choses
inhabituelles peuvent se produire. Par exemple, au cours d’une
éruption au Kamtchatka, dans l’Est de la Russie,
l’activité électrique joua des tours aux
ustensiles électriques modernes :
En
même temps que le nuage, arrivait aussi et grandissait le
grondement d’un tonnerre bruyant accompagnant des éclairs
incessants … des gens rentrant du travail erraient dans le
village à la recherche de leur maison. Des coups de tonnerres
retentissaient sans interruption avec un bruit assourdissant. L’air
était saturé d‘électricité, les
téléphones sonnaient spontanément, les
haut-parleurs du réseau radios brûlaient 42
[
XLII].
Le bruit du tonnerre
produit par une éruption peut porter sur plusieurs centaines
de kilomètres. L’éruption du Mont Tambora en 1815
montre quelle portée ces effets peuvent avoir.
En
avril 1815, une des éruptions les plus terribles enregistrées
par l’histoire se produisit sur le mont Tambora, dans l’île
de de Sumbawa. Elle commença le 5 avril et atteignit le sommet
de sa violence le 11 et le 12 et ne cessa pas entièrement
avant juillet. Le bruit des explosions fut entendu à Sumatra,
à une distance de 1500 km à vol d’oiseau et à
Ternate, dans la direction opposée, à une distance de
1150 km … le territoire sur lequel des bruits de tremblements
et d’autres effets volcaniques s’étendirent
avaient une circonférence de 1000 miles anglais, comprenant la
totalité des Moluques, Java, une partie considérable
des Célèbes, de Sumatra et de Bornéo 43
[
XLIII].
D’après
le récit fait par le capitaine Logan de l’éruption
du Krakatau, dont il fut témoin à bord du navire
Berbice,
dans le détroit de la Sonde, nous voyons de nouveau la nature
spectaculaire du déploiement des activités électriques
qui se produisirent au cours d’une éruption. Le livre de
bord du bateau commence ainsi à minuit :
La
pluie de cendres devient plus forte et est mêlée de
fragments de pierre ponce. Les éclairs et les tonnerres
deviennent de plus en plus violents ; les éclairs sillonnent le
ciel tout autour du bateau. Des boules de feu tombent constamment sur
le pont et éclatent en étincelles. Nous voyons la
foudre tomber tout près de nous sur le bateau, nous entendons
des grondements et des explosions terribles, tantôt sur le
pont, tantôt dans le gréement. L’homme de barre
ressent de violents chocs électriques dans un bras. Le
revêtement de cuivre du gouvernail se met à briller sous
l’effet des décharges électriques.
Des phénomènes
de feu se manifestent à chaque instant à bord du
bateau. De temps à autre, quand un marin se plaint d’avoir
été touché, je fais de mon mieux pour le calmer
et m’efforce de lui sortir cette idée de la tête
jusqu’à ce que je doive moi-même, au moment ou je
m’agrippe d’une main à un endroit du gréement
et en penchant la tête pour être hors d’atteinte de
l’averse aveuglante de cendres qui passe devant mon visage,
lâcher prise à cause d’un violent choc électrique
dans mes bras. 44
[
XLIV]
.
Pendant
l’éruption du mont St. Helens,
Les
éclairs et les autres phénomènes électriques
associés à l’éruption étaient si
spectaculaires, que beaucoup de témoins le mentionnèrent
… certains observateurs virent des formes d’éclairs
inhabituels. Certains éclairs semblaient être rouges. Ce
n’étaient pas des éclairs normaux : "Tout
d'abord, une tache blanche apparaissait dans le nuage et ensuite un
éclair en sortait." L’éclair avait la forme
de boules "filant vers le sol, rattachées ni au nuage ni
au sol." Lorsque le nuage fut passé au-dessus de nous,
un grand nombre d’éclairs se produisirent à 200
ou 250 m dans l’air et formèrent "de grosses
boules, aussi grosses qu’une camionnette, et se mirent à
rouler et à bondir sur le sol 45
[
XLV]."
Des
photos d’éclairs volcaniques spectaculaires ont été
publiées en plusieurs endroits. Par exemple, Simkin et Fiske
ont une photo d’éclairs autour d’Anak Krakatau (la
nouvelle île sortie de la mer à la place du Krakatau)
prise pendant une éruption en 1933 46
[
XLVI] ; Decker et Decker montrent
une photo, avec un temps d'exposition pose
de cinq minutes, d’éclairs au-dessus d’un volcan
en éruption au Nicaragua 47
[
XLVII] ; Lambert a une photo
d’éclairs dans les cieux au-dessus
de Surtsey pendant une éruption 48
[
XLVIII] ;
Nuhfer et d’autres ont une photo d’éclairs
au-dessus du volcan Galunggung en Indonésie 49
[
XLIX] ;
et le magasine Discover
a publié une photo spectaculaire, avec un temps d'exposition
de 7 minutes, d’éclairs sur le volcan Sakurajima au
Japon 50
[
L]
Les descriptions de
tonnerres et les photos d’éclairs autour d’éruptions
volcaniques explosives montrent que ces phénomènes se
produisent souvent sans pluie, de sorte que le bois pour faire du feu
pouvait toujours être "extrêmement sec", prêt
pour les vaines tentatives de faire du feu. Les descriptions
historiques rapportent aussi la nature inhabituelle des éclairs :
qu’ils se produisent, non seulement sous forme d’éclairs,
mais sous forme de boules et que l’électricité
peut remplir l’atmosphère, provoquant d’autres
phénomènes intéressants. Les éclairs
spectaculaires accompagnant les éruptions volcaniques sont
certainement d’un type inhabituel et extraordinaire et
correspondent très bien à la description que fait Néphi
d' "éclairs extrêmement vifs, comme on n'en avait
jamais connu dans tout le pays".
Le tonnerre, le tremblement de
la terre et les autres bruits associés à une éruption
volcanique explosive correspondent aussi à la terminologie de
Néphi, parlant de "tonnerre terrible, de sorte qu'il fit
trembler la terre entière, comme si elle était près
de se fendre ". Ce détail de la destruction de 3 Néphi
ne montre pas seulement que l’événement est une
éruption volcanique ; comme pour les vents décrits dans
la section précédente, les éclairs et les
tonnerres spectaculaires peuvent être produits d’autres
façons, mais une éruption volcanique explosive est à
coup sûr l’explication la plus simple qui répond à
tous les critères.
Secousses
et tremblements
Les
grands tremblements tectoniques (ceux qui ont une magnitude plus
grande que 7 sur l’échelle de Richter) ne se produisent
pas souvent dans le monde, peut-être 10 à 20 fois chaque
année, la plupart du temps dans des régions non
peuplées. Ils se produisent cependant suffisamment souvent
pour que les savants aient une très bonne idée de leurs
caractéristiques. L’énergie libérée
au cours des grands tremblements de terre vient de ce que deux blocs
de terre frottent rapidement l’un contre l’autre, tandis
des années de tensions accumulées sont libérées.
Les secousses telluriques au cours de ces tremblements de terre
massifs durent au maximum quelques minutes. Par exemple, pendant le
tremblement de terre de 1964 en Alaska, un des plus grands
tremblements de terre jamais enregistrés (entre 8,3 et 8,6 sur
l’échelle de Richter), les secousses ont duré de
3 à 4 minutes, ce qui constitue un temps extraordinairement
long 51
[
LI].
Le tremblement de terre de San Francisco de 1906 n’a duré
que 40 secondes environ 52
[
LII].
Toutefois, ces brèves
périodes de secousses laissent largement le temps d’accomplir
la destruction que les grands tremblements de terre produisent, mais
sont loin d’atteindre les trois heures de tremblements continus
ou presque continus décrites dans 3 Néphi. La
destruction produite au cours d’un tremblement de terre est
également relativement localisée, le long de la ligne
de glissement (appelée faille) et dans les régions très
proches de cette ligne.
Les
autres phénomènes qui accompagnent les grands
tremblements de terre sont les répliques, qui se produisent
par intermittence pendant plusieurs jours après le tremblement
principal, les glissements de terrain ou les chutes de rochers sur
les pentes escarpées, la liquéfaction de terrains
sablonneux provoquant l’effondrement des bâtiments, les
raz de marée et les tsunamis dans les régions côtières,
les éclairs spectaculaires rares ou d'autres phénomènes
électriques, les bruits de tonnerre et l’extension des
incendies dans les villes ou les villages où sont concentrées
des maisons faites de bois 53
[
LIII].
Bien que ces phénomènes
ressemblent à certains de ceux qui sont mentionnés dans
3 Néphi, on peut y voir des différences flagrantes.
J’en ai déjà cité une, à savoir que
dans le récit de 3 Néphi, le tremblement dure environ
trois heures, un temps trop long pour que ce soit le choc d’un
unique grand séisme et trop court pour la période au
cours de laquelle les répliques qui suivent un grand
tremblement de terre se produisent habituellement. C’est
néanmoins un temps très raisonnable pour les premières
étapes d’une éruption volcanique. Nous pourrions
appeler cela la période de l’éruption où
"le volcan se racle la gorge", qui se produit au moment où
la pression croissante libère la cheminée du volcan des
roches et des débris qui l’ont bouchée. Pendant
ce temps-là, il se produit des explosions et des tremblements
de terre fréquents. Une fois la cheminée débarrassée,
le volcan peut continuer son éruption pendant plusieurs heures
et plusieurs jours sans qu’il y ait d’autres tremblements
de terre importants.
Les
autres problèmes qui surgissent lorsque l’on attribue la
destruction décrite dans 3 Néphi à une secousse
tectonique majeure sont
(1) les trois jours de ténèbres
– le phénomène n’a jamais été
signalé lors d’un grand tremblement de terre ;
(2) les
vents et les tempêtes – bien qu’il puisse y avoir
du vent pendant un tremblement de terre, tout comme il peut y avoir
du vent à n’importe quel autre moment, on n'a pas
démontré qu’il y a une corrélation entre
le vent et les tremblements de terre, bien qu’une des vieilles
théories actuellement abandonnées sur la production des
tremblements de terre était l’idée que les vents
étaient piégés dans la terre et libérés
au cours d’un tremblement de terre 54
[
LIV] ;
(3) les tourbillons – à ma connaissance aucun
tourbillon, aucune tornade causée par un tremblement de terre
n’ont jamais été signalés ; et
(4)
l’incapacité d’allumer un feu – qui, une
fois de plus, n’a jamais été signalée
comme un effet d’un tremblement de terre majeur. La description
que fait Néphi quand il dit que toute la face du pays est
changée n’est pas typique, elle non plus, d’un
tremblement de terre. Bien que la dévastation puisse être
énorme au cours d’un tremblement de terre, la plupart
des repères géographiques survivent et sont
reconnaissables. D’autre part, une éruption volcanique
majeure provoque souvent des scènes si étranges et si
peu naturelles qu’on a l’impression que le paysage a été
refaçonné.
Le
genre de secousses et de tremblements décrit dans 3 Néphi
est cependant typique des descriptions que nous avons dans les récits
historiques d’éruptions volcaniques explosives 55
[
LV].
Au cours de l’éruption du Krakatau, les tremblements de
la terre ont duré pendant toute la nuit du 26 août 1883
et ont continué le lendemain matin 56
[
LVI].
Les vibrations de la terre se sont élevées à 30
à 40 fois le niveau du fond normal au cours de l’éruption
d’un volcan sur l’île Raoul, au nord-est de la
Nouvelle-Zélande en 1964 et ont continué pendant toute
l’éruption 57
[
LVII].
Les rapports concernant l’éruption en 1902 du volcan
Santa Maria au Guatemala parlent d’activités telluriques
qui ont duré plusieurs heures, avec plusieurs types de
secousses pendant la phase culminante de l’éruption.
L’éruption de cendres et de débris continua
encore un jour ou deux sans aucune activité tellurique
importante 58
[
LVIII].
Lorsque
le volcan Coseguina entra en éruption au Nicaragua en 1835, on
signala que les sons accompagnant les secousses étaient
alarmant et furent entendus jusqu’à 600 km de là
et que " le rugissement fut pratiquement continu pendant 7
heures 59
[
LIX]".
Même si la plus grande partie du bruit et des secousses causés
par l’éruption du Coseguina cessa au bout de quelques
heures, l’éruption elle-même et les ténèbres
causées par les chutes de cendres continuèrent pendant
trois à quatre jours 60
[
LX].
Tous ces récits ressemblent fort au récit de 3 Néphi,
dans lequel la première partie de l’éruption dure
trois heures avec des secousses et des coups de tonnerre violents
suivis par le silence et les ténèbres pendant trois
jours.
Villes brûlées, englouties et
ensevelies
La destruction des
personnes et des bâtiments peut se produire de toutes sortes de
manières pendant une éruption volcanique explosive et
la dévastation peut être très étendue
jusqu’à quelques centaines de kilomètres du
volcan en éruption. La destruction, dans le récit du
Livre de Mormon, semble avoir été très étendue
car, outre les villes mentionnées dans le passage ci-dessus,
les villes de Jacobugath, Laman, Josh, Gad et Kishkumen et leurs
habitants furent brûlés ; les villes d’Onihah,
Mocum, et Jérusalem furent recouvertes d’eau et les
villes de Guilgal, Gadiandi, Gadiomnah, Jacob, et Gimgimno furent
englouties et ensevelies dans la terre.
Le
feu. Les
villes mentionnées dans le récit de 3 Néphi
furent toutes détruites d’une manière que l’on
peut comprendre dans le cadre d’une éruption volcanique
massive. Les incendies qui se déclenchèrent à
Zarahemla et dans d’autres villes ont facilement pu être
allumés par les cendres brûlantes tombant sur les
bâtiments de bois et de chaume, qui constituaient probablement
la plupart des bâtiments (Hélaman 3:10-11), par un
nuage brûlant de cendres avançant rapidement au ras du
sol ou par les éclairs particulièrement violents
accompagnant l’éruption. On peut trouver des récits,
de situations semblables dans les documents historiques.
Par exemple,
de nombreux incendies se déclenchèrent dans la ville de
Stabiae, suite à des chutes de roches et de cendres brûlantes
lors de l’éruption du Vésuve en 79 de notre ère
61
[
LXI].
Un ouragan de feu balaya la ville de Saint-Pierre au cours de
l’éruption du mont Pelé en 1902. Beaucoup de
maisons de Saint-Pierre, ville tropicale, étaient des
constructions de bois n’ayant pas de vitres, simplement des
volets, de sorte que les gaz et les cendres surchauffés de
l’éruption pénétrèrent facilement
dans tous les coins des bâtiments. La ville fut presque
instantanément et complètement engouffrée dans
les flammes. Un bateau de Fort de France essaya d’approcher de
la ville en flammes trois heures et demie après l’éruption,
mais dut faire demi-tour parce que la chaleur était encore
trop intense 62
[
LXII]
Le second d’un commissaire de bord, appelé Thompson, à
bord du bateau Roraima,
qui
approchait justement du port de Saint-Pierre au moment de l’éruption
du mont Pelé, fait la description suivante :
J’ai
vu la destruction de Saint-Pierre. Elle fut effacée par un
grand éclair de feu. Près de 40.000 personnes furent
tuées sur le coup. Sur les 18 navires ancrés dans la
rade, un seul, le vapeur britannique Roddam,
échappa et, d’après ce que j’appris, il
perdit plus de la moitié de ceux qui étaient à
bord. C’est un équipage mourant qui le fit sortir en
mer. Notre bateau, le Roraima,
arriva
à Saint-Pierre au début de la matinée du jeudi.
Des heures avant d'entrer en rade, nous pouvions voir des flammes et
de la fumée s ‘élever du mont Pelé.
Personne à bord n’avait la moindre idée du
danger, le capitaine G. T. Muggah était sur le pont et tout
l’équipage monta sur le pont pour voir le spectacle.
En
approchant de Saint-Pierre, nous pouvions distinguer les flammes
rouges qui roulaient et sautaient, les flammes que la montagne
vomissait en énormes volumes et qui jaillissaient haut dans le
ciel. De gigantesques nuages de fumée noire étaient en
suspension au-dessus du volcan. Les flammes jaillissaient à ce
moment-là tout doit dans les airs, s’agitant de temps en
temps un instant d’un côté ou de l’autre et
bondissant de nouveau tout à coup plus haut. Il y avait un
rugissement assourdi constant. C’était comme si la plus
grosse raffinerie du monde brûlait au sommet de la montagne. Il
y eut une formidable explosion vers 7h45, peu après notre
entrée. La montagne fut pulvérisée. Il n ‘y
eut pas d’avertissement. Le flanc du volcan fut arraché
et une muraille de feu fut lancée tout droit vers nous. Cela
faisait le bruit de mille canons.
La
vague de feu fut sur nous et au-dessus de nous comme un éclair.
Ce fut comme un ouragan de feu. Je la vis frapper le vapeur Grappler
par le flanc et le faire couler. Il s’enflamma d’un bout
à l’autre puis il coula. Le feu roula comme une masse
tout droit sur Saint-Pierre et le port. La ville disparut sous nos
yeux.
La
chaleur devint étouffante et nous étions en plein
dedans. Partout où la masse de feu touchait la mer, l’eau
bouillait et dégageait de grands nuages de vapeur. La mer fut
déchirée en énormes tourbillons qui tournoyaient
vers la haute mer. Un de ces horribles tourbillons brûlants
passa en dessous du Roraima
et le coucha sur le flanc par l’aspiration. Elle donna de la
bande à bâbord et ensuite l’ouragan de feu du
volcan le frappa et il bascula de l’autre côté. La
vague de feu emporta les mâts et les cheminées comme
s’ils avaient été coupés avec un couteau.
Je
sauvai ma vie en courant dans ma cabine et en me cachant dans la
literie. Le souffle de feu venu du volcan ne dura que quelques
minutes. Il ratatina et enflamma tout ce qu’il touchait. Des
milliers de tonneaux de rhum étaient entreposés à
Saint-Pierre et la chaleur épouvantable les fit exploser. Du
rhum enflammé s’écoula à flot dans toutes
les rues et jusque dans la mer. Avant l’explosion du volcan,
les quais de Saint-Pierre étaient noirs de monde. Après
l’explosion, on ne vit plus un seul être vivant à
terre. Après le premier souffle, il ne resta que 25 personnes
[sur 68] parmi celles qui étaient à bord 63
[
LXIII].
Une
autre cause d’incendie dans un désastre volcanique peut
se rattacher davantage aux effets des secousses qui accompagnent une
éruption qu’à l’éruption elle-même.
Les lampes, les torches, les feux de cuisine et les autres flammes
ouvertes dérangées par les tremblements peuvent
provoquer des incendies. Dans la confusion et les ténèbres,
ces incendies peuvent brûler sans qu’on puisse les
arrêter et causer des ravages dans les régions peuplées.
Les
inondations. Les
inondations des villes des villages sont également un
phénomène courant lors des grandes éruptions
volcaniques explosives. Les explosions, les tremblements de terre et
les glissements de terrain massifs autour d’un volcan, en
particulier si le volcan est près de l’océan,
créent d’énormes vagues d’eau qui se
déplacent en s’éloignant de la source jusqu’à
ce qu’elles s’effondrent sur les localités
côtières. Ces vagues, appelées raz de marée,
ou plus exactement tsunamis, sont une des grandes causes de mort dans
certaines éruptions volcaniques. Lors de l’éruption
du Krakatau en 1883, 165 villages furent complètement détruits
et 132 partiellement détruits par des tsunamis, qui tuèrent
environ 33.000 personnes. Les vagues qui s’écrasèrent
sur les rivages près de Krakatau atteignaient des hauteurs de
plus de 40 mètres 64
[
LXIV].
Plusieurs
témoins oculaires ont écrit des descriptions des
tsunamis du Krakatau et de leur pouvoir destructeur. Un Hollandais
âgé raconte :
J’ai
vécu toute ma vie à Anjer [Java] et il ne me serait
jamais venu à l’idée que la vieille ville aurait
été détruite comme elle l’a été.
Je me fais vieux et je m’attendais à me coucher dans le
petit cimetière près du rivage, mais même lui n’a
pas échappé et certains des corps ont été
sortis des tombes et transportés dans la mer.
La
ville tout entière a été balayée et j’ai
tout perdu sauf ma vie. Le miracle, c’est que j’aie
échappé. Je ne pourrais jamais être trop
reconnaissant d’un sauvetage aussi miraculeux que le mien.
L’éruption
a commencé le dimanche après-midi. Tout d’abord,
nous n’y avons pas fait très attention, jusqu’à
ce que les explosions deviennent fort bruyantes. A ce moment-là
nous avons remarqué que le Krakatau était complètement
enveloppé de fumée. Plus tard sont arrivées les
ténèbres épaisses, si noires et si denses que je
ne pouvais pas voir ma main devant mes yeux. C’est vers ce
moment-là que nous avons reçu un message de Batavia
posant des questions sur les chocs explosifs et le dernier télégramme
que nous avons envoyé, c’était pour vous parler
de l’obscurité et de la fumée.
Vers la nuit, tout
s’est aggravé. Les explosions sont devenues
assourdissantes, les indigènes, paniqués, se
recroquevillaient sur eux-mêmes et on pouvait voir une lumière
rouge flamboyante dans le ciel au-dessus de la montagne. Le Krakatau
était à 40 km de là, mais les secousses et les
vibrations provenant des chocs sans cesse répétés
étaient absolument terrifiantes. Beaucoup de maisons
tremblaient tellement que nous craignions à chaque instant
qu’elles ne s’effondrent. Au cours de cette nuit
terrible, nous avons peu dormi.
Le lundi, avant le lever du jour,
j’ai constaté, en sortant, que l’averse de cendres
avait commencé et cela s’est graduellement accentué
jusqu’à ce que finalement de gros morceaux de pierre
ponce se mettent à tomber partout. Vers six heures du matin,
j'ai marché le long de la plage. Il n’y avait aucun
signe du soleil que l’on voyait habituellement et le ciel avait
un aspect morne et déprimant. Une partie de l’obscurité
de la veille s’était dissipée, mais même
alors il ne faisait pas très clair. En regardant vers la mer,
j’ai vu dans la pénombre un objet noir qui se dirigeait
vers le rivage.
À première vue, on aurait dit une chaîne de montagnes
basses s’élevant de l’eau, mais je savais qu’il
n’y avait rien de ce genre-là dans cette partie du
détroit de la Sonde. Au deuxième coup d’œil
– et celui-là a été très rapide –
j’étais convaincu que c’était une crête
d’eau haute de nombreux mètres, pire encore, qu’elle
n’allait pas tarder à se briser sur la côte près
de la ville. Je n’avais pas le temps de lancer un quelconque
avertissement et j’ai fait demi-tour et je me suis enfui. Il y
avait longtemps que je n’avais plus couru, mais vous pouvez
être sûrs que j’ai fait de mon mieux.
Au bout de
quelques minutes, j’ai entendu l’eau se briser avec un
énorme rugissement sur le rivage. Tout a été
engouffré. En jetant un coup d’œil derrière
moi, j’ai vu les maisons balayées et les arbres
renversés de tous les côtés. Hors d’haleine
et épuisé, j’ai continué ma course. En
entendant les eaux se précipiter derrière moi, je
savais que c’était une course pour la vie. J’ai
continué et quelques mètres plus loin, je suis arrivé
à une élévation, et c’est là que le
torrent m’a rattrapé. Je me suis cru perdu en voyant
avec consternation la hauteur que la vague avait encore.
Bientôt
j’étais balayé et porté vers l’intérieur
des terres par la force de cette masse irrésistible. Tout ce
dont je me souviens encore, c’est qu’un coup violent m’a
réveillé. Une substance dure et ferme semblait être
à ma portée. Je m’y suis agrippé et j’ai
constaté que j’étais arrivé dans un
endroit sûr. Les eaux ont continué à déferler
et je me suis aperçu que je m’étais accroché
à un cocotier. La plupart des arbres près de la ville
avaient été déracinés et renversés
sur des kilomètres à la ronde, et, par chance, celui-ci
y avait échappé et moi avec lui.
L’immense
vague a continué à déferler, sa hauteur et sa
force diminuant graduellement jusqu’à ce qu'elle
atteigne les pentes montagneuses à l’arrière
d’Anjer [Java], et alors, une fois sa fureur calmée, les
eaux se sont graduellement retirées et sont retournées
à la mer. La vue du retrait de ces eaux continue à me
hanter. Tandis que je m’accrochais au cocotier, trempé
et épuisé, j’ai vu passer près de moi les
cadavres de beaucoup d’amis et de voisins. Seule une poignée
de la population a échappé. Les maisons et les rues
étaient complètement détruites et il ne restait
pratiquement plus aucune trace de l’endroit où se
trouvait autrefois une ville prospère et active.65
[
LXV]
Un autre compte
rendu décrit la dévastation qui a suivi le tsunami :
Aussi
loin que l’on peut voir, la seule chose qui reste debout est un
arbre solitaire, un durion gigantesque, mutilé, sans branches
ni feuilles. Il marque le lieu d’ensevelissement d’un tas
de cadavres et de carcasses se trouvant sous des toits de maisons et
des troncs d’arbres. On peu voir un peu partout dans la plaine
des centaines de tombes de ce genre bien que de dimensions plus
petites. La terre soulevée couvre souvent simplement un
cadavre côte à côte avec une branche de cocotier,
ou alors un bambou est piqué tout droit pour guider les
autorités. Des milliers de cadavres humains et de carcasses
d’animaux attendent toujours d’être enterrés
et on discerne leur présence par la puanteur indescriptible
qui règne. Ils sont couchés pêle-mêle dans
des masses qu’il est impossible de démêler 66
[
LXVI].
Même pour les
localités situées au bord des lacs, le danger
d’inondation est grand au cours d’une éruption
volcanique. Un enfant produit des vagues dans la baignoire en
glissant vers une extrémité de la baignoire, emmenant
l’eau avec lui, puis en se glissant vers l’arrière
avec l’eau vers l’autre bout jusqu’à ce que
finalement les vagues commencent à déborder.
De la même
manière, de grandes vagues peuvent être produites dans
les lacs par des ondes d’énergie produites par les
tremblements de terre qui avancent et reculent dans l’eau. Les
vagues créées par ce mouvement sont appelées
seiches et bien qu’elles ne soient habituellement pas
aussi importantes qu’un tsunami, elles peuvent causer
d’importants dégâts et la mort. Le niveau de l’eau
dans un lac peut aussi changer de manière spectaculaire
pendant une éruption à cause des glissements de terrain
dans le lac ou bloquant la sortie d’un lac. Le Spirit Lake, au
pied du mont St. Helens, était 60 mètres plus haut
après l’éruption de 1980 67
[
LXVII].
Les pavillons, les cabanes – tout ce qui étaient près
de l’ancienne rive du lac – étaient profondément
enterrés sous l’eau, la boue et les débris.
Le genre d’inondation
et d’ensevelissement dans l’eau qui est associé
aux éruptions volcaniques explosives pourrait certainement
correspondre à la description faite dans 3 Néphi
lorsque le Seigneur, parlant des villes de Jérusalem, Onihah
et Mocum, dit : "J'ai fait venir des eaux à leur place"
ou quand Néphi dit que la ville de Moroni s’est enfoncée
"dans les profondeurs de la mer". Le Livre de Mormon dit
que Moroni se trouvait "près de la mer de l'est"
(Alma 50:13), et d’autre part, Sorenson pense que Jérusalem
se trouvait au bord d’un lac 68
[
LXVIII].
Ces deux endroits sont idéaux pour le genre de destruction par
l’eau qui se produit au cours d’une éruption.
L'ensevelissement.
Le Livre de Mormon décrit aussi la destruction de
plusieurs villes, soit par ensevelissement dans la terre, soit, comme
dans le cas de la ville de Moronihah, par le fait que la terre est
transportée sur la ville. L’ensevelissement dans la
terre est quelque chose qui se produit couramment dans les éruptions
volcaniques explosives. Les grandes quantités de cendres et de
pierre ponce qui sont produites recouvrent le paysage sur des
kilomètres autour du volcan. Ce sont les fortes retombées
de cendres et de pierre ponce qui ont détruit la ville de
Pompéi lors de l’éruption du Vésuve.
L’accumulation de cendres et de pierre ponce atteignait en
moyenne une épaisseur de 6 mètres 69
[
LXIX]
et seul le sommet des bâtiments les plus hauts en dépassait.
Étant donné
que la ville fut complètement abandonnée après
l’éruption et que les sommets des bâtiments qui
restaient au-dessus des cendres finirent par disparaître,
Pompéi fut un certain temps complètement perdue. Les
fouilles modernes ont dégagé la ville et, en versant du
plâtre dans les moules laissés dans les cendres
solidifiées, on a découvert les derniers moments
tragiques de certains des habitants piégés dans les
chutes de cendres 70
[
LXX].
Les villes et les
villages sont également ensevelis lorsque les cendres d’une
éruption se combinent à la pluie ou à une neige
fondant rapidement pour former une boue épaisse et brûlante
qui dévale la pente 71
LXXI.
Ces coulées de boue volcanique sont appelées lahars.
La ville d’Herculanum échappa aux pluies de cendres qui
détruisirent Pompéi, mais comme les cendres et la
pierre ponce continuaient à s’accumuler sur les pentes
supérieures du volcan et étaient ensuite saturées
par la pluie, il se forma une pâte boueuse qui devint fluide et
dévala soudainement les flancs du volcan. Un ou plusieurs de
ces lahars passèrent par Herculanum et l’engouffrèrent
complètement. Les bâtiments furent étouffés,
écrasés et ensevelis dans la boue sur une profondeur de
18 à 21 mètres. L’ensevelissement fut
suffisamment complet pour que l’on construise une nouvelle
ville, Resina, au-dessus de l’Herculanum ensevelie 72
[
LXXII].
Un autre exemple
d’ensevelissement sous la boue, mais d’un genre
légèrement différent, se produisit en 1886,
lorsque le volcan Tarawera, dans l’île du Nord de la
Nouvelle-Zélande, entra en éruption. Beaucoup de villes
et de villages autour du volcan furent ensevelis par les chutes de
boue produites lorsqu’une partie de l’éruption
sortit par le fond du lac Rotomahana, situé à côté
du volcan. Le mélange de cendres volcaniques, d’eau et
de boue qui s’était accumulé depuis des siècles
au fond du lac tomba du ciel. Le village de Wairoa fut enseveli sous
deux mètres de ce mélange et les villages de Moura et
de Te Ariki disparurent, ainsi que tous leurs habitants, sous
vingt-deux mètres de boue 73
[
LXXIII]
Un exemple récent
d’une ville ensevelie par une coulée de boue volcanique
se situe en 1985 en Colombie. Le 13 novembre de cette année-là,
une éruption relativement petite se produisit dans le volcan
Nevado del Ruiz. Mais les cendres furent suffisamment chaudes pour
faire fondre une partie de la neige et de la calotte de glace qui se
trouvaient au sommet du volcan. L’eau produite par la fonte de
la neige se mêla aux cendres au sommet du volcan et entraîna
d’autres débris en dévalant de la montagne et
dans les vallées des rivières. Vers onze heures du
soir, les coulées de boues balayèrent la ville sans
défense d’Armero, tuant quelque 25.000 personnes. La
plupart des habitants, qui dormaient, n’eurent aucun
avertissement et furent enterrés vifs. En quelques minutes
tout était fini 74
[
LXXIV].
En plus de
l’ensevelissement par des chutes de cendres et
l’ensevelissement par des lahars, une
troisième méthode d’ensevelissement est également
possible autour d’un volcan en éruption. Ce phénomène
n’était pas bien compris avant l’éruption
du mont St. Helens en 1980. Cette éruption se déclencha
lorsque le côté nord enflé du volcan s’effondra.
Le glissement de terrain, ou l’avalanche de débris, qui
en résulta déferla sur la vallée à la
base de la montagne, enterrant le Spirit Lake, puis remonta et
franchit une crête de plus de quatre-vingt-dix mètres de
haut, redescendit et franchit la vallée suivante et remonta
jusqu’à mi-hauteur la montagne suivante, laissant des
dépôts atteignant une épaisseur qui allait
jusqu’à 180 mètres 75
[
LXXV].
Cette avalanche parcourut jusqu’à 40 km depuis le volcan
à une vitesse dépassant 240 km-heure 76
[
LXXVI].
Depuis 1980, les géologues ont appris que les glissements de
terrain massifs tel que celui-là se produisent en fait très
couramment lors des éruptions explosives 77
[
LXXVII].
Pour revenir une fois
de plus au texte de 3 Néphi, nous lisons que "la terre
fut soulevée sur la ville de Moronihah, de sorte qu'au lieu de
la ville il y eut une grande montagne". D’après
cette description, il semble possible que Moronihah ait été
ensevelie par une avalanche de débris semblables à
celle qui se produisit au mont St. Helens, une manière
efficace de transporter de la terre sur une ville. En tout cas,
Moronihah et les autres villes ensevelies dans la terre (ou les
cendres) devaient être très proches de l’éruption (probablement à moins de 80 kilomètres et
peut-être même beaucoup plus près). Les avalanches
de ce genre transforment en effet radicalement la topographie locale,
de sorte qu’il n’est pas déraisonnable de croire
que là où il y avait eu une ville nichée dans
une vallée, il y avait, après l’éruption,
une colline ou une montage formées par les dépôts
de l’avalanche.
Il est difficile de s’imaginer qu' "une
grande montagne" soit formée par ces avalanches, mais il
se peut que l’auteur ait ici un peu recours à une
hyperbole, comme cela n’est pas rare dans les récits de
désastres. Il est également vrai que le terme "grande
montagne" peut être relatif, ce que les gens d’une
région appellent montagne peut n’être qu’une
colline pour d’autres.
La surface tout
entière du pays changée
Cette description faite
par 3 Néphi donne presque l’impression qu’après
la destruction, on ne pouvait plus reconnaître les montagnes,
ni les vallées, ni d’autres repères
topographiques, comme si la surface de la terre entière avait
changé. Et cependant, une lecture attentive montre qu’il
est évident que la géographie de base du pays du Livre
de Mormon n’avait pas changé après la destruction
et qu’il y avait des villes, surtout autour du pays
d’Abondance, qui n’avaient probablement pas été
fortement endommagées 78
[
LXXVIII].
Une des clefs pour
comprendre ces passages d’Ecriture est de comprendre ce que
veut dire "la surface tout entière du pays" ou "la
surface de toute la terre". Que voulait dire Néphi? Il ne
voulait certainement pas parler de la terre entière, car les
documents historiques nous apprennent qu’il n’y a pas eu
de destruction massive à cette époque dans la région
méditerranéenne, ni en Asie, ni en Europe, ni au
Proche-Orient. Par conséquent, si nous ne pouvons pas
interpréter "toute la terre" comme étant
littéralement la terre entière, qu’est-ce que
l’auteur voulait dire? Je pense qu’il est évident
qu'il voulait dire toute sa terre entière,
ou le pays tout entier qui était connu et habité par
les peuples du Livre de Mormon..
Ici encore, on ne doit
pas se laisser aller à croire que l’Amérique du
Nord et l’Amérique du Sud ont été
entièrement déformées, car, comme d’autres
auteurs l’ont montré, la région parcourue par les
peuples du Livre de Mormon n’avait très
vraisemblablement que quelques centaines de kilomètres de long
et de large 79
[
LXXIX].
Ce n’est que dans ce contexte que la grande destruction a du
sens et peut être soutenue par le raisonnement scientifique et,
nous l’espérons, un jour, par des preuves concrètes
du désastre 80
[
LXXX].
Si nous voulons absolument nous en tenir à l’affirmation
que tous les détails topographiques des deux grandes masses
continentales ont été formés à ce
moment-là, nous ne pouvons compter sur aucun soutien de la
géologie et nous ferons probablement fuir quiconque a ne
serait-ce qu’une compréhension rudimentaire de la
question.
Comment ceux qui ont
été témoins d’une de ces éruptions
ou qui ont visité la région après une éruption
décrivent-ils ce qu’ils voient ? Je crois que cette
comparaison nous donne une bonne idée de la façon dont
Néphi a pu réagir au même événement.
Pline le Jeune décrit sa réaction en voyant le paysage
après l’éruption du Vésuve :
Finalement,
les ténèbres diminuèrent et se dispersèrent
en fumée ou en nuage ; ensuite il y eut une véritable
lumière et le soleil apparut, mais jaunâtre comme au
cours d’une éclipse. Nous fûmes terrifiés
de voir que tout avait changé, profondément enterré
dans les cendres comme dans des congères 81
[
LXXXI].
Les
récits de l’éruption du mont St. Helens nous
fournissent les descriptions suivantes du paysage dévasté
après l’éruption :
En quelques minutes… la
partie supérieure de la Toutle River Valley, en dessous de St.
Helens, était un paysage tout à fait désolé.
Une bande de 400 km2
dans la direction nord-ouest à partir du volcan était
dévastée.
30 millions de m3 de bois furent
arrachés, des animaux furent ensevelis dans les cendres ou
rôtis par les gaz et des dizaines de personnes moururent ou
furent portées disparues … Harry Truman, son pavillon
de chasse et la totalité du Spirit Lake disparurent dans un
chaudron cataclysmique. Le sommet de la montagne, jadis arrondi, fut
raccourci de 400 mètres et un enfer en forme de fer à
cheval d’un kilomètre et demi de profondeur fut arraché
du côté nord 82
[
LXXXII].
On qualifie la région de
paysage lunaire extraterrestre, de désert saccagé. Le
président Carter le survola à la fin du mois de mai et
le qualifia "d'indescriptible". De petits ruisseaux sales
semblent remonter le courant en sinuant au milieu de ce terrain
bizarre… Au niveau zéro du paysage infernal, il y a ce
qui reste du mont St. Helens. Il est là comme un monstre qui
se repose 83
[
LXXXIII].
Après
une éruption violente, le volcan et la région qui
l’entourent semblent souvent complètement
méconnaissables. Le volcan lui-même a pu se transformer
du pic symétrique et géant qu’il était en
un moignon noirci, dépouillé de sa verdure et
méconnaissable. Les fonctionnaires locaux qui allèrent
examiner l’éruption de Tambora constatèrent que
la montagne, haute de 4000 mètres, était maintenant
aplatie et était devenue un vaste plateau entouré par
un spectacle de dévastation total 84
[
LXXXIV].
Quelque 90.000 personnes moururent dans l’éruption et de
la famine et des maladies qui s’ensuivirent.
Les
glissements de terrain et les coulées de boue volcanique
peuvent également transformer considérablement le
terrain, créant des collines et des crêtes là où
avaient existé précédemment des vallées
et des terres basses. Le récit de 3 Néphi raconte que
quatre villes furent englouties, "et j'ai fait des collines et
des vallées à leur place" (3 Néphi 9:8).
Les tsunamis, le long de la côte, peuvent effacer non seulement
les villes et les villages, mais d’autres repères
géographiques bien connus. Après une nuit de terreur au
cours de l’éruption du Krakatau et des tsunamis qui
suivirent l’éruption, un résident décrivit
le tableau : "Finalement le matin arriva. Nous avions devant nous
ce qui avait jadis été une ville, mais il n’y
avait pas de destruction, il n’y avait tout simplement…rien
85
[
LXXXV]
Le
changement qui est sans doute le plus significatif est dû à
la couverture grise de cendres qui couvre tout, jetant un manteau
blafard sur tout le tableau, tuant la plus grande partie de la
végétation et donnant le sentiment que l’on a
affaire à un paysage nouveau et lunaire. En 1991, le mont
Pinatubo entra en éruption dans les Philippines. La quantité
de cendres éjectées était à peu près
la même que pendant l’éruption du Krakatau. Les
cendres ensevelirent si profondément la base aérienne
de Clark, située à 25 kilomètres du volcan, que
le gouvernement des Etats-Unis l’abandonna plus tard. Elle
détruisit aussi, du moins temporairement, plus de 80.000
hectares de cultures et deux dizaines de villes et chassa 1.200.000
Philippins de chez eux 86
[
LXXXVI].
Elle changea véritablement, toute la surface du pays.
Les rochers brisés
et dispersés
La description que fait
Néphi des effets du cataclysme sur les rochers pourrait à
première vue être attribuée à un grand
tremblement de terre. Il est certain que pendant un grand séisme,
la terre est déchirée et brisée et que l’on
peut par la suite trouver des rochers "en fragments brisés
et en crevasses" et "en fissures". Cependant, Néphi
dit que l’on a trouvé des rochers dans cet état
dispersés sur toute la surface du pays. Ce n’est pas
caractéristique des tremblements de terre, où la zone
où les roches sont fracturées est habituellement assez
restreinte et limitée, même dans les plus grands
séismes. D’un autre côté, une éruption
volcanique explosive produit habituellement de vastes quantités
de roches brisées et fragmentées, qui sont souvent
dispersées sur une très vaste superficie. Les géologues
appellent les dépôts de ces roches brisées et
fragmentées roches pyroclastiques. Pyro vient du
grec et signifie feu, tandis que clastique signifie brisé
ou fragmenté.
La taille des fragments
de rocher produits par une éruption volcanique va de fragments
minuscules, pas plus gros que des grains de sable, de cendres et de
poussières à de plus gros morceaux de pierre ponce et
d’autres roches et même jusqu’à des blocs
immenses gros comme des maisons. Les plus gros fragments de roches
retombent généralement sur la terre près de la
source éruptive, mais on peut encore trouver des fragments
assez gros à une certaine distance du volcan. Pendant
l’éruption violente de l’Etna en 1669, "d’énormes
blocs, dont certains pesaient jusqu’à 150 kilos, furent
projetés sur plusieurs kilomètres dans les airs 87
[
LXXXVII].
Des bombes volcaniques de plus d’un mètre de diamètre
furent projetées sur 5 kilomètres en 1938, au cours de
l’éruption de l’Asama, au centre du Japon 88
[
LXXXVIII].
Lors de l’éruption de Tambora en 1815, des pierres aussi
grosses que le poing tombèrent sur une distance allant jusqu'à
40 kilomètres de l’éruption 89
[
LXXXIX}.
En décrivant
deux stades de l’éruption du volcan Taal, en 1754, dans
les Philippines, un témoin oculaire décrit la
dispersion des roches et des blocs ainsi que certains des autres
phénomènes volcaniques dont nous avons déjà
parlé :
Le
15 novembre, il [le volcan Taal] vomit d’énormes blocs.
Des tremblements de terre plus intenses que ce que l’on avait
précédemment connu renversèrent les maisons qui
étaient encore debout. D’immenses vagues d’eau
provenant du lac menacèrent les villages situés au
niveau de ses rives.
Le
matin du 28 novembre, à 7heures, se produisit un nouveau
paroxysme au cours duquel le volcan vomit de telles masses de feu et
de projections qu’à mon avis, toute la matière
éjectée au cours de tant de mois, si on la totalisait,
serait inférieure à la quantité qui jaillit à
ce moment-là. Les colonnes de feu et de fumée montaient
plus haut que jamais auparavant, leur volume augmentant à
chaque instant et mettant le feu à l’île tout
entière, car il n’y eut pas la plus petite partie de
cette dernière qui ne fut pas couverte de fumée, de
roches et de cendres rougeoyantes. Tout ceci était accompagné
d’éclairs et de coups de tonnerre formidables en haut et
de chocs cycliques violents en bas 90
[
XC].
Les
rapports sur la distribution des fragments de roches provenant de
l’éruption du Krakatau, en 1883, sont probablement
typiques d’une éruption modérément
importante. A bord du navire Sir Robert Sale, situé à
environ 60 kilomètres de l’explosion principale, on nota
que des morceaux de pierre ponce de la taille d’une citrouille
tombaient sur le pont 91
[
XCI].
Le capitaine Watson, à bord du Charles Bal, à 16
kilomètres du volcan, fait ce récit :
A 14h30, nous remarquâmes
une certaine agitation autour de la pointe du Krakatau, des nuages ou
quelque chose d’autre étant propulsé de la pointe
nord-est avec une grande vitesse. A 15h30, nous entendîmes
au-dessus de nous et autour de l’île un son étrange,
comme celui des craquements d’un feu énorme ou un tir
d’artillerie lourde à intervalles d’une ou deux
secondes. A 16h15 … nous observâmes une répétition
du bruit remarqué à 15h30, mais beaucoup plus furieux
et alarmant ; la matière, quelle qu’elle fût, qui
était projetée avec une vitesse étonnante du
côté du nord-est …à 5 h le bruit rugissant
continuait et augmentait ; l’obscurité se répandit
dans le ciel et une grêle de pierre ponce tomba sur nous, dont
beaucoup de morceaux étaient d’une grande taille et fort
chauds … vers 6 h, la chute de grosses pierres cessa, mais une
averse constante d’une espèce plus petite continua, très
aveuglante pour les yeux et couvrant rapidement le pont d'une
épaisseur de 8 à 10 cm. Tandis qu’une noirceur
couvrait le ciel, la terre et la mer, nous poursuivîmes notre
chemin 92
XCII.
La
chute de pierres au cours d’une éruption est une des
manières plus sélectives dans lesquelles les gens sont
blessés ou tués. Deux personnes peuvent se trouver
ensemble, l’une d’elles sera épargnée. En
1779, le volcan Sakurajima entra en éruption dans le sud du
Japon. Une femme prise dans l’éruption décrit
comment elle essaya d’échapper à l’île :
Je tenais moi-même un
enfant de 4 ans dans les bras et j’en avais un autre de 7 ans à
la main et, étant ainsi gênée, je fut abandonnée
par les embarcations. Tandis que je tâtonnais dans le noir, une
pierre aussi grosse qu’une balle de hand-ball, heurta le bébé
à la nuque et le tua. Il poussa un cri et ne bougea plus, et
tous mes efforts pour le ramener à la vie furent vains. Je
priai pour qu’il vive mille générations, mais
toutes les prières ne servaient à rien et le corps
devenait de plus en plus froid. Je recouvris donc son visage d’un
tissu et pleurai mes morts. Juste à ce moment-là un
vieillard fatigué s’approcha péniblement et parla
d’autres personnes tuées par des chutes de pierres,
d’autres qui se traînaient, les jambes brisées,
d’autres encore ensevelies vivantes sous des amoncellements de
sable 93
[
XCIII].
Comme on peut le voir
dans le récit qui précède, les éruptions
volcaniques sont très efficaces dans l’art de disperser
des fragments de roches brisées sur une vaste superficie et de
causer de grandes destructions et de pertes en vies humaines à
cause de ces matières éjectées. Cette dispersion
de roches éjectées pourrait facilement expliquer les
fragments de roches brisées découverts partout dans le
pays après le désastre de 3 Néphi.
Des ténèbres
épaisses
Un
des thèmes communs que l’on peut trouver dans presque
tous les récits d’éruptions volcaniques
explosives, ce sont les ténèbres créées
par les chutes de cendres. Ces ténèbres peuvent durer
quelques heures ou quelques jours et les descriptions historiques
utilisent la même terminologie que le Livre de Mormon. Dans les
récits suivants, l'obscurité est qualifiée d'
"épaisse", "impénétrable",
"profonde et totale". Elle est également décrite
comme "une obscurité que l'on peu presque sentir".
Certains récits racontent même que l’on ne peut
pas allumer de feux ou que l’on a beaucoup de mal à les
allumer. Les descriptions suivantes sont un échantillon
représentatif des nombreux documents qui décrivent
l’obscurité qui accompagne les éruptions
volcaniques explosives.
Pline
le Jeune eut l’occasion d’être témoin de
l’éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C. et de la
décrire avec des détails frappants. Son oncle, Pline
l’Ancien, était un naturaliste et voulait voir
l’éruption de plus près. Il était prêt
à traverser la baie de Naples pour mieux voir l’éruption,
lorsqu’il fut informé des dévastations qui se
produisaient à la base de la montagne. Pline l’Ancien
décida de quand même traverser la baie pour essayer de
sauver des personnes plutôt que pour examiner le volcan, bien
qu’il espérât probablement toujours en avoir une
meilleure vue. Pendant la tentative de sauvetage, il fut soit
asphyxié par les fumées, soit mourut d’une crise
cardiaque. Ceux qui l’accompagnaient retournèrent près
de son neveu, firent rapport de ce qui était arrivé et
décrivirent l’éruption. Pline le Jeune nota plus
tard ses impressions dans deux lettres à l’historien
Tacite :
Ailleurs c’était
maintenant la lumière du jour, mais ils [Pline l'Ancien et son
compagnon] étaient toujours dans des ténèbres
plus noires et plus denses qu’aucune nuit que l’on ait
jamais connue 94
[
XCIV].
Des cendres tombaient déjà,
pas encore très épaisses. Je me retournai : un nuage
noir et dense montait derrière moi, se répandant comme
une inondation sur la terre…nous nous étions à
peine assis pour nous reposer que l’obscurité tomba, pas
le noir d’une nuit sans lune ou nuageuse, mais comme si on
avait éteint la lampe dans une chambre fermée 95
[
XCV].
Pendant
l’éruption du mont St. Helens en 1980, le sergent Larry
Gamache, du bureau du shérif du comté de Yakima,
signala que c’était "juste comme à minuit"
au milieu de l’après-midi. "Tous les réverbères
et les publicités au néon se sont allumés 96
[
XCVI]". Les ténèbres, au
cours de l'éruption du volcan
Bézymianny, dans l'Est de la Russie, sont décrites
comme étant "si impénétrablement noires que
l'on ne pouvait même pas voir sa propre main, même si on
la mettait juste devant son visage" et la nuée de
ténèbres était décrite comme étant
"très épaisse et d'un poids presque palpable"
97
[
XCVII].
La hauteur du mont Tambora fut réduite de plus de 1200 mètres,
lorsqu’il entra en éruption en 1815 et "l'obscurité
occasionnée en plein jour par les cendres à Java était
si profonde qu'on n'avait jamais rien vu de pareil au cours de la
nuit la plus noire 98
[
XCVIII]
", de sorte qu' "il était impossible de voir sa main
quand on la tenait devant les yeux 99
[
XCIX]".
"Il y eut une obscurité totale pendant la journée
pendant trois jours dans un rayon de 300 kilomètres du volcan"
100
[
C].
Les
récits des témoins oculaires les plus détaillés
viennent de l’éruption du Krakatau. Le premier officier
à bord du navire W. H. Besse a laissé les
impressions suivantes :
Dimanche, 26 août 1883. Le
jour a commencé par une brise forte et des nuages épais
dans le ciel ; à 4 h du matin nous mettons en panne ; à 6
h du matin nous levons l’ancre, vent au S-O ; à 16h vent
debout, levons l’ancre, le ciel ayant maintenant une apparence
menaçante ; atmosphère très fermée et
fumeuse, à 17h entendons une succession rapide d’explosions
ressemblant à une bordée d’un cuirassé,
mais beaucoup plus fort et plus violent ; entendons ces explosions
par intervalles pendant toute la nuit ; le ciel est intensément
noir, le vent ayant un gémissement sourd ; remarquons également
une légère chute de cendres à travers les
cordages.
Quand le soleil se lève le lendemain…il a
l’aspect d’une boule de feu, l’air si enfumé,
nous ne pouvons voir que sur une courte distance ; à six heures
du matin, pensant que le plus gros de l’éruption est
passé, comme les explosions ne sont plus aussi fréquentes
ni aussi violentes que pendant la nuit, nous levons l’ancre,
avec un bon vent, espérons sortir du détroit avant la
nuit… lâchons l’ancre à tribord, il fait de
plus en plus noir depuis 9h du matin et lorsque la bourrasque nous
frappe, il fait plus sombre qu’aucune autre nuit que j’aie
jamais vue ; c’est minuit à midi, une forte pluie de
cendres arrive avec la bourrasque, l’air étant si épais
qu’il est difficile de respirer ; je remarque aussi une forte
odeur de soufre, tout l’équipage s’attend à
suffoquer ; les bruits terribles venant du volcan, le ciel rempli
d’éclairs fourchus, courant dans toutes les directions
et rendant l’obscurité plus intense que jamais, les
hurlements du vent à travers les cordages créent un des
tableaux les plus sauvages et les plus terribles que l’on
puisse imaginer, un tableau que n’oubliera jamais aucun de ceux
qui sont à bord, tous s’attendant à ce que le
dernier jour de la terre arrive. 101
[
CI]
Un
autre témoin de l 'éruption du Krakatau raconte qu'ils
étaient "enfermés dans des ténèbres
que l'on pouvait presque toucher" et que "à midi
l'obscurité était si intense que nous avons dû
tâtonner pour avancer sur les ponts du navire" 102
[
CII].
Une
des caractéristiques intéressantes des "ténèbres
épaisses" décrites dans 3 Néphi était
la difficulté, du moins dans certains endroits, d’allumer
des feux même avec leur bois fin et sec. Ce n’était
de toute évidence pas une caractéristique générale
de l’événement destructeur, parce que plusieurs
villes furent brûlées, par conséquent certains
feux étaient possibles. Bien que je n’aie pas trouvé
beaucoup de récits de ce phénomène dans les
documents historiques rapportant des éruptions volcaniques,
cela a été signalé comme quelque chose qui se
produit de temps en temps. Par exemple, les dizaines d’incendies
allumés par les chutes de cendres brûlantes autour du
mont St. Helens furent rapidement éteints par les fortes
pluies de cendres 103
[
CIII].
Les
cendres tombant rapidement peuvent s’accumuler sur une
épaisseur de plusieurs centimètres en quelques minutes,
même à des distances considérables du volcan en
éruption. Les cendres s’insinuent même dans les
bâtiments et les maisons des régions tropicales où
il n’y a normalement pas de vitres. Lorsque le Krakatau entra
en éruption, la famille Beyerinck habitait dans un village
situé à environ 25 km de l’île. Leur maison
était la seule qui était encore debout après
l’éruption. Madame Beyerinck raconte ainsi la difficulté
qu’ils eurent à faire du feu :
Quelqu'un entra précipitamment
en criant : "Fermez les portes, fermez les portes!" Tout à
coup il fit un noir d’encre. La dernière chose que je
vis, ce furent les cendres qui étaient poussées à
travers les fentes du plancher comme une fontaine…
L’obscurité était
toujours profonde. Nous ne pouvions pas allumer de feu, car les
allumettes s’éteignaient immédiatement.
Finalement, le premier garçon, le seul serviteur masculin
restant, réussit à allumer un petit feu 104
[
CIV].
Dans
le cas des Néphites, nous ne savons pas comment ils allumaient
normalement leurs feux ; cela demandait probablement une certaine
habileté et de la patience. On ne peut imaginer le mal qu’ils
avaient à essayer d’allumer un feu pendant une forte
pluie de cendres.
Non
seulement les chutes de cendres éteignent le feu, mais les gaz
dégagés par un volcan peuvent avoir le même
effet. Ces gaz sont habituellement plus lourds que les gaz
atmosphériques normaux, sont très pauvres en oxygène
et créent habituellement des acides dans l’atmosphère.
Ces gaz empêcheraient aussi d’allumer des feux, mais il
est rare que quelqu'un soit en vie pour faire la tentative, car les
gaz ont tendance à rapidement étouffer ou empoisonner
ceux qui ont la malchance d’être pris sous la couverture
105
[
CV].
En 1986, un dégagement inhabituel de CO2 d’un
lac volcanique, le lac Nyos, au Cameroun, créa un nuage dense
proche de la surface qui descendit et couvrit plusieurs villages,
asphyxiant 1746 personnes et 8300 têtes de bétail. Dans
le village de Nyos, moins d’1% des villageois survécut.
106
[
CVI]
. L’asphyxie fut aussi une cause courante de décès
au cours de l’éruption, en 1911, du volcan Taal, dans
les Philippines 107
[
CVII].
Un des deux survivants que l’on découvrit dans la ville
de Saint-Pierre après sa destruction par l’éruption
du mont Pelé raconte comment plusieurs personnes suffoquèrent
autour de lui :
Le
8 mai, vers 8 h du matin, j’étais assis sur le pas de ma
porte, qui était dans la partie sud-est de la ville…tout
à coup je sentis un vent terrible souffler, la terre se mit à
trembler et le ciel s'assombrit tout à coup. Je fis demi-tour
pour rentrer dans la maison, je fis avec de grandes difficultés
les trois ou quatre pas qui me séparaient de ma chambre et je
sentis mes bras et mes jambes brûler ainsi que mon corps. Je
tombai sur une table. A ce moment-là, quatre autres personnes
cherchèrent refuge dans ma chambre, pleurant et se tordant de
douleur, bien que leurs vêtements ne montrent aucun signe
d’avoir été touchés par des flammes. Au
bout de dix minutes, une de ces personnes, la jeune fille Delavaud,
âgée d’environ 10 ans, tomba morte ; les autres
partirent.
Je me levai alors et me rendis dans une autre pièce
où je trouvai Delavaud, père, toujours habillé
et couché sur le lit, mort. Il était violet et enflé,
mais les vêtements étaient intacts. Je sortis et
découvris dans la cour deux cadavres entremêlés :
c’étaient les corps de deux jeunes gens qui…
étaient dans le jardin quand j'étais retourné
dans la maison au commencement de la catastrophe. Affolé et
prêt à succomber, je me jetai sur un lit, inerte et
attendant la mort. Je repris conscience au bout d’une heure
environ 108
[
CVIII].
Réactions de
personnes terrifiées
Après
la destruction et la mort décrites dans 3 Néphi, on
entend le peuple "crier et se lamenter disant : Oh ! Si nous
nous étions repentis avant ce jour grand et terrible, et
n'avions pas tué et lapidé les prophètes, et ne
les avions pas chassés" (3 Néphi 8:25). Ces
peuples du Livre de Mormon, avertis par les prophètes, étaient
peut-être plus justifiés mais pas uniques dans leur
réaction. La violence des éruptions explosives, avec
les tremblements de terre, les chutes de cendres, l’obscurité
les autres phénomènes qui les accompagnent, semblent
souvent amener ceux qui sont piégés dans la zone de ces
effets terrifiants à un état d’humilité et
de repentir, à la contemplation de la mort, et parfois à
la croyance que la fin du monde est arrivée.
Pline écrit :
"Les gens se lamentaient sur leur sort et celui de leurs
familles et il y en avait qui priaient, dans leur terreur de la mort,
pour que la mort arrive. Beaucoup invoquaient les dieux pour qu'ils
viennent à leur aide, mais d'autres encore imaginaient qu'il
n'y avait plus de dieux et que l'univers était plongé à
tout jamais dans des ténèbres éternelles 109
[
CIX]."
Ivan
Orloff, esquimau d’Alaska, écrivit à sa femme ce
qui suit au cours de l’éruption de Katmai en 1912 :
Nous attendons la mort d’un
instant à l’autre. Une montagne a explosé près
d’ici. Nous sommes couverts de cendres, dans certains endroits
sur des profondeurs de 3m et 1m80. Tout cela a commencé le 6
juin. Jour et nuit, nous allumons des lanternes. Nous ne pouvons pas
voir la lumière du jour. Nous n’avons pas d’eau,
les rivières ne sont que des cendres mêlées
d’eau. Ici règne l’obscurité et l’enfer,
le tonnerre et le bruit. Je ne sais pas s’il fait jour ou nuit.
La terre tremble, il y a des éclairs chaque minute. C’est
terrible, nous prions 110
[
CX].
Au
cours de l'éruption du Coseguina en 1835, la terreur des
habitants d'Alancho (Nicaragua) était si grande que,
s'attendant à ce que le jugement final s'abatte sur eux,
"trois cents de ceux qui vivaient en dehors des liens du mariage
se marièrent immédiatement 111
[
CXI]. Mais le repentir sur le lit
de mort n’est pas toujours
efficace. En Sicile, en 1669 de notre ère, le mont Etna connut
une de ses éruptions les plus destructrices, tuant 15.000
personnes. Un groupe important s’était attroupé
dans la cathédrale de Catane "pour prier pour
l'intercession divine, quand la terre se souleva et que le bâtiment
s'effondra", les tuant tous 112
[
CXII].
Un récit
véritable
Une
question que pourraient poser ceux qui doutent de la véracité
du récit du Livre de Mormon est : "Qu'y a-t-il de si
remarquable dans le récit d'une éruption volcanique?" "Sans aucun
doute, diraient-ils, Joseph Smith avait lu
l’histoire d’une éruption volcanique et a pensé
que cela serait un bon arrière-plan pour la destruction qu’il
voyait se produire au moment de la mort du Christ." Je
répondrais que le récit est remarquable par ses détails
et sa précision et qu’il aurait été
impossible à un jeune homme sans instruction de publier en
1830 un tel récit.
Au début des années 1800, on
ne comprenait pas bien les volcans et il n’y avait pas encore
beaucoup de documentation sur eux. La géologie en était
encore à ses balbutiements. Le premier manuel véritable
de géologie fut publié la même année que
le Livre de Mormon, en 1830, par Charles Lyell, en Grande-Bretagne
113
[
CXIII].
Mais ses descriptions d’éruptions volcaniques, ainsi que
quelques autres récits accessibles à l’époque
de Joseph Smith, sont incomplets et ne contiennent pas tous les
éléments que l’on trouve dans le récit du
Livre de Mormon, des éléments dont on sait maintenant
qu’ils se produisent lors de puissantes éruptions
volcaniques.
L’éruption
du Tambora en 1815 fut probablement l’éruption la plus
spectaculaire des temps historiques et elle se produisit à une
époque où Joseph Smith avait environ 10 ans.
"Assurément, diraient les détracteurs du Livre de
Mormon, Joseph a pu lire ou entendre parler de cette éruption
? Il aurait facilement pu modeler son récit de 3 Néphi
sur Tambora." Bien qu’il soit possible que Joseph ait lu
quelque part le récit de l’éruption du Tambora,
il est beaucoup plus probable qu’il n’a jamais été
au courant de cette éruption. Il n’en fut pratiquement
pas question au moment ou elle se produisit et les récits
détaillés disponibles sont toujours rares 114
[
CXIV].
Les seuls récits substantiels qui ont survécu de cette
époque ont été rassemblés par Sir Thomas
Stamford Raffles, vice-gouverneur britannique de Java, et publiés
en 1817 115
[
CXV].
La History
of Java
de Raffles comprend effectivement quelques pages décrivant
l’éruption, et certains éléments de la
description ressemblent au récit du Livre de Mormon (comme le
récit de toutes les éruptions volcaniques de ce type),
mais encore une fois, il ne mentionne pas certains des éléments
du récit du Livre de Mormon. Par exemple, il n’est fait
mention d’aucune espèce d’éclair, ni
d’incapacité d’allumer du feu. Raffles ne
mentionne pas non plus tous les types de destruction que l’on
trouve dans le Livre de Mormon. Ce n’est qu’en 1847
qu’une expédition scientifique pénétra
jusqu’au cratère et que les savants purent se faire une
idée de ce qui s’était passé 116
[
CXVI]
Même alors, les renseignements recueillis ne furent pas
communiqués au grand public.
Bien que notre témoignage
du Livre de Mormon ne dépende pas, ne devrait pas dépendre
de preuves matérielles, celles-ci peuvent ajouter une
profondeur, une compréhension et une foi plus grandes grâce
à ce que nous lisons et étudions. L’Évangile de
Jésus-Christ nous demande à tous d’étudier
et d’apprendre (D&A 90:15) et nous enseigne qu’il
est "impossible à un homme d’être sauvé
dans l’ignorance" (D&A 131:6). Les événements
du Livre de Mormon prennent personnellement plus de sens et j’éprouve
une plus grande compassion envers le peuple du Livre de Mormon et je
me sens plus proche de lui du fait que je comprends mieux sa façon
de vivre, ses problèmes et son environnement.
Bart
J. Kowallis est directeur du département de géologie à
l’université Brigham Young.
NOTES
[1] Russell J. Blong, The Time of Darkness,
Seattle, University of Washington Press, 1982, p. 69-70.
II[2] Blong, Time of Darkness, p. 70.
III[3] Blong, Time of Darkness, p. 104.
IV[4] Blong, Time of Darkness, p. 5.
V[5] Blong, Time of Darkness, p. 4.
VI[6] Blong, Time of Darkness, p. 103
VII[7] Blong, Time of Darkness, p.
116.
VIII[8] Blong, Time of Darkness, p. 151.
IX[9] Blong, Time of Darkness, p. 116.
X[10] Blong, Time of Darkness, p.
7.
XI[11] John Gee, "Another Note on
the Three Days of Darkness”, Journal of
Book of Mormon Studies 6, no. 2,1997, p.
2. Certains ont avancé l’idée que cette éruption correspond aux
plaies et aux ténèbres d’Egypte décrites dans l’Exode.
XII[12]
Claude Vandersleyen, "Une tempête sous le règne d’Amosis", Revue
d’Egyptologie 19, 1967, d’après la traduction [anglaise] de Robert
K. Ritner, dans Karen Polinger Foster et Robert K. Ritner, "Texts,
Storms, and the Thera Eruption", Journal of Near Eastern Studies
55, n° 1, 1996, p. 11. Les pointillés entre crochets indiquent des mots
illisibles.
XIII[13] Voir, par exemple, John L.
Sorenson, An Ancient American Setting for
the Book of Mormon, Salt Lake City,
Deseret Book, Provo, Utah, FARMS, 1985, p. 415. A mon sens, ce
livre est la meilleure analyse de la géographie du Livre de Mormon qui
soit et nous fournit un cadre très plausible.
X IV[14]
Les ouvrages suivants proposent une éruption volcanique comme cause
possible de la destruction dans 3 Néphi : James L. Baer, "The Third
Nephi Disaster: A Geological View", Dialogue: A Journal of Mormon
Thought 19, printemps 1986, p. 129-32. l'auteur mentionne la
possibilité d'éruptions volcaniques comme cause de la destruction, mais
se concentre essentiellement le fait qsue l'événement aurait été causé
par un ou plusieurs grands séismes. Il est certains que les grandes
éruptions volcaniques s'accompagnent de tremblements de terre, qui se
produisent parfois en une succession de séismes pendant que l'éruption
est en cours. Toutefois, l'inverse n'est pas vrai : les éruptions
volcaniques ne se produisent habituellement pas avec de grands
tremblements de terre, et les grands tremblements de terre, même de la
plus grande magnitude ne durent pas plus que quelques minutes et
certainement pas pendant les trois heures décrites dans 3 Néphi.
Russell H. Ball, "An Hypothesis
concerning the Three Days of Darkness among the Nephites", Journal of
Book of Mormon Studies 2, n° 1, 1993, p. 107-19. Ball croit aussi que
l'événement peut être entièrement expliqué par une éruption volcanique
explosive.
E. L. Peay, Nephi's Promised Land in Central America, vol. 2 de The Lands of
Zarahemla: A Book of Mormon Commentary,
Provo, Utah, par l'auteur, 1994, p. 168-69. Selon lui, la
destruction pourrait s'expliquer par une combinaison d'ouragan, de
volcan et d'un grand tremblement de terre, bien qu'il se concentre sur
l'éruption volcanique pour expliquer la plupart des caractéristiques.
Marlon A. Nance, "Can the 'Days
of Darkness' Be Documented?" Séminaire de FARMS, 26 octobre
1996. Nance a poussé l'étude une étape plus loin. Il essaie
d'identifier les couches de cendres dans les sédiments océaniques près
de l'Amérique centrale pour essayer d'identifier l'éruption responsable
de la destruction de 3 Néphi.
Hugh W. Nibley, Since Cumorah, Salt Lake
City, Deseret Book, 1988, p. 231-38. Nibley essaie d'abord de
tout expliquer comme des événements qui se produisent pendant un grand
tremblement de terre, mais en cours de route, il inclut aussi l'idée
qu'il a pu y avoir aussi une éruption volcanique. Il cite plusieurs
exemples des différents phénomènes qui se sont produits dans des récits
historiques de grands tremblements de terre et d'éruptions volcaniques.
D'une manière générale, l'analyse de Nibley est très bonne assez proche
de la mienne, bien que je sois d'avis que l'on n'a pas besoin de grands
tremblements de terre en dehors de ceux qui se produisent naturellement
avec une éruption volcanique explosive pour expliquer le texte de 3
Néphi.
David A. Palmer, In Search of Cumorah, New Evidences for the Book of Mormon from Ancient
Mexico, Bountiful (Utah), Horizon, 1981,
p. 38-41. Palmer fait un excellent travail de description des
indices de base d'une éruption volcanique au moment de la grande
destruction. Je ne suis cependant pas d'accord avec lui sur les points
suivants. Tout d'abord, il dit : "Il semble qu'il y ait eu une éruption
d'au moins un volcan et probablement de plusieurs" (p. 39). Je ne vois
pas la nécessité d'une éruption de plus d'un volcan, un événement qui
serait hautement improbable dans la plupart des cadres naturels pour la
période de temps donnée par le Livre de Mormon. Deuxièmement, il dit
que "il y eut manifestement un tremblement de terre dévastateur et ses
secousses secondaires durèrent trois jours" (p. 39). Le récit du Livre
de Mormon précise que c'est au bout de trois heures, pas de trois jours
que les secousses ont cessé. Finalement, Palmer dit : "La description
donnée par le Livre de Mormon suggère un glissement anormalement
important des plaques au moment de la Crucifixion. Cela a dû causer des
séismes et envoyer simultanément du magma à la surface en différents
endroits, déchaînant de terribles destructions" (p. 40). Mais selon ce
que l'on sait en géologie, il n'est pas probablement qu'un glissement
exceptionnellement important des plaques enverrait du magma à la
surface. Ce n'est que si le magma était déjà près de la surface, prêt
pour une éruption, qu'un grand séisme pourrait déclencher une éruption
volcanique. Mais, une fois de plus, on n'a pas besoin d'un grand
mouvement le long des frontières des plaques pour expliquer les
événements de 3 Néphi.
Sorenson, Ancient American Setting,
p. 318-23. Les seuls commentaire que j'ai à faire sur son
analyse, c'est qu'il fait appel à des ouragans ou à des tempêtes
tropicales pour expliquer l'inondation des villes proches de la mer,
alors qu'à mon sens il est bien plus probable que l'invasion des eaux a
été causée par un tsunami. Il dit aussi qu'il n'y a rien de surprenant
dans les phénomènes qui accompagnent la destruction, si ce n'est que
l'échelle ou la magnitude est sans précédent (p. 323). Je dirai que
c'est sans doute vrai pour les populations du Livre de Mormon, mais je
crois que la magnitude de cette destruction n'est pas unique à l'époque
historique (il est probable de les éruptions du Krakatau et du Tambora
étaient de la même échelle), et cet événement est petit en comparaison
de certaines éruptions que nous savons s'être produites dans l'histoire
de la géologie, comme les trois dernières éruptions de la région de
Yellowstone, qui ont été des centaines de fois plus grandes que
Krakatau et Tambora. Voir Robert B. Smith et
Lawrence W. Braile, "Topographic Signature, Space-Time Evolution, and
Physical Properties of the Yellowstone-Snake River Plain Volcanic
System: The Yellowstone Hotspot", dans Geology
of Wyoming, éd. Arthur W. Snoke, James R.
Steidtmann et Sheila M. Roberts, Geological Survey of Wyoming Memoir n°
5, Laramie (Wyo), Pioneer Printing and Stationery, 1993, p. 718, figure
14. Cet article traite principalement des éruptions
préhistoriques qui se sont produites autour du point chaud de
Yellowstone, qui ont été plus fortes qu'aucune éruption historique. Les
auteurs estiment que la plus forte des éruptions de Yellowstone a sans
doute été deux mille fois plus forte que celle du mont St.Helens.
John A. Tvedtnes, "Historical
Parallels to the Destruction at the Time of the Crucifixion", Journal
of Book of Mormon Studies 3, n° 1, 1994, p. 170-86. Tvedtnes fait
observer que les phénomènes naturels correspondent bien aux événements
de 3 Néphi, mais il essaie aussi de rattacher cela au mouvement des
plaques tectoniques et peut-être à un tremblement de terre majeur ainsi
qu'à une éruption volcanique. Je ne crois pas qu'un mouvement majeur
des plaques ou qu'un grand tremblement de terre aient été nécessaires
pour provoquer les événements de 3 Néphi autres que les tremblements de
terre qui se produisent normalement au cours d'une éruption
volcanique.
XV[15] John W. Welch, éd., Reexploring the Book of Mormon, Salt Lake City, Deseret Book, Provo (Utah), FARMS,
1992, p. 23. Zénos ne parle pas d'un tourbillon ni
explicitement d'un tremblement de terre.
XVI[16] Smith et Braile,
"Topographic Signature: The Yellowstone Hotspot", p. 718, figure
14.
XVII[17] James B. Allen et Glen M.
Leonard, The Story of the Latter-day
Saints, 2e éd. révisée et augmentée, Salt
Lake City, Deseret Book, 1992, p. 18.
XVIII[18] Kaari Ward, éd., "The Year
without a Summer", dans Great Disasters:
Dramatic True Stories of Nature's Awesome Powers, Pleasantville, N.Y., Reader's Digest, 1989, p. 108-11.
XIX[19] Henry Stommel et Elizabeth
Stommel, "The Year without a Summer", Scientific
American 240, juin 1979, p. 176-80. Voir
aussi Henry Stommel et Elizabeth Stommel, Volcano
Weather, Newport, R.I., Seven Seas,
1983.
XX[20] Ward, "The Year without a
Summer", p. 111.
XXI[21] Allen et Leonard, Story of the Latter-day Saints, p. 18.
XXII[22] Thomas A. Jaggar, Volcanoes Declare War,
Honolulu: Paradise of the Pacific, 1945, p. 129 ; Fred M. Bullard, Volcanoes of the Earth,
Austin, University of Texas Press, 1984, p. 93.
XXIII[23] George G. Daniels, directeur de
publication, Volcano, The planet Earth Series, Alexandria, Va.
Time-Life Books, 1982, p. 22, 25.
XXIV[24] Bullard, Volcanoes of the Earth, p. 93-96. Bullard
précise que les volcans d'Amérique centrale sont si explosifs qu'il est
rare qu'ils projettent de la lave liquide. Au contraire, la presque
totalité (99%) du magma projeté hors des volcans américains l'est sous
la forme de cendres et de pierre ponce. C'est probablement ce qui
explique pourquoi il n'est fait mention, dans 3 Néphi, de rien qui
pourrait ressembler à des coulées de lave.
XXV[25] M. B. Lambert, Volcanoes, Seattle, University of Washington Press,
1978, p. 32. Lambert y fait figurer une
photo d'une tornade provoquée au cours de l'éruption du volcan Surtsey
de 1963 in Islande.
XXVI[26] Personnel du
Longview (Wash.) Daily News
et du Bellevue (Wash.) Journal-American, Volcano: The Eruption of Mount
St. Helens, Longview, Wash., Longview Publishing, 1980, p. 26.
XXVII[27] J. G. Rosenbaum et Richard B. Waitt,
"Summary of Eyewitness Accounts of the May 18 Eruption", U. S.
Geological Survey Professional Paper 1250, 1981, p. 62.
XXVIII[28] Rosenbaum et Waitt, "Eyewitness
Accounts”, p. 59-60.
XXIX[29] Personnel, Volcano, p. 26.
XXX[30] William A. Garesché, Complete Story Of the Martinique and
St. Vincent Horrors,
New York, L. G. Stahl, 1902, p. 50-5 1. Garesché
était consul d'Amérique à la Martinique depuis plusieurs années avant
l'éruption et connaissait bien beaucoup de victimes du désastre.
XXXI[31] Bullard, Volcanoes of the Earth, p. 125.
XXXII[32] Bullard, Volcanoes of the Earth, p. 125.
XXXIII[33]
R. D. M.
Verbeek, Krakatau,
Batavia, [Indonésie] Imprimerie de l'Etat, 1885, p. 480-81. On
trouvera également ce récit et beaucoup d'autres rapportés par Verbeek
dans une étude fouillée du Krakatau: Tom Simkin et Richard S. Fiske,
Krakatau 1883: The Volcanic Eruption and Its Effects, Washington, D.
C., Smithsonian Institution, 1983, p. 98-99.
XXXIV[34] Charles Lyell, Principles of Geology, Londres, John Murray, 1830, p. 403-5.
XXXV[35] Daniels Volcano, p. 58.
XXXVI[36] Simkin et
Fiske, Krakatau 1883,
p. 64.
XXXVII[37] Jaggar, Volcanoes Declare War, p. 61.
XXXVIII[38]
Lambert, Volcanoes, p. 32 ; et Sigurder Thorarinsson
et Bernard Vonnegut, "Whirlwinds Produced by the Eruption of the
Surtsey Volcano," Bulletin of The American Meteorological Society 45, n° 8, 1964, p. 440-44.
XXXIX[39] Daniels, Volcano, p. 157.
XL[40] Pline, Lettres et Panégyrique, The Loch Classical Library 1969, p. 1443.
XLI[41] Peter Francis, Volcanoes: a Planetary Perspective, New York, Oxford University Press, 1993,
p. 68.
XLII[42] Georgievich S. Gorshkov, "Gigantic
Eruption of Volcano Bezymianny," Bulletin Volcanologique, série 2, 20, 1959, p. 86-87.
XLIII[43] Lyell, Principles of Geology, p. 403.
XLIV[44] Simkin et Fiske, Krakatau 1883, p. 102.
XLV[45] Rosenbaum et Waitt, "Eyewitness
Accounts", p. 63.
XLVI[46] Simkin et Fiske, Krakatau 1883, p. 104.
XLVII[47] Robert W Decker et Barbara B. Decker, Mountains of Fire: the Nature of
Volcanoes,
Cambridge, Cambridge University Press, 1991, p. 39.
XLVIII[48] Lambert, Volcanoes, 31.
XLIX[49] Edward B. Nuhfer, Richard J. Proctor et
Paul H Moser, The
Citizen's Guide to Geologic Hazards, Arvada, Colo. American Institute of Professional
Geologists, 1993, p. 58. La photo a été prise par Ruska Hadian de la
Recherche volcanologique d'Indonésie.
L[50] Mark Kemp, "Power
Surge," Discover 9, avril 1988, p. 40-4 1. Cette photo a été prise le 17 novembre 1987 par Tsuyoshi
Nishinoue. Elle a été utilisée depuis sur des cartes postales dont j'ai
acheté une lors d'une visite au Japon.
LI[51] Konrad B. Krauskopf and the Committee on
the Alaska Earthquake, The
Great Alaska Earthquake of 1964, Summary and Recommendations, Washington, D. C., National Academy of
Sciences, 1973, p. xi.
LII[52] Bruce A, Bolt, Earthquakes, New York, W. H Freeman, 1988, p. 18.
LIII[53] Bolt, Earthquakes, p. 21 ; John Milne, Earthquakes and Other Earth Movements, Philadelphie, P. Blakiston's Son, 1939,
p. 15.
LIV[54] C'est sans
doute Aristote qui a été le premier à proposer l'idée d'un "climat de
tremblement de terre". Il a avancé la théorie que les tremblements de
terre étaient causés par des vents pris dans de vastes cavernes
souterraines. On enseignait encore cette idée en 1755, quand John
Winthrop donnait des cours à Harvard sur les points forts de la thèse
d'Aristote. Winthrop supposait que le temps, avant un tremblement de
terre, devait être chaud et sans vent parce qu'il fallait que de
grandes quantités d'air soient prises sous la surface du sol. Pendant
un tremblement de terre, cet air se libérait sous la forme d'un vent
furieux. G. Lennis Berlin, Earthquakes and the Urban Environment, vol. I, Boca Raton, Fla., CRC, 1980, p.
13. Même Shakespeare a emprunté l'idée :
"La nature malade se déchaîne souvent en d'étranges éruptions, souvent
la terre grouillante est pincée par une sorte de colique et affligée
par l'emprisonnement de vents indisciplinés dans son sein ; qui,
s'efforçant de se libérer, secouent la bonne vieille terre et
renversent les clochers et les tours envahies par la mousse." William Shakespeare, Henri IV, 1e partie,
citée dans Berlin, Earthquakes
and the Urban Environment, p. 13.
LV[55] Raymond R. Dibble, "Seismic and Related
Phenomena at Active Volcanoes in New Zealand, Hawaii, and Italy", these
de doctorat, Victoria University, Wellington, N. Z., 1972, p. 557 ;
Lambert, Volcanoes, p. 33.
LVI[56] Simkin et Fiske, Krakatau 1883, p. 32-40.
LVII[57] R. D. Adams et Raymond R. Dibble,
"Seismological Studies of the Raoul Island Eruption, 1964," Bulletin
VoIcanologique 29, 1966, p. 5.
LVIII[58] Stanley N. Williams et Stephen Self, "The
October 1902 Plinian Eruption of Santa Maria Volcano, Guatemala", Journal of Volcanology and Geothermal
Research 16, 1982,
p. 33-56.
LIX[59] Bullard, Volcanoes of the Earth,
p. 95.
LX[60]
Bullard, Volcanoes of the Earth, p. 95-96.
LXI[61] Francis, Volcanoes: A Planetary
Perspective, p. 68.
LXII[62] Bullard, Volcanoes of the Earth, p. 125.
LXIII[63] Lewis D. Leet, Causes of Catastrophe, New York, Whittlesey House, 1948, p. 8.
Satis N. Coleman, Volcanoes
New and Old, New
York, John Day, 1946, p. 80-81. Leet et
Coleman utilisent ce même récit fait par le commissaire adjoint
Thompson, mais il y a quelques différences mineures entre les deux.
J'ai combiné ici les deux sources.
LXIV[64] Simkin et
Fiskse, Krakatau 1883,
p. 15.
LXV[65] Simkin et
Fiske, Krakatau 1883,
p. 73.
LXVI[66] Simkin et Fiske, Krakatau 1883, p. 117.
LXVII[67] Tom
Koenninger, directeur de publication, Vancouver!
Vancouver! This Is It!, Lubbock, Tex, C. F.
Boone, 1980, p. 36.
LXVIII[68] Sorenson, Ancient American Setting, p. 222-23. Sorenson situe Jérusalem sur le lac Atitlan au Guatemala.
Il se peut que les autres villes
mentionnées avec Jérusalem, Onihah et Mocum, se soient également
trouvées sur ce lac. Ces trois villes devaient être fort éloignées de
l'éruption volcanique principale, parce qu'elles sont situées loin dans
le pays situé du côté du sud et le Livre de Mormon dit bien que les
gens les plus méchants et la destruction la plus grande étaient dans le
pays situé du côté du nord. Toutefois, le lac Atitlan est entouré de
volcans élevés, hauts de plus de 3600 mètres et des pentes de montagne
escarpées descendent jusqu'au bord du lac. Voir les photos dans
Sorenson, Ancient American Setting, p. 177. Les pentes de ce genre sont souvent instables et
l'activité tellurique, provoquée même par une éruption volcanique
lointaine, pourrait certainement suffire pour déclencher des
glissements de terrain jusque dans le lac, faisant monter le niveau de
l'eau, qui recouvrirait alors les villes ou les villages proches du
bord.
LXIX[69] Decker et Decker, Mountains of Fire, p. 104.
LXX[70] Francis, Volcanoes: A Planetary Perspective,
p. 63. Lors de fouilles effectuées en 1812, on a découvert plusieurs
corps à quelques centimètres seulement sous la surface de la couche de
cendres. L'un d'eux tenait un sac décomposé qui avait contenu 360
pièces d'argent, 42 pièces de bronze et huit médaillons d'or impérial. Egon C. C. Corti, The Destruction and Resurrection of
Pompeii and Herculaneum, trad. K. et R. Gregor Smith, Londres, RoutIedge and
Kegan Paul. 1951, p. 171.
LXXI[71] Lambert, Volcanoes, p. 47.
LXXII[72] Francis, Volcanoes: A Planetary Perspective, p. 68.
LXXIII[73] Jaggar, Volcanoes
Declare War, p. 32.
LXXIV[74]
David K. Chester, Volcanoes and Society, Londres, Edward Arnold, 1993, p. 292
-93 ; Kaari Ward, directeur de publication, The Wrath of Nevado del
Ruiz," dans Great
Disasters, p. 108-11.
LXXV[75] Daniels, Volcano, p. 154.
LXXVI[76] Francis, Volcanoes: A Planetary
Perspective, p. 93.
LXXVII[77] Decker et Decker, Mountains of Fire, p. 112.
LXXVIII[78] Voir Sorenson, Ancient American Setting, p. 318-23. Sorenson interprète l'expression
"surface du pays" comme voulant dire que les changements apportés au
pays étaient essentiellement des changements superficiels et que la
géographie de base est restée inchangée. D'une manière générale, je
suis d'accord avec cette évaluation, mais je pense cependant que près
du lieu de l'éruption, les changements ont pu être très spectaculaires
et pas nécessairement superficiels. Voir aussi Nibley, Since Cumorah, p. 232.
Les seize villes détruites mentionnées
par leur nom dans 3s Néphi se trouvaient dans des endroits éloignés
d'Abondance. Par exemple, Gid et Mulek ( mentionnées dans Hélaman 5:15,
soixante ans avant la destruction), situées près de la ville
d'Abondance, ne sont pas reprises dans la liste des villes détruites.
D'autres villes "restèrent", même si "les dégâts y étaient extrêmement
grands" (3 Né 8:15). Quelque temps après les trois jours de ténèbres,
"il arriva qu'une grande multitude du peuple de Néphi était rassemblée
autour du temple qui était au pays d'Abondance" (3 Néphi 11:1).
LXXIX[79] Sorenson, Ancient American Setting, p. 8-23 ; Palmer, In Search of Cumorah, p. 29-31.
LXXX[80] Si une grande éruption volcanique
explosive s'est effectivement produite en Amérique centrale au moment
de la mort du Christ, il se peut que les cendres soient toujours là et
qu'on pourrait les trouver dans certains endroits. Une couche de
cendres importante ayant approximativement l'âge qui convient (vers
100-200 apr. J.-C.) a été décrite dans Payson D. Sheets, "An Ancient
Natural Disaster", Expedition 14 n° 1, 1971, p. 24-31, et dans Payson
D. Sheets, "Environmental and Cultural Effects of the Ilopango Eruption
in Central America", dans Volcanic Activity and Human Ecology, sous la direction de Payson D. Sheets et
Donald K. Grayson, New York, Academic, 1979, p. 525-64. Sheets montre
comment l'éruption du volcan Ilopango, en El Salvador a détruit
essentiellement les cultures de la région et qu'il leur a fallu près de
deux cents ans pour s'en remettre. Toutefois, si nous acceptons la
géographie du Livre de Mormon telle que Sorenson l'interprète, cette
éruption est sans doute trop loin pour pouvoir causer beaucoup de
destructions autour de Zarahemla, tout en étant suffisamment proche
pour provoquer les ténèbres. Elle est certainement trop loin au sud
pour avoir causé beaucoup de destructions dans le pays situé du côté du
nord, où, selon le Livre de Mormon, la destruction a été la plus grande.
Palmer, In Search of Cumorah, p. 102, fait observer qu'une couche de cendres qui
pourrait dater plus ou moins de l'époque de la mort du Christ a
également été découverte à Tres Zapotes, cite archéologique important
au nord de l'isthme de Tehuantepec. Tres Zapotes est près de plusieurs
volcans actifs. El Chichon, un volcan situé à environ 110 km au nord de
la Zarahemla de Sorenson, dans le sud du Mexique, a connu une éruption
violente en 1982. Il était précédemment entré en éruption vers 800 de
notre ère, selon Chester, Volcanoes and Society, p. 277-78, et avait sans aucun doute connu des
éruptions violentes avant cela.
Le problème est qu'il y a tant de volcans
actifs au Mexique et en Amérique centrale, et qu'il y a eu beaucoup
d'éruptions dans les quelques deux mille dernières années. Wenkam a
parcouru beaucoup de sites archéologiques importants en Amérique
centrale et au Mexique et dit avoir trouvé des cendres volcanique
presque partout. Il avance l'hypothèse que les éruptions volcaniques
ont pu être une cause courante de destructions dans cette région.
Robert Wenkam, The Edge of Fire, San Francisco, Sierra Club Books,
1987,
p. 29-43.
Dans le cadre de notre objectif, qui
est de comprendre cet événement du Livre de Mormon, et en utilisant
comme guide la géographie de Sorenson, je dirais que le centre de
l'éruption était au nord de l'isthme de Tehuantepec (dans le pays situé
du côté du nord, où la destruction a été la plus grande) et
probablement le long de la côte, où l'éruption a pu provoquer un ras de
marée. Il faudra toutefois davantage de renseignements géologiques et
géochronologiques pour pouvoir avancer d'autres suppositions. Dans un
discours prononcé, le 25 octobre 1996, lors d'un séminaire de FARMS,
Marlon Nance a proposé le plan le plus complet pour situer le lit de
cendres associé à cette éruption. Il a proposé d'analyser chimiquement
et d dater les lits de cendres trouvés dans les carottages de haute mer
prélevés dans des régions proches de l'Amérique centrale. Ce serait un
projet passionnant, un projet que j'espère qu'il pourra mener à bien.
LXXXI[81] Pline, Lettres et Panégyrique, 1:1445.
LXXXII[82] Koenninger, "Vancouver", p. 24.
LXXXIII[83] Staffs, Volcano, p. 52.
LXXXIV[84] Daniels, Volcano, p. 58,
LXXXV[85] Simkin et Fiske, Krakatau 1883, p. 89.
LXXXVI[86] Andrew Robinson, Earthshock: Hurricanes,
Volcanoes , Earthquakes, Tornadoes, and Other Forces of Nature,
Londres, Thames and Hudson, 1993, p. 115-16.
LXXXVII[87] Kaari Ward, directeur de publication,
"Mount Etna Erupts–Again", dans Great Disasters, p. 91.
LXXXVIII[88] William E. Scott, "Volcanic and Related
Hazards", dans Volcanic
Hazards, sous la
direction de Robert l. Tilling, Washington D.C., American Geophysical
Union. 1989, pp.17-18.
LXXXIX[89] Daniels, Volcano, 58.
XC[90] M. S. Maso The Eruption of Taal Volcano, Manille, Manila Bureau of Printing,
1911, p. 9. Des
parties importantes de ce récit sont reproduites dans Ken H. Wil, Volcanoes, Londres, Cassell, 1966, p. 166-67.
XCI[91] Francis, Volcanoes: A Planetary
Perspective, p. 80.
XCII[92] E. W. Sturdy, "The Volcanic Eruption of
Krakatau", Atlantic
Monthly 54, n° 321,
juillet 1884, p. 387-89.
XCIII[93] Jaggar, Volcanoes Declare War, p. 67.
XCIV[94] Pline, Lettres et Panégyrique, p. 1433.
XCV[95] Pline, Lettres et Panégyrique, p. 1445.
XCVI[96] Koenninger, "Vancouver!" p. 25
XCVII[97] Gorshkov, "Gigantic Eruption", p. 86-87.
XCVIII[98] Lyell, Principles of Geology, p. 404.
XCIX[99] Haraldur Sigurdsson et Steven Carey, "The
Eruption of Tambora in 1815: Environmental Effects and Eruption
Dynamics", dans The
Year without a Summer,
sous la direction de C. R. Harrington, Ottawa, Canadian Museum of
Nature, p. 20.
C[100] Stommel et Stommel, Volcano Weather, p. 12.
CI[101] Simkin et Fiske, Krakatau 1883, p. 98-99.
CII[102] Sturdy, "Volcanic Eruption of Krakatau",
p. 387-89.
CIII[103] Koenninger, "Vancouver!" p. 24.
CIV[104] Simkin et Fiske, Krakatau 1883, p. 84-85. La famille Beyerinck dut plus tard éteindre son feu, parce qu'il
commençait à attirer beaucoup de natifs qui avaient été rendus fous par
la soif et étaient prêts à tout.
CV[105] Scott, "Volcanic and Related Hazards",
p. 19-20.
CVI[106] Alan E. Kehew, Geology for Engineers and Environmental
Scientists,
Englewood Cliffs, N.J. Prentice Hall, 1995, p. 75-77.
CVII[107] Wilcoxson, Volcanoes, p. 171.
CVIII[108] Angelo Heilprin, Mount Pelée and the Tragedy of
Martinique,
Philadelphie, p. 11. Lippincott, 1905, p. 119.
CIX[109] Pline, Lettres et Panégyrique, 1:445.
CX[110] Wilson F. Erskine, Katmai, Londres, Abelard-Schuman, 1962, p. 55. On trouve la même citation dans Katia
Krafft et Maurice Krafft, Volcanoes, Maplewood, N. J., Hammond Inc, 1980, p. 58.
CXI[111] H. Williams, "The Great Eruption of
Coseguina, Nicaragua, in 1835", University of California Publications in Geological
Science 29, n° 2,
1952, 33.
CXII[112] Ward, "Mount Etna Erupts–Again", p. 90-91.
CXIII[113]
Lyell, Principles of Geology.
CXIV[114] Richard B. Stothers, "The Great Tambora
Eruption in 1815 and its Aftermath", Science 224, n° 4654, 1984, 1191-98.
CXV[115] Thomas D. Raffles, History of Java, 2 vol., Londres, Black, Parbury et Allen,
1817, 1:29-33.
CXVI[116] Robinson, Earthshock, p. 94.