La
véracité de l’Eglise de Jésus-Christ des
saints des derniers jours est indissolublement liée à
l’authenticité du Livre de Mormon. Ou bien celui-ci est
véritablement le document historique qu’il affirme être,
et dans ce cas ni Joseph Smith, ni personne d’autre, que ce
soit au 19e siècle ou de nos jours, n’aurait pu en être
l’auteur, ou bien c’est un faux, et alors il sera
inévitablement démasqué par les progrès
des connaissances scientifiques, et l’Eglise se révélera
être une fausse église. Or, depuis une cinquantaine
d’années, les indices en faveur de l’authenticité
historique du Livre de Mormon n’ont cessé de se
multiplier au point que quiconque veut mettre le Livre de Mormon (et
l’Église) en doute ne peut plus – s’il est
intellectuellement honnête – les ignorer. L’article
suivant traite d’un de ces indices.
Le « pays de Jérusalem »
Daniel C. Peterson, Matthew Roper et William J. Hamblin
©
1995 Foundation for Ancient Research and Mormon Studies
Une
des affirmations qui ont le plus de succès chez les
antimormons, c’est que le Livre de Mormon situe la naissance de
Jésus-Christ au mauvais endroit. « Le Livre de
Mormon enseigne que Jésus est né à Jérusalem
(Alma 7:10) », dit un ouvrage antimormon typique.
« Naturellement, la Bible enseigne qu’il est né
à Bethléhem (Matthieu 2:1). Comme Bethléhem
est à 8 ou 10 kilomètres de Jérusalem et est une
localité distincte, les contradicteurs affirment que «
il est clair qu’Alma 7:10 est une fausse prophétie 1
».
Il
est parfois difficile de voir ce que l’on veut démontrer
par ce vieux poncif antimormon 2.
Après tout, aucun saint des derniers jours n’a jamais
interprété ce passage du Livre de Mormon comme
prétendant que Jésus est né à Jérusalem
plutôt qu’à Bethléhem. Alma 7:10 ne parle
même pas de la ville de Jérusalem. Le texte dit au
contraire : « Et voici, il [Jésus] naîtra de
Marie, à Jérusalem, qui est le pays de nos ancêtres.
» La Jérusalem où Jésus devait naître
était donc clairement appelée un pays, pas une ville.
Comme nous le démontrerons ci-après, ceci cadre
parfaitement avec les pratiques bibliques et proche-orientales. Les
saints des derniers jours n’ont aucune difficulté à
croire à la fois Alma et le Nouveau Testament et à les
voir d’accord entre eux. Heureusement, les faits sont largement
de notre côté.
Considérations
générales
Caractère
relatif des repères géographiques.
Vue de l’autre côté de l’océan, la
distance entre Jérusalem et Bethléhem devait paraître
minime à un Néphite 3. Nous parlons
tout naturellement, aux États-Unis, de gens qui
vivent « dans la région de Chicago » ou «
aux environs de Boston ». Quand il est au Proche-Orient ou en
Europe (souvent même en Utah), l’un des auteurs répond
tout naturellement « Los Angeles » quand on lui demande
d’où il vient, bien que cette réponse soit
littéralement fausse et que la réponse plus exacte
serait « Pasadena » (lieu de sa naissance) « San
Gabriel » (son domicile pendant ses études
secondaires), ou même « Whittier » (domicile
de ses parents depuis la moitié des années 1970).
Pour
donner un exemple plus proche de la situation, un autre des auteurs
a été temporairement affecté au Centre de BYU à
Jérusalem pour les études du Proche-Orient. Si, à
son retour aux États-Unis, il devait dire : « J’ai
habité six mois à Ramat Eshkol », combien de
personnes sauraient de quel endroit il parle ? Très peu.
D’autre part, s’il disait: « J’ai habité
six mois à Jérusalem », tout le monde
comprendrait. Mais Ramat Eshkol est un faubourg de Jérusalem,
à plusieurs kilomètres au nord et ne fait techniquement
pas partie de la ville elle-même.
Ainsi donc, pour ceux qui
connaissent bien la micro géographie de Jérusalem et
d’Israël, Ramat Eshkol serait un repère
géographique qui voudrait dire quelque chose. Mais pour ceux
qui n’ont qu’une connaissance vague d’Israël,
Jérusalem aurait beaucoup plus de signification. Par
conséquent, étant donné que ceux qui ne
connaissent pas la micro géographie de Jérusalem sont
de loin plus nombreux que ceux qui la connaissent (surtout en
Amérique du Nord), il dira habituellement qu’il a habité
à Jérusalem. Est-ce que cela fait de lui un menteur ?
Pour être plus radical encore, devons-nous en déduire –
pour imiter la méthode des contradicteurs – que parce
qu’il dit qu’il a habité à Jérusalem
plutôt qu’à Ramat Eshkol, il n’a jamais
habité en Israël du tout, ou mieux encore, qu’il
n’existe même pas ?
Tout
cela nous aide à comprendra pourquoi Alma ne donne pas
d’emplacement plus précis de la naissance de Jésus.
C’est probablement parce qu’il parlait à des gens
éloignés de quelque cinq siècles de toute
connaissance directe de la géographie de la Judée.
Bethléhem n’est jamais mentionnée dans le Livre
de Mormon et son emplacement exact aurait presque certainement été
inconnu du Néphite moyen non érudit. En outre, il y a
peu de chances pour que les exemplaires des Ecritures aient eu une
grande diffusion parmi les gens du commun puisque, sans presse
d’imprimerie, ils auraient tout simplement été
trop coûteux. Il est donc plus que probable qu’une
allusion prophétique à un petit village inconnu proche
de Jérusalem n’aurait rien signifié pour les
auditeurs d’Alma. Jérusalem, par contre, était
bien connue et souvent mentionnée.
Le
paradoxe de « l’idiot-savant »
Il est, en outre,
illogique de prétendre que Joseph
connaissait l’emplacement exact du baptême de Jésus
par Jean (« à Béthabara, au-delà du
Jourdain » (1 Néphi 10:9 ; cf Jean 1:28 dans la
KJV), mais ne savait absolument rien de la localité rendue
célèbre par la naissance du Christ 4.
Il est hautement improbable que l’auteur ou les auteurs du
Livre de Mormon se soient trompés sur l’un des faits les
plus évidents de l’histoire la plus populaire de la
Bible, quelque chose que connaissent tous les enfants et tous ceux
qui chantent des cantiques de Noël 5.
Veulent-ils dire par là qu’un escroc habile, qui a pu
écrire un livre exposant un éventail aussi vaste de
traits culturels et littéraires subtils et authentiques
propres au Proche-Orient et à la Bible que dans le Livre de
Mormon, ait été en même temps assez stupide pour
affirmer, devant un public familiarisé avec la Bible, que
Jésus est né dans la ville de Jérusalem ? Comme
l’a fait remarquer un auteur antimormon: « Tout écolier,
toute écolière, sait que le Christ est né à
Bethléhem 6.
» Exactement ! Il est par conséquent virtuellement
certain qu’Alma 7:10 était aussi étrange pour
Joseph Smith que pour ses contradicteurs antimormons. Il est très
peu probable qu’il ait déformé l’histoire
de Noël d’une manière aussi manifeste, qu’il
ait brandi un drapeau rouge aussi visible, s’il essayait de se
livrer à une duperie.
En
fait, la prophétie du Livre de Mormon selon laquelle le Christ
naîtrait « à Jérusalem, qui est le pays de
nos pères » cadre parfaitement avec ce que nous savons
maintenant avoir été l’usage dans l’Antiquité
7.
Loin de jeter le doute sur l’authenticité du livre, Alma
7:10 représente une touche parfaitement authentique.
La
terminologie géographique du Livre de Mormon
La
manière la plus sûre de déterminer ce que
signifie une expression donnée dans le Livre de Mormon est de
regarder dans le Livre de Mormon. Cela tombe sous le sens : pour
comprendre une expression difficile dans Shakespeare, nous devons
d’abord étudier ses écrits. Ce n’est que si
cela ne marche pas que nous chercherons dans d’autres textes.
Il
ne faut pas oublier, quand on étudie cette question, qu’Alma
écrivait au premier siècle avant Jésus-Christ.
En d’autres termes, plus de cinq siècles séparaient
son peuple et lui, et leur façon de parler, de leur patrie
ancestrale et des tournures qui lui étaient propres. Cela fait
beaucoup de temps pour que des changements linguistiques
s’accumulent, comme en peut témoigner quiconque a essayé
de lire les Contes de Canterbury, de Chaucer, dans son moyen-anglais
original. La langue néphite semble ne pas avoir eu
d’équivalents :
Et
maintenant, voici, nous avons écrit ces annales selon notre
connaissance, dans les caractères qui sont appelés
parmi nous l’égyptien réformé, transmis et
altérés par nous, selon notre manière de parler.
Et si nos plaques avaient été suffisamment grandes,
nous aurions écrit en hébreu; mais l’hébreu
a été altéré aussi par nous; et si nous
avions pu écrire en hébreu, voici, vous n’auriez
eu aucune imperfection dans nos annales. Mais le Seigneur sait les
choses que nous avons écrites, et aussi qu’aucun autre
peuple ne connaît notre langue; et parce qu’aucun autre
peuple ne connaît notre langue, il a préparé des
moyens pour son interprétation
(Mormon 9:32-34).
L’expression
« pays de [+ nom de ville] » dans le Livre de Mormon
Il
découle de l’examen des données, que le Livre de
Mormon mentionne régulièrement des « pays »
qui entourent et portent le nom de leur ville principale. Nous
lisons, par exemple, qu’il est question des pays et des villes
d’Ammonihah, Gédéon, Hélam, Jashon, Léhi,
Léhi-Néphi, Manti, Morianton, Moroni, Mulek, Néhor,
Néphihah, Noé, Shem, and Shilom 8.
Les villes et les pays d’Abondance et de Désolation
jouent un rôle central dans l’histoire néphite 9. Il en va de même de
la ville et du pays de Néphi 10.
C’est ainsi qu’Amalickiah « marcha avec ses
armées... sur le pays de Néphi, sur la ville de Néphi,
qui était la ville principale » (Alma 47:20). Remarquez,
en passant, qu’Alma a dû spécifier que sa
prophétie dans Alma 7:10 désignait « Jérusalem,
qui est le pays de nos ancêtres », puisque la ville et le
pays ainsi nommés dans l’Ancien Monde avaient pour
équivalents, dans le Nouveau Monde, un pays et une ville de
Jérusalem (Alma 21:1-2 ; 24:1) que ses auditeurs connaissaient
beaucoup mieux.
L’exemple
qui est de loin le plus important dans la situation dont nous
traitons ici est Zarahemla. En fait, elle a probablement été
la plus importante de toutes les villes néphites (Alma 60:1).
Mais c’est aussi le nom d’un pays 11.
C’est ainsi que le roi de ceux qui se sont rebellés
contre Pahoran fait alliance avec les Lamanites « de conserver
la ville de Zarahemla, et il pense qu’en la conservant il
permettra aux Lamanites de conquérir le reste du pays »
(Alma 61:8). Et quand Moroni et Pahoran contre-attaquent, ils «
descendirent avec leurs armées au pays de Zarahemla, et
allèrent contre la ville » (Alma 62:7). Plus tard, les
Lamanites revinrent « dans le centre du pays » et prirent
« la capitale, qui était la ville de Zarahemla »
(Hélaman 1:27). Ainsi donc, du point de vue du Livre de
Mormon, toutes les grandes villes étaient entourées de
leurs pays.
L’expression
« pays de Jérusalem » dans le Livre de Mormon
Plusieurs
cas montrent que les Néphites voyaient la Jérusalem de
l’Ancien Monde exactement de la même manière que
leurs villes et leurs pays. Parfois l’expression « pays
de Jérusalem » semble avoir désigné la
région entourant immédiatement la ville, ou peut-être
la région de la Judée. Jésus parle par exemple
d’ « autres brebis qui ne sont pas de ce pays, ni du pays
de Jérusalem, ni d’aucune partie du pays alentour où
je suis allé exercer mon ministère » (3 Néphi
16:1).
Le
groupe de Léhi et les Mulékites sont, nous dit-on,
partis du « pays de Jérusalem » 12.
Léhi demeurait « à Jérusalem » (1
Néphi 1:4, 7), mais de toute évidence en dehors de la
ville proprement dite (1 Néphi 3:16, 23-24). Par contre, en
d’autres occasions, l’expression semble désigner
la Judée et la Galilée et peut-être toute la
Palestine. C’est ainsi qu’il fut dit aux Néphites
que le Christ se montrerait au « pays de Jérusalem »
(Hélaman 7:19). En outre, le Livre de Mormon dit que le Christ
choisit ses disciples au « pays de Jérusalem »
(Mormon 3:18-19), bien que le Nouveau Testament précise que
plusieurs au moins des apôtres ont été appelés
en Galilée. Dans l’usage néphite, « le pays
de Jérusalem » est le pays de l’héritage
eschatologique des Juifs, ou du moins la région dans laquelle
ils retourneront après leur exil babylonien 13.
L’expression désigne donc clairement une région
beaucoup plus vaste que le territoire urbain de la Jérusalem
proprement dite.
Autres
repères géographiques proche-orientaux dans le Livre de
Mormon
Des
mots tels que Juda, Judée, Galilée, Palestine, Israël
et Samarie ne sont quasiment jamais utilisés dans un sens
géographique dans les parties du Livre de Mormon qui ont été
écrites dans le Nouveau Monde. Il est vrai que Juda apparaît
de nombreuses fois. Mais la plupart de ces occurrences se trouvent
dans des citations d’Esaïe, avec un cas (3 Néphi
24:4) provenant de Malachie 3:4.
Il y a deux allusions aux «
reins de Juda », le patriarche (2 Néphi 3:12). Les trois
autres mentions désignent toutes « Sédécias,
roi de Juda ». Deux sont des déclarations de Néphi
(1 Néphi 1:4 ; 5:12), qui vivait lui-même en Judée
sous le règne de Sédécias. La troisième,
Omni 5, parle de Sédécias sur la base des traditions
des Mulékites, qui devaient avoir une raison spéciale
d’entretenir des traditions sur Sédécias, roi de
Juda, puisque Mulek était fils de Sédécias et
par conséquent théoriquement héritier du trône
(Hélaman 6:10 ; 8:21). Toutefois, dans la tradition
historiographique néphite du Nouveau Monde, il n’est pas
question de Juda en tant qu’unité géographique.
La Judée [Judéa dans le texte français] est
mentionnée cinq fois, et dans tous les cas il est question
d’une ville portant ce nom dans le Nouveau Monde 14.
La Galilée est mentionnée une fois, tandis que la
Palestine est citée deux fois, toutes dans des citations
d’Ésaïe 15.
Le nom Israël apparaît de nombreuses fois dans le Livre de
Mormon, mais toujours quand il est question d’Israël en
tant que peuple, pas en tant que région géographique.
Samarie apparaît sept fois, toutes dans 2 Néphi 17-20,
qui ne fait que citer Ésaïe 7-10.
Autrement
dit, les termes géographiques bibliques habituels pour la
terre sainte n’existent pas dans les passages du Livre de
Mormon qui ne sont pas des citations de la Bible. Qu’est-ce que
cela signifie ? Le fait que tous ces termes soient cités dans
le Livre de Mormon est la preuve évidente que Joseph Smith
connaissait l’existence de ces noms géographiques.
Pourtant ils ne sont jamais utilisés en tant que repères
géographiques dans le cadre de la tradition néphite. Au
lieu de cela, le terme ordinaire utilisé pour désigner
la Judée est l’expression non biblique « pays de
Jérusalem ». Ainsi donc, dans le contexte littéraire
et linguistique du Livre de Mormon lui-même, l’affirmation
que le Christ naîtra « à Jérusalem, qui est
le pays de nos ancêtres » est tout simplement la manière
néphite de dire que le Christ naîtra en Judée, ce
qui est une déclaration parfaitement exacte.
Il
vaut la peine de remarquer ici que les détails géographiques
du Livre de Mormon relatifs à la Palestine et au Proche-Orient
sont vagues et rares, tandis que ceux qui ont trait au Nouveau Monde
sont complexes, précis, cohérents et détaillés
16.
Cela pose un problème aux contradicteurs environnementalistes
aussi bien fondamentalistes que profanes. Si le Livre de Mormon était
effectivement un faux créé au 19e siècle, nous
pourrions nous attendre à ce que les termes relatifs à
la géographie palestinienne et biblique, que Joseph Smith
aurait pu plagier de la Bible, soient précis. Nous nous
attendrions, par contre, à ce que la géographie du
Nouveau Monde, que Joseph Smith aurait dû inventer, soit vague.
Or, en réalité, c’est exactement inverse qui se
produit.
Terminologie
géographique dans la Bible et dans le Proche-Orient antique
Traces
prébibliques de l’expression « pays de [+ nom de
pays] » au Proche-Orient.
K. Kitchen nous rappelle que « ville et état ont souvent
le même nom dans l’Orient antique, même si ce sont
des entités distinctes 17.
C’est ainsi, par exemple, que Carkemisch, dans le nord de la
Syrie, était à la fois ville et pays 18.
Les textes égyptiens de la XIIe dynastie (19e siècle
av. J.-C.) paraissent de même suggérer que la ville
palestinienne antique de Sichem était entourée d’un
pays du même nom.
Les
lettres dites d’Amarna (14e s. av. J.-C.) utilisent également
cette expression19.
En fait, les lettres d’Amarna font aussi allusion à «
une ville du pays de Jérusalem, appelée Bit-Nahmi
», que W. F. Albright considérait comme « une
allusion presque certaine au village de Bethléhem 20.
C’est là un indice intéressant, qui ne manque pas
de contribuer à confirmer le caractère plausible de la
prophétie d’Alma, puisqu’il nous permet
d’entrevoir un arrangement administratif ancien dans le
voisinage de Jérusalem. Il montre, selon la façon de
voir d’autrefois, qu’il était possible de
concevoir les régions environnantes d’une grande ville,
en y comprenant les villages qui en dépendaient, comme étant
« le pays de » cette ville. Et cela démontre, en
outre, que Bethléhem elle-même était considérée
autrefois, en tout cas à moment donné, comme faisant
partie du pays de Jérusalem, exactement comme dans le Livre de
Mormon.
Néanmoins,
il y a au moins un contradicteur du Livre de Mormon qui prétend
que les lettres d’Amarna sont bien trop anciennes pour avoir un
rapport quelconque avec la Jérusalem du début du 6e
siècle. Selon lui, « ce serait comme utiliser une lettre
du roi George III pour prouver que les États-Unis pourraient
toujours à bon droit être qualifiés de colonie
21. »
C’est exagéré, mais son exigence que nous
examinions la Bible et les autres indices contemporains ne manque
certainement pas de mérite 22.
McKeever
prétend que « quand les tablettes d’Amarna ont été
écrites, Jérusalem était une cité-état...
Cela n’aurait aucun sens qu’Alma utilise cette expression
1300 ans plus tard, alors que la situation politique avait changé
aussi radicalement depuis l’époque où les lettres
d’Amarna avaient été écrites 23.
Vu de manière superficielle, c’est plausible. Mais
McKeever ne tient pas compte de plusieurs éléments
importants. D’abord, comme nous l’avons démontré
plus haut, l’utilisation, dans le Livre de Mormon, de
l’expression « le pays de [+ nom d’une ville] a une
cohérence interne et est intelligible 24.
La validité de cette conclusion ne dépend ni des
tablettes d’Amarna ni de la Bible. Deuxièmement, la
construction grammaticale « le pays de [+ nom d’une
ville] » est une expression idiomatique hébraïque
parfaitement grammaticale, que l’on trouve dans la Bible.
La
tournure « le pays de [+ nom d’une ville] » dans la
Bible. Que nous apprend
l’utilisation de cette expression au cours de la période
biblique ? Les antimormons affirment, à juste titre, que
l’expression exacte « pays de Jérusalem »
n’apparaît nulle part dans la Bible 25.
Il est cependant quasi certain que ce fait n’est pas aussi
important qu’ils le croient 26.
Depuis le règne du roi David au 10e s. av. J.-C. jusqu’à
la période de l’exil babylonien, c’est-à-dire,
en gros, jusqu’à l’époque de Léhi et
du départ des Mulékites,
Jérusalem a joué
un rôle administratif et politique central. Le roi Salomon,
successeur de David, divisa son royaume en douze districts
administratifs, surtout à des fins de taxation, chacun
gouverné à partir d’un centre administratif 27.
L’un d’eux comprenait Bethléhem et Jérusalem,
cette dernière étant la capitale du district 28.
Pendant le règne d’Ezéchias, entre 716 et 687 av.
J.-C., les douze districts de Salomon furent regroupés en
quatre, Jérusalem remplissant « la double fonction de
capitale royale et de capitale de district 29 ».
Le
prophète Jérémie, contemporain de Léhi,
décrivant le siège de Jérusalem, dit que les
armées de Nebucadnetsar « faisaient la guerre à
Jérusalem et à toutes les villes qui en dépendaient »
(Jérémie 34:1) par quoi il entend certainement les
autres villes et villages de Juda (Jérémie 34:7). En
cela, Jérémie s’exprime d’une manière
tout à fait conforme à l’usage biblique
ordinaire, selon lequel le nom de Jérusalem était
souvent utilisé pour désigner le royaume du sud tout
entier 30.
D’autres
villes avaient aussi leur territoire qui les entourait et qui portait
leur nom. Le nom Samarie, par exemple, était souvent utilisé
pour désigner le royaume d’Israël, ou royaume du
nord, tout entier, même si, strictement parlant, ce n’était
que le nom de la ville royale fondée par Omri au début
du 9e s. av. J.-C. (1 Rois 16:24). La Bible parle des « villes
de Samarie » 31.
Ainsi, lorsqu’il est question de «Achab, roi de
Samarie », nous devons voir en lui le souverain de tout
le royaume du nord, pas simplement le maire de son plus grand centre
urbain. Jérémie 36:5 parle même des «
montagnes de Samarie ».
De
même, Ephraïm possédait la ville de « Tappuach »,
mais Manassé possédait le territoire du même nom
(Josué 17:8), que l’Interpreter’s
Dictionary of the Bible
appelle très justement « le pays de Tappuach » 32. La ville de « Tob »
était entourée, dans
la Bible, du « pays de Tob » (Juges 11:3) 33.
Et y avait une ville du nom de Mitspa, aussi bien que le « pays
de Mitspa » (Josué 11:31) 34.
Cet
usage s’étendait au-delà des territoires occupés
par les Hébreux. La grande ville syrienne de Damas, par
exemple, semble avoir possédé un « désert
» (1 Rois 19:15, « le désert de Damas »
selon la KJV). De même, la ville cananéenne de Hatsor
semble avoir été entourée d’un pays du
même nom 35.
Théma, en Arabie, était à la fois pays et ville
(Esaïe 21:14), comme l’était apparemment «
Ur, en Chaldée » 36.
Jérémie, le grand contemporain de Léhi, connaît
le « pays de Babylone » (Jérémie 50:28
; 51:29), aussi bien que la ville célèbre à
laquelle ce pays devait son nom. Et quand Abraham « fit un
séjour à Guérar » (Genèse 20:1),
nous assure un érudit éminent, c’était «
de toute évidence dans le territoire de ce nom, et non dans la
ville elle-même, qui était entourée de murailles
37 ».
Sodome et Gomorrhe, les « villes de la plaine », sont
connues de tous les lecteurs de la Bible. Et pourtant le Sauveur
lui-même peut faire allusion au « pays de Sodome et de
Gomorrhe » (Matthieu 10:15 ; cf. 11:24). Hamath
étaient une ville importante sur l’Oronte, en Syrie.
Ribla étaient aussi une ville syrienne antique. Néanmoins,
en différents endroits de la Bible hébraïque, il
est question de « Ribla dans le pays de Hamath »,
c’est-à-dire d’une ville dans « le pays d’
» une autre ville 38.
Cet usage va exactement dans le sens de ce que les saints des
derniers jours prétendent, à savoir que, selon la façon
de parler des Hébreux, on pourrait très bien dire de
la ville de Bethléhem qu’elle était dans «
le pays de » Jérusalem. En fait, l’expression
« pays de leurs villes » (erets sha’aray-u)
apparaît dans le texte hébreu de 1 Rois 8:37, 37 ce qui
implique que les Hébreux la reconnaissaient comme une forme
grammaticale.
Ainsi
donc, même si l’expression exacte « pays de
Jérusalem » ne se trouve pas dans la Bible, il est
d’usage dans la Bible que la région qui entoure une
grande ville, et qui comprend des localités plus petites, soit
appelée « le pays de » cette ville 39.
La
cité-état de Jérusalem et son « pays »
au début du 6e s. av. J.-C. Au moment où commence l’histoire du
Livre de Mormon
(597 av. J.-C.), on pouvait parfaitement considérer Jérusalem
comme n’étant rien de plus qu’une cité-état.
L’ancien royaume de Juda avait été complètement
conquis par les Babyloniens, le 16 mars 597 av. J.-C., après
quoi Sédécias (Mattania) avait été mis
sur le trône comme fantoche de Babylone. C’est ainsi que
« la première année du règne de Sédécias,
roi de Juda » (1 Néphi 1:4), quand s’ouvre
l’histoire de Léhi, était précisément
l’année de l’effondrement du royaume de Juda et sa
réduction à une cité-état vassale sous la
domination babylonienne. Bien que toujours appelé
techniquement « royaume de Juda », le territoire
gouverné par Sédécias avait en réalité
été réduit à la région entourant
directement Jérusalem, à laquelle on pouvait très
bien donner le nom de « pays de Jérusalem ».
Comme
le décrit John Bright, « certaines des villes
principales [de Juda], telles que Lakisch et Debir, avaient été
prises d’assaut et gravement endommagées. Son territoire
était probablement restreint par le fait que le Néguev
avait été soustrait à sa domination, son
économie était ruinée et sa population
radicalement réduite 40 ».
Les
textes Babyloniens contemporains appellent Jérusalem «
la ville » de Juda : « Au cours du mois de
Kislimu, le roi d’Akkad réunit son armée, marcha
contre la ville de Juda [Jérusalem] et s’empara de la
ville 41.
» La terminologie administrative assyrienne utilisait généralement du
nom de la capitale d’une province
pour désigner l’intégralité de cette
province 42
et cet usage semble avoir continué chez les Babyloniens 43.
Cette pratique devait donc être connue de Léhi 44.
Cependant,
quelles qu’en soient les origines, l’habitude de donner à
une région le nom de sa ville principale était de toute
évidence généralisée dans le
Proche-Orient antique. Et si les Babyloniens pouvaient donner à
Jérusalem le nom de « la ville de Juda »,
serait-il déraisonnable de considérer la région
de Juda commun étant « le pays de Jérusalem »
? Nous voyons ici, dans un document du Proche-Orient qui remonte
exactement à l’époque de Néphi,
précisément la même ambiguïté entre
pays et capitale que l’on retrouve dans le Livre de Mormon.
Telle
est la situation politique que connaissait Néphi lorsqu’il
quitta Jérusalem: Juda, qui avait précédemment
été un royaume dominant la totalité d’Israël
et une grande partie de la Syrie du temps de Salomon, avait été
réduit à une situation beaucoup plus humble sous
l’hégémonie babylonienne. Dans l’expérience
personnelle de Néphi – et, par conséquent, dans
la tradition néphite ultérieure – Juda n’était
pas un royaume indépendant, mais une cité-état
tributaire, dominant à peine le « pays de Jérusalem ».
Le « pays
de Jérusalem » dans les manuscrits de la mer Morte.
Un fragment tout récemment publié, provenant des
grottes de Qumran, appelé le « Pseudo-Jérémie »
(4Q385) – qui est attribuée à Jérémie,
le grand prophète contemporain de Léhi – révèle
exactement cette situation. Il dit des Juifs qu’ils sont «
emmenés captifs du pays de Jérusalem 45 ».
Dans leur commentaire de ce texte, les professeurs Robert Eisenman et
Michael Wise notent cette « mention intéressante du
‘ pays de Jérusalem’ » et remarquent
que « cela renforce considérablement l’historicité
de l’ensemble, puisque Juda ou ‘Yehud’ (le nom de
la région apparaissant sur les monnaies de la période
perse) ne se composent maintenant de pas grand-chose de plus que
Jérusalem et ses environs immédiats46 ».
Cette
expression nouvellement découverte dans les manuscrits de la
mer Morte change considérablement les choses. Depuis un siècle
et demi les contradicteurs n’ont cessé de prétendre
qu’Alma 7:10 constitue une erreur grave qui démontre
clairement que le Livre de Mormon est un faux composé au 19e
siècle par Joseph Smith. Or, c’est justement cette
expression que l’on a considérée comme étrangère
à la Bible qui a été découverte dans les
manuscrits de la mer Morte, les documents anciens les plus
étroitement liés à l’hébreu
biblique.
Conclusion
La
prophétie d’Alma 7:10 est tout à fait à sa
place dans l’Antiquité. Si, comme l’observent les
professeurs Eisenman et Wise, une allusion au « pays de
Jérusalem » dans le fragment « Pseudo-Jérémie »
4Q385 en « renforce considérablement
l’historicité », des termes semblables ne
renforcent-ils pas considérablement l’historicité
du Livre de Mormon ? Alma 7:10 n’est pas le genre de chose que
Joseph Smith aurait pu inventer pour exactement la même raison
qui dérange les ennemis du mormonisme. Loin d’être
une faiblesse grave du Livre de Mormon, le commentaire prophétique
d’Alma sur la naissance du Messie est une indication plausible
que les annales néphites sont exactement ce qu’elles
prétendent être : un texte historique authentiquement
ancien ayant ses racines dans le Proche-Orient.
NOTES
1
John Ankerberg et John Weldon, Everything You Ever Wanted to Know about
Mormonism [Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le
Mormonisme], Eugene, Oregon, Harvest House, 1992, p. 364 ; cf. p. 353.
2 Parley P. Pratt donnait déjà à cela une réponse marquée au coin du
bon sens en 1838 : « Vous dites que cela contredit le fait qu’il
est né à Bethléhem (une localité située à 10 km de Jérusalem), mais
notez la différence dans les endroits où chacune des paroles a été
prononcée. L’un des prophètes se trouve dans le voisinage du lieu où la
chose s’est produite et indique la localité exacte (Bethléhem). L’autre
se trouve de l’autre côté du globe par rapport à Jérusalem et s’adresse
à un peuple qui ne sait pas grand-chose de l’emplacement des divers
villages et villes de Judée. Le prophète parle en termes généraux de
quelque chose qui va se produire au pays de Jérusalem, étant donné
qu’ils ont une idée générale de la grande capitale et du pays dont ils
sont originaires plutôt qu’une idée précise de tous ses villages. Ceci
concorde parfaitement avec les circonstances dans lesquelles ils
écrivaient, et c’est une grande preuve en faveur du Livre de Mormon,
parce qu’un imposteur, inventant un livre, aurait dit Bethléhem, car
tout écolier sait que c’est à Bethléhem que le Seigneur est né »
(Pratt, Mormonism Unveiled… Sutherland Exposed…, 1838, p. 19).
3 La précision géographique semble avoir été d’importance secondaire
même pour certaines personnalités bibliques vivant en Palestine. Que
l’on pense au cas de Cléopas, qui, avec un ami, fait, en compagnie du
Christ, le chemin d’Emmaüs. « Es-tu le seul, demande-t-il à son
compagnon anonyme, qui, séjournant à Jérusalem, ne sache pas ce qui y
est arrivé ces jours-ci ? » « Quoi ? » demande le Sauveur. Cléopas et
son ami répondent qu’ils font allusion à la condamnation et à la
crucifixion de Jésus de Nazareth (voir Luc 24 :13-20). Mais le lieu de
la crucifixion, le Calvaire ou le Golgotha, n’était pas dans la ville
de Jérusalem. Il était, au contraire, à l’extérieur des murs (Jean
19:20).
4 On objectera sans doute que si Bethléhem était trop obscure pour
mériter d’être citée, Béthabara, encore plus obscure, devrait également
être absente du Livre de Mormon. Nous supposons que la raison pour
laquelle Béthabara est incluse vient du fait que la prophétie qui la
mentionne est faite par Léhi, qui avait habité presque toute sa vie
dans la région de Jérusalem (1 Néphi 1:4) et écrite par Néphi, qui
était également natif de Judée, à une époque où le souvenir de la
géographie de l’Ancien Monde était encore frais à la mémoire des deux
hommes et de leur auditoire direct.
5 On trouvera, dans Jerald et Sandra Tanner, Covering Up the Black Hole
in the Book of Mormon (Salt Lake City, Utah, Lighthouse Ministry,
1990), une attaque récente contre le Livre de Mormon, dont
l’argumentation repose lourdement sur la thèse contestable que Joseph
Smith avait une connaissance extraordinairement détaillée de la Bible.
Il est difficile de réconcilier cette soi-disant maîtrise des détails
bibliques avec l’erreur stupide que le prophète est censé avoir commise
en ce qui concerne le lieu de la naissance du Christ. On trouvera une
critique du livre des Tanner dans L. Ara Norwood, Review of Books on
the Book of Mormon [dorénavant RBBM] 4, 1992, pp. 158-159, Matthew
Roper, RBBM 4, pp. 170-187, John A . Tvedtnes, RBBM 4, 1992, pp.
188-230 et Tom Nibley, RBBM 5, 1993, pp. 273-89.
6 Weldon Langfield, The Truth About Mormonism: A Former Adherent
Analyzes the Church of Jesus Christof Latter-day Saints’ Faith,
Bakersfield, Weldon Langford Publications, 1991, p. 53. On trouvera une
critique du livre de Lanfgfield dans Matthew Roper, RBBM 4, 1992, pp.
78-92.
7 On trouvera des traitements de cette question faits précédemment par
des saints des derniers jours dans B. H. Roberts, New Witnesses for
God, Salt Lake City, Deseret News, 1909, 3:481-82; Sidney B. Sperry,
Answers to Book of Mormon Questions, Salt Lake City, Bookcraft, 1967,
pp. 131-36, 207-8; D. Kelly Ogden, « Why does the Book of Mormon say
that Jesus would be born at Jerusalem? » Ensign 14, août 1984, pp.
51-52; Hugh W. Nibley, Lehi in the Desert; The World of the Jaredites;
There Were Jaredites, vol. 5 dans The Collected Works of Hugh Nibley,
Salt Lake City, Deseret Book et FARMS, 1988, pp. 6-7; Nibley, An
Approach to the Book of Mormon, vol. 6 de The Collected Works of Hugh
Nibley, Salt Lake City, Deseret Book et FARMS, 1988, pp.100-102; John
W. Welch, Reexploring the Book of Mormon, Salt Lake City, Deseret Book
et FARMS, 1992, pp. 170-72.
8 Ammonihah, voir Alma 8:6-7, 18; 10:1; 14:23; 15:1, 15-16; 16:11;
25:2; 49:1. Pour Gédéon, voir Alma 6:7; 8:1; 17:1; 30:21, 30; 61:5;
62:3-4, 6; Hélaman 13:15. Pour Hélam, voir Mosiah 23:20, 25, 29, 35,
37-39; 27:16; Alma 24:1. Jashon est mentionnée dans Mormon 2:16-17.
Pour Léhi, voir Alma 50:15, 25-27; 51:26; 62:30; Hélaman 6:10. Le lieu
très distinct appelé Léhi-Néphi apparaît dans Mosiah 7:1-2, 4, 21; 9:6.
Manti est citée dans Alma 16:6; 17:1; 43:22, 24, 32, 42; 56:14; 58:26;
59:6. Morianton apparaît dans Alma 50:25-26, 36; 51:26; 55:33; 59:5. Le
pays et la ville de Moroni sont mentionnés dans Alma 50:13-14;
51:22-24; 59:5; 62:25, 32-34; 3 Néphi 8:9; 9:4. Pour Mulek, voir Alma
51:25-26; 52:2; Hélaman 6:10. Il est fait allusion à Néhor dans Ether
7:4, 9. Néphihah apparaît dans Alma 50:14; 62:14, 18, 30. Pour Noé,
voir Alma 49:12-13, 15. Shem est brièvement mentionné dans Mormon
2:20-21. Shilom se trouve dans Mosiah 7:5, 21; 9:6, 14; 11:12-13; 24:1;
Alma 23:12.
9 Sur Abondance, voir Alma 22:29, 31; 27:22; 50:11, 32; 51:28, 30, 32;
52:15, 18, 39; 53:3; 63:5; Hélaman 1:29; 4:5-6; 3 Néphi 3:23; 11:1.
Pour Désolation, consulter Alma 22:30-32; 46:17; 50:34; 63:5; 3 Néphi
3:23; Mormon 4:1-2; Ether 7:6.
10 Omni 1:12, 27; Paroles de Mormon 1:13; Mosiah 7:6-7; 9:1, 14; 19:15,
19, 22, 24; 20:7; 21:21, 26; 23:35-38; 27:16; 28:1, 5; 29:3; Alma 2:24;
17:8; 18:9; 20:1-2; 22:1, 28, 34; 24 20; 25:13; 26:23; 27:1, 14, 20;
27:23; 28:8; 29:14; 46:29; 47:1; 49:10, 25; 50:8, 11; 53:6; 54:6; 56:3,
12; 58:38; Hélaman 4:12; 5:20.
11 Omni 1:12-13, 24, 28; Mosiah 1:1, 18; 2:4; 7.9, 13-14; 8:1, 5, 7-8,
14; 9:2; 21:24-26; 22:11, 13; 24:25; 25:5-6, 19, 23; 29:44; Alma 2:24;
3:20; 5:1; 8:1; 15:18; 16:1; 17:1, 7; 22:27- 28; 25:2; 26:1, 9, 23;
27:5, 14-15, 20; 28:1; 30:6, 29; 31:3; 35:14; 45:18; 46:33; 47:29;
48:6; 50:7, 11; 51:11; 52:12; 53:10, 12; 56:28, 57; 57:6, 11, 15-16,
28, 30; 58:3-4, 23-24; 59:4; 60:30; 62:6, 11, 14; 63:4; Hélaman
1:17-18, 23, 29; 3:3, 31; 4:5; 5:16, 19; 6:4; 7:1; 13:2; 3 Néphi 1:2;
2:9; 3:23; 6:25; Mormon 1:6.
12 Voir chapeau de 1 Néphi; aussi 2:11; 3:9-10; 7:2, 7; 16:35; 17:14,
20, 22; 18:24; 2 Néphi 1:1, 3, 9, 30; Jacob 2:25, 31; Omni 1:6; Mosiah
1:11; 2:4; 7:20; 10:12; Alma 3:11; 9:22; 10:3; 22:9; 36:29; Hélaman
5:6; 7:7; 8:21; 3 Néphi 5:20.
13 Voir, par exemple, 2 Néphi 25:11; 3 Néphi 20:29, 33, 46; Mormon 5:14.
14 Alma 56:9, 15, 18, 57; 57:11.
15 Galilée : 2 Néphi 19:1, citant Esaïe 9:1; Palestine : 2 Néphi 24,
citant Esaïe 14.
16 On trouvera une information générale sur la géographie du Livre de
Mormon dans John L. Sorenson, An Ancient American Setting for the Book
of Mormon, Salt Lake City, Deseret Book et FARMS, 1985 ; Sorenson, The
Geography of Book of Mormon Events, Provo, Utah, FARMS, 1990 ; John
Clark, « A Key for Evaluating Nephite Geographies, » RBBM 1 (1989), pp.
20-70.
17 K. A. Kitchen, Ancient Orient and Old Testament, Londres, The
Tyndale Press, 1966, p. 68 n. 63.
18 Idem.
1919 Voir Walter Harrelson, « Shechem in Extra-Biblical References »,
The Biblical Archaeologist 20, 1957, pp. 4, 6-7.
20 Voir James B. Pritchard, éditeur., The Ancient Near East, Princeton,
Princeton University Press, 1958, 1:274 ; Yohanan Aharoni et Michael
Avi-Yonah, éditeurs., The Macmillan Bible Atlas, édition révisée, New
York, Macmillan, 1977, carte 39. Hugh Nibley a attiré notre attention,
il y a des années, sur les lettres d’Amarna. Voir Nibley, An Approach
to the Book of Mormon, pp. 100-102. Nibley renvoie aux letters
d’Amarna, tablettes 287.25 = « le pays de la ville de Jérusalem
([a-]mur mat u-ru-sa-lim an-n[i-] ta) »; 46, 61, 63 = « pays [matat] de
Jérusalem »; 290:15-16, qui parlent d’ « une ville du pays de
Jérusalem, du nom de bit- ninib. » Samuel A. B. Mercer, The Tell
el-Amarna Tablets, Toronto, Macmillan, 1939, p. 722 n. L16, pense qu’il
serait possible de lire cela comme étant « Bethléhem. » On peut trouver
une translittération et une traduction pp. 710-11, 722 du livre de
Mercer. On préfère maintenant la traduction de William L. Moran, The
Amarna Letters, Baltimore, John Hopkins University Press, 1992.
21 Bill McKeever, “Problems”, Mormonism Researched (hiver 1992), p. 4.
(Il a écrit, en 1992, un article plus long, non publié, sur le même
sujet, avec le même titre, en collaboration avec un certain Eric
Johnson. Quand nous mentionnerons cette version non publiée, nous la
distinguerons de l’article publié par le nom de Johnson et la précision
« Texte long ».) L’affirmation de McKeever que Nibley a négligé de
mentionner « des informations très pertinentes » concernant l’origine
et la date des lettres d’Amarna (p. 3) est, soit dit en passant,
manifestement fausse. Nibley décrit avec précision la nature des
lettres d’Amarna à la page 469, n. 16 de An Approach to the Book of
Mormon, renvoyant à son traitement de la question p. 101 : « Les
lettres d’Amarna sont les documents réels de la correspondance
officielle entre le gouvernement égyptien et les gouverneurs des
diverses principautés de Palestine et de Syrie vers 1400 av. J.-C., au
moment même où les Hébreux entraient en Palestine. On les a trouvés sur
des tablettes à El-Amarna sur le Nil moyen en 1887. » Dans ce passage,
Nibley parle de tout ce que McKeever prétend qu’il « a négligé de
mentionner », y compris la date, « 1400 av. J.-C. », qu’ils venaient de
« chefs palestiniens », qu’ils n’étaient « pas d’ascendance hébraïque »
et qu’ils étaient écrits au « Pharaon d’Egypte » (voir McKeever, «
Problems », p. 3). McKeever n’aurait peut-être pas dû « inviter [ses]
lecteurs à vérifier dans [s]es sources l’exactitude du contexte » (p.
3). Il est certain qu’il n’a pas présenté le contexte de l’argument de
Nibley.
22 Néanmoins sa propre étude des indices bibliques n’a quasiment aucun
mérite. En tout premier lieu, pour montrer que le terme « pays de
Jérusalem » n’était pas courant à l’époque biblique, il doit examiner
tous les textes et tout ce qui a été dit à cette époque. Mais la
plupart des textes et quasiment toutes les paroles humaines
disparaissent sans laisser de traces, même à l’époque moderne. Il doit
prouver l’absence de quelque chose, mais étant donné que pratiquement
aucun des éléments anciens en la matière n’a survécu, il ne peut en
aucune façon parvenir à une certitude. De plus, quand il essaie de
définir un schéma d’utilisation « biblique » de l’expression « à
Jérusalem », ses cinq échantillons, statistiquement peu convaincants,
vont du texte hébreu original de 1 Rois 12:27 à l’original grec de
Jean10:22, comme s’il y avait un style « scripturaire » d’utilisation
des prépositions qui transcenderait les différences, non seulement de
langues, mais de familles de langues, et qui resterait nécessairement
immuable au cours de nombreux siècles. Voir McKeever et Johnson, «
Problems in ‘the land of’ Jerusalem” (texte long), p. 3. Aux pages 4-6,
McKeever et Johnson montrent une capacité remarquable de faire dire ce
qu’ils veulent à des passages du Livre de Mormon, en prenant un certain
nombre de textes comme s’ils confirmaient leur point de vue, alors que
ce n’est absolument pas le cas.
23 McKeever, « Problems », p. 4.
24 Hugh Nibley avait déjà attiré l’attention là-dessus (An Approach to
the Book of Mormon, p. 101), mais McKeever préfère l’ignorer. Soit dit
en passant, McKeever a aussi l’habitude irritante, courante chez
beaucoup d’antimormons, de donner les titres et les fonctions des
auteurs avec lesquels il est d’accord et de déprécier ceux avec
lesquels il est en désaccord en les qualifiant d’ « apologistes mormons
» (p.ex. dans « Problems », p. 3). On se demande pourquoi il ne précise
pas que Nibley a un doctorat de l’université de Californie à Berkeley
et est professeur émérite d’histoire et d’Ecritures anciennes à
l’université Brigham Young.
25 Par exemple, McKeever, « Problems », pp. 3-4.
26 Les antimormons prétendent souvent que le Livre de Mormon est un
plagiat de la Bible chaque fois qu’il utilise la phraséologie biblique
– c’est là une des thèses fondamentales du livre des Tanner, Covering
Up the Black Hole in the Book of Mormon – mais déclarent ensuite que
chaque fois qu’il utilise une phraséologie qui n’a pas de parallèle
biblique, il fait la preuve qu’il n’est pas un document ancien. Avec
une méthodologie aussi défectueuse, il est tout à fait impossible de
tester véritablement l’authenticité du livre, puisque les questions
sont conçues de manière à garantir une conclusion négative.
27 John Bright, A History of Israel, 3e éd., Philadelphie, Westminster
Press, 1981, pp. 221-22; Yohanan Aharoni, The Archaeology of the Land
of Israel, Philadelphia, Westminster, 1982, pp. 258-59.
28 Voir A. F. Rainey, « The Biblical Shephelah of Judah, » Bulletin of
the American Schools of Oriental Research 251 (été 1983), p. 8.
29 Aharoni, The Archaeology of the Land of Israel, p. 259.
30 Voir, par exemple, 2 Rois 21:13; Esaïe 10:10-11; Ezéchiel 23:4;
Michée 1:1, 5.
31 Voir 1 Rois 13:32; 2 Rois 17:24, 26; 23:19; Esdras 4:16.
32 George Arthur Buttrick, éd., The Interpreter’s Dictionary of the
Bible [dorénavant IDB], 4 vols. et supplément, Nashville, Abingdon,
1962-1976, 4:517; cf. Paul J. Achtemeier, éd., Harper’s Bible
Dictionary [dorénavant HBD], San Francisco, Harper and Row, 1985, p.
1017.
33 IDB, 4:657.
34 IDB, 3:407
35 Kitchen, Ancient Orient and Old Testament, p. 68.
36 IDB, 4:533; à propos d’« Ur », voir John A. Tvedtnes et Ross T.
Christensen, Ur of the Chaldeans: Increasing Evidence on the Birthplace
of Abraham and the Original Homeland of the Hebrews, Provo, Utah,
Society for Early Historic Archaeology, 1985, pp. 8-9.
37 Kitchen, Ancient Orient and Old Testament, p. 68 n. 63. »
38 2 Rois 23:33; 25:21; Jérémie 39:5; 52:9, 27; IDB, 2:516; 4:78; HBD,
369, 871.
39 Il est clair que l’affirmation de Bill McKeever que « à part
quelques mentions de cités-états, il n’y a qu’une seule ville possible
[Babylone] citée en même temps que l’expression ‘pays de’ » (« Problems
», p. 4) est erronée, c’est le moins que l’on puisse en dire. De même,
son affirmation que « l’expression ‘pays de la ville de’ est une
expression hittite » (p. 3, citant William S. LaSor) est à la fois
contestée et à côté de la question. Le fait qu’une certaine forme
grammaticale dans les textes akkadiens des lettres d’Amarna ait pu
dériver à la longue du hittite n’a rien à voir puisque l’expression
apparaît indépendamment dans la Bible et est donc légitimement une
expression grammaticale hébraïque.
40 Bright, A History of Israel, pp. 326-31. Le parallèle historique le
plus évident avec cette situation est la chute de Constantinople au 15e
s. de notre ère. En dépit du fait que la puissance effective des
empereurs byzantins était réduite, depuis des décennies, à la ville et
à la région de Constantinople, les chroniques impériales continuent à
décrire l’Etat comme étant « l’Empire romain ». Voir Steven Runciman,
The Fall of Constantinople 1453, Cambridge, Cambridge University Press,
1969, p. 15. Le fait de qualifier Juda de “royaume” en 597 av. J.-C.
est un anachronisme du même genre.
41 Pritchard, The Ancient Near East, 1:203; cf. James B. Pritchard,
éd., Ancient Near Eastern Texts Relating to the Old Testament, 3e éd.,
Princeton, Princeton University Press, 1969, p. 564. Ceci se produisit
en l’an 7 de Nebucadnetsar (= 598-597 B.C.). On trouvera le texte
originel dans A. K Grayson, Assyrian and Babylonian Chronicles, Locust
Valley, NY, J. J. Augustin, 1975, p. 102, ligne 12.
42 Yohanan Aharoni, The Land of the Bible: A Historical Geography, 2e
éd., traduction anglaise, A. F. Rainey, Philadelphie, Westminster,
1979, pp. 374-77, avec des références supplémentaires provenant des
notes d’Aharoni.
43 Aharoni, The Land of the Bible, 408-11.
44 Nous ne savons pas quel âge avait Léhi « la première année du règne
de Sédécias » (1 Néphi 14 = 597 av. J.-C.; voir Edwin R. Thiele, The
Mysterious Numbers of the Hebrew Kings, 2e éd., Grand Rapids, Mich.,
Academie/Zondervan, 1983, pp. 190-91). Mais puisqu’il avait plusieurs
fils adultes à ce moment-là, nous pouvons probablement en conclure
qu’il était au moins à la fin de la trentaine. Cela situerait sa
naissance au plus tard vers 640 av. J.-C. et probablement beaucoup plus
tôt. La puissance assyrienne en Palestine et en Syrie s’effondra vers
616 av. J.-C., ce qui signifie que Léhi, adulte ayant au moins
vingt-cinq ans au moment de la chute de l’Assyrie, connaissait les
usages de cette période
45 On peut trouver le texte hébreu original et une traduction anglaise
de 4Q385 dans Robert Eisenman et Michael Wise, The Dead Sea Scrolls
Uncovered, Rockport, Mass., Element, 1992, pp. 57-58. Nous remercions
Gordon C. Thomasson d’avoir attiré notre attention sur cet exemple.
46 Eisenman et Wise, The Dead Sea Scrolls Uncovered, p. 57. dans ce que
l’on appelle « la règle de Damas » ou « Document zadokite », qui fait
partie des manuscrits de la mer Morte, il est deux fois question du «
pays de Damas ». Geza Vermes, The Dead Sea Scrolls in English, 2e éd.,
Harmondsworth, Penguin, 1975, 6:102-3.