La
culture des anciens Égyptiens, leur façon de concevoir
les choses, est tellement différente de la nôtre que
l’interprétation des textes et des illustrations est
extrêmement complexe et reste aléatoire. Les fac-similés
du livre d’Abraham n’échappent pas à cette
règle, comme on pourra le constater en lisant cet article sur
le fac-similé n° 3. Les problèmes de transmission
des textes viennent encore compliquer davantage les choses. On pourra
s’en faire une idée en lisant l’article de Kevin
L. Barney, « Les fac-similés et l’adaptation
sémitique de sources existantes ». Il convient donc
de se garder des conclusions simplistes et hâtives.
Le
fac-similé n° 3, une momerie royale
Hugh Nibley
Abraham
in Egypt, The
Collected Works of Hugh Nibley, Volume 14, chapitre 9
Qu’est-ce
qui se passe dans le fac-similé n° 3 ?
L’étape
ultime dans l’identification d’un objet antique est de
rappeler et de recueillir tous les exemples connus du document ou de
l’objet pour faire une comparaison valable. Pour le fac-similé
n° 3 (fig. 1), c’est un fameux travail : il y a, en
effet, littéralement des centaines d’images égyptiennes
qui ressemblent à celle-ci [1]. Mais une fois qu’on a
assemblé les cent premières, il devient évident
qu’il n’y en a aucune qui soit exactement comme les
autres. On retrouve sans cesse les mêmes personnages, presque
dans la même attitude, mais cela ne veut pas dire qu’ils
racontent tous la même histoire.
C’est
à propos de compositions telles que notre fac-similé n°
3 qu’Alan H. Gardiner a observé que « des
représentations plus ou moins semblables » peuvent
appartenir « à un ensemble tout à fait
différent de cérémonies » que l’on
ne peut distinguer que grâce aux inscriptions qui les
accompagnent [2]. Les figures sont utilisées dans diverses
combinaisons pour représenter des situations diverses et
chacune d’elles doit être interprétée,
comme le dit un égyptologue, à la lumière d’une
« syntaxe de symboles » égyptienne
acceptée.
Les compositions qui ressemblent le plus au
fac-similé n° 3 sont classifiées comme 1) des
scènes de présentation, 2) des scènes
d’offrandes et 3) des scènes de jugement ou des
combinaisons de celles-ci. Mais avant d’y regarder de plus
près, il est important de souligner le fait sur lequel
beaucoup d’égyptologues insistent aujourd’hui, à
savoir qu’il est absurde de ne donner qu’une seule et
unique interprétation à une représentation
égyptienne quelle qu’elle soit. C’est le piège
dans lequel les détracteurs de Joseph Smith sont toujours
tombés : « Il est impossible que ceci
représente ‘A’, parce que cela représente
‘B’ ! » « La valeur d’une
présentation égyptienne, nous rappelle Eberhard Otto,
dépendait du fait qu’on y voyait le nombre le
plus grand possible
de significations dans la formulation la plus brève
possible. » [3]
Jusqu’à présent, les
détracteurs des explications de Joseph Smith ont insisté
sur le
plus petit nombre
possible d’explications, c’est-à-dire une seule,
pour chaque figure et par conséquent non seulement ils étaient
en désaccord complet les uns avec les autres, mais ils ont
aussi exposé leurs efforts à des révisions
radicales futures. Les Égyptiens « considéraient
que c’était particulièrement bien que des
symboles possèdent des significations multiples, écrit
Henri Frankfort, qu’une interprétation unique ne devrait
pas être la seule possible. »
[4]
Nous
avons la grande chance de posséder la thèse de doctorat
d’Ali Radwan, égyptologue d’origine égyptienne,
qui a rassemblé à des fins de comparaison une centaine
de scènes appartenant à la catégorie de notre
fac-similé n° 3. Pourquoi rien que cent ? Parce qu’il
se limite à une seule dynastie, la dix-huitième, et aux
scènes qui décrivent des audiences royales mais que
l’on ne trouve que dans des tombes privées, pas royales.
La thèse a pour titre : « Représentations
du roi régnant et des membres de sa famille dans les tombeaux
privés de la dix-huitième Dynastie » [5].
Bien que la scène de l’audience royale (et toutes les
scènes sont des « audiences » comme
notre fac-similé n° 3) [6] soit présentée
avec des variantes caractéristiques de chaque période
de l’histoire égyptienne, la situation décrite
est hors du temps, reconnaissable depuis les monuments prédynastiques
jusqu’aux périodes les plus récentes, une
uniformité bienvenue puisque nous ne connaissons pas les dates
d’Abraham [7].
Les scènes d’audience recueillies
par Radwan ne sont pas funéraires ; toutes ont lieu du
vivant du pharaon et du propriétaire du tombeau [8], et le
propriétaire du tombeau qui commandite la peinture murale
participe toujours personnellement à l’événement
[9]. Bien que les images se trouvent dans des tombeaux et soient
parfois considérées comme des projections dans le monde
éternel [10], elles rapportent toutes une fête très
réelle et très joyeuse au palais, fête à
laquelle le propriétaire du tombeau est invité.
C’est
le point culminant de sa vie et l’image est comme une photo
prise pour immortaliser le moment où il s’est trouvé
le plus près du pharaon [11] : « Des scribes
zélés font un enregistrement permanent des événements
de la fête » au moment même où ils se
produisent [12]. Les écrits sont transcrits sur de la pierre,
matériau impérissable, les inscriptions qui
accompagnent les images décrivant l’événement
et enregistrant les discours et les conversations mémorables
qui ont eu lieu à cette occasion pour l’édification
de la postérité.
Le
but de l’audience est d’honorer le propriétaire du
tombeau pour le remercier de toutes sortes de services. Donc quand
nous voyons le pharaon honorer, en présence de la cour, un
fonctionnaire dont l’efficacité a permis d’engranger
une récolte de grain record dans les entrepôts royaux,
nous pensons inévitablement à Joseph en Égypte
[13].
Chose surprenante, l’ambiance n’est pas celle d’une
majesté écrasante, mais celle d’une intimité
bon enfant. « Le contact intime avec le roi était
essentiel pour une biographie correcte », nous assure
Radwan [14]. L’intimité est l’ordre du jour. Même
les rappels constants de motifs du couronnement, de la fête du
Sed et
de la fête du Nouvel An ne font que rehausser l’ambiance
de cordialité et d’amabilité, car c’était
le moment où la famille tenait portes ouvertes avec l’échange
de cadeaux parmi les gens de toutes les classes et de tous les
milieux [15].
Avec le contact personnel en prime, les serviteurs
immédiats du palais jouissaient d’un avantage spécial,
et, disons-le tout de suite, injuste (Le
roi m’a vu ! [en
français dans le texte]) et bien qu’il ne soit pas
question de refuser aux hauts fonctionnaires leurs droits sur le roi,
la toute grande majorité des propriétaires de tombeaux
qui jouissent de l’attention de la famille royale sont les
serviteurs du palais, et particulièrement les majordomes, les
« principaux serviteurs ». Il n’est donc
que tout naturel de constater que le personnage principal de notre
fac-similé n° 3 soit un certain « Schulem, un
des principaux serviteurs du roi », sans lequel nous
n’aurions jamais eu cette histoire-ci.
Un
élément visible et presque immanquable dans le tableau
est le bouquet festif mais officiel, ordinairement de lotus ou de
papyrus, qui est soit porté, soit posé sur un pied
comme dans notre fac-similé n° 3, symbole d’accueil
et de bienvenue (« Abraham en Égypte »).
Nous traitons ci-dessous de sa signification.
Depuis
le commencement, le problème principal du propriétaire
jubilant du tombeau était de savoir comment indiquer la
présence réelle du pharaon mêlé aux
affaires privées de l’homme sans se rendre coupable de
lèse-majesté. Le roi n’est jamais représenté
directement dans les scènes de l’Ancien et du Moyen
Empire [16]. Au départ, c’était la fameuse
formule htp
dj nsw « une
faveur du roi » qui, seule, servait à indiquer la,
présence royale [17].
Par la suite, quand les propriétaires
de tombeaux ont risqué une « intimité
croissante », le nom du roi est apparu dans les
inscriptions signalant sa présence sur la scène [18].
Plus tard encore, ce sont ses cartouches royaux, dans toute leur
splendeur officielle, qui vont montrer qu’il est réellement
là [19]. Enfin, c’est le roi lui-même qui est
représenté, assis sur un trône sous un kiosque
[20].
C’est une scène standard, dans laquelle le
personnage assis reçoit les honneurs des personnages debout,
habituellement au nombre de trois ou quatre, bien qu’on puisse
y trouver, outre le propriétaire du tombeau et le roi, des
membres de la famille du propriétaire aussi bien que la
famille du roi, les amis du propriétaire et les amis du roi,
en plus desquels « il y a toujours des spectateurs [21] »,
notamment des fonctionnaires, des serviteurs, des gardes, des valets,
des porteurs d’éventail, etc., dans une variété
surprenante de combinaisons, et il n’y en a jamais deux qui
soient exactement identiques.
Naturellement le roi est assis pendant
que les autres sont debout, mais il y a des exceptions, presque
exclusivement dans le cas des enseignants
[22], toujours montrés occupés à enseigner, ce
qui permet au mentor vénéré d’être
assis pendant que son jeune pupille, portant tous ses insignes
royaux, se tient debout devant lui [23]. Cette scène édifiante
remonte à l’Ancien Empire [24]. Il arrive que des
étrangers, habituellement des Asiatiques, soient cités
à comparaître, à la fois pour rendre hommage et
pour recevoir « le souffle de vie » de la
présence du Pharaon [25]. Quand de telles personnes sont
présentes, le propriétaire du tombeau apparaît
comme quelqu’un qui est employé au service des étrangers
(fig. 2) puisque quelque exotique qu’ait été la
scène, le propriétaire du tombeau devait avoir une
raison d’être personnellement présent. »
[26]
Dans
les petites intrigues présentées par le petit nombre
limité de personnages, d’accessoires et de gestes
habituels utilisés, nous voyons « roi et roturier
debout ensemble en la présence d’Osiris ou le
propriétaire de la stèle debout devant deux reines ou
le roi debout comme intercesseur entre le propriétaire du
tombeau en prière et une divinité »
[27]. « En règle générale, le roi est assis
dans son kiosque » ou, plus tard, debout à la
Fenêtre des Apparitions, seul ou accompagné d’autres,
soit humains soit divins. Il peut être significatif que la
figure 1 de notre fac-similé n° 3 n’a ni kiosque ni
fenêtre ; un [échantillon] suffira à donner
une idée des interprétations que ce dessin rend
possibles (voir fig. 3).
Si
nous devions insérer le fac-similé n° 3 dans les
centaines de scènes qui y ressemblent et que l’on trouve
partout dans l’archéologie égyptienne et demander
à un expert de l’interpréter en même temps
que le reste, il devrait, nous nous en rendons compte maintenant,
tenir compte de tout un tas de choses.
Prenez
par exemple la figure 1 du fac-similé n° 3 : c’est
de toute évidence Osiris en vêtements royaux, mais une
étude récente de ce personnage bien connu nous avertit
que « l’on ne doit jamais oublier » que
« il y a une telle diversité de représentations
d’Osiris avec le fléau, la houlette et le sceptre w3s…
qu’aucune identification certaine n’est possible »,
si l’image n’est pas accompagnée d’un texte
[28].
Ce
n’est qu’à l’aide d’étiquettes
écrites,
affirme un autre commentateur, que l’on peut dire
de quel dieu il s’agit, ce qu’est le contexte de
l’intrigue et quelle est l’activité exacte qui est
visée [29]. « Dans tous ces livres, écrit
Natacha Rambova, le processus est toujours le même, mais
il est décrit ou représenté de diverses manières
sous différents angles de signification », tandis
que les textes qui accompagnent donnent « une image de
nombreuses analogies et de formes relationnelles complexes. » [30]
Quel épisode de quelle histoire une image donnée
représente-t-elle ? Tout dépend : aucun
savant ne doit tenter de nous dire une fois pour toutes ce que le
fac-similé n° 3 représente réellement. Même
la date et l’emplacement exacts d’un document ne donnent
aucun indice certain de son identité, car les choses étaient
souvent passées de l’un à l’autre, comme le
Papyrus Ramesseum, qui, quoique appartenant à l’origine
à un grand pharaon, nous parvient de la bibliothèque
d’un citoyen privé qui vivait deux cents ans plus tard,
alors que le contenu proprement dit remonte à la Première
Dynastie. Ce sont des considérations qui sont importantes en
ce qui concerne Abraham.
Et puisque les fac-similés n° 1
et 3 sont des scènes rituelles, nous ne devons pas oublier ce
que Gardiner a écrit à propos du scénario du
Ramesseum : « Je trouve que, par-dessus tout, il est
salutaire de se rappeler le caractère partiel et incomplet de
nos sources… l’intérêt qu’a suscité
le texte théâtral publié par Sethe qui nous
faisait découvrir des rites de couronnement dont les sources
conventionnelles ne trahissaient pas le moindre indice »
[31]. Nous devons donc nous attendre à avoir affaire à des
sources non conventionnelles aussi bien qu’à des sources
conventionnelles.
Pour comprendre ce qu’un document égyptien
essaie d’exprimer, que dis-je, « pour saisir ne
serait-ce que les situations les plus simples », selon
Philippe Derchain, il faut faire une comparaison avec tous les textes
parallèles possibles, une analyse rigoureuse de tous les
détails et avoir une connaissance lexicale intime de chaque
mot. »
[32]
Il
saute aux yeux que, dans le fac-similé n° 3, nous n’avons
rien qui ressemble à un portrait
d’Abraham
ou de qui que ce soit d’autre. Il ne faut d’ailleurs pas
s’y attendre : sur les innombrables portraits de personnes
sur les stèles funéraires, « sur la
plupart des stèles on ne peut deviner que le sexe, parfois
l’âge approximatif de la personne » [33].
Selon une étude récente, même les splendides
portraits royaux ne sont pas des portraits : Les Égyptiens
évitent en tout temps d’essayer de représenter
des personnalités et préfèrent dans tous les cas
une représentation statique dans laquelle seule l’indication
la plus sommaire suffit pour évoquer l’idéal
derrière l’apparence [34]. Une autre étude affirme que ce n’est que « par un effort
d’imagination de notre part », en bloquant
délibérément nos réactions esthétiques,
que nous pouvons parvenir au « contact le plus authentique
avec le document » [35].
Au lieu d’être
contrariés par ceci, les critiques en comprennent maintenant
la sagesse. Comme le dit Samuel G. F. Brandon, en parlant d’une
scène rituelle typique comme le fac-similé n° 3 :
« Malgré l’iconographie bizarre… la
grande importance spirituelle de l’idée qui l’a
inspirée doit être patente pour tous ceux qui la
contemplent. »
[36]
Pour
en arriver à la composition de base de notre fac-similé
n° 3, nous nous trouvons devant une situation standard dans
laquelle un homme ou une femme est en train d’être
présenté(e) par une autre personne à un
personnage auguste qui est assis. C’est le nombre minimum
d’acteurs pour une scène d’offrande, un jugement
ou une présentation. Elle ressemble à des centaines
d’autres stèles funéraires où le thème
habituel est la présentation d’une offrande de
nourriture à la personne assise sur le siège. Mais
parmi elles il y en a beaucoup où la nourriture et la formule
d’offrande manquent, l’accent étant mis sur la
présentation de la personne au personnage royal à titre
spécialement honorifique.
Tantôt la personne sur le
trône est un dieu, tantôt un roi, tantôt le
propriétaire de la stèle lui-même, recevant des
membres de son propre ménage. Parfois la même scène
est répétée à deux ou trois niveaux
différents, la même réception se jouant au ciel,
sur la terre et dans le monde d’en bas, le tout simultanément !
Il est habituel de montrer divers membres de la famille qui vivent
encore sur la terre comme étant présents à ces
occasions qui revêtent l’aspect festif d’une
joyeuse fête de famille, où divers fils et filles, etc.,
sont couronnés de cônes de parfum de fête, portant
d’immenses lotus ou bouquets festifs pour le joyeux événement.
Qui
est qui ?
Dans
le fac-similé n° 3, la personne qui est sur le trône
est effectivement Osiris et cependant il est censé ici être
un être humain normal. Comme chacun sait, le défunt dans
les textes funéraires égyptiens est régulièrement
désigné comme « l’Osiris Untel »,
mais jusqu’où va cette identité et à quel
point était-elle censée être littérale ?
Il fut un temps où cela intriguait considérablement les
savants : Si cet échange, ce mélange, cette
fluctuation constante de l’identification des personnes se
produit à toutes les pages du texte écrit, au point que
cela nous donne le tournis, pourquoi devrions-nous nous attendre à
une cohérence linéaire parfaitement logique dans le
dessin [37] ? Mais Derchain trouve dans cette liberté
d’échange même « une logique
admirable » méritant l’étude sérieuse
qu’elle n’a pas encore reçue [38].
Au centre de la
religion égyptienne, observe Rudolf Anthes, il n’y avait
pas de certitude dogmatique (du genre de celle sur laquelle les
détracteurs de Joseph Smith insistent) ; nous trouvons au
contraire ce qu’il décrit comme une sorte d’arabesque
merveilleusement entremêlée et perpétuellement
fluctuante [39]. Ulrich Luft trouve même que les dessins les
plus bizarres sont « en mouvement perpétuel »
à cause de l’idéalisation pure qui les sous-tend » [40].
Ce que nous avons dans ces dessins libres mais
conventionnels, dit Frankfort [41], ce sont « des chaînes
débridées d’associations et de conclusions »,
et si nous voulons les traiter, « nous devons nous
efforcer d’entendre la résonance de cette polyphonie de
significations » [42]. Et, plus récemment, Otto
insiste sur le fait que « nous devons être prêts
à reconnaître une pluralité mystérieuse de
significations (geheimnisvolle
Vieldeutigkeit) »
dans ces choses, que l’on trouve « dans sa forme la
plus pure et la plus secrète » dans le temple,
mais, même là, dans des rites d’un « sens
religieux universel non dogmatique. » [43]
Nous pouvons
voir dans notre fac-similé n° 3 ce que Robert Hari perçoit
dans une composition qui y ressemble beaucoup (fig. 4), « encore
un exemple du goût qu’ont les Égyptiens pour jouer
avec des analogies » [44]. Une interprétation
rigide devient encore moins satisfaisante quand on pense, avec
Wolfgang Helck, qu’au cours des siècles « les
vieilles désignations (Bezeichnungen),
formules et rites, tout en conservant intacte leur forme verbale
(Wortlaut),
changent de signification interne. »
[45]
Il
y a plus d’un siècle, Édouard Naville a observé
« que rien n’est plus difficile que de reconnaître
les signes distinctifs de chaque divinité » dans
une image égyptienne, car si « toute divinité
a des emblèmes spécifiques qui sont comme des
idéogrammes des caractéristiques qui lui sont propres
» [46], on se les passe avec une indifférence
totale vis-à-vis des dieux concernés, les distinctions
entre eux étant presque éliminées dans ce
processus d’équivalence, d’égalisation,
d’interpénétration, les noms, les formes, les
pouvoirs devenant tous entremêlés dans une nature de
base commune qui est la marque des dieux égyptiens. Jan
Bergman définit le processus comme étant un processus
de proximité, d’association, de fusion et, en fin de
compte, d’identification complète [47].
Au cours de
l’année écoulée, le point de vue de
Naville a été confirmé dans une étude de
ce Dieu anonyme qui révèle le mode de vie
(Lebenslehren)
correct et qui n’a d’autre nom que « Dieu »
(Ntr)
et peut être désigné sans discrimination
comme singulier ou pluriel ; il est tout-puissant, omniscient,
caché et juste ; il est Créateur, Souverain, Juge
et Nourricier ; il réclame le culte, l’obéissance
et la confiance de l’homme [48]. Et pourtant tout en lui est
« non spécifique », de sorte qu’on
l’identifie tout naturellement au roi, au dieu soleil, ou à
tout autre dieu et qu’il s’identifie dans tous les
sanctuaires locaux à la divinité locale et est
« considéré comme la puissance divine
universelle… l’incarnation de la divinité en
soi » ; en bref, il est « n’importe
quel dieu que l’on veut » [49].
Tout
étant si grand ouvert, il n’est pas étonnant que
les mortels se mêlent aussi à l’action.
L’absorption de l’individu dans l’essence et
l’image d’un dieu dans le contexte funéraire a été
notée dès le début [50]. Mais plus
particulièrement, dans des représentations telles que
le fac-similé n° 3, il nous est souvent rappelé
qu’il nous est possible de nous trouver à n’importe
lequel des trois
niveaux de
l’existence, ou à tous les trois, par ce qu’on
pourrait appeler « la règle de trois ».
« La logique de l’esprit égyptien est l’un
de ses aspects les plus frappants, écrit Gardiner, et rien
n’est plus remarquable que l’impartialité avec
laquelle on considérait les vivants, les morts et les dieux.
Les
hommes, les dieux, les morts…
indiquent une classification hiérarchique des êtres
humains et surhumains … Les trois classes avaient les mêmes
besoins et étaient traitées de la même manière…
En fait, le temple, le tombeau et la maison des vivants se
ressemblaient fortement. » [51]
Dans deux livres
importants, Alexandre Moret démontre en long et en large le
principe fondamental que 1) les rites de palais, temple et tombeau
sont essentiellement les mêmes, 2) que les mêmes
ordonnances sont accomplies au ciel, sur terre et dans le monde d’en
bas et 3) par les vivants, les morts et les immortels et 4) que dieu,
roi et gens du commun se livrent tous aux même activités
rituelles à des niveaux différents [52]. Le pouvoir des
dieux était « court-circuité »,
comme le dit Georges Posener, et « devint une faculté
du Roi ; il devint leur remplaçant et s’identifiait
comme tel auprès d’eux. » [53]
Dans l’autre
direction, en tant que « Horus l’héritier de
Geb, possédé par son père » [54], le
pharaon était aussi le type et le modèle de tous
les hommes [55], de sorte qu’un Égyptien
ordinaire
peut prier « qu’il lui soit permis d’entrer
dans l’éternité… et de voir le Seigneur
Unique de tous assis sur son Grand Trône » et « de
recevoir la couronne que le dieu condescend à lui transmettre »,
gloire qu’à son tour il
transmettra à ses enfants, lesquels « seront
établis » sur son trône dans ses « offices
de l’éternité. » [56]
« À
toutes les pages, ils confondent l’Osiris-N humain [c.-à-d.
le défunt] avec le dieu Osiris », écrit
Louis Speleers avec irritation ; « cette confusion
était délibérée et ne doit pas déranger
le lecteur qui y est préparé… Inutile de
chercher une explication… [elle se situe] dans le dérangement
de leur cerveau. » [57] C’est la plus bête de
toutes les explications. Il doit y avoir mieux.
Qui
est assis sur mon trône ?
La
formule « Tu feras ce qu’Osiris a fait, car tu es
celui qui est sur son trône » [58] implique que « le
trône ‘fait’ le roi » [59]. « Le
trône rendait manifeste un pouvoir divin qui changeait l’un
de plusieurs princes en un roi capable de régner »
[60]. Quand le roi ou son remplaçant se lève du lit en forme
de lion, ayant vaincu les puissances de la mort (fac-similé n°
1) lors de la fête du Sed,
c’est le trône plutôt que l’homme qui est
acclamé quand il s’y assied [61]. Le trône sur
lequel on s’assied ne fait aucune différence, car il n’y
en a qu’un, l’archétype du ciel, de la terre et du
monde d’en bas [62].
Mais qui s’assiérait sur le
trône du Pharaon pendant que celui-ci est vivant et présent ?
« Aucun Pharaon d’Égypte, s’écrie
l’un des savants détracteurs de Joseph Smith, n’aurait
cédé son trône, ne serait-ce que temporairement,
à Abraham ou à qui que ce soit d’autre. Ç’aurait
donc été un ‘événement impossible’ » [63]. Mais on a montré depuis lors qu’il y
avait, à ce genre d’événement, d’amples
précédents.
Cela
remonte au titre très ancien de « Rpct
sur le Trône de Geb », Geb, le dieu de la terre
représentant le principe de la succession patriarcale
royale ici-bas. Comme Helck l’a démonté, nous
pouvons commencer avec la fête du Sed,
marquant la fin d’un règne et le début d’un
autre dans un seul rite : dans la scène, le vieux roi est
mort – ce sont ses funérailles – mais son
successeur n’est pas encore monté sur le trône,
qui, par conséquent, est toujours le sien. Mais, à
cause de sa situation, quelqu’un doit agir pour le défunt
roi en attendant que le nouveau prenne les choses en main, et cette
personne, c’est le Rpct
– à
l’origine, le fils lui-même « dans son attente
du trône », dans son rôle d’Horus et par
conséquent « comme son père, descendant de
Geb » [64].
Suivant l’exemple du Sed,
le prince pouvait représenter son père dans diverses
missions, portant le titre « pour des tâches
précises comme substitut (Stellvertreter)
du roi, autorisé à donner des ordres » en
son nom et appelé fils de Geb pour proclamer son poste
légitime [65]. Étant donné les charges
croissantes de l’empire, le roi devait avoir besoin de plus
d’un substitut et très tôt des fonctionnaires
importants de la cour qui n’étaient pas de sang royal
furent délégués pour représenter la
royauté dans diverses missions et se virent conférer le
titre dans un esprit « vraiment patriarcal »
pour montrer qu’ils agissaient pour le roi et comme le roi
[66].
Le grand Imhotep, un homme de génie mais néanmoins
homme du commun, détenait le titre de Rpct
sur le Trône de Geb dans la troisième Dynastie [67] ;
un autre sage, Aménophis, fils de Hapou, se vante d’avoir
joué le rôle de « rpct
dans la représentation théâtrale de la fête
du Sed »
[68], tout comme le fonctionnaire Ikhernofret eut l’honneur
d’être la doublure du roi en jouant le rôle d’Horus
[69].
« Signe
de politesse de la part du roi » (fac-similé n°
3, figure 1)
Le
titre de Rpct
mettait
celui qui le portait sur le trône même du roi et les
insignes royaux allaient de pair. Le Pharaon conférait son
anneau shen
personnel, qui proclamait sa souveraineté sur tout ce qui
existait sous le soleil, aux fonctionnaires de confiance envoyés
parler pour lui dans les endroits lointains [70]. Il y avait un
risque à faire confiance à ce point à d’autres,
et il existe des cas où des hommes se sont emparés du
trône en exploitant la fonction de Rpct
[71]. C’était donc un signe d’honneur suprême
que de recevoir une telle preuve de confiance royale, et son
attribution dépendait en tout temps d’une seule chose :
le bon plaisir du gracieux roi. Dans son appel divin, tout lui
appartenait et les autres ne le détenaient que comme
intendants [72].
Comme le fait remarquer Ibrahim Harari :
« La
notion de légalité » reposait sur « le
principe de l’extension du contrôle personnel du roi. La
loi était, par essence, personnelle et centralisée » [73]. Il n’y avait pas de limite à ce qui
pouvait être donné et aucun doute quant au droit de
conférer les droits et les honneurs qu’il plaisait à
« la politesse du roi » de distribuer à
ceux à qui il le voulait [74].
De plus le Pharaon non
seulement pouvait doter, mais dotait effectivement des hommes du
commun d’un office et d’un pouvoir sacrés et quand
le vizir Rekhmiré prétend à « une
participation aux privilèges divins du Roi »
[75] ou quand l’Intendant royal Rensi, dans l’histoire du
Paysan Éloquent, « en participant du Roi »,
comme le dit François Daumas, « participe de
Ra lui-même. Il est,
par la participation, Ra lui-même » [76].
C’est
en tant que représentant choisi du Pharaon que le prêtre
qui officie dans chaque temple « est
le roi en personne… comme fils et successeur des dieux »,
pas comme simple substitut, mais , selon la pensée égyptienne,
il est « le Pharaon lui-même » [77]. Et
les étrangers du pays d’Abraham n’étaient
pas exclus d’une telle gloire, comme le montre bien l’histoire
du propre arrière-petit-fils d’Abraham, de sorte que,
selon les légendes, il était difficile de dire, quand
le roi se déplaçait avec son vizir, si c’était
lui ou son ministre que le peuple ovationnait [78].
L’homme
sur le trône revêtu des attributs d’Osiris est-il
roi ou homme du commun, vivant ou mort, humain ou divin ? Dans
l’histoire du Ramesséum, la robe du roi « est
simultanément le manteau de deuil du roi vivant et la
personnification du roi défunt » [79]. Siegfried
Schott trouvait qu’il était virtuellement impossible de
dire si les personnages des inscriptions des tombeaux sont censés
être vivants ou morts ou si les scènes sont dans ce
monde ou en dessous [80] ; il est tout aussi difficile de
distinguer une fête d’un enterrement ou un rite public
d’un rite privé [81]. La transmission de l’autorité
royale combine les gloires terrestre et céleste, l’osirien
et le solaire, en une seule figure [82].
Les puits profonds qui
interrompent les passages vers les tombeaux royaux de l’Ancien
Empire sont maintenant considérés comme des lieux de
deuil et
de
réjouissances, d’enterrement et de renaissance, où
le roi est enveloppé dans le sein maternel et les eaux du
monde d’en bas, au moment même où il émerge
comme le soleil levant des eaux de la vie [83].
Un nouvel examen
récent du tombeau de Pépi I met en évidence
« des rites funèbres et cependant joyeux en cours
d’exécution » où le roi d’assied
sur le trône pour atteindre des sommets d’ « immortalité
stellaire » au moment où il touche les profondeurs
de l’abîme » [84]. Ces tensions, remarque
le chercheur, méritent d’être étudiées » [85], bien qu’il soit quasiment impossible au
chercheur moderne d’éviter, comme le dit Bergman, « de
saper cette doctrine de la Double Nature par notre logique moderne » [86].
Étant
donné qu’on nous demande de considérer le
fac-similé n° 3 comme une illustration d’un épisode
de la vie d’Abraham, voyons où cela va nous mener. En
tout premier lieu, nous remarquons que c’est la manière
classique de représenter une personne quelconque dans une
situation de puissance et de gloire. C’est comme cela que le
roi apparaît à la fête du Sed,
comme cela qu’il apparaît en gloire, que ce soit vivant
ou mort, comme cela qu’on le montre à son couronnement
et pendant qu’on le couronne comme Osiris lors de ses
funérailles, car « il est clair que le culte des
morts est étroitement associé aux autres cultes » [87].
Dans des fêtes animées (pas un culte funèbre !)
où Cléopâtre apparaissait comme la Nouvelle Isis
(cf. fac-similé n° 3, figure 2), son compagnon Marc
Antoine « devait, aux yeux des Égyptiens, être
Osiris » (notre figure 1) [88]. Avec « un
effacement constant de la barrière entre le défunt en
tant qu’Osiris et le dieu Osiris lui-même »,
on en était venu à montrer même la personne
ordinaire comme Osiris dans les documents funéraires [89].
Cela a naturellement commencé avec le roi comme Osiris au
ciel, sur terre et dans le monde d’en bas, « assis
sur son trône même… faisant ce qu’Osiris
fait habituellement parmi les… Étoiles Impérissables. » [90]
Son fils revêt exactement le même
aspect pendant qu’il sert son père sur le trône
sur terre, au ciel et dans le monde d’en bas – ce dernier
étant la situation avec laquelle on identifie normalement les
types de la figure 1 [91]. Mais l’Égyptien ordinaire
se revêt des mêmes vêtements royaux et divins car
très tôt « des couronnes et des sceptres
royaux commencèrent à apparaître parmi les objets
peints dans les sarcophages des gens du commun » dans ce
que Frankfort appelle « une usurpation massive par les
hommes du commun » de « l’immense
prestige des prérogatives royales » [92].
Des
personnes ordinaires empruntaient, « apparemment sans le
moindre scrupule, un grand nombre des Textes des Pyramides, notamment
leurs implications de royauté » [93]. C’était
un jeu auquel n’importe qui pouvait jouer : on en retire
l’impression que ceux qui ont compilé le Livre des Morts
y ont mis tous les textes religieux qui se prêtaient à
être récités comme formule magique, quel qu’en
soit le contenu [94]. Personne ne doit donc exclure l’homme
Abraham du siège majestueux de la figure 1 sous prétexte
qu’il n’est qu’un mortel ordinaire.
Une
seule grande famille
Les
trois mondes restent à l’esprit dans toutes les
situations dans ce que Gertrud Thausing appelle « une
répétition constante du même drame »
dans une série de « cercles concentriques »
[95]. Chaque niveau reflète les autres : « Le
roi est une révélation de la divinité qu’il
incarne » et « le divin doit clairement
transparaître dans tout ce qui arrive, derrière l’action
humaine » [96].
Ceci nous prépare pour ce que nous
trouvons dans les stèles commémoratives sur lesquelles
les scènes les plus courantes sont celles qui ressemblent au
fac-similé n° 3. Prenez la stèle d’Apeni
(fig. 5), « le principal batelier du pharaon » :
« dans le registre supérieur, écrit Harry R.
H. Hall, Apeni, suivi de son
père… et de sa mère, Taye, offre à
Osiris », un Osiris qui ressemble exactement à
notre figure 1, derrière lequel est assise notre figure
2, « Isis avec la coiffe de Hathor » [97].
Dans le registre central, Apeni offre à manger et à
boire à deux couples augustes lors d’une fête, et
dans le registre inférieur, Apeni lui-même est assis
avec sa sœur (sa femme) pour recevoir une offrande d’un
serviteur. Mais à tous les niveaux, c’est une activité
familiale ; la forme fondamentale du rituel en Égypte,
comme Moret l’a démontré, était le culte
familial (en
français dans le texte),
la doctrine selon laquelle la famille n’est que l’écho
du modèle royal et divin [98].
Les généalogies
soigneusement tenues, depuis le Pharaon jusqu’au travailleur
journalier [99], et les ordonnances énigmatique du scellement
de sa famille pour qu’elle soit joyeusement réunie dans
l’autre monde, ne font que souligner le fait évident que
l’Égyptien n’aime rien tant que les scènes
et les rappels du cercle familial heureux. Un élément
frappant de l’art de cour de la période d’Amarna
et de la tombe de Toutankhamon est la combinaison apparemment
incongrue de la majesté divine avec l’intimité douillette
de l’amusement en famille.
Les comédies de la famille
royale ont été transmises jusqu’à la cour
des Ptolémées, avec leur mélange de jeux
familiaux, de splendeur théâtrale et de l’attrait
des mystères égyptiens [100]. Pour ce qui est de la
question de savoir si le fait de jouer à des jeux peut se
concilier avec des ordonnances solennelles, certaines études
récentes ont donné des résultats intéressants.
En
1973, Kate Bosse-Griffiths faisait remarquer que les scènes
domestiques de la maison de Toutankhamon sont incontestablement
intimes, enjouées, détendues et tout à fait
charmantes. « Tous ces objets montrent le jeune roi et sa
reine dans toutes sortes d’actions qui n’ont apparemment
rien à voir avec des thèmes funéraires…
Dans l’ensemble, on a penché pour interpréter les
scènes dans un sens domestique » [101]. Mais si
presque tous les spécialistes ont relevé leur charmante
intimité, l’étude de Bosse-Griffiths, elle,
montre de manière concluante que ce sont aussi des scènes
rituelles, toutes suggérant en fait un couronnement ;
en effet, elle conclut : « Il semble probable que
toutes les scènes ‘intimes’ du Roi et de la Reine
sont représentatives de choses qui se passent pendant le
couronnement. » [102] (fig. 6)
La récurrence
persistante du motif du couronnement dans les rites du temple, du
palais et du tombeau est parfaitement illustrée dans le
recueil de documents de Moret, mais l’étude de Hari nous
surprend en nous fournissant une confirmation intéressante des
découvertes de Bosse-Griffiths, quand il affirme que les rites
grandioses du couronnement faisaient en réalité l’objet
de distractions familiales régulières le soir au
palais, les « scènes de la vie domestique intime de
la famille royale » les montrant en train de renouveler
les rites du couronnement en privé, la reine remplissant les
fonctions du grand prêtre [103].
Cela nous rappelle le récit
de Hatshepsout dans lequel elle raconte comment son père a
fait l’amour à sa mère déguisé en
dieu Amon, « les prêtres présents…
[étant] masqués de manière à représenter
les autres divinités » [104]. Dans le jeu du
couronnement au Nouvel Empire, « à l’intérieur
du sanctuaire », le roi fréquente Wr.t-Hk3w,
la déesse (la Dame du Couronnement), tandis que « à
l’extérieur », c’est la reine qu’il
étreint [105]. On retrouve ces masques et ces momeries à
la façon des cours hellénistiques, orientales et
médiévales (jusqu’au XIXe siècle)
complètement épanouis dans les tout vieux Textes des
Pyramides égyptiens dans des scènes qui rappellent
fortement notre fac-similé n° 3 [106].
Si
l’idée fort répandue qui voit dans les souverains
égyptiens ce qui se fait de mieux en matière de majesté
hautaine, mystérieuse, morose et inaccessible devait jeter le
doute sur le nouveau tableau, il suffit de se rappeler l’histoire
de Sinouhé où il raconte que les enfants royaux et même
la reine poussent de joyeux cris d’étonnement et de
surprise et débordent de joie quand ils reconnaissent leur
vieil ami Sinouhé entrant dans le palais dans les vêtements
grossiers du désert asiatique. Comme beaucoup d’années
se sont écoulées depuis son départ et que les
enfants qui l’ont connu ont grandi, l’histoire demande
beaucoup d’imagination ; mais c’est permis puisque
c’est le genre de vie au palais que les Égyptiens
aimaient.
Les trésors de Toutankhamon, à eux seuls, le
montrent bien. Quand ils font leur autobiographie, les grands se
vantent communément moins de la réputation et du
standing qu’ils atteignent que du degré d’amour et
d’affection qu’ils connaissent dans la famille royale et
dans la leur. Strother Purdy attire notre attention sur une table
d’offrandes égyptienne « montrant un
parallèle avec la scène d’intercession à
la cour de Sinouhé », attestant la réalité de ce genre de
célébration et apportant « la
preuve de la participation populaire à l’association de
l’être du roi avec une espérance pour l’autre
vie » [107].
Dans la scène de Sinouhé, nous
voyons « la reine en tant que déesse… en
tant que Nofrou… et en tant que Hathor-Nout, protectrice de la
vie dans l’au-delà », quoique bien vivante,
tandis que « les enfants royaux, jouant le rôle des
prêtresses de Hathor, intercèdent pour lui en invoquant
la déesse » [108]. Tout le monde participe, jouant
le rôle d’une divinité ou l’autre et tout le
monde s’amuse : « dans un langage qui mélange
le divin aux références humaines », la scène
à la cour est pour Sinouhé un retour à un
univers de joie et de jeunesse éternelles. La cour est un
avant-goût du ciel [109]. Pour l’Égyptien, le
cercle de famille est ce qui ressemble le plus à un coin du
ciel sur la terre, et cela inclut tout le monde.
La
mystique du masque
L’élément
commun qui reliait le dieu, le roi et le mortel ordinaire était
la prêtrise et les ordonnances. Lors du couronnement, le prêtre
officiant « était absolument considéré
comme l’incarnation du dieu lui-même » [110],
et en d’autres occasions rituelles, le prêtre incarnait
le roi comme roi de substitution à qui tout pouvoir est
délégué : il est « le Pharaon
lui-même » [111]. La substitution et la
théâtralisation – la momerie et le masquage
– font qu’il est possible d’accepter très
facilement le transfert des rôles et des identités qui
est tellement égyptien (fig. 7) ; il était
clairement entendu que si la réalité ultime des choses
se trouvait dans un monde supérieur, les hommes s’y
préparaient en faisant les gestes [112].
Qui peut dire à
quel point un acteur ou un danseur de kachina Hopi s’identifie
ici-bas au masque qu’il porte ? Dès la Première
Dynastie, les rites étaient théâtralisés
avec une distribution « étonnamment variée »
de dieux joués par des humains déguisés [113],
tandis que « le nombre de prêtres et de prêtresses
masqués de la fin du Nouvel Empire est effarant et que ce
nombre augmente aux époques ptolémaïque et romaine » [114]. De même que le Pharaon « quand
il portait les emblèmes était considéré
comme la divinité elle-même » [115], de même
les hommes importants se vantaient dans leurs inscriptions
autobiographiques de s’être déguisés pour
divers rôles rituels.
L’un d’eux se vante d’avoir
joué divers rôles dans la fête du Sed,
d’avoir joué « le rôle du ‘Fils
Bien-aimé’… dans les mystères du Seigneur
d’Abydos » [116]. Un autre homme est représenté
curieusement déguisé en un costume semi-royal, sans
l’uraeus et tenant les emblèmes osirides royaux (cf.
fac-similé n° 3, figure 1) [117]. Le fait « qu’une
personne ou objet de culte peut jouer un certain nombre de rôles
différents pendant les phases changeantes du rite »
ne constitue, comme le fait observer Bergman, « aucune
difficulté pour la pensée religieuse ‘logique’
des Égyptiens » [118].
La figure 1 du fac-similé
n° 3 peut être un dieu, un roi ou un humain puisque que
tout est « saturé du culte religieux des mystères
osiriens », à tous les niveaux [119], et qu’il
y a « une ressemblance générale des costumes
et des emblèmes » entre le roi et Osiris même
quand ils sont considérés indépendamment l’un
de l’autre [120].
Les
recherches contemporaines mettent de plus en plus l’accent sur
l’idée que le couronnement est le noyau premier de toute
la théâtralisation rituelle. Elle était accomplie
par des prêtres masqués représentant des dieux
[121]. Il était possible de faire une tournée
avec la pièce dans tout le pays [122]
ou
de la répéter quotidiennement dans les temples dans une
« petite version condensée de la cérémonie
du couronnement » [123].
Kurt Sethe décrit la
représentation théâtrale du Ramesséum
comme « une pièce festive à caractère
cérémoniel… une présentation mimétique
avec le roi dans les rôles principaux, un ‘mystère’
authentique ayant pour thème le couronnement (le don du
pouvoir et de la gloire) [124]. Nous ne connaissons toujours pas
l’intrigue de la pièce, nous dit Frankfort, parce que
« le Mystère de la Succession nous propose une
séquence indifférenciée de scènes
traitant de « choses divines » dont nous ne
savons toujours rien du plan et du but de l’action » [125].
Une
autre étude de Bosse-Griffiths suggère des jeux où
la famille royale se masque quand elle attire l’attention à
la fois sur les masques de Bès portés par les gens qui
incarnent un Bès masculin ou féminin, une divinité
danseuse comique et un certain nombre d’amulettes Beset.
« J’aimerais suggérer, écrit
Bosse-Griffiths, que les figurines de Beset d’Amarna, avec leur
visage de petite fille, incarnent les filles du roi » [126].
Voilà qui pourrait nous sembler être un manque de
respect, mais Goss-Griffiths termine son essai en montrant comment
les Égyptiens pouvaient rapprocher entre elles des figures
apparemment incongrues et les permuter en des imitations libres dans
lesquelles elle trouve que « il n’y a aucune espèce
de discorde entre elles » [127].
Nous avons donc fait un
pas de plus vers la reconnaissance, dans le fac-similé n°3,
d’une scène à la cour du genre décrit dans
l’ « explication » de Joseph Smith, mais
la chose la plus difficile à accepter devrait être ce
qui vient maintenant.
Le
fac-similé n° 3, figures 2 et 4 : Questions de sexe
Il
suffit à celui qui tient, en se donnant le moins de mal
possible, à démolir l’interprétation
donnée par Joseph Smith au fac-similé n° 3, de
faire remarquer qu’il désigne comme étant le
« roi Pharaon » et le « Prince de
Pharaon » deux personnages si manifestement féminins
qu’un enfant de trois ans n’hésiterait pas à
les identifier comme tels. Alors pourquoi les égyptologues
n’ont-ils pas relevé cette absurdité suprême
et clôturé la discussion ? Se pourrait-il qu’il
y ait quelque chose de particulièrement égyptien dans
cet étrange égarement de l’esprit qui représente
des être humains comme des dieux et des hommes comme des
femmes ?
Nous avons déjà fait allusion à
pareille possibilité dans le cas d’Imhotep, dans
lequel, pour aller plus loin encore, nous voyons sa femme et sa mère
habillées en déesses, la dernière comme Hathor
elle-même [128]. Chose encore plus surprenante, Dietrich
Wildung note un cas dans lequel « nous pouvons identifier
Anat [la version cananéenne de Hathor] comme ‘Anat de
Ramsès [le roi] lui-même
sous la forme d’une déesse » [121].
Nous y voilà : la dame Hathor, qui est la figure 2 dans
le fac-similé n° 3, pourrait être nulle autre que le
Pharaon lui-même. N’importe quel novice est capable
d’identifier les deux femmes du fac-similé, figures 2 et
4, comme étant les déesses Hathor et Maât. Elles
semblent indispensables dans les scènes qui traitent de la
transmission du pouvoir et de l’autorité. Le spectacle
d’hommes, de rois et de princes, habillés en
femmes, réclame une brève explication sur la question
fondamentale propre aux Égyptiens et au livre d’Abraham,
à savoir la tension entre les prétentions de la
succession patriarcale face à la succession matriarcale.
Dans
le livre d’Abraham, comme dans beaucoup de versions anciennes
de l’histoire d’Abraham, le héros, dans sa
jeunesse, défie les prétentions d’un roi à
l’autorité divine (Abraham 1:5-6), prétendant
avoir lui-même la vraie autorité (Abraham 1:2-3). Le roi
relève le défi et essaie d’offrir Abraham en
sacrifice rituel en tant que roi de substitution, le cérémonial
bien connu (Abraham 1:18 et fac-similé n° 1). La
délivrance miraculeuse d’Abraham convertit le roi, qui
demande à Abraham sa prêtrise et lui offre en échange
ses propres honneurs : telle est la teneur de nombreuses
légendes et du fac-similé n° 3 ; il convoite
aussi la femme d’Abraham dans l’espoir de créer
une lignée sacerdotale dans la vraie succession [130].
Pourquoi le Pharaon, « homme juste… [béni]…
des bénédictions de la sagesse » (Abraham
1:26) se vit-il refuser cette prêtrise dont il se réclamait
« volontiers de Noé par Cham » (Abraham
1:27) ? Certainement pas à cause de Cham, « un
homme juste [qui] marchait avec Dieu » (Moïse 8:27),
mais plutôt parce qu’il s’en réclamait par
le mauvais lignage, « ce lignage
qui ne
lui donnait pas droit
à la Prêtrise » (Abraham 1:27).
Quel était
le problème ? Simplement ceci : Ce n’était
pas le lignage patriarcal, mais le lignage matriarcal
qu’il suivait. Tout en « s'appliquant à
imiter
cet ordre établi par les pères
au cours des premières générations [ce que les
Égyptiens appelaient le p3wt],
du temps du premier règne patriarcal »
(Abraham 1:26), il n’en faisait pas moins remonter son lignage
et son trône à « une femme, qui était
fille de Cham et fille d'Égyptus » (Abraham 1:23).
Cette femme « découvrit le pays » et « y
établit… ses fils » (Abraham 1:24). Son fils
aîné devint le premier pharaon, gouvernant « à
la manière » de l’ordre patriarcal (Abraham
1:25) que le roi avait cherché avec ferveur à
« imiter ». Ainsi donc, le gouvernement de
l’Égypte était exercé dans l’idée
fausse qu’il était patriarcal, alors que la lignée
réelle était matriarcale, la reine étant « la
femme du Dieu et porteuse du lignage royal » [131]. Mais aussi noble qu’il soit, un lignage matriarcal ne peut revendiquer
l’autorité patriarcale, même si tous
les intéressés sont décrits de manière
sympathique.
Dans tout cela, il n’est pas question de race,
même si les ennemis de l’Église se sont dits
choqués et outrés de ce que ces passages sont une
preuve de la discrimination des saints à l’égard
des noirs.
Nous
rencontrons cette tension entre l’autorité patriarcale
et l’autorité matriarcale (dont nous reparlerons plus
loin) à chaque pas dans les inscriptions royales. C’est
une des notes dominantes dans la civilisation égyptienne. La
vieille tradition matriarcale est clairement annoncée au
fac-similé n° 3 par la présence de Hathor (figure
2) à sa place habituelle immédiatement derrière
le trône. Elle est Hw.t-Hr,
la « maison » (matrice) d’où doit
sortir Horus, l’héritier légitime du trône.
Elle est « à la fois la mère du Roi, sa
femme [comme telle appelée sa sœur]… par
excellence appelée la déesse de la Royauté » [132].
Sa coiffe à cornes avec le disque du
soleil – le nouveau roi apparaissant entre les cornes de la
vache mère – apparaît depuis les glyphes
historiques sur les parois des falaises jusqu’aux peintures sur
les parois des monastères chrétiens coptes [133]. La
même couronne peut être portée par n’importe
quelle déesse remplissant ses fonctions, car comme la vieille
déesse-mère méditerranéenne, pour
laquelle les rois n’étaient que des princes consorts,
elle a des manières innombrables d’apparaître.
« Il était tout à fait impossible, écrit
E. A. Wallis Budge, à un adorateur d’Hathor, aussi dévot
qu’il fût, d’énumérer toutes les
formes de la déesse qui existaient » [134]. Elle
est la vache céleste, la mère du dieu-soleil lui-même
et aussi sa fille. Elle est Nout, la déesse du ciel et
aussi la fille de Nout [135]. Elle a tout et son contraire :
elle est souveraine et sujette, avec une alternance d’affirmations
de priorité patriarcale et matriarcale. Agissant en qualité
de Reine-Mère, étant la fille aînée de
Geb, elle est régente avec les pleins droits au titre de Rpct
[136].
C’est en effet sur son trône, à elle, que
le roi est assis, grâce à sa faveur en tant que Dame des
Mystères [137] ; personne n’entre en la présence
du pharaon sans son approbation ; « c’est selon
ses plans que la fonction royale est transmise » et
« c’est celui que son cœur désire qui
est choisi pour s’asseoir sur le trône ! »
[138]
En
sa qualité de personne la plus proche et la
plus chère au roi, Hathor s’identifie à Isis, qui
est « la mère et princesse divine… le
Soleil féminin » [139]. Comme Hathor, Isis commande
le trône, car, pour employer les termes de Siegfried
Morenz, « Elle est l’incarnation du Trône…
elle est la Royauté égyptienne elle-même, qui est
incarnée dans le Roi vivant Horus,
à la mort duquel elle entre dans Osiris. »
[140]
Quand on comprend l’idée que la Grande Dame « incarne »
véritablement le roi, le caractère incongru de
l’explication de la figure 2 comme étant « le
roi pharaon » commence à s’estomper. « Le
trône ‘fait’ le roi, écrit Frankfort ;
le terme apparaît dans les textes égyptiens – et
par conséquent le trône, Isis, est la ‘mère’
du roi. On pourrait voir dans cette expression une métaphore,
mais il est évident que ce n’en était pas une » [141]. Elle dit au roi : « Je te
récompense en te donnant mon
trône comme roi de toutes les terres… Je te donne
l’office d’Atoum sur le trône de Chou. »
[142]
Le
fils doit, il est vrai, succéder au père, mais qui sait
qui est vraiment son père ? C’est la mère
seule qui détient à coup sûr les clefs de cette
légitimité capitale dont dépend la succession
patriarcale ; c’est Isis, « la Dame de la
Vie », qui représente et garantit la continuité
de la lignée [143] ; ce n’est que quand la Mère
Hathor accueille le nouveau roi comme Horus lors du couronnement que
« le roi est reconnu comme légitime et est libre de
recevoir la couronne » [144].
Tandis que le roi est aux
rames de la barque de sa mère à la fête d’Opet
(cf Abraham 1:24), elle lui rappelle qu’elle est sa mère
et que tout le pouvoir et toute l’autorité qu’il
possède viennent d’elle [145]. Ne serait-ce que parce
que c’est la mère qui a le dernier mot en matière
de légitimité, c’est par les femmes plutôt
que par les hommes que l’autorité divine est transmise
en Égypte.
Et
pourtant, chose remarquable, les documents égyptiens ne
donnent jamais la moindre impression qu’il y a domination ou
soumission entre homme et femme ; même dans le caractère
rigidement officiel de l’Ancien Empire, comme le fait remarquer
Gardiner, « une caractéristique sympathique
est l’égalité manifeste entre les sexes :
tant dans les reliefs que dans les statues » [146]. « Il
y a très peu de stèles du Moyen Empire, écrit
Purdy, où l’on ne trouve pas la femme et les enfants, le
plus souvent aux mêmes dimensions que le défunt
» [147]. Et Otto a montré que cette égalité
entre mari et femme perdure jusqu’à l’époque
romaine [148].
Bien qu’il y ait beaucoup de femmes ambitieuses
et intrigantes dans le pays, la puissance et la gloire du père
et de la mère semblent maintenir l’équilibre et
la célèbre rivalité entre Hathor et Ra se
dissout dans une parfaite rivalité d’amour. Selon
Jacques Pirenne, sur les monuments de l’Ancien Empire, mari et
femme sont représentés comme absolument égaux.
Il faut attendre la Quatrième Dynastie pour voir apparaître
quelques cas de subordination féminine [149].
Étant
donné que Hathor installe le roi « comme garant de
l’ordre du monde », il n’est pas étonnant
qu’elle soit également identifiée à Maât
(notre figure 4 dans le fac-similé n° 3) au couronnement,
saluée comme « Hathor la Grande, la Dame du Ciel,
la Reine des Dieux et des Déesses, Maât elle-même,
le fils
féminin
[sic]…
Maât
qui apporte l’ordre dans le monde à la tête de la
barque du Soleil, ‘Isis la Grande’, la Mère des
Dieux » [150].
Dans le sanctuaire préhistorique de
Couses, « Maât était comme le double
[Ka] de Hathor » [151] ; les deux agissent toujours
ensemble lors des couronnements : « Maât est
devant lui et n’est pas loin de sa majesté…
Hathor la Grande est avec lui dans sa chapelle »
[152]. Pour exprimer son total dévouement, le roi présente
l’image de Maât à Hathor [153]. Maât, le
fils féminin est le plus jeune des deux : en effet, qui
n’est pas plus jeune que la mère primordiale ?
Tandis qu’ « Isis, la mère
divine »
dit au couronnement : « Je mets mon fils
sur le trône », la déesse plus jeune debout à
côté, Nephthys, « la Sœur
Divine »
dit : « Je protège ton corps, mon frère
Osiris » [154].
Ici, les deux dames, Isis la vénérable
et Nephthys la jeune fille apparaissent comme mère et fille
[155], ayant l’une vis-à-vis de l’autre la même
relation que le « Pharaon » et le « Prince
de Pharaon », qu’elles incarnent dans le fac-similé
n° 3 (figures 2 et 4 respectivement).
La
présence de Maât est aussi essentielle aux rites de
transmission du règne légitime que celle de Hathor-Isis
elle-même : ce sont les deux indispensables [156]. Maât
est « l’essence même de Ra », sa
fille, son Ka qui le remplit de vie, sa mère ; elle ne le
quitte jamais car elle est sa royauté [157]. Les deux plumes
de Maât sur sa couronne affirment sa légitimité
et s’identifient à l’uræus, qui paralyse
tous ceux qui se hasarderaient à contester son autorité
[158]. Elle apparaît sous la forme même d’Horus,
le fils, lors de la transmission de la royauté [159], son rôle
d’installatrice de l’autorité royale l’emportant
sur tous les autres offices [160]. Le roi à son couronnement
comme fils et successeur est rempli de Maât, s’identifiant
à tous égards à elle, « possesseur
complet de Maât ».
En outre, la personne de Maât,
et sa signification, était bien connue des anciens Cananéens
du temps d’Abraham et fut adoptée plus tard par les
Juifs d’Égypte qui en firent le personnage classique de
la Sagesse dans leur propre Littérature de la Sagesse [161].
Une sculpture trouvée dans le palais d’Achab représente
un Horus à tête de faucon présentant une
statuette de Maât au dieu-soleil. C’est en effet du temps
d’Abraham et dans son pays, selon André Parrot, qu’on
trouve un nombre infini de ces scènes de présentation
(ressemblant d’une manière surprenante au fac-similé
n° 3) sur des sceaux mésopotamiens, dans lesquelles « la
médiatrice… est presque toujours une femme »,
ce qu’il trouve bizarre étant donné que la
prérogative de l’administration des rites de la religion
était réservée aux hommes [162].
Une
confusion générale
Tous
ces changements de sexe sont compréhensibles, quoique
déroutants, dans un sens symbolique. Mais le fac-similé
n° 3 est censé être une scène qui se passe
réellement au palais ; les comédies des soirées
en famille iraient-elles si loin ? Admettant que la nature
bisexuelle était de règle pour les divinités
égyptiennes, qui pouvaient changer librement d’aspect
extérieur pour répondre à des fonctions
spéciales [163], dans une scène qui se dit historique
dans laquelle les hommes sont représentés comme des
femmes, nous avons besoin de quelque chose de plus spécifique.
Pour commencer, Hathor et Maât étaient toujours connues
par les masques
qui les représentaient, ces masques étant régulièrement
portés par des hommes. Le masque cornu de Hathor,
originellement grandeur nature se portait pendu au cou des
personnages officiels et sa taille a été graduellement
réduite par facilité bien qu’il conserve encore
une assez grande taille dans les époques postérieures.
Il est clair qu’il était censé être porté
comme masque [164].
Dans l’Ancien Empire, le fils de Chéops
portait le masque de Hathor dans ses fonctions d’Intendant du
Palais et d’autres fonctionnaires supérieurs le
portaient aussi ; au Moyen Empire il était toujours la
marque des hommes qui pourvoyaient aux besoins les plus intimes du
roi, étant ses serviteurs personnels [165]. Le juge principal
égyptien, quand il allait siéger pour représenter
le roi, suspendait à son cou un grand masque de Hathor pour
montrer que la cour était officiellement en session, de la
même manière que les avocats et les juges en Angleterre
recouvrent leur identité personnelle sous des perruques et des
robes [166]. Ce masque de Hathor semble avoir été en
tout temps interchangeable avec le symbole de Maât,
habituellement une immense plume en néphrite que l’on
voit parfois prendre la place du visage et de la tête de la
Dame dans les scènes rituelles.
Les symboles sont appliqués
avec tant de liberté que Budge a identifié la « déesse
à tête de vache » dans la scène de
présentation du papyrus Kerascher, qui est étroitement
apparenté à notre fac-similé n° 3,
comme étant « soit Isis-Hathor ou
Maât » [167].
Le
port de ces amulettes ou masques indique une identification
complète : « Maât se met comme une
amulette à ton cou … ton œil droit est
Maât, ton œil gauche est Maât, ta chair est Maât…
et tes membres… ta bandelette est Maât, ton vêtement…
est Maât » [168]. L’allusion est explicitement
au vêtement ; il est clair que le nouveau roi, le jeune,
est entièrement déguisé en Maât :
elle l’incarne dans sa personne en dépit du sexe [169]. Il n’y a donc aucune raison d’être
choqué par la figure 4. Elle est « l’Horus
féminin, la jeune… Isis, la grande, la mère de
Dieu, née à Dendera la veille » de
l’enfant dans son berceau (le Nouvel An) [170].C’est-à-dire
qu’elle n’est pas Pharaon, mais le « Prince de
Pharaon », le nouveau roi.
D’autre part, il
découle clairement d’un Texte des Pyramides que le roi
portait non seulement la coiffe cornue de la mère royale
Hathor, mais aussi tout son habillement – combiné aux
plumes de Maât : « Sa robe royale est sur lui
comme Hathor, tandis que sa plume est une plume de faucon » [171],
ce qui veut dire tant Horus (le faucon) que Maât, son
« double » [172]. Encore plus ancienne, il y a
l’apparition du roi Narmer à l’époque
prédynastique paré de « têtes de
Hathor sur son pagne » le montrant revêtu de son
pouvoir [173].
Bien que l’image de Maât ait fini par
prendre l’ascendant sur celle de Hathor les deux ont continué
côte à côte jusqu’à la fin avec la
même signification. Le grand juge de Sheshonq III, bien
que désigné comme « Prophète de
Maât » porte non pas l’emblème de Maât
mais celui de Hathor [174]. D’autre part, dans une scène
familiale venant d’El Amarna, la reine et ses enfants
apparaissent tous
ornés
de plumes de Maât dans les cheveux. Pour Norman Davies, ce sont
là « des incarnations
de Maât » [175]. Et les deux dames partagent
l’affection du roi quand, dans une scène de cercle
familial intime, Mère Isis-Hathor lui dit : « Embrasse
ta fille Maât, place-la sur ton sein comme une fleur pour
égayer ton cœur », allusion au symbole de
Maât et Isis qui pend au cou, représentant l’étreinte de l’épouse ou de l’enfant [176].
L’affirmation
suprême de l’autorité féminine au
couronnement est l’omniprésence agressive de la mystique
féminine elle-même en la personne de l’imposante
Madame Wr.t-Hk3w, « la
Grande Enchanteresse », la « Grande Dame de la
magie » ou « des miracles » qui est
là « expressément en tant que Déesse
du Couronnement » pour accomplir les miracles et les
transformations nécessaires [177]. Elle apparaît dans
les scènes de couronnement, usurpant la place de Hathor
directement derrière le trône ainsi que son titre de
« Dame du Ciel » auquel titre elle est
étroitement « syncrétisée »
avec Mout et Mère, qui est Isis, accomplissant toutes les
fonctions de Hathor et de Maât tout en conservant sa propre
identité, annonçant que c’est elle qui place la
couronne sur la tête du roi [178]. Car de même qu’Isis
est le trône, Wr.t-Hk3w
est la couronne en vertu de « son assimilation à la
couronne… par une sorte de projection » –
l’interprétation la plus récente [179].
Au moment
du couronnement, Thot dit au roi : « Wr.t-Hk3w,
sous la
forme de l’Uraeus, se joint à toi sur ta tête »,
l’uraeus, on le sait bien, étant l’une ou l’autre
ou les deux déesses maternelles serpents W3dj.t et Buto, qui
ont protégé et élevé le bébé
roi Horus dans leur nid dans les marécages de Khemmis [180].
Cependant, de même que l’uraeus Wr.t-Hk3w
reste elle-même, « Wr.t-Hk3w
comme divinité réelle (pas un simple adjectif)
s’assimile à la couronne et au roi »
[181]. Le sexe n’est pas un obstacle. Après tout, le roi ne
peut pas être séparé de sa couronne et même
dans les jeux de palais, la reine joue le rôle du grand prêtre.
Eh oui, la magie. Voici la bonne fée bien connue, une des « sept
Hathor » des contes pour enfants, qui préside aux
baptêmes et aux anniversaires et qui peut transformer n’importe
quoi en n’importe quoi d’autre ; et pour couronner
le tout, elle peut entrer dans la reine vivante, comme dans la scène
de couronnement de la chapelle de Hathor à Deir el-Bahri, où
la reine vivante, Ankhesenamon « joue le même rôle
et s’identifie ainsi à Wr.t-Hk3w » [182].
En
résumé, pendant la soirée en famille au palais,
nous voyons la famille renouveler le rite du couronnement en privé,
la reine jouant le rôle du grand prêtre, « oignant
le roi, mettant la couronne de fleurs autour de son cou et agitant le
sistre devant lui », le sistre étant le sceptre
exclusif de Hathor [183]. En même temps, « Wr.t-Hk3w
est là, spécifiquement la déesse
du couronnement… tenant à la main le symbole de la vie…
pendant qu’elle conduit le roi vers Hathor, laquelle fait le
geste nyny
» [184], une bonne description de notre fac-similé n° 3.
Ce que les détracteurs de Joseph Smith prenaient par erreur
pour une étoile dans la main de Hathor est un symbole de vie
ankh.
Notre figure 4 est naturellement Wr.t-Hk3w,
ou peut l’être, car il y a d’autres scènes
de ce genre dans lesquelles Wr.t-Hk3w
apparaît
« jouant le rôle habituellement attribué à
Maât » [185].
Trop
de femmes ?
Mais
le « Roi Pharaon » et le « Prince de
Pharaon » iraient-ils jusqu’à
se déguiser
pour jouer les déesses qui incarnaient leur majesté au
moment de la transition ? Si le fils de Chéops portait le
masque de Hathor tout en portant son habit royal en tant que Hathor
et la plume de Maât sur la tête ou la poitrine [186], le
grand prêtre d’Héliopolis pouvait apparaître
à la fête du Sed
portant « un vêtement étrange, faisant penser
à un vêtement de femme » [187] et le roi
pouvait s’identifier à la Grande Mère « en
s’enveloppant de sa bandelette » [188].
C’était
sans aucun doute la pratique « primitive »
courante dans le monde de se masquer et de mimer, aussi naturelle et
aussi spontanée que celle de danser, dont elle faisait partie,
qui suggérait ce genre de choses. « Parce qu’il
n’y avait pas d’identification ou de fusion réelle,
explique Erik Hornung, le dieu pouvait prendre avec impunité
la forme ou le sexe qu’il voulait sans déranger qui que
ce soit » [189]. Isis en tant que Neith était
« deux tiers homme et un tiers femme », ce qui
lui donnait la possibilité de fusionner avec Khnoum, le
Créateur, les éléments masculin et féminin
étant tous deux indispensables à tout acte créateur
[190].
Cette femme s’avance portant la couronne blanche bien
connue mais ajoutant une barbe à son costume, « montrant
ainsi son caractère androgyne » [191]. Dans le même
ordre d’idées, le roi apparaît dans le rite du
couronnement en tant que Hapy, le Nil, celui qui nourrit le pays,
fortement barbu, mais avec tous les attributs d’une femme
enceinte, ce qui, selon Hari, l’identifie à la dame
Wr.t-Hk3w
[192].
Est-ce
le principe de la couvade, pratiquée par certains de nos
grands-parents dans le Vieux Monde, quand le père faisait
semblant de donner naissance à l’enfant de manière
à prétendre pleinement à sa légitimité ?
La reine prétendait de la même manière aux rites
patriarcaux : « J’ai joué le rôle
du mari », dit Isis au roi, « malgré
le fait que je suis une femme, afin de faire en sorte que ton nom
vive sur la terre » [193]. Maât apparaît sous
la forme masculine de Horus pour montrer qu’elle est la
porteuse de la royauté et lors du couronnement réel, la
reine, dans sa fonction de Rpct, « se
donne beaucoup de mal pour cacher son sexe » [194].
Tout
le monde sait que l’ambitieuse reine Hatshepsout portait une
fausse barbe et s’arrogeait le genre masculin dans ses
inscriptions, mais en même temps son grand architecte Senmout
« se faisait représenter avec une tête
féminine », tout comme le grand prêtre
Horsiesi de la XXIIe Dynastie ; Capart y voit la continuation de
la coutume de l’Ancien Empire de porter des masques féminins
[195]. Rappelons-nous que Hall fut intrigué de trouver une
figure de Hathor-derrière-le-trône accompagnée
non par le cartouche de son nom, mais par le cartouche de
couronnement d’Aménophis III, comme si, pour l’occasion,
la déesse (notre figure 2) était
effectivement ce grand pharaon en personne [196].
Il est certain que
son fils, le célèbre Akhétaton, Aménophis
IV, aimait proclamer au monde son identification totale avec Maât
et pour prouver qu’il était « à la
fois ‘Mère’ et ‘Père’…
le Roi prenait la forme hermaphrodite de cette dernière et se
faisait représenter dans les formes corporelles les plus
étranges » [197], ce qui a provoqué pas mal
de suppositions, mais, d’après les études les
plus récentes, n’a jamais été tout à
fait expliqué [198].
Ce qui est très frappant, c’est
le fait que sa femme, la fameuse Néfertiti, est à
égalité avec lui, leurs représentations étant
« équivalentes par leur taille, le symbolisme de
leur position et de leur geste et dans leur rapport avec le disque du
soleil » [199]. Il y a même une scène où
nous trouvons « la Reine… assise sur le siège
avec les emblèmes royaux et le roi sur un siège non
décoré » [200]. Elle « conduit
son propre char » et dans les scènes de
couronnement, elle porte la couronne du roi et dans les scènes
de victoire, elle joue un rôle masculin et royal [201].
Bien
que certains aient vu dans le comportement d’Echnaton un
caprice personnel, sa nature rituelle est maintenant reconnue de
tous ; Echnaton se considérait « comme une
extension de Maât » [202]. « Il était
caractéristique en ce temps-là… de représenter
Echnaton sous des formes féminines… Le Prophète,
par son corps féminin aux nombreuses formes honore son dieu,
la matrice de l’univers. » [203]
Bien
que les relations familiales égyptiennes fussent, comme le dit
Gardiner, « de nature à donner le
tournis » [204], nous ne pouvons y échapper.
Pas plus que les Libyens, les Éthiopiens, les Perses, les
Macédoniens et les Romains, qui pouvaient prétendre
satisfaire la population égyptienne en tant que ses
gouverneurs. Ptolémée Philadelphe et sa sœur
Arsinoé non seulement jouèrent les rôles, mais se
présentèrent également comme étant
l’incarnation même d’Osiris et d’Isis, dans
une théâtralisation « purement égyptienne »
de leur royauté.
Et les Romains furent scandalisés
quand le grand Marc Antoine joua Dionysos = Osiris auprès de
l’Isis de Cléopâtre, tandis que les nobles romains
jouaient des rôles choquants par leur manque de dignité
dans la même distribution. Et pourtant le temps vint où
un empereur guerrier, converti aux mystères de l’Égypte,
pouvait proclamer son règne mondial sur des pièces d’or
commémoratives spéciales frappées en Égypte
le représentant sous les traits de la déesse mère
Déméter [Hathor] avec l’inscription Galliena
Augusta – « une combinaison que l’esprit
moderne trouve ridicule », écrit l’historien,
mais « n’est pas étrangère à la
façon de voir d’autrefois »
[205].
La
couronne et le sceptre
Dans
la plupart des compositions qui ressemblent au fac-similé n°
3, la majesté assise porte la même couronne que la
figure 1. Parfois la personne qui est sur le trône et celle
qu’on lui présente la portent toutes les deux [206]. La
blancheur et les plumes symbolisent la lumière céleste
qui a jailli sur le monde lors du couronnement [207], la
caractéristique « lumineuse » de celui
qui monte sur le trône [208]. Les deux plumes sont à la
fois les célèbres plumes de Maât, « les
plumes de la vérité » et les plumes de Chou,
symbolisant la lumière qui passe entre les mondes [209].
Osiris « fait jaillir l’éclat brillant à
travers les deux plumes, dit le célèbre cantique
Amon-Mose, comme le disque du soleil tous les matins. Sa Couronne
blanche a ouvert les cieux et a rejoint la fraternité des
étoiles. Il est le chef des dieux… qui
commande au Grand Conseil [dans
les cieux] et que le Petit Conseil aime » [230]. Quelle
description plus claire pourrait-on demander que la définition
de la couronne donnée par Joseph Smith : « comme
emblème de la grande présidence du ciel » ?
Il nous dit aussi que cette couronne « représent[e]
la Prêtrise ». « L’attribut le plus
visible » de la divinité, selon Jaroslav Černy,
était le pouvoir [211] ; les Égyptiens, écrit
Posener, « n’adoraient pas un homme »
en la personne du Pharaon, « mais ‘le pouvoir
revêtu d’une forme humaine’ » [212]. On
participait au pouvoir, explique Morenz, en réalisant
« l’approche humaine maximale de la ‘nature
divine’, symbolisée par le port d’une couronne
atef » [233]. L’atef
est la couronne de notre fac-similé n° 3 et quiconque se
trouvait dans un état de sanctification pouvait la porter,
mais elle soulignait, selon Morenz, une fonction sacrale plutôt
que royale, c’est-à-dire qu’elle « représentait
la prêtrise » de celui qui la portait [214].
La
couronne est accompagnée de la houlette
et du fléau, qu’il
fallait nécessairement recevoir dans le cadre de la
transmission de l’autorité divine. Percy Newberry
conclut, dans une étude spéciale, que la houlette et le
fléau sont « liés au berger », la
première « signe extérieur visible de…
l’autorité », désignant celui qui la
tenait comme étant « le chef des bergers » ;
c’est par elle qu’il « gouverne et guide…
et défend » son troupeau [215].
Le fléau
était, selon l’explication de Newberry (qui toutefois
n’a pas été reçue avec beaucoup
d’enthousiasme par les autres savants), un instrument utilisé
par les bergers pour récolter le laudanum. Les sources
antiques nous disent ce qu’il signifiait, comme quand le
dignitaire qui le porte lors de la fête archaïque du Sokar
est décrit comme « attirant le peuple de Tameri [le
Pays Bien-aimé, l’Égypte] vers ton seigneur sous
le fléau », faisant penser au bouvier, tout comme
la houlette du berger, qui est utilisée pour pousser et
protéger [216].
Et comme la houlette, le fouet sert aussi à
protéger les troupeaux : « Les hommes, les
animaux et
les dieux louent ta puissance qui les a créés »,
dit Anchnesneferibré en s’adressant à
Osiris, « un fléau [nkhakha]
est fait pour toi, mis entre tes mains comme protection » [217].Symbole du pouvoir qui a créé, il
est brandi par le préhistorique Min de Coptos, étant le
fouet de lumière ou de pouvoir, poussant toutes choses à
la vie et à l’action [218].
Dans
leurs fonctions administratives et disciplinaires, la houlette et le
fléau symbolisent effectivement « la justice et le
jugement » du Pharaon. Mais entre les mains d’un
homme du commun ? Wolfhart Westendorf attire l’attention
sur « les prétentions aux prérogatives
royales » trouvées dans « les tombes des
monarques et des dignitaires, qui ont repris à leur compte le
fouet, la houlette, le sceptre et d’autres éléments
de l’habillement du roi afin d’être complètement
équipés, dans la mort, de tous les attributs d’Osiris » [219].
Gardiner affirmait que ceux qui apparaissent dans
les ornements de notre figure 1 imitaient non
pas
Osiris mais le roi vivant [220]. Mais c’est la même
chose : L’homme sur le trône qui tient « à
la main le sceptre de la justice et du jugement » n’est
pas nécessairement le roi ou Osiris, bien qu’il aspire à
la prêtrise et à la royauté. Une scène au
temple de Karnak montre Amon sur le trône tendant une houlette
et un fouet au roi vivant, qui est à genoux devant lui ;
mais le roi tient déjà sa propre houlette et son propre
fléau, tandis que Khonsou debout derrière le trône
dans les vêtements d’Osiris tient, lui
aussi, la
houlette et le fléau [221].
La facilité avec laquelle
les symboles sacrés pouvaient ainsi être passés
de l’un à l’autre montre qu’Abraham n’avait
pas besoin de saisir les insignes de fonction personnels
du Pharaon, mais, comme bien d’autres, d’être
simplement représenté avec les emblèmes
universels pour indiquer que le roi reconnaissait sa prêtrise
suprême, comme le rapportent les légendes abrahamiques.
Le
lotus aux multiples fonctions
De
toutes les interprétations données par Joseph Smith aux
figures du fac-similé n° 3, c’est à coup sûr
celle de la figure 3 qui est la moins réaliste. Il
l’identifie correctement à la figure 10 du fac-similé
n° 1 et nous dit que dans les deux cas ce n’est pas une
image de quoi que ce soit, mais un symbole, qui ne dépeint ni
même représente mais « signifie
Abraham en Égypte » [223].
Le lotus, qui est
peut-être le plus riche de tous les symboles égyptiens,
peut représenter l’abstraction la plus pure comme quand
il n’indique rien d’autre qu’une date
dans une tombe ou un lieu
dans une autre [224]. On nous dit dans le fac-similé n° 2
qu’il indique deux choses, un homme et un pays, exprimant la
relation spéciale d’invité et d’hôte
entre eux. La plupart du temps, le lotus annonce une situation
festive, donnant de l’éclat à l’événement ;
le protocole exigeait des personnes invitées à une fête
officielle qu’elles apportent en offrande des lotus à
l’hôte. La fleur servait donc à indiquer à
la fois l’invitation et l’admission [225].
Budge a montré
comment, dans le Manuscrit
Kerasher,
dans lequel la personne présentée porte exactement le
même couvre-chef de lotus que notre Schulem (figure 5), « au
lieu de la peau de bœuf dégoulinante de sang, que l’on
voit généralement suspendue près du trône
du dieu, ce sont des masses de lotus qui sont représentées »,
donnant un aspect totalement différent à la scène
[226]. Pourtant, alors même que, selon Aylward Blackman, les
lotus « semblent avoir eu une place éminente »
lors des événements officiels, nous ne comprenons
toujours pas les offrandes de fleurs pas plus que la combinaison des
supports de lotus et de petits vases à libations comme notre
figure 3 [227]. Il semblerait maintenant que ces supports rituels
égyptiens grands et étroits soient originaires de
Canaan [228].
Ce
qui est aussi évident que son attrait esthétique, c’est
l’apparition du lotus comme fleur héraldique de la Basse
Égypte, spécifiquement le Delta. Comme telle, il n’est
jamais absent des scènes de cour et de couronnement [229] ;
il est tout particulièrement l’emblème du féroce
dieu-lion Nefertem qui garde le Delta oriental contre les
envahisseurs et supervise les mouvements des étrangers, comme
Abraham, à la frontière [230]. Dans les situations de
couronnement, les tiges entrelacées de lotus et de papyrus,
qui forment le support conventionnel du trône, représentent
le rattachement mutuel des Deux Terres en cette joyeuse occasion,
ainsi que le réveil, la nouvelle année, du phénix,
c.-à-d. du jeune Horus sur le trône en même temps
que le déversement de la lumière et de la connaissance
sur le monde né de nouveau [231].
Deux études
poursuivent toujours l’insaisissable lotus, répétant
une bonne partie des conclusions faites par Jean Capart il y a vingt
ans. Capart avait noté que le lotus appartient aux
« abstractions authentiques » de l’art
égyptien, devenant de plus en plus abstrait avec les années
[232]. Derchain commence son étude du lotus en rappelant
qu’il est presque impossible de comprendre ce que les Égyptiens
essaient d’exprimer quand ils décrivent ne serait-ce que
la situation la plus simple et nous avertit que nous ne devons pas
nous laisser égarer par l’attrait esthétique
manifeste de la chose [233]. Il trouve que le lotus apparaît
« partout… comme symbole de la nouvelle naissance…
et de la création ; il représente un monde
nouveau, un jour nouveau, une nouvelle dispensation »,
tout en représentant les relations aimantes de couples mariés,
y compris les couples royaux (fig. 8) [234], l’important étant
que tous les motifs du couronnement y sont combinés.
Une
étude de Waltraud Guglielmi commence par faire observer la
grande complexité du symbole du lotus et la difficulté
de le comprendre ; ses liens les plus évidents et les
plus importants sont avec les idées de régénération
et de renaissance [235]. Il fait ensuite remarquer que le lotus
représente l’abondance du pays d’Égypte
[236]. C’est un don que le roi apporte au dieu dans le temple
et il est lié à l’arrivée des oiseaux
migrateurs venus de pays lointains, les oiseaux représentant
non seulement des invités bienvenus, mais aussi des
envahisseurs étrangers hostiles [237]. On y voyait aussi
parfois des errants fatigués revenant de loin en Égypte
[238].
Il est clair que le lotus est une bienvenue en Égypte
donnée par le roi aux visiteurs humains et divins. La
divinité qui recevait l’emblème rendait la
pareille en disant au roi : « Je te donne toutes les
terres de ta majesté, les pays étrangers pour qu’ils
deviennent tes esclaves. Je te donne les oiseaux, symboles de ton
ennemi » [239]. En recevant un lotus, le roi reçoit
rituellement, en retour, le pays lui-même tandis que le dieu,
en acceptant un lotus du roi, lui promet en retour l’obéissance
respectueuse de ses sujets [240].
« Les fleurs sont
essentiellement des plantes héraldiques… associées
aux couronnes de la Haute et de la Basse Égypte »,
car dans certains le but principal des rites du lotus est de
« soutenir la domination du Roi » comme
nourricier du pays [241]. De plus, son importance vaut à tous
les niveaux de la société, le lotus étant
l’exemple par excellence de l’intégration des
thèmes mythologiques et du symbolisme religieux à la
vie quotidienne des Égyptiens [242]. Dans certaines scènes
de réception, le lotus devant le trône (notre figure 3)
soutient les quatre personnages canopes, que Joseph Smith désigne
correctement au fac-similé n° 2, figure 6, comme
représentant « les quatre coins de la terre »,
proclamant le règne de l’homme sur le trône sur
toute la terre [243].
Tout
conflit est remarquablement absent des nombreuses études du
dessin égyptien du lotus, puisque c’est le cas par
excellence dans lequel personne ne tient à une interprétation
unique définitive.
Les points soulignés sont (1) la
nature abstraite du symbole, contenant des significations qui sont
loin d’être évidentes à première
vue ; (2) le lotus, signe de la haute société,
surtout des réceptions royales lors desquelles il était
obligatoire de présenter un lotus à l’hôte,
ce qui montrait que le porteur avait été invité ;
négliger le lotus comme forme de politesse était une
gaffe impardonnable, car quiconque refuse le lotus est sous une
malédiction [244] : (3) le lotus comme symbole de la
Basse Égypte, le Delta avec tout son contexte patriotique et
sentimental ; (4) le lotus en tant que Nefertem, défenseur
de la frontière ; (5) le lotus en tant que le roi ou
souverain, défenseur et nourricier du pays ; (6) le lotus
comme soutien du trône au couronnement. C’est un signe de
bienvenue et d’invitation à la cour royale et au pays,
offert par le roi lui-même en tant que gardien de la frontière.
Dans
la vaste collection de scènes d’audiences royales de la
XVIIIe Dynastie créée par Radwan, ceux qui viennent
comme invités au palais apportent à leur hôte des
bouquets de lotus ou (plus rarement) de papyrus et en reçoivent
parfois aussi de lui en retour. L’échange des deux
plantes les plus courantes du pays ne peut être que
symbolique ; quand, par exemple, « les seigneurs
de Naharina », apportant des cadeaux au roi, sont conduits
en sa présence par le propriétaire du tombeau portant
deux gros bouquets de papyrus, personne ne pouvait être
impressionné par la rareté ou la valeur du don [245].
Le lotus accompagne le souhait d’un don de vie et de
protection, remarque Radwan, citant Hans Bonnet : « Les
Dieux eux-mêmes sont présents dans les bouquets »
[246]. L’important, conclut Radwan, « est le fait que
la rencontre d’une personne avec le Pharaon ou le fait qu’elle
soit reçue par lui se faisait avec des fleurs » [247].
Mais cela va encore plus loin de cela : lors de la fête du
Sed
mentionnée plus haut, l’invité reçoit le
bouquet d’Amon tandis que son entourage apporte des lotus du
lac royal à l’intérieur du palais [248] et il est
réellement
« Nefertem au nez de Ra », c’est-à-dire
qu’il est le lotus [249]. Dans le célèbre
chapitre 17 du Livre des Morts, le travail de Nefertem est d’empêcher
les personnages indésirables d’entrer en Égypte
[250].
Le
lotus de l’accueil n’était nulle part plus présent
que pendant la grande fête de la vallée, célébrant
l’arrivée en Égypte et la croisière
fluviale inaugurale de « la Dame de l’Intoxication »,
qui… a découvert et colonisé le pays. Partout
elle est accueillie dans son nouveau domaine par la présentation
du lotus [251]. Par conséquent qu’est-ce qui pourrait
mieux signifier Abraham en Égypte que le lotus officiel qui
orne les fac-similés n° 1 et n° 3, tout comme le lotus
du fac-similé n° 2, avec les quatre figures que l’on
montre communément debout dessus, signifie « les
quatre coins de la terre », la totalité du monde
sous la coupe du Pharaon.
Pourquoi
Schulem ?
Mais
que vient faire Abraham dans tout ça ? Ce qui donne un
aspect de « soirée en famille » à
notre fac-similé n° 3, c’est la figure 5, qui occupe
le centre de la scène. Au lieu que ce soit Abraham ou le
Pharaon, comme nous pourrions nous y attendre, c’est simplement
« Schulem, un des principaux serviteurs du roi ».
Aux yeux de quelqu’un qui a du bon sens, toutes les
interprétations de Joseph Smith sont énigmatiques ;
si l’on voulait illustrer au mieux son histoire, l’homme
sur le trône devrait
bien entendu être le Pharaon et l’homme debout devant
lui, la main levée, serait de toute évidence Abraham en
train de tout lui apprendre sur les étoiles, tandis que la
figure 6 serait forcément le serviteur d’Abraham (la
tradition veut qu’Éliézer ait été
noir) [252].
Mais si nous consultons les parallèles égyptiens
de cette scène au lieu de notre intelligence et de notre
expérience, nous apprenons que la personne qui se tient
normalement à la place n° 5 est le propriétaire de
la stèle et est presque toujours un serviteur important du
palais, se vantant, dans l’inscription biographique, de ses
relations de proximité avec le roi.
La collection de stèles
biographiques comprend un Chef des Archers, un Chanteur d’Amon,
un Bâtisseur Principal, un Scribe du Temple, un Principal
Ouvrier d’Amon, un Porteur d’Éventail, un Messager
du Roi, un Gardien du Trésor, un Directeur des Travaux, un
Chef des Conducteurs de Chars du Roi, un Porteur de Drapeau, un
Batelier Principal du Roi, un Intendant de l’Équipage du
Bateau du Roi, un Gardien du Harim, un Cuisinier en Chef du Roi, un
Chef de la Sécurité du Palais, etc. [253]. Tous ces
hommes, qui ne sont en aucune manière de sang royal, mais des
familiers du palais, ont l’honneur de servir le roi dans des
situations familiales intimes et on les voit venir devant lui pour
présenter leurs hommages lors de réunions de famille.
Certains d’entre eux, comme le Chef des Conducteurs de Chars du
Roi, ont de bons noms syriens ou cananéens, comme notre
« Schulem » – avec quel naturel il
s’intègre au tableau en tant que « un des
principaux serviteurs du roi » ! Le fait que des
postes de service élevés, qui permettaient à la
personne d’entrer en contact direct avec le Pharaon – la
plus grande bénédiction que la vie pouvait donner à
un Égyptien – étaient détenus par des
hommes de sang étranger (cananéen) montre que la
possibilité d’accéder à la cour existait
même pour des étrangers comme Abraham et ses
descendants.
Mais
pourquoi « Schulem » ? Il n’a rien à
voir dans l’histoire. On ne retrouve son nom nulle part
ailleurs ; il apparaît tout d’un coup puis
disparaît. Et pourtant il est au centre de l’attention
dans le fac-similé n° 3 ! Et c’est justement de
cela qu’il s’agit ! Ces serviteurs du palais
glorifiaient sur leurs stèles le moment de leur plus grande
splendeur pour l’édification éternelle de leur
postérité. C’était le moyen sûr de
garantir la conservation de l’histoire d’Abraham en
Égypte.
On nous dit dans le livre des Jubilés
que Joseph en Égypte se souvenait que son père Jacob
lisait toujours les paroles d’Abraham dans le cercle familial
[254]. Nous savons aussi que les Égyptiens, dans leurs récits
historiques, utilisaient au maximum toutes les sources
disponibles ;
en particulier, ce qui se trouvait sur les stèles
autobiographiques était utilisé pour éclairer et
instruire la postérité [255].
Le fac-similé n°
3 pourrait bien être une copie sur papyrus de la stèle
funéraire d’un certain Schulem qui aurait commémoré
un événement dans lequel il avait été
présenté à un concitoyen cananéen
illustre au palais. Un « serviteur principal »
(wdpw)
pouvait être un dignitaire détenant un poste très
élevé, quelque chose comme un Intendant du Palais.
Schulem est le transmetteur pratique et le témoin bienvenu qui
nous confirme l’histoire d’Abraham à la cour.
En
prenant le fac-similé n° 3 et l’un de ces jeux de
couronnement pour soirée en famille au palais dans lequel les
divers rôles de la pièce sont librement distribués
à tout le ménage, cela nous rappelle que le monde
entier était convoqué aux cérémonies du
couronnement pour donner au nouveau roi sa reconnaissance et sa
soumission [256] et que, fidèle à cette règle,
chacune des cinq figures de notre fac-similé n° 3
représente une couche sociale différente, depuis la
divinité jusqu’à l’esclave, bien que (et
c’est important) tous appartiennent au même univers du
discours : tout le monde est de la même famille.
Dans tout
ce que le Pharaon fait, « les subalternes, dans la
mesure où ils s’approchent du roi, participent à
son état, recevant ainsi une parcelle de divinité » [257]. Il n’y a pas de limite à la gloire
individuelle, car en vertu de « la participation au roi »,
un individu, « puisque le Roi est Ra…
participe au niveau suivant à Ra lui-même. Il est, par
la participation, Ra lui-même » [258]. « Pour
chaque participant, le fait de prendre part à des rites
sacrés » implique « une certaine
sanctification de l’individu ». Le monde entier
participait, car lorsque des théâtralisations en petit
du couronnement étaient célébrées dans
les fêtes locales dans les provinces, les « grands »
locaux du pays étaient convoqués pour rendre hommage,
comme les quatre idoles locales dans le fac-similé n° 1,
tandis que tous les gens du commun se joignaient à la fête
[259].
Au
niveau le plus sublime, c’était « par la
‘démocratisation’ de l’initiation du roi
clairement rendue possible par la ‘démocratisation’
du sacerdoce, que l’initié individuel (miste)
était inclus dans l’idéologie royale et devenait,
au même titre que le roi, responsable devant Maât » [260]. Après tout, c’est Maât (figure
4) qui est au centre de la scène dans la petite
théâtralisation du fac-similé n° 3 et il n’y
a aucune raison pour que le principe ne s’applique pas dans ce
cas, bien que rien, bien entendu, n’ait été
prouvé dans un sens ou dans un autre, à part que
l’histoire que Joseph Smith raconte n’est en aucune façon
cet « événement impossible » que
ses détracteurs l’accusent d’être. Après
tout, trois générations plus tard, l’homme sur le
trône était le propre petit-fils d’Abraham.
James
Breasted écrit à propos de Rekhmiré, le vizir de
Thoutmès III qui était assis en grand apparat tandis
que sa majesté discourait de la manière la plus
académique qui soit devant la cour attentive : « C’est
un vrai Joseph et c’est certainement à cette fonction
que l’auteur hébreu pensait dans l’histoire de
Joseph » [261]. Le successeur de Rekhmiré sous
Aménophis III fut Amenhotep, fils de Hapou, qui se fit
représenter sur une fresque « assis sur un trône,
portant le pectoral de Hathor au cou » tandis qu’une
inscription proclame qu’il « reçut les
emblèmes (hkr.w)
confectionnés dans de l’or et toutes sortes de pierres
précieuses, l’emblème de Hathor étant
placé à son cou, en électrum et en toutes sortes
de pierres précieuses, lui-même étant assis sur
un trône d’or devant le dais royal, ses membres revêtus
de lin fin [262].
Qu’est-ce qu’un homme du commun pouvait
demander de plus en fait de splendeur royale ? Et tout cela
était rendu possible et acceptable grâce à un
« signe de politesse de la part du roi »
(fac-similé n° 3, figure 1), pour utiliser l’expression
heureuse du livre d’Abraham.
Souvenons-nous
de la tradition selon laquelle le roi commanda qu’un trône
soit érigé pour Abraham après que celui-ci eût
été miraculeusement délivré de l’autel
et commanda à tous ses nobles et à leurs enfants de
rendre hommage à l’homme sur le trône et d’écouter
son discours sur l’astronomie [263].
NOTES
1.
James Breasted, dir. de publ., Medinet
Habu, 8 vols., Chicago,
University of Chicago Press, 1930, 1 : planches 1, 26, 43-44 ; 2 :
planches 78, 107-108, 119 ; 3 :planches 144, 176, 178-79, 291, 295,
310-313, 317, 322, 324, 327, 337, 339-340, 342-343, etc. ; Gustave
Lefébvre, Le Tombeau
de Petosiris, 3 vols., Le
Caire, lFAO, 1923-34, p. 3, planches xvi, xli, lii.
2.
Alan H. Gardiner, « The Baptism of Pharaoh »,
JEA
36, 1950, p. 6.
3.
Eberhard Otto, « Zur Bedeutung der Ägyptischen
Tempelstatue, seit dem Neuen Reich », Orientalia
17, 1948, 454, italiques ajoutés.
4.
Henri Frankfort, The
Cenotaph of Seti l at Abydos,
2 vols., Londres, Egypt Exploration Society, 1933, 1:29.
5.
Ali Radwan, Die
Darstellungen des regierenden Königs und seiner
Familienangehörigen in den Privatgräbern der 18. Dynastie,
Berlin, Hessling, 1969.
6.
Id., p. 3.
7.
Id., p. 23-40, 49, 75-77, 96-97, 106.
8.
Id., p. 23, 73, 84.
9.
Id., p. 84, 98.
10.
Id., p. 104.
11.
Id., p. 23, 39-40.
12.
Id., p. 27.
13.
Id., p. 24.
14.
Id., p. 1.
15.
Id., p. 10-13, 77-78, 90, 97.
16.
Id., p. 41.
17.
Id.
18.
Id., p. 43-44.
19.
Id., p. 41.
20.
Id., p. 3.
21.
Id., p. 35.
22.
Id., p. 86-92.
23.
Id., p. 91-92.
24.
Id., p. 86.
25.
Id., p. 65-73.
26.
Id., p. 72-73.
27.
Id., p. 2.
28.
Bengt J. Peterson, « Der Gott Osiris~Ptah, der Herr des
Lebens », ZÄS
95, 1968, p. 138.
29.
Eberhard Otto, Gott
und Mensch nach den Ägyptischen Tempelinschriften der
griechisch-römischen Zeit,
Heidelberg, Winter, 1964, p. 8-9.
30.
Natacha Rambova et Alexandre Piankoff, The
Tomb of Ramesses VI,
2 vols., New York, Pantheon, 1954, vol. 1, p. 36.
31.
Alan H. Gardiner, « A Unique Funerary Liturgy »,
JEA
41, 1955, p. 16.
32.
Philippe Derchain, « Le lotus, la mandragore et le
perséa », CdE
50, 1976, p. 65.
33.
Ludmila Matiegka, « Individual Characteristics of Figures
on the Egyptian Stelae », Archiv
Orientalni
20, 1952, p. 27.
34.
Ulrich Luft, « Kunst und ldeologie in den Bilderwerken der
Pharaohnen », Altertum
21, 1975, p. 173-74.
35.
Derchain, « Lotus, la mandragore et. le perséa »,
p. 66.
36.
Samuel G. F. Brandon, « A Problern of the Osirian Judgment
of the Dead », Numen
5, 1958, p. 112.
37.
Cf. Louis Speleers, Textes
des cercueils du Moyen Empire égyptien,
Bruxelles, n.p., 1946, p. lxxxv.
38.
Philippe Derchain, « Sur le nom de Chou et sa fonction »,
RdE
15, 1975, p. 116.
39.
Rudolf Anthes, « Remarks on the Pyramid Texts of the Early
Egyptian Dogma », JAOS 74, 1954, p. 38-39.
40.
Luft, « Kunst und ldeologie », p. 174.
41.
Henri Frankfort, Kingship
and the Gods,
Chicago, University of Chicago Press, 1948, p. 128.
42.
Id., p. 131.
43.
Otto, Gott
und Mensch,
p. 83, 85.
44.
Robert Hari, « La grande-en-magie et la stèle du
temple de Ptah à Karnak », JEA
62, 1976, p. 104.
45.
Wolfgang Helck, « Rpct
auf dern Thron des Gb », Orientalia
19, 1950, p. 433.
46.
Édouard Naville, Das
ägyptische Todtenbuch der XVIII. bis XX. Dynastie,
3 vols., 1886 ; réimpression, Graz, Autriche, Akademische
Druck- und Verlagsanstalt, 1971, vol. 1, p. 20.
47.
Jan Bergman, Ich
bin Isis,
Stockholm, Almquist et Wiksell, 1968, p. 272.
48.
Winfried Barta, « Der anonyme Gott der Lebenslehren »,
ZÄS
103, 1976, p. 79-81.
49.
Id., p. 85-88.
50.
Richard Lepsius, Älteste
Texte des Todtenbuches,
Berlin, Hertz, 1867, p. 46.
51.
Alan H. Gardiner, The
Attitude of the Ancient Egyptians to Death and the Dead,
Cambridge, Cambridge University Press, 1935, p. 10, italiques
ajoutés.
52.
Alexandre Moret, Le rituel
du culte divin journalier en Égypte,
Paris, Leroux, 1902; et Alexandre Moret, Du
caractère religieux de la royauté pharaonique,
Paris, Leroux, 1902, p. 218.
53.
Georges Posener, De la
divinité du pharaon,
Paris, Imprimerie Nationale, 1960, p. 44.
54.
Helck, « Rpct
auf dem Thron des Gb », p. 426.
55.
Peter Kaplony, « Das Vorbild des Königs unter
Sesostris III »,Orientalia
35, 1966, pp. 404-405.
56.
Alan H. Gardiner, Egyptian
Grammar,
Oxford, Oxford University Press, 1957, p. 168-169.
57.
Speleers, Textes des
Cercueils, p. lxi, lxxiii.
58.
Texte des Pyramides 365, §625, dans Raymond O. Faulkner, Ancient
Egyptian Pyramid Texts,
Oxford, Clarendon, 1969, p. 120.
59.
Henri Frankfort, Ancient
Egyptian Religion, New
York, Harper, 1961, p. 6; Philippe Derchain, Rites
Égyptiens,
Bruxelles, Fondation Égyptologique Reine Élisabeth,
1962-1964, p. 46; Hermann Junker, Die Onuris-legende, Vienne,
Hoelder, 1917, p. 45.
60.
Frankfort, Ancient Egyptian
Religion, p. 6-7.
61.
Eric Uphill, « The Egyptian Sed-Festival Rites »,
JNES
24, 1965, p. 381.
62.
Frankfort, Ancient Egyptian
Religion, pp. 6-7 ; Moret,
Rituel du culte divin
journalier en Égypte,
p. 91; Wb,
2:61 ; N. Schneider, « Götterthrone in Ur III und ihr
Kult », Orientalia
16, 1947, p. 59, 63-65.
63.
Robert C. Webb, pseud., Joseph Smith as Translator, Salt Lake City,
Deseret Book, 1936, p. 113.
64.
Helck, « Rpct
auf dem Thron des Gb », p. 430-431.
65.
Id., p. 432-433.
66.
Id., pp. 418-421 ; David Lorton, critique de Recherche
sur les messagers (wpwtyw)
dans les sources égyptiennes profanes,
par Michel Valloggia, Bibliotheca
Orientalis 34, 1977, p. 49.
67.
Helck, « Rpct
auf dem Thron des Gb », p. 416 ; Lorton, critique de
Recherche sur les messagers,
wpwtyw, p. 49.
68.
Helck, « Rpct
auf dem Thron des Gb », p. 434.
69.
Hermann Kees, Totenglauben
und Jenseitsvorstellungen der alten Ägypter,
Leipzig, Hinrichs, 1926, p. 349.
70.
Winfried Barta, « Der Königsring als Symbol
zyklischer Wiederkehr », ZÄS
98, 1972, p. 12-16.
71.
Helck, « Rpct
auf dem Thron des Gb », p. 417, 433.
72.
Hermann Kees, Aegypten,
Munich, Beck, 1933, p. 42-44, 194-97.
73.
Ibrahim Harari, « Nature de la stèle de donation de
fonction du roi Ahmôsis à la reine Ahmès-Nefertari »,
ASAE
56, 1959, p. 201.
74.
Helck, « Rpct
auf dem Thron des Gb », 417 ; Otto, « Zur
Bedeutung der Ägyptischen Tempelstatue », p. 463 ;
Kees, Aegypten,
p. 42-44, 194-17.
75.
François Daumas, « Le sens de la royauté
égyptienne à propos d'un livre récent »,
RHR
160, 1961, p. 145-146.
76.
Id., p. 146.
77.
Moret, Rituel du culte divin
journalier en Égypte,
p. 4-5.
78.
Alexander Altmann, « The Gnostic Background of the
Rabbinic Adam Legends », JQR
35, 1944-1945, p. 380, 388, 390-391.
79.
Kurt H. Sethe, Der
dramatische Ramesseumspapyrus,
Leipzig, Hinrichs, 1928, p. 213.
80.
Siegfried Schott, Das
schöne Fest vom Wüstentale,
Wiesbaden, Akademie der Wissenschaft und Literatur, 1952, p. 87-88.
81.
Id., p. 90.
82.
Paul Barguet, « Le livre des portes et la transmission du
pouvoir royal », RdE
27, 1975, p. 35.
83.
Claude Vandersleyen, « Le sens symbolique des puits
funéraires dans l'Égypte ancienne », CdE
50, 1975, p. 152-154.
84.
Jean Leclant, « À la Pyramide de Pépi I »,
RdE
27, 1975, p. 148.
85.
Id., 148 n. 6.
86.
Bergman, Ich
bin Isis,
p. 68 n. 1.
87.
Id., p. 222.
88.
lIse Becher, « Augustus und Dionysus-ein
Feindverhältnis », lAS
103, 1976, p. 92.
89.
Siegfried Morenz, « Das Problem des Werdens zu Osiris in
der griechisch-römischen Zeit Ägyptens », dans
Religions
en Égypte hellénistique et romaine,
Paris, Presses universitaires, 1969, p. 82-83.
90.
Textes des Pyramides 365-366, §622-633.
91.
Id., 426, §776.
92.
Frankfort, Ancient Egyptian
Religion, p. 104-105.
93.
T. George Allen, « Additions to the Egyptian Book of the
Dead », JNES
Il, 1952, p. 177.
94.
Hugh W. Nibley, « A New Look at the Pearl of Great
Price », IE
72, août 1969, p. 75-76.
95.
Gertrud Thausing, « Das 'Aufhacken der Erde' »
Archiv für Ägyptische Archaeologie 1, 1938, p. 12.
96.
Hans Bonnet,
Reallexikon
der Ägyptischen Religionsgeschichte,
Berlin, de Gruyter, 1952, p. 396.
97.
Henry R. H. Hall, Hieroglyphic
Texts from Egyptian Stelae in the British Museum,
Londres, British Museum, 1925, 13, planche XLVI, italiques ajoutés.
98.
Alexandre Moret, « La Doctrine de Maât »,
RdE
4, 1940, p. 2 ; Moret, Caractère
religieux de la royauté pharaonique,
p. 63.
99.
Günther Vittmann, « Die Familie der saitischen
Könige », Orientalia
44, 1975, p. 378-387 ;
Bernadette Letellier, « Autour de la stèle de
Qadech: une famille de Deir-el-Médineh », RdE
27, 1975, p. 162-163.
100.
Becher, « Augustus und Dionysus-ein Feindverhältnis »,
p. 94-95.
101.
Kate Bosse-Griffiths, « The Great Enchantress in the
Little Golden Shrine of TutIankharnen », JEA
59, 1973, p. 100.
102.
Id., p. 108.
103.
Hari, « Grande-en-magie », p. 106.
104.
M. Murray, « Ritual Masking », Mélanges
Maspero 66, 1935-38, p.
253.
105.
Bosse-Griffiths, « Great Enchantress », p. 101.
106.
Texte des Pyramides 422, §752-64.
107.
Strother Purdy, « Sinuhe and the Question of Literary
Types », ZÄS
104, 1977, p. 126.
108.
Id., p. 125.
109.
Id., p. 125-126.
110.
Bonnet, Reallexikon
der Ägyptischen Religionsgeschichte,
p. 325.
111.
Moret, Rituel du culte divin
journalier en Égypte,
p. 4-5.
112.
Erik Hornung, Der
Eine und die Vielen,
Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1973, p. 87-90.
113.
Id., p. 96, 102.
114.
Murray, « Ritual Masking », p. 253-254.
115.
Id., p. 253 ; Bonnet, Reallexikon
der Ägyptischen Religionsgeschichte,
p. 325.
116.
Heinrich Schäfer, Die
Mysterien des Osiris in Abydos unter König Sesostris III,
vol. 4 dans Untersuchungen zur Geschichte und Altertumskunde
Aegyptens, Leipzig, Hinrichs, 1905, p. 15.
117.
Hall, Hieroglyphic
Texts from Egyptian Stelae,
11, planche XXXI.
118.
Bergman, Ich
bin Isis,
83 n. 2.
119.
Sethe, Dramatische
Ramesseumspapyrus, p. 99.
120.
Alan H. Gardiner, critique de The
Golden Bough, de James G.
Frazer, JEA
2, 1915, p. 124.
121.
Moret, Caractère
religieux de la royauté pharaonique,
p. 87.
122.
Sethe, Dramatische
Ramesseumspapyrus,
p. 96.
123.
Bergman, Ich
bin Isis,
p. 89.
124.
Sethe, Dramatische
Ramesseumspapyrus,
p. 95-96.
125.
Frankfort, Kingship
and the Gods,
p. 125.
126.
Kate Bosse-Griffiths, « A Beset Amulet from the Amarna
Period », JEA
63, 1977, p. 105.
127.
Id., p. 106.
128.
Dietrich Wildung, Egyptian
Saints: Deiftcation in Pharaonic Egypt,
New York, University Press, 1977, p. 63.
129.
Id., p. 27, italiques ajoutés.
130.
Nibley, « A New Look at the Pearl of Great Price »,
IE
73, Avril 1970, p. 79-95.
131.
Constantin E. Sander-Hansen, , Copenhague, Munksgaard, 1940, p. 47.
132.
Bergman, Ich
bin Isis,
p. 122.
133.
Friedrich W. von Bissing, « Die Kirche von Abd el Gadir
bei Wadi Halfa und ihre Wandmalereien », Mitteilungen
des deutschen archäologischen Instituts zu Kairo
7, 1937, p. 155-157.
134.
E. A. Wallis Budge, The
Gods of the Egyptians or Studies in Egyptian Mythology,
2 vols., Londres, Methuen, 1904, vol. 1, p. 433.
135.
Bonnet, Reallexikon
der Ägyptischen Religionsgeschichte,
p. 280-281.
136.
Bergman, Ich
bin Isis,
p. 145 ; Helck, « Rpct
auf dem Thron des Gb », p. 421.
137.
Günther Roeder, « Der Isistempel von Behbêt »,
ZÄS
46, 1909, p. 65.
138.
Bergman, Ich
bin Isis,
p. 169.
139.
Philippe Derchain, « La Couronne de la justification »,
CdE
30, 1955, p. 256-257.
140.
Siegfried Morenz, « Ägyptische Nationalreligion und
sogenannte Isismission », Zeitschrift
der deutschen morgenländischen Gesellschaft, vol. 111, 1961, p. 434.
141.
Frankfort, Ancient Egyptian
Religion, p. 6.
142.
Roeder, « Isistempel von Behbêt », p.
65, 67.
143.
Bergman, Ich
bin Isis,
p. 147.
144.
Bonnet, Reallexikon
der Ägyptischen Religionsgeschichte »,
p. 397.
145.
Walther Wolf, Das
schöne Fest von Opet,
Leipzig, Hinrichs, 1931, p. 63.
146.
Alan H. Gardiner, Egypt of
the Pharaohs, Oxford,
Clarendon, 1961, p. 91 ; Jacques Pirenne, Histoire
des institutions et du droit privé de l'ancienne Égypte,
3 vols., Bruxelles, Fondation d’Égyptologie Reine
Élisabeth, 1932-35, 2:5, p. 381.
147.
Purdy, « Sinuhe and the Question of Literary Types »,
p. 120 ; cf. Pirenne, Histoire
des institutions et du droit privé,
2:382.
148.
Otto, « Zur Bedeutung der ägyptischen Tempelstatue »,
p. 457-458.
149.
Pirenne, Histoire des
institutions et du droit privé,
2:381.
150.
Gertrud Thausing, « Der ägyptische
Schicksalsbegrif », Mitteilungen
des deutschen archäologischen Instituts zu Kairo
8, 1939, p. 53 ; Bergman, Ich
bin Isis,
p. 170, 177.
151.
Bernhard Grdseloff, « L'insigne du grand juge égyptien »,
ASAE
40, 1940, p. 197.
152.
Constant de Wit, « Inscriptions dédicatoires du
temple d'Edfou », CdE
36, 1961, p. 65.
153.
Jacques Vandier, « Iousâas et, Hathor)
Nébet-Hétépet », RdE
16, 1964, p. 143.
154.
Cf. de Wit, « Inscriptions dédicatoires du temple
d'Edfou », p. 277.
155.
Id., p. 278.
156.
Hellmut Brunner, « Zum Verstandnis des Spruches 312 der
Sargtexte », Zeitschrift
der deutschen morgenländischen Gesellschaft
111, 1961, p. 445.
157.
Bonnet, Reallexikon
der Ägyptischen Religionsgeschichte,
p. 432-433.
158.
E. A. Wallis Budge, The
Book of the Dead (Papyrus of Ani),
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159.
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160.
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161.
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bin Isis,
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p. 185-202.
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Londres, Paul, Trench, Trubner, 1899, p. 34.
168.
Moret, Rituel du culte divin
journalier en Égypte,
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169.
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170.
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p. 60.
171.
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172.
Grdseloff, « L'insigne du grand juge égyptien »,
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173.
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176.
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181.
Hari, « Grande-en-magie », p. 103.
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Cf. Lászlá Kákosy, « Selige und
Verdammte in der spätägyptischen Religion », ZÄS
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207.
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209.
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218.
Cf. Eugène Lefébure, « Le Cham et l'Adam
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219.
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mémoire de Jean François Champollion,
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229.
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Wüstentale, p. 48-54.
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32, 1957, p. 232-33, 236.
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244.
Siegfried Schott, Urkunden
mythologischen Inhalts,
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1929, p. 139.
245.
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des regierenden Königs,
p. 57.
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Fest vom Wüstentale,
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250.
Hermann Grapow, « Totenbuch 17 », dans
Religiöse
Urkunden: Ausgewählte Texte des Totenbuchs,
Leipzig, Hinrichs, 1915-1917, p. 57-59.
251.
Schott, Schöne
Fest vom Wüstentale,
p. 48-51.
252.
Bernhard Beer, Leben
Abraham's nach Auffassung der jüdischen Sage,
Leipzig, Leiner, 1859, p. 194 n. 853.
253.
Hall, Hieroglyphic
Texts from Egyptian Stelae,
p. 3.
254.
Jubilees 39:6.
255.
Kaplony, « Vorbild des Königs unter Sesostris III »,
p. 405-406.
256.
Bonnet, Reallexikon
der Ägyptischen Religionsgeschichte,
p. 400.
257.
Daumas, « Sens de la royauté égyptienne »,
p146 ; cf. Max Guilmot, « Le titre Imj-Khent dans l'Égypte
ancienne », CdE
39, 1964, p. 39-40.
258.
Daumas, « Sens de la royauté égyptienne »,
p. 146.
259.
Frankfort, Kingship
and the Gods,
p. 128-130.
260.
Bergman, Ich
bin Isis,
p. 300.
261.
James H. Breasted, Ancient
Records of Egypt,
4 vols., Chicago, University of Chicago Press, 1906-1907, vol. 2, p. 271.
262.
Grdseloff, « L'insigne du grand juge égyptien »,
p. 201-202..
263.
Adolf Jellinek, Bet ha-Midrasch, 6 vols., 1853-77 ; reprint, Jerusalem: Wahrmann, 1967, vol. 5, p. 41, 50.