Lorsque s’est posée la question de savoir qui allait succéder à Joseph Smith après la mort de celui-ci, une manifestation toute particulière de la puissance divine a désigné Brigham Young, président du Collège des Douze. L’article que nous proposons à nos lecteurs à ce sujet rappelle les faits et dresse un inventaire de tous ceux qui ont rapporté avoir été témoins de la manifestation.



Le manteau de Joseph, le prophète, passe à frère Brigham :
Un témoignage spirituel collectif



Lynne Watkins Jorgensen
et le personnel de
BYU Studies 


©
BYU Studies 36, 1996-97, n° 4

 
Après la mort de Joseph Smith, beaucoup de saints ont rapporté qu’ils ont reçu un témoignage spirituel fort qui les a convaincus que le manteau de Joseph était tombé sur Brigham Young.

 
Article
Témoignages de première main
Témoignages de seconde main



Avant-propos

 
Le 8 août 1844, six semaines après le martyre de Joseph Smith, le prophète, une réunion des saints eut lieu à Nauvoo. Brigham Young, président du Collège des Douze, et plusieurs autres apôtres venaient de rentrer de mission. Le but de la réunion était de déterminer par vote qui avait le droit et la responsabilité de diriger l’Église, Sidney Rigdon, premier conseiller dans la Première Présidence, ou le Collège des Douze avec Brigham Young à sa tête [1].

Au cours des deux réunions tenues ce jour-là, beaucoup parmi les personnes présentes reçurent le témoignage divin que Brigham Young devait être le prochain dirigeant : certains saints disent expressément que lorsqu’ils se mit à parler à l’assemblée, Brigham Young avait la voix et l’aspect de Joseph Smith. D’autres disent simplement que le « manteau de Joseph » ou « des prophètes » a reposé sur Brigham Young. D’autres encore disent qu’ils ont reçu le témoignage « par l’Esprit » que Brigham devait diriger l’Église.

 

Cette expérience spirituelle, que l’on a appelée « le manteau du Prophète tombe sur Brigham Young », permit d’unir et de réconforter les saints au moment où ils pleuraient la mort de leur prophète bien-aimé et de les diriger quand ils votèrent pour soutenir Brigham et les Douze comme dirigeants de l’Église. Certains saints, qui n’étaient pas présents lors des réunions du 8 août, signalèrent qu’ils avaient reçu ultérieurement un témoignage semblable « du manteau ». Une centaine de personnes au moins ont écrit ou transmis d’une autre façon leurs souvenirs de ce témoignage.
 
La plupart des historiens mormons reconnaissent l’histoire du manteau, admettant que quelque chose d’important s’est produit en août 1844. Par exemple, Ronald K. Esplin dit : « Bien qu’il n’y ait aucun compte rendu dans les journaux intimes contemporains, le nombre de narrations ultérieures, dont beaucoup donnent des détails remarquables, plaide pour la réalité d’une expérience de ce genre » [2].

Leonard J. Arrington note qu’un événement important « eut lieu », mais observe qu’il peut y avoir des explications psychologiques à ce phénomène [3] et réserve son jugement quant au point de savoir si une transfiguration miraculeuse [4] s’est produite [5].

D’autres, cependant, ont conclu qu’il est peu probable qu’une manifestation spirituelle miraculeuse ait eu lieu. Richard S. Van Wagoner, par exemple, écrit : « Quand on débarrasse le 8 août 1844 de son élément émotionnel, il n’y a pas l’ombre d’une preuve contemporaine irréfutable pour étayer l’existence d’un événement mystique. » Van Wagoner conclut que « un scénario plus probable est que c’était la force de la présence massive de Young, son arrivée à point nommé à la réunion du matin et peut-être un peu d’imitation théâtrale qui ont influencé la foule [6]. »

 
Afin de permettre au lecteur d’examiner par lui-même les éléments sur lesquels reposent ces interprétations, de nombreux récits de « l’expérience du manteau » ont été rassemblés dans les annexes I et II de cet article. Les preuves fournies par ces récits démontrent que beaucoup de personnes ont témoigné avec puissance qu’elles avaient reçu un témoignage sensoriel ou spirituel convaincant de ce que le manteau de Joseph, le Prophète, était tombé sur Brigham Young.
 
Le manteau symbolique : Élie et Élisée
 
L’image du manteau comme symbole du transfert d’autorité est au moins aussi vieille que l’histoire bien connue dans l’Ancien Testament du prophète Élie et d’Élisée, son jeune disciple [7]. Le Seigneur dit à Élie qu’il devait oindre Élisée « pour prophète à [sa] place ». Élisée labourait dans les champs quand Élie passa près de lui et jeta son manteau sur les épaules du jeune homme. Élisée quitta les champs pour suivre Élie et pour le servir (1 Rois 19:16-21).
 
Dans la suite de l’histoire, le temps vint où Élie dut mettre fin à sa mission terrestre :
 
« Lorsqu’ils eurent passé, Élie dit à Élisée: Demande ce que tu veux que je fasse pour toi, avant que je sois enlevé d’avec toi. Élisée répondit: Qu’il y ait sur moi, je te prie, une double portion de ton esprit! Élie dit: Tu demandes une chose difficile. Mais si tu me vois pendant que je serai enlevé d’avec toi, cela t’arrivera ainsi; sinon, cela n’arrivera pas » (2 Rois 2:9-10).
 
Quand le voile s’ouvrit, un char tiré par des chevaux, qui avait une gloire tellement brillante qu’on le qualifie de « char de feu » apparut. Ce véhicule passa entre Élie et Élisée, et Élie « monta au ciel dans un tourbillon » (2 Rois 2:11).
 
« Élisée regardait et criait: Mon père! mon père! Char d’Israël et sa cavalerie! Et il ne le vit plus. Saisissant alors ses vêtements, il les déchira en deux morceaux, et il releva le manteau qu’Élie avait laissé tomber. Puis il retourna, et s’arrêta au bord du Jourdain ; il prit le manteau qu’Élie avait laissé tomber, et il en frappa les eaux, et dit : Où est l’Éternel, le Dieu d’Élie? Lui aussi, il frappa les eaux, qui se partagèrent çà et là, et Élisée passa. Les fils des prophètes qui étaient à Jéricho, vis-à-vis, l’ayant vu, dirent: L’esprit d’Élie repose sur Élisée! Et ils allèrent à sa rencontre, et se prosternèrent contre terre devant lui » (2 Rois 2:12-15).
 
Comme les « fils des prophètes », beaucoup de saints de Nauvoo reçurent le témoignage de ce que le Seigneur avait désigné le prochain prophète lorsqu’ils se réunirent en conférence à Nauvoo le 8 août 1844. « L’expérience du manteau » de 1844 est devenue le symbole du transfert de l’autorité prophétique dans l’Église. Après la mort d’un prophète et l’identification de son successeur, les membres de l’Église disent souvent que « le manteau est de nouveau tombé. » [8]
 
Tradition orale des « témoignages du manteau »
 
Il y a plusieurs années, par une chaude matinée de dimanche sur une péniche aménagée sur le lac Powell, mon père, Victor Watkins, rassembla ses enfants et ses petits-enfants pour leur communiquer son témoignage du miracle du 8 août 1844 [9]. Il leur parla de son grand-père, William Lampard Watkins, qui avait dix-sept ans au moment du martyre de Joseph Smith le 27 juin 1844. Quand William apprit la tragique nouvelle, il était au Kentucky, faisant campagne pour le prophète, qui était candidat à la présidence des États-Unis [10]. Il retourna en hâte à Nauvoo pour se joindre aux autres personnes endeuillées dans leur chagrin et leur perplexité.

« À ce stade de son récit, mon père tira un papier froissé de sa poche et commença à lire directement les propres termes de William :
"Une réunion fut convoquée pour le 8 août [1844], date à laquelle Brigham Young et la plupart des autres apôtres seraient de retour. C’est lors de cette réunion que Sidney Rigdon fit un long et ennuyeux discours formulant ses prétentions, disant aux gens les choses merveilleuses qu’il projetait pour eux…
 
« Les ténèbres furent bientôt dissipées, car ce jour-là, Brigham Young expliqua l’ordre de la prêtrise. Il était rempli de la puissance du Saint-Esprit. Il se tint devant le peuple comme le prophète Joseph Smith l’avait souvent fait et nous entendîmes la voix du vrai berger, car il parlait avec la voix de Joseph. Son attitude et son aspect étaient comme ceux de Joseph et il fut manifesté à toutes les personnes présentes sur qui reposait la responsabilité de poursuivre l’œuvre de Dieu et de diriger les saints. » [11]
 
Raconter le témoignage d’un ancêtre de ce qu’il a vu et/ou entendu la transformation de Brigham devant la multitude des fidèles est une tradition pour beaucoup de familles de saints des derniers jours dont les aïeux ont été témoins de l’événement.

Juanita Leavitt Brooks raconte que son grand-père, Dudley Leavitt, aimait répéter l’histoire tant qu’il a vécu [12]. John et Eliza Billington Welch « étaient tous deux présents lors de la réunion tenue le 8 août 1844 où le manteau du prophète est tombé sur Brigham Young… et ils l’ont raconté bien des fois à leurs enfants et petits-enfants, fortifiant considérablement le témoignage de leurs auditeurs »
[13]. Certains descendants de Cynthia Harrington Durphy Bowen demandent depuis des générations à leurs enfants d’apprendre par cœur le récit de l’événement fait par Cynthia [14].

William Ervin Stoker, qui fut élevé à partir de l’âge de six ans par son grand-père William Stoker, était fier de dire que son grand-père « connaissait personnellement le prophète Joseph Smith et était présent quand le manteau de Joseph tomba sur Brigham Young et reçut un témoignage personnel. » Il ajoutait qu’il devait beaucoup à son grand-père parce qu’il avait fortifié sa foi en lui racontant cette histoire [15].

 
Bien que la foi de la plupart des membres de l’Église ne dépende certainement pas des témoignages sur « l’expérience du manteau », il est clair que certains furent fortifiés par leur foi en la validité de leur propre « expérience du manteau » ou de celle d’un proche. Le but de cette étude est de présenter des récits écrits et oraux de gens de Nauvoo qui croyaient fermement qu’ils avaient été témoins d’un miracle et qui laissèrent leur témoignage comme attestation.
 
La conférence du 8 août 1844
 
Une session de la conférence du 8 août 1844 fut tenue le matin et une autre l’après-midi. Selon les documents, Sidney Rigdon s’adressa à l’assemblée lors de la session du matin [16]. Après le discours de Sidney, Brigham Young se leva pour convoquer une session l’après-midi et pour faire quelques remarques. Il parla de nouveau l’après-midi avec d’autres, mais apparemment Sidney Rigdon ne parla pas. Les évaluations de l’assistance aux réunions vont des centaines aux milliers, hommes, femmes et enfants de tous âges y compris [17]. La conférence présentait de toute évidence un grand intérêt pour les membres et des familles entières étaient présentes. La population était venue en s’attendant à une réponse au dilemme de la succession.
 
Sidney Rigdon expliqua sa prétention à être le tuteur de l’Église. Brigham Young défendit la position du Collège des Douze [18]. Selon des récits rétrospectifs, pendant que Brigham remettait son message, beaucoup de saints virent ou entendirent Joseph, et certains, surpris, se levèrent d’un bond [19]. Certains disent que la transformation se produisit quand Brigham se leva pour parler après que Sidney Rigdon eut fini – voulant peut-être dire qu’ils furent témoins du phénomène à la fin de la session du matin de la conférence ; d’autres disent qu’ils ont vu le miracle pendant la session de l’après-midi. Les récits d’autres encore indiquent qu’ils ont été témoins de la transformation non pas le 8 août, mais plutôt à une date ultérieure [20].

Un certain nombre de témoins ne mentionnent pas spécifiquement avoir vu ou entendu une vision mais témoignent d’une façon générale que « le manteau » ou « l’esprit de Joseph » a reposé sur Brigham [21] ; d’autres disent simplement qu’eux ou Brigham ont été touchés par l’Esprit [22]. Au cours de la conférence, il y eut un vote et la majorité vota pour que Brigham Young prenne la direction de l’Église.

 
Parmi ces témoins d’une transformation, quelques-uns fournissent des détails précis sur les caractéristiques qu’ils ont reconnues comme étant de Joseph. Homer Duncan non seulement dit que la voix de Brigham ressemblait à celle de Joseph, mais mentionne aussi l’un des tics de Joseph : « Les gestes mêmes qu’il faisait de sa main droite quand il disait quelque chose de très positif me rappelaient Joseph. Ma décision a alors été prise quant au point de savoir qui devait diriger l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, car il est certain que le manteau de Joseph est tombé sur Brigham [23]. » Mosiah Lyman Hancock fait ce commentaire : « J’ai vu en lui l’aspect de Joseph et la voix de Joseph ; et il m’a également semblé qu’il était aussi grand que Joseph [24]. »

Benjamin F. Johnson relève également « la silhouette haute, droite et imposante » de Joseph
[25]. Il ajoute ensuite ses commentaires célèbres sur la façon de parler de Joseph et sa dent manquante, précisant qu’il a « entendu la voix authentique et parfaite du prophète, jusqu’au sifflement, comme par le passé, causé par la perte d’une dent que l’on disait avoir été brisée par des émeutiers à Hyrum [Ohio]. » [26]

George Morris décrit, lui aussi, les détails bien connus de la façon de parler de Joseph, en précisant :
« L’après-midi, le président Young s’est levé… j’ai sursauté en entendant la voix de Joseph – il avait une manière à lui de s’éclaircir la voix avant de commencer à parler – en faisant un effort particulier qui lui était propre – comme hum-hum – J’ai brusquement levé la tête – et la première chose que j’ai vue c’était Joseph – aussi clairement que je l’ai jamais vu de ma vie…. C’était un témoignage suffisant pour me convaincre sur qui l’autorité compétente reposait. » [27]
 
Brigham lui-même savait-il que quelque chose de miraculeux s’était produit ? Son propre récit, daté du 8 août 1844, dit simplement : « Je me suis levé et j’ai parlé au peuple. J’avais le cœur rempli de compassion pour lui et, par le pouvoir du Saint-Esprit, de l’esprit des prophètes, j’ai pu réconforter le cœur des saints. L’après-midi, à ma demande, le peuple s’est rassemblé par milliers. Je lui ai exposé l’ordre de l’Église et le pouvoir de la prêtrise. Après un discours long et laborieux d’environ deux heures en plein air avec le vent qui soufflait, l’Église a été unanime : elle voulait que les Douze dirigent l’Église, comme frère Joseph l’avait fait de son temps. » [28]
 
En parlant de « l’esprit des prophètes », Brigham faisait peut-être allusion au miracle. Cependant, les documents n’indiquent pas qu’il ait publiquement reconnu les manifestations au moment où elles se sont produites. Brigham Young prenait grand soin de ne jamais prétendre prendre la place de Joseph. Dès le 15 août 1844, il écrivit aux saints une épître qui disait expressément : « Qu’il ne vienne jamais à l’idée de qui que ce soit que quelqu’un d’autre prendra sa place [celle de Joseph] ; car, rappelez-vous, il reste et restera toujours à sa place » [29]. Plus tard Brigham dit : « L’esprit de Joseph qui est tombé sur moi est prêt à tomber sur quelqu’un d’autre quand je serai enlevé. » [30]
 
Témoignages de « l’expérience du manteau » de 1844
 
Il est impossible de vérifier le nombre de ceux qui étaient présents à la conférence qui ont vu ou entendu une transformation physique. Les documents actuellement connus fournissent 101 témoignages écrits de personnes qui disent qu’une transformation ou une manifestation spirituelle s’est produite. Parmi ceux-ci, cinquante-sept sont des documents de première main : journaux personnels, récits personnels racontés à un secrétaire ou témoignages à la première personne publiés dans des articles des magazines de l’Église. Quarante-deux sont des témoignages de seconde main : des récits glanés dans des biographies écrites par des membres de la famille ou dans des compilations historiques.
 
Les « témoignages du manteau » viennent de personnes qui se sont par la suite installées un peu partout dans le Territoire de l’Utah – depuis le nord de l’Utah et l’Idaho jusque dans le sud de l’Utah et en Arizona, et même à Tahiti. Il n’y a pas d’endroit bien délimité où se trouvaient les gens qui ont écrit cette expérience.
 
Les tout premiers auteurs, au moins, n’ont eu aucune possibilité de lire d’autres récits détaillés de « l’expérience du manteau » avant de mettre la leur par écrit. Certains témoignages [31] ont été écrits au moins quinze à vingt ans avant la publication du « témoignage du manteau » le plus complet et cautionné par l’Église, celui de George Q. Cannon en 1870 dans le Juvenile Instructor [32].

Avant la publication du texte de frère Cannon, les mentions imprimées du « manteau de Joseph » tombant sur Brigham sont apparues dans le
Millennial Star [33] et dans le Times and Seasons [34]. Ces deux publications de l’Église ne mentionnent aucune vision parmi les membres de l’assemblée mais se concentrent simplement sur le sujet intéressant du point de vue ecclésiastique, que le manteau était tombé sur Brigham Young.

 
Dans un discours de conférence en date du 19 juillet 1857, Brigham Young fait allusion à « l’expérience du manteau » d’Albert Carrington :
 
« Il [Carrington] n’a pas pu me distinguer de Joseph Smith, quand je parlais en chaire à Nauvoo pendant la conférence d’octobre 1844. Quelqu’un est arrivé et lui a passé un doigt devant les yeux et il ne pouvait voir personne d’autre que Joseph qui parlait, jusqu’à ce que j’aie fini de m’adresser à l’assemblée [35]. »
 
Ce discours fut imprimé dix jours plus tard dans le Deseret News [36] et a pu inciter certains saints à mettre par écrit leurs souvenirs des événements d’août 1844.
 
Quand les histoires concernant « l’expérience du manteau » ont commencé à circuler dans les années 1850, certains auteurs ont pu réagir en proposant leurs propres récits personnalisés ou embellis ; c’est la nature humaine. Cependant, la plupart des histoires écrites après ce moment ne sont pas identiques. Il ne semble pas que les auteurs s’appuyaient sur la même source pour leur version de l’événement. En fait, les récits se contredisent dans une certaine mesure dans leurs descriptions des événements du jour, ce qui donne à penser que chaque personne a écrit son récit comme elle se le rappelait, pas comme décrit par les dirigeants de l’Église des années plus tard.
 
George Romney a vigoureusement défendu la véracité des « histoires du manteau » : « Je vous témoigne avec toute ma ferveur, devant Dieu, que le manteau de Joseph Smith est tombé sur Brigham Young. C’était la voix de Joseph ; absolument la voix et la façon de se tenir de Joseph, tandis que Brigham Young s’adressait au peuple et lui disait qui devait être leur dirigeant. Ce n’est pas du roman ; c’est vrai comme je me tiens ici après tant d’années, de l’an 1844 jusqu’au temps présent [37]. »
 
Témoignage de la succession des Douze
 
En 1844, les Douze commençaient à comprendre leur rôle dans l’Église. Joseph les avait soigneusement instruits de leurs responsabilités et leur avait donné toutes les clefs dont ils auraient besoin pour continuer l’œuvre du Seigneur [38], mais ils ne comprenaient pas toujours l’importance de ce qu’ils entendaient.

Brigham lui-même dit que quand il apprit la mort de Joseph, il fut tout d’abord accablé, craignant que les clefs de la prêtrise fussent parties. Alors, dit-il : « J’ai senti que cela venait comme un éclair dans mon esprit et j’ai dit : ‘les clefs du royaume sont ici’ » [39]. Quand il arriva à Nauvoo, il savait « par les visions de l’Esprit » que des Douze sortirait une nouvelle Première Présidence. Pourtant, plusieurs années passèrent avant que les Douze ne soient tous d’accord. En attendant, le soutien engendré par les événements de la conférence d’août 1844 lui donna, comme président du Collège des Douze, l’autorité dont il avait besoin pour guider l’Église pendant la période de transition qui suivit.

 
Au cours des semaines qui suivirent la mort de Joseph, les saints avaient été manifestement préoccupés par la succession dans la direction. Pour les nombreux membres qui croyaient déjà que les Douze détenaient les clefs et l’autorité pour diriger l’Église, « l’expérience du manteau » était un témoignage supplémentaire de la légitimité de la succession des Douze. Pour d’autres cela pouvait être une réponse à la prière. Les événements puissants d’août 1844 ancrèrent la fidélité chez beaucoup de saints de Nauvoo et résolurent la direction de leur engagement religieux.

Comme Wilford Woodruff le rappelle, la « manifestation du manteau » fut le tournant. En 1872, il rappela aux membres de l’Église : « Il y avait une raison à ceci [« l’expérience du manteau »] dans l’esprit de Dieu : cela a convaincu le peuple [40]. » En 1846, la plupart des saints qui avaient assisté à la réunion étaient prêts à quitter Nauvoo et à suivre Brigham Young et les Douze dans l’Ouest.

 
Edward Hunter et Talitha Cheney affirment dans leurs « témoignages du manteau » qu’ils n’avaient aucun doute que Brigham Young devait diriger l’Église [41]. Anson Call et William Allred conclurent qu’ils étaient « absolument sûrs [42] ». Homer Duncan assure : « Ma décision a alors été prise [43]. » Mary Dunn, qui avait alors onze ans, se rappelle la réflexion de son père pendant que la famille rentrait de la réunion : « ‘Pas besoin de chercher plus loin. Brigham Young est l’homme qui doit nous diriger’ [44]. »
 
Pour d’autres, cependant, les choses n’étaient pas aussi claires. Quelques familles étaient partagées dans leur loyauté. Dans le cas d’Albert et d’Ada Winchell Clements, l’épisode du manteau conduisit à un divorce. Albert était un missionnaire qui avait été appelé à faire une mission peu avant la mort de Joseph. En apprenant le martyre, il entreprit son voyage de retour à Nauvoo. Pendant qu’il était en route, il rencontra son ami Sidney Rigdon. Celui-ci lui dit qu’il se dépêchait de retourner à Nauvoo pour prendre sa place comme tuteur de l’Église. Albert se rallia à la position de Rigdon.
 
Il n’arriva chez lui que le 15 août 1844 ; c’est alors qu’il fut informé de la réunion du 8 août à laquelle sa femme, Ada, avait assisté. Elle lui décrivit joyeusement « l’événement du manteau », témoignant que Brigham Young avait véritablement eu l’aspect et la voix de Joseph Smith. Albert s’enquit de Rigdon. Ada répondit qu’il avait parlé, mais que l’Esprit n’était pas avec lui. Albert prit malgré tout parti pour son ami, Sidney Rigdon. Ada jura qu’elle resterait dans l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Elle partit avec les enfants lors de l’exode vers les montagnes Rocheuses. Albert resta sur place [45].
 
Si Albert refusa d’accepter le témoignage d’Ada, d’autres personnes renforcèrent leur engagement vis-à-vis des Douze grâce au témoignage d’un proche qui avait assisté à la réunion d’août 1844. Sarah Studevant Leavitt accepta le témoignage de son mari sans la moindre hésitation :
 
« Mon mari, Jeremiah, assistait à une réunion à laquelle on traitait de cette question. Brigham Young parlait quand soudain il sembla être revêtu de toute l’autorité de Joseph Smith. Jeremiah dit qu’il avait le même aspect, la même voix que le prophète. S’il n’avait pas su que Joseph Smith était mort, il aurait pensé que Brigham Young était Joseph Smith. Des larmes coulèrent sur beaucoup de joues. La joie remplit beaucoup de cœurs. Le Seigneur n’avait pas oublié son peuple… Après cela, il n’y eut plus personne pour douter que Brigham Young devait être notre nouveau dirigeant et prophète. Si Brigham avait des doutes, mon mari Jeremiah n’en avait pas [46]. »
 
Aurelia Spencer Rogers reconnut que ce fut le témoignage de sa sœur Ellen Spencer Clawson qui « fortifia [sa] foi en la véracité du mormonisme ». Elle écrit :
 
« [Ellen] était à une réunion des saints…. Lors de cette réunion, Brigham Young, qui était président du Collège des Apôtres, se leva pour parler et à ce moment-là ‘le manteau de Joseph’ tomba sur lui et il fut comme transformé ; son visage, sa voix et sa silhouette étaient comme ceux du défunt prophète. Beaucoup dans l’assemblée, même des enfants, virent ce miracle ; cela convainquit les gens et régla la question de savoir qui devait être le dirigeant [47]. »
 
Preuves fournies par les commentaires contemporains sur l’événement
 
À Nauvoo, pendant toute la période de construction du temple, les gens semblent avoir parlé de « l’expérience du manteau » et de la ressemblance de Brigham Young avec Joseph Smith [48]. Un historien, D. Michael Quinn, résume la réaction immédiate :
 
« Il y eut des mentions contemporaines de la « transfiguration de Young ». Le Times and Seasons rapporte que juste avant le vote de soutien à la session de l’après-midi de la réunion d’août, « chaque saint put voir que le manteau d’Élie était vraiment tombé sur ‘les Douze’. » « Bien que le journal de l’Église ne mentionne pas expressément Young à propos de cette « expérience du manteau », le 15 novembre 1844, Henry et Catharine Brooke écrivirent de Nauvoo que Young « ressemble davantage à frère Joseph, aussi bien dans l’aspect que dans la façon de parler, que n’importe quelle personne que vous ayez jamais vue ressembler à une autre. » Cinq jours plus tard, Arza Hinckley parla de « Brigham Young sur lequel le manteau du prophète Joseph est tombé [49] ».
 
Ezra T. Benson, qui était présent lors de la réunion du 8 août, écrivit plus tard dans son autobiographie que « beaucoup ont dit, quand ils ont entendu Brigham parler, que ce n’était pas la voix de Brigham, mais la voix de Joseph. » Benson n’affirma pas avoir vu la transfiguration lui-même, mais entendit de toute évidence d’autres parler de leur expérience, ce qu’il semble avoir accepté sans le moindre doute [50]. »
 
Le journal intime de William Burton, un missionnaire qui revint à Nauvoo au printemps de 1845, se réfère sans doute à des résidents qui ont parlé de « l’expérience du manteau ». En mai 1845, il note dans son journal intime les événements qui s’étaient produits pendant son absence de Nauvoo :
 
« [Ce qui] était arrivé pendant le temps que j’étais parti en mission, qui était pénible et dur à supporter, c’était le martyre du prophète et du voyant, et du patriarche, dont je n’ai pas pu entendre la voix déclarer les vérités du ciel. Mais leur place [à Joseph et à Hyrum] a été remplie par d’autres bien mieux que je ne l’aurais cru à un moment donné. L’esprit de Joseph sembla reposer sur Brigham [51]. »
 
L’utilisation du passé par Burton : « L’esprit de Joseph sembla reposer sur Brigham » dans le contexte de ses commentaires des événements qui s’étaient produits en son absence est significative. Si Burton faisait allusion par ces mots à « l’expérience du manteau », c’est qu’il avait entendu parler de l’événement par d’autres qui avaient assisté aux réunions. Si c’était le cas, au moins certains résidents de Nauvoo ont parlé de l’incident dès ce moment-là.
 
Il y eut aussi des commentaires dans la correspondance. Dans une lettre de février 1845, Wilford Woodruff raconta la nouvelle du manteau aux saints des îles Britanniques en leur assurant : « Le deuxième jour après notre arrivée, le 8 août 1844, nous nous sommes réunis pour une conférence spéciale, tous les collèges, autorités et membres de l’Église qui pouvaient s’assembler à Nauvoo. [Nous] avons écouté un discours de Brigham Young, président du Collège des Douze. Il était manifeste pour les saints que le manteau de Joseph était tombé sur lui, il était si facile de voir la route qu’il nous traçait [52]. »
 
La mise par écrit de l’événement
 
Le témoignage spirituel reçu à la conférence d’août était d’une telle ampleur que les croyants étaient disposés et même empressés de suivre Brigham Young et les Douze [53]. Pourtant, pendant cent cinquante ans, les savants ont recherché le récit d’un témoin écrit le jour même de l’« expérience du manteau » [54]. Si l’expérience était si « intense et marquante [55] » pour les disciples du prophète Joseph, pourquoi aucun des récits qui rapportent le miracle n’a-t-il été écrit le jour de la manifestation ou peu de temps après ? C’est une question à laquelle on ne peut malheureusement pas répondre d’une manière définitive.
 
On peut l’expliquer partiellement en rappelant que, pour les citoyens de Nauvoo de 1844 et 1845, la vie était chaotique et dangereuse. Les citoyens étaient assommés par les événements et certains n’avaient pas le luxe de la santé, du temps, de l’argent ou même de l’accès à de quoi écrire [56]. Après la mort de Joseph et l’acceptation de la direction de Brigham et des Douze, les buts principaux des saints étaient de nourrir leur famille et de finir le temple de Nauvoo aussi rapidement que possible [57], une tâche donnée à plusieurs reprises par Joseph Smith et ensuite amplifiée par Brigham Young [58]. En fait, le juge William Hyde écrit que Brigham Young parla à la session de l’après-midi de la réunion du 8 août de la nécessité de finir le temple de Nauvoo [59].
 
L’urgence exprimée par Young incita les saints de Nauvoo à terminer, au cours des dix-huit mois suivants, autant de travaux sur le temple « que ce qui avait été fait les trois années précédentes [60] ». Il organisa les frères en équipes de travail et continua à engager les sœurs à contribuer un penny par semaine pour le verre et les clous. En outre, Brigham « mit l’œuvre missionnaire en ordre, étudia le plan de Joseph Smith pour l’expansion des lieux de rassemblement et poussa vigoureusement le développement industriel et la construction ». De nombreuses maisons de bois et de briques ainsi que la maison des Soixante-dix furent érigées l’année suivante [61].
 
D’autre part, les saints de Nauvoo étaient menacés par des émeutiers et d’autres citoyens sans foi ni loi, et les tensions qui furent à l’origine du meurtre de Joseph et de Hyrum réapparurent immédiatement, ce qui eut pour conséquence l’abandon de Nauvoo en 1846. Le martyre fut suivi de deuil et de dépression, et des maladies récurrentes telles que la malaria et le choléra étaient endémiques et virulentes dans cette ville au bord d’un fleuve même pendant la meilleure des périodes, ce qui n’incitait guère à la tenue d’un journal [62]. La dysenterie, la typhoïde et la tuberculose sont toutes citées dans les registres de la ville après la mort de Joseph en plus des maladies infantiles normales au dix-neuvième siècle, qui étaient souvent mortelles [63].
 
George Washington Bean, treize ans, résume les années qui suivirent la mort du prophète comme étant remplies de tribulations telles que « le scorbut et la gangrène ». Il fut obligé de grandir rapidement : « Pendant cette saison j’ai géré la majeure partie des affaires de la famille étant donné que la plupart des miens étaient malades [64]. » Caroline Barnes Crosby confirme que « les persécutions ont continué tout autour de nous. Les frères étaient obligés de monter continuellement la garde. La saison des maladies n’a pas tardé à commencer. J’ai été malade pendant plusieurs semaines [65]. » Un des frères de garde était Appleton Milo Harmon, qui écrit :
 
« Ils se sont constitués en une bande d’émeutiers, ont défoncé la porte de la prison et ont tué Joseph et Hyrum et grièvement blessé John Taylor le 27 juin 1844. Pendant ce temps, j’exerçais ma fonction de policier en service presque en permanence nuit et jour et ce faisant m’exposais à l’humidité et au froid et peu de temps après je suis tombé malade d’un refroidissement et de fièvre et pendant trois mois j’ai été très malade, en fait malade comme je ne l’ai jamais été de ma vie. Je ne me suis rétabli que lentement [66].
 
Emily Smith Hoyt explique qu’elle était souvent malade pendant deux ou trois mois d’affilée et ses amis désespéraient pour sa vie. Son mari était encore en plus mauvaise santé [67]. Dans une telle ambiance, la tenue d’un journal n’était tout simplement pas une priorité pour des gens qui essayaient de survivre tout en accomplissant l’œuvre du Seigneur. Dans son journal, Joseph Grafton Hovey écrit :
 
« Les gens ont dit : Que le Seigneur Dieu d’Israël choisisse. Alors les Douze ont expliqué le sujet et montré de manière limpide le pouvoir et l’autorité qu’ils avaient reçus de Joseph ; je n’ai ni le temps ni la place pour écrire tous les détails. Car je travaille dur sur le temple du Seigneur à couper et à scier de la pierre et je suis tellement fatigué quand je quitte mes travaux que je n’ai pas beaucoup de courage pour écrire ma vie [68]. »

De plus, la plupart des gens ordinaires ne tenaient pas de journaux intimes. Les inscriptions, quand il y en avait, étaient généralement de brèves notes sur les faits du jour. La plupart des membres, même les rares qui tenaient un journal, étaient très circonspects et auraient sans doute été mal à l’aise à l’idée de mettre par écrit des événements spirituels et émotionnels sacrés, comme beaucoup le sont aujourd’hui [69]. Une des membres de l’Église d’autrefois a noté ses sentiments à propos d’une vision qu’elle avait eue des années avant d’en parler ou de la mettre par écrit :
 
« Quand un esprit vrai vous fait connaître quelque chose pendant la journée, nous appelons cela une vision. Si c’est un esprit vrai, il ne vous quitte jamais, chaque détail reste aussi clair qu’il y a cinquante ans. Je me suis dit alors, que la [vision] que j’ai eue au Kentucky, où j’ai pensé que je pouvais presque voir Sion, étais une vision vraie, bien que ne sachant pas comment l’appeler et que je n’en aie parlé que très rarement, parce que je pensais qu’elle m’avait été donnée pour mon profit personnel [70]. »

D’autres ne se sont peut-être rendu compte de l’importance cruciale des réunions de ce jour-là et de « l’expérience du manteau » que plus tard dans leur vie. À cause de la nature très personnelle d’une expérience spirituelle, certains saints ont pu être réticents à écrire leurs impressions. Dans une lettre à George S. Gibbs, Benjamin F. Johnson explique :
 
« J’étais si profondément impressionné par ce que j’ai vu et entendu lors de la transfiguration, que pendant des années je n’ai pas osé dire ce que le Seigneur m’a permis de voir. Mais quand, des années plus tard, j’ai publiquement rendu ce témoignage, j’ai constaté que d’autres avaient témoigné avoir vu et entendu la même chose. Mais à quelle proportion de l’assemblée qui était présente, je n’aurais jamais pu le savoir. Mais ce que je sais, c’est que mon témoignage est vrai [71]. »
 
À l’époque où ils écrivirent leur expérience, la progression de l’Église sous la direction du président Young et les récits d’autres personnes qui avaient assisté à la réunion avaient aidé à valider leur expérience, et témoigner de sa réalité était devenu une activité honorable.
 
Premiers récits écrits – Témoignages de deux femmes 

Il n’est pas toujours possible de déterminer quand chaque récit a été raconté ou écrit pour la première fois. Deux des récits les plus anciens connus sur « l’expérience du manteau » ont été écrits par Caroline Barnes Crosby et Emily Smith Hoyt, deux maîtresses femmes pionnières. Elles ont écrit leur « témoignage du manteau » quand elles ont finalement trouvé l’élément essentiel qui leur manquait : le temps. À la fin de 1850, après six années harassantes où leur vie était en danger, Caroline et Emily trouvèrent toutes les deux le temps et la solitude pour commencer un journal de leurs expériences. Chacune de ces femmes a estimé que « l’histoire du manteau » était suffisamment importante pour la mettre au début de son histoire.
 
Caroline Barnes Crosby fut l’une des premières femmes à être appelées comme missionnaires pour l’Église, affectée au service avec son mari, Jonathan Crosby [72]. En 1846, l’infatigable Caroline quitta Nauvoo. En 1848, elle aida sa famille à aller de Council Bluffs (Iowa) à la vallée du lac Salé [73]. Puis au printemps de 1850, Jonathan et Caroline, avec Addison Pratt et Louisa Barnes Pratt (la sœur de Caroline), acceptèrent un appel en mission aux îles de la Société, un groupe d’îles situé dans la partie occidentale de la Polynésie française. Pendant l’automne de 1850, Jonathan et Addison firent du travail ailleurs, laissant Caroline et Louisa seules dans l’île de Tubuai Manu [74]. Là, Caroline put finalement se fixer assez longtemps pour écrire ses mémoires, notamment son récit de « l’expérience du manteau ». Elle écrivit :
 
« Sidney Rigdon est monté en chaire et a essayé de prouver au peuple qu’il était le successeur légitime de Joseph. Et ses arguments étaient si puissants que beaucoup ont failli se laisser persuader de le croire. Mais dès que les douze apôtres avec frère Brigham Young à leur tête ont pris la parole, il est apparu d’une manière concluante sur qui le pouvoir reposait. C’était la première fois que j’ai jamais pensé qu’il [Brigham] ressemblait à frère Joseph. Mais presque tout le monde s’est exclamé que le manteau de Joseph était tombé sur Brigham. Moi, en tous cas, je n’ai plus jamais eu le moindre doute après cela [75]. »
 
Mais Caroline n’écrivait pas avec la passion d’Emily Smith Hoyt, qui arriva dans le territoire d’Utah le 30 octobre 1851 [76]. Emily était la cousine du prophète, fille de l’oncle de Joseph Smith, Asael, qui avait brièvement été patriarche de l’Église [77]. Elle trouva le temps d’écrire ses mémoires juste avant de partir de chez elle en Iowa pour se rendre dans le territoire d’Utah [78].

En 1840, Emily et son mari, Samuel Pierce Hoyt, avaient acheté un terrain sur la rive du fleuve qui faisait face à Nauvoo, à Nashville (maintenant Galland, comté de Lee, Iowa), y avaient monté une cabane, puis construit une maison très confortable avec dix chambres à coucher et cinq âtres. Emily dit que sa maison était « à six kilomètres d’un certain endroit de Nauvoo… Par la suite nous pouvions voir [le temple de Nauvoo] en nous tenant à notre porte d’entrée [79] ».
 
Sa famille et elle avaient soutenu Joseph Smith dès l’instant où elles avaient lu le Livre de Mormon en 1834. Lorsqu’ils apprirent l’assassinat des deux cousins d’Emily, les Hoyt traversèrent le fleuve jusqu’à Nauvoo. Emily se rappelle : « Nous sommes revenus de ce triste spectacle malheureux et pleins de chagrin, abattus mais pas désespérés [80]. » Elle poursuit : « Nous avons de nouveau été convoqués de l’autre côté du fleuve ; nous y sommes allés pour savoir ce que l’on nous voulait [81]. » Samuel et Emily étaient donc à Nauvoo pour la réunion du 8 août 1844, où ils furent témoins de la transformation de Brigham. À partir de 1846 et pendant cinq longues années, la maison d’Emily servit de gîte d’étape aux réfugiés mormons, un endroit où les saints pouvaient recevoir de l’aide et des soins avant de suivre les Douze vers l’Ouest [82].
 
En 1851, Emily était décidée à faire connaître au monde entier son témoignage indéfectible concernant son cousin. Sachant que la famille Smith était divisée en ce qui concerne la loyauté à Brigham Young, Emily commença son histoire par son « témoignage du manteau » et justifia sa décision de suivre les saints dans l’Ouest. Soulignant que Joseph et elle avaient à peu près le même âge et que Joseph avait passé beaucoup de temps chez elle, elle expliqua que le 8 août 1844,
 
« Le président B.Y. [Brigham Young] s’est levé de son siège… et s’est adressé à l’assistance. J’avais bien connu Joseph pendant la dernière partie de sa vie. Nous avions été bien des fois chez lui et Joseph, Hiram et leurs familles se sentaient à l’aise avec nous… Mais le Dieu du ciel, qui avait dit que c’était à lui de pourvoir aux besoins de ses saints, a renvoyé le président B. Young au pays juste à temps et l’a revêtu, non pas du ‘manteau d’Élie’, mais de l’esprit et du pouvoir qui avaient reposé sur Joseph. J’en ai été témoin oculaire et j’ai entendu. La façon de raisonner, l’expression du visage, le son de la voix ont fait frémir mon âme tout entière…

« Je savais que Joseph était mort. Et pourtant, je sursautais souvent et je regardais involontairement la chaire pour voir si ce n’était pas Joseph. Non, ce n’était pas lui, c’était Brigham Young et s’il y a quelqu’un qui met en doute le droit de Brigham de diriger les affaires pour les saints, tout ce que j’ai à lui dire, c’est ceci. Obtenez l’esprit de Dieu et connaissez par vous-même. Le Seigneur pourvoira pour les siens. »
[83]
 
Emily Smith Hoyt était une femme instruite, diplômée d’un institut de pédagogie et qui n’était pas du genre à se livrer à l’exagération ou à la superstition. Elle avait des liens de famille avec Joseph Smith et le connaissait bien. Elle connaissait certainement bien Brigham Young aussi. On s’imagine mal qu’elle aurait pu se laisser duper par « un peu d’imitation théâtrale ».
 
« Le prophète n’est pas mort ! » Témoignages d’enfants
 
Les adultes ne furent pas les seuls à être témoins de « l’événement du manteau ». Un certain nombre de participants à la réunion étaient des enfants. William Van Orden Carbine n’avait que neuf ans en 1844, mais il connaissait bien le prophète Joseph. Il se souvenait avoir été assis à la réunion avec sa mère, Adelia Rider Carbine et avoir dit : « Le prophète n’[est] pas mort, parce que je le [vois] en chaire. » L’expérience de William devint l’histoire préférée de sa mère, qui la raconta bien des fois [84].
 
James Madison Fisher, un garçon de onze ans, qui avait souvent joué au ballon avec le prophète Joseph, se souvenait, lui aussi, de l’apparition inattendue de son ami :
 
« Rigdon a été le premier à parler. Cela ne sonnait pas bien. Quand il s’est assis, frère Brigham s’est levé, le manteau de Joseph est tombé sur lui, il était l’image du prophète [Joseph] et il avait la voix du prophète. Cela a été une grande surprise pour les gens, cela a montré aux saints qui devait être leur dirigeant. » [85]
 
Un des enfants, Mary Field, huit ans, dit avec précision ce qu’elle faisait au moment de l’événement. Elle raconte : « Maman [Mary Harding Field] avait sur le genou le bébé, qui jouait avec une tasse de fer blanc. Il l’a laissé tomber, attirant notre attention vers le sol. Maman s’est penchée pour la ramasser et c’est à ce moment-là que nous avons sursauté en entendant la voix de Joseph. Nous avons vite levé les yeux et nous avons vu la silhouette du prophète Joseph qui se tenait devant nous. Frère Brigham lui ressemblait tant et parlait tellement comme lui que pendant une minute nous avons pensé que c’était Joseph [86]. »
 
Les « témoignages du manteau » sont enfin publiés
 
Emily Smith Hoyt et Caroline Barnes Crosby écrivirent leurs mémoires quelques années après l’événement, longtemps avant que les premiers récits détaillés de « l’expérience du manteau » ne soient publiés. Ce ne fut que dans les années 1870 qu’un « récit du manteau » relatant en détail la vision miraculeuse de Joseph fut enfin publié et rendu généralement accessible aux membres de l’Église [87].
 
Le souvenir d’Orson Hyde de son « expérience du manteau » fut exprimé publiquement à Salt Lake City le 6 octobre 1869 et publié, le 16 novembre 1869, dans le Deseret News Semi-weekly [88]. Mais ce fut le témoignage de George Q. Cannon que l’assemblée « vit et entendit [Joseph] de ses yeux et de ses oreilles naturels », publié en 1870 dans le Juvenile Instructor, qui devint la source principale des récits de « transfiguration » d’historiens mormons tels que B.H. Roberts dans A Comprehensive History of The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints [89].

Le 8 avril 1872, Wilford Woodruff rendit publiquement son témoignage au sujet de « l’expérience du manteau ». Ce témoignage fut publié le 22 mai 1872 dans le
Deseret News Weekly [90]. Les témoignages publiés de Cannon et de Woodruff furent suivis d’autres témoignages qui furent enregistrés dans les histoires écrites par Edward W. Tullidge et Orson F. Whitney [91]. Une « déclaration sur le manteau » de William C. Staines fut publiée dans le Contributor en juin 1891, dix ans après sa mort [92].

 
En 1905, on publia à l’intention des jeunes filles de l’Église les témoignages profondément personnels de trois maîtresses femmes mormones, qui se rappelaient le 8 août 1844 comme étant le jour qui avait changé leur vie. Maria Wealthy Wilcox, Jane Snyder Richards et Rachel Ridgeway Grant parlèrent chacune de leurs souvenirs de Joseph, le prophète, pour le Young Woman’s Journal [93].
 
Comme Wilcox, Richards et Grant, beaucoup de témoins ne mirent leur expérience par écrit que tard dans leur vie. Il se peut que les récits publiés aient validé leur propre expérience ; peut-être leurs enfants les ont-ils pressés d’écrire l’histoire qu’ils avaient racontée au cours des années. À l’approche de la mort, ils ont pu avoir senti la nécessité de laisser leur témoignage écrit à la postérité ou peut-être ont-ils voulu laisser un document qui ferait taire les sceptiques éventuels. Plusieurs des récits sont devenus des proclamations de foi grandes et presque poétiques, comme si les auteurs avaient le sentiment que le style officiel donnerait du poids à leur témoignage.
 
Les « témoignages du manteau » au vingtième siècle
 
Les « témoignages du manteau » écrits après 1900 commencent à se ressembler beaucoup, probablement parce que les participants avaient lu les récits publiés. Cependant, il devait encore y avoir des versions importantes et uniques. Le 2 juillet 1902, le premier document juridique connu au sujet de l’événement du manteau fit son apparition dans une déclaration sous serment de John Welch devant le greffier du comté à Logan, comté de Cache, Utah [94]. Le dernier témoignage documenté par une lettre d’une personne vivante ayant participé à « l’expérience du manteau », Eliza Ann Haven Westover, parut en 1918 [95].
 
L’évêque George Romney témoigna publiquement à deux reprises soixante-quinze ans après la mort de Joseph. Romney n’avait que treize ans quand il fut témoin de l’événement du manteau. Le 22 juin 1919, à l’âge de quatre-vingt-huit ans, il rendit son témoignage à la paroisse d’Ensign à Salt Lake City. Le message était si puissant qu’un auditeur écrivit immédiatement ses paroles pour la postérité :
 
« Je n’oublierai jamais dans ce monde ou dans le monde à venir ce qui s’est produit quand Brigham Young s’est levé… Quand Brigham s’est levé, le manteau de Joseph Smith est tombé sur lui. C’était la voix de Joseph ; c’était l’aspect de Joseph, et je vous témoigne, si je ne le fais plus jamais sur cette terre, en présence de Dieu et des anges, que c’est la pure vérité. C’est vrai – que le manteau de Joseph est tombé sur Brigham Young et le peuple le savait [96]. »
 
Avec la même force, l’évêque Romney rendit également son témoignage devant les saints suédois à Salt Lake City le 17 décembre 1919. Il fut publié pour les missionnaires de l’Église dans le numéro du 13 avril 1920 du Liahona : The Elders’ Journal [97].
 
Conclusion
 
Quatre-vingt-deux personnes au moins ont déclaré, par leurs écrits propres ou ceux d’autres personnes, que Brigham Young avait pris l’aspect, la voix, et/ou les manières du prophète Joseph Smith. Quand nous y incluons les documents qui disent sans autre explication que « le manteau est tombé sur Brigham », nous pouvons augmenter le nombre de ces témoignages. Ces documents constituent des preuves impressionnantes qui doivent être soigneusement évaluées.

L’introduction du document juridique
Eyewitness Testimony : Civil and Criminal (Témoignages de témoins oculaires : au civil et au pénal) explique la valeur du témoignage de témoins oculaires : « Les avocats ne peuvent juridiquement se permettre ni d’exclure le témoignage de témoins oculaires ni de l’ignorer. C’est parfois la seule preuve dont l’on dispose, et il est souvent correct [98]. »


Dans son livre In Search of Stones, (à la recherche de pierres), le psychiatre M. Scott Peck dit : « Un des tests de la preuve, de la réalité, s’appelle la « validation consensuelle »… [c’est-à-dire,] toutes les fois que deux personnes très différentes ou davantage font exactement la même évaluation extraordinaire d’un phénomène… cela doit être pris au sérieux [99]. »
 
Pour ceux qui acceptent sans douter les visions et les expériences spirituelles du prophète Joseph Smith et de ses collaborateurs, il est également plausible qu’un grand groupe de saints pourraient être témoins d’une manifestation miraculeuse. Lors des réunions de l’école des prophètes et des rassemblements à l’époque de la consécration du temple de Kirtland, nombre de saints ont connu des manifestations collectives [100].

Nancy Alexander Tracy écrit que pendant la consécration du temple de Kirtland en 1836 : « ‘des êtres célestes sont apparus à beaucoup’ [101]. » Comme pour « l’expérience du manteau », tous les saints n’ont pas rapporté avoir eu ces visions [102] et tous ceux dont d’autres ont rapporté qu’ils avaient eu une vision n’ont pas rapporté personnellement l’expérience. Ceux à qui des visions ont été ouvertes peuvent très bien raconter des choses différentes, comme ce fut le cas des descriptions personnelles d’une manifestation racontées à Hawaï par un groupe de saints parmi lesquels se trouvait David O. McKay [103].

 
Malgré le silence de certains en ce qui concerne les événements du 8 août, le temps qui s’est écoulé entre l’événement et la mise par écrit d’autres, et les différences de détail ou les ressemblances dans la formulation des récits, le fait reste que beaucoup de saints, dont la plupart ont assisté à cette conférence derrière le temple de Nauvoo, ont témoigné avoir vu, entendu, et/ou senti une manifestation qui a contribué à déterminer ou confirmer la direction du reste de leur vie.
 
NOTES  

[1] On trouvera de plus amples détails sur ces événements dans Ronald K. Esplin, « Joseph, Brigham, and the Twelve: A Succession of Continuity », BYU Studies 21, no. 3, 1981, p. 301-341 ; et Martin B. Hickman, « Succession in the Presidency », dans Encyclopedia of Mormonism, dir. de publ. Daniel H. Ludlow, 5 vols. New York, Macmillan, 1992, vol. 3, p. 1420-1421.

[2] Esplin, « Joseph, Brigham and the Twelve », p. 325 n. 84.

[3] Le terme transfiguration a été utilisé par les premiers auteurs de l’Église pour désigner la réunion spécifique du 8 août 1844 au cours de laquelle le manteau du prophète Joseph est tombé sur Brigham Young. Bien que tout le monde n’ait pas été témoin d’un changement de la voix et de l’aspect de Brigham Young, beaucoup affirment l’avoir été, d’où l’utilisation du terme. Un des sens du mot transfiguration est « fait, processus ou cas de changement ou de transformation de la forme ou de l’aspect ». Webster’s International Dictionary, 3e éd., sous « Transfiguration ». Comparez avec Mt 17:1-2.

[4] Brigham Young qualifie la réunion de conférence. Brigham Young, dans Journal of Discourses, 26 vols. Liverpool, F. D. Richards, 1855-86, vol. 5, p. 57-58, 19 juillet 1857 (cité ci-après sous JD).

[5] Leonard J. Arrington, Brigham Young: American Moses, New York, Alfred A. Knopf, 1985, p. 114-115. Arrington reconnaît qu’il est possible d’attribuer «l’expérience du manteau» à « l’abattement des saints, qui avaient pleuré le décès de Joseph pendant quarante jours, leur désir d’être consolés par leur dirigeant perdu, leur déception de Rigdon, dont l’ambition avait dilué sa sincérité, leur surprise de voir là ‘frère Brigham’ dont beaucoup pensaient qu’il était toujours sur le chemin du retour de Boston et le talent d’imitateur de Brigham », mais observe que « les journaux intimes, les lettres et les souvenirs postérieurs de beaucoup de ceux qui étaient présents témoignent d’une expérience qui les a persuadés que Brigham était le nouveau Joseph ». La plupart des historiens mormons qui ont écrit au sujet du phénomène du manteau en se limitant aux faits signalent que beaucoup de saints ont témoigné plus tard qu’ils avaient été témoins d’une transfiguration miraculeuse de Brigham Young. Voir Thomas G. Alexander, Things of Heaven and Earth: The Life and Times of Wilford Woodruff, a Mormon Prophet, Salt Lake City, Signature Books, 1991, p. 114 ; James B. Allen et Glen M. Leonard, The Story of the Latter-day Saints, 2e éd., Salt Lake City, Deseret Book, 1992, p. 216 ; Leonard J. Arrington et Davis Bitton, The Mormon Experience: A History of the Latter-day Saints, New York, Alfred A. Knopf, 1979, p. 84-85 ; et D. Michael Quinn, The Mormon Hierarchy: Origins of Power, Salt Lake City, Signature Books, 1994, p.166-167.

[6] Richard S. Van Wagoner, « The Making of a Mormon Myth: The 1844 Transfiguration of Brigham Young », Dialogue: A Journal of Mormon Thought 28 hiver 1995, p. 21.

[7] On trouvera de plus amples renseignements sur Élie, Élisée et la succession des prophètes dans Fred E. Woods, « Elisha and the Children: The Question of Accepting Prophetic Succession », BYU Studies 32, no. 3, 1992, p. 47-58.

[8] Il est important de comprendre le rôle que le vote de cette conférence a joué dans l’établissement de la succession de l’autorité dans l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. L’autorité des Douze comme groupe dirigeant de l’Église à la mort d’un président a été confirmée quand l’assemblée a choisi de soutenir Brigham Young dans son appel comme président du Collège des Douze. Chaque fois qu’un nouveau président de l’Église est soutenu, c’est ce système de direction de la prêtrise qui est suivi. Voir Esplin, « Joseph, Brigham, and the Twelve », p. 301-340. Voir aussi Hickman, « Succession ».

[9] L’histoire de la réunion de famille au lac Powell se trouve dans Victor Watkins, Diary, 19 juin 1977, en la possession de l’auteur.

[10] Joseph Smith Jr., History of The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, dir. de publ. B. H. Roberts, 2e éd. révisée, 7 vols. Salt Lake City, Deseret Book, 1971, vol. 6, p. 338 citée ci-après sous History of the Church.

[11] Voir Témoignages de première main (cité ci-après sous TPM), Watkins, William Lampard. Ce récit de “l’expérience du manteau” est un de ceux qui sont le mieux écrits. Bien que membre d’une famille londonienne de la classe ouvrière, William était l’un des six garçons ayant une bourse à la Brewers School et fit des études classiques. Il devint secrétaire de direction de la Coopérative de Brigham City, une entreprise très florissante. Lynne Watkins Jorgensen, «The First London Mormons, 1840-45: ‘What Am I and My Brethren Here For?’ », thèse de maîtrise, université Brigham Young, 1988, p. 69, 100.

[12] Voir Témoignages de seconde main (cité ci-après sous TSM), Leavitt, Dudley.

[13] Voir TSM, Billington, Eliza. Eliza Billington et John Welch se marièrent le 18 mai 1845 à Nauvoo.

[14] Tandis que je faisais des recherches pour cet article, Katherine Adams Peterson, descendante de Cynthia Bowen, a été mise au courant de mon projet. Elle a immédiatement pris une serviette de table et y a écrit de mémoire le récit de Cynthia. Voir TPM, Bowen, Cynthia Harrington Durphy.

[15] Voir TSM, Stoker, William.

[16] Andrew Jenson, dir. de publ., Historical Record, 8 mars 1899, p. 789.

[17] Pour l’estimation des présences, voir TPM, Staines, William C. et Woodruff, Wilford et les TSM, Lyman, Amasa Mason, et Murdock, Horace. Brigham Young écrit : « Le people s’assembla par milliers. » Brigham Young, « Diary, 27 July 1837-1 April 1845 », 8 août 1844, 8 août 1844, olographe, Collection Brigham Young, Division des archives, département historique, Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, Salt Lake City cité ci-après sous Archives de l’Église. Pour les témoignages qui mentionnent les tout jeunes enfants, voir TPM, Field, Mary, et TSM, Smith, Jane Wadley.

[18] Voir TPM, Hyde, William.

[19] Voir TPM, Adams, William ; Burton, Robert Taylor ; Hamblin, Jacob ; Haven, Eliza Ann ; Hendricks, Drusilla Dorris ; Johnson, Benjamin Franklin et Pace, William Bryam. Voir TSM, Harris, Emmeline Blanch Woodward ; Knight, Samuel R. ; Perry, Eliza Ann et Taylor, Pleasant Green.

[20] Voir TPM, Call, Anson; Judd, Zadoc Knapp et Tracy, Nancy Naomi Alexander. Voir TSM, Carrington, Albert. Le récit de Charles Wesley Hubbard dans TSM mentionne une date du 4 août 1844, puis décrit la réunion du 8 août. Cette date est probablement une erreur de mémoire ou de transcription.

[21] Voir TPM, Allred, William Moore ; Bullock, Thomas ; Burton, William ; Gates, Jacob ; Hinckley, Arza Erastus ; Patten, George ; Woodruff, Wilford récit de 1845 and TSM, Angell, Truman O. ; Billington, Eliza ; Cannon, Ann ; Ellsworth, Edmund ; Preece, Luvera Ellen Ensign ; Smith, John Sivel ; Snow, James Chauncey et Stoker, William.

[22] Voir TPM, Gates, Jacob ; Merrill, Phileman Christopher ; Smoot, Margaret Thompson McMeans Adkinson. L’inscription dans le journal de Joseph Fielding concernant la conférence ne mentionne pas de transfiguration mais dit simplement : « J’avais des doutes sur [l’autorité de Rigdon]… en partie parce que l’Esprit n’en rendait pas témoignage ». Fielding continue : Une réunion a été convoquée et Rigdon s’est de nouveau adressé à nous mais il semblait n’avoir ni liberté ni pouvoir, après quoi frère Brigham Young a parlé au peuple… Il avait beaucoup de liberté et le pouvoir de l’Esprit pour parler… et les saints ont vite vu de quoi il retournait et que les 12 devaient maintenant détenir les clefs du pouvoir et de l’autorité selon la révélation qui dit que les 12 sont égaux à la Première Présidence. Joseph Fielding, « ‘They Might Have Known That He Was Not a Fallen Prophet’: The Nauvoo Journal of Joseph Fielding », Andrew F. Ehat, dir. de publ., BYU Studies 19, no. 2, 1979, p. 155, original dans les Archives de l’Église, texte dactylographié dans Special Collections and Manuscripts, bibliothèque Harold B. Lee, université Brigham Young, Provo, Utah [cité ci-après sous Archives de BYU].)

Lorenzo Hill Hatch faisait une mission au Vermont quand il apprit la nouvelle du martyre ; en même temps, il reçut le témoignage spirituel que Brigham devait succéder à Joseph :

« J’ai reçu la triste nouvelle de cette affaire terrible [le martyre] dans la ville de Bristol, comté d’Addison, Vermont. J’avais encore la lettre dans la main, lettre écrite par mon oncle qui affirmait que Sidney Rigdon était l’homme qui devait diriger l’Église, quand une voix m’a parlé et m’a dit : « Brigham Young est le successeur de Joseph Smith. » Lorenzo Hill Hatch, « Lorenzo Hill Hatch Journal », texte dactylographié, p. 282, copié de journaux originaux par Ruth Savage Hilton.

[23] Voir TPM, Duncan, Homer.

[24] Voir TPM, Hancock, Mosiah Lyman.

[25] Voir TPM, Johnson, Benjamin F.

[26] Voir TPM, Johnson, Benjamin F. Bien que la dent de Joseph Smith eût été réparée avant sa mort, pour Benjamin Johnson le sifflement était la preuve qu’il avait entendu la voix de Joseph.

[27] Voir TPM, Morris, George.

[28] Young, « Diary », 8 août 1844. Ce passage est de la main de Brigham Young avec son orthographe et sa ponctuation. Dean C. Jessee identifie les passages du journal intime qui sont réellement écrits par Brigham Young et ceux qui sont écrits par des secrétaires. Voir Dean C. Jessee, « The Writings of Brigham Young », Western Historical Quarterly, 4 juillet 1973, p. 284.

[29] History of the Church, 7:250; italiques dans l’original.

Brigham Young, dans JD, vol. 5, p. 57, 19 juillet 1857.

[30] Voir TPM, Ashby, Benjamin; Crosby, Caroline Barnes; Hancock, Mosiah Lyman; Hoyt, Emily Smith et Laub, George.

[31] Voir TPM, Cannon, George Q.

[32] Voir TPM, Bullock, Thomas et Woodruff, Wilford.

[33] « Du vivant du prophète, nous marchions ‘par la vue’; il nous est enlevé et nous devons maintenant marcher ‘par la foi’. Ensuite [Brigham] expliqua les choses d’une manière si satisfaisante que tous les saints purent voir que le manteau d’Élie était vraiment tombé sur les ‘Douze’. » « Special Meeting », Times and Seasons 5, 2 septembre 1844, p. 637.

[34] Voir TPM, Carrington, Albert. Brigham Young parla de l’expérience de Carrington, qui eut lieu, dit-il, pendant la conférence d’octobre 1844. Brigham Young, dans JD, vol. 5, p. 58, 19 juillet 1857.

[35] Brigham Young, « Remarks », Deseret News, 29 juillet 1856, p. 164.

[36] Voir TPM, Romney, George.

[37] Voir Esplin, « Joseph, Brigham and the Twelve », p. 301-341.

[38] Procès verbal manuscrit du sermon de Brigham Young, 25 décembre 1857, Brigham Young Collection, Archives de l’Église.

[39] Miscellaneous Minutes, 12 février 1849, Brigham Young Collection, Archives de l’Église.

[40] Voir TPM, Woodruff, Wilford.

[41] Voir TSM, Hunter, Edward et Cheney, Talitha Garlik Avery.

[42] Voir TPM, Call, Anson et Allred, William Moore.

[43] Voir TPM, Duncan, Homer.

[44] Effie Ensign Merrill, Essay for the Sea Gull Camp of Daughters of Utah Pioneers, 12 septembre 1941, copie en la possession de l’auteur.

[45] Voir TSM, Clements, Ada Winchell. Quelques années plus tard, Albert envoya une lettre par un ancien, demandant le divorce à sa femme, ce qu’elle lui accorda. Tous deux se remarièrent. Après le décès des deux conjoints, Albert rentra dans l’Église, se rendit en Utah, et Ada et lui allèrent avec leur fils à la Maison des Dotations où ils se remarièrent et furent scellés. “The Lonely Trail" dans Our Pioneer Heritage, comp. Kate B. Carter, 20 vols. Salt Lake City, Daughters of Utah Pioneers, 1958-1977, vol. 3, p. 111-112.

[46] Voir TSM, Leavitt, Jeremiah.

[47] Voir TSM, Clawson, Ellen Spencer.

[48] Voir Carol Cornwall Madsen, In Their Own Words: Women and the Story of Nauvoo, Salt Lake City, Deseret Book, 1994, p. 168, 185, 204, 235, 242, 255-256.

[49] Quinn, Mormon Hierarchy, 166 ; premiers italiques ajoutés.

[50] John Henry Evans et Minnie Egan Anderson, Ezra T. Benson: Pioneer—Statesman—Saint, Salt Lake City, Deseret News Press, 1947, p. 88-89.

[51] Voir TPM, Burton, William.

[52] Voir TPM, Woodruff, Wilford.

[53] Brent L. Top et Lawrence R. Flake, « ‘The Kingdom of God Will Roll On’: Succession in the Presidency », Ensign, 26 août 1996, p. 25.

[54] Un petit nombre de saints de Nauvoo, qui tenaient des annale quotidiennes, personnelles ou officielles, portèrent des inscriptions le 8 août, notant les résultats de la réunion, sans mentionner l’expérience du manteau à ce moment-là. Voir TPM, Huntington, Zina Diantha. Wilford Woodruff, qui tenait à garder une histoire officielle, prit soigneusement note des paroles des orateurs qui parlèrent à la conférence, mais ne mentionne pas de manifestation spirituelle particulière à la réunion. Voir Scott G. Kenney, dir. de publ., Wilford Woodruff’s Journal, 1833-1898, Midvale, Utah, Signature Books, 1983-84, pp. 434-440. Dans leurs journaux intimes, William Clayton et Heber C. Kimball mentionnent tous les deux brièvement les résultats du vote fait à la réunion. Voir George D. Smith, An Intimate Chronicle: The Journals of William Clayton, Salt Lake City, Signature Books, 1991, p. 142 et Heber C. Kimball, Journal, Archives de l’Église.

Le journal de Willard Richards contient une inscription de deux pages et demie pour le 7 août, une très brève note pour le 8 août, suivie d’une page vierge, puis une autre longue inscription pour le 9 août. La note du 8 août est constituée de quelques courtes lignes qui disent simplement que Rigdon parla le matin et que l’Église vota que les Douze deviennent la Première Présidence. Ensuite Richards écrit : « Voir Times and Seasons. » La première mention de la réunion du 8 août dans le Times and Seasons est dans le numéro du 2 septembre 1844. Voir la note 34, indiquant que Richards porta probablement la note après le 8 août. Willard Richards, Journal, Archives de l’Église.

Le journal intime de Thomas Bullock ne contient pas d’inscriptions pour le 8 août 1844. Voir note 64. Il assista cependant à la réunion et en tint le procès verbal. Ses notes sur la réunion de l’après-midi ne mentionnent pas d’expérience du manteau. Son procès-verbal de la réunion du matin, tenu dans sa sténographie personnelle, sont des notes prises pendant les discours de Sidney et de Brigham sans commentaires supplémentaires d’aucune sorte. Thomas Bullock, Minutes, Thomas Bullock Collection, Archives de l’Église.

[55] Carol C. Madsen commente: « Certaines expériences humaines sont tellement intenses et marquantes que le souvenir ramène non seulement l’événement dans sa totalité, mais aussi les émotions qui l’entourent. » Madsen, In Their Own Words, p. 158.

[56] On trouvera un traitement de la question du manque de papier à Nauvoo en 1844 dans George W. Givens, In Old Nauvoo: Everyday Life in the City of Joseph, Salt Lake City, Deseret Book, 1990, p. 266. Le 13 novembre 1844, le Nauvoo Neighbor annonça un manque de papier causé par le « mauvais état de la navigtation, etc. »

[57] Après avoir rendu son témoignage de ce que le manteau était tombé sur Brigham Young, Edmund Ellsworth explique que le président Young leur dit que le temple devait être construit. Il ajoute: « Nous nous sommes mis au travail comme quelqu’un qui est dans la pauvreté. » Edmund Ellsworth, Autobiography [ca. 1892], olographe, p. 4-5, Archives de l’Église.

[58] Esplin, « Joseph, Brigham, and the Twelve », p. 330. Ils achevèrent suffisamment le temple pour que beaucoup puissent recevoir leur dotation avant l’exode de 1846.

[59] Voir TPM, Hyde, William.

[60] Arrington et Bitton, Mormon Experience, p. 85.

[61] Allen et Leonard, Story of the Latter-day Saints, p. 202.

[62] Certains, qui tenaient assez régulièrement un journal intime, cessèrent d’écrire vers l’époque du martyre et ne recommencèrent que plus tard. Par exemple, le journal intime de Thomas Bullock est silencieux du 15 juin au 8 octobre 1844; Charles Coulson Rich n’écrit rien du 28 juin 1844 au 1er janvier 1845 et Eliza Roxey Snow cesse d’écrire en avril 1843 et ne recommence qu’en février 1846. Davis Bitton, Guide to Mormon Diaries and Autobiographies, Provo, Utah, Brigham Young University Press, 1977, p. 47, 289, 331-332. Abraham O. Smoot cesse d’écrire dans son journal vers l’époque de son retour à Nauvoo, soit le 28 juillet 1844, et reprend son récit le 9 octobre 1844. Abraham Owen Smoot, « Abraham Owen Smoot Journal, 1844-1845 », Abraham Owen Smoot Papers, archives de BYU.

[63] Givens, « Sickness and Death », In Old Nauvoo, p. 112-130.

[64] George Washington Bean, George Washington Bean and His Family Records, comp. Flora Diana Bean Horne Salt Lake City, Utah Printing, 1945, p. 23, 31.

[65] Caroline Barnes Crosby, « Memoirs Begun at Tubuai, Society Islands, 1851 », Archives de l’Église.

[66] Appleton Milo Harmon, « Appleton Milo Harmon’s Early History and Journal for His Travels through the United States, England, and Scotland in 1850, 1851, and 1852 », Archives de BYU.

[67] Emily Smith Hoyt, Reminiscences and Diaries, 1851-1893, p. 19-20, Archives de l’Église.

[68] Joseph Grafton Hovey, « Biography of Joseph Grafton Hovey, Copied and Arranged from His Journal by His Grand Son, M. R. Hovey of Logan, Utah », texte dactylographié, Archives de BYU. L’utilisation par Hovey de l’expression « aussi clair que le soleil à midi », parfois associée à une expérience visionnaire (JS–H 1:16 ; D&A 110:3 ; Actes 9:3), a peut-être une importance spéciale, mais on n’en est pas sûr..

[69] Lorsque je donnais le cours de généalogie pour le Centre de Salt Lake de BYU, j’ai demandé à mes étudiants combien d’entre eux avaient personnellement eu une manifestation spirituelle ou connaissaient une expérience spirituelle d’un proche. Presque toutes les mains se sont levées. J’ai alors demandé combien avaient écrit ces expériences. Presque toutes les mains sont retombées. Un ou deux seulement des étudiants avaient noté cela dans leur journal. Quand j’ai demandé pourquoi ils n’avaient pas écrit l’expérience, ils ont répondu que cela les gênait de mettre un événement sacré par écrit.

[70] Martha Pane Jones Thomas, Autobiography, dans Daniel Stillwell Thomas Family History, Salt Lake City, Kate Woodhouse Kirkham, 1927, p. 30-31 ; orthographe standardisée.

[71] Voir TPM, Johnson, Benjamin F.

[72] Carol Cornwall Madsen, « Mormon Missionary Wives in Nineteenth-Century Polynesia », Journal of Mormon History 13 1986-87, p. 61.

[73] Crosby, « Memoirs », non paginé.

[74] Crosby, « Memoirs », non paginé.

[75] Voir TPM, Crosby, Caroline Barnes.

[76] Hoyt, Reminiscences and Diaries, p. 67.

[77] Andrew Jenson, Latter-day Saint Biographical Encyclopedia: A Compilation of Biographical Sketches of Prominent Men and Women in The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, 4 vols. Salt Lake City, Andrew Jenson History, 1901-1936, vol. 1, p. 182.

[78] Hoyt, Reminiscences and Diaries, p. 19-20.

[79] Hoyt, Reminiscences and Diaries, p. 19.

[80] Hoyt, Reminiscences and Diaries, p. 20.

[81] Hoyt, Reminiscences and Diaries, p. 20.

[82] Hoyt, Reminiscences and Diaries, p. 20-21.

[83] Voir TPM, Hoyt, Emily Smith.

[84] Voir TSM, Carbine, William Van Orden.

[85] Voir TPM, Fisher, James Madison.

[86] Voir TPM, Field, Mary.

[87] Comme noté plus haut, les seules mentions “officielles” du manteau qui avaient été précédemment publiées étaient l’allusion de Brigham Young en 1857 à l’expérience d’Albert Carrington et les déclarations du Times and Seasons et du Millennial Star.

[88] Voir TPM, Hyde, Orson. Dans ce discours de 1869, Orson Hyde parle comme s’il avait assisté à la conférence du 8 août à Nauvoo. Il mentionne le discours de Rigdon à l’assemblée ainsi que celui de Brigham Young. Toutefois, le journal de Wilford Woodruff situe l’arrivée d’Orson à Nauvoo au 13 août.

[89] Voir TPM, Cannon, George Q. Voir aussi B. H. Roberts, A Comprehensive History of The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, Century One, 6 vols. Provo, Utah, Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, 1965, 2:418 ; History of the Church, 7:236 n. Le récit de George Q. Cannon est devenu une source abondamment citée pour les récits “du manteau” dans les histoires principales de la période de Nauvoo. Il est toujours accepté comme une version fidèle et on le retrouve dans les documents historiques et éducatifs actuels dans l’Église. Le récit de Cannon a été cité tout récemment dans l’Ensign en même temps que la lettre de 1903 de Benjamin F. Johnson à George S. Gibbs. Voir Top et Flake, « Kingdom of God Will Roll On », 25.

[90] Voir TPM, Woodruff, Wilford.

[91] Voir Tullidge, Life of Brigham Young and Orson F. Whitney, History of Utah, Salt Lake City, Cannon and Sons, 1892-1904.

[92] Voir TPM, Staines, William C.

[93] Voir TPM, Ivins, Rachel Ridgeway; Richards, Jane Snyder; et Wilcox, Maria Wealthy.

[94] Voir TPM, Welch, John.

[95] Voir TPM, Haven, Eliza Ann.

[96] Voir TPM, Romney, George.

[97] Voir TPM, Romney, George.

[98] Elizabeth F. Loftus et James M. Doyle, Eyewitness Testimony: Civil and Criminal, 2e éd., Charlottesville, Va, Michie Company Law Publishers, 1992, 8 ; italiques ajoutés.

[99] M. Scott Peck, « Holiness », dans In Search of Stones: A Pilgrimage of Faith, Reason, and Discovery, New York, Hyperion, 1995, p. 75.

[100] Milton V. Bachman Jr., The Heavens Resound: A History of the Latter-day Saints in Ohio, 1830-1838, Salt Lake City, Deseret Book, 1983, p. 264-268, 284-309. Voir aussi Karl Ricks Anderson, Joseph Smith’s Kirtland: Eyewitness Accounts, Salt Lake City, Deseret Book, 1989, p. 169-191.

[101] Bachman, Heavens Resound, p. 300.

[102] Ezra T. Benson ne prétend pas avoir eu personnellement une vision du manteau, mais mentionne et accepte apparemment l’expérience des autres. Voir note 48. Un certain nombre de saints, dont on a trouvé les réminiscences, prennent soin de noter qu’ils étaient à la réunion du 8 août, mais ne mentionnent pas explicitement de transfiguration. Voir les récits suivants : 1) Lucy Diantha Morley Allen, « Joseph Smith, the Prophet », Young Woman’s Journal 17 décembre 1906, p. 537 ; 2) Gilbert Belnap, Autobiography, texte dactylographié, 37, Archives de BYU ; 3) David E. Fullmer, « A Brief Sketch of the Life of David E. Fullmer and His Father Peter Fullmer », olographe, 40, Archives de l’Église.

[103] Lavina Fielding Anderson, « Prayer under a Pepper Tree: Sixteen Accounts of a Spiritual Manifestation », BYU Studies 33, no. 1 1993, p. 73-74.



TÉMOIGNAGES DE PREMIÈRE MAIN

On trouvera ci-après le témoignage de personnes qui ont laissé une trace de leur expérience du manteau. Ces documents ont soit été écrits par la personne de sa propre main ou dictés par elle à un(e) secrétaire. Les femmes sont reprises sous le nom qu’elles portaient en août 1844. Cette section contient le nom, les dates de naissance et de décès, l’âge de la personne en août 1844, le témoignage, les sources, et les notes qu’ils indiquent.

Adams, William

8 janvier 1822-30 septembre, 1901, 22 ans

Une grande multitude assistait à la réunion, plus de la moitié de la foule n’a pu trouver de place pour s’asseoir et est restée debout. Je n’ai jamais vu de réunion à laquelle il y avait tant de monde. J’étais assis et je ne pouvais pas voir les orateurs qui étaient sur l’estrade. J’écoutais très attentivement, pour pouvoir entendre chaque mot.

J’ai entendu une voix parler. Surpris, je me suis levé d’un bond, pensant que c’était Joseph, le prophète, qui parlait, puisque je l’avais souvent entendu en public et en privé, de sorte que je connaissais très bien sa voix. Cela a été un témoignage très fort de ce que les douze apôtres étaient les dirigeants légitimes de l’Église et de ce que la bouche de Joseph était tombée sur Brigham Young [1].

Allred, William Moore

24 décembre 1819-8 janvier 1901, 24 ans.

Sidney Rigdon, l’un des conseillers de Joseph, avait déménagé à Pittsburg, et quand il a appris le décès de Joseph, il s’est rendu à Nauvoo pour réclamer son droit de diriger l’Église. En tous cas, il a dit que l’Église avait 14 ans et avait le droit de choisir un tuteur, mais Brigham Young, président du collège des douze apôtres, et d’autres des douze (qui avaient fait une mission) ont été de retour juste au moment ou l’on convoquait la réunion pour écouter Rigdon prêcher. Lorsqu’il a eu fini, Brigham s’est levé et a parlé avec une telle puissance que cela a convaincu presque toutes les personnes présentes que le manteau de Joseph était tombé sur lui. Pour moi, cela ne faisait pas l’ombre d’un doute [2].

Ashby, Benjamin

19 décembre 1828-19 novembre, 1907, 15 ans.

Bientôt les Douze ont commencé à revenir, ainsi que Sidney Rigdon, qui s’est efforcé de se faire élire tuteur de l’Église et j’étais là lorsqu’il a fait son discours ridicule et vantard, où il parlait de ramener l’Église à Pittsburg et de pincer le nez de la reine Victoria etc, etc. Trop stupide pour qu’il vaille qu’on s’en souvienne. Je n’ai pas connu Rigdon quand il avait l’esprit de son appel et je ne peux pas dire quel genre d’homme c’était, mais quand je l’ai connu, il avait perdu la faveur de Dieu et il était aussi sec que des fagots dans sa prédication.

J’étais dans l’assemblée lorsque la question de la succession à la direction de l’Église a été présentée au peuple et j’affirme solennellement et je témoigne que la dernière fois que j’ai vu les traits et les gestes et que j’ai entendu le son de la voix de Joseph Smith, cela a été lorsque la silhouette, la voix, et le visage de Brigham Young ont été transfigurés devant l’assemblée de sorte qu’il ressemblait à tous points de vue à Joseph Smith. C’est ainsi que le Seigneur a montré au peuple que le manteau de Joseph avait été conféré à Brigham Young [3].

Barney, Lewis

8 septembre 1808-5 novembre, 1894, 35 ans

Le lendemain, le président Brigham Young est arrivé à Nauvoo avec certains des autres apôtres de retour d’une mission dans les états de l’Est, a convoqué une réunion et a invité Sidney Rigdon à la chaire et, en la présence de milliers de saints assemblés, il a dit à Sidney : Si vous avez quelque chose à dire, vous en avez l’occasion et vous pouvez prendre la chaire. Mais Sidney a refusé et est resté assis. Le président Young s’est alors levé et a pris la parole, son visage et son aspect ayant ceux de Joseph, sa voix et ses paroles étaient la voix et les paroles bien connues de notre prophète martyrisé à tel point que l’assemblée tout entière a été parfaitement convaincue que le manteau du prophète Joseph était tombé sur lui et certains des saints ont réellement cru que c’était en réalité le Prophète lui-même.

Je me souviens bien des sentiments que j’ai éprouvés à ce moment-là. Je savais que c’était Brigham Young et, connaissant bien le visage, la voix et la façon de parler du prophète Joseph Smith, j’ai su également que le manteau du prophète était tombé sur Brigham et c’était merveilleux et un miracle accompli par le pouvoir de Dieu à la vue et aux oreilles de toute la multitude afin qu’elle ne doute jamais que Brigham était le dirigeant qui avait été choisi pour l’Église [4].


Bowen, Cynthia Harrington Durphy/Durfey

30 novembre 1811-novembre 1883, 32 ans

Pendant que j’étais à la réunion de prière qui a été convoquée après que l’on a entendu Sydney Rigdon parler, il s’est produit un événement qui m’a donné une grande force. Brigham Young s’est tenu devant nous et pendant que je l’écoutais, son visage a changé et j’ai vu le prophète Joseph Smith et j’ai entendu également sa voix parler et j’ai su qui devait être le prochain prophète du Seigneur et qui devait diriger les saints [5].

Brooke, Henry

[pas de dates disponibles]

Le 15 novembre 1844, Henry et Catharine Brooke écrivirent depuis Nauvoo que Brigham Young « ressemble plus à frère Joseph, tant dans sa personne que dans sa façon de parler, que n’importe quelle autre personne que vous ayez jamais vue ressemble à une autre. » [6].

Buckwalter, Henry Schuler

12 mai 1831-6 novembre 1908, 13 ans.

J’étais à la réunion quand Sidney Rigdon a essayé de prétendre à la présidence de l’Église et le président Brigham Young était d’un autre avis et sa voix et son aspect étaient exactement comme ceux du prophète Joseph [7].

Bullock, Thomas
 
23 décembre 1816-10 février 1885, 27ans

[Joseph et Hyrum] étaient deux hommes de bien de leur vivant, et ils sont morts en hommes de bien ; ils sont morts pour la vérité et ils ont scellé leur témoignage de leur sang ; et leur témoignage est vrai.

Le manteau de Joseph est tombé sur Brigham Young, le sang des martyrs est devenu comme de la semence sur la terre [8].

Burton, Robert Taylor

25 octobre 1821-11 novembre, 1907, 22 ans

Ce matin, au bureau de l’évêque président, après avoir lu ce qui se disait être un appel aux saints des derniers jours par Frederick J. Smith en ce qui concerne le successeur du prophète Joseph Smith, fils, j’a eu l’occasion, lors d’une conversation avec l’évêque O. P. Miller, de parler de ce que j’ai vécu à Nauvoo, quelque temps après le martyre de Joseph et Hyrum Smith, et, à sa demande, j’ai fait la déclaration suivante :

C’était pour moi une des périodes les plus critiques de l’histoire de l’Église. Un certain nombre de personnes ont prétendu être les successeurs légaux et avoir cette autorité, parmi elles Sidney Rigdon, James J. Strang, Aaron et Moïse Smith et d’autres. L’événement dont je parle maintenant était une réunion générale des saints des derniers jours, peu après le retour à Nauvoo du président Brigham Young et d’autres membres du collège des douze apôtres, rentrés de mission. La réunion avait démarré et après l’introduction habituelle, le président Brigham Young s’est levé pour s’adresser à l’assemblée.

À l’époque, je ne connaissais pas le président Young, mais sa voix, sa façon de se tenir, de s’exprimer et, de fait, sa silhouette étaient d’une manière si frappante celles du prophète martyrisé, que je me suis levé, comme des centaines d’autres, pour regarder le prophète Joseph Smith, fils. La ressemblance était si frappante que je n’arrivais pas à croire que ce n’était pas le prophète lui-même qui était revenu ; pas qu’il y eût une ressemblance quelconque entre les deux hommes.

Je ne vais pas dire pourquoi cela s’est passé à part que je l’ai reçu comme preuve pour le peuple de ce que Dieu avait choisi Brigham Young comme successeur au prophète Joseph Smith fils. Il y a eu des dizaines et même des centaines d’autres qui ont été aussi frappés que moi à ce moment-là et j’en ai entendu beaucoup, beaucoup qui sont maintenant morts faire des déclarations semblables à celle que je fais ici.


(signature) R. T. Burton [9].


Burton, William

3 octobre 1809-17 mars 1851, 34 ans

Nous sommes arrivés à Nauvoo en mai… il y avait un autre changement qui s’était produit pendant que j’étais en mission, un événement douloureux et dur à supporter. Ç’a été le martyre du prophète et voyant et du patriarche, dont je n’ai pu entendre les voix proclamer les vérités du ciel, mais leur charge [de Joseph et de Hyrum] a été remplie par d’autres beaucoup mieux que je ne l’aurais cru. L’esprit de Joseph a semblé reposer sur Brigham... Grandes et mystérieuses sont les voies de Dieu ! [10].

Call, Anson

13mai 1810-31 août 1890, 34 ans

Cette semaine-là, Brigham Young et d’autres des Douze sont arrivés en ville. Le dimanche suivant, Brigham et une partie des Douze se sont présentés dans notre assemblée. Il a dit qu’il n’était pas venu pour faire une campagne électorale, ni avancer des prétentions particulières, mais pour faire son devoir, et c’était au peuple de juger entre la vérité et l’erreur. Il [Brigham] n’avait prononcé que quelques phrases que je découvrais que c’était la voix de Joseph et si j’avais été quelque part où mes yeux n’auraient pas pu le voir, j’aurais cru que c’était Joseph qui parlait. C’étaient la voix de Joseph et les gestes de Joseph pendant la totalité du discours. J’étais totalement sûr que c’était la voie que je devais suive comme c’était le cas pour la majorité des frères. [11]

Cannon, George Q.

11 janvier 1827-12 avril 1901, 17 ans

C’était la première fois que le peuple entendait le son de sa voix [celle de Brigham] depuis qu’il était parti en mission dans l’Est, et l’effet a été tout à fait étonnant. Qui, parmi ceux qui étaient présents en cette occasion, pourra jamais oublier l’effet que cela lui a fait ! Si Joseph était ressuscité des morts et leur avait de nouveau parlé, l’effet n’aurait pas pu être plus étonnant qu’il le fut pour beaucoup d’autres personnes présentes à cette réunion. C’était la voix de Joseph lui-même ; et non seulement c’était la voix de Joseph que l’on entendait, mais les spectateurs avaient l’impression que c’était la personne même de Joseph qui se tenait devant eux.

Nous n’avons jamais entendu parler d’
événement plus merveilleux et plus miraculeux que celui qui s’est produit ce jour-là en la présence de cette assemblée. Le Seigneur a donné à son peuple un témoignage qui ne laissait pas le moindre doute quant à celui qu’il avait choisi pour le diriger. Son peuple a vu et entendu de ses yeux et de ses oreilles naturels, et ensuite les mots qui ont été prononcés ont pénétré leur cœur, accompagnés du pouvoir de conviction de Dieu et ils ont été remplis de l’Esprit et d’une grande joie. Il y avait eu du chagrin et, probablement, dans certains cœurs, du doute et de l’incertitude, mais maintenant il était clair pour tout le monde que c’était là l’homme à qui le Seigneur avait conféré l’autorité nécessaire pour agir parmi eux à la place de Joseph [12].


Cox, Elias

15 janvier 1835-8 mai 1917, 9 ans

J’ai entendu frère Brigham parler et c’est la première fois de toute ma vie que je voyais deux hommes se ressembler autant par l’aspect et par la voix. Lorsqu’il s’est assis, je me suis demandé où Joseph était parti. [13]

Crosby, Caroline Barnes

5 janvier 1807-16 février 1884, 37ans

Sidney Rigdon est monté en chaire et a essayé de prouver au peuple qu’il était le successeur légitime de Joseph. Et ses arguments étaient si puissants que beaucoup ont failli se laisser persuader de le croire, mais dès que les douze apôtres avec frère Brigham Young à leur tête ont pris la parole, il est apparu d’une manière concluante sur qui le pouvoir reposait. C’était la première fois que je pensais qu’il [Brigham] ressemblait à frère Joseph, mais presque tout le monde s’est exclamé que le manteau de Joseph était tombé sur Brigham. Moi, en tous cas, je n’ai plus jamais eu le moindre doute après cela.

Nous avons tous été rapidement consolés en ce qui concerne nos dirigeants, mais les persécutions ont continué tout autour de nous. Les frères étaient obligés de monter continuellement la garde. [14]

Duncan, Homer

19 janvier 1815-23 mars 1906, 29 ans

Il y a encore une manifestation de la bonté du Seigneur à mon égard que je dois mentionner. Lors de la réunion spéciale qui eut lieu à Nauvoo après la mort du prophète Joseph Smith, au moment où le manteau du Seigneur tomba sur Brigham Young. J’étais assis à écouter quelqu’un parler, la tête baissée, le visage dans les paumes de mes mains et mes coudes sur les genoux. Pendant que j’étais dans dans cette position, Brigham Young est monté en chaire et a commencé à parler avec la voix de Joseph, le prophète.

Connaissant tellement bien la voix du prophète, j’ai presque sauté de ma chaise d’étonnement, mais je suis resté assis et j’ai entendu la voix du prophète [Joseph] aussi longtemps que Brigham Young a parlé.
Non seulement la voix de Brigham ressemblait à celle de Joseph, mais les gestes mêmes qu’il faisait de sa main droite quand il disait quelque chose de très positif me rappelaient Joseph. J’ai alors su qui devait mener l’Église de Jésus Christ des saints des derniers jours car il est certain que le manteau de Joseph est tombé sur Brigham [15].


Ellsworth, Edmund

1 juillet 1819-29 décembre 1893, 25ans

Le prophète a décidé de se présenter à la présidence des États-Unis. J’ai été appelé à me rendre dans l’État de New York pour une mission électorale. Je m’y suis rendu immédiatement et j’y ai travaillé jusqu’à la mort du prophète, époque à laquelle j’ai reçu une lettre du président Young rappelant les frères au pays. J’étais présent à la réunion qui a jugé le président Sydney Rigdon, où j’ai clairement vu le manteau de la prêtrise tomber sur le président Young avec sa puissance et son esprit. Le témoignage en a été donné à la plus grande partie de l’assemblée. [16]

Field, Mary

1 février 1836-20 juillet 1943, 8 ans

Après la mort de Joseph Smith, il y a eu une certaine confusion quant à savoir qui devait être notre dirigeant. Sidney Rigdon prétendait avoir eu une vision selon laquelle il devait être notre chef, mais, avec ma mère, j’étais à la réunion au cours de laquelle le manteau de Joseph est tombé sur Brigham Young tandis qu’il parlait au peuple. Maman avait sur les genoux le bébé qui jouait avec une tasse de fer blanc. Il l’a laissé tomber, attirant notre attention vers le sol. Maman s’est penchée pour la ramasser, et c’est à ce moment-là que nous avons sursauté en entendant la voix de Joseph.

Nous avons vite levé les yeux et nous avons vu la silhouette du prophète Joseph se tenir devant nous.
Frère Brigham lui ressemblait si fort et parlait tellement comme lui que pendant une minute nous avons pensé que c’était Joseph. À partir de ce moment-là, il n’y a pas eu le moindre doute dans le cœur des saints sur le point de savoir qui devait être leur dirigeant inspiré.


LorsLorsque Brigham Young a été soutenu comme notre prophète et notre dirigeant, l’ordre a été de nouveau remis dans l’Église sous sa direction. Les saints étaient vivement désireux de terminer le temple de Nauvoo, comme le prophète Joseph le leur avait commandé avant sa mort. À force de travail et de volonté, les saints ont terminé le temple et un grand nombre d’entre eux y ont reçu leurs dotations [17].

Fisher, James Madison

22 juillet 1833-1 janvier 1907, 11 ans

Les douze apôtres étaient tous loin de chez eux. Avant leur retour, Sydney Rigdon a voulu convoquer une réunion et demander au peuple de le choisir pour être son dirigeant. Le peuple a dit non, il a voulu attendre que les Douze soient revenus. Brigham Young a été le premier à arriver. Une fois que tous ont été rentrés, une réunion a été convoquée pour choisir un dirigeant. Elle a eu lieu dans un bosquet où l’on tenait les réunions en été. J’étais là, Rigdon a été le premier à parler. Cela ne sonnait pas bien.

Quand il s’est assis, frère Brigham s’est levé, le manteau de Joseph est tombé sur lui, il était l’image du prophète [Joseph] et il avait la voix du prophète. Cela a été une grande surprise pour les gens, cela a montré aux saints qui devait être leur dirigeant. Rigdon a quitté l’Église, il est allé en Pennsylvanie
et y a lancé son église à lui, mais elle n’a pas tardé à se désintégrer [18].


Garner, Mary Field

Voir Field, Mary

Gates, Jacob

9 mars 1811-14 avril 1892, 33 ans

Après la mort de Joseph et de Hyrum, l’excitation a semblé s’apaiser. Entre-temps, Sidney Rigdon, qui avait été conseiller de Joseph Smith, est arrivé et a tenté d’usurper l’autorité sur l’Église comme successeur de Joseph, mais l’Église a été sauvée par l’arrivée opportune des Douze et de l’Esprit de Dieu qui enseigne toujours correctement et le résultat a été que Rigdon a été retranché de l’Église pour sa mauvaise conduite et est allé à Pittsburg, suivi par un petit nombre de gens qui étaient des hommes comme lui dont la bouche était pleine de malédictions et de rancœur. Le pouvoir de la prêtrise a reposé sur les Douze, soutenus par l’Esprit de Dieu, ce qui leur a permis de donner les instructions susceptibles d’unir le cœur des saints comme le cœur d’un seul homme. Ils sont allés de l’avant pour construire le temple [19].

Glines, James Harvey

19 avril 1822-31 août 1905, 22 ans

Je suis arrivé à temps pour entendre les derniers discours de Sidney Rigdon devant l’Église. Le président Brigham Young et d’autres des douze apôtres sont alors arrivés et ont convoqué une réunion dans le bosquet à l’est du quartier du temple... 

Sidney Rigdon a cessé de parler. Le président Brigham Young s’est levé et a commencé à parler, et tous les yeux étaient tournés vers lui, car il paraissait avoir la voix du prophète Joseph, comme beaucoup en ont témoigné à l’époque, car il a parlé avec une grande puissance et une grande autorité au point de convaincre les saints que le manteau était tombé de Joseph sur Brigham. [20]

Grant, Rachel Ridgeway Ivins voir Ivins, Rachel Ridgeway

Greenhalgh, Mary Clough/Cluff

18 mars 1814-16 décembre 1851, 30 ans

Voir Greenhalgh, William

Greenhalgh, William

29 juillet 1811-3 avril 1882, 33 ans
Au bout de quelques jours, Sidney Rigdon est arrivé à Nauvoo pour voir si le peuple l’accepterait comme tuteur pour agir à la place de Joseph. Il a dit aux gens que s’ils ne l’acceptaient pas, Dieu les rejetterait en tant que peuple avec leurs morts. Il allait retourner à Pittsburg et Dieu susciterait un peuple pour lui à Pittsburg. Les Les mains levées, il a demandé à Dieu et aux anges de témoigner de lui. Il leur a parlé le lendemain pour voir si le peuple l’accepterait.

C’est à ce moment-là que Brigham Young et Heber C. Kimball sont revenus au pays. Le lendemain matin, Brigham Young a ordonné au peuple d’amener un chariot du côté du sud de l’assemblée pour que le peuple puisse entendre tout ce qu’il avait à dire. Brigham s’est levé et a dit : « Je souhaiterais que l’on ne soit pas aussi pressé ici. » Il a parlé avec tant de puissance et la voix de Joseph a retenti à travers lui avec tant de clarté que ceux qui ne pouvaient pas le voir ont su que c’était la voix de Joseph qui parlait par Brigham Young.

Ma femme Mary, qui était assise près de moi et qui ne pouvait pas tourner la tête, m’a demandé si c’était Joseph. Je lui ai dit que non, mais que c’était la voix de Joseph qui parlait par Brigham Young. Cela a été le témoignage vivant de ce que le manteau était tombé de Joseph sur Brigham, et à partir de ce moment-là, beaucoup ont voulu se séparer des saints, mais Brigham le leur a interdit et leur a dit que le troupeau ne devait pas être dispersé. [21]


Hamblin, Jacob

2 avril 1819-31 août 1886, 25 ans

Le 24, quand je suis arrivé à Nauvoo, j’ai vu qu’il y avait un rassemblement des saints devant la chaire. En m’approchant, j’ai vu Monsieur Sidney Rigdon s’adresser à l’assemblée. J’ai écouté quelques minutes et je me suis dit dans mon cœur que ce n’était pas la voix du vrai berger [22].

À Nauvoo, j’ai trouvé Sidney Rigdon occupé parmi les saints à essayer de les persuader de ses droits à la présidence de l’Église. Il était premier conseiller du prophète Joseph au moment de la mort de ce dernier. L’Église avait quatorze ans, et il affirmait qu’elle avait le droit et le devoir de désigner un tuteur et il souhaitait que le peuple le confirme comme tuteur.

J’étais très mécontent du chemin qu’il prenait et, comme je ne pouvais pas le soutenir, j’ai eu envie de quitter Nauvoo un certain temps. Je suis allé à la campagne, où j’avais laissé ma femme et deux enfants avec ma soeur Melissa…

Le 8 août 1844, j’ai assisté à une réunion générale des saints. Frère Rigdon était là, avançant ses prétentions à la présidence de l’Église. Sa voix ne ressemblait pas à la voix du vrai berger. Il était sur le point de demander que l’assemblée vote pour le soutenir comme président de l’Église, lorsque Brigham Young, Parley P. Pratt et Heber C. Kimball sont montés sur l’estrade.

Brigham Young a dit à l’assemblée: « Je vais organiser ce vote pour frère Rigdon. Ce n’est pas lui qui préside ici. Cet enfant-ci (voulant dire lui-même) va gérer un certain temps ce troupeau. » La voix et les gestes de cet homme étaient ceux du prophète Joseph.

À de rares exceptions près, le peuple a bien vu que le manteau du prophète Joseph était tombé sur Brigham Young. Certains ont eut l’impression que c’était Joseph qui se tenait de nouveau devant eux.

Je me suis levé et j’ai dit à un homme qui était assis à côté de moi : « Ça c’est la voix du vrai berger : le chef des apôtres. » [23]

Hancock, Mosiah Lyman

9 avril 1834-14 janvier 1907, 10 ans

Quoique n’étant qu’un enfant, j’ai vu le manteau du prophète Joseph reposer sur Brigham Young; et, tel un lion, il s’est montré à la hauteur de la situation et a dirigé le peuple…

Je me souviens du grand désir de Sidney Rigdon. Mais j’avais vu le prophète Joseph proclamer ces paroles devant le peuple : « Il y a longtemps assez que je porte Sidney Rigdon – maintenant je le jette de mes épaules. Si mon frère Hyrum souhaite le ramasser et le porter, il peut le faire ; moi je ne le porte plus. »

J’ai vu frère Brigham Young, du Collège des Douze, se lever devant le peuple – et j’ai vu en lui l’aspect de Joseph et la voix de Joseph; et il m’a semblé qu’en plus il était aussi grand que Joseph. Je savais que le manteau de Joseph était tombé sur Brigham. J’avais entendu le Prophète dire qu’il avait mis l’avenir de l’Église et du Royaume sur les épaules des Douze, afin qu’ils portent et envoient cet Évangile à toutes les nations sous les cieux [24].

Harper, John Nelson

9 mars 1813-31 mars 1863, 31 ans

Quand les Douze sont revenus, les saints se demandaient qui allait guider l’Église; Sidney Rigdon était là fraîchement arrivé de Pittsburg, il voulait choisir un tuteur pour l’Église, mais quand frère Brigham s’est levé sur l’estrade, j’ai reçu un témoignage personnel: il m’est apparu comme s’il était frère Joseph et c’était la voix de Joseph et là le manteau de Joseph est tombé sur Brigham. Il [Brigham] a dit que ce n’était pas une place enviable que de se tenir à la tête du peuple, car c’est là que les flèches de l’ennemi allaient converger. Mais il était disposé à se trouver là où le Seigneur le mettait [25].

Haven, Eliza Ann

15 mai 1829-20 janvier 1923, 15 ans

Tout le monde se posait la question : « Qu’allons-nous faire sans notre prophète ? » J'avais alors 15 ans et nous étions tous si tristes. J'étais à la réunion au cours de laquelle Sidney Rigdon s'est levé et s'est déclaré être notre véritable prophète et dirigeant. Très peu ont répondu à sa déclaration. Je suis heureuse de dire que pas un de la famille de mon père n’a estimé qu'il était l’homme qu’il fallait. Peu après le président Brigham Young est revenu de l'Est où il était en mission. J'étais à la réunion au cours de laquelle le manteau de frère Joseph l’a enveloppé... Quand il a parlé, c’était avec la voix de frère Joseph.

J’ai sauté sur mes pieds et j’ai dit à ma mère : « Notre prophète est revenu à la vie, maman, frère Joseph est revenu », parce qu’il était là aussi clairement que je l'aie jamais vu de son vivant ; et sa voix et ses traits étaient vraiment ceux de notre prophète bien-aimé. Peu après, une brume a semblé passer devant visage de frère Brigham et c’est frère Young qui était là, parlant de sa voix naturelle, mais nous savions que c’était lui qui devait être notre dirigeant. Des centaines de personnes ont été témoins de la même chose, mais toutes celles qui étaient là n’ont pas eu cette chance [26].


Hendricks, Drusilla Dorris

8 février 1810-20 mai 1881, 34 ans

Sidney Rigdon n’a pas tardé à convoquer une réunion afin de présenter ses prétentions à la présidence de l'Église. Certains des Douze étaient rentrés de mission et le jour où la réunion a été tenue. Et tandis qu'elle était en cours, Brigham Young (président du Collège des douze apôtres) et d'autres se sont glissés sur l’estrade et n'ont rien dit jusqu'à ce que Sidney Rigdon ait eu fini, il se tenait debout près du centre de l’auditoire dans un chariot, étant donné que la réunion avait lieu dans la Bowry [Bowery]. Puis le président Young a commencé à parler.

Je me suis levé d’un bond pour regarder et voir si ce n'était pas frère Joseph, car c’étaient à coup sûr sa voix et ses gestes.
Chaque saint des derniers jours a facilement pu voir sur qui la prêtrise descendait, car Brigham Young détenait les clefs. Sidney Rigdon en a emmené quelques-uns, mais où sont-ils maintenant ? Ils ont dégénéré dans l'incrédulité et sont tombés à néant [27].


Hinckley, Arza Erastus

15 août 1827-18 février 1901, 16 ans

L'inscription qui suit le 20 novembre 1844 dans le journal intime d'Arza Hinckley à l'université Brigham Young dit : « ‘… et Brigham Young sur qui le manteau du prophète Joseph est tombé est un homme de Dieu et il garde tout en bon ordre.’ » [28].

Hoyt, Emily Smith

1er septembre 1806-6 août 1893, 37 ans

[Après le martyre] nous [Emily et Samuel] avons de nouveau été convoqués de l’autre côté du fleuve et nous y sommes allés pour entendre ce que l’on voulait. Le président Brigham Young, alors président des Douze, était revenu. Les gens ont été rassemblés dans la vieille Bowry où Joseph avait parlé pour la dernière fois au peuple. Sydney Rigdon a fait un discours et a prétendu avoir l'autorité de diriger l'Église. D'autres avaient des prétentions semblables. Aucune ne me semblait raisonnable. Le dernier s'est levé. C’était Brigham Young, le président des Douze de l’époque. Il a parlé au peuple d’une manière tout à fait différente de tous ceux qui l'avaient précédé.

Une foule de témoins
s'est levée après que B.Y. s’est assis et a témoigné de la véracité de ce qu'il avait dit. Le président B.Y. s'est levé une deuxième fois de son siège et s'est adressé à l’auditoire. J'avais bien connu Joseph pendant la dernière partie de sa vie. Nous étions allés bien des fois chez lui et Joseph, Hiram et leurs familles se sentaient à l’aise chez nous [Emily parle d’événements précédant le martyre de Joseph et de Hyrum]… Mais le Dieu du ciel qui avait dit que c'était son affaire de pourvoir aux besoins de ses saints, a renvoyé le président B. Young au pays juste à temps et l'a revêtu non pas du « manteau d'Élie », mais de l'esprit et du pouvoir qui avaient reposé sur Joseph. Mes yeux et mes oreilles ont été témoins.

La façon de raisonner, l'expression du visage, le son de la voix ont fait frémir mon âme entière.
Mes propres yeux avaient vu le corps assassiné de Joseph. Mes propres mains avaient senti le froid glacial de la mort sur son front jadis noble. Je savais que Joseph était mort. Et pourtant j’ai souvent sursauté et j’ai involontairement regardé l’estrade pour voir si ce n'était pas Joseph. Ce n'était pas lui, c'était Brigham Young et s’il y a quelqu’un qui doute du droit de Brigham de gérer les affaires pour les saints, tout ce que j’ai à lui dire c’est ceci : Obtenez l'esprit de Dieu et connaissez par vous-même. Le Seigneur s’occupe des siens. La parole du Seigneur a-t-elle jamais échoué ? Frère Young ne vivra pas éternellement sur cette terre. Mais celui qui règne dans le ciel et sur la terre dirige tout selon sa volonté. Les saints vivront [29].


Huntington, Zina Diantha

13 janvier 1821-27 août 1901, 23 ans

Je suis allée à la réunion l'après-midi, grâce à celui qui règne là-haut, la majorité des Douze étaient là. Brigham Young a parlé et l'Église a voté que les 12 devaient agir dans l’office de leur appel à côté de Joseph ou des trois premiers présidents [30].

On ne trouvera jamais les mots pour dire ce que les saints ont souffert durant ces jours d'épreuve ; mais le doux esprit – le Consolateur – ne les a pas abandonnés ; et quand les Douze sont revenus, le manteau de Joseph est tombé sur Brigham.

Quand je me suis approchée de l’estrade (le jour où Sidney Rigdon essayait d'obtenir la tutelle de l'Église), le président Young parlait. C'était la voix de Joseph Smith, pas celle de Brigham Young. Sa personne même avait changé. Le manteau a vraiment été donné à un autre. Il n’y avait pas le moindre doute à ce sujet dans l’esprit de cette vaste assemblée. Tous ont été témoins de la transfiguration, et même aujourd'hui des milliers de personnes en rendent témoignage. J'ai fermé les yeux. J’aurais pu m’exclamer : Je sais que c’est la voix de Joseph Smith ! Pourtant je savais qu’il avait disparu. Mais le même esprit était avec les gens ; le Consolateur est resté [31].

Hyde, Orson

8 janvier 1805-28 novembre 1878, 39 ans

Je vous dirai que tant que Dieu a une Église sur la terre, il la gouvernera. Maintenant je vais vous dire quelque chose de mes sentiments à ce sujet. Je sais que quand le président Young est revenu avec les Douze à Nauvoo, il les rassemblés autour de lui et leur a dit : « Je voudrais que vous vous dispersiez parmi l'assemblée et tâtiez le pouls de la population pendant que je parlerai en chaire. »

Nous sommes allés parmi l'assemblée et le président Young est monté en chaire. Il a parlé et ses paroles m’ont traversé comme de l'électricité. « Est-ce que je me trompe ? ai-je dit, ou est-ce vraiment la voix de Joseph Smith ? » Ceci est mon témoignage, ce n'était pas seulement la voix de Joseph, mais c’étaient les traits, les gestes et même la stature de Joseph qui étaient là devant nous en la personne de Brigham. Et bien que l’on puisse dire que le président Young est un imitateur parfait et qu’il peut imiter n’importe qui, je voudrais voir l'homme qui peut imiter la stature de quelqu’un qui avait une douzaine de centimètres de plus que lui. Tous ceux qui étaient inspirés par l'Esprit du Seigneur l’ont senti. Ils l'ont su. Ils s’en sont rendu compte.

Je me suis assis au milieu de l'assemblée, avec les deux épouses que Joseph m'avait données et qu’il m’avait scellées. Quand le président Young a commencé à parler, l'une d'elles a dit : « C'est la voix de Joseph ! C'est Joseph Smith ! » L'autre s’est exclamée : « Je ne le vois pas, où est-il ? » La pensée m’est venue à l’esprit concernant l'Écriture que le président Young vient de citer : « Mes brebis connaissent ma voix et me suivent. » Où est celle qui a reconnu la voix de Joseph dans le président Young ? Où est-elle ? Elle est là où son devoir l’appelle. Mais où est l’autre ? Partie là où j’aurais préféré qu’elle n’aille pas. Les brebis du bon berger suivent la voix qu'elles connaissent ; mais elles ne suivent pas la voix d'un étranger.

C'était une manifestation du pouvoir du Tout-Puissant ; c’était le pouvoir de Dieu reposant sur une personne aux yeux de tout le peuple ; non seulement dans les traits et la voix, mais même dans la stature. C'est là mon témoignage… Fallait-il une preuve que Joseph était là en la personne de Brigham, parlant avec la voix d'un ange ? Cela ne demandait aucun argument ; pour ceux qui craignaient Dieu et aimaient la vérité, il n'en fallait aucun. [32]

Lorsque notre prophète et notre patriarche ont été tués, ou en tous cas peu de temps plus tard, quand les Douze sont revenus à Nauvoo, leur situation immédiate n'était pas vraiment agréable et plaisante ou profitable. Mais qu'il suffise de dire que nous avons eu une réunion, une conférence, où le président Young était le centre de l'attention. Quand il s’est levé pour parler, et dès qu'il a ouvert la bouche, j'ai entendu la voix de Joseph à travers lui, et elle m’était aussi bien connue que la voix de ma femme, la voix de mon enfant ou la voix de mon père.

Et non seulement j’ai entendu distinctement et incontestablement la voix de Joseph, mais j'ai vu les gestes mêmes de sa personne, les traits mêmes de son visage et si je ne fais pas erreur, la taille même de sa personne est apparue sur l’estrade.
Et j’ai ressenti avec le tressaillement de la conviction que Brigham était l'homme qui devait diriger ce peuple. Et depuis lors jusqu’à ce jour, il n'y a jamais eu la moindre question ni le moindre doute dans mon esprit en ce qui concerne la divinité de sa désignation. Je sais qu'il était l'homme choisi par Dieu pour remplir le poste qu’il détient maintenant [33].


Hyde, William

11 septembre 1818-2 mars 1874, 25 ans

Le jeudi 8 août, j'ai assisté à une conférence spéciale à Nauvoo. Frère Rigdon a parlé le matin à l'assemblée. Frère Rigdon voulait, comme il l’a exprimé, la tutelle de l'Église, mais il était clair que l'Esprit du Seigneur s’était retiré de lui et qu'il voulait ce qui ne lui appartenait pas. Depuis le temps où les saints avaient été chassés du Missouri, il avait évidemment été dans les coulisses et n'avait pas agi d’une manière digne de son poste et j'ai entendu un jour Joseph Smith dire qu'il avait porté suffisamment longtemps frère Rigdon sur son dos et, se tournant ensuite vers les Douze, il a dit que s'ils ne l'aidaient pas à ce moment-là à se débarrasser de lui, le moment viendrait où ils devraient le faire, et cela sans son aide, à lui, Joseph. Et le jeudi, 8 août, cette parole du Prophète m’est revenue avec force à l’esprit.

L'après-midi, le président Brigham Young est monté en chaire et s'est adressé à la vaste multitude d'auditeurs impatients en ces termes : « Pour la première fois, les Douze montent en chaire là où c’est leur place, nous avons marché par la vue et pas par la foi. L'Église avait eu la bénédiction d’aller à Joseph et de recevoir, mais maintenant il est passé de l'autre côté du voile. Il a aimé l'Église même jusqu’à la mort et a donné sa vie pour elle. » Le président Young a ensuite posé les questions suivantes : « Voulez-vous choisir une personne pour vous mener dans le Royaume, si oui, manifestez-le. » Tous ont gardé le silence. « S'il y a ici quelqu’un qui souhaite emmener un groupe après lui, qu’il se lève. » Mais personne ne s’est levé.

« J'aurais voulu, a dit le président Young, jeûner trente jours et vêtir ma maison de deuil, mais il semble que les saints soient décidés à parler affaires.
Ils ne sont pas disposés à attendre que tout se mette en place, mais il faut parler affaires et puisqu’il m’échoit de parler, je parlerai clairement. Vous voulez que le président Rigdon prenne la place de Joseph, si oui, prenez-le. Voici les Douze. Mes genoux ont-ils jamais fléchi, ces mains ont-elles jamais faibli ? » « Non » et « non » ont dit des voix venues de toutes les directions.

« Les Douze détiennent les clefs et ont une autorité égale à celle du Premier Président quand celui-ci est absent.
Vous voulez choisir un administrateur pour prendre la place de Joseph, si oui, les Douze doivent l'ordonner, car le pouvoir repose sur eux et sur eux seuls, l'Église ne peut pas le faire… »


Et alors il a dit que si frère Rigdon voulait être porte-parole de Joseph, il n’avait qu’à aller de l'autre côté du voile. « Qui, a-t-il dit, a jamais entendu dire qu’une personne d'un côté du voile pouvait agir comme porte-parole d’une personne qui est de l'autre côté ? » Le président a dit en outre que personne ne pouvait se tenir entre Joseph et les Douze. Puis, se tournant vers le peuple, il a dit que c'était leur place de se lever et d’aider à faire avancer le Royaume. « Mais n'entreprenons rien de nouveau, suivons la loi et n’entreprenons pas de diviser la prêtrise d’un seul cheveu. »

Les frères P. P. Pratt et Amasa Lyman ont fait quelques réflexions très appropriées, confirmant ce que le président Young avait dit…

Le président Young s'est de nouveau levé et a parlé des dotations des frères. Il a dit qui s'ils ne les obtenaient pas dans le temple, ils devraient les recevoir même si cela devait être dans le désert, parce que le diable ne pouvait pas les en priver. Il a alors lancé un appel aux saints pour savoir s'ils voulaient recevoir les Douze et les laisser se tenir à leur place en tant que Première Présidence de l'Église en l'absence de Joseph. Le vote a été unanime. Ce jour-là il était clair que le manteau de Joseph était tombé sur le président Young. La voix du même esprit par lequel Joseph parlait avait, ce jour-là, retenti à nos oreilles, et ce à ce point qu’une fois, sans y penser, j’ai levé la tête pour voir si ce n'était pas réellement Joseph qui s'adressait à l'assemblée. L'assemblée a été dispersée par le président Young après avoir été bénie au nom du Seigneur [34].

Ivins, Rachel Ridgeway

7 mars 1821-27 janvier 1909, 23 ans

Après la mort du prophète, quand Sidney Rigdon est venu parler à Nauvoo, il pensait qu'il avait le droit d'être président de l'Église. Le président Young a sauté de son siège et a parlé. Si vous aviez eu les yeux fermés, vous auriez pensé que c'était le prophète [Joseph]. En fait il avait son aspect, son visage même a paru changer et il a parlé comme lui [35].

Johnson, Benjamin Franklin

28 juillet 1818-18 novembre 1905, 26 ans

À propos de Brigham Young comme président de l'Église, je vais de nouveau rendre ceci comme témoignage fidèle que je sais et atteste que la responsabilité de porter le Royaume au monde entier a été mise sur la tête de Brigham Young comme chef, avec l'apostolat tout entier, par la voix du prophète Joseph, en ma présence. Et je rends en outre ceci comme témoignage, loyal et fidèle, à l'Église et au monde entier, qu’à une conférence de toute l'Église, à Nauvoo, après la mort du prophète et avant le retour des apôtres absents, je me suis trouvé dans l'assemblée assis près du président Rigdon, très attentif à son invitation à la conférence à reconnaître et soutenir sa prétention à être « tuteur pour l'Église ».

Et j’étais peut-être dans une certaine mesure oublieux de ce que je savais être les droits et les devoirs de l'
apostolat, et quand il a terminé son discours et s’est assis, j’avais le dos partiellement tourné vers les sièges occupés par l’apôtre Brigham Young et d'autres apôtres, quand soudain, et comme venant du ciel, j'ai entendu la voix du prophète Joseph, qui a fait frémir tout mon être, et en me retournant rapidement, j’ai vu dans la transfiguration de Brigham Young, la silhouette haute, droite et imposante du prophète Joseph Smith, entourée d'un éclat de lumière qui le couvrait de la tête aux pieds et j'ai entendu la voix réelle et parfaite du prophète, jusqu’au sifflement causé des années plus tôt par la perte d'une dent cassée par des émeutiers à Hyrum [Hiram].

Cette vision, bien que n’ayant duré que quelques secondes, a été pour moi aussi vive et aussi réelle que l’éclat de l’éclair ou la voix du tonnerre dans le ciel et j’ai été si profondément impressionné par ce que j'ai vu et entendu lors de la transfiguration que, pendant des années, je n'ai pas osé raconter ce que le Seigneur m’avait donné de voir. Mais quand, des années plus tard, j'ai rendu ce témoignage en public, j'ai constaté que d'autres avaient témoigné avoir vu et entendu la même chose. Mais quelle proportion de l'assemblée qui était présente, il m’était impossible de le savoir. Mais je sais ceci, mon témoignage est vrai.


La dent perdue du prophète, à laquelle je fais allusion, avait, tout le monde le savait, été cassée par les émeutiers à Hyrum [Hiram] pendant qu’ils essayaient de lui ouvrir la bouche de force pour l'étrangler avec de l'acide, et depuis ce moment-là jusqu'à ce que la dent ait été remplacée par un voisin dentiste, un an ou deux avant sa mort, un sifflement avait accompagné tous ses discours publics et je l’ai encore entendu clairement au moment dont je parle ici.

Et tout en sachant que Brigham Young, en tant que président de l'Église, était l'homme qu’il fallait pour le poste et un grand dirigeant pour Israël, il y a une chose que je sais aussi, c’est qu'il n'a jamais prétendu être parfait dans tout ce qu’il faisait mais que, comme ses frères, il était parfois susceptible de commettre des erreurs [36].

Au moment du martyre, tout le Collège des Douze était absent excepté John Taylor et le Dr Richards, qui étaient tous deux avec le prophète à la prison de Carthage, et Sidney Rigdon ayant conservé partiellement sa qualité de membre en tant qu'un des conseillers de Joseph, s’est avancé pour revendiquer le droit de tuteur de l'Église. James J. Strang a également prétendu par une fausse révélation soi-disant donnée par le prophète qu'il devait diriger l'Église. On en était là au moment du retour des Douze, quand une conférence a été organisée, et le président Rigdon a été invité à présenter ses revendications au peuple, ce qu'il a fait, et lorsqu’il a eu terminé son discours, qui était dépourvu de tout pouvoir ou influence, le président Brigham Young s'est levé et a parlé.

Je l'ai vu
se lever, mais dès qu'il a parlé, je me suis levé d’un bond, parce qu’à tous les degrés possibles c'était la voix de Joseph et sa personne, dans l’aspect, l'attitude, les vêtements et l'apparence, c’était Joseph lui-même, en personne ; et j'ai su instantanément que l'esprit et le manteau de Joseph étaient sur lui. Alors je me suis rappelé ce qu’il a dit au Conseil dont Sidney Rigdon n'a jamais été membre, et j’ai su par moi-même qui était maintenant le dirigeant d'Israël [37].


Judd, Zadoc Knapp

15 octobre 1827-28 janvier 1909, 16 ans

Je pourrais rapporter ici un autre événement qui a été pour moi un témoignage suffisant de la véracité de l'Évangile. Depuis des années, je connaissais plus ou moins le prophète Joseph Smith. Je l’avais entendu prêcher bien des fois ; je l'avais entendu parler avec d'autres dans des conversations ordinaires. Je connaissais sa voix aussi bien que celle de mon ami le plus intime…. L’événement que je vais rapporter s’est produit vers la fin de l’automne ou le début de l'hiver. Les gens s’étaient habituellement rassemblés dans un petit bosquet près du temple. On avait construit une « bowery » (sorte de tonnelle) et des sièges avaient été disposés de manière à recevoir tout le monde… Entre-temps la construction du temple avait progressé ; le toit était monté, les fenêtres étaient installées, le plancher était posé, mais il n’y avait pas de sièges.

C'était un dimanche très froid et très humide avec une bruine.
La séance avait été suspendue au bosquet et transférée au temple car les gens pouvaient s’y abriter. En attendant que les gens se réunissent et aussi l'heure de la réunion, Brigham Young, Heber C. Kimball et quelques autres du Collège des Douze étaient montés dans une salle d’étage, une sorte de galerie et semblaient traverser et retraverser une porte et une fenêtre ouvertes, et de l’endroit que j’avais choisi, qui était à côté du mur et proche de la chaire, je pouvais les voir très clairement, et bien que sachant que Joseph était mort, j’avais du mal à croire qu’il n'était pas là. Son aspect [de Brigham], sa façon de se déplacer, sa façon de marcher étaient exactement comme ceux de Joseph et pourtant c'était Brigham Young et quand il est venu et a commencé à parler aux gens, sa voix était comme celle de Joseph.


Entre-temps les gens s'étaient rassemblés, debout, blottis les uns contre les autres, et exerçaient un poids si énorme sur le plancher que les étais au milieu ont cédé et le plancher s’est affaissé de quelques centimètres, ce qui a causé une panique parmi les gens et certains ont essayé de se précipiter vers la porte, mais la voix forte du prophète Joseph a rapidement rétabli le calme et quelques-uns seulement ont été blessés en étant renversés et piétinés. Il n’y a pas eu d’autres dégâts que quelques fenêtres brisées.

Je ne pourrais expliquer le changement de voix et d'aspect autrement que par le fait que le manteau de Joseph était tombé sur Brigham Young [38].

Laub, George

5 octobre 1814-14 novembre 1877, 29 ans

Après la mort des frères Joseph et Hyrum, Sidney Rigdon ayant été chargé de mission à Pittsburg par Joseph avant sa mort. Après sa mort, Sidney s’est rendu en toute hâte de Pittsburg à Nauvoo pour revendiquer la présidence de l'Église, sachant que Joseph l'avait écarté pour se débarrasser de lui. Quand il est revenu à Nauvoo, il a appelé tout le peuple à se rassembler pour choisir un tuteur, comme il disait. L'Église, disait-il, avait 14 ans et c'était le devoir de l'Église de choisir un tuteur et il a prêché là-bas pendant deux jours sur ce sujet de la tutelle, disant que les voies du Seigneur n'étaient pas les voies des hommes, mais comme les cieux sont plus élevés que la terre, les voies du Seigneur sont plus élevées que les voies des hommes, etc. Juste au moment où le vote devait avoir lieu pour le faire président et tuteur, le Seigneur a voulu que les Douze rentrent au pays et j’ai eu envie de louer Dieu de voir Brigham Young monter alors sur l’estrade.

Quand le président Young s'est levé pour s'adresser à l'assemblée, sa voix était la voix de frère Joseph et son visage semblait être le visage de Joseph et si je n’avais pas vu son visage mais entendu sa voix, j’aurais déclaré que c'était Joseph [39].

Mace, Wandle

19 février 1809-10 août 1890, 35 ans

En arrivant à Nauvoo, il (Sidney) a immédiatement convoqué une réunion pour que les gens choisissent un tuteur pour l'Église. Heureusement, les Douze, avec le président Brigham Young, sont arrivés à temps pour assister à cette réunion. L’intention de Sidney était de tenir cette réunion avant que les Douze n’arrivent.

La réunion a eu lieu comme prévu, Sidney Rigdon s'adressant à nous, donnant ses idées sur notre situation et a invité les gens à choisir un tuteur ou un administrateur pour l'Église, mais l’esprit de l'Évangile ne semblait pas être dans ses paroles et il était évident pour tout le monde qu'il n'était pas dicté par le Saint-Esprit.

Une réunion a été convoquée ou plutôt a continué comme conférence spéciale et l'après-midi le président Brigham Young s'est adressé au peuple. Lors de cette réunion, l’Esprit s’est vraiment manifesté de sorte que nous avons eu l’impression que c’était Joseph lui-même qui s'adressait à nous, la voix, le visage étaient ceux de Joseph. Le manteau de Joseph était effectivement tombé sur Brigham Young. Il n'y avait maintenant aucun doute, s'il y en avait jamais eu, sur la question de savoir qui détenait le pouvoir. Tous ont pu voir et ont rendu témoignage que l'Esprit leur avait manifesté que Brigham Young était l'homme qu’il fallait, et qu’il était au bon endroit. Joseph avait dit, les mains sur la tête de Brigham Young, chez John P. Green à Quincy : « Tant que vous vivrez, aucun autre homme ne pourra occuper cette place. »

Le président Brigham Young a exprimé ses idées sur la situation actuelle de l'Église, maintenant que notre prophète et notre patriarche nous ont été enlevés. Il a dit :

« Tandis que le prophète vivait, nous avons marché par la ‘vue’. Il nous a été enlevé et nous devons maintenant marcher par la ‘foi’ ». Après qu'il a eu expliqué les choses d’une manière si satisfaisante que chaque saint présent a pu voir que de même que jadis le manteau d'Élie était tombé sur Élisée, de même aussi le manteau ou l'esprit et le pouvoir que Joseph avait détenus de son vivant était tombé sur Brigham Young comme président des Douze, qui était le collège le plus élevé et détenant la plus haute présidence ou Première Présidence de l'Église de Dieu sur la terre [40].

Merrill, Phileman Christopher

1820-1904, 24 ans

Triste a été le jour où les saints se sont réunis à l’appel des apôtres dans un bosquet, à l'est de notre temple bien-aimé qui était inachevé, pour écouter ce qui allait se dire. Car où était-il, le bon berger ? Nous avions été laissés seuls, pensions-nous, sans personne pour nous diriger. C'était une période sombre. Sidney Rigdon nous a parlé et a dit que nous étions majeurs, que nous devions choisir notre tuteur et il se proposait pour l’être pour diriger l'Église, mais cela ne satisfaisait pas le peuple. Mais quand le président Brigham Young s'est levé et a déclaré : « Arrêtez-vous et voyez le salut du Seigneur », l'Esprit de Dieu a reposé sur moi et j’ai alors reçu le témoignage que c’était sur Brigham Young que reposait l'autorité de la sainte prêtrise [41].

Morris, George

24 août 1816-27 juin 1897, 27 ans

Sidney Rigdon a annoncé sa prétention à être tuteur de l’Église, disant qu'elle n’avait pas atteint la maturité pour se gérer elle-même, étant donné qu’elle n’avait que 14 ans et qu’il était second en autorité après Joseph ; que c'était son devoir d’agir en tant que tuteur pour elle jusqu’à ce qu’elle soit suffisamment âgée pour se gérer elle-même. Le 5 août 1844, une réunion spéciale a été convoquée pour que l'Église se rassemble afin d’entendre ce qu'il avait à dire sur le sujet. Il a rempli le temps pendant la matinée.

L’après-midi, le président Young
s'est levé pour répondre à ce qu'il avait dit et quand il s'est levé pour parler, j’étais assis tout juste devant lui, la tête penchée, réfléchissant à ce que frère Rigdon avait dit, quand j’ai sursauté en entendant la voix de Joseph – il avait une façon bien à lui de s’éclaircir la voix avant de parler, un effort qui lui était propre – du genre hem ! hem ! – j’ai relevé brusquement la tête et la première chose j'ai vue, c’était Joseph, aussi clairement que je l’avais jamais vu de ma vie, et les premiers mots qu’il a prononcés ont été : C’est ici qu’est l’autorité de diriger cette Église – se frappant en même temps la poitrine et après avoir prononcé encore une phrase ou deux, c’était Brigham Young. C’était là un témoignage suffisant pour me convaincre sur qui reposait l’autorité appropriée [42].


Pace, William Bryam

9 février 1832-18 juin 1907, 12 ans

Sidney Rigdon a passé ce qui m’a semblé être plusieurs heures à haranguer le peuple sur l'importance de faire de lui son chef, après quoi Brigham Young s'est levé et n’avait dit qu’un mot quand l'assemblée entière a observé que le manteau de « Joseph » était sur lui par la parole, les gestes et l'aspect général.

Le peuple s’est levé en masse d’un bond d’étonnement, car il semblait que c’était Joseph qui était revenu et qui parlait au peuple.

J'étais petit et je suis monté sur un banc pour être plus complètement témoin du « phénomène ».

Il n'y avait plus le moindre doute quant au fait de savoir qui était le dirigeant [43].

Patten, George

[8 octobre 1825] 26 octobre 1828-16 février 1914, 15 ans

Je connaissais le prophète Joseph Smith et je l'ai vu mort, et l’un des témoignages les plus forts que j'aie jamais eus de la véracité de cette œuvre des derniers jours s’est produit quand le président Young s'est levé devant le peuple et que l'esprit du prophète [Joseph] a reposé sur lui, et que son visage a ressemblé au prophète et sa voix à celle du prophète. C’est ainsi que le Seigneur a montré au peuple qui et où était le dirigeant, car il y en avait plusieurs qui réclamaient leur droit de diriger l'Église. « Une dizaine ambitionnaient le manteau que notre prophète portait. » Mais Dieu savait qui cela devait être et c’est ainsi qu’il est tombé sur Brigham Young et, à de rares exceptions près, le peuple est rentré chez lui réjoui et satisfait [44].

Porter, Nathan Tanner

10 juillet 1820-9 avril 1897, 24 ans

La question se posait maintenant pour certains de savoir qui allait diriger l'Église, ce qui a été la cause de pas mal de commentaires en privé et de beaucoup de conjectures parmi le peuple quant à savoir qui était le successeur légitime à la présidence de l'Église. Comme Sidney Rigdon avait précédé les Douze dans son retour de l'Est et prétendait que c'était son droit, s’efforçant de rassembler le peuple dans le but de lui faire ratifier ses prétentions par son vote. Mais les Douze étant revenus avant que cela n’arrive, Brigham Young, en tant que président du Collège, a convoqué une conférence spéciale de toute l'Église, à laquelle il a été rendu visiblement manifeste à la plupart sinon à toutes les personnes présentes qu'il avait été choisi par Dieu pour prendre la place de Joseph pour faire avancer la cause de [Sion].

Car lorsqu’il s’est levé
et a commencé à parler au peuple, il a été transfiguré de telle sorte qu’il a ressemblé à Joseph dans son aspect et le son de sa voix, de sorte qu'un chuchotement a parcouru la vaste assemblée—c’est Joseph—c’est Joseph, tandis que les yeux de la multitude se rivaient sur lui avec étonnement. Cela a produit une conviction ferme dans l’esprit des gens au delà de toute possibilité de doute qu'il était l'homme et il a donc été incorporé par la voix unanime de toutes les personnes présentes avec Heber C Kimball et Willard Richards comme ses conseillers. Comme j’étais présent, j’ai aussi été témoin oculaire de cette manifestation merveilleuse [45].


Pulsipher, John

17 juillet 1827-9 août 1891, 17 ans

J'ai été avec le prophète Joseph et j’ai entendu ses enseignements chaque semaine et parfois quotidiennement. La dernière fois que je l'ai entendu parler en public, c’est quand il a parlé à la Légion. Après avoir parlé de ce par quoi il était passé et de ce qu'il avait souffert de la part des hommes pour avoir prêché l'Évangile de Jésus-Christ, il a dit : Depuis ma jeunesse jusqu'à ce jour j'ai été pourchassé comme un chevreuil sur les montagnes. On ne m'a jamais permis de vivre comme les autres hommes. J'ai été chassé, poursuivi, lapidé, fouetté, volé, assailli, emprisonné, persécuté, accusé faussement de tout ce qu’il y avait de mauvais. J'ai souffert jusqu'à ce que le Seigneur sache que j'ai souffert assez.

Après la mort de Joseph, Sidney Rigdon est venu et a cherché à se placer à la tête de l'Église. Par sa flatterie, il en a trompé beaucoup. Juste avant qu'il ne demande le vote de l'assemblée publique, Brigham Young, le président des Douze, est rentré de mission. Ce furent de joyeuses retrouvailles. Les fidèles ne savaient pas que Joseph avait ordonné frère Brigham et les Douze pour diriger l'Église, mais ils savaient que les Douze étaient le second collège en autorité. Ceux qui servaient le Seigneur fidèlement n'ont pas été trompés.

Je suis allé à la réunion où l'Église se réunissait dans le bosquet à l'est du temple, où le président Brigham Young s'est levé et a parlé et il a parlé avec la voix de Joseph. Dès l’instant où je l'ai entendu parler (8 août), j’ai pensé à Joseph et à partir de ce moment-là, sa voix a ressemblé à celle de Joseph et dès lors, l'Église, d’une manière générale, a été convaincue de ce que le manteau de Joseph était sur Brigham. Malgré tout cela, Sidney Rigdon, James J. Strang, Lyman Wight, James Emmet et d'autres ont éloigné beaucoup de personnes de l'Église [46].


Pulsipher, Zerah

24 juin 1789-1er janvier 1872, 55 ans

À ce moment, les émeutiers s’attendaient à ce que nous nous levions pour leur livrer bataille ; nous avons pensé qu’il valait mieux ne pas le faire. Nous sommes donc restés tranquilles et nous avons continué notre travail sur le temple, l'avons fini et avons obtenu nos dotations. Mais à ce moment-là, la plupart des 12 étaient absents en mission. Sidney Rigdon, qui aspirait à la présidence, est venu, a convoqué l'Église et a présenté ses prétentions à la présidence. Mais les 12 sont bientôt rentrés et sont apparus sur l’estrade le jour fixé pour le choix. Sidney a fait son plaidoyer.

Brigham Young
a commencé à parler et à ce moment-là j’étais assis le dos tourné à l’estrade comme beaucoup d'autres. Et quand Brigham a parlé, il l’a fait avec la voix de Joseph et nous nous sommes retournés pour voir Brigham parler avec la voix de Joseph et voici que le manteau de Joseph était tombé sur lui. Les gens l'ont compris de la même manière. Brigham était à la tête des Douze, c’est pourquoi l'Église s’est tournée vers lui [47].


Richards, Jane Snyder

31 janvier 1823-17 novembre 1912, 21 ans

Lors du retour des apôtres et des anciens, une réunion a été convoquée et, par un vote unanime, Brigham Young a été choisi comme président. Tandis qu’il était en chaire, il a dit qu'il aurait préféré prendre le sac et la cendre pendant un mois plutôt que d’apparaître devant le peuple. Mais alors la solitude a semblé exiger que quelqu'un s’avance et il s'est senti contraint à le faire. Et nous avons su que c’était lui qui devait être le président parce qu'il avait à ce moment-là la voix et la façon de se tenir de Joseph comme des centaines de personnes peuvent en témoigner [48].

Après la mort tragique [de Joseph], j’ai assisté à la réunion à laquelle le président Brigham Young s'est adressé aux saints et j’ai vu son visage illuminé et acquérir l’apparence du visage de Joseph tandis que la voix de Joseph semblait s'adresser au peuple par la bouche de Brigham. Je n’oublierai jamais le tressaillement divin qui a parcouru l’assistance à cette occasion et l'impression que l'aspect et la voix de Joseph ont produite sur ses auditeurs [49].

Richards, Maria Wealthy Wilcox

Voir Wilcox, Maria Wealthy

Romney, George

14 août 1831-1er ou 2 février 1920, 12 ans

Le moment est venu où les Douze sont revenus à Nauvoo. Ils ont convoqué une réunion dans la « Bowery », et Sidney Rigdon, avec toute l’éloquence dont un homme est capable, a parlé pendant une heure et demie, mais quand il s'est assis, Brigham Young s’est levé, et je vous témoigne en toute ferveur, devant Dieu, que le manteau de Joseph Smith est tombé sur Brigham Young. C'était la voix de Joseph, absolument la voix et la façon de se tenir de Joseph, quand Brigham Young s'est adressé au peuple et lui a dit qui devait être son dirigeant. Ceci n’a rien d’imaginaire ; aussi vrai que je me tiens ici après tellement d’années écoulées entre l'année 1844 à ce jour [50].

Ils étaient pour ainsi dire des enfants ; et quand l'homme de Dieu, comme le peuple le connaissait, a été emporté, il ne savait pas ce qui adviendrait de lui. Telle était la situation dans laquelle nous étions—du chagrin et de la souffrance pour la perte de cet homme. J'ai dit que les gens étaient tous des enfants. Mais ils connaissaient la voix du berger. Sidney Rigdon et les autres disaient : « C’est moi, c’est moi », mais cela n'a pas pris. Les brebis étaient plus malines que cela. Et quand les Douze sont revenus de l'Est, je n'oublierai jamais en ce monde ou dans le monde à venir la scène quand Brigham Young s'est levé après que Sidney Rigdon a passé une heure et demie à prononcer un discours éloquent.

Quand
Brigham s'est levé, le manteau de Joseph Smith est tombé sur lui. C'était la voix de Joseph, c'était l'aspect de Joseph, et je vous témoigne, si c’est la dernière fois de ma vie que je le fais, en présence de Dieu et des anges, que c'est la vraie vérité. C'est vrai que le manteau de Joseph est tombé sur Brigham Young et le peuple le savait [51].


Smith, Job Taylor

2 décembre 1828-3 janvier 1913, 15 ans

Un jour de cette semaine d’août, Sidney Rigdon est revenu et a réuni le peuple pour écouter son éloquence et ses prétentions spéciales. J'ai entendu tous ses discours et ils étaient longs et disaient que le père de l'Église était mort et qu’il fallait un tuteur et qu'il était l'homme qui devait remplir ce poste.

Mais le 8 août, les apôtres sont apparus sur l’estrade, étant tout juste revenus de l’Est. Et pour moi cela a fait sensation. Le président Brigham Young s'est levé pour parler et tous les yeux se sont tournés vers lui, et pendant qu'il parlait, il m’a semblé que c’était la voix du prophète qui parlait par lui. Je ne me rappelle pas grand chose de ce qu'il a dit en fait de raisonnement, mais je n’oublierai jamais le son de sa voix quand il a prononcé les mots : « Si vous souhaitez savoir qui est le président de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, c’est moi. »

Les historiens ont donné ses paroles en entier, mais moi, j'écris simplement de mémoire. Je me rappelle également qu’à la proposition de soutenir les douze apôtres comme autorité présidente de l'Église, il a ajouté la poursuite de l’exécution des mesures du prophète pour l’achèvement du bâtiment du temple et pour donner au peuple ses dotations. Le peuple a voté ces mesures de tout cœur, car les brebis connaissent la voix du berger ; elles ne voudraient pas suivre un étranger ou quelqu’un qui aurait faibli dans un moment difficile [52].


Smoot, Abraham Owen

17 février 1815-5 mars 1895, 29 ans

J'étais présent lors de la réunion tenue à Nauvoo le jour où le président Young a assumé la direction de l'Église et je peux témoigner, avec des centaines d'autres, qu'il a parlé à cette occasion par le pouvoir de Dieu et qu'il a eu la voix et l'aspect mêmes de Joseph Smith [53].

Smoot, Margaret Thompson McMeans Adkinson

16 avril 1809-1er septembre 1884, 35 ans

J'étais présente le jour où les douze apôtres, avec le président Brigham Young à leur tête, ont pris la présidence de l'Église par le vote unanime de tout Israël rassemblé là et j’ai été personnellement témoin du pouvoir surnaturel qui s’est manifesté à travers Brigham Young. Et j’ai été fermement convaincue qu'il était le successeur légitime du prophète martyrisé. Et j’ai été tout aussi prête et disposée à partir de ce moment-là à obéir ses recommandations et à recevoir ses révélations, que celles de Joseph Smith [54].

Staines, William C.

26____ 1818-3 août 1881, 26 ans

Après cela [un discours de Sidney Rigdon qui a duré trois heures] le président Young a dit qu’il avait écouté tout ce qui avait été dit par l'orateur…Mais puisque le sujet avait été abordé et que le peuple était impatient de savoir qui allait diriger, il a dit d’une voix forte : « Je vais vous dire qui vont être vos dirigeants ou tuteurs : Les Douze ! Moi à leur tête ! » Cela a été dit d’une voix qui était comme celle du prophète Joseph. J'ai pensé que c’était la sienne, comme les milliers de personnes qui l'ont entendue [55].

Stearns, Mary Ann

6 avril 1833-2 avril 1912, 11 ans

J'étais à la grande réunion au cours de laquelle le manteau de frère Joseph est tombé sur Brigham Young au point que son être tout entier a semblé changer et sa voix devenir comme celle du prophète. Les gens autour de moi, se mettant debout pour avoir une meilleure chance d'entendre et de voir, moi et Julia Felshaw, ma petite camarade du jour, étant de petite taille, nous nous sommes mises debout sur les bancs pour pouvoir, nous aussi, voir la transformation merveilleuse, et je sais qu’à partir de ce moment-là, le pouvoir de ce changement est resté sur frère Brigham Young tant qu’il a vécu sur terre. Ceux qui étaient fidèles et avaient le cœur honnête ont été prompts à discerner ce qui était juste et ont pris de nouveau les armes de l'Évangile, se sont ralliés au fidèle Brigham dont la direction légitime leur avait été clairement montrée [56].

Thomas, Catherine

17 mars 1834-15 septembre 1927, 10 ans

Les saints ont bientôt été appelés au temple et la grande question de savoir qui devrait être à leur tête a été réglée. Alors Brigham Young a été choisi pour remplir la vacance laissée par notre prophète bien-aimé. J'ai vu frère Young se lever pour prendre sa place comme président de notre Église et je témoigne qu'il nous a semblé, à moi et à d'autres, être Joseph, le prophète, lui-même par la personne et par la voix, et je me suis exclamée : « Oh, le prophète Joseph est ressuscité ! » Ma sœur Rachel a dit : « Non, c’est frère Brigham Young. » [57].

Tracy, Nancy Naomi Alexandre

1814-1902, 30 ans

Nous avons rendu un témoignage fidèle à nos parents et, au printemps, nous avons dit adieu à nos amis [de l'Est] pour retourner chez nous à Nauvoo. Nous avons débarqué dans la Ville des saints vers la mi-avril, le dimanche matin. Mais comme elle paraissait solitaire, notre prophète et le patriarche n'étaient pas en personne parmi les saints, mais ce jour-là son esprit a reposé sur Brigham Young et comme le manteau d'Élie est tombé sur Élisée, le manteau de Joseph est tombé sur Brigham. On aurait dit que la voix et chaque geste étaient ceux de Joseph, et il a été soutenu comme prophète, voyant et révélateur par la voix du peuple [58].

Dès que nous sommes arrivés, nous sommes allés directement chez nous et nous nous sommes préparés à aller à la réunion, car ce jour avait été désigné pour que nous choisissions une Première Présidence pour diriger l'Église. Les saints se sont assemblés dans un bosquet. Sidney Rigdon et ses disciples étaient là pour défendre leur droit d'être les dirigeants des saints. À un moment donné, il avait été l'un des conseillers de frère Joseph, mais ce n'était pas un homme juste et Joseph s’est débarrassé de lui en disant qu’il l’avait porté suffisamment longtemps et qu’il ne le porterait plus. Par conséquent, il était hors de question qu’on laisse un tel homme diriger le peuple.

Brigham Young a été l'homme choisi et soutenu à l'unanimité pour être le porte-parole de Dieu auprès des saints. Je peux témoigner que le manteau de Joseph est tombé sur Brigham ce jour-là comme celui d'Élie est tombé sur Élisée, parce que il a semblé que sa voix, ses gestes et tout étaient Joseph. On aurait dit que nous l'avions de nouveau avec nous. Il a été soutenu par la voix du peuple comme prophète, voyant et révélateur [59].

Watkins, William Lampard

7 février 1827-18 septembre 1911, 17 ans

Une réunion a été convoquée pour le 8 août [1844] et entre-temps, Brigham Young et la plupart des autres apôtres étaient revenus au pays. C’est à cette réunion que Sidney Rigdon a fait un discours long et ennuyeux où il présentait ses prétentions, disant au peuple les choses merveilleuses qu’il avait projetées pour lui.

C'était un moment solennel, car c’était un homme qui, à cause de son expérience et de ses talents, avait été soutenu comme conseiller de Joseph par le peuple, il y avait un certain temps, bien que contrairement au souhait du prophète, mais les ténèbres ont été bientôt dissipées, parce que, ce jour-là, Brigham Young a expliqué devant le peuple l'ordre de la prêtrise. Il était rempli du pouvoir du Saint-Esprit. Il s'est tenu devant le peuple comme le prophète Joseph Smith l’avait souvent fait et nous avons entendu la voix du vrai berger, parce qu’il a parlé avec la voix de Joseph. Ses gestes et son aspect étaient comme ceux de Joseph et il a été manifesté à tous les participants sur qui reposait la responsabilité de poursuivre l’œuvre de Dieu et de diriger les saints.

J’étais assis dans l’assemblée et je ne m’en suis pas rendu compte pendant un certain temps, mais j'écoutais toujours le prophète Joseph, si grande et merveilleuse était la façon dont la manifestation a eu lieu devant l'assemblée tout entière, que quand la proposition a été faite au peuple de décider qui il soutiendrait comme dirigeant de l'Église, les douze apôtres avec Brigham Young comme président ont été soutenus presque unanimement. Cette circonstance, bien que les saints fussent profondément affligés et fussent remplis de douleur pour la situation dans laquelle ils étaient placés, a apporté un grand soulagement et a donné de la joie aux saints, car ils se sont rendu compte que Dieu se souvenait toujours d’eux [60].

Welch, John

6 janvier 1823-8 novembre 1910, 21 ans

Moi, John Welch, étant d’âge mûr, désire laisser à mes amis et à mes descendants la déclaration suivante :

J'ai été baptisé dans l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours en l'an 1841 ; j’ai émigré à Nauvoo, Illinois, en 1843, et à Salt Lake City en 1852. J'ai bien connu le prophète Joseph Smith et je l’ai entendu de nombreuses fois parler tant en public qu’en privé. J'étais présent lors de la réunion dans le bosquet à Nauvoo, le 8 août 1844, quand Sidney Rigdon a présenté ses prétentions…

J'ai vu Brigham Young, alors président des douze apôtres, se lever pour parler au peuple et il a parlé avec la voix de Joseph Smith ; et je déclare et témoigne en outre que lui, Brigham Young, avait l'aspect du prophète Joseph Smith tandis que lui, Young, parlait ; que j'ai été convaincu alors, et n'ai jamais douté au cours de toutes les années qui se sont passées depuis lors, de ce temps-là jusqu'à présent, que Brigham Young était l'homme qu’il fallait et l'homme choisi de Dieu pour diriger l'Église.


Signé, John Welch

Fait sous serment devant A. L. Farrell, greffier du comté de Cache, Utah [61].

Westover, Eliza Ann

Voir Haven, Eliza Ann Westover

Whitney, Helen Mar Kimball

25 août 1828-15 novembre 1896, 15 ans

Je peux rendre témoignage, avec des centaines d'autres qui ont entendu ce jour-là la voix de Brigham, de l'effet merveilleux et surprenant que cela nous a fait. Si Joseph était ressuscité des morts et s’était tenu devant eux, cela n’aurait pas pu faire une impression plus profonde ou plus durable. C'était la voix même de Joseph. Ceci a été à mentionné de nombreuses fois par les saints des derniers jours. Et cela a été à coup sûr un témoignage extrêmement puissant et convaincant pour eux que c’était lui, au lieu de Sidney Rigdon, qui était destiné à devenir le « grand dirigeant » et sur les épaules duquel le manteau de Joseph était tombé [62].

Wilcox, Maria Wealthy

17 juin 1827-13 janvier 1909, 17 ans

Je me rappelle bien le dimanche matin quand les saints affligés ont été rassemblés dans le petit bosquet où ils avaient l’habitude de se réunir. Sidney Rigdon a présenté ses prétentions à succéder au prophète Joseph, faisant vraiment impression sur les gens ; mais Brigham Young, président des apôtres, venait de revenir de mission à Nauvoo, juste à temps pour assister à la réunion de l'après-midi, et d’une voix qui ressemblait pas mal à celle du prophète, il a dit au peuple que bien que le prophète Joseph fût mort, il avait laissé les clefs du royaume et avait conféré le même pouvoir et la même autorité qu'il possédait lui-même aux douze apôtres et que l'Église ne serait pas laissée sans dirigeant ni guide.

En vérité,
le manteau de Joseph était tombé sur Brigham, et il a parlé avec puissance au point de convaincre les saints, leur assurant qu'ils n'avaient rien à craindre, car tout irait bien, s'ils écoutaient la Parole de Dieu et les recommandations de ses serviteurs, et gardaient ses commandements [63].


Winters, Mary Ann Stearns

Voir Stearns, Mary Ann

Woodruff, Wilford

1er mars 1807-2 septembre 1898, 37 ans

Dans un discours publié en février 1845, Wilford Woodruff a raconté la nouvelle du manteau aux « officiers et membres [de l'Église] » en Angleterre en leur assurant :

Le deuxième jour après notre arrivée, le 8 août 1844, nous nous sommes réunis en conférence spéciale, tous les collèges, autorités et membres de l'Église qui pouvaient s’assembler à Nauvoo. Brigham Young, président du Collège des Douze, a pris la parole. Il était évident pour les saints que le manteau de Joseph était tombé sur lui, il était si facile de voir la voie qu'il traçait que personne ne risquait de s’égarer ; l'esprit de sagesse et de bon conseil accompagnait tous ses enseignements, il a touché une corde avec laquelle tous les coeurs battaient à l'unisson [64].

Je sais que cette œuvre est de Dieu. Je sais que Joseph Smith était un prophète de Dieu. J'ai entendu deux ou trois des frères témoigner de frère Young à Nauvoo. Tous les hommes et toutes les femmes de cette assemblée, qui comptait sans doute des milliers de personnes, pourraient rendre le même témoignage. J'étais là, les Douze étaient là et pas mal d’autres, et tous peuvent rendre le même témoignage. On pourrait poser la question : Pourquoi l'aspect de Joseph Smith a-t-il été donné à Brigham Young ? Parce qu’il y avait Sidney Rigdon et d'autres hommes qui se dressaient et prétendaient être les dirigeants de l'Église ; et les hommes se trouvaient comme sur un pivot, ne sachant vers où se tourner.

Mais dès que
Brigham Young s'est levé dans cette assemblée, son visage a été celui de Joseph Smith ; le manteau de Joseph était tombé sur lui, le pouvoir de Dieu qui était sur Joseph Smith était sur lui ; il avait la voix de Joseph et c'était la voix du berger. Il n'y avait pas une seule personne dans cette assemblée, Rigdon lui-même y compris, qui n’ait eu la certitude absolue que Brigham était celui qui devait diriger le peuple, parce qu’il [Rigdon], de son propre chef, n’a pas voulu que son nom soit présenté après que le sermon a été prononcé. Il y avait une raison à cela dans l'esprit de Dieu : cela a convaincu le peuple. Il a vu et entendu par lui-même et cela s’est fait par le pouvoir de Dieu [65].


Je ne sais pas s'il y a quelqu’un présent ici ce soir à part moi qui était là à cette conférence. Il n’y a que peu de personnes en vie qui étaient présentes à cette occasion… et quand Brigham s'est levé et a commencé à parler, comme on l’a dit, si mes yeux n'avaient pas été là pour que je puisse voir, si je ne l'avais pas vu de mes propres yeux, personne n’aurait pu me convaincre que ce n'était pas Joseph Smith [66].

NOTES

Abréviations utilisées dans les notes :

BYU Archives: Special Collections and Manuscripts, Harold B. Lee Library, Brigham Young University, Provo, Utah

FHL Archives: Family History Library, The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, Salt Lake City

LDS Church Archives: Archives Division, Historical Department, The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, Salt Lake City

[1] William Adams, "Autobiography of William Adams, 1822-1894," typescript, 14, BYU Archives ; William Adams, "Autobiography 1894," typescript, 14, LDS Church Archives.

[2] William Moore Allred, "Reminiscences and Diary, 1883", olographe, p. 11, LDS Church Archives.

[3] Benjamin Ashby, "Autobiography of Benjamin Ashby, 1828-1907", olographe, non paginé, microfilm, FHL Archives; Robert L. Ashby, ed., Ashby Ancestry: Something of the Origin of the Name and Family, Salt Lake City, Stringham Ashby Steven, 1941, non paginé; voir aussi Armis J. Ashby, The Robert L. Ashby and Hannah Cropper Family Book of Their Descendants and Ancestors, Salt Lake City, Ashby-Cropper Family Organization, 1991, p. 16.

[4] Lewis Barney, Reminiscences [1888], olographe, pp. 15-16, microfilm, LDS Church Archives.

[5] Renseignement transmis à l’auteur par une descendante. Katherine Adams Peterson à l’auteur, août 1996.

[6] Henry et Catharine Brooke à Leonard et Mary Pickel, 15 novembre 1844, Leonard Pickel Papers, université de Yale, cité dans D. Michael Quinn, "Mormon Succession Crisis», BYU Studies 16, no. 2, 1976, p. 212.

[7] Henry Schuler Buckwalter, "Biographical Sketch of Henry Schuler Buckwalter", Miscellaneous Mormon Diaries, 11:3, document dactylographié, BYU Archives.

[8] Thomas Bullock à John O. Angus, Salt Lake City, 18 décembre 1851, dans Millennial Star 14, 3 juillet 1852, p. 299.

[9] Robert Taylor Burton, "Statement Concerning the Transfiguration", 28 juillet 1905, document dactylographié, 2 pages, LDS Church Archives; voir aussi Janet Burton Seegmiller, Be Kind to the Poor: The Life Story of Robert Taylor Burton, n.p.: Robert Taylor Burton Family Organization, 1988, p. 49.

[10] William Burton, Journal, mai 1845 [dans l’inscription du 26 avril 1845], BYU Archives ; William Burton, "William Burton Diaries, 1839-1851", mai 1845, p. 2-8, LDS Archives ; voir aussi Eugene England, Brother Brigham, Salt Lake City, Bookcraft, 1980, p. 75 ; et Quinn, "Mormon Succession Crisis", p. 212. C’est un des plus anciens récits contemporains à avoir survécu, écrit dix mois après l’événement. Burton n’était pas à Nauvoo en 1844. Il était en mission.

[11] Anson Call, "The Life and Record of Anson Call: Commenced in 1839», olographe, p. 30, LDS Church Archives. Dans une note à la fin du journal de Call dans les LDS Church Archives, T. Edgar Lyon identifie Mary Flint Call comme étant la secrétaire d’Anson. Anson Call, The Journal of Anson Call, n.p.: Ethan L. Call et Christine Shatter Call, 1986, p. 31-32. Ce journal a commencé en 1839 et a été dicté à ou recopié par “diverses personnes, sans doute ses femmes”. Call, Journal of Anson Call, notes de l’éditeur.

[12] George Q. Cannon, Juvenile Instructor 5, 29 octobre 1870, pp. 174-175 ; voir aussi Edward W. Tullidge, Life of Brigham Young; or, Utah and Her Founders, New York, n.p., 1877, p. 115 ; B. H. Roberts, A Comprehensive History of The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, Century One, 6 vols., Provo, Utah, Corporation of the President, The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, 1965, vol. 2, p. 418 ; et Leonard Arrington, Brigham Young: American Moses, New York, Alfred A. Knopf, 1985, p. 115.

[13] Elias Cox, "Joseph Smith, the Prophet", Young Woman’s Journal 17, décembre 1906, p. 544.

[14] Caroline Barnes Crosby, "Memoirs Begun at Tubuai, Society Islands, 1851", olographe, non paginé, LDS Church Archives; Caroline Barnes Crosby, "The Papers of Jonathan and Caroline Crosby", non paginé, microfilm, FHL Archives. Le journal de Caroline Barnes Crosby a commencé en 1851 dans les îles de la Société pendant que les Crosby étaient en mission.

[15] Homer Duncan, Autobiographical Sketch, olographe, p. 22-23, LDS Church Archives.

[16] Edmund Ellsworth, Autobiography [vers 1892], olographe, 4-5, LDS Church Archives.

[17] Mary Field Garner, Autobiographical Sketch, document dactylographié, p. 6-7, LDS Church Archives; Mary Field Garner, "Biography as-told-to Harold H. Jenson and Mary’s Granddaughter Annie Garner Barton", document dactylographié, p. 6-7, BYU Archives, copie en la possession de l’auteur.

[18] Document dactylographié du journal de James Madison Fisher [1906] dans Lucy Elizabeth Fisher Brown, comp., "History and Genealogy of Jesse, Joseph, and James Madison Fisher and Evaline McLean", document dactylographié, p. 5-6, microfilm, FHL Archives.

[19] Jacob Gates, Journals, 1836-1861, vol. 2, olographe, non paginé, LDS Church Archives.

[20] James Harvey Glines, "Reminiscences and Diary, mars 1845-décembre 1899", olographe, p. 41, LDS Church Archives.

[21] William Greenhalgh, "The History of William Greenhalgh: As Written By Himself", document dactylographié, pp. 1-2, FHL Archives, copie en la possession de l’auteur. Ce document dactylographié a été écrit dans les années 1870 sur la base de journaux intimes plus anciens. Cette copie a été donnée à l’auteur et aux FHL Archives par Glade Greenhalgh, arrière-petit-fils de William. L’original holographique est en la possession de Jean Bluth de Colorado Springs, Colorado.

[22] Jacob Hamblin, Journal 8, document dactylographié, microfilm, LDS Church Archives.

[23] James A. Little, Jacob Hamblin: A Narrative of His Personal Experience, as a Frontiersman, Missionary to the Indians and Explorer, Salt Lake City, Juvenile Instructor Office, 1881, pp. 19-20. Little écrit dans la préface que Jacob Hamblin "fut incité à raconter, pour que la plume de frère James A. Little les écrive, les événements publiés dans la présente." Voir aussi Pearson H. Corbett, Jacob Hamblin, the Peacemaker, Salt Lake City, Deseret Book, 1952, p. 21-22.

[24] Mosiah Lyman Hancock, "Autobiography of Mosiah Lyman Hancock", 1834-1865, olographe, non paginé, LDS Church Archives; Mosiah Lyman Hancock, "Mosiah Lyman Hancock", pp. 23, 30, microfilm, FHL Archives; Mosiah Lyman Hancock, "Life Story of Mosiah Lyman Hancock", document dactylographié, p. 16, 20, BYU Archives.

[25] John Nelson Harper, Autobiography [vers 1861], document dactylographié, 10, dactylographiée par Jewel B. Furniss, LDS Church Archives. "Le livre a été copié du vieil original qui avait été écrit par John Harper", page de titre.

[26] Eliza Ann Haven Westover, "Letter to Son Written 1918", p. 4 LDS Church Archives; Seegmiller, Life Story of Robert Taylor Burton, p. 50 ; voir aussi Barlow, Israel Barlow Story, p. 205.

[27] Drusilla Dorris Hendricks, "Historical Sketch of James Hendricks and Drusilla Dorris Hendricks", document dactylographié, non paginé, microfilm, FHL Archives, dicté par Drusilla après le décès de son mari en 1870; Drusilla Dorris Hendricks, "Historical Sketch of James Hendricks and Drusilla Dorris Hendricks", document dactylographié, p. 18, microfilm, LDS Church Archives; Marguerite H. Allen, comp., Henry Hendricks Genealogy, n.p.: Hendricks Family Organization, 1963, p. 26. Voir aussi Madsen, In Their Own Words, p. 168.

[28] Quinn, "Mormon Succession Crisis", p. 212 n. 69.

[29] Emily Smith Hoyt, Reminiscenses and Diaries 1851-1893, olographe, pp. 20-21, microfilm, LDS Church Archives, le journal originel est en la possession de Jonathan A. Dibble, Salt Lake City.

[30] Zina Diantha Huntington Young, Diaries 1844-1845, 8 août 1844, olographe, LDS Church Archives, publié dans Maureen Ursenbach Beecher, "‘All Things Move in Order in the City’: The Nauvoo Diary of Zina Diantha Huntington Jacobs", BYU Studies 19, no. 3, 1979, p. 285-320.

[31] Edward W. Tullidge, The Women of Mormondom, New York: impression privée, 1877, p. 326-327; voir aussi Richard Neitzel Holzapfel et Jeni Broberg Holzapfel, Women of Nauvoo, Salt Lake City, Bookcraft, 1992, p. 134-135.

[32] Orson Hyde, "Remarks", Deseret News Semi-Weekly, 16 novembre 1869, discours prononcé le 6 octobre 1869) ; voir aussi Orson Hyde, dans Journal of Discourses, 26 vols., Liverpool, Horace S. Eldredge, 1855-86, vol. 13, p. 181, 6 octobre 1869, cité ci-après sous le sigle JD. Un résumé du discours de frère Hyde a également été publié dans "Thirty-Ninth Semi-Annual Conference", Deseret News, 13 octobre 1869.

[33] Hyde, dans JD, vol. 19, p. 58, 5 avril 1877.

[34] William Hyde, "The Private Journal of William Hyde, 1868", olographe, p. 64-67, et document dactylographié, p. 21-23, LDS Church Archives ; William Hyde, "The Private Journal of William Hyde", document dactylographié, p 13-15, microfilm, FHL Archives. William fut baptisé en 1834 et tint des annales détaillées de ses activités dans l’Église. Si ce journal manuscrit n’a pas été tenu en même temps, il a dû être basé sur des notes copieuses et datées de ses activités dans l’Église. Il reconnaît qu’à l’occasion des instructions ont été données qu’il n’a pas écrites. Hyde, "Private Journal", p. 16, FHL Archives. Ceci indique que les informations qui sont dans son journal étaient généralement écrites au jour le jour.

George Albert Smith, membre du Collège des douze apôtres, a vu le journal originel chez une petite-fille, Elizabeth Hyde Geary, et en a lu le contenu en diagonale. Se rendant compte de la richesse des informations sur l’histoire de l’Église que contenait ce journal privé, I l’a immédiatement demandé pour les Archives de l’Église et en a fait faire une copie dactylographiée pour soeur Geary. Introduction to Hyde Journal, LDS Church Archives.

[35] Rachel Ridgeway Grant, "Joseph Smith the Prophet", Young Woman’s Journal 16, décembre 1905, p. 551; voir aussi Ronald W. Walker, "Rachel R. Grant: The Continuing Legacy of the Feminine Ideal", dans Cannon et Whittaker, Supporting Saints, p. 24.

[36] "An Interesting Letter: From Patriarch Benjamin F. Johnson to Elder Geo. S. Gibbs", document dactylographié, 15, BYU Archives; Benjamin F. Johnson à George S. Gibbs, 1903, LDS Church Archives, cité dans E. Dale LeBaron, "Benjamin Franklin Johnson: Colonizer, Public Servant, and Church Leader", thèse de maîtrise, université Brigham Young, 1967, p. 343-344. Cette lettre fut écrite au début de 1903, alors que Johnson avait environ quatre-vingt-cinq ans. "Interesting Letter", i. Voir aussi Dean R. Zimmerman, I Knew the Prophets: An Analysis of the Letter of Benjamin F. Johnson to George F. Gibbs, Reporting Doctrinal Views of Joseph Smith and Brigham Young, Bountiful, Utah, Horizon, 1976, p. 65-67.

[37] Benjamin F. Johnson, My Life’s Review, n.d.; réimpression, Mesa, Arizona, Lofgreen Printing, 1979, pp. 103-104 ; voir aussi Arrington, Brigham Young, 114-115 n. 8.

[38] Zadoc Knapp Judd, "Autobiography of Zadoc Knapp Judd, 1827-1909", document dactylographié, pp. 17-19, BYU Archives; Zadoc Knapp Judd, Autobiography, 1900, document dactylographié, p. 17-19, LDS Church Archives.

[39] George Laub, "George Laub’s Journal, 1845-46", olographe, pp. 90-91, microfilm, LDS Archives; Eugene England, ed., "George Laub’s Nauvoo Jounal", BYU Studies 18, no. 2, 1978, p. 166. Richard S. Van Wagoner conteste la citation ci-dessus dans son livre, Sidney Rigdon: A Portrait of Religious Excess, Salt Lake City, Signature Books, 1994, p. 351 n. 99. Van Wagoner dit que le récit de Laub concernant le manteau n’a été écrit qu’à son arrivée en 1852 dans le Territoire d’Utah. Ce que Van Wagoner prétend, c’est que le journal de Laub de 1845-1846 a en réalité été copié d’un autre journal de Laub daté de 1845-1852 et que l’événement de la transfiguration y a alors été inséré. Les deux journaux sont actuellement conservés dans les LDS Church Archives.

L’historien Michael Quinn explique : Eugene England a édité le "George Laub’s Nauvoo Journal", Brigham Young University Studies 18, Hiver 1978, p. 166, qui fait aussi une description explicite de la transfiguration de Brigham Young. Toutefois, Van Wagoner, Sidney Rigdon, démontre que England avait édité la révision de Laub, datée des environs de 1852, de son journal originel de Nauvoo, dont England ne disposait pas. Offert aux archives de l’Église après l’article d’England, le journal originel de Laub ne parle pas d’une expérience mystique lors de la réunion d’août 1844. Quinn, Mormon Hierarchy, p. 393 n. 114. Si Van Wagoner a raison de dater à 1852 le journal de Laub mentionnant le manteau, ce récit reste quand même une des narrations les plus anciennes, écrite au moins dix-sept à dix-huit ans avant la publication du premier récit complet de l’expérience du manteau.

[40] Wandle Mace, "The Diary of Wandle Mace", Salt Lake City, Genealogical Society of Utah, 1964, pp. 156-157, microfilm, FHL Archives; Wandle Mace, Autobiography [vers 1890], olographe, pp. 95-96, microfilm, LDS Church Archives. Voir aussi Wandle Mace, Autobiography [vers 1890], olographe [écrit en 1911], pp. 113-114, LDS Church Archives. Les deux autobiographies qui se trouvent aux LDS Church Archives ont été copiées par sa femme, Elizabeth Howell Mace.

[41] Philemon Christopher Merrill, Autobiography [vers 1890], document dactylographié, p. 4, LDS Church Archives. Transcription par Zola S. Hardy, femme<d’un arrière-petit-fils de Philemon, d’un ologfraphe de six pages.

[42] George Morris, "Life Story of George Morris of the Seventeenth Ward, Salt Lake", olographe, non paginé, microfilm, FHL Archives; voir aussi George Morris, "Autobiography of George Morris», document dactylographié, p. 27, BYU Archives. L’autobiographie de Morris a été publiée, mais l’éditeur n’est pas mentionné.

[43] William Bryam Pace, "Diary of William Bryam Pace and Biography of His Father, James Pace", document dactylographié, p. 7, BYU Archives. C’est une copie d’un original en la possession de Sidney A. Pace, Orem, Utah.

[44] George Patten, "Life Sketch", 1900, holographe, non paginé, LDS Archives; George Patten, "A Short Sketch [vers 1909] ", document dactylographié, p. 2, microfilm, LDS Church Archives.

[45] Nathan Tanner Porter, Reminiscences [vers 1879], olographe, p. 131-133, microfilm, LDS Church Archives.

[46] John Pulsipher, "A Short Sketch of the History of John Pulsipher", document dactylographié, pp. 7-8, LDS Church Archives ; Newell et Avery, Mormon Enigma, p. 203.

[47] Zerah Pulsipher, Autobiographical sketch, LDS Church Archives ; Nora Hall Lund et Terry Lund, comps., "Pulsipher Family History Book", p. 23, FHL Archives.

[48] Jane Snyder Richards, "Papers 1869-", olographe, p. 13, LDS Church Archives ; Madsen, In Their Own Words, p. 174.

[49] Jane Snyder Richards, "Joseph Smith, the Prophet", Young Woman’s Journal 16, décembre 1905, p. 550.

[50] George Romney, "Joseph Smith Was the Chosen Prophet of God—His Mantle Fell upon Brigham Young", Liahona, the Elders’ Journal 17, 13 avril 1920, p. 339 ; Caroline Eyring Miner, Miles Romney et Elizabeth Gaskell Romney and Family, Salt Lake City, Miles Romney Family Organization, 1978, p. 74. Le dernier témoignage public de Romney fut rendu lors d’une réunion des saints suédois dans l’Église de la douzième-treizième paroisse à Salt Lake City, le 17 décembre 1919, soixante-quinzer ans après le phénomène du manteau d’août 1844. Fier vieillard de quatre-vingt-huit ans, il rendit un témoignage puissant du miracle du manteau.

[51] George Romney, c²ompte rendu dactylographié du témoignage, tapé par Mary R. Ross, LDS Church Archives ; England, Brother Brigham, p. 75 ; Gustave Arnt Iverson, "The Mantle of the Prophet", document dactylographié, LDS Church Archives. Témoignage de l’évêque George Romney lors d’une conférence de pieu, le 22 juin 1919, à la paroisse d’Ensign, Salt Lake City.

[52] Job Taylor Smith, "Diary of Job Taylor Smith; a Pioneer of Nauvoo, Illinois and Utah [vers 1902]", document dactylographié, p. 8, LDS Church Archives.

[53] Abraham O. Smoot, "Early Experiences of A. O. Smoot", Early Scenes in Church History: Eighth Book in the Faith-Promoting Series, Salt Lake City, Juvenile Instructor’s Office, 1882, p. 24 ; C. Elliott Berlin, "Abraham O. Smoot, Pioneer Mormon Leader", thèse de maîtrise, université Brigham Young, 1955, p. 35-36.

[54] Margaret T. Smoot à Mr. [H. H.] Bancroft, "Experiences of a Mormon Wife", 2 septembre 1880, Provo City, Utah, microfilm, BYU Archives; voir aussi Berlin, "Abraham O. Smoot", p. 36.

[55] William C. Staines, "Reminiscenses of William C. Staines", Contributor 12, juin 1891, p. 315 ; voir aussi Staines, cité dans Roberts, Comprehensive History, vol. 2, p. 418 n. 12.

[56] Mary Ann Stearns Winters, "An Autobiographical Sketch of the Life of the Late Mary Ann Stearns Winters, daughter of Mary Ann Stearns Pratt", document dactylographié, LDS Church Archives.

[57] Catherine Thomas Lieshman, Autobiographical sketch [mai 1, 1914], document dactylographié, p. 2-3, microfilm, LDS Church Archives.

[58] Nancy Naomi Alexander Tracy, "Autobiography", olographe, 5, microfilm, FHL Archives ; Nancy Alexander Tracy, "A Short Sketch of the Life and Travels of Nancy N. Tracy", document dactylographié créé par son petit-fils David E. Ellingson, 19, BYU Archives. Voir aussi Madsen, In Their Own Words, p. 255-256. Le récit montre que Nancy et son mari étaient dans l’Est au moment de la réunion du 8 août ou que Nancy avait confondu les dates. Son histoire pourrait être de seconde main ou pourrait être le récit de quelque chose qui leur est arrivé plus tard.

[59] Nancy N. Tracy, Autobiography, document dactylographié, p. 31, LDS Church Archives.

[60] William Lampard Watkins, "A Brief History of William Lampard Watkins, from His Birth until His Arrival in Utah on septembre 12th, 1852", document dactylographié, p. 2, BYU Archives ; William Lampard Watkins, "Autobiography of William Lampard Watkins, from His Birth until He Arrived in Utah on 12 septembre 1852", p. 4, Library Division, Historical Department, The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, Salt Lake City ; Marie M. Hayes, That Others Might Know: A History of the Watkins and Lampard Families, Seattle: Par l’auteur, 1979, p. 24.

[61] John Welch, "Deposition, July 5, 1902", document dactylographié, microfilm, LDS Church Archives. C’est une copie d’une déclaration faite par John Welch le 5 juillet 1902, à Logan City, comté de Cache, Utah. Il est signé, scellé et fait sous serment devant A.L. Farrell, greffier du comté de Cache. Des parties de la déposition se trouvent aussi dans Evaline Dunn Snow, "John and Eliza B. Welch Biographical Sketch", transcription, p. 2, microfilm, LDS Church Archives.

[62] Helen Mar Whitney, "Scenes in Nauvoo after the Martyrdom of the Prophet and Patriarch", Woman’s Exponent 11, 1er février 1883, p. 130 ; Stanley B. Kimball, "Heber C. Kimball and Family, the Nauvoo Years", BYU Studies 15, no. 4, 1975, p. 472.

[63] Maria Wealthy Wilcox, “Joseph Smith, the Prophet”, Young Woman’s Journal 16, décembre 1905, p. 553-554.

[64] Wilford Woodruff, "To the Officers and Members of the Church of Jesus Christ of Latter-Day Saints in the British Islands", Millennial Star 5, février 1845, p. 138.

[65] Wilford Woodruff, "Remarks", Deseret News, 22 mai 1872 ; voir aussi Wilford Woodruff, dans JD, vol. 15, p. 81, 8 avril 1872.

[66] Wilford Woodruff, "Priesthood and the Right of Succession", Deseret News Semi-Weekly, 15 mars 1892, p. 3. Ce témoignage fut rendu publiquement lors d’une réunion des groupes de la Société d’Amélioration Mutuelle des Jeunes Gens. L’orateur B.H. Roberts faisait un exposé sur la succession à la présidence de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. À la demande de Roberts, le président Woodruff, qui était dans l’auditoire, fut invité à rendre son témoignage concernant les événements du 8 août 1844 et de l’expérience du manteau. Voir aussi Arrington, Brigham Young, p. 115.



TÉMOIGNAGES DE SECONDE MAIN

On trouvera ci-après des récits de seconde main de l'expérience du manteau. Ces récits sont de personnes qui ont rapporté une expérience personnelle du manteau mais n'ont pas enregistré leur propre histoire. Leur témoignage verbal a été mis par écrit plus tard par d'autres, habituellement des membres de la famille. D'autres récits dans cette section viennent de journaux intimes de première main qui ne sont pas accessibles à l'auteur de cet article ; dans ces cas, des sources secondaires ont été citées. Comme dans les témoignages de première main, les récits sont présentés par le nom de la personne, les dates de naissance et de décès, l’âge en août 1844, le témoignage, la source et les notes appropriées.

Adams, Sally

29 mai 1825-15 février 1905, 19 ans

« Je me rappelle bien ce jour de juin 1844, quand l'annonce est parvenue à Nauvoo que le prophète et le patriarche avaient été tués par de cruels émeutiers. La nouvelle est tombée comme un coup de massue sur les saints. Leur peine était indescriptible. Beaucoup pensaient que, comme le Sauveur, il allait ressusciter pour devenir leur dirigeant Le souvenir de l’événement ne pourra jamais être effacé. Ce triste événement marque le point culminant des persécutions, inspirées par le diable, des deux nobles de Dieu les plus grands et les plus vrais. »

Sally raconte qu’elle était à la réunion du 8 août 1844, quand Brigham Young parla avec la voix du prophète martyrisé. Il prit la forme et l'aspect de Joseph, de sorte que les milliers de personnes présentes lors de la réunion crurent un instant que le président Smith se tenait réellement devant elles [1].

Angell, Truman Osborn

5 juin 1810-16 octobre 1887, 34 ans

Non seulement Truman Angell néglige de mettre par écrit beaucoup de choses sur sa vie personnelle et professionnelle pendant cette période, mais il écrit aussi peu de choses sur les grands événements historiques qui se produisaient autour de lui. Il mentionne seulement qu'il a « beaucoup souffert – comme le reste de [ses] frères – pendant les persécutions au cours desquelles le prophète et le patriarche ont perdu la vie. » Angell accorda sa loyauté aux apôtres au lendemain de cette tragédie. « Bien que le prophète Joseph et Hyrum Smith aient perdu la vie par la violence des émeutiers, écrit-il, les douze apôtres se sont avancés, avec Brigham Young à leur tête, et le manteau de Joseph était sur eux dans tout ce qui a été fait » [2].

Barlow, Elizabeth Haven

28 décembre 1811-25 décembre 1892, 32 ans

« Quand Brigham Young, président des Douze, a commencé à parler, j'ai vu un changement se produire chez lui—je l’ai vu prendre la forme de Joseph Smith et j’ai entendu sa voix changer pour devenir celle du prophète. Des milliers de personnes dans cette assemblée ont témoigné de la même chose. À partir de ce moment-là, j'ai su qui le Seigneur avait choisi. Tous les vrais saints des derniers jours aussi. La foule a senti que le Seigneur ne l’avait pas abandonnée » [3].

Benson, Eliza Ann Perry

Voir Perry, Eliza Ann

Benson, Ezra Taft

22 février 1811-3 septembre 1869, 33 ans

« Quand frère Brigham Young s'est levé devant le peuple et a parlé… il a été très facile de voir qui possédait le manteau de Joseph. En vérité, comme Jésus l’a dit : ‘Mes brebis connaissent ma voix, mais un étranger, elles ne le suivront pas.’ Car beaucoup ont dit, quand ils ont entendu Brigham parler, que ce n'était pas la voix de Brigham, mais la voix de Joseph » [4].

Billington, Eliza

16 décembre 1825-16 août 1916, 18 ans

Ils [Eliza et son mari John Welch] connaissaient bien le prophète Joseph Smith et son frère, Hyrum, du vivant de ceux-ci et il leur fut permis de voir leurs restes après le martyre. John Welch était l'un de ceux qui gardèrent les corps tandis qu’ils étaient exposés. Ils étaient présents tous les deux lors de la réunion tenue le 8 août 1844, lorsque le manteau du prophète tomba sur Brigham Young, et ils surent que Brigham Young avait été appelé par l’autorité et la puissance divine, et ils racontèrent ces faits de nombreuses fois à leurs enfants et à leurs petits-enfants, fortifiant et édifiant considérablement le témoignage de ceux qui les écoutaient [5].

Cannon, Ann

28 janvier 1832-25 juillet 1921, 12 ans

Après la mort du prophète, j'étais à la réunion où Sydney Rigdon, debout sur un caisson de chariot pour faire son discours, a présenté ses prétentions à être tuteur de l'Église. Quand Brigham Young a présenté ses prétentions, le manteau du prophète est tombé sur lui et nous avons su qu'il devait être le nouveau dirigeant [6].

Carbine, William Van Orden

17 février 1835-11 mai 1921, 9 ans

J'avais neuf ans quand le prophète a été martyrisé. Je me rappelle le remue-ménage à ce moment-là. Le peuple ne savait que faire. Le prophète était parti et Sidney Rigdon voulait qu’on donne un tuteur à l'Église. Thomas Grover, membre du grand conseil, a parlé et a dit au peuple de ne pas se presser : les Douze n’allaient pas tarder à rentrer et ils diraient au peuple quoi faire. Quand Brigham Young est revenu au pays, il a tenu une réunion où le manteau de Joseph est tombé sur lui. C'était une manifestation pour faire savoir au peuple qui devait diriger l'Église. Son aspect et ses gestes étaient comme ceux du prophète. Dans mon enfance, j’avais bien connu le prophète. J’étais assis avec ma mère lors de la réunion et j'ai pensé que c'était le prophète et je l’ai dit à ma mère. Il y a pas mal de gens qui ont entendu ma mère raconter ceci [7].

Bien que n’étant qu’un enfant, je me le rappelle tout à fait distinctement. J'ai dit à ma mère [Adelia] que le prophète n'était pas mort, parce que je l'avais vu sur l’estrade [8].

Carrington, Albert

8 janvier 1813-19 septembre 1889, 31 ans

Dans son discours de conférence dans la « Bowery » à Salt Lake City, le 19 juillet 1857, Brigham Young raconta l'expérience du manteau vécue par Albert Carrington que l’on dit avoir eu lieu pendant la conférence d'octobre 1844 :

Les gens s’imaginent-ils qu'ils peuvent tuer le « mormonisme » ? Je peux mourir pour ma religion et qui s'en inquiète ? Frère Carrington vous a dit que Dieu peut continuer lui-même son œuvre et l'esprit de Joseph qui est tombé sur moi [Brigham] est prêt à tomber sur quelqu'un d'autre quand je serai enlevé…

Le témoignage de frère Carrington vous prouve que les yeux des hommes risquent de se tromper. Il peut sembler étrange à certains qu'il [Carrington] n’ait pas pu me distinguer de Joseph Smith quand je parlais en chaire à Nauvoo pendant la conférence d'octobre 1844. Quelqu'un est arrivé et a passé un doigt sur ses yeux et il ne pouvait voir personne d’autre que Joseph qui parlait, jusqu'à ce que j'aie fini de parler à l'assemblée [9].

Cheney, Talitha Garlik Avery

22 septembre 1824-17 avril 1902, 19 ans

J'étais à Nauvoo quand Sidney Rigdon est venu de l'Est après que frère Joseph et Hyrum ont été tués, pour prendre la direction de l'Église. Il n’y avait aucun des douze apôtres au pays à part frère Taylor et frère Richards. Frère Taylor avait été grièvement blessé, de sorte que Sidney Rigdon s’est dit qu'il allait pouvoir agir à sa guise, mais il se trompait ; il a convoqué une réunion et a dit que l'Église était suffisamment âgée pour se choisir un tuteur, il y avait quatorze ans qu'elle avait été organisée. Mais frère Brigham et le reste des apôtres sont arrivés à temps pour être à la réunion.

Quand Rigdon s’est assis,
frère Brigham s’est levé et a dit : « Tous ceux qui veulent que frère Rigdon les dirige peuvent l’avoir, mais je vous dis que les clefs du royaume sont aux mains des douze apôtres. Ce sont eux qui doivent diriger ce peuple. »


Dès que frère Brigham s'est levé pour parler, je me suis dit : « Voilà l'homme qui doit prendre la tête de ce peuple. » Il ressemblait exactement à frère Joseph et parlait comme lui. J'ai dit : « Assurément le manteau du prophète Joseph est tombé sur frère Brigham. » Je n'ai jamais eu de doute, j'ai su que frère Brigham était l'homme qui devait prendre la place de notre prophète bien-aimé. Je savais que Joseph Smith était un vrai prophète de Dieu et était le porte parole de Dieu auprès du peuple et que frère Brigham était son successeur légitime et un homme de Dieu [10].

Clawson, Ellen Spencer

21 novembre 1832-24 août 1896, 11 ans

Aurelia Spencer Rogers écrit ce qui suit au sujet de sa sœur Ellen :

Le témoignage de ma sœur Ellen a également fortifié ma foi en la véracité du mormonisme et il me semble convenable de le donner ici, car il peut s’avérer être une aide pour les autres. Elle était à une réunion des saints tenue dans un bosquet à l'ouest du temple à Nauvoo, peu après la mort du prophète Joseph Smith. La question que l’on se posait était de savoir qui devait prendre la place du prophète comme président de l'Église. Sidney Rigdon, qui avait été l'un des conseillers de Joseph, a revendiqué le droit à ce poste ; cependant, l'esprit qu'il manifestait n'était pas en accord avec l'esprit de l'Évangile.

Lors de cette réunion,
Brigham Young, qui était président du collège des apôtres, s'est levé pour parler et à ce moment-là « le manteau de Joseph » est tombé sur lui, et il était comme quelqu’un de transformé ; son visage, sa voix et sa silhouette étaient comme ceux du défunt prophète. Beaucoup dans l'assemblée, même les enfants, ont vu ce miracle ; cela a satisfait le peuple et a tranché la question de savoir qui devait être le dirigeant. Ma soeur Ellen a de temps en temps parlé de cet événement, disant que chaque fois qu'elle était fatiguée ou sentait le doute venir concernant l’un des principes de l'Évangile, ce témoignage surgissait devant elle [11].


Clements, Ada Winchell

24 décembre 1801-4 mars 1890, 42 ans

Quand Joseph et Hyrum Smith ont été martyrisés, Albert [le mari d'Ada] était en déplacement, travaillant pour les intérêts de l'Église et également pour entretenir sa famille. Quand il apprit la terrible nouvelle, il prit immédiatement le chemin du retour. En route, son cheval tomba malade et il s'arrêta à un magasin pour acheter des médicaments. Il y rencontra son ami Sidney Rigdon. Celui-ci lui dit qu'il se dépêchait de retourner à Nauvoo pour être avec les saints pendant cette période de douleur et pour prendre sa place en tant que leur dirigeant. Albert fut heureux d'apprendre la décision de M. Rigdon. Le 15 août 1844, Albert arriva chez lui et Ada lui raconta immédiatement tout ce qui s'était passé, notamment la réunion à laquelle elle avait assisté, au cours de laquelle les saints avaient choisi Brigham Young comme leur dirigeant [12].

Ada lui raconta les événements de cette réunion. Elle lui dit que frère Young avait ressemblé à Joseph Smith et avait parlé comme lui. Albert fut surpris ! Il demanda ce qu’il en était de Sidney Rigdon. Ada dit qu'il avait parlé, mais que l'esprit n'était pas avec lui. Albert prit le parti de son ami Sidney Rigdon. Ce fut un jour triste pour la famille Clements. Albert demanda à Ada si elle allait le quitter pour aller dans l’Ouest avec Brigham Young. Elle dit qu'elle resterait dans l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Cependant, elle dit qu'elle l'aimerait toujours et prierait pour qu'il voie la vérité [13].

Corless, Catherine Stephenson

13 décembre 1807-27 septembre 1902, 36 ans

John Coreless [fils de Catherine et d'Edward] « était avec ses parents lors de la réunion et dit qu’il entendit sa mère et d'autres dire, quand Brigham Young se leva et commença à parler : ‘Oh ! C'est Joseph lui-même !' »  [14]

Corless, Edward

14 mars 1804-18 janvier 1873, 40 ans

Après l'ouverture de cette réunion, le président Brigham Young, président des douze apôtres, a parlé des devoirs des douze apôtres, et tandis qu'il parlait, le manteau de Joseph est tombé sur lui et il a ressemblé à Joseph et il a parlé avec la voix de Joseph et beaucoup ont pensé que c'était Joseph lui-même [15].

Decker, Sarah Louisa Norris

vers 1824-1914, 20 ans

Toujours pas satisfaits, ceux qui étaient opposés à nous ont commencé une série de persécutions ; une grande apostasie a aussi eu lieu et il y a eu de la jalousie sur le point de savoir qui allait diriger l'Église. Sidney Rigdon, Lyman Wight et Strang avaient leurs disciples mais quand une réunion a été convoquée et que Brigham Young s'est levé et a parlé avec puissance, c’était comme si la voix même du prophète Joseph parlait par lui. J'ai entendu mon père et ma mère en témoigner sur le chemin du retour et beaucoup d'autres fois depuis lors. Je crois que c’est la plus grande réunion jamais tenue à Nauvoo [16].

De Mille, Oliver

30 mars 1830-8 juillet 1908, 14 ans

« Après avoir parlé environ une minute, sa voix a changé en la voix de Joseph, ses traits et chaque aspect et mouvement étaient ceux de Joseph, et son langage était si convaincant et si prophétique qu'il semblait apporter la conviction aux oreilles de tous ceux qui étaient présents. J'étais à la réunion et j’ai vu de mes propres yeux et entendu de mes propres oreilles tout ce qui a été dit et fait et je sais avec certitude de quoi je parle et je ne mens pas. »  [17]

Ensign, Luvera Ellen

Voir Preece, Luvera Ellen Ensign

Fisher, Evaline McLean

25 décembre 1805-19 juillet 1893, 38 ans

Ils [Evaline et son mari, Joseph] étaient à Nauvoo au moment du martyre du prophète Joseph Smith et de son frère Hyrum et on suppose qu’ils étaient à la réunion au cours de laquelle le manteau du prophète est tombé sur Brigham Young [18].

Fisher, Joseph

25 novembre 1801-21 mars 1867, 43 ans

Voir Fisher, Evaline McLean

Harris, Emmeline Blanche Woodward

29 février 1828-25 avril 1921, 16 ans

« Le peuple était rassemblé dans le bosquet où il y avait une estrade grossière d’où l’on pouvait parler et des bancs très grossiers pour le chœur et d'autres. La foule s’étendait à tout le bosquet et même en dehors des arbres, beaucoup de gens se tenant sur le caisson de leur chariot garé contre les arbres, pour écouter ce qui se passait… Mais quand Brigham Young s'est levé au milieu des gens, la plupart d'entre eux se sont levés…

N
ous nous sommes tous mis debout et pendant que le président Young parlait, tous ceux qui avaient connu le prophète Joseph se sont écriés d’une voix forte, presque aussi fort qu'ils le pouvaient, que c’était le prophète Joseph lui-même, ressuscité… c’étaient sa voix, ses gestes, son habillement, lui-même qui étaient là au milieu du peuple. Bien entendu, au bout d’un moment, ces conversations ont cessé et bientôt la plupart d'entre eux se sont sans aucun doute rendu compte que c'était Brigham Young. Mais c'était une transfiguration réelle et convaincante » [19].


J’étais debout sur un caisson de chariot sur roues, de sorte que je n'ai pas dû me lever, mais ceux qui étaient assis se sont levés et se sont exclamés. Je voyais très bien et chacun pensait que c'était vraiment le prophète Joseph ressuscité des morts. Mais après que Brigham Young a eu dit quelques mots, le tumulte s'est apaisé et les gens ont vraiment su que ce n'était pas le prophète Joseph, mais le président du collège des douze apôtres. C'était la manifestation la plus merveilleuse, je pense, que j'aie connue ou vue et j'en ai vu beaucoup [20].

Hubbard, Charles Wesley

7 février 1810-19 décembre 1903, 34 ans

Le matin du 4 août 1844 [sic], quand Rigdon a eu l'occasion de présenter ses prétentions devant toute l'Église, Brigham Young s’est adressé l'après-midi à l’assemblée… Charles Hubbard a écrit plus tard qu’avant sa mort à Willard, Utah, il a fait deux rues pour assister à la réunion de jeûne et a rendu son témoignage dans des termes et avec un esprit qui ont tenu l’assistance en haleine. Un des hommes présents a dit : « Il n'y avait pas un bruit dans la salle à part sa voix [celle de Charles] ; beaucoup étaient en larmes, l'esprit était si fort pendant qu'il déclarait qu’il savait que Joseph Smith était un vrai prophète de Dieu et que Brigham Young était son successeur légitime, parce qu’il était à la réunion au cours de laquelle le manteau est tombé sur Brigham Young. Brigham Young avait pris l’apparence du prophète [Joseph] et aucune des personnes présentes ne pourrait jamais douter que Brigham Young avait été appelé de Dieu. »  [21]

Hunter, Edward

22 juin 1793-16 octobre 1883, 51 ans

« Je suis allé à la réunion qui avait été convoquée et j’ai écouté soigneusement ce qui se disait et se faisait. Plus j’écoutais moins je m’y retrouvais. J'ai incliné la tête et l’ai prise entre les mains et j’ai prié pour que Dieu me donne la compréhension. Tandis que j'étais dans cette attitude, frère Brigham s'est levé pour parler, je suppose. J'ai entendu une voix, la voix du Prophète [Joseph] plus normale et véritable que jamais. Je me suis vite levé, m’attendant pleinement à voir le prophète [Joseph], et je l’ai vu. Il était là, debout, et a graduellement changé pour devenir frère Brigham, mais la voix n'était pas celle de frère Brigham. C'était toujours celle du prophète [Joseph]. Ensuite à côté de frère Brigham j'ai vu le prophète [Joseph], qui s’est tourné vers l’orateur et a souri. Mon cœur s’est mis à battre rapidement de joie et j’ai su sans l'ombre d'un doute que frère Brigham avait été appelé de Dieu pour diriger l'Église. »

D'autres parmi les saints rassemblés ont reçu la même manifestation remarquable ; et quand un vote a été demandé, le Conseil des douze a été unanimement soutenu comme groupe dirigeant de l'Église [22].

Johnson, Joseph Ellis

28 avril 1817-17 décembre 1882, 27 ans

Pendant les jours mornes qui ont suivi le meurtre de Joseph et de Hyrum, JEJ [Joseph Ellis Johnson] et d'autres de la famille sont passé par le chagrin, les craintes, les incertitudes et la confusion dans lesquelles tous avaient été plongés. Ils étaient présents quand Sidney Rigdon a exprimé sa prétention à être appeler Tuteur de l'Église, qui est tombée dans des oreilles de sourds. Ils ont également vu Brigham Young se lever pour commencer son discours et ont déclaré qu'ils avaient été témoins d’un miracle.

Comme il se mettait
à parler, sa voix est soudain devenue celle du prophète tué, et eux et l’auditoire ont été électrifiés par le changement de son aspect qui est devenu celui de Joseph Smith. Il était si réaliste que BFJ [Benjamin F. Johnson] dit qu’il s’est levé d’un bond de stupéfaction. Eux et les autres de l'assemblée, convaincus que le manteau du prophète était tombé sur Brigham, ont voté pour le soutenir comme dirigeant de l'Église. Plus tard, Sidney Rigdon, rejeté, mais qui était vraiment un homme brillant à beaucoup d’égards, a apostasié et a formé une petite église à Pittsburg, PA [23].


Kelley, Sophronia Eldridge Corbitt Stowell

22 juillet 1825-24 janvier 1907, 19 ans

Maman [Sophronia] était présente quand la pierre angulaire du temple de Nauvoo a été posée. Elle avait vu le prophète Joseph Smith et l'avait entendu parler bien des fois. Elle était présente quand Brigham Young, président du collège des douze apôtres, a pris la direction de l'Église. Elle a témoigné de nombreuses fois qu'il avait été transfiguré et était apparu, tant dans la voix que dans l'aspect général, comme s’il était le prophète Joseph lui-même [24].

Knight, Martha McBride

17 mars 1805-1er novembre 1901, 39 ans

Elle [Martha] parlait souvent à ses petits-enfants du martyre cruel du prophète, de l'affliction des saints et des cérémonies solennelles, du moment où elle a vu la silhouette de Brigham Young changer pour devenir la personne de Joseph Smith et la voix de Brigham résonner avec le ton de la voix de Joseph, le proclamant dirigeant des saints interloqués [25].

Knight, Samuel

14 octobre 1832-11 février 1910, 12 ans

Un autre incident que je l'ai entendu relater, c’est quand il a été question de la succession à la présidence de l'Église, après le martyre et il était présent à la réunion. Petit garçon, jouant peut-être avec ses billes ou faisant autre chose pour passer le temps, il fut étonné d'entendre ce qu'il pensait être la voix de Joseph Smith. Il se leva d'étonnement et vit la transfiguration de Brigham Young telle que relatée dans l'histoire de l'Église [26].

Lake, James

17 octobre 1788-7 octobre 1874, 55 ans

Voir Lake, Philomela Smith

Lake, Philomela Smith

13 avril 1794-20 mars 1873, 50 ans

Après le spectacle terrible à Nauvoo, quand ils virent les corps des prophètes qu'ils avaient tant aimés couchés dans la tombe, ils voulurent avoir un témoignage de Dieu quant à leur avenir et ce témoignage ils le reçurent lors de la grande réunion tenue, le 8 août 1844, dans le bosquet à Nauvoo où ils virent la personnalité sublime de Joseph Smith jeter son manteau de splendeur sur la forme élue de Brigham Young, celui-ci étant transformé sous les yeux du peuple, comme témoignage céleste à son intention que Dieu avait fait tomber la majesté de sa haute prêtrise sur « qui il voulait », afin que son œuvre continue. Papa et maman Lake reçurent ce témoignage et reprirent leur marche avec les saints [27].

Leavitt, Dudley

31 août 1830-15 octobre 1908, 13 ans

Ce ne fut que quand Brigham Young et un certain nombre des Douze furent de retour qu'une réunion publique fut tenue pour décider du successeur de Joseph Smith.

Toute la famille Leavitt était présente à cette occasion, le 8 août 1844, car c’était, pour eux, quelque chose de très important. Dudley, quatorze ans, était avec ses amis vers l’arrière de la grande assemblée qui s'était réunie pour entendre les discours des autorités Brigham Young se leva pour parler…

Au bord de la foule, Dudley chuchotait avec certains de ses amis. Soudain, ils s’arrêtèrent tous et écoutèrent. C’était leur prophète Joseph qui parlait ! Ils connaissaient si bien sa façon de s’exprimer ! Ils se dressèrent et regardèrent vers l’estrade. Pendant une seconde, ils pensèrent que c'était le prophète qui se tenait là. Mais ils savaient que ce n'était pas lui et bientôt la vision cessa. C’était si réel pour Dudley que cela lui fit une impression durable. Pour lui, le manteau de Joseph était réellement tombé sur Brigham. Sa vie durant, il eut du plaisir à raconter l'incident [28].

Leavitt, Jeremiah

30 mai 1796-20 août 1846, 48 ans

Sarah Studevant Leavitt (5 septembre 1799-5 avril 1878, 45 ans), l'épouse de Jérémie, a écrit :

Quand la nouvelle arriva toute la ville de Nauvoo fut pétrifiée. Quel deuil, quelles lamentations… Il y en avait beaucoup, moi compris, qui auraient volontiers donné leur vie au lieu de la sienne, si cela avait pu lui sauver la vie. Je n'avais jamais parlé à Joseph Smith de ma vie. Mon mari, Jeremiah, bien, mais je l'avais entendu prêcher et je l’avais vu et je savais qu'il était un prophète de Dieu. Il avait été envoyé ici pour installer son Royaume sur la terre. Je savais que le Dieu du ciel était derrière ce Royaume des derniers jours et je savais qu'il ne pourrait jamais être renversé par l'homme mortel.

Pendant que je regardais autour de moi avec désespoir, je me demandai comment cette grande œuvre allait être accomplie. La réponse ne se fit pas attendre. Mon mari, Jeremiah, assistait à une réunion où l’on traitait de cette question. Brigham Young parlait quand soudain il sembla être revêtu de toute l'autorité de Joseph Smith. Jeremiah dit qu'il avait le même aspect, la même voix que le prophète. S'il n'avait pas su que Joseph Smith était mort, il aurait pensé que Brigham Young était Joseph Smith. Des larmes coulèrent sur beaucoup de joues.

B
eaucoup de cœurs furent remplis de joie. Le Seigneur n'avait pas oublié son peuple. Brigham Young était absent dans l'Est quand Joseph et Hyrum Smith furent tués. Sidney Rigdon avait essayé de toutes ses forces de prendre la place de Joseph Smith et d’assumer la présidence de l'Église, mais ses mensonges et sa duperie furent prouvés par les douze apôtres, qui étaient revenus entre-temps. Et aussi par l'incident je viens de relater. Après cela, il n’y eut plus personne pour douter que Brigham Young était celui qui devait être notre nouveau dirigeant et prophète. Si Brigham avait des doutes, mon mari Jeremiah n’en avait pas. À partir de ce moment-là, il fut notre prophète et notre dirigeant [29].


LeBaron, Esther Meleta Johnson

12 janvier 1828-15 mars 1874, 16 ans

Esther Meleta était à la réunion d’août 1844, quand Brigham Young fut transfiguré devant l’assistance. Elle dit que Sidney Rigdon avait parlé longtemps et avait essayé de convaincre le peuple qu'il était le dirigeant légitime de l'Église. Quand Brigham Young se leva et commença à parler, il fut changé de sorte qu'il ressemblait au prophète Joseph Smith et sa voix et sa manière de parler étaient les mêmes de sorte que quand les saints virent ce changement, ils n’eurent aucun doute quant à savoir qui devait diriger l'Église, le président du Collège des douze apôtres avec Brigham Young comme Prophète [30].

Lee, John Doyle

6 septembre 1812-23 mars 1877, 31 ans

Le temps a passé jusqu'à ce que tous les Douze soient rentrés de mission et une conférence a été tenue, et les divers prétendants se sont avancés avec leurs prétentions. Sidney Rigdon a été le premier à monter en chaire. Il avait été considéré comme étant plutôt dans les coulisses depuis un certain temps avant la mort du Prophète. Il a élevé de faibles prétentions. Strong (Strang) n'en a élevé aucune. Juste à ce moment-là, Brigham Young s’est levé et a rugi comme un jeune lion, imitant le style et la voix de Joseph, le prophète. Beaucoup de frères ont déclaré avoir vu le manteau de Joseph tomber sur lui. Moi-même, il m’a semblé voir et entendre chez lui une forte ressemblance avec le Prophète et j’ai senti qu'il était l'homme qui devait nous diriger jusqu'à ce que le successeur légal de Joseph devienne adulte, et à ce moment-là il devrait remettre la présidence à l'homme qui détenait le droit de naissance [31].

Lyman, Amasa Mason

30 mars 1813-4 février 1877, 31 ans

Il [Amasa Lyman] n'était pas aveuglé par une ambition insensée. Il avait reconnu le ton véritable de l'autorité dans la voix de Brigham Young

« Je ne me lève pas pour chercher à être élu », a-t-il déclaré, voulant que les saints sachent d’emblée qu'il n’avait aucune prétention à la direction de l’Église « J'ai été derrière Joseph Smith et je serai derrière les Douze pour toujours, et alors je serai sauvé. »

Étant éveillé, « ayant de l’huile dans sa lampe » en cette occasion importante, il put, avec des milliers de saints des derniers jours, voir la manifestation splendide et incontestée du pouvoir de Dieu quand il présenta Brigham Young aux saints sous la forme du Prophète martyrisé, parce que Brigham parla avec la voix du prophète et apparut sous une forme tellement semblable à celle du dirigeant martyrisé que beaucoup parmi le peuple pensèrent que c'était vraiment Joseph Smith, et de cette façon il leur fut clairement montré que le manteau du Prophète était tombé sur Brigham Young [32].

Murdock, Horace

24 décembre 1824-1er mai 1915, 19 ans

Après le martyre du prophète Joseph Smith, la présidence de l'Église retomba sur le collège des apôtres et le président Brigham Young était à leur tête comme capitaine et chef de file, pour exécuter les plans qui avaient été désignés par le prophète Joseph. Il y avait des centaines, peut-être des milliers de personnes présentes à la réunion tenue, en août 1844, dans le bosquet près du temple à Nauvoo quand le président Young fut reconnu par une manifestation miraculeuse comme chef de l'Église, et ils témoignèrent qu’il était évident que le manteau de Joseph, le prophète, était tombé sur lui….J'ai eu récemment une lettre des frères Horace et John R. Murdoch, de Beaver, qui témoignent qu'ils étaient témoins oculaires de la transformation merveilleuse et du pouvoir qui se sont manifestés par l’intermédiaire du président Brigham Young à cette occasion [quand le manteau de Joseph, le prophète, est tombé sur lui] [33].

Murdock, John Riggs

13 septembre 1826-12 novembre 1913, 17 ans

« C'était la plus grande manifestation que j'aie jamais vue, car la voix, les gestes, l'aspect tout entier du président Young étaient exactement comme si le prophète Joseph s'est tenu là en personne » [34].

J'ai eu récemment une lettre des frères Horace et John R. Murdoch, de Beaver, qui témoignent qu'ils étaient témoins oculaires de la transformation merveilleuse et du pouvoir qui se sont manifestés par l’intermédiaire du président Brigham Young à cette occasion [quand le manteau de Joseph, le prophète, est tombé sur lui] [35].

Owens, James Clark

7 juillet 1832-1er février 1901, 12 ans

Avec ses parents, il connut les épreuves et les expulsions des saints, d'abord au Missouri et ensuite en Illinois… Il assista à la conférence du 8 août 1844 à Nauvoo et se rappelait comment Brigham Young avait été transformé sous les yeux du peuple [36].

Palmer, James

6 août 1820-6 octobre 1905, 24 ans

Brigham Young, président des douze apôtres, s’avança et dit lors d'une réunion publique que les Douze, en tant que corps constitué, avaient l’autorité et le droit légal de présider l'Église dans le monde entier. Pendant qu'il parlait lors d'une réunion publique, le manteau de Joseph tomba sur Brigham et c’était comme si le Prophète parlait. C'était vraiment la voix du prophète, et on aurait dit que c’était le prophète en personne ! C'était une démonstration remarquable et convaincante du pouvoir de Dieu à son peuple. Dans l’esprit des fidèles, il n'y avait maintenant aucune doute sur le point de savoir qui était notre dirigeant légitime et ceci fut reconnu par le gros du peuple. Ceux qui n'acceptèrent pas cet ordre de choses partirent de leur côté [37].

Perry, Eliza Ann

20 mars 1828-13 mai 1913, 16 ans

Après son arrivée à Nauvoo, Eliza Ann Perry rencontra le Prophète, Joseph Smith, et apprit à bien le connaître. Eliza Ann était membre du chœur de Nauvoo. Elle contribua aussi à l'achat du verre pour les fenêtres du temple de Nauvoo. Elle était présente lors de la réunion convoquée par Sidney Rigdon pour choisir un tuteur pour l'Église. Dans son journal intime elle dit, et je cite : « Soudain, Joseph est monté en chaire, selon toute apparence. Mais le manteau de Joseph est tombé sur Brigham Young, sa voix, la couleur de ses cheveux, son aspect général. Le peuple s’est levé en masse et s’est exclamé : « Joseph est venu ! Il est ici ! » Alors ils ont su que Brigham était l'homme qui devait diriger ce peuple. » [38]

Preece, Luvera Ellen Ensign

24 juin 1826-14 juin 1898, 18 ans

[Le] 8 août 1844, elle [Luvera] était à la réunion convoquée pour nommer le nouveau dirigeant de l'Église et a vu le manteau de Joseph Smith couvrir Brigham Young pendant qu'il parlait aux saints rassemblés [39].

Smith, John Sivel

10 mars 1809-12 février 1905, 35 ans

John était présent quand le prophète Joseph Smith fit son dernier discours à la Légion de Nauvoo et il assista aussi à la réunion mémorable tenue le 8 août 1844 à Nauvoo, quand le manteau de Joseph tomba sur Brigham Young. Il a souvent témoigné que Brigham Young était le prophète choisi par le Seigneur [40].

Smith, Jane Wadley

2 janvier 1814- ?, 30 ans

Maman et papa étaient présents lors de la réunion au cours de laquelle le manteau de Joseph Smith est tombé sur Brigham Young. Elle a dit que Brigham Young n'était pas présent à la réunion quand elle a commencé, mais qu’il avait été rappelé de mission à cause du martyre du prophète Joseph et de son frère, Hyrum. Brigham Young est descendu du bateau et est monté prendre sa place sur l’estrade. Maman s'était penchée sur son bébé et juste à ce moment-là, Brigham Young a commencé à parler. Elle dit qu’elle a sursauté parce qu'elle entendait ce qu'elle croyait être la voix du prophète [Joseph], bien que sachant qu'il était mort. Ceci les a complètement convaincus qu'il était le successeur de Joseph Smith, choisi de Dieu [41].

Snow, James Chauncey

11 janvier 1817-30 avril 1884, 27 ans

Frère Snow, ainsi que d'autres missionnaires, fut rappelé au pays peu de temps après le martyre, et il était présent à la réunion quand le manteau de Joseph tomba sur Brigham Young— un événement dont il témoigna souvent par la suite [42].

Snow, Sally Adams

Voir Adams, Sally

Stoker, William

26 mars 1819-19 mai 1892, 25 ans

À partir de l'âge de six ans, il [l’évêque W.E. Stoker] fut élevé par son grand-père [William Stoker], qui connaissait personnellement le prophète Joseph Smith et était présent quand le manteau de Joseph tomba sur Brigham Young et reçut un témoignage personnel. L’évêque Stoker estimait qu'il devait beaucoup à son grand-père, qui avait fortifié sa foi en racontant cette expérience de l'Église [43].

Taylor, Pleasant Green

8 février 1827-16 mai 1917, 17 ans

Après la mort de Joseph, la question se posa de savoir qui allait diriger l'Église. Les douze apôtres étant partis en mission. Sidney Rigdon revendiqua le droit de diriger l'Église, bien que ses prétentions n’eussent pas la faveur de la majorité des saints. Il était présent et vit Brigham Young entrer dans la « bowery » où les saints s'étaient réunis. Comme des centaines d'autres, il se leva d’un bond et eut certitude que Joseph avait été ressuscité. Et même après que Brigham eut commencé à parler, il pensait toujours que c'était le prophète Joseph qui leur parlait [44].

Van Orden, Peter Edmund

27 janvier 1830-25 septembre 1911, 14 ans

Peter se rappelle qu'après l'enterrement du prophète, Sidney Rigdon vint revendiquer le droit de gouverner l'Église. Il tint une réunion et en parla au peuple, lui demandant de revenir plus tard pour prendre une décision. C’est à cette réunion ultérieure que Brigham Young prit la parole et que le manteau du prophète tomba sur ses épaules. Le peuple sut que c'était son signe que Brigham devait être son dirigeant. Peter fut témoin de cet événement et en rendit témoignage jusqu'au jour de sa mort [45].

Walker, Henson

13 mars 1820-24 janvier 1904, 24 ans

À la mort de Joseph Smith, Brigham Young, qui était président du Collège des douze apôtres, prit la direction de l'Église. Sidney Rigdon, l’un des conseillers de Joseph dans la présidence, estimait que c’était son droit de prendre la place. Henson était présent lors de la réunion publique tenue dans le bosquet au cours de laquelle Sidney et Brigham parlèrent. Sidney Rigdon présenta ses prétentions d'abord. Henson dit que frère Rigdon était un orateur éloquent et lança un appel pressant au peuple. Quand il eut fini, Brigham Young se leva pour parler. Pour employer les termes de Henson, « le manteau de Joseph Smith est tombé sur Brigham Young et l'assemblée a su qui était son dirigeant. Il ressemblait au prophète Joseph et le ton de sa voix était comme le sien. »  [46]

Henson était présent lorsque Sidney Rigdon exposa ses prétentions à la présidence. Il vit aussi le manteau de Joseph reposer sur Brigham Young et fut entièrement convaincu qu'il était le futur prophète de Dieu [47].

Welch, Eliza Billington

Voir Billington, Eliza

Wells, Emmeline Blanche Woodward Harris Whitney

Voir Harris, Emmeline Blanche Woodward

Woodland, William West

2 janvier 1832-19 février 1906, 12 ans

[William] accompagna ses parents dans toutes les expulsions qui eurent lieu dans les premiers temps de l'Église et fut exposé aux nombreuses manifestations spirituelles qui se produisirent… même dans sa jeunesse, il fut témoin de la grande expérience au cours de laquelle le manteau du prophète Joseph tomba sur Brigham Young après la mort du prophète Joseph. Ceci fit plus pour l'influencer au cours des années futures que la plupart des autres expériences [48].

Woolley, Samuel Amos

11 septembre 1825-23 mars 1900, 18 ans

« Pendant la période trouble de 1844, j'ai été garde municipal à Nauvoo. Après le martyre de Joseph et de Hyrum Smith, j'ai été présent lors de la réunion importante au cours de laquelle le président Brigham Young a parlé pour la première fois aux saints de la mort de Joseph, et j'ai reçu le témoignage que le manteau de Joseph était tombé sur l'épaule de Brigham Young, parce que quand il a parlé on aurait dit que c’était Joseph lui-même qui parlait, sa voix et ses gestes étant exactement comme ceux du prophète martyrisé. »  [49]


NOTES

Abréviations utilisées dans les notes :

BYU Archives : Special Collections and Manuscripts, Harold B. Lee Library, Brigham Young University, Provo, Utah
FHL Archives : Family History Library, The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, Salt Lake City
LDS Church Archives : Archives Division, Historical Department, The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, Salt Lake City

[1] Celestia Snow Gardner, History of the William Snow and Robert Gardner Families: Pioneers of 1847 and 1850, Salt Lake City, Acorn Printing, 1942, p. 17-18. Sally a épousé William Snow en janvier 1846 dans le temple de Nauvoo. Gardner, History of William Snow, p. 18.

[2] Truman O. Angell, "Biography of Truman Osborn Angell Sr.", document dactylographié, p. 6, LDS Church Archives, cité dans Paul L. Anderson, “Truman O. Angell: Architect and Saint”, dans Supporting Saints: Life Stories of Nineteenth-Century Mormons, dir. de publ. Donald Q. Cannon et David J. Whittaker, Provo, Utah, Religious Studies Center, Brigham Young University, p. 143.

[3] Pamela Barlow Thompson, “Biography of Elizabeth Haven Barlow”, p. 6, FHL Archives, cité dans Ora Haven Barlow, The Israel Barlow Story and Mormon Mores, Salt Lake City, par l’auteur, 1968, p. 204-205.

[4] John Henry Evans et Minnie Egan Anderson, Ezra T. Benson: Pioneer—Statesman—Saint, Salt Lake City, Deseret News Press, 1947, p. 88-89.

[5] Evaline Dunn Snow, “John and Eliza B. Welch Biographical Sketch”, document dactylographié, p. 2, microfilm, LDS Church Archives. Evaline est une petite-fille de John et Eliza.

[6] Beatrice Cannon Evans et Janath Russell Cannon, dir. de publ., Cannon Family Historical Treasury, Salt Lake City, George Cannon Family Association, 1967, p. 162-163; condensé d’Angus M. Woodbury, arr. et éd., Reminiscences of Ann Cannon Woodbury, n.p., 1963. C’est le petit-fils Angus M. Woodbury qui a préparé les journaux d’Ann en vue de la publication.

[7] “In the Valley of the Saints”, dans Our Pioneer Heritage, comp. Kate B. Carter, 20 vols., Salt Lake City, Daughters of Utah Pioneers, 1958-1977, vol. 6, p. 204. Le récit a été écrit par William Van Orden Carbine.

[8] Andrew Jenson, Latter-day Saint Biographical Encyclopedia: A Compilation of Biographical Sketches of Prominent Men and Women in The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, 4 vols., Salt Lake City, Andrew Jenson History, 1901-1936, vol. 3, p. 41.

[9] Brigham Young, dans Journal of Discourses, 26 vols., Liverpool, F. D. Richards, 1855-1886, vol. 5, p. 57-58, 19 juillet 1857 ; voir aussi Leonard Arrington, Brigham Young: American Moses, New York, Alfred A. Knopf, 1985, p. 115.

[10] « The Unpublished Story », dans Carter, Our Pioneer Heritage, vol. 12, p. 202.

[11] Aurelia Spencer Rogers, Life Sketches of Orson Spencer and Others, Salt Lake City, George Q. Cannon and Sons, 1898, p. 331-332.

[12] Bertha M. Linebarger, “Ada Winchell Clements”, dans Carter, Our Pioneer Heritage, vol. 3, p. 111-112.

[13] Charlotte Parker, “How Mormonism Affected the Lives of the Clements Family”, document écrit pour History 100, université Brigham Young, avril 1982, p. 14 ; copie en la possession de l’auteur. Ada (Aidah) Clements travaillait de toute évidence pour Joseph et Emma Smith à la Mansion House. Linda King Newell et Valeen Tippetts Avery, Mormon Enigma: Emma Hale Smith, New York, Doubleday, 1984, p. 134.

[14] William G. Hartley, Kindred Saints: The Mormon Immigrant Heritage of Alvin and Kathryne Christenson, Salt Lake City, Eden Hill, 1986, p. 25 ; voir aussi Grace Wilson Norris, “Biography of John Corless”, et “Catherine Stephenson Corless: A Pioneer of 1848”, Christenson Family Archives, en la possession de Richard A. Christenson, Salt Lake City, copie donnée à l’auteur par Pat Heilpren, descendante des Corless. Grace est une arrière-petite-fille d’Edward et de Catherine.

[15] Grace Wilson Norris, “Edward Coreless: A Pioneer of 1848”, p. 3, Christenson Family Archives, copie en la possession de l’auteur.

[16] Louisa Decker, “Reminiscences of Nauvoo”, Woman’s Exponent 37, mars 1909, p. 41-42 ; Carol Cornwall Madsen, In Their Own Words: Women and the Story of Nauvoo, Salt Lake City, Deseret Book, 1994, p. 242-243.

[17] William G. Hartley, “They Are My Friends”: A History of the Joseph Knight Family, 1825-1850, Provo, Utah, Grandin Book, 1986, p. 154.

[18] Lucy E. Fisher Brown, comp., “Genealogical and Historical Record of the Fisher Family”, olographe, p. 3, microfilm, FHL Archives. Lucy est la petite-fille d’Evaline.

[19] “That They May Live Again”, dans Carter, Our Pioneer Heritage, vol. 8, p. 198.

[20] Emmeline B. Wells, “My Testimony”, dans Preston Nibley, comp., Faith Promoting Stories, Salt Lake City, Deseret Book, 1943, p. 137. Dans sa préface, Nibley dit : « Les histoires contenues dans cet ouvrage ont été choisies avec soin dans des livres et des périodiques qui se trouvent à la Bibliothèque de l’Historien de l’Eglise ».

[21] Ouida Blanthorn à l’auteur, 21 octobre 1995, citant A Record of Charles W. Hubbard and Descendants, 1810-1955, impression privée, 1956, p. 13. Ouida est une petite-fille de Charles.

[22] William E. Hunter, Edward Hunter: Faithful Steward, dir. de publ. Janath Russell Cannon, n.p. : Mrs. William E. Hunter, 1970, p. 79.

[23] Rufus David Johnson, J. E. J. [Joseph Ellis Johnson]: Trail to Sundown, [Salt Lake City], Deseret News Press, 1961, p. 90. Écrit à partir de souvenirs personnels. Rufus était le dernier des vingt-neuf enfants. Voir aussi “True to the Faith”, dans Carter, Our Pioneer Heritage, vol. 15, p. 230-231.

[24] Martha S. Hill, “Immigrant Pioneer Women”, dans An Enduring Legacy, comp. Lesson Committee, 12 vols., Salt Lake City, Daughters of Utah Pioneers, 1977-89, vol. 9, p. 86. Martha est fille de Sophronia.

[25] Florence R. Ellison, « Martha McBride Knight », dans Historical Pamphlet, 1942, comp. Kate B. Carter, Salt Lake City, Daughters of Utah Pioneers, 1942, p. 242 ; voir aussi Martha McBride Knight, dans “Biographies of the Belnap and Knight Families”, p. 18, BYU Archives, copie en la possession de Della Belnap d’Ogden, Utah.

[26] Arthur Knight Hafen, « History of Samuel Knight », 1960 ; copie en la possession de l’auteur. Arthur est un petit-fils de Samuel.

[27] Jenson, Biographical Encyclopedia, vol. 2, p. 389. Ce récit est fait par la petite-fille de Philomena, Samantha T. B. Foley.

[28] Juanita [Leavitt] Brooks, Dudley Leavitt: Pioneer to Southern Utah, n.p., 1942, 9. Juanita est une petite-fille de Dudley. Dans sa préface, Brooks écrit : « En 1933, j’ai commencé à recueillir les journaux intimes des pionniers du sud-ouest. Dans beaucoup d’entre eux, j’ai trouvé des mentions de Dudley Leavitt. Celles-ci ont formé, avec la documentation des annales familiales, la base de cet ouvrage. »

[29] Sarah Studevant Leavitt, « Autobiography of Sarah Studevant Leavitt, April 19, 1875 », rév. par Joseph Page Leavitt, 12 avril 1978, document dactylographié, 18-19, FHL Archives. Joseph est un petit-fils de Sarah. Voir aussi « Courageous Pioneers », in Carter, Our Pioneer History, vol. 7, p. 246.

[30] Dollene LeBaron Noson, « Esther Meleta Johnson LeBaron », essai pour les Daughters of Utah Pioneers, Daughters of Utah Pioneers Archives, Salt Lake City, copie en la possession de l’auteur. Dollene est une petite-fille d’Esther.

[31] John Doyle Lee, Mormonism Unveiled; or, The Life and Confessions of the Late Mormon Bishop, John D. Lee, St. Louis, Bryan and Brand, 1877, p. 155; voir aussi Juanita Brooks, John Doyle Lee: Zealot, Pioneer Builder, Scapegoat, Glendale, Arthur H. Company, 1962, p. 63. L’historien D. Michael Quinn considère la déclaration de Lee comme un témoignage important de ce que Lee a eu une expérience mystique du manteau. Quinn dit : « Le fait que John D. Lee a violemment rejeté Brigham Young plus tard dans sa vie confirme en fait l’honnêteté des mormons qui ont attendu des années avant de parler et d’écrire sur la transfiguration de Young. » D. Michael Quinn, Mormon Hierarchy: Origins of Power, Salt Lake City, Signature, 1996, p. 167. Quand on examine la question du moment où l’expérience du manteau s’est produite, il faut remarquer que, selon son journal intime, Lee n’est arrivé à Nauvoo que le 20 août 1844. À cause de la controverse qui a entouré la publication des mémoires de Lee et parce que l’on ne dispose pas de son manuscrit original, nous avons mis son récit dans les témoignages de seconde main.

[32] Albert R. Lyman, Amasa Mason Lyman: Trailblazer and Pioneer from the Atlantic to the Pacific, dir. de publ. Melvin A. Lyman, Delta, Utah, Melvin A. Lyman, 1957, p. 119-120. Amasa Lyman devint conseiller de Joseph Smith juste avant sa mort. Brigham Young demanda à frère Lyman de présenter ses arguments à la réunion du 8 août pour devenir successeur de Joseph. Ce récit assez chargé est basé selon l’auteur sur des renseignements provenant des Amasa Lyman Journals, 23 vols., LDS Church Archives. Toutefois ceux qui ont vérifié les sources n’ont rien pu trouver dans les journaux à part la déclaration que Lyman passa la journée avec les frères, de sorte que ce récit de la transfiguration peut provenir d’autres sources familiales.

[33] Seymour B. Young, dans Seventy-Sixth Annual Conference of The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, Salt Lake City, The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, 1906, p. 12.

[34] J. M. Tanner, A Biographical Sketch of John Riggs Murdock, Salt Lake City, Deseret News Press, 1909, p. 71. Cette biographie fut écrite en 1909 par Tanner, ami de longue date de John Riggs Murdock et lue à Murdock pour son approbation. Aussi dans Barlow, Israel Barlow Story, p. 204.

[35] Young, dans Seventy-Sixth Annual Conference, p. 12.

[36] Jenson, Biographical Encyclopedia, vol. 3, p. 191.

[37] James Palmer, James Palmer’s Travels and Ministry in the Gospel, dir. de publ. Fannie Palmer, Utah, Mrs. Fannie Palmer Gleave, 1963, p. 61. Fannie est une fille de James. Dans son récit olographe, Palmer est moins précis : « Brigham Young, président des douze apôtres, s’avança et dit au cours d’une réunion publique que les Douze, en tant que corps constitué, avaient l’autorité et le droit légal de présider l’Eglise dans le monde entier et leurs droits furent reconnus par l’ensemble du peuple. » James Palmer, “Journal: James Palmer’s Travels and Ministry in the Gospel”, olographe, 80, LDS Archives.

[38] Donald Benson Alder et Elsie L. Alder, comps. The Benson Family: The Ancestory [sic] and Descendants of Ezra T. Benson . . ., Salt Lake City, Ezra T. Benson Genealogical Society, 1979, p. 151. Écrit sur la base de journaux intimes, de documents écrits, de lettres, d’histoires et d’interviews de membres de la famille. Ce passage est tiré du journal intime d’Eliza Perry. Donald est un arrière-petit-fils du mari d’Eliza Ezra T. Benson par une autre épouse.

[39] Lucy Preece Stewart, “Biography Sketch of Luvera Ellen Ensign Preece”, document dactylographié, p. 2, Margaret Steed Hess Pioneer Histories Collection, BYU Archives. Lucy est une fille de Luvera. Margaret Hess est qualifiée d’historienne du camp.

[40] Jenson, Biographical Encyclopedia, vol. 3, p. 241-42 ; Mary Smith Steed Porter, “Brief History of John Sivel Smith”, John Sivel Smith Family Newsletter, no. 1, 28 janvier 1965, p. 3, microfiche, FHL Archives.

[41] Harriet Smith et Leona L. Adams, “History of Jane Wadley Smith”, John Sivel Smith Family Newsletter, no. 1, 28 janvier 1965, p. 4, microfiche, FHL Archives.

[42] Jenson, Biographical Encyclopedia, vol. 1, p. 794-795.

[43] Ruth J. Martin, comp., “Biography of Bishop William Ervin Stoker”, Twentieth Ward History, 1856-1979, p. 69, microfilm, FHL Archives.

[44] Levi James Taylor, “Pleasant Green Taylor Family Records”, document dactylographié, p. 6, LDS Church Archives. Levi est fils de Pleasant. Voir aussi Fred G. Taylor, “Pleasant Green Taylor”, dans Outlines of Study, 1942-1943, comp. Kate B. Carter, [Salt Lake City], Daughters of Utah Pioneers, n.d., p. 255-256.

[45] « Peter Edmund Van Orden 1830-1911 », p. 2, Van Orden Family Archives, en la possession de Bruce Van Orden, Springville, Utah. Un petit-fils ou une petite-fille de Peter, dont nous n’avons pas le nom, a écrit ceci après avoir écouté beaucoup de récits de Peter.

[46] Jennie Walker Johnson, “Biography of Henson Walker Jr.”, p. 48, microfilm, FHL Archives.

[47] Jenson, Biographical Encyclopedia, vol. 1, p. 509.

[48] Mary W. Fox et Daniel P. Woodland, “Life of William West Woodland”, document dactylographié, copie en la possession de John W. Welch. Daniel est fils de William.

[49] Jenson, Biographical Encyclopedia, vol. 1, p. 781-82. Voir aussi Florence Woolley Russell, “History of Samuel Amos Woolley, Pioneer of 1848”, p. 2, LDS Church Archives. Florence est une fille de Samuel.