Les réalisations
de Joseph Smith
Article paru sur thechristiandefense.com
Le
23 décembre 2005, nous célébrerons
le 200e
anniversaire de Joseph Smith.
Bien qu’il ait récemment été désigné
comme l’un
des cent plus grands Américains sur le Canal Discovery, peu de
gens en Amérique ont plus qu’une connaissance
superficielle de cet homme et la plupart des choses qu’ils
pourraient lire dans des livres, des revues et sur Internet, sont
soit déformées, soit des mensonges éhontés.
Laissez-moi
vous renseigner sur cet homme extraordinaire, cet homme que John
Taylor,
son ami et troisième président de l'Église
de Jésus-Christ des saints des derniers jours,
a appelé le plus grand homme qui ait jamais vécu sur
cette terre à l’exception seule de Jésus-Christ.
John
Taylor
n'était pas le seul à avoir cette vision de la grandeur
de Joseph Smith.
En
1844, Josiah
Quincy,
maire de Boston de 1845 à 1849, visita Nauvoo.
Quincy fut à ce point impressionné
par le génie du prophète qu'il écrivit plus tard
:
« Il
n’est pas du tout impossible que quelque futur livre à
l’usage de générations non encore nées
contienne une question de ce genre-ci : Quel Américain
historique du dix-neuvième siècle a exercé
l'influence la plus puissante sur la destinée de ses
compatriotes ?
Et il n’est
pas du tout impossible que la réponse à celle question
soit libellée comme suit :
Joseph
Smith, le prophète mormon.
Et cette
réponse, aussi absurde qu'elle paraisse sans aucun doute à
la plupart des hommes qui vivent actuellement, sera peut-être
un lieu commun évident pour leurs descendants.
L'histoire
nous montre des surprises et des paradoxes aussi étonnants que
celui-ci.
L'homme qui
a établi une religion en ce siècle de libre débat,
qui était et est encore aujourd'hui accepté par des
centaines de milliers d’individus comme émissaire direct
du
Très-Haut,
un être humain aussi rare ne peut pas être expédié
en abreuvant sa mémoire d’épithètes
malsonnantes…
« Les
questions essentielles que les Américains se posent
aujourd'hui portent sur cet homme et sur ce qu'il nous a laissé.
Ce sont des questions brûlantes qui doivent accorder une place
importante dans l’histoire du pays à cet homme hardi et
résolu, à qui j’ai rendu visite à Nauvoo.
Proclamant être un maître inspiré, Joseph Smith a
fait face à une adversité comme peu d’hommes ont
été appelés à en rencontrer, a joui d’une
brève période d’une prospérité
comme peu d’hommes en ont jamais atteint, et finalement
quarante-trois jours après que je l’ai vu, est allé
allègrement à une mort de martyr. Lorsqu’il livra
sa personne au gouverneur Ford, afin d’éviter l’effusion
de sang, le prophète avait un pressentiment de ce qui
l’attendait. ‘Je vais comme un agneau à
l’abattoir, dit-il, mais je suis aussi calme qu’un matin
d’été. J’ai la conscience nette de toute
offense et je mourrai innocent’. » (Josiah Quincy,
Figures
of the Past,
1893, p. 376-378)
Howard
S. McDonald, écrivant pour le
New
York Times,
dit le 4 septembre 1843 :
« Ce Joe
Smith doit être considéré comme un personnage
extraordinaire, un
prophète-héros,
comme Carlyle
pourrait l'appeler.
Il est l'un
des grands hommes de notre époque et, dans l’histoire
future, comptera avec ceux qui, d'une manière ou d'une autre,
ont marqué fortement de leur empreinte la société. »
(Joseph Smith Memorial, 9 décembre 1945, p.17)
Je
voudrais examiner ici les réalisations de cet homme à
qui un ange a dit, quand il avait 18 ans, que son « nom
serait connu en bien et en mal parmi toutes les nations, familles et
langues, ou qu'on en dirait du bien et du mal parmi tous les
peuples » (Joseph Smith – Histoire 1:33).
Le regard que je voudrais porter, c’est celui que pourrait
avoir quelqu’un qui ne serait pas membre de l’Église
qu'il a organisée.
C'est-à-dire
que je voudrais regarder l'histoire, ce qu'il a fait, plutôt
que ce que lui ou ses disciples affirmaient.
Une
biographie assez récente de Joseph Smith commence en ces
termes : « Ceci
est l'histoire incroyable d'un dirigeant
charismatique, une des figures les plus complexes et les plus
influentes de l’histoire américaine : prophète,
voyant, urbaniste,
banquier, agent immobilier, homme d'affaires, lieutenant-général
de milice, politicien, instrument de la révélation
divine – un homme qui croyait en Dieu mais pas aux sectes
querelleuses et contradictoires de
son temps et qui mourut martyr pour ses croyances. »
Source
d'Écritures
Joseph
Smith a créé près de mille pages de ce qu'il
affirmait être de nouvelles Écritures,
plus de huit fois ce que Paul, qui vient en second, a produit.
On peut ne pas accepter ces
écrits comme Écriture,
mais il y a vraiment près de mille pages d'instructions et
d'histoire dont le moins qu’on puisse en dire c’est
qu’elles ressemblent à des Écritures,
ayant une cohérence interne, aussi bien qu'une cohérence
avec les paroles de la Bible.
Quelque chose d’Impressionnant
pour n'importe qui, mais que faut-il en penser quand cela vient de
quelqu'un qui n’a fait que trois années d’école ?
Le
monde a insisté sur le fait que quelqu'un d'autre a dû
faire au moins 500 pages du
Livre de Mormon.
On est toujours à la recherche de ce quelqu'un
d'autre.
Mais
cela laisse presque 500 pages de texte de qualité semblable
dont Joseph Smith est l’auteur incontesté.
Comme
ces 500 dernières pages, le reste de cette liste de
réalisations ne peut pas être attribué à
quelqu'un d'autre : il y a trop de témoins.
Théologien
« Il
a été laissé seul pour s'embarquer sur l'océan
de la pensée religieuse, ayant rejeté tous les navires
connus sur lesquels il aurait pu naviguer et sans jamais en avoir vu
ou construit un lui-même. Assurément s'il était
un imposteur, la barque qu’il pouvait construire serait
vraiment primitive » (David O. McKay).
La
théologie qu'il a proclamée allait bien au-delà
de la pensée de son temps.
Philosophe
Il
avait une conception extrêmement positive de l'humanité
et de son potentiel éternel.
La
conception tout à fait unique qu’il avait de la
philosophie commence à retenir l'attention des savants du
monde.
Par
exemple, un historien danois examine la vie de Joseph Smith dans le
contexte du philosophe Kierkegaard.
Un
autre examine les ressemblances entre la façon dont un Joseph
Smith sans instruction a traduit des textes sacrés cachés
et une tradition tibétaine semblable où les moines
cachent des textes sacrés que l’on découvrira et
que l’on traduira à une époque future.
« Mais
les historiens mormons et non
mormons
conviennent que les histoires sont complexes et les historiens ne
cesseront jamais de démêler les fils de la vie de Joseph
Smith, chacun étudiant, sous un angle différent, sa vie
et ce qu’il a laissé.
« Depuis
deux siècles, les historiens décrivent invariablement
Joseph Smith soit comme un chercheur d’or et un charlatan
religieux, soit comme un génie religieux et un théologien
révolutionnaire.
Mais
les historiens d’aujourd'hui, des gens venant de tous les horizons
religieux et scientifiques, semblent s’accorder pour
dire que l'homme qui a fondé l'Église
de Jésus-Christ des saints des derniers jours
est bien plus complexe et bien plus compliqué que les
biographies simplistes qui ont défini le prophète
mormon. »
(article
de l’Associated
Press du
7 mai 2005 relatif au colloque tenu à la Bibliothèque
du Congrès, « Les mondes de Joseph Smith »,
reproduit dans le
Deseret
News)
Politicien
:
Maire
de Nauvoo,
la plus grande ville d’Illinois à l’époque,
et la dixième des États-Unis.
Il
a rédigé la charte de Nauvoo
et l'a fait approuver par le législateur de l'Illinois.
Au moment où il fut assassiné, il
était lieutenant-général, commandant la Légion
de Nauvoo
et candidat à la présidence des États-Unis.
Voici une brève
esquisse des thèmes de sa campagne électorale et des
raisons pour lesquelles il se présentait :
« Views
Of The Powers And Policy Of The Government Of The United States [Vues
concernant les pouvoirs et la politique du gouvernement des
États-Unis] est strictement
un document politique.
Dans cette brochure, Joseph
Smith ne fait aucune mention de ses enseignements religieux.
L'utilisation
du titre « Général » (de la
Légion de Nauvoo)
plutôt que de Prophète ou de Président donne le
ton du document.
La
brochure ne dit rien des expériences spirituelles de Joseph
Smith et ne mentionne pas l'Église
de Jésus-Christ des saints des derniers jours.
En
fait, quelques mois à peine avant la publication de la
brochure, Joseph déclarait :
« Le
Seigneur
ne m'a pas donné de révélation concernant la
politique.
Je
ne lui en ai pas demandé. »
« Views »
était essentiellement une tentative d’apporter des
solutions pragmatiques aux problèmes les plus urgents de la
nation.
Joseph
préconisait de donner au président le pouvoir
de réprimer les émeutes.
Il
était également en faveur de la suppression de
l'esclavage, de la réduction du nombre et du salaire de la
Chambre des représentants, de la réforme du système
pénitentiaire, de la suppression des cours martiales pour les
cas de désertion, de la création d’une banque
fédérale et de l’annexion de l'Oregon et du
Texas. » (H.
Dean Garrett, dir. de publ., Regional
Studies in Latter-day Saint History, Illinois,
p.154)
Joseph
a dit : « Je n'aurais jamais permis que mes amis se
servent de mon nom comme président des États-Unis ou
comme candidat à cette fonction, si mes amis et moi avions eu
la possibilité de jouir de
nos droits religieux et civiques en tant que citoyens américains,
ces droits mêmes que la Constitution garantit à tous ses
citoyens sans distinction.
Or c’est ce que l’on nous refuse depuis le début.
Les
persécutions ont déferlé de temps en temps sur
nos têtes dans certains endroits des États-Unis, comme
des roulements de tonnerre, à cause de notre religion ;
et
jusqu’ici aucune partie du gouvernement n’est venue à
notre secours.
Cela étant, j’estime
avoir le droit d’acquérir tout ce que je peux comme
influence et comme pouvoir aux États-Unis, pour que les
innocents lésés soient protégés. »
(H.
Dean Garrett, dir. de publ., Regional
Studies in Latter-day Saint History, Illinois,
p.155)
Chef
militaire
Joseph
commandait la Légion de Nauvoo
au moment de son assassinat.
On a dit que
c'était l'unité militaire non professionnelle la mieux
entraînée des États-Unis.
Le
poste de Joseph comme lieutenant-général lui donnait, à
ce moment-là, le rang militaire le plus élevé
des États-Unis et il était le premier à détenir
ce rang depuis Washington.
« La
réforme de l’armée était un autre de ses
programmes.
Le
prophète voulait abolir la pratique de l'armée et de la
marine de juger les déserteurs par cour
martiale
:
‘Si
un soldat ou un « marine » s’enfuit,
envoyez-lui son salaire en lui précisant que son pays ne lui
fera plus jamais confiance, qu’il a perdu son honneur.
Faites
que l’HONNEUR soit la norme pour tous les hommes. »
Il ajouta :
« Assurez-vous que le bien soit rendu pour le mal dans
tous les cas :
et
la nation tout entière… s’élèvera
dans la justice
et sera respectée comme étant sage et digne sur la
terre.
» (H.
Dean Garrett, dir. de publ., Regional
Studies in Latter-day Saint History, Illinois,
p.158)
Réformateur
social
■ Position
sur l'esclavage
« L'esclavage…
était une autre question importante dans la campagne
électorale de Joseph Smith.
Le
prophète recommandait l'abolition de l'esclavage pour 1850 au
plus tard.
Il
voulait que le Congrès « paie à chaque
homme un prix raisonnable pour ses esclaves grâce aux fonds
excédentaires résultant de la vente des terres
publiques et de ce qui serait déduit du salaire des membres du
Congrès.
Brisez les liens du pauvre
noir et engagez-le pour qu’il travaille comme les autres êtres
humains. »
« [Pour
Joseph] le problème de l'esclavage et la question de la
réforme parlementaire étaient étroitement liés.
Le
prophète voulait lever des fonds pour acheter les esclaves à
leurs propriétaires, entre autres en réduisant le
nombre des membres du Congrès et leur salaire.
Il préconisait
de garder deux sénateurs de chaque État,
mais de n’avoir que deux représentants par million de
personnes.
En
1844, il y avait 223 représentants et 52 sénateurs
représentant 26 États.
La
population des États-Unis était d’environ 20
millions d’âmes.
La
proposition du prophète aurait ramené la chambre des
représentants de 223 à 40.
Il
croyait qu'un corps législatif cette taille ‘abattrait
plus de travail que l'armée qui occupe maintenant l’hémicycle
de la législature nationale. »
(H.
Dean Garrett, dir. de publ., Regional
Studies in Latter-day Saint History, Illinois,
p.157)
■ Position
concernant la réforme des prisons
[Joseph]
« recommandait également la réforme du
système pénitentiaire du pays :
« Que
les pénitenciers soient transformés en lieux
d’enseignement ». Il déclarait : « La
rigueur et la réclusion ne pourront jamais faire autant pour
réformer les inclinations des hommes que la raison et
l'amitié. »
[Il
croyait que ceux qui avaient enfreint la loi devaient être mis
au travail sur « les routes, les travaux publics ou tout
autre endroit où l’on pourrait leur apprendre plus de
sagesse et plus de vertu et les rendre plus éclairés. »
Il
voulait aussi supprimer l'emprisonnement pour dettes, qui restait un
problème dans quelques États.
La
position progressiste du prophète sur la réforme des
prisons n’était pas seulement le fruit de son désir
d'améliorer la société en général
mais également de sa compassion pour ceux qui avaient enfreint
la loi. » (H.
Dean Garrett, dir. de publ., Regional
Studies in Latter-day Saint History, Illinois,
pp.157-158)
Économiste
Il a
conçu un système économique pour le millénium.
Certains affirment que la mise en pratique partielle de ce système
par des pionniers mormons a sauvé les pionniers de l'Utah.
« Le
concept d'une banque fédérale était un thème
[de la campagne électorale de Joseph] dont le dirigeant
mormon semblait particulièrement satisfait.
Le
soir du lundi 5 février 1844, deux jours avant que la brochure
Views
ne soit terminée, le prophète écrivit :
'J’ai été le premier à
proposer publiquement une banque fédérale selon les
principes énoncés dans la brochure'. Il
recommanda, en premier lieu, la création d’une banque
fédérale avec des filiales dans chaque état
et territoire ;
en
second lieu, que les fonctionnaires soient élus annuellement
et qu’on leur paie deux dollars par jour pour leurs services ;
troisièmement,
que les diverses banques ne soient pas autorisées à
émettre plus de billets qu’ils n’avaient de
capital social dans leurs chambres fortes ;
quatrièmement,
que les bénéfices nets de la banque mère soient
affectés au revenu national, et ceux des filiales aux états
et aux territoires ;
et
cinquièmement, que les billets
aient la même valeur dans tout le pays, ce qui, croyait-il,
réglerait le problème du ‘courtage’. »
(H.
Dean Garrett, dir. de publ., Regional
Studies in Latter-day Saint History, Illinois,
p.158)
Urbaniste
C’est lui qui a fait le
plan de la ville de Nauvoo,
qui, au moment de sa mort, était la plus grande ville de
l'État d’Illinois.
Il
élabora le plan de la ville de Sion,
une ville millénaire qui devait être construite à
peu près à l'endroit actuel de Kansas City (Missouri).
Plus
de cent villes de l'Ouest américain ont été
construites selon ses plans urbanistiques.
Architecte
Il
a conçu deux temples dont l’architecture était
distincte de celle de tous les autres bâtiments que lui ou son
peuple avaient connus.
À l’époque, le
temple de Nauvoo
acquérait la réputation d’être le bâtiment
le plus grandiose de l’Ouest des États-Unis.
Il
avait coûté six millions de dollars.
Son
peuple continua à travailler au temple alors même qu’il
se faisait expulser, en plein hiver, de Nauvoo
par des émeutiers déchaînés, qui prenaient
plaisir à brûler et à tuer les mormons.
On disait qu'ils
travaillaient au temple une truelle dans une main et un fusil dans
l’autre, ceci selon une prophétie
de Joseph Smith, qui disait qu’ils seraient chassés de
Nauvoo
avant de pouvoir achever et utiliser complètement leur temple
et que celui-ci serait bientôt détruit sans qu’il
en reste pierre sur pierre.
Les
émeutiers incendièrent le temple avant que tous les
mormons ne se soient échappés à travers le
Mississippi gelé.
Une dizaine d’années plus tard, les
murs restants furent démolis par une tornade.
Les
pierres furent ensuite utilisées par les nouveaux habitants de
Nauvoo
pour la construction de leurs maisons.
On
lit dans l’article de l’Associated
Press cité
plus haut : « Une petite histoire ne saurait
expliquer un si grand homme » a dit Richard Bushman,
professeur honoraire d'histoire à l'université de
Columbia, dont l'analyse définitive de Joseph Smith paraîtra
cet automne. « Quelque
chose en lui transcende le temps et l'espace » et il
ajoute que les historiens doivent maintenant examiner le prophète
dans une optique plus large que « typiquement américaine »
ou comme simple produit des réveils
religieux de
la Nouvelle-Angleterre.
Pour
les spécialistes laïques de la religion, c'était
une occasion de plonger dans les nuances spirituelles de l’Amérique
du XIXe siècle avec son abondante philosophie
restaurationniste, son idéalisme apocalyptique et son
millénarisme.
Et
la personnalité qui donne sa définition à cette
renaissance religieuse est Joseph Smith, « l'Américain
par excellence » et un homme « étrange
et différent », dit Robert Remini,
érudit jacksonien
et professeur honoraire à l'université d’Illinois
à Chicago, qui vient d’être nommé historien
de la chambre des représentants des États-Unis.
Remini,
qui vient également de publier une biographie considérable
de Joseph Smith, a dit qu'il est impossible d’examiner
l'importance historique de l'homme sans tenir compte des racines
qu’il a en Nouvelle-Angleterre, de sa place dans l'expansion
vers l'ouest d'une nouvelle nation et de ses expériences
religieuses collectives dans une société ardemment
religieuse.
« Je
ne pense pas que l'examen de Joseph Smith soit complet »,
a-t-il dit.
Richard
T. Hughes, professeur de religion à l'université
Pepperdine
en Californie et expert des mouvements restaurationnistes du début
du XIXe siècle, confirme que les historiens ont longtemps été
divisés par la religion, les historiens non
mormons
affirmant que ce sont des circonstances spécifiquement
américaines qui ont créé Joseph Smith et les
mormons qui croient qu’il a été choisi par Dieu
pour
rétablir
l'Évangile
de Jésus-Christ.
La
vérité, c’est « qu’il y a bien
plus chez Joseph Smith » que dans ces deux approches
simplistes, a dit Hughes, dont l'université est affiliée
à Alexander Campbell, critique au verbe haut, contemporain de
Joseph Smith, qui avait fondé son propre mouvement de
restauration avec un grand nombre des mêmes bases
restaurationnistes que la religion des saints des derniers jours.
Conseiller
en alimentation
La section 89 des
Doctrine et Alliances est ce
que nous appelons la Parole
de sagesse. Depuis 1833 elle reste un code de santé modèle.
Tandis
que le monde moderne de la nutrition va et vient dans ses conseils de
santé, ce code de santé continue à être
valable et plus complètement confirmé avec chaque
oscillation du pendule des nutritionnistes.
Pionnier
Joseph
a conduit une troupe de 200 hommes de Kirtland
(Ohio) à Independence (Missouri).
Ce
qu’on
appelle
le camp de Sion
a été une marche de plus de 1500 kilomètres.
Tandis
que beaucoup prétendraient que ce fut un échec, puisque
son but avoué était de délivrer Independence des
mains des émeutiers du Missouri, il s'est avéré
être une expérience d'apprentissage très
importante pour Joseph et a séparé les brebis des
boucs.
Il
y eut des problèmes d'approvisionnement, de maladie et de
rébellion.
Il
y eut une formation importante, une foi accrue et des miracles.
Et
il y eut des vicissitudes, des querelles et des pertes de foi.
Brigham
Young
dit qu’il apprit tout ce qu'il savait de la vie de pionnier
grâce à Joseph Smith dans le camp de Sion.
À son retour à
Kirtland,
Joseph organisa le Collège
des Douze
et le premier collège
des soixante-dix.
Tous
les soixante-dix et neuf des Douze furent choisis parmi ceux qui
avaient accompagné Joseph dans le camp de Sion.
Mon
arrière-arrière grand-père participa, à
17 ans, au camp de Sion.
À son
retour, il
fut appelé
à faire sa première mission dans les États du
Sud.
Il
allait passer les onze années suivantes comme missionnaire, la
plupart du temps dans le Sud.
Athlète
Joseph
avait plus d’un mètre quatre-vingts et pesait
quatre-vingt-dix kilos.
Il
était physiquement fort et était imbattable à la
lutte ou à la traction du bâton.
La
traction du bâton était un concours très
populaire de force sur la frontière américaine [on
appelle frontière
américaine
la limite entre les terres colonisées par les blancs et la
partie non exploitée habitée par les Indiens, ndt].
Les
adversaires étaient assis par terre, se
faisant face,
pied contre pied.
Ils
agrippaient tous les deux un bâton ayant environ cinq
centimètres de diamètre.
Le signal
donné, chacun tirait sur le bâton en essayant de
soulever l'autre du sol. Le perdant était souvent projeté
au-dessus de la tête du gagnant.
Joseph
avait besoin d’une grande force physique rien que pour
survivre.
Il
avait par nature « un tempérament joyeux »,
et il avait besoin de cela également.
« Malgré
son sérieux, le prophète, quand les circonstances le
permettaient, était extrêmement familier, avait le rire
facile, était sociable et animé ; c’était
un boute-en-train, qui utilisait un langage haut en couleurs…
« Non
seulement Joseph Smith avait ce tempérament, mais il avait du
mal à supporter l’attitude opposée, en
particulier quand elle était le fruit de fausses traditions.
Un jour des pasteurs vinrent le trouver dans l’intention de le
coincer dans
l'analyse des Écritures et ils se vantaient qu’ils
allaient le faire.
Ils
ne cessaient d’essayer de l’acculer, mais chaque fois, il
avait non seulement la réponse, mais également des
questions auxquelles ils ne pouvaient pas répondre. Finalement
ils acquirent la conviction qu’il valait mieux partir.
Pendant
qu'ils se dirigeaient vers la porte, le prophète les précéda.
Il
sortit, traça une marque sur le sol et sauta.
« Messieurs, dit-il,
vous ne m’avez pas battu dans les
Écritures.
Voyons
si vous pouvez me battre à cela. »
Ils
s’en allèrent, furieux.
« Un
homme qui utilisait
un langage affecté
se rendit chez Joseph… et dit, avec une sorte de déférence
dédaigneuse : ‘Se peut-il que mon système
optique se pose sur un prophète ?’
‘Oui,
répondit le prophète, autant que je sache ;
voulez-vous
lutter avec moi ?’
L'homme
fut choqué. »
(Joseph
Smith, le prophète, p. 25-26).
Éducateur
Joseph, qui avait fait très peu d’études
officielles (il
avait le niveau de la troisième année primaire), devint
un excellent orateur, apprit à lire l’hébreu et
l'allemand, fonda une université, écrivit le programme
d'études pour la formation des dirigeants
de l'Église (les « Lectures
on Faith »)
et fut l'un des partisans les plus convaincus au monde de
l'éducation.
Très travailleur
Il ne recevait pas de salaire pour son travail dans
l'Église, il a gagnait sa vie comme fermier et négociant
; pas un grand homme d'affaires, ne pouvant pas voir les
autres souffrir de la pauvreté, il donnait littéralement
tout son magasin.
Attaché à sa famille
Certes, il y a eu la polygamie ; et son épouse, qu'il aimait tendrement,
ne pouvait pas l'accepter.
Mais quand on l’arracha à sa famille, à Far
West, Joseph
pleura.
Les
lettres qu’il écrivit à Emma depuis la prison de
Liberty révèlent ses émotions et son amour
profonds pour sa famille et pour les saints.
Emma
le soutint dans les moments les plus éprouvants.
Elle
fut son associée et son alliée la plus ferme, et ce
jusqu'à ce mois de juillet fatidique de 1843.
Cette dernière année
fut très difficile (la révélation sur la
polygamie fut rendue publique en juillet 1843 et Joseph fut tué
en juin 1844).
Il
était au courant de la révélation longtemps
avant d’en parler.
Il
savait qu’elle briserait le cœur de son épouse.
Mais
il avait reçu le commandement et il obéit.
Joseph
mit par écrit un événement qui eut lieu le 4
janvier 1844 :
« Je
prenais mon repas dans la salle du nord et je faisais la réflexion
à frère Phelps
que j’avais une femme bien gentille et attentionnée, que
quand je voulais un peu de pain et de lait, elle chargeait la table
de tant de bonnes choses que cela faisait disparaître mon appétit.
À
ce moment-là, Emma
est entrée, tandis que Phelps,
poursuivant la conversation, disait : ‘Vous devez faire
comme Bonaparte :
avoir une
petite table, juste assez grande pour les aliments que vous vous
voulez manger.’
Mme
Smith répondit : ‘M. Smith est un plus grand homme
que Bonaparte
:
il
ne peut jamais manger sans ses amis.’
J'ai
dit : ‘C'est la chose la plus sage que je t’aie
jamais entendu dire.’ (History
of the Church,
Vol.6,
p.165-166)
Charismatique
Il est difficile de mesurer tout ce qu’il avait accompli à
l'âge
de 39 ans.
L’essentiel de son succès
résidait dans sa capacité de communiquer sa vision et
de rassembler des disciples loyaux autour de lui.
Les
paroles d'un agent de police envoyé l’arrêter
illustrent son magnétisme.
Il
dit : « J’emmenai Joseph Smith chez moi pour le
détenir jusqu’au lendemain matin, dans l’intention
de rejoindre la prison le matin.
Il
n'était pas chez moi depuis une demi-heure que ma femme, j’en
suis certain, l’aimait plus que moi. »
La
force de sa personnalité est illustrée dans une cellule
de prison au Missouri.
Parley
Pratt, l'un des Douze, dit à ce propos :
« Au
cours d'une de ces nuits sans fin, nous étions restés
couchés comme endormis jusqu'à ce que l'heure de minuit
fût passée et que nos yeux et notre cœur eussent
souffert d’avoir écouté, des heures durant, les
plaisanteries obscènes, les jurons atroces, les blasphèmes
horribles et le langage ordurier de nos gardes, le colonel Price en
tête, qui se racontaient mutuellement les actes de rapine, de
meurtre, de pillage, etc., qu'ils avaient commis parmi les mormons
pendant qu'ils étaient à Far West et dans le voisinage.
Ils se vantaient même d'avoir souillé de force des
épouses, des filles et des vierges et d'avoir abattu ou fait
sauter la cervelle à des hommes, à des femmes et à
des enfants.
« J'avais
écouté jusqu'à être à ce point
dégoûté, choqué et horrifié, et si
rempli de l'esprit de justice indignée que j'avais du mal à
m'empêcher de me lever et de réprimander les gardes;
mais je n'avais rien dit à Joseph ni à personne
d'autre, bien que couché à côté de lui et
sachant qu'il était éveillé. Soudain il se leva
et parla d'une voix de tonnerre, comme un lion rugissant, disant,
dans la mesure où je peux m'en souvenir, ce qui suit :
« ‘Silence,
démons du gouffre infernal ! Au nom de Jésus-Christ, je
vous réprimande et je vous commande de vous taire. Je ne
vivrai pas un instant de plus pour entendre pareil langage. Cessez ce
genre de conversation ou bien vous ou moi mourrons à l
'instant.’
« Il cessa de
parler. Il se tenait droit avec une majesté terrible. Enchaîné
et sans armes, calme, serein et digne comme un ange, il regardait les
gardes tremblants qui baissèrent leurs armes ou les laissèrent
tomber par terre, dont les genoux fléchirent et qui, reculant
dans un coin ou s’accroupissant à ses pieds, lui
demandèrent pardon et restèrent silencieux jusqu'à
la relève de la garde.
« J'ai vu des
dispensateurs de la justice, revêtus de leurs toges de
magistrats et des criminels traduits devant eux, dans des situations
où la vie ne tenait qu’à un fil, dans les
tribunaux anglais. J'ai vu un Congrès réuni en session
solennelle pour donner des lois à des nations ; j'ai essayé
de concevoir des rois, des cours royales, des trônes et des
couronnes et des empereurs assemblés pour décider du
destin de royaumes ; mais la dignité et la majesté, je
ne les ai vues qu'une seule fois, enchaînées, à
minuit, dans un cachot d'un village obscur du Missouri. »
(Parley P. Pratt, Autobiography,
1985, p. 179-180)