John
Gee a un doctorat en égyptologie de l’université
de Yale et est professeur à l’université Brigham
Young
Nous
sommes au courant de certains types de changements apportés
aux textes chrétiens parce que, ironie du sort, ils sont
clairement énumérés par les personnes mêmes
qui avaient la responsabilité de les préserver. Par
exemple, Rufin (quatrième siècle) dit à propos
des textes chrétiens plus anciens qu'il copie : « C’est
pourquoi, chaque fois que nous avons trouvé dans ses livres
[dans ce cas, ceux d’Origène] quelque chose de contraire
à ce qui a été pieusement précisé
par lui à d’autres endroits à propos de la
Trinité, ou bien nous l'avons omis
comme corrompu et interpolé, ou bien nous l’avons
modifié selon ce modèle que nous trouvons souvent
affirmé par lui.
Cependant si, parlant aux personnes formées et érudites, il écrit de manière obscure parce qu'il désire passer brièvement sur quelque chose, nous avons, nous, pour rendre le passage plus clair, ajouté les choses que nous avons lues ouvertement sur le même sujet dans ses autres livres… Tous ceux qui copieront ou liront ceci… n’ajouteront rien à cet écrit, ni n’en retireront rien, ni n’inséreront rien, ni ne changeront rien. » [43]
Rufin
plaide ici simultanément et de manière presque
hypocrite pour que les autres ne lui fassent pas ce qu’il leur
a fait. Il suit explicitement l'exemple de ses prédécesseurs,
et en particulier celui de Macarius, « qui, lorsqu’il a
traduit plus de soixante-dix livres d'Origène, qui sont
appelés homélies, et aussi plusieurs de ses écrits
sur l'apôtre en latin dans lesquels se trouvent plusieurs
passages offensants, pour cette raison, il
a enlevé ou nettoyé tout cela
quand il
a traduit,
de sorte qu’un lecteur latin n’y trouvera rien qui soit
en désaccord ce que nous croyons.
« C’est donc ce procédé que nous utilisons, même si nous ne sommes pas aussi éloquents, néanmoins, dans la mesure du possible, selon les mêmes règles, nous veillons à ne pas révéler les passages des livres d'Origène qui sont en désaccord avec lui et le contredisent. » [44]
Les suppressions [45], les modifications
et même les ajouts aux ouvrages ont été des
problèmes dans l'Antiquité [46], pendant la Renaissance
[47], et même à l’heure actuelle [48]. Mais
d'autres types de corruptions affectent également le texte.
L’un d’eux est le processus par lequel les textes sont
réinterprétés dans un cadre non littéral
ou allégorique [49]. Un autre est le changement de
signification des mots, comme celui qui s’est produit pendant
la deuxième période sophistique [50].
Entre l’époque
de la rédaction du Nouveau Testament et la fin du deuxième
siècle, la signification de plusieurs des mots a changé.
Il y a, par exemple… le changement des sens principaux du mot
pistis,
de « garantie » à « croyance » [51],
de homologein,
de « s’accorder sur les conditions, accepter un accord,
faire un contrat légal, promettre », à «
confesser » [52], de musterion,
de « rite (d’initiation) » à « secret
» [53]. Étant donné qu’on lit
habituellement le Nouveau Testament avec le sens donné aux
mots dans la deuxième période sophistique et plus tard
– des sens qui ont souvent changé – la
compréhension du texte peut être modifiée
radicalement.
Malheureusement, beaucoup de livres écrits par
les spécialistes du Nouveau Testament n'aident pas le lecteur
moyen à éliminer cet obscurcissement parce que les
savants qui écrivent les livres ont lu peu de choses en grec à
part le Nouveau Testament ou des écrits philosophiques
occasionnels et que de par leur formation, ils utilisent la
compréhension de la langue d’après la deuxième
période sophistique. Toutes les méthodes utilisées
pour changer le texte dont nous venons de parler apparaissent au
deuxième siècle.
La corruption textuelle la plus facile à introduire est la suppression et c’est la forme la plus fréquente d’erreur des copistes. Justin Martyr accuse les Juifs d’avoir éliminé de petits groupes de mots dans les Écritures [54]. Tertullien porte contre Marcion la même accusation d’utiliser « le couteau, pas la plume », quand il pratique « de telles excisions dans les Écritures. » [55]
Les
ajouts sont aussi une corruption textuelle, quoique moins fréquente
que les suppressions : Tertullien parle d’écrits
attribués à tort à Paul, qui sont
intégralement des faux et que l’on faisait circuler de
son temps [56].
Irénée
accuse Valentin d'agir comme le font les critiques bibliques modernes
et de diviser « les prophéties [en classes différentes],
affirmant qu'une partie a été dite par la mère,
une deuxième par ses enfants et une troisième par le
Démiurge. De la même manière, ils prétendent
que Jésus a prononcé certaines choses sous l'influence
du Sauveur, d'autres sous celle de la mère et d'autres encore
sous celle du Démiurge » [57]. Les Valentiniens
croyaient, en harmonie avec la pensée néo-platonicienne
de leur époque, que ce n’était pas Dieu qui avait
créé le monde, mais plutôt un dieu plus jeune qui
avait créé un dieu encore plus jeune, et ainsi de suite
jusqu’à ce que l’un de ces dieux plus jeunes ait
créé un démon, appelé le Démiurge,
qui a créé le monde.
« Ils ont trouvé leurs idées dans d'autres sources que les Écritures; et pour utiliser un proverbe courant, ils essayent de tisser des cordes avec du sable, en s’efforçant d’adapter, avec un air de probabilité, à leurs prétentions propres les paroles des apôtres, afin que leur système ne semble pas tout à fait sans fondement. Cependant, en faisant cela, ils méprisent l'ordre et la logique des Écritures et, dans la mesure ou cela dépend d’eux, ils démembrent et détruisent la vérité. En transférant des passages et en leur donnant un aspect nouveau, et en faisant une chose à partir d’une autre, ils réussissent à en tromper beaucoup grâce à leur art pervers d'adapter les oracles de Dieu à leur opinions. » [58]
Tertullien
accuse Marcion de « n'attribuer aucun auteur à son
évangile, comme s’il ne pouvait pas lui être
permis de donner un titre à un texte dont il n'était
pas criminel (à ses yeux) de corrompre le contenu même. » [59]
Quelles
raisons les individus et les groupes du deuxième siècle
avaient-ils de changer les Écritures ? Clément de Rome
écrivit son épître au commencement du deuxième
siècle à la demande des dirigeants de Corinthe pour
régler un conflit qui existait parmi eux. Il accuse certaines
personnes de Corinthe d’ « orgueil » et de
« sédition », de se donner le nom de «
dirigeants » et d’usurper une autorité qui n'était
pas la leur [60].
Vers la fin du deuxième siècle,
Clément d'Alexandrie note que les Carpocratiens avaient changé
l'Écriture pour justifier leur pratique homosexuelle et autres
pratiques immorales. Irénée affirme que les
Valentiniens « s’efforcent d'adapter avec un air de
probabilité à leurs affirmations personnelles les
paraboles du Seigneur, les paroles des prophètes et celles des
apôtres, pour que leur système ne paraisse pas être
tout à fait non fondé » [61]. Tertullien dit
qu’un Ancien d’Asie avait inventé « des
écrits faussement attribués à Paul pour donner
aux femmes le droit d’enseigner et de baptiser » [62].
Les changements dans les textes et les raisons de modifier les textes
des Écritures aussi bien canoniques que non canoniques [63],
en général, correspondent à celles données
par Néphi :
«
C'est pourquoi, tu vois que lorsque le livre s'en est allé en
passant par les mains de la grande et abominable Église, il y
a beaucoup de choses claires et précieuses qui sont ôtées
du livre, qui est le livre de l'Agneau de Dieu » (1 Néphi
13:28)
«
Voici,
l'or, et l'argent, et les soieries, et l'écarlate, et le fin
lin retors, et les vêtements précieux, et les
prostituées sont le désir de cette grande et abominable
Église » (1 Néphi 13:8).
S’il
est vrai que tout les chrétiens du deuxième siècle
n’étaient pas dévorés par ces mêmes
désirs, il est clair que certains d’entre eux l’étaient
[64].
Certaines personnes modernes, comme le Tryphon du deuxième siècle [65], nient le changement dans les Écritures en disant des choses telles que : « Nous avons aujourd'hui plus de 25 000 manuscrits rien que pour le Nouveau Testament et plus de 5 000 d'entre eux sont écrits en grec, langue originale du Nouveau Testament [66]. » Ou « Tel nombre d’ouvrages savants ont prouvé que la Bible n'a pas été corrompue – il c’est, de tous les livre anciens, celui dont le manuscrit est le mieux attesté et dont le texte a été le mieux conservé. » [67]
Avec tout le respect que l’on
doit à ces trois personnes qui semblent détenir
ensemble quatre doctorats vendus par correspondance, je me risquerai
à dire que ce sont elles qui ignorent « l'histoire du
canon » [68]. Nous avons examiné des éléments
provenant du deuxième siècle, mais il n’est que
juste que nous jetions un coup d’œil sur les manuscrits
bibliques grecs.
Ce recueil de cinq mille manuscrits bibliques grecs comprend la Bible tout entière et la plupart de ces manuscrits sont des manuscrits cursifs tardifs. Si nous ne regardons que ceux du Nouveau Testament, nous avons environ 341 manuscrits en onciale (qui sont généralement plus anciens que les manuscrits cursifs) [69]. De ceux-ci, 10 % environ datent d’avant l’époque de Constantin et un seulement remonte au deuxième siècle. Ce manuscrit du deuxième siècle (P52 = Rylands 458) a à peu près la taille d'un timbre poste et ne contient que dix mots complets (la nouvelle datation de Peter Thiede des fragments de Magdalen College, à savoir qu’ils sont du premier siècle [70] aurait été quelque chose de merveilleux s’il n’avait été démontré que ses arguments étaient erronés [71]).
99,7% des manuscrits
grecs en onciale du Nouveau Testament datent d’après
l’époque où les accusations de corruption de
textes sont nombreuses. Si nous y ajoutions les manuscrits cursifs,
le pourcentage des manuscrits du deuxième siècle
deviendrait encore plus petit. Mais pensons, en outre, au fait que
dix mots complets seulement du Nouveau Testament sont attestés
sous forme manuscrite pendant la période de corruption
textuelle et qu’il n’y en a pas un seul qui soit attesté
avant cette époque.
Si nous réunissons tous les
manuscrits des deuxième et troisième siècles et
que nous notons simplement les chapitres où l’on ne
retrouve ne serait-ce qu’une partie d'un verset, nous
constatons que des livres entiers manquent, dont 1-2 Timothée,
1-2 Pierre, 2-3 Jean et Jude. Sur les vingt-huit chapitres de
l'évangile de Matthieu, il n’y a pas un seul manuscrit
contenant ne serait-ce qu’un seul verset de seize de ces
chapitres avant la fin du troisième siècle.
Ce
que nous venons d’examiner, c’est l’état des
Écritures chrétiennes au deuxième siècle.
De manière générale, nous n'avons pas eu besoin
de nous reposer sur des interprétations de spécialistes
ou d’auteurs vivant en dehors du deuxième siècle
pour découvrir une transformation importante dans la notion
d'Écriture au deuxième siècle. Les livres qui
étaient considérés comme Écriture et une
partie du contenu de ces livres ont changé entre le
commencement et la fin du siècle.
Pendant le deuxième
siècle, diverses factions chrétiennes en ont accusé
d'autres d'avoir changé les textes pour les adapter à
leurs idées. Ces changements ont pris la forme de
suppressions, de certains ajouts et d’une redéfinition
du texte. Ce que l'ange a dit à Néphi est
essentiellement confirmé par ce qui reste de la littérature
chrétienne du deuxième siècle.
C’est donc au deuxième siècle, si pas avant, que nous pouvons situer la corruption des Écritures et la perte des choses claires et précieuses, et il vaut d’être noté qu'aucun des manuscrits grecs ne date d’avant cette période. Il est donc impossible de reconstituer notre texte. Nous ne pouvons pas espérer que la science rendra les parties claires et précieuses du texte qui ont été perdues. Nous devons nous tourner vers le Rétablissement.
[1] Tertullien, Scorpiace 1 ; Irénée, Contra Haereses 1.28.1, 29.1 les décrit comme apparaissant comme des champignons; plus émotionnellement, M_r_t_, évêque de Maipherqat dit qu’il ne restait plus qu’un épi de blé au milieu de l’ivraie, Voir M_r _t_- Against the Canons from the Synod of 318, p. 5, dans Arthur Voobus, The Canons Ascribed to M_r _t- of Maipherqat and related sources, 2 vols., CSCO pp. 439-440, série Scriptores Syri p. 191-92, Lovanii, E. Peeters, 1982, 1:22. Voir aussi Henry Chadwick, The Early Church, Harmondsworth, Middlesex, Penguin, 1967, p. 34 ; W. H. C. Frend, The Rise of Christianity, Philadelphie, Fortress, 1984, p. 201-203 ; Pagels, Gnostic Gospels, p. 7-8.
[2] Actes 20:30 (Paul prophétise la corruption future des enseignements; cf. Kent P. Jackson, "'Watch and Remember': The New Testament and the Great Apostasy," dans Lundquist et Ricks, dir. de publ., By Study and Also By Faith, 1:85; 2 Pierre 3:15-16 (montre que le processus a commencé à l’époque apostolique) ; Justin Martyr, Dialogus cum Tryphone 73 (accusant les Juifs) ; Irénée, Contra Haereses 1.7.3, 8.1, 9.4, 18.1, 19.1, 20.1-2, 22.1-3, 26.2, 27.2,4 ; V.30.1 (accusant divers groupes); 111.2.1 (pour les contre-accusations); Tertullien, De Baptismo 17 (traite de manipulations bien intentionnées mais néanmoins intempestives du texte de Paul); Tertullien, Adversus Marcionem IV.2.2-5 (accuse Marcion de corrompre Luc) ; Tertullien, De Praescriptione Haereticorum 16-19, 38-40 (accusations dans les deux sens) ; M_r_t_, Against the Canons from the Synod of 318, 5, dans Voobus, Canons Ascribed to M_r_t- of Maipherqa, 1 :22-23,25-26 (avec une longue liste de groupes); M_r_t_, The Seventy Three Canons 1, dans id., 1:57-58, cf. 135 ; The Apocalypse of Peter VII. 76.24- 78.31 (pas de mention de secte précise) ; The Apocalypse of Adam V. 77.18-82.25 mentionne treize conceptions différentes du Christ, don’t douze – y compris « l’orthodoxe » – sont qualifiées d’erronées ; Voir aussi NTA 1:31-34 ; Pagels, Gnostic Gospels, 20-21. Bien qu’au quatrième siècle, Épiphane, Panarion 30.13.1, 14.1 ; 42.9.1-2 accuse Ébion, Cerinthus, Carpocrate, et Marcion, personnalités du 2e siècle, de corrompre le texte de l’évangile de Matthieu ; Épiphane, n’est toutefois pas nécessairement une source digne de confiance.
[3] 1 Clément 17:6.
[4] Voir Lightfoot, The Apostolic Fathers, 1.2:64-65
[5] Voir Lightfoot, The Apostolic Fathers, 1.2:89.
[6] 1 Clément 26:2.
[7] Voir Lightfoot, The Apostolic Fathers, 1.2:39-41.
[8] 1 Clément 8:3.
[9] Voir Lightfoot, The Apostolic Fathers, 1.2:80-81.
[10] 1 Clément 23:3-4.
[11] 1 Clément 46:2.
[12] « On ne trouve nulle part cette citation dans l’Ancien Testament » Lightfoot, The Apostolic Fathers, 1.2:139-140.
[13] 2 Clément 5:2-4.
[14] 2 Clément 4:5.
[15] Barnabas 7:4.
[16] Barnabas 7:8.
[17] Barnabas 6:10.
[18] Barnabas 12:1.
[19] Barnabas 6:13.
[20] Maxwell Staniforth, Early Christian Writings: The Apostolic Fathers, New York, Dorset, 1986, p. 22.
[21] Matthieu 13:11-16 ; 19:11 ; Marc 4:2,33 ; Luc 18:34 ; 22:67 ; Jean 3:12 ; 6:60-61 ; 8:43 ; 10:27 ; 16:12, 18, 25 ; Actes 10:41. Voir aussi William J. Hamblin, "Aspects of an Early Christian Initiation Ritual," dans John M. Lundquist et Stephen D. Ricks, dir. de publ., By Study and Also By Faith, 2 vols., Salt Lake City, Deseret et Provo, Utah, FARMS, 1990, p. 204-207
[22] Cela se trouvait dans les temps anciens dans l’Apocryphe de Jacques 1.8.4-10 qui mentionne aussi quelques paraboles précédemment inconnues.
[23] Tertullien, De Praescriptione Haereticorum p. 20-22.
[24] 1 Corinthiens 3:1-2; 2 Corinthiens 12:4; Colossiens 1:26 ; Hébreux 5:11 ; 2 Jean 1:12. Voir aussi Elaine Pagels, The Gnostic Gospels, New York, Random House, 1979, 17-18 ; Hamblin, "Aspects of an Early Christian Initiation Ritual", p. 208-210.
[25] J. B. Lightfoot, The Apostolic Fathers, 2 parties en 5 vols., Peabody, Massachusetts, Hendrickson, 1989, 2.1:29-30.
[26] Greek tas sustaseis tas archontikas. Bien que Ignace utilise le mot sustasis dans d’autres sens (voir Ignace, Epître aux Romains, 5, il semble être utilise ici dans le sens plus technique de question à l’oracle, l’équivalent du démotique ph-ntr ; Voir Janet H. Johnson, "Louvre E3229: A Demotic Magical Text," Enchoria 7, 1977, p. 90-91 ; Robert K. Ritner, "Gleanings from Magical Texts," Enchoria 14, 1986, p. 95 ; Robert K. Ritner, The Mechanics of Ancient Egyptian Magical Practice, SAOC 54, Chicago, Oriental Institute, 1993, p. 214-220.
[27] Ignace, Epître aux Tralliens 5. Sauf avis contraire, toutes les traductions sont celles de l’auteur. Cette liste des caractéristiques des enseignements secrets a fini par se glisser dans la tradition magique pour finir dans un conte de fées anglais comme étant le contenu d’un gros livre d’un magicien “relié de vachette noire avec un fermoir de fer et des coins de fer » ; voir "The Master and his Pupil," dans Joseph Jacobs, coll., English Fairy Tales, Londres, G. P. Putnam's Sons and David Nutt, 1898, réimpression New York, Dover, 1967, pp. 73-74. C’est aussi le sujet principal des livres de 1 Jeu et 2 Jeu aussi bien que d’une grande partie de la littérature hékalote juive.
[28] Justin Martyr, Dialogus cum Tryphone 73, dans The Ante-Nicean Fathers, 1:235.
[29] Justin Martyr, Dialogus cum Tryphone 73, dans The Ante-Nicean Fathers, 1:235 (parenthèses dans le document source).
[30] On trouvera une étude des autres façons dont cette expression a été comprise dans les commentaires de Werner Jaeger dans Morton Smith, Clement of Alexandria and a Secret Gospel of Mark, Cambridge, Massachusetts, Harvard University Press, 1973, p. 38 ; John W. Welch, The Sermon at the Temple and the Sermon on the Mount, Salt Lake City, Deseret Book et Provo, Utah, FARMS, 1990, p. 59 ; et la réaction de Todd Compton, critique de Welch, Sermon at the Temple and the Sermon on the Mount, dans RBBM 3, 1991, p. 322 ; Hamblin, "Aspects of an Early Christian Initiation Ritual," p. 209.
[31] Clément d’Alexandrie, Lettre à Théodore, 1.15-2.10, dans Smith, Clement of Alexandria and a Secret Gospel of Mark, 448-51, Plates I-II; cf. Hamblin, "Aspects of an Early Christian Initiation Ritual," pp. 210-211.
[32] Irénée, Contra Haereses 1.8.1, dans The Ante-Nicean Fathers, Alexander Roberts et James Donaldson, dir. de publ. réimpression Grand Rapids, Eerdmans, 1985, 1:326.
[33] Irénée, Contra Haereses V .30.1, dans Ante-Nicean Fathers, 1:558-559.
[34] Irénée, Contra Haereses 111.2.1, dans Ante-Nicean Fathers, 1:415.
[35] Tertullien, Contra Marcionem IV.2, dans Ante-Nicean Fathers, 3:347
[36] Tertullien, De Praescriptione Haereticorum 17, dans Ante-Nicean Fathers, 3:251.
[37] Tertullien, De Praescriptione Haereticorum 38, dans Ante-Nicean Fathers, 3:262.
[38] Tertullien, Contra Marcionem IV.2, dans Ante-Nicean Fathers, 3:347.
[39] Tertullien, De Praescriptione Haereticorum 38, dans Ante-Nicean Fathers, 3:262.
[40] Tertullien, De Praescriptione Haereticorum 38, dans Ante-Nicean Fathers, 3:262.
[41] Tertullien, De Baptismo 17, dans Ante-Nicean Fathers, 3:677.
[42] Tertullien, De Praescriptione Haereticorum 18, dans Ante-Nicean Fathers, 3:251
[43] Rufin, préface à Origène, Peri Archon, 2-4, dans Patrologiae Graecae 11:113-114; cf. G. W. Butterworth, trad., Origen On First Principles, Goucester, Massachusetts, Peter Smith, 1973, lxiii-ixiv. Cette œuvre d’Origène n’est conservée que dans la traduction latine de Rufin et quelques fragments cités par des auteurs grecs. Les traductions non fiables de Rufin de cette œuvre et d’autres étaient connues de ses contemporains comme des savants modernes pour être « faussées et confuses » quand ce n’était pas « bâclées et peu soignées » puisque « il paraphrase souvent et interprète erronément son original », voir Quasten, Patrology, 1:61, 170 ; 2:37, 49, 58, 146 ; 3:172, 240, 315, 341, 533.
[44] Rufin, préface à Origène, Peri Archon, 2, dans PG 11: 112-113, italiques ajoutés.
[45] Voir Rufin, préface au pseudo-Clément, Recognitiones, dans Alexander Roberts, et James Donaldson, dir. de publ., The Ante-Nicene Fathers, 10 vols., Grand Rapids, Michigan, Wm. B. Eerdmans, et Edimbourg, T&T Clark, 1986,8:75, et n. 3. "L’erreur de copiste la plus courante est (je pense) l’haplographie, c’est-à-dire, lire deux séquences identiques de lettres comme si c’était une seule et omettre tout ce qui se trouve entre" ; P. Kyle McCarter, Textual Criticism: Recovering the Text of the Hebrew Bible, Philadelphie, Fortress Press, 1986, p. 17.
[46] On peut rerouver une excellente introduction aux problèmes que cela comporte dans Hugh Nibley, "The Way of the Church," CWHN 4:209-63. La prise de conscience des problèmes causés par la manipulation textuelle apparaît très tôt dans l’histoire humaine ; voir, par exemple, Ur-Nammu (2112-2095 av. J.-C., premier roi de la Dynastie d’Ur III: lú mu-sar-ra-ba šu bí-íb-úr-a dBíl-ga-mes-e nam ha-ba-da-ku5-e "puisse Gilgamesh maudire quiconque modifie cette inscription" ; Urnammu 41, dans Ilmari Kärki, Die Konigsinshriften der dritten Dynastie von Ur, vol. 58 of Studia Orentalia, Helsinki, Finnish Oriental Society, 1986, p. 26 ; on peut trouver des imprécations semblables tout au long de l’histoire babylonienne dans Hermann Hunger, Babylonische und assyrische Kolophone, vol. 2 de Alter Orient und Altes Testament, Kevelaer, Butzon & Bercker, 1968) ; pour la diffusion de cette formule de malédiction dans la culture hittite au commencement de son histoire écrite, voir O. R. Gurney, The Hittites, 4e éd., Harmondsworth, Middlesex, Penguin, 1990, p. 141, 1ère éd., 1952, p. 170.
[47] Voir A. E. Housman, M. Manilii Astonomicon, 5 vols., Cambridge, Cambridge University Press, 1937, 1 :xiv-xxii; pour une estimation du travail textuel de la Renaissance et de l’époque byzantine, voir Alexander Hugh McDonald, "Textual Criticism," OCD 1049.
[48] À propos de la réécriture moderne de Polybe, Voir Robert K. Ritner, "Implicit Models of Cross-Cultural Interaction: A Question of Noses, Soap and Prejudice", dans Janet H. Johnson, dir. de publ., Life in a Multi-Cultural Society: Egypt from Cambyses to Constantine and Beyond, SAOC 51, Chicago, Oriental Institute, 1992, pp. 287-88. Ce point central dans l’argument de Ritner a lui-même été omis dans la version originale publiée et il faut vérifier sur la feuille d’errata. Un autre exemple flagrant de réécriture des sources est Jesus the Magician, de Morton Smith, San Francisco, Harper et Row, 1978. À la page 53, Smith prétend prendre les Epistulae X.96 de Pline ''telles qu’on les prend habituellement, au pied de la lettre” et se met ensuite à introduire des formules magiques, des démons et du cannibalisme dans un texte où tous ces éléments sont en réalité absents.
[49] Voir Richard Lloyd Anderson, Understanding Paul, Salt Lake City, Deseret, 1983, p. 376-377 ; Layton, Gnostic Scriptures, p. 317. On trouvera une analyse exhaustive du changement d’interprétation dans un passage d’écriture, dans Thomas W. Mackay, "Early Christian Millenarianist Interpretation of the Two Witnesses in John's Apocalypse. 11:2-13", dans Lundquist et Ricks, dir. de publ., By Study and Also By Faith, 1:222-331. Pour l’utilisation de l’approche allégorique dans le judaïsme rabbinique, voir Jacob Neusner, "The Case of Leviticus Rabbah," dans Lundquist et Ricks, dir. de publ., By Study and Also By Faith, 1:366-370. Pour une étude historique de l’allégorie, voir C.S. Lewis, The Allegory of Love: A Study in Medieval Tradition, Oxford, Oxford University Press, 1936, p. 44-111. Pour des tentatives récentes de parvenir au même genre de changement d’interprétation chez les saints des derniers jours, voir Louis Midgley, "More Revisionist Legerdemain and the Book of Mormon," RBBM 3, 1991, p. 261-311 ; Stephen E. Robinson, critique de Dan Vogel, dir. de publ., The Word of God: Essays on Mormon Scripture, dans RBBM 3, 1991, p. 312-318 ; Daniel C. Peterson, "Questions to Legal Answers," RBBM 4, 1992, p. xl-lxxiii.
[50] En général, ce sujet n’a pas reçu le traitement qu’il mérite. Les étapes préliminaires dans cette direction sont Nibley, "Evangelium Quadriginta Dierum," 33 n. 61 ; Welch, The Sermon at the Temple and the Sermon on the Mount, p. 88. On trouvera une analyse de la dynamique que cela implique dans Hugh Nibley, "Victoriosa Loquacitas: The Rise of Rhetoric and the Decline of Everything Else", CWHN 10:243-286. Liste des sens de charis dans John Gee, critique de Robert L. Millet, By Grace Are We Saved, dans RBBM 2, 1990, p. 101-106 donne une indication de certains des problèmes, mais n’affine pas davantage l’analyse par des arguments chronologiques. Un autre exemple de recherches faites dans cette direction est John W. Welch, "New Testament Word Studies," Ensign 23/4, avril 1993, p. 28-30.
[51] LSJ 1408.
[52] LSJ 1226.
[53] LSJ 1156.
[54] Justin Martyr, Dialogus cum Tryphone 73, dans The Ante-Nicean Fathers, 1:235.
[55] Tertullien, De Praescriptione Haereticorum 38, dans Ante-Nicean Fathers, 3:262.
[56] Tertullien, De Baptismo 17, dans Ante-Nicean Fathers, 3:677.
[57] Irénée, Contra Haereses 1.7.3, dans Ante-Nicean Fathers, 1:326.
[58] Irénée, Contra Haereses 1.8.1, dans Ante-Nicean Fathers, 1:326.
[59] Terullian, Contra Marcionem IV.2, dans Ante-Nicean Fathers, 3:347.
[60] 1 Clément 14.
[61] Irénée, Contra Haereses 1.8.1, dans The Ante-Nicean Fathers, 1:326.
[62] Tertullien, De Baptismo 17, dans Ante-Nicean Fathers, 3:677.
[63] Also Tertullien, De Praescriptione Haereticorum 38-40; d’autres catégories et exemples sont donnés dans Robinson, "Lying for God," p. 144-146.
[64] 1 Clément 44: 1 ; Hégésippe, cité dans Eusèbe, Historiae Ecclesiasticae III.32.7 ; Second Treatise of the Great Seth VII.59.19-61.24. Le besoin d’usurper l’autorité a pu être le cas des accusations anonymes attestées dans Pline, Epistulae X.96.5.
[65] Justin Martyr, Dialogus cum Tryphone 73, dans The Ante-Nicean Fathers, 1:235.
[66] James R. White, Letters to a Mormon Elder, Minneapolis, Minnesota, Bethany House, 1993, p. 26.
[67] John Ankerberg et John Weldon, Everything You Ever Wanted to Know About Mormonism, Eugene, Oregon, Harvest House, 1992, p. 379-380. S’il est vrai que les manuscrits de la Bible sont mieux attestés que n’importe quel livre ancien, nous pourrions jeter un coup d’œil sur son concurrent direct: il y a près de cinq cents copies (498) de l’Iliade rien qu’en Égypte ; P.W. Pestman, The New Payrological Primer, 2e édition, Leiden, Brill, 1994, p. 71.
[68] Ankerberg et Weldon, Everything You Ever Wanted to Know, p. 377.
[69] Les données de cette section ont été tirées de Kurt Aland, et al., Novum Testamentum Graecae, 26ème éd., 7e impression corrigée, Stuttgart, Deutsche Bibelgesellschaft, 1983, pp. 684-702.
[70] Carsten Peter Thiede, "Papyrus Magdalen Greek 17, Gregory-Aland P64) A Reappraisal",Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik 105, 1995, pp. 13-20.
[71] Klaus Wachtel, "P64/67: Fragmente des Matthäusevangeliums aus dem 1. Jahrhundert?" Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik 107, 1995, p. 73-80. Thiede semble être l’homologue papyrologique de D. J. Nelson; Harald Vocke, "Papyrus Magdalen 17-weitere Argumente gegen die Frühdatierung des angeblichen Jesus-Papyrus," Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik 113, 1996, p. 153-157.