Les
plaques de Kinderhook
apportées
à Joseph Smith se révèlent être
un
canular du XIXe siècle
Stanley B. Kimball
Ensign,
août 1981, p. 66-74
Note de la Rédaction : La
ténacité et l’imagination des antimormons sont
aussi étonnantes que leur hostilité. Tout est bon pour
embarrasser l’Église, ses dirigeants ou ses membres.
L’épisode des « plaques de Kinderhook »,
une tentative de piéger Joseph Smith afin de le «
démasquer », en est un bon exemple.
L’analyse
électronique et chimique récente d’une plaque de
métal apportée en 1843 à Joseph Smith, le
prophète, à Nauvoo (Illinois), semble résoudre
une question restée précédemment sans réponse
dans l’histoire de l’Église, apportant une preuve
supplémentaire de ce que cet objet est ce que ses inventeurs
allaient en dire par la suite : une tentative faite au 19e siècle
de piéger Joseph Smith et de l’amener à faire la
traduction de caractères ayant un aspect ancien, qui avaient
été gravés dessus à l’eau-forte.
Cadre
historique
Au
cours de la première semaine de mai 1843, la publication de
l’Église Times
and Seasons
imprima, à Nauvoo (Illinois) un article intitulé «
Ancient Records » (annales anciennes), qui racontait la
prétendue découverte de six plaques anciennes de bronze
dans un tumulus indien près de la localité de
Kinderhook, à 90 km au sud de Nauvoo, dans le comté de
Pike (Illinois)1.
Une
déclaration signée par W. P. Harris, de Barry, comté
de Pike, mettait les lecteurs du Times
and Seasons
au courant de la découverte :
« Le 16 avril dernier, un marchand
respectable du nom de Robert Wiley, commença à creuser
dans un grand tumulus près de sa maison : il fit des
fouilles jusqu’à une profondeur de 3 m et toucha la
roche ; à ce moment-là, il se mit à pleuvoir et
il abandonna le travail. Le 23, lui et un assez grand nombre de
citoyens, ainsi que moi-même, nous nous rendîmes au
tumulus ; après avoir pratiqué une grande
ouverture, nous trouvâmes beaucoup de rochers, dont la plus
grande partie avait l’air d’avoir été
fortement brûlée ; et après avoir ôté
soixante bons centimètres de la roche, nous trouvâmes
beaucoup de charbon de bois et de cendres, ainsi que des ossements
humains, qui semblaient avoir été brûlés.
« Près de l’encéphale, on découvrit un
paquet contenant six plaques de bronze en forme de cloche, chacune
ayant un trou à son extrémité étroite ;
elles étaient traversées par un anneau et fixées
par un fermoir, et l’anneau et le fermoir paraissaient être
d’un fer considérablement oxydé ; les plaques
semblaient à première vue être du cuivre et être
couvertes de caractères. Les personnes présentes
convinrent que je nettoierais les plaques ; je les repris donc chez
moi, les lavai au savon et à l’eau et les frottai avec
un tissu de laine ; mais constatant qu’elles n’étaient
pas encore propres, je les traitai avec de l’acide sulfurique
dilué qui les nettoya parfaitement ; là-dessus il
apparut qu’elles étaient complètement couvertes
de hiéroglyphes que personne encore n’a été
capable de lire.
»
Les
plaques suscitèrent une curiosité considérable
parmi le public de la région et, dans la semaine de leur
prétendue découverte, elles furent apportées à
Nauvoo où elles restèrent brièvement. Un
commentaire dans le même article du Times
and Seasons
montre à quel point l’auteur, plein d’enthousiasme,
considérait que les plaques pouvaient être importantes :
« Il ne se passe pas un jour que ne se
présentent des circonstances qui apportent un témoignage
supplémentaire de l’authenticité du Livre de
Mormon... Ce qui suit... aura peut-être tendance à
convaincre les sceptiques que de telles choses [des plaques d’airain]
ont été utilisées et que même l’odieux
Livre de Mormon pourrait être vrai.
« Monsieur Smith a eu ces plaques, mais nous ne
savons pas ce qu’il en pense. Leur propriétaire les a
emportées, sinon nous aurions reproduit un fac-similé
des plaques et des caractères dans ce numéro.
Cependant, on nous informe qu’il a l’intention de revenir
avec elles pour les faire traduire. Si c’est le cas, nous
pourrons peut-être encore les proposer à nos lecteurs. »
Un
mois et demi plus tard, la presse du Nauvoo
Neighbor
publiait une feuille de 30 x 37,5 cm intitulée Discovery
of the Brass Plates
(découverte des plaques d’airain)2.
Ce
prospectus contenait la réimpression de l’article du
Times
and Seasons
avec, en plus, des fac-similés des douze faces des six
plaques. L’article ne disait rien de plus sur l’opinion
du prophète à leur égard. Il disait simplement :
« Le contenu des plaques sera publié dans le Times
and Seasons
dès que la traduction sera terminée. »
À
ces deux allusions indirectes à une traduction
devait succéder, treize ans plus tard, une déclaration
plus directe dont on a cru jusqu’à présent –
à tort – qu’elle a été écrite
par Joseph Smith lui-même. Le 3 et le 10 septembre 1856 (12 ans
après l’assassinat de Joseph Smith), les paragraphes
suivants parurent dans le Deseret
News à
l’occasion de la publication d’une série intitulée
« History of Joseph Smith » :
«
[1 mai 1843] J’insère les fac-similés des six
plaques de bronze découvertes, le 23 avril, par M R. Wiley et
d’autres près de Kinderhook (comté de Pike,
Illinois) tandis qu’ils faisaient des fouilles dans un grand
tumulus. Ils découvrirent, à environ 1m 80 de la
surface du sol, un squelette qui devait avoir 2m70 de haut. Les
plaques se trouvaient sur la poitrine du squelette et étaient
couvertes, des deux côtés, de caractères anciens.
«
J’en ai traduit une partie et je constate qu’elles
contiennent l’histoire de la personne avec qui elles ont été
trouvées. Il était descendant de Cham par les reins de
pharaon, roi d’Égypte, et reçut son royaume du
souverain du ciel et de la terre ». Suivait la réimpression
de l’article du Times
and Seasons.
Bien
que présenté comme étant un écrit de
Joseph Smith, ce récit est en réalité un extrait
d’un journal de William Clayton. Il est bien connu que la série
d’articles « History of Joseph Smith » se
compose en grande partie d’extraits de journaux personnels
d’autres personnes et d’autres sources, rassemblés
du vivant de Joseph Smith et poursuivis après l’arrivée
des saints en Utah, puis retravaillés et assemblés pour
former l’histoire de la vie du prophète « en ses
propres termes ». Il n’était pas rare, au
19e siècle, que des biographes mettent leurs récits à
la première personne lorsqu’ils créaient un
ouvrage biographique, même si la personne qui faisait l’objet
de la biographie n’avait pas réellement dit et écrit
les paroles qui lui étaient attribuées ; ainsi donc, le
récit constituait le compte-rendu fidèle de ce que
d’autres personnes estimaient utile d’imprimer. L’extrait
du journal de Clayton était un des documents utilisés
de cette façon. Par exemple, les mots « J’en ai
traduit une partie » disaient à l’origine :
« Le président J. en a traduit une partie... »3
On
ne connaît pas la source des idées écrites par
William Clayton. Cependant, comme nous le ferons observer plus tard,
les supputations concernant les plaques et leur contenu possible
allèrent apparemment bon train à Nauvoo dès
leur apparition. Quoi qu’il en soit, cette version altérée
de l’extrait du journal de William Clayton fut réimprimée
dans le Millennial
Star du
15 janvier 1859 et fut malheureusement transférée en
fin de compte dans l’histoire officielle de l’Eglise
lorsque la « History of Joseph Smith » fut publiée
en 1909 sous forme de livre sous le titre de History
of the Church4.
Mais dès 1912 deux indices au moins étaient apparus,
montrant que les plaques de Kinderhook n’étaient pas
authentiques.
L’un d’eux était une lettre de 1855,
qui ne fut publiée qu’en 1912, écrite par le Dr
W. P. Harris, celui-là même qui était l’auteur
de la déclaration publiée dans l’article du Times
and Seasons.
Dans cette lettre, il écrivait qu’en 1843, il avait
accepté la découverte des plaques comme authentique. Il
précisait : « J’ai lavé et nettoyé
les plaques et plus tard j’ai fait une attestation honnête
à leur sujet. Mais depuis lors, Bridge Whitton [un forgeron de
Kinderhook, Illinois] m’a dit m’a dit qu’il avait
découpé et préparé les plaques et que lui
(B. Whitton) et R. Wiley les avaient gravées eux-mêmes
et qu’ils avaient versé de l’acide nitrique dessus
la veille de leur découverte pour faire rouiller l’anneau
et la tige de fer. Et qu’ils les avaient portées dans
le tumulus, les avaient frottées de terre et soigneusement
descendues dans le puits où on les avait trouvées5.
L’autre
document était une lettre écrite en 1879 par Wilbur
Fugate (une autre des personnes présentes lors des fouilles
qui permirent la découverte des plaques) à un
antimormon de Salt Lake City6.
Fugate y déclare que la prétendue découverte des
plaques de Kinderhook était « un canular inventé
par Robert Wiley, Bridge Whitton et moi-même… Aucune des
neuf personnes qui ont signé le certificat n’était
au courant du secret à part Wiley et moi.
« Nous avions lu la prophétie
de Pratt où il disait : ‘La vérité sortira encore de la terre’.
Nous avons décidé de prouver la prophétie par
une farce. Nous avons rapidement élaboré notre projet
et nous l’avons mis à exécution. Bridge
Whitton les a découpées dans des morceaux de cuivre,
Wiley et moi, nous avons fait les hiéroglyphes en les
imprimant dans de la cire d’abeille, en les remplissant d’acide
et en les mettant sur les plaques. Quand elles ont été
terminées, nous les avons assemblées avec de la rouille
obtenue avec de l’acide nitrique, du vieux fer et du plomb et
nous les avons reliées avec un morceau de fer à cerceau
et les avons complètement recouvertes de rouille. »
Fugate raconte ensuite
qu’il allèrent les enterrer secrètement et firent
semblant de les découvrir. Ces récits ont suscité,
pendant plus d’un siècle depuis le martyre de Joseph
Smith, beaucoup de controverses, la question étant double :
(1) les plaques de Kinderhook sont-elles authentiques et (2) Joseph
Smith a-t-il essayé de les traduire ? D’une manière
générale, les érudits et les laïcs de
l’Église ont cherché à confirmer
l’histoire des plaques de Kinderhook, estimant que cette
authentification défendrait le prophète et rendrait
plus plausible l’histoire de la traduction du Livre de Mormon à
partir de plaques d’or. D’autre part, les antagonistes
ont cherché à démontrer que Joseph Smith était
un faux prophète.
La
question de l’authenticité
Étant
donné que l’on ne savait plus, depuis 1844 au moins, où
se trouvaient les plaques, leur authenticité était
restée au stade théorique. Mais en 1920, la société
historique de Chicago entra en possession de l’une d’elles.
Ce n’est qu’alors que les tests directs devinrent
possibles. La façon dont la plaque restante est arrivée
à Chicago est une histoire intéressante en elle-même,
une histoire qui cadre avec les preuves matérielles (dont nous
parlerons plus loin) que cette plaque est effectivement une des
plaques originales de Kinderhook apportées en 1843 à
Nauvoo.
En
1845, un certain Dr Joseph Nash McDowell fonda une faculté de
médecine à St-Louis. La faculté avait un musée
d’histoire naturelle qui contenait 3000 objets, parmi lesquels
« Antiquités etc. de notre pays ». W. P. Harris,
dans sa lettre de 1855, disait qu’il avait entendu un de ses
collègues dire que « R. Wiley avait obtenu son
diplôme [de la faculté de médecine] depuis qu’il
avait trouvé les plaques... et que le professeur McDowell les
avait maintenant dans son bureau ». Il est donc évident
que Wiley vendit ou donna les plaques de Kinderhook à McDowell
pour le musée. McDowell était un sympathisant sudiste
qui quitta St-Louis pour offrir ses services à la
Confédération comme médecin pendant la guerre de
Sécession. Cela le rendit très impopulaire à
St-Louis et quand l’armée des États-Unis saisit
son collège en 1861 pour l’utiliser comme prison, le 2e
régiment de réserve de l’Iowa le mit à
sac7.
La
société historique de Chicago reçut une des
plaques en 1920 comme cadeau de Charles F. Gunther, collectionneur
bien connu d’objets historiques. Celui-ci l’avait
achetée, le 15 juillet 1889, à un médecin du nom
de F. C. A. Richardson (membre des académies des sciences de
St-Louis et de Chicago). Richardson, lui, l’avait reçue
d’un certain Dr J. W. McDowell (pas le même homme le Dr
Joseph Nash McDowell), lequel l’avait reçue d’un
soldat du 2e régiment de réserve de l’Iowa.
Depuis que son existence a été rendue publique en 1920,
cette plaque a subi un certain nombre de tests. Par exemple, en 1953,
elle fut examinée par deux graveurs, qui rédigèrent
une attestation disant : « À notre connaissance, cette
plaque a été gravée par un instrument pointu et
n’a pas été gravée à l’eau-forte »,
conclusion qui contredisait les lettres affirmant que les plaques
étaient un canular, et qui, par conséquent, alimenta
les espoirs de ceux qui voulaient que l’on prouve
l’authenticité des plaques8.
Une étude beaucoup plus rigoureuse de la plaque de Chicago fut
organisée en 1969 par le Dr Paul Cheesman, de l’université
Brigham Young. Il obtint de la société historique de
Chicago la permission d’emporter la plaque à BYU pour
des tests non destructeurs approfondis, c’est-à-dire des
tests analytiques ne nécessitant pas de prélèvements
sur la plaque. Le résultat de ces tests devaient être
comparés aux tests précédents faits en 1960 et
1966. La plaque fut examinée par des physiciens, des graveurs,
un bijoutier, un métallurgiste et plusieurs photographes, avec
des résultats nuancés. Les physiciens en conclurent que
la plaque avait été traitée à l’eau-forte
et qu’il ne s’agissait pas d’airain ancien. Les
autres ne pouvaient pas se mettre d’accord sur le fait qu’elle
avait été traitée à l’eau-forte,
gravée ou les deux. Le Dr Cheesman en conclut : « Il
apparaît que nous devrons procéder à une analyse
destructrice pour confirmer la chose. Des tests beaucoup plus
approfondis devront être effectués.
»
9
Les
choses en restèrent là jusqu’en 1982, lorsque
j’eus la chance d’obtenir de la société
historique de Chicago la permission d’effectuer les tests
destructeurs recommandés. Ces tests, qui comprenaient
certaines techniques analytiques très poussées, furent
effectués par le professeur D. Lymi Johnson du département
de l’étude des matériaux et du génie civil
de la Northwestern University.
Le Dr Johnson se servit d’un
microscope électronique à balayage (MEB) pour examiner
les sillons qui forment les caractères des plaques, pour
déterminer s’ils avaient été effectués
avec un outil ou s’ils avaient été gravés
à l’eau-forte. Une microsonde Auger à balayage
fut utilisée pour détecter les restes d’acide
nitrique qui auraient pu être laissés dans les sillons
suite à la gravure à l’acide nitrique. Pour
déterminer la composition du métal, on procéda à
une analyse par fluorescence aux rayons X sur une petite quantité
de matière détachée de la plaque (test
destructeur). Et finalement, un bord de la plaque fut moulu et lissé
pour que l’on puisse examiner le métal au microscope
pour y trouver des impuretés et des inclusions (également
un test destructeur).
Le
grand pouvoir de résolution du microscope électronique
à balayage à fort agrandissement permet de distinguer
clairement entre la gravure à l’eau-forte et la gravure
avec un outil sur les surfaces métalliques. Si un caractère
est gravé sur la surface, le sillon contiendra des sillons et
des crêtes secondaires longitudinaux là où
l’outil de gravure aura poussé des particules de métal.
On le remarque particulièrement aux intersections des sillons,
parce que là le métal est poussé du deuxième
sillon dans le premier. D’autre part, les lignes à
l’eau-forte ne montrent aucune coulée de métal ni
de sillons secondaires ; cela donne au contraire une surface rugueuse
et criblée de trous.
L’examen approfondi au MEB des caractères de
la plaque amena le Dr Johnson à la conclusion que ceux-ci
avaient effectivement été faits par gravure à
l’eau-forte et pas par une forme quelconque de ciselure, de
grattage ou de découpage.
Il
apparut au cours de l’étude au MEB qu’il restait
un certain résidu dans certains des sillons. On les analysa à
l’aide de la microsonde Auger à balayage. On mit en
évidence la présence d’azote, ce qui s’explique
s’il y avait des restes de nitrate de cuivre révélateurs
d’une gravure à l’eau-forte, comme l’avaient
prétendu ceux qui étaient à l’origine de
la duperie.
Le
test de fluorescence aux rayons X montra que la plaque avait été
faite avec un véritable alliage d’airain d’environ
73 % de cuivre, 24 % de zinc et des quantités moindres
d’autres métaux. En outre, l’examen du fragment de la plaque qui avait
été moulu et lissé révéla
un alliage essentiellement « propre »,
c’est-à-dire qu’il y avait peu de traces visibles
d’impuretés telles que des particules de scories et
d’autres débris que l’on pourrait s’attendre
à trouver dans des métaux de fabrication ancienne.
À
la suite de ces tests, nous avons conclu que la plaque appartenant à
la société historique de Chicago n’était
pas d’origine ancienne. Nous en avons déduit qu’elle
avait été gravée à l’eau-forte et,
comme l’ont fait remarquer Paul Cheesman et d’autres
savants, il est probable que les habitants d’autrefois auraient
gravé les plaques plutôt que de les faire à
l’eau-forte. Deuxièmement, nous avons conclu que la
plaque avait été faite d’un véritable
alliage d’airain (cuivre et zinc) caractéristique du
milieu du 19e siècle, alors que « l’airain »
des temps anciens était en réalité du bronze, un
alliage de cuivre et d’étain. En outre, on s’attendrait
à ce qu’un alliage ancien contienne une plus grande
quantité d’impuretés style et d’inclusions
que l’alliage testé.
Nous
avons, cependant, le Dr Johnson et moi, tenu compte de la possibilité
que la plaque de Chicago pouvait n’être qu’une
copie de l’original. À cet égard, il précise
:
« Au cours de l’examen de la
plaque, nous avons découvert une anomalie intéressante.
Un des caractères (côté B, colonne 3) comporte
une entaille diagonale près d’une de ses extrémités. On peut vérifier que c’est une entaille
en observant qu’il existe une entaille semblable tout près,
près du bord de la plaque. Lorsque l’on agrandit
davantage cette dernière entaille, on constate une forme vers
la droite qui a dû être produite par une ébréchure
dans la lame de l’instrument qui a produit l’entaille. Cette même ébréchure apparaît
dans l’entaille de gauche, partiellement effacée par le
croisement de l’entaille avec les traits verticaux du caractère. Cette entaille avait été interprétée
dans les fac-similés de la plaque de Kinderhook publiés
en 1843 comme faisant partie du caractère.
« Ce qui est
important ici, c’est que le fac-similé a donc dû
être fait à partir de cette plaque et non que cette
plaque est une copie basée sur le fac-similé. Si la
plaque actuelle était une copie du fac-similé, ce trait
aurait été gravé à l’eau-forte avec
les autres plutôt que d’y être ajouté comme
entaille.
« Il
faut donc en conclure que la plaque de Chicago est effectivement
l’une des plaques originales de Kinderhook, ce qui prouve
maintenant qu’il s’agissait de fausses antiquités. »10
La
question de la traduction
Mais qu’est-ce que
la conclusion ci-dessus a à voir avec la « traduction
» mentionnée plus haut des plaques de Kinderhook par
Joseph Smith ? A-t-il effectivement essayé de les traduire ?
Pour
répondre à cette question, il faut examiner dans
l’ordre les événements d’avril et de mai
1843 :
Le
Dr Harris « découvre » les plaques le
dimanche 23 avril 1843 et les rapporte chez lui pour les nettoyer.
Ensuite, selon l’article du Quincy
Whig,
elles sont exhibées à Quincy pendant la semaine qui
suit11.
On
ne sait pas exactement qui a apporté les plaques à
Nauvoo. Le certificat de Quincy reproduit dans l’article du
Times
and Seasons,
dit : « Nous avons remis les plaques décrites
ci-dessus à Monsieur Sharp pour qu’il les emporte à
Nauvoo. Cependant, Wilbur Fugate écrit dans sa lettre de
1879 : « Les mormons voulaient porter les plaques à
Joe Smith, mais nous avons refusé de nous en séparer.
Quelque temps plus tard, un homme du nom de Savage, de Quincy, a
emprunté les plaques à Wiley pour les montrer à
ses amis intellectuels et les a portées à Joe Smith.
Ces mêmes plaques ont été rendues à
Wiley. »
Charlotte
Haven, une non-mormone plutôt hostile, qui était à
l’époque en visite chez sa sœur (mormone) à
Nauvoo, écrit, le 2 mai, une lettre qui dit ce qui suit :
« Nous
avons très souvent des nouvelles de nos amis de Quincy grâce
à M. Joshua Moore, qui passe par là et par ici lors de
ses voyages à cheval à gauche et à droite dans
l’état. La dernière visite qu’il nous a
faite, c’était samedi [29 avril] et il avait avec lui
une demi-douzaine de morceaux d’airain, apparemment très
anciens, ayant la forme d’une cloche d’environ 14 à
15 cm de long. Elles étaient couvertes de grattages qui
ressemblaient à de l’écriture et des formes
étranges faisant penser à des caractères
symboliques. On venait de les trouver, dit-il, dans un tumulus
quelques kilomètres plus bas que Quincy. Lorsqu’il les a
montrées à Joseph, ce dernier a dit que les caractères
ou inscriptions ressemblaient à ceux dans lesquels le Livre de
Mormon avait été écrit et que si M. Moore
pouvait les lui laisser, il pensait pouvoir les traduire à
l’aide de la révélation. »12
Il
est donc possible que ce fut ce M. Joshua Moore qui obtint les
plaques sous un prétexte quelconque et les emporta à
Nauvoo. Quoi qu’il en soit, elles étaient apparemment
arrivées dès le samedi 29 avril et avaient été
montrées à Joseph Smith.
William
Clayton dut de toute évidence avoir accès aux plaques à
un moment donné, car dans son journal, à la date du
lundi 1er mai, il en dessina une (on ne sait pas s’il était
là lorsque Joseph Smith les vit). Deux jours plus tard, le
mercredi, Brigham Young dessina, lui aussi, une des plaques de
Kinderhook dans un petit calepin/journal personnel qu’il
tenait. Dans le dessin, il écrivit : « 3 mai 1843.
J’ai eu ceci chez Joseph Smith. Découvert près de
Quincy. »13
Très
peu de temps à près, les plaques quittèrent
Nauvoo, car l’éditorial du Times
and Seasons,
qui fut sans doute écrit le mercredi ou le jeudi (3 ou 4 mai)
dit : « M. Smith a eu ces plaques, nous ne savons pas
encore quelle est son opinion à leur sujet. La personne qui en
est propriétaire les a emportées, sinon nous aurions
reproduit dans ce numéro un fac-similé des plaques et
des caractères. Nous apprenons, toutefois, qu’il a
l’intention de les rapporter en vue de leur traduction ; si
c’est le cas, nous serons sans doute en mesure de les fournir à
nos lecteurs. »
Ainsi
donc, les plaques furent apparemment à Nauvoo du samedi 29
jusqu’au mercredi 3 inclus, soit cinq jours, et furent ensuite
emportées. De toute évidence, elles furent rapportées
un certain temps à Nauvoo, car dès le 24 juin , le
Nauvoo
Neighbor
y avait accès et put donc faire le fac-similé pour
l’impression. Dans la History
of the Church,
à la date du dimanche 7 mai, on lit : « Le matin j’ai
[Joseph Smith] reçu la visite de plusieurs messieurs
concernant les plaques déterrées près de
Kinderhook14. »
On ne sait pas si les plaques ont été rapportées
ce jour-là, pas plus qu’on ne sait si Joseph Smith
lui-même les a jamais revues.
En
tout cas, la traduction que le Times
and Seasons
avait espéré voir ne parut pas. Dans une lettre en date
du 8 avril 1878, Wilbur Fugate écrit : « Nous avons cru
comprendre que Jo Smith avait dit que [les plaques] feraient un livre
de 1200 pages, mais qu’il ne voulait pas les traduire tant
qu’elles n’avaient pas été envoyées
à la Antiquarian Society à Philadelphie, en France et
en Angleterre. »
En outre, quand on passe en revue les
autres notes de l’histoire de Joseph Smith, on constate qu’au
cours des semaines suivantes il fut pris par ses devoirs de maire,
par les affaires de l’Église, la Légion de Nauvoo et
quatre voyages dans des villes voisines ; il n’y a aucune
indication qu’il ait consacré du temps à de la
traduction15.
Puis, le 23 juin, la veille de la publication de la feuille qui
répétait les espoirs entretenus par les saints que les
plaques seraient finalement traduites, le prophète fut enlevé
par des Missouriens qui essayèrent de l’emmener au
Missouri pour le poursuivre pour « trahison ». Il
réussit à revenir à Nauvoo le 30 juin, mais la
procédure d’habeas
corpus
lui prit plus de quinze jours de son temps.
On
ne sait pas au juste quand les plaques quittèrent Nauvoo pour
la deuxième fois. Ce que nous savons, c’est qu’à
l’automne de la même année, elles étaient
de nouveau entre les mains de Robert Wiley, car le 15 novembre il
écrivit une lettre à un certain J. J. Harding pour lui
laisser entendre que cela l’intéressait de vendre les
plaques au National Institute et que cela l’intéressait
également de connaître « l’opinion de nos
amis antiquaires ». Pour ce qui est du projet de faire
examiner les plaques par « l’Antiquarian Society de
Philadelphie, de France et d’Angleterre », Wilbur
Fugate ajoute : « Elles ont été envoyées
et la réponse a été que l’on ne
connaissait aucun hiéroglyphe de ce genre et que s’il y
en avait eu, ils avaient disparu depuis longtemps. C’est alors
que Smith a commencé sa traduction. » (la mention que
Joseph Smith avait commencé la « traduction »
des plaques est erronée, puisqu’elles ne furent jamais
plus rapportées à Nauvoo. Le prophète subit le
martyre l’année suivante).
Néanmoins,
la question de savoir quand
les plaques quittèrent Nauvoo n’est pas aussi importante
que le fait qu’elles furent emportées. En dépit
de l’excitation considérable qu’elles provoquèrent
à Nauvoo après leur « découverte »,
les plaques purent apparemment quitter les saints sans fanfare. Il
n’existe aucun document donnant à penser que Joseph
Smith ou son entourage aient jamais tenté d’acheter les
plaques (alors que ce fut le cas des momies associées au
papyrus du livre d’Abraham), alors même que Wiley, leur
propriétaire, était disposé à les vendre.
Deux
récits, qui ne furent publiés que des années
plus tard, montrent bien que les plaques avaient suscité de
l’intérêt à Nauvoo. Dans une lettre écrite
le dimanche 7 mai à un ami, Parley P. Pratt dit : « Un
grand nombre de citoyens les ont vues et ont comparé les
caractères à ceux du papyrus égyptien qui est
actuellement dans cette ville. » Quelques lignes plus
haut, il avait commencé ses réflexions concernant les
plaques comme suit :
Six
plaques ayant l’apparence de l’airain ont été
récemment déterrées d’un tumulus par un
monsieur du comté de Pike (Illinois). Elles sont petites et
remplies d’inscriptions en langue égyptienne et
contiennent la généalogie d’un des anciens
Jarédites en remontant jusqu’à Cham, fils de Noé.
Ses os ont été découverts dans le même
vase (fait en ciment). Une partie des os se trouvait à 4,50 m
sous terre16.
Ceci
rappelle la déclaration que l’on trouve dans le journal
de William Clayton cité plus haut :
J’ai vu six plaques d’airain
découvertes dans le comté d’Adams par des
personnes qui faisaient des fouilles dans un tumulus. Elles ont
trouvé un squelette à environ à 1,80 m de la
surface du sol ; le squelette avait 2,70 m de haut... Le
président J. en a traduit une partie et dit qu’elles
contiennent l’histoire de la personne avec laquelle elles ont
été trouvées, et qu’elle était
descendante de Cham par les reins de Pharaon, roi d’Égypte,
et qu’elle avait reçu son royaume du maître du
ciel et de la terre.
Il
semble donc que l’on ait beaucoup parlé des plaques à
Nauvoo et que de toute évidence il y a eu parmi la population
autant de fausses informations et d’ouï-dire que de faits.
Pratt avait entendu parler d’une découverte dans le
comté de Pike, Clayton dans le comté d’Adams.
Selon Clayton, la découverte avait été faite à
1,80 m sous le sol ; Pratt, 4,50 m. Frère Pratt parle d’un
vase de ciment, détail qui ne figure dans aucun autre récit.
Clayton parle d’un squelette de 2,70 m dont il n’est pas
question non plus dans aucun autre récit. Pour Clayton, les
plaques racontaient l’histoire d’un Égyptien ;
Pratt parle d’un Jarédite.
Les
éléments convergents de ces deux récits montrent
qu’il y avait un fond commun aux histoires qui circulaient à
Nauvoo et aussi que Joseph Smith avait vu les objets apportés
à Nauvoo et s’était posé des questions à
leur sujet. Mais il y a, de toute évidence, un grand pas entre
une véritable traduction d’annales sacrées et
l’examen d’objets d’origine incertaine, la première
nécessitant l’étude, la prière et la
révélation, la dernière se caractérisant
probablement par l’examen pour trouver des points de
ressemblance, etc., dans une ambiance où les personnes
présentes se livrent à diverses supputations et les
amplifient avec le temps. En outre, on ignore purement et simplement
si William Clayton et Parley P. Pratt étaient présents
lorsqu’il a été question des plaques devant
Joseph Smith.
On
imagine mal que Joseph Smith, le prophète, ne soit pas
intrigué par les plaques. Quand on les lui a montrées
pour la première fois, il a très bien pu remarquer une
ressemblance entre certains caractères des plaques et «
l’égyptien réformé » et
envisager la possibilité de leur authenticité et de
leur traduction, comme le laisse entendre la lettre de Charlotte
Haven17.
Mais rien ne permet de lui attribuer les conjectures qui, à
l’époque, allaient bon train à Nauvoo ;
toute affirmation dans ce sens serait de la théorie pure,
impossible à vérifier dans les récits que nous
avons. Celui qui fut publié dans le Times
and Seasons,
dont les rédacteurs étaient aussi proches de Joseph
Smith que William Clayton Parley P. Pratt ne pouvait rien dire de
plus : « Monsieur Smith a eu ces plaques, et nous ne
savons pas encore ce qu’il en pense. »
La
seule chose à retenir en ce qui concerne l’implication
de Joseph Smith dans l’épisode des plaques de Kinderhook
est que la « traduction » attendue ne parut pas. Et
ce fait peut très bien expliquer ce qui a rendu ce canular
extrêmement intéressant, c’est qu’il n’a
jamais atteint son but. Il ne fait plus aucun doute que les plaques
de Kinderhook n’étaient pas des objets authentiques,
mais si elles étaient fausses, pourquoi le canular n’a-t-il
pas été révélé immédiatement
?
On
a dit que toute cette histoire des plaques de Kinderhook était,
comme l’écrit Wilbur Fugate dans ses lettres de 1878 et
de 1879, une grosse « plaisanterie ». D’un
autre côté, l’objectif des conspirateurs a pu être
plus précis : produire un jeu de plaques et ensuite
révéler le canular pour ridiculiser le prophète
après
que celui-ci en aurait soi-disant fait la « traduction ».
Dans un cas comme dans l’autre, leur plan a échoué
parce qu’il n’y a jamais eu de traduction. En fait il n’y
a rien qui indique que Joseph Smith ait jamais déclaré
les plaques authentiques, en dehors des déclarations
contradictoires de membres qui espéraient qu’une
traduction paraîtrait, et en fait rien qui montre que le
prophète ait manifesté un intérêt sérieux
pour la « découverte » après avoir vu
les plaques.
L’extrait du journal de William Clayton ne parut
qu’en septembre 1856 dans le Deseret
News de
Salt Lake City. À ce stade-là, le temps lui-même
avait fait disparaître l’occasion de faire une bonne
blague, si c’était là l’intention des
mauvais plaisants ; et l’absence de toute traduction, en dépit
du passage du journal de Clayton dans la History
of Joseph Smith,
ne pouvait qu’augmenter leur frustration – à
supposer que les faussaires aient été au courant de
l’existence de l’article du Deseret
News,
qui parut treize ans plus tard et à quinze cents kilomètres
de là.
Chose
importante, il n’y a aucune indication que Joseph Smith, le
prophète, ait jamais présenté la question au
Seigneur comme il le faisait quand il travaillait au Livre de Mormon
et au Livre d’Abraham. Ce qui nous amène à
l’autre facette de l’histoire, pour ceux d’entre
nous qui croient que Joseph Smith était le prophète du
Seigneur : n’est-il pas naturel de nous attendre à
ce qu’il soit guidé de manière à
comprendre que ces plaques n’avaient aucune valeur en ce qui
concerne sa mission ? Les autres membres ont pu être moins
réfléchis et ne pas être guidés de la même
façon, mais cela, on ne peut pas le reprocher au prophète.
Beaucoup de gens, aujourd’hui comme hier, sont friands de
racontars et espèrent « des preuves faciles »
pour étayer et même remplacer la spiritualité
personnelle et une foi acquise à la dure, qui est le fruit de
la fréquentation régulière de la vérité
et de la communion avec Dieu.
C’est
ainsi qu’après cent ans d’escarmouches à
coups de faux arguments, Joseph Smith n’a pas besoin d’être
défendu. Il n’est tout simplement pas tombé dans
le piège. Cela étant bien entendu, il est peut-être
temps que les plaques de Kinderhook soient reléguées
dans les limbes des autres fausses antiquités célèbres.
NOTES
1 « Ancient Records », Times and Seasons, 1er mai 1843, p. 185-187.
Le Times and Seasons était publié deux fois par
mois, le 1er et le 15 du mois, indépendamment de sa date de sortie
réelle. Ce numéro, daté du lundi 1er mai, reprenait un article
du Quincy
Whig, publié le mercredi 3 mai. Il est clair qu’il n’aurait pas
pu être publié avant la parution de l’article dans le Whig, et en fait, le sous-titre
mis par la rédaction au-dessus de l’article « Ancient Records »
dit : VILLE DE NAUVOO, 1er MAI 1843. Le numéro en
question du Times and Seasons n’a donc pas été imprimé
avant le mercredi 3 mai et peut-être même un jour ou deux plus tard.
2 Le titre complet est A Brief Account of the
Discovery of the Brass Plates Recently Taken from a Mound in the Vicinity
of Kinderhook, Pike County, Illinois. On peut le consulter à
Library-Archives, the Historical Department, The Church of Jesus Christ
of Latter-day Saints, Salt Lake City, Utah (dorénavant appelé Archives
de l’Église).
3 Le journal en question appartient à un privé. Le Dr James
B. Allen, de l’université Brigham Young, l’a utilisé avec la permission
du propriétaire lors de ses recherches sur William Clayton, et je
voudrais le remercier de m’avoir parlé de cette citation. D’autres volumes des
journaux de William Clayton pour d’autres époques ont été imprimés ;
voir, p. ex., James B. Allen et Thomas G. Alexander, dir. de publ., Manchester Mormons: The
Journal of William Clayton, 1840 à 1842, Santa Barbara
et Salt Lake City, Peregrine Smith, 1974 ; William Clayton, William Clayton’s
Journal: A Daily Record of the 1846 Journey of the Original
Company of « Mormon « Pioneers from Nauvoo, Illinois, to the Valley of
the Great Salt Lake, Salt Lake City, Clayton Family Association, 1921.
4 History of The Church
of Jesus Christ of Latter-day Saints, 7 vols., Salt Lake City,
Deseret Book Co., 1932-51, 5:372-379. Le titre précédent et bien
connu était Documentary History of the Church.
5 Imprimé dans le Journal of the Illinois State Historical
Society, 5 juillet 1912, p.
271-273.
6 Wilbur Fugate, Mound Station, Illinois, 30
juin 1879, lettre à James T. Cobb, Salt Lake City, citée dans Wilhelm
W. Wyl (Wymental), Mormon Portraits, Salt Lake City, 1888, p.207-208.
7 Il faudrait un autre article pour présenter tout ce que
l’on sait sur J. N. McDowell, sa faculté de médecine, ses musées, le
sac de ses musées et la réorganisation partielle de ses collections
après la guerre de Sécession par l’Académie des Sciences de St-Louis.
8 On trouvera une copie de l’attestation dans Welby W.
Ricks, « The Kinderhook Plates », Improvement Era, sept. 1962, p.636.
9 Ce rapport excellent et détaillé, appelé « Kinderhook
Plate Report », est classé à la Harold B. Lee Library, université
Brigham Young. Les autres membres du comité étaient Richard Anderson,
WillIam Dibble, Max Weaver, Sam Rushforth, Ronald Jackson, Reed Durham,
Larry Pope, Welby Ricks et Dean Jessee.
10 Un autre sujet qui mérite d’être mentionné est la
question de la taille de la plaque de Chicago par rapport à la
description faite peu après la « découverte » des plaques.
L’article du Quincy Whig du 3 mai 1843 (reproduit
dans l’article du Times and Seasons et dans la feuille
imprimée le 24 juin par le Nauvoo Neighbor) dit : « Un certain M. J.
Roberts, du comté de Pike, nous a rendu visite lundi dernier avec la
description écrite d’une découverte faite récemment près de Kinderhook,
dans ce comté. » L’article décrivait ensuite la découverte en
ajoutant : « Il y avait six plaques de 10 cm de long, 5 de large
au sommet et 7 en bas où elles s’évasent pour faire des pointes. »
On ne sait pas au juste ce que J. Roberts avait à voir avec la
découverte (son nom ne paraît nulle part ailleurs dans ce contexte),
mais les chiffres qu’il a donnés au Whig ne sont apparemment que des
évaluations, car, contrairement à ces évaluations, qui viennent de
seconde main, les contours faits dans les journaux personnels de
Clayton et de Brigham Young ainsi que les fac-similés de la feuille ont
la même taille que la plaque de Chicago.
11 Voir note 1, ci-dessus.
12 Charlotte Haven, « A
Girl’s Letters from Nauvoo », The Overland Monthly, 16 décembre 1890, p. 630. Cette lettre porte la date
suivante : « Ville de Nauvoo, 2 mai 1843. »
13 Papiers de Brigham Young, Archives de l’Église. Je
voudrais remercier Dean C. Jessee, du Joseph Fielding Smith Institute
of Church History, université Brigham Young, d’avoir attiré mon
attention sur ce document.
14 History of the Church, 5:384.
15 Voir History of the Church, 5:384 et suiv.
16 L’original de cette lettre se trouve dans la
correspondance de John Van Cott, Archives de l’Église.
17 Il faudrait aussi un autre article pour parler de
l’incroyable floraison de théories qui ont été avancées pour expliquer
la source ou la nature des caractères des plaques de Kinderhook. On a
supposé, à diverses époques, qu’ils venaient d’un coffre à thé chinois,
d’un bijou de jade chinois, de l’écriture Lo Lo de Yurinan (Chine), des
hiéroglyphes égyptiens et d’écritures provenant de la Crète, de Chypre,
du Sinaï, de Canaan, de Byblos, de Phénicie et d’ailleurs, et même de
la transcription Anthon (une théorie qu’il faut rejeter parce qu’il
n’existait, à l’époque, aucune version publiée de cette transcription).
Certains ont dit que les caractères n’étaient rien d’autre que le fruit
d’une imagination fertile. La disposition des caractères et le peu de
signes qui sont répétés ne suggèrent aucune langue réelle.