L’article
qui suit a été écrit par deux protestants. Nous
vous le présentons ici parce qu’il est exceptionnel :
les auteurs connaissent le sujet à fond et l’ont
impeccablement compris. L’ampleur de leur documentation est
impressionnante et leur analyse est parfaitement lucide et
impartiale. Si nous avions voulu brosser un tableau de tout ce que
font nos érudits pour défendre notre foi, nous
n’aurions pas pu le faire aussi bien qu’eux. Nous vous
recommandons vivement de lire non seulement l’article, mais
aussi les notes.
Savoir
mormon, apologétique et négligence évangélique
Perdons-nous
la bataille sans le savoir ?
Carl
Mosser
1
et Paul Owen
2
Trinity
Journal 19/2,
1998, p. 179-205
Nous remercions les Drs Clinton E.
Arnold, Francis J. Beckwith et Craig L. Blomberg de nous avoir
encouragés à publier cet article
Résumé :
Carl Mosser et Paul Owen évaluent le savoir atteint
aujourd’hui chez des saints des derniers jours et le trouvent
érudit, poussé et rigoureux, assurant à la foi
mormone une défense robuste. Les auteurs passent en revue les
publications mormones sur les études bibliques, l’histoire
de la religion chrétienne et le Livre de Mormon. Ils en
concluent que « les érudits mormons produisent des
études sérieuses qu’il faut impérativement
examiner de manière critique d’un point de vue
évangélique informé. » Le présent
article donne une vision intéressante sur l’œuvre
de FARMS et le niveau du savoir mormon en général.
La
guerre spirituelle est une réalité. Les batailles, dans
le domaine spirituel, ne se mènent pas à coups de canon
et de chars à la manière du monde. C’est au
contraire une guerre où les idées se disputent l’esprit
des hommes. L’apôtre Paul nous dit que les armes avec
lesquelles nous combattons ont le pouvoir divin de démolir les
forteresses intellectuelles de ce genre. Il dit, à propos des
chrétiens, que « nous renversons les raisonnements
et toute hauteur qui s’élève contre la
connaissance de Dieu » (2 Corinthiens 10:5). Cependant,
pour démolir des arguments, il faut tout d’abord savoir
de quoi il s’agit. Cet article cherche à décrire
les arguments scientifiques et apologétiques d’un groupe
dont nous, évangéliques, croyons qu’il bloque
l’accès à la vraie connaissance de Dieu.
L’Église
de Jésus-Christ des saints des derniers jours, le mormonisme,
a produit, ces dernières années, un ensemble conséquent
d’ouvrages défendant ses croyances. Le présent
article ne traite pas de tout l’éventail des travaux de
recherche défensifs et offensifs des saints des derniers
jours. Nous concentrerons plutôt notre traitement sur les
disciplines qui relèvent des catégories générales
que sont les études bibliques et l’histoire de la
religion chrétienne 3.
Nous choisissons ces catégories à cause du rôle
important qu’elles jouent dans la compréhension des
origines chrétiennes et de la nature du christianisme
primitif. Le mormonisme et le protestantisme prétendent tous
deux être l’Église que le Christ a fondée.
Les deux prétendent être héritiers du
christianisme du Nouveau Testament. Ils ne peuvent pas avoir raison
en même temps.
Nous
nous rendons compte que ce que nous disons ne sera pas bien accueilli
par tout le monde. Certains risquent de nous critiquer parce que nous
accordons trop de crédit aux mormons et que nous sommes trop
durs à l’égard de nos frères évangéliques.
Cependant, un peu comme quand on témoigne contre un proche au
tribunal, nous ne pouvons pas nous voiler la face devant les faits.
Dans cette bataille, les mormons combattent vaillamment. Et les
évangéliques ? Il semble bien que nous sommes en
train de perdre la bataille sans le savoir. Mais c’est une
bataille que
nous ne pouvons pas nous permettre de perdre.
Nous espérons que cet article contribuera, si peu que ce soit,
à amener les membres de la communauté évangélique
à prendre conscience de la tâche importante qui les
attend.
I.
MYTHES ÉVANGÉLIQUES ET CINQ CONCLUSIONS
Trop
d’évangéliques acceptent et propagent certains
mythes concernant le niveau de compétence des mormons. C’est
un mythe de dire qu’il n’y a pour ainsi dire aucun érudit
mormon traditionnel qui ait une formation dans les domaines relatifs
à ce qui oppose évangéliques et mormons. C’est
un mythe de dire que quand les mormons reçoivent une formation
en historiographie, en langues bibliques, en théologie et en
philosophie, ils abandonnent invariablement les croyances
traditionnelles des saints des derniers jours en l’historicité
du Livre de Mormon et en l’idée que Joseph Smith est un
prophète. C’est un mythe de dire que les mormons
libéraux ont tellement ébranlé les fondements de
la foi mormone que le mormonisme est en train de se désintégrer.
C’est un mythe de dire que les mormons néoorthodoxes ont
influencé à tel point la théologie de leur
Église qu’elle ne tardera pas à abandonner les
points de doctrine sur lesquels elle insiste traditionnellement et à
suivre une voie semblable à celle de l’Église
Réorganisée de Jésus-Christ des saints des derniers jours ou de l’Église mondiale de Dieu 4.
Ce sont là des mythes basés sur l’ignorance et
sur une lecture sélective. Les évangéliques qui
veulent agir de manière responsable doivent les abandonner.
En
réponse à ces mythes, nous présentons cinq
affirmations concernant le savoir mormon. Il y a, tout d’abord,
contrairement à ce que croient communément les
évangéliques, de véritables érudits
mormons. Nous utilisons le terme érudit
dans son sens officiel de « intellectuel, formé à
la recherche intellectuelle, versé dans les langues
anciennes 5».
Dans les grandes lignes, on peut répartir la communauté
érudite mormone en quatre catégories :
traditionnelle, néoorthodoxe, libérale et
intellectuelle. La plus grande et la plus influente des quatre
catégories, ce sont les érudits mormons traditionnels.
Les saints des derniers jours ne sont pas un groupe anti-intellectuel
comme les Témoins de Jéhovah. Les mormons produisent
des œuvres qui ont plus que la simple apparence de l’érudition.
Deuxièmement,
les érudits et les apologistes mormons (tous les apologistes
ne sont pas des érudits) ont, à des degrés de
succès divers, répondu à la plupart des
critiques habituelles des évangéliques. Ces réponses
diffusent souvent de manière judicieuse des critiques
particulières (mineures). Quand ce n’est pas une
critique qui est émise, c’est habituellement le sujet
qui prend une forme beaucoup plus complexe.
Troisièmement,
il n’y a actuellement (autant que nous sachions) pas de livres
écrits du point de vue évangélique qui donnent
la réplique, d’une manière responsable, aux
écrits érudits et apologétiques mormons
contemporains 6.
L’examen de vingt livres évangéliques récents
critiquant le mormonisme révèle qu’aucun
ne dialogue avec ces ouvrages de plus en plus nombreux. Il n’y
en a qu’une poignée qui montrent qu’ils sont au
courant de l’existence d’ouvrages portant sur la
question. Beaucoup d’auteurs avancent des critiques qui ont été
réfutées depuis longtemps. Un certain nombre de ces
livres prétendent être la réponse définitive
en la matière. L’absence de toute tentative de tenir
compte du savoir mormon contemporain entache l’intégrité
des auteurs et suscite des questions quant à leur crédibilité.
Quatrièmement,
au niveau du savoir, les évangéliques perdent
inutilement le débat avec les mormons. Ces dernières
années, la technicité et l’érudition de
l’apologétique mormone se sont considérablement
accrues, alors que cela n’a pas été le cas des
réponses évangéliques 7.
Ceux qui disposent des compétences nécessaires pour
cette tâche manifestent rarement de l’intérêt
pour cette problématique.
Enfin,
la plupart de ceux qui participent au mouvement contre les sectes
sont dépourvus des compétences et de la formation
nécessaires pour répondre à l’apologétique
érudite des mormons. Il devient indispensable que des savants
bibliques, des théologiens, des philosophes et des historiens
évangéliques formés examinent les ouvrages en
nombre croissant produits par les érudits et apologistes
mormons traditionnels et y répondent.
II.
LES BUTS DE LA COMMUNAUTÉ ÉRUDITE MORMONE
Nos
cinq conclusions sont sujet à controverse. Toutefois,
l’immense quantité de documents érudits produits
par les savants mormons que l’on trouve tant dans les
publications non mormones que mormones 8,
un coup d’œil sur les textes apologétiques
produits par la Foundation for Ancient Research and Mormon Studies
(FARMS) 9,
et l’examen des ouvrages évangéliques sur le
mormonisme justifient nos conclusions. La science des auteurs est à
certains moments rigoureuse ; leur œuvre mérite
pour le moins d’être examinée. Quel est le but de
cette communauté érudite ? Nous avons eu un
certain nombre d’occasions de converser avec les principaux
érudits tant dans des contextes scientifiques (entre autres
trois jours à la Conférence internationale sur les
Manuscrits de la mer Morte patronnée, en 1996 par FARMS/BYU)
que dans des contextes non scientifiques. Le tableau suivant des
intentions des érudits mormons découle de ces contacts.
Qu’est-ce
que les apologistes érudits mormons essaient de prouver ?
Selon quelles techniques intellectuellement plausibles
soutiennent-ils leur canon scripturaire et leur système
doctrinal particuliers ? Les buts des mormons sont assez
évidents. Premièrement, ils croient que le Livre de
Mormon est un texte ancien écrit par des gens de souche
israélite. Un certain nombre d’études ont été
faites, qui tentent de dégager du Livre de Mormon des
techniques littéraires, des caractéristiques
linguistiques, des formes culturelles et d’autres indicateurs
hébraïques dont on affirme que Joseph Smith n’aurait
pas été capable de les inventer. Deuxièmement,
les saints des derniers jours croient que d’autres textes
antiques ont été restaurés par l’intermédiaire
de Joseph Smith (par ex., les livres de Moïse et d’Abraham
dans la Perle de grand prix). En conséquence, les savants
mormons se sont considérablement intéressés à
l’étude des pseudépigraphes, des Manuscrits de la
mer Morte et des textes de Nag Hammadi. Leur but est de mettre en
évidence les éléments que ces anciens documents
ont en commun avec leur propre littérature sacrée.
Troisièmement, l’Église mormone a la conviction
que le christianisme primitif a connu une apostasie importante, qui a
débuté dans la dernière partie du premier siècle
et s’est étendue jusqu’à la fin du deuxième
siècle. Cette apostasie est habituellement associée au
processus d’hellénisation post-apostolique. En vertu de
cette théorie, ils affirment que les enseignements originaux
de l’Église ancienne ne se sont pas perdus d’un
seul coup. Les saints des derniers jours se sont vivement intéressés
aux croyances et aux pratiques de l’Église du début
de l’époque post-apostolique. Une attention particulière
a été accordée aux écrits patristiques
dans le but de démontrer les ressemblances avec les croyances
et les pratiques mormones. Le but de ces ressemblances n’est
pas de montrer que les premiers chrétiens étaient des
proto-mormons. Le but est plutôt de montrer que des restes de
vraies croyances d’avant l’hellénisation ont
survécu un certain temps après l’apostasie. Dans
cet ordre d’idées, les érudits mormons (de même
que beaucoup de savants non mormons) se sont vivement intéressés
à « la bifurcation » où le
judaïsme et le christianisme se sont séparés.
III. HUGH NIBLEY :
PÈRE
DE L’APOLOGÉTIQUE ÉRUDITE MORMONE
Hugh
Nibley est le pionnier de l’érudition et de
l’apologétique mormones. Depuis qu’il a obtenu, en
1939, son doctorat à l’université de Californie à
Berkeley, il a produit ce qui semble être un flot ininterrompu
de livres et d’articles traitant d’un large éventail
de sujets. Qu’il écrive sur la patristique, les
manuscrits de la mer Morte, les apocryphes, la culture du
Proche-Orient antique ou le mormonisme, il manifeste une maîtrise
impressionnante des langues originelles, des textes-sources et de ce
qui a déjà été écrit sur le sujet.
Il a donné un exemple que les universitaires mormons plus
jeunes ont du mal à suivre. La place manque pour faire quoi
que ce soit qui ressemble à un examen exhaustif des ouvrages
de Nibley 10.
Comme le dit Truman Madsen, professeur émérite de
philosophie et de religion à l’université Brigham
Young : « Pour ceux, du moins, qui le connaissent le
mieux, Hugh W. Nibley est un prodige, une énigme et un symbole
11. »
Les
rares évangéliques qui connaissent l’existence de
Hugh Nibley l’écartent habituellement comme un fumiste
ou un pseudo-savant. Ceux qui veulent écarter ses écrits
sans autre forme de procès feraient bien de faire attention à
l’avertissement de Madsen :
Au fil des années,
des critiques malveillants ont soupçonné Nibley de
faire violence à ses sources, de se cacher derrière ses
notes de bas de page et de voir dans les langues anciennes ce
qu’aucun savant responsable n’y lirait. Malheureusement,
rares sont ceux qui sont outillés pour en faire la
vérification 12.
La
grande majorité de l’œuvre de Nibley est restée
incontestée par les évangéliques en dépit
du fait qu’il publie sur le sujet depuis 1946. L’attitude
de Nibley à l’égard des évangéliques ?
« Nous avons besoin d’un plus grand nombre de livres
antimormons. Ils nous obligent à rester vigilants 13. »
Il
y a certainement des failles dans l’œuvre de Nibley, mais
la plupart de ceux qui militent dans le mouvement contre les sectes
n’ont pas les moyens de les trouver. Peu ont essayé 14.
Il n’entre pas dans le propos de cet article de faire la
critique de la méthodologie de Nibley ou de décrire
l’ampleur de son apologétique 15.
Quelles que soient les failles de sa méthodologie, Nibley est
un savant de haut calibre. Un grand nombre de ses premiers essais ont
d’abord paru dans des publications universitaires telles que
Revue de
Qumran, Vigiliae Christianae, Church History
et la Jewish
Quarterly Review
16.
Nibley a aussi reçu les éloges de savants non mormons
tels que Jacob Neusner, James Charlesworth, Cyrus Gordon, Raphael
Patai et Jacob Milgrom 17.
George MacRae, l’ancien doyen de la faculté de théologie
de Harvard, s’est lamenté un jour tandis qu’il
l’écoutait faire une conférence : « C’est
obscène de la part d’un homme d’en savoir tant 18
! » Nibley n’a pas travaillé dans un cloître.
Il est stupéfiant que peu d’évangéliques
soient au courant de son œuvre. Étant donné le
respect que Nibley a acquis dans le monde des savants non mormons, il
est plus stupéfiant encore que ceux qui militent dans le
mouvement contre les sectes écartent son œuvre avec
tant de désinvolture.
Hugh
Nibley a sans doute été, pendant de nombreuses années,
le seul savant digne de ce nom du mormonisme conservateur. Cependant,
à cause de l’influence qu’il a exercée sur
ses étudiants, il y en a beaucoup plus aujourd’hui.
Pendant les années où Nibley a enseigné à
BYU, plusieurs étudiants mormons ont suivi son exemple en
poursuivant leurs études pour obtenir les diplômes
nécessaires pour se faire entendre de la communauté
universitaire. Par exemple, Stephen E. Robinson est allé à
la Duke University pour obtenir un doctorat en études
bibliques chez W. D. Davies et James Charlesworth 19.
D’autres ont pris des directions différentes. S. Kent
Brown a eu un doctorat de la Brown University, centrant ses
recherches sur les textes de Nag Hammadi. C. Wilfred Griggs a obtenu
un doctorat en histoire ancienne de l’université de
Californie à Berkeley et est un spécialiste du
christianisme égyptien ancien 20.
Sous la supervision de David Noel Freedman et de Frank Moore Cross,
Kent P. Jackson a obtenu un doctorat en études du
Proche-Orient de l’université du Michigan après
avoir écrit une thèse sur la langue ammonite 21.
Avraham Gileadi a écrit sa thèse de doctorat sur la
structure littéraire d’Ésaïe à BYU,
avec R. K. Harrison comme principal lecteur 22.
Daniel C. Peterson s’est vu décerner son doctorat en
langues et cultures du Proche-Orient par UCLA. Stephen D. Ricks a
obtenu un doctorat en religions du Proche-Orient de l’université
de Californie à Berkeley et du Graduate Theological Union chez
Jacob Milgrom 23.
Donald W. Parry a reçu son doctorat en hébreu de
l’université hébraïque de Jérusalem
et de l’université d’Utah. John Gee a récemment
obtenu un doctorat en égyptologie à l’université
de Yale. On pourrait citer bien d’autres exemples de savants
mormons ayant le même genre de références. A
l’heure actuelle, une nouvelle promotion d’érudits
mormons traditionnels, financés partiellement par des Hugh
Nibley Fellowships de FARMS, reçoivent des diplômes
avancés d’Oxford, Duke, Claremont, UCLA, University of
North Carolina-Chapel Hill, Catholic University of America et
ailleurs. Les domaines qu’ils étudient sont tout à
fait dans le sujet : Nouveau Testament, syriaque, christianisme
primitif, langues et cultures du Proche-Orient. La signification de
tout ceci est bien simple : les mormons ont la formation et les
compétences pour produire des défenses robustes de leur
foi.
IV.
LE LIVRE DE MORMON : UN TEXTE ANCIEN ?
Le
niveau sans cesse plus pointu de l’apologétique érudite
mormone apparaît clairement dans la façon dont ils
abordent le Livre de Mormon. Non seulement ils utilisent les
connaissances pointues pour défendre le Livre de Mormon contre
les critiques courantes, ils essaient aussi de lui trouver une place
dans le contexte du Proche-Orient antique. Ils affirment que le Livre
de Mormon reflète la culture, la langue et les coutumes des
peuples sémitiques anciens. Ils le voient non seulement dans
l’intrigue principale mais aussi de façons subtiles et
importantes que, disent-ils, Joseph Smith (ou qui que ce soit d’autre
vivant au dix-neuvième siècle) n’aurait pas pu
extrapoler de la Bible.
Par
exemple, Paul Y. Hoskisson (maître assistant d’Écritures
anciennes à BYU) a écrit un essai important intitulé
« Textual Evidences for the Book of Mormon » 24.
Il introduit son étude en faisant remarquer :
Pour que des éléments
du Livre de Mormon constituent un indice suffisant de l’existence
d’un substrat dans le Proche-Orient, tel que j’utilise
ici le mot suffisant, il faut démontrer que l’élément
textuel provient du Proche-Orient antique et qu’il n’était
pas accessible à Joseph Smith 25.
Ce
qu’il veut dire, c’est que si certaines caractéristiques
du texte pourraient s’expliquer comme étant l’indication
d’une origine dans le Proche-Orient ancien, tous les indices de
ce genre ne se qualifieraient pas pour être des indices
suffisants.
Nous voyons ici un savant mormon s’efforcer de fixer des
contrôles méthodologiques pour ce qui constitue une
« preuve » dans le débat sur le Livre de
Mormon.
Dans
son essai, Hoskisson fournit ce qu’il pense être des
exemples d’indices suffisants de la présence d’un
substrat dans le Proche-Orient antique pour le Livre de Mormon. Le
premier indice examiné a trait à l’expression
« leur âme s’est dilatée »
dans Alma 5:9. D’après le contexte, la signification
semble être à peu près « ils sont
devenus heureux » à la lumière du
parallélisme de structure avec l’expression « ‘Ils
ont chanté l’amour rédempteur’ pour
célébrer leur liberté 26 ».
Hoskisson fait remarquer que la Bible du Roi Jacques n’utilise
pas le mot « âme » conjointement avec
« dilater », bien que le Livre de Mormon parle
d’agrandir et de gonfler l’âme dans Alma 32:28 et
34 (respectivement). Il remarque :
Cette tournure paraît
inhabituelle. Pourquoi une âme se dilaterait-elle ? Si, en
anglais, cette expression est propre au Livre de Mormon,
pourrait-elle être le reflet d’un substrat du
Proche-Orient ancien plutôt que de tirer son origine de
l’anglais 27?
Après
avoir fait observer que l’on ne retrouvait cette expression
dans aucune source anglaise antérieure à 1830, il
poursuit en relevant des exemples de cette métaphore dans les
sources ugaritiques et akkadiennes. Néanmoins, en fin de
compte, il conclut que ce n’est pas un exemple d’indice
suffisant,
parce que l’expression « dilater l’âme »
existe en allemand, et l’anglais appartient au groupe des
langues germaniques. Il reconnaît :
C’est pourquoi,
bien que l’expression « dilater l’âme »
ne se retrouve dans aucun texte anglais facilement accessible d’avant
1830, et bien que ce soit une expression authentiquement sémitique
du Proche-Orient ancien, étant donné qu’elle est
attestée en allemand, nous devons en conclure que l’expression
« leur âme s’est dilatée »
est tout au plus un indice nécessaire à un authentique
substrat sémitique du Proche-Orient pour le Livre de Mormon,
mais pas un indice suffisant 28.
Après
ce traitement, Hoskisson donne trois exemples d’indices
« suffisants » : (1) l’utilisation
répétée d’accusatifs apparentés
dans le Livre de Mormon (p. ex. 2 Néphi 5:15 ; Mosiah
9:8 ; 11:13 ; 23:5) 29 ;
(2) la présence du nom juif « Alma »
dans un acte de vente de terres découvert à Nahal
Hever, datant de l’époque de la révolte de
Bar-Kocheba 30
; et (3) la notion que les eaux de l’océan sont la
source des fleuves, qui est typique de la pensée du
Proche-Orient et apparaît dans 1 Néphi 2:9.
Une
deuxième étude qu’il vaut la peine d’examiner
est « Le Livre de Mormon en tant que livre ancien »,
par C. Wilfred Griggs (maître assistant de philologie
classique, d’histoire et d’Écritures anciennes et
directeur des études de l’Antiquité à
l’université Brigham Young) 31.
Il commence son étude en lançant un défi aux
contradicteurs du Livre de Mormon :
Il affirme être un
livre ancien et il doit être examiné et critiqué
en fonction de ce qu’il prétend être…
Puisqu’il était impossible à qui que ce soit
d’inventer un ouvrage de la longueur du Livre de Mormon
représentant avec précision la société
ancienne du Proche-Orient… il devrait être assez facile
à un spécialiste de faire subir au livre l’épreuve
de l’intégrité historique 32.
Ensuite
Griggs se plaint : « C’est cependant
précisément cette dimension de la critique historique
qui a été presque totalement négligée
dans les tentative de prouver que le Livre de Mormon était un
faux 33. »
A titre d’exemple, un peu comme dans le cas du Livre de Mormon,
Griggs attire l’attention sur la découverte, faite par
Morton Smith en 1958, d’une lettre qui était censée
être de Clément d’Alexandrie écrite à
un certain Théodore. Le contenu de cette lettre était
précédemment inconnu du monde des spécialistes
et il n’est fait mention de Théodore dans aucun des
écrits existants de Clément. La date de la copie, qui
fut découverte au monastère de Mar Saba, près de
Jérusalem, a pu être fixée assez facilement comme
étant aux environs de 1750. Cependant, après une étude
détaillée de ce document par comparaison avec d’autres
sources anciennes, Morton Smith en conclut que c’était
là effectivement une lettre authentique de Clément.
Griggs fait ce commentaire :
Si un texte de deux pages
et demie peut donner lieu à 450 pages [la longueur de l’étude
de Morton Smith] d’analyse et de commentaires pour en
déterminer l’authenticité, on ne s’attendrait
pas à moins de la part du monde des érudits dans le cas
du Livre de Mormon 34.
Partant
de là, Griggs se met en devoir d’examiner le songe de
« l’arbre de vie », que l’on trouve
dans 1 Néphi 8-15, dans le contexte des textes méditerranéens
qui datent approximativement de l’époque de Léhi
(sixième siècle av. J.-C.). Son étude mentionne
de nombreux exemples de textes religieux et magiques écrits
sur des tablettes d’or, d’argent et de bronze. Ce qui est
particulièrement intéressant, ce sont les « plaques
d’or orphiques » qui remontent au 5e siècle
av. J.-C. et qui ont été découvertes dans des
endroits aussi dispersés que l’Italie, la Grèce
et Crète 35.
Les spécialistes s’accordent pour dire que ces plaques
d’or démontrent une influence étrangère,
mais n’ont pas pu se mettre d’accord sur ce qu’était
cette influence. Griggs note toutefois que « L’influence
provenait certainement du Proche-Orient ancien, même s’il
n’y a pas d’accord sur l’endroit où les
idées ont été émises à
l’origine 36. »
Le reste de l’examen est constitué par une comparaison
entre les rituels liés à ces plaques et des textes du
Livre des Morts égyptien, et le songe de Léhi dans le
Livre de Mormon. Après son étude détaillée,
Griggs tire cette conclusion :
Puisque les tablettes
d’or grecques semblent avoir une origine égyptienne qui
concorde dans le temps et dans le contenu avec les rapports du Livre
de Mormon avec l’Égypte, l’explication la plus
faisable et la plus plausible des caractéristiques internes
partagées par le Livre de Mormon est que l’Égypte
des septième/sixième siècles av. J.-C. est le
point de rencontre commun des deux traditions37.
La
place manque ici pour une étude détaillée
d’autres exemples de défenses du Livre de Mormon par les
érudits, mais beaucoup d’autres méritent qu’on
y fasse attention. John Welch a défendu la thèse d’un
substrat ancien basé sur des structures chiastiques dans le
Livre de Mormon 38.
Donald W. Parry, professeur d’hébreu à BYU et
membre de l’équipe internationale d’édition
des manuscrits de la mer Morte, a publié une étude
exhaustive sur les structures poétiques hébraïques
dans le texte du Livre de Mormon 39.
Roger R. Keller, ancien pasteur presbytérien armé d’un
doctorat en études bibliques de la Duke University, a écrit
une monographie défendant, sur la base d’usages
distinctifs des mots, la thèse que le Livre de Mormon ne peut
pas être le produit d’un seul auteur du 19e siècle,
mais est au contraire le produit de plusieurs auteurs anciens 40.
John Tvedtnes, directeur des projets pour FARMS, a écrit des
études techniques sur les hébraïsmes et les
variantes d’Ésaïe dans le Livre de Mormon 41.
Plusieurs études basées sur l’analyse par la
critique de la forme réclament aussi l’attention.
Stephen D. Ricks, professeur d’hébreu et de langues
sémitiques à BYU, a écrit un article détaillé
traitant du couronnement du roi Benjamin dans Mosiah 1-6 avec, pour
arrière-plan, la littérature concernant les traités
dans le Proche-Orient ancien 42.
Blake T. Ostler a examiné le récit de la vision de Léhi
dans 1 Néphi 1 sur l’arrière-plan de « la
formule d’appel » dans des théophanies
semblables dans la Bible hébraïque et les pseudépigraphes
de l’Ancien Testament 43.
Il y a bien d’autres études qui pourraient être
citées, mais ceci devrait suffire pour démontrer que
les érudits mormons produisent des études sérieuses
qu’il faut impérativement examiner de manière
critique d’un point de vue évangélique informé.
V.
LES MANUSCRITS DE LA MER MORTE, LES PSEUDÉPIGRAPHES
ET
LA PERLE DE GRAND PRIX
Les
spécialistes de la Bible connaissent bien l’impact que
les découvertes de Qumran et des environs ont eu sur l’étude
de l’Ancien et du Nouveau Testament 44.
Les manuscrits de la mer Morte ont considérablement augmenté
notre compréhension de la critique textuelle de l’Ancien
Testament, de la toile de fond araméenne du Nouveau Testament
et de la complexité des divers judaïsmes qui existaient
dans la Palestine du 1er siècle. On ne saurait surestimer
l’importance de la recherche sur les manuscrits de la mer Morte
pour comprendre la Bible.
Récemment,
les spécialistes mormons sont apparus à l’avant-plan
de la recherche sur les manuscrits de la mer Morte. FARMS et BYU ont
patronné plusieurs conférences internationales sur les
manuscrits en Israël et aux Etats-Unis, auxquelles ont assisté
des savants de renommée mondiale. Il y a au moins quatre
saints des derniers jours qui font partie de l’équipe
internationale d’édition des manuscrits de la mer Morte
dirigée par Emmanuel Tov 45.
Les recherches faites par les saints des derniers jours sur les
manuscrits sont reçus favorablement par l’ensemble de la
communauté des savants et l’on demande de plus en plus
aux mormons de collaborer ou de contribuer à des livres avec
des savants non mormons ou à les éditer 46.
L’intérêt des mormons pour les manuscrits de la
mer Morte ne se limite pas à une simple curiosité. Ils
utilisent les fruits de leurs recherches pour promouvoir leur foi 47.
Les
mormons s’intéressent vivement aux manuscrits, et ce,
pour plusieurs raisons. La principale d’entre elles est leur
désir de présenter le christianisme primitif comme un
mouvement fermement enraciné dans le judaïsme
apocalyptique. Nibley écrit :
Cette tradition commune
n’était pas celle du judaïsme conventionnel, encore
moins celle de la philosophie hellénistique ; c’était
la tradition ancienne du petit nombre de justes qui s’enfuient
dans le désert avec femmes et enfants pour se préparer
pour la venue du Seigneur et pour échapper aux persécutions
de la religion officielle 48.
Nibley
voit un lien de continuité entre les sectaires du désert
représentés par Léhi et sa famille (cf. 1 Néphi
2), la communauté de Qumran, le christianisme le plus ancien
et le gnosticisme du deuxième siècle. Il ne s’agit
pas de dire que les Esséniens de Qumran étaient des
proto-mormons, mais simplement que le mormonisme a plus de choses en
commun avec le système de croyances apocalyptiques
représenté à Qumran qu’avec celui du
christianisme hellénisé. Nibley poursuit :
Maintenant que l’on
a découvert et que l’on admet l’existence
d’expressions, de points de doctrine et d’ordonnances
typiques du Nouveau Testament bien avant l’époque du
Christ, le seul argument efficace contre le Livre de Mormon
s’effondre 49.
Ailleurs,
il relève dix parallèles entre la littérature de
Qumran et le Livre de Mormon. Un exemple est présenté
comme suit :
Pour la première
fois, nous apprenons maintenant l’existence de l’origine
juive ancienne (1) du langage théologique du Nouveau Testament
et des apocryphes chrétiens, (2) de leur doctrine
eschatologique et (3) de leurs institutions organisationnelles et
liturgiques. Tous les trois reçoivent leur description la plus
complète dans 3 Néphi, où le Messie lui-même
vient organiser son Église sur les bases déjà
posées pour elle 50.
Nibley
n’est pas le seul à relever des parallèles entre
les textes de Qumran et les Écritures mormones. William J.
Hamblin se plaint de ce que « les contradicteurs [du
mormonisme] n’ont jamais expliqué pourquoi nous trouvons
des parallèles linguistiques et littéraires étroits
entre le personnage Mahujah
dans les fragments araméens du Livre
d’Énoch
des manuscrits de la mer Morte et Mahijah
interrogeant Hénoc dans le livre de Moïse (Moïse
6:40) 51.
Gaye Strathearn suggère plusieurs points de contact entre
l’Apocryphe de la Genèse (1QapGen) découvert à
Qumran et le Livre d’Abraham des mormons 52.
Stephen E. Robinson relève de nombreuses ressemblances entre
la communauté de Qumran et les saints des derniers jours. Il
note que les Qumranites écrivaient les informations
importantes sur du métal, ils croyaient au(x) baptême(s)
par immersion 53,
leur communauté était dirigée par un conseil de
douze hommes avec trois prêtres gouvernants, ils avaient des
repas sacrés de pain et de vin administrés par des
prêtres 54,
et ils croyaient en la révélation continue par
l’intermédiaire d’un dirigeant prophète. Il
écrit : « Tout cela nous amène à
la conclusion qu’à de nombreux égards les
Esséniens ont pu être plus proches de l’Évangile
[mormon] que les autres sectes juives 55. »
Pour les défenses du Livre de Mormon, on pourrait citer
davantage d’exemples. A la lumière de la participation
croissante de spécialistes mormons à la recherche dans
les manuscrits, nous pouvons être certains que notre attention
sera attirée sur beaucoup d’autres parallèles.
Les
spécialistes mormons ont un intérêt du même
genre pour les pseudépigraphes de l’Ancien Testament. On
peut le voir dans les deux volumes de Pseudepigrapha,
publié
par James H. Charlesworth 56.
La jaquette du livre dit :
Ces traductions
intéresseront les érudits, les spécialistes de
la Bible, les professionnels de toutes les confessions et de tous les
groupes religieux et les profanes, en fait, tous ceux qui peuvent
être désignés comme « peuples du
Livre », chrétiens, Juifs, mormons,
musulmans 57.
La
préface de l’éditeur contient des remerciements
au Religious Studies Center de l’université Brigham
Young pour avoir partiellement financé le projet. Stephen E.
Robinson, un étudiant de Charlesworth, était
responsable de la traduction et du commentaire de l’Apocryphe
d’Ezéchiel,
du Testament
d’Adam
et de 4
Baruch
58.
Alors
que l’intérêt des saints des derniers jours pour
les manuscrits de la mer Morte est avant tout lié au désir
d’enraciner le christianisme le plus ancien dans le terreau du
judaïsme apocalyptique, les pseudépigraphes offrent des
points de contact plus précis entre les Écritures
mormones et diverses sources anciennes. D’une manière
générale, les mormons ne veulent pas laisser entendre
qu’il existe des rapports littéraires génétiques
entre ces textes, mais plutôt qu’il y a des parallèles
conceptuels importants qui tendent à montrer que le Livre de
Mormon et la Perle de grand prix font partie d’un milieu
ancien.
Lors
d’une table ronde, une question a été posée
concernant les liens entre les Écritures mormones et des
sources anciennes telles que les manuscrits de la mer Morte, les
pseudépigraphes et les textes de Nag Hammadi. Dans sa réponse,
S. Kent Brown a orienté vers deux domaines principaux.
Premièrement, il y a des points de contact en ce qui concerne
l’intérêt pour des personnalités clés :
Adam (Moïse 6:45-68 ; cf. Vie
d’Adam et Ève
et l’ Apocalypse
d’Adam
copte), Énoch (Moïse 6:25-8:1 ; cf les fragments du
Livre des Géants et les livres d’Énoch éthiopien,
slavon et hébreu), Melchisédek (Alma 13:14-19 ;
cf. 11Q Melchisédek et le Melchisédek de Nag Hammadi),
Abraham (Livre d’Abraham ; cf. le Testament
d’Abraham
et Apocalypse
d’Abraham)
et Joseph (2 Néphi 3:5-21 ; cf. Testament
de Joseph).
Deuxièmement, il y a des parallèles en termes de
thèmes-clés, comme le récit de la Création
(Moïse 3:21-5:21 ; cf. 4 Esdras 6:38-54 et le gnostique De
l’origine du Monde
et l’Hypostase
des Archons),
l’idée d’une existence prémortelle des âmes
(Abraham 3:128-28 ; cf. l’Apocryphe
de Jacques
et l’Évangile
de Thomas,
parole 4) et l’idée d’un rétablissement
eschatologique suivant une période d’apostasie (cf.
L’Apocalypse
de Pierre
dans la bibliothèque de Nag Hammadi) 59.
Le
manque de place ne permet pas une étude approfondie de
l’utilisation, par les saints des derniers jours, des
pseudépigraphes de l’Ancien Testament, des apocryphes du
Nouveau Testament et des textes de Nag Hammadi 60.
Cependant, plusieurs études méritent d’être
mentionnées. Hugh Nibley a écrit un livre entier sur la
littérature existante sur Énoch 61.
Stephen E. Robinson avance plusieurs faits intéressants :
Paul a apparemment utilisé la Sagesse
de Salomon,
qui enseigne l’existence prémortelle de l’âme
(8:19 et suiv.) et la création du monde à partir d’une
matière non formée (11:17) (deux points de doctrine
caractéristiques de la théologie mormone). Le récit
de Zozime (également connu sous le nom d’Histoire des
Rékhabites) contient une tradition intéressante sur des
Juifs qui quittent Jérusalem du temps de Jérémie
et traversent l’océan vers une terre de promission 62.
Le Testament
d’Adam
(3:1-5) contient un récit semblable à ce que l’on
trouve dans Doctrine et Alliances 107:53-56. Et l’Évangile
de Philippe
décrit un rite d’initiation en trois étapes
correspondant aux trois salles du temple de Jérusalem 63.
Dans une autre étude intéressante, S. Kent Brown
compare les titres « Homme de Sainteté »
et « Homme de Conseil » dans Moïse 6:57 et
7:35 avec des textes de la Bible hébraïque et deux
documents plus récents, Eugnostos
le Bienheureux
et La
Sophia de Jésus-Christ
64.
Les
auteurs mormons ne sont pas les seuls à noter divers
parallèles entre ces textes anciens et la littérature
mormone. James H. Charlesworth, lors d’une conférence à
l’université Brigham Young intitulée :
« Messianism in the Pseudepigrapha and the Book of
Mormon », met le doigt sur ce qu’il dit être
« des parallèles importants… qui méritent
un examen attentif. » Il cite des exemples de 2
Baruch,
4 Esdras, Psaumes
de Salomon,
et du Testament
d’Adam
65.
Si la plus grande autorité du monde en matière d’écrits
pseudépigraphiques anciens pense que de tels exemples méritent
« un examen attentif », il pourrait être
sage de la part des évangéliques d’y faire
attention. George Nickelsburg a aussi relevé un parallèle
assez intéressant entre le Livre des Géants, de Qumran,
et le Livre de Moïse dans la Perle de grand prix mormone 66.
Harold Bloom, de Yale, ne voit pas comment expliquer les nombreux
parallèles entre les écrits de Joseph Smith et
l’ancienne littérature apocalyptique, pseudépigraphique
et kabbalistique. Il écrit :
Le génie religieux
de Smith se manifestait toujours dans ce que l’on pourrait
appeler sa précision
charismatique,
son sens infaillible du pertinent qui gouvernait les parallèles
bibliques et mormons. Je ne peux qu’attribuer à son
génie ou à son démon son étrange capacité
de récupérer dans la théurgie juive ancienne des
éléments qui avaient cessé d’être
accessibles que ce soit au judaïsme officiel ou au christianisme
et qui n’avaient survécu que dans des traditions
ésotériques qui
n’avaient guère de chances d’atteindre Smith
directement
67.
LE
MORMONISME ET LE DÉBUT DU CHRISTIANISME :
PREUVES
D’UNE APOSTASIE ?
Un
principe central du mormonisme veut que l’Église
originelle fondée par Jésus-Christ ait apostasié.
C’est là une croyance absolument fondamentale du
mormonisme parce que s’il n’y avait pas eu d’apostasie,
on n’aurait pas eu besoin du « rétablissement »
accompli par Joseph Smith 68.
Les spécialistes mormons (entre autres) prétendent que
l’Église de la période post-apostolique différait
substantiellement du christianisme le plus ancien. En cela, les
savants mormons ont en grande partie adopté les idées
d’Adolph Harnack et Walter Bauer 69.
L’esprit d’apostasie et l’influence croissante de
l’hellénisation ont contribué à un déclin
spirituel et doctrinal au cours des deuxième et troisième
siècles. Selon cette thèse, le résultat fut que
le christianisme primitif, enraciné dans le judaïsme
apocalyptique, fut transformé en un syncrétisme de
« christianisme » et de philosophie païenne
platonicienne et (plus tard) néoplatonicienne. Le processus
d’hellénisation fut tellement grave qu’il tua
littéralement la religion fondée par le Christ et la
remplaça par quelque chose d’autre. Stephen E. Robinson
résume ce point de vue comme suit :
Essentiellement, ce qui
est arrivé, c’est que nous avons de bonnes sources pour
le christianisme du Nouveau Testament (les documents du Nouveau
Testament eux-mêmes) ; ensuite la lumière s’éteint
(c’est-à-dire que nous avons très peu de sources
historiques), et, dans le noir, nous entendons le bruit étouffé
d’une grande lutte. Quand la lumière revient une
centaine d’années plus tard, nous constatons que
quelqu’un a déplacé tout le mobilier et que le
christianisme est quelque chose de très différent de ce
qu’il était au commencement. On peut décrire avec
précision cette entité différente par le terme
christianisme hellénisé 70.
Les
mormons ont écrit plusieurs études dans ce domaine 71.
Comme d’habitude, c’est Hugh Nibley qui a montré
le chemin 72.
Il commence par un livre publié sous le titre The
World and the Prophets.
Ce livre est la transcription remaniée d’une série
de discours adressés à l’origine à un
auditoire radiophonique mormon entre le 7 mars et le 17 octobre
1954, intitulée « Time Vindicates the Prophets »
[Le temps donne raison aux prophètes] 73.
Dans ce livre, selon la préface de R. Douglas Phillips, Nibley
décrit avec une
grande clarté le processus selon lequel l’Église
a changé de l’organisation dotée de prophètes
inspirés, qu’elle était, pour devenir une
institution tout à fait différente et étrangère
édifiée sur la science des hommes. Il montre comment
les prophètes ont été remplacés par les
érudits, la révélation par la philosophie, la
prédication inspirée par la rhétorique 74.
On
peut penser ce que l’on veut des conclusions de Nibley,
l’étendue de l’érudition qui s’exprime
dans ces discours est intimidante. Il y traite de centaines de textes
de Papias, Clément, Ignace, Irénée, Clément
d’Alexandrie, Origène, Athanase, Augustin et Chrysostome
(entre autres). Dans le style classique de Nibley, toutes les
références sont traduites personnellement des originaux
grecs et latins ; il est rare que soient citées des
traductions pour les ouvrages allemands, français ou italiens.
Les
érudits mormons ne limitent pas leur reconstitution du début
de l’histoire chrétienne aux auditoires mormons. Afin de
toucher un auditoire universitaire plus vaste, C. Wilfred Griggs a
publié une histoire du début du christianisme égyptien,
qui occupe tout un livre 75.
Étant donné qu’on le trouve souvent dans la
bibliographie des ouvrages de référence sur l’histoire
de la religion chrétienne, il apparaît que le livre de
Griggs a été reçu favorablement 76.
Bien qu’il ne soit en aucune façon une apologie
explicite du mormonisme, ce livre apporte beaucoup de soutien à
la thèse mormone. Il y avance l’argument que le
christianisme le plus ancien, tel qu’il a été
introduit en Égypte au cours du premier siècle, n’était
pas de la même espèce que ce que l’on a qualifié
plus tard « d’orthodoxe ». Griggs déclare
que « l’on ne peut pas montrer qu’il ait
existé en Égypte, pendant les deux premiers siècles,
une bifurcation radicale du christianisme en orthodoxie et en hérésie
77. »
L’étude qu’il a faite de nombreux papyrus
chrétiens et gnostiques anciens trouvés en Égypte
au cours des cent cinquante dernières années conduit
Griggs à marquer son accord avec la thèse principale de
Bauer 78.
C’est-à-dire que certaines manifestations du
christianisme que l’Église a abandonnées plus
tard comme hérésies « ne l’avaient pas
du tout été à l’origine, mais ont été,
du moins ça et là, la seule forme de la nouvelle
religion, autrement dit, pour ces régions elles étaient
tout simplement ‘le christianisme’ 79».
Ce que les hérésiologues ultérieurs tels
qu’Irénée ont identifié comme étant
du « gnosticisme » en Égypte était
simplement « le christianisme » pour les
Égyptiens 80.
Griggs
décrit une version du christianisme primitif tout à
fait différente du catholicisme naissant, qui devint plus tard
« l’orthodoxie ». Cette version avait une
tradition littéraire plus étendue, des tendances
théologiques plus larges et davantage de pratiques rituelles
ésotériques 81.
Il affirme que les indices archéologiques orientent vers une
version du christianisme
basée sur une
tradition littéraire englobant les ouvrages canoniques et non
canoniques (les deux catégories étant ici désignées
comme telles à la lumière de leur statut ultérieur
tel que défini par la tradition catholique)… Les
chrétiens égyptiens acceptaient la tradition littéraire
apocalyptique si notoirement rejetée par l’Église
d’Occident, particulièrement comme le montrent les
textes du « Ministère après la
Résurrection », mais ils ne le faisaient pas aux
dépens de l’Évangile ni des traditions
épistolaires de l’Église catholique naissante 82.
Cette
version du christianisme se développa pendant pas mal de temps
dans la vallée du Nil 83.
Son déclin commença à la fin du deuxième
siècle du fait que l’évêque d’Alexandrie
se laissa influencer par l’ouvrage d’Irénée
Contre
les Hérésies.
L’évêque et ses successeurs, vivement désireux
d’augmenter leur prestige, s’alignèrent de plus en
plus sur les puissants épiscopats « orthodoxes ».
Comme le pouvoir de l’épiscopat alexandrin s’étendait
sur un territoire plus grand, la forme apocalyptique originelle du
christianisme fut de plus en plus condamnée comme hérétique.
Quand les évêques alexandrins détinrent
finalement le pouvoir ecclésiastique sur toute l’Égypte,
les versions rivales du christianisme furent systématiquement
balayées 84.
La correspondance avec la doctrine mormone de l’apostasie
devrait être évidente 85.
Non
seulement les érudits mormons cherchent à démontrer
qu’il y a eu une hellénisation radicale du
christianisme, mais ils trouvent beaucoup de parallèles entre
le christianisme primitif et certaines pratiques et doctrines propres
aux saints des derniers jours 86.
Par exemple, William J. Hamblin a écrit une étude
détaillée comparant la cérémonie de
dotation des temples mormons avec des textes connus par certaines
sources gnostiques et ce qu’on appelle l’évangile
secret de Marc. Hamblin argumente, en accord avec Morton Smith, John
Dominic Crossan et Hans-Martin Schenke, que l’évangile
secret de Marc conserve des textes antérieurs au Marc
canonique. Il note :
Avant la découverte
récente de la lettre de Clément, les savants modernes
prétendaient ordinairement que les théologiens du
christianisme alexandrin étaient influencés par des
notions gnostiques et hellénistiques. La nouvelle lettre de
Clément montre que les Grands Mystères et
l’Enseignement Hiérophantique n’ont pas été
copiés par les Alexandrins chez les gnostiques ni chez les
païens grecs, mais, comme l’affirme Schenke, faisaient
partie des toutes premières idées et pratiques du
christianisme alexandrin 87.
De
là, il passe à un traitement de rites ésotériques
dont nous connaissons l’existence par la bibliothèque de
Nag Hammadi et les écrits d’Irénée,
relevant douze parallèles avec la dotation du temple mormon,
qu’il considère comme importants 88.
Un
autre exemple vient de l’article de David L. Paulsen dans la
Harvard
Theological Review
intitulé « Early Christian Belief in a Corporal
Deity : Origen and Augustine as Reluctant Witnesses »
[La croyance des premiers chrétiens en une Divinité
corporelle : Origène et Augustin, témoins malgré
eux]. L’étude de Paulsen commence par un appel à
Harnack pour appuyer l’idée que l’Église du
deuxième siècle a remplacé le Dieu personnel de
la Bible par une divinité immatérielle à cause
de l’influence du platonisme. Paulsen écrit :
Harnack mentionne
plusieurs sources d’une croyance chrétienne primitive en
une divinité incarnée : idées religieuses
populaires, métaphysique stoïcienne et paroles de
l’Ancien Testament, pris littéralement… Mais il
ne fait pas de doute que les écrits bibliques ont contribué
d’une manière très significative au corporalisme
du christianisme primitif, car Dieu y est décrit en termes
décidément anthropomorphes.
Le
reste de l’article de Paulsen contient un traitement de
certains écrits polémiques d’Origène et de
passages d’Augustin qui montrent qu’il était
courant pour les chrétiens de leur époque de concevoir
Dieu comme une divinité incarnée (bien que ce ne soit
pas le cas d’Origène ni d’Augustin) 89.
VII.
ET LA BIBLE DANS TOUT CELA ?
On
pourrait répondre à tout cela que les sujets traités
ci-dessus n’ont rien à voir avec la question. Après
tout, si les mormons ne peuvent pas baser leurs croyances sur la
Bible, peu importe qu’ils trouvent ou non de quoi les confirmer
dans les manuscrits de la mer Morte, les pseudépigraphes ou
l’histoire de la religion chrétienne. Sans la Bible, peu
importe qu’ils utilisent leurs compétences en matière
d’histoire, de cultures et de langues du Proche-Orient pour
défendre un substrat proche-oriental pour le Livre de Mormon.
Il y a, nous en convenons, du vrai dans cette objection. Mais on ne
peut pas tout simplement balayer les problèmes de cette façon.
Un
des sujets fondamentaux d’affrontement entre évangéliques
et mormons, c’est l’interprétation de la Bible
elle-même. Les uns et les autres affirment que la Bible est la
Parole de Dieu. Tous affirment croire à chaque verset de la
Bible 90.
Les uns et les autres affirment que c’est leur religion qui est
confirmée par la Bible. Par conséquent, une grande
partie du débat pourrait théoriquement être
résolu par un appel à la Bible. Mais pour pouvoir le
faire, il faut tout d’abord qu’il y ait accord sur les
règles herméneutiques de base.
Il
semble que, dans une grande mesure, les évangéliques et
les mormons s’accordent à dire que la Bible doit être
interprétée dans son sens grammatical-historique.
Stephen E. Robinson écrit à propos de la ressemblance
des points de vue évangélique et mormon quant à
la nature de l’Écriture :
Nous [les saints des
derniers jours] tenons les Écritures pour littéralement
vraies, nous réduisons au minimum les interprétations,
symboliques, figurées ou allégoriques, acceptant les
événements miraculeux comme historiques et
l’enseignement moral et éthique comme faisant force de
loi et valide 91.
Cette
déclaration est très proche de la Déclaration de
Chicago sur l’herméneutique biblique 92.
La question n’est donc pas une question de méthodologie.
La
logique veut donc que ce que l’on doit fixer dans les dialogues
entre mormons et évangéliques, c’est le contexte
historico-culturel dans lequel les textes bibliques ont été
écrits. C’est précisément ce que les
mormons font dans leurs études sur les manuscrits de la mer
Morte, les pseudépigraphes et les origines chrétiennes.
Ils construisent l’infrastructure contextuelle nécessaire
à une interprétation correcte de la Bible, du Nouveau
Testament en particulier. Ils disposent les indices d’une
manière qui, si on n’y trouve pas des failles,
justifieront une interprétation du Nouveau Testament à
la fois étayée historiquement et culturellement et en
conflit avec la théologie évangélique.
Bien
que consacrant la plus grande partie de leur énergie à
l’étude de ces domaines, les mormons n’ont pas
négligé l’étude biblique proprement dite.
Un exemple qui aurait dû attirer l’attention des
spécialistes évangéliques de l’Ancien
Testament sur leurs homologues mormons est le Festschrift
écrit en l’honneur de R. K. Harrison. Publié en
1988 par une maison d’édition évangélique,
Israel’s
Apostasy and Restoration
contenait des essais par plusieurs des principaux savants
évangéliques ainsi que trois essais écrits par
des mormons (entre autres). La publication de l’ouvrage a été
dirigée par Avraham Gileadi, que nous avons mentionné
plus haut 93. L’érudition des auteurs
mormons ne le cède en
rien à celle des autres 94.
En fait, un théologien évangélique au moins a
cité ces essais dans ses propres écrits 95.
Il est frappant qu’aucun savant évangélique n’ait
trouvé bizarre que des mormons contribuent à ce livre
et l’éditent. On croirait que quelqu’un aurait
fait une enquête pour voir si ces mormons utilisaient leurs
compétences pour défendre leur religion. De fait, ce
livre même soutient, d’une manière très
subtile, le mormonisme. Premièrement, les trois essais mormons
étayent l’un ou l’autre aspect de la théologie
mormone 96.
Deuxièmement, le thème du livre et son titre reflètent
la croyance mormone que l’histoire humaine est une série
d’apostasies et de rétablissements de la vraie foi (la
dernière étant le rétablissement de l’Église
par Joseph Smith).
Il
existe, semble-t-il, chez les évangéliques, une
présupposition, que rien ne justifie, selon laquelle il n’y
aurait pas de savants bibliques mormons respectables. Cet aveuglement
empêche souvent de remarquer le travail que les savants mormons
ont fait. Pourtant, les évangéliques citent les érudits
mormons à l’appui plus qu’ils ne le pensent. Cela
ne veut pas dire que la pratique est mauvaise en soi (elle ne l’est
pas) ou que les savants mormons ne pourraient pas parfois faire des
observations valables. (Les évangéliques citent bien
les savants libéraux, catholiques ou juifs). Ce que nous
voulons dire, c’est qu’il est illogique de la part des
évangéliques d’affirmer que des groupes
hétérodoxes comme les mormons n’ont pas de
savants bibliques légitimes, alors qu’ils utilisent les
savants mêmes dont ils nient l’existence 97.
Comme
pour le Livre de Mormon, les MMM et les pseudépigraphes, nous
pourrions décrire plusieurs exemples d’érudition
biblique mormone, mais nous ne le pouvons pas, faute de place. Dans
un traitement plus complet du sujet, nous pourrions décrire,
en plus de ce qui précède, le travail que les savants
mormons ont fait sur le temple biblique 98,
la législation biblique 99,
les structures chiastiques 100,
le rôle de la magie dans l’Ancien Testament 101,
l’unité d’Ésaïe 102,
l’arrière-plan du Nouveau Testament 103,
la théologie paulinienne 104,
la critique textuelle 105
et d’autres encore 106.
Qu’il suffise de dire que les érudits mormons
responsables ont tendance à ne pas participer à la
naïve citation de versets qui caractérise le missionnaire
ou le laïc mormon moyen 107.
VIII.
ET LES ÉVANGÉLIQUES DANS TOUT CELA ?
Nous
espérons avoir maintenant convaincu certains de nos lecteurs
que l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours produit actuellement une apologétique robuste
en faveur de ses croyances. Ses érudits sont qualifiés,
ambitieux et prolifiques. Que faisons-nous de notre côté ?
Le silence est devenu assourdissant. Et il devient de plus en plus
bruyant. Les deux seules tentatives importantes (à part les
Tanner) sont un article de James White et un livre récent de
John Ankerberg et John Weldon.
L’article
de James White, « Of Cities and Swords : The
Impossible Task of Mormon Apologetics », était une
tentative de faire connaître l’apologétique
mormone, l’œuvre de FARMS aux évangéliques
et, ce faisant, critiquer le tout 108.
Cet article échoue à tous les coups. Il ne mentionne
pas un seul exemple de la littérature que nous avons présentée
dans cet exposé. Il ne décrit pas avec exactitude
l’œuvre de FARMS, ni celle de l’érudition
mormone en général. Il donne à ses lecteurs
l’impression que leurs recherches ne sont pas respectées
dans les milieux universitaires. Nous croyons avoir démontré
que ce n’est tout simplement pas le cas. Sa tentative de
critique choisit deux des exemples les plus faibles. Non seulement il
choisit des exemples faibles, il n’en fait même pas une
critique convenable. Ce n’est rien de plus qu’une
argumentation sur de fausses prémisses.
Le
livre de John Ankerberg et John Weldon, Behind
the Mask of Mormonism : From Its Early Schemes to Its Modern
Deceptions,
est bien pire 109.
Ayant
lu beaucoup de littérature évangélique sur le
sujet, nous considérons que c’est là une des
polémiques les plus viles, les plus antichrétiennes et
les plus fallacieuses que l’on ait imprimées. Les
auteurs avilissent constamment leurs adversaires, jetant sans cesse
le doute sur leur intelligence ou leur intégrité. Ce
qui est particulièrement dérangeant, c’est
l’appendice qui a été ajouté à
l’édition mise à jour. Ils accusent les mormons
de refuser « de tenir compte des faits théologiques,
textuels, historiques et archéologiques confirmés qui
entourent le mormonisme et le christianisme 110
». La réalité, c’est que ce sont nos frères
évangéliques qui étalent dans ce livre leur
propre refus de tenir le moindre compte de ces questions. Et ils
n’en ont pas non plus l’intention. Ils écrivent :
Ce n’est pas que
les évangéliques voient une objection à évaluer
tous les arguments et les recherches citées par les
contradicteurs mormons. Certains apologistes mormons pensent que tous
les contradicteurs chrétiens du mormonisme devraient dépenser
des milliers de dollars et d’heures de travail [comme le font
les mormons ?] pour se tenir à jour avec le dernier cri
des recherches défensives des mormons dans leurs nombreuses
formes et ramifications… Quiconque connaît la Bible et
l’histoire chrétienne sait que la doctrine chrétienne
biblique orthodoxe est confirmée et prouvée. Pour que
le mormonisme puisse prouver que le christianisme est faux, il faut
qu’il présente au moins l’une ou l’autre
preuve à l’appui de ses accusations 111.
Au
vu de la somme massive d’éléments présentés
comme probants publiés par les mormons, il est incroyable
qu’Ankerberg et Weldon aient pu dire une chose pareille. Non
seulement ils ont l’air de croire que les érudits
mormons ne doivent pas réellement « connaître
la Bible et l’histoire chrétienne », mais ils
semblent dire qu’il n’est pas nécessaire de
consacrer beaucoup de temps ou de ressources à répondre.
A notre avis, le point de vue exprimé ici revient tout
simplement à refuser de faire une recherche scientifique
sérieuse. C’est le résultat soit de l’apathie,
soit de l‘incapacité. Le plus qu’ils puissent
faire, c’est marquer leur approbation enthousiaste pour
l’anthologie de Brent Lee Metcalfe, New
Approaches to the Book of Mormon,
et de décréter que le combat est terminé 112.
CE
QU’IL CONVIENT DE FAIRE : QUELQUES PROPOSITIONS
Le
monde évangélique a besoin de s’éveiller
et de répondre à la recherche mormone contemporaine.
Sinon, nous allons inutilement perdre la bataille sans même le
savoir. Nos suggestions sont les suivantes : Premièrement,
les évangéliques doivent dépasser des
présuppositions inexactes concernant le mormonisme.
Deuxièmement, les évangéliques qui participent à
la lutte contre les sectes doivent déférer à des
personnes qualifiées les documents spécialisés
dont la réfutation dépasse leurs capacités.
Troisièmement, les érudits évangéliques
doivent faire du mormonisme, ou de certains de ses aspects, un
domaine auquel ils accordent un intérêt professionnel.
Quatrièmement, les éditeurs évangéliques
doivent cesser de publier des ouvrages qui ne sont pas informés,
qui sont fallacieux ou qui ne sont pas à la hauteur à
d’autres égards. Cinquièmement, les érudits
de la communauté évangélique devraient
collaborer à plusieurs livres traitant des questions soulevées
dans cet article. Dans le même ordre d’idées, les
publications professionnelles devraient inciter à la
publication d’articles sur ces mêmes sujets. Enfin, nous
voudrions recommander que les sociétés d’érudits
évangéliques créent des groupes d’étude
pour évaluer les affirmations des savants mormons. Les membres
de l’Evangelical Theological Society ont fait un pas dans cette
direction avec la création récente de la Société
pour l’Étude des Religions Alternatives (SSAR). Le fait
est que la croissance du mormonisme prend de vitesse même les
prédictions les plus audacieuses des sociologues
professionnels de la religion et est en route pour devenir, d’ici
quatre-vingts ans, la première religion du monde depuis
l’Islam au septième siècle 113.
Avec une telle croissance, les besoins exprimés dans cet
article deviennent encore plus pressants au moment où nous
abordons le vingt et unième siècle.
X.
CONCLUSION
Les
sentiments que nous avons essayé d’exprimer dans cet
article sont parfaitement formulés dans les termes d’un
théologien évangélique éminent.
Cette guerre spirituelle
peut être considérée sous l’égide
d’un combat des dieux, un thème biblique négligé
que je veux récupérer… Les diverses religions et
leurs dieux semblent rivaliser pour obtenir l’adhésion
des hommes. La concurrence en religion n’est pas seulement
biblique, elle est empiriquement évidente. Les religions
vivantes sont toujours en concurrence avec les prétentions des
autres. Si vous pouvez trouver une religion qui n’est pas en
concurrence, vous aurez trouvé une religion qui est au bout du
rouleau. Une religion dynamique veut toujours raconter son histoire,
dont ses adhérents pensent que c’est la meilleure
histoire jamais racontée et celle qui mérite le plus
qu’on s’y engage.
D’après la
Bible, l’histoire est le théâtre d’un combat
des dieux. Les dieux sont en conflit. Entre eux se produit une sorte
de survie du mieux adapté. Certains sombrent dans la défaite,
tandis que d’autres sont dans une phase ascendante…
L’histoire est un cimetière des dieux. Le Dieu vivant
leur survivra à tous, prouvant qu’il est le vrai Dieu.
Étant donné que ce moment de révélation
se produit à la fin de l’histoire, et ne sera pas clair
pour tout le monde avant cela, notre tâche missionnaire,
entre-temps, est de tester la proposition concernant l’identité
de Dieu et de mener le combat. Nous
disons : Que l’on avance les prétentions, que
l’information soit partagée, que les problèmes
soient soupesés et que le dialogue ait lieu
114*.
Titre original :
« Mormon Scholarship, Apologetics, and Evangelical Neglect –
Losing the Battle and Not Knowing It? »
1 Carl Mosser est
récemment sorti de la Talbot School of Theology, à La Miranda
(Californie), où il a fait des maîtrises de théologie, du Nouveau
Testament et de philosophie de la religion et de l’éthique.
2 Paul Owen fait un
doctorat à l’université d’Edimbourg, où il étudie à la section Langue,
littérature et théologie du Nouveau Testament.
3 Nous avons inclus
dans ces catégories une section démontrant l’application des outils de
la recherche biblique au Livre de Mormon.
4 Cela ne veut pas dire
qu’il n’y a pas eu de modifications importantes dans la théologie
mormone. Il y a tout particulièrement le fait que les saints des
derniers jours mettent maintenant l’accent sur l’importance du rôle de
la grâce dans le salut, sur la personne du Christ et sur la position
centrale du Livre de Mormon dans la formulation de la doctrine. C’est
l’accent mis sur ce dernier point qui garantit que le mormonisme
n’abandonnera pas complètement son caractère historique distinctif.
5 Cf.
The Oxford
English Dictionary, 2e éd. sous la rubrique “scholar” et
“scholarly”. Bien entendu, une méthode scientifique ne garantit pas que
l’on parvient à des conclusions correctes. Malheureusement, beaucoup de
ceux qui participent au mouvement d’opposition aux sectes ne font pas
cette distinction et n’accordent donc pas à la science des saints des
derniers jours le respect qui lui revient de peur de conférer une
légitimité à ses conclusions.
6 On pourrait croire
que J. Tanner et S. Tanner,
Answering Mormon Scholars, 2 vol.,
Salt Lake Coty, Utah Lighthouse Ministry, 1994, 1996 est une exception.
Toutefois, cet ouvrage est avant tout une réponse à plusieurs critiques
de leurs livres qui ont paru dans
Review of Books on the Book of
Mormon. Les Tanner sont des étudiants passionnés de l’histoire
mormone, mais n’ont pas les compétences nécessaires pour réfuter
complètement l’érudition mormone. La seule exception véritable est F.
J. Beckwith et S. E. Parrish,
The Mormon Concept of God : A
Philosophical Analysis, Lewiston, NY, Edwin Mellen, 1991. Bien que
bon, ce livre est non seulement difficile à se procurer, mais sa portée
est limitée. On trouvera des critiques par des mormons dans D. L.
Paulsen et B. T. Ostler dans
Philosophy of Religion 35, 1994,
pp. 118-120 ; J. E. Faulconer dans
BYU Sttudies, automne
1992, pp. 185-195 et tout particulièrement B. T. Ostler dans
FARMS
Review of Books 8/2, 1996, pp. 99-146.
7 Encore une fois, dans
leur sujet limité, Beckwith et Parrish sont l’exception solitaire.
8 La plupart des
érudits mormons sont affiliés à l’université Brigham Young ou à l’une
de ses extensions. Il faut cependant signaler aussi un petit nombre de
savants mormons dans des institutions non mormones. Par exemple, Philip
L. Barlow, docteur en théologie (Harvard) enseigne au département de
théologie du Hanover College (presbytérien), Stephen E. Thompson a un
doctorat en égyptologie (Brown University) et est maître assistant
adjoint d’archéologie à l’université de Boston. John M. Lundquist,
doctorat de l’université du Michigan, est bibliothécaire en chef de la
bibliothèque Susan et Douglas Dillar de la Division orientale de la
bibliothèque publique de New York et est un expert bien connu des
temples antiques du Proche-Orient.
9 FARMS est le
principal producteur d’études de niveau universitaire du mormonisme.
Selon Daniel C. Peterson, éditeur et membre du conseil
d’administration, FARMS « représente une tentative de créer un
ensemble d’ouvrages qui soient à la fois authentiquement savants et
authentiquement mormons. Par conséquent, toute accusation sérieuse que
nous n’avons pas réussi à être à la hauteur des canons de l’érudition
ou des normes du christianisme mérite notre examen le plus
soigneux » (
Review of Books on the Book of Mormon 4,
1992, vii.) Les évangéliques qualifiés doivent encore évaluer
rigoureusement l’œuvre de FARMS dans ces deux domaines. Il faut noter
que FARMS a récemment accepté une invitation à faire officiellement
partie de l’université Brigham Young.
10 FARMS travaille
actuellement à un recueil en vingt volumes des œuvres de Nibley, dont
treize ont déjà été publiés.
11 T. G. Madsen,
préface de
Nibley on the Timely and the Timeless: Classic Essays of
Hugh W. Nibley, sous la direction de T. G. Madsen, Provo, BYU
Religious Studies Center, 1978, ix.
13 Cité par Madsen,
idem, p. xi.
14 La seule réaction
évangélique digne d’être mentionnée que nous ayons vue ces derniers
temps sont les cinquante-six pages (simple interligne) de J. White.
C’est une contestation sur la syntaxe correcte du pronom αύτής dans
Matthieu 16:18. (On peut se procurer cet article sur le site internet
d’Alpha & Omega Ministries). Il vaut aussi la peine de mentionner
l’article maintenant un peu dépassé de W. Walters, « Joseph Smith
among the Egyptians : An Examination of the Source of Joseph
Smith’s Book of Abraham »,
JETS 16, 1973, pp. x-xvii.
15 On trouvera une
critique acerbe de la méthodologie de Nibley d’un point de vue mormon
dans K. P. Jackson dans
BYU Studies 28/4, automne 1988, pp.
114-119. Nibley n’est pas le seul savant mormon à qui les critiques de
Jackson pourraient s’appliquer.
16 On trouvera les
références précises dans
By Study and Also byFaith : Essays in
Honor of Hugh W. Nibley, sous la dir. de J. M. Lundquist et S. D.
Ricks, Salt Lake City, Deseret et FARMS, 1990, 1, pp. xviii-lxxxvii.
17 Voir la
contribution de ces hommes au vol. 1 du
Festschrift de Nibley,
By
Study and Also by Faith, ainsi qu’un deuxième essai de Neusner,
dans le vol. 2.
18 Cité dans P. L.
Barlow,
Mormons and the Bible, Oxford, Oxford University Press,
1991, p. 147, n. 105.
19 La thèse de
Robinson a été publiée sous le titre
The Testament of Adam :
An Examination of the Syriac and Greek Traditions, SBLDS; Chico,
CA, Scholars, 1982. Autres ouvrages: « The Apocryphal Story of
Melchizedek”,
JSJ 18, juin 1987, pp. 26-39, “The Testament of
Adam and the Angelic Liturgy [4QSirSabb] »,
RevQ 12, 1985,
pp. 105-110, « The Testament of Adam: An Updated
Arbeitsbericht »,
JSP 5, octobre 1989, pp. 95-100. Il a
aussi contribué à l’
Anchor Bible Dictionary et à
Old
Testament Pseudepigrapha.
20 Voir C. W. Griggs,
Early Egyptian Christianity: From Its Origins to 451 C.E.,
Coptic Studies Series n° 2, NY, E. J. Brill, 1990. Nous reparlerons de
ce livre plus loin.
21 K. P. Jackson,
The
Ammonite Language of the Iron Age, HSM; Chico, Scholars, 1983.
Beaucoup le considèrent comme l’ouvrage de référence sur le sujet.
22 On trouvera un
exemple de son œuvre sur Ésaïe dans A. Gileadi,
The Literary
Message of Isaiah, NY, Hebraeus, 1994. Ce livre a reçu
l’approbation des professeurs David Noel Freedman et R. K. Harrison.
23 On trouvera un
exemple de la maîtrise de Ricks dans les langues sémitiques dans son
Lexicon
of Inscriptional Qatabanian, Rome, Editrice Pontificio Instituto
Biblico, 1989.
24 P. Y. Hoskisson,
« Textual Evidences for the Book of Mormon », dans
The
Book of Mormon: First Nephi, The Doctrinal Foundation, dir. de
publ. M. S. Nyman et C. D. Tate, fils, Provo, BYU Religious Studies
Center, 1988, pp. 283-295.
26 Idem, pp. 284-285.
Note du traducteur : Le texte français rend l’original anglais
« their souls did expand » par « leur âme s’est
épanouie » et là où l’anglais a « enlarge »,
littéralement « agrandir » dans Alma 32 :28, le français
a « épanouir ».
29 Note du
traducteur : un accusatif apparenté est un complément direct qui a
la même racine que le verbe ; pour des raisons de style, très peu
d’entre eux ont pu être conservés en français. Dans les références
données, il s’agit de « bâtir des bâtiments ».
30 Hoskisson
note : « Depuis la publication du Livre de Mormon d’autres
noms sémitiques de l’ouest finissant par aleph sont apparus, ce qui
montre que la désinence aleph n’est pas unique à ce nom » (p. 294,
n. 29). A l’appui il cite une étude d’un autre saint des derniers
jours, K. P. Jackson, publiée dans un
Festschrift en l’honneur
de David Noel Freedman : K. P. Jackson, « Ammonite Personal
Names in the Context of the West Semitic Onomasticon », dans
The
Word of the Lord Shall Go Forth : Essays in Honor of David Noel
Freedman in Celebration of His Sixtieth Birthday (dir. de publ. C.
L. Meyers et M. O’Connor, Winona Lake, IN, Eisenbrauns, 1983, pp.
507-521. Également, Hoskisson, « An Introduction to the Relevance
of and a Methodology for a Study of the Proper Names in the Book of
Mormon », dans
By Study and Also by Faith 2, pp. 126-135.
31 C. W. Grigg,
« The Book of Mormon as an Ancient Book », dans
Book of
Mormon Authorship: New Light on Ancient Origins (dir. de public. N.
B. Reynolds, Provo, BYU Religious Studies Center, 1982, pp. 75-101.
38 Voir John W.
Welch, « Chiasmus in the Book of Mormon », dans
Book of
Mormon Authorship, pp. 33-52; idem,
Chiasmus in Antiquity,
dir. de publ. J. W. Welch, avec une préface de D. N. Freedman,
Hildesheim, Gerstenberg, 1981; idem, « Criteria for Identifying
and Evaluating the Presence of Chiasmus »,
Journal of Book of
Mormon Studies 4, n° 2, automne 1995, pp. 1-14. En ce qui concerne
le contexte rituel du Livre de Mormon, voir idem,
The Sermon at the
Temple and the Sermon on the Mount, Salt Lake City, Deseret et
FARMS, 1990.
39 D. W. Parry,
The
Book of Mormon Text Reformatted according to Parallelistic Patterns,
Provo, FARMS 1992.
40 R. R. Keller,
Book
of Mormon Authors: Their Words and Messages, Provo, BYU Religious
Studies Center, 1996.
41 Voir J. Tvedtnes,
« The Hebrew Background of the Book of Mormon”, dans
Rediscovering
the Book of Mormon, dir. de publ. J. L. Sorenson et M. J. Thorne,
Salt Lake City, Deseret et FARMS, 1991, pp. 77-91 ; idem,
« Isaiah Variants in the Book of Mormon », dans
Isaiah
and the Prophets, dir. de publ. M. S. Nyman, Provo, BYU Religious
Studies Center, 1984, pp. 165-177. On peut se procurer une version
longue de cette étude chez FARMS.
42 S. D. Ricks,
« The Treaty/Covenant Pattern in King Benjamin’s Address (Mosiah
1-6) »,
BYU Studies, printemps 1986, pp. 151-162.
43 B. T. Ostler,
« The Throne-Theophany and Prophetic Commission in 1 Nephi: A
Form-Critical Analysis »,
BYU Studies, automne 1986, pp.
67-87.
44 Voir, par exemple,
J. Fitzmyer, « The Qumran Scrolls and the New Testament after
Forty Years »,
RevQ 13, 1988, pp. 609-620.
45 Donald W. Parry,
Andrew Skinner, Dana M. Pike et David Rolph Seely.
46 Voir
A
Bibliography of the Finds in the Desert of Judah, 1970-1995, dir.
de publ. F. G. Martinez et D. W. Parry [mormon], New York, E. J. Brill,
1996; D. W. Parry [mormon] « Retelling Samuel: Echoes of the Books
of Samuel in the Dead Sea Scrolls »,
RevQ 17, 1996, pp.
293-306; D. R. Seely [mormon], « The ‘Circumsized Heart’ dans
4Q434 Barki Nafshi »,
RevQ 17, 1996, pp. 527-536; D. M.
Pike [mormon], « The ‘Congregation of YHWH’ in the Bible and at
Qumran »,
RevQ 17, 1996, pp. 233-240;
Discoveries in
the Judean Desert XXXIII, dir. de publ. A. Skinner [mormon] et D.
M. Pike [mormon], Oxford, Clarendon, à paraître ;
Current
Research and Technological Developments on the Dead Sea Scrolls,
dir. de publ. D. W. Parry [mormon] et S. D. Ricks [mormon], New York,
E. J. Brill, 1996. Dans ce volume, voir: D. W. Parry [mormon],
« 4QSam
a and the Tetragrammaton », pp.
106-125 ; D. M . Pike [mormon], « The Book of Numbers at
Qumran : Texts and Context », pp. 166-194; D. R. Seely
[mormon], « The Barki Nafshi Texts (4Q434-439) », pp.
194-214; S. R. Woodward [mormon], et autres, « Analysis of
Parchment Fragments from the Judean Desert Using DNA Techniques »,
pp. 215-238; D. W. Parry [mormon], et S. W. Booras [mormon], « The
Dead Sea Scrolls CD-ROM Databaqse Project », pp. 239-250. Ce
dernier essai décrit la toute première base de données sur ordinateur
Dead
Sea Scrolls Electronic Reference Library Vol. II produite par FARMS
et BYU. Les autres collaborateurs du projet sont l’Oxford University
Press, E . J. Brill, Israel Antquities Authority et l’Ancient
Biblical Manuscript Center. Voir aussi F. M. Cross et D. W. Parry
[mormon], , « A preliminary Edition of a Fragment of 4QSam
b
(4:52) »,
BASOR 306, mai 1997, pp. 63-74; et D. W. Parry
[mormon], D. V. Arnold, D. G. Long et S. R. Woodward [mormon],
« New Technological Advances: DNA, Databases, Imaging
Radar », dans
The Dead Sea Scrolls After Fifty Years, vol.
1 (dir. de publ. P. W. Flint et J. C. Vanderkam, Leiden, E. J. Brill,
1998, pp. 496-515.
47 On peut voir
l’intérêt des saints des derniers jours pour les Manuscrits dans des
projets de recherche tels que R. A. Cloward,
The Old Testament
Apocrypha and Pseudepigrapha and the Dead Sea Scrolls : A Selected
Bibliography of Text Additions and English Translations (R. A.
Cloward, 1988, disponible chez FARMS) ; et
LDS Perspectives on
the Dead Sea Scrolls, dir. de publ. D. W. Parry et D. M. Pike,
Provo, FARMS, 1997. Les érudits mormons ont qualifié ce qui suit de
mauvais exemples d’utilisation des Manuscrits par les saints des
derniers jours (jugement avec lequel nous sommes d’accord) : V. W.
Mattson,
The Dead Sea Scrolls and other Important Discoveries,
2e éd. Salt Lake City, Buried Record Productions, 1979; E. Seaich,
Mormonism,
the Dead Sea Scrolls and the Nag Hammadi Texts, Midvale, Utah,
Sounds of Zion, 1980; K. Terry et S. Biddulph,
Dead Sea Scrolls and
the Mormon Connection, n. p., Maasai, 1996. Un usage populaire des
Manuscrits par les saints des derniers jours qui est un tout petit peu
meilleur est D. Gibbons,
The Dead Sea Scrolls and the Aaronic
Priesthood, Salt Lake City, Origen, 1997. Un érudit mormon, S. K.
Brown, fait la remarque que « le mieux que l’on puisse dire, c’est
que leur qualité est inégale, que leurs auteurs possèdent peu de moyens
ou de compétences pour étudier les textes anciens eux-mêmes et ils font
preuve de graves incompréhensions parce qu’ils dépendent de la
littérature vaste mais secondaire concernant les manuscrits, qui est de
qualité inégale » (S. K. Brown, « The Dead Sea Scrolls :
A Mormon Perspective »,
BYU Studies 23/1, Hiver 1983, p.
52. Ce sont des faiblesses que l’on ne trouve pas dans les ouvrages
mentionnés dans la note ci-dessus. Toutefois, ces derniers exemples
illustrent le fait que l’intérêt des mormons pour les manuscrits
grandit au niveau populaire. On trouve des éditions des manuscrits de
la mer Morte dans la plupart des librairies mormones.
48 H. W. Nibley,
« More Voices from the Dust », dans
Old Testament and
Related Studies, Collected Works of Hugh Nibley, vol. 1, Salt Lake
City, Deseret et FARMS, 1986, p. 243.
50 Nibley, « The
Dead Sea Scrolls: Some Questions and Answers », dans
Old
Testament and Related Studies, p. 250.
51 W. J. Hamblin,
« An Apologist for the Critics : Brent Lee Metcalfe’s
Assumptions and Methodologies »,
Review of Books on the Book
of Mormon 6/1, 1994, pp. 484-485. Hamblin fait allusion aux
fragments du Livre des Géants 4Q203, 4Q530 et 6Q8. On trouvera un
traitement détaillé de ce parallèle et d’autres dans H. W. Nibley,
« Churches in the Wilderness », dans
Nibley on the Timely,
pp. 155-186.
52 G. Strathearn,
« The Wife/Sister Experience : Pharaoh’s Introduction to
Jehovah », dans
Thy People Shall be My People and Thy God My
God (dir. de publ. P. Y. Hoskisson, Salt Lake City, Deseret, 1994.
.L’article contient un traitement détaillé de ces textes et d’autres.
53 Ceci est considéré
comme important parce que c’est un exemple de Juifs baptisant par
immersion avant le Nouveau Testament, montrant que la pratique, dans le
Livre de Mormon, n’est pas anachronique.
54 Il s’agit ici
d’illustrer une ordonnance caractéristiquement chrétienne dont les
racines plongent dans le judaïsme préchrétien.
55 S. E. Robinson,
« Background for the Testaments »,
The Ensign,
décembre 1982. Dans « The Dead Sea Scrolls: A Mormon
Perspective », S. K. Brown aborde un grand nombre des mêmes
parallèles que Robinson, mais cherche à freiner l’enthousiasme excessif
des saints des derniers jours pour ces coïncidences en relevant des
différences importantes. Parmi les autres ressemblances entre les
Qumranites et les saints des derniers jours, il faut citer le rejet de
la religion orthodoxe (considérée comme corrompue et apostate), la vie
en communauté et le motif de l’Exode, vécu dans l’histoire de la
communauté, dans lequel le groupe s’enfuit dans le désert (ce qui
comprend la ressemblance évidente entre la mer Morte et le Grand Lac
Salé). Il y a aussi l’insistance générale sur la pureté démontrée par
le port de vêtements en lin blanc et certaines restrictions
alimentaires (cf. la Parole de Sagessse, D&A 89). De plus, et c’est
extrêmement significatif, les uns et les autres ont une conception
souple des Écritures caractérisée par un canon plus large, la liberté
de modifier et augmenter les textes bibliques (p. ex. la Traduction de
la Bible par Joseph Smith) et la croyance en des degrés d’inspiration.
56 The Old
Testament Pseudepigrapha, 2 vol., dir. de publ. J. H. Charlesworth,
New York, Doubleday, 1985).
57 Italiques ajoutés.
Remarquez que le mormonisme est cité avec trois des grandes religions
mondiales. Voir n. 112 ci-dessous.
58 Voir
OTP,
pp. 87-95 ; 1. 989-995 ; 2. 413-417.
59 Voir SD.K. Brown
et autres, « The Joseph Smith Translation of the Bible : A
Panel », dans
Scriptures for the Modern World, dir. de
publ. P. R. Cheesman et C. W. Griggs, Provo, BYU Religious Studies
Center, 1948, pp. 81-83.
60 Bon exemple de la
façon dont les spécialistes mormons utilisent ces sources, notez les
essais prudents de S. E. Robinson et S. K. Brown dans
Apocryphal
Writings and the Latter-day Saints, dir. de publ. C. W. Griggs,
Provo, BYU Religious Studies Center, 1986. Voir aussi, plus récemment,
S. E. Robinson, « The Noncanonical Sayings of Jesus »,
BYU
Studies, 36/2, 1996-1997, pp. 75-91.
61 H. Nibley,
Énoch
the Prophet, Collected Works of Hugh Nibley, vol. 2, Salt Lake
City, Deseret et FARMS, 1986.
62 À ce sujet voir en
particulier J. W. Welch, « The Narrative of Zozimus and the Book
of Mormon »,
BYU Studies 22, été 1982, pp. 311-32.
63 Voir S. E.
Robinson, « Background for the Testaments ».
64 S. K. Brown,
« Man and Son of Man : Issues of Theology and
Christology », dans
The Pearl of Great Price: Revelations from
God, dir. de publ. H. D. Peterson et C. D. Tate, Provo, BYU
Religious Studies Center, 1989, pp. 57-72.
65 J. H. Charlesworth,
« Messianism in the Pseudepigrapha and the Book of Mormon »,
dans
Reflections on Mormonism: Judeo-Christian Parallels, dir.
de publ. T. G. Madsen, Provo, BYU Religious Studies Center, 1978, pp.
99-137. J. Milgrom, D. N. Freedman, W. D. Davies et K. Stendahl, des
savants non mormons, ont aussi contribué à cet ouvrage.
66 W. D. Davies
écrit : « Comme parallèle dans le corpus d’Énoch, George
Nickelsburg a, au cours d’une correspondance, attiré mon attention sur
4EnGéants… 8.3 :
prsgn lwh’ tny[n] (‘la copie de sec[on]de
tablette’) » (W. D. Davies, « Reflections on the Mormon
‘Canon’ »,
HTR 79, 1986, p 51, n. 18. Il y a ici un
parallèle avec Moïse 6 :46 : « Car nous avons écrit un
livre de souvenir parmi nous, selon
le modèle que le doigt de Dieu
nous a donné. »
67 H. Bloom,
The
American Religion, New York, Simon & Schuster, 1992, p. 101
(italiques ajoutés).
68 Cf. K. P. Jackson,
From Apostasy to Restoration, Salt Lake City, Deseret, 1996, p.
8. Les chapitres 1-5 sont un exposé populaire pratique du point de vue
de Jackson concernant l’apostasie présumée. Une version légèrement plus
technique du chapitre 2, dans lequel il tente d’enraciner les débuts de
l’apostasie dans le Nouveau Testament lui-même, est « Watch and
Remember : The New Testament and the Great Apostasy », dans
By
Study and Also by Faith, 1. pp. 81-95.
69 Voir A. von
Harnack,
History of Dogma, 7 volumes, New York, Dover, 1961, et
W. Bauer,
Orthodoxy and Heresy in Earliest Christianity,
Philadelphie, Fortress, 1971.
70 S. E. Robinson,
« Early Christianity and 1 Nephi 13-14 », dans
The Book
of Mormon: First Nephi, The Doctrinal Foundation, p. 188.
L’influence de la philosophie grecque sur le christianisme
« orthodoxe » est un thème répété dans le dialogue récent de
Robinson avec l’érudit évangélique Craig Blomberg, C. L. Blomberg et S.
E. Robinson,
How Wide the Divide ? A Mormon and an Evangelical
in Conversation, Downers Grove: InterVarsity, 1997. A propos de
cette question, Robinson et d’autres saints des derniers jours aiment
beaucoup E. Hatch,
The Influence of Greek Ideas and Usages upon the
Christian Church, Londres, Williams et Norgate, 1895; réimpression,
Peabody, MA, Hendrickson, 1995. On trouvera une étude approfondie de
How
Wide the Divide ? avec des réponses de savants mormons, dans
notre critique dans le
FARMS Review of Books. Nous consacrons
un long appendice aux affirmations de Robinson concernant
l’hellénisation du christianisme.
71 Nous ne parlons
pas ici de l’utilisation vulgarisée des Pères comme dans les débats de
Van Hale, ni de la mauvaise utilisation des sources dans M. T.
Griffith,
One Lord, One Faith : Writings of the Early
Christian Fathers as Evidences of the Restoration, Bountiful, UT,
Horizon, 1996. Ces exemples ne représentent pas la force de
l’apologétique mormone à propos de l’histoire de la religion chrétienne.
72 Les ouvrages les
plus importants de Nibley dans ce domaine sont :
The World and
the Prophets, Collected Works of Hugh Nibley, vol. 3, Salt Lake
City, Deseret et FARMS, 1987 et
Mormonism and Early Christianity,
Collected Works of Hugh Nibley, vol. 4, Salt Lake City, Deseret et
FARMS, 1987.
73 Ces discours ont
été enregistrés et on peut les obtenir sous leur titre originel dans la
plupart des librairies mormones et auprès de FARMS, P. O. Box 7113,
University Station, Provo, UT 84602. Nous recommandons l’achat de cette
série, qui est une excellente introduction à Nibley. Le livre contient
quelques autres essais et des citations pour toutes les références,
mais ne rend pas toute la vigueur des discours originels.
74 Phillips,
« Foreword »,
The World and the Prophets, pp. x, xi.
75 C. W. Grigg,
Early
Egyptian Christianity: From Its Origin to 451 C. E. , Coptic
Studies Series n° 2, New York, E. J. Brill, 1990. Griggs n’est pas le
seul saint des derniers jours à s’intéresser au christianisme égyptien
primitif. Voir aussi S. K. Brown, « Coptic and Greek Inscriptions
from Christian Egypt : A Brief Review » dans
The Roots of
Egyptian Christianity, dir. de publ. B. A. Pearson et J. E.
Goehring, Philadelphie, Fortress, 1986, pp. 26-41. Plusieurs
spécialistes mormons ont également contribué à la
Coptic
Encyclopedia, dir. de publ. A. S. Atiya, New York, Macmillan, 1991.
76 Par exemple, on
trouve le livre de Griggs dans plusieurs des bibliographies dans l’
Encyclopedia
of the Early Church, dir. de publ. A. Di Berardino, New York,
Oxford University Press, 1992. Toutefois les critiques ont été
mitigées. Par exemple, P. Widdicombe conclut que Griggs « ne peut
pas être considéré comme un guide auquel on peut se fier, que ce soit
pour les questions traitées ou pour la littérature la plus récente sur
le sujet » (
JTS 43, avril 1992, p. 231). Par contre, S. Elm
appelle le livre de Griggs « un des meilleurs exemples d’un
‘manuel’ parfait dans le meilleur sens du terme : complet, précis,
poussant à la réflexion et immensément instructif » (
JAOS
112, 1992, p. 491). Chose intéressante, le tout gros des objections des
critiques porte sur certains des thèmes soulevés dans le livre qui ont
le plus de rapports avec le mormonisme.
77 Griggs,
Early
Egyptian Christianity, p. 45.
78 Il faut préciser
que Griggs a fouillé quelques-uns des sites les plus importants pour
l’étude du début du christianisme en Égypte, surtout à Fayoum, et a
découvert lui-même certains des papyrus. Tout récemment, voir C. W.
Griggs, « Identities Revealed : Archaeological and Biological
Evidence for a Christian Population in the Egyptian Fayum », dans
Ancient
History in a Modern University, vol. 1, dir. de publ. T.W. Hillard
et autres, Grand Rapids, Eerdmans, 1998, pp. 82-87.
79 Griggs,
Early
Egyptian Christianity, citant Bauer,
Orthodoxy and Heresy,
p. xxii.
84 Idem, pp. 45-116,
passim.
85 Griggs énonce
quasiment le point de vue mormon quand il écrit : « Comme
c’était le cas ailleurs au début du christianisme, on considérait que
la véritable menace contre les croyants venait de l’intérieur. Les
membres de l’Église qui s’étaient détournés de la vraie foi et étaient
en rébellion (ce qui est la signification du mot grec
apostasia)
constituaient une menace bien plus grande pour l’Église que les forces
externes. » Il fait suivre cette affirmation d’une citation
d’époque qui « identifie les véritables apostats avec ceux qui ont
l’autorité ecclésiastique » (Griggs,
Early Egyptian
Christianity, p. 85).
86 Étant donné que
les appels à l’Église primitive en faveur de la doctrine de la
« théose » (déification) sont bien connus, nous avons décidé
de ne pas les reprendre dans cette étude. Nous décrivons plutôt deux
exemples moins connus. Il faut cependant remarquer que les recherches
des mormons sur le sujet vont plus loin que la simple lecture des
Pères. L’étude la plus approfondie de la théose faite par un saint des
derniers jours est K. E. Norman, « Deification : The Content
of Athanasian Soteriology » (thèse de doctorat, Duke University,
1980). Cette thèse ne mentionne pas le mormonisme ni aucun auteur
mormon. On peut toutefois détecter, d’un bout à l’autre, certaines des
présuppositions et des parti-pris mormons et ils transparaissent
particulièrement dans le résumé (iii-vi). Dans les réfutations
évangéliques de la doctrine mormone de la déification, nous attendons
toujours de voir une interaction digne de ce nom avec ce sujet
important. (Voir cependant J. R. White,
Is the Mormon my
Brother ? Minneapolis, Bethany House, 1997, pp. 253-254.)
87 W. J. Hamblin,
« Aspects of an Early Christian Initiation Ritual », dans
By
Study and Also by Faith 1.211.
88 A propos de
l’importance de l’évangile secret de Marc pour les saints des derniers
jours, cf. S. E. Robinson,
Are Mormons Christian ?, Salt
Lake City, Bookcraft, 1991, pp. 99-101.
89 Voir D. L.
Paulsen, « Early Christian Belief in a Corporal Deity: Origen and
Augustine as Reluctant Witnesses »,
HTR 83, 1990, p. 106;
réponse de K. Paffenroth (« Paulsen on Augustine: An Incorporeal
or Nonanthropomorphic God? ») et réplique de Paulsen (« Reply
to Kim Paffenroth’s Comment ») dans
HTR 86, 1993, pp.
233-239). On trouvera un traitement philosophique dans Paulsen,
« Must God Be Incorporeal? »
Faith and Philosophy 6,
1989, pp. 76-87. Paulsen a écrit tout récemment sur les mêmes thèmes
avec une application mormone distincte de ses conclusions dans
« The Doctrine of Divine Embodiment : Restoration,
Judeo-Christian, and Philosophical Perspectives »,
BYU Studies
35, 1995-1996, pp. 7-94.
90 S. E. Robinson a
récemment écrit : « Les évangéliques partent souvent de
l’idée que nous, les saints des derniers jours, nous acceptons le Livre
de Mormon
au lieu de la Bible ; c’est inexact. Il n’y a
pas un seul verset de la Bible que je n’accepte et ne crois
personnellement ; ce que je rejette, c’est le carcan interprétatif
imposé à la Bible par l’Église hellénisée après la disparition des
apôtres » (
How Wide the Divide ? p. 59).
91 Id. p. 55. Cf. les
déclarations de Robinson allant dans le même sens pp. 10, 55, 56, 75.
92 The International
Council on Biblical Inerrancy,
The Chicago Staement on Biblical
Hermeneutics, 1982, en particulier les articles VIII, XIII, XIV, XV.
93 Israel’s Apostasy and Restoration
: Essays in Honor of Roland K. Harrison (dir. de publ. Avraham
Gileadi, Grand Rapids, Baker, 1988).
94 Les essais mormons
sont : A. Gileadi, « The Davidic Covenant : A
Theological Basis for Corporate Protection », S. D. Ricks,
« The Prophetic Literality of Tribal Reconstruction » et J.
M. Lundquist, « Temple, Covenant, and Law in the Ancient Near East
and in the Hebrew Bible. »
95 La citation de
l’essai de Stephen D. Ricks, « The Prophetic Literality of Tribal
Reconstruction » apparaît dans R. L. Saucy,
The Case for
Progressive Dispensationalism, Grand Rapids, Zondervan, 1993, p.
226, n. 11.
96 L’article de Ricks
est important parce qu’un rassemblement littéral d’Israël a été prédit
par Joseph Smith (Voir
The Teachings of Joseph Smith, dir. de
publ. L. E. Dahl et D. Q. Cannon, Salt Lake City, Bookcraft, 1997, p.
329). Le titre de l’essai de Ricks fait clairement allusion au dixième
article de foi, qui dit entre autres : « Nous croyons au
rassemblement littéral d'Israël et au rétablissement des dix tribus.
Que Sion sera bâtie sur le continent américain. » A la lumière du
rôle important que les temples, les alliances et les lois de l’Évangile
jouent dans la vie religieuse mormone, on comprend pourquoi Lundquist a
concentré son étude sur ces sujets. L’essai de Gileadi est aussi lié à
sa théologie mormone en ce qui concerne le salut par procuration.
97 On trouvera trois
exemples récents de citations involontaires dans M. F. Rooker,
« Dating Isaiah 40-66 : What Does the Linguistic Evidence
Say ? »
WTJ 58, automne 1996, p. 307, n. 15 (qui
référence une étude sur l’évolution du langage en hébreu biblique par
W. J. Adams et L. L. Adams), A. B. Luter et M. V. Lee,
« Philippians as Chiasmus : Key to the Structure, Unity and
Theme Questions »,
NTS 41, 1995, p. 99 n. 34 (citant le
livre de J. W. Welch sur le chiasme, lequel contient, soit dit en
passant, un chapitre entier sur le chiasme dans le Livre de Mormon), et
R. Price,
Secrets of the Dead Sea Scrolls, Eugene, OR, Harvest
House, 1996, p. 115 (qui cite l’œuvre d’A. Gileadi sur Ésaïe).
98 Un exemple concis
est celui de J. M. Lundquist, « Biblical Temple » dans
The
Oxford Encyclopedia of Archaeology in the Near East, dir. de publ.
E. M. Meyers, NY, Oxford University Press, 1997. Les ouvrages plus
longs de Lundquist sont cités dans la bibliographie de l’article. Une
anthologie intéressante sur les temples anciens en général est
The
Temple in Antiquity, dir. de publ. T.G. Madsen, Provo, BYU
Religious Studies Center, 1984. Outre les contributions mormones, cet
ouvrage contient aussi des essais par les érudits non-mormons bien
connus Frank Moor Cross, Jacob Milgrom, Mitchell Dahood, Shaye Cohen,
Carol Meyers et George McRae. Les préfaces du directeur de publication
expliquent la valeur de chaque essai pour les mormons. Voir aussi
Temples
of the Ancient World : Ritual and Symbolism, dir. de publ. D.
W. Parry, Salt Lake City, Deseret et FARMS, 1994.
99 Auteur de
plusieurs études dans ce domaine, il fait la preuve de sa connaissance
de la littérature dans
A Biblical Law Bibliography, dir. de
publ. J. W. Welch, Toronto Studies in Theology, no. 51, Lewiston NY,
Edwin Mellen, 1990.
100 Voir surtout J.
W. Welch, « Chiasmus in the New Testament » dans
Chiasmus
in Antiquity, pp. 211-249.
101 S. D. Ricks,
« The Magician as Outsider : The Evidence of the Hebrew
Bible », dans
New Perspectives on Ancient Judaism, dir. de
publ. P. V. M. Flesher, Lanham, MD, University Press of America, 1990,
pp. 125-134. Cette étude est importante parce que les conclusions de
Ricks pourraient être utilisées dans une argumentation cumulative
cherchant à donner raison à Joseph Smith quand il a recours à la magie.
103 Masada and
the World of the New Testament, dir. de publ. J. F. Hall et J. W.
Welch, Provo, BYU Studies, 1997.
104 On trouvera un
exemple parmi d’autres dans R. L. Anderson,
Understanding Paul,
Salt Lake City, Deseret, 1983.
105 En 1997, en
conséquence de son travail sur la
Dead Sea Scroll Reference Library,
FARMS a fondé le Center for the Preservation of Ancient Religious Texts
(CPART). Un des projets que CPART entreprend actuellement est un projet
sur le texte grec du Nouveau testament dont le but est de faciliter les
études de critique textuelle en mettant des photos de grande qualité
des manuscrits les plus importants sur un seul CD-ROM. Ce qui
intéressera aussi les critiques textuels, ce sera le projet de CPART
sur les manuscrits syriaques. CPART envisage aussi de créer des bases
de données sur les anciens textes chrétiens coptes et arméniens. Il
reste à voir dans quelle mesure le travail de CPART aura une valeur
apologétique.
106 Voir les
rubriques de l’
Anchor Bible Dictionary qui ont des mormons pour
auteurs : Égypte, Histoire de l’ (gréco-romaine) ; Égyptien,
l’ (personne) ; Paroles de Jésus, Oxyrhynchus ; Âmes,
Préexistence des ; Vérité, Évangile de [S. K. Brown] ;
Jaakobah ; Jaareshia ; Jaasu ; Jaaziah ;
Jaaziel ; Noms hypocoristiques ; Noms théophoriques [D. M.
Pike] ; Avortement dans l’Antiquité ; Schéba
(Personne) ; Saba (Reine de) [S. D. Ricks] ; Adam, Le
Testament d’ ; Baruch, Livre de 4 ; Joseph, Prière de [S. E.
Robinson] ; Arabah ; Schurr, Désert de ; Sin, Désert
de ; Tsin, Désert de [D. R. Seely] ; Rephidim ; Succoth
[J. H. Seely].
107 Nous utilisons
le terme « laïc » au sens large quand nous parlons des
mormons qui ne sont pas érudits. Techniquement parlant, tous les
mormons sont des laïcs.
108 James White,
« Of Cities and Swords : The Impossible Task of Mormon
Apologetics »,
Christian Research Journal, été 1996, pp.
28-35.
109 John Ankerberg
et John Weldon,
Behind the Mask of Mormonism : From Its Early
Schemes to Its Modern Deceptions, Eugene, Oregon, Harvest House,
1992.
111 Id., p. 453.
Non seulement il n’y a pas d’interaction sérieuse, dans ce livre, avec
les recherches mormones, mais le peu que l’on y trouve est souvent cité
de seconde main de Jerald et Sandra Tanner. Il suffit de jeter un coup
d’œil rapide sur les notes de fin d’article pour s’en rendre compte.
112 Id. Voir
New
Approaches to the Book of Mormon, dir. de publ.
Brent
Lee Metcalfe, Salt Lake City, Signature, 1993. Il est devenu
courant chez les évangéliques de se référer à ce livre. C’est très
fâcheux. Beaucoup parmi les auteurs de ce volume (quoique pas tous)
sont des naturalistes convaincus. La méthodologie qu’ils utilisent
parfois pour démolir les conceptions traditionnelles du Livre de Mormon
pourraient être aussi bien utilisées pour attaquer la Bible. D. P.
Wright, un des auteurs qui ont contribué à l’ouvrage, écrit :
« Ceci, soit dit en passant, montre que les conclusions tirées ici
au sujet du Livre de Mormon ne peuvent pas être utilisées pour
canaliser les mormons vers le christianisme fondamentaliste.
C’est
le summum de l’incohérence méthodologique de penser que l’on peut
appliquer la méthode d’étude critique au Livre de Mormon et que l’on
peut en accepter les résultats tout en laissant la Bible en dehors de
toute étude critique » (p. 212 n. 105, italiques ajoutés).
Nous en arrivons à nous poser la question : avec quel soin
Ankerberg et Weldon (entre autres) ont-ils lu ce livre qu’ils
approuvent avec tant d’enthousiasme ?
113 Voir R. Stark,
« The Rise of a New World Faith »,
Review of Religious
Research 26, 1984, pp. 18-27. Stark estimait au départ qu’il y
aurait 265 millions de mormons d’ici 2080. À l’heure actuelle, la
croissance réelle est de près d’un million de membres au-delà des
projections initiales de Stark (id., So Far, So Good : A Brief
Assessment of Mormon Membership Projections »,
Review of
Religious Research 38, 1996, pp. 175-178. Il est intéressant et
significatif que Stark utilise le mormonisme comme critère de
comparaison et de contraste avec la croissance du christianisme
primitif dans son ouvrage récent,
The Rise of Christianity :
How the Obscure Jesus Movement Became the Dominant Religious Force in
The Western World in a Few Centuries, Princeton, Princeton
University Press, 1996. Il est clair que Stark est convaincu que le
mormonisme sera un rival sérieux du christianisme comme religion
occidentale prédominante dans les années à venir (sauf s’il y a une
catastrophe mondiale). Le simple fait qu’un sociologue respecté comme
Stark fasse de telles projections de la croissance des saints des
derniers jours devrait faire réfléchir sérieusement les érudits
évangéliques.
114 C. H. Pinnock,
A
Wideness in God’s Mercy : The Finality of Jesus Christ in the
World of Religions, Grand Rapids, Zondervan, 1992, pp. 122-123
(italiques ajoutés). Nous sommes pleinement d’accord avec la citation
ci-dessus, mais nous émettons de sérieuses réserves quant à l’approche
générale de Pinnock vis-à-vis du pluralisme religieux.