L'homme
peut-il devenir semblable à Dieu ?
Une
des images les plus courantes parmi les religions occidentales et
orientales est celle de Dieu en tant que parent, et des êtres
humains en tant qu’enfants de Dieu. Des milliards de personnes
s’adressent à Dieu comme à un père, font
appel à la fraternité de tous les peuples pour
promouvoir la paix, et tendent la main aux personnes lasses et
troublées par conviction profonde que chaque enfant de Dieu a
une grande valeur.
Mais
les personnes de différentes confessions comprennent les
rapports parent-enfant entre Dieu et l’homme de manières
très différentes. Certains comprennent l’expression
« enfant de Dieu », comme étant une distinction
honorifique réservée aux personnes qui croient en Dieu
et acceptent ses conseils comme elles les accepteraient d’un
père. De nombreuses personnes considèrent que les
descriptions des rapports parent-enfant de Dieu avec l’humanité
sont des métaphores pour exprimer son amour pour ses créatures
et leur dépendance vis-à-vis de son soutien et de sa
protection.
Les
saints des derniers jours considèrent tous les hommes comme
des enfants de Dieu au sens littéral du terme ; ils
considèrent que chaque personne a une origine, une nature et
un potentiel divins. Chacune est d’essence éternelle et
est un fils ou une fille d’esprit aimé de parents
célestes. Chacune possède des germes de divinité
et doit choisir de vivre en harmonie ou en conflit avec cette
divinité. Grâce à l’expiation de
Jésus-Christ, tout le monde peut progresser vers la perfection
et réaliser en fin de compte sa destinée divine. Tout
comme un enfant peut cultiver les qualités de ses parents au
fil du temps, la nature divine dont les humains héritent peut
être développée pour devenir semblable à
celle de leur Père céleste.
L’un
des traits de Dieu qui inspirent, motivent et touchent le plus les
membres de l’Église est son désir de cultiver la
nature divine de ses enfants. L’attention et les conseils
aimants de Dieu peuvent aider chacun de ses enfants qui sont disposés
et obéissants à recevoir de sa plénitude et de
sa gloire. Cette connaissance transforme la manière dont les
saints des derniers jours considèrent leurs semblables.
Clairement, l’enseignement que les hommes et les femmes ont le
potentiel d’être exaltés dans un état de
divinité va bien au-delà de ce qui est compris par la
plupart des Églises chrétiennes contemporaines et
exprime chez les saints des derniers jours une aspiration, enracinée
dans la Bible, de vivre comme Dieu vit, d’aimer comme il aime,
et de se préparer pour tout ce que notre Père céleste
aimant désire pour ses enfants.
Que
dit la Bible à propos du potentiel divin des êtres
humains ?
Plusieurs
passages bibliques laissent entendre que les êtres humains
peuvent devenir comme Dieu. La ressemblance des humains avec Dieu est
soulignée dans le premier chapitre de la Genèse : «
Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre
ressemblance… Dieu créa l’homme à son
image, il le créa à l’image de Dieu, il créa
l’homme et la femme » (Genèse 1:26-27). Après
qu’Adam et Ève eurent pris du fruit de « l’arbre
de la connaissance du bien et le mal » (Gen. 2:17),
Dieu le Père dit qu’ils étaient devenus «
comme l’un de nous » (Gen.
3:22),
suggérant qu’un processus de rapprochement vers la
divinité était déjà en cours. Plus tard
dans l’Ancien Testament, un passage du livre des Psaumes
déclare : « J’avais dit : Vous êtes des
dieux, vous êtes tous des fils du Très-Haut »
(Psaumes
82:6).
Des
passages du Nouveau Testament suggèrent aussi ce point de
doctrine. Quand Jésus est accusé de blasphème,
en ces termes : « Toi, qui es un homme, tu te fais Dieu »,
il répond en faisant écho aux Psaumes : « N’est-il
pas écrit dans votre loi : J’ai dit : Vous êtes
des dieux ? » (Jean
10:33-34).
Dans le sermon sur la montagne, Jésus commande à ses
disciples de devenir « parfaits, comme [leur] Père
céleste est parfait » (Matthieu
5:48 ; le mot parfait dans
Matthieu 5:48 peut aussi être traduit par entier ou complet, ce
qui implique un objectif lointain et un effort constant et concerté).
À son tour, l’apôtre Pierre fait allusion aux «
plus grandes et… plus précieuses promesses » du
Seigneur, à savoir que nous puissions devenir «
participants de la nature divine » (2 Pierre 1:4). L’apôtre
Paul enseigne que nous sommes « de la race de Dieu »
(Actes 17:29) et il souligne qu’en tant que tels « nous
sommes enfants de Dieu. Or si nous sommes enfants, nous sommes aussi
héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de
Christ » (Romains 8:16-17). Le livre de l’Apocalypse
contient cette promesse de Jésus Christ : « Celui qui
vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi
j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône
» (Apocalypse 3:21).
Ces
passages peuvent être interprétés de différentes
manières. Cependant, grâce aux éclaircissements
que Joseph Smith a reçus par révélation, les
saints des derniers jours voient dans ces Écritures des
affirmations explicites de la nature divine et du potentiel de
l’humanité. De nombreux autres chrétiens lisent
les mêmes passages beaucoup plus métaphoriquement parce
qu’ils voient la Bible à travers les interprétations
doctrinales qui se sont élaborées au fil du temps après
la période décrite dans le Nouveau Testament.
Comment
les idées sur la Divinité ont-elles changé au
fil de l’histoire du christianisme ?
Les
croyances des saints des derniers jours auraient paru plus familières
aux premières générations de chrétiens
qu’elles le sont à beaucoup de chrétiens
modernes. De nombreux pères de l’Église
(théologiens et enseignants influents du début du
christianisme) parlaient favorablement de l’idée que les
êtres humains peuvent devenir divins. Un érudit moderne
parle de « l’ubiquité de la doctrine de la
déification » (l’enseignement que les êtres
humains peuvent devenir Dieu) dans les premiers siècles après
la mort du Christ (Norman
Russell, The
Doctrine of Deification in the Greek Patristic Tradition, 2004,
p. 6).
Le père de l’Église Irénée, qui
mourut 202 ans après Jésus-Christ, affirmait que
Jésus-Christ « est, par l’intermédiaire de
son amour transcendant, devenu ce que nous sommes, afin de nous
amener à devenir ce qu’il est lui-même »
(Irénée, Against
Heresies, dans Alexander Roberts et James Donaldson, éds., The
Ante-Nicene Fathers : Translations of the Writings of the Father
Down to A.D. 325, 1977,
1:526).
Clément
d’Alexandrie (env. 150-215 ap. J.-C.) écrivit que «
la parole de Dieu est devenue homme, afin que tu puisses apprendre de
l’homme comment l’homme peut devenir Dieu »
(Clément,
Exhortation to the Heathen, dans Roberts et Donaldson, Ante-Nicene
Fathers, 2:174).
Basile de Césarée (330-379 ap. J.-C.) célèbre
aussi cette perspective, pas seulement « être fait comme
Dieu », mais « plus élevé que tout, l’être
devenu Dieu » (Saint
Basile le Grand, « On the Spirit », dans Philip
Schaff et Henry Wace, éds., A
Select Library of Nicene and Post-Nicene Fathers of the Christian
Church, 2e
séries, 1994, 8:16).
Il
y a vraisemblablement des différences et des similitudes entre
la pensée des pères de l’Église et les
enseignements des saints des derniers jours,
mais il est clair que les références à la
déification sont devenues de plus en plus contestées à
la fin de la période romaine et étaient rares à
l’époque médiévale. La première
objection connue, faite par un père de l’Église à
l’enseignement de la déification, a été
formulée au cinquième siècle. Au sixième
siècle, les enseignements sur l’idée de «
devenir Dieu » semblent avoir moins de portée, comme
dans la définition donnée par Pseudo-Denys l’Aréopagite
(env. 500 ap. J.-C.) : « La déification… c’est
parvenir à une similitude avec Dieu et une union avec lui dans
la mesure du possible. »
Pourquoi
ces croyances perdirent-elles de leur prééminence ? Le
changement de point de vue par rapport à la création du
monde peut avoir contribué à la transition progressive
vers une vue plus limitée du potentiel humain. Les premiers
commentaires juifs et chrétiens sur la Création
partaient du principe que Dieu avait organisé le monde à
partir de matériaux préexistants, mettant l’accent
sur la bonté de Dieu d’avoir organisé un ordre
indispensable à la vie. Mais l’incursion de nouvelles
idées philosophiques au deuxième siècle
conduisit à l’élaboration de la doctrine selon
laquelle Dieu a créé l’univers ex nihilo, «
à partir de rien ». Cela finit par devenir
l’enseignement dominant sur la création, dans le monde
chrétien. Afin de mettre l’accent sur le pouvoir de
Dieu, de nombreux théologiens déduisaient que rien ne
pouvait avoir existé aussi longtemps que lui. Il devint
important dans les cercles chrétiens d’affirmer que Dieu
était complètement seul à l’origine.
La
création ex nihilo élargissait le gouffre perçu
entre Dieu et les êtres humains. Il devint moins courant
d’enseigner que les âmes humaines existaient avant la
création du monde ou qu’elles pouvaient hériter
et acquérir les qualités de Dieu dans leur intégralité
dans le futur. Au fur et à mesure que la dépravation de
l’humanité et la distance immense entre le Créateur
et la créature furent soulignées, le concept de la
déification disparut de la chrétienté
occidentale, bien que ce concept reste un point central de la
religion orthodoxe orientale, l’une des trois branches
principales du christianisme.
Comment
les idées sur la déification furent-elles présentées
aux saints des derniers jours ?
Les
premiers saints des derniers jours venaient d’une société
dominée par les Protestants de langue anglaise, dont la
plupart acceptaient la création ex nihilo et la définition
de Dieu de la confession de foi de Westminster, un être «
sans corps ni parties ni passions ». Ils ne savaient
probablement rien ou pas grand-chose de la diversité des
croyances chrétiennes dans les premiers siècles après
le ministère de Jésus-Christ ou des écrits des
premiers chrétiens sur la déification. Mais les
révélations reçues par Joseph Smith divergeaient
des idées dominantes de l’époque et enseignaient
une doctrine qui, pour certains, rouvrait le débat sur la
nature de Dieu, sur la Création et sur le genre humain.
Les
premières révélations données à
Joseph Smith enseignaient que les êtres humains sont créés
à l’image de Dieu et que Dieu se soucie intimement de
ses enfants. Dans le Livre de Mormon, un prophète « vit
le doigt du Seigneur » (Éther 3:6) et fut surpris
d’apprendre que la forme physique humaine était vraiment
faite à l’image de Dieu. Dans une autre révélation,
Énoch (qui « marchait avec Dieu », Gen. 5:22) fut
témoin de Dieu pleurant sur ses créations. Quand Énoch
demanda : « Comment se fait-il que tu peux pleurer ? »
(Moïse 7:31), il apprit que la compassion de Dieu pour la
souffrance humaine fait partie intégrante de son amour. Joseph
Smith apprit aussi ceci : Dieu désire que ses enfants
reçoivent le même genre d’existence exaltée
que celle qu’il a. Dieu a déclaré : « Voici
mon œuvre et ma gloire : réaliser l’immortalité
et la vie éternelle de l’homme » (Moïse
1:39).
En
1832, Joseph Smith et Sidney Rigdon eurent une vision de la vie après
la mort. Dans cette vision, ils apprirent que les justes comme les
injustes recevraient l’immortalité grâce à
la résurrection universelle, mais que seuls ceux « qui
vainquent par la foi et sont scellés par le Saint-Esprit de
promesse » recevraient la plénitude de la gloire de Dieu
et seraient « dieux, oui, les fils de Dieu » (D&A
76:53, 58). Une autre révélation confirma peu après
que « les saints seront remplis de sa gloire, recevront leur
héritage et seront rendus égaux à lui »
(D&A 88:107). Les saints des derniers jours utilisent le terme
exaltation pour décrire la récompense glorieuse de
recevoir son héritage complet d’enfant de notre Père
céleste, qui est disponible grâce à l’expiation
du Christ, par l’obéissance aux lois et aux ordonnances
de l’Évangile.
Cette
vision saisissante du potentiel futur de chaque humain fut
accompagnée d’enseignements révélés
sur le passé de l’humanité. Au fur et à
mesure que Joseph Smith continuait de recevoir des révélations,
il apprit que la lumière ou l’intelligence au fond de
chaque âme humaine « n’a été ni créée
ni faite et ne peut assurément pas l’être ».
Dieu est le Père de chaque esprit humain et parce que seuls «
l’esprit et l’élément, inséparablement
liés, reçoivent une plénitude de joie »,
il a présenté un plan pour permettre aux êtres
humains de recevoir un corps physique et de progresser grâce à
leur expérience dans la condition mortelle vers une plénitude
de joie. La naissance sur la terre n’est donc pas le
commencement de la vie d’une personne : « L’homme
était aussi au commencement avec Dieu » (D&A 93:29,
33). De même, Joseph Smith enseigna que le monde matériel
a des racines éternelles, rejetant totalement le concept de la
création ex nihilo. Il dit dans un sermon en 1839 : « La
terre, l’eau, etc., toutes ces choses avaient leur existence
dans un état élémentaire depuis l’éternité.
» Dieu a organisé l’univers à partir
d’éléments existants.
Joseph
Smith continua de recevoir des révélations sur les
thèmes de la nature divine et de l’exaltation pendant
les deux dernières années de sa vie. Dans une
révélation enregistrée en juillet 1843 qui relie
l’exaltation au mariage éternel, le Seigneur déclare
que les personnes qui respectent les alliances, notamment l’alliance
du mariage éternel, hériteront de « toutes les
hauteurs et profondeurs ». « Alors », dit la
révélation, « ils seront dieux, parce qu’ils
n’ont pas de fin ». Ils recevront « une
continuation des postérités pour toujours et à
jamais » (D&A 132:19-20).
En
avril de l’année suivante, sentant qu’il n’avait
jamais été aussi proche de Dieu qu’à ce
moment-là, Joseph Smith parla de la nature de Dieu et de
l’avenir de l’humanité aux saints qui s’étaient
rassemblés pour une conférence générale
de l’Église. Il profita de l’occasion pour, entre
autres, méditer sur la mort d’un membre de l’Église
du nom de King Follett, décédé inopinément
un mois plus tôt. Lorsqu’il se leva pour parler, le vent
soufflait ; Joseph demanda donc à ses auditeurs de lui
accorder leur profonde attention et de prier que le Seigneur fortifie
ses poumons et calme les vents jusqu’à ce que son
message ait été remis.
Il
demanda : Quel genre de personnage est Dieu ? Il affirma que les
êtres humains avaient besoin de le connaître parce que «
si les hommes ne comprennent pas la personnalité de Dieu, ils
ne se comprennent pas eux-mêmes ». Par cette seule
phrase, le prophète comblait le gouffre que des siècles
de confusion avaient créé entre Dieu et l’humanité.
La nature humaine était d’essence divine. Dieu «
fut autrefois comme l’un de nous » et « tous les
esprits que Dieu a jamais envoyés dans le monde sont »
de la même manière, « susceptibles de progresser
». Joseph Smith prêcha que, longtemps avant que le monde
ne fût formé, Dieu jugea bon d’instituer des lois
par lesquelles nous pourrions avoir l’occasion de progresser
comme lui-même et d’être « exaltés »
avec lui.
Joseph
dit aux saints assemblés qu'ils devaient apprendre à
devenir un dieu eux-mêmes. Pour ce faire, les saints devaient
apprendre la sainteté, ou à être plus semblables
à Dieu. Le processus serait continuel et exigerait la
patience, la foi, le repentir constant, l’obéissance aux
commandements de l’Évangile et la confiance au Christ.
Comme les barreaux d’une échelle, les personnes
devraient apprendre les « premiers principes de l’Évangile
» et continuer au-delà des limites de la connaissance
mortelle, jusqu’à ce qu’elles puissent «
apprendre les derniers principes de l’Évangile »,
quand le moment serait venu. Joseph dit : « Tout ne peut pas
être compris dans ce monde. Il faudra beaucoup de temps après
le tombeau pour comprendre l’ensemble ».
C’était
la dernière fois que le prophète prenait la parole en
conférence générale. Trois mois plus tard, des
émeutiers envahirent la prison de Carthage et l’assassinèrent,
lui et son frère Hyrum.
Qu’est-ce
qui a été enseigné dans l’Église
concernant la nature divine depuis Joseph Smith ?
Depuis
ce sermon, appelé le discours sur King Follett, le point de
doctrine que les êtres humains peuvent progresser vers
l’exaltation et la divinité a été enseigné
au sein de l’Église. Lorenzo Snow, cinquième
président de l’Église, a formulé deux vers
bien connus : « Ce que Dieu fut autrefois, l’homme l’est
maintenant : Ce que Dieu est maintenant, l’homme peut le
devenir ». Peu de choses ont été révélées
sur le premier de ces vers, et par conséquent peu de choses
ont été enseignées. Quand il a été
interrogé à ce sujet, Gordon B. Hinckley, président
de l’Église, a dit à un journaliste en 1997 : «
Cela est du ressort d’une théologie assez profonde dont
nous savons peu de choses ». Interrogé sur la croyance
en un potentiel divin chez les êtres humains, le président
Hinckley a répondu : « Eh bien, ce que Dieu est, l’homme
peut le devenir. Nous croyons en la progression éternelle.
Très fermement. »
Eliza
R. Snow, dirigeante de l’Église et poétesse, se
réjouissait de la doctrine selon laquelle nous sommes, au sens
littéral du terme, enfants de Dieu. Elle écrivit : «
J’ai dit Père avec confiance sous ton inspiration. Mais
sans clé de connaissance, j’ignorais la vraie raison. »
Les saints des derniers jours ont aussi été émus
par la connaissance que leur filiation divine comprend une Mère
céleste en plus d’un Père céleste. Pour
exprimer cette vérité, Eliza R. Snow demande : «
Es-tu seul en ta demeure ? et répond par un non retentissant,
« La vérité me dit que j’ai une mère
aussi ». Cette connaissance joue un rôle important dans
la croyance des saints des derniers jours. Dallin H. Oaks, du Collège
des douze apôtres, a écrit : « Notre théologie
débute par des parents célestes. Notre aspiration la
plus élevée est d’être comme eux. »
(L’Étoile, juillet
1995, p. 98).
La
nature divine et le potentiel d’exaltation de l’humanité
ont été enseignés à maintes reprises dans
des discours de conférence générale, des
magazines de l’Église et d’autres publications de
l’Église. « La nature divine » est l’un
des huit idéaux de base du programme des Jeunes Filles de
l’Église. L’enseignement sur la filiation divine,
la nature et les caractéristiques potentielles des êtres
humains est bien visible dans « La famille : Déclaration
au monde. » L’exaltation et la nature divine sont des
enseignements essentiels et très précieux dans
l’Église.
Est-ce
que les saints des derniers jours sont polythéistes parce
qu’ils croient en l’exaltation ?
Pour
certains observateurs, la doctrine que les êtres humains
doivent s’efforcer de parvenir à la déification
peut évoquer des images de panthéons antiques peuplés
de divinités concurrentes. Ces images sont incompatibles avec
la doctrine des saints des derniers jours. Les saints des derniers
jours croient que les enfants de Dieu l’adoreront toujours.
Notre progression ne changera jamais le fait qu’il est notre
Père et notre Dieu. En effet, nos rapports exaltés et
éternels avec lui feront partie de la « plénitude
de joie » qu’il désire pour nous.
Les
saints des derniers jours croient aussi fortement en l’unité
fondamentale du divin. Ils croient que Dieu le Père,
Jésus-Christ, le Fils et le Saint-Esprit, bien qu’étant
des êtres distincts, sont unis dans leurs objectifs et leur
doctrine. C’est à cette lumière que les saints
des derniers jours comprennent la prière de Jésus pour
ses disciples à travers les âges : « afin que tous
soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en
toi, afin qu’eux aussi soient un en nous » (Jean 17:21)
Si
les humains vivent en conflit avec la bonté de Dieu, ils ne
peuvent pas progresser dans la gloire de Dieu. Joseph Smith a
enseigné : « Les pouvoirs du ciel ne peuvent être
maîtrisés ou utilisés que selon les principes de
la justice. » Quand les êtres humains abandonnent les
objectifs et les principes altruistes de Dieu, « les cieux se
retirent [et] l’Esprit du Seigneur est attristé »
(D&A 121:36-37). L’orgueil est incompatible avec la
progression ; la désunion est impossible entre les êtres
exaltés.
Comment
les saints des derniers jours envisagent-ils l’exaltation ?
Les
conceptions humaines de la réalité étant
nécessairement limitées dans la condition mortelle, les
religions ont du mal à formuler correctement leur vision de la
gloire éternelle. Comme l’apôtre Paul l’a
écrit, « ce sont des choses que l’œil n’a
point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne
sont point montées au cœur de l’homme, des choses
que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment »
(1 Corinthiens 2:9). Ces limites engendrent facilement une image
caricaturale du salut lorsqu’il est représenté
dans la culture populaire. Par exemple, la paix profonde et la joie
immense dont parlent les Écritures en évoquant le salut
sont souvent représentées par la fameuse image de
l’homme assis sur son nuage, en train de jouer de la harpe
après la mort. La doctrine de l’exaltation chez les
saints des derniers jours est souvent réduite dans les médias
à une image caricaturale de personnes recevant leur propre
planète.
Un
nuage et une harpe forment une image difficilement satisfaisante de
la joie éternelle, bien que la plupart des chrétiens
soient d’accord pour dire que la musique inspirée peut
être un petit avant-goût de la joie du salut éternel.
De même, bien que peu de saints des derniers jours se
reconnaîtraient dans l’idée de recevoir leur
propre planète, la plupart seraient d’accord pour dire
que l’émerveillement inspiré par la création
préfigure notre potentiel créatif dans les éternités.
Les
saints des derniers jours ont tendance à imaginer l’exaltation
à travers le prisme du sacré dans la condition
mortelle. Ils voient les germes de la divinité dans la joie de
donner la vie et d’élever des enfants, et dans l’amour
intense qu’ils ressentent pour ces enfants, dans l’impulsion
de tendre la main dans le service compatissant, dans les moments où
ils sont bouleversés par la beauté et l’ordre de
l’univers, dans le sentiment de stabilité qui vient du
fait de contracter et de respecter des alliances divines. Les membres
de l’Église imaginent l’exaltation moins en termes
d’images de ce qu’ils vont recevoir qu’en termes de
relations qu’ils ont maintenant et de la manière dont
ces relations peuvent être purifiées et élevées.
Les Écritures enseignent : « Et cette même
sociabilité qui existe parmi nous ici existera parmi nous
là-bas, seulement elle sera accompagnée de gloire
éternelle, gloire dont nous ne bénéficions pas
maintenant. » (D&A 130:2)
Quelle
est l’importance des enseignements sur l’exaltation par
rapport à l’ensemble des croyances des saints des
derniers jours ?
L’enseignement
que les êtres humains ont une nature et un avenir divins
façonne la manière dont les saints des derniers jours
envisagent la doctrine fondamentale. Peut-être plus important
encore, la croyance en la nature divine nous aide à apprécier
plus profondément l’expiation de Jésus-Christ.
Bien que de nombreux théologiens chrétiens aient
exprimé la grandeur de l’expiation du Sauveur en mettant
l’accent sur la dépravation humaine, les saints des
derniers jours comprennent la grandeur de l’expiation du Christ
par rapport au potentiel humain grandiose auquel il permet d’accéder.
L’expiation du Christ permet non seulement le pardon du péché
et la victoire sur la mort, mais elle répare aussi les
relations imparfaites, guérit les blessures spirituelles qui
étouffent la progression, fortifie les personnes, et leur
offre la possibilité d’acquérir les vertus du
Christ (voir Alma 7:11-12).
Les saints des derniers jours croient que
ce n’est que par l’expiation de Jésus-Christ que
nous pouvons avoir la ferme espérance de la gloire éternelle
et que le pouvoir de son expiation n’est pleinement accessible
que par la foi en Jésus-Christ, le repentir, le baptême,
la réception du don du Saint-Esprit et la persévérance
jusqu’à la fin en suivant l’enseignement et
l’exemple du Christ (voir 2 Néphi 31:20). Ainsi, les
personnes qui deviennent semblables à Dieu et entrent dans la
plénitude de sa gloire sont décrites comme étant
« parvenu[e]s à la perfection par l’intermédiaire
de Jésus, le médiateur de la nouvelle alliance, qui
accomplit cette expiation parfaite par l’effusion de son sang »
(D&A 76:69).
La
prise de conscience du potentiel divin des êtres humains
influence également la compréhension qu’ont les
saints des derniers jours des principes de l’Évangile
tels que l’importance des commandements divins, le rôle
des temples et le caractère sacré du libre arbitre
moral. Le fait de croire que les êtres humains sont réellement
les enfants de Dieu modifie aussi le comportement et l’attitude
des saints des derniers jours. Par exemple, même dans les
sociétés où les rapports
sexuels prénuptiaux sont considérés comme
acceptables, les saints des derniers jours conservent un profond
respect pour le pouvoir d’union émotionnelle et de
procréation que Dieu a donnés aux relations intimes
humaines et mettent la barre plus haut en ce qui concerne
l’utilisation de ces pouvoirs sacrés. Des études
indiquent que les saints des derniers jours accordent une priorité
exceptionnellement élevée au mariage et au rôle
de parent, conséquence qui découle en partie de la
croyance ferme en des parents célestes et de la détermination
de s’efforcer d’atteindre cette divinité.
Conclusion
Tous
les êtres humains sont les enfants de parents célestes
aimants et possèdent en eux les germes de la divinité.
Dans son amour infini, Dieu invite ses enfants à cultiver leur
potentiel éternel par la grâce de Dieu, par
l’intermédiaire de l’expiation du Seigneur
Jésus-Christ. La doctrine du potentiel éternel qu’ont
les humains de devenir comme leur Père céleste est au
cœur de l’Évangile de Jésus-Christ et
inspire l’amour, l’espérance et la reconnaissance
dans le cœur des saints des derniers jours fidèles.