La rassemblement d'Israël

 

 

 Parley P. Pratt (1807-1857)

 

Membre du collège des Douze de 1835 à 1857

Assassiné à l'âge de 50 ans

 

    


 

 

Rassemblement littéral d'lsraël

Nous commencerons par une prédiction d'Ésaie : « Dans ce même temps, le Seigneur étendra une seconde fois sa main pour racheter le reste de son peuple, dispersé en Assyrie et en Égypte, à Pathros et en Éthiopie, à Élam, à Schinear et à Hamath et dans les îles de la mer. Il élèvera une bannière pour les nations, il rassemblera les exilés d'Israël et il recueillera les dispersés de Juda, des quatre extrémités de la terre... L'Éternel dessèchera la langue de la mer d'Égypte et il lèvera sa main sur le fleuve, en soufflant avec violence : Il le partagera en sept canaux, et on le traversera avec des souliers. Et il y aura une route pour le reste de son peuple, qui sera échappé de l'Assyrie, comme il y en eut une pour Israël, le jour où il sortit du pays d'Égypte » (Ésaïe 11:11,12,15,16).

Nous voyons, ici, qu'une bannière sera élevée aux nations, non seulement pour les dispersés de Juda, mais aussi pour les proscrits d'Israël. Les Juifs sont appelés dispersés, parce qu'ils se trouvent répandus parmi les nations, mais les enfants des dix tribus sont désignés sous le nom de proscrits, parce qu'ils sont relégués dans un lieu inconnu du reste des hommes. Or, le lecteur ne doit pas oublier que les dix tribus n'ont plus habité la terre de Canaan, depuis qu'elles furent emmenées captives par Salmanazar, roi d'Assyrie. Le 15e verset nous dépeint aussi la merveilleuse puissance de Dieu, qui se manifestera par la destruction d'un petit bras de la Mer Rouge, désigné sous le nom de langue de la mer d'Égypte, et par la division des sept courants d'un fleuve ; ce qui permettra aux hommes de la traverser à pied sec. Et de peur que quiconque ne comprenne pas cela littéralement, le dernier verset, dit expressément : « Et il y aura une route pour le reste de son peuple, qui sera échappé de l'Assyrie, comme il y en eut une pour Israël, le jour où il sortit du pays d'Égypte » (Ésaïe 11:16).


Miracle du rassemblement d'lsraël

Il ne nous reste qu'à demander si, aux jours de Moïse , les eaux de la Mer Rouge furent « littéralement » divisées, ou si cela ne fut qu'une figure ; car les choses se passeront absolument de la même manière. Et pourtant les scribes et les pharisiens modernes ne cessent de nous répéter que les jours des miracles sont à jamais passés ; et ceux qui, de nos jours, croient aux miracles, passent pour des imposteurs, ou du moins pour de pauvres ignorants, égarés par le fanatisme ; et ils sont signalés au public comme de faux docteurs, capables, si cela était possible, d'égarer même les élus.

Quant au rétablissement de la maison d'Israël, les Prophètes en ont parlé si longuement, et à tant de reprises, que nous nous bornerons à n'en mentionner que les traits les plus frappants, pour signaler les incidents particuliers et les circonstances de ce rétablissement, ainsi que le mode et les moyens avec lesquels il sera effectué. On lit dans Jérémie : « C'est pourquoi voici, les jours viennent, dit l'Éternel, où l'on ne dira plus : L'Éternel est vivant, lui qui a fait monter du pays d'Égypte les enfants d'Israël. Mais on dira l'Éternel est vivant, lui qui a fait monter les enfants d'Israël du pays du septentrion et de tous les pays où il les avait chassés. Je les ramènerai dans leur pays que j'avais donné à leurs pères. Voici, j'envoie une multitude de pêcheurs, dit l'Éternel, et ils les pécheront ; et après cela, j'enverrai une multitude de chasseurs, et ils les chasseront de toutes les montagnes et de toutes les collines et des fentes des rochers » (Jérémie 16:14-16).

Or, c'était une constante habitude parmi les enfants d'Israël, quand ils voulaient exprimer la grandeur de leur Dieu, de s'écrier : le Seigneur vit qui délivra nos pères de la servitude d'Égypte. Et ces paroles rappelaient aux Hébreux la grandeur et les prodiges qui signalèrent ce mémorable événement, tout en frappant leur esprit d'une sainte terreur et du vif sentiment de la puissance du Dieu d'Israël. Mais, à notre grand étonnement, ici nous apprenons qu'il surviendra quelque chose encore qui fera momentanément oublier tous les grands événements de cette journée ; et les enfants d'Israël connaîtront que leur Dieu est vivant, en reportant leur esprit sur des faits d'une date récente qui se seront accomplis, faits encore plus glorieux et plus merveilleux que leur sortie d'Égypte. Et ils s'écrieront : L'Éternel est vivant, qui a récemment ramené les enfants d'Israël du pays du Nord, et de toutes les contrées auxquelles il les avait chassés, et il les a établis sur la terre de Canaan qu'il avait donnée à leurs pères. Et ces pensées, rappelant des spectacles aussi grandioses que sublimes, des scènes aussi merveilleuses que surprenantes, rappelleront en même temps les révélations, les manifestations, les miracles et les miséricordes prodigués par le Seigneur, en accomplissant ces grands événements, aux yeux de toutes les nations.

C'est en vue de ces choses que Jérémie s'écrie, dans le dernier verset de ce chapitre : « C'est pourquoi, voici, je leur fais connaître cette fois, je leur fais connaître ma force et ma puissance, et ils sauront que mon nom est l'Éternel » (Jérémie 16:21).


Comment le Seigneur rassemblera lsraël

Les moyens employés peur amener ce glorieux rétablissement sont non seulement un étendard qui sera déployé, une bannière arborée à la vue des nations, afin que nous puissions connaître quand le temps en est venu ; mais des pêcheurs et des chasseurs doivent être employés pour les pêcher et les chasser, en les faisant sortir de toutes les montagnes, de tous les coteaux, et de tous les trous des rochers. Que le lecteur y prenne garde. Il ne s'agit pas ici de l'initiative d'hommes qui enverront des missionnaires, dépourvus d'inspiration, pour aller prêcher aux enfants d'Israël plusieurs centaines de différents systèmes, des opinions purement humaines, et pour leur annoncer qu'ils supposent que l'heure a peut-être sonné pour leur rassemblement. Non, mais c'est le Dieu du ciel qui doit appeler des hommes par révélation spéciale, directe du ciel, et leur apprendre qui est Israël, ce que sont les Indiens de l'Amérique, s'ils appartiennent à la maison d'Israël, où sont également les dix tribus, et tous les restes épars de ce peuple, perdu depuis tant de siècles. C'est lui qui doit leur donner leur mandat, leur message, qui doit les revêtir de l'autorité d'en-haut pour effectuer cette oeuvre immense, en dépit des éléments contraires et de toutes les oppositions combinées de la terre et de l'enfer. Mais, direz-vous : pourquoi le Seigneur donnerait-il à des hommes cette mission par révélation spéciale ? Je réponds : parce qu'il n'y a pas d'autre moyen d'envoyer des hommes, et cela dans tous les âges du monde. « Nul, a dit l'apôtre, ne s'attribue cette dignité s'il n'est appelé de Dieu, comme le fut Aaron » (Hébreux 5:4). Or, nous reconnaissons tous qu'Aaron fut appelé par révélation.

Le grand Jéhovah n'a jamais reconnu, et ne reconnaîtra jamais la prêtrise ou le ministère d'un homme, qui n'est pas appelé par révélation et inspiré du Saint-Esprit, comme aux anciens temps. Mais, va s'écrier le lecteur, vous m'effrayez  ; pensez donc que la totalité des prêtres et théologiens modernes n'admettent aucune révélation postérieure à celle de la Bible, et nient toute inspiration ou don surnaturel de l'Esprit. Est-ce que vous les rejetez tous ? Et prétendez-vous qu'ils sont dépourvus d'autorité ? Je réponds : non, mais la Bible le déclare, et j'accepte humblement sa décision ; car ces hommes ne sont nulle part reconnus dans les Écritures, si ce n'est comme « une foule de docteurs que les hommes se donneront » (2 Timothée 4:3). (Le mot « foule » désigne indubitablement un grand nombre de docteurs).


lsraël rassemblé par révélation

Mais, pour démontrer plus amplement que Dieu donnera des révélations spéciales, pour opérer cette oeuvre glorieuse, nous vous en référons au prophète Ézéchiel (20:33-38). En voici le texte : « Je suis vivant, dit le Seigneur, l'Éternel, je régnerai sur vous, à main forte et à bras étendu, et en répandant ma fureur. Je vous ferai sortir du milieu des peuples, et je vous rassemblerai des pays où vous êtes dispersés, à main forte et à bras étendu, et en répandant ma fureur. Je vous amènerai dans le désert des peuples, et là, je vous jugerai face à face. Comme je suis entré en jugement avec vos pères dans le désert du pays d'Égypte, ainsi j'entrerai en jugement avec vous, dit le Seigneur, l'Éternel. Je vous ferai passer sous la verge, et je vous mettrai dans les liens de l'alliance. Je séparerai de vous les rebelles et ceux qui me sont infidèles ; je les tirerai du pays où ils sont étrangers, mais ils n'iront pas au pays d'Israël. Et vous saurez que je suis l'Éternel ».


Vous voyez que cette promesse commence par une double assurance ; d'abord par un serment : comme je suis vivant ; ensuite, par cette affirmation : avec une main forte... Et au chapitre suivant, de crainte que le peuple ne le comprenne mal, le prophète, s'écrie « Ah ! Seigneur Éternel, ils disent de moi : n'est-ce pas un faiseur de paraboles ? » (Ézéchiel 21:5). Nous voyons ici que les enfants d'Israël sont ramenés de parmi toutes les nations, avec une main forte, un bras étendu, et une colère répandue (Oh vous, peuples, qui entravez cette oeuvre, attention souvenez-vous du sort de Pharaon, et apprenez à être sages), nous les voyons conduits au désert des nations ; là le Seigneur doit entrer en jugement contre eux, face à face, précisément comme il le fit contre leurs pères, au désert du pays d'Égypte. Ce jugement face à face ne saurait jamais être rendu sans révélation, sans une manifestation personnelle de Dieu, comme du temps de Moïse. Or, je le demande, toutes les manifestations qu'il plut au Seigneur de faire en faveur d'Israël dans le désert, ne sont-elles que des fables qu'il ne faut pas prendre à la lettre ? S'il n'en est pas ainsi, les futures manifestations divines seront absolument comme les premières, non point des mythes, non des figures, mais une glorieuse réalité.

Il fera passer les Hébreux sous la verge, et les amènera dans les liens de l'alliance.


Nouvelle alliance avec lsraël

Ceci rappelle à l'esprit la nouvelle alliance, tant de fois promise dans les Écritures, alliance qui doit être contractée avec la maison d'lsraël et avec la maison de Juda, à l'époque précise de leur rassemblement de parmi les nations. Quelques-uns pourraient supposer que cette nouvelle alliance, devant opérer le rassemblement d'Israël, fut faite aux jours de Jésus-Christ et de ses apôtres. Mais Paul nous apprend que cette alliance ne concernait que l'avenir. Ainsi, dans son épître aux Romains, il déclare « qu'une partie d'Israël est tombée dans l'endurcissement, jusqu'à ce que la totalité des païens soit entrée. Et ainsi, tout Israël sera sauvé, selon qu'il est écrit le libérateur viendra de Sion, et il détournera de Jacob les impiétés ; et ce sera mon alliance avec eux, lorsque j'ôterai leurs péchés » (Romains 11:25-27). Nous voyons par là que Paul plaçait cette alliance dans l'avenir, jusqu'à l'époque reculée du rétablissement d'Israël, aux derniers jours, quand les temps des Gentils seraient accomplis. Alors, un libérateur sortirait d'Israël et non pas avant, vu qu'ils avaient rejeté le premier avènement de ce Libérateur. Jésus avait dit lui-même aux Juifs : « Voici, votre maison vous sera laissée déserte ; car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Matthieu 23:38-39). C'est alors, et alors seulement, que l'alliance devait être renouvelée avec la maison d'Israël. Et même quand les apôtres lui demandèrent : « Est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d'Israël ? », le Sauveur leur répondit qu'il ne leur appartenait pas de connaître les temps et les saisons que le Père s'était réservés ; mais qu'ils avaient à être investis d'autorité, et à lui rendre témoignage, etc. (Actes 1:6-8), comme pour leur dire : ce n'est pas à vous, apôtres, à faire cette oeuvre ; elle sera accomplie au temps arrêté par le Seigneur, et par qui il voudra ; mais pour vous, allez, et faites l'oeuvre que je vous ai commandée. À propos de cette alliance, le prophète Ésaïe nous apprend qu'elle fera connaître leur race parmi les nations, et leur postérité parmi les peuples ; et qu'elle fera que tous ceux qui les verront reconnaîtront qu'ils sont de la race que le Seigneur a bénie (Ésaïe 61:8-9).


Nouvelle alliance faite par révélation

Or, il est évident que la question de savoir si les aborigènes de l'Amérique sont de la race de Jacob ou non, ne peut être décidée que par révélation. C'est encore un sujet d'incertitude de savoir où sont les dix tribus, ou bien ce qu'elles sont devenues. Mais la nouvelle alliance, à quelque époque qu'elle fasse son apparition, nous révélera ces choses, et dissipera nos doutes à cet égard ; alors nous reconnaîtrons leur race parmi les Gentils, et leur postérité parmi les nations. Oh ! combien furent différents, relativement aux enfants d'Israël, les effets de l'alliance faite il y a dix-huit siècles ! Elle les jeta dans l'incrédulité, et elle fut cause que tous ceux qui les ont vus ou qui ont entendu parler d'eux depuis cette époque, ont reconnu qu'ils sont la race que le Seigneur a maudite. Lorsque l'alliance aura été renouvelée aux derniers jours, Dieu les amènera dans les liens de cette alliance, en se manifestant lui-même à eux, face à face. Comment le Créateur a-t-il contracté alliance avec les hommes, dans les divers âges du monde ? À cette question, il n'y a qu'une réponse à faire : c'est en leur communiquant sa volonté par une révélation formelle ; car, sans révélation, il serait impossible à deux parties de conclure une alliance. Pour expliquer cela, prenons un exemple familier. Nous voyons de quelle manière nous faisons alliance les uns avec les autres. Exemple : un jeune homme désire contracter une alliance de mariage avec une demoiselle ; qu'il soit privé de la faculté de révéler ses intentions à la jeune fille, que toute espèce de communication leur soit interdite, il s'ensuivra qu'aucune alliance entre eux ne pourra jamais être conclue. Il en est de même avec le Tout-Puissant. Il n'a jamais fait une alliance avec ses créatures, sans révélation ; et il ne saurait faire autrement. Toutes les fois qu'il a fait une alliance avec les hommes, quand cela concernait un peuple tout entier, il a compris, dans l'alliance, la prêtrise, les fonctions et les ministères, ainsi que les ordonnances et les bénédictions appartenant à cette alliance. Et c'est ainsi qu'il fera en cette occurrence. Toutes les fois que la nouvelle alliance est établie sur la terre, elle y organise le royaume de Dieu, avec ses ministères, ses ordonnances, ses dons et ses bénédictions, comme aux anciens jours.

 

L'alliance contractée à l'époque du Christ a été rompue

Mais, dira-t-on peut-être, quel besoin avons-nous du renouvellement d'une alliance, qui n'a jamais été rompue ? Si le Seigneur fit une alliance aux jours des apôtres, appelée nouvelle alliance, pourquoi, voyant qu'elle est en pleine vigueur, cette même alliance serait-elle renouvelée, à moins qu'elle n'ait été brisée par l'une des deux parties contractantes ? Voilà une question d'une importance telle, que de sa solution dépend le sort de la Chrétienté tout entière. Nous devons donc mettre un soin extrême à la résoudre avec la plus grande clarté, et à rendre nos preuves très intelligibles.


Qu'une nouvelle alliance entre Dieu et les hommes ait été faite aux jours de Jésus-Christ et de ses apôtres, c'est ce que personne ne tenterait de nier. Or, si cette alliance n'a jamais été rompue, elle doit être encore en pleine vigueur de nos jours, et par conséquent il n'est pas nécessaire d'en contracter une nouvelle. Il nous reste donc à prouver que cette alliance a été rompue, complètement rompue, de telle sorte qu'elle n'est plus en vigueur, ni parmi les Juifs, ni parmi les Gentils, ayant perdu ses pouvoirs, son autorité, ses ministères, ses bénédictions, vu qu'on ne saurait les rencontrer nulle part sur la terre. Pour faire notre démonstration, nous allons examiner quels étaient les pouvoirs, l'autorité, les ministères et les bénédictions de cette alliance, et voir ensuite s'ils sont encore connus parmi les hommes.


Conditions de l'alliance de l'Évangile

Nous lisons dans les Écritures que ces fonctions étaient remplies par des apôtres, par des prophètes, des évangélistes, des docteurs et des pasteurs, tous inspirés, placés dans l'Église par Jésus-Christ lui-même, pour l'édification des saints, pour l'oeuvre du ministère, etc. Et ces diverses fonctions devaient exister dans l'Église, partout où elle serait établie, jusqu'à ce que tous fussent parvenus à l'unité de la foi, et à la mesure de la stature parfaite de Christ (Éphésiens 4:11-14).

En deuxième lieu, les dons de l'Esprit, appelés par quelques-uns dons surnaturels, étaient les pouvoirs et les bénédictions appartenant à cette alliance, partout où elle existait, soit parmi les Juifs, soit parmi les Gentils, aussi longtemps que l'alliance serait en vigueur.


M'adressant maintenant au monde chrétien tout entier, ou à chacune de ses innombrables confessions, je leur demanderai si elles ont des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des docteurs et des pasteurs, inspirés d'en haut, ainsi que les dons et les bénédictions du Saint-Esprit, qui appartenaient à l'alliance de l'Évangile ? Si elles ne les ont pas, j'en tire la conclusion que les pouvoirs et les ministères de cette alliance ont été perdus sur la terre. Et ce doit être par la violation de cette alliance qu'ils ont été perdus car c'est précisément ainsi que les Juifs perdirent ces privilèges, quand les dits privilèges furent transmis aux Gentils. Dans le 11e chapitre de son épître aux Romains, Paul avertit les Gentils que, s'ils ne persévéraient pas dans la bonté du Seigneur, ils tomberaient, comme étaient tombés les Gentils avant eux.

Mais pour démontrer, par une nouvelle preuve, que l'alliance de l'Évangile a été violée et par les Juifs et par les Gentils, comme aussi par tous les peuples, de sorte qu'elle n'est plus en vigueur nulle part, je n'ai qu'à citer ici le prophète Ésaie : « Voici, l'Éternel dévaste le pays et le rend désert, il en bouleverse la face et en disperse les habitants. Et il en est du sacrificateur comme du peuple, du maître comme du serviteur, de la maîtresse comme de la servante, du vendeur comme de l'acheteur, du prêteur comme de l'emprunteur, du créancier comme du débiteur. Le pays est dévasté, livré au pillage ; car l'Éternel l'a décrété. Le pays est triste, épuisé ; les habitants sont abattus, languissants ; les chefs du peuple sont sans force. Le pays était profané par ses habitants ; car ils transgressaient les lois, violaient les ordonnances, ils rompaient l'alliance éternelle. C'est pourquoi la malédiction dévore le pays et ses habitants portent la peine de leurs crimes ; c'est pourquoi les habitants du pays sont consumés et il n'en reste qu'un petit nombre » (Ésaïe 24:1-6).


Rupture de l'alliance éternelle

Nous trouvons dans ce texte que le même châtiment frappera les prêtres et le peuple, le riche et le pauvre, l'homme libre et l'esclave, à tel point que tous seront brûlés, excepté quelques-uns. Et c'est sous l'accusation que la terre a été profanée par les habitants, parce qu'ils ont transgressé les lois, changé les ordonnances, et rompu l'alliance éternelle. Or, ceci ne saurait s'appliquer qu'à l'alliance, aux ordonnances, et aux lois de l'Évangile, alliance formée sur la terre aux jours des apôtres  ; parce que, quelle que soit l'alliance antérieure qui ait été rompue par les hommes, les habitants de la terre n'ont jamais été brûlés, sauf quelques-uns, pour la violation d'une alliance quelconque. Mais cette oeuvre de destruction doit se faire par le feu, d'une manière aussi littérale que le fut le déluge de Noé. Et ce feu consumera et les prêtres et les populations de la terre, et cela formellement pour avoir violé l'alliance de l'Évangile, ainsi que ses lois et ses ordonnances ; sans quoi, il devient indispensable de nous donner une nouvelle édition de la Bible, de laquelle on aura retranché ces chapitres d'Ésaïe.


Ézéchiel prophétise au sujet du rassemblement d'lsraël

Cette question étant résolue, j'espère maintenant que le lecteur sentira la nécessité d'une nouvelle alliance, pour sauver ceux qui ne doivent pas être brûlés, mais, laissant là ce sujet et reprenant celui du rassemblement d'Israël, nous le prions de lire les chapitres 36, 37, 38 et 39 d'Ézéchiel. Il trouvera dans le 36e chapitre que la promesse est faite aux enfants d'Israël qu'ils seront retirés d'entre les nations où ils avaient été dispersés, pour être ramenés sur la terre qui avait été donnée à leurs pères ; Jérusalem sera remplie d'une nombreuse population, et toutes les villes de la Judée seront rebâties, fortifiées et habitées ; le sol sera si bien cultivé, et ensemencé, qu'on dira : « Cette terre-ci, qui était désolée, est devenue comme le jardin d'Éden. ... Les villes en ruines seront remplies de troupeaux d'hommes... et ils sauront que je suis l'Éternel » (Ézéchiel 36:35-38).

Il verra dans le 37e chapitre qu'après la vision de la résurrection des morts, le prophète nous apprend que les deux nations ne formeront qu'une seule nation sur les montagnes d'Israël, qu'un seul roi régnera sur eux tous et qu'ils ne seront plus désormais divisés en deux royaumes. Le tabernacle de l'Éternel sera avec eux, et son sanctuaire à jamais au milieu d'eux ; il sera leur Dieu, et ils seront à jamais son peuple. « Et les nations sauront que je suis l'Éternel, qui sanctifie Israël, lorsque mon sanctuaire sera pour toujours au milieu d'eux » (Ézéchiel 37:28). Or, c'est un fait parfaitement connu que Juda et les dix tribus n'ont jamais formé une seule nation sur les montagnes d'Israël, depuis l'époque reculée à laquelle ils furent divisés en deux royaumes.


La main du Seigneur manifestée dans le rassemblement

Mais quand cela se réalisera, les païens eux-mêmes l'apprendront, et ils seront initiés à la connaissance du vrai Dieu, comme le fut Cyrus. Maintenant, si les missionnaires parviennent à convertir le monde, avant que le Seigneur n'accomplisse cette oeuvre immense, cela lui épargnera la peine de devoir le faire à sa manière ; les prophéties ne devront pas être accomplies, la parole de Dieu aura manqué son effet, et tous les hommes n'auront plus qu'à embrasser l'athéisme. Oh que le Sauveur disait vrai, quand il s'écriait : « Mes voies ne sont pas comme vos voies, ni mes pensées comme vos pensées ».

Les chapitres 28 et 29 nous offrent le spectacle de plusieurs nations, réunies sous un grand chef, qu'il plaît au Seigneur d'appeler Gog. C'est une immense croisade à cheval, armée de toutes pièces, qui, semblable à une nuée couvrant la terre, marche contre les montagnes d'Israël, pour se livrer au pillage, pour en emporter de l'or et de l'argent, du bétail, et en faire un grand butin.

Cette prise d'armes doit avoir lieu après le retour des Juifs en Palestine et la reconstruction de Jérusalem, alors que les villes du pays seront encore sans murailles et dépourvues de toute fortification. Mais au moment où cette innombrable armée est sur le point d'engloutir les Juifs et de ravager leurs terres, la colère monte au visage du Seigneur ; soudain la terre tremble jusqu'en ses fondements ; les poissons de la mer, les oiseaux des cieux, les bêtes des champs, tout reptile qui rampe, tous les hommes sur la face de la terre, trembleront en sa présence ; les montagnes seront renversées, toute muraille tombera par terre, et dans l'armée ennemie l'épée de chacun sera tirée contre son frère. Et le Seigneur fera pleuvoir sur Gog et ses nombreuses bandes de grandes pluies, de la grêle, du feu et du soufre. C'est ainsi qu'il se glorifiera, et qu'il se sanctifiera, à la vue de plusieurs nations, et elles sauront qu'il est le Seigneur ; c'est ainsi que Gog et toute son armée, chevaux et cavaliers, seront exterminés sur les montagnes d'lsraël. Alors les Juifs sortiront et ramasseront les armes de guerre, les lances, les écus, les boucliers, les arcs, les flèches et les javelines ; ces armes serviront de bois à brûler durant sept ans aux villes d'Israël, et on n'aura pas à couper du bois des forêts pendant ces années. Et ils spolieront ceux qui les avaient spoliés ; ils dépouilleront ceux qui les avaient dépouillés, et ils amasseront de l'or et de l'argent, et des vêtements en abondance.


Le Seigneur se fera connaître au jour du rassemblement

Les oiseaux des cieux et les bêtes des champs feront un grand festin ; ils mangeront leur saoul de la graisse et de la chair, et ils boiront du sang jusqu'à en être ivres. Ils auront à se repaître du cadavre des rois, des généraux, des officiers, et de tous les hommes de guerre. Mais les Juifs auront un rude service à faire durant sept mois de temps, ce sera la sépulture de leurs ennemis. Ils choisiront un lieu, à l'orient de la mer, nommé la Vallée-des-Passants ; c'est là qu'on enterrera Gog et toute la multitude de ses gens, et on l'appellera la Vallée-d'Hammon-Gog. L'odeur de tant de cadavres sera telle que les passants s'en boucheront le nez ; et c'est ainsi que le pays sera purifié et nettoyé.

« Je manifesterai ma gloire parmi les nations ; et toutes les nations verront les jugements que j'exercerai, et les châtiments dont ma main les frappera. La maison d'Israël saura que je suis l'Éternel, son Dieu, dès ce jour et à l'avenir. Et les nations sauront que c'est à cause de ses iniquités que la maison d'Israël a été conduite en captivité, à cause de ses infidélités envers moi ; aussi, je leur ai caché ma face et je les ai livrés entre les mains de leurs ennemis, afin qu'ils périssent tous par l'épée. Je les ai traités selon leurs souillures et leurs transgressions, et je leur ai caché ma face. C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : maintenant je ramènerai les captifs de Jacob, j'aurai pitié de toute la maison d'Israël et je serai jaloux de mon saint nom. Alors ils oublieront leur opprobre, et toutes les infidélités qu'ils ont commises envers moi, lorsqu'ils habitaient en sécurité leur pays, et qu'il n'y avait personne pour les troubler. Quand je les ramènerai d'entre les peuples, quand je les rassemblerai du pays de leurs ennemis, je serai sanctifié par eux aux yeux de beaucoup de nations. Et ils sauront que je suis l'Éternel, leur Dieu, qui les avait emmenés captifs parmi les nations et qui les rassemble dans leur pays ; je ne laisserai chez elles aucun d'eux, et je ne leur cacherai plus ma face, car je répandrai mon esprit sur la maison d'Israël, dit le Seigneur, l'Éternel. » (Ézéchiel 39:21-29)

 

(Parley P. Pratt, A Voice of Warning, 1837)