La
résurrection
Joseph
Fielding Smith
Le
Christ et la résurrection
Notre
Sauveur Jésus-Christ est l'Auteur de la résurrection.
Il vint au monde pour le racheter, ainsi que tout ce qui se trouve à
sa surface, de la mortalité et donner l'immortalité à
tout être vivant. La venue de notre Sauveur pour réaliser
ce but est due au fait que la mort fut introduite dans le monde par
la chute d'Adam. Si Adam n'avait pas pris du fruit de l'arbre de la
connaissance du bien et du mal, il ne serait pas mort… Si
pareille situation s'était maintenue, Adam serait toujours
dans le jardin d'Éden et tout aurait continué comme
c'était, et dans de telles conditions, on n'aurait pas eu
besoin de Rédempteur (voir Moïse 3:16-7 ; 6:57-59 ; 2
Néphi 2:22-26).
Nous
connaissons la vraie raison pour laquelle Jésus-Christ est
venu dans le monde. Tout d'abord c'était pour racheter tous
les hommes de la mort physique qu'Adam introduisit dans le monde et
deuxièmement pour racheter tous les hommes de la mort
spirituelle, qui est le fait d'être banni de la présence
du Seigneur, à condition que les hommes se repentent,
reçoivent la rémission des péchés et
persévèrent jusqu'à la fin de leur épreuve
mortelle.
Puisqu'il
y a eu une transgression qui a amené la mort, il fallait que
l'expiation fût faite par le Fils de Dieu qui a toujours été
maître de la mort. Son sacrifice était une expiation
infinie.
Il
a dit de lui-même qu'il était « la Résurrection
et la Vie » et qu'il avait en lui le pouvoir de donner sa vie
et de la reprendre. Jamais personne d'autre ici-bas n'a possédé
de tels pouvoirs. Tous les autres êtres vivants étaient
sous la malédiction de la mort, et le Christ seul pouvait les
libérer (voir 2 Néphi 2:6-10 ; 9:6-9 ; Jean 10:11-18 ;
11:23-26).
Le
moyen fourni pour nous racheter de la mort fut prévu dans le
plan du salut avant qu'Adam et Ève ne fussent envoyés
sur la terre. Jésus-Christ se porta volontaire pour venir
expier la transgression d'Adam et remporter ainsi la victoire sur le
diable (voir Moïse 4:1-4 ; Abraham 3:22-28). C'est pourquoi on
l'appelle l'Agneau de Dieu qui fut choisi pour être immolé
« avant la fondation du monde » (1 Pierre 1:19 ;
Apocalypse 13:8).
La
seule manière d'accomplir cette expiation c'était que
Jésus, qui fut choisi pour payer la dette vis-à-vis de
la justice et nous racheter des griffes de Satan, vînt au monde
avec pouvoir sur la mort, car aucun de ceux qui étaient sous
la servitude de la mort ne pouvait payer la dette et nous rendre la
vie à jamais.
Jésus
fut la seule personne qui vint jamais dans ce monde qui eut pouvoir
sur la mort et ayant ce grand pouvoir, par l'effusion de son sang sur
la croix, il pouvait nous racheter et obtenir le pouvoir de la
résurrection. Lorsqu'il sortit du tombeau, il avait tout
pouvoir de faire sortir n'importe qui d'autre du tombeau. Et après
être ressuscité, le troisième jour suivant sa
crucifixion, il ouvrit les tombeaux des justes qui avaient vécu
depuis le temps d'Adam jusqu'au moment de sa crucifixion.
Il
avait dit à Marthe qu'il était la résurrection
et la vie, et c'est ce qu'il enseigna à ses disciples (voir
Jean 11:23-26). Jacob, frère de Néphi, nous permet de
comprendre très clairement la mission de Jésus-Christ
et le fait qu'il est venu nous racheter de la mort et de Satan. Il
explique que nous aurions été des anges du diable s'il
n'y avait pas eu la mort et la résurrection de Jésus-Christ
; et maintenant, grâce à la miséricorde de notre
Père céleste et de son Fils bien-aimé
Jésus-Christ, nous avons échappé à
l'étreinte de ce
grand
monstre (voir 2 Néphi 9:6-26).
Jésus-Christ
ressuscita et fut les prémices de la résurrection (voir
1 Corinthiens 15:23). Les témoignages de ce merveilleux
événement ne peuvent être contestés. De
nos jours, le monde religieux a tendance à s'éloigner
de cette vérité fondamentale, et le clergé et
les instructeurs nient que Jésus est le Christ, le Fils unique
de Dieu.
Le
Sauveur a enseigné que personne ne peut témoigner de
Dieu et rejeter son Fils, et que nul ne peut nier que Jésus-Christ
est le Rédempteur du monde et croire au Père qui l'a
envoyé. Nous devons honorer le Père par l'intermédiaire
du Fils, et celui qui rejette le Fils et nie le pouvoir de la
résurrection ne connaît pas Dieu (voir Jean 5:19-30 ;
Luc 10:22).
En
outre, comme Jean-Baptiste l'a enseigné : « Celui qui
croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au
Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur
lui » (Jean 3:36). Cela ne veut pas dire que ceux qui rejettent
le Fils ne se lèveront pas dans la résurrection, car
tous ressusciteront, mais l'incroyant ne participera pas à la
vie éternelle dans le royaume de Dieu où le Père
et le fils demeurent.
Le
Père a cependant l'intention d'étendre le pouvoir de la
résurrection à tous les hommes par l'expiation du Fils
et de donner ainsi l'immortalité à tous ses enfants. Il
n'en reste pas moins que nous ne pouvons pas être en communion
avec Dieu si nous n'acceptons pas que Jésus-Christ est le Fils
et ne croyons pas en son pouvoir de nous racheter du tombeau. C'est
pourquoi tous ceux qui rejettent l'autorité du Fils, la colère
de Dieu de-
meure
sur eux.
Lorsque
les hommes nient que le Christ est ressuscité et que toute
l'humanité sortira du tombeau, ils confessent qu'ils ne
connaissent rien à l'oeuvre du Seigneur concernant la destinée
de l'homme. Notre existence dans la mortalité est d'une
importance capitale et n'est pas accidentelle. Il n'a jamais été
prévu que nous devions traverser cette vie sans entrer en
contact avec le péché, sans la tentation, sans la
mortalité.
Adam
a été envoyé dans le monde accomplir une
mission, y compris la réalisation de ces choses mêmes,
pour que, dans l'état mortel, nous obtenions des expériences
en entrant en contact avec toutes les vicissitudes de la vie
mortelle. De cette manière nous recevons un enseignement qu'on
ne pourrait obtenir en aucune autre façon. C'est ainsi que la
mortalité s'est produite par la volonté de Dieu, et par
la chute de l'homme la mort a été infligée à
tous les hommes. Grâce à l'expiation de Jésus-Christ
la vie est rendue, la mort est vaincue et détruite.
L'immortalité
et la vie éternelle constituent la grande oeuvre du Père,
et le dernier ennemi à être détruit, nous dit-on,
sera la mort. Lorsque le Christ aura détruit la mort en
ressuscitant toute l'humanité du tombeau, il aura terminé
son oeuvre et alors il remettra le royaume à son Père
(voir 1 Corinthiens 15:24-28).
Si
le Christ n'était pas ressuscité des morts, croyez-vous
que Pierre, Jacques et Jean et les autres disciples seraient allés
à Jérusalem immédiatement après sa
crucifixion et qu'ils auraient commencé à prêcher
le Christ, et le Christ crucifié annonçant hardiment à
la population qu'il avait été ressuscité des
morts ?
Est-ce
raisonnable ? Est-ce raisonnable de croire que Paul, qui commença
par persécuter les saints, puisse tout d'un coup changer et
accepter le Christ comme étant le Fils de Dieu, que lui aussi
irait dans ces mêmes communautés prêcher que le
Christ était le Fils de Dieu, s'il n'avait pas été
ressuscité ?
Je
vais vous dire ce qui est raisonnable, et c'est dit ici même
dans ces Ecritures. Après la crucifixion du Sauveur, les
disciples se dispersèrent. Ils étaient déçus,
ils croyaient que tout était fini et ils étaient sur le
point de retourner à leurs filets.
Deux
des disciples, le soir de ce premier jour de la résurrection,
étaient sur la route en direction d'un village en dehors de
Jérusalem, lorsqu'un inconnu, apparemment, arriva et leur
demanda pourquoi ils étaient tristes, et eux, croyant qu'il
était étranger à Jérusalem, dirent : «
Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem, ne
sache pas ce qui y est arrivé ces
jours-ci
? »
Après
avoir répondu à d'autres questions, ils parlèrent
de l'histoire de la crucifixion du Christ et ajoutèrent : «
Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël
; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses
se sont passées » (Luc 24:13-48). Alors le Christ se
révéla à eux.
Si
le Christ n'était pas sorti du tombeau, Pierre, Jacques et
Jean seraient retournés au lac de Galilée et à
leurs filets, les autres disciples seraient retournés à
leur métier respectif et le christianisme aurait brusquement
pris fin.
Au
lieu de cela, immédiatement après la résurrection,
les disciples manifestèrent une vie nouvelle. Ils commencèrent
à annoncer hardiment que le Christ était ressuscité
des morts. Ils rendirent ce témoignage au peuple. Le jour de
la Pentecôte, tandis qu'il prêchait, Pierre dit ceci :
«
Hommes israélites, écoutez ces paroles ! Jésus
de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage
devant vous par les miracles, les prodiges et les signes qu'il a
opérés par lui au milieu de vous, comme vous le savez
vous-même ; cet homme, livré selon le dessein arrêté
et selon la prescience de Dieu, vous l'avez crucifié, vous
l'avez fait mourir par la main des impies. Dieu l'a ressuscité,
en le délivrant des liens de la mort, parce qu'il n'était
pas possible qu'il fût retenu par elle. » (Actes 2:22-24)
Ce
jour de Pentecôte, il rendit témoignage à cette
assemblée de la mission du Christ et de sa résurrection.
Un
peu plus tard, lorsque Pierre et Jean eurent guéri le boiteux
à la porte du temple, Pierre parla hardiment aux Juifs qui
étaient assemblés. Il parla avec plus de force encore.
Il
leur dit : « Vous avez renié le Saint et le Juste, et
vous avez demandé qu'on vous accordât la grâce
d'un meurtrier » — il parlait à ce moment-là
à ceux-là mêmes qui avaient été
responsables de la mort du Christ ! — « vous avez fait
mourir le Prince de la vie, que Dieu a ressuscité des morts ;
nous en sommes témoins. » (Actes 3:14-15)
Tel
fut le témoignage qu'il rendit à ces hommes mêmes.
Pierre n'aurait pas osé faire une chose pareille si le Christ
n'avait pas été ressuscité des morts.
Il
est donc déraisonnable de dire qu'en ce qui concerne la vie du
Christ, les preuves démontrent d'une manière écrasante
qu'il a vécu, qu'il a rassemblé autour de lui des
disciples,
qu'il fut pris et crucifié, et puis c'est tout.
Quand
Paul entra dans l'Église, il dit, tout comme Pierre et
d'autres à Jérusalem et dans toute la Palestine où
le Christ était connu, que Jésus était
ressuscité des morts. Il n'y
avait
pas de meilleurs témoins que Pierre, les autres apôtres
et les disciples du Christ qui allèrent partout rendre
témoignage de la résurrection de Jésus. De plus,
cette petite poignée de chrétiens — et ce n'était
qu'une poignée au moment de la mort du Christ — commença
immédiatement à augmenter numériquement. En très
peu de temps, ils se comptaient par milliers. Trois mille personnes
furent ajoutées à l'Église après cette
réunion mémorable du jour de la Pentecôte, et
toutes ces personnes furent instruites de la résurrection par
des témoins oculaires qui avaient été compagnons
du Seigneur Jésus-Christ pendant son ministère (voir
Actes 3:41).
Nous
lisons qu'après sa résurrection le Christ oeuvra
quarante jours parmi ses disciples (voir Actes 1:3). Paul nous dit
qu'une fois, ou peut-être plus d'une fois, plus de cinq cents
personnes le virent (voir 1 Corinthiens 15:6). L'auteur du livre de
Luc, au début de son histoire, dit ceci : « Plusieurs
ayant entrepris de composer un récit des choses auxquelles on
croit absolument parmi nous » (Luc 1:1, version du roi
Jacques).
Doctrine
de la résurrection
Il
n'est pas difficile de croire à la résurrection. Il y a
beaucoup de choses plus difficiles à croire que cela. La vie
elle-même est un mystère. Que savons-nous d'elle ? D'où
vient-
elle
? Y a-t-il quoi que ce soit de plus merveilleux que la création
du corps ? C'est encore plus merveilleux que de rassembler les
éléments qui composent le corps après la mort et
d'y faire rentrer la vie.
À
mon avis, en fait de miracle, rien ne se compare à la création
de ce corps au départ quand la vie y est mise. Pourtant nous
voyons cela tous les jours ; c'est courant. Nous le voyons et nous le
reconnaissons donc comme un fait. Il n'est pas plus miraculeux, il
n'est pas plus merveilleux de ressusciter quelqu'un d'entre les
morts. Ils sont revenus, ils ont fait
leur
apparition, ils ont donné des commandements aux hommes.
Le
Seigneur n'a pas l'intention de se révéler à
tout le monde, mais il se révèle à ses
serviteurs et il les envoie avec le message : Heureux celui qui
croit, mais n'a pas vu.
Il
est devenu tout à fait à la mode, à notre époque
de philosophie et de matérialisme moderne, que les «
sages » nient la résurrection littérale du corps.
Et pourtant la doctrine de la résurrection est fondamentale
dans la religion chrétienne. On ne peut pas la spiritualiser
ou la réduire en fumée. Le Christ et ses disciples
l'ont enseignée et c'était vrai de leur temps. Elle est
tout aussi vraie aujourd'hui et tout aussi importante.
La
teneur du message et du ministère de Jésus-Christ
consistait à réaliser l'immortalité et la vie
éternelle de l'homme. En fait la révélation
moderne nous apprend que c'est cela même qui constitue la
grandeur et la gloire de Dieu (voir Moïse 1:39 ; D&A
29:43-44).
Cette
doctrine peut être caractéristique des saints des
derniers jours, mais qu'on se souvienne que les premiers saints
chrétiens l'enseignaient et y croyaient avec autant
d'assurance. C'est parce que les hommes se sont écartés
de la parole révélée du Seigneur que ces idées
modernes relatives à la vie future sont de mise aujourd'hui.
Le
Christ a dit de lui-même qu'il était celui que le Père
avait envoyé pour racheter tous les
hommes
du tombeau. Lorsque Marthe le suppliait devant le tombeau de Lazare,
le Seigneur lui dit : « Je suis la résurrection et la
vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort;
et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » (Jean
11:25-26)
Deux
pensées sont exprimées ici que beaucoup ont du mal à
comprendre et cependant ce qu'il veut dire est clair. Étant la
résurrection et la vie, il avait le pouvoir de faire sortir
tous les enfants d'Adam du tombeau.
En
donnant à ceux qui croyaient en lui le pouvoir de ne jamais
mourir, il ne faisait pas allusion à la décomposition
physique, mais à la seconde mort qui consiste à être
banni de la présence de Dieu. Cette seconde mort, dont les
justes sont libérés, est la condamnation de ceux qui
sont condamnés à l'immortalité en dehors du
royaume de Dieu.
La
doctrine de la résurrection littérale est formellement
énoncée dans l'Ancien Testament aussi bien que dans le
Nouveau. Beaucoup ont essayé de spiritualiser ces Écritures.
Le Seigneur a enseigné en vision à Ézéchiel
la façon dont la résurrection littérale se
réaliserait. « Voici, j'ouvrirai vos sépulcres,
je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon peuple, et
je vous ramènerai dans le pays d'Israël. Et vous saurez
que je suis l'Éternel, lorsque j'ouvrirai vos sépulcres,
et que je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon
peuple ! » (Ézéchiel 37:12-13)
Daniel
aussi eut la vision de la résurrection et déclara : «
Plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se
réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les
autres pour l'opprobre, pour la honte éternelle. »
(Daniel 12:2)
Qu'est-ce
qui pourrait être plus précis ou venir avec une plus
grande autorité que cette déclaration de Jésus-Christ
qui détient les clefs de la résurrection ? : « En
vérité, en vérité, je vous le dis,
l'heure vient, et elle est déjà venue, où les
morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l'auront
entendue vivront… Ne vous étonnez pas de cela…
car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres
entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien
ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal
ressusciteront pour le jugement. » (Jean 5:25, 28-29)
Dans
notre dispensation, par l'intermédiaire du Livre de Mormon, le
Seigneur a révélé qu'il y aurait une telle
résurrection : « L'esprit et le corps seront réunis
de nouveau dans leurs formes parfaites ; membres et jointures seront
rendus à leurs formes proprès, exactement comme nous le
sommes en ce moment ; et nous serons conduits devant Dieu,
connaissant comme nous connaissons en ce moment et nous aurons un
souvenir vif de toute notre culpabilité. Cette restauration
sera pour tous les hommes, jeunes et vieux, esclaves et libres,
hommes et femmes, méchants et justes; et pas un seul cheveu de
leur tête ne sera perdu. » (Alma 11:43-44)
Pourquoi
la résurrection ? Nous savons qu'elle est un fait,
c'est-à-dire nous qui sommes des saints des derniers jours,
car le Seigneur nous l'a révélé et les Écritures
relatives à cette vérité sont claires. Nous
savons que le Christ est apparu à ses disciples après
sa résurrection et ils ont témoigné qu'il leur
était apparu. Pourquoi faut-il qu'il y ait une résurrection
et qu'il soit promis que tous les hommes sortiront du tombeau ?
Beaucoup
de gens croient que le corps mortel a rempli son but dans cette vie
et ne ressuscitera pas, mais que l'esprit ressuscite pour demeurer
avec Dieu. Alors pourquoi Jésus-Christ est-il venu au monde
pour mourir ? Est-ce parce que le plan que le Père avait
arrangé au commencement avait été contrarié
ou détruit par la chute de l'homme ?
Adam
avait un corps avant que la mort ne s'abattît sur lui, et sa
chute faisait partie du grand plan du salut de l'homme. La mortalité,
et par conséquent la mort, est due à la chute.
Jésus-Christ est venu au monde pour réparer et donner,
par la résurrection, l'immortalité et la vie éternelle
à l'homme.
Dans
le Livre de Mormon nous apprenons que l'homme participe à la
mortalité pour obtenir des expériences qu'il n'aurait
pu avoir d'aucune autre façon et que, en obéissant à
l'Évangile de Jésus-Christ, qui est basé sur le
sacrifice infini du Fils de Dieu, il peut obtenir le salut et
l'exaltation en la présence du Père et du Fils (voir 2
Néphi 2:6-10 ; Alma 12:22-37 ; 42:1-31).
Assurément
le Seigneur comprenait la fin dès le commencement et il était
parfaitement entendu dans les conseils des cieux avant que le monde
ne fût fait, que Jésus-Christ devait venir dans ce monde
pour mourir et ainsi réparer une loi enfreinte et de nouveau
rendre la vie à l'humanité, afin qu'elle fût dans
l'abondance.
Le
monde d'aujourd'hui abandonne la doctrine de l'Église.
Beaucoup d'hommes n'acceptent plus Jésus-Christ comme étant
le Fils de Dieu, ils ne croient pas en son expiation. Ils ont rejeté
la résurrection. Ils ne l'acceptent plus comme essentielle au
salut et cependant c'est une des doctrines fondamentales de l'Église.
Le
Christ, le prototype, l'exemple, ressuscita d'entre les morts comme
il l'avait promis. Après avoir déposé sa vie et
l'avoir reprise le troisième jour, il se présenta à
ses disciples et leur dit de le toucher et de voir, car un esprit
n'avait pas un corps de chair et d'os comme ils voyaient qu'il avait.
Ils vinrent donc et le touchèrent.
Pour
les convaincre encore davantage, il mangea un poisson et un rayon de
miel (voir Luc 24:36-43). Il mangea en leur présence et les
convainquit par une démonstration pratique que c'était
bien lui, afin que celui qui n'est pas instruit puisse lire et
comprendre ; et pourtant les sages, dans toute leur érudition,
ferment les yeux à ces vérités.
De
plus, il leur enseigna que tout pouvoir, tant dans le ciel que sur la
terre, lui avait été donné par son obéissance
à son Père et par la résurrection qu'il avait
reçue (voir Matthieu 28:16-18).
Il
fut les prémices de la résurrection, il ressuscita et
enseigna à l'humanité que, comme il était
ressuscité, de même tous les hommes ressusciteraient,
tant les mauvais que les bons, et que les hommes seraient jugés
selon leurs propres oeuvres et recevraient leur récompense
selon leur mérite. Tel est l'Évangile de Jésus-Christ
dans sa simplicité. Il est exposé si clairement dans
ces Écritures que même l'insensé peut lire et
comprendre ; et cependant les sages, dans toute leur érudition,
ferment les yeux à ces vérités (voir 2 Néphi
9:28-29).
Preuves
de la résurrection
Nous
savons que le Christ est ressuscité, qu'il est monté au
ciel, faisant prisonnière la prison, et est devenu l'Auteur du
salut pour tous ceux qui croient, qui se repentent de leurs péchés
et l'acceptent comme Rédempteur du monde. Les saints des
derniers jours ne sont pas abandonnés au doute à ce
sujet.
Beaucoup
de témoins attestèrent de la résurrection du
Sauveur lorsqu'il ressuscita. Il apparut d'abord à Marie au
tombeau et plus tard aux Douze, ou plutôt aux Onze, l'un d'eux
ayant perdu son apostolat, et ensuite à une foule de saints.
Il travailla pendant un certain temps parmi ses disciples, confirmant
leur foi et les fortifiant dans l'Évangile dont il est
l'Auteur. Ils en rendirent témoignage et donnèrent leur
témoignage au monde (voir Actes 2:29-36 ; 1 Cor.inthiens
15:3-9 ; Luc 24:30-43 ; Jean 20:14-23).
Mais
après l'apostasie, le monde fut dans les ténèbres
et sans témoins vivants de la résurrection du Christ
jusqu'au rétablissement de l'Évangile dans « la
dispensation de la plénitude des temps » (Éphésiens
1:9-10, version du roi Jacques). Actuellement il y en a beaucoup sur
la face de la terre qui peuvent témoigner que Jésus est
le Christ, car l'Esprit de Dieu leur a révélé
cette vérité ; et nul ne peut savoir que Jésus
est le Christ à moins que le Saint-Esprit ne le lui révèle.
Le
prophète Joseph Smith fut suscité comme témoin
de la résurrection du Christ et reçut le pouvoir et
l'autorité d'instituer à nouveau son Évangile
parmi les enfants des hommes. D'autres aussi le virent dans notre
propre génération, conversèrent avec lui,
reçurent de lui des instructions et apprirent les principes de
la vérité qui nous affranchissent. Ils rendirent aussi
témoignage de ces choses au monde. Nous savons qu'il est
ressuscité des morts afin d'amener tous les hommes à
lui à condition qu'ils se repentent.
Matthieu
témoigna qu'à l'époque de la résurrection
du Christ, il y eut aussi une résurrection des saints qui
étaient morts auparavant. Matthieu prend soin de donner des
détails dans son texte. Il parle en tant que témoin
oculaire ayant pleinement l'autorité de témoigner.
Il
dit : « Les sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs corps
des saints qui étaient morts ressuscitèrent. Étant
sortis des sépulcres, après la résurrection de
Jésus, ils entrèrent dans la Ville Sainte, et
apparurent à un grand nombre de personnes. » (Matthieu
27:52-53)
Les
saints des derniers jours croient au témoignage de Matthieu.
De plus, ils ne dépendent pas uniquement du témoignage
des disciples du Christ qui étaient avec lui lors de son
ministère, mais ont l'attestation de témoins qui ont
vécu à notre propre époque.
Quelle
chance nous avons d'être saints des derniers jours ! Nous avons
toutes ces preuves, nous avons toute cette connaissance qui nous est
donnée dans le Nouveau Testament, les témoignages des
témoins qui étaient avec le Christ. En plus, nous avons
le témoignage des anciens et de ceux qui accompagnèrent
le Christ dans son ministère sur le continent américain
parmi les Néphites, comme le rapporte le Livre de Mormon (voir
3 Néphi, chapitres 11 à 26).
Et
en plus de cela encore, nous avons le témoignage d'hommes de
notre propre époque. Il y en a beaucoup ici dans cette
assemblée qui ont peut-être vécu et conversé,
comme moi-même, avec des hommes qui ont vécu du temps du
prophète Joseph Smith et qui ont entendu son histoire de ses
propres lèvres.
J'ai
entendu le président Wilford Woodruff parler bien souvent de
ces choses ; j'en ai entendu d'autres, qui furent les compagnons du
prophète Joseph Smith, rapporter comment il leur avait raconté
que les cieux s'étaient ouverts et que des messagers étaient
venus de la présence de Dieu à cette époque où
nous vivons.
Nous
avons le témoignage de Joseph Smith, d'Oliver Cowdery, de
David Whitmer, de Martin Harris et de Sidney Rigdon. Il n'est pas
nécessaire d'en examiner d'autres. Il y
en
a d'autres.
Nous
avons le témoignage de ces cinq hommes qui ont tous rendu
solennellement témoignage au monde qu'en notre dispensation de
la plénitude des temps le Christ est apparu, qu'il leur a
envoyé de sa présence des messagers. Ces cinq hommes
sont des témoins. Joseph Smith et Oliver Cowdery furent, le 3
avril 1836, en la présence du Seigneur Jésus-Christ au
temple de Kirtland. Le 15 mai 1829, ils furent en la présence
de
Jean-Baptiste.
Un peu plus tard, ils se trouvèrent en la présence de
Pierre, Jacques et Jean. Ils reçurent aussi, en ce troisième
jour d'avril 1836, les clefs de l'autorité de Moïse,
d'Elias et d'Elie (voir D&A 13 ; 110).
Oliver
Cowdery, David Whitmer et Martin Harris se trouvèrent, aux
environs de juin 1829, en la présence d'un ange de Dieu et ils
conversèrent avec lui et entendirent la voix de Dieu leur
parler du haut des cieux. Ils nous ont rendu leur témoignage,
il est inscrit dans tous les exemplaires du Livre de Mormon. Nous
avons ce témoignage. Sidney Rigdon
nous
a rendu son témoignage, tant lorsqu'il était dans
l'Église que lorsqu'il l'eut quittée, que le 16 février
1832, il vit avec Joseph Smith les cieux ouverts et qu'ils virent le
Seigneur Jésus-Christ assis à la droite de Dieu, et ils
ont rapporté pour nous cette merveilleuse vision (voir D&A
76:19-25).
Pouvons-nous
contester ces faits ? Les écarterons-nous tous et dirons-nous
que ces témoins étaient des séducteurs, qu'ils
mentaient ou qu'ils étaient dans un état
d'hallucination quand ils ont présenté ces choses ?
Est-il logique de notre part de faire quelque chose de ce genre ? Je
dis que non. Je dis que quand un homme va à l'encontre de
toutes ces preuves et dit que personne n'est jamais revenu des morts,
c'est soit un ignorant soit un insensé ; peut-être les
deux. Le fait reste que ces témoin disaient la
vérité
et ils sont témoins de Dieu.
Le
Seigneur a dit qu'il susciterait certains témoins pour
témoigner du rétablissement de l'Évangile et de
la parution du Livre de Mormon et « malheur à celui qui
rejette la parole de Dieu ! » (2 Néphi 27:14)
C'est
dû soit à l'ignorance soit à la méchanceté
lorsque, alors que toutes ces preuves leur sont présentées,
ils les écartent et disent que nous n'avons aucune preuve, je
dis que cela se dressera au dernier jour comme témoignage
contre eux et qu'ils devront voir les choses en face. J'accepte cela
comme vrai. Je n'accepte pas cela comme vrai simplement parce que
Joseph Smith l'a dit, parce qu'Oliver Cowdery l'a dit, parce que
David Whitmer l'a dit, que Martin Harris et que Sidney Rigdon l'ont
dit.
Je
dis que c'est vrai parce que l'Esprit du Seigneur lui-même a
rendu ce témoignage à mon âme. Je sais cela comme
eux le savaient : pas parce que j'ai été en la présence
de ces saints messagers, mais parce que le Seigneur a accompli sa
promesse pour moi, comme il l'a certainement fait pour beaucoup
d'entre vous (voir Matthieu 7:7-11 ; Jean 7:15-17 ; Jacques 1:5-7; 1
Cor. 2:1-16).
Je
sais que Jésus-Christ vit. Je sais qu'il est le Fils de Dieu,
le Rédempteur du monde ; que par son ministère, par sa
mort et l'effusion de son sang, tous les hommes peuvent recevoir la
rémission des péchés en obéissant à
l'Évangile et que, par leur fidélité et leur
obéissance jusqu'à la fin, ils recevront l'exaltation
dans le royaume de Dieu.
C'est
aussi vrai qu'il est vrai que nous sommes aujourd'hui dans ce
bâtiment. Malheur aux hommes qui ferment les yeux et les
oreilles à cette connaissance. Néphi le savait. En
écrivant sur ce sujet, il savait ce qui arriverait, et il dit
: « Malheur aux sourds qui ne veulent pas entendre…
malheur aux aveugles qui ne veulent pas voir. » (2 Néphi
9:31-32)
La
vérité est là, les preuves sont là,
écrasantes. Nous devrions savoir cela. Nous ne devrions pas
avoir de doute. Nul ne devrait se demander si des hommes peuvent ou
non ressusciter. Cela a été fait. Cela se fera. Le
Seigneur rendra à chaque âme son corps dans la
résurrection ; l'esprit et le corps seront inséparablement
réunis pour ne plus jamais être divisés,
conformément aux plans de notre Père céleste.
Les
fils de perdition et la résurrection
Il
y en a qui ont enseigné que la résurrection ne serait
pas universelle parmi ceux qui ont reçu un corps mortel, que
certains, appelés fils de perdition, se verraient refuser la
bénédiction de la résurrection. Il est très
étrange que l'on puisse entretenir pareille doctrine face aux
nombreuses instructions et révélations venant du
Seigneur et de tous ses saints prophètes. Elles enseignent
universellement que tous ressusciteront. La justice l'exige, parce
que les hommes ne sont pas responsables de la mort et par conséquent
ont le droit d'être rachetés de son étreinte.
Dans
sa grande miséricorde, son amour et sa justice, notre Père
céleste a prévu que tous ses enfants qui ont obtenu la
mortalité revivront. L'âme ne peut pas être
détruite. L'esprit de tous les hommes est éternel. Il a
vécu avant cette vie mortelle et, par l'expiation de
Jésus-Christ, il revivra lorsque cette vie mortelle sera
terminée.
Notre
Rédempteur est venu au monde pour se rendre maître de la
mort. Si une seule âme venue en ce monde, quelque mauvaise
qu'elle ait été, se voyait refuser la résurrection,
Jésus-Christ n'aurait pas la victoire. Il est par conséquent
impérieux que tous reçoivent la résurrection.
Personne
parmi ceux qui ont vécu et sont morts sur cette terre ne se
verra refuser la résurrection. La raison enseigne ceci et
c'est une simple question de justice. Adam seul a été
responsable de la mort, et par conséquent le Seigneur n'en
impute la responsabilité à personne d'autre. La justice
exige qu'on ne peut tenir pour responsable de la mort quelqu'un qui
ne l'est pas, et c'est pourquoi, comme Paul l'a dit : « Comme
tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. »
(1 Corinthiens 15:22)
Et
le Seigneur a dit : « Mais voici, en vérité, je
vous le dis, avant que la terre ne passe, Michel, mon archange,
sonnera de la trompette, et alors tous les morts se réveilleront,
car leurs tombes seront ouvertes, et ils ressusciteront, oui, à
savoir tous. Les justes seront rassemblés à ma droite
pour la vie éternelle, et les méchants qui seront à
ma gauche, j'aurai honte de les reconnaître devant le Père.
» (D&A 29:26-27)
Ce
passage devrait suffire pour mettre les idées en place à
n'importe quel membre de l'Église, mais chose étrange à
dire, il y en a qui le comprennent de travers et disent que cela ne
veut pas dire ce que cela dit.
Ensuite
nous avons l'affirmation bien claire de Jacob dans le Livre de Mormon
:
«
Et il vient dans le monde pour sauver tous les hommes, s'ils veulent
écouter sa voix ; car voici, il souffre les peines de tous les
hommes, oui, les peines de toute créature vivante, homme,
femme, enfant qui appartient à la famille d'Adam. Et il
supporte cela, afin que tous les hommes puissent obtenir la
résurrection, et que tous puissent se présenter devant
lui au grand jour du jugement. » (2 Néphi 9:21-22)
Qu'est-ce
qui pourrait être plus fort et plus convaincant que ces paroles
de notre Rédempteur : « Ne vous étonnez pas de
cela ; car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les
sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront
fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le
mal ressusciteront pour le jugement. » (Jean 5:28-29)
Examinons
maintenant quelques-unes des paroles des prophètes ultérieurs.
Ceci est du prophète Joseph Smith : « On a parlé
de ce que tous les hommes seraient rachetés de l'enfer ; mais
je dis que ceux qui pèchent contre le Saint-Esprit ne peuvent
être pardonnés dans ce monde ni dans le monde à
venir ; ils mourront de la seconde mort. Ceux qui commettent le péché
impardonnable sont condamnés à Gnolom : à
demeurer en enfer à toute éternité. Puisqu'ils
provoquent l'effusion de sang dans ce monde, ils se lèveront
dans cette résurrection qui est semblable à l'étang
de feu et de soufre. Certains ressusciteront dans les embrasements
éternels de Dieu, car Dieu demeure dans des embrasements
éternels, et d'autres ressusciteront dans la damnation de leur
propre impureté, qui est un tourment aussi atroce que celui de
l'étang de feu et de soufre. » (Enseignements du
prophète Joseph Smith, p. 509)
Ceci
est du président John Taylor : « Tout le monde
ressuscitera-t-il ? Oui, tous les êtres
vivants
! 'Mais chacun en son rang, Christ comme prémices, puis ceux
qui appartiennent à Christ, lors de son avènement.
Ensuite viendra la fin' (1 Corinthiens 15:23-24). Les saints vivront
et régneront mille ans avec le Christ. Un des apôtres
dit : 'Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu'à
ce que les mille ans fussent accomplis' (Apocalypse 20:5).
Mais
tous doivent sortir un jour ou l'autre du tombeau dans ce même
corps qu'ils possédaient pendant qu'ils vivaient sur la terre.
Les choses se passeront exactement comme Ézéchiel l'a
décrit : les os s'approcheront les uns des autres, des nerfs
et de la chair couvriront le squelette et sur l'ordre du Seigneur le
souffle entrera dans le corps, et beaucoup s'émerveilleront de
ce qu'ils seront' (Ézéchiel 37:1-14) ».
Et
voici le témoignage du président Joseph F. Smith : «
Tout être vivant qui naît à l'image de Dieu
ressuscitera exactement comme il est mort ; vous pouvez l'écrire
si vous voulez, et ne jamais l'oublier, ni vous permettre d'avoir la
moindre incrédulité à ce sujet. 'Comme tous
meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ' (1
Corinthiens 15:22). Peu importe que nous ayons bien ou mal agi, que
nous ayons été intelligents ou ignorants, ou que nous
ayons été serviteurs, esclaves ou hommes libres, tous
les hommes ressusciteront ; et, comme je comprends les choses,
lorsqu'ils ressusciteront, ils deviendront des êtres immortels
et ils ne subiront plus la dissolution de l'esprit et du corps. »
(Era, vol. 19, p. 386)
Ces
références devraient suffire, mais il y en a peut-être
qui viendront dire que le Seigneur a parlé autrement, et ils
baseront leurs prétentions sur les termes des Doctrine et
Alliances, section 76:38-39. Le président George Q. Cannon a
corrigé, il y a des années, cette interprétation
erronée comme suit :
«
Dans beaucoup d'esprits il y a eu un grand malentendu sur la question
de la résurrection. Certains ont eu l'idée — et
l'ont enseignée — que les fils de perdition ne
ressusciteront pas du tout. Ils basent cette idée et cette
conclusion sur les versets 38 et 39 de la section 76 du livre des
Doctrine et Alliances où le Seigneur dit :
«
'Oui, en vérité, les seuls qui ne seront pas rachetés
au temps fixé par le Seigneur, après avoir souffert sa
colère. Car tous les autres seront ramenés à la
vie par la résurrection des morts, grâce au triomphe et
à la gloire de l'Agneau qui fut immolé, qui était
dans le sein du Père avant que les mondes fussent créés.'
«
Mais quand on lit soigneusement ces versets et en particulier les
paragraphes précédents, on verra qu'en utilisant ces
termes le Seigneur n'exclut pas même les fils de perdition de
la résurrection. Il est clair que l'intention est de dire
explicitement à leur sujet qu'ils sont les seuls sur lesquels
la seconde mort aura un pouvoir quelconque, 'car tous les
autres
seront ramenés à la vie par la résurrection des
morts, grâce au triomphe et à la gloire de l'Agneau'.
Ces exclus sont les seuls sur lesquels la seconde mort aura un
pouvoir quelconque et 'les seuls qui ne seront pas rachetés au
temps fixé par le Seigneur, après avoir souffert sa
colère'.
«
Ceci ne veut absolument pas dire qu'ils n'auront pas de résurrection.
Jésus, notre Seigneur et Sauveur, est mort pour tous et tous
ressusciteront : bons, mauvais, blancs et noirs, les gens de toutes
les races, pécheurs ou non ; et quelque grands que soient
leurs péchés, la résurrection de leur corps est
certaine. Jésus est mort pour eux et ils ressusciteront tous
du tombeau par l'expiation qu'il a faite. » (Era, vol. 45, p.
827-829 ; Instructor, vol. 35, p. 123)
Y
en aura-t-il qui, après avoir reçu la résurrection,
mourront ou subiront la séparation de l'esprit et du corps ?
La réponse à ceci est manifestement non ! Quelle raison
pourrait-il y
avoir
à ne les faire ressusciter et à n'unir leur esprit et
leur corps que pour faire intervenir une deuxième fois la mort
et dissoudre leur âme ? Les paroles du prophète déjà
citées précisent que les fils de perdition, qui
provoquèrent l'effusion du sang, demeureront en enfer «
à toute éternité » (Enseignements du
prophète Joseph Smith, p. 361).
Selon
la parole du Seigneur — et nous devons l'accepter comme
définitive, quelles qu'aient été ou quelles que
soient maintenant les opinions des hommes — il nous est dit :
«
Et ceux qui restent seront également vivifiés ;
néanmoins, ils retourneront dans leur propre lieu pour jouir
de ce qu'ils sont disposés à recevoir, parce qu'ils
n'étaient pas disposés à jouir de ce qu'ils
auraient pu recevoir. » (D&A 88:32)
«
Ceux qui restent » doit désigner ceux qui ne sont inclus
dans aucun des trois royaumes ; à un autre endroit, section
76:33, le Seigneur a dit : « Car ils sont des vases de colère,
condamnés à subir la colère de Dieu dans
l'éternité avec le diable et ses anges. » Ce sont
ceux qui « demeurent impurs » (D&A 88:35, 102).
Amulek
a dit :
«
Cette restauration sera pour tous les hommes, jeunes et vieux,
esclaves et libres, hommes et femmes, méchants et justes ; et
pas même un seul cheveu de leur
tête
ne sera perdu ; mais toutes choses seront rendues à leur forme
parfaite, comme elles le sont maintenant dans le corps ; et ils
seront cités et amenés à la barre du Christ, le
Fils, de Dieu le Père et du Saint-Esprit, qui sont un seul
Dieu éternel, pour être jugés selon leurs
oeuvres, bonnes ou mauvaises.
«
Maintenant, voici, je vous ai parlé touchant la mort du corps
mortel, et aussi touchant la résurrection du corps mortel. Je
vous dis que ce corps mortel est ressuscité en un corps
immortel, c'est-à-dire de la mort, même de la première
mort, à la vie, de sorte qu'il ne puisse plus mourir; l'esprit
s'unissant au corps pour ne plus jamais être désuni ; le
tout devenant ainsi spirituel et immortel, afin qu'il ne puisse plus
voir la corruption. » (Alma 11:44-45)
Dans
ce passage, on voit qu'Amulek parle des morts, bons et mauvais, et
dans le suivant, au chapitre douze, Alma confirme cette doctrine en
ces termes à propos des méchants qui sont chassés
: « Alors, je vous le dis, ils seront comme s'il n'y avait
point eu de rédemption, car ils ne peuvent être rachetés
selon la justice de Dieu, et ils ne peuvent mourir, car il n'y a plus
de corruption. » (Alma 12:18)
Si
toutes les âmes ne ressuscitent pas, notre Sauveur ne
remportera pas la victoire sur la mort. Sa victoire doit être
et sera complète comme Paul l'a clairement dit (voir 1
Corinthiens 15:53-57). Dans la résurrection, l'esprit et le
corps sont inséparablement liés, de sorte qu'ils ne
peuvent plus jamais être séparés et ils
deviennent ainsi immortels.
Les
fils de perdition auront de l'ascendant sur Satan lui-même,
parce qu'il n'a pas de corps. Mais qui est Perdition ? Le Seigneur a
dit à Caïn : « Si tu agis bien, tu seras accepté.
Et si tu n'agis pas bien, le péché se couchera à
la porte et Satan désire t'avoir. Et si tu n'obéis pas
à mes commandements, je t'abandonnerai, et il te sera fait
selon son désir. Et tu régneras sur lui. Car
dorénavant, tu seras le père de ses mensonges ; tu
seras appelé Perdition, car tu étais aussi avant le
monde. » (Moïse 5:23-24)
Satan
le voulait parce que Caïn avait un corps. Il voulait plus de
puissance. Un homme qui a un corps aura bien entendu un plus grand
pouvoir qu'un simple esprit sans corps. Caïn pécha les
yeux grands ouverts et par conséquent il devint Perdition, le
père des mensonges.
Les
mort-nés
La
révélation ne donne aucune information concernant la
situation des mort-nés. Je donne cependant mon avis personnel
que nous devons espérer que ces enfants ressusciteront et
ensuite nous appartiendront. Je ne peux m'empêcher de croire
qu'il en sera ainsi.
Quand
un couple a un mort-né, nous lui donnons toute la consolation
que nous pouvons. Nous avons de bonnes raisons d'espérer. On
peut organiser un service funèbre pour ces enfants, si les
parents le désirent. Les mort-nés ne sont pas déclarés
ni enregistrés comme naissances et décès sur les
registres de l'Église, mais il est suggéré que
les parents inscrivent leur nom dans leurs annales familiales.
L'enfant
prend vie lorsque la mère sent le foetus vivre (voir Luc
1:39-41). Le président Brigham Young a dit que quand la mère
sent la vie entrer en son enfant, c'est l'esprit qui entre dans le
corps en vue de l'existence mortelle. Mais supposons qu'un accident
se produise et que l'esprit doive quitter prématurément
ce corps, qu'en sera-t-il alors ? Le médecin dit : «
C'est un mort-né » et c'est tout ce qu'il en sait ; mais
que l'esprit reste dans le corps [c'est-à-dire son propre
corps] une minute, une heure, un jour, un an ou y vive jusqu'à
ce que le corps ait atteint un âge avancé, il est
certain que le moment viendra où ils seront séparés
et où le corps retournera à la terre pour dormir dans
son sein. La mort, c'est cela.
En
d'autres occasions également, le président Young
enseigna que nous devions avoir de l'espérance pour la
résurrection des morts-nés. « Tout est bien pour
eux », dit-il, et on n'a pas besoin de faire quoi que ce soit
en matière de scellement ou d'ordonnance pour eux (Journal of
Discourses, vol. 17, p. 143).
La
résurrection de toutes choses
Tout
être vivant sur la terre, que ce soient les hommes, les
animaux, les poissons, les oiseaux ou les autres créatures que
le Seigneur a créés, sont rachetés de la mort
aux mêmes conditions que l'homme. Ces êtres vivants ne
sont pas plus responsables que nous de l'introduction de la mort dans
le monde et comme ils ont été créés par
le Père, ils ont droit à leur rédemption et à
leur durée éternelle.
La
terre elle-même quittera son corps mortel, car elle est, elle
aussi, un être vivant maintenant, tombé sous la
malédiction de la mort, et elle « se conforme à
la gloire d'un royaume céleste car elle remplit la mesure de
sa création et ne transgresse pas la loi — c'est
pourquoi, elle sera sanctifiée ; oui, bien qu'elle doive
mourir, elle sera vivifiée et supportera le pouvoir qui l'aura
vivifiée et les justes en hériteront » (D&A
88:25-26)
«
J'ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours »
(Ecclésiaste 3:14), lisons-nous dans les Écritures.
Nous savons que tous ces êtres sont animés par l'esprit
qui est en eux, exactement comme l'homme. Le Seigneur a déclaré
par l'intermédiaire du prophète que « l'esprit de
l'homme [est] à l'image de sa personne, de même que
l'esprit de la bête et de
toute
autre création de Dieu » (D&A 77:2). Y a-t-il un
être vivant que Dieu n'ait pas fait ? Si oui, le pouvoir de
créer lui a échappé des mains. Il est suprême,
et toute vie vient de lui, c'est le don qu'il a fait à toute
la création.
Le
corps purifié sera le même corps qui se lèvera
dans la « forme parfaite », et ainsi nous lisons : «
La fin viendra, les cieux et la terre seront consumés et
passeront, et il y aura un nouveau ciel et une nouvelle terre. Car
tout ce qui est ancien passera et tout deviendra neuf ; le ciel et la
terre et tout ce qu'ils renferment, les hommes et les bêtes,
les oiseaux de l'air et les poissons de la mer ; et ni un cheveu, ni
un fétu de paille ne seront perdus, car c'est l'oeuvre de mes
mains. » (D&A 29:23-25)
Les
bénédictions de la résurrection
L'immortalité
de l'âme est le don que Dieu fait par l'intermédiaire de
la mort et de la résurrection de son Fils Jésus-Christ.
Si le Sauveur n'était pas mort pour le monde, l'homme serait
resté dans ses péchés. Il n'aurait pas pu y
avoir de résurrection des morts et le corps physique serait
descendu dans le tombeau sans résurrection, tandis que
l'esprit aurait été éternellement assujetti au
diable et à ses anges (voir 2 Néphi 9:7-9).
Dans
la mortalité l'esprit et le corps ne sont pas inséparablement
liés. C'est pourquoi, dans
la
mortalité, l'homme ne peut pas recevoir une plénitude
de joie. Ce n'est que grâce à la résurrection et
au fait que l'esprit et le corps seront inséparablement unis
que l'immortalité et la vie éternelle pourront se
produire (voir D&A 88:14-16 ; 93:33-34).
Nul
ne peut obtenir l'unification inséparable de l'esprit et du
corps avant de mourir. C'est pourquoi la mort est tout aussi
importante, en ce qui concerne la vie, que la naissance. La raison en
est que dans cette vie, l'esprit et le corps ne sont pas
inséparablement liés. Lorsqu'une maladie mortelle se
produit, ou la vieillesse, vient la séparation, l'esprit
quitte le
corps
et le corps va au tombeau pour attendre la résurrection.
Lorsque l'esprit et le corps se réuniront dans la résurrection
des morts, ils seront unis de telle manière qu'ils ne pourront
être séparés, et il n'y aura plus de mort.
Alors
l'homme pourra recevoir une plénitude de joie. Pendant qu'il
est dans cet état temporel d'esprit et de corps, il ne peut
recevoir de plénitude de joie. Personne, dans la mortalité,
ne peut recevoir la plénitude de joie que le Seigneur a en
réserve pour lui. Ce n'est qu'après la résurrection
des morts, ce n'est que lorsque l'esprit et le corps seront
inséparablement unis — lorsque, grâce à la
résurrection, l'esprit et le corps auront été
soudés
inséparablement l'un à l'autre — que cette
plénitude pourra se produire. C'est là la beauté
de la résurrection, c'est là l'objectif de la
résurrection des morts.
Il
est donc nécessaire que tous les hommes meurent. C'est
nécessaire pour réaliser la bénédiction
supérieure qui ne peut être donnée que si nous
mourons. Nul ne veut avoir la malédiction de la mortalité
et vivre à jamais. Non, ce serait une calamité (voir 2
Néphi 9:6). La
mortalité, c'est bien pour le peu de temps que nous passons
dans ce monde. Elle est nécessaire. C'est une partie
extrêmement importante de notre existence, parce que c'est ici
que nous faisons nos preuves. C'est ici que nous nous préparons
pour ce qui va arriver. Telle est l'importance de la mortalité,
et cependant beaucoup la traitent à la légère.
Nous la considérons comme de peu d'importance. Voilà
comment beaucoup d'entre nous considèrent la vie : «
Nous sommes ici aujourd'hui ; nous serons partis demain. Demain, on
verra. Nous allons nous donner du bon temps ici. » Ne remettez
pas à plus tard le jour
de
votre repentance. Le moment peut venir où il sera trop tard
(voir Alma 34:31-35).
Nature
des corps ressuscités
Dans
la résurrection des morts, les corps qui ont été
déposés corps naturels ressusciteront corps spirituels.
C'est-à-dire que dans la mortalité, la vie du corps est
dans le sang (voir Lévitique 17:11), mais le corps, quand il
sera ressuscité à l'immortalité, sera vivifié
par l'esprit et non par le sang. Par conséquent il deviendra
spirituel, mais il sera compocé de chair et d'os, tout comme
l'était le corps de Jésus qui est le prototype (voir
Luc 24:36-43).
Ceux
qui nient la résurrection littérale comprennent tout à
fait erronément ce qu'on entend par corps spirituel. Ils ont
basé leur conclusion sur le passage où Paul dit que le
corps ressuscite corps spirituel et que la chair et le sang ne
peuvent hériter le royaume de Dieu (voir 1 Corinthiens
15:42-57). Ils ne peuvent pas concevoir dans leur esprit un corps
ressuscité d'entre les morts, composé de chair et d'os,
vivifié par l'esprit et non par le sang.
Quand
Paul parlait du corps spirituel, il ne parlait pas du tout du corps
d'esprit, et c'est là qu'ils commettent leur erreur. Ils
confondent le corps spirituel ou, en d'autres termes, le corps
vivifié par l'esprit avec le corps d'esprit seulement. Ils
pensent que ceux qui croient en la résurrection du corps
littéral croient qu'ils ressusciteront vivifiés par le
sang, ce qui n'est pas le cas.
Après
la résurrection, notre corps sera un corps spirituel, mais ce
sera un corps tangible, un corps qui aura été purifié,
mais ce sera néanmoins un corps de chair et d'os. Ce ne sera
pas un corps de sang. Il ne sera plus vivifié par le sang,
mais vivifié par l'esprit qui est éternel et ils
deviendront immortels et ne mourront jamais (voir D&A 88:15-32).
Si
nos bons amis comprenaient cela, ils ne tomberaient pas dans l'erreur
de penser que la
doctrine
de Paul était en conflit avec celle du Seigneur et Sauveur
Jésus-Christ, quand Paul déclara que le corps qui
ressusciterait serait un corps spirituel. Vous lisez dans le livre de
la Genèse ce passage où le Seigneur dit à Noé,
après le déluge, que le sang était la vie du
corps ; le sang en est l'âme, dit- il. C'est pourquoi «
si quelqu'un verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera
versé », parce que le sang est la vie du corps mortel
(voir Genèse 9:3-6).
Mais
ce n'est pas le cas du corps qui se lève dans la résurrection,
qui est le corps immortel. Il ne s'y trouve pas de sang, mais c'est
l'esprit qui est la puissance vivifiante. C'est pourquoi ce n'est
plus un corps vivifié par le sang, mais un corps vivifié
par l'esprit, et c'est pourquoi c'est un corps spirituel, mais un
corps tangible de chair et d'os, tout comme le corps du Fils de Dieu.
Telle est la doctrine du Seigneur et Sauveur du monde.
Comprenons
bien la signification de ce mot corruption. À cause de l'usage
que l'on fait ordinairement de ce mot, il se peut que ce que vous
avez à l'esprit ne soit pas exactement le sens que lui donne
Paul dans ce passage d'Écriture (1 Corinthiens 15:42-57).
Corruption signifie ici mortalité. Cela signifie être
dans ce monde de changement.
Notre
corps change constamment. Il rejette les déchets et assimile
du nouveau. Il est constitué de telle manière que la
nourriture que nous mangeons, l'eau que nous buvons, l'air que nous
respirons, édifient et remplacent les cellules qui se sont
dégradées ou ont rempli leur mission et ont été
rejetées. Ce corps que nous avons maintenant est donc, comme
le dit Paul, un corps corruptible, et ce prophète parle du
corps mortel quand il parle de corruption. Notre corps mortel
deviendra finalement, par la résurrection, un corps
incorruptible qui ne sera plus sujet à ces changements, qui ne
sera plus sujet à la maladie et à la décomposition.
Dans
la résurrection, il y aura différentes sortes de corps
; ils ne seront pas tous semblables. Le corps qu'un homme reçoit
déterminera sa place dans l'au-delà. Il y aura des
corps célestes, des corps terrestres et des corps télestes
(voir D&A 76:50-113 ; 88:15-32 ; 1 Corinthiens 15:35-42), et ces
corps différeront nettement.
Les
corps seront vivifiés selon le royaume dans lequel ils seront
jugés dignes d'entrer. Il y a bien des années, Orson
Pratt, écrivant sur la résurrection et le genre de
corps qui ressusciteraient dans ces royaumes, dit :
«
Dans toutes les espèces d'animaux et de plantes, il y a
beaucoup de ressemblances dans les traits généraux et
beaucoup de différences spécifiques caractérisant
les individus de chaque espèce. Il en va de même dans la
résurrection. Il y aura plusieurs catégories de corps
ressuscites, les uns célestes, les autres terrestres, les
autres télestes et d'autres encore fils de perdition. Chacune
de ces catégories différera des autres par des
caractères distinctifs essentiels et marqués ;
cependant, dans chacune, considérée en elle-même,
on trouvera beaucoup de ressemblances aussi bien que des
distinctions. Il y aura l'une ou l'autre caractéristique
physique qui permettra d'identifier chaque membre de chaque
catégorie. »
Certains
obtiendront un corps céleste avec tous les pouvoirs de
l'exaltation et de l'accroissement éternel. Ces corps
brilleront comme le soleil comme celui de notre Sauveur décrit
par Jean (voir Apocalypse 1:12-18 ; D&A 110:1-4 ; Exode 24:9-10).
Ceux qui entrent dans le royaume terrestre auront un corps terrestre
et ils ne brilleront pas comme le soleil, mais ils seront plus
glorieux que le corps de ceux qui reçoivent la gloire téleste.
Dans
ces deux royaumes, terrestre et téleste, il y aura des
changements dans le corps et des limitations. Ils n'auront pas le
pouvoir de l'accroissement ni le pouvoir ou la nature leur permettant
de vivre comme maris et femmes, car ceci leur sera refusé et
ils ne pourront avoir d'accroissement.
Ceux
qui reçoivent l'exaltation dans le royaume céleste
auront la « continuation des postérités pour
toujours et à jamais » (D&A 132:19). Ils vivront
sous forme de familles. Dans les royaumes terrestre et téleste
il n'y aura pas de mariage. Ceux qui y entreront resteront «
séparés et célibataires » à jamais
(voir D&A 132:15-32).
Certaines
des fonctions du corps céleste n'apparaîtront pas dans
le corps terrestre ni dans le corps téleste, et le pouvoir de
procréation sera enlevé. Je pense que, dans ces
royaumes, les hommes et les femmes seront exactement ce à quoi
le monde chrétien s'attend à ce que nous soyons tous :
ni hommes, ni femmes, simplement des êtres immortels ayant reçu
la résurrection.
Comment
les corps sortiront-ils des tombeaux à la résurrection,
pensez-vous ? Quand l'ange Moroni apparut au prophète Joseph
Smith, celui-ci le vit apparemment descendre et monter à
travers les murs pleins ou le toit du bâtiment (voir Joseph
Smith, Histoire, 30, 43-45). Si le récit du prophète
avait été une falsification, il n'aurait jamais raconté
pareille histoire (comme nous pouvons être sûrs qu'il
n'aurait jamais pensé à cela), mais aurait fait entrer
l'ange par la porte. Pourquoi penser qu'il serait moins possible à
un être ressuscité qu'à un esprit de traverser
des objets solides ? Un esprit n'est-il pas également de la
matière (voir D&A 131:7-8) ?
Il
fut tout aussi facile à l'ange Moroni d'apparaître au
prophète Joseph Smith en traversant le bâtiment qu'à
notre Sauveur d'apparaître à ses disciples après
sa résurrection dans la chambre où ils étaient
assemblés, alors que la porte était fermée : «
Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les
portes du lieu où se trouvaient les disciples étant
fermées, à cause de la crainte qu'ils avaient des
Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d'eux, et leur
dit : La paix soit avec vous ! » (Jean 20:19)
Vous
voyez, la porte était fermée « à cause de
la crainte qu'ils avaient des Juifs », mais cela n'empêcha
pas Jésus de leur apparaître dans la chambre. Comment
s'y prit-il ? Il avait pouvoir sur les éléments.
Certains savants ont expliqué ceci en disant que nous sommes
limités à trois dimensions, mais les êtres
supérieurs peuvent disposer de nombreuses dimensions dont nous
ignorons tout. Un savant, qui ne croit pas en la résurrection,
a dit qu'un être mortel, si son corps pouvait vibrer de la
manière appropriée, pourrait traverser des objets
solides. Nous ne savons pas comment les êtres ressuscités
s'y prennent, mais nous savons que cela s'est fait, car le Sauveur et
d'autres l'ont fait.
La
perfection physique dans la résurrection
Un
peu de réflexion intelligente nous révélera
qu'il serait illogique que notre corps ressuscite avec toutes sortes
d'imperfections. Les uns ont été brûlés au
bûcher à cause de la vérité. D'autres ont
été décapités, d'autres ont été
écartelés ; par exemple, Jean-Baptiste fut décapité
et obtint sa résurrection au moment de la résurrection
de notre Rédempteur. Il nous est impossible de penser qu'il
soit ressuscité en tenant sa tête dans les mains ; notre
raison nous dit qu'il était physiquement complet dans la
résurrection. Il apparut au prophète Joseph Smith et à
Oliver Cowdery avec un corps ressuscité parfait.
Quand
nous ressusciterons, notre esprit et notre corps seront réunis
inséparablement pour ne plus jamais être divisés
et ils seront alors affectés au royaume auquel ils
appartiennent. Toutes les difformités et toutes les
imperfections seront enlevées et le corps se conformera à
l'image de l'esprit, car le Seigneur a révélé :
« Ce qui est spirituel étant à
l'image
de ce qui est temporel et ce qui est temporel étant à
l'image de ce qui est spirituel ; l'esprit de l'homme à
l'image de sa personne, de même que l'esprit de la bête
et de toute autre création de Dieu. » (D&A 77:2)
Le
prophète Amulek a très clairement défini le
sujet en ces termes :
«
Maintenant, il y a une mort qui est appelée mort temporelle ;
et la mort du Christ dénouera les liens de cette mort
temporelle… l'esprit et le corps seront réunis de
nouveau dans leurs formes parfaites ; membres et jointures seront
rendus à leurs formes propres, exactement comme nous le sommes
en ce moment ; et nous serons conduits devant Dieu, connaissant comme
nous connaissons en ce moment et nous aurons un souvenir vif de toute
notre culpabilité.
«
Cette restauration sera pour tous les hommes, jeunes et vieux,
esclaves et libres, hommes et femmes, méchants et justes ; et
pas même un seul cheveu de leur tête ne sera perdu ; mais
toutes choses seront rendues à leurs formes parfaites, comme
elles le sont maintenant dans le corps ; et ils seront cités
et amenés à la barre du Christ, le Fils, de Dieu le
Père et du Saint-Esprit, qui sont un seul Dieu éternel,
pour être jugés selon leurs oeuvres, bonnes ou
mauvaises.
«
Maintenant, voici, je vous ai parlé touchant la mort du corps
mortel, et aussi touchant la résurrection du corps mortel. Je
vous dis que ce corps mortel est ressuscité en un corps
immortel, c'est-à-drre de la mort, même de la première
mort, à la vie, de sorte qu'il ne puisse plus mourir ;
l'esprit s'unissant au corps pour ne plus jamais être désuni
; le tout devenant ainsi spirituel et immortel, afin qu'il ne puisse
plus voir la corruption. » (Alma 11:42-45)
Parlant
de la résurrection de notre Seigneur, qui lui donnera le
pouvoir d'appeler tous les morts, Alma dit : « Oui, ceci
réalise la restauration de ces choses dont il a été
parlé par la
bouche
des prophètes. L'âme sera restituée au corps, et
le corps à l'âme ; oui, et chaque membre, chaque
jointure sera restituée à son corps ; oui, pas même
un cheveu de la tête ne sera perdu, mais toutes choses seront
restaurées dans leur forme propre et parfaite. » (Alma
40:22-23)
Nous
ne devons pas juger de la résurrection des autres en fonction
de la résurrection de Jésus-Christ. Il est vrai qu'il
est apparu à ses disciples et les a invités à
examiner la marque des clous dans ses mains et dans ses pieds et la
blessure causée par la lance dans son côté, mais
c'était une manifestation spéciale pour eux.
Nous
devons savoir que les disciples n'avaient pas compris qu'il allait
ressusciter, et cette manifestation était pour leur profit.
Thomas n'était pas là, et les autres disciples eurent
des difficultés à le convaincre que le Seigneur était
ressuscité. Thomas n'était pas plus mauvais qu'aucun
autre des apôtres. Ils auraient peut-être fait exactement
la même chose
que
lui s'ils n'avaient pas été là. Le Seigneur leur
dit et plus tard lui dit : « Voyez mes mains et mes pieds,
c'est bien moi ; touchez-moi et voyez : un esprit n'a ni chair ni os,
comme vous voyez que j'ai. » (Luc 24:39 ; Jean 20:24-29)
Lorsque,
comme le rapportent Doctrine et Alliances 45:51-53, le Sauveur ira
aux Juifs à l'heure de leur détresse, il leur montrera
les blessures de ses mains et de ses pieds :
«
Alors les Juifs poseront les yeux sur moi et diront : Quelles sont
ces plaies dans tes mains et dans tes pieds ? Alors ils sauront que
je suis le Seigneur, car je leur dirai : Ces plaies sont celles qui
m'ont été infligées dans la maison de mes amis.
Je suis celui qui a été élevé. Je suis
Jésus qui a été crucifié. Je suis le Fils
de Dieu. Alors, ils pleureront à cause de leurs iniquités
; alors ils se lamenteront parce qu'ils ont persécuté
leur roi. »
Le
prophète Zacharie a également prophétisé
le second avènement du Sauveur et son apparition aux Juifs,
lorsqu'ils fuiront devant leurs ennemis et que le mont des Oliviers
se fendra en deux, ce qui créera une vallée où
ils chercheront refuge. À ce moment précis, il
apparaîtra et ils diront : « D'où viennent ces
blessures que tu as aux mains ? Il répondra : C'est dans la
maison de ceux qui m'aimaient que je les ai reçues »
(Zacharie 12:9-14 ; 13:1-9 ; 14:1-21). Alors ils se lamenteront,
chaque famille de son côté, pour avoir rejeté
leur Seigneur.
Il
est vrai qu'il montra également ses blessures aux Néphites
lorsqu'il les visita dans la même intention, afin de les
convaincre de son identité et leur donner un témoignage
de sa souffrance (voir 3 Néphi 11:10-17). On ne peut guère
considérer que ces blessures sont restées dans ses
mains, son côté et ses pieds tout au long des siècles
depuis sa crucifixion et resteront jusqu'à son second
avènement. Mais elles apparaîtront aux Juifs comme
témoignage contre leurs pères et leur entêtement
à suivre les enseignements de leurs pères. Lorsqu'ils
auront pleuré et se seront lamentés, ils seront
purifiés.
Quand
une personne se lèvera dans la résurrection, son corps
sera parfait (voir 2 Néphi 9:13-16 ; Mosiah 3:24—27 ;
Alma 11:43 ; 12:14 ; 41:13-15 ; 42:22-25), mais cela ne veut pas dire
qu'elle sera parfaite dans la foi. Il y aura différentes
espèces de corps dans la résurrection — célestes,
terrestres et télestes — et ils ne se ressembleront pas.
Chacun recevra selon ses oeuvres.
Les
corps se lèveront, bien entendu, comme ils ont été
déposés, mais retrouveront immédiatement leur
forme propre et parfaite. Les personnes âgées n'auront
pas l'air âgé quand elles se lèveront du tombeau.
Les cicatrices seront enlevées. Personne ne sera courbé
ou ridé. Comme il serait insensé qu'un homme se lève
dans la résurrection, ayant perdu une jambe et doive attendre
qu'elle pousse de nouveau. Chaque corps se lèvera sous sa
forme parfaite. S'il y a eu une difformité ou une invalidité
physique dans cette vie, elle sera enlevée.
Le
Seigneur n'est pas impuissant à guérir et à
rendre aux morts leur forme parfaite dans la résurrection. Si
le Sauveur pouvait guérir des mains desséchées,
des yeux qui n'avaient jamais vu, des corps déformés
dans cette vie mortelle, assurément le Père ne
permettra pas que des corps se lèvent dans la résurrection
sans être physiquement parfaits.
Si
un homme a traversé la vie avec un pied bot ou une autre
difformité, ressuscitera-t-il avec le pied bot ou la
difformité et devra-t-il attendre « le rétablissement
de toutes choses » pour que cette imperfection lui soit enlevée
? La réponse est non !
Allons
un peu plus loin. Si, pour cause de maladie, quelqu'un passe la plus
grande partie de sa vie avec une difformité — diabète,
tumeur, tuberculose — faudra-t-il qu'il souffre de cette
maladie jusqu'au jour du « rétablissement de toutes
choses » ? Certainement pas et il est tout aussi illogique de
prétendre que le pied bot devrait rester que de dire que l'une
quelconque de ces autres difformités ou maladies doive rester.
Bien
entendu, les enfants qui meurent ne grandissent pas dans la tombe.
Ils se lèveront avec leur corps tel qu'il a été
déposé, et alors il pourra atteindre la pleine maturité
après la résurrection, mais tous recouvreront
pleinement leur corps.
Le
président Joseph F. Smith a dit à propos de la
résurrection que la personne se lèvera sous la même
forme et le même aspect, « jusqu'aux blessures de la
chair. Non que la personne sera toujours déformée par
les cicatrices, les plaies, les difformités, les défauts
ou les infirmités, car elles seront enlevées en temps
voulu, au moment approprié selon la providence miséricordieuse
de Dieu » (Joseph F. Smith, Gospel Doctrine, 4e édition,
p. 30).
Le
président Smith était pleinement d'accord avec Amulek
et Alma. Il enseigna que le corps serait rétabli comme il est
dit dans Alma 11:42-45 et 40:22-23. Tout en exprimant la pensée
que le corps se lèvera tel qu'il a été déposé,
il dit aussi qu'il faudra du temps pour ramener le corps de ses
imperfections. Ceci est bien entendu raisonnable, mais en même
temps
le temps qu'il faudra pour faire ces adaptations sera négligeable.
Le
président Smith n'a jamais voulu donner l'impression qu'il
faudrait des semaines ou des mois pour éliminer les défauts.
Ces changements se produiront naturellement, bien entendu, mais
presque instantanément. Nous ne pouvons voir les choses
d'aucune autre façon. Par exemple, un homme qui a perdu la
jambe dans l'enfance se verra rendre sa jambe. Elle ne pousse pas
dans le tombeau ; elle sera restituée naturellement, mais avec
la puissance du Tout-Puissant il ne faudra pas beaucoup de temps pour
que cela se fasse.
Quand
le président Smith dit que « le corps se lèvera
tel qu'il est déposé, car il n'y a pas de croissance au
tombeau » (Smith, op. cit, p. 566), il pense à ceci :
les bébés et les enfants ne grandissent pas dans la
tombe, mais quand ils ressusciteront, ils ressusciteront
dans
le même corps avec la même taille qu'ils avaient lorsque
le corps fut enterré. Après la résurrection, le
corps grandira jusqu'à ce qu'il ait atteint la pleine stature
de l'adulte. Il ne voulait pas enseigner que l'adulte qui perd une
jambe se lèvera sans elle jusqu'à ce qu'elle puisse lui
être greffée après la résurrection. Son
corps se lèvera complet à tous égards.
Les
difformités et autres seront corrigées, si pas
immédiatement au moment de l'union de l'esprit et du corps, en
tout cas si tôt après que cela ne fera aucune
différence. Nous pouvons être sûrs que chacun
recevra son corps dans sa forme parfaite dans la résurrection.
La
première et la seconde résurrections
Le
Seigneur pensait littéralement ce qu'il disait lorsqu'il
déclara que les morts entendraient
sa
voix et se lèveraient, que ceux qui auraient fait le bien
ressusciteraient pour la vie et que ceux qui auraient fait le mal
ressusciteraient pour la damnation (Jean 5:24-29, version du roi
Jacques).
La
résurrection sera accordée à tous les hommes,
car ils ne sont pas responsables de la mort. Le Seigneur ne les
châtiera pas pour la transgression d'Adam (voir 1 Corinthiens
15:22). Par conséquent, il a pris sur lui les péchés
de toute l'humanité, racheté toute la création
de la mort et accordé à chacun d'entre nous la
résurrection, mais pas la vie éternelle, pas le salut
total, pas l'existence en la présence de son Père dans
le royaume céleste. Ceci est le résultat de la
fidélité, de la diligence, de la persévérance
de notre part et parce que nous aurons cru, accepté et
respecté les commandements du Seigneur (voir D&A 18:10-12
; 29:43-44).
Bien
qu'il y ait eu une résurrection générale des
justes au moment où le Christ ressuscita des morts, nous
considérons habituellement la résurrection des justes
lors du second avènement du Christ comme étant la
première résurrection. C'est la première pour
nous. Le Seigneur a promis qu'au moment de son second avènement,
les tombeaux s'ouvriraient et les justes se lèveraient pour
régner avec lui sur la terre pendant mille ans.
Dans
l'Apocalypse, Jean écrit à leur sujet :
«
Et je vis des trônes ; et à ceux qui s'y assirent fut
donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux
qui avaient été décapités à cause
du témoignage de Jésus et à cause de la parole
de Dieu, et de ceux qui n'avaient pas adoré la bête ni
son image, et qui n'avaient pas reçu la marque sur leur front
et sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent
avec Christ pendant mille ans.
«
Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu'à ce
que les mille ans fussent accomplis. C'est la première
résurrection. Heureux et saints ceux qui ont part à la
première résurrection ! La seconde mort n'a point de
pouvoir sur eux ; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de
Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans. »
(Apocalypse 20:4-6)
Dans
la révélation moderne donnée à l'Église,
le Seigneur en a révélé davantage à
propos de ce glorieux événement. Il y aura au moins
deux catégories qui auront la bénédiction de
ressusciter
à ce moment-là : premièrement ceux qui «
demeureront pour toujours et à jamais dans la présence
de Dieu et de son Christ » (D&A 76:62) ; et deuxièmement
les hommes honorables, ceux qui appartiennent au royaume terrestre
ainsi que ceux du royaume céleste.
Au
moment de la venue du Christ, « ceux qui auront dormi dans
leurs tombeaux sortiront, car leurs tombeaux seront ouverts ; et ils
seront, eux aussi, enlevés à sa rencontre au milieu de
la colonne du ciel — ils sont au Christ, les prémices,
ceux qui descendront avec lui les premiers, et ceux qui, sur terre et
dans leurs tombeaux, seront les premiers enlevés à sa
rencontre ; et tout cela par la voix de la trompette de l'ange de
Dieu. » (D&A 88:97-98)
Ce
sont les justes « dont le nom est écrit dans les cieux,
où Dieu et le Christ sont les juges de tous. Ce sont les
justes rendus parfaits par l'intermédiaire de Jésus, le
médiateur de la nouvelle alliance, qui accomplit cette
expiation parfaite par l'effusion de son propre sang. » (D&A
76:68-69)
Après
ce grand événement, et lorsque le Seigneur et les
justes qui sont enlevés à sa rencontre seront descendus
sur la terre, se produira une autre résurrection. On peut la
considérer comme faisant partie de la première, bien
qu'elle se produise plus tard. Dans cette résurrection se
lèveront ceux de l'ordre terrestre, qui n'ont pas été
dignes d'être enlevés à sa rencontre, mais qui
sont dignes de venir jouir du règne millénaire.
Il
est écrit qu'un autre ange sonnera, ce qui est la deuxième
trompette : « Alors vient la rédemption de ceux qui
appartiennent au Christ à sa venue, qui ont reçu leur
part dans cette prison qui est préparée pour eux, afin
qu'ils reçoivent l'Évangile et soient jugés
selon les hommes dans la chair. » (D&A 88:99)
Cette
autre catégorie, qui aura aussi le droit à la première
résurrection, est composée de ceux qui ne sont pas
membres de l'Église du Premier-né, mais qui ont mené
une vie honorable tout en refusant d'accepter la plénitude de
l'Evangile.
Dans
cette catégorie, se trouveront aussi ceux qui sont morts sans
loi et par conséquent ne sont pas sous la condamnation pour
avoir violé les commandements du Seigneur. Il leur est promis
dans les termes suivants qu'ils seront rachetés de la mort : «
Alors les nations païennes seront rachetées et ceux qui
n'ont pas connu de loi auront part à la première
résurrection ; et elle sera supportable pour eux » (D&A
45:54). Eux aussi goûteront à la miséricorde du
Seigneur, leur esprit et leur corps seront réunis
inséparablement, devenant ainsi immortels, mais pas avec la
plénitude de la gloire de Dieu.
Tous
les menteurs, sorciers et adultères et tous ceux qui aiment et
pratiquent le mensonge ne ressusciteront pas à ce moment-là
mais seront précipités pendant mille ans en enfer où
ils subiront la colère de Dieu jusqu'à ce qu'ils aient
payé le prix de leurs péchés, si c'est possible,
par les choses qu'ils souffriront.
Ce
sont « les esprits des hommes qui doivent être jugés
et se trouvent être sous la condamnation. Ceux-là sont
le reste des morts ; et ils ne revivront pas avant que les mille ans
soient passés, et pas avant la fin de la terre » (D&A
88:100-101).
Ce
sont les multitudes du monde téleste qui sont condamnées
à subir « la colère de Dieu sur terre » et
qui sont « précipitées en enfer et qui subissent
la colère du Dieu tout-puissant, jusqu'à la plénitude
des temps quand le Christ aura mis tous ses ennemis sous ses pieds et
aura parachevé son oeuvre » (D&A 76:104-106).
Ceux-ci
ne vivent pas pendant le règne millénaire, mais passent
ce temps-là dans le tourment ou l'angoisse d'âme à
cause de leurs transgressions. Le Christ a dit qu'il a souffert pour
tous ceux qui se repentiraient, mais sa colère est allumée
contre ceux qui ne veulent pas se repentir, et ils doivent souffrir,
« et tu ne sais pas combien [ces souffrances] sont cruelles, tu
ne sais pas combien elles sont extrêmes, oui, tu ne sais pas
combien elles sont intolérâbles. Car voici, moi, Dieu,
j'ai souffert cela pour tous afin qu'ils ne souffrent pas s'ils se
repentent. Mais s'ils ne veulent pas se repentir, ils doivent
souffrir tout comme moi. Et ces souffrances m'ont fait trembler de
douleur, moi Dieu, le plus grand de tous, et elles m'ont fait saigner
à chaque pore, m'ont torturé à la fois le corps
et l'esprit » (D&A 19:15-18).
Cette
souffrance sera un moyen de purification et, grâce à
elle, les méchants seront amenés à un état
de grâce auquel ils pourront, par la rédemption de
Jésus-Christ, obtenir l'immortalité. Leur esprit et
leur corps seront de nouveau unis et ils demeureront dans le royaume
téleste. Mais cette résurrection ne se produira qu'à
la fin du monde.
Paul
dit : « Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à
celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit
toute domination, toute autorité et toute puissance. Car il
faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les
ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit,
c'est la mort. » (1 Corinthiens 15:24-26)
La
victoire de Jésus-Christ ne sera complète que quand la
mort aura été détruite, et la mort ne sera
détruite que lorsque tous les êtres vivants affectés
par la chute auront été rachetés de la mort par
la résurrection. Ceci n'assure évidemment pas une place
dans le royaume de Dieu à ceux qui ont mené une vie de
méchanceté. S'ils paient le prix de leurs péchés
et obtiennent la résurrection, néanmoins ils iront «
dans leur propre lieu pour jouir de ce qu'ils sont disposés à
recevoir, parce qu'ils n'étaient pas disposés à
jouir de ce qu'ils auraient pu recevoir » (D&A 88:32).
Ils
ne goûtent pas à la vie éternelle ni au salut en
la présence de Dieu, mais sont éfernellement exclus de
sa présence. Néanmoins, dans son infinie bonté,
notre Père céleste les bénira, dans la mesure où
c'est possible, conformément aux lois de la justice et de la
miséricorde.
Cette
doctrine, le Seigneur la révéla à Joseph Smith.
Elle ne se retrouve que chez les saints des derniers jours car même
aujourd'hui persiste l'idée fausse que si un homme n'est pas
sauvé dans le royaume de Dieu, il est damné dans les
tourments éternels de l'enfer, sans espoir de soulagement pour
ses souffrances.
Certains
pensent que la résurrection est constamment en cours
maintenant, mais ce n'est que de la spéculation sans aucune
garantie de la part des Écritures. Il est vrai que le Seigneur
a le pouvoir de ressusciter d'entre les morts tous ceux qu'il désire,
surtout s'ils ont à accomplir une mission qui exigerait leur
résurrection. Par exemple, nous avons les cas de Pierre,
Jacques et Moroni.
Il
semble bien que la première résurrection encore future,
qui signifie la résurrection des justes, aura lieu à un
moment bien déterminé, qui est celui où le
Seigneur apparaîtra dans les nuées du ciel, quand il
reviendra régner. C'est de la spéculation pure que de
nous demander si le prophète Joseph Smith, Hyrum Smith,
Brigham Young et d'autres ont été
ressuscites
ou non si l'on n'a aucune révélation du Seigneur.
Lorsque le Seigneur voudra l'un de ces hommes, il aura le pouvoir de
l'appeler, mais la première résurrection, qui est celle
qui nous intéresse dans l'avenir, commencera lorsque le Christ
viendra.
Le
Christ fut les prémices de la résurrection. Il détient
les clefs de la résurrection. La première résurrection
eut lieu immédiatement après sa résurrection. Un
malentendu s'est produit dans l'esprit de certains à cause de
ce qu'Alma dit à son fils Corianton (voir Alma 40:15-21). Ils
croient qu'Alma a dit que tous les morts, bons et mauvais, qui
vécurent avant la venue de notre Seigneur, obtiendraient la
résurrection avant tous ceux qui mourraient après sa
venue. Mais si on lit attentivement le texte d'Alma, on verra qu'il
ne voulait rien dire de la sorte. Abinadi a expliqué très
clairement la question (voir Mosiah 15:22-26).
Alma
ne veut pas dire, bien que le verset 19 du chapitre 40 l'implique,
que les méchants qui ont vécu avant le Christ
ressusciteront avant les justes qui ont vécu après la
venue du Christ ; on peut déduire cela de ce qu'il dit au
verset 19, mais au verset 20 il le modifie et dit que ce seront les
âmes et les corps des justes qui viennent au moment de la
résurrection.
Nous
voyons Abinadi enseigner que les méchants n'ont aucune part
dans la première résurrection, et la première
résurrection, pour Abinadi qui vécut avant le temps du
Christ, c'était le moment de la résurrection de notre
Sauveur (voir Matthieu 27:52-53 ; 3 Néphi 23:9-10) ; nous en
concluons que les méchants, quelle que soit l'époque où
ils aient vécu, devront attendre la résurrection finale
(voir Actes 2:29).
Les
êtres enlevés au ciel sont toujours mortels et devront
passer par l'expérience de la mort ou la séparation de
l'esprit et du corps, bien que ceci doive être instantané.
Les habitants de la ville d'Énoch, Élie et les autres
qui reçurent cette grande bénédiction de la
translation dans les temps anciens, avant la venue de notre Seigneur,
n'auraient pas pu obtenir la résurrection ou passer de la
mortalité à l'immortalité à ce moment-là,
parce que notre Seigneur n'avait pas payé la dette qui nous
libère de la mortalité et nous accorde la résurrection
et la vie immortelle.
Le
Christ est la « résurrection et la vie » (Jean
11:25) et les prémices des morts (voir 1 Corinthiens 15:23).
C'est pourquoi personne ne pouvait passer de la mortalité à
l'immortalité tant que notre Sauveur n'avait pas terminé
son oeuvre de rédemption de
l'homme
et n'avait pas acquis les clefs de la résurrection, étant
le premier à ressusciter, ayant « la vie en lui-même
» et le pouvoir de donner sa vie et de la reprendre, libérant
ainsi tous les hommes de la servitude que la chute leur avait imposée
(voir 3 Néphi 28:3-40 ; D&A 133:54-55).
(Joseph
Fielding Smith, Doctrine du salut, volume 2, chapitres 14 et 15)