À
propos de la résurrection
Joseph
F. Smith
Guidé
par l'Esprit du Seigneur Jésus, par la foi en Dieu, par le
témoignage de ses prophètes et par les Écritures,
j'accepte de tout coeur la doctrine de la résurrection et me
réjouis de la voir confirmée dans la nature avec
l'éveil de chaque printemps. L'Esprit de Dieu me témoigne
et m'a révélé à ma satisfaction
personnelle complète qu'il y a une vie après la mort et
que le corps que nous déposons ici sera réuni à
notre esprit pour devenir une âme parfaite, capable de recevoir
une plénitude de joie en la présence de Dieu.
Nous
sommes tous, il est vrai, revêtus de mortalité, mais
notre esprit a existé longtemps avant de prendre ce tabernacle
que nous habitons maintenant. Lorsque notre corps meurt, l'esprit ne
meurt pas. L'esprit est un être immortel, et lorsqu'il est
séparé du corps, il prend son envol vers le lieu qui
lui est préparé et y attend la résurrection du
corps, lorsque l'esprit retournera et réoccupera ce corps
qu'il a occupé dans ce monde.
Ce
grand et merveilleux principe de la résurrection n'est plus
une théorie, comme certains le pensent, mais est un fait
accompli qui a été démontré au-delà
de toute possibilité de contradiction, de doute ou de
controverse. Job, qui vécut avant la résurrection du
Christ, possédant l'esprit de prophétie, vit le temps
de la résurrection. Il comprit le principe et connut le
pouvoir et le dessein qu'avait Dieu de le réaliser et en
prédit l'accomplissement. Il déclare : « Je sais
que mon Rédempteur est vivant et qu'il se lèvera le
dernier jour sur la terre. » Il dit en outre : « Et même
si après ma peau les vers détruisent ce corps,
néanmoins dans ma chair je verrai Dieu » (Job 19:25-26,
version du roi Jacques).
Il
voyait à l'avance quelque chose qui n'était pas encore
fait, quelque chose qui n'avait jamais été fait avant
son époque en ce monde, elle ne s'accomplit que longtemps
après son époque. Ayant reçu l'esprit de
l'évangile et de révélation, il put pénétrer
les temps non encore nés et voir son corps, qui s'était
décomposé et était retourné à la
poussière, ressusciter d'entre les morts.
Ce
qu'il vit avec l'oeil de la foi est devenu pour nous de l'histoire
réelle, et nous possédons non seulement l'histoire du
fait mais la connaissance de sa véracité par le
témoignage du Saint-Esprit. Nous ne sommes par conséquent
pas dans la situation de Job ; nous vivons dans les derniers temps
qui sont chargés de grands et glorieux événements,
dont un des plus grands est ce merveilleux principe de la
résurrection des morts, qui n'est plus une simple prédiction,
une espérance chérie ou une promesse prophétique,
mais une réalité ; car longtemps avant notre époque,
elle s'est réellement produite. Le Christ lui-même
renversa les barrières du tombeau, vainquit la mort et le
tombeau et sortit « prémices de ceux qui sont morts ».
Mais,
dira-t-on, comment pouvons-nous savoir que Jésus a été
mis à mort ou ressuscité ? Nous avons des preuves en
abondance pour montrer que Jésus fut crucifié et
ressuscité. Nous avons le témoignage de ses disciples
et ils produisent la preuve irréfutable qu'ils l'ont vu
crucifié et ont été témoins des
blessures, des clous et de la lance qu'il reçut sur la croix.
Ils témoignèrent aussi que son corps fut déposé
dans un sépulcre où personne n'avait été
mis, et ils roulèrent une grande pierre devant l'entrée
et s'en allèrent.
Or,
les principaux sacrificateurs et les pharisiens n'étaient pas
satisfaits de la crucifixion et de l'ensevelissement de notre
Seigneur et Sauveur ; ils se souvenaient que de son vivant il avait
dit que trois jours après il ressusciterait ; ils placèrent
donc une forte garde pour protéger le sépulcre et
mirent un sceau sur la pierre de peur que ses disciples ne viennent
la nuit voler le corps et dire au peuple : « Il est ressuscité
des morts » et ainsi perpétrer un faux devant le monde.
Or,
par cet acte, ces gardes incrédules devinrent les témoins
du fait qu'un personnage céleste vint enlever la pierre et que
Jésus sortit. Les disciples témoignent de la
résurrection et on ne peut infirmer leur témoignage. Il
est par conséquent bon, vrai et fidèle.
Mais
est-ce la seule preuve sur laquelle nous devions compter ?
N'avons-nous rien d'autre que les témoignages des disciples
d'autrefois sur lesquels baser nos espérances ? Grâce à
Dieu nous avons plus. Et les preuves supplémentaires que nous
possédons nous permettent d'être témoins de la
véracité du témoignage des disciples
d'autrefois.
Nous
désignons le Livre de Mormon ; il témoigne en termes
clairs et nets de la mort et de la résurrection de
Jésus-Christ ; et nous pouvons prendre le livre des Doctrine
et Alliances contenant les révélations de cette
dispensation, et nous y trouverons des preuves claires et
indiscutables.
Nous
avons le témoignage du prophète Joseph Smith, le
témoignage d'Oliver
Cowdery
et le témoignage de Sidney Rigdon qui virent le Seigneur
Jésus, celui-là même qui fut crucifié à
Jérusalem et qui se révéla à eux. Joseph
et Sidney en témoignent comme suit :
«
Nous, Joseph Smith, fils, et Sidney Rigdon, étant dans
l'Esprit, le seizième jour de février de l'an de grâce
mil huit cent trente deux, par le pouvoir de l'Esprit, nos yeux
furent ouverts et notre esprit fut éclairé de manière
à voir et à comprendre les choses de Dieu et même
ces choses qui étaient dès le commencement avant que le
monde fût, qui furent instituées par le Père, par
l'intermédiaire de son Fils unique, qui était dans le
sein du Père dès le commencement, de qui nous rendons
témoignage ; et le témoignage que nous rendons est la
plénitude de l'Évangile de Jésus-Christ, qui est
le Fils, que nous avons vu et avec qui nous avons conversé
dans la vision céleste » (D&A 76:11-14).
Ils
furent appelés à être témoins spéciaux
de Jésus-Christ, de sa mort et de sa
résurrection.
Nous
avons aussi le témoignage de la crucifixion et de la
résurrection que rendirent
les
disciples d'autrefois qui vécurent en Amérique. Vous
trouverez leur témoignage dans le Livre de Mormon. Les
disciples qui vivaient sur le continent américain savaient ce
qui se passait à Jérusalem ; le Seigneur le leur
montra. Après sa résurrection, il se manifesta à
ses disciples en Amérique et leur montra les blessures qu'il
avait reçues sur le Calvaire. Ils furent convaincus que Jésus
était le Christ et le Rédempteur du monde. Ils le
virent dans la chair et ils en rendent témoignage et leur
témoignage est vrai.
Nous
avons le témoignage de beaucoup de témoins. Nous avons
le témoignage de onze témoins spéciaux de
l'origine divine du Livre de Mormon, livre qui témoigne de la
résurrection du Christ et contient le récit des anciens
prophètes et des disciples du
Christ
sur ce continent, témoignage confirmé par ces onze
témoins.
Sont-ce
là toutes les preuves que nous avons ? Non. Joseph Smith
déclara hardiment au monde que si l'humanité se
repentait sincèrement de ses péchés et était
baptisée par l'autorité, non seulement elle recevrait
la rémission de ses péchés, mais, par
l'imposition des mains, elle recevrait le Saint-Esprit et connaîtrait
elle-même la doctrine. Ainsi tous ceux qui obéissent à
la loi et demeurent dans la vérité deviennent témoins
de cette vérité et d'autres qui sont tout aussi grandes
et précieuses.
Il
y a aujourd'hui des milliers de saints des derniers jours dans le
monde qui ont obtenu la possession de ces trésors, aussi bien
des femmes que des hommes. Si nous témoignons par nos actes,
et du fond du coeur, de la volonté que nous avons d'exécuter
la volonté du Seigneur, nous aurons cette double assurance
d'une glorieuse résurrection et nous pourrons dire comme le
dit le prophète Job, et ce fut une déclaration
merveilleuse que la sienne :
«
Car je sais que mon Rédempteur est vivant et qu'il se tiendra
sur la terre au dernier jour ; et même si les vers détruisent
mon corps, cependant dans ma chair je verrai Dieu : je le verrai de
moi-même, et mes yeux le contempleront et pas ceux d'un autre,
même si mes reins sont consumés en moi » (Job
19:25-27, version du roi Jacques).
Des
milliers de personnes ont reçu ce témoignage et peuvent
attester à Dieu et
du
fond du coeur qu'elles le savent. Je rends mon témoignage et
il a certainement autant de force et d'effet, s'il est vrai, que le
témoignage de Job, que les témoignages des disciples de
Jérusalem, les disciples du continent américain, de
Joseph Smith ou de n'importe quel autre homme qui a dit la vérité.
Tous sont également en vigueur et
irrévocables
pour le monde.
Si
personne n'avait jamais témoigné de cela sur la face du
globe, je tiens à dire en tant que serviteur de Dieu,
indépendamment des témoignages de tous les hommes et de
tous les livres qui ont été écrits, que j'ai
reçu le témoignage de l'Esprit en mon coeur, et je
témoigne devant Dieu, les anges et les hommes, sans craindre
les conséquences, que je sais que mon Rédempteur est
vivant, que je le verrai face à face et que je me tiendrai
avec lui dans mon corps ressuscité sur cette terre si je suis
fidèle ; car Dieu me l'a révélé. J'ai
reçu le témoignage, et je rends mon témoignage,
et mon témoignage est vrai.
Le
témoignage des saints des derniers jours vient en plus de
celui des disciples de Jésus-Christ qui vécurent à
Jérusalem, de ceux qui vécurent sur le continent
américain, du prophète Joseph Smith, d'Oliver, de
Sidney et d'autres, et ce témoignage concorde avec le leur au
sujet de notre Rédempteur crucifié et ressuscité,
parce qu'ils ne le reçurent pas d'eux, mais par le même
Esprit par lequel ils reçurent ce témoignage. Nul n'a
jamais reçu ce témoignage sans que l'Esprit de Dieu le
lui ait révélé.
Nous
reverrons frère Urie. Soeur Urie le retrouvera de l'autre côté
du tombeau. L'esprit et le corps seront réunis. Nous nous
verrons les uns les autres dans la chair, dans les habitacles de
chair que nous avons ici-bas. Notre corps sera ressuscité tel
qu'il a été déposé au tombeau, bien
qu'une restauration doive être effectuée ; tous les
organes, tous les membres qui ont été mutilés,
toutes les difformités causées par les accidents ou
d'autres manières seront restaurés et remis comme ils
doivent l'être. Tous les membres et toutes les jointures seront
rendus à leur forme. Nous nous connaîtrons les uns les
autres et nous jouirons à toute éternité de la
société les uns des autres, si nous gardons la loi de
Dieu.
C'est
à nous de rester fidèles, de garder nos alliances et
d'élever nos enfants dans les voies de la sainteté, de
la vertu et de la vérité, dans les principes de
l'Évangile, afin d'être préparés avec eux
à jouir du jour parfait et éternel.
Je
crois que, comme le Christ est ressuscité des morts, de même
tous les fidèles ressusciteront. Nous nous reverrons les uns
les autres. Je sais que Jésus est le Christ, qu'après
sa mort et son ensevelissement il ressuscita d'entre les morts et
devint les prémices de la résurrection. Pour tous les
croyants et particulièrement pour les saints des derniers
jours, il y a une douce consolation dans cette connaissance, dans la
pensée que grâce à l'obéissance aux
ordonnances et aux principes de l'Évangile, que le Christ,
notre Sauveur a enseignés et a recommandés au peuple et
à ses disciples, les hommes naîtront de nouveau,
rachetés du péché, se lèveront du tombeau
et, comme Jésus, retourneront en la présence du Père.
La
mort n'est pas la fin. Lorsque, endeuillés, nous déposons
nos êtres chers au tombeau, nous avons l'assurance basée
sur la vie, les paroles et la résurrection du Christ, que nous
les rencontrerons de nouveau, leur serrerons la main et les
fréquenterons encore dans une vie meilleure où le
chagrin et les ennuis seront finis et où il n'y aura plus de
séparation.
Cette
connaissance est une des plus grandes incitations que nous ayons à
bien vivre dans cette vie, à parcourir cette vie terrestre en
faisant, en sentant et en accomplissant
le
bien. Les esprits de tous les hommes, dès qu'ils quittent ce
corps mortel, qu'ils soient bons ou mauvais, nous dit le Livre de
Mormon, retournent à ce Dieu qui leur a donné la vie,
et là il y a une séparation, un jugement partiel, et
l'esprit de ceux qui sont justes est reçu dans un état
de bonheur qui est appelé paradis, un état de repos, un
état de paix, où ils augmentent leur sagesse, où
ils ont un répit de tous leurs ennuis et où les soucis
et les chagrins ne les troublent pas.
Les
méchants, au contraire, n'ont ni part, ni portion de l'Esprit
de Dieu, et ils sont précipités dans les ténèbres
du dehors, étant emmenés captifs, à cause de
leurs iniquités, par le Malin. Et c'est dans cet espace entre
la mort et la résurrection du corps que demeurent ces deux
classes d'âmes, dans le bonheur ou la misère, jusqu'au
moment que Dieu a prévu où les morts ressusciteront et
retrouveront esprit et corps et seront ramenés à se
tenir devant Dieu pour être jugés selon leurs oeuvres.
C'est là le jugement final.
Quand
un homme a obéi aux principes de l'Évangile, a utilisé
son influence pour le bien, n'a fait de mal à personne, a aimé
la justice et méprisé les mauvaises actions, déposant
son corps dans le repos des justes au tombeau, j'estime et je sais
que, outre l'état de paix et de repos qui est promis à
l'esprit au paradis, il y aura une réunion glorieuse du corps
et de l'esprit, un merveilleux éveil pour lui dans la
résurrection et un avenir au-delà, plein de bonheur.
Nul autre que Dieu ne sait quand ce temps viendra, mais nous savons
que tous les hommes ressusciteront.
Je
sais que ce que je viens de dire est vrai. Je sais que c'est vrai par
l'inspiration de Dieu qui remplit tout mon être de cette
connaissance. Pour moi, cela concorde avec la sagesse de Dieu et avec
ses buts sacrés. Nous avons le témoignage du Christ, le
témoignage des prophètes, l'inspiration du
Saint-Esprit, et avec ces preuves je ne puis m'empêcher de
croire et je sais qu'il y a une résurrection des morts, une
résurrection littérale et véritable du corps.
Je
ne puis croire qu'un Dieu sage et miséricordieux puisse créer
un homme comme notre ami et frère, droit, honorable, honnête
dans toutes ses actions et dans sa vie pour ne vivre que quelques
années et puis disparaître à jamais pour ne plus
être connu. De même que Jésus est ressuscité
des morts, de même il ressuscitera aussi. Les éléments
qui composent notre corps temporel ne périront pas, ne
cesseront pas d'exister, mais, le jour de la résurrection, ces
éléments se réuniront os à os et chair à
chair. Le corps se lèvera tel qu'il a été
déposé, car il n'y a ni croissance, ni développement
au tombeau. Il se lèvera tel qu'il aura été
déposé et les changements vers la perfection seront
apportés par la loi de la restitution.
Quand
l'esprit quitte le corps, dit le prophète, il retourne
immédiatement à Dieu pour se voir assigner sa place,
soit pour fréquenter les bons et les nobles qui ont vécu
au paradis de Dieu, soit pour être confiné en «
prison » pour attendre la résurrection du corps. Nous
savons par conséquent que frère Clayton est allé
à Dieu, pour recevoir le jugement partiel du Tout-Puissant qui
porte sur la période séparant la mort du corps et la
résurrection du corps ou la séparation de l'esprit du
corps et leur réunion.
Ce
jugement est passé sur l'esprit seulement. Mais il viendra un
temps qui suivra la résurrection où le corps et
l'esprit seront réunis, et alors le jugement final sera passé
sur tous les hommes. Ceci concorde avec la vision de Jean le
Révélateur :
«
Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant
le trône. Des
livres
furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre
de vie. Et les morts furent jugés selon leurs oeuvres, d'après
ce qui était écrit dans ces livres. La mer rendit les
morts qui étaient en elle, la mort et le séjour des
morts rendirent les morts qui étaient en eux… et la
mort et le séjour des morts furent jetés dans l'étang
de feu. C'est la seconde mort… quiconque ne fut pas trouvé
écrit dans le livre de vie fut jeté dans l'étang
de feu. » (Apocalypse 20:12-15)
C'est
le jugement final que nous subirons tous après avoir accompli
cette mission terrestre qu'est la nôtre.
Le
Sauveur ne termina pas son oeuvre lorsqu'il expira sur la croix,
lorsqu'il s'écria : « Tout est consommé. »
En utilisant ces termes, il ne parlait pas de sa grande mission sur
la terre, mais simplement de la souffrance qu'il subissait. Je sais
que le monde chrétien dit qu'il faisait allusion à la
grande oeuvre de la rédemption. Ceci est toutefois une erreur.
Je dis qu'il parlait simplement des souffrances de la mort, et des
souffrances qu'il éprouva pour la méchanceté des
hommes qui pouvait aller jusqu'à crucifier leur Rédempteur.
Ce fut ce sentiment, et ce sentiment seul qui le poussa à
s'écrier dans l'angoisse de son âme : « Tout est
consommé », et ensuite il expira.
Mais
son oeuvre n'était pas terminée. En fait elle ne
faisait que commencer. S'il s'était arrêté là,
au lieu d'être le Sauveur du monde, il aurait, aussi bien que
toute l'humanité, péri irrémédiablement,
pour ne plus jamais sortir du tombeau. Il était prévu
depuis le commencement qu'il devrait être les prémices
de ceux qui sont morts. Il entrait dans le cadre du grand plan qu'il
brisât les liens de la mort et obtînt la victoire sur le
tombeau. Par conséquent si sa mission avait cessé
lorsqu'il rendit l'âme, le monde aurait dormi dans la poussière
en une mort interminable pour ne plus jamais revivre.
Ce
n'était qu'une petite partie de la mission du Sauveur qui fut
accomplie lorsqu'il subit la mort. Ce fut en effet la moindre partie.
La plus grande devait encore être faite.
C'est
en ressuscitant du tombeau, en passant de la mort à la vie, en
réunissant l'esprit et le corps afin de devenir une âme
vivante. Et lorsque cela fut fait, alors il fut prêt à
retourner au Père. Et tout cela était strictement en
accord avec le grand plan de salut. Car même le Christ, quoique
sans péché, devait observer l'ordonnance extérieure
du baptême afin d'accomplir tout ce qui était juste.
Ainsi donc, après sa résurrection d'entre les morts, il
pouvait retourner au Père pour y recevoir les félicitations
bien méritées :
«
C'est bien ; tu as accompli ton oeuvre, tu as rempli ta mission, tu
as apporté le salut à tous les enfants d'Adam, tu as
racheté tous les hommes du tombeau et par leur obéissance
aux ordonnances de l'Évangile que tu as établi, ils
pourront eux aussi être rachetés de la mort spirituelle
pour être ramenés en notre présence, pour
connaître la
gloire,
l'exaltation et la vie éternelle avec nous ».
Ainsi
en sera-t -il lorsque nous sortirons du tombeau, lorsque la trompette
sonnera, que notre corps ressuscitera et que notre esprit y rentrera
et qu'ils deviendront une âme vivante pour ne plus être
dissous ni séparés mais pour devenir inséparables,
immortels, éternels.
Alors,
nous nous tiendrons devant la barre de Dieu pour être jugés.
C'est ce que dit la Bible, c'est ce que dit le Livre de Mormon et
c'est ce que disent les révélations qui nous sont
directement venues par l'intermédiaire du prophète
Joseph Smith. Et ensuite ceux qui n'ont pas été soumis
et obéissants à la loi céleste ne seront pas
vivifiés par la gloire céleste. Et ceux qui n'ont pas
été soumis et obéissants à la loi
terrestre ne seront pas vivifiés par la gloire terrestre. Et
ceux qui n'ont pas été soumis et obéissants à
la loi téleste ne seront pas vivifiés par une gloire
téleste mais ils auront un royaume sans gloire.
Les
fils de perdition, des hommes qui possédaient à un
moment donné la lumière et la vérité mais
s'en détournèrent et renièrent le Seigneur, lui
faisant publiquement affront, comme le firent les Juifs lorsqu'ils le
crucifièrent et dirent : « Que son sang soit sur nous et
sur nos enfants », des hommes qui consentent, en dépit
de la lumière et de la connaissance, à verser le sang
innocent, il leur sera dit : « Retirez-vous de moi, maudits »
(Matthieu 25:41). « Je ne vous ai jamais connus ; allez-vous-en
dans la seconde mort » pour être éternellement
bannis de la présence de Dieu et aller où le ver ne
meurt pas et où le feu ne s'éteint pas, d'où il
n'y a pas de rédemption, ni pour le temps ni pour l'éternité.
C'est
en cela que réside la différence entre la seconde et la
première mort par laquelle l'homme devient spirituellement
mort ; car il peut être racheté de la première
mort par le sang du Christ, en obéissant aux lois et aux
ordonnances de l'Évangile, mais il n'y a absolument aucune
rédemption de la seconde.
Nous
lisons dans le livre des Doctrine et Alliances que le démon
tenta Adam, et que celui-ci prit du fruit défendu, transgressa
le commandement et devint par là soumis à la volonté
du diable parce qu'il avait cédé à la tentation,
et qu'à cause de sa transgression il devint «
spirituellement mort, laquelle mort est la première mort, à
savoir cette mort qui est la dernière mort, qui est
spirituelle, qui sera infligée aux méchants lorsque je
dirai : Éloignez-vous, maudits » (D&A 29:41).
Mais
qui recevra un tel châtiment ? Ceux-là seulement qui le
méritent, ceux qui commettent le péché
impardonnable.
Ensuite
il y a le bannissement du transgresseur (pas les fils de perdition)
dans la prison, un lieu de châtiment, sans exaltation, sans
accroissement, sans domination, sans pouvoir, dont les habitants
après leur rédemption peuvent devenir serviteurs de
ceux qui ont obéi aux lois de Dieu et gardé la foi. Tel
sera le châtiment de ceux qui rejettent la vérité
mais ne commettent pas un péché conduisant à la
mort.
Si
nous avons reçu le témoignage de l'esprit de vérité
dans notre âme, nous savons que tout va bien pour nos petits
enfants qui meurent, que nous ne pourrions pas, même si nous le
voulions, améliorer leur situation ; et cela n'améliorerait
surtout pas leur situation si nous pouvions les ramener ici, pour la
bonne raison que tant qu'un homme est dans le monde, revêtu de
mortalité, entouré par les maux du monde, il court des
risques et est sujet à des dangers, et il y a des
responsabilités qui reposent sur lui qui peuvent se révéler
fatales à sa prospérité, à son bonheur et
à son exaltation futurs. Ce ne sont que ceux qui sont ancrés
à fond et fermement dans la vérité, qui sont
établis dans les principes de vie, qui pourront prétendre
avec certitude à la récompense des fidèles et à
une exaltation dans la présence du Père.
Dès
qu'un homme se détourne de la vérité qui
l'attache à Dieu, dès cet instant, il est en danger et
peut tomber. Mais au sujet des petits enfants qui sont emportés
dans la tendre enfance et dans l'innocence avant d'avoir atteint
l'âge de responsabilité et ne sont pas capables de
commettre le péché, l'Évangile nous révèle
qu'ils sont rachetés et que Satan n'a pas de pouvoir sur eux.
De même la mort n'a aucun pouvoir sur eux
non
plus. Ils sont rachetés par le sang du Christ, et ils sont
sauvés aussi certainement
que
la mort est entrée dans le monde par la chute de nos premiers
parents.
Il
est écrit en outre que Satan n'a sur les hommes ou sur les
femmes que le pouvoir qu'il acquiert sur eux dans ce monde. En
d'autres termes, aucun des enfants du Père qui sont rachetés
par l'obéissance, la foi, la repentance et le baptême
pour la rémission des péchés et qui vivent dans
cet état racheté et meurent dans cet état n'est
soumis à Satan. Par conséquent, il n'a aucun pouvoir
sur eux. Ils sont absolument hors de sa portée, tout comme le
sont les petits enfants qui meurent sans péché.
Pour
moi c'est là une consolation et une vérité
merveilleuses où mon âme trouve de la joie. Je suis
reconnaissant envers mon Père céleste de ce qu'il me
l'ait révélé, car cela apporte une consolation
que rien d'autre ne peut donner et cela donne à mon esprit une
joie que rien ne peut enlever sauf le péché et la
transgression contre la
lumière
et la connaissance que nous possédons.
Dans
de telles circonstances, nos amis bien-aimés qui sont
maintenant privés de leur petit enfant ont de grandes raisons
de se réjouir, même au milieu de la profonde affliction
qu'ils éprouvent à la perte temporelle de leur enfant.
Ils savent que tout est bien pour lui ; ils ont l'assurance que leur
petit enfant est mort sans péché. Ces enfants-là
sont dans le sein du Père.
Ils
hériteront de leur gloire et de leur exaltation et ne seront
pas privés des bénédictions qui leur
appartiennent ; car, dans l'économie des cieux, et dans la
sagesse du Père, qui fait tout bien, ceux qui sont fauchés
comme les petits enfants n'ont absolument pas la responsabilité
de ce qui leur est arrivé, n'ayant pas eux-mêmes
l'intelligence et la sagesse nécessaires pour prendre soin
d'eux-mêmes et pour comprendre les lois de la vie ; et, dans la
sagesse, la miséricorde et l'économie de Dieu, notre
Père céleste, tout ce qu'ils auraient pu obtenir et
tout ce dont ils auraient pu jouir si on leur avait permis de vivre
dans la chair leur sera donné dans l'au-delà.
Ils
ne perdront rien à nous être enlevés de cette
façon.
C'est
là pour moi une consolation. Joseph Smith, le prophète,
promulgua ces principes par le commandement de Dieu. Il était
en contact avec les cieux. Dieu se révéla à lui
et lui révéla les principes que nous avons devant nous
et qui sont contenus dans l'Évangile éternel.
Joseph
Smith déclara que la mère qui dépose son petit
enfant au tombeau, étant privée des privilèges,
de la joie et de la satisfaction de l'amener à l'état
d'homme ou de femme ici-bas, aura, après la résurrection,
toute la joie, toute la satisfaction et tout le plaisir et plus
encore qu'il ne lui aurait été possible d'en avoir dans
la mortalité à voir son enfant atteindre la pleine
mesure de la stature de son esprit. Si cela est vrai, et je le crois,
quelle consolation !
Jésus-Christ
était le Fils de Dieu avant de venir dans le monde, et
cependant il vint comme un tout petit enfant, grandit et devint
adulte, et lorsque son esprit quitta son corps, il s'en alla
proclamer l'Évangile aux esprits qui étaient
emprisonnés, possédant toute l'intelligence, tous les
pouvoirs et toutes les facultés qu'il avait dans la chair, à
part la possession du corps, en quoi il devint absolument semblable à
Dieu.
Je
crois qu'il en est de même de tous les hommes qui viennent au
monde. Tous les esprits qui viennent sur la terre pour revêtir
un corps sont fils ou filles de Dieu et possèdent toute
l'intelligence et tous les attributs dont jouissent les fils ou les
filles, que ce soit dans le monde d'esprits ou dans ce monde, sauf
que dans l'esprit, et séparés du corps, il leur
manquait tout simplement le corps pour ressembler à Dieu le
Père.
On
dit que Dieu est un esprit, et que ceux qui l'adorent doivent
l'adorer en esprit
et
en vérité. Mais c'est un esprit qui possède un
corps de chair et d'os, aussi tangible que celui de l'homme, et que
par conséquent pour être semblable à Dieu et à
Jésus les hommes doivent avoir un corps.
Peu importe que ce
corps se développe dans ce monde ou doive attendre le monde à
venir pour ce faire, selon la parole du prophète Joseph Smith,
le corps se développera, que ce soit dans le temps ou dans
l'éternité, jusqu'à atteindre la stature de
l'esprit, et lorsque la mère privée par la mort du
plaisir et de la joie de faire de son petit enfant un homme ou une
femme dans cette vie, ce privilège lui sera rendu dans
l'au-delà et elle en jouira jusqu'à ce qu'il atteigne
une maturité plus complète qu'il ne lui serait possible
de le faire ici. Quand elle le fera là-bas, ce sera avec la
connaissance certaine que les résultats seront infaillibles ;
tandis qu'ici, les résultats sont inconnus jusqu'à ce
que nous ayons terminé l'épreuve.
Compte
tenu de ceci, je puise de la consolation dans le fait que je
retrouverai ceux de mes enfants qui sont passés de l'autre
côté du voile ; j'en ai perdu un certain nombre, et j'ai
ressenti tout ce que peut ressentir un père, je crois, dans la
perte de mes enfants. Je l'ai senti profondément, car j'aime
les enfants et particulièrement les petits, mais je suis
reconnaissant à Dieu de la connaissance que j'ai de ces
principes, parce que maintenant j'ai toute confiance en sa parole et
en sa promesse que je posséderai à l'avenir tout ce qui
m'appartient, et que ma joie sera complète.
Je
ne serai privé d'aucun privilège ni d'aucune
bénédiction dont je suis digne et qui pourront à
bon droit m'être conférés. Mais tous les dons et
toutes les bénédictions dont il me soit possible de
devenir digne, je les posséderai, que ce soit dans le temps ou
dans l'éternité, et cela n'aura pas d'importance, de
sorte que je reconnais la main du Seigneur en toutes ces choses et je
dis à mon coeur : « L'Éternel a donné,
l'Éternel a ôté, béni soit le nom de
l'Eternel. » Voilà ce que nous devons penser à
propos de nos enfants, de nos parents, de nos amis ou des
vicissitudes que nous pouvons être appelés à
traverser.
Or
pour moi, ce qu'il y a de beau là-dedans, c'est que j'ai passé
par là, que j'en suis satisfait et que tant que je possède
l'esprit de vérité, je ne crains pas que le moindre
doute ni la moindre incertitude entrent jamais dans mon esprit à
cet égard. Il n'y a qu'une voie que je pourrais suivre qui
produirait la méfiance et la peur, le remblement et le doute
dans ce domaine. Ce serait de nier la vérité et de me
détacher de l'influence directrice du Saint-Esprit, car je
sais que tant qu'un homme est sous l'influence directrice de l'Esprit
de Dieu, il ne peut absolument pas nier ces vérités que
Dieu lui a révélées et que dans cette situation
il n'est pas assujetti au pouvoir de Satan.
Ce
n'est que lorsqu'il transgresse la loi de Dieu et chasse ces
principes de ses pensées qu'il s'assujettit aux puissances du
mal, que son esprit s'enténèbre et qu'il commence à
douter et à craindre. Mais qu'un homme ait dans son coeur
l'Esprit de Dieu, cet Esprit qui révèle aux hommes les
choses de Dieu et leur fait connaître la vérité
telle que Dieu lui-même la connaît, il ne pourra
absolument pas douter de ce que Dieu a révélé.
Je
sais que frère Heber et sa femme, s'ils sont fidèles à
la lumière qu'ils possèdent et aux alliances qu'ils ont
contractées devant le Seigneur hériteront tout aussi
assurément de la joie, de la possession et de la gloire de ce
petit enfant qui vient de mourir, qu'ils voient son petit corps
couché ici maintenant devant eux. Quiconque a dans son âme
l'esprit de vérité doit sentir que c'est vrai.
L'esprit
de nos enfants est immortel avant de venir à nous, et leur
esprit, après la mort physique, est ce qu'il était
avant de venir. Il est tel qu'il aurait apparu s'il avait vécu
dans la chair, pour atteindre l'âge adulte ou développer
son corps physique à la stature complète de son esprit.
Si
vous voyiez un de vos enfants qui est mort, il pourrait vous
apparaître sous la forme sous laquelle vous le reconnaîtriez,
sous la forme d'un petit enfant ; mais s'il venait vous trouver comme
messager pour porter une vérité importante, il
viendrait peut-être de la même manière que le fils
de l'évêque Edward Hunter (qui mourut petit enfant) vint
trouver son père, sous la forme d'un adulte, et dit : «
Je suis ton fils. »
L'évêque
Hunter ne le comprit pas. Il s'en alla trouver mon père et dit
: « Hyrum, qu'est-ce que cela veut dire ? J'ai enseveli mon
fils alors qu'il n'était qu'un petit garçon, et il est
venu me trouver sous forme d'un adulte : un jeune homme noble et
glorieux et il s'est dit mon fils. Qu'est-ce que cela signifie ? »
Mon
père (Hyrum Smith, le patriarche) lui dit que l'esprit de
Jésus-Christ était adulte avant de venir au monde ; et
de même nos enfants étaient adultes et possédaient
leur stature pleine dans l'esprit avant d'entrer dans la mortalité,
cette stature même qu'ils posséderont après avoir
quitté la mortalité et tels qu'ils apparaîtront
aussi après la résurrection lorsqu'ils auront terminé
leur mission.
Joseph
Smith enseigna la doctrine que le petit bébé que l'on
déposait dans la mort se lèverait comme enfant dans la
résurrection ; et, montrant la mère d'un enfant sans
vie, il lui dit : « Vous aurez la joie, le plaisir et la
satisfaction d'élever cet enfant après sa résurrection
jusqu'à ce qu'il atteigne la pleine stature de son esprit. »
Il
y a une restitution, il y a une croissance, il y a un développement
après la résurrection. J'aime cette vérité.
Elle produit un bonheur, une joie, une reconnaissance immenses dans
mon âme. Grâces soient rendues au Seigneur pour nous
avoir révélé ces principes.
En
1854, j'ai rencontré ma tante, la femme de mon oncle, Don
Carlos Smith, qui était la mère de cette petite fille
dont parlait Joseph Smith le prophète lorsqu'il dit à
la mère qu'elle aurait la joie, le plaisir et la satisfaction
d'élever cet enfant après la résurrection
jusqu'à ce qu'il atteignît la pleine stature de son
esprit ; et que ce serait une joie beaucoup plus grande qu'il ne lui
serait possible d'en éprouver dans la mortalité, car
elle serait à l'abri du chagrin, de la peur et des infirmités
de la vie mortelle et qu'elle en connaîtrait davantage qu'elle
ne pouvait en connaître dans cette vie. J'ai rencontré
cette femme, la mère de cet enfant, et elle m'a raconté
cette anecdote et m'a rendu témoignage que c'était ce
que le prophète Joseph Smith dit lorsqu ' il parlait aux
funérailles de sa petite fille.
Un
jour, je parlais avec un de mes beaux-frères, Lorin Walker,
qui a épousé ma soeur aînée. Au cours de
la conversation, il lui arriva de dire qu'il avait assisté aux
funérailles de ma cousine Sophronia, et qu'il avait entendu le
prophète Joseph Smith prononcer ces paroles mêmes que
tante Agnès m'avait dites. Je lui dis : « Lorin,
qu'est-ce que le Prophète a dit ? » et il répéta,
autant qu'il pouvait s'en souvenir, ce que le prophète Joseph
avait dit à propos des petits enfants : Le corps reste au
tombeau sans se développer, mais l'esprit retourne à
Dieu qui l'a donné. Après, dans la résurrection,
l'esprit et le corps seront réunis ; le corps se développera
et atteindra la pleine stature de l'esprit ; et l'âme
ressuscitée s'en ira vers la perfection.
J'ai
donc eu la déclaration de deux témoins qui ont entendu
le prophète Joseph Smith proclamer cette doctrine.
Finalement
j'étais en conversation avec soeur M. Isabella Horne. Elle se
mit à me parler de ces funérailles que j'ai
mentionnées, auxquelles elle était présente,
lorsque Joseph parla de la mort des petits enfants, de leur
résurrection comme petits enfants et de la gloire, de
l'honneur, de la joie et du bonheur que la mère aurait à
élever ses petits enfants dans la résurrection jusqu'à
ce qu'ils atteignent la pleine stature de leur esprit. J'ai entendu
Joseph le dire, dit-elle. J'étais à ces funérailles.
Voilà ce que soeur Isabella Horne me dit.
Je
lui dis alors :
—
Pourquoi
n'en avez-vous jamais parlé ? Comment se fait-il que vous ayez
gardé
cela
pour vous tout au long de ces années ? Pourquoi n'avez-vous
pas fait connaître ces déclarations du prophète à
l'Église ? Elle répondit :
—
Je
ne savais si c'était mon devoir de le faire ni si c'était
approprié ou pas.
—
Et
qui était là encore?
—
Mon
mari y était.
—
S'en
souvient-il?
—
Oui,
il s'en souvient.
—
Alors,
frère Horne et vous, voulez-vous me rédiger une
attestation affirmant
ce
fait sous serment ?
—
Avec
le plus grand plaisir, dit-elle.
J'ai
donc le témoignage sous forme d'attestation de frère et
soeur Horne en plus du témoignage de ma tante et du témoignage
de mon beau-frère en ce qui concerne le discours du prophète
Joseph à ces funérailles.
Un
peu plus tard, à ma grande joie, le premier homme que j'aie
jamais entendu en parler en public fut Franklin D. Richards ; et
quand il en parla, je sentis en mon âme : la vérité
est sortie. La vérité l'emportera. Elle est puissante
et elle vivra ; car il n'est aucun pouvoir qui puisse la détruire.
Les présidents Woodruff et Cannon approuvèrent la
doctrine et après cela, je la prêchai.
Il
est bon que nous n'essayions pas d'avancer de nouvelles doctrines, ni
des pensées nouvelles et d'avant-garde en ce qui concerne les
principes et les doctrines qui ont trait ou dont il est présumé
qu'ils ont trait à l'Évangile de JésusChrist,
sans les soupeser soigneusement, avec l'expérience des années,
avant d'essayer d'en faire une épreuve de doctrine et de la
proposer au peuple du Seigneur. Il y a tant de vérités
simples qu'il est nécessaire de comprendre qui nous ont été
révélées dans l'Évangile qu'il serait
absolument insensé de notre part que d'essayer de dépasser
la vérité qui a été révélée,
tant que nous n'avons pas bien saisi et compris la vérité
que nous possédons. Il y a, à notre portée,
beaucoup de choses que nous n'avons pas assimilées.
Je
vais maintenant prendre la liberté de vous lire un peu les
Écritures et puis, en chemin, j'exprimerai ma croyance et ma
conviction vis-à-vis de ce que nous, saints des derniers
jours, croyons à propos de la résurrection des morts.
Je ne prendrai pas la peine ni le temps d'entrer dans le détail,
car il y a beaucoup d'Écritures que l'on peut faire porter sur
ce sujet, Écritures que l'on trouve dans le Nouveau Testament,
dans les déclarations du Fils de Dieu. Je me contenterai de
lire la description de sa résurrection.
Nous
savons tous qu'il fut élevé sur la croix, que son côté
fut percé, que sa vie quitta par là le corps ; qu'il
gémit sur la croix et rendit l'esprit ; que son corps fut
descendu de la croix, embaumé et enveloppé dans du lin
propre et déposé dans un sépulcre neuf où
aucun autre cadavre n'avait été déposé.
Et ensuite, se souvenant de la réflexion qu'il avait faite
qu'il déposerait son corps et le reprendrait, de la prétention
que ce temple devait être détruit mais qu'il serait
relevé le troisième jour, qu'il allait déposer
sa
vie pour la reprendre, les principaux sacrificateurs allèrent
trouver les autorités et exigèrent que l'on plaçât
une grande pierre à l'entrée du sépulcre, qu'on
la scellât et en outre qu'on y plaçât une garde de
peur que ses disciples ne vinssent la nuit enlever le corps et faire
croire aux hommes qu'il était ressuscité.
C'est
ainsi qu'un cordon de soldats fut placé pour garder le
tombeau, qu'une grande pierre fut placée à l'entrée
du sépulcre et qu'un sceau y fut mis selon l'histoire qu'en
donnent les Écritures, de sorte qu'il était absolument
impossible aux disciples du Christ de tromper le monde en volant et
en enlevant clandestinement le corps du Christ pour proclamer ensuite
au monde que son corps avait été ressuscité d'
entre les morts.
Parfois
même les ennemis de la vérité et ceux qui
cherchent à la détruire contribuent à leur insu
à confirmer la vérité et à dissiper tout
doute à son sujet ; car s'ils n'avaient pas eux-mêmes
pris cette précaution et si leurs gardes n'avaient pas été
placés au tombeau pour garder le sépulcre pour veiller
à ce qu'aucune tromperie n'eût lieu, il leur aurait été
facile de s'en aller dans le monde dire : « Allons donc, ses
disciples sont venus enlever le corps ; ils se sont glissés
dans le tombeau et l'ont volé la nuit. » Mais ils se
fermèrent la bouche à eux-mêmes en essayant
vainement de détruire les effets qu'aurait sa résurrection
d'entre les morts sur l'esprit au peuple et l'histoire du
monde.
Thomas,
un des Douze, appelé Didyme, n'était pas avec eux
lorsque Jésus vint après sa résurrection. «
Les autres disciples lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur.
Mais il leur dit : Si je ne vois dans ses mains la marque des clous,
et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets
ma main dans son côté, je ne croirai point » (Jean
20:25).
Nous
avons beaucoup de Didyme à notre époque, mais nous
espérons qu'il ne s'en trouve pas de leur catégorie
ici, mais plutôt de l'autre catégorie que Jésus a
citée. « Huit jours après, les disciples de Jésus
étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec
eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se
présenta au milieu d'eux, et dit : La paix soit avec vous !
Puis il dit à Thomas : Avance ici ton doigt, et regarde mes
mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ;
et ne sois pas incrédule, mais crois. Thomas lui répondit
: Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dit : Parce que tu m'as
vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru »
(Jean 20:26-29).
Le
disciple qui écrivit ceci, le disciple bien-aimé, le
témoin même, celui qui courut au sépulcre,
dépassa Pierre, arriva le premier, regarda à
l'intérieur et y entra ensuite après Pierre, écrivit
encore : « Et Jésus a fait encore, en présence de
ses disciples, beaucoup d'autres miracles, qui ne sont pas écrits
dans ce livre. Mais ces choses ont été écrites
afin que vous croyez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom » (Jean 20:30-31).
Or
ce sur quoi je veux attirer votre attention est, je le souligne, la
description indéniable, sans équivoque et directe du
corps, du corps ressuscité du Seigneur Jésus-Christ,
faite dans ce récit de sa résurrection et de son
apparition à ses disciples. Le Christ est le Fils de Dieu et
ses disciples témoignent fidèlement de la vérité
telle qu'ils y ont assisté, comme ils déclarent y avoir
assisté, car ils proclament qu'ils le
virent
de leurs yeux, l'entendirent de leurs oreilles, eurent le coeur
touché et examinèrent les blessures de leurs propres
mains, pour voir et sentir qu'il était véritablement le
même individu, la même personne, le même corps qui
avait été crucifié portant les mêmes
marques qui furent infligées au corps tandis qu'il était
étendu sur la croix.
Tout
cela devrait dissiper toute idée que la mort du corps et la
séparation entre
l'esprit
et le corps sont la résurrection des morts. Tout cela doit
contribuer à vous montrer que la résurrection du Christ
fut sa résurrection à lui, et non celle de son esprit.
Mais avant de continuer, il y a une autre Écriture que je veux
vous lire au 24e chapitre de Luc :
«
Et voici, ce même jour, deux disciples allaient à un
village nommé Emmaüs, éloigné de Jérusalem
de soixante stades ; et ils s'entretenaient de tout ce qui s'était
passé. Pendant qu'ils parlaient et discutaient, Jésus
s'approcha, et fit route avec eux. Mais leurs yeux étaient
empêchés de le reconnaître » (Luc 24:13-16).
Il
voyagea et bavarda avec eux en chemm, et leur dévoila les
Écritures, mais ils ne savaient pas que c'était lui.
Ils ne savaient pas personnellement que c'était le Christ
ressuscité.
«
Pendant qu'il était à table avec eux, il prit le pain ;
et après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur
donna. »
Ce
n'est pas là le témoignage de Jean. C'est le témoignage
de Luc, un autre des disciples du Christ.
«
Pendant qu'il était à table avec eux, il prit le pain;
et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur
donna. Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent ; mais il
disparut de devant eux. Et ils se dirent l'un à l'autre :
Notre coeur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu'il nous
parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ?
«
Se levant à l'heure même, ils retournèrent à
Jérusalem, et ils trouvèrent les onze et ceux qui
étaient avec eux, assemblés et disant : Le Seigneur est
réellement ressuscité, et il est apparu à Simon.
Et ils racontèrent ce qui leur était arrivé en
chemin, et comment ils l'avaient reconnu au moment où il
rompit le pain.
«
Tandis qu'ils parlaient de la sorte, lui-même se présenta
au milieu d'eux, et leur dit : la paix soit avec vous ! Saisis de
frayeur et d'épouvante, ils croyaient voir un esprit. Mais il
leur dit : Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi
pareilles pensées s'élèvent-elles dans vos
coeurs ? Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien moi ; touchez-moi
et voyez : un esprit n'a ni chair ni os comme vous voyez que j'ai. Et
en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds.
«
Comme, dans leur joie, ils ne croyaient point encore, et qu'ils
étaient dans l'étonnement, il leur dit : Avez-vous ici
quelque chose à manger ? Ils lui présentèrent du
poisson roti et un rayon de miel, il en prit, et il mangea devant
eux. Puis il leur dit : C'est là ce que je vous disais lorsque
j'étais encore avec vous, qu'il fallait que s'accomplît
tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans
les prophètes et dans les psaumes » (Luc 24:30-44).
Allons-nous
maintenant accepter la définition scripturale de la définition
du corps ? Ou suivrons-nous à ce sujet le Révérend
M. Philip dans son opinion que la mort du corps et la séparation
d'avec son esprit est la résurrection des morts ? Que
choisiriez-vous ?
Dans
le livre des Doctrine et Alliances (130:22), Joseph le prophète
a déclaré que le Père a un corps de chair et
d'os aussi tangible que celui de l'homme, et que le Fils de Dieu a un
corps de chair et d'os, comme il a déclaré lui-même
en avoir un, et n'est pas un simple esprit, mais un être
ressuscité. Et le Saint-Esprit est un personnage d'esprit,
mais n'est pas un personnage de chair et d'os comme le Père et
le Fils. En conséquence le Saint-Esprit peut être
conféré aux hommes et il peut demeurer un certain temps
avec eux ou continuer à demeurer avec eux conformément
à leur dignité, et il peut les quitter à sa
volonté.
Je
vais maintenant lire un peu dans le Livre de Mormon. Un des disciples
ou prophète d'autrefois qui vécut sur le continent
américain, qui fut inspiré par Dieu et qui remit plus
tard au monde le message qui était gravé sur les
plaques d'or, les préserva, les transmit et les révéla
en cette dispensation du monde, a quelque chose de précieux à
dire à ce sujet. Ceci n'est pas de Jérusalem. Ce n'est
pas un message qui fut remis aux disciples du Christ à
Jérusalem ; c'est un message qui fut proclamé par un
prophète qui vivait en Amérique. Voici ses paroles :
«
Et il viendra dans le monde racheter son peuple (car ceci fut dit
avant que le Christ ne vînt racheter son peuple) ; il prendra
sur lui les transgressions de ceux qui croient en son nom, et ce sont
ceux qui auront la vie éternelle ; et il n'y aura de salut
pour aucun autre. »
Laissez-moi
vous dire ici : « Il viendra dans le monde et il prendra sur
lui les transgressions de ceux qui croient en son nom » : Ceux
qui croient accompliront les oeuvres qu'il commande. Jamais aucune
personne qui croit en la vérité ne refusera de faire ce
qui est requis. Et ce sont ceux qui croient qui auront la vie
éternelle et le salut n'est donné à personne
d'autre.
«
C'est pourquoi, les méchants restent comme si aucune
rédemption n'avait été faite, si ce n'est que
les liens de la mort seront détachés ; car voici, le
jour viendra où tous ressusciteront de la mort, se tiendront
devant Dieu et seront jugés selon leurs oeuvres.
«
Maintenant, il y a une mort qui est appelée mort temporelle ;
et la mort du Christ dénouera les liens de cette mort
temporelle, pour que tous soient ressuscités de cette mort
temporelle.
«
L'esprit et le corps seront réunis de nouveau dans leurs
formes parfaites ; membres et jointures seront rendus à leurs
formes propres, exactement comme nous le sommes en ce moment ; et
nous serons conduits devant Dieu, connaissant comme nous connaissons
en ce moment et nous aurons un souvenir vif de toute notre
culpabilité.
«
Cette restauration sera pour tous les hommes, jeunes et vieux,
esclaves et libres, hommes et femmes, méchants et justes ; et
pas même un seul cheveu de leur tête ne sera perdu ; mais
toutes choses seront rendues à leurs formes parfaites, comme
elles le sont maintenant dans le corps ; et ils seront cités
et amenés à la barre du Christ, le Fils, de Dieu le
Père et du Saint-Esprit, qui sont un seul Dieu éternel,
pour être jugés selon leurs oeuvres, bonnes ou
mauvaises.
«
Maintenant, voici, je vous ai parlé touchant la mort du corps
mortel, et aussi touchant la résurrection du corps mortel. Je
vous dis que ce corps mortel est ressuscité en un corps
immortel, c'est-à-dire de la mort, même de la première
mort, à la vie, de sorte qu'il ne puisse plus mourir ;
l'esprit s'unissant au corps, pour ne plus jamais être désuni
; le tout devenant ainsi spirituel et immortel, afin qu'il ne puisse
plus voir la corruption » (Alma 11:41-45).
Telle
est donc la doctrine des saints des derniers jours. C'est la
résurrection de Jésus-Christ et de même qu'il est
les prémices de la résurrection des morts et a été
ressuscité, de même il ressuscitera tous les enfants de
son Père sur qui est tombée la malédiction
d'Adam. Car comme la mort temporelle est tombée par un homme
sur tous les hommes, de même par la justice du Christ, tous
auront la vie grâce au don de la résurrection à
tous les hommes, qu'ils soient bons ou mauvais, noirs ou blancs,
esclaves ou libres, savants ou ignorants, jeunes ou vieux, peu
importe.
La
mort qui fut introduite par la chute de nos premiers parents est
effacée par la résurrection du Fils de Dieu, et nous ne
pouvons rien y faire, ni vous ni moi.
Joseph
F. Smith, Doctrine de l'Évangile, 1919, 1982, chapitre 24