Un président
de pieu sans témoignage
Expérience vécue par un futur président de l'Église
La Rédaction
Heber J. Grant
raconte :
Avant d'avoir
vingt-quatre ans, j'ai été nommé président
du pieu de Sion de Tooele. J'ai annoncé dans un discours qui a
duré sept minutes et demi que je ne demanderais à aucun
homme à Tooele d'être un payeur de dîme plus
honnête que moi, que je ne demanderais à personne de
donner davantage de ses moyens en proportion avec ce qu'il possédait
que moi, que je ne demanderais à personne de vivre la Parole
de sagesse mieux que moi, et que je donnerais le meilleur de moi-même
pour le bien des gens dans ce pieu de Sion.
Cette nuit-là,
j'ai entendu dans l'ombre un homme qui disait avec mépris : «
C'est dommage que les Autorités générales aient
dû nous envoyer un homme ici pour nous diriger… qu'ils
n'aient pas pu nous en envoyer un qui ait assez de bon sens pour
parler au moins dix minutes, et qu'ils aient dû nous envoyer un
garçon pour nous diriger. »
Quand j'ai
entendu cela, je me souviens que j'ai pensé : « Le
garçon est le seul qui ait le droit de se plaindre. »
Cependant, durant les trois ou quatre dimanches suivants, je n'ai pas
pu parler aussi longtemps que la première fois. Je n'avais
plus d'idées au bout de cinq, six ou six minutes et demie.
Au déjeuner,
après mon premier petit discours qui a duré sept
minutes et demie, le président Joseph F. Smith, de la Première Présidence, a dit : « Heber,
vous avez déclaré que vous croyiez en l'Évangile
de tout votre cœur et que vous vouliez l'appliquez, mais vous
n'avez pas rendu témoignage de sa véracité. Ne
savez-vous pas absolument que cet Évangile est vrai ? »
J'ai répondu
: « Non, je ne le sais pas. » « Comment, vous ! Un
président de pieu ? » a rétorqué Joseph F.
Smith. « C'est bien
ce que j'ai dit », ai-je répondu. Alors il dit au président de
l'Église : « Président Taylor, je crois qu'il
faut défaire cet après-midi ce que nous avons fait ce
matin. Je crois qu'aucun homme ne doit diriger un pieu s'il ne croit
pas parfaitement que cette œuvre est divine. J'ai dit : «
Je ne vais pas m'en plaindre. »
Frère
Taylor avait l'habitude, quand quelque chose l'amusait beaucoup, de
remuer le corps et de rire. Il a répondu : « Joseph,
Joseph, Joseph, il le sait aussi bien que vous ! La seule chose qu'il
ne sait pas, c'est qu'il le sait. Ce sera fait dans peu de temps. Il
fait tout ce qu'il peut. Vous ne devez pas vous inquiéter. »
Cinquante ans
plus tard, Heber J. Grant devint président de l'Église.
Voici son témoignage enregistré. Personne ne doutera,
en l'entendant, que le jeune Heber n'avait pas reçu un
témoignage du Saint-Esprit. Lui-même raconte ce qui
s'est passé après sa discussion avec les présidents
Smith et Taylor :
Je me suis rendu
dans la petite ville de Vernon, dans le comté de Tooele. J'ai
emmené deux personnes pour prêcher, je me suis levé
pour dire quelques mots et j'ai parlé durant quarante-cinq
minutes avec une facilité parfaite, sous l'inspiration du
Seigneur. Cette nuit-là j'ai pleuré en remerciant le
Seigneur pour le témoignage absolu que j'avais de la divinité
de cette œuvre.
(voir Grant,
Gospel
Standards, p. 191-193)