Le langage parlé et écrit dans l'Église
La Rédaction
édition du 15/04/2026
Ce qui suit est un
plaidoyer en faveur d'une langue correcte, inspirée
de la clarté tant recherchée par Néphi (voir 2 Néphi 25:4, 7 ; 31:2-3 ; 33:6).
1. Le langage de l'Église
2. Les anglicismes
3. La langue écrite
4. La responsabilité de l'interprète
5. Le langage des détenteurs de la prêtrise
1. Le langage de l'Église
Évolution
Révérence
Repentance
Sigles et acronymes
Parole de sagesse
En français, le
vocabulaire de l'Église évolue avec sa traduction à partir de la langue
du Rétablissement, l'anglais. Ce qui fait autorité en la matière sont
les publications de l'Église. En fonction de l'évolution de la langue
française, un terme qui a été traduit d'une façon pendant un temps peut
un jour être traduit différemment. D'autre part, un terme spécifique au
jargon des membres de l'Église peut n'avoir jamais fait partie de la
terminologie de l'Église.
C'est
ainsi que dans les publications actuelles de l'Église on parle du
Rétablissement et non de la Restauration ; de l'Église rétablie et non
de l'Église restaurée ; de
l’œuvre missionnaire et non du travail missionnaire ; de collègues (à
propos des équipes de missionnaires à plein temps) et non de
compagnons ; des amis de l'Église et non des investigateurs ; des
leçons missionnaires et non des discussions missionnaires ; des leçons
pour les nouveaux membres et non des leçons d'intégration ; des membres
pratiquants ou non pratiquants et non des membres actifs ou inactifs ;
de la
remotivation ou du retour à l'assiduité et non de la réactivation
; de la communication et non des communications (ou relations)
publiques ; des anciens potentiels et non des candidats anciens ;
On parle des cantiques et non des hymnes ; des veillées et non des coins de feu ; du conseil de pieu
ou de paroisse et non du conseil de coordination de pieu ou de paroisse
; des entretiens de prêtrise et non des entrevues orales de prêtrise ou
entrevues personnelles de prêtrise ; des biens immeubles (immeubles
étant un qualificatif) et non des biens et immeubles ; des membres du
grand conseil et non des grands conseillers ;
On parle du cours de doctrine de
l'Évangile (de l'École du dimanche) et non de la classe des adultes
(cette classe de l'École du dimanche n'est pas la seule à être composée
d'adultes) ; du cours des principes de l'Évangile (de l'École du
dimanche) et non de la classe des amis de l'Église (cette classe
n'accueille pas seulement les amis de l'Église, mais également les
nouveaux membres et les membres qui reviennent à l'Église) ;
On parle de la
réunion de coordination missionnaire et non de la réunion de DMP
(dirigeant de mission de paroisse) ; de la réunion des dirigeants de
prêtrise (de pieu) et non de la réunion trimestrielle de prêtrise (la
fréquence peut changer) ; de la réunion générale de prêtrise (de pieu)
et non de la réunion semestrielle de prêtrise (même remarque que pour
l'exemple précédent) ; de la commémoration du rétablissement de la
prêtrise et non de la commémoration de la prêtrise (on commémore un
événement), de l'indexation et non plus de l'extraction, etc.
En
revanche, la tendance à bannir le terme révérence en faveur de recueillement, s'agissant de
l'attitude qui convient de la part de chacun à l'église, est erronée.
En français, la définition de révérence correspond exactement à cette
attitude. Il traduit une attitude de respect, de retenue, de déférence qui convient
à toute la durée des réunions et de notre présence à l'église comme en
tout lieu sacré. Le caractère juste du terme révérence est confirmé par
l'excellente définition qui en est donnée dans le glossaire intitulé
Ancrés
dans la foi, manuel de référence sur l'Évangile,
2005, p. 162-163.
Précisons que le qualificatif lié à révérence n'est pas révérend (révérende), qui est un titre, ni
révérant, qui est le participe présent du verbe révérer. Le qualificatif est révérencieux
/ révérencieuse. Mais parce qu'il rime avec précieux et revêt un caractère cérémonieux, nous préférerons le terme
respectueux. Il s'agit de faire preuve de révérance et d'avoir une
attitude respectueuse.
De même, la tendance à préférer repentir à repentance
n'est pas fondée, si ce n'est pour une question de sonorité. Repentance rimant avec
pénitence, d'aucuns ont préféré l'éviter, « faire pénitence » étant
différent du véritable repentir. Il existe en effet une différence entre «
faire pénitence » et « être pénitent », ce dernier terme étant, dans le Livre de Mormon, synonyme de « repentant » (voir Alma
26:21 ; 27:18 ; 29:10 ; 32:7 ; 42:23-24 ; 3 Néphi 6:13). Repentir et repentance conviennent tous deux.
De
plus, les sigles comme DMP, RBI, PAJF, JA, JAS, AS, CEP, CCP, EOP, EPP, etc.,
incompréhensibles par nos voisins et nos hôtes, ne font pas partie du
langage des publications de l'Église.
L'emploi du terme juste était déjà une préoccupation en 1973 lorsqu'on
suggérait, dans le Manuel d’instructions pour la musique dans l’Église
(réf. PB MU 0031 FR), la terminologie suivante : Assemblée plutôt
qu'auditoire, cantique plutôt que chant, etc. On pourrait ajouter
prière d'ouverture plutôt qu'invocation et prière de clôture plutôt
que bénédiction, anglicismes parfois entendus.
Précisons enfin que ce qu'on nomme la Parole de sagesse est délimité
exclusivement par la section 89 des Doctrine et Alliances (voir le chapeau
de cette section ; voir aussi
Ancrés
dans la foi, manuel de référence sur l'Évangile,
2005, p. 123-125). Si l'on y ajoute des éléments extérieurs, comme la
recommandation de se coucher de bonne heure et de se lever tôt (voir
D&A 88:124), on ne traite plus de la Parole de sagesse proprement
dite, mais d'un concept plus général parfois appelé Code de santé du
Seigneur, englobant toutes les indications du Seigneur sur la santé,
dont la Parole de sagesse.
2. Les anglicismes
La langue du Rétablissement étant l'anglais, les premiers missionnaires
de l'Église étaient d'expression anglaise. Les missionnaires
d'expression anglaise ont longtemps été majoritaires et le sont
peut-être encore. De ce fait, il est naturel que des anglicismes aient
été importés parmi les saints d'expression française, anglicismes dont
nous trouvons des traces encore aujourd'hui dans toutes les paroisses
de France.
Quand un anglicisme fait
partie du fond sonore de notre éducation religieuse et que ce fond
perdure pendant des décennies, il est naturel que nous adoptions cet
anglicisme sans nous en rendre compte et qu'il fasse partie de notre
langage. Pour nous en rendre compte, il faut soit avoir une bonne
connaissance du français, soit que quelqu'un constate l'anglicisme et
nous en fasse la remarque.
Voici quelques exemples d'anglicismes parmi les saints :
a. Chapelle
b. Coin de feu
c. Actif
d. Président
e. Père céleste
f. Christ
g. À propos du témoignage
h. À propos de la prière
i. Jésus-Christ
■ « Chapelle » pour « église ». C'est le langage des missionnaires
anglophones que nous imitons depuis des décennies, sauf dans les
publications de l'Église qui sont en français correct. En français, la
« chapelle » désigne la salle de culte. Comme dans le temple, la
chapelle n'est qu'une partie du bâtiment. Même si dans l'Église
catholique il existe des bâtiments isolés appelés chapelles, les
bâtiments dans lesquels se
tiennent nos réunions dominicales sont des églises. Précisons qu'en
français l'église avec un é minuscule est le bâtiment, alors que
l'Église avec un É majuscule est l'institution.
■ « Coin de feu » pour « veillée ». Un « coin de feu » n'a jamais été
une expression française. L'équivalent a toujours été une « soirée au
coin du feu ». Aujourd'hui nous disons « veillée », terme officiel des
publications de l'Église.
■ « Actif » pour « pratiquant » et « inactif » pour « non pratiquant
». En français, un « membre actif » est le membre d'une association qui
est à jour de sa cotisation. Dans le monde religieux, on est
pratiquant, semi-pratiquant ou non pratiquant.
■ « Président Untel » pour « Le président Untel ». « Président Untel a
déclaré » pour « Le président Untel a déclaré » ; « La femme de président Untel » pour « La femme du président Untel » ; « J'ai parlé à président Untel » pour « J'ai parlé au président Untel ». En anglais, l'article est supprimé devant un nom propre précédé d'un titre. En français, l'usage veut qu'on mette l'article devant un titre. On ne dit « Président Untel » que lorsqu'on s'adresse à lui. Notons
que cette règle est respectée dans toutes les publications officielles
de l'Église. De la même façon, en français usuel on dit « le père Noël », « le professeur Tournesol », « le général de Gaulle » et « le président
Macron » quand on parle d'eux.
En revanche, l'usage veut qu'on dise « Mère Thérésa », « soeur
Emmanuelle » et « frère Untel » et « soeur Untel », ce qui constitue
l'exception à la règle d'usage. Effectivement, dans l'Église on ne dit pas « le frère Untel » ou «
la soeur Untel ». Notons
qu'on ne dit pas non plus « frère » ou « soeur » suivi d'un prénom seul, mais suivi d'un
patronyme ou suivi du prénom et du nom. Quand on utilise le prénom au lieu du patronyme, c'est sans le précéder d'un
titre. Quand on utilise les deux (prénom et nom), c'est précédé ou pas du titre « frère » ou « soeur ».
■ En
français on emploie l'expression « Père céleste » en la
précédant d'un article défini ou indéfini
(« le », « un ») ou d'un adjectif possessif (« notre », « mon », etc). Par
voie de conséquence, en français on ne dit pas « à Père céleste » mais « au Père
céleste » ou « à notre Père céleste » ; on ne dit pas « de Père céleste » mais « du Père céleste » ou « de notre Père céleste »
; etc. L'appeler directement « Père », suivi d'un qualificatif ou pas,
n'est correct en
français que lorsqu'on s'adresse à lui. D'ailleurs, en français on ne
dit pas « Au nom de Père » mais « Au nom du Père ». Répétons-le : En anglais, devant un titre, on supprime l'article, alors qu'en français
on le met. Notons que cette règle est respectée dans
tout le canon des Écritures ainsi que dans toutes les publications
officielles de l'Église. La seule exception qui nous concerne, comme
nous l'avons vu, est pour « frère Untel » et « soeur Untel ».
Une autre exception à la règle s'est infiltrée dans la tradition
protestante et jusque dans la Bible de Louis Segond qui était pasteur
protestant : « Christ
» pour « le Christ », « à Christ » pour «
au Christ » et « de Christ » pour « du Christ » dans un nombre de
passages
trop important pour qu'il soit utile d'en indiquer les références. Nous
y voyons l'influence de la langue de la Réforme, l'allemand, dans
laquelle le titre « Christus » s'emploie sans article, comme en
anglais. Notons que les publications de l'Église ne se permettent pas
cet écart à la règle. Si elles citent fidèlement la Bible Segond,
elles n'adoptent pas l'usage du terme « Christ » à la mode protestante
qui ne devrait être exporté de la Bible Segond que lorsqu'on la cite.
Le jour où l'Église produira sa propre Bible en français, ce sera
l'occasion de corriger cet écart de la tradition protestante.
■ À propos du témoignage :
À propos de la façon de témoigner, il y a ce qui se dit en anglais mais pas en français.
■ Formulations non correctes :
○ « Je rends mon témoignage » est un anglicisme. En français, on ne rend pas « son » témoignage, comme on rendrait son tablier. L'expression
correcte est « rendre
témoignage », pas « rendre son témoignage » (de même, en français on ne
rend pas « son » âme, mais on rend l'âme).
○ « Je porte mon témoignage ». On ne porte pas « son » témoignage comme on porterait sa croix. L'expression correcte est « porter
témoignage », pas « porter son témoignage ».
○ « Je vous laisse mon témoignage », car en français ce qu'on laisse, on ne l'a plus. On ne dit pas non plus « Je vous laisse avec mon témoignage », tournure purement anglophone.
○ « Je vous offre mon témoignage ». En anglais, le verbe « offrir » est
utilisé dans de nombreux registres. Pas en français. En français, nous avons des
verbes spécifiques. En français, on fait part de son témoignage. On ne l'offre pas.
○ « Je vous partage mon témoignage » n'est pas une tournure française. On dit « Je vous fais part de mon témoignage ».
■ Formulations correctes :
○ « Je rends témoignage ». L'expression correcte est « rendre
témoignage », pas « rendre son témoignage ». En français, « rendre son
témoignage » est un pléonasme, car le témoignage que l'on rend ne peut
être que le sien. Par conséquent, lorsqu'on
traduit : « Rendez votre témoignage… Chaque fois que vous rendez
votre témoignage, vous le fortifiez » (Spencer W. Kimball,
Enseignements des présidents de l'Église, 2006, p. 85), on devrait
utiliser une formulation telle que : «
Rendez témoignage… Chaque fois que vous rendez témoignage, vous fortifiez votre
témoignage ». De même, lorsqu'on traduit : « Je rends mon témoignage
sûr et solennel que… » (Dale G. Renlund, Le Liahona, novembre 2023, p. 98), on devrait utiliser une formulation telle que : « Je rends le témoignage sûr et solennel que… ».
« Rendre le témoignage que » (Romains 10:2 ; Colossiens 4:13) et «
rendre ce témoignage » (Hébreux 7:17) sont des expressions correctes,
comme l'est « rendre témoignage » (1 Samuel 12:3 ; Job 29:11 ; Luc 4:22 ;
11:48 ; Jean 1:7, 8, 15, 32, 34 ; 2:25 ; 3: 11, 26, 32 ; 5:31, 32, 33,
37, 39 ; 7:7 ; 8:13, 14, 18 ; 10:25 ; 12:17 ; 15:26, 27 ; 18:37 ; 19:35
; 21:24 ; Actes 2:22 ; 4:33 ; 6:3 ; 8:25 ; 10:22, 43 ; 13:22 ; 14:3, 17
; 15:8 ; 16:2 ; 22:12 ; 23:11 ; 26:22 ; 28:23 ; Romains 2:15 ; 3:21 ;
8:16 ; 9:1 ; 1 Timothée 2:6 ; 2 Timothée 1:8 ; Hébreux 2:6 ; 3:5 ;
11:39 ; 1 Jean 1:2 ; 5:6, 7, 9 ; 3 Jean 1:3, 6, 12 ; Apocalypse 6:9 ; 1
Néphi 11:7, 32, 36 ; 12:7, 18 ; 13:24 ; 14:27, 29 ; 2 Néphi 27:13 ;
Énos 1:20 ; 3 Néphi 19:33 ; D&A 1:39 ; 5:1 ; 20:16, 27 ; 58:6, 7,
47, 59, 63 ; 59:24 ; 61:4 ; 62:5 ; 66:7 ; 67:8 ; 68:6, 12 ; 71:14 ;
76:14, 22, 25, 40 ; 84:61, 92 ; 93:6, 7, 11, 15, 16, 26 ; 100:8 ;
109:31, 56).
Une seule erreur est apparue un temps dans la version des Écritures en CD-ROM : Dans
l'introduction aux Doctrine et Alliances, au dernier paragraphe, à
la deuxième phrase, nous lisions : « les anciens de l'Église rendirent leur témoignage solennel que ». L'erreur a alors été rectifiée pour revenir à la traduction antérieure : « les anciens de l'Église rendirent solennellement témoignage que ». Nous aurions pu aussi choisir : « les anciens de l'Église rendirent le témoignage solennel que ».
○ « Je porte témoignage de ». L'expression
correcte est « porter témoignage », pas « porter son témoignage ».
○ « Je témoigne » et « J'en témoigne ». C'est
l'expression la plus simple et la plus sûre. Elle peut être utilisée en
début ou en fin de témoignage, comme dans les trois exemples suivants :
1.
« Je témoigne que Dieu vit, que Jésus est le Sauveur du monde et que le
président Untel est le prophète de Dieu aujourd'hui. »
2. « Je sais que Dieu vit, que Jésus est le Sauveur du monde et que le président Untel est le prophète de Dieu aujourd'hui. J'en témoigne. »
3. « Dieu vit. Jésus est le Sauveur du monde. Le
président Untel est le prophète de Dieu aujourd'hui. Je témoigne de ces vérités sacrées. »
(Ulisses Soares, Le Liahona, novembre 2023, p. 73). Cette dernière formulation a la particularité de ne pas commencer par «
Je » mais par l'énoncé de vérités.
Comme
on le constate, la palette de formulations correctes est riche. Elle
est suffisamment riche pour ne pas avoir besoin de recourir à des
tournures étrangères.
Ceci
étant dit, dans le doute, ne nous abstenons pas ! Ne nous abstenons pas
de témoigner parce que nous doutons de notre langage, mais
soyons certains que notre Père céleste accepte tous les témoignages,
comme toutes les prières, quelle que soit leur formulation. Sachons
simplement qu'il existe des formulations correctes en français et d'autres qui ne
le sont pas.
■ À propos de la prière :
En bon français, on ne «
laisse » pas une prière à notre Père céleste. Soit on la lui « fait » (voir 1 Rois 8:29 ; 2 Rois 20:2 ; 2 Chroniques 6:40 ; 7:15 ; Esdras 10:1 ; Marc 11:25), soit on la lui « adresse » (voir 2 Samuel 7:27 ; 1 Rois 8:28, 33, 44, 48, 54
; 2 Chroniques 6:34, 38 ; Néhémie 1:6 ; Job 27:10 ; 33:26 ; Psaumes 5:3
; Romains 15:30). Le verbe « laisser » a une connotation de négligence, voire d'abandon,
qui convient peu à la communication avec le divin. On « laisse » un
message à quelqu'un sur un répondeur téléphonique, mais on « fait » ou
« adresse » une prière à notre Père céleste. La langue française étant
riche, il existe des formules encore plus simples pour terminer une
prière, comme « C'est là notre prière » ou « Nous te prions » suivi de
« Au nom de Jésus-Christ. Amen », cette dernière terminaison pouvant
souvent se suffire à elle-même.
Comme
nous l'avons dit, dans la langue anglaise le verbe « offrir » est
appliqué à
toutes sortes de situations, alors qu'en français nous avons des verbes spécifiques. Par exemple, en anglais on offre ses
condoléances, alors qu'en français on les présente. En bon français, on
n'offre pas une prière, on la fait. En français, on offre un
sacrifice, on offre sa vie, mais on fait une prière. « Offrir la prière
» n'est pas une expression française. C'est pourquoi elle est absente
des publications de l'Église où c'est l'expression « faire la prière »
qui est utilisée, comme dans les saintes Écritures (voir
1 Rois 8:29 ; 2 Rois 20:2 ; 2 Chroniques 6:40 ; 7:15 ; Esdras 10:1 ;
Marc 11:25) et dans le temple.
D'aucuns avanceront que « faire » n'est pas un verbe noble. Pourtant,
il existe dans la langue française plusieurs choses nobles que l'on «
fait », comme la paix, ses adieux et la prière.
Seuls deux cas
ont échappé à la vigilance du service des Traductions de l'Église : D&A 93:51
et le premier couplet du cantique « À toi, Dieu, notre Père » (Cantiques, 1993, n° 100). Ces
deux cas d'utilisation de l'anglicisme « offrir la prière » sont des
paradoxes. En effet, dans aucun des deux le texte anglais n'utilise
cette expression. Elle ne se trouve pas dans le texte anglais. Nos
traducteurs
ont introduit dans leur traduction une expression anglaise absente du
texte anglais.
Précisons que si l'expression « offrir la prière » est
d'usage en anglais dans le langage courant, elle est cependant totalement absente des
ouvrages canoniques en anglais.
La règle appliquée par nos traducteurs est de ne pas traduire mot à mot
une expression anglaise mais de la rendre par l'expression
équivalente en français. Puisque l'expression française correspondant à
« offrir la prière » est « faire la prière », c'est ainsi qu'elle est
officiellement traduite dans l'Église. S'il existe des infractions
à cette règle, c'est par erreur humaine ou logicielle, ou les deux.
C'est le cas de
l'ouvrage en quatre tomes « Les saints », confiée à une
équipe qui n'a pas reçu les instructions en usage ou à un logiciel dans
lequel on ne les a pas intégrées. L'ouvrage
mentionné contient quelques expressions purement anglaises ou tournures
anglo-saxonnes traduites
mot-à-mot, dont la sonorité n'est pas très « heureuse » en français.
Les traducteurs habituels ne font cette erreur qu'exceptionnellement, par omission. Le reste du temps, ils s'en tiennent aux recommandations du manuel qui leur est fourni.
Quant à l'expression « Untel va nous offrir la
prière », elle comporte un double problème : ce n'est pas à « nous » que la prière est faite, mais à notre Père
céleste. La prière n'étant pas destinée à « nous », « Untel va nous faire la prière », bien qu'utilisant le bon verbe, a le même inconvénient.
Alors, que dit-on pour s'exprimer
correctement ? On dit « Untel fera la prière », comme le disent les
traducteurs de la conférence générale. Et pour terminer la
prière, il existe de nombreux verbes à notre disposition : « C'est la prière
que nous te
faisons », ou « t'adressons », ou « prononçons », ou « formulons »,
etc. Comme nous le constatons, la langue française est suffisamment
riche pour ne pas avoir à adopter la traduction d'une expression
anglaise.
■ La prononciation du nom « Jésus-Christ
» est l'anglicisme le plus répandu actuellement parmi
les saints d'expression française. C'est le plus répandu parce que
c'est le nom le plus
souvent prononcé dans l'Église, notamment dans l'emploi de l'expression
« au nom de Jésus-Christ ». En français on dit « le Christ » en
prononçant toutes les lettres : k-r-i-s-t, mais on prononce « Jésus-Christ »
en laissant muettes les deux dernières consonnes : k-r-i. Faire sonner
les consonnes finales est un anglicisme. En français, pour faire sonner
les dernières consonnes on doit ajouter l'article défini « le » entre « Jésus » et « Christ » : « Jésus le
Christ ». Sans l'article défini entre « Jésus » et « Christ », on ne prononce pas les consonnes
finales, à moins de parler franglais.
La seule justification à la prononciation des consonnes finales serait
lorsque « Jésus-Christ » est écrit sans trait d'union. Selon le
Grévisse : « Le deuxième élément [Christ] est une sorte de surnom. Pour essayer de rendre à cette désignation sa valeur première, les auteurs catholiques récents préfèrent écrire Jésus Christ [sans
trait d'union], en prononçant parfois [krist] comme dans l'Église
réformée » (Grévisse, Le bon usage, éd. Duculot, 1986, p. 144). Dans
les Écritures en français, « Jésus-Christ » est orthographié avec un
trait d'union, à la différence des Écritures en anglais. C'est aussi
l'orthographe dans toutes les publications de l'Église en français.
Notre prononciation devrait être conforme à l'orthographe employée.
La prononciation du composé « Jésus-Christ » en laissant entendre les consonnes finales est l'anglicisme qui gagne le
plus de terrain actuellement parmi nous. Sa progression dans nos paroisses est un véritable raz-de-marée dans lequel il serait aisé de se laisser emporter.
Nous pouvons cependant faire le choix d'appliquer la règle de prononciation en français.
Selon le romaniste Jean-Marie Pierret, auteur d'un ouvrage sur la phonétique de la langue française : « En ancien français (avant
1300) et en moyen français (du 14e au 17e siècle), les consonnes
finales se sont progressivement affaiblies, puis elles ont disparu.
Dans le mot 'Christ', l’affaiblissement a eu comme conséquence de
faire disparaitre le ‹st› final. À partir du 16e siècle, l’influence savante a rétabli un certain nombre de ces consonnes finales, mais pas dans le composé 'Jésus-Christ'. » (email du 1er décembre 2023)
Les transcriptions phonétiques les plus anciennes dont nous disposons, celle du Père Gile Vaudelin en 1713 et
celle du dictionnaire de l'Académie française, deuxième édition, en
1718, confirment cette évolution. Selon ces sources, la prononciation du composé « Jésus-Christ » se fait en laissant muettes
les consonnes finales. Toutes les éditions suivantes du dictionnaire de
l'Académie
(1740, 1762, 1798, 1835, 1878, 1935), jusqu'à la version en cours,
confirment cette
prononciation.
Les sources ultérieures sont unanimes à témoigner de la même prononciation. Selon le Larousse : « Christ : précédé du mot Jésus, il se prononce kri : Jé-zu-kri » ; selon le Littré : « Christ nm (krist' ; dans Jésus-Christ
on prononce Jé-zu-kri ; des ministres protestants, à tort, prononcent
Jé-zu-krist') » ; selon le Grévisse, lorsque « Jésus » et « Christ » sont reliés par un trait d'union, on prononce kri ; et selon le Dictionnaire culturel en langue française dirigé par Alain
Rey (Dictionnaires Le Robert), Christ se prononce Krist, et Jésus-Christ se prononce Jézukri.
Au 17e siècle, quelques pasteurs protestants, peut-être sous l'influence de la langue de la Réforme,
l'allemand, ont commencé à prononcer les consonnes finales. Cependant, la prononciation
officielle en français est restée celle consignée dans les dictionnaires de
la langue française et consiste encore et toujours à laisser muettes les
consonnes finales ‹st› quand on dit « Jésus-Christ ». C'est la norme en français.
Les dictionnaires témoignent de la prononciation à la protestante. En 1872, Le Littré précisait : « Jé-zu
Krist' est une mauvaise prononciation très usitée chez les protestants
français à cause de leurs relations fréquentes avec les Anglais et les
Allemands ». En 1913, le linguiste Philippe Martinon confirmait : « Le
groupe final st se prononce dans quelques mots, la plupart étrangers…
Il se prononce dans Christ, qui, employé seul, est un mot savant, mais
il est resté muet dans Jésu(s)-Chri(st), qui est populaire, et qui a
gardé pour ce motif sa prononciation traditionnelle, sauf parfois chez
les protestants. » (Philippe Martinon, Comment on prononce le français, 1913, p. 331)
La liste des anglicismes
couramment entendus dans nos églises serait trop longue à énumérer.
Mais si nous devions n'en retenir qu'un, celui qui ferait la plus
grande différence, c'est la prononciation du nom de notre Seigneur.
Pourquoi ? D'abord parce que c'est son nom. Si c'était le nom de
quelqu'un d'autre, cela nous préoccuperait moins. Mais il s'agit du nom
du Sauveur. Ensuite parce c'est le nom
le plus souvent prononcé dans l'Église : lors des prières, des
ordonnances et des discours. Si nous devions compter le nombre de fois
que le nom du Seigneur est prononcé lors d'une réunion de l'Église,
nous comprendrions l'importance de le prononcer correctement.
Il est à noter que la prononciation du nom du Seigneur en laissant
muettes les consonnes finales n'existe, parmi les langues occidentales, qu'en français. Elle est
particulière à notre langue, d'où l'intérêt de la conserver. Si c'est tout à l'honneur des
anglophones de prononcer le nom du Seigneur à l'anglaise, et des
germanophones de le prononcer à l'allemande, c'est tout à notre honneur
de le prononcer à la française.
Nous nous
empressons de préciser qu'il est plus important de prendre le nom du
Sauveur sur soi et de parler et d'agir en son nom sans prendre son nom
en vain, que de le prononcer à la française. Cependant, prononcer
correctement son nom dans notre langue est une marque supplémentaire de
respect pour lui et pour notre langue. Il est paradoxal de rencontrer
d'excellents disciples de Jésus-Christ qui ne prononcent pas
correctement son nom.
Ce qui apparaît comme un détail peut
être le sujet de tout un discours de conférence générale. Ainsi en
a-t-il été lorsque Dallin H. Oaks, en avril 1993, a plaidé pour que les
saints, lorsqu'ils prient en anglais, utilisent les pronoms « thee », «
thou », « thy » et « thine » au lieu de « you », « your » et « yours »
(voir L'Étoile, juillet 1993,
p. 16-19). Il s'est alors empressé d'ajouter : « Je suis certain que
notre Père céleste, qui aime tous ses enfants, entend toutes les
prières et les exauce, quelle que soit la façon dont elles sont
formulées. S’il est offensé par nos prières, ce sera plutôt par leur
absence que par leur formulation ». Cependant, tout son discours a été
consacré à argumenter en faveur de l'utilisation des pronoms corrects pour
prier en anglais.
Qu'est-ce qui nous dit que Dallin Oaks, s'il avait été de langue française,
et si le français avait été la langue du Rétablissement, n'aurait pas consacré un discours de conférence générale à la
prononciation correcte du nom du Sauveur en français ? Qu'est-ce qui
nous dit qu'il n'aurait pas vu l'utilité et l'importance de
développer une argumentation à ce sujet ? La façon de s'adresser à Dieu et
la façon de prononcer son nom, n'est-ce pas un même sujet, celui de notre
langage à propos de la Divinité ?
Quand nous écoutons la
conférence générale ou la dotation du temple, nous pouvons être
attentifs non seulement au fond mais aussi à la forme. Nous constatons alors que les personnes qui
prêtent leur voix aux orateurs ou aux personnages prononcent
correctement le nom du Sauveur. Puisque,
en
la matière, la norme est respectée au niveau général de
l'Église, pourquoi ne serait-ce pas un modèle à imiter personnellement ?
Certains d'entre nous sont issus de régions où le protestantisme
est prégnant. Depuis leur enfance, ils prononcent le nom du Seigneur
sans effacer les consonnes finales. Il serait vain d'attendre de cette
minorité qu'elle change de prononciation, bien que chacun soit libre
d'adopter la norme. Pour eux, faire honneur au Seigneur avec leur
histoire et leur culture peut passer par la
prononciation historiquement en usage dans ces régions. En revanche, on
peut souhaiter que la majorité choisisse de faire obstacle à
l'influence de la langue anglaise quand elle engloutit une
particularité de notre langue dans un nom aussi important.
D'aucuns ont avancé le
problème de l'homophonie : le composé « Jésus-Christ » prononcé sans
les consonnes finales ferait entendre le verbe crier au présent de
l'indicatif avec Jésus comme sujet. Nous répondons que ce composé est
trop populaire pour qu'il y ait confusion chez l'auditeur. Les
Écritures rapportent effectivement que Jésus cria (voir Jean 11:43), mais l'orthographe de
« Jésus-Christ » ne permet aucune interprétation dans le sens du verbe
crier. Et aucune Écriture ne l'utilise au présent avec Jésus comme
sujet.
La meilleure façon de rétablir la prononciation du nom
du Seigneur à la française est de commencer par soi-même. C'est la
façon la plus efficace de faire perdre du terrain à l'anglicisme le
plus prégnant actuellement dans nos paroisses, toutes régions
confondues. Nous
pourrions commencer par l'expression « au nom de Jésus-Christ »,
notamment dans les ordonnances, les prières et les témoignages, à commencer par la prière de Sainte-Cène. Les
dirigeants pourraient donner l'exemple dans leurs prises de parole.
Plus notre rayon d'influence est large, plus nous avons un devoir
envers notre langue. Plus notre appel nous expose, plus nous sommes
responsables des effets d'imitation de notre langage chez nos
semblables.
Il est à noter qu'en 2024, après avoir lu nos propos, la Rédaction des
pages locales du Liahona a publié un court article pour encourager les lecteurs
à prononcer correctement le nom du Sauveur (voir Le Liahona, avril
2024, pages locales).
Si jusqu'à présent
nous n'étions pas conscients de nos défauts de langage, soyons rassurés
: ce n'est pas un péché. Dans la hiérarchie des valeurs, il
est assurément plus
important d'être un vrai disciple du Sauveur et un véritable saint des
derniers jours que de parler sans anglicisme. Cependant, notre
progression englobe tout, y compris notre langage. Parmi les changements à apporter à notre vie, même un défaut secondaire vaut la peine d'être
corrigé. « Et c'est des petites choses que sort ce qui est grand »
(D&A 64:33). Or, il est plus facile de s'améliorer quand on
sait précisément en quoi le faire. Et ce que nous apprenons
dans le cadre de l'Église nous est utile aussi à l'extérieur.
Le franglais est défini comme étant du
français dans lequel l'influence anglaise (lexique, syntaxe) est
prédominante. Nous, locuteurs, avons un devoir envers notre langue. Comme l'a dit Charles Didier, du premier collège des soixante-dix : «
Les mots sont une forme d'expression personnelle. Ils nous distinguent
tout comme le font les empreintes digitales » (L'Étoile,
mai 1980,
p. 43). Il est tout à notre honneur de refuser d'être pétris
d'anglicismes. Il n'est pas utile d'adopter les fautes de français de
nos dirigeants anglophones. Adopter le bon exemple de quelqu'un n'exige pas
de le faire au détriment de notre langue. Nous pouvons être fidèles à
la fois au bien et à notre langue.
Les missionnaires à plein temps étant à l'origine des anglicismes
introduits dans le jargon des membres de l'Église, il évident que nous
sommes reconnaissants lorsqu'un président de mission, après avoir pris
connaissance de ce phénomène, enseigne la bonne prononciation et le
vocabulaire correct
à ses missionnaires. Ce faisant, il agit à la source des vagues
déferlantes que nous avons identifiées.
3. La langue écrite
Comme nous l'avons mentionné, certains termes du langage parlé des
saints, comme les sigles et les anglicismes, sont exclus des
publications de l'Église. Nous avons aussi constaté que les erreurs de
français, notamment celles qui peuvent se glisser dans les saintes
Écritures, sont corrigées au fur et à mesure de leur signalement et des
réimpressions des ouvrages canoniques. Nous allons détailler ce point. Nous traiterons ensuite du bon usage des majuscules, notamment dans le
nom de
l'Église. Nous reviendrons aussi sur quelques expressions typiquement
anglosaxones et leur équivalent en français. Nous verrons enfin les
différences de typographie entre l'anglais et le français.
Les saintes Écritures
Le nom de l'Église
Majuscules et minuscules
Autres caractéristiques typographiques
Expressions anglosaxones
Les saintes Écritures
Le
texte de la Bible Segond mis en ligne par l'Église contient de
nombreuses coquilles, les mêmes que celles diffusées par une
quarantaine d'autres sites internet. Ces coquilles sont pourtant
absentes de nos Bibles imprimées. Le texte de la Bible Segond mis en
ligne par de nombreux sites est le résultat d'une numérisation de
l'édition imprimée en 1910, suivie d'une reconnaissance de texte pour
obtenir le texte en écriture électronique. Ce procédé de conversion du
texte papier en écriture électronique n'étant pas fiable à cent pour
cent, il a entraîné quelques centaines de déformations du texte, ce qui
est peu pour toute la Bible. Ces quelques centaines de fautes de
français altèrent le texte de la Bible actuellement en ligne dans de
nombreux sites, y compris celui de l'Église.
Par ailleurs, d'autres erreurs se
sont ajoutées
au cours de diverses modifications du texte avant sa mise en ligne. Au
total, l'édition de la Bible mise en ligne par l'Église
comporte plusieurs centaines d'erreurs qui ne se trouvent pas dans
l'édition imprimée, celle que nous emportions le
dimanche à l'église avant la parution de la Bibliothèque de l'Évangile
téléchargeable dans nos terminaux portables.
Aux
erreurs que contient la version numérique de la Bible, il convient
d'ajouter les coquilles déjà signalées dans le
Triptyque. L'édition 1998 du Triptyque en français a été l'occasion d'une retraduction complète par Marcel Kahne,
la précédente traduction étant celle de 1852 pour le Livre de Mormon et
de 1958 pour les Doctrine et Alliances et la Perle de grand prix. Les
coquilles que nous avons trouvées dans l'édition de 1998 ont été
partiellement corrigées dans l'édition de 2008 et les coquilles
restantes ont été partiellement corrigées dans les réimpressions successives
(voir l'historique).
La dernière réimpression actuellement en ligne comporte une centaine de
coquilles dont les plus significatives ont été insérées à la liste ci-dessous.
Les erreurs principales
(à
traiter prioritairement) sont énumérées ci-dessous et ont été signalées au département des
Écritures de l'Église. Les coquilles entre crochets ont été corrigées suite à nos signalements.
Fautes
de conjugaison : [Genèse
17:23 ; 34:24] ; Nombres 17:2 ; 2 Samuel 19:chapeau ; 1 Rois 6:37 ;
18:chapeau ; 2 Rois 9:2 ; 17:chapeau ; 2 Chroniques 35:11 ;
Esdras 5:chapeau ; Proverbes 1:23 ; 5:19 ; 8:25 ; Ecclésiaste
2:3 ; Daniel 2:9 ; [5:28 ; Marc 10:2 ; Luc 9:18 ; 21:24] ; Actes 16:14
; Romains 11:17 ; Apocalypse 6:10 ; 3
Néphi 1:2 ; Moïse 3:2
Fautes
d'accord : 2 Chroniques 6:13 ; Galates 2:17 ; 1
Thessaloniciens 2:5 ; 1 Timothée 3:2 ; 2 Timothée 2:18 ; 4:8 ; Tite 1:6 ; 1:15 (deux
cas) ; Hébreux 5:1 ; 9:10, 26, 27, 28 ; Jacques 1:21 ; Jacques
5:5 ; 1 Pierre 1:6 ; 1
Néphi 17:3 ; D&A 5:28
Fautes
d'orthographe : [Genèse
21:31 ; 23:chapeau ; 34:chapeau ; Exode 26:4, 5 ; 28:33 ; 39:24 ; 39:29 ; Nombres 21:4] ; Deutéronome 10:17 ; 28:24 ; 1 Chroniques 27:7 ;
28:1 ; Esther 1:1 ; [Proverbes 3:3 (corrigé mais remplacé par une autre erreur)] ; Ésaïe 22:16 ; Jérémie
30:16 ; [Ézéchiel 8:3 ; 20:5 ; Daniel 7:3 ; 11:23 ; Osée
5:13 ; 8:9 ; Amos 1:8 ; 3:7] ; Zacharie 9:8 ; [Matthieu 21:34 ; Luc
11:47 ; 14:33] ; 2 Corinthiens 10:15 ; 2 Thessaloniciens 1:11 ; 3:16 ; 2
Timothée 1:12 ; 3:13 ; Jacques 1:5, 6, 9 ; 1 Jean 5:16 ; [D&A,
Témoignage des apôtres, dernier
paragraphe, dernière phrase, texte entre parenthèses]
Traits d'union manquants (outre « Jésus Christ », « Saint Esprit », « Esprit Saint », « Tout Puissant » et « Très Haut ») : 1 Corinthiens 11:22 ; 2 Timothée 2:18 ; 1 Jean 4:7
Traits
d'union ajoutés, entraînant un changement de
signification : Romains 13:3
Mots
accolés par l'absence d'espace de séparation :
[Lévitique 5:12 ; 11:20 ; 13:8] ; Deutéronome 13:13 ;
25:4 ; 33:25 ; Josué 6:6 ; 18:16 : Juges 5:19 ; 1 Rois 2:28,
33 ; 5:8 ; 2 Rois 17:15 ; 23:17 ; 1 Chroniques 15:11 ; 28:5 ; 2
Chroniques 9:16 ; 17:8 ; Psaumes 17:12 ; 22:27 ; 25:3 ; 31:18 ;
37:chapeau ; 74:20 ; 106:33 ; Proverbes 27:13 ; Ecclésiaste
6:3 ; Jérémie 10:18 ; 26:20 ; 2 Pierre 3:11
Phrases
dont il manque un ou plusieurs mots :
[Lévitique 11:33] ; Josué 10:10 ; Joël 2:8 ; Luc
12:59 ; Actes 15:27 ; 2 Pierre 3:11 ; Alma 24:17 ; Éther
1:4 (2e phrase) ; Éther 4:18 ; Moroni 4:3 ; D&A 20:77 ; Guide
des Écritures, Sujet : Principe, 2e paragraphe (la version en ligne
cite la Bible traditionnelle en notant qu'il s'agit de la TJS)
Phrases
comportant un ou plusieurs mots en trop
: [Lévitique 25:2] ; 1 Chroniques 23:3 ; Daniel 7:1 ; Romains
16:2 ; Jacques 4:6 ; 2 Pierre 3:11 ; Apocalypse 9:6 ; 11:17 ; D&A
29, chapeau, commentaire des versets 9-11 ; D&A 54, chapeau principal, avant-dernière phrase
Phrases
dont les mots sont dans le désordre : Hébreux 13:17
; 2 Pierre 3:11
Mots dont il manque une lettre : [Matthieu 21:34 ; Luc 11:47]
Mots
dont les lettres sont dans le désordre : Apocalypse
20:11
;
[Luc 14:33]
Espaces
en trop : Juges 7:24 ; Job 37:23 ; Jérémie 31:22 ; 49:34 ; Jude 1:21
Apostrophes en trop : Proverbes 11:22 ; 2 Corinthiens 10:15 ; Jacques 1:5, 6 ; 1 Jean 5:16
Espaces
remplaçant une lettre au sein d'un mot
: Apocalypse 18:14
Répétitions ne figurant pas dans l'original
: Ésaïe 19:23 ; 2
Néphi 15:26-27
Phrases
dont il manque le point final
: [Genèse 31:48 ; 44:26 ; Exode 25:21] ; Nombres 33:15 ; Juges
13:15 ; Esther 1:17 ; Proverbes 8:22 ; 15:4 ; Ésaïe 53:2
; 63:19 ; Jérémie 19:14 ; 25:14 ; Ézéchiel
32:14 ; Osée 11:2 ; Amos 1:1 ; 1 Timothée 5:16 ; [D&A
1, chapeau, dernière phrase] ; D&A 11, chapeau, première phrase ; D&A 70, chapeau, première phrase ; D&A 96, chapeau, dernière phrase ; D&A 105, chapeau,
première phrase
Versets se terminant par un point final alors que la phrase continue au verset suivant : Psaumes 140:2 (verset 1 dans la Segond 1910)
Ponctuation
modifiée, entraînant un changement de signification
: Nombres 1:7, 9-10 ; 1 Rois 16:23
Ponctuation
mal placée : [Exode 22:3] ; 1 Rois 18:4 ;
Esther 2:13 ; Job 15:35 ; Ésaïe 10:20 ;
2 Corinthiens 11:1
Erreurs de typographie : Dans la
Bible : 218 cas ; dans le Triptyque : Mosiah 4, chapeau ; Alma 14:8 ;
30, chapeau ; 37:3 ; Moroni 8, chapeau ; D&A, introduction ; 20:11,
69 ; 33:16 ; 34, chapeau ; 36:3 ; 39:19 ; 49:1 ; 76:100 ; 89, chapeau
(2) ; 89:1 ; 107:90 ; 108, chapeau ; 124:138 ; 130, chapeau
8 versets où « Esprit-Saint » est orthographié sans trait d'union (contrairement à la version Segond 1910, au Triptyque et aux règles du français)
55 versets où « Très-Haut » est orthographié sans trait d'union (contrairement à la version Segond 1910, au Triptyque et aux règles du français)
59 versets où « Tout-Puissant » ou « tout-puissant » est orthographié sans trait d'union (contrairement à la version Segond 1910, au Triptyque et aux règles du français)
73 versets où « Saint-Esprit » est orthographié sans trait d'union (contrairement à la version Segond 1910, au Triptyque et aux règles du français)
208 versets où « Jésus-Christ » est orthographié sans trait d'union (contrairement à la version Segond 1910, au Triptyque et aux règles du français)
515 versets où le retrait de la ponctuation handicape la lecture (voir la page dédiée)
Ces signalements sont détaillés, expliqués et documentés dans les pages dédiées suivantes : Bible, Triptyque.
Nous savons que l'important dans les
Écritures est leur message spirituel, pas les coquilles de l'éditeur,
que Moroni qualifierait de « erreurs des hommes » (Livre de Mormon, page de
titre). Nous avons signalé celles de l'édition française pour
leur correction en vue de la préservation de l'image de l'Église.
D'autre part, en apprenant ici leur existence, le lecteur ne sera pas
surpris de les trouver par lui-même.
Le nom de l'Église
Il y a un certain nombre d'années, nous avons bataillé pour que sur
Wikipédia le nom de l'Église conserve les majuscules dans sa deuxième
partie (Saints des Derniers Jours), jusqu'au jour où le service
français des Traductions de l'Église nous a conseillé de ne pas
persévérer dans cette voie car nous avions tort.
En effet, les règles typographiques du français ne sont pas respectées
quand nous écrivons la deuxième partie du nom de l'Église avec des
majuscules. Si nous respections la règle, nous écririons : Église de
Jésus-Christ des saints des derniers jours. Le nom de l'Église prend
normalement des minuscules à « saints des derniers jours », au même
titre qu'en anglais le nom de l'Église s'écrit avec un « d » minuscule
à « day ».
Notons qu'en français les institutions commerciales n'échappent pas à
cette règle. Ainsi écrit-on « le Grand bazar de la rue de Rennes » pour
désigner le fameux grand magasin parisien. Seuls les logos échappent à
la règle.
Malgré toutes les parades que nous avions trouvées pour conserver les
majuscules sur Wikipédia, nous avons fini par nous incliner. Depuis,
nous appliquons la règle dans nos publications.
Il y a des années, nos traducteurs ont obtenu que dans les traductions
en français l'article défini du nom de l'Église conserve sa minuscule,
en vertu des règles du français (sauf en début de phrase, en vertu des
mêmes règles). Notons que cette règle s'applique aussi aux grands
magasins tels que la Samaritaine (sauf dans son logo ou quand l'article
défini est en début de phrase). Sur le même principe, l'application des
règles du français dans la deuxième partie du nom de l'Église reste à
obtenir. Puisque nos traducteurs ont été écoutés sur un point – celui
de l'article défini – on peut prévoir qu'ils le soient sur le reste du
nom de l'Église pour une mise en conformité avec les règles du français.
Wikipédia n'est qu'un exemple parmi les espaces où est exigé le respect
des règles linguistiques. La Communauté du Christ, en revanche,
orthographiait « Latter-Day Saints » avec un D majuscule avant de
changer de nom. L'Église, quant à elle, respecte les règles
linguistiques de l'anglais dans sa façon de typographier le nom de
l'Église. Nous ne doutons pas que sa politique soit de respecter les
règles des autres langues.
Notons qu'en français, les membres des communautés religieuses
s'orthographient avec une minuscule (« les adventistes, les baptistes,
les chrétiens, les évangéliques, les mormons, les musulmans, les saints
des derniers jours »), règle qui est déjà respectée dans les
publications de l'Église, y compris pour écrire « les saints »,
s'agissant des saints des derniers jours. Précisons que partout dans
les Écritures on écrit « les Juifs » avec une majuscule parce qu'il
s'agit du peuple juif. De même, en français « islam » s'écrit avec une
minuscule s'agissant de la religion, avec une majuscule s'agissant de
la civilisation.
Rappelons enfin que la typographie du nom d'un organisme répond à des
règles précises de la langue française alors que celle des logos est
libre. La typographie du logo d'un organisme et celle de son nom
peuvent ne pas être identiques. C'est le cas de l'Église : dans son
logo, aucune première lettre de mot n'est de taille supérieure aux
suivantes, contrairement à son nom. C'est pourquoi la mise en
conformité de la typographie du nom de l'Église en français ne
nécessitera pas de modifier son logo.
Le jour où cette mise en conformité sera faite, elle affectera le canon
des Écritures. En vue de ce temps-là, voici le lien vers la liste des références du Triptyque où le nom de l'Église apparaît.
Majuscules et minuscules
Comme le lecteur le remarquera, dans le document que nous venons de mentionner, nous avons écrit Perle de grand prix,
tel que cela s'écrit en vertu des règles du français. Il devrait en
être également de : École du dimanche, Parole de sagesse, Société de
secours et Articles de foi, quand il ne s'agit pas d'un logo. Ceci est
l'une des nombreuses différences entre l'anglais et le français,
différence que nous signalons à toutes fins utiles.
Ajoutons que « la
Première Vision » est correctement typographiée s'agissant d'un
événement historique. En revanche, on écrit « la première vision de
Joseph Smith » ou « sa première vision », comme c'est le cas dans les
publications de l'Église. Il en de même de « l'Expiation » et de «
l'expiation de Jésus-Christ » ou « son expiation ». Il en est de même
pour « le Rétablissement » et « le rétablissement de l'Église ». Ainsi
que pour « la Seconde Venue » et « la seconde venue de Jésus-Christ ».
En 2023, le service des Traductions de Salt Lake City envisageait de placer une majuscule aux pronoms relatifs à
la Divinité (Il, Lui, Le) dans le futur recueil de cantiques en français. Cette mesure ne nous paraissait pas pertinente pour les raisons suivantes :
1. L'inutilité : En français, à la différence de l'anglais, tous les éléments de la
phrase s'accordent entre eux, de sorte que le lecteur sait à tout
moment de qui on parle, de qui ou de quoi il s'agit. Ce n'est pas le
cas en anglais où rien ou presque ne s'accorde. Dans ce contexte, les
majuscules en anglais sont utiles.
2. L'ajout de complexité : En français, non seulement ces majuscules sont superflues, mais
elles rendent la lecture moins fluide, moins naturelle, plus complexe.
3.
La non conformité : Ces
majuscules sont absentes des saintes Écritures en français, non
seulement du Triptyque mais aussi de la version de la Bible utilisée
par les
saints de langue française. La Bible Segond 1910 est une version
protestante qui
ne typographie pas avec une majuscule les pronoms relatifs à la
Divinité.
4. La régression : L'usage de ces
majuscules étant une tradition catholique, les saints francophones
étant issus pour la plupart du catholicisme,
cette mesure leur donnerait l'impression de
revenir en arrière.
5. L'anachronisme : À notre jeunesse, qui relève déjà le défi de vivre en disciple du Sauveur, nous ajouterions celui de lire
du français d'un autre âge.
Expressions anglosaxones
Nous avons vu comment
l'expression « offrir la prière » se trouvait accidentellement dans
quelques publications de l'Église. D'autres expressions y sont parfois
maladroitement intégrées. C'est le cas de :
■ « Parlant de… Untel a dit…
». En français, un verbe suffit, l'expression correcte étant : « À
propos de… Untel a dit… ».
■ « Après les remarques de frère Untel,
nous entendrons… ». Dans ce contexte, le terme juste en français n'est
pas « remarques », mais « propos ». On dit : « Après les propos (ou : le discours) de frère Untel, nous entendrons… ».
■ « Les convertis rejoignent l'Église ». C'est de l'anglais. En français, ils « se joignent à l'Église ».
■ « L'Église est présente dans 195 pays et territoires ». Quand
on étudie la signification du terme « territory » en anglais (et « territoire » en géopolitique), on
constate que l'expression « pays et territoires » est une redite à la
mode
anglosaxone. Selon le professeur Marcel Kahne, en français, « pays »
suffit.
■ Comme toute expression anglaise, « again and again » ne devrait pas
se traduire mot à mot. L'expression française équivalente est « encore
et toujours ». Mais il existe d'autres équivalents : « plusieurs fois ;
à plusieurs reprises » (Oxford), à maintes reprises, sans cesse,
maintes et maintes fois, constamment, à l'infini, à de nombreuses
reprises, etc.
Rappelons enfin qu'en français, contrairement à l'anglais, l'usage
veut que l'on mette l'article devant le titre « président » : « Le
président Untel », comme c'est déjà le cas dans les publications
officielles de l'Église en français.
Autres caractéristiques typographiques
Différences de typographie entre l'anglais et le français
Espaces
■ On place un(e) espace (c'est féminin en typographie) avant les signes suivants : ; : ? ! ». L’espace
insécable (digicode sous Windows : Alt + 255) permet d’éviter
qu’une ponctuation soit rejetée et isolée en début de ligne. S'agissant des deux points (:), les références des Écritures font exception : ils ne sont ni précédés ni suivis d'un espace.
■
Les espaces doivent être restitués lorsqu'on reproduit une Écriture.
Dans l'ancienne version papier des Écritures, ces espaces n'étaient pas
respectés pour le gain de place que ce choix représentait, mais dès
lors qu'on en cite des extraits, cet usage n’a pas lieu d’être.
■ On place un espace après le guillemet ouvrant et avant le guillemet fermant.
Guillemets
■ Pour la communication courante entre individus, l'usage des
guillemets anglais est plus pratique, mais pour les textes officiels,
ou qui sont destinés à servir de référence, les guillemets français sont requis. Les
guillemets français (« ») se font avec les digicodes Alt + 174 et
Alt + 175.
■ On ne place pas une virgule avant un guillemet fermant, mais après, y compris dans les notes de bas de page.
■
Les numéros de notes de bas de page ne se placent pas avant les
guillemets fermants, mais après (sinon en français le numéro ferait
partie de la citation, ce qui n'est pas le cas).
■ Si
une citation couvre plusieurs paragraphes, ces paragraphes restent
alignés sur le texte principal et un guillemet ouvrant est placé à
chaque début de paragraphe.
■ On ne commence pas une citation par des points de suspension. En
français, le fait qu'il s'agisse d'une citation inclut la possibilité
qu'elle soit prise en cours de route.
Parenthèses
■ Une
parenthèse ouvrante n'est pas précédée d'un point et le premier mot ne
commence pas par une majuscule. Si le texte entre parenthèses comporte
plusieurs phrases, on enlève les parenthèses, ou bien on renvoie le
texte en note de bas de page.
■ Le point final ne précède pas la parenthèse fermante mais la suit.
Citations
■ En anglais, les citations sont annoncées en fin de paragraphe et font
l'objet d'un nouveau paragraphe. En français, l'annonce et la citation
sont réunis dans le même paragraphe. Si la citation est très longue, on
la scinde en plusieurs paragraphes (sans ommettre d'entamer chaque
paragraphe par des guillemets ouvrants).
■ En anglais, il est fréquent qu'une citation, plutôt que d'être entre
guillemets, soit singularisée par une marge et une typographie
différentes du reste du texte. En français, on la place simplement
entre guillemets.
Longueur des paragraphes
En anglais, on ne change pas de paragraphe le temps qu'on reste sur la
même idée, quitte à avoir de très longs paragraphes qui compliquent la
lisibilité. En français, on scinde les très longs paragraphes. L'idéal
pour l'oeil est qu'un paragraphe ne dépasse pas 5-6 lignes. Au-delà, on
le scinde en fonction de son contenu. La référence internationale en la
matière est la portée musicale qui ne comporte que 5 lignes pour
l'aisance de la lecture.
La mention « Conclusion »
En anglais, la mention « conclusion » est au pluriel quand elle désigne
les leçons à tirer du texte qui précède. En français, même dans ce cas,
la mention « conclusion » reste au singulier.
Références
Dans le texte, le numéro du renvoi ne s'écrit pas avant le guillemet fermant, mais après.
Dans la note, même s'il s'agit de la référence à un ouvrage en anglais :
■ On ne modifie pas la typographie du titre de l'ouvrage, mais en
dehors du titre on conserve la typographie française, comme les
espaces.
■ On ne place pas d'élément entre parenthèses mais entre deux virgules.
■ L'indication des pages d'un ouvrage avec
l'abbréviation p. se fait avec un seul p, même pour désigner plusieurs pages.
■ L'indication des versets d'un ouvrage canonique avec
l'abbréviation v. se fait avec un seul v, même pour désigner plusieurs versets.
■ Le p. de page est souvent omis en anglais, pas en français.
■ Dans le cas de sources en plusieurs volumes, 2:90 se traduit par vol. 2, p. 90.
■ p. 366-7 se traduit par p. 366-367.
Italiques
L'usage
des italiques est tellement plus fréquent en anglais qu'en français
qu'on ne peut les reproduire toutes en français sans infantiliser
le lecteur. La plupart du temps, en français, les italiques n'ajoutent
rien à l'explication donnée par l'auteur. Au contraire, en les
introduisant dans la
phrase
française, celle-ci perd de son poids.
4. La responsabilité de l'interprète
L'interprète
est un intermédiaire privilégié entre l'orateur et l'assemblée, cependant il
ne doit pas traduire en parlant de l'orateur, mais en parlant à sa place.
L'interprète ne dit pas : « Il [l'orateur] dit que…». Lorsque l'orateur
parle à la première personne du singulier, l'interprète doit faire de
même : les articles et pronoms personnels doivent fidèlement traduits.
En d'autres termes, lorsque l'orateur dit « je », « mon », « ma », «
mes », l'interprète doit faire de même. Il est souvent utile de
rappeler cette règle à la personne sollicitée pour interpréter,
lorsqu'elle n'est pas familiarisée avec cette discipline, même quand elle maîtrise les deux langues.
En tant qu'intermédiaire privilégié entre l'orateur et l'assemblée, l'interprète est responsable de la compréhension du message de l'auteur
par l'auditeur. Les instructions de l'Église à destination des
interprètes mentionnent : « En contrôlant votre voix, vous devez
refléter le style de l'orateur, en reflétant les émotions et les
sentiments que l'orateur utilise ». Cependant, l'expérience a démontré
qu'en voulant bien faire, l'interprète peut aller « au-delà de la
marque » (Jacob 4:14) en imitant à l'excès le ton de l'orateur ou même
en se substituant à lui pour mettre gratuitement de l'emphase et de
l'émotion dans sa voix, au point de gêner la compréhension de
l'auditeur, ce qui n'est pas conforme aux mêmes instructions adressées
aux interprètes, qui mentionnent : « Parlez clairement ».
Les propos de l'orateur sont suffisamment puissants, notamment en
conférence générale, pour que le lecteur, même longtemps après, soit
touché par le message écrit, ce qui montre l'inutilité d'imiter
vocalement l'orateur. Cette imitation ou émotion inutile fait écran à
la compréhension de l'auditeur et peut même polluer le message de
l'auteur, voire le trahir. Si au cinéma un acteur fait de la doublure,
ce n'est pas le rôle de la personne qui prête sa voix pour lire la
traduction d'un discours.
Le bon interprète ne dirige pas son esprit vers la personne de
l'orateur mais vers son message, pour la compréhension des auditeurs.
Cela demande du recul par rapport aux propos tenus par l'orateur.
L'interprète doit savoir se situer dans une zone neutre entre l'orateur
et l'auditeur. Bien sûr, il ne s'agit pas de parler avec la voix
virtuelle d'un logiciel informatique. Il s'agit d'avoir une élocution
claire, distincte et intelligible, sans surjouer ou créer
artificiellement une ambiance.
Le bon interprète ne met en avant ni son talent d'acteur ni ses
émotions mais sait rester en retrait pour restituer la clarté du texte
qu'il lit ou de l'idée qu'il transmet. L'émotion passe très bien
visuellement. Il est dommageable de se l'approprier pour la
transmettre. Quand l'orateur autorise la traduction de son texte, il
n'autorise pas pour autant l'imitation de son émotion. Cette émotion
appartient à l'orateur et à lui seul. Si l'orateur met de l'emphase sur
certains mots, alors il est légitime que l'interprète fasse de même.
Mais il ne peut pas s'autoriser à mettre de lui-même de l'emphase là où
l'orateur n'en met pas, à moins de respecter l'intention de ce dernier.
L'auditeur doit pouvoir recevoir le texte du discours comme s'il le
lisait : un texte exempt d'interférences perturbatrices. Si quelqu'un
doit être ému par les mots, c'est l'auditeur, pas l'interprète. Lorsque
cette émotion émane de l'interprète, elle empêche la compréhension même
des propos à l'origine de l'émotion. Or, le rôle de l'interprète n'est
pas de gêner la compréhension de l'auditeur, mais de la faciliter.
C'est alors que l'auditeur peut être ému par les propos qu'il a
compris. Sinon, cette émotion lui est confisquée par l'interprète.
Ajoutons que dans notre culture latine, une voix chargée d'émotion
devient très vite insupportable à l'écoute. Ce sujet est aussi abordé
dans les instructions adressées aux interprètes, lorsqu'elles
mentionnent : « N'oubliez pas d'être sensible à la culture et
d'utiliser une voix en résonnance avec les auditeurs. » Le rôle de
l'interprète n'est pas d'attirer l'attention sur son talent d'imitateur
ou de créateur d'ambiance artificielle, mais sur le message de
l'orateur, en le restituant sans parasite, de façon audible à tous.
À propos de la traduction linguistique de la conférence générale, nous
lisons : « Une interprétation efficace exige le respect de la cadence
et du ton employés par l’orateur, une articulation claire et la
maîtrise de la langue. Cela demande également la capacité de
transmettre l’émotion et l’intention de l’orateur à la chaire, dans le
même esprit que celui dans lequel le message a été rédigé » (Le
Liahona, mai 2024, p. 141). Tout est dit. Il est notamment écrit « transmettre l'émotion
», pas la jouer, encore moins la créer de
toute pièce. La meilleure façon de transmettre l'émotion est
précisément de conserver « une articulation claire » et de respecter l'« esprit dans lequel le message a été rédigé ».
5. Le langage des détenteurs de la prêtrise
A. La prière de Sainte-Cène
B. Le nom complet
C. Sceller les bénédictions ?
D. Le langage des bénédictions
A. La prière de Sainte-Cène
La prière de Sainte-Cène est une prière fixe.
Cette prière étant récitée ou lue, elle peut facilement être détournée
pour en faire un exercice de diction lorsque le détenteur de la
prêtrise qui la prononce joue sur le débit, le volume sonore et
l'emphase donnée à certains mots. L'expérience a cependant démontré que
la meilleure diction est moins inspirée par le texte de la prière que
par la pensée de la personne à laquelle elle est adressée.
Le
porte-parole qui a
prioritairement à l'esprit la personne à laquelle il s'adresse aura
spontanément une diction qui sonnera juste à la fois aux oreilles de
notre Père céleste et à celles des membres de l'assemblée. Si
le ton pour s'adresser à Dieu est empreint de dignité, de sincérité, de
modestie et de ferveur, comme un homme conscient de s'adresser au
premier membre de
la Divinité, sa diction sonnera juste aux oreilles des autres. La
prière n'est pas un exercice de diction, mais un exercice de foi.
Bien
sûr, la prière doit être prononcée de façon audible et
intelligible, mais la
meilleure garantie d'un ton juste est de fixer
son esprit sur la personne à
qui on s'adresse. On apprend ainsi, avant toute autre préoccupation, à
« regarder vers Dieu » (Alma 37:47), le destinataire de la prière. Il
s'agit
davantage d'être conscient de s'adresser au Père que
d'être préoccupé
d'interpréter la prière, comme le ferait un acteur, pour en faire un
texte pédagogique adressé aux auditeurs. On conserve ainsi à la prière
sa
dimension supérieure de prière et le ton utilisé pour la prononcer est le
ton juste.
À propos de la prière de Sainte-Cène,
le Manuel général d'instructions de
l'Église donne les consignes suivantes : « L’évêque veille à ce que les
prières de Sainte-Cène soient énoncées de manière claire, précise et
digne. Si quelqu’un commet une erreur dans la formulation, mais se
reprend, aucune autre correction n’est nécessaire. S’il ne corrige pas
son erreur, l’évêque lui demande discrètement et gentiment de répéter
la prière. Il veille à ce que cette demande ne soit pas trop
embarrassante ou ne détourne pas l’attention de l’ordonnance. Si
besoin, un autre frère présent à la table de Sainte-Cène aide. » (Manuel général d'instructions,
18.9.4)
Précisons que lorsque le porte-parole
de la prière fait des fautes de prononciation parce qu'il ne maîtrise
pas bien la langue française,
il n'est pas nécessaire de lui faire répéter la prière dès lors que
tous les mots ont été lus. Il est en effet trop tard pour donner un
cours de prononciation à ce frère. La vérification de la prononciation
des frères qui ne maîtrisent pas le français doit se faire en amont.
À propos de prononciation, rappelons qu'en français le nom du Sauveur, «
Jésus-Christ », se dit en laissant muettes les deux dernières consonnes, la
dernière lettre à être prononcée étant la voyelle i. Prononcer le « st » final, quand on dit « Jésus-Christ », est un anglicisme.
Remarquons aussi que les deux premiers mots de la prière de Sainte-Cène
donnent à entendre « Odieux Père éternel » si l'on ne marque pas un bref
arrêt entre Ô et Dieu. Traiter d'odieux notre Père céleste serait pire qu'une offense. Dans le temple, l'expression «
Ô Dieu » est prononcée avec une césure.
Remarquons aussi l'importance de la liaison dans « qu'ils aient (son
Esprit avec eux) ». La liaison entre « qu'ils » et « aient » fait
partie de la prière. Sans la liaison, le sujet du verbe sonne au
singulier et devient Jésus-Christ, ce qui est une interprétation
incorrecte du texte.
Signalons enfin que le texte de la prière a été modifié en 2017 par un intervenant qui a remplacé « veulent » par « sont disposés à », ce qui est correct. Mais il l'a fait en ommettant d'accorder
le reste du texte à ce changement, d'où l'absence des prépositions
pourtant requises en français devant les verbes à l'infinitif « se souvenir » et «
garder ». Nous devrions lire : « …et te témoignent, ô Dieu, Père
éternel, qu'ils sont disposés à prendre sur eux le nom de ton Fils, à se souvenir toujours de lui et à
garder les commandements qu'il leur a donnés ». Dans les Triptyques
allemand, espagnol, italien, etc. ces prépositions figurent,
conformément aux règles de ces langues. Sans les prépositions, les
trois propositions de la phrase peuvent être prises pour des synonymes
ou des équivalents, ce qui est un problème du point de vue de la doctrine.
La substitution de « veulent » par « sont disposés à » en 2017 a
été
faite sans en informer le traducteur qui n'a pas pu intervenir pour
rétablir les prépositions oubliées. Depuis 2017, la prière de
Sainte-Cène que nous entendons dans nos réunions ne « sonne » pas
français, problème que les saints allemands, espagnols, italiens, etc.
n'ont pas dans leur langue. Certains détenteurs de la prêtrise
rectifient spontanément le texte de la prière, mais cela crée deux
versions : l'une écrite mais non correcte, l'autre correcte mais non
écrite, quand ce devrait être l'inverse. D&A 6:6 contenant le même
type de construction, correctement
écrite, le principe d'homogénéité voudrait que D&A 20:77 soit
traité de la même façon.
L'absence des prépositions resterait
anecdotique si ce verset n'était pas lu publiquement chaque semaine
dans plusieurs centaines de lieux de culte de par le monde.
L'inconvénient est l'accoutumance du public au point de ne plus
percevoir que la phrase est maladroitement construite.
B. Le nom complet
En
général, celui qui accomplit une ordonnance de la prêtrise (appelée
sacrement à l'extérieur de l'Église) en faveur de quelqu'un le fait en énonçant le nom de la
personne qui reçoit l’ordonnance. Jusqu'en 1998, les instructions en
anglais qui décrivaient les ordonnances de la prêtrise utilisaient le
terme « full name » (traduit indifféremment par « nom complet », « nom
entier », « prénoms et nom » ou « nom et prénoms ») pour les
ordonnances inscrites sur le certificat de membre, à savoir : le
baptême, la confirmation et les ordinations à la prêtrise (les
ordonnances du temple ne sont, de par leur caractère sacré, pas
traitées dans les instructions mentionnées).
Pour les autres
ordonnances, comme la bénédiction des malades (onction et scellement de
l'onction), les bénédictions paternelles, les bénédictions de réconfort
et de conseil et les mises à part, le terme utilisé dans les
instructions en anglais était « name » (traduit par « nom »). Dans un
cas il était requis de prononcer tous les prénoms de la personne, dans
l'autre pas. Le nom complet de la personne, avec tous ses prénoms,
devait être prononcé dans les ordonnances directement liées au salut,
celles qui restent consignées sur le certificat de membre.
Une erreur s'était toutefois glissée dans les instructions en français
à propos des bénédictions paternelles et des bénédictions de réconfort
et de conseil où, à la différence des instructions en anglais, on
lisait « prénoms et noms » ou « nom entier » (voir Guide de la famille,
1981, p. 24 ; Guide d'étude personnelle de la prêtrise de Melchisédek
n° 1, 1989, p. 159 ; n° 2, 1990, p. 163 ; n° 3, 1991, p. 149 ; n° 4, 1992,
p. 185 ; Devoirs et bénédictions de la prêtrise, 1981, p. 49 ; 1998, p.
46 ; Manuel d'instructions du missionnaire, 1990, p. 59-60). À noter
que le Guide de la famille contenait cette erreur dans son édition de
1981, mais pas dans celle de 1992. Avant 1989, dans les manuels
d’instructions, cette erreur s'étendait également aux mises à part.
Depuis 1998 la différence entre nom et nom complet, bien que reposant
auparavant sur un critère simple, celui de l'inscription ou non de
l'ordonnance sur le certificat de membre, ne se pose plus. Désormais, toutes les
ordonnances doivent se faire en prononçant les prénoms et le nom du bénéficiaire (voir
Manuel général d'instructions, 18 ;
Guide
de la famille,
2001, p. 19-24 ;
Guide
de la branche,
2001, p. 12).
Les détenteurs de la prêtrise ont désormais la consigne de prononcer
tous les prénoms et noms de la personne qui reçoit l'ordonnance et ce,
pour toutes les ordonnances.
C. Sceller les bénédictions ?
Certains
détenteurs de la prêtrise terminent les bénédictions
de confirmation, d'ordination, de mise à part, de santé, de réconfort
et de conseil, ou paternelles, en les scellant. Or ceci n'est pas
conforme aux instructions de l'Église sur les ordonnances de la
prêtrise. À notre connaissance,
les seules bénédictions qui sont scellées sont la bénédiction
patriarcale et le mariage au temple. Est également scellée l'onction
des malades. En conséquence, si nous ne sommes pas scelleur ou
patriarche et dans l'exercice de l'un ou l'autre de ces offices, notre
autorité de sceller se limite au scellement de l'onction des malades.
Cette autorité n'inclut pas le scellement des bénédictions.
John
A. Widtsoe (1872-1952), du Collège des Douze, a enseigné : « Le
patriarche, regardant dans l'avenir, donne les bénédictions et les
promesses… auxquelles la personne… a droit, et, en vertu de son
autorité, les scelle sur la personne, de sorte qu'elles puissent être
siennes à jamais si elle reste fidèle » (Evidences and Reconciliations,
1943, vol. 1, p. 73-74 ; Le
Liahona,
novembre 2002,
p. 44).
Joseph Fielding Smith
(1876-1972), alors président du Collège des Douze, a écrit que le patriarche a « le
droit... de sceller sur la tête de chacun une bénédiction... » (Gen.
& Hist. Mag., vol. 23, p. 49-50 ; Doctrines of Salvation, 1956,
volume 3 ;
Doctrine
du salut,
vol. 3,
p. 154) et qu' « il a l'autorité de sceller des bénédictions sur la
tête des membres... afin que, s'ils se montrent fidèles, ils puissent
jouir de tout ce qui est prononcé sur leur tête... » (Era, vol. 45, p.
738 ; Doctrines of Salvation, 1956, volume 3 ;
Doctrine
du salut,
vol. 3,
p. 155)
Le pouvoir de sceller une
bénédiction semble relever d'une autorité particulière et ne s'exercer
que dans le cadre d'offices particuliers. L'option de terminer une
bénédiction en la scellant est d'ailleurs absente des instructions de
l'Église adressées à l'ensemble des détenteurs de la prêtrise.
D. Le langage des bénédictions
En plus de l'autorité de la prêtrise et du pouvoir spirituel de celui
qui la détient, il existe un autre paramètre : la puissance du langage
de celui qui exerce la prêtrise pour donner une bénédiction. Ce langage
peut être gradué de faible à puissant, selon les termes utilisés.
Voici un exemple de langage puissant : Quand Joseph Smith s'adressa à
Elijah Fordham, atteint de la malaria et mourant, il lui dit
d'une voix forte : « Elijah, je te commande, au nom de
Jésus de Nazareth, de te lever et d'être guéri ». Les témoins ont
rapporté que le malade sauta de son lit. De même, lorsque Bates
Noble fut découvert mourant dans la vieille caserne de Montrose, le
prophète entra dans la hutte, prit Bates par la main et dit : « Au
nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche ! » Frère Noble sauta
immédiatement de son lit (voir
Sur les rives du Mississippi).
Pour illustrer l'autre extrême, citons des expressions faibles dans
leur formulation, telles que « Nous vous bénissons afin que vous
puissiez être en meilleure santé ». Une formulation plus directe serait : « Nous vous bénissons afin que vous
soyez en meilleure santé ». Et une formulation encore plus directe serait : « Soyez
en meilleure santé », ce qui nous rapelle l'usage de l'impératif dans
la confirmation : « Recevez le Saint-Esprit ». Bien sûr, même
l'expression la plus faible peut
être agréée par le Tout-Puissant. Cependant, le vocabulaire devrait
être à
l'image de la foi de celui qui parle et il arrive souvent que ce
dernier utilise un langage faible dans l'exercice de l'autorité la plus
puissante de l'univers.
La même différence existe entre une bénédiction de nouveau-né dans laquelle il est dit : « Nous te bénissons afin que tu
puisses devenir un disciple fidèle » et la même bénédiction formulée plus directement : « Nous te bénissons afin que tu
deviennes un disciple fidèle ». Ces subtilités de langage révèlent une palette
qui va de l'expression la plus faible à la plus puissante, à la
disposition du détenteur la prêtrise, palette que trop souvent il
n'utilise pas. Notons que l'on pourrait faire la même remarque à propos du
langage utilisé dans les prières, langage parfois indirect (« que tu
puisses bénir Untel ») quand il pourrait être direct (« que tu bénisses
Untel »).
Le paradoxe du verbe pouvoir au subjonctif est qu'il enlève du pouvoir à l'expression. Il affaiblit le langage
plutôt que de le renforcer. L'usage de l'autorité de la prêtrise mérite
assurément un langage plus assuré.
Joseph Smith a enseigné : « Quand un être travaille par la foi, c'est
davantage par la parole que par ses facultés physiques… La foi passe
par la parole, et c’est par la parole que les œuvres de Dieu ont été et
seront accomplies. » (Joseph Smith, Leçons sur la foi, leçon n° 7)